- Speaker #0
Bienvenue dans Walkie Talkie, parce que je crois que c'est plus simple en marchant. On suit un chemin, on se perd un peu et on se dit beaucoup. Bonne écoute.
- Speaker #1
Salut Josépha.
- Speaker #0
Salut Kem.
- Speaker #1
Bienvenue sur cet épisode de Walkie Talkie à mes côtés. On est dans un endroit un peu différent aujourd'hui et tu vas m'expliquer ça dans quelques secondes. Mais donc tu t'appelles Josépha Raffard.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Je vais te présenter mais tu vas... complété certainement cette présentation. Tu es coach et thérapeute. Tu es basée à Bruxelles. Et tu t'occupes essentiellement des femmes. C'est ça que j'ai bien résumé ? Exactement.
- Speaker #0
Franchement, tu as bien résumé.
- Speaker #1
Ça fait combien de temps que tu fais ça ?
- Speaker #0
Ça fait 6 ans maintenant que je fais ça.
- Speaker #1
D'accord. Donc, tu as passé le gros des premières années, j'imagine.
- Speaker #0
Ça dépend. Surtout que comme je suis passée dans le sport il y a moins d'un an. je suis encore pour moi au début de certaines choses oui bien sûr le gros des premières années je sais pas mais en tout cas ça fait suffisamment longtemps que je fais ça pour me sentir à ma place trop cool,
- Speaker #1
tu vas me parler de tout ça dans quelques instants on va rentrer un peu plus dans les détails de cette carrière qui du coup en étant en dehors de tout ça, moi je te connais que via les réseaux et du bouche à oreille t'as l'air d'être assez busy ça a l'air d'être assez explosif pour toi Merci. Mais voilà, je serais intéressé après d'en savoir un peu plus, ce qui se cache vraiment derrière tout ça. Mais déjà, est-ce que tu peux m'expliquer où est-ce qu'on se trouve aujourd'hui et pourquoi tu as choisi cette balade à mes côtés ?
- Speaker #0
Ok, on reboit de la cambre.
- Speaker #1
Yes.
- Speaker #0
Et pourquoi j'ai choisi cet endroit ? Parce que, alors on est à Bruxelles depuis 4 ans avec mon mec et mes enfants.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et en fait, j'ai mis du temps à aimer Bruxelles.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et la chose qui m'a fait aimer Bruxelles et qui m'a fait me dire, OK, on va rester là, c'est cette forêt.
- Speaker #1
Ah mais je suis 100% d'accord.
- Speaker #0
Tu vois, c'est l'ambiance de la forêt et je venais beaucoup avec ma fille quand elle était petite ici. Et je passais des journées entières dans la forêt. Et je n'arrêtais pas de me dire, OK, je n'aime pas Bruxelles. Je ne sais pas si on va rester là, mais ces après-midi, dans cette forêt, avec elle. ça me rend suffisamment vivante, en tout cas pour l'instant, tu vas pouvoir voir. Carrément. Et je me rappellerai toujours de la première fois où je suis venue dans cette forêt avec mon mec et ma fille, et où on s'est dit, ok. Ça fait du bien.
- Speaker #1
Non, mais c'est vrai que je trouve que quand, en plus, toi, tu as vécu à Paris, et c'est mon cas aussi avant, Paris, c'est assez intense, et en fait, pas si vert que ça, et je trouve que quand tu arrives à Brousseau... Pas vert du tout. Ouais, après, tu vois, moi, je viens de Marseille, et pour le coup, Marseille, c'est pas vert. C'est bleu mais pas vert. C'est vrai, c'est vrai. Mais du coup, je trouve qu'à Bruxelles, t'as vraiment ce truc un peu de poumon. Tu sens que tu fais du bien quand tu balades.
- Speaker #0
Je suis d'accord.
- Speaker #1
Et donc, c'est cool. Je suis content qu'on se rejoigne sur ça. Et la ville en soi, ça y est, maintenant, après quatre ans, tu te sens assez installée.
- Speaker #0
Ça y est, maintenant, je suis bien ici. J'ai mon village. Pardon, attends, le micro. Ouais, tu vois, en fait, on a eu cette discussion avec mon mec il n'y a pas si longtemps. On s'est dit, qu'est-ce qu'on fait ? On en est où ? Nous, on aime bien souvent faire des points un peu sur notre vie, notre carrière, où est-ce qu'on va habiter, qu'est-ce qu'on fait. Et on est en mode, là, pour l'instant, on est bien ici.
- Speaker #1
En plus, avec les gosses, je pense que c'est une vie qui est plutôt cool pour ça, pour eux.
- Speaker #0
Oui, après, nous, bouger avec nos enfants, ce n'est pas un souci. Ils sont petits encore. On les a élevés comme ça, en plus, en bougeant. On a des taffes tous les deux qu'on peut faire n'importe où. Tu vois, ça peut paraître peut-être choquant pour des parents, mais nous, le fait de bouger nos enfants, ce n'est pas vraiment un sujet. Ils ne rentrent pas forcément dans l'équation de « et ce qu'on bouge ? »
- Speaker #1
C'est trop cool. Parce que c'est vrai que souvent, moi j'entends beaucoup d'amis à moi, de gens autour de moi, qui à partir du moment où ont des enfants, c'est un peu cette entrave à la liberté, à cette mobilité-là, tu vois. Et je peux comprendre, mais c'est vrai que si tu l'as mis au centre de... En fait,
- Speaker #0
je pense que ça dépend de quand tu fais tes enfants et où t'en es dans ta vie. Moi, j'ai ma fille à 25 ans, à Paris. Et j'ai eu ma fille, je ne faisais pas ce métier. Et quand on a eu notre fille, on n'avait pas d'argent. On était à Paris. Tout le monde nous disait, ton mort, c'était un accident. Et du coup, j'ai vraiment grandi avec elle. Elle a 6 ans, moi j'ai 31 ans. C'est pas qu'elle n'est pas au centre de mes décisions, c'est qu'en fait, elle est ma décision. Oui, elle est toi. Vous êtes ensemble.
- Speaker #1
Et ça, je trouve que je le vois vachement dans tes posts et dans ce qui ressort vraiment de ta communication sur Insta, c'est que j'ai l'impression que vous ne faites vraiment qu'un à quatre et qu'il y a vraiment cette espèce de noyau et que vous avancez, certes, chacun dans vos directions et bien sûr, toi et ton mec. Encore plus dans la puissance, on va dire, mais qu'il y a quand même ce noyau-là où vous êtes ensemble.
- Speaker #0
C'est la base de tout. Nous quatre, c'est la base de tout.
- Speaker #1
J'adore, trop bien. Si tu n'étais pas coach, tu aurais fait quoi ? Coach ou thérapeute ?
- Speaker #0
Plein de trucs. Déjà, ce n'est pas mon premier métier. C'est drôle, on parlait de ça hier avec mon mec. Hier, on regardait Chef Table. Je lui disais, putain, tu vois, lui, il adore la physique, il cuisine à fond. Et je lui disais, tu vois, ça c'est bien le métier, je ne le ferai jamais. C'est-à-dire que chef, oh, en cuisiné. Mon père, il est chef,
- Speaker #1
j'ai vu ça tout le monde. Génial,
- Speaker #0
c'est pas un réplique.
- Speaker #1
Mais en fait, tu vois l'envers du décor, ça fait rire. Le stress, le tout, non, Non,
- Speaker #0
non, moi, je ne me suis toujours dit jamais. Et donc, tu vois, on parlait de ça. Je lui dis, tu vois, dans tous les métiers que j'ai faits et que tu m'as vu faire, je lui dis, ça, on n'ira jamais. Donc, je ne sais pas, qu'est-ce que j'aurais fait ?
- Speaker #1
Tu aurais fait un truc avec les gens, tu penses ? Parce que quand tu étais attachée de presse, tu étais quand même en relation avec les gens.
- Speaker #0
Oui, mais en fait... Non, mais il complète ! C'est dès le début de l'interview, en fait, elle n'est pas hyper... Je n'aime pas tant les gens. Mais du coup,
- Speaker #1
qu'est-ce que tu aimes ?
- Speaker #0
Je ne sais pas. En fait, j'aime la complicité de l'humain. Mais les gens, non. Les gens me fatiguent.
- Speaker #1
C'est parce que je me reconnais hyper fort dans ce que tu dis.
- Speaker #0
Moi, je suis hyper sensible. Alors, je sais que c'est un terme un peu... Et d'ailleurs, c'est très drôle. Je le sais depuis pas longtemps. Et c'est lors d'une thérapie que je fais aussi pour mon travail à côté. Ma thérapeute me dit, ton hypersensibilité. Je dis, je ne suis pas du tout hypersensible, moi. Je ne pleure pas. Et tu vois, je suis vite la foule. Ça peut vite me sangler les cheveux. C'est hyper dur. C'est pour ça que j'aime cet endroit.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
qu'est-ce que j'aurais fait ? Je ne sais pas. Peut-être un truc...
- Speaker #1
je n'ai aucune idée enfin franchement je sais pas on verra je te dirai après la vie à l'éloignement tu en as 10 ans tu feras autre chose mais j'aime bien ce fait que tu expliques que tu t'aimes avant tout la complexité de l'être humain parce que moi c'est vraiment ce que je ressens souvent les gens me disent non mais calme t'es hyper solaire t'es hyper avenant les gens t'aiment les gens tu sais je suis barista sur le côté donc les gens c'est ma vie toute la journée à parler je trouve que les coffee shops c'est un peu les nouveaux PMU tu vois où les gens viennent en fait se délivre leur quotidien que tu les demandais ou pas Et moi, je suis là genre, est-ce que j'aime les gens ? Je ne sais pas, mais j'aime savoir ce qui se cache derrière. Et c'est pour ça aussi que je fais le podcast d'aujourd'hui, tu vois. Justement, maintenant que tu es coach et thérapeute, tu vois l'impact positif que tu as sur les femmes notamment, et je pense qu'elles te le rendent super bien. Est-ce que toi, il y a un moment dans ta vie où tu aurais eu justement besoin de la coach que tu es aujourd'hui ? Slash de la thérapeute, bien entendu.
- Speaker #0
Oui, mais tout le temps, en fait. tout le temps et je pense que c'est pour ça que j'ai fait ce travail. C'est pour ça que je me remets en question tout le temps et en fait, ma première cliente, c'est moi. Et j'essaie toujours de me dire qu'est-ce que t'aurais voulu entendre, qu'est-ce que t'as besoin d'entendre. Oui, oui, bien sûr.
- Speaker #1
Est-ce que dans ton... Est-ce que parce que tu vois, par exemple, je sais que dans... Moi, je me base surtout parce que d'une, je ne suis pas une femme, de deux, je ne suis pas maman. Et je me base surtout par rapport au... aux femmes qui m'entourent et qui ont justement...
- Speaker #0
Ouais, attends, tu vois, juste sur ça, ce que tu viens de dire, pour moi, ça veut tout dire et en même temps, c'est pour ça aussi que je fais ce métier. T'as dit, je suis pas une femme et je suis pas maman. Et en fait, on a sûrement plus en lien que plein d'autres femmes qui sont mères. C'est-à-dire que moi, j'ai plein de femmes qui me disent, oui, bah, j'arrive pas à me faire des copies de maman, par exemple. Et t'sais, je me dis, mais en fait, être mère, ça nous relie pas, en fait. Je dis, les personnes... on a tous une mère, le nombre d'êtres humains sur Terre. De l'autre part, si toutes les mères pouvaient être potes, ça serait en fait...
- Speaker #1
Elle serait toute seule à notre porte.
- Speaker #0
Et même, c'est toujours entre les femmes. C'est-à-dire que je crois énormément en la puissance des femmes ensemble. On se lie en ce cas. Mais je trouve que c'est très court et très primaire comme pensée de se dire qu'on ne se comprend qu'entre femmes, où toutes les femmes vivent les mêmes choses, où on est liés, mais on peut sûrement vachement plus se comprendre que toi et moi, alors que... T'es un homme, je suis une femme. T'as pas d'enfants, j'ai des enfants. Parce qu'il y a certainement beaucoup plus de ponts que ce qu'on pense. Alors tu peux me mettre en face d'une autre meuf, tu es mère, il n'y aura pas de pont.
- Speaker #1
Et est-ce que du coup, tu penses que tu pourrais peut-être à terme aussi accompagner, non pas que les femmes, mais du coup, les hommes, ou pas ?
- Speaker #0
Du coup.
- Speaker #1
Alors, les hommes. J'ai un sujet sur les hommes et ton homme. On en parlera après.
- Speaker #0
Alors, non. J'ai fait de la thérapie de couple à un moment. Ça n'a pas duré longtemps. Parce que déjà, je suis trop expressive pour ça. Et les hommes, en fait, je vous aime, mais vous êtes une espèce qui me...
- Speaker #1
Parce qu'on a un train de retard.
- Speaker #0
Mais pas le tien, en fait. Et alors ?
- Speaker #1
Moi, ce que je me dis, je suis gay. Et en fait,
- Speaker #0
tu sais quoi ? Oui et non.
- Speaker #1
Je me mets dans le oui et non. Oui et non, parce que je vois parfois des comportements genre méga masculins chez moi. Je me dis, putain, calme.
- Speaker #0
Franchement. Et même, tu vois, tu te dis, je suis gay. Même ça, en fait, en vrai,
- Speaker #1
non, je pense que j'ai une sensibilité qui me fait... On a une sensibilité qui nous...
- Speaker #0
Ouais, mais alors là, parce que j'ai un autre truc, c'est que je pense qu'il y a plus d'hommes gays que ce qu'on pense aussi.
- Speaker #1
Ok, moi je pense que tous les hommes sont gays.
- Speaker #0
Tu vois ? Mais en fait, je trouve que aussi, c'est une vérité dans la façon dans laquelle tu vis et dans la façon dont t'es perçu, ok, mais je trouve que ton orientation sexuelle, toi ou quelqu'un d'autre, attends, ça peut peut-être choquer ce que je vais dire, mais ça ne nous définit pas tant que ça.
- Speaker #1
Ah, 100% ! Ah, carrément ! En fait,
- Speaker #0
je te mets 20 gays face à toi. Vous avez rien en commun.
- Speaker #1
Oui, tout comme les femmes. Voilà, pas du tout.
- Speaker #0
Donc en fait, et surtout, et l'autre truc, c'est que moi j'adore les hommes. J'ai beaucoup d'hommes dans ma vie. Et ils vous aiment tellement. En fait, vous me fatiguez autant que je vous aime. Mais comme les femmes. Les femmes, je les trouve extraordinaires. Mais on est éreintantes. Moi, je ne les vis pas avec moi. Je les vis tous les jours. Deux ans, et c'est wow. Je me fatigue. Mais donc, tu vois, sur ce truc-là du genre... Je crois que là, tu es le riche.
- Speaker #1
Et c'est quoi, par exemple, qui va te... Moi, j'aime bien savoir toujours un peu, pas la controverse, mais ce qui vient un peu nous froisser aussi à certains moments. Toi qui accompagnes les femmes au quotidien, est-ce qu'il y a des moments où tu te dis, en fait, ce trait-là de certaines meufs, ça me saoule ?
- Speaker #0
Oui, il y en a plein. Attends. Je réfléchis à ce que je peux dire. Enfin, pas à ce que je peux dire, mais à ce que tu m'as dit. Bien sûr, mais ce que toi, tu perçois. Déjà, il y a un trait... Alors attention, d'habitude, je ne le dis que en consultation, mais je vais le dire. Et en plus, en consultation, quand je le dis, je dis toujours, je ne pourrais pas dire ça en public. Et là, c'est littéralement ce que je vais faire. Parlons par exemple de la charge mentale. Pour moi, la charge mentale, c'est de la faute des femmes.
- Speaker #1
OK. C'est-à-dire qu'en fait,
- Speaker #0
si on fait, ils ne vont pas faire. Et oui, on est déjà au plan Z, ils sont censés faire. Oui, oui. Mais en fait, à un moment, ne devancions pas. Donc la stratégie,
- Speaker #1
ce serait ne pas faire ?
- Speaker #0
Ouais, et en fait, tu vois, ne pas faire, on a aussi le coup de ne pas passer derrière. Il y a trop de femmes qui corrigent, qui disent « t'as fait comme ci, t'as fait comme ça » , qui sont hyper oppressantes.
- Speaker #1
Qui sont contrôlantes dans leur lâcher prise. Et en même temps,
- Speaker #0
c'est parce qu'elles sont là « mec, ne me fous pas une, moi aussi, je n'aurai pas de patience face à eux » , tu vois. Mais bon, je trouve qu'on a plus de pouvoir que ce qu'on pense, et on a plus de... On peut plus agir là-dessus que juste « Ah, la charge mentale, c'est difficile. » Je pense qu'on a vraiment des prises de décision à prendre. Surtout que les hommes, vous êtes des suiveurs. On n'a jamais vu un homme prendre en charge la vie de sa famille. C'est jamais vous qui décidez où on habite. S'il y a un divorce, c'est la femme qui décide. C'est la femme. Si il y a un divorce, t'as déjà vu un homme qui t'a une femme ? Non. Ou alors pour une autre femme, et c'est l'autre femme qui a mis la preuve.
- Speaker #1
C'est toujours une autre branche.
- Speaker #0
Et c'est la femme qui a mis la preuve. C'est l'autre qui a dit que ça suffit. Les hommes, même les mecs hyper patriarches, ce n'est pas eux qui décident des travaux dans la cuisine, ce n'est pas eux qui décident des vacances, de la voiture, de rien. On met les enfants à l'école. Et du coup, je pense que les femmes qui ont compris leur puissance et à quel point elles pouvaient gérer leur vie, le monde est à elles.
- Speaker #1
Donc ça,
- Speaker #0
c'est un peu un trait qui peut m'énerver chez des femmes. Il y a un autre truc aussi, c'est qu'on oublie qu'on n'a pas besoin des hommes. Une femme, elle s'est vive toute seule. Un homme, c'est plus lui à l'air.
- Speaker #1
Ok, ouais. Un homme, est-ce que tu crois que c'est... Est-ce que du coup, à contrario, un peu la même question pour les hommes, est-ce que tu penses qu'un homme, c'est un peu genre un gros bébé toute sa vie ?
- Speaker #0
Ouais, mais en fait, ça, on leur excuse trop. On les excuse trop sur ça, justement.
- Speaker #1
Ouais, sans l'excuser, mais est-ce que c'est vraiment une caractéristique objective ou pas ?
- Speaker #0
Ouais, mais nous aussi. Moi, j'ai toujours 12 ans, en fait. Tu vois ? Donc nous aussi, c'est juste que nous, on s'interdit, on se coupe de cet enfant. qu'on a été de fait cadeau.
- Speaker #1
Et la société vous coupe aussi avant que vous ne le fassiez. Bien sûr. Les responsabilités, elles sont là.
- Speaker #0
Mais nous, les premières. Et déjà, quand je disais tout à l'heure aussi que la charge mentale, on se met un peu nous-mêmes des bâtons dans les roues, c'est que même quand on voit une femme, par exemple, avec un homme normal, on va lui dire, ah, t'as de la chance, ou ah, ton mec, il fait ça. Donc, on les met encore en avant. Oui, il y a encore une espèce de... On ne l'est jamais ça, notre femme. Bien sûr,
- Speaker #1
oui, oui. comme tu dis c'est dans nos discours et dans ce qu'on normalise aussi ou dans ce qu'on valorise aussi toi putain ton mec il fait le ménage trop bien ouais est-ce qu'on doit vraiment genre ouais je suis d'accord t'as pas un gène du ménage nous les meufs ça nous excite le samedi matin de faire le ménage je suis d'accord
- Speaker #0
donc ce trait là les femmes peuvent m'énerver L'autre trait chez les femmes qui peut m'énerver, c'est le rapport à l'argent.
- Speaker #1
Ok, intéressant.
- Speaker #0
Tu vois, j'ai beaucoup de clientes, par exemple, quand je les aide au niveau business, elles ne se valorisent pas assez, tu vois, on est toujours sur un truc de compromis. Les femmes, on est à élever dans le compromis et on vit dans l'aide à l'autre. Ouais, tu vois, par l'aide à l'autre. Donc ça, c'est un peu un truc qui peut parfois m'énerver. M'énerver, c'est un grand terme parce qu'en fait, même ce que je te disais avant, tu vois, sur la charge mentale, ce n'est pas un truc qui m'énerve, c'est un truc qui me donne de l'affection pour nous. Et où je me dis, allez les meufs, venez, on sort.
- Speaker #1
Et qui peut du coup te permettre d'être vraiment actrice aussi dans cette prise de décision et cette mise à l'action là aussi, tu vois.
- Speaker #0
Et narver c'est un grand mot.
- Speaker #1
Bien sûr, ouais, je comprends, mais il faut qu'on comprend bien ce que tu veux déjà. Et la culpabilité dans tout ça, parce que je sais que c'est aussi beaucoup, beaucoup, beaucoup un sujet pour vous. Et j'ai des copines qui sont mamans qui sont passées à la maison il n'y a pas longtemps. Et en fait, je le vois. La culpabilité, elle est au milieu de tout. Et moi, je le vois aussi dans les rapports que j'ai avec ma mère. Et ça... Qu'est-ce qui se passe dans ta tête, toi,
- Speaker #0
à ce moment-là ? La culpabilité, si tu veux, c'est ma coloc. Enfin, vraiment, elle est avec moi tout le temps. Mais j'essaie de faire qu'elle reste dans sa chambre, tu vois.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'elle est là, je sais qu'elle est là. Mais la culpabilité, c'est un des rares sentiments qui sert à rien. C'est-à-dire que tu gagnes... Ça t'apporte rien. Par exemple, la haine, qui n'est pas un bon sentiment, d'accord ? Bien sûr. Tu peux avoir un truc de la haine. Tu peux sortir quelque chose de positif de la haine.
- Speaker #1
Tu peux te transformer, ouais.
- Speaker #0
tous les sentiments négatifs, je crois que tu peux selon ton mécanisme émotionnel en sortir quelque chose de positif où tu vas t'aider la culpabilité, non, ça sert à rien et surtout, c'est pas notre voix, nous, c'est des trucs qu'on porte qui nous appartiennent pas, c'est souvent des trucs à qui on n'est même pas d'accord en plus,
- Speaker #1
tu vois parce que moi j'étais comme tu culpabilises vachement elle te disait lui-même,
- Speaker #0
tu dirais maintenant on serait les premières à dire mais non si notre fille nous disait ça, on serait les premières à dire mais non et nous on se le dit Donc, moi, je l'entends tous les jours. Je ne lui fais pas de place.
- Speaker #1
Ça vient en toi. Donc, en gros, la pensée arrive dans ton cerveau en mode…
- Speaker #0
Je sais me dire, ce ne sont pas mes mots. Ça ne m'appartient pas. Ce sont des trucs que je tiens depuis des générations. C'est les voix de la société. Mais ce n'est pas ma voix à moi. Tu vois ? Oui, oui. Ce n'est pas facile tous les jours. Il y a des jours où je me dis, putain, qu'est-ce que tu fais ?
- Speaker #1
Oui, tu as réussi, je pense, à te désidentifier un peu de cette pensée qui est… omniprésente, je pense, dans la culture des mamans surtout, tu vois. Ouais, des femmes en général. Des femmes en général. OK. Et moi, un truc aussi qui m'intéresse dans les mamans que je rencontre, parce que je crois que j'ai un rapport à la maternité qui est peut-être, en tant qu'homme gay, je ne sais pas si tu as des hommes gays autour de toi, qui est peut-être un peu différent parce qu'on sait que la paternité, ce n'est pas quelque chose qu'on va accéder peut-être facilement. Du moins pas naturellement demain matin, quoi, on va dire.
- Speaker #0
Ça aussi, ça, c'est aussi un truc, je trouve, qui nous relie plus aujourd'hui. Mais c'est ce qu'on pense. C'est qu'aujourd'hui, il y a tellement de femmes qui ont recours à des PMA ou à une maternité. Ouais, tu vois, il y a tellement plus, de plus en plus de femmes en couple entre femmes, tu vois, qui font des enfants que je trouve qu'en fait, aujourd'hui, ouais, les mêles, vous pouvez galérer. Mais franchement, un couple hétéro, aujourd'hui, il peut tellement galérer aussi. Ouais, moi,
- Speaker #1
je parle surtout en termes de représentation, tu vois, genre... Ouais. Tu vois, moi, des femmes qui ont fait des PMA autour de moi ou des lesbiennes autour de moi qui ont fait un enfant à deux, etc. J'ai des exemples des hommes gays autour de moi. En termes de représentation, je n'en ai pas. Et c'est vrai que je me demande toujours est-ce que ça ne pourrait pas être plus simple, etc. Bon, ça, c'est d'autres questions. Après,
- Speaker #0
il faut dire aussi est-ce qu'il n'y en a pas, est-ce qu'on ne les voit pas ? Est-ce qu'on ne les voit pas ? Oui, peut-être. Tu vois, par exemple, le jour où j'étais au parc, ils me disaient en tout bête, le jour où j'étais au parc. ça peut être que des gens vont avoir dans leur je suis au parc, une fois tous les deux ans j'étais au parc et il y avait un papa, bref, que je croise dans mon quartier souvent avec ses deux fils, et en fait ce jour-là je le croise avec son mec et je me dis, ah, ok en fait ils sont deux pères, mais je les avais jamais vus ensemble, et ça fait deux ans que je croise dans mon quartier donc en fait je me dis aussi parfois peut-être que je suis d'accord sur la représentation tu vois, on est un long on est loin derrière mais Je pense qu'il y a plus de choses qu'on ne voit pas, parce qu'on ne fait pas attention, qu'on ne cherche pas, mais peut-être qu'il y en a plus. Oui, peut-être.
- Speaker #1
En s'intéressant aussi aux autres, tu vois, toi, en regardant ce mec, en le reconnaissant aussi au quotidien.
- Speaker #0
Je suis d'accord. De voir. Oui, oui, oui.
- Speaker #1
Mais du coup, moi, ma question là-dedans, c'est, moi, ce qui me fascine, c'est le rapport mère-enfant. Et en gros, ce qui m'intéresse là-dedans, et ce que je demande aussi beaucoup à ma mère, c'est comment tu décris l'amour que tu as pour tes enfants.
- Speaker #0
Oh waouh !
- Speaker #1
Prends pas toute la balade.
- Speaker #0
Waouh, prends pas toute la balade, mais en fait ça va être très court comme réponse. C'est inconditionnel et inexplicable.
- Speaker #1
inconditionnel et inexorable.
- Speaker #0
Voilà. Et alors, attends, prends pas toute la balade, j'ai un peu fait la maligne, en fait. S'il te plaît, débrouille un peu plus. C'est qu'en fait, avant d'avoir des enfants, je me disais, quand on me disait, ouais, tu comprendras quand on aura des enfants, je me disais, c'est bon, ok. Alors déjà, c'est vrai. Et ensuite, j'ai découvert un autre truc en faisant ce métier. Et ça, c'est un peu tabou dans notre société. Et on n'en parle pas assez. On parlait de représentation, on n'en parle pas assez. Toutes les mères n'aiment pas leurs enfants pareil. l'amour inconditionnel n'est pas du tout chez toutes les mères on ne parle pas du tout assez des mères maltraitantes qui sont extrêmement nombreuses et grandir avec une mère maltraitante c'est horrible parce que tu penses que c'est de ta faute et surtout il n'y a tellement pas de représentation dans les livres, les dessins animés, dans la société on nous dit qu'une mère ça aime très fort donc quand tu sens qu'il y a un problème au niveau de ta mère c'est difficile et je trouve que ça c'est aussi une représentation dont on ne parle pas assez c'est vrai et c'est vrai que tu le dis aussi dans
- Speaker #1
dans ce que tu viens de dire, que c'est mal représenté aussi dans les contes, c'est toujours le grand méchant loup.
- Speaker #0
Ou même dans les potes, la mère et les méchants, en fait, ce n'est pas sa mère, c'est une sorcière qui l'a enlevé à sa mère.
- Speaker #1
C'est vrai, oui. Et pareil dans Blanche-Neige, un peu cette marâtre, mais qui en fait, la mère de base, elle était un homme.
- Speaker #0
Et ça, ce n'est pas vrai.
- Speaker #1
C'est l'amour que tu as reçu enfant. Il était inconditionnel et inexplicable ?
- Speaker #0
Il était inconditionnel, mais je pense que ma mère ne m'aime pas comme j'aime mes enfants.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Je pense que c'est un amour qui est différent. Ok. Dépasse aussi un parcours de vie différent. Bien sûr. Parce que moi, j'ai fait des enfants par amour pour l'homme avec qui je suis. Et ça, je pense que c'est aussi très différent, tu vois.
- Speaker #1
Ça, ça change un peu.
- Speaker #0
Et puis surtout, en fait, en devenant mère et en travaillant sur soi, tu te rends aussi compte que... Enfin... Tu peux pas juger, en fait, les raisons pour lesquelles une femme fait un enfant, et la façon dont elle aime son enfant. Après, moi, je juge les femmes qui traitent mal leurs enfants.
- Speaker #1
Ça, c'est un autre sujet, bien sûr.
- Speaker #0
Mais la malprétence émotionnelle, elle est beaucoup plus courante, je pense.
- Speaker #1
Ouais. Et toi, tu sais que l'amour que tu... Cet amour-là que tu dis qui est parfois différent d'une mère à l'autre, par exemple, sur les personnes que tu accompagnes ou les femmes que tu rencontres dans ton quotidien, comment... Comment tu l'expliques toi ? Comment tu le vois ? Comment tu peux m'expliquer qu'il soit différent d'une mère ? Qu'est-ce qui change en réalité ?
- Speaker #0
Mais tellement de choses ! Déjà on ne peut pas tous des enfants pour les mêmes raisons encore une fois Je trouve que la raison pour laquelle tu fais ton enfant déjà change beaucoup Ensuite on n'a pas eu toute la même enfance C'est-à-dire que quand tu deviens mère, il se passe un truc Moi je dis toujours, c'est comme si tout ce qu'il y avait sous le tapis, ça se soulève Tu pensais avoir réglé ta vie ou deux, trois trucs, tu te dis ça, ça va Tu as tout foutu sur le tapis et le jour où tu deviens mère, tu prends le tapis et bam ! Et tu soulèves. Et à chaque enfant, tu ressoulèves le tapis. On ne sait jamais. Donc, mon rapport par exemple avec ma mère a changé quand je suis devenue mère. Tout le monde m'avait dit que ça allait te rapprocher de ta mère. Ça m'a éloignée de la mienne.
- Speaker #1
Parce que tu as compris, tu as vu les mécanismes. Oui,
- Speaker #0
il y a des trucs. Ça m'a éloignée de ma mère et en même temps, je lui ai tout pardonné. C'est assez paradoxal. Avec ma mère. Ma mère, pardon. Mais il y a des trucs, je me dis,
- Speaker #1
qu'est-ce que tu as fait ?
- Speaker #0
Donc c'est plus des trucs comme ça. Et à la fois, il y a une immense tendresse et un immense amour. Parce que maintenant que je suis là, je sais, c'est pas assez simple.
- Speaker #1
Je sais que c'est dur.
- Speaker #0
Et tu vois, c'est drôle, parce que mon mec me disait ça hier. Il me disait, putain, en fait, lui, alors lui, il est extrême sur les gens qui traitent mal leurs enfants. Et il me disait... C'est difficile d'élever un enfant, mais c'est pas difficile d'élever un enfant.
- Speaker #1
Peut-être que c'est pas difficile d'aimer.
- Speaker #0
Bah ouais, en fait. Et surtout, on sait aujourd'hui que faire un adulte qui a 40 ans sans lui, c'est pas si difficile. 18, tous les jours que tu l'aimes, 18, t'es fière de lui. 18, quoi qu'il se passe, tu seras là. Fais-lui des câlins, 18, t'es fière de lui. Déjà, si tous les êtres humains avaient ça chaque jour de leur vie, on partirait déjà sur un truc un peu plus cool.
- Speaker #1
C'est plus solide. Mais tu vois, en même temps, on le dit d'une manière un peu légère, et je crois que c'est aussi la base de ce podcast-là. Ce que tu viens de résumer, ça exprime que la vulnérabilité. Et la vulnérabilité entre êtres humains, et notamment entre parents-enfants, c'est trop compliqué, tu vois. Combien de pères aujourd'hui, et je parle des pères, parce que c'est ce qui me vient, et c'est ce qui a été aussi parfois mon cas dans mon enfance, n'ont pas su exprimer cet amour-là à leur enfant. Et du coup, après, ça crée des manquements. Donc en fait, c'est simple. Mais en même temps, ça l'est pas parce qu'en fait, dire je t'aime et accompagner quelqu'un dans sa vie, c'est méga compliqué. Je sais pas.
- Speaker #0
Tu vois, en fait, c'est pas difficile, t'es pas obligé de croire en fait. Juste à ton enfant, je suis là, je suis fière de toi. En fait, moi j'ai du mal avec les gens qui disent ouais, c'est dur de dire ça. Tous les mots, tu sais les prononcer, en fait, tu vois. Ce qui est dur, c'est l'attente émotionnelle et ce que tu mets émotionnellement derrière. En fait, à un moment, dire à ton enfant « je t'aime » , putain, c'est pas difficile. On peut se dire « je aime » , c'est bon, tu vois, on peut le faire.
- Speaker #1
Ouais, ouais. Et est-ce que, justement, tu penses que, ou est-ce que tu le vois, est-ce qu'on peut regretter d'être mère à un moment ou pas ?
- Speaker #0
Ouais, bien sûr.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ouais, bien sûr.
- Speaker #1
En mode « ça m'a cassé » .
- Speaker #0
Ouais, ouais, le regret maternel, c'est hyper courant.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
C'est difficile parce qu'en fait, on connaît encore mal le regret maternel. Et donc, il y a encore beaucoup de femmes qui lient le regret maternel inconsciemment à leurs enfants. En fait, ça n'a rien à voir. Moi, je connais des femmes qui aiment inconditionnellement leur enfant, qui sont des mères extraordinaires, qui vivent le regret maternel.
- Speaker #1
Et comment ça s'exprime ? C'est quoi comme ressenti ?
- Speaker #0
En fait, le rôle de mère, ce n'est pas fait pour tout le monde. Et tu peux être une mère géniale et ne pas t'épanouir dedans. Déjà qu'on se le dise, être mère, ce n'est pas épanouissant. C'est-à-dire que tu ne peux jamais t'épanouir à travers un rôle. Tu t'épanouis à travers une identité, mais quand ton rôle devient ton identité, il y a un problème.
- Speaker #1
Oui, il y a un gros mix après au milieu.
- Speaker #0
Ah oui, moi je rencontre trop de femmes qui me disent, je ne sais pas, j'ai tout pour être heureuse. Mes enfants sont en bonne santé, j'ai un travail, on m'aide super, une maison, je ne suis pas heureuse. Bah ouais, parce que si ça suffisait, on le saurait depuis longtemps en fait. On l'aurait tous fait quoi.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, on l'a tous fait aussi à un moment donné. Je pense qu'il y a beaucoup de femmes qui l'ont fait aussi pour être heureux et ils se sont aperçus que derrière, ça ne marche pas.
- Speaker #0
C'est sûr.
- Speaker #1
Mais comment ? Comment tu gères ? Demain, admettons, moi je deviens père ou maman, si je suis une femme. Du coup, tu es là, en fait, je regrette, je n'aime pas. Comment tu la vis, cette émotion ? Comment tu fais pour la naviguer, pour la perpétuer ? En fait,
- Speaker #0
ça c'est dur parce que je n'ai jamais rencontré de femme avec un regret maternel similaire.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Tu vois, donc du coup, cette réponse, elle est très difficile parce que ça dépend encore une fois de ton enfance, de la personne avec qui tu as fait un enfant, ou si tu l'as fait seule. aussi de qui est ton enfant tu vois j'ai retrouvé ce que je voulais dire tout à l'heure c'était que toi c'est reparti le cerveau pas du tout c'est la maternité ça te prend une partie de ton cerveau attends
- Speaker #1
si si attends j'ai dit regret maternel le fait de faire un enfant je te jure c'est un bazar je vais garder ce passage là parce que comme tu dis ça prouve que en fait il y en a beaucoup là là-haut, là, tu vois. Oh,
- Speaker #0
waouh ! Non, mais c'est mon problème. Attends, je t'ai dit. de faire un enfant et donc que ça ça m'arrive tellement de fois là tu sais qu'il y a beaucoup de femmes qui vont se reconnaître dans ce que tu regardes ça c'est l'histoire de ma vie tu pars dans un truc tu sais plus je sais pas tu peux te le mettre à un moment parce que il faut que tu dis ça c'est ton vélo au retour rajoute ça en notes ouais vraiment bon vas-y Ça va venir.
- Speaker #1
Et euh...
- Speaker #0
Si, c'est bon.
- Speaker #1
Ouais, vas-y.
- Speaker #0
En fait, tout à l'heure, tu disais qu'il y avait des hommes qui n'arrivaient pas à dire forcément je t'aime à leurs enfants. Alors, il y a autant de femmes qui ont du mal à se faire un truc que d'hommes. Ouais. Et souvent, les gens les filent à travers leur enfance. Ouais, moi, on m'a pas dit je t'aime, donc je sais pas le faire, etc.
- Speaker #1
On l'entend beaucoup, hein.
- Speaker #0
On est trop vieux pour blâmer nos parents. Tu vois, en fait, ce que t'as vécu, les merdes que t'as vécues, c'est pas de ta faute. Mais ce que t'en fais aujourd'hui, c'est de ta faute.
- Speaker #1
Ouais, je suis d'accord.
- Speaker #0
et ça c'est une phrase qui parfois peut vraiment irriter certaines personnes et se dire facile pour toi, non mais ça c'est vraiment un truc auquel je crois profondément si nous est arrivé ça ne nous définit pas c'est pas de notre faute dans notre enfance et parfois c'est vraiment la merde tu vois, il y a une vraie injustice de départ, complètement par contre si on en fait aujourd'hui c'est notre responsabilité de ne pas dire je t'aime à tes enfants C'est ta responsabilité, mec.
- Speaker #1
Je trouve que la responsabilité dans le bien-être général, que ce soit pour une femme PR ou pas, elle est essentielle. Et quand tu prends conscience de cette notion-là, du coup, ça te responsabilise. Tu te dis, en fait, je peux devenir acteur. Donc, oui, j'ai été victime de quelque chose à un moment donné, quoi que ce soit. Mais à un moment donné, je peux passer à l'étape d'après. Et cette étape de responsabilisation, dans comment tu te sens, elle est... Moi, je l'ai vraiment senti à un moment de me dire, Cam, en fait, vas-y, embraye. Fais la fée, avance, excuse. Et voilà, tu vois, tu ne peux pas rester bloqué dans ces trucs-là. Tu parles beaucoup de la notion de liberté. Ouais. Poste. Et je crois que c'est quelque chose que tu aimes particulièrement. Tu perds la liberté,
- Speaker #0
vraiment.
- Speaker #1
Tu te sens libre.
- Speaker #0
Ah ouais. Ouais. Ouais,
- Speaker #1
ouais.
- Speaker #0
Et quand je me sens plus libre... Je me rappelle que c'est ce que je préfère au monde. Et donc, je me dis, OK, pourquoi tu n'es plus libre, là ? Qu'est-ce qui se passe ? Et hop, j'essaie de me reconnaître, tu es à ma liberté d'une façon ou d'une autre.
- Speaker #1
Et récemment, il y a eu un moment où tu t'es dit, putain, tu sais, c'est un peu ces moments où tu as l'impression que tu as la lumière de Dieu qui t'arrive sur la tête en mode, ça y est, tu es libre.
- Speaker #0
Alors, non.
- Speaker #1
Je pense au sport, par exemple. C'est qu'à un moment, je me suis dit, fais ta séance, je suis bien là.
- Speaker #0
Moi, je m'entraîne tous les jours, donc du coup, ça me plaît tous les jours. Et en même temps, je l'ai aussi quand mon fils me fait un câlin, ou quand ma fille me fait rire, ou quand mon mec me prend dans ses bras. Non, ce truc-là, je n'ai pas ça. Mais j'essaie en tout cas de me rappeler que tout ce que je fais, c'est dans une quête de liberté.
- Speaker #1
Que c'est l'écho.
- Speaker #0
Oui, vraiment. Et j'essaie vraiment de ne pas oublier ça. Ça va vite d'oublier ça. Donc j'essaie de me tenir vraiment à cette notion-là de liberté. qui est rare en plus en étant mère, tu vois. C'est pas ce qu'on nous dit, on nous dit souvent à partir du moment où t'es mère, t'es plus libre. Moi,
- Speaker #1
c'est ce que j'entends. Ouais, mais moi, la maternité, ça m'a libérée, quoi, tu vois.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Mais à quel moment quelque chose qui vient chambouler autant ton quotidien, te responsabiliser autant, te régler aussi dans une certaine forme de routine, etc., peut te donner accès à cette liberté ? Comment tu l'expliques ?
- Speaker #0
Mais en fait, déjà, je me suis dit, je veux élever un être humain libre. Donc, comment tu élèves un être humain libre si tu ne montres pas ce qu'est la liberté ? Exactement. En fait, tu vois, première chose, voilà. Deuxième chose, je me suis dit, j'avais envie que mon maître restait avec moi, avec l'envie de rester avec moi. Et mon maître, ce qu'il aime, c'est la liberté. Et ça, je pense que la plupart des hommes aiment la liberté chez les femmes, mais ils l'oublient et ils ne le disent pas à leurs femmes. Ils n'en ont même pas conscience. Et donc, les femmes l'oublient aussi. Je pense qu'il y a beaucoup de couples qui s'éteignent par manque de liberté. Tu vois, déjà. Et puis, ce qui m'a fait devenir libre en étant mère, c'est que j'ai compris aussi la fragilité de la vie. Bon, ça, je l'avais compris très tôt, malheureusement. Mais je me suis dit, je ne sais pas, ça ne vaut pas vraiment la peine. C'est un peu discret, philosophiste, je veux dire, mais ça ne vaut pas la peine si on n'est pas libre. Ce n'est pas pour rien si tous les grands mots de l'histoire, à un moment, ça se rejoint par la liberté. Je pense que l'être humain est fait pour être libre et qu'en fait on n'est pas fait pour être attaché à quelqu'un, à un endroit, à une situation. Je pense que l'épanouissement doit forcément passer par la liberté.
- Speaker #1
Et c'est ce que tu disais au début de la balade, de toi aujourd'hui pouvoir te dire, ne serait-ce que par exemple par rapport à ta liberté physique, de te dire voilà j'ai une famille mais je peux bouger, je me donne la possibilité d'ouvrir des portes en moi, de me dire oui demain c'est possible si on a envie de bouger. Et de garder toujours cette notion de possibilité en soi, je pense. Et surtout en tant que maman. Je trouve que quand t'es maman, peut-être que t'as une espèce de liste qui t'arrive dessus. Je dois faire ci, je dois faire ça, je dois faire ça. Mais est-ce que j'ai la possibilité d'en changer ? En écoutant ton discours, je vois que oui, en fait.
- Speaker #0
Ouais, je trouve que c'est notre responsabilité aussi en tant que femme. Pas en tant que mère, en tant que femme. On ne peut pas oublier qu'on est les beaux.
- Speaker #1
Trop bien. Et en termes d'amour... Ouais,
- Speaker #0
je l'ai préféré. Vas-y. Oh bien !
- Speaker #1
Génial ! J'adore ! Je trouve que dans l'amour, tout autant que dans la maternité, tu apprends énormément sur toi. Moi, je sais, c'est mon expérience actuelle. Je suis en couple.
- Speaker #0
Tu es amoureux ?
- Speaker #1
Je suis amoureux. Et en fait, je suis amoureux, mais je grandis avant tout.
- Speaker #0
Je suis d'accord. Et en fait,
- Speaker #1
je me dis, what the fuck ? À quel moment ? En fait, je crois que plus jeune, je n'aurais jamais pensé que j'aurais pu grandir autant à deux. Pour moi, grandir à deux, ce n'était pas un concept. Mais un truc qui m'a frappé aussi dans ce que tu racontes, et dans ce que moi aussi je dis à mes potes, c'est que tu dis que tu as choisi l'amour.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et ça, c'est puissant, parce que je me demande, est-ce que l'amour, c'est un choix conscient pour toi ?
- Speaker #0
Non, mais attends.
- Speaker #1
Ou est-ce que c'est quelque chose qui te tombe dessus ?
- Speaker #0
Les deux. En fait, j'ai choisi l'amour, mais c'est compliqué parce que... Alors, attends. J'ai choisi l'amour et en même temps je trouve qu'il y a beaucoup d'amour que tu choisis pas et qui parfois te tombe dessus et t'es là genre pas du tout en fait. Genre non.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Non. Et je trouve qu'on a le pouvoir de dire bah cet amour là j'en veux pas. Ça c'est un autre sujet mais je pense que parfois on sait qu'un amour quel qu'il soit peut être mauvais pour nous et se dire ok je prends pas. Je sais pas.
- Speaker #1
Au final tu le serais peut-être pas.
- Speaker #0
Je sais pas si je pense que tu sais quand même. Je pense qu'il y a un moment où tous les amours ne sont pas bons. Je pense qu'il y a plusieurs sortes d'amour. Je pense que l'amour, par exemple, passionnel et destructeur, on nous l'a vendu comme quelque chose de génial dans notre pop culture. On a le même âge, toi. Alors, moi,
- Speaker #1
je suis en L'Holita malgré moi, encore. Ouais, tu vois,
- Speaker #0
les couples qui se déchirent. L'Holita malgré moi, OK. Moi, tu sais, j'avais un film que j'aimais trop quand j'étais petite, c'était Elle. c'est genre avec Sarah Forestier et Nicolas Duvalier c'est ça l'amour en fait pas du tout pas du tout ça on est pas forcément chiant que l'amour se choisit c'est surtout où moi je me suis fait la promesse de moi de rester avec mon mec parce que je le choisis tous les jours c'est à dire que je suis avec lui parce que je le choisis aujourd'hui et si je le choisis encore, oui Et de ne pas rester avec lui parce que j'ai besoin de lui, alors que j'ai grave besoin de lui. Bien sûr. Oui,
- Speaker #1
sur certains points aussi, bien sûr.
- Speaker #0
Ne pas rester avec lui parce que j'ai des enfants, ne pas rester. Je reste avec lui parce que je le choisis. Et ça, c'est important. Et je pense que dans ce cas-là, l'amour se choisit.
- Speaker #1
Oui. Oui, qu'après, je pense que peut-être que du coup, pour reprendre la question, c'est peut-être qu'à un moment donné, ça tombe dessus. Il y a une rencontre qui se fait. Bon, boum, voilà. Moi,
- Speaker #0
l'amour avec lui, il ne m'est pas tombé dessus, par exemple.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu vois, je me dis.
- Speaker #1
Je pensais que c'est ce que tu voulais dire.
- Speaker #0
Mais non. Parce que moi,
- Speaker #1
ce n'est pas mon cas pour le coup. Mais moi, tu vois.
- Speaker #0
Je l'ai vu, je ne me suis pas dit « Waouh, je l'aime trop, je suis trop amoureuse de lui. » Et lui non plus, tu vois, lui non plus. Et d'ailleurs, je le rencontre aujourd'hui à l'époque, je me dis « Mais c'est quoi ce mec en fait ? » Et lui, il se dit pareil de moi. L'évolution, elle est là. « Ouais, vous avez de la chance, vous avez de la chance, vous avez de la chance. » Il y a zéro chance là-dedans. C'est-à-dire que ce qu'on a aujourd'hui, on l'a construit, on le construit tous les jours. C'est du taf, ce n'est pas du taf difficile. Pour moi, c'est facile de l'aimer, c'est facile d'être avec lui. Mais c'est du travail tous les jours. Et on a misé l'un sur l'autre.
- Speaker #1
quand tu dis du coup ce mot taf et ce travail quotidien qu'est-ce que ça représente concrètement pour toi le taf qu'est-ce que ça représente c'est des détails c'est
- Speaker #0
un truc tout bête le jazz se cache dans les détails par exemple je me fais mon café tous les mois, je bois beaucoup de café des litres de café par jour On va se remercier pas, on me parlait que c'est pas dingue, mais bon bref, on fait ce qu'on peut. Et le matin, lui, il nettoie le plan de travail de la cuisine, là où il y a ma machine à faire. Et ce matin, je fais mon café, j'en mets un peu à côté et tout, puis je me dis, ah c'est pas grave, t'attends, j'en ferai un autre après. Et je me dis, ah non, il vient nettoyer, et je sais que ça, c'est un peu les détails qui vont l'irriter,
- Speaker #1
de,
- Speaker #0
meuf, tu viens, tu laisses ton café là, ça me prend une seconde de juste... Tu vois, il y a ça, où ce matin, il a changé la couche de notre fils. Et il a laissé la couche par terre. Et ça, c'est un truc que parfois il fait, parce qu'il fait un milliard de trucs en même temps, il laisse la couche. D'ailleurs, j'appelle ça faire une arnaud, quand tu laisses la couche un peu trénue, la couche un peu de pipi, de merde, on dit, oh, voilà, voilà, la couche, c'est tout bon. Et moi, ça me rend ouf. Et donc, ce matin, je le vois, il y a la couche par terre. Et alors, tu vois, je suis passé, je l'ai ramassé, je l'ai mis à la poubelle. Et ça, pour moi, c'est travailler sur l'amour, au lieu de lui dire, t'as encore laissé la couche par terre, ou il y a la couche là. Tu peux facilement tomber là-dedans. En fait, je lui ai pas dit qu'il y avait la couche par terre.
- Speaker #1
Parce que tu sais que Tu sais son niveau à ce moment là
- Speaker #0
Bah c'est pas tant ça Je me dis si ça va changer la journée de lui dire Et si ça va changer un truc Oui mais dans le négatif pas dans le positif Je sais qu'il essaie de faire gaffe Là il a dû penser à autre chose Il est parti faire un coup pour notre fille
- Speaker #1
Ouais c'est pas grave Et lui c'est pareil Je sais qu'il y a des fois où je lui casse les couilles Et ça aurait pu être peut-être le cas pour la machine à café aussi Tu peux laisser une trace Mais lui il fait pareil Mais lui, voilà, il aurait pu peut-être passer derrière toi. Maintenant, je sais qu'en fait, elle était dans le plus. Et voilà, tu vois, c'est OK.
- Speaker #0
Il y a deux jours, j'étais chiante.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et je me vois être chiante, je me vois être chiante, tu vois. Et je me vois dans la tête. Je me dis, arrête, dans sa tête chiante, là. Donc, j'arrête. Et je vois sa tête et il ne me dit rien. Et je lui dis, tu ne me dis rien, là. Il me dit, je t'aime. Et il est parti, tu vois. Et en fait, ça aussi, pour moi, c'est du travail, mais c'est aussi de l'amour. Donc, voilà, c'est ce truc-là au quotidien. C'est aussi à travers la liberté, c'est aussi, tu vois c'est bête mais moi le matin je mange des myrtilles surgelées.
- Speaker #1
C'est hyper ragoûtant, c'est un truc que tu manges des myrtilles nature.
- Speaker #0
Ça c'était comme ça, des myrtilles surgelées, c'était comme ça, manger à la pelle.
- Speaker #1
Alors mais comme ça surgelées,
- Speaker #0
j'irais pas. Ouais t'as fait comme la glace à la myrtille.
- Speaker #1
En mode frais nuit, sans chocolat.
- Speaker #0
Ouais, ah qu'est-ce que t'as là. C'était hyper bon, c'était sûr que tu me faisais pas vomir, c'était super. Non maintenant je les mets dans, je les mets, enfin. Je les mange pas comme ça, si vous voulez. Mais ça fait vraiment partie de mon alimentation. Et tu vois, il y a deux jours, je me fais mon petit déj, j'en mets, je vois que c'est la fin du paquet, je me dis, putain, j'en ai plus. Lundi matin, j'avais un nouveau paquet, et j'ai pas eu besoin de dire, ah, j'ai plus de mien.
- Speaker #1
Ça, je crois que c'est l'âme.
- Speaker #0
Tu vois, ça, c'est l'âme. Et en fait, c'est que des trucs comme ça. C'est que des trucs où, là, je te donne des exemples pour lui, mais je pense que si lui l'était à côté, il t'en donnerait autant de moi envers lui. Voilà. Le travail, pour moi, c'est ça.
- Speaker #1
J'adore. J'adore parce que c'est vraiment un truc que tu vois chez des couples qui, je ne sais pas, qui évoluent comme ça et qui en fait, leur niveau de galère et tout, c'est évident. On passe tous par des moments de doute et de remise en question, tout ça, tu vois. Mais l'amour,
- Speaker #0
il se cache souvent dans ces choses-là et dans les choix.
- Speaker #1
On parlait de cette notion de choix. Tu fais le choix de prendre la couche ce matin. Je fais le choix, je ne vais pas casser les couilles. Je vais le faire, je sais, je sais. Tout autant que lui, il fait un choix conscient de voir que quand tu les as à l'envers, ils te disent, je sais, je t'aime. Je ne sais pas ce qui se passe en toi,
- Speaker #0
mais je suis là.
- Speaker #1
Et ça, c'est... J'ai enregistré un épisode solo il y a trois jours pour parler un peu de ma life et compagnie. Et je fais une parenthèse sur... Pour parler de moi, c'est le temps de parler de moi. Pour parler de moi déjà avant tout. Je trouve que des fois, ça fait du bien face cam. Franchement, on devrait tous le faire. Tu te fais un épisode face cam, tu fais un point de vie et tu remarques les patterns. Non, en fait, ça va pas du tout. Mais en fait, ça va. Et je parle de mon mec Thomas et tout. Et cette image qui me vient quand je parle de lui, c'est cette image comme tu as décrit de bras ouverts.
- Speaker #0
Ah ouais !
- Speaker #1
Toi t'arrives, t'es méga casse-couille en fait, il y a des jours où je suis pas bien, etc. Mais j'ai cette image de boum, je suis là, je suis là et je t'aime, tel que tu es, avec ce que tu ramènes aujourd'hui sur la table, tu vois. Donc j'adore comment tu le décris, franchement c'est beau et ça donne beaucoup d'espoir à, je pense aux gens qui construisent peut-être des relations et qui nous écoutent.
- Speaker #0
Ah l'amour existe, l'amour sans existe, les mecs bien existent, les meufs bien existent, enfin tu vois vraiment.
- Speaker #1
J'aime bien parce que depuis tout à l'heure tu démystifies beaucoup de choses. Et il y a beaucoup de choses que je dis que tu viens aussi parfois inverser ou contrarier, etc. Et j'aime bien que tu ne sois pas... Parce qu'on entend beaucoup des discours très, très lisses en ce moment sur les femmes, sur les couples, sur l'amour. Et toi, j'ai l'impression que tu viens un peu débunker. Et j'ai l'impression que tu as fait vraiment un travail de te poser et de te dire est-ce que je crois à ça ou pas ? Est-ce que je crois à cette théorie ou pas ?
- Speaker #0
En fait, je ne sais même pas si c'est un truc de débunker. Je vois ce que tu veux dire. C'est juste que pour avoir été dans l'intimité des femmes depuis six ans et pour voir des patterns, des relations, des gens différents, je sais que ce n'est pas tout noir ou tout blanc, en fait, tu vois.
- Speaker #1
Carrément.
- Speaker #0
Et donc, c'est plus complexe que ça. Je me questionne évidemment sur moi, mais aussi par mon travail, c'est-à-dire qu'être thérapeute, coach de vie, sans toi-même bosser sur toi, je pense que ça peut amener à des dérives très limites.
- Speaker #1
Ouais, tu te mis gros.
- Speaker #0
Voilà, exactement. Je me suis toujours promis de ne pas finir comme ça. Donc là, ouais, je me questionne. Et puis tout le temps, en fait, c'est un travail que je fais en permanence.
- Speaker #1
C'est génial. C'est trop bien la remise en question pour nous tous, si ou pas. Je pense que pareil, ça fait du bien. Et en fait, tu mets tellement de trucs sur ton Insta. Franchement, tu partages. Bon, il faut s'accrocher. Je lis, je lis au maximum. Et en préparant cette interview, j'ai beaucoup lu. Tu vois, et j'ai fait plein de phrases. Genre, tu m'as donné de la matière. Je me suis dit, bon, vas-y, on va éplucher son Insta et on va prendre tout ce qui... Ouais je me suis dit Il y a plein de phrases Que j'ai envie de discuter avec toi Ok Et en termes de sexualité Il y a un truc que t'as dit Yes Mon autre idée préférée Vas-y Genre génie En fait On pourrait parler que d'amour Et de sexualité Mais il nous faudrait genre 4 heures Mais voilà On va pas vers ça aujourd'hui Mais il y a un truc qui est ouf Tu dis Que aucune femme n'a envie De se faire remplir Quand elle n'arrive même pas A créer du vide en elle Mais oui Oui Et ça Moi je suis en mode Maille-toi Mais oui
- Speaker #0
Je suis en mode C'est incroyable Mais oui Pardon Le rapport hétéro-sexuel de base, c'est quand même un zizi qui rentre dans un trou. Mais quand t'as plus de place, putain, en fait... Ouais, ouais, tu vois. Ouais, vraiment, sors de là, tu vois. Viens pas, tu vois. Et d'ailleurs, tu vois, j'ai imaginé ça par l'acte vraiment pénétratif, mais c'est aussi juste te toucher.
- Speaker #1
Ouais, l'acte, elle a une chimique.
- Speaker #0
Juste, tu vois, ne me touche pas. Ouais,
- Speaker #1
puis même émotionnellement aussi, tu vois.
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
d'être dispo.
- Speaker #0
ça c'est une phrase à laquelle je crois vraiment que je ressors souvent j'essaie d'expliquer pour moi je la mets et d'écho avec la phrase en sexualité l'appétit ne vient pas en mangeant tu vois souvent on me dit moi je me force un peu au début ça va aller non non non fais quelques prédits ça va aller ouais bah non en fait non et puis ça pareil le mot préliminaire me gêne beaucoup pour moi c'est pas des préliminaires c'est un acte sexuel oui tu es là dedans en fait si demain demain tu forces tel caractère une fellation c'est un viol en fait carrément ouais tu vois ouais donc je vais et puis ouais pour moi enfin le terme préliminaire je trouve que en plus ça vient si me gêne c'est ça vient encore normaliser le fait que un rapport sexuel c'est un mec qui peut naître une meuf et après qu'il éjacule en fait non surtout que la plupart des femmes prennent pas leur plaisir comme ça non ça veut bien dire que l'acte sexuel est fait pour le plaisir de l'homme quoi
- Speaker #1
Oui, et puis du coup, on rentre encore dans ce truc hyper-dramalisé où il y a un certain nombre de règles, les préliminaires, comme on dit avant, la pénétration, la jouissance, alors qu'en fait, ça devrait être tout sauf ça, en réalité.
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Vous êtes beaucoup plus libre, encore une fois, tu devrais être libre.
- Speaker #1
Et comment tu crées le vide toi ?
- Speaker #0
Oh !
- Speaker #1
Où être disponible à l'autre et à toi ?
- Speaker #0
Par du temps seul, beaucoup, je passe beaucoup de temps seul, en faisant du sport.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et ouais voilà, en étant seul et en faisant du sport.
- Speaker #1
Et la différence tu la vois aujourd'hui en mettant en place des choses comme ça qui du coup créent de l'espace en toi, tu te sens beaucoup plus dispo, c'est Arnaud hein, c'est ça ? Ouais. Tu te sens beaucoup plus dispo à ta sexualité ?
- Speaker #0
Oui c'est Arnaud. Le péril homme de la terre, c'est ça ? Ah ouais, pardon,
- Speaker #1
j'ai pas entendu. Ah ouais, mais c'est ça. J'ai une voix sur mes notes.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Ouais, je me sens plus disponible, bien sûr. Ouais,
- Speaker #1
ok. Et tu vois aussi l'impact que ça a chez les femmes que tu accompagnes quand tu les emmènes à créer ce vide-là ?
- Speaker #0
Bien sûr, bien sûr. Mais ça, on a tous besoin de ça, hommes et femmes, en fait.
- Speaker #1
Moi, le vide, c'est ma vie. Il y a quelqu'un un jour qui m'a dit, un thérapeute m'avait dit un truc qui est du coup le contraire de ça. Il m'a dit, non mais vas-y Cam, fais, travaille plus, tu vas être de plus en plus créatif, etc. Et en fait, moi, je lui ai dit non, ma créativité, quand on parle de sexualité, mais moi, je parlais de créativité à ce moment-là, ma créativité naît du vide. Elle naît de ce genre de balade qu'on est en train de faire là, que je fais seul, et puis en mode, là, je me rends disponible à moi-même et ensuite, je vais être disponible. Bien sûr. Et c'est essentiel parce que sinon,
- Speaker #0
tu fais de l'art.
- Speaker #1
Non, mais je parlais de créativité professionnelle, d'entreprendre. C'était au début où j'allais créer le podcast, etc. où j'avais besoin de passer par ce vide-là, de me dire « Cam, comment tu as envie de produire tout ça ? Comment tu as envie d'aller vers les autres ? » J'étais vraiment dans l'exploration du « comment » . Et en fait, toutes ces idées-là, elles sont nées de moments ou de silence où j'étais seul et de solitude parce qu'en fait, c'est essentiel. Et c'est des moments, justement, où après je suis... carrément plus dispo à Thomas aussi, tu vois. Je suis en mode, en fait, là, je suis dispo à parler, là, je suis dispo aussi à rentrer dans une interphone d'intimité avec toi et c'est génial, tu vois. Non,
- Speaker #0
mais bien sûr. Moi, de toute façon, tous mes textes, tu laisses là, ceux dont tu viens de parler, c'est le thread d'un texte que j'ai écrit et je l'ai écrit sur mon vélo.
- Speaker #1
Ah,
- Speaker #0
je vois. Sur mon vélo, j'ai les meilleurs...
- Speaker #1
C'est génial, putain. Achetez-vous des vélos, en fait. Faites besoin du vélo, tout, ça va vous marquer, tu vois. Et ça fait du bien.
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
Et il y a un couple qui arrive, admettons, chez toi. Enfin, pas de couple du coup, parce que c'est que les femmes que tu fais maintenant. Mais si tu leur donnes un conseil pour se reconnecter l'un à l'autre ?
- Speaker #0
De se reconnecter tout seul.
- Speaker #1
De se reconnecter tout seul. On revient à ça.
- Speaker #0
En fait, on revient à ça. C'est-à-dire que le nombre de couples que j'ai rencontrés qui, par exemple, n'avaient plus de relation sexuelle et qui partaient, j'appelle ça le week-end du cul. Ouais, on alloie un hôtel de ouf, alors on part en vacances que tous les deux et on va se reconnecter. Non, vous allez avoir envie de boire chacun votre piña colada de votre côté, du raden et de flics et de vous coucher à 22h. D'accord. Vous allez avoir envie de ça en fait. Ouais. Et c'est le fait de faire ça qui va vous donner envie de baiser. Ouais. Tu vois ? Limite de s'éloigner du sujet,
- Speaker #1
tu vois ?
- Speaker #0
Ouais, surtout de se reconnecter à soi, c'est-à-dire que l'actualité ça passe par nous en fait. Ouais. C'est-à-dire que nous les femmes en premier, c'est-à-dire que oui on est excité par un homme, par quelque chose ou par une femme, peu importe, mais on est excité par quelqu'un. Ok. Mais si toi tu te sens dégueulasse, que tu te sens pas sexuelle ce jour là, que t'es fatiguée, t'as mal aux genoux, t'as mis ton vieux jean de ménage, tu as les cheveux gras, t'as pas envie de baiser. Par contre, tu te sens au max, trop bien, tu te sens un peu belle, là tu vas avoir envie.
- Speaker #1
C'est passé par toi à la base.
- Speaker #0
C'est passé par toi ouais en fait.
- Speaker #1
Et c'est vrai que ce week-end du cul, j'adore quand tu le nommes. mais on y est tous passé,
- Speaker #0
moi je suis passé Et c'est comme les couples qui sont à long de distance tu sais, on se passe le tienne,
- Speaker #1
faut baiser Moi tu sais que j'étais à la dictante avec Thomas à la base Marseille-Bruxelles et en fait j'arrivais le vendredi soir, j'avais l'angoisse J'étais là ce soir, on passait à la casserole alors que je venais de me taper 6h de train,
- Speaker #0
j'arrivais j'étais comme ça Et tu te dis, si vous vous embrouillez,
- Speaker #1
déjà c'est foutu Ouais et du coup tu remets tout en question parce que du coup tu normalises encore la rencontre cinématographique des retouches Tu avais envie de baiser le vendredi quand tu le retrouvais ?
- Speaker #0
Non,
- Speaker #1
et en fait j'avais envie de baiser Souvent, j'avais envie de baiser dans la nuit, tu vois. Quand je m'étais posé, mon système nerveux était au calme, tu vois. Mais ouais, ça, c'est un sujet qui est méga intéressant. J'adore. Qu'est-ce qui te passionne autant dans la sexualité, dans ces questions-là ?
- Speaker #0
Eh bien, en fait, je crois encore une fois, la liberté et le pouvoir de la femme. C'est-à-dire qu'une femme qui a une sexualité qui est alignée avec elle-même, le monde lui appartient. C'est comme une femme qui se sent libre, le monde lui appartient. C'est comme, tu vois, on nous a beaucoup parlé du fait d'être superficielle et que ce n'était pas bien. On a grandi de cette image-là. On va être une femme qui se trouve belle. et puissante, c'est fini en fait, c'est pour elle. Et donc du coup, je trouve que le monde a bien fait de nous dire « Non mais toi, ton objectif c'est d'être bonne, oh là là, vraiment, t'es que ça. Ouais, dites-lui ça parce que comme ça, elle ne va pas l'être. Elle va avoir un peu honte de vouloir être bonne et elle ne va pas posséder le monde. » Moi, les femmes que je vois qui ont une sexualité superbe, qui se trouvent belles, puissantes, bonnes, il n'y a plus grand-chose qui les arrête.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on a un peu intellectualisé ces questions de... de rapport à la beauté et tout, et c'est très intellectuel. Et c'est fou parce que tu n'es pas la première invitée qui me parle de ça, c'était sur un autre sujet la dernière fois, mais cette intellectualisation de la beauté du coup, en mode il ne faut pas trop être belle, c'est superficiel, pense à toi, pense à ta carrière et tout, alors qu'en fait ça passe par là. C'est la première chose que tu vois le matin, c'est ça. Et du coup ça va être la passerelle à des choses dites plus profondes en soi. C'est grave ! Et je trouve que c'est méga intéressant aussi de replacer ce genre de sujet au cœur de conversation et de pouvoir dire à une femme aujourd'hui, tu as le droit de te sentir belle, tu as le droit de te pomponner.
- Speaker #0
Tu as le droit de te sentir belle, tu as le droit de dire en ce moment je ne me sens pas belle, mais c'est pas ma priorité, je n'ai pas envie. Parce qu'en fait l'injonction elle va dans tous les sens. À un moment on parlait de body positivisme, c'était un enfer. En fait, c'était là en mode... Alors il faut accepter ton corps, quel qu'il soit. En fait, ça se trouve, je n'ai pas envie. Oui,
- Speaker #1
celui-là de corps-là, actuellement, il ne me plaît pas de ouf.
- Speaker #0
Il ne me plaît pas de ouf. Pourtant, tu peux croiser une femme dans la rue avec le même corps que moi et la trouver très belle. Mais là, moi, je n'ai pas envie d'être dans ce corps-là. Donc, en fait, je trouve que les argentions, ça va dans tous les sens. C'est-à-dire que tu as le droit de dire, là, je ne m'aime pas de ouf, mais ce n'est pas mon dossier. Voilà, bon, ok. Là, en ce moment, c'est mon dossier. Là, en ce moment, je viens de me concentrer sur ça. Et juste, on vient à la liberté.
- Speaker #1
Je choisis à un moment donné ce que je veux pour moi.
- Speaker #0
Comment te poser la question le matin. Et pour revenir sur ta question de base, c'est ce que j'aime aussi beaucoup dans la sexualité. C'est la liberté, c'est la puissance que ça donne. Et la liberté.
- Speaker #1
Et de l'autre côté, chez un homme qui... qui galèrent peut-être à comprendre la sexualité de sa femme et de comment naviguer leur relation sexuelle, tu donnes quoi comme conseil ?
- Speaker #0
J'ai très peu de patience aujourd'hui avec les hommes qui ne me concernent pas la sexualité des femmes parce qu'aujourd'hui, il y a des ressources.
- Speaker #1
Ah, carrément.
- Speaker #0
C'est vrai qu'en fait, on est en 2026, les gars.
- Speaker #1
Ouvrez vos téléphones.
- Speaker #0
Ouvrez vos téléphones, vraiment ouvrez vos téléphones. Juste vous passez votre temps sur Instagram, aux toilettes. Franchement, juste ouvrez... Les lignes de structure.
- Speaker #1
C'est que même moi, je commence à comprendre la... La sexualité hétéro, alors que tu n'es même pas hétéro. Je me dis putain, merde. Faites un effort,
- Speaker #0
en fait. Tu vois, vraiment, faites un effort. Je trouve que le fait de ne pas... En fait, je trouve que le fait de ne pas comprendre la sexualité de leur femme, ça en dit plus sur eux que sur leur femme. Tu vois, donc en fait, à un moment, concentrez-vous.
- Speaker #1
Encore une fois, je pense que c'est ce que tu disais aussi tout à l'heure. On était au même passage, en plus de la balade. En fait, des fois, on est un peu à la ramasse, quoi. Genre, allez, on se sort les doigts du huc un peu et on essaye de comprendre certaines choses, tu vois. Parce que oui, on passe toute la journée sur Instagram, donc même si moi, homme gay, je peux comprendre certaines questions de la sexualité hétéro, les mecs, allez-y.
- Speaker #0
C'est pas...
- Speaker #1
Je crois que c'est pas rien compliqué, c'est ce que tu veux dire au final. Ouais.
- Speaker #0
Ok. Et surtout, je crois qu'il y a beaucoup de femmes qui donnent des clés et en fait, on ne les écoute pas, tu vois.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Donc... Ouais,
- Speaker #1
ok. Comment tu... Toi, Joséphase, là, on parle énormément de ta carrière, etc. Et j'adore parce qu'on...
- Speaker #0
Tu le parles de moi ?
- Speaker #1
J'adore faire des trois. Moi, au plus c'est Jeep, au plus je suis fan. Comment tu te sens toi aujourd'hui dans ta life ? Parce que je plante le décor, t'es méga occupé, le sport fait partie intégrante de ta vie depuis quelques années. Tu continues de consulter tes patientes et tes clientes. Ouais, comment tu te sens toi réellement à l'intérieur de toi ?
- Speaker #0
Bien, en paix.
- Speaker #1
J'adore.
- Speaker #0
Et tu vois, c'est assez récent. C'est-à-dire que je sais me sentir en paix, mais ça va, ça vient, ça part. Et là, c'est très récent, ça fait longtemps que la paix, elle est là. Et de temps en temps, il y a des petits trucs qui viennent dans ma vie. Et je vois toujours ça, moi, comme alors... On croit en Dieu, on croit en l'univers, à la vie, peu importe comment on appelle ça. Moi, souvent, j'ai l'impression que c'est un peu l'univers ou Dieu qui me met un truc dans ma vie. pour un peu me tester. Genre, ok, je te mets ça. Est-ce que tu y vas ? Ou est-ce que tu es encore reconnaissante de tout ce que tu as et tu fais attention à ce que tu as ? Ou est-ce que tu prends cette porte-là, tu vois ? Et donc, ces derniers temps, il m'a mis pas mal de trucs, dont une grosse porte où il m'a dit, tu vas aller là-dedans ou pas ? Tu vas te foutre là-dedans ? Et non. Et donc, du coup, pour moi, il me laisse ma paix, tu vois ? Et souvent, pour moi, il y a des trucs dans la vie où, tu vois, on te tente, on te dit, ok, comment tu vas te comporter là ? Est-ce que tu restes quelqu'un de bon envers toi ? Parce que pour moi, ça ne veut rien dire d'être quelqu'un de bon. être bon envers les autres, c'est pour être une merde de toi à toi.
- Speaker #1
Ta mission, elle n'est pas accomplie à 100%. Voilà, c'est mon avis,
- Speaker #0
mais je vais tout savoir de la vie qui diverge là-dessus. Donc en tout cas, je me sens bien. Oui, bien, je te dirais fatiguée un peu quand même. Mais là, j'ai pris une décision sur un voyage que je vais faire bientôt et je pense que ça va aussi me faire du bien.
- Speaker #1
Donc c'est dans une forme d'alignement qui te fait du bien ? La vie t'a fait poser certaines questions.
- Speaker #0
J'ai l'impression que je suis en train de récolter des trucs que je sème depuis des années.
- Speaker #1
Trop bien. C'est génial. Et justement, comment tu fais ? Parce que je crois que tu es quelqu'un qui réfléchit quand même beaucoup. Et je pense que pour exercer ta profession, il faut quand même…
- Speaker #0
Il faut se poser des questions.
- Speaker #1
Il faut être parfois là-haut, tu vois. Et il faut surtout, je pense, essayer de poser des questions à soi à un moment donné.
- Speaker #0
Claire.
- Speaker #1
Mais justement, toi, pour t'entendre penser à un moment, tu fais quoi ? Parce qu'il se passe énormément de choses là-haut. Et comment tu gères justement ces moments de doute et de bad parfois ? En fait,
- Speaker #0
je vais te dire un truc qui peut être un peu... Tout cela, c'était nous dit actuellement. Et en même temps, je vais rentrer dans une autre intention. Avant, je te disais que j'essayais de les fuir, ces intentions-là. Je travaille. Pour moi, il faut travailler. C'est-à-dire qu'à un moment... On est aussi dans une génération où on se dit ok, on se pose, on se laisse un peu, on respire. Ouais c'est important mais à un moment, façon de travailler, il n'y a rien quoi tu vois.
- Speaker #1
La pratique.
- Speaker #0
Bah ouais. Et donc je travaille beaucoup et ma paix je la trouve aussi dans le travail. Parce que même si par exemple je peux travailler beaucoup, même si je ne vais pas avoir le résultat esponté, bah en fait je suis en ligne avec moi parce que je me dis bah mais tu t'es donné en fait.
- Speaker #1
Tu es allé,
- Speaker #0
tu as bossé et donc si ça ça marche tant mieux, si ça ça ne marche pas. En fait, tu as bossé et tu te regardes dans un miroir, pas en mode, ok, j'ai assez bossé, je suis légitime, mais de moi à moi, je me suis donné les moyens. Si ça ne marche pas alors que je me suis donné les moyens, c'est que ça n'a pas marché.
- Speaker #1
Oui, après, le fail, il fait partie d'une erreur. J'adore l'échec. Oui, carrément.
- Speaker #0
Ça peut faire que c'est un truc…
- Speaker #1
Ton petit gros échec récemment, c'est quoi ? Genre un truc où je t'ai pris une petite claque.
- Speaker #0
Mon gros échec récemment, il est sur une relation. sur du relationnel et pas sur de la carrière. Mais c'est plutôt une relation où je trouve que le relationnel entre deux personnes, c'est le plus difficile dans la vie. Les amitiés, c'est le plus dur. Et mon plus gros échec, c'est une relation, normalement.
- Speaker #1
D'accord. Tu sens que tu as réussi à naviguer ça ?
- Speaker #0
Je sens qu'il faut faire attention à l'ego.
- Speaker #1
Encore plus dans les relations.
- Speaker #0
Voilà, j'ai un énorme ego.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Je pense que c'est une force. C'est ce qui me permet d'avoir la carrière que j'ai. Et c'est ce qui me permet d'avoir la vie que j'ai. C'est de juste être ce que je mérite et de connaître mes capacités. Par contre, c'est un handicap au sens où... Tu vois, par exemple, les gens qui disent « Moi, je te coupe de ma vie, je te raid du jour au lendemain. » Ils voient ça souvent comme une qualité. Genre, je n'ai besoin de personne. C'est un défaut énorme. et moi je peux être comme ça et je travaille dessus justement mais en fait je me vante jamais de ce truc là moi le truc de je te raye de ma vie et je te coupe c'est super et je l'ai et j'essaie de déconstruire ça alors après c'est à cause de c'est ce que j'ai vécu, c'est ma vie, c'est plein de trucs mais j'essaie j'ai trop enlevé de personnes de ma vie et j'essaie de plus être extrême, je travaille dessus tu parlais de vulnérabilité tout à l'heure je pense que c'est une de mes plus grandes vulnérabilités moi c'est que Une fois que mes portes sont fermées, je ne sais pas les rouvrir.
- Speaker #1
Donc maintenant, tu es dans un truc de toi à toi de te dire peut-être que la porte, je ne vais pas la fermer à
- Speaker #0
100%. Je suis dans un truc de peut-être que les gens ont droit à une deuxième chance. Peut-être qu'on n'est pas si... Toi, la première, Jo. Peut-être que moi, la première, d'ailleurs.
- Speaker #1
Du coup, tu peux t'appliquer à toi aussi dans ton rapport à la vie, de manière générale. C'est ok.
- Speaker #0
Mais je te disais tout à l'heure, j'adore les êtres humains pour leur complexité. et en même temps je trouve que l'être humain est très dangereux tu vois c'est-à-dire que une personne peut te faire énormément de mal énormément et moi je vais essayer de me couper de ça aussi pour mes enfants et mon maître Je suis encore plus comme ça depuis que j'en ai tous les quatre. Je suis très louvre moi, tous les quatre, on est très... Tu vois, on n'a pas de famille autour de nous. Oui, donc tu fais de tout barricadé quoi. Tu barricades tout, tu vois, c'est un détail, on n'a pas de nounou, on n'a pas de babysitter, on n'a pas de famille. C'est nous quatre.
- Speaker #1
Vous n'habitez pas dans votre pays.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Tu vois, ça, ça joue aussi.
- Speaker #0
Et c'est que nous quatre. Et donc s'il y a un truc qui vient potentiellement perturber ça, alors là je suis...
- Speaker #1
Tiens, moi je sors les dents.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et c'est pas bien.
- Speaker #1
Ouais, mais du coup tu... Donc là, t'as la pensée. OK, la Josefa, elle va s'adoucir dans le futur.
- Speaker #0
Ouais, j'essaie.
- Speaker #1
Et du coup, dans ta mise en action, après, tu arrives quand même à...
- Speaker #0
J'essaie d'être moins vieille conne.
- Speaker #1
Trop bien. Tu vois, c'est un gros truc.
- Speaker #0
Mais j'essaie de me dire, il faut faire ça dans la glace, en fait, avant de crister les autres. Enfin, je ne crie pas les autres, d'ailleurs, un peu, tu vois. Bien sûr, ouais, carrément. Mais je suis vite extrême, je suis vite, bah non, je te coupe. J'essaie d'être sur un truc de Joe. Si t'as besoin de personne, tu le sais. Et si tu veux, t'as besoin de toujours le prouver, de « j'ai besoin de personne, j'ai un défenseur » . Ouais,
- Speaker #1
et de claquer des porcs.
- Speaker #0
Ouais, viens à un moment où ça pèse un peu,
- Speaker #1
tu vois. Moi, j'adore encore plus, on parle de complexité de l'être humain, mais l'évolution, pour moi, elle est encore plus belle.
- Speaker #0
Ouais, c'est dur.
- Speaker #1
Quand toi, aujourd'hui, tu te poses avec ton putain d'ego de merde. Et il est gros. Et je pense qu'il est gros chez tout le monde, tu vois. Et encore plus, il y a des personnalités comme ça qui ont un message à faire passer. où tu exposes aussi beaucoup de toi-même et de ce que tu penses sur le réseau, etc. Je trouve que c'est bien au moment de se poser et de se dire, attends, est-ce que je n'en ai pas un peu trop marre d'être en force ? C'est ça. Et encore plus quand tu as des enfants.
- Speaker #0
Parce que c'est tout le temps en force. C'est là où, par exemple, on parlait d'Arnaud tout à l'heure. Arnaud, on se complète beaucoup. Arnaud, il m'apporte cette douceur et ce truc de, il me connaît comme personne ne me connaît. Avec lui je suis pas dans un truc de... Mais même quand t'en parles,
- Speaker #1
je pense que t'as te...
- Speaker #0
Ah ouais !
- Speaker #1
Dans ton discours de Madoucy et là tu parles d'Arnaud, en donnant l'exemple ça te pose j'ai l'impression.
- Speaker #0
Oui. Mais je pense que c'est un peu le truc des gens qui ont dû se démerder tout seul. Je pense que quand t'as eu une enfance, une adolescence, des moments vraiment difficiles, et que t'as dû te démerder tout seul, et en fait très tôt, la vie t'a montré que tu pouvais compter sur personne en fait ! Bah du coup je trouve que c'est difficile après de s'adoucir Mais comme tu te disais tout à l'heure On est trop vieux pour blâmer notre enfance et nos parents Et notre parcours de vie Donc j'essaie tu vois de dire ok Jo Garde cette force là parce que ça te permet d'être quitté Mais à un moment même Adoucis toi t'es pas obligé d'être tout le temps
- Speaker #1
Tu vois Non mais j'adore parce qu'on sent que tu tends vers ça Et que t'as vraiment ce discours en toi Tu vois où tu te poses Voilà Est-ce que Qu'est-ce que je crois ? Est-ce que je crois les louanges de mon égo ? Ou est-ce que je me pose de l'huile avec un peu plus de clarté ? Je me dis attends, je deviens conne ou quoi ? En fait,
- Speaker #0
je ne veux pas devenir vieille conne.
- Speaker #1
Oui, exact.
- Speaker #0
Pas loin.
- Speaker #1
On a fait en deux-deux.
- Speaker #0
Mais tu vois, j'ai un exemple. Tu parlais du sport tout à l'heure. J'ai un exemple sur ça. Dans le sport, je suis pareille. Moi, j'aime la force. J'aime les trucs qui amènent vraiment du dépassement de soi.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et je pratique beaucoup le deadlift. Donc, c'est une barre au sol avec des poids et tu soulèves et il faut qu'elle soit très lourde. Et il y a deux semaines, c'est un exemple vraiment là, j'étais avec mon coach à qui je fais du deadlift et je devais passer une barre assez lourde. Et je passe une barre et en fait, je sens que je n'aurai pas la barre au poids où je dois la passer aujourd'hui. Et donc, il me dit, OK, là, tu es à 107 kilos. Et il me dit, OK, là, on est à 107. Est-ce qu'on fait les 110 aujourd'hui ou pas ? Et en fait, je lui ai dit, bah non, ok, non. Et il m'a dit, oh putain, je suis fière, il m'a dit, tu le rendis là.
- Speaker #1
C'est incroyable.
- Speaker #0
Il m'a dit, t'es en train de grandir là.
- Speaker #1
Tu vois comme ça se matérialise dans le... Ouais,
- Speaker #0
c'est plus bien dans le sport. Et il m'a dit, ok, là, tu le rendis. Et tu vois, et la semaine d'après, quand j'ai passé au final plus lourd que ce que je suis censée passer la semaine d'avant, il m'a dit, tu vois, tu passes cette barre aujourd'hui parce que la semaine dernière, t'as su te dire,
- Speaker #1
hé,
- Speaker #0
stop. Donc pour moi, c'est une bonne image aussi de l'ego.
- Speaker #1
Garde-le cet exemple en toi. Tu vois ? Parce que je pense qu'il va tellement s'illustrer dans d'autres prises de décision dans ta vie. C'est sûr. Ta carrière. C'est sûr. Pour tes relations.
- Speaker #0
C'est sûr.
- Speaker #1
Cette histoire de deadlift, elle est très très smart.
- Speaker #0
Tu vois ? Le fait d'avoir dit non la semaine d'avant, je sais que c'est pour ça que j'ai passé le poids que je rêvais de passer la semaine d'après.
- Speaker #1
Le timing. Le timing.
- Speaker #0
Le timing. Mais voilà, moi je suis une très grosse impatiente. J'apprends la patience, mes enfants m'apprennent la patience. Mon mec, il est toujours mort de rire. Il me voit avec mes enfants et il me dit comment tu peux avoir autant de patience avec eux alors que t'es autant impatiente dans la vie.
- Speaker #1
Ouais, mais c'est l'amour. Je crois, non ?
- Speaker #0
Non, c'est le fait de ne pas vouloir devenir bacon.
- Speaker #1
Oui, parce que tu sais aussi l'impact que ça aura sur eux si tu fais une conne. Plus ça ! Oui, clairement, j'adore. C'est trop, trop smart. Mais du coup, cette question de vulnérabilité, tu l'as aussi abordée dans ta relation au sport.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je pense que toi, tu deviens maman à deux reprises.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu reprends le sport, tu arrives dans des salles bondées, il y a des miroirs partout. Oui. Tu ne sens pas forcément bien dans ton corps à ce moment-là. Et comme tu disais, le corps que tu as à ce moment-là,
- Speaker #0
En fait, le corps que j'ai toujours eu. C'est-à-dire que moi, j'ai un rapport au corps qui est une merde depuis le début. Je suis en école de danse quand je suis petite, moi. Et en fait, je suis la plus ronde de mon cours. Et maintenant, quand je pense, c'est l'une d'elles, parce que j'ai 8 ans, on fait des essayages pour des spectacles, pour des dial-ups, etc. Je me rappelle être en stress énorme, mais j'ai 7-8 ans, de devoir faire l'essayage. Ma fille a 6 ans, je me dis que je suis faible, tu l'en fais pour ton petit. Et je me vois et me dis, putain, je suis grosse. Et on me le disait, tu vois, là, un peu rondouillette. Toute ma vie, j'ai entendu ces trucs-là. Ma première consultation chez un nutritionniste, je suis en CP, tu vois. Oui,
- Speaker #1
t'as été mise dedans.
- Speaker #0
Je vois les photos et je me dis, oh bichette, en fait, tout va bien, tu vois. La tendresse, bien sûr. J'ai pris du poids durant toute ma vie, beaucoup, beaucoup, beaucoup, jusqu'à arriver. En fait, j'ai jamais été bien dans mon corps. Et quand j'ai fait des enfants, j'ai vraiment explosé au niveau poids. Et là je me suis dit mais en fait t'as que 30 ans quoi.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Donc si à 30 ans tu te détestes comme ça physiquement, la vie elle va être longue quoi.
- Speaker #1
Donc le switch il vient de se refler là à un moment donné dans le miroir de te dire attends j'ai 30 ans ?
- Speaker #0
Je crois pas au déclic, je crois pas au switch.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Moi en fait toute ma vie j'ai attendu les switch et les déclics et je pense que c'est pour ça que la plupart des femmes n'arrivent pas à changer de corps. C'est parce qu'elles se disent ok là j'ai le déclic. Et en fait, au final, elles ne tiennent pas. Et après, elles se sentent comme une merde de ne pas avoir tenu. Et dire encore une fois, je n'ai pas tenu. Et du coup, au final, elles s'autosabotent. Et ce n'est même pas de leur faute. C'est ce fameux truc du déclic, du switch qui a nous pourri la vie. Non, j'ai le déclic tous les jours. Si jamais je dois reprendre ce terme du déclic, alors c'est comme le fait de mon mail tout à l'heure. Je le choisis tous les jours. Je le choisis tous les jours.
- Speaker #1
C'est dans un truc de pratique. Oui, mais parce que du coup, quand je parle de switch, il y a vraiment ce truc de... Il y a la Josépha qui n'est pas bien dans une salle de sport après tes accouchements, où tu parles que tu arrives, tu as une chair ample, tu te regardes dans les miroirs. Bon, c'est compliqué, tu te mets au fond de la salle. Et là, en fait, moi, je vois la Josépha chez Animaux, qui est en train de faire des deadlifts en brassière.
- Speaker #0
Oui, mais tu vois, le plus drôle, c'est qu'en fait... Et alors ça, c'est difficile de parler de ça parce que ça fait très vite Pick Me ou c'est très vite Mal Compris Encore. Moi, le switch dans ma tête, il ne s'est pas totalement fait encore. C'est-à-dire que, tu vois, la semaine dernière, j'ai un immo, je soulève un poids, il y a une fille qui me regarde et je me dis, putain, elle doit se dire c'est quoi cette grosse vache qui soulève une barre.
- Speaker #1
La voix, elle est encore là. La voix, elle est encore là.
- Speaker #0
Et en fait, quand elle vient me voir après, elle vient me voir, elle me dit, trop fort et tout, elle me dit, sache que ton corps, c'est mon body roll. Dans ma tête, je me dis, elle se fout de ma gueule en fait. Donc je lui dis merci, j'apprends un temps, je lui dis non et je suis en mode, ok, merci, trop cool et tout. mais en fait et elle sait pas donc je comprends quand elle me parle qu'elle me connait pas et elle me dit je crois en fait des gens ne me connaissent pas et en fait et elle me dit enfin c'est un changement de ton corps et en fait dans ma tête je me dis mais elle sait pas d'où je viens en fait je lui sais ce que c'est d'être dans un corps mais tu vois j'ai encore le truc quand on me regarde je me dis encore putain on doit se dire c'est quoi cette vache oui mais du coup ça illustre parfaitement le truc de cette notion de pratique quotidienne que tu as en fait
- Speaker #1
qu'en fait il n'y a pas le déclic j'ai décidé que j'étais bonne tous les jours tu vas naviguer,
- Speaker #0
dialoguer avec cette voix et du coup tendre vers cette mise en action tu vas essayer de te tendre vers quelque chose qui te plaît ça je pense que ça rejoint un sujet qu'on n'a pas abordé ça serait très long là du coup mais ça rejoint en route sur la séduction sur les femmes et le rapport à la séduction pour moi ça serait compliqué Et pour beaucoup de femmes, je pense que ça c'est très compliqué aussi. Tu l'as eu de l'homme, là c'est pas du tout. Pas du tout. On rentre dans des sujets hyper nippes. Pas du tout.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Pas du tout. Mais si tu veux...
- Speaker #1
Quand Arnaud il te regarde, il te dit que t'es bonne.
- Speaker #0
Ouais, mais c'est Arnaud. En fait, c'est pas... Comment dire ? Je pense que toutes les personnes qui ont connu ou qui connaissent un amour comme le nôtre depuis autant de temps peuvent peut-être comprendre. Je le crois. Je le vois dans ses yeux. que je me trouve belle, que je suis belle, que j'ai un corps, mais c'est Arnaud. Et du coup, notre connexion, notre vie, ce qu'on a vécu, ce qu'on sait l'un de l'autre, ce qu'on s'apporte, c'est tellement profond. Arnaud, tu sais, à l'époque où j'avais... Moi, je traversais des périodes physiques très difficiles. Il y a un moment où j'avais beaucoup d'acné, où j'étais beaucoup plus grosse. Vraiment, une photo de moi, tu ne me reconnais pas du tout.
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais.
- Speaker #0
Là, il me trouvait sublime.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Il y a une semaine, je suis retombée sur des photos de moi avec de l'acné, des énormes pousseux d'acné. C'est très difficile de regarder ça. J'ai encore envie de pleurer quand je vois ces photos-là. Et en fait, je lui ai dit, merci d'être restée avec moi à ce moment-là et d'avoir continué à me trouver belle. Et il m'a dit, mais ouais. Et en fait, tu vois, du coup, quand aujourd'hui, il me dit que je suis belle, je le crois, bien sûr.
- Speaker #1
Mais je vois ce que tu veux dire.
- Speaker #0
Tu vois, il m'aime aussi. Donc, voilà.
- Speaker #1
Mais je suis en train de me faire des jupes. Je t'ai déprimé par le prisme d'Arnaud, mais je pense qu'aussi le but ultime, c'est de se sentir séduisante seule. De soi à soi, quand tu sors dans la rue ou quand tu es chez Agnew, par exemple.
- Speaker #0
Tu es là,
- Speaker #1
tu fais tes débuts, tu te crois en fait minable à ce moment-là et tu te dis, en fait, je sais que je ne suis pas.
- Speaker #0
Je ne me sens pas minable. C'est pour ça que j'aime la muscu, par exemple. Quand je fais le vélo, je me sens très puissante quand je fais de la muscu. J'adore. Mais pas séduisante.
- Speaker #1
Oui, mais c'est quoi la pensée que tu as, du coup, quand la meuf te regarde ?
- Speaker #0
Quand elle me regarde, c'est là où je me dis, ah là là, putain, elle est trop grosse. Tu vois, j'ai d'abord ça. Mais c'est surtout de femme à femme.
- Speaker #1
De femme à femme.
- Speaker #0
Après, moi, ça fait toujours rire mes potes, mais pour moi, par exemple, encore une fois, là, ça peut te faire très... Moi, c'est lunaire. Si on peut venir me draguer, moi, je suis comme les mecs, je suis aveugle. En fait, je ne me dis pas en fringue. Tu sais, je me dis... J'ai un rapport aux hommes qui est très... J'ai des frères aussi, donc peut-être que ça joue là-dessus. Mais surtout, j'ai pendant des années été la copine de la meuf super bonne. J'ai vraiment eu ce rôle-là. Et puis ce rôle-là,
- Speaker #1
il y a tellement de meufs.
- Speaker #0
Moi, toutes mes copines étaient trop belles. J'ai toujours été avec des meufs super belles, super bonnes, super intéressantes. Et moi, j'étais la copine. Donc moi, j'ai toujours été la bonne pote. Avec qui on se bat, avec qui... Mais... Enfin...
- Speaker #1
Oui, qui du coup n'est pas séduisante. Et qui du coup, bah ouais...
- Speaker #0
On n'a jamais dit de moi dans ma vie « Ah, Jo, elle est belle, elle est sexy, elle est bonne. » Tu vois ? Donc quand aujourd'hui ça peut arriver, je ne l'entends pas, mais parce que je suis en mode... Oui, enfin, tu vois ? Et en fait, c'est même pas ça, c'est que je ne l'entends pas en fait.
- Speaker #1
Mais tu... Donc tu n'es pas encore au stade où quand quelqu'un va te le dire, tu le crois. Genre une de tes copines, elle arrive, tu te dis « Jo, t'es hyper sexy. »
- Speaker #0
Mais mes copines, je les crois.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Mes copines, je les crois. D'accord. Les femmes, je les crois. Un compliment d'une femme vaut mille compliments d'un homme.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et après, en même temps, je me fais très peu de rallye par les hommes aussi, parce que je pense que tu te fais de rallye pas pour ton physique, mais pour l'énergie que t'as.
- Speaker #1
Que tu dégages, ah, ça c'est indéniable.
- Speaker #0
Et je crois que sur mon fond, il y a écrit...
- Speaker #1
Je suis bon à...
- Speaker #0
Un mec et des enfants, quoi.
- Speaker #1
Non, pas du tout ! Ah, du coup ? Ouais,
- Speaker #0
je pense...
- Speaker #1
Je pense que ton... Après, je te vois pas à la salle, mais... Enfin, je te vois pas dans ta vie de tous les jours, ou à la salle, ou quand tu fais tes courses, mais... Mais là, en parlant avec toi, je me dis... On voit quand même que derrière, il y a une finesse d'esprit. Et c'est ça qui est séduisant, selon moi.
- Speaker #0
Oui, oui. Après, toi, t'es déçu. Tu vois, maintenant, j'ai continué de t'expliquer ce que je dis.
- Speaker #1
C'est comme ça,
- Speaker #0
t'as raison. C'est ça, c'est ça. Non, non, je ne fais pas semblant. Je vois ce que tu veux dire. Non, mais ouais, je comprends. Ça, c'est une fois que tu te poses. Moi, je te parlais vraiment de l'instinct primaire de la séduction chez les femmes. J'ai quand même grandi dans une ère où... Pour être séduisante, il fallait mettre une robe de talons, être mince, être un peu mystérieuse, etc. Moi, je ne suis pas mystérieuse. Tout à l'heure, tu disais que tu étais solaire.
- Speaker #1
On va se poser.
- Speaker #0
Et qu'on te disait souvent que tu étais solaire. Moi, c'est mouillé. Tu vas sur un banc ? Non, on va finir comme ça. Tu disais souvent que tu étais solaire et c'est ce qu'on te disait. Moi, on ne va pas dire de moi, Jo, elle est solaire. C'est-à-dire que moi, on me dit, oh, tu es sympa, en fait. Moi, c'est plutôt cette phrase-là. Parce que tu...
- Speaker #1
Moi, après une heure d'interview, je te le dis parce que je ne pouvais pas te le dire avant, quand on a commencé. ce que tu dégages en premier, ça s'accroche. Je suis content d'avoir fait la balade. Et je me dois de te dire en cette fin de... Ah ouais ? Je pense que les câbles comme ça, ils ne sont pas sur la caméra.
- Speaker #0
Parce que tu n'as pas l'air sympa, c'est ça ?
- Speaker #1
Mais non, parce qu'en fait, je vois quelqu'un qui est hyper doux face à moi.
- Speaker #0
Hyper doux ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Bah ouais.
- Speaker #1
Alors qu'en fait, au début, ce n'est pas ce que je sens. Je sens quelqu'un, comme tu disais, qui est dans une forme de puissance et de force. on a toujours les gens quelqu'un qui est dans une forme de force et de puissance et de barricade je pense que tu te connais très bien tout ça tu viens de me le dire mais là je suis content d'accéder à une infime partie de toi où en fait t'es méga cool et t'es méga intelligente je savais déjà que t'étais intelligente mais je me dis genre Ouais.
- Speaker #0
elle taffe sur elle et ça ça me fait plaisir mon mec s'est dit souvent de moi avec les baffes tu vois je pense évidemment il l'interviewait il dirait un truc sur Josépha que les gens ne savent pas ou que les gens ne perçoivent pas, je pense qu'ils diraient que... Alors déjà, dit de ma part, mais ils diraient sa douceur et sa profonde gentillesse.
- Speaker #1
C'est exactement ce que j'ai reconnu.
- Speaker #0
Mais c'est quelque chose que je ne montre pas. Et en fait, en vrai, c'est même pas un truc d'ego pour le coup. Je ne montre pas de choses. En fait, je suis très physique. Et pourtant, je suis sur les réseaux tous les jours. Mais je suis très physique émotionnellement. Pas physiquement.
- Speaker #1
Ah tu vois,
- Speaker #0
c'est un truc aussi intéressant J'ai un pote qui m'a dit ça l'autre jour que j'étais à la salle de sport Je me rhabille après, tu vois comment je suis habillée C'est vraiment, je suis habillée comme ça tous les jours Et il m'a dit, c'est drôle Jo à la salle de sport, tu es toujours à moitié à poil Et dans ta vie de tous les jours t'es toujours hyper Dans des vêtements toujours amples et tout Et c'est cette ambivalence là Je suis très masculine dans la façon dont je m'habille Je porte aujourd'hui quasiment que des vêtements d'homme Enfin d'homme, en tout cas, tu l'achètes au rayon homme. Et tu vois, il y a la salle, tu ne me verras jamais en leading, parce que je suis toujours en mini-short, en brassière, tu vois.
- Speaker #1
C'est cool parce que ça prouve à quel point tu navigues ces questions-là, que ce soit par ton style vestimentaire, celui qui peut être plus féminin à certains moments ou plus masculin à d'autres. Mais tout autant, les questions de vulnérabilité, de douceur, de force, de j'ouvre les portes, je les ferme en toi. Et en fait, j'adore voir cette ambivalence en toi. Et moi, la personne que j'ai en face de moi pendant cette interview-là, c'est quelqu'un qui navigue des questions comme ça. Et en fait, ça me fait trop plaisir à voir. Parce que, comme je te dis, au premier avoir, je me suis dit, ça va être compliqué d'accéder à elle.
- Speaker #0
Oui, pourtant, tu m'as demandé l'interview, tu vois.
- Speaker #1
Parce que je sais pas, je me dis que les gens comme ça qui... s'exprime beaucoup sur les réseaux. Et je partage aussi ce que tu partages, évidemment. Sinon, je n'aurais pas franchi le pas, tu vois. Mais je suis content de voir que ça... J'adore les gens qui se posent des questions, en fait. Et le fait que toi, tu sois dans cette logique-là d'évolution et de pratique, que ce soit pour ta pratique sportive ou ta pratique spirituelle, on va dire, j'adore.
- Speaker #0
Tu sais que... Tu veux envoyer ou pas ? Je pense que tu peux garder cette partie, ça va aussi en dire beaucoup sur moi. Tu vas m'envoyer un bon pour valider ou pas ? Et en fait, je ne l'ai pas écouté. Je pense que si jamais tu envoies, je vais demander à Arnaud, député, et je n'écouterai jamais cette TV. C'est parfait. Ça, c'est un truc où je ne peux pas du tout. J'ai donné, et aussi parce que j'ai appris que je sais que là, ce qu'on va se dire, il y a des gens qui vont le comprendre d'une manière, d'autres d'une autre,
- Speaker #1
mais en fait,
- Speaker #0
je dis toujours aux femmes que j'accompagne, C'est tout. t'es responsable du message que tu délivres mais t'es pas responsable de la façon dont il est perçu donc je crois être à peu près en accord avec tout ce que je t'ai dit maintenant après tu vois comment ça va être écouté, monté et tout donc c'est ça je vais te faire confiance je vais même faire écouter Arnaud parce qu'il me connait parfois mieux que moi et donc lui il va me dire mais en fait en vrai je pense non moi j'ai adoré tout ce que tu as dit et en fait j'adore à quel point t'as un esprit critique et c'était cool de voir que c'était
- Speaker #1
pas juste une question réponse quoi t'as répondu à toutes les questions bien sûr mais Merci. que tu remets en question certaines choses et j'adore ça parce que ça m'a appris énormément sur plein de sujets et je ressors nourri de cette interview donc merci pour ça.
- Speaker #0
Avec plaisir, tu m'as dit pas je vais parler.
- Speaker #1
Ah mais franchement t'es garé. Dis-donc moi de la matière. À chaque fin d'interview j'ai toujours le soleil qui arrive donc franchement l'univers est avec moi, j'ai du cul de ouf.
- Speaker #0
Parfait.
- Speaker #1
Donc merci Josepha je te fais un cadeau. Merci à toi. Merci.
- Speaker #0
Ah ça va faire rire mes potos. Je pense que je suis la personne la moins tactile de l'univers.
- Speaker #1
Bah moi je t'ai demandé.
- Speaker #0
Ouais mais voilà.
- Speaker #1
Merci Angé. Trop cool,
- Speaker #0
merci à toi.