- Speaker #0
Aujourd'hui je suis ravi de recevoir Pierre Jeanne de la société ISAR sur le podcast Voice of Industries. Bonjour Pierre.
- Speaker #1
Oui bonjour.
- Speaker #0
Bienvenue sur Voice of Industries. Tu peux nous dire en quelques mots ce que tu fais chez ISAR et quelle est ta responsabilité dans l'entreprise ?
- Speaker #1
Alors aujourd'hui moi je suis l'un des fondateurs de la société, je suis le président et finalement je fais... tout ce qui n'est pas lié à de la production. Et ISAR,
- Speaker #0
en quelques mots ?
- Speaker #1
Alors ISAR, nous on développe des solutions de visualisation 3D et en particulier des jumeaux numériques opérationnels. L'idée étant de proposer aux opérateurs de l'industrie une solution simple pour facilement les former, préparer les interventions et élaborer les plans de prévention des risques. Quelles sont les problématiques ou les enjeux pour lesquels les entreprises viennent te voir ? Alors nos clients nous ont remonté à un certain nombre de difficultés liées à la formation, mais aussi à la préparation des interventions. Des difficultés qui sont liées au temps que ça prend, parce que former un nouvel opérateur ça prend très longtemps, surtout dans les industries qui sont étendues, éventuellement dangereuses. Ça prend longtemps aussi parce que ces installations, elles ne sont pas toujours accessibles, parce qu'il y a des endroits où on ne peut pas aller tant que c'est en production, ou bien parce que tout simplement l'installation n'est pas encore réalisée, donc on veut former les opérateurs avant. Mais aussi, il y a une difficulté qui est liée à l'accessibilité, à la disponibilité des opérateurs, la disponibilité des experts qui, eux, forcément, ils sont aussi en train de travailler. Et donc, le fait de prendre du temps pour former, ça les détourne de leur mission principale. Et enfin, il y a un sujet qui vraiment revient systématiquement dans l'industrie. On n'arrive pas à former à des situations d'incidents.
- Speaker #0
Qu'on n'arrive pas à reproduire en vrai et qu'on ne souhaite pas reproduire.
- Speaker #1
On ne souhaite pas les reproduire. Aujourd'hui, il y a des procédures. Si jamais il se passe ça, alors il faut faire ça. Sauf que ce sont des procédures qui, forcément, on n'arrive pas vraiment à se former dessus. On ne les retient pas bien. Et puis, dire qu'il faut manipuler telle et telle vanne, si je ne sais pas où elle se situe, si je ne sais pas comment je vais la reconnaître quand je serai sur site, je n'ai pas réussi mon opération.
- Speaker #0
Alors, on parle beaucoup de 3D, de réalité virtuelle, de réalité augmentée. Vous vous situez comment par rapport à tout ça ?
- Speaker #1
Alors, en fait, Tout ça, ce sont des outils qui permettent de faciliter l'appropriation par l'opérateur. Donc on fait effectivement de la 3D, qu'on va ensuite restituer sur PC, notamment lorsqu'on va vouloir travailler à plusieurs, parce que là on peut projeter ça sur grand écran, mais on peut le restituer aussi sur un casque de VR, donc réalité virtuelle, de façon à s'immerger vraiment dans l'installation, ou bien on peut faire des choses en réalité augmentée. Donc là, c'est dans le cas où on n'a pas besoin de former des opérateurs par rapport à un risque. Et là, on peut effectivement ajouter des informations. dans l'environnement industriel réel.
- Speaker #0
Alors, pour que ce soit très concret pour nos auditeurs, est-ce que tu as un cas d'application que tu pourrais nous partager avec la problématique de départ ? Comment vous avez traité ce sujet-là avec votre client ? Et qu'est-ce que ça lui a apporté ?
- Speaker #1
Alors, oui, la problématique de départ, c'est quelqu'un qui mettait jusqu'à 3 ans pour former sur une installation de très grande taille avec un certain nombre de risques opérationnels. Donc, ça, c'était de traiter... notamment des produits très toxiques, acides nitriques, sulfuriques. Donc son sujet c'est de la formation alors que je ne peux pas accéder aux installations. Donc on a recréé le modèle numérique complet de l'installation et on a créé également des scénarii de formation de façon à savoir qu'est-ce que je dois faire dans telle ou telle situation, notamment sur casque. Le bénéfice c'est que lui a estimé sensiblement un retour sur investissement aux alentours de 6 mois. 6 mois qui sont constitués de du temps gagné en formation, mais également du temps libéré pour les experts et une meilleure appropriation des procédures.
- Speaker #0
Alors l'entreprise, je crois déjà à 8-9 ans ?
- Speaker #1
La société a 8-9 ans effectivement.
- Speaker #0
Ça commence à faire un beau recul. Quels sont les éléments, les facteurs clés de succès pour réussir ce type de démarche ?
- Speaker #1
Alors la société a 8-9 ans, mais finalement l'activité que l'on a aujourd'hui, elle a plutôt 3 ans.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc on a changé, on a pivoté comme on dit dans les start-up. Donc on est vraiment sur quelque chose de complètement différent. Nous on est vraiment basé sur l'usage. La 3D est un outil et donc on veut surtout pas que la 3D devienne, ou la réalité virtuelle d'ailleurs, devienne le sujet principal. L'usage c'est ça qui nous drive. Et donc on est en train toujours d'ajouter des nouveaux usages autour de nos modèles. Voilà c'est ce qu'on a comme essence.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui fait qu'un de vos clients réussit dans l'implémentation de ces solutions ? tir des bénéfices ?
- Speaker #1
Alors ça c'est une très bonne question. En fait il y a besoin d'un minimum d'implication quand même pour pouvoir accompagner la formation, donc mettre à disposition les outils, mais s'assurer que chacun va pouvoir les utiliser et régulièrement intégrer ça dans le flux de formation classique. Et ça c'est ce qui est la condition. de réussite. Donc il y a quand même un minimum d'implication de l'entreprise pour que ça fonctionne, mais un petit peu comme tous les projets.
- Speaker #0
Et quelle est la typologie de tes clients ? On parle de grosses usines à risque, chimie, pétro, etc. Ou est-ce que c'est plus diversifié ?
- Speaker #1
Alors c'est plus diversifié, on essaie de les diversifier. On cible effectivement des grosses usines chimiques, ce sont des ETI, c'est principalement, et on va aussi sur des PME. sur d'autres types de processus, notamment sur les matériaux de construction, mais également dans l'agroalimentaire, donc dans des processus qui sont généralement des industries de fabrication en continu, parce que c'est là où il y a le plus de difficultés à former les opérateurs et il y a également le moins d'offres qui sont liées à ces solutions-là.
- Speaker #0
Alors, on est aujourd'hui sur Tech4Industry, on est là pour voir un peu comment ce marché évolue. Quelles sont les grandes tendances que tu vois, toi, sur ton marché ?
- Speaker #1
Il y a l'éléphant dans la pièce, c'est l'IA. Aujourd'hui, tout le monde parle de l'IA. La tendance sur le marché, ça va être d'intégrer des outils et de faciliter l'accès aux informations en utilisant ça. Nous, on s'en sert déjà, évidemment, et comme tout le monde d'ailleurs, j'ai envie de dire, parce que ça facilite et ça accélère la fabrication des modèles 3D, des choses comme ça. Mais je pense que ça va aller plus loin parce que ça va permettre de ramener des informations beaucoup plus précises à partir des modèles et donc d'avoir des restitutions. d'utilisation directement exploitable vis-à-vis de la 3D. On va pouvoir faire des interrogations directement liées à quelles sont les pièces qui sont liées à tel équipement et donc avoir une sorte d'intelligence plus efficace pour les opérateurs également. Donc ça, à mon avis, c'est le sujet principal. Et après, on voit une évolution assez forte sur la robotisation et l'automatisation. Donc la robotisation qui aussi est poussée par l'IA. mais qui est en train d'impacter pas mal de processus, y compris les processus de nos clients.
- Speaker #0
D'ailleurs, comment tu intègres ça dans tes formations ? C'est-à-dire que l'interaction homme-robot-cobot, j'imagine que ça vient impacter ce que vous faites ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, pas encore beaucoup parce qu'on est essentiellement sur des industries de process. Finalement, il y a assez peu de robots et de cobots qui interviennent, mais on a aussi des éléments où c'est de la fabrication continue, puis à un moment donné... ça devient des objets différenciés et là on intègre effectivement les robots et y compris les opérations de maintenance autour de ces systèmes robotiques ou cobotiques. Donc nous on les intègre plutôt par cet aspect-là, côté maintenance, mais clairement on voit une tendance assez forte sur la généralisation de la robotique et de l'automatisation dans l'industrie.
- Speaker #0
Pour conclure, quelles seraient les trois recommandations que tu donnerais à un industriel qui souhaite transformer la manière de former ses équipes grâce à ces nouveaux outils ?
- Speaker #1
Ça c'est une question difficile. Les recommandations, pour moi, je crois beaucoup dans la numérisation et la transformation digitale pour l'industrie, parce que c'est ce qui va nous permettre de gagner en productivité. Donc j'ai envie de leur dire, oui bien sûr, modélisez votre dispositif, ça va vraiment vous permettre de gagner du temps dans la formation, dans la compréhension des opérations. Donc là, je presserais un peu pour ma paroisse en quelque sorte. Donc ça, je pense que la digitalisation au sens large, c'est une tendance lourde. Ensuite, on a quand même un sujet important qui est un sujet de garder les outils en interne et de garder les outils dans la sphère, on va dire, européenne. Il y a un vrai sujet de souveraineté qui émerge pour l'industrie. Et donc ça, c'est un sujet également sur lequel nous, on veut travailler. Mais je pense que c'est quelque chose que l'on voit et qui ressort aussi sur le salon Tech4Industry, cette volonté de réinternalisation et de maintien de la souveraineté. Et puis ensuite, je pense qu'il faut continuer à utiliser les outils. qui sont en train d'émerger. Et on voit quand même qu'aujourd'hui, il y a un certain nombre d'industriels qui sont un peu frileux dans cette appropriation des outils. Donc je pense qu'il faut vraiment mettre l'énergie pour franchir le pas et puis les utiliser à bon escient.
- Speaker #0
Merci pour ce mot de la fin. Merci Pierre.
- Speaker #1
Merci beaucoup.