- Speaker #0
Zéro déchet au boulot !
- Speaker #1
Bienvenue dans le podcast qui vous accompagne vers le zéro déchet au travail. Vous êtes sensible à prendre soin de la planète, œuvrer pour diminuer les déchets à la maison, mais au travail c'est une désastre. Gâchis de papier, d'emballage, indifférents des collègues, vous vous sentez démuni face à l'ampleur de la tâche. Alors bonne nouvelle, ce podcast s'adresse à tous ceux qui souhaitent avancer de manière positive et concrète dans une démarche de diminution des déchets en entreprise. Allez, place au sujet du jour ! Bienvenue dans Zéro Déchet au Boulot, le podcast qui explore les solutions concrètes et joyeuses pour un monde professionnel plus durable. Aujourd'hui, on parle d'un sujet qui me tient particulièrement à cœur, la transition écologique, mais pas celle des rapports et des cases à cocher, celle qui vit, qui respire... et qui embarque les équipes. Pour en parler, je reçois Cécile Spech, consultante RH depuis 10 ans, qui accompagne les entreprises sur les sujets humains et organisationnels. Elle est aux premières loges de la montée en puissance des politiques RSE, mais surtout, elle connaît les défis concrets pour les rendre plus vivantes et inspirantes. Cécile, bonjour !
- Speaker #0
Bonjour Sophie !
- Speaker #1
Alors bienvenue pour cet épisode. Cécile, je vous propose pour démarrer de vous présenter... en quelques mots. Qui êtes-vous et qu'est-ce qui vous a amené sur le chemin de la transition écologique ?
- Speaker #0
Merci de m'accueillir sur ce podcast, je suis ravie d'être là aujourd'hui. Moi, en effet, je m'appelle Cécile, ça fait une dizaine d'années que je suis consultante RH. Et en fait, les RH, de fait, puisqu'on traite de sujets humains et organisationnels, on est à la croisée des chemins. première loge de la montée en puissance de cette RSE au sein des entreprises. Et puis moi, à titre personnel, c'est un cheminement aussi, on parle de trajectoire zéro déchet, mais c'est vraiment pleinement ça pour moi. Petit à petit, il y a des graines qui ont germé dans ma tête et qui font que aujourd'hui, ça me permet d'être vraiment alignée, on va dire, entre ce sur quoi je travaille au quotidien au sein des entreprises et avec les femmes et les hommes qui travaillent au sein des entreprises surtout, et puis mon engagement personnel au quotidien. qui passe par plein de petites choses mais c'est vrai que voilà moi par exemple je vis en vélo électrique avec mes deux enfants derrière, mes courses devant enfin voilà pour donner des petits exemples concrets de ce que ça veut dire pour moi la transition au quotidien. C'est vraiment ça et puis j'ai rajouté une corde à mon art puisque l'année dernière en parallèle de mon métier de consultante j'ai créé une marque qui s'appelle Isalo qui propose du coup des produits fabriqués en France, des produits lavables donc des éponges grattantes, des gants exfoliants etc. qui permettent de remplacer le jetable. Donc j'ai concrétisé aussi, on va dire, cette trajectoire en proposant aux autres de me rejoindre sur ce chemin du zéro déchet pour lier effectivement le perso, le pro, le B2C, le B2B, et que tout ça infuse dans la société de manière globale.
- Speaker #1
Bravo, bravo, bravo. Nous allons à présent parler de l'état des lieux, de la transition écologique dans les entreprises aujourd'hui. Comment pourrait-on définir ce que font aujourd'hui les entreprises pour la planète ?
- Speaker #0
Alors, c'est une question qui n'est pas évidente. Je pense que les entreprises, ce qu'elles font, c'est qu'elles essaient. Je ne sais pas si c'est une définition, mais en tout cas, c'est vraiment le premier mot qui me vient sur l'état des lieux. Aujourd'hui, c'est que les entreprises sont dans, encore une fois, une trajectoire. Donc, on essaie d'avancer. Ce n'est pas toujours parfait. C'est loin d'être quelque chose de parfois très construit, mais en tout cas, il y a des petits pas. Il y en a qui font ça très bien en commençant vraiment par des petites actions. Il y en a qui, je considère que ce n'est pas forcément le bon chemin, mais qui ont besoin de ça et qui commencent par poser les choses sur des grandes stratégies. Mais en tout cas, on voit plein de tentatives. Donc, je pense qu'aujourd'hui, on est justement à ce moment où il y a une maturité évidemment très hétéroclite, ce qui rend la réponse à cette question compliquée parce que chaque entreprise a sa propre manière de répondre et d'agir sur ce sujet-là. Et je pense qu'il y a vraiment une hétérogénéité aujourd'hui de maturité, de mode de réponse sur ce sujet. Mais voilà, je pense qu'on est à un tournant dans le sens où beaucoup d'entreprises se rendent compte qu'il y a une nécessité d'aligner justement le volet très stratégique et le volet très opérationnel, terrain. Donc on est un peu à la croisée des chemins pour finalement arrêter ce qui a été longtemps, en tout cas pour moi, sur le terrain, l'ARSE était très schizophrène. des grandes stratégies avec des grandes intentions. et des grandes roadmaps, des grandes feuilles de route posées. Et puis sur le terrain, on constatait en fait un décalage. Donc je pense qu'on est à ce moment où la majorité des entreprises sont en train d'essayer de lisser tout ça. L'ambition est différente selon les entreprises, bien sûr. Mais en tout cas, il y a vraiment cette volonté d'aligner en fait ce qui se passe sur le terrain dans la vraie vie de tous les jours et les grandes ambitions en termes de transition écologique en entreprise. Voilà, je ne sais pas si ça répond. exactement à la question que vous me posez, mais voilà, c'est ma réponse. Très bien.
- Speaker #1
Et Cécile, quand vous rentrez dans une entreprise pour parler de transition écologique, ça ressemble à quoi ? Est-ce que c'est un sujet qui fait envie, un sujet qui stresse ? Un peu les deux ?
- Speaker #0
Je pense qu'il y a un peu des deux. On le sait aujourd'hui, il y a beaucoup d'enquêtes qui montrent que les collaborateurs, les gens dans la vraie vie au quotidien sont quand même... touchés dans leur grande majorité par ce sujet-là de transition écologique. Donc, il y a une vraie volonté à en parler il y a quelques années de quête de sens. Je pense que ça en fait partie et qu'aujourd'hui, il y a une envie de faire sa petite part du colibri. Et à la fois, il y a une grande peur parce que RSE, transition, écologie, tous ces mots-là, ils sont malheureusement assez galvaudés et ils sont très chargés aussi émotionnellement. Et donc, on y met tout un tas de fausses promesses, grosses feuilles de route inapplicables, aussi d'une approche très culpabilisante de la transition écologique. Et donc, forcément, ça fait peur parce qu'on a l'impression qu'on va venir imposer des choses, qu'on va nous empêcher. C'est un peu cette logique-là à nous contraindre. Donc il y a cette peur-là d'une charge mentale supplémentaire, de quelque chose de très rabat-joie. Personne n'a envie d'être Michel Delaconta qui flique les poubelles. Donc voilà, il y a un peu ce côté rabat-joie qui fait peur et qui frustre. Et à la fois, il y a quand même cette envie-là, cette quête de sens, cette notion d'avoir envie de contribuer au quotidien, de faire sa part. Et si en plus, ça nous est entre guillemets servi sur un plateau par quelque chose de plus collectif au sein de l'entreprise, c'est quand même assez chouette. En fait, c'est l'intérêt pour moi en tout cas de l'action au niveau de l'entreprise, parfois au niveau individuel on le sait, on a l'impression que c'est une petite goutte d'eau en fait. Son action, moi c'est ce que je me dis un peu tous les jours parfois quand j'suis avec mon vélo électrique et que je vois les bouchons énormes de voitures alors je suis ravie de passer à côté et leur faire coucou mais au fond de moi je me dis ok moi je suis la petite nouille sur son vélo mais pendant ce temps là il y en a je sais pas combien de milliers dans leurs voitures et à la fois on sait aussi que c'est parce qu'il ya toutes ces petites gouttes d'eau que ça fonctionne donc Donc, je trouve que l'entreprise, c'est le bon niveau entre le côté, on va dire, sociétal global qui met du temps à bouger, qui est lent avec aussi une notion de politique, etc. Et puis, le niveau individuel qui peut aller beaucoup plus vite, mais qui a un impact forcément individuel. Donc, l'entreprise, c'est le bon niveau. L'organisation, de manière générale, ça peut être des organisations, des assos, des organisations publiques. Et le bon niveau, je pense, d'action pour voir l'impact assez vite. à être embarquée dans quelque chose de collectif, ce qui est toujours beaucoup plus galvanisant que d'être tout seul sur son petit vélo, pour reprendre mon image. Donc voilà, c'est le bon niveau. Et du coup, c'est vrai qu'il y a ce côté collectif aussi qui forcément est beaucoup plus motivant.
- Speaker #1
Tout à fait. Chouette. Nous allons à présent aborder l'utilité de mobiliser les salariés, mais aussi des enjeux pour une entreprise à aller vers la transition écologique. Alors selon vous, pourquoi ? Est-ce que ça vaut le coup ? pour une entreprise de se lancer dans la transition écologique ? Alors, j'irais au-delà de l'obligation légale.
- Speaker #0
Alors, le premier sujet, c'est qu'aujourd'hui, les entreprises ont besoin de collectifs. Donc ça va vraiment faire une belle transition avec ce que je vous racontais juste avant. Les entreprises, on est en tournant, nous, on est beaucoup sollicités en ce moment par des sujets de cohésion, d'engagement, etc., de valorisation aussi, de reconnaissance. quoi de mieux comme projet que ces projets liés à la transition écologique pour mobiliser collectivement autour d'un récit positif. Parce que, comme je le disais, on a eu longtemps ce discours très culpabilisant, un peu déprimant, autour de la transition écologique. Je pense que malheureusement ça existe encore, mais globalement c'était un peu derrière nous. Et donc aujourd'hui, si on est dans un discours effectivement très positif, ce sont des projets qui sont hyper mobilisateurs, qui redonnent de l'énergie, de rassembler vraiment autour d'un projet, de décentrer un petit peu et de ramener du sens aussi dans le business pour lequel on travaille au quotidien. Donc je pense qu'il y a ça, il y a vraiment ça, arriver à aller chercher en fait, aller gratter pour aller chercher les valeurs, les convictions profondes en fait et les émotions du coup de ses collaborateurs et pouvoir les remobiliser sur quelque chose vraiment de l'ordre du trait perso. parce que finalement quand on parle de transition écologique, on vient parler de valeur, on vient parler de conviction et donc on touche aussi aux traits personnels. Donc ça c'est le premier point, je pense que c'est la première raison pour laquelle c'est intéressant. La deuxième raison c'est le business en fait parce que ça il y a plein d'histoires qui prouvent mais en construisant des feuilles de route et en incluant vraiment dans sa stratégie business cette notion de transition écologique, et bien en fait on est performant. Donc, on gagne de l'argent. Le meilleur exemple que je donne qui est hyper simpliste mais qui permet de faire comprendre les choses, c'est les économies d'énergie. C'est qu'en fait, en travaillant par exemple sur le zéro déchet et les économies d'énergie, en fait, on gagne de l'argent très simplement. Donc, en fait, c'est aussi être performant et ça, c'est un détail. Quand on inclut vraiment la transition écologique dans son business model, on arrive à vraiment faire des choses incroyables. Donc voilà, deuxième raison c'est le but d'une entreprise quand même in fine, c'est d'avoir de l'impact. Évidemment ça c'est souhaitable mais c'est de gagner de l'argent. Et donc je pense qu'en travaillant ces sujets-là on gagne de l'argent. qui est clean, qui fait les choses bien, qui a une chouette boîte. Et agir en faveur de cette transition écologique, et je mets aussi dedans tout le volet social de la RSE par exemple, si on élargit, c'est hyper valorisant. Et du coup, ça renforce la fierté d'appartenance. Mais il ne dit rien aux entreprises de rayonner, parce que souvent quand on a des collaborateurs qui se sentent bien, ils ont envie de parler de leur boîte, de dire que la boîte fait les choses bien. Et donc en termes d'image de marque, en termes de visibilité, de discours, forcément ça sert l'entreprise. Et donc on reboucle avec ce que j'ai dit avant, mais en termes de business du coup, on a une image qui est hyper positive, une notoriété et une visibilité aussi. Donc c'est très très positif. Et puis peut-être un dernier point sur le cadre de travail en fait, souvent en travaillant la transition écologique, on vient améliorer les conditions de travail. Et ça je trouve qu'aujourd'hui c'est un angle qu'on n'aborde pas tant que ça au final quand on parle de RSE en entreprise, alors que finalement travailler dans un environnement qui est plus sain, qui est peut-être moins encombré, où il fait bon vivre, où on régule tout un tas de choses beaucoup mieux. Du coup, les collaborateurs se sentent peut-être mieux. Finalement, ils sont très contents de boire leur café dans un vrai mug en céramique plutôt qu'un petit gobelet tout mou crado qui est plein de carton et qui n'est vraiment pas agréable en bouche par exemple pour donner du détail. Mais c'est mis bout à bout plein de petites choses comme ça qui font que l'expérience collaborateur est beaucoup plus positive. Et donc, pour l'entreprise, c'est un gain puisque quand j'ai des gens qui se sentent bien, ils ont envie de rester sur la durée. Donc, je pense que ça, c'est... Pour toutes ces raisons, je pense que c'est hyper positif aujourd'hui.
- Speaker #1
Ça motive, chouette, chouette. Et est-ce que vous pensez que les jeunes générations sont sensibles à ces sujets-là ? Est-ce qu'aujourd'hui, ça devient un levier pour recruter auprès des jeunes générations ?
- Speaker #0
C'est une excellente question. Je n'ai malheureusement pas les chiffres en tête, mais ce qui est intéressant, c'est quand on regarde les enquêtes sur... Nous, on regarde beaucoup les baromètres sur... Pourquoi les gens vont choisir une entreprise plutôt qu'une autre, globalement ? Quelqu'un qui est candidat et qui postule en plus dans l'entreprise, pourquoi il irait dans l'entreprise A plutôt que l'entreprise B ? Et en fait, tous ces sujets de quête de sens, de valeur, et notamment sur l'environnemental, sont beaucoup plus des sujets pour les jeunes générations que pour les autres. Donc quand on regarde un petit peu plus la granularité, en effet, les jeunes vont être plus sensibles à ces sujets-là parce qu'en fait, ils ont baigné dedans aussi, tout simplement. Je pense que c'est un discours. cours qu'eux entendent aussi au quotidien. Moi, à titre perso, je donne quelques cours chaque année dans une école de commerce et donc j'entends les bruits de couloirs, les discussions de pause, etc. Et c'est vrai que je suis toujours impressionnée cette Gen Z là par l'attention qui porte à ça, par le fait que typiquement ils ont tous une gourde en métal sur leur table. En fait, ils sont imprégnés par ça. Donc ce n'est même pas un... C'est vrai que ce n'est pas un sujet pour eux, mais c'est que pour eux, le fait qu'une entreprise ne soit pas engagée sur ces sujets-là, c'est vraiment un no-go. Donc, ce n'est même pas une attente pour eux de se dire qu'il faut que l'entreprise… C'est que ça fait partie de leur paradigme de base. En fait, ils vivent là-dedans. Donc, ça leur paraît complètement anachronique s'ils se retrouvent dans une entreprise qui ne correspond pas à ce qu'eux vivent intrinsèquement vis-à-vis de leur quotidien, de la manière dont ils ont été éduqués, etc. Donc, je pense que oui, il y a une nécessité là-dessus. Et je pense aussi que c'est eux parfois qui font bouger les lignes. parce qu'ils sont un peu des empêcheurs de tourner en rond sur ces sujets-là. Et ils mettent un peu les pieds dans le plat, parce qu'en plus, il y a beaucoup de critiques sur cette génération qui arrive sur beaucoup de sujets. Mais ils ont vraiment l'atout d'être très audacieux et de prendre la parole, d'oser toujours s'exprimer. Et du coup, ils ramènent toutes ces interrogations au sein de l'entreprise. Et ça, je trouve que c'est hyper bénéfique, parce qu'en fait, ça permet de faire avancer aussi plein de petits sujets. Et je les vois quand ils discutent. En plus, ils sont tous en alternance. Donc voilà, se parler sur... Oui, moi j'ai vu ça dans ma boîte, ça marche comme ça, c'est fou. Je suis arrivée, j'ai eu des goodies. C'était même pas made in France. En fait, ils ont des réflexions qu'effectivement des personnes... Même moi, je ne suis pas hyper vieille, mais même moi de ma génération, évidemment, on n'avait pas du tout quand on est rentré dans le monde du travail.
- Speaker #1
Intéressant. Parlons à présent de ce qui coince. Donc, selon vous, quels sont les freins les plus fréquents que vous rencontrez chez les salariés ? Alors, est-ce que c'est la peur du changement, le manque de temps, l'impression que ça ne sert à rien ? C'est quoi les freins les plus fréquents que vous rencontrez dans les structures que vous accompagnez ?
- Speaker #0
Il y a un peu tout ça. Je pense que vous avez mis le doigt sur pas mal d'ingrédients de ce qui freine. Je pense que… La première chose qu'on entend souvent, surtout quand on commence à être sur le terrain avec les collaborateurs, c'est en gros « pourquoi est-ce que moi je me casserais les pieds à trier mes déchets quand le big boss prend l'avion deux fois par mois ou deux fois par semaine ? » globalement. Donc il y a un peu ce sujet de cohérence globale et de se dire « c'est une goutte d'eau, il y a une injustice perçue entre ce qu'on me demande à moi sur le terrain et ce qui peut se passer dans d'autres sphères de l'entreprise » . Alors parfois c'est un raisonnement qui est totalement justifié, mais en commençant quelque part on arrive à faire bouger les choses. Parfois c'est une méconnaissance en fait de dire qu'il y a des choses qui sont beaucoup plus compliquées à bouger. Donc c'est normal qu'aujourd'hui on coche pas toutes les cases et qu'on commence par des endroits qui sont peut-être plus faciles à mobiliser, donc ça passe par beaucoup de pédagogie. Mais en tout cas il y a ce frein là. Je pense qu'il y a un frein de temps et que je mettrais même, je raccrocherais à la charge mentale parce qu'au delà du temps je trouve que... Moi, je suis très attachée à plein de choses qui sont derrière le temps parce qu'on met souvent beaucoup de choses sur le dos du temps. Je n'ai pas le temps, etc. Moi, je préfère gratter un petit peu plus. Par exemple, je parle beaucoup d'énergie en entreprise, etc. Et de charge mentale parce que là, ce n'est même pas une question de temps. Je n'ai pas le temps de laver ma tasse en partant le soir. C'est la charge mentale que ça me demande de me dire, là, j'ai bu un café, du coup, il va falloir que j'aille laver mon mug ou tiens, en fait, il n'y a plus de couvert jetable à la sorte de petite cantine. Je peux aller chercher à manger, donc il faut que je pense à avoir mes couverts avec moi quand je viens au boulot. Donc il y a une notion quand même de charge mentale avec notamment le zéro déchet, mais avec tous les dispositifs de transition écologique, de devoir rien que trier, donc de réfléchir un petit peu plus à où est-ce que je mets mon papier, mon machin, etc. Donc il y a cette notion-là. Je pense qu'il y a un frein aussi, comme je disais tout à l'heure, de peur du jugement un peu social parce que... Mine de rien, la personne qui est un peu engagée, qui coche les cases de la transition écologique, c'est un peu le rabat-joie ou un peu l'hurluberlu qui vient au boulot en vélo, qui met son pantalon de pluie, étend son pantalon de pluie dans l'open space parce qu'il a plu et qu'il est venu en vélo. Il y a une petite notion quand même encore de la personne pas très fun et qui vient rabattre un peu les oreilles avec ses solutions zéro déchet et sa transition écolo. Peut-être aussi au bureau, ça je l'ai entendu un petit peu, mais je pense que c'est un frein qui est peut-être un peu moins fort. C'est la notion de l'hygiène, notamment quand on vient toucher à justement les mugs qui sont lavables. Donc les gens lavent et puis ça repart dans un placard. Est-ce que le truc est vraiment bien lavé ? L'éponge lavable, quand on vient remplacer par exemple les trucs pour s'essuyer les mains en papier, qu'on met des torchons. Est-ce que oui, le service de ménage, il lave vraiment bien les torchons tous les jours ? Donc il y a un peu ce sujet quand même du côté microbe, un peu cracra. Et en fait, tout ça, globalement, si on met un chapeau là-dessus, c'était vraiment cette notion de conduite du changement que vous mettiez dans votre question. Évidemment que le gros sujet de la transition, et ce n'est pas un hasard si ça s'appelle transition, c'est qu'il y a une notion de cheminement et il y a une notion de conduite du changement. Il y a toute cette courbe, la courbe du deuil qu'on utilise en conduite du changement, qui est qu'il faut arriver à... passer en fait par toutes ces étapes et c'est pas pour rien qu'on utilise en conduite du changement cette fameuse courbe du deuil, c'est qu'il faut faire le deuil aussi d'une ancienne manière de faire pour arriver à accepter la nouvelle. Donc forcément et c'est ce que je disais selon la maturité des entreprises mais aussi des individus au sein de l'entreprise c'est quelque chose qui va être plus ou moins douloureux plus ou moins effrayant, on va rencontrer plus ou moins de réticences par rapport à ce changement-là donc je pense qu'on peut englober un peu tout ça dans cette peur du changement. avec plein de petits ingrédients que je viens de mentionner.
- Speaker #1
Est-ce que vous avez déjà entendu des phrases comme « Oh, c'est encore une lubie de la direction » ou alors « On n'a pas les moyens » . Qu'est-ce que vous faites par rapport à ces freins ? Comment vous réagissez par rapport à ça ?
- Speaker #0
Alors, en général, on n'a pas trop… C'est encore une lubie de la direction parce que nous, la manière dont on aborde l'ARSE, c'est souvent par le bas. que même quand il y a effectivement des stratégies de la direction en haut, on va re-rentrer en fait par des démarches mais on en reparlera peut-être sur la manière d'embarquer mais d'ambassadora notamment. Donc en fait forcément on n'a pas trop ce genre de remarques, en tout cas nous on ne les entend pas trop je pense qu'elles existent mais j'y suis pas forcément confrontée parce que clairement une entreprise qui en fait impose en top down des stratégies comme ça de transition écologique c'est forcément risqué donc il y a ce genre de fraises et je pense que là Bonne réponse à ça, c'est justement de se dire qu'il y a une impulsion au démarrage, mais on a besoin de vous pour concrètement mettre en musique des grandes intentions business en haut. Et ce que vous me disiez, c'était sur le manque de moyens. On n'a pas les moyens de mettre en place. Justement, je reprends ce que je disais sur le gain business, mais je pense qu'un des enjeux fondamentaux sur la mise en place d'actions au démarrage sur des feuilles de route RSE, c'est de commencer par des choses qui, visiblement, vont générer de l'impact en positif. et qui du coup, par ce qu'on appelle des quick wins, des gains rapides, vont permettre de montrer qu'en fait il y a justement un impact positif sur la vie des gens, sur peut-être les résultats justement de l'entreprise. Il peut y avoir plusieurs axes, mais de montrer qu'en fait assez vite, on génère du résultat d'une manière ou d'une autre et qu'on améliore le business, qu'on améliore le quotidien, etc. Et en montrant par des petites actions au démarrage qui fonctionnent qu'on arrive à avoir cet impact-là. Du coup, on désamorce assez vite ces freins-là, en tout cas ces petites phrases et ces récits-là sur « oui, mais on n'a pas les moyens, ça va nous coûter cher » et ça va nous « coûter » aussi au quotidien dans la manière de vivre l'entreprise.
- Speaker #1
Je vous propose à présent ceci de parler des solutions et des leviers et surtout de la question du comment embarquer les équipes. Ma première question viendrait plutôt sur par où commencer ? Qu'est-ce que vous conseillez pour démarrer un projet ? de transition écologique et d'être sûre d'embarquer la majorité des collègues, que ça fasse une lame de fond pour que tout le monde s'y mette.
- Speaker #0
Comme je le disais, encore une fois, excellente transition. Je pense qu'il faut commencer par des choses petites mais visibles, c'est-à-dire des choses qui ne coûtent pas beaucoup et qui rapportent beaucoup.
- Speaker #1
Est-ce que vous avez un exemple là-dessus, par exemple ?
- Speaker #0
Il y a des choses, je parlais d'économie d'énergie, il y a des choses comme ça qui permettent de... prouver que derrière on a un impact. Il y a plein de choses qui sont mises en place, notamment en entreprise sur par exemple encore une fois les couverts lavables où en plus on vient par exemple offrir un mug ou par exemple les gourdes on vient supprimer tout ce qui est bouteilles d'eau etc et donc le collaborateur il reçoit peut-être en cadeau ou il est incité en tout cas à ramener son mug j'ai des boîtes qui ont fait ça en fait ils ont fait une opération où chacun ramenait son petit mug moche, on a tous des mugs un peu du fond de tiroir. ramène ton petit mug de chez toi et tu l'offres à ton collègue. Et en fait, chacun venait avec son mug et offrait un mug à son collègue. Donc ça, ça coûte zéro. Ça permet de créer une dynamique un peu sympathique aussi entre les gens. Et mine de rien, on est en train de faire une action. On supprime les gobelets en carton de la machine à café. Donc c'est des petites choses. Il y a un vrai impact au quotidien et on commence par... Et c'est visible puisque chaque jour, après je vois mon collègue avec la tasse rigolote de son autre collègue. Donc c'est des petites choses comme ça. Et l'autre règle fondamentale sur ces sujets-là, c'est de commencer par le terrain. Donc ça, ça passe par quoi ? Ça passe déjà par recenser les choses qui existent. Parce qu'en fait, il y a beaucoup d'entreprises où on arrive et ils nous disent « Non mais nous, de toute façon, on est à 10 kilomètres, ça va être trop compliqué, etc. » Et en fait, en recensant déjà ce qui se passe, on se rend compte que des actions, il y en a déjà plein sur le terrain. Donc déjà, il y a des choses qui existent. Et l'idée, c'est de montrer aussi et de rassembler, de donner un peu de corps à tout ça. Et puis de mobiliser, je parlais d'ambassadeur mais c'est vraiment ça. C'est qu'en fait c'est impossible de mobiliser plus l'entreprise est grosse, plus c'est compliqué. Mais c'est impossible de mobiliser tout le monde en même temps parce que je reviens à ma courbe du deuil. En fait les gens avancent à une vitesse qui leur est propre sur cette courbe là et donc forcément... il y a des personnes qui vont être beaucoup plus matures, beaucoup plus à l'écoute et du coup beaucoup plus à même d'embarquer dans le train que d'autres qui vont avoir encore besoin d'être convaincus et à qui il va falloir prouver que ça marche. Et donc le temps d'embarquer ceux-là, il faut s'appuyer sur ceux qui déjà sont vraiment mobilisables et parce qu'ils ont comme je disais des valeurs et des convictions qui correspondent déjà à ce qu'on veut mettre en place. Et eux en fait par mimétisme derrière... par preuve sociale, ils vont réussir à embarquer par cercle, on va dire, les uns et les autres petit à petit. Et c'est comme ça qu'on va réussir à convaincre. On ne pourra pas convaincre tout le monde en même temps sur le démarrage. Donc nous vraiment, c'est cette technique des alliés de se dire je fais un petit groupe pilote. Alors évidemment, ça dépend de la taille de l'entreprise, ce groupe-là qu'on va constituer. Mais d'avoir vraiment ces ambassadeurs au démarrage qui vont aider à co-construire, à faire justement ce recensement. à co-construire des stratégies, des petits pas au démarrage en lien avec évidemment les grandes ambitions peut-être qui viennent du top management, mais en tout cas qui vont aider à co-construire ça, prendre en main des sujets. Et c'est comme ça qu'on va réussir à embarquer. Pour moi, c'est de commencer petit entre guillemets, ce qui n'empêche pas d'avoir des grandes ambitions et de les partager aussi. Mais en tout cas dans les actions, de commencer par des choses concrètes avec des gens qui sont vraiment mobilisés au quotidien. Et que dans ces ambassadeurs, on est évidemment un panel représentatif des différentes entités, différents métiers, peut-être aussi différentes classes d'âge, différentes expériences au sein de l'entreprise. L'idée c'est vraiment d'avoir ce panel pour que chacun puisse se reconnaître aussi à un moment donné dans un de ces ambassadeurs et se dire « bah oui en fait lui, il est déjà avancé là-dessus, il a pris le train, moi en fait je vais prendre aussi finalement parce que je me reconnais, je vois que finalement c'est pas compliqué, je vois qu'il y a de l'impact » . Et donc voilà, petit à petit on va embarquer comme ça. Toute l'entreprise, cercle après cercle, ça va finalement assez vite. Plus vite souvent qu'on ne le pense. Donc voilà, on a beaucoup de surprises en positif dans pas mal d'entreprises sur le fait qu'on arrive à raccrocher les wagons assez rapidement.
- Speaker #1
Est-ce que vous avez en tête un exemple à nous raconter ou plusieurs exemples d'entreprises qui ont cheminé, qui ont mis en place des rôles d'ambassadeurs pour partir de quoi et aller jusqu'où ?
- Speaker #0
Deux exemples intéressants. Un exemple sur l'ambassadora qui est vraiment super. On a travaillé avec une filiale ici, moi je suis à Bordeaux, on a travaillé avec une filiale du groupe AXA ici à Bordeaux. Donc on est sur une entreprise de 300 personnes à peu près, donc qui n'est pas toute petite, mais qui n'est pas non plus gigantesque. Et du coup en fait, on travaillait avec eux déjà sur la marque employer depuis tout un moment et on avait identifié ce sujet-là comme étant un sujet qui était remonté de par eux. des discussions avec les collaborateurs, etc. Et donc ils ont décidé de prendre effectivement ce sujet-là à bras le corps et on l'a pris sous le prisme justement de cette notion d'ambassadeur. Donc on a constitué un groupe d'ambassadeurs. Et en fait la première chose qu'on a fait c'est qu'on a recensé les actions et il y avait déjà plein de choses, alors que ce soit sur le côté transition écologique mais aussi sociale. Donc par exemple ils avaient des ruches sur le toit, ils avaient un compost. Ils avaient déjà pas mal d'engagement auprès d'associations, donc sur le volet social, notamment par exemple les chiens d'aveugles. Ils avaient toujours une personne au sein de l'entreprise qui apprenait, enfin je ne sais pas exactement, je n'ai pas les bons termes parce que je ne m'y connais pas assez, mais qui avait un futur chien d'aveugle pour l'éduquer par exemple. Donc ils avaient un partenariat avec une asso sur ça. Ils faisaient par exemple des vides dressings au sein de l'entreprise entre eux pour justement éviter de racheter des vêtements neufs, etc. Donc il y avait déjà plein de petites actions. mais il n'y avait jamais eu de roadmap, de feuille de route RSE de posée. Avec ces ambassadeurs et avec la direction, en parallèle, on a construit cette feuille de route RSE. On a fait des réunions sur la partie prescrite, la partie stratégique avec la direction, avec l'IRH. Il y avait tout un comité de projets, quelqu'un de la data aussi parce que c'est important dans les stratégies RSE d'avoir toujours ce retour data. On avait un groupe projet avec différentes personnes au niveau direction sur différents sujets, et puis un groupe d'ambassadeurs qu'on a embarqué assez vite dans la démarche et qui du coup en parallèle sont venus prendre le sujet par le bas, faire cet état des lieux de ce qui existait, et ensuite se positionner eux sur des axes sur lesquels ils se sentaient à l'aise. Donc par exemple, je vais essayer d'aller trouver en local des partenaires pour le déjeuner autour du bureau. qui coche les cases en termes de zéro déchet et avec qui je peux faire un partenariat pour avoir un petit code promo spécial pour les gens du bureau. Quelqu'un qui était dédié sur la partie gestion des déchets. à travailler avec le... parce qu'ils ont un prestataire de moyens généraux qui gère justement la partie des chèques, donc de voir avec ces personnes-là comment est-ce qu'on peut améliorer, parce qu'ils avaient des gros problèmes sur le tri des déchets, les gens faisaient n'importe quoi, enfin globalement les poubelles étaient mal triées, mais ils ont identifié que finalement ça venait beaucoup aussi d'un problème de pédagogie et d'affichage, parce qu'on ne comprenait pas ce qu'il fallait mettre où, donc travailler aussi avec le prestataire à comment on peut améliorer ça. Donc voilà, il y avait plein d'axes comme ça, et ils se sont positionnés sur des chantiers, on va dire, Et donc voilà, il y avait à la fois un groupe d'ambassadeurs collectifs soudés qui se réunissaient tous les mois et puis chacun portait en fait un axe, un chantier et du coup petit à petit il y avait parmi les chantiers un chantier communication et promotion puisqu'il s'agissait non pas de seulement faire les choses mais aussi de montrer justement au reste de l'entreprise tout ce qui était fait et l'impact qui était généré etc et donc au bout d'un an en gros ils avaient à chaque ce qu'ils ont des sortes de Merci. réunion de toute l'entreprise tous les trimestres. Donc à chaque réunion de toute l'entreprise aussi, la direction s'était engagée à laisser de l'espace sur la scène pour ses ambassadeurs pour qu'ils puissent partager justement les retours en fait sur tout ce qu'ils avaient fait, valoriser toutes les démarches et les impacts, etc. Donc ça, ça a été fait. Et du coup, en fait, à la fin de l'année, il y a plein de gens qui ont levé la main en disant « mais moi je veux être ambassadeur aussi » . Donc au final, on s'est retrouvés avec quasiment la moitié de l'entreprise, j'exagère, mais un tiers de l'entreprise qui était Merci. en mode, mais moi aussi, je veux participer, etc. Donc, il a été fait le choix de garder quand même cette notion d'ambassadora et que ce ne soit pas un tiers de l'entreprise parce que sinon, ça perd un petit peu son sens. Mais c'était hyper bon signe sur le fait que les gens aient embarqué effectivement dans le train. Et en général, et je prends cet exemple pour rebondir là-dessus, ce qu'on conseille nous de faire et c'est ce qu'on fait dans la plupart des entreprises, c'est que le groupe pilote d'ambassadeurs la première année, on va dire que ce sont des gens volontaires mais un peu désignés. qu'on va chercher parce que justement on veut un panel représentatif, parce qu'on sait que c'est des gens qui sont matures sur le sujet, etc. Et par contre, ensuite, l'objectif, c'est en fin d'année d'ouvrir à tout le monde. C'est-à-dire de dire, on renouvelle, donc qui veut effectivement prendre sa place au sein des ambassadeurs. Et l'objectif étant évidemment de ne pas remplacer tous les ambassadeurs d'un coup, puisqu'on ne veut pas perdre l'antériorité. Donc l'idée, c'est de... soit d'agrandir un petit peu le cercle, soit en tout cas de remplacer peut-être la moitié du groupe, mais pas la totalité, mais en tout cas d'ouvrir et de pouvoir vraiment être sûr de la bonne volonté des gens qui vont lever la main. Donc ça, c'était vraiment un exemple très concret, je pense dans un mode très représentatif de ce qu'on considère être la bonne manière d'aborder le sujet. Et ça a permis de remettre ensuite sur les plans stratégiques vraiment au cœur de... du business model des enjeux justement liés à la transition écologique, qui sur des métiers tertiaires, puisque là on parle de métiers tertiaires, l'impact il est quand même, si on prend la RSE dans sa globalité, il est beaucoup plus sur les aspects sociaux finalement qu'environnementaux, même s'il y a quelques aspects évidemment environnementaux qui sont liés à la vie de bureau, mais en termes de poids, rien à voir avec d'autres secteurs avec lesquels on travaille, comme l'industrie par exemple, où là le volet effectivement de pollution et d'impact écologique est beaucoup plus... plus important. Et c'est le cas, par exemple, pour prendre un autre exemple, on a travaillé avec Chanel Parfums Beauté. Donc là, pour le coup, c'est du luxe, mais c'est une boîte industrielle puisqu'ils fabriquent des cosmétiques et des parfums. Et donc là, effectivement, pour le coup, on était... Donc, ils avaient un groupe d'ambassadeurs effectivement dans tous les pôles. Ils avaient défini une grosse roadmap au niveau du groupe. sur la branche Parfums Beauté. Et donc là, nous, notre rôle, c'était plutôt de se dire comment est-ce qu'on vient faire la dernière couche, c'est-à-dire vraiment arriver auprès de chaque collaborateur, à toucher chaque collaborateur et à l'embarquer dans la démarche avec un énorme enjeu de pédagogie puisque plein de métiers impliqués, le packaging, la conception des produits, le sourcing des matières premières, etc. Et donc là, on a travaillé plutôt un parcours de formation et avec de la promotion évidemment tout autour. avec trois briques. Une première brique de sensibilisation où l'idée, c'est vraiment d'expliquer ou de réexpliquer, en fait, quel est l'impact, effectivement, de Chanel Parfum Beauté en termes, justement, de sourcing, de conception produit, etc. Qu'est-ce que ça veut dire, en fait, la transition écologique ? Deuxième strat, c'était vraiment d'expliquer la roadmap. Donc, qu'est-ce qu'on veut faire, en fait ? Pourquoi est-ce qu'on essaye de faire, justement, peut-être des flacons remplissables ? Pourquoi on essaye d'alléger les packagings ? Vraiment d'expliquer les grands jalons de la roadmap sur les différents métiers. Donc avec, évidemment, de la formation en e-learning, mais aussi des webinars, des événements en physique. Voilà, donc de mixer un peu toutes les formes de learning pour apporter cette matière-là. Pour tout ça, évidemment, on est allé à la rencontre de tous les experts sur le terrain. Donc gros boulot, évidemment, de recensement encore une fois et de pédagogie, de bien comprendre les tenants et les aboutissants de chaque item dans la roadmap. globale dans la feuille de route RSE. Et le dernier étage de la fusée, le troisième étage, c'était vraiment la partie métier, où là, pour chaque métier, on est venu sur des formations très dédiées. Donc, par exemple, les équipes packaging, en fait, on leur a fait des ateliers, où on a fait venir, là, pour le coup, plutôt des experts externes pour faire des ateliers, par exemple, sur les matières innovantes. Comment est-ce que, quelles sont toutes les nouvelles matières qu'on peut utiliser pour créer du packaging pour... vraiment essayer de passer le cap d'après et d'être dans vraiment cette innovation en matière de RSE sur l'ensemble des sujets. Et donc là, ça passait beaucoup plus par des ateliers et des formations en physique. Mais voilà, de venir vraiment avec ce système à étage, finalement, toucher un peu tout le monde via, pour le coup, plutôt un programme de formation. Et je pense que tout ça est complémentaire parce que, surtout dans des entreprises comme Chanel, où effectivement l'impact est à plein de niveaux. On a besoin de cette pédagogie et on a besoin de... tous ces modules de formation. Donc voilà, deux exemples très différents aussi en termes de taille d'entreprise et de moyens forcément, mais je trouve ça intéressant de voir justement un peu le grand écart et ça permet de donner des idées et de voir comment adapter un peu tout ça aussi. Chaque entreprise est bien sûr différente avec des cultures, des moyens et des enjeux qui lui sont propres.
- Speaker #1
Je rajouterais une petite question autour de si on devait donner une recette pour embarquer les collaborateurs, qu'est-ce que vous mettriez dans cette recette ? Moi, ce qui me viendrait, ce serait peut-être de la joie, du plaisir, du collectif, un peu ce genre de choses. Si on vous donne entre 5 et 10 ingrédients grand max, qu'est-ce que vous y metteriez dans cette recette pour embarquer les collaborateurs ?
- Speaker #0
Je pense qu'effectivement, j'allais dire la notion de petits pas et de célébration est hyper importante. célébrer les victoires c'est de se dire je parlais de théorie des petits pas donc commencer petit peut-être le viser moins déjà dans cette recette là il est important c'est à dire que comme je disais on parle de trajectoire par exemple sur le zéro déchet on ne vise pas le zéro absolu l'idée c'est en fait de commencer quelque part donc viser le moins déjà de se dire on commence par quelque part et surtout célébrer les petites victoires avant de passer aux suivantes c'est à dire ne pas voir toujours le haut de la montagne mais vraiment chaque marche qu'on franchit. est l'occasion de célébrer et de se dire que, justement, on a déjà gravi une marche. Ça, déjà, c'est la première chose. Je pense qu'il y a une notion de récit, en fait, collectif. C'est-à-dire, par exemple, remplacer le « il faut faire ça » , « il faut faire ça » par « on pourrait, on pourrait faire ça, collectivement, on pourrait construire ça, on pourrait aller vers ça » . Je trouve que dans la manière d'aborder les choses, ce discours-là, je pense qu'il est hyper important. Donc, le récit qu'on met autour de tout ça, je pense qu'il est important. L'exemplarité, ça rejoint un sujet de management qui me tient énormément à cœur et qui est évidemment valable pour la transition écologique, mais pour beaucoup d'autres sujets. C'est-à-dire qu'il ne suffit pas de dire, mais il faut montrer. L'exemplarité, je pense que sur ce sujet-là, elle est fondamentale. Si on définit des choses et des règles de vie en commun et des changements, il faut que le top management, le management de proximité, tout le monde s'y mette et que ce soit visible et qu'on voit que les choses changent. Ça, je pense que c'est aussi un autre ingrédient qui est très important là-dedans. Et évidemment, comme vous disiez, le positif, je pense qu'on n'a jamais, et les dernières années l'ont prouvé, rien obtenu sur ce sujet avec de la culpabilisation et avec des discours moralisateurs. Donc le positif, même si c'est parfois difficile, parce qu'on vit dans un monde qui n'est pas toujours hyper joyeux sur ces sujets-là, on est déjà allé un peu trop loin. malheureusement et donc c'est compliqué parfois de prendre de la hauteur et de se dire ben oui en fait on aurait envie d'avoir une baguette magique et de tout changer d'un coup et voilà mais garder ce côté positif je pense que ça c'est hyper important dans et ça rejoint cette notion de récit de se dire que dans l'histoire qu'on raconte on est sur quelque chose de positif et ça rejoint un peu ces notions de se dire bah en fait On n'est pas là que pour cocher des cases dans un tableau Excel et dire oui c'est bien, bilan carbone, on n'est pas que sur des lignes Excel à cocher des choses, on est aussi en train de construire quelque chose ensemble. Donc ce projet, je pense, peut-être j'en terminerai par là, mais cette notion de projet collectif, ça c'est un ingrédient qui est hyper important et en plus qui est bénéfique sur plein d'autres sujets. Donc ce n'est pas une ligne de plus à cocher, ce n'est pas un bilan de plus à produire à la fin de l'année. C'est vraiment un projet collectif dans lequel on s'engage ensemble, qui améliore le vivre ensemble, qui améliore la performance de l'entreprise, donc qui est vraiment positif à tous les niveaux.
- Speaker #1
Je garde cette phrase en guise de conclusion, ça me va très bien. Cécile, un immense merci pour cet échange rempli d'espoir et de pragmatisme. Vous nous rappelez que la transition écologique, ce n'est pas une contrainte, mais une aventure collective qui peut rendre le travail plus sensé, plus solidaire et même plus joyeux. Alors poursuivez vos aventures. peut-on vous retrouver sur quel site internet, réseau social ?
- Speaker #0
Alors, vous pouvez me retrouver sur LinkedIn. Je publie assez régulièrement. Donc voilà, Cécile Spech. J'ai l'avantage d'avoir un nom pas très commun. Donc, normalement, vous arriverez à me retrouver. Et puis, le site du cabinet plotfox.fr, P-L-O-T-F-O-X.fr.
- Speaker #1
C'est noté. Et je le mettrai dans le descriptif du podcast. Un immense merci, Cécile.
- Speaker #0
Merci à vous, c'était un plaisir.
- Speaker #1
Grand plaisir. Et vous, chers auditeurs, quelles petites actions pourriez-vous lancer dès demain pour embarquer vos collègues ? Partagez vos idées avec nous,
- Speaker #0
au plaisir.
- Speaker #1
Merci pour votre écoute. Je suis Sophie Frie. Dans la vie, je travaille pour sensibiliser au développement durable. Et je parle notamment du zéro déchet. Pour cela, je propose des ateliers, des conférences, des formations professionnalisantes. un blog, sophie au naturel, et je suis aussi auteur de livres sur le sujet. Retrouvez toutes mes informations sur le site sophie-au-naturel.fr. Au plaisir !