- Speaker #0
100 000 euros. Là, on est à 100 000 euros sur un projet que j'ai auto-financé. J'ai commencé à démarcher des banques, mais ils me riaient au nez. J'ai eu quatre refus de banque quand j'ai commencé à parler de mon projet. J'arrive avec la casquette d'influenceuse, ils sont en mode « Ah, eux, ils ne me prenaient pas au sérieux. Ah, je suis à moins de 2 000, je ne me verse pas de salaire. Je préfère ne rien avoir et tout réinvestir plutôt que d'avoir mon confort. »
- Speaker #1
Dans un monde où la réussite se mesure souvent en chiffres et en croissance, ce podcast explore ce qui se cache derrière l'art de durer quand on entreprend, avec ses hauts, ses bas, ses échecs et la résilience qu'il faut pour se relever. Bienvenue dans Work in Progress, un podcast signé Conto, le compte pro français qui accompagne déjà plus de 600 000 entrepreneurs et entrepreneuses. Je m'appelle Estelle Djonjo, je suis entrepreneuse de l'information parce que ça me permet de faire un journalisme sur mesure tel que je le perçois. Et je suis ravie d'animer ce podcast pour parler avec d'autres indépendants qui ont décidé de créer leur propre voix. Mon invité d'aujourd'hui a compris que ses cheveux valaient plus qu'un business, qu'ils représentaient une liberté. D'une enfance modeste à une success story, créatrice de contenu engagée, fondatrice de Maison Kéos, c'est la grande sœur de vos réseaux, bienvenue dans son work in progress, Kenza Belle-Canaldide.
- Speaker #0
Hello ! Tu m'as draguée avec tout ce que tu as dit là.
- Speaker #1
Désolée, mais bon, ça fait du bien d'avoir autant de positivité d'un coup sur le plateau. Ça fait plaisir. En vrai, ça fait du plaisir. Moi aussi,
- Speaker #0
je suis trop contente d'être là, ça me fait trop trop plaisir.
- Speaker #1
Avant de commencer cet entretien, c'est vrai que ton parcours est ouf. On va y revenir ensemble. Je suis très curieuse de savoir déjà qui était la petite Kenza. Mais avant d'aller frotter un petit peu le inner child, donc l'enfant intérieur, est-ce que tu peux te présenter, pour ceux qui ne te connaissent pas, ceux qui verraient sur la Lune, Prénom, nom et le métier que tu rêvais de faire quand tu étais enfant ?
- Speaker #0
Ok, et bien moi c'est Kenza Belkenadil, j'ai 28 ans mais je sais j'en fais 12, je rigole. Et j'allais dire que j'ai un métier que je voulais faire quand j'étais jeune, qui n'a rien à voir avec ce que je fais à l'heure actuelle, je voulais être marchande de glace, pendant très longtemps, c'est resté très très longtemps dans ma tête, je voulais être marchande de glace parce que quand j'étais petite, dans le petit village où j'habitais dans le nord de la France, à Lens exactement, il y avait toujours un... camion de glace qui passait et tout, qui nous vendait les glaces comme ça, tu sais, à l'époque. Et je me disais, mais mon rêve, de pouvoir avoir ce camion, de bouffer autant de glace que je veux.
- Speaker #1
Mais qu'est-ce que tu kiffais ? En fait, c'est le packaging des glaces.
- Speaker #0
Ah non, non, ce que je kiffais, c'était d'être enfermée dans un camion où je pouvais en bouffer illimité.
- Speaker #1
Quand tu regardes un peu ton parcours, donc t'as un petit peu dit, tu viens du nord de la France, du coup. Tu viens d'une famille modeste. Voilà. Ou clairement, tu as vécu de la précarité. Est-ce que tu réalises vraiment le chemin que t'as fait jusqu'à aujourd'hui, où aujourd'hui, tu es une entrepreneuse à succès, tu es suivie par énormément de gens sur les réseaux. Je n'ose même pas dire le nom de followers. Tu es suivie par combien de personnes ? Cumulée ou pas cumulée ? Cumulée, vas-y.
- Speaker #0
On est à 3,4 millions.
- Speaker #1
Voilà. Est-ce que tu réalises le parcours que tu as fait entre la petite Kenza de l'Anse à aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors, oui et non. Tu vois, quand on va parler, par exemple, du nombre d'abonnés, moi, je ne vois pas ce nombre. C'est bizarre à dire parce que souvent, vu que je suis derrière un écran, etc., je pense que cet impact, je le vois plutôt quand je suis dans la rue, quand les gens viennent me voir, quand on parle, quand on discute. C'est là où je me dis « Ah ouais, c'est ça ! » Il y a des gens aussi qui me disent des choses incroyables et c'est là où je me dis « Ah ouais, l'impact, il est tel. » Mais effectivement, si je compare entre la Kenza qui a démarré avec... J'ai grandi dans une famille, malheureusement, où on était sur une situation précaire très forte, dans une grande pauvreté. Plutôt que l'impact, par exemple, que ce soit médiatique ou l'impact sur les réseaux, c'est plus ma qualité de vie. Je me dis, waouh, cette Kenza serait heureuse. Elle serait heureuse d'ouvrir son frigo et de se dire « On a de la bouffe dans le frigo, on a de la bouffe à manger dans les placards ! » J'ai tout ce que je veux, toutes les marques que j'avais envie de m'acheter, aujourd'hui je peux. C'est là où je me dis « Quel luxe ! » Et quel réconfort que je peux ressentir.
- Speaker #1
Et Kenza, qu'est-ce que les gens qui t'arrêtent dans la rue te disent ? Moi je suis curieuse de savoir.
- Speaker #0
Quand on m'arrête dans la rue, il y a plusieurs trucs. Ce qui me fait encore chaud au cœur et à chaque fois quand on me le dit, c'est « T'as changé ma vie » . C'est là où je me dis « Mais waouh, cette phrase est puissante, cette phrase est forte, parce que moi-même, j'aurais aimé avoir aussi des symboles. Des personnes, tu vois, pour m'aider quand je subissais des discriminations ou que, du moins à travers mes cheveux, j'arrivais pas à les assumer. J'aurais adoré avoir ces représentations-là. C'est puissant. Donc, ces gens-là me disent ça. Après, souvent, ça détourne en mode, t'as pas une routine pour moi ? Des petits conseils. Une tue de rire. Et après, voilà, on commence à discuter. Et des fois, j'ai l'impression que c'est mes potes, quoi. C'est fou. Parce qu'ils savent tellement comment je suis sur les réseaux que du coup, quand ils me voient, ils ont cette aisance. Et ça, j'adore.
- Speaker #1
Pour revenir un peu à ton enfance, est-ce que tu peux nous décrire dans quel environnement t'as grandi et les modèles que t'avais petite fille ?
- Speaker #0
Donc moi j'ai grandi dans une famille où j'ai un petit frère et une grande sœur, ma maman, et après j'ai pas un papa parce qu'il a pas eu ce rôle-là, j'ai plutôt, moi je l'appelle le géniteur parce qu'il m'a juste mis au monde en fait. Malheureusement il y a eu de la violence, que ce soit verbale ou physique, et... Il y a eu beaucoup, comme je t'ai expliqué, de la pauvreté. Donc ma maman, qui était toute seule à travailler, et qui subvenait aux besoins de la famille, et c'était compliqué parce qu'elle jonglait entre deux travails. Et voilà, moi je me souviens aussi de moments marquants où je rentre de l'école, il n'y a rien dans les placards, ni dans le frigo, et que voilà, ma mère me sert un espèce de plat dans un bol où il y a du lait, et je ne comprenais pas trop, et avec la cuillère, je me souviens, mais j'ai encore ce détail très précis, quoi. Et je fais ça, et je vois ce vermicelle, et quand je goûte, je vois que c'est sucré, donc je dis à maman, mais c'est quoi ? Elle nous dit que c'est du lait, du vermicelle et du sucre, parce qu'on n'a pas grand-chose. J'ai encore ces moments forts, ou même des fois, ça nous arrivait de dormir dans la voiture, alors que le lendemain, j'avais l'école. Tout ça, je l'ai toujours caché, parce que je n'avais pas envie qu'on voit ça. Je pense que je banalisais aussi. Tu sais, quand tu vis dans de l'extrême, souvent, tu banalises. Tu ne te rends pas compte de la gravité de la situation.
- Speaker #1
C'est ton quotidien, de toute façon.
- Speaker #0
C'est ça, c'est du quotidien. Tu ne te poses pas la question de quoi, du comment et comment on fait. Tu es dans un mode survivaliste. Quoi qu'il arrive, pour toi, c'est normal. Tu y vas, tu fonces et tu penses qu'à tes moments primaires, manger. Voilà, souvenir à ta famille Et aller à l'école Donc pour moi j'étais focus comme ça Il n'y a que avec le recul et aujourd'hui Quand on en parle avec ma mère Moi je suis de famille maghrébine Et c'est vrai qu'on a des standards de beauté qui étaient très ancrés Donc je vivais dans un climat où Quand bien même on avait des cultures très marquées Que ce soit dans la manière de manger, dans les chants, les musiques qu'on pouvait utiliser Ou la langue qu'on utilisait à la maison On était quand même dans des standards de beauté Très européanisés Caucasiens Donc on nous imposait, je me souviens que ce soit ma famille, mes tantes, ma grand-mère qu'il fallait du coup lisser ses cheveux pour être belle, paraître bien. Mais quand j'étais petite avec ma famille, c'était normal. C'est normal que ma grand-mère me regarde en me disant « Mais tu ressembles à un chien, change de coupe de cheveux quoi ! »
- Speaker #1
Un chien ?
- Speaker #0
Ouais, elle m'appelait le kelb, c'est comme ça qu'on le dit en arabe, pour que je change mes cheveux, ou on m'appelait les cheveux de shirit. Et le shirit, tu sais, c'est l'éponge en métal qu'on utilisait pour frotter, quand t'as un gré sur ta casserole. Elle disait « Ouais, t'as les cheveux en shirit ! » Parce que c'était beaucoup la représentation des cheveux, que ce soit crépus, frisés. pas trop forcément bouclé, ondulé, mais plutôt le frisé et le crépu, vu comme quelque chose de très sec, de la paille. Et ça, souvent, on me le disait au sein même de ma famille.
- Speaker #1
Comment s'est passée la transition, finalement, entre le moment où tu as laissé ton fer à lisser et le moment où tu as décidé de laisser littéralement tes cheveux pousser naturellement sur ta tête ? Et en quoi c'est révolutionnaire, finalement ?
- Speaker #0
C'est révolutionnaire parce que, tu sais, il y a deux choses. Le fait que ce soit révolutionnaire parce que toi-même, tu es prête à dire stop. aux critiques des gens, stop aux discriminations que tu peux subir au quotidien, stop à cette pression de cette beauté du cheveu lisse, c'est déjà un premier step. Donc il y a ça et cette deuxième partie de comment après, l'après va se passer. Comment je vais trouver des routines ? Comment je vais trouver les produits adaptés ? Où est-ce que je pourrais aller me faire coiffer ? Qui vont être mes futurs modèles ? Et dans les... Je parle même dans le milieu professionnel, est-ce que je vais trouver des gens qui vont m'accepter ainsi dans le milieu pro ? Rien que de penser à toute cette charge mentale qu'on a de passer ce cap Elle est incroyable. Et quand tu passes ce cap, c'est une libération telle. C'est-à-dire que moi, aujourd'hui, je suis tellement en phase avec moi. J'ai l'impression, quand je porte mes cheveux, tu vois, c'est cette couronne, c'est de porter ma confiance en moi. Eh bien, c'est de me dire, OK, comment véhiculer ça aux autres ? Parce que moi, ce que je ressens aujourd'hui, je veux qu'ils la ressentent aussi.
- Speaker #1
Toi, tu bossais dans quoi au moment où tu as fait ta transition ? Et on parle de quoi ? Est-ce que c'était tes étudiantes ? T'avais quel âge à peu près ?
- Speaker #0
J'étais à l'université. Et d'ailleurs, c'est Malaika. Donc, c'est une fille que j'ai été super amie, qui était avec des cheveux, mais bouclés de dingue. Et en fait, elle venait du coup d'Angleterre. Et elle m'expliquait qu'en fait, eux là-bas, ils étaient déjà bien avancés sur les questions capillaires, sur l'inclusivité de tous les produits que tu peux retrouver en grande surface. Et c'est là où je me suis dit, c'est incroyable. Et c'est à partir de ce moment-là où j'ai commencé à laisser mes cheveux naturels, jusqu'au jour où un jour, je suis tombée sur un coaching dans une école privée qui m'a dit, venez, on fait des portes ouvertes si vous voulez savoir comment parler devant un entretien, enfin un employeur de demain. Et quand j'y vais, je me souviens encore de cette journée parce que je suis venue avec mes cheveux naturels. La journée se passe super bien. Moi, je donne le meilleur de moi, parce que moi, je pensais à mes compétences et ce que je pouvais amener pour demain, jusqu'à la fin, où cette dame, en fait, elle vient me voir et elle me dit « Kenza, j'aimerais bien te dire quelque chose » . D'une aisance incroyable, elle me regarde et elle me dit « Eh bien, le jour de ton entretien d'embauche, juste attache tes cheveux, parce que tu connais, ça fait sale, sauvage et c'est pas très professionnel. »
- Speaker #1
Elle a dit « sauvage » , je l'ai dit à un de nos sauvageurs.
- Speaker #0
Je m'en souviendrai toute ma vie, parce que je me souviens que j'étais tétanisée. Parce que je l'ai regardée en mode, comment avec une telle aisance, elle a pu me dire ça ? Et ça, ça a été l'un des plus gros switch de ma vie où je me suis dit, ça, plus jamais de ma vie, je veux qu'on me parle comme ça. Parce que j'ai une dignité. J'ai une dignité et je ne veux pas qu'on l'écrase. C'est interdit. Et elle ne se rendait pas compte qu'en fait, elle est en train de faire de la discrimination. Tu vois ? Je n'avais pas conscience de ce terme discrimination. Je l'avais conscience que ce n'était pas OK. Et qu'en fait, je vais passer 70% de ma vie au travail. Si je ne peux pas être moi-même au travail, je le serai quand ?
- Speaker #1
Mais on sent que ça te touche encore le fait, c'est l'injustice là que tu as vécu aussi.
- Speaker #0
Parce que beaucoup de personnes le vivent encore. Là je t'en parle avec un recul tel, mais non, c'est encore des gens qui se permettent de discriminer, peut-être sans s'en rendre compte, banaliser oui ou non, mais c'est super grave. Parce qu'on n'est pas égaux à l'embauche, et c'est pas normal. Et je pense à toutes ces personnes qui n'ont pas la voix que là j'ai à l'heure actuelle, et c'est à elles de cet énervement je pense qui est encore hyper ancré. Parce que des fois je reçois des témoignages, mais c'est aberrant quoi. Et on parle pas que d'un souci esthétique, on parle d'un souci de santé. Parce que faire du défrisant... On parle après de cancer de l'utérus, etc. On parle aussi d'alloplessie de brûlure. On peut parler d'alloplessie de traction. Bref, on parle aussi d'un souci de santé qui est super grave et qu'on banalise à travers des standards. Pourquoi faire ?
- Speaker #1
À quel moment tu fais une transition entre Kenza, créatrice de contenu, et Kenza, businesswoman ?
- Speaker #0
Alors, j'ai toujours su que je voulais entreprendre. Il faut savoir, avant la com, j'ai fait une année de droit.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Erreur. parce que je suis trop créative pour être dans le droit, je laisse tomber. Mais j'avoue que ça a été très intéressant de cette année parce que dans l'université où j'étais à Montpellier, ils avaient une section d'incubateurs pour t'aider, si tu as une idée, un projet, etc., d'entreprendre. Et je me souviens que c'est là où je me suis dit, pourquoi pas tester ? Je n'avais pas forcément l'idée très précise de ce que je voulais faire. Je savais que ces gens allaient peut-être m'aider à pousser cette idée jusqu'au bout. Et ça, ça a été vraiment le moment où je me suis dit, c'est bon, je vais faire ma marque capillaire. C'est ce jour-là où je me suis dit, je sais que j'ai envie de faire quelque chose.
- Speaker #1
Et donc t'avais quel âge ? T'avais 2017 ?
- Speaker #0
18 ! J'avais 18 ans !
- Speaker #1
Ok, donc tout juste majeur, ok ok.
- Speaker #0
Tout juste majeur, ouais, parce que du coup c'était l'année où j'avais fini le bac, j'avais eu mon bac, et ensuite tac, j'ai basculé à l'université. Et donc faut savoir que là, il n'y avait pas du tout encore de produits hyper démocratisés, etc. sur nos textures. Et je me suis dit, bon, je pense qu'à travers tout ce truc que j'ai fait moi-même, je pense que je peux avoir un petit peu mon expertise et développer moi-même mes produits. Donc je me souviens avoir commencé comme ça. Et ensuite, il y a quand même eu cette casquette d'influx qui est venue. Mais il faut savoir que le parcours d'entrepreneur, pour moi, il a fait un peu up and down, vu que quand tu entreprends, ça te met tellement face à toi-même, à tout ce que tu n'as pas réglé avec toi-même ou à tout ce que tu n'as pas encore acquis, qu'il y a eu des moments un peu d'embûche dans ce parcours. Et l'influence est venue, je vais dire, un petit peu comme un cheveu sur la soupe. Parce qu'en fait, quand j'ai fini mes études, j'ai fait six mois intensifs chez Les Déterminés. C'est une association. pour entreprendre qui prend pratiquement tout en charge sur 6 mois pour créer ton projet de A à Z. Et c'est trop bien parce que tous ces 6 mois, c'est on construit ton business plan. Et tous ces 6 mois, t'es poussée à l'extrême. Que ce soit dans ta posture de futur entrepreneur, que ce soit, comme je disais, aller dénicher tes futurs fournisseurs, tes futurs investisseurs, etc. Bref, c'était super parce que ça m'a permis de vraiment commencer à détailler ce que je voulais vraiment devenir. Donc je suis arrivée à Paris. C'est comme ça que je suis arrivée à Paris il y a 5 ans maintenant. J'ai travaillé du coup chez Cadalis. J'aimais beaucoup la fondatrice Parce qu'elle était très inspirante Et je me souviens qu'elle m'a donné cette chance De pouvoir travailler avec elle Même si elle savait que je voulais entreprendre Mais elle m'a quand même beaucoup donné de tips Sur sa façon de travailler Et je jonglais entre ces deux casquettes La chargée de com et l'influenceuse pendant un an Jusqu'au moment où c'est deux responsabilités telles Qu'il fallait faire un choix Et moi je n'ai jamais eu de soucis à me dire Allez on lâche tout Let's go, on repart à zéro, quitte à me perdre et à reprendre un métier plus tard. Mais du coup, j'ai lâché ce CDI pour me lancer à 100% dans la création de contenu.
- Speaker #1
Mais finalement, si tu as quitté ton job de chargée de com', c'est parce que finalement, tu avais beaucoup plus de liberté en tant qu'influenceuse ou vraiment parce que tu commençais à avoir des revenus conséquents et que tu n'avais plus forcément besoin aussi de taf ? Ce ne sont même pas les revenus,
- Speaker #0
c'est vraiment la responsabilité.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Parce que jongler sur deux responsabilités, en tout, t'as des comptes à rendre forcément dans une marque qui attend de toi et des comptes à rendre sur une communauté qui grandit et qui attend plus de vidéos, plus de contenu, plus de machin. Mais quand est-ce qu'on trouve ce temps ? C'était très dur de jongler entre les deux et sans oublier ma vie personnelle. C'est comme si je m'oubliais, tu vois, d'une certaine mesure. Donc, il fallait faire un choix. Et non, j'ai lâché un CDI, une sécurité qui était hyper importante pour moi pour recommencer à zéro. Et ensuite, j'ai signé dans une agence du coup de... d'influenceurs qui m'a montré les codes. Et là, j'ai commencé à signer mes vraies vidéos avec des marques avec qui on a pu faire des super projets. Mais il faut savoir que j'avais commencé, j'avais été à zéro après les séries.
- Speaker #1
J'étais dans la merde. Tu t'en es bien sortie. Je te jure, mais moi,
- Speaker #0
il y a eu des jours, je me suis regardée en mode, mais pourquoi t'as fait ça ?
- Speaker #1
C'est vrai qu'à l'époque, on est au début des années 2020, les influenceurs, certains ont... Il y a une catégorie qu'on appelle les influx voleurs qui basent beaucoup leur business sur l'influence, la vente notamment de produits avec des partenariats. Comment toi tu as réussi à faire ce distinguo, à choisir aussi les marques qui ne nuisaient pas à ta communauté, n'étaient pas nuisibles pour l'environnement, pour les cheveux ?
- Speaker #0
La sélection est très simple, je suis moi-même le propre cobaye de ce que j'utilise. Donc à aucun moment donné je me suis dit mais let's go vendre un truc que j'ai jamais utilisé, pourquoi faire ? Genre j'ai toujours été hyper franche. Pour moi, mes réseaux sociaux, c'est comme mon journal intime. Donc, il n'y a pas de débat. C'est transparence à 100%.
- Speaker #1
Là, tu vas lancer effectivement une marque qui est en lien avec les cheveux, avec le monde capillaire. Mais tu as aussi fait des partenariats avec tout ce qui est skincare aussi parce que tu étais directement aussi impactée et tu as documenté finalement tout ce qui était arrivé sur les réseaux sociaux.
- Speaker #0
Tu as tout compris. C'est pour ça qu'à chaque fois, je reviens sur mes réseaux sociaux. C'est mon journal intime. C'est documenter ce qui se passe parce qu'en fait, la réalité est importante. Les gens ne veulent plus du faux semblant. On s'en fout, tu vois, on s'en fout que derrière chez toi, c'est le bordel. Au contraire, montre-le, ce bordel. Parce qu'on est pareil, parce qu'on ne veut plus de pression sociale. On en a marre. Aujourd'hui, on veut être nous-mêmes. Et ça passe partout. Oui, ça arrive d'avoir des moments de faiblesse parce qu'on les a tous. Oui, ça arrive à ce qu'on chiale tous les quatre matins parce que c'est normal. On est humain, tu vois.
- Speaker #1
Il y a une influenceuse française qui, pour le coup, te ressemble pas mal. Ah ouais ? Qui a une afro comme la tienne.
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Elle s'appelle Léna Situation. Elle est aussi d'origine algérienne. Et elle embrasse effectivement son africanité en disant « mes cheveux sont aussi versatiles, c'est-à-dire que je peux changer de coiffure autant que je veux » . Ça a été aussi révolutionnaire. Est-ce que toi, Kenza, tu prends l'ENA Situation comme inspiration aussi ? Parce qu'évidemment, c'est une entrepreneuse.
- Speaker #0
Mais qui ne perçoit pas l'ENA comme un modèle ? Non mais quelqu'un ose me dire ça, bien sûr que oui Léna, c'est un modèle. C'est une personne complètement, on va dire, qui était comme un peu nous, étudiante, dans sa vie de tous les jours, avec une classe plutôt moyenne, et qui a réussi à faire tout un empire de dingue. En étant une femme d'Afrique du Nord, rien que ça pour nous c'est énorme comme modèle, et qui aujourd'hui atteint le luxe, qui atteint la mode. Je veux dire, pour moi c'est le Graal. Elle a révolutionné et bouleversé énormément de codes. Que ce soit dans la manière de monter les vidéos, que ce soit dans la manière de parler, comme tu l'as dit, de jouer avec ses cheveux, de jouer avec ses vêtements, etc.
- Speaker #1
Et alors, parlons un petit peu de Maison Kiosk, finalement. Tu as finalement lancé ta marque après avoir été une queen des réseaux pendant près de dix ans. Alors, comment tu t'es dit, c'est bon, je passe, je passe, que tu as eu un déclic ?
- Speaker #0
Voir les autres créateurs refaire, ça donne extrêmement envie. Et quand je pense à ça, déjà, je pense à Kelly Massol, mais je pense aussi à La Belle Boucle pour Laurine, qui a lancé ça, qui de base était créatrice de contenu, qui a ensuite basculé sur sa propre marque et également sur ses salons de coiffure. Enfin bref, il y a plein de modèles comme ça. Le bar à boucle. J'avais toujours eu l'idée de faire mon identité, mon histoire, à travers une marque où je pouvais raconter mon histoire différemment, tu vois. Tout en gardant en tête qu'il y a la synergie des autres marques. Pour moi, il n'y a pas de concurrence. Bien au contraire, on porte le même combat. On y va tous ensemble, c'est là où on va péter les scores et on va faire changer les choses, le monde. Why not ? Allez, soyons fous, tu vois. Le cernes-coiffure, ça a été le basculement que j'ai fait quand j'étais déterminée, où je me suis dit, une marque c'est bien, mais pourquoi pas plutôt faire un cernes-coiffure ? Parce qu'il y a une forte demande et on va répondre à un besoin. On n'en crée pas un, on répond. J'ai aussi envie d'ajouter ma propre touche sur cette marque-là, tout en gardant en tête le cernes-coiffure qui arrivera printemps 2027. Mais voilà, cette marque du coup Maison Kios qui sort ce 5 juin 2026. Ça fait bizarre de le dire parce que ça fait tellement longtemps que je suis dessus. Et c'est vrai que cette marque, elle va de pair avec ce salon. Mais il faut savoir que dans mon parcours de l'influence, j'ai passé un CAP coiffure que j'ai eu là déjà depuis l'année dernière.
- Speaker #1
Tu devais commencer par ça, désolée, tu t'es sentie. Pour toi c'était important de dire, il fallait absolument que je sache de quoi je parle, donc t'as passé un sapé coiffure, tout le monde ne fait pas ça.
- Speaker #0
Quand j'ai été invitée par le député Olivier Servat pour la loi contre la discrimination capillaire, il y a pas mal de choses qui sont revenues sur des sujets bien plus profonds sur la santé et le référentiel d'aptitude du coiffeur comme je t'expliquais. Et je me suis dit, j'ai envie d'en connaître plus, les livres c'est bien, mais j'ai envie d'aller jusqu'au bout de ça. Et quand je vais ouvrir mon salon de coiffure, j'ai envie de parler demain à mes futurs employés en sachant de quoi ils parlent, en sachant de quoi moi, je vais leur parler aussi. Parce qu'il faut savoir que les coiffeurs, ce sont des créatifs. Donc les créatifs, tu ne peux pas les brider. Au contraire, il faut juste les accompagner dans leurs idées, dans ce qu'ils veulent.
- Speaker #1
Tu m'avais même ajouté le fait que pour toi, ce salon, c'était important qu'il soit une safe place. Absolument un endroit où les gens se sentent en sécurité. Est-ce que tu peux développer un peu plus ? Tu pensais à quoi concrètement en ouvrant ce salon ?
- Speaker #0
Déjà, la première chose, c'est casser les codes des salons de coiffure. en étant moins lisses. Moi, j'ai envie qu'on s'amuse. Le but, c'est de s'amuser, c'est de se réconcilier aussi avec des personnes qui sont traumatisées. Aujourd'hui, tu vas en salle de coiffure, crois-moi bien, quand tu as une texture comme nous, tu es trop bas. Donc, c'est réapprendre à ces gens-là à se sentir à l'aise, que nous, on leur donne confiance pour se sentir bien et laisser leurs cheveux entre nos mains. Donc, cette safe place, elle vient à partir de ça. C'est se dire, on est dans notre cocon, on est chez nous, on sait de quoi on va parler. Et cette safe place, elle vient aussi dans ce côté de tu peux rester tel que tu es. T'as pas à faire semblant dans ce futur salon de coiffure.
- Speaker #1
C'est quoi le niveau d'inclusivité si on doit en parler par exemple ?
- Speaker #0
Tu viens parce que tu es comme tu es. On veut juste, comme toi, prendre soin de toi. T'es là pour te faire du bien et c'est ça qu'on va t'apporter. Et moi c'est ça que je veux dans cette inclusivité.
- Speaker #1
Et en France, c'est que le début finalement. Parce qu'on te m'a parlé du Maroc, de la Belgique, du Canada, du Sénégal. Donc l'idée c'est pour toi d'arriver à faire quoi ?
- Speaker #0
On veut être partout, dans n'importe quel coin. pays de n'importe quel coin du globe. Parce qu'en fait, le but, c'est de donner envie à tout le monde. Parce qu'il faut savoir que c'est international comme sujet de discrimination capillaire, c'est international. Donc le but, c'est de se dire, on va être partout. D'abord, effectivement, tous ces pays qui parlent français, du moins, qui auront également nos codes.
- Speaker #1
Je voulais te demander, Kenza, à ton avis, comment t'arrives à mener les combats que tu mènes sans pour autant les dénaturer ?
- Speaker #0
Parce qu'il faut toujours parler des personnes qui sont les premières, les précurseuses de ces combats-là. C'est tout. C'est comme ça qu'on dénature par un combat. On n'est pas là pour se l'approprier, on est là pour le partager.
- Speaker #1
Et à quel moment tu t'es rendu compte que des marques pouvaient considérer le marketing, on va dire, autour des cheveux bouclés, comme étant plus proche d'un militantisme ?
- Speaker #0
Je pense que les créateurs de contenu qui sont politisés et qui véhiculent des messages tout en partageant des produits qui leur plaient, et quand ils ont dû voir à quel point ça a marché et qu'ils convertissaient super bien, et puis j'allais dire, mais on va revenir quand même sur la même personne, les secrets de l'oli. Kelly a quand même renversé le truc. Quelqu'un de politisé, quelqu'un qui véhiculait des super messages et qui fait des millions. Rien que ça, je pense que les marques se sont dit « Ah, bah, nous aussi » .
- Speaker #1
C'est intéressant parce que finalement, on a passé un cap où les banques avaient un peu peur, étaient un peu frileuses à l'idée d'investir dans ce type de business-là. Et les réseaux sociaux ont permis une révolution énorme en montrant que non, il y a un marché qui s'est suivi, on est prêt à donner de l'argent.
- Speaker #0
Estelle, tu dis un truc de malade. Tu sais qu'il n'y a que là, le lancement. Ok, le lancement qui se passe le 5 juin. Il faut que je vous dise un truc, je suis en autofinancement. Il faut que je le rappelle, parce qu'il y a deux ans, j'ai commencé à démarcher des banques, mais ils me riaient au nid. J'ai eu quatre refus de banque quand j'ai commencé à parler de mon projet. Malgré tes followers ? Bien sûr, au contraire, c'était pire. J'arrive avec la casquette d'influenceuse, ils sont en mode, ils ne me prenaient pas au sérieux. Alors que c'est un métier, oui, il est nouveau, mais c'est un métier considéré tel que d'autres, il faut le savoir, tu vois. Donc, c'était super important quand même que je rappelle ça, parce qu'en fait... on me riait littéralement au nez et quand aujourd'hui je me rends compte que ok j'étais en mode vous voulez me rionner, il n'y a pas de soucis je vais faire ma propre oseille et je vais me payer moi-même me financer moi-même là mes prochains produits et tu vas voir qu'à ce moment-là ils vont me faire tac tac tac hello et je vais être en mode non bye parce qu'en fait c'est trop tard pourquoi vous n'avez pas du tout eu confiance en moi même quand tu as effectivement cette notoriété là et que tu peux montrer ils n'ont rien à faire en tout cas les banques que j'ai vues qui n'ont rien à faire de ton nombre d'abonnés ou de ta représentation. Pour eux, c'est qu'un chiffre, mais ils ne voient pas la conversion monétaire. Et donc, c'est peut-être là où ça coince.
- Speaker #1
Oui, ok. C'est super intéressant. C'est même étonnant, je pense, pour les gens qui te suivent et qui vont se rendre compte qu'en fait, ce n'est pas aussi simple malgré le succès des réseaux d'être prise au sérieux et d'arriver à convertir, comme tu dis, ce que tu fais en chiffre d'affaires.
- Speaker #0
Mais on oublie aussi un point. On est une femme, je suis une femme racisée aussi. Et je pense que ça y est pour beaucoup. Il faut savoir que moi, pendant ces entretiens que je n'avais pas fait à l'époque, enfin du moins quand je faisais des trucs à la banque, j'avais toujours les cheveux attachés. Mais depuis que je laisse mes cheveux naturels, ça fait 8 ans que j'ai mes cheveux naturels. Il faut savoir que j'y vais, maintenant j'ai mes big cheveux comme ça, comme ça j'arrive et je suis en mode « Hey ! » Ils se disent « Ouais, ouais, ouais, je suis un peu trop too much pour eux, je pense, quand j'arrive. » Mais je m'en fous, parce que dans tous les cas, je suis en mode « Si vous signez avec moi, vous signez avec moi. » Mon identité, moi ce que je vais transmettre, donc pourquoi faire semblant ?
- Speaker #1
Est-ce que tu compenses aussi avec le... Le fait d'arriver avec un look aussi de boss lady, comme aujourd'hui, par exemple. Et encore une fois, je suis super contente que tu sois comme ça. C'est vraiment ce côté où tu te dis, l'afro véhicule tellement un imaginaire que du coup, niveau mode, tu es toujours à la pointe.
- Speaker #0
Je vais être archi-cruin, mais j'en ai rien à foutre, je m'habille juste comme j'ai envie.
- Speaker #1
C'est très bien comme réponse. Désolée. Je suis dispo. Non mais vas-y,
- Speaker #0
Je m'en fous, je me dis, j'ai envie de mettre cette veste, je mets cette veste, j'ai envie de mettre ce t-shirt, je mets ce t-shirt, j'ai envie de faire cette coupe, je fais cette coupe, je veux des ongles, de ça, je le fais, je veux ça, je le mets. Je m'arrête plus au regard de l'autre, parce que souvent, quand on va te pointer du doigt, la personne va te dire, ah si, ça, ça. C'est juste sa propre insécurité qu'elle veut rejeter sur moi. Flemme, garde ça pour toi ma chérie. Si je peux t'inspirer, let's go, si je te mets pas bien, c'est pas mon dos. Je suis partie de ce mindset depuis très longtemps. Surtout à partir du moment où j'ai laissé mes chevaux naturels. Ce mindset, il est direct rentré parce que de toute façon, tu es obligée d'être drastique.
- Speaker #1
Concrètement, tu as dit que ton projet était un projet que tu as investi toi-même. Est-ce que tu peux dire combien tu as investi dans ce projet ?
- Speaker #0
100 000 euros. Là, on est à 100 000 euros sur un projet que j'ai autofinancé.
- Speaker #1
Proportionnellement à tes revenus d'influenceuse, à quelle place ça prend concrètement
- Speaker #0
Kéos ? Un bon 40 % quand même.
- Speaker #1
Donc tu t'es vraiment investie dans ton projet ?
- Speaker #0
Je suis à moins de 2000. Là je suis en PLA, j'ai dit à mon bancaire « Fais-moi un découvert de 10 000 s'il te plaît » . Il m'a dit « Ok » . C'est vraiment plus ce que je te dis, c'est premier degré. Moi j'ai toujours été en mode, je préfère ne rien avoir. Je ne me verse pas de salaire. Je préfère ne rien avoir et tout réinvestir. Plutôt que d'avoir mon confort. Je m'en fous. J'ai envie de faire changer les choses et il faut aller jusqu'au bout. De toute façon, les premiers salaires que j'aurai, ce sera pour mes équipes. Ce ne sera même pas pour moi.
- Speaker #1
Tu m'avais aussi parlé du fait que les réseaux sociaux parfois pouvaient avoir l'effet de drogue. où en fait on devient dépendant aussi, certes pas du regard effectivement des gens dans la rue, mais aussi des personnes qui nous suivent et qui nous ont validés, qui nous soutiennent et on n'a peut-être pas envie de les décevoir et donc du coup il y a une pression qui s'installe aussi, non ?
- Speaker #0
Totalement. Les réseaux sociaux, pour moi c'est devenu une addiction. Et c'est vraiment quelque chose que je travaille avec ma psychologue. On travaille sur cette addiction. Il faut savoir qu'en fait, les algorithmes, dans la manière dont c'est travaillé, c'est fait pour, à chaque fois que tu alimentes. Et c'est vrai que malheureusement, cette addiction, elle se traduit à travers la seule adrénaline que je peux ressentir dans ma vie. C'est là où l'addiction rentre en jeu, en fait. Quand je vois les stats, quand je vois comment ça monte, je me sens bien, je me sens let's go, c'est incroyable. Versus, je vais juste aller boire un café avec des potes, je me sens vide. C'est là où il y a un problème. C'est là où on peut parler de cette addiction qui est néfaste et toxique. Beaucoup de créateurs vont savoir de quoi je parle, puisqu'on en parle beaucoup, de cette santé mentale. Et que ce soit même pour les entrepreneurs, je pense que c'est à peu près la même chose. Ça se rejoint énormément, cette santé mentale qu'on peut dissimuler parce qu'on a l'impression qu'on n'est pas assez légitime, puisque notre travail n'est pas assez dur ou quoi au caisse. Mais il est évident qu'il y a des métiers beaucoup plus difficiles que je porte dans mon cœur et que vraiment, je leur donne toute ma force pour leur quotidien. et ensuite il est évident que vu qu'on est un personnage d'image, un personnage sur les réseaux sociaux, t'as une responsabilité dans la manière dont tu vas parler, les mots que tu vas utiliser et de ce que tu vas véhiculer. Pareil, quand tu vas croiser ces gens dans la rue, ils ont de l'espoir sur toi également, surtout quand t'es politisé. Donc effectivement, cette pression, elle est réelle, elle est sincère, elle est ancrée, mais il faut juste savoir dealer avec ça, de pas trop la prendre à cœur comme si t'étais le seul acteur. Comment créer cette synergie pour que tu te sentes moins porter tout ça sur tes épaules et de savoir déléguer, il faut savoir aussi s'écouter et se dire, bon, là, j'ai plus d'énergie, il faut que j'arrive à me recentrer. et d'arrêter de se comparer.
- Speaker #1
Et t'en parles assez ouvertement du burn-out que t'as traversé, de ta dépression. Est-ce que t'as eu envie à un moment de tout arrêter et de repartir dans le salariat ? Oui,
- Speaker #0
totalement. Je te mentirais si je te dis non. Bien évidemment, il y a des jours où je me suis dit « Mais pourquoi je me suis lancée là-dedans ? J'ai la flemme ! Fais chier, il y a trop de responsabilités ! » Et il faut savoir que je suis quelqu'un qui est 100% indépendant, c'est-à-dire que ce soit financièrement, tout, mon logement. Je suis partie très tôt de chez moi. J'ai toujours été dans ce moule d'aller chercher de l'argent. Déjà depuis très jeune, il y a des fois où je me suis dit « Mais pourquoi tu te fais chier à créer des projets, des machins ? Stop ! » Et ça, c'était des discussions avec soit des professeurs de la santé, comme j'ai dit à ma psychologue, soit avec mon entourage. Et c'est vrai que bien s'entourer, c'est très important, surtout quand on entreprend. L'entourage fait pour beaucoup, Et ça, je pense que c'est ce qui m'a permis de me remettre en question, de rebondir, de recharger ma batterie et de me dire « Allez, non, tu fais ça parce que tu as cet objectif, tu veux changer la vie des gens. »
- Speaker #1
Tu vas lancer ta marque à la Naturelle Air Academy, qui est quand même un événement annuel, estival, qui est maintenant ancré dans la culture, on va dire, afro-parisienne, où, pendant plusieurs jours, des marques, des acteurs, actrices aussi surtout, ça représente quoi pour toi d'être dans cet événement-là ?
- Speaker #0
Ça représente pour moi l'accomplissement sincère d'un combat commun. En fait, voilà, du coup, je dirais que pour moi, c'est un accomplissement incroyable parce que j'ai toujours été très fan de la Nature Alley Academy. J'y allais chaque année et à chaque fois, j'étais abasourdie de voir à quel point, dans un seul lieu, on était tous ensemble à partager le même message. Et c'est ça qui est fort. Et donc, c'est de me dire, aujourd'hui, j'ai la capacité d'avoir mon stand, d'avoir une équipe, de véhiculer mon propre message et d'accueillir les gens qui me suivent depuis très longtemps sur un lieu physique avec qui on va s'éclater.
- Speaker #1
Donc on aura l'occasion de te voir au stand ? Mais oui !
- Speaker #0
Ce sera le 6 et le 7 juin et on aura mon stand avec qui on va revendre tous nos produits et tous nos accessoires capillaires qu'on a développés avec Maison Kios. Et on est super fiers et hâte de voir toutes ces équipes, notamment ce peigne afro incroyable que j'ai montré à Estelle. Estelle, t'en penses quoi ?
- Speaker #1
Je ne peux pas le tester sur mes propres cheveux, sinon toute ma coiffure part en live. Mais promis, j'ai vu que tu l'avais utilisé, ça fonctionne. En vrai, c'est assez drôle parce que du coup, tu as repris les codes des cheveux, des peignes, notamment traditionnelles.
- Speaker #0
Exactement, le peigne, de toute façon, c'est un symbole extrêmement fort, rien que dans la culture africaine, il ne faut pas l'oublier. C'était symbole également de puissance, de hiérarchie. Donc voilà, il ne faut jamais oublier que le peigne, c'est une grande symbolique. Donc très fière de pouvoir en faire un aussi à moi et designer à moi en pensant au gauchère. et au gauchère dans la façon de l'utiliser. Et pourquoi je l'ai fait aussi long ? C'est surtout parce que, en fonction de ta texture et du volume que tu as, le but, c'est de bien le mettre en avant. Et puis, c'est très souple au niveau des picots pour ne pas abîmer les cheveux. Mais voilà, c'est pour moi l'un des symboles les plus forts de ce que je vends.
- Speaker #1
D'ailleurs, à la Naturelle Air Academy, quand j'y pense, c'est un espace qui se réduit pas qu'à la vente de produits capillaires parce qu'aujourd'hui, on fait des conférences, il y a même des pièces au théâtre, enregistrements de podcasts. Il y a aussi des libraires, libraires aussi jeunesse afro qui viennent aussi. Skincare, évidemment. Le business du cheveu afro est souvent un prétexte pour inviter les diasporas au pluriel qui partagent la même condition. J'ai entre mes mains une lettre que je te tends, notre petite carte blanche qui a été écrite avant de l'ouvrir.
- Speaker #0
Je suis trop curieuse.
- Speaker #1
C'est une tradition dans l'émission. En gros, chaque personne qui vient ici... adresse une question au prochain invité, au prochain entrepreneur ou entrepreneuse qui s'assoit ici. Et tu peux découvrir ta question si tu le souhaites. Là, tu peux ouvrir la lettre dans ta caisse. Il faut que tu y répondes de manière la plus sincère possible.
- Speaker #0
Jusqu'au début, je t'ai toujours fait très sincère.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Voilà. Alors, est-ce que tu as déjà regretté d'avoir entrepris ?
- Speaker #1
Ah bah vas-y, je suis curieuse.
- Speaker #0
Alors, je vais te dire oui et non, parce que le oui, vu l'ampleur que c'est, vu l'impact que c'est, que ce soit psychologiquement, comme je t'ai dit, ça te remet tellement face à tes propres problèmes, à toi, etc., que tu n'as pas encore réglé, etc. Et l'ampleur de ce que c'est, aller trouver des financements, convaincre... créer tout un univers, etc. C'est dur. Donc oui, il y a des jours où tu peux regretter lorsque tu te dis, fais chier, comme je dis depuis le début, j'ai fait tout ça, alors que tu peux très bien être dans un CDI très simple et suivre du coup une vision à une marque qui est déjà inscrite. Mais non, je ne regrette pas parce que j'ai la sensation que c'est mon chemin de vie. J'ai la sensation qu'il faut que j'aille jusqu'au bout de cette idée parce que j'ai quelque chose à donner. Et je sens que j'ai une revanche sur ma vie. que j'ai envie d'aller jusqu'au bout. Donc je ne regrette pas parce que grâce au fait d'avoir entrepris, ça m'a permis de retravailler des choses que je n'avais pas réglées avec moi-même dans mon passé. Donc l'entrepreneuriat m'a aidée sur ça.
- Speaker #1
Mais qu'est-ce que tu n'as pas réglé ? Tu as répété ça à plusieurs reprises et je suis curieuse de savoir qu'est-ce que tu n'as pas réglé dans ta vie, là tout de suite, selon toi ?
- Speaker #0
Oh, des problèmes liés à l'argent. Je pense que c'est l'insécurité de l'argent parce qu'il faut savoir que quand on entreprend, c'est prendre des risques et tu prends des risques déjà financiers. Et j'avoue que pour moi, ça a été très dur, le rapport à l'argent. Le rapport au matériel, le rapport à prendre des risques sur ça, sur cette sécurité. Parce qu'en fait, j'ai basé ma sécurité sur de la finance, ce qu'il ne faut absolument pas faire. Enfin, j'avais, parce qu'aujourd'hui, ça va beaucoup mieux. Aujourd'hui, je sais qu'enfin, ce n'est pas grave de ne pas avoir d'argent. Au contraire, tu peux toujours te refaire quelque chose. On peut t'aider. Il y a des organismes, il y a tout aujourd'hui. Mais c'est vrai que cette précarité, dès que tu en sors et que tu commences à avoir d'argent, souvent, tu peux baser ton tout. toute ta confiance, ta sécurité, etc., comme je te disais, sur cet argent. Donc, je dirais que pour moi, c'est ça qui était difficile, mais pas que. Je dirais que c'est aussi ma posture, tu sais, la légitimité, le syndrome de l'imposteur, et la posture. Être une entrepreneuse, c'est dur aussi de dire à quelqu'un, non, je veux ça, et tu m'amènes ça. Alors, excuse-moi, pas sur ce ton-là, tu m'imagines, mesquine. Mais c'est dur de s'affirmer, d'une certaine mesure, tu vois, quand t'as pas l'habitude et que tu sais pas ce que ça fait. Donc, j'ai envie de te dire que c'est ça qui t'est pas réglé.
- Speaker #1
Kenza, dans ma main, j'ai une enveloppe blanche, qu'on appelle aussi la carte blanche. À ton tour. Tiens, je te la donne. Avec le stylo. À ton tour. Sans le bouchon qui va avec. Je te laisse écrire, donc, effectivement, la fameuse question. Et tu peux aussi, donc, la dire face caméra. Très bien. Pour le prochain invité.
- Speaker #0
Très bien. Est-ce que tu as déjà menti ou enjolivé quelque chose pour obtenir ce que tu voulais ? Elle est technique, celle-là.
- Speaker #1
Pas mal.
- Speaker #0
Sois franc.
- Speaker #1
On va passer à la séquence Fast and Real. C'est une série de questions, il faudra y répondre au tac au tac. D'accord ? Donc le plus rapidement possible. Ton plus grand échec ?
- Speaker #0
De ne pas avoir de papa.
- Speaker #1
Le pire cliché sur les cheveux texturés ?
- Speaker #0
C'est sec.
- Speaker #1
Lissage brésilien surcoté ou sous-coté ?
- Speaker #0
Surcoté.
- Speaker #1
Le commentaire qui t'a le plus blessée ?
- Speaker #0
Que je voulais un combat noir.
- Speaker #1
Le meilleur conseil que tu peux donner à quelqu'un pour entretenir ses cheveux ?
- Speaker #0
Dors avec du satin et de la soie. Bonnet, foulard, tête dorée, tout ce que tu veux, mais dors avec ça.
- Speaker #1
Ce que personne ne voit chez toi ?
- Speaker #0
ma sensibilité.
- Speaker #1
T'es hypersensible, c'est ce que je me disais.
- Speaker #0
De malade, mon hypersensibilité. Et des fois, je peux être susceptible. Je cache des fois par l'humour.
- Speaker #1
Une vérité que les gens refusent d'entendre.
- Speaker #0
Qu'il faut se remettre en question. Et que c'est pas une faiblesse.
- Speaker #1
T'as eu un moment où, dans ton... dans ta phase entrepreneuriale, est-ce que tu t'es remise en question sur quelque chose, en particulier ? Mes relations. Avec les gens avec qui tu travailles ?
- Speaker #0
Oui. Non, pas que. Que ce soit dans mes relations amoureuses et amicales. Quand t'entreprends, souvent t'as ceux qui te suivent, ceux qui te regardent ou ceux qui te jugent ou ceux qui t'accompagnent aussi. Je dirais qu'il y a plusieurs catégories de personnes comme ça. Et j'avoue que ça, c'est ce qui m'a le plus remis en question. Parce que t'avais des gens qui étaient là plutôt pour profiter, d'autres qui ne te croyaient pas en moi et des relations amoureuses où ça prend beaucoup de temps d'entreprendre, tu sais. Du coup, qui avaient l'impression de se sentir délaissés. Donc il fallait faire des choix.
- Speaker #1
T'as un équilibre entre vie privée et vie professionnelle, en tout cas, que t'es arrivée à atteindre ?
- Speaker #0
Ça va. J'arrive à jongler. J'ai surtout la chance d'avoir un entourage qui aujourd'hui me comprend, me connaît, ils savent comment je fonctionne. J'ai un chéri, l'homme de ma vie, qui sait également aussi. Il a l'habitude et il sait comment me calibrer. Et j'avoue que c'est ce qui a fait la richesse de ce parcours. Même si j'ai perdu des amis, j'ai perdu des anciens copains, etc. Ça m'a quand même aidée à construire ce de demain.
- Speaker #1
Et tu as parlé de ton hypersensibilité. Déjà, est-ce que tu penses qu'être hypersensible, c'est une qualité pour un entrepreneur ?
- Speaker #0
Alors, être hypersensible, c'est une qualité, oui, parce que ça reste quand même une façon de voir les choses différemment. Il ne faut juste pas que ça te bouffe. Si ça te bouffe, c'est compliqué, mais il faut savoir déléguer. Typiquement, mes équipes, ils savent que je délègue le management. Je ne peux pas.
- Speaker #1
Est-ce que tu te sens quand même solide aujourd'hui ? Malgré, effectivement, cette hypersensibilité qui te bouffe, le burn-out que tu as traversé, est-ce que tu te sens solide aujourd'hui ?
- Speaker #0
Oui, parce que je sais qui je suis plus qu'avant. Donc, c'est pour moi cette solidité, je la vois à travers ça, à travers que je sais qui je suis. Donc j'arrive à mettre des barrières, imposer mes limites, ce que je n'arrivais pas à faire avant.
- Speaker #1
Et comment tu arrives à créer des refuges, finalement ? Des moments où tu te dis, ça, ça me permet de rester vraiment les pieds sur terre ?
- Speaker #0
Je joue aux Sims. Je suis désolée, mais pour que je reste les pieds sur terre, je joue aux jeux vidéo. C'est vraiment le seul moment où j'ai l'impression que je suis dans le truc, je suis à fond. Et plus rien n'existe autre chose dans mes pensées.
- Speaker #1
Depuis combien de temps tu joues aux Sims ?
- Speaker #0
Tellement longtemps.
- Speaker #1
Ça fait très longtemps ?
- Speaker #0
J'avais 8 ans, ça fait 20 ans Ça fait 20 ans que je joue au Sims les gars Du coup mon chéri sait très bien Au moment où je joue au Sims il me dit c'est au moment de te guetter
- Speaker #1
Pour sortir de ta vie Virtuelle tu vas voir ton avatar Virtuel et tu lui fais faire faire des dingueries Je te jure
- Speaker #0
C'est trop bien mais c'est ce qui me ancre Ça parait tellement bête alors ça Et elle a la ferme de chez moi. Aller voir les ânes et les chèvres et tout, j'adore ça. Elles sont hyper friendly. Et j'y vais tous les dimanches. C'est génial.
- Speaker #1
T'as aussi parlé du soutien de ta famille, parce que c'est vrai qu'on en a beaucoup parlé au début de cette interview. Comment tes proches te soutiennent finalement ? Et comment ils voient aussi ton parcours ?
- Speaker #0
Alors moi je pense à ma mère quand tu me dis ça. Ma mère laisse tomber. Alors c'est une femme qui n'a pas eu beaucoup de chance dans sa vie et qui pourtant donne à ses enfants ce qu'elle n'a jamais pu avoir. Et elle nous a toujours poussé jusqu'à l'extrême. T'aimes pas l'école ? Pense autre chose. Tu n'aimes pas ça ? Fais-le pas. Tu vois, toujours à être OK avec tout ce qu'on pouvait ressentir. Et je pense que c'est elle qui m'a beaucoup aidée à aller plus loin que les barrières que je pouvais voir devant moi. Et c'est ça que j'aime beaucoup. Donc, mon entourage, j'ai toujours eu ce mindset. Même ma grande sœur, mon petit frère, ils m'accompagnent à fond. Ils sont super fiers. Ils ont entrepris aussi cette transition capillaire avec moi également. Donc, on a vraiment ce truc-là qui nous réunit. Et j'ai des amis en or qui ne m'ont jamais jugée pour le temps que je ne pouvais pas leur accorder. Rien que ça, pour moi, c'est précieux.
- Speaker #1
Et au-delà du business, qu'est-ce qui te fait encore tenir ?
- Speaker #0
La moula ! Non, je rigole. Effectivement, l'argent, c'est un vecteur pas négligeable, mais j'aurais envie de te dire que ce qui me fait tenir, c'est les gens, les gens qui me suivent. Tout ce qu'ils me donnent comme force, comme message, comme énergie, pour moi, ça vaut tout.
- Speaker #1
Et pour terminer cette interview, Kenza, c'est déjà la fin, quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui part de zéro, qui n'a pas d'argent, qui n'a pas de réseau aussi, pas de followers, juste une rage de s'en sortir ?
- Speaker #0
Déjà juste le terme de la rage de s'en sortir, il n'y a pas de débat, elle va réussir. Parce que c'est le vecteur qui va te pousser jusqu'au bout. Il ne faut jamais oublier ce vecteur-là, parce que au moment où tu auras des moments de faiblesse, des moments de pas bien, etc., c'est celui-là qu'il faudra qu'à chaque fois cette personne se rappelle. Donc il n'y a pas de débat. Moi j'ai démarré de zéro, j'avais zéro abonné aussi au début. Et pourtant ça a pris, parce que je croyais en ce que je faisais. Donc il ne faut jamais oublier. Et ce n'est pas parce qu'il y a quatre personnes qui regardent ta vidéo, mais tu ne sais jamais qui sont ces quatre personnes qui regardent ta vidéo. Peut-être qu'il y en a un, c'est la personne qui va investir dans ta société. Elle est juste le temps. Fera les choses. Ce n'est pas parce qu'il y en a qui font ça dans deux mois que toi tu vas faire ça en dix ans, ce n'est pas grave. Tu vas y arriver quoi qu'il arrive sur ces dix ans-là. Ça arrivera quoi qu'il arrive. Ça prend juste du temps. Et surtout, de bien se faire suivre par des professionnels de la santé, c'est très très très important. Je remets le point là-dessus parce que vraiment on oublie quand on est entrepreneur, mais non, il faut se faire accompagner.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu aurais aimé qu'on te dise plus tôt, Kenza, sur ce qu'allait te coûter finalement l'entrepreneuriat ?
- Speaker #0
J'aurais aimé qu'on me dise les vrais problèmes de l'entrepreneuriat. Et qu'on arrête de l'enjoliver. L'entrepreneuriat, c'est pas que tout beau, tout rose. On va dire « Wouhou ! » Non, it's not Bizounours-like. C'est vraiment un parcours du combattant. Donc j'aurais aimé qu'on parle aussi des échecs des autres. Parce que les échecs... De toute façon, il faut échouer. T'échoues, t'apprends. T'échoues pas, t'apprends pas. Du coup, j'avoue que les échecs qu'on m'aurait dit tout de suite m'auraient permis d'appréhender d'autres situations. Les banques, etc. J'ai pu me mettre des bâtons dans les roues parce que j'avais pas les codes. L'argent, voilà comment la dispatcher. J'en ai perdu, hein. Il faut pas croire. On en perd aussi de l'argent. Mais juste... Comment faire pour éviter ce type de situation et ne pas en perdre ?
- Speaker #1
Et tu penses que de ne pas avoir les codes, ça t'a desservi ?
- Speaker #0
J'ai potentiellement perdu plus de temps que ce que j'aurais aimé. J'aurais pu faire plus vite si je n'avais pas fait tout ça. Des trucs qui m'ont ralenti énormément. Parce que je n'avais pas tous les codes. Et que c'est dur de les trouver, sauf quand quelqu'un te le dit. Et encore, aujourd'hui, il y en a, ils sont encore secrets sur leur parcours. Alors qu'il ne faut pas en avoir honte, au contraire, il faut en parler.
- Speaker #1
Ils gatekeepent effectivement ce qui leur permet d'avancer.
- Speaker #0
Les gens, ils aiment beaucoup leur image. Ils ont peur, surtout quand tu commences à prendre beaucoup d'emploi. T'as envie de garder cette image lisse, mais non. Viens me dire ce qui n'a pas marché. Ça m'aide, moi. Tu vois ? Moi, je le dis, j'ai pas honte.
- Speaker #1
Merci, Kenza, d'avoir tenu la distance avec nous. C'était Work in Progress, le podcast qui parle de réussite sans en cacher les cicatrices. Merci de nous avoir écoutés. Je suis Estelle Djanjo et je vous retrouve pour le prochain épisode de ce podcast créé par Conto. À bientôt.
- Speaker #0
Bye.