- Speaker #0
Aujourd'hui sur Work in Process, on va parler de rythme. Je te parle souvent de croissance, de constance, de productivité, mais au final, très peu de cycles, très peu de saisonnalité. Parfois on parle de ton énergie, mais pas autant en profondeur que ce qu'on va voir dans cet épisode. Pourtant ton business, lui, il est vivant, et toi aussi. Dans cet épisode, je reçois Antonia Perrin. Elle est agricultrice, onitrice bio, elle gère des bains roumains, avec des sources chaudes naturelles. Elle vend des produits. Bref, c'est surtout une femme qui a construit un modèle profondément aligné avec le vivant. Tu vas voir dans cet épisode, on va parler de la terre comme une école de business. De ce que ça change quand tu acceptes que tout ne pousse pas en permanence. Et de la différence entre forcer la croissance et cultiver la solidité. Si aujourd'hui, ton business fonctionne, mais que tu sens que parfois tu forces un peu le rythme, si tu sens que t'avances au quotidien, mais que ça te coûte quand même pas mal d'énergie, peut-être plus que ce que ça ne devrait, alors cet épisode, ça va être une parenthèse pour toi, un cocon pour te faire respirer. Et peut-être aussi pour te faire réfléchir autrement, qui sait ? Allez, je te laisse avec notre conversation.
- Speaker #1
Coucou Marine, je suis ravie de te retrouver aujourd'hui pour ton podcast. Je suis même très... très contente et touchée d'être invitée.
- Speaker #0
Écoute, moi, je suis vraiment heureuse de te recevoir. J'ai déjà fait mon introduction de l'épisode, mais ce que je n'ai pas dit, c'est que ça fait un moment qu'on se connaît, toi et moi. On collabore ensemble depuis très, très, très longtemps. Et en fait, je vois très peu d'entrepreneurs comme toi qui passent sur des podcasts. Donc, je me suis dit, franchement, il ne faut pas que les gens passent à côté de profils comme le tien. Du coup... L'idée de cet épisode, c'est de te mettre en lumière, bien évidemment, mais aussi de mettre en lumière des entrepreneurs qui font tourner le monde en le respectant. Et ça, je trouve que c'est hyper important. La première question que j'ai pour toi, Antonia, c'est qu'est-ce qui t'a amenée à choisir la voie de l'agriculture et du fermage dans l'entrepreneuriat plutôt qu'autre chose ?
- Speaker #1
Alors, je pense que j'ai toujours eu un esprit entrepreneurial. mais pas forcément la connaissance de quel domaine allait me plaire, qu'est-ce que je pouvais explorer. Une chose est certaine, c'est que j'avais ce côté leader, ce côté ambitieux. J'avais envie d'explorer un petit peu la personne que j'étais sans forcément être à suivre des consignes, des règles. Et du coup, ça s'est fait. D'un coup, d'un seul, l'opportunité d'une vie, puisque j'aurais pu reprendre une ferme à 18 ans que j'ai refusée. Et donc, j'ai fait mes études pendant 7 ans. Et finalement, c'est en rencontrant mon conjoint qu'il y avait une ferme familiale à reprendre, où je me suis dit, OK, je pensais que ce n'était pas fait pour moi. Je pensais que c'était une forme d'entrepreneuriat qui allait m'étouffer et qui ne me correspondrait pas en tout point. Et finalement, ben banco. On a attaqué la ferme avec Andréa, mon époux, il y a une dizaine d'années. Et puis après, j'ai réalisé que je pouvais mettre en place des choses à mon échelle, qui me ressemblent, petit à petit, sur une structure agricole, où de base, on aurait envie de se dire, mais ce n'est pas faisable, ça ne va pas ensemble. Donc du coup, ça m'a challengée. Et autant au début, ça pouvait me surprendre d'avoir fait ce type de choix. Et plus j'évolue, plus je me rends compte que c'était exactement le schéma de vie dont j'avais besoin.
- Speaker #0
Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. Et si l'univers t'a replacé deux fois sur la même route, à mon avis, c'est que c'était un chemin qui était fait pour toi. Si tu devais citer une grande leçon de vie ou même de business que tu tires du travail de la terre, ça serait quoi ?
- Speaker #1
La nature nous oblige à rester humbles. La nature remet l'église au milieu du village. La nature nous impose le travail de la terre, donc la nature. Parce que quoi qu'on en puisse dire, on travaille avec la nature et pas contre elle, qu'on soit d'ailleurs en bio ou pas. Aujourd'hui, c'est une réalité, on ne peut plus se permettre d'aller contre elle, quoi qu'on puisse en penser. Mais c'est vrai que pour le coup, la nature, le travail de la terre, fait juste réaliser qu'on est vraiment tout petit, qu'on n'est pas grand-chose. Je ne vais pas dire rien, mais on n'est pas grand-chose et pour autant, on est... essentielles dans cet écosystème. On a vraiment une part de responsabilité. Donc voilà, le travail de la terre, la ferme en général, ça permet juste de remettre un contexte à une vie et qui n'est pas que la nôtre d'ailleurs.
- Speaker #0
Oui, c'est clair parce qu'au final, c'est dans des métiers comme le tien, je pense qu'on se rend le plus compte. qu'on fait partie d'un tout, tout est interconnecté. Et quand tu dis qu'on travaille avec la nature et pas contre elle, moi, ça me fait réfléchir à des moments peut-être ou des anecdotes que tu as pu traverser où la nature t'a rappelé à l'ordre dans ton parcours, que ce soit, je ne sais pas, les intempéries par exemple, que ce soit un rythme plus lent. On va creuser la question du rythme juste après. Voilà, si jamais tu as un exemple pour ceux qui ne travaillent pas du tout dans ce domaine-là.
- Speaker #1
Alors oui, j'ai un exemple qui du coup parlera, je pense, à pas mal de personnes si on part du principe que les intempéries nous rappellent. Alors c'est vrai que c'est quand même l'exemple le plus parlant, puisque du coup, on a subi une tempête en août 2022. Il y a été nombreux à être impactés sur notre région, mais principalement sur un couloir, sur une vallée, qui est la vallée du Sagon, et on est... en plein dedans. Donc on a été les plus touchés où mon époux était devant l'entrée des oliviers, ne pouvait pas rentrer et voyait les arbres se faire baloter. On était en train de tout perdre, en tout cas au niveau du végétal, au niveau des olives. Les arbres tenaient bon parce que pas une jeune plantation, donc c'était chouette. Et moi, de l'autre côté, j'étais sur une autre partie de la ferme. Je ne pouvais pas rentrer sur cette partie de la ferme. Trop de vent, trop de pluie. Et on vit sur cette partie de la ferme. Donc, j'essaie de rentrer à la maison, mettre les animaux à l'abri, etc. Et en fait, cet événement-là nous a permis... On avait déjà notre petite fille, mais ça nous a permis de... On le savait déjà, mais une petite piqûre de rappel de temps en temps fait du bien. Et là, à ce moment-là, on a perdu toutes nos olives. Et c'est l'année où on avait réouvert un des deux bains d'eau chaude dans lequel on accueille les gens aujourd'hui. Et c'est là où tout s'est aligné. C'est-à-dire que là, on a pu laisser la nature être elle-même. On a accueilli, on a encaissé et on a avancé, on a continué. Le fait d'avoir diversifié avec les plantes aromatiques aussi, eh bien, on a surmonté. Je ne vais pas dire que ça a été dur, mais en fait, c'était une épreuve nécessaire pour savoir où on allait, tant au niveau privé d'ailleurs que professionnel. Donc, cette anecdote-là, c'est la plus parlante parce qu'il y a eu quand même des morts, des disparus. Et vraiment, on se rend compte que ce qu'on a perdu, on va le revoir un jour. La nature, elle va se remettre de tout ça. Et nous, pareil. Donc ça, c'est vraiment, je dirais, l'exemple le plus parlant. Après, le deuxième exemple très court, ça va être celui de la... Je trouve en tout cas de la blessure sur la ferme. Le cas de se blesser gravement sur la ferme. Tant pour Andrea que pour moi, c'est arrivé. où là, en fait, on a été obligés de ne plus aller sur la ferme, alors pas en même temps, heureusement, et que l'autre a dû prendre sur ses épaules le travail de la personne blessée. Pareil, ça fait recentrer, ça nous oblige à restructurer, à se poser des questions, à mettre en stand-by des projets, à en stopper, que ce soit certains ateliers, soit certains projets. Et c'est de là aussi que notre marine opérée nationale arrive dans le jeu et nous permet justement de... de trouver un équilibre qui permet de combiner vraiment tous les aspects de notre vie. Voilà, tout simplement. Et ne jamais oublier surtout, même si on travaille avec du vivant, un travail reste un travail. Voilà.
- Speaker #0
Génial. Je n'aurais pas pu dire mieux. Et tout à l'heure, je pensais à une citation que mon père me disait quand j'étais petite pour me faire m'ébrouiller les choses. Cette citation, alors je ne saurais pas vous dire de qui elle est, mais peut-être que vous, vous le saurez. Elle dit... Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Et je trouve que dans l'entreprenariat, on vit ce genre de rythme, ce genre de cycle. Et on est assez peu nombreux finalement à accepter de se laisser porter par ce genre de cycle. Le plus souvent, on essaie de lutter contre. Dans les moments difficiles, j'entends quand c'est facile, on a plus tendance à se laisser porter. Toi, à ton niveau, Antonia, comment est-ce que... Les saisons entrepreneuriales, mais les saisons naturelles aussi, influencent tes activités, ton organisation. Parce que j'imagine que si tu as décidé de faire quelque chose, mais que dans la nature, tu es à telle saison, ou dans l'entreprenariat, tu es à telle saison, peut-être que les plans ne pourront pas se passer comme prévu.
- Speaker #1
C'est vrai qu'entre la réalité de terrain et la théorie, toutes les idées qu'on peut avoir ou les demandes qu'on peut avoir, il y a parfois un monde. C'est vrai. Du coup, comme on disait juste avant, la nature nous impose un rythme qu'il faut respecter. Il y a parfois des demandes qu'on ne peut pas honorer pour certains projets de prestataires, de partenaires, parce que la saison ne s'y prête pas. Et ça peut être frustrant, d'ailleurs pour tout le monde, mais c'est quelque chose qu'on doit respecter. Alors du coup, ça nous oblige finalement à avoir un rythme de travail qu'on va saisonnaliser du coup, forcément. C'est-à-dire qu'il y a certaines saisons où ça va être extrêmement dense, comme charge de travail au niveau terrain. Et puis, sur d'autres parties où... Oui, on pourrait être sur le terrain. Oui, on pourrait accepter des réservations sur le côté agritouristique. Oui, on pourrait. OK, mais la nature, elle, elle ne peut plus. Même les bains, ils ne peuvent plus. Voilà, il y a une biodiversité, il y a du froid, d'humidité, etc. On ne peut plus accueillir dans de bonnes conditions. Puis en fait, on a vraiment d'autres choses à faire, un gros volet de gestion quand même. Même en tant qu'agriculteur, sans agritourisme, on a de la gestion. Et on oublie trop souvent qu'on est chef d'entreprise avant d'être producteur ou transformateur. Et donc, du coup, voilà, le fait qu'on ait des productions qui soient cycliques, le fait que l'agritourisme, même si on ouvre toute l'année, ça reste quand même très saisonnier, en termes de quantité de personnes reçues. Voilà, je pense que, d'elle-même, la nature nous impose ce rythme tranquille. Voilà, il y a des fois, on se met un coup de bourre. OK, mais alors, qui va sur le terrain ? Pourquoi ? Comment ? Quelle est l'intensité du travail qu'on va donner ? On a même restructuré nos périodes de rush. Mais c'est grâce à nos échanges, à quand on échange avec d'autres entrepreneurs, d'autres agriculteurs. On en voit dans des situations compliquées aussi et ça nous fait réaliser qu'on fait les bons choix. Est-ce qu'on peut récolter tous les jours, 7 jours sur 7, pendant 3 mois ? La réalité, c'est non. Est-ce qu'on a une vie à côté ? Oui. Enfant, pas enfant, c'est même pas le sujet. Après, est-ce qu'on récolte 3 jours et on triture derrière ? On va, du coup... triturer les olives pour avoir de l'huile, ou est-ce qu'on fait un jour sur deux ? Bref, donc tout ça, on avait des collaborateurs avec nous, qu'on a toujours d'ailleurs, et on échange, on interagit avec eux, on cherche à savoir humainement parlant comment on peut être le plus cohérent possible, économiquement aussi, parce qu'il y a toujours ce volet économique qui est dans la balance, ça on ne peut pas l'oublier, on ne vit pas dans un monde parfait. Et du coup, cette année, pour la première fois, on a réussi à passer cette période de rush, notamment sur les olives et aussi sur les bains, avec beaucoup de douceur, beaucoup de linéarité, peu de couac. Voilà, donc ça prouve qu'on peut réussir à trouver un rythme. Et donc, pour répondre à ta question, en fait, la nature de base nous l'impose. Typiquement, là, il fait nuit beaucoup plus tôt, plus de bain en fin de journée, du temps encore plus en famille. ou un petit peu de gestion, voilà, un peu plus, une après-midiame tout petit peu plus longue en gestion éventuellement quand on arrive sur le bilan comptable, par exemple, ou les relances des partenaires. Mais voilà, donc moi, je trouve qu'au contraire, c'est une bonne chose, une très bonne chose que la nature nous impose ce cycle. À nous de l'écouter après.
- Speaker #0
Je fais une petite pause ici parce que ce que Antonia vient de te dire, c'est super important. On parle beaucoup de stratégie en entrepreneuriat. Moi, la première. mais pas forcément toujours d'écologie personnelle. Alors que si ton business ne respecte pas tes cycles, ton énergie, tes saisons, peut-être qu'il va grandir un jour, mais très probablement, il va te coûter cher. Donc si ce qu'on est en train de dire avec Antonia, ça te parle, ça résonne pour toi, abonne-toi à Working Process et partage cet épisode à quelqu'un qui a besoin d'entendre aussi qu'on peut réussir sans se cramer. Et surtout, écoute bien la suite parce que là, on va parler d'alignement et de décision très concrète. Tu pourras même piocher des idées pour ton business qui sait.
- Speaker #1
Allez, on reprend. Ça, c'est un autre sujet, mais effectivement,
- Speaker #0
je trouve que c'est bien. Ce que j'entends derrière tes propos, c'est d'apprendre à créer une entreprise qui s'adapte à la nature. créer une entreprise qui va s'adapter à ce qu'on veut, nous, dans notre propre vie, pro comme perso, il y a une notion de robustesse derrière. Et créer une entreprise qui soit capable d'accueillir tous les imprévus, naturels ou pas, de la vie. Et je trouve que c'est hyper intéressant de pousser cette notion-là, parce que sur Work in Process, on parle souvent de ralentir, de respecter son rythme, ce genre de choses. Mais la notion de robustesse, je trouve que ton exemple, en tout cas, il l'illustre parfaitement, c'est je crée une entreprise, enfin je crée plusieurs activités, en l'occurrence. et ces activités se combinent entre elles pour nous créer un style de vie. Parce qu'on le rappelle, encore une fois, entreprendre, c'est un choix professionnel, mais je pense que c'est surtout un choix de vie.
- Speaker #1
Clairement, clairement. Je pense que de faire ce choix, comme tu le dis, du coup, dans Work in Progress, de ralentir, de prendre le temps et de surtout structurer pour avoir ce temps. Je reste quand même au-delà de la nature qui nous impose un rythme. qu'il faut écouter, respecter. Tu parles de robustesse, de résistance. Je pense que, en fait, selon moi, après, je n'ai pas assez d'attention, mais selon moi, c'est juste de la priorisation. À partir du moment où on a pu se poser, prendre le temps de lister et de prioriser, la robustesse, la résistance, notamment, elle va de pair. Pourquoi ? Parce qu'une fois qu'on a décidé ce qui était dans notre top 3, tout ce qui va derrière, Ça s'anticipe, ça se gère. Je donne un exemple très concret dont tu es au courant, mais dont je t'ai parlé. On casse un véhicule, on en casse un deuxième, on en casse un troisième. C'est ce qui s'est passé chez nous cette année, surtout pour deux véhicules sur trois de travail, où on aurait pu perdre notre saison. Mais en fait, assurance, ferronnier, on fait des rehausse pour accueillir les gens dans le 4x4, pour remonter. On en loue un si besoin. En fait, OK, la Tréso, ah oui, on est juste début de saison. OK, mais on a fait un prévisionnel. Ce prévisionnel, il est bon. Voilà, il est bon. Pourquoi ? Il n'est jamais parfait, mais il est quand même au plus bas, quand même, pour ne pas se faire peur, mais il est là. Donc, tout ça, en fait, ça se gère. C'est de la logistique. Il y a une automatisation qui bug, n'est-ce pas ? En fait, ce n'est pas des problèmes pour moi. Ça fait partie de ce qui fait qu'on ne s'ennuie pas. pas dans une entreprise. Et franchement, Marine, dis-moi si je me trompe, même si c'est chronophage, énergivore, même si ça nous inquiète et parfois on peut avoir des pics d'anxiété, il y a des choses qui ne marchent pas, la trésor, pas la trésor, bref, tout domaine confondu. Mais en fait, franchement, Marine, si on n'avait pas tous ces soucis, on s'ennuierait et en fait, on ne serait pas entrepreneur. On vendrait du rêve à tout le monde en mode non seulement on est libre, on a de la trésor, tout roule, tout va bien. Et en fait, franchement, entre entrepreneurs, on peut se le dire, si on n'était pas challengé au quotidien par tous les déboires et même des bonnes choses qui nous arrivent, des belles opportunités qui nous font nous challenger quand même. Il n'y a pas que les difficultés qui nous challengent. Bien au contraire, mais en fait, vraiment, on s'ennuierait et on partirait sur un autre business et on recommencera zéro autre chose.
- Speaker #0
C'est ça. Qu'est-ce que tu dirais aux entrepreneurs qui sont en train de nous écouter et qui culpabilisent de ne pas être productifs en permanence ?
- Speaker #1
Je pense que si tu écoutes Marine, clairement, ils ont dû travailler là-dessus. Parce que je ne suis pas l'épisode numéro un. Je pense que quand j'ai ma fille, en fait, je n'ai plus été capable, je n'ai plus été en capacité d'être productive comme je l'étais avant. Et en réalité, je ne l'étais pas productive. Je l'étais peut-être sur l'entreprise, mais pas à bon escient, pas à la bonne échelle. Et au niveau personnel, clairement, pas de productivité. Tu ne peux pas être productive à 100% sur du pro. et à 100% sur du perso, ce n'est pas vrai. Et on a de la productivité sur du perso aussi, contrairement à ce qu'on pourrait se dire. Donc, à ceux qui se disent, mince, j'ai lu pendant deux heures. Ah mince, j'ai regardé une série sur Netflix pendant deux heures. En fait, ça t'a fait du bien. Est-ce que ça, tu en avais besoin ? Est-ce que ça, si demain, il doit t'arriver quelque chose, est-ce que tu seras content d'avoir vécu ce moment ? Alors oui, tu avais des mails un peu importants auxquels tu devais répondre. D'accord, mais comme on se l'a dit juste avant, est-ce que c'est pour sauver une vie ? où est-ce qu'on est encore dans un deadline ? Est-ce que ça va mettre en péril ton activité ou pas ? Alors, en mettant en péril l'image que tu renvoies aux gens, on s'en fiche pas mal, parce que ça, c'est propre à chacun. Et je reste persuadée que tant qu'on fait de son mieux, avec le respect de soi et des autres, même si on a un petit peu de temps à répondre, même si on ne répond pas tout à fait avec justesse au départ, peu importe, ce n'est pas un sujet, en fait. Les gens ne nous jugent pas mal. Je reste persuadée qu'en face, on a des gens intelligents. Donc, voilà. parce que s'ils nous écoutent et ils culpabilisent, clairement, là, je vous le dis, je fais partie de ces personnes qui ont actuellement une restructuration administrative majeure sur une entreprise où, en agricole, ça part dans tous les sens, un prévisionnel est quasiment impossible, si ce n'est sur les bains, et je prends du temps pour être avec toi, Marine, pour échanger, pour participer à un podcast que j'écoute moi-même. Est-ce que ça apporte quelque chose pour mon entreprise ? En fait, ce n'est pas le sujet. Est-ce que ça m'apporte ? Ben oui. Est-ce que j'en avais besoin ? Ben oui. Et ce n'est pas grave. Et vraiment, la vie, le temps ne se rattrape jamais. Donc, quand tu te dis... J'aurais peut-être pu faire ça pendant deux heures. Oui, c'est vrai, tu aurais pu, mais tu n'en avais pas envie. Ça s'arrête là ? Alors bien sûr, si on procrastine, là c'est différent, il faut mettre en place des outils.
- Speaker #0
Et là, ce que j'adore dans ton discours, c'est, encore une fois, on reboucle sur cette notion de cycle, c'est qu'on ne peut pas l'être à 100% H24 partout. Ce n'est pas souhaitable, ce n'est pas humainement possible non plus. Peut-être que les IA y arriveront un jour. Mais nous, en tout cas... Je trouve que notre plus grande valeur ajoutée en tant qu'entrepreneur, au-delà de ça en tant que personne, c'est justement de se recentrer sur le moment présent avec les ressources qu'on a à disposition. Tu parlais du top 3 tout à l'heure au niveau des priorités, c'est de se dire, là, est-ce que ce que je suis en train de faire, ça vient nourrir mes valeurs ? Est-ce que ça vient nourrir mon top 3 ? Ou au contraire, est-ce que je fais ce projet, cette action par... par dépit, par défaut, par peur de louper quelque chose. Je pense que c'est des questions qu'il faut qu'on se pose régulièrement. Alors, pas tout le temps, le but, ce n'est pas de faire de l'introspection H24, mais de temps en temps, de se recentrer sur soi et de se dire en fait, là, je prends du temps pour moi. Ce n'est pas des ressources perdues, c'est de l'investissement que je fais pour mon premier capital entreprise, qui est moi-même.
- Speaker #1
Oui, parce que si tu ne prends pas soin de toi, de ton entreprise, tu ne peux pas en prendre soin. Ça,
- Speaker #0
et tu ne peux pas bien servir tes clients et c'est un effet papier.
- Speaker #1
Comme tu l'as dit tout à l'heure en plus, rien n'arrive pour rien. Tu ne l'as pas dit comme ça, mais c'était ce que ça voulait dire. Je crois qu'à un moment donné, tu prends le temps de lire. Ça peut t'apporter des nouvelles idées, ça peut t'apporter, alléger ta bande passante, ça peut te permettre de t'ouvrir à autre chose et juste de te permettre de travailler autrement derrière. Mais si tu ne prends pas ce temps. Si tu ne scrolles pas sur les réseaux de temps en temps, est-ce qu'on tombe sur des bijoux comme toi ? Est-ce qu'on tombe sur des pépites comme d'autres ? Peu importe toutes les pépites sur lesquelles on tombe, tous ces joyaux-là où justement, tu vois, on se rencontre, on échange. Et aujourd'hui, moi, ça a changé ma vie. Eh bien non, si je n'avais pas pris ce temps, justement, je n'aurais pas pu avoir accès aujourd'hui à ce que j'ai. Et puis, je pense qu'il faut arrêter de s'auto-flageller. Encore une fois, on a quand même beaucoup de chance dans ce qu'on vit. Et je crois qu'il faut, comme tu l'as très bien dit à un moment donné, Merci. Il faut vivre le moment présent et faire avec les ressources qu'on a, effectivement. Et la ressource principale étant nous-mêmes. Donc, banco, il faut y aller.
- Speaker #0
Le dernier axe sur lequel je voulais qu'on parte, toi et moi, sur cet épisode, c'est la notion d'éthique. Parce que je sais que c'est quelque chose qui est très important pour toi. Je sais qu'avec Andrea, ton compagnon, vous faites énormément d'efforts au niveau de la ferme pour rester fidèle au bio, même si c'est... pas forcément le truc le plus simple du monde. Pourquoi est-ce que vous avez fait ce choix ? Pourquoi est-ce que prendre soin comme ça, c'est autant important pour toi et par association aussi pour ton compagnon ?
- Speaker #1
Je pense que si on ne respecte pas la nature, on ne peut pas espérer qu'elle nous rende quoi que ce soit, en tout cas sur du moyen et long terme. Après, on consomme nos produits déjà, donc de base. On a envie de manger des produits de qualité, donc sans contamination, etc. Même si on ne peut pas tout driver, l'air, tout ça, la pluie, on ne peut pas tout maîtriser, j'entends bien. Mais je pense qu'à un moment donné, il faut tendre vers... Il faut vraiment tendre vers son idéal. C'est-à-dire, si moi, demain, je suis acheteuse de mon produit que je mets en vente, qu'est-ce que je veux avec ce produit ? À partir de là, après, tu mets les choses en place. Alors après, pour contextualiser, par contre... Effectivement, je suis auditrice en agriculture biologique en freelance à côté. Je ne suis plus du tout à temps plein. J'ai fait des choix tout autres. Je tiens quand même à préciser que les oliviers sont conduits en bio au maximum et ne sont pas certifiés pour une question économique puisque le coût de la certification, typiquement, ne nous permet pas de rentabiliser. On ne peut pas. Ce n'est pas possible. Et donc, au vu de la pression aussi qu'on peut avoir parfois avec certains ravageurs, on a pris parti avec Andrea de la conduire en agriculture raisonnée, ce qui nous convient très bien, l'agriculture raisonnée. Ça ne veut pas dire qu'on traite, ça veut juste dire qu'on se laisse une porte. Donc l'éthique, elle est très importante, c'est vrai, il faut vraiment être en accord avec ses valeurs. Je pense par contre qu'il faut réussir quand même à trouver un chemin qui nous permet d'avoir quand même une autre ligne conductrice et en même temps une écoute. économiquement qu'on soit viable sur l'entreprise. Voilà, encore une fois, on ne vit pas dans un monde de bisounours, n'est-ce pas ? Donc, oui, l'éthique, c'est important. On ne traite pas, on fait le minimum minimum sur nos terrains. C'était une évidence pour nous. La nature, parfois, nous met un coup dur. Donc, effectivement, si on doit mettre un peu plus d'engrais, il y a des choses à faire, on va les faire. On va les faire en conscience aussi. Je pense que ça aussi, c'est primordial. Et avec réflexion, ce ne sont jamais des décisions qui sont faciles à prendre quand il y a quelque chose à mettre qu'on n'est pas habitué à faire. Mais voilà, donc pour nous, en fait, on part du principe que nous, on se met à la place de nos consommateurs, de nos clients et on cherche à les respecter au maximum. Et on est transparent sur ce qu'on fait. Et d'ailleurs, sur les bains, ça ressort aussi, puisqu'on n'est que sur des produits locaux. On a les coordonnées. Ils peuvent aller visiter leur ferme. On est sur des refus de prestations. Moi, je refuse d'accepter certaines réservations. pour une question d'éthique, justement, sur un état d'esprit, une façon d'être, un état de santé qui ne permet pas, et je ne veux pas qu'il y ait de prise de risque. Voilà, on ne me respecte pas, je ne vois pas pourquoi j'ouvrirais ma porte. J'estime que la trésorerie, en tout cas le volet économique, ne justifie pas tout. Donc du coup, que ce soit et sur la production végétale ou sur le volet touristique, eh bien non, on n'autorise pas tout. tout, on n'accepte pas tout et encore une fois tout est une question d'équilibre. Le tout c'est le matin, tu te lèves, est-ce que tu peux te regarder dans un miroir ? Et le soir quand tu te couches, est-ce que tu es sereine ? Est-ce que tu te dis ok ? Je suis en accord avec moi-même. Si ce n'est pas le cas, change quelque chose. Si c'est le cas, c'est ok.
- Speaker #0
Et ça montre bien comment tes choix au final influencent la façon dont tu développes ton entreprise. Tu en as parlé tout à l'heure au niveau de la certification, tu en as parlé au niveau de... des choix, des investissements, ce genre de choses. Je trouve que mettre en avant cette valeur-là, d'autant plus dans ton secteur d'activité, dans ton domaine, c'est d'autant plus important parce qu'en fait, je me rends compte en te posant cette question, il y a des phrases qui popent dans mon cerveau, tu sais comment je fonctionne, mais je me rends compte que ton activité, au-delà de l'agritourisme... au-delà du volet agriculture pure, agricole pure, ça va toucher d'autres choses. Parce que ce qu'on n'a pas dit non plus dans l'épisode, et ça pourrait faire l'objet d'un autre épisode, si vous aimez l'épisode avec Antonia, faites un maximum de bruit, comme ça on fera cet épisode dont je vais parler. Mais tous ces choix, en fait, ils t'impactent toi, ils impactent tes clients, ton compagnon, ton entreprise, mais ça impacte aussi les générations futures.
- Speaker #1
Juste faire prendre conscience à la génération d'après et même la génération d'avant, si je peux me permettre. Mais le plus important pour moi, c'est celle qui est après nous. En fait, on peut réaliser ses rêves. En tout cas, on peut accéder à un maximum de dépanouissement tout en se respectant et tout en respectant les autres. Typiquement, les choix qu'on a fait aujourd'hui avec Andrea, c'est... L'objectif, c'est que notre fille aussi, quand même, et les autres enfants, parce qu'on n'est pas abris que ce ne soit pas Marie qui reprenne. Peut-être qu'elle ne reprendra pas. Peut-être qu'elle sera un neveu. On ne peut pas savoir. Qu'est-ce qu'on va leur montrer si on a la tête dans le bidon ? Allez, je vais oser la faire, celle-là, qu'on est sous l'eau toute l'année. Qu'est-ce qu'on va leur montrer, finalement ? Alors, on a de l'argent. On a un peu de notoriété. On a du retour client positif. Mais on a des parents fatigués, peu présents et qui sont surtout dans une inquiétude permanente parce qu'il faut maintenir la barre. Plus on a la barre qui est haute, plus on a une pression pour qu'elle tienne. Si on a une barre qui est à mi-hauteur, mais qu'on sait qu'on a une marge de manœuvre pour augmenter en fonction des besoins, je me dis qu'on n'est pas mal. Et c'est vrai que l'objectif principal aujourd'hui, encore une fois, je le dis de toute façon, c'est le temps. Vous pouvez avoir l'argent que vous voulez, vous pouvez avoir la notoriété que vous voulez, vous pouvez avoir... Les fringues, les voitures, vous pouvez avoir ce que vous voulez. Même le job que vous voulez. Il y a une chose que vous ne pouvez pas acheter, c'est du temps.
- Speaker #0
Ça s'arrête là. Une fois qu'on a compris ça, ah oui, moi aussi, je travaille des fois très tard le soir, très tôt le matin, le week-end. Ça m'arrive aussi. Voilà, on a beau restructurer, on ne change pas sa nature profonde non plus. On aime ça. Mais on y voit aujourd'hui, moi, quand je fais des soirs où vraiment je dois mettre un gros coup de collier, en fait, j'adore. Je ne le subis plus. Je le vis et je le vis en conscience. Ça change tout. Donc oui, clairement, ce qu'on fait, c'est pour les générations futures, pour leur montrer que le respect de soi, ça impacte automatiquement le respect qu'on a envers les autres. On ne peut pas continuer à produire, quel que soit le domaine, pas que l'agriculture. Peu importe, on ne peut pas continuer à avoir de la croissance constamment. Réussir à se poser, maintenir un chiffre d'affaires, c'est de la croissance. Pourquoi ? Parce que toi, en tant qu'entrepreneur, tu as réussi à maintenir la barre. Donc c'est déjà terrible, la croissance. Tout le monde se met à faire un monde de la croissance. mais les gars Déjà, tenons la barre.
- Speaker #1
C'est un bruit d'endroit.
- Speaker #0
Surtout à encaisser les coûts durs. Parce que faire de la croissance et ne pas être capable d'encaisser les coûts durs et continuer à investir, investir, et au premier coup dur, tu mets la clé sous la porte. Je vais un peu fort là, mais c'est vrai pourtant. Mais en fait, ça ne sert à rien tout ça. Ça ne sert strictement à rien. Regardez ce dont vous avez besoin pour vivre sereinement, combien vous avez besoin de temps, pas que d'argent. Et vous faites un ratio, vous faites un calcul. Vous prenez le temps de vous poser et vous prenez les décisions. Bien sûr qu'on aimerait mener de front. tous les projets. On a une idée à la minute, toi et moi, Marine, n'est-ce pas ? Et pour autant, il y a des projets, vraiment, il faut que ça soit fait sur la génération d'après. OK ? Donc, on ne peut pas tout leur faire non plus. Au-delà du respect que je veux vraiment faire entendre qu'on a pour la génération d'après, c'est aussi qu'il y a une pierre. Chaque génération apporte quelque chose, mais sa pierre à l'édifice. Laissons l'espace de la génération d'après d'améliorer ce qu'on a fait ou en tout cas de continuer notre travail.
- Speaker #1
Devenir le challengeur. Pardon.
- Speaker #0
Ça me... Ça m'emballe, ce sujet.
- Speaker #1
Tu sais que cette réflexion, j'ai mis du temps à l'intégrer. Je luttais contre, pour tout te dire, parce que quand je me suis lancée à mon compte, au-delà de la quête de la liberté, de me dire je vais pouvoir faire ce que je veux, bosser avec qui je veux, consciemment, mais sans me dire trop aux autres, je me disais, moi j'ai envie de changer le monde. J'ai envie que les gens se sentent bien dans leur travail. Parce que des gens qui se sentent bien dans leur travail, au-delà du fait que c'est des entreprises qui prospèrent, C'est surtout des familles qui se sentent bien. C'est des enfants qui ne vivent pas dans l'angoisse de retrouver leurs parents hyper stressés ou dépressifs ou déprimés parce qu'ils ont vécu des journées ou des périodes difficiles dans leur travail. Et à un moment, à force d'échanger avec toi, d'autres entrepreneurs, de bosser sur moi, je me suis dit, mais en fait, je n'ai pas à porter cette charge toute seule. Je n'ai pas à me dire, c'est à moi de... révolutionner l'entrepreneuriat de fond en comble. Par contre, comme tu dis, chacun, chacune, à notre échelle, avec nos ressources à disposition, et si on le souhaite bien évidemment, on peut poser une brique, peut-être une autre, mais le but, ce n'est pas de construire tout le monument tout seul. Et cette notion de collectif, je trouve qu'elle, en tout cas, moi, elle m'a beaucoup soulagée de me dire, peut-être que mon rôle, ce n'est pas de... changer la vie de tous les entrepreneurs. Par contre, si j'arrive à changer la vie de certaines personnes, que ça fait écho aux personnes qui sont autour d'elles, famille ou pas, et que ça fait boule de neige, au final, je trouve que c'est ça aussi un entrepreneuriat qui est sain, qui est serein et qui respecte tout le monde.
- Speaker #0
Je suis bien d'accord, et de toi avant toute chose. Mais clairement, tu dis, on aimerait tous sauver le monde, on aimerait tous, je crois que avec un esprit comme le nôtre, on rêverait. de pouvoir vraiment accéder au graal de nos espérances les plus dingues, les plus farfelues, voire les plus utopistes. Mais dans les faits, le fait effectivement de participer, aider à changer leur façon de travailler, donc de vivre et les impacts que ça peut avoir en pro et perso avec tes clients, Marine, ça impacte la génération d'après puisqu'il y a des enfants, pas forcément de l'entrepreneur. mais même dans l'entourage d'entrepreneurs, il y a des enfants. C'est obligatoire. À partir de là, ça impacte. Parce qu'on est l'exemple, en fait, clairement, on montre l'exemple quand même à beaucoup de personnes sans même s'en rendre compte. Et le fait qu'aujourd'hui, par exemple, quelqu'un comme moi qui arrive à avoir une vie plus douce, malgré les problèmes, parce qu'on ne va pas se mentir encore une fois,
- Speaker #1
on s'ennuie. Il y en aura toujours.
- Speaker #0
Et c'est le jeu, c'est cyclique. De toute façon, la vie est faite comme ça. Et sinon, on ne se réjouirait pas des moments de bonheur, de toute façon. et de pause. Mais par contre, clairement, c'est mon entourage aussi, les amis, les autres entrepreneurs, comme tu dis, l'effet boule de neige, c'est... En fait, ton action, c'est comme le colibri. C'est sûr que ce n'est pas la goutte d'eau qui va éteindre l'incendie. Mais si, moi, tu m'as permis d'aller mieux, plus d'autres, et que nous, comme ça, on étoffe ton réseau de pensées, de façons de travailler et de réfléchir, mais en fait, ça fait un effet papillon terrible. Donc, en fait, sauver le monde, oui. Mais même si c'est que mon monde à moi, c'est déjà bien. Mais ce n'est pas le cas. je te rassure Marine, c'est ton travail plus celui de d'autres, parce que bien évidemment tu as des confrères et des consœurs ça améliore notre façon de vivre, et quoi qu'on en dise on ne peut jamais impacter toute la planète d'un coup d'un seul, n'est-ce pas ? Mais si déjà on arrive à notre échelle, à faire du bien non seulement ça nous fait du bien à nous qui l'apportons, et en plus ça fait du bien à ceux qui le reçoivent, celui ou celle qui le reçoit, c'est parfait ça ! C'est bien que du coup, tu n'aies plus envie de sauver tout le monde. Parce que nous, il faut qu'on t'aide aussi pour que ce projet voie le jour. Et pour ça, on est là. On donne tout ce qu'on a. On partage, on est ensemble, on fait des podcasts. On est là.
- Speaker #1
C'est exactement ça. Et puis aussi, dans cette notion d'impact des générations futures, je pense qu'il y a une petite notion qu'on a tendance à oublier, c'est la valeur temps. C'est que souvent, on se dit, je veux changer le monde. Je veux faire du bien. plus de gens possibles là, maintenant, tout de suite. Sauf qu'encore une fois, si on est pragmatique, ce n'est pas possible. Même les entrepreneurs qui font des millions ou des milliards, ils peuvent faire du bien à beaucoup de gens, ou du mal, selon le cas, mais dans tous les cas, ils ne pourront pas sauver tout le monde. Et je pense que si jamais tu es encore en train d'écouter cet épisode et que tu dois retenir une chose, De mon point de vue, en tout cas, au-delà de respecter les cycles, prendre soin de toi, accepter de ralentir, c'est accepter aussi le fait que tu n'as pas à sauver tout le monde, tu n'as pas à porter ça sur tes épaules, pas tout seul en tout cas. Et se remettre en accord, se remettre en adéquation avec le top 3, comme tu disais Antonia, je trouve que c'est un bon moyen de se dire bon, peut-être que là... Je me stresse beaucoup pour des choses qui, finalement, ne sont pas si importantes par rapport à mes valeurs, par rapport à mes priorités.
- Speaker #0
C'est ça. Et dans le top 3, je pense qu'il ne faudrait pas minimiser d'être entourée d'entrepreneurs. Alors, ça peut paraître fou de mettre ça dans un top 3, mais on échangeait toutes les deux tout à l'heure. Je te disais, hier, j'étais avec des entrepreneurs au féminin pour un live qu'on fait régulièrement. On prend le temps d'échanger. Et en fait, le fait de dire, OK, ça, en ce moment, c'est un truc qui m'angoisse. OK, en ce moment, ça, sur les épaules, ça pèse trop lourd par rapport à ce que ça devrait. Je sais le bénéfice que ça va m'apporter. Donc, effectivement, c'est pour ça que la pression est là. Mais le fait d'échanger avec des personnes qui peuvent nous comprendre, clairement, pour moi, et ce n'est que mon opinion, mais pour moi, c'est dans le top 3. Parce qu'il n'y a rien de mieux dans l'entrepreneuriat que de se sentir comprise et que quand il y a un couac... on puisse tout de suite avoir du répondant, de la bienveillance, de la compréhension, peut-être avant toute chose aussi. Parce que dans l'entreprenariat, clairement, on n'a pas toujours beaucoup d'entrepreneurs autour de nous.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et on passe pour des gens qui ont de la liberté, qui peuvent faire ce qu'ils veulent, quand ils veulent. C'est faux. C'est pas vrai. On a juste une prison dorée qu'on a superbement bien décorée. C'est bien aménagé, on l'a choisi. On peut partir si on a envie, mais on ne le fait pas. Parce que ça ne se fait pas comme ça.
- Speaker #1
Il y a peut-être un petit syndrome de Stockholm derrière.
- Speaker #0
Ça peut, ça peut, oui. Non, mais je reste persuadée qu'on le dit toujours, mais chaque avantage apporte à ses inconvénients. Et inversement, chaque inconvénient a ses avantages. Il y a bien un inconvénient sur l'entrepreneuriat qu'on peut trouver, c'est vraiment la solitude. Et je crois que ça, il faut vraiment lutter contre ça. Et ça ne peut pas forcément être son entourage. Il faut, pour moi en tout cas, la nature d'ailleurs le montre aussi. Il y a besoin de s'ouvrir aux autres. Il y a besoin de s'apporter mutuellement. Alors, on n'a pas le temps. Eh bien, on va le prendre ce temps. Et ça aidera à notre croissance. Ça aidera à pérenniser notre entreprise. Puisqu'encore une fois, si on va bien, le reste, ça va. Et au contraire, les cafés business, tout ça. Toutes ces choses qui existent, qui sont mises en place, ce n'est pas pour rien. On n'est pas les seuls à avoir ce besoin.
- Speaker #1
Donc, connectons-nous, soignons notre environnement, soignons notre entourage. Pour clôturer cet épisode, Antonia, j'ai deux questions pour toi. La première, c'est qui est-ce que tu aimerais écouter dans le podcast comme invité ?
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et la seconde ? Comme ça,
- Speaker #0
ça fait le temps de réfléchir.
- Speaker #1
La seconde question que j'ai pour toi, c'est si tu devais laisser un seul message. aux personnes qui sont en train d'encore écouter cet épisode, ça serait lequel ?
- Speaker #0
Alors, non seulement ils écoutent toujours l'épisode, et que ce n'est pas ainsi, c'est qu'on a une conversation toute et tous ensemble. Donc, on ne peut que soit le stopper parce qu'on doit aller prendre le pain et revenir dans la voiture le rallumer, d'accord ? Clairement, ils sont là. Donc, on est tous ensemble. Donc, moi déjà, l'invité que j'aimerais que tu puisses inviter, c'est Léa Coffrand de Je ne suis pas jolie. qui ne se fait plus appeler « Je ne suis pas jolie » aujourd'hui et qui est chef d'entreprise, de plusieurs entreprises et qui a un parcours absolument édifiant, parce qu'elle a commencé en plus très jeune, et avec beaucoup de remises en question, des succès, des échecs, des choses dont elle parle, je trouve, en tout cas, avec beaucoup de recul et d'intelligence. Donc, j'avoue qu'à ton micro, ça vendrait du rêve. Après, si je devais dire qu'une chose aux gens qui nous écoutent, franchement, juste profitez de votre vie. Vraiment, il faut profiter de sa vie. On a le droit d'avoir des contrariétés. On a le droit d'avoir des contrariétés, on a le droit d'avoir tout ça. Mais à la fin de la journée, faites au moins une chose qui vous a fait kiffer. Un bon café, un peu de lecture, un fou rire, peu importe. Mais vraiment, s'il vous plaît, prenez soin de vous parce que... Tout le reste, c'est du vent.
- Speaker #1
Génial. Je savais que tu allais dire ça. Moi, je rajoute un truc. Vous pouvez vous ajouter dans la journée un créneau pour râler. Râler un bon coup. Centralisez toutes vos râleries à un moment de la journée et pour le reste de la journée, soit vous trouvez des solutions, soit vous lâchez prise, soit vous prenez soin de vous. Dans tous les cas, lâchez prise ou prenez des décisions, ça vous permettra de prendre soin de vous.
- Speaker #0
C'est un truc à mettre en place, ça, tiens. Oui,
- Speaker #1
Petit système pour ceux qui tiennent jusqu'au bout de l'épisode. Vous avez bien fait de rester jusque-là. Non,
- Speaker #0
mais c'est vrai que c'est intéressant ce que tu dis, de se dire, OK, on veut décharger, déchargeons un bon coup et passons à autre chose.
- Speaker #1
Prends un coussin, crée un bon coup, jette quelque chose dans la pièce s'il n'y a personne autour de toi, décharge en fait tout ce qui te stresse. Et une fois que tu as fait ça, déjà, tu peux être beaucoup plus lucide sur les décisions que tu vas prendre. Et si vraiment tu n'as plus de jus une fois que tu as fait ça, moi, je le fais régulièrement. En fait, je vais me poser sur mon canapé. Soit je vais aller sur Netflix, soit je scrolle sur les réseaux, soit je lis un bon bouquin. Mais surtout, je ne culpabilise pas parce qu'aujourd'hui, à ce moment-là, j'aurai fait mon maximum et on ne peut pas en attendre plus de quelqu'un que son maximum.
- Speaker #0
On fait de notre mieux.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
C'est l'essentiel. Le plus important, c'est de faire toujours mieux le lendemain. On fait plus de ce qu'on peut que ce qu'on veut.
- Speaker #1
Ça, c'est bien, j'aime.
- Speaker #0
Et puis, on te mène la vie dure, nous tes clientes et tes clients, Marine. On le sait, on le sait qu'on n'est pas toujours passés. Franchement,
- Speaker #1
j'ai le luxe aujourd'hui de dire je peux choisir les personnes avec qui je travaille et toutes les personnes que je garde autour de moi, collègues, clientes, relations, bref, toutes les personnes qui gravitent dans mon environnement, elles sont soigneusement choisies et je n'ai pas de clientes. sur lesquelles je regrette de travailler maintenant.
- Speaker #0
C'est une vraie chance que tu t'es croyée là.
- Speaker #1
L'épisode est presque fini. Si je devais résumer cet épisode en une seule phrase, ça serait ça. La croissance saine et durable, c'est pas un accélérateur, c'est un enracinement. Ce que j'ai adoré dans cet échange avec Antonia, c'est cette idée qu'un business n'a pas besoin d'être violent pour être ambitieux. On peut choisir ses cycles, on peut accepter aussi les phases de repos, on peut ralentir sans régresser. Et en réalité, c'est souvent ce qui permet aussi de construire quelque chose qui tient sur la durée, si tu y fais attention. Donc, si en écoutant cet épisode, tu t'es reconnu dans ce besoin de revenir à un rythme plus sain, plus juste pour toi, peut-être que la question à te poser, c'est pas comment est-ce que je peux faire plus de choses, mais Où est-ce que je dois arrêter de forcer ? Je te laisse méditer là-dessus. Si tu veux structurer ton business pour qu'il soutienne ta croissance sans te vider, Je te mets en description les ressources pour qu'on regarde ça ensemble. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout, et on se retrouve très vite pour la suite.