- Speaker #0
Salut ! Bienvenue sur le podcast de à nous deux.
- Speaker #1
C'est très nébuleux l'inspiration, et ce n'est pas un sujet souvent abordé il me semble. D'où elle vient ? Comment on la trouve ? Est-ce que ça se travaille ? C'est inné ou c'est une technique ? Comment mettre en place son inspiration dans son envie, dans son projet ? L'inspiration n'est pas que artistique ou dans l'action. On peut aussi avoir de l'inspiration pour des choses du quotidien, dans nos pensées, pour nos valeurs personnelles. pour son projet bureautique sous Excel au travail. L'inspiration, ça touche finalement beaucoup de choses, et on en parle avec Eléa. Bonjour à tous ! Je suis très contente de vous retrouver sur cet épisode où je suis accompagnée d'Eléa, donc un épisode sur l'inspiration, et je suis super contente qu'Eléa soit venue me chercher sur Instagram pour qu'on puisse discuter de ce sujet, parce qu'en découvrant son compte, j'ai découvert qu'elle était danseuse, et je me suis dit que vraiment, ça devait être une des personnes les plus calées pour parler du sujet de l'inspiration. Donc, merci beaucoup, Eléa, d'être là aujourd'hui.
- Speaker #0
Merci de m'accueillir.
- Speaker #1
C'est trop chouette. Je rentre dans le vif du sujet. Comme ça, on lance la discussion. Ça te fait penser à quoi, le mot inspiration ?
- Speaker #0
Quand j'ai lu les questions dans ton mail que tu m'as envoyé, c'est vrai que je me suis posée trois minutes à me dire « Oh, waouh, en vrai, j'en sais rien » . Et là, je me suis dit « Waouh, c'est marrant parce que quand je t'ai contactée, ça semblait ultra normal de parler d'inspiration » . notamment parce que mon métier, c'est d'être danseuse et chorégraphe, et donc de créer des choses. Et donc, on parle beaucoup d'inspiration. Et en même temps, ça semble être quelque chose de complètement flou. En même temps, voilà, inspiration, ce que ça veut dire. Et du coup, je suis allée chercher sur le dictionnaire Larousse. Je suis allée voir. Et en fait, ça résume assez bien ce que je ressens, parce que l'inspiration, c'est bizarrement un truc qu'on ressent vachement, plus que quelque chose d'intelligible. j'ai l'impression et du coup sur le Larousse c'était marqué t'avais plusieurs définitions et il y avait un truc c'est un souffle divin qui anime l'esprit c'est un élan créateur c'est une impulsion un mouvement intérieur qui porte à accomplir un acte et il y avait cette espèce de mouvement un peu une fulgurance et je trouve que l'inspiration c'est vraiment ça et je le vois plus comme un truc ressenti quelque chose qui vient de l'intérieur qui c'est pas trop d'où ça vient je sais pas si on peut Merci. Appeler ça intuition parce que je pense que c'est pas tout à fait la même chose. Mais ouais, quelque chose de fulgurant. C'est à ça que ça me fait penser quand on parle d'inspiration. C'est quelque chose qui pop alors qu'il n'y avait rien et qui fait sens à cet endroit-là, à ce moment-là.
- Speaker #1
Je vois très bien ce que tu veux dire et je comprends complètement quand tu disais « ouais, quand j'ai vu le thème, ça m'a grave parlé » . Et puis en fait, en le préparant, quand tu creuses, tu te dis « ah ouais, non mais alors attends » . Ouais,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
Je t'avoue que ça me l'a un peu fait aussi. En fait, pour ceux qui ne me suivent pas sur Instagram, deux, trois fois par an, je lance des sujets comme ça en cherchant des invités pour des sujets précis. Et donc, je laisse les personnes venir me dire si ça les intéresse ou pas. Et en fait, j'ai lancé le sujet de l'inspiration parce que sur le moment, j'ai eu l'inspiration de faire un sujet sur l'inspiration. Et puis là, il y a quelques semaines, quand je me suis penchée vraiment sur le sujet, j'étais en mode, ouais, t'es mignonne, vraiment super.
- Speaker #0
Ouais. Il va falloir creuser un petit peu plus que simplement avoir cette première fulgurance.
- Speaker #1
Exactement. Mais moi, je le ressens un petit peu comme toi aussi. C'est un truc qui va popper comme ça. Tu vas dire, ah ouais, non, mais il y a un truc qui a fait retour de ça. J'ai trop envie de creuser. Pas l'inspiration, mais ce que le sujet est venu. Mais du coup, toi, qu'est-ce qui va t'inspirer le plus au quotidien ?
- Speaker #0
Il y a plusieurs choses, je pense, qui m'inspirent. Je crois que c'est pareil. Il y a d'un côté... Des choses qui vont venir déclencher l'inspiration, qui vont mettre dans un mood ou dans une ambiance d'inspiration. C'est très étrange de dire ça comme ça, mais qui vont favoriser le fait qu'il y ait des idées qui germent et qui apparaissent, et du coup une inspiration. Par exemple, moi la musique, ça me fait vachement ça, d'être à rien faire avec juste de la musique. Souvent ça fait ce truc-là, ça vient déclencher des... de l'inspiration, des images, surtout pour de la danse, des chorégraphies, peut-être pas jusque-là, mais voilà, des ambiances, des trucs qui sortent comme ça, des idées. Et après, il y a des choses qui m'inspirent dans le sens où ça vient me donner des idées de « ah ça j'aime bien » . Et je vais le collecter comme une petite idée en mode de... Tu sais, j'ai cueilli une fraise des bois, je le mets dans mon petit panier, mais ce sera peut-être pour plus tard, tu vois, c'est parce que je l'aime bien et je verrai plus tard si ça amène quelque chose d'autre. Peut-être que ça ne veut rien dire sur le moment, mais ça peut créer de l'inspiration pour plus tard. Je suis très fan de photos, tout ce qui est visuel, ça me parle beaucoup. Tout ce qui va être les petites choses, je suis très attentive aux détails, donc les petites choses de la banalité. Quelqu'un qui marche dans la rue et qui a une robe rouge alors que tout le monde est en gris, ou des trucs comme ça. Je ne sais pas. Et c'est pareil, c'est comme l'inspiration. Ce n'est pas très intelligible comme concept. C'est juste un espèce de ressenti de « ça me plaît, ça me donne une idée » , mais c'est un truc qui vient provoquer quelque chose chez nous. Et c'est pareil, mettre des mots là-dessus, c'est compliqué. Je te fais beaucoup de gestes depuis tout à l'heure, ça ne se voit pas.
- Speaker #1
En fait, c'est que dès qu'il y a un truc qui te touche, potentiellement, ça peut aussi t'inspirer, en fait.
- Speaker #0
Oui, je pense que c'est quelque chose comme ça. Il y a à la fois l'ambiance qui favorise les idées à sortir et à la fois toutes ces petites choses qui te touchent qui, finalement, sont des bases à l'inspiration. Oui,
- Speaker #1
genre tu te crées un petit héros.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Peut-être qu'un jour, ça va me servir le jour où ça popera.
- Speaker #0
Ah, mais moi, ça m'arrive souvent. En plus, maintenant, sur Instagram ou sur des carnets, des trucs comme ça, J'ai encore mes carnets de quand j'étais ado, et souvent quand je suis en manque d'inspiration, je vais relire mes carnets, et je ré-ouvre, je fais « Putain, c'est marrant, quand j'avais 14 ans, j'ai eu cette idée, putain, c'est pas bête ! » « Eh ben écoute, peut-être que je vais l'utiliser maintenant ! » Et t'as plein de trucs comme ça, où « Tiens, j'avais pris cette photo-là, ça semblait être inutile, et en fait, ça me sert trop là, maintenant, alors que ça fait 5 ans que je l'ai prise, et je trouve ça trop chouette aussi, comme procédé, quoi. »
- Speaker #1
« Bah ouais, et puis surtout, c'est ouf ! » Déjà, je trouve ça trop bien que tu aies gardé des trucs de quand tu es adou, enfant et tout. Moi, je n'ai pas eu l'occasion de beaucoup le faire puisqu'on a beaucoup déménagé quand j'étais petite. Du coup, ça s'est un peu perdu et tout. J'ai juste gardé mes journaux intimes. Alors, ce n'est pas fameux. Ce n'est pas ça qui va donner de l'inspiration.
- Speaker #0
Ça peut, ça peut. C'est vrai que ça peut. Franchement, des fois, on ne sait pas. Moi, je n'ai pas eu beaucoup de journal intime, donc je ne sais pas trop ce que ça donne sur le long terme. Mais je pense qu'il y a des trucs quand même. Après, il faut s'y replonger. C'est peut-être ça le plus compliqué.
- Speaker #1
Oui, il ne faut pas avoir honte.
- Speaker #0
Il faut être bien préparé à ce que tu vas retrouver dedans avant de les réouvrir.
- Speaker #1
Là que tu dis à 12 ans, c'est bon. Mais en tout cas, je trouve ça trop bien. Et je pense que... Ouais, ça peut aussi être des sources d'inspiration de ce que t'as pu vivre ou ressentir quand t'étais ado, enfant, et que ça repop quand t'es adulte, et que t'as pris aussi du recul sur ce genre de situation, et où tu te dis, ah, attends, ça, ça peut peut-être donner quelque chose pour ci, pour ça. Ce que je veux dire, c'est que l'inspiration peut toucher plein de trucs. Ça peut être dans du domaine artistique, dans le travail, mais ça peut aussi être de l'inspiration personnelle, quoi, tu vois, pour se dire... Tiens, là, j'ai une inspiration pour ça parce qu'en fait, j'aimerais bien, je dis une bêtise, aller mieux et faire cette activité pour me sentir mieux. Bim, ça a popé dans ma tête. Inspiration de faire un truc parce que je me suis souvenu que je faisais ça il y a 15 ans et c'était super. Donc en fait, l'inspiration, elle touche tout.
- Speaker #0
Elle touche tout et c'est ça que j'ai trouvé intéressant quand tu m'as envoyé un peu le contexte du sujet du podcast. c'était que moi j'ai l'habitude de parler d'inspiration dans mon métier et de le relier forcément à quelque chose d'artistique. Et en fait, pareil, en y réfléchissant pendant la journée, je me dis, non, parce qu'en fait, j'ai aussi ces espèces de fulgurances quand je suis en train de faire de l'administratif pour la compagnie, quand je suis en vacances et que j'ai envie de lire ou que j'ai envie de faire de l'aquarelle ou ces trucs aussi là dont tu parles. Je n'aime pas le mot développement personnel,
- Speaker #1
Non, mais du quotidien et de temps pour soi, en fait.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, temps pour soi. C'est exactement ça. Et des fois, c'est vrai qu'il y a aussi un peu un côté de prendre l'inspiration comme un truc, je ne sais pas, une espèce de mastodonte intellectuelle, d'un truc ultra compliqué qu'il faut s'acharner. Enfin, je ne sais pas, j'ai l'impression qu'il y a un peu un flou qui met l'inspiration sur une espèce de piédestal. Alors que, comme tu dis, l'inspiration, elle est partout. Et pour... toute la journée. L'inspiration de te faire à manger, elle peut être aussi jouissive que l'inspiration de créer un spectacle. Pour moi, il y a des choses qui sont ultra similaires dans la sensation que ça va te procurer d'avoir ce temps-là d'inspiration.
- Speaker #1
Carrément, je suis hyper d'accord avec toi. Parfois, ce n'est pas du tout péjoratif dans la... Ce que je vais dire, mais parfois, tu sais, t'as des artistes, et je pense beaucoup à des artistes, soit dans le cinéma, soit dans la musique, qui vont parler d'inspiration, et quand ils t'en parlent, tu te dis, mais c'est un truc inaccessible. Enfin, genre, ça a l'air tellement dur, tellement, comme tu dis, tu vois, dur dans le travail, dans le processus, et tout, ils ont l'air d'en souffrir. Enfin, tu te dis, oh, waouh, ok. Sauf que t'as oublié que ce matin, si t'aimes bien t'habiller, bah, t'as cherché et trouvé l'inspiration de comment t'allais t'habiller, de quel look t'allais avoir aujourd'hui, tu vois. Et je trouve que c'est bien de le ramener, en fait, se dire, oui, l'inspiration, ça peut être un truc difficile. C'est vrai, surtout quand c'est ton métier et qu'il faut la trouver. Mais en fait, tu la vis aussi au quotidien et c'est bien de la ramener dans sa vie, en fait.
- Speaker #0
Ouais, et puis je trouve que c'est des moments qui sont à apprécier aussi. Alors là, moi, je parle très personnellement parce que je ne vis pas encore dans le corps des autres. Mais moi, ça m'arrive de temps en temps, mais d'être... poser et puis d'un coup d'avoir une idée mais sur n'importe quoi, ça peut vraiment être enfin là j'en ai eu il n'y a pas très longtemps sur faire des salaires donc c'est vraiment de l'inspiration très bureaucratique mais quand ça fait une heure que tu cherches, que t'es face à ton ordi qu'il se passe rien, que c'est long, que t'as pris ton 14ème café de la journée et que d'un coup, paf l'inspiration est là et t'as l'idée qui va changer ta journée il y a un truc qui est ultra satisfaisant à vivre Et en fait, de reconnaître que tous ces petits moments aussi de journée, de s'habiller le matin, de se faire à manger comme on en a envie le soir, tous ces petits moments qui ne sont pas de l'inspiration artistique posée sur une espèce de culture générale ultra-élitiste, c'est chouette, je trouve, aussi de le reconnaître pour soi-même. Se dire « Ah, waouh, trop bien, ça m'a fait du bien de trouver cette idée-là » , tu vois.
- Speaker #1
Mais ouais, c'est ça. Puis en plus, ça te met dans une espèce d'impulsion. Tu vois, quand c'est arrivé, tu te dis « Ok, ben allez, je le fais maintenant » . maintenant, et tout, là, je suis dedans. En plus, c'est hyper motivant. Alors, ça m'a fait vraiment sourire quand t'as parlé de ton histoire d'inspiration pour les salaires, parce que, moi, genre, j'ai eu l'inspiration, je fais mon budget sur Excel, parce que j'adore faire les budgets de ma vie. Ouais, je sais, c'est mon trait toxique. J'adore budgétiser mes revenus, quoi. Et genre, vraiment, quand j'ai l'inspire de mon tableau Excel, en me disant... « Ah mais attends, tu pourrais faire ça et tout, ça pourrait changer, ça pourrait t'aider, optimiser, machin. » Et ça n'a rien de sexy, tu vois. Il n'y a rien de fun dans tout ça. Mais en vrai, quand tu as l'idée, tu es trop content.
- Speaker #0
Et puis ça te fait plaisir derrière d'avoir un temps. Il y a un oeuvre derrière ton idée et tout. Ça découle sur plein de choses où tu vas finir ta journée, tu vas être « Ah, c'était bien ! »
- Speaker #1
Et tu es content de toi, tu dis « C'est moi qui l'ai fait ! »
- Speaker #0
C'est ça. Après, parce que je dis « Tu es content de ta journée » , mais c'est marrant parce que En même temps que j'ai dit ça, je me suis dit, pas tout le temps, détends-toi, parce que ça t'arrive très peu souvent finalement. Là, pour le coup, c'est vraiment plus relié à mon boulot, mais il y a plein de fois où j'ai de l'inspiration, j'ai des idées qui popent. Et vraiment, cinq secondes après avoir commencé à imaginer, à rêver le truc, je me dis, mais c'est infaisable. enfin du va-ou du va-ou Soit parce que financièrement, ce n'est pas faisable, soit parce que techniquement parlant, j'ai rêvé que j'avais les moyens du Stade de France, soit parce que le temps, tu vois, des trucs. Et du coup, c'est marrant parce que je suis aussi en train de me dire que des fois, l'inspiration, c'est aussi source, au contraire, de frustration, tu vois, d'avoir envie de faire, d'avoir envie de créer, d'avoir envie de, je ne sais pas. de se mettre à l'aquarelle. Et en fait, je ne peux pas parce que je n'ai pas ce qu'il me faut. Là, c'est fermé, je ne peux pas y aller. Ça sera pour plus tard. Et du coup, je trouve que c'est un procédé qui fait vivre des sentiments très forts. À la fois, si tu le réussis, si tu as mis en œuvre ce qu'il te fallait, et à la fois, si finalement, tu ne peux rien faire avec cette idée parce que juste là, tu n'as pas les moyens techniques, le temps matériel de le faire. D'un coup, c'est... C'est la déception, quoi, aussi.
- Speaker #1
C'est vrai, je n'avais pas du tout pensé à ça, tu vois. Et là, quand tu le dis, je suis en mode, bah oui, c'est vrai. Ça peut créer beaucoup de sentiments contradictoires et, comme tu disais, de frustration, carrément. Mais par contre, c'est peut-être ma manie d'essayer de toujours voir le positif et tout, tu vois. Mais la meuf est insupportable.
- Speaker #0
Non, c'est très bien, moi, je pense, de vivre sa vie comme ça. C'est peut-être mieux, d'ailleurs.
- Speaker #1
Mais tu vois, je me dis... Bon bah ok, j'ai l'inspiration d'un truc, c'est pas possible pour x ou y raison. Bah viens je le mets dans mon petit panier de... Garde-le pour plus tard. et peut-être ça deviendra un rêve inatteignable qui se refera jamais mais parfois aussi ça fait du bien d'avoir des rêves qu'on sait qui se passeront jamais mais d'avoir un petit but de se dire un jour ça arrivera ça n'arrivera jamais mais oui c'est vrai je
- Speaker #0
pense que oui c'est vrai que tu peux aussi le mettre comme ça enfin ce qu'on disait tout à l'heure sur tu mets dans ton petit panier ta fraise des bois et ta myrtille c'est vrai que ça peut être aussi un truc comme ça tu l'as laissé dans un carnet ça se fait ça se fait pas Et c'est marrant, enfin, j'ai dit beaucoup c'est marrant, je suis désolée. Tic de langage. Mais dans ce truc-là, j'ai vu passer il n'y a pas longtemps un concept, alors je ne sais plus le nom du philosophe ou de l'écrivain qui a mené ce concept, mais qui est le concept de l'anti-bibliothèque. Qui en gros est un concept de, chez les gens qui ont, alors c'est le cas chez mes parents et chez moi, C'est pour les gens qui ont... une bibliothèque très très remplie, les gens sont persuadés, je vois que tu regardes son côté sur tes leu-bookers, tu dois avoir la même. C'est aussi, il y a souvent des gens qui demandent si tu as tout lu, et pour beaucoup, enfin moi souvent ça m'arrive, je dis bah non j'ai pas tout lu, mais c'est des livres que j'ai envie de lire, ou si c'est des livres qui m'intéressent, ou voilà. Et le concept de l'anti-bibliothèque c'est de dire que tous ces livres que tu n'as pas lu, mais qui font quand même partie de ta bibliothèque. sont aussi une manière de voir que tu ne pourras jamais tout lire, jamais tout savoir. Et que du coup, qu'il y a plus grand que toi. Il y a un espèce de concept philosophique de, dans ta vie, tu ne pourras jamais tout atteindre, tu ne pourras jamais tout faire, parce que ce n'est juste pas possible en fait. Et c'est OK. Et du coup, d'avoir ces livres que tu ne liras jamais dans ta bibliothèque, il y a un peu ce truc de dire, je reconnais que je ne saurais jamais tout ce qu'il y a dans ces livres. Mais je suis d'accord avec ça et c'est normal. Et du coup, avec l'inspiration, il y a un peu ça aussi. Il y a ce truc de tu mets dans ton petit panier, dans tes petits carnets. Et finalement, de les avoir aussi avec toi, c'est ce truc de... Je pense que c'est peut-être un petit processus selon les inspirations, les idées, les envies. Mais peut-être qu'il y a aussi une espèce de reconnaissance de je ne pourrais pas le faire. Mais ce n'est pas grave, j'ai fait plein d'autres trucs. Mais juste ça, je ne pourrais pas le faire, ce n'est pas grave.
- Speaker #1
Ouais, je vois très bien de se dire, j'en ai déjà fait beaucoup, j'aimerais en faire plus. Apparemment, ça ne sera pas possible, mais ce n'est pas grave.
- Speaker #0
C'est ça, oui.
- Speaker #1
C'est déjà bien ce que j'ai fait.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. C'est une forme de résilience aussi, de la vie, tu ne peux pas tout faire, ou alors tu es immortel, enfin, ce n'est pas encore arrivé. Et puis, tes journées ne font que 24 heures, donc de toute manière, tu ne vas pas pouvoir tout achever.
- Speaker #1
Il faut dormir des moments arrêtés. Et finir 100%.
- Speaker #0
C'est super de dormir, en vrai.
- Speaker #1
Un jour, je ferai un épisode sur le sommeil.
- Speaker #0
Oui, Très, très bon épisode.
- Speaker #1
Et pour toi, l'inspiration, ça vient plutôt de l'intérieur, donc tout ce qui est émotion, intuition, tu le disais en début de dialogue, ou est-ce que c'est plutôt extérieur ? Et extérieur, je pense à des personnes ou à de la culture, donc les livres, les films, ton environnement, etc. Ou est-ce que c'est Un juste équilibre de tout ?
- Speaker #0
J'aurais plutôt tendance à dire que c'est un juste équilibre de tout. Et j'aurais tendance à dire aussi qu'il y a d'un côté ce qui vient déclencher l'inspiration, comme je disais plus tôt. Et du coup, là, pour moi, ça va plutôt être des choses extérieures. Je dis plutôt, mais en vrai, quand ça ne va pas, enfin en tout cas dans mon métier, quand ça ne va pas, ça vient aussi déclencher de l'inspiration. Ouais, je dirais que c'est intérieur et extérieur. Ce qui vient de déclencher l'inspiration, c'est intérieur et extérieur. Mais après, l'inspiration en elle-même, l'idée qui sort, pour moi, il y a un truc vraiment très interne. Et je ne sais pas si tu as déjà vécu ça, mais en fait, c'est que ça m'est arrivé il n'y a pas très longtemps. Je ne saurais plus te dire sur quoi du tout, quelle était l'idée qui est sortie. Mais je me souviens que je cherchais, je ne sais plus pourquoi, une idée sur un truc. Et que j'étais assise dans le silence et il n'y avait rien dans ma tête. Mais vraiment, il ne se passait rien. Ce n'était pas des pensées continues où je marmonnais. Juste, il ne se passait rien. Juste, je n'avais pas la solution à ma question ou à mon problème. Et d'un coup, c'est sorti. Tu vois, d'un coup, dans ma tête, ça a popé en mode, ah tiens, il faut que je fasse ça. Et en fait, c'est très étrange comme sensation interne parce que ce n'était pas là et là, c'est là. Je sais pas si t'as déjà vécu ça.
- Speaker #1
Mais ça m'arrive pas souvent, par contre.
- Speaker #0
Moi non plus.
- Speaker #1
Ça m'est déjà arrivé. Bon, je saurais pas le quantifier, mais ça m'est déjà arrivé et je vois exactement ce que tu veux dire, où tu te dis « Attends, y avait rien » , et puis là, d'un seul coup, t'as l'impression qu'il y a un... Pas un raz-de-marée, j'abuse. Mais genre un truc, tu vois, où tu te dis « C'était ça, en fait ! »
- Speaker #0
C'est vraiment du silence au bruit. Il y a un truc très A et B. Un avant et un après. C'est un des trucs où quand on parle de la pensée, quand on parle de la réflexion et tout, cette fulgurance-là, je ne sais pas comment l'expliquer. Parce que tu as l'impression que ça sort de nulle part.
- Speaker #1
Alors que non.
- Speaker #0
Alors que non,
- Speaker #1
tu ne le sais pas en fait. Tu ne te rends pas compte d'où ça vient.
- Speaker #0
C'est ça, parce que d'habitude, quand tu penses, quand tu réfléchis, quand tu es en train de chercher, il y a une espèce de petit film qui avance, une idée après l'autre, un questionnement après l'autre. Il y a un truc qui suit. Et sur ces moments d'inspiration, ou en tout cas ceux-là qui sont très particuliers ou qui pour moi sont vraiment significatifs de ce que ça pourrait faire l'inspiration, c'est d'un coup, il ne se passe rien et pof ! et Et c'est un peu perturbant. Mais c'est vrai que ça n'arrive pas si régulièrement.
- Speaker #1
Non, je ne sais pas à quoi c'est dû, mais moi, j'ai l'impression que ça arrive de moins en moins souvent. Alors, est-ce que c'est dû au fait que je suis beaucoup sur mon téléphone, beaucoup sur les réseaux, et que du coup, je ne laisse plus aussi l'espace, tu vois, à ce genre de moment ? Je ne sais pas, je me pose la question. Parce que, tu vois, moi, je dirais que ce qui me provoque de l'inspiration, c'est un 60-40. Ça va être un 60... de tout ce qu'il y a à l'extérieur. Ça peut être mon environnement, ça peut être les lectures, ça peut être un jeu, ça peut être les réseaux sociaux. Beaucoup les réseaux, mine de rien. Et un 40% d'intérieur. Mais par contre, une fois que tu as eu ton inspiration, je suis complètement d'accord que c'est complètement moi et mon intérieur qui après va faire le cheminement en disant, ok, je vais faire ça, je vais le faire comme ça. Ça ne me concerne que moi. Oui, c'est clair.
- Speaker #0
Mille heures. Excusez-moi. Je crois qu'il y a, enfin, quand je lisais les questions que tu m'avais un peu envoyées pour la trame du podcast, il y avait ce truc de comment tu cultives l'inspiration.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et moi, quand ça arrivait, l'inspiration, de cette manière si rapide, un peu comme ça, c'était souvent parce qu'il y avait un vide. Et on parle beaucoup, je trouve actuellement, du manque d'ennui des enfants qui sont devant les écrans. Et en fait, je pense que nous aussi, en tant qu'adultes, on manque beaucoup d'ennuis.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Et parce que aussi, je pense qu'on bosse beaucoup, mais derrière, quand on rentre, on est devant les écrans, on est avec des gens. Il y a une espèce de...
- Speaker #1
On est sursollicité.
- Speaker #0
Oui, on est sursollicité et il y a une recherche de cette sursollicitation aussi de notre part.
- Speaker #1
Tout à fait, oui.
- Speaker #0
Moi, je le vois avec des amis et tout, où j'ai l'impression que si tu ne fais rien, tu as raté quelque chose. Il y a un petit peu même un... faux mot, je crois que ça s'appelle comme ça, Fear of...
- Speaker #1
Je sais plus la définition de faux mot, mais c'est avoir le seum de louper un événement.
- Speaker #0
C'est ça, que si tu restes à rien faire alors qu'il se passe quelque chose, t'as l'impression de rater la soirée de ta vie. Et j'ai l'impression qu'on cherche vachement ça, alors que je crois que le vide et l'ennui, je suis pas sûre que l'ennui soit toujours du vide, et inversement, mais j'ai l'impression que ça laisse de l'espace. Et du coup, quand ton cerveau, il a l'espace de réfléchir, il est en capacité de produire des nouveaux trucs. Alors que s'il est tout le temps sur sollicité, en fait, il ne va que reproduire des choses qu'il connaît déjà, parce qu'il en a déjà tellement vu pendant la journée qu'il ne va pas être capable de faire autre chose. Et tu vois, ça me fait penser à quand je prépare. Donc moi, je suis chorégraphe aussi de la compagnie. Donc je crée les pièces de ma compagnie de danse. Et souvent, je me prends... deux, trois semaines avant des temps de création pour réfléchir à ce que je vais travailler, etc. avec les danseuses, parce que c'est que des femmes. Et en mars dernier, j'ai eu un temps comme ça. Et alors, en plus, j'étais seule dans l'appartement d'une pote qui était très, très calme. Enfin, vraiment, il est parfait pour bosser. Et j'ai étalé toutes mes feuilles par terre. Donc, j'avais des feuilles avec des notes, avec des trucs, des images, des machins, des trucs. Et j'ai tout posé. Et j'avais pas de musique. Et je m'étais laissée un petit rond, un petit cercle. Son appart n'est pas très grand, mais là, quand même, ça prenait toute la place. Et on avait sur les placards de sa cuisine, sur ses portes, sur la télé, partout. Et je m'étais laissée un petit cercle pour m'asseoir sur le tapis. Et je suis restée une heure assise au milieu. Donc, je n'étais pas en train de relire des trucs. Juste, c'est comme si j'avais eu envie de me laisser infuser par ce qu'il y avait. Alors que, bon, bref, c'est un truc un peu parapsychique, de clairvoyance et tout. Après,
- Speaker #1
elle a fait une incantation, elle a brisé son sang.
- Speaker #0
J'allumais des bougies pour essayer de trouver un truc. Une idée révolutionnaire. Non, mais ce truc de... En fait, je me suis laissée l'espace et le temps et le vide nécessaire, même si tout était rempli de notes, etc. Mais c'était juste pour faire un état des lieux, de là où j'étais. Mais en fait, d'avoir cet espace et ce temps avec personne, avec pas de bruit, avec aucune obligation derrière. Et à pouvoir aussi me dire, en fait, si j'ai envie de faire une nuit blanche et d'y rester jusqu'à demain matin, qui va m'en empêcher ? Et en fait, j'ai eu des bêtes d'idées à ce moment-là. Et c'est pareil, il y a eu une espèce de fulgurance un peu comme ça, où d'un coup, j'ai fait, ah oui, c'est ça. Donc là, je me suis mise à noter, je me suis mise à écrire, je me suis mise à décrocher des trucs, à mettre du scotch, à mettre des post-it, à mettre des trucs partout. Mais il y a eu, franchement, je pense qu'il y a eu une bonne demi-heure où je me suis assise dans ce cercle à rien faire. Et à être là en mode, bon allez cerveau, on y va. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
- Speaker #1
Est-ce que tu vas me sortir ?
- Speaker #0
C'est un peu ça, mais pas dans un truc de questionnement de, bon, alors je dois faire ça. Donc, si je fais ça, alors il faut que je fasse. Vraiment juste en mode, ok, on est là, on va attendre de voir. De toute façon, tu as déjà tout dans la tête. Puisque ça fait à peu près six mois et demi que tu réfléchis sur le projet, donc globalement, il est là. Tu n'as pas besoin de relire tes notes. Mais par contre, OK, on va attendre. Peut-être qu'il y a un truc qui va sortir. Et en fait, c'est hyper agréable aussi de prendre ce temps-là. Après, je comprends, c'est hyper compliqué. Enfin, je ne sais pas si... Moi, j'allais dire que je n'ai pas un vrai boulot. Putain, si mes parents m'entendaient. Alors que je dois répéter toute la journée l'inverse.
- Speaker #1
Et que vraiment si, quand même.
- Speaker #0
Alors que vraiment si. Non mais tu vois, pour quelqu'un qui a un boulot plus stable, en tout cas avec des horaires de bureau, est-ce que toi tu as l'impression de pouvoir avoir ce temps-là ? Est-ce qu'il y a aussi ça ?
- Speaker #1
Non, c'est pas un problème, mais c'est un truc de saoule dans ma vie justement de salarié, même si j'adore mon taf et tout, mais ça c'est un truc qui me saoule, c'est d'avoir des horaires et d'être cadré comme ça et justement de ne pas avoir le temps de prendre le temps. Parce que du coup, effectivement, tout est un peu chronométré du lundi au vendredi. Déjà, mes journées sont entre guillemets tout le temps les mêmes, tu vois. Et puis le week-end, je suis en mode, bon, je prends du temps pour moi. Donc du coup, qu'est-ce que je veux faire de ce temps libre ? Et c'est qu'est-ce que je veux faire, c'est pas je me laisse faire, tu vois. Je sais pas si tu vois ce que je veux dire,
- Speaker #0
mais du coup... Oui, oui, je laisse pas porter.
- Speaker #1
Non, rarement quoi, ça m'arrive, mais franchement c'est rare. Mais vu que j'ai envie de prendre du temps en fait. et de profiter de ce que j'aime, de ce que j'aime faire, aller au ciné, m'occuper de mon podcast. Oui, parce qu'il y a ça aussi, c'est que je m'occupe aussi du podcast et ça prend beaucoup de temps. Donc bon, il y a un ensemble de choses qui font que c'est rare que j'ai ce temps en me disant... Comme tu disais, il n'y a rien qui m'attend. Je n'ai pas de rendez-vous derrière. Je m'en fous si je suis fatiguée demain parce que je me couche à 4h du mat. Ça, ça n'existe pas dans ma vie. Ça n'existe pas. Et effectivement, peut-être que ça peut couper certaines choses.
- Speaker #0
Je me dis peut-être que les vacances, ça peut être des temps comme ça. Mais d'un autre côté, j'ai aussi l'impression, pour le vivre avec mes parents, j'ai aussi l'impression qu'il y a, comme pour toi le week-end, un besoin de faire des choses qui te plaisent. Et du coup, d'avoir, encore une fois, pas une sur-sollicitation, parce qu'il y a aussi prendre du temps plus tranquille ou lire un livre pendant une après-midi, être plus...
- Speaker #1
C'est plus chill, mais tu te mets plus tranquille.
- Speaker #0
Mais tu te mets un truc en mode, il va falloir que je comble ce temps avec des choses que j'aime pour presque le rentabiliser. Il y a quelque chose un peu comme ça aussi.
- Speaker #1
Oui, carrément.
- Speaker #0
Et du coup, même les vacances où c'est des temps plus longs, on en revient à un truc où il faut remplir et où il faut aller faire des sorties, au musée, tu vois.
- Speaker #1
Occuper des trains dans ta vie. Tu vois, des conneries comme ça.
- Speaker #0
Et encore,
- Speaker #1
j'ai ça, mais je suis vraiment de la team. avec Grâce à mon travail salarié, en général, j'arrive à prendre deux, trois semaines de congés l'été consécutive, ce qui est déjà cool. Et j'essaye vraiment de me faire une semaine où justement je ne me prévois rien. Et je ne veux rien prévoir pour essayer de me laisser sans. Mais ça veut dire en vrai, ça arrive une semaine par an.
- Speaker #0
Ce qui est quand même assez fou, parce que du coup, ça veut dire que tu t'écoutes vraiment. Enfin, alors si on est vraiment très négatif, que tu t'écoutes vraiment une semaine par an aussi.
- Speaker #1
C'est ça, ouais ! Non mais prenez soin de vous !
- Speaker #0
C'est ça ! En fait, ces temps-là, moi je me rends compte que c'est ultra précieux. Tu vois ? Et que finalement, les gens ne prennent pas de temps, et que du coup, tous ces temps d'inspiration existent peu ou pas. Et je comprends aussi pourquoi, les gens normaux, c'est pareil, je suis normale aussi, mais Et... Les gens qui ont des boulots classiques, on va dire, comprennent pas le travail d'être artiste aussi parce qu'ils sont plus confrontés à ces moments-là d'inspiration qui sont en vrai tout autant du travail et tout autant... Des moments proactifs. On réfléchit différemment à d'autres choses. Là où un plombier va réparer un tuyau, on va penser à la prochaine pièce qu'on fait. Mais techniquement, on est tout autant proactifs. Et je me dis que c'est peut-être aussi pour ça qu'il y a un gap actuellement entre ce monde artistique un peu sombre et flou et les gens qui ont des vrais boulots. Peut-être que ça manque d'inspiration, ces vrais boulots aussi.
- Speaker #1
Je pense qu'il y a un petit peu de ça. mais je trouve que c'est très intéressant ce que tu dis comme quoi peut-être aussi être tout le temps dans une routine quotidienne et constante est-ce que ça coupe pas aussi un petit peu l'inspiration parce que tu vois tu disais tu cultives ton inspiration en te laissant de l'espace et du temps mais je pense aussi qu'il n'y a pas que ça tu vois il y a aussi peut-être vivre aussi des choses rencontrer des personnes différentes faire d'autres activités, tu vois. Je me dis, ça aussi, c'est des choses qui peuvent inspirer.
- Speaker #0
Oui, oui, oui. Oui, c'est clair. Je pense que là-dessus, tu as raison, c'est certain. Après, effectivement, faire des nouvelles choses, aller rencontrer de nouvelles personnes et tout. Je suis très, très fort inspirée par les personnes passionnées. Par n'importe quoi. Mais à partir du moment où les gens sont passionnés par ce qu'ils font, ça va m'inspirer et ça va... Déjà, me donner envie de les écouter et d'être attentive. Mais surtout, je trouve ça formidable d'être passionnée de quelque chose. Donc, ça m'inspire sur ce qu'ils font. Pas sur ce qu'ils font, mais juste sur la passion qu'ils entretiennent avec leur activité. Après, je pense que de se dire qu'il faut forcément faire des nouvelles choses pour être inspirée, ça peut mettre une certaine pression aussi. Et j'en ai parlé il n'y a pas très longtemps avec des amis. dont un ami qui a fait un spectacle dessus d'ailleurs. Il y a un film qui s'appelle Paterson, qui est un roman à la base qui s'appelle Paterson, qui en gros est l'histoire d'un mec qui s'appelle Paterson qui vit dans la ville de Paterson. Et ce mec est conducteur de bus. Et toute la journée, tu vois, il a cette routine où il se lève tous les matins à 6h22. Il fait toujours le même truc toute la journée. Et ça, 5 jours sur 7. Et le week-end, il a exactement la même routine toutes les semaines. Et d'un autre côté, ce gars écrit de la poésie. Et ce mec qui a l'existence la plus banale sur Terre, finalement, réussit à trouver l'inspiration d'écrire de la poésie dans cette banalité et dans ce tout et rien de l'existence de sa matinée, ou de son travail, ou de sa routine. Et j'en parlais il y a vraiment deux jours avec des connaissances. On disait qu'il y a de ça aussi. On ne parlait pas d'inspiration, mais on disait que finalement, dans le quotidien, il y a plein de petites choses, si tu sais les apprécier, si tu sais les mettre en valeur pour toi-même, parce qu'il n'y a pas forcément besoin, je trouve, de les partager. Des fois, c'est trop chouette de s'être rendu compte qu'il y a une petite fleur qui dépasse un trottoir et juste, ça te fait ce petit truc pour toi dans la journée. Mais en fait, je crois que l'inspiration, elle se cultive aussi comme ça. En fait, elle se cultive aussi en regardant notre existence qui peut être banale de temps en temps, voire la plupart du temps, parce qu'on a des routines de vie et une vie qui ne passe pas sur des grands voyages toutes les trois semaines. En fait, on peut aussi avoir des trucs trop chouettes tous les matins quand on prend le bus. Moi, j'ai habité pendant un moment à Paris et le matin, aussi parce que je n'étais pas très réveillée, je n'arrivais pas à lire dans le transport. Et du coup, je ne mettais que ma musique. Et en fait, je regardais vachement les gens. Et il y a beaucoup d'inspirations qui sont venues de trucs comme ça. D'un gilet mal boutonné, d'un mec avec une rose à 7h30 du mat, de la mamie SDF un peu folle du bout du wagon. Enfin, tu vois, des trucs qui ne sont pas inoffensifs, c'est pas ça. C'est pas du tout le bon terme. Qui sont... que tu ne remarquerais pas, quoi. Qui n'ont rien de remarquable. à cet instant T, mais qui juste te touche. C'est ce qu'on disait au tout début. C'est que simplement, ça te touche à ce moment-là, à ce matin-là. Ça ne t'aurait peut-être pas touché la veille, ça ne te touchera peut-être pas demain, mais par contre, là, ça fait quelque chose. Et je crois que, ouais, c'est à la fois découvrir des nouveaux trucs, je pense que c'est essentiel, ça, simplement pour aussi ne pas s'embêter dans son quotidien, mais en fait aussi de cultiver cette banalité avec plein de petits trucs, c'est trop chouette. Et ça sert vachement, ça permet d'ouvrir les yeux en fait aussi. Et l'inspiration, il y a un gros truc de ça, je crois. D'ouvrir.
- Speaker #1
De regarder le monde, en fait. Je suis complètement d'accord.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et en plus, tu as donné l'exemple de... Tu es dans le bus, tu mets ta musique et tu vois un mec à 7h du mat' avec une rose dans les mains. Enfin, je ne sais pas, mais moi, direct, je suis déjà en train de lui faire une histoire à ce mec. Tu vois, rien qu'il me le dise, je suis déjà en mode... Bah ouais, mais peut-être qu'il allait... Alors, c'est glauque. Non, je ne vais pas raconter une histoire. Peut-être qu'il va aussi me faire déposer une autre rose sur la...
- Speaker #0
Ah oui, moi je n'étais pas du tout là-dessus. Moi j'étais le mec qui s'est pris un râteau de bon matin, il est en train de rentrer. C'est très tôt, c'est tard et demi, bonsoir d'un râteau quand même. Ce n'est vraiment pas une bonne journée qui commence.
- Speaker #1
On ne sait pas qui a fait de sa soirée.
- Speaker #0
On ne sait pas. Peut-être que c'est ça. Non mais oui, tu vois, juste ce que tu fais là, en vrai, c'est utiliser son inspiration. Et en fait, je pense que la cultiver, ce n'est aussi pas s'empêcher de faire ça. Parce que je pense qu'il y a plein de gens qui s'empêchent de faire ça.
- Speaker #1
en mode c'est des inconnus donc en fait en vrai on s'en fout de ce qu'ils ont fait tu vois encore tu vois tu fais ça et tu partages à la personne qui t'accompagne dans le bus, dans le métro ou que sais-je ou tu partages sur les réseaux sociaux en l'affichant ça non bien sûr que non mais en fait si tu le lires pour toi dans ta tête quand tu fais de mal à personne quoi ah bah non de ouf c'est clair et puis non non mais c'est vraiment un truc où
- Speaker #0
je pense qu'il faut se permettre de faire ça pour soi tu vois de s'imaginer des Merci. des choses de... Oui, c'est ça, tant que tu le dis pas à voix haute, en mode, je suis sûre qu'il s'est pris un râteau, c'est pas cool. Le mec s'est peut-être vraiment pris un râteau, pas ouf. Mais par contre, de se l'imaginer, c'est des petites histoires du quotidien aussi. Ça permet d'alimenter, d'alimenter la machine. Je pense qu'il y a un truc un peu comme ça aussi, sur l'inspiration. Une espèce de grosse machine que si t'alimentes pas, en fait, ça se tarie. Du coup,
- Speaker #1
je crois que c'est un truc à entretenir.
- Speaker #0
Ben, oui et non. Je pense qu'il faut l'entretenir, mais pas de manière forcée non plus. Je ne suis pas sûre que l'inspiration, ça vienne parce que t'acharnes à avoir de l'inspiration.
- Speaker #1
Je ne sais pas, j'ai déjà lu pas mal d'interviews, on va dire, d'écrivaines, tu vois, et qui disaient, si justement, moi, je me ferme pendant trois mois dans mon bureau et vraiment, je ne fais rien, je ne vois personne, je ne suis que sur mon bouquin que je dois écrire. Et tu te dis, ah ouais, il y a toute une discipline et une routine qui rentrent dans cette discipline aussi, tu vois, pour ces personnes qui fonctionnent comme ça. Et tu te dis, ah là, si, tu vois, c'est de l'inspiration forcée, mine de rien.
- Speaker #0
Mais parce que je crois qu'aussi pour les écrivains et pour les auteurs, il y a un truc de l'exercice d'écriture qui, pour moi, est autre chose que de l'inspiration. Parce que pour moi, l'inspiration, c'est genre, tu vas avoir l'idée de ton histoire. Tu vas avoir l'idée de ta dramaturgie. Mais par contre, de s'asseoir et de se dire, ce matin, je vais écrire parce que... C'est comme quand moi, je me lève et que je vais faire mon cours de danse. En vrai, je n'ai pas l'inspiration de mon cours de danse le lundi matin. Je n'ai aucune envie d'y aller. Et globalement, c'est comme ça les lundis matins. Mais par contre, je sais que j'y vais parce que une fois que je vais y être, ça va provoquer des trucs ou potentiellement... Mais le but, c'est... La recherche, elle n'est pas de l'inspiration, elle est plutôt de la technique que tu travailles. Et derrière, ça peut provoquer l'inspiration.
- Speaker #1
Oui, je suis d'accord avec toi, je me suis fourvoyée.
- Speaker #0
Non, non, non, mais je pense que c'était un bon exemple pour le coup, parce que c'est vrai que c'est des artistes qui ont vraiment des rigueurs de tarés malades, que moi, j'ai beaucoup de mal à comprendre, pour être tout à fait honnête. Enfin, pas que j'ai beaucoup de mal à comprendre à quoi ça sert, mais que j'aurais beaucoup de mal à mettre en place dans ma vie. Mais par contre, c'est pour ça que je dis, je ne suis pas sûre que... L'inspiration en elle-même, ce travail de 8h à 19h. Tu vois ce truc où tu t'assoies...
- Speaker #1
Tu peux pas la gérer ? Non,
- Speaker #0
je pense que tu peux la cultiver, c'est-à-dire faire en sorte qu'elle arrive plus régulièrement. Tu vois ce qu'on disait, s'inventer l'éditoire, regarder le gravier qui est pas tout à fait bien mis, se dire sur une affiche de la ville, plutôt que simplement passer à côté. Putain, je l'aime bien. Je sais pas pourquoi. Qu'est-ce qu'il fait ? que je l'aime bien. En fait, tous ces trucs-là, pour moi, c'est de la cultiver. Et du coup, c'est pas s'entraîner à genre, ok, là j'ai 3 minutes pour avoir une super bête d'idée. Ah non, zut, j'ai raté, j'ai fait 3 minutes 5. Merde. Tu vois, c'est pas... Allez, on recommence. On recommence. Allez, je fais 5 séries de 2 minutes d'idée. Ouf. Non. Tu vois, c'est un sens là où je pense pas que ça s'entraîne. Je pense que ça... Ouais, ça se cultive, ça se développe, mais... pas dans un truc forcené, dans un truc aussi très libéré tu vois ce qu'on disait sur se laisser de l'espace, de la place du temps, en fait pour moi t'as beau t'entraîner comme tu veux, à l'inspiration. Si derrière, tu n'as pas trois heures à rien faire dans un bureau, dans une salle, dans un studio, dans ce que tu veux, pour que ça surgisse. En fait, moi, je ne vois pas comment tu peux... En tout cas, alors là, peut-être que c'est très personnel et il y a plein de gens qui vont me dire « Mais si, moi, j'arrive à le faire. » Mais en tout cas, perso, les fois où j'ai essayé de faire ça, d'aller dans un studio de danse et me dire « Allez, j'ai deux heures, je vais trouver. » une idée, là maintenant, c'est mort. Ça ne marchera jamais. Après,
- Speaker #1
je pense que pour certaines personnes, ça marche. Il y a des personnes qui sont en mode, on se fait une réunion Brensto, allez, là on se prend une heure et on va tous donner nos idées.
- Speaker #0
Mais tu ne penses pas qu'ils ont déjà réfléchi ?
- Speaker #1
Mais bien sûr que si, c'est des gros mythes.
- Speaker #0
Ah, ben voilà. Parce que moi, les réunions Brensto, déjà, c'est commander une semaine à l'avance. Donc globalement, tu as eu le temps d'y penser quand tu es posée sur ta toilette, tu vois. Non, mais... Enfin, Moi, je trouve ça très rare dans une réunion d'avoir des fulgurances comme ça.
- Speaker #1
Ou après, ça peut arriver, tu sais, aussi, d'avoir plein d'idées comme ça qui... Peut-être. Qui viennent de partout, tu vois, et là, tu te dis, ah putain, attends, hop, en fait, ça peut aussi favoriser ça.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Mais du coup, c'est parce que, aussi, t'es en groupe qu'il y a un espèce de phénomène comme ça. Ouais,
- Speaker #1
c'est ça, il y a une émulsion qui se crée, quoi.
- Speaker #0
C'est ça, il y a une espèce de dynamique aussi commune entre plusieurs personnes, parce que ça, je suis d'accord, tu vois, quand t'es à plusieurs... et ça je l'ai vécu plusieurs fois il y a ce truc là qui existe mais quand vraiment t'es tout seul du coup tu peux pas provoquer ça de plupart tu vois t'es toi et toi même alors soit t'as un petit problème d'identité et tu te réponds mais ça c'est vraiment un autre problème soit si t'es tout seul tout seul des fois c'est dur quoi de venir stimuler justement cette dynamique là et cette émulsion là qui marche avec d'autres en fait quand t'es tout seul Salut ! Je parle de ce que moi j'ai vécu sur ces dernières années où j'ai beaucoup créé, ou en tout cas je suis en création régulière, on va dire. Les moments où j'ai cultivé mon inspiration un peu régulièrement, en lisant, en regardant des films qui ne soient pas que sur Netflix, tu vois, un peu bateau pour t'endormir le soir. Quand j'ai juste regardé des images ou lu de la poésie, parce que j'ai des bouquins de poésie qui traînent, mais que je ne vais pas me lire d'un coup parce que ce n'est pas le but. que je me suis laissée écrire, que j'ai regardé la coccinelle le matin sur le bord de ma fenêtre. Enfin, tu vois, tout un tas de trucs que j'ai laissés sur le dernier mois, en gros, se produire. Et que je me suis laissée du temps et de la place aux idées. Ça arrive. L'inspiration, elle est simple. Elle est tranquille. Elle est naturelle. Enfin, en tout cas, il y a un espèce de flot qui se passe.
- Speaker #1
Oui, c'est fluide.
- Speaker #0
Je m'accroche plus toute seule. C'est fluide. Par contre, si je suis... Et ça m'arrive... Merci. bien plus arriver cette année dans un environnement où je bosse comme une tarée parce que j'ai genre mille trucs à faire en termes d'admin pour la compagnie. En même temps, je prends mes cours de danse. Que en même temps, je prends un taf en intérim sur un mois. Que en même temps, c'est la grosse panique à la maison parce que mon frère rentre en pérépas. C'est aussi la grosse panique parce que je fais un master en même temps et que j'ai des partiels à rendre. En fait, si sur le dernier mois, ma vie ressemble à ça, et que je passe ma vie à courir, et que mes temps de répit, c'est le soir, quand je suis dans mon canap' à regarder une série pourrie, en fait, l'inspiration, elle est naze. Pas qu'elle est naze dans le sens où les idées vont être nulles, mais dans le sens où elle est crevée. Pour la réveiller, il faut un peu de temps. C'est un truc comme ça où je pense que ça dépend vachement de...
- Speaker #1
De ton énergie aussi, de ton quotidien, de ta vie.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Et du coup, ce n'est pas la même manière de le travailler non plus et de l'aborder non plus. Ça serait super si on avait tous le temps de regarder les papillons dehors toute la journée. Je pense qu'on serait des sociétés tellement plus heureuses.
- Speaker #1
Est-ce que j'ai dit que je crois qu'il y aurait vachement moins de guerre d'un coup ?
- Speaker #0
C'est ça. Je pense qu'on serait plus épanouis avec des superbes idées. Ça serait très certainement très chouette. Mais en fait, la vie, elle n'est pas comme ça. Et je pense que c'est là où la balance entre une routine qui t'absorbe et ces temps-là où tu laisses l'inspiration arriver, ils sont importants, même pour une santé mentale. Je ne connais pas l'impact de l'inspiration sur la santé mentale, mais ça serait intéressant de la questionner. À quel point c'est important d'avoir de l'inspiration ou des idées pour avancer dans la vie ? C'est un grand débat, ça.
- Speaker #1
Ça y est, on va loin.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Mais tu as déjà eu une panne d'inspiration ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Une dépanne ?
- Speaker #0
Oui. Oui, quand je fais plein de trucs dans ma vie. quand je n'ai plus du tout de place. Mais là, je sais identifier la panne. Enfin, en tout cas, je sais identifier quel rouage ne fonctionne plus dans ma machine. Ça, ça a été des pannes d'inspiration. Mais du coup, ce qui est compliqué, c'est quand ça ne fit pas avec ton emploi du temps.
- Speaker #1
C'est quand ce n'est pas le bon moment.
- Speaker #0
Quand ce n'est pas le bon moment d'avoir une panne, là, c'est très embêtant. Parce que, en tout cas, quand c'est ton métier, quand tu arrives dans une salle et que tu as trois danseuses qui te regardent en disant « On fait quoi ? On est lundi matin ? » Là, je ne sais pas. Là, ça devient compliqué. J'ai déjà eu des pannes d'inspiration. Des fois, un peu aussi de... Tu vois, sur un truc plus quotidien, de fatigue. Flemme, je ne sais pas si c'est le bon mot, même si je pense que ça pourrait fonctionner. Mais tu vois, les samedis-dimanches, on dit, j'ai envie de faire quoi ? Oh, j'aimerais... Je ne sais pas. Bon, je vais me mater une série. Tu vois, il y a un peu ce truc-là.
- Speaker #1
Oui, mais après, je pense que c'est important aussi, ces moments où tu te dis, vas-y, je ne sais pas, je fais le premier truc le plus simple, tu vois, qui ne me demande aucune énergie. Mais tu en as besoin pour te recharger, je pense.
- Speaker #0
Oui, alors après, ça devient un problème antique quand ça devient tout ton week-end et que tu as maté la série en entière. Ça, c'est le problème à certains moments aussi. De la panne d'un fil, c'est que derrière, tu ne sais plus rien faire d'autre. Tu vois, c'est que tu t'enfonces tellement dans cette panne. Du coup, trouver d'autres trucs, d'un coup, ça ne sort plus. Après, est-ce que j'ai déjà eu des pannes dues à autre chose que de la fatigue ou du surmenage de travail ? Ça m'est arrivé quand j'étais à l'école de danse. Portugal sur la deuxième création. En fait, c'était une panne assez particulière parce que c'était une pièce que j'avais réfléchie très très longtemps en avance, que j'avais vraiment en tête depuis longtemps, où au début, je devais être que chorégraphe, je devais pas danser dedans. Et je me suis retrouvée danser dedans et on s'est retrouvées à être que deux au lieu d'être six. Et pourtant, le tracé de la pièce était très clair pour moi, très net. Enfin, il y avait un truc des mois avant qui était très Merci. Ouais, et qui était fait, quoi. Et en fait, quand je me suis retrouvée à devoir le faire, j'avais plus d'idées.
- Speaker #1
Ça t'a coupé.
- Speaker #0
Ouais, parce que aussi, du coup, changement de contexte de création. Ouais,
- Speaker #1
il y a quand même eu beaucoup d'imprévus, si je comprends.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Il y a eu des imprévus, mais ceci dit, j'avais le temps et l'espace, tu vois. Je n'étais pas à surmener de travail. Parce que, tu vois, à l'inverse de toi, la routine me permettait d'avoir des vrais temps où je ne faisais rien derrière. Ce qui m'arrive bien moins maintenant. Et du coup, j'avais des vrais week-ends, ce que je n'ai jamais eu de ma vie. Et donc, en fait, j'avais beaucoup de temps pour exploiter. Et puis, je n'avais pas de devoir. J'étais en école de danse. Il n'y a pas de devoir en école de danse. Super. Du coup, j'avais des vrais week-ends à rien faire. Donc, la première création s'est vraiment passée. Tous les week-ends, je me prenais ces deux heures d'espace mental, on va dire, où je me mettais devant mes feuilles. Et puis, j'écrivais. Et puis, ça venait, tu vois, très naturellement. Et sur la deuxième, paf, il n'y a plus rien eu. Tu sais, c'est comme si d'un coup, il n'y avait plus rien qui sortait, quoi. Et là... et là c'est compliqué parce qu'en plus quand t'es en charge de ce qui va être créé t'as la pression qui doit se mettre par dessus en disant si si faut que je trouve un truc en fait t'as un peu de responsabilité tu dis bah en fait là dans deux mois faut qu'elle sorte la pièce donc si je m'y mets pas maintenant en fait on va jamais rien sortir donc il va falloir que je me bouge le cul c'est là qu'arrive pour moi l'inspiration forcée on a pas encore parlé de ça mais du coup tu vois sur la panne quand c'est une panne où il faut pas que ça soit ta panne là maintenant parce que... Il n'y a pas moyen que là, tu aies une panne d'inspiration parce qu'il faut que tu fasses ce que tu as décidé de faire. Là, tu as de l'inspiration forcée. Et ce ne sont jamais les meilleures idées. En fait, c'est toujours des idées, je trouve, qu'il faut retravailler derrière. Comme elles ne sont pas venues avec une justesse tellement folle que de toute manière, tu ne pourrais pas choisir autre chose parce que rien ne ferait plus sens que ta première idée. Alors que là, quand c'est forcé, c'est toujours un truc que tu vas devoir retravailler parce que c'est... pas juste ou c'est pas complètement... Un exemple, par exemple, la première pièce que j'ai créée à l'école, une idée six mois avant, je sais pas de quoi va parler la pièce, je sais pas si je sais qui sont les danseuses, mais j'ai aucune idée de ce qu'on va raconter sur scène. Mais un soir, j'ai une idée, j'ai dit, on va faire une pièce où va y avoir des rideaux entre chaque danseuse et elles vont avoir un bureau et une chaise. et elles vont toutes s'asseoir dans un couloir et elles vont pas se voir entre elles. Ok, je n'ai jamais changé, ça fait deux ans et demi qu'on bosse sur la pièce, parce que bon, bref, plein de soucis, mais ça fait deux ans et demi qu'on bosse sur la pièce, je n'ai jamais changé cette idée-là. Alors que c'est l'idée que tout le monde m'a dit, genre, mais t'es sûre ? Non, parce que logistiquement, c'est compliqué, et t'es sûre, au niveau narratif, que ça matche bien ? Je suis là, genre, oui, parce que c'est... C'est sûr que ça a sa place là, en fait. Ça ne peut pas exister dans cette pièce-là. Alors que l'autre pièce, tu vois, comme je n'ai pas eu cette... J'ai eu la fulgurance des premiers points, de ce que je voulais dire avec la pièce, de quelques éléments, mais je n'ai pas eu de truc aussi jute sur la manière dont on allait travailler. Je n'avais pas de chorégraphie en tête, je n'avais pas de lieu en tête.
- Speaker #1
Tu n'avais pas de repère dans ta tête.
- Speaker #0
Voilà, il y avait un truc beaucoup plus flou. Je savais où je voulais aller, je savais ce que je voulais utiliser, mais il n'y avait pas vraiment de truc. Du coup, j'ai dû forcer des choses et je me suis retrouvée à les re-questionner. hyper régulièrement. En mode, tiens, mais est-ce que je fais le bon truc ? Est-ce que machin ? Tu vois, c'est une pièce qu'on a créée en juin 2024, qu'on a jouée la première fois en juin 2024 et on ne l'a pas rejouée jusqu'en juin 2025. Et on a recommencé à travailler dessus en juin 2025. La pièce était créée, il n'y avait rien à changer en soi, il y avait juste à la refaire et j'ai eu le temps de digérer le truc. Tu vois, je me suis laissée de l'espace pour l'inspiration. J'y ai repensé et il y a des trucs qui ont fait sens direct. Et comme la première pièce, c'est des gens qui me disent, mais ouais, mais ça, cet élément-là, est-ce que tu es sûre qu'il ne faudrait pas en plus en mettre, plus, moins, machin ? Non, non, parce que là, dans ma tête, c'est juste et que ça n'a pas lieu d'être. Enfin, tu vois, il y a ces choses-là un peu étonnantes. Du coup, il ne faut pas trop forcer l'inspiration parce qu'après, tu regrettes d'avoir trop forcé l'inspiration.
- Speaker #1
Ça te refait du travail, finalement.
- Speaker #0
Exactement. Alors que si tu es sûre dès le début, paf, non, c'est faux parce que derrière, tu bosses quand même.
- Speaker #1
mais du coup à la justification c'est moins compliqué aussi je sais pas si ça t'est déjà arrivé lors d'une panne d'inspiration on peut se dire je vais aller consommer plein de contenu peu importe on va prendre l'exemple de la peinture en se disant je vais consommer plein de livres plein de documentaires, plein de trucs sur les réseaux sur la peinture, comme ça ça va me donner des idées ça va me donner de l'inspiration Sauf que l'inspire vient toujours pas et que j'en sais rien, t'as un devoir à rendre, tu vois, on va dire un truc pas trop grave pour l'école, un truc qui met pas trop grave. Et là, où est la limite entre s'inspirer et copier ? Parce que tu vas te dire, bon bah allez, faut que je sorte mon truc. Bon bah, c'était un... Je vais refaire exactement le même tableau qui était que dans des tons bleus, mais moi je vais le faire dans les tons verts. Et bah,
- Speaker #0
j'ai un bouquin qui parle, enfin qui parle pas que de ça, mais où il y a une phrase dedans. Qui justement répond à ça, parce que je me suis beaucoup posé la question sur des pièces et tout, sur quand est-ce que c'est de l'inspiration, quand est-ce que c'est du plagiat, à quel moment tu t'inspires ou est-ce que tu... C'est pas que tu copies, mais tu prends trop d'éléments pour que ça soit nouveau, tu vois. Ça sera forcément comme ou à la manière de.
- Speaker #1
Ça sera reconnaissable.
- Speaker #0
Ça sera reconnaissable, exactement. Et il y a un chorégraphe qui s'appelle Jonathan Burroughs qui a écrit un bouquin qui s'appelle Le manuel d'un chorégraphe. Et en gros, c'est un manuel où il te pose plein de questions. Donc, ce n'est pas un bouquin à lire. C'est juste qu'il te pose plein de questions et tu es seul devant ton bouquin en disant « Hum, je n'avais pas pensé à ça. » Très bon bouquin. Quand tu es chorégraphe, très très bon bouquin. Ça te permet de remettre en question plein de choses. Et en gros, dans un de ses chapitres, il parle justement de copier et s'inspirer. Il y a un slash, tu vois, au milieu, en mode, qu'est-ce qui est copier, qu'est-ce qui est s'inspirer ? Alors, je n'ai plus la phrase exacte, mais en gros, ce qu'il dit, c'est que tant que tu reconnais et que tu assumes pour toi-même, finalement, que tu es en train de t'inspirer de quelqu'un et que c'est vraiment de l'inspiration, mais que tu dis, je sais que ça ressemble à ça, je sais que je m'inspire de ça. Je sais que je m'inspire de ça. En fait, tout ce que tu feras ne sera pas cette première chose. Parce que tu seras consciente que c'est une base d'inspiration.
- Speaker #1
C'est l'intention que tu vas mettre dedans.
- Speaker #0
C'est ça. Si tu te dis dès le début, je vais faire pareil ou je vais faire comme si ou je vais essayer de ne pas me faire cramer, tu vois, c'est sûr que ça va se voir et c'est sûr que c'est cramé. après tu pourras jamais contrôler ce que les gens vont voir dans ton travail non plus c'est à dire que d'ailleurs que tu y aies pensé ou pas pensé mais si les gens ça leur fait penser à quelque chose pour x ou y raison dans tous les cas tu pourras jamais l'arrêter que ça soit une idée originale de ta part et vraiment t'étais toute seule dans ta chambre à 3h du mat y'avait aucun bruit et paf éclair de lucidité, inspiration fulgurante tu as eu cette idée-là, ou si tu t'es dit tiens je me suis inspirée de... et voilà la base d'inspiration et puis tu as fait ta sauce, mais que finalement tu as quelqu'un qui te dit ça ressemble à Matisse, disons, en fait ça c'est un truc que tu ne pourras jamais contrôler. J'aurais tendance à dire que la limite, elle est dans ton intention à toi entre copier et inspirer. Si dans ton dimanche, tu as envie de copier une œuvre de Matisse parce que tu as envie de faire de la peinture et que tu as envie de copier une œuvre de Matisse, tu le sais, tu ne vas pas la vendre comme une œuvre originale. Par contre, si tu dis je vais m'inspirer de Matisse, c'est autre chose. Je pense que c'est ça la vraie limite. Après, j'en sais rien dans le sens où je suis pas la science infuse, chacun a son avis aussi.
- Speaker #1
Non mais c'est cool d'avoir ton point de vue là-dessus. Et je trouve plutôt juste, comme tu l'as expliqué, j'étais en mode, ouais, je suis assez d'accord avec le fait que ça soit l'intention que tu vas mettre dedans. Effectivement, tu peux dire, je vais recopier ce tableau parce que je l'aime bien, parce que j'ai envie de m'entraîner, parce que j'ai envie d'apprendre cette technique. Enfin, vas-y, t'as le droit, tu vois. Tant que tu ne dois pas le revendre en disant c'est tout moi qui l'ai fait, ça vient de ma tête, tout est d'accord. Je trouve que c'est une astuce juste. J'imagine, parce que je n'ai pas la science infuse non plus.
- Speaker #0
Non, après, il y a plein d'artistes qui... C'est un fossé minus. Il y en a vraiment certains où ils disent je me suis inspirée. T'as 30 secondes de spectacle, c'est les mêmes 30 secondes. Tu ne t'es pas inspirée. Il y a aussi la mauvaise foi humaine. Je vais le passer ça. Mais c'est vraiment un truc aussi très interne. Comment t'es droit dans tes bottes avec toi-même. Après, que t'aies envie de mentir au monde, tu verras ça avec toi-même plus tard.
- Speaker #1
Le karma se changera de toi. Exactement. Et pour terminer l'épisode, je voulais te demander quels seraient tes conseils ou ta recette pour trouver l'inspiration. Même si c'est un petit peu tout ce qu'on a dit dans l'épisode, est-ce que tu pourrais donner des petits tips ou synthétiser un petit peu tout ça ?
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que je pense que je vais un peu répéter ce qu'on a un peu dit partout pendant l'épisode, mais je pense que le tip numéro un et le plus important, c'est de la cultiver l'inspiration. Ce qu'on disait au début, au milieu, un peu partout, de remplir son petit panier. de fraises des bois, de myrtilles, de mûres, de framboises.
- Speaker #1
On est très fruits rouges ce soir.
- Speaker #0
Très fruits rouges. Non,
- Speaker #1
mais ce que je pense à ce qu'on récolte comme ça dans son petit panier.
- Speaker #0
Très, très fruits rouges. Donc, d'avoir cette liberté et d'avoir cette ouverture au monde pour aller cueillir toutes ces choses-là de manière quotidienne dans cette banalité de nos vies. mais aussi en allant explorer un peu plus loin, se permettre d'aller explorer un peu plus loin, partir en voyage, même si ce n'est pas hors de la France. Il y a plein de super coins en France aussi. On n'est pas obligé de prendre l'avion. On peut aller en voiture pas très loin, c'est super aussi. Rencontrer de nouvelles personnes, je pense se faire inspirer par des gens qui sont passionnés. Je pense que tout ça, ça permet de remplir notre petit panier. Et du coup... tips 2, mais qui est dans le tips 1 aussi, c'est se laisser du temps, clairement, pour laisser cette inspiration venir du temps, de l'espace pour s'écouter. Et puis, un dernier tip, ce que moi j'aimerais ajouter, mais qui est un tip très personnel et juste que j'aime bien et qui n'est vraiment pas obligatoire, je pense, pour avoir de l'inspiration, de noter, d'avoir des carnets, d'avoir des traces de ces choses-là. Ça peut être prendre des photos aussi, ça peut être tout un tas de trucs. Moi, j'ai une meilleure amie qui prend énormément de photos, de vidéos, de vacances ou même de moments de vie. Et en fait, c'est plein d'inspiration, c'est plein de choses qui restent pour la suite. J'ai beaucoup de carnets, des gens qui dessinent, des choses comme ça. En fait, c'est ce petit panier aussi. Et des fois, c'est chouette de pouvoir s'y replonger. On parlait des journaux intimes, pas forcément jusqu'aux journaux intimes, mais en tout cas de se replonger dans ces récoltes un peu quotidiennes. On ne sait jamais. Peut-être dans 10 ans, 15 ans, 20 ans, on se replongera dedans et on se dira « Bête d'idée ! » Je ne l'ai même pas fait à l'époque, mais « Bête d'idée ! » Trop bien ! Je vais pouvoir la mettre en place maintenant que j'ai moyen matériel, de temps, d'espace. Peu importe. Il ne faut pas avoir peur de la panne, il faut juste lui laisser du temps. Et pas trop travailler. Ça, c'est le type un peu imaginaire de l'idéologie. C'est ça,
- Speaker #1
très positive.
- Speaker #0
C'est l'utopie de faire des pin-dodges. Ne travaillez pas trop et laissez-vous des grands week-ends et des grandes vacances.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Elia.
- Speaker #0
Merci à toi, c'était très chouette.
- Speaker #1
Merci, merci beaucoup. J'espère que ça va inspirer des gens.
- Speaker #0
J'espère aussi, on ne sait jamais.
- Speaker #1
Et puis n'hésitez pas à nous dire, vous, quelles sont vos sources d'inspiration ? Comment est-ce que vous la cultivez ? Qu'est-ce que vous avez pensé de l'épisode ? Parce que c'est toujours intéressant d'avoir vos retours, que ce soit en commentaire sur YouTube ou sur Instagram, n'hésitez pas à venir. Je vous dis à bientôt.
- Speaker #0
Au revoir.
- Speaker #1
Merci d'avoir partagé ce moment avec nous. Si cet épisode vous a plu, N'hésitez pas à en parler autour de vous et sur les réseaux sociaux. Et pour rappel, le podcast à nous deux, c'est un mardi sur deux.