Description
Qu’est ce qui me fait aller mieux ? Qu’est-ce qui au contraire ne m’aide pas ?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Description
Qu’est ce qui me fait aller mieux ? Qu’est-ce qui au contraire ne m’aide pas ?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bienvenue dans ce podcast intitulé 46 ans, où je vous raconte sans filtre ma vie de femme de 46 ans avec des problèmes de santé mentale. Je m'appelle Marie, j'ai donc 46 ans. J'ai un enfant, je suis séparée de son père et je suis remariée. Je suis blanche et plutôt privilégiée. Épisode 4 Comment aller mieux ou moins mal ? Quand j'ai des rechutes, c'est difficile, mais si je veux voir le côté positif, c'est dans ces moments-là que je me pose beaucoup de questions et que je cherche des solutions, même petites, pour aller mieux et surtout me mettre en mouvement. Car quand je suis en mouvement, tout de suite, je vais mieux. Le plus important pour moi, c'est de réussir à sortir de mon lit. Dans la rechute dont je vous ai parlé dans l'épisode précédent, le déclic, ça a été d'annuler quelque chose qui m'angoissait, d'aller sur mon canapé. et de vous parler. Et ensuite, j'allais un peu mieux. En général, j'utilise plusieurs techniques qui me sont propres et qu'on m'a données, que j'ai lues. Ce qui m'aide aussi, c'est de parler avec des personnes qui ont les mêmes troubles ou d'autres troubles. Et bien qu'on soit tous différents, on a des points communs et on peut s'entraider, se rassurer. Donc je dirais le matin pour sortir de la torpeur, pour sortir du lit. C'est vraiment, si je sors du lit, je sais que ça va aller. Et c'est la musique. C'est la musique, je mets une musique. que j'aime et je me lève, je chante et je danse. Et là, c'est comme un petit miracle. Mon corps s'active, peut-être un peu de dopamine arrive à mon cerveau et je vais mieux. Ensuite, je prends mon anxiolytique. Mes antidépresseurs, je les ai pris précédemment, avant même de me lever. Et cette anxiolytique m'aide. Et quelque chose dont je suis plutôt contente, c'est que j'arrive bien à décélérer, c'est-à-dire en prendre de moins en moins. Parce que l'idée, c'est d'être à zéro et d'en prendre en si besoin. Là, je suis à trois quarts. Je pense que je pourrais être bientôt à deux quarts. En novembre, par exemple, j'étais à sept quarts. Ce sont des petits progrès et je m'encourage quand je réussis. Et si parfois j'ai besoin de prendre un quart de plus, ce n'est pas grave. Je me dis aujourd'hui, j'ai eu besoin d'un quart de plus. Et l'essentiel, c'est que ça aille bien. Je bois mon café. Ça aussi, c'est mon petit rituel. Je bois mon café. debout pour rester en énergie. Ensuite, je me lave, je m'habille. J'essaye de m'habiller un peu jolie, même si je reste à la maison. Et là, je note. Je note que j'ai réussi à me lever, me laver, m'habiller. Et je me félicite. Ça peut sembler un peu simpliste, mais avec moi, ça marche. Après, cela dépend. J'essaye maintenant de sortir un peu. Alors, je n'arrive pas à sortir sans but, mais ça, je crois que je n'ai... Je ne l'ai jamais trop fait, je n'ai jamais trop aimé sortir sans but. Mais quand j'ai des rendez-vous maintenant, la plupart du temps, puisque dans mon épisode de rechute, je n'ai pas honoré un rendez-vous, mais ce n'est pas grave parce que c'est y renoncer qui m'a aidée à aller mieux et à faire que cette rechute ne dure qu'une demi-journée, alors qu'avant, elle ne durait plus longtemps. Mais sortir, voir quelqu'un... discuter, parler. Ça, c'est exceptionnel. Ensuite, j'ai une motivation qui renaît. Et je rentre chez moi. Et là, quelque chose que j'aime bien faire, c'est... C'est toujours la même chose, c'est parler ou écrire des poèmes. Alors, je fais un post sur un réseau social. J'écris deux, trois heures. de trois poèmes comme ça, et je me dis, je les retravaillerai plus tard. Et parfois, ça suffit de faire ça. Mon fils rentre, et puis le voir, de toute façon, c'est toujours un bonheur. Quand ça ne va pas, j'appelle mon mari, il vient, il se débrouille le plus possible pour venir. Je peux aussi appeler ma mère. Mes amis, même si c'est vraiment en dernière intention parce qu'ils travaillent en journée et je ne veux pas les déranger trop. Et quand vraiment ça va mieux, là j'arrive à m'asseoir sur mon bureau, à travailler ma thèse. Je l'avais travaillé très bien la première année, là c'est récent que je sois bloquée et j'utilise maintenant la méthode Pomodoro. Donc, c'est 25 minutes de travail, 5 minutes de pause, 25 minutes de travail, 5 minutes de pause, jusqu'à avoir une demi-heure de pause au bout de 4 sessions de travail. Et je trouve que c'est bien. Je ne l'ai essayé qu'une fois, mais ça a marché pour moi parce que j'ai une minuterie et je me dis, j'ai 25 minutes. Pendant 25 minutes, tu travailles, tu as peu de temps, donc vas-y, tu dois le faire. Et je l'ai fait, sans trop me déconcentrer. Parfois, oui, je suis une personne rêveuse avec 12 000 pensées à la fois, donc j'ai des pensées qui arrivent, mais j'ai réussi. J'ai réussi à écrire ce qui m'a aidée, ce qui m'angoissait, la page blanche de ma thèse. Et là, je vais mieux. Mais je dirais, en tout cas pour moi, ce qui m'aide, c'est tout ce qui est artistique, créatif finalement. La musique, le matin, chanter, danser, écrire et travailler sur l'art. Et puis la sociabilité, voir des gens. Leur parler. Et parler aussi. Ce podcast m'aide bien évidemment. Parler sur les réseaux, même si je ne parle pas de moi, je vais parler d'autres choses. J'y mets toujours un peu de moi quand même, mais j'aime parler, j'aime parler, j'aime écrire. C'est un métier comme ça que je voudrais faire. Et c'est ça qui m'aide. Et de garder espoir aussi, parce qu'en réécoutant l'épisode sur la rechute, je me suis dit, ça fait un peu désespérant, mais j'avais dit sans filtre. Alors, je vous ai parlé en toute honnêteté, mais je pense qu'il y a aussi le fait que j'aime la vie et que j'y crois. Et qu'au fond de moi, je crois que je vais m'en sortir, même si... J'ai peur des fois d'être bloquée, de rester dans cette torpeur. Mais maintenant, avec l'expérience, je sais aussi que ça se termine. Ça ne reste pas. Et puis, si ça reste peut-être un jour, je sais que le lendemain, ça partira. Même si le jour même, c'est difficile. Mais c'est moins difficile qu'avant. Et puis, je sais aussi que ça arrive à... à d'autres personnes que je ne suis pas seule. Et ça, c'est aidant. C'est pour ça que j'ai fait aussi ce podcast. Je me dis, ça peut peut-être aider des personnes qui sont comme moi ou un peu différentes, mais de se dire, je ne suis pas seule. On est plusieurs. Et ce n'est pas stigmatisant, on n'est pas l'image du fou qui fait peur. On a des vulnérabilités, mais on a aussi des forces et on peut transformer ces vulnérabilités en forces. Déjà, reconnaître sa maladie, se soigner, c'est une force, je trouve. C'est du courage, parce qu'il y a aussi les choses qui... qui enfoncent et qui ne font pas du bien. Quand on dit « Ah, tu manques de volonté. » Eh non, je ne manque pas de volonté. Et d'ailleurs, d'accepter et de me faire soigner, c'est une forme de volonté. Et si c'était qu'une question de volonté, ça ferait longtemps que j'aurais repris une vie, une vie normale, on va dire. Je ne sais pas ce que c'est une vie normale, mais en tout cas, la vie que je veux. C'est comme de dire, allez, bouge-toi, prends sur toi. Et le pire du pire, et des gens peuvent faire ça pour aider, c'est d'essayer de nous forcer. Moi, quand je suis allongée, de me tirer, et là, je le prends comme une oppression. C'est terrible. Je dis, ne faites jamais ça, en fait. Je sortirai quand je serai prête, mais me tirer le bras pour m'aider à sortir, ce n'est pas possible. Après, autre chose que... qu'on m'a souvent dit et que je me dis moi aussi, mais qui ne marche pas, qui fait même l'effet inverse, c'est de dire, regarde, tous les gens plus malheureux que toi. Et oui, je sais qu'il y a plus malheureux que moi, enfin, je ne sais pas, en tout cas, moins privilégiés, on va dire, qui vivent dans des conditions qui ne sont pas les miennes. Déjà, des gens qui vivent dans des pays en guerre. Et leur préoccupation, ce n'est pas comme moi, de sortir de leur lit. Je le sais très bien, leur préoccupation, c'est de survivre, de protéger leur famille. Ils vivent des deuils à répétition. C'est tragique. Même en France, j'ai bien conscience, je fais partie des privilégiés. Déjà, j'ai un logement. Là, je touche... le chômage, même si je veux travailler, mais je n'ai pas rien du tout. Je suis très entourée. J'ai une famille aimante qui me comprend. J'ai eu des compétences assez jeunes, qu'on appelle des compétences psychosociales, qui me permettent aussi de relativiser. J'ai cet accès facile à l'art qui m'aide, parce que je pourrais dire l'art m'aide, mais... Si je n'ai pas de connexion Wi-Fi, un abonnement, une enceinte, oui, je pourrais chanter toute seule, mais ce n'est pas pareil. Et puis, je suis blanche aussi, et avec le racisme, je sais très bien que je suis privilégiée aussi là-dessus et que la vie est beaucoup plus difficile pour les personnes qui sont non-blanches, si en plus elles sont... pauvre et sans logement, etc. Mais en fait, me dire ça, ça ne m'aide pas. Et ça ne veut pas dire que je ne reconnais pas mon privilège, bien au contraire. Mais je me dis que j'ai ce que j'ai et mon privilège, en fait, c'est de... pouvoir me faire soigner. Et ça, vraiment, j'en ai conscience. Avec l'état des soins en France, je me dis, mais quelle injustice que des gens ne puissent pas avoir accès à ce que j'ai, en fait. Parce que les temps sont très longs pour avoir un rendez-vous à l'hôpital public, il n'y a pas assez de soignants. Moi, je vois une psychiatre en libéral parce que je peux le payer. Et encore, elle réduit sa patientèle, elle ne prend plus de nouveaux patients. Donc, j'ai conscience de cette chance. Mais de me dire « tu as cette chance » ne me fait pas aller mieux. C'est-à-dire que je le sais, bien évidemment, et je ne l'oublie pas. Mais ça ne marche pas comme ça. En tout cas, dans mon cerveau, ça ne marche pas comme ça. Et je me dis que justement, moi qui suis plutôt, enfin même pas plutôt, on dirait que je m'excuse quand je dis ça, mais je suis dans la solidarité. J'ai envie que tout le monde aille bien. J'aime les gens. Je ne supporte pas l'injustice. Je ne comprends pas les guerres, l'impérialisme, la destruction des peuples, des enfants qui meurent. Vraiment, c'est terrible. Mais j'ai toujours été dans l'entraide, j'ai toujours essayé d'aider comme je pouvais, par mes métiers différents qui étaient très engagés ou par d'autres actions. Et je me dis que pour aider, pour être dans le collectif, il faut d'abord aller bien à soi-même. Donc je me soigne et puis quand j'irai mieux, et même des fois, il y a des jours où je vais bien en ce moment en plus, et les jours où je vais bien, j'essaye. à ma manière, bien évidemment, d'agir, d'aider comme je peux. Je ne suis pas présidente de la République. Et voilà, j'ai des petits moyens, mais avec mes petits moyens, j'essaye. Mais ça, c'est une énorme victoire pour moi d'avoir enlevé cette culpabilité-là et de m'autoriser le droit à aller mal. Et que ce n'est pas un caprice de petite fille riche, en fait. Sachant que riche, pas des millions, mais qui vit correctement, on va dire. Et riche par rapport, je pense, à la majorité des Français. Si on regarde le revenu moyen ou médian, je me considère en tout cas comme favorisée. Et je me dis, oui, je suis favorisée, je me considère comme favorisée. Mais j'ai le droit moi aussi d'aller mal. J'ai le droit de me plaindre. Alors bien évidemment, je ne vais pas aller me plaindre à quelqu'un qui est à la rue en lui disant « ma vie est horrible, ça n'aurait aucun sens » . Mais j'ai le droit de m'exprimer là-dessus parce que c'est vrai en fait et que c'est sincère. Et la sincérité, c'est ce qui m'a toujours animée. Et c'est quand je ne pouvais pas être sincère, quand je devais jouer un rôle, que j'étais le plus malheureuse. Alors aujourd'hui, oui, je me suis pris, comme a dit une amie, trois diagnostics en six mois. Ce n'est pas évident, même si certains, voilà, je le savais. Et c'était aussi une surprise, mais ce n'est pas évident. Ce n'est pas de ma faute, c'est aussi lié. Pour certaines pathologies, il y a des facteurs environnementaux, à la société, le capitalisme qui n'aide pas, au malheur du monde qui n'aide pas, à l'amorosité ambiante aussi qui est difficile, et puis à des contrariétés qui arrivent, qu'on peut avoir par exemple, tant que maman, quand votre enfant ne va pas bien, ce qui m'est arrivé aussi. Et ça, je pense que c'est la première victoire. Et c'est ce qui m'a permis d'aller bien aussi. Et de reconnaître, de dire Marie, tu as ces pathologies. Ce n'est pas grave. Ce n'est pas grave au niveau social et de stigmatisation. Tu as ces pathologies, c'est comme ça, tu le reconnais. Ce n'est pas grave que je voulais dire. Ce n'est pas une honte, voilà. Ce n'est pas une honte. Tu as ces pathologies. Tu as des ressources. Ça, c'est une chance de privilégier. Tu as ces ressources-là et tu vas y arriver. Parce que si je suis très bien entourée, c'est ce que j'ai déjà dit. Et voilà, tout ce qui me permet d'aller mieux. J'espère que les gens qui ne vont pas bien, qui ont des problèmes comme moi ou des moments de rechute comme j'ai eu, arrivent aussi à trouver... à trouver des ressources qui peuvent être différentes, bien évidemment, pour chacun et chacune, c'est ce que je souhaite, que tout le monde trouve, comme j'arrive à trouver la plupart du temps, la plupart du temps, parce que ceux qui ont écouté l'épisode rechute, c'est pas tout le temps, mais c'est ce que je voudrais.
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Qu’est ce qui me fait aller mieux ? Qu’est-ce qui au contraire ne m’aide pas ?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Bienvenue dans ce podcast intitulé 46 ans, où je vous raconte sans filtre ma vie de femme de 46 ans avec des problèmes de santé mentale. Je m'appelle Marie, j'ai donc 46 ans. J'ai un enfant, je suis séparée de son père et je suis remariée. Je suis blanche et plutôt privilégiée. Épisode 4 Comment aller mieux ou moins mal ? Quand j'ai des rechutes, c'est difficile, mais si je veux voir le côté positif, c'est dans ces moments-là que je me pose beaucoup de questions et que je cherche des solutions, même petites, pour aller mieux et surtout me mettre en mouvement. Car quand je suis en mouvement, tout de suite, je vais mieux. Le plus important pour moi, c'est de réussir à sortir de mon lit. Dans la rechute dont je vous ai parlé dans l'épisode précédent, le déclic, ça a été d'annuler quelque chose qui m'angoissait, d'aller sur mon canapé. et de vous parler. Et ensuite, j'allais un peu mieux. En général, j'utilise plusieurs techniques qui me sont propres et qu'on m'a données, que j'ai lues. Ce qui m'aide aussi, c'est de parler avec des personnes qui ont les mêmes troubles ou d'autres troubles. Et bien qu'on soit tous différents, on a des points communs et on peut s'entraider, se rassurer. Donc je dirais le matin pour sortir de la torpeur, pour sortir du lit. C'est vraiment, si je sors du lit, je sais que ça va aller. Et c'est la musique. C'est la musique, je mets une musique. que j'aime et je me lève, je chante et je danse. Et là, c'est comme un petit miracle. Mon corps s'active, peut-être un peu de dopamine arrive à mon cerveau et je vais mieux. Ensuite, je prends mon anxiolytique. Mes antidépresseurs, je les ai pris précédemment, avant même de me lever. Et cette anxiolytique m'aide. Et quelque chose dont je suis plutôt contente, c'est que j'arrive bien à décélérer, c'est-à-dire en prendre de moins en moins. Parce que l'idée, c'est d'être à zéro et d'en prendre en si besoin. Là, je suis à trois quarts. Je pense que je pourrais être bientôt à deux quarts. En novembre, par exemple, j'étais à sept quarts. Ce sont des petits progrès et je m'encourage quand je réussis. Et si parfois j'ai besoin de prendre un quart de plus, ce n'est pas grave. Je me dis aujourd'hui, j'ai eu besoin d'un quart de plus. Et l'essentiel, c'est que ça aille bien. Je bois mon café. Ça aussi, c'est mon petit rituel. Je bois mon café. debout pour rester en énergie. Ensuite, je me lave, je m'habille. J'essaye de m'habiller un peu jolie, même si je reste à la maison. Et là, je note. Je note que j'ai réussi à me lever, me laver, m'habiller. Et je me félicite. Ça peut sembler un peu simpliste, mais avec moi, ça marche. Après, cela dépend. J'essaye maintenant de sortir un peu. Alors, je n'arrive pas à sortir sans but, mais ça, je crois que je n'ai... Je ne l'ai jamais trop fait, je n'ai jamais trop aimé sortir sans but. Mais quand j'ai des rendez-vous maintenant, la plupart du temps, puisque dans mon épisode de rechute, je n'ai pas honoré un rendez-vous, mais ce n'est pas grave parce que c'est y renoncer qui m'a aidée à aller mieux et à faire que cette rechute ne dure qu'une demi-journée, alors qu'avant, elle ne durait plus longtemps. Mais sortir, voir quelqu'un... discuter, parler. Ça, c'est exceptionnel. Ensuite, j'ai une motivation qui renaît. Et je rentre chez moi. Et là, quelque chose que j'aime bien faire, c'est... C'est toujours la même chose, c'est parler ou écrire des poèmes. Alors, je fais un post sur un réseau social. J'écris deux, trois heures. de trois poèmes comme ça, et je me dis, je les retravaillerai plus tard. Et parfois, ça suffit de faire ça. Mon fils rentre, et puis le voir, de toute façon, c'est toujours un bonheur. Quand ça ne va pas, j'appelle mon mari, il vient, il se débrouille le plus possible pour venir. Je peux aussi appeler ma mère. Mes amis, même si c'est vraiment en dernière intention parce qu'ils travaillent en journée et je ne veux pas les déranger trop. Et quand vraiment ça va mieux, là j'arrive à m'asseoir sur mon bureau, à travailler ma thèse. Je l'avais travaillé très bien la première année, là c'est récent que je sois bloquée et j'utilise maintenant la méthode Pomodoro. Donc, c'est 25 minutes de travail, 5 minutes de pause, 25 minutes de travail, 5 minutes de pause, jusqu'à avoir une demi-heure de pause au bout de 4 sessions de travail. Et je trouve que c'est bien. Je ne l'ai essayé qu'une fois, mais ça a marché pour moi parce que j'ai une minuterie et je me dis, j'ai 25 minutes. Pendant 25 minutes, tu travailles, tu as peu de temps, donc vas-y, tu dois le faire. Et je l'ai fait, sans trop me déconcentrer. Parfois, oui, je suis une personne rêveuse avec 12 000 pensées à la fois, donc j'ai des pensées qui arrivent, mais j'ai réussi. J'ai réussi à écrire ce qui m'a aidée, ce qui m'angoissait, la page blanche de ma thèse. Et là, je vais mieux. Mais je dirais, en tout cas pour moi, ce qui m'aide, c'est tout ce qui est artistique, créatif finalement. La musique, le matin, chanter, danser, écrire et travailler sur l'art. Et puis la sociabilité, voir des gens. Leur parler. Et parler aussi. Ce podcast m'aide bien évidemment. Parler sur les réseaux, même si je ne parle pas de moi, je vais parler d'autres choses. J'y mets toujours un peu de moi quand même, mais j'aime parler, j'aime parler, j'aime écrire. C'est un métier comme ça que je voudrais faire. Et c'est ça qui m'aide. Et de garder espoir aussi, parce qu'en réécoutant l'épisode sur la rechute, je me suis dit, ça fait un peu désespérant, mais j'avais dit sans filtre. Alors, je vous ai parlé en toute honnêteté, mais je pense qu'il y a aussi le fait que j'aime la vie et que j'y crois. Et qu'au fond de moi, je crois que je vais m'en sortir, même si... J'ai peur des fois d'être bloquée, de rester dans cette torpeur. Mais maintenant, avec l'expérience, je sais aussi que ça se termine. Ça ne reste pas. Et puis, si ça reste peut-être un jour, je sais que le lendemain, ça partira. Même si le jour même, c'est difficile. Mais c'est moins difficile qu'avant. Et puis, je sais aussi que ça arrive à... à d'autres personnes que je ne suis pas seule. Et ça, c'est aidant. C'est pour ça que j'ai fait aussi ce podcast. Je me dis, ça peut peut-être aider des personnes qui sont comme moi ou un peu différentes, mais de se dire, je ne suis pas seule. On est plusieurs. Et ce n'est pas stigmatisant, on n'est pas l'image du fou qui fait peur. On a des vulnérabilités, mais on a aussi des forces et on peut transformer ces vulnérabilités en forces. Déjà, reconnaître sa maladie, se soigner, c'est une force, je trouve. C'est du courage, parce qu'il y a aussi les choses qui... qui enfoncent et qui ne font pas du bien. Quand on dit « Ah, tu manques de volonté. » Eh non, je ne manque pas de volonté. Et d'ailleurs, d'accepter et de me faire soigner, c'est une forme de volonté. Et si c'était qu'une question de volonté, ça ferait longtemps que j'aurais repris une vie, une vie normale, on va dire. Je ne sais pas ce que c'est une vie normale, mais en tout cas, la vie que je veux. C'est comme de dire, allez, bouge-toi, prends sur toi. Et le pire du pire, et des gens peuvent faire ça pour aider, c'est d'essayer de nous forcer. Moi, quand je suis allongée, de me tirer, et là, je le prends comme une oppression. C'est terrible. Je dis, ne faites jamais ça, en fait. Je sortirai quand je serai prête, mais me tirer le bras pour m'aider à sortir, ce n'est pas possible. Après, autre chose que... qu'on m'a souvent dit et que je me dis moi aussi, mais qui ne marche pas, qui fait même l'effet inverse, c'est de dire, regarde, tous les gens plus malheureux que toi. Et oui, je sais qu'il y a plus malheureux que moi, enfin, je ne sais pas, en tout cas, moins privilégiés, on va dire, qui vivent dans des conditions qui ne sont pas les miennes. Déjà, des gens qui vivent dans des pays en guerre. Et leur préoccupation, ce n'est pas comme moi, de sortir de leur lit. Je le sais très bien, leur préoccupation, c'est de survivre, de protéger leur famille. Ils vivent des deuils à répétition. C'est tragique. Même en France, j'ai bien conscience, je fais partie des privilégiés. Déjà, j'ai un logement. Là, je touche... le chômage, même si je veux travailler, mais je n'ai pas rien du tout. Je suis très entourée. J'ai une famille aimante qui me comprend. J'ai eu des compétences assez jeunes, qu'on appelle des compétences psychosociales, qui me permettent aussi de relativiser. J'ai cet accès facile à l'art qui m'aide, parce que je pourrais dire l'art m'aide, mais... Si je n'ai pas de connexion Wi-Fi, un abonnement, une enceinte, oui, je pourrais chanter toute seule, mais ce n'est pas pareil. Et puis, je suis blanche aussi, et avec le racisme, je sais très bien que je suis privilégiée aussi là-dessus et que la vie est beaucoup plus difficile pour les personnes qui sont non-blanches, si en plus elles sont... pauvre et sans logement, etc. Mais en fait, me dire ça, ça ne m'aide pas. Et ça ne veut pas dire que je ne reconnais pas mon privilège, bien au contraire. Mais je me dis que j'ai ce que j'ai et mon privilège, en fait, c'est de... pouvoir me faire soigner. Et ça, vraiment, j'en ai conscience. Avec l'état des soins en France, je me dis, mais quelle injustice que des gens ne puissent pas avoir accès à ce que j'ai, en fait. Parce que les temps sont très longs pour avoir un rendez-vous à l'hôpital public, il n'y a pas assez de soignants. Moi, je vois une psychiatre en libéral parce que je peux le payer. Et encore, elle réduit sa patientèle, elle ne prend plus de nouveaux patients. Donc, j'ai conscience de cette chance. Mais de me dire « tu as cette chance » ne me fait pas aller mieux. C'est-à-dire que je le sais, bien évidemment, et je ne l'oublie pas. Mais ça ne marche pas comme ça. En tout cas, dans mon cerveau, ça ne marche pas comme ça. Et je me dis que justement, moi qui suis plutôt, enfin même pas plutôt, on dirait que je m'excuse quand je dis ça, mais je suis dans la solidarité. J'ai envie que tout le monde aille bien. J'aime les gens. Je ne supporte pas l'injustice. Je ne comprends pas les guerres, l'impérialisme, la destruction des peuples, des enfants qui meurent. Vraiment, c'est terrible. Mais j'ai toujours été dans l'entraide, j'ai toujours essayé d'aider comme je pouvais, par mes métiers différents qui étaient très engagés ou par d'autres actions. Et je me dis que pour aider, pour être dans le collectif, il faut d'abord aller bien à soi-même. Donc je me soigne et puis quand j'irai mieux, et même des fois, il y a des jours où je vais bien en ce moment en plus, et les jours où je vais bien, j'essaye. à ma manière, bien évidemment, d'agir, d'aider comme je peux. Je ne suis pas présidente de la République. Et voilà, j'ai des petits moyens, mais avec mes petits moyens, j'essaye. Mais ça, c'est une énorme victoire pour moi d'avoir enlevé cette culpabilité-là et de m'autoriser le droit à aller mal. Et que ce n'est pas un caprice de petite fille riche, en fait. Sachant que riche, pas des millions, mais qui vit correctement, on va dire. Et riche par rapport, je pense, à la majorité des Français. Si on regarde le revenu moyen ou médian, je me considère en tout cas comme favorisée. Et je me dis, oui, je suis favorisée, je me considère comme favorisée. Mais j'ai le droit moi aussi d'aller mal. J'ai le droit de me plaindre. Alors bien évidemment, je ne vais pas aller me plaindre à quelqu'un qui est à la rue en lui disant « ma vie est horrible, ça n'aurait aucun sens » . Mais j'ai le droit de m'exprimer là-dessus parce que c'est vrai en fait et que c'est sincère. Et la sincérité, c'est ce qui m'a toujours animée. Et c'est quand je ne pouvais pas être sincère, quand je devais jouer un rôle, que j'étais le plus malheureuse. Alors aujourd'hui, oui, je me suis pris, comme a dit une amie, trois diagnostics en six mois. Ce n'est pas évident, même si certains, voilà, je le savais. Et c'était aussi une surprise, mais ce n'est pas évident. Ce n'est pas de ma faute, c'est aussi lié. Pour certaines pathologies, il y a des facteurs environnementaux, à la société, le capitalisme qui n'aide pas, au malheur du monde qui n'aide pas, à l'amorosité ambiante aussi qui est difficile, et puis à des contrariétés qui arrivent, qu'on peut avoir par exemple, tant que maman, quand votre enfant ne va pas bien, ce qui m'est arrivé aussi. Et ça, je pense que c'est la première victoire. Et c'est ce qui m'a permis d'aller bien aussi. Et de reconnaître, de dire Marie, tu as ces pathologies. Ce n'est pas grave. Ce n'est pas grave au niveau social et de stigmatisation. Tu as ces pathologies, c'est comme ça, tu le reconnais. Ce n'est pas grave que je voulais dire. Ce n'est pas une honte, voilà. Ce n'est pas une honte. Tu as ces pathologies. Tu as des ressources. Ça, c'est une chance de privilégier. Tu as ces ressources-là et tu vas y arriver. Parce que si je suis très bien entourée, c'est ce que j'ai déjà dit. Et voilà, tout ce qui me permet d'aller mieux. J'espère que les gens qui ne vont pas bien, qui ont des problèmes comme moi ou des moments de rechute comme j'ai eu, arrivent aussi à trouver... à trouver des ressources qui peuvent être différentes, bien évidemment, pour chacun et chacune, c'est ce que je souhaite, que tout le monde trouve, comme j'arrive à trouver la plupart du temps, la plupart du temps, parce que ceux qui ont écouté l'épisode rechute, c'est pas tout le temps, mais c'est ce que je voudrais.
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Qu’est ce qui me fait aller mieux ? Qu’est-ce qui au contraire ne m’aide pas ?
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Bienvenue dans ce podcast intitulé 46 ans, où je vous raconte sans filtre ma vie de femme de 46 ans avec des problèmes de santé mentale. Je m'appelle Marie, j'ai donc 46 ans. J'ai un enfant, je suis séparée de son père et je suis remariée. Je suis blanche et plutôt privilégiée. Épisode 4 Comment aller mieux ou moins mal ? Quand j'ai des rechutes, c'est difficile, mais si je veux voir le côté positif, c'est dans ces moments-là que je me pose beaucoup de questions et que je cherche des solutions, même petites, pour aller mieux et surtout me mettre en mouvement. Car quand je suis en mouvement, tout de suite, je vais mieux. Le plus important pour moi, c'est de réussir à sortir de mon lit. Dans la rechute dont je vous ai parlé dans l'épisode précédent, le déclic, ça a été d'annuler quelque chose qui m'angoissait, d'aller sur mon canapé. et de vous parler. Et ensuite, j'allais un peu mieux. En général, j'utilise plusieurs techniques qui me sont propres et qu'on m'a données, que j'ai lues. Ce qui m'aide aussi, c'est de parler avec des personnes qui ont les mêmes troubles ou d'autres troubles. Et bien qu'on soit tous différents, on a des points communs et on peut s'entraider, se rassurer. Donc je dirais le matin pour sortir de la torpeur, pour sortir du lit. C'est vraiment, si je sors du lit, je sais que ça va aller. Et c'est la musique. C'est la musique, je mets une musique. que j'aime et je me lève, je chante et je danse. Et là, c'est comme un petit miracle. Mon corps s'active, peut-être un peu de dopamine arrive à mon cerveau et je vais mieux. Ensuite, je prends mon anxiolytique. Mes antidépresseurs, je les ai pris précédemment, avant même de me lever. Et cette anxiolytique m'aide. Et quelque chose dont je suis plutôt contente, c'est que j'arrive bien à décélérer, c'est-à-dire en prendre de moins en moins. Parce que l'idée, c'est d'être à zéro et d'en prendre en si besoin. Là, je suis à trois quarts. Je pense que je pourrais être bientôt à deux quarts. En novembre, par exemple, j'étais à sept quarts. Ce sont des petits progrès et je m'encourage quand je réussis. Et si parfois j'ai besoin de prendre un quart de plus, ce n'est pas grave. Je me dis aujourd'hui, j'ai eu besoin d'un quart de plus. Et l'essentiel, c'est que ça aille bien. Je bois mon café. Ça aussi, c'est mon petit rituel. Je bois mon café. debout pour rester en énergie. Ensuite, je me lave, je m'habille. J'essaye de m'habiller un peu jolie, même si je reste à la maison. Et là, je note. Je note que j'ai réussi à me lever, me laver, m'habiller. Et je me félicite. Ça peut sembler un peu simpliste, mais avec moi, ça marche. Après, cela dépend. J'essaye maintenant de sortir un peu. Alors, je n'arrive pas à sortir sans but, mais ça, je crois que je n'ai... Je ne l'ai jamais trop fait, je n'ai jamais trop aimé sortir sans but. Mais quand j'ai des rendez-vous maintenant, la plupart du temps, puisque dans mon épisode de rechute, je n'ai pas honoré un rendez-vous, mais ce n'est pas grave parce que c'est y renoncer qui m'a aidée à aller mieux et à faire que cette rechute ne dure qu'une demi-journée, alors qu'avant, elle ne durait plus longtemps. Mais sortir, voir quelqu'un... discuter, parler. Ça, c'est exceptionnel. Ensuite, j'ai une motivation qui renaît. Et je rentre chez moi. Et là, quelque chose que j'aime bien faire, c'est... C'est toujours la même chose, c'est parler ou écrire des poèmes. Alors, je fais un post sur un réseau social. J'écris deux, trois heures. de trois poèmes comme ça, et je me dis, je les retravaillerai plus tard. Et parfois, ça suffit de faire ça. Mon fils rentre, et puis le voir, de toute façon, c'est toujours un bonheur. Quand ça ne va pas, j'appelle mon mari, il vient, il se débrouille le plus possible pour venir. Je peux aussi appeler ma mère. Mes amis, même si c'est vraiment en dernière intention parce qu'ils travaillent en journée et je ne veux pas les déranger trop. Et quand vraiment ça va mieux, là j'arrive à m'asseoir sur mon bureau, à travailler ma thèse. Je l'avais travaillé très bien la première année, là c'est récent que je sois bloquée et j'utilise maintenant la méthode Pomodoro. Donc, c'est 25 minutes de travail, 5 minutes de pause, 25 minutes de travail, 5 minutes de pause, jusqu'à avoir une demi-heure de pause au bout de 4 sessions de travail. Et je trouve que c'est bien. Je ne l'ai essayé qu'une fois, mais ça a marché pour moi parce que j'ai une minuterie et je me dis, j'ai 25 minutes. Pendant 25 minutes, tu travailles, tu as peu de temps, donc vas-y, tu dois le faire. Et je l'ai fait, sans trop me déconcentrer. Parfois, oui, je suis une personne rêveuse avec 12 000 pensées à la fois, donc j'ai des pensées qui arrivent, mais j'ai réussi. J'ai réussi à écrire ce qui m'a aidée, ce qui m'angoissait, la page blanche de ma thèse. Et là, je vais mieux. Mais je dirais, en tout cas pour moi, ce qui m'aide, c'est tout ce qui est artistique, créatif finalement. La musique, le matin, chanter, danser, écrire et travailler sur l'art. Et puis la sociabilité, voir des gens. Leur parler. Et parler aussi. Ce podcast m'aide bien évidemment. Parler sur les réseaux, même si je ne parle pas de moi, je vais parler d'autres choses. J'y mets toujours un peu de moi quand même, mais j'aime parler, j'aime parler, j'aime écrire. C'est un métier comme ça que je voudrais faire. Et c'est ça qui m'aide. Et de garder espoir aussi, parce qu'en réécoutant l'épisode sur la rechute, je me suis dit, ça fait un peu désespérant, mais j'avais dit sans filtre. Alors, je vous ai parlé en toute honnêteté, mais je pense qu'il y a aussi le fait que j'aime la vie et que j'y crois. Et qu'au fond de moi, je crois que je vais m'en sortir, même si... J'ai peur des fois d'être bloquée, de rester dans cette torpeur. Mais maintenant, avec l'expérience, je sais aussi que ça se termine. Ça ne reste pas. Et puis, si ça reste peut-être un jour, je sais que le lendemain, ça partira. Même si le jour même, c'est difficile. Mais c'est moins difficile qu'avant. Et puis, je sais aussi que ça arrive à... à d'autres personnes que je ne suis pas seule. Et ça, c'est aidant. C'est pour ça que j'ai fait aussi ce podcast. Je me dis, ça peut peut-être aider des personnes qui sont comme moi ou un peu différentes, mais de se dire, je ne suis pas seule. On est plusieurs. Et ce n'est pas stigmatisant, on n'est pas l'image du fou qui fait peur. On a des vulnérabilités, mais on a aussi des forces et on peut transformer ces vulnérabilités en forces. Déjà, reconnaître sa maladie, se soigner, c'est une force, je trouve. C'est du courage, parce qu'il y a aussi les choses qui... qui enfoncent et qui ne font pas du bien. Quand on dit « Ah, tu manques de volonté. » Eh non, je ne manque pas de volonté. Et d'ailleurs, d'accepter et de me faire soigner, c'est une forme de volonté. Et si c'était qu'une question de volonté, ça ferait longtemps que j'aurais repris une vie, une vie normale, on va dire. Je ne sais pas ce que c'est une vie normale, mais en tout cas, la vie que je veux. C'est comme de dire, allez, bouge-toi, prends sur toi. Et le pire du pire, et des gens peuvent faire ça pour aider, c'est d'essayer de nous forcer. Moi, quand je suis allongée, de me tirer, et là, je le prends comme une oppression. C'est terrible. Je dis, ne faites jamais ça, en fait. Je sortirai quand je serai prête, mais me tirer le bras pour m'aider à sortir, ce n'est pas possible. Après, autre chose que... qu'on m'a souvent dit et que je me dis moi aussi, mais qui ne marche pas, qui fait même l'effet inverse, c'est de dire, regarde, tous les gens plus malheureux que toi. Et oui, je sais qu'il y a plus malheureux que moi, enfin, je ne sais pas, en tout cas, moins privilégiés, on va dire, qui vivent dans des conditions qui ne sont pas les miennes. Déjà, des gens qui vivent dans des pays en guerre. Et leur préoccupation, ce n'est pas comme moi, de sortir de leur lit. Je le sais très bien, leur préoccupation, c'est de survivre, de protéger leur famille. Ils vivent des deuils à répétition. C'est tragique. Même en France, j'ai bien conscience, je fais partie des privilégiés. Déjà, j'ai un logement. Là, je touche... le chômage, même si je veux travailler, mais je n'ai pas rien du tout. Je suis très entourée. J'ai une famille aimante qui me comprend. J'ai eu des compétences assez jeunes, qu'on appelle des compétences psychosociales, qui me permettent aussi de relativiser. J'ai cet accès facile à l'art qui m'aide, parce que je pourrais dire l'art m'aide, mais... Si je n'ai pas de connexion Wi-Fi, un abonnement, une enceinte, oui, je pourrais chanter toute seule, mais ce n'est pas pareil. Et puis, je suis blanche aussi, et avec le racisme, je sais très bien que je suis privilégiée aussi là-dessus et que la vie est beaucoup plus difficile pour les personnes qui sont non-blanches, si en plus elles sont... pauvre et sans logement, etc. Mais en fait, me dire ça, ça ne m'aide pas. Et ça ne veut pas dire que je ne reconnais pas mon privilège, bien au contraire. Mais je me dis que j'ai ce que j'ai et mon privilège, en fait, c'est de... pouvoir me faire soigner. Et ça, vraiment, j'en ai conscience. Avec l'état des soins en France, je me dis, mais quelle injustice que des gens ne puissent pas avoir accès à ce que j'ai, en fait. Parce que les temps sont très longs pour avoir un rendez-vous à l'hôpital public, il n'y a pas assez de soignants. Moi, je vois une psychiatre en libéral parce que je peux le payer. Et encore, elle réduit sa patientèle, elle ne prend plus de nouveaux patients. Donc, j'ai conscience de cette chance. Mais de me dire « tu as cette chance » ne me fait pas aller mieux. C'est-à-dire que je le sais, bien évidemment, et je ne l'oublie pas. Mais ça ne marche pas comme ça. En tout cas, dans mon cerveau, ça ne marche pas comme ça. Et je me dis que justement, moi qui suis plutôt, enfin même pas plutôt, on dirait que je m'excuse quand je dis ça, mais je suis dans la solidarité. J'ai envie que tout le monde aille bien. J'aime les gens. Je ne supporte pas l'injustice. Je ne comprends pas les guerres, l'impérialisme, la destruction des peuples, des enfants qui meurent. Vraiment, c'est terrible. Mais j'ai toujours été dans l'entraide, j'ai toujours essayé d'aider comme je pouvais, par mes métiers différents qui étaient très engagés ou par d'autres actions. Et je me dis que pour aider, pour être dans le collectif, il faut d'abord aller bien à soi-même. Donc je me soigne et puis quand j'irai mieux, et même des fois, il y a des jours où je vais bien en ce moment en plus, et les jours où je vais bien, j'essaye. à ma manière, bien évidemment, d'agir, d'aider comme je peux. Je ne suis pas présidente de la République. Et voilà, j'ai des petits moyens, mais avec mes petits moyens, j'essaye. Mais ça, c'est une énorme victoire pour moi d'avoir enlevé cette culpabilité-là et de m'autoriser le droit à aller mal. Et que ce n'est pas un caprice de petite fille riche, en fait. Sachant que riche, pas des millions, mais qui vit correctement, on va dire. Et riche par rapport, je pense, à la majorité des Français. Si on regarde le revenu moyen ou médian, je me considère en tout cas comme favorisée. Et je me dis, oui, je suis favorisée, je me considère comme favorisée. Mais j'ai le droit moi aussi d'aller mal. J'ai le droit de me plaindre. Alors bien évidemment, je ne vais pas aller me plaindre à quelqu'un qui est à la rue en lui disant « ma vie est horrible, ça n'aurait aucun sens » . Mais j'ai le droit de m'exprimer là-dessus parce que c'est vrai en fait et que c'est sincère. Et la sincérité, c'est ce qui m'a toujours animée. Et c'est quand je ne pouvais pas être sincère, quand je devais jouer un rôle, que j'étais le plus malheureuse. Alors aujourd'hui, oui, je me suis pris, comme a dit une amie, trois diagnostics en six mois. Ce n'est pas évident, même si certains, voilà, je le savais. Et c'était aussi une surprise, mais ce n'est pas évident. Ce n'est pas de ma faute, c'est aussi lié. Pour certaines pathologies, il y a des facteurs environnementaux, à la société, le capitalisme qui n'aide pas, au malheur du monde qui n'aide pas, à l'amorosité ambiante aussi qui est difficile, et puis à des contrariétés qui arrivent, qu'on peut avoir par exemple, tant que maman, quand votre enfant ne va pas bien, ce qui m'est arrivé aussi. Et ça, je pense que c'est la première victoire. Et c'est ce qui m'a permis d'aller bien aussi. Et de reconnaître, de dire Marie, tu as ces pathologies. Ce n'est pas grave. Ce n'est pas grave au niveau social et de stigmatisation. Tu as ces pathologies, c'est comme ça, tu le reconnais. Ce n'est pas grave que je voulais dire. Ce n'est pas une honte, voilà. Ce n'est pas une honte. Tu as ces pathologies. Tu as des ressources. Ça, c'est une chance de privilégier. Tu as ces ressources-là et tu vas y arriver. Parce que si je suis très bien entourée, c'est ce que j'ai déjà dit. Et voilà, tout ce qui me permet d'aller mieux. J'espère que les gens qui ne vont pas bien, qui ont des problèmes comme moi ou des moments de rechute comme j'ai eu, arrivent aussi à trouver... à trouver des ressources qui peuvent être différentes, bien évidemment, pour chacun et chacune, c'est ce que je souhaite, que tout le monde trouve, comme j'arrive à trouver la plupart du temps, la plupart du temps, parce que ceux qui ont écouté l'épisode rechute, c'est pas tout le temps, mais c'est ce que je voudrais.
Description
Qu’est ce qui me fait aller mieux ? Qu’est-ce qui au contraire ne m’aide pas ?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bienvenue dans ce podcast intitulé 46 ans, où je vous raconte sans filtre ma vie de femme de 46 ans avec des problèmes de santé mentale. Je m'appelle Marie, j'ai donc 46 ans. J'ai un enfant, je suis séparée de son père et je suis remariée. Je suis blanche et plutôt privilégiée. Épisode 4 Comment aller mieux ou moins mal ? Quand j'ai des rechutes, c'est difficile, mais si je veux voir le côté positif, c'est dans ces moments-là que je me pose beaucoup de questions et que je cherche des solutions, même petites, pour aller mieux et surtout me mettre en mouvement. Car quand je suis en mouvement, tout de suite, je vais mieux. Le plus important pour moi, c'est de réussir à sortir de mon lit. Dans la rechute dont je vous ai parlé dans l'épisode précédent, le déclic, ça a été d'annuler quelque chose qui m'angoissait, d'aller sur mon canapé. et de vous parler. Et ensuite, j'allais un peu mieux. En général, j'utilise plusieurs techniques qui me sont propres et qu'on m'a données, que j'ai lues. Ce qui m'aide aussi, c'est de parler avec des personnes qui ont les mêmes troubles ou d'autres troubles. Et bien qu'on soit tous différents, on a des points communs et on peut s'entraider, se rassurer. Donc je dirais le matin pour sortir de la torpeur, pour sortir du lit. C'est vraiment, si je sors du lit, je sais que ça va aller. Et c'est la musique. C'est la musique, je mets une musique. que j'aime et je me lève, je chante et je danse. Et là, c'est comme un petit miracle. Mon corps s'active, peut-être un peu de dopamine arrive à mon cerveau et je vais mieux. Ensuite, je prends mon anxiolytique. Mes antidépresseurs, je les ai pris précédemment, avant même de me lever. Et cette anxiolytique m'aide. Et quelque chose dont je suis plutôt contente, c'est que j'arrive bien à décélérer, c'est-à-dire en prendre de moins en moins. Parce que l'idée, c'est d'être à zéro et d'en prendre en si besoin. Là, je suis à trois quarts. Je pense que je pourrais être bientôt à deux quarts. En novembre, par exemple, j'étais à sept quarts. Ce sont des petits progrès et je m'encourage quand je réussis. Et si parfois j'ai besoin de prendre un quart de plus, ce n'est pas grave. Je me dis aujourd'hui, j'ai eu besoin d'un quart de plus. Et l'essentiel, c'est que ça aille bien. Je bois mon café. Ça aussi, c'est mon petit rituel. Je bois mon café. debout pour rester en énergie. Ensuite, je me lave, je m'habille. J'essaye de m'habiller un peu jolie, même si je reste à la maison. Et là, je note. Je note que j'ai réussi à me lever, me laver, m'habiller. Et je me félicite. Ça peut sembler un peu simpliste, mais avec moi, ça marche. Après, cela dépend. J'essaye maintenant de sortir un peu. Alors, je n'arrive pas à sortir sans but, mais ça, je crois que je n'ai... Je ne l'ai jamais trop fait, je n'ai jamais trop aimé sortir sans but. Mais quand j'ai des rendez-vous maintenant, la plupart du temps, puisque dans mon épisode de rechute, je n'ai pas honoré un rendez-vous, mais ce n'est pas grave parce que c'est y renoncer qui m'a aidée à aller mieux et à faire que cette rechute ne dure qu'une demi-journée, alors qu'avant, elle ne durait plus longtemps. Mais sortir, voir quelqu'un... discuter, parler. Ça, c'est exceptionnel. Ensuite, j'ai une motivation qui renaît. Et je rentre chez moi. Et là, quelque chose que j'aime bien faire, c'est... C'est toujours la même chose, c'est parler ou écrire des poèmes. Alors, je fais un post sur un réseau social. J'écris deux, trois heures. de trois poèmes comme ça, et je me dis, je les retravaillerai plus tard. Et parfois, ça suffit de faire ça. Mon fils rentre, et puis le voir, de toute façon, c'est toujours un bonheur. Quand ça ne va pas, j'appelle mon mari, il vient, il se débrouille le plus possible pour venir. Je peux aussi appeler ma mère. Mes amis, même si c'est vraiment en dernière intention parce qu'ils travaillent en journée et je ne veux pas les déranger trop. Et quand vraiment ça va mieux, là j'arrive à m'asseoir sur mon bureau, à travailler ma thèse. Je l'avais travaillé très bien la première année, là c'est récent que je sois bloquée et j'utilise maintenant la méthode Pomodoro. Donc, c'est 25 minutes de travail, 5 minutes de pause, 25 minutes de travail, 5 minutes de pause, jusqu'à avoir une demi-heure de pause au bout de 4 sessions de travail. Et je trouve que c'est bien. Je ne l'ai essayé qu'une fois, mais ça a marché pour moi parce que j'ai une minuterie et je me dis, j'ai 25 minutes. Pendant 25 minutes, tu travailles, tu as peu de temps, donc vas-y, tu dois le faire. Et je l'ai fait, sans trop me déconcentrer. Parfois, oui, je suis une personne rêveuse avec 12 000 pensées à la fois, donc j'ai des pensées qui arrivent, mais j'ai réussi. J'ai réussi à écrire ce qui m'a aidée, ce qui m'angoissait, la page blanche de ma thèse. Et là, je vais mieux. Mais je dirais, en tout cas pour moi, ce qui m'aide, c'est tout ce qui est artistique, créatif finalement. La musique, le matin, chanter, danser, écrire et travailler sur l'art. Et puis la sociabilité, voir des gens. Leur parler. Et parler aussi. Ce podcast m'aide bien évidemment. Parler sur les réseaux, même si je ne parle pas de moi, je vais parler d'autres choses. J'y mets toujours un peu de moi quand même, mais j'aime parler, j'aime parler, j'aime écrire. C'est un métier comme ça que je voudrais faire. Et c'est ça qui m'aide. Et de garder espoir aussi, parce qu'en réécoutant l'épisode sur la rechute, je me suis dit, ça fait un peu désespérant, mais j'avais dit sans filtre. Alors, je vous ai parlé en toute honnêteté, mais je pense qu'il y a aussi le fait que j'aime la vie et que j'y crois. Et qu'au fond de moi, je crois que je vais m'en sortir, même si... J'ai peur des fois d'être bloquée, de rester dans cette torpeur. Mais maintenant, avec l'expérience, je sais aussi que ça se termine. Ça ne reste pas. Et puis, si ça reste peut-être un jour, je sais que le lendemain, ça partira. Même si le jour même, c'est difficile. Mais c'est moins difficile qu'avant. Et puis, je sais aussi que ça arrive à... à d'autres personnes que je ne suis pas seule. Et ça, c'est aidant. C'est pour ça que j'ai fait aussi ce podcast. Je me dis, ça peut peut-être aider des personnes qui sont comme moi ou un peu différentes, mais de se dire, je ne suis pas seule. On est plusieurs. Et ce n'est pas stigmatisant, on n'est pas l'image du fou qui fait peur. On a des vulnérabilités, mais on a aussi des forces et on peut transformer ces vulnérabilités en forces. Déjà, reconnaître sa maladie, se soigner, c'est une force, je trouve. C'est du courage, parce qu'il y a aussi les choses qui... qui enfoncent et qui ne font pas du bien. Quand on dit « Ah, tu manques de volonté. » Eh non, je ne manque pas de volonté. Et d'ailleurs, d'accepter et de me faire soigner, c'est une forme de volonté. Et si c'était qu'une question de volonté, ça ferait longtemps que j'aurais repris une vie, une vie normale, on va dire. Je ne sais pas ce que c'est une vie normale, mais en tout cas, la vie que je veux. C'est comme de dire, allez, bouge-toi, prends sur toi. Et le pire du pire, et des gens peuvent faire ça pour aider, c'est d'essayer de nous forcer. Moi, quand je suis allongée, de me tirer, et là, je le prends comme une oppression. C'est terrible. Je dis, ne faites jamais ça, en fait. Je sortirai quand je serai prête, mais me tirer le bras pour m'aider à sortir, ce n'est pas possible. Après, autre chose que... qu'on m'a souvent dit et que je me dis moi aussi, mais qui ne marche pas, qui fait même l'effet inverse, c'est de dire, regarde, tous les gens plus malheureux que toi. Et oui, je sais qu'il y a plus malheureux que moi, enfin, je ne sais pas, en tout cas, moins privilégiés, on va dire, qui vivent dans des conditions qui ne sont pas les miennes. Déjà, des gens qui vivent dans des pays en guerre. Et leur préoccupation, ce n'est pas comme moi, de sortir de leur lit. Je le sais très bien, leur préoccupation, c'est de survivre, de protéger leur famille. Ils vivent des deuils à répétition. C'est tragique. Même en France, j'ai bien conscience, je fais partie des privilégiés. Déjà, j'ai un logement. Là, je touche... le chômage, même si je veux travailler, mais je n'ai pas rien du tout. Je suis très entourée. J'ai une famille aimante qui me comprend. J'ai eu des compétences assez jeunes, qu'on appelle des compétences psychosociales, qui me permettent aussi de relativiser. J'ai cet accès facile à l'art qui m'aide, parce que je pourrais dire l'art m'aide, mais... Si je n'ai pas de connexion Wi-Fi, un abonnement, une enceinte, oui, je pourrais chanter toute seule, mais ce n'est pas pareil. Et puis, je suis blanche aussi, et avec le racisme, je sais très bien que je suis privilégiée aussi là-dessus et que la vie est beaucoup plus difficile pour les personnes qui sont non-blanches, si en plus elles sont... pauvre et sans logement, etc. Mais en fait, me dire ça, ça ne m'aide pas. Et ça ne veut pas dire que je ne reconnais pas mon privilège, bien au contraire. Mais je me dis que j'ai ce que j'ai et mon privilège, en fait, c'est de... pouvoir me faire soigner. Et ça, vraiment, j'en ai conscience. Avec l'état des soins en France, je me dis, mais quelle injustice que des gens ne puissent pas avoir accès à ce que j'ai, en fait. Parce que les temps sont très longs pour avoir un rendez-vous à l'hôpital public, il n'y a pas assez de soignants. Moi, je vois une psychiatre en libéral parce que je peux le payer. Et encore, elle réduit sa patientèle, elle ne prend plus de nouveaux patients. Donc, j'ai conscience de cette chance. Mais de me dire « tu as cette chance » ne me fait pas aller mieux. C'est-à-dire que je le sais, bien évidemment, et je ne l'oublie pas. Mais ça ne marche pas comme ça. En tout cas, dans mon cerveau, ça ne marche pas comme ça. Et je me dis que justement, moi qui suis plutôt, enfin même pas plutôt, on dirait que je m'excuse quand je dis ça, mais je suis dans la solidarité. J'ai envie que tout le monde aille bien. J'aime les gens. Je ne supporte pas l'injustice. Je ne comprends pas les guerres, l'impérialisme, la destruction des peuples, des enfants qui meurent. Vraiment, c'est terrible. Mais j'ai toujours été dans l'entraide, j'ai toujours essayé d'aider comme je pouvais, par mes métiers différents qui étaient très engagés ou par d'autres actions. Et je me dis que pour aider, pour être dans le collectif, il faut d'abord aller bien à soi-même. Donc je me soigne et puis quand j'irai mieux, et même des fois, il y a des jours où je vais bien en ce moment en plus, et les jours où je vais bien, j'essaye. à ma manière, bien évidemment, d'agir, d'aider comme je peux. Je ne suis pas présidente de la République. Et voilà, j'ai des petits moyens, mais avec mes petits moyens, j'essaye. Mais ça, c'est une énorme victoire pour moi d'avoir enlevé cette culpabilité-là et de m'autoriser le droit à aller mal. Et que ce n'est pas un caprice de petite fille riche, en fait. Sachant que riche, pas des millions, mais qui vit correctement, on va dire. Et riche par rapport, je pense, à la majorité des Français. Si on regarde le revenu moyen ou médian, je me considère en tout cas comme favorisée. Et je me dis, oui, je suis favorisée, je me considère comme favorisée. Mais j'ai le droit moi aussi d'aller mal. J'ai le droit de me plaindre. Alors bien évidemment, je ne vais pas aller me plaindre à quelqu'un qui est à la rue en lui disant « ma vie est horrible, ça n'aurait aucun sens » . Mais j'ai le droit de m'exprimer là-dessus parce que c'est vrai en fait et que c'est sincère. Et la sincérité, c'est ce qui m'a toujours animée. Et c'est quand je ne pouvais pas être sincère, quand je devais jouer un rôle, que j'étais le plus malheureuse. Alors aujourd'hui, oui, je me suis pris, comme a dit une amie, trois diagnostics en six mois. Ce n'est pas évident, même si certains, voilà, je le savais. Et c'était aussi une surprise, mais ce n'est pas évident. Ce n'est pas de ma faute, c'est aussi lié. Pour certaines pathologies, il y a des facteurs environnementaux, à la société, le capitalisme qui n'aide pas, au malheur du monde qui n'aide pas, à l'amorosité ambiante aussi qui est difficile, et puis à des contrariétés qui arrivent, qu'on peut avoir par exemple, tant que maman, quand votre enfant ne va pas bien, ce qui m'est arrivé aussi. Et ça, je pense que c'est la première victoire. Et c'est ce qui m'a permis d'aller bien aussi. Et de reconnaître, de dire Marie, tu as ces pathologies. Ce n'est pas grave. Ce n'est pas grave au niveau social et de stigmatisation. Tu as ces pathologies, c'est comme ça, tu le reconnais. Ce n'est pas grave que je voulais dire. Ce n'est pas une honte, voilà. Ce n'est pas une honte. Tu as ces pathologies. Tu as des ressources. Ça, c'est une chance de privilégier. Tu as ces ressources-là et tu vas y arriver. Parce que si je suis très bien entourée, c'est ce que j'ai déjà dit. Et voilà, tout ce qui me permet d'aller mieux. J'espère que les gens qui ne vont pas bien, qui ont des problèmes comme moi ou des moments de rechute comme j'ai eu, arrivent aussi à trouver... à trouver des ressources qui peuvent être différentes, bien évidemment, pour chacun et chacune, c'est ce que je souhaite, que tout le monde trouve, comme j'arrive à trouver la plupart du temps, la plupart du temps, parce que ceux qui ont écouté l'épisode rechute, c'est pas tout le temps, mais c'est ce que je voudrais.
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