- Patana
Bonjour à tous et bienvenue chez WePotes, le podcast où on papote entre potes. En tant que trentenaire, nous partageons souvent les mêmes questionnements, les mêmes doutes et les mêmes rêves. Alors, quoi de mieux que d'en discuter avec ses amis ? À travers des conversations sans filtre, je vous emmène à la rencontre de mes amis, des personnes ordinaires au parcours inspirant, qui racontent leur histoire, leur choix de vie et les expériences qui les ont fait évoluer. Bienvenue chez WePotes ! Imaginez planifier vos prochaines vacances ou un road trip de quelques mois. Aujourd'hui, mon invité en est à 1732 jours de voyage. Des années à découvrir le monde, poster une photo par jour, des dizaines de pays traversés, et l'aventure n'est pas finie. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir une des personnes emblématiques de notre groupe d'amis de lycée, ce genre d'amis à qui on se demande ce qu'il devient et dont on aime voir ses une photo par jour de son voyage. Notre aventurier nomade qui fait actuellement un mini-break dans son projet fou de tour de monde. Mon cher Simon, comment tu vas ?
- Simon
Ça va, merci beaucoup, merci de me recevoir, bonjour à tous.
- Patana
Comment tu te sens ?
- Simon
Un peu stressé, mais ça va. Pas stressé, mais un peu d'appréhension.
- Patana
Ça va.
- Simon
J'ai pas parlé beaucoup de fois pendant une heure d'affilée ou plus de mon voyage, mais ça va aller.
- Patana
Ça va être l'occasion du coup. En tout cas, merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation au podcast.
- Simon
Avec plaisir, c'est une bonne idée, tes podcasts.
- Patana
Je suis vraiment hyper honorée que tu puisses me consacrer ce temps qui était si précieux. Je ne pensais pas qu'on allait arriver à se capte-ci-tôt, donc c'est super chouette de commencer cette saison 2 du podcast avec toi.
- Simon
Ah, c'est le premier épisode de la saison 2 ? Ouais.
- Patana
Ok. Yes, yes.
- Simon
Un honneur.
- Patana
Et avant de démarrer, j'aimerais te proposer un petit icebreaker des familles. Alors déjà, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
- Simon
Je m'appelle Simon, j'ai 33 ans. Je connais Patana depuis la première et le bâtiment C où on jouait aux cartes ensemble. J'ai fait des études d'éducateur spécialisé après un master et je voyage depuis 2019 avec une année de césure pendant le Covid.
- Patana
Alors justement tu parlais de quand on s'est rencontrés, est-ce que tu te rappelles exactement comment on s'est rencontrés la première fois qu'on s'est parlé ?
- Simon
Non. Je n'ai pas de moment précis. Je pense que c'était autour d'une partie de tarot au bâtiment C, mais je n'ai pas le moment précis ni les échanges.
- Patana
Je n'ai pas le moment précis non plus. Je me rappelle déjà que tu avais des cheveux.
- Simon
Ah oui.
- Patana
Avec le petit bandana. Et en fait, on ne se parlait pas beaucoup à cette époque-là, mais je me rappelle avoir pris plusieurs fois le bus en te voyant à côté, le fameux 403, pour aller au lycée. Et je me rappelle aussi tes 20 ans, tu l'avais fait à la ferme du Bois-Briard, et puis d'autres anniversaires, tu en avais fait de super chouettes, notamment avec Luce, en musique. Et j'avais aussi le souvenir de toi en mec ultra populaire. où en soirée c'était "Simon, Simon !" et dis-toi que même en étant en voyage on continuait à le faire au nouvel an et on avait même fait ça un week-end à Europa Park on était dans l'attraction et on faisait Simon.
- Simon
Je t'avais demandé de m'envoyer les vidéos de votre mariage et c'était parti aussi un moment comme ça donc en fait ça se fait même en mon absence mais du coup comme je suis absent, je ne le savais pas et récemment on a pu apprendre ça.
- Patana
Yes ! Et comment tu décrirais notre relation en un mot ?
- Simon
En un mot, c'est compliqué, mais attends, je vais essayer. Sur la durée, ça fait trois mots, mais comme ça fait depuis le lycée qu'on se connaît, je dirais qu'il y a d'autres personnes avec qui je ne vois plus. Et que même si ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vus, je pense que le lycée, ça fait partie du groupe de gens que je peux ne pas voir pendant longtemps. Mais que quand je reviens, c'est toujours cool de les revoir, etc.
- Patana
Justement, on parlait un petit peu avant de... Qu'est-ce que ça te faisait, du coup, de revenir en France après plusieurs années ?
- Simon
Alors, du coup, hier, à l'anniversaire de Stan, il y avait beaucoup de familles. avec beaucoup d'enfants. Et du coup, ça faisait 5 ans que je n'étais pas rentré en métropole. Mais j'avais revu ma famille il y a 4 mois à La Réunion pour les 40 ans de ma sœur. Donc ma famille... Ça m'a pas fait grand chose, enfin c'était sympa de les revoir, mais comme je les avais revus il n'y a pas longtemps. Ceux que je n'avais pas vus depuis le Costa Rica, donc depuis trois ans, c'est vrai qu'en final on se rend compte que ça passe vite. Et en fait, c'est en voyant les enfants que je me suis rendu compte que ça faisait cinq ans que j'étais parti. Enfin que ça fait cinq ans que le Covid est fini et que j'ai pu repartir, etc. Mais c'est plus en voyant les enfants, j'ai fait « ah oui, quand même, Steven, Tony » . Donc, tu te dis... Enfin, vous, Raquel et Stephen... Enfin, en voyant les enfants, je me suis rendu compte que ça faisait longtemps que j'étais parti. Et que... Mais les cinq ans, je ne les vois pas spécialement en regardant ce que j'ai fait.
- Patana
Ok.
- Simon
Quand je regarde l'Amérique latine ou l'Australie ou quoi, je ne me dis pas que ça fait cinq ans. Mais c'est hier, je pense que c'est la première fois que j'ai pris conscience qu'il y avait une page qui s'était tournée.
- Patana
Oui, c'est intéressant, on va y revenir justement dans l'épisode. Et du coup, aujourd'hui, on va aborder le thème du voyage, parce que tu t'es lancé dans un tour du monde incroyable depuis 2019. Déjà, est-ce que tu sais nous dire combien de pays tu as traversé depuis 2019 ?
- Simon
Depuis 2019, je dirais 17.
- Patana
Tu sais les dire dans l'ordre ?
- Simon
Ah non, 19 peut-être. Dans l'ordre ? Alors, 2019, donc avant le Covid, un peu d'États-Unis, un peu de Canada, Népal, Inde et Birmanie. Je rentre un an et demi pour le Covid. Après... Pérou, Argentine, Bolivie, Paraguay. Re-Canada, c'est dit que Morgan, Marie-Hélène, Mélanie, et je n'ai pas réussi à avoir Luce ce moment-là. Ah si, je l'ai vu au chalet, mais je ne suis pas allé chez elle. Et après le Canada, du coup, je suis redescendu Amérique centrale, Amérique latine. Et c'est là que la question de l'ordre devient compliquée. Parce que je pense que ça fait quelque chose comme Guatemala, Belize, Honduras, El Salvador. Nicaragua, Panama, Costa Rica, Colombie-Équateur, Pérou. Mais je ne suis pas sûr de l'ordre.
- Patana
Ok.
- Simon
Notamment, Belize, Honduras, je ne sais plus exactement lequel était dans lequel.
- Patana
Ok.
- Simon
Voilà. Mais après Pérou, du coup, billets d'avion pour l'Australie, Nouvelle-Zélande et Réunion. Voilà.
- Patana
Et est-ce que tu as déjà loupé l'avion ?
- Simon
Pendant ce tour du monde ou même avant ?
- Patana
Ouais, pendant le tour du monde.
- Simon
Non.
- Patana
T'as toujours suivi ton plan et...
- Simon
J'ai jamais loupé d'avion. J'ai dû louper des bus. Mais après, j'ai pas pris souvent l'avion.
- Patana
D'accord.
- Simon
Ouais. Je l'ai pris de la Bolivie au Canada, du Canada au Guatemala et du Pérou à l'Australie.
- Patana
Ok. Ouais, ça fait des continents, quoi.
- Simon
Ouais. Ah non, j'ai dû le prendre une fois entre le Panama et la Colombie. Parce qu'il y a la forêt du Darien là qui craint, enfin il y a plein de narcotrafiquants, des insectes et plein de trucs. Et donc en fait, c'est soit tu prends un avion de genre 40 minutes qui te fait passer la frontière, soit il faut que tu payes des bateaux qui coûtent hyper cher ou tu fais une croisière et tout.
- Patana
Ouais.
- Simon
Et du coup, j'ai dû payer l'avion, mais ouais, pour 30-40 minutes juste pour le passage de la frontière quoi.
- Patana
Ouais, ok.
- Simon
Ouais. Mais c'est juste cette partie-là, c'est la forêt du Darien. En fait, c'est juste cette partie-là en Amérique. Mais théoriquement, tu pourrais aller de l'Alaska à Ushuaïa en transport. Juste cette partie-là où tu ne peux pas.
- Patana
Oui, je comprends. Et combien de langues tu sais parler aujourd'hui ?
- Simon
Trois. Facile. Oui, français, anglais, espagnol.
- Patana
Et tu t'arrives à te débrouiller avec les trois sans problème.
- Simon
Comment ?
- Patana
Tu te débrouilles avec les trois langues sans problème. Oui,
- Simon
ça va. Mais c'était très agréable en Amérique latine de parler la langue. Mais c'est au-delà de la parler, c'est de comprendre ce qui se passe autour de moi, culturellement, tu vois. Genre, là après, quand je vais aller en Asie dans un an, en fait, en Thaïlande, au Vietnam, au Cambodge, et là-haut, etc., je ne comprendrai pas ce qui se passe autour de moi. Alors maintenant, il y a Google Traduction, il y a plus de gens qui parlent anglais, etc., mais c'est vrai qu'en Amérique latine, le fait de parler espagnol, c'était plutôt cool. Et je voyais qu'en fait, il y avait des choses qui étaient beaucoup plus simples pour moi que pour des autres backpackers que je pouvais rencontrer et qui ne parlaient pas la langue. Ok.
- Patana
Ouais. Ça marche. Et si on revient un peu sur la genèse, comment c'était venue cette idée du tour du monde ? Qu'est-ce qui t'a motivé ?
- Simon
C'est pas hyper précis, mais je me souviens qu'en seconde, en fait, je disais à mes parents, vous savez, je vais faire des études et après, je vais beaucoup voyager. Mais je leur ai dit, d'abord, je fais mes études, donc j'ai mon bac plus 5, j'ai mon école d'éducateur, etc. Mais chaque année, je leur disais, vous savez, après, je vais partir, etc. Et j'ai l'impression que c'est une fois que je suis parti, ils ont fait, ah, mais tu pars vraiment ? Et j'ai leur dit, ouais, mais les gars, ça fait 5-6 ans quand même que je vous le dis, quoi.
- Patana
Après, il y a le voyage, le voyage. Est-ce qu'ils avaient vraiment compris que tu allais fait un tour de monde ?
- Simon
J'avais l'impression que je l'avais rendu clair et que j'allais partir quelques années, etc. Mais je pense que des fois, les parents, ils entendent un peu ce qu'ils veulent.
- Patana
Oui, complètement.
- Simon
Mais je me souviens, je pense que c'était en seconde. où j'avais vu, enfin même en troisième ou seconde, on avait fait un cours de cartographie ou de géographie, où je voyais le monde et je me disais, putain, ça a l'air assez ouf à découvrir, etc. Et je savais que je voulais le faire sur la durée et vivre vraiment quelque chose et pas, comme beaucoup de gens font, parce qu'ils posent des jours de vacances et parce qu'ils ont un mois de vacances quelque part, etc. Mais je savais que c'était... pas vraiment ça que je voulais faire, mais vraiment partir longtemps. Donc ouais, j'irais un cours de géographie en seconde, je pense, ou en troisième.
- Patana
Et justement, tu disais, c'est les études avant le voyage. Pourquoi tu as choisi de faire des études pour faire éducateur spécialisé, du coup ?
- Simon
Alors, au début, je ne savais pas que je voulais être directement éducateur spécialisé, mais j'aimais bien l'idée de la fac. J'aimais bien l'université, donc j'ai fait une licence de sciences sociales et politiques et un master de sciences de l'éducation. Et mes deux parents, enfin mon père il était assistant social et ma mère elle était éducatrice. Et en fait ma mère elle a beaucoup travaillé avec les adolescents délinquants, donc placés au pénal.
- Patana
Ok.
- Simon
Et moi j'ai plus travaillé avec les enfants placés au civil, donc entre guillemets quand c'est les parents qui déconnent. Et que le juge des enfants dit que l'enfant n'est plus en sécurité dans sa famille et qu'il est placé dans un foyer de l'aide sociale à l'enfance. Après, le fait que j'ai fait des études avant, si jamais je veux grimper les échelons de la fonction publique ou quoi, généralement, quand tu as fait un master ou que tu as un bac plus simple, ta candidature est plus légitime. Donc, ce n'est pas quelque chose de perdu parce que je pourrais le réutiliser plus tard.
- Patana
Tout à fait.
- Simon
Mais je pense aussi qu'en partant du bac, à 18 ans, 19 ans, je n'étais pas prêt à faire ce que je fais maintenant. Enfin, moi, je suis devenu adulte, je pense, vers 21 ans, quand j'ai vécu tout seul en Belgique. Quand j'ai eu, voilà, quand j'ai fait mes courses. Parce qu'après le bac, j'étais en prépa, donc j'étais à l'internat. Donc là, c'est pareil, tu ne penses à rien à part aux courses. Après, la deuxième année, je dormais chez une amie. Et la troisième année, j'ai fait mon Erasmus à Bruxelles, c'est là que je pense que j'ai fait la facture de gaz, la facture des... Enfin, tous les trucs que tu penses quand tu commences ta vie d'adulte. Mais je pense que c'est pas quelque chose que j'aurais pu faire avant Bruxelles. Et en Australie notamment, je vois beaucoup de très jeunes, 18-19 ans, et en fait je pense que tu peux le faire si tu vas en Australie, mais qu'en Amérique latine, je voyais très peu de très jeunes. Les gens, ils ont... rarement moins de 24-25 ans. Ouais. Tu vois, donc je pense qu'il y a aussi... Ouais, l'accessibilité... Il y avait peu de 18 ans en Amérique latine, quoi. Je pense que c'est moins cool pour les parents de laisser partir là-bas, alors que l'Australie, c'est un pays occidentalisé, donc ça leur fait peut-être moins peur, ouais.
- Patana
Et donc, comment réagissent tes proches quand, justement, c'est l'heure, quoi ?
- Simon
Quand je pars ? Quand tu pars, ouais. J'ai pas de souvenirs. En fait, du coup, quand je suis parti, j'avais commencé par les États-Unis, et en fait, quand je pars, je pars avec mon frère et ma mère.
- Patana
D'accord.
- Simon
Je pense que c'est pour ma mère, déjà, pour qui c'est le plus compliqué.
- Patana
Ouais.
- Simon
Ou le plus difficile, ouais. Mais quand je pars aux États-Unis, on se fait une semaine à New York avec mon frère et ma mère, et après on se fait d'autres villes de la côte Est avec mon frère. Donc le fait que je parte avec ma mère, déjà je pense que c'était moins dur pour elle.
- Patana
Oui, une transition.
- Simon
Parce qu'après, c'est elle qui part des Etats-Unis en fait, et c'est moi qui reste.
- Patana
Ah oui, oui.
- Simon
Donc en fait, c'est elle qui rentre, et moi je suis déjà sur place. Du coup, ça, je pense que ça a été moins dur pour elle.
- Patana
Ouais, elle a tué le game, quoi.
- Simon
Ouais, voilà, en fait, c'est elle qui s'en va, donc... Enfin, c'est toi qui prends l'avion, quoi. Donc, en fait, bah, voilà. Et après, ils sont revenus me voir en Birmanie, juste avant que le Covid commence. Et en fait, on est rentrés ensemble de Birmanie avec mon père et ma mère.
- Patana
D'accord.
- Simon
Donc, on a pris l'avion ensemble. parce que j'avais un visa pour la Thaïlande, mais que la Thaïlande avait déjà formé sa frontière. Du coup, quand je pars, non, je n'ai pas de réaction comme ça particulière qui me vienne, mais le fait que je parte avec ma mère, je pense que ça l'a aidé.
- Patana
Oui. Et justement, comment tu construis ton itinéraire ? Est-ce que tu savais déjà par quel pays tu voulais commencer ? Comment tu as construit ton projet finalement au départ ?
- Simon
Les États-Unis, c'est parce que mon frère aime bien Hollywood, les États-Unis, les films, etc. Ma mère, comme elle a grandi dans les années 70, elle a toujours vu les films avec New York, etc. Donc, le fait de partir ensemble là-bas, c'était cool. Et puis après, le Népal, enfin le Canada, c'est parce qu'on avait un ami qui vivait là-bas. Et que du coup, j'avais un pied-à-terre aussi là-bas. Et que c'est... Voir les chutes du Niagara, etc. C'est sympa aussi. Et comme j'aime bien faire de la randonnée, que j'aime bien la montagne, c'est vrai que le Népal est devenu tout de suite assez naturel. Et après, j'ai une amie qui s'est mariée avec un Indien. Donc en fait, Népal-Inde, c'est aussi très naturel. Et mes parents qui me disaient, si tu continues comme ça de descendre, on vient te voir en Birmanie. Donc, en fait, voilà. Et puis, le but, c'est aussi de prendre le moins possible l'avion. Donc, en fait, j'essayais vraiment de franchir les frontières comme ça, avec le bus ou... Voilà. Et puis, l'Amérique latine, c'est parce que c'est le continent qui a réouvert le premier. En fait, je voulais repartir en Asie pour... Quand ça s'est réouvert en 2021, je voulais repartir en Asie pour faire les pays que je n'avais pas eu le temps de faire. Et comme l'Amérique latine ouvrait, je me suis dit, bon, bah... C'est pas grave, faut retourner en Asie plus tard, et puis là, tu es en Amérique latine, quoi.
- Patana
Et du coup, ta première partie de voyage avant Covid, tu faisais tes réservations pays par pays, ou tu te prenais un peu en avance ? Tu savais à peu près, sur telle période, ce que tu voulais faire ? Comment tu...
- Simon
Non, je ne réservais pas grand-chose à l'avance.
- Patana
Ok, c'était plus par opportunisme, du coup, tu dis... Ouais.
- Simon
Mais c'est là qu'on voit que les Français, on a un bon passeport, parce qu'il n'y a pas beaucoup de passeports où tu peux te présenter comme ça à une frontière.
- Patana
Oui, c'est clair.
- Simon
C'est un des plus puissants du monde. Je rencontrais des gens où il fallait vraiment que ce soit au jour le jour pour qu'il n'y ait pas de dépassement de visa et tout. Nous, c'est juste que tu prends un bus la veille de ton dépassement de visa pour être sûr, si jamais ils ne t'envoient pas, pour ne pas être dans l'illégalité. Et après, juste tu vas à la frontière et en fait, tu as un tampon et c'est fini. Mais je pense vraiment que tout le monde n'a pas conscience que le passeport français est quand même assez puissant. Ouais,
- Patana
c'est sûr.
- Simon
Et du coup, non, je ne réservais pas grand-chose à l'avance. Non, pas spécialement, oui.
- Patana
Ok. Est-ce que tu as eu des moments de solitude où tu te sentais seul ? Tu avais des moments de doute pendant ton voyage ?
- Simon
Pas de doute. Mais de seul... Peut-être à La Réunion, bizarrement en fait c'est vers la fin là, où en fait j'essayais de trouver des gens pour randonner, etc.
- Patana
Ouais.
- Simon
Et en fait à La Réunion c'est beaucoup des trailers, donc c'est des gens qui font le grand raid, enfin qui courent, etc. Ouais. Et quand je mettais des messages sur les groupes Facebook, c'était pas... J'aurais expliqué, ben voilà, j'aimerais bien faire ça, mais en fait... Pour la plupart des gens, il y avait trop de dénivelé, enfin, il fallait monter trop haut par rapport à ce que je voulais faire. Et j'ai une fois réussi à randonner une journée avec une fille. Mais sinon, même en m'en donnant les moyens, je n'ai pas trouvé beaucoup de gens avec qui randonner comme ça. Ce qui fait que je pense que quand je croisais quelqu'un sur un chemin de randonnée, j'y allais, tu vois, j'investissais la conversation et tout. Et parfois... Je pense pas qu'ils étaient saoulés, tu vois, mais... C'est pas que j'ai parlé trop, mais du coup, ils voulaient vraiment qu'on passe le maximum de temps ensemble, quoi. Et c'est vrai qu'à La Réunion, il y a pas mal de fois où, bah ouais, je me retrouvais tout seul à planter ma tente, et puis là-bas, il fait nuit très tôt, tu vois. À 18h30, 19h, il fait nuit. Donc en fait, une fois que t'as planté ta tente et que t'as mangé, et que... bah en fait tu vas te coucher et puis le lendemain tu travailles tôt pour randonner etc donc c'est pas des moments solides, je me suis pas senti seul parce que j'aime bien être seul mais ça m'aurait pas dérangé de rencontrer plus de monde après en Amérique Latine c'est dès que je suis seul, si j'en ai marre d'être seul bah je vais avec du monde et dès que j'en ai marre d'être avec du monde bah en fait c'est ça aussi la liberté d'être, de partir seul c'est qu'en fait la solitude elle est choisie quoi alors qu'à la Réunion c'est le seul moment où elle était un petit peu imposée je dirais d'accord,
- Patana
ok J'allais te poser la question justement sur... Tu parlais de la liberté, c'est intéressant. Est-ce que c'est vraiment ça que tu cherchais en faisant ce voyage ? Ou est-ce qu'il y avait d'autres choses que tu cherchais à part la liberté ?
- Simon
C'est peut-être pas ça que j'allais chercher, mais c'est ce que j'ai le plus apprécié en tout cas. Je ne pense pas que j'allais aller chercher la liberté, parce que même en France, je peux être quelqu'un d'assez libre. Mais... Non, c'est de découvrir d'autres cultures, voir d'autres paysages, d'autres... Mais je pense que c'est la liberté que j'ai appréciée le plus, quoi. La liberté d'être seul, comme je disais, oui, de faire... De joindre un groupe ou une personne pour une semaine, un mois, quelques jours, de retourner tout seul, de ne pas avoir de compromis à faire. Enfin, des fois, au bout d'un moment, au bout d'un mois, si tu voyages avec la personne, tu vas faire des compromis pour continuer de voyager avec elle parce que ça se passe bien. Mais la liberté de mouvement, de passer des frontières quand j'ai envie, comme je te disais, avec le passeport français, tu fais un peu comme tu veux, quoi. En tout cas en Amérique latine. Et puis, la liberté de l'anonymat. En fait, personne ne te connaît, quoi. Et c'est rare dans les relations humaines. et sociale, de ne pas avoir de passif, de passer avec les gens.
- Patana
Ouais.
- Simon
En fait, il n'y a personne qui ne sait rien de toi. Alors, ça ne veut pas dire que tu vas leur mentir, mais ça veut dire que tu leur dis ce que tu veux de toi.
- Patana
Ouais.
- Simon
Sans leur mentir, mais en fait, ils ne savent rien, en fait. Et cette page blanche, en fait, l'anonymat, c'est aussi une forme de liberté, je pense. Ouais. Mais non, je ne dirais pas que j'allais chercher la liberté, ouais.
- Patana
Ok. Est-ce que tu as gardé encore des liens avec les personnes que tu as rencontrées pendant tes voyages ?
- Simon
Ouais, avec certaines personnes. En fait, je m'étais fait beaucoup de potes en Argentine. D'accord. J'ai trouvé le contact avec les Argentins très facile et très naturel, etc. Mais du coup, comme j'ai perdu mon compte Facebook, j'ai perdu beaucoup de gens, en fait.
- Patana
Ouais.
- Simon
Et du coup, je me souviens plus, enfin, il faudrait qu'il essaie de la retrouver, mais je me souviens plus vraiment des noms de famille ou... Enfin, c'est dur de la retrouver.
- Patana
Ouais.
- Simon
Et après, il y a des backpackers avec lesquels je peux rester un petit peu en contact.
- Patana
Ouais.
- Simon
Il y a une fille de Hong Kong, des Allemands avec qui j'ai voyagé en Nouvelle-Zélande ou des Français avec qui j'ai pu voyager en Amérique latine. Ça veut pas dire qu'on va forcément se revoir, mais c'est... C'est vrai que les liens se tissent et se nouent beaucoup plus facilement en voyage. Je pense que tu deviens intime plus rapidement avec la personne.
- Patana
Et justement, ça me fait penser à une question. Parce que quand on était partis voir Sédick et Mo, nous avec Philippe à Québec, on avait vraiment senti une différence entre eux qui arrivaient bien à s'intégrer, à se faire des vrais amis québécois, on va dire, de Québec, versus nos amis à Montréal qui avaient du mal à se faire des amis locaux parce que considérer que de toute façon c'était des expats, ils allaient retourner dans leur pays d'origine, donc ça ne servait à rien de tisser des liens. Est-ce que toi, tu as senti chez certaines cultures ou certains locaux le même sentiment ou pas ?
- Simon
Non, parce qu'en Amérique latine, les gens n'y vont pas pour s'installer en fait. Contrairement à Sédick et Mo ou Marie-Hélène qui est citoyenne, enfin qui a la citoyenneté, Sédick et Mo qui ont la résidence permanente, etc. Nous, on n'y va pas pour s'installer et les gens, ils sont plutôt contents de voir des étrangers. Parce que pour le PIB, pour... Enfin, nous, un touriste, il ne fait que dépenser, en fait. Il n'y a que des sorties d'argent, mais il n'y a pas de rente. Enfin, du coup, pour eux, c'est bien. Et peut-être en Australie, je dirais, parce qu'en fait, moi, je travaille dans les mines. Et en fait, on apprend un métier. qu'on va... Et au bout d'un mois, en gros, on est formé pour faire ce métier. Sauf que eux, ils ont 20 ans de pratique. Donc en fait, on a le... C'est un ticket qu'ils appellent ça en Australie, c'est comme un mini-diplôme. Et en fait, nous, on a ça, donc ça veut dire que légalement, on a le droit de faire ce métier. Mais sauf que eux, ils ont... 20 ans de pratique, et qu'eux, ils ont bien compris que les backpackers, on était là pour nos 3 ans de PVT, qu'on prenait notre argent et qu'on rentrait chez nous.
- Patana
Ouais.
- Simon
Alors que eux, en fait, c'est leur vie. Oui. Donc du coup, ce que je peux comprendre, tu vois, ça les embête des fois de voir des gens qui savent pas ce qu'ils font, et au bout de 3 ans, qu'ils rentrent chez eux, tu vois. Ouais. Et de les voir, d'en voir tout le temps à la chaîne, arriver, repartir et tout. Donc, pas forcément en Amérique latine, mais peut-être en Australie, ouais. Hum.
- Patana
C'est quoi les moments les plus difficiles que tu as vécu pendant ton voyage ?
- Simon
Ce voyage-là ? Oui. Pas avant.
- Patana
De manière générale.
- Simon
Pendant ce voyage-là, je pense que c'est un moment difficile. C'est pas difficile, c'était... Je ne savais plus, en fait, c'est juste qu'il y avait un problème et il n'y avait aucune solution. En gros, c'est... J'étais dans un petit village colonial en Colombie et je me fais pote avec le mec de la réception. Et en gros, c'était le samedi et il me dit « Ah bah ce soir, si tu veux, c'est samedi soir, il y a telle boîte qui est ouverte, on peut y aller, je te présente à mes potes et tout. » Et je dis « Ok, pourquoi pas ? » et je vois que la boîte, elle est genre à 200 mètres de l'auberge, dans le centre quoi. Et je me dis « Bon bah ok, pourquoi pas ? » Il me dit qu'il va finir et qu'il retourne chez lui et qu'on se retrouve là-bas. Donc je dis ok, pourquoi pas. Et en fait, là, c'était un petit village, donc c'est pas très touristique. Et en fait, il y avait un mec qui arrive dans mon dortoir alors qu'à la base, j'étais tout seul.
- Patana
D'accord.
- Simon
Et le mec, il est un peu chelou, il m'inspirait pas confiance, quoi.
- Patana
D'accord.
- Simon
Il regardait mon casier, il regardait mon sac, il regardait où il frangeait mes affaires, etc.
- Patana
Mais tu lui avais jamais parlé ?
- Simon
Je lui avais jamais parlé, il venait d'arriver et moi, ça faisait deux nuits que j'étais tout seul dans ce dortoir.
- Patana
D'accord.
- Simon
Et ouais, il regarde un peu mes affaires, je sais pas, j'ai un mauvais pressentiment. Et ce que je fais jamais d'habitude, en fait je prends ma sacoche avec moi pour aller dans la boîte.
- Patana
Ok.
- Simon
Mais ça veut dire que j'ai le passeport, la carte d'identité, les cartes... Normalement je fais jamais ça et je laisse toujours tout dans un casier quoi.
- Patana
Ah ouais, t'as pas peur qu'on te pique tes papiers ?
- Simon
Bah je me dis que quand c'est des backpackers, en fait ils savent l'importance d'un passeport ou tout ça. Et en fait, il n'y a aucune raison qu'ils aillent fouiller dans ton casier.
- Patana
Oui, c'est le pacte de confiance.
- Simon
Oui, voilà. Mais lui, c'était un local. Je voyais qu'il n'était pas là en voyage. Oui,
- Patana
il a l'attitude bizarre.
- Simon
Et puis, de toute façon, je me dis, une sacoche avec tout ce que tu as de plus important, c'est toujours plus en sécurité dans un casier là où tu n'es pas que dans la rue où tu vas croiser 1000 personnes pendant la journée.
- Patana
Ce n'est pas faux.
- Simon
Mais c'est un vrai... Il y a vraiment deux écoles entre les backpackers. T'en as qui disent, bah non, mon truc il est plus en sécurité avec moi T'en as qui disent, c'est plus en sécurité dans le dortoir, dans le casier. T'en as qui vont dire, c'est plus en sécurité à la réception. En fait, il y a vraiment des choses où on sait pas où les mettre, tu vois. T'en as qui ont la ceinture avec la fermeture éclair pour mettre des billets à l'intérieur. Enfin, t'as vraiment plein de sortes de tactiques et il y a jamais personne qui est d'accord sur, voilà. Moi, mon école, c'était le casier du dortoir mais pas dans cette configuration
- Patana
Ok.
- Simon
Et du coup, je pars en boîte avec la sacoche, mon portable et tout. Et en fait, il y avait 200 mètres pour arriver à la boîte, sauf que sur les 200 mètres, il y a genre 100 mètres dans une petite ruelle où il n'y a pas grand monde, où il n'y a pas de lumière et où... Voilà. Ça craque. Moi, je me suis dit, c'est un petit village, etc. Et en fait, là, il y a trois mecs qui arrivent et ils me disent, donne-nous ton téléphone. Donc, je leur donne le téléphone. Et puis, là, ils voient que j'ai une sacoche. En fait, je pense qu'ils m'ont vu sortir de l'auberge, là c'était la grande place, et en fait ils me voient sortir de l'auberge et aller dans la petite ruelle. En fait, ils m'ont suivi quoi. Et puis là, après ils me disent donne-le à sa coche, et je leur donne, et je leur dis juste déja el pas aporter, enfin genre jette le passeport, tu vois. Et quand ils courent, en fait je recours après, en disant jette le passeport, Et là, il y a quelqu'un qui m'accompagne au commissariat, ils avaient pas jeté le passeport. Et le commissariat, ils disent « bon bah, retournez dans votre auberge, on va venir vous chercher demain matin, etc. » Et je retourne dans l'auberge, et j'explique la situation au gars de la réception, il me dit « bon bah ok, on verra demain avec la police » . Le lendemain, je retourne dans le commissariat, et en fait là je vais avec des flics en civil, je refais le trajet que j'ai fait jusqu'à la boîte et tout.
- Patana
D'accord.
- Simon
Là ils interrogent des gens, ils leur disent « oui, c'est des petits jeunes de tel truc et tout » . On regarde un peu les caméras, je retourne dans le commissariat. Et là, en fait, c'est difficile parce que j'ai plus de passeport, j'ai plus de carte d'identité, j'ai plus de carte de crédit, j'ai plus d'argent, j'ai plus de portable. En fait, c'est les cinq essentiels du voyage. Normalement, si t'en as un, tu peux toujours t'en sortir. En fait, si t'en as aucun, c'est-à-dire que tu peux pas recevoir d'argent par Western Union parce que t'as pas ton passeport pour le récupérer. En fait, t'es bloqué, tu vois. T'es bloqué, ouais. Et en fait, là, c'est vraiment genre... C'est juste, je sais plus quoi faire, quoi. Et au moment où je réfléchis et tout, j'avais déjà eu ma mère au téléphone et tout, et en fait, là, il y a le gardien du cimetière qui arrive et il revient avec ma sacoche. Il dit « Ouais, j'ai trouvé ça dans le cimetière et tout » .
- Patana
Et il y avait tes papiers ?
- Simon
Et en fait, dedans, il y avait tout, sauf l'argent. En gros, ils avaient pris le liquide et le portable.
- Patana
Tu t'en fiches.
- Simon
Mais il y avait... Ouais, j'ai dû perdre 300 euros, tu vois, mais en gros, il y avait les cartes de crédit, le passeport, la carte d'identité, tout ce qu'ils ne pouvaient pas utiliser, quoi. Ouais. Et... La chance de fou, en vrai. Ouais, c'est ça. Les policiers, ils me disent « Mais tu sais que t'as de la chance parce qu'ils auraient pu découper les cartes. » Parce qu'en fait, je pense qu'ils ont compris qu'ils ne pouvaient rien y faire. Parce que tu fais opposition ou parce qu'ils te font un code ou parce que... Voilà. En gros, ils ne peuvent rien en faire. Que le passeport, il ne va pas leur servir. Mais en fait, juste pour emmerder le monde, ils auraient pu très bien tout découper, tout déchirer, quoi. Ouais. Mais ils ne l'ont pas fait. Donc en fait, ces gars-là, ces petits jeunes, j'ai presque envie de les remercier. Genre, merci de m'avoir laissé ça, en fait. Je pense qu'en fait, ils ne savaient pas qu'ils volaient un touriste. Et en fait, eux, ils ne savaient même pas que j'étais un touriste. Je pense qu'ils se sont rendus compte de ça en regardant dans sa coche. Mais après, tu peux tout extrapoler. Est-ce que le gars de la réception leur a dit que j'allais aller dans telle boîte à 22h30 et que j'allais passer par... Enfin, tu peux tout imaginer. Est-ce qu'ils étaient de mèche avec le gardien du cimetière ? Est-ce que... Enfin, tu vois, tu peux tout... Tout est imaginable, en fait.
- Patana
Puis en conclusion, ça militait pour dire qu'il fallait que tu le laisses dans ton casier, en fait. Bah oui,
- Simon
en fait. Après, la journée, normalement, une sacoche sur toi, ça va. Mais c'est vrai que la nuit, en fait, bah non, c'est toujours...
- Patana
Ouais, c'était gros gros, flip alors. Ouais,
- Simon
voilà. C'était pas spécialement difficile, mais c'était en mode... C'est la première fois que je savais plus vraiment... J'avais aucune idée sur qu'est-ce que je pouvais faire.
- Patana
Ouais, bah ouais, tu m'étonnes.
- Simon
Mais c'est pas difficile en soi, mais... Est-ce que...
- Patana
Moi, c'était arrivé à ma mère. C'était en France. Et forcément, faciès asiatique. Donc, t'imagines qu'elle ait bien des thunes alors que pas du tout. Et en fait, elle avait un petit portefeuille où il y avait sa pièce d'identité. C'était un titre de séjour à l'époque. Et il y avait 20 francs. Donc, c'était rien. Et donc, le voleur, il avait pris son portefeuille. Et je pense que... Il a dû voir que c'était un titre de séjour, et donc je veux de facto se dire, en fait, vraiment être emmerdée si elle n'a pas son titre de séjour, donc il l'avait envoyé par la poste.
- Simon
Ah oui, ok.
- Patana
Et je pense qu'au final, les 20 francs, ils sont passés presque dedans, au final, donc... Je me suis dit, bon, bah, heureusement, parce que pour le coup, même en France, les papiers, c'est l'enfer pour les refaire.
- Simon
C'est vraiment, en fait, quand tu perds tout d'un coup, c'est... C'est vraiment, en fait, tu ne peux plus rien faire. Oui. De toute façon, si tu perds tes cartes, c'est pire que de perdre ton argent, au final. Parce qu'en fait, j'étais dans un petit village, donc je ne pouvais même pas payer le bus pour aller à une ambassade. En fait, tu étais vraiment bloqué. Je n'avais pas payé l'auberge pour les nuits d'après parce que je ne savais pas si j'y restais. Donc en fait, je n'avais même plus vraiment d'endroit où dormir. Tu vois, tu es vraiment genre... Qu'est-ce que je fais, quoi ? C'est vraiment portable, carte de crédit, passeport. Quand tu perds tout ça d'un coup, t'es un peu genre... Vraiment, j'ai aucune idée. Ouais, je comprends. Et du coup, à l'inverse, dans les choses positives, ça c'est la question C'est le nom d'Élise du coup, comme on le posait juste avant. Ah c'est ça, ok, le brunch.
- Patana
C'est quoi le truc le plus ouf qui t'est arrivé pendant ton voyage ? Positif en parlant du coup.
- Simon
Ah je sais pourquoi elle pose cette question. Je lui pose cette question. C'est ce qu'elle a dit ? Oui. Ah ok, d'accord. Oui en fait elle pose cette question parce qu'on en a parlé vendredi soir au bord de Seine. Quand on s'est retrouvés avec Johanna, Tony et Thomas et Élise. Mais même hier soir on en a parlé en fait, le truc le plus ouf c'était en Bolivie où...
- Patana
Moi je connais pas l'histoire donc je vais découvrir.
- Simon
Ah t'as même pas dit du coup ?
- Patana
Elle m'a dit, je veux voir s'il va dire la même chose que moi.
- Simon
Ah oui non mais j'assume, non mais j'assume, c'est pas grave. Mais en gros en Bolivie, on avait fait un sommet à 6000 avec trois français et un irlandais, le Wayana pote aussi. Et du coup, en fait, les sommets à 6000, tu les fais la nuit parce que la glace est encore dure. Et qu'en fait, si tu les grimpes la journée, ce n'est pas assez safe à cause du soleil. Et du coup, en fait, on fait ça avec les camps de base sur deux, trois jours. Et on redescend à la phase. Et là, il est genre midi. Et on se rend compte que c'est samedi et qu'on a tous fait le sommeil. le sommet à 6000 et qu'on aimerait bien aller célébrer ça. Donc, on regarde un peu les bars, les boîtes, latino, électro et tout. Enfin, on commence à se renseigner sur la vie nocturne de la Paz. Et puis, donc on se dit, ok, on est tous sur nos téléphones pendant deux heures. Alors, on fait une sélection et après, on voit qui est ce qui ressort le plus, quoi. Et en fait, pendant que je regarde un peu les soirées, en même temps, je suis sur Tinder. Mais en Amérique latine, j'utilisais beaucoup Tinder, mais ce n'était même pas pour aller boire un verre après ou quoi que ce soit. En fait, c'était pour faire un tour de la ville, enfin visiter la ville avec une personne.
- Patana
Ok.
- Simon
Pratiquer l'espagnol, ne pas être avec les touristes de l'auberge que je rencontrais, mais être avec une personne locale qui me disait, ben voilà, la vie dans mon pays. La culture, enfin, tu vois, je posais plein de questions, je pose beaucoup de questions et tout. En fait, c'est aussi pour ça que j'utilisais Tinder. Et 90% du temps, ça s'arrêtait là. C'était un après-midi qu'on passait de 13h à 17h à se balader dans la ville. Elle m'emmenait dans un café, pas du coup les cafés qui sont dans le guide de Routard ou Lonely Planet, mais un café un peu plus, tu vois, local. C'est comme si je reçois quelqu'un à Paris, j'aimerais bien lui montrer un truc pas trop touristique que moi j'aime bien. Ouais. Et du coup, la plupart du temps, ça faisait comme ça. Et là, en fait, je match avec une fille sur Tinder, et on parle comme ça pendant une heure. Et en fait, au bout d'une heure, elle me dit... En gros, mon mec m'a trompé il y a deux semaines, du coup je l'ai largué. En fait, ce soir, j'ai le mariage d'une amie, et toutes mes potes, elles ont un mec. Donc elles ont toutes quelqu'un pour danser, et moi je serais toute seule à n'avoir personne. Donc si tu veux venir au mariage, je peux demander.
- Patana
Wow !
- Simon
Et en fait, tu sais, moi je viens de faire un sommet, enfin je n'ai pas beaucoup dormi, je viens de faire un sommet à 6000, je prévois d'aller en boîte avec mes potes, je dis attends, attends, attends, est-ce qu'il y a un entourloupe ? Enfin je suis un peu méfiant quoi. Ouais. Et je dis, est-ce que ça te va si on s'appelle en vidéo ? Pas juste genre un appel, mais genre vraiment en vidéo, et qu'on parle de ça quoi. En fait, elle me dit que je vais te proposer la même chose, donc il n'y a pas de problème. Et en fait, pendant qu'on parle comme ça pendant un quart d'heure, vingt minutes, je vois qu'elle est dans sa salle de bain, en train de se maquiller, en mode mariage. Là, il devait être genre 15-16 heures.
- Patana
Donc c'est sérieux, là ?
- Simon
Ouais, ouais. En fait, elle est vraiment en train de... Enfin, je vois qu'elle est dans sa salle de bain, en tout cas. Et elle a posé le téléphone comme ça et en gros, elle est en train de me parler quoi. Et elle me dit « bah écoute, tu me dis oui, tu me dis non, mais si tu veux, dans une heure, une heure et demie, je viens te chercher à ton auberge » . Donc je lui dis « ouais, mais tu sais, moi je suis un routard, donc en fait, j'ai pas le… en une heure et demie, là, j'ai pas le temps d'aller chercher un costard et puis même le costard, en fait, si je le loue, je préférerais le louer parce que sinon, il va prendre de la place pour rien dans ma valise » . Elle me dit « bah t'as quoi sinon ? » . Bah je lui dis « je peux mettre une chemise et un jean » . Elle dit, vas-y, c'est bon, ça passe, t'inquiète, t'es blanc. Mais vraiment, ne te préoccupe pas, c'est reste blanc. T'inquiète, ça va passer, tu vois. Et du coup, je dis, ok, vas-y, pourquoi pas, on vient me chercher, on va voir.
- Patana
Tu t'es laissé convaincre. Ouais, non,
- Simon
mais... En même temps, je me dis, ça peut être cool, toi.
- Patana
Ouais, ça te fait l'espoir. Et en fait,
- Simon
du coup, une heure et demie après, elle m'appelle. Elle est là avec le taxi et tout. Je vois qu'elle est en mode mariage. Enfin, habillée en mode mariage. Le taxi n'a pas l'air chelou. Et puis, en fait, c'était Uber. Donc, je savais où il allait. Et j'avais regardé l'adresse. Et je voyais que c'était une salle de réception de mariage.
- Patana
Donc, ce n'était pas un plan bizarre.
- Simon
Même mes potes, en fait. Parce que du coup, quand j'ai fini le call avec elle... Je dis à mes potes avec qui je vais à leur boîte, « Bon les gars, en fait, je vais pas à leur boîte, je vais à un mariage. » Et les gars, ils me regardent genre, « Comment ça, tu vas à un mariage, gros ? » Et je leur explique, ils font « T'es sûr ? » Et même eux, en fait, ils sont descendus au taxi, ils ont regardé un peu comme ça, tu vois, ils ont fait « Vas-y, ça me t'inquiète. » Même eux, ils n'ont pas senti de trucs chelous avec le taxi et tout. Et je leur avais envoyé ma position aussi, enfin, je l'ai partagée avec WhatsApp avec eux, tu vois. Et puis là, on arrive au mariage et... Je comprends assez vite que c'est une classe assez riche, tu vois.
- Patana
Ok.
- Simon
C'est un mariage, tu vois. Et je dis à la meuf, mais... Enfin, pas tout de suite, tu vois, mais je lui dis, mais c'est un truc un peu riche. Elle me fait, ouais, ouais. En gros, elles ont fait l'équivalent de Sciences Po en Bolivie tous les deux.
- Patana
D'accord.
- Simon
Et en gros, t'as un peu les petits-neveux ou les petits-cousins de ministres, de gouvernants, enfin des gars qui sont un peu... Peut-être pas dans les petits papiers du président, mais en tout cas dans les gouvernements et tout. Et en gros, t'as tout le monde qui est hyper content que je sois là. T'as la mère de la mariée qui me pleure dans les bras. Genre, on est trop content qu'il y ait un blanc au mariage de notre fille. Et là, il y a un mec qui monte sur scène. Enfin, au bout d'une heure, une heure et demie. Parce que nous, on arrivait, il y avait tout le monde qui était déjà là. Nous, on arrivait au mariage à 19h. Mais en fait, les gens, ils avaient passé tout l'après-midi déjà. Nous, on arrive tard, tu vois. Et en fait, tout le monde est déjà un peu éméché. Et là, il y a un mec qui monte sur scène. Et je comprends qu'il est connu. Tout le monde connaît ses paroles. Et je demande à la meuf. Elle me fait, mais c'est le mec le plus connu en Bolivie, dans la chaîne, sur le journal National, tu vois. Le mec le plus connu. Et je regarde sur Internet. Et effectivement, le gars, il fait des millions de vues et tout. Enfin, il est connu. Je ne sais plus comment il s'appelle. et euh euh Et en fait, ouais, c'est ça, tout le monde était hyper content que je sois là et tout.
- Patana
C'est fou.
- Simon
Ouais, non, c'était... Et en fait, en Bolivie, voilà, c'est ça aussi. En Bolivie, en fait, avant de boire de l'alcool, normalement, tu donnes à la terre-mer.
- Patana
D'accord.
- Simon
Genre, la pachamama, qu'ils disent.
- Patana
Ok.
- Simon
Et du coup, mais ça, ça marche quand t'es à l'extérieur et que tu donnes à de la terre.
- Patana
Oui.
- Simon
Sauf qu'ils font ça dans une salle des fêtes, enfin, à l'intérieur.
- Patana
D'accord.
- Simon
Du coup, en fait, moi j'arrive, le sol il est déjà hyper glissant, il y a tout le monde qui se casse la figure. Il y a toutes les filles en tailleur avec des talons qui se cassent la figure et tout. Et c'était un... En fait, à 23h30, le mariage il était fini. Tu vois ? Et moi je lui dis, mais nous à 23h30, ça commence à prendre tout, tu vois ? Elle dit, ouais, non, nous on commence tôt, on finit tôt. D'accord. Ouais. Et en fait, à 23h30 minuit, il y a tout le monde qui était parti. Voilà, c'est fini quoi.
- Patana
Ok.
- Simon
Limite, je rejoins mes potes en boîte. Enfin, tu vois, c'était fini, quoi.
- Patana
Et est-ce que t'as revu cette fille, du coup ? Vous vous êtes reparlés après ?
- Simon
Ouais, ouais, bon, après, on s'est revus le lendemain. On s'est revus comme ça. Les 3-4 jours où j'étais à La Paz, on s'est revus, ouais.
- Patana
D'accord.
- Simon
On s'est pas revus après que j'ai quitté La Paz.
- Patana
Ouais. Parce que c'est quand même, du coup, une première rencontre hyper spéciale. Ouais,
- Simon
Ouais. Mais il y a un jour où ça devait être genre... Je devais être au Canada. Ça devait être genre 3 mois plus tard. Genre fin Canada. Et je sais plus, je repensais à ça. En fait, je lui ai envoyé un message genre... Je voulais juste te dire que culturellement, tu m'avais fait vivre un truc de ouf. Et franchement, c'est l'une des meilleures expériences de mon voyage. Et c'était vraiment trop cool que tu m'aies fait vivre ça. Mais elle, je pense qu'elle ne se rend pas compte... De l'impact ? Ouais, pour elle, c'est juste... Je t'invite à un mariage, tu vois. Mais elle, elle ne se rend pas compte de l'ouverture culturelle et de le côté un peu what the fuck, je suis à un mariage. une fille de Tinder et tout, peut-être que chez eux ça se fait, tu vois ?
- Patana
Ouais.
- Simon
Et en fait, j'y ai repensé hier soir en rappelant, en racontant l'histoire, c'est est-ce qu'elle aussi, ça la fout bien quand tu ramènes un blanc à un mariage, tu vois ?
- Patana
Ah ouais.
- Simon
Tu vois ? Peut-être qu'elle, elle n'a pas dit aux gens que ça faisait trois heures qu'on se connaissait.
- Patana
Oui.
- Simon
Peut-être qu'elle a dit, tu vois, c'est mon mec et que du coup, quand elle ramène un blanc parmi les riches, enfin tu vois, je ne sais pas.
- Patana
Ouais.
- Simon
Elle ne m'a pas utilisé, mais en gros, ça a fait bien de ramener un blanc. Ça lui convenait quand même. Je ne sais pas si elle avait matché avec un Bolivien, si elle aurait ramené le Bolivien au mariage. Oui,
- Patana
c'est sûr.
- Simon
En tout cas, c'était bien sympa.
- Patana
Et est-ce qu'à l'inverse, tu as eu... Des rencontres qui t'ont déçu ? Ou des cultures où tu es resté un peu sur ta faim ?
- Simon
Des pays ? Ou des rencontres humaines ? Ouais,
- Patana
rencontres humaines.
- Simon
Rencontres humaines, il n'y a personne qui ne m'a jamais vraiment déçu.
- Patana
Ok.
- Simon
À part une fille qui ne m'a jamais remboursé... Enfin, c'était une Française avec laquelle j'avais voyagé 4-5 jours, je crois. Et en gros, elle me devait de l'argent. Mais c'était genre 60 euros, enfin un truc comme ça.
- Patana
D'accord.
- Simon
Parce qu'on avait fait une activité et en gros, elle ne me les a jamais rendues.
- Patana
Ok.
- Simon
Donc je lui envoie un message. Bon, c'est con, tu vois, parce qu'on passe 5 jours ensemble.
- Patana
Ouais.
- Simon
Ça se passe bien. Et pour 60 balles, c'est con que ça se finisse comme ça. Ouais,
- Patana
c'est pas rigolo, quoi.
- Simon
Ouais, mais t'inquiète, je te fais un virement et tout. Bon voilà, c'est pas déçu, mais en fait comme t'as jamais vraiment d'attente sur les gens, c'est pas vraiment de la déception quoi.
- Patana
Oui.
- Simon
Mais là-dessus, ouais, je me suis dit bon, c'est nul que ça se finisse comme ça quoi. On se marrait bien en étant en Colombie à Medellín ensemble. Et bon, voilà.
- Patana
Ok.
- Simon
Mais après y'a pas de culture qui m'est déçue particulièrement.
- Patana
Et pays du coup ? Je me disais, tu réfléchissais à ça aussi.
- Simon
Bah peut-être la Nouvelle-Zélande parce que du coup je... C'est pas que ça m'a déçu, c'est que là, pour le coup, je pense que j'avais trop d'attentes.
- Patana
D'accord.
- Simon
En me disant que ça allait être comme la Patagonie argentine, parce que près de l'Antarctique.
- Patana
Ok.
- Simon
Et avec plein de glaciers, de lacs bleu turquoise et tout. Et en fait, c'est aussi que j'étais dans les mines, ça faisait un an et demi que j'étais en mine à ce moment-là.
- Patana
Ouais.
- Simon
Et que j'idéalisais, enfin j'attendais un peu la Nouvelle-Zélande, ça allait marquer la fin de la mine et tout, le retour au voyage, la montagne, la randonnée, la nature et tout. Et en fait, ce que je n'avais pas calculé, c'est que la Nouvelle-Zélande est beaucoup plus loin de l'Antarctique que l'est la Patagonie et l'Argentine.
- Patana
D'accord.
- Simon
En fait, déjà Ushuaïa c'est le plus bas, et en plus l'Antarctique c'est pas tout plat, ça monte comme ça vers l'Amérique latine.
- Patana
D'accord.
- Simon
Donc en fait la distance entre la Nouvelle-Zélande, elle est beaucoup plus grande, et du coup c'est pas les mêmes paysages, c'est pas les mêmes montagnes, c'est pas les mêmes glaciers, et moi j'avais trop idéalisé ça, genre ça va être comme en Argentine, parce que c'est à peu près au même endroit sur le globe.
- Patana
Ouais.
- Simon
Alors qu'en fait non. Et c'est pas de la déception, mais c'est de ma faute, je pense que j'avais trop idéalisé le truc quoi. Ouais.
- Patana
Est-ce que t'as des moments où tu t'es dit qu'est-ce que je fais là, j'ai envie de rentrer ?
- Simon
Non.
- Patana
Il y a un petit moment de réflexion. Ouais, non,
- Simon
En fait c'est pas qu'est-ce que je fais là, parce que je sais ce que je fais là, mais c'est plus quand... En fait, quand je me dis j'ai envie de rentrer, c'est genre trois jours juste pour vivre ce truc-là avec mes potes ou avec ma famille, et repartir en fait. Mais c'est pas genre j'ai envie de rentrer, tu vois. Mais par exemple, si je sais que ma famille est en train de se faire Noël et que moi, je suis pas avec elle. Ou des anniversaires, ou tu vois, si sur notre groupe Facebook, il y a une photo de groupe et que je sais que des amis sont en train de boire un verre sur Paris, ou tu vois, ou des amis qui ont accouché, qui m'ont dit qu'ils avaient accouché. Et du coup, je ne peux pas venir voir leurs enfants, tu vois. Genre là, il y a plein d'enfants encore qu'il faut que je vois, tu vois. C'est pas qu'est-ce que je fais là, mais le truc... Là, j'aimerais bien rentrer juste pour cet événement. Mais en fait, ça dure 3-4 jours, tu vois. Mais pas, j'ai envie de rentrer définitivement. Oui, ça ne t'est jamais arrivé d'être en bad trip complet, genre hyper triste ? Non, vraiment pas de trip hyper triste, non.
- Patana
Ok, ça marche. Et justement, il y a un tournant dans ton voyage dont tu parles plusieurs fois, c'est la période du Covid.
- Simon
Ah oui.
- Patana
Comment tu as vécu cette période-là ? Parce que ça arrivait un peu d'un coup, ça t'a coupé dans ton voyage. Déjà, tu étais où quand c'est arrivé ?
- Simon
En Birmanie, du coup.
- Patana
Oui.
- Simon
Et je suis rentré de Birmanie avec mes parents qui étaient venus me voir pour deux semaines, ouais.
- Patana
Et comment ça t'a impacté le fait de t'arrêter là, quoi ?
- Simon
Ben, quand j'ai dû rentrer, ça faisait sept mois que je voyageais. Donc, même si j'avais déjà vécu pas mal d'autres choses, ben, sept mois, en fait... En fait, je me disais, c'est... Dans ma vie, en fait, théoriquement, il pouvait rien m'arriver de pire.
- Patana
Ouais.
- Simon
qu'un virus mondial et plein de frontières qui se ferment.
- Patana
Et puis, ce n'était pas dans ton... Comment tu ne t'imaginais pas que ça arriverait ?
- Simon
Déjà, je pense que personne n'imaginait que ce soit possible. Donc, ce n'est pas un truc que tu envisages. Et puis, tu te dis, en fait, pour moi... C'est un peu égoïste, mais tu te dis, mais pour moi, là, qui suis dans une période de voyage et tout, en vrai, il ne pouvait rien m'arriver de pire. Et en fait, sauf le décès de grands-parents, enfin... tu vois mais en gros dans le projet dans les circonstances qui pouvaient se produire il pouvait rien m'arriver de pire donc après tu te dis en fait ah oui pendant le Covid je suis allé 2-3 mois en Italie parce que la frontière était ouverte d'accord et j'étais un peu genre vas-y le Covid m'a fait rentrer en Europe mais je continue de voyager quand même quoi ok ouais mais après après bah du coup ça dure comme ça un an et demi et tout et j'ai beaucoup travaillé pendant le Covid Merci. J'avais genre plusieurs emplois différents, je voyais pas spécialement beaucoup ma famille et mes amis parce que ouais, vraiment je travaillais beaucoup. Et même avant de partir, en fait pour financer ce voyage, j'étais en colocation avec Paul à Maisons Alfort et en fait on se voyait pas énormément.
- Patana
Ouais.
- Simon
On était dans la même école donc on se voyait quand même un peu la journée.
- Patana
hmm
- Simon
Mais sinon, en fait, on ne passait pas... Enfin, j'ai travaillé vraiment beaucoup, Et du coup, pendant le Covid, je me suis remis là-dedans à travailler beaucoup. Et au bout d'un an et demi, j'ai pu repartir. Le premier truc, c'est qu'il peut vraiment arriver de pire. Et puis après, c'est que de toute façon, tu n'as pas le choix.
- Patana
Est-ce que pour toi, justement, le fait de travailler beaucoup, c'était un échappatoire aussi pour te dire... J'essaie de ne pas penser au fait que mon voyage s'est arrêté. Ou c'était vraiment pour te refinancer ton voyage ? Déjà,
- Simon
il y avait le refinancement. Parce que mine de rien, en 7 mois, j'avais dépensé quand même. Donc, il y avait déjà le refinancement et le fait que moi, je ne peux pas rester enfermé. Et donc, plus j'avais de contrats de travail, plus j'avais de directeurs qui me faisaient des lettres des autorisations de sortie. J'ai le certificat que Simon travaillait bien de tel jour à telle heure. Et plus j'avais ça... plus j'avais le droit de sortir, donc plus...
- Patana
La liberté, du coup.
- Simon
Ouais, puis surtout que très rapidement, si je suis enfermé chez moi, surtout que chez moi, en fait, comme j'avais pas vraiment de... C'était chez mes parents.
- Patana
Ouais.
- Simon
J'ai dormi aussi pas mal chez mon frère à Nanterre.
- Patana
Ouais.
- Simon
Ouais. Du coup, ouais, j'avais pas vraiment de chez moi à moi, tu vois. Mais donc c'est aussi pour ça qu'il faut sortir, quoi.
- Patana
Ouais. Mais je comprends, je suis pareil, moi. Une demi-journée chez moi,
- Simon
je n'ai pas du tout le temps. Oui, parce que vite, on est en rond. J'avais vécu en colocation à Nanterre, un petit peu aussi. Mais sinon, en fait, à part rattraper les films que je n'ai pas pu voir quand j'étais en voyage, je ne savais pas quoi faire.
- Patana
Oui, c'est vrai que ce n'était pas facile, la période de confinement et tout ça.
- Simon
Moi, j'ai un point de vue égoïste. Il pouvait vraiment arriver de pire. Mais en fait, pour plein de monde, c'était dur.
- Patana
Oui.
- Simon
T'as plein de couples qui se sont séparés, t'as plein de... Tu vois ? Donc en fait, ouais, c'était dur pour tout le monde, en fait.
- Patana
Oui. Mais c'est sûr que t'avais un contexte aussi particulier où t'étais en train de vivre ton rêve, quoi, tout simplement. Ouais, bah ouais. Ça t'a coupé un peu dans ton élan. Là,
- Simon
c'est pareil, le fait que je rentre avec mes parents, je pense que c'était moins dur aussi, tu vois ?
- Patana
Ouais.
- Simon
C'était pas genre...
- Patana
Ouais, t'as bien géré les transitions, au final.
- Simon
Bah ouais, un peu malgré moi, tu vois, mais... Ouais. J'ai peut-être eu de la chance là-dessus, tu vois ? Ouais. Mais c'est ma mère aussi parce qu'elle part avec moi aux Etats-Unis, elle revient avec moi, enfin elle est là au début et à la fin, tu vois.
- Patana
Ouais.
- Simon
Donc en fait, elle s'y est retrouvée aussi.
- Patana
Ouais.
- Simon
Pour une mère qui est un peu angoissée et tout, parfois. Donc, ouais.
- Patana
Et donc, effectivement, il y a l'après où tu repars en Amérique latine, c'est ça ? Ouais. C'était ça qui avait eu l'air au premier. Est-ce que tu... Tu pars avec des perspectives différentes d'avant Covid, par rapport à ta première partie de voyage, ou tu es vraiment dans le même état d'esprit ?
- Simon
Je pense le même mood.
- Patana
Ouais.
- Simon
En me disant que ça va peut-être me coûter plus d'argent par rapport au Népal, à l'Inde et tout, je pense que c'était un petit peu plus cher.
- Patana
D'accord.
- Simon
En me disant que j'allais pouvoir parler la langue, donc peut-être que ça allait être plus facile. Parce que je savais, je ne parlais pas aussi bien espagnol, mais je parlais quand même un petit peu. Donc, je savais que j'allais perfectionner mon espagnol et mieux comprendre ce qui se passe autour de moi. Ouais. Il y a des fois au Népal ou en Inde, t'as un mec qui arrive dans le bus, il gueule et en fait tu sais pas pourquoi, tu vois. T'as tout le monde qui descend du bus et en fait t'es là, ben qu'est-ce qu'il se passe, tu vois. Alors qu'en Espagne, en Amérique latine, tu vois, au niveau social, je sais ce qu'il se passe autour, tu vois. Je sais pourquoi il y a deux amoureux qui s'engueulent, je sais ce que la mère a dit à son enfant. Je comprends ce qu'il se passe, tu vois. Donc il y a quand même... C'est quand même un petit peu plus simple aussi.
- Patana
Tu trouves que tu avais moins le choc culturel du coup en Amérique latine qu'en Asie ?
- Simon
Non, à peu près pareil, ouais.
- Patana
Ah ouais, ok.
- Simon
Après, en termes de choc culturel, je crois qu'une fois que tu vas en Inde, alors en fait, il n'y a plus de choc culturel. Je pense qu'il faudrait demander à Marie-Hélène aussi avec qui j'étais allé en Inde quand on avait 21 ans. Mais je pense qu'une fois que tu vas dans ce pays... Je suis un peu étonné. Sauf si tu restes dans les pays touristiques, tu vois. Si tu vas dans les pays en guerre, genre Afghanistan ou Soudan ou je ne sais quoi. Mais si tu restes dans les pays touristiques et accessibles aux touristes et tout, je pense que l'Inde, c'est trop chargé et qu'une fois que tu as fait ça... Mais ma mère, elle m'avait dit, parce que j'ai fait une année de césure entre ma licence et mon master, où j'ai bossé pendant sept mois et je suis par... enfin où je suis parti pendant 5 mois, et je lui dis je ne sais pas quoi faire pendant 5 mois, soit je fais un pays, soit j'en fais plusieurs petits, soit... Elle me dit mon fils, l'Inde elle l'avait déjà fait.
- Patana
D'accord. Ouais.
- Simon
Et elle me disait une fois que tu vas en Inde, après c'est bon quoi, tu peux aller n'importe où quoi. Ouais. Et en fait maintenant en en reparlant, je me dis pour une mère angoissée, alors qui peut parfois être angoissée on va dire.
- Patana
Ouais.
- Simon
dire à son fils de 21 ans d'aller en Inde c'est quand même courageux je trouve mais c'est vrai que du choix culturel il n'y a rien qui m'a choqué culturellement il y a des paysages mais pas des choix culturels genre what the fuck et justement tu parlais de l'Inde c'est vrai qu'on n'a pas beaucoup parlé de l'Asie qu'est-ce qui t'a marqué là-bas ? En Inde ? Ouais, ou en Inde ou en Asie, mais en général... Au Népal, peut-être ce qui m'a marqué, c'est la quantité que peuvent porter les Sherpas en Himalaya. Toi, t'es là, t'es avec tes chaussures de rando, tes salomons que t'as achetées 200 euros, ton beau backpack et tout. Ils sont là avec des petites tongs, ils te portent des bûches de bois, des trucs et tout. Ils cavalent comme ça dans les montagnes, tu te dis « ouais, putain, les mecs, ils ont des jambes hyper fines et tout, très secs » . Donc au Népal, c'est peut-être plus les Sherpas, ouais. En Birmanie, pas marqué spécialement. Mais l'Inde, ce qui était cool, c'est qu'en fait, j'ai ma pote qui s'est mariée avec un Indien. Donc on a fait un mariage à l'Indienne.
- Patana
Ah, c'est chouette ça.
- Simon
On a fait un peu le tour du nord de l'Inde en train avec sa famille. On était une vingtaine de blancs, tu vois, une quinzaine de blancs entre famille et amis. Et ça, je pense que c'est le mariage le plus original auquel j'ai pu assister pour l'instant.
- Patana
Ouais.
- Simon
Mais comme j'y étais déjà allé quand j'avais 21 ans avec Marie-Hélène, je savais à quoi m'attendre, quoi.
- Patana
Ouais.
- Simon
Je pense que ça a été plus dur pour les autres qui n'y étaient jamais venus, peut-être.
- Patana
Mais je trouve que, ouais, les mariages culturellement parlant, je trouve que c'est ce qui a... plus beau. C'était vraiment toute la richesse de la culture, les transmissions, les traditions. C'est hyper puissant.
- Simon
C'était au... Du coup, au mariage, en fait, tu sais, il y a un buffet comme ça et puis chacun fait la queue. Et puis en fait, tu vois des mecs qui ne se font pas bien en mode mariage. Je dis au marié... au mari de ma pote, je lui dis « mais tu les connais ces mecs-là ? » Il dit « ben non » . Et je lui dis « mais qui les connaît ? C'est des potes de potes ? » Il me dit « ah non, non, mais ils sont pas... Ils viennent parce qu'il y a de la bouffe, tu vois. »
- Patana
Ah ouais, d'accord.
- Simon
« Mais en fait, ils sont pas invités. » Et du coup, je leur dis « mais tu vas pas les... » « Non, non, mais en fait, on compte aussi pour eux, tu vois. C'est juste qu'ils entendent de la musique, ils savent qu'il y a de la nourriture et ils viennent comme ça,
- Patana
tu vois. » Wow.
- Simon
Et en fait, je dis « ah ouais, c'est vraiment pas... »
- Patana
En France, tu pourrais jamais faire un truc comme ça. comme ça. Ouais,
- Simon
ben non. Puis c'était un mariage, c'était hindou, tu vois, donc avec le prêtre, enfin l'équivalent du prêtre, etc. Donc, t'as toute la dimension religieuse aussi qui prend beaucoup de temps, etc.
- Patana
Ouais.
- Simon
Et... Mais ouais, c'était hyper original, ouais. Mais ouais, je suis d'accord avec toi, culturellement, les mariages, c'est... Ouais. Autant là, c'était original, autant en Bolivie, c'était juste une fête.
- Patana
Oui.
- Simon
Mais c'était plus le fait d'être invité comme ça à... Oui,
- Patana
c'était l'occasion qui était un peu atypique. Et on parlait un peu de la sécurité, etc. Et je pensais notamment à l'Amérique latine quand tu parlais du narcotrafic, etc. Est-ce que tu as senti qu'il y avait des endroits qu'il fallait éviter ? Au contraire, tu étais plutôt curieux de voir par toi-même ?
- Simon
Je n'ai jamais senti que je devais faire plus attention.
- Patana
D'accord.
- Simon
Je fais toujours un peu attention, tu vois, je suis toujours un peu, voilà. Mais je ne me suis jamais senti en danger. Même les gars qui m'ont pris ma sacoche, en fait, ils m'ont pris, mais en fait, ils ne m'ont pas menacé, ils ne m'ont pas, tu vois. À partir du moment où je leur donnais ce qu'ils me demandaient, je ne me suis jamais senti en danger. Les narcotrafiquants, je n'en ai pas vu. C'est une fois peut-être où en fait j'avais pris le bateau sur le fleuve Amazone pour passer la frontière entre l'Équateur et le Pérou, parce que du coup c'était mon dernier passage de frontière avant l'Australie. Et du coup je fais le fleuve Amazone comme ça pendant trois jours, et en fait il y avait des manifestations de gars qui conduisent les bateaux, parce que le prix de l'essence augmentait, parce qu'ils n'étaient pas assez bien payés et tout. Et du coup, ils avaient fait un espèce de barrage de bateaux sur le fleuve Amazone. Ok. Pour, un peu comme les gilets jaunes qui bloquaient le périph', tu vois. Et du coup, sauf que notre bateau, il a continué d'avancer. En fait, il ne s'est pas arrêté au barrage. Et c'est ça, j'ai compris le lendemain, parce que du coup, ça s'est passé pendant une nuit. Tu sais, c'est les bateaux où tu dors tous dans les hamacs, tu vois. Et tu dois être peut-être 100 ou 200 sur le bateau, tu vois. Et en fait, pendant que je suis en train de dormir, j'entends des coups de feu. Et en fait, mes genres... Tu vois ? Et en fait, je me réveille et tout, je fais putain... Et j'entends une maman qui crie... Genre, il y a des enfants, tu vois ? Elle crie comme ça à l'autre bateau. En fait, comme c'est la nuit, je vois que les coups de feu, ils viennent du bateau d'en face.
- Patana
Oui.
- Simon
Mais sauf que je ne percute pas, je me dis que c'est un feu d'artifice ou un truc, tu vois ? C'est après, en regardant, que je vois que c'est des coups de feu. Et en fait... qui se met au sol et tout et le lendemain je vais voir je parle un peu au gars de l'équipage c'est l'Amazone donc c'est très lent comme bateau t'as le temps de parler avec les gens et puis je leur demande ce qui s'est passé donc ils m'expliquent que c'est des manifestants qui avaient bloqué le fleuve pour telle revendication sauf que lui comme il fait l'aller-retour deux fois par semaine il en a marre de s'arrêter Tu vois, il faut leur donner de l'argent, il faut leur donner de la manger pour qu'ils puissent, tu vois. Quand ils arrêtent de travailler, ils arrêtent d'être payés, enfin, il y a plein de trucs comme ça. Et du coup, en fait, il m'expliquait que les tirs, ils n'étaient que dirigés vers la cabine du commandant. Puis en fait, à aucun moment, ils ont visé les civils. Sauf que quand il est minuit et que tu te fais réveiller par des coups de feu, tu ne te dis pas, ben non, tranquille, il est en train de viser.
- Patana
Ben normal.
- Simon
Et en fait, il m'a montré, pour me rassurer un peu, parce que j'étais là, et j'étais le seul touriste sur ce bateau, je crois. D'accord. En fait, il m'a montré les impacts de balles sur sa porte à lui. sa porte blindée, elle avait une dizaine d'impacts de balle, tu vois. Ah ouais. Donc en mode, non, regarde, tu vois, tranquille, tu vois. Ouais. Et c'est peut-être la seule fois où... Ouais, je pense que c'est la seule fois où je me suis dit, ah ouais, là c'est chaud quand même. Sinon, oui, tu sens des regards appuyés sur ta sacoche ou sur ton portable, où tu fais un peu plus attention, parce qu'on sait que t'es étranger, donc t'as des regards un peu, mais après... Non, peut-être en Colombie ou... Si tu vas en soirée en Colombie, il faut faire très attention, tu vois.
- Patana
Oui.
- Simon
Il y avait un mec qui se rapprochait d'une Colombienne à un moment dans une boîte de nuit et avec une amie avec qui on était, on lui a dit... N'y va pas, ça... on le sent pas, tu vois. En fait, il suffit qu'elles mettent du GHB sur leurs lèvres, et si jamais tu les embrasses, bah après t'es à leur merci, tu vois. Les codes de carte bleues, enfin t'as tout, tu réponds plus de toi, tu vois. Et généralement, quand t'as une fille seule, bah en fait t'as trois mecs derrière, tu vois. Et en fait, sauf que eux, tu les vois pas, quoi. Ouais,
- Patana
bah c'est sûr.
- Simon
Donc, ouais, peut-être en Colombie, où un mec doit faire aussi attention qu'une fille, je pense.
- Patana
Ouais. Et avant de faire un petit peu la rétro globale, comment tu as vécu le fait de voir la pauvreté dans certains pays ? Parce que j'imagine que tu vois forcément la différence entre la France et les pays que tu as visités. Est-ce que tu as senti des moments où ça t'a pris, où tu te dis « ah ouais, c'est chaud quand même » ?
- Simon
Pas depuis l'Inde. On n'y revient, mais en vrai, comme là... L'Amérique latine et tout, si tu peux être touché, tu vois qu'on n'est pas tous égaux, etc. Mais en vrai, par rapport à l'Inde où tu vois des lépreux, où tu vois des gens morts dans la rue, etc. Notamment à Calcutta, en fait tu te dis, en fait ça va, tu vois. Mais non, je n'ai pas été affecté, je ne dirais pas que j'étais affecté par la pauvreté, tu vois.
- Patana
D'accord.
- Simon
Le fait qu'on soit pas égaux, c'est quelque chose que j'ai essayé depuis tout petit.
- Patana
Ouais, t'es déjà sensibilisé à ça.
- Simon
Ouais, puis j'étais allé en... À 15 ans, je suis allé au Cameroun avec ma mère pour aller voir ma sœur qui travaillait là-bas. Donc en fait, quand adolescent, t'es déjà allé en Afrique et que, tu vois... Après, c'est moins... c'est plus... Enfin, c'est pas que t'es moins touché, c'est que ça t'atteint moins, quoi. Ouais. Mais il y a un truc, il y a un syndrome psychologique qui s'appelle le syndrome de l'Inde. C'est un vrai truc psychologique en fait. Et ils disent que quand tu vas dans ce pays, soit tu vas pour trois mois et au bout de trois jours, il faut que tu te fasses rapatrier.
- Patana
Ah ouais ?
- Simon
Soit tu vas pour trois mois et tu y passes toute ta vie, tu vois. Et j'ai rencontré beaucoup de centenaires, de centenaires, de centenaires allemands ou français. qui s'étaient convertis à l'hindouisme, qui vivaient vraiment en Inde, qui avaient la nationalité indienne et tout, parce qu'ils étaient tombés amoureux du pays. C'est pas que la religion c'est aussi la place de la caste, tu vois, les brahmanes, les intouchables, les singes, les vaches, la place de la vache qui est sacrée. À partir du moment où une vache peut créer un embouteillage, en fait tu comprends que le système de fonctionnement de la société Quand est-ce qu'il arrive le bus ? Quand la vache sera plus sur la route. Donc en fait, t'as plus les horaires, genre... Tu vois, c'est pas comme chez nous où tout est rythmé, tu vois ?
- Patana
Ouais, ouais.
- Simon
C'est vraiment une autre... T'as vraiment l'impression que c'est un autre monde, quoi.
- Patana
Ouais. T'étais resté combien de temps en Inde, du coup ?
- Simon
J'avais fait 4 mois, dont 2 semaines avec Marie-Hélène quand on avait 21 ans. Et là, j'y étais resté un mois, peut-être un mois et demi pour le mariage. Je crois que le mariage durait un mois et que j'y étais resté un mois et demi parce que mon visa pour le Népal, il se terminait.
- Patana
D'accord.
- Simon
Du coup, j'avais écrit à ma pote, genre, ça ne te dirait pas que je vienne plutôt chez toi parce que sinon, je ne sais pas où aller.
- Patana
Ouais.
- Simon
En gros, je n'ai pas envie de rester au Népal. Ouais, tu étais bloqué. Donc, je n'ai pas aidé, mais en gros, je ne sais pas, j'étais à New Delhi avec eux. Voilà quoi.
- Patana
Et du coup, au global, sur les quelques années que tu as fait en voyage, qu'est-ce que tu penses avoir appris sur toi et sur les autres ? T'as le droit de réfléchir. Ah ouais,
- Simon
ça c'est chaud. Tu as de bonnes questions en vrai. Merci. Et ça c'est, qu'est-ce que j'ai appris sur moi ? Ce ne sont pas des trucs que j'ai appris, mais c'est des trucs que j'ai confirmés. Enfin, c'est des trucs que je savais déjà. Mais, ouais, plus des trucs que j'ai confirmés par rapport au regard que les gens portaient sur moi, tu vois. C'est-à-dire ? Par exemple, je suis quelqu'un d'assez lent, donc on est toujours en train de m'attendre. Quand on marche, quand, par exemple... Tu vois, il y a des mecs qui nous disent, vas-y, à 7h on part, ben les mecs ils se réveillent à 6h40. Moi ça c'est impossible, tu vois. Si je me réveille à 6h40, c'est impossible que je parte à 7h. Donc en fait, je leur dis, ok, ben moi je me réveille à 5h45. Ils disent, non, non, mais on part à 7h. Je leur dis, oui, mais... Ne t'inquiète pas, on va partir. Mais en fait, je...
- Patana
Tu étais quand même dans un process où, ok, je sais, je me connais, donc je m'adapte quand même par rapport aux gens. Ouais, voilà,
- Simon
parce que j'aime pas être attendu, et j'aime pas attendre, et j'aime pas être attendu. Ouais. Je pense que c'est tout le monde pareil, tu vois, quand tu sens qu'il y a des gens qui t'attendent, et que t'es là, t'es en stress et tout, c'est relou, quoi. Et attendre quelqu'un, bon, voilà. Et surtout qu'on a toujours plus l'impression, on a toujours l'impression d'attendre plus que d'être attendu. Genre, tu as conscience du fait que tu attends quelqu'un, mais tu n'as pas toujours conscience du fait que le mec aussi, il est en train de t'attendre. Oui, je vois. Et ça, il fallait que je fasse un peu attention à ça, sur le fait que j'étais assez lent.
- Patana
Ok.
- Simon
Je suis assez lent dans beaucoup de choses que je fais, en fait. Je n'ai pas le même rythme que la normalité, je pense. Ce que j'ai appris de moi aussi, c'est que... Je ne me plains pas souvent, ça on me l'a dit. En fait, quand il y a un truc qui arrive, je me dis qu'il faut chercher une solution, mais je me dis qu'en fait, ça ne va pas aider de se plaindre. C'est ok, quoi. Il pleut, mais ça fait cinq jours qu'il ne pleut pas. En gros, je ne me plains pas souvent de ce qu'on a pu me dire. Mais ce n'est pas des trucs que j'ai appris sur moi, c'est plus des choses que les gens m'ont dit. À la fin, après avoir voyagé avec quelqu'un, ça peut être trois jours ou un mois, à chaque fois, je faisais la même question. Un truc cool de voyager avec moi, un truc pas cool. Généralement, c'est les mêmes trucs qui ressortent un peu. Oui, j'aime bien. J'aime bien cette question en vrai. Même trois jours ou un mois, mais du coup, en fonction de la durée, la réponse, ce n'est pas que tu ne l'accordes pas la même importance. Si un mec avec qui j'ai voyagé pendant trois jours, il me dit un truc et je suis persuadé que c'est faux, je me dis, ouais, peut-être qu'il a perçu ça, mais c'était à tel moment et tout, mais tu vois. Mais il y a des gens qui sortent des trucs, j'ai pas d'exemple comme ça, mais tu dis, ah ouais, c'est marrant, parce qu'il y en a pas beaucoup qui me le disent.
- Patana
J'aime trop ta façon de faire, parce que tu vois, je suis en train de réfléchir, je me dis, tu vois, comme je suis manager dans le cadre du travail, je fais toujours hyper attention à toujours donner du feedback, tu vois, à mes collaborateurs et tout, les personnes que j'encadre. Mais c'est vrai que c'est pas forcément quelque chose que je vais penser à faire avec mes amis, par exemple. Ah oui, ouais. De dire qu'est-ce que je pense de toi en bien ou en mal.
- Simon
Ouais, bah ouais, j'aime bien cette question.
- Patana
Peut-être que quelque part tu te dis que ton amitié avec la personne elle est acquise et que t'as pas spécialement besoin de...
- Simon
Mais dans toutes les amitiés il y a des trucs cools et des trucs moins cools, tu vois. Il y a une phrase, elle dit ma mère, c'est un ami c'est quelqu'un que l'on connaît et que l'on aime quand même. Je trouve que tout réside dans le quand même. C'est genre, ouais, il est lent, ouais, il est relou, ouais, il est chiant quand il est bourré, ouais, il est... Ouais, mais c'est mon ami quand même, quoi. Ouais,
- Patana
ouais.
- Simon
Et tout réside dans le quand même, c'est...
- Patana
Ouais.
- Simon
Et pour ta question sur des trucs que j'ai pu apprendre sur les autres, non, pas spécialement ça. Enfin, j'ai pas de... Un truc que j'ai appris, c'est que les gens qui font... Les gens mauvais ont plus de répercussions. En fait, je pense que tu rencontres plus de gens cools, mais qu'un mec mauvais, il peut te foutre dans la merde plus facilement qu'un mec cool peut te procurer de la joie, tu vois. Ouais,
- Patana
le pouvoir de nuisance.
- Simon
Ouais. C'est comment ? Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu'une forêt qui pousse, ou un truc comme ça.
- Patana
Ah,
- Simon
je connaissais pas. Ouais, c'est ça, la... L'impact que peuvent avoir les mauvais, les mauvaises personnes. C'est comme on en parlait tout à l'heure, des gens qui râlent à Paris et tout, ça peut vite te plomber ta journée.
- Patana
Oui, totalement. Oui, je vois.
- Simon
Mais je pense que dans les backpackers, il y a quand même plus de gens sympas, mais il y a des fois des gens qui voient une opportunité de te mettre une douille et qui te la mettent. Comme la fille qui me devait 60 euros et qui ne me les a pas rendues. Ça n'a rien en soi, ça n'a pas mis ça comme changer mon voyage, mais je m'en souviens, tu vois.
- Patana
Ouais, c'est sûr. Et on parlait tout à l'heure justement du fait que tu avais perdu ton Facebook, etc., avec tes photos. Et est-ce que toi, tu avais des objets matériels, des souvenirs que tu conservais de tes voyages ? Tu avais des rituels ou des trucs où tu t'es dit « je vais dans un pays, il faut que je rapporte tel truc » ou tu étais vraiment dans… Je vis l'instant et je pense pas forcément, tu vois, à des choses que je veux garder en souvenir.
- Simon
Les verres à shots des villes, c'est un truc que je collectionne.
- Patana
Ouais.
- Simon
Et les dessous de verre des bars où je bois. Ah oui,
- Patana
C'est vrai ! Oui, je me rappelle que tu disais ça en France aussi.
- Simon
Bah en fait, les dessous de verre, ça va. Ça va ? En fait, les verres à shot, quand tu voyages, c'est la pire collection. Ça prend de la place, c'est lourd, ça casse. En fait, les verres à shot, c'est quand même la pire collection. Et en fait, la plupart du temps, quand je rencontrais quelqu'un qui retournait en France ou à Paris, je lui donnais les verres à shot et je lui envoyais mon frère qu'il les ramenait chez mes parents. Ou Paul, enfin, généralement, c'était soit mon frère, soit Paul. Mais en fait... Par contre, je n'achète rien d'autre. Je ne vais pas acheter de petites figurines, des petits trucs Inca, des petits trucs Maya. Je n'achète pas tellement de souvenirs.
- Patana
On arrive bientôt à la fin de l'épisode. Je voulais faire un petit laïus perspective. Justement, du coup, là, tu es en pause en France pour... pour des mariages et donc tu repars en septembre, quelles sont tes perspectives de voyage après, quand on t'imagine ta fin de voyage ?
- Simon
Il y a un truc déjà, c'est que je me dis globalement qu'il me reste deux ans et que j'en ai déjà fait cinq.
- Patana
Oui, tu es plus vers la fin que le début du cours.
- Simon
En fait, il y a quand même depuis quelques années que je me dis que j'approche plus de la fin. Oui. Enfin, depuis la moitié de l'Australie, en gros. Ouais. Je me dis, ah ouais, bon déjà, je suis plus proche de la fin.
- Patana
Ouais.
- Simon
Ensuite, tu demandais avant, est-ce que tu réserves des trucs ? Est-ce que tu t'anticipes comme ça ?
- Patana
Ouais.
- Simon
Je disais, le seul truc qui me fait quitter un pays, c'est la fin d'un visa. Ouais. Et de manière naturelle, je vais dans tel pays parce que c'est le prochain, en fait.
- Patana
Ouais.
- Simon
Sauf que là... En fait, c'est la première fois que j'ai un truc assez clair sur ce qui va se passer sur les deux prochaines années. C'est-à-dire une année en Australie et une année en Asie. Et que pour retourner en France par l'Asie, j'aimerais bien le faire sans prendre l'avion.
- Patana
Ouais.
- Simon
Soit en transport, soit en stop, soit en... voilà. En gros, j'aimerais bien rentrer par l'Asie et sans prendre l'avion. Et sauf que, en fait, en septembre 2028, j'espère qu'on fêtera les 100 ans de mon grand-père. Et je me dis que c'est une belle manière de finir le voyage, tu vois. Ouais. Donc, c'est pour ça. Et puis aussi, il faut qu'à un moment, le voyage s'arrête.
- Patana
Oui.
- Simon
Donc, c'est la première fois qu'en fait, c'est aussi clair sur ce qui va se passer.
- Patana
Ouais.
- Simon
Donc, en même temps, c'est la fin. En même temps, c'est très clair sur comment ça va se passer. Sauf les pays qui vont faire en Asie, je ne sais pas. Mais en gros, je vais essayer à tout près.
- Patana
Mais tu as un point de chute, en tout cas.
- Simon
Ouais, voilà, tu vois, j'ai le temps, ça dépend de plein de trucs géopolitiques qui me dépassent.
- Patana
C'est sûr.
- Simon
Donc, mais c'est plutôt clair. Alors qu'avant, l'Amérique latine, c'était pas clair, tu vois. Ouais. Quand je suis parti au Pérou, je savais pas qu'au bout de neuf mois en Amérique latine, j'allais aller voir des amis au Canada, parce que tout notre groupe de potes allait voir des amis au Canada. Donc en fait, ouais, c'était pas toujours très clair, mais là, ça l'est plutôt, ouais.
- Patana
T'appréhendes du coup le retour ? De retrouver une vie normale entre guillemets ?
- Simon
En 2028 ? Ouais. Non, j'y pense pas trop en vrai.
- Patana
Ok.
- Simon
Je pense que j'y pense pas trop. J'ai du mal à me projeter dans le futur. En fait, je vois beaucoup le futur proche.
- Patana
Ouais.
- Simon
J'arrive pas à me projeter beaucoup dans le futur lointain. En fait, il y a tellement de variables qui peuvent rentrer en compte. Et des choses qui ne vont pas forcément dépendre de moi, mais des gens que je vais potentiellement rencontrer. En fait, je ne me fais pas beaucoup de plans sur la comète parce que je sais qu'à tout moment, ça peut dériver.
- Patana
Je suis un peu comme toi dans le contexte voyage, mais dans le contexte de ma vie perso. En fait, je me suis fixée, mes 40 ans, j'ai écrit mon livre. J'ai écrit, j'ai publié. Mais toutes les étapes que j'ai entre, vu que j'ai 33 ans, J'ai du mal à me dire est-ce que je me lance dès maintenant à tout quitter au boulot et j'investis ou au contraire j'attends la dernière minute je n'arrive pas à me projeter en plus un coup c'est oui, un coup c'est non c'est un peu ce qu'on se disait avec Elise tout à l'heure, ça te fait des vagues tu as des phases où tu as vraiment envie de tout quitter parce que tu n'en peux plus et puis l'instant d'après tout va bien. dès que ça va mieux, du coup, tant que ça va, ça va. Tu te dis... C'est un peu la... C'est plus ou moins la flemme aussi, tu vois. Tu te dis, tant que t'es bien dans l'endroit où t'es, tant mieux, quoi. C'est la sécurité aussi. Ouais, c'est ça, exactement.
- Simon
Quand on dit partir et tout, enfin... quitter son travail et faire notre... C'est aussi beaucoup de réorganisation, surtout quand t'as un enfant, surtout quand, tu vois. Donc t'as aussi la sécurité de l'emploi et tout, ouais. Et je pense que le... Quand je dis que j'arrive pas à voir au long terme, en fait, c'est... Tu vois, pour moi, le futur, c'est genre, il y a une lumière au loin, je sais que je dois y arriver, mais je sais pas par quel chemin je vais y arriver. Donc je sais que ça va être ça au bout d'un moment.
- Patana
Ouais.
- Simon
Mais par contre, le fossé qu'il y a entre ça et le fait d'y arriver, je sais que ça ne peut pas être autre chose que ça. C'est-à-dire que je sais que mon voyage va se terminer au bout d'un moment.
- Patana
Oui, tu as fixé ton cap après. En fait, ton chemin, il t'importe peu finalement. C'est ta finalité.
- Simon
Oui, c'est comment est-ce que tu y arrives. Moi, j'aime bien justement de savoir que je vais y arriver là-bas, mais que je ne sais pas comment je vais y arriver.
- Patana
C'est un peu l'excitation de dire, tu verras quoi.
- Simon
Puis ça dépend de plein de trucs, tu vois. Genre, ouais, ça dépend des gens que tu rencontres, etc. Mais je sais qu'à un moment, ça va se finir. Et je rencontre beaucoup des vieux, genre 60-70 ans dans les auberges, ça fait 40 ans qu'ils voyagent, et je sais que j'ai pas envie d'être comme ça, tu vois. Ils ont pas d'attache, ils ont pas de... tu vois. Ils sont un peu sauvages. Non mais en vrai, tu vois, un peu... La socialisation, c'est dur avec ces gens-là, tu vois.
- Patana
Ouais, c'est sûr. Et quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui n'arrive pas à se lancer pour partir, comme tu l'as fait ?
- Simon
De ne pas... De ne pas demander aux gens ce qu'ils en pensent, je pense. De ne pas demander qu'est-ce que tu ferais à ma place.
- Patana
Ok.
- Simon
Parce que je pense que tu as beaucoup plus de gens qui vont te dire de ne pas le faire.
- Patana
Ouais.
- Simon
Enfin, si tu as du mal à te lancer, c'est que... Ce n'est pas une histoire de confiance en soi, mais c'est que tu as beaucoup d'appréhension et tu as peur de plein de trucs. Oui. Sauf que les gens, ils vont te renvoyer à ses peurs et c'est pas forcément les meilleurs pour te... Il y a plus de gens qui vont dire mais si, vas-y, fais-le. Il y a moins de gens qui vont te dire ouais, vas-y, fais-le, que des gens qui vont te dire ah, tu sais, il faut faire attention et tout. Donc ouais, de pas demander aux gens ce qu'ils en pensent. Mais il faut que ça vienne de l'intérieur en fait. C'est pas le point de vue extérieur qui va te faire... changer d'avis ou qu'il va te faire prendre confiance en toi. Et il faut que ça vienne de toi et de ta capacité à te casser la figure et à te relever après.
- Patana
Est-ce que le Simon qui montait dans l'avion la première fois pour son tour du monde serait fier du Simo, qui est devenu aujourd'hui ?
- Simon
Est-ce que le Simon qui... C'est pas la... Je sais pas si c'est de la fierté. Parce que... En fait, t'es fier d'un truc que t'as fait, tu vois. Mais je suis pas spécialement fier du voyage. Parce que je... En fait, moi, je trouve pas ça très très compliqué, en fait. Le fait de prendre un bus, d'aller d'auberge en auberge, de visiter des choses, de faire la conversation en anglais ou en espagnol, de travailler dans les mines. Peut-être c'est les mines dont je serais le plus fier.
- Patana
Ok.
- Simon
Ça, je me serais dit, j'avoue que je ne me serais jamais vu là-dedans. Surtout que je ne suis pas très manuel, je n'ai pas le sens pratique des choses, quoi. Ouais. Et du coup, de faire un boulot là-dedans, dans les mines, je pense que c'est peut-être ça dont je suis le plus fier, finalement. Mais le voyage en soi... Il n'y a pas beaucoup de fierté quand on ressort. C'est plus que je suis content de l'avoir fait. Je savais depuis longtemps que j'allais le faire. Mais ce n'est pas forcément de la fierté.
- Patana
C'est marrant parce qu'on en parlait par discussion quand on était en train de planifier la date du podcast où je te disais que j'étais hyper admirative de ton voyage. Je le suis d'autant plus avec l'épisode. Et que tu me disais... Il y en a qui font tellement plus impressionnant que moi. Et je trouvais ça fou parce que moi, je trouve ça incroyable. Juste la démarche de l'avoir fait parce que dans notre bande de potes, t'es quand même le seul qui l'a fait. C'est quand même pas commun. Moi, en tout cas, de toutes les personnes que je connais, même dans ma vie, c'était le seul qui... qui l'a fait. Et aussi, je pense qu'il y a aussi le fait de voyager seul, parce qu'il n'y a pas n'importe qui qui peut le faire aussi, tu vois.
- Simon
Ouais. Mais en fait, t'es seul quand tu le veux. Oui, c'est vrai. Et je pense qu'il y en a qui s'imaginent que je suis tout le temps seul, mais en fait, la plupart du temps, t'es pas tellement seul, en fait.
- Patana
Ouais.
- Simon
Et le truc, c'est que tout seul, t'es plus libre. Ça c'est une dédicace à Chris. Tout seul, t'es plus libre parce que tu fais ce que tu veux au rythme que tu veux. Mais ensemble, tu peux prendre plus de risques. Parce que t'es un groupe. Il y a plein de trucs que j'ai fait avec des gens où je me suis dit ça tout seul, j'aurais jamais fait. Donc tu peux prendre plus de risques, t'es plus fort parce que les gens vont moins t'embêter. Mais il y a des... Des randos par exemple, où je me suis dit là je m'arrête, parce que ça devenait trop dangereux au niveau de la crête, ou que je sentais que ça pouvait s'effriter et tout, mais que si j'étais avec quelqu'un, j'aurais continué à le faire. C'est des trucs tout cons, mais... Ouais, il y a des trucs où tu te dis ça je le fais pas parce que je suis pas tout seul. Mais en vrai, le fait de partir seul... Moi je trouve ça plus compliqué de partir avec quelqu'un, tu vois.
- Patana
Ah ouais ?
- Simon
Ouais. Je trouverais ça plus compliqué. Après moi j'ai rarement été en couple et tout, donc j'ai pas beaucoup d'exemples là-dessus, mais peut-être que partir avec une copine, enfin ma copine et tout, peut-être que ce serait aussi simple.
- Patana
Ouais.
- Simon
Mais partir avec un ami ou une amie, moi du coup je trouve ça plus simple de partir tout seul. Parce que t'as pas de... La liberté que te procure la solitude, en fait, tu l'auras pas... Enfin, tu vois ? Moi, je trouve que c'est plus simple de faire ça seul, en fait. Pour les gens, c'est plus compliqué, c'est plus...
- Patana
C'est intéressant comme point de vue, parce que... C'est vrai que t'as raison quand on parle de... Je sais, c'est vrai que t'imagines quelqu'un qui pense à la vie tous les jours dans les montagnes, dans les rondeaux... Ouais,
- Simon
bah oui.
- Patana
Au final, toi, tu t'entoures au fur et à mesure de personnes quand tu vas dans chaque pays, en fait.
- Simon
Mais je pense que les gens qui s'imaginent Simon qui voyage, ils n'ont pas toujours... Des fois, ça correspond, mais des fois, l'image n'est pas la bonne, je pense. Ce n'est pas la bonne représentation. Mais il y a plein de journées où le voyage, je ne faisais rien parce que je n'avais rien envie de faire.
- Patana
Oui.
- Simon
Mais comme chez nous... Ouais, mais comme chez nous où on n'est pas toujours obligés, on n'est pas toujours en train de faire un truc.
- Patana
Ouais, c'est vrai.
- Simon
Mais c'est marrant parce que tu vois, les gens qui sont là pour un mois dans le pays et qui vont visiter le pays, en fait, tu sais, ils partent le matin à 9h. Moi, je suis là en train de prendre mon petit-déj à bouquiner. En fait, ils reviennent le soir à 17h et je suis en train de finir une série. En fait, ils me disent « mais t'as fait quoi aujourd'hui ? » Je leur dis, je me suis fait embarquer dans Netflix et je n'ai pas tellement décollé. Ils disent, ouais, mais il y a plein de trucs à faire et tout.
- Patana
Et tu n'as pas de date de fin à part le visa.
- Simon
Voilà, et c'est ça que je leur dis. Vous savez, déjà, ce que vous faites, ça fait un an que je le fais. Et ensuite, si je ne le fais pas aujourd'hui, je le ferai demain. Et vous, demain, vous ne serez plus ici. C'est pour ça que vous êtes obligés de le faire aujourd'hui.
- Patana
Parce qu'en fait, tu voyages pas, tu vis en fait.
- Simon
Oui, je pense que c'est quand on... Quand la seule deadline, c'est la fin de ton visa, bah en fait, t'as pas le même rapport au... Si tu passes une journée à rien faire, bah tu passes une journée à rien faire, quoi. Et c'est pas grave, parce que... Déjà, tu peux pas tout faire. J'ai horreur des gens qui vont « Oh, t'as pas fait ça ? » Ah ouais, c'est vrai. On en parle avec des gens, des fois, c'est « Putain, mais c'est là ? » Mais en fait, tu peux pas tout faire, tu vois. Tu peux pas faire toutes les cascades, tu peux pas faire tous les parcs, tu peux pas faire toutes les forêts. En fait, c'est pas grave, quoi. Le but, c'est pas de tout faire. Tu vis des choses aux endroits où tu vas, mais en fait...
- Patana
J'étais hyper comme ça avant. J'étais... Absolument qu'on visite tout. Et genre vraiment, je fais toutes les caisses possibles imaginables. Mais il me trouvait insupportable. Sans passer des journées à... Et en fait, tu profites pas tant au final.
- Simon
Et surtout que tu peux pas tout faire.
- Patana
Oui, oui.
- Simon
Mais j'avais ça un peu parce que j'ai un peu le FOMO, moi. J'ai toujours peur de louper un truc. Des fois, partir d'un pays en sachant qu'il y a des choses que j'ai pas faites...
- Patana
Ouais.
- Simon
Au début, c'était un peu compliqué pour moi. Et du coup, j'ai tapé une accélération sur la dernière semaine de mon visa où je me fatiguais pour faire toutes les églises, tous les trucs et tout. Et en fait, au bout de quelques mois, je me suis rendu compte d'énorme. Il y a une étude anglaise qui disait si tu veux faire tout ce qu'il y a à faire dans le monde, il faut que tu voyages de tes 18 ans à tes 333 ans. Un truc comme ça. Et vraiment, et non-stop, tu visites. Toutes les églises, toutes les temples, toutes les cascades, tous les parcs et tout, en gros, il faut que tu voyages non-stop pendant 300 ans.
- Patana
Mais ouais, du coup, tu ne te ressources pas.
- Simon
Dans tous les cas, tu ne feras pas tout. Et puis, ce que je disais à Stan, c'est que plus tu fais de choses, moins tu es émerveillé par ce que tu fais. Plus tu vois des levers de soleil, de couchers de soleil sur la plage et tout, et en fait, ce que tu vas faire après, tu vas dire, ah ouais, mais...
- Patana
Oui, tu apprécies moins les choses à sa justement... Bah oui,
- Simon
c'est dommage aussi des fois. C'est pour ça que je sais que je ne veux pas voyager toute ma vie, je pense. Parce que je sais qu'au bout d'un moment, tu perds l'émerveillement... Oui,
- Patana
tu as envie de t'en garder pour plus tard, quoi.
- Simon
Bah oui. Et puis, il y avait une fille au Canada qui disait « Moi, je veux faire tous les pays du monde. » Je dis « Oui, mais tu sais... » Enfin, si c'est juste traverser les frontières pour dire qu'il y a aller, en fait... Oui,
- Patana
c'est facile.
- Simon
Oui. avec moi tu y es allé, mais en fait qu'est-ce que tu vas vivre dans ce pays ?
- Patana
Et qu'est-ce que tu retiens derrière ? Yes. On arrive sur les toutes dernières questions, promis.
- Simon
Oui,
- Patana
ça va. Justement, pour conclure, on a déjà une tradition chez WePotes qui sont les questions flash, que j'ai un peu revisité pour cette deuxième saison.
- Simon
Donc c'est des questions que tu poses à... tout le monde ? Non,
- Patana
justement, c'est pas la question que je pose à tout le monde, j'adapte en fonction des personnes que j'ai. Donc pour toi, c'est un peu particulier, puisque comme tu as fait beaucoup de pays, on essaie de pas faire des choses redondantes, mais je vais te dire un pays que tu as visité, du coup. J'espère que j'ai bon sur la liste que j'ai mise. et il faudra que tu me dises ce que tu en penses en un mot et je te demanderai peut-être éventuellement pourquoi tu as choisi ce mot.
- Simon
Ah mais il y a des pays ça peut être le même mot parce qu'il y a des pays qui sont très proches géographiquement, culturellement et où... mais bon vas-y vas-y je vais essayer.
- Patana
Alors Birmanie.
- Simon
Birmanie en un mot du coup.
- Patana
Ouais.
- Simon
C'est par rapport au pays ou par rapport à ce que j'y ai vécu ? Ou par rapport à la personne avec qui j'étais ?
- Patana
Comme tu veux.
- Simon
Birmanie, c'est deux mots, mais fils unique. Parce que c'est la première fois que je voyageais avec mes deux parents, sans mon frère et ma sœur. Ok. Tu vois ? Après, il y avait un peu ça au Costa Rica aussi, parce que mon frère et ma sœur sont venus... J'avais d'abord une semaine tout seul avec mes parents. Et c'est un temps assez précieux, je trouve.
- Patana
Ouais.
- Simon
Donc, Birmanie, il se trouve qu'il y avait mes parents, donc je dirais ça.
- Patana
Ok.
- Simon
Mais, ouais.
- Patana
Népal ?
- Simon
Himalaya. Le camp de l'Everest, les Annapournas. Ouais. Je pense que c'est la première fois que j'ai fait... Ah ouais. Là, c'est... C'est un autre niveau de beauté de paysage, quoi.
- Patana
Ouais.
- Simon
Je pense que t'as eu Népal et l'Argentine.
- Patana
Et tu avais un temps de préparation du coup pour voir les montagnes ?
- Simon
Au niveau de l'acclimatation à l'altitude ?
- Patana
Ouais.
- Simon
Non, pas vraiment.
- Patana
D'accord.
- Simon
Non, non. Au Népal, j'étais allé je pense à 5800, mais j'étais pas allé à 6000.
- Patana
Ok.
- Simon
Ouais, ouais, mais en fait le truc c'est que comme tu... Le trek il prend plusieurs semaines à faire. Donc en fait, tu montes vraiment progressivement. Et en fait, le truc, c'est que les villages, ils sont faits de faire en sorte... Non, ils sont faits d'une sorte que... En gros, tu montes et puis tu redescends après pour dormir. Mais c'est pas genre tu montes, tu montes et tu dors en haut. Parce que là, ton corps, il comprend pas au niveau des globules rouges, je crois. Donc du coup, en fait, tu montes, tu manges dans un village en haut et tu redescends. Et tu dors. Et du coup, tu dors jamais au point le plus haut de ta journée.
- Patana
D'accord.
- Simon
Et normalement, en faisant ça, t'as pas le mal d'attitude.
- Patana
D'accord.
- Simon
Normalement.
- Patana
Donc toi, tu l'as jamais...
- Simon
Moi, j'ai eu des nausées, mais plus sur... En fait, c'est quand tu fais un sommet à 6000. Là, par contre, c'est pas tu montes et tu descends, c'est tu montes, tu montes d'un camp de base à un autre.
- Patana
Ouais.
- Simon
Et là, du coup, ton corps... Surtout qu'à l'époque, je fumais plus. Ouais. Enfin, je fumais... Maintenant, je fume si je bois de l'alcool, mais avant, même si je ne boivais pas d'alcool, je fumais. Donc du coup, je pense que mon corps, il ne comprenait pas forcément ce qui se passait. Mais oui, ce n'est pas pareil quand tu fais un trek ou quand tu escalades une montagne. Un sommet, ouais.
- Patana
Ok, Paraguay. Je te vois sourire.
- Simon
C'est... Original. Mais en fait, tout le monde... En Argentine, tous mes potes, ils me disaient « Mais pourquoi tu vois au Paraguay, il n'y a rien là-bas ? »
- Patana
Ah oui ?
- Simon
Ce n'est pas hyper touristique, tu vois, par rapport au Pérou, la Bolivie, le Brésil, le Chili, tous les pays qui sont autour. Mais le Paraguay, pour eux, c'est un peu genre... On n'en parle pas, tu vois, c'est un peu comme... Je ne sais pas, les gars du Luxembourg chez nous, tu vois, s'ils sont là, mais s'ils n'étaient pas là... Je vais te donner cet exemple. J'allais dire Luxembourg aussi. Ouais, mais j'ai pas d'autres exemples à part le Luxembourg, je sais pas. Tu vois, ils sont là, mais s'ils étaient pas là, ça changerait pas grand-chose, tu vois. Pardon s'il y a des luxembourgeois qui nous écoutent, mais... En gros, ils sont là, mais ils ont le mérite d'être là. Et en fait, le Paraguay, par rapport à plein de pays touristiques autour, et en fait, tout le monde me disait, mais pourquoi tu vas là-bas et tout ? Et je disais, bah je sais pas, je vais regarder, tu vois. Ça se trouve, j'y ai passé deux semaines, et voilà. Et en fait, j'ai loué une voiture avec une Suisse et un Allemand, et on a fait le tour du Paraguay. Et effectivement, il y a quelques ruines jésuites où il y a des belles cascades, etc. Mais effectivement, c'est plutôt original, ouais. Mais c'est authentique. Non, c'est pas original, c'est authentique. Parce que du coup, il n'y a pas beaucoup de touristes. Canada ? Amitié, parce que ça faisait neuf mois que je n'avais pas vu un pote, je pense. Et de revoir tout le monde. Même Marie-Hélène ou Mélanie ou Luz, ça faisait encore... Plus que neuf mois. Donc, ouais, amitié, je pense.
- Patana
Ok.
- Simon
On était vraiment... Il y a vraiment beaucoup de gens de notre groupe, en fait.
- Patana
Ouais.
- Simon
Enfin, tu vois. Donc, c'était vraiment beaucoup de gens d'un coup.
- Patana
Honduras ?
- Simon
Plongée. Parce que j'ai fait mes baptêmes de plongée là-bas.
- Patana
Ah, trop bien.
- Simon
J'ai fait le niveau 1 et 2.
- Patana
Trop bien.
- Simon
Et du coup, maintenant, je peux faire de la plongée à 30 mètres.
- Patana
Ah, c'est génial.
- Simon
Ouais. En fait, j'ai fait là-bas parce que ça coûte pas cher.
- Patana
Ouais.
- Simon
Mais c'était sur une île près de Honduras. Enfin, qui appartient à Honduras, mais c'est pas sur le continent. Mais c'est parce que sinon, Honduras, c'était trop dangereux à l'époque.
- Patana
D'accord.
- Simon
Ouais. C'était classé rouge, je crois, sur le ministère des affaires étrangères. Donc, en fait, j'ai vraiment très assez pour aller sur l'île et faire ma plongée, quoi. Je n'y suis pas resté longtemps.
- Patana
Ok. Et Pérou ?
- Simon
Les péages.
- Patana
Les péages ?
- Simon
En fait, ils font des... En fait, le Pérou, c'est ultra beau, mais les Péruviens sont trop... Selon moi et selon beaucoup de gens, le cerveau est matraxé par le tourisme.
- Patana
Ah ouais ?
- Simon
Ouais, en fait, on est devenus des porte-monnaies. En fait, ils font des péages dans la montagne pour passer dans leur village.
- Patana
D'accord.
- Simon
Tu es dans la montagne, tu marches et le chemin passe par un village. En fait, ils te font une barrière comme ça avec un ticket qui n'a rien du tout, tu vois.
- Patana
D'accord.
- Simon
Ils te demandent de l'argent pour passer dans leur village. Et du coup, tu leur dis ouais, mais en fait, c'est un rapport à la nature que je n'aime pas, tu vois.
- Patana
Ouais.
- Simon
Parce que du coup, ça fausse déjà la relation que tu as avec eux.
- Patana
Hum.
- Simon
En plus, ils te demandent de l'argent et ils n'ont aucune légitimité à le faire. Ils te donnent un bout de papier qui ne vaut rien. Donc, c'est là que je dis un peu matraxé par le tourisme. Le Pérou, c'est joli, mais ce n'est pas authentique, du coup, je trouve. D'accord. Ils te font des barrières comme ça. Et si tu ne payes pas, il y en a déjà qui se sont morts par des chiens et tout. Ah ouais ? Tu es un peu obligé de payer. En fait, parce que généralement, ils te demandent 10 soles. Ça fait genre 2-3 euros.
- Patana
D'accord.
- Simon
Mais quand c'est la première fois, ça va. Mais quand c'est le dixième village que tu passes dans la journée, en fait, évidemment, tu fais gaffe. Je ne vais pas payer à chaque kilomètre pour... C'est clair. Oui, mais tu fais quand même. Oui, mais en fait, c'est les règles du jeu. Du coup, je trouve ça dommage. Ça enlève la beauté du paysage alors que c'est un pays magnifique.
- Patana
OK. Et la dernière question, c'est la question capsule temporelle. Que dirais-tu à ton moi dans deux ans ? quand il aura clôturé son tour du monde.
- Simon
Qu'est-ce que je lui dirais ? Qu'est-ce que je me dirais dans deux ans ? Qu'est-ce que tu fais maintenant, en fait ? Tu vois ? Ok, ça c'est fait. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Où est-ce que tu vas habiter ? Avec qui ? Dans quelle région de France ? Pour y faire quoi ?
- Patana
Ok. Merci beaucoup pour ta présence, Simon.
- Simon
Avec plaisir, oui.
- Patana
Merci de nous rappeler l'importance de réaliser ses rêves et de se dire que rien n'est impossible. Et que les aventures qui s'étalent sur plusieurs années sont les meilleures. Et du coup, on s'est donné rendez-vous en 2028 pour la partie 2.
- Simon
On s'est donné rendez-vous en 2028, oui. C'est bien qu'on ait fait la partie 1 aussi.
- Patana
Je suis super contente aussi. Avec plaisir. Merci à tous d'avoir écouté ce nouvel épisode de WePotes. N'hésitez pas à me suivre sur ma page Instagram wepotes_podcast et likez sur toutes les plateformes d'écoute. Et à très vite pour un nouvel épisode entre potes.