- Speaker #0
Bienvenue dans We Love Mobility, le premier podcast dédié aux tendances de la mobilité internationale et de la gestion des talents. Chaque premier lundi du mois, je reçois un invité avec qui on va discuter des tendances et du futur de la mobilité internationale, du recrutement et de la gestion des talents étrangers. Moi, c'est Caroline Troillard, directrice générale de France Immigration, acteur incontournable de la mobilité internationale. dans laquelle j'évolue depuis presque 20 ans. Retrouvez-nous sur LinkedIn et Instagram pour suivre l'actualité du podcast et interagir avec nous. Aujourd'hui, nous allons prendre un peu de hauteur sur la mobilité internationale. Derrière chaque mobilité réussie, il y a des professionnels capables de naviguer entre droit, fiscalité, protection sociale, interculturelle et désormais intelligence artificielle. Mais comment forme-t-on ces experts ? Quelles compétences feront réellement la différence dans les prochaines années ? Et comment les nouvelles générations perçoivent-elles ce métier en pleine transformation ? Pour répondre à toutes ces questions, je reçois aujourd'hui Camille Perchet, responsable du Master Mobilité internationale des travailleurs à l'IETL de Lyon. Au programme, évolution du métier, compétences clés, intelligence artificielle, nouvelles attentes des étudiants et la vision de celles et ceux qui formeront les experts de demain. Dans ce nouvel épisode de We Love Mobility, j'ai le plaisir de recevoir Camille Perchet, responsable du Master 2 Mobilité Internationale des Travailleurs à Lyon. Bonjour Camille.
- Speaker #1
Bonjour Caroline.
- Speaker #0
Chez France Immigration, on a la chance d'être partenaire du Master. Depuis de nombreuses années, on intervient notamment sur les sujets de détachement vers la France. Alors vous Camille, vous formez les experts de la mobilité internationale de demain et vous allez nous expliquer quels sont les défis, les transformations et les compétences notamment. pour y arriver. Avant de nous plonger dans ce nouvel épisode, je vous laisse vous présenter.
- Speaker #1
Merci Caroline. Comme vous l'avez dit, je suis enseignante, chercheure à l'Université Lyon 2 et plus précisément à l'Institut d'études du travail de Lyon, qui est donc un institut spécialisé en droits sociaux internes et aussi en droits sociaux internationaux, donc droits du travail et droits de la protection sociale. J'ai été recrutée en 2019. et je suis responsable du Master 2 Mobilité internationale des travailleurs depuis octobre 2022. Et c'est vrai qu'on m'a confié cette responsabilité à la suite d'un départ à la retraite, en raison également de mes appétences pour les sujets en droit social international et européen, puisque j'ai fait ma thèse sur ce domaine-là.
- Speaker #0
Parfait, merci pour cette introduction. Alors, après plusieurs années à former les futurs professionnels de la mobilité internationale, donc ça fait quelques années maintenant, comment voyez-vous évoluer le métier ?
- Speaker #1
Comme je l'ai précisé, je suis responsable de ce Master 2 depuis octobre 2022, donc j'ai peu de recul sur l'évolution en elle-même du métier. Mais par contre, j'enseigne depuis maintenant presque dix ans. J'ai donc un certain point de vue aussi sur mes étudiants, sur l'évolution. Et c'est vrai que les attentes sont quand même différentes. Depuis une dizaine d'années, les priorités sont également différentes chez les étudiants. Les étudiants de demande sont plus attentifs à cette répartition, cet équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle. Ils sont parfois plus exigeants sur les services qu'on peut leur accorder. Donc c'est toujours très intéressant aussi de voir cette évolution. Et puis il faut en prendre compte également dans les enseignements que l'on propose. Donc encore une fois, c'est une donnée à intégrer.
- Speaker #0
Et justement, selon vous, à quoi ressemblera le... le métier de responsable mobilité internationale dans 5 à 10 ans ?
- Speaker #1
J'échange régulièrement avec les professionnels qui interviennent dans le Master 2 Mobilité internationale des travailleurs à ce sujet, puisque j'adapte mes enseignements aussi en fonction des évolutions. Ça peut être des évolutions tenant à l'actualité, à l'actualité juridique, mais aussi géopolitique. Alors, quelles sont les évolutions d'ici 5-10 ans ? Je pense que le rôle du responsable de mobilité... va forcément évoluer. Son rôle sera peut-être plus stratégique, plus analytique. On va lui demander de passer peut-être plus de temps à piloter certains projets en matière de mobilité. Si on considère que l'IA, que l'intelligence artificielle, sera utilisée pour des tâches peut-être plus administratives, pour des tâches répétées, répétitives, comme la gestion des échéances, la gestion de certains dossiers, ou pour répondre aussi à des questions qui reviennent assez régulièrement et qui sont peut-être de premier niveau. Et donc le responsable va passer plus de temps, je pense, sur l'analyse, l'analyse des données, l'analyse des projets, et plus de temps aussi peut-être pour l'accompagnement. des expatriés. Donc un accompagnement peut croire plus humain. Et je pense que c'est nécessaire.
- Speaker #0
Absolument. Il faut valoriser les tâches humaines au bon endroit.
- Speaker #1
Je pense. L'intelligence artificielle, c'est devenu indispensable. Et on ne peut pas... Les professionnels me l'ont bien indiqué. Parce que j'échange depuis deux ans avec eux. Parce que j'essaye de trouver aussi des solutions. Et ils m'ont bien indiqué qu'il faut absolument que les étudiants prennent en compte cette intelligence artificielle. Il faut l'intégrer. Il faut l'intégrer. Oui,
- Speaker #0
absolument.
- Speaker #1
Il faut en parler. Ça ne doit pas être un tabou. Donc moi, j'essaye de leur expliquer que pour les devoirs qu'on leur demande, les dossiers qu'on leur demande, les mémoires de fin d'études, là, il ne s'agit pas d'utiliser l'intelligence artificielle pour remplacer une intelligence humaine, mais l'intelligence artificielle, elle va servir encore une fois à gagner du temps, à gagner un temps précieux qui va servir à analyser. On a encore besoin de l'humain pour analyser. Pour conseiller aussi, le responsable mobilité internationale a un rôle de conseiller stratégique. Et l'IA, c'est encore une fois pour les tâches, je pense, en support, en complément, mais pas en remplacement.
- Speaker #0
Très bien. Et alors, quelles sont aujourd'hui les compétences les plus recherchées dans la mobilité internationale ?
- Speaker #1
Alors, je pense que les compétences les plus recherchées, ça va être les compétences... Alors ça, ça doit rester un classique, les compétences juridiques, j'insiste beaucoup. auprès de mes étudiants. Ils doivent, nous, c'est notre rôle en tant qu'universitaires, de faire en sorte de leur donner un socle juridique solide pour ensuite les envoyer en stage. C'est en tout cas mon rôle, ma mission. Alors, on s'attèle. Le master propose différents enseignements assez classiques comme l'immigration professionnelle, la fiscalité internationale, la protection sociale internationale. Donc ça, je pense que ça fait des années que c'est dans notre maquette et on y tient, on tient à ce socle. Et puis, on adapte du moins notre maquette à des compétences nouvelles, encore une fois, qui se développent en raison de l'actualité, qu'elles soient de nouveau juridiques ou géopolitiques. Alors moi, je pense nécessairement à des thèmes comme le télétravail à l'international, au travail frontalier. Et puis, on aborde aussi les enjeux, les débats politiques et sociaux autour de l'immigration aussi, puisque les règles sont régulièrement modifiées en fonction des gouvernements. Donc, on évoque aussi ces points-là.
- Speaker #0
Ces changements.
- Speaker #1
Tout à fait. Et dans les compétences peut-être moins classiques, en complément des compétences juridiques, je pense nécessairement aux compétences informatiques. La maîtrise d'Excel, du logiciel Excel, de façon assez avancée, c'est peut-être notre... Notre point faible en droit, on n'est pas suffisamment compétent, en tout cas en licence et en master, sur des logiciels. Et c'est pour cette raison aussi que je compte sur le stage. J'insiste auprès des tuteurs, je leur demande si vous avez l'occasion aussi de former nos étudiants, de passer du temps. avec nos étudiants sur ces logiciels, sur des logiciels internes également, parce que je suppose que chaque entreprise a son propre logiciel. En mobilité internationale, a ses propres logiciels. Mais c'est vrai que nous, à l'université, on a peu d'heures. Oui, de dire ça. On leur demande de développer ses compétences aussi en parallèle des compétences juridiques. Et je pense, dans les compétences futures, forcément la maîtrise de l'IA. Mais là, j'ai encore peu de recul. C'est pour cette raison également que... que j'échange aussi avec les intervenants pour qu'ils puissent en parler avec mes étudiants. S'ils peuvent transmettre aussi des informations, échanger avec eux, comment l'IA est utilisée dans leur entreprise. Les sensibiliser un peu plus. Les sensibiliser également, parce qu'au final, on a le même discours. Donc ça, c'est assez commun.
- Speaker #0
On parlait également de compétences interculturelles.
- Speaker #1
Exactement. Ça, c'est très important pour aller dans ce sens. Avec mes collègues, nous insistons de plus en plus sur l'importance du droit comparé, l'importance de connaître aussi le droit de nos États voisins, le droit belge, le droit italien. C'est vrai qu'on insiste là depuis deux ans parce qu'on a senti une petite faiblesse sur ce point-là. On sentait nos étudiants peut-être un peu moins ouverts, moins sensibles à ce qui se passe. Et comment le droit est construit chez nos voisins ?
- Speaker #0
Très bien. La mobilité internationale, selon vous, est-elle en train de devenir plus juridique ou plus stratégique ?
- Speaker #1
C'est pour moi une question peut-être un peu difficile, puisque j'ai l'impression que ce sont les deux. Les compétences juridiques, je l'ai affirmé tout à l'heure, sont toujours aussi importantes. Je suis très exigeante auprès de mes étudiants sur ces compétences juridiques. Et dans le même temps, il faut être de plus en plus stratège. C'est une compétence qu'on leur demande d'acquérir de plus en plus. Donc, j'ai envie de répondre les deux en parallèle. Et ça, c'est leur défi de maîtriser ces deux compétences.
- Speaker #0
Quel sujet passionne le plus vos étudiants aujourd'hui ?
- Speaker #1
Actuellement et depuis 2-3 ans, j'ai l'impression que les thématiques... comme les travailleurs frontaliers, le télétravail à l'international, les passionnes. En tout cas, c'est une interrogation qu'ils ont. Et puis, c'est vrai que c'est des thématiques qui font l'objet aussi de modifications, de changements, d'évolutions. On peut s'interroger sur les conséquences fiscales en matière de protection sociale, en matière de droit du travail. Donc, c'est des sujets finalement très complets. Et nous avons de plus en plus d'exemples aussi, si on regarde du côté de la jurisprudence. Donc ça nous permet de débattre. Et j'ai des intervenants aussi qui sont spécialistes de ces questions-là, notamment en matière de télétravail frontalier, transfrontalier. Donc ça intéresse de plus en plus. L'immigration, c'est toujours un thème qui revient, qui suscite là aussi des questions. Et dernier point pour le thème qui est à l'inverse. peut-être un peu plus compliquée, c'est l'intelligence artificielle.
- Speaker #0
Encore une fois, oui. Je pense qu'on a un moment clé de développement de tout ça.
- Speaker #1
Et nous-mêmes, on est en pleine réflexion en tant qu'enseignants, et on sent que nos étudiants, finalement, le maîtrisent pour des points, encore une fois, très scolaires. Mais d'un point de vue professionnel, on sent que ce n'est pas maîtrisé. On est au début, bien sûr. Comment on peut l'utiliser de façon intelligente ?
- Speaker #0
Oui, c'est normal, j'ai envie de vous dire. On est à un stade où on découvre un peu tout. Et c'est là où le stage est intéressant pour voir les pratiques dans les entreprises, encore une fois.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Alors, selon vous, quelles sont les grandes transformations, Camille, qui vont impacter la mobilité internationale dans les prochaines années ? Si vous deviez en citer trois, trois évolutions majeures, quelles seraient-elles ?
- Speaker #1
Alors là aussi, ce sont des évolutions que j'ai déjà évoquées de façon... explicite. La première évolution, c'est peut-être la croissance des organisations hybrides, du travail hybride et de la mobilité plus flexible, avec des missions peut-être plus courtes, des mobilités aussi régionales, plutôt régionales et peut-être moins internationales. Et puis, le travail à distance, je l'ai évoqué. Donc pour moi, ça serait la première évolution, même si elle est déjà bien installée, bien en cours depuis 2020-2021 et la pandémie de Covid-19. La deuxième évolution que je pourrais citer, c'est éventuellement le renforcement, on l'a évoqué de façon implicite, mais le renforcement des contraintes législatives, fiscales et géopolitiques. Là, je pense à l'immigration professionnelle. On a eu depuis 2024 différentes réformes et des décrets d'application qui sont publiés régulièrement et qui sont de plus en plus exigeants en matière de maîtrise de la langue française. Il faut que les responsables de mobilité internationale soient informés de toutes ces évolutions et adaptent aussi.
- Speaker #0
Il faut qu'ils soient agiles. et puis l'augmentation ça va dans la même direction mais de plus en plus En gros, de plus en plus de compliance, de plus en plus de contrôle.
- Speaker #1
Tout à fait. Mes étudiants en sont conscients, puisque quand j'évoque ce thème-là, qui est aussi évoqué par les professionnels, que de plus en plus j'intègre de nombreuses heures en matière d'immigration, ils comprennent aussi cette inflation législative, ces contraintes que l'employeur, l'entreprise doit prendre en compte également. Absolument. Et quand il y a aussi cette inflation, ces contraintes législatives, il y a des risques. Et il faut les anticiper au maximum. Et ça sera leur rôle.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Donc ça, c'est important. Et la troisième évolution, je ne l'ai peut-être pas évoquée jusqu'à présent, c'est peut-être les enjeux environnementaux.
- Speaker #0
Oui, très important.
- Speaker #1
Voilà, peut-être réduire, je pense que c'est déjà le cas, réduire peut-être certains trajets ou en tout cas s'interroger sur la pertinence du trajet. pour le peu de temps.
- Speaker #0
Oui. Il y a pas mal d'entreprises qui ont déjà mis en place des politiques comme ça où on limite les déménagements, les visites sur place, les business trips,
- Speaker #1
etc. Oui. Je pensais à cela. Donc, pour moi, ce sont les trois... Les trois évolutions, les trois transformations majeures qui interrogent.
- Speaker #0
Alors Camille, quel conseil donneriez-vous à un étudiant qui souhaite construire une carrière dans la MI aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors là aussi, je discute beaucoup avec les étudiants. J'apprécie ces temps d'échange. Je leur conseille très régulièrement d'être curieux. Et même dès le Master 1, quand on les reçoit, vraiment d'être ouvert sur les cultures, sur les différentes cultures. de se renseigner aussi, de s'interroger. Ce n'est pas parce qu'on reçoit une information brute qu'on doit la considérer et qu'on doit l'appliquer. Il faut sans cesse s'interroger, se poser des questions. Pourquoi cette décision a été prise ? Quelle est la raison ? Et c'est de cette manière-là aussi que l'on comprend comment cela fonctionne. Et ça permet aussi de trouver l'information, de progresser du point de vue de ses connaissances. Donc ça serait pour moi le premier point, l'ouverture, la curiosité sur la culture, sur les environnements internationaux. Et puis ne pas négliger les enjeux humains liés à la mobilité internationale. Et puis après, je pourrais insister aussi auprès d'eux sur leurs compétences, la nécessité de s'adapter en permanence. Encore une fois, de développer ces compétences relationnelles, avoir une sensibilité interculturelle. Voilà pour moi les points qui caractérisent la mobilité internationale, les qualités qu'il faut pour intégrer une formation en matière de mobilité internationale.
- Speaker #0
Quand on a préparé ce rendez-vous, on a parlé de l'anglais. Oui. On a parlé de l'anglais et vous me disiez que, de manière surprenante finalement, les étudiants étaient de moins en moins enclins à vouloir parler anglais ou intégrer l'anglais dans leur parcours.
- Speaker #1
Et là aussi, ce sont des attendus. qui, pour moi, étaient naturelles, du moins, peut-être aussi des stéréotypes. C'est vrai que je vous disais, c'est une génération qui, pour moi, a accès à beaucoup d'outils, que ce soit les réseaux sociaux, les plateformes de vidéos. Et pour moi, je pensais, selon moi, cette génération allait être vraiment quasiment bilingue en arrivant en master. Et je me rends compte que ce n'est pas nécessairement le cas. Ce n'est pas toujours le cas. Donc, il y a beaucoup d'efforts à faire. Et grâce à nos intervenants aussi, à nos enseignants en anglais, ce sont des enseignants qui insistent beaucoup sur l'oralité. Et je pense que c'est une bonne chose, puisque nos étudiants français sont sans doute très bons à l'écrit. Ça, je le constate, je l'ai déjà constaté. Mais il manque cette fluidité, cette pratique de l'anglais. On insiste toujours sur ce point, c'est toujours un point assez fort. Et on propose aussi, dans le cadre du Master 2 Mobilité Internationale des Travailleurs, un concours de plaidoirie. On est inscrit, l'IOTEL est inscrit tous les ans à un concours de plaidoirie en droit européen. Tous les ans, ça change de pays, organisateur. Je reviens tout juste de Francfort, et nous avions quatre étudiantes qui ont plaidé en anglais. C'est un concours, mais ça permet aussi de pratiquer l'anglais dans un cadre peut-être aussi moins formel. Et le fait de voyager, puisqu'on est l'IETL, finance le voyage de nos étudiantes ou étudiants. Donc ils sont quatre, c'est une équipe de quatre tous les ans. Et encore une fois, ça participe de l'ouverture.
- Speaker #0
Complètement ? Ils étaient contents ? Ça s'est bien passé ? Oui, exactement.
- Speaker #1
Ça s'est très bien passé. On a été accueillis à l'université de Francfort. On reste quatre jours. Donc, c'est vraiment une immersion aussi dans une autre université. L'année dernière, on a été accueillis à Bratislava au sein de l'autorité européenne du travail, des locaux de l'autorité européenne du travail. Donc là aussi, pour nos étudiants, c'est une autorité qu'ils connaissent. On a déjà évoqué cette autorité avec eux en cours et de se déplacer. C'est un concours qui permet de... de développer plusieurs points.
- Speaker #0
D'enrichir le parcours.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Question bonus, Camille. Vous formez les futurs responsables en MI. Si vous deviez aujourd'hui adresser un message aux entreprises qui recrutent ces jeunes diplômés, quels seraient-ils ?
- Speaker #1
Alors là aussi, ce n'est pas toujours évident de répondre à cette question, mais je vais peut-être revenir sur un point que j'ai évoqué en tout début d'interview. Je disais effectivement que... Nos étudiants ont des priorités différentes désormais, des attentes différentes par rapport à nos étudiants d'il y a dix ans. Et je pense que ces attentes-là, elles méritent d'être prises en compte. du point de vue du management, du travail en équipe. Donc, je leur conseillerais de prendre en compte ces priorités, de communiquer aussi avec cette génération. Alors, je le fais, je sais que ce n'est pas toujours évident, puisque moi, je suis de la génération précédente, la génération Y. Et c'est vrai qu'on peut parfois être déstabilisé par certaines attentes ou certaines priorités. Et j'apprends moi-même à dialoguer avec eux. à leur expliquer aussi mon point de vue. Et je pense que c'est de cette manière-là, par la communication, que l'on peut aussi trouver des compromis entre leurs attentes, qui sont parfois légitimes, mais parfois les tâches aussi qui sont demandées de façon ponctuelle, je pense au pôle fiscal, ou par moment, le mois d'avril, avril, mai, juin, c'est très intense, la période fiscale est très intense, donc on va leur demander. de fournir peut-être plus, d'être plus engagés. Et à nous de communiquer aussi, de trouver un compromis. Mon conseil serait peut-être de prendre en compte ces attentes.
- Speaker #0
Les attentes des nouvelles générations.
- Speaker #1
Exactement, parce qu'ils ont aussi quelque chose à apporter. Absolument. Un souffle nouveau. Des idées. Un certain dynamisme. C'est un autre point de vue de leur part.
- Speaker #0
Ce sont nos responsables mobilité de demain.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
C'est important.
- Speaker #1
Oui, oui, exactement.
- Speaker #0
Top. Merci beaucoup Camille pour cet échange.
- Speaker #1
Merci à vous Caroline.
- Speaker #0
Hyper intéressant. Merci d'être venue jusqu'à nous.
- Speaker #1
Très bien, je vous remercie.
- Speaker #0
Ce que je retiens de cet échange avec Camille, c'est que la mobilité internationale reste avant tout un métier profondément humain. Bien sûr, les outils évoluent, l'intelligence artificielle prend de plus en plus de place et les réglementations se complexifient. Mais ce sont toujours la capacité d'analyse, la curiosité, l'ouverture aux autres et l'accompagnement des collaborateurs qui feront la différence. Un grand merci à Camille d'avoir partagé avec nous sa vision de l'avenir de la mobilité internationale et des professionnels qui la feront vivre demain. C'est la fin de cet épisode, merci de l'avoir suivi. On se retrouve le mois prochain avec un nouvel invité. D'ici là, n'hésitez pas à partager le podcast avec quelqu'un qui pourrait être intéressé.