- Leana
Bonjour et bienvenue sur Vox Officinalis, le podcast qui s'interroge sur le monde fascinant de l'herboristerie et des plantes médicinales. Chaque épisode vous apportera des connaissances précieuses et des conseils pratiques pour intégrer les plantes médicinales dans votre vie. Dans cet épisode, nous avons rencontré Boris, un passionné d'une plante bien particulière. Il nous a ouvert les portes de son univers, en toute discrétion, et nous parle avec honnêteté de sa relation au cannabis, une plante souvent mal comprise. Entre culture personnelle et consommation réfléchie, Boris partage avec sincérité une expérience qu'il entretient depuis plusieurs décennies, loin des clichés. Avant de commencer, un petit mot important. Folia Officinalis n'encourage en aucun cas l'autoproduction ni la consommation de cannabis. L'objectif de cet épisode est avant tout informatif et vise à nourrir la réflexion et la connaissance. Alors mettez-vous à l'aise, ouvrez vos sens et laissons Boris nous faire planer à sa manière entre nature et réflexion.
- Nicolas
Bonjour Boris.
- Boris
Salut Nico.
- Nicolas
On se connaît depuis un bail.
- Boris
On peut dire ça.
- Nicolas
On se rencontre parce que tu as une particularité. Tu cultives ton cannabis. C'est quoi le cannabis ?
- Boris
La weed, la ganja.
- Nicolas
Donc on parle aujourd'hui d'une plante qui s'appelle Cannabis Sativa, classée par M. Linné. Et toi, tu l'autoproduits, parce que tu en fais quoi de cette plante ?
- Boris
Je la consomme.
- Nicolas
La consomme sous quelle forme ?
- Boris
Essentiellement dans les cigarettes.
- Nicolas
D'accord. Tu fumes ce qu'on appelle vulgairement des joints, donc des cigarettes artisanales contenant du cannabis. Tu as commencé à quel âge ?
- Boris
J'ai commencé à fumer régulièrement quand j'avais 24 ans. Et mon premier pétard, je devais avoir 16 ans.
- Nicolas
C'est une consommation adulte, tu es conscient de tout ? Des risques ? Des bénéfices éventuels ?
- Boris
Fumer, ça reste que ce soit du cannabis ou du tabac, c'est mauvais pour la santé de toute façon. Idéalement, c'est vrai, il y a d'autres façons de consommer le cannabis. Parfois, j'en mange. Mais pour le manger, il faut le transformer. Ou on peut aussi le vaporiser, par exemple des petits appareils maintenant qu'on fabrique, soit que tu chauffes avec un briquet, soit que tu chauffes de façon électrique, qui permettent à ce moment-là d'outrepasser la combustion du produit et d'une consommation beaucoup plus saine, on va dire.
- Nicolas
D'où ça devient cette passion, cette connaissance, cette fascination pour cette plante, cannabis ?
- Boris
Oh bah plein, plein de choses, l'entourage.. De façon générale, de toute façon, l'être a toujours cherché à dépasser les portes de la perception, d'avoir d'autres perceptions de son environnement. Pourquoi ? Je ne vais pas me lancer dans une psychanalyse ici, mais j'imagine qu'il y a des raisons derrière. Mais j'ai toujours bien aimé franchir ces portes de la perception. Et le cannabis est un chouette produit. Le cannabis me pose un peu. Le cannabis me permet parfois d'un peu mieux fonctionner dans mon environnement. Parfois, je vais un peu trop vite pour les gens autour de moi. Et il me permet aussi de mieux gérer mes émotions. C'est devenu un outil, un allié dans ma vie, quelque part.
- Nicolas
Quand tu as découvert cette plante, je suppose que tu as commencé par l'acheter.
- Boris
Ah oui.
- Nicolas
Est-ce que tu t'es dirigé assez rapidement vers l'autoproduction ?
- Boris
Oui et non. Avant mes 30 ans, j'avais essayé de produire de façon très artistique à l'époque. Maintenant, les techniques ont énormément évolué sur ces 20 dernières années. Avant, il fallait utiliser, entre autres, des HP, pour la croissance : des néons, et pour la floraison : des lampes à haute pression, avec une grosse consommation d'électricité et surtout une grosse production de chaleur avec des complications techniques. Maintenant, on travaille avec du LED. La plupart des cultivateurs comme ça en herbe chez eux à la maison les cultivent en LED. Et la gestion déjà consomme beaucoup moins d'électricité, mais la gestion de la chaleur est beaucoup plus simple. On n'a pas besoin de gros extracteurs de chaleur et des choses comme ça. C'est un peu simplifier les techniques. Et maintenant, on trouve des boxes, on trouve les engrais, on trouve tout le matériel. C'est assez accessible par rapport à il y a 20 ans aussi.
- Nicolas
Je me souviens d'un ami qui avait composé lui-même un éclairage de l'ampoule à la prise. Trouver les composants au départ n'était pas simple. Est-ce que tu peux nous expliquer le processus de culture de cette plante ? Vulgairement, je vais te demander de faire de la graine à la gousse.
La gousse, c'est le produit fini qu'on va trouver dans un sachet lorsque cette plante va être commercialisée de façon légale ou non. On rappelle aux auditeurs qu'on est en Belgique, en Belgique c'est toujours... illégal autant dans la chaîne alimentaire que à la vente, à la possession, à la consommation. Mais pour des raisons de confidentialité, Boris, on va dire à tout le monde qu'on est en Allemagne, que tu fais tes activités en Allemagne. Tout le monde. Bon, allez, raconte-nous un petit peu tout ça.
- Boris
De la graine à la gousse, déjà, il y a deux façons possibles. On n'est pas spécialement obligé de démarrer par les graines. Avec les canalistes, on peut aussi, dans la chance et les connaissances, démarrer sur des boutures. C'est assez facile d'avoir accès à des boutures sur le Darknet. Moi, je n'ai jamais beaucoup cherché, mais j'ai eu pas mal d'écho, ce n'est pas trop compliqué. Et sinon, de façon tout à fait légale, on peut aller dans n'importe quel smart shop aux Pays-Bas, en Allemagne, en Espagne, acheter des graines qui sont vendues comme graines de collection. Et après, le vendeur n'est pas responsable qu'on ne les donne pas à manger à nos canaris, mais on les fait pousser. Et donc, la graine, elle pousse. Pour la faire germer, on la fait germer, comme toutes les graines, un petit peu dans l'obscurité. Une petite tige sort, cette petite tige, il faut prendre bien soin, elle va mettre quelques semaines à faire une petite plante. Là, soit on va aller tout de suite vers la mettre en floraison, soit on la garde en végétation et on en refait des boutures. Deux grosses périodes sur le cannabis, c'est la phase végétative et la phase de floraison. Le cannabis qu'on cultive est un cannabis photopériodique. Et donc dans la nature, en fait, il va fleurir au moment où la quantité de lumière diminue. Quand on cultive dans une boxe, on va simplement passer de... On va changer son cycle lumineux là où on peut travailler en 16-8 ou même en 18-6 ou voire en 24. Donc les plus grandes heures, les plus longues heures sont les heures de jour. Et quelques heures de nuit, on va les faire passer en 12 heures jour, 12 heures nuit. Et là, on va passer en floraison. L'induction florale dans une boxe est très très rapide. En quelques jours, on voit la plante... changer, pousser beaucoup plus vite et commencer à faire ses fleurs.
- Nicolas
Donc, pour le dire autrement, tu as un espace de culture qui imite le solstice d'été et un espace de culture qui imite l'équinoxe d'automne pour la floraison. Combien de plantes tu as là dans ton espace de culture environ ?
- Boris
11, je pense, cette fois-ci.
- Nicolas
Une bonne dizaine. Tu fais pousser une dizaine de plantes plusieurs fois par an ?
- Boris
Oui, 3-4 fois, en fonction de mes vacances.
- Nicolas
Ça te fait quelle quantité ?
- Boris
Sur une bonne récolte, sur un mètre carré, normalement, je devrais être entre 300 et 400 grammes.
- Nicolas
Et combien de temps ça dure, cette floraison dans la boîte, dans la boxe ?
- Boris
La floraison même, ici, il faut compter entre 55 et 60 jours.
- Nicolas
Donc tous les deux mois, tu pourrais sortir de ce mètre carré 400 grammes ?
- Boris
Oui, à condition d'avoir chaque fois les boutures pour remettre dedans. Mais non, ce sera un peu plus quand même. Quand même, là on compte sur les 55-60 jours de floraison. Mais même quand je récupère des boutures, je les laisse toujours quelques jours, ne fusse qu'une semaine ou deux, s'adapter au nouvel environnement avant de les passer en floraison.
- Nicolas
Quatre récoltes par an, maximum. C'est ton rythme de grosse production.
- Boris
De croisière.
- Nicolas
De croisière, de belles croisières. 4 x 400 grammes, 1,6 kg sur l'année. Bravo. En autoproduction, c'est impressionnant. C'est pour toi tout ça ?
- Boris
Oui, c'est pour moi tout seul. J'en donne aux amis.
- Nicolas
Une fois que tu as récolté cette plante, tu peux la consommer directement ?
- Boris
Elle doit sécher.
- Nicolas
Ça consiste en quoi ? Un bon séchage ?
- Boris
Il ne faut pas faire sécher trop vite. Pour moi, la méthode idéale, c'est de faire sécher dans une box avec un extracteur avec une température constante aux alentours d'une vingtaine de degrés. Il ne faut pas qu'il fasse trop chaud. Effectivement, parfois, les récoltes en été, récolter en plein milieu du mois d'août et faire sécher au mois d'août, ça m'est déjà arrivé. Il y a moyen aussi, mais idéalement, on fait sécher plus ou moins entre 10, 15, 20 jours de séchage. Et ensuite, on met en bocal. Et là, il faut un peu faire attention. La technique du curing, à respecter. Faire respirer un peu dans les bocaux. Le cannabis, quand il est mis en bocal, un peu trop humide, risque de pourrir. On a fait une récolte grillée. Si vous avez une pourriture dans un bocal, c'est terminé. On va jeter le bocal.
- Nicolas
Pourquoi tu t'autoproduis plutôt que... Bah on est dans une grande ville ici, en trouver sur le marché, on va appeler ça le marché noir, c'est extrêmement facile.
- Boris
Essentiellement le prix et la qualité. En rue, on doit tourner autour de 10 à 15 le gramme, tout dépend des quantités. Si on veut prendre plus, il y a moyen de trouver des...
- Nicolas
10 à 15 euros le gramme ?
- Boris
10 à 15 euros le gramme, par gramme.
- Nicolas
Au détail ?
- Boris
Au détail, maintenant, comme tout produit, au plus gros on achète la quantité, au plus ça va être des prix moins élevés. Mais on va difficilement trouver en dessous de 7-8 euros le gramme quand ils sont achetés par 50 ou 100 grammes à la fois. Et en même temps, pour avoir un produit qui est quand même assez industriel, moi, je préfère de loin les meilleurs beuh que j'ai fumées, à quelques rares exceptions près, c'est les beuh que j'ai cultivées.
- Nicolas
Tu viens de dire les meilleurs beuh, est-ce qu'il y a des grandes différences dans ce qu'on pourrait appeler des cépages ?
- Boris
Ah oui ! Il y a déjà deux grandes écoles pour les fumeurs, c'est l'Indica ou le Sativa. Le Sativa qui est... on va avoir ce qu'on appelle un high plus cérébral, on va plus rire, on va plus, voilà. L'indicat qui lui va plus assommer. Mais après, maintenant, il y a encore celle que je cultive pour l'instant, la 'Banana' n'est pas la même que la 'Future Island', n'est pas la même qu'une 'Haze', n'est pas la même que... Effectivement, il y a autant de variétés de beuh différentes qu'il y a de... Enfin non, au moins autant.
- Nicolas
Et toi, tu aimes quoi ?
- Boris
Moi, je suis plutôt cérébral, j'aime bien les sativas. Mais je n'ai rien contre une grosse claque d'indica de temps en temps.
- Nicolas
Je suppose que tu rencontres des difficultés dans ton métier de cultivateur. Quelles sont les difficultés ? Oui, bien sûr. Enfin, tu le fais de façon très pro et le résultat est là. Quelles sont les difficultés, les situations indésirables que tu rencontres ?
- Boris
C'est plutôt dans la boxe que ça se passe. Moi, j'ai la chance de ne pas avoir de problème de voisinage. Je pense que fumant essentiellement dehors ou à la fenêtre, c'est difficile de cacher à mes voisins que je fume. Ça sent très fort derrière chez moi, ça c'est certain. Mais je n'ai pas de vis-à-vis, je n'ai personne qui peut voir ce que je fais dans ma cuisine. On ne voit pas ce que je cultive dans la cuisine. Par contre, d'expérience, je sais que pour certaines personnes, c'est plus compliqué. Un voisin qui regarde au-dessus de la haie, que ce soit dans un jardin ou que ce soit même une lumière, un flash lumineux qui vient de la maison. Maintenant, les problèmes que moi je peux rencontrer, c'est plutôt des problèmes d'ordre indésirables dans la boxe. Qui peuvent se présenter sous deux formes, c'est soit d'avoir des insectes. Là pour l'instant, demain je vais devoir passer un coup d'insecticide parce que j'ai des araignées rouges, donc on va traiter un peu ça, je suis en floraison. C'est une malédiction ça la red spider. Maintenant j'ai tout ce qu'il faut, il faut être savant équipé en termes de produits, j'ai tout ce qu'il faut en produits, j'ai plus de produits que je n'ai de problèmes pour l'instant. Je vais me permettre aussi de lutter contre des formes de pourriture et que je n'ai jamais utilisées pour l'instant, j'arrive à gérer mes problèmes de pourriture autrement. Je n'en ai plus, simplement.
- Nicolas
Tu es le maître du climat. Oui. Sur ce mètre carré, dans ces deux mètres cubes, en fait, tu es le patron du climat. Tu gères le vent, l'ensoleillement, l'extraction de l'air et donc l'humidité ambiante.
- Boris
Et l'attraction aussi, forcément.
- Nicolas
L'intrant en l'air. Tu choisis le substrat. Oui. Alors, tu es unassez traditionnel, tu cultives dans du terreau.
- Boris
Oui.
- Nicolas
Il y a d'autres modes de culture.
- Boris
Oui, on peut cultiver en hydroponie. Par exemple, dans les billes d'Argex ou dans de la laine de roche. À ma connaissance, en laine de roche, il faut travailler avec des produits chimiques. Donc, c'est produit ici de la chimie. Des engrais minéraux. Des engrais minéraux. Alors qu'en hydroponie par contre on peut travailler en bio, mais c'est plus délicat.
- Nicolas
Là, tu choisis des engrais bio ?
- Boris
Oui, bien sûr. Oui, bien sûr. Pour deux raisons.
- Nicolas
Tu parlais d'insecticides...
- Boris
Mes insecticides sont bio aussi, oui. Les insecticides, tous les produits que j'utilise sont bio. À une exception près : la chaux et la magnésie. Donc, c'est effectivement un engrais minéral, mais il n'est pas chimique pour autant.
- Nicolas
Dans la rue, on te propose un label bio ?
- Boris
Non. Non, mais en coffee shop, oui, ça commence.
- Nicolas
Ah, voilà.
- Boris
En coffee shop aux Pays Bas, ça commence.
- Nicolas
Donc, dans des pays qui distribuent légalement du cannabis contre argent ou contre affiliation à des clubs. C'est le cas récemment en Allemagne, on peut adhérer à des "cannabis social clubs". Il y a effectivement des labels qui peuvent s'installer et un contrôle de qualité qui peut s'installer. Nos consommateurs en Belgique n'ont pas ce choix-là. Quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui voudrait commencer à s'équiper pour cultiver son propre cannabis ?
- Boris
Déjà, la première fois, il faut essayer de cultiver simplement derrière une fenêtre. C'est à condition d'avoir juste assez d'ensoleillement.
- Nicolas
Et de se faire des bonnes relations avec les voisins.
- Boris
Ah oui, ça c'est sûr, effectivement. Moi, je dirais quand même, idéalement, c'est d'avoir au moins un mètre carré. Un petit 400 euros, il y a moyen de s'équiper avec un kit de démarrage. Avec pas la meilleure des qualités, je conseillerais de mettre un petit peu plus de sous. Pour démarrer dès le départ avec une bonne qualité, c'est très très vite rentabilisé à condition d'avoir un petit peu la main verte.
- Nicolas
Et tu donnerais ce conseil à quelqu'un de commencer à cultiver ?
- Boris
Oui, ça évite de salir nos mains de sang chaque fois qu'on fume du cannabis, comme dirait...
- Nicolas
Alors notre camarade Boris fait allusion à un de nos politiques belges qui a récemment déclaré que chaque consommateur de plantes psychotropes avait du sang sur les mains. Tu te sens les mains sales ?
- Boris
Non.
- Nicolas
À part de terreau ? Donc, un consommateur régulier, tu l'inviterais plutôt à cultiver ?
- Boris
Évidemment. On a une qualité, je pense, sans trop d'efforts, on a une qualité de produit fini qui est vraiment supérieure à ce qu'on trouve sur le marché, et ça diminue. Je ne m'amuse pas à calculer mon prix de revient au gramme, mais je ne pense pas que je suis à un euro du gramme, loin de là. Même en comptant l'investissement du matériel, etc., je ne suis pas à un euro du gramme.
- Nicolas
Donc le dixième du prix public.
- Boris
Oui, largement.
- Nicolas
Largement pour une qualité largement supérieure. Si tu avais un jardin, tu le cultiverais dehors ?
- Boris
J'essaierais sans doute un peu, mais là ça dépend toujours un peu du voisinage.
- Nicolas
Et puis de la météo.
- Boris
Et on dépend de la météo aussi.
- Nicolas
On dépend fameusement de la météo. Il y a des variétés adaptées à ça ?
- Boris
Oui, il y a des variétés adaptées. Avec des connaissances, on fait parfois des tests chaque année, pas mal d'années. J'ai des connaissances qui cultivent en extérieur. Mais ce n'est pas évident d'avoir la variété qui part en floraison assez tôt pour pouvoir la récolter avant notre merveilleux climat septembre, qui parfois arrive très tôt. Quand le 15 août commence comme une fin septembre, l'automne arrive toujours chez nous. C'est ça. Idéalement, ce serait le rêve d'avoir une belle arrière-saison jusqu'au 15 octobre, et alors beaucoup plus de variétés seraient récoltables.
- Nicolas
Tu conseillerais à quelqu'un de consommer du cannabis ?
- Boris
Oui, pourquoi pas, de toute façon, je pense que c'est un produit assez intéressant. Maintenant, je conseillerais de le consommer dès le départ de façon plus intelligente que moi. Je m'en veux parfois, moi, d'être addict au tabac et du coup au pétard. Je préférerais de loin faire que vaporiser. Vaporiser, raconte-nous ça. Vaporiser, il y a différents petits appareils, soit ici... On met de la beuh, que du cannabis, dans la petite capsule. Pas de tabac. Que du cannabis, on fait dans la petite capsule, on fait chauffer, il y a un clic qui se fait et... on tire quelques bouffées. L'inconvénient, c'est que c'est vraiment un tout petit pétard. Et moi, je suis un grand consommateur, enfin, grand, petit, je n'en sais rien, mais c'est un peu léger pour ma consommation à moi. Et sinon, il y a d'autres modèles de vaporisateurs. Il y a déjà un autre vaporisateur portable. Il lui a une douille déjà un peu plus importante où on peut mettre 0,6 grammes d'un petit pétard, au moins, et qui marche très bien. Il y a un système de chauffage dans un four qui chauffe. Température à déterminer. On peut utiliser ça pour vaporiser d'autres choses que du cannabis. Il n'y a pas de cannabis qui peut se vaporiser. On peut vaporiser la menthe, on peut vaporiser du thym. Il y a plein de plantes qui se vaporisent à des températures différentes. C'est pour ça que les températures sont réglables. Le premier qu'on pense, c'est le THC. Parfois, les gens qui s'y connaissent un petit peu pensent au CBD, mais il y a encore plein d'autres molécules qui se libèrent lors de la vaporisation ou de la gestion, lorsqu'on fume un pétard. Il n'y a pas que ces deux. Les différentes températures vont induire différentes molécules.
- Nicolas
Alors, comme je dis souvent, ou parfois, bagarre. C'est-à-dire que moi, tu me dis, je sépare le tabac de la bœuf, et donc c'est moins nocif. Moi, je t'affirme. Quand on brûle n'importe quelle plante, ça donne du goudron.
- Boris
Mais si elle n'est pas brûlée dans le vaporisateur ?
- Nicolas
C'est-à-dire ?
- Boris
Le vaporisateur, il va monter à maximum 220 degrés. Et à 220°C.. Je ne connais pas exactement la température de combustion du cannabis, mais elle est au-dessus de 220°C.
- Nicolas
On est bien en dessous des températures de combustion. Et tu gagnes la bagarre, Boris. Alors Boris, je t'entendais citer un autre cannabinoïde. En fait, tu en as cité deux. Tu as cité le THC et puis tu nous citais aussi le CBD. Qu'est-ce que tu penses de ça ? Il y a des magasins qui en vendent à droite. Qu'est ce que toi, consommateur de cannabis récréatif, tu penses du CBD. T'as essayé ?
- Boris
Oui, j'ai essayé. C'est sympathique, mais c'est juste un effet légèrement physique. Je pense que le fait d'être moi, consommateur de long date de cannabis THC, dans lequel, je vous rappelle, il y a aussi du CBD, il y en a beaucoup moins, mais il y en a aussi. Ça fait que j'ai quand même une tolérance, à mon avis, plus haute aussi. Je ne suis peut-être pas la meilleure personne pour parler et de comparer les deux, mais je cultive du cannabis à THC, je ne cultive pas du cannabis à CBD.
- Nicolas
Ça ne t'intéresse pas trop.
- Boris
Pas plus que ça. Je devrais avoir un grand jardin, peut-être que je m'amuserais un peu, parce qu'effectivement, là on a du cannabis qui est cultivable de façon tout à fait légale, mais voilà, je ne pense pas.
- Nicolas
Je crois que tu fais erreur sur la possibilité légale de faire pousser du CBD chez soi.
- Boris
Ah oui ?
- Nicolas
Pour connaître un producteur, coucou Victor.
- Boris
Oui j'imagine que les régulations... Enfin, voilà. Je peux supposer que les règlements sont assez contraignants.
- Nicolas
C'est quoi tes projets de culture à l'avenir ? Sous un avenir radieux ?
- Boris
Continuer à cultiver, simplement. Essentiellement, être en autoproduction. Maintenant, le cannabis devrait être légalisé. On pourrait le cultiver chez soi et voir même le vendre. On serait dans un monde merveilleux. On serait dans une législation un peu à l'américaine. Maintenant, je ne sais pas dans quelle mesure... Je ne connais pas très bien les législations, même étrangères à ce niveau-là. Je ne sais pas dans quelle mesure, dans certains pays, on a le droit de vendre ce qu'on produit.
- Nicolas
Ça te plairait ?
- Boris
Ce serait gai. Parce que j'arrive à un très bon produit fini et c'est dommage de ne pas pouvoir le partager.
- Nicolas
Et ça te plairait de le cultiver à temps plein, d'en vivre, d'en tirer un salaire, éventuellement d'employer des gens ?
- Boris
Oui, pourquoi pas. Mais tout dépend toujours de l'échelle. Ça me plairait de le faire comme un petit restaurant de qualité, mais ça ne me plairait pas de faire une chaîne d'un McDo. Donc c'est toujours le oui. D'arriver moi en vivre, oui. Commencer à engager des gens pour commencer à développer, je ne suis pas sûr que ça m'intéresserait, par exemple. Mais non, partager mon savoir et partager mes connaissances, oui, ça c'est quelque chose qui me plairait beaucoup. Je pourrais organiser des workshops de cultivateurs en herbe, ce serait super chouette.
- Nicolas
Comme tout le monde, tu as des amis, de la famille. Qu'est-ce qu'ils disent de tout ça ?
- Boris
Que ça sent fort.
- Nicolas
Ah oui, les voisins aussi.
- Boris
Oui, en fait, je n'ai pas trop de soucis à ce niveau-là, qui est déjà largement passé l'âge de la pension. Et je n'ai pas de soucis de pouvoir aller chez elle et de rouler mon pétard devant elle, de fumer mon pétard devant elle. Voilà, c'est quelque chose de tout à fait accepté. De toute façon, mes frères... Dans mes gens proches, ça fait quand même très très longtemps que je ne me cache plus. Il n'y a pas tellement longtemps, j'ai fait une mauvaise expérience. Vivons heureux, vivons cachés ! Je me suis fait bêtement alpaguer par trois flics en civil dans le carré de Liège parce que je finis mon péter en rue. Très con de ma part d'avoir fini mon péter dans le carré un samedi soir ou avant-midi soir. C'est vraiment très con. Surtout avec un cannabis qui sent très fort.
- Nicolas
Je confirme qu'il sent très fort. Heureusement, les auditeurs ne planeront pas. Tu es papa, Boris ? D'un petit Vladimir, comment va-t-il lui ? Il va bien et il voit que t'as un petit jardin secret là oui ça s'appelle les patouches les patouches c'est million comme nom dès le départ je me dis tout simplement ça c'est patouche c'est seulement depuis pas très longtemps que c'est un produit qui officiellement est illicite etc donc c'est très bien qu'il ne doit pas trop parler deça autour de lui mais sinon bon ben voilà moi je suis dehors de toute façon surtout s'il est là je suis à ma fenêtre dans le pire des cas je suis à ma fenêtre Je m'imagine que mon enfant n'a pas à subir de toute façon le tabagisme facile déjà, que ce soit la cigarette, le cannabis ou quoi que ce soit. Encore une fois, le grand débat de « oui, c'est une drogue, c'est illégal » , ça c'est juste une question d'égalité. Pour moi, l'alcool est une drogue beaucoup plus puissante que le cannabis. Elle est tout à fait légale en vente et on n'a pas à boire. Lui, il ne peut pas en boire, on est bien d'accord, on a déjà fait des conflits à ce niveau-là. Il n'est pas proposé à le boire en tant que jeune enfant. Et quand ton petit Vladimir sera plus grand ? Imaginons-le à 16 ans.
- Boris
quel message tu vas lui donner par rapport à ça mais déjà aujourd'hui je lui dis de toute façon pour ma part, c'est mon avis à moi, le mauvais dans l'histoire c'est pas le cannabis, c'est que le tabac et que je serais allé déçu, c'est peut-être pas le mot juste parce qu'en termes d'éducation on peut avoir ce poids là sur les épaules de l'enfant mais que moi j'espère simplement que lui ne fumera jamais mais non ça ne veut pas dire de ne pas consommer du cannabis ou de ne pas consommer ce que je disais tout à l'heure Bon. L'homme, dans le sens général du terme, la femme, cherche depuis tout le temps à modifier son état. Pourquoi est-ce que mon fils ne voudrait pas, à un moment donné, faire une recherche de modification de son état ? À un moment donné, s'il a 18 ans, il fait ses propres chemins. Maintenant, tant qu'il n'est pas majeur, ils n'ont pas compté sur moi pour avoir cannabis, alcool ou quoi que ce soit. Là, il y a la loi à respecter un minimum quand même, surtout quand ça implique une tierce personne. C'est-à-dire ? Mais quand ça implique mon fils, c'est-à-dire quand je peux décider pour moi. de consommer, mais je n'ai pas à décider pour lui ni de le faire, ni de ne pas le faire. Mais je ne peux pas l'inciter, dans le cadre de la loi, c'est quand même fort punissable à l'heure actuelle de filer n'importe quelle drogue. Déjà, n'importe qui, un adulte, c'est déjà punissable. Alors, à plus forte raison, de donner un mille-heure d'âge.
- Nicolas
Tu as parfois peur que la police arrive ici. Je n'irai pas jusqu'à dire peur,
- Boris
parce que je pense que sur les quantités que j'ai, je passerai peut-être une nuit au poste et en porte. Je ne suis même pas sûr. Ce ne sont pas des quantités phénoménales non plus. Non Je ne voudrais pas que la situation durcisse en Belgique J'ai par contre un peu peur là-dessus Avec le nouveau gouvernement Je ne sais pas si tu as entendu tout récemment Mais par exemple au Limbourg Le Limbourg c'est la première province belge Qui a décidé qu'on n'y va pas Elle ne veut pas, elle l'a fait Elle l'a décidé, le mot est sorti Les professeurs général du Limbourg Ils sont repassés à tolérance zéro Donc on est passé,
- Nicolas
quand nous étions plus jeunes Toi et moi, d'une situation de tolérance zéro Clandestinité totale et sérieuse, à une directive des procureurs appelant à la plus faible des poursuites possibles pour tout ce qui concerne l'usage, a maintenant un nouveau durcissement. Et c'est vrai que, comme toi, je suis inquiet, et probablement pour les mêmes raisons.
- Boris
Mais non, ce qui est fou, c'est que la tendance mondiale est quand même vraiment... De loin à la légalisation, on est même dans plusieurs pays limitrophes de la Belgique où ils ont légalisé jusqu'à la consommation récréative. En Allemagne, la consommation réactive est tout à fait légalisée. Je pense qu'en Allemagne, on peut avoir, corrige-moi, je crois que c'est 30 grammes. 25.
- Nicolas
25. 25 grammes avec soi. Mais c'est encore considéré comme un usage privé.
- Boris
C'est ça, et c'est à 50 kilomètres d'ici. Luxembourg aussi, les Pays-Bas, ça fait quand même longtemps, même si les Pays-Bas, c'est plutôt marche avant, marche arrière, c'est plutôt marche arrière aussi un peu pour l'instant, mais ils ne vont pas arriver à reculer beaucoup face aux Pays-Bas, je pense. C'est trop rentré dans la société.
- Nicolas
Je te remercie beaucoup, Boris, pour toutes ces confidences par rapport à la culture et à l'usage d'une plan finalement mal connue. Et en tout cas, je confirme qu'elle est bien bonne, Boris. Merci beaucoup.
- Leana
Et voilà. C'est la fin de cet épisode de Vox Officinalis. Merci d'être resté jusqu'au bout. On espère que cette discussion vous a inspiré et donné envie d'en apprendre encore plus sur les plantes médicinales et l'herboristerie. Pensez à vous abonner pour ne rien rater et surtout à partager le podcast autour de vous, ça nous aide énormément. Vous pouvez aussi nous retrouver sur Facebook et Instagram ou vous abonner à la distillée, notre infolettre mensuelle, pour suivre toutes les activités de Folia Officinais. Pas de publicité, juste de la passion, de la curiosité et vous qui faites vivre ce projet. Prenez soin de vous, restez curieux et à très vite dans vos oreilles.