- Speaker #0
Bienvenue dans Walkie Talkie, parce que je crois que c'est plus simple en marchant. On suit un chemin, on se perd un peu et on se dit beaucoup. Bonne écoute. Salut Hélène. Salut. Bienvenue dans Walkie Talkie. Je suis trop content de faire cette interview avec toi. Comme je te disais, là en off, tu es la première chanteuse que je fais et qui passe dans mon podcast. Donc merci pour ta confiance déjà.
- Speaker #1
Je suis trop contente.
- Speaker #0
Et merci pour l'endroit où on se trouve. Tu m'as expliqué dans quelques minutes.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Mais je vais te présenter d'abord, tu es autrice, compositrice, interprète de tes propres chansons. T'aimes qu'on dise que tu es chanteuse ou pas ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. De plus en plus, ça me dérange, ou moins. Mais même moi, je ne me considère pas comme... Quand on me demande ce que je fais comme métier, je n'aime pas dire que je suis chanteuse parce que j'ai l'impression que ça réduit la chose, alors qu'être chanteuse, c'est déjà très bien. Mais moi, j'aime bien dire que je suis autrice, compositrice.
- Speaker #0
et c'est tout à ton honneur c'est le paquet tout à ton honneur tu as sorti en l'année dernière ton premier EP qui s'appelle Les Ratures un EP qui est très poétique pour moi que j'ai beaucoup beaucoup écouté beaucoup ressenti aussi mais ce qui m'a donné encore plus envie de faire cette interview c'est le single que tu as sorti en avril dernier qui s'appelle Bye Bye et qui a énormément résonné en moi pourquoi ? parce que tu parles de rupture Mais surtout de ce sentiment, tu sais, un peu de liberté, un peu très émancipateur qu'une rupture peut nous apporter, surtout quand on sort d'une relation un peu compliquée. Et en fait, je me suis surpris à danser dans ma douche, prendre ma brosse.
- Speaker #1
C'est hyper dansant et je trouve que c'est exactement le message que j'avais envie de faire passer. Donc, c'est très bien.
- Speaker #0
Trop bien. Je suis trop content. Est-ce que tu peux m'expliquer déjà aujourd'hui où est-ce qu'on te trouve et où est-ce que tu vas m'emmener ?
- Speaker #1
Alors, nous nous trouvons... place, je sais pas si place c'est cette place pour un nom, mais aux pyramides du bourg et pourquoi je t'ai emmenée ici, parce que j'ai emménagé ici, au lourd tout bon il y a 6 mois et que c'est le début de ma nouvelle vie de quartier, donc j'ai trop de chance trop chanceuse d'habiter vers ici et je me suis dit que c'était un bon point de départ parce que je connais très bien l'autre ville sur laquelle j'ai habité pendant très longtemps et ça me permet d'être proche du Du 6e arrondissement et du 5e que je ne connais pas.
- Speaker #0
Oh bien, on va traverser tout ça. On y va ? On y va. C'est parti. J'ai envie qu'on commence cette interview pour parler un peu de ces premières années de carrière dans la musique pour toi. Comment tu décrirais, toi, ces premières années de carrière, peut-être en un mot que tu m'expliqueras après ?
- Speaker #1
Comment je pourrais décrire ? En fait, je crois que j'ai envie de dire chance aussi parce que j'ai commencé il n'y a pas si longtemps que ça. J'écrivais des chansons depuis 2018-2019 au fin fond de ma chambre et au lycée. Et en fait, je les ai laissées pendant très longtemps dans un tiroir, par peur de les sortir, par peur que ce n'était jamais assez bien. Et en 2023, j'ai rencontré la personne qui est devenue mon manager. Et j'ai vraiment la sensation, j'estime en tout cas que c'est grâce à lui. que j'ai pu très vite sortir ma première chanson et rencontrer très rapidement les gens qui m'entourent aujourd'hui. Donc, mon tout début de carrière, je dirais que je me considère comme chanceuse d'être si bien entourée. Et de commencer avec des gens qui me font confiance et en qui j'ai extrêmement confiance et sur lesquels je peux me reposer tout le temps. Et donc, je dirais que c'est ça.
- Speaker #0
Trop bien. J'adore que tu mentionnes les personnes avec qui tu...
- Speaker #1
C'est trop important. Et puis surtout, on a mis avec mon manager, je me souviens que quand on s'est rencontrés il y a trois ans, on a mis un point d'honneur à choisir les personnes avec lesquelles on travaillerait. Et je me souviens qu'il me disait, il faut que tu t'imagines qu'on est tous et toutes à une grande table et que tout le monde s'entend bien.
- Speaker #0
Ah, j'adore. Comme quoi, c'est possible au final que ça se passe bien dans la musique avec un bon entourage qui veuille du bien.
- Speaker #1
C'est clair. Et je pense qu'on s'entoure de gens qui nous ressemblent un petit peu.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Et parfois, on tombe sur des mauvaises surprises, mais je n'ai pas eu de mésaventure. Donc, c'est trop important pour moi, mon entourage. J'adore. J'adore.
- Speaker #0
Est-ce que tu as une première fois qui t'a marquée ?
- Speaker #1
Je pense que la première fois que je suis montée sur scène avec mon projet, c'est quelque chose dont je me souviendrai toujours parce que c'était une première partie. d'un artiste qui s'appelle Maxence. J'adore. Et c'était dans une salle à Paris qui s'appelle le Café de la Danse que j'ai fait après quatre fois.
- Speaker #0
Toute seule, en solo, ouais.
- Speaker #1
Et la toute première fois, c'était ça, c'était il y a trois ans. Et mon manager le manage. C'est comme ça qu'on se rencontre.
- Speaker #0
Tu vois l'importance des collaborations.
- Speaker #1
C'est comme ça que le lien s'est fait. Et je me souviens que j'avais peut-être trois chansons de fini dans mon répertoire. Et mon futur manager me dit, écoute, si tu veux, il y a une première partie d'un artiste que je manage. Par contre, il faut des chansons. Et c'est dans deux mois. Et je suis rentrée chez moi, je me suis dit, ok, j'ai deux mois pour écrire.
- Speaker #0
Le cerveau qui, d'un coup, se met à fumer.
- Speaker #1
Exactement. Un mini-show de 25 minutes. Et en fait, ça m'a tellement motivée. Je me suis dit, mais c'est ça qu'il me faut. Moi, c'est quelqu'un qui me booste et qui me met un petit coup de pied et qui me dit, allez, t'as deux mois pour faire des choses.
- Speaker #0
Une opportunité un peu très feu. Il faut y aller.
- Speaker #1
L'urgence. Et en fait, moi, je ne vis que dans l'urgence. J'ai l'impression d'être tellement plus motivée, créative.
- Speaker #0
Ça te pousse dans le bon sens, cette adrénaline-là ?
- Speaker #1
Complètement. Mais même sans faire de musique et tout, je me souviens qu'au lycée, au collège, Il me fallait une deadline. Il fallait vraiment que la deadline soit très proche pour qu'ils s'envoient.
- Speaker #0
Et c'est celle qui révisait devant la porte en mode qui relisait ses chiffres.
- Speaker #1
Non, pas vraiment. Parce que je pouvais mettre une belle déter un tas de jours avant. Mais par contre, j'arrivais et j'étais...
- Speaker #0
C'était là, quoi. J'adore.
- Speaker #1
Et voilà. Donc, je dirais que cette première fois, je m'en souviens très bien parce que je suis arrivée et à la fin des 25 minutes de première partie, je me suis dit, voilà, j'ai 5, 6 chansons et apparemment, c'était bien. Et voilà.
- Speaker #0
C'est génial. J'adore quand ça commence comme ça. Et justement, est-ce qu'après avoir rebooké tes propres concerts derrière, la première fois que tu entends des gens chanter tes chansons avec toi dans ton public, qu'est-ce qu'il se passe dedans ?
- Speaker #1
En fait, ça s'est fait il n'y a pas si longtemps que ça. Parce que comme mon premier EP est sorti il y a un an, et qu'avant ça, j'ai eu la chance de faire beaucoup de premières parties, pas mal de concerts même à Paris en headline alors que j'avais sorti deux titres. La vraie première fois où j'entends les gens chanter les ratures, par exemple, qui est pour moi mon bébé, c'était en mai de l'année dernière, donc un mois après la sortie de l'EP. Et je me souviens que je la commence.
- Speaker #0
C'était très rapide.
- Speaker #1
C'était super rapide. Et je la commence, alors que cette chanson, je la chante depuis trois ans.
- Speaker #0
Oui, toi tu l'emportes.
- Speaker #1
Exactement, et les gens l'aiment bien, mais ils ne la connaissent pas plus que ça, ils ne la connaissaient pas plus que ça. Et je la chante et les gens commencent à chanter. Et là, j'ai une vidéo de moi qui vraiment, je me dis, il ne faudrait pas que je pleure maintenant. On n'est que dans une salle de 300 personnes. Non, non, c'est génial. Mais, peu importe en fait, c'était quand même trop beau.
- Speaker #0
Et est-ce que ça a eu un effet très positif et peut-être de soulagement aussi pour toi d'être signée à un moment, d'accéder à une maison de disques et à ses avantages ou pas ?
- Speaker #1
Oui, c'est sûr, c'est sûr. Moi, je ne connaissais pas du tout le monde de la musique et surtout, je... Encore une fois, je sais que moi, j'ai besoin qu'on me cadre, j'ai besoin d'avoir des gens qui soient autant motivés que moi sur mon projet. Et j'admire profondément les artistes indépendants ou les artistes qui commencent tout seuls. Moi, je n'ai pas du tout, du tout, je ne sais pas comment dire, mais ce n'est pas que je n'ai pas de mérite, je ne dirai jamais ça, mais en tout cas, je n'ai pas galéré.
- Speaker #0
En fait,
- Speaker #1
moi, j'ai signé très rapidement. Tu reconnais la chance que tu as eue là-dedans ? Totalement. J'ai eu la chance de rencontrer mon manager au bon moment, de sortir une chanson qui a plu au bon moment et d'être rapidement signée dans ma maison de disques. Donc, c'est vrai que ça, c'est sûr que c'est une énorme chance. Et donc, effectivement, ça a été un petit soulagement pour moi de me dire que ça allait vite et que ça, c'était un poids en moins.
- Speaker #0
dans le process de faire bien et que toi ça te permette aussi de créer à
- Speaker #1
100% et peut-être déléguer aussi la partie peut-être plus laborieuse aussi aux autres j'ai tellement de pod autour de moi qui sont artistes indépendants et je suppose que j'aurais fini par le faire parce que la musique c'était sûr que j'allais en faire Une façon ou d'une autre, mais c'est vrai que j'ai pas ça du tout à penser, quoi. J'ai la chance d'avoir des gens qui se trompent de tout et moi, je dois faire de la musique.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
Donc, c'est une vraie chance.
- Speaker #0
Et cette chance, toi, tu l'as... Est-ce qu'il y a des moments où... Ça doit certainement aller aussi beaucoup, vite, très rapide, ces premières années de carrière. Les moments où t'arrives à te poser et te dire, attends, là, je réalise qu'il se passe des choses et que j'ai la chance. Est-ce que t'arrives à te... à le vivre en conscience ?
- Speaker #1
Ah, totalement. totalement et je crois être quelqu'un de plutôt dans la gratitude de la vie en général. J'ai toujours cette sensation d'avoir une bonne étoile au-dessus de moi et je suis reconnaissante, je crois, de... Enfin, j'espère.
- Speaker #0
Les équipes diront pas contraire. Non, mais tu l'es. En fait, c'est ce qui... Moi, je te connais pas et c'est ce qui ressort de chez Follard. Non, non,
- Speaker #1
je crois que ça, c'est sûr que... Mais tu sais que parfois, il m'arrive des trucs où genre... Là, je suis tellement heureuse d'habiter dans ce quartier, de mon appartement et tout. Encore une fois, j'ai tellement pas galéré à l'avoir. Ça a été un coup de bol à chaque fois. Et parfois, je suis dans mon appart.
- Speaker #0
Et juste, je suis comme ça,
- Speaker #1
et je m'arrête et je fais
- Speaker #0
« C'est bien, Cette importance des mots, cette passion de l'écriture, elle te vient d'où ? Pourquoi tu as ça en toi ?
- Speaker #1
Je crois que déjà, j'ai toujours aimé lire. J'ai lu assez tôt dans ma scolarité. J'ai toujours aimé lire. Ma mère est orthophoniste, donc l'importance des mots, ça a quand même une grosse place dans ma vie. Et puis, j'ai eu un des premiers trucs, en réalité, c'est... C'est une prof de littérature que j'ai eue au lycée qui m'avait un peu bouleversée parce que, un, on s'entendait très bien et puis, je ne sais pas, je voyais qu'elle voyait en moi un truc un peu... Il y avait un truc un peu maternel et elle, elle m'a enseigné plein de choses et elle m'a appris aussi vachement d'autrices que je n'y ai encore aujourd'hui, que j'adore. C'est elle qui m'a fait connaître Marguerite Duras qui est... Mon autrice préférée ever, et dans laquelle je me suis vachement retrouvée après quand j'ai commencé à écrire. En tout cas, je m'en inspirais beaucoup parce qu'elle fait des phrases assez courtes et très imagées. J'aimais beaucoup son travail. Donc, il y a eu cette prof, il y a eu Marguerite Duras.
- Speaker #0
Encore une rencontre au final.
- Speaker #1
Que des rencontres.
- Speaker #0
Que des rencontres.
- Speaker #1
Et donc, je dirais que c'est ça. Après, il y a eu un accident dans ma vie, un événement dans ma vie où j'ai fait un AVC. et donc...
- Speaker #0
Quand j'avais 15 ans,
- Speaker #1
exactement. Et en fait, après ça, il y a eu tellement de confusion de mots, tellement de difficultés à tout réapprendre, à parler, que c'était impensable pour moi d'avoir l'air idiote. Et donc, je trouve qu'aujourd'hui, je sais que je mets une importance dans chaque mot, dans chaque tournure, même si je ne fais pas de Verlaine. Je ne sais pas du tout cette prétention-là, mais je sais que moi, au fond de moi, je dis d'accord de sentir l'importance de ce que tu racontes. Parce que j'ai tellement galéré à me faire comprendre à ce moment-là qu'aujourd'hui, c'est presque un cadeau de pouvoir le faire, savoir le faire.
- Speaker #0
Vraiment. Comment tu l'as vécu cet après avec...
- Speaker #1
C'est vrai qu'on n'est pas du tout au bon endroit.
- Speaker #0
On n'est pas au bon endroit.
- Speaker #1
On n'est pas du tout... Ah si, si, c'est bon. C'est juste qu'on n'est pas passé sur bon pont. Eh bien, par temps qu'on traverse.
- Speaker #0
Écoute.
- Speaker #1
On traverse. On traverse son endroit. On traverse. On va prendre comme ça.
- Speaker #0
On va faire comme ça. Comment tu l'as vécu, toi, l'après, justement ? Tu as 15 ans, ton monde s'écroule parce que tu es victime d'un AVC. Qu'est-ce qui se passe après ? Qu'est-ce qui te reste à ce moment ?
- Speaker #1
Qu'est-ce qui me reste déjà ? La chance d'avoir une ornithophoniste, encore une fois. Donc, qui me permet quand même de me rééduquer. C'est elle qui me rééduque. Donc, c'est long et puis c'est... En fait, ce qui est un peu terrible et en même temps génial avec le... Dans le fait que ce soit ma mère qui soit ma propre orthophoniste, c'est que ça peut être plus rapide parce qu'on peut le faire tous les jours, mais c'est un déchirement de se rendre compte que... Je ne sais plus ce que ça veut dire le mot lycée. C'est un déchirement constant de se rendre compte des séquelles énormes.
- Speaker #0
Comment je explique cette sensation de chercher le mot, chercher la signification ?
- Speaker #1
Je ne saurais même pas l'expliquer. En vrai, on me l'a beaucoup demandé. de savoir ce que ça faisait d'être prisonnière en fait parce que moi je me sentais bloqué dans mon propre corps dans ma propre tête et dans ma propre bouche et c'est vraiment le c'est vraiment la sensation comme les becs moi j'ai bégayé aussi pendant longtemps après comme les becs qui te disent mais c'est là en fait c'est là et tu sens que c'est derrière les dents mais ça ne veut pas ça ne veut pas et donc donc oui c'est très difficile moi j'ai eu des des séquelles qui portent un nom scientifique mais alors Mais qui faisait que j'avais oublié beaucoup de vocabulaire ou alors je prenais un mot pour un autre. Et c'est comme si mon cerveau avait appris de cette façon-là. C'est-à-dire qu'on est en classe un jour avec ma sœur, en seconde, où je viens d'avoir mon accident, un mois avant, et je dis... « Putain, mais vous pouvez fermer le frigo, là, je vois rien et tout. » Et c'était le... Oui, je suis sûre. Je suis sûre, mais c'est une sensation. C'est comme si on était dans le Truman Show et qu'on disait « Ah non, non, c'est pas du tout ce mot-là. » Oui,
- Speaker #0
c'est deux plus deux font quatre. Exactement. C'est aussi évident que ça.
- Speaker #1
Aussi évident que ça. Et ça, voilà, c'est des connexions qui se font plus ou qui se font mal. Donc, c'est difficile. Et l'après, il est compliqué parce qu'il faut tout réapprendre. Et moi, j'ai tendance à aller... Très vite, tout le temps, et à avoir très peu de patience. Donc, c'était d'autant plus difficile. Surtout quand on a 15 ans.
- Speaker #0
On veut aller de l'avant, on a une énergie qui est là et on veut conquérir le monde. Sauf que là, en fait, le corps dit, en fait, stop, tu vas faire autrement.
- Speaker #1
Mais c'était un gros exercice d'humilité pour la petite de 15 ans qui avait déjà envie d'être chanteuse. Donc, je me suis pris une petite claque de calmos et va pas trop vite parce qu'en fait... Aller vite, ça va te remplir encore plus de lacunes. Donc, j'ai essayé de prendre le temps.
- Speaker #0
Et tu m'étonnes que tu sois reconnaissante de ce que tu as aujourd'hui. C'est une évidence.
- Speaker #1
Ah oui, exactement. Après ce genre d'événement. C'est totalement ça qui m'a... Moi, je sais que ma mère, elle dit souvent que je ne suis plus la même depuis que j'ai eu mon accident. Heureusement que ça arrive à 15 ans, donc dans un moment quand même de mouvance et d'évolution. Je n'ai pas drastiquement changé.
- Speaker #0
De plasticité aussi cérébrale.
- Speaker #1
Et donc, ma personnalité était déjà en évolution. Donc, heureusement qu'il n'y avait pas des choses ultra acquises. Mais je sais que ma façon de voir la vie, elle a changé vachement à ce moment-là. Parce que j'étais passée trop proche. Et que j'avais une urgence de vivre. Comme tout à l'heure, je disais, j'ai une urgence de faire les choses. Elle me vient vraiment de là, quoi.
- Speaker #0
Ouais, et elle est en toi. Complètement. Bien sûr. Et ça peut te servir comme te les servir à certains moments. Ouais,
- Speaker #1
totalement. Totalement, parce que, encore une fois, c'est le fait de vouloir aller trop vite et de pas trop avoir la patience de beaucoup de choses. Ouais. Mais c'est un apprentissage, quoi.
- Speaker #0
Comment tu as réappris, justement, en parlant d'apprentissage, à retrouver un peu... cet insouciance, cette légèreté qu'on a quand on a 15 ans en réalité.
- Speaker #1
Oui. Je sais que pendant des années, ça se voyait en fait que j'étais triste, que j'étais très en colère. J'ai traversé une grosse période de dépression, ce qui arrive tout le temps en fait après un AVC parce que le cerveau prend un tel choc.
- Speaker #0
Compléhensible, oui.
- Speaker #1
Et moi, elle se traduisait par une immense colère. J'étais très très en colère pour tout et n'importe quoi. Et je sais que moi, ça me détruisait de me regarder comme ça et de ressentir ça, parce que je n'avais jamais trop été comme ça. Et l'après, je crois que le moment où je me suis dit « Ah, c'est bon, je me retrouve » , c'est sept ans après, c'est le jour où j'ai arrêté mon traitement, que je devais prendre en fait toute ma vie. Et donc c'était une poudre, c'était rien de fou, c'était un anticoagulant. que je devais prendre tous les soirs de ma vie. Ça faisait 7 ans que tous les jours, je prenais ce truc.
- Speaker #0
Et tous les jours, tu te rappelais que tu avais eu aussi un ADC il y a 7 ans, bien sûr.
- Speaker #1
C'était mon boulet. Je le traînais vraiment à cause de ce petit sachet. Et un jour, comme dans les films, je me suis matée dans le miroir. Je me suis dit, je ne peux plus là. Je ne veux plus prendre ce truc. Je vais bien. Je me sens bien. C'est fini. Et je ne l'ai plus pris. A ne pas faire parce que j'en ai parlé à personne, pas du tout, à mon neuro, pas du tout, à mes médecins.
- Speaker #0
Ah oui, tu es en mode...
- Speaker #1
Ah, freestyle !
- Speaker #0
Ouais, freestyle. Ouais, mais tu l'as senti en toi.
- Speaker #1
Mais je l'ai senti. Ouais. Je l'ai senti, exactement. Et bien, le lendemain matin, alors que toutes les nuits depuis 7 ans, je me réveillais pour savoir si tout allait bien, je parlais, machin. Le lendemain matin, j'avais jamais aussi bien dormi. Et je me suis réveillée en me disant, mais en fait, c'est ça, c'est tout. La libération d'un proie. Exactement. Et c'est vraiment le truc de l'effet, pas placebo, parce que c'est un vrai anticoagulant, mais...
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
En réalité, je sais que je le prenais plus pour ne pas avoir peur que le risque de refaire un AVC à 15 ans, enfin à 20 ans.
- Speaker #0
Tu as senti la peur qui s'est évaporée à ce moment-là ?
- Speaker #1
Oui, en tout cas, j'ai senti qu'il y avait un cap que je franchissais. La peur, elle est toujours là constamment. Tous les jours, j'y pense. Il n'y a pas un jour où je ne pense pas à mon accident. Ah oui ? Oui. C'est trop ancré, j'ai tellement eu peur. Ça a été tellement dur après. Et puis j'ai toujours la sensation d'être paralysée en moi, qui me bloque, qui me terrifie. Donc la peur elle est tout le temps là, mais à partir des 7 ans, il y a vraiment eu un cap de franchi où je ne me réveillais plus par exemple. Je ne me réveillais plus pour vérifier, donc ça allait. J'avais passé le truc de, si je bois un petit verre d'alcool, est-ce que ça va m'être mal ?
- Speaker #0
T'es tombée dans une relation peut-être plus rationnelle aussi à ta peur.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Je pense qu'on peut avoir des peurs qui sont rationnelles, parce que là, c'est une vraie peur rationnelle. Mais après, on peut partir dans la spéculation et c'est normal. Et je crois que bien s'occuper de ses peurs, c'est les faire retomber un peu à leur niveau rationnel.
- Speaker #1
Ouais, exact. Ouais, ouais, totalement. Et moi, il m'en a fallu du temps pour les faire un peu retomber. J'avais peur de tout. Alors que quand j'étais petite, on m'appelait la chèvre dans ma famille parce que je n'avais peur de rien. Je graffais partout. Je traversais n'importe comment. Je m'en foutais, j'étais la casse-cou de service. Et c'est vrai qu'après l'accident, j'étais effrayée de tout. Et même pas que pour moi. C'est-à-dire que ma sœur sortait de l'appartement. C'était horrible d'ailleurs, pauvre. J'ai une sœur jumelle, c'est elle qui m'a trouvée le matin de l'accident. Donc on a un rapport assez particulier aussi à l'événement. Et elle sortait de l'appartement, je l'avais pour dire, ça va, fais attention à la voiture. J'étais stressée de tout. J'avais peur que tout le monde meure autour de moi. J'avais développé énormément de tocs le soir avant de dormir parce que mon accident, c'était le matin. Donc, il y avait un truc d'endormissement pour moi. Je me disais, si je ne fais pas tout bien avant de me toucher, c'est mort. Donc, effectivement, tout ça, il a fallu le déconstruire petit à petit, chacune des peurs. Et voilà, en fait, une fois que tout est rationalisé et que... De toute façon, vivre dans la peur, c'est ne pas vivre.
- Speaker #0
Oui, et tu n'aurais pas fait le quart de ce que tu as accompli derrière si tu avais été resté bloqué à ce stade-là, bien sûr. Bien sûr. Moi, tu sais que c'est un secrètement, car un AVC, c'est ma plus grande peur ever. Ah oui, c'est vrai. Je suis allé en kératite pour ça. Ah, c'est vrai ? Oui, c'est quelque chose qui est très ancré en moi.
- Speaker #1
Parce que tu as des jambes ?
- Speaker #0
Pareil, non, non. Spéculation de mon cerveau, en mode, j'ai trop peur de ça, que ça s'arrête, que du coup... C'est dingue. Tu sais, cet effet de surprise. Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
C'est une peur que j'ai toujours eu énormément en moi, que j'ai réussi au fur et à mesure des années à dompter. Mais pareil, elle est toujours là. Alors que je ne l'ai pas fait. Donc le niveau, bien sûr, comparé à toi, c'est un peu... Mais tu vois la sensibilité du truc. Donc ça fait plaisir que tu en parles un peu.
- Speaker #1
En plus, effectivement, comme ça peut arriver... Non pas pour te refaire. Mais comme ça peut arriver sans signe avant-coureur, sans... Moi, j'étais en très bonne santé. Voilà, moi, c'est arrivé. On ne sait toujours pas beaucoup, en fait.
- Speaker #0
Oui, c'est écrit comme ça à ce moment-là.
- Speaker #1
Voilà, je peux comprendre que ce soit. Mais encore une fois, ça reste, chez les jeunes, ça reste rare. Même si je tiens quand même à dire qu'on n'en parle pas assez, mais il y a quand même beaucoup, beaucoup de cas. C'est une des premières causes de mortalité chez la femme en France. Dans le monde,
- Speaker #0
par exemple. D'autant plus, oui, chez la femme.
- Speaker #1
Et qu'il y a eu de plus en plus de cas à cause des pilules. Ça,
- Speaker #0
ça a été un fléau énorme.
- Speaker #1
Ah oui, énorme. Donc évidemment qu'il ne faut pas se dire que ça rie la personne.
- Speaker #0
Oui, oui, on va pas estimer le truc, mais voilà.
- Speaker #1
Mais ça reste quand même assez rare. On avait ça à 15 ans, à 20 ans, à 35 ans.
- Speaker #0
C'est clair. Je suis dans la bande. De mon côté, les pronostics, on va dire. J'aimerais qu'on parle, justement, toujours dans cette conversation du rapport au mot, du rapport à l'écriture. Comment tu l'écrirais, le rapport que tu as aujourd'hui à tes textes ? Est-ce que... Est-ce que je peux imaginer Hélène qui se pose devant une feuille de papier ? Je romantise un peu le truc.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Et qui va, d'un coup, déballer ses plus beaux verres. Ou est-ce que je peux aussi imaginer Hélène qui, en fait, est face à son ordinateur ou à sa feuille de papier, les mots ne viennent pas et tu as envie de te taper la tête contre le mur ?
- Speaker #1
Bien sûr. En fait, les deux options sont réelles.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Il y a des fois, il y a des tonnes de fois où je suis devant... Alors, malheureusement, je n'écris pas sur une feuille de papier. J'écris vraiment sur mon téléphone, mais...
- Speaker #0
On va comme ça dans le temps.
- Speaker #1
Comme ça, dans mes notes. Mais normalement, il y a des fois où ça... Je ne sais pas, je suis touchée par la grâce et ça vient tout de suite. Et c'est fluide. Voilà, et c'est super. Et tu vois, là, il y a une chanson en particulier que je suis censée avoir terminée pour 10 jours. Ça fait 3 mois et demi, 4 mois que je suis dessus. Et ça me bloque. Et ça me bloque et je me tape la tête. C'est dur, quoi.
- Speaker #0
Comment tu appréhendes les 10 prochains jours, du coup ?
- Speaker #1
Eh bien, comme c'est dans 10 jours, je n'ai plus le choix. Donc, je sais que ça va arriver.
- Speaker #0
Ça va sortir.
- Speaker #1
Je sais que ça va arriver, là. Mais ça peut être la veille. Sur Bye Bye, j'ai envoyé mon texte la veille de l'enregistrement des voix définitives.
- Speaker #0
C'est pas vrai.
- Speaker #1
Tu es sûr ? C'est pareil, ça faisait trois mois que j'étais dessus.
- Speaker #0
Tu sais, je réécoutais tout à l'heure dans le train pour venir ici. Je me suis plongé, replongé dans le texte et je me suis dit, c'est vraiment pas con ce qu'elle raconte. Donc tu vois, des fois on sort les plus belles vérités au moment où il faut les sortir.
- Speaker #1
Exactement. Et moi, je me torturais l'esprit. En fait, cette chanson, au départ, elle ne devait pas parler d'une histoire d'amour. Elle devait être que sur la libération de soi, l'émancipation. Et en fait, je ne me retrouvais pas dans ce truc de... Sans parler de ce que je venais de vivre, de la rupture que je venais de vivre. Je ne me voyais pas le faire comme ça. Et donc, je triturais le texte. Je n'y parvenais pas. Et j'ai appelé un artiste que j'adore, qui s'appelle Blossom. Et je lui ai dit, s'il te plaît, aide-moi, aide-moi, je galère trop.
- Speaker #0
Je suis dans l'urgence.
- Speaker #1
Et vraiment, il m'a dit, OK, j'arrive, donne-moi 25 minutes. Il a mis mes Airpods comme ça. Il m'a dit, bon, moi, ça parle de ça, ce que j'ai envie de raconter, mais tu me dis. Et voilà, et en fait, on a changé deux, trois tournures pour que ça me ressemble plus.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et la chanson était prête, quoi.
- Speaker #0
Et la chanson était prête.
- Speaker #1
Et c'était vraiment la veille de l'enregistrement.
- Speaker #0
Oh là là. Et c'est génial parce qu'au final, je me retrouve à danser dans ma salle de bain ou avec mes potes sur ce single-là. Et en fait, l'histoire, franchement, on avait fait un bon taf. Bravo pour ça. Merci d'égayer mes journées. Je pense que tu te doutes, mais on va parler d'amour dans cette interview aussi. Parce que là, tu viens d'en parler, mais c'est un thème qui est récurrent dans tes chansons. Oui. Et c'est tout à ton honneur, surtout dans les temps qui courent. Oui, c'est clair. Où en fait, parfois, on croit que la haine va combattre la haine. Exactement. Et en fait, on ne s'en sort pas. Mais du coup, des lueurs d'espoir comme ça et des petites lumières dans la création, ça fait du bien. Mais moi, il y a quelque chose qui m'a marqué dans la chanson « Pour te plaire » . Oui. Tu dis « Pour te plaire, je changerai de direction » .
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que tu t'es déjà perdue à essayer d'être aimée ?
- Speaker #1
Bien sûr. Bien sûr, bien sûr. Et je pense que c'est un peu le béabat des premières fois aussi, des premières relations où on ne sait pas trop qui on est. Mais oui, je pense que c'est le béabat du début. Et moi, je me souviens que quand j'ai écrit cette chanson, pourtant, je n'étais pas du tout dans une relation toxique de « je te fuis » , la fameuse phrase « fuis-moi, je te suis » , etc. Mais j'avais quand même envie d'écrire. Sur ça, sur le fait de pouvoir s'abandonner totalement, quitte à se perdre dans une relation et ne plus être soi-même, il se trouve que je l'ai vécu après.
- Speaker #0
C'était en mode prémonitoire ?
- Speaker #1
C'était totalement prémonitoire.
- Speaker #0
C'était prémonitoire, ok, waouh.
- Speaker #1
Mais donc oui, oui, je me suis déjà perdue, j'ai déjà changé mes... pas mes opinions, je dirais pas jusque-là, mais en tout cas, moi, je me suis déjà grimée et... Et changer en une personne pour essayer de plaire à l'autre, à ne surtout pas reproduire, parce qu'en plus, ça veut dire que l'autre va aimer quelqu'un que tu n'es pas. C'est complètement con, en fait, de dire ça. Mais je suppose qu'il faut un peu passer par là, parfois.
- Speaker #0
Oui, on apprend aussi à se connaître, à ce qu'on ne veut pas.
- Speaker #1
Et c'est ça qui m'est arrivé à la fin de cette fameuse relation, où je me suis dit, oula, mais moi, c'est pas du tout moi, en fait. Là, je ne m'y retrouve plus. C'est pas moi de rire comme ça, c'est pas moi de pleurer autant comme ça, je comprends pas là.
- Speaker #0
Ouais, tu ne te reconnaissais pas.
- Speaker #1
Totalement, je ne me reconnaissais pas.
- Speaker #0
Donc, oui, parfois ça arrive, mais ça fait des chansons. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Il y a aussi une anecdote qui m'a profondément marquée et fait rire sur ton Instagram. Gestion des réseaux sociaux, parfaite, Hélène. En ce moment, c'est frais.
- Speaker #0
Je prends le contenant parce que je galère tellement.
- Speaker #1
Non, mais je te le dis, c'est frais, c'est vivant, ce n'est pas redondant. On entend tes tubes, mais tu partages aussi ceux des autres et on voit ce que tu aimes et tout et j'adore. donc Bravo pour ça déjà, c'est compliqué. J'aimerais qu'on revienne pour les auditeurs aujourd'hui et pour les gens qui vont te regarder sur YouTube sur l'anecdote Paypal.
- Speaker #0
Ah oui, bien sûr. S'il te plaît. En fait,
- Speaker #1
je n'ai jamais entendu un truc aussi drôle. Et aussi, franchement, bravo pour la vulnérabilité de le dire.
- Speaker #0
Écoute, franchement, au point où on en est, au point où on en est, moi, j'ai honte. Je crois que j'ai acheté un peu de rien. Mais surtout, elle est tellement... En fait, c'est tellement pas inventable comme anecdote que je ne peux pas ne...
- Speaker #1
Ah non, il fallait que tu la vives pour la créer.
- Speaker #0
Exactement. Eh bien, cette anecdote, je suis ma toute première vraie grosse relation d'amour, donc mon premier amour de mes 16 à mes 20 ans. Vraiment l'amour de jeunesse, quoi. Le truc que tu vis. Ouais,
- Speaker #1
où t'es à fond, quoi.
- Speaker #0
Où t'es à fond, mais ultra toxique, jaloux à mort, passionnel. Mais bon, de 16 à 20 ans, t'es un bébé.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
qui est là pour vivre ce genre de choses donc je n'en veux à personne c'est bien mais voilà et donc cette histoire se termine très mal puisque je suis au fond du trou et cette personne me quitte par téléphone en plus horrible et me bloque d'absolument tous les réseaux sociaux je n'ai aucun moyen de le contacter après de sérieuses années je veux dire un peu moyen mais bon Et donc je cherche une façon de le contacter et je me souviens de ce jour où je suis dans ma cuisine, je suis en larmes, je suis pathétique, pathétique. Et la seule manière que je trouve de le contacter à ce moment-là, c'est de lui faire des virements Paypal. Donc je lui envoie des 50 centimes par 50 centimes avec, tu sais, tu peux mettre des motifs. Donc je mettais « Répond moi STP » . Le gars se recevait des 50 centimes avec une notification.
- Speaker #1
Il était désiré et riche, t'imagines ? L'ego du gars, après c'est ça.
- Speaker #0
C'est à cause de ça que les hommes sont si...
- Speaker #1
Ouais, vraiment. On leur donne trop à un moment. T'aurais dû t'arrêter au blocage.
- Speaker #0
Et donc voilà, et cet exemple me fait mourir de rire parce que quand je la raconte, c'est pour... Juste avant de chanter les ratures, justement. Ah, tu la racontes ? C'est une chanson que j'ai écrite pour lui, enfin pour cette personne. Et donc je raconte ça en disant que la seule manière que j'ai coupée, c'était de lui faire des liens dans mon Paypal. Et la deuxième manière, c'était d'écrire une chanson.
- Speaker #1
Et tu finis en beauté.
- Speaker #0
Et je finis au moins un petit peu plus dramatique et noble que des vingt-et-deux.
- Speaker #1
Comment Hélène se guérit justement après une rupture, quand le cœur va mal ?
- Speaker #0
Eh bien en fait, ça ne m'est pas beaucoup arrivé. J'ai plus brisé des cœurs plutôt que...
- Speaker #1
Je pensais que c'était le contraire.
- Speaker #0
Eh oui, parce qu'on pense tout ça dans mes chansons. Mais en fait... Mais en fait... En fait, c'est plutôt qu'il y a deux personnes. Les deux personnes qui m'ont fait du mal sont une source infinie d'inspiration.
- Speaker #1
Elles sont arrivées pour une bonne raison d'entrée.
- Speaker #0
Dès que j'ai besoin d'écrire une chanson triste, hop là, je me souviens d'eux.
- Speaker #1
Bien sûr, ouais.
- Speaker #0
Mais comment elles se guérissent ? Déjà, j'ai des amis formidables avec qui je m'entends très bien. Et donc, je m'entends très bien, heureusement. Mais non, non, qui m'ont toujours soutenue dans ces moments.
- Speaker #1
Yes.
- Speaker #0
Et puis ensuite, franchement, écrire des chansons, c'est cliché. C'est un marché, mais ça marche. Ça marche. Et moi, je sais que même sans parler de rupture, il y a des chansons que j'ai mis du temps, qui ne sont toujours pas sorties d'ailleurs, qui sortiront dans l'album. Mais j'ai mis du temps à les installer, à les écrire, à les penser. P-A-N-S-E-R. Et en fait, au bout d'un moment, ça devient des chansons que j'aime. Et bien finalement, il y a une petite dose de moi qui est guérie.
- Speaker #1
Ah bah oui, c'est ça, petit à petit. Exactement,
- Speaker #0
parce que ça y est, je l'ai couché sur le papier et ça ne m'appartient plus vraiment. Ou en tout cas, c'est un peu sorti de moi.
- Speaker #1
Ouais, tu l'as déversé, je comprends.
- Speaker #0
Donc carrément, écrire des chansons et voir ses amis, je crois que moi, c'est mon starter pack.
- Speaker #1
Incroyable. De cœur bien lait. C'est très bien. Comment tu vis le paradoxe de faire des choix artistiques de cœur ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
tout en essayant que ça plaise un certain public ?
- Speaker #0
C'est compliqué parce que... Enfin, moi, je trouve ça compliqué parce que... Parce que même si tu parles d'amour, qui est un sujet et un thème quand même plus que... Enfin, c'est le sujet universel. Il y a des tonnes de fois où je me dis, mais ça, peut-être que ça parle pas à tout le monde. Donc c'est vrai que c'est une question compliquée. Donc je le vis à la fois en faisant des chansons qui me racontent pleinement, sans forcément parler à tout le monde. Et à la fois en essayant, à d'autres endroits, de glisser des... des images qui pour le coup seront très lisibles par tous et toutes. Donc je le vis, parfois c'est un peu compliqué parce que mon label par exemple, que j'adore, mais avec qui j'ai commencé vraiment avec l'érature, qui est un EP effectivement beaucoup plus poétique que ce que je fais aujourd'hui. Aujourd'hui je trouve que mon écriture a un peu changé, elle est beaucoup plus brute. J'essaye d'écrire comme je parle, pas à 100%, mais... D'avoir quand même des phrases qui sont assez, voilà, rentres dedans, lisibles, plus naturelles. Et je sais que parfois, j'ai ma petite poésie, des phrases un peu alambiquées qui reviennent, et mon l'abbé il est là, non, c'est très bien quand tu me dis de faire ça, de faire ça. Je pense que ta force,
- Speaker #1
elle sera en cet équilibre entre les deux, bien sûr.
- Speaker #0
Et moi, je trouve ça chanmé d'avoir cet équilibre-là, des trucs... Moi, c'est ce que j'aime le plus dans la chanson française, c'est de trouver la bonne image qui va parler à tout le monde et qu'elle se soit joliment dit. Et c'est difficile, en fait, de faire du joli en faisant du brut.
- Speaker #1
Oui. Mais c'est... Et puis après, voilà, encore une fois, c'est un process. Et je pense que c'est quelque chose qui s'apprend. Trouver son style, le changer, pourquoi pas.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et c'est ce que représente l'art de manière générale. C'est une évolution. Ce n'est pas quelque chose qui est gravé dans le marbre. Non,
- Speaker #0
heureusement. Merci, bien sûr.
- Speaker #1
Et tout ça, ça va évoluer ton public aussi et ça annonce que de très belles choses, je crois.
- Speaker #0
J'espère.
- Speaker #1
Tu as déjà été amoureuse ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
J'ai été amoureuse. En fait, je sais que j'ai été amoureuse de ce fameux Paypal. Tout le monde l'appelle Paypal dans mon entourage. Bon, ça, évidemment, c'était mon premier amour. C'est un secret pour personne. Je l'aimais comme une ado, en fait. Et en fait, ce qui m'a fait du mal, c'est que pendant des années, j'ai cru toujours l'aimer. En fait, non, j'aimais le fantasme de moi qui l'aime et de ce que je ressentais à ce moment-là.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et puis aujourd'hui, je suis très amoureuse. Figure-toi.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui se passe à l'intérieur en termes de sensations ?
- Speaker #0
Eh bien, ce qui se passe, c'est que non seulement j'ai la sensation d'être pleinement moi-même, justement de ne pas avoir à changer quelque chose. C'est quelqu'un de plus que je connais depuis longtemps, qui était mon ami, qui était là en fait, qui était là. C'est ce que je l'ai dit l'autre jour. Je t'ai cherché partout, mais tu étais juste là. Ça, c'est mon côté romantique.
- Speaker #1
Moi, je la mange pas. On est avec toi, on y va. On se noie là-dedans, il n'y a pas de souci.
- Speaker #0
Mais voilà, ce qu'on ressent, c'est juste... Je crois que c'est de la légèreté, en fait. Moi, je suis contente d'être amoureuse sainement comme ça parce que je me sens légère, je me sens apaisée, je me sens écoutée, je me sens soutenue. Ça me motive aussi énormément. Je crois que le bon amour, c'est celui... C'est celui qui te donne envie d'être à fond, d'être la meilleure version de toi-même.
- Speaker #1
Ouais, et on n'aime pas te sentir soutenue quand tu vas. Exactement,
- Speaker #0
et sans effacer non plus la vulnérabilité. Moi, je me sens bien parce que je me sens très vulnérable, mais de la bonne façon. Merci. Mais de la bonne façon. J'aime être idiote avec mon amoureux, j'aime rire de face aux connes. Je me sens juste bien.
- Speaker #1
Toi, naturellement.
- Speaker #0
Et ça fait pas mal au ventre. Tu vois, les trucs des papillons et tout. Oui, évidemment, parce que...
- Speaker #1
C'est parce qu'il y a l'amour.
- Speaker #0
Moi, quand je le regarde, je suis en mode... C'est trop... Évidemment que je l'aime, mais ça fait pas mal. Et je crois que parfois, on est un peu biaisé par ce truc de passion et d'amour fou, tout feu, tout flamme, tout rouge. Oui,
- Speaker #1
sur lequel on a été... beaucoup bimboronné aussi, et surtout nous. Il faut que ça brûle.
- Speaker #0
En fait, ça peut brûler sans tout incendier non-clou.
- Speaker #1
Ça prête juste une petite bougie réconfortante à la réalité. Exactement.
- Speaker #0
C'est plutôt de la légèreté.
- Speaker #1
Quelle est la qualité que tu aimes le plus chez lui et la qualité qu'il aime le plus chez toi ?
- Speaker #0
En fait, je crois que ce que j'aime le plus, c'est qu'il soit gentil.
- Speaker #1
Mais oui.
- Speaker #0
C'est qu'il est un gentil.
- Speaker #1
En fait, ramenons les gentils au centre de son nom. En fait,
- Speaker #0
il est profondément gentil. et ça se voit et ça se sait et je crois que c'est ça je crois que c'est parce qu'il est gentil bon après il a plein de qualités mais attends c'est la plus grande qualité à avoir mais je crois que la gentillesse c'est quelque chose qui me séduit vachement j'adore et tu as une grande qualité ? Oula, qu'est-ce qu'il dirait lui ?
- Speaker #1
C'est sympa ou t'es pas sympa ?
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'il dirait ? Peut-être qu'il dirait que je sais que je le fais rire. Peut-être qu'il dirait que je suis drôle.
- Speaker #1
Ouais, t'es peut-être un peu silly. Je sais pas, je sens ça chez toi un peu. Tu peux être légère rapidement. Oui, c'est vrai,
- Speaker #0
complètement. Je sais pas, je veux pas m'envoyer des flûtes. Mais je pense qu'il me trouve super.
- Speaker #1
Ouais, ouais, c'est ça. En toute humilité, j'adore. Mais tu es super. Ça fait 15 minutes que je te connais, mais je sens que... Je suis tombé sur le bon numéro, je crois. Et lui aussi. Je crois qu'on ne peut pas parler d'amour sans parler de ta sœur. Tu l'as déjà mentionnée, même avant que je le mentionne.
- Speaker #0
Oui, souvent je la mentionne. Tout le temps.
- Speaker #1
J'adore. Et puis elle est crédite partout. Elle est saucée. C'est vrai, c'est vrai. C'est très bien.
- Speaker #0
Mais parce qu'elle fait partie intégrante, un, de ma vie, deux, de mon projet musical. Vraiment, elle est là tout le temps.
- Speaker #1
Et tu lui donnes la place qu'elle mérite.
- Speaker #0
J'espère. En tout cas, on fait au mieux et je sais qu'à l'avenir, on aimerait beaucoup que notre relation de travail soit vachement plus intense, qu'on soit vraiment tout le temps ensemble et tout. Mais bon, il se trouve qu'elle, elle a son job, elle travaille à côté, donc c'est sûr que c'est un peu plus compliqué. Mais ma sœur jumelle, c'est ma sœur jumelle. C'est ma vie, on a 6 minutes de différence. Toujours en premier ? Elle en premier.
- Speaker #1
Elle en premier.
- Speaker #0
Et on a toujours été... Élever comme avec ce mantra de la fratrie et la sororité sont des chances et garder ça quoi. Parce qu'on a un grand frère avec lequel pareil on est très fusionnel. Mais nous il se trouve qu'on est arrivés toutes les deux quoi. Donc c'est vrai que ma relation à ma soeur elle est indescriptible en vrai. Quand on a des jumeaux ou des jumelles ou alors des relations de frictionnel évidemment avec son frère et sa soeur c'est... C'est quelque chose qui n'est pas... Tellement précieux, ouais. C'est trop précieux.
- Speaker #1
Moi, je vis ça avec ma sœur et c'était... En fait, je me dis, je n'aurais jamais pu affronter ce monde sans elle. Je crois que je n'avais pas dit ça, bol.
- Speaker #0
Mais oui.
- Speaker #1
Tu vois ?
- Speaker #0
Mais oui. Et encore une fois, ça fait partie de la chance. Moi, ma vie, si je pouvais donner un mot, c'est la chance, quoi. C'est exactement ça.
- Speaker #1
Et tu sais, quand je vois des petites jumelles autour de moi, et peut-être que leur maman passera derrière la caméra pour regarder cet épisode, et là, je pense à elle. Et quand je vois leurs liens, quand elles sont petites...
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
qui est déjà si fort. Le fait de s'occuper l'une de l'autre, cette entraide, ça me touche énormément et ça me touche encore plus de voir des jumelles qui, avec le temps, ont entretenu ce truc.
- Speaker #0
Totalement.
- Speaker #1
Et là, je rigole en devant que je la mentionne tout le temps, mais big up à ta sœur.
- Speaker #0
Mais gros big up à moi.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, c'est génial d'avoir cette bonne relation perso, travail, elle est là.
- Speaker #0
Elle est tout le temps là et c'est super précieux pour moi de la voir avec moi. Que ce soit, c'est ça en fait, dans le travail, dans les moments. En fait, Zoé, elle est là tout le temps. En fait, c'est simple, elle est là tout le temps. Quand je vais bien, elle est là. Quand je vais pas bien, elle est là. C'est la première... Tu vois, l'autre jour, on a fait un podcast avec deux sœurs jumelles qui s'appellent les sœurs Castet, qu'on adore. D'ailleurs,
- Speaker #1
si vous passez par là, venez faire une balade avec moi.
- Speaker #0
Venez faire la balade avec moi.
- Speaker #1
Si vous adorez, passez.
- Speaker #0
Et donc, elles ont un super podcast où elles parlent de génialité. Et elles disent dans le podcast que... Elles sont toutes les deux en couple depuis longtemps. Mais quoi qu'il arrive, quoi qu'il se passe, la première personne qu'elles appelleront, que ce soit une bonne nouvelle, une mauvaise nouvelle, une terrible nouvelle, ça sera leur sœur. Et moi, on passe devant un truc qui s'appelle sœur. Au moment où on parle de sœur.
- Speaker #1
Elle peut discuter pour sœur en même temps. Envoyez-nous deux sacs.
- Speaker #0
Et moi, c'est exactement ça. C'est que ma sœur, c'est indescriptible. Et je mets un point d'honneur à la foutre un peu partout dans mon projet parce que j'adore bosser avec elle. Et surtout, elle a les idées que je n'ai pas. On est très complémentaires. Et Zoé, c'est quelqu'un de très, très créatif. Elle dessine beaucoup, elle peint beaucoup. Elle fait de la scénographie. Elle peut réaliser des trucs. Enfin, des images, je veux dire. Elle a été là sur mes clips. Elle fait mon silice. Elle fait tout, en fait. C'est-à-dire qu'elle est payée pour rien. Pour l'instant. Pour l'instant.
- Speaker #1
Pour l'instant. Un jour, elle m'arrive et elle va se sortir la note.
- Speaker #0
La fiche de paye. Mais c'est vrai que c'est elle qui pense tout, en fait. Oui. Qui pense tout.
- Speaker #1
Elle est complémentarité. Ah oui,
- Speaker #0
oui. Et on se la porte différemment. Moi, je sais que je ne peux pas trop l'aider dans ce qu'elle fait parce qu'elle est tellement manuelle. Moi, ce n'est pas du tout quelque chose qui me ressemble, ça. Oui. Mais en fait, on est tout le temps là l'une pour l'autre, quoi qu'il se passe. Et je sais qu'elle adore qu'on travaille ensemble. Et moi, j'adore qu'on travaille ensemble. Donc, ma sœur, mon amour, ça c'est sûr.
- Speaker #1
Mais oui ! Vous avez habité longtemps ensemble avec ta sœur ?
- Speaker #0
Oui, pendant 7 ans et demi.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui se passe quand tu te retrouves sans elle et que tu aménages toute seule ?
- Speaker #0
Très bonne question, on est en plein dedans. Écoute, ça faisait presque 8 ans qu'on habitait ensemble.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Dans le 15e arrondissement. Et en fait, c'est pour ça que je connais un peu le quartier du 5-6, parce que Zoé, elle a été dans une école d'archi rue Bonaparte, et après au Lozard. Donc c'était un peu notre QG de se retrouver ici. Moi, j'étais au Panthéon à la Sorbonne. Donc c'était un peu notre mot de sécar. Et sept ans et demi après, on s'est regardé dans notre appart, qu'on adorait, et dans lequel on a vécu plein de trucs. Et on s'est dit, est-ce qu'il ne serait pas temps à 25 ans de couper un peu le cordon et d'essayer d'habiter toute seule ? Et elle, elle était prête depuis un moment, je crois.
- Speaker #1
Il allait bien gonfler. C'est dévissé, bon. Exactement.
- Speaker #0
Non, elle aimerait pas que je dise ça, mais c'est vrai, en fait, Zoé, elle est vachement plus autonome et indépendante que moi. Et moi, ça a été dur, mais encore une fois, j'ai eu trop de chance d'avoir trouvé un appartement assez rapidement. Elle aussi, deux semaines après. En fait, tout s'est enchaîné très vite, heureusement, parce que je crois que si on s'était décidé et qu'il s'était écoulé six mois de recherche, en plus, je veux dire, parce que ça peut prendre énormément de temps, mais... Du coup, de rentrer dans cet appart qui n'allait plus être le nôtre, ça m'aurait troué le cœur.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et voilà, en fait, le jour de mon déménagement, le lendemain, je suis passée récupérer des choses dans notre appart. Et quand j'ai claqué la porte de notre appartement et je l'ai laissée toute seule dans cet appart, que moi, j'allais du coup dans mon nouveau chez moi, ça m'a détruite. J'ai pleuré tout le chemin. Solitude ? Pas solitude, parce qu'une fois que je rentre dans mon appart, je me sens bien et je suis heureuse de vivre seule. Et j'avais besoin de cette intimité, de cette solitude-là. Mais c'est plus le fait de... C'est la fin de l'enfance pour moi. Et moi, je suis quelqu'un de très nostalgique, de très mélancolique. Et le fait de me dire que plus jamais, je pense, sauf événements majeurs, mais plus jamais, je revivrai avec ma soeur jumelle, ça a été un déchirement parce que c'était fini. C'était fini, il fallait être une adulte.
- Speaker #1
Et oui, ça y est, là ça va le cap ? Tu te sens passée ?
- Speaker #0
Là c'est bon, de toute façon je la sais tellement heureuse dans son appart, elle me sait tellement bien dans le mien, qu'elle n'est pas loin du tout, elle habite à 9 minutes de chez moi.
- Speaker #1
C'est parfait, c'est la meilleure des voisines qu'il fallait avoir. Mais oui, surtout à Paris, nos voisins sont très importants. J'ai hâte de dire, moi quand j'habitais ici, mes voisins, mes copines voisines, c'était mes copines les plus précieuses.
- Speaker #0
C'est trop bien.
- Speaker #1
La flemme, en fait, de prendre le métro 45 minutes pour 15, prendre un café, tu vois. Donc, que ta soeur soit 9 minutes, incroyable.
- Speaker #0
Ah oui, oui. Puis en plus, je pense que quand on est arrivé à ce moment, c'est dur. C'est dur parce qu'en fait, on ne vit pas du tout sur le même rythme. Zoé, elle avait un job 8-17 et moi, il se trouve que je n'ai pas d'horaire. Donc, parfois, mes horaires, c'était 23-4 heures. Et enfin, ça arrivait très peu de fois, ça. Mais il se trouvait que parfois, on n'avait pas le même rythme du tout. Et quand ça a commencé à se poser la question de déménager, c'était un peu compliqué. Mais aujourd'hui, on est très contentes. Et surtout, on se voit, c'est ça que je voulais dire, c'est qu'on se voit aujourd'hui par choix. Et pas par contrainte de je rentre chez moi, ben oui, putain, il y a ma sœur. Très important. Et en fait, ça a soudé autre chose dans notre relation et ça l'a encore fait évoluer d'une différente manière. Et c'est super, c'est super.
- Speaker #1
Si je pose la question à Zoé... qu'est-ce que Hélène doit un peu plus aimer chez elle ? Est-ce qu'elle me répond ?
- Speaker #0
Ouf ! En plus Zoé elle fait des tirades on veut tu en vois un on l'aurait pris pour la question Alors Anourette qu'est-ce qu'elle dirait sur quelque chose que je dois apprendre à aimer chez moi ? Je pense qu'elle dirait qu'il faudrait que j'apprenne à aimer le fait que justement je suis comme tout le monde Merci. Quelqu'un de fragile. Je pense qu'elle dirait ça. Parce que Zoé, c'est la personne qui m'a vu le plus de fois pleurer parce qu'on vivait ensemble. Et je suis quelqu'un qui ne pleure jamais. Mais vraiment, c'est très rare que je... Que je... Que je... Je peux avoir les larmes aux yeux. Voilà, je peux avoir les larmes aux yeux, mais alors me lâcher, c'est extrêmement rare. Et ces dernières années, il se trouve que j'ai appris, justement, avec Zoé, à souffler et à lâcher les chevaux, quoi. Mais c'est quelque chose que je m'interdis beaucoup, mais depuis toute petite, même avant mon accident. Je raconte souvent que quand j'étais petite, horrible, quand j'étais petite, je pleurais tellement jamais, mais je sentais quand même qu'il y avait quelque chose qui était bloqué et qu'il fallait que ça sorte. Et parce que je n'étais pas légère du tout, je me mettais une foutée devant mon miroir et je m'imaginais des scénarios atroces de ma mère qui rentre et qui me dit « Papa est mort ! » J'annule. Mais elle me disait là « Papa est mort ! » Et là, je regarde devant le miroir et je pleurais, je pleurais. Et là, j'entendais « Ah Tom ! » Hop là ! Je descends dans ma salle. Communion. J'avais besoin de pleurer, mais je ne pleurais pas.
- Speaker #1
Mais ça ne vient pas. Il y a quelque chose qui fait peur dans le fait de lâcher ?
- Speaker #0
Je crois que je n'ai pas du tout envie de m'avouer que... En fait, je suis tellement... Déjà, avec ma sœur, on est bélier, ascendant bélier, lunaire bélier. Donc je peux dire que ça fonce. Ça fonce dans la porte. Ça fonce. Et donc je pense que je m'autorise... Je crois que pleurer, pour moi, c'est un échec un peu. C'est un peu... Merci. Symptôme de la défaite, c'est quelque chose que je n'apprécie pas. que j'appréciais pas. Et ouais, c'était ça, c'était symboliquement, j'avais perdu. Et je me souviens que ma mère, quand on était petits, avec mon frère et ma sœur, elle nous disait souvent « Ne vous mettez jamais en colère, celui qui se met en colère, il a perdu. » Elle me disait ça, et pour moi, colère, c'était synonyme quand même d'émotions intenses, de frustration, alors que c'est pas du tout la même chose, et je suis d'accord en plus avec ce mantra-là, que la colère, ça ne résout rien. Il faut rester calme. Mais je pense que je l'ai associé à ça. De me dire, moi, si je ressens un truc trop fort, ça veut dire que... Oui,
- Speaker #1
l'émotion est inconfortable, je ne vais pas la sortir.
- Speaker #0
C'est ça. Je ne vais pas la sortir parce que non. Parce que moi, j'avance et je fonce et je ne vais pas pleurer. Et voilà. Je pense que Zoé dirait ça parce que la pauvre, les rares fois où elle est rentrée dans l'appart et j'étais à chaud de larmes, elle savait que... Voilà, il ne fallait plus ressortir de l'appart.
- Speaker #1
On avait atteint un certain niveau.
- Speaker #0
Et en fait, juste le fait qu'elle me prenne dans ses bras et tout, c'était mon moment à moi. Personne ne pouvait me voir. Et on ne le disait à personne. Et voilà. Et c'était notre moment à tous les deux. Je crois que je dirais ça, oui.
- Speaker #1
C'est un peu ça, je crois, cette relation que tu entretiens avec ta vulnérabilité aujourd'hui.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
C'est l'appréhender, la dompter. Oui,
- Speaker #0
et l'apprécier. Lui faire de la place. Parce que je crois qu'on est quand même dans une... Ça va mieux, mais je trouve qu'on a été vachement dans des schémas de positivité tout le temps, dans lesquels je me sentais très bien, moi. Parce que justement, je crois être quelqu'un de assez optimiste, assez positif et tout. Mais au bout d'un moment, en fait, ça sert à rien de trouver du positif quand il n'y en a pas. Et on peut s'autoriser à pleurer, on peut s'autoriser... à rien foutre dans son lit pendant 4 jours si c'est ça qui nous fait du bien à ce moment-là, à chouiner, à gueuler aussi. Et tout ça, pour moi, ça fait partie de la vulnérabilité, c'est le lâcher-prise, en fait. On ne peut pas être tout le temps dans un contrôle constant d'aller bien et de mettre son masque de meuf qui va bien alors qu'en fait, ça ne va pas du tout. Et moi, je me souviens, j'avais des copines l'année dernière qui me disaient... Enfin, on allait boire des... On allait boire des coups et moi je passais la porte de mon appartement, j'étais quelqu'un d'autre, je passais la porte de mon appartement,
- Speaker #1
j'étais un wad, allez, on y va,
- Speaker #0
on y va. Et j'arrivais, tout flamme, je racontais encore, je faisais des blagues, machin, et un jour j'ai une copine qui m'envoie, Hélène, on t'aimera toujours autant si tu pleures devant nous. Et elle m'a dit ça, et je me suis dit, oh putain mais ça se voit tant que ça.
- Speaker #1
Cette pote elle est précieuse.
- Speaker #0
Ah oui, carrément, carrément. Et je me suis dit, ah merde ça se voit tant que ça que ça va pas. Et je me suis dit, bah en fait... Enfin, si ça se voit, c'est qu'il faut que j'arrête de contrôler le truc et que ce soit une bonne décision.
- Speaker #1
Il sera puissant quand il y a quelqu'un comme ça qui arrive, qui arrive à un point de connaissance de toi, donc ta pote à ce moment-là, et qui t'offre cet espace-là, je veux te dire. Si tu veux, tu peux y faire. Tu peux pleurer devant nous.
- Speaker #0
Et sans juger, sans rien dire aussi. Parfois, juste pleurer ou juste écouter quelqu'un pleurer, ça peut faire un bien fou à la personne qui pleure. Et ça, je l'ai appris et je l'apprends de plus en plus. Et c'est pour ça que je trouve qu'être vulnérable dans l'amour, que ça soit toute forme d'amour, dans l'amitié, avec sa famille, avec son amoureuse, son amoureux, je trouve ça de plus en plus précieux parce que c'est un non-contrôle qui fait du bien. Qui fait du bien parce qu'en fait, on est quand même des humains et les humains, ils ont besoin d'autres humains. Et on ne peut pas tout vivre tout seul, tout le temps, reclus à l'intérieur de soi.
- Speaker #1
Et je pense que ce sera prometteur pour l'écriture de ton prochain album.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce qu'arriver à ce genre de conclusion-là en soi, avoir fait ce jeu et vivre ce genre d'évolution en soi, ça rapproche, comme tu dis, on a besoin de l'autre. Donc forcément, la Hélène aujourd'hui qui arrive enfin à laisser un peu plus de place à sa vulnérabilité, elle écrit mieux, elle parle plus vrai.
- Speaker #0
Totalement.
- Speaker #1
Elle est plus vraie avec elle. Donc forcément. Il y aura d'autant plus d'écho dans le monde dernier.
- Speaker #0
Oui, et puis je pense que plus on est authentique, plus ça touche les gens. Que ce soit dans la musique ou dans la vie en général.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Et ça se ressent. Et j'espère que mes chansons vomiront cette authenticité-là.
- Speaker #1
On dit qu'on parle un peu de l'industrie musicale.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui te remplit le plus dans cette vie d'artiste ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et en même temps, qu'est-ce qui te coûte le plus ?
- Speaker #0
Si je dois donner un truc, c'est faire des concerts, ouais.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Je crois que ce que j'aime le plus, ce qui me remplit moi, où je me sens vraiment à la place, c'est quand je chante mes chansons à d'autres gens.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ? Parce que tous les artistes...
- Speaker #0
Ouais. Oui, c'est vrai. J'ai rencontré...
- Speaker #1
Tout le monde dit ça. Mais qu'est-ce qui se passe ? Il faut que j'expérimente ce truc.
- Speaker #0
Non, mais je pense que ce qui se passe, c'est qu'on se rend compte que... Tout ce qu'on vient de dire, on se rend compte que nos chansons dépassent notre ventre et notre tête à soi et que ça rentre dans le ventre de l'autre. Et ça, c'est magique, en fait, quand il y a des gens qui sont là pour t'écouter chanter, pour t'écouter jouer, pour te regarder. ça reste un exercice mégalo tu vois moi je sais que je sais qu'il y a plein de gens autour de moi qui ne pourraient pas qui ne voudraient même pas en fait faire ce que tu fais parce que c'est pas leur personnalité je pense que tu n'es avec une envie d'être sur le devant de la scène je pense et que ça fait partie de la personnalité depuis je suis donc effectivement il y a un truc un peu de narcissisme tu vois où les gens viennent te voir et ils viennent t'imposer toi et ça je trouve ça chiant mais au delà faire des chansons pour que ça résonne chez les autres c'est quand même un sentiment de réussite et ultra gratifiant que de se rendre compte de ça les concerts c'est ce qui me remplit le plus ça c'est sûr et ce qui me coûte le plus Ce qui me coûte le plus, je dirais les réseaux sociaux, parce que c'est un peu le nerf de la guerre et qu'aujourd'hui, c'est primordial de savoir les utiliser, bien le faire, être récurrente, enfin je veux dire régulière. Et moi, je sais que ça a été de longues discussions avec mes équipes qui me boostaient, qui m'envoyaient de... des listes de choses à faire des trucs pour me motiver à faire des trucs et en fait un jour j'aurais dit moi si je fais des trucs comme ça c'est pas moi on parle d'authenticité moi me retrouver face cam à raconter ça je sais pas le faire, je vais pas le faire j'ai pas envie d'être cringe, j'ai pas envie de me sentir mal le cringe j'aime pas dire ça parce que c'est les outs agaisants qui dans une interview disent les gens qui trouvent les autres gênants c'est eux qui ont un problème Et j'ai l'air très tu vois Donc j'aime pas me trouver cringe Parce que ça veut dire que j'ai un problème avec moi-même Avec mon image, avec le regard que je me porte Mais c'est vrai que parfois Je peux pas m'empêcher de me dire Oula t'es un peu gênante là
- Speaker #1
Tu sais que moi ça me fait beaucoup Qui suis du coup beaucoup face cam pour vendre le podcast Le rapport au cringe il est compliqué Mais je crois que je développe un peu plus de tendresse Aussi pour cette personne un peu gênante Parce qu'en fait C'est pas naturel
- Speaker #0
Tu fais Tu fais les choses.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Donc il n'y a que les gens qui ne font pas et qui vont rester là sur un banc et dire « Ah, regardez comme il est gênant. » Oui, mais en fait, en même temps, ils finissent.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Il faut expérimenter. Voilà.
- Speaker #0
Mais c'est vrai que les réseaux sociaux, c'est compliqué un peu pour tout le monde parce qu'aujourd'hui, en tant qu'artiste, tu es obligé d'avoir cette vitrine-là et la concurrence est énorme. Enfin, on fait croire en tout cas que la concurrence est énorme et qu'il y a de la place pour pas grand monde. Et c'est vrai que les gens voient des images, des milliers et des milliers d'images tous les jours, des sponsorisations, des teasings de chansons tous les jours, tous les jours. Et en fait, au bout d'un moment, tu ne peux pas être dans autre chose que la comparaison. Mais c'est vrai que moi, quand j'ouvre mon Insta et que je vois que j'ai cinq copines chanmées qui viennent de teaser une chanson pour la semaine d'après, et que moi, je dois absolument poster un truc, je me dis mais non, en fait, parce que... Moi ça va se noyer dans tout ça, il faut que je trouve le bon moment pour poster quelque chose sans que mes copines, mes potes de la musique ils aient posté aussi. En fait tu te retrouves même dans un truc malsain de relation avec tes potes alors que c'est censé être ultra... motivateur ouais c'est ça et puis on se serre les coudes, on y va ensemble on développe nos projets ensemble bien sûr,
- Speaker #1
bien sûr mais il y a toujours un petit moment où tout ton truc est là tellement d'images, tellement de trucs est-ce qu'il faut que je poste rien ?
- Speaker #0
c'est ça,
- Speaker #1
on est face à la créativité de tout le monde aussi chacun à la sienne et chacun gère comme eux aussi et c'est super on a aujourd'hui la chance en fait les réseaux sociaux sont à la fois je trouve une tare Merci. qu'un truc génial un truc fédérateur est super pour les artistes justement qui ne sont pas entourés par exemple et qui les réseaux permettent de trouver leur public de faire des choses tout simplement sans être adoubé par les pairs de l'industrie musicale c'est autant quelque chose de super que quelque chose d'assez toxique tu peux l'être en tout cas tu l'as abordé toi,
- Speaker #0
c'est pour ça que je rebondis dessus Nous, ce qu'on voit de l'extérieur, c'est qu'on vit dans une ère musicale très concurrentielle. Encore plus dans la chanson française féminine, je trouve.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Déjà, comment tu vis toi ça ? Est-ce que tu sens de la sororité entre vous ? Je pense à Marguerite.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Je pense à Ausha. Bien sûr, bien sûr. Je pense à tous ces noms-là qui occupent quand même une place importante à tes côtés.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parle-moi de tout ça.
- Speaker #1
Moi, je sens qu'on est quand même dans un vent de changement. Je ne sais pas si ça se dit comme ça, mais on est quand même dans une ère qui change un peu. Grâce justement à la prise de parole de ces meufs, enfin de ces meufs, sans Ausha, Marguerite évidemment, mais tellement d'autres aussi.
- Speaker #0
Bien sûr, il n'y a vraiment m'incité que deux. Bien sûr,
- Speaker #1
toute la nouvelle génération de chanteuses, de pop girls françaises. Je crois qu'on en impose un peu plus et ça fait du bien. Et moi, je sens évidemment la sororité partout parce que, à mon échelle, c'est-à-dire pas Ausha, pas Marguerite, c'est mon début de projet, les meufs, en fait, tu vois qu'elles commentent tout. C'est pour ça que ça pose la question,
- Speaker #0
parce que je vous vois.
- Speaker #1
Bien sûr, elles donnent de la force. Ausha, elle m'a invitée à faire la première partie de son Olympia. Il y a une envie quand même de tirer, de se tirer entre meufs et de s'élever et de mettre un gros cran d'arrêt, un gros fuck aux gens qui pourraient nous faire croire qu'il faut qu'on soit en concurrence. Et ça, évidemment, ça prend beaucoup de place ce débat-là, mais parce que c'est trop important de remettre l'exécution du village et de dire qu'il n'y a pas de compétition. Chacun à sa place, chacun à sa place. Il y aura un meuf pizza pour tout le monde. C'est ça, et laissez-nous faire ce qu'on veut, en fait. Et donc, moi, je sens qu'il y a quand même... On a le vent en poupe, les meufs. Il y a de plus en plus de meufs. Oui, mais c'est ça. Par définition.
- Speaker #0
Et nous, en tant que personnes qui écoutent et qui streament vos tubes, c'est tellement plaisant de pouvoir naviguer entre toutes ces interfaces-là, compositrices, autrices, parce qu'en vrai, on trouve... je ne fais pas ce qu'ils n'ont fait et c'est tellement un mot qui me vient quand je pense justement à ces pop girls en France, c'est le mot fraîcheur enfin, il y a des meufs qui sont là qui écrivent il y a le mot créativité aussi qui me vient ça,
- Speaker #1
ouais c'est que des meufs qui écrivent qui composent qui sont à fond sur les réseaux qui ont des discours chanmés qui sont politisés qui sont toutes et tous Tout est bien, en fait, dans chacune d'entre nous et dans chacune de nos projets. Et voilà, ça fait mal quand on essaye de nous mettre en concurrence ou quand nous-mêmes, on se met en concurrence. Tu vois, il y a une interview du OUA qui dit qu'elle a passé des années à, voilà, à parfois pas vouloir du mal parce que jamais de la vie, mais à être un peu dérangée, jalouse, envieuse de ce que pouvait avoir une autre. à ce moment-là.
- Speaker #0
Tu sais que la force de Ausha, c'est avouer les choses qu'on a un peu honte. Oui, c'est ça. D'un certain sens aussi.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Et ça fait du bien. Et toi, quand t'es en repas, et tu vois l'impact que ça, elle fait une interview, on est en repas. Oui,
- Speaker #1
mais bien sûr,
- Speaker #0
mais parce qu'on ressent tout ça,
- Speaker #1
on ressent tout ça. Moi, j'ai mille fois ressenti l'envie de... J'étais mille fois envieuse de telle qui en est déjà là, alors que moi, ça fait trois ans que j'ai sorti un truc et elle est en arrivée, mais je comprends pas, mais pourquoi elle... Ah si, mille fois j'ai ressenti ça. Mais c'est aussi parce qu'on est dans une industrie et que l'industrie, bah ça brasse. Et que ça brasse de tout d'ailleurs. Et on est obligé de faire partie de débats, de concurrence, de compétition. Alors qu'en fait,
- Speaker #0
il n'y en a pas.
- Speaker #1
Alors qu'en fait, il n'y en a pas. Alors qu'en fait, il n'y en a pas. J'adore ça. Mais ouais, parfois c'est un peu compliqué. Justement avec des meufs comme... Comme Yoann, Marguerite, toutes les générations. Oui, toute la clique. Toute la clique. Je crois que j'arrive au bon moment en tout cas.
- Speaker #0
Oui, c'est trop bien. Franchement, je suis trop content pour toi. Et la peur de l'échec commercial, c'est quelque chose qui est en toi ? Cette petite voix-là ?
- Speaker #1
Oui, totalement. Bien sûr, parce que moi, j'ai envie d'écrire, de faire des chansons pour... pour un maximum de gens. Donc, évidemment, tu vois, j'ai jamais eu trop l'envie de le dire comme ça, parce que j'ai toujours peur qu'on me prenne pour quelqu'un d'ultra prétentieux, mais en fait, moi, je le sais très bien. J'ai toujours su au fond de moi que j'ai envie de faire de la musique pour qu'on écoute. C'est sûr. J'ai envie de faire l'Olympia, j'ai envie de faire des gros salles, j'ai envie de partir en tournée, j'ai envie d'avoir ma place, quoi. Donc, euh...
- Speaker #0
Je vois ce que je ressens en toi. Je vois pas ça comme... J'ai l'impression qu'il y a... Moi, j'appelle ça le je sais. Tu sais que ça va se passer.
- Speaker #1
Tu sais que t'es sur le bon chemin. C'est marrant que tu dises ça parce qu'il y a une personne un jour qui m'avait laissé un petit mot chez moi en partant et qui m'avait dit... C'était avant que je sorte ma première chanson. Elle m'avait dit la question n'est pas de savoir quand... Non, attends. Merde. Merde, merde, non ! Comme les gens qui racontent des blagues et qui ne savent pas les raconter. La question, ce n'est pas de savoir si ça va marcher, mais quand ça va marcher. J'ai spoilé l'arrière. Mais en fait, c'est exactement ça. Moi, je sais au fond de moi que j'ai toujours voulu faire ça. Et que j'en rêve. Et que je ferai tout pour que ça fonctionne.
- Speaker #0
Yes.
- Speaker #1
Et voilà. Je ne sais pas, il y a des gens qui se trouveront que c'est de l'ambition mal placée. Que c'est de la prétention et tout. Mais en fait... Mais moi, je fais de la musique pour qu'on m'entende, en fait. J'ai trop de chansons, j'ai trop de choses à dire.
- Speaker #0
De messages.
- Speaker #1
J'ai trop de messages. Alors, je n'ai pas du tout, au contraire, la prétention de révolutionner l'industrie musicale. Mais par contre, je pense que j'ai ma place. Et j'aurais tellement de regrets de ne pas l'avoir suffisamment revendiqué. Mais j'ai trop envie de...
- Speaker #0
De conquérir tout ça. Et on voit quand on te parle et quand on suit ton projet que ça se fraye tout doucement un chemin, sûrement, et de la bonne manière, et tu conserves ton humilité dans tout ça, et j'adore ça. Ton pourquoi, c'est ça, tu dirais ? Quand t'aboussoles, quand justement tu peux t'égarer dans le doute ou dans la comparaison.
- Speaker #1
Ouais, ça a toujours été ça. En fait, je ne sais pas comment je vais y arriver, mais mon objectif, il est là. Là, je parle de musique, mais même dans ma vie en général, ma boussole, c'est de savoir que j'ai quand même quelque part ma place. Et d'essayer de m'entourer de personnes qui pensent la même chose ou alors qui sont dans le même mindset. Et tu vois, autour de moi, j'ai pas mal de cercles d'amis qui sont ultra dans la... L'envie de réussir sans écraser les autres. Et en fait, c'est exactement ça. C'est la clé. C'est-à-dire que tu as ton objectif et tant mieux s'il y a des gens qui rejoignent ton wagon parce qu'en fait, c'est un mythe de l'artiste Vénie qui arrive tout seul à faire des trucs. C'est totalement un mythe. Et moi, je suis pour la collaboration et pour qu'on monte dans mon wagon et qu'on aille toutes et tous au même endroit et qu'on arrive ensemble. Donc oui, ma boussole, je crois que ça a toujours été ça.
- Speaker #0
Tu chantes tous les jours ?
- Speaker #1
Non, même pas. Je mens, en fait, depuis tout à l'heure.
- Speaker #0
Non, que les conneries, en fait, de chansons, ces trucs.
- Speaker #1
Non, non, je ne chante pas tous les jours.
- Speaker #0
Non, je me demande, il est, ouais.
- Speaker #1
C'est vrai, je ne chante pas tous les jours. Et parfois, peut-être, il faudrait, parce que c'est un muscle. Et que quand tu ne le travailles pas pendant quelques semaines, ça s'étonne.
- Speaker #0
Pendant quelques temps, ouais.
- Speaker #1
Et que tu fumes des clopes.
- Speaker #0
Hélène, on arrive presque à la fin de cette interview. Après, on va faire un petit moment rafale, questions-réponses, comme ça, tac-tac. Est-ce que tu es autorisée à me donner un mini-teasing de ce qui va sortir bientôt, l'album ? Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se dit ? Où est-ce que tu en es ?
- Speaker #1
Alors, en fait, tu sais quoi ? Je vais te dire complètement la vérité. C'est que moi-même, je ne sais pas.
- Speaker #0
Tu ne sais pas.
- Speaker #1
Donc, je suis dans la préparation et dans la création de mon premier album. Ça, c'est sûr, c'est une certitude. Maintenant, il sortira... Pas avant 27, c'est sûr aussi, mais je n'ai pas de date à donner. Mais parce qu'on prend le temps de bien faire toutes les choses. Et puis c'est le premier, en plus, le premier bébé, je crois qu'il faut...
- Speaker #0
Ça vient entraîner ta patience.
- Speaker #1
Ah oui, ça c'est sûr, ça c'est sûr, mon Dieu. Mais donc voilà, et puis ça sortira d'une très belle date parisienne.
- Speaker #0
Un mot que j'aimerais entendre le plus souvent ?
- Speaker #1
Tu vas dire je t'aime tu vois alors qu'en fait c'est parce que j'ai besoin qu'on le dit.
- Speaker #0
Non mais ouais mais t'adores le dire peut-être.
- Speaker #1
Mais ouais j'adore le dire. Ah non, je change.
- Speaker #0
Vas-y.
- Speaker #1
Je vais dire pardon.
- Speaker #0
Pardon mais...
- Speaker #1
Ouais, je vais dire pardon. Que ce soit pour moi ou pour les gens qui entourent cette planète. Je pense que j'aimerais bien entendre plus souvent le mot pardon.
- Speaker #0
Tu dis assez toi ?
- Speaker #1
Je essaye de le dire de plus en plus.
- Speaker #0
Ok, yes. Il y en a même qui sera content derrière, là, les carreras.
- Speaker #1
Ma soeur sur coup.
- Speaker #0
Et ta soeur aussi, tout le monde. L'endroit où tu le sens le plus apaisé, le mieux au monde ?
- Speaker #1
C'est un petit village qui s'appelle Gruissant, dans le sud de la France, qui est à 15 minutes de la maison de mes parents, à côté de Narbonne, et dans lequel je vais depuis que je suis née, tous les étés. Et Gruissant, c'est notre... C'est notre foyer, quoi. C'est là que je me sens... Après, Paris, c'est chez moi, mais Gruissant, c'est autre chose. C'est l'enfance, c'est la famille, c'est la communion de tous mes potes.
- Speaker #0
Le cocon. Tu te sens chez toi, Paris ?
- Speaker #1
Totalement.
- Speaker #0
Après ces années-là ?
- Speaker #1
Totalement. Aujourd'hui, complètement. Qu'importe où, d'ailleurs, mais je me sens profondément chez moi, ouais.
- Speaker #0
Tu sais que c'est la balade... Je te disais en début d'interview que moi, j'avais fait quelques années à Paris et que je sentais que c'était le temps pour moi de changer et que j'étais bien à Bruxelles. Mais là, je refais une balade avec toi d'une heure en philosophe et j'ai envie d'y habiter ici.
- Speaker #1
Forcément, c'est l'effet que ça me fait.
- Speaker #0
Peut-être que tu vas me donner ta chance et je reviendrai habiter ici. Quelque chose que tu aimerais faire plus régulièrement ?
- Speaker #1
Du sport. Mais ouais, du sport, ça serait bien parce que j'ai arrêté en 2012. Donc, j'avais 12 ans tout bonnement.
- Speaker #0
Après l'album, après la promo
- Speaker #1
Pour le cardio
- Speaker #0
Une chose que tu t'imposes encore un peu trop C'est pas guilty pleasure,
- Speaker #1
c'est pas ça C'est people pleasure People pleasing D'être encore un peu D'arrondir les angles tout le temps D'essayer de faire comme ça Avec tout le monde pour satisfaire tout le monde Et de pas Dire toujours les choses Dont pourtant je suis convaincue euh Donc, oui, je m'impose encore trop d'essayer de satisfaire tout le monde, je crois.
- Speaker #0
OK. C'est bien parce que je le relis à ce que tu dis tout à l'heure quand on parle d'écriture, où tu tends de plus en plus vers une écriture aussi brute, vraie. La Hélène de 2026-2027, elle va casser les gueules. Écartez-vous du chemin.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ton plus gros red flag chez un mec ?
- Speaker #1
D'en faire des caisses, je crois. J'aime bien ça parce que le dernier red flag que j'ai eu, c'était ça. C'était un gars qui en faisait des caisses. Et en fait, ça t'avérait être un gros mytho. Donc, c'est too much.
- Speaker #0
La soirée parfaite avec tes potes, elle ressemble à quoi ?
- Speaker #1
Elle ressemble à... On se retrouve dans notre bar de quartier et on voit des coups et on refait le monde en se racontant nos vies jusqu'à la fermeture. Je crois que c'est vraiment ma soirée de rite. Ce n'est même pas une soirée pyjama, c'est vraiment juste en bas de chez nous. Point final.
- Speaker #0
Une petite victoire récente.
- Speaker #1
Mon single Bye Bye est rentré pour la première fois sur Radio National. Et donc, j'ai fait mon tout premier plateau radio. Ah,
- Speaker #0
t'es rue passée.
- Speaker #1
Voilà, c'est ma petite fierté parce que j'étais contente de... Notre objectif, c'était de rentrer en radio avec cette chanson. Et l'objectif a été atteint.
- Speaker #0
Oh, mais oui, écouter Bye Bye, incroyable.
- Speaker #1
Ma petite victoire.
- Speaker #0
Ton refuge quand tout va trop vite.
- Speaker #1
Chez moi. Chez moi, à mon dernier étage. Moi, je me sens bien dans mon petit cocon. J'ai l'impression d'être dans une tour de contrôle. J'ai des fenêtres partout. quand je suis là-haut. Je me sens bien.
- Speaker #0
J'ai fait ce podcast parce que après une grosse période de doute dans ma vie, j'avais justement envie de, moi, me refaire enfin copain avec cette vulnérabilité et appréhender aussi ma santé mentale de manière beaucoup plus douce, peut-être. J'ai trouvé beaucoup de refuge dans ce que disaient les autres dans beaucoup de podcasts, beaucoup de chaînes YouTube que je regarde encore et qui me servent encore aujourd'hui. Je sais que derrière la caméra aujourd'hui, il y a des gens qui vont te découvrir. Il y a aussi des gens qui vont venir aussi puiser certaines choses que tu es venu dire. Et c'est là aussi qu'on retrouve l'importance des mots et de ce qu'on véhicule dans le monde. Si toi, tu avais un message à faire passer à une personne qui galère peut-être émotionnellement aujourd'hui derrière la caméra, ce serait quoi ? Et c'est ma dernière question.
- Speaker #1
Peut-être que ça va être super maladroit ce que je vais dire, mais parfois on a besoin, je crois, d'un peu galérer, d'un peu se perdre pour... pour mieux rebondir, mieux se retrouver. Donc je dirais, un, c'est pas grave, parce qu'il faut jamais se juger dans ces moments-là. Et deux, de penser à en parler, parce que je crois que c'est ça qui sauve un peu. C'est tout ce qu'on s'est dit aussi sur le fait d'être humain à humain, et que il y a quand même dans ce bas-monde des bonnes personnes, et sur lesquelles on peut se reposer. Donc, pas se juger et en parler pour en fait, même l'objet de ce podcast.
- Speaker #0
pour qu'il y ait des gens qui nous écoutent ou alors qu'on puisse écouter le récit d'autres gens aussi pour s'en sortir C'est un très beau message sur lequel on finit cet épisode, Hélène merci pour ta confiance, pour ton naturel aussi, je suis trop content que ça t'ait plu Je vais continuer de streamer tes musiques. Les gens qui passent derrière la caméra, allez-y.
- Speaker #1
J'ai une chanson qui parle de santé mentale que j'ai teasée pas mal sur mes réseaux, qui s'appelle « Toute petite » .
- Speaker #0
Oui, j'ai...
- Speaker #1
Sortie. Et je me dis « Ah, ça vient de quand ? » Et ça, ça parle vraiment... Le thème, c'est la santé mentale, c'est l'anxiété, c'est la dépression. Enfin, c'est l'état dépressif, en tout cas. Et voilà, moi, écrire cette chanson, ça m'a fait trop du bien parce que, justement, je dis que je me sentais toute petite et qu'au bout d'un moment, ça...
- Speaker #0
Ça...
- Speaker #1
On grandit.
- Speaker #0
On grandit et on se redresse. Parfait pour les anxious girlies qui passeront derrière. Exactement. Merci, merci, merci à toi. Merci à toi Camille, c'était trop bien. Et je te souhaite le meilleur pour la suite. Je peux te faire un petit câlin pour faire un mizis ? Avec plaisir. Merci.
- Speaker #1
Dis-le Camille. C'était trop bien. Ouais, c'était trop bien, merci beaucoup.
- Speaker #0
Et attends, Si tu as aimé cet épisode, n'hésite pas à l'envoyer à ta mère, à ta meilleure pote, à ton frère, enfin à qui tu veux, et peut-être surtout à une personne à qui il pourrait faire du bien. Et si tu souhaites me soutenir encore plus, abonne-toi à la chaîne, commente et partage sur les réseaux sociaux. A très vite pour le prochain Walkie Talkie.