NathalieAvant même de manger, je pèse. Avant même de savourer, je calcule. Et avant chaque repas, il y a ce petit rituel devenu automatique, la balance, l'application, le calcul des glucides, puis l'insuline. Pour beaucoup, manger est un geste simple, presque instinctif. Pour moi, et pour des milliers de personnes diabétiques de type 1, c'est un exercice de précision, trois fois par jour, tous les jours. Dans cet épisode, j'ai envie de vous parler de cette relation particulière que j'entretiens avec ma balance de cuisine, de ce qu'elle m'a aidé à comprendre, de ce qu'elle m'a apporté, mais aussi de ce qu'elle m'a parfois volé, de la spontanéité, du lâcher prise et un peu de légèreté autour des repas. Si vous êtes diabétique, vous allez sûrement vous reconnaître. Et si vous ne l'êtes pas, peut-être comprendrez-vous un peu mieux ce qui se joue avant même que nous passions à table. Vivre le diabète à la recherche de l'équilibre, le podcast qui vous accompagne au quotidien avec des conseils et des témoignages inspirants autour du diabète. Je suis Nathalie, j'ai un diabète de type 1 depuis février 2010. Je m'adresse à toutes les personnes concernées par le diabète, patients, aidants ou simplement celles et ceux qui souhaitent mieux comprendre cette maladie. Tous mes contenus sont gratuits. Si vous aimez mon podcast, Vous avez la possibilité de soutenir mon travail grâce à la plateforme Tipeee, dont vous trouverez le lien dans les notes de l'épisode. Ou bien, vous pouvez toujours être un relais en partageant mes contenus. Merci pour votre soutien. Et avant de commencer, si cet épisode vous plaît, pensez à vous abonner, à le partager, à laisser 5 étoiles et un petit mot doux sur votre plateforme d'écoute préférée ou bien sur ma chaîne YouTube. Ça aide ! énormément à faire grandir ce podcast et à toucher encore plus de monde. Bonne écoute et n'oubliez pas, plus vous apprenez sur votre maladie, mieux vous la gérez. Je vous laisse maintenant avec l'épisode du jour. La valence, mon allié, ma prison. Je déclare un diabète de type 1 en février 2010. J'ai alors 46 ans. À partir de ce moment-là, mon mode de vie change radicalement et en premier lieu, ma façon de me nourrir. Au début, ma diabétologue me met sous protocole d'insuline. Concrètement, cela signifie que je m'injecte une dose d'insuline fixe à chaque repas, avec éventuellement une correction en fonction de ma glycémie. Je suis sous stylo d'insuline et je fais des glycémies capillaires dextro. À cette époque, les capteurs de glycémie en continu n'existent pas encore. Ils n'arriveront qu'en 2017. Ce protocole est une véritable catastrophe. Je suis constamment soit en hyperglycémie, soit en hypoglycémie. Par exemple, pendant les premiers mois, tous les matins à 9h, je faisais une hypoglycémie sévère. J'étais parfois obligée de m'allonger toute la matinée. Quand on travaille, c'est très pratique. Je prends alors rendez-vous avec un diététicien. Il m'explique qu'il faut manger des glucides à chaque repas, et me remets un nouveau schéma alimentaire avec des quantités précises à respecter strictement. C'est là que la balance entre dans ma vie. Pendant près de deux ans, je mange quasiment la même chose tous les jours. Je constate que mes glycémies fluctuent moins parce que tout colle parfaitement au protocole. Mes repas sont souvent composés de 100 grammes de pâtes, accompagnés de protéines et très rarement d'un dessert. Je mange à heure fixe. deux ans de galère. Puis, grâce à la rencontre d'autres personnes diabétiques de type 1, je découvre quelque chose d'essentiel. Oui, je peux manger ce que je veux. Ma plus grande frustration jusque-là, ce n'était même pas de manger trop, mais de ne pas pouvoir manger un peu. Par exemple, une simple salade avec un morceau de fromage et c'est tout. Petit à petit, je commence à me régler seule. Je fais des expériences avec l'insuline, j'ajuste les doses en fonction de ce que je mange. Hyper, hypo, quand tu me tiens. À ce moment-là, la balance prend encore plus d'importance. Je pèse tous mes glucides. Ma glycémie n'est pas encore stable, car je fais beaucoup d'erreurs. Jusqu'en décembre 2015, où je participe à une semaine d'insulinothérapie fonctionnelle, et là, ça change ma vie. Pendant cette formation, on pèse tout à chaque repas. La diabétologue m'apprend à évaluer précisément les unités d'insuline à injecter en fonction des glucides consommés. Des ratios personnalisés sont établis. À partir de là, mes glycémies entrent de plus en plus souvent dans la cible. Mais la balance devient indispensable. Je ne peux plus commencer un repas sans elle. Elle est encore aujourd'hui sur ma table, à chaque repas, quand je mange chez moi. Je n'arrive pas à estimer les glucides à l'œil, même si j'essaie de m'entraîner. D'ailleurs, ça m'handicape. énormément quand je mange à l'extérieur. Je me trompe 9 fois sur 10. Et les fois où je ne me trompe pas, je pense que c'est surtout de la chance. J'utilise une application pour connaître les glucides de chaque aliment. Même si je connais les bases, je pèse systématiquement mon assiette. Et tout cela a une conséquence très concrète. Nous mangeons presque toujours après les autres, entre 5 et 10 minutes de décalage. Il faut aussi prévoir ce qu'on va manger jusqu'au bout du repas. Et si finalement on n'a plus faim après s'être injecté l'insuline, eh bien, il faut quand même finir. Petite anecdote. Un jour à table, je me plains auprès de mon entourage et je leur demande d'attendre avant de manger. On me répond « Mais pourquoi tu ne calcules pas avant de passer à table ? Comme ça, tu mangerais en même temps que nous. » Parfois, l'entourage ne se rend même pas compte de ce que l'on vit. Si on y pense bien, nous devons calculer nos glucides au minimum 3 fois par jour, à chaque repas. Si l'on estime 5 minutes à peser, à chercher les informations sur une application et à faire le calcul, cela représente 3 repas x 365 jours x 5 minutes, soit un peu plus de 91 heures par an, presque 4 jours entiers, chaque année, uniquement. consacré au calcul des glucides. Aujourd'hui, grâce au capteur de glycémie en continu et à la pompe à insuline, le calcul des unités se fait automatiquement dès que j'indique le nombre de glucides. C'est clairement plus simple. Mais je continue à peser mes aliments. La technologie évolue. Et un jour, les pompes réellement en boucle fermée nous permettront de ne plus indiquer les glucides du tout. Ce jour-là, Je serai enfin délivré, libéré de ma balance. Pesé, recalculé, anticipé, ce sont devenus des réflexes presque invisibles pour les autres, mais omniprésents pour moi. La balance n'est pas qu'un objet. C'est un outil de survie, un repère, parfois une béquille. Elle m'a permis de retrouver un équilibre glycémique, de mieux comprendre mon corps, de reprendre la main sur ma maladie. Elle m'a aussi rappelé, à chaque repas, que rien n'est jamais totalement spontané quand on vit avec un diabète de type 1. Alors non, je ne pèse pas par obsession, je pèse par nécessité, parce que derrière chaque gramme, il y a une unité d'insuline. Et derrière chaque unité, il y a ma santé, mon énergie, ma qualité de vie. La technologie avance. et elle nous soulage déjà beaucoup. Capteurs, pompes, algorithmes, tout cela nous aide à vivre mieux avec le diabète. J'espère qu'un jour, les systèmes en boucle fermée nous libéreront totalement de ces calculs permanents. Et peut-être que ce jour-là, je rangerai ma balance dans un tiroir. Pas par oubli, mais parce que je n'en aurai enfin plus besoin. Et vous, dites-moi, est-ce que vous pesez vos aliments ? Est-ce que vous arrivez à estimer les glucides à l'œil ? Ou est-ce que la balance fait aussi partie de votre quotidien ? Vous pouvez m'écrire, me laisser un commentaire ou partager votre expérience sur les réseaux du podcast Vivre le diabète. Ces échanges comptent énormément parce que ce sont eux qui font vivre la communauté et qui nous rappellent que nous ne sommes pas seuls. Au revoir à toutes et à tous et prenez bien soin de vous ! Je te remercie pour ton écoute. Si cet épisode t'a plu, que tu souhaites soutenir le podcast, je t'invite à le partager autour de toi, à t'abonner pour être averti du prochain épisode, à laisser 5 étoiles et un avis sur ta plateforme d'écoute. Tu as la possibilité aussi de me contacter, soit sur mon compte Instagram, soit par e-mail que tu trouveras dans les notes du podcast. Je te dis à très vite pour un nouvel épisode de Vivre le diabète à la recherche de l'équilibre. Prends bien soin de toi.