- Speaker #0
Ce podcast vous est proposé en partenariat avec Bynative, le spécialiste du voyage sur mesure, porté par des experts locaux francophones. Parlez-moi d'ailleurs, un podcast Voyage Gallimard. Bienvenue ! Aujourd'hui, laissez-vous raconter l'Islande par celles et ceux qui la vivent.
- Speaker #1
La devise nationale de l'Islande, c'est « Thahtaratast ». Et « Thahtaratast » , ça veut dire « cela va aller exactement de la façon dont c'est supposé aller » . C'est lié à la nature islandaise parce que, comme on a une nature imprévisible, on sait qu'il faut faire face aux éléments, que les éléments sont plus forts que nous et qu'on ne va pas perdre d'énergie à être stressé outre mesure. Donc ça crée une certaine force aussi.
- Speaker #0
Le flegme face aux éléments et une capacité d'adaptation au rythme imposé par les saisons. Même en tant que voyageur, c'est certainement la meilleure attitude à adopter pour apprécier un séjour dans les paysages grandioses d'Islande, qu'on la parcourt durant ses longues journées d'été ou bien ses longues nuits d'hiver. Lea Gestsdóttir-Gayet est l'autrice du guide Coups de cœur Voyages Gallimard et guide de moyenne montagne parmi ses nombreuses casquettes. Et c'est donc elle qui nous fait découvrir cette île fascinante où, dès que l'on s'éloigne de la capitale reykjavik, les vastes étendues de nature sont à peine émaillées de quelques maisons, des fermes souvent, où il fait bon s'arrêter.
- Speaker #2
Ce que je trouve très intéressant, c'est d'aller dans les fermes, prendre un repas ou même manger des crêpes ou des gaufres. Il y a beaucoup de fermes qui le proposent et ça c'est vraiment sympa.
- Speaker #0
Sigridur Gunnarsdottir est islandaise, elle vit en France depuis des années et elle partage son goût pour les plats de son pays avec les Français attachés à son île de naissance. C'est elle qui nous dira tout des habitudes gastronomiques islandaises. Les grands espaces, les fjords, les geysers et les cascades au milieu des montagnes et à proximité des volcans, tous les voyageurs qui se sont rendus en Islande reviennent avec ce sentiment d'avoir découvert un paysage unique au monde. Lea Gestsdóttir-Gayet est franco-islandaise, elle vit à Reykjavik, et je lui ai demandé si pour elle, il y avait un signe particulier, un élément à son retour sur l'île, typique de l'Islande.
- Speaker #1
Ce qui surprend quand on arrive en Islande, je pense que c'est la vague d'air frais qu'on se prend dans la figure. En tout cas, moi, ça me le fait toujours quand je rentre en Islande, et j'imagine que du coup, ça doit surprendre des gens. Mais c'est vraiment quand on arrive, on a l'air frais. Donc ça fait une sensation physique, mais je pense aussi mentalement. Ça remet les idées en place et voilà, c'est ce grand coup d'air frais quand on arrive.
- Speaker #0
Et bien sûr, c'est un pays qui ne se vit pas de la même façon selon qu'on le visite en été ou en hiver.
- Speaker #1
L'Islande, c'est un pays très extrême, c'est-à-dire que rien n'est dans la demi-mesure ici. Et l'hiver et l'été sont deux périodes extrêmement différentes et le pays n'a rien à voir. Et ce qui est extraordinaire, l'été, c'est qu'on n'a presque pas de nuit. Et autour du 21 juin, qui est la date du solstice, qui a été célébré par les Vikings avant et qui est... célébrés d'autres façons maintenant, on n'a plus de nuit. Donc en fait, les distendés dorment pas beaucoup. Les enfants jouent au foot jusqu'à point d'heure. Enfin voilà, on ne dort pas. Ah oui, excuse-moi, je veux juste rajouter une chose sur l'été parce que je sais que ça est difficile pour les voyageurs français. On est un pays sans volet. Donc voilà, pensez à apporter les masques si c'est un problème. Et puis l'hiver, en contrepartie, il fait très noir, très sombre. Du coup, on dort beaucoup, on reste beaucoup à l'intérieur. Des fois, je dis qu'on va hiberner comme les animaux. C'est un pays très différent. Je dis tout le temps que si on veut bien connaître l'Islande, il faut venir à deux reprises. Il faut venir une fois l'été et une fois l'hiver. Il y en a un, c'est la lumière, l'air frais, pas de nuit. Tout est possible. Les journées sont infinies. Puis l'hiver, on attrape la lumière. Si jamais on a trop fait la fête, la veille, on se réveille le lendemain. Une phrase qu'on peut dire, c'est « j'ai raté le jour » parce que juste pour vous réveiller. Un peu au début d'après-midi, vous avez juste raté la lumière du jour. Ça, c'est assez marrant. En contrepartie, quand on vient en hiver, les fêtes de Noël sont magiques ici. Donc il y a beaucoup de lumière, beaucoup de décorations. Donc ça, c'est ce qu'on fait en fait pour illuminer les villes. Après, on a les aurores boréales aussi pendant cette période. Donc du coup, le ciel devient vert, il peut être blanc, il peut être rose.
- Speaker #3
Les chasseurs d'aurores boréales préfèrent les mois de janvier et de février. À cette époque de l'année... Il ne neige quasiment pas, le ciel est donc bien dégagé. Il est aussi préférable de choisir les périodes dites de nouvelle lune ou de lune noire. Ces jours-là, la lune est cachée, l'obscurité est alors maximale et les aurores sont plus visibles. Le clou du spectacle se situe généralement entre 8h du soir et 1h du matin, mais attention, les aurores boréales ne sont visibles que quelques instants. Heureusement, elles peuvent revenir très vite, avec un peu de chance. Le spectacle peut se prolonger durant plusieurs heures.
- Speaker #1
Je veux aussi dire qu'il ne faut pas être déçu si on voit des aurores borales blanches. Il ne faut pas croire que les aurores borales sont toujours comme sur Instagram. C'est un peu plus complexe que ça. Il faut vraiment apprécier ce qu'on voit. Mais ce n'est pas forcément ce qu'on a vu en photo. Et puis après, le 30 décembre, pour le réveillon de fin d'année, on fait beaucoup de feux d'artifice. Aussi l'hiver, on n'a jamais froid. Il y a bien des choses qui ne sont pas chères en Islande, parce que c'est une destination chère. C'est l'air frais, l'oxygène, quand on respire bien. Et après, c'est... c'est l'eau chaude et donc le chauffage. Et donc ici, quand on a froid, on ouvre les fenêtres, on ne bêche pas les radiateurs, c'est ce qu'on dit. Et après l'hiver, si vous avez froid, il faut se baigner dans les piscines municipales, dans les eaux chaudes. Ça nous réchauffe, c'est toujours à l'air libre. Et le contraste entre l'air frais dans la figure et les bains d'eau chaude, c'est extraordinaire.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a un lieu pour toi qui serait l'essence de l'Islande ?
- Speaker #1
Moi, l'endroit que j'adore en Islande pour ça, c'est le parc national de Þingvötlir. Þingvötlir, ça se traduirait vers le français. Þing, c'est le parlement. Et Vötlir, c'est comme les plaines. Donc, c'est les plaines du parlement. Ça fait partie du cercle d'or, c'est ce que les gens font souvent dans un circuit touristique. Il y a plein de monde et en général, les gens dans un même circuit font le geyser, une chute d'eau qui s'appelle Côte-Frost et le Parlement 5 à 3. Et malheureusement, comme les phénomènes géologiques... sont très... c'est assez impressionnant de voir un geyser, on a tendance à minimiser l'importance de Sinkvallir. Sinkvallir c'est le parlement le plus vieux du monde, toujours en activité, c'est là où les islandais se sont réunis quand ils ont quitté la Norvège et qu'ils ont colonisé l'île. C'est ici qu'on a créé nos lois et en fait tout notre pouvoir législatif et judiciaire, donc on n'avait pas de pouvoir exécutif et c'est pour ça qu'après on est retombé sur domination norvégienne puis danoise. Mais en fait quand on est à Sinkvallir il y a deux choses qu'on observe. C'est la naissance de la nation de l'Islande et en même temps c'est situé sur un endroit où les deux plaques tectoniques se rejoignent. En fait l'Islande c'est à l'endroit où les deux plaques européennes et américaines se rejoignent et s'écartent de 2 cm par an. Et le lieu du Parlement, Sinkvettl, il est exactement à cet endroit. Donc en fait quand vous arrivez là vous pouvez voir l'origine de la nation islandaise politique et aussi l'origine géologique de l'Islande. Parce qu'en fait, on voit très bien... le phénomène qui mène à la création d'Islande, ces phénomènes géologiques. Pour moi, Think Let Live, c'est un endroit qui est très cher. De toute façon, il est cher à tous les Islandais. C'est là où on a déclaré notre indépendance aussi en 1944. Tous les événements importants ont lieu à Think Let Live. Donc c'est très beau géologiquement et c'est une grande importance historique.
- Speaker #4
Dans les années 1920, un groupe de pêcheuses de la petite localité de Siglufjörður forme un syndicat féminin. Surnommées les filles du harang, elles ne se contentent pas de vider les poissons. Elles organisent également des manifestations et sont à l'origine d'un moment historique, une grève suivie par 90% des femmes islandaises. Y compris des femmes au foyer qui se sont jointes au mouvement en déposant leurs enfants sur le lieu de travail de leur mari. Et rien de tel pour ouvrir les yeux d'une nation qu'un bureau rempli d'enfants en bas âge. Ça s'est passé le 24 octobre 1975 et ce fut le chaos total. Les magasins et les banques ont dû fermer, les usines de poissons ont dû stopper le travail. Les hommes étaient complètement dépassés. Les ventes de saucisses ont explosé. Et les hommes l'ont appelé le long vendredi, car ce fut une journée particulièrement éprouvante pour eux.
- Speaker #1
Lissande, c'est un pays extrêmement égalitaire. On est le pays avec la première femme élue présidente au monde. La première femme présidente a fait quatre mandats. Léa Tichempa-Torté, qui était professeure de français. Et actuellement, on a une femme. Le président de la République, qui s'appelle Hatlaton Mastote, et notre première ministre est une femme. Le gouvernement de coalition est constitué de trois femmes. Le chef de l'église nationale d'Islande est une femme. Et le chef de la police est une femme. Voilà, donc en fait, en ce moment, on est un pays complètement dirigé par les femmes. Voilà, ça, c'est aussi un aspect très important pour l'Islande. C'est l'égalité des genres. Ce n'est pas négociable, c'est comme ça.
- Speaker #0
Oui, avec cet aspect, on rejoint déjà le sujet de la culture islandaise. Toi, cette culture islandaise... Comment tu la définirais ?
- Speaker #1
La culture islandaise, je dirais que c'est très varié, très productif. Il y a énormément de production. En fait, la culture islandaise, si on va dans le passé, je crois qu'on a la littérature médiévale la plus importante parce que nos ancêtres ont écrit les sagas, les sagas islandaises. Il y a une petite dispute avec la Norvège. Étaient-ils islandais ou norvégiens, les auteurs ? Nous, on dit que c'est les sagas islandaises. On a énormément de textes anciens et une littérature médiévale très importante. Mais ensuite de nos jours, je pense qu'on est un peu avant-garde. Par exemple, la chanteuse Björk. Les groupes comme Sehoros, c'est des groupes qui sont mondialement connus. La culture islandaise, ça va de choses très traditionnelles, très ancrées, très ancestrales, très liées au rite, etc. à des créations comme Björk, ou ce qu'on envoie à la Biennale de Venise en Italie. C'est des créations un peu folles, un peu futuristiques. Après, la culture en général, on est un pays qui lie énormément. Et je pense qu'en France, on connaît beaucoup les policiers, les romans policiers islandais. Ma grand-mère reste très perplexe à ce sujet parce qu'elle dit que l'Istanbul c'est un pays très sûr et elle se demande d'où ces auteurs tirent leur inspiration parce qu'il ne se passe jamais rien ici. Donc elle ne comprend pas très bien, mais bon c'est des auteurs qui ont vraiment tué ça à l'étranger, il y a des films et des séries. Mais c'est une mentalité quand même qui est présente ici et qu'on rencontre bien dans ces romans. Mais moi ce qui m'impressionne toujours avec l'Istanbul c'est cette capacité à créer alors qu'on est très peu nombreux. On est moins de 400 000, c'est une langue parlée par peu de monde. Et en fait, ce que j'aime bien avec les Islandais, c'est qu'il n'y a pas de limite, c'est très libre.
- Speaker #0
Est-ce que tu aurais des suggestions pour entrer en contact avec cette culture des activités, des expositions ?
- Speaker #1
Alors, pour découvrir l'Islande, moi je dis toujours qu'il faut commencer par aller se baigner, parce qu'en fait, les Islandais, on se baigne tout le temps, et c'est vraiment le soleil de l'Islande. L'eau chaude, c'est ce qui permet de vivre ici, de vivre correctement. Et en fait, les Islandais, ce n'est pas un peuple forcément très bavard. Mais je dis souvent qu'avec l'élément liquide, les langues se délisent, c'est-à-dire c'est ou avec quelque chose à boire ou en étant dans un bassin.
- Speaker #0
Alors je me permets une parenthèse ici pour vous expliquer que l'Islande bénéficie de la géothermie, une technique qui consiste à capter la chaleur du noyau terrestre et en fait avec son activité volcanique, l'île bénéficie de sources d'eau chaude qui lui permettent non seulement de chauffer les maisons, mais aussi les sources thermales bien sûr et les piscines municipales. Me voilà à la piscine. Il fait bon là ! Vous allez au spa ?
- Speaker #5
Je vais aller ne pas au spa.
- Speaker #0
Vous allez nager ? Très bien. Avant la nuit, en Reykjavik ?
- Speaker #5
Je prends un chaud et un froid, environ 6 à 7 fois.
- Speaker #0
Et c'est très bon. La dame m'explique qu'elle va dans la piscine extérieure et qu'elle va à la fois dans l'eau chaude et dans l'eau froide, 6 fois, et que ça lui fait beaucoup de bien. Bonne heure.
- Speaker #1
Mais pour connaître ça, il faut vraiment aller dans les piscines municipales. Bien sûr, il y a des spas, il y a des choses magnifiques. Mais en fait, les piscines municipales, c'est là où les Islandais vont au quotidien et c'est vraiment dans les sources d'eau chaude qu'on discute de politique, qu'on discute des changements, de tout ce qui peut arriver. En fait, on dit souvent que c'est décidé dans les bassins d'eau chaude. Donc il faut vraiment commencer dans une piscine municipale. Après, au sortir de la piscine, il faut s'acheter un hot dog parce que c'est ce que les Islandais font. Mais ça, c'est vraiment la culture de base. Après, pour découvrir vraiment l'Islande, en fait, il ne faut pas essayer de faire comme en France au niveau culinaire. C'est juste une parenthèse que parfois, on veut déjeuner le midi, par exemple, comme en France. Donc, on va dire, c'est horriblement cher. Oui, mais c'est parce que personne ne déjeune comme ça. Il faut aller dans des endroits où il y a les plats du jour ou alors manger un hot dog. En termes de musée, moi, je pense que pour les Français, ce qui est toujours bien, c'est d'aller voir le musée maritime. Il est au cœur de Reykjavik. Ça retrace vraiment l'histoire de l'Islande. Et comme il y a énormément de liens entre la France et l'Islande, à ce niveau-là, je pense que c'est intéressant. Et c'est toujours une histoire qui est touchante pour ces deux pays. Les Français ont construit le premier hôpital d'Islande pour ces pêcheurs. Et en fait, après, si on a visité le musée maritime de Reykjavik, qu'on est à l'est ou à l'ouest de l'Islande, il y a deux villages de part et d'autre du pays qui retracent cette histoire. Il y a Froskosjörður, où les noms des Russes sont en islandais et en français. Et cet hôpital a été transformé en hôtel là-bas. et d'autres côtés. Patrick Schwerder, mais là, il n'y a pas vraiment de musée. Mais disons qu'on peut trouver beaucoup de choses en ligne, oui.
- Speaker #0
Pour terminer, pour toi, quel est le souvenir à glisser dans sa valise avant de rentrer ?
- Speaker #1
Alors, on va ramener un pull en laine. Je sais qu'il fait souvent chaud en France, mais les pulls en laine, c'est un peu notre signature.
- Speaker #6
Cela fait partie de chaque Islandais d'avoir son propre pull, une lopapéissa. C'est définitivement un symbole pour nous tous, car nous avons toujours grandi entourés de moutons. Vous savez, je pense que nous avons un attachement sentimental à la lopie et aux moutons. Cela représente pour nous une certaine connexion à la nature.
- Speaker #1
On a plein de couleurs différentes, puis avec des motifs différents. Si c'est trop chaud, on peut acheter des petits gilets. Et puis il y a des gants aussi qui sont très beaux, ou des bonnets. Alors c'est assez cher, mais on peut aller au magasin comme la Croix-Rouge ou des choses comme ça. Alors si vous comptez faire ça, à Reykjavik, les pulls vont quand même être assez chers. Mais autour du pays, les magasins de la Croix-Rouge vont être nettement moins chers. Donc si vous faites le tour, il vaut mieux acheter son pull ailleurs qu'à Reykjavik. Parce qu'à ce moment-là, vous pourrez en avoir. d'occasion moins chère. Mais moi, je dis tout le temps que si on veut vraiment se faire plaisir, il faut juste se dire, bon, je fais des économies, je m'en offre un qui fait main en Islande. C'est vraiment un investissement qui vaut le coup, ça dure toute une vie.
- Speaker #0
De l'Islande aujourd'hui, nous connaissons tous un aliment qui a envahi depuis quelques temps les rayons de nos supermarchés. Le fameux skir, ce yaourt hyperprotéiné décliné à toutes les sauces. Sur l'île, c'est l'un des aliments principaux depuis des décennies au moins. En s'ouvrant sur le monde, la gastronomie islandaise a gagné en variété. Siga vit en France depuis de nombreuses années. Elle a publié trois livres de recettes françaises dans son pays et ici elle partage ses recettes islandaises. dans la newsletter de l'association France-Islande. Siga, c'est un diminutif plus facile à prononcer pour nos autres Français. Je la laisse se présenter elle-même avec le bon accent.
- Speaker #2
C'est le prénom que j'utilise tout le temps, mais en fait je suis Ségri Lur, Gunnarsdóttir, la fille de Gunnar.
- Speaker #0
Alors, est-ce que vous pouvez nous expliquer déjà quel est le rythme de vie au niveau des repas des Islandais ? Est-ce que ça diffère beaucoup de ce qu'on connaît en France ?
- Speaker #2
Oui, un peu. Je pense que la... La plupart des Islandais mangent un bon petit déjeuner avant de partir au travail. Les enfants aussi. Un repas léger à midi. C'est souvent juste une soupe ou un sandwich. Et puis le soir, on dîne de bonne heure. Maintenant, c'est souvent vers 6 heures du soir. Et là, on mange un repas chaud en général. Le repas principal, c'est le soir, oui. De quoi est composé le petit déjeuner ? Maintenant, c'est très souvent des céréales. Mais quand moi j'étais enfant, il y a longtemps, c'était toujours de la bouillie d'avoine avec une tranche de boudin islandais, ce qui ressemble au hakis écossais. Et c'est sûr que ça faisait un bon repas.
- Speaker #0
Il y a eu beaucoup d'évolutions dans la manière de manger en Islande entre votre enfance et aujourd'hui ?
- Speaker #2
Énormément, énormément. Je suis d'une ferme. On mangeait quasiment que les produits de la ferme. et puis de la morue salée, puisqu'on n'avait pas accès à la mer là où j'étais. Et c'était donc morue salée tous les jours, sauf le dimanche, qu'on mangeait du mouton salé. On n'avait rien de frais. À l'époque, les Islandais étaient encore très pauvres. Je suis née en 1946, j'ai 80 ans, déjà à cause de la guerre, bien sûr, là comme ailleurs, et aussi parce qu'on était une colonie danoise. On venait de gagner notre indépendance, mais on était encore très pauvres. Et donc, l'État islandais était extrêmement pauvre. On n'avait pas les moyens d'importer de la nourriture fraîche. Les seuls légumes quasiment qu'on mangeait, c'était des pommes de terre, pas grand chose d'autre.
- Speaker #0
Oui, parce que les cultures forcément en Islande sont très limitées.
- Speaker #2
Surtout à l'époque. Maintenant, on utilise l'eau des sources chaudes. Et oui, la fameuse géothermie. Oui, pour faire des cultures un peu partout. Mais à l'époque, c'était beaucoup moins que maintenant.
- Speaker #0
Mais alors, qu'est-ce que ça permet ces sources d'eau chaude ?
- Speaker #2
On fait des serres et on se sert de l'eau chaude pour réchauffer les serres. Donc on peut même faire des tomates et des concombres toute l'année, même l'hiver.
- Speaker #7
L'eau est à 100 degrés quand elle arrive dans notre serre. Ensuite, elle circule dans nos tuyaux. On en a ici, au plafond. Le long des murs, c'est ce qu'on utilise pour chauffer l'espace.
- Speaker #0
En fait, maintenant, des légumes de toutes sortes, toute l'année. Ce qui a enrichi finalement la gamme de plats et qui a changé les plats qu'on peut trouver sur place ?
- Speaker #2
Complètement. Maintenant, on trouve de tout en Islande. Je ne dis pas que les légumes islandais sont aussi bons que ceux qui poussent au soleil, comme ici, mais au moins on a tout.
- Speaker #0
Et alors, est-ce qu'il y a des plats que vous recommandez de tester ? quand on visite l'Islande ?
- Speaker #2
Alors, l'agneau islandais, c'est un délice. Les moutons pèsent en montagne tout l'été. Et ensuite, on va les chercher en septembre et on abat les agneaux en septembre-octobre. C'est quasiment du gibier. Ils n'ont jamais mangé de l'herbe cultivée. Et l'herbe de la montagne islande est extrêmement... Elle est bonne pour le bétail. Donc, c'est une viande délicieuse et il faut surtout... de ne pas oublier de manger de l'agneau. Pour moi, c'est la meilleure viande qu'on trouve en Islande. Comment il est préparé ? Des gigots entiers sur le barbecue l'été, c'est délicieux.
- Speaker #0
Est-ce que vous, vous avez un plat de prédilection avec de l'agneau ?
- Speaker #2
J'ai une recette que j'ai faite souvent, parce que je l'aime et c'est pas quelque chose qu'on fait ici. Alors c'est un gigot d'agneau que j'ai fait cuire pendant 7 heures à 100 degrés. J'ai badigeonné les gigots avec de la confiture de myrtille. On a beaucoup de myrtille en Islande. Et je mets un petit peu d'eau. Des oignons et de l'ail, et ça cuit là tout doucement pendant 7 heures. Et après, je fais une sauce avec de la crème fraîche et des myrtilles fraîches. Et pour moi, c'est un délice. C'est bien islandais.
- Speaker #0
Et on peut le retrouver au restaurant, ce plat ?
- Speaker #2
Je pense, en tout cas, quelque chose qui ressemble. On utilise pas mal les myrtilles. Dans les bons restaurants, on essaie d'utiliser les ingrédients du pays.
- Speaker #0
Oui, tout à fait.
- Speaker #2
Et puis le poisson islandais est délicieux aussi. Et là aussi, il y a toutes sortes de plats de poissons. Bien sûr, en Islande, comme dans les autres pays nordiques, il y a beaucoup de saumon. Maintenant, comme ailleurs, il y a surtout du saumon d'élevage. Mais si on a de la chance, on arrive encore à en trouver au restaurant et aussi de la truite sauvage. Et ça, c'est un délice.
- Speaker #0
D'accord. Et là, quel type de plat on peut trouver avec de la truite, par exemple ?
- Speaker #2
On fait en Islande comme on souhaite. beaucoup de Grablachs, c'est le saumon mariné à la nette. Dans tous les restaurants, on propose ce genre de plat. Je n'ai pas parlé du Ausha, c'est le requin faisanté. On chasse un... encore le requin en Islande et il y a une ferme à Snaefellsnes c'est à la presqu'île de Snaefellsnes qui les chasse eux-mêmes et le font faisanter et en proposent avec un verre d'aqua 8 et c'est très spécial mais ça a beaucoup de succès les touristes aiment venir goûter ça ça a quel goût ? si on veut trouver quelque chose c'est du camembert beaucoup trop c'est très fort et pas très agréable.
- Speaker #0
Mais ça,
- Speaker #2
c'est mon opinion. Les Islandes, ils n'ont peur de rien.
- Speaker #0
Parce qu'il y a des aliments qui sont surprenants pour des Français.
- Speaker #2
Mais il y a le skier, bien sûr. Et l'omniprésent, on la mange tous les jours.
- Speaker #8
Le skir, c'est la manière universelle de conserver le lait depuis des siècles. Maintenant, nous allons prendre le sirop de pissenlit et en verser dans le skir. On mélange. Le skir n'est pas gras, il est très protéiné.
- Speaker #2
Il y a aussi du lait caillé islandais qui est très bon. Et puis, bien sûr, la rhubarbe qui pousse partout, partout. C'est le seul fruit, je ne sais pas appeler ça un fruit, qui est... facilement island et donc on utilise énormément justement souvent dans des desserts avec plus kiff ou avec de la crème fraîche de très très bon en compote en compote ou en tarte et en fait de la confiture. Délicieuse. On mange beaucoup de crêpes. Ça, c'est vraiment un dessert traditionnel. Ou avec de la confiture de myrtille ou confiture de ribalbe.
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous conseillez de rapporter dans sa valise en souvenir, que ce soit des boissons ou des produits typiquement islandais ?
- Speaker #2
J'ai oublié encore de parler de hard fish gur, les poissons séchés, qui est une tradition très ancienne, justement, pour garder les poissons. Alors une fois pêché, on l'ouvre, on enlève la raie centrale et on l'accroche dehors au soleil et au vent surtout, puisqu'il y en a beaucoup, et on le laisse sécher là quelques semaines avant de le venger. sec. Mes voisins ici en France me disent que c'est comme si on mangeait de l'écorce de bois, mais nous on aime beaucoup ça et je conseille tout le monde de manger, c'est extrêmement nourrissant et bon pour justement si on fait des randonnées. C'est tellement concentré comme nourriture, c'est parfait pour amener dans son sac à dos.
- Speaker #0
Donc dans sa valise, on va mettre du poisson séché et quoi d'autre ?
- Speaker #2
De la truite ou saumon fumé aussi, très bon aussi. Avec ça, on mange deux sortes de pains très spéciales. Il y a les galettes, toutes plates, un peu comme des galettes bretonnes, mais pas aussi énormes, qu'on faisait sur le feu. Et donc on mange encore aujourd'hui avec ça. Et il y a le pain noir qu'on faisait cuire autrefois dans les sauces chaudes. C'était du pain de seigle. On met dans des boîtes étanches, et on met dans l'eau bouillante, et on fait cuire pendant 24 heures, et ça c'est un délice.
- Speaker #9
Alors ça c'est ton four ?
- Speaker #10
Oui,
- Speaker #9
c'est ça, c'est le mien.
- Speaker #2
Ça veut dire que ça fait un pain très moelleux j'imagine ? Oui, très moelleux. Il est un peu sucré, beaucoup de francs-étrouges qui ressemblent un peu aux pains d'épices. Mais c'est du sel, et il est quand même moins sucré, c'est pas du miel qu'on met dedans. mais c'est un délice
- Speaker #11
C'est une technique de cuisson simple, mais en fait qui dépend des conditions et du terrain. Une parcelle qui produit de la chaleur peut perdre toute activité du jour au lendemain. Alors il faut bouger les fours en fonction de la chaleur. Et c'est la nature qui nous dicte sa loi. C'est comme ça.
- Speaker #0
Et du côté des boissons, est-ce qu'il y a des boissons typiques islandaises ?
- Speaker #2
Il y a bien sûr l'aquavit islandais, mais là je ne le conseille pas, il n'est pas spécialement bon. Par contre, il y a de très très bonnes bières. Les Islandais, il y en a énormément qui font de la bière et elle est très bonne. Je ne sais pas pourquoi elle est si bonne. Et l'eau, bien sûr, elle est délicieuse. D'ailleurs, il ne faut surtout pas acheter de l'eau en bouteille. On peut boire l'eau partout. Quand on fait des randonnées, on boit l'eau dans les rivières et dans les maisons. La robine, elle est très très bonne. Finalement, c'est l'eau de robine, la meilleure boisson islandaise.
- Speaker #0
C'est la fin de cet épisode, merci d'avoir exploré l'Islande avec nous. Le générique est signé Hélène Biziot, les interviews et la réalisation Marjolaine Corr. Au fil de ce podcast, vous avez entendu des extraits d'un reportage de TF1 sur les serres agricoles et de France Inter avec Gwennaëlle Abolivier dans les piscines pour Au détour du monde, mais aussi des extraits des émissions Invitation au voyage, Cuisine du monde, Épicurieux de Jamy Gourmaud et Un chef au bout du monde avec Philippe Etchebest. Enfin, un extrait du documentaire de National Geographic sur l'Islande, pays précurseur de l'égalité des sexes, et une balade médiévale islandaise interprétée par Olafur Liljurus. Parlez-moi d'ailleurs, un podcast créé sur une idée originale des éditions Voyage Gallimard. Si vous avez aimé ce contenu, n'hésitez pas à nous laisser un commentaire sur les plateformes et bien sûr à le partager autour de vous. A bientôt et bon voyage !