- Speaker #0
Aujourd'hui, c'est un épisode un peu spécial, c'est un épisode pour le podcaston et Work in Process est ravi de rejoindre cette nouvelle édition du podcaston, déjà la quatrième. Pendant une semaine, des milliers de podcasts à travers le monde vont mettre en avant une association caritative de leur choix. Et moi, aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir sur le fauteuil des invités l'association Sista Journée. On va parler d'un sujet qui touche énormément de femmes, mais dont on parle encore trop peu. C'est la solitude dans la carrière, le manque de réseau, les plafonds invisibles et ce fameux moment où tu te dis « je sais où je veux aller, mais j'aimerais tellement être mieux entourée pour y arriver, pour que ça soit plus simple » . Et pour explorer ces sujets-là, j'ai l'immense joie d'accueillir Jennifer Alidor, fondatrice de Sista Journée. c'est une association qui accompagne les femmes, tu l'auras compris, grâce au mentorat, à la sororité, à la force du... réseau. Et Sista Journée, ça aide les femmes à avancer professionnellement avec plus de clarté, de confiance et de soutien. Bonjour Jennifer, ravie de te recevoir dans cet épisode spécial de podcast.
- Speaker #1
Merci beaucoup, merci Marine pour l'invitation et pour l'intérêt que tu portes à Sista Journée.
- Speaker #0
Écoute, je suis ravie, j'ai découvert l'association il n'y a pas si longtemps que ça encore. La première question que je voulais te poser, Jennifer, pour initier cette conversation, c'est qu'est-ce que, selon toi, on oublie de dire sur la solitude professionnelle quand on est une femme ?
- Speaker #1
Oui, je pense que quand on est une femme, on a un peu plus de mal à activer son réseau et à bien savoir s'entourer. Et donc, lorsqu'on parle de carrière, donc si cette journée accompagne des femmes qui sont en insertion professionnelle, donc des femmes qui ont entre 18 et 30 ans, et qui ont besoin de décrypter les codes du marché du travail. C'est toujours plus simple lorsqu'on a un shortcut, lorsqu'on a une grande sœur qui va nous aiguiller sur ce qui est attendu, ce qu'on peut faire, ce qu'on ne peut pas faire et comment du coup se projeter sur le long terme.
- Speaker #0
À ton avis, ça vient d'où le fait qu'en tant que femme, on a du mal à aller activer notre réseau ?
- Speaker #1
Peut-être qu'il y a davantage de peur d'être en position basse. de demander de l'aide. On a l'habitude d'une femme conquérante qui part un peu, j'aime bien le dire, avec son bâton de pèlerin et qui va un peu faire son propre chemin, sa propre croisade. Et c'est aussi ce qu'on nous a beaucoup inculqué. Là, j'ai deux petites filles de 7 et 4 ans et je vois dans les dessins animés que les jeunes filles, les héroïnes, elles sont souvent seules face au monde versus les dessins animés de mon neveu qui a quasiment le même âge où les garçons s'entourent. ont des équipes de foot, ont des équipes de super-héros. Et donc, ça nous a peut-être davantage forgé aussi à se penser comme étant seul et qu'on va réussir beaucoup de choses seul alors qu'on sait qu'on avance beaucoup plus loin ensemble. Donc, c'est de remettre du lien et puis surtout de s'entraider sur des choses, des sujets qu'on n'a pas l'habitude d'aborder. C'est-à-dire, comment je m'insère aujourd'hui ? Comment je m'insère au mieux ? Quels sont mes atouts ? Et aussi, quelles sont mes faiblesses ? Et comment je peux...
- Speaker #0
C'est un travail qui vient toucher directement la confiance qu'on a en nous.
- Speaker #1
Oui, la base, c'est la confiance en soi. Alors, particulièrement ce public qui est un peu plus vulnérable puisque c'est un journée ouverte à toutes les femmes, mais s'adresse en particulier aux femmes qui sont afrodescendantes. On a beaucoup de jeunes femmes qui viennent des territoires ultramarins et qui, en arrivant seules en métropole, qui n'ont pas le réseau ou la famille, et qui s'enferment dans des études, et qui ont plus de mal à demander, mais même à savoir à qui s'adresser. Parce que bien souvent, on est face à des jeunes femmes qui ont été les seules à partir, à faire des études supérieures. Et donc lorsqu'on va essayer d'avoir des sons de cloche pour mieux s'aiguiller dans sa vie professionnelle, si personne autour de nous n'a traversé les mêmes étapes et les mêmes épreuves, c'est très difficile de savoir comment se sortir. Donc vraiment, si cette journée s'est venue de manière très pragmatique, Quand on arrive... en métropole pour faire ses études ou même poursuivre sa carrière, comme on fait pour bien s'adapter au code, s'intégrer et puis finalement avancer avec méthode vers ses objectifs professionnels.
- Speaker #0
Oui. Ce que j'entends dans ton discours, c'est qu'on nous apprend depuis toute petite à être forte, à tout gérer. Le fameux mouvement de Girlboss qu'on a pu voir Voilà. sur les réseaux. Moi, ce que je me demandais, c'est à l'heure actuelle, donc on enregistre en 2025, à l'heure actuelle, est-ce que toi, tu as pu identifier ? des obstacles très réels, très concrets que ces femmes rencontrent dans leur quotidien, au-delà du fait qu'elles passent d'un milieu de vie plutôt insulaire à un milieu de vie plutôt métropolitain. Mais au-delà de ça, est-ce que toi, tu as vu d'autres obstacles qui peuvent freiner justement cette progression de carrière ?
- Speaker #1
Oui. Alors, il y a des causes internes et des causes externes. Donc, dans tout ce qui est externe, On n'a, par exemple, pas forcément de structure adaptée. On peut avoir des micro-agressions aussi. On peut avoir des cas de discrimination. Et donc, tout ça fait que si on ne sait pas bien l'adresser, on aura du mal à se sortir un peu d'un marasme et à créer un cercle vertueux. Et l'objectif de ces stages de journée, c'est d'offrir des cercles de parole, en plus du programme de Ventura, des cercles de soutien. Tous les vendredis, le premier vendredi du mois, on se réunit dans ce qu'on appelle le Happy Friday. Et là, vraiment, ce sont des sujets qui viennent des six stars en se disant, ce mois-ci, voici quelles ont été mes victoires ou les épreuves que j'ai dû traverser. Comment vous, vous auriez fait ? Et là, on est en mode open mic et chacune va donner sa version de comment elle aurait géré une situation délicate. Et c'est hyper intéressant, c'est hyper enrichissant pour chacune parce que... finalement, on voit qu'il y a différentes manières de gérer une situation, que ce soit de discrimination ou de micro-agression. Donc, ça permet d'avoir d'autres références, finalement, pour rebondir sur ces situations un peu complexes.
- Speaker #0
Oui, effectivement, ce n'est pas toujours simple. Ces situations, en plus, peuvent avoir tendance à se multiplier assez facilement. Moi, ce que je perçois aussi, c'est que... Il y a beaucoup de femmes qui ont tendance à s'épuiser dans ce rôle de tout porter, toute seule, d'affronter le monde. J'aime bien l'image du bâton de pèlerin, je la reprendrai. Et du coup, est-ce que toi, tu as repéré des signaux pour faire un petit peu de prévention aussi dans cet épisode, tant qu'à faire, pour les auditrices qui nous écoutent, des signaux qui font qu'on est en train de forcer trop longtemps, trop seul, et que là, c'est... C'est peut-être le moment d'aller chercher un petit peu plus de sororité autour de soi.
- Speaker #1
Alors pour ce public, c'est très précis puisque j'ai fait de ma mission de carrière et de vie. J'accompagne les femmes à différents moments de vie et sur différentes typologies de personnes. Dans le cadre des six stars, elles ont entre 18 et 30 ans. Ce que je remarque souvent, c'est l'isolement. On commence un peu par... Au départ, on part... pleine de bonne volonté et puis finalement on ne sait pas comment gérer une situation un peu complexe parfois on peut aussi avoir une mauvaise lecture de cette situation, ça arrive dans beaucoup de cas, finalement on s'enferme en allant demander des conseils à des mauvaises personnes qui ne sont pas habituées au milieu corporate et qui ont du coup mal aiguillé et finalement on s'enferme on s'isole, on s'ennure Et comme en plus, il y a des différences, par exemple, de température, de climat, d'atmosphère générale, on finit par rester un peu dans son cocon et à se rassurer en scrollant sur les réseaux et en étant alimenté des choses qui nous rassurent un petit peu, mais qui ne vont pas nous faire voir la vraie vie. Ce que je conseille toujours, c'est de sortir, c'est d'aller vers les autres, d'essayer de comprendre comment les autres fonctionnent, de ne pas se comparer pour s'amoindrir, mais de se comparer pour s'inspirer parfois. Et de se dire que si d'autres y sont arrivés, et c'est pour ça qu'on aime beaucoup porter des rôles modèles, alors moi aussi, je peux y arriver. Et nos rôles modèles, elles sont vraiment comme toi, moi. C'est des personnes qui se sont mises en action et qui ont réussi à accomplir des choses qu'elles s'étaient fixées, du moins en partie, et qui le racontent de la manière la plus lisible possible. Donc, je pense que c'est hyper important de se projeter. dans la réalité en se disant ce que je vis, c'est peut-être pas pour tout le temps. Et puis, en même temps, il existe d'autres personnes qui s'en sont sorties, entre guillemets. Et parfois, juste de se laisser tranquille. Ça peut aider aussi. Parce que ça fait bien respirer de prendre un peu de distance et de se dire je vais faire un step back et puis reprendre à nouveau lorsque ce sera le montagne. Donc,
- Speaker #0
prendre soin de soi. physiquement, émotionnellement, psychologiquement. C'est important. C'est des valeurs qu'on porte aussi dans le working process, dans tous les épisodes. Moi, j'avais une question et en fait, j'ai déjà un petit morceau de réponse, mais c'est ton avis qui m'intéresse. Derrière 6-6-tas-journées, il y a une énorme valeur que j'ai perçue tout de suite, et c'est pour ça que j'ai voulu faire cet épisode avec toi, c'est cette valeur de sororité. Selon toi, qu'est-ce que la sororité apporte que des réseaux plus traditionnels n'apportent pas ?
- Speaker #1
C'est une très juste question. Je pourrais vous parler, parce que c'est un concept très vaste, mais dans le cadre de 6-6-tas-journées, la sororité, c'est de se connecter avec des personnes qui partagent un héritage commun. La majorité de nos participantes, on dirait à peu près à 90-95%, sont des femmes afrodescendantes. Donc elles se comprennent sur d'autres dimensions qu'uniquement pousser la carrière. On parle aussi beaucoup de transgénérationnel. Et donc ça prend une toute autre dimension. C'est-à-dire qu'on va vraiment essayer de détecter qu'est-ce qui fait de nous un groupe soudé, c'est-à-dire ce qui nous a forgés. la manière dont nos parents nous ont éduqués, on aura un peu les mêmes référentiels et ça va nous aider à mieux accepter ou en tout cas à comprendre ce que l'autre nous dit en disant si cette système m'en parle, c'est qu'elle l'a déjà traversé et elle comprend toutes les dimensions qu'il y a derrière. J'ai peur de décevoir mes parents si je ne suis pas la bonne filière, j'ai peur de démissionner parce que je trouve... trouve que je me reconnais plus dans ce job, mais de décevoir quelqu'un qui avait investi en moi, mon parrain qui m'avait payé mon billet d'avion. Peu importe. Mais en tout cas, ces situations-là, comme elles sont partagées avec cet héritage commun, ça permet davantage la sororité parce qu'on écoute davantage quelqu'un qui nous ressemble.
- Speaker #0
C'est vrai. Maintenant que tu le dis, et au final, en t'écoutant, je me rends compte que au-delà de l'aspect professionnel dont on a parlé, en fait, si sa journée, c'est pas juste un réseau, on ne parle pas d'un réseau BNI ou d'un truc comme ça, on parle d'un cadre que tu as réussi à créer avec toutes les Sista, où les femmes, elles arrivent et elles se sentent vues, elles se sentent légitimes, encouragées et peut-être qu'elles se sentent poussées à faire preuve d'audace aussi par rapport à leurs propres objectifs, qu'ils soient pros ou pas.
- Speaker #1
Ça, je l'espère de tout cœur, que ça les porte sur ce côté. d'audace. Et oui, là, on avait le dernier Happy Friday qui a eu lieu vendredi dernier, parce que c'est tous les premiers vendredis du mois. Et à l'issue, il y a aussi une équipe de bénévoles. Il y a une bénévole qui a animé l'Happy Friday et elle leur a demandé de mettre leur lecture de l'année et leur lecture à venir. Et c'était super chouette de voir notre groupe WhatsApp vibrer avec toutes ces inspirations à prendre. Et ça résonne toujours différemment quand on a partagé un lien ensemble, qu'on s'est dit des choses qu'on n'a pas beaucoup de faire. pour partager des éléments qui sont parfois durs de la vie professionnelle, en se disant que ça aura un écho, mais qui ne va pas nous nuire, et en même temps qui va nous donner des solutions, peu importe la solution qu'on va accepter, mais différents scénarios possibles.
- Speaker #0
Oui, je vois. Et comment ça se manifeste concrètement ? Là, tu nous as parlé de l'événement du premier vendredi du mois, mais quelles sont les autres actions ? que vous mettez en place chez Sista Journée pour aider ces femmes ?
- Speaker #1
Alors, c'est un programme de six mois. On a deux sessions par an, une en octobre, une en février. Et dans cette cohorte, elles sont 46 stas. Donc, on a 20 marraines, 20 filles. Et on a une relation, donc marraine-fille qui est instaurée dès les premiers temps. Elles doivent échanger un minima une fois par mois, pendant minimum une heure. mais généralement elles sont à deux fois par mois et puis les marraines se rendent très disponibles aussi pour répondre si besoin aux filles. Et en plus de ça, on a régulièrement des ateliers, c'est-à-dire tous les mois et demi, on a des ateliers. Le premier, il porte sur vision, clarifier sa vision. Donc c'est le vision board qu'on fait avec Gaëlle Encarnot qui nous accompagne maintenant depuis quatre ans. On a ensuite un atelier sur la productivité. Et on a un atelier sur tout ce qui est investissement, mais plutôt gestion du budget et surtout lien avec relation avec l'argent. Donc, c'est nos trois milestones. Et en plus, on a des ateliers qui s'ajoutent, par exemple, pour les personnes qui sont en recherche d'emploi, qui vont être un peu plus spécifiques. Le premier vendredi du mois, on a cet Happy Friday. Et on a deux événements en physique. Donc, il y aura l'After Work de décembre qui a lieu ce jeudi. et la clôture de la promotion. qui aura lieu du cours de l'avril.
- Speaker #0
Et une fois qu'on a fait ces six mois ensemble, qu'est-ce qui se passe ? Est-ce qu'on est à nouveau lâchés dans la nature, dans la jungle ? Ou est-ce que l'aventure continue au final ?
- Speaker #1
Alors, on fait toujours partie de la communauté des Sista. Donc ça, c'est cool et on a toujours un lien. Et ce qu'on a aussi de très beau, c'est qu'on a des Sista qui ont été filles à un moment, qui passent marraine quand elles avancent dans leur carrière. Et d'autres qui redeviennent filloles parce que c'est des moments de vie. Et en fait, si elles sont lancées, par exemple, sur un nouveau job, et qu'elles se disent, là, j'ai plutôt... C'est une question de posture. Là, j'ai plutôt besoin de moi partager, de moi être challengée et d'avancer différemment. Je me mets dans cette... Je prends cette casquette parce que j'en ai besoin sur ces prochains six mois. Et ça, je trouve ça hyper fort. Et c'est ce qui me plaît davantage, c'est d'avoir eu des sistas qui ont fait un peu la pierre ouètre entre marraine, filleule. pas en fonction de l'âge, mais en fonction de leur moment de vie et de leurs besoins. Et je trouve que c'est une grande maturité de pouvoir s'adapter et comprendre sa situation et ne pas s'arrêter à « j'ai tel âge, je passe tel cadre, donc je suis censée » et de s'écouter par rapport à ça.
- Speaker #0
J'adore. Ne pas suivre les injonctions, mais créer ses propres règles. C'est un principe fondateur de working process. Donc, on est pile au bon endroit. Et moi, j'adore ces histoires d'évolution de vie, en fait. est-ce que tu aurais d'autres transformations, d'autres métamorphoses comme ça, que tu peux nous partager anonymement, bien sûr ? Mais pour nous montrer un petit peu à quoi s'attendre si jamais, parmi les auditrices qui nous écoutent, il y en a qui veulent rejoindre Sista Journée.
- Speaker #1
Oui, il y a beaucoup d'exemples de réussite. J'en ai vu beaucoup grandir. Par exemple, je ne veux pas citer de nom, mais je vais l'appeler Cécilia. qui était arrivée, une jeune femme brillante, pleine d'énergie, mais qui acceptait des salaires qui étaient en deçà de 20K. Parce qu'on lui avait toujours dit que sa filière, comme elle avait été littéraire, qu'elle avait fait une classe prépa, que ça allait être difficile. Et en fait, en étant dans le réseau, elle a été filleule. Et elle a rencontré beaucoup de personnes, puisqu'on peut aussi mettre en relation avec d'autres marraines qui travaillent dans des secteurs cibles. elle a compris sa valeur. Et donc, on lui a dit à un moment, en fait, c'est plus possible, c'est pas possible que tu sois rémunéré ça parce qu'on dit que le secteur est en crise, je crois que c'était le secteur de l'édition. Et elle a fait un choix radical, c'est d'aller s'installer dans un pays type Pologne, pour pas, voilà. Et finalement, elle dirigeait un start-up studio en Pologne pour une grosse boîte d'énergie. Donc, en changeant son mindset, sa posture, en étant... avec d'autres sistas, elle a compris qu'elle n'était pas à la bonne place et que ses compétences valaient beaucoup plus cher ailleurs. C'est ce qu'elle a fait. Et maintenant, elle gère des programmes même à un niveau européen et on est très très très fiers d'elle. Donc ça, c'est des beaux revirements et je pense que si elle n'avait pas eu d'autres sons de cloche, elle aurait peut-être mis plus longtemps avant de faire ses... ces virages, je pense. Et ça aide à penser avec d'autres ordres de grandeur, en se disant, si elle l'a fait, et qu'elle avait aussi, comme moi, peut-être un préjudice racial, qu'elle avait aussi eu à faire face aux microagressions, mais qu'elle a réussi, alors moi, je peux aussi réussir.
- Speaker #0
J'adore. Je pourrais écouter des histoires comme ça toute la journée, sincèrement. J'imagine que toi, quand tu es en train de nous écouter, ça te parle énormément. Moi, ce que je vois, c'est qu'en fait, vous n'avez pas forcément créé de la valeur chez elle. Vous avez réussi à la faire ressortir, à la sublimer. Et si jamais tu écoutes l'épisode, Cécilia, même si on sait que ce n'est pas ton prénom, franchement, bravo. Parce que des transformations comme ça, des cheminements internes et externes comme ça, ça demande tellement de courage, tellement d'audace. Et je trouve qu'on ne le met pas assez en avant. Donc j'espère que cet épisode, ça sera une petite lueur d'espoir pour les personnes qui traversent des situations où elles se disent « je ne suis peut-être pas rémunérée à ma juste valeur » ou « je ne suis peut-être pas reconnue à ma juste valeur » ou « je sens que je pourrais faire autre chose, mais en fait tout mon environnement autour de moi fait que je ne suis pas encore à ce stade-là » . Entourez-vous. Vraiment, je pense que c'est le message qui va ressortir de cet épisode. Et Jennifer, tu me diras si toi tu as autre chose à rajouter. entourez-vous, ne restez pas seuls dans vos difficultés, dans vos challenges. Il y a au moins une femme sur Terre qui a traversé la même chose que vous. Au moins.
- Speaker #1
Si ce n'est plus.
- Speaker #0
Si ce n'est plus. Ok. Est-ce que tu aurais des conseils, des stratégies à nous glisser pour justement prendre connaissance, prendre confiance dans notre propre leadership féminin et peut-être aller oser jouer en collectif ?
- Speaker #1
C'est une grande question le leadership. Je travaille beaucoup sur le leadership au féminin et d'ailleurs je vais être modératrice là. Pendant un événement, il sera peut-être passé à la diffusion, à la BPI, pour animer justement une table ronde sur le leadership au féminin. Parce que la question du leadership au féminin, c'est est-ce qu'on doit calquer les codes masculins pour être une bonne leader ? Ça ouvre beaucoup de portes. Est-ce que le leadership, ça veut dire accepter ou non les feedbacks ? À quel moment on a son cap, on a sa vision ou alors on écoute les autres ? On est toujours un peu sur un fil entre le type de leader qu'on veut être, si on est un leader visionnaire, versus comment on fait pour intégrer aussi l'autre et l'équipe, et embarquer tout le monde, et quand même en même temps prendre en considération tous ces feedbacks qui sont nécessaires pour faire avancer un projet, une entreprise. Il y a différents étages de leadership. Pour les Sista qu'on accompagne, elles ne sont pas encore en posture de leadership parce qu'elles sont jeunes, elles sont entre 18 et 30 ans. Elles ont su faire preuve, je dirais, déjà beaucoup d'audace, de résilience, de force de travail et s'approprier un peu des codes du masculin. Mais elles les ont transformées pour pouvoir rentrer un peu dans ce qui était attendu. Mais ensuite, elles ont montré leur sensibilité aussi pour bien prendre dans l'équipe. C'est ce que j'ai vu d'elles. C'est comme ça que je les ai vu grandir. Le leadership au féminin, c'est comment on va réussir à asseoir sa légitimité en ne calquant pas les codes masculins. C'est très difficile aujourd'hui parce qu'on demande aux femmes de beaucoup... Enfin, on est vraiment sur une corde raide. Comme le disait Chéryl Sandberg, on doit à la fois être avenante, bienveillante et en même temps être ferme et directive. C'est quasiment impossible. Le leadership au féminin, c'est une vraie très bonne question et je pense qu'on a encore beaucoup de temps à réfléchir dessus.
- Speaker #0
On pourra peut-être faire un épisode dédié à ça. En tout cas, si cet épisode te plaît, toi qui es en train de nous écouter, fais un maximum de bruit. Comme ça, on réinvitera Jennifer sur le podcast. Moi, ce que j'entends derrière leadership féminin, c'est faire preuve d'audace, effectivement. C'est prendre sa place. Et c'est prendre sa place, pas forcément... d'un point de vue rôle dans une entreprise, parce que parmi les auditeurs, les auditrices de Work in Process, il y a beaucoup d'entrepreneurs qui sont solos. Donc on peut imaginer qu'ils sont en haut de la pyramide. Ils sont aussi en bas, du coup. Mais c'est plutôt prendre sa place dans qu'est-ce que j'ai envie de créer dans ma propre vie, qu'est-ce que j'ai envie de créer dans la vie des autres, comment est-ce que je crée de l'impact, en fait. Pour moi, c'est vraiment ce... Cette question-là qui se cache derrière le leadership, après, effectivement, quand on est sur des univers plus corporate, il y a d'autres problématiques qui viennent. Mais comme tu l'as dit, on pourrait en parler pendant des heures, et ça pourra faire l'objet d'un autre épisode. En tout cas, merci beaucoup, Jennifer, pour tout ce que tu as partagé. Merci à toi aussi qui nous écoutes, qui as découvert Sista Journée. J'ai beaucoup apprécié, moi, Jennifer, dans cet épisode, ta clarté. ta douceur, ta transparence avec laquelle tu poses des sujets qui ne sont pas toujours évidents à traiter. On a besoin d'entendre ces conversations, pas pour culpabiliser les gens, mais au contraire, je pense, pour créer des chemins qui sont plus vertueux, plus humains, plus soutenants aussi, et plus alignés pour toutes celles qui veulent avancer ensemble, en tout cas. Donc, merci pour ce joli moment. Où est-ce qu'on peut retrouver Sista Journée pour découvrir un petit peu plus l'association, éventuellement la rejoindre ?
- Speaker #1
Écoute, merci mille fois pour cet échange. Je trouve que c'était très complet en tout cas. J'espère que ça donnera un bon aperçu de ce qu'on fait chez Sista Journée. On peut nous retrouver sur le site. On a un site avec un formulaire d'inscription. On peut nous retrouver aussi sur LinkedIn. On a une page de Sista Journée et sur Instagram. Et puis voilà, après, à titre personnel sur LinkedIn, vous pouvez toujours m'envoyer des messages. Je suis assez réactive sur la plateforme et ravie d'apprendre à vous connaître lors d'une prochaine session, d'une prochaine promo.
- Speaker #0
Super. Comme d'habitude, tous les liens sont disponibles dans les notes de cet épisode. Si cet épisode t'a parlé... Déjà, va découvrir le travail de C'est ta journée, de Jennifer et de toutes les bénévoles de l'association. C'est vraiment incroyable. Enfin moi, en tout cas, depuis que j'ai découvert l'association, je prends conscience de pas mal de choses. Et leur approche du mentorat, de la sororité, moi je trouve ça vraiment inspirant. Donc va creuser ce sujet, partage cet épisode autour de toi, tu le sais, tu as l'habitude. Et surtout, surtout, comme c'est un épisode un petit peu spécial dans le cadre du podcaston, Si ça t'a plu, n'hésite pas aussi à te rendre sur le site du podcaston. Le lien est disponible dans la description de cet épisode pour découvrir des milliers d'autres podcasteurs, des milliers d'autres associations qui, à travers leur voix, avec tout le talent qu'ils ont, mettent en avant des causes pour lesquelles on devrait tous, à un moment, jeter un œil, voire prendre part au combat. Donc voilà, merci d'avoir écouté cet épisode. On se retrouve la semaine prochaine dans... Un nouvel épisode ? Merci d'avoir écouté Working Process. Si l'épisode t'a parlé, pense à t'abonner pour ne rien manquer. Et si tu veux aller plus loin, rejoins ma newsletter. Je t'y partage chaque semaine des ressources pour construire un business durable. Sans t'oublier, tous les liens sont en description. A très vite !