Speaker #0Bienvenue dans l'Humilut, le podcast qui pense que la santé mentale n'est ni tabou, ni tabou, et qu'on peut tout à fait faire des phrases avec les mots du quotidien. Épisode 7. C'est un grand match. Ok, ok, je suis enfin. C'est aujourd'hui le jour du premier rendez-vous. Et j'ai attendu ce moment depuis tellement longtemps. C'est fou. Je comptais les jours et sérieusement, ça n'en finissait plus. Et en même temps, j'étais transie d'angoisse. Je sais par expérience et parce qu'on me l'a répété encore et encore. Alice, prends ton temps. Ne mets pas trop d'attentes. Laisse bien grandir la relation. Prendre la hauteur, du recul, attendre voir si la connexion se crée et surtout ne force rien. Bon, alors j'ai rien fait de tout ça. Je suis arrivée avec mon cœur tout entier, tout cassé et ma vie toute brisée. Pas de recul, pas de hauteur, rien, niveau zéro, rire de chaussée et plein pied dans le plat. De toute façon, j'ai plus la force de faire semblant. Et quand je le fais, on voit bien que j'ai mis trop de rouge au jour, ça fait pas du tout naturel. C'est aussi fluide que le wifi dans le train. Ça coupe, ça rame et ça en fout. Et puis, nouvelle rencontre, c'est aussi le moment de voir si je peux éventuellement être acceptée avec mon magasin entier de casseroles que je traîne et qui commence à peser beaucoup trop lourd. Et je sais pas cuisiner alors, ça encombre mes placards. Et puis, j'ai besoin de me raccrocher à l'idée que ça peut marcher. Que cette personne-là peut changer ma vie. Enfin, il le faut. Je ne l'ai jamais rencontré, mais j'en ai beaucoup, beaucoup entendu parler. C'est un ami qui l'avait fréquenté et cette relation l'a bouleversé. C'est d'ailleurs lui qui nous a mis en connexion. Alors, oui, ils se voient encore de temps en temps, mais ça ne me dérange pas. Au point où j'en suis. Et puis, mon pote pense que c'est bientôt la fin, ils n'ont plus grand chose à lui dire. Alors je peux y aller. Je suis sur la route pour rejoindre le point de rendez-vous et mes pensées dansent une valse sur de la tectonique. énervé. Si vous vous demandez où était passé ce courant musical, n'hésitez pas à venir m'en débarrasser, ça fait partie de mon trauma. Je me répète en boucle ce qu'il faut pas que j'oublie de dire et j'oublie instantanément ce que je dois pas oublier de dire. J'ai tellement peur de passer à côté des choses importantes, de ne pas être intéressante, de ne pas arriver à m'exprimer, à bafouiller au milieu de mes émotions, que j'ai aussi bien que je sais prendre du recul. Mon cœur bat vite et fort, mes mains commencent à devenir mouettes. Nickel, je suis hyper détendue. Allez, pas le choix, faut sauter dans le vide. Je suis au bord du gouffre, alors si quelqu'un ne tient pas fermement ma corde sensible, baf le chien. Et si ça marche pas ? Et si finalement c'est pas la bonne personne ? Comment je peux faire un nouveau confiance ? Comment je peux y croire ? Et si je suis incomprise ? Ou pire ? Pire que ça ? Juger ? Bon, c'est pas ma première fois techniquement, non. Et même si ça reste mal vu, je pense qu'il faut briser le silence. Même si je viens d'une famille où on ne parle pas de ça, que c'est tabou, que ça fait peur, pas de ça chez nous. Alors honnêtement, j'ai testé les hommes et les femmes. J'avais pas d'a priori, mais je crois que j'ai toujours préféré les femmes. Depuis toujours. Je me sens mieux. Je suis plus à l'aise. J'en ai tellement rencontré, c'est fou quand j'y pense. Je me suis tellement impliquée. J'y ai cru si souvent. J'ai écumé toutes les catégories problématiques. Les perchés, les arnaqueurs, les tarés, les toxiques. Je pourrais créer un site qui regroupe tous les numéros des personnes à ne jamais, jamais appeler. Et puis, la flemme. A chaque nouvelle rencontre, c'est comme la grosse flemme de tout recommencer, à mon âge. à mon grand âge, de tout raconter depuis le début, de revenir sur mes histoires passées, remuer, malaxer, digérer, et puis de voir expliquer qui je suis, alors que précisément, je ne sais absolument plus qui je suis. Et puis aussi le fait de... Bonjour Anis, bienvenue, je vous attendais. Installez-vous, je vous en prie. Et je vous écoute. Oui je sais, la quête de la bonne personne est une traite pleine de virages. Mais si tu sens que la personne te met KO au lieu de ça, c'est que ça va pas dans le bon sens. Peu importe que tu sois... Ouais, le travail sur soi, c'est un escape game. Toi seule, elle clote pour sortir de là. Mais t'as aussi le devoir de trouver une équipe au top pour t'aider à déchiffrer tes lignes. Si t'as la chance de pouvoir prendre soin de ta santé mentale, alors rappelle-toi que comme dans toute relation toxique, tu peux te lever et te casser avant d'être encore plus cassé. Merci pour ton écoute, et prends soin de toi, vraiment.