Speaker #0Bonjour et bienvenue à tous sur ce podcast accroqué. Je suis Priscilla Degliani, diététicienne nutritionniste spécialisée dans l'accompagnement de la femme tout au long de sa vie. Et aujourd'hui, on se retrouve avec un épisode sur la pilule est-elle dangereuse ? Que révèle la lettre que l'on a pu recevoir pour certaines femmes de l'ANSM ? Et avant de reprendre ce sujet, j'aimerais vous informer que ce podcast... est rendu possible grâce à la marque Féroce, qui est une marque de viande française que l'on reçoit sous forme de box avec un petit QR code pour connaître la provenance de la viande et ce qu'il y a à l'intérieur. Avec le code ACROQUET, donc comme le nom du podcast, c'est facile, vous avez 20 euros de réduction sur votre première box, 15 euros sur la deuxième et 10 euros sur la troisième. C'est sans engagement, donc tu peux juste prendre une seule box si tu le souhaites. Donc si je reviens à mon épisode, imaginez que vous preniez la pilule contraceptive depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. Vous la tolérez bien, vous n'avez pas de problème particulier, et vous pensez simplement utiliser une contraception comme des millions d'autres femmes. Et puis un jour, vous recevez un courrier de l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament, la NSM, qui vous informe d'un risque de méningiome associé à votre contraception. Forcément, vous vous posez des questions. Est-ce que ma pilule est dangereuse ? Est-ce que je dois arrêter de la prendre ? Est-ce que j'ai pris un risque pendant toutes ces années ? Et surtout, pourquoi est-ce que je découvre cette information seulement maintenant ? Depuis septembre 2026, la NSM diffige une information personnalisée aux femmes concernées par certaines pilules à base de destrogènes, notamment Optimizet, Serazet, Antigone, Elphazet et leurs génériques. Cette information, elle a du coup suscité beaucoup d'inquiétudes et c'est tout à fait compréhensible. Parce que lorsque l'on parle de risque de tumeur cérébrale, même si c'est rare, il est normal de vouloir comprendre ce qui se passe vraiment. Du coup, dans cet épisode, je vous propose donc de faire le point ensemble, mais attention, sans dramatiser, mais sans minimiser non plus. Donc nous allons voir tout d'abord ce qu'est un méningiome, ce que disent réellement les études scientifiques, quelles femmes sont davantage concernées. ce que vous devez faire si vous prenez cette pilule, et enfin, comment aborder cette question avec votre professionnel de santé. L'objectif ici, ce n'est pas de vous dire quelle contraception vous devez prendre ou arrêter, c'est de vous donner les informations fiables pour que vous puissiez faire les choix éclairés concernant votre santé. Alors attention, c'est parti ! Déjà, pourquoi la NSM envoie un courrier aux femmes ? Commençons un petit peu par comprendre ce qui se passe réellement. Le courrier de la NSM, il concerne principalement les femmes qui ont utiliser cette contraception orale contenant 75 microgrammes de désogestrel. Le désogestrel, c'est un progestatif, c'est-à-dire une hormone de synthèse qui agit notamment sur le fonctionnement du système reproducteur. Vous connaissez peut-être cette molécule sous le nom d'Optimizet, Serazet, Nantigone, Delphazet. ou celui d'un médicament générique. Il s'agit notamment de pilules progestatives, parfois appelées pilules micro-progestatives, qui ne contiennent pas d'oestrogène. Ces contraceptions sont prescrites pour prévenir une grossesse. Elles peuvent aussi être choisies dans certaines situations où une contraception sans oestrogène est préférable, par exemple l'allaitement. Le sujet du jour n'est donc pas une alerte. Concernant toutes les pilules contraceptives, Il concerne un risque identifié avec certaines molécules dans les conditions d'utilisation particulières. Mais pourquoi cette info n'arrive que maintenant ? En fait, il faut savoir que des travaux épidémiologiques ont mis en évidence une association entre l'utilisation prolongée du destogène et une augmentation du risque de méningiomes nécessitant une intervention chirurgicale. Ces résultats, ils ont conduit les autorités sanitaires à renforcer l'information destinée aux patientes et aux professionnels de santé. Du coup, en septembre 2026, la NSM a donc lancé une nouvelle campagne d'information avec notamment un courrier destiné aux femmes conservées. Comme ça, ils étaient sûrs que les femmes le reçoivent aussi et le lisent. Et il y a une première chose importante à retenir, c'est recevoir ce courrier. Ça ne signifie absolument pas que vous avez un méningiome. ni que les autorités suspectent que vous en avez un. Attention, en fait, il ne faut pas que ce soit une psychose. Ce courrier, il a juste pour objectif de vous informer d'un risque, d'un risque rare. et j'insiste bien sur rare, afin que vous puissiez en discuter avec votre médecin ou votre sage-femme, pour vous rassurer. Mais aussi pour comprendre ce risque, il faut d'abord savoir de quoi nous parlons exactement. Donc, qu'est-ce que vraiment un méningium ? Parce que ce mot, il peut faire peur. Pourtant, il est important de comprendre ce qu'il signifie. Un méningium, c'est une tumeur qui se développe à partir de méninges. Les membranes, du coup, qui entourent le cerveau, et qui entourent la moelle épinière. Dans la grande majorité des cas, les méningiomes sont totalement bénins. Cela signifie qu'ils ne sont pas cancéreux. Attention, toutefois, bénin, ça ne signifie pas nécessairement sans conséquence. Parce que selon la taille et surtout la localisation, un méningiome peut exercer une pression sur certaines structures du cerveau et provoquer différents symptômes. Certains nécessitent donc une prise en charge médicale, voire une intervention chirurgicale. Et c'est précisément ce dernier point qui est important dans les chiffres dont nous allons parler. Parce que l'étude évoquée par les autorités de santé, elle s'intéresse notamment aux méningiomes intracrâniens ayant nécessité une intervention chirurgicale. Et seulement chirurgicale, du coup. Donc, il faut aussi comprendre qu'une association entre un médicament et une maladie, ça ne signifie pas que toutes les personnes qui prennent ce médicament vont développer cette maladie. Le risque dépend de plusieurs facteurs, notamment la molécule utilisée, la durée d'exposition et de certains antécédents médicamenteux. C'est pour cette raison que nous devons regarder les chiffres avant de tirer des conclusions. Est-ce que du coup, quel est vraiment le risque réel avec la pilule et le destrogène ? C'est probablement la partie que vous attendez le plus, je pense. Donc, les données étudiées par Epiphar... le groupement d'intérêts scientifiques associant l'ANSM et l'assurance maladie, montre que le risque de méningiomes opérés associés au testrogène, je suis désolée, désogestrel, je lis trop vite, 75 mg, il reste très faible. Donc l'estimation globale, elle est d'environ 1 cas pour 67 000 femmes exposées, et toute durée d'utilisation confondue. C'est-à-dire qu'en fait, on a des femmes qui l'ont très peu utilisé dans la durée et d'autres où c'est très long. Et vous avez bien entendu, on parle vraiment d'un cas pour environ 67 000 femmes exposées. Donc le risque augmente, cependant, avec la durée d'utilisation. Justement, on a pu voir qu'au-delà de 5 ans d'utilisation, il est estimé à un cas pour 17 000 femmes exposées. Donc là, c'est quand même beaucoup moins. Du coup, il y a beaucoup plus de cas. Les études rapportent également une augmentation relative aux risques. Il est multiplié par environ 1,7 après 5 ans d'utilisation et par environ 2 après 7 ans. Ces chiffres méritent une explication parce que ce n'est pas vraiment comme ça qu'on peut les interpréter. En fait, ils peuvent être facilement mal interprétés parce que lorsque l'on entend que le risque est multiplié par 2, on peut avoir l'impression qu'il devient... énorme. Mais en fait, il faut distinguer le risque relatif au risque absolu. Parce que le risque relatif, il compare deux niveaux de risque. Le risque absolu, qui permet de comprendre combien de personnes sont réellement concernées dans une population donnée. Et un risque multiplié par deux, ça peut rester rare lorsque le risque de départ est très faible. Cela ne veut pas dire que ce risque doit être ignoré. Bien au contraire, ça signifie qu'il faut le remettre en perspective pour prendre une décision adaptée à chaque situation. Et on a un autre élément très important, le risque le plus marqué chez les femmes, c'est à partir de plus de 45 ans. Il peut être également plus important chez les femmes qui ont été exposées à certains progestatifs associés à un risque de méningiome, comme l'acétate de ciprotéron, l'acétate, je suis désolée pour le nom des molécules, c'est horrible, l'acétate de nomégestrol, ou la cétate de chlormadinone. Les antécédents de traitement sont donc essentiels. C'est notamment pour cette raison qu'un professionnel de santé doit connaître les contraceptions et les traitements hormonaux que vous avez pris auparavant. Donc en fait, il faut savoir l'antécédent du patient. Enfin, les données qui indiquent du coup que le risque, enfin, ou le sur-risque associé au désogestrel n'est plus observé un an après. l'arrêt du traitement. Et ça, c'est l'information qui est très importante. Parce que même si elle ne signifie pas qu'un méningium déjà présent disparaît nécessairement après l'arrêt de la contraception, On sait quand même qu'après un an d'arrêt de cette pilule, il n'y a plus de risque. En tout cas, lié à cette molécule. Vous voyez donc pourquoi il est essentiel de ne pas se limiter à un titre alarmant ou à une publication sur les réseaux sociaux. Il faut regarder la molécule concernée, sa durée d'exposition, les antécédents et les données chiffrées. Alors du coup, ok, c'est bien beau tout ça, mais est-ce qu'il faut arrêter sa pilule immédiatement ? Parce que c'est là... question que beaucoup de femmes m'ont posée pendant les consultations après avoir reçu le courrier ou entendu parler de cette actualité. Et la réponse officielle, elle est très claire, il ne faut pas arrêter sa contraception de sa propre initiative. Alors là, vous allez me dire, bah oui, mais pourquoi du coup s'il y a un risque ? En fait, tout simplement parce qu'un arrêt sans solution contraceptive adaptée peut entraîner une recesse non désirée ou aussi... tous les effets indésirables, parce que ce sont des pilules qu'on donne souvent en cas d'endométriose. Et du coup, ça, ça peut poser problème. Donc en fait, on a toujours un petit peu, comme chaque médicament, le bénéfice et le risque. Donc cela ne signifie pas qu'il faut continuer éternellement un traitement sans jamais le remettre en question. Ça signifie qu'il faut prendre le temps de le faire, enfin de faire le point sur la balance bénéfice-risque avec un professionnel de santé. Si vous prenez cette pilule contenant des ozogestrel 75 mg, vous pouvez profiter de votre prochaine consultation de routine pour discuter de votre contraception. Il n'y a pas d'urgence. Et en l'absence de symptômes évocateurs, le courrier ne signifie pas qu'il faut justement consulter en urgence uniquement pour cette raison. En fait, ne surchargez pas les médecins, les sages-femmes ou les gynécos pour ça. Et du coup, justement, votre médecin, votre sage-femme, votre gynéco, ils pourront notamment examiner la durée de votre traitement, vos antécédents, vos besoins contraceptifs et les autres options possibles qui existent. Il n'existe pas de toute façon une contraception idéale qui conviendrait à toutes les femmes. Et il n'existe pas de toute façon de contraception idéale tout court. En fait, certaines femmes, elles ont besoin d'une contraception sans oestrogène, comme je vous disais par exemple pour l'allaitement, parce que d'autres ont des règles. très douloureuse, de l'endométriose, un SOPK ou d'autres problématiques qui influent justement ce choix de traitement. Du coup, il faut vraiment considérer, comme je disais, l'ensemble de la situation et pas qu'un seul risque. Si un changement est indiqué, il doit être organisé justement de manière à maintenir une protection contraceptive adaptée. Et si vous souhaitez arrêter la pilule parce que vous ne voulez plus de contraception hormonale, c'est également un sujet que... je vous invite à aborder avec votre professionnel de santé. L'objectif, c'est de prendre une décision éclairée et non de réagir dans la peur. Alors OK, mais quels symptômes doivent nous alerter ? Même si le risque reste très faible, il est utile de connaître les signes qui nécessitent une consultation médicale. Par exemple, les symptômes qui peuvent être évocateurs d'un méningiome, ce sont par exemple des maux de tête persistants ou qui s'aggravent, des troubles de la vision, Par exemple, votre vision devient de pire en pire. Mais vraiment. Des troubles de l'audition, des bourdonnements dans les oreilles. Des troubles de l'équilibre du langage. On peut avoir aussi des faiblesses musculaires, des troubles de la mémoire, l'apparition de crises d'épilepsie ou l'aggravation de crises si elles existent. Attention, ces symptômes ne signifient pas non plus automatiquement que vous avez un mélange homme. On est bien d'accord. Mais peut-être par exemple, ça peut avoir de nombreuses causes. Donc l'idée, c'est pas... de vous mettre à interpréter le moindre symptôme comme un signe de maladie. Par contre, en revanche, si vous présentez des symptômes persistants, inhabituels ou qui s'aggravent, il est important de demander, encore une fois, l'avis d'un médecin. Si vous présentez brutalement une faiblesse d'un côté du corps, des troubles soudains de la parole ou de la vision ou une crise convulsive, là, contactez directement les services d'urgence. Et une autre question qui revient aussi souvent, c'est faut-il faire une IRM ? cérébrale par précaution. Mais du coup, pas systématiquement. Parce que si vous n'avez pas de symptômes, ça ne sert à rien. Les recommandations justement de la NSM ne préconisent pas une IRM de dépistage pour toutes les femmes qui prennent des ogestrelles. Et bien heureusement, parce que sinon, on n'aurait plus de place. Donc l'imagerie, elle est notamment envisagée en présence, comme je disais, de symptômes évocateurs ou dans certaines situations particulières qui sont liées à des traitements progestatifs antérieurs. à risque. Du coup, une IRM n'est pas nécessaire simplement parce que vous prenez cette pilule et que vous avez reçu le courrier. votre situation individuelle, elle doit être vraiment évoluée par un problème de santé. Et du coup, si vous prenez la pilule pour un isopéca ou une endométriose, j'aimerais vraiment prendre quelques minutes pour parler des femmes qui l'utilisent pour cette raison ou pour une raison qui va vraiment au-delà d'une prévention de grossesse. Parce que l'on parle d'arrêter la pilule, on oublie parfois pourquoi elle a été prescrite au départ. Et du coup, certaines femmes, elles prennent un traitement Hormonale pour gérer les douleurs menstruelles, des saignements abondants, des symptômes associés à l'endométriose ou certaines manifestations du SOPK. Et dans ces situations, la contraception peut participer à la prise en charge de symptômes gênants. Donc si le traitement est modifié ou arrêté comme ça, certains symptômes peuvent réapparaître et très très vite. Ça ne signifie pas que la pilule a nécessairement aggravé la maladie. Ni que l'organisme, il est devenu dépendant aux hormones, on est bien d'accord. Ça signifie simplement que le traitement, il pouvait contribuer à contrôler certains symptômes et du coup, à un mieux-être. Par exemple, dans le cas du SOPK, il est important de distinguer le diagnostic lui-même, les symptômes que l'on souhaite améliorer et les objectifs de santé à long terme. La contraception hormonale, elle peut avoir une place dans certaines stratégies de prise en charge, mais elle ne répond pas nécessairement. à tous les enjeux du SOPK. Donc l'accompagnement nutritionnel, l'activité physique, le sommeil, la prise en charge, la prise en compte des facteurs métaboliques, ça, ça peut également être pertinent selon le profil de chaque femme. Mais attention, l'alimentation, ça ne remplace pas non plus une contraception, on est bien d'accord. Et ça ne permet pas de neutraliser le risque de méningiome qui est associé à ce médicament. De la même manière, il n'existe pas de complément alimentaire permettant de rendre cette pilule Merci. Sans risque. Donc si vous prenez un traitement pour l'endométriose, le SOPK, des douleurs importantes, ne restez vraiment pas seul face à la question de son arrêt. Vraiment, encore une fois, allez consulter. Il est possible de réévaluer justement à chaque fois cette stratégie thérapeutique tout en prenant en compte les symptômes que vous souhaitez contrôler. C'est précisément ce qui rend la consultation individuelle si importante. Et qu'on ne se base pas que sur le courrier. Du coup, j'ai aussi cette question sur... est-ce que toutes les contraceptions hormonales présentent le même risque ? Alors non, et c'est un point qui est vraiment essentiel. On entend parfois le discours très généreux sur les hormones comme si toutes les contraceptions hormonales avaient les mêmes effets et les mêmes risques, alors que ce n'est pas du tout le cas. Les contraceptions, elles diffèrent par leurs molécules, leurs doses, leur mode d'administration et leur effet indésirable connu. Les données concernant le désogestrel ne peuvent pas pas être automatiquement transposées à toutes les pilules et à tous les progestatifs ou toutes les contraceptions hormonales. En fait, il existe également des contraceptions non hormonales, comme le dispositif intra-utérin au cuivre, qui peut être discuté selon les différents besoins et les contre-indications de chacune. Mais là encore, il n'existe pas de méthode parfaite. Chaque option présente des avantages, des limites et des risques éventuels. Par exemple, une contraception peut être très adaptée à une femme et moins adaptée à une autre en raison de ses antécédents médicaux, ses symptômes ou même de ses préférences. C'est pour ça que je trouve important de sortir d'une opposition systématique entre contraceptif hormonal et naturel. En fait, le choix ne devrait pas reposer sur la peur ni sur l'idée d'une méthode qui serait automatiquement meilleure pour toutes les femmes. Il devrait reposer sur des informations fiables. sur vos besoins ou sur une discussion avec un professionnel de santé. Vous avez le droit de poser toutes vos questions sur votre traitement et de pouvoir comprendre en fait. Vous avez le droit de demander aussi quels sont les autres alternatives possibles pour vous. Vous avez le droit de vouloir comprendre les bénéfices et les risques avant de prendre une décision. Surtout lorsque c'est un médicament que l'on prend au long terme et tous les jours. Alors ok, mais pourquoi c'est si difficile pour les femmes de s'y retrouver ? Au-delà de cette actualité, je trouve qu'elle met en évidence une difficulté plus générale dans le domaine de la santé féminine. Lorsqu'une information concernant un risque médicamenteux est diffusée, les femmes peuvent se retrouver face à des messages contradictoires. D'un côté, elles entendent que leur contraception présente un risque. De l'autre, elles peuvent avoir besoin de cette contraception pour éviter une grossesse ou pour mieux vivre certains symptômes. Et au milieu... Elles doivent essayer de comprendre des chiffres médicaux, des études scientifiques et des recommandations parfois difficiles à interpréter. C'est une responsabilité importante que nous avons, nous en tant que professionnels de santé et personnes qui transmettent des informations sur la santé des femmes, de devoir vous expliquer les risques sans les exagérer, mais sans non plus les minimiser. En fait, on doit éviter les messages alarmistes qui poussent les femmes à arrêter un traitement dans la précipitation, surtout. En fait, on doit également éviter de balayer leurs inquiétudes d'un simple « c'est bon, ne vous inquiétez pas » . Une femme qui s'interroge sur sa contraception, elle n'est pas forcément anxieuse ou mal informée. Elle cherche simplement à comprendre ce qu'elle prend et pourquoi elle le prend. Et je pense qu'elle cherche aussi à avoir le meilleur pour sa santé. Surtout, encore une fois, quand c'est à long terme comme ça. L'information médicale devrait lui permettre de participer aux décisions qui concernent sa propre santé. Et cette démarche est d'autant plus importante lorsqu'il s'agit de traitements susceptibles d'être utilisés, comme je disais, pendant plusieurs années et au long terme. Du coup, la réévaluation régulière de la contraception est essentielle. Non pas parce que tous les traitements seraient dangereux, mais parce que les besoins, les antécédents, les priorités peuvent évoluer au fil de la vie. Donc ok, mais concrètement, qu'est-ce qu'on doit faire si on est concerné ? Avant de terminer, je voudrais vraiment vous proposer une démarche simple. Si vous prenez actuellement Optimizet, Serazet, Antigone, AlphaZ ou un générique contenant 75 microgrammes de désogestrel, voici ce que vous pouvez faire. Déjà, premièrement, vous vérifiez le nom du médicament et sa compo. Deuxièmement, vous notez depuis combien de temps vous prenez cette contraception Merci. Et si possible, les autres traitements hormonaux que vous avez utilisés auparavant, si vous vous en souvenez. Ça peut être très bien, ah oui, c'était la boîte orange, etc. Et allez demander à votre formation. Troisièmement, vous pouvez prendre le temps aussi de discuter de cette information avec votre médecin ou votre sage-femme lorsque votre prochaine consultation de routine se présente. Et en l'absence de symptômes évocateurs, il n'est pas nécessaire de consulter en urgence uniquement parce que vous avez reçu ce courrier. Sauf si vraiment ça vous crée de l'anxiété, allez-y. Et quatrièmement, si vous avez des symptômes inhabituels ou persistants, vraiment n'hésitez pas à demander un avis médical sans attendre votre consultation habituelle. Et ça peut être aussi voir un médecin en ligne si votre médecin n'a pas de place tout de suite pour vous rassurer. Enfin, ne modifiez pas tout seul dans la précipitation votre contraception. Si vous souhaitez changer de méthode, faites-vous accompagner pour trouver une solution adaptée à votre situation. Mais surtout, ne considérez pas ce courrier comme une annonce de maladie qui est présente. Il s'agit d'une information de sécurité qui est destinée à vous permettre de mieux comprendre un risque qui est rare, rappelons-le, et de prendre une décision éclairée. Donc du coup, n'ayez pas peur. Je pense que la meilleure réponse, c'est vraiment qu'il faut être informé. Parce que oui. Il y a un risque d'une méningiome qui a été identifiée et elle doit être prise au sérieux. Ça, on n'en doute pas. Oui, ce risque augmente avec la durée d'utilisation et certains facteurs, notamment l'âge et les antécédents d'exposition aux autres progestatifs. Mais non, cela ne signifie pas que toutes les femmes qui prennent cette pilule peuvent développer un méningiome. Le risque absolu, il reste très faible. Et non, il ne faut pas arrêter sa contraception de sa propre initiative sans réfléchir aux conséquences et aux alternatives. Ce que j'aimerais vraiment que vous reteniez de cet épisode, c'est que votre contraception le mérite d'être réévaluée régulièrement en tenant compte de votre santé, vos symptômes, vos antécédents et de vos besoins. Vous n'avez pas à choisir entre prendre un traitement sans se poser de questions et arrêter par peur. En fait, il existe d'autres voies. Comprendre, questionner, décider avec les bonnes infos. Et si vous êtes concerné, vous pouvez retrouver les informations officielles sur le site de l'ANSM et en discuter avec votre médecin, votre sage-femme ou votre gynéco encore une fois. Donc voilà, si cet épisode vous a aidé à y voir plus clair, n'hésitez pas à le partager avec une femme de votre entourage qui se pose les mêmes questions. L'objectif, c'est pas de créer la peur justement autour de la contraception mais de permettre à chacune de faire des choix éclairés pour sa santé. En tout cas, je vous remercie d'avoir écouté cet épisode. Excusez-moi pour le petit accrochage des noms de molécules. de pilules et je vous retrouve très bientôt pour parler ensemble de santé féminine, d'hormones et des nutritions, toujours avec une approche nuancée et fondée sur les données scientifiques. En attendant, prenez soin de vous et à très bientôt !