- Speaker #0
Parlez-moi d'ailleurs, un podcast Voyage Galima. Bienvenue ! Aujourd'hui, laissez-vous raconter l'Albanie par celles et ceux qui la vivent.
- Speaker #1
L'Albanie c'est une forteresse accrochée sur la mer Adriatique qui n'est pas d'abord très facile parce que c'est tout de suite la montagne mais il faut trouver son chemin pour découvrir toute la diversité extrême que reçoit l'Albanie. recèlent cette forteresse.
- Speaker #0
Et cette sensation d'arriver dans un pays qui vient tout juste d'éclore, l'Albanie le doit à son histoire. Une histoire notamment marquée par des décennies d'un communisme qui l'isole du reste du monde. Jean-Arnaud Derens est justement historien, journaliste et co-auteur du guide Coups de cœur Voyage Gallimard dédié à l'Albanie. Il a relevé le défi de retracer l'histoire de ce pays, à peine plus grand qu'une région française, Un pays où les sites antiques et les châteaux se nichent dans les montagnes sauvages, auprès des lacs, et dans une nature foisonnante, mais où l'on peut aussi, en quelques enjambées, atteindre de magnifiques cric à l'eau translucides. Et ils seront deux au micro de cet épisode, puisque Ilda Mara, journaliste et éditrice, est la coautrice du même guide. Elle-même est albanaise et pourra compléter les propos de Jean-Arnaud Derens en rajoutant Entre autres, des touches gourmandes.
- Speaker #2
Il y a beaucoup, beaucoup de gâteaux, beaucoup de fruits, de miel et tout ça. Donc le pays des glycos, des baklavas, c'est le pays des délices.
- Speaker #0
Une fois n'est pas coutume, nous retrouverons nos deux interlocuteurs dans les deux parties du podcast. D'abord, nous parlerons de l'histoire et de la culture de l'Albanie. Ensuite, en seconde partie, ils nous feront découvrir la gastronomie locale. En albanais, le nom du pays se prononce Shkiperia et se traduit littéralement par le pays des aigles. Un aigle que l'on retrouve bicéphale sur son drapeau rouge vif et il y a de fortes chances pour que vous croisiez quelques rapaces lors des randonnées que vous ne manquerez pas de faire dans les Alpes albanaises. En tout cas, on vous le recommande. Mais pour commencer, j'ai proposé à Jean-Arnaud Derens de retracer l'histoire de l'Albanie dans ses grandes lignes.
- Speaker #1
L'histoire de l'Albanie, c'est qu'on est dans les Balkans, bien évidemment, sur le flanc oriental de la mer Adriatique, et une région qui est peuplée depuis l'Antiquité par des tribus autochtones. Beaucoup de ces tribus ont le nom générique d'Idyria. On suppose bien évidemment qu'il y a un lien entre ces Ilyriens qui pourraient être les ancêtres des Albanais, puisque les Balkans c'est par définition un espace de rencontre d'où les invasions, les populations en mouvement. se sont succédés, se sont croisés. Ce sont les Albanais qui ensuite vont connaître d'autres invasions. Les Normands sont passés par là, les Angevins de Naples, les Hongrois, beaucoup de gens sont passés par les Balkans et donc aussi par l'Albanie. Et puis finalement, la région va être conquise par les Ottomans au XVe siècle. L'Albanie va être, pour plus de quatre siècles, intégrée à l'Empire Ottoman, ce qui veut dire que l'Empire Ottoman a... a profondément marqué l'ensemble de la société, du paysage rural, urbain. Les traces visibles sont toujours nombreuses, notamment la forme des îles, les ponts. Il y a beaucoup de très bons ponts ottomans un petit peu partout qui sont jetés dans les vallées montagnardes. Et puis les structures de la société vont être marquées par cette longue appartenance à l'Empire. Cette Albanie va rester ottomane jusqu'aux guerres balkaniques de 1912-1913. C'est le 28 novembre 1912 qu'est proclamé un premier état d'Albanie qui va être finalement reconnu par les grandes puissances qui vont essayer de nommer un prince allemand à sa tête, mais ça ne va pas marcher, de toute façon. La première guerre mondiale va arriver, qui va être une période très compliquée, et l'Albanie va réémerger après. Cet état de l'Albanie va, là pour le coup, commencer à fonctionner comme un état au sens moderne de ce terme. A partir de 1925, un personnage va s'imposer qui est Ahmed Zoghou, qui est un notable du centre du pays, qui va imposer une sorte de modernisation forcée avec des résultats pas négligeables. Certains aspects infrastructurels, en favorisant la société, se transforment très vite, mais de manière forcément assez chaotique, en sachant qu'on est tout de même dans les années 30, un moment notamment où l'Italie fasciste sur l'autre rive de l'Adriatique a d'énormes convoitises pour l'Albanie.
- Speaker #3
Le 1er septembre 1928, Zogou est proclamé roi d'Albanie sous le nom de Zog Ier. Aventurier politique, proche de Mussolini, maître dans l'art des intrigues, il établit un pouvoir absolu. se lut et fait assassiner les opposants. Mais au moment de son mariage en mai 1938, il est déjà trop tard pour l'Albanie cribler de dettes auprès du régime fasciste italien. Lorsqu'Hitler envahit l'Autriche, Mussolini annexe l'Albanie. Le roi Zog, qui a vendu son pays, s'enfuit en exil.
- Speaker #1
Même dès les années 30, dès l'époque du roi Zog, l'Albanie se retrouve présent dans une sorte de relation. coloniale avec l'Italie, puisque c'est l'Italie qui s'accapare l'essentiel des richesses, qui porte la plupart des projets de modernisation des années 30, avant finalement d'envahir l'Albanie en 1939. Là, on est dans les obsessions de Benito Mussolini, qui veut créer un empire, et finalement, tout ce qu'il arrivera à prendre, c'est l'Albanie, puisqu'ensuite, il se cassera les dents sur la conquête de la Grèce.
- Speaker #4
et le peuple d'Albanie dans une plus profonde et définitive union.
- Speaker #1
L'Albanie se retrouve comme cela plongée dans la Seconde Guerre mondiale et comme beaucoup de pays d'Europe, elle voit émerger plusieurs mouvements de résistance, certains d'orientation monarchiste, nationaliste et puis un mouvement d'obédience communiste. au départ très faible, mais qui va bénéficier du soutien de l'encadrement des camarades yougoslaves juste à côté et qui va donc s'imposer. C'est le mouvement des partisans d'Enver Hoxha qui prend le pouvoir en 1945. L'autre particularité de l'Albanie, c'est ce socialisme tout à fait atypique, tout à fait exceptionnel, que l'Albanie a connu durant près d'un demi-siècle, de 1945 à 1991. Alors, en 1948, Tito rompt avec Staline. Du coup, l'Albanie reste du côté de l'Union soviétique et rompt avec la Yougoslavie. Et l'Albanie rompt avec l'URSS en 1961. Du coup, son dernier allié reste la Chine de Mao. Et de 1971 à 1978, c'est le relais, notamment des mouvements maoïstes occidentaux en Europe. Beaucoup de militants maoïstes viennent se former à Tirana, travaillent à Radio Tirana, qui est maintenant toute la France. Mais en même temps, si le pays est de plus en plus isolé et connaît une situation économique de plus en plus catastrophique, d'autant que cette paranoïa du régime l'amène au début des années 80 à faire un truc qui n'a pas beaucoup de sens, qui est pour faire... face à l'invasion qui peut venir de tous les côtés, de la Yougoslavie révisionniste, de la Grèce ou de l'Italie impérialiste, pour reprendre les termes de l'époque, le régime met tous les derniers moyens du pays dans la construction de plusieurs centaines de milliers de bunkers, dont l'intérêt stratégique... qui ont toujours été plus qu'incertains, mais qui vont pomper toutes les ressources du pays. Ceci jusqu'en 1991, quand véritablement le régime va s'effondrer. Donc plus tard, avec un décalage par rapport à la chute du mur de Berlin. Aujourd'hui, l'Albanie, c'est un pays de l'Europe balkanique, confronté à d'autres types de défis. Son économie est extrêmement faible. C'est une économie de service et très dépendante. C'est une périphérie de l'Union européenne.
- Speaker #0
Et alors, comment l'Albanie a traversé ces années 2000 et a commencé à se faire connaître qu'est-ce qui a provoqué cette ouverture et cet intérêt des autres Européens, peut-être même plus loin, des voyageurs ?
- Speaker #2
L'Albanie a toujours provoqué de l'intérêt, surtout l'intérêt des Français, même à l'époque communiste. L'Albanie a quand même un patrimoine archéologique très très riche. Que ce soit par les cités de Butrint, celui d'Apollonia, la ville de Douroze, et tout ça, dont Les Européens, notamment les Français, sont très intéressés par l'histoire.
- Speaker #5
La Grèce est tout près, elle est à quelques kilomètres. C'est un peu ici que tout a commencé, puisque nous sommes ici à Boutrinte, c'est-à-dire Boutrotos, c'est le nom grec, le nom ancien, où se situe le cadre de la tragédie d'Andromaque. Ici, nous sommes avec Racine.
- Speaker #6
On a joué, je crois d'ailleurs, Racine.
- Speaker #5
On a joué Racine ici, dans ce théâtre, il y a longtemps.
- Speaker #0
Et la transition est toute trouvée en parlant de ces sites archéologiques. Est-ce que vous avez un site, un lieu qui serait un bon point d'entrée pour comprendre l'Albanie et son histoire ?
- Speaker #1
En fait, ce qui caractérise l'Albanie, c'est une extrême diversité. Vous avez juste à côté des sites antiques, des couches se sont superposées naturellement, comme toujours, à côté de villes ottomanes. Aucun, bien sûr, ne peut résumer l'Albanie. L'Albanie, c'est la somme de tout cela. Après, sur un plan très personnel, Personnellement, peut-être le site archéologique qui me touche le plus, c'est Bylis. Bylis, qui est au sommet des montagnes, c'est une sorte de Machu Picchu illyrien. On n'est pas très loin de la mer Adriatique, en réalité, au-dessus de la Viosa, qui est une très belle rivière sauvage qui va se jeter dans l'Adriatique. On n'est pas non plus très haut, on est à 1000 mètres, mais on a l'impression d'être très en hauteur pour ce site archéologique très bien préservé. Après, il y a plein d'autres lieux qui peuvent servir. de carte d'entrée ou de point d'ancrage d'imaginaire qu'on peut attacher à l'Albanie ?
- Speaker #2
Comme un point d'entrée, moi je dirais plutôt une voie. Via Ignatia, c'est une route antique qui relie Rome avec Constantinople. Et donc ça montre justement que l'Albanie, c'est un carrefour. Donc à travers cette rue, il y a tout qui est passé, que ce soit les invasions, que ce soit... C'est aussi une voie, donc d'après l'église catholique, C'est par là que la... La Bible est venue de Jérusalem à Rome. C'est vraiment une voie porteuse de beaucoup de civilisations. En même temps, ça montre aussi les échanges et tout ça qui sont passés.
- Speaker #0
Du côté du langage des « pierres » , il y a aussi pour la période contemporaine cette histoire de bunkers. Qu'est-ce qu'ils en ont fait ? Comment aujourd'hui ils sont intégrés au paysage, ces bunkers albanais ?
- Speaker #1
Il y a 20 ans, quand vous arrivez en Albanie, je pense notamment... quand vous arriviez par la route depuis la Macédoine ou le Kosovo, vous voyiez immédiatement des bunkers. Aujourd'hui, vous les voyez de moins en moins. Ce qui prouve que les petits bunkers, je pense, finissent par s'enfuir, par disparaître sous la terre.
- Speaker #7
C'est là qu'on mettait la mitrailleuse. Alors qu'est-ce qu'il aurait pu faire l'ennemi quand on était dedans ? Il n'aurait rien pu faire.
- Speaker #1
Parce qu'après, Effectivement, on ne peut pas faire grand-chose avec un bunker. Certains ont été vendus pour faire du remblai dans le port de Dubaï. Enfin bon, c'est quand même un débouché un peu limité.
- Speaker #2
En montagne ou même dans le paysage, ils sont utilisés aussi par les bergers.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #2
Et justement, ça me fait penser dans les auteurs de mon chayoub. Il y a le col de chayoub, dont il y a un berger qui a un restaurant, un endroit très bien. Et à côté, c'est l'un des derniers caracoles, à l'époque ottomane. C'était les postes frontières de ceux qui recueillaient les taxes de la population. Et donc le caracole, c'est un peu comme une sorte de boumker. Ces boumkers, c'était pour faire face à l'encerclement. Aujourd'hui, on considère qu'ils ont coûté trop cher. Mais moi, j'ai toujours pensé qu'ils étaient indispensables. Et sinon, ils sont utilisés, par exemple, en ville, pour des bars au bord de mer. Ils se sont utilisés comme un musée en Ampoukart, à Tirana et en Albanie aussi. Ils utilisent aussi comme point de réflexion par rapport à ce qui se passait à la dictature.
- Speaker #0
La Grèce en entrée, l'Italie pour le plat, les Balkans, la Turquie aussi pour les desserts, vous retrouverez dans vos assiettes toutes les influences qui constituent l'Albanie. 40% de la population active travaille dans le secteur de l'agriculture. Ici, vous mangerez souvent très local. Cette fois-ci, c'est Hilda Marat qui ouvre la discussion. Je lui ai demandé quelles étaient les cultures spécifiques à son pays.
- Speaker #2
L'Albanie, c'est une terre de transhumance, de berger. Donc, l'Albanie fait partie de tout ce réseau de transhumance protégée aussi par l'UNESCO, avec d'autres pays européens, d'où cette tradition des bergers. bergers qui se déplacent d'une région à l'autre perdurent encore aujourd'hui, qu'on voit de disparition, mais qu'en Albanie est très vivante. Donc on a la production du fromage, de tous les produits laitiers très très répandus. Ça existe aussi une route du fromage entre l'Albanie et la Grèce, dans le sud de l'Albanie, dans toute la région. De Girocaster et de Tepelen et de Permet, des guest houses, des gîtes, des bergers et des producteurs de fromage, ils se sont mis en lien grâce à un projet européen justement de cheese cult, donc la culture de fromage. Et donc les meilleures expériences grecques et albanaises y cohabitent. Donc on peut avoir une expérience à découvrir des producteurs autochtones de fromage en Albanie, le kachkava, le fromage de Brébi. etc.
- Speaker #8
En été,
- Speaker #9
je collecte environ 500 litres de lait de vache par jour, sans compter le lait des brebis et des chèvres.
- Speaker #8
En période estivale, je collecte le lait aussi l'après-midi,
- Speaker #9
parce que les quantités sont importantes et les animaux sont prêts trois fois par jour.
- Speaker #2
Il y a les producteurs de miel qui sont aussi dans les montagnes, très répandus. Il y a le miel des châtaignes atropoyeurs qui est très connu. Et sinon, le miel des fleurs du montagne de Tchayoub, du sud de Pormès.
- Speaker #0
Et comme il y a beaucoup de côtes au niveau de la pêche,
- Speaker #2
est-ce que c'est très réputé ?
- Speaker #1
Alors là, il y a toute une histoire. Parce que, par exemple, à l'époque communiste, il n'y avait quasiment pas de pêche. parce que la mer c'était C'était une frontière qu'il fallait surveiller. Il y avait des bateaux-usines soviétiques ou chinois qui venaient rafler les poissons, mais il n'y avait pas de pêche côtière, bien évidemment en Albanie. Donc la pêche, c'est une histoire relativement, à la fois ancienne, puis qui a recommencé depuis des années, depuis la fin du XXe siècle. Et les eaux albanaises sont des eaux qui sont poissonneuses. Donc il y a une belle tradition maintenant de cuisine de la mer. Au-delà de ce qui est pêché, les manières de préparer les poissons, c'est bien sûr très fortement influencé par l'Italie voisine, d'autant que beaucoup d'Albanais ont été travailler en Italie et sont revenus en Albanie. Donc on va pouvoir manger d'excellentes pâtes, aux fruits de mer, aux crevettes, aux crabes, manger des coudes, de l'angoustine, de cigales de mer. Enfin, vraiment une cuisine méditerranéenne assez classique, mais d'excellente qualité. C'est sûrement une des meilleures cuisines de la mer du Balkan, assurément.
- Speaker #2
Même par rapport à l'Italie aussi. On trouve des poissons frais tout au long de la côte, même à Tirana. Il y a aussi des restaurants en plein centre-ville qui sont avec le poisson frais, arrivés de la journée même de la côte de Flora ou d'Ouras. Alors, quels sont vos plats fétiches ?
- Speaker #1
Alors moi, je pense que ce que j'apprécie le plus en Albanie, c'est sûrement les salades. C'est des choses très simples, mais très fréquemment on va vous servir une salade verte avec une huile d'olive de très grande qualité. de qualité, il y a des huiles d'olive produites localement qui sont excellentes avec des petits morceaux de citron il y a beaucoup de magnifiques citrons aussi qui poussent en Albanie des olives, et ça c'est juste délicieux que ça accompagne un poisson, une viande ou peu importe, ou une salade de pousses d'épinards frais, c'est des choses qu'on ne trouve pas tellement dans le reste des Balkans pas de cette manière là et c'est vraiment tout à fait exquis je crois que c'est ça que j'apprécie le plus sur le fond d'Albanie
- Speaker #10
Sur des coteaux balayés par le vent marin, les oliviers sont exposés à un microclimat très bénéfique. D'après les études qui sont menées, l'iode de la mer, le sel, donne une autre qualité aux olives, aussi bien à l'olive de table qu'à celle qui est pressée pour l'huile. On dit que ça augmente le taux de phénol et que ça baisse l'acidité.
- Speaker #2
Moi, j'irais plutôt vers les tavs. Mon plat préféré de toujours, c'est tavel basani. Donc, tavel basani, c'est un plat en terre cuite qui est utilisé comme récipient pour faire cuire au four l'agneau avec du yaourt, des oeufs. C'est magnifique, voilà. Et sinon, on a les tavas, par exemple, à Skoder. Ils font le tava de poisson.
- Speaker #1
De carpe. De carpe. C'est un blague.
- Speaker #2
Voilà. Et on a aussi le tava de Koran à Pogradec.
- Speaker #1
Une variété de truies de saumonais.
- Speaker #2
Truits de saumonais en Allemagne.
- Speaker #1
Voilà, une variété autochtone de truites saumonais dont il faut se repaître avec extrême modération. C'est une espèce très menacée. Aussi, une autre tradition que j'aime beaucoup en Albanie, c'est d'offrir des fruits à la fin du repas. C'est quelque chose que vous ne commandez pas, mais normalement, au restaurant, on vous offre, après le café, après le dessert, une assiette de fruits. Donc, bien souvent, en ville, ça va être des pommes, des bananes, des oranges ou des fruits d'été, peu importe. Et là-bas, à Mrezieza, j'ai des souvenirs vraiment... Extraordinaire, à l'automne, de baie de la forêt collectée qu'on vous serve comme ça, c'est magnifique.
- Speaker #2
Et quelles sont les inspirations du côté des desserts en Albanie ? En arrivant chez un habitant, chez les Albanais, on vous offre tout de suite le raki, mais le raki, il vous est toujours servi avec un glyco. Le glyco, c'est une sorte de fruit préparé dans le sucre, dans le sirop. Donc ils sont fricons, filles au sirop. Mais ce n'est pas que des fruits. Dans le sud de l'Albanie, que ce soit dans la région de Dirocaster ou dans la région de Permet et de Berat aussi, dans l'Albanie un peu centrale, sud-centre, ils utilisent aussi pas mal de légumes. Par exemple, des aubergines bébés qu'ils mettent dans le sirop, justement. Et c'est vraiment des glycônes magnifiques où ils font des tomates, des baby tomates et tout ça. Donc les différents glycos qui sont à la base des fruits, très réputés à Permette, c'est le glyco des noix. Sinon, à Permette, ils ont aussi un gâteau, il s'appelle des locum, à la base de l'eau, des pétales de rose. Et donc ça, c'est aussi une tradition. Quand il y a des fiançailles ou quand il y a un mariage, on prépare ce gâteau. Donc c'est vraiment le gâteau, le goût sucré, mais des fleurs. qui est offert justement pour des événements heureux.
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous proposez de glisser dans sa valise pour rentrer en France, une fois qu'on a terminé son voyage ?
- Speaker #2
Je dirais du chai mali, du thé de montagne albanaise. Le thé de montagne du sud d'Albanie, c'est vraiment un délice. Le miel et le raki.
- Speaker #6
C'est comme ça. Il est fait avec du raisin. Une spécialité albanaise. Comme la grappa italienne. Mangez un morceau.
- Speaker #11
Oui, je veux bien goûter. Bon appétit.
- Speaker #1
Raki ça désigne l'eau de vie, sachant que tous les fruits peuvent se distiller. Mais en Albanie, ce qui est de très loin le plus répandu, c'est l'eau de vie de raisin, Raki Rouchi. Mais vraiment, en se baladant, on va aussi pouvoir déguster d'autres choses que les gens distillent, des framboises, tout peut se distiller. Mais le raki de raisin, le raki rouchi, ça reste tout de même la boisson qui marque l'hospitalité. C'est ce que l'on offre quand on arrive chez quelqu'un, quand on est reçu comme hôte. C'est très souvent ce qui vous est offert comme marque d'accueil, de bienvenue. C'est très important le raki.
- Speaker #0
C'est la fin de cet épisode, merci d'avoir exploré l'Albanie avec nous. Le générique est signé Hélène Biziot, les interviews et la réalisation Marjolaine Corr. Au fil de ce podcast, vous avez entendu des extraits des émissions Géopolis, L'époque du Roi Zog, et J'irai dormir chez vous, diffusé sur France 5, mais aussi les documentaires Le Défi Albanais, diffusé sur la RTS, et Bunkerland de Daniel Grand-Clément. Enfin, l'extrait d'un reportage de France 3 Méditerranéo sur l'huile d'olive albanaise. Parlez-moi d'ailleurs, un podcast créé sur une idée originale des éditions Voyage Gallimard. Si vous avez aimé ce contenu, n'hésitez pas à nous laisser un commentaire sur les plateformes et bien sûr à le partager autour de vous. A bientôt et bon voyage !