- Speaker #0
Parlez-moi d'ailleurs, un podcast Voyage Gallimard. Bienvenue. Aujourd'hui, laissez-vous raconter Bali par celles et ceux qui la vivent. Il y a vraiment une forme de bienveillance, justement liée à leur tradition,
- Speaker #1
au karma. à l'image qu'ils ont de bien faire dans cette vie pour être récompensé dans les vies futures, de toujours garder cet équilibre entre le divin, l'homme et la nature. Il faut garder cette forme de bienveillance et elle est vraiment présente partout.
- Speaker #0
C'est de sagesse balinaise dont il sera question dans ce podcast et des mille manières dont vous allez l'expérimenter le temps d'un séjour en Indonésie. Bali, c'est la terre d'accueil de Magali Lubon que vous venez d'entendre. Elle y a élu domicile il y a dix ans. Elle est guide et autrice pour le guide Coups de cœur Bali aux éditions Voyages Gallimard. C'est elle qui nous embarque pour une visite.
- Speaker #2
C'est le porc entier grillé. C'est une braise. Mais alors là, l'extérieur, c'est croustillant. à l'intérieur c'est moelleux. Donc on mange ça sur une feuille de bananier, avec du riz, avec des piments.
- Speaker #0
Et la cuisine balinaise sera évidemment au cœur de la seconde interview avec Anita Sobron, chef cuisinière, qui tient ce qui est certainement le plus ancien restaurant indonésien de Paris. Elle m'a reçue entourée d'une dizaine de petites coupelles remplies d'épices et de condiments pour nous faire comprendre les bases de la gastronomie locale. L'Indonésie est un pays de confettis qui compte 17 000 îles. A la différence de ses voisins majoritairement musulmans, Bali est l'une des rares îles où l'hindouisme prédomine. La religion, très présente, rythme le quotidien des quelques 4 millions d'habitants. Magali Lubong qui vit sur place depuis une dizaine d'années et accompagne de nombreux voyageurs, nous raconte ce qui rend Bali si particulière.
- Speaker #1
Bali c'est une petite île. Vraiment toute petite, qui correspond à peu près à la taille d'un département français. Elle est située dans l'océan Indien. Alors il y a toute la partie sud qui est beaucoup plus peuplée. Donc les images qu'on a des plages de Kuta, des surfers. Et par contre, tout le nord de Bali reste encore très peu peuplé, beaucoup plus sauvage. Et c'est là où on retrouve les belles images d'orisières, notamment avec les paysages beaucoup plus verdoyants de jungle et de nature.
- Speaker #0
Toi Magali, comment tu définirais la culture balinaise ?
- Speaker #1
Je pense que ce qui fait la spécificité de Bali, justement par rapport à l'Indonésie, et c'est pour ça qu'on la connaît aussi bien, on l'appelle très fréquemment l'île des dieux, c'est parce qu'en fait cette petite île est à majorité hindouiste. On y trouve une culture très présente, on y vraiment régit la vie des Balinais avec des grands principes, avec un calendrier aussi qui est différent.
- Speaker #0
Et comment on ressent cette présence de l'hindouisme quand on est un voyageur ?
- Speaker #1
Alors vraiment, on le ressent au quotidien et tout au long de la journée. Tout d'abord parce que les balinés ont beaucoup de cérémonies, que ce soit à différents moments de l'année, mais aussi dans la journée. Il y a plusieurs moments de prière, cinq prières par jour, où ils font des petites offrandes, qui sont des petits paniers tressés, ce qu'on appelle les chalangsari, où dedans il y a un petit enceinte, des petites fleurs, des pétales. Chaque élément des offrandes correspond à un point cardinal, à un élément aussi de la tradition. Et ces petites offrandes, on les voit partout. On sent l'encens dans la rue, partout. Pour faire ses offrandes, les balinés revêtent des tenues traditionnelles. C'est vrai que partout, quand on se balade dans la rue, on a ces odeurs d'encens. On voit ces jolies tenues colorées. Et ça prend vraiment une place très importante dans la journée.
- Speaker #0
Est-ce que tu as des recommandations sur les gestes à éviter, par exemple ? Ou alors les tenues à porter ou à ne pas porter qui pourraient froisser les balinés ? Ou heurter leur culture ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Déjà les règles de base par rapport au lieu de culte, je pense que c'est une des choses les plus importantes, parce qu'on a souvent l'image de gens qui se prennent en photo dans les temples. Donc la première chose, c'est toujours de porter un sarong, donc ce tissu baliné qui va faire un petit peu comme une longue jupe, pour pouvoir se rendre dans les temples. Aussi ne pas rentrer dans les zones qui sont spéciales pour les balinés dans les temples, il y a toujours une zone particulière de prière où là on évite de rentrer. Après il y a aussi des choses du quotidien. Comme par exemple, je ne veux pas toucher le dessus de la tête, parce que c'est quelque chose qui, pour les Bahimés, est le lien entre l'humain et le divin. Et donc si on touche le dessus, on vient couper ce lien. Aussi, une autre chose très importante qui peut-être pour nous Français est un petit peu plus compliquée, c'est qu'il ne faut pas s'énerver. Il ne faut pas trop montrer ses émotions, que ce soit de colère, d'impatience ou de choses négatives. Si jamais on exprime de la colère, ça veut dire qu'on n'est pas capable de se maîtriser soi-même. Et ça, pour eux, c'est quelque chose de très important. Donc ici, le conflit n'existe pas. Ce qui, parfois, est un peu bizarre, parce qu'en tant que Français, on aime bien dire ce qu'on pense à voix haute. Mais en même temps, ça fait aussi beaucoup travailler sur soi pour justement réussir à mieux se comprendre, à mieux se maîtriser et au final, à avoir une vie qui est beaucoup plus équilibrée.
- Speaker #0
J'ai cru comprendre que plusieurs calendriers coexistaient à Bali.
- Speaker #1
Ah oui, c'est vrai qu'ici, à Bali, on a le calendrier grégorien, donc le calendrier classique. Mais l'année aussi est régie par deux autres calendriers. Le Pahoukon est le calendrier Saka. Donc le premier, c'est un calendrier qui est plutôt rituel, basé sur 210 jours. Et le deuxième, un calendrier qui est d'inspiration hindoue. Et en fait, ces deux calendriers vont régir les jours de fêtes, les jours de cérémonies, les bons jours, et notamment le jour de l'an, donc qui revient tous les 210 jours. Ce jour de l'an, c'est un jour vraiment sacré pour les balinés. Alors comment ça se présente ? La veille de ce jour, il y a des grandes parades qui sont organisées dans la rue, des grands défilés. où les balinés ont préparé pendant des mois des immenses statues de démons, et on parade dans la rue, on fait le maximum de bruit. Le but, c'est vraiment d'effrayer les démons, de leur faire peur et qu'ils ne viennent pas sur l'île.
- Speaker #3
Tout le monde se rassemble aux abords du parc pour suivre le défilé. Selon les croyances hindoues, les Ogogo représentent le Butakala, esprit malveillant de la nature et de ses forces destructrices. Les défilés doivent purifier l'environnement naturel et chasser les mauvais esprits de la pollution apportée par les hommes. A chaque carrefour, le cortège dépose des offrandes pour attirer les esprits malins. La cérémonie se conclut à la nuit tombante dans un concert assourdissant de cymbales, de gongs et de casseroles qui accompagnent l'ultime voyage des Ogo-Ogo.
- Speaker #1
Et le lendemain, on appelle ça le jour du silence. Là, c'est vraiment une journée très particulière parce que tout est fermé. Tous les commerces, les gens doivent rester chez eux, ne pas allumer la lumière, éviter de parler. On n'a pas le droit de cuisiner. Et même l'aéroport est fermé. Le but, c'est vraiment d'avoir une île qui est complètement éteinte pour que les démons qui passent au-dessus de l'île se disent « Ah, il n'y a personne ici, on peut continuer notre chemin » . C'est vraiment une journée très particulière à Gilles. C'est une journée de recueil pour prendre le temps de se ressourcer en famille dans le calme.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des expériences ou des lieux que tu recommandes pour entrer en contact avec les balinais ?
- Speaker #1
Oui, pour vraiment découvrir la culture balinaise, la première chose à conseiller, ce serait de visiter l'île avec un bon guide. Parce que si on se rend seul dans les temples, dans les lieux de culte, ou même dans des endroits un petit peu particuliers, on va voir ce qui se passe. On va voir des balinais prier. Mais on ne va pas vraiment comprendre la culture. Et si on veut vraiment aller plus loin, il faut avoir toutes les explications sur justement leur philosophie, ce qu'ils appellent le tri-tacarana, par exemple, l'harmonie entre le divin, l'homme et la nature, comme le sékala et le niskala, le lien entre l'invisible et le visible. Pour les balinés, chaque chose que l'on fait dans notre monde physique a une répercussion dans le monde immatériel. Et pour eux, c'est deux principes qui régissent complètement leur vie. Et si on n'a pas quelqu'un de local pour nous expliquer tout ça et pour comprendre, Dans chaque statut, dans chaque lieu, on va vraiment passer à côté de beaucoup de choses. Et après, si on va aller plus loin, je dirais en cérémonie, pourquoi pas participer à un Melukat ? C'est une cérémonie de purification par l'eau où là, vraiment, on va participer à une cérémonie, encore une fois avec un guide qui va nous expliquer la manière de prier, les offrandes, et passer dans cette cérémonie de l'eau où souvent il y a une cascade, une rivière, avoir une purification et repartir apaisé et purifié de tout ça.
- Speaker #0
Alors, puisque tu nous... parle de paysages, comment décrirais-tu l'île sur le plan géographique ?
- Speaker #1
Alors je dirais que c'est une merveille, vraiment, parce qu'il y a de tout à Bali. On peut passer des montagnes, aux volcans, aux rizières, à la plage, le tout en deux heures de route. On a beaucoup l'image des plages, mais c'est un petit peu trompeur parce que sur la partie plage, il faut bien savoir qu'on n'est pas au Seychelles. Il n'y a pas vraiment de plage, de grand sable blanc avec les cocotiers. On est sur une île très volcanique. Alors d'accord, dans la partie ouest qui s'est beaucoup développée justement dans les années 60 grâce au surf, il y a quelques plages d'eau sable blanc mais qui sont quand même beaucoup réputées pour le surf. Il y a beaucoup de vagues, pas toujours facile d'y accéder, de se baigner. Et après, toute la partie est sont plutôt des plages de sable noir, justement qui résument de ce sable volcanique. Sinon, au niveau des paysages, il y a aussi beaucoup, justement, l'image très iconique des rizières. C'est plus qu'une image, en fait, c'est vraiment aussi à nouveau un mode de vie. La rizière a vraiment beaucoup d'emprise au niveau économique, que ce soit pour l'agriculture, mais aussi pour le tourisme.
- Speaker #0
Et on peut visiter ces rizières ?
- Speaker #1
On peut utiliser ces rizières, oui, il y a pas mal de petits passages. Là, encore une fois, c'est bien d'avoir un guide pour pouvoir se balader au cœur des rizières et aller découvrir justement la vie locale. Les paysans locaux seront toujours contents de voir du monde passer. Ils aiment vraiment beaucoup partager leur culture. Et les balades dans ces champs immenses, ça reste quelque chose de très prenant. On en apprend aussi plus sur le système des soubacs. C'est le système d'irrigation des rizières qui est mis en place depuis des centaines d'années. et qui fait que depuis les volcans principaux, les soifs d'eau peuvent aller jusqu'au bout de Bali, on va dire, et irriguer vraiment toute l'île.
- Speaker #4
Voici la source. Le système d'irrigation commence ici. Quand on n'aura plus besoin de cette eau, on l'enverra vers d'autres plantations où des agriculteurs en bénéficieront à leur tour. Ce système crée de l'harmonie entre nous. En fait, le soubac connecte les hommes, la nature et les dieux.
- Speaker #0
Et du côté des volcans, on peut faire des excursions ?
- Speaker #1
Oui, alors il y a plusieurs volcans principaux sur Bali. Le plus grand, c'est le volcan Agung, le plus haut. C'est le volcan qui est considéré comme l'incarnation d'une divinité pour les Balinais. C'est-à-dire qu'il a une telle emprise qu'au niveau architecture, au niveau direction des temples, tout est organisé en fonction de la place de ce volcan. Alors on peut faire l'ascension. Il est quand même le plus difficile d'accès. Il faut compter 5 heures pour l'ascension. Donc c'est quand même un trek assez engagé. On conseille d'avoir une très bonne condition physique pour le faire. Par contre, à côté, on a le volcan Batur, qui lui est vraiment le plus connu et où il y a le plus de monde. Ça reste très joli de lever le soleil en haut de ce volcan. C'est magnifique. Mais malheureusement, il est un petit peu victime de son succès avec une piste qui a été construite pour que les motos puissent monter quasiment jusqu'au sommet. Et sinon, il reste un peu... petit volcan, le volcan Abang, qui est juste en face du Batur, que moi je conseille vraiment si on veut justement sortir des sentiers battus. Il faut compter pareil une heure et demie à peu près d'ascension. Et vraiment là il y a encore très peu de monde, une très jolie vue et encore assez facile d'accès.
- Speaker #0
Et si on choisit de faire les cinq heures de trek pour le volcan Agoun, quel paysage on va découvrir au sommet ?
- Speaker #1
On a vraiment la vue sur l'intérieur du cratère. On a une vision sur tout Bali. Partant dégagé, on va aussi jusqu'à l'île d'à côté, Lombok. Et c'est vraiment une... très très belles récompenses, c'est magnifique.
- Speaker #0
Alors maintenant, si tu veux bien, on part du côté des plages. Est-ce que tu aurais des expériences à nous recommander ?
- Speaker #1
Oui, alors je dirais pour les plages, il y a vraiment deux activités principales. La première, c'est bien entendu le surf, ce pourquoi Bali est très réputé. Il y a des compétitions internationales qui se font à Bali. Pour ça, il y a toute la partie sud, ce qu'on appelle la péninsule du Bukit, avec les plages de Luwatu, de Bingen, de Greenbone, où il y a des très très belles vagues. Pour des surfers plutôt engagés, déjà confirmés on va dire, parce que ces plages-là sont sur des récifs coralliens, donc il vaut mieux être déjà un petit peu habitué au surf pour s'y mettre. Sinon il y a toute la partie de Kuta et Seminyak où là il y a des plages beaucoup plus faciles d'accès pour le surf. Donc vraiment si on a envie de faire une première expérience, ne pas hésiter à aller de ce côté-là. Et une deuxième activité je dirais pour les plages, c'est la partie snorkeling avec des fonds marins qui sont absolument incroyables. Pour ça, je dirais qu'il y a deux endroits, la partie nord-ouest du côté de Pémouterane et la partie nord-est du côté de Ahmed, où il y a notamment une très belle épave, l'USS Liberty Wreck. C'est un navire après la Seconde Guerre mondiale, mais qui a été tiré et ramené dans cette partie-là au nord, vers Toulambène, à côté d'Ahmed. Il est coulé à plus de 20 mètres de fond, mais on peut le voir déjà depuis la surface en faisant un petit peu de snorkeling. Et la meilleure option, c'est vraiment en plongée où là, on peut se balader dedans, voir, c'est déjà rempli de corail, avec des poissons, des tortues, il y a de tout, c'est magnifique.
- Speaker #0
Pour terminer, que conseillerais-tu de glisser dans sa valise avant de rentrer ?
- Speaker #1
Alors, la première chose qui me vient, c'est des encens pour continuer à prolonger cette vibes, on va dire, qui accompagnent pendant tout le séjour où on est ici. Peut-être un joli tissu aussi pour amener un petit peu de couleur. Il y a beaucoup de centres, notamment dans la petite ville de Sidemen, où il y a des ateliers de tisseuses. qui sont vraiment faits à la main, avec l'indigo fait à la main. Souvent, elles ont un petit prix, mais c'est vraiment des très jolies pièces à ramener qu'on peut utiliser comme teinture, comme décoration. Et ça permet de garder ces couleurs joie de vivre, on va dire, de Bali, chez soi.
- Speaker #0
À l'échelle de Paris, c'est une institution. Anita Sobron est à la tête du restaurant Indonesia dans le 6e arrondissement. Elle a pris la suite de son père et de ses amis qui, en 1982, alors réfugiés politiques, avaient ouvert cet établissement. Quand j'arrive sur place, je découvre un décor typiquement indonésien et devant Anita, une ribambelle de petites coupelles qui contiennent tout ce qui fait l'essence de la gastronomie balinaise. Elle me propose de les passer en revue. Alors, si on commence... par... C'est une feuille de bananier, j'imagine.
- Speaker #2
Oui, ça c'est indispensable. On mange dedans, et puis on peut préparer plein de repas avec la feuille de bananier, et ça donne un parfum incroyable. C'est assez doux, c'est parfumé, ça radoucit la nourriture, je trouve.
- Speaker #0
Vous l'utilisez par exemple pour envelopper quel type de nourriture ?
- Speaker #2
Alors, à Bali, plutôt les cuisses de poulet. les cuisses de canard, les poissons. On l'emballait, une sorte de papillote, si vous voulez. Et avant de préparer la papillote, il faut bien préparer avec les ingrédients. L'Indonésie, on fait beaucoup de marinade avant de passer à la cuisson. Donc, avec toutes les marinades, on marinait la viande, poisson, poulet, voilà. Et ensuite, on l'emballait dans le feu de bananier. On fait à la vapeur ou à l'eau grillée.
- Speaker #0
Et donc, sur cette feuille de bananier, nous avons du gingembre, un oignon et de l'ail.
- Speaker #2
Tout à fait. Ça, c'est vraiment la base. Et en Indonésie, là, parce qu'on est en France, on a l'oignon un peu costaud. Et en Indonésie, ce sont des petits échalotes. C'est ça qu'on utilise pour la cuisine. Et c'est extrêmement parfumé, très très fort.
- Speaker #0
Alors ensuite, on a des petites coupelles. Et dans ces coupelles, si on a... proche de vous, il y a des choses que je n'identifie pas.
- Speaker #2
Ça, c'est le clou du jus. Ça, c'est la cannelle. Et ça, c'est le sucre de java. Donc, ça, c'est le sucre de coco.
- Speaker #0
Donc là, ça ressemble à un pavé, comme un petit galet noir très foncé.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. Donc là, le sucre de java, vous faites le sucre de coco, on fait cuit, et après il devient compact. Et puis on le coupe. On peut préserver pour préparer la cuisine, préparer les boissons. Voilà, donc on l'appelle sucre de Java. Parce que essentiellement, ça vient de Java. Et là, je n'ai pas trouvé les produits frais. Donc, je vous ai préparé en poudre. C'est gingembre de sable.
- Speaker #0
En fait, c'est différent de celui qu'on connaît.
- Speaker #2
Alors, ça, c'est comme le gingembre. Mais il est un peu plus petit et très parfumé.
- Speaker #0
Et vous avez aussi de la cannelle.
- Speaker #2
La cannelle, oui, on utilise énormément la cannelle. Et d'ailleurs, je pense que c'est à cause de nos épices tellement riches. À l'époque, il y a beaucoup de pays d'étrangers qui sont venus à l'Indonésie pour prendre nos épices.
- Speaker #0
L'archipel jusqu'à l'arrivée des Européens. Avec tout d'abord les Portugais qui, à partir de 1511, christianisent les îles où ils s'établissent. Puis les Hollandais qui s'emparent de Malacca en 1641. Ils vont progressivement conquérir l'archipel et y régner pendant 300 ans,
- Speaker #4
faisant de l'Indonésie l'une des colonies les plus rentables au monde.
- Speaker #0
Dans cette deuxième coupelle, dites-moi, je pense que je reconnais tout, deux sortes de gingembre et de la citronnelle ?
- Speaker #2
Alors, ça ressemble au gingembre. Non, ça c'est, on l'appelle galanga.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Voilà. Donc, c'est comme un gingembre. Enfin, c'est aussi racine. Mais par contre, il a le goût beaucoup moins fort que gingembre. Et là, on ne peut pas manger comme ça. Il faut vraiment faire la cuisine avec. Donc, là aussi, il radoucit le plat. Il donne un parfum très subtil dans le plat. Et là, c'est curcuma. D'accord. Voilà. Alors ça, le curcuma, on l'utilise. énormément. Pour la cuisine, aussi pour la beauté.
- Speaker #0
Parce que ça devient orange, c'est ça ? On voit en fait qu'il est un petit peu plus orange que... Voilà,
- Speaker #2
voilà. Donc on utilise énormément de curcuma pour les plats, bien le poisson, la viande, même le riz. Et on prépare aussi... Beaucoup de boissons avec curcuma, c'est très bon pour la santé. Et ça, c'est citronnelle, bien sûr. Quand on utilise le citronnelle, il faut vraiment casser la tige. C'est plutôt vers la racine, qui a plus de parfum. Le bout, pas trop.
- Speaker #0
Et la dernière assiette comprend quatre épices différentes. Est-ce que vous pouvez me les décrire ? J'ose plus dire. Non, je pense que j'en reconnais. Je pense que ça, par exemple, c'est du cumin.
- Speaker #2
Voilà, ça, c'est du cumin. Ça, c'est coriandre. Ça, c'est muscade. Et ça, c'est noix de comérie. Je ne connais pas.
- Speaker #0
Ça a la forme d'une... Comme la noix de muscade, mais avec la forme d'une noix de macadamia, on dirait.
- Speaker #2
Ah là, c'est à peu près ça. Donc, noix de comérie. Aussi, on fait beaucoup de cuisine avec ça. La meilleure façon, c'est qu'il faut les griller. Il y a fait broyer. Et après... On peut rajouter aussi dans différents plats pour que la nourriture devienne plus savoureuse.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #3
Le chef Bajiana, du Comaneca, nous détaille ce qui fait la base de bon nombre de plats, le basagédé.
- Speaker #5
Les ingrédients que nous allons utiliser sont les échalotes, de l'ail, des noix de macadamia, du piment, de la citronnelle, du galanga, du gingembre, du tumérique, de la coriandre. et de la pâte de crevettes. Nous mettons tous ces ingrédients dans un mixeur que nous mélangeons ensuite doucement. Nous allons prendre maintenant les filets de poisson que nous allons mélanger avec les épices.
- Speaker #0
Alors quand on va à Bali, quel type de plat vous recommandez de tester ? Est-ce que vous, vous avez des plats préférés par exemple ?
- Speaker #2
Oh là là, c'est très difficile de dire quel plat je préfère parce que j'aime beaucoup... pour manger. Donc, j'aime beaucoup leur salade. C'est très différent de l'île de Sumatra ou de Jawa. Par exemple, il y a une salade, ça s'appelle lavar. C'est une salade typique balinaise. Donc, c'est les morceaux de poulet qu'on fait déjà cuits dans l'eau et émincés. Et ensuite, on fait cuire les poulets dans les ingrédients. Par exemple, j'ai galanga, Cure. le curcuma, le citronnel et le gingembre de sable et un petit peu de la pâte de crevette et aussi le tamarin. Ah oui, j'ai oublié quelque chose d'hyper important, ce sont des piments. Dans la cuisine indonésienne, je crois que c'est indispensable. C'est toujours un petit piment, plus ou moins. Ça dépend du goût de la personne, il préfère très piquant ou pas. Mais en général, on donne un petit peu d'épicement, ça donne un peu plus l'appétit. Donc, dans les ingrédients-là, on met un petit peu d'épicement, on fait cunni. Et après, on mélange avec le poulet. Ensuite, on mélange avec le chou, puis en mamelle et les soja. Et puis, vous pouvez mettre, par exemple, les épinards, si vous voulez, ou alors des haricots verts cuits. Vous mélangez ensemble. C'est très parfumé. Je pense que c'est la salade que je préfère. C'est léger et en même temps, ça remplit.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez un autre plat, peut-être un plat chaud cette fois-ci, à nous recommander ?
- Speaker #2
Alors, plat chaud, c'est bien sûr, c'est bébé betoutou. Ces canards ont fait cuit dans le feu de bananier. Avant de mettre les canards dans le feu de bananier, on prépare déjà les ingrédients. Donc la base c'est toujours yagalanga, parfumage, gingembre, citronnelle, piment, gingembre de sable et surtout avec beaucoup d'échalotes et de lait. Et aussi un petit peu de kemiri, voilà. Et tous ces ingrédients-là, il y a certains ingrédients, par exemple le kemiri, c'est mieux qu'on le fait en guetouguien. Et après, tout ça on fait noyer, on fait cuire tout ça. Et ensuite, on mariner le canard, on fait cuire le canard avec un petit peu d'eau, tout ça pour qu'il ne soit pas sec. Et après, on met dans le feu de bananier. On peut faire griller ou alors à la frappe. L'épice de canard, il absorbe tous les épices. Et puis, quand on fait cuire dans le feu de bananier, là, ça change. Et c'est délicieux.
- Speaker #0
Alors maintenant, du côté des desserts et des fruits, quelles sont les habitudes des bananiers ?
- Speaker #2
Oh, c'est tellement riche ! Ici en France, on dit dessert. Mais par contre, en Indonésie, il n'y a pas d'heure pour manger tout ce qui est sucré. Donc, on peut, n'importe quelle heure, on mange quelque chose de sucré. Et les fruits ? Ça dépend de la saison. Par exemple, la saison d'ouriane, c'est assez typique, l'odeur. La saison de mangue. Et puis, je sais qu'à Bali, on aime bien manger la salade d'une sorte de mangue, avec concombre, avec d'autres fruits crus. On mange avec la sauce tamarin pimentée. Et ça, ça se mange beaucoup. Donc, les fruits, on peut manger. à la façon salée.
- Speaker #0
Oui, et puis alors pimenté, c'est surprenant pour nous.
- Speaker #2
Oui, tout à fait, tout à fait. Donc, ce n'est pas aigre doux, c'est plutôt piment et sucré.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Voilà, donc les piments, c'est beaucoup plus accentué. Voilà.
- Speaker #0
C'est la fin de cet épisode. Merci d'avoir exploré Bali avec nous. Le générique est signé Hélène Biziot. Les interviews et la réalisation... Marjolaine Cor. Au fil de ce podcast, vous avez entendu un extrait du concert donné en 2023 par l'orchestre de l'université ITB Stikop Bali, des extraits du documentaire Bali, île mythique de l'Asie diffusé sur la chaîne YouTube Voyage du bout du monde, un reportage de France Télévisions sur les rizières de Tégala Langue et un extrait de l'émission d'Arte, le dessous des cartes sur l'Indonésie. Parlez-moi d'ailleurs, un podcast créé sur une idée originale des éditions Voyage Gallimard. Si vous avez aimé ce contenu, n'hésitez pas à nous laisser un commentaire sur les plateformes et bien sûr à le partager autour de vous. A bientôt et bon voyage !