Description
Je vous dit TOUT sur ma santé mentale !
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Je vous dit TOUT sur ma santé mentale !
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Transcription
Ok, hello à tous, bienvenue dans cet épisode de Walkie Talkie, un peu différent aujourd'hui. Déjà, je suis dans ma chambre, vous devez vous dire, on ne comprend pas le concept qui nous a bassiné avec un concept en marchant un peu inédit, etc. Et là, il se retrouve dans sa chambre. Bon, j'ai changé d'avis pour l'épisode qui me concerne, en tout cas, et seulement pour cet épisode-là. Parce que tout simplement que je n'osais pas vous faire un épisode face cam dans la rue avec ma perche et compagnie. C'était encore trop de me demander de faire ça. Bref, le regard des autres et tout, c'est encore un peu compliqué. Même parfois quand je suis avec des gens dans la rue en train de filmer, je me dis on va nous juger. Après, je passe vite à autre chose et je me remets vite dans l'interview. Mais j'ai quand même encore ces pensées-là. Donc étant tout seul, c'était pour moi. impossible de le faire dans la rue. Donc me voilà dans ma chambre à Bruxelles pour un épisode un peu spécial. En fait, vous êtes plusieurs personnes à m'avoir demandé, mais Cam, fais un épisode face Cam, en vrai, par rapport à ta santé mentale et comment tu te sens et par rapport à tes anxiétés. Parce que c'est quelque chose dont je parle assez librement sur les réseaux, mais en vrai, je crois que je l'aborde de manière assez superficielle. Ça va être parfois, je vais le mettre dans un petit texte ou dans une petite légende. Est-ce que ces textes sont vraiment lus ? Est-ce que ma parole est vraiment écoutée à ces moments-là ? Je ne sais pas. Mais en tout cas, il y a plusieurs personnes qui m'ont demandé de faire ça et je me suis dit que c'était une bonne idée d'être complètement transparent avec vous aujourd'hui. Je pense que ça va être hyper décousu parce que je n'arrive pas du tout à organiser mes pensées. C'est la première fois que je fais un facecam aussi long du moins et aussi introspectif. Donc je m'excuse par avance si jamais vous ne suivez pas mon propos. N'hésitez pas à m'envoyer des messages derrière si vous n'avez pas compris quelque chose. Mais je vais faire de mon mieux. Donc en gros, l'idée, c'est de retracer un peu ma relation avec l'anxiété de manière générale. Et en gros, comment ça est arrivé dans ma vie, comment je l'ai navigué, comment j'ai navigué avec cette anxiété tout au long de ma life. Et aussi comment je me sens aujourd'hui vraiment à 30 ans, 31 ans maintenant. je croyais que c'était un âge dans lequel on allait que tout était réglé à 30 ans quand j'étais petit, je disais toujours à ma mère j'ai hâte d'avoir 30 ans parce qu'en vrai j'ai grandi avec des rom-com où en fait les meufs à 30 ans elles sont genre trop trop bien et ça y est elles ont trouvé l'amour, elles se sentent hyper bien elles ont le boulot de leurs rêves est-ce que c'est le cas aujourd'hui ? Je crois que je m'en rapproche mais intérieurement il se passe encore beaucoup beaucoup beaucoup de choses et notamment beaucoup d'angoisse et encore beaucoup d'anxiété dans ma vie Donc je crois que c'est un peu un mythe au final d'avoir 30 ans et de se sentir parfaitement bien. Mais je crois qu'à 30 ans, en tout cas pour moi, comment je le sens aujourd'hui à 31 ans, c'est que je commence à peine le chemin de l'acceptation. Je crois que pendant 30 ans, j'ai été en lutte contre moi-même. Et là, je dirais que ça fait... Depuis que je n'ai lancé le podcast, je dirais genre peut-être 6 mois, peut-être un peu avant un an, où je me dis en fait, Cam, tu n'as pas le choix que d'accepter comment tu es. Parce que sinon, tu vas être en lutte permanente et en fait, tu vas perdre ton énergie en fait. Et tu vas perdre cette bataille. Et en fait, ça ne sert à rien d'être en bataille et juste accepte enfin qui tu es. Donc voilà, je vais vous retracer un peu comment ça s'est passé pour moi. Et voilà, j'espère en tout cas que ça intéressera des gens. En fait, cette conversation que j'ai avec vous aujourd'hui, elle part surtout d'une conversation que j'ai avec un collègue la semaine dernière au travail où elle me dit, putain mais calme-toi en fait quand tu es au taf. Je travaille dans un coffee shop, pour ceux qui ne savent pas, je suis barista. Ça fait des années que je fais ça, c'est un peu mon job confort, on va dire, et dans lequel je me sens bien. Mais du coup, je vais vous expliquer. Et qui me permet du coup de financer mon podcast et de vivre, de m'assurer une sécurité financière, on va dire. Il y a quand même des aspects de ce job que j'adore, bien évidemment. Mais en gros, bref, mon collègue me dit, toi Cam, en fait, quand tu es au taf, tu as l'air... hyper bien, tu parles à tout le monde et moi ça me donne trop envie d'être un peu comme toi, aussi confiant, etc. Et en fait, je regarde cette personne et je me dis genre mais tu n'as aucune idée de ce qui se passe en moi actuellement parce que justement, être au travail pour moi, ça représente aujourd'hui ma plus grosse source d'angoisse. C'est énormément de triggers pour moi, ma relation aux autres, ma relation à la hiérarchie, ma vulnérabilité sur mon lieu de travail. Mon perfectionnisme, ça vient toucher plein de choses en moi qui me rendent très sensible sur le travail. Mais je crois qu'en fait... L'être humain est très très très doué pour mettre ses meilleurs masques. En gros, quand j'arrive au travail, je mets le masque du cam hyper heureux, qui va parler aux clients, qui dit à tout le monde, les gars, parlez aux clients, c'est trop bien, on crée du lien, on est là, on est ensemble, etc., on est une équipe. Mais en fait, au fond, il y a des moments où je me sens très très seul et des moments où je suis en train de littéralement faire des crises d'angoisse sur mon lieu de travail et personne ne le voit en réalité. Donc ça part de cette conversation-là où je me dis en fait, Moi aujourd'hui dans cette logique-là d'acceptation un peu de qui je suis et de mes angoisses etc, j'ai besoin d'être clair en fait avec les gens qui m'entourent. Ça ne veut pas dire que je vais balancer toute ma vie à tout le monde et tous mes ressentis en permanence, mais c'est-à-dire que quand quelqu'un me regarde dans les yeux et me dit que j'ai l'air hyper confiant et hyper bien, le rôle que je veux avoir pour moi-même aujourd'hui c'est, avec toute la douceur que je peux avoir pour moi aussi, de dire à cette personne « c'est faux » . C'est faux parce que, oui, je suis confiant, etc. Oui, je suis quelqu'un qui va être assez solaire avec les gens autour de moi. Mais j'ai aussi une part d'ombre et que je me sens aujourd'hui en capacité de la révéler au monde. Non pas que je sois sur un pédestal énorme, mais qu'au moins les gens qui m'entourent au quotidien soient au clair sur ça. Et en fait, moi, ça me fait juste du bien d'être vrai, tout simplement. En gros, l'anxiété pour moi, j'ai pris des notes, mais je ne sais même pas si ça me servirait à quelque chose en vrai. Non, je crois que j'ai à peu près tout dit. Bon bref, ça va être décousu comme je vous l'ai dit. L'anxiété pour moi, c'est un concept déjà que je ne connais pas. Quand je suis jeune, quand je suis adolescent, j'ai 15 ans. Non, je n'ai pas 15 ans. Qu'est-ce que je raconte ? On est en 2015. J'arrive à Paris après mes études à Aix-en-Provence, enfin une partie de mes études, pour continuer justement mes études en communication. J'intègre une fac qui est trop trop bien, Paris Descartes et tout. Enfin, je crois qu'on était quand même beaucoup à demander cette fac et finalement j'arrive à avoir cette licence un peu cool, etc. Mon rêve à ce moment-là, c'est bosser dans les médias. Il n'y a rien d'autre. Je veux être attaché de presse, je veux faire de la télé, je veux faire de la radio, par A plus B. Et ça, je pense que ça fait vraiment partie de mes ressources. j'arrive toujours à mes fins professionnelles. Si je veux quelque chose, je l'aurai. Et ça a toujours été le cas. Alors, je ne sais pas si je suis béni des dieux ou s'il y a un ange gardien qui est là avec moi et qui m'accompagne là-dedans. Mais en tout cas, j'ai toujours eu du cul là-dedans. Et ça a toujours fonctionné. Donc, par A plus B, je me retrouve à France Télévisions pour une alternance. Donc là, c'est cool. Je vis enfin mon rêve. En plus, j'avais à l'époque mon ex. avec lequel j'avais déménagé en même temps à Paris parce que lui aussi venait du sud et on arrive tous les deux à Paris on a deux apparts différents mais voilà on commence un peu à vivre cette aventure parisienne vous savez qui nous fait un peu rêver quand on vient de province et encore plus je trouve en tant que comme gay on croit que c'est vraiment le moment où on va vraiment se révéler au monde et où on va vraiment accéder à qui l'on est à plus pouvoir à à ne plus se cacher, à ne pas dire, etc. Je crois que l'arrivée à la capitale pour une personne homosexuelle, c'est quelque chose d'assez important et d'assez émancipateur. Donc voilà, pour moi, c'était un moment ultra, ultra, ultra symbolique pour moi d'arriver là-bas. Je travaille à la télé, tout se passe bien sur le papier. Ma relation était plutôt cool, je crois, malgré certains défauts, évidemment. Mais on est jeune, on vit des choses un peu intensément, mais voilà. J'attaque à France Télé, tout se passe bien, et là je sens au fur et à mesure des semaines qu'il y a une espèce de lourdeur qui s'installe en moi, je me sens pas bien. Je sais pas, il y a un truc qui se joue, qui est pas ok en moi, et je commence un peu à être déprimé, etc. Pour ceux qui ont vu l'épisode de ma mère, que j'ai sorti en premier sur la chaîne, c'est vraiment le moment de ma vie, je crois 2015, je le redemanderai, où elle, en fait, elle a son pic de consommation de cocaïne, donc pour ceux qui l'ont pas vu, ma mère est... Une ancienne addict à la cocaïne. Et je crois qu'à ce moment-là, vraiment, je n'ai pas trop de lien avec elle. Je me débrouille un peu tout seul. Mon père, il est là sans être là. Je me rappelle que j'ai fait mon déménagement tout seul à Paris, d'ailleurs. Ma tante m'avait accompagné à l'époque pour repartir un peu à cette chasse à l'appart. Pour vous dire à quel point c'était déjà un peu... Je me sentais déjà un peu lonely, on va dire. Un peu seul. Donc voilà, je crois qu'il y a plusieurs choses qu'on jouait à ce moment-là. J'arrivais à la capitale. C'est cool, mais voilà, c'est pas ouf. Je sens la déprime qui s'installe. Je sens aussi que ma mère, ça va pas d'un côté. Donc je sens quand même qu'il y a des choses qui vont pas. Il m'est arrivé de fumer des joints à ce moment-là avec mon mec à l'époque. De temps en temps, c'est vraiment anecdotique. Je pense que j'ai fumé genre peut-être 3-4 joints avec lui les week-ends à Marseille et compagnie. parce qu'on s'est rencontrés à Marseille. Et là, arrive un week-end où je suis mi-moon et je commence du coup à fumer un joint avec lui. On est chez lui et là, je sens que ça ne va pas. Donc, typique, vous voyez où je veux en venir. Battripe de ouf, je commence à me sentir pas bien, papillotation, tête qui tourne. En fait, c'est la première fois de ma vie où je me dis, je vais mourir. Je vois la mort imminente qui est là, qui me regarde dans les yeux. Et en fait, pour la première fois de ma vie, je comprends qu'on peut mourir. Je m'en mêle les pinceaux. Il faut savoir que de ça... Non, attendez, c'est peut-être... Bref, avant ou après, du coup, on est en 2015, il y a les attentats de Paris en 2015. Donc, méga choc pour moi. Je n'habitais pas très loin en plus. Donc, tu es là, tu es clôtré chez toi. Je me rappelle, on était le soir avec mon mec chez moi. Ça, c'était avant ou après que je fume le pétard. Bref, c'est assez mélangé pour moi. Je suis vraiment désolé si ça vous perd. Mais en gros, les attentats m'ont marqué parce que je me dis, en fait, on peut être jeune, vivre sa vie. Et du coup, se faire fusiller par une bande de malades, en fait. Et pareil, donc ma relation à la mort, à ce moment-là, change. Je la vois de plus près, je la constate, je la sens autour de moi. C'est hyper anxiogène, puisque du coup, ce soir-là, je suis avec mon mec, chez moi, le soir des attentats. Et en fait, on regarde les infos et on nous dit, ne sortez pas de chez vous. Sauf que lui, en fait, décide de partir. Je crois que le lendemain, en fait, encore le lendemain, il disait... rester chez vous, éviter les sorties, etc. Moi, j'habitais vers la Fourche à Paris, donc pas très loin du stade, etc. Dans le 18e. Et en gros, lui décide de partir. Donc là, je me sens doublement seul. Il y a plein de choses qui s'emmêlent dans ma tête. Ce n'est pas un bon moment. Et là, je comprends pour la première fois que mon mec n'est pas trop là pour moi en réalité. Et que peut-être que lui, il avait ses propres choses aussi going on. À ce moment-là, je sens qu'on ne peut pas trop compter sur lui dans les moments de terreur. Alors que je crois que quand tu as 20 ans, 22 ans, tu... Ouais, j'avais 20 ans, je crois. Tu as besoin d'avoir ce soutien autour de toi, notamment dans des moments comme ça de terreur. Bref, cet événement passe me traumatise beaucoup parce qu'on en parle beaucoup. J'en parle beaucoup avec mes parents au téléphone, etc. Parce que j'avais encore quand même des contacts avec eux. À ce moment-là, pas autant qu'aujourd'hui, on n'était pas aussi proches, mais je crois qu'on s'appelait quand même de temps en temps. J'en parle beaucoup, beaucoup, beaucoup à mes amis du Sud, à Garance, à Célia. C'est des moments où, en fait, on a été très connectés et où on en parlait beaucoup aussi au téléphone. Je m'en mêle, encore une fois. Arrive le soir où je fume le pétard. Bad trip, de ouf. Je me retrouve, du coup, à appeler les pompiers parce qu'en fait, je me suis dit... Cam, tu vas mourir en fait. Donc là, il est grand temps de mourir au moins dans un endroit sain où tu vas être encadré de médecin, etc. Appelons les pompiers. Mon mec appelle les pompiers. Ils arrivent, ils voient très bien que je suis en train de faire une batterie, tout ça parce que j'ai fumé un vieux joint, enfin nul quoi. Et en gros, mon mec décide de ne pas m'accompagner à l'hôpital. Donc deuxième coup un peu de putain en fait, quand je vais mal et quand j'ai besoin, pas trop là pour moi quoi. Donc là, pareil, c'est des moments où je me suis senti très, très seul. Et pour moi, ça a été assez compliqué de gérer ma première relation à l'angoisse comme ça, parce qu'en fait, déjà que tu es terrifié par toi-même, tu n'as personne à qui parler autour de toi. Donc, je parlais aux infirmières, j'étais paniqué. Mais en gros, voilà, ils m'ont donné un anxiolytique et ils m'ont fait rentrer chez moi. C'est tout. Parce que c'est ce qu'ils voient tous les week-ends. Et encore, je pense que comparé à ce qu'ils voient avec la drogue, moi, j'étais vraiment de la gnognotte. Et en gros, je rentre chez moi, je me souviens le lendemain, ma pote Garance, qui est ma meilleure pote, arrive à Paris pour passer le week-end. Et en fait, je me souviens, on a passé un week-end où j'étais en mode... En fait, je sentais que l'angoisse pourrait revenir à tout moment parce qu'en fait, c'est quelque chose qui nous marque dans le corps. Donc le corps est tendu, je me souviens d'avoir la tête qui tourne, d'être, vous savez, un peu la tête légère en permanence. Et d'être pas bien, de me dire qu'à tout moment, je me disais qu'à tout moment, je pouvais caner. Donc en fait, il y a vraiment cette première relation de... d'angoisse qui est là, qui est omniprésente dans ma vie à ce moment-là. Et ouais, cette première relation, cette première sensation de mort, je dirais, où en fait, on comprend qu'on peut mourir et on le vit super intensivement de l'intérieur. Donc, ça en suive quelques semaines où en fait, ça ne va pas du tout. Je fais crise d'angoisse sur crise d'angoisse à Paris. J'essaye de retourner à France Télévisions, d'aller à la fac. Et je me souviens, en fait, je fais des demi-tours dans le métro. Je rentre chez moi parce que je n'arrive pas. Je me souviens un jour, je suis à la cantine de France Télévisions et en fait, pareil, tête qui tourne, pas bien, angoisse. Il faut que je sorte de ce bâtiment, donc il faut que je rentre chez moi. Du coup, je rentre chez moi. Et en fait, ça s'ensuit où je commence à vraiment plus aller au travail, à vraiment plus aller à la fac. Et là, je me souviens, j'appelle Garance et j'appelle ma cousine, je crois, à ce moment-là. Quand vous écouterez cette vidéo, je pense que vous allez vous souvenir de ces événements-là. Et en plus, Marion, je crois, ma cousine, s'était passée à Paris aussi, juste après Garance. Ça se mélange encore un peu, mais vous étiez quand même pas mal là à ce moment-là. Et je leur dis, guys, je ne peux plus rester à Paris. En fait, il faut que je rentre. Il faut que je sois près des miens dans le sud. À l'époque, ma famille et mes amis étaient à Aix. Et il faut que je rentre à Aix. Il faut que je me repose. Il faut que je prenne du temps pour moi. Donc là, j'appelle la fac. En France, c'est compliqué parce que c'est un job que j'ai vraiment voulu, où je me suis vraiment battu pour l'avoir. Et dans ma tête, symboliquement, je lâche mon rêve. Je me dis en fait, la seule chance que j'avais de devenir quelqu'un, la seule chance que j'avais de travailler dans les médias, de côtoyer des stars, En plus, je m'occupais de partenariat musique et cinéma pour France Télévisions. Donc autant vous dire que pour moi, c'était genre waouh. À ce moment-là, c'était incroyable d'aller à des oeuvres en première. C'était incroyable d'aller à des concerts. C'était ouf, Donc là, je faisais une grosse croix en fait et ma vie s'effondrait. Donc je me retrouve à Aix un peu peuneau. Ça ne va pas trop, mais du coup, je crois que... Je ne sais pas si j'ai du chômage ou quoi à ce moment-là. Mais bref, je ne me rappelle plus. Je me remets vite à travailler, je crois. Je fais quand même des petits jobs comme ça alimentaires. Je me rappelle avoir travaillé à la fac à Aix. Ça aussi, c'est un épisode de merde, mais que je ne vais pas vous raconter maintenant parce que c'est vraiment insignifiant, je crois. Et où je me dis, il y a un super coffee shop qui vient d'ouvrir. Je vois que c'est des hipsters qui le tiennent et compagnie. C'est pareil, si vous passez par là, vous vous reconnaîtrez. Et je me dis, il faut trop que je travaille là-bas. Donc, je travaille là-bas. Maison Noche, me voilà. et je commence du coup à être un peu serveur slash barista et c'est cool je crée des liens qui sont super je me fais grave pote avec toute l'équipe donc il y a vraiment ce lien social que je développe du coup et que j'avais pas forcément à Paris j'ai aussi mes potes d'avant j'ai mes nouveaux potes qui arrivent aussi dans ma vie je pense à Emma, je pense à Auré je pense aussi même à Gaïa que des moments comme ça trop trop cool en plus de là Euh... ça va tellement pas que moi je crée une relation complètement fusionnelle avec ma sœur, par A plus B on décide de s'installer ensemble donc mes angoisses je les gère comme je peux parce qu'en vrai je suis méga méga méga entouré à ce moment là et en fait je ne vis que pour être entouré, je fais que sortir je suis tout le temps en train de boire des cafés sur le cours Mirabeau c'est un peu je travaille mais voilà il y a beaucoup quand même de fun Et du coup, les crises arrivent encore et le terrain anxieux est toujours là. Mais en fait, vu que je suis méga entouré, je gère comme je peux. En vrai, ça casse les couilles à tout le monde parce que je me souviens avoir Garance, quand tu écoutes, quand tu vas rire, quand je vais raconter ça, mais je passe un nouvel an chez Garance où tout va très bien. Et d'un coup, tout le monde décide de sortir. Et moi, dans ces moments-là, je me sens hyper angoissé parce que tout le monde va sortir en boîte et que moi, je n'ai pas envie de sortir en boîte. Et que je ne peux pas, du coup, je fais une crise d'angoisse, je demande aux gens de rester avec moi. En fait, c'est horrible parce que du coup, tu embarques aussi beaucoup de gens dans ton malaise. Et en fait, tu as tellement besoin des autres à ce moment-là qu'en fait, tu ne peux pas faire autrement. Et les autres, du coup, vu que c'est tes potes, ils font l'effort de rester. Mais en vrai, c'est un peu relou. Et à ce moment-là aussi, j'attaque ma première, après avoir vu quelques psys avec lesquels ce n'était pas forcément concluant. Pareil, ça, je passe. Je découvre un psy à Aix qui est trop, trop cool. Et là, je fais une espèce de... Il n'était pas psychanalyste, il était psychologue à tendance psychanalytique, en gros. Donc, je parlais énormément. Il était très, très... Un peu taiseux, vous voyez, ce vieil homme en fin de carrière qui connaît. Donc, en fait, pour moi, ça me rassurait d'avoir quelqu'un qui connaisse vraiment son sujet et qui, en gros... pas minimise, mais me dit, il me disait que tout simplement, ça allait aller. Enfin, que j'étais entre de bonnes mains, que je me prenais en main. Et je me souviens à cette époque, les gars, je pense que ça a duré peut-être, je ne sais pas, facilement dix mois où j'allais tellement mal, quand je n'étais pas avec les gens, justement, que j'allais au psy deux fois par semaine. Et Bichette, merci, merci à ce psy parce que, franchement... C'était le début de ma carrière, même de barista, etc. Je ne gagnais pas énormément d'argent. J'avais un loyer cher à Aix. Et ça me fait penser qu'il faut que je vous parle de ma relation avec ma sœur juste après ça, que j'ai oublié de vous dire. Mais bref, trop mignon. Il me faisait grave des prix et tout. Donc, je pouvais vraiment continuer à faire ce travail. En fait, pour moi, à ce moment-là, ce n'était même pas un travail thérapeutique. C'était vraiment un... Si je n'allais pas deux fois chez le psy dans la semaine, ça n'allait pas. Et je n'arrivais pas à marcher dans la rue, je n'arrivais pas à rester seul. Je faisais des crises d'angoisse dans la rue où j'appelais ma sœur en mode « Ambre, tu dois venir me chercher, je suis dans cette rue, mes jambes me lâchent et tu dois venir avec moi pour m'aider à marcher. » Et je me souviens même de chez moi à chez le psy, il y avait peut-être 25 minutes de marche, mais hyper chill. Ceux qui connaissent Aix-en-Provence, on n'est pas non plus dans une ville qui est hyper insécurisante, on va dire, mais comme quoi on peut être dans le plus privilégié des environnements, mais quand même sentir des grandes, grandes, grandes insécurités et une peur immense au moindre pas dans la rue. Donc je continue ça, c'est vraiment ma bouée de sauvetage à ce moment-là, cette thérapie-là. Je comprends quand même certaines choses, ça me fait du bien, j'arrive de meuse en meuse. Et ce psy me dit... Vous savez, des fois, il y a des phrases que des gens vous disent à des moments de votre vie et qui vous marquent. Alors moi, elle m'a marqué. Elle est pourtant si simple, mais elle me dit, il me dit quand tu sors dans la rue, même si tu vas très, très, très mal, tu ne sais pas sur quelle surprise tu vas tomber. En gros, ça me sert encore aujourd'hui quand j'ai des moments de down et très dark où je me dis tu dois sortir dans la rue parce que je dois aller au taf, je dois aller faire des courses, etc. Tu ne sais pas ce qui va t'arriver. Et souvent, c'est des journées merveilleuses parce que je suis parti vraiment les pieds de plomb dans mon quotidien. Mais en fait, je me laisse surprendre par ce qui va se passer. Et je repense toujours à ce psy qui, du coup, m'a mis cette graine dans mon esprit de quand tu sors de chez toi, il peut se passer des choses qui sont très, très, très belles à n'importe quel coin de rue. Et du coup, ouvrir la possibilité de se laisser surprendre même dans des moments de dark, ça a été vraiment un déclic pour moi à ce moment-là. Peut-être pas sur le moment en direct parce que j'étais toujours en galère, mais quelque chose que j'ai entretenu au fur et à mesure des années et qui aujourd'hui représente vraiment une aide précieuse au quotidien. Bref, à ce moment-là, je suis hyper fusionnel avec ma sœur. C'est-à-dire qu'on vit dans le même appart, on a deux chambres, je dors avec elle. Parce que je suis terrifié de dormir seul. Je me souviens, on pose l'ordinateur entre nous, elle était du côté droit, moi du côté gauche, on pose l'ordinateur entre nous tous les soirs et on s'endort. Et en fait, ça prouve à quel point à ce moment-là, ma sœur et moi, on était démunis. Mon père n'était pas forcément là, il travaillait. Ma mère était complètement... Je pense, encore une fois, c'était vraiment... Je crois que l'addiction de ma mère, elle a duré vraiment dix ans. Et là, on est vraiment dans les grosses années où ma mère, ça ne va pas du tout, Je crois qu'elle n'avait même pas encore fait ses premières RIAB et compagnie. Ou alors, c'était juste les premières, mais elle est dans le dur, quoi. Donc, en fait, on ne peut compter sur personne. Et à ce moment-là, mon noyau amical plus ma sœur, ça représente vraiment mes piliers. Et en fait, cette thérapie aussi, en parallèle, m'a permis aussi de tout remettre en place, de voir que ma sœur n'était que ma sœur et ce n'est pas ma mère. C'est plein de transferts que j'ai fait dans ma tête à ce moment-là, mais en fait, avec ma sœur, on n'a pas eu le choix que de se fusionner et d'être ensemble, de vivre ensemble, de tout vivre ensemble, d'avoir les mêmes potes, de travailler aux mêmes endroits parce qu'on a travaillé aussi dans le même coffee shop. En fait, on n'avait pas le choix parce qu'on a dû. On était tellement déséquilibrés par tout ça qu'on a regardé autour de nous. Elle était là, j'étais là. Et en fait, on va se soutenir et on va avancer ensemble. Donc, je crois que je ne remercierai jamais. Je vais chialer. Je ne remercierai jamais ma sœur de tout ça que si jamais elle n'avait pas été là dans ma vie à ce moment-là. Je ne sais pas. Je ne sais pas ce que j'aurais fait. Ça aurait été... chaque jour que Dieu fait, je remercie d'avoir une sœur. Franchement, c'est incroyable d'être né dans cette famille-là, mais avec cette sœur-là, c'était essentiel. Et même aujourd'hui, que tout va tellement mieux dans ma vie et dans ma relation avec mes parents, et que ma mère va mieux, qu'on a des bonnes relations avec mon père, etc. Le fait aussi de vivre des moments de bonheur avec ma sœur aujourd'hui, je me dis, putain, on n'a pas que traversé des merdes. On arrive aussi à être heureux ensemble. Et moi, la voix heureuse aujourd'hui qui voyage, qui est avec son mec et tout, c'est une partie de moi qui est heureux aussi. C'est trop cool. Bref, je ne pensais pas que ça me fasse autant d'émotions. Vous voyez, je n'ai pas la larme facile non plus. Je ne vais pas m'être à chialer devant vous non plus. Mais bon, bref. Donc, voilà les années à Aix. Je gère mes anxiétés comme je peux, avec les soutiens que je peux, mais c'est encore très, très dur. Les crises d'angoisse sont omniprésentes et quand elles sont là, ça va. Il y a une crise qui a été déterminante aussi et vous allez comprendre par la suite. En gros, je pense que je suis à un stade d'anxiété qui est genre ultime. Je pense anxiété, je mange anxiété, j'ai peur de... de faire une crise à chaque moment de ma vie, même sur mon lieu de travail, partout. Et j'en fais régulièrement avec mes potes, comme je vous le disais. Et en gros, un jour, je suis au taf, je suis derrière le comptoir, je prends une commande, et là, il y a un truc qui se passe en moi. Je sors de mon corps. Vous allez peut-être penser que je suis fou, je ne sais pas si vous avez peut-être vécu une expérience similaire, mais je me vois. C'est comme si, du coup, vous prenez vos yeux, et vous les mettez là-haut, et vous vous voyez, en fait, au-dessus. Vous voyez la scène de votre vie qui se déroule. Donc, je me vois moi. Je vois la personne qui me parle en face de moi à laquelle je suis en train de prendre une commande. Et en fait, je déréalise. Donc, on appelle ça la déréalisation. Je l'ai su après. Parce que du coup, je retourne quand même chez la psy. Je me dis, mais what the fuck ? What is happening ? Et c'est terrifiant. Parce qu'en fait, on n'est plus dans son corps. On n'a plus les sensations. Et moi, en plus, qui ai tellement peur d'être dans mon corps. C'était une période, je pense... On a tellement peur qu'il nous arrive quelque chose aussi. J'avais tellement peur d'avoir la tête qui tourne. J'avais tellement peur que mon corps me lâche, de mourir, que mes jambes me lâchent. En fait, quelque part, on est aussi dans son corps. On est dans sa tête, mais les symptômes corporels nous tiennent. C'est très bizarre. Et en gros, je me vois. Donc là, flip total. Je me souviens, je vais dehors, j'appelle le psy. Je dis que ça ne va pas. J'arrive par A plus B à me... Calmer. Mais première crise de déréalisation. La déréalisation, je l'ai noté, c'est un trouble dissociatif. C'est avoir une impression que le monde est irréel, d'être en dehors de son corps. En dehors de son corps, c'est plus attrait à la dépersonnalisation, mais c'est deux symptômes qui sont liés. En gros, c'est avoir cette impression un peu vaporeuse en permanence de « je suis là, mais je ne suis pas là » . Ce n'est pas un délire, ce n'est pas une psychose. Sinon, je ne serais certainement pas là en train de vous parler et je pense que ça aurait mal terminé. Parce qu'en fait, on sait que ce qu'on vit est réel. On le sait qu'on est dans la réalité. Mais on a ce sentiment énorme de, je ne sais pas, de s'éda vapeur autour de nous. Le lien à l'autre n'est plus pareil. Le lien à soi n'est plus pareil. On se sent en dehors, on se sent à côté de ses pompes. Et je pense que ça vient vraiment de là, l'expression, on n'est vraiment pas là, quoi. On est là, mais pas là. On croit que le monde est irréel. On se regarde dans le miroir. Parfois, on ne se reconnaît pas. En fait, on sait que c'est soi, mais on ne se remet pas. Je ne sais pas si vous n'avez jamais senti cette sensation. Je ne vous le souhaite pas. C'est un truc que j'ai du mal à décrire parce que c'est vraiment très sensationnel. Ça se sent et ça se vit vraiment de l'intérieur. Bref, donc là... panique totale, je google tout, j'appelle le psy, bref je me calme et voilà, il faut savoir qu'à ce moment là le yoga arrive dans ma vie donc ça c'est ce qui va me tenir aussi parfois à revenir dans mon corps en fait ma boss avec qui je travaillais, Julie, si tu passes par là je fais tellement de dédicaces dans ce truc c'est ridicule genre je suis plein de big up et tout c'est terrible Julie me dit, ma boss du coup chez Maison Noche à Aix me dit viens on va faire du yoga un soir quoi. Moi, c'était le premier cours de... En réalité, ce n'était pas mon premier, parce que mon premier cours de yoga, je l'ai fait quand j'avais 7 ans, quand j'habitais dans mon petit village. On s'en va écouer. Mais je reprends du coup le yoga avec Julie. Et en fait, pour la première fois, je me dis, putain, en fait, je peux être dans mon corps. Et mes pensées, mon flot de pensées peut se calmer. Donc, je me dis, ah, c'est cool. On va peut-être explorer cette voie. Donc, j'y retourne, pas forcément assidûment, mais je vois que le yoga me fait du bien. J'y retourne de temps en temps et je vois que c'est peut-être une voie que je vais explorer par la suite parce qu'en fait, à the end of the day, je ne fais pas de sport, je ne médite pas à ce moment-là ou très peu. Les seules choses qui me font du bien et qui arrêtent mon cerveau, c'est le psy et le yoga. Donc je me dis, je vais peut-être continuer à explorer ces voies-là. Je n'ai jamais été quelqu'un de très régulier dans mes pratiques ou qui va tous les matins méditer, tous les matins aller au sport, machin. Donc là, ce n'est pas ce que j'ai fait non plus, j'y suis allé. quand j'en avais envie, quand j'en ressentais le besoin. Mais c'était toujours des moments qui me ramenaient du coup à la réalité et en moi et qui me ramenaient à quelque chose d'aussi peut-être plus calme en moi où mes pensées s'apaisaient. mes pensées s'apaisaient, où je n'avais plus trop peur de mon corps, parce que je voyais qu'il pouvait faire des choses, et aussi dans la douceur et pas dans la force. Et bref, ça a été une très très belle rencontre, ce yoga-là, et qui du coup va faire partie ensuite de mon quotidien et de ma vie aussi à un certain moment, ça je deviendrai après. Anyway, je rencontre un mec à ce moment-là, je crois qu'il déménage à Paris, ou je ne sais plus s'il habite à Paris, non, je dis... Il habitait déjà à Paris à ce moment-là, mais je le rencontre quand il habitait encore à Aix. Je me retrouve à déménager de Aix pour retourner à Paris, le rejoindre et refaire ma carrière. Quelque chose que j'avais laissé il y a quelques années. Là, on se trouve en 2017, donc quasiment deux, trois ans après que je sois rentré dans le Sud, après mes premières crises d'angoisse chez France Télévisions. Je me sens enfin prêt. à retourner à la capitale, à revivre mes rêves, à redevenir attaché de presse, et on y va, on y croit. J'ai été faux sur toute la ligne. Je me retrouve à Paris, j'habite six mois chez lui, je me trouve un job alimentaire, je bosse au bon marché à Paris, une horreur. Franchement, je ne souhaite à personne d'être vendeur sur un floor. C'est terrible, On nous oblige à rester droit, à faire genre, on travaille, c'est du présentéisme, c'est une horreur. On ne peut pas s'asseoir. Je me souviens, en fait, on ne pouvait pas rester debout. En fait, on devait toujours faire quelque chose. Donc, tu prends ta chamoisine. Je travaillais chez Jimmy Fairley à l'époque. Les lunettes. Tu nettoies un peu les lunettes. Tu tournes en rond. Tu ne peux pas rester statique parce que ça marque mal. Et là, je me dis, mais où je suis ? Je reste trois mois dans ce truc et je me dis, allez, ciao. Et de là, je décide de retourner dans un coffee shop parce qu'à Diana Today, c'est ce que je sais faire. C'est ce que j'ai fait pendant... 2-3 ans à Aix donc let's go back to the coffee shop là encore une fois je m'entoure de personnes exceptionnelles, je fais des rencontres de ouf vie sociale méga remplie, donc je recommence un peu le même schéma de Aix ça va pas trop je fais encore des crises d'angoisse peut-être un peu moins je crois parce que je crois que je vis aussi une vie qui me ressemble un peu plus je suis à Paris, je suis dans une ville que je kiffe plus dans lequel je suis aussi peut-être plus nourri par mon environnement. Donc forcément, les crises ne sont peut-être pas les mêmes. Mais il y a encore énormément de triggers, notamment sur mon lieu de travail, où je me rappelle d'une fois, Margot... Je suis obligé d'intégrer des gens dans cette vidéo, c'est terrible. Margot, tu comprendras cette histoire quand tu l'écouteras. Mais je me rappelle une fois où je me prends la tête avec mon boss, et rien, franchement, c'était rien. Et en fait, ça trigger tellement de trucs en moi, où je fais une crise d'angoisse dans la rue, je rentre chez moi, j'ai la tête qui... tourne, me sens pas bien. Et Margot s'occupe de moi, vient à mon chevet et me sauve de cette situation. Vous voyez à quel point à ce moment-là, je suis dépendant des gens. Et en fait, me calmer tout seul, ça n'existe pas. C'est-à-dire que les autres sont ma source, les autres sont ma nourriture dans ces moments-là où ça ne va pas en fait. Donc les ressources personnelles et la stabilité personnelle, je ne l'ai pas. Je crois l'avoir parce que je suis dans une espèce de quotidien qui est hyper rythmé, où je descends tous les 15 jours, tous les 3 semaines à peu près à Aix, c'est cool, je suis dans une vie un peu trop trop bien, où j'ai plein de potes à Paris, on fait quand même pas mal d'activités, et je travaille beaucoup, je travaille quand même 40 heures dans ce coffee shop où en fait je suis à plein temps, mais tout va bien quoi, je suis toujours ultra nourri par ce qui se passe autour de moi, mais en fait au fond de moi... Il n'y a rien qui se passe et c'est toujours aussi sensible. Jusqu'au moment, là, je continue encore le yoga à Paris. Pareil, en vrai, je continue, mais je ne suis pas tous les jours au yoga. Je le fais un peu chez moi, je m'y intéresse un peu plus. Je vais lire aussi beaucoup de choses à ce moment-là sur la Yurveda. Et je crois... Je ne pratique pas énormément, mais je crois que le yoga va me sauver. Pour moi, c'est comme si tu as un esprit comme ça, aussi anxieux, et tu es un être aussi anxieux, tu vas faire du yoga, et seulement du yoga, et tu vas aller mieux. Tant que tu ne te mettras pas à 100% dans le yoga, ça n'ira pas. Donc je commence à pratiquer plus, etc. Je fais la rencontre de Stéphanie. Stéphanie. C'est une copine de coffee shop que j'ai rencontrée, une copine barista, dans le café où je travaillais à Paris, qui part faire une formation de yoga en Inde. Là, je me dis déjà, what the fuck ? Déjà, moi, je croyais que les profs de yoga, à ce moment-là, c'était que des gens qui avaient fait des super longues études, qui avaient passé des mois et des mois en Inde pour se former, et que c'était un peu un espèce de parcours de vie, un parcours un peu initiatique dans lequel tu te retrouves et où tu vas faire beaucoup de recherches assez philosophiques, etc. Peut-être un peu moins physiques que ce que je pensais à ce moment-là. et en gros tu deviens prof de yoga mais cette fille me dit moi je pars en Inde, je vais faire un 200 heures donc en gros pour devenir prof de yoga aujourd'hui c'est pas légiféré, c'est d'ailleurs un sujet sur lequel j'ai beaucoup d'avis, mais je vais pas vous les partager aujourd'hui, on va pas s'égarer mais en gros tu fais 200 heures de formation et tu peux devenir prof de yoga, ces 200 heures tu peux les choisir de les faire partout, ça peut être en Europe aux Etats-Unis, à Bali, en Inde, enfin bref Elle, elle parlait faire en Inde, donc je me dis, incroyable, cette fille le fait. Je la vois, elle revient, elle me donne aussi des cours, donc je me dis, putain, trop cool, elle a appris plein de choses. Et ça a l'air d'avoir eu un impact assez significatif sur elle parce que je vois qu'elle n'est plus barista, elle se lance à son compte, elle est peut-être un peu plus libre aussi, quelque part. Ça, ce serait à elle de nous le dire, mais je sens que ça lui fait du bien et qu'aussi en elle, ça a changé quelque chose parce qu'elle a été nourrie de 200 heures de formation. un mois passé en Inde où on parle H24 de yoga. Et du coup, les mois, quelques mois se suivent et je me dis mais en fait, c'est ce que je vais faire. Je vais aller en Inde, je vais me former au yoga, ça va changer profondément qui je suis. Je vais revenir vraiment à quelque chose d'ultra sain en moi et d'ultra bien. Je vais me mettre à méditer. Je vais venir un peu à cette esthète yoga que j'imagine dans ma tête. Et ça va changer ma life en fait. Et je vais dire au revoir à mon anxiété. Parce qu'il faut savoir qu'à ce moment-là, depuis 2015 jusqu'à ce moment-là, et là on se trouve en 2019-2020, j'ai un but dans ma vie, c'est éradiquer mon angoisse de moi. Je la déteste. Je déteste ça, je lis des livres de développement personnel H24, je continue à aller chez le psy mais je suis en bataille. C'est-à-dire qu'on peut faire, en fait je crois que le pouvoir de l'intention à ce moment-là, il est significatif. On peut faire tout, plein de choses qui nous font du bien, aller au yoga, faire une thérapie, lire des livres de développement personnel. si l'intention derrière n'est pas J'ai envie de dire pur, mais c'est pas ce que je veux dire, mais vous comprendrez parce que j'aime pas trop ce truc de pureté, mais vous comprenez. Si l'intention n'est pas pure, en fait, on peut continuer, mais être dans la force. Et moi, c'est ce que j'étais à ce moment-là, j'étais dans la force. J'allais chez le psy pour me sauver, j'étais en apnée en permanence, et je voulais éradiquer, je détestais cette partie de moi. Ça n'a pas fonctionné, je vais en Inde, je passe un mois de ouf, c'était vraiment incroyable, et puis... Il y a quand même des progrès dans ma vie. Je n'arrivais pas à marcher dans la rue. Je me retrouve quand même dans un avion tout seul à partir en Inde. C'est quand même un gros step. Donc, il y a quand même aussi des grandes phases d'amélioration dans ce que je fais aussi dans mon quotidien. Je me surpasse quand même. Je pars quand même à des milliers de kilomètres de chez moi, dans une culture que je ne connais pas, avec des gens que je ne connais pas, tout seul. Même si Stéphanie m'avait conseillé. J'ai fait la même école qu'elle en Inde. Donc, elle m'avait quand même énormément rassuré avant. Et merci, merci. Mais voilà, c'est quand même un big step. Mais au fond, j'étais là-bas pour changer et déterminer à changer et me dire que quand je vais rentrer, ce sera un nouveau cam avec des nouvelles aspirations, etc. L'impact, il a été considérable sur moi, évidemment. J'ai voyagé, je me suis surpassé, etc. Comme je vous dis. Mais je voyais que c'est pas... J'étais encore anxieux. Évidemment qu'on va pas... On ne va pas supprimer des années d'insécurité personnelle en un mois en Inde. Sinon, on partirait tous et franchement, moi, je repars demain. Enfin, c'est cool. Mais voilà, je pense que c'est la première fois de ma vie que je comprends aussi que la baguette magique n'existe pas et qu'il faut que je lâche en fait cette idée de baguette magique, que je vais rencontrer une pratique ou rencontrer une personne qui va changer ma vie. Parce qu'à ce moment-là, il y a aussi d'autres croyances qui sont là. Médicien. Mais quand tu rencontreras le bon psy, ça va tout changer. On va tout éradiquer. Quand tu rencontreras le bon mec aussi, quand tu vas tomber sur l'amour de ta vie, tu seras plus anxieux. Quand tu habiteras dans la ville qui te fait rêver, qui te fait vraiment rêver, tu seras plus anxieux. Donc je suis toujours un peu dans cette recherche extérieure de solutions. Comme quoi on peut attaquer un travail introspectif en soi, parce qu'aller en Inde c'est assez introspectif, parce qu'on médite énormément, on a énormément de cours de philo, etc. Mais encore être tourné à 100% vers l'extérieur. C'est pour vous prouver à quel point on peut... Pour vraiment atteindre l'intérieur de soi, je pense que c'est long. C'est long. Et je vous parle de ça. Du coup, je vais en Inde, moi, fin 2019, début 2020. Ouais, c'est ça, fin 2019. Donc, il y a eu du chemin depuis et avant ça. C'est très court, mais c'est très long aussi en même temps. Je rentre d'Inde. En fait, je vous raconte ma life, mais autant vous en doutez, mais c'est grave. Là, je suis en mode autobiographie, en fait. Bref, ça intéressera qui, ça intéressera, mais je me dis que ça va peut-être vous faire du bien aussi. Peut-être que vous allez à un moment vous dire « Mais moi aussi, j'ai ressenti ça. » Et c'est cool parce que vous voyez que quand on voit que quelqu'un ressent les mêmes choses que nous, ça nous rassure aussi à certains moments de nos vies. Et des fois, on a juste besoin de ça, de voir qu'on n'est pas tout seul dans ce qu'on ressent et qu'en fait, vous n'êtes pas fou. Si vous êtes anxieux, vous n'êtes pas fou. Il faut savoir qu'à ce moment-là, les crises sont encore là. Je ne fais pas de crise d'angoisse en Inde, mais je me souviens, si je fais une crise d'angoisse sur le retour, j'arrive à Delhi, je crois, et je suis dans l'aéroport et je sais qu'il faut rentrer en Europe. Donc forcément, là j'étais dans ma bulle, je sais qu'en fait ça va éclater. Ma bulle, elle éclate à l'aéroport et je me dis ça ne va pas aller, je vais rentrer à Aix, comment je vais faire ? Et mes angoisses reviennent. J'avais un plan numéro 2, vous vous doutez bien. Vu que je suis toujours dans une recherche à ce moment-là de... Ça va aller parce que, ultra conditionnel, parce que je vais rencontrer cette personne, vivre ce voyage ou quoi. J'avais déjà prévu mon plan. Moi, je rentrais à Aix. J'avais déjà prévu l'été précédent avec ma sœur, l'ex de ma sœur et ma copine Victoire, de partir en Australie. Donc en fait, je vais partir en Australie. Ça va me changer. Ça va tout régler. Évidemment que non. Vous vous doutez bien. J'arrive en Australie en janvier 2020. Premier janvier 2020, je me rappelle. Nous voilà tous les quatre. Moi, je leur avais dit, je reste là six mois max. Ce n'est pas mon délire. Je ne vais pas faire les farmworks et compagnie, les visas de deux ans. Moi, j'y vais. Je vis ma best life à Sydney. Limite, je ne voyage pas et c'est très bien. Je rencontre l'amour de ma vie et je le ramène en Europe. MDR. Le Covid arrive, tout le monde décide de repartir. Je vous la fais très courte, mais tout le monde, mes potes, décident de repartir en France. Donc ma sœur, l'ex de ma sœur et Victoire décident de repartir en France. Et moi, je me retrouve en Australie. Pourquoi je reste en Australie ? Parce que je crois à ce moment-là que j'ai rencontré l'amour de ma vie, Joseph. Et en fait, je ne peux pas le laisser parce qu'à ce moment-là, je suis ultra dépendant de lui. Donc j'ai remis mon viseur sur quelqu'un, sur encore une fois l'extérieur. En fait, je crois qu'avoir une relation parfaite avec lui, c'est ce qui va me sauver à ce moment-là. Sauf que c'est une relation qui n'est pas du tout égale, dans laquelle je suis hyper anxieux, lui est hyper évitant. Et en fait, je suis peut-être moins angoissé de mes angoisses et de la peur de mourir, mais je suis angoissé par lui. Est-ce qu'il va sortir ? Est-ce qu'il va me tromper ? Je suis hyper jaloux, je suis dans des délires. Tout ça, c'est ma version à moi. La version que je mettais sur Instagram à ce moment-là, c'était Cam V. Dream in Australia et j'ai voyagé, j'ai fait plein de trucs et bien sûr qu'il y a eu du bon, là je vous dépeins un peu le négatif aussi pour vous montrer la vérité mais il y a eu des très bons moments mais à ces moments là de ma vie avec Joseph en Australie ouais je suis pas au max mais en vrai il me cause tellement d'anxiété qu'en fait mes anxiétés elles sont à 100% sur lui et voilà tac Je crois qu'à ce moment-là, ça s'arrête avec Joseph. Je décide de rester en Australie. Donc là, big step encore une fois parce que je perds mon pilier australien. Mais je décide de rester. Pourquoi je décide de rester ? Parce que je me suis fait grave des potes. Emma, si tu passes par là, you won't understand what I'm saying, but I love you. Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire. je reste en Australie parce que j'ai grave des potes je travaille dans un coffee shop qui est trop cool je me sens trop bien je me sens libre Mais voilà, encore une fois, je vais encore chez le psy à ce moment-là, et notamment vers la fin de mon voyage en Australie, parce que je sens que ça ne va toujours pas. Vous savez, quand vous avez tout pour être heureux, mais vous savez qu'à l'intérieur, ça ne va pas. Parce que je vois que je commence à avoir peur de plus de choses, je vois que certaines peurs reviennent, que j'ai aussi certains symptômes qui reviennent. J'ai un peu plus peur de mourir, j'ai un peu plus la tête qui tourne. Je déréalise aussi à certains moments. Mais voilà, ce n'est pas ouf. Du coup, je décide de rentrer en France parce que je voulais être plus proche de ma famille. Et me voilà rentré à Marseille. Je ne sais pas si j'oublie quelque chose. Non, je ne crois pas. J'arrive à Marseille et je me dis, calme, mais encore une fois, comme quoi je me trompe à chaque fois. N'ayez pas des certitudes par rapport à votre vie parce que vous allez vous apercevoir que vous êtes votre propre joke en fait. Parce que moi, toutes les certitudes que j'ai et qui me rassurent en me disant, mais moi je ne fais pas ça et moi je fais ci, moi je fais ça, à la fin, je ne fais jamais ce qui est prévu. Donc si j'ai un conseil à donner, peut-être que vous vous en foutez de mes conseils, mais vous ne croyez pas. En fait, quand vous avez des certitudes, lâchez-les parce qu'en fait, la vie après fait... tellement son travail et vous prouve tellement le contraire parfois. J'arrive à Marseille en mode « Guys, moi je reste deux mois, je repars vivre à Amsterdam, à Copenhague, à Barcelone, je ne sais pas. » Mais moi, la France, très peu pour moi. Vous avez un peu cette pensée. Quand on commence à voyager, on croit qu'on est mieux que les autres. En fait, moi, I'm better than this. Marseille, ce n'est pas pour moi. En plus, c'est commencé à être un peu à la mode à ce moment-là. Là, on est en 2022. Je suis resté deux ans en Australie. 2022, 2020... 2023. Je ne suis que de passage. Mais finalement, par A plus B, je me retrouve à enseigner le yoga parce que je remplace une copine et que du coup, le cours devient mien parce que la fille en question part. Et du coup, je commence à développer mon business de yoga à Marseille. Encore une fois, tout va bien. Le yoga fonctionne. J'ai mon side job, c'est-à-dire que je bosse dans un coffee shop qui est super à ce moment-là. La tisserie, et c'est trop cool. parce qu'en vrai j'ai tout pour être heureux j'ai de l'argent mes cours sont remplis je commence à bien connecter avec les gens autour de moi j'ai mes potes, mes anciens potes, des nouveaux potes mais encore une fois je sens qu'au fond de moi ça va pas mais je continue du coup à aller voir la psy parce que c'est exactement ce que je faisais à ce moment là quand ça va pas tu vas chez la psy et en fait être toujours je croyais que c'était par rapport au yoga que j'allais pas bien parce que peut-être que je travaillais trop peut-être que si, peut-être que là, peut-être que parce que j'avais pas encore rencontré un mec et je me sens seul et blablabla, on se trouve toujours des trucs mais je me fous encore méga la pression par rapport à ma carrière à ce moment-là j'ai décidé que le yoga à ce moment-là c'était ma vie sachant que il faut savoir une vérité sur moi j'ai toujours dit, surtout aux gens qui m'entourent peut-être pas de manière publique on va dire mais que le yoga c'était pas ma passion et je comprenais pas, je me disais toujours tu fais un job qui te plaît, mais ce n'est pas ta passion. Et du coup, j'ai toujours eu ce truc avec le yoga où ça fonctionne et je crois que je suis un bon prof, mais en vrai, je crois que ça ne m'animait pas tant que ça. Mais je le faisais pour une raison. Enfin, pour d'autres raisons aussi, mais je sais que je faisais du bien aux gens et qu'en fait, moi, recevoir un message après mes cours en mode calme, je n'allais pas bien. Et en fait, en cours, ça m'a fait me sentir bien. La mission, elle était réussie et ça m'a apporté un truc, mais je n'étais pas à ce niveau-là de ressenti. J'étais juste dans le... Je ne pouvais pas accéder à ça en moi à ce moment-là, la reconnaissance, la joie de faire du bien, etc. Ce n'est pas une partie de mon être que j'avais encore découvert. À ce moment-là, c'était « Cam, tu as raté ton cours, ta playlist, elle était à chier, de toute façon, tu n'es pas créatif dans tes séquences de yoga, les gens s'emmerdent, tu es un imposteur, tu ne connais pas assez bien le corps et l'anatomie, tu ne connais pas assez bien la philosophie, etc. » J'avais toujours quelque chose à dire. Et en fait, si... Les gens ne me disaient rien à la fin de mon cours. J'étais toujours déçu parce que je me disais « ça ne leur a pas plu » . J'étais en permanence dans le stress. Je me souviens de quelques cours que j'ai selon moi réussi. Je me suis senti bien, mais c'est vraiment anecdotique. J'étais tout le temps en train de me flageller. Mais du coup, tout autant que je me flagellais, je continuais à prendre des classes. C'est-à-dire que je rajoutais des classes sur mon planning. Ça fonctionnait bien. Il y avait plein de studios. C'était avant l'ère Pilates. Maintenant, c'est Pilates, Réformer et compagnie. Mais à ce moment-là, yoga, il y a 2-3 ans. C'était incroyable. Je crois qu'en ce moment, les gens tournent un peu leur dos au yoga. Mais peut-être qu'on reviendra, je ne sais pas. Donc ouais, ça fonctionne pour moi, mais je sens qu'à ce moment-là, je suis un peu en train de m'épuiser en fait, parce que je suis en permanence dans le jugement de moi et je n'ai aucun amour pour moi à ce moment-là. Et je vis juste à travers ma carrière en mode « tu vas réussir, tu vas devenir un peu pro dans ton domaine » . Et du coup, tu vas faire des trucs qui brillent et que les gens voient et qu'il va y avoir encore plus de gens à ta classe, etc. Mais du coup, je perds un peu l'essence de tout ça. Et ça, c'est trop cool d'avoir de l'ambition. Attention, je ne suis pas en train de cracher sur les gens qui ont de l'ambition. Mais moi, je n'étais pas connecté à un truc cool en moi parce que j'étais toujours en train de me pousser, pousser, pousser, toujours pour être le meilleur, toujours pour faire mieux que les autres. Et enfin, fatigant. Et tout ça, c'est quelque chose que je ne racontais pas à ce moment-là sur les réseaux. L'extérieur voit juste que je réussis et que je suis bienveillant et que je suis quelqu'un de cool, etc. Et de sympa avec les autres parce que je rencontre beaucoup de profs et je suis très aussi beaucoup. Je questionne beaucoup les gens autour de moi. Comment ils se sentent ? Je me souviens, j'organise même parfois des workshops entre profs pour savoir un peu comment on peut évoluer ensemble pour être mieux dans nos enseignements, etc. Sauf que moi, en fait, je fais tout le contraire dans ma life. Mais il y a quand même une partie de moi qui veut être beaucoup plus bienveillante. Les signaux de détresse, d'angoisse reviennent en moi en juin 2024. Ouais, c'est ça. Entre temps, j'ai rencontré Thomas, etc. Donc c'est cool parce que je fais quand même beaucoup d'allers-retours à Bruxelles et je m'aperçois que peut-être que j'ai envie de bouger ailleurs. Mais du coup, ça crée quand même beaucoup de questionnements en moi. Mais cette partie-là de ma vie devient de plus en plus douce aussi. Je m'aperçois qu'avec lui, je peux juste être moi aussi à certains moments. Ne plus être le prof de yoga, ne plus être la personne qui veut réussir ou qui veut se montrer sexy sur les réseaux. Juste moi et lui, en fait, il a décidé de m'aimer tel quel. Et je ne vais pas replorer une deuxième fois, mais juste pour vous dire qu'à ce moment-là, l'avoir dans ma vie, ça m'a juste prouvé que je pouvais... C'était ma première porte d'entrée à... Je peux juste... être quelqu'un. Je n'ai pas besoin d'être tout le temps dans le faire et tout le temps dans le je vais devenir, donc tu vas m'aimer. Lui m'a pris tel quel à ce moment-là avec mes angoisses, etc. Sachant que tous les mecs que j'ai rencontrés avant Thomas, je redoutais à chaque fois le moment où j'allais leur expliquer mes angoisses. Donc, j'étais en bataille avec moi en mode, tu ne diras pas à cette personne que tu es anxieux et elle ne le verra pas. C'est-à-dire que j'ai passé parfois six mois avec une personne, enfin plus, mais pendant six mois, je ne disais pas que j'étais anxieux. Donc je vivais tout dans le silence. Et c'était horrible parce que c'était une partie de moi que je n'avais pas envie de révéler. Thomas, je me souviens, dès les premières semaines, je lui ai dit, écoute, moi, je suis un peu sensible. Et c'était cool pour la première fois de pouvoir être aimé par quelqu'un qui ne va pas juger cette partie-là de nous. Moi, l'image que j'ai de Thomas quand ça ne va pas, c'est juste ses bras ouverts. En mode, ça ne va pas, viens. Tes angoisses, elles sont là. Elles font partie de qui tu es aujourd'hui. Mais moi, je t'aime au-delà de tout ça et avec ça. Pour la première fois dans la vie, je m'aperçois qu'en fait, je peux être aimé. Ça, c'est cool. Aimer tel que je suis avec mes zones d'ombre aussi. Bon, bref. Je ne vais pas vous romantiser ma vie, mais voilà, c'est une parenthèse que je voulais aussi faire. Et donc voilà, les premiers signaux en fait que ça ne va pas, parce que ça fait deux ans que je travaille et que je ne pense que yoga, je mange yoga, je chie yoga, je suis en mode yoga, yoga, yoga, yoga, tout le temps. Et donc là, je commence à être en cours au mois de juin et je sens qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Je sens que le corps est en train de dire des choses bizarres. Je suis tendu. Moi, mon symptôme favori, c'est la tête qui tourne. Si j'ai la tête qui tourne, c'est qu'à l'intérieur, ça ne va pas. Ou que je ne suis pas sur le bon chemin. Ou qu'il y a un truc qui est bloqué en moi. Ou un besoin qui n'est pas écouté. Ou que mon enfant intérieur est en PLS. À ce moment-là... Je suis en cours cette semaine-là et ça a été vraiment une semaine ultra déterminante dans ma relation à l'anxiété. Je me souviens, le mercredi j'ai cours. Non, le lundi j'ai cours, j'ai la tête qui tourne. Le mardi j'ai cours, j'ai un peu plus la tête qui tourne. Le mercredi soir arrive. Le mercredi midi, je vais en cours, je me souviens, et je me dis, est-ce que je vais vraiment donner cours ? Parce que je sens que ça ne va pas. Je sens que j'ai l'angoisse. Je ne suis pas bien, j'ai peur de tomber dans mon cours. J'ai peur que les gens me voient tomber aussi à ce moment-là. Moi, je m'étais mis dans ma tête qu'être prof de yoga, on ne montre pas ses émotions et on guide une classe, on lead une classe. Si la personne ose voir tes émotions, alors qu'elle vient pour chercher de la ressource, toi, tu vas lui dire que ça ne va pas, mais ça ne va pas ou quoi ? Donc à ce moment-là, très compliqué pour moi. Le mercredi midi, le mercredi soir, je me pousse quand même à y aller. En mode, tu vas donner secours, quoi. Et là, ça lâche complet. Je suis en cours. D'un coup, tout s'arrête. C'est comme si on met deux bouchons dans ses oreilles. Les gens deviennent flous. Ta vision devient floue. Tu es en toi, mais tu... Je ne les réalisais pas à ce moment-là, mais... Tu es dans ton corps et tu as la tête qui tourne, tu commences à avoir le cœur qui bat, des palpitations, des sueurs, tu ne sais plus quoi faire, sauf que là, en fait, tu as 15 minutes de cours, le cours dure une heure. Comment je fais ? Est-ce que je choisis le chemin de la vulnérabilité ? C'était un mot que je ne connaissais pas à l'époque. Ça, peut-être, ça aurait pu être une option de... Guys, je crois que ça ne va pas trop ce soir. On va faire un cours différent où je vais arrêter le cours, tout simplement. Je ne suis pas dans mon assiette. Ça, c'était une option qui était possible à ce moment-là. Impossible pour moi. Parce que je vais me ridiculiser devant ces gens. Ils sont venus chercher du bien-être dans mon cours. Et en fait, je vais leur dire que je vais arrêter tout ça parce que moi, je vais mal. Ma cocotte, tu vas te bouger. Tu vas donner secours. Voilà ce qui se passe dans ma tête à ce moment-là. Donc, je me mets minable. Je fais des allers-retours entre le devant de la salle, l'arrière de la salle. je marche, je marche, je marche, mais ça ne passe pas, j'ai la tête qui tourne, je sens que je vais m'écrouler à tout moment. Et en fait, je me souviens de dicter mon cours et je ne pouvais même pas aller sur mon tapis parce que dès que je refaisais une pose de yoga pour montrer ce qu'on devait faire, ça retournait en fait, parce que ça revenait encore plus, parce que j'étais encore plus exposé. Et moi, il faut comprendre que le regard de l'autre dans ces moments-là est de manière générale, même si on peut penser le contraire. C'est un gros, gros, gros, gros, gros trigger pour moi. Montrer que ça ne va pas, comme je vous le disais, c'était impossible. Donc, être sur mon tapis devant, en montrant les poses de yoga, ils allaient encore plus voir que ça n'allait pas. Alors qu'en fait, ils n'auraient peut-être même pas vu. Bref, voilà. Et j'arrive tant bien que mal à finir le cours et je me dis, mais qu'est-ce qui se passe ? Là, je ne peux plus. Donc là, je rentre chez moi. J'avais un cours le lendemain matin à la plage à 7h du mat. et j'appelle ma mère, j'appelle Garance, j'appelle ma sœur, et je leur dis, je ne peux pas aller en cours, je ne peux pas. Donc forcément, les gens, ils ne savent pas, c'est inédit aussi pour eux, que d'un coup, ça faisait quelques années déjà que je manageais mes angoisses, et qu'en fait, Cam, il est angoissé, mais ça va, il y va, il est déterminé, c'est un battant, ça va de mieux en mieux, etc. Sauf que là, je leur dis, guys, je ne peux pas. donc eux me disent quand même mais essaie dors peut-être la nuit machin mais moi je dis en fait ça va pas donc là je m'effondre et je dis ça ne va pas je peux plus retourner en cours il me faut 3 jours de pause je prends 3 jours de pause enfermé chez moi bien sûr parce que je peux pas à ce moment là j'étais plus que concentré sur le yoga donc j'avais plus qu'à annuler mes cours c'était pas mal parce que je travaillais plus au café j'avais décidé de me consacrer à 100% yoga comme quoi je m'étais encore trompé Je prends trois jours de poste, je vois qu'au bout de trois jours, ça ne va pas. Et en fait, de là, je suis en panique totale et je me dis, je ne peux plus aller enseigner. Mais en fait, le « je ne peux plus enseigner » se transforme à « je ne peux plus sortir de chez moi » . Donc là, je me retrouve rue Sauveur-Tobélème à Marseille, dans mon appart. J'appelle ma mère et je lui dis « là, il va falloir venir t'occuper de moi, en fait » . Je n'arrivais plus à descendre de chez moi, à sortir ma poubelle parce qu'en fait, tout me faisait peur. Je croisais… Marseille, c'est tout petit. Et encore plus si vous vivez dans le 7e, vous savez de quoi je parle. Mais on descend dans la rue, on croise toujours quelqu'un. Ouais, salut, tu vas bien, machin, on boit un café. C'est Marseille comme vous l'imaginez. Sauf que moi, parler à ces moments-là à des gens, c'était impossible parce qu'ils allaient me demander comment ça allait. Moi, ça n'allait pas. Et leur dire ça ne va pas, je ne pouvais pas croiser leur regard. Donc, c'était horrible. Je sortais avec des lunettes de soleil pour ne pas qu'on croise mon regard. Jusqu'au moment où du coup, je n'arrivais plus à sortir de chez moi. Ça, c'est un espace de... un ou deux mois. C'est vraiment tout l'été 2024. Je ne sais pas si c'est 2024. Oui, c'est ça. C'est l'été 2024. Parce que là, ça fera deux ans. Au prochain été. Ma mère vient s'occuper du coup de chez moi. Elle me fait mes courses. Mais elle reste une semaine. À l'époque, elle n'habitait pas à Marseille. Donc, elle ne peut pas rester non plus. Elle a du travail. Donc, ma soeur prend un peu le relais. On essaye d'aller à la pharmacie pour m'acheter des fleurs de Bac. Il n'y a rien qui va parce que je n'arrive pas à marcher dans la rue. C'est horrible. Mais j'ai un voyage qui arrive à Bruxelles où je dois aller rejoindre Thomas. Et là, je me dis, je dois monter dans le train. Je vais faire comment en fait ? Je n'arrive pas à sortir les poubelles. Qu'est-ce que je vais faire ? Aller à Bruxelles. Et après, en plus de là, je partais à New York. Donc là, je me dis, calme, tu as besoin d'aide. Il faut que tu changes. Tu vas trouver une psy. Enfin, je ne sais pas. Je rencontre ma thérapeute avec qui j'ai fait l'épisode, Juliette, à ce moment-là, qui change complètement ma vie. Parce qu'une nouvelle approche complètement de thérapie, où je m'aperçois qu'elle ne va pas arriver avec sa baguette magique, je démonte encore plus cette idée-là. En fait, c'est moi qui vais faire le travail. Et ouais, ça va faire mal. Et on va aller voir et on va faire un vrai accompagnement thérapeutique. Donc, à ce moment-là, je vois Juliette une fois par semaine en visio parce que je ne peux pas sortir de chez moi de toute façon. Et voilà. Et en fait, je me remets petit à petit à l'étrier. Mais je pars à New York en vacances, mais je passe un voyage à New York. Ceux qui l'ont vu sur Insta croient que c'était le voyage parfait. Mais en fait, je suis en crise d'angoisse du matin au soir. Dès qu'il faut changer d'endroit, dès qu'il faut changer de resto, ce n'est pas possible. Manger au resto le soir, pour moi, c'est impossible parce que ça m'insécurise trop. Être dans des foules pareilles. Je passe un voyage, les jambes un peu tremblantes. Je crois que Thomas n'a pas passé son meilleur voyage non plus, mais quoi qu'il arrive, il est là pour moi à ce moment-là. Et on essaye tant bien que mal de faire un petit truc cool. Bref, de là, je prends la décision puisque ça ne va pas à Marseille. mais voilà que j'attaque quand même cet accompagnement de fou avec Juliette qui me fait voir de nouvelles choses pardon je m'en mêle l'accompagnement avec Juliette il a été déterminant parce qu'elle m'apprend à me voir autrement elle m'apprend le chemin de l'acceptation le rapport à soi le rapport à soi Moi, elle me parle de ça au début, les gars. Je suis en mode, rapport à quoi ? Je fonce. Il n'y a pas de moi. Il y a moi et moi et mon égo. Soit je ne sais pas qui je suis, au fond. L'enfant intérieur, moi, je me moquais des gens. Je disais, mais qu'est-ce que vous avez tous ? Allez voir votre enfant intérieur. En gros, va voir ton enfant intérieur et casse-toi, tu vois. Mais en fait, je m'aperçois que ça va être essentiel. Ça va être essentiel d'aller voir ce qui se passe en moi. Si je veux avancer, qu'est-ce qui s'est passé dans mon passé ? Quelles ont été les émotions qu'a rencontré justement le petit Camille quand il était petit ? Ne pas tout idéaliser mon enfance comme j'avais l'habitude de le faire. Non mais ça va, calme, t'as eu un toit sur la tête et c'est tout. C'est tout ce dont tu avais besoin. Alors qu'en fait, les fondamentaux, je pense, de mon enfance, il y en a certains que j'ai eus, mais il y en a que je n'ai pas eus. Et c'est complètement OK. Mes parents le savent, on en a parlé des millions de fois. Il y a eu des manquements qui ont fait que j'étais ultra sensible comme ça et que je ne comprenais pas ce qui se passait en moi et que j'avais peur de ce qui se passait et que j'avais peur du monde en fait parce que la sécurité intérieure, je ne l'avais en réalité jamais reçue. Donc voilà, j'ai attaqué un long chemin de... Je n'aime pas le mot guérison parce que j'ai l'impression qu'avec la guérison, à un moment, on est complètement guéri. Est-ce qu'on est vraiment guéri de ça à un moment donné ? Je ne sais pas. Je n'ai pas la réponse aujourd'hui parce que c'est quand même une partie de soi. Cette partie sensible en moi, je l'aurai toujours et c'est qui je suis. Et elle m'apporte aussi beaucoup, beaucoup d'avantages et de qualités dans mon rapport aux autres, dans mon empathie, dans mon écoute, dans ce que je fais aujourd'hui, dans ma vulnérabilité quand j'arrive à utiliser cette sensibilité en ma faveur. Mais voilà, je ne sais pas si je guéris réellement de ça, mais en tout cas, Juliette me fait énormément de bien à ce moment-là. Je décide de m'installer à Bruxelles, mais c'est encore très compliqué. J'arrive à Bruxelles, je n'arrive pas à aller faire les courses au bout de ma rue et c'est vraiment à deux pas. Mais à the end of the day, il faut que je reprenne le travail parce que je ne peux pas rester 100 ans au chômage. Et je me dis qu'il y a une partie de moi qui me dit que reprendre le travail, ça va quand même me faire du bien. Sur un coup de tête, j'envoie un message à Buddy Buddy à Bruxelles, qui est un coffee shop, je ne sais pas si vous connaissez, mais bref, que je connaissais d'avant parce que j'étais client et je trouvais ça trop cool, en leur disant « Guys, je vais m'installer à Bruxelles, je suis barista, let's go quoi » . Alors que je n'arrive même pas, à ce moment-là, de sortir de chez moi. Enfin bref, c'est assez bizarre. Mais j'ai une espèce de feu intérieur qui me dit, vas-y, Kame, rebosse. Donc à ce moment-là, je ne sais pas, je décide quand même d'écouter cette partie-là. Alors que je suis terrifié. Il faut savoir qu'à ce moment-là, je n'enseigne plus du tout le yoga. J'ai sorti complètement le yoga de ma vie. Je vais sur mon tapis vraiment de temps en temps. Et c'est... No way. Méditer et tout quand même. À ce moment-là, la méditation joue un rôle primordial aussi parce que je n'ai pas le choix que d'aller voir ce qui se passe à l'intérieur et de chialer en fait et de m'apercevoir que ça ne va pas. Donc je m'assois vraiment avec mon mal-être à ce moment-là. À certains moments, je ne dis pas ça que je fais toute la journée, mais dans mes séances avec Juliette et dans des moments d'introspection aussi chez moi, de wow, là, ça ne va pas et tu as besoin de... Tu as besoin de le voir que ça ne va pas à certains moments, je crois, dans ta life. Et de t'asseoir et de vivre tes émotions à 100%. Parce que moi, ma vie, elle m'avait appris à... Les émotions, tu ne vas pas les montrer, en fait. Tu vas juste être un rayon de soleil qui va passer dans la vie des gens, qui veut réussir. Mais en fait, se montrer vulnérable, c'était trop dangereux pour moi. Parce qu'ayant grandi dans un environnement qui était insécurisant, à quel moment vous voulez que je dise à quelqu'un que ça ne va pas ? où j'ai besoin d'aide. C'était impossible. Parce que ça veut dire que du coup, je me montrais vulnérable et que du coup, j'aurais pu être encore plus attaquable et encore plus, du coup, mis en danger par l'autre. C'était mort. Enfin, ce n'était pas possible. Bref, je ne sais plus où je voulais en venir. C'est vraiment décousu, ce podcast. Je m'excuse pour les gens qui ne comprennent rien. J'espère que vous prendrez quand même de la joie à m'écouter. Mais quand je vais réécouter ce truc, ça va être terrible. Mais bon, voilà, on est qui ? On est écouté. On fait ce qu'on peut avec le cerveau qu'on a. Et moi, c'est un peu... C'est difficile de donner la structure alors que j'ai vécu énormément d'émotions à ce moment-là. Donc, ouais, voilà, j'attaque le travail. Mais du coup, on me dit, voilà, Cam, il faut venir faire un essai chez Buddy Buddy. Mais en quelle année je vais aller faire un essai au travail ? Alors, sachant que je ne pouvais pas enseigner un yoga. Qu'est-ce que je vais aller prendre des commandes dans un coffee shop avec des gens qui vont me regarder et des boss, etc. Ce n'est pas possible. Mais bon, ma foi. Je ne sais pas par quelle force je me retrouve à aller faire un essai chez Buddy Buddy. Je me souviens, Thomas me dépose en haut de la rue du coffee shop. Je descends, j'ai mes lunettes de soleil. Je me dis, putain, Cam, tu vas devoir enlever tes lunettes de soleil. Vous savez, les fameuses lunettes de soleil que j'avais gardées du coup tout l'été parce que... En fait, je ne pouvais pas regarder les gens dans les yeux, mais là, il fallait que je les enlève parce que j'allais être dans un environnement de travail. Et je me souviens, j'avais fait mon état des lieux de Marseille quand je suis parti avec l'agent immobilier. Et du coup, je n'arrivais pas à sortir dehors et je n'arrivais pas à voir même mes potes. Mais je devais aussi faire un état des lieux pour pouvoir aménager à Bruxelles. Mais du coup, le gars arrive chez moi, j'ai mis mes lunettes sur l'œil parce qu'en fait, je ne pouvais pas le regarder dans les yeux. C'était horrible, Du coup, je me retrouve à Buddy Buddy. avec mes lunettes de soleil que j'enlève devant la porte, mais du coup ça me demande énormément d'efforts pour vous prouver à quel point on peut partir dans des délires et le moindre... à ce moment là c'était les lunettes de soleil qui allaient me sauver, mais du coup je les enlève et en fait je me mets quand même dans cette... c'était une heure d'essai, rien de fou et c'était très très compliqué pour moi de me mettre dedans, mais je me mets dedans et je ressors de là hyper fier de moi en mode putain Cam Ça faisait des mois que tu n'avais pas retravaillé parce que ça, c'était au mois d'octobre ou novembre. Et du coup, le mois de juin, je n'avais pas travaillé. Pas touché à un tapis de yoga, pas touché à une machine à café. Je ne touchais à rien d'ailleurs parce que j'étais en mode survie. Mais bon, trop content de l'avoir fait. Je me dis, cool, on va se mettre là-dedans. Le coffee shop, une nouvelle fois, va être mon filet de sécurité financier. sociale pour pouvoir te remettre le prix à l'étrier et du coup reprendre le yoga à un moment donné quand tu t'en sentiras capable parce que moi dans ma tête à ce moment là c'était calme tu es le yoga, tu es prof de yoga et je ne passais je ne fondais que mon identité sur ça et ça c'est un truc que j'ai beaucoup dégrossi aussi dans ma thérapie avec Juliette, je ne suis pas et vous n'êtes pas vos jobs les gars Vous êtes un truc que vous faites à un moment donné dans votre vie. C'est une expérience. Et pour moi, à ce moment-là, je me présentais comme Camille, prof de yoga. J'arrivais chez Buddy Buddy en mode « Oui, je suis là, mais je suis prof de yoga. » « What do you mean, t'es prof de yoga ? » « T'enseignes pas, donc arrête de dire des... » Mais parce qu'en fait, pour moi, ça représentait une certaine place dans la société. Les gens vont croire que du coup, je suis intéressant. Tu es un peu peut-être philo, un peu peut-être psycho, un peu sensible, un peu spirituel et ça fait bien. Donc voilà, à ce moment-là, mon objectif, c'est remettre le pied à l'étrier grâce à un travail alimentaire, entre guillemets, pour reprendre ensuite le yoga parce que le yoga, c'est qui je suis. voilà, et du coup le travail c'est très compliqué pour moi à ce moment-là, parce qu'en fait je vais au taf et je suis en mode, à tout moment je peux avoir une crise d'angoisse, en fait je retombe dans mes travers d'avant, où l'angoisse fait partie à 100% de ma life, où c'est très compliqué pour moi de prendre le bus, je me souviens d'appeler Juliette aussi, ma thérapeute, avant de prendre le bus et d'aller faire mes shifts à Budibudi, en mode je ne peux pas aller dans le bus, je ne peux pas aller au travail, et elle me disait, calme, c'est un choix, tu fais ce que tu veux, si tu n'as pas envie d'y aller, tu n'y vas pas, il y a des fois où je ne suis pas allé, Je pense que la plupart des fois, je suis allé, mais c'était très compliqué. J'avais vraiment l'impression de me traîner. Vous voyez, quand on prend quelqu'un par la main, je ne sais pas si je me prenais par la main ou par le col à ce moment-là pour aller au taf, mais j'avais l'impression vraiment de... Vous voyez, on prend une pelle et on puise en soi les forces pour se motiver à faire quelque chose. Je ne sais pas si j'étais en force ou en douceur avec moi, mais je... Je ne sais pas, j'étais en communication avec moi dans ces moments-là de me dire, tu vas y arriver et tu vas aller faire cette journée de travail. Après, l'expérience te montre que ça peut bien aller, mais encore très compliqué pour moi parce qu'il y a des moments où je ne suis pas bien, où j'ai énormément la tête qui tourne avant d'arriver à mes shifts et où je ne me sens pas bien. Je me dis, je ne vais pas pouvoir parler à mes collègues, je ne vais pas pouvoir parler aux clients et ça ne va pas. aussi Il faut savoir qu'à ce moment-là, la déréalisation fait partie inhérente de ma vie. Je déréalise matin, midi et soir. Je me lève le matin, je me dis « Cam, est-ce que tu es dans ton corps ? » C'est la première question que je me pose à ce moment-là. Et il faut savoir que la sensation d'être en dehors de son corps, elle est terrifiante. Donc en fait, c'est juste ce qui se passe chimiquement en soi, c'est qu'on est tellement en surcharge là-haut que le mental dit « Hop, moi je sors de ça. Au revoir. Merci. » Parce qu'en fait, il y a trop de pensée là-dedans. Donc hop ! je m'excuse, c'est un moyen de fuir en fait, tout simplement et bon ça je le sais qu'après sur les moments c'est horrible et il y a des moments où j'arrive au taf où je suis complètement pas là quoi je suis là physiquement mais mon esprit il est complètement ailleurs je suis là, je suis à côté de moi je suis en dessus de moi c'est très imagé ce que je vous raconte mais c'est vraiment une sensation que j'ai à ce moment là donc très très compliqué pour moi d'assumer ces journées là et Mais voilà, je sens que quand même ça va de mieux en mieux et que je tiens quand même le bon bout dans mes bons jours. Dans mes mauvais jours, je dis que je suis une merde et que de toute façon, je n'arriverai jamais à rien, que je ne sais même pas si j'allais reprendre le yoga. Donc, je me motive quand même à reprendre le yoga à un moment. Je commence à faire des classes de remplacement. Je me reforme un peu aussi. Et en fait, je m'aperçois qu'en redonnant cours, je n'ai plus le truc tout simplement. Et qu'en fait... L'anxiété, elle est là, quand j'enseigne et tout, forcément, il y a une partie de moi qui se rappelle aussi. Parce que l'anxiété, c'est beaucoup ça, c'est toujours prévoir ce qui se passe dans le présent avec le mental du futur ou du passé. Même avec mes mains, je ne sais pas où je suis. Et donc, je suis dans mes classes, etc. Enfin, je n'en ai pas enseigné beaucoup, mais toutes les classes de remplacement que j'ai faits. C'était compliqué parce que je me rappelais toujours des crises d'angoisse que j'avais faites au mois de juin. En fait, ça me terrifiait. Je n'arrivais pas à ce moment-là à me rassurer. Mais en plus de ça, j'avais perdu la joie d'enseigner, je crois. Et j'avais quand même la joie d'enseigner quand j'enseignais à Marseille. Là, il me manquait un truc. Il me manquait la joie du yoga en soi et de transmettre. Je n'avais plus. Donc, je décide d'arrêter et de continuer à juste travailler chez Buddy Buddy et m'occuper de moi tout simplement. Et en fait, c'était la meilleure décision que j'ai prise parce qu'avoir le temps et le luxe de le faire, c'est-à-dire que je suis passé... Du coup, j'avais pris des heures en moins chez Buddy Buddy pour accorder du coup plus de temps au yoga, mais je ne l'ai pas fait. Mais du coup, j'ai utilisé ce temps-là pour moi. J'ai moins gagné d'argent. Alors oui, je suis privilégié et tout, mais c'est des périodes où j'ai moins gagné d'argent dans ma vie où j'ai peut-être fait... C'est peut-être bête ce que je raconte, ça va peut-être paraître... Peut-être que vous allez vous dire... Je pars tout le temps en voyage, en week-end et tout. Mais bref, à ma manière, j'ai vécu un peu moins abondamment, on va dire. Mais j'ai pris du temps. Et en fait, à ce moment-là, le temps, ça a été la richesse la plus précieuse que j'ai eue. Parce qu'en fait, se lever le matin, pouvoir méditer, pouvoir m'asseoir sur ce lit exactement là et en fait, passer du temps à aller voir ce qui se passait en moi. à me rassurer, à écouter les voix de mon mental, à écouter les voix de mon cœur, à aller voir cet enfant antérieur qui, en fait, était la plupart du temps en PLS, parce qu'en fait, je l'avais délaissé pendant des années et, en fait, laisser pleurer un bébé, on ne le ferait pas, mais on le fait souvent pour soi. Quand on pleure à l'intérieur, on veut taire les pleurs ou on ne veut pas les écouter ou alors on leur dit de se la fermer, tout simplement, et qu'en fait, on est mieux que ça et qu'en fait... Ouais, ben pleure plus, en fait. T'as rien pour pleurer. Et en fait, avance. Et t'as un toit sur la tête. Et t'as un mec, etc. Alors qu'en fait, cet enfant, il pleure parce qu'en fait, il y a eu des manquements. Et on s'est peut-être pas bien occupé de lui à un moment donné. Tu vois, que ce soit la famille ou de soi à soi. Où en fait, on a été tellement en force pendant des années pour devenir quelqu'un. Pour paraître que. Pour faire semblant. Pour mettre les meilleurs masques. En fait, qu'au bout d'un moment, ça explose. Et en fait, je n'avais plus le choix que de venir écouter cet enfant-là intérieur en moi. et de... Souvent on demande si la spiritualité c'est un choix et c'est une question que j'aime beaucoup et que je pose aussi dans mon podcast. Je ne pense pas que la spiritualité c'est un choix, c'est une nécessité pour moi à un moment donné, à ce moment-là dans ma vie. Je n'avais pas le choix que d'aller voir ce qui se passe en moi et je n'avais pas le choix que de m'ouvrir à plus grand et de faire confiance. Si je n'arrivais pas à me faire confiance à moi, certains jours, en mode... Je ne savais pas si j'allais mourir sur le travail ou si j'allais avoir la tête qui tourne ou si j'allais déréaliser. Je faisais confiance à l'univers. Je me disais qu'il y avait une force, le monde autour de moi, parce qu'en fait, je crois qu'on n'est que matière en réalité et qu'en fait, je ne suis constitué que d'atomes, tout comme l'arbre qui est en face dans mon jardin. Je faisais confiance à ça, en cette vie, en mode tout ça a un plan et hop. puisque je n'arrive pas à me faire confiance en moi, je vais faire confiance à l'univers. Mais en fait, j'ai compris à la fin que l'univers et moi, c'était pareil et qu'en fait, je pouvais me faire confiance. Et que voilà, là, je vous parle parce que je suis un peu allumé ce matin et ça fait plusieurs minutes que je vous parle et que du coup, mes idées deviennent de plus en plus claires. Mais il y a des jours où ça ne l'est pas du tout encore. Mais voilà, cette période de ma vie-là, de toute l'année dernière, on va dire, ça a été ultra cool pour moi parce que j'ai pris, je me suis... octroyer le luxe de faire ça, de gagner un peu moins d'argent, mais de prendre du temps pour moi, et je le conseille souvent à des gens qui sont perdus autour de moi, en mode, si vous avez la possibilité de prendre du temps, de réduire vos heures, pour vous occuper de vous, ou de, même si vous travaillez 40 heures, etc., dans la semaine, et je parle pas de gens qui ont des enfants, etc., parce que je sais pas ce que c'est votre quotidien, mais des gens qui ont à peu près un quotidien similaire à moi, allez vous faire des balades, même si vous travaillez pas, si vous travaillez toute la semaine, prenez un quart d'heure le soir, juste pour aller voir ce qui se passe en vous. méditer peut-être le matin de temps en temps, ça ne veut pas dire être hyper strict et du coup être angoissé quand vous ne faites pas votre méditation du matin ou quand vous n'êtes pas à la votre séance de sport parce que c'est bien de se connecter à son sport et de calmer son système nerveux, blablabla. Enfin, enlevez-vous toutes ces règles-là et essayez juste d'octroyer des temps où vous n'écoutez ce qui se passe en vous. Ça peut être sous la douche. Et Juliette m'a dit ça un jour, elle me dit « Mais Cam, en fait, si tu ne peux pas méditer, écoute-toi sous la douche, quoi. Prends deux minutes juste pour ressentir. » Ressentir, ça a été un mot qui a été... ultra, ultra, ultra, ultra important et nouveau pour moi. Je pense que c'était un mot que je n'utilisais pas du tout dans mon vocabulaire, ou alors peut-être juste dans un vocabulaire très mental, comme je disais dans mes cours de yoga. Ressentez ce qui se passe en vous, alors que moi-même, ressentir, c'était impossible pour moi, parce qu'en fait, aller ressentir ce que je ressentais en moi, c'était que du noir. Et comment assumer le noir et la noirceur face à des gens qui vous écoutent, et même face à mes amis, à ma famille, comment dire que ça ne va pas, et que mes amis, j'avais toujours plus le... l'habitude de le faire, mais comment juste peut-être me l'avouer à moi aussi. Ressentir, c'était peut-être voir que ça n'allait pas et qu'en fait, je devais juste prendre conscience des manques que j'avais eus et faire la paix aussi avec tout ça. Ça ne veut pas juste être dans ce truc d'hyper-victimisation en mode, ouais, mais moi, j'ai manqué d'amour de ma mère et ouais, moi, j'ai manqué de la présence de mon père et blablabla. J'aurais pu en rester à ce stade-là, je crois. Et je pense que des fois, il y a besoin de rester à ce stade-là aussi, un peu de se victimiser. Mais à un moment, j'ai décidé aussi de faire la paix avec ça. Et ça a été un premier pas pour moi, pour aller vers quelque chose de mieux pour moi-même. C'est faire la paix avec mes parents. Je ne sais pas si c'est fait à 100% aujourd'hui, parce que je pense que je ne le saurais peut-être pas, mais je me sens déjà beaucoup mieux par rapport à ça. Mais voilà. ressentir, ça a été pour moi un mot hyper hyper hyper déterminant et j'ai utilisé du coup le temps que j'avais en dehors de mon temps de travail pour vraiment faire ça et en fait Franchement, ce n'était pas une partie de plaisir, mais je n'avais pas le choix. En fait, si je n'allais pas ressentir ce qui passait en moi, je n'arrivais pas à aller au taf, tout simplement. Donc, j'avais atteint ma limite, je crois, et je crois qu'on est tous faits de nos certaines limites et de certains paliers. Et peut-être que des personnes atteignent leurs limites beaucoup plus tôt. Il y en a qui font des burn-out à 40 ans. Moi, j'en ai fait peut-être, c'était peut-être un burn-out, je ne sais pas, mais une petite crise, enfin une crise existentielle, je crois, juste à l'aube de mes 30 ans. Et en fait, je n'ai pas eu le choix que de... de m'occuper de moi. Et aujourd'hui, en fait, ce qui se passe, c'est que je décidais d'être dans une logique, comme je vous le disais, de plus d'acceptation de moi et de ce qui se passe en moi. C'est encore très compliqué à certains moments. C'est beaucoup plus doux qu'avant. Ça, c'est indéniable. Et le travail commun que j'ai fait avec Juliette a été déterminant, je crois. Et franchement, je ne remercierai jamais assez la vie d'avoir mis Juliette sur mon chemin. Des fois, je me demande... Les gens se demandent pourquoi on a été à cet endroit, à ce moment-là dans notre vie. Et je crois qu'avoir été à Marseille à ce moment-là, parce que j'ai rencontré Juliette à Marseille, parce qu'on faisait partie des mêmes cercles de yoga et parce qu'elle est aussi enseignante. Je crois que Marseille, ça m'a apporté ça aussi. Faire la rencontre de certaines personnes qui, en fait, m'ont fait du bien. Et je ne pense pas qu'à Juliette, vous reconnaîtrez ce à qui je pense. Mais ça m'a apporté un lot de personnes qui, aujourd'hui, me font encore énormément de bien et qui ont été déterminants aussi pour ma santé mentale. quand vous vous demandez si vous êtes au bon endroit ou pas, je crois qu'il n'y a pas réellement de bon endroit ou pas. On m'a posé cette question en FAQ. Si j'aurais voulu faire quelque chose différemment quand j'étais en Australie, je ne pense pas. En vrai, je ne crois pas qu'il y a de bonnes et de mauvaises places ou de mauvaises localisations dans le monde. Quand on choisit d'y être, bien sûr, c'était un choix que j'allais. Encore une fois, je parle dans ma posture d'homme privilégié, mais je suis hyper reconnaissant de ça. Je crois que tous les endroits dans lesquels j'ai habité m'ont apporté leur lot de choses et j'ai fait les choses telles que je pouvais les faire à un moment donné. Donc, pour répondre à ta question, à la personne qui m'a posé cette question, je crois que je n'aurais rien fait de différent parce qu'en vrai, quand je dézoome après, je me dis mais en fait, ça m'a apporté ça, ça, ça et ça. Ça m'a aussi apporté son lot de galère, mais je crois que je n'aurais pas fait les choses différemment. J'aurais fait les choses différemment si j'aurais pu m'apporter plus de confiance, peut-être à ce moment-là, et peut-être plus de confiance en la vie, et peut-être que j'aurais fait les choses différemment. En vrai, c'est les bagages que j'avais là, et je pense que regarder l'arrière avec un œil critique, ça ne sert à rien, parce qu'en fait, j'avais juste les bagages et les armes que j'avais à ce moment-là, qui ne sont pas les mêmes aujourd'hui. Donc voilà. Aujourd'hui, il y a encore des moments où c'est très difficile. et c'est la conversation dont je vous parlais avec mon collègue la semaine dernière au taf en mode toi tu vas tout le temps bien sur ton lieu de travail etc c'est faux je me souviens encore il y a deux semaines où je travaillais avec deux collègues et en fait il y a un client qui me dit quelque chose et d'un coup ça me trigger je ne sais pas pourquoi je ne sais pas à ce moment là c'est hyper inconscient et d'un coup je vais avoir la tête qui tourne je ne me sens pas bien la crise d'angoisse c'est là comment je fais en fait parce que je dois continuer à prendre cette commande à faire genre que tout va bien parce qu'en fait je suis là, je dois finir de prendre la commande ou j'aurais pu m'extirper. Mais à ce moment-là, je sens que je peux « affronter » tout ça. Mais j'utilise en premier ma respiration pour revenir en moi et me dire « tout va bien » . C'est un symptôme d'anxiété, il est là, il est désagréable mais il va passer. Remets-toi dans l'instant. En fait, je m'imagine à ce moment-là m'ancrer, je reviens en moi, etc. Je finis ma commande et ensuite, je pars à l'arrière du coffee shop pour vraiment… m'ancrer en conscience et voir ce qui se passe en moi. Et je me dis, peut-être qu'à ce moment-là, la frustration qu'a créée ce client-là en toi sur cette seconde-là de cette journée-là donnée en 2026, ce n'est pas passé. Et je ne me suis pas forcément accroché dessus l'explication, mais je me dis, il y a quelque chose qui n'est pas passé, ton corps s'est exprimé, mais sois doux avec toi, ne te blâme pas pour ce qui s'est passé, tu es juste très sensible et c'est OK, je crois. Voilà comment j'ai géré ça et je pense que ça arrivera encore. Des phrases qui me trigger de la part de mon entourage ou des situations. Me retrouver peut-être dans un métro bondé aujourd'hui, ça va peut-être créer des choses. Mais voilà, je trouve que je suis beaucoup plus doux avec moi. Mais je sens que beaucoup de gens m'ont demandé en FAQ comment je vais réellement aujourd'hui. je sens qu'en fait Mon cerveau, mon mental, il est nourri à l'anxiété, il est nourri à l'urgence. Donc là, le fait d'avoir le podcast aujourd'hui, ça me... C'est un terrain de jeu pour moi. Parce que déjà, je m'éclate à faire ça. Et vraiment, je me sens aligné. Pour le coup, je ne me suis jamais autant aligné. Vous voyez, par exemple, le yoga, je ne me sentais pas forcément aligné. Je ne ressentais pas forcément de joie. Je ne veux pas dénigrer cette période-là. Parce qu'en fait, je ressentais grave de la joie à connecter avec les gens. Mais le yoga en soi, ce n'était pas un truc à ce moment-là que je kifferais. Que je kifferais à un moment donné. Bref, le podcast, je me sens en joie. Mais forcément, je mentalise. Je pense à tout mon planning. Comment je vais faire ? Cet invité ne répond pas. J'ai envie de réussir. Et c'est encore en moi. Et je sens que mon cerveau, il est nourri. Si je n'ai rien à penser, mon cerveau s'inquiète. Il faut toujours qu'il y ait quelque chose. Toujours qu'il y ait un problème. Mon cerveau est nourri au problème. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, désapprendre à mon cerveau à juste s'asseoir et se dire, profite, il n'y a rien. Il n'y a pas d'enjeu. Il n'y a pas de problème. C'est très, très compliqué. Et c'est bien que je fasse le podcast aujourd'hui parce que je trouve que ça m'apprend énormément. Parfois, oui, j'ai des choses à faire. Alors oui, il y a des enjeux que moi-même, je me suis créé. De réussir, d'être écouté, d'être vu, de faire du bien aux gens, d'avoir un rôle dans la société, etc. D'avoir... De répandre le... Comment on dit ? La bienveillance, etc. Donc oui, je me mets mes propres enjeux, mais il y a plein de moments où j'essaye aussi de m'asseoir et de me dire « calme, tout va bien » . Oui, ton cerveau et ton... J'essaye vraiment de voir mon mental comme un être à part entière. Souvent, il y a des gens qui donnent des noms à leur mental. Moi, j'ai encore un peu de mal avec ça, je ne sais pas pourquoi, parce que ça me fait un peu peur de me dire qu'il y a Georgette en haut qui est pleine de règles et pleine de « tu dois faire ci et tu dois faire ça » et « ne dors pas parce que tu dois publier ce truc » Et tu vas penser à ce que cette personne t'a dit aujourd'hui, peut-être que c'est... Enfin, vous avez ces voix permanentes qu'on a dans la tête. J'apprends maintenant à avoir mon mental comme une entité qui n'est pas là pour me faire chier, mais qui veut me sauver. En fait, le rôle de votre mental, c'est de vous sauver, de sauver votre cul, en fait. De vous dire, en fait, on ne va pas te mettre dans cette situation, mais en fait, tu vas penser à ça, et tu vas penser à ce danger-là. Mais si tu vas là-bas, peut-être que cette personne va te dire ça. Et voilà, c'est juste de venir l'apaiser en lui disant... Pas en venant rementaliser en mode « Ouais, attends, on passe autrement. Non, mais vas-y, calme-toi, calme-toi, calme-toi, calme-toi. » Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire, mais être dans un autre discours mental, du coup. Mais juste de venir ressentir en mode « Ouais, ouais, ouais. » Là, je flippe. Là, je flippe parce qu'en fait, être face à cette personne aujourd'hui, ça me demande, ça vient trigger un truc chez moi, ça me stresse. Peut-être qu'elle va penser que je ne suis pas parfait. Peut-être qu'elle va penser que je ne fais pas bien ci ou pas bien ça. Mais voilà. je sens la vapeur en moi et j'essaye de revenir à la peur plus qu'à la question de mon mental mon mental il est là, il crée des questions autour pour m'éviter la peur, pour trouver des solutions etc, il sera toujours là je pense que être évolué vers quelque chose de bien pour soi et plus de calme en soi c'est être en lien aussi et accepter que le mental soit là parce qu'en fait il se taira jamais alors oui on peut On peut venir apaiser les vagues de son mental en méditant, en faisant du sport, en se confiant aussi, en parlant à quelqu'un, en posant ce qu'on pense aussi à l'écrit, ça peut faire du bien. Mais le mental, il est là, il est là pour nous sauver. On est des êtres mentaux aussi. Mais voilà, est-ce que la spiritualité aussi, je pense que c'est ça, c'est se poser la question. Est-ce que je veux croire mon mental ou est-ce que je veux avancer avec ce qu'il y a en moi vraiment ? Et je fais que me toucher la poitrine parce que pour moi, c'est... C'est là que ça se trouve, c'est dans mon cœur. Et je crois que votre cœur, il sait tout le temps ce qu'il veut. Sauf qu'en fait, on vit dans une société qui nous a appris, qui est tellement, tellement, tellement insécurisante et du coup, nous a poussé à mentaliser tout en permanence. Donc, si vous avez l'occasion de vous octroyer justement ces espaces et ces temps-là pour revenir en vous et venir écouter votre cœur, moi, je sais que ça a été déterminant. dans mon avancée et je crois que cette avancée elle sera un peu... J'ai lâché l'idée de... Enfin, j'ai lâché l'idée. Là je vous parle comme si j'étais complètement éveillé n'importe quoi. Juliette, franchement, si tu écoutes ce podcast, cet épisode, tu vas te dire mais qu'est-ce qu'il raconte ? Non, non, c'est une évolution et je pense pas que j'ai lâché l'idée de... Je suis en train de lâcher l'idée que je serai complètement guéri un jour. Je pense que je suis en train de me faire à l'idée... de qui je suis, d'accepter en fait que mon mental il est beaucoup plus présent que les autres parce que j'ai pas eu une enfance facile et j'ai grandi dans un environnement qui était insécurisant donc mon mental a repris le dessus parce qu'en fait je pouvais pas accéder à mes émotions à ce moment là Et qu'en fait, du coup, j'ai développé une sensibilité, une sensibilité à ce qui m'entoure, une sensibilité à ce que je ressens, à mes symptômes, à mon corps, à mes relations. Et en fait, je suis en train de me faire de plus en plus ami avec ça parce qu'en fait, je vois aussi que cette sensibilité, comme je vous le disais un peu plus tôt, qu'elle me sert aussi énormément. Elle me permet de voir la beauté ou peut-être que les gens ne la verraient pas, être émerveillé par certaines choses, me connecter à la nature peut-être. Peut-être plus que si j'étais bloqué que dans mon mental. Et voilà. Bref, tout ça pour dire que c'est un chemin et qu'en fait, je ne veux pas apparaître dans cette vidéo de je vous fais un peu l'épisode. Vous savez, ça y est, j'ai franchi la ligne d'arrivée. Non, parce que la ligne d'arrivée, je crois qu'elle n'y est pas. On la connaît tous. Et si elle existe, ce sera peut-être la mort. Mais voilà, je crois que j'attaque aujourd'hui un chemin plus d'acceptation de ce que je ressens. de reconnexion aussi à moi, à mes rêves, à mes envies aussi profondes. Je chasse un peu moins l'avenir. C'est la première fois où j'habite dans une ville, aujourd'hui à Bruxelles, où je me dis que potentiellement, je pourrais rester plus que deux ans. Parce que je suis resté deux, trois ans à Marseille, je suis resté deux, trois ans à Sydney, je suis resté trois, quatre ans à Paris. Toujours parce que je croyais qu'il y avait mieux ailleurs et peut-être qu'aujourd'hui, j'arrive à me dire que le mieux ailleurs, ce sera le mieux en moi. Et franchement, c'est un message d'espoir que je veux donner aujourd'hui parce que je sais qu'il y a des personnes qui galèrent, ça met les larmes aux yeux parce que je sais ce que vous ressentez en vous. Il y a des jours où vous allez vous demander pourquoi vous êtes sur cette planète, quel est votre rôle dans la société, qu'est-ce que vous faites là, tout simplement. Et parfois, on veut juste s'enfuir de tout ça. Et ces idées-là de m'enfuir et que ça se termine, je les ai eues. Je les ai eues, j'ai voulu mourir à nombreuses reprises. J'ai appelé ma mère en pleurs en lui disant que c'était trop dur. Parce que moi, vivre une vie comme ça, où je suis dans la peur permanente, je n'arrivais pas. Et du coup, je sais ce que vous ressentez. Et franchement, dans ces moments-là, accrochez-vous. Parce que le jour où vous allez voir la beauté de la vie, elle va vous frapper encore plus qu'une personne peut-être qui ne serait pas passée par vos galères. parce qu'en fait aujourd'hui pour moi avant ça l'était pas mais ne serait-ce que marcher dans un parc c'est devenu ultra précieux guys je suis vraiment navré la vidéo a coupé en fait j'enregistrais je suis grave parti dans ma philosophie et en fait la caméra n'avait plus de batterie donc voilà je vais finir l'épisode à l'iPhone je crois que je te remis un peu de mes émotions c'était très très cool de parler de tout ça en gros le fin mot de l'histoire je veux juste te dire que je crois que la santé mentale c'est quelque chose qui évolue énormément, qu'on n'atteint pas forcément ce pilier de voilà incroyablement je me sens bien on aura toujours à dealer avec ce qui se passe à l'intérieur des choses parfois moins agréables mais voilà le lien à soi c'est quelque chose qui est très très très très précieux Et la vulnérabilité, je pense que c'est le plus beau cadeau que vous pouvez vous faire en premièrement vous avouant vos émotions, en avouant à vous-même ce que vous ressentez, en allant voir ce qui s'est passé aussi parfois dans le passé pour guérir tout ça, pour repenser certaines plaies et pour ensuite vivre de manière beaucoup plus légère dans le présent. Parce qu'aujourd'hui, là, je vous ai raconté mes galères et que je n'arrivais pas à sortir dans la rue, machin. Aujourd'hui, je me sens beaucoup plus libre. Comme je vous dis, je sors, je travaille. Grâce au podcast aussi, je m'émancipe beaucoup plus et je relève mes propres défis. Mais la vie est devenue en quelque sorte un terrain de jeu magnifique. Et voilà, en vrai, ça va beaucoup mieux qu'avant. Donc, je suis content de voir que la pente est ascendante. Alors oui, quand je mentalise, je me dis que j'aimerais que ça... Comment on dit ? Que ce soit beaucoup plus rapide, parce que j'aimerais parfois me sentir parfaitement bien, ne plus ressentir d'angoisse, mais c'est exactement ce que je vous disais. Je crois que ça ne marche pas de penser comme ça, parce qu'en vrai, il se passera toujours des choses en moi et je vais être toujours un peu dans ce dialogue, un peu de moi à moi, où je viens ressentir, où je vais m'encourager, où je vais parfois avoir besoin de me faire du bien, me connecter vraiment à ce dont j'ai vraiment besoin dans différentes étapes de ma vie en réalité. Et voilà, écoutez vos besoins, écoutez... Créez de l'espace pour venir écouter vos besoins, vos envies, vos rêves. Je pense que c'est ce qu'il y a de plus essentiel dans ce que j'ai raconté aujourd'hui. Mais voilà, bref, je ne veux pas plus m'étaler, je ne prends pas plus de temps. Mais n'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de tout ça en commentaire. Envoyez-moi des DM, likez les vidéos sur Spotify, sur YouTube, commentez, n'hésitez pas. C'est vraiment le seul moyen que j'ai pour faire perdurer un peu le podcast dans le temps. Merci pour votre écoute, merci pour votre patience et votre bienveillance. A très vite.
Description
Je vous dit TOUT sur ma santé mentale !
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Ok, hello à tous, bienvenue dans cet épisode de Walkie Talkie, un peu différent aujourd'hui. Déjà, je suis dans ma chambre, vous devez vous dire, on ne comprend pas le concept qui nous a bassiné avec un concept en marchant un peu inédit, etc. Et là, il se retrouve dans sa chambre. Bon, j'ai changé d'avis pour l'épisode qui me concerne, en tout cas, et seulement pour cet épisode-là. Parce que tout simplement que je n'osais pas vous faire un épisode face cam dans la rue avec ma perche et compagnie. C'était encore trop de me demander de faire ça. Bref, le regard des autres et tout, c'est encore un peu compliqué. Même parfois quand je suis avec des gens dans la rue en train de filmer, je me dis on va nous juger. Après, je passe vite à autre chose et je me remets vite dans l'interview. Mais j'ai quand même encore ces pensées-là. Donc étant tout seul, c'était pour moi. impossible de le faire dans la rue. Donc me voilà dans ma chambre à Bruxelles pour un épisode un peu spécial. En fait, vous êtes plusieurs personnes à m'avoir demandé, mais Cam, fais un épisode face Cam, en vrai, par rapport à ta santé mentale et comment tu te sens et par rapport à tes anxiétés. Parce que c'est quelque chose dont je parle assez librement sur les réseaux, mais en vrai, je crois que je l'aborde de manière assez superficielle. Ça va être parfois, je vais le mettre dans un petit texte ou dans une petite légende. Est-ce que ces textes sont vraiment lus ? Est-ce que ma parole est vraiment écoutée à ces moments-là ? Je ne sais pas. Mais en tout cas, il y a plusieurs personnes qui m'ont demandé de faire ça et je me suis dit que c'était une bonne idée d'être complètement transparent avec vous aujourd'hui. Je pense que ça va être hyper décousu parce que je n'arrive pas du tout à organiser mes pensées. C'est la première fois que je fais un facecam aussi long du moins et aussi introspectif. Donc je m'excuse par avance si jamais vous ne suivez pas mon propos. N'hésitez pas à m'envoyer des messages derrière si vous n'avez pas compris quelque chose. Mais je vais faire de mon mieux. Donc en gros, l'idée, c'est de retracer un peu ma relation avec l'anxiété de manière générale. Et en gros, comment ça est arrivé dans ma vie, comment je l'ai navigué, comment j'ai navigué avec cette anxiété tout au long de ma life. Et aussi comment je me sens aujourd'hui vraiment à 30 ans, 31 ans maintenant. je croyais que c'était un âge dans lequel on allait que tout était réglé à 30 ans quand j'étais petit, je disais toujours à ma mère j'ai hâte d'avoir 30 ans parce qu'en vrai j'ai grandi avec des rom-com où en fait les meufs à 30 ans elles sont genre trop trop bien et ça y est elles ont trouvé l'amour, elles se sentent hyper bien elles ont le boulot de leurs rêves est-ce que c'est le cas aujourd'hui ? Je crois que je m'en rapproche mais intérieurement il se passe encore beaucoup beaucoup beaucoup de choses et notamment beaucoup d'angoisse et encore beaucoup d'anxiété dans ma vie Donc je crois que c'est un peu un mythe au final d'avoir 30 ans et de se sentir parfaitement bien. Mais je crois qu'à 30 ans, en tout cas pour moi, comment je le sens aujourd'hui à 31 ans, c'est que je commence à peine le chemin de l'acceptation. Je crois que pendant 30 ans, j'ai été en lutte contre moi-même. Et là, je dirais que ça fait... Depuis que je n'ai lancé le podcast, je dirais genre peut-être 6 mois, peut-être un peu avant un an, où je me dis en fait, Cam, tu n'as pas le choix que d'accepter comment tu es. Parce que sinon, tu vas être en lutte permanente et en fait, tu vas perdre ton énergie en fait. Et tu vas perdre cette bataille. Et en fait, ça ne sert à rien d'être en bataille et juste accepte enfin qui tu es. Donc voilà, je vais vous retracer un peu comment ça s'est passé pour moi. Et voilà, j'espère en tout cas que ça intéressera des gens. En fait, cette conversation que j'ai avec vous aujourd'hui, elle part surtout d'une conversation que j'ai avec un collègue la semaine dernière au travail où elle me dit, putain mais calme-toi en fait quand tu es au taf. Je travaille dans un coffee shop, pour ceux qui ne savent pas, je suis barista. Ça fait des années que je fais ça, c'est un peu mon job confort, on va dire, et dans lequel je me sens bien. Mais du coup, je vais vous expliquer. Et qui me permet du coup de financer mon podcast et de vivre, de m'assurer une sécurité financière, on va dire. Il y a quand même des aspects de ce job que j'adore, bien évidemment. Mais en gros, bref, mon collègue me dit, toi Cam, en fait, quand tu es au taf, tu as l'air... hyper bien, tu parles à tout le monde et moi ça me donne trop envie d'être un peu comme toi, aussi confiant, etc. Et en fait, je regarde cette personne et je me dis genre mais tu n'as aucune idée de ce qui se passe en moi actuellement parce que justement, être au travail pour moi, ça représente aujourd'hui ma plus grosse source d'angoisse. C'est énormément de triggers pour moi, ma relation aux autres, ma relation à la hiérarchie, ma vulnérabilité sur mon lieu de travail. Mon perfectionnisme, ça vient toucher plein de choses en moi qui me rendent très sensible sur le travail. Mais je crois qu'en fait... L'être humain est très très très doué pour mettre ses meilleurs masques. En gros, quand j'arrive au travail, je mets le masque du cam hyper heureux, qui va parler aux clients, qui dit à tout le monde, les gars, parlez aux clients, c'est trop bien, on crée du lien, on est là, on est ensemble, etc., on est une équipe. Mais en fait, au fond, il y a des moments où je me sens très très seul et des moments où je suis en train de littéralement faire des crises d'angoisse sur mon lieu de travail et personne ne le voit en réalité. Donc ça part de cette conversation-là où je me dis en fait, Moi aujourd'hui dans cette logique-là d'acceptation un peu de qui je suis et de mes angoisses etc, j'ai besoin d'être clair en fait avec les gens qui m'entourent. Ça ne veut pas dire que je vais balancer toute ma vie à tout le monde et tous mes ressentis en permanence, mais c'est-à-dire que quand quelqu'un me regarde dans les yeux et me dit que j'ai l'air hyper confiant et hyper bien, le rôle que je veux avoir pour moi-même aujourd'hui c'est, avec toute la douceur que je peux avoir pour moi aussi, de dire à cette personne « c'est faux » . C'est faux parce que, oui, je suis confiant, etc. Oui, je suis quelqu'un qui va être assez solaire avec les gens autour de moi. Mais j'ai aussi une part d'ombre et que je me sens aujourd'hui en capacité de la révéler au monde. Non pas que je sois sur un pédestal énorme, mais qu'au moins les gens qui m'entourent au quotidien soient au clair sur ça. Et en fait, moi, ça me fait juste du bien d'être vrai, tout simplement. En gros, l'anxiété pour moi, j'ai pris des notes, mais je ne sais même pas si ça me servirait à quelque chose en vrai. Non, je crois que j'ai à peu près tout dit. Bon bref, ça va être décousu comme je vous l'ai dit. L'anxiété pour moi, c'est un concept déjà que je ne connais pas. Quand je suis jeune, quand je suis adolescent, j'ai 15 ans. Non, je n'ai pas 15 ans. Qu'est-ce que je raconte ? On est en 2015. J'arrive à Paris après mes études à Aix-en-Provence, enfin une partie de mes études, pour continuer justement mes études en communication. J'intègre une fac qui est trop trop bien, Paris Descartes et tout. Enfin, je crois qu'on était quand même beaucoup à demander cette fac et finalement j'arrive à avoir cette licence un peu cool, etc. Mon rêve à ce moment-là, c'est bosser dans les médias. Il n'y a rien d'autre. Je veux être attaché de presse, je veux faire de la télé, je veux faire de la radio, par A plus B. Et ça, je pense que ça fait vraiment partie de mes ressources. j'arrive toujours à mes fins professionnelles. Si je veux quelque chose, je l'aurai. Et ça a toujours été le cas. Alors, je ne sais pas si je suis béni des dieux ou s'il y a un ange gardien qui est là avec moi et qui m'accompagne là-dedans. Mais en tout cas, j'ai toujours eu du cul là-dedans. Et ça a toujours fonctionné. Donc, par A plus B, je me retrouve à France Télévisions pour une alternance. Donc là, c'est cool. Je vis enfin mon rêve. En plus, j'avais à l'époque mon ex. avec lequel j'avais déménagé en même temps à Paris parce que lui aussi venait du sud et on arrive tous les deux à Paris on a deux apparts différents mais voilà on commence un peu à vivre cette aventure parisienne vous savez qui nous fait un peu rêver quand on vient de province et encore plus je trouve en tant que comme gay on croit que c'est vraiment le moment où on va vraiment se révéler au monde et où on va vraiment accéder à qui l'on est à plus pouvoir à à ne plus se cacher, à ne pas dire, etc. Je crois que l'arrivée à la capitale pour une personne homosexuelle, c'est quelque chose d'assez important et d'assez émancipateur. Donc voilà, pour moi, c'était un moment ultra, ultra, ultra symbolique pour moi d'arriver là-bas. Je travaille à la télé, tout se passe bien sur le papier. Ma relation était plutôt cool, je crois, malgré certains défauts, évidemment. Mais on est jeune, on vit des choses un peu intensément, mais voilà. J'attaque à France Télé, tout se passe bien, et là je sens au fur et à mesure des semaines qu'il y a une espèce de lourdeur qui s'installe en moi, je me sens pas bien. Je sais pas, il y a un truc qui se joue, qui est pas ok en moi, et je commence un peu à être déprimé, etc. Pour ceux qui ont vu l'épisode de ma mère, que j'ai sorti en premier sur la chaîne, c'est vraiment le moment de ma vie, je crois 2015, je le redemanderai, où elle, en fait, elle a son pic de consommation de cocaïne, donc pour ceux qui l'ont pas vu, ma mère est... Une ancienne addict à la cocaïne. Et je crois qu'à ce moment-là, vraiment, je n'ai pas trop de lien avec elle. Je me débrouille un peu tout seul. Mon père, il est là sans être là. Je me rappelle que j'ai fait mon déménagement tout seul à Paris, d'ailleurs. Ma tante m'avait accompagné à l'époque pour repartir un peu à cette chasse à l'appart. Pour vous dire à quel point c'était déjà un peu... Je me sentais déjà un peu lonely, on va dire. Un peu seul. Donc voilà, je crois qu'il y a plusieurs choses qu'on jouait à ce moment-là. J'arrivais à la capitale. C'est cool, mais voilà, c'est pas ouf. Je sens la déprime qui s'installe. Je sens aussi que ma mère, ça va pas d'un côté. Donc je sens quand même qu'il y a des choses qui vont pas. Il m'est arrivé de fumer des joints à ce moment-là avec mon mec à l'époque. De temps en temps, c'est vraiment anecdotique. Je pense que j'ai fumé genre peut-être 3-4 joints avec lui les week-ends à Marseille et compagnie. parce qu'on s'est rencontrés à Marseille. Et là, arrive un week-end où je suis mi-moon et je commence du coup à fumer un joint avec lui. On est chez lui et là, je sens que ça ne va pas. Donc, typique, vous voyez où je veux en venir. Battripe de ouf, je commence à me sentir pas bien, papillotation, tête qui tourne. En fait, c'est la première fois de ma vie où je me dis, je vais mourir. Je vois la mort imminente qui est là, qui me regarde dans les yeux. Et en fait, pour la première fois de ma vie, je comprends qu'on peut mourir. Je m'en mêle les pinceaux. Il faut savoir que de ça... Non, attendez, c'est peut-être... Bref, avant ou après, du coup, on est en 2015, il y a les attentats de Paris en 2015. Donc, méga choc pour moi. Je n'habitais pas très loin en plus. Donc, tu es là, tu es clôtré chez toi. Je me rappelle, on était le soir avec mon mec chez moi. Ça, c'était avant ou après que je fume le pétard. Bref, c'est assez mélangé pour moi. Je suis vraiment désolé si ça vous perd. Mais en gros, les attentats m'ont marqué parce que je me dis, en fait, on peut être jeune, vivre sa vie. Et du coup, se faire fusiller par une bande de malades, en fait. Et pareil, donc ma relation à la mort, à ce moment-là, change. Je la vois de plus près, je la constate, je la sens autour de moi. C'est hyper anxiogène, puisque du coup, ce soir-là, je suis avec mon mec, chez moi, le soir des attentats. Et en fait, on regarde les infos et on nous dit, ne sortez pas de chez vous. Sauf que lui, en fait, décide de partir. Je crois que le lendemain, en fait, encore le lendemain, il disait... rester chez vous, éviter les sorties, etc. Moi, j'habitais vers la Fourche à Paris, donc pas très loin du stade, etc. Dans le 18e. Et en gros, lui décide de partir. Donc là, je me sens doublement seul. Il y a plein de choses qui s'emmêlent dans ma tête. Ce n'est pas un bon moment. Et là, je comprends pour la première fois que mon mec n'est pas trop là pour moi en réalité. Et que peut-être que lui, il avait ses propres choses aussi going on. À ce moment-là, je sens qu'on ne peut pas trop compter sur lui dans les moments de terreur. Alors que je crois que quand tu as 20 ans, 22 ans, tu... Ouais, j'avais 20 ans, je crois. Tu as besoin d'avoir ce soutien autour de toi, notamment dans des moments comme ça de terreur. Bref, cet événement passe me traumatise beaucoup parce qu'on en parle beaucoup. J'en parle beaucoup avec mes parents au téléphone, etc. Parce que j'avais encore quand même des contacts avec eux. À ce moment-là, pas autant qu'aujourd'hui, on n'était pas aussi proches, mais je crois qu'on s'appelait quand même de temps en temps. J'en parle beaucoup, beaucoup, beaucoup à mes amis du Sud, à Garance, à Célia. C'est des moments où, en fait, on a été très connectés et où on en parlait beaucoup aussi au téléphone. Je m'en mêle, encore une fois. Arrive le soir où je fume le pétard. Bad trip, de ouf. Je me retrouve, du coup, à appeler les pompiers parce qu'en fait, je me suis dit... Cam, tu vas mourir en fait. Donc là, il est grand temps de mourir au moins dans un endroit sain où tu vas être encadré de médecin, etc. Appelons les pompiers. Mon mec appelle les pompiers. Ils arrivent, ils voient très bien que je suis en train de faire une batterie, tout ça parce que j'ai fumé un vieux joint, enfin nul quoi. Et en gros, mon mec décide de ne pas m'accompagner à l'hôpital. Donc deuxième coup un peu de putain en fait, quand je vais mal et quand j'ai besoin, pas trop là pour moi quoi. Donc là, pareil, c'est des moments où je me suis senti très, très seul. Et pour moi, ça a été assez compliqué de gérer ma première relation à l'angoisse comme ça, parce qu'en fait, déjà que tu es terrifié par toi-même, tu n'as personne à qui parler autour de toi. Donc, je parlais aux infirmières, j'étais paniqué. Mais en gros, voilà, ils m'ont donné un anxiolytique et ils m'ont fait rentrer chez moi. C'est tout. Parce que c'est ce qu'ils voient tous les week-ends. Et encore, je pense que comparé à ce qu'ils voient avec la drogue, moi, j'étais vraiment de la gnognotte. Et en gros, je rentre chez moi, je me souviens le lendemain, ma pote Garance, qui est ma meilleure pote, arrive à Paris pour passer le week-end. Et en fait, je me souviens, on a passé un week-end où j'étais en mode... En fait, je sentais que l'angoisse pourrait revenir à tout moment parce qu'en fait, c'est quelque chose qui nous marque dans le corps. Donc le corps est tendu, je me souviens d'avoir la tête qui tourne, d'être, vous savez, un peu la tête légère en permanence. Et d'être pas bien, de me dire qu'à tout moment, je me disais qu'à tout moment, je pouvais caner. Donc en fait, il y a vraiment cette première relation de... d'angoisse qui est là, qui est omniprésente dans ma vie à ce moment-là. Et ouais, cette première relation, cette première sensation de mort, je dirais, où en fait, on comprend qu'on peut mourir et on le vit super intensivement de l'intérieur. Donc, ça en suive quelques semaines où en fait, ça ne va pas du tout. Je fais crise d'angoisse sur crise d'angoisse à Paris. J'essaye de retourner à France Télévisions, d'aller à la fac. Et je me souviens, en fait, je fais des demi-tours dans le métro. Je rentre chez moi parce que je n'arrive pas. Je me souviens un jour, je suis à la cantine de France Télévisions et en fait, pareil, tête qui tourne, pas bien, angoisse. Il faut que je sorte de ce bâtiment, donc il faut que je rentre chez moi. Du coup, je rentre chez moi. Et en fait, ça s'ensuit où je commence à vraiment plus aller au travail, à vraiment plus aller à la fac. Et là, je me souviens, j'appelle Garance et j'appelle ma cousine, je crois, à ce moment-là. Quand vous écouterez cette vidéo, je pense que vous allez vous souvenir de ces événements-là. Et en plus, Marion, je crois, ma cousine, s'était passée à Paris aussi, juste après Garance. Ça se mélange encore un peu, mais vous étiez quand même pas mal là à ce moment-là. Et je leur dis, guys, je ne peux plus rester à Paris. En fait, il faut que je rentre. Il faut que je sois près des miens dans le sud. À l'époque, ma famille et mes amis étaient à Aix. Et il faut que je rentre à Aix. Il faut que je me repose. Il faut que je prenne du temps pour moi. Donc là, j'appelle la fac. En France, c'est compliqué parce que c'est un job que j'ai vraiment voulu, où je me suis vraiment battu pour l'avoir. Et dans ma tête, symboliquement, je lâche mon rêve. Je me dis en fait, la seule chance que j'avais de devenir quelqu'un, la seule chance que j'avais de travailler dans les médias, de côtoyer des stars, En plus, je m'occupais de partenariat musique et cinéma pour France Télévisions. Donc autant vous dire que pour moi, c'était genre waouh. À ce moment-là, c'était incroyable d'aller à des oeuvres en première. C'était incroyable d'aller à des concerts. C'était ouf, Donc là, je faisais une grosse croix en fait et ma vie s'effondrait. Donc je me retrouve à Aix un peu peuneau. Ça ne va pas trop, mais du coup, je crois que... Je ne sais pas si j'ai du chômage ou quoi à ce moment-là. Mais bref, je ne me rappelle plus. Je me remets vite à travailler, je crois. Je fais quand même des petits jobs comme ça alimentaires. Je me rappelle avoir travaillé à la fac à Aix. Ça aussi, c'est un épisode de merde, mais que je ne vais pas vous raconter maintenant parce que c'est vraiment insignifiant, je crois. Et où je me dis, il y a un super coffee shop qui vient d'ouvrir. Je vois que c'est des hipsters qui le tiennent et compagnie. C'est pareil, si vous passez par là, vous vous reconnaîtrez. Et je me dis, il faut trop que je travaille là-bas. Donc, je travaille là-bas. Maison Noche, me voilà. et je commence du coup à être un peu serveur slash barista et c'est cool je crée des liens qui sont super je me fais grave pote avec toute l'équipe donc il y a vraiment ce lien social que je développe du coup et que j'avais pas forcément à Paris j'ai aussi mes potes d'avant j'ai mes nouveaux potes qui arrivent aussi dans ma vie je pense à Emma, je pense à Auré je pense aussi même à Gaïa que des moments comme ça trop trop cool en plus de là Euh... ça va tellement pas que moi je crée une relation complètement fusionnelle avec ma sœur, par A plus B on décide de s'installer ensemble donc mes angoisses je les gère comme je peux parce qu'en vrai je suis méga méga méga entouré à ce moment là et en fait je ne vis que pour être entouré, je fais que sortir je suis tout le temps en train de boire des cafés sur le cours Mirabeau c'est un peu je travaille mais voilà il y a beaucoup quand même de fun Et du coup, les crises arrivent encore et le terrain anxieux est toujours là. Mais en fait, vu que je suis méga entouré, je gère comme je peux. En vrai, ça casse les couilles à tout le monde parce que je me souviens avoir Garance, quand tu écoutes, quand tu vas rire, quand je vais raconter ça, mais je passe un nouvel an chez Garance où tout va très bien. Et d'un coup, tout le monde décide de sortir. Et moi, dans ces moments-là, je me sens hyper angoissé parce que tout le monde va sortir en boîte et que moi, je n'ai pas envie de sortir en boîte. Et que je ne peux pas, du coup, je fais une crise d'angoisse, je demande aux gens de rester avec moi. En fait, c'est horrible parce que du coup, tu embarques aussi beaucoup de gens dans ton malaise. Et en fait, tu as tellement besoin des autres à ce moment-là qu'en fait, tu ne peux pas faire autrement. Et les autres, du coup, vu que c'est tes potes, ils font l'effort de rester. Mais en vrai, c'est un peu relou. Et à ce moment-là aussi, j'attaque ma première, après avoir vu quelques psys avec lesquels ce n'était pas forcément concluant. Pareil, ça, je passe. Je découvre un psy à Aix qui est trop, trop cool. Et là, je fais une espèce de... Il n'était pas psychanalyste, il était psychologue à tendance psychanalytique, en gros. Donc, je parlais énormément. Il était très, très... Un peu taiseux, vous voyez, ce vieil homme en fin de carrière qui connaît. Donc, en fait, pour moi, ça me rassurait d'avoir quelqu'un qui connaisse vraiment son sujet et qui, en gros... pas minimise, mais me dit, il me disait que tout simplement, ça allait aller. Enfin, que j'étais entre de bonnes mains, que je me prenais en main. Et je me souviens à cette époque, les gars, je pense que ça a duré peut-être, je ne sais pas, facilement dix mois où j'allais tellement mal, quand je n'étais pas avec les gens, justement, que j'allais au psy deux fois par semaine. Et Bichette, merci, merci à ce psy parce que, franchement... C'était le début de ma carrière, même de barista, etc. Je ne gagnais pas énormément d'argent. J'avais un loyer cher à Aix. Et ça me fait penser qu'il faut que je vous parle de ma relation avec ma sœur juste après ça, que j'ai oublié de vous dire. Mais bref, trop mignon. Il me faisait grave des prix et tout. Donc, je pouvais vraiment continuer à faire ce travail. En fait, pour moi, à ce moment-là, ce n'était même pas un travail thérapeutique. C'était vraiment un... Si je n'allais pas deux fois chez le psy dans la semaine, ça n'allait pas. Et je n'arrivais pas à marcher dans la rue, je n'arrivais pas à rester seul. Je faisais des crises d'angoisse dans la rue où j'appelais ma sœur en mode « Ambre, tu dois venir me chercher, je suis dans cette rue, mes jambes me lâchent et tu dois venir avec moi pour m'aider à marcher. » Et je me souviens même de chez moi à chez le psy, il y avait peut-être 25 minutes de marche, mais hyper chill. Ceux qui connaissent Aix-en-Provence, on n'est pas non plus dans une ville qui est hyper insécurisante, on va dire, mais comme quoi on peut être dans le plus privilégié des environnements, mais quand même sentir des grandes, grandes, grandes insécurités et une peur immense au moindre pas dans la rue. Donc je continue ça, c'est vraiment ma bouée de sauvetage à ce moment-là, cette thérapie-là. Je comprends quand même certaines choses, ça me fait du bien, j'arrive de meuse en meuse. Et ce psy me dit... Vous savez, des fois, il y a des phrases que des gens vous disent à des moments de votre vie et qui vous marquent. Alors moi, elle m'a marqué. Elle est pourtant si simple, mais elle me dit, il me dit quand tu sors dans la rue, même si tu vas très, très, très mal, tu ne sais pas sur quelle surprise tu vas tomber. En gros, ça me sert encore aujourd'hui quand j'ai des moments de down et très dark où je me dis tu dois sortir dans la rue parce que je dois aller au taf, je dois aller faire des courses, etc. Tu ne sais pas ce qui va t'arriver. Et souvent, c'est des journées merveilleuses parce que je suis parti vraiment les pieds de plomb dans mon quotidien. Mais en fait, je me laisse surprendre par ce qui va se passer. Et je repense toujours à ce psy qui, du coup, m'a mis cette graine dans mon esprit de quand tu sors de chez toi, il peut se passer des choses qui sont très, très, très belles à n'importe quel coin de rue. Et du coup, ouvrir la possibilité de se laisser surprendre même dans des moments de dark, ça a été vraiment un déclic pour moi à ce moment-là. Peut-être pas sur le moment en direct parce que j'étais toujours en galère, mais quelque chose que j'ai entretenu au fur et à mesure des années et qui aujourd'hui représente vraiment une aide précieuse au quotidien. Bref, à ce moment-là, je suis hyper fusionnel avec ma sœur. C'est-à-dire qu'on vit dans le même appart, on a deux chambres, je dors avec elle. Parce que je suis terrifié de dormir seul. Je me souviens, on pose l'ordinateur entre nous, elle était du côté droit, moi du côté gauche, on pose l'ordinateur entre nous tous les soirs et on s'endort. Et en fait, ça prouve à quel point à ce moment-là, ma sœur et moi, on était démunis. Mon père n'était pas forcément là, il travaillait. Ma mère était complètement... Je pense, encore une fois, c'était vraiment... Je crois que l'addiction de ma mère, elle a duré vraiment dix ans. Et là, on est vraiment dans les grosses années où ma mère, ça ne va pas du tout, Je crois qu'elle n'avait même pas encore fait ses premières RIAB et compagnie. Ou alors, c'était juste les premières, mais elle est dans le dur, quoi. Donc, en fait, on ne peut compter sur personne. Et à ce moment-là, mon noyau amical plus ma sœur, ça représente vraiment mes piliers. Et en fait, cette thérapie aussi, en parallèle, m'a permis aussi de tout remettre en place, de voir que ma sœur n'était que ma sœur et ce n'est pas ma mère. C'est plein de transferts que j'ai fait dans ma tête à ce moment-là, mais en fait, avec ma sœur, on n'a pas eu le choix que de se fusionner et d'être ensemble, de vivre ensemble, de tout vivre ensemble, d'avoir les mêmes potes, de travailler aux mêmes endroits parce qu'on a travaillé aussi dans le même coffee shop. En fait, on n'avait pas le choix parce qu'on a dû. On était tellement déséquilibrés par tout ça qu'on a regardé autour de nous. Elle était là, j'étais là. Et en fait, on va se soutenir et on va avancer ensemble. Donc, je crois que je ne remercierai jamais. Je vais chialer. Je ne remercierai jamais ma sœur de tout ça que si jamais elle n'avait pas été là dans ma vie à ce moment-là. Je ne sais pas. Je ne sais pas ce que j'aurais fait. Ça aurait été... chaque jour que Dieu fait, je remercie d'avoir une sœur. Franchement, c'est incroyable d'être né dans cette famille-là, mais avec cette sœur-là, c'était essentiel. Et même aujourd'hui, que tout va tellement mieux dans ma vie et dans ma relation avec mes parents, et que ma mère va mieux, qu'on a des bonnes relations avec mon père, etc. Le fait aussi de vivre des moments de bonheur avec ma sœur aujourd'hui, je me dis, putain, on n'a pas que traversé des merdes. On arrive aussi à être heureux ensemble. Et moi, la voix heureuse aujourd'hui qui voyage, qui est avec son mec et tout, c'est une partie de moi qui est heureux aussi. C'est trop cool. Bref, je ne pensais pas que ça me fasse autant d'émotions. Vous voyez, je n'ai pas la larme facile non plus. Je ne vais pas m'être à chialer devant vous non plus. Mais bon, bref. Donc, voilà les années à Aix. Je gère mes anxiétés comme je peux, avec les soutiens que je peux, mais c'est encore très, très dur. Les crises d'angoisse sont omniprésentes et quand elles sont là, ça va. Il y a une crise qui a été déterminante aussi et vous allez comprendre par la suite. En gros, je pense que je suis à un stade d'anxiété qui est genre ultime. Je pense anxiété, je mange anxiété, j'ai peur de... de faire une crise à chaque moment de ma vie, même sur mon lieu de travail, partout. Et j'en fais régulièrement avec mes potes, comme je vous le disais. Et en gros, un jour, je suis au taf, je suis derrière le comptoir, je prends une commande, et là, il y a un truc qui se passe en moi. Je sors de mon corps. Vous allez peut-être penser que je suis fou, je ne sais pas si vous avez peut-être vécu une expérience similaire, mais je me vois. C'est comme si, du coup, vous prenez vos yeux, et vous les mettez là-haut, et vous vous voyez, en fait, au-dessus. Vous voyez la scène de votre vie qui se déroule. Donc, je me vois moi. Je vois la personne qui me parle en face de moi à laquelle je suis en train de prendre une commande. Et en fait, je déréalise. Donc, on appelle ça la déréalisation. Je l'ai su après. Parce que du coup, je retourne quand même chez la psy. Je me dis, mais what the fuck ? What is happening ? Et c'est terrifiant. Parce qu'en fait, on n'est plus dans son corps. On n'a plus les sensations. Et moi, en plus, qui ai tellement peur d'être dans mon corps. C'était une période, je pense... On a tellement peur qu'il nous arrive quelque chose aussi. J'avais tellement peur d'avoir la tête qui tourne. J'avais tellement peur que mon corps me lâche, de mourir, que mes jambes me lâchent. En fait, quelque part, on est aussi dans son corps. On est dans sa tête, mais les symptômes corporels nous tiennent. C'est très bizarre. Et en gros, je me vois. Donc là, flip total. Je me souviens, je vais dehors, j'appelle le psy. Je dis que ça ne va pas. J'arrive par A plus B à me... Calmer. Mais première crise de déréalisation. La déréalisation, je l'ai noté, c'est un trouble dissociatif. C'est avoir une impression que le monde est irréel, d'être en dehors de son corps. En dehors de son corps, c'est plus attrait à la dépersonnalisation, mais c'est deux symptômes qui sont liés. En gros, c'est avoir cette impression un peu vaporeuse en permanence de « je suis là, mais je ne suis pas là » . Ce n'est pas un délire, ce n'est pas une psychose. Sinon, je ne serais certainement pas là en train de vous parler et je pense que ça aurait mal terminé. Parce qu'en fait, on sait que ce qu'on vit est réel. On le sait qu'on est dans la réalité. Mais on a ce sentiment énorme de, je ne sais pas, de s'éda vapeur autour de nous. Le lien à l'autre n'est plus pareil. Le lien à soi n'est plus pareil. On se sent en dehors, on se sent à côté de ses pompes. Et je pense que ça vient vraiment de là, l'expression, on n'est vraiment pas là, quoi. On est là, mais pas là. On croit que le monde est irréel. On se regarde dans le miroir. Parfois, on ne se reconnaît pas. En fait, on sait que c'est soi, mais on ne se remet pas. Je ne sais pas si vous n'avez jamais senti cette sensation. Je ne vous le souhaite pas. C'est un truc que j'ai du mal à décrire parce que c'est vraiment très sensationnel. Ça se sent et ça se vit vraiment de l'intérieur. Bref, donc là... panique totale, je google tout, j'appelle le psy, bref je me calme et voilà, il faut savoir qu'à ce moment là le yoga arrive dans ma vie donc ça c'est ce qui va me tenir aussi parfois à revenir dans mon corps en fait ma boss avec qui je travaillais, Julie, si tu passes par là je fais tellement de dédicaces dans ce truc c'est ridicule genre je suis plein de big up et tout c'est terrible Julie me dit, ma boss du coup chez Maison Noche à Aix me dit viens on va faire du yoga un soir quoi. Moi, c'était le premier cours de... En réalité, ce n'était pas mon premier, parce que mon premier cours de yoga, je l'ai fait quand j'avais 7 ans, quand j'habitais dans mon petit village. On s'en va écouer. Mais je reprends du coup le yoga avec Julie. Et en fait, pour la première fois, je me dis, putain, en fait, je peux être dans mon corps. Et mes pensées, mon flot de pensées peut se calmer. Donc, je me dis, ah, c'est cool. On va peut-être explorer cette voie. Donc, j'y retourne, pas forcément assidûment, mais je vois que le yoga me fait du bien. J'y retourne de temps en temps et je vois que c'est peut-être une voie que je vais explorer par la suite parce qu'en fait, à the end of the day, je ne fais pas de sport, je ne médite pas à ce moment-là ou très peu. Les seules choses qui me font du bien et qui arrêtent mon cerveau, c'est le psy et le yoga. Donc je me dis, je vais peut-être continuer à explorer ces voies-là. Je n'ai jamais été quelqu'un de très régulier dans mes pratiques ou qui va tous les matins méditer, tous les matins aller au sport, machin. Donc là, ce n'est pas ce que j'ai fait non plus, j'y suis allé. quand j'en avais envie, quand j'en ressentais le besoin. Mais c'était toujours des moments qui me ramenaient du coup à la réalité et en moi et qui me ramenaient à quelque chose d'aussi peut-être plus calme en moi où mes pensées s'apaisaient. mes pensées s'apaisaient, où je n'avais plus trop peur de mon corps, parce que je voyais qu'il pouvait faire des choses, et aussi dans la douceur et pas dans la force. Et bref, ça a été une très très belle rencontre, ce yoga-là, et qui du coup va faire partie ensuite de mon quotidien et de ma vie aussi à un certain moment, ça je deviendrai après. Anyway, je rencontre un mec à ce moment-là, je crois qu'il déménage à Paris, ou je ne sais plus s'il habite à Paris, non, je dis... Il habitait déjà à Paris à ce moment-là, mais je le rencontre quand il habitait encore à Aix. Je me retrouve à déménager de Aix pour retourner à Paris, le rejoindre et refaire ma carrière. Quelque chose que j'avais laissé il y a quelques années. Là, on se trouve en 2017, donc quasiment deux, trois ans après que je sois rentré dans le Sud, après mes premières crises d'angoisse chez France Télévisions. Je me sens enfin prêt. à retourner à la capitale, à revivre mes rêves, à redevenir attaché de presse, et on y va, on y croit. J'ai été faux sur toute la ligne. Je me retrouve à Paris, j'habite six mois chez lui, je me trouve un job alimentaire, je bosse au bon marché à Paris, une horreur. Franchement, je ne souhaite à personne d'être vendeur sur un floor. C'est terrible, On nous oblige à rester droit, à faire genre, on travaille, c'est du présentéisme, c'est une horreur. On ne peut pas s'asseoir. Je me souviens, en fait, on ne pouvait pas rester debout. En fait, on devait toujours faire quelque chose. Donc, tu prends ta chamoisine. Je travaillais chez Jimmy Fairley à l'époque. Les lunettes. Tu nettoies un peu les lunettes. Tu tournes en rond. Tu ne peux pas rester statique parce que ça marque mal. Et là, je me dis, mais où je suis ? Je reste trois mois dans ce truc et je me dis, allez, ciao. Et de là, je décide de retourner dans un coffee shop parce qu'à Diana Today, c'est ce que je sais faire. C'est ce que j'ai fait pendant... 2-3 ans à Aix donc let's go back to the coffee shop là encore une fois je m'entoure de personnes exceptionnelles, je fais des rencontres de ouf vie sociale méga remplie, donc je recommence un peu le même schéma de Aix ça va pas trop je fais encore des crises d'angoisse peut-être un peu moins je crois parce que je crois que je vis aussi une vie qui me ressemble un peu plus je suis à Paris, je suis dans une ville que je kiffe plus dans lequel je suis aussi peut-être plus nourri par mon environnement. Donc forcément, les crises ne sont peut-être pas les mêmes. Mais il y a encore énormément de triggers, notamment sur mon lieu de travail, où je me rappelle d'une fois, Margot... Je suis obligé d'intégrer des gens dans cette vidéo, c'est terrible. Margot, tu comprendras cette histoire quand tu l'écouteras. Mais je me rappelle une fois où je me prends la tête avec mon boss, et rien, franchement, c'était rien. Et en fait, ça trigger tellement de trucs en moi, où je fais une crise d'angoisse dans la rue, je rentre chez moi, j'ai la tête qui... tourne, me sens pas bien. Et Margot s'occupe de moi, vient à mon chevet et me sauve de cette situation. Vous voyez à quel point à ce moment-là, je suis dépendant des gens. Et en fait, me calmer tout seul, ça n'existe pas. C'est-à-dire que les autres sont ma source, les autres sont ma nourriture dans ces moments-là où ça ne va pas en fait. Donc les ressources personnelles et la stabilité personnelle, je ne l'ai pas. Je crois l'avoir parce que je suis dans une espèce de quotidien qui est hyper rythmé, où je descends tous les 15 jours, tous les 3 semaines à peu près à Aix, c'est cool, je suis dans une vie un peu trop trop bien, où j'ai plein de potes à Paris, on fait quand même pas mal d'activités, et je travaille beaucoup, je travaille quand même 40 heures dans ce coffee shop où en fait je suis à plein temps, mais tout va bien quoi, je suis toujours ultra nourri par ce qui se passe autour de moi, mais en fait au fond de moi... Il n'y a rien qui se passe et c'est toujours aussi sensible. Jusqu'au moment, là, je continue encore le yoga à Paris. Pareil, en vrai, je continue, mais je ne suis pas tous les jours au yoga. Je le fais un peu chez moi, je m'y intéresse un peu plus. Je vais lire aussi beaucoup de choses à ce moment-là sur la Yurveda. Et je crois... Je ne pratique pas énormément, mais je crois que le yoga va me sauver. Pour moi, c'est comme si tu as un esprit comme ça, aussi anxieux, et tu es un être aussi anxieux, tu vas faire du yoga, et seulement du yoga, et tu vas aller mieux. Tant que tu ne te mettras pas à 100% dans le yoga, ça n'ira pas. Donc je commence à pratiquer plus, etc. Je fais la rencontre de Stéphanie. Stéphanie. C'est une copine de coffee shop que j'ai rencontrée, une copine barista, dans le café où je travaillais à Paris, qui part faire une formation de yoga en Inde. Là, je me dis déjà, what the fuck ? Déjà, moi, je croyais que les profs de yoga, à ce moment-là, c'était que des gens qui avaient fait des super longues études, qui avaient passé des mois et des mois en Inde pour se former, et que c'était un peu un espèce de parcours de vie, un parcours un peu initiatique dans lequel tu te retrouves et où tu vas faire beaucoup de recherches assez philosophiques, etc. Peut-être un peu moins physiques que ce que je pensais à ce moment-là. et en gros tu deviens prof de yoga mais cette fille me dit moi je pars en Inde, je vais faire un 200 heures donc en gros pour devenir prof de yoga aujourd'hui c'est pas légiféré, c'est d'ailleurs un sujet sur lequel j'ai beaucoup d'avis, mais je vais pas vous les partager aujourd'hui, on va pas s'égarer mais en gros tu fais 200 heures de formation et tu peux devenir prof de yoga, ces 200 heures tu peux les choisir de les faire partout, ça peut être en Europe aux Etats-Unis, à Bali, en Inde, enfin bref Elle, elle parlait faire en Inde, donc je me dis, incroyable, cette fille le fait. Je la vois, elle revient, elle me donne aussi des cours, donc je me dis, putain, trop cool, elle a appris plein de choses. Et ça a l'air d'avoir eu un impact assez significatif sur elle parce que je vois qu'elle n'est plus barista, elle se lance à son compte, elle est peut-être un peu plus libre aussi, quelque part. Ça, ce serait à elle de nous le dire, mais je sens que ça lui fait du bien et qu'aussi en elle, ça a changé quelque chose parce qu'elle a été nourrie de 200 heures de formation. un mois passé en Inde où on parle H24 de yoga. Et du coup, les mois, quelques mois se suivent et je me dis mais en fait, c'est ce que je vais faire. Je vais aller en Inde, je vais me former au yoga, ça va changer profondément qui je suis. Je vais revenir vraiment à quelque chose d'ultra sain en moi et d'ultra bien. Je vais me mettre à méditer. Je vais venir un peu à cette esthète yoga que j'imagine dans ma tête. Et ça va changer ma life en fait. Et je vais dire au revoir à mon anxiété. Parce qu'il faut savoir qu'à ce moment-là, depuis 2015 jusqu'à ce moment-là, et là on se trouve en 2019-2020, j'ai un but dans ma vie, c'est éradiquer mon angoisse de moi. Je la déteste. Je déteste ça, je lis des livres de développement personnel H24, je continue à aller chez le psy mais je suis en bataille. C'est-à-dire qu'on peut faire, en fait je crois que le pouvoir de l'intention à ce moment-là, il est significatif. On peut faire tout, plein de choses qui nous font du bien, aller au yoga, faire une thérapie, lire des livres de développement personnel. si l'intention derrière n'est pas J'ai envie de dire pur, mais c'est pas ce que je veux dire, mais vous comprendrez parce que j'aime pas trop ce truc de pureté, mais vous comprenez. Si l'intention n'est pas pure, en fait, on peut continuer, mais être dans la force. Et moi, c'est ce que j'étais à ce moment-là, j'étais dans la force. J'allais chez le psy pour me sauver, j'étais en apnée en permanence, et je voulais éradiquer, je détestais cette partie de moi. Ça n'a pas fonctionné, je vais en Inde, je passe un mois de ouf, c'était vraiment incroyable, et puis... Il y a quand même des progrès dans ma vie. Je n'arrivais pas à marcher dans la rue. Je me retrouve quand même dans un avion tout seul à partir en Inde. C'est quand même un gros step. Donc, il y a quand même aussi des grandes phases d'amélioration dans ce que je fais aussi dans mon quotidien. Je me surpasse quand même. Je pars quand même à des milliers de kilomètres de chez moi, dans une culture que je ne connais pas, avec des gens que je ne connais pas, tout seul. Même si Stéphanie m'avait conseillé. J'ai fait la même école qu'elle en Inde. Donc, elle m'avait quand même énormément rassuré avant. Et merci, merci. Mais voilà, c'est quand même un big step. Mais au fond, j'étais là-bas pour changer et déterminer à changer et me dire que quand je vais rentrer, ce sera un nouveau cam avec des nouvelles aspirations, etc. L'impact, il a été considérable sur moi, évidemment. J'ai voyagé, je me suis surpassé, etc. Comme je vous dis. Mais je voyais que c'est pas... J'étais encore anxieux. Évidemment qu'on va pas... On ne va pas supprimer des années d'insécurité personnelle en un mois en Inde. Sinon, on partirait tous et franchement, moi, je repars demain. Enfin, c'est cool. Mais voilà, je pense que c'est la première fois de ma vie que je comprends aussi que la baguette magique n'existe pas et qu'il faut que je lâche en fait cette idée de baguette magique, que je vais rencontrer une pratique ou rencontrer une personne qui va changer ma vie. Parce qu'à ce moment-là, il y a aussi d'autres croyances qui sont là. Médicien. Mais quand tu rencontreras le bon psy, ça va tout changer. On va tout éradiquer. Quand tu rencontreras le bon mec aussi, quand tu vas tomber sur l'amour de ta vie, tu seras plus anxieux. Quand tu habiteras dans la ville qui te fait rêver, qui te fait vraiment rêver, tu seras plus anxieux. Donc je suis toujours un peu dans cette recherche extérieure de solutions. Comme quoi on peut attaquer un travail introspectif en soi, parce qu'aller en Inde c'est assez introspectif, parce qu'on médite énormément, on a énormément de cours de philo, etc. Mais encore être tourné à 100% vers l'extérieur. C'est pour vous prouver à quel point on peut... Pour vraiment atteindre l'intérieur de soi, je pense que c'est long. C'est long. Et je vous parle de ça. Du coup, je vais en Inde, moi, fin 2019, début 2020. Ouais, c'est ça, fin 2019. Donc, il y a eu du chemin depuis et avant ça. C'est très court, mais c'est très long aussi en même temps. Je rentre d'Inde. En fait, je vous raconte ma life, mais autant vous en doutez, mais c'est grave. Là, je suis en mode autobiographie, en fait. Bref, ça intéressera qui, ça intéressera, mais je me dis que ça va peut-être vous faire du bien aussi. Peut-être que vous allez à un moment vous dire « Mais moi aussi, j'ai ressenti ça. » Et c'est cool parce que vous voyez que quand on voit que quelqu'un ressent les mêmes choses que nous, ça nous rassure aussi à certains moments de nos vies. Et des fois, on a juste besoin de ça, de voir qu'on n'est pas tout seul dans ce qu'on ressent et qu'en fait, vous n'êtes pas fou. Si vous êtes anxieux, vous n'êtes pas fou. Il faut savoir qu'à ce moment-là, les crises sont encore là. Je ne fais pas de crise d'angoisse en Inde, mais je me souviens, si je fais une crise d'angoisse sur le retour, j'arrive à Delhi, je crois, et je suis dans l'aéroport et je sais qu'il faut rentrer en Europe. Donc forcément, là j'étais dans ma bulle, je sais qu'en fait ça va éclater. Ma bulle, elle éclate à l'aéroport et je me dis ça ne va pas aller, je vais rentrer à Aix, comment je vais faire ? Et mes angoisses reviennent. J'avais un plan numéro 2, vous vous doutez bien. Vu que je suis toujours dans une recherche à ce moment-là de... Ça va aller parce que, ultra conditionnel, parce que je vais rencontrer cette personne, vivre ce voyage ou quoi. J'avais déjà prévu mon plan. Moi, je rentrais à Aix. J'avais déjà prévu l'été précédent avec ma sœur, l'ex de ma sœur et ma copine Victoire, de partir en Australie. Donc en fait, je vais partir en Australie. Ça va me changer. Ça va tout régler. Évidemment que non. Vous vous doutez bien. J'arrive en Australie en janvier 2020. Premier janvier 2020, je me rappelle. Nous voilà tous les quatre. Moi, je leur avais dit, je reste là six mois max. Ce n'est pas mon délire. Je ne vais pas faire les farmworks et compagnie, les visas de deux ans. Moi, j'y vais. Je vis ma best life à Sydney. Limite, je ne voyage pas et c'est très bien. Je rencontre l'amour de ma vie et je le ramène en Europe. MDR. Le Covid arrive, tout le monde décide de repartir. Je vous la fais très courte, mais tout le monde, mes potes, décident de repartir en France. Donc ma sœur, l'ex de ma sœur et Victoire décident de repartir en France. Et moi, je me retrouve en Australie. Pourquoi je reste en Australie ? Parce que je crois à ce moment-là que j'ai rencontré l'amour de ma vie, Joseph. Et en fait, je ne peux pas le laisser parce qu'à ce moment-là, je suis ultra dépendant de lui. Donc j'ai remis mon viseur sur quelqu'un, sur encore une fois l'extérieur. En fait, je crois qu'avoir une relation parfaite avec lui, c'est ce qui va me sauver à ce moment-là. Sauf que c'est une relation qui n'est pas du tout égale, dans laquelle je suis hyper anxieux, lui est hyper évitant. Et en fait, je suis peut-être moins angoissé de mes angoisses et de la peur de mourir, mais je suis angoissé par lui. Est-ce qu'il va sortir ? Est-ce qu'il va me tromper ? Je suis hyper jaloux, je suis dans des délires. Tout ça, c'est ma version à moi. La version que je mettais sur Instagram à ce moment-là, c'était Cam V. Dream in Australia et j'ai voyagé, j'ai fait plein de trucs et bien sûr qu'il y a eu du bon, là je vous dépeins un peu le négatif aussi pour vous montrer la vérité mais il y a eu des très bons moments mais à ces moments là de ma vie avec Joseph en Australie ouais je suis pas au max mais en vrai il me cause tellement d'anxiété qu'en fait mes anxiétés elles sont à 100% sur lui et voilà tac Je crois qu'à ce moment-là, ça s'arrête avec Joseph. Je décide de rester en Australie. Donc là, big step encore une fois parce que je perds mon pilier australien. Mais je décide de rester. Pourquoi je décide de rester ? Parce que je me suis fait grave des potes. Emma, si tu passes par là, you won't understand what I'm saying, but I love you. Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire. je reste en Australie parce que j'ai grave des potes je travaille dans un coffee shop qui est trop cool je me sens trop bien je me sens libre Mais voilà, encore une fois, je vais encore chez le psy à ce moment-là, et notamment vers la fin de mon voyage en Australie, parce que je sens que ça ne va toujours pas. Vous savez, quand vous avez tout pour être heureux, mais vous savez qu'à l'intérieur, ça ne va pas. Parce que je vois que je commence à avoir peur de plus de choses, je vois que certaines peurs reviennent, que j'ai aussi certains symptômes qui reviennent. J'ai un peu plus peur de mourir, j'ai un peu plus la tête qui tourne. Je déréalise aussi à certains moments. Mais voilà, ce n'est pas ouf. Du coup, je décide de rentrer en France parce que je voulais être plus proche de ma famille. Et me voilà rentré à Marseille. Je ne sais pas si j'oublie quelque chose. Non, je ne crois pas. J'arrive à Marseille et je me dis, calme, mais encore une fois, comme quoi je me trompe à chaque fois. N'ayez pas des certitudes par rapport à votre vie parce que vous allez vous apercevoir que vous êtes votre propre joke en fait. Parce que moi, toutes les certitudes que j'ai et qui me rassurent en me disant, mais moi je ne fais pas ça et moi je fais ci, moi je fais ça, à la fin, je ne fais jamais ce qui est prévu. Donc si j'ai un conseil à donner, peut-être que vous vous en foutez de mes conseils, mais vous ne croyez pas. En fait, quand vous avez des certitudes, lâchez-les parce qu'en fait, la vie après fait... tellement son travail et vous prouve tellement le contraire parfois. J'arrive à Marseille en mode « Guys, moi je reste deux mois, je repars vivre à Amsterdam, à Copenhague, à Barcelone, je ne sais pas. » Mais moi, la France, très peu pour moi. Vous avez un peu cette pensée. Quand on commence à voyager, on croit qu'on est mieux que les autres. En fait, moi, I'm better than this. Marseille, ce n'est pas pour moi. En plus, c'est commencé à être un peu à la mode à ce moment-là. Là, on est en 2022. Je suis resté deux ans en Australie. 2022, 2020... 2023. Je ne suis que de passage. Mais finalement, par A plus B, je me retrouve à enseigner le yoga parce que je remplace une copine et que du coup, le cours devient mien parce que la fille en question part. Et du coup, je commence à développer mon business de yoga à Marseille. Encore une fois, tout va bien. Le yoga fonctionne. J'ai mon side job, c'est-à-dire que je bosse dans un coffee shop qui est super à ce moment-là. La tisserie, et c'est trop cool. parce qu'en vrai j'ai tout pour être heureux j'ai de l'argent mes cours sont remplis je commence à bien connecter avec les gens autour de moi j'ai mes potes, mes anciens potes, des nouveaux potes mais encore une fois je sens qu'au fond de moi ça va pas mais je continue du coup à aller voir la psy parce que c'est exactement ce que je faisais à ce moment là quand ça va pas tu vas chez la psy et en fait être toujours je croyais que c'était par rapport au yoga que j'allais pas bien parce que peut-être que je travaillais trop peut-être que si, peut-être que là, peut-être que parce que j'avais pas encore rencontré un mec et je me sens seul et blablabla, on se trouve toujours des trucs mais je me fous encore méga la pression par rapport à ma carrière à ce moment-là j'ai décidé que le yoga à ce moment-là c'était ma vie sachant que il faut savoir une vérité sur moi j'ai toujours dit, surtout aux gens qui m'entourent peut-être pas de manière publique on va dire mais que le yoga c'était pas ma passion et je comprenais pas, je me disais toujours tu fais un job qui te plaît, mais ce n'est pas ta passion. Et du coup, j'ai toujours eu ce truc avec le yoga où ça fonctionne et je crois que je suis un bon prof, mais en vrai, je crois que ça ne m'animait pas tant que ça. Mais je le faisais pour une raison. Enfin, pour d'autres raisons aussi, mais je sais que je faisais du bien aux gens et qu'en fait, moi, recevoir un message après mes cours en mode calme, je n'allais pas bien. Et en fait, en cours, ça m'a fait me sentir bien. La mission, elle était réussie et ça m'a apporté un truc, mais je n'étais pas à ce niveau-là de ressenti. J'étais juste dans le... Je ne pouvais pas accéder à ça en moi à ce moment-là, la reconnaissance, la joie de faire du bien, etc. Ce n'est pas une partie de mon être que j'avais encore découvert. À ce moment-là, c'était « Cam, tu as raté ton cours, ta playlist, elle était à chier, de toute façon, tu n'es pas créatif dans tes séquences de yoga, les gens s'emmerdent, tu es un imposteur, tu ne connais pas assez bien le corps et l'anatomie, tu ne connais pas assez bien la philosophie, etc. » J'avais toujours quelque chose à dire. Et en fait, si... Les gens ne me disaient rien à la fin de mon cours. J'étais toujours déçu parce que je me disais « ça ne leur a pas plu » . J'étais en permanence dans le stress. Je me souviens de quelques cours que j'ai selon moi réussi. Je me suis senti bien, mais c'est vraiment anecdotique. J'étais tout le temps en train de me flageller. Mais du coup, tout autant que je me flagellais, je continuais à prendre des classes. C'est-à-dire que je rajoutais des classes sur mon planning. Ça fonctionnait bien. Il y avait plein de studios. C'était avant l'ère Pilates. Maintenant, c'est Pilates, Réformer et compagnie. Mais à ce moment-là, yoga, il y a 2-3 ans. C'était incroyable. Je crois qu'en ce moment, les gens tournent un peu leur dos au yoga. Mais peut-être qu'on reviendra, je ne sais pas. Donc ouais, ça fonctionne pour moi, mais je sens qu'à ce moment-là, je suis un peu en train de m'épuiser en fait, parce que je suis en permanence dans le jugement de moi et je n'ai aucun amour pour moi à ce moment-là. Et je vis juste à travers ma carrière en mode « tu vas réussir, tu vas devenir un peu pro dans ton domaine » . Et du coup, tu vas faire des trucs qui brillent et que les gens voient et qu'il va y avoir encore plus de gens à ta classe, etc. Mais du coup, je perds un peu l'essence de tout ça. Et ça, c'est trop cool d'avoir de l'ambition. Attention, je ne suis pas en train de cracher sur les gens qui ont de l'ambition. Mais moi, je n'étais pas connecté à un truc cool en moi parce que j'étais toujours en train de me pousser, pousser, pousser, toujours pour être le meilleur, toujours pour faire mieux que les autres. Et enfin, fatigant. Et tout ça, c'est quelque chose que je ne racontais pas à ce moment-là sur les réseaux. L'extérieur voit juste que je réussis et que je suis bienveillant et que je suis quelqu'un de cool, etc. Et de sympa avec les autres parce que je rencontre beaucoup de profs et je suis très aussi beaucoup. Je questionne beaucoup les gens autour de moi. Comment ils se sentent ? Je me souviens, j'organise même parfois des workshops entre profs pour savoir un peu comment on peut évoluer ensemble pour être mieux dans nos enseignements, etc. Sauf que moi, en fait, je fais tout le contraire dans ma life. Mais il y a quand même une partie de moi qui veut être beaucoup plus bienveillante. Les signaux de détresse, d'angoisse reviennent en moi en juin 2024. Ouais, c'est ça. Entre temps, j'ai rencontré Thomas, etc. Donc c'est cool parce que je fais quand même beaucoup d'allers-retours à Bruxelles et je m'aperçois que peut-être que j'ai envie de bouger ailleurs. Mais du coup, ça crée quand même beaucoup de questionnements en moi. Mais cette partie-là de ma vie devient de plus en plus douce aussi. Je m'aperçois qu'avec lui, je peux juste être moi aussi à certains moments. Ne plus être le prof de yoga, ne plus être la personne qui veut réussir ou qui veut se montrer sexy sur les réseaux. Juste moi et lui, en fait, il a décidé de m'aimer tel quel. Et je ne vais pas replorer une deuxième fois, mais juste pour vous dire qu'à ce moment-là, l'avoir dans ma vie, ça m'a juste prouvé que je pouvais... C'était ma première porte d'entrée à... Je peux juste... être quelqu'un. Je n'ai pas besoin d'être tout le temps dans le faire et tout le temps dans le je vais devenir, donc tu vas m'aimer. Lui m'a pris tel quel à ce moment-là avec mes angoisses, etc. Sachant que tous les mecs que j'ai rencontrés avant Thomas, je redoutais à chaque fois le moment où j'allais leur expliquer mes angoisses. Donc, j'étais en bataille avec moi en mode, tu ne diras pas à cette personne que tu es anxieux et elle ne le verra pas. C'est-à-dire que j'ai passé parfois six mois avec une personne, enfin plus, mais pendant six mois, je ne disais pas que j'étais anxieux. Donc je vivais tout dans le silence. Et c'était horrible parce que c'était une partie de moi que je n'avais pas envie de révéler. Thomas, je me souviens, dès les premières semaines, je lui ai dit, écoute, moi, je suis un peu sensible. Et c'était cool pour la première fois de pouvoir être aimé par quelqu'un qui ne va pas juger cette partie-là de nous. Moi, l'image que j'ai de Thomas quand ça ne va pas, c'est juste ses bras ouverts. En mode, ça ne va pas, viens. Tes angoisses, elles sont là. Elles font partie de qui tu es aujourd'hui. Mais moi, je t'aime au-delà de tout ça et avec ça. Pour la première fois dans la vie, je m'aperçois qu'en fait, je peux être aimé. Ça, c'est cool. Aimer tel que je suis avec mes zones d'ombre aussi. Bon, bref. Je ne vais pas vous romantiser ma vie, mais voilà, c'est une parenthèse que je voulais aussi faire. Et donc voilà, les premiers signaux en fait que ça ne va pas, parce que ça fait deux ans que je travaille et que je ne pense que yoga, je mange yoga, je chie yoga, je suis en mode yoga, yoga, yoga, yoga, tout le temps. Et donc là, je commence à être en cours au mois de juin et je sens qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Je sens que le corps est en train de dire des choses bizarres. Je suis tendu. Moi, mon symptôme favori, c'est la tête qui tourne. Si j'ai la tête qui tourne, c'est qu'à l'intérieur, ça ne va pas. Ou que je ne suis pas sur le bon chemin. Ou qu'il y a un truc qui est bloqué en moi. Ou un besoin qui n'est pas écouté. Ou que mon enfant intérieur est en PLS. À ce moment-là... Je suis en cours cette semaine-là et ça a été vraiment une semaine ultra déterminante dans ma relation à l'anxiété. Je me souviens, le mercredi j'ai cours. Non, le lundi j'ai cours, j'ai la tête qui tourne. Le mardi j'ai cours, j'ai un peu plus la tête qui tourne. Le mercredi soir arrive. Le mercredi midi, je vais en cours, je me souviens, et je me dis, est-ce que je vais vraiment donner cours ? Parce que je sens que ça ne va pas. Je sens que j'ai l'angoisse. Je ne suis pas bien, j'ai peur de tomber dans mon cours. J'ai peur que les gens me voient tomber aussi à ce moment-là. Moi, je m'étais mis dans ma tête qu'être prof de yoga, on ne montre pas ses émotions et on guide une classe, on lead une classe. Si la personne ose voir tes émotions, alors qu'elle vient pour chercher de la ressource, toi, tu vas lui dire que ça ne va pas, mais ça ne va pas ou quoi ? Donc à ce moment-là, très compliqué pour moi. Le mercredi midi, le mercredi soir, je me pousse quand même à y aller. En mode, tu vas donner secours, quoi. Et là, ça lâche complet. Je suis en cours. D'un coup, tout s'arrête. C'est comme si on met deux bouchons dans ses oreilles. Les gens deviennent flous. Ta vision devient floue. Tu es en toi, mais tu... Je ne les réalisais pas à ce moment-là, mais... Tu es dans ton corps et tu as la tête qui tourne, tu commences à avoir le cœur qui bat, des palpitations, des sueurs, tu ne sais plus quoi faire, sauf que là, en fait, tu as 15 minutes de cours, le cours dure une heure. Comment je fais ? Est-ce que je choisis le chemin de la vulnérabilité ? C'était un mot que je ne connaissais pas à l'époque. Ça, peut-être, ça aurait pu être une option de... Guys, je crois que ça ne va pas trop ce soir. On va faire un cours différent où je vais arrêter le cours, tout simplement. Je ne suis pas dans mon assiette. Ça, c'était une option qui était possible à ce moment-là. Impossible pour moi. Parce que je vais me ridiculiser devant ces gens. Ils sont venus chercher du bien-être dans mon cours. Et en fait, je vais leur dire que je vais arrêter tout ça parce que moi, je vais mal. Ma cocotte, tu vas te bouger. Tu vas donner secours. Voilà ce qui se passe dans ma tête à ce moment-là. Donc, je me mets minable. Je fais des allers-retours entre le devant de la salle, l'arrière de la salle. je marche, je marche, je marche, mais ça ne passe pas, j'ai la tête qui tourne, je sens que je vais m'écrouler à tout moment. Et en fait, je me souviens de dicter mon cours et je ne pouvais même pas aller sur mon tapis parce que dès que je refaisais une pose de yoga pour montrer ce qu'on devait faire, ça retournait en fait, parce que ça revenait encore plus, parce que j'étais encore plus exposé. Et moi, il faut comprendre que le regard de l'autre dans ces moments-là est de manière générale, même si on peut penser le contraire. C'est un gros, gros, gros, gros, gros trigger pour moi. Montrer que ça ne va pas, comme je vous le disais, c'était impossible. Donc, être sur mon tapis devant, en montrant les poses de yoga, ils allaient encore plus voir que ça n'allait pas. Alors qu'en fait, ils n'auraient peut-être même pas vu. Bref, voilà. Et j'arrive tant bien que mal à finir le cours et je me dis, mais qu'est-ce qui se passe ? Là, je ne peux plus. Donc là, je rentre chez moi. J'avais un cours le lendemain matin à la plage à 7h du mat. et j'appelle ma mère, j'appelle Garance, j'appelle ma sœur, et je leur dis, je ne peux pas aller en cours, je ne peux pas. Donc forcément, les gens, ils ne savent pas, c'est inédit aussi pour eux, que d'un coup, ça faisait quelques années déjà que je manageais mes angoisses, et qu'en fait, Cam, il est angoissé, mais ça va, il y va, il est déterminé, c'est un battant, ça va de mieux en mieux, etc. Sauf que là, je leur dis, guys, je ne peux pas. donc eux me disent quand même mais essaie dors peut-être la nuit machin mais moi je dis en fait ça va pas donc là je m'effondre et je dis ça ne va pas je peux plus retourner en cours il me faut 3 jours de pause je prends 3 jours de pause enfermé chez moi bien sûr parce que je peux pas à ce moment là j'étais plus que concentré sur le yoga donc j'avais plus qu'à annuler mes cours c'était pas mal parce que je travaillais plus au café j'avais décidé de me consacrer à 100% yoga comme quoi je m'étais encore trompé Je prends trois jours de poste, je vois qu'au bout de trois jours, ça ne va pas. Et en fait, de là, je suis en panique totale et je me dis, je ne peux plus aller enseigner. Mais en fait, le « je ne peux plus enseigner » se transforme à « je ne peux plus sortir de chez moi » . Donc là, je me retrouve rue Sauveur-Tobélème à Marseille, dans mon appart. J'appelle ma mère et je lui dis « là, il va falloir venir t'occuper de moi, en fait » . Je n'arrivais plus à descendre de chez moi, à sortir ma poubelle parce qu'en fait, tout me faisait peur. Je croisais… Marseille, c'est tout petit. Et encore plus si vous vivez dans le 7e, vous savez de quoi je parle. Mais on descend dans la rue, on croise toujours quelqu'un. Ouais, salut, tu vas bien, machin, on boit un café. C'est Marseille comme vous l'imaginez. Sauf que moi, parler à ces moments-là à des gens, c'était impossible parce qu'ils allaient me demander comment ça allait. Moi, ça n'allait pas. Et leur dire ça ne va pas, je ne pouvais pas croiser leur regard. Donc, c'était horrible. Je sortais avec des lunettes de soleil pour ne pas qu'on croise mon regard. Jusqu'au moment où du coup, je n'arrivais plus à sortir de chez moi. Ça, c'est un espace de... un ou deux mois. C'est vraiment tout l'été 2024. Je ne sais pas si c'est 2024. Oui, c'est ça. C'est l'été 2024. Parce que là, ça fera deux ans. Au prochain été. Ma mère vient s'occuper du coup de chez moi. Elle me fait mes courses. Mais elle reste une semaine. À l'époque, elle n'habitait pas à Marseille. Donc, elle ne peut pas rester non plus. Elle a du travail. Donc, ma soeur prend un peu le relais. On essaye d'aller à la pharmacie pour m'acheter des fleurs de Bac. Il n'y a rien qui va parce que je n'arrive pas à marcher dans la rue. C'est horrible. Mais j'ai un voyage qui arrive à Bruxelles où je dois aller rejoindre Thomas. Et là, je me dis, je dois monter dans le train. Je vais faire comment en fait ? Je n'arrive pas à sortir les poubelles. Qu'est-ce que je vais faire ? Aller à Bruxelles. Et après, en plus de là, je partais à New York. Donc là, je me dis, calme, tu as besoin d'aide. Il faut que tu changes. Tu vas trouver une psy. Enfin, je ne sais pas. Je rencontre ma thérapeute avec qui j'ai fait l'épisode, Juliette, à ce moment-là, qui change complètement ma vie. Parce qu'une nouvelle approche complètement de thérapie, où je m'aperçois qu'elle ne va pas arriver avec sa baguette magique, je démonte encore plus cette idée-là. En fait, c'est moi qui vais faire le travail. Et ouais, ça va faire mal. Et on va aller voir et on va faire un vrai accompagnement thérapeutique. Donc, à ce moment-là, je vois Juliette une fois par semaine en visio parce que je ne peux pas sortir de chez moi de toute façon. Et voilà. Et en fait, je me remets petit à petit à l'étrier. Mais je pars à New York en vacances, mais je passe un voyage à New York. Ceux qui l'ont vu sur Insta croient que c'était le voyage parfait. Mais en fait, je suis en crise d'angoisse du matin au soir. Dès qu'il faut changer d'endroit, dès qu'il faut changer de resto, ce n'est pas possible. Manger au resto le soir, pour moi, c'est impossible parce que ça m'insécurise trop. Être dans des foules pareilles. Je passe un voyage, les jambes un peu tremblantes. Je crois que Thomas n'a pas passé son meilleur voyage non plus, mais quoi qu'il arrive, il est là pour moi à ce moment-là. Et on essaye tant bien que mal de faire un petit truc cool. Bref, de là, je prends la décision puisque ça ne va pas à Marseille. mais voilà que j'attaque quand même cet accompagnement de fou avec Juliette qui me fait voir de nouvelles choses pardon je m'en mêle l'accompagnement avec Juliette il a été déterminant parce qu'elle m'apprend à me voir autrement elle m'apprend le chemin de l'acceptation le rapport à soi le rapport à soi Moi, elle me parle de ça au début, les gars. Je suis en mode, rapport à quoi ? Je fonce. Il n'y a pas de moi. Il y a moi et moi et mon égo. Soit je ne sais pas qui je suis, au fond. L'enfant intérieur, moi, je me moquais des gens. Je disais, mais qu'est-ce que vous avez tous ? Allez voir votre enfant intérieur. En gros, va voir ton enfant intérieur et casse-toi, tu vois. Mais en fait, je m'aperçois que ça va être essentiel. Ça va être essentiel d'aller voir ce qui se passe en moi. Si je veux avancer, qu'est-ce qui s'est passé dans mon passé ? Quelles ont été les émotions qu'a rencontré justement le petit Camille quand il était petit ? Ne pas tout idéaliser mon enfance comme j'avais l'habitude de le faire. Non mais ça va, calme, t'as eu un toit sur la tête et c'est tout. C'est tout ce dont tu avais besoin. Alors qu'en fait, les fondamentaux, je pense, de mon enfance, il y en a certains que j'ai eus, mais il y en a que je n'ai pas eus. Et c'est complètement OK. Mes parents le savent, on en a parlé des millions de fois. Il y a eu des manquements qui ont fait que j'étais ultra sensible comme ça et que je ne comprenais pas ce qui se passait en moi et que j'avais peur de ce qui se passait et que j'avais peur du monde en fait parce que la sécurité intérieure, je ne l'avais en réalité jamais reçue. Donc voilà, j'ai attaqué un long chemin de... Je n'aime pas le mot guérison parce que j'ai l'impression qu'avec la guérison, à un moment, on est complètement guéri. Est-ce qu'on est vraiment guéri de ça à un moment donné ? Je ne sais pas. Je n'ai pas la réponse aujourd'hui parce que c'est quand même une partie de soi. Cette partie sensible en moi, je l'aurai toujours et c'est qui je suis. Et elle m'apporte aussi beaucoup, beaucoup d'avantages et de qualités dans mon rapport aux autres, dans mon empathie, dans mon écoute, dans ce que je fais aujourd'hui, dans ma vulnérabilité quand j'arrive à utiliser cette sensibilité en ma faveur. Mais voilà, je ne sais pas si je guéris réellement de ça, mais en tout cas, Juliette me fait énormément de bien à ce moment-là. Je décide de m'installer à Bruxelles, mais c'est encore très compliqué. J'arrive à Bruxelles, je n'arrive pas à aller faire les courses au bout de ma rue et c'est vraiment à deux pas. Mais à the end of the day, il faut que je reprenne le travail parce que je ne peux pas rester 100 ans au chômage. Et je me dis qu'il y a une partie de moi qui me dit que reprendre le travail, ça va quand même me faire du bien. Sur un coup de tête, j'envoie un message à Buddy Buddy à Bruxelles, qui est un coffee shop, je ne sais pas si vous connaissez, mais bref, que je connaissais d'avant parce que j'étais client et je trouvais ça trop cool, en leur disant « Guys, je vais m'installer à Bruxelles, je suis barista, let's go quoi » . Alors que je n'arrive même pas, à ce moment-là, de sortir de chez moi. Enfin bref, c'est assez bizarre. Mais j'ai une espèce de feu intérieur qui me dit, vas-y, Kame, rebosse. Donc à ce moment-là, je ne sais pas, je décide quand même d'écouter cette partie-là. Alors que je suis terrifié. Il faut savoir qu'à ce moment-là, je n'enseigne plus du tout le yoga. J'ai sorti complètement le yoga de ma vie. Je vais sur mon tapis vraiment de temps en temps. Et c'est... No way. Méditer et tout quand même. À ce moment-là, la méditation joue un rôle primordial aussi parce que je n'ai pas le choix que d'aller voir ce qui se passe à l'intérieur et de chialer en fait et de m'apercevoir que ça ne va pas. Donc je m'assois vraiment avec mon mal-être à ce moment-là. À certains moments, je ne dis pas ça que je fais toute la journée, mais dans mes séances avec Juliette et dans des moments d'introspection aussi chez moi, de wow, là, ça ne va pas et tu as besoin de... Tu as besoin de le voir que ça ne va pas à certains moments, je crois, dans ta life. Et de t'asseoir et de vivre tes émotions à 100%. Parce que moi, ma vie, elle m'avait appris à... Les émotions, tu ne vas pas les montrer, en fait. Tu vas juste être un rayon de soleil qui va passer dans la vie des gens, qui veut réussir. Mais en fait, se montrer vulnérable, c'était trop dangereux pour moi. Parce qu'ayant grandi dans un environnement qui était insécurisant, à quel moment vous voulez que je dise à quelqu'un que ça ne va pas ? où j'ai besoin d'aide. C'était impossible. Parce que ça veut dire que du coup, je me montrais vulnérable et que du coup, j'aurais pu être encore plus attaquable et encore plus, du coup, mis en danger par l'autre. C'était mort. Enfin, ce n'était pas possible. Bref, je ne sais plus où je voulais en venir. C'est vraiment décousu, ce podcast. Je m'excuse pour les gens qui ne comprennent rien. J'espère que vous prendrez quand même de la joie à m'écouter. Mais quand je vais réécouter ce truc, ça va être terrible. Mais bon, voilà, on est qui ? On est écouté. On fait ce qu'on peut avec le cerveau qu'on a. Et moi, c'est un peu... C'est difficile de donner la structure alors que j'ai vécu énormément d'émotions à ce moment-là. Donc, ouais, voilà, j'attaque le travail. Mais du coup, on me dit, voilà, Cam, il faut venir faire un essai chez Buddy Buddy. Mais en quelle année je vais aller faire un essai au travail ? Alors, sachant que je ne pouvais pas enseigner un yoga. Qu'est-ce que je vais aller prendre des commandes dans un coffee shop avec des gens qui vont me regarder et des boss, etc. Ce n'est pas possible. Mais bon, ma foi. Je ne sais pas par quelle force je me retrouve à aller faire un essai chez Buddy Buddy. Je me souviens, Thomas me dépose en haut de la rue du coffee shop. Je descends, j'ai mes lunettes de soleil. Je me dis, putain, Cam, tu vas devoir enlever tes lunettes de soleil. Vous savez, les fameuses lunettes de soleil que j'avais gardées du coup tout l'été parce que... En fait, je ne pouvais pas regarder les gens dans les yeux, mais là, il fallait que je les enlève parce que j'allais être dans un environnement de travail. Et je me souviens, j'avais fait mon état des lieux de Marseille quand je suis parti avec l'agent immobilier. Et du coup, je n'arrivais pas à sortir dehors et je n'arrivais pas à voir même mes potes. Mais je devais aussi faire un état des lieux pour pouvoir aménager à Bruxelles. Mais du coup, le gars arrive chez moi, j'ai mis mes lunettes sur l'œil parce qu'en fait, je ne pouvais pas le regarder dans les yeux. C'était horrible, Du coup, je me retrouve à Buddy Buddy. avec mes lunettes de soleil que j'enlève devant la porte, mais du coup ça me demande énormément d'efforts pour vous prouver à quel point on peut partir dans des délires et le moindre... à ce moment là c'était les lunettes de soleil qui allaient me sauver, mais du coup je les enlève et en fait je me mets quand même dans cette... c'était une heure d'essai, rien de fou et c'était très très compliqué pour moi de me mettre dedans, mais je me mets dedans et je ressors de là hyper fier de moi en mode putain Cam Ça faisait des mois que tu n'avais pas retravaillé parce que ça, c'était au mois d'octobre ou novembre. Et du coup, le mois de juin, je n'avais pas travaillé. Pas touché à un tapis de yoga, pas touché à une machine à café. Je ne touchais à rien d'ailleurs parce que j'étais en mode survie. Mais bon, trop content de l'avoir fait. Je me dis, cool, on va se mettre là-dedans. Le coffee shop, une nouvelle fois, va être mon filet de sécurité financier. sociale pour pouvoir te remettre le prix à l'étrier et du coup reprendre le yoga à un moment donné quand tu t'en sentiras capable parce que moi dans ma tête à ce moment là c'était calme tu es le yoga, tu es prof de yoga et je ne passais je ne fondais que mon identité sur ça et ça c'est un truc que j'ai beaucoup dégrossi aussi dans ma thérapie avec Juliette, je ne suis pas et vous n'êtes pas vos jobs les gars Vous êtes un truc que vous faites à un moment donné dans votre vie. C'est une expérience. Et pour moi, à ce moment-là, je me présentais comme Camille, prof de yoga. J'arrivais chez Buddy Buddy en mode « Oui, je suis là, mais je suis prof de yoga. » « What do you mean, t'es prof de yoga ? » « T'enseignes pas, donc arrête de dire des... » Mais parce qu'en fait, pour moi, ça représentait une certaine place dans la société. Les gens vont croire que du coup, je suis intéressant. Tu es un peu peut-être philo, un peu peut-être psycho, un peu sensible, un peu spirituel et ça fait bien. Donc voilà, à ce moment-là, mon objectif, c'est remettre le pied à l'étrier grâce à un travail alimentaire, entre guillemets, pour reprendre ensuite le yoga parce que le yoga, c'est qui je suis. voilà, et du coup le travail c'est très compliqué pour moi à ce moment-là, parce qu'en fait je vais au taf et je suis en mode, à tout moment je peux avoir une crise d'angoisse, en fait je retombe dans mes travers d'avant, où l'angoisse fait partie à 100% de ma life, où c'est très compliqué pour moi de prendre le bus, je me souviens d'appeler Juliette aussi, ma thérapeute, avant de prendre le bus et d'aller faire mes shifts à Budibudi, en mode je ne peux pas aller dans le bus, je ne peux pas aller au travail, et elle me disait, calme, c'est un choix, tu fais ce que tu veux, si tu n'as pas envie d'y aller, tu n'y vas pas, il y a des fois où je ne suis pas allé, Je pense que la plupart des fois, je suis allé, mais c'était très compliqué. J'avais vraiment l'impression de me traîner. Vous voyez, quand on prend quelqu'un par la main, je ne sais pas si je me prenais par la main ou par le col à ce moment-là pour aller au taf, mais j'avais l'impression vraiment de... Vous voyez, on prend une pelle et on puise en soi les forces pour se motiver à faire quelque chose. Je ne sais pas si j'étais en force ou en douceur avec moi, mais je... Je ne sais pas, j'étais en communication avec moi dans ces moments-là de me dire, tu vas y arriver et tu vas aller faire cette journée de travail. Après, l'expérience te montre que ça peut bien aller, mais encore très compliqué pour moi parce qu'il y a des moments où je ne suis pas bien, où j'ai énormément la tête qui tourne avant d'arriver à mes shifts et où je ne me sens pas bien. Je me dis, je ne vais pas pouvoir parler à mes collègues, je ne vais pas pouvoir parler aux clients et ça ne va pas. aussi Il faut savoir qu'à ce moment-là, la déréalisation fait partie inhérente de ma vie. Je déréalise matin, midi et soir. Je me lève le matin, je me dis « Cam, est-ce que tu es dans ton corps ? » C'est la première question que je me pose à ce moment-là. Et il faut savoir que la sensation d'être en dehors de son corps, elle est terrifiante. Donc en fait, c'est juste ce qui se passe chimiquement en soi, c'est qu'on est tellement en surcharge là-haut que le mental dit « Hop, moi je sors de ça. Au revoir. Merci. » Parce qu'en fait, il y a trop de pensée là-dedans. Donc hop ! je m'excuse, c'est un moyen de fuir en fait, tout simplement et bon ça je le sais qu'après sur les moments c'est horrible et il y a des moments où j'arrive au taf où je suis complètement pas là quoi je suis là physiquement mais mon esprit il est complètement ailleurs je suis là, je suis à côté de moi je suis en dessus de moi c'est très imagé ce que je vous raconte mais c'est vraiment une sensation que j'ai à ce moment là donc très très compliqué pour moi d'assumer ces journées là et Mais voilà, je sens que quand même ça va de mieux en mieux et que je tiens quand même le bon bout dans mes bons jours. Dans mes mauvais jours, je dis que je suis une merde et que de toute façon, je n'arriverai jamais à rien, que je ne sais même pas si j'allais reprendre le yoga. Donc, je me motive quand même à reprendre le yoga à un moment. Je commence à faire des classes de remplacement. Je me reforme un peu aussi. Et en fait, je m'aperçois qu'en redonnant cours, je n'ai plus le truc tout simplement. Et qu'en fait... L'anxiété, elle est là, quand j'enseigne et tout, forcément, il y a une partie de moi qui se rappelle aussi. Parce que l'anxiété, c'est beaucoup ça, c'est toujours prévoir ce qui se passe dans le présent avec le mental du futur ou du passé. Même avec mes mains, je ne sais pas où je suis. Et donc, je suis dans mes classes, etc. Enfin, je n'en ai pas enseigné beaucoup, mais toutes les classes de remplacement que j'ai faits. C'était compliqué parce que je me rappelais toujours des crises d'angoisse que j'avais faites au mois de juin. En fait, ça me terrifiait. Je n'arrivais pas à ce moment-là à me rassurer. Mais en plus de ça, j'avais perdu la joie d'enseigner, je crois. Et j'avais quand même la joie d'enseigner quand j'enseignais à Marseille. Là, il me manquait un truc. Il me manquait la joie du yoga en soi et de transmettre. Je n'avais plus. Donc, je décide d'arrêter et de continuer à juste travailler chez Buddy Buddy et m'occuper de moi tout simplement. Et en fait, c'était la meilleure décision que j'ai prise parce qu'avoir le temps et le luxe de le faire, c'est-à-dire que je suis passé... Du coup, j'avais pris des heures en moins chez Buddy Buddy pour accorder du coup plus de temps au yoga, mais je ne l'ai pas fait. Mais du coup, j'ai utilisé ce temps-là pour moi. J'ai moins gagné d'argent. Alors oui, je suis privilégié et tout, mais c'est des périodes où j'ai moins gagné d'argent dans ma vie où j'ai peut-être fait... C'est peut-être bête ce que je raconte, ça va peut-être paraître... Peut-être que vous allez vous dire... Je pars tout le temps en voyage, en week-end et tout. Mais bref, à ma manière, j'ai vécu un peu moins abondamment, on va dire. Mais j'ai pris du temps. Et en fait, à ce moment-là, le temps, ça a été la richesse la plus précieuse que j'ai eue. Parce qu'en fait, se lever le matin, pouvoir méditer, pouvoir m'asseoir sur ce lit exactement là et en fait, passer du temps à aller voir ce qui se passait en moi. à me rassurer, à écouter les voix de mon mental, à écouter les voix de mon cœur, à aller voir cet enfant antérieur qui, en fait, était la plupart du temps en PLS, parce qu'en fait, je l'avais délaissé pendant des années et, en fait, laisser pleurer un bébé, on ne le ferait pas, mais on le fait souvent pour soi. Quand on pleure à l'intérieur, on veut taire les pleurs ou on ne veut pas les écouter ou alors on leur dit de se la fermer, tout simplement, et qu'en fait, on est mieux que ça et qu'en fait... Ouais, ben pleure plus, en fait. T'as rien pour pleurer. Et en fait, avance. Et t'as un toit sur la tête. Et t'as un mec, etc. Alors qu'en fait, cet enfant, il pleure parce qu'en fait, il y a eu des manquements. Et on s'est peut-être pas bien occupé de lui à un moment donné. Tu vois, que ce soit la famille ou de soi à soi. Où en fait, on a été tellement en force pendant des années pour devenir quelqu'un. Pour paraître que. Pour faire semblant. Pour mettre les meilleurs masques. En fait, qu'au bout d'un moment, ça explose. Et en fait, je n'avais plus le choix que de venir écouter cet enfant-là intérieur en moi. et de... Souvent on demande si la spiritualité c'est un choix et c'est une question que j'aime beaucoup et que je pose aussi dans mon podcast. Je ne pense pas que la spiritualité c'est un choix, c'est une nécessité pour moi à un moment donné, à ce moment-là dans ma vie. Je n'avais pas le choix que d'aller voir ce qui se passe en moi et je n'avais pas le choix que de m'ouvrir à plus grand et de faire confiance. Si je n'arrivais pas à me faire confiance à moi, certains jours, en mode... Je ne savais pas si j'allais mourir sur le travail ou si j'allais avoir la tête qui tourne ou si j'allais déréaliser. Je faisais confiance à l'univers. Je me disais qu'il y avait une force, le monde autour de moi, parce qu'en fait, je crois qu'on n'est que matière en réalité et qu'en fait, je ne suis constitué que d'atomes, tout comme l'arbre qui est en face dans mon jardin. Je faisais confiance à ça, en cette vie, en mode tout ça a un plan et hop. puisque je n'arrive pas à me faire confiance en moi, je vais faire confiance à l'univers. Mais en fait, j'ai compris à la fin que l'univers et moi, c'était pareil et qu'en fait, je pouvais me faire confiance. Et que voilà, là, je vous parle parce que je suis un peu allumé ce matin et ça fait plusieurs minutes que je vous parle et que du coup, mes idées deviennent de plus en plus claires. Mais il y a des jours où ça ne l'est pas du tout encore. Mais voilà, cette période de ma vie-là, de toute l'année dernière, on va dire, ça a été ultra cool pour moi parce que j'ai pris, je me suis... octroyer le luxe de faire ça, de gagner un peu moins d'argent, mais de prendre du temps pour moi, et je le conseille souvent à des gens qui sont perdus autour de moi, en mode, si vous avez la possibilité de prendre du temps, de réduire vos heures, pour vous occuper de vous, ou de, même si vous travaillez 40 heures, etc., dans la semaine, et je parle pas de gens qui ont des enfants, etc., parce que je sais pas ce que c'est votre quotidien, mais des gens qui ont à peu près un quotidien similaire à moi, allez vous faire des balades, même si vous travaillez pas, si vous travaillez toute la semaine, prenez un quart d'heure le soir, juste pour aller voir ce qui se passe en vous. méditer peut-être le matin de temps en temps, ça ne veut pas dire être hyper strict et du coup être angoissé quand vous ne faites pas votre méditation du matin ou quand vous n'êtes pas à la votre séance de sport parce que c'est bien de se connecter à son sport et de calmer son système nerveux, blablabla. Enfin, enlevez-vous toutes ces règles-là et essayez juste d'octroyer des temps où vous n'écoutez ce qui se passe en vous. Ça peut être sous la douche. Et Juliette m'a dit ça un jour, elle me dit « Mais Cam, en fait, si tu ne peux pas méditer, écoute-toi sous la douche, quoi. Prends deux minutes juste pour ressentir. » Ressentir, ça a été un mot qui a été... ultra, ultra, ultra, ultra important et nouveau pour moi. Je pense que c'était un mot que je n'utilisais pas du tout dans mon vocabulaire, ou alors peut-être juste dans un vocabulaire très mental, comme je disais dans mes cours de yoga. Ressentez ce qui se passe en vous, alors que moi-même, ressentir, c'était impossible pour moi, parce qu'en fait, aller ressentir ce que je ressentais en moi, c'était que du noir. Et comment assumer le noir et la noirceur face à des gens qui vous écoutent, et même face à mes amis, à ma famille, comment dire que ça ne va pas, et que mes amis, j'avais toujours plus le... l'habitude de le faire, mais comment juste peut-être me l'avouer à moi aussi. Ressentir, c'était peut-être voir que ça n'allait pas et qu'en fait, je devais juste prendre conscience des manques que j'avais eus et faire la paix aussi avec tout ça. Ça ne veut pas juste être dans ce truc d'hyper-victimisation en mode, ouais, mais moi, j'ai manqué d'amour de ma mère et ouais, moi, j'ai manqué de la présence de mon père et blablabla. J'aurais pu en rester à ce stade-là, je crois. Et je pense que des fois, il y a besoin de rester à ce stade-là aussi, un peu de se victimiser. Mais à un moment, j'ai décidé aussi de faire la paix avec ça. Et ça a été un premier pas pour moi, pour aller vers quelque chose de mieux pour moi-même. C'est faire la paix avec mes parents. Je ne sais pas si c'est fait à 100% aujourd'hui, parce que je pense que je ne le saurais peut-être pas, mais je me sens déjà beaucoup mieux par rapport à ça. Mais voilà. ressentir, ça a été pour moi un mot hyper hyper hyper déterminant et j'ai utilisé du coup le temps que j'avais en dehors de mon temps de travail pour vraiment faire ça et en fait Franchement, ce n'était pas une partie de plaisir, mais je n'avais pas le choix. En fait, si je n'allais pas ressentir ce qui passait en moi, je n'arrivais pas à aller au taf, tout simplement. Donc, j'avais atteint ma limite, je crois, et je crois qu'on est tous faits de nos certaines limites et de certains paliers. Et peut-être que des personnes atteignent leurs limites beaucoup plus tôt. Il y en a qui font des burn-out à 40 ans. Moi, j'en ai fait peut-être, c'était peut-être un burn-out, je ne sais pas, mais une petite crise, enfin une crise existentielle, je crois, juste à l'aube de mes 30 ans. Et en fait, je n'ai pas eu le choix que de... de m'occuper de moi. Et aujourd'hui, en fait, ce qui se passe, c'est que je décidais d'être dans une logique, comme je vous le disais, de plus d'acceptation de moi et de ce qui se passe en moi. C'est encore très compliqué à certains moments. C'est beaucoup plus doux qu'avant. Ça, c'est indéniable. Et le travail commun que j'ai fait avec Juliette a été déterminant, je crois. Et franchement, je ne remercierai jamais assez la vie d'avoir mis Juliette sur mon chemin. Des fois, je me demande... Les gens se demandent pourquoi on a été à cet endroit, à ce moment-là dans notre vie. Et je crois qu'avoir été à Marseille à ce moment-là, parce que j'ai rencontré Juliette à Marseille, parce qu'on faisait partie des mêmes cercles de yoga et parce qu'elle est aussi enseignante. Je crois que Marseille, ça m'a apporté ça aussi. Faire la rencontre de certaines personnes qui, en fait, m'ont fait du bien. Et je ne pense pas qu'à Juliette, vous reconnaîtrez ce à qui je pense. Mais ça m'a apporté un lot de personnes qui, aujourd'hui, me font encore énormément de bien et qui ont été déterminants aussi pour ma santé mentale. quand vous vous demandez si vous êtes au bon endroit ou pas, je crois qu'il n'y a pas réellement de bon endroit ou pas. On m'a posé cette question en FAQ. Si j'aurais voulu faire quelque chose différemment quand j'étais en Australie, je ne pense pas. En vrai, je ne crois pas qu'il y a de bonnes et de mauvaises places ou de mauvaises localisations dans le monde. Quand on choisit d'y être, bien sûr, c'était un choix que j'allais. Encore une fois, je parle dans ma posture d'homme privilégié, mais je suis hyper reconnaissant de ça. Je crois que tous les endroits dans lesquels j'ai habité m'ont apporté leur lot de choses et j'ai fait les choses telles que je pouvais les faire à un moment donné. Donc, pour répondre à ta question, à la personne qui m'a posé cette question, je crois que je n'aurais rien fait de différent parce qu'en vrai, quand je dézoome après, je me dis mais en fait, ça m'a apporté ça, ça, ça et ça. Ça m'a aussi apporté son lot de galère, mais je crois que je n'aurais pas fait les choses différemment. J'aurais fait les choses différemment si j'aurais pu m'apporter plus de confiance, peut-être à ce moment-là, et peut-être plus de confiance en la vie, et peut-être que j'aurais fait les choses différemment. En vrai, c'est les bagages que j'avais là, et je pense que regarder l'arrière avec un œil critique, ça ne sert à rien, parce qu'en fait, j'avais juste les bagages et les armes que j'avais à ce moment-là, qui ne sont pas les mêmes aujourd'hui. Donc voilà. Aujourd'hui, il y a encore des moments où c'est très difficile. et c'est la conversation dont je vous parlais avec mon collègue la semaine dernière au taf en mode toi tu vas tout le temps bien sur ton lieu de travail etc c'est faux je me souviens encore il y a deux semaines où je travaillais avec deux collègues et en fait il y a un client qui me dit quelque chose et d'un coup ça me trigger je ne sais pas pourquoi je ne sais pas à ce moment là c'est hyper inconscient et d'un coup je vais avoir la tête qui tourne je ne me sens pas bien la crise d'angoisse c'est là comment je fais en fait parce que je dois continuer à prendre cette commande à faire genre que tout va bien parce qu'en fait je suis là, je dois finir de prendre la commande ou j'aurais pu m'extirper. Mais à ce moment-là, je sens que je peux « affronter » tout ça. Mais j'utilise en premier ma respiration pour revenir en moi et me dire « tout va bien » . C'est un symptôme d'anxiété, il est là, il est désagréable mais il va passer. Remets-toi dans l'instant. En fait, je m'imagine à ce moment-là m'ancrer, je reviens en moi, etc. Je finis ma commande et ensuite, je pars à l'arrière du coffee shop pour vraiment… m'ancrer en conscience et voir ce qui se passe en moi. Et je me dis, peut-être qu'à ce moment-là, la frustration qu'a créée ce client-là en toi sur cette seconde-là de cette journée-là donnée en 2026, ce n'est pas passé. Et je ne me suis pas forcément accroché dessus l'explication, mais je me dis, il y a quelque chose qui n'est pas passé, ton corps s'est exprimé, mais sois doux avec toi, ne te blâme pas pour ce qui s'est passé, tu es juste très sensible et c'est OK, je crois. Voilà comment j'ai géré ça et je pense que ça arrivera encore. Des phrases qui me trigger de la part de mon entourage ou des situations. Me retrouver peut-être dans un métro bondé aujourd'hui, ça va peut-être créer des choses. Mais voilà, je trouve que je suis beaucoup plus doux avec moi. Mais je sens que beaucoup de gens m'ont demandé en FAQ comment je vais réellement aujourd'hui. je sens qu'en fait Mon cerveau, mon mental, il est nourri à l'anxiété, il est nourri à l'urgence. Donc là, le fait d'avoir le podcast aujourd'hui, ça me... C'est un terrain de jeu pour moi. Parce que déjà, je m'éclate à faire ça. Et vraiment, je me sens aligné. Pour le coup, je ne me suis jamais autant aligné. Vous voyez, par exemple, le yoga, je ne me sentais pas forcément aligné. Je ne ressentais pas forcément de joie. Je ne veux pas dénigrer cette période-là. Parce qu'en fait, je ressentais grave de la joie à connecter avec les gens. Mais le yoga en soi, ce n'était pas un truc à ce moment-là que je kifferais. Que je kifferais à un moment donné. Bref, le podcast, je me sens en joie. Mais forcément, je mentalise. Je pense à tout mon planning. Comment je vais faire ? Cet invité ne répond pas. J'ai envie de réussir. Et c'est encore en moi. Et je sens que mon cerveau, il est nourri. Si je n'ai rien à penser, mon cerveau s'inquiète. Il faut toujours qu'il y ait quelque chose. Toujours qu'il y ait un problème. Mon cerveau est nourri au problème. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, désapprendre à mon cerveau à juste s'asseoir et se dire, profite, il n'y a rien. Il n'y a pas d'enjeu. Il n'y a pas de problème. C'est très, très compliqué. Et c'est bien que je fasse le podcast aujourd'hui parce que je trouve que ça m'apprend énormément. Parfois, oui, j'ai des choses à faire. Alors oui, il y a des enjeux que moi-même, je me suis créé. De réussir, d'être écouté, d'être vu, de faire du bien aux gens, d'avoir un rôle dans la société, etc. D'avoir... De répandre le... Comment on dit ? La bienveillance, etc. Donc oui, je me mets mes propres enjeux, mais il y a plein de moments où j'essaye aussi de m'asseoir et de me dire « calme, tout va bien » . Oui, ton cerveau et ton... J'essaye vraiment de voir mon mental comme un être à part entière. Souvent, il y a des gens qui donnent des noms à leur mental. Moi, j'ai encore un peu de mal avec ça, je ne sais pas pourquoi, parce que ça me fait un peu peur de me dire qu'il y a Georgette en haut qui est pleine de règles et pleine de « tu dois faire ci et tu dois faire ça » et « ne dors pas parce que tu dois publier ce truc » Et tu vas penser à ce que cette personne t'a dit aujourd'hui, peut-être que c'est... Enfin, vous avez ces voix permanentes qu'on a dans la tête. J'apprends maintenant à avoir mon mental comme une entité qui n'est pas là pour me faire chier, mais qui veut me sauver. En fait, le rôle de votre mental, c'est de vous sauver, de sauver votre cul, en fait. De vous dire, en fait, on ne va pas te mettre dans cette situation, mais en fait, tu vas penser à ça, et tu vas penser à ce danger-là. Mais si tu vas là-bas, peut-être que cette personne va te dire ça. Et voilà, c'est juste de venir l'apaiser en lui disant... Pas en venant rementaliser en mode « Ouais, attends, on passe autrement. Non, mais vas-y, calme-toi, calme-toi, calme-toi, calme-toi. » Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire, mais être dans un autre discours mental, du coup. Mais juste de venir ressentir en mode « Ouais, ouais, ouais. » Là, je flippe. Là, je flippe parce qu'en fait, être face à cette personne aujourd'hui, ça me demande, ça vient trigger un truc chez moi, ça me stresse. Peut-être qu'elle va penser que je ne suis pas parfait. Peut-être qu'elle va penser que je ne fais pas bien ci ou pas bien ça. Mais voilà. je sens la vapeur en moi et j'essaye de revenir à la peur plus qu'à la question de mon mental mon mental il est là, il crée des questions autour pour m'éviter la peur, pour trouver des solutions etc, il sera toujours là je pense que être évolué vers quelque chose de bien pour soi et plus de calme en soi c'est être en lien aussi et accepter que le mental soit là parce qu'en fait il se taira jamais alors oui on peut On peut venir apaiser les vagues de son mental en méditant, en faisant du sport, en se confiant aussi, en parlant à quelqu'un, en posant ce qu'on pense aussi à l'écrit, ça peut faire du bien. Mais le mental, il est là, il est là pour nous sauver. On est des êtres mentaux aussi. Mais voilà, est-ce que la spiritualité aussi, je pense que c'est ça, c'est se poser la question. Est-ce que je veux croire mon mental ou est-ce que je veux avancer avec ce qu'il y a en moi vraiment ? Et je fais que me toucher la poitrine parce que pour moi, c'est... C'est là que ça se trouve, c'est dans mon cœur. Et je crois que votre cœur, il sait tout le temps ce qu'il veut. Sauf qu'en fait, on vit dans une société qui nous a appris, qui est tellement, tellement, tellement insécurisante et du coup, nous a poussé à mentaliser tout en permanence. Donc, si vous avez l'occasion de vous octroyer justement ces espaces et ces temps-là pour revenir en vous et venir écouter votre cœur, moi, je sais que ça a été déterminant. dans mon avancée et je crois que cette avancée elle sera un peu... J'ai lâché l'idée de... Enfin, j'ai lâché l'idée. Là je vous parle comme si j'étais complètement éveillé n'importe quoi. Juliette, franchement, si tu écoutes ce podcast, cet épisode, tu vas te dire mais qu'est-ce qu'il raconte ? Non, non, c'est une évolution et je pense pas que j'ai lâché l'idée de... Je suis en train de lâcher l'idée que je serai complètement guéri un jour. Je pense que je suis en train de me faire à l'idée... de qui je suis, d'accepter en fait que mon mental il est beaucoup plus présent que les autres parce que j'ai pas eu une enfance facile et j'ai grandi dans un environnement qui était insécurisant donc mon mental a repris le dessus parce qu'en fait je pouvais pas accéder à mes émotions à ce moment là Et qu'en fait, du coup, j'ai développé une sensibilité, une sensibilité à ce qui m'entoure, une sensibilité à ce que je ressens, à mes symptômes, à mon corps, à mes relations. Et en fait, je suis en train de me faire de plus en plus ami avec ça parce qu'en fait, je vois aussi que cette sensibilité, comme je vous le disais un peu plus tôt, qu'elle me sert aussi énormément. Elle me permet de voir la beauté ou peut-être que les gens ne la verraient pas, être émerveillé par certaines choses, me connecter à la nature peut-être. Peut-être plus que si j'étais bloqué que dans mon mental. Et voilà. Bref, tout ça pour dire que c'est un chemin et qu'en fait, je ne veux pas apparaître dans cette vidéo de je vous fais un peu l'épisode. Vous savez, ça y est, j'ai franchi la ligne d'arrivée. Non, parce que la ligne d'arrivée, je crois qu'elle n'y est pas. On la connaît tous. Et si elle existe, ce sera peut-être la mort. Mais voilà, je crois que j'attaque aujourd'hui un chemin plus d'acceptation de ce que je ressens. de reconnexion aussi à moi, à mes rêves, à mes envies aussi profondes. Je chasse un peu moins l'avenir. C'est la première fois où j'habite dans une ville, aujourd'hui à Bruxelles, où je me dis que potentiellement, je pourrais rester plus que deux ans. Parce que je suis resté deux, trois ans à Marseille, je suis resté deux, trois ans à Sydney, je suis resté trois, quatre ans à Paris. Toujours parce que je croyais qu'il y avait mieux ailleurs et peut-être qu'aujourd'hui, j'arrive à me dire que le mieux ailleurs, ce sera le mieux en moi. Et franchement, c'est un message d'espoir que je veux donner aujourd'hui parce que je sais qu'il y a des personnes qui galèrent, ça met les larmes aux yeux parce que je sais ce que vous ressentez en vous. Il y a des jours où vous allez vous demander pourquoi vous êtes sur cette planète, quel est votre rôle dans la société, qu'est-ce que vous faites là, tout simplement. Et parfois, on veut juste s'enfuir de tout ça. Et ces idées-là de m'enfuir et que ça se termine, je les ai eues. Je les ai eues, j'ai voulu mourir à nombreuses reprises. J'ai appelé ma mère en pleurs en lui disant que c'était trop dur. Parce que moi, vivre une vie comme ça, où je suis dans la peur permanente, je n'arrivais pas. Et du coup, je sais ce que vous ressentez. Et franchement, dans ces moments-là, accrochez-vous. Parce que le jour où vous allez voir la beauté de la vie, elle va vous frapper encore plus qu'une personne peut-être qui ne serait pas passée par vos galères. parce qu'en fait aujourd'hui pour moi avant ça l'était pas mais ne serait-ce que marcher dans un parc c'est devenu ultra précieux guys je suis vraiment navré la vidéo a coupé en fait j'enregistrais je suis grave parti dans ma philosophie et en fait la caméra n'avait plus de batterie donc voilà je vais finir l'épisode à l'iPhone je crois que je te remis un peu de mes émotions c'était très très cool de parler de tout ça en gros le fin mot de l'histoire je veux juste te dire que je crois que la santé mentale c'est quelque chose qui évolue énormément, qu'on n'atteint pas forcément ce pilier de voilà incroyablement je me sens bien on aura toujours à dealer avec ce qui se passe à l'intérieur des choses parfois moins agréables mais voilà le lien à soi c'est quelque chose qui est très très très très précieux Et la vulnérabilité, je pense que c'est le plus beau cadeau que vous pouvez vous faire en premièrement vous avouant vos émotions, en avouant à vous-même ce que vous ressentez, en allant voir ce qui s'est passé aussi parfois dans le passé pour guérir tout ça, pour repenser certaines plaies et pour ensuite vivre de manière beaucoup plus légère dans le présent. Parce qu'aujourd'hui, là, je vous ai raconté mes galères et que je n'arrivais pas à sortir dans la rue, machin. Aujourd'hui, je me sens beaucoup plus libre. Comme je vous dis, je sors, je travaille. Grâce au podcast aussi, je m'émancipe beaucoup plus et je relève mes propres défis. Mais la vie est devenue en quelque sorte un terrain de jeu magnifique. Et voilà, en vrai, ça va beaucoup mieux qu'avant. Donc, je suis content de voir que la pente est ascendante. Alors oui, quand je mentalise, je me dis que j'aimerais que ça... Comment on dit ? Que ce soit beaucoup plus rapide, parce que j'aimerais parfois me sentir parfaitement bien, ne plus ressentir d'angoisse, mais c'est exactement ce que je vous disais. Je crois que ça ne marche pas de penser comme ça, parce qu'en vrai, il se passera toujours des choses en moi et je vais être toujours un peu dans ce dialogue, un peu de moi à moi, où je viens ressentir, où je vais m'encourager, où je vais parfois avoir besoin de me faire du bien, me connecter vraiment à ce dont j'ai vraiment besoin dans différentes étapes de ma vie en réalité. Et voilà, écoutez vos besoins, écoutez... Créez de l'espace pour venir écouter vos besoins, vos envies, vos rêves. Je pense que c'est ce qu'il y a de plus essentiel dans ce que j'ai raconté aujourd'hui. Mais voilà, bref, je ne veux pas plus m'étaler, je ne prends pas plus de temps. Mais n'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de tout ça en commentaire. Envoyez-moi des DM, likez les vidéos sur Spotify, sur YouTube, commentez, n'hésitez pas. C'est vraiment le seul moyen que j'ai pour faire perdurer un peu le podcast dans le temps. Merci pour votre écoute, merci pour votre patience et votre bienveillance. A très vite.
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Description
Je vous dit TOUT sur ma santé mentale !
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Ok, hello à tous, bienvenue dans cet épisode de Walkie Talkie, un peu différent aujourd'hui. Déjà, je suis dans ma chambre, vous devez vous dire, on ne comprend pas le concept qui nous a bassiné avec un concept en marchant un peu inédit, etc. Et là, il se retrouve dans sa chambre. Bon, j'ai changé d'avis pour l'épisode qui me concerne, en tout cas, et seulement pour cet épisode-là. Parce que tout simplement que je n'osais pas vous faire un épisode face cam dans la rue avec ma perche et compagnie. C'était encore trop de me demander de faire ça. Bref, le regard des autres et tout, c'est encore un peu compliqué. Même parfois quand je suis avec des gens dans la rue en train de filmer, je me dis on va nous juger. Après, je passe vite à autre chose et je me remets vite dans l'interview. Mais j'ai quand même encore ces pensées-là. Donc étant tout seul, c'était pour moi. impossible de le faire dans la rue. Donc me voilà dans ma chambre à Bruxelles pour un épisode un peu spécial. En fait, vous êtes plusieurs personnes à m'avoir demandé, mais Cam, fais un épisode face Cam, en vrai, par rapport à ta santé mentale et comment tu te sens et par rapport à tes anxiétés. Parce que c'est quelque chose dont je parle assez librement sur les réseaux, mais en vrai, je crois que je l'aborde de manière assez superficielle. Ça va être parfois, je vais le mettre dans un petit texte ou dans une petite légende. Est-ce que ces textes sont vraiment lus ? Est-ce que ma parole est vraiment écoutée à ces moments-là ? Je ne sais pas. Mais en tout cas, il y a plusieurs personnes qui m'ont demandé de faire ça et je me suis dit que c'était une bonne idée d'être complètement transparent avec vous aujourd'hui. Je pense que ça va être hyper décousu parce que je n'arrive pas du tout à organiser mes pensées. C'est la première fois que je fais un facecam aussi long du moins et aussi introspectif. Donc je m'excuse par avance si jamais vous ne suivez pas mon propos. N'hésitez pas à m'envoyer des messages derrière si vous n'avez pas compris quelque chose. Mais je vais faire de mon mieux. Donc en gros, l'idée, c'est de retracer un peu ma relation avec l'anxiété de manière générale. Et en gros, comment ça est arrivé dans ma vie, comment je l'ai navigué, comment j'ai navigué avec cette anxiété tout au long de ma life. Et aussi comment je me sens aujourd'hui vraiment à 30 ans, 31 ans maintenant. je croyais que c'était un âge dans lequel on allait que tout était réglé à 30 ans quand j'étais petit, je disais toujours à ma mère j'ai hâte d'avoir 30 ans parce qu'en vrai j'ai grandi avec des rom-com où en fait les meufs à 30 ans elles sont genre trop trop bien et ça y est elles ont trouvé l'amour, elles se sentent hyper bien elles ont le boulot de leurs rêves est-ce que c'est le cas aujourd'hui ? Je crois que je m'en rapproche mais intérieurement il se passe encore beaucoup beaucoup beaucoup de choses et notamment beaucoup d'angoisse et encore beaucoup d'anxiété dans ma vie Donc je crois que c'est un peu un mythe au final d'avoir 30 ans et de se sentir parfaitement bien. Mais je crois qu'à 30 ans, en tout cas pour moi, comment je le sens aujourd'hui à 31 ans, c'est que je commence à peine le chemin de l'acceptation. Je crois que pendant 30 ans, j'ai été en lutte contre moi-même. Et là, je dirais que ça fait... Depuis que je n'ai lancé le podcast, je dirais genre peut-être 6 mois, peut-être un peu avant un an, où je me dis en fait, Cam, tu n'as pas le choix que d'accepter comment tu es. Parce que sinon, tu vas être en lutte permanente et en fait, tu vas perdre ton énergie en fait. Et tu vas perdre cette bataille. Et en fait, ça ne sert à rien d'être en bataille et juste accepte enfin qui tu es. Donc voilà, je vais vous retracer un peu comment ça s'est passé pour moi. Et voilà, j'espère en tout cas que ça intéressera des gens. En fait, cette conversation que j'ai avec vous aujourd'hui, elle part surtout d'une conversation que j'ai avec un collègue la semaine dernière au travail où elle me dit, putain mais calme-toi en fait quand tu es au taf. Je travaille dans un coffee shop, pour ceux qui ne savent pas, je suis barista. Ça fait des années que je fais ça, c'est un peu mon job confort, on va dire, et dans lequel je me sens bien. Mais du coup, je vais vous expliquer. Et qui me permet du coup de financer mon podcast et de vivre, de m'assurer une sécurité financière, on va dire. Il y a quand même des aspects de ce job que j'adore, bien évidemment. Mais en gros, bref, mon collègue me dit, toi Cam, en fait, quand tu es au taf, tu as l'air... hyper bien, tu parles à tout le monde et moi ça me donne trop envie d'être un peu comme toi, aussi confiant, etc. Et en fait, je regarde cette personne et je me dis genre mais tu n'as aucune idée de ce qui se passe en moi actuellement parce que justement, être au travail pour moi, ça représente aujourd'hui ma plus grosse source d'angoisse. C'est énormément de triggers pour moi, ma relation aux autres, ma relation à la hiérarchie, ma vulnérabilité sur mon lieu de travail. Mon perfectionnisme, ça vient toucher plein de choses en moi qui me rendent très sensible sur le travail. Mais je crois qu'en fait... L'être humain est très très très doué pour mettre ses meilleurs masques. En gros, quand j'arrive au travail, je mets le masque du cam hyper heureux, qui va parler aux clients, qui dit à tout le monde, les gars, parlez aux clients, c'est trop bien, on crée du lien, on est là, on est ensemble, etc., on est une équipe. Mais en fait, au fond, il y a des moments où je me sens très très seul et des moments où je suis en train de littéralement faire des crises d'angoisse sur mon lieu de travail et personne ne le voit en réalité. Donc ça part de cette conversation-là où je me dis en fait, Moi aujourd'hui dans cette logique-là d'acceptation un peu de qui je suis et de mes angoisses etc, j'ai besoin d'être clair en fait avec les gens qui m'entourent. Ça ne veut pas dire que je vais balancer toute ma vie à tout le monde et tous mes ressentis en permanence, mais c'est-à-dire que quand quelqu'un me regarde dans les yeux et me dit que j'ai l'air hyper confiant et hyper bien, le rôle que je veux avoir pour moi-même aujourd'hui c'est, avec toute la douceur que je peux avoir pour moi aussi, de dire à cette personne « c'est faux » . C'est faux parce que, oui, je suis confiant, etc. Oui, je suis quelqu'un qui va être assez solaire avec les gens autour de moi. Mais j'ai aussi une part d'ombre et que je me sens aujourd'hui en capacité de la révéler au monde. Non pas que je sois sur un pédestal énorme, mais qu'au moins les gens qui m'entourent au quotidien soient au clair sur ça. Et en fait, moi, ça me fait juste du bien d'être vrai, tout simplement. En gros, l'anxiété pour moi, j'ai pris des notes, mais je ne sais même pas si ça me servirait à quelque chose en vrai. Non, je crois que j'ai à peu près tout dit. Bon bref, ça va être décousu comme je vous l'ai dit. L'anxiété pour moi, c'est un concept déjà que je ne connais pas. Quand je suis jeune, quand je suis adolescent, j'ai 15 ans. Non, je n'ai pas 15 ans. Qu'est-ce que je raconte ? On est en 2015. J'arrive à Paris après mes études à Aix-en-Provence, enfin une partie de mes études, pour continuer justement mes études en communication. J'intègre une fac qui est trop trop bien, Paris Descartes et tout. Enfin, je crois qu'on était quand même beaucoup à demander cette fac et finalement j'arrive à avoir cette licence un peu cool, etc. Mon rêve à ce moment-là, c'est bosser dans les médias. Il n'y a rien d'autre. Je veux être attaché de presse, je veux faire de la télé, je veux faire de la radio, par A plus B. Et ça, je pense que ça fait vraiment partie de mes ressources. j'arrive toujours à mes fins professionnelles. Si je veux quelque chose, je l'aurai. Et ça a toujours été le cas. Alors, je ne sais pas si je suis béni des dieux ou s'il y a un ange gardien qui est là avec moi et qui m'accompagne là-dedans. Mais en tout cas, j'ai toujours eu du cul là-dedans. Et ça a toujours fonctionné. Donc, par A plus B, je me retrouve à France Télévisions pour une alternance. Donc là, c'est cool. Je vis enfin mon rêve. En plus, j'avais à l'époque mon ex. avec lequel j'avais déménagé en même temps à Paris parce que lui aussi venait du sud et on arrive tous les deux à Paris on a deux apparts différents mais voilà on commence un peu à vivre cette aventure parisienne vous savez qui nous fait un peu rêver quand on vient de province et encore plus je trouve en tant que comme gay on croit que c'est vraiment le moment où on va vraiment se révéler au monde et où on va vraiment accéder à qui l'on est à plus pouvoir à à ne plus se cacher, à ne pas dire, etc. Je crois que l'arrivée à la capitale pour une personne homosexuelle, c'est quelque chose d'assez important et d'assez émancipateur. Donc voilà, pour moi, c'était un moment ultra, ultra, ultra symbolique pour moi d'arriver là-bas. Je travaille à la télé, tout se passe bien sur le papier. Ma relation était plutôt cool, je crois, malgré certains défauts, évidemment. Mais on est jeune, on vit des choses un peu intensément, mais voilà. J'attaque à France Télé, tout se passe bien, et là je sens au fur et à mesure des semaines qu'il y a une espèce de lourdeur qui s'installe en moi, je me sens pas bien. Je sais pas, il y a un truc qui se joue, qui est pas ok en moi, et je commence un peu à être déprimé, etc. Pour ceux qui ont vu l'épisode de ma mère, que j'ai sorti en premier sur la chaîne, c'est vraiment le moment de ma vie, je crois 2015, je le redemanderai, où elle, en fait, elle a son pic de consommation de cocaïne, donc pour ceux qui l'ont pas vu, ma mère est... Une ancienne addict à la cocaïne. Et je crois qu'à ce moment-là, vraiment, je n'ai pas trop de lien avec elle. Je me débrouille un peu tout seul. Mon père, il est là sans être là. Je me rappelle que j'ai fait mon déménagement tout seul à Paris, d'ailleurs. Ma tante m'avait accompagné à l'époque pour repartir un peu à cette chasse à l'appart. Pour vous dire à quel point c'était déjà un peu... Je me sentais déjà un peu lonely, on va dire. Un peu seul. Donc voilà, je crois qu'il y a plusieurs choses qu'on jouait à ce moment-là. J'arrivais à la capitale. C'est cool, mais voilà, c'est pas ouf. Je sens la déprime qui s'installe. Je sens aussi que ma mère, ça va pas d'un côté. Donc je sens quand même qu'il y a des choses qui vont pas. Il m'est arrivé de fumer des joints à ce moment-là avec mon mec à l'époque. De temps en temps, c'est vraiment anecdotique. Je pense que j'ai fumé genre peut-être 3-4 joints avec lui les week-ends à Marseille et compagnie. parce qu'on s'est rencontrés à Marseille. Et là, arrive un week-end où je suis mi-moon et je commence du coup à fumer un joint avec lui. On est chez lui et là, je sens que ça ne va pas. Donc, typique, vous voyez où je veux en venir. Battripe de ouf, je commence à me sentir pas bien, papillotation, tête qui tourne. En fait, c'est la première fois de ma vie où je me dis, je vais mourir. Je vois la mort imminente qui est là, qui me regarde dans les yeux. Et en fait, pour la première fois de ma vie, je comprends qu'on peut mourir. Je m'en mêle les pinceaux. Il faut savoir que de ça... Non, attendez, c'est peut-être... Bref, avant ou après, du coup, on est en 2015, il y a les attentats de Paris en 2015. Donc, méga choc pour moi. Je n'habitais pas très loin en plus. Donc, tu es là, tu es clôtré chez toi. Je me rappelle, on était le soir avec mon mec chez moi. Ça, c'était avant ou après que je fume le pétard. Bref, c'est assez mélangé pour moi. Je suis vraiment désolé si ça vous perd. Mais en gros, les attentats m'ont marqué parce que je me dis, en fait, on peut être jeune, vivre sa vie. Et du coup, se faire fusiller par une bande de malades, en fait. Et pareil, donc ma relation à la mort, à ce moment-là, change. Je la vois de plus près, je la constate, je la sens autour de moi. C'est hyper anxiogène, puisque du coup, ce soir-là, je suis avec mon mec, chez moi, le soir des attentats. Et en fait, on regarde les infos et on nous dit, ne sortez pas de chez vous. Sauf que lui, en fait, décide de partir. Je crois que le lendemain, en fait, encore le lendemain, il disait... rester chez vous, éviter les sorties, etc. Moi, j'habitais vers la Fourche à Paris, donc pas très loin du stade, etc. Dans le 18e. Et en gros, lui décide de partir. Donc là, je me sens doublement seul. Il y a plein de choses qui s'emmêlent dans ma tête. Ce n'est pas un bon moment. Et là, je comprends pour la première fois que mon mec n'est pas trop là pour moi en réalité. Et que peut-être que lui, il avait ses propres choses aussi going on. À ce moment-là, je sens qu'on ne peut pas trop compter sur lui dans les moments de terreur. Alors que je crois que quand tu as 20 ans, 22 ans, tu... Ouais, j'avais 20 ans, je crois. Tu as besoin d'avoir ce soutien autour de toi, notamment dans des moments comme ça de terreur. Bref, cet événement passe me traumatise beaucoup parce qu'on en parle beaucoup. J'en parle beaucoup avec mes parents au téléphone, etc. Parce que j'avais encore quand même des contacts avec eux. À ce moment-là, pas autant qu'aujourd'hui, on n'était pas aussi proches, mais je crois qu'on s'appelait quand même de temps en temps. J'en parle beaucoup, beaucoup, beaucoup à mes amis du Sud, à Garance, à Célia. C'est des moments où, en fait, on a été très connectés et où on en parlait beaucoup aussi au téléphone. Je m'en mêle, encore une fois. Arrive le soir où je fume le pétard. Bad trip, de ouf. Je me retrouve, du coup, à appeler les pompiers parce qu'en fait, je me suis dit... Cam, tu vas mourir en fait. Donc là, il est grand temps de mourir au moins dans un endroit sain où tu vas être encadré de médecin, etc. Appelons les pompiers. Mon mec appelle les pompiers. Ils arrivent, ils voient très bien que je suis en train de faire une batterie, tout ça parce que j'ai fumé un vieux joint, enfin nul quoi. Et en gros, mon mec décide de ne pas m'accompagner à l'hôpital. Donc deuxième coup un peu de putain en fait, quand je vais mal et quand j'ai besoin, pas trop là pour moi quoi. Donc là, pareil, c'est des moments où je me suis senti très, très seul. Et pour moi, ça a été assez compliqué de gérer ma première relation à l'angoisse comme ça, parce qu'en fait, déjà que tu es terrifié par toi-même, tu n'as personne à qui parler autour de toi. Donc, je parlais aux infirmières, j'étais paniqué. Mais en gros, voilà, ils m'ont donné un anxiolytique et ils m'ont fait rentrer chez moi. C'est tout. Parce que c'est ce qu'ils voient tous les week-ends. Et encore, je pense que comparé à ce qu'ils voient avec la drogue, moi, j'étais vraiment de la gnognotte. Et en gros, je rentre chez moi, je me souviens le lendemain, ma pote Garance, qui est ma meilleure pote, arrive à Paris pour passer le week-end. Et en fait, je me souviens, on a passé un week-end où j'étais en mode... En fait, je sentais que l'angoisse pourrait revenir à tout moment parce qu'en fait, c'est quelque chose qui nous marque dans le corps. Donc le corps est tendu, je me souviens d'avoir la tête qui tourne, d'être, vous savez, un peu la tête légère en permanence. Et d'être pas bien, de me dire qu'à tout moment, je me disais qu'à tout moment, je pouvais caner. Donc en fait, il y a vraiment cette première relation de... d'angoisse qui est là, qui est omniprésente dans ma vie à ce moment-là. Et ouais, cette première relation, cette première sensation de mort, je dirais, où en fait, on comprend qu'on peut mourir et on le vit super intensivement de l'intérieur. Donc, ça en suive quelques semaines où en fait, ça ne va pas du tout. Je fais crise d'angoisse sur crise d'angoisse à Paris. J'essaye de retourner à France Télévisions, d'aller à la fac. Et je me souviens, en fait, je fais des demi-tours dans le métro. Je rentre chez moi parce que je n'arrive pas. Je me souviens un jour, je suis à la cantine de France Télévisions et en fait, pareil, tête qui tourne, pas bien, angoisse. Il faut que je sorte de ce bâtiment, donc il faut que je rentre chez moi. Du coup, je rentre chez moi. Et en fait, ça s'ensuit où je commence à vraiment plus aller au travail, à vraiment plus aller à la fac. Et là, je me souviens, j'appelle Garance et j'appelle ma cousine, je crois, à ce moment-là. Quand vous écouterez cette vidéo, je pense que vous allez vous souvenir de ces événements-là. Et en plus, Marion, je crois, ma cousine, s'était passée à Paris aussi, juste après Garance. Ça se mélange encore un peu, mais vous étiez quand même pas mal là à ce moment-là. Et je leur dis, guys, je ne peux plus rester à Paris. En fait, il faut que je rentre. Il faut que je sois près des miens dans le sud. À l'époque, ma famille et mes amis étaient à Aix. Et il faut que je rentre à Aix. Il faut que je me repose. Il faut que je prenne du temps pour moi. Donc là, j'appelle la fac. En France, c'est compliqué parce que c'est un job que j'ai vraiment voulu, où je me suis vraiment battu pour l'avoir. Et dans ma tête, symboliquement, je lâche mon rêve. Je me dis en fait, la seule chance que j'avais de devenir quelqu'un, la seule chance que j'avais de travailler dans les médias, de côtoyer des stars, En plus, je m'occupais de partenariat musique et cinéma pour France Télévisions. Donc autant vous dire que pour moi, c'était genre waouh. À ce moment-là, c'était incroyable d'aller à des oeuvres en première. C'était incroyable d'aller à des concerts. C'était ouf, Donc là, je faisais une grosse croix en fait et ma vie s'effondrait. Donc je me retrouve à Aix un peu peuneau. Ça ne va pas trop, mais du coup, je crois que... Je ne sais pas si j'ai du chômage ou quoi à ce moment-là. Mais bref, je ne me rappelle plus. Je me remets vite à travailler, je crois. Je fais quand même des petits jobs comme ça alimentaires. Je me rappelle avoir travaillé à la fac à Aix. Ça aussi, c'est un épisode de merde, mais que je ne vais pas vous raconter maintenant parce que c'est vraiment insignifiant, je crois. Et où je me dis, il y a un super coffee shop qui vient d'ouvrir. Je vois que c'est des hipsters qui le tiennent et compagnie. C'est pareil, si vous passez par là, vous vous reconnaîtrez. Et je me dis, il faut trop que je travaille là-bas. Donc, je travaille là-bas. Maison Noche, me voilà. et je commence du coup à être un peu serveur slash barista et c'est cool je crée des liens qui sont super je me fais grave pote avec toute l'équipe donc il y a vraiment ce lien social que je développe du coup et que j'avais pas forcément à Paris j'ai aussi mes potes d'avant j'ai mes nouveaux potes qui arrivent aussi dans ma vie je pense à Emma, je pense à Auré je pense aussi même à Gaïa que des moments comme ça trop trop cool en plus de là Euh... ça va tellement pas que moi je crée une relation complètement fusionnelle avec ma sœur, par A plus B on décide de s'installer ensemble donc mes angoisses je les gère comme je peux parce qu'en vrai je suis méga méga méga entouré à ce moment là et en fait je ne vis que pour être entouré, je fais que sortir je suis tout le temps en train de boire des cafés sur le cours Mirabeau c'est un peu je travaille mais voilà il y a beaucoup quand même de fun Et du coup, les crises arrivent encore et le terrain anxieux est toujours là. Mais en fait, vu que je suis méga entouré, je gère comme je peux. En vrai, ça casse les couilles à tout le monde parce que je me souviens avoir Garance, quand tu écoutes, quand tu vas rire, quand je vais raconter ça, mais je passe un nouvel an chez Garance où tout va très bien. Et d'un coup, tout le monde décide de sortir. Et moi, dans ces moments-là, je me sens hyper angoissé parce que tout le monde va sortir en boîte et que moi, je n'ai pas envie de sortir en boîte. Et que je ne peux pas, du coup, je fais une crise d'angoisse, je demande aux gens de rester avec moi. En fait, c'est horrible parce que du coup, tu embarques aussi beaucoup de gens dans ton malaise. Et en fait, tu as tellement besoin des autres à ce moment-là qu'en fait, tu ne peux pas faire autrement. Et les autres, du coup, vu que c'est tes potes, ils font l'effort de rester. Mais en vrai, c'est un peu relou. Et à ce moment-là aussi, j'attaque ma première, après avoir vu quelques psys avec lesquels ce n'était pas forcément concluant. Pareil, ça, je passe. Je découvre un psy à Aix qui est trop, trop cool. Et là, je fais une espèce de... Il n'était pas psychanalyste, il était psychologue à tendance psychanalytique, en gros. Donc, je parlais énormément. Il était très, très... Un peu taiseux, vous voyez, ce vieil homme en fin de carrière qui connaît. Donc, en fait, pour moi, ça me rassurait d'avoir quelqu'un qui connaisse vraiment son sujet et qui, en gros... pas minimise, mais me dit, il me disait que tout simplement, ça allait aller. Enfin, que j'étais entre de bonnes mains, que je me prenais en main. Et je me souviens à cette époque, les gars, je pense que ça a duré peut-être, je ne sais pas, facilement dix mois où j'allais tellement mal, quand je n'étais pas avec les gens, justement, que j'allais au psy deux fois par semaine. Et Bichette, merci, merci à ce psy parce que, franchement... C'était le début de ma carrière, même de barista, etc. Je ne gagnais pas énormément d'argent. J'avais un loyer cher à Aix. Et ça me fait penser qu'il faut que je vous parle de ma relation avec ma sœur juste après ça, que j'ai oublié de vous dire. Mais bref, trop mignon. Il me faisait grave des prix et tout. Donc, je pouvais vraiment continuer à faire ce travail. En fait, pour moi, à ce moment-là, ce n'était même pas un travail thérapeutique. C'était vraiment un... Si je n'allais pas deux fois chez le psy dans la semaine, ça n'allait pas. Et je n'arrivais pas à marcher dans la rue, je n'arrivais pas à rester seul. Je faisais des crises d'angoisse dans la rue où j'appelais ma sœur en mode « Ambre, tu dois venir me chercher, je suis dans cette rue, mes jambes me lâchent et tu dois venir avec moi pour m'aider à marcher. » Et je me souviens même de chez moi à chez le psy, il y avait peut-être 25 minutes de marche, mais hyper chill. Ceux qui connaissent Aix-en-Provence, on n'est pas non plus dans une ville qui est hyper insécurisante, on va dire, mais comme quoi on peut être dans le plus privilégié des environnements, mais quand même sentir des grandes, grandes, grandes insécurités et une peur immense au moindre pas dans la rue. Donc je continue ça, c'est vraiment ma bouée de sauvetage à ce moment-là, cette thérapie-là. Je comprends quand même certaines choses, ça me fait du bien, j'arrive de meuse en meuse. Et ce psy me dit... Vous savez, des fois, il y a des phrases que des gens vous disent à des moments de votre vie et qui vous marquent. Alors moi, elle m'a marqué. Elle est pourtant si simple, mais elle me dit, il me dit quand tu sors dans la rue, même si tu vas très, très, très mal, tu ne sais pas sur quelle surprise tu vas tomber. En gros, ça me sert encore aujourd'hui quand j'ai des moments de down et très dark où je me dis tu dois sortir dans la rue parce que je dois aller au taf, je dois aller faire des courses, etc. Tu ne sais pas ce qui va t'arriver. Et souvent, c'est des journées merveilleuses parce que je suis parti vraiment les pieds de plomb dans mon quotidien. Mais en fait, je me laisse surprendre par ce qui va se passer. Et je repense toujours à ce psy qui, du coup, m'a mis cette graine dans mon esprit de quand tu sors de chez toi, il peut se passer des choses qui sont très, très, très belles à n'importe quel coin de rue. Et du coup, ouvrir la possibilité de se laisser surprendre même dans des moments de dark, ça a été vraiment un déclic pour moi à ce moment-là. Peut-être pas sur le moment en direct parce que j'étais toujours en galère, mais quelque chose que j'ai entretenu au fur et à mesure des années et qui aujourd'hui représente vraiment une aide précieuse au quotidien. Bref, à ce moment-là, je suis hyper fusionnel avec ma sœur. C'est-à-dire qu'on vit dans le même appart, on a deux chambres, je dors avec elle. Parce que je suis terrifié de dormir seul. Je me souviens, on pose l'ordinateur entre nous, elle était du côté droit, moi du côté gauche, on pose l'ordinateur entre nous tous les soirs et on s'endort. Et en fait, ça prouve à quel point à ce moment-là, ma sœur et moi, on était démunis. Mon père n'était pas forcément là, il travaillait. Ma mère était complètement... Je pense, encore une fois, c'était vraiment... Je crois que l'addiction de ma mère, elle a duré vraiment dix ans. Et là, on est vraiment dans les grosses années où ma mère, ça ne va pas du tout, Je crois qu'elle n'avait même pas encore fait ses premières RIAB et compagnie. Ou alors, c'était juste les premières, mais elle est dans le dur, quoi. Donc, en fait, on ne peut compter sur personne. Et à ce moment-là, mon noyau amical plus ma sœur, ça représente vraiment mes piliers. Et en fait, cette thérapie aussi, en parallèle, m'a permis aussi de tout remettre en place, de voir que ma sœur n'était que ma sœur et ce n'est pas ma mère. C'est plein de transferts que j'ai fait dans ma tête à ce moment-là, mais en fait, avec ma sœur, on n'a pas eu le choix que de se fusionner et d'être ensemble, de vivre ensemble, de tout vivre ensemble, d'avoir les mêmes potes, de travailler aux mêmes endroits parce qu'on a travaillé aussi dans le même coffee shop. En fait, on n'avait pas le choix parce qu'on a dû. On était tellement déséquilibrés par tout ça qu'on a regardé autour de nous. Elle était là, j'étais là. Et en fait, on va se soutenir et on va avancer ensemble. Donc, je crois que je ne remercierai jamais. Je vais chialer. Je ne remercierai jamais ma sœur de tout ça que si jamais elle n'avait pas été là dans ma vie à ce moment-là. Je ne sais pas. Je ne sais pas ce que j'aurais fait. Ça aurait été... chaque jour que Dieu fait, je remercie d'avoir une sœur. Franchement, c'est incroyable d'être né dans cette famille-là, mais avec cette sœur-là, c'était essentiel. Et même aujourd'hui, que tout va tellement mieux dans ma vie et dans ma relation avec mes parents, et que ma mère va mieux, qu'on a des bonnes relations avec mon père, etc. Le fait aussi de vivre des moments de bonheur avec ma sœur aujourd'hui, je me dis, putain, on n'a pas que traversé des merdes. On arrive aussi à être heureux ensemble. Et moi, la voix heureuse aujourd'hui qui voyage, qui est avec son mec et tout, c'est une partie de moi qui est heureux aussi. C'est trop cool. Bref, je ne pensais pas que ça me fasse autant d'émotions. Vous voyez, je n'ai pas la larme facile non plus. Je ne vais pas m'être à chialer devant vous non plus. Mais bon, bref. Donc, voilà les années à Aix. Je gère mes anxiétés comme je peux, avec les soutiens que je peux, mais c'est encore très, très dur. Les crises d'angoisse sont omniprésentes et quand elles sont là, ça va. Il y a une crise qui a été déterminante aussi et vous allez comprendre par la suite. En gros, je pense que je suis à un stade d'anxiété qui est genre ultime. Je pense anxiété, je mange anxiété, j'ai peur de... de faire une crise à chaque moment de ma vie, même sur mon lieu de travail, partout. Et j'en fais régulièrement avec mes potes, comme je vous le disais. Et en gros, un jour, je suis au taf, je suis derrière le comptoir, je prends une commande, et là, il y a un truc qui se passe en moi. Je sors de mon corps. Vous allez peut-être penser que je suis fou, je ne sais pas si vous avez peut-être vécu une expérience similaire, mais je me vois. C'est comme si, du coup, vous prenez vos yeux, et vous les mettez là-haut, et vous vous voyez, en fait, au-dessus. Vous voyez la scène de votre vie qui se déroule. Donc, je me vois moi. Je vois la personne qui me parle en face de moi à laquelle je suis en train de prendre une commande. Et en fait, je déréalise. Donc, on appelle ça la déréalisation. Je l'ai su après. Parce que du coup, je retourne quand même chez la psy. Je me dis, mais what the fuck ? What is happening ? Et c'est terrifiant. Parce qu'en fait, on n'est plus dans son corps. On n'a plus les sensations. Et moi, en plus, qui ai tellement peur d'être dans mon corps. C'était une période, je pense... On a tellement peur qu'il nous arrive quelque chose aussi. J'avais tellement peur d'avoir la tête qui tourne. J'avais tellement peur que mon corps me lâche, de mourir, que mes jambes me lâchent. En fait, quelque part, on est aussi dans son corps. On est dans sa tête, mais les symptômes corporels nous tiennent. C'est très bizarre. Et en gros, je me vois. Donc là, flip total. Je me souviens, je vais dehors, j'appelle le psy. Je dis que ça ne va pas. J'arrive par A plus B à me... Calmer. Mais première crise de déréalisation. La déréalisation, je l'ai noté, c'est un trouble dissociatif. C'est avoir une impression que le monde est irréel, d'être en dehors de son corps. En dehors de son corps, c'est plus attrait à la dépersonnalisation, mais c'est deux symptômes qui sont liés. En gros, c'est avoir cette impression un peu vaporeuse en permanence de « je suis là, mais je ne suis pas là » . Ce n'est pas un délire, ce n'est pas une psychose. Sinon, je ne serais certainement pas là en train de vous parler et je pense que ça aurait mal terminé. Parce qu'en fait, on sait que ce qu'on vit est réel. On le sait qu'on est dans la réalité. Mais on a ce sentiment énorme de, je ne sais pas, de s'éda vapeur autour de nous. Le lien à l'autre n'est plus pareil. Le lien à soi n'est plus pareil. On se sent en dehors, on se sent à côté de ses pompes. Et je pense que ça vient vraiment de là, l'expression, on n'est vraiment pas là, quoi. On est là, mais pas là. On croit que le monde est irréel. On se regarde dans le miroir. Parfois, on ne se reconnaît pas. En fait, on sait que c'est soi, mais on ne se remet pas. Je ne sais pas si vous n'avez jamais senti cette sensation. Je ne vous le souhaite pas. C'est un truc que j'ai du mal à décrire parce que c'est vraiment très sensationnel. Ça se sent et ça se vit vraiment de l'intérieur. Bref, donc là... panique totale, je google tout, j'appelle le psy, bref je me calme et voilà, il faut savoir qu'à ce moment là le yoga arrive dans ma vie donc ça c'est ce qui va me tenir aussi parfois à revenir dans mon corps en fait ma boss avec qui je travaillais, Julie, si tu passes par là je fais tellement de dédicaces dans ce truc c'est ridicule genre je suis plein de big up et tout c'est terrible Julie me dit, ma boss du coup chez Maison Noche à Aix me dit viens on va faire du yoga un soir quoi. Moi, c'était le premier cours de... En réalité, ce n'était pas mon premier, parce que mon premier cours de yoga, je l'ai fait quand j'avais 7 ans, quand j'habitais dans mon petit village. On s'en va écouer. Mais je reprends du coup le yoga avec Julie. Et en fait, pour la première fois, je me dis, putain, en fait, je peux être dans mon corps. Et mes pensées, mon flot de pensées peut se calmer. Donc, je me dis, ah, c'est cool. On va peut-être explorer cette voie. Donc, j'y retourne, pas forcément assidûment, mais je vois que le yoga me fait du bien. J'y retourne de temps en temps et je vois que c'est peut-être une voie que je vais explorer par la suite parce qu'en fait, à the end of the day, je ne fais pas de sport, je ne médite pas à ce moment-là ou très peu. Les seules choses qui me font du bien et qui arrêtent mon cerveau, c'est le psy et le yoga. Donc je me dis, je vais peut-être continuer à explorer ces voies-là. Je n'ai jamais été quelqu'un de très régulier dans mes pratiques ou qui va tous les matins méditer, tous les matins aller au sport, machin. Donc là, ce n'est pas ce que j'ai fait non plus, j'y suis allé. quand j'en avais envie, quand j'en ressentais le besoin. Mais c'était toujours des moments qui me ramenaient du coup à la réalité et en moi et qui me ramenaient à quelque chose d'aussi peut-être plus calme en moi où mes pensées s'apaisaient. mes pensées s'apaisaient, où je n'avais plus trop peur de mon corps, parce que je voyais qu'il pouvait faire des choses, et aussi dans la douceur et pas dans la force. Et bref, ça a été une très très belle rencontre, ce yoga-là, et qui du coup va faire partie ensuite de mon quotidien et de ma vie aussi à un certain moment, ça je deviendrai après. Anyway, je rencontre un mec à ce moment-là, je crois qu'il déménage à Paris, ou je ne sais plus s'il habite à Paris, non, je dis... Il habitait déjà à Paris à ce moment-là, mais je le rencontre quand il habitait encore à Aix. Je me retrouve à déménager de Aix pour retourner à Paris, le rejoindre et refaire ma carrière. Quelque chose que j'avais laissé il y a quelques années. Là, on se trouve en 2017, donc quasiment deux, trois ans après que je sois rentré dans le Sud, après mes premières crises d'angoisse chez France Télévisions. Je me sens enfin prêt. à retourner à la capitale, à revivre mes rêves, à redevenir attaché de presse, et on y va, on y croit. J'ai été faux sur toute la ligne. Je me retrouve à Paris, j'habite six mois chez lui, je me trouve un job alimentaire, je bosse au bon marché à Paris, une horreur. Franchement, je ne souhaite à personne d'être vendeur sur un floor. C'est terrible, On nous oblige à rester droit, à faire genre, on travaille, c'est du présentéisme, c'est une horreur. On ne peut pas s'asseoir. Je me souviens, en fait, on ne pouvait pas rester debout. En fait, on devait toujours faire quelque chose. Donc, tu prends ta chamoisine. Je travaillais chez Jimmy Fairley à l'époque. Les lunettes. Tu nettoies un peu les lunettes. Tu tournes en rond. Tu ne peux pas rester statique parce que ça marque mal. Et là, je me dis, mais où je suis ? Je reste trois mois dans ce truc et je me dis, allez, ciao. Et de là, je décide de retourner dans un coffee shop parce qu'à Diana Today, c'est ce que je sais faire. C'est ce que j'ai fait pendant... 2-3 ans à Aix donc let's go back to the coffee shop là encore une fois je m'entoure de personnes exceptionnelles, je fais des rencontres de ouf vie sociale méga remplie, donc je recommence un peu le même schéma de Aix ça va pas trop je fais encore des crises d'angoisse peut-être un peu moins je crois parce que je crois que je vis aussi une vie qui me ressemble un peu plus je suis à Paris, je suis dans une ville que je kiffe plus dans lequel je suis aussi peut-être plus nourri par mon environnement. Donc forcément, les crises ne sont peut-être pas les mêmes. Mais il y a encore énormément de triggers, notamment sur mon lieu de travail, où je me rappelle d'une fois, Margot... Je suis obligé d'intégrer des gens dans cette vidéo, c'est terrible. Margot, tu comprendras cette histoire quand tu l'écouteras. Mais je me rappelle une fois où je me prends la tête avec mon boss, et rien, franchement, c'était rien. Et en fait, ça trigger tellement de trucs en moi, où je fais une crise d'angoisse dans la rue, je rentre chez moi, j'ai la tête qui... tourne, me sens pas bien. Et Margot s'occupe de moi, vient à mon chevet et me sauve de cette situation. Vous voyez à quel point à ce moment-là, je suis dépendant des gens. Et en fait, me calmer tout seul, ça n'existe pas. C'est-à-dire que les autres sont ma source, les autres sont ma nourriture dans ces moments-là où ça ne va pas en fait. Donc les ressources personnelles et la stabilité personnelle, je ne l'ai pas. Je crois l'avoir parce que je suis dans une espèce de quotidien qui est hyper rythmé, où je descends tous les 15 jours, tous les 3 semaines à peu près à Aix, c'est cool, je suis dans une vie un peu trop trop bien, où j'ai plein de potes à Paris, on fait quand même pas mal d'activités, et je travaille beaucoup, je travaille quand même 40 heures dans ce coffee shop où en fait je suis à plein temps, mais tout va bien quoi, je suis toujours ultra nourri par ce qui se passe autour de moi, mais en fait au fond de moi... Il n'y a rien qui se passe et c'est toujours aussi sensible. Jusqu'au moment, là, je continue encore le yoga à Paris. Pareil, en vrai, je continue, mais je ne suis pas tous les jours au yoga. Je le fais un peu chez moi, je m'y intéresse un peu plus. Je vais lire aussi beaucoup de choses à ce moment-là sur la Yurveda. Et je crois... Je ne pratique pas énormément, mais je crois que le yoga va me sauver. Pour moi, c'est comme si tu as un esprit comme ça, aussi anxieux, et tu es un être aussi anxieux, tu vas faire du yoga, et seulement du yoga, et tu vas aller mieux. Tant que tu ne te mettras pas à 100% dans le yoga, ça n'ira pas. Donc je commence à pratiquer plus, etc. Je fais la rencontre de Stéphanie. Stéphanie. C'est une copine de coffee shop que j'ai rencontrée, une copine barista, dans le café où je travaillais à Paris, qui part faire une formation de yoga en Inde. Là, je me dis déjà, what the fuck ? Déjà, moi, je croyais que les profs de yoga, à ce moment-là, c'était que des gens qui avaient fait des super longues études, qui avaient passé des mois et des mois en Inde pour se former, et que c'était un peu un espèce de parcours de vie, un parcours un peu initiatique dans lequel tu te retrouves et où tu vas faire beaucoup de recherches assez philosophiques, etc. Peut-être un peu moins physiques que ce que je pensais à ce moment-là. et en gros tu deviens prof de yoga mais cette fille me dit moi je pars en Inde, je vais faire un 200 heures donc en gros pour devenir prof de yoga aujourd'hui c'est pas légiféré, c'est d'ailleurs un sujet sur lequel j'ai beaucoup d'avis, mais je vais pas vous les partager aujourd'hui, on va pas s'égarer mais en gros tu fais 200 heures de formation et tu peux devenir prof de yoga, ces 200 heures tu peux les choisir de les faire partout, ça peut être en Europe aux Etats-Unis, à Bali, en Inde, enfin bref Elle, elle parlait faire en Inde, donc je me dis, incroyable, cette fille le fait. Je la vois, elle revient, elle me donne aussi des cours, donc je me dis, putain, trop cool, elle a appris plein de choses. Et ça a l'air d'avoir eu un impact assez significatif sur elle parce que je vois qu'elle n'est plus barista, elle se lance à son compte, elle est peut-être un peu plus libre aussi, quelque part. Ça, ce serait à elle de nous le dire, mais je sens que ça lui fait du bien et qu'aussi en elle, ça a changé quelque chose parce qu'elle a été nourrie de 200 heures de formation. un mois passé en Inde où on parle H24 de yoga. Et du coup, les mois, quelques mois se suivent et je me dis mais en fait, c'est ce que je vais faire. Je vais aller en Inde, je vais me former au yoga, ça va changer profondément qui je suis. Je vais revenir vraiment à quelque chose d'ultra sain en moi et d'ultra bien. Je vais me mettre à méditer. Je vais venir un peu à cette esthète yoga que j'imagine dans ma tête. Et ça va changer ma life en fait. Et je vais dire au revoir à mon anxiété. Parce qu'il faut savoir qu'à ce moment-là, depuis 2015 jusqu'à ce moment-là, et là on se trouve en 2019-2020, j'ai un but dans ma vie, c'est éradiquer mon angoisse de moi. Je la déteste. Je déteste ça, je lis des livres de développement personnel H24, je continue à aller chez le psy mais je suis en bataille. C'est-à-dire qu'on peut faire, en fait je crois que le pouvoir de l'intention à ce moment-là, il est significatif. On peut faire tout, plein de choses qui nous font du bien, aller au yoga, faire une thérapie, lire des livres de développement personnel. si l'intention derrière n'est pas J'ai envie de dire pur, mais c'est pas ce que je veux dire, mais vous comprendrez parce que j'aime pas trop ce truc de pureté, mais vous comprenez. Si l'intention n'est pas pure, en fait, on peut continuer, mais être dans la force. Et moi, c'est ce que j'étais à ce moment-là, j'étais dans la force. J'allais chez le psy pour me sauver, j'étais en apnée en permanence, et je voulais éradiquer, je détestais cette partie de moi. Ça n'a pas fonctionné, je vais en Inde, je passe un mois de ouf, c'était vraiment incroyable, et puis... Il y a quand même des progrès dans ma vie. Je n'arrivais pas à marcher dans la rue. Je me retrouve quand même dans un avion tout seul à partir en Inde. C'est quand même un gros step. Donc, il y a quand même aussi des grandes phases d'amélioration dans ce que je fais aussi dans mon quotidien. Je me surpasse quand même. Je pars quand même à des milliers de kilomètres de chez moi, dans une culture que je ne connais pas, avec des gens que je ne connais pas, tout seul. Même si Stéphanie m'avait conseillé. J'ai fait la même école qu'elle en Inde. Donc, elle m'avait quand même énormément rassuré avant. Et merci, merci. Mais voilà, c'est quand même un big step. Mais au fond, j'étais là-bas pour changer et déterminer à changer et me dire que quand je vais rentrer, ce sera un nouveau cam avec des nouvelles aspirations, etc. L'impact, il a été considérable sur moi, évidemment. J'ai voyagé, je me suis surpassé, etc. Comme je vous dis. Mais je voyais que c'est pas... J'étais encore anxieux. Évidemment qu'on va pas... On ne va pas supprimer des années d'insécurité personnelle en un mois en Inde. Sinon, on partirait tous et franchement, moi, je repars demain. Enfin, c'est cool. Mais voilà, je pense que c'est la première fois de ma vie que je comprends aussi que la baguette magique n'existe pas et qu'il faut que je lâche en fait cette idée de baguette magique, que je vais rencontrer une pratique ou rencontrer une personne qui va changer ma vie. Parce qu'à ce moment-là, il y a aussi d'autres croyances qui sont là. Médicien. Mais quand tu rencontreras le bon psy, ça va tout changer. On va tout éradiquer. Quand tu rencontreras le bon mec aussi, quand tu vas tomber sur l'amour de ta vie, tu seras plus anxieux. Quand tu habiteras dans la ville qui te fait rêver, qui te fait vraiment rêver, tu seras plus anxieux. Donc je suis toujours un peu dans cette recherche extérieure de solutions. Comme quoi on peut attaquer un travail introspectif en soi, parce qu'aller en Inde c'est assez introspectif, parce qu'on médite énormément, on a énormément de cours de philo, etc. Mais encore être tourné à 100% vers l'extérieur. C'est pour vous prouver à quel point on peut... Pour vraiment atteindre l'intérieur de soi, je pense que c'est long. C'est long. Et je vous parle de ça. Du coup, je vais en Inde, moi, fin 2019, début 2020. Ouais, c'est ça, fin 2019. Donc, il y a eu du chemin depuis et avant ça. C'est très court, mais c'est très long aussi en même temps. Je rentre d'Inde. En fait, je vous raconte ma life, mais autant vous en doutez, mais c'est grave. Là, je suis en mode autobiographie, en fait. Bref, ça intéressera qui, ça intéressera, mais je me dis que ça va peut-être vous faire du bien aussi. Peut-être que vous allez à un moment vous dire « Mais moi aussi, j'ai ressenti ça. » Et c'est cool parce que vous voyez que quand on voit que quelqu'un ressent les mêmes choses que nous, ça nous rassure aussi à certains moments de nos vies. Et des fois, on a juste besoin de ça, de voir qu'on n'est pas tout seul dans ce qu'on ressent et qu'en fait, vous n'êtes pas fou. Si vous êtes anxieux, vous n'êtes pas fou. Il faut savoir qu'à ce moment-là, les crises sont encore là. Je ne fais pas de crise d'angoisse en Inde, mais je me souviens, si je fais une crise d'angoisse sur le retour, j'arrive à Delhi, je crois, et je suis dans l'aéroport et je sais qu'il faut rentrer en Europe. Donc forcément, là j'étais dans ma bulle, je sais qu'en fait ça va éclater. Ma bulle, elle éclate à l'aéroport et je me dis ça ne va pas aller, je vais rentrer à Aix, comment je vais faire ? Et mes angoisses reviennent. J'avais un plan numéro 2, vous vous doutez bien. Vu que je suis toujours dans une recherche à ce moment-là de... Ça va aller parce que, ultra conditionnel, parce que je vais rencontrer cette personne, vivre ce voyage ou quoi. J'avais déjà prévu mon plan. Moi, je rentrais à Aix. J'avais déjà prévu l'été précédent avec ma sœur, l'ex de ma sœur et ma copine Victoire, de partir en Australie. Donc en fait, je vais partir en Australie. Ça va me changer. Ça va tout régler. Évidemment que non. Vous vous doutez bien. J'arrive en Australie en janvier 2020. Premier janvier 2020, je me rappelle. Nous voilà tous les quatre. Moi, je leur avais dit, je reste là six mois max. Ce n'est pas mon délire. Je ne vais pas faire les farmworks et compagnie, les visas de deux ans. Moi, j'y vais. Je vis ma best life à Sydney. Limite, je ne voyage pas et c'est très bien. Je rencontre l'amour de ma vie et je le ramène en Europe. MDR. Le Covid arrive, tout le monde décide de repartir. Je vous la fais très courte, mais tout le monde, mes potes, décident de repartir en France. Donc ma sœur, l'ex de ma sœur et Victoire décident de repartir en France. Et moi, je me retrouve en Australie. Pourquoi je reste en Australie ? Parce que je crois à ce moment-là que j'ai rencontré l'amour de ma vie, Joseph. Et en fait, je ne peux pas le laisser parce qu'à ce moment-là, je suis ultra dépendant de lui. Donc j'ai remis mon viseur sur quelqu'un, sur encore une fois l'extérieur. En fait, je crois qu'avoir une relation parfaite avec lui, c'est ce qui va me sauver à ce moment-là. Sauf que c'est une relation qui n'est pas du tout égale, dans laquelle je suis hyper anxieux, lui est hyper évitant. Et en fait, je suis peut-être moins angoissé de mes angoisses et de la peur de mourir, mais je suis angoissé par lui. Est-ce qu'il va sortir ? Est-ce qu'il va me tromper ? Je suis hyper jaloux, je suis dans des délires. Tout ça, c'est ma version à moi. La version que je mettais sur Instagram à ce moment-là, c'était Cam V. Dream in Australia et j'ai voyagé, j'ai fait plein de trucs et bien sûr qu'il y a eu du bon, là je vous dépeins un peu le négatif aussi pour vous montrer la vérité mais il y a eu des très bons moments mais à ces moments là de ma vie avec Joseph en Australie ouais je suis pas au max mais en vrai il me cause tellement d'anxiété qu'en fait mes anxiétés elles sont à 100% sur lui et voilà tac Je crois qu'à ce moment-là, ça s'arrête avec Joseph. Je décide de rester en Australie. Donc là, big step encore une fois parce que je perds mon pilier australien. Mais je décide de rester. Pourquoi je décide de rester ? Parce que je me suis fait grave des potes. Emma, si tu passes par là, you won't understand what I'm saying, but I love you. Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire. je reste en Australie parce que j'ai grave des potes je travaille dans un coffee shop qui est trop cool je me sens trop bien je me sens libre Mais voilà, encore une fois, je vais encore chez le psy à ce moment-là, et notamment vers la fin de mon voyage en Australie, parce que je sens que ça ne va toujours pas. Vous savez, quand vous avez tout pour être heureux, mais vous savez qu'à l'intérieur, ça ne va pas. Parce que je vois que je commence à avoir peur de plus de choses, je vois que certaines peurs reviennent, que j'ai aussi certains symptômes qui reviennent. J'ai un peu plus peur de mourir, j'ai un peu plus la tête qui tourne. Je déréalise aussi à certains moments. Mais voilà, ce n'est pas ouf. Du coup, je décide de rentrer en France parce que je voulais être plus proche de ma famille. Et me voilà rentré à Marseille. Je ne sais pas si j'oublie quelque chose. Non, je ne crois pas. J'arrive à Marseille et je me dis, calme, mais encore une fois, comme quoi je me trompe à chaque fois. N'ayez pas des certitudes par rapport à votre vie parce que vous allez vous apercevoir que vous êtes votre propre joke en fait. Parce que moi, toutes les certitudes que j'ai et qui me rassurent en me disant, mais moi je ne fais pas ça et moi je fais ci, moi je fais ça, à la fin, je ne fais jamais ce qui est prévu. Donc si j'ai un conseil à donner, peut-être que vous vous en foutez de mes conseils, mais vous ne croyez pas. En fait, quand vous avez des certitudes, lâchez-les parce qu'en fait, la vie après fait... tellement son travail et vous prouve tellement le contraire parfois. J'arrive à Marseille en mode « Guys, moi je reste deux mois, je repars vivre à Amsterdam, à Copenhague, à Barcelone, je ne sais pas. » Mais moi, la France, très peu pour moi. Vous avez un peu cette pensée. Quand on commence à voyager, on croit qu'on est mieux que les autres. En fait, moi, I'm better than this. Marseille, ce n'est pas pour moi. En plus, c'est commencé à être un peu à la mode à ce moment-là. Là, on est en 2022. Je suis resté deux ans en Australie. 2022, 2020... 2023. Je ne suis que de passage. Mais finalement, par A plus B, je me retrouve à enseigner le yoga parce que je remplace une copine et que du coup, le cours devient mien parce que la fille en question part. Et du coup, je commence à développer mon business de yoga à Marseille. Encore une fois, tout va bien. Le yoga fonctionne. J'ai mon side job, c'est-à-dire que je bosse dans un coffee shop qui est super à ce moment-là. La tisserie, et c'est trop cool. parce qu'en vrai j'ai tout pour être heureux j'ai de l'argent mes cours sont remplis je commence à bien connecter avec les gens autour de moi j'ai mes potes, mes anciens potes, des nouveaux potes mais encore une fois je sens qu'au fond de moi ça va pas mais je continue du coup à aller voir la psy parce que c'est exactement ce que je faisais à ce moment là quand ça va pas tu vas chez la psy et en fait être toujours je croyais que c'était par rapport au yoga que j'allais pas bien parce que peut-être que je travaillais trop peut-être que si, peut-être que là, peut-être que parce que j'avais pas encore rencontré un mec et je me sens seul et blablabla, on se trouve toujours des trucs mais je me fous encore méga la pression par rapport à ma carrière à ce moment-là j'ai décidé que le yoga à ce moment-là c'était ma vie sachant que il faut savoir une vérité sur moi j'ai toujours dit, surtout aux gens qui m'entourent peut-être pas de manière publique on va dire mais que le yoga c'était pas ma passion et je comprenais pas, je me disais toujours tu fais un job qui te plaît, mais ce n'est pas ta passion. Et du coup, j'ai toujours eu ce truc avec le yoga où ça fonctionne et je crois que je suis un bon prof, mais en vrai, je crois que ça ne m'animait pas tant que ça. Mais je le faisais pour une raison. Enfin, pour d'autres raisons aussi, mais je sais que je faisais du bien aux gens et qu'en fait, moi, recevoir un message après mes cours en mode calme, je n'allais pas bien. Et en fait, en cours, ça m'a fait me sentir bien. La mission, elle était réussie et ça m'a apporté un truc, mais je n'étais pas à ce niveau-là de ressenti. J'étais juste dans le... Je ne pouvais pas accéder à ça en moi à ce moment-là, la reconnaissance, la joie de faire du bien, etc. Ce n'est pas une partie de mon être que j'avais encore découvert. À ce moment-là, c'était « Cam, tu as raté ton cours, ta playlist, elle était à chier, de toute façon, tu n'es pas créatif dans tes séquences de yoga, les gens s'emmerdent, tu es un imposteur, tu ne connais pas assez bien le corps et l'anatomie, tu ne connais pas assez bien la philosophie, etc. » J'avais toujours quelque chose à dire. Et en fait, si... Les gens ne me disaient rien à la fin de mon cours. J'étais toujours déçu parce que je me disais « ça ne leur a pas plu » . J'étais en permanence dans le stress. Je me souviens de quelques cours que j'ai selon moi réussi. Je me suis senti bien, mais c'est vraiment anecdotique. J'étais tout le temps en train de me flageller. Mais du coup, tout autant que je me flagellais, je continuais à prendre des classes. C'est-à-dire que je rajoutais des classes sur mon planning. Ça fonctionnait bien. Il y avait plein de studios. C'était avant l'ère Pilates. Maintenant, c'est Pilates, Réformer et compagnie. Mais à ce moment-là, yoga, il y a 2-3 ans. C'était incroyable. Je crois qu'en ce moment, les gens tournent un peu leur dos au yoga. Mais peut-être qu'on reviendra, je ne sais pas. Donc ouais, ça fonctionne pour moi, mais je sens qu'à ce moment-là, je suis un peu en train de m'épuiser en fait, parce que je suis en permanence dans le jugement de moi et je n'ai aucun amour pour moi à ce moment-là. Et je vis juste à travers ma carrière en mode « tu vas réussir, tu vas devenir un peu pro dans ton domaine » . Et du coup, tu vas faire des trucs qui brillent et que les gens voient et qu'il va y avoir encore plus de gens à ta classe, etc. Mais du coup, je perds un peu l'essence de tout ça. Et ça, c'est trop cool d'avoir de l'ambition. Attention, je ne suis pas en train de cracher sur les gens qui ont de l'ambition. Mais moi, je n'étais pas connecté à un truc cool en moi parce que j'étais toujours en train de me pousser, pousser, pousser, toujours pour être le meilleur, toujours pour faire mieux que les autres. Et enfin, fatigant. Et tout ça, c'est quelque chose que je ne racontais pas à ce moment-là sur les réseaux. L'extérieur voit juste que je réussis et que je suis bienveillant et que je suis quelqu'un de cool, etc. Et de sympa avec les autres parce que je rencontre beaucoup de profs et je suis très aussi beaucoup. Je questionne beaucoup les gens autour de moi. Comment ils se sentent ? Je me souviens, j'organise même parfois des workshops entre profs pour savoir un peu comment on peut évoluer ensemble pour être mieux dans nos enseignements, etc. Sauf que moi, en fait, je fais tout le contraire dans ma life. Mais il y a quand même une partie de moi qui veut être beaucoup plus bienveillante. Les signaux de détresse, d'angoisse reviennent en moi en juin 2024. Ouais, c'est ça. Entre temps, j'ai rencontré Thomas, etc. Donc c'est cool parce que je fais quand même beaucoup d'allers-retours à Bruxelles et je m'aperçois que peut-être que j'ai envie de bouger ailleurs. Mais du coup, ça crée quand même beaucoup de questionnements en moi. Mais cette partie-là de ma vie devient de plus en plus douce aussi. Je m'aperçois qu'avec lui, je peux juste être moi aussi à certains moments. Ne plus être le prof de yoga, ne plus être la personne qui veut réussir ou qui veut se montrer sexy sur les réseaux. Juste moi et lui, en fait, il a décidé de m'aimer tel quel. Et je ne vais pas replorer une deuxième fois, mais juste pour vous dire qu'à ce moment-là, l'avoir dans ma vie, ça m'a juste prouvé que je pouvais... C'était ma première porte d'entrée à... Je peux juste... être quelqu'un. Je n'ai pas besoin d'être tout le temps dans le faire et tout le temps dans le je vais devenir, donc tu vas m'aimer. Lui m'a pris tel quel à ce moment-là avec mes angoisses, etc. Sachant que tous les mecs que j'ai rencontrés avant Thomas, je redoutais à chaque fois le moment où j'allais leur expliquer mes angoisses. Donc, j'étais en bataille avec moi en mode, tu ne diras pas à cette personne que tu es anxieux et elle ne le verra pas. C'est-à-dire que j'ai passé parfois six mois avec une personne, enfin plus, mais pendant six mois, je ne disais pas que j'étais anxieux. Donc je vivais tout dans le silence. Et c'était horrible parce que c'était une partie de moi que je n'avais pas envie de révéler. Thomas, je me souviens, dès les premières semaines, je lui ai dit, écoute, moi, je suis un peu sensible. Et c'était cool pour la première fois de pouvoir être aimé par quelqu'un qui ne va pas juger cette partie-là de nous. Moi, l'image que j'ai de Thomas quand ça ne va pas, c'est juste ses bras ouverts. En mode, ça ne va pas, viens. Tes angoisses, elles sont là. Elles font partie de qui tu es aujourd'hui. Mais moi, je t'aime au-delà de tout ça et avec ça. Pour la première fois dans la vie, je m'aperçois qu'en fait, je peux être aimé. Ça, c'est cool. Aimer tel que je suis avec mes zones d'ombre aussi. Bon, bref. Je ne vais pas vous romantiser ma vie, mais voilà, c'est une parenthèse que je voulais aussi faire. Et donc voilà, les premiers signaux en fait que ça ne va pas, parce que ça fait deux ans que je travaille et que je ne pense que yoga, je mange yoga, je chie yoga, je suis en mode yoga, yoga, yoga, yoga, tout le temps. Et donc là, je commence à être en cours au mois de juin et je sens qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Je sens que le corps est en train de dire des choses bizarres. Je suis tendu. Moi, mon symptôme favori, c'est la tête qui tourne. Si j'ai la tête qui tourne, c'est qu'à l'intérieur, ça ne va pas. Ou que je ne suis pas sur le bon chemin. Ou qu'il y a un truc qui est bloqué en moi. Ou un besoin qui n'est pas écouté. Ou que mon enfant intérieur est en PLS. À ce moment-là... Je suis en cours cette semaine-là et ça a été vraiment une semaine ultra déterminante dans ma relation à l'anxiété. Je me souviens, le mercredi j'ai cours. Non, le lundi j'ai cours, j'ai la tête qui tourne. Le mardi j'ai cours, j'ai un peu plus la tête qui tourne. Le mercredi soir arrive. Le mercredi midi, je vais en cours, je me souviens, et je me dis, est-ce que je vais vraiment donner cours ? Parce que je sens que ça ne va pas. Je sens que j'ai l'angoisse. Je ne suis pas bien, j'ai peur de tomber dans mon cours. J'ai peur que les gens me voient tomber aussi à ce moment-là. Moi, je m'étais mis dans ma tête qu'être prof de yoga, on ne montre pas ses émotions et on guide une classe, on lead une classe. Si la personne ose voir tes émotions, alors qu'elle vient pour chercher de la ressource, toi, tu vas lui dire que ça ne va pas, mais ça ne va pas ou quoi ? Donc à ce moment-là, très compliqué pour moi. Le mercredi midi, le mercredi soir, je me pousse quand même à y aller. En mode, tu vas donner secours, quoi. Et là, ça lâche complet. Je suis en cours. D'un coup, tout s'arrête. C'est comme si on met deux bouchons dans ses oreilles. Les gens deviennent flous. Ta vision devient floue. Tu es en toi, mais tu... Je ne les réalisais pas à ce moment-là, mais... Tu es dans ton corps et tu as la tête qui tourne, tu commences à avoir le cœur qui bat, des palpitations, des sueurs, tu ne sais plus quoi faire, sauf que là, en fait, tu as 15 minutes de cours, le cours dure une heure. Comment je fais ? Est-ce que je choisis le chemin de la vulnérabilité ? C'était un mot que je ne connaissais pas à l'époque. Ça, peut-être, ça aurait pu être une option de... Guys, je crois que ça ne va pas trop ce soir. On va faire un cours différent où je vais arrêter le cours, tout simplement. Je ne suis pas dans mon assiette. Ça, c'était une option qui était possible à ce moment-là. Impossible pour moi. Parce que je vais me ridiculiser devant ces gens. Ils sont venus chercher du bien-être dans mon cours. Et en fait, je vais leur dire que je vais arrêter tout ça parce que moi, je vais mal. Ma cocotte, tu vas te bouger. Tu vas donner secours. Voilà ce qui se passe dans ma tête à ce moment-là. Donc, je me mets minable. Je fais des allers-retours entre le devant de la salle, l'arrière de la salle. je marche, je marche, je marche, mais ça ne passe pas, j'ai la tête qui tourne, je sens que je vais m'écrouler à tout moment. Et en fait, je me souviens de dicter mon cours et je ne pouvais même pas aller sur mon tapis parce que dès que je refaisais une pose de yoga pour montrer ce qu'on devait faire, ça retournait en fait, parce que ça revenait encore plus, parce que j'étais encore plus exposé. Et moi, il faut comprendre que le regard de l'autre dans ces moments-là est de manière générale, même si on peut penser le contraire. C'est un gros, gros, gros, gros, gros trigger pour moi. Montrer que ça ne va pas, comme je vous le disais, c'était impossible. Donc, être sur mon tapis devant, en montrant les poses de yoga, ils allaient encore plus voir que ça n'allait pas. Alors qu'en fait, ils n'auraient peut-être même pas vu. Bref, voilà. Et j'arrive tant bien que mal à finir le cours et je me dis, mais qu'est-ce qui se passe ? Là, je ne peux plus. Donc là, je rentre chez moi. J'avais un cours le lendemain matin à la plage à 7h du mat. et j'appelle ma mère, j'appelle Garance, j'appelle ma sœur, et je leur dis, je ne peux pas aller en cours, je ne peux pas. Donc forcément, les gens, ils ne savent pas, c'est inédit aussi pour eux, que d'un coup, ça faisait quelques années déjà que je manageais mes angoisses, et qu'en fait, Cam, il est angoissé, mais ça va, il y va, il est déterminé, c'est un battant, ça va de mieux en mieux, etc. Sauf que là, je leur dis, guys, je ne peux pas. donc eux me disent quand même mais essaie dors peut-être la nuit machin mais moi je dis en fait ça va pas donc là je m'effondre et je dis ça ne va pas je peux plus retourner en cours il me faut 3 jours de pause je prends 3 jours de pause enfermé chez moi bien sûr parce que je peux pas à ce moment là j'étais plus que concentré sur le yoga donc j'avais plus qu'à annuler mes cours c'était pas mal parce que je travaillais plus au café j'avais décidé de me consacrer à 100% yoga comme quoi je m'étais encore trompé Je prends trois jours de poste, je vois qu'au bout de trois jours, ça ne va pas. Et en fait, de là, je suis en panique totale et je me dis, je ne peux plus aller enseigner. Mais en fait, le « je ne peux plus enseigner » se transforme à « je ne peux plus sortir de chez moi » . Donc là, je me retrouve rue Sauveur-Tobélème à Marseille, dans mon appart. J'appelle ma mère et je lui dis « là, il va falloir venir t'occuper de moi, en fait » . Je n'arrivais plus à descendre de chez moi, à sortir ma poubelle parce qu'en fait, tout me faisait peur. Je croisais… Marseille, c'est tout petit. Et encore plus si vous vivez dans le 7e, vous savez de quoi je parle. Mais on descend dans la rue, on croise toujours quelqu'un. Ouais, salut, tu vas bien, machin, on boit un café. C'est Marseille comme vous l'imaginez. Sauf que moi, parler à ces moments-là à des gens, c'était impossible parce qu'ils allaient me demander comment ça allait. Moi, ça n'allait pas. Et leur dire ça ne va pas, je ne pouvais pas croiser leur regard. Donc, c'était horrible. Je sortais avec des lunettes de soleil pour ne pas qu'on croise mon regard. Jusqu'au moment où du coup, je n'arrivais plus à sortir de chez moi. Ça, c'est un espace de... un ou deux mois. C'est vraiment tout l'été 2024. Je ne sais pas si c'est 2024. Oui, c'est ça. C'est l'été 2024. Parce que là, ça fera deux ans. Au prochain été. Ma mère vient s'occuper du coup de chez moi. Elle me fait mes courses. Mais elle reste une semaine. À l'époque, elle n'habitait pas à Marseille. Donc, elle ne peut pas rester non plus. Elle a du travail. Donc, ma soeur prend un peu le relais. On essaye d'aller à la pharmacie pour m'acheter des fleurs de Bac. Il n'y a rien qui va parce que je n'arrive pas à marcher dans la rue. C'est horrible. Mais j'ai un voyage qui arrive à Bruxelles où je dois aller rejoindre Thomas. Et là, je me dis, je dois monter dans le train. Je vais faire comment en fait ? Je n'arrive pas à sortir les poubelles. Qu'est-ce que je vais faire ? Aller à Bruxelles. Et après, en plus de là, je partais à New York. Donc là, je me dis, calme, tu as besoin d'aide. Il faut que tu changes. Tu vas trouver une psy. Enfin, je ne sais pas. Je rencontre ma thérapeute avec qui j'ai fait l'épisode, Juliette, à ce moment-là, qui change complètement ma vie. Parce qu'une nouvelle approche complètement de thérapie, où je m'aperçois qu'elle ne va pas arriver avec sa baguette magique, je démonte encore plus cette idée-là. En fait, c'est moi qui vais faire le travail. Et ouais, ça va faire mal. Et on va aller voir et on va faire un vrai accompagnement thérapeutique. Donc, à ce moment-là, je vois Juliette une fois par semaine en visio parce que je ne peux pas sortir de chez moi de toute façon. Et voilà. Et en fait, je me remets petit à petit à l'étrier. Mais je pars à New York en vacances, mais je passe un voyage à New York. Ceux qui l'ont vu sur Insta croient que c'était le voyage parfait. Mais en fait, je suis en crise d'angoisse du matin au soir. Dès qu'il faut changer d'endroit, dès qu'il faut changer de resto, ce n'est pas possible. Manger au resto le soir, pour moi, c'est impossible parce que ça m'insécurise trop. Être dans des foules pareilles. Je passe un voyage, les jambes un peu tremblantes. Je crois que Thomas n'a pas passé son meilleur voyage non plus, mais quoi qu'il arrive, il est là pour moi à ce moment-là. Et on essaye tant bien que mal de faire un petit truc cool. Bref, de là, je prends la décision puisque ça ne va pas à Marseille. mais voilà que j'attaque quand même cet accompagnement de fou avec Juliette qui me fait voir de nouvelles choses pardon je m'en mêle l'accompagnement avec Juliette il a été déterminant parce qu'elle m'apprend à me voir autrement elle m'apprend le chemin de l'acceptation le rapport à soi le rapport à soi Moi, elle me parle de ça au début, les gars. Je suis en mode, rapport à quoi ? Je fonce. Il n'y a pas de moi. Il y a moi et moi et mon égo. Soit je ne sais pas qui je suis, au fond. L'enfant intérieur, moi, je me moquais des gens. Je disais, mais qu'est-ce que vous avez tous ? Allez voir votre enfant intérieur. En gros, va voir ton enfant intérieur et casse-toi, tu vois. Mais en fait, je m'aperçois que ça va être essentiel. Ça va être essentiel d'aller voir ce qui se passe en moi. Si je veux avancer, qu'est-ce qui s'est passé dans mon passé ? Quelles ont été les émotions qu'a rencontré justement le petit Camille quand il était petit ? Ne pas tout idéaliser mon enfance comme j'avais l'habitude de le faire. Non mais ça va, calme, t'as eu un toit sur la tête et c'est tout. C'est tout ce dont tu avais besoin. Alors qu'en fait, les fondamentaux, je pense, de mon enfance, il y en a certains que j'ai eus, mais il y en a que je n'ai pas eus. Et c'est complètement OK. Mes parents le savent, on en a parlé des millions de fois. Il y a eu des manquements qui ont fait que j'étais ultra sensible comme ça et que je ne comprenais pas ce qui se passait en moi et que j'avais peur de ce qui se passait et que j'avais peur du monde en fait parce que la sécurité intérieure, je ne l'avais en réalité jamais reçue. Donc voilà, j'ai attaqué un long chemin de... Je n'aime pas le mot guérison parce que j'ai l'impression qu'avec la guérison, à un moment, on est complètement guéri. Est-ce qu'on est vraiment guéri de ça à un moment donné ? Je ne sais pas. Je n'ai pas la réponse aujourd'hui parce que c'est quand même une partie de soi. Cette partie sensible en moi, je l'aurai toujours et c'est qui je suis. Et elle m'apporte aussi beaucoup, beaucoup d'avantages et de qualités dans mon rapport aux autres, dans mon empathie, dans mon écoute, dans ce que je fais aujourd'hui, dans ma vulnérabilité quand j'arrive à utiliser cette sensibilité en ma faveur. Mais voilà, je ne sais pas si je guéris réellement de ça, mais en tout cas, Juliette me fait énormément de bien à ce moment-là. Je décide de m'installer à Bruxelles, mais c'est encore très compliqué. J'arrive à Bruxelles, je n'arrive pas à aller faire les courses au bout de ma rue et c'est vraiment à deux pas. Mais à the end of the day, il faut que je reprenne le travail parce que je ne peux pas rester 100 ans au chômage. Et je me dis qu'il y a une partie de moi qui me dit que reprendre le travail, ça va quand même me faire du bien. Sur un coup de tête, j'envoie un message à Buddy Buddy à Bruxelles, qui est un coffee shop, je ne sais pas si vous connaissez, mais bref, que je connaissais d'avant parce que j'étais client et je trouvais ça trop cool, en leur disant « Guys, je vais m'installer à Bruxelles, je suis barista, let's go quoi » . Alors que je n'arrive même pas, à ce moment-là, de sortir de chez moi. Enfin bref, c'est assez bizarre. Mais j'ai une espèce de feu intérieur qui me dit, vas-y, Kame, rebosse. Donc à ce moment-là, je ne sais pas, je décide quand même d'écouter cette partie-là. Alors que je suis terrifié. Il faut savoir qu'à ce moment-là, je n'enseigne plus du tout le yoga. J'ai sorti complètement le yoga de ma vie. Je vais sur mon tapis vraiment de temps en temps. Et c'est... No way. Méditer et tout quand même. À ce moment-là, la méditation joue un rôle primordial aussi parce que je n'ai pas le choix que d'aller voir ce qui se passe à l'intérieur et de chialer en fait et de m'apercevoir que ça ne va pas. Donc je m'assois vraiment avec mon mal-être à ce moment-là. À certains moments, je ne dis pas ça que je fais toute la journée, mais dans mes séances avec Juliette et dans des moments d'introspection aussi chez moi, de wow, là, ça ne va pas et tu as besoin de... Tu as besoin de le voir que ça ne va pas à certains moments, je crois, dans ta life. Et de t'asseoir et de vivre tes émotions à 100%. Parce que moi, ma vie, elle m'avait appris à... Les émotions, tu ne vas pas les montrer, en fait. Tu vas juste être un rayon de soleil qui va passer dans la vie des gens, qui veut réussir. Mais en fait, se montrer vulnérable, c'était trop dangereux pour moi. Parce qu'ayant grandi dans un environnement qui était insécurisant, à quel moment vous voulez que je dise à quelqu'un que ça ne va pas ? où j'ai besoin d'aide. C'était impossible. Parce que ça veut dire que du coup, je me montrais vulnérable et que du coup, j'aurais pu être encore plus attaquable et encore plus, du coup, mis en danger par l'autre. C'était mort. Enfin, ce n'était pas possible. Bref, je ne sais plus où je voulais en venir. C'est vraiment décousu, ce podcast. Je m'excuse pour les gens qui ne comprennent rien. J'espère que vous prendrez quand même de la joie à m'écouter. Mais quand je vais réécouter ce truc, ça va être terrible. Mais bon, voilà, on est qui ? On est écouté. On fait ce qu'on peut avec le cerveau qu'on a. Et moi, c'est un peu... C'est difficile de donner la structure alors que j'ai vécu énormément d'émotions à ce moment-là. Donc, ouais, voilà, j'attaque le travail. Mais du coup, on me dit, voilà, Cam, il faut venir faire un essai chez Buddy Buddy. Mais en quelle année je vais aller faire un essai au travail ? Alors, sachant que je ne pouvais pas enseigner un yoga. Qu'est-ce que je vais aller prendre des commandes dans un coffee shop avec des gens qui vont me regarder et des boss, etc. Ce n'est pas possible. Mais bon, ma foi. Je ne sais pas par quelle force je me retrouve à aller faire un essai chez Buddy Buddy. Je me souviens, Thomas me dépose en haut de la rue du coffee shop. Je descends, j'ai mes lunettes de soleil. Je me dis, putain, Cam, tu vas devoir enlever tes lunettes de soleil. Vous savez, les fameuses lunettes de soleil que j'avais gardées du coup tout l'été parce que... En fait, je ne pouvais pas regarder les gens dans les yeux, mais là, il fallait que je les enlève parce que j'allais être dans un environnement de travail. Et je me souviens, j'avais fait mon état des lieux de Marseille quand je suis parti avec l'agent immobilier. Et du coup, je n'arrivais pas à sortir dehors et je n'arrivais pas à voir même mes potes. Mais je devais aussi faire un état des lieux pour pouvoir aménager à Bruxelles. Mais du coup, le gars arrive chez moi, j'ai mis mes lunettes sur l'œil parce qu'en fait, je ne pouvais pas le regarder dans les yeux. C'était horrible, Du coup, je me retrouve à Buddy Buddy. avec mes lunettes de soleil que j'enlève devant la porte, mais du coup ça me demande énormément d'efforts pour vous prouver à quel point on peut partir dans des délires et le moindre... à ce moment là c'était les lunettes de soleil qui allaient me sauver, mais du coup je les enlève et en fait je me mets quand même dans cette... c'était une heure d'essai, rien de fou et c'était très très compliqué pour moi de me mettre dedans, mais je me mets dedans et je ressors de là hyper fier de moi en mode putain Cam Ça faisait des mois que tu n'avais pas retravaillé parce que ça, c'était au mois d'octobre ou novembre. Et du coup, le mois de juin, je n'avais pas travaillé. Pas touché à un tapis de yoga, pas touché à une machine à café. Je ne touchais à rien d'ailleurs parce que j'étais en mode survie. Mais bon, trop content de l'avoir fait. Je me dis, cool, on va se mettre là-dedans. Le coffee shop, une nouvelle fois, va être mon filet de sécurité financier. sociale pour pouvoir te remettre le prix à l'étrier et du coup reprendre le yoga à un moment donné quand tu t'en sentiras capable parce que moi dans ma tête à ce moment là c'était calme tu es le yoga, tu es prof de yoga et je ne passais je ne fondais que mon identité sur ça et ça c'est un truc que j'ai beaucoup dégrossi aussi dans ma thérapie avec Juliette, je ne suis pas et vous n'êtes pas vos jobs les gars Vous êtes un truc que vous faites à un moment donné dans votre vie. C'est une expérience. Et pour moi, à ce moment-là, je me présentais comme Camille, prof de yoga. J'arrivais chez Buddy Buddy en mode « Oui, je suis là, mais je suis prof de yoga. » « What do you mean, t'es prof de yoga ? » « T'enseignes pas, donc arrête de dire des... » Mais parce qu'en fait, pour moi, ça représentait une certaine place dans la société. Les gens vont croire que du coup, je suis intéressant. Tu es un peu peut-être philo, un peu peut-être psycho, un peu sensible, un peu spirituel et ça fait bien. Donc voilà, à ce moment-là, mon objectif, c'est remettre le pied à l'étrier grâce à un travail alimentaire, entre guillemets, pour reprendre ensuite le yoga parce que le yoga, c'est qui je suis. voilà, et du coup le travail c'est très compliqué pour moi à ce moment-là, parce qu'en fait je vais au taf et je suis en mode, à tout moment je peux avoir une crise d'angoisse, en fait je retombe dans mes travers d'avant, où l'angoisse fait partie à 100% de ma life, où c'est très compliqué pour moi de prendre le bus, je me souviens d'appeler Juliette aussi, ma thérapeute, avant de prendre le bus et d'aller faire mes shifts à Budibudi, en mode je ne peux pas aller dans le bus, je ne peux pas aller au travail, et elle me disait, calme, c'est un choix, tu fais ce que tu veux, si tu n'as pas envie d'y aller, tu n'y vas pas, il y a des fois où je ne suis pas allé, Je pense que la plupart des fois, je suis allé, mais c'était très compliqué. J'avais vraiment l'impression de me traîner. Vous voyez, quand on prend quelqu'un par la main, je ne sais pas si je me prenais par la main ou par le col à ce moment-là pour aller au taf, mais j'avais l'impression vraiment de... Vous voyez, on prend une pelle et on puise en soi les forces pour se motiver à faire quelque chose. Je ne sais pas si j'étais en force ou en douceur avec moi, mais je... Je ne sais pas, j'étais en communication avec moi dans ces moments-là de me dire, tu vas y arriver et tu vas aller faire cette journée de travail. Après, l'expérience te montre que ça peut bien aller, mais encore très compliqué pour moi parce qu'il y a des moments où je ne suis pas bien, où j'ai énormément la tête qui tourne avant d'arriver à mes shifts et où je ne me sens pas bien. Je me dis, je ne vais pas pouvoir parler à mes collègues, je ne vais pas pouvoir parler aux clients et ça ne va pas. aussi Il faut savoir qu'à ce moment-là, la déréalisation fait partie inhérente de ma vie. Je déréalise matin, midi et soir. Je me lève le matin, je me dis « Cam, est-ce que tu es dans ton corps ? » C'est la première question que je me pose à ce moment-là. Et il faut savoir que la sensation d'être en dehors de son corps, elle est terrifiante. Donc en fait, c'est juste ce qui se passe chimiquement en soi, c'est qu'on est tellement en surcharge là-haut que le mental dit « Hop, moi je sors de ça. Au revoir. Merci. » Parce qu'en fait, il y a trop de pensée là-dedans. Donc hop ! je m'excuse, c'est un moyen de fuir en fait, tout simplement et bon ça je le sais qu'après sur les moments c'est horrible et il y a des moments où j'arrive au taf où je suis complètement pas là quoi je suis là physiquement mais mon esprit il est complètement ailleurs je suis là, je suis à côté de moi je suis en dessus de moi c'est très imagé ce que je vous raconte mais c'est vraiment une sensation que j'ai à ce moment là donc très très compliqué pour moi d'assumer ces journées là et Mais voilà, je sens que quand même ça va de mieux en mieux et que je tiens quand même le bon bout dans mes bons jours. Dans mes mauvais jours, je dis que je suis une merde et que de toute façon, je n'arriverai jamais à rien, que je ne sais même pas si j'allais reprendre le yoga. Donc, je me motive quand même à reprendre le yoga à un moment. Je commence à faire des classes de remplacement. Je me reforme un peu aussi. Et en fait, je m'aperçois qu'en redonnant cours, je n'ai plus le truc tout simplement. Et qu'en fait... L'anxiété, elle est là, quand j'enseigne et tout, forcément, il y a une partie de moi qui se rappelle aussi. Parce que l'anxiété, c'est beaucoup ça, c'est toujours prévoir ce qui se passe dans le présent avec le mental du futur ou du passé. Même avec mes mains, je ne sais pas où je suis. Et donc, je suis dans mes classes, etc. Enfin, je n'en ai pas enseigné beaucoup, mais toutes les classes de remplacement que j'ai faits. C'était compliqué parce que je me rappelais toujours des crises d'angoisse que j'avais faites au mois de juin. En fait, ça me terrifiait. Je n'arrivais pas à ce moment-là à me rassurer. Mais en plus de ça, j'avais perdu la joie d'enseigner, je crois. Et j'avais quand même la joie d'enseigner quand j'enseignais à Marseille. Là, il me manquait un truc. Il me manquait la joie du yoga en soi et de transmettre. Je n'avais plus. Donc, je décide d'arrêter et de continuer à juste travailler chez Buddy Buddy et m'occuper de moi tout simplement. Et en fait, c'était la meilleure décision que j'ai prise parce qu'avoir le temps et le luxe de le faire, c'est-à-dire que je suis passé... Du coup, j'avais pris des heures en moins chez Buddy Buddy pour accorder du coup plus de temps au yoga, mais je ne l'ai pas fait. Mais du coup, j'ai utilisé ce temps-là pour moi. J'ai moins gagné d'argent. Alors oui, je suis privilégié et tout, mais c'est des périodes où j'ai moins gagné d'argent dans ma vie où j'ai peut-être fait... C'est peut-être bête ce que je raconte, ça va peut-être paraître... Peut-être que vous allez vous dire... Je pars tout le temps en voyage, en week-end et tout. Mais bref, à ma manière, j'ai vécu un peu moins abondamment, on va dire. Mais j'ai pris du temps. Et en fait, à ce moment-là, le temps, ça a été la richesse la plus précieuse que j'ai eue. Parce qu'en fait, se lever le matin, pouvoir méditer, pouvoir m'asseoir sur ce lit exactement là et en fait, passer du temps à aller voir ce qui se passait en moi. à me rassurer, à écouter les voix de mon mental, à écouter les voix de mon cœur, à aller voir cet enfant antérieur qui, en fait, était la plupart du temps en PLS, parce qu'en fait, je l'avais délaissé pendant des années et, en fait, laisser pleurer un bébé, on ne le ferait pas, mais on le fait souvent pour soi. Quand on pleure à l'intérieur, on veut taire les pleurs ou on ne veut pas les écouter ou alors on leur dit de se la fermer, tout simplement, et qu'en fait, on est mieux que ça et qu'en fait... Ouais, ben pleure plus, en fait. T'as rien pour pleurer. Et en fait, avance. Et t'as un toit sur la tête. Et t'as un mec, etc. Alors qu'en fait, cet enfant, il pleure parce qu'en fait, il y a eu des manquements. Et on s'est peut-être pas bien occupé de lui à un moment donné. Tu vois, que ce soit la famille ou de soi à soi. Où en fait, on a été tellement en force pendant des années pour devenir quelqu'un. Pour paraître que. Pour faire semblant. Pour mettre les meilleurs masques. En fait, qu'au bout d'un moment, ça explose. Et en fait, je n'avais plus le choix que de venir écouter cet enfant-là intérieur en moi. et de... Souvent on demande si la spiritualité c'est un choix et c'est une question que j'aime beaucoup et que je pose aussi dans mon podcast. Je ne pense pas que la spiritualité c'est un choix, c'est une nécessité pour moi à un moment donné, à ce moment-là dans ma vie. Je n'avais pas le choix que d'aller voir ce qui se passe en moi et je n'avais pas le choix que de m'ouvrir à plus grand et de faire confiance. Si je n'arrivais pas à me faire confiance à moi, certains jours, en mode... Je ne savais pas si j'allais mourir sur le travail ou si j'allais avoir la tête qui tourne ou si j'allais déréaliser. Je faisais confiance à l'univers. Je me disais qu'il y avait une force, le monde autour de moi, parce qu'en fait, je crois qu'on n'est que matière en réalité et qu'en fait, je ne suis constitué que d'atomes, tout comme l'arbre qui est en face dans mon jardin. Je faisais confiance à ça, en cette vie, en mode tout ça a un plan et hop. puisque je n'arrive pas à me faire confiance en moi, je vais faire confiance à l'univers. Mais en fait, j'ai compris à la fin que l'univers et moi, c'était pareil et qu'en fait, je pouvais me faire confiance. Et que voilà, là, je vous parle parce que je suis un peu allumé ce matin et ça fait plusieurs minutes que je vous parle et que du coup, mes idées deviennent de plus en plus claires. Mais il y a des jours où ça ne l'est pas du tout encore. Mais voilà, cette période de ma vie-là, de toute l'année dernière, on va dire, ça a été ultra cool pour moi parce que j'ai pris, je me suis... octroyer le luxe de faire ça, de gagner un peu moins d'argent, mais de prendre du temps pour moi, et je le conseille souvent à des gens qui sont perdus autour de moi, en mode, si vous avez la possibilité de prendre du temps, de réduire vos heures, pour vous occuper de vous, ou de, même si vous travaillez 40 heures, etc., dans la semaine, et je parle pas de gens qui ont des enfants, etc., parce que je sais pas ce que c'est votre quotidien, mais des gens qui ont à peu près un quotidien similaire à moi, allez vous faire des balades, même si vous travaillez pas, si vous travaillez toute la semaine, prenez un quart d'heure le soir, juste pour aller voir ce qui se passe en vous. méditer peut-être le matin de temps en temps, ça ne veut pas dire être hyper strict et du coup être angoissé quand vous ne faites pas votre méditation du matin ou quand vous n'êtes pas à la votre séance de sport parce que c'est bien de se connecter à son sport et de calmer son système nerveux, blablabla. Enfin, enlevez-vous toutes ces règles-là et essayez juste d'octroyer des temps où vous n'écoutez ce qui se passe en vous. Ça peut être sous la douche. Et Juliette m'a dit ça un jour, elle me dit « Mais Cam, en fait, si tu ne peux pas méditer, écoute-toi sous la douche, quoi. Prends deux minutes juste pour ressentir. » Ressentir, ça a été un mot qui a été... ultra, ultra, ultra, ultra important et nouveau pour moi. Je pense que c'était un mot que je n'utilisais pas du tout dans mon vocabulaire, ou alors peut-être juste dans un vocabulaire très mental, comme je disais dans mes cours de yoga. Ressentez ce qui se passe en vous, alors que moi-même, ressentir, c'était impossible pour moi, parce qu'en fait, aller ressentir ce que je ressentais en moi, c'était que du noir. Et comment assumer le noir et la noirceur face à des gens qui vous écoutent, et même face à mes amis, à ma famille, comment dire que ça ne va pas, et que mes amis, j'avais toujours plus le... l'habitude de le faire, mais comment juste peut-être me l'avouer à moi aussi. Ressentir, c'était peut-être voir que ça n'allait pas et qu'en fait, je devais juste prendre conscience des manques que j'avais eus et faire la paix aussi avec tout ça. Ça ne veut pas juste être dans ce truc d'hyper-victimisation en mode, ouais, mais moi, j'ai manqué d'amour de ma mère et ouais, moi, j'ai manqué de la présence de mon père et blablabla. J'aurais pu en rester à ce stade-là, je crois. Et je pense que des fois, il y a besoin de rester à ce stade-là aussi, un peu de se victimiser. Mais à un moment, j'ai décidé aussi de faire la paix avec ça. Et ça a été un premier pas pour moi, pour aller vers quelque chose de mieux pour moi-même. C'est faire la paix avec mes parents. Je ne sais pas si c'est fait à 100% aujourd'hui, parce que je pense que je ne le saurais peut-être pas, mais je me sens déjà beaucoup mieux par rapport à ça. Mais voilà. ressentir, ça a été pour moi un mot hyper hyper hyper déterminant et j'ai utilisé du coup le temps que j'avais en dehors de mon temps de travail pour vraiment faire ça et en fait Franchement, ce n'était pas une partie de plaisir, mais je n'avais pas le choix. En fait, si je n'allais pas ressentir ce qui passait en moi, je n'arrivais pas à aller au taf, tout simplement. Donc, j'avais atteint ma limite, je crois, et je crois qu'on est tous faits de nos certaines limites et de certains paliers. Et peut-être que des personnes atteignent leurs limites beaucoup plus tôt. Il y en a qui font des burn-out à 40 ans. Moi, j'en ai fait peut-être, c'était peut-être un burn-out, je ne sais pas, mais une petite crise, enfin une crise existentielle, je crois, juste à l'aube de mes 30 ans. Et en fait, je n'ai pas eu le choix que de... de m'occuper de moi. Et aujourd'hui, en fait, ce qui se passe, c'est que je décidais d'être dans une logique, comme je vous le disais, de plus d'acceptation de moi et de ce qui se passe en moi. C'est encore très compliqué à certains moments. C'est beaucoup plus doux qu'avant. Ça, c'est indéniable. Et le travail commun que j'ai fait avec Juliette a été déterminant, je crois. Et franchement, je ne remercierai jamais assez la vie d'avoir mis Juliette sur mon chemin. Des fois, je me demande... Les gens se demandent pourquoi on a été à cet endroit, à ce moment-là dans notre vie. Et je crois qu'avoir été à Marseille à ce moment-là, parce que j'ai rencontré Juliette à Marseille, parce qu'on faisait partie des mêmes cercles de yoga et parce qu'elle est aussi enseignante. Je crois que Marseille, ça m'a apporté ça aussi. Faire la rencontre de certaines personnes qui, en fait, m'ont fait du bien. Et je ne pense pas qu'à Juliette, vous reconnaîtrez ce à qui je pense. Mais ça m'a apporté un lot de personnes qui, aujourd'hui, me font encore énormément de bien et qui ont été déterminants aussi pour ma santé mentale. quand vous vous demandez si vous êtes au bon endroit ou pas, je crois qu'il n'y a pas réellement de bon endroit ou pas. On m'a posé cette question en FAQ. Si j'aurais voulu faire quelque chose différemment quand j'étais en Australie, je ne pense pas. En vrai, je ne crois pas qu'il y a de bonnes et de mauvaises places ou de mauvaises localisations dans le monde. Quand on choisit d'y être, bien sûr, c'était un choix que j'allais. Encore une fois, je parle dans ma posture d'homme privilégié, mais je suis hyper reconnaissant de ça. Je crois que tous les endroits dans lesquels j'ai habité m'ont apporté leur lot de choses et j'ai fait les choses telles que je pouvais les faire à un moment donné. Donc, pour répondre à ta question, à la personne qui m'a posé cette question, je crois que je n'aurais rien fait de différent parce qu'en vrai, quand je dézoome après, je me dis mais en fait, ça m'a apporté ça, ça, ça et ça. Ça m'a aussi apporté son lot de galère, mais je crois que je n'aurais pas fait les choses différemment. J'aurais fait les choses différemment si j'aurais pu m'apporter plus de confiance, peut-être à ce moment-là, et peut-être plus de confiance en la vie, et peut-être que j'aurais fait les choses différemment. En vrai, c'est les bagages que j'avais là, et je pense que regarder l'arrière avec un œil critique, ça ne sert à rien, parce qu'en fait, j'avais juste les bagages et les armes que j'avais à ce moment-là, qui ne sont pas les mêmes aujourd'hui. Donc voilà. Aujourd'hui, il y a encore des moments où c'est très difficile. et c'est la conversation dont je vous parlais avec mon collègue la semaine dernière au taf en mode toi tu vas tout le temps bien sur ton lieu de travail etc c'est faux je me souviens encore il y a deux semaines où je travaillais avec deux collègues et en fait il y a un client qui me dit quelque chose et d'un coup ça me trigger je ne sais pas pourquoi je ne sais pas à ce moment là c'est hyper inconscient et d'un coup je vais avoir la tête qui tourne je ne me sens pas bien la crise d'angoisse c'est là comment je fais en fait parce que je dois continuer à prendre cette commande à faire genre que tout va bien parce qu'en fait je suis là, je dois finir de prendre la commande ou j'aurais pu m'extirper. Mais à ce moment-là, je sens que je peux « affronter » tout ça. Mais j'utilise en premier ma respiration pour revenir en moi et me dire « tout va bien » . C'est un symptôme d'anxiété, il est là, il est désagréable mais il va passer. Remets-toi dans l'instant. En fait, je m'imagine à ce moment-là m'ancrer, je reviens en moi, etc. Je finis ma commande et ensuite, je pars à l'arrière du coffee shop pour vraiment… m'ancrer en conscience et voir ce qui se passe en moi. Et je me dis, peut-être qu'à ce moment-là, la frustration qu'a créée ce client-là en toi sur cette seconde-là de cette journée-là donnée en 2026, ce n'est pas passé. Et je ne me suis pas forcément accroché dessus l'explication, mais je me dis, il y a quelque chose qui n'est pas passé, ton corps s'est exprimé, mais sois doux avec toi, ne te blâme pas pour ce qui s'est passé, tu es juste très sensible et c'est OK, je crois. Voilà comment j'ai géré ça et je pense que ça arrivera encore. Des phrases qui me trigger de la part de mon entourage ou des situations. Me retrouver peut-être dans un métro bondé aujourd'hui, ça va peut-être créer des choses. Mais voilà, je trouve que je suis beaucoup plus doux avec moi. Mais je sens que beaucoup de gens m'ont demandé en FAQ comment je vais réellement aujourd'hui. je sens qu'en fait Mon cerveau, mon mental, il est nourri à l'anxiété, il est nourri à l'urgence. Donc là, le fait d'avoir le podcast aujourd'hui, ça me... C'est un terrain de jeu pour moi. Parce que déjà, je m'éclate à faire ça. Et vraiment, je me sens aligné. Pour le coup, je ne me suis jamais autant aligné. Vous voyez, par exemple, le yoga, je ne me sentais pas forcément aligné. Je ne ressentais pas forcément de joie. Je ne veux pas dénigrer cette période-là. Parce qu'en fait, je ressentais grave de la joie à connecter avec les gens. Mais le yoga en soi, ce n'était pas un truc à ce moment-là que je kifferais. Que je kifferais à un moment donné. Bref, le podcast, je me sens en joie. Mais forcément, je mentalise. Je pense à tout mon planning. Comment je vais faire ? Cet invité ne répond pas. J'ai envie de réussir. Et c'est encore en moi. Et je sens que mon cerveau, il est nourri. Si je n'ai rien à penser, mon cerveau s'inquiète. Il faut toujours qu'il y ait quelque chose. Toujours qu'il y ait un problème. Mon cerveau est nourri au problème. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, désapprendre à mon cerveau à juste s'asseoir et se dire, profite, il n'y a rien. Il n'y a pas d'enjeu. Il n'y a pas de problème. C'est très, très compliqué. Et c'est bien que je fasse le podcast aujourd'hui parce que je trouve que ça m'apprend énormément. Parfois, oui, j'ai des choses à faire. Alors oui, il y a des enjeux que moi-même, je me suis créé. De réussir, d'être écouté, d'être vu, de faire du bien aux gens, d'avoir un rôle dans la société, etc. D'avoir... De répandre le... Comment on dit ? La bienveillance, etc. Donc oui, je me mets mes propres enjeux, mais il y a plein de moments où j'essaye aussi de m'asseoir et de me dire « calme, tout va bien » . Oui, ton cerveau et ton... J'essaye vraiment de voir mon mental comme un être à part entière. Souvent, il y a des gens qui donnent des noms à leur mental. Moi, j'ai encore un peu de mal avec ça, je ne sais pas pourquoi, parce que ça me fait un peu peur de me dire qu'il y a Georgette en haut qui est pleine de règles et pleine de « tu dois faire ci et tu dois faire ça » et « ne dors pas parce que tu dois publier ce truc » Et tu vas penser à ce que cette personne t'a dit aujourd'hui, peut-être que c'est... Enfin, vous avez ces voix permanentes qu'on a dans la tête. J'apprends maintenant à avoir mon mental comme une entité qui n'est pas là pour me faire chier, mais qui veut me sauver. En fait, le rôle de votre mental, c'est de vous sauver, de sauver votre cul, en fait. De vous dire, en fait, on ne va pas te mettre dans cette situation, mais en fait, tu vas penser à ça, et tu vas penser à ce danger-là. Mais si tu vas là-bas, peut-être que cette personne va te dire ça. Et voilà, c'est juste de venir l'apaiser en lui disant... Pas en venant rementaliser en mode « Ouais, attends, on passe autrement. Non, mais vas-y, calme-toi, calme-toi, calme-toi, calme-toi. » Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire, mais être dans un autre discours mental, du coup. Mais juste de venir ressentir en mode « Ouais, ouais, ouais. » Là, je flippe. Là, je flippe parce qu'en fait, être face à cette personne aujourd'hui, ça me demande, ça vient trigger un truc chez moi, ça me stresse. Peut-être qu'elle va penser que je ne suis pas parfait. Peut-être qu'elle va penser que je ne fais pas bien ci ou pas bien ça. Mais voilà. je sens la vapeur en moi et j'essaye de revenir à la peur plus qu'à la question de mon mental mon mental il est là, il crée des questions autour pour m'éviter la peur, pour trouver des solutions etc, il sera toujours là je pense que être évolué vers quelque chose de bien pour soi et plus de calme en soi c'est être en lien aussi et accepter que le mental soit là parce qu'en fait il se taira jamais alors oui on peut On peut venir apaiser les vagues de son mental en méditant, en faisant du sport, en se confiant aussi, en parlant à quelqu'un, en posant ce qu'on pense aussi à l'écrit, ça peut faire du bien. Mais le mental, il est là, il est là pour nous sauver. On est des êtres mentaux aussi. Mais voilà, est-ce que la spiritualité aussi, je pense que c'est ça, c'est se poser la question. Est-ce que je veux croire mon mental ou est-ce que je veux avancer avec ce qu'il y a en moi vraiment ? Et je fais que me toucher la poitrine parce que pour moi, c'est... C'est là que ça se trouve, c'est dans mon cœur. Et je crois que votre cœur, il sait tout le temps ce qu'il veut. Sauf qu'en fait, on vit dans une société qui nous a appris, qui est tellement, tellement, tellement insécurisante et du coup, nous a poussé à mentaliser tout en permanence. Donc, si vous avez l'occasion de vous octroyer justement ces espaces et ces temps-là pour revenir en vous et venir écouter votre cœur, moi, je sais que ça a été déterminant. dans mon avancée et je crois que cette avancée elle sera un peu... J'ai lâché l'idée de... Enfin, j'ai lâché l'idée. Là je vous parle comme si j'étais complètement éveillé n'importe quoi. Juliette, franchement, si tu écoutes ce podcast, cet épisode, tu vas te dire mais qu'est-ce qu'il raconte ? Non, non, c'est une évolution et je pense pas que j'ai lâché l'idée de... Je suis en train de lâcher l'idée que je serai complètement guéri un jour. Je pense que je suis en train de me faire à l'idée... de qui je suis, d'accepter en fait que mon mental il est beaucoup plus présent que les autres parce que j'ai pas eu une enfance facile et j'ai grandi dans un environnement qui était insécurisant donc mon mental a repris le dessus parce qu'en fait je pouvais pas accéder à mes émotions à ce moment là Et qu'en fait, du coup, j'ai développé une sensibilité, une sensibilité à ce qui m'entoure, une sensibilité à ce que je ressens, à mes symptômes, à mon corps, à mes relations. Et en fait, je suis en train de me faire de plus en plus ami avec ça parce qu'en fait, je vois aussi que cette sensibilité, comme je vous le disais un peu plus tôt, qu'elle me sert aussi énormément. Elle me permet de voir la beauté ou peut-être que les gens ne la verraient pas, être émerveillé par certaines choses, me connecter à la nature peut-être. Peut-être plus que si j'étais bloqué que dans mon mental. Et voilà. Bref, tout ça pour dire que c'est un chemin et qu'en fait, je ne veux pas apparaître dans cette vidéo de je vous fais un peu l'épisode. Vous savez, ça y est, j'ai franchi la ligne d'arrivée. Non, parce que la ligne d'arrivée, je crois qu'elle n'y est pas. On la connaît tous. Et si elle existe, ce sera peut-être la mort. Mais voilà, je crois que j'attaque aujourd'hui un chemin plus d'acceptation de ce que je ressens. de reconnexion aussi à moi, à mes rêves, à mes envies aussi profondes. Je chasse un peu moins l'avenir. C'est la première fois où j'habite dans une ville, aujourd'hui à Bruxelles, où je me dis que potentiellement, je pourrais rester plus que deux ans. Parce que je suis resté deux, trois ans à Marseille, je suis resté deux, trois ans à Sydney, je suis resté trois, quatre ans à Paris. Toujours parce que je croyais qu'il y avait mieux ailleurs et peut-être qu'aujourd'hui, j'arrive à me dire que le mieux ailleurs, ce sera le mieux en moi. Et franchement, c'est un message d'espoir que je veux donner aujourd'hui parce que je sais qu'il y a des personnes qui galèrent, ça met les larmes aux yeux parce que je sais ce que vous ressentez en vous. Il y a des jours où vous allez vous demander pourquoi vous êtes sur cette planète, quel est votre rôle dans la société, qu'est-ce que vous faites là, tout simplement. Et parfois, on veut juste s'enfuir de tout ça. Et ces idées-là de m'enfuir et que ça se termine, je les ai eues. Je les ai eues, j'ai voulu mourir à nombreuses reprises. J'ai appelé ma mère en pleurs en lui disant que c'était trop dur. Parce que moi, vivre une vie comme ça, où je suis dans la peur permanente, je n'arrivais pas. Et du coup, je sais ce que vous ressentez. Et franchement, dans ces moments-là, accrochez-vous. Parce que le jour où vous allez voir la beauté de la vie, elle va vous frapper encore plus qu'une personne peut-être qui ne serait pas passée par vos galères. parce qu'en fait aujourd'hui pour moi avant ça l'était pas mais ne serait-ce que marcher dans un parc c'est devenu ultra précieux guys je suis vraiment navré la vidéo a coupé en fait j'enregistrais je suis grave parti dans ma philosophie et en fait la caméra n'avait plus de batterie donc voilà je vais finir l'épisode à l'iPhone je crois que je te remis un peu de mes émotions c'était très très cool de parler de tout ça en gros le fin mot de l'histoire je veux juste te dire que je crois que la santé mentale c'est quelque chose qui évolue énormément, qu'on n'atteint pas forcément ce pilier de voilà incroyablement je me sens bien on aura toujours à dealer avec ce qui se passe à l'intérieur des choses parfois moins agréables mais voilà le lien à soi c'est quelque chose qui est très très très très précieux Et la vulnérabilité, je pense que c'est le plus beau cadeau que vous pouvez vous faire en premièrement vous avouant vos émotions, en avouant à vous-même ce que vous ressentez, en allant voir ce qui s'est passé aussi parfois dans le passé pour guérir tout ça, pour repenser certaines plaies et pour ensuite vivre de manière beaucoup plus légère dans le présent. Parce qu'aujourd'hui, là, je vous ai raconté mes galères et que je n'arrivais pas à sortir dans la rue, machin. Aujourd'hui, je me sens beaucoup plus libre. Comme je vous dis, je sors, je travaille. Grâce au podcast aussi, je m'émancipe beaucoup plus et je relève mes propres défis. Mais la vie est devenue en quelque sorte un terrain de jeu magnifique. Et voilà, en vrai, ça va beaucoup mieux qu'avant. Donc, je suis content de voir que la pente est ascendante. Alors oui, quand je mentalise, je me dis que j'aimerais que ça... Comment on dit ? Que ce soit beaucoup plus rapide, parce que j'aimerais parfois me sentir parfaitement bien, ne plus ressentir d'angoisse, mais c'est exactement ce que je vous disais. Je crois que ça ne marche pas de penser comme ça, parce qu'en vrai, il se passera toujours des choses en moi et je vais être toujours un peu dans ce dialogue, un peu de moi à moi, où je viens ressentir, où je vais m'encourager, où je vais parfois avoir besoin de me faire du bien, me connecter vraiment à ce dont j'ai vraiment besoin dans différentes étapes de ma vie en réalité. Et voilà, écoutez vos besoins, écoutez... Créez de l'espace pour venir écouter vos besoins, vos envies, vos rêves. Je pense que c'est ce qu'il y a de plus essentiel dans ce que j'ai raconté aujourd'hui. Mais voilà, bref, je ne veux pas plus m'étaler, je ne prends pas plus de temps. Mais n'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de tout ça en commentaire. Envoyez-moi des DM, likez les vidéos sur Spotify, sur YouTube, commentez, n'hésitez pas. C'est vraiment le seul moyen que j'ai pour faire perdurer un peu le podcast dans le temps. Merci pour votre écoute, merci pour votre patience et votre bienveillance. A très vite.
Description
Je vous dit TOUT sur ma santé mentale !
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Ok, hello à tous, bienvenue dans cet épisode de Walkie Talkie, un peu différent aujourd'hui. Déjà, je suis dans ma chambre, vous devez vous dire, on ne comprend pas le concept qui nous a bassiné avec un concept en marchant un peu inédit, etc. Et là, il se retrouve dans sa chambre. Bon, j'ai changé d'avis pour l'épisode qui me concerne, en tout cas, et seulement pour cet épisode-là. Parce que tout simplement que je n'osais pas vous faire un épisode face cam dans la rue avec ma perche et compagnie. C'était encore trop de me demander de faire ça. Bref, le regard des autres et tout, c'est encore un peu compliqué. Même parfois quand je suis avec des gens dans la rue en train de filmer, je me dis on va nous juger. Après, je passe vite à autre chose et je me remets vite dans l'interview. Mais j'ai quand même encore ces pensées-là. Donc étant tout seul, c'était pour moi. impossible de le faire dans la rue. Donc me voilà dans ma chambre à Bruxelles pour un épisode un peu spécial. En fait, vous êtes plusieurs personnes à m'avoir demandé, mais Cam, fais un épisode face Cam, en vrai, par rapport à ta santé mentale et comment tu te sens et par rapport à tes anxiétés. Parce que c'est quelque chose dont je parle assez librement sur les réseaux, mais en vrai, je crois que je l'aborde de manière assez superficielle. Ça va être parfois, je vais le mettre dans un petit texte ou dans une petite légende. Est-ce que ces textes sont vraiment lus ? Est-ce que ma parole est vraiment écoutée à ces moments-là ? Je ne sais pas. Mais en tout cas, il y a plusieurs personnes qui m'ont demandé de faire ça et je me suis dit que c'était une bonne idée d'être complètement transparent avec vous aujourd'hui. Je pense que ça va être hyper décousu parce que je n'arrive pas du tout à organiser mes pensées. C'est la première fois que je fais un facecam aussi long du moins et aussi introspectif. Donc je m'excuse par avance si jamais vous ne suivez pas mon propos. N'hésitez pas à m'envoyer des messages derrière si vous n'avez pas compris quelque chose. Mais je vais faire de mon mieux. Donc en gros, l'idée, c'est de retracer un peu ma relation avec l'anxiété de manière générale. Et en gros, comment ça est arrivé dans ma vie, comment je l'ai navigué, comment j'ai navigué avec cette anxiété tout au long de ma life. Et aussi comment je me sens aujourd'hui vraiment à 30 ans, 31 ans maintenant. je croyais que c'était un âge dans lequel on allait que tout était réglé à 30 ans quand j'étais petit, je disais toujours à ma mère j'ai hâte d'avoir 30 ans parce qu'en vrai j'ai grandi avec des rom-com où en fait les meufs à 30 ans elles sont genre trop trop bien et ça y est elles ont trouvé l'amour, elles se sentent hyper bien elles ont le boulot de leurs rêves est-ce que c'est le cas aujourd'hui ? Je crois que je m'en rapproche mais intérieurement il se passe encore beaucoup beaucoup beaucoup de choses et notamment beaucoup d'angoisse et encore beaucoup d'anxiété dans ma vie Donc je crois que c'est un peu un mythe au final d'avoir 30 ans et de se sentir parfaitement bien. Mais je crois qu'à 30 ans, en tout cas pour moi, comment je le sens aujourd'hui à 31 ans, c'est que je commence à peine le chemin de l'acceptation. Je crois que pendant 30 ans, j'ai été en lutte contre moi-même. Et là, je dirais que ça fait... Depuis que je n'ai lancé le podcast, je dirais genre peut-être 6 mois, peut-être un peu avant un an, où je me dis en fait, Cam, tu n'as pas le choix que d'accepter comment tu es. Parce que sinon, tu vas être en lutte permanente et en fait, tu vas perdre ton énergie en fait. Et tu vas perdre cette bataille. Et en fait, ça ne sert à rien d'être en bataille et juste accepte enfin qui tu es. Donc voilà, je vais vous retracer un peu comment ça s'est passé pour moi. Et voilà, j'espère en tout cas que ça intéressera des gens. En fait, cette conversation que j'ai avec vous aujourd'hui, elle part surtout d'une conversation que j'ai avec un collègue la semaine dernière au travail où elle me dit, putain mais calme-toi en fait quand tu es au taf. Je travaille dans un coffee shop, pour ceux qui ne savent pas, je suis barista. Ça fait des années que je fais ça, c'est un peu mon job confort, on va dire, et dans lequel je me sens bien. Mais du coup, je vais vous expliquer. Et qui me permet du coup de financer mon podcast et de vivre, de m'assurer une sécurité financière, on va dire. Il y a quand même des aspects de ce job que j'adore, bien évidemment. Mais en gros, bref, mon collègue me dit, toi Cam, en fait, quand tu es au taf, tu as l'air... hyper bien, tu parles à tout le monde et moi ça me donne trop envie d'être un peu comme toi, aussi confiant, etc. Et en fait, je regarde cette personne et je me dis genre mais tu n'as aucune idée de ce qui se passe en moi actuellement parce que justement, être au travail pour moi, ça représente aujourd'hui ma plus grosse source d'angoisse. C'est énormément de triggers pour moi, ma relation aux autres, ma relation à la hiérarchie, ma vulnérabilité sur mon lieu de travail. Mon perfectionnisme, ça vient toucher plein de choses en moi qui me rendent très sensible sur le travail. Mais je crois qu'en fait... L'être humain est très très très doué pour mettre ses meilleurs masques. En gros, quand j'arrive au travail, je mets le masque du cam hyper heureux, qui va parler aux clients, qui dit à tout le monde, les gars, parlez aux clients, c'est trop bien, on crée du lien, on est là, on est ensemble, etc., on est une équipe. Mais en fait, au fond, il y a des moments où je me sens très très seul et des moments où je suis en train de littéralement faire des crises d'angoisse sur mon lieu de travail et personne ne le voit en réalité. Donc ça part de cette conversation-là où je me dis en fait, Moi aujourd'hui dans cette logique-là d'acceptation un peu de qui je suis et de mes angoisses etc, j'ai besoin d'être clair en fait avec les gens qui m'entourent. Ça ne veut pas dire que je vais balancer toute ma vie à tout le monde et tous mes ressentis en permanence, mais c'est-à-dire que quand quelqu'un me regarde dans les yeux et me dit que j'ai l'air hyper confiant et hyper bien, le rôle que je veux avoir pour moi-même aujourd'hui c'est, avec toute la douceur que je peux avoir pour moi aussi, de dire à cette personne « c'est faux » . C'est faux parce que, oui, je suis confiant, etc. Oui, je suis quelqu'un qui va être assez solaire avec les gens autour de moi. Mais j'ai aussi une part d'ombre et que je me sens aujourd'hui en capacité de la révéler au monde. Non pas que je sois sur un pédestal énorme, mais qu'au moins les gens qui m'entourent au quotidien soient au clair sur ça. Et en fait, moi, ça me fait juste du bien d'être vrai, tout simplement. En gros, l'anxiété pour moi, j'ai pris des notes, mais je ne sais même pas si ça me servirait à quelque chose en vrai. Non, je crois que j'ai à peu près tout dit. Bon bref, ça va être décousu comme je vous l'ai dit. L'anxiété pour moi, c'est un concept déjà que je ne connais pas. Quand je suis jeune, quand je suis adolescent, j'ai 15 ans. Non, je n'ai pas 15 ans. Qu'est-ce que je raconte ? On est en 2015. J'arrive à Paris après mes études à Aix-en-Provence, enfin une partie de mes études, pour continuer justement mes études en communication. J'intègre une fac qui est trop trop bien, Paris Descartes et tout. Enfin, je crois qu'on était quand même beaucoup à demander cette fac et finalement j'arrive à avoir cette licence un peu cool, etc. Mon rêve à ce moment-là, c'est bosser dans les médias. Il n'y a rien d'autre. Je veux être attaché de presse, je veux faire de la télé, je veux faire de la radio, par A plus B. Et ça, je pense que ça fait vraiment partie de mes ressources. j'arrive toujours à mes fins professionnelles. Si je veux quelque chose, je l'aurai. Et ça a toujours été le cas. Alors, je ne sais pas si je suis béni des dieux ou s'il y a un ange gardien qui est là avec moi et qui m'accompagne là-dedans. Mais en tout cas, j'ai toujours eu du cul là-dedans. Et ça a toujours fonctionné. Donc, par A plus B, je me retrouve à France Télévisions pour une alternance. Donc là, c'est cool. Je vis enfin mon rêve. En plus, j'avais à l'époque mon ex. avec lequel j'avais déménagé en même temps à Paris parce que lui aussi venait du sud et on arrive tous les deux à Paris on a deux apparts différents mais voilà on commence un peu à vivre cette aventure parisienne vous savez qui nous fait un peu rêver quand on vient de province et encore plus je trouve en tant que comme gay on croit que c'est vraiment le moment où on va vraiment se révéler au monde et où on va vraiment accéder à qui l'on est à plus pouvoir à à ne plus se cacher, à ne pas dire, etc. Je crois que l'arrivée à la capitale pour une personne homosexuelle, c'est quelque chose d'assez important et d'assez émancipateur. Donc voilà, pour moi, c'était un moment ultra, ultra, ultra symbolique pour moi d'arriver là-bas. Je travaille à la télé, tout se passe bien sur le papier. Ma relation était plutôt cool, je crois, malgré certains défauts, évidemment. Mais on est jeune, on vit des choses un peu intensément, mais voilà. J'attaque à France Télé, tout se passe bien, et là je sens au fur et à mesure des semaines qu'il y a une espèce de lourdeur qui s'installe en moi, je me sens pas bien. Je sais pas, il y a un truc qui se joue, qui est pas ok en moi, et je commence un peu à être déprimé, etc. Pour ceux qui ont vu l'épisode de ma mère, que j'ai sorti en premier sur la chaîne, c'est vraiment le moment de ma vie, je crois 2015, je le redemanderai, où elle, en fait, elle a son pic de consommation de cocaïne, donc pour ceux qui l'ont pas vu, ma mère est... Une ancienne addict à la cocaïne. Et je crois qu'à ce moment-là, vraiment, je n'ai pas trop de lien avec elle. Je me débrouille un peu tout seul. Mon père, il est là sans être là. Je me rappelle que j'ai fait mon déménagement tout seul à Paris, d'ailleurs. Ma tante m'avait accompagné à l'époque pour repartir un peu à cette chasse à l'appart. Pour vous dire à quel point c'était déjà un peu... Je me sentais déjà un peu lonely, on va dire. Un peu seul. Donc voilà, je crois qu'il y a plusieurs choses qu'on jouait à ce moment-là. J'arrivais à la capitale. C'est cool, mais voilà, c'est pas ouf. Je sens la déprime qui s'installe. Je sens aussi que ma mère, ça va pas d'un côté. Donc je sens quand même qu'il y a des choses qui vont pas. Il m'est arrivé de fumer des joints à ce moment-là avec mon mec à l'époque. De temps en temps, c'est vraiment anecdotique. Je pense que j'ai fumé genre peut-être 3-4 joints avec lui les week-ends à Marseille et compagnie. parce qu'on s'est rencontrés à Marseille. Et là, arrive un week-end où je suis mi-moon et je commence du coup à fumer un joint avec lui. On est chez lui et là, je sens que ça ne va pas. Donc, typique, vous voyez où je veux en venir. Battripe de ouf, je commence à me sentir pas bien, papillotation, tête qui tourne. En fait, c'est la première fois de ma vie où je me dis, je vais mourir. Je vois la mort imminente qui est là, qui me regarde dans les yeux. Et en fait, pour la première fois de ma vie, je comprends qu'on peut mourir. Je m'en mêle les pinceaux. Il faut savoir que de ça... Non, attendez, c'est peut-être... Bref, avant ou après, du coup, on est en 2015, il y a les attentats de Paris en 2015. Donc, méga choc pour moi. Je n'habitais pas très loin en plus. Donc, tu es là, tu es clôtré chez toi. Je me rappelle, on était le soir avec mon mec chez moi. Ça, c'était avant ou après que je fume le pétard. Bref, c'est assez mélangé pour moi. Je suis vraiment désolé si ça vous perd. Mais en gros, les attentats m'ont marqué parce que je me dis, en fait, on peut être jeune, vivre sa vie. Et du coup, se faire fusiller par une bande de malades, en fait. Et pareil, donc ma relation à la mort, à ce moment-là, change. Je la vois de plus près, je la constate, je la sens autour de moi. C'est hyper anxiogène, puisque du coup, ce soir-là, je suis avec mon mec, chez moi, le soir des attentats. Et en fait, on regarde les infos et on nous dit, ne sortez pas de chez vous. Sauf que lui, en fait, décide de partir. Je crois que le lendemain, en fait, encore le lendemain, il disait... rester chez vous, éviter les sorties, etc. Moi, j'habitais vers la Fourche à Paris, donc pas très loin du stade, etc. Dans le 18e. Et en gros, lui décide de partir. Donc là, je me sens doublement seul. Il y a plein de choses qui s'emmêlent dans ma tête. Ce n'est pas un bon moment. Et là, je comprends pour la première fois que mon mec n'est pas trop là pour moi en réalité. Et que peut-être que lui, il avait ses propres choses aussi going on. À ce moment-là, je sens qu'on ne peut pas trop compter sur lui dans les moments de terreur. Alors que je crois que quand tu as 20 ans, 22 ans, tu... Ouais, j'avais 20 ans, je crois. Tu as besoin d'avoir ce soutien autour de toi, notamment dans des moments comme ça de terreur. Bref, cet événement passe me traumatise beaucoup parce qu'on en parle beaucoup. J'en parle beaucoup avec mes parents au téléphone, etc. Parce que j'avais encore quand même des contacts avec eux. À ce moment-là, pas autant qu'aujourd'hui, on n'était pas aussi proches, mais je crois qu'on s'appelait quand même de temps en temps. J'en parle beaucoup, beaucoup, beaucoup à mes amis du Sud, à Garance, à Célia. C'est des moments où, en fait, on a été très connectés et où on en parlait beaucoup aussi au téléphone. Je m'en mêle, encore une fois. Arrive le soir où je fume le pétard. Bad trip, de ouf. Je me retrouve, du coup, à appeler les pompiers parce qu'en fait, je me suis dit... Cam, tu vas mourir en fait. Donc là, il est grand temps de mourir au moins dans un endroit sain où tu vas être encadré de médecin, etc. Appelons les pompiers. Mon mec appelle les pompiers. Ils arrivent, ils voient très bien que je suis en train de faire une batterie, tout ça parce que j'ai fumé un vieux joint, enfin nul quoi. Et en gros, mon mec décide de ne pas m'accompagner à l'hôpital. Donc deuxième coup un peu de putain en fait, quand je vais mal et quand j'ai besoin, pas trop là pour moi quoi. Donc là, pareil, c'est des moments où je me suis senti très, très seul. Et pour moi, ça a été assez compliqué de gérer ma première relation à l'angoisse comme ça, parce qu'en fait, déjà que tu es terrifié par toi-même, tu n'as personne à qui parler autour de toi. Donc, je parlais aux infirmières, j'étais paniqué. Mais en gros, voilà, ils m'ont donné un anxiolytique et ils m'ont fait rentrer chez moi. C'est tout. Parce que c'est ce qu'ils voient tous les week-ends. Et encore, je pense que comparé à ce qu'ils voient avec la drogue, moi, j'étais vraiment de la gnognotte. Et en gros, je rentre chez moi, je me souviens le lendemain, ma pote Garance, qui est ma meilleure pote, arrive à Paris pour passer le week-end. Et en fait, je me souviens, on a passé un week-end où j'étais en mode... En fait, je sentais que l'angoisse pourrait revenir à tout moment parce qu'en fait, c'est quelque chose qui nous marque dans le corps. Donc le corps est tendu, je me souviens d'avoir la tête qui tourne, d'être, vous savez, un peu la tête légère en permanence. Et d'être pas bien, de me dire qu'à tout moment, je me disais qu'à tout moment, je pouvais caner. Donc en fait, il y a vraiment cette première relation de... d'angoisse qui est là, qui est omniprésente dans ma vie à ce moment-là. Et ouais, cette première relation, cette première sensation de mort, je dirais, où en fait, on comprend qu'on peut mourir et on le vit super intensivement de l'intérieur. Donc, ça en suive quelques semaines où en fait, ça ne va pas du tout. Je fais crise d'angoisse sur crise d'angoisse à Paris. J'essaye de retourner à France Télévisions, d'aller à la fac. Et je me souviens, en fait, je fais des demi-tours dans le métro. Je rentre chez moi parce que je n'arrive pas. Je me souviens un jour, je suis à la cantine de France Télévisions et en fait, pareil, tête qui tourne, pas bien, angoisse. Il faut que je sorte de ce bâtiment, donc il faut que je rentre chez moi. Du coup, je rentre chez moi. Et en fait, ça s'ensuit où je commence à vraiment plus aller au travail, à vraiment plus aller à la fac. Et là, je me souviens, j'appelle Garance et j'appelle ma cousine, je crois, à ce moment-là. Quand vous écouterez cette vidéo, je pense que vous allez vous souvenir de ces événements-là. Et en plus, Marion, je crois, ma cousine, s'était passée à Paris aussi, juste après Garance. Ça se mélange encore un peu, mais vous étiez quand même pas mal là à ce moment-là. Et je leur dis, guys, je ne peux plus rester à Paris. En fait, il faut que je rentre. Il faut que je sois près des miens dans le sud. À l'époque, ma famille et mes amis étaient à Aix. Et il faut que je rentre à Aix. Il faut que je me repose. Il faut que je prenne du temps pour moi. Donc là, j'appelle la fac. En France, c'est compliqué parce que c'est un job que j'ai vraiment voulu, où je me suis vraiment battu pour l'avoir. Et dans ma tête, symboliquement, je lâche mon rêve. Je me dis en fait, la seule chance que j'avais de devenir quelqu'un, la seule chance que j'avais de travailler dans les médias, de côtoyer des stars, En plus, je m'occupais de partenariat musique et cinéma pour France Télévisions. Donc autant vous dire que pour moi, c'était genre waouh. À ce moment-là, c'était incroyable d'aller à des oeuvres en première. C'était incroyable d'aller à des concerts. C'était ouf, Donc là, je faisais une grosse croix en fait et ma vie s'effondrait. Donc je me retrouve à Aix un peu peuneau. Ça ne va pas trop, mais du coup, je crois que... Je ne sais pas si j'ai du chômage ou quoi à ce moment-là. Mais bref, je ne me rappelle plus. Je me remets vite à travailler, je crois. Je fais quand même des petits jobs comme ça alimentaires. Je me rappelle avoir travaillé à la fac à Aix. Ça aussi, c'est un épisode de merde, mais que je ne vais pas vous raconter maintenant parce que c'est vraiment insignifiant, je crois. Et où je me dis, il y a un super coffee shop qui vient d'ouvrir. Je vois que c'est des hipsters qui le tiennent et compagnie. C'est pareil, si vous passez par là, vous vous reconnaîtrez. Et je me dis, il faut trop que je travaille là-bas. Donc, je travaille là-bas. Maison Noche, me voilà. et je commence du coup à être un peu serveur slash barista et c'est cool je crée des liens qui sont super je me fais grave pote avec toute l'équipe donc il y a vraiment ce lien social que je développe du coup et que j'avais pas forcément à Paris j'ai aussi mes potes d'avant j'ai mes nouveaux potes qui arrivent aussi dans ma vie je pense à Emma, je pense à Auré je pense aussi même à Gaïa que des moments comme ça trop trop cool en plus de là Euh... ça va tellement pas que moi je crée une relation complètement fusionnelle avec ma sœur, par A plus B on décide de s'installer ensemble donc mes angoisses je les gère comme je peux parce qu'en vrai je suis méga méga méga entouré à ce moment là et en fait je ne vis que pour être entouré, je fais que sortir je suis tout le temps en train de boire des cafés sur le cours Mirabeau c'est un peu je travaille mais voilà il y a beaucoup quand même de fun Et du coup, les crises arrivent encore et le terrain anxieux est toujours là. Mais en fait, vu que je suis méga entouré, je gère comme je peux. En vrai, ça casse les couilles à tout le monde parce que je me souviens avoir Garance, quand tu écoutes, quand tu vas rire, quand je vais raconter ça, mais je passe un nouvel an chez Garance où tout va très bien. Et d'un coup, tout le monde décide de sortir. Et moi, dans ces moments-là, je me sens hyper angoissé parce que tout le monde va sortir en boîte et que moi, je n'ai pas envie de sortir en boîte. Et que je ne peux pas, du coup, je fais une crise d'angoisse, je demande aux gens de rester avec moi. En fait, c'est horrible parce que du coup, tu embarques aussi beaucoup de gens dans ton malaise. Et en fait, tu as tellement besoin des autres à ce moment-là qu'en fait, tu ne peux pas faire autrement. Et les autres, du coup, vu que c'est tes potes, ils font l'effort de rester. Mais en vrai, c'est un peu relou. Et à ce moment-là aussi, j'attaque ma première, après avoir vu quelques psys avec lesquels ce n'était pas forcément concluant. Pareil, ça, je passe. Je découvre un psy à Aix qui est trop, trop cool. Et là, je fais une espèce de... Il n'était pas psychanalyste, il était psychologue à tendance psychanalytique, en gros. Donc, je parlais énormément. Il était très, très... Un peu taiseux, vous voyez, ce vieil homme en fin de carrière qui connaît. Donc, en fait, pour moi, ça me rassurait d'avoir quelqu'un qui connaisse vraiment son sujet et qui, en gros... pas minimise, mais me dit, il me disait que tout simplement, ça allait aller. Enfin, que j'étais entre de bonnes mains, que je me prenais en main. Et je me souviens à cette époque, les gars, je pense que ça a duré peut-être, je ne sais pas, facilement dix mois où j'allais tellement mal, quand je n'étais pas avec les gens, justement, que j'allais au psy deux fois par semaine. Et Bichette, merci, merci à ce psy parce que, franchement... C'était le début de ma carrière, même de barista, etc. Je ne gagnais pas énormément d'argent. J'avais un loyer cher à Aix. Et ça me fait penser qu'il faut que je vous parle de ma relation avec ma sœur juste après ça, que j'ai oublié de vous dire. Mais bref, trop mignon. Il me faisait grave des prix et tout. Donc, je pouvais vraiment continuer à faire ce travail. En fait, pour moi, à ce moment-là, ce n'était même pas un travail thérapeutique. C'était vraiment un... Si je n'allais pas deux fois chez le psy dans la semaine, ça n'allait pas. Et je n'arrivais pas à marcher dans la rue, je n'arrivais pas à rester seul. Je faisais des crises d'angoisse dans la rue où j'appelais ma sœur en mode « Ambre, tu dois venir me chercher, je suis dans cette rue, mes jambes me lâchent et tu dois venir avec moi pour m'aider à marcher. » Et je me souviens même de chez moi à chez le psy, il y avait peut-être 25 minutes de marche, mais hyper chill. Ceux qui connaissent Aix-en-Provence, on n'est pas non plus dans une ville qui est hyper insécurisante, on va dire, mais comme quoi on peut être dans le plus privilégié des environnements, mais quand même sentir des grandes, grandes, grandes insécurités et une peur immense au moindre pas dans la rue. Donc je continue ça, c'est vraiment ma bouée de sauvetage à ce moment-là, cette thérapie-là. Je comprends quand même certaines choses, ça me fait du bien, j'arrive de meuse en meuse. Et ce psy me dit... Vous savez, des fois, il y a des phrases que des gens vous disent à des moments de votre vie et qui vous marquent. Alors moi, elle m'a marqué. Elle est pourtant si simple, mais elle me dit, il me dit quand tu sors dans la rue, même si tu vas très, très, très mal, tu ne sais pas sur quelle surprise tu vas tomber. En gros, ça me sert encore aujourd'hui quand j'ai des moments de down et très dark où je me dis tu dois sortir dans la rue parce que je dois aller au taf, je dois aller faire des courses, etc. Tu ne sais pas ce qui va t'arriver. Et souvent, c'est des journées merveilleuses parce que je suis parti vraiment les pieds de plomb dans mon quotidien. Mais en fait, je me laisse surprendre par ce qui va se passer. Et je repense toujours à ce psy qui, du coup, m'a mis cette graine dans mon esprit de quand tu sors de chez toi, il peut se passer des choses qui sont très, très, très belles à n'importe quel coin de rue. Et du coup, ouvrir la possibilité de se laisser surprendre même dans des moments de dark, ça a été vraiment un déclic pour moi à ce moment-là. Peut-être pas sur le moment en direct parce que j'étais toujours en galère, mais quelque chose que j'ai entretenu au fur et à mesure des années et qui aujourd'hui représente vraiment une aide précieuse au quotidien. Bref, à ce moment-là, je suis hyper fusionnel avec ma sœur. C'est-à-dire qu'on vit dans le même appart, on a deux chambres, je dors avec elle. Parce que je suis terrifié de dormir seul. Je me souviens, on pose l'ordinateur entre nous, elle était du côté droit, moi du côté gauche, on pose l'ordinateur entre nous tous les soirs et on s'endort. Et en fait, ça prouve à quel point à ce moment-là, ma sœur et moi, on était démunis. Mon père n'était pas forcément là, il travaillait. Ma mère était complètement... Je pense, encore une fois, c'était vraiment... Je crois que l'addiction de ma mère, elle a duré vraiment dix ans. Et là, on est vraiment dans les grosses années où ma mère, ça ne va pas du tout, Je crois qu'elle n'avait même pas encore fait ses premières RIAB et compagnie. Ou alors, c'était juste les premières, mais elle est dans le dur, quoi. Donc, en fait, on ne peut compter sur personne. Et à ce moment-là, mon noyau amical plus ma sœur, ça représente vraiment mes piliers. Et en fait, cette thérapie aussi, en parallèle, m'a permis aussi de tout remettre en place, de voir que ma sœur n'était que ma sœur et ce n'est pas ma mère. C'est plein de transferts que j'ai fait dans ma tête à ce moment-là, mais en fait, avec ma sœur, on n'a pas eu le choix que de se fusionner et d'être ensemble, de vivre ensemble, de tout vivre ensemble, d'avoir les mêmes potes, de travailler aux mêmes endroits parce qu'on a travaillé aussi dans le même coffee shop. En fait, on n'avait pas le choix parce qu'on a dû. On était tellement déséquilibrés par tout ça qu'on a regardé autour de nous. Elle était là, j'étais là. Et en fait, on va se soutenir et on va avancer ensemble. Donc, je crois que je ne remercierai jamais. Je vais chialer. Je ne remercierai jamais ma sœur de tout ça que si jamais elle n'avait pas été là dans ma vie à ce moment-là. Je ne sais pas. Je ne sais pas ce que j'aurais fait. Ça aurait été... chaque jour que Dieu fait, je remercie d'avoir une sœur. Franchement, c'est incroyable d'être né dans cette famille-là, mais avec cette sœur-là, c'était essentiel. Et même aujourd'hui, que tout va tellement mieux dans ma vie et dans ma relation avec mes parents, et que ma mère va mieux, qu'on a des bonnes relations avec mon père, etc. Le fait aussi de vivre des moments de bonheur avec ma sœur aujourd'hui, je me dis, putain, on n'a pas que traversé des merdes. On arrive aussi à être heureux ensemble. Et moi, la voix heureuse aujourd'hui qui voyage, qui est avec son mec et tout, c'est une partie de moi qui est heureux aussi. C'est trop cool. Bref, je ne pensais pas que ça me fasse autant d'émotions. Vous voyez, je n'ai pas la larme facile non plus. Je ne vais pas m'être à chialer devant vous non plus. Mais bon, bref. Donc, voilà les années à Aix. Je gère mes anxiétés comme je peux, avec les soutiens que je peux, mais c'est encore très, très dur. Les crises d'angoisse sont omniprésentes et quand elles sont là, ça va. Il y a une crise qui a été déterminante aussi et vous allez comprendre par la suite. En gros, je pense que je suis à un stade d'anxiété qui est genre ultime. Je pense anxiété, je mange anxiété, j'ai peur de... de faire une crise à chaque moment de ma vie, même sur mon lieu de travail, partout. Et j'en fais régulièrement avec mes potes, comme je vous le disais. Et en gros, un jour, je suis au taf, je suis derrière le comptoir, je prends une commande, et là, il y a un truc qui se passe en moi. Je sors de mon corps. Vous allez peut-être penser que je suis fou, je ne sais pas si vous avez peut-être vécu une expérience similaire, mais je me vois. C'est comme si, du coup, vous prenez vos yeux, et vous les mettez là-haut, et vous vous voyez, en fait, au-dessus. Vous voyez la scène de votre vie qui se déroule. Donc, je me vois moi. Je vois la personne qui me parle en face de moi à laquelle je suis en train de prendre une commande. Et en fait, je déréalise. Donc, on appelle ça la déréalisation. Je l'ai su après. Parce que du coup, je retourne quand même chez la psy. Je me dis, mais what the fuck ? What is happening ? Et c'est terrifiant. Parce qu'en fait, on n'est plus dans son corps. On n'a plus les sensations. Et moi, en plus, qui ai tellement peur d'être dans mon corps. C'était une période, je pense... On a tellement peur qu'il nous arrive quelque chose aussi. J'avais tellement peur d'avoir la tête qui tourne. J'avais tellement peur que mon corps me lâche, de mourir, que mes jambes me lâchent. En fait, quelque part, on est aussi dans son corps. On est dans sa tête, mais les symptômes corporels nous tiennent. C'est très bizarre. Et en gros, je me vois. Donc là, flip total. Je me souviens, je vais dehors, j'appelle le psy. Je dis que ça ne va pas. J'arrive par A plus B à me... Calmer. Mais première crise de déréalisation. La déréalisation, je l'ai noté, c'est un trouble dissociatif. C'est avoir une impression que le monde est irréel, d'être en dehors de son corps. En dehors de son corps, c'est plus attrait à la dépersonnalisation, mais c'est deux symptômes qui sont liés. En gros, c'est avoir cette impression un peu vaporeuse en permanence de « je suis là, mais je ne suis pas là » . Ce n'est pas un délire, ce n'est pas une psychose. Sinon, je ne serais certainement pas là en train de vous parler et je pense que ça aurait mal terminé. Parce qu'en fait, on sait que ce qu'on vit est réel. On le sait qu'on est dans la réalité. Mais on a ce sentiment énorme de, je ne sais pas, de s'éda vapeur autour de nous. Le lien à l'autre n'est plus pareil. Le lien à soi n'est plus pareil. On se sent en dehors, on se sent à côté de ses pompes. Et je pense que ça vient vraiment de là, l'expression, on n'est vraiment pas là, quoi. On est là, mais pas là. On croit que le monde est irréel. On se regarde dans le miroir. Parfois, on ne se reconnaît pas. En fait, on sait que c'est soi, mais on ne se remet pas. Je ne sais pas si vous n'avez jamais senti cette sensation. Je ne vous le souhaite pas. C'est un truc que j'ai du mal à décrire parce que c'est vraiment très sensationnel. Ça se sent et ça se vit vraiment de l'intérieur. Bref, donc là... panique totale, je google tout, j'appelle le psy, bref je me calme et voilà, il faut savoir qu'à ce moment là le yoga arrive dans ma vie donc ça c'est ce qui va me tenir aussi parfois à revenir dans mon corps en fait ma boss avec qui je travaillais, Julie, si tu passes par là je fais tellement de dédicaces dans ce truc c'est ridicule genre je suis plein de big up et tout c'est terrible Julie me dit, ma boss du coup chez Maison Noche à Aix me dit viens on va faire du yoga un soir quoi. Moi, c'était le premier cours de... En réalité, ce n'était pas mon premier, parce que mon premier cours de yoga, je l'ai fait quand j'avais 7 ans, quand j'habitais dans mon petit village. On s'en va écouer. Mais je reprends du coup le yoga avec Julie. Et en fait, pour la première fois, je me dis, putain, en fait, je peux être dans mon corps. Et mes pensées, mon flot de pensées peut se calmer. Donc, je me dis, ah, c'est cool. On va peut-être explorer cette voie. Donc, j'y retourne, pas forcément assidûment, mais je vois que le yoga me fait du bien. J'y retourne de temps en temps et je vois que c'est peut-être une voie que je vais explorer par la suite parce qu'en fait, à the end of the day, je ne fais pas de sport, je ne médite pas à ce moment-là ou très peu. Les seules choses qui me font du bien et qui arrêtent mon cerveau, c'est le psy et le yoga. Donc je me dis, je vais peut-être continuer à explorer ces voies-là. Je n'ai jamais été quelqu'un de très régulier dans mes pratiques ou qui va tous les matins méditer, tous les matins aller au sport, machin. Donc là, ce n'est pas ce que j'ai fait non plus, j'y suis allé. quand j'en avais envie, quand j'en ressentais le besoin. Mais c'était toujours des moments qui me ramenaient du coup à la réalité et en moi et qui me ramenaient à quelque chose d'aussi peut-être plus calme en moi où mes pensées s'apaisaient. mes pensées s'apaisaient, où je n'avais plus trop peur de mon corps, parce que je voyais qu'il pouvait faire des choses, et aussi dans la douceur et pas dans la force. Et bref, ça a été une très très belle rencontre, ce yoga-là, et qui du coup va faire partie ensuite de mon quotidien et de ma vie aussi à un certain moment, ça je deviendrai après. Anyway, je rencontre un mec à ce moment-là, je crois qu'il déménage à Paris, ou je ne sais plus s'il habite à Paris, non, je dis... Il habitait déjà à Paris à ce moment-là, mais je le rencontre quand il habitait encore à Aix. Je me retrouve à déménager de Aix pour retourner à Paris, le rejoindre et refaire ma carrière. Quelque chose que j'avais laissé il y a quelques années. Là, on se trouve en 2017, donc quasiment deux, trois ans après que je sois rentré dans le Sud, après mes premières crises d'angoisse chez France Télévisions. Je me sens enfin prêt. à retourner à la capitale, à revivre mes rêves, à redevenir attaché de presse, et on y va, on y croit. J'ai été faux sur toute la ligne. Je me retrouve à Paris, j'habite six mois chez lui, je me trouve un job alimentaire, je bosse au bon marché à Paris, une horreur. Franchement, je ne souhaite à personne d'être vendeur sur un floor. C'est terrible, On nous oblige à rester droit, à faire genre, on travaille, c'est du présentéisme, c'est une horreur. On ne peut pas s'asseoir. Je me souviens, en fait, on ne pouvait pas rester debout. En fait, on devait toujours faire quelque chose. Donc, tu prends ta chamoisine. Je travaillais chez Jimmy Fairley à l'époque. Les lunettes. Tu nettoies un peu les lunettes. Tu tournes en rond. Tu ne peux pas rester statique parce que ça marque mal. Et là, je me dis, mais où je suis ? Je reste trois mois dans ce truc et je me dis, allez, ciao. Et de là, je décide de retourner dans un coffee shop parce qu'à Diana Today, c'est ce que je sais faire. C'est ce que j'ai fait pendant... 2-3 ans à Aix donc let's go back to the coffee shop là encore une fois je m'entoure de personnes exceptionnelles, je fais des rencontres de ouf vie sociale méga remplie, donc je recommence un peu le même schéma de Aix ça va pas trop je fais encore des crises d'angoisse peut-être un peu moins je crois parce que je crois que je vis aussi une vie qui me ressemble un peu plus je suis à Paris, je suis dans une ville que je kiffe plus dans lequel je suis aussi peut-être plus nourri par mon environnement. Donc forcément, les crises ne sont peut-être pas les mêmes. Mais il y a encore énormément de triggers, notamment sur mon lieu de travail, où je me rappelle d'une fois, Margot... Je suis obligé d'intégrer des gens dans cette vidéo, c'est terrible. Margot, tu comprendras cette histoire quand tu l'écouteras. Mais je me rappelle une fois où je me prends la tête avec mon boss, et rien, franchement, c'était rien. Et en fait, ça trigger tellement de trucs en moi, où je fais une crise d'angoisse dans la rue, je rentre chez moi, j'ai la tête qui... tourne, me sens pas bien. Et Margot s'occupe de moi, vient à mon chevet et me sauve de cette situation. Vous voyez à quel point à ce moment-là, je suis dépendant des gens. Et en fait, me calmer tout seul, ça n'existe pas. C'est-à-dire que les autres sont ma source, les autres sont ma nourriture dans ces moments-là où ça ne va pas en fait. Donc les ressources personnelles et la stabilité personnelle, je ne l'ai pas. Je crois l'avoir parce que je suis dans une espèce de quotidien qui est hyper rythmé, où je descends tous les 15 jours, tous les 3 semaines à peu près à Aix, c'est cool, je suis dans une vie un peu trop trop bien, où j'ai plein de potes à Paris, on fait quand même pas mal d'activités, et je travaille beaucoup, je travaille quand même 40 heures dans ce coffee shop où en fait je suis à plein temps, mais tout va bien quoi, je suis toujours ultra nourri par ce qui se passe autour de moi, mais en fait au fond de moi... Il n'y a rien qui se passe et c'est toujours aussi sensible. Jusqu'au moment, là, je continue encore le yoga à Paris. Pareil, en vrai, je continue, mais je ne suis pas tous les jours au yoga. Je le fais un peu chez moi, je m'y intéresse un peu plus. Je vais lire aussi beaucoup de choses à ce moment-là sur la Yurveda. Et je crois... Je ne pratique pas énormément, mais je crois que le yoga va me sauver. Pour moi, c'est comme si tu as un esprit comme ça, aussi anxieux, et tu es un être aussi anxieux, tu vas faire du yoga, et seulement du yoga, et tu vas aller mieux. Tant que tu ne te mettras pas à 100% dans le yoga, ça n'ira pas. Donc je commence à pratiquer plus, etc. Je fais la rencontre de Stéphanie. Stéphanie. C'est une copine de coffee shop que j'ai rencontrée, une copine barista, dans le café où je travaillais à Paris, qui part faire une formation de yoga en Inde. Là, je me dis déjà, what the fuck ? Déjà, moi, je croyais que les profs de yoga, à ce moment-là, c'était que des gens qui avaient fait des super longues études, qui avaient passé des mois et des mois en Inde pour se former, et que c'était un peu un espèce de parcours de vie, un parcours un peu initiatique dans lequel tu te retrouves et où tu vas faire beaucoup de recherches assez philosophiques, etc. Peut-être un peu moins physiques que ce que je pensais à ce moment-là. et en gros tu deviens prof de yoga mais cette fille me dit moi je pars en Inde, je vais faire un 200 heures donc en gros pour devenir prof de yoga aujourd'hui c'est pas légiféré, c'est d'ailleurs un sujet sur lequel j'ai beaucoup d'avis, mais je vais pas vous les partager aujourd'hui, on va pas s'égarer mais en gros tu fais 200 heures de formation et tu peux devenir prof de yoga, ces 200 heures tu peux les choisir de les faire partout, ça peut être en Europe aux Etats-Unis, à Bali, en Inde, enfin bref Elle, elle parlait faire en Inde, donc je me dis, incroyable, cette fille le fait. Je la vois, elle revient, elle me donne aussi des cours, donc je me dis, putain, trop cool, elle a appris plein de choses. Et ça a l'air d'avoir eu un impact assez significatif sur elle parce que je vois qu'elle n'est plus barista, elle se lance à son compte, elle est peut-être un peu plus libre aussi, quelque part. Ça, ce serait à elle de nous le dire, mais je sens que ça lui fait du bien et qu'aussi en elle, ça a changé quelque chose parce qu'elle a été nourrie de 200 heures de formation. un mois passé en Inde où on parle H24 de yoga. Et du coup, les mois, quelques mois se suivent et je me dis mais en fait, c'est ce que je vais faire. Je vais aller en Inde, je vais me former au yoga, ça va changer profondément qui je suis. Je vais revenir vraiment à quelque chose d'ultra sain en moi et d'ultra bien. Je vais me mettre à méditer. Je vais venir un peu à cette esthète yoga que j'imagine dans ma tête. Et ça va changer ma life en fait. Et je vais dire au revoir à mon anxiété. Parce qu'il faut savoir qu'à ce moment-là, depuis 2015 jusqu'à ce moment-là, et là on se trouve en 2019-2020, j'ai un but dans ma vie, c'est éradiquer mon angoisse de moi. Je la déteste. Je déteste ça, je lis des livres de développement personnel H24, je continue à aller chez le psy mais je suis en bataille. C'est-à-dire qu'on peut faire, en fait je crois que le pouvoir de l'intention à ce moment-là, il est significatif. On peut faire tout, plein de choses qui nous font du bien, aller au yoga, faire une thérapie, lire des livres de développement personnel. si l'intention derrière n'est pas J'ai envie de dire pur, mais c'est pas ce que je veux dire, mais vous comprendrez parce que j'aime pas trop ce truc de pureté, mais vous comprenez. Si l'intention n'est pas pure, en fait, on peut continuer, mais être dans la force. Et moi, c'est ce que j'étais à ce moment-là, j'étais dans la force. J'allais chez le psy pour me sauver, j'étais en apnée en permanence, et je voulais éradiquer, je détestais cette partie de moi. Ça n'a pas fonctionné, je vais en Inde, je passe un mois de ouf, c'était vraiment incroyable, et puis... Il y a quand même des progrès dans ma vie. Je n'arrivais pas à marcher dans la rue. Je me retrouve quand même dans un avion tout seul à partir en Inde. C'est quand même un gros step. Donc, il y a quand même aussi des grandes phases d'amélioration dans ce que je fais aussi dans mon quotidien. Je me surpasse quand même. Je pars quand même à des milliers de kilomètres de chez moi, dans une culture que je ne connais pas, avec des gens que je ne connais pas, tout seul. Même si Stéphanie m'avait conseillé. J'ai fait la même école qu'elle en Inde. Donc, elle m'avait quand même énormément rassuré avant. Et merci, merci. Mais voilà, c'est quand même un big step. Mais au fond, j'étais là-bas pour changer et déterminer à changer et me dire que quand je vais rentrer, ce sera un nouveau cam avec des nouvelles aspirations, etc. L'impact, il a été considérable sur moi, évidemment. J'ai voyagé, je me suis surpassé, etc. Comme je vous dis. Mais je voyais que c'est pas... J'étais encore anxieux. Évidemment qu'on va pas... On ne va pas supprimer des années d'insécurité personnelle en un mois en Inde. Sinon, on partirait tous et franchement, moi, je repars demain. Enfin, c'est cool. Mais voilà, je pense que c'est la première fois de ma vie que je comprends aussi que la baguette magique n'existe pas et qu'il faut que je lâche en fait cette idée de baguette magique, que je vais rencontrer une pratique ou rencontrer une personne qui va changer ma vie. Parce qu'à ce moment-là, il y a aussi d'autres croyances qui sont là. Médicien. Mais quand tu rencontreras le bon psy, ça va tout changer. On va tout éradiquer. Quand tu rencontreras le bon mec aussi, quand tu vas tomber sur l'amour de ta vie, tu seras plus anxieux. Quand tu habiteras dans la ville qui te fait rêver, qui te fait vraiment rêver, tu seras plus anxieux. Donc je suis toujours un peu dans cette recherche extérieure de solutions. Comme quoi on peut attaquer un travail introspectif en soi, parce qu'aller en Inde c'est assez introspectif, parce qu'on médite énormément, on a énormément de cours de philo, etc. Mais encore être tourné à 100% vers l'extérieur. C'est pour vous prouver à quel point on peut... Pour vraiment atteindre l'intérieur de soi, je pense que c'est long. C'est long. Et je vous parle de ça. Du coup, je vais en Inde, moi, fin 2019, début 2020. Ouais, c'est ça, fin 2019. Donc, il y a eu du chemin depuis et avant ça. C'est très court, mais c'est très long aussi en même temps. Je rentre d'Inde. En fait, je vous raconte ma life, mais autant vous en doutez, mais c'est grave. Là, je suis en mode autobiographie, en fait. Bref, ça intéressera qui, ça intéressera, mais je me dis que ça va peut-être vous faire du bien aussi. Peut-être que vous allez à un moment vous dire « Mais moi aussi, j'ai ressenti ça. » Et c'est cool parce que vous voyez que quand on voit que quelqu'un ressent les mêmes choses que nous, ça nous rassure aussi à certains moments de nos vies. Et des fois, on a juste besoin de ça, de voir qu'on n'est pas tout seul dans ce qu'on ressent et qu'en fait, vous n'êtes pas fou. Si vous êtes anxieux, vous n'êtes pas fou. Il faut savoir qu'à ce moment-là, les crises sont encore là. Je ne fais pas de crise d'angoisse en Inde, mais je me souviens, si je fais une crise d'angoisse sur le retour, j'arrive à Delhi, je crois, et je suis dans l'aéroport et je sais qu'il faut rentrer en Europe. Donc forcément, là j'étais dans ma bulle, je sais qu'en fait ça va éclater. Ma bulle, elle éclate à l'aéroport et je me dis ça ne va pas aller, je vais rentrer à Aix, comment je vais faire ? Et mes angoisses reviennent. J'avais un plan numéro 2, vous vous doutez bien. Vu que je suis toujours dans une recherche à ce moment-là de... Ça va aller parce que, ultra conditionnel, parce que je vais rencontrer cette personne, vivre ce voyage ou quoi. J'avais déjà prévu mon plan. Moi, je rentrais à Aix. J'avais déjà prévu l'été précédent avec ma sœur, l'ex de ma sœur et ma copine Victoire, de partir en Australie. Donc en fait, je vais partir en Australie. Ça va me changer. Ça va tout régler. Évidemment que non. Vous vous doutez bien. J'arrive en Australie en janvier 2020. Premier janvier 2020, je me rappelle. Nous voilà tous les quatre. Moi, je leur avais dit, je reste là six mois max. Ce n'est pas mon délire. Je ne vais pas faire les farmworks et compagnie, les visas de deux ans. Moi, j'y vais. Je vis ma best life à Sydney. Limite, je ne voyage pas et c'est très bien. Je rencontre l'amour de ma vie et je le ramène en Europe. MDR. Le Covid arrive, tout le monde décide de repartir. Je vous la fais très courte, mais tout le monde, mes potes, décident de repartir en France. Donc ma sœur, l'ex de ma sœur et Victoire décident de repartir en France. Et moi, je me retrouve en Australie. Pourquoi je reste en Australie ? Parce que je crois à ce moment-là que j'ai rencontré l'amour de ma vie, Joseph. Et en fait, je ne peux pas le laisser parce qu'à ce moment-là, je suis ultra dépendant de lui. Donc j'ai remis mon viseur sur quelqu'un, sur encore une fois l'extérieur. En fait, je crois qu'avoir une relation parfaite avec lui, c'est ce qui va me sauver à ce moment-là. Sauf que c'est une relation qui n'est pas du tout égale, dans laquelle je suis hyper anxieux, lui est hyper évitant. Et en fait, je suis peut-être moins angoissé de mes angoisses et de la peur de mourir, mais je suis angoissé par lui. Est-ce qu'il va sortir ? Est-ce qu'il va me tromper ? Je suis hyper jaloux, je suis dans des délires. Tout ça, c'est ma version à moi. La version que je mettais sur Instagram à ce moment-là, c'était Cam V. Dream in Australia et j'ai voyagé, j'ai fait plein de trucs et bien sûr qu'il y a eu du bon, là je vous dépeins un peu le négatif aussi pour vous montrer la vérité mais il y a eu des très bons moments mais à ces moments là de ma vie avec Joseph en Australie ouais je suis pas au max mais en vrai il me cause tellement d'anxiété qu'en fait mes anxiétés elles sont à 100% sur lui et voilà tac Je crois qu'à ce moment-là, ça s'arrête avec Joseph. Je décide de rester en Australie. Donc là, big step encore une fois parce que je perds mon pilier australien. Mais je décide de rester. Pourquoi je décide de rester ? Parce que je me suis fait grave des potes. Emma, si tu passes par là, you won't understand what I'm saying, but I love you. Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire. je reste en Australie parce que j'ai grave des potes je travaille dans un coffee shop qui est trop cool je me sens trop bien je me sens libre Mais voilà, encore une fois, je vais encore chez le psy à ce moment-là, et notamment vers la fin de mon voyage en Australie, parce que je sens que ça ne va toujours pas. Vous savez, quand vous avez tout pour être heureux, mais vous savez qu'à l'intérieur, ça ne va pas. Parce que je vois que je commence à avoir peur de plus de choses, je vois que certaines peurs reviennent, que j'ai aussi certains symptômes qui reviennent. J'ai un peu plus peur de mourir, j'ai un peu plus la tête qui tourne. Je déréalise aussi à certains moments. Mais voilà, ce n'est pas ouf. Du coup, je décide de rentrer en France parce que je voulais être plus proche de ma famille. Et me voilà rentré à Marseille. Je ne sais pas si j'oublie quelque chose. Non, je ne crois pas. J'arrive à Marseille et je me dis, calme, mais encore une fois, comme quoi je me trompe à chaque fois. N'ayez pas des certitudes par rapport à votre vie parce que vous allez vous apercevoir que vous êtes votre propre joke en fait. Parce que moi, toutes les certitudes que j'ai et qui me rassurent en me disant, mais moi je ne fais pas ça et moi je fais ci, moi je fais ça, à la fin, je ne fais jamais ce qui est prévu. Donc si j'ai un conseil à donner, peut-être que vous vous en foutez de mes conseils, mais vous ne croyez pas. En fait, quand vous avez des certitudes, lâchez-les parce qu'en fait, la vie après fait... tellement son travail et vous prouve tellement le contraire parfois. J'arrive à Marseille en mode « Guys, moi je reste deux mois, je repars vivre à Amsterdam, à Copenhague, à Barcelone, je ne sais pas. » Mais moi, la France, très peu pour moi. Vous avez un peu cette pensée. Quand on commence à voyager, on croit qu'on est mieux que les autres. En fait, moi, I'm better than this. Marseille, ce n'est pas pour moi. En plus, c'est commencé à être un peu à la mode à ce moment-là. Là, on est en 2022. Je suis resté deux ans en Australie. 2022, 2020... 2023. Je ne suis que de passage. Mais finalement, par A plus B, je me retrouve à enseigner le yoga parce que je remplace une copine et que du coup, le cours devient mien parce que la fille en question part. Et du coup, je commence à développer mon business de yoga à Marseille. Encore une fois, tout va bien. Le yoga fonctionne. J'ai mon side job, c'est-à-dire que je bosse dans un coffee shop qui est super à ce moment-là. La tisserie, et c'est trop cool. parce qu'en vrai j'ai tout pour être heureux j'ai de l'argent mes cours sont remplis je commence à bien connecter avec les gens autour de moi j'ai mes potes, mes anciens potes, des nouveaux potes mais encore une fois je sens qu'au fond de moi ça va pas mais je continue du coup à aller voir la psy parce que c'est exactement ce que je faisais à ce moment là quand ça va pas tu vas chez la psy et en fait être toujours je croyais que c'était par rapport au yoga que j'allais pas bien parce que peut-être que je travaillais trop peut-être que si, peut-être que là, peut-être que parce que j'avais pas encore rencontré un mec et je me sens seul et blablabla, on se trouve toujours des trucs mais je me fous encore méga la pression par rapport à ma carrière à ce moment-là j'ai décidé que le yoga à ce moment-là c'était ma vie sachant que il faut savoir une vérité sur moi j'ai toujours dit, surtout aux gens qui m'entourent peut-être pas de manière publique on va dire mais que le yoga c'était pas ma passion et je comprenais pas, je me disais toujours tu fais un job qui te plaît, mais ce n'est pas ta passion. Et du coup, j'ai toujours eu ce truc avec le yoga où ça fonctionne et je crois que je suis un bon prof, mais en vrai, je crois que ça ne m'animait pas tant que ça. Mais je le faisais pour une raison. Enfin, pour d'autres raisons aussi, mais je sais que je faisais du bien aux gens et qu'en fait, moi, recevoir un message après mes cours en mode calme, je n'allais pas bien. Et en fait, en cours, ça m'a fait me sentir bien. La mission, elle était réussie et ça m'a apporté un truc, mais je n'étais pas à ce niveau-là de ressenti. J'étais juste dans le... Je ne pouvais pas accéder à ça en moi à ce moment-là, la reconnaissance, la joie de faire du bien, etc. Ce n'est pas une partie de mon être que j'avais encore découvert. À ce moment-là, c'était « Cam, tu as raté ton cours, ta playlist, elle était à chier, de toute façon, tu n'es pas créatif dans tes séquences de yoga, les gens s'emmerdent, tu es un imposteur, tu ne connais pas assez bien le corps et l'anatomie, tu ne connais pas assez bien la philosophie, etc. » J'avais toujours quelque chose à dire. Et en fait, si... Les gens ne me disaient rien à la fin de mon cours. J'étais toujours déçu parce que je me disais « ça ne leur a pas plu » . J'étais en permanence dans le stress. Je me souviens de quelques cours que j'ai selon moi réussi. Je me suis senti bien, mais c'est vraiment anecdotique. J'étais tout le temps en train de me flageller. Mais du coup, tout autant que je me flagellais, je continuais à prendre des classes. C'est-à-dire que je rajoutais des classes sur mon planning. Ça fonctionnait bien. Il y avait plein de studios. C'était avant l'ère Pilates. Maintenant, c'est Pilates, Réformer et compagnie. Mais à ce moment-là, yoga, il y a 2-3 ans. C'était incroyable. Je crois qu'en ce moment, les gens tournent un peu leur dos au yoga. Mais peut-être qu'on reviendra, je ne sais pas. Donc ouais, ça fonctionne pour moi, mais je sens qu'à ce moment-là, je suis un peu en train de m'épuiser en fait, parce que je suis en permanence dans le jugement de moi et je n'ai aucun amour pour moi à ce moment-là. Et je vis juste à travers ma carrière en mode « tu vas réussir, tu vas devenir un peu pro dans ton domaine » . Et du coup, tu vas faire des trucs qui brillent et que les gens voient et qu'il va y avoir encore plus de gens à ta classe, etc. Mais du coup, je perds un peu l'essence de tout ça. Et ça, c'est trop cool d'avoir de l'ambition. Attention, je ne suis pas en train de cracher sur les gens qui ont de l'ambition. Mais moi, je n'étais pas connecté à un truc cool en moi parce que j'étais toujours en train de me pousser, pousser, pousser, toujours pour être le meilleur, toujours pour faire mieux que les autres. Et enfin, fatigant. Et tout ça, c'est quelque chose que je ne racontais pas à ce moment-là sur les réseaux. L'extérieur voit juste que je réussis et que je suis bienveillant et que je suis quelqu'un de cool, etc. Et de sympa avec les autres parce que je rencontre beaucoup de profs et je suis très aussi beaucoup. Je questionne beaucoup les gens autour de moi. Comment ils se sentent ? Je me souviens, j'organise même parfois des workshops entre profs pour savoir un peu comment on peut évoluer ensemble pour être mieux dans nos enseignements, etc. Sauf que moi, en fait, je fais tout le contraire dans ma life. Mais il y a quand même une partie de moi qui veut être beaucoup plus bienveillante. Les signaux de détresse, d'angoisse reviennent en moi en juin 2024. Ouais, c'est ça. Entre temps, j'ai rencontré Thomas, etc. Donc c'est cool parce que je fais quand même beaucoup d'allers-retours à Bruxelles et je m'aperçois que peut-être que j'ai envie de bouger ailleurs. Mais du coup, ça crée quand même beaucoup de questionnements en moi. Mais cette partie-là de ma vie devient de plus en plus douce aussi. Je m'aperçois qu'avec lui, je peux juste être moi aussi à certains moments. Ne plus être le prof de yoga, ne plus être la personne qui veut réussir ou qui veut se montrer sexy sur les réseaux. Juste moi et lui, en fait, il a décidé de m'aimer tel quel. Et je ne vais pas replorer une deuxième fois, mais juste pour vous dire qu'à ce moment-là, l'avoir dans ma vie, ça m'a juste prouvé que je pouvais... C'était ma première porte d'entrée à... Je peux juste... être quelqu'un. Je n'ai pas besoin d'être tout le temps dans le faire et tout le temps dans le je vais devenir, donc tu vas m'aimer. Lui m'a pris tel quel à ce moment-là avec mes angoisses, etc. Sachant que tous les mecs que j'ai rencontrés avant Thomas, je redoutais à chaque fois le moment où j'allais leur expliquer mes angoisses. Donc, j'étais en bataille avec moi en mode, tu ne diras pas à cette personne que tu es anxieux et elle ne le verra pas. C'est-à-dire que j'ai passé parfois six mois avec une personne, enfin plus, mais pendant six mois, je ne disais pas que j'étais anxieux. Donc je vivais tout dans le silence. Et c'était horrible parce que c'était une partie de moi que je n'avais pas envie de révéler. Thomas, je me souviens, dès les premières semaines, je lui ai dit, écoute, moi, je suis un peu sensible. Et c'était cool pour la première fois de pouvoir être aimé par quelqu'un qui ne va pas juger cette partie-là de nous. Moi, l'image que j'ai de Thomas quand ça ne va pas, c'est juste ses bras ouverts. En mode, ça ne va pas, viens. Tes angoisses, elles sont là. Elles font partie de qui tu es aujourd'hui. Mais moi, je t'aime au-delà de tout ça et avec ça. Pour la première fois dans la vie, je m'aperçois qu'en fait, je peux être aimé. Ça, c'est cool. Aimer tel que je suis avec mes zones d'ombre aussi. Bon, bref. Je ne vais pas vous romantiser ma vie, mais voilà, c'est une parenthèse que je voulais aussi faire. Et donc voilà, les premiers signaux en fait que ça ne va pas, parce que ça fait deux ans que je travaille et que je ne pense que yoga, je mange yoga, je chie yoga, je suis en mode yoga, yoga, yoga, yoga, tout le temps. Et donc là, je commence à être en cours au mois de juin et je sens qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Je sens que le corps est en train de dire des choses bizarres. Je suis tendu. Moi, mon symptôme favori, c'est la tête qui tourne. Si j'ai la tête qui tourne, c'est qu'à l'intérieur, ça ne va pas. Ou que je ne suis pas sur le bon chemin. Ou qu'il y a un truc qui est bloqué en moi. Ou un besoin qui n'est pas écouté. Ou que mon enfant intérieur est en PLS. À ce moment-là... Je suis en cours cette semaine-là et ça a été vraiment une semaine ultra déterminante dans ma relation à l'anxiété. Je me souviens, le mercredi j'ai cours. Non, le lundi j'ai cours, j'ai la tête qui tourne. Le mardi j'ai cours, j'ai un peu plus la tête qui tourne. Le mercredi soir arrive. Le mercredi midi, je vais en cours, je me souviens, et je me dis, est-ce que je vais vraiment donner cours ? Parce que je sens que ça ne va pas. Je sens que j'ai l'angoisse. Je ne suis pas bien, j'ai peur de tomber dans mon cours. J'ai peur que les gens me voient tomber aussi à ce moment-là. Moi, je m'étais mis dans ma tête qu'être prof de yoga, on ne montre pas ses émotions et on guide une classe, on lead une classe. Si la personne ose voir tes émotions, alors qu'elle vient pour chercher de la ressource, toi, tu vas lui dire que ça ne va pas, mais ça ne va pas ou quoi ? Donc à ce moment-là, très compliqué pour moi. Le mercredi midi, le mercredi soir, je me pousse quand même à y aller. En mode, tu vas donner secours, quoi. Et là, ça lâche complet. Je suis en cours. D'un coup, tout s'arrête. C'est comme si on met deux bouchons dans ses oreilles. Les gens deviennent flous. Ta vision devient floue. Tu es en toi, mais tu... Je ne les réalisais pas à ce moment-là, mais... Tu es dans ton corps et tu as la tête qui tourne, tu commences à avoir le cœur qui bat, des palpitations, des sueurs, tu ne sais plus quoi faire, sauf que là, en fait, tu as 15 minutes de cours, le cours dure une heure. Comment je fais ? Est-ce que je choisis le chemin de la vulnérabilité ? C'était un mot que je ne connaissais pas à l'époque. Ça, peut-être, ça aurait pu être une option de... Guys, je crois que ça ne va pas trop ce soir. On va faire un cours différent où je vais arrêter le cours, tout simplement. Je ne suis pas dans mon assiette. Ça, c'était une option qui était possible à ce moment-là. Impossible pour moi. Parce que je vais me ridiculiser devant ces gens. Ils sont venus chercher du bien-être dans mon cours. Et en fait, je vais leur dire que je vais arrêter tout ça parce que moi, je vais mal. Ma cocotte, tu vas te bouger. Tu vas donner secours. Voilà ce qui se passe dans ma tête à ce moment-là. Donc, je me mets minable. Je fais des allers-retours entre le devant de la salle, l'arrière de la salle. je marche, je marche, je marche, mais ça ne passe pas, j'ai la tête qui tourne, je sens que je vais m'écrouler à tout moment. Et en fait, je me souviens de dicter mon cours et je ne pouvais même pas aller sur mon tapis parce que dès que je refaisais une pose de yoga pour montrer ce qu'on devait faire, ça retournait en fait, parce que ça revenait encore plus, parce que j'étais encore plus exposé. Et moi, il faut comprendre que le regard de l'autre dans ces moments-là est de manière générale, même si on peut penser le contraire. C'est un gros, gros, gros, gros, gros trigger pour moi. Montrer que ça ne va pas, comme je vous le disais, c'était impossible. Donc, être sur mon tapis devant, en montrant les poses de yoga, ils allaient encore plus voir que ça n'allait pas. Alors qu'en fait, ils n'auraient peut-être même pas vu. Bref, voilà. Et j'arrive tant bien que mal à finir le cours et je me dis, mais qu'est-ce qui se passe ? Là, je ne peux plus. Donc là, je rentre chez moi. J'avais un cours le lendemain matin à la plage à 7h du mat. et j'appelle ma mère, j'appelle Garance, j'appelle ma sœur, et je leur dis, je ne peux pas aller en cours, je ne peux pas. Donc forcément, les gens, ils ne savent pas, c'est inédit aussi pour eux, que d'un coup, ça faisait quelques années déjà que je manageais mes angoisses, et qu'en fait, Cam, il est angoissé, mais ça va, il y va, il est déterminé, c'est un battant, ça va de mieux en mieux, etc. Sauf que là, je leur dis, guys, je ne peux pas. donc eux me disent quand même mais essaie dors peut-être la nuit machin mais moi je dis en fait ça va pas donc là je m'effondre et je dis ça ne va pas je peux plus retourner en cours il me faut 3 jours de pause je prends 3 jours de pause enfermé chez moi bien sûr parce que je peux pas à ce moment là j'étais plus que concentré sur le yoga donc j'avais plus qu'à annuler mes cours c'était pas mal parce que je travaillais plus au café j'avais décidé de me consacrer à 100% yoga comme quoi je m'étais encore trompé Je prends trois jours de poste, je vois qu'au bout de trois jours, ça ne va pas. Et en fait, de là, je suis en panique totale et je me dis, je ne peux plus aller enseigner. Mais en fait, le « je ne peux plus enseigner » se transforme à « je ne peux plus sortir de chez moi » . Donc là, je me retrouve rue Sauveur-Tobélème à Marseille, dans mon appart. J'appelle ma mère et je lui dis « là, il va falloir venir t'occuper de moi, en fait » . Je n'arrivais plus à descendre de chez moi, à sortir ma poubelle parce qu'en fait, tout me faisait peur. Je croisais… Marseille, c'est tout petit. Et encore plus si vous vivez dans le 7e, vous savez de quoi je parle. Mais on descend dans la rue, on croise toujours quelqu'un. Ouais, salut, tu vas bien, machin, on boit un café. C'est Marseille comme vous l'imaginez. Sauf que moi, parler à ces moments-là à des gens, c'était impossible parce qu'ils allaient me demander comment ça allait. Moi, ça n'allait pas. Et leur dire ça ne va pas, je ne pouvais pas croiser leur regard. Donc, c'était horrible. Je sortais avec des lunettes de soleil pour ne pas qu'on croise mon regard. Jusqu'au moment où du coup, je n'arrivais plus à sortir de chez moi. Ça, c'est un espace de... un ou deux mois. C'est vraiment tout l'été 2024. Je ne sais pas si c'est 2024. Oui, c'est ça. C'est l'été 2024. Parce que là, ça fera deux ans. Au prochain été. Ma mère vient s'occuper du coup de chez moi. Elle me fait mes courses. Mais elle reste une semaine. À l'époque, elle n'habitait pas à Marseille. Donc, elle ne peut pas rester non plus. Elle a du travail. Donc, ma soeur prend un peu le relais. On essaye d'aller à la pharmacie pour m'acheter des fleurs de Bac. Il n'y a rien qui va parce que je n'arrive pas à marcher dans la rue. C'est horrible. Mais j'ai un voyage qui arrive à Bruxelles où je dois aller rejoindre Thomas. Et là, je me dis, je dois monter dans le train. Je vais faire comment en fait ? Je n'arrive pas à sortir les poubelles. Qu'est-ce que je vais faire ? Aller à Bruxelles. Et après, en plus de là, je partais à New York. Donc là, je me dis, calme, tu as besoin d'aide. Il faut que tu changes. Tu vas trouver une psy. Enfin, je ne sais pas. Je rencontre ma thérapeute avec qui j'ai fait l'épisode, Juliette, à ce moment-là, qui change complètement ma vie. Parce qu'une nouvelle approche complètement de thérapie, où je m'aperçois qu'elle ne va pas arriver avec sa baguette magique, je démonte encore plus cette idée-là. En fait, c'est moi qui vais faire le travail. Et ouais, ça va faire mal. Et on va aller voir et on va faire un vrai accompagnement thérapeutique. Donc, à ce moment-là, je vois Juliette une fois par semaine en visio parce que je ne peux pas sortir de chez moi de toute façon. Et voilà. Et en fait, je me remets petit à petit à l'étrier. Mais je pars à New York en vacances, mais je passe un voyage à New York. Ceux qui l'ont vu sur Insta croient que c'était le voyage parfait. Mais en fait, je suis en crise d'angoisse du matin au soir. Dès qu'il faut changer d'endroit, dès qu'il faut changer de resto, ce n'est pas possible. Manger au resto le soir, pour moi, c'est impossible parce que ça m'insécurise trop. Être dans des foules pareilles. Je passe un voyage, les jambes un peu tremblantes. Je crois que Thomas n'a pas passé son meilleur voyage non plus, mais quoi qu'il arrive, il est là pour moi à ce moment-là. Et on essaye tant bien que mal de faire un petit truc cool. Bref, de là, je prends la décision puisque ça ne va pas à Marseille. mais voilà que j'attaque quand même cet accompagnement de fou avec Juliette qui me fait voir de nouvelles choses pardon je m'en mêle l'accompagnement avec Juliette il a été déterminant parce qu'elle m'apprend à me voir autrement elle m'apprend le chemin de l'acceptation le rapport à soi le rapport à soi Moi, elle me parle de ça au début, les gars. Je suis en mode, rapport à quoi ? Je fonce. Il n'y a pas de moi. Il y a moi et moi et mon égo. Soit je ne sais pas qui je suis, au fond. L'enfant intérieur, moi, je me moquais des gens. Je disais, mais qu'est-ce que vous avez tous ? Allez voir votre enfant intérieur. En gros, va voir ton enfant intérieur et casse-toi, tu vois. Mais en fait, je m'aperçois que ça va être essentiel. Ça va être essentiel d'aller voir ce qui se passe en moi. Si je veux avancer, qu'est-ce qui s'est passé dans mon passé ? Quelles ont été les émotions qu'a rencontré justement le petit Camille quand il était petit ? Ne pas tout idéaliser mon enfance comme j'avais l'habitude de le faire. Non mais ça va, calme, t'as eu un toit sur la tête et c'est tout. C'est tout ce dont tu avais besoin. Alors qu'en fait, les fondamentaux, je pense, de mon enfance, il y en a certains que j'ai eus, mais il y en a que je n'ai pas eus. Et c'est complètement OK. Mes parents le savent, on en a parlé des millions de fois. Il y a eu des manquements qui ont fait que j'étais ultra sensible comme ça et que je ne comprenais pas ce qui se passait en moi et que j'avais peur de ce qui se passait et que j'avais peur du monde en fait parce que la sécurité intérieure, je ne l'avais en réalité jamais reçue. Donc voilà, j'ai attaqué un long chemin de... Je n'aime pas le mot guérison parce que j'ai l'impression qu'avec la guérison, à un moment, on est complètement guéri. Est-ce qu'on est vraiment guéri de ça à un moment donné ? Je ne sais pas. Je n'ai pas la réponse aujourd'hui parce que c'est quand même une partie de soi. Cette partie sensible en moi, je l'aurai toujours et c'est qui je suis. Et elle m'apporte aussi beaucoup, beaucoup d'avantages et de qualités dans mon rapport aux autres, dans mon empathie, dans mon écoute, dans ce que je fais aujourd'hui, dans ma vulnérabilité quand j'arrive à utiliser cette sensibilité en ma faveur. Mais voilà, je ne sais pas si je guéris réellement de ça, mais en tout cas, Juliette me fait énormément de bien à ce moment-là. Je décide de m'installer à Bruxelles, mais c'est encore très compliqué. J'arrive à Bruxelles, je n'arrive pas à aller faire les courses au bout de ma rue et c'est vraiment à deux pas. Mais à the end of the day, il faut que je reprenne le travail parce que je ne peux pas rester 100 ans au chômage. Et je me dis qu'il y a une partie de moi qui me dit que reprendre le travail, ça va quand même me faire du bien. Sur un coup de tête, j'envoie un message à Buddy Buddy à Bruxelles, qui est un coffee shop, je ne sais pas si vous connaissez, mais bref, que je connaissais d'avant parce que j'étais client et je trouvais ça trop cool, en leur disant « Guys, je vais m'installer à Bruxelles, je suis barista, let's go quoi » . Alors que je n'arrive même pas, à ce moment-là, de sortir de chez moi. Enfin bref, c'est assez bizarre. Mais j'ai une espèce de feu intérieur qui me dit, vas-y, Kame, rebosse. Donc à ce moment-là, je ne sais pas, je décide quand même d'écouter cette partie-là. Alors que je suis terrifié. Il faut savoir qu'à ce moment-là, je n'enseigne plus du tout le yoga. J'ai sorti complètement le yoga de ma vie. Je vais sur mon tapis vraiment de temps en temps. Et c'est... No way. Méditer et tout quand même. À ce moment-là, la méditation joue un rôle primordial aussi parce que je n'ai pas le choix que d'aller voir ce qui se passe à l'intérieur et de chialer en fait et de m'apercevoir que ça ne va pas. Donc je m'assois vraiment avec mon mal-être à ce moment-là. À certains moments, je ne dis pas ça que je fais toute la journée, mais dans mes séances avec Juliette et dans des moments d'introspection aussi chez moi, de wow, là, ça ne va pas et tu as besoin de... Tu as besoin de le voir que ça ne va pas à certains moments, je crois, dans ta life. Et de t'asseoir et de vivre tes émotions à 100%. Parce que moi, ma vie, elle m'avait appris à... Les émotions, tu ne vas pas les montrer, en fait. Tu vas juste être un rayon de soleil qui va passer dans la vie des gens, qui veut réussir. Mais en fait, se montrer vulnérable, c'était trop dangereux pour moi. Parce qu'ayant grandi dans un environnement qui était insécurisant, à quel moment vous voulez que je dise à quelqu'un que ça ne va pas ? où j'ai besoin d'aide. C'était impossible. Parce que ça veut dire que du coup, je me montrais vulnérable et que du coup, j'aurais pu être encore plus attaquable et encore plus, du coup, mis en danger par l'autre. C'était mort. Enfin, ce n'était pas possible. Bref, je ne sais plus où je voulais en venir. C'est vraiment décousu, ce podcast. Je m'excuse pour les gens qui ne comprennent rien. J'espère que vous prendrez quand même de la joie à m'écouter. Mais quand je vais réécouter ce truc, ça va être terrible. Mais bon, voilà, on est qui ? On est écouté. On fait ce qu'on peut avec le cerveau qu'on a. Et moi, c'est un peu... C'est difficile de donner la structure alors que j'ai vécu énormément d'émotions à ce moment-là. Donc, ouais, voilà, j'attaque le travail. Mais du coup, on me dit, voilà, Cam, il faut venir faire un essai chez Buddy Buddy. Mais en quelle année je vais aller faire un essai au travail ? Alors, sachant que je ne pouvais pas enseigner un yoga. Qu'est-ce que je vais aller prendre des commandes dans un coffee shop avec des gens qui vont me regarder et des boss, etc. Ce n'est pas possible. Mais bon, ma foi. Je ne sais pas par quelle force je me retrouve à aller faire un essai chez Buddy Buddy. Je me souviens, Thomas me dépose en haut de la rue du coffee shop. Je descends, j'ai mes lunettes de soleil. Je me dis, putain, Cam, tu vas devoir enlever tes lunettes de soleil. Vous savez, les fameuses lunettes de soleil que j'avais gardées du coup tout l'été parce que... En fait, je ne pouvais pas regarder les gens dans les yeux, mais là, il fallait que je les enlève parce que j'allais être dans un environnement de travail. Et je me souviens, j'avais fait mon état des lieux de Marseille quand je suis parti avec l'agent immobilier. Et du coup, je n'arrivais pas à sortir dehors et je n'arrivais pas à voir même mes potes. Mais je devais aussi faire un état des lieux pour pouvoir aménager à Bruxelles. Mais du coup, le gars arrive chez moi, j'ai mis mes lunettes sur l'œil parce qu'en fait, je ne pouvais pas le regarder dans les yeux. C'était horrible, Du coup, je me retrouve à Buddy Buddy. avec mes lunettes de soleil que j'enlève devant la porte, mais du coup ça me demande énormément d'efforts pour vous prouver à quel point on peut partir dans des délires et le moindre... à ce moment là c'était les lunettes de soleil qui allaient me sauver, mais du coup je les enlève et en fait je me mets quand même dans cette... c'était une heure d'essai, rien de fou et c'était très très compliqué pour moi de me mettre dedans, mais je me mets dedans et je ressors de là hyper fier de moi en mode putain Cam Ça faisait des mois que tu n'avais pas retravaillé parce que ça, c'était au mois d'octobre ou novembre. Et du coup, le mois de juin, je n'avais pas travaillé. Pas touché à un tapis de yoga, pas touché à une machine à café. Je ne touchais à rien d'ailleurs parce que j'étais en mode survie. Mais bon, trop content de l'avoir fait. Je me dis, cool, on va se mettre là-dedans. Le coffee shop, une nouvelle fois, va être mon filet de sécurité financier. sociale pour pouvoir te remettre le prix à l'étrier et du coup reprendre le yoga à un moment donné quand tu t'en sentiras capable parce que moi dans ma tête à ce moment là c'était calme tu es le yoga, tu es prof de yoga et je ne passais je ne fondais que mon identité sur ça et ça c'est un truc que j'ai beaucoup dégrossi aussi dans ma thérapie avec Juliette, je ne suis pas et vous n'êtes pas vos jobs les gars Vous êtes un truc que vous faites à un moment donné dans votre vie. C'est une expérience. Et pour moi, à ce moment-là, je me présentais comme Camille, prof de yoga. J'arrivais chez Buddy Buddy en mode « Oui, je suis là, mais je suis prof de yoga. » « What do you mean, t'es prof de yoga ? » « T'enseignes pas, donc arrête de dire des... » Mais parce qu'en fait, pour moi, ça représentait une certaine place dans la société. Les gens vont croire que du coup, je suis intéressant. Tu es un peu peut-être philo, un peu peut-être psycho, un peu sensible, un peu spirituel et ça fait bien. Donc voilà, à ce moment-là, mon objectif, c'est remettre le pied à l'étrier grâce à un travail alimentaire, entre guillemets, pour reprendre ensuite le yoga parce que le yoga, c'est qui je suis. voilà, et du coup le travail c'est très compliqué pour moi à ce moment-là, parce qu'en fait je vais au taf et je suis en mode, à tout moment je peux avoir une crise d'angoisse, en fait je retombe dans mes travers d'avant, où l'angoisse fait partie à 100% de ma life, où c'est très compliqué pour moi de prendre le bus, je me souviens d'appeler Juliette aussi, ma thérapeute, avant de prendre le bus et d'aller faire mes shifts à Budibudi, en mode je ne peux pas aller dans le bus, je ne peux pas aller au travail, et elle me disait, calme, c'est un choix, tu fais ce que tu veux, si tu n'as pas envie d'y aller, tu n'y vas pas, il y a des fois où je ne suis pas allé, Je pense que la plupart des fois, je suis allé, mais c'était très compliqué. J'avais vraiment l'impression de me traîner. Vous voyez, quand on prend quelqu'un par la main, je ne sais pas si je me prenais par la main ou par le col à ce moment-là pour aller au taf, mais j'avais l'impression vraiment de... Vous voyez, on prend une pelle et on puise en soi les forces pour se motiver à faire quelque chose. Je ne sais pas si j'étais en force ou en douceur avec moi, mais je... Je ne sais pas, j'étais en communication avec moi dans ces moments-là de me dire, tu vas y arriver et tu vas aller faire cette journée de travail. Après, l'expérience te montre que ça peut bien aller, mais encore très compliqué pour moi parce qu'il y a des moments où je ne suis pas bien, où j'ai énormément la tête qui tourne avant d'arriver à mes shifts et où je ne me sens pas bien. Je me dis, je ne vais pas pouvoir parler à mes collègues, je ne vais pas pouvoir parler aux clients et ça ne va pas. aussi Il faut savoir qu'à ce moment-là, la déréalisation fait partie inhérente de ma vie. Je déréalise matin, midi et soir. Je me lève le matin, je me dis « Cam, est-ce que tu es dans ton corps ? » C'est la première question que je me pose à ce moment-là. Et il faut savoir que la sensation d'être en dehors de son corps, elle est terrifiante. Donc en fait, c'est juste ce qui se passe chimiquement en soi, c'est qu'on est tellement en surcharge là-haut que le mental dit « Hop, moi je sors de ça. Au revoir. Merci. » Parce qu'en fait, il y a trop de pensée là-dedans. Donc hop ! je m'excuse, c'est un moyen de fuir en fait, tout simplement et bon ça je le sais qu'après sur les moments c'est horrible et il y a des moments où j'arrive au taf où je suis complètement pas là quoi je suis là physiquement mais mon esprit il est complètement ailleurs je suis là, je suis à côté de moi je suis en dessus de moi c'est très imagé ce que je vous raconte mais c'est vraiment une sensation que j'ai à ce moment là donc très très compliqué pour moi d'assumer ces journées là et Mais voilà, je sens que quand même ça va de mieux en mieux et que je tiens quand même le bon bout dans mes bons jours. Dans mes mauvais jours, je dis que je suis une merde et que de toute façon, je n'arriverai jamais à rien, que je ne sais même pas si j'allais reprendre le yoga. Donc, je me motive quand même à reprendre le yoga à un moment. Je commence à faire des classes de remplacement. Je me reforme un peu aussi. Et en fait, je m'aperçois qu'en redonnant cours, je n'ai plus le truc tout simplement. Et qu'en fait... L'anxiété, elle est là, quand j'enseigne et tout, forcément, il y a une partie de moi qui se rappelle aussi. Parce que l'anxiété, c'est beaucoup ça, c'est toujours prévoir ce qui se passe dans le présent avec le mental du futur ou du passé. Même avec mes mains, je ne sais pas où je suis. Et donc, je suis dans mes classes, etc. Enfin, je n'en ai pas enseigné beaucoup, mais toutes les classes de remplacement que j'ai faits. C'était compliqué parce que je me rappelais toujours des crises d'angoisse que j'avais faites au mois de juin. En fait, ça me terrifiait. Je n'arrivais pas à ce moment-là à me rassurer. Mais en plus de ça, j'avais perdu la joie d'enseigner, je crois. Et j'avais quand même la joie d'enseigner quand j'enseignais à Marseille. Là, il me manquait un truc. Il me manquait la joie du yoga en soi et de transmettre. Je n'avais plus. Donc, je décide d'arrêter et de continuer à juste travailler chez Buddy Buddy et m'occuper de moi tout simplement. Et en fait, c'était la meilleure décision que j'ai prise parce qu'avoir le temps et le luxe de le faire, c'est-à-dire que je suis passé... Du coup, j'avais pris des heures en moins chez Buddy Buddy pour accorder du coup plus de temps au yoga, mais je ne l'ai pas fait. Mais du coup, j'ai utilisé ce temps-là pour moi. J'ai moins gagné d'argent. Alors oui, je suis privilégié et tout, mais c'est des périodes où j'ai moins gagné d'argent dans ma vie où j'ai peut-être fait... C'est peut-être bête ce que je raconte, ça va peut-être paraître... Peut-être que vous allez vous dire... Je pars tout le temps en voyage, en week-end et tout. Mais bref, à ma manière, j'ai vécu un peu moins abondamment, on va dire. Mais j'ai pris du temps. Et en fait, à ce moment-là, le temps, ça a été la richesse la plus précieuse que j'ai eue. Parce qu'en fait, se lever le matin, pouvoir méditer, pouvoir m'asseoir sur ce lit exactement là et en fait, passer du temps à aller voir ce qui se passait en moi. à me rassurer, à écouter les voix de mon mental, à écouter les voix de mon cœur, à aller voir cet enfant antérieur qui, en fait, était la plupart du temps en PLS, parce qu'en fait, je l'avais délaissé pendant des années et, en fait, laisser pleurer un bébé, on ne le ferait pas, mais on le fait souvent pour soi. Quand on pleure à l'intérieur, on veut taire les pleurs ou on ne veut pas les écouter ou alors on leur dit de se la fermer, tout simplement, et qu'en fait, on est mieux que ça et qu'en fait... Ouais, ben pleure plus, en fait. T'as rien pour pleurer. Et en fait, avance. Et t'as un toit sur la tête. Et t'as un mec, etc. Alors qu'en fait, cet enfant, il pleure parce qu'en fait, il y a eu des manquements. Et on s'est peut-être pas bien occupé de lui à un moment donné. Tu vois, que ce soit la famille ou de soi à soi. Où en fait, on a été tellement en force pendant des années pour devenir quelqu'un. Pour paraître que. Pour faire semblant. Pour mettre les meilleurs masques. En fait, qu'au bout d'un moment, ça explose. Et en fait, je n'avais plus le choix que de venir écouter cet enfant-là intérieur en moi. et de... Souvent on demande si la spiritualité c'est un choix et c'est une question que j'aime beaucoup et que je pose aussi dans mon podcast. Je ne pense pas que la spiritualité c'est un choix, c'est une nécessité pour moi à un moment donné, à ce moment-là dans ma vie. Je n'avais pas le choix que d'aller voir ce qui se passe en moi et je n'avais pas le choix que de m'ouvrir à plus grand et de faire confiance. Si je n'arrivais pas à me faire confiance à moi, certains jours, en mode... Je ne savais pas si j'allais mourir sur le travail ou si j'allais avoir la tête qui tourne ou si j'allais déréaliser. Je faisais confiance à l'univers. Je me disais qu'il y avait une force, le monde autour de moi, parce qu'en fait, je crois qu'on n'est que matière en réalité et qu'en fait, je ne suis constitué que d'atomes, tout comme l'arbre qui est en face dans mon jardin. Je faisais confiance à ça, en cette vie, en mode tout ça a un plan et hop. puisque je n'arrive pas à me faire confiance en moi, je vais faire confiance à l'univers. Mais en fait, j'ai compris à la fin que l'univers et moi, c'était pareil et qu'en fait, je pouvais me faire confiance. Et que voilà, là, je vous parle parce que je suis un peu allumé ce matin et ça fait plusieurs minutes que je vous parle et que du coup, mes idées deviennent de plus en plus claires. Mais il y a des jours où ça ne l'est pas du tout encore. Mais voilà, cette période de ma vie-là, de toute l'année dernière, on va dire, ça a été ultra cool pour moi parce que j'ai pris, je me suis... octroyer le luxe de faire ça, de gagner un peu moins d'argent, mais de prendre du temps pour moi, et je le conseille souvent à des gens qui sont perdus autour de moi, en mode, si vous avez la possibilité de prendre du temps, de réduire vos heures, pour vous occuper de vous, ou de, même si vous travaillez 40 heures, etc., dans la semaine, et je parle pas de gens qui ont des enfants, etc., parce que je sais pas ce que c'est votre quotidien, mais des gens qui ont à peu près un quotidien similaire à moi, allez vous faire des balades, même si vous travaillez pas, si vous travaillez toute la semaine, prenez un quart d'heure le soir, juste pour aller voir ce qui se passe en vous. méditer peut-être le matin de temps en temps, ça ne veut pas dire être hyper strict et du coup être angoissé quand vous ne faites pas votre méditation du matin ou quand vous n'êtes pas à la votre séance de sport parce que c'est bien de se connecter à son sport et de calmer son système nerveux, blablabla. Enfin, enlevez-vous toutes ces règles-là et essayez juste d'octroyer des temps où vous n'écoutez ce qui se passe en vous. Ça peut être sous la douche. Et Juliette m'a dit ça un jour, elle me dit « Mais Cam, en fait, si tu ne peux pas méditer, écoute-toi sous la douche, quoi. Prends deux minutes juste pour ressentir. » Ressentir, ça a été un mot qui a été... ultra, ultra, ultra, ultra important et nouveau pour moi. Je pense que c'était un mot que je n'utilisais pas du tout dans mon vocabulaire, ou alors peut-être juste dans un vocabulaire très mental, comme je disais dans mes cours de yoga. Ressentez ce qui se passe en vous, alors que moi-même, ressentir, c'était impossible pour moi, parce qu'en fait, aller ressentir ce que je ressentais en moi, c'était que du noir. Et comment assumer le noir et la noirceur face à des gens qui vous écoutent, et même face à mes amis, à ma famille, comment dire que ça ne va pas, et que mes amis, j'avais toujours plus le... l'habitude de le faire, mais comment juste peut-être me l'avouer à moi aussi. Ressentir, c'était peut-être voir que ça n'allait pas et qu'en fait, je devais juste prendre conscience des manques que j'avais eus et faire la paix aussi avec tout ça. Ça ne veut pas juste être dans ce truc d'hyper-victimisation en mode, ouais, mais moi, j'ai manqué d'amour de ma mère et ouais, moi, j'ai manqué de la présence de mon père et blablabla. J'aurais pu en rester à ce stade-là, je crois. Et je pense que des fois, il y a besoin de rester à ce stade-là aussi, un peu de se victimiser. Mais à un moment, j'ai décidé aussi de faire la paix avec ça. Et ça a été un premier pas pour moi, pour aller vers quelque chose de mieux pour moi-même. C'est faire la paix avec mes parents. Je ne sais pas si c'est fait à 100% aujourd'hui, parce que je pense que je ne le saurais peut-être pas, mais je me sens déjà beaucoup mieux par rapport à ça. Mais voilà. ressentir, ça a été pour moi un mot hyper hyper hyper déterminant et j'ai utilisé du coup le temps que j'avais en dehors de mon temps de travail pour vraiment faire ça et en fait Franchement, ce n'était pas une partie de plaisir, mais je n'avais pas le choix. En fait, si je n'allais pas ressentir ce qui passait en moi, je n'arrivais pas à aller au taf, tout simplement. Donc, j'avais atteint ma limite, je crois, et je crois qu'on est tous faits de nos certaines limites et de certains paliers. Et peut-être que des personnes atteignent leurs limites beaucoup plus tôt. Il y en a qui font des burn-out à 40 ans. Moi, j'en ai fait peut-être, c'était peut-être un burn-out, je ne sais pas, mais une petite crise, enfin une crise existentielle, je crois, juste à l'aube de mes 30 ans. Et en fait, je n'ai pas eu le choix que de... de m'occuper de moi. Et aujourd'hui, en fait, ce qui se passe, c'est que je décidais d'être dans une logique, comme je vous le disais, de plus d'acceptation de moi et de ce qui se passe en moi. C'est encore très compliqué à certains moments. C'est beaucoup plus doux qu'avant. Ça, c'est indéniable. Et le travail commun que j'ai fait avec Juliette a été déterminant, je crois. Et franchement, je ne remercierai jamais assez la vie d'avoir mis Juliette sur mon chemin. Des fois, je me demande... Les gens se demandent pourquoi on a été à cet endroit, à ce moment-là dans notre vie. Et je crois qu'avoir été à Marseille à ce moment-là, parce que j'ai rencontré Juliette à Marseille, parce qu'on faisait partie des mêmes cercles de yoga et parce qu'elle est aussi enseignante. Je crois que Marseille, ça m'a apporté ça aussi. Faire la rencontre de certaines personnes qui, en fait, m'ont fait du bien. Et je ne pense pas qu'à Juliette, vous reconnaîtrez ce à qui je pense. Mais ça m'a apporté un lot de personnes qui, aujourd'hui, me font encore énormément de bien et qui ont été déterminants aussi pour ma santé mentale. quand vous vous demandez si vous êtes au bon endroit ou pas, je crois qu'il n'y a pas réellement de bon endroit ou pas. On m'a posé cette question en FAQ. Si j'aurais voulu faire quelque chose différemment quand j'étais en Australie, je ne pense pas. En vrai, je ne crois pas qu'il y a de bonnes et de mauvaises places ou de mauvaises localisations dans le monde. Quand on choisit d'y être, bien sûr, c'était un choix que j'allais. Encore une fois, je parle dans ma posture d'homme privilégié, mais je suis hyper reconnaissant de ça. Je crois que tous les endroits dans lesquels j'ai habité m'ont apporté leur lot de choses et j'ai fait les choses telles que je pouvais les faire à un moment donné. Donc, pour répondre à ta question, à la personne qui m'a posé cette question, je crois que je n'aurais rien fait de différent parce qu'en vrai, quand je dézoome après, je me dis mais en fait, ça m'a apporté ça, ça, ça et ça. Ça m'a aussi apporté son lot de galère, mais je crois que je n'aurais pas fait les choses différemment. J'aurais fait les choses différemment si j'aurais pu m'apporter plus de confiance, peut-être à ce moment-là, et peut-être plus de confiance en la vie, et peut-être que j'aurais fait les choses différemment. En vrai, c'est les bagages que j'avais là, et je pense que regarder l'arrière avec un œil critique, ça ne sert à rien, parce qu'en fait, j'avais juste les bagages et les armes que j'avais à ce moment-là, qui ne sont pas les mêmes aujourd'hui. Donc voilà. Aujourd'hui, il y a encore des moments où c'est très difficile. et c'est la conversation dont je vous parlais avec mon collègue la semaine dernière au taf en mode toi tu vas tout le temps bien sur ton lieu de travail etc c'est faux je me souviens encore il y a deux semaines où je travaillais avec deux collègues et en fait il y a un client qui me dit quelque chose et d'un coup ça me trigger je ne sais pas pourquoi je ne sais pas à ce moment là c'est hyper inconscient et d'un coup je vais avoir la tête qui tourne je ne me sens pas bien la crise d'angoisse c'est là comment je fais en fait parce que je dois continuer à prendre cette commande à faire genre que tout va bien parce qu'en fait je suis là, je dois finir de prendre la commande ou j'aurais pu m'extirper. Mais à ce moment-là, je sens que je peux « affronter » tout ça. Mais j'utilise en premier ma respiration pour revenir en moi et me dire « tout va bien » . C'est un symptôme d'anxiété, il est là, il est désagréable mais il va passer. Remets-toi dans l'instant. En fait, je m'imagine à ce moment-là m'ancrer, je reviens en moi, etc. Je finis ma commande et ensuite, je pars à l'arrière du coffee shop pour vraiment… m'ancrer en conscience et voir ce qui se passe en moi. Et je me dis, peut-être qu'à ce moment-là, la frustration qu'a créée ce client-là en toi sur cette seconde-là de cette journée-là donnée en 2026, ce n'est pas passé. Et je ne me suis pas forcément accroché dessus l'explication, mais je me dis, il y a quelque chose qui n'est pas passé, ton corps s'est exprimé, mais sois doux avec toi, ne te blâme pas pour ce qui s'est passé, tu es juste très sensible et c'est OK, je crois. Voilà comment j'ai géré ça et je pense que ça arrivera encore. Des phrases qui me trigger de la part de mon entourage ou des situations. Me retrouver peut-être dans un métro bondé aujourd'hui, ça va peut-être créer des choses. Mais voilà, je trouve que je suis beaucoup plus doux avec moi. Mais je sens que beaucoup de gens m'ont demandé en FAQ comment je vais réellement aujourd'hui. je sens qu'en fait Mon cerveau, mon mental, il est nourri à l'anxiété, il est nourri à l'urgence. Donc là, le fait d'avoir le podcast aujourd'hui, ça me... C'est un terrain de jeu pour moi. Parce que déjà, je m'éclate à faire ça. Et vraiment, je me sens aligné. Pour le coup, je ne me suis jamais autant aligné. Vous voyez, par exemple, le yoga, je ne me sentais pas forcément aligné. Je ne ressentais pas forcément de joie. Je ne veux pas dénigrer cette période-là. Parce qu'en fait, je ressentais grave de la joie à connecter avec les gens. Mais le yoga en soi, ce n'était pas un truc à ce moment-là que je kifferais. Que je kifferais à un moment donné. Bref, le podcast, je me sens en joie. Mais forcément, je mentalise. Je pense à tout mon planning. Comment je vais faire ? Cet invité ne répond pas. J'ai envie de réussir. Et c'est encore en moi. Et je sens que mon cerveau, il est nourri. Si je n'ai rien à penser, mon cerveau s'inquiète. Il faut toujours qu'il y ait quelque chose. Toujours qu'il y ait un problème. Mon cerveau est nourri au problème. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, désapprendre à mon cerveau à juste s'asseoir et se dire, profite, il n'y a rien. Il n'y a pas d'enjeu. Il n'y a pas de problème. C'est très, très compliqué. Et c'est bien que je fasse le podcast aujourd'hui parce que je trouve que ça m'apprend énormément. Parfois, oui, j'ai des choses à faire. Alors oui, il y a des enjeux que moi-même, je me suis créé. De réussir, d'être écouté, d'être vu, de faire du bien aux gens, d'avoir un rôle dans la société, etc. D'avoir... De répandre le... Comment on dit ? La bienveillance, etc. Donc oui, je me mets mes propres enjeux, mais il y a plein de moments où j'essaye aussi de m'asseoir et de me dire « calme, tout va bien » . Oui, ton cerveau et ton... J'essaye vraiment de voir mon mental comme un être à part entière. Souvent, il y a des gens qui donnent des noms à leur mental. Moi, j'ai encore un peu de mal avec ça, je ne sais pas pourquoi, parce que ça me fait un peu peur de me dire qu'il y a Georgette en haut qui est pleine de règles et pleine de « tu dois faire ci et tu dois faire ça » et « ne dors pas parce que tu dois publier ce truc » Et tu vas penser à ce que cette personne t'a dit aujourd'hui, peut-être que c'est... Enfin, vous avez ces voix permanentes qu'on a dans la tête. J'apprends maintenant à avoir mon mental comme une entité qui n'est pas là pour me faire chier, mais qui veut me sauver. En fait, le rôle de votre mental, c'est de vous sauver, de sauver votre cul, en fait. De vous dire, en fait, on ne va pas te mettre dans cette situation, mais en fait, tu vas penser à ça, et tu vas penser à ce danger-là. Mais si tu vas là-bas, peut-être que cette personne va te dire ça. Et voilà, c'est juste de venir l'apaiser en lui disant... Pas en venant rementaliser en mode « Ouais, attends, on passe autrement. Non, mais vas-y, calme-toi, calme-toi, calme-toi, calme-toi. » Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire, mais être dans un autre discours mental, du coup. Mais juste de venir ressentir en mode « Ouais, ouais, ouais. » Là, je flippe. Là, je flippe parce qu'en fait, être face à cette personne aujourd'hui, ça me demande, ça vient trigger un truc chez moi, ça me stresse. Peut-être qu'elle va penser que je ne suis pas parfait. Peut-être qu'elle va penser que je ne fais pas bien ci ou pas bien ça. Mais voilà. je sens la vapeur en moi et j'essaye de revenir à la peur plus qu'à la question de mon mental mon mental il est là, il crée des questions autour pour m'éviter la peur, pour trouver des solutions etc, il sera toujours là je pense que être évolué vers quelque chose de bien pour soi et plus de calme en soi c'est être en lien aussi et accepter que le mental soit là parce qu'en fait il se taira jamais alors oui on peut On peut venir apaiser les vagues de son mental en méditant, en faisant du sport, en se confiant aussi, en parlant à quelqu'un, en posant ce qu'on pense aussi à l'écrit, ça peut faire du bien. Mais le mental, il est là, il est là pour nous sauver. On est des êtres mentaux aussi. Mais voilà, est-ce que la spiritualité aussi, je pense que c'est ça, c'est se poser la question. Est-ce que je veux croire mon mental ou est-ce que je veux avancer avec ce qu'il y a en moi vraiment ? Et je fais que me toucher la poitrine parce que pour moi, c'est... C'est là que ça se trouve, c'est dans mon cœur. Et je crois que votre cœur, il sait tout le temps ce qu'il veut. Sauf qu'en fait, on vit dans une société qui nous a appris, qui est tellement, tellement, tellement insécurisante et du coup, nous a poussé à mentaliser tout en permanence. Donc, si vous avez l'occasion de vous octroyer justement ces espaces et ces temps-là pour revenir en vous et venir écouter votre cœur, moi, je sais que ça a été déterminant. dans mon avancée et je crois que cette avancée elle sera un peu... J'ai lâché l'idée de... Enfin, j'ai lâché l'idée. Là je vous parle comme si j'étais complètement éveillé n'importe quoi. Juliette, franchement, si tu écoutes ce podcast, cet épisode, tu vas te dire mais qu'est-ce qu'il raconte ? Non, non, c'est une évolution et je pense pas que j'ai lâché l'idée de... Je suis en train de lâcher l'idée que je serai complètement guéri un jour. Je pense que je suis en train de me faire à l'idée... de qui je suis, d'accepter en fait que mon mental il est beaucoup plus présent que les autres parce que j'ai pas eu une enfance facile et j'ai grandi dans un environnement qui était insécurisant donc mon mental a repris le dessus parce qu'en fait je pouvais pas accéder à mes émotions à ce moment là Et qu'en fait, du coup, j'ai développé une sensibilité, une sensibilité à ce qui m'entoure, une sensibilité à ce que je ressens, à mes symptômes, à mon corps, à mes relations. Et en fait, je suis en train de me faire de plus en plus ami avec ça parce qu'en fait, je vois aussi que cette sensibilité, comme je vous le disais un peu plus tôt, qu'elle me sert aussi énormément. Elle me permet de voir la beauté ou peut-être que les gens ne la verraient pas, être émerveillé par certaines choses, me connecter à la nature peut-être. Peut-être plus que si j'étais bloqué que dans mon mental. Et voilà. Bref, tout ça pour dire que c'est un chemin et qu'en fait, je ne veux pas apparaître dans cette vidéo de je vous fais un peu l'épisode. Vous savez, ça y est, j'ai franchi la ligne d'arrivée. Non, parce que la ligne d'arrivée, je crois qu'elle n'y est pas. On la connaît tous. Et si elle existe, ce sera peut-être la mort. Mais voilà, je crois que j'attaque aujourd'hui un chemin plus d'acceptation de ce que je ressens. de reconnexion aussi à moi, à mes rêves, à mes envies aussi profondes. Je chasse un peu moins l'avenir. C'est la première fois où j'habite dans une ville, aujourd'hui à Bruxelles, où je me dis que potentiellement, je pourrais rester plus que deux ans. Parce que je suis resté deux, trois ans à Marseille, je suis resté deux, trois ans à Sydney, je suis resté trois, quatre ans à Paris. Toujours parce que je croyais qu'il y avait mieux ailleurs et peut-être qu'aujourd'hui, j'arrive à me dire que le mieux ailleurs, ce sera le mieux en moi. Et franchement, c'est un message d'espoir que je veux donner aujourd'hui parce que je sais qu'il y a des personnes qui galèrent, ça met les larmes aux yeux parce que je sais ce que vous ressentez en vous. Il y a des jours où vous allez vous demander pourquoi vous êtes sur cette planète, quel est votre rôle dans la société, qu'est-ce que vous faites là, tout simplement. Et parfois, on veut juste s'enfuir de tout ça. Et ces idées-là de m'enfuir et que ça se termine, je les ai eues. Je les ai eues, j'ai voulu mourir à nombreuses reprises. J'ai appelé ma mère en pleurs en lui disant que c'était trop dur. Parce que moi, vivre une vie comme ça, où je suis dans la peur permanente, je n'arrivais pas. Et du coup, je sais ce que vous ressentez. Et franchement, dans ces moments-là, accrochez-vous. Parce que le jour où vous allez voir la beauté de la vie, elle va vous frapper encore plus qu'une personne peut-être qui ne serait pas passée par vos galères. parce qu'en fait aujourd'hui pour moi avant ça l'était pas mais ne serait-ce que marcher dans un parc c'est devenu ultra précieux guys je suis vraiment navré la vidéo a coupé en fait j'enregistrais je suis grave parti dans ma philosophie et en fait la caméra n'avait plus de batterie donc voilà je vais finir l'épisode à l'iPhone je crois que je te remis un peu de mes émotions c'était très très cool de parler de tout ça en gros le fin mot de l'histoire je veux juste te dire que je crois que la santé mentale c'est quelque chose qui évolue énormément, qu'on n'atteint pas forcément ce pilier de voilà incroyablement je me sens bien on aura toujours à dealer avec ce qui se passe à l'intérieur des choses parfois moins agréables mais voilà le lien à soi c'est quelque chose qui est très très très très précieux Et la vulnérabilité, je pense que c'est le plus beau cadeau que vous pouvez vous faire en premièrement vous avouant vos émotions, en avouant à vous-même ce que vous ressentez, en allant voir ce qui s'est passé aussi parfois dans le passé pour guérir tout ça, pour repenser certaines plaies et pour ensuite vivre de manière beaucoup plus légère dans le présent. Parce qu'aujourd'hui, là, je vous ai raconté mes galères et que je n'arrivais pas à sortir dans la rue, machin. Aujourd'hui, je me sens beaucoup plus libre. Comme je vous dis, je sors, je travaille. Grâce au podcast aussi, je m'émancipe beaucoup plus et je relève mes propres défis. Mais la vie est devenue en quelque sorte un terrain de jeu magnifique. Et voilà, en vrai, ça va beaucoup mieux qu'avant. Donc, je suis content de voir que la pente est ascendante. Alors oui, quand je mentalise, je me dis que j'aimerais que ça... Comment on dit ? Que ce soit beaucoup plus rapide, parce que j'aimerais parfois me sentir parfaitement bien, ne plus ressentir d'angoisse, mais c'est exactement ce que je vous disais. Je crois que ça ne marche pas de penser comme ça, parce qu'en vrai, il se passera toujours des choses en moi et je vais être toujours un peu dans ce dialogue, un peu de moi à moi, où je viens ressentir, où je vais m'encourager, où je vais parfois avoir besoin de me faire du bien, me connecter vraiment à ce dont j'ai vraiment besoin dans différentes étapes de ma vie en réalité. Et voilà, écoutez vos besoins, écoutez... Créez de l'espace pour venir écouter vos besoins, vos envies, vos rêves. Je pense que c'est ce qu'il y a de plus essentiel dans ce que j'ai raconté aujourd'hui. Mais voilà, bref, je ne veux pas plus m'étaler, je ne prends pas plus de temps. Mais n'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de tout ça en commentaire. Envoyez-moi des DM, likez les vidéos sur Spotify, sur YouTube, commentez, n'hésitez pas. C'est vraiment le seul moyen que j'ai pour faire perdurer un peu le podcast dans le temps. Merci pour votre écoute, merci pour votre patience et votre bienveillance. A très vite.
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