- Speaker #0
Bonjour Emma. Bonjour Juliette. Je suis ravie de t'avoir avec nous sur le podcast de Zola. Je suis très contente d'être là aussi. On est d'autant plus heureux parce qu'après avoir reçu ton père, maintenant tu vas pouvoir nous donner ta vision à toi. Ça fait six ans du coup que tu travailles maintenant dans le groupe familial. Est-ce que tu peux nous expliquer par quelles étapes t'es passée et quel est ton rôle aujourd'hui au sein du groupe Ausha Bertrand ? Exactement, ça fait 6 ans. Ça fera 6 ans le 1er avril,
- Speaker #1
pour être exact. Et en fin de compte, j'ai fait une école de commerce à Toulouse, donc Toulouse Business School. Et ensuite, je suis partie sur un master spécialisé en vin, qui s'appelle le Master de l'OIV, qui est un master où tu fais 25 pays en 11 mois, qui est assez formidable, parce que ça donne une vision du monde du vin en finalement un temps assez court. Et par la suite, j'ai rejoint le groupe familial, en commençant sur la partie plus trade marketing. Je m'occupais vraiment de... des activations et de l'analyse marché. J'ai commencé sur les Etats-Unis, puis j'ai repris le marché chinois, puis le marché travel retail. Et par la suite, je me suis plus dédiée à la partie création digitale, CRM, expérientiel. Et donc c'est là qu'on a internalisé en fin de compte pas mal de métiers aussi. Pendant Covid, etc., c'était vraiment la période où on a senti que c'était le bon moment pour le faire. Aujourd'hui, je dirige une équipe de 13 personnes dédiées à ces métiers-là. La valorisation de la création, le digital, l'expérientiel. Et donc, je me régale en tout cas sur cette partie-là. Et j'en suis là, je voyage dans le monde entier pour faire rayonner le groupe, les marques et ma région.
- Speaker #0
Ok, alors du coup, tu t'occupes donc du digital, de l'expérientiel, de l'image de marque aussi. Ça fait quand même pas mal de choses à couvrir. C'est quoi tes principaux enjeux aujourd'hui ? les principaux sujets sur lesquels tu travailles pour le groupe, sur ces sujets-là d'image, d'expérience et de digital. Forcément, il y a une part d'innovation,
- Speaker #1
puisque la filière est en plein mouvement et les modes de consommation, les rituels évoluent. Donc, il y a toute une part aussi d'innovation catégorielle. Par exemple, on fait des vins oranges, des rouges légers. On lance en tout cas des produits et des nouvelles catégories. Comment on les soutient ? Donc, c'est des innovations, mais aussi comment on soutient les marques fortes. Donc, on a une marque qui s'appelle Coderose, par exemple, qui est une marque très importante, qui est la première marque de rosé français aux Etats-Unis. On a une marque qui s'appelle Gris Blanc. Donc, comment on fait perdurer aussi les marques du portefeuille en communiquant via différents canaux, via tous les points de contact qu'on peut avoir avec le consommateur. Et évidemment, les enjeux de communication sur... Comment on va continuer à communiquer via les nouveaux canaux et en répondant aux attentes des consommateurs actuels ?
- Speaker #0
Tu parles de communication. Et c'est vrai que tout à l'heure, off-micro, on parlait justement de l'importance des éléments de langage, comment faire pour multiplier aussi les points de contact entre son discours et ses différentes catégories cibles. Nous, il y a un truc qu'on a constaté chez Zola et même à l'agence Georges, c'est que... Il y a une difficulté à construire de véritables offres dans la filière qui ne soient pas juste des offres produits ou des offres type fiches techniques. C'est-à-dire, la différenciation aujourd'hui, je pense, dans le secteur des boissons, ne se fait plus uniquement sur une différenciation produit. Donc, quand on parle fonctionnalité produit, c'est le terroir, le type de cépage, etc. Et comment on fait, du coup, pour verbaliser une offre qui soit différenciante et qui propose une vraie transformation positive à ses acteurs ? et notamment aux professionnels qui ont quand même, je pense, de plus en plus besoin qu'on en parle business, rotation, valorisation de produits, etc. Est-ce que c'est un constat que tu partages ? Et si oui, est-ce que c'est des sujets sur lesquels vous travaillez chez Gérard Bertrand ? Et comment est-ce que vous les abordez ? C'est hyper intéressant ce que tu dis. Évidemment, c'est des sujets sur lesquels on travaille.
- Speaker #1
Je pense que quand tu parles de transformation positive, c'est intéressant aussi parce qu'il y a un discours aujourd'hui dans la filière qui... qui peut être des fois un peu fataliste, un peu même nostalgique sur « c'était mieux avant » , alors qu'en fait, c'est dans le respect de ce qui a été fait et des vins de tradition, du produit, du terroir, de l'authenticité et de tous ces vins, puisqu'on aura toujours des consommateurs à qui on peut parler terroir, précision, etc. Comment on arrive à parler aussi à des nouveaux consommateurs qui ont besoin de désacraliser ? aussi les vins, d'aller sur des choses qui sont plus lisibles, sans forcément aller sur des choses qui sont plus simplistes, mais des choses qui sont peut-être plus lisibles, plus fun, plus accessibles. Et c'est là qu'on innove, c'est là qu'on crée aussi des nouveaux produits, des nouvelles catégories, qu'on teste des choses. Moi, je suis plutôt dans cette dynamique-là de créer des offres qui sont complémentaires, donc de continuer forcément à avoir des vins de terroir, mais de créer aussi des offres qui sont complémentaires, tester des choses, parler aux consommateurs différemment. Donc évidemment, on le disait par le digital, mais pas que, parce qu'il y a énormément de leviers. Travailler sur le terrain, travailler l'expérience retail, travailler dans les festivals, en tout cas aller chercher les consommateurs là où ils sont, leur parler d'une manière différente, d'une manière plus accessible, plus fun.
- Speaker #0
Et c'est là que je pense que la filière a encore beaucoup de choses à faire et on a tout un boulevard devant nous, en tout cas, pour aller chercher tout ça. Alors justement, est-ce que tu peux nous donner deux, trois exemples concrets sur lesquels tu as travaillé ? Tu parlais de festivals ou de travailler tout ce qui va être le circuit retail. Tu as des exemples à nous donner, des choses que vous avez mises en place avec succès ? Oui, forcément.
- Speaker #1
il y a plein de choses qu'on teste donc il y a des exemples qui vont être concluants il y a des exemples qui vont être moins pertinents mais en tout cas on tire toujours des leçons de tout ce qu'on teste un bon exemple que j'ai c'est le Rose Festival à Toulouse qui est du coup un festival qui est produit par Bleu Citron, Big Pleuoli et le groupe La Dépêche qui est un festival que j'adore qu'on fait depuis 4 ans où il n'y a pas d'acteur spiritueux sur le festival donc ça donne vraiment une opportunité pour la filière 20 de s'exprimer Nous, on y va avec la marque Côte-des-Roses. Et c'est assez chouette parce que ça permet de travailler le vin d'un point de vue peut-être un peu plus lifestyle, justement décomplexé, comme je disais, assez urbain. Urbain parce qu'on est à Toulouse, dans la ville rose, où on propose un expérientiel sur place qui est assez chouette et qui correspond, je pense, à ce que les jeunes veulent voir. Et c'est là aussi où on voit qu'au fur et à mesure des années, parce que ça fait maintenant la quatrième année qu'on fait le festival. Ça permet de travailler la préférence de marque, ça permet de travailler l'univers de la marque. Parce qu'aujourd'hui, on attend d'une marque, en tout cas, qu'elle ait des valeurs et que nous, en tant que consommateurs, on se sente alignés avec ces valeurs-là et avec les choses qu'elles défendent. Mais il y a aussi des bons exemples que j'ai sur le digital. Tout bêtement, la marque Gérard Bertrand, on a fait un vrai travail aussi depuis Covid pour renouveler les formats. Je pense qu'avant Covid, on l'a vu, mais il y avait vraiment des contenus marques qui étaient très léchés d'un point de vue général sur l'ensemble des marques. Donc, des visuels qui étaient plus léchés, on était sur quelque chose d'un peu plus lisse. Et avec la montée de TikTok, etc., les consommateurs sur Internet, ils veulent voir les dessous de ce qu'on fait. Ils veulent vraiment connecter avec les personnes, avec le côté humain, voir l'authenticité. Donc, on a travaillé aussi tous ces formats pour montrer justement les dessous sans avoir peur aussi des fois de montrer la réalité de ce que c'est. Et je pense que ça permet aussi de beaucoup connecter. On a beaucoup de très bons retours et on sent un vrai enthousiasme, en tout cas, des personnes qui nous suivent sur ce type de format-là.
- Speaker #0
C'est intéressant ce que tu dis sur l'exemple que tu donnes sur le festival, notamment à Toulouse, parce que nous, on constate, il y a eu pas mal de... d'échanges, de discours autour de cette jeune génération, de la Gen Z notamment, qui serait une génération sobre, qui aurait loupé la marche de l'éducation et qui, du coup, aurait plus de mal à revenir à la consommation de vin parce qu'il y a de l'alcool dedans. Moi, je ne suis pas convaincue que cette jeune génération soit sobre, par définition, ou qu'elle refuse le vin parce qu'il y a de l'alcool dedans, mais plutôt parce que le vin n'a pas su, ou en tout cas pas encore, ou a encore du mal à s'intégrer dans les nouveaux cas d'usage. qui sont en fait des nouvelles façons que les jeunes ont de consommer aujourd'hui et les festivals sont un bon exemple parce que traditionnellement le vin est absent de ce type d'événement. Donc quelle est ta vision toi de la génération Z parce qu'en plus tu représentes cette nouvelle génération et comment est-ce que tu vois les évolutions dans leur façon de consommer et comment est-ce que vous vous y adaptez chez Gérard Bertrand ? C'est hyper intéressant parce qu'aujourd'hui, on a une vision un peu... Enfin, pas on, mais les médias, peut-être, des fois,
- Speaker #1
amènent une vision un peu fataliste sur la filière 20, qui peut être en décroissance, etc. Quand on regarde vraiment, c'est juste que les jeunes consommateurs, aujourd'hui, ils ont énormément d'options, ce qu'avaient pas finalement nos grands-parents ou nos parents. Aujourd'hui, la filière 20, elle est plus seulement en concurrence avec... la filière bière ou un peu les spiritueux. Aujourd'hui, il y a tout un tas de nouvelles boissons qui arrivent sur le marché, qui rencontrent concurrence avec le vin. Que ce soit les cocktails aussi, qui ont vraiment eu une très belle augmentation sur ces dernières années, mais également toutes les boissons fonctionnelles, à base de champignons, etc., les kombuchas, machin. Et donc, finalement, c'est comment le vin arrive à reprouver sa place auprès des jeunes consommateurs. C'est ça, la vraie question. Parce que... Le consommateur, il ne va peut-être pas boire du vin tous les jours. Il va continuer à en boire, mais parce qu'il va boire aussi d'autres choses. Et donc, c'est là où l'enjeu qu'on a aujourd'hui au sein du groupe, mais aussi au sein de la filière, c'est d'arriver à reparler à ces jeunes consommateurs en leur proposant ce qu'ils ont envie de consommer. Et ça, c'est hyper important de ne pas rester ancré que sur des choses qui sont de l'ordre de la tradition, qu'il faut évidemment respecter. Et ça n'empêche pas d'aller tester des nouvelles choses, d'aller chercher le consommateur de manière différente. Aujourd'hui, on le voit. Les jeunes, ils ont envie d'avoir une lecture beaucoup plus fun du vin, beaucoup plus décomplexée, désacralisée. Et c'est là où les nouvelles catégories arrivent, les vins légers. On a créé un vin que j'ai créé avec, qui s'appelle Chouchou, qui est un rouge léger. Pareil, Chouchou, c'est mignon, c'est le vin qu'on a envie d'avoir chez soi. Moi, c'était pour avoir mon Chouchou, un vin rouge. Voilà, c'est d'une intention qu'on a pour avoir quelque chose de fun, de simple, qui crée du lien. Comment on arrive à l'amener ? Donc tout ce qui est aussi vin orange, vin petit bas degré, etc. C'est des choses que les consommateurs ont envie de consommer. Et c'est là aussi où la filière propose des solutions. C'est ça qui est hyper intéressant, en fin de compte. C'est qu'on a énormément encore de choses à créer, à apprendre aussi de ces générations-là, parce qu'elles ont beaucoup à nous apprendre. Et tu vois, moi, sur la partie digitale, c'est hyper intéressant, parce qu'en fait, quand on dit que les jeunes boivent moins, je n'ai jamais vu autant d'influenceurs arriver dans le monde du vin que ces dernières années. mais des influenceurs qui ont des formats assez ludiques, assez fun, beaucoup sur l'éducation. Donc, on voit quand même qu'il y a une certaine appétence parce que les comptes grandissent assez vite. En tout cas, une appétence sur le fait d'apprendre, mais d'apprendre peut-être d'une manière différente et un peu moins sacrée, en fin de compte, plus accessible. Et c'est ça qui est assez chouette.
- Speaker #0
Donc, ça passe aussi par un travail de discours. Donc là, pour le coup, on est vraiment... Tout à l'heure, on parlait d'offres, de transformations positives qu'on propose à son marché. Typiquement, je pense que c'est ça aussi l'enjeu. C'est comment est-ce qu'on va aborder ces nouvelles générations de consommateurs en leur proposant quelque chose qu'ils peuvent comprendre. C'est-à-dire que pour eux aussi, et pas que pour l'acheteur professionnel, mais pour eux aussi, c'est quoi la transformation positive ? Quelque part, c'est comment est-ce qu'on apporte de la valeur à ce type de produit ? Et donc, j'imagine que ça passe par un changement de discours, différents types de supports aussi. Le digital doit être un sujet important pour toucher ces nouveaux consommateurs, non ? Bien sûr. En fait, l'éducation, je dirais au sens large, parce que peut-être que l'éducation, ce n'est pas suffisamment fait. En tout cas, les jeunes consommateurs, peut-être,
- Speaker #1
n'ont pas eu, comme nos parents ou nos grands-parents, cette éducation du vin traditionnel à la maison. On dégustait tel et tel vin et donc c'était finalement assez naturel. Mais je sens quand même une envie d'apprendre et d'aller chercher des réponses et de se connecter aussi, de se connecter au vigneron, de se connecter au terroir, d'apprendre la diversité qu'on peut avoir. Et c'est là où le monde du vin est un monde fabuleux par rapport à d'autres types de boissons. C'est qu'il y a une diversité dans le monde du vin qui n'a pas d'équivalent. Peu importe dans quel pays tu vas dans le monde. Tu vas découvrir des cépages différents, des terroirs différents, des méthodes de vinification différentes. Donc il y a une diversité qui est juste immense. Et je sens vraiment une envie des jeunes consommateurs d'apprendre de ça, mais juste d'une manière différente. Et c'est là où aujourd'hui, moi, je crois beaucoup au fait justement d'éduquer, de rassembler aussi. Parce qu'on voit pareil pas mal de clubs, on en parlait tout à l'heure, mais de clubs, pas mal de personnes qui montent des événements, qui rassemblent aussi des personnes qui ont les mêmes passions et qui ont envie de se nourrir, d'échanger. Pour moi, c'est fondamental sur les prochaines années de continuer à nourrir cette dynamique-là pour ramener aussi l'envie de découvrir notre monde fabuleux qui est celui du vin.
- Speaker #0
C'est vrai que la partie expérientielle est un levier encore sous-exploité dans la filière vin. Je pense que c'est un levier de croissance énorme. important aussi pour diffuser les messages et attirer ces nouvelles générations de consommateurs. Mais il y a quand même un truc qui revient souvent, on parle beaucoup d'éducation dans le vin. Alors évidemment, il y aura toujours des vins premium, des vins de terroir, des vins qui s'apprécient, qui, avec le temps, enfin voilà, on va se poser, on va réfléchir à ce qu'on boit et c'est formidable. C'est des moments un peu suspendus, mais en même temps, Je ne connais pas d'autre équivalent dans la filière boisson ou même food que le vin qui nécessite autant de connaissances et d'apprentissage pour le consommateur. c'est comme si s'ils n'étaient pas formés au vin, du coup, ils n'étaient pas aptes d'en consommer. Si tu prends le fromage, qui est un produit qui n'a pas moins de complexité, où il n'y a pas moins de diversité, où il y a quand même aussi l'effet terroir, etc., les gens ne ressentent pas ce besoin de se former avant de composer leur plateau de fromage. Est-ce que tu penses que du coup, il y a un changement de discours à avoir, ou est-ce que là, finalement, Cet aspect éducation, il se fait par l'expérience, mais c'est de l'éducation, mais qui n'en a plus l'air. En fait, c'est que le monde du vin, c'est un monde avec plusieurs strates et donc plusieurs offres, une segmentation aussi qui est diverse.
- Speaker #1
Et c'est là où on ne fait pas que des vins de messages. Mon père, il dit toujours, il y a des vins de plaisir, des vins de goût, des vins d'émotion et des vins de messages. C'est qu'on fait des vins pour différents moments de consommation, pour différents... de typologie de consommateur. Et en même temps, tout le monde n'est pas forcément expert. Et ça, c'est hyper important de le comprendre aussi. Donc, il y a des personnes qui vont avoir, enfin, développer une envie de connaître et une appétence pour le vin. Maintenant, il y a des personnes aujourd'hui qui ont envie d'avoir simplement quelque chose qui leur fasse plaisir et quelque chose de simple et d'accessible. Et là, c'est notre boulot, nous, en tant que viticulteurs, de lui donner ce qu'il a envie de consommer avec, voilà, un produit qui sera... On ne va pas forcément parler de terroir, on ne va pas parler d'où ça vient, mais on va parler d'un goût. Et c'est là où on est plus sur les vins plaisir, en fin de compte. Donc, c'est plus une question à la fin de la manière dont on structure l'offre qu'autre chose, finalement.
- Speaker #0
Et alors, on parlait tout à l'heure de l'offre micro de la loi F1. Et c'est vrai que quand on parle de tout ça, on se rend bien compte qu'en fait, en France, enfin sur le marché français en tout cas, il y a une partie de... des choses qu'on aimerait dire, qu'on aimerait partager dans le discours, mais que ça ne nous a pas permis de le faire à cause de la loi Evin, notamment pour plein de raisons. Mais comment vous faites pour essayer de pallier un peu à ça ? J'imagine que l'expérience que vous proposez est une des réponses, mais est-ce que c'est des sujets sur lesquels, j'imagine, comme le reste de la filière, vous butez ? Ou est-ce qu'au contraire, vous avez trouvé des parades ? Non, alors forcément, on respecte la loi. Après, je pense que le sujet de la loi Evin,
- Speaker #1
c'est un sujet qui va au-delà de ce que nous, on fait en tant qu'acteurs, qui est comment finalement de cette loi qui a été rédigée il y a quand même un bon bout de temps, on arrive à y amener un peu de souplesse et répondre aussi aux enjeux de la filière aujourd'hui. Je n'ai pas de réponse clé à cette question-là. Je pense que dans les différents marchés, on communique de manière différente. Et sur la France, forcément, on est plus limité que dans d'autres pays.
- Speaker #0
Alors, quand on parle d'évolution des cas d'usage, pour moi, il y a un sujet qui me vient nécessairement, celui du format. Le format de la bouteille 75 cl en verre, c'est le format traditionnel de la filière 20. Mais en même temps, c'est aussi un format qui est fait pour des usages traditionnels à table, où on va partager une bouteille à plusieurs, mais qui génère un certain nombre de frictions aussi, parce que du coup, c'est plus difficile quand on est tout seul ou même à deux. Il faut le stocker. Une fois que c'est ouvert, c'est difficile à refermer, ça s'oxyde, etc. Est-ce que ça fait partie des réflexions que vous avez au sein du groupe ? sur au-delà des canaux, des points de contact que vous pouvez créer, via les festivals par exemple, c'est un super exemple. Est-ce que vous avez une réflexion plus globale sur les formats ? C'est des choses que vous abordez ou pas du tout ? Oui, forcément.
- Speaker #1
Quand on dit qu'on est en compétition avec d'autres typologies de boissons, forcément le format est un sujet. Maintenant, je crois que la bouteille de vin en 75 cl, ça va au-delà juste d'un format. C'est un symbole aujourd'hui et c'est un symbole culturel. C'est aussi un symbole qui évoque beaucoup de choses, de traditions. Je pense qu'en ce sens-là, il va au-delà de juste un contenant, mais il évoque quelque chose, il évoque des valeurs, des valeurs de partage, de connexion, de terroir, d'histoire. Maintenant, je suis plus dans une logique d'addition de format que de substitution au format 75. Je pense que le format 75 doit rester. et va rester en tout cas le format représentant le monde du vin. Moi, je crois beaucoup aux demi-bouteilles, au format au 37,5, au format peut-être un peu plus petit aussi, parce qu'on voit que les modes de consommation évoluent. Je suis d'accord sur le fait qu'on boit peut-être un peu moins ou on boit différemment. Donc, le fait d'avoir des demi-formats aussi, ça permet quand même de pouvoir aussi créer de nouvelles offres.
- Speaker #0
Si tu devais te départir de toutes les catégories traditionnelles du vin qui existent, en réfléchissant uniquement aux différentes portes d'entrée au cas d'usage, apéro, pique-nique, ce genre de choses, Quel type de produit est-ce que tu verrais ? Qu'est-ce que tu pourrais mettre en place ? Si tu avais carte blanche, à quoi est-ce que tu penserais ?
- Speaker #1
Je ne pense pas qu'il y ait une solution unique en fin de compte parce qu'il y a énormément de points d'entrée, énormément de besoins dans la filière vin. Je pense que la segmentation, elle se fait comme ça. C'est ce qu'on disait tout à l'heure, mais tu peux répondre. un besoin de vin plaisir, un besoin de vin léger, un besoin des jeunes consommateurs, comme tu peux répondre aussi aux besoins de l'expert qui a envie d'un produit hyper niche, terroir, etc. Donc je ne repartirai pas à zéro. Et en tout cas, je pense que c'est une fausse bonne idée de se dire qu'il faut repartir à zéro et t'en réinventer.
- Speaker #0
Alors, il y a beaucoup de nouvelles catégories qui arrivent aujourd'hui sur le marché. C'est déjà une question que je posais à ton père il y a un moment maintenant, dans notre interview. mais On parle beaucoup de la catégorie Nolo. Alors, quel est toi ? On connaît évidemment bien sûr la position de ton père sur ce sujet, mais peut-être que, est-ce que toi, tu as une vision différente ou une approche différente de ces nouvelles catégories produits pour une génération comme la tienne ? Où est-ce que tu te situes là-dessus ? Nous, on a fait des vins à petit degré.
- Speaker #1
à 9 degrés, mais qui sont faits par des arrêts de fermentation. Donc finalement, c'est un petit degré, mais naturel, c'est-à-dire qu'on ne vient pas désalcooliser un produit. Donc on est plutôt dans cette tendance-là aujourd'hui, qui sont faire des vins à petit degré d'une manière naturelle. Je pense que ça, c'est une des solutions. Après, il existe énormément de choses. Je crois beaucoup aux cocktails à base de vin aussi. C'est des choses qu'on expérimente beaucoup, les wine cocktails, parce que c'est des produits qui sont du coup... des offres plus légères en alcool qui sont à base de vin. On retrouve le goût du vin, qui ont une vraie belle acidité aussi. On peut faire plein de choses. En tout cas, tout ça pour dire qu'il y a plein de choses à créer. Je n'ai pas peur du fait d'aller tester de nouvelles choses, de désacraliser, comme on le disait, mais dans le respect du produit, du goût aussi et des tendances consommateurs.
- Speaker #0
Quand on a une gamme aussi large que celle que vous avez chez Gérard Bertrand, parce que vous avez en plus vos vins de propriété et puis il y a les vins de négoce, comment on fait pour réussir à maintenir, avec toutes ces différentes catégories de produits, une certaine cohérence de marque ?
- Speaker #1
On parle ici de plateforme de marque, forcément, puisque tu as la cohérence globale et la lisibilité du consommateur. Nous, au sein du groupe Gérard Bertrand, on est fiers de proposer des produits qui vont répondre aux différents besoins. Donc ça, c'est quelque chose que mon père a toujours porté comme valeur. Donc forcément, il y a 25 ans, le Languedoc aussi était une région qui avait besoin d'être dynamisée, en plein essor. Et on est rentré par des vins, des vins plus de tous les jours. Et ensuite, on est monté en catégorie sur les vins de prestige. Aujourd'hui, dans une logique, en tout cas en France... Soit tu fais du prestige, soit tu fais des vins de tous les jours. Aujourd'hui, nous, on n'a pas peur de dire qu'on fait les deux. Parce que, pourquoi pas ? Déjà, et puis parce que peu importe quel consommateur de vin ne va pas boire que des très, très grands vins de tous les jours. Et des fois, on a envie d'avoir des choses qui sont vraiment plus simples, plus plaisir, plus sur le fruit, plus croquants. Et donc, nous, on répond à ces besoins-là. Et après, d'un point de vue, on va dire plus stratégie haute, c'est comment on structure aussi. Aujourd'hui, mon père incarne toute cette partie prestige, propriété, parce qu'évidemment, c'est son savoir-faire. Il a un talent d'assembleur assez incroyable. Et moi, j'incarne toute cette partie aussi innovation, dynamisme, nouvelle catégorie, jeunes consommateurs. C'est quelque chose qu'aujourd'hui, on appelle l'atelier chez nous, en interne en tout cas, qui incarne toute cette partie-là. Je pense que ce n'est pas de ma responsabilité parce qu'on travaille super bien ensemble. C'est vraiment plus de ma génération et je suis hyper impliquée sur cette partie-là, en tout cas pour aller créer de nouvelles choses, aller sur le terrain et à la rencontre des consommateurs.
- Speaker #0
Alors, effectivement, je partage évidemment tout ce que tu viens de dire. Et ça me fait penser à ce que nous disait Michel Chapoutier dans son interview. On peut avoir envie de manger dans un gastro et puis on peut très bien avoir envie de manger dans un routier. Je veux dire, il n'y a pas de... ou dans un fast-food. Et je pense que c'est un tort de vouloir catégoriser les acheteurs par... de mettre en face d'une catégorie d'acheteurs une catégorie de produits parce qu'en réalité un même acheteur peut avoir au fil de la journée des envies différentes en fonction des moments en fonction des personnes avec qui il est en fonction des lieux qu'il va fréquenter donc je trouve que c'est pertinent au contraire d'avoir cette diversité après nous il y a un sujet que vous faites déjà très bien chez Gérard Bertrand mais il y a un sujet qui pour nous on pense que ce sera un vrai levier en tout cas pour demain et pour... Continuer de construire et d'installer une véritable préférence de marque, c'est d'avoir vraiment quelqu'un ou en tout cas des personnalités fortes qui vont incarner la vision de l'entreprise, ce que ton père fait très bien, ce que tu fais aussi très bien pour ta génération. C'est quelque chose que vous mettez en place volontairement, ces prises de parole et éventuellement quelque chose que vous cherchez à développer, cet aspect incarnation et prise de parole. En fin de compte, mon père l'a toujours fait naturellement.
- Speaker #1
Il ne s'est jamais caché derrière les produits. C'est quelqu'un qui, naturellement aussi, aime porter la voix pour défendre ce en quoi il croit. Donc, ce n'est pas une stratégie, on va dire, personnelle. C'est vraiment une stratégie groupe aussi sur comment, finalement, on va communiquer avec le consommateur. Moi, je pense que j'en fais partie. Je suis de la quatrième génération aussi d'une famille de vignerons. Comment ? Moi, à mon échelle, je peux rendre service aussi à cette stratégie du groupe en prenant la parole. Donc ça, c'est des choses évidemment qu'on travaille. Et je pense que les consommateurs aussi, que ce soit d'ailleurs les clients ou les consommateurs, ont envie d'aller à la rencontre des personnes qui sont derrière les produits, qui représentent aujourd'hui une entreprise qui est une entreprise familiale et de savoir un petit peu pourquoi ils font les choses, ce qu'ils pensent, quelle est leur vision. Et c'est en ce sens que je crois aussi beaucoup au fait de... de communiquer, de porter la voix et de défendre en tout cas des choses et des valeurs en lesquelles on croit.
- Speaker #0
Et alors, comment ça se passe quand on est, tu l'as dit, la quatrième génération ? Être la fille de Gérard Bertrand, qui est quand même aujourd'hui devenu un monument du vin, c'est quelqu'un d'une personnalité forte. Est-ce que c'est difficile de trouver sa place ou de trouver sa voix, en tout cas ? qui s'inscrit bien sûr dans une vision globale de l'entreprise, tout en assumant ce qui fait ta personnalité et tes idées personnelles. Comment ça se passe, cette articulation entre ton père et toi ? C'est rigolo parce que c'est une question qui revient souvent. Maintenant, je l'ai quand même beaucoup entendu,
- Speaker #1
mais ça fait quoi d'être la fille de mon père du coup ? En fin de compte, c'est... C'est une vraie chance parce que j'ai la chance d'avoir un père qui est formidable. Je pense être sa plus grande fan. En tout cas, depuis toute petite, ça a toujours été une personne qui a fait énormément de choses pour défendre sa vision. Moi, je l'ai toujours vu dès les débuts. Voyager, rencontrer des gens, faire vent défenseur. ce en quoi il croyait, de sa région, de ce qu'on pouvait faire, qu'on pouvait faire des très grands vins, etc. Il m'a toujours nourrie, toujours inspirée, toujours portée aussi à viser l'excellence. Ça, ça fait partie aussi des choses qu'on défend. Mais mon père dit toujours mille et un détails. Oui, c'est toujours mille et un détails. Et c'est comme ça qu'on fait des grandes choses et en tout cas de ne pas avoir peur non plus de tenter des choses. Donc nous, aujourd'hui, on a une très, très bonne dynamique tous les deux. Ça fait six ans aujourd'hui qu'on travaille ensemble. Je peux dire qu'aujourd'hui, il me laisse ma place, en tout cas. Et ça, ce n'est pas toujours le cas. Il me laisse ma place, il me fait confiance. Il y a beaucoup d'écoute. Et évidemment, je suis toujours dans un parcours d'apprentissage. En tout cas, je me nourris énormément de sa connaissance. Et lui, peut-être, me questionne un peu plus sur d'autres sujets d'actualité où finalement, on fait un ping-pong qui est assez intéressant et ça porte les projets plus haut. Merci. C'est assez chouette parce que souvent, les gens me parlent de transmission.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on est dans une vraie phase de transmission, mais on a le temps. C'est-à-dire que mon père, il ne va pas partir à la retraite demain et je n'ai certainement pas envie qu'il parte à la retraite demain. On écrit une belle histoire tous les deux. Et c'est aussi notre moment père-fille et c'est assez précieux. Et ça durera peut-être 15 ou 20 ans,
- Speaker #1
tant mieux. Parce que moi, j'adore ce qu'on construit ensemble et ça nous porte vraiment plus loin. Et ça fonctionne très bien en plus ce tandem à tous les deux. parce que Vous représentez vraiment deux générations du vin et qui, je pense, sont hyper complémentaires. Et c'est une chance aussi, je pense, effectivement, pour toi de pouvoir incarner cette nouvelle génération aussi dans les prises de parole. Mais c'est vrai que nous, on pense qu'il y a besoin aujourd'hui dans cette filière vin, dans cette filière boisson, de porteurs de messages, de leadership d'opinion. Ça existe déjà depuis certaines années maintenant dans d'autres secteurs, dans la cosmétique, dans la tech. Je pense à certains fondateurs qui ont vraiment travaillé sur de la prise de parole incarnée parce que les consommateurs, aujourd'hui, l'acte d'achat pour tout ce qui n'est pas des achats de première nécessité, je dirais, sont des actes de plus en plus engagés. On est habitué de toute façon à la disponibilité du produit. On claque des doigts, on commande un truc sur Amazon, le lendemain, c'est livré. C'est un peu l'ubérisation aussi de la société. Donc quand on achète quelque chose, c'est de plus en plus des actes engagés. Et on a besoin aussi de le faire pour soutenir et participer ou soutenir une vision en laquelle on croit. Et donc je pense que c'est encore un sujet à développer. Et si demain il y avait des sujets ou des prises de position sur les grandes évolutions que tu vois arriver de la filière ou des évolutions du mouvement de consommation. ce serait quoi les sujets sur lesquels tu aurais envie de te positionner le plus pour demain ? Forcément, moi naturellement, je vais plus prendre la parole sur des sujets d'innovation,
- Speaker #0
sur une évolution catégorielle, filière, sur toutes ces nouvelles générations, mais aussi sur toute cette partie et cette dimension que je pense être hyper importante, expérientielle, sur comment justement on arrive aussi à créer de la valeur autour du produit. autrement, en donnant du sens et en créant des expériences, en connectant avec le consommateur et en incarnant certaines valeurs. Donc voilà, ça c'est des sujets, moi, qui me parlent. Toute la dimension hospitality aussi, puisqu'on a un hôtel 5 étoiles avec 3 restaurants, qu'on crée des villas aussi sur nos propriétés. Donc ça, c'est aussi, tu vois, une manière au travers de l'expérience, d'incarner quelque chose, d'incarner l'esprit d'un endroit et d'y donner une part de... Une part de vie, un art de vivre, en tout cas d'incarner quelque chose qui nous correspond. Et ça,
- Speaker #1
c'est une manière aussi pour le consommateur de comprendre vraiment qui on est. Et comment on fait pour incarner ou transmettre cet art de vivre sur des marchés étrangers où les gens n'ont pas forcément la possibilité de se rendre sur place et donc de découvrir ces lieux dans lesquels on incarne la vision et l'esprit de la marque Gérard Bertrand ? Comment vous faites pour les transmettre sur vos différents marchés et à travers vos différents canaux de distribution ? Il n'y a pas une seule solution.
- Speaker #0
À ça, c'est un ensemble de points de contact. C'est-à-dire que quand tu fais la revue de l'ensemble de tes points de contact consommateurs, tu vas avoir le digital, tu vas avoir les cavistes, tu vas avoir le retail, tu vas avoir Instagram, le site web, nos commerciaux aussi qui font... Un travail génial et qui sont vraiment des fervents défenseurs justement de nos valeurs. Le contact humain, c'est toujours un des contacts les plus forts, mais c'est comment, au travers de chacune des expériences que le consommateur vit, j'arrive à peut-être exprimer une part de qui on est et de lui faire ressentir quelque chose qui va au-delà du produit, mais qui parle peut-être de la destination, de la famille, de l'histoire, de la région. Et ça, c'est un travail de miller un détail du quotidien pour essayer de...
- Speaker #1
de transmettre des choses et de créer des expériences uniques à chaque fois. C'est beaucoup de précision. Et c'est quoi aujourd'hui les principaux objectifs et les grands chantiers, je dirais, du service marketing dont tu t'occupes aujourd'hui chez Gérard Bertrand ? Ça rejoint un petit peu tout ce qu'on s'est dit jusqu'à présent.
- Speaker #0
D'abord, je pense qu'il y a une notion pour toute la filière de pérennisation des marques aussi qui sont des marques fortes. Donc comment ces marques qui sont aujourd'hui des marques reconnues comme Gris Blanc chez nous, comme Côte des Roses, on arrive à continuer de leur faire s'exprimer en tout cas sur différents points de contact. Donc ça va sur l'expérientiel, comme on disait le Rose Festival tout à l'heure, mais sur aussi différents canaux. Toute cette notion d'innovation et de soutenir les catégories qui sont des catégories émergentes, ça, ça fait partie évidemment de nos enjeux d'aujourd'hui et de demain. Créer aussi de nouvelles choses. Et cette dimension aussi expérientielle, hospitality, qui moi me tient à cœur et aussi à mon père, de continuer à la développer, ça fait partie aujourd'hui de notre stratégie.
- Speaker #1
Et si tu devais, puisque c'est un sujet sur lequel tu travailles beaucoup et dont on a aussi beaucoup parlé, mais tu incarnes aussi cette nouvelle génération, si tu devais donner des conseils aujourd'hui à un producteur, qu'il soit un producteur de vin ou un producteur d'une autre catégorie de boisson, sur comment ou quelle stratégie est-ce qu'on peut mettre en place pour aller toucher ces nouvelles générations de consommateurs ? Quel message ? Quel canot ? des clés, des axes ou des leviers un peu concrets comme ça, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Je pense qu'il n'y a pas une seule solution à ça, tout part toujours de l'intention. L'intention, en tout cas le pourquoi on fait quelque chose, le pourquoi on crée quelque chose. Et dès qu'on a défini aussi cette intention, derrière on va parler de prix, on va parler de catégorie, on va parler de segment, en tout cas je pense que le plus important c'est de savoir pourquoi on le fait et qu'est-ce qu'on veut créer. Et ensuite, le reste va découler. Et je ne le prends pas à l'envers. Je pense vraiment qu'il faut partir de cette envie-là de créer quelque chose et derrière, de venir y apporter toute la stratégie, on va dire, en communication.
- Speaker #1
Donc finalement, sortir de cette logique de production, qui est encore tenace dans le monde du vin, où on produit d'abord et ensuite, on trouve les canaux de distribution. Ce qui amène parfois, souvent, à fonctionner un peu par opportunisme, d'un point de vue commercial. donc ton principal conseil finalement si je résume ce serait de réfléchir d'abord pourquoi et pour qui et ensuite de faire le chemin à l'envers et donc de réfléchir à partir du moment où on sait pourquoi et pour qui est-ce qu'on fait ça du coup on sait quels sont les points de contact quel type de message on peut mettre en face quelle catégorie produit, quel format c'est bien ça ?
- Speaker #0
je pense que c'est le plus cohérent oui Quand on crée un produit, on ne va pas forcément plaire à tout le monde. Le principal, c'est de, comme je le disais, de savoir pourquoi on crée quelque chose, à qui ça va parler, comment on va le consommer forcément derrière. Et donc, de là va découler toute la stratégie. Et c'est rare d'avoir des produits, en tout cas, qui touchent forcément tout le monde. Donc, l'intention, je dirais que c'est le plus important dès qu'on crée quelque chose.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a un projet dont tu es particulièrement fière, qui soit achevé ou en cours, sur lequel tu travailles aujourd'hui et dont tu voudrais nous parler ? On a beaucoup de projets. On a beaucoup de projets. Un des projets qui est une nouveauté,
- Speaker #0
d'ailleurs. J'hésitais à parler de Chouchou, mais non, je vais parler de l'esprit de Côte des Roses. Côte des Roses, c'est une marque qui est aujourd'hui à 13 ans. qui est le premier rosé français aux Etats-Unis et qu'on vient de décliner en sparkling, donc en brut rosé. On a retravaillé toute la bouteille, qui est comme un bouquet de roses. On a fait une bouteille sans capsule aussi, avec quelque chose d'assez organique, assez nature, très joli, qui est brut, donc à 5 grammes de sucre par litre. Et pour moi, c'est une... Un très, très beau projet qui, pour l'instant, en tout cas, suit bien son cours, puisque ça plaît beaucoup. Ça va rentrer en rayon là, donc c'est encore à suivre. Mais c'est un projet sur lequel j'ai pris beaucoup de plaisir, en tout cas,
- Speaker #1
à travailler. Et une gamme qui, je pense, méritait d'être diversifiée aussi. Donc, j'aurais une dernière question à te poser. Nous, la mission qu'on a chez Zola, c'est vraiment de reconnecter les différents acteurs de la filière en essayant de les faire communiquer sur leurs différents enjeux pour qu'ils puissent mieux se comprendre et donc mieux travailler ensemble. Est-ce que pour toi, c'est un enjeu dans la filière 20 ? Et qu'est-ce que tu penses de cette démarche qu'on a chez Zola Media ? Je pense que d'un point de vue...
- Speaker #0
stratégique, c'est toujours important d'avoir une vision globale des choses. Donc forcément, en te connectant avec d'autres acteurs, ça te permet d'avoir une meilleure compréhension des différents marchés, des différents enjeux aussi, selon la distribution ou autre, en tout cas selon les différents acteurs. Donc non, je suis plutôt partisane du fait de se nourrir, justement. du savoir-faire de chacun, du savoir d'ailleurs de chacun des acteurs de la filière et de potentiellement aussi aller défendre les enjeux ensemble. Je pense que la force du collectif, c'est évidemment quelque chose de très important. On perdait toujours... Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin, mais c'est pour moi fondamental en tout cas qu'aujourd'hui, on défende les choses collectivement. Évidemment, on aura tous des stratégies d'entreprise différentes, mais au sein de la filière. Je pense que c'est important, en tout cas, d'être aligné, de pouvoir échanger et de soutenir les projets. Donc non, je suis assez alignée avec ça. Merci beaucoup pour ton temps et d'avoir répondu à toutes nos questions. Merci à toi.