Description
Vivre avec des pathologies mentales, les accepter, les comprendre, trouver une ou des méthodes thérapeutiques adaptées et vivre mieux
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Vivre avec des pathologies mentales, les accepter, les comprendre, trouver une ou des méthodes thérapeutiques adaptées et vivre mieux
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bienvenue dans ma série de podcasts 46 ans, où je vous parle sans filtre de ma vie de femme de 46 ans avec des problèmes de santé mentale. Je m'appelle Marie, j'ai donc 46 ans, j'ai un enfant, je suis séparée de son père, je suis remariée et j'ai un trouble anxieux généralisé qui entraîne des états dépressifs et on m'a diagnostiqué récemment. un TDAH. Épisode 5 et dernier épisode vivre avec. Vivre avec ces maladies ou s'en débarrasser, je ne sais pas mais pour l'instant c'est vivre avec et vivre mieux. Les accepter comprendre qu'elles ne sont pas moi. comprendre leurs effets, essayer de les atténuer et parler, parler, parler pour aller mieux, parler aussi, je l'espère, pour les autres, pour ne pas stigmatiser les personnes qui ont des pathologies mentales et pour qu'on arrête avec cette peur de la folie. Ça peut nous arriver à toutes et tous. Moi, je me doutais que je n'étais pas comme les autres, mais mes diagnostics sont arrivés à 46 ans. Et au bout de six mois, voici ce que je retiens. Tout d'abord, ça a été dur, très dur. Un petit peu le diagnostic, un petit choc, mais surtout, je pensais que... Ça partirait très vite comme une baguette magique. Eh bien non, c'est un long cheminement. Et même si ça a été très dur, même si j'ai encore parfois des moments de rechute, je suis satisfaite de ce cheminement. Parce que pour la première fois de ma vie, j'ai pris le temps de réfléchir, de chercher à comprendre. d'analyser, d'aller voir au plus profond, même quand ce n'est pas agréable. Ce que je retiens aussi, c'est qu'on est tous et toutes différents face à la santé mentale et aux pathologies, qu'il y a des inégalités structurelles. Et j'aimerais que tout le monde puisse se faire soigner et avoir accès à des médecins, des thérapeutes. Pour avoir discuté avec d'autres personnes qui ont des pathologies mentales, je retiens aussi, et je pense que c'est fondamental que nous sommes tous différents, avec quelques points communs, bien évidemment liés aux pathologies, mais surtout, les traitements doivent nous être propres et nous être proposés avec une discussion. Et cela peut être des traitements... médicamenteux, non médicamenteux, les deux à la fois. Pour moi, c'est les deux à la fois. Et je lis trop souvent des articles ou sur les réseaux sociaux des postes qui sont, je pense, un peu trop radicaux contre certaines formes de thérapie. Et je pense qu'il faut laisser le choix aux personnes en lien avec leur thérapeute. de trouver ce qui leur correspond le mieux et qu'il ne faut pas évacuer certaines méthodes. Par exemple, moi je prends un traitement médicamenteux, mais je suis aussi une thérapie avec ma psychiatre et je me suis mise à faire de la méditation, à utiliser des petites techniques de thérapie cognitivo-comportementale. Mais je réfléchis aussi à moi-même, je parle. La psychanalyse n'est pas forcément ce que je choisis, mais je n'évacue pas en tout cas. Et je pense que tout peut être complémentaire, mais si on m'avait proposé qu'une seule méthode, je sais que moi ça ne m'aurait pas convenu. J'aime bien, comment dire, le mélange. Et puis le fait de pouvoir piocher aussi en fonction des moments. La musique, comme je l'ai dit, c'est quelque chose qui m'aide profondément. Et puis les relations sociales, ne pas être isolée. Et pouvoir se permettre parfois aussi d'être isolée, parce que moi j'ai besoin de solitude, de silence. Mais j'ai besoin aussi de bruit, de voir du monde, de voir de la joie. Et ce que j'essaye de faire aussi, c'est reconnaître... les moments de difficulté, les nommer, et ne plus être comme avant dans le déni. Et me dire, là, aujourd'hui, je ne suis pas bien. Qu'est-ce qui se passe ? Et réfléchir sur ce qu'est-ce qui se passe, je ne suis pas bien. Ne pas l'évacuer en cherchant tout de suite à aller mieux. Et je pense que c'est ce qui me fait progresser, en tout cas, et aller mieux. C'est ce que j'essaye de faire avec ces petites techniques dont je parlais, et puis mon traitement. Et là, je recommence à réussir à sortir de chez moi, à me motiver, à être joyeuse. Et parfois encore un peu de tristesse, bien évidemment. Mais quand je suis triste, je ne cherche pas tout de suite à remplacer la tristesse par la joie. Je prends en compte cette tristesse. Mais je n'ai pas envie qu'il dure trop longtemps. Alors, après avoir laissé un peu mon corps, mon esprit triste, je mets de la musique et je me mets en mouvement. Le mouvement, ça aussi, c'est important parce que quand je me suis arrêtée de travailler, j'ai arrêté le mouvement aussi physique. Et c'est en chantant, en dansant, que je retrouve cette forme de mouvement. en sortant aussi maintenant, en allant marcher, pour aller quelque part, en jouant avec mon fils, bien évidemment, aussi des moments de joie, et accepter ces moments aussi où je m'autorise à être bien, à ne pas être productive, moi qui ai toujours été dans la production, dans vouloir tout faire, vite, bien, et quand je n'y arrivais pas, le soir, je me punissais. Je ne m'autorisais même pas à regarder une série et maintenant oui je m'autorise. Je m'autorise des plaisirs simples, appropriés, parfois un petit peu égoïstes. Et puis je continue de donner mais j'essaye aussi de poser des limites. Et j'ai surtout maintenant envie de travailler de nouveau, de reprendre une activité. Alors je réfléchis à celle qui sera là. la plus adaptée, et ça me fait du bien d'avoir cette envie. Je ne sais pas encore trop ce que je ferai, mais je sais ce que je ne ferai pas. Je ne donnerai plus tout à mon travail, ça ne sera plus ma principale activité et je ne veux plus que ça soit le lieu où je considère où je vais être jugée, c'est-à-dire être constamment soumise au regard des autres. interpréter ce regard des autres. J'ai compris que ce sont les autres, ils ont leurs pensées et ce n'est pas moi. Ils peuvent me juger en bien, en mal et c'est comme ça. Alors, je l'ai compris, ça ne veut pas dire que je l'accepte tous les jours, bien évidemment. Parfois, c'est dur, parfois ça m'énerve. Mais la colère aussi, que j'ai retrouvée, C'est pas si mal finalement de se remettre en colère contre des injustices et d'agir bien évidemment, pas juste être en colère. Et la récompense, ça je dois encore y travailler. Faire des choses parce que je les aime, c'est ce que je fais, mais ne pas attendre une récompense derrière. C'est ce que je vais travailler les prochaines semaines, les prochains mois. Être ancrée dans le présent, ne plus être tout le temps dans le passé, à ressasser, j'aurais dû faire ça, j'aurais pu faire ça. Mais du passé, je veux garder la mémoire des moments heureux ou malheureux. Mais cette mémoire est importante pour moi, la mémoire de mes origines, mon identité familiale, ma culture, ma famille. J'ai beaucoup écrit là-dessus et ça m'a fait du bien. L'avenir. J'avais tendance à me projeter comme ça dans des rêves complètement... Irréaliste. Alors je continue à rêver parce que j'aime rêver, mais je vais essayer de rêver sans trop attendre derrière. Mais je continuerai, j'ai envie de continuer, de garder ce trait de caractère parce que ça me permet d'oser, d'oser faire des choses qui paraissent originales, on va dire, mais... Ce qu'il faut que je me dise, je pense, c'est de continuer à faire ces choses-là, mais sans attendre forcément un succès, parce qu'il y a une question d'ego aussi, où j'ai à la fois un ego démesuré, et à la fois je peux me sentir deux minutes après la fille la plus nulle du monde. Alors le juste milieu, pour une personne excessive comme moi, ça va être ce que je vais essayer de trouver, mais je veux quand même rester passionnée et enthousiaste, parce que ça c'est moi. Peut-être que mes pathologies influent là-dessus, mais je pense que c'est moi. Je suis enthousiaste, je suis passionnée et ça me plaît d'être comme ça. Et c'est ce qui me permet d'écrire, de créer, de vivre aussi. Les angoisses, les angoisses qui sont moins présentes. La dépression qui est moins présente aussi. Le fait de réussir à me lever le matin. Pas tous les jours, encore une fois, mais la plupart du temps et de plus en plus fréquemment. Et me lever sans tant d'efforts que ça. Finalement, je me dis, ces diagnostics, ils sont bien tombés. Ça a été dur, mais ça m'a permis d'avancer. J'aurais préféré, bien sûr, les avoir plus tôt. Ça m'aurait évité toutes ces automédications que j'ai faites en me noyant dans le travail, parfois trop souvent, dans l'alcool, en fumant, en frénétiquement. Peut-être que j'aurais fait autrement. Le fait est que j'ai fait comme ça et que ça m'a aidée aussi, d'une certaine manière, à tenir. Et aujourd'hui, je ne bois plus. Peut-être que je reboirai plus tard, je ne sais pas. Je ne fume plus et j'ai une autre notion du travail. Cela ne veut pas dire que le travail ne sera plus important pour moi. Je ne vais pas changer du tout au tout et je cherche encore un travail où je vais... où je vais m'épanouir bien évidemment, mais ça ne sera pas toute ma vie. Et je veux aussi un équilibre entre ma vie personnelle et ma vie professionnelle. Alors je veux beaucoup de choses, je n'aurai peut-être pas tout, mais cette période de réflexion où je me suis arrêtée, où je me suis posée pour la première fois de ma vie, ça a été dur aussi ça, de se poser et de me dire, je suis en arrêt maladie, long. Aujourd'hui, je suis au chômage. Ce n'est pas évident pour une personnalité comme la mienne, mais je l'accepte et je pense que ça m'a fait du bien. Je ne sais pas de quoi demain sera fait, mais je suis une optimiste et je pense que demain va être beau, qu'il y aura des difficultés, bien évidemment, mais que j'aurai plus de force pour les surmonter. et surtout que je les surmonterais de manière plus saine. Cette période m'a permis aussi, et je vais finir par cela, de me retrouver, mais de retrouver aussi mon lien aux autres. Je me suis rapprochée de mon mari. Nous avons toujours été proches, mais j'avais tendance à m'enfermer quand me renfermer plutôt sur moi-même, me replier. Quand je n'étais pas bien et maintenant, quand je ne suis pas bien, je lui parle. Et on peut parler sérieusement, mais on peut aussi parler de manière plus légère. On est plus proche, je trouve, de mon fils. J'ai toujours été proche, mais je pense que nos liens changent. Ils sont toujours très forts, bien sûr, mais j'ai appris qu'il n'est pas moi. C'est une personne que je dois aider à... à grandir, mais c'est une autre personne que moi. Et ça, c'est important. Je serai toujours là pour lui, bien évidemment, mais il est lui, je suis moi. Et mes parents aussi. J'ai toujours encore cette volonté de leur plaire, de les rendre fiers, mais on s'est rapprochés aussi et ils m'ont dit qu'ils étaient fiers de moi. de ce que j'avais fait. Et ça, c'était important. On parle plus sereinement, ils ont accepté que j'avais ces problèmes. J'avais peur de leur dire, je pensais qu'ils n'accepteraient pas. Eh bien, pas du tout. Et puis mes amis, bien évidemment, je les savais être très présents, mais ils m'ont montré que je pourrais toujours compter sur eux. sans jugement, juste une présence, une amitié inconditionnelle. Voici ce que j'avais à vous dire en cinq épisodes. Cela m'a permis de mettre des mots sur ce que j'ai vécu, sur ce que j'ai ressenti, sur ce que je ressens. Un acte un petit peu individuel, peut-être une forme de thérapie, mais j'espère surtout... qu'elle sera utile à d'autres personnes. C'est un témoignage, bien évidemment, c'est mon témoignage. Et je ne prétends pas du tout parler au nom d'autres personnes que moi-même. Mais moi, j'aime bien écouter les témoignages d'autres personnes. Alors je me dis, peut-être que certaines personnes aimeront écouter mon témoignage.
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Bienvenue dans ma série de podcasts 46 ans, où je vous parle sans filtre de ma vie de femme de 46 ans avec des problèmes de santé mentale. Je m'appelle Marie, j'ai donc 46 ans, j'ai un enfant, je suis séparée de son père, je suis remariée et j'ai un trouble anxieux généralisé qui entraîne des états dépressifs et on m'a diagnostiqué récemment. un TDAH. Épisode 5 et dernier épisode vivre avec. Vivre avec ces maladies ou s'en débarrasser, je ne sais pas mais pour l'instant c'est vivre avec et vivre mieux. Les accepter comprendre qu'elles ne sont pas moi. comprendre leurs effets, essayer de les atténuer et parler, parler, parler pour aller mieux, parler aussi, je l'espère, pour les autres, pour ne pas stigmatiser les personnes qui ont des pathologies mentales et pour qu'on arrête avec cette peur de la folie. Ça peut nous arriver à toutes et tous. Moi, je me doutais que je n'étais pas comme les autres, mais mes diagnostics sont arrivés à 46 ans. Et au bout de six mois, voici ce que je retiens. Tout d'abord, ça a été dur, très dur. Un petit peu le diagnostic, un petit choc, mais surtout, je pensais que... Ça partirait très vite comme une baguette magique. Eh bien non, c'est un long cheminement. Et même si ça a été très dur, même si j'ai encore parfois des moments de rechute, je suis satisfaite de ce cheminement. Parce que pour la première fois de ma vie, j'ai pris le temps de réfléchir, de chercher à comprendre. d'analyser, d'aller voir au plus profond, même quand ce n'est pas agréable. Ce que je retiens aussi, c'est qu'on est tous et toutes différents face à la santé mentale et aux pathologies, qu'il y a des inégalités structurelles. Et j'aimerais que tout le monde puisse se faire soigner et avoir accès à des médecins, des thérapeutes. Pour avoir discuté avec d'autres personnes qui ont des pathologies mentales, je retiens aussi, et je pense que c'est fondamental que nous sommes tous différents, avec quelques points communs, bien évidemment liés aux pathologies, mais surtout, les traitements doivent nous être propres et nous être proposés avec une discussion. Et cela peut être des traitements... médicamenteux, non médicamenteux, les deux à la fois. Pour moi, c'est les deux à la fois. Et je lis trop souvent des articles ou sur les réseaux sociaux des postes qui sont, je pense, un peu trop radicaux contre certaines formes de thérapie. Et je pense qu'il faut laisser le choix aux personnes en lien avec leur thérapeute. de trouver ce qui leur correspond le mieux et qu'il ne faut pas évacuer certaines méthodes. Par exemple, moi je prends un traitement médicamenteux, mais je suis aussi une thérapie avec ma psychiatre et je me suis mise à faire de la méditation, à utiliser des petites techniques de thérapie cognitivo-comportementale. Mais je réfléchis aussi à moi-même, je parle. La psychanalyse n'est pas forcément ce que je choisis, mais je n'évacue pas en tout cas. Et je pense que tout peut être complémentaire, mais si on m'avait proposé qu'une seule méthode, je sais que moi ça ne m'aurait pas convenu. J'aime bien, comment dire, le mélange. Et puis le fait de pouvoir piocher aussi en fonction des moments. La musique, comme je l'ai dit, c'est quelque chose qui m'aide profondément. Et puis les relations sociales, ne pas être isolée. Et pouvoir se permettre parfois aussi d'être isolée, parce que moi j'ai besoin de solitude, de silence. Mais j'ai besoin aussi de bruit, de voir du monde, de voir de la joie. Et ce que j'essaye de faire aussi, c'est reconnaître... les moments de difficulté, les nommer, et ne plus être comme avant dans le déni. Et me dire, là, aujourd'hui, je ne suis pas bien. Qu'est-ce qui se passe ? Et réfléchir sur ce qu'est-ce qui se passe, je ne suis pas bien. Ne pas l'évacuer en cherchant tout de suite à aller mieux. Et je pense que c'est ce qui me fait progresser, en tout cas, et aller mieux. C'est ce que j'essaye de faire avec ces petites techniques dont je parlais, et puis mon traitement. Et là, je recommence à réussir à sortir de chez moi, à me motiver, à être joyeuse. Et parfois encore un peu de tristesse, bien évidemment. Mais quand je suis triste, je ne cherche pas tout de suite à remplacer la tristesse par la joie. Je prends en compte cette tristesse. Mais je n'ai pas envie qu'il dure trop longtemps. Alors, après avoir laissé un peu mon corps, mon esprit triste, je mets de la musique et je me mets en mouvement. Le mouvement, ça aussi, c'est important parce que quand je me suis arrêtée de travailler, j'ai arrêté le mouvement aussi physique. Et c'est en chantant, en dansant, que je retrouve cette forme de mouvement. en sortant aussi maintenant, en allant marcher, pour aller quelque part, en jouant avec mon fils, bien évidemment, aussi des moments de joie, et accepter ces moments aussi où je m'autorise à être bien, à ne pas être productive, moi qui ai toujours été dans la production, dans vouloir tout faire, vite, bien, et quand je n'y arrivais pas, le soir, je me punissais. Je ne m'autorisais même pas à regarder une série et maintenant oui je m'autorise. Je m'autorise des plaisirs simples, appropriés, parfois un petit peu égoïstes. Et puis je continue de donner mais j'essaye aussi de poser des limites. Et j'ai surtout maintenant envie de travailler de nouveau, de reprendre une activité. Alors je réfléchis à celle qui sera là. la plus adaptée, et ça me fait du bien d'avoir cette envie. Je ne sais pas encore trop ce que je ferai, mais je sais ce que je ne ferai pas. Je ne donnerai plus tout à mon travail, ça ne sera plus ma principale activité et je ne veux plus que ça soit le lieu où je considère où je vais être jugée, c'est-à-dire être constamment soumise au regard des autres. interpréter ce regard des autres. J'ai compris que ce sont les autres, ils ont leurs pensées et ce n'est pas moi. Ils peuvent me juger en bien, en mal et c'est comme ça. Alors, je l'ai compris, ça ne veut pas dire que je l'accepte tous les jours, bien évidemment. Parfois, c'est dur, parfois ça m'énerve. Mais la colère aussi, que j'ai retrouvée, C'est pas si mal finalement de se remettre en colère contre des injustices et d'agir bien évidemment, pas juste être en colère. Et la récompense, ça je dois encore y travailler. Faire des choses parce que je les aime, c'est ce que je fais, mais ne pas attendre une récompense derrière. C'est ce que je vais travailler les prochaines semaines, les prochains mois. Être ancrée dans le présent, ne plus être tout le temps dans le passé, à ressasser, j'aurais dû faire ça, j'aurais pu faire ça. Mais du passé, je veux garder la mémoire des moments heureux ou malheureux. Mais cette mémoire est importante pour moi, la mémoire de mes origines, mon identité familiale, ma culture, ma famille. J'ai beaucoup écrit là-dessus et ça m'a fait du bien. L'avenir. J'avais tendance à me projeter comme ça dans des rêves complètement... Irréaliste. Alors je continue à rêver parce que j'aime rêver, mais je vais essayer de rêver sans trop attendre derrière. Mais je continuerai, j'ai envie de continuer, de garder ce trait de caractère parce que ça me permet d'oser, d'oser faire des choses qui paraissent originales, on va dire, mais... Ce qu'il faut que je me dise, je pense, c'est de continuer à faire ces choses-là, mais sans attendre forcément un succès, parce qu'il y a une question d'ego aussi, où j'ai à la fois un ego démesuré, et à la fois je peux me sentir deux minutes après la fille la plus nulle du monde. Alors le juste milieu, pour une personne excessive comme moi, ça va être ce que je vais essayer de trouver, mais je veux quand même rester passionnée et enthousiaste, parce que ça c'est moi. Peut-être que mes pathologies influent là-dessus, mais je pense que c'est moi. Je suis enthousiaste, je suis passionnée et ça me plaît d'être comme ça. Et c'est ce qui me permet d'écrire, de créer, de vivre aussi. Les angoisses, les angoisses qui sont moins présentes. La dépression qui est moins présente aussi. Le fait de réussir à me lever le matin. Pas tous les jours, encore une fois, mais la plupart du temps et de plus en plus fréquemment. Et me lever sans tant d'efforts que ça. Finalement, je me dis, ces diagnostics, ils sont bien tombés. Ça a été dur, mais ça m'a permis d'avancer. J'aurais préféré, bien sûr, les avoir plus tôt. Ça m'aurait évité toutes ces automédications que j'ai faites en me noyant dans le travail, parfois trop souvent, dans l'alcool, en fumant, en frénétiquement. Peut-être que j'aurais fait autrement. Le fait est que j'ai fait comme ça et que ça m'a aidée aussi, d'une certaine manière, à tenir. Et aujourd'hui, je ne bois plus. Peut-être que je reboirai plus tard, je ne sais pas. Je ne fume plus et j'ai une autre notion du travail. Cela ne veut pas dire que le travail ne sera plus important pour moi. Je ne vais pas changer du tout au tout et je cherche encore un travail où je vais... où je vais m'épanouir bien évidemment, mais ça ne sera pas toute ma vie. Et je veux aussi un équilibre entre ma vie personnelle et ma vie professionnelle. Alors je veux beaucoup de choses, je n'aurai peut-être pas tout, mais cette période de réflexion où je me suis arrêtée, où je me suis posée pour la première fois de ma vie, ça a été dur aussi ça, de se poser et de me dire, je suis en arrêt maladie, long. Aujourd'hui, je suis au chômage. Ce n'est pas évident pour une personnalité comme la mienne, mais je l'accepte et je pense que ça m'a fait du bien. Je ne sais pas de quoi demain sera fait, mais je suis une optimiste et je pense que demain va être beau, qu'il y aura des difficultés, bien évidemment, mais que j'aurai plus de force pour les surmonter. et surtout que je les surmonterais de manière plus saine. Cette période m'a permis aussi, et je vais finir par cela, de me retrouver, mais de retrouver aussi mon lien aux autres. Je me suis rapprochée de mon mari. Nous avons toujours été proches, mais j'avais tendance à m'enfermer quand me renfermer plutôt sur moi-même, me replier. Quand je n'étais pas bien et maintenant, quand je ne suis pas bien, je lui parle. Et on peut parler sérieusement, mais on peut aussi parler de manière plus légère. On est plus proche, je trouve, de mon fils. J'ai toujours été proche, mais je pense que nos liens changent. Ils sont toujours très forts, bien sûr, mais j'ai appris qu'il n'est pas moi. C'est une personne que je dois aider à... à grandir, mais c'est une autre personne que moi. Et ça, c'est important. Je serai toujours là pour lui, bien évidemment, mais il est lui, je suis moi. Et mes parents aussi. J'ai toujours encore cette volonté de leur plaire, de les rendre fiers, mais on s'est rapprochés aussi et ils m'ont dit qu'ils étaient fiers de moi. de ce que j'avais fait. Et ça, c'était important. On parle plus sereinement, ils ont accepté que j'avais ces problèmes. J'avais peur de leur dire, je pensais qu'ils n'accepteraient pas. Eh bien, pas du tout. Et puis mes amis, bien évidemment, je les savais être très présents, mais ils m'ont montré que je pourrais toujours compter sur eux. sans jugement, juste une présence, une amitié inconditionnelle. Voici ce que j'avais à vous dire en cinq épisodes. Cela m'a permis de mettre des mots sur ce que j'ai vécu, sur ce que j'ai ressenti, sur ce que je ressens. Un acte un petit peu individuel, peut-être une forme de thérapie, mais j'espère surtout... qu'elle sera utile à d'autres personnes. C'est un témoignage, bien évidemment, c'est mon témoignage. Et je ne prétends pas du tout parler au nom d'autres personnes que moi-même. Mais moi, j'aime bien écouter les témoignages d'autres personnes. Alors je me dis, peut-être que certaines personnes aimeront écouter mon témoignage.
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Bienvenue dans ma série de podcasts 46 ans, où je vous parle sans filtre de ma vie de femme de 46 ans avec des problèmes de santé mentale. Je m'appelle Marie, j'ai donc 46 ans, j'ai un enfant, je suis séparée de son père, je suis remariée et j'ai un trouble anxieux généralisé qui entraîne des états dépressifs et on m'a diagnostiqué récemment. un TDAH. Épisode 5 et dernier épisode vivre avec. Vivre avec ces maladies ou s'en débarrasser, je ne sais pas mais pour l'instant c'est vivre avec et vivre mieux. Les accepter comprendre qu'elles ne sont pas moi. comprendre leurs effets, essayer de les atténuer et parler, parler, parler pour aller mieux, parler aussi, je l'espère, pour les autres, pour ne pas stigmatiser les personnes qui ont des pathologies mentales et pour qu'on arrête avec cette peur de la folie. Ça peut nous arriver à toutes et tous. Moi, je me doutais que je n'étais pas comme les autres, mais mes diagnostics sont arrivés à 46 ans. Et au bout de six mois, voici ce que je retiens. Tout d'abord, ça a été dur, très dur. Un petit peu le diagnostic, un petit choc, mais surtout, je pensais que... Ça partirait très vite comme une baguette magique. Eh bien non, c'est un long cheminement. Et même si ça a été très dur, même si j'ai encore parfois des moments de rechute, je suis satisfaite de ce cheminement. Parce que pour la première fois de ma vie, j'ai pris le temps de réfléchir, de chercher à comprendre. d'analyser, d'aller voir au plus profond, même quand ce n'est pas agréable. Ce que je retiens aussi, c'est qu'on est tous et toutes différents face à la santé mentale et aux pathologies, qu'il y a des inégalités structurelles. Et j'aimerais que tout le monde puisse se faire soigner et avoir accès à des médecins, des thérapeutes. Pour avoir discuté avec d'autres personnes qui ont des pathologies mentales, je retiens aussi, et je pense que c'est fondamental que nous sommes tous différents, avec quelques points communs, bien évidemment liés aux pathologies, mais surtout, les traitements doivent nous être propres et nous être proposés avec une discussion. Et cela peut être des traitements... médicamenteux, non médicamenteux, les deux à la fois. Pour moi, c'est les deux à la fois. Et je lis trop souvent des articles ou sur les réseaux sociaux des postes qui sont, je pense, un peu trop radicaux contre certaines formes de thérapie. Et je pense qu'il faut laisser le choix aux personnes en lien avec leur thérapeute. de trouver ce qui leur correspond le mieux et qu'il ne faut pas évacuer certaines méthodes. Par exemple, moi je prends un traitement médicamenteux, mais je suis aussi une thérapie avec ma psychiatre et je me suis mise à faire de la méditation, à utiliser des petites techniques de thérapie cognitivo-comportementale. Mais je réfléchis aussi à moi-même, je parle. La psychanalyse n'est pas forcément ce que je choisis, mais je n'évacue pas en tout cas. Et je pense que tout peut être complémentaire, mais si on m'avait proposé qu'une seule méthode, je sais que moi ça ne m'aurait pas convenu. J'aime bien, comment dire, le mélange. Et puis le fait de pouvoir piocher aussi en fonction des moments. La musique, comme je l'ai dit, c'est quelque chose qui m'aide profondément. Et puis les relations sociales, ne pas être isolée. Et pouvoir se permettre parfois aussi d'être isolée, parce que moi j'ai besoin de solitude, de silence. Mais j'ai besoin aussi de bruit, de voir du monde, de voir de la joie. Et ce que j'essaye de faire aussi, c'est reconnaître... les moments de difficulté, les nommer, et ne plus être comme avant dans le déni. Et me dire, là, aujourd'hui, je ne suis pas bien. Qu'est-ce qui se passe ? Et réfléchir sur ce qu'est-ce qui se passe, je ne suis pas bien. Ne pas l'évacuer en cherchant tout de suite à aller mieux. Et je pense que c'est ce qui me fait progresser, en tout cas, et aller mieux. C'est ce que j'essaye de faire avec ces petites techniques dont je parlais, et puis mon traitement. Et là, je recommence à réussir à sortir de chez moi, à me motiver, à être joyeuse. Et parfois encore un peu de tristesse, bien évidemment. Mais quand je suis triste, je ne cherche pas tout de suite à remplacer la tristesse par la joie. Je prends en compte cette tristesse. Mais je n'ai pas envie qu'il dure trop longtemps. Alors, après avoir laissé un peu mon corps, mon esprit triste, je mets de la musique et je me mets en mouvement. Le mouvement, ça aussi, c'est important parce que quand je me suis arrêtée de travailler, j'ai arrêté le mouvement aussi physique. Et c'est en chantant, en dansant, que je retrouve cette forme de mouvement. en sortant aussi maintenant, en allant marcher, pour aller quelque part, en jouant avec mon fils, bien évidemment, aussi des moments de joie, et accepter ces moments aussi où je m'autorise à être bien, à ne pas être productive, moi qui ai toujours été dans la production, dans vouloir tout faire, vite, bien, et quand je n'y arrivais pas, le soir, je me punissais. Je ne m'autorisais même pas à regarder une série et maintenant oui je m'autorise. Je m'autorise des plaisirs simples, appropriés, parfois un petit peu égoïstes. Et puis je continue de donner mais j'essaye aussi de poser des limites. Et j'ai surtout maintenant envie de travailler de nouveau, de reprendre une activité. Alors je réfléchis à celle qui sera là. la plus adaptée, et ça me fait du bien d'avoir cette envie. Je ne sais pas encore trop ce que je ferai, mais je sais ce que je ne ferai pas. Je ne donnerai plus tout à mon travail, ça ne sera plus ma principale activité et je ne veux plus que ça soit le lieu où je considère où je vais être jugée, c'est-à-dire être constamment soumise au regard des autres. interpréter ce regard des autres. J'ai compris que ce sont les autres, ils ont leurs pensées et ce n'est pas moi. Ils peuvent me juger en bien, en mal et c'est comme ça. Alors, je l'ai compris, ça ne veut pas dire que je l'accepte tous les jours, bien évidemment. Parfois, c'est dur, parfois ça m'énerve. Mais la colère aussi, que j'ai retrouvée, C'est pas si mal finalement de se remettre en colère contre des injustices et d'agir bien évidemment, pas juste être en colère. Et la récompense, ça je dois encore y travailler. Faire des choses parce que je les aime, c'est ce que je fais, mais ne pas attendre une récompense derrière. C'est ce que je vais travailler les prochaines semaines, les prochains mois. Être ancrée dans le présent, ne plus être tout le temps dans le passé, à ressasser, j'aurais dû faire ça, j'aurais pu faire ça. Mais du passé, je veux garder la mémoire des moments heureux ou malheureux. Mais cette mémoire est importante pour moi, la mémoire de mes origines, mon identité familiale, ma culture, ma famille. J'ai beaucoup écrit là-dessus et ça m'a fait du bien. L'avenir. J'avais tendance à me projeter comme ça dans des rêves complètement... Irréaliste. Alors je continue à rêver parce que j'aime rêver, mais je vais essayer de rêver sans trop attendre derrière. Mais je continuerai, j'ai envie de continuer, de garder ce trait de caractère parce que ça me permet d'oser, d'oser faire des choses qui paraissent originales, on va dire, mais... Ce qu'il faut que je me dise, je pense, c'est de continuer à faire ces choses-là, mais sans attendre forcément un succès, parce qu'il y a une question d'ego aussi, où j'ai à la fois un ego démesuré, et à la fois je peux me sentir deux minutes après la fille la plus nulle du monde. Alors le juste milieu, pour une personne excessive comme moi, ça va être ce que je vais essayer de trouver, mais je veux quand même rester passionnée et enthousiaste, parce que ça c'est moi. Peut-être que mes pathologies influent là-dessus, mais je pense que c'est moi. Je suis enthousiaste, je suis passionnée et ça me plaît d'être comme ça. Et c'est ce qui me permet d'écrire, de créer, de vivre aussi. Les angoisses, les angoisses qui sont moins présentes. La dépression qui est moins présente aussi. Le fait de réussir à me lever le matin. Pas tous les jours, encore une fois, mais la plupart du temps et de plus en plus fréquemment. Et me lever sans tant d'efforts que ça. Finalement, je me dis, ces diagnostics, ils sont bien tombés. Ça a été dur, mais ça m'a permis d'avancer. J'aurais préféré, bien sûr, les avoir plus tôt. Ça m'aurait évité toutes ces automédications que j'ai faites en me noyant dans le travail, parfois trop souvent, dans l'alcool, en fumant, en frénétiquement. Peut-être que j'aurais fait autrement. Le fait est que j'ai fait comme ça et que ça m'a aidée aussi, d'une certaine manière, à tenir. Et aujourd'hui, je ne bois plus. Peut-être que je reboirai plus tard, je ne sais pas. Je ne fume plus et j'ai une autre notion du travail. Cela ne veut pas dire que le travail ne sera plus important pour moi. Je ne vais pas changer du tout au tout et je cherche encore un travail où je vais... où je vais m'épanouir bien évidemment, mais ça ne sera pas toute ma vie. Et je veux aussi un équilibre entre ma vie personnelle et ma vie professionnelle. Alors je veux beaucoup de choses, je n'aurai peut-être pas tout, mais cette période de réflexion où je me suis arrêtée, où je me suis posée pour la première fois de ma vie, ça a été dur aussi ça, de se poser et de me dire, je suis en arrêt maladie, long. Aujourd'hui, je suis au chômage. Ce n'est pas évident pour une personnalité comme la mienne, mais je l'accepte et je pense que ça m'a fait du bien. Je ne sais pas de quoi demain sera fait, mais je suis une optimiste et je pense que demain va être beau, qu'il y aura des difficultés, bien évidemment, mais que j'aurai plus de force pour les surmonter. et surtout que je les surmonterais de manière plus saine. Cette période m'a permis aussi, et je vais finir par cela, de me retrouver, mais de retrouver aussi mon lien aux autres. Je me suis rapprochée de mon mari. Nous avons toujours été proches, mais j'avais tendance à m'enfermer quand me renfermer plutôt sur moi-même, me replier. Quand je n'étais pas bien et maintenant, quand je ne suis pas bien, je lui parle. Et on peut parler sérieusement, mais on peut aussi parler de manière plus légère. On est plus proche, je trouve, de mon fils. J'ai toujours été proche, mais je pense que nos liens changent. Ils sont toujours très forts, bien sûr, mais j'ai appris qu'il n'est pas moi. C'est une personne que je dois aider à... à grandir, mais c'est une autre personne que moi. Et ça, c'est important. Je serai toujours là pour lui, bien évidemment, mais il est lui, je suis moi. Et mes parents aussi. J'ai toujours encore cette volonté de leur plaire, de les rendre fiers, mais on s'est rapprochés aussi et ils m'ont dit qu'ils étaient fiers de moi. de ce que j'avais fait. Et ça, c'était important. On parle plus sereinement, ils ont accepté que j'avais ces problèmes. J'avais peur de leur dire, je pensais qu'ils n'accepteraient pas. Eh bien, pas du tout. Et puis mes amis, bien évidemment, je les savais être très présents, mais ils m'ont montré que je pourrais toujours compter sur eux. sans jugement, juste une présence, une amitié inconditionnelle. Voici ce que j'avais à vous dire en cinq épisodes. Cela m'a permis de mettre des mots sur ce que j'ai vécu, sur ce que j'ai ressenti, sur ce que je ressens. Un acte un petit peu individuel, peut-être une forme de thérapie, mais j'espère surtout... qu'elle sera utile à d'autres personnes. C'est un témoignage, bien évidemment, c'est mon témoignage. Et je ne prétends pas du tout parler au nom d'autres personnes que moi-même. Mais moi, j'aime bien écouter les témoignages d'autres personnes. Alors je me dis, peut-être que certaines personnes aimeront écouter mon témoignage.
Description
Vivre avec des pathologies mentales, les accepter, les comprendre, trouver une ou des méthodes thérapeutiques adaptées et vivre mieux
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bienvenue dans ma série de podcasts 46 ans, où je vous parle sans filtre de ma vie de femme de 46 ans avec des problèmes de santé mentale. Je m'appelle Marie, j'ai donc 46 ans, j'ai un enfant, je suis séparée de son père, je suis remariée et j'ai un trouble anxieux généralisé qui entraîne des états dépressifs et on m'a diagnostiqué récemment. un TDAH. Épisode 5 et dernier épisode vivre avec. Vivre avec ces maladies ou s'en débarrasser, je ne sais pas mais pour l'instant c'est vivre avec et vivre mieux. Les accepter comprendre qu'elles ne sont pas moi. comprendre leurs effets, essayer de les atténuer et parler, parler, parler pour aller mieux, parler aussi, je l'espère, pour les autres, pour ne pas stigmatiser les personnes qui ont des pathologies mentales et pour qu'on arrête avec cette peur de la folie. Ça peut nous arriver à toutes et tous. Moi, je me doutais que je n'étais pas comme les autres, mais mes diagnostics sont arrivés à 46 ans. Et au bout de six mois, voici ce que je retiens. Tout d'abord, ça a été dur, très dur. Un petit peu le diagnostic, un petit choc, mais surtout, je pensais que... Ça partirait très vite comme une baguette magique. Eh bien non, c'est un long cheminement. Et même si ça a été très dur, même si j'ai encore parfois des moments de rechute, je suis satisfaite de ce cheminement. Parce que pour la première fois de ma vie, j'ai pris le temps de réfléchir, de chercher à comprendre. d'analyser, d'aller voir au plus profond, même quand ce n'est pas agréable. Ce que je retiens aussi, c'est qu'on est tous et toutes différents face à la santé mentale et aux pathologies, qu'il y a des inégalités structurelles. Et j'aimerais que tout le monde puisse se faire soigner et avoir accès à des médecins, des thérapeutes. Pour avoir discuté avec d'autres personnes qui ont des pathologies mentales, je retiens aussi, et je pense que c'est fondamental que nous sommes tous différents, avec quelques points communs, bien évidemment liés aux pathologies, mais surtout, les traitements doivent nous être propres et nous être proposés avec une discussion. Et cela peut être des traitements... médicamenteux, non médicamenteux, les deux à la fois. Pour moi, c'est les deux à la fois. Et je lis trop souvent des articles ou sur les réseaux sociaux des postes qui sont, je pense, un peu trop radicaux contre certaines formes de thérapie. Et je pense qu'il faut laisser le choix aux personnes en lien avec leur thérapeute. de trouver ce qui leur correspond le mieux et qu'il ne faut pas évacuer certaines méthodes. Par exemple, moi je prends un traitement médicamenteux, mais je suis aussi une thérapie avec ma psychiatre et je me suis mise à faire de la méditation, à utiliser des petites techniques de thérapie cognitivo-comportementale. Mais je réfléchis aussi à moi-même, je parle. La psychanalyse n'est pas forcément ce que je choisis, mais je n'évacue pas en tout cas. Et je pense que tout peut être complémentaire, mais si on m'avait proposé qu'une seule méthode, je sais que moi ça ne m'aurait pas convenu. J'aime bien, comment dire, le mélange. Et puis le fait de pouvoir piocher aussi en fonction des moments. La musique, comme je l'ai dit, c'est quelque chose qui m'aide profondément. Et puis les relations sociales, ne pas être isolée. Et pouvoir se permettre parfois aussi d'être isolée, parce que moi j'ai besoin de solitude, de silence. Mais j'ai besoin aussi de bruit, de voir du monde, de voir de la joie. Et ce que j'essaye de faire aussi, c'est reconnaître... les moments de difficulté, les nommer, et ne plus être comme avant dans le déni. Et me dire, là, aujourd'hui, je ne suis pas bien. Qu'est-ce qui se passe ? Et réfléchir sur ce qu'est-ce qui se passe, je ne suis pas bien. Ne pas l'évacuer en cherchant tout de suite à aller mieux. Et je pense que c'est ce qui me fait progresser, en tout cas, et aller mieux. C'est ce que j'essaye de faire avec ces petites techniques dont je parlais, et puis mon traitement. Et là, je recommence à réussir à sortir de chez moi, à me motiver, à être joyeuse. Et parfois encore un peu de tristesse, bien évidemment. Mais quand je suis triste, je ne cherche pas tout de suite à remplacer la tristesse par la joie. Je prends en compte cette tristesse. Mais je n'ai pas envie qu'il dure trop longtemps. Alors, après avoir laissé un peu mon corps, mon esprit triste, je mets de la musique et je me mets en mouvement. Le mouvement, ça aussi, c'est important parce que quand je me suis arrêtée de travailler, j'ai arrêté le mouvement aussi physique. Et c'est en chantant, en dansant, que je retrouve cette forme de mouvement. en sortant aussi maintenant, en allant marcher, pour aller quelque part, en jouant avec mon fils, bien évidemment, aussi des moments de joie, et accepter ces moments aussi où je m'autorise à être bien, à ne pas être productive, moi qui ai toujours été dans la production, dans vouloir tout faire, vite, bien, et quand je n'y arrivais pas, le soir, je me punissais. Je ne m'autorisais même pas à regarder une série et maintenant oui je m'autorise. Je m'autorise des plaisirs simples, appropriés, parfois un petit peu égoïstes. Et puis je continue de donner mais j'essaye aussi de poser des limites. Et j'ai surtout maintenant envie de travailler de nouveau, de reprendre une activité. Alors je réfléchis à celle qui sera là. la plus adaptée, et ça me fait du bien d'avoir cette envie. Je ne sais pas encore trop ce que je ferai, mais je sais ce que je ne ferai pas. Je ne donnerai plus tout à mon travail, ça ne sera plus ma principale activité et je ne veux plus que ça soit le lieu où je considère où je vais être jugée, c'est-à-dire être constamment soumise au regard des autres. interpréter ce regard des autres. J'ai compris que ce sont les autres, ils ont leurs pensées et ce n'est pas moi. Ils peuvent me juger en bien, en mal et c'est comme ça. Alors, je l'ai compris, ça ne veut pas dire que je l'accepte tous les jours, bien évidemment. Parfois, c'est dur, parfois ça m'énerve. Mais la colère aussi, que j'ai retrouvée, C'est pas si mal finalement de se remettre en colère contre des injustices et d'agir bien évidemment, pas juste être en colère. Et la récompense, ça je dois encore y travailler. Faire des choses parce que je les aime, c'est ce que je fais, mais ne pas attendre une récompense derrière. C'est ce que je vais travailler les prochaines semaines, les prochains mois. Être ancrée dans le présent, ne plus être tout le temps dans le passé, à ressasser, j'aurais dû faire ça, j'aurais pu faire ça. Mais du passé, je veux garder la mémoire des moments heureux ou malheureux. Mais cette mémoire est importante pour moi, la mémoire de mes origines, mon identité familiale, ma culture, ma famille. J'ai beaucoup écrit là-dessus et ça m'a fait du bien. L'avenir. J'avais tendance à me projeter comme ça dans des rêves complètement... Irréaliste. Alors je continue à rêver parce que j'aime rêver, mais je vais essayer de rêver sans trop attendre derrière. Mais je continuerai, j'ai envie de continuer, de garder ce trait de caractère parce que ça me permet d'oser, d'oser faire des choses qui paraissent originales, on va dire, mais... Ce qu'il faut que je me dise, je pense, c'est de continuer à faire ces choses-là, mais sans attendre forcément un succès, parce qu'il y a une question d'ego aussi, où j'ai à la fois un ego démesuré, et à la fois je peux me sentir deux minutes après la fille la plus nulle du monde. Alors le juste milieu, pour une personne excessive comme moi, ça va être ce que je vais essayer de trouver, mais je veux quand même rester passionnée et enthousiaste, parce que ça c'est moi. Peut-être que mes pathologies influent là-dessus, mais je pense que c'est moi. Je suis enthousiaste, je suis passionnée et ça me plaît d'être comme ça. Et c'est ce qui me permet d'écrire, de créer, de vivre aussi. Les angoisses, les angoisses qui sont moins présentes. La dépression qui est moins présente aussi. Le fait de réussir à me lever le matin. Pas tous les jours, encore une fois, mais la plupart du temps et de plus en plus fréquemment. Et me lever sans tant d'efforts que ça. Finalement, je me dis, ces diagnostics, ils sont bien tombés. Ça a été dur, mais ça m'a permis d'avancer. J'aurais préféré, bien sûr, les avoir plus tôt. Ça m'aurait évité toutes ces automédications que j'ai faites en me noyant dans le travail, parfois trop souvent, dans l'alcool, en fumant, en frénétiquement. Peut-être que j'aurais fait autrement. Le fait est que j'ai fait comme ça et que ça m'a aidée aussi, d'une certaine manière, à tenir. Et aujourd'hui, je ne bois plus. Peut-être que je reboirai plus tard, je ne sais pas. Je ne fume plus et j'ai une autre notion du travail. Cela ne veut pas dire que le travail ne sera plus important pour moi. Je ne vais pas changer du tout au tout et je cherche encore un travail où je vais... où je vais m'épanouir bien évidemment, mais ça ne sera pas toute ma vie. Et je veux aussi un équilibre entre ma vie personnelle et ma vie professionnelle. Alors je veux beaucoup de choses, je n'aurai peut-être pas tout, mais cette période de réflexion où je me suis arrêtée, où je me suis posée pour la première fois de ma vie, ça a été dur aussi ça, de se poser et de me dire, je suis en arrêt maladie, long. Aujourd'hui, je suis au chômage. Ce n'est pas évident pour une personnalité comme la mienne, mais je l'accepte et je pense que ça m'a fait du bien. Je ne sais pas de quoi demain sera fait, mais je suis une optimiste et je pense que demain va être beau, qu'il y aura des difficultés, bien évidemment, mais que j'aurai plus de force pour les surmonter. et surtout que je les surmonterais de manière plus saine. Cette période m'a permis aussi, et je vais finir par cela, de me retrouver, mais de retrouver aussi mon lien aux autres. Je me suis rapprochée de mon mari. Nous avons toujours été proches, mais j'avais tendance à m'enfermer quand me renfermer plutôt sur moi-même, me replier. Quand je n'étais pas bien et maintenant, quand je ne suis pas bien, je lui parle. Et on peut parler sérieusement, mais on peut aussi parler de manière plus légère. On est plus proche, je trouve, de mon fils. J'ai toujours été proche, mais je pense que nos liens changent. Ils sont toujours très forts, bien sûr, mais j'ai appris qu'il n'est pas moi. C'est une personne que je dois aider à... à grandir, mais c'est une autre personne que moi. Et ça, c'est important. Je serai toujours là pour lui, bien évidemment, mais il est lui, je suis moi. Et mes parents aussi. J'ai toujours encore cette volonté de leur plaire, de les rendre fiers, mais on s'est rapprochés aussi et ils m'ont dit qu'ils étaient fiers de moi. de ce que j'avais fait. Et ça, c'était important. On parle plus sereinement, ils ont accepté que j'avais ces problèmes. J'avais peur de leur dire, je pensais qu'ils n'accepteraient pas. Eh bien, pas du tout. Et puis mes amis, bien évidemment, je les savais être très présents, mais ils m'ont montré que je pourrais toujours compter sur eux. sans jugement, juste une présence, une amitié inconditionnelle. Voici ce que j'avais à vous dire en cinq épisodes. Cela m'a permis de mettre des mots sur ce que j'ai vécu, sur ce que j'ai ressenti, sur ce que je ressens. Un acte un petit peu individuel, peut-être une forme de thérapie, mais j'espère surtout... qu'elle sera utile à d'autres personnes. C'est un témoignage, bien évidemment, c'est mon témoignage. Et je ne prétends pas du tout parler au nom d'autres personnes que moi-même. Mais moi, j'aime bien écouter les témoignages d'autres personnes. Alors je me dis, peut-être que certaines personnes aimeront écouter mon témoignage.
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