- Patana
Bonjour à tous et bienvenue chez WePotes, le podcast où on papote entre potes. Parce qu'après mes parents, ce sont mes amis qui m'inspirent le plus dans ma vie. Ici, nous partageons sans filtre des histoires personnelles et nos réflexions sur la vie de trentenaire. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir un pote de soirée de lycée, devenu par la suite un vrai ami, puis celui à qui j'ai confié l'honneur d'être mon animateur de mariage. C'est pour vous dire mon niveau de confiance. Il s'agit de Vinsou. Bon Vinsou, comment tu vas ?
- Vincent
Ça va, ça va, très bien.
- Patana
Comment tu te sens ?
- Vincent
Écoute, ça va, j'ai hâte de pouvoir échanger avec toi, on en a déjà discuté il y a un peu de temps, donc hâte de pouvoir partager ça avec toi.
- Patana
C'est clair, merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation à ce podcast. Et avant de démarrer, j'aimerais te proposer un petit icebreaker des familles. Alors déjà, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
- Vincent
En quelques mots, je vais essayer de faire court parce que j'ai une petite pipelette. Vincent Colin. Je te connais depuis très longtemps, depuis le lycée et tout ça. Je suis consultant informatique, donc je suis en projet informatique. Je vis à La Rochelle. J'ai une petite famille d'un enfant, bientôt trois. Eh oui !
- Patana
J'ai appris ça hier pour information.
- Vincent
Et une petite famille bien posée, enfin voilà.
- Patana
Et on va en reparler. Justement, t'as dit qu'on s'était connu au lycée, est-ce que tu te rappelles exactement comment on s'est rencontré la première fois qu'on s'est vus ou parlés ?
- Vincent
Alors, la mémoire, ce n'est pas mon truc, mais j'aurais tendance à dire, moi, les premières fois, je me rappelle de beaucoup de sessions au bâtiment C.
- Patana
Le fameux.
- Vincent
Le bâtiment C, comme on le disait, avec des sessions de tarot entre chaque cours, je crois. Ouais, j'aurais dit ça. Après, je pense qu'on a peut-être s'est connu avant, je ne sais pas, mais je dirais ça.
- Patana
Ouais. Ouais, pareil, bâtiment C, donc pour ceux qui ne savent pas, c'était le QJ des terminales scientifiques. Moi, le souvenir que j'ai de toi, je ne me rappelle pas non plus la première fois exactement où on s'est vus ou parlés, puisqu'on n'était pas dans les mêmes classes. Et en fait, c'est marrant parce que, justement, nous, on a été plus proches après le lycée que quand on s'est rencontrés. Moi, j'avais le souvenir de... T'étais plutôt good vibes, mais... En fait, c'était marrant parce que tu avais l'air très ouvert et en même temps, tu n'avais pas l'air très accessible parce que tu étais à fond sur ta copine de l'époque. Et ce qui fait que, oui, je m'étais plutôt dit, ça peut être sympa d'apprendre à te connaître. Et je suis très contente du coup qu'on ait appris à se connaître par la suite. Et j'ai découvert une très belle âme depuis.
- Vincent
C'est vrai que c'était une période... une période assez chargée et je suis content que justement, par la suite, on ait pris le temps et je pense avec plein de personnes où j'ai pris plus le temps de les rencontrer. Mais ouais, c'était une belle période avec beaucoup de rencontres et du coup, plein de gens qu'on connaît, qu'on continue de partager au quotidien. C'est clair.
- Patana
Yes. Et la dernière question avant de démarrer, comment tu décrirais notre relation aujourd'hui en un mot ?
- Vincent
En amour ? En un mot. Ah en un mot. Non, en un mot, je ne sais pas comment dire, je dirais, enfin, vraiment confiance. Il y a un côté, on vit pas mal de, enfin, on vit les mêmes choses en ce moment, que ce soit au niveau familial, on se connaît depuis très longtemps, je sais que c'est une période qui est à la fois sérieuse, posée, avec même Philippe, on s'entend très bien. Je trouve qu'on a un bon, un très bon fit amical, autant entre nous qu'en tant que couple. Et je sais que vous, l'un comme l'autre, je sais que je peux faire confiance et je pense que c'est mutuel. En tout cas, c'est le ressenti que j'en ai.
- Patana
J'aime bien. J'aime bien ce mot. Je pense que ça décrit bien, en effet. Et écoute, justement, tu disais que t'es de la Rochelle. On est actuellement en train de tourner dans ta vie à Rochelle. On voit la gare juste derrière nous.
- Vincent
Entre beau soleil et petit plaid, parce qu'il fait un peu frais.
- Patana
Ouais, c'est clair, mais ce que je disais avec Philou ce matin, c'est qu'on adore la ville. Je sens qu'il fait bon vivre. On comprend pourquoi vous êtes venus ici. C'est vrai qu'on s'y sent plutôt bien.
- Vincent
C'est vrai que c'est une ville... Pendant longtemps, c'est marrant, j'avais eu l'occasion de venir quelques fois. Et je ne voulais pas y vivre. J'aimais bien le côté parisien, énervé. Tu bosses, tu es là, il y a une certaine... Bref, j'aimais bien ce rythme-là. et effectivement le changement où la famille qui arrive, l'envie d'avoir un petit peu plus de calme, d'apaisement et autres.
- Patana
C'est une super ville, elle est trop trop cool ça se sent. Et aujourd'hui, nous allons aborder un thème que tu as choisi et qui nous concernent tous. La conscience de soi, les vecteurs de motivation, les croyances limitantes. Tout simplement. Ces petites voix dans la tête qui nous disent qu'on n'est pas assez bien et comment on passe outre tout ça. Et donc, pour commencer, la genèse, est-ce que tu peux déjà nous raconter comment tu as vécu ton enfance et à quel moment tu as commencé à te poser des questions sur qui tu étais ?
- Vincent
Ce n'est pas évident. Je pense qu'il y a eu un questionnement pendant longtemps. Et je pense qu'on a tous... On ne se pose pas les mêmes questions quand on est jeune. Moi, dès la primaire, j'ai les premières sensations de devoir être quelqu'un. Pas forcément être soi-même, mais justement commencer à travailler sur le sur-soi, sur le côté de comment je dois me comporter en société, ce genre de choses. Mais je pense que ce n'était pas conscient. Il y avait plus, je le vivais à ce moment-là, comme une pression forte et je pense que c'est que beaucoup plus tard, je pense même peut-être au lycée, non même études supérieures où je pense il y a vraiment un truc de prendre conscience qu'il y a un boulot à faire et que on a tous ancré en nous des choses et un travail sur soi à faire. Et ce qui est marrant c'est qu'en fait pourquoi est ce que je voulais qu'on parle de ce sujet là, parce que en ce moment c'est une période qui est importante pour moi et je pense pour plein de gens qu'on connaît autant des collègues ou autres, même toi tu en as déjà parlé de toi, de tes changements. On a des amis qui ont là pas mal de changements, cette période un peu de la trentaine, où, je sais pas, t'as l'impression que tout le monde d'un coup se réveille en se disant « Ok, là j'ai l'impression de commencer à savoir qui je suis. » Et ça date de bien, bien, bien plus longtemps, mais là on se dit « Bon bah là ça y est, je veux passer la page et là je vais être vraiment qui j'ai envie d'être pour le reste de ma vie. » Et donc c'est pour ça qu'on en parle, et ouais, ça date de un petit bail, peut-être la primaire.
- Patana
Et justement, tu disais, ça date de longtemps et tu as senti une pression. Pour toi, cette pression, comment tu la décris ? Est-ce que c'est une pression, toi, vraiment intérieure ou est-ce que c'est une pression extérieure, par exemple, de la famille ou autre s? Comment tu perçois ça ?
- Vincent
Moi, ça a été assez simple. En fait, j'ai quelques moments, je pense, dans la vie où je vois vraiment deux, trois moments, je dirais un peu clés, dans ma jeunesse. Enfin, toujours là, normalement. Mais deux ou trois moments clés où je me dis que ces moments-là ont eu un impact, en tout cas, ils cristallisent bien ce qui s'est passé. Et notamment, je pense que le premier moment qui me parle le plus, c'est fin primaire, ou un rapport des fois un peu compliqué avec certaines personnes qui aiment bien se martyriser les unes les autres, ou être un peu trop taquins, où je pense que même si j'ai eu une enfance qui était très sympa. De mon point de vue, il y avait quand même un rapport un peu pas évident. L'autre pouvait être un peu moins sympa que ce qu'on aimerait ou un peu plus... Je ne sais pas, il y avait une sensation de devoir se protéger et de devoir être pas entièrement soi-même parce que si on est soi-même, déjà on s'expose. Et ça fait mal quand on s'expose et qu'on est jugés ou autre. Et donc, il y a eu un moment où vraiment ma première, je dirais, rébellion... sur, non, arrêter de se laisser faire, pas accepter tous les bons principes que nous donnent les parents, il ne faut pas taper, pas de violence, je ne vais pas casser des gueules après ça. Mais il y a un peu ce côté, non, accepter qu'il faut aussi savoir s'imposer, et donc, cette première rébellion, ça a été ça. Mais du coup, essayer de lutter pour extérieurement, comme tu disais, faire en sorte de se sentir, essayer de s'imposer un peu, de se sentir un peu mieux avec des personnes autour, on ne sait pas trop comment gérer les relations avec les autres. C'est plutôt comme ça de l'extérieur. Mais du coup, à l'intérieur, tu le ressens comme... Tu as une voix intérieure qui te parle en continu, comment je peux faire ceci, comment être différent, pourquoi j'ai fait ci, pourquoi j'ai fait ça. Tu sais, ces pensées un peu harcelantes qui peuvent te suivre toute ta vie. Ça a démarré, je pense, manifesté comme ça, mais par contre, ça venait clairement de l'extérieur.
- Patana
Et justement, au début, est-ce que toi, te concernant, tu étais dans un rôle au final ?
- Vincent
Je pense que j'ai eu 15 années au moins de jouer un rôle. Pas dans le côté... Je ne sais pas comment dire. Ce n'est pas un rôle où tu n'es pas toi-même. 100%. Tu as une partie de toi, mais tu as une armure. Normalement, je le décrirais comme un masque, une armure partout. Au fait, tu es là, mais il y a quand même un truc qui fait que tu vas changer en fonction des personnes avec qui tu es. Tu vas arborer un masque différent. Parce que j'avais vécu 15 ans et quelques de masques. Et il a fallu très, très longtemps pour réussir à faire un peu. Là, ça y est, les masques ne sont plus là. Mais il a fallu entre la primaire, jusqu'à maintenant, faire tomber les masques.
- Patana
Et tu vois, tu parlais justement d'avoir plusieurs masques en fonction des personnes avec qui t'es. Et moi, j'ai toujours ressenti ça de dire, j'ai plusieurs bandes de potes différents. Et suivant les bandes de potes avec qui je suis, je ne vais pas forcément être la même. Mais pour le coup, je ne dirais pas que je n'étais pas moi-même, mais c'était plutôt que j'étais une facette de moi-même où je m'adaptais par rapport aux personnes que j'avais en face de moi. Et j'ai eu beaucoup du mal, je pense surtout avant le mariage, à mélanger les bandes de potes. Je me suis dit, vu que je suis pas exactement la même, on va dire, où je ne me comporte pas forcément pareil, où je n'ai pas les mêmes vécus, etc. J'avais peur que ce ne soit pas compatible. En fait, je suis la bonne surprise de me dire que non, finalement, ça se mélangeait bien parce que tu choisis quand même tes amis et que tu choisis quand même des personnes que tu apprécies un minimum et qui, normalement, du coup, s'entendent bien avec les personnes. Après, ce n'est jamais 100% vrai, ça dépend parce que c'est l'humain qui fait ça. Mais je pense que je l'ai aussi vécu sur cet aspect-là. Le fait d'être pas exactement soi-même. Rôle, je ne sais pas trop. Mais en tout cas, des fois, je m'adapte en mode j'ai envie d'être ce que la personne attend de moi, peut-être.
- Vincent
C'est dans ce que tu décris, justement, la sensation. Et même, tu dis qu'effectivement, on parle avec des personnes différentes. Et donc, on a évidemment des facettes de personnalité différentes. Le fan de cartes Magic ne va pas parler de ces trucs à quelqu'un qui n'en a rien à faire. Forcément, on est un peu différents. Mais à partir du moment où tu ressens qu'il y a une peur de mélanger les groupes parce que tu ne sais pas comment tu vas être, si normalement la personne a différentes facettes de personnalité et que quand elle rencontre un peu tout le monde, les différentes facettes peuvent s'exprimer avec l'un, avec l'autre et l'autre, mais il ne devrait pas y avoir une peur. À partir du moment où effectivement, ah mince, comment est-ce que les gens voient, est-ce que je ne vais pas être face à mes contradictions, est-ce qu'il n'y en a pas certains qui vont dire « mais qui est-ce qu'il est celui-là ? » C'est qu'il y a quand même un contrôle, et donc il n'y a pas un rôle, parce que rôle ça fait un peu genre c'est volontaire, mais il y a quand même un peu un masque où je me protège derrière quelque chose. Et je pense que moi j'étais à la limite des fois du rôle, dans la mesure où il y avait un acte volontaire, ça n'a pas émergé tout de suite. Ca a émergé je pense à partir de la prépa, où là j'ai vraiment une période, une deuxième période un peu compliquée où il y a eu un côté je voulais changer et reprendre confiance en moi. Et donc il y a eu un côté vraiment volontaire de se dire ok les gens populaires, ils sont comment ok les gens machin ils sont comment, ok qui je suis et te faire un peu dire, non mais en fait ça c'est peut-être moi mais je vais faire de la négation de qui je suis et je vais essayer de ressembler plus aux gens que je vois qui sont populaires, où ça marche bien et je vais essayer de vraiment jouer ce rôle en me disant le faking until you make it de se dire ok t'es pas à l'aise avec eux, ok ça le fait pas mais t'as pas le choix si tu veux réussir à un jour être bien. C'est un choix. A un moment donné j'aurais peut-être pas refait le choix à ce moment-là, mais moi il y a vraiment eu au début je pense, c'était comme tu disais, plus un côté tu t'adaptes un peu comme tu peux et au bout d'un moment il y a vraiment eu un truc de créer vraiment des rôles parce que il fallait j'essayais de reprendre le contrôle sur un truc où je me sentais pas bien du tout.
- Patana
Est-ce que tu penses que le regard des autres a influé sur ça ? Au fait que tu ailles jusqu'à être dans cette frontière entre le masque et le rôle ?
- Vincent
Forcément, le regard des autres, il y a clairement un truc vis-à-vis des parents. Le côté tu veux qu'ils soient fiers de toi, il y avait quand même un truc en entrée, qui font pas mal de choses, sont très actifs et qui sont pas dans le côté laisser aller. Je sens qu'il y a une sorte de quête de performance au quotidien, même s'il y a beaucoup d'amour, même s'il y a tout ça et que tout va bien mais il y a en petit filigrane, il y a cette quête de la performance qui est là et du coup, je pense, moi j'ai eu un regard à l'autre qui était très pour être accepté en société, il faut être performant, ce qui va encore plus dans le sens quand t'es un mec, t'as ce côté un peu la culture de la performance et je pense que ça fait double écho. Et donc il y avait ça au début, il y a eu beaucoup ça et je me rappelle je pense à peu près vers quand on s'est connus c'était aussi une des périodes un peu prévues dans celle-là. Il y a quelques moments mais en gros je pense que là, j'avais un âge d'or je dirais quatrième troisième. Pour moi c'était des années incroyables, j'avais quelqu'un, un ami qui était un peu plus grand qui m'avait donné confiance et autres et je me sentais trop bien du coup, incroyable. Et en arrivant au lycée, j'ai eu une petite perte de confiance à un moment donné.
- Patana
Ouais.
- Vincent
Un accident qui m'a pas mis bien sur un truc. Et relation avec une personne avec qui je suis resté pendant 4 ans et où c'était ma première vraie grosse relation. Et où je me suis fait petit à petit sans me rendre compte bouffer. Je suis parti d'une étape où j'étais hyper à l'aise avec moi-même, je me sentais très bien. Et en fait, j'ai reperdu complètement confiance. Du coup, à partir de là, c'était quand je suis parti en prépa et autres, j'étais tellement mal que j'ai essayé de me reconstruire comme je pouvais, mais je n'y arrivais pas. Et d'où un autre passage un peu compliqué. Pour faire un extrême pour essayer de reprendre confiance mais il y a eu différents moments.
Et à quel moment tu trouves le déclic de dire ok je suis pas aligné avec moi même je me ressaisis ? Ca a été hyper tard je pense. Je pense, je me rappelle quand j'ai été encore en études fin décembre quand je faisais mes stages de césurei. Là, c'était un peu, je dirais, le paroxysme de la négation de soi. De réussir à bosser énormément, essayer d'être tout le temps l'acteur, le social. Et en fait, ça faisait que il n'y avait plus beaucoup d'espace intérieur et autres. Et je pense que là, entre pas beaucoup dormir, tout ça, ça faisait que ça faisait trop. Et je me suis vraiment rendu compte qu'il y avait un malaise. En fait, j'arrivais plus à le gérer, ce malaise. Et là, du coup, je me suis dit, il faut aller voir. Il y a du monde qui m'a un peu conseillé. Je suis allé voir, j'ai commencé à aller voir des psys. Et à partir de ce moment-là, tu commences à annoncer ça. Mais ça a commencé, je dirais, là. Donc, après une année ou à peu près, après que j'ai commencé à me mettre au boulot. Et après, jusqu'à maintenant, et ça continue. Mais ça a été tard.
- Patana
Et d'ailleurs, tu étais le premier à... Tu étais le premier pour plein de choses, mais tu étais notamment le premier de mes amis, en tout cas de ma bande d'amis, à assumer naturellement de consulter un psychologue. Est-ce que toi, tu avais une appréhension au début et qu'est-ce que ça t'a apporté du coup ?
- Vincent
Je ne sais pas comment dire. Je ne pense pas avoir eu d'appréhension. Il y avait quelque chose, mais ce n'est pas tant le mot appréhension. C'est encore dans le truc de la performance, le côté... C'est difficile. Si on va avoir un psy, c'est qu'on a un problème. Je pense que tu as cette idée...
- Patana
Tu es défaillant.
- Vincent
Oui, c'est accepter sa défaillance. Et je pense que j'ai eu la chance à peu près à ce moment-là, c'est que j'étais avec une personne qui était... qui a fini en études... qui venait de l'école de commerce, qui a fini par tout lâcher à la fin, ou non, qui est allée au bout et qui est partie faire des études de psycho.
- Patana
Ah oui.
- Vincent
Donc, il y avait clairement quelque chose. Et en étant avec, il y a un certain nombre de trucs où elle a, je pense, planté une ou deux petites graines sur notamment des trucs genre le triangle de Karpman ou ce genre de trucs qui étaient sur le côté l'agresseur, la personne, la victime et le sauveur et ça m'a fait un peu réfléchir sur des trucs. Je me suis dit en fait, il y a moyen en allant discuter avec du monde de faire des choses et je pense que psychologiquement c'était un peu plus facile d'arriver voir un psy en se disant, il y a des choses à apprendre côté psychologie, personnalité, plutôt que d'accepter de se dire j'y vais pour me soigner. Il y avait un côté, je vais apprendre aussi des choses sur la psychologie. Et je pense que c'était une bonne porte d'entrée pour que j'accepte de ne pas le voir comme tu as des défaillances, il faut que tu les règles.
- Patana
Oui, tu étais plus en mode, ok, je suis curieux, je vais peut-être apprendre des choses finalement.
- Vincent
Oui, mais il s'est révélé petit à petit que ça fait du bien.
- Patana
Oui, c'est clair. Tu continues du coup aujourd'hui ?
- Vincent
Beaucoup moins souvent, j'y vais de temps en temps. En gros, ça se fait par vagues. Je sens que quand il y a un moment difficile ou qu'il y a besoin, là, maintenant, il n'y a plus d'hésitation. Je sens que quand il y a un moment, j'y vais. Par exemple, là, il y a eu le passage, j'ai quitté ma boîte et essayé de me lancer dans l'entrepreneuriat. Et là, je me suis dit, bon, je me sens plutôt très à l'aise maintenant. Tous les masques sont tombés. Il y a un gros travail qui a été fait. Il y a eu beaucoup de sessions de psy. Mais là, je me suis dit quand même, allez, c'est un moment important. Juste d'y aller pour faire le point et me rendre compte en discutant avec la personne s'il y a besoin que je creuse des sujets. Et en fait, je me suis rendu compte, non, par exemple, là, je n'ai pas besoin, j'ai juste besoin d'agir. Mais même maintenant, je me dis, bon, on ne sait jamais, on y va et puis on voit.
- Patana
Je suis d'accord avec toi sur l'aspect de, le fait d'aller consulter, ça te force aussi à prendre du recul sur toi. Pas nécessairement qu'effectivement se soigner, etc. Ou sur certains cas, c'est indispensable. Tu vois, moi, pour le coup, cette année, j'ai fait une thérapie parce que j'ai eu des événements traumatisants et c'était vraiment une thérapie, c'était vraiment nécessaire, c'était pointé sur ça particulièrement. Mais moi, ce n'est pas une psychologue que je vois au quotidien, c'est plus une coach professionnelle. Concrètement, ça fait office de psychologue sur certains moments de ma vie, je la vois tous les mois et ça me fait juste du bien de dire, ok, je fais le point sur moi, je me focalise sur moi, et pas que dans l'aspect faire du sport ou faire des loisirs, mais vraiment, ok, je me préoccupe de ma santé mentale le temps d'une heure, tu vois, et me dire, ok, je fais le point, même quand ça se passe bien, ça me fait juste du bien de dire, ok, ça se passe bien, et de le dire, le formaliser, tu vois, de formuler ça te permet, je trouve, de prendre du recul et de te dire, OK, ça va ou OK, ça ne va pas. Et là, il faut agir.
- Vincent
Je trouve que tu as tellement tout qui découle de la psychologie. Si tu es bien dans ta tête, ça débloque pas mal de choses. C'est comme un médecin comme un autre et qui a une vraie discipline, un vrai truc. Et j'avoue que de tous les médecins, c'est entre guillemets le médecin que je préfère. Je trouve que c'est incroyable comme métier. C'est magique. Entre le coach et le psy, effectivement, c'est super. Je trouve que la société gagnerait à dédramatiser ce côté j'ai un problème et juste de dire non, en fait, de temps en temps, c'est important d'aller voir un dentiste pour faire un détartrage. C'est un peu ton détartrage psychologique, c'est tout.
- Patana
C'est clair. En fait, au contraire, quand on me dit ça, je suis hyper admirative de dire OK, tu as un problème, t'assumes le fait de dire ok je vois quelqu'un et c'est pour ton bien-être en fait. Au final le côté j'assume machin c'est juste parce qu'au bout d'un moment, ce qui est bête c'est que t'as un truc où tu te dis quand tu vas pas en voir un, t'as cette barrière mais une fois que t'en as vu un tu te dis bah oui en fait c'est une évidence. Donc c'est juste faudrait s'en rendre compte avant quoi. Mais j'ai l'impression que ça bouge un peu les mentalités. Justement je trouve que le fait d'en parler, le fait que tu l'aies exprimé et que d'autres personnes s'expriment derrière, je trouve que ça permet de démystifier aussi. C'est pas un gros mot de dire je vais voir un psy.
- Vincent
Même sans aller voir le psy, il y a des petites techniques. Je sais que j'avais commencé à le faire il y a très longtemps. Ça, c'est de se parler. Moi, je m'enregistre régulièrement. Je le fais pour des idées de start-up, plein d'idées dans ma vie. Moi, je me fais un soir, ou même il y a un truc qui ne va pas, je me dis, je lance mon enregistreur et je me parle. Peu importe ce que je dis, ça peut être n'importe quoi. Et après, soit je le mets de côté. Et t'en fous ça le rend concret. Soit des fois quand il y a vraiment besoin le réécouter c'est pas mal parce que je sais pas, ça fait comme une distanciation qu'en fait quand tu luttes contre ta voix intérieure ce qui est compliqué c'est qu'elle est dans ta tête. Tu peux pas dire bon bah bonne journée laisse moi tranquille elle est là dans ta tête, donc en fait la personne quand toi du coup tu te parles ça te fait déjà du bien. Mais en fait quand t'entends ta propre voix c'est comme si t'avais quelqu'un d'autre qui te racontait ses problèmes. La voix, elle n'est pas dans la tête du micro. Elle n'est plus là. Du coup, tu te dis, ah tiens. Et là, tu vois des trucs, tu vois des petites tournures d'expression, des petits machins, tu te dis, ah mais là, il y a un truc. Et moi, je sais que ça m'avait, avant même d'aller voir un psy, je ne sais plus qui m'en avait parlé, peut-être cette copine d'ailleurs, je ne sais plus. Mais rien que ça, il y a des routines, je trouve, qui sont au quotidien, qui sont super, et qu'on ne fait pas. On dit beaucoup dans des bouquins de coaching ou des machins, oui, le bilan de fin de journée, avant de démarrer, ta journée d'après, la visualisation, la gratitude, qu'est-ce que j'ai bien fait, qu'est-ce que j'ai mal fait, qu'est-ce que... Enfin, voilà, tous ces rituels-là, c'était pas... La théorie est là, mais en fait, c'est peu appliqué. Et j'avoue que moi, c'est typiquement un des trucs, c'est dans ma bucket list de je ne ferai peut-être potentiellement jamais, j'ai trop envie de faire un truc autour de ça. Plus tard, réussir à aider, en enlevant le gros mot de aller voir un psy, mais juste au lieu que les gens voient comme aller voir un psy, c'est il faut allumer un feu en frottant des bâtons, c'est pas évident. Tu leur donnes la première allumette qui est facile avec des rituels un peu simples et si tu arrives à faire ça, là, du coup, ça peut lancer des choses et l'étape est passée et je pense que le monde devrait aller voir un psy.
- Patana
C'est clair. C'est clair. Du coup, je ne connaissais pas du tout. C'est super intéressant ce que tu dis. Moi, je ne le fais pas avec les vocaux, mais je le fais à l'écrit. Moi, j'adore écrire, j'écris beaucoup. Et à chaque fois, je me dis, OK, ce truc-là, potentiellement, ça va en faire un livre. Et parce que du coup, j'ai toujours mon projet d'écrivaine qui est un peu à côté. Et du coup, j'écris tout. Et même des fois, je suis tellement à fond sur mes podcasts en ce moment que du coup, dès que j'ai une idée en tête, OK, j'ai mon petit bloc-notes. Et puis, je dis, OK. Cette personne, je vais adresser tel sujet, machin. Et en fait, ça fait du bien juste d'extérioriser aussi. Et je ne sais pas si tu as déjà fait ça, mais moi, j'écrivais des lettres à moi-même aussi. J'ai fait une période là où ça me faisait du bien. Du coup, c'est le genre de truc où tu programmes, en fait, tu écris une lettre et puis tu la reçois un an après ou tu la réouvres un an après si tu fais en format fond papier. Et du coup, ça fait du bien de s'auto-lire aussi. Ça te fait comme une autothérapie aussi finalement.
- Vincent
J'avoue que je ne suis pas très écriture. C'est pour ça que je trouve que c'est plus facile le format audio. Mais après, d'une façon ou d'une autre, ça marche bien. Je serais curieux de savoir d'ailleurs quand est-ce que tu as démarré juste après. ça, en tout cas pour l'écouter ta réponse sur les... s'écrire à soi-même le concept des capsules temporelles c'est aussi pour ça que je fais les audios, moi j'aimerais bien je pense qu'à des moments quand j'aurai du temps, peut-être je ferai une mise à plat à un moment donné mais en fait c'est de la façon dont je le fais je m'enregistre, parce qu'il y en a plein de fois je les écoute pas mais je les enregistre en me disant c'est pour moi, pour plus tard et je trouve qu'il y a un côté qui est marrant avec le temps, c'est qu'en fait, quand tu dis quelque chose maintenant, peu importe ce que tu dis, ça a une valeur à peu près normale, mais si tu prends cette parole-là et que tu viens l'enfermer dans une boîte et que ça soit à l'écrit avec le format que tu veux, et que tu la relis dans 20 ans, je sais pas, il y a un truc qui est... Juste parce que c'était le toi d'avant ou que c'était le quelqu'un d'autre d'avant, je sais pas, il y a un côté... Je le vois comme une perle un peu, ça a sublimé un truc et c'est... Je trouve ça trop beau et ça... Rien que pour plus tard, c'est sympa, mais effectivement, sur le moment présent, ça fait trop de bien. C'est quand, toi, que tu as commencé ?
- Patana
Moi, j'ai commencé quand j'étais enceinte, en fait. Parce que de tous mes potes, je trouvais que j'avais un peu le profil atypique de... Je savais que je voulais être maman, mais je n'avais pas cette fibre maternelle ou une envie hyper forte. Par exemple, On a essayé pendant un an et en fait, je n'avais pas d'effet déceptif quand j'avais mes règles parce qu'en fait, je m'étais dit que ce n'était pas une fatalité. Je ne sais pas, je n'avais pas un truc irrépressible là-dessus. Et je m'étais dit que j'aimerais bien documenter cette période-là de ma vie parce que potentiellement, mon profil pourrait faire écho à quelqu'un. Et aussi, tous mes coachings, je les ai tous pris en note aussi en me disant que j'ai peut-être vécu des choses qui feront aussi écho. Et au début, c' C'était plus de la transmission, par exemple, à des potes, etc. Et maintenant, je me dis, si je veux donner du sens à ce que je fais, j'aimerais bien le transmettre au-delà de mes amis, etc. Et c'est de fil en aiguille que c'est venu aussi cette idée de podcast. De me dire, OK, j'ai ce format écrit, mais je sais que ça prend du temps parce que c'est un travail de longue haleine. Comme j'ai un travail aussi à plein temps, et j'ai aussi une vie à plein temps avec bébé et ma famille, c'est un peu compliqué de tout poser tout de suite. Mais pareil, c'est un peu le genre comme tu dis, la capsule temporelle que tu mets pour plus tard parce que je sais que j'en ai vraiment envie et je sais que je le ferai.
- Vincent
Ce qui est marrant, c'est que toi, comme je te connais, tu as un niveau boulot. Je pense que tu es une des personnes la plus impressionnante qu'on connaît de notre groupe d'amis où tu as quand même depuis le lycée... Moi, je me rappelle entre toi et Casseline qui étaient les top niveau notes, niveau tout ça. Enfin voilà, toujours très engagées dans le travail, faire bien les choses, au-delà d'être une bonne amie et tout ça. Mais même là, je veux dire, c'est impressionnant ce que tu as pu faire en entreprise et tout ça. Il y a tellement de trucs. Et donc, effectivement, j'imagine bien que ça devait être un peu moins facile d'avoir ce côté, cette fibre maternelle, parce que tu avais déjà des milliards de choses en tête et tu ne peux pas tout avoir en tête. Ce qui est marrant, c'est que du coup, toi, tu as commencé à écrire. avec une volonté d'aider, de transmission. Moi, j'avoue que c'était très pour moi, tu vois. Après, j'avoue qu'avec le temps, je me dis, ah ouais, ça peut être sympa. Mais je sentais moi plus en mode thérapie perso. Même quand j'ai fait mes études d'entrepreneuriat, je me rappelle vraiment une idée. Tu ne le fais même pas pour entreprendre. J'avais envie à un moment donné de me dire que ça sera sûrement utile à un moment donné. Mais je me disais, c'est une thérapie perso. C'est juste comment t'apprendre à te débrouiller dans le monde professionnel. Tu vois, c'est marrant. Du coup, tu étais déjà à l'étape de je n'ai pas besoin d'apprendre à... C'est comme si là, déjà, tu en étais à l'étape de « je veux aider » . Dès le début, tu avais senti ce truc.
- Patana
Oui. En fait, j'avais toujours ancré cette notion d'aider. Pour moi, c'est vraiment ce qui m'a porté du sens. C'est-à-dire que, par exemple, quand j'étais au collège, je donnais des cours de soutien à mes potes. Vraiment, j'avais demandé à l'établissement d'avoir des salles réservées. Mes copains et copines de collège s'en rappelleront. Et par contre, j'ai imprimé des tonnes de papiers, mais mes parents ne sont même pas au courant. Mais du coup, j'ai imprimé plein de fiches de révision, des choses comme ça, etc. Et du coup, en fait, ça a été effectivement du temps investi en plus. Mais ça me faisait trop plaisir. C'était juste pour le kiff de pouvoir aider. Et je pense que si vraiment je m'étais écoutée moi-même, justement, et pas été dans la quête de performance dont tu parlais, parce que je me reconnais totalement dans ce que tu dis. Je pense que j'aurais été dans le social, j'aurais été prof, tu vois. dans une autre vie. Et du coup, ça m'a toujours poursuivie jusqu'à aujourd'hui. Je me suis toujours dit que le conseil en informatique ne serait pas ma carrière toute ma vie. Pas faute de mieux, mais disons que comme, on va dire, dans la quête de performance, c'est ce qui collait le mieux et c'est ce que j'étais capable aussi de faire parce que je suis bonne aussi dans ce que je fais. Du coup, je suis restée dans ce cadre-là. Et à un moment donné, je me suis dit, non mais en fait, arrête tes conneries. Et je pense que c'est le passage à la trentaine notamment. Je me dis, là, si tu te projettes justement à avoir une vie de famille, tu vois bien que ton rythme-là, il ne tient pas et que quitte à changer de rythme, trouve aussi autre chose et fais une reconversion. Et c'est pour ça qu'au début, je m'étais dit, comme le coaching, ça m'apporte énormément, je m'étais dit, pourquoi pas moi aussi, me reconvertir en coaching. Et finalement, ça ne s'est pas fait parce qu'entre-temps, je suis tombée enceinte. Je n'ai pas fait la formation que je devais faire là-dessus. Et finalement, comme j'étais dans la phase d'écriture du livre de mes parents et que du coup, j'ai eu toute la période d'écriture que j'ai eue après qui était effectivement au début personnel, rapidement, je me suis dit que c'est ça ce que j'ai envie de faire. Je prends tellement de plaisir là-dessus et je me dis que c'est bon. J'ai prouvé que j'étais capable de, en ayant fait mes années d'études, j'ai passé mes 10 ans de carrière cette année. Donc je me dis c'est bon, j'ai plus rien à prouver sur cet aspect là et j'ai eu le soutien aussi de mes parents là dessus. Parce qu'il y a eu aussi un truc par rapport à ça c'est que j'avais hyper peur de les décevoir et au final, ils l'ont super bien accueilli voire même ils étaient limite soulagés en fait que j'ai cette prise de conscience. Tu vois c'est marrant parce que du coup la pression je l'ai vraiment sentie alors moi je pense que je me mettais beaucoup la pression intérieurement. Tu penses que ça venait d'eux ? Ouais, en partie.
- Vincent
Mais ils étaient soulagés malgré tout ?
- Patana
Ouais, parce qu'en fait, je pense qu'ils réalisaient pas que... En fait, ils ont vu la façon dont je travaillais et tout l'investissement que je mettais, même dès la prépa, en fait. Et ils se sont dit, ah ouais, tu vois...
- Vincent
Ils étaient limite contents. C'est bon, on voulait te mettre un peu au début pour te sécuriser, mais maintenant, ça y est.
- Patana
Mais je pense que oui, et au final, je regrette pas non plus mon parcours. Parce que ça nous a quand même permis d'être bien financièrement, de pouvoir acheter une maison rapidement. Je ne me suis pas dit, quand on a eu le bébé, au moment où on était prêts, mentalement, mais financièrement aussi, on savait que ça le faisait. Et mine de rien, ça te met dans un certain confort de dire que tu n'as pas besoin de te préoccuper de la thune, tu as d'autres préoccupations à gérer, et ça, c'est bon, c'est mis de côté.
- Vincent
C'est marrant ce que t'as dit tout à l'heure, t'as dit juste là ça y est j'ai prouvé que je savais faire ou que j'étais compétent, je sais plus trop ce que t'as dit. Mais c'est exactement ce que je me suis dit il y a pas longtemps et c'était vraiment le côté en fait c'est bon, fuck it, ça y est je sais que là j'ai plus rien à prouver à qui que ce soit. Et je m'étais dit je me rappelle cette voix là, de quand je t'ai dit en primaire où je me m'étais un peu rebellé cette première fois. Moi je me rappelle à ce moment là j'avais une phrase qui m'a suivie toute ma vie, mais je l'entendais. C'est vraiment cette phrase, c'était « tu vas leur prouver que tu mérites ta place » . Vraiment, cette phrase, elle m'a suivie, mais des années, elle résonnait, je te jure. Et là, c'est enfin cette phrase de dire « top, c'est bon, j'ai prouvé, c'est bon, maintenant, on peut être soi-même. » Et j'ai l'impression que c'est là, trop bien. Il y a un truc… Ça y est.
- Patana
Et justement, à l'inverse, ça m'intéresse aussi d'avoir l'aspect croyances limitantes. Tu disais que tu répétais beaucoup la phrase de « il faut que je prouve » . Est-ce qu'à l'inverse, tu as eu des phrases justement où tu te répétais en mode « je ne vais pas y arriver » ou des croyances qui font que ça t'a freiné quelque part dans ton parcours ?
- Vincent
Je pense que ce qui est marrant, c'est qu'en fait, avec mon frère, on a vécu un peu le même cadre, parce qu'on était dans la même famille, et on n'a pas du tout vécu… la même chose. On a eu chacun nos croyances. En fait, on a eu tous les deux le prisme de il faut de la performance et il faut réussir. Mais on n'a pas vécu la même chose. Et du coup, de ce côté-là, lui, par exemple, à un moment donné, ça a été difficile. Il a fini par lâcher sur quelques points. Et moi, pour revenir du coup à ce que tu disais, ce côté, est-ce qu'il y a des choses des fois qui t'ont bloqué, qui t'ont empêché ? Moi, ce qui, d'un certain côté, une chance, et c'est là aussi que je regrette. Pas malgré tout, c'est que pendant 15 ans, j'ai eu des... J'ai galéré, j'ai eu des masques et du coup, je n'étais pas vraiment moi-même. Mais en fait, pendant 15 ans... En fait, les croyances limitantes que j'avais, elles me poussaient vraiment vers le haut, vers des choses qui me permettaient d'aller, comme tu disais, d'obtenir un confort. Mais moi, c'était vraiment les croyances limitantes. Je n'en ai pas qui m'ont bloqué. Moi, par exemple, ce qui était curieux, c'est que je me rappelle, par exemple, rater en examen. Quand je ratais en examen, j'étais content. Quand je réussissais en examen, je n'avais pas un malaise ou quoi, mais je n'étais pas content. Je me sentais le plus perdu. Parce que tu sais, quand tu vois que tu as des choses sur lesquelles tu peux encore progresser, en fait, ça alimente ta phrase de croyance limitante de « il faut que tu sois meilleur, il faut que tu sois meilleur, il faut que tu sois meilleur » . Donc, quand tu échoues, ça veut dire que tu n'es pas arrivé au bout et donc tu peux continuer. Ok. Donc, en gros, moi, ça a toujours été quand j'échouais, j'étais… Franchement, je te jure, je sortais d'examen, je galérais, j'étais limite soulagé. Je me dis… Parce que si je réussissais, après, ça veut dire mais... un peu, tu ne sais plus où aller.
- Patana
C'est quoi l'étape d'après ?
- Vincent
Voilà, c'est quoi l'étape d'après ? Puisque du coup, le problème de ça, c'est que du coup, tu avances très bien, mais tu n'es pas moteur de ta direction. Ce que je veux dire, c'est là, du coup, si je réussis, à partir de là, c'est dire, ah bah ok, tu as réussi maintenant, qu'est-ce que tu fais ? C'est toi qui dois décider où tu vas. Alors que tant que tu es dans un mode où c'est la merde, tu as des choses où ça ne va pas, c'est hyper facile de se dire, alors j'ai ça, ça, ça, ça, ça qui ne vont pas. Et du coup, tu passes tout ton temps, tout ton quotidien, toutes tes pensées à comment je m'améliore, comment je m'améliore sur ça. Et du coup, ça m'a toujours tiré bien. Par contre, c'est dire que te poser des questions, de dire de quoi tu as envie, de te poser des limites, de dire ce que j'aime, de se dire tiens, je vais passer un bon moment et je vais essayer de vraiment être présent et pas trop être dans le côté perfectionner son social, personnalité,. Bah, c'est pas pareil. Du coup, des croyances qui m'ont amené loin, par contre, tout l'aspect plus émotionnel et machin, c'était plus dur. Typiquement en prépa, je t'ai dit, il y a eu un moment où j'ai été plus dans la négation, j'ai commencé à créer des rôles. Ma deuxième phrase qui a été compliquée et qui m'est restée pendant très longtemps dans la tête, c'est "Les sentiments, c'est le mal. Ne t'écoute pas, nie-toi et avance. Parce que si tu as des sentiments, c'est que c'est une faiblesse".
- Patana
En fait, pour toi, tout ce qui est finalement, tes limites pour toi, c'était tout ce qui pouvait être sur ton chemin de ta quête de performance, finalement, pour toi ça te mettait des œillères sur tout le reste de ce que je comprends.
- Vincent
C'est un peu ça mais ce qui est marrant, c'est que même dans le côté de performance, c'est même pas une quête c'est un besoin. Une quête t'as l'impression que tu te dis voilà il y a le Saint Graal, il y a un objectif on y va, je sais comment j'y vais même si je sais pas trop je sais que j'y vais. Là c'est plus un peu une fuite en avant. Ok il faut absolument que j'ai des trucs pour m'améliorer parce que si je deviens pas meilleur en gros je vais... Tous les gens où je sens que je ne suis pas à la hauteur, ils vont me rattraper, ils vont me dire « Bouh, t'es nul ! » et je ne saurais pas quoi leur dire. Parce que tant que je continue, dans tous les cas, au quotidien, à faire mon maximum, on ne peut rien me dire. Je suis intouchable dans ma tête parce que je fais mon max. Alors que d'accepter de me poser à un moment donné et de se dire « Tu as le droit d'être imparfait en tant que personne et tu as le droit d'être comme n'importe qui, tu as le droit de vivre juste parce que tu as le droit, c'est comme ça. » D'accepter de se poser, de prendre le recul et ça, c'était impossible. Et donc, ça m'a, d'un certain côté, ça m'a mis des œillères. Tu as complètement raison. Mais ce n'est pas… J'aurais bien aimé que ça soit un peu genre… Tu te mets, d'ailleurs, tu caches ce qu'il y a sur le côté et du coup, tu as une vision claire sur ce que tu as en face de toi. C'est plus, tu es un cheval. On t'a mis, tu sais, vraiment comme… Tu as quelqu'un qui tire les rênes. Je ne sais pas qui, mais quelqu'un tire les rênes. Tu n'as aucune idée d'où tu vas, mais tu sais que tu dois y aller. C'est plus comme ça, que des œillères. Mais les œillères, tu ne vois rien.
- Patana
Est-ce que tu penses que c'est devenu à un moment obsessionnel ?
- Vincent
Complètement. C'est là où je t'ai dit qu'il y a une période où je m'en suis rendu compte. Il a fallu que ça aille très loin pour que je m'en rende compte. La dernière semaine de boulot, je m'en rappelle... J'ai fait un six mois de césure chez Ernst & Young. En gros, j'étais en audit comptable. Je n'ai pas trop compris d'ailleurs ce que c'était que l'audit comptable. Je pensais que c'était du conseil. Bref, tu allais proposer des améliorations, tu allais aider. Ça n'a rien à voir. Tu mets le coup de tampon en disant c'est bien, c'est pas bien. Et en gros, t'es pas du tout dans l'aide. Je me suis trompé, mais j'allais dans tous les cas jusqu'au bout. Mais j'étais pas bien. Ma tête, elle allait pas dans le sens de ce que devait faire ce taf, c'était pas possible. Mais malgré ça, je travaillais énormément et alors qu'on me demandait pas de le faire autant, mais je me rappelle la dernière semaine de boulot, je devais partir et on était dans une période où on devait bosser et j'ai travaillé je pense pendant toute la dernière semaine parce que je voulais finir. Je travaillais jusqu'à 4h du matin, 5h du matin tous les jours de cette semaine-là, j'étais explosé, mais vraiment éclaté. Je me rappelle de finir ce qu'on était dans une salle, un sous-sol chez le client, enfin bref, l'endroit où on aime bien passer. Un bunker. Voilà, clairement, où j'ai vu des managers, enfin non, pas des managers, mais un super héros dessus, revenir, ils allaient en soirée, ils revenaient, ils dormaient sur le bureau, ils redémarraient le lendemain, ce genre de trucs, tu vois. Et bien, travailler très tard, je me rappelle le chemin de rentrer chez moi, il faisait nuit noire, il n'y avait plus une voiture. Personne dans la rue. Il y avait encore le McDo qui était ouvert en 24-24. Je m'arrêtais, je prenais un petit wrap, un petit truc et je mangeais mon petit wrap en marchant parce que juste, j'avais même pas le temps, je voulais même pas faire une pause. Et je volais, je dormais juste quelques heures, je repartais. Et là, je me suis dit, c'est pas possible, il y a un problème. Mais même ça, les limites, ça a été toujours très compliqué.
- Patana
Et justement, tu parlais de ton projet d'entrepreneuriat. Ça fait un peu le lien. Déjà, est-ce que c'est quelque chose qui était dans ta tête depuis longtemps ? Et à quel moment tu t'es dit « Ok, il faut que je concrétise et je me lance, je quitte mon entreprise à laquelle je suis depuis longtemps pour me lancer ? »
- Vincent
Je pense que l'envie d'entreprendre, elle a été là depuis assez longtemps. Je ne saurais pas trop dire quand. Forcément depuis… au moins l'école de commerce où je m'étais dit à ce moment-là je fais un cursus entrepreneurial parce que je voulais entreprendre. Pour moi un entrepreneur en fait surtout c'était plus je pense, une idée, je voulais pas forcément, j'ai toujours voulu créer des trucs mais je n'osais même pas me le dire. Je voulais juste être le bon élève mais pour moi un entrepreneur dans ma tête c'était une personne qui a tellement confiance en elle, qui est tellement... Peut-être qu'elle a besoin de personne pour lui guider le chemin. C'est elle qui tisse son propre chemin. C'était plus que le fait de créer quelque chose. Je pense que c'était l'idée de se dire, l'état d'esprit de me dire si un jour je l'arrive à être suffisamment à l'aise avec moi-même pour créer quelque chose, me mener tout seul, poser mon rythme, potentiellement inspirer d'autres personnes, faire des choses, je me dis si un jour j'arrive à ça, c'est formidable. Dans le côté de réussir enfin à faire la paix avec la quête de la performance, même si du coup, apparemment ça va être très très dur, je sais pas, on va voir, ça commence seulement. Mais il y avait vraiment, c'est plus l'idée qui m'intéressait, plus qu'entreprendre en tout cas. Et après, je sais pas, peut-être ça a dû héberger à un moment donné, mais c'est plus l'idée de l'entrepreneur, ça m'a toujours un peu fasciné depuis très longtemps.
- Patana
Et du coup, c'est quoi le déclic qui t'a fait te dire ok, je quitte mon entreprise et j'y vais quoi ?
- Vincent
Je ne dirai pas tous les détails, mais je pense qu'il y a une première chose, ça faisait 7 ans que j'étais dans l'entreprise, c'est ma première boîte. Je l'ai vue passer quand je suis rentrée. Je me rappelle, à ce moment-là, en sortant d'école, je m'étais dit, je veux monter quelque chose. Mais je n'étais pas prêt. En fait, en vérité, j'ai sauté sur la première occasion pour me trouver une excuse et ne pas essayer de créer quelque chose parce que je n'étais pas prêt. Je flippais beaucoup trop. J'ai rencontré une boîte en me faisant, en regardant des start ups, des entreprises mais des toutes petites boîtes. Je me dis ah tiens je vais comprendre comment elle marche dans le business pour leur truc, pour nous, pour essayer de m'inspirer de ça pour quelque chose. Et en fait j'ai trouvé ma boîte elle avait dix personnes. Je me suis laissé convaincre, ça m'arrangeait bien, je les ai vu grandir jusqu'à 100 personnes après s'est fait racheter par KPMG. Donc voilà, on est passé de 100 à 1000, plus que 1000, je ne sais pas combien on est en France.
- Patana
Pas du tout la même structure.
- Vincent
Pas du tout la même structure. Je suis resté encore quelques deux ans en me disant, je veux voir, c'est le bout du chemin, de passer de petites boîtes à très grosses boîtes, comprendre comment toutes les tailles de boîtes s'organisent. Et une fois que j'ai vu ça, je me suis dit, bon déjà, je sens que j'ai compris, même si toutes les boîtes sont différentes, je sens que j'ai compris en gros les grandes lignes de comment une boîte, ça se gère à différents niveaux.
- Patana
Le mécanisme.
- Vincent
Voilà, le mécanisme. Il y avait le côté aussi, bon, ça faisait un moment donné que je faisais le métier, je sentais que j'avais atteint un palier. Je ne sais pas, comment toi, tu le ressens ? Enfin, est-ce que toi, tu es allé plus loin en tant que senior manager et autres ? Moi, j'avoue qu'à partir du grade de manager, j'ai commencé à sentir qu'il y avait une sorte de palier où on t'apprend toujours de nouvelles choses, il y a des étapes compliquées. Mais je sentais que la progression commençait à freiner, que les grands trucs qui étaient importants, Comment gérer du monde, comment essayer de motiver, comment gérer un client, comment gérer tout ça. Enfin, c'était bon. Et il y a encore plein de trucs que je n'arrive pas à faire. Et je pense que tu as beaucoup plus persévéré. Et d'ailleurs, merci de m'avoir pas mal aidé à plein de moments où j'en ai besoin. Mais il y avait ça, je me suis dit, bon, en gros, ça y est. Je pense que j'ai suffisamment magasiné pour avancer.
- Patana
Peut-être un plafond.
- Vincent
Voilà le plafond, et après il y a aussi juste l'ambiance de me dire, j'ai vu l'ambiance d'entreprise qui avait été créée pendant toutes ces années, je ne comprenais pas ce qui faisait que ça marchait bien et ce qui faisait que les gens y étaient bien. J'ai vu plus le passage qu'il y a eu des choses qui étaient moins bien. En gros, c'est une super boîte KPMG, il n'y a rien à dire, je trouve qu'elle est incroyable. Vraiment en termes de formation, il y a des trucs incroyables, il y a beaucoup de... tu peux t'améliorer dans plein de choses mais malgré les grands principes qui sont super, c'est difficile au quotidien, les personnes qui peuvent te mener, les managers, les directeurs, c'est difficile de mettre les principes en application. Donc je me suis rendu compte, au niveau management, il n'y avait pas la proximité qu'on avait avant. Je me suis dit, j'aimerais bien créer plus de proximité, que les gens se sentent bien, plus comme des personnes entendues individuellement, et donc revenir à une taille de boîte un peu plus petite. Donc je me suis dit, en gros, il y a tous les... le plafond qui est atteint, je me sens plus à l'aise, j'ai vu tous les différents trucs. Je me dis, en fait, là, c'est bon. Je peux y aller.
- Patana
Du coup, sur le podcast précédent, Mélissa qui disait qu'elle avait aussi le frein de se lancer seule. Est-ce que toi, ça a été un frein aussi, toi, de se dire, OK, je me lance solo ?
- Vincent
Non, j'avoue que non. C'est plus là où je discute avec un pure partenaire et qui on va monter la boîte mais j'avoue qu'à ce moment là, ça m'arrangeait plus, même là encore je le vois plus comme un challenge de trouver comment être d'accord avec la personne et autres que comme moi, ça m'éclatait plus de me dire non je pars je fais tout mon truc. Et là je sens avec le travail de psy tout à l'heure, je me sens explosé d'une confiance en moi. Je pense que je vais me prendre plein de gadins que je vais découvrir. OK. C'est cool, ça fait partie du process. Je me sens prêt à ce qu'on discutait quand je t'ai dit les jumeaux qui vont arriver. Je me dis, là, je me sens, en tout cas, la vie peut m'envoyer ce qu'elle veut dans la vie. Sauf des trucs qu'on n'a pas du tout. Je me sens explosé d'une confiance. Je me dis, envoie-moi tout ce que tu veux. Je ne suis pas dans un mode où j'ai envie de partir avec quelqu'un. Je me dis, non, là, c'est bon. C'est intéressant d'être à plusieurs parce que c'est intéressant de partager. Mais j'avoue que plus l'idée de partir de mon côté a le kiff, pas de contraintes, non pas du tout.
- Patana
Est-ce que tu penses que justement ce déclic là ça a été aussi une période de ta vie où tu t'es enfin aligné avec toi-même ?
- Vincent
Oui clairement, je pense que clairement ça et il y a effectivement quelque chose qui a changé. Je pense que c'est un peu j'ai un peu tué le bon élève, je pense où tu te dis le bon élève il doit faire ce qu'on lui dit, il doit faire bien, il doit prouver des choses. Et là, j'ai atteint mon but. Je me dis, en fait, je n'ai plus plein de raisons, plus envie d'être ce bon élève.
- Patana
Tu t'es émancipé.
- Vincent
Voilà. Et je me suis dit, en fait, je m'en fous de ce que pensent les gens. Et je me dis, j'ai envie de vivre ma vie. Il y a plein de choses sympas, d'aider les gens, mais c'est moi le pilote de mon bateau et je n'ai pas besoin qu'on me dise ce qu'on va faire.
- Patana
Tu as retrouvé ta liberté.
- Vincent
Oui, et c'est fou. le côté, la sensation, je sais pas comment dire. J'ai tellement vécu longtemps avec une sensation de boule au ventre, de contrôle, de machin là et là je sais même le stress, je ne ressens plus du tout du tout du tout. J'ai l'impression, ou peut-être qu'il y en a un peu des fois je sais pas trop, mais c'était tellement là au quotidien, l'impression de ça, que là et c'est peut-être parce que là du coup, c'est une période un peu plus cool mais ça fait un certain temps où ça fait trop de bien d'être aligné avec soi. Et je pense que tu vas le ressentir aussi, toi.
- Patana
Oui, complètement. Moi, je suis encore dans mon entreprise, mais justement, le fait de m'être recentrée, d'avoir recentré mes priorités et de mieux me connaître, ça fait que je le vis très bien. Sur la période actuelle et l'alignement, je l'ai vraiment senti à partir du moment où Clément est rentré dans ma vie. C'est fou parce que justement, je pense que les dix dernières années, je m'étais dit « no way » pour moi la vie de famille parce que je pense que quelque part, au final, je n'étais pas prête. Je ne suis pas nécessairement prête à avoir une vie de famille, mais en tout cas prête à me dire qu'est-ce que je veux dans la vie, qui je suis. Et ça, ça m'a apporté ça. Ça m'a apporté pas mal de sérénité et de me connaître moi, de fixer mes limites aussi, comme tu l'as dit.
- Vincent
Tu penses que c'est arrivé du coup avec…
- Patana
Oui, clairement. Moi, le premier déclic, c'est quand j'ai accepté de m'arrêter pendant la grossesse. Je me suis arrêtée tôt et je sais que ce n'était pas du tout dans les standards. C'était vraiment le truc, jusqu'au bout, j'ai eu la culpabilité de me dire, mais en fait… Je suis fatiguée, mais c'est... Tu sais, on parlait tout à l'heure, on parlait au déjeuner de, tu sais, de la fatigue invisible. Enfin, tu vois, ce qu'on n'arrive pas à percevoir quand quelqu'un est enceinte, etc. Et la fatigue, ça en fait partie pour le coup, parce que c'est à l'intérieur de toi, quoi. Tu ne l'extériorises pas tant. Et le fait d'accepter de me dire, OK, je mets mon travail de côté et je passe ma santé en premier, ça, ça a été un gros choc pour moi, tu vois. Et ça s'impose à moi parce que je n'y arrivais juste plus. J'arrivais à un point où je n'en dormais plus, je ne mangeais plus. Et du coup, pour compenser le fait que malgré tout ça, j'étais en échec, j'essayais plein de trucs, mais ça n'a rien fonctionné en fait. Et c'est horrible le fait de te sentir totalement en échec tout le temps et de dire que ton cerveau n'est plus câblé pareil, qu'avant tu mettais 5 minutes pour faire un PowerPoint, là il t'en faut 3 heures. Sachant que t'es obligée de dormir longtemps parce que t'es crevée, c'était un cercle vicieux, c'était plus possible. Et le fait de justement m'arrêter du jour au lendemain et me dire waouh là j'ai un temps infini pour moi mais qu'est-ce que je vais en faire de ce temps là ça a été un truc de fou. J'ai appris à m'ennuyer, c'est un truc, pareil, c'était un truc pour moi. C'était inconcevable de passer une demi-journée sans rien faire. Et là j'ai appris plus ou moins à le faire parce que bon, je suis quand même une personnalité hyper active, donc j'arrive quand même pas à tenir une demi-journée, mais j'arrive à me dire, sur trois semaines de vacances en août, il y a peut-être cinq jours où je vais passer à la maison. Et c'est OK. Et ça me fait du bien.
- Vincent
C'est sur un powerpoint, ça ou pas ?
- Patana
C'est pas noté dans un powerpoint, c'est ça qui est incroyable.
- Vincent
Mon Dieu.
- Patana
Tu vois l'évolution.
- Vincent
Je sais pas si les gens savent. Les powerpoints de vacances de Patana, c'est une légende.
- Patana
C'est clair.
- Vincent
Mais toi, t'as ce côté... Ce qui est marrant, c'est que tu dis... Ciao ! Tu es dans la quête de la performance, que tu as connue aussi, peut-être encore, je ne sais pas, en partie. Et du coup, tu as dû atteindre l'échec en n'y arrivant plus avec eux, pour que, du coup, cet échec t'a fait créer le déclic et que ça t'a laissé le temps pour justement revoir les choses différemment. C'est marrant que, alors que l'objectif, c'est la performance, du coup, ne pas avoir d'échec, que c'est quand tu connais l'échec que tu commences à être bien. C'est un peu... Oui. paradoxal de, en gros, on a une... Dans le côté croyance limitante, je trouve ça aussi un des trucs que j'ai vécu là, il n'y a pas longtemps, c'est de me dire, tu mets un schéma de vie, tu as une idée que c'est ça qu'il te faut et c'est ça ton but dans la vie. En fait, à un moment donné, tu te rends compte que tu faisais fausse route. Tu es forcé de découvrir un autre schéma et tu te rends compte que ton schéma, depuis le début, il ne te rend pas heureux. C'est fou. Je trouve ça un peu dingue à quel point on a cette capacité à prendre une idée dans la tête, qui disait le côté, à un moment donné, les sentiments, ça ne va pas, ou je vais leur prouver que je vais y arriver. Et qu'en fait, ça te conditionne pendant des dizaines d'années. Et ça peut te conditionner une vie entière, si tu n'as pas un événement qui peut te sortir de là ou si tu n'as pas la personne qui, ou le truc qui fait quoi. Et qu'on n'arrive pas, alors que c'est un truc qui n'est pas tout simple, mais c'est tellement ancré au fond de nous qu'on n'arrive pas à se rendre compte et à prendre le recul que ce n'est pas bon pour nous. Et comme le psy, tu vas voir un psy, une fois que tu l'as vu, tu te dis, mais c'est évident, j'aurais dû faire ça depuis le début. Là, je trouve ça fou. Psychologiquement, on n'arrive pas à le voir.
- Patana
Oui, c'est clair. En fait, ce qui est marrant, c'est que tu parlais de schéma de vie. Et en fait, moi, dès le départ, je savais que, vraiment, dès la première année, je savais que le conseil, ce ne serait pas pour moi toute ma vie. Mais pour autant, tu vois, je ne me projetais jamais manager. Quand j'étais manager, je ne me suis jamais projetée sénat-manager et pourtant...
- Vincent
Tu continuais. La bonne élève, elle avance.
- Patana
Oui, exactement. C'est fou. Mais j'avais pas pris conscience à quel point ça avait justement autant conditionné le fait d'avoir des enfants. Et pour le coup, ça, les enfants, ça a toujours été une envie chez moi. Mais pas aussi... Pas aussi forte que certaines copines que je voyais où c'était vraiment absolu. C'est peut-être pour ça que moi, de mon côté, je me disais, vu que je kiffe mon travail, parce que mine de rien, je kiffais quand même mon travail, même si sinon, je ne serais pas restée aussi longtemps. Mais oui, c'était fou. Et maintenant, avec le recul, je me dis, dans une autre vie, je ne referais pas ça comme ça. C'est marrant,
- Vincent
C'est ce côté... un peu de pilote automatique. Tu te dis, j'avance, même je me le dis, tu vois, je n'ai pas trop envie de faire ça, mais tu avances et puis... au final, tu oublies pourquoi. Au final, tu n'es pas si mal que ça. Pourquoi continuer ? Tu travailles 20 ans plus tard. Oh mon Dieu ! Qu'est-ce que je fais là ?
- Patana
J'avais aussi un aspect, je pense, je ne sais pas si ça m'est propre, tu me diras si tu l'as senti comme ça aussi quand tu as débarré ta carrière, mais j'avais aussi cet aspect sécurité. Il fallait que je verrouille et que je contrôle le fait que je suis dans un truc, dans un cadre qui m'apporte avec, je sais que je connais les jalons par avance de comment tu progresses dans l'entreprise. Je connaissais d'avance les étapes. Et ça, je sais que ça me sécurisait pas mal aussi. De ne pas être dans l'incertitude de ça va être quoi mon travail demain. Par exemple, intermittent du spectacle, je n'aurais pas pu. Parce que tu ne sais jamais de quoi l'avenir est fait. Et ça, c'était un truc pour moi inconcevable. De me dire, je travaille aujourd'hui, mais demain, est-ce que je garde ce même boulot-là ?
- Vincent
C'est marrant. Je ne l'ai pas vécu. comme ça, c'était plus... Peut-être qu'il y avait un sentiment... Je n'en ai pas l'impression, mais je pense qu'il y a peut-être un truc de sécurité comme ça, mais c'était plus ce que je te disais tout à l'heure, un besoin, vraiment un besoin vital d'avoir des occasions de progresser, de devoir progresser. Et je pense qu'il y avait un côté, ça demande des boulots qui sont exigeants, ou ça te demande d'être dans tes retranchements, plus encore psychologiques que physiques. Mais du coup, je pense qu'il y avait besoin absolument d'un travail qui forçait à beaucoup se perfectionner, à beaucoup se mettre la pression, parce que s'il n'était pas le cas, j'allais être face à moi-même et à me rendre compte qu'en fait, j'avais besoin de ça. Et je pense que c'est pas tant la sécurité, j'ai eu de la chance avec les parents, on était plutôt bien, on a toujours été choyés, il n'y a jamais eu de problème. Et donc je pense que je n'ai jamais connu un moment où je me suis dit, il y a besoin de sécurité, par contre il y a toujours besoin de se dire, il faut que tu progresses parce que c'est plus moi, les autres, le regard de l'autre qui me fait bouger. Non, pas la sécurité.
- Patana
Et là, justement, comment tu es... Enfin, je refais ma question. Là, justement, aujourd'hui, avec ton projet d'entrepreneuriat, où est-ce que tu en es aujourd'hui ? Est-ce que tu as d'autres types de pressions que tu te mets ? Comment ça se matérialise, tes objectifs et comment tu veux y parvenir, le travail que tu dois fournir ? Parce que, mine de rien, l'entrepreneuriat, c'est aussi du travail. Et c'est de l'investissement personnel assez conséquent. Comment tu es dans tout cet écosystème-là qui est nouveau pour toi ?
- Vincent
Ce qui est marrant, c'est que je pense que je n'ai jamais eu de problème avant à mettre la pression pour travailler. Ça venait assez naturellement. Même régulièrement, dans toutes mes dernières années, peut-être une fois par mois ou un truc dans le genre, c'était pas choquant de travailler jusqu'à 3-4 heures du matin, tu vois, c'est... Donc ça a jamais été un problème au travail, c'est pas quelque chose qui m'inquiète, mais plus c'est l'inverse, c'est la famille, le vrai challenge, dans le sens où je sais que mon rythme, c'est un rythme de junkie, c'est le côté où tu travailles beaucoup, où après tu vas faire beaucoup la fête, enfin, t'es pas dans le contrôle et dans la maîtrise, et si il faut réussir à gérer... et ton entreprise, c'est déjà de te gérer toi pour pouvoir potentiellement gérer des gens, déjà, il faut être carré. En plus, il faut que tu arrives à gérer à côté ta vie de famille et tout ça pour pas que ça explose en vol et que tu te retrouves à gérer des galères ou que tu ne sois pas heureux ou que tes enfants ou que ça ne soit pas heureux. Tu es obligé d'équilibrer ça. Donc, pour moi, le vrai plus gros challenge, bien sûr, il faudra travailler et je pense que je ne me rends pas compte du quart de la moitié de la quête qu'il va falloir bosser. Mais pour l'instant, ma plus grande peur, mon plus gros challenge, c'est de réussir à me faire un rythme et m'y tenir, parce que j'aime bien plus me mettre des coups de pression sur un truc. Allez là tu te réveilles tôt et tu travailles toute la journée sans te lever, sans faire de pause ou quoi que ce soit, sans des fois manger. Mais par contre de réussir à tenir quelque chose qui soit moins extrême, justement plus constant sur la durée qui risque pas de faire mal aux autres, qui te permet d'être aussi pas trop la tête dans le guidon, qui te permet de prendre de la hauteur, qui te permet d'écouter. Créer un vrai rythme de vie sain, ça, c'est le plus flippant. Parce que je n'ai jamais su me poser des limites. Et là, c'est pour moi vraiment la période où même si ça ne se passe pas bien, quoi que ce soit... Je veux repartir de cette période en me disant j'arrive avec un bon rythme. Et donc, concrètement, j'ai commencé par un planning. Le premier jour, je n'ai pas fait de PowerPoint. Mais j'ai fait avec Excel. Je me suis calé un agenda de rituel. Et donc, tous les jours, je n'arrive pas encore à faire tout. Loin de là. Mais je me suis mis un objectif rituel. Et je suis en train de changer ça pour voir est-ce qu'il y a des choses où ce n'est pas faisable ou est-ce que juste je n'y arrive pas encore parce que je n'arrive pas à me mettre suffisamment de contraintes. Mais en gros, c'est démarrer la journée 30 minutes de sport en s'occupant un peu de Luna, en jouant un peu, une douche après, s'occuper de Luna partir la déposer dans son école, travailler jusqu'au midi. Le midi, pause 30 minutes maximum de vidéo en faisant du sport, plus manger 30 minutes, plus... Cadencer toute la journée jusqu'à entre 7h et 20 heures-minuit normalement. Essayer de cadrer justement pas que ça dépasse une nuit et voilà. Il y a des rituels de normalement de 7h jusqu'à minuit, la journée cadrée et rien que pour un truc aussi bien c'est quand si tu cadres ça normalement. Et c'est là justement j'aime, ça m'embête parce que j'arrive toujours pas, ça prend du temps c'est que si tu bloques des rituels ce que je parlais de douche et les deux sports, je parlais de je compte du temps avec Luna. Ça peut paraître bête de bloquer ça dans un agenda, mais si c'est visuellement bloqué dans un agenda, c'est-à-dire que normalement, tu n'es pas censé pouvoir mettre des rendez-vous, du boulot, soit par-dessus. Je le fais plus de me dire, OK, ça, c'est l'incompressible qu'il te faut pour garder la tête hors de l'eau. Et il y a toutes les choses où il y a des plages où il n'y a rien. Ça, c'est que tu peux bosser. Là, tu peux y aller. Donc, c'est plus ça. Et là, je suis en train d'essayer de trouver comment mettre le rythme et réussir à le maintenir.
- Patana
C'est intéressant, du coup, tu parlais d'équilibre. Est-ce que tu, enfin, avec du recul, comment tu décrirais l'équilibre que tu as eu, que tu avais à l'époque où tu étais dans ton travail et que tu as eu ta première, du coup, Luna ? Et comment tu es aujourd'hui, du coup, avec cette perspective d'avoir des jumeaux et comment tu te projettes demain ?
- Vincent
Sur quelle projetée ?
- Patana
Sur l'équilibre pro-perso. Ou pro-famille, en l'occurrence.
- Vincent
Je pense que... Première chose, je pense que je suis serein là, dans la mesure où je sais comparer. Il y a trois ans, quand j'ai vu ma première, je ne me rendais pas compte, il y a juste trois ans, de ce que c'était. Je me mettais pas de barrière, c'est-à-dire que je travaillais comme un junkie, j'étais pas dans le contrôle justement pour me porter à avoir un bon rythme. Là, je pense que j'ai pris conscience que l'équilibree pro-perso, c'était important. Et donc, déjà, il y a ça en moi, et je sais que je vais faire attention à respecter mon rythme, et si je vois que je suis fatigué, qu'ils ne dorment pas la nuit, que j'aurais la pensée de recul qui dit « Ah ok, là, il faut que tu changes un peu les choses. » Alors qu'avant, ça aurait été « Bah non, je regarde même pas ça, je bosse jusqu'à être épuisé, ça n'a rien fait. » Je pense qu'il y a une prise de recul qui est là. Il y a le fait qu'on sait déjà ce que c'est un peu, donc ça va. Avoir des enfants, ça devrait aller. Et même s'il y en a deux, je trouve qu'il y a un truc qui est formidable au fait d'avoir des enfants, c'est que quand tu fais une carrière, quand tu fais quoi que ce soit dans la vie, la plupart du temps, c'est des choix. Bon faire un enfant c'est un choix évidemment mais en fait une fois que le projet est lancé, que l'enfant ou les enfants sont en cours de route, bah en fait t'as plus le choix. Tu peux pas dire ah j'ai changé d'avis on va le renvoyer à la poste. Non tu peux pas quoi. Donc je trouve que c'est hyper déstressant de se dire que bah en fait t'auras pas le choix quoi qu'il se passe, tu sais que dans tous les cas t'as pas le choix et donc t'as pas de questions à te poser, c'est tu dois t'en occuper, tu veux qu'il soit bien tu veux que ça se passe bien et donc s'ils ne dorment pas tu t'adapteras, s'il ne mange pas tu t'adapteras, là tu n'auras pas le choix. Ce qui sera plus dur c'est justement avec le boulot, si tu as beaucoup de contraintes qui viennent avec les deux, c'est comment tu réussis à gérer le quotidien avec le boulot parce que là pour le coup tu ne peux pas dire à un client tout ça, ben... « Ah, écoutez, il y a ma fille qui machin, ou il y a machin. » C'est plus difficile à entendre. C'est pas impossible, mais c'est vrai. Mais je pense que là, maintenant, on dit aussi ça. Avant, je n'osais pas trop dire les choses. Maintenant, il y a plus le… « Ah bah non, désolé, ma fille est malade, je ne peux pas être là ce matin. » Avant, c'était « Non, mais là, je m'engueulais avec Margaux, parce que j'essayais de te dire « Non, mais tu ne veux pas t'en occuper, là, c'est quand même un rendez-vous important. » Là, maintenant, il n'y a pas de question. Donc, il y a une prise de recul qui s'est opérée, qui fait que maintenant, je pense que j'ai un peu mûri. Parce que, mine de rien, la première, je n'étais pas prête, clairement. Je ne savais pas ce que ça voulait dire, être enceinte. Je n'avais même pas réfléchi à ce que ça voulait dire qu'une femme enceinte, je me dis allez, à dans 9 mois et puis voilà, le vrai boulot démarre dans 9 mois et non, pas du tout. Et là du coup avec le recul je me dis bon ok, je vois un peu mieux les choses, je suis conscient qu'il y a plein de choses que je sais absolument pas comment ça se passait. Je sais que dans tous les cas c'est impossible d'anticiper. Je me dis, soyons sereins, on sait qu'on s'adaptera comme il faut et puis voilà. Il n'y a pas de raison de stresser, je me sens hyper serein je sais que ça sera difficile mais de toute façon on n'a pas le choix. Donc on fera en sorte que ça marche.
- Patana
Ca m'a fait rire hier parce que quand vous avez annoncé du coup que vous attendiez des jumeaux, t'avais dit, parce que t'étais le premier du coup dans notre bande de potes à être parent, et t'as dit bon là maintenant qu'il y en a plein qui deviennent parents, moi je vais montrer que c'est moi le daron. C'était pour la blague et c'était marrant parce que je voulais revenir là dessus. C'est comment justement t'as vécu ça le fait d'être le premier à être papa dans la bande de potes ? Est-ce que, justement, ça t'aurait aidé, toi, d'avoir d'autres parents qui soient passés avant toi ?
- Vincent
Je pense pas. Déjà, par rapport au regard à l'autre, j'y ai même pas réfléchi, en vrai. J'avoue que c'était un projet plus de couple. Et donc, quand c'est venu, je me le regarde autre de qu'est-ce que, comment ça va changer les relations avec les amis, peut-être. C'est pas trop pensé dans tous les cas parce que comme je te disais, t'as pas le choix donc il y avait pas trop de questions à se poser après est-ce que ça m'aurait aidé ? J'étais faussement convaincu que je savais ce qui allait se passer et que j'allais le faire et bah voilà en vérité non. Mais je pense que je me disais que j'en avais pas besoin ou même je pense qu'il y avait pas mal aussi d'égo, c'est possible de euh... Non, mais c'est bon, j'ai pas besoin de quoi que ce soit, ça va bien se passer. Et il y avait aussi Margaux, je sais qu'elle, elle, c'était vraiment une... Tu parlais de ces personnes qui ont un besoin, une envie forte et autres, elle faisait clairement partie de ces personnes. Et je la voyais qui potassait la bibliothèque du Vatican, des bouquins de la maternité ou tout ça, qui écoutait tous les podcasts du monde, je me suis dit, bon... On a d'autres chats à fouetter. Il y avait le boulot qui me prenait pas mal la tête et qui m'a toujours pollué par rapport à ça. Là, je savais qu'elle gérait. Je me dis, bon, ça va se passer. Elle aura les éléments. Je poserai les questions. Et puis, c'est vrai. Non, j'avoue qu'il n'y a pas trop eu ce regard de dire est-ce que ça aurait changé les choses si il y avait quelqu'un d'autre ? Non, j'avoue que ça ne s'est même pas... Non, ça va.
- Patana
C'est marrant parce que du coup, tu dis, c'est un projet de couple. Et finalement, je pense que vous avez senti, je pense, quand elle est tombée enceinte. qu'il y avait un décalage de perception.
- Vincent
Je pense qu'elle avait... Je ne sais même pas comment... Il y a sûrement un sujet d'éducation ou même au-delà de l'éducation. C'est hyper égoïste, mais je pense que quand tu es une femme, tu sais qu'à un moment donné, tu vas être enceinte. Du coup, tu te poses la question, moi, enceinte, qu'est-ce que ça va donner ? Ah, tu essaies de réfléchir, tu te positionnes, tu te fais des projections, tu te réfléchis. Quand tu es un mec, est-ce que tu te poses la question « Ah, je vais être enceinte à un moment donné. » Ben non. Est-ce que tu pourrais être moins égoïste et te dire « Ah, ma compagne va être enceinte. Je vais me projeter dans sa peau et me dire comment ça va aller. » J'avoue que ce n'était pas quelque chose que j'ai fait. Et c'est pour ça que pour moi, quand ça a commencé, pour moi, le boulot démarrait neuf mois plus tard. Je m'étais beaucoup projeté être parent. Ce que ça voulait dire avec toutes les fausses idées qu'on s'imagine et tout ça mais voilà. Par contre j'avoue que l'étape grossesse pas du tout, et je pense pas qu'on parle beaucoup aux mecs. On en dit de plus en plus effectivement, il faut être à l'écoute de sa compagne et tout ça, mais en vérité pas en vrai tant que ça. On a un groupe de potes qui est plutôt éclairé, on en a un petit peu discuté, Margaux m'en parlait beaucoup mais j'avoue que c'était pas suffisamment mis en avant socialement. Je dis mis en avant socialement, ça ne faisait pas partie des préoccupations ou des points d'intérêt. Ce n'était pas évident. Et peut-être que là, tu as raison, s'il y avait un daron que je connais qui m'avait dit en avant, par contre, la grossesse, c'est chaud. Il y a énormément de fatigue, il y a énormément de frustration, il y a des hormones qui vont dans tous les sens, qui font que la personne, indépendamment de sa personne, elle subit ces hormones et donc j'avoue que je ne suis pas sûr que je l'aurais compris parce qu'en gros encore une fois tu vois les choses de ton prisme. Et quand t'es un mec et que tes hormones font la mer est calme, c'est difficile d'imaginer ce que c'est qu'une mer agitée quand on n'a jamais connu que la Méditerranée. Et c'est que je pense même pas après les neuf mois de grossesse, c'est vraiment là seulement au début de cette seconde grossesse où là je revois les choses. On dirait que j'ai compris en cours de route qu'effectivement ce qu'il y avait. Mais c'est là où je me dis tu vois ce que c'est la mer s'agiter d'un coup, niveau émotion, niveau tout ça, et il m'a fallu beaucoup de temps pour comprendre que ah oui, en fait, c'est pas des conneries, et qu'il y a un vrai truc. Même si le monde entier peut-être le dit, et peut-être que je ne me suis pas assez intéressé, c'est très possible, mais j'avoue qu'il y avait un gros défaut d'alignement, et elle l'avait compris très tôt, et j'avoue que j'ai mis énormément de temps à le comprendre. Et donc il y a eu un gros décalage de pour moi c'était encore entre guillemets, t'as encore neuf mois pour profiter avant de devenir quelqu'un qui va faire des concessions. Pour moi j'avais neuf mois où dans ma tête j'avais encore quelques mois avant de faire les concessions. Et quand au bout d'un mois, c'était le timing où on s'était dit qu'on voulait un enfant, on avait un peu calculé les trucs pour que ça soit bien. En juillet, on s'est dit que c'était bon, on y allait. C'est venu tout de suite. Tout de suite. Et je m'étais dit, on s'était dit, là, OK, il y a les vacances d'été. Moi, je m'étais préparé des dernières vacances avec des potes. On partait en Espagne. Je m'étais vraiment psychologiquement dit, ça va être n'importe quoi parce que ça va être mes dernières vacances. Et quand là, en même pas un mois, en plus, elle, psychologiquement, elle avait fait ses vacances. Donc, elle avait pu se détendre et tout ça. Donc, elle finit ses vacances et après on passait sur nos vacances de couple. Moi, je démarrais avec nos vacances de couple. Et, ou non, je démarrais, je ne me rappelle plus. Mais en gros, je démarrais avec mes vacances. Je démarrais seulement mon premier jour de vacances. Et c'est là où elle a commencé direct à être très mal, vraiment des nausées. Elle s'est endormie dans la rue, une ou deux fois par terre. Voilà, le PLS. Moi, j'étais dans un mode, bon, le pump it up démarre et dans quelques mois, on verra. Et donc, dans ma tête, c'était un dernier craquage cet été et après c'est bon. Et en fait, j'ai trop mal vécu que tous mes plans, tout ce que j'imaginais et tout ça, c'était beaucoup trop tôt. Et à quel point c'était impactant, les mariages, où je m'étais engagé à y aller, où j'ai dû annuler, où il y avait des trucs, je ne l'acceptais pas. Parce qu'encore une fois, après son social et tout ça, moi, je le vivais mal, c'est-à-dire que je me positionnais en position de défaillance, alors qu'en vrai, il suffit de dire ben non. « T'y peux rien, c'est comme ça. Elle y peut rien, c'est comme ça. Et on va faire ce qu'il faut. » Mais j'avoue que j'acceptais pas. J'étais vraiment arc-bouté contre et c'était pas possible.
- Patana
Pas possible du tout. Je reviens sur ce que tu disais. Ce que tu disais, toutes les femmes sont probablement comme ça, le fait de se préparer à être enceinte, etc. Moi, par exemple, ça n'a pas du tout été le cas. Moi, j'étais tellement dans le mode de… Je verrai le jour où ça m'arriverait, justement, que j'ai commencé seulement à me renseigner quand je l'ai été. Et je pense que c'est pour ça que ça a été un choc pour moi quand j'ai appris, pour le coup, parce que moi, j'ai été en panique totale. C'est la panique totale qui est arrivée avant d'être content d'être enceinte. Parce que, justement, perte de contrôle. Pas du tout, mais vraiment, je me suis dit, non, mais ça signifie quoi ? Et ouais, j'étais perdue. Mais pour le coup... C'est pour ça que je te posais la question. C'est que nous, ça nous a beaucoup aidé avec Philou d'avoir des personnes, en tout cas des amis qui ont été parents avant nous. Pour avoir les conseils, je sais que Philou avait beaucoup parlé avec Stephen, son meilleur pote, avec d'autres personnes qu'on avait croisées en vacances, toi aussi d'ailleurs. Et moi, je savais aussi que j'avais ma petite communauté de mamans copines à côté qui m'avaient beaucoup aidées. Mais oui, c'est un cheminement et c'est vrai que c'est compliqué, je trouve. Et c'est pour ça que je vous admire beaucoup avec Margaux pour ça, c'est que vous avez été quand même les premiers dans la bande de potes. Et malgré tout, vous avez vécu ça, enfin vous avez réussi à vous adapter et être de super parents. Et du coup là vous êtes les premiers aussi à avoir des jumeaux après donc ça va être aussi une aventure et c'est super quoi.
- Vincent
Tu sais je pense c'est vraiment une question de perspective parce que de ma fenêtre c'était pas trop ça; Je veux dire Margaux oui y'a rien à dire c'était une warrior de ça, elle s'est préparée des années durant psychologiquement pour faire ça, et ça a été une warrior du début jusqu'à la fin. Moi j'ai pas du tout été là dedans, j'ai pas du tout été bien accompagnant, j'ai découvert les trucs parce que j'étais convaincu que ça allait bien se passer. Bah heureusement que Margaux savait bien et non je pense que, c'est bizarre mais psychologiquement là, j'ai du mal à entendre tu étais admiratif de moi, ce n'était pas possible sur moi. Typiquement moi ça m'a fait je te l'avoue, ça m'a fait un petit coup à l'ego. Mais maintenant, je sais pourquoi est-ce qu'il était si bien, Philippe, tu vois en tant qu'accompagnant et tout ça. Quand je sais que je n'ai pas été un bon accompagnant, ça a mis du temps à l'accepter, vraiment. Et je sais que du coup, après, il y a eu Philippe, il y a eu Steph et autres. Steph, je m'étais toujours... Enfin, il n'en parle pas tant que ça, il n'est pas très responsable là-dessus, mais tu avais toujours... Steph, c'est la famille et la patrie, tu vois. Famille, patrie et syndicat. C'est bon, patrie et syndicat, exactement. Et si tu écoutes ça, Steph... la lutte. Et du coup tu as le côté de la famille, il y avait pour moi c'était ancré. Et j'avoue que Philou que je connais depuis très longtemps, je connais pas mal Philou sur plein de trucs et il est je pense, il a été beaucoup plus accompagnant, beaucoup plus d'accompagner tout ça et j'avoue que là il y a une partie de moi au fond je me dis, il faut que tu sois plus haut niveau aussi pour être accompagnant et autres. Pparce qu'il n'y a pas de raison que tu le sois pas, que tu as été un peu bête dans ton égo sur des trucs. OK, j'avais du mal aussi. Ça s'explique aussi, mais bon, il faut l'accepter que je n'étais pas au top. Et non, j'avoue que moi, j'étais plutôt hyper impressionné de comment vous avez géré le truc. Donc, j'avoue que j'avais un peu du mal à entendre. Margaux, franchement, elle était incroyable. La vache, heureusement qu'elle était là. Parce que déjà, il faut une fille et quelle fille pour faire des enfants ? Mais non, j'avoue que franchement, vous avez été ouf.
- Patana
Moi je regardais comment est-ce que vous faites et tout. En fait on a beaucoup appris de vous les potes de manière générale honnêtement. Parce que tu vois Philou, il a son frère et sa soeur mais ils ont 12 ans et 9 ans d'écart et mine de rien, ça fait quand même un décalage je dirais presque jusqu'à dire générationnel parce qu'aujourd'hui tu vois que le monde avance super vite et que les mentalités aussi changent super vite. Et on n'aurait pas pu calquer les modèles ou même les conseils de son frère et sa sœur, par exemple. Nous, on s'est vraiment beaucoup inspirés de vous, de nos potes, en fait, pour nous aider.
- Vincent
Mais tu vois, sur le sujet des croyances limitantes, typiquement, il y a une grosse croyance limitante sur... Et je pense autant là qu'il touche sur le sujet qu'on est en train d'aborder que plus globalement le sujet de la quête de la performance, ce genre de trucs. Le rôle du mec et ce que c'est qu'un mec, tu vois, la croyance limitante qu'on s'en fait de dire un mec, c'est comme ci, c'est comme ça, ça doit être viril, ça doit être machin. Clairement, ça a rendu plus compliqué l'accompagnement dans la grossesse. Parce que pour moi, un homme devait être dans la performance, il faut savoir gérer. Donc, quand tu ne sais pas gérer ce genre de truc, tu le vis très mal et tu vas t'arc-bouter. En plus, il faut être fier, il faut être machin. Il y a tout un tas de trucs, même si je sais que je ne suis pas le mec. Je pense que je suis quand même très têtu sur plein de choses et clairement fier. Mais il y a un certain nombre de choses où ce n'est pas trop le cas. Et quand même, je pense que vraiment l'image de ce que doit être un mec dans le fait de devenir daron, il faut beaucoup déconstruire de trucs. Parce que... Ça ne marche pas. Et même tout ce qu'il y avait avant en société, en entreprise, vraiment, je pense que la croyance limitante d'un mec, c'est ça. Et l'image que j'en ai faite très tôt, dès la primaire, où je n'avais pas l'impression d'être... Je voyais ce que c'était qu'il y a les mâles alpha, on peut dire, de l'école, du haut de nos 7 ans, où tu te rends compte que le mâle alpha peut venir t'écraser des cerises sur la tête, il n'y a pas de problème. Que là... Bref, ça te crée des images où ça te donne envie de reproduire des choses. Et ça fait que toute ta vie, sur des moments comme tu vas voir un enfant, comme des moments où tu vas prendre des décisions, ça t'impacte. Et j'avoue que c'est pour aller dans le sens que tu disais, on évolue pas mal et tu t'es sentie fortement évoluée quand t'as eu ton enfant. Moi j'avoue que ce côté croyance limitante de qu'est-ce que c'est un mec et tout je l'ai un peu pris dans la tronche au moment où on a eu Luna. Mais franchement sincèrement je dis pas ça parce que c'est toi qui es dans le podcast mais tu peux être fier de toi. Je trouve que le plus compliqué, c'est la remise en question et le fait d'avoir switché. Toi, tu parlais de tes rituels. Au final, je ne suis pas sûre que tous les entrepreneurs aient ces rituels-là de dire, je consacre du temps pour ma famille, pour Luna, etc. Et je le bloque dans un agenda en termes de priorité absolue. Et j'espère que les entrepreneurs suivront le modèle que tu es en train de te créer parce que c'est hyper important pour un équilibre. Ce n'est pas évident. Tu peux être fier. C'est encore compliqué d'accepter le « tu peux être fier de toi » . On n'en est pas encore là. Un jour, peut-être que ça viendra. Je suis content de la direction que je prends. Peut-être un jour, peut-être un jour. Mais c'est gentil en tout cas. J'essaye d'accepter les compliments.
- Patana
Et qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour cette année ?
- Vincent
Qu'est-ce qu'on peut... Voilà, c'était passé tellement de choses cette année.
- Patana
Qui n'est pas encore fini, c'est que le début.
- Vincent
Ouais, ouais. Souhaiter que j'arrive à caler un rythme et que j'arrive à m'y tenir. Ca veut dire avec du sport, parce qu'il faut se bouger un peu les fesses. Ça veut dire avec une vie perso équilibrée, ça veut dire avec conserver le travail que j'arrive à faire jusque là et que ça se passe très bien pour les deux petits ou petites, on ne sait pas, à venir. Que le couple, ça continue à rester toujours aussi solide.
- Patana
Ouais.
- Vincent
Parce que ça fait tellement de bien au quotidien.
- Patana
Bah oui.
- Vincent
Et rien que ça, c'est déjà pas mal. Mais ouais. Et trouver un nouvel appartement...
- Patana
un petit peu moins cher toujours autant avec une belle terrasse au soleil comme ça qui fait plaisir, non ça serait pas mal. Ecoute c'est tout ce que je te souhaite. On arrive bientôt sur la fin et pour finir c'est la tradition chez WePotes : trois questions flash personnalisées qui te sont consacrées pour terminer. Ok j'ai peur. Première question : est-ce que tu peux être ami avec selon toi avec quelqu'un qui a des opinions politiques ou socio-économiques qui sont aux antipodes de tes opinions ou de tes valeurs ?
- Vincent
Je dirais oui. Tu as dit flash, sinon on peut repartir pendant une heure, on en parle, il n'y a pas de problème.
- Patana
Une petite phrase justificative, ça peut être pas mal.
- Vincent
Je vais prendre un extrême pour que ça soit évocateur. Dans l'aspect où je me suis passé tout mon temps à me remettre moi en question et essayer de comprendre ce que les autres ont en tête et pas justement juste regarder ce que font les gens. Du coup, je pense que si... Ah, ça va être trop bizarre si je dis ça comme ça. C'est trop court ! C'est trop court ! Mais du coup, genre...
- Patana
Non, mais vas-y, tu peux développer.
- Vincent
Je me pose la question. En fait, c'est un exercice que je me fais de temps en temps. Je me dis, si je devais, par exemple, croiser Hitler, ça peut paraître très bizarre. Je me dis, est-ce que je le jugerais ? Je sais que c'est une personne qui est horrible, qui a fait des choses horribles. Mais dans la mesure où il a ses raisons, où il a ses... Comment dire ? Il a sa logique, tu vois. Je ne serais pas d'accord avec lui. Je l'inviterais pas à boire des coups ça c'est sûr, mais je pense que si avant qu'il fasse tout ce qu'il a fait, tous les trucs horribles je pense que même quelqu'un qui a des opinions aussi extrêmes, aussi horribles et aussi tout ça, je pense que j'arriverais à discuter avec elle juste parce que je suis convaincu que chaque personne a ses raisons, a ses intérêts, a ses envies, a son besoin d'écoute donc juste parce qu'on est tous différents et que juste un peu d'écoute pour chacun. N'importe qui, peu importe ses opinions. Je ne serais pas d'accord, je ne les aiderais pas. J'aurais qu'une envie, c'est que ça change. Mais écouter et parler avec ces personnes, oui, je pourrais. C'est super intéressant parce que je pense qu'il y en a qui ne passeraient pas le cap. Je ne saurais pas répondre. Pour découvrir un peu ce qui se passe sous le capot de ces gens. Oui, je l'entends très bien aussi. La psychologie, c'est la vie.
- Patana
Question encore plus philosophique. Question 2. Penses-tu être, si tu devais choisir qu'une seule team, la team Orga ou la team Yolo et pourquoi ?
- Vincent
Vas-y, ça y est, ça commence à clasher. Je pense que je suis fondamentalement YOLO, que le monde pro fait qu'il y a besoin de s'organiser et que même maintenant ça me parait plus logique de faire un planning quand je vais planifier une activité, quand je vais démarrer un truc mais je me l'impose. Franchement qui est-ce que je kifferais faire que du YOLO. Non YOLO franchement complètement. Ce que j'allais dire c'est que au vu de tout l'épisode qu'on vient de faire,
- Patana
je trouve que la réponse n'est pas si limpide parce que dans certains événements de ta vie, je te trouvais quand même plus dans le contrôle pour le coup. Complètement,
- Vincent
mais tu vois comment dire, c'est une très bonne remarque. Contrôle énormément toute ma vie le contrôle parce que il y avait le sujet de la performance, il y avait le sujet du regard à l'autre et le côté rôle pour essayer d'être dans la contrôle, mais une fois que tu arrives là où je me sens très à l'aise avec moi-même, il n'y a plus besoin de ce contrôle. Donc là, franchement, s'il n'y avait pas des impératifs de réussir à avoir un business, un machin, un truc, je serais 100% YOLO. Là, franchement, je m'impose des trucs parce qu'on a appris avec ce qu'on a fait dans le métier au quotidien, que la performance et autres, si on veut avancer à d'autres choses, il faut être organisé. Mais par contre, qu'est-ce que je kifferais ? Juste tout laisser en full YOLO, quoi. Franchement.
- Patana
Tu vois, moi qui suis profondément de la team Orga dans tous ses aspects, je trouve que justement la maternité, ça m'apporte un peu plus de lâcher prise et j'aime bien. De là à dire que je serai de la team Yolo, c'est jamais de la vie. Typiquement une randonnée où tu ne sais pas ton point de départ ou ton point d'arrivée, ça je ne pourrai jamais. Mais ça fait du bien de me dire, par exemple là où on passe le week-end à La Rochelle, on n'a pas un planning hyper précis à la minute ou un powerpoint ou quoi que ce soit qui régit ma journée. Et j'apprécie le fait de me dire moi c'est flexible, on ne s'est pas fixés avec les potes en avance, j'aime bien. Il y a un bon juste milieu et je trouve que typiquement Margaux m'a beaucoup appris sur le bon milieu Team Yolo Team Orga où c'est bien. Dernière question la plus facile : capsule temporelle. Que dirais-tu à ton moi du futur, celui dans quelques années ?
- Vincent
Ah ça c'est dur. Alors, le moi dans quelques années, je ne me pose aucune question. Le moi dans quelques années, c'est dur. J'avoue que je n'ai pas le réflexe de... Je me dis... Je lui dirais... J'ai du mal à me dire bravo ou un truc dans le genre. Je lui dirais, j'espère que t'as réussi à maintenir le cap. J'espère que tu te sens fier de toi. Et que... En fait, j'en suis sûr que je serai fier de moi. En fait, je sais pas. C'est beau ce que tu dis,
- Patana
parce que t'arrives pas à te le dire, mais tu sais que tu le seras.
- Vincent
Je sens que maintenant, j'ai suffisamment confiance en moi et je me vois pas lâcher les caps. Je suis convaincu que peu importe ce qui va se passer, ça va bien se passer. Et donc... J'espère que ça va bien se passer. J'espère qu'il va être fier de lui, qu'il va avoir continué à avoir maintenu son équilibre, qu'il aura fait continuer de travailler sur lui et de continuer de faire la paix avec lui. Et que surtout, j'aimerais tellement, j'espère qu'il arrivera à passer à l'étape que toi, tu aspires, c'est le côté aider les autres, de passer de l'étape thérapie à l'étape...
- Patana
je peux aider les autres ça oui ça je lui souhaite. Ecoute c'est sur cette belle parole qu'on va terminer là. Donc merci beaucoup pour ta présence Vinsou, merci à toi encore une fois je te souhaite le meilleur pour cette année. Et merci à tous d'avoir écouté ce nouvel épisode de WePotes. N'hésitez pas à me suivre sur ma page Instagram wepotes_podcast et liker sur les plateformes d'écoute. Et à très vite pour un nouvel épisode entre potes !