- Speaker #0
Coucou les gars, bienvenue sur ma chaîne YouTube. Un épisode spécial aujourd'hui avec une personne que vous avez déjà vue, si vous êtes un peu fidèles à ma chaîne. Je suis en présence de Juliette qui est ma thérapeute pour un épisode, comme je vous disais, assez spécial parce qu'aujourd'hui, je vais te confronter un peu à de grandes questions de vie, un peu des questions existentielles. Je pense que tous les êtres humains présents aujourd'hui derrière la caméra se les ont peut-être déjà posées. Ça va concerner plein de sujets. L'amour, la thérapie, la psychologie, la famille. de manière générale, parce que j'aimerais avoir un peu ta lumière et j'aimerais parfois qu'on débatte aussi peut-être sur certaines choses. Donc voilà, merci de me faire confiance une deuxième fois.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
Et bienvenue, bienvenue ici. Merci à toi pour l'invitation. Je t'en prie. Première question, Juliette, je pense qu'on se l'est tous dit. Est-ce qu'il faut aller chez la psy toute sa vie pour aller bien ?
- Speaker #1
Oui et non. Ça dépend en fait, ça dépend de ton approche thérapeutique et ça dépend de ta conception aussi de la guérison et de la thérapie. En fait, si tu... remets ta guérison dans les mains d'une autre personne, là oui, t'auras vraiment besoin d'y aller toute ta vie et surtout tu seras dépendant tout le temps d'une autre personne à l'extérieur de toi. Peut-être qu'il va te dire « Ah bah il se passe ça, là en fait ça fait référence à telle chose soit dans cette vie, soit dans une autre, après peu importe la proche. » Et là, dans ce cas-là, je trouve que c'est pas forcément constructif parce que finalement tu gagnes jamais en autonomie et en responsabilité et du coup t'évolues jamais, enfin tu risques. de pas vraiment évoluer. J'utilise des gros guillemets parce qu'il peut y avoir des personnes pour qui cette approche, ça leur va. Parfois, il y a des personnes, elles vont juste de temps en temps ou dans des périodes de vie chez la psy ou chez le psy.
- Speaker #0
En one shot. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Et ça leur va. Mais tu as des personnes à l'inverse, ça ne leur ira pas parce que ça va dépendre aussi de ce qu'elles ont à travailler dans cette vie, de la profondeur de leurs blessures, la place aussi de leur mental. Et l'autre cas, c'est que... Du coup, il y a le nom mais qui est quand même nuancé. C'est-à-dire que, par exemple, toi comme moi, moi, je te partage l'approche que ma thérapeute... thérapeute, tu vois, me partage.
- Speaker #0
Oui, c'est une vraie transmission de thérapeute.
- Speaker #1
Mais il y a des fois où j'ai toujours besoin d'elle, mais j'ai quand même des grands espaces, tu vois, où j'ai pas besoin d'elle, mais surtout, en fait, le sujet pour moi là-dedans, c'est que c'est plus l'aspect de, oui, il peut y avoir une forme de dépendance, mais c'est pas la dépendance au sens de c'est vital. Ouais. C'est-à-dire que je vais pas bien, oui, je vais appeler Fabienne, tu vas pas bien, oui, tu vas m'appeler, mais tu... peux trouver une forme de solution par toi-même ou d'une autre façon, parce que tu vas avoir plus de conscience, tu vas avoir plus de recul et du coup, tu vas savoir débloquer.
- Speaker #0
Et surtout au fur et à mesure. Que tu commences à avoir un espèce de parcours thérapeutique où toi-même, tu vas te familiariser aussi avec tes ressentis et tes outils de comment je fais pour aller mieux.
- Speaker #1
C'est comme si tu me disais, est-ce que tu peux avancer dans la vie en ayant de moins en moins besoin d'aide ? Bah non, parce qu'on est des êtres de lien, on a tous besoin les uns des autres. Et c'est aussi comment on se complémente tous les uns avec les autres. Tu auras quelqu'un qui est ferronnier, tu auras quelqu'un qui est expert en marketing, tu auras quelqu'un qui est expert en montage vidéo. Le but du jeu, c'est que chacun trouve sa juste place et que chacun sache faire appel les uns aux autres. Pour moi, la thérapie, il y a un peu de ça aussi. Ce que je trouve problématique, c'est la tâche.
- Speaker #0
La tâche, oui. Donc, il y a vraiment ce truc, si je veux résumer aussi ta réponse, c'est un peu ce truc de ne pas donner son cas à un thérapeute, à un psy, à qui on veut, et vraiment de devenir acteur de sa propre agilité. Oui, c'est ça. Trop bien.
- Speaker #1
Et du coup, forcément, quand tu deviens plus acteur, la demande d'aide n'est plus autant un problème qu'avant.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Parce que tu sais que tu valorises le service de quelqu'un. la personne te transmet de la valeur en retour. Et du coup, tu rentres dans un cercle qui est super vertueux versus je paye pour avoir une transformation, mais la transformation ne vient pas, comme j'aimerais qu'elle vienne. Et comme on m'a dit qu'elle allait venir, tu vois, un jour, j'étais avec une copine, ça m'a fait trop rire, elle était à côté de moi et elle me dit « Putain, j'espère que cette kinésio-là, ça va vraiment fonctionner. » Et du coup, je me suis trop marrée parce qu'elle était à côté de moi, je me suis dit « Non mais en fait, si tu attends que la kinésio fonctionne sur toi et change ta vie sans que tu n'aies rien à faire, en fait, ça peut durer très longtemps comme ça. » Moi, ça a duré plus de dix ans comme ça.
- Speaker #0
Ah ouais, sane, complètement. Oui, parce que t'as toujours un peu ce truc, je pense qu'il y a des moments aussi de ta vie où les blessures sont tellement grandes que t'attends, que t'es en craving en fait d'aller mieux et que du coup en fait tu te déresponsabilises aussi beaucoup dans ta guérison.
- Speaker #1
Et puis il faut que t'aies quelqu'un en face de toi qui te responsabilise aussi. Donc ça veut dire que la personne, elle est aussi déjà dans cette approche.
- Speaker #0
Ouais, et oui c'est vrai.
- Speaker #1
Elle est aussi autonome, elle est aussi, tu vois, elle-même dans sa... propre gestion d'elle-même, elle sait voir son mental, elle sait faire le conscient et l'inconscient, elle sait elle-même plonger dans ses peurs.
- Speaker #0
Ça, c'est plus dur, ça. Faut-il absolument pardonner pour guérir ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Définitivement. Là, il y avait beaucoup moins de dégoût. C'est trop bien quand c'est genre direct. Ouais. T'es d'accord avec ça ?
- Speaker #1
Oui, parce que... Et c'est aussi la magie du pardon. Il y a beaucoup de croyances avec le pardon. C'est qu'une des premières croyances, c'est que si je pardonne, ça veut dire que je suis faible. Si je pardonne, ça veut dire que je vais me faire avoir encore une fois. Ou je peux me refaire avoir encore une autre fois. Si je pardonne, ça veut dire que j'oublie ce que la personne a fait. En fait, on a vraiment dans notre inconscient cette idée que si on pardonne à quelqu'un, on sera en position inférieure. Le problème, c'est que tant qu'il y a un rapport de force... c'est qu'il y a un rapport aussi forcément de domination et du coup aussi un rapport de dépendance à un certain endroit. C'est-à-dire que si moi je suis en rapport de force par rapport à toi, c'est-à-dire que je me mets au-dessus de toi, et c'est-à-dire que toi je te rabaisse, mais il n'y a rien de bon qui pourra sortir de ce rapport-là. Et inversement, si toi tu me prends de haut et que tu me rabaisse aussi juste dans ton regard, par contre c'est juste, tu sais, on positionne les gens parce qu'on dépose une certaine conscience en fonction de l'image qu'on se fait de la personne et du coup on rentre en relation dans ce rapport de force. Et en fait, la magie du pardon, c'est que ce que tu t'autorises à te dire, c'est « Ok, cette personne m'a fait du mal, mais je récupère mon pouvoir. » En fait, cette personne-là, elle m'a blessée, mais c'est comme, t'as un piano qui est désaccordé, c'est ton piano. Si quelqu'un appuie sur la touche, le problème, c'est pas la personne qui a appuyé sur la touche, c'est ton piano qui est désaccordé, donc c'est à toi, au bout d'un moment, de tilter que c'est à toi de réparer ton piano pour que la personne, quand elle appuie sur la touche, ça sonne bien. Du coup, le moins tu pardonnes, le plus tu conserves de rancœur. Donc le plus tu conserves de violence aussi intérieure, d'histoire mentale, de putain mais c'est personne. Et du coup tu rentres dans des émotions qui vont être non bénéfiques pour toi et pour cultiver l'amour. Le but de la thérapie c'est de sortir d'un état de peur pour aller vers plus d'amour. Donc le pardon c'est aussi une voie pour aller vers plus d'amour. Après évidemment par exemple tu prends quelqu'un qui a été violé ou tu prends quelqu'un qui a subi une queue de poisson.
- Speaker #0
Oui c'est bien de... Le pardon n'est pas le même. Je pense que ça va aider justement ça comment tu l'ex... explique, par exemple, le process de pardon pour quelque chose qui va être très traumatique et très gros, vs quelque chose qui va être, bon, voilà, cette personne m'a agréé un feu rouge.
- Speaker #1
Forcément, la personne, tu vois, qui a subi un trauma vraiment lourd, en fait, je pense que c'est aussi hyper important d'accepter que ça prenne du temps. Toi, c'est pas en un claquement de doigts que ça se fera. C'est non seulement ça prend du temps, et parfois, t'as besoin de revenir plusieurs fois. Toi, je pense, par exemple, avoir des rancœurs contre des membres de ta famille ou des personnes très intimes. Il y a eu tellement de proximité et tellement de petites choses par-ci par-là qui n'ont pas forcément été mises en lumière qu'avant d'avoir une relation totalement dans l'amour avec la personne où tu n'as plus de rancœur, tu es plus dans une observation aussi et l'acceptation surtout de la personne, tu vois, de où est-ce qu'elle est dans sa vie en fonction de ce qu'elle a vécu, etc. Par rapport à toi aussi, tu vois, qui t'es par rapport à elle, comment tu te positionnes, ce que tu as vécu, etc. Ça peut être fait en plusieurs fois et ça, je trouve que c'est aussi l'avis de ceux qui te ramènent différentes situations, qui te demanderont de pardonner quelque part différemment aussi à la personne. Mais c'est marrant. parce qu'en te parlant, je me rends compte que c'est pas un thème qui va arriver tout de suite en séance. Le pardon, ouais. Moi, dans ma façon de travailler, il est, comment dire, induit. Toi, je ne le nomme pas.
- Speaker #0
Je ne te dis pas, là, il va falloir pardonner.
- Speaker #1
Non, c'est induit naturellement parce qu'à partir du moment où tu apprends à traverser ta peur et à vraiment plonger dans ta douleur pour réouvrir un espace d'amour à l'intérieur de toi, c'est un process de pardon. En fait, tu récupères ta responsabilité, tu récupères ton pouvoir. C'est je cesse de te donner le pouvoir de continuer à me faire du mal parce que je me fais du mal moi-même en entretenant le discours mental et l'histoire du passé qui, finalement, continue de me faire souffrir aujourd'hui. Mais c'est super dur d'arrêter de se raconter cette histoire parce qu'on se façonne aussi une identité par rapport à ça.
- Speaker #0
Bien sûr. Tu vas voir les gens en mode, ouais,
- Speaker #1
quel connasse, gna Et puis, la personne, elle va rentrer dans un rapport de force. Oui. Mais elle aime cette identité d'une personne agressive, elle aime cette identité d'une personne forte, qui ne laisse pas faire. Alors qu'en fait, par moi maintenant, ces personnes-là, je sais qu'à certains endroits, elles sont faibles. Elles ont très très peur.
- Speaker #0
Je crois que quand on arrive à ce genre de comportement où on commence à se, et je fais tout, c'est moi le premier, à se complaire dans une identité parfois forte, où je reprends les rênes, où je ne me laisse pas faire, etc. En fait, au plus, je crois, on s'extrime sur ce genre de sujet-là. Je crois qu'au plus on voit aussi à quel point la blessure peut être grande. Je crois qu'à ces moments-là, au plus la réaction est forte et au plus cette récupération identitaire du mental est forte, au plus au final on pleure, je crois.
- Speaker #1
Alors que si t'es bien, tu donneras juste le droit d'être à la personne dans ce qu'elle est. En fait, ça ne te touchera plus.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Smart. J'aime. Troisième question pour notamment les parents peut-être qui passeront là ou les enfants de familles un peu défaillantes. Est-ce que l'éducation parfaite existe ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Non. Ce sera toujours défaillant ? Ouais. Par an égale défaillance ?
- Speaker #1
Pour moi, ouais.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je retourne à la question différemment. Est-ce que l'être humain est parfait ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Et je pense que plus un parent sait justement reconnaître son imperfection dans ses émotions, dans ses réactions, dans ses endroits, tu sais où tu vas te sentir coupable, où tu vas t'en vouloir d'avoir crié sur ton enfant, où tu ne seras pas dans une perfection comme l'idéal que tu t'es construit aussi, ou de ce que tu voulais, dans ce que tu imaginais, par rapport à ce que tu n'as pas eu.
- Speaker #0
Ou ce que tu voulais du coup éviter.
- Speaker #1
Exactement. Le plus tu acceptes ça, le plus tu seras humain. Je ne sais pas si tu as ça avec ta maman ou comme ton papa, mais moi, je sais que j'ai beaucoup souffert de ça, d'avoir eu parfois des parentes qui te montrent que tout va bien. Toi, je me souviens de quand j'étais petite, quand mes parents allaient divorcer, je voyais ma mère très triste. Et c'est trop drôle parce que j'ai retrouvé ce passage-là dans mon journal intime où j'allais voir ma mère et je lui disais « Mais maman, ça va ? » Et elle me disait « Oui, ça va très bien. » Alors que je notais dans mon journal intime « Maman est triste, elle ne veut pas me dire pourquoi est-ce qu'elle est triste. » Toi,
- Speaker #0
tu le sens en tant qu'enfant.
- Speaker #1
Évidemment que je le sentais, mais tu avais vraiment cette façade de tout va bien, ne t'inquiète pas, je ne veux pas te déranger. Alors qu'en fait, tu n'enseignes pas non plus la vraie vie à ton enfant.
- Speaker #0
Et derrière, ça peut aussi créer des mécanismes chez l'enfant qu'on va reproduire ensuite. Face à l'adversité, face à la stressance, de se dire à chaque fois tout va bien. On a aussi beaucoup ce genre de comportement, moi-même ou d'autres gens dans ma vie, où en fait, quand ça va mal, tout va bien. Et en fait, ça peut créer des dissonances parfois.
- Speaker #1
Et quand il pense, ça veut dire aussi que si le parent ne sait pas se réguler lui-même, tu vois, dans son imperfection qu'il rejette, ou en tout cas qu'il essaye de ne pas être, comment est-ce que tu peux accompagner ton enfant dans une co-régulation ? Comment est-ce que tu peux lui montrer l'exemple aussi ? Bien sûr,
- Speaker #0
ouais, c'est ça. Comment montrer l'exemple quand ça pince un peu, quoi ? Selon toi, mettre des limites, est-ce que c'est égoïste ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
J'ai envie qu'on parle de ça parce que je crois qu'en ce moment, on voit beaucoup sur les réseaux, sur des comptes. Insta ou de leader, etc. Mettez vos limites. Est-ce que mettre ses limites, c'est égoïste ? Non, ça l'est pas.
- Speaker #1
Franchement, je mettrais une énorme nuance par rapport à ça parce que ça peut aussi devenir une tendance qui est très égoïste.
- Speaker #0
C'est ça, c'est un peu ma question sous-jacente.
- Speaker #1
C'est comme par exemple, j'utilise cet exemple parce que c'est le premier qui me vient, une femme célibataire qui va se dire avoir des critères par rapport à un homme. Il n'y a pas de problème par rapport au fait d'avoir des critères. Le problème, je trouve, c'est quand tu t'attaches à tes critères.
- Speaker #0
qu'il n'y a plus que ça qui compte.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et en fait, c'est ça qui est fou, c'est que tu peux prendre une même situation, mais soit elle vient de l'amour, soit elle vient de la peur. Mais si tu ne sais pas faire cette distinction toi-même parce que tu n'as pas cette conscience qui grandit déjà avec toi-même, tu ne sauras pas faire la différence, en fait, entre une nana qui va te dire « Ah non, mais moi, je veux un mec qui gagne sa vie, qui soit bienveillant, respectueux, etc. » versus une nana qui va te dire « Bah oui, c'est des valeurs que j'ai envie de rencontrer chez un homme, mais en fait, je sais que... » la personne que j'attirerai, elle sera parfaite pour me faire bosser dans mes blessures, dans les endroits aussi où je ne sais pas voir par moi-même à l'instant T parce que la vie, elle sait exactement de quoi j'ai besoin elle sait exactement aussi où m'emmener par rapport à ce que je porte dans mon cœur et par rapport à ce que j'ai à offrir aussi au monde et tant que tu ne passes pas par ces phases de souffrance, en vrai je trouve qu'il n'y a pas le choix tant que tu ne passes pas par dépasser tes peurs à différents endroits dans ta vie, tu ne peux pas aller dans la destination où là-haut ils t'ont dit t'es là, mais tu seras tellement humble,
- Speaker #0
tellement toi-même mais tu seras mesurant
- Speaker #1
dans une joie de vie monstrueuse. Du coup, oui, poser ses limites, c'est génial, mais ça dépend vraiment comment c'est fait. Est-ce que tu le fais par peur ou pas ?
- Speaker #0
C'est un bon exercice de faire ça. Demain, on pose chacun des limites dans notre quotidien de se poser à chaque fois cette question. D'où ça vient ? Est-ce que ça vient de mes peurs ou est-ce que ça vient d'une partie de moi plus amoureuse ?
- Speaker #1
Qu'est-ce que je m'évite ? Finalement, qu'est-ce que j'ai peur de dire ? Qu'est-ce que j'ose pas dire ? Qu'est-ce que j'aimerais que la personne tu vois, elle capte dans mes besoins. Est-ce que je le fais par amour pour moi ?
- Speaker #0
Bien sûr, ouais, carrément. Oui, est-ce que c'est vraiment que par amour pour moi que je le fais ? Ou par réaction, une peur sous-jacente ? Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
En fait, j'en viens toujours à la conscience, mais pour moi, tant qu'il n'y a pas de conscience, c'est que tu peux te perdre trop facilement dans l'ego.
- Speaker #0
Et pour une personne qui passe, c'est pas une question que je m'étais notée, mais je pense que c'est un bon point d'inclaircissement à faire, en une phrase, quelques mots, pour que ce soit hyper simple. pour que la personne comprenne. Qu'est-ce que c'est la conscience ?
- Speaker #1
Le plus simplement possible, la conscience, c'est ton attention, c'est-à-dire ton focus. Le problème, c'est que comme on est inconscient, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que toute ton attention, elle est dans ta tête. C'est-à-dire qu'on est bourré d'automatisme, on ne se pose pas de questions.
- Speaker #0
On a perdu notre conscience.
- Speaker #1
Exactement. Et en fait, comme toute ton attention, elle est dans ce discours mental qui ne s'arrêtera pas et qui ne s'arrêtera jamais.
- Speaker #0
Bien sûr, oui.
- Speaker #1
On s'identifie à ce discours mental. Toi, la petite voix dans la tête de... « Oh là là, elle m'a dit ça, mais quelle connasse, ou alors quelle connasse. » Aux histoires qu'on s'en rend compte. Oui, exactement. Et du coup, on croit en fait ce discours mental, alors que la conscience, elle t'aide à voir ce discours mental. Et le but du jeu, c'est que tu apprennes à choisir d'adhérer ou pas à ce discours. Normalement, non, tu n'adhères pas. Parce qu'en fait, tu vas te rendre compte que ce n'est que des peurs, ce n'est que des automatismes. Oui, que ça ne marche pas.
- Speaker #0
Et ça ne te mènera nulle part. Oui, c'est ça. Ok, trop bien. Selon toi, une relation amoureuse mature, c'est quoi ?
- Speaker #1
Une relation amoureuse mature, elle va reposer sur des valeurs.
- Speaker #0
Communes ?
- Speaker #1
Oui, où tu vas avoir par exemple de la sensibilité, de l'empathie, du respect, de la communication, de l'acceptation.
- Speaker #0
Donc demain, si quelqu'un se pose la question, est-ce que je suis dans une relation amoureuse mature ? Non,
- Speaker #1
ça ne suffirait pas à ça. L'autre point qui est trop important, c'est l'envie de grandir ensemble.
- Speaker #0
En fait,
- Speaker #1
s'il n'y a pas ça, ça va être chaud. Parce qu'il peut y en avoir un qui fait un travail sur lui. L'autre ne peut pas forcément avoir entamé aussi un travail sur lui. Mais normalement, au bout d'un moment, en fonction aussi de la profondeur du travail que cette première personne fait, il va y avoir des transformations. Et c'est soit la personne qui prend la perche, soit elle ne la prend pas. Est-ce que j'ai envie de grandir avec cette personne ? Est-ce que j'ai envie de changer ? Parce que pareil, il n'y a pas... Plein de fois dans des couples où t'as une personne qui va être en thérapie, l'autre non. Et puis au bout d'un an, tu commences à avoir cet égo de « Non mais moi je fais ce travail sur moi, pourquoi je suis la seule ou le seul à faire ce travail ? » Alors que l'autre il ne le fait pas. Et puis du coup tu re-rentres en fait dans un rapport de force avec l'autre.
- Speaker #0
Une friction, oui.
- Speaker #1
Qui te remet juste finalement à l'endroit un peu de point de départ finalement. Parce que si tu travailles sur toi en couple, t'es censé aller mieux. Même si l'autre ne bosse pas sur lui.
- Speaker #0
Donc être plus accepté. des potentiels défauts de l'autre et de sa propre évolution aussi.
- Speaker #1
Tu es censé être mieux avec toi-même. Tu es censé mieux communiquer les choses. Tu es censé moins vouloir à l'autre. Tu es censé être plus responsable de toi-même, être plus autonome. Et c'est ce qui fait que la relation va devenir de plus en plus mature.
- Speaker #0
Et pas de rentrer dans un truc d'ego que je vois beaucoup aussi. No shame. Moi, j'évolue et je veux que les gens évoluent à la même vitesse que moi. Et s'ils n'évoluent pas à la même vitesse que moi, c'est next. Et je trouve que c'est là que le bas blesse parce qu'au final, on finit par se retrouver. On peut vite se retrouver dans certains cercles de gens qui disent « moi j'ai fait une thérapie, toi aussi » et du coup on connecte. Alors qu'en vrai, non, on peut connecter aussi parce qu'on n'a pas tous les mêmes vies, on n'a pas tous les mêmes chemins de guérison. Et c'est là que je trouve que la magie opère, c'est que du coup, tu as la lumière que toi, on t'a fait bénéficier. Tu la fais aussi bénéficier aux autres, etc. Ça ne veut pas dire tout accepter d'une personne qui ferait de la merde parce qu'elle ne se soigne pas, mais ce serait du coup d'être dans une espèce de transmission beaucoup plus sincère d'humain à humain.
- Speaker #1
Mais tu as aussi l'aspect du coup, petit point, parce que je me dis que peut-être qu'il y a des personnes qui veulent écouter, tu sais, et qui sont quand même dans cette démarche et qui ne savent pas finalement jusqu'où aller aussi.
- Speaker #0
C'est ça. C'était ma prochaine question. Effort vs acharnement en amour, jusqu'à quel point on peut faire des efforts pour faire évoluer nos relations ?
- Speaker #1
En fait, logiquement, et naturellement même, j'ai envie de dire, pas normalement, mais naturellement, quand tu entames ce travail-là sur toi, tu participes aussi à t'aimer davantage. Parce que le but du jeu, c'est que tu dépendes de moins en moins de l'amour de l'autre pour savoir de plus en plus t'offrir le tien et pour pouvoir de plus en plus être capable, surtout de recevoir l'amour de l'autre librement et sans attache. Et ça, c'est une nuance qui est quand même hyper importante. Du coup, quand tu fais ce travail-là sur toi, en fait, il y a quelque chose normalement de naturel. C'est-à-dire, soit l'autre saisit la perche dans l'espace que tu lui as laissé, soit l'autre ne la saisit pas. Et dans ce cas-là, par amour pour toi, tu te rends compte que la personne avec qui tu es ne te convient pas.
- Speaker #0
Ouais. Tu vois ?
- Speaker #1
C'est plus un truc d'ego de... Non, mais cette personne, elle est comme ça, elle ne veut pas changer. Et du coup, tu continues à être dans un rapport de force, finalement.
- Speaker #0
Ouais, ce qu'on disait au début.
- Speaker #1
Ouais. Non, ça devient vraiment plus quelque chose de... Cette personne, elle est... En fait, elle n'est vraiment pas capable de se transformer de là à grandir avec moi. En fait, j'arrête de m'acharner sur elle, tu vois. Bien sûr. J'accepte l'endroit où elle est.
- Speaker #0
Et je laisse faire du coup. Les vies se faire. Exactement. Et là,
- Speaker #1
quand tu es à cet endroit-là, ça veut dire que tu as vraiment intégré la leçon. Tu diminues tes chances de te réattirer la personne qui a la même problématique, entre guillemets, que ton ex. Et le schéma que tu vas répéter. Exactement. La leçon, elle est intégrée et là-haut, ils se disent « bien ouais,
- Speaker #0
c'est bon » . La vie te dit « t'es sur le bon chemin, t'as capté un peu la finesse du truc » . Là,
- Speaker #1
t'es prêt pour le prochain niveau.
- Speaker #0
Et du coup, le kiff va être encore plus intense après.
- Speaker #1
Et tu vas attirer quelqu'un qui, du coup, sera plus en phase avec le degré d'amour que tu sais te donner. T'as plus besoin d'attirer quelqu'un qui va venir appuyer sur toutes les touches de ton piano désaccordé pour te rendre compte que ça va pas.
- Speaker #0
Je pense qu'elle va faire beaucoup de bien aux gens qui écoutent cette question. En parlant d'amour, j'aimerais avoir ton avis peut-être sur une question beaucoup plus sociétale.
- Speaker #1
Tu me donnes un pouvoir.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu en penses ? Juliette, dis-moi. Dis-moi, qu'est-ce que tu en penses ? C'est une question que je pose beaucoup aux gens autour de moi, qu'ils soient thérapeutes ou pas. Mais monogamie vs polyamour, qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce qu'on s'aime sous un briseur ou est-ce qu'on le garde pour nous ?
- Speaker #1
Elle est dure cette question parce que moi je suis plus teen monogamie.
- Speaker #0
Moi aussi je crois. Amour.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Amour.
- Speaker #1
Parce qu'il y a quoi d'autre comme terrain ?
- Speaker #0
En fait, là je pense que la nuance elle est là. Est-ce qu'on peut aimer plusieurs personnes ?
- Speaker #1
Ah !
- Speaker #0
Parce qu'en fait, après, je pense que la sexualité, c'est quelque chose de différent, selon moi. On peut tous aller descendre et coucher avec le facteur et avoir une bonne partie de jambes en l'air. Ça, c'est une évidence. Est-ce qu'on peut aimer plusieurs personnes ? La vraie question, elle est là.
- Speaker #1
La porte d'entrée que j'utiliserais, c'est l'amour, c'est quand même un choix.
- Speaker #0
Ouais, ça, tu le dis beaucoup.
- Speaker #1
Tu vois, c'est comment... Et ça recoupe aussi avec ta question. Là,
- Speaker #0
qu'elle ait une relation mature.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Je le mettrais aussi dans le petit pot de... Comment est-ce que tu sais que cette personne est là où le bon partenaire ? T'as envie, donc t'as non seulement cet aspect de vous avez envie de grandir ensemble, mais il y a aussi cet aspect de est-ce que je me sens capable d'apprendre à aimer cette personne dans ses qualités, dans ses défauts ?
- Speaker #0
Mais est-ce que cette question-là, tu peux te la poser pour plusieurs personnes en même temps ?
- Speaker #1
Justement, dans la polygamie, je trouve que comment est-ce que tu peux rentrer autant en profondeur avec plusieurs personnes ?
- Speaker #0
Oui, parce que même techniquement parlant, c'est compliqué. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Déjà à deux.
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
déjà à deux, c'est chaud.
- Speaker #0
Moi,
- Speaker #1
je sais qu'il y a plein de trucs chez Ous que je ne connais pas.
- Speaker #0
Que tu n'as pas encore découvert. Et comme lui, chez moi aussi.
- Speaker #1
Parce que moi-même, il y a plein d'endroits où je ne me suis pas encore découverte.
- Speaker #0
C'est là qu'on se méprend, je trouve. Parfois, on croit connaître nos partenaires de vie, nos amours, etc. Alors qu'en vrai, c'est en perpétuelle évolution. Et je crois qu'en fait, être ouvert dans une relation aujourd'hui, c'est... C'est s'offrir la possibilité de redécouvrir la personne au quotidien, dans d'autres facettes de sa personnalité, dans des choses plus fines, dans son évolution aussi personnelle.
- Speaker #1
Et toi, le jour où on discutait avec une copine, et c'est un sujet, je trouve, où on en parle, mais pas du tout, parce que... Je me dis, est-ce que ça t'est déjà arrivé d'avoir un crush sur quelqu'un d'autre ? L'autre question derrière, c'était, est-ce que tu te serais capable de tromper ton mec, de lui dire, et de réussir, tu vois, à retrouver un terrain d'entente, et de communiquer dessus, et de ne pas être vraiment aussi dans cette coupure égotique. parce qu'il y a une blessure derrière, qui ne veut pas être... Tu m'as trompé, next. Oui, c'est ça, qui ne veut pas être travaillée, qui ne veut pas être embrassée. De, ok, j'ouvre un espace plutôt de comment tu te sens, qu'est-ce qui s'est passé, pourquoi tu as fait ça ? Tu vois ? Elle me dit, mais ta question, en vrai, c'est trop intéressant, parce que la personne que je suis aujourd'hui, en fait, je ne sais pas qui je serai dans 10 ans. Donc peut-être que oui, et elle me disait qu'elle avait rencontré un couple où il se disait qu'une fois par an, ils avaient le droit de coucher avec quelqu'un comme ça, lambda.
- Speaker #0
YOLO, oui.
- Speaker #1
Et je me disais, mais c'est ouf, parce que tu ouvres une porte que je trouve très taboue. qu'on se sent mal d'ouvrir parce que, pour le coup, le couple monogame, il est fermé. Et c'est là où je trouve que ça peut se recouper un peu avec de la polygamie, dans le sens où tu ne sais pas de quoi l'avenir sera. Tu ne sais pas de... Composé. Oui, c'est ça. Mais du coup, c'est comment est-ce que déjà à deux, tu peux rentrer dans une certaine intimité pour mettre en place aussi des ententes et de la communication.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Pour trouver un espèce de juste milieu aussi. Mais parce que je comprends que tu puisses avoir... du désir pour notre personne. Mais même moi, ça m'est déjà arrivé. J'aime ouze de tout mon corps. Je choisis de l'aimer jour après jour. Et un jour, je lui ai dit, est-ce que tu as déjà eu des crushs ? Et il me dit non. Et je lui ai dit, moi, ça m'est déjà arrivé de trouver un mec beau et d'avoir une attirance.
- Speaker #0
Bien sûr, il a une espèce de pulsion physique.
- Speaker #1
Et c'est marrant parce que ça a planté une petite graine chez lui. Et puis le lendemain matin, il m'a dit, j'ai entendu ce que tu m'as dit, mais il me dit, je comprends l'envie d'un coup comme ça. Mais il me dit, mais cette envie d'un coup, elle ne pourra jamais remplacer tout ce qu'on a construit, toi et moi. Et j'étais là en mode, putain, mais merci parce que...
- Speaker #0
Et je crois que quand tu réalises la force de ça, moi, c'est quelque chose que j'ai beaucoup réalisé dans mon couple. En fait, je sais que c'est tellement, ce serait tellement une miette au milieu de l'océan de coucher avec quelqu'un et de dégoûter. Après, chacun fait ce qu'il veut. Est-ce qu'on pousse le bouchon à aller coucher avec telle ou telle personne ? Après, c'est chacun sa liberté individuelle. Quel est aussi ce qu'on accepte dans le couple et quelles sont les règles entre guillemets du couple.
- Speaker #1
Et ça c'est trop important que chaque couple ait ses règles aussi. Ouais, tu vois, de ouf. Et ses ententes.
- Speaker #0
Ses ententes.
- Speaker #1
Ses ententes pour pas avoir d'attente. Tu vois, quand il se passe quelque chose. Et puis des ententes avec aussi des conséquences auxquelles on se met d'accord. Mais si jamais il se passe ça.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'on fait ?
- Speaker #1
Ouais, c'est ça.
- Speaker #0
Non, c'est vrai, j'adore.
- Speaker #1
Mais du coup, pour en revenir sur le sujet monogamie versus polygamie, moi je trouve que la polygamie est une fuite. Mais c'est mon avis et on peut ne pas être d'accord avec ça. Parce que... quand je vois le degré d'intimité que le couple te demande d'explorer avec ton mec ou ta meuf, en fait, la polygamie, c'est trop facile, tu vois, d'avoir plusieurs personnes et finalement de jamais vraiment t'engager.
- Speaker #0
Et de vraiment rentrer en profondeur.
- Speaker #1
Mais ça m'est déjà arrivé de voir des personnes un peu connues sur les réseaux qui te disent que si t'es vraiment dans l'amour, t'es capable d'être polygame. Et là, c'est l'ego tiré dans un endroit où, bah meuf, en fait, ça veut rien dire ce que tu dis, parce que... On pourrait avoir une conversation, toi et moi, et ça se trouve, en fait, en discutant, tu te rendrais compte que t'engager avec une seule et même personne, en fait, ça te fait trop flipper. Oui, encore une fois, d'où ça vient. Mais peut-être que ça lui va aussi de fou, tu vois. Je suis personne pour dire ce qui est bien ou ce qui n'est pas bien. La vraie question dedans, c'est pourquoi ?
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #1
Pourquoi tu le fais ?
- Speaker #0
De quelle place en toi ça vient ? Exactement,
- Speaker #1
exactement. En fait, rien n'est bien ou mal, c'est depuis quel espace est-ce que tu agis ? Est-ce que tu te dis polygame parce qu'en fait tu as terriblement peur de l'engagement, de l'intimité, du coup de l'abandon, de la trahison, et du coup là on revient dans quelque chose de très thérapeutique ? Ou est-ce que tu es polygame parce que tu es dans un amour inconsidérable de l'autre et tu es dans cette capacité d'intimité avec chacun ? Ou alors c'est la vie que tu choisis dans quelque chose de plus... de peut-être moins profond. Enfin bref. C'est un arbre, tu as deux voies et puis tu as plein de branches. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Oui, je suis d'accord. Une question, est-ce qu'on est méchant ou est-ce qu'on le devient ? Et quand je dis né, c'est naître.
- Speaker #1
Non, pour moi, on n'est pas méchant.
- Speaker #0
Oui, je partage.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et c'est compliqué dans les conversations. Oui,
- Speaker #1
des fous.
- Speaker #0
Tu arrives, tu es illuminé en mode non mais à la base, il n'était pas méchant, les gars. Et les gens te regardent mais si, c'est un gamin.
- Speaker #1
C'est marrant parce que ma mère, elle m'a souvent répété ça, l'être humain est mauvais. Et il y a toujours eu une partie de moi qui me disait, c'est pas possible.
- Speaker #0
Et est-ce qu'il y avait une partie de toi qui y croyait aussi ?
- Speaker #1
J'ai beaucoup, beaucoup souffert dans ma vie. Donc oui, le côté pervers de l'être humain, je l'ai beaucoup expérimenté. Mais il y a quand même toujours cet aspect de, mais c'est pas possible. En fait, simplement pour répondre à cette question, il suffit de regarder un enfant avant un an et demi. à partir d'un an et demi, deux ans, tu commences déjà à avoir les blessures et des enfants,
- Speaker #0
ils sont affreux à partir de cet âge-là quand l'enfant naît,
- Speaker #1
il a des réactions émotionnelles mais en fait, c'est pas être méchant c'est juste l'expression de ses besoins à différents endroits physiologiques ou émotionnels mais l'enfant, par essence, est bon tu vois, il a déjà ces valeurs-là de partage d'intégrité, de vérité la vérité sur la bouche des enfants le côté de, il nous émeut tous par le fait de donner son goûter à quelqu'un à la réplique fin. Il y a quand même des aspects où il y a plein d'endroits où tu vois qu'un enfant est vraiment dans l'amour.
- Speaker #0
Et c'est surtout qu'on voit dans l'évolution d'un être humain qui, du coup, souffrirait et qui serait du coup victime de certains traumas, etc. Il perd de plus en plus cet amour. Il donne de moins en moins de son goûter, en réalité, l'être humain, je crois.
- Speaker #1
Parce que plus tes placards sont vides, parce que tu avais ta jauge de besoins et de nourriture, mais en fait, non seulement on t'a pris cette nourriture-là. dans tes placards. Donc, on t'a pris ton amour, on t'a pris ta gentillesse, ta naïveté, ta candeur, etc.
- Speaker #0
Facilier.
- Speaker #1
Et on ne t'a pas aidé à re-remplir ces placards-là. Et par toi-même. Donc, dans cette co-régulation, tu vois, c'est pour ça, c'est trop important qu'un parent sache le faire pour lui-même parce que sinon, il ne pourra pas enseigner ça à ses enfants via l'exemple. Du coup, non seulement, on te l'a pris, mais en plus, on ne t'a pas aidé à remplir ce placard.
- Speaker #0
Peut-on vraiment changer de personnalité ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je ne savais pas ce que tu allais répondre à ça.
- Speaker #1
Parce qu'une grosse partie de notre personnalité est aussi construite sur nos blessures.
- Speaker #0
Donc, oui. Je m'occupe de mes blessures. je prends soin de moi, je me guéris je reviens à l'essence même de qui je suis en réalité on sait pas qui on est sans nos peurs et c'est ça aussi le but de la thérapie à chaque souffrance,
- Speaker #1
t'as à embrasser la peur qui te conduisait à avoir une attitude qui finalement induisait aussi une certaine personnalité pour te protéger de ta blessure, mais versus quand tu fais ce travail de dépasser ta peur et donc de la traverser tu commences à réaliser que en fait la personnalité et la construction qui était induite et automatique avant se met à se transformer Oui. Et c'est marrant parce que toi, moi, je vois, il y a une partie de ma personnalité qui s'est révélée de quand j'étais petite, où j'étais beaucoup plus dans la joie, dans le rire, etc. Et je le vois.
- Speaker #0
Qui revient. Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Je le vois qui revient alors que je l'avais perdu pendant des années. Et à l'inverse, il y a d'autres parties de moi qui se perdent de plus en plus parce qu'il n'y a plus besoin.
- Speaker #0
Tu n'as plus besoin d'incarner cette identité-là qui, en fait, n'était que réaction à ta souffrance. Ouais. J'adore. Peut-on réellement aimer quelqu'un sans s'aimer soi-même ?
- Speaker #1
Non. Tu ne peux pas donner ce que tu n'as pas.
- Speaker #0
Du coup, en fait, on aime tous imparfaitement.
- Speaker #1
Ouais, on aime tous conditionnellement.
- Speaker #0
Conditionnellement, ouais.
- Speaker #1
Parce que tant que tu t'aimes pas toi-même, ça veut dire que tu sais pas te donner de façon inconditionnelle du temps, de la présence, de l'écoute, de l'amour, de l'empathie, du respect, de la liberté, de la confiance, etc. Mais du coup, comme t'es pas entier avec toi-même, tu vas demander à l'autre de t'aimer d'une façon comme toi ça t'arrange pour pas souffrir. Donc tu peux que aimer aussi l'autre de ce que tu es et de ce que tu portes en toi. Si je te demande des oranges mais que t'as pas, tu peux pas me les donner en fait.
- Speaker #0
Tu peux pas te les donner, ouais, clairement, ouais, ok. Et t'sais,
- Speaker #1
c'est le triangle de je suis avec moi-même comme les autres sont avec moi et comme je suis avec les autres.
- Speaker #0
Et l'avoue que les mots créés. Ouais,
- Speaker #1
donc tant qu'avec toi-même t'es pas dans l'amour inconditionnel...
- Speaker #0
Tu imposeras les conditions.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Mais c'est aussi important de voir que cet amour inconditionnel, il se construit et peut-être qu'une vie ne suffira pas, tu vois, pour aller vers cet amour inconditionnel. Bien sûr,
- Speaker #0
ouais. Oui, et aussi de comprendre et d'apprendre aussi à développer cette indulgence envers soi. Sur ces sujets-là, je galère encore un peu. Est-ce que j'embrasse ça ? Est-ce que je m'autorise aussi du temps, de l'espace aussi de...
- Speaker #1
C'est indispensable.
- Speaker #0
...de venir guérir tout ça.
- Speaker #1
C'est vraiment une construction. C'est lunaire d'imaginer que tu auras des courgettes et tout un potager sans passer par l'étape de labourer ta terre, planter tes graines, arroser. Tu dois prendre soin de toute cette construction-là aussi et de vouloir directement tes fruits et tes légumes. Mais on a aujourd'hui une perception du monde... Il faut tout rapidement.
- Speaker #0
Dernière question qui va peut-être englober tout ça. Peut-on être heureux sans guérir de tout ?
- Speaker #1
Oui. Il y a un palier à ça. C'est-à-dire que tu pourras difficilement déjà être bien. Et donc, si tu n'es pas bien avec toi-même, ce sera difficile d'être heureux. Ou tu vois, de toucher à une forme de bonheur sans condition. Après, je dis ça, mais je pense aussi aux gens qui sont profondément inconscients et qui vivent de divertissement et de loisirs H24, mais qui ne se posent pas de questions, qui sont dans une souffrance.
- Speaker #0
Qui est tellement enfouie qu'on ne s'en rend pas compte. Oui, mais est-ce que là, il y a une autre question qui est là, c'est est-ce qu'à un moment, ça finit par exploser ?
- Speaker #1
Là, ça dépend de la limite de chacun. Mais bon, on met ce cas-là à part. Parce que ce ne sont pas des personnes qui sont... Des profils qui ont envie de faire de la thérapie et qui ont envie de guérir de quelque chose ou autre. Parce qu'elles n'en ressentent juste pas le besoin.
- Speaker #0
Oui, elles s'en ont sur le truc. Et voilà, c'est OK.
- Speaker #1
Mais si on prend les personnes qui sont dans un chemin en thérapeutique, tu peux être heureux sans forcément guérir de tout à partir du moment où je trouve que tu commences déjà à être bien avec qui tu es dans tes imperfections. Et que toi, je vais te donner un exemple concret. Cet été, j'ai eu beaucoup de triggers. avec différents types de personnes parce que c'est pas forcément des gens que j'ai dans mon quotidien et du coup bah t'as beaucoup de personnes qui sont dans l'ego et qui sont dans des mécaniques de survie et en fait toi tu choppes un peu tout et c'est comment je dois me positionner aussi moi dans ma vérité par rapport à ça là par exemple tu vois j'ai un espace où je suis pas guérie et toi je me suis dit à la fin des vacances parce que ça vient te toucher exactement je me suis dit bon ok Juju là tu vois la leçon ou en tout cas la perche tu l'as pas prise mais c'est pas grave Et j'étais OK avec le fait de ne pas avoir...
- Speaker #0
De vivre les choses aussi intensément à ce moment-là.
- Speaker #1
Plus le fait de ne pas avoir réussi à être vrai, pour le coup, partager vraiment le comment je me sens. Et en fait, même poser ses limites, je trouve qu'il passe par le comment je me sens. Ce n'est pas genre je veux que tu fasses ça et rien.
- Speaker #0
C'est la conséquence.
- Speaker #1
Exactement. C'est comment dans cet espace où tu te connais, tu en viens à communiquer naturellement sur ce qui se passe en toi, ce qui fait que tes limites, elles se posent naturellement. Toi, ce n'est pas j'ai besoin d'être seule. C'est « waouh, là je ressens » . le besoin de prendre un moment pour moi.
- Speaker #0
Comment je l'exprime moi-même.
- Speaker #1
Exactement. Et c'est aussi simple que ça. Je reviens sur poser ses limites. Mais du coup, je reviens maintenant sur comment... Est-ce qu'on peut être heureux sans guérir de tout ? Si tu es bien avec toi-même, oui, en fait. Mais si tu n'es pas bien avec toi-même, non, ça n'ira pas. Parce que, est-ce que tu peux guérir de tout ? Je ne sais pas.
- Speaker #0
Point d'interrogation. Et dernière question bonus que je rajoute maintenant. Être heureux, c'est quoi ?
- Speaker #1
C'est marrant, je voudrais me le dire aussi. Pour moi, ça vient vraiment d'un espace de non-dualité. Tu es vraiment plus dans l'acceptation. de plus en plus. Tu es dans la valorisation de ce que tu es dans la beauté de ton être où tu sais te voir gentil, bienveillant, à l'écoute, empathique, où tu te vois vraiment dans des qualités humaines que tu ne savais pas forcément valoriser avant, même dans ton énergie.
- Speaker #0
Même aussi dans les côtés un peu plus sombres. C'est ce que tu allais dire.
- Speaker #1
Et c'est aussi comment tu sais valoriser ces endroits où tu es encore jaloux, perfide, envieux. cupide, radin, etc. Tu te vois dans cette imperfection et t'es en mode « Oh, ok. »
- Speaker #0
Ça va aller.
- Speaker #1
Mais c'est ouf d'être capable de me voir là-dedans et de ne pas être en mode « Putain, mais quel con ou quelle conne. Merde, je reviens. » Il y a encore cette envie de vouloir te changer alors que le but du jeu, c'est que t'apprennes à t'aimer là-dedans. Je suis heureux parce que j'aime la personne que je suis et je suis bien avec qui je suis.
- Speaker #0
Ok. Donc pour toi, si je résume, être heureux, c'est être heureux avec qui je suis.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Tout simplement.
- Speaker #1
Tu dirais quoi, toi ?
- Speaker #0
Je dirais que pour moi, aujourd'hui, dans le stade de ma vie, être heureux, ce serait me connaître et me découvrir. Connaître ce que je sais déjà de moi et l'embrasser, que ce soit mes parts de lumière et aussi mes parts d'ombre, et ça, c'est la partie plus compliquée, mais aussi être heureux de demain découvrir de nouveaux pans de moi. Ah ben tiens, je ne savais pas ça. Et être heureux, je trouve que... Dans la découverte de soi, de développer cette espèce de curiosité, de surprise, de regard un peu innocent aussi sur ce qui va se passer. Ah tiens, je ne savais pas ça de moi, c'est intéressant, qu'est-ce que j'en fais ? Pour moi, être heureux, c'est reconnecter, je dirais, à... l'insouciance de son être, tu vois, de vivre les choses avec plus d'insouciance et de détachement. Et quand je dis vivre les choses, c'est vivre les choses de ce qui se passe à l'intérieur. Et forcément, tu vas vivre avec des insouciances ce qui se passe dans la rue.
- Speaker #1
Donc, en fait, c'est aussi l'étape d'avant. Tu te connais et tu apprends à t'aimer dans ce que tu te connais.
- Speaker #0
Oui, voilà. Et je sais que ce que je vais découvrir, je vais essayer de découvrir ce que je ne connais pas de moi avec. ça avec un regard d'accueil. Oui, c'est ça. Ok, je ne savais pas que j'étais comme ça.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Récemment, je me suis découvert plus colérique que ce que je pensais. Et je pense que c'est une partie de moi que je veux enfouir parfois. Et je trouve qu'on voit beaucoup ça, notamment pour les gens qui ont fait beaucoup de yoga ou qui ont fait des formations de yoga, parce que c'est ma formation de base, de, en fait...
- Speaker #1
Qui sont trop positives ou trop... Oui, ou la colère,
- Speaker #0
c'est mal. On ne la ressent pas. Ce n'est pas ce qui est dit, mais c'est ce que nous, on comprend. Oui. La nuance, elle est très difficile à faire, je trouve, même en tant qu'enseignant. Donc, on ne blâme personne ici. Mais du coup, d'embrasser ça, de se dire, OK, je ne savais pas ça de moi. Je ne savais pas que je pouvais partir dans des trucs un peu colériques, un peu violents. Qu'est-ce que je fais de ça demain ? Comment j'embrasse ça ? Comment je m'occupe de cette partie-là de moi qui souffre en réalité ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Donc voilà,
- Speaker #0
ce serait un bon mot de fin. Merci, Juliette, pour ton éclaircissement, ta lumière sur toutes ces questions-là. Je pense que cet épisode va faire beaucoup de bien. Il m'a fait beaucoup de bien à moi. Je pense que limite, il faudra que je me le réécoute et que je prenne des notes. Donc, merci pour ça. J'espère que tu as aimé l'exercice. Oui,
- Speaker #1
merci Cam pour l'invitation.
- Speaker #0
Merci à toi. Merci. N'hésitez pas à dire ce que vous en avez pensé en commentaire, comme d'hab, à liker la vidéo, à la partager et surtout à une personne à qui ça pourrait faire du bien. Je crois que c'est l'essence de cette chaîne-là et l'essence de mon pourquoi à moi. Merci pour votre fidélité.
- Speaker #1
Et gros big up à Camille parce que nouveau projet et ça va. Ça va être beau.
- Speaker #0
Ah, c'est trop bien. C'est trop cool. Non, mais merci.
- Speaker #1
Longue vie à ce podcast. Trop courageux. Allez-y, likez, partagez. Pas forcément pour moi, mais pour Camille. Parce qu'en vrai, c'est des projets qui sont... C'est difficile de partir de zéro, tu vois. Et dans un monde où tu vois une réussite déjà marquée. Et de faire ton petit chemin et de trouver ta valeur dans ton chemin, etc.
- Speaker #0
De grappiller, exactement. Merci, merci, merci. Merci. C'était trop bien.