- Speaker #0
Salut ! Bienvenue sur le podcast de Anno2 !
- Speaker #1
Alors, on en parle ensemble pour comprendre un peu plus ce que ça fait que d'être expatrié.
- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast. Un épisode pour lequel je ne suis pas du tout concernée parce qu'aujourd'hui, on va parler du fait d'être expatrié, d'être parti d'un pays pour venir vivre dans un autre. Donc là, en l'occurrence, d'être venu vivre en France. Et je suis très contente de le faire avec Abla qui est une collaboratrice finalement parce qu'Abla a aussi un podcast qui s'appelle « Au-delà des frontières » . Et en fait, on s'est rencontrés sur Instagram et puis on a un petit peu discuté. Et Abla m'a dit que potentiellement, elle aimerait bien participer et notamment sur ce sujet. Donc merci Abla d'être là et d'être présente pour parler de ça. Tout de suite la première question. Je voulais faire une petite présentation rapide. Est-ce que tu peux te présenter, nous expliquer d'où tu viens ? Quel âge t'as aujourd'hui ? Qu'est-ce que tu fais dans ta vie, que ce soit travail ou loisir ?
- Speaker #1
Oui, alors c'est toujours difficile de parler de soi et d'être... De l'autre côté du micro. Mais donc, moi, c'est Abla. Je travaille en tant que RH, chargée de recrutement dans un calunier comptable. Qu'est-ce que j'aime dans la vie ? J'aime bien faire du paddle. Alors le paddle, ce n'est pas le paddle,
- Speaker #0
mais le sport de raquettes. Voilà, le sport de raquettes.
- Speaker #1
J'ai bientôt 32 ans la semaine prochaine. Voilà. Je viens donc du Maroc, de Casablanca plus près, enfin, Plus précisément, je suis venue en France après mon bac pour faire mes études de base, pour travailler un peu. Je pensais que par la suite,
- Speaker #0
j'allais repartir, rentrer au Maroc.
- Speaker #1
Et ça ne s'est pas passé du tout comme prévu parce que je suis toujours là et ça fait 14 ans que je suis en France, fidèle au poste. Donc voilà.
- Speaker #0
Ok, super. Merci beaucoup. Est-ce que tu peux nous expliquer tes motivations ? tes envies de pourquoi est-ce que tu t'es dit après le bac je m'en vais ? Est-ce que déjà tu t'es dit ça en fait ? Comment est-ce que ça s'est présenté à toi le fait de quitter ton pays finalement pour aller dans un autre ?
- Speaker #1
Alors oui, en fait moi j'ai eu la chance quand même enfin je vais le dire, j'ai eu la chance d'être dans une école française depuis la grande section. Donc pour intégrer une école française c'est soit tes parents sont français ou franco-marocains soit tu passes un test pour intégrer une école à un établissement français. Donc moi j'ai eu la chance de réussir mon test d'aller dans une école française, donc grande section, primaire, collège, lycée. Et en fait la suite c'est logique, c'est d'aller en France ou dans un pays francophone après le bac, vu que tu as un diplôme français qui était en fait, donc j'étais au lycée Lyoté et qui est relié directement à l'académie de Bordeaux. Donc dans tous les cas j'allais être admise à Bordeaux si je n'avais pas d'autres solutions pour après le bac. Et donc, du coup, j'ai postulé tout naturellement. Enfin, postuler... Non, enfin si, oui, postuler à Campus France, je ne sais plus trop comment on dit, ça fait longtemps, je t'avoue. Mais en tout cas, j'ai envoyé mes dossiers, mon dossier, à plusieurs universités. Et j'ai été acceptée à l'Unité de Toulouse Antenne d'Oche. Donc, en fait, ça a été vraiment naturel de vouloir partir. Et puis, c'était aussi un peu le compromis avec mes parents. Ils m'ont toujours dit si tu avais ton bac, si tu réussis à avoir ton bac dès le premier coup.
- Speaker #0
Enfin, dès le premier coup, j'avais quand même le droit au rattrapage. Je ne me suis pas allée au rattrapage, mais voilà. En tout cas, dès la première fois, c'était OK, on t'envoie. Tu pouvais partir en France.
- Speaker #1
Et donc, me voilà, moi qui pensais aller à Toulouse. J'ai eu tes pôles sabatiers de Toulouse en Tendoche. Je pensais atterrir à Toulouse. Alors, j'ai bien atterri à Toulouse. L'avion a bien atterri à Toulouse. Il y avait bien un aéroport partout. Par contre, une semaine avant d'y aller, je cherchais un peu l'IUT de Paul Sabatier en Tendosh. Et en fait, je pensais que c'était un quartier à Toulouse. Et en fait, c'était une ville à part entière, à une heure de Toulouse, 20 000 habitants. Donc, en fait, beaucoup parce qu'on me disait « Oui, tu verras la ville rose, c'est super » , etc. En fait, oui, là, je vais dans le Gers à Hoche, 20 000 habitants. Gros choc parce que tu ne t'y attends pas, parce que tu ne sais pas ce que tu vas découvrir. Tu avais fait tes recherches, tu avais fait des recherches sur tout, sur la vie, où me loger potentiellement, les quartiers à éviter, etc. Et donc j'arrive avec mon père, parce que c'est lui qui... En fait j'avais 17 ans à l'époque, vu que je suis née en fin d'année, je n'avais pas encore mes 18 ans à l'obtention de mon père. Donc, j'étais obligée de venir avec mon père pour faire toutes les démarches administratives, chercher un logement, ouvrir un compte bancaire, etc. Et donc, on arrive tard, on arrive à Toulouse, on arrive un peu tard, on prend un billet de train pour aller à Hoche. On arrive vers minuit à la gare, on sort de la gare, il fait nuit, il n'y a pas de lumière.
- Speaker #0
Ah ouais, c'est un peu bloc quoi !
- Speaker #1
C'est hyper glauque. Il n'y a que les gens de ce train-là qui sortent avec nous, on n'est pas beaucoup. Et là, on se dit « mais on est où, quoi ? » Je passe de Casablanca, quand même 2 millions d'habitants à peu près. Ça vit, c'est tout. Il y a de la vie, il y a de l'entendre du bruit. Il y a tout le temps de la vie, le soir, les dimanches, tout. À une ville, mais glauque, quoi. Il n'y a personne, quoi. Et le problème, c'est qu'il faut dormir quelque part. C'est que derrière... On ne sait pas où on va, on n'a pas de réservation d'hôtel, il est minuit. Du coup, on demande aux personnes qui sont sorties du train où on pouvait prendre une chambre d'hôtel pas très loin. Et du coup, l'aventure a commencé comme ça, à Hoche, à minuit. Il n'y avait personne.
- Speaker #0
Sur un quai de gare.
- Speaker #1
Exactement, sur un quai de gare avec nos deux valises pleines chacun. à trimballer dans les rues de Hoche. A savoir que les rues de Hoche, c'est quand même en pente. Il faut quand même préciser, on a transpiré. Arrivé à l'hôtel, on était dégoulinant, la douche, ça fait du bien. Et voilà, et c'était parti.
- Speaker #0
Et tu disais que tu as été dans une école française parce que soit un de tes parents français, soit franco-français. Marocain. N'importe quoi, je n'ai pas dit de bon terme. Franco-marocain. Ou soit cacahuète. Donc ça veut dire que tu as un de tes parents qui a une double nationalité ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. En fait, c'était soit français, soit franco-marocain, soit il fallait passer un test. Un de ces tests. Oui, voilà. Donc c'est le test. En fait, j'ai pu passer le test, j'ai réussi le test et on était partis.
- Speaker #0
Mais c'est quoi qui vous a poussé ? Parce que j'imagine que quand tu étais petite, ce n'est pas toi qui as pris cette décision. Mais c'est quoi qui vous a poussé à aller vers cette école française ? Il y avait une attirance déjà ?
- Speaker #1
Une meilleure éducation, je pense. c'est ça qui a poussé la meilleure... enfin voilà il faut avoir les moyens aussi.
- Speaker #0
Je remercie quand même mes parents parce que c'est pas non plus...
- Speaker #1
c'est pas l'école publique, c'est l'école privée et c'est encore plus l'école privée parce que c'est une école française donc ça coûte plus cher qu'une école privée marocaine. Et donc ouais je pense qu'ils voulaient vraiment me donner la meilleure des éducations possibles et que j'étudie vraiment sans me soucier de quoi que ce soit. Donc, c'est pour ça, d'ailleurs, je rebondis parce qu'en ce moment, je ne sais pas si tu as pu voir ce qui se passait un peu au Maroc avec les manifestations de la génération Z.
- Speaker #0
Eva, figure-toi que j'ai vu un article tout à l'heure. Je n'étais pas du tout…
- Speaker #1
Voilà. C'est un peu le lien. En fait, ce qui se passe, c'est qu'aujourd'hui, les jeunes manifestent pacifiquement pour leurs droits en termes d'éducation et en termes de santé publique. Aujourd'hui, des personnes qui ont les moyens et qui sont riches au Maroc peuvent avoir la santé. Quand je dis la santé, c'est payer pour que tout se passe bien, pour avoir les meilleurs soins. Pareil, payer pour avoir la meilleure des éducations scolaires. Mais par contre, pour la population les plus pauvres, en tout cas les plus précaires, c'est compliqué. Il n'y a rien, en fait. Il n'y a vraiment rien et c'est pour ça qu'aujourd'hui, il manifeste pour ça.
- Speaker #0
Ok, mais oui, c'est marrant que tu en parles parce que vraiment, j'ai vu l'article de Hugo Décrypte, je crois sur Insta, il y a littéralement 4 heures.
- Speaker #1
C'est ça. Il en a pas mal parlé aussi sur… Il y a le Maroc, le Népal et Madagascar, là, ils ne sont pas contents et c'est bien parce qu'il faut parler de ses droits et il ne faut pas lâcher l'affaire.
- Speaker #0
Oui, parfois, il faut choquer un peu pour que ça change.
- Speaker #1
C'est ça, clairement. Exactement.
- Speaker #0
Du coup, OK. Donc le test, école française. Merci papa et maman, très clairement. C'est ça.
- Speaker #1
Merci papa, merci maman.
- Speaker #0
Bon, ça a été assez naturel, le fait que tu viennes en France. Mais comment est-ce que ton entourage... Alors quand je dis entourage, c'est la famille plus ou moins proche, mais aussi le cercle social, amical, etc. Quelles ont été les réactions quand t'as dit « bon bah, c'est bon, je suis le chemin qui était tracé, je pars en France » .
- Speaker #1
Elle dit 7 ans en plus ! Il y a 17 ans. En vrai, bien. Ma mère a beaucoup pleuré quand je suis partie. C'est-à-dire quand j'étais dans l'aéroport de Casablanca,
- Speaker #0
prête à franchir les portes de l'aéroport. Ma fille,
- Speaker #1
non ! C'est ça, en fait. Tu vois ta fille, ta « chère » partir pour la première fois. Tu ne sais pas quand est-ce que tu vas la revoir ? Dans un mois, deux mois, six mois, huit mois, un an. Bon, je revenais tous les vacances scolaires, donc ça va. Mais quand même, c'était quand même la première fois qu'elle me laissait partir et puis qu'elle me laissait loin d'elle, entre guillemets. Donc ça, oui, c'était un peu plus compliqué, même pour moi. Moi, je fais la belle là, mais en fait, j'ai carrément pleuré aussi. C'était compliqué.
- Speaker #0
C'est normal.
- Speaker #1
Normal. Il y avait... Il y avait cette partie de moi qui était excitée d'aller découvrir un nouvel environnement, découvrir un nouveau monde, une liberté.
- Speaker #0
Et de l'autre, tu sais ce que tu quittes et tu ne sais pas ce que tu retrouves.
- Speaker #1
Donc voilà. Après, ce qui a été un peu compliqué, c'est que pour eux, j'allais revenir au Maroc à un moment donné. J'allais avoir mon diplôme, mon master, travailler un peu. Et j'allais revenir, mais du coup, ce n'est pas le cas. Et quand je leur ai annoncé que ce n'était pas le cas, là, ça a été un coup dur de la négociation en mode, tu es sûre ? On est là, pourquoi tu veux rester ? Il y a ta famille quand même, etc.
- Speaker #0
C'est arrivé combien d'heures cette décision après être arrivée en France à peu près ?
- Speaker #1
Je dirais
- Speaker #0
9 ans,
- Speaker #1
8-9 ans. Ah oui, ok.
- Speaker #0
8 ans. Tu étais déjà quand même bien installée, ça ne faisait pas trop tard.
- Speaker #1
J'étais quand même bien installée, non. Non, non, j'étais quand même bien installée. Ouais, peut-être entre 5 et 8 ans, je ne sais plus. Mais en tout cas, après mes études, ça c'est sûr que c'était après mes études et quand j'ai commencé à travailler. Et là, dans ma tête, je me dis mais en fait, j'ai trop construit de choses ici. Je me suis trop construite ici pour rayer tout ce que j'ai construit et repartir et refaire tout à zéro. Et puis là, je me sens beaucoup mieux ici. Je me sens moi-même. Il y a beaucoup de facteurs. qui font que je suis là, quoi. Et je veux rester ici. Et puis même la vie en fait à la française, c'est organisé, tout est organisé. Les heures, ben voilà. Moi, je suis habituée à manger à midi, midi trente et le midi et le repas le soir à 19h, c'est bon, mon ventre il crie famille. Quand je rentre au Maroc, ma mère me dit « Bon ben,
- Speaker #0
ce n'est pas encore prêt, ça sera prêt à 15h le déjeuner » . 15h,
- Speaker #1
c'est le goûter là, ce n'est plus le déjeuner. Donc voilà, c'est ces petites habitudes-là qui font que ta vie maintenant, elle est ici et elle n'est plus là-bas. Je suis partie à 17 ans, donc j'ai même pas eu le temps... C'était l'adolescence limite, même pas jeune adulte, moi je ne me considérais même pas comme jeune adulte.
- Speaker #0
Ouais, à 17 ans, t'es encore ado quoi.
- Speaker #1
Bah ouais, à 17 ans, t'es encore ado et donc bah voilà. Je me suis construite ici et c'est pour ça que c'est difficile pour moi de m'imaginer ailleurs. Donc voilà, c'est plus ça qui a été un peu compliqué pour eux.
- Speaker #0
Oui, parce qu'ils se disaient « bon, elle va revenir dans quelques années, elle revient » . Et en fait, non.
- Speaker #1
Et en fait, non. Mais j'aime mon pays et je vous aime aussi mes parents, mais je m'aime moi aussi et je me choisis. Et voilà, j'ai décidé de le choisir.
- Speaker #0
C'est bien, c'est avec toi que tu vas passer toute ta vie. C'est ça,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
C'est sûrement bien fait. Tu as dit un truc intéressant ? Moi, c'est ici que je me suis construite. C'est ici que je me sens moi-même. En général, c'est vraiment une généralité que je fais. Mais c'est vrai que c'est des choses qu'on dit quand justement on est chez soi, dans sa maison, là où on a grandi, etc. Qu'est-ce qui a fait que tu t'es plus sentie toi-même dans un autre pays ? Tu saurais le dire. Après, j'ai l'impression que les choses ordonnées, le fait d'avoir des horaires fixes, etc., ça a l'air de te plaire. Et ça, c'est très français.
- Speaker #1
Oui, non mais ça c'est... Oui, voilà, ça c'est pas mal. C'est-à-dire qu'il y a une personne, elle va te dire quelque chose. Elle va te dire A, ça sera A. Au Maroc, une personne allait te dire A, tu sais que ça sera B. En fait, c'est tous ces petits trucs qui font que... Je ne sais pas.
- Speaker #0
C'était mieux.
- Speaker #1
Je pense que je vais vraiment banaliser le truc. Je suis quelqu'un qui peut être naïve. Et moi, j'aime bien ce côté-là naïf chez moi. Quand on me dit quelque chose, j'y crois. Et en fait, au Maroc, il faut être un peu rusé, il ne faut pas croire tout ce qu'on dit, il faut avoir les rondeurs, les formes dans sa tête, etc. Et je suis peut-être un peu trop naïve pour vivre au Maroc,
- Speaker #0
si j'ai envie de dire ça comme ça.
- Speaker #1
Donc, il y a ce côté là, mais il y a aussi ce côté... Quand je disais, ouais, moi-même, c'est pas peur d'être une femme, pas peur de vivre en tant que femme, en tant que femme libre, en tant qu'indépendante, loin du patriarcat, entre guillemets, que peut avoir le Maroc. Alors, je généralise bien évidemment, mais ça reste quand même un peu ancré. Donc voilà, c'est plus tout ça. En fait, c'est vraiment cette liberté que j'ai découvert ici en France qui m'a fait rester indépendante. ici.
- Speaker #0
Ok, je peux comprendre. Et c'est vrai que ça peut aussi permettre de se rappeler que moi, je milite beaucoup contre le patriarcat, alors que je suis née en France, je vis en France depuis toujours. Donc c'est bien. C'est vrai qu'aussi, ça permet de se dire, il y a d'autres pays où c'est un peu pire, voire plus pire. Même si le Maroc, je pense que ce n'est pas le pire non plus, évidemment. Non,
- Speaker #1
je ne pense pas que ce soit le pire non plus. Mais bon,
- Speaker #0
si on compare à la France, c'est sûr que... On est un peu loin. Bon, ça s'est quand même amélioré. Le Maroc s'est quand même amélioré, c'est sûr. Mais il reste encore un peu... C'est plus dans les mœurs maintenant.
- Speaker #1
Il y a eu des lois qui sont passées, etc. C'est beaucoup mieux, etc. Mais dans la tête des gens et dans les mœurs des gens, il faut modifier tout ça.
- Speaker #0
Et du coup, comment ça s'est passé les premiers mois quand tu es arrivée en France ? Bon, on passe l'étape de la guerre glauque. Je veux dire... Une fois que tu étais installée, que tu as commencé à aller en cours, prendre tes marques, comment est-ce que ça s'est passé ta première adaptation finalement ?
- Speaker #1
Ça a été bizarre. Enfin pas bizarre mais quand je suis arrivée déjà à l'IUT, j'étais la seule Marocaine, la seule étrangère. Déjà c'était un petit IUT donc je savais qu'à Toulouse il y aurait eu d'autres étrangers, d'autres Marocains, Algériens etc. Mais là j'étais toute seule donc il fallait que je m'adapte et je m'adapte très rapidement. que je comprenne la culture et le mode de vie très rapidement aussi. J'ai eu quand même de la chance d'avoir eu des personnes qui étaient dans ma classe, qui étaient très bienveillantes, qui ont été là pour moi. Ils m'ont vue toute seule avec mon plateau repas le midi et ils m'ont gentiment dit « viens manger avec nous » . Déjà juste ça, c'est cool. On ne te laisse pas toute seule, on t'aide à t'intégrer tout simplement. Donc il y a eu ça. Il y a eu aussi une personne qui... J'aimais bien le foot, donc je jouais un peu au foot avec mes cousins à la plage, etc. Je n'avais jamais été dans un club de foot ou autre. Elle faisait du foot et on lui disait « Bien, tu t'essayes » et tout. Et là, j'ai rencontré des gens extraordinaires. Enfin, c'est toujours mes amis. Après 12 ans que je suis partie de Doche, c'est toujours mes amis et ça, c'est top. Après, il y a eu les moments compliqués, les moments de solitude, les moments où tu es là toute seule chez toi. Il n'y a personne, tu te fais à manger toute seule t'apprends à faire à manger puisque au Maroc c'est beaucoup la mère qui fait à manger et elle fait très bien à en manger, même quand t'es chez tes parents voilà c'est tes parents qui te font à manger donc c'est pas que au Maroc mais tout ça il fallait réapprendre, en fait il fallait apprendre à vivre seul, j'avais jamais appris à vivre seul et il fallait apprendre à vivre seul et ça ça a été compliqué parce que tu ressens les moments de solitude les moments où t'es éloignée de ta famille les moments où où tu es seule tout simplement et j'ai une, enfin c'est pas une anecdote mais il y a quelque chose qui m'a un peu pesé quand j'étais à Hoche, j'ai perdu, mon frère m'a appelé et à distance il m'a dit ah bah mamie est décédée. Donc déjà tu prends ça en pleine face, t'es loin, t'es toute seule, tes potes, c'était le week-end donc tes potes, sont rentrées chez eux le week-end, chez leurs parents.
- Speaker #0
Là, ça a été dur. Là, ça a été compliqué. Et tu ne peux rien faire. Parce que lundi, tu dois être en cours.
- Speaker #1
Tu n'as peut-être pas les moyens de te prendre un billet d'avion en express le samedi pour venir le dimanche. C'est impossible. Et là, ça a été compliqué. J'ai eu mes deux grands-mères qui sont décédées alors que j'étais en France. Là, ça a été... Ça a été très compliqué. Je suis un peu émue parce que c'est... Je comprends, c'est normal. C'est pas facile.
- Speaker #0
Puis il doit y avoir un mélange de plein d'émotions entre la culpabilité de ne pas être là, de se dire peut-être que j'aurais pu faire ci, j'aurais pu faire ça. Mais bon, effectivement, après, c'est les moments compliqués. Je pense quand on est loin de sa famille et que ce soit des moments malheureux, comme tu viens de nous le raconter, je suis vraiment désolée pour toi que tu les aies vécues parce que c'est pas quelque chose de facile. Déjà, quand on est proche, ce n'est pas facile. Mais quand on est loin, je pense que c'est encore une autre dimension. Mais il y a aussi tous les moments heureux, j'imagine, sur toutes les premières années où pour les anniversaires, on n'est pas là ou alors on les fête plus tard quand tu rentres. Toutes ces choses-là... Bon, c'est des choses joyeuses. Mais du coup, tu n'es pas là sur le moment pour les vivre et les fêter.
- Speaker #1
Du coup, on a instauré quelque chose avec ma famille et ma famille proche, donc mes parents et mon frère. C'est à chaque anniversaire, on s'appelle en visio et on est ensemble pour souffler les bougies du gâteau. Et ça se passe comme ça pour chaque anniversaire. Et puis voilà. Et quand je viens, on se rachète un gâteau pour ressouffler les bougies ou juste manger le gâteau d'anniversaire. Et c'est top. Donc c'est vrai que ça... on a pu l'instaurer avec ma femme proche.
- Speaker #0
Ouais, c'est cool. Mais peut-être que vous avez... Enfin, je ne sais pas si tu as des anecdotes là-dessus, mais peut-être que vous avez instauré d'autres choses, justement, pour pallier à cette distance que vous pouvez avoir ?
- Speaker #1
Oui, alors au début... Enfin, j'appelle ma mère pratiquement tous les jours en visio. Donc ça permet de garder le lien. Bon, après, quand je ne peux pas une journée, ce n'est pas grave, mais généralement, voilà. On aime bien s'appeler tous les jours pour se raconter notre journée, ce qui s'est passé. Les potins sur la famille, au moins je suis en alerte.
- Speaker #0
Tu es à jour !
- Speaker #1
Je suis à jour, voilà. Je suis à jour sur tous les potins, les ragots. Je sais tout ce qu'il se passe. Ah ben elle est enceinte, lui va se marier. Voilà, tout ça. Et du coup, voilà, c'est ce qu'on s'est instauré. Après,
- Speaker #0
j'y vais une à deux fois par an, les voir ensemble.
- Speaker #1
Ils sont déjà venus me voir quelques fois, mais pas souvent. C'est un peu plus compliqué avec l'histoire du visa qu'il faut avoir, etc. Donc voilà, moi j'essaye d'y aller une à deux fois par an maximum. Ils aimeraient plus, c'est sûr. Ils aimeraient tous les mois, tous les deux mois. Enfin,
- Speaker #0
voilà.
- Speaker #1
Mais ce n'est pas possible. Évidemment que c'est déjà pas mal.
- Speaker #0
Est-ce que tu as des anecdotes ? Ouais, bah t'aimais bien la culture française et tout ça. Est-ce que justement, t'as des anecdotes ou peut-être des choses qui t'ont... Quand t'es arrivée en France, il y a des trucs où tu t'es dit « Ah tiens, ça se passe comme ça ici. Tiens, ça c'est quoi de ça ? »
- Speaker #1
Mais non, mais tellement. Déjà, je suis arrivée en France, je me suis présentée. J'ai eu le droit à un habla español. On ne me l'avait jamais fait. On ne me l'avait mais jamais fait. C'est-à-dire qu'au Maroc, jamais quoi. Je n'ai jamais eu le droit à ça. Et puis là, je me suis dit « Ah ouais ? Pourquoi ? Non ? No hablo ? Je sais pas quoi là ? » Et puis il y a eu « habla espagnol » , « habla cadabra » , « habla car » , « habla moz » .
- Speaker #0
Mais en même temps, c'est pas pour te vexer, mais c'est vrai que t'as un prénom qui avait plein de jeux de mots en français.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
voilà, c'est ça.
- Speaker #1
Mais en fait, moi j'ai été habituée à qu'on prononce mon prénom en arabe au Maroc. Et pas qu'on le prononce en français, en France, mais ce qui est normal. Donc du coup, plein de surnoms comme ça. Après les anecdotes, il y a eu ma première fois à la raclette partie où je ne savais pas comment vous alliez. Je ne savais pas comment ça se passait. Est-ce qu'il fallait plus chier pomme de terre ?
- Speaker #0
Vous mangez pas de raclette au Maroc ? Non,
- Speaker #1
jamais. J'avais jamais mangé de raclette. Alors que c'est incroyable. Et du coup, j'ai refusé de faire ça. J'ai ramené un appareil raclette. C'est vrai,
- Speaker #0
tu l'as amené chez ta famille ?
- Speaker #1
J'adore ! Je l'ai fait goûter ça. Ils ont bien aimé. Oui, ils ont bien aimé. C'était gras quand même. C'était très gras.
- Speaker #0
Et c'est le principe. C'est pas exactement... La projette de leur raclette,
- Speaker #1
c'est trop bien. Oui, sans porc. Parce qu'on ne mange pas de porc. D'ailleurs, justement, en parlant de porc, avant... Au Maroc, je n'avais pas à me justifier de manger du porc, pas de porc, etc. C'est un peu la base. Et puis, quand tu es dans une école française, tu ne parles pas de religion, tu ne fais pas le ramadan, chacun fait ce qu'il veut et il n'y a pas de sujet. Et puis,
- Speaker #0
il n'y a pas forcément de porc dans les cantines ou même dans les...
- Speaker #1
Enfin si, tu peux en trouver dans des grandes surfaces, etc. Mais voilà, ce n'est pas non plus très courant. Et là, c'est vrai que j'ai dû me justifier. Je dois et encore aujourd'hui. En fait, pour le repas de ce soir, pour le dîner à la maison, etc., ça sera sans porc, je ne mange pas de porc, etc. Et donc, voilà aussi une autre anecdote à partager. Oui, puis du coup,
- Speaker #0
tu as dû apprendre à faire attention aussi par rapport à ça. Parce que moi, c'est pareil, je ne mange pas beaucoup de viande. Mais parfois, anecdote, mais ma mère... Donc ma mère quand je lui ai dit que je voulais plus manger de viande, elle m'a dit oui non mais pas de soucis et tout. Et genre le soir même je vais chez elle, elle me fait une quiche Lorraine. Donc la quiche Lorraine il y a des lardons. Et là, je fais « Bah maman, du coup... »
- Speaker #1
Je ne lui ai dit pas de viande.
- Speaker #0
Ce n'est pas de la viande, c'est des lardons. Alors, du coup, on va reprendre la base.
- Speaker #1
C'est ça, exactement.
- Speaker #0
En plus, c'est vrai qu'il y a du porc caché un peu. Il y a des bonbons, je crois, ou il y a de la gélatine de porc, des trucs comme ça. Au Maroc, ça, il n'y en a pas, donc tu ne te posais pas la question.
- Speaker #1
Exactement. Donc, j'ai dû apprendre à lire tous les ingrédients dans chaque... dans chaque emballage, en fait. Et aujourd'hui, je le fais toujours. Après, il y en a maintenant, c'est bon, je suis habituée, je sais ce que je dois prendre et pas prendre, mais c'est vrai qu'au tout début, bah oui, tu regardes, tu fais attention. Petite anecdote aussi, une fois, j'étais au resto, il y avait écrit donc burger, de burger, etc. Voilà, enfin voilà, je lis, il n'y a pas de déconne, il n'y a rien. Je mange tranquillement, et puis là, je vois une texture, enfin, je vois quelque chose qui ne m'est pas familier, tu vois ? Je demande à ma voisine, c'était en plus un déjeuner au boulot. Je demande à ma voisine, tu sais ce que c'est toi ? Elle me dit bah c'est du bacon. Et là je dis mais non. Elle me dit si, si, oh la la. J'avais mangé du bacon quoi. J'avais croqué dans le bacon. Alors je ne sais pas si c'était bon ou pas tu vois. Mais bon bah après je l'ai enlevé et puis j'ai redemandé à un autre quoi. Mais voilà des fois si tu ne fais pas attention, tu te retrouves avec du bacon dans ton assiette.
- Speaker #0
Il y a des pièges. C'est ça, il y a des pièges. Alors, toujours rester en alerte. Tu te dis qu'en France, il y a énormément de musulmans. Mine de rien, je crois que c'est la deuxième religion la plus représentée en France. Et mine de rien, on n'annonce pas le cochon partout.
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'était un oubli ou j'ai mal déchiffré la carte, mais je ne pense pas parce que ça faisait quand même des années que j'étais en France. Mais oui, ça devait être... Un oubli, et bon après voilà ça arrive. Maintenant je demande, sans bacon ? Ben non mais il n'y a pas madame 1 sur la carte.
- Speaker #0
D'accord mais je préfère quand même préciser. Et là tu lui racontes ta vie. Est-ce que vous savez en fait ?
- Speaker #1
Voilà c'est ça, exactement. Donc voilà, en anecdote, il y en a plein, mais je pense que c'est déjà pas mal.
- Speaker #0
Alors là, à mon avis, je connais un début de réponse à mon avis. Mais bon, on va voir. Qu'est-ce qui a été facile et moins facile de changer de pays et de vivre dans un autre pays ?
- Speaker #1
C'est un peu ce que j'ai dit depuis le début. C'est vraiment le manque de mon entourage, le fait qu'il soit loin quand il y a des moments difficiles comme un décès ou même des anniversaires, etc., Le ramadan aussi, je n'ai pas parlé de ramadan mais le ramadan loin c'est très compliqué. Quand je dis que c'est très compliqué, je crois que c'est la chose la plus compliquée qui soit parce que le ramadan seul c'est comme si tu passais Noël toute seule. On va imager le truc. Donc je te laisse voir, enfin c'est compliqué quoi parce que c'est un moment de partage, c'est un moment où tu partages justement le repas avec ta famille, avec tes amis. Il y a l'ambiance aussi au Maroc du Ramadan, c'est-à-dire que tu commences un peu plus tard la journée, tu finis un peu plus tôt. Le soir, ça vit. Le matin de la journée, tout le monde jeûne, donc tout le monde est dans un même mood. On ne mange pas, on ne boit pas. Il y a cette ambiance-là ramadanesque. Alors qu'en France, tu fais le Ramadan, tu ne fais pas, il n'y a rien qui change. Les horaires sont les mêmes, il n'y a rien qui change.
- Speaker #0
Pays laïc, toi ? Je mets des grands guillemets parce que... Voilà, mais effectivement... C'est un autre débat ça. Oui, c'est pour ça, je mets des guillemets. On ne va pas rentrer dans un rond, mais je mets des guillemets.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Et donc, ça, ça a été quand même... Ça, c'est quand même très compliqué.
- Speaker #0
Et sur le plan plus matériel ? Parce que moi, je pensais que tu allais me dire l'administration française.
- Speaker #1
Ouais, non mais ça... J'ai même pas envie de partir sur ce terrain-là en fait. Déjà, j'ai dû déchiffrer l'administration française. C'est-à-dire qu'il fallait faire une carte d'hôpital. Enfin... J'ai dû déchiffrer comment avoir une carte vitale, ce qu'il fallait faire, etc. Le renouvellement de titre de séjour ? Mais ça, il me faudrait un épisode entier pour parler de renouvellement de titre de séjour avec toute la paperasse qu'il faut, avec les heures d'attente pour espérer rencontrer l'agent à la préfecture. L'administration française, c'est quelque chose. Il faut le mentionner quand même.
- Speaker #0
Déjà en tant que Français... C'est costaud. Alors, j'imagine même pas quand t'es étranger. Enfin, si, j'imagine parce que j'ai des amis étrangers qui sont venus vivre en France aussi. Donc, je vois de loin leur parcours et leurs galères. J'ai demandé ma nationalité en 2018, je crois. Enfin, en 2019, je ne sais plus. En 2019, je crois. J'ai demandé ma nationalité par décret, une naturalisation. Je l'ai eue. Ça a mis trois ans. Trois années. Trois années pour avoir ma nationalité. Et tout était OK.
- Speaker #1
C'est juste que c'était long, le temps de traitement, le temps que tout se fasse, en fait. Donc voilà,
- Speaker #0
l'administration française.
- Speaker #1
Au plaisir.
- Speaker #0
Très content d'avoir été naturalisée, ce qui a prouvé encore plus mon lien avec la France. Je peux dire aujourd'hui que je suis franco-marocaine avec plaisir. C'est top. Donc voilà, ce qui a été facile. Ce qui a été facile, c'est comme... C'est vrai que la langue, ça a été facile pour moi parce que je suis bilingue de base, non anglais, mais bilingue. arabe-français. Et mes parents, dans mon entourage, on parle français, le fait d'avoir été dans une école française, etc. Donc ça a été quand même facile pour moi de m'intégrer et de m'adapter rapidement de par cette culture-là que j'avais un peu de la France, vu que j'avais des profs français au signe. Enfin voilà, je connaissais aussi... En fait, on nous inculquait... L'histoire géo, c'était l'histoire géo de la France, la révolution française, etc. J'avais quand même des bases avant de venir ici et ça a été quand même plus facile pour moi.
- Speaker #1
Je me demandais, en t'écoutant, est-ce que tu sens un décalage quand tu rentres au Maroc ?
- Speaker #0
En fait, oui. Pourquoi ? Parce que la langue, dans le sens où... Je comprends bien évidemment le marocain, le darija, je le comprends bien sûr, mais il y a des mots qui m'échappent et je ne vais pas comprendre. Et donc je suis là, ça veut dire quoi ça ? Ça veut dire quoi ? Et puis je vois bien que ça les agace parce que c'est dans une discussion. Et donc je suis là, mais qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire quoi ? Ça ne veut dire quoi ? Etc. Donc ouais, c'est un peu ce décalage. Et puis par rapport à ma vie, moi je suis plus tranquille, chill, pas de prise de tête. Je suis simple. Il y a des personnes qui ne le sont pas forcément et qui se feraient de la tête et qui ont besoin de se montrer, de se voir, de le paraître, etc. Moi, je suis loin de tout ça. C'est ce petit décalage du bien en France.
- Speaker #1
J'adore partir au Maroc pour des vacances. Je kiffe à chaque fois. J'adore mes vacances. J'aime bien manger là-bas.
- Speaker #0
On mange très bien. le climat, bon ça c'est un terrain glissant il est top là-bas ici on n'en parle pas voilà,
- Speaker #1
on fait tout un épisode sur le climat je ne sais pas si on peut le dire mais t'es pas non plus dans la région française la plus ensoleillée quoi tu vois vive la Bretagne, on adore les bretons on adore la Bretagne non mais c'est ce que je disais en off donc je vais le redire dans l'épisode mais j'ai beaucoup enfin beaucoup j'abuse peut-être mais j'ai quand même plusieurs invités bretons et les bretons sont très chauvins de leur Bretagne
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
En tant que normand,
- Speaker #0
beurre demi-sel, c'est beurre demi-sel. C'est pas beurre doux, c'est beurre demi-salé. Et si t'as la malchance de parler de beurre doux, laisse tomber, qu'est-ce que tu n'as pas dit ? Et pareil. Non, mais c'est pas possible.
- Speaker #1
Mais bon, j'aime le beurre doux. Voilà, je le dis. Et je me demandais, est-ce qu'à ton arrivée ou aujourd'hui, est-ce qu'il y a une... Je sais pas si ça se dit, tu me diras, mais est-ce qu'il y a une communauté ? d'expatriés, d'étrangers, que ce soit marocains ou d'autres pays, est-ce que le fait d'être expat fait que tu vas créer plus facilement des liens avec d'autres personnes étrangères ?
- Speaker #0
Déjà, j'aime bien qu'on utilise le mot expat, expatrié. Moi, je l'utilise. Je pense que d'autres utilisent le mot immigré, mais pour moi, immigré, c'est vraiment la personne qui est née de parents immigrés, qui est née aussi en France. Les expatriés, c'est plutôt les personnes qui sont parties de leur pays d'origine pour s'expatrier dans un autre pays et qui sont nés dans ce pays d'origine. Voilà, je remets le contexte.
- Speaker #1
Mais t'as bien fait, parce que j'allais pas du tout penser, tu vois.
- Speaker #0
Mais oui.
- Speaker #1
Pour moi, expatrié, c'est que je suis sûr de faire. Immigré, c'est que t'as dû potentiellement, cause d'une guerre ou d'autres trucs, tu vois, le faire, je sais pas. J'ai jamais regardé la définition, tiens.
- Speaker #0
Je sais pas. Bon, en tout cas, selon moi, je le prends comme ça. Donc après... Mais t'as peut-être raison. T'as peut-être raison.
- Speaker #1
Je sors
- Speaker #0
Ok, vas-y. Moi, je te réponds à ta question. Donc oui, il y a des groupes sur Facebook qui sont venus de l'étranger par rapport au pays qu'ils accueillent.
- Speaker #1
Donc, bon, potentiellement. Et attends, je vais chercher expatrié, comme ça on aura tout. On est très dico ce soir.
- Speaker #0
Bah oui, c'est clair. Au moins, on met les mots.
- Speaker #1
Donc c'est bon, je pense que c'est ça. Expatrié qui a quitté sa patrie volontairement ou qui en a été chassé.
- Speaker #0
Ah, ok. Ok, et immigré, la personne l'a choisie.
- Speaker #1
Bah, c'est pas bien plus ou moins.
- Speaker #0
Ouais, c'est bien plus ou moins.
- Speaker #1
Immigré qui est venu de l'étranger par rapport au pays qui l'accueille.
- Speaker #0
en tout cas il y a bien une communauté en fait c'est des groupes facebook les marocains les marocains de Nantes par exemple les marocains de Lille, de Bordeaux etc ou les marocains de France donc t'as une communauté en fait pour s'entraider pour répondre à tes questions sur tel ou tel sujet pour faciliter ta venue, pour trouver un logement etc il y a une Et... Aussi, une association plutôt à Rennes qui s'appelle les Marocains actifs de Rennes, où j'ai été bénévole pendant un an, l'année dernière d'ailleurs, qui a aidé les personnes qui venaient sur Rennes à créer des moments conviviaux, à faire des temps de jeux, par exemple. plutôt pour les aider à trouver un stage sur la partie RH. Donc moi, je m'occupais, enfin je m'occupais, non, j'aidais sur la partie travail et emploi. Et donc voilà, ça peut être des conseils sur des CV, sur des lettres de motivation, trouver un emploi, comment trouver un emploi, etc. Donc vraiment, toutes les questions qu'un Marocain peut avoir en arrivant en France et à Rennes, plus précisément... on pouvait l'aider sur ce sujet-là. Et ça, je trouve ça vraiment bien pour une personne qui peut se sentir seule, de moins se sentir seule, justement, grâce à ces communautés-là et cette association-là qui aide vraiment les jeunes marocains à s'intégrer et à ne plus se sentir seule.
- Speaker #1
Est-ce que, du coup, ces regroupements peuvent aller au-delà ? de l'aspect entraide, administratif, etc. Tu disais tout à l'heure, par exemple, pour la période du Ramadan, c'est très dur de ne pas être avec ses proches et sa famille. Est-ce que, justement, entre groupes d'expats peut-être du même pays, ça peut combler un petit peu ça ou ça ne se fait pas trop ?
- Speaker #0
Ici, il y en a qui deviennent potes, amis, de bons amis. Totalement, Tu crées du lien, tu crées des affinités. Je sais qu'il y en a même qui se sont mariés parce qu'ils se sont rencontrés dans cette association-là. Donc non, c'est top. Et puis, ils ont aussi... Alors, moi, ça ne fait pas longtemps que je suis arrivée sur Rennes. Donc, c'était l'année dernière. Et c'est pour ça que j'ai intégré cette association-là. Et ils avaient fait, pendant le mois de Ramadan, les vendredis-samedis, ce qu'on appelle des tours. C'est des ruptures de jeunes où chacun pouvait venir manger tous autour d'une table, dans un lieu bien précis. Chacun pouvait ramener ce qu'il voulait. Voilà, c'était vraiment un moment de partage. Malheureusement, je n'ai pas pu y assister et j'aurais bien aimé, mais voilà, malheureusement, je n'ai pas pu y assister. Mais j'ai quand même invité à la maison mes amis qui ont partagé le repas et la rupture du jeûne avec moi et ça, ça a été super. C'est cool.
- Speaker #1
C'est cool d'avoir pu faire ça.
- Speaker #0
ça a dû te mettre un peu de baume au coeur j'avais tous les week-ends j'avais du monde à la maison et franchement c'est top à réitérer pour le prochain on refait pareil voilà
- Speaker #1
on va arriver sur la fin de l'épisode et c'est vrai que quand on fait ce genre de thématique j'aime bien demander à mon invité s'il a des conseils à donner pour ceux qui envisagent de partir vivre dans un autre pays ou pour ceux qui le vivent et qui peut-être ne sont pas aussi à l'aise que toi ?
- Speaker #0
Moi,
- Speaker #1
je conseillerais de ne pas lâcher.
- Speaker #0
d'avoir son objectif en ligne de mire et de ne pas lâcher son objectif. Peut-être que ton objectif, c'est d'avoir ton master, ta licence et de rentrer, c'est OK. Ton objectif, c'est de travailler, d'avoir de l'expérience en France, c'est OK. De ne pas lâcher, d'essayer de s'adapter au maximum aussi et de sortir de sa zone de confort, de s'adapter à ton entourage, de s'adapter à la France et à ses défauts, à ses qualités,
- Speaker #1
bien évidemment. de vouloir, quand je dis de sortir de sa zone de confort, c'est-à-dire d'aller vers les gens pour comprendre leur culture,
- Speaker #0
pour comprendre comment ça se passe et comment ça marche. Et aussi toi, parler de toi. Quand je dis parler de toi, c'est parler de ta culture, parler de tes valeurs,
- Speaker #1
parler de comment tu réagis face à telle ou telle situation, comment tu vis, pour que les gens comprennent. Parce que peut-être que nous, on est habitués à vous,
- Speaker #0
entre guillemets. mais vous ne vous mettez pas habitués à nous et c'est aussi ça, c'est par le dialogue, par la communication et voilà, vraiment s'adapter et essayer de garder ses valeurs ses principes,
- Speaker #1
accepter son pays d'accueil avec ses défauts et ses qualités Tu parlais d'objectif ça serait quoi encore aujourd'hui ton objectif ? Même si j'imagine qu'il évolue avec le temps bien sûr
- Speaker #0
Ouais, il évolue avec le temps être heureuse, c'est beau comme objectif être sereine, être saine d'esprit être saine tranquillité d'esprit être heureuse et faire le bien autour de moi tant que je peux apporter le bonheur autour de moi apporter le bonheur pour moi ça
- Speaker #1
serait ça mon objectif c'est bon CDI ?
- Speaker #0
c'est bon ça c'est déjà fait leur faire découvrir des nouveaux ils adorent le fromage donc leur faire découvrir de nouveaux fromages ça Pourquoi pas ? C'est tellement bon le fromage, ça aussi, découverte incroyable.
- Speaker #1
On n'est pas fâchés avec le fromage.
- Speaker #0
La fondue aussi, plus qu'il y ait fromage chaud, on prend tout, quoi. Clenche de fromage. Je laisse la charcuterie, pour ceux qui en mangent, mais moi, je garde le fromage.
- Speaker #1
T'as bien raison. En tout cas, merci beaucoup, Abla. Je suis très contente d'avoir toi à l'épisode et de l'avoir fait avec toi. Pour rappel... t'as un podcast qui s'appelle Au-delà des frontières donc si vous voulez aller un petit peu plus loin sur le sujet, si vous êtes curieux, si vous avez envie d'écouter encore plus à Blah parler n'hésitez pas à aller découvrir son podcast, je mettrai évidemment le lien en description et en barre d'infos donc n'hésitez pas à aller découvrir ça parce que à chaque épisode t'abordes une thématique bien particulière sur justement ton expérience etc et pour avoir écouté plusieurs épisodes j'ai trouvé ça très cool donc n'hésitez pas à aller jeter mon rire
- Speaker #0
Merci beaucoup Pauline, c'est sympa.
- Speaker #1
Merci à toi et à très bientôt. Merci d'avoir partagé ce moment avec nous. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à en parler autour de vous et sur les réseaux sociaux. Et pour rappel, le podcast à nous deux, c'est un mardi sur deux.