- Speaker #0
Bienvenue dans Walkie Talkie, parce que je crois que c'est plus simple en marchant. On suit un chemin, on se perd un peu et on se dit beaucoup. Bonne écoute. Bienvenue Aïva dans Walkie Talkie.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Dans une montée, on commence hard ce matin avec toi, mais c'est bien, c'est un épisode sportif. Je vais te représenter pour les gens qui écouteront cet épisode et qui ne te connaissent peut-être pas. Mais tu enseignes le yoga principalement. en France et à l'étranger aussi, je te vois parfois plein de voyages, plein de formations un peu partout mais là j'ai réussi à t'attraper à Marseille où tu habites maintenant depuis ça fait quoi deux ans peut-être ?
- Speaker #1
Deux ans et demi, ouais.
- Speaker #0
Deux ans et demi, incroyable, trop bien. Et voilà du coup on va passer une heure ensemble, on va aborder plein plein de choses parce que j'avais plein plein de questions à te poser, à toi en tant que personne mais aussi... Toi, en tant qu'enseignante de yoga, j'aimerais qu'on parle aussi de cette industrie dans laquelle j'ai été aussi à un moment donné. Mais voilà, est-ce que tu peux me dire déjà où on se trouve et pourquoi tu as choisi cette balade aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors, on est à Marseille. On est dans le 7e. On prend un petit chemin pour aller vers Notre-Dame-de-la-Garde, donc vers la bonne mer. J'aime bien cet endroit, c'est une des premières balades que j'ai faites, sans aller encore dans les calanques ou quoi. Et c'est une balade qui m'a permis de voir un petit peu le côté calme de Marseille, de prendre un peu de hauteur. Et ouais, c'est un endroit, un moment, des moments que j'ai bien apprécié.
- Speaker #0
De ouf.
- Speaker #1
Donc voilà, quand t'as pas le temps d'aller loin, il y a toujours des petits endroits.
- Speaker #0
C'est ça, Marseille, ça regorge toujours, je trouve, de petites ruelles. Moi, par exemple, j'habitais dans le quartier il y a quelques années. En fait, je n'étais jamais passé dans cette rue parce qu'il y a tellement de petits recoins en permanence que c'est trop cool de se retrouver dans ce genre d'endroit parce que tu découvres toujours un petit passage, ça fait un peu l'esprit village.
- Speaker #1
C'est cool,
- Speaker #0
trop bien. Qu'est-ce qui t'a fait, toi, qu'est-ce qui fait aujourd'hui que tu te dis « Putain, moi, je reste vivre à Marseille » .
- Speaker #1
J'ai envie de dire déjà la mer. Première chose, la mer et ce contraste entre le chaos et le calme.
- Speaker #0
Trop bien.
- Speaker #1
Ça, j'adore. Et puis, en vrai, c'est aussi pratique pour mon activité, parce que je me déplace beaucoup et Marseille, c'est pratique en fait pour bouger, pour moi, pour prendre le train, pour prendre l'avion quand il y a besoin. Et puis à la fois, j'ai aussi des moments où j'enseigne ici. Donc voilà.
- Speaker #0
Trop bien. Est-ce qu'il y a une chose ? Parce que Marseille, comme je te dis, c'est une ville qui est parfois assez paradoxale. Il y a cette espèce de paix qui émane de cette ville, mais en même temps un énorme chaos parfois, à certains moments. Est-ce qu'il y a des choses, enfin une chose par exemple à Marseille, qui te ferait dire, en fait moi je pars, j'en ai marre de cet aspect-là, la ville ou pas ?
- Speaker #1
Je ne crois pas, bien sûr, il y a des moments. Ça arrive toujours que, je sais pas, tu sais, le chaos t'attaque, mais en vrai non. Je pense que je pourrais juste vivre ailleurs parce que je suis attirée, tu vois, par un autre endroit, mais je pense pas que je quitterais Marseille parce que j'en ai marre.
- Speaker #0
Ouais, de ouf. Oui, mais je crois qu'en fait, moi j'ai compris avec le temps que l'endroit parfait n'existe pas. Il y aura toujours un truc. Tu sais, à un moment, j'étais vachement dans cette quête de je vais trouver l'endroit parfait qui rassemble tous mes critères de vie, etc. En fait, je m'aperçois que dans tous les lieux du monde, où que tu sois, il y aura toujours des trucs bien et des trucs moins bien. Et ça, ça vient avec le package, quoi, tu vois.
- Speaker #1
C'est clair. C'est clair.
- Speaker #0
Mais moi, j'aime bien parler aussi, quand j'ai des invités sur Walkie Talkie, de la première impression que j'ai eue d'eux. Donc je vais te dire la mienne et que je vais te dire la de toi. Parce que pour ceux qui ne savent pas, j'ai déjà participé aux formations de Maëva dans le passé. Et en fait, moi, il y a deux mots qui me sont venus en tête quand je t'ai rencontré. Certainement plus, mais je vais résumer en deux mots. C'est belle, déjà. Je pourrais peut-être lui le dire en deuxième. Et experte. Et moi, je vous une admiration, et c'est pour ça que je t'ai invité aussi aujourd'hui, aux gens qui connaissent des choses. Pour moi, j'ai vu quelqu'un qui avait un espèce de puits de connaissances en lui, en elle, et moi je me dis à chaque fois, waouh, comment on fait pour être autant passionné par un sujet, autant expert au-delà de la passion, ça m'a fasciné. Mais moi, je veux savoir, quand toi, tu te regardes dans le miroir,
- Speaker #1
est-ce que tu te sens belle et experte ou pas ? Si je me centre, oui. Quand je ne suis pas centrée, pas toujours.
- Speaker #0
Et quand je dis belle, c'est belle extérieurement et intérieurement. Je trouve que t'aimes un truc qui est méga beau.
- Speaker #1
Oui, parce que belle tous les jours... Il y a deux heures, tu t'es dit « Ah ouais, non ! »
- Speaker #0
Ouais, je comprends.
- Speaker #1
Ça varie, quoi. Mais oui, je pense. Je pense, mais il faut vraiment... Tu vois, ça m'arrive des moments où je ne suis pas centrée. Et c'est souvent les moments où je suis beaucoup dans mon mental, où je rumine un peu et je ne me pose pas.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et dans ces moments-là, c'est difficile de se connecter à ça. Tu vois, on va dire que... Je le sais en théorie dans ces moments-là, mais je ne le mets pas en pratique et du coup, je ne sens pas la connexion.
- Speaker #0
Carrément. Et en ce moment, justement, là, tu parles déjà un peu d'état intérieur et de se sentir centré, ancré dans l'instant et de se connecter vraiment à qui l'on est. Si tu devais décrire un peu ton état intérieur du moment, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Attends, je ne sais plus où on est.
- Speaker #0
Je ne sais pas, c'est par là. Je crois que c'est par là. C'est ça. En fait,
- Speaker #1
je ne savais pas que ça allait revenir. Au pire,
- Speaker #0
on se retrouvera quelque part.
- Speaker #1
En ce moment, je sens que j'ai besoin de me poser un peu plus. Je ne dirais pas que je ne me sens pas centrée, tu vois. Simplement, je sens qu'il y a beaucoup de choses qui bougent, tu vois, qui bougent à l'intérieur. Et juste, tu sais, des fois, t'as l'impression que ton corps, il est quelque part et que toi, t'es un peu... Tu vois que tout va pas au même rythme.
- Speaker #0
Ouais, c'est l'histoire de ma vie, ça. T'inquiète.
- Speaker #1
C'est un peu ça. Je sens que j'arrive un peu derrière, mais il faut qu'il ralentisse là-bas. Ok, ouais.
- Speaker #0
Donc, tu prévois de ralentir un peu plus dans les prochaines semaines ? Ouais, en fait,
- Speaker #1
au mois d'avril, là, je suis... Je suis plus posée déjà, et je pense que ça, ça aide. J'étais pas mal fatiguée ces derniers temps, et je vois aussi que ça... Avant, je n'y faisais pas attention parce que je crois que j'ai eu l'habitude d'être fatiguée beaucoup. Et en fait, du coup, c'est devenu normal dans ma vie.
- Speaker #0
Oui, dans ton système.
- Speaker #1
Oui, du coup, c'est quelque chose que je n'ai jamais trop pris le temps de questionner. Mais maintenant, je sens à quel point c'est important de se reposer et aussi de capter les moments où tu es fatigué et de capter que parfois tes réactions émotionnelles, elles sortent plus facilement dans ces moments. Et aussi pour calmer tout ça, il faut que tu te...
- Speaker #0
il faut qu'il te repose en fait est-ce que tu sens que moi il y a un truc qui me vient en tête tu sens que ton rapport à la fatigue il est aussi induit par le fait que tu as été danseuse etc parce que je crois qu'on a tendance dans ce genre de milieu à se pousser à pousser le corps dans ses limites etc bah en fait moi j'ai fait que ça toute ma vie pousser pousser pousser j'ai fait que ça parce que pour rappel du coup tu étais danseuse avant d'accéder au yoga enfin d'enseigner le yoga
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et ça a été une grosse partie de ta vie quand même ?
- Speaker #1
Ouais, carrément. J'ai envie de dire, c'était ma vie.
- Speaker #0
C'était ta vie, ouais, ok. Tu vois,
- Speaker #1
la danse, c'était ma vie. Donc, si ça n'allait pas dans la danse, j'allais pas bien, tu vois. Oh,
- Speaker #0
wow, ok.
- Speaker #1
Si ça allait bien, j'allais super bien. Et l'idée, c'était que ça allait bien tout le temps. Tout le temps. Mais évidemment...
- Speaker #0
Ça ne peut pas marcher.
- Speaker #1
C'est pas ça le principe de la vie. Donc, ouais, c'était... Et j'avais, enfin, tu vois... C'est là aussi que j'ai commencé le yoga. Et heureusement d'ailleurs, mais au début, ce n'était pas une relation hyper saine parce que déjà, j'ai commencé par le yoga Bikram. Pour ceux qui ne savent pas, c'est le yoga dans une salle chauffée. Et à l'époque, c'était la série Bikram, une série de Hatha Yoga. Et en fait, je pratiquais ça et je... Je nourrissais une espèce de discipline très rigide.
- Speaker #0
Oui, tu arrivais avec les mêmes bagages.
- Speaker #1
ou du moins les mêmes attentes que quand tu dansais en réalité peut-être c'était un peu différent quand même mais par contre je nourrissais le fait de il faut que j'y aille tant de fois par semaine ok, donc très discipline très discipline et j'avais déjà minimum mais minimum 4 heures de danse par jour 5 jours sur 7 minimum tu vois et c'était de 4 à 8 heures tu vois et je m'imposais d'aller aussi perdre tous les liquides de mon corps au bicram mais voilà du coup au départ c'était pas une relation très saine mais tu vois du coup quand t'as l'habitude de transpirer autant de donner autant que malgré toi même si tu sais que c'est pas vrai Tu penses que pour réussir, il faut souffrir ? Ouais.
- Speaker #0
Ça t'a pris du temps à démonter, par exemple, ce truc dans ta tête ? En mode, pour réussir, il faut souffrir, il faut absolument le faire dans le succès, dans la force, etc.
- Speaker #1
Dans ma tête, non. Mais concrètement, oui.
- Speaker #0
Ah oui, donc c'est ce que tu parlais tout à l'heure dans ce truc de savoir les choses. Genre, je sais la théorie, mais après, de là à venir l'appliquer, le ressentir, etc., c'était peut-être plus compliqué pour toi à ce moment-là, non ?
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
ouais. Ok. Et quand justement, maintenant que tu es passé du coup... complètement dans autre chose, donc à enseigner le yoga. Qu'est-ce que tu ressens, toi, quand tu enseignes le yoga, par exemple, en tant qu'enseignante et en tant que personne ?
- Speaker #1
Je me sens à ma place.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Je me sens à ma place et je me sens aussi dans un espèce de... Je me sens dans un échange, en fait.
- Speaker #0
OK, wow.
- Speaker #1
Tu vois ? Ouais. Je me sens dans un échange, vraiment, avec les âmes. Devant moi, quoi. Et ouais, je sais pas.
- Speaker #0
Et t'as fallu du temps, justement, pour... Parce que je crois qu'au début, quand on commence à enseigner, moi, c'est un truc sur lequel je galérais un peu, c'était de connecter et d'être dans cet échange, tu vois. Et je suis surpris que tu en parles, parce que moi, je trouve que, vraiment, tomber dans cette phase d'échange, c'est compliqué, parce qu'il faut vraiment, du coup, venir être connecté à soi, mais du coup, venir se connecter aux autres. Et je trouve qu'en tant qu'enseignant devant une classe de... 15, 20 personnes, ça peut être parfois compliqué. Est-ce que toi, t'as senti que t'arrivais à créer cette connexion directe avec les gens dès le début ?
- Speaker #1
Oui, après j'étais aussi dans un... Alors dès le début, en fait au début j'étais quand même dans une résistance à l'enseignement, étonnamment. Bizarrement, c'est pas un truc que je voulais faire, être prof de yoga. Ou du moins, c'était quelque chose que je pouvais considérer, mais vraiment pour plus tard. Ouais, ouais, ouais. Sauf que ça arrivait plus vite, tu vois, qu'on va dire que prévu.
- Speaker #0
Comment ça se fait que ça arrivait ? S'il y a eu opportunité, quelque chose ?
- Speaker #1
Bah, en fait, j'ai fait mon 200 heures.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et à ce moment-là, j'étais aussi un petit peu en transition entre New York et Paris.
- Speaker #0
Hum hum.
- Speaker #1
C'était aussi une manière de... Mon frère, il ouvrait un studio de yoga à ce moment-là. Donc bon, j'allais enseigner dans le studio de yoga de mon frère aussi. Et puis, plutôt que de faire peut-être un taf qui ne me plaise pas, je pouvais quand même enseigner.
- Speaker #0
Oui, c'est clair.
- Speaker #1
Donc du coup, je m'y suis mise. Et voilà, mais j'étais un peu dans la peur parce que j'étais encore à fond de danse. Je voulais pas rater d'audition, j'avais l'impression que le yoga allait m'empêcher de faire ce que je pensais que je voulais faire.
- Speaker #0
D'accord. Et au final, tu trouves que cette entrée dans le monde du yoga s'est passée relativement smooth pour toi ? Ou c'était quand même une bataille un peu mentale à certains moments ?
- Speaker #1
C'était une bataille. Donc en fait, ce que je t'ai dit, c'est venu au fur et à mesure du temps. Au début, oui, il y avait quand même un échange avec les gens, mais je le sentais plus... Ouais, je le sentais en fait quand je démarrais le cours et jusqu'à la fin. Mais en fait, avant, dans la préparation, c'est là que... Là, je ne sentais pas l'échange. Là, c'était juste moi et moi face à... Mon égo et mes questions.
- Speaker #0
Et ton idée de réussite de cours, etc. Moi, je sais que c'est un truc que j'ai énormément senti quand j'enseignais pendant deux ans à Marseille. C'était qu'en fait, sur le moment, ça allait parce que du coup, l'énergie prend le dessus. T'es connecté à ta pratique, t'es connecté aussi à ton corps, vraiment à ce moment-là et à ce qui se passe dans le corps des gens. Mais c'est vrai que la préparation avant, c'était... Je me rachais les cheveux. En fait, t'es sur ton tapis, tu répètes tes trucs. Tu veux faire selon toi. Tu veux accéder à cette idée de classe parfaite. C'est très compliqué. Je trouve qu'on ne parle pas encore assez de ce truc qui fait partie de l'enseignement. Quoi que tu enseignes de cette préparation avant qui peut être vraiment compliquée à gérer pour certaines personnes, surtout au début de carrière.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
Et là, maintenant, tu ne te sens plus à l'aise, j'imagine.
- Speaker #1
Oui, je ne me sens plus à l'aise. J'ai des moments où il y a des petits... des choses qui reviennent, mais jamais aussi fort que... C'est jamais aussi fort qu'avant, ou alors si c'est aussi fort... Là, tu vois, il n'y a pas longtemps, le week-end dernier, j'étais dans un mood où j'avais l'impression d'être un peu dans le truc d'avant, mais j'étais fatiguée. Et en fait, juste, dans ces cas-là, j'ai besoin de lâcher de la résistance. Et pour ça, en fait, je me...
- Speaker #0
pose,
- Speaker #1
je me pose, tu vois, je ferme les yeux, je me pars, je me mets dans un truc et en fait, je dédramatise, tu vois. Et juste, je suis en mode, ben en fait, si ça se passe pas comme je le veux,
- Speaker #0
ben c'est pas grave. Je pense qu'un truc à se répéter dans ces moments-là, quoi qu'on fasse, il n'y a pas d'enjeu en fait.
- Speaker #1
Ben c'est ça en fait.
- Speaker #0
The end of the day, tu donnes un cours de yoga, c'est génial, ça change des vies et ça... Ça fait du bien au monde, mais en fait, voilà, ton idée mentale du cours de yoga parfait, en fait, elle est juste cristallisée. En fait, revenir au fait qu'en fait, tu fais juste ça, il n'y a pas d'enjeu derrière, c'est OK, tu vois, on n'est pas en train de sauver des vies, quoi.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
c'est ça. Oui, mais non, tu vois, ça change la vie des gens et ça fait trop du bien. Mais c'est vrai qu'il faut remettre les choses parfois en ordre, je trouvais. Et justement, avoir cette chance de pouvoir se poser et venir s'occuper de soi, de se parler, je crois que c'est méga précieux. Et est-ce que tu as senti, toi, à des moments de ta carrière, qu'il y avait des moments où tu faisais vraiment des choix de cœur, où tu t'es vraiment écouté dans tes choix de carrière, où tu allais enseigner pour qui, comment, etc. Mais est-ce qu'il y a eu des moments où tu ne te sentais vraiment que connecté à ton mental, en mode, il faut que je fasse ça, tu vois, des obligations mentales, etc. Oui, bien sûr. Tu arrives à me donner, par exemple, un moment de ta carrière où tu t'es senti vraiment connecté à ton cœur ?
- Speaker #1
Déjà, quand je donnais une formation avec une amie à moi qui s'appelle Tatiana Orlac, avec qui on a beaucoup collaboré et ça marche très très bien. Et en fait, on donnait cette formation, ce 200 heures au Portugal. Et en fait, on s'est dit, ce 200 heures au Portugal, C'est pas nous qui l'avons organisé, mais du coup on avait la chance de pouvoir l'enseigner. Et en fait comme ça marche très bien notre duo, on se disait mais il faut trop qu'on fasse plus de choses ensemble. Et vraiment cette, tu vois, cet élan du cœur.
- Speaker #0
Ouais, cette duo créatif quoi.
- Speaker #1
Ouais, et puis parce qu'on sent aussi, Tatiana elle fait aussi de la... Elle fait de la bio-énergie, elle a été formée en bio-énergie, donc elle est thérapeute, elle fait du massage, mais elle est très dans l'énergie des mains qui guérit, et l'énergie du cœur aussi. Bien sûr, carrément. Et bien sûr, elle enseigne le yoga. Et du coup, on sentait aussi à quel point cet échange avec les élèves était... puissant.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Et entre nous, du coup.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et en fait, on s'est dit, il faut qu'on organise une immersion, tu vois, un truc ensemble, tu vois, où on peut vraiment plonger profondément dans sa pratique. Et puis, moi, une nuit, j'ai fait une petite insomnie.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
J'ai fait ce qu'on dit qu'il ne faut pas faire, j'ai mis mon téléphone. J'ai scrollé un peu sur Instagram et je suis tombée, en fait, sur un... sur un lieu au Sri Lanka.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et en fait, j'étais déjà allée au Sri Lanka pour faire mon 300 heures, donc une autre formation de yoga. Et c'était vraiment un pays qui a résonné avec moi, une période qui a résonné fort. Donc ça, tu vois, c'était aussi un truc du cœur finalement.
- Speaker #0
Ouais, de cette décision de se dire en fait, on va se... On va s'unir, on va se mettre en place, parce que déjà, on kiffe comment on collabore, etc. Il se passe un truc au-delà de ce qu'on explique, quoi. Et en fait, on va former ce projet ensemble et...
- Speaker #1
Avoir, tu vois, une vision comme ça. Et en fait, je pense qu'en moi, je ne pensais pas que j'étais capable de créer quelque chose de si loin. En fait, je crois que j'ai... Ah, c'est ouf ! Tu vois, même en te parlant, tu vois, je pense, je réalise que j'ai toujours été un petit peu... En tout cas, je me suis toujours un peu sentie. Comme une suiveuse, tu vois.
- Speaker #0
Ok. C'est fou parce que nous, de l'extérieur, on ne le voit pas, ça.
- Speaker #1
Bah oui, c'est clair. C'est clair. Et dans le sens où, même si tu vois, j'enseigne un truc, par exemple, la place qu'on m'avait donnée dans ce 200 heures, c'était une place de leader, j'ai envie de dire. Bien sûr, oui, carrément. Mais je l'ai fait aussi parce qu'on me l'a donnée et qu'on m'a mise là avec des consignes précises.
- Speaker #0
Ouais. Et à l'intérieur. Un cadre. Ouais.
- Speaker #1
Et à l'intérieur, je lead. Mais en fait, j'avais jamais autant pris le lead d'une vision complète. Et je pense que c'est quelque chose aussi qui nous a fait du bien à toutes les deux. Même Tatiana, je pense que c'est assez similaire. Parce qu'on s'est dit, en fait, c'est vraiment le truc de la manifestation de quelque chose vraiment d'un peu plus grand. Où tu vois que... d'une idée, d'un désir qui part vraiment du cœur, en fait, quand tu y crois et que tu mets la force dedans, et on a utilisé aussi un moment où on était dans un élan.
- Speaker #0
Bien sûr, un élan important, carrément de se servir de cette énergie. Et je vois ce que tu veux parler, il y a des moments où tu sens qu'il y a un élan, que tu ne peux pas trop expliquer, de faire entreprendre quelque chose. Et en fait, je ne sais pas, ça... S'asseoir et se servir de cette énergie-là pour du coup mettre en place matériellement les choses, c'est-à-dire organiser cette retraite, etc., enfin organiser vraiment dans le réel, c'est nécessaire après avoir eu cet élan, cette énergie, ce feu intérieur.
- Speaker #1
Grave.
- Speaker #0
Est-ce que justement il y a des choses dans ta carrière que tu aurais fait différemment ou pas ? Maintenant que ça fait quand même quelques années.
- Speaker #1
Non, dans la danse, oui.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Mais tu vois, j'aurais fait différemment, mais je ne peux pas dire que j'ai des regrets.
- Speaker #0
Hum, bien sûr, ça c'est trop cool.
- Speaker #1
Après, tranquille. Mais ça peut, tu vois, ça a pu à des petits moments, tu vois, peut-être se générer comme une sensation de regret.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Mais au final, en fait, bah... Je sais que ça m'a emmenée ici, tu vois. Et finalement, la danse, ça m'a fait comprendre... Ben...
- Speaker #0
Ouais, tellement de choses. Beaucoup de choses,
- Speaker #1
tu vois, sur moi qui... En fait, finalement, beaucoup de mes ombres...
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Tu vois, ça m'a montré... Ouais, ce qui n'était pas cool, mais je ne l'ai pas vu spécialement à ce moment-là où je ne l'ai pas vu comme tu peux le voir avec... J'ai envie de dire plus de maturité qui vient de l'expérience aussi. Bien sûr,
- Speaker #0
ouais. Je trouve que c'est bien de le voir comme ça, parce que souvent, on peut poser la question aux gens, est-ce que j'aurais fait ça différemment ? Et c'est chargé de regrets. Et en fait, comprendre aussi que telle et telle décision, à un moment même pas, même celles qui n'ont pas été les meilleures, t'auront en fait mené à une place aujourd'hui qui est la tienne, et qui a aussi son lot de challenges, etc. Bien sûr, mais qui en fait, il y a un espèce de cheminement un peu logique. de la chose et ça, ça fait du bien de le voir, je crois.
- Speaker #1
Ouais, c'est clair.
- Speaker #0
Trop bien. Et aujourd'hui, ta carrière, tu la vois évoluer comment ?
- Speaker #1
Alors déjà, j'ai envie de faire plus de projets. Justement, où cet échange, il est plus fort. Ouais,
- Speaker #0
c'est ouf.
- Speaker #1
Et c'est ce que j'ai fait avec deux amis la première fois cette année. On a mis en place ça. au Sénégal. En fait, c'est pousser finalement le yoga et la signification profonde du yoga, la profondeur du yoga, de la pousser au-delà de juste une pratique, une petite retraite, mais de l'emmener dans nos vies en étant plus à l'écoute les uns les autres, en s'aidant. Et du coup, on a mis en place un projet finalement qui se construit, j'ai envie de dire, avec l'environnement, avec les gens. On est parti avec des idées. Et finalement, de ces idées, en mettant en place quelque chose de concret, mais avec quelques éléments, il y a d'autres éléments qui sortent d'eux-mêmes. Mais du coup, l'idée, c'est de partager le yoga avec les enfants. avec des gens aussi qui ont un travail parfois pénible pour le corps qui n'ont pas toujours Je dis toujours parce que ce n'est pas toujours le cas, mais qui n'ont pas toujours conscience de leurs valeurs et de leur pouvoir de créer un peu plus, de changer leur réalité. Carrément, carrément. Avec des outils simples, encore une fois, sans sauver des vies nécessairement.
- Speaker #0
Peut-être du coup de partir cette idée d'inclusivité dans ton enseignement. de t'adresser encore plus à...
- Speaker #1
Et parfois, quand tu n'as pas les ressources monétaires pour rendre certaines choses plus accessibles, quand à côté de ça, il y a un appel du cœur.
- Speaker #0
Trop bien. Justement, j'aimerais qu'on revienne sur cette idée d'inclusivité dans le yoga. Est-ce que tu crois qu'on est, en tant qu'enseignant aujourd'hui de yoga, On est assez inclusif dans la manière dont on enseigne le yoga. Et quand je dis inclusif, je dis, est-ce qu'on prend vraiment conscience de toute la différence des corps, des histoires, des genres aussi dans nos classes ?
- Speaker #1
Pas toujours, non. Pas toujours. Après, parfois, tu ne peux pas le savoir, tu vois, en avance. Ça fait partie aussi du jeu. ça fait partie aussi du fait que chacun a sa responsabilité je pense mais oui je pense qu'on a besoin d'être plus dans l'observation globalement parce qu'on a des automatismes quand t'enseignes tu développes certains automatismes et si tu prends pas la peine d'observer les gens vraiment comme si c'était la première fois et des fois c'est la première fois c'est vrai que parfois tu rates un peu des choses
- Speaker #0
Et ça, c'est un truc personnel et c'est plus dans la pratique physique. Et je pense que les deux ont de la valeur. Mais je trouve que c'est important aussi d'apprendre à enseigner sans pratiquer en même temps. Parce que justement, en fait,
- Speaker #1
tu peux plus observer, je pense.
- Speaker #0
Bah ouais, en fait, si t'es sur ton tapis et tu fais tout le cours en même temps que tu enseignes. Bien sûr, il y a des éléments qui sont, tu vois, qui sont intéressants parce que t'es... T'es connecté à peut-être des sensations plus subtiles, que tu peux transmettre plus directement à tes élèves, mais parfois aussi, tu rates l'opportunité de vraiment les observer, observer ce qui se passe et peut-être les aider davantage individuellement. Et puis aussi, quand t'es sur ton tapis, c'est plus facile aussi pour l'élève de sortir son corps, tu vois. Après, je ne dis pas que c'est mauvais. Et que c'est facile aussi de le faire.
- Speaker #1
C'est vraiment un vrai effort. Moi,
- Speaker #0
j'ai appris comme ça dès le début. Et limite, maintenant, aujourd'hui, je fais un peu les deux. Je me permets de faire un peu les deux. Au début, limite, j'étais aussi rigide avec la manière dont... Il ne fallait pas que j'aille sur mon tapis. Mais du coup, ça m'a appris des choses. Et je pense que les deux sont utiles. Mais simplement, que tu fasses l'un ou l'autre. Soit dans l'observation et aussi, et je le dis aussi pour moi, parce que parfois, tu vois, tu tombes dans ta routine et t'oublies et tu as toujours des surprises. En fait, j'ai dit putain, j'avais pas, j'ai pas fait attention à ça ou quoi. Et du coup, bah oui,
- Speaker #1
c'est observer les autres et s'observer soi aussi dans son enseignement. Je crois qu'ils feront que. qu'on accèdera peut-être de plus en plus à un yoga qui est inclusif en réalité.
- Speaker #0
Oui, et puis forcément, ce qui n'est pas facile aussi, c'est les réseaux, c'est les réseaux sociaux et l'image du yoga aussi qu'on véhicule, avec des postures de fous.
- Speaker #1
Un yoga très spectaculaire.
- Speaker #0
Oui, mais en même temps, c'est aussi parfois ça qui attire.
- Speaker #1
Oui, ça peut être une porte d'entrée, bien sûr.
- Speaker #0
Je pense qu'en fait, il y a un travail à faire de tous les côtés. Oui,
- Speaker #1
que chacun prenne sa responsabilité.
- Speaker #0
Que chacun prenne sa responsabilité. En fait, si tu es intrigué par la pratique, viens pratiquer. Et bien sûr, ce sera différent avec chaque prof. Il y a des styles différents, mais aussi à travers un même style, tu as une variété. C'est difficile de se frayer un chemin d'où aller quand tu cherches à pratiquer. Je trouve qu'il y a une densité qui est...
- Speaker #1
Oui, une richesse qui est là, carrément.
- Speaker #0
Parfois, ça te submerge un petit peu.
- Speaker #1
Et est-ce que tu penses que le yoga, aujourd'hui, par le prix que ça coûte, de prendre un cours de yoga aujourd'hui en France et en Europe de manière générale, Est-ce qu'on ne peut pas tendre vers plus d'inclusivité financière de ce côté-là, économique ?
- Speaker #0
Si, je pense que si. En fait, moi,
- Speaker #1
ce que je trouve ahurissant aujourd'hui, c'est qu'on pousse les gens à l'introspection parce qu'on sait les bienfaits de tout ça, d'une pratique qui est consciente, dans le respect de son corps, dans le respect des autres, des différences, de ses différences, etc. Le problème, c'est qu'en fait, ça, c'est des principes qui sont trop cools sur le papier, la théorie est géniale. Sauf qu'en fait, dans la pratique, une personne qui aujourd'hui aurait besoin... de bénéficier des bienfaits du yoga doit payer environ entre 20 et 25 euros une classe de yoga comme ça en drop tu vois et je trouve ça plutôt juste en plus ouais carrément ça peut monter encore bien plus haut et je trouve ça genre fou aujourd'hui de me dire qu'en fait aujourd'hui selon moi aucun gros acteur de cette industrie là C'est-à-dire les gros studios, les gens qui ont aussi la parole et la visibilité pour le faire, ne cassent pas les prix à un moment donné ou sont dans une forme de rigidité de « nous, c'est nos prix comme ça, et ça, c'est pas autrement » . On adapte moins, je trouve. Ok, peut-être que la personne n'a pas d'argent ou a moins d'argent ou a besoin de ce que yoga. Là, qu'est-ce qu'on fait ? Je trouve qu'on ne se pose pas les bonnes questions à un moment donné. Qu'est-ce que tu en penses de ça, toi ?
- Speaker #0
Je pense qu'il y a... Merci. Je suis d'accord avec toi sur une certaine portion, disons. Mais je pense qu'il y a des gens qui le font quand même. Je pense juste qu'il faut les trouver, tu vois. Mais je pense qu'il y a des gens qui le font. Il y a des démarches aussi, des cours sur donation qui sont donnés.
- Speaker #1
Oui, ce qui est génial. Je le vois.
- Speaker #0
Mais je suis d'accord avec toi sur le fait qu'il devrait y avoir plus de... Tu vois la forme. Je ne sais pas, peut-être que les studios puissent stipuler, que ça puisse être écrit quelque part, que si tu n'as pas les revenus pour pouvoir te payer ces classes, qu'il y a des possibilités. Il y a moins aussi, je trouve, de karma yoga et de karma yogi.
- Speaker #1
Ça existe beaucoup à l'étranger. Moi, je faisais ça à un moment en Australie. Je faisais le ménage dans mon studio de yoga, qui était un gros, gros studio. Et en fait, du coup, je payais pas mes cours. Mais pareil, mais moi, je faisais ça à New York aussi. Et tu sais, quand je suis arrivé à Marseille, j'ai envoyé des messages à tous les studios ici en mode « Je peux venir faire le ménage ? » Et tout le monde m'a dit « Non ! » Et je me dis « Guys,
- Speaker #0
réveillez-vous ! » Pour moi, c'est une manière simple de rendre le yoga accessible. Quand j'étais à New York, je faisais ça, mais je n'étais pas la seule à faire ça dans le studio. C'est ça, il y a tout un schedule et tout, de fou, c'est vrai. Et c'était vachement bien. Et puis en fait, en plus, je trouve que ça rajoutait quelque chose qui lit et qui nourrit la communauté. Tu vois, le sentiment de communauté. Je suis complètement d'accord. C'est vrai, tu vois, je n'ai pas pensé à ça. Et en fait, il suffit de brainstormer un petit peu, d'en parler un petit peu. il y a des solutions, tu vois. En fait,
- Speaker #1
je trouve qu'au niveau individuel, tu vois, je vous vois en tant qu'enseignant, que ce soit toi ou d'autres enseignants que je suis, faire les classes sur donation, faire des classes en ligne qui sont moins chères, etc. Et ça, c'est trop cool. Donc, je trouve qu'au niveau individuel, il se passe des choses. Et moi, ce que je reproche aujourd'hui, c'est aux personnes, aux studios, donc qui ont plus de lumière, qui ont plus d'ampleur, qui ont plus de voix, on va dire, aujourd'hui dans le monde, ne communiquent pas sur ce genre de choses. Il n'y a jamais une astérisque. dans les prix qui indiquent que les cours peuvent être adaptés, venez, on en parle, etc. Et en fait, on ne responsabilise pas les gens dans leur accès à ce genre de pratiques.
- Speaker #0
Je suis d'accord.
- Speaker #1
En mode, viens m'en parler, on en discute. Tu vois, juste ça. Et je trouve que c'est un peu dommage et j'aimerais à l'avenir qu'on tente plus vers ça ou alors qu'on casse les prix. Parce que c'est vrai que dans d'autres pays, ça se fait. Moi, c'est ce que je pratique aujourd'hui. Je paye mes cours de pilates et de vélo 8 euros,
- Speaker #0
tu vois. Et c'est cool.
- Speaker #1
Et j'y vais et je suis content de le faire. Et c'est pas des cours qui sont moins bien, c'est juste qu'ils ont cassé les prix d'une certaine manière, je sais pas, peut-être qu'il y a des ressorts dans le truc qui font que c'est pas juste quelque part, peut-être que les profs sont mal payés, je l'ignore, mais en attendant, ils ont réussi. Donc je me dis que c'est possible, mais encore une fois, je peux pas dire qu'ils ont réussi parce que je sais pas comment ça se passe, tant c'est des cons, tu vois.
- Speaker #0
Parce que c'est sûr que déjà, même parfois, avec ces tarifs, tu vois, entre 20 et 25 euros... Parfois, il y a beaucoup de studios qui payent mal. Il y a beaucoup de studios qui payent mal. Et puis, c'est dur d'avoir un studio. En France, en plus, souvent, les locaux sont chers. En tout cas, dans les villes comme Paris, Marseille. Et c'est pour ça aussi qu'il y a beaucoup de profs qui prennent l'initiative de louer des salles. Carrément,
- Speaker #1
indépendamment.
- Speaker #0
Et en soi, ça se comprend. Ouais, mais c'est vrai que c'est chiant parce que ça a créé une image du yoga qui maintenant shift plus vers l'image du pilates, tu vois. Mais du coup, d'une certaine population assez aisée, sans oufant ces personnes, j'espère blanches aussi, tu vois.
- Speaker #1
Je pense que c'est une vérité statistique. Il y a un peu ce truc aussi sur Insta de la clean girl, cette tendance qui est née. Le legging. Moi,
- Speaker #0
je ne suis pas à l'aise en legging.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et en fait, qui est très normée, qui est complètement aux antipodes réels de ce qu'est le yoga en termes d'apparence, etc. C'est dommage. C'est un très bon sujet qui mériterait... Selon moi, un podcast entier, ce serait génial parce que j'ai tellement de choses à dire.
- Speaker #0
Mais je pense que tu vois que ça tourne aussi. J'ai aussi confiance au fait que, tu vois, quand j'ai commencé le yoga, autour de moi, je connaissais très peu de gens qui faisaient du yoga. J'étais végétarienne, j'étais végane. Et puis, tu vois, il y avait encore... Beaucoup de clichés qui existent encore aujourd'hui, mais c'est beaucoup plus commun maintenant, en tout cas à certains endroits. Au départ, il y avait ce truc de karma yogi partout, et puis après ça a poussé comme des champignons, c'est devenu une mode. Donc il y avait quelque chose d'intéressant dans le fait que quelque chose comme ça devienne une mode, ça peut rendre la pratique plus accessible et visible. Et puis après, c'est monté dans un truc où, au final, elle est moins accessible. En tout cas, c'est ce que ça a développé, même au niveau de son image. Et là, il y a une petite chute. Il y a aussi l'essor du pilates et de nouveaux concepts autour du pilates qui ont aussi enlevé de l'attention sur le yoga. Mais je pense que c'est utile. Tu vois, comme ça le sera peut-être un jour aussi pour le pilates. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Et je pense que tout est cyclique en réalité, que ce soit dans du business ou dans la vie de manière générale. La petite mort du yoga aujourd'hui, parce qu'il perd en popularité, etc., fera qu'à un moment donné... justement, les entrepreneurs du yoga vont peut-être prendre de nouvelles décisions, avancer différemment. Et en fait, on a besoin aussi parfois de cassures pour pouvoir se réinventer aussi. Exactement.
- Speaker #0
Et c'est l'occasion, en fait, de... Enfin, j'ai envie de dire aussi de faire du tri sur les choses, tu vois, qui peut-être sont pas pérennes.
- Speaker #1
Carrément.
- Speaker #0
Tu vois, et aussi, si tu veux rester dans cette voie-là, est-ce que tu vois... Peut-être qu'il y aura besoin de connecter un peu plus, chacun aura besoin de connecter un petit peu plus à son authenticité et à ce qu'il a envie de cultiver pour que ça dure.
- Speaker #1
Carrément, je suis complètement d'accord. Je pense. J'aimerais qu'on plonge un peu plus, si tu es d'accord, dans comment toi tu te sens dans ta vie aujourd'hui en tant que personne. Quand on a préparé cet entretien au téléphone, Tu m'as parlé d'un sentiment que tu ressens beaucoup, qui est la tristesse. Et je trouve que c'est un très très beau sujet à aborder aujourd'hui. J'aimerais que tu me parles un peu de la relation que toi as à la tristesse. Et aussi, pour que ce soit peut-être plus parlant pour toi en premier lieu, et pour les gens qui écouteront ce podcast, j'aimerais que tu puisses décrire la tristesse. que tu ressens parfois, mais peut-être lui donner une couleur, une matière, un son, quelque chose de plus sensoriel que expliquer peut-être avec des mots.
- Speaker #0
Ok, ok, waouh !
- Speaker #1
Voilà, boum ! Allez, tu as 4 heures !
- Speaker #0
Ouais, c'est intéressant parce que la tristesse pour moi, c'est quelque chose qui... qui est en évolution et qui revient, je pense, dans la vie de chacun, tu vois, ça revient. Mais c'est quelque chose qui longtemps m'a accompagnée de manière pas très... pas visible vraiment de l'extérieur, tu vois, et juste un truc profond de... lié à un vide, tu vois. Tu vois si je l'associe. Si je l'associe à un élément... Je ne sais pas si je l'associe à l'élément... Non, peut-être pas l'élément de l'espace, quand même l'élément de l'eau, tu vois. Parce que, oui, il y a quelque chose qui coule, tu vois. Mais pour moi, c'était lié à un certain vide que je pense qui, tu vois, qui s'exprime par une perte de connexion. À une perte de connexion, tu vois, à la confiance.
- Speaker #1
Non, mais je vois ce que tu veux dire.
- Speaker #0
Je pense qu'il y a une idée de confiance en soi. Et en dessous de ça, il y a une idée aussi de foi en la vie, tu vois. Et puis, parfois, c'est difficile de... En fait, c'est difficile de comprendre et on ne peut pas comprendre, tu vois. Il y a plein de choses qu'on ne peut pas comprendre, mais...
- Speaker #1
Et du coup, de continuer à avoir foi.
- Speaker #0
Oui, voilà. Et tu vois, comme on intellectualise beaucoup, on a envie de comprendre, on a envie de comprendre. Et il y a des choses, tu vois, on ne les comprend pas. Et moi, je pense que ça peut s'exprimer par cette sensation un petit peu de vide. Ouais,
- Speaker #1
carrément.
- Speaker #0
Et j'ai la larme facile, tu vois, et je me suis toujours un peu demandé, tu vois, pourquoi et d'où venait cette tristesse. Mais je pense que c'est aussi ce qui fait que... C'est aussi ce qui m'aide à finalement, peut-être paradoxalement, à être connectée à mon cœur. Tu vois, parce qu'en fait, c'est peut-être ces moments de vide que je peux expérimenter ou cette couleur un peu, tu vois, pastel, mais très, comment on dit, très terne. Oui, très pas vive.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
je pense qu'elle... Elle s'exprime pour qu'à chaque fois, je refasse le lien à mon cœur, à ce qui me fait vibrer et à ma vulnérabilité. Je pense que ma tristesse, c'est accepter. Elle est là aussi pour m'aider à accepter d'être... d'être vulnérablement moi, tu vois. Et elle arrive aussi parfois quand justement je... Je me suis pas autorisée assez à être dans une certaine vulnérabilité, tu vois. Et quand je dis vulnérabilité, c'est pas déborder de toutes les émotions, tu vois. C'est pas... C'est plus... Vraiment s'autoriser à sentir et à voir avec des yeux ouverts, des oreilles ouvertes, tous les sens ouverts, ce qui se passe en soi. Et lâcher le jugement, juste être dans quelque chose de limpide. Et en fait, la tristesse, pour moi, elle vient aussi...
- Speaker #1
C'est ton petit signal.
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
ça c'est cool. Je vois ce que tu veux dire parce que souvent, je trouve que les sentiments comme ça, comme la tristesse, l'anxiété, la peur, les choses comme ça qui sont très vives en soi et qui peuvent nous chambouler et nous remuer extrêmement. Une fois qu'on arrive à les voir comme des signaux d'amitié limite de soi à soi, tu vois en mode, il y a un truc, il y a un truc qui joue en moi, il y a ce vide qui est apparu, il y a cette couleur pourpre un peu qui revient en moi. Qu'est-ce que je fais maintenant ? Est-ce que je fuis cette tristesse ? Est-ce que je la combats ? Est-ce que je suis en colère contre moi de ressentir ces choses-là ? Ou est-ce que justement je peux opérer ce shift-là, comme tu disais, de venir voir réellement ce qui se passe en moi ? Est-ce que j'ai cette capacité de me connecter à cette vulnérabilité qui m'est demandée à ce moment-là par mon être pour justement revenir à quelque chose de plus clair, plus aligné ? Qu'est-ce que je veux ? Quels sont les désirs réellement de mon cœur ? Je trouve qu'une fois que tu arrives à voir Et c'est dur de voir ces sentiments qui sont très inconfortables, parce que là, tu vois, on en parle avec des mots, mais une fois que tu ressens ce vide-là, le moment peut être très compliqué. Mais je trouve qu'une fois que tu arrives à te recentrer, après cette vague-là de tristesse, pour voir vraiment ce qui se joue en toi, ça apporte une clarté qui est genre indéfinissable et qui, du coup, t'emmène vers un chemin beaucoup plus cool de toi à toi, tu vois, vers les bonnes décisions, vers les bonnes décisions de ta vie. Qu'est-ce que j'ai envie de faire ? Qu'est-ce que j'ai envie de voir ? Qu'est-ce que j'ai envie d'entreprendre dans ma vie ? Une fois que tu as ressenti ce sentiment qui est, oui, inconfortable en premier lieu, je trouve. Oui,
- Speaker #0
et je pense qu'il y a beaucoup... Tu vois, quand elle émerge comme ça et qu'elle monte, pour moi, c'est un sentiment qui part de... Peut-être un peu plus bas, mais que je sens beaucoup dans la gorge avant qu'il soit explosé, tu vois. Je pense qu'il y a derrière... L'ego qui se... Tu sais, quand ton ego, il est là, il est là et il a sa place. En tant que t'es humain, tu l'as et il est nécessaire.
- Speaker #1
Oui, tu en bénéficies aussi à certains moments. Oui, oui,
- Speaker #0
oui. Mais en fait, quand il prend trop de place pour te protéger de tes blessures, tu vois, moi, c'est là que peut-être d'autres, c'est d'autres sentiments, mais moi, c'est là que le... L'émotion de la tristesse, elle arrive quand vraiment l'ego prend trop de place et que du coup tu évites certains trucs ou tu nourris pas ce qui te ferait réellement du bien de nourrir mais ça peut passer par quelque chose qui est un peu douloureux.
- Speaker #1
Et justement, quand cette vague... Ces émotions-là, elles peuvent vraiment arriver par vagues. Le sentiment de tristesse, tu peux être enseveli par cette vague-là, parfois, à un certain degré, bien entendu. Mais toi, quand ta vague est là de tristesse, tu t'autorises à rester dedans ou pas ?
- Speaker #0
Oui, maintenant.
- Speaker #1
Avant d'apporter de la conscience et cette conscience-là dont tu viens de parler.
- Speaker #0
Oui, si, je m'autorise, mais je m'autorise globalement de plus en plus. Mais ça m'arrive d'être dans la résistance, tu vois. Bien sûr. Ça m'arrive d'être dans la résistance. Et puis, tu vois, je le remarque beaucoup plus qu'avant. Et parfois, je m'autorise aussi à être un peu dans la résistance, tu vois. Carrément,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Parce que presque tu sens ton... C'est fou, mais tu vois, après, des fois, t'en as envie, t'as envie d'être dans ta résistance.
- Speaker #1
T'as envie d'être dans ta résistance de force, de non, non, mais c'est pas normal de ressentir ça, c'est injuste. Parfois,
- Speaker #0
je finis un petit peu ça, mais globalement, quand même, je pense que je la laisse. Tu vois, je laisse venir parce que c'est trop dur de résister. C'est trop dur de résister trop longtemps. Encore une fois, j'adore cette citation. Tu vois, de dire que la douleur, c'est quelque chose d'inévitable, mais la souffrance, c'est optionnel. Et tant qu'on fait l'expérience de la vie, on fera l'expérience de la douleur, mais plus tu résistes... Et plus tu décides de nourrir à ce qui a fait mal ou ce qui fait mal, en fait, plus tu souffres. Et ça, c'est toi qui l'alimente. Et ce n'est pas facile. Et bien sûr, tu vois, il y a des sujets plus, on va dire, peut-être plus légers que d'autres. Mais justement, pratiquer sur des sujets plus abordables, je pense que c'est important parce que du coup, dans les sujets plus lourds...
- Speaker #1
C'est un bon entraînement, je trouve. de voir quand est-ce que ça bloque en toi à un petit degré pour pouvoir du coup accumuler ces petits degrés de challenge au quotidien pour une fois que le gros challenge est là peut-être que tu sois un peu plus armé consciemment je dirais pour le naviguer avec plus de tendresse envers toi comment tu navigues toi justement admettons on va le faire très schématique tu te lèves le matin mais Eva se sent vide qu'est-ce qu'elle fait ? Maëva se sent triste, surtout.
- Speaker #0
Je prends un temps, tu vois, je vais me poser et faire une petite méditation, tu vois, je vais me poser en moi.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Je vais me poser en moi le temps dont j'ai besoin. Je vais peut-être lire un petit peu, tu vois, quelque chose qui... Juste une petite phrase qui m'inspire. Ou alors, je vais être dans une énergie... Je ne sais pas, je vais me faire un petit shaking. Oui, bien sûr. Le matin, ou alors je vais faire une balade. Donc la mise en action est importante pour toi. La mise en action est importante. Sinon, je rumine. Et je sais que me laisser ruminer, tu vois, ça... Je vais parler aussi, tu vois, parfois je vais en parler. Parfois je ne vais pas en parler et si je n'en parle pas trop longtemps, je sais vers où ça me mène, tu vois. Ouais, ouais, c'est ça. Donc je sais que j'ai besoin d'un truc qui me ramène à l'intérieur, tu vois.
- Speaker #1
C'est vrai que tu vois, ces trucs, et notamment avec les réseaux sociaux... Ces trucs qui nous ramènent à l'intérieur, parfois on les sacralise un peu. Tu vois, on est un peu en mode médite et tu iras mieux. Alors qu'en fait, tu vois, là, en une phrase, tu viens m'expliquer qu'il y a plein de moyens de revenir en soi. Ça peut être se reconnecter à son corps, faire une pratique de yoga, se shaker, méditer, aller faire une balade, jouer d'un instrument, se reconnecter à quelque chose qui nous fait du bien en réalité. Parce que je crois que les choses qui nous font du bien sont un peu en absence d'ego. tu vois ce que je veux dire ? On revient vraiment en soi quand on est dans le kiff.
- Speaker #0
C'est vrai et ça tu vois les personnes aussi qui m'ont accompagnée sur mon chemin il y a Juliette, il y a Anne-Laure aussi, en fait j'ai beaucoup travaillé à un moment donné sur ce truc de en fait qu'est-ce qui te fait vibrer ? C'est une grosse question et je pense qu'il y a des gens c'est peut-être évident, plus évident tu vois, mais parfois Au revoir. Même quand il y a une évidence, tu vois, à la base, tu peux rentrer dans un circuit. En fait, en tant qu'être humain, on a besoin de la répétition, de se rappeler. Même si ça paraît être une évidence, on a besoin de se rappeler de l'amour, on a besoin de se rappeler du jeu, on a besoin de se rappeler de ce qui nous fait vibrer. Et en fait, ben... Ben du coup, tu vois, j'avais fait un petit schéma, etc. avec tous les trucs qui me faisaient vibrer. Et en fait, ça m'a fait du bien de faire ça. Parce qu'au final, tu vois, à ce moment où on m'avait posé la question, tu vois, j'étais un peu déconnectée.
- Speaker #1
C'est très dur, très très dur comme question.
- Speaker #0
Ouais, et puis en fait, il y a plein de petites choses, tu vois. Parfois, on pense aussi grand, tu vois. Je pense que des fois, moi, ça peut être aussi... trop un problème, tu vois, de visualiser. Enfin, ça peut être un avantage comme un problème, mais tu vois, de visualiser grand et en fait, t'oublies aussi que dans les toutes petites choses, il y a aussi ça. Tu es dans toutes les petites choses et toutes les petites choses sont dans toi.
- Speaker #1
C'est génial, j'adore. C'est vrai que j'ai, parce qu'en ayant fait aussi, en étant accompagné par Juliette aussi à un moment de ma vie et toujours aujourd'hui, la reconnexion à ces ces petites choses, pour moi, elle a été... C'est incroyable parce qu'ayant un égo surdimensionné, peut-être que je devrais le mettre au passé en réalité, parce que je trouve que je me suis un peu calmé en réalité, et c'est bien. Et toujours cette envie de grandes choses, tu vois. Toujours croire que les grandes choses, en fait, seulement vont me faire du bien. Mais en réalité, se reconnecter aux petites choses, et à un moment, je n'ai pas eu le choix que de me reconnecter aux petites choses parce que je n'arrivais plus à faire les grandes choses. Ça a été juste marcher dans un parc, prendre un café avec un ami. 30 minutes parce que je n'arrivais pas à faire plus, c'est tellement venu me reconnecter à quelque chose de précieux pour moi que j'ai gardé ensuite dans ma vie quand j'ai pu réaccéder aux grandes choses, reprendre un avion, faire un voyage qui te fait kiffer, partir en week-end avec des amis, des choses qui sont beaucoup plus intenses matériellement parlant on va dire. Mais j'ai conservé aujourd'hui encore ces petites choses dans ma vie qui m'apportent du coup autant de bonheur que les grandes. Tu vois me balader aujourd'hui avec toi, ça représente quelque chose. C'est une petite chose, on a une caméra, on est venu à Marseille à deux pas de chez nous, mais ça représente quelque chose pour moi de très nourrissant, tu vois. Et de prendre un café derrière avec un ami ou quoi, c'est... En fait, on oublie l'importance de ces choses-là quand on les recentre en soi et on se dit en fait, ça vraiment, ça me fait kiffer. Parce qu'en fait, on est aussi dans une société qui nourrit cet appel-là des grands choses. Pour être heureux, tu dois accéder à telle chose et avoir telle voiture et c'est très matérialiste, etc. Et en fait, je crois qu'à un moment donné, faire ce shift-là en soi, de se dire « Attends, là, je ne suis pas ouf, je ne me sens pas bien, mais je vais venir me reconnecter à des choses simples » , ça fait du bien et tu te rends compte de l'importance de ces petites choses-là, je crois.
- Speaker #0
De fou, de fou.
- Speaker #1
Et en parlant de thérapie, j'avais une question. Est-ce que pour toi, la thérapie, ça représente un outil, un refuge ou une nécessité ?
- Speaker #0
Un outil, un refuge ou une nécessité ? Pas un refuge. Oui, une nécessité, mais une nécessité, je pense, pour moi. Mais je pense qu'il y a plein de manières de faire une thérapie. Et que ça peut passer par quelqu'un d'autre. En fait, de toute façon, ça passe par quelqu'un d'autre parce qu'en fait, on apprend de nos relations, tu vois, que ce soit avec la boulangère, ton meilleur ami, ton conjoint, etc. Mais oui, je pense que c'est une nécessité. En fait, c'est quelque chose de limite. En fait, c'est quelque chose presque d'inévitable. qui se présente à toi, j'ai envie de dire presque la vie est une thérapie, mais après c'est les choix que tu fais, comment est-ce que tu fais avancer ou non cette thérapie. Ah ouais, je sais pas, ma réponse est peut-être un peu...
- Speaker #1
Non, un peu imagée, mais c'est très bien. Non, je crois que pour toi, ça a une nécessité aussi à un moment donné, mais après, une nécessité, ça veut pas dire être, je crois, dans une urgence de parler, de trouver quelqu'un, etc. On peut justement expériencer, je crois que c'est ça que tu veux dire, la thérapie de manière générale, donc se faire aider par quelqu'un de n'importe quelle manière en réalité, tant que ça veut vraiment nourrir quelque chose en toi de fort. C'est ça,
- Speaker #0
c'est ça. Mais c'est sûr que... Parfois, être aidé par quelqu'un qui... C'est vraiment le métier, ça peut être hyper... Ouais, ça peut être très très puissant. Après, il faut trouver aussi la personne pour toi. Parfois, c'est juste pas le moment parce que t'es pas prêt ou parce que c'est pas la bonne personne, j'en sais rien. Oui, c'est ça,
- Speaker #1
c'est pas non plus des matchs à 100% à chaque fois.
- Speaker #0
Et puis voilà, quand tu rentres dans une thérapie, je pense qu'il faut aussi laisser un peu d'espace, pas trop faire de projections.
- Speaker #1
Si tu attends que ça te guérisse,
- Speaker #0
et dans tous les cas, c'est toi qui vas faire le travail.
- Speaker #1
C'est un vrai coup de pouce, je dirais.
- Speaker #0
C'est un vrai coup de pouce.
- Speaker #1
J'en parlais dans le podcast que j'ai fait tout seul. Je pense que c'est pas la baguette magique, il faut l'oublier. Non, ça n'existe pas. Et les gens qui vendent encore plus ça, encore plus à oublier. Mais ouais, je suis complètement d'accord.
- Speaker #0
Mais après, tu commences à kiffer aussi un peu le fait que ce ne soit pas une baguette magique. Tu vois ?
- Speaker #1
Parce qu'en fait, ça te replace en tant qu'acteur réel de ta zone évolution. Je trouve qu'une fois que tu comprends et que tu te responsabilises... Dans ton évolution slash dans ta guérison, le monde est à toi. Et tu comprends que tu peux vraiment gagner en... J'ai envie de dire force, mais ce n'est pas le bon mot. Mais tu vois ce que je veux dire en force de toi à toi, de te faire du bien réellement de toi à toi. Et parce que tu as eu ce coup de pouce à un moment donné de la part de quelqu'un, parce que c'était nécessaire. Et du coup, là, la thérapie devient, je pense, un outil réel. de tous les jours où tu vas réussir à aller mieux en réalité. Oui, c'est vrai. Trop bien. Moi, tu sais, il y avait une notion dans la thérapie de manière générale qui me paraissait lointaine à un moment de ma vie. C'était la notion de l'enfant intérieur. Et je n'ai jamais parlé de ça dans mon podcast. Parce que ça peut paraître un concept un peu brumeux, je trouve, chez certaines personnes. Oui, je comprends. Mais qui en réalité est un... Vrai concept selon moi, peut-être que pas tout le monde raisonne avec ça, mais j'aurais aimé savoir un peu comment tu le ressens aujourd'hui, ce lien à cet enfant intérieur, le lien à la petite Maëva. Et en gros, ça t'évoque quoi quand je te parle de ça ? Et est-ce que toi, tu te sens en lien à cette partie-là de toi ?
- Speaker #0
C'était un concept difficile pour moi au début.
- Speaker #1
Tu sais que je me moquais des gens, dans ma tête je me disais... J'avais été très, très, très jugeant de manière générale dans ma vie. Et là, je me suis bien, bien calmé sur ça. Et c'est un bonheur d'être moins dans le jugement. Et en fait, je me disais, genre, guys, c'est quoi ce délire ? On était enfant, on a grandi. Ça, il n'y a plus d'enfant. Par contre, c'est tout le contraire, je crois. Mais explique-moi ton point de vue par rapport à ça.
- Speaker #0
Déjà, il a évolué. C'est juste C'est quelque chose que je comprenais de loin, mais que je n'arrivais pas à vraiment intégrer pour moi. Et en fait, ça s'est fait en pratiquant la visualisation et en ayant cette démarche de rentrer en moi. et de me reconnecter en fait. En fait, quand tu te connectes à des choses qui te blessent, des choses actuelles, ce n'est pas toujours nécessaire, mais je pense que sur le chemin de la thérapie et de la vie, il y a des connexions quand même qui te sont utiles. Tu vois, de faire un peu... Encore une fois, ce n'est pas nécessaire pour tout, mais parfois de faire un petit peu le narratif. Des liens de cette blessure vive que tu vis actuellement et finalement tu te rends compte que c'est lié à des trucs que tu as vécu aussi quand tu étais petit. Et du coup pour moi le concept de l'enfant intérieur c'est ouvrir la porte. Tu as en fait une certaine innocence et vulnérabilité, tu vois, qui s'est transformée et peut-être après qui a pris aussi un masque parfois, tu vois, qui a été léguée à l'ego, tu vois, qui en a créé d'autres choses. mais du coup c'est C'est aller vers quelque chose d'un petit peu plus premier,
- Speaker #1
d'un petit peu plus primaire.
- Speaker #0
Et en fait, aller vers ce truc un peu plus premier et aller vers un peu plus cette partie enfant de toi, ça peut être douloureux, mais ça met aussi une certaine douceur parce que avant de prendre ta responsabilité, de prendre tes responsabilités, face à ce que tu ressens, à tes blessures, etc. Tu reconnais aussi que tu as... Enfin, tu reconnais de manière... Pas exagérée, juste de manière...
- Speaker #1
Tu légitimises quelque part. Je ne sais pas si c'est légitime.
- Speaker #0
Oui, tu rends légitime certaines choses que tu as pu vivre et qui n'étaient pas... de ta faute tu vois oui je pense qu'on est responsable de beaucoup de choses dans nos vies même si on s'en rend pas compte et c'est au delà de notre compréhension mais c'est important de de se déculpabiliser aussi parce qu'il y a une différence entre être responsable de sa vie ou en être coupable tu vois je pense qu'on est responsable des choses qu'on vit encore une fois même quand c'est au-delà de notre compréhension qu'il y a une sorte de responsabilité c'est peut-être fort ce que je dis je demande pas à tout le monde d'y adhérer moi c'est comme ça que je navigue mais qu'il y a une différence il faut faire la distinction entre être responsable ou tu vois être coupable tu vois si tu te mets dans le truc de
- Speaker #1
ou de victime permanente. Oui, ou de victime permanente.
- Speaker #0
Exactement. Ça va dans les deux sens. Mais en tout cas, de nourrir ce truc. Donc pour moi, c'est revenir à quelque chose de plus brut. Tu vois, c'est le diamant brut. Et en fait, ça te permet d'aller dans une certaine douceur, justement. où tu travailles justement sur ce sentiment de victime ou de culpabilité et ça te permet de faire un pont entre parfois le passé et le présent, mais aussi finalement, tu vois, on dit que l'enfant intérieur, il est toujours en toi, peu importe la temporalité. Oui, c'est toi réel,
- Speaker #1
c'est toi qui a évolué.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Mais ça te fait connecter aux choses les plus essentielles. Que ce soit cette idée, même l'idée dont on parlait, de trucs qui te font vibrer.
- Speaker #1
C'est un très bon exemple, ça.
- Speaker #0
Tout ça, c'est créé.
- Speaker #1
Limite se poser la question, qu'est-ce que l'enfant en moi aurait kiffé ? Avec quoi cet enfant aurait vibré ? Tu vois réellement ? Et c'est là qu'on revient du coup sur les choses simples. Parce qu'un enfant, en réalité, on s'est tous amusé en étant petit avec de petits bâtons. Tu vois ce que je veux dire ? Oui, c'est ça. Et en fait, on s'aperçoit qu'accéder à cette espèce de satisfaction et de bonheur, c'est en réalité parfois, parfois, parfois, pas bien compliqué. Une fois que tu connectes à cette partie d'enfant intérieur de toi ou cette partie de jeu en toi ou de je ne sais quoi, tu vois. C'est intéressant. Mais toi, par exemple, concrètement, je dirais que c'est quoi le lien que tu as avec la petite Maëva en toi aujourd'hui ?
- Speaker #0
En fait, je crois qu'aujourd'hui, à un moment donné, je faisais beaucoup ce travail de visualisation et où même je m'imaginais petite et je me prenais dans les bras, etc. Et en fait, je le fais encore, mais moins... Moins dans la visualisation de moi enfant. En fait, je me prends dans les bras aujourd'hui. Tu vois, enfin, je... Et pour moi, c'est le lien à cet enfant, mais qui n'est pas nécessairement exprimé...
- Speaker #1
Par l'enfant intérieur.
- Speaker #0
Une idée de c'est un enfant, tu vois, de c'est la petite fille en moi, tu vois, juste, je sais pas, j'ai l'impression en tout cas qu'on est plus à ce moment là, tu vois, un duo et que parfois, ouais, peut-être parfois s'il y a besoin, tu vois, je peux revenir de temps en temps à cette... à cet outil, tu vois, de visualiser un peu plus, de sentir les choses séparées pour les ramener ensemble. Mais en fait, pour moi, c'est juste un biais qui m'a permis et qui me permet encore de me prendre dans les bras. Trop bien.
- Speaker #1
Et si tu arrivais en un mot, je sais que c'est difficile, mais un mot pour me décrire la relation que tu as de toi à toi aujourd'hui ?
- Speaker #0
Amour.
- Speaker #1
La base. Juste ça. Attends, c'est bien. C'est un beau mot.
- Speaker #0
Amour, oui.
- Speaker #1
Trop bien. Et est-ce que tu pourrais me dire un truc que tu as appris, acquéri dans une thérapie ou justement dans une relation à une personne à un moment donné, qui a eu un impact très profond en toi ?
- Speaker #0
Ouais, en fait, je crois que j'ai appris, et c'est toujours en évolution, mais à suivre mon cœur, même quand... c'est quelque chose tu vois qui comment est-ce que je peux exprimer ça même quand c'est quelque chose qui je pense ou je pensais n'allait pas avec certaines valeurs ou une certaine éthique tu vois en fait quelque chose tu vois voilà On grandit conditionné, on sera toujours conditionné. Enfin, tu vois, c'est juste que les conditionnements... On vit dans un monde, oui, bien sûr, carrément. Et c'est utile aussi, ces conditionnements, mais il y a des conditionnements aussi, tu vois, qui sont donnés par la société, qui sont donnés par ta famille, par comment est-ce que tu grandis, et au final, où tu te rends compte que tu as fait certains choix, et en fait, tu les as... Enfin, tu les as faits, tu les as faits parce que... Le bien, c'est ça. Le mal, c'est ça. Et juste, t'as appris comme ça. Tu t'es même pas posé la question. Et en fait, je me suis rendu compte qu'il y a un livre que je kiffe, j'en parle tout le temps, c'est « Conversations avec Dieu » . Et en fait, c'est aussi cette idée que c'est toi qui prends les décisions et qui choisis ce qui est bien. Ou pas, tu vois.
- Speaker #1
Et j'ai une dernière question pour aujourd'hui. Parce que moi, j'ai fait ce... Je le répète à chaque épisode, donc désolé pour les gens qui l'ont écouté peut-être 100 000 fois déjà. Mais j'ai fait ce podcast pour mettre en avant et en lumière la vulnérabilité des gens qui nous entourent. Et je crois qu'il y a plein de gens qui viendront se nourrir de ce podcast et des podcasts de manière générale et des ressources qui sont disponibles. en ligne aujourd'hui pour venir, ils viennent consulter ces ressources-là pour venir chercher parfois un coup de pouce, une solution à quelque chose quand les gens ne vont pas très bien, etc. Donc ma dernière question pour cet épisode, c'est toujours qu'est-ce que tu dirais, toi, Maëva, à une personne qui se trouve derrière la caméra aujourd'hui, qui t'écoute et qui serait en galère émotionnelle ?
- Speaker #0
Déjà... que déjà de connecter à ces aspects de ce qui te fait vibrer en fait, même si tu n'as pas l'énergie, même si tu n'as pas l'énergie pour le moment, tu vois, de regarder toutes les petites choses en fait qui peuvent t'apporter, même dans l'idée ou qui peuvent t'apporter... ce petit truc qui vibre tu vois, de regarder une fleur, un lever de soleil, un coucher de soleil tu vois de De sortir peut-être sans but, tu vois, de sortir de chez toi sans but et juste d'observer, de laisser passer tes émotions si elles ont besoin de passer. Et si tu es dans la résistance, juste de créer de l'espace. De créer de l'espace. Et comment est-ce que tu crées de l'espace ? Peut-être... En se connectant à ces petites choses, aussi en parlant. C'est hyper important, je pense, de parler, de ne pas rester... De t'entourer, tu vois. De t'entourer, et si tu n'as pas la force de sortir chez toi, de demander à quelqu'un de venir te voir, même si c'est dix minutes, même si ce n'est pas longtemps. Mais tu as besoin de... tu vois. il y a des choses qui ont besoin d'être mis en mouvement exactement d'être mis en mouvement et puis surtout aussi c'est pas facile quand on est dedans prendre de la hauteur c'est difficile quand on est dedans mais c'est quelque chose si t'as un Juste un tout petit peu de force pour le faire, tu vois, que ce soit prendre de la hauteur ici physique, tu vois, ou... Ouais, je... Non, non, mais c'est tellement... Et en fait, il y a tellement de choses... C'est un très bon conseil, ouais, carrément. Il y a tellement de choses à dire, tu vois, et...
- Speaker #1
Et je crois que quand on est dedans la vague, dans cette vague de je ne vais pas bien, prendre de la hauteur, à un moment, c'est juste aussi se dire déjà que ça ne va pas être permanent, tu vois ce que je te dis ? Oui, oui, c'est clair. Moi, je sais que ça m'a aidé à un certain moment de voir que... Rien n'est permanent. Tu crois que ça ne va pas venir, mais au fond de toi, il y a aussi une partie qui peut croire au fait et qui sait que ça ne va pas durer. Cette émotion va à un moment du moins baisser un tout petit peu d'intensité et du coup, tu vas pouvoir commencer, comme tu disais, ça revient à la première partie de ta réponse, à cette mise en action-là, de sortir sans but, de faire un petit truc, un tout petit truc, qui va te permettre d'aller un tout petit peu mieux.
- Speaker #0
Ouais, et puis d'être de... Tu vois, d'accueillir, d'être dans l'accueil, tu vois, limite, mets-toi les bras ouverts, tu vois, genre, accueille ce que tu vis, tu vois, et prends cette responsabilité d'accueillir ce que tu vis et pas de l'accepter avec la résistance, tu vois, de l'acceptation, tu vois, donc je dois... Je dois accepter, mais juste, ouais, j'accueille et encore une fois, ça tout passe, tout passe, mais tout passe mieux quand on autorise le passage, tu vois. Ouais,
- Speaker #1
le passage,
- Speaker #0
je suis complètement d'accord. Voilà, entoure-toi, reste pas seul, continue d'écouter les podcasts si ça te fait du bien, tu vois.
- Speaker #1
C'est ouf.
- Speaker #0
Écoute ce qui te fait du bien, nourris-toi de ce qui te fait du bien et ne le vois pas dans les... trop grande chose, tu vois, vois-le dans les dans les tout petits trucs vraiment dans les toutes petites choses génial,
- Speaker #1
bah je trouve que c'est un très très bon mot et conseil que tu donnes dans cette fin de podcast j'ai été ravi d'escalader les rochers de Notre-Dame avec toi d'avoir été même un peu essoufflé à un moment donné mais c'était cool merci pour la vulnérabilité dont tu as fait part aujourd'hui et pour la sincérité, on sent vraiment une sensibilité chez toi qui est très inspirante Merci. Et on sent que tu arrives vraiment avec une espèce de... Tu délivres ton expérience avec beaucoup de générosité, beaucoup de subtilité aussi en même temps. Donc, c'est très, très agréable à écouter. Donc, merci pour ça, Maëva. Merci pour la confiance que tu as eue de venir aujourd'hui me parler de tout ça. Et voilà, à très vite, certainement. Je te fais un câlin. Merci. Merci,
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Hé, attends, Si tu as aimé cet épisode, n'hésite pas à l'envoyer à ta mère, à ta meilleure pote, à ton frère, enfin à qui tu veux, et peut-être surtout à une personne à qui il pourrait faire du bien. Et si tu souhaites me soutenir encore plus, abonne-toi à la chaîne, commente et partage sur les réseaux sociaux. A très vite pour le prochain Walkie Talkie.