- Speaker #0
Salut ! Bienvenue sur le podcast de Anne aux Deux.
- Speaker #1
Le rapport au corps, c'est souvent compliqué. Je suis une personne grosse et je pense que cela ne m'aide pas. Un épisode est d'ailleurs disponible dans la saison 2 au sujet de la grossophobie. Quand on arrive en période estivale, les magazines, les médias et autres réseaux remettent en tête la liste du summer body et toute la pression qui va avec. De base, être bien dans sa peau, pour moi, ce n'est pas tout le temps évident. Mais quand en plus la pression sociale arrive chaque année vers avril, mai, pour avoir le corps parfait pour cet été, c'est encore plus compliqué. Et on en parlait avec Steffi. Avant de commencer l'épisode, ici la Pauline du montage. Je suis vraiment navrée, mais on a tourné cet épisode, il faisait encore très chaud. Et Stéphie avait les fenêtres de son appartement ouvert. Et du coup, il y a beaucoup de bruit extérieur qui parasite un petit peu l'épisode. Je suis désolée, j'essaye de faire le mieux que je peux en montage. Mon frère va essayer de faire du mieux qu'il peut au mixage. Mais d'avance, je suis désolée.
- Speaker #0
La qualité de cet épisode ne va pas être incroyable. Il y aura beaucoup de sons parasites.
- Speaker #1
Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast. Aujourd'hui, je suis très contente de re-accueillir Stéffi, qui est avec moi aujourd'hui pour parler, comme vous avez pu le voir dans le titre et dans l'introduction, on va parler un petit peu du rapport au corps et notamment le rapport au corps avant l'été. Salut Stéffi et merci de revenir sur le podcast. Salut, ça me fait plaisir. À nous aussi. À moi surtout. Bon, d'entrée de jeu, comme d'habitude, je te pose la question qui va bien. Aujourd'hui, c'est quoi ton rapport au corps ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, il est un peu moins compliqué d'il y a deux, trois mois, on va dire. Mais ce n'est pas la meilleure période de l'année quand on est grosse l'été.
- Speaker #1
C'est clair. Alors là, c'est vrai qu'on enregistre, on est en... plein été, on est en plein mois d'août, mais cet épisode, vous allez l'entendre, je pense, justement au printemps de l'année prochaine, pour être bien dans ce mood d'avant l'été. Dans le pire des moments. Dans le pire des moments. Dans le pire des moments de l'année. Où tout le monde et tous les réseaux et tous les magazines disent « attention, il faut préparer son corps pour être beau et belle, c'est une idée » .
- Speaker #0
Oui, c'est exactement ça. C'est exactement ça. C'est une période hyper difficile. Et il y a des années où ça me passe au-dessus, mais des années où ça ne me passe absolument pas au-dessus. Et là, cette année, c'était d'une violence... Ouais, c'était hard.
- Speaker #1
Bon, je suis désolée que ça soit le cas, déjà, parce que je sais que ce n'est pas facile. Mais je suis d'accord avec toi, c'est souvent assez fluctuant, en fait. Il y a des moments où ça va et d'autres moments où c'est plus compliqué. Des moments où on n'en a rien à faire, où ça n'a aucune importance. D'autres moments où ça a de l'importance, mais on se sent bien, donc ça va. Et d'autres moments où, ouais, on a... peu en mode dégoût de soi-même, on se déteste, on est horrible, pour x ou y raison. Je suis assez... Enfin, je comprends ton désarroi. Qu'est-ce qui a fait que tu te sens mieux ? Est-ce qu'il y a quelque chose qui a fait que tu t'es sentie un petit peu mieux ?
- Speaker #0
Dans la vie, je suis aussi modèle photo. Modèle photo, grande taille, comme on l'appelle ça. Curve, plus size, tout ce que vous voulez. Mais bon, je suis grosse et je me fous à poil sur les réseaux sociaux pour mon plus grand plaisir. Et j'ai retrouvé le chemin des shootings. Donc en fait, c'est difficile d'avoir des collaborations et de pouvoir shooter régulièrement quand on est grosse, quand on est petite. Et je crois aussi qu'il y a une question capillaire, parce que j'ai déjà des photographes qui m'ont dit qu'ils attendaient que mes cheveux repoussent. Et en fait, j'ai coupé mes cheveux très très courts l'année dernière, pour mon anniversaire il y a un an. Et vraiment très très très très courts, en vraiment garçonne quoi. Parce que je rêvais d'avoir les cheveux très courts, parce que je trouve ça très badass. et en fait alors ma famille a adoré moi pas du tout enfin si en fait je me suis surkiffée au moment où j'étais chez le coiffeur ce qui n'arrive jamais que je sens ce cheveu en me disant oh waouh je suis une bombasse là j'ai adoré mais j'ai vite vu le revers c'est à dire qu'une femme sexy ben généralement elle a les cheveux longs elle a une belle touffe de cheveux et en fait ça joue énormément sur l'esthétisme, d'avoir les cheveux sur l'oreiller, comme ça. Bref. Du coup, je me suis coupée les cheveux très très courts et j'ai eu aussi une période où j'avais beaucoup moins de demandes de photos. Et donc, ça a été un peu une grosse remise en question parce que face à ça, j'ai coupé de modèles qui, elles, ont de plus en plus de demandes et travaillent avec des gens que j'aimerais bosser avec eux aussi. Et puis les photographes qui me disaient, j'attends que tes cheveux repoussent, c'est un peu dur. à entendre. T'avais les cheveux de Noël ? J'avais les cheveux mis longs et bouclés parce que j'ai les cheveux tout plat plat et je ne me supporte pas avec les cheveux longs. On pourra parler du rapport à mes cheveux et aux cheveux gras qui ont pourri ma vie, mon existence. Ça fait partie du corps. Ça fait partie du corps. Et en fait, cet été, j'ai retrouvé un peu le chemin des shootings et ça m'a fait beaucoup de bien de retrouver le chemin des shootings. Parce qu'on retrouve des photos qui nous mettent en valeur, ça fait du bien au moral de se voir belle, ça fait du bien au moral de voir que ce qu'on fait, ça marche. Et puis, j'ai fait une énorme collab avec trois modèles extraordinaires, dont une que tu as déjà reçue. Et le résultat, il a été dingo. On a atteint les 1500 likes sur une de nos photos. Vraiment, ce shooting, il était incroyable. Et ça m'a vraiment fait du bien de sortir de là. et puis ce qui m'a fait aussi du bien c'est ton podcast sur le sujet de la grossophobie parce que tout est un peu parti de là où j'ai été parler avec Daphné et du coup ça m'a rebooté, ça m'a redonné la raison d'exister de mon compte de modèle, ça m'a réveillé après que je faisais ça, ça m'a rappelé qu'en fait je suis féministe et je lutte contre la grossophobie et de lire des contenus contre la grossophobie ça nous rappelle qu'on peut ne pas faire de sport on peut ne pas faire tout ça et du coup ça a commencé à faire son chemin Et chemin faisant, vacances arrivant, soleil présent, ça fait que je sais un peu mieux aujourd'hui. Mais on aurait fait cet enregistrement il y a un mois, j'aurais peut-être pas été dans le même mood.
- Speaker #1
Oui, mais je comprends. Mais après, c'est normal. Et peut-être que dans quelques mois, tu seras encore dans un autre mood différent, avec une autre approche, une autre vision. Et c'est normal de toute façon. Et je te remercie de mentionner Daphné et effectivement cet épisode autour des personnes grosses et de ce que ça fait que de vivre dans notre société actuelle en étant. ou gros ou grosse parce que effectivement cet épisode et surtout grâce à Daphné a eu beaucoup d'impact sur je pense beaucoup de personnes et même des personnes non grosses de se rendre compte aussi de ce qu'on vit de termes qu'on peut utiliser qui sont déplacés etc et j'en profite encore pour remercier Daphné d'avoir participé à cet épisode parce qu'elle a été géniale dans ses explications et dans ses termes et effectivement je confirme allez voir les comptes Instagram fameux. de Stéphie et de Daphné pour voir ce fameux shooting que tu as mentionné, parce qu'effectivement, vous êtes trop belles. Alors, je spoil un peu, mais vous êtes sur la plage et vous êtes trop belles. Donc déjà, bravo de l'avoir fait. C'est quelque chose que je n'oserais jamais faire, me mettre nue. Déjà, devant des gens, c'est dur. Avec les personnes avec qui je dois avoir des relations sexuelles, c'est d'accord, mais je ne me mets pas nue comme ça devant des gens. Donc déjà, de faire ça, je trouve ça incroyable. Sur un lieu public, encore plus. Et immortaliser le moment, mettre sur les réseaux, je suis là genre « Ah ouais, mais les gars ! »
- Speaker #0
Mais après, c'est... Alors déjà, je te dis qu'il est le résultat du podcast. Donc c'est après ce podcast que j'ai parlé avec Daphné, où je me suis dit « En fait, il faut visibiliser les groupements. »
- Speaker #1
On est certainement émus comme ça.
- Speaker #0
Et ouais, c'est vraiment... Je me suis dit « En fait, il faut qu'on se montre. Les meufs montrent nos fesses. » Et donc, Daphné, je lui dis qu'on fasse un shooting ensemble. On invite Maureen. Et puis, je lui dis qu'on invite Gaëlle. On invite Gaëlle. Puis, on avait shooté toutes les trois, Maureen, Daphné et moi, avec Laura. C'était un peu une évidence qu'on l'appelle. Et donc, on n'était que des meufs du Nord. Parce que les meufs du Nord, on l'assure. Et oui, c'était...
- Speaker #1
Je suis aussi une meuf du Nord. Je me suis un peu dans votre clan.
- Speaker #0
C'était un grand moment de sororité. C'était très, très beau. Même si ça m'a fait énormément de bien d'être avec elle. c'est aussi je reviens à nouveau à mes cheveux mais du coup elles sont incroyablement belles elles ont des longs cheveux elles sont incroyables et du coup j'ai toujours regardé ma tête je me dis mais mon dieu mais quelle horreur mais quelle tête j'ai et quelques temps après j'ai vu une story je vous ai vu de qui qui disait si vous deviez parler à votre meilleur ami vous lui parleriez jamais comme ça vous diriez jamais à votre meilleur pote qu'elle est atroce et que c'est une horreur jamais et ça c'est un vrai truc faut arrêter de mal se parler quoi Merci.
- Speaker #1
Ah ouais, mais ça m'arrive tout le temps. Et encore plus en ce moment.
- Speaker #0
Là, ça va mieux. Du coup, je digère un peu et ça commence à mieux aller. Mais ouais, c'est une année un peu complexe. Moins de collaborations, moins de shootings. Je pense que mon célibat aussi joue beaucoup. Parce qu'en fait, quand ça fait deux années que je suis célibataire, tu commences à te remettre en question, de dire mais...
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Où sont les hommes célibataires qui me draguent ? Il n'y en a pas. Et j'ai des followers hyper... poli, vraiment, j'ai des followers en or, mais en fait, je veux pas qu'ils se transforment en dragueurs, ne faites pas ça, s'il vous plaît, si vous venez sur mon compte. Mais du coup, il y a un petit côté de, mais pourquoi moi j'ai pas de gros lourds qui me draguent ? Ils sont super sympas, mes volets sont trop mignons, ils m'envoient des cœurs, ils m'envoient que je suis cute, mais ils me... Il n'y a rien de lourd, tu vois. Il n'y a pas de drague. Et donc, du coup, je me dis, nul part, en fait. Ils vont me draguer. Donc, tu vois, ça... Des fois, ça te dit, tiens, j'aimerais quand même bien un peu que ça arrive, quoi. Donc, je pense que tout ça, toute l'arrivée de l'été, où cette année, j'étais assaillie par les réels de sport, que du coup, ça n'a pas été une année simple.
- Speaker #1
Ouais, ça a été too much.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
J'entends.
- Speaker #0
Un peu.
- Speaker #1
Je comprends. Ton rapport au corps, c'est fluctuant, on l'a dit, mais est-ce que ça a toujours été quelque chose de délicat ? Ou est-ce que ça l'est que depuis quelques années ou depuis une certaine période ?
- Speaker #0
Alors, en fait, c'est très particulier. Je me mets très facilement à poil. Je suis très à l'aise à mettre mon corps nu. Je trouve les photos, généralement, de nu, moi, assez incroyables. Aujourd'hui, après un long travail, quand même. Mais j'ai un rapport au corps qui est très particulier. C'est-à-dire que, déjà, j'étais mince avant. Je faisais avant une taille 38, en petit 38 pour que vous imaginez un peu, en poids, ça ne sert à rien de parler, je faisais en 38 en faisant 75 kilos, donc j'avais...
- Speaker #1
Le poids ne veut rien dire.
- Speaker #0
Je faisais du basket, du coup je pense que j'étais forte en muscles. Et je suis arrivée en France à mes 21 ans et dans une famille qui aimait vraiment beaucoup manger et qui prenait l'apéro tous les soirs et qui faisait raclette un week-end sur deux. Et moi, je venais d'une famille où il n'y avait rien dans les placards, de sucreries, il n'y avait pas de chips à part à Noël. On ne buvait pas d'apéron, on buvait de l'eau. Et en fait, je suis passée d'un mode de vie hyper sain avec un corps en taille 38, mais toujours avec une très, très forte poitrine. Je faisais déjà du E depuis que j'ai 16 ans. Je ne suis pas passée par la phase BCD, moi, de soutien-gorge. Je suis directement passée du A au G. Je suis avec toi. mes potes d'ailleurs avaient dessiné sur ma tante ma silhouette avec juste les seins qui dépassent c'était assez comique et donc j'ai énormément grossi en arrivant dans ma belle famille j'ai dû prendre 30-40 kilos un peu d'un coup comme ça et j'ai un blackout total mais total de comment je me suis fringuée entre ma taille 38 et ma taille 46 et je me rappelle le moment où j'achète du 46 pour la première fois et je me dis mais Merci. C'est galère de s'habiller parce que je rentre dans les magasins Morgane avec ma mère. Et en fait, ça s'arrête au 42. Ah oui,
- Speaker #1
c'est pas possible.
- Speaker #0
Je bug un peu. Et la vendeuse est hyper mal d'ailleurs. Parce qu'elle voit bien que je cherche dans les rayons. Mais j'ai un blackout total de ça. Et en fait, il faut savoir que dans mon enfance, on ne m'a jamais dit que j'étais mince. Enfin, dans mon enfance, on ne m'a jamais dit que j'étais mince. On ne m'a jamais dit que j'étais belle, que j'avais un beau corps. Ce n'était pas un argument. Ce n'était pas ce qu'on me disait souvent. On me disait, tu as de beaux yeux. Mais à part mes yeux, on ne commentait rarement mon corps à part ma poitrine. Et en fait, mon père me dit toujours, fais attention, fais attention, fais attention, fais régime. Prends de l'huile d'artichaut, je ne sais pas quoi, pour perdre du poids. Et en fait, dans ma tête, j'ai toujours été grosse. J'ai toujours été grosse. J'avais cette impression d'être en surpoids. Ce qui fait que le jour où j'ai vraiment été grosse, j'ai eu un peu l'impression d'être dans le corps qui était en alignement avec ma tête. Tu vois ? Du coup, le jour où j'ai réalisé que j'étais grosse, j'ai commencé à faire attention. Donc, j'ai commencé à faire un régime. Alors, pas un vrai régime, parce qu'en fait, j'aime beaucoup trop bouffer pour ça. Je suis incapable de tenir plus de semaines à manger des concombres. C'est vraiment pas mon truc du tout. Et puis, je préfère vivre pour manger que manger pour vivre. Alors, du coup, je mange. Je me suis séparée, j'avais 28 ans, et là je me suis retrouvée célibataire et grosse. Merde, comment ça se passe dans ce nouveau corps pour être célibataire ? Et c'est là que j'ai découvert que les hommes aimaient les rondes, les grosses, mais que dans la vie privée, ce que Daphné appelle être une pantoufle. On est bien dedans, mais on ne sort pas avec. Mais ça, j'ai réalisé ça après plusieurs expériences très négatives avec des hommes qui sont restés avec moi 6-7 mois, pour après me dire « Mais Stéphie, j'ai rencontré la femme de ma vie ! » et moi j'étais quoi en attendant en fait période intérim ouais donc du coup j'ai pas résisté tout de suite c'est parce qu'après en les voyant dans la rue avec leur nouvelle copine je me suis dit mais elles me ressemblent absolument pas ces nanas et donc j'ai croisé trois mecs avec qui j'avais eu ce genre de relation qui avait duré un peu en quelques mois et qui du coup m'avaient quitté pour quelqu'un d'autre ça quittait ils se sont jamais considérés avec moi et donc en fait ça fait que du coup je me suis dit ah je suis grosse en fait j'ai un OK, il y a des choses différentes aujourd'hui qui se passent pour moi à ce moment-là. Et ça a coïncidé avec la période où j'ai commencé la photo, et où j'ai commencé à voir mon corps en photo. Et quand je vois mon corps en photo, j'ai beaucoup de mal à me le représenter. Si je prends du cul sur mon corps, je pense que si je le dessinais, ça serait catastrophique. Je ne suis pas trop capable de me dire, tiens, j'ai des formes là. Des fois, j'ai le droit d'avoir un cul incroyable. Et puis, il y a des photos que je reçois et que je fais, oh, mais c'est plat. C'est quoi cette affaire ? Pourquoi est-ce qu'il m'a envoyé cette photo ? Je ne comprends pas. Je n'ai pas su essayer. Ce n'est pas normal. Du coup, des fois, j'ai l'impression d'avoir des... Tu sais, je prends des positions et je me dis, là, à mon avis, je dois avoir une cambrure de dingue. Puis je regarde la photo, mais pas du tout. C'est quoi ce délire ? Et en fait, du coup, j'ai une très mauvaise représentation de mon propre corps. Du coup, je le découvre en photo, des fois avec une très belle surprise. Et des fois, en me disant, oh, c'est chelou.
- Speaker #1
Tu m'attends et tu dis ça. Je trouve ça super bien que tu en parles, parce que ça fait vachement partie du rapport au corps, je trouve. La représentation que nous, on a de notre propre corps. Oui, c'est marrant que tu parles de ça, parce que je ressens exactement la même chose. Sauf que je n'en ai jamais parlé et jamais personne ne m'a dit qu'il ressentait ça aussi. Genre moi, il y a des fois, alors je ne fais pas du tout de photos, mais tu sais quand tu fais des photos avec ta pote ou ton mec devant un truc, parce que vous êtes en vacances, tu vois. Et je me dis, je prends une certaine pose et dans ma tête, vraiment, là je suis bien. Et là, je vois la photo, je fais oula. Ah, ce n'était pas... Non. non mais c'est franchement là je l'ai vécu il y a quelques semaines j'ai fait un shooting photo et j'ai reçu ma galerie et il y a eu une photo de mon fessier mais tellement atroce je me dis mais pourquoi il a gardé ça c'est
- Speaker #0
plat à mourir ça me fait un mini cul comme ça dégueulasse vraiment je pense que j'ai des grosses fesses que tu peux mettre dans certaines positions bien en valeur mais là pas du tout c'était pas du tout ok et je me dis mais Oui. mais ne m'envoie pas ce genre de truc. Quand les photographes m'envoient la galerie complète de mes photos avec ma tête, on en parlera après, mais c'est un autre débat, parce qu'autant montrer mes fesses et mes seins, il n'y a aucun problème, parce que je trouve ça assez incroyable. Alors ma tête, c'est très dur de me regarder en portrait. J'ai mis du temps avant d'accepter de voir mon visage en photo. J'ai beaucoup pleuré souvent en voyant des portraits très réussis. Mais là, ce fessier, je me dis que je n'ai pas des fesses comme ça, ce n'est pas possible. Puis des fois, genre cambrer le dos pour essayer d'avoir les bourrelets de dos. Et moi, je suis certaine d'avoir vraiment les épaules à fond en arrière, d'avoir les lignes dans le dos. Rien du tout. C'est plat à mort. J'ai une très bonne représentation de mon corps. Des fois, je pense que je suis hyper badass et je ne le suis pas du tout. Et puis des fois, il y a des positions que je prends, je me dis, oh là là, mais c'est catastrophique. Et en fait, non. Et avec le temps aussi, j'ai commencé à apprécier mon côté fluffy. Ce qui fait que du coup, maintenant, quand je prends cette position, je sais que ça va être fluffy. Et je commence à mieux comprendre aussi quelle position me met à son avantage et laquelle ne me met pas à mon avantage. Mais on va dire que mon corps aujourd'hui, c'est clair que j'aurais envie d'avoir un ventre plat. Tu me dis, Stéphie, on te change de corps, on te met un corps mince. Je ne dis pas non. C'est ce qu'on disait dans l'épisode,
- Speaker #1
c'est plus facile d'être mince que d'être grosse.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
voilà.
- Speaker #0
Mais... Mais je me sens bien. Si j'étais vraiment si mal, je pense que j'aurais la motivation de faire un régime. Or, je n'ai jamais cette motivation. Je suis incapable de faire un régime. Je modifie mon alimentation pour mieux manger, pour ma santé. Par exemple, j'essaie de diminuer le sucre, mais je fais absolument pas ça dans une dynamique de maigrir. J'ai adoré faire du sport dans certains moments de ma vie. J'ai eu beaucoup de problèmes de santé. Du coup, je me suis éloignée du sport. Il me faut du temps pour me remettre à aimer ça. Et là, ça fait deux ans que je n'ai plus... fait de sport. Donc, j'ai regrossi. Je le vois. Je le sens. Je n'ai pas non plus énormément grossi, ce qui est le cas que je rentre encore dans mes vêtements, ce qui est aussi une très grosse source d'angoisse. Les changements de saison, d'aller chercher sa garde-robe automne-hiver, printemps-été, à chaque fois, il y a l'angoisse de se dire « Si je ne rentre plus dans rien, ça ne va plus l'enfer. »
- Speaker #1
Ça va passer ou ça ne va pas passer ?
- Speaker #0
Oui, exactement. Du coup, je me suis retrouvée à un reposeur que je ne me pesais plus depuis des années. Et là, j'ai dû monter sur une balance. Je déteste ça.
- Speaker #1
Moi, je comprends.
- Speaker #0
Voir ce chiffre s'afficher, là, oh là là. Je me prépare psychologiquement. Je me dis déjà, ça va être trois chiffres, c'est certain. Mais c'est fou parce qu'en fait, cette question de chiffres ne veut rien dire. Mais il n'y a rien à faire quand tu es pris dans les réseaux sociaux où tu vois ces espèces de gros bâtards qui disent « De 0 à 10, cette meuf, si elle fait plus de 75 kilos, c'est une 0. Oh, waouh, c'est d'une violence inouïe. » Donc, les balances, je les évite très, très fort.
- Speaker #1
Je comprends, moi tu vois, j'étais... en rendez-vous médical, là, il y a 15 jours. Bon, c'était avec ma gynéco, qui est très sympa et qui m'a dit, bon, j'ai besoin de savoir votre poids. Est-ce que vous connaissez votre poids ? Je lui dis non. Elle me dit, est-ce que vous pouvez monter sur la balance ? Et vous fermez les yeux et je vous dis rien, juste, j'ai besoin de savoir votre poids, quoi. Et j'ai trouvé ça super. Et je lui dis merci. Parce que je voulais pas savoir.
- Speaker #0
Ouais, c'est super.
- Speaker #1
Ça démotive, enfin, c'est pas le bon terme, c'est pas que ça démotive, c'est que ça déprime, en fait. C'est quelque chose que je n'ai pas envie de savoir, parce qu'on associe encore beaucoup trop souvent justement ce rapport au corps, au poids qu'il fait, alors que ça veut rien dire, en fait.
- Speaker #0
Ouais, c'est clair.
- Speaker #1
Mais sauf qu'on nous a tellement martelés, comme tu dis, que une fille, ça doit pas faire plus de 70 kilos, attention. Qui êtes-vous ?
- Speaker #0
Mais vu que j'ai jamais fait ce poids-là, Même quand je faisais de la taille 38, je pesais lourd. Du coup, dans ma tête, pour moi, j'ai toujours été ronde parce que j'ai toujours été dans la catégorie des gens qui pèsent plus de 70 kg.
- Speaker #1
C'est ça qui est dingue. Mais ce que je trouvais intéressant aussi, et ce que tu disais tout à l'heure, c'est que je pense que le rapport au corps tient aussi à des détails, je mets des guillemets, des détails qui ont leur importance. Tu parlais de tes cheveux, mais je pense aussi, par exemple, aux vêtements. Suivant les vêtements que tu portes, ton rapport au corps, il peut être complètement différent suivant comment est-ce que tu te sens dans ton vêtement parce qu'il y a des vêtements, oui, dans lesquels on se sent plus sexy, plus joli, d'autres voilà, quand t'es en mode alors ça c'est très propre à moi-même je parle pour moi, mais quand t'es en mode jogging chaussée de claquettes parce qu'on est dimanche, tu vois bon voilà, j'ai la barre j'ai la barre, là quand tu te regardes dans le miroir, tu te dis pas, hé, waouh pétard, tu vois
- Speaker #0
je pense que c'est bien de revenir là dessus et de dire aussi que ces détails qui n'en sont pas comptent vachement je pense que dans n'importe quel corps la vie du dimanche on est tous moches dedans en
- Speaker #1
fait tu sais ce qui me fait dire peut-être pas les séries américaines ah ouais Tu sais, où tu les vois en mode « Ouais, non mais j'ai mis mon jogging et j'ai mon petit top et tout. » Et la meuf, elle est bombasse. Et elle ouvre la porte à son voisin en disant « Oh bah pardon, je suis vraiment pas présentable. » « Pardon madame, vous êtes une bombe. »
- Speaker #0
Ouais, mais je pense qu'il y a des nanas qui sont des bombasses de façon générale et âge 24 de leur vie. Mais ça reste quand même une très grande minorité.
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est une minorité ou une majorité. Je ne sais pas.
- Speaker #0
Franchement, mes sœurs, elles sont quand même très bombasses. de façon générale. Mais quand je les vois le dimanche matin, ça me réconcilie un peu avec moi-même. Tu vois ? Je me dis, OK, elles sont bombasses, mais elles sont bombasses quand elles sont apprêtées, quoi. Tu vois ? Je veux dire, quand elles sont réveillées, qu'elles...
- Speaker #1
Mais ça aussi, c'est un truc qu'on montre pas assez, je pense. Tu vois, la vraie vérité. Parce que la meuf la plus belle du monde, alors que, bon, c'est très subjectif, mais oui, je pense que le matin au réveil, elle est pas forcément incroyable. Tu vois ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et on manque aussi un petit peu de ça, et notamment vis-à-vis des célébrités, j'ai envie de dire, de ces représentations-là. Genre, en fait, je pense à un poste que Blake Lively avait fait, qui est quand même, à mes yeux, une très belle femme, tu vois. Et elle avait fait justement un poste où je crois qu'elle venait d'accoucher il y a deux, trois mois, et où on voyait, bah ouais, elle avait les cheveux sales, elle avait des cernes. Et franchement, là, tu te dis, ah, toujours une belle femme, mais moins jolie, tu vois. Parce que, bah ouais, en fait, elle est fatiguée, quoi. Elle a déjà trois marmots.
- Speaker #0
la vie en fait en fait je pense qu'on le montre pas parce que c'est pas enfin on a pas envie de se voir comme ça mais nous on se fait rarement on partage rarement des photos de nous dans ces moments là oui c'est vrai qu'on partage pas des choses où on se sent pas à son avantage ouais j'ai fait une séance photo avec Laurent Poma qui a un projet qui s'appelle corps moderne il part du principe que le corps est politique et que en fait tous les corps existent et donc son projet c'est de montrer Oui. les corps comme ils sont, mais vraiment le plus brut possible. Il ne retouche rien et vraiment on n'est pas du tout en... Il ne choisit d'ailleurs pas de modèle photo parce qu'il veut pas qu'on se mette dans des positions, dans des poses qui nous avantagent quand on est modèle photo. J'ai fait deux ou trois séances avec lui. La première, il est venu chez moi pour une prise de vue. Je n'ai posté qu'une seule photo qui a été strikée par Instagram parce que c'est mon fessier en très gros plan mais que je trouvais génial. Avec un énorme bleu sur la fesse. Alors oui, il est un peu Fétichiste. des soucis qu'on peut avoir des cicatrices, des bleus, des pansements, tout comme ça. C'est un peu son kiff. Et donc, du coup, cette photo avec mon bleu énorme sur la fesse, je sais plus comment je me l'étais fait, mais vraiment, j'ai un bleu incroyable. Elle a jamais tenu sur Insta, cette photo. Mais toutes les autres photos, je ne peux pas les poster parce que c'est juste moi à point dans mon appart. C'est trop intime. C'est le moi de tous les jours, en fait. C'est comme si là, j'invitais des gens à venir passer une journée avec moi. Non, c'est trop, trop, trop, trop intime. Et la dernière photo qu'on a faite ensemble, c'était décembre l'année dernière, le moment où j'étais vraiment dans le mal absolu. Je digérais l'année 2024 difficilement, très très très difficilement. Et je m'étais fait mordre le doigt par un chien que j'avais adopté à l'SPA, que j'ai dû ramener à l'SPA. Et donc j'avais un énorme portement au doigt. Et j'avais les cheveux courts, où j'étais pas bien dans ma peau. Et vraiment j'étais... plus bas. Et je suis, donc je fais une séance avec lui, et je lui dis, écoute, je suis vraiment pas bien. J'ai vraiment pas le moral, parce que même si dans les réseaux sociaux, sur ma page Insta, vous voyez toujours Stéphie souriant, de bonne humeur, dans le partage, machin, à vrai vie, c'est que je suis pas tous les jours au taquet. Il prend une photo de moi atroce. Vraiment, ça représente tout ce que je ne suis pas, parce qu'en fait, j'ai déprimé trois jours. J'ai pas une tendance dépressive, pas du tout une tendance dépressive, du coup, je suis un genre de nana qui déprime 24 heures. Je suis un bon con, je regarde des séries romantiques, je suis un bon con, parce que l'amour à la télé, ça se passe jamais dans la vraie vie. Et après, ça va mieux. Mais du coup, là, j'étais dans cette période-là. Et il fait son expo, et je vais la voir, genre en février. Et donc, je vois ma photo, mais en énorme, en 2 mètres sur 3, vraiment un truc incroyable. Et je dis, oh là là, mais l'enfer. Il me dit, oh, il me dit, t'aimes pas ? Je dis, ah ben non. Mais je l'ai autorisé à le faire. Il me dit, mais pourquoi tu m'as autorisé à poster cette photo ? Je lui dis, mais parce que c'est la vraie vie. Ton projet, c'est de montrer bien dans la vraie vie. Mais dans la vraie vie, je suis dégueulasse comme ça. Quand je déprime, j'ai les cheveux qui sont... Ils rzutent parce que je ne me suis pas coiffée. J'ai mon pansement à mon doigt, donc mon doigt qui pend autour de mon genou. J'ai une pause. Genre, je suis juste assise, le dos courbé, donc le ventre lâché, les bras relâchés, les épaules... Vraiment, il n'y a rien qui va. Et on voit dans mon visage, mais toute la tristesse et la douleur de l'année. J'ai dit, mais... Ok, c'est dur pour moi de la voir, mais c'est tellement ce que j'ai traversé, ce que j'ai vécu, qu'il fallait que tu la postes. Je ne la posterai jamais, je ne la montrerai jamais, mais elle a le mérite d'exister parce qu'elle est vraie. Mais ça, on ne montre jamais ce genre de trucs.
- Speaker #1
C'est vrai. Et peut-être que ça manque, peut-être que ça ferait du bien aussi de montrer plus de la vraie vie, en fait.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais bon, tu vois, moi, la première, là, quand on enregistre au mois d'août, et j'essaye de vloguer ma semaine, donc je fais un vlog tous les jours. Et là, clairement, je sélectionne parce qu'il y a des choses que je n'ai pas envie de montrer. Il y a même des plans que je filme, mais jamais je ne les mettrais. Jamais. Parce que je n'aime pas mon corps dessus. Je n'aime pas comment on le voit. Je suis en mode... Oula, non. Je réfléchis une demi-seconde. Je le vois. Oula, hop, supprimé. C'est ça. C'est ça. C'est mort, quoi.
- Speaker #0
Oui, oui. Je comprends. Après, il y a des photos que je découvre. où j'étais fait là, où je me dis « Oh, mais non, jamais de la vie je peux poster ça. » Et un an après, je me dis, je retombe dessus et je me fais « Mais c'est incroyable cette photo ! » Par exemple, mon ventre. Mon ventre, c'est vraiment la partie de mon corps que j'ai très longtemps cachée après mon visage, très longtemps cachée sur mes photos. Et il y a à peu près un an et demi... J'ai commencé à apprécier mon ventre, je crois, grâce à Flavie, cette influenceuse qui vient de Bretagne, de Nantes, je crois, qui a le ventre tatoué, qui a les cheveux longs, qui est hyper solaire, et qui monte son bidou tout le temps. Et en fait, elle m'a vachement réconciliée avec mon ventre. Du coup, elle, elle le joue tout le temps avec, et elle montre à quel point c'est drôle, à quel point c'est mou, à quel point c'est ok, à quel point c'est... Puis elle se met des robes hyper moulantes, voilà. Et en fait, je me suis dit, tiens, il est là. De toute façon, je ne peux pas le cacher, en vrai, vraiment très difficilement. Et en fait, j'ai commencé à l'apprécier. Et je crois que c'est en mars-avril de cette année que j'ai dû ressortir une photo de mars-avril 2024. Peut-être un peu même avant, peut-être même 2023. Et parce qu'on voyait mon ventre en gros plan, quoi. On ne peut pas le louper, impossible. C'est une photo avec des clics de soie. Et maintenant, je commence à le kiffer un peu. Je commence à me dire, ah tiens, il a quelque chose d'intéressant. Il est tout fluffy comme ça, il fait un peu sa vie. Il subit la pesanteur. Donc je commence à l'apprécier et je commence à apprécier les photos de nus artistiques. Du coup, pas du boudoir et de la photo à thymes. Donc la différence, c'est que le boudoir et la photo à thymes ont pour objet de nous mettre en valeur, de nous sentir belles, de nous sentir sexy, de nous mettre dans notre plus belle position. Ce qu'on ne fait jamais dans la vie par exemple, tu vois, se mettre à genoux, les mains sur le canapé, on ne fait jamais ça dans la vraie vie. Mais pour les photos, au boudoir, on peut faire ça. Avec toi, on joue beaucoup avec la lumière naturelle, avec les ombres, voilà. Alors qu'au milieu artistique, on ne cherche pas l'esthétique, on cherche à faire un tableau d'art. Et donc du coup, on va jouer justement avec les plis, avec les bourrelets, avec la texture de la peau, avec des positions complètement cheloues, avec un truc hyper... décalé, on ne cherche pas à reproduire la vraie vie. Je commence à apprécier ça parce que du coup, dans ces photos-là, je vois mon corps comme il est réellement. Et ça, c'est très thérapeutique.
- Speaker #1
Moi, c'est une bonne... Je pense que c'est une bonne idée, une bonne thérapie, on va dire. Et je trouve ça super cool que tu sois passé de « je déteste mon ventre et je ne peux pas me l'oublier » à « maintenant, je commence à l'apprécier et à le mettre en valeur et à me dire « il est là, acceptons-le. » Je trouve ça génial.
- Speaker #0
J'aimerais bien le faire tatouer bientôt. Si je trouve un tatoueur qui veut bien.
- Speaker #1
Je voulais revenir sur le fait que le rapport au corps devient souvent beaucoup plus compliqué avant l'été, comme on disait un petit peu plus tôt dans l'épisode. Est-ce que c'est ton cas aussi ?
- Speaker #0
Oui, avant l'été, du fait des réseaux sociaux, je suis envahie de promos réels sur les exercices de sport à faire, les exercices à faire chez soi, des conseils sport. Et vu que je n'ai pas fait de sport depuis très longtemps, et qu'en plus, je sais qu'au fond, j'aime ça, parce que j'en ai fait, j'aimerais bien retrouver ce plaisir d'en faire. Et donc, chaque année, j'essaye de me remettre au sport chez moi, de me faire des petites sessions d'une heure avant de démarrer ma journée. Mais je tiens, je ne sais pas, cinq, six séances à tout casser, et puis j'arrête. Du coup, il y a le double effet qui se coule. C'est de, un, on est assaillie de, vas-y, mets-toi au sport, prépare ton corps pour l'été. Bon,
- Speaker #1
je ne suis quand même pas naïve au point d'espérer qu'en préparant mon score, mon corps au mois d'avril, je n'aurai pas le Summer Body au mois de juillet.
- Speaker #0
Mais l'idée de me dire, tiens, ça va être l'été, en effet, il fait beau, je peux reprendre l'activité sportive, ça va le faire. Et en plus, le double effet, c'est que j'essaye, mais je n'y arrive pas. Et donc ça, il y a un côté très double peine. D'un, on te rappelle que tu n'as pas le summer body. Alors en fait, on a tous un corps d'été parce qu'on vit l'été. Mais on n'a pas le summer body qui est attendu par cette société incroyable. Mais en plus de ça, il faut te mettre au sport. Et puis en plus de ça, tu n'y arrives pas. Et tu rajoutes à ça tous les contenus de gens qui disent « Oui, mais s'ils sont gros, c'est parce qu'ils n'ont pas eu la détermination de changer de vie. » Alors en fait, ça ne tient pas qu'à ça. Voilà. Du coup, cette période est assez... est assez complexe de gérer toute cette pub, de gérer ma flemme parce qu'en fait, je crois que je préfère être dans mon canapé à bouquiner, à regarder Gilmore Girls pour la douzième fois de ma vie, à être tranquille. Oui, en fait.
- Speaker #1
Ce n'est pas ta préoccupation. Non,
- Speaker #0
non, non.
- Speaker #1
Sauf qu'on veut te faire croire que ça l'est. Oui, c'est ça. Du coup, en préparant l'épisode, je me suis un peu renseignée et je crois que toi aussi sur qu'est-ce que c'est le summer body, d'où ça vient et tout. Et alors moi, ce que j'ai trouvé comme info, c'est que c'est un peu un terme marketing qui est né dans les années 2000-2010. pour faire croire aux femmes qu'il fallait préparer leur corps pour qu'ils soient beaux en juillet-août pour les vacances, en maillot de bain. Et donc, mettre en place des régimes, parce que ça fait de la thune. Se mettre au sport, parce que ça fait aussi de la thune. Moins manger, ou manger différemment et d'autres produits. Et moi, c'est ce que j'ai vu. Et je me suis dit, mais putain, on a encore pris la femme comme une conne, en fait. On va dire les termes. Mais on prend encore la femme pour... quelqu'un à qui on se dit, attends, la petite ménagère de 40 ans qui s'est mangée des raclettes pendant tout l'hiver, on va lui dire qu'il faut qu'elle perde du poids.
- Speaker #0
Oui. Moi, j'ai vu que ça existait depuis bien plus longtemps que ça parce qu'en fait, si on remonte dans les magazines féminins d'après-guerre, à l'arrivée du premier maillot de bain avec Omé Géry, notamment en France, à un moment donné, Brigitte Bardot, on voyait dans les magazines féminins d'époque l'arrivée de l'été porter votre maillot de bain en étant mince, musclé et ferme, ayant un corps ferme et mince. Et en fait, il y a eu des terminologies qui ont un peu évolué avec le temps. Il y a eu le fait d'être mince et ferme. Après, il y a eu toute une vague dans les années 70 où le fitness était un peu au sommum. Et donc là, il fallait être musclé. Il fallait voir les tablettes de chocolat chez les femmes. Ça n'a pas duré longtemps. Mais il disait que justement aujourd'hui, en 2025, grâce à il y a 10-15 ans par exemple Kim Kardashian qui s'est montée avec des grosses fesses sur la plage, on a un peu modifié, on peut entendre aujourd'hui que c'est acceptable d'avoir un corps différent sur la plage, on commence doucement à l'entendre pas énormément, mais qu'on n'entendait pas du tout avant, et en fait c'est en effet très marketing c'était pour pouvoir vendre des maillots et pouvoir dire si vous voulez porter le maillot, il faut avoir ce corps là pour être en maillot pour bien porter ce maillot, pour bien qu'il soit beau sur vous et c'est en effet je pense, depuis l'arrivée des réseaux sociaux, une excuse en plus, c'est beaucoup plus visibilisé, et je pense que tous les coachs de sport sont arrivés en se saisissant en plus de ça, c'est plus le marketing maillot avec des mannequins en maillot qu'on voit, c'est devenu aussi la raison de dire il faut que vous soyez avec la foi en tant que les cuisses ne se touchent pas, il faut avoir... il y a quand même cette mode aussi des grosses fesses mais de pas de ventre et quand je vois ça il faut rappeler aux gens que ce n'est pas naturel ça n'existe pas ça n'existe pas les Beyoncé et les Kim Kardashian et encore Beyoncé je crois pas qu'elle a fait de la change esthétique pour ses fesses et alors le ventre part Kim Kardashian clairement mais en France on a eu des personnes de la téné-réalité qui avaient ce corps mais qui était entièrement flou et donc il ne faut pas croire que ça c'est possible en fait on ne peut pas avoir un ventre plat et des énormes fesses de façon naturelle c'est très très dur ou alors c'est pas aussi énorme et si ça arrive, je pense que c'est assez exceptionnel mais c'est dire aux femmes grosses non mais quand même vous pourriez avoir le ventre plat et garder vos fessiers, vos gros seins mais il faudrait le ventre plat au milieu c'est pas facile c'est impossible même de bouger comme ça Et donc, c'est vrai que l'arrivée de l'été, tu as d'un côté la mode vestimentaire, parce que tu parlais tout à l'heure des vêtements, mais en été, mais combien de fois on n'a pas été sur la plage avec un maillot de bain et par-dessus, le petit truc transparent, coloré, le pareo, pour ne pas se cacher. voilà alors moi j'étais en place nudiste je me suis dit il n'y a plus rien à foutre maintenant on montre tout mais il y a quand même toute cette période là parce que même quand j'avais 16-18 ans que j'étais mince je faisais Je me cachais quand même sous des parioses que j'avais de forte poitrine et que je ne sais pas... Ce n'était pas mon souhait de tout le temps la montrer. Jusqu'au jour où j'ai rendu compte qu'elle était très sympathique à montrer. On partageait ça tout. Mais là, je trouve que cette année, c'était encore plus violent pour moi que les autres années. J'ai vraiment eu... Je crois que j'ai dû enregistrer... Je fais des captures d'écran, je filme mon écran. Et en fait, je filme les réels Instagram que je vois en me disant, si un jour je m'y mets, j'aurai les exercices. Je dois avoir une quinzaine de trucs comme ça. Pour te dire à quel point, à un moment donné, je me disais, non, si, il faut y aller, il faut te remettre au sport, il faut te bouger. Et j'enregistrais les réels que les gens faisaient, pour pouvoir le refaire. Clairement, je ne l'ai pas fait. Mais c'est encore pire. Parce que du coup, c'est là, et ça me rappelle que je n'ai pas pu le faire.
- Speaker #1
Ça met beaucoup de culpabilité, justement. Alors que tu n'as rien demandé. Oui. Tu vois ? Moi, ça fait quelques années maintenant que je suis en mode... Me faites pas chier avec votre summer body parce qu'en fait, le seul body qu'il y a, c'est le mien. Il est winter, il est summer, il est spring, il est fall. En fait, on s'en fout. Juste, laissez-moi avec mon corps, c'est déjà assez compliqué comme ça, donc arrêtez de me dire qu'il faut qu'il soit mince, qu'il faut qu'il soit musclé, qu'il faut qu'il soit épilé, qu'il soit bronzé, enfin... C'est bon. Allez vous faire foutre. Enfin vraiment, désolée, mais stop quoi. Et ça fait plusieurs années maintenant, alors je vais pas dire que je suis à l'aise avec mon corps, ça serait mentir, mais que je vais sur la plage en me disant, bon fou, franchement j'en ai fou quoi. J'essaye de m'en foutre en tout cas.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et donc ça va mieux. En fait ça aide.
- Speaker #0
Oui, oui.
- Speaker #1
Et tout ce qui touche aux publications Justement en mode summer body En mode 30 exercices Pour 30 jours d'efficacité Je suis là genre allez vous faire Parce qu'en fait vous vous foutez de nous Mais avant C'était très compliqué Avant j'étais en mode maillot de bain une pièce Je veux surtout pas montrer mon ventre Moi j'ai un gros complexe sur mon ventre Donc je veux surtout pas le montrer Le minimum possible Pareil genre vraiment j'allais sur la plage j'étais toute recroquevillée sur moi-même en mode s'il vous plaît ne me regardez pas et en fait je me suis dit mais viens on arrête vraiment je me suis pris la main je me suis dit viens on arrête parce que les autres ne s'empêchent pas de vivre, pourquoi est-ce que toi tu t'empêches de vivre ? c'est pas possible quoi, donc ça va mieux par rapport à ça,
- Speaker #0
mais c'est pas toujours évident non plus je crois que quand on est sur les réseaux sociaux et qu'on a une activité sur les réseaux sociaux, moi je suis quotidiennement dessus pour ma page ça se met encore plus face à nous alors que quand on a si j'étais pas modèle je pense que j'aurais peut-être pas autant de visibilité sur ça et puis je pense qu'il y a vraiment aussi un contexte, il y a une année difficile il y a plein de choses qui font que ça a été plus difficile parce qu'en fait quand on a pas le quand on a moins le moral, quand on a moins la vibe qu'il y a je me suis trouvée au chômage, mon assoce elle a fermé mon père est tombé malade je vis dans une toute nouvelle ville Je suis arrivée en 2023, mais j'ai passé une année avec plein, plein, plein de soucis de santé qui se sont cumulés. Je pense que tout ça fait que j'étais trop sensible, trop réceptive à ce genre de trucs. Parce qu'en fait, il faut avoir l'énergie et la force mentale de combattre que la société t'impose comme la norme. Toi, par exemple, moi, j'adorerais m'essayer de pousser les poils. J'adorerais ça. Mais... J'y arrive pas encore. J'y arrive plus, c'est-à-dire que maintenant, je peux laisser pousser mes poils et puis je m'en fous si on les voit. Je vais quand même m'épiler avant une séance photo ou avant d'aller à la plage. Mais, alors qu'avant, il fallait jamais que je le sois... Il fallait jamais que j'ai les poils longs. Après, je fonctionnais à l'épilateur, du coup, il fallait comme ça pour pouvoir être épilée. Mais j'étais toujours au taquet. Puis j'ai commencé à ne pas lâcher. Là, j'ai aussi un peu lâché sur le make-up et maintenant, je me remaquille, mais pour moi. Avec le résultat que quand je ne le suis pas, maintenant, ma famille peut me dire « Ah, quand même, t'es mieux quand t'es maquillée ! » Oh là là, foutez-moi la paix ! Je vais plus leur dire quelques années, laissez-moi tranquille avec mon physique. Mais là, ça revient un peu parce que mes cheveux... parce qu'ils ont toujours un avis à donner, en fait. Par exemple, j'ai mon père au téléphone avant-hier et je lui demande si le coiffeur est revenu de vacances parce que je voudrais aller rebooter mes cheveux. Pour deux raisons, c'est qu'en fait, ça me fait du volume et j'aime bien avoir du volume dans les cheveux. Et qu'en plus, j'ai des cheveux gras, qui graissent très très vite. Et quand j'ai une permanente, mes cheveux graissent moins vite. Et en fait, il arrêtait instinctivement et il a fait « Oh ben non, quand même, tes cheveux gros, ça va vachement mieux, arrête de me faire des conneries avec cette permanente. » Et moi, je suis là « Mais quoi ? Ça va jamais, en fait. » D'un côté, il faut avoir les cheveux longs pour coller au côté sexy et sympa de ces filles sur les réseaux sociaux qui sont... de toutes ces modèles. Franchement, je crois connaître peut-être deux modèles avec les cheveux courts dans mes réseaux. Tu vois, il y a Iris, Iris Rêve qui est une bombasse absolue, un charisme de malade. Elle est incroyable. Et dernièrement, je parle avec une modèle, Loïs, qui a les cheveux courts aussi. Ça me fait un biais fou de voir des nanas avec des cheveux courts sur cette modèle. Mais je suis envahie de nanas avec des cheveux courts et c'est Ça me ramène à la princesse parfaite, la Barbie, à tout ça. Et mon père, quand il me dit « Garde tes cheveux courts ! » Non ! Laisse-moi tranquille essayer de récupérer les cheveux longs. J'essaye de me dire que je vais les laisser pousser pour pouvoir les donner, parce que du coup, mon papa a eu un cancer, et je me suis dit en fait qu'est-ce que je peux faire à ma hauteur pour les gens qui ont un cancer ? Donner mon sang et probablement mes cheveux. Il dit « Arrête ta petite connerie, laisse tes cheveux courts. » C'est d'autant plus difficile cette période par rapport à ce problème capillaire.
- Speaker #1
Et je trouve que c'est bien aussi que tu... ramène à toute cette pression qu'on peut avoir parce que, mine de rien, en termes de santé mentale, ce rapport au corps, il touche. Il a un sérieux impact. Je ne sais pas si c'est ton cas et si tu veux en parler ou quoi, mais ça peut apporter des TCA, par exemple, donc des troubles de comportement alimentaire. Ça peut apporter beaucoup d'anxiété aussi, de l'anxiété sociale par rapport à son corps, de se dire « non, je ne vais pas sortir parce que les gens vont me juger, ils vont me regarder, ça me fait peur » . Oui, ça peut apporter tellement de choses au niveau santé mentale. Et sans parler du côté physique dont on a déjà un peu parlé, le côté sur-entraînement, régime, etc. Toi, est-ce que ça t'a déjà impacté fortement sur ta santé mentale, tout ce truc du rapport au corps ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et comment et qu'est-ce que tu as pu faire pour essayer d'atténuer ça ?
- Speaker #0
Il y a deux choses. Je ne sais plus comment on appelle ça, mais en gros, j'ai les poils des jambes qui s'infectent. Je fais beaucoup de poils incarnés. Et en fait, mes jambes, c'est plein de petits points. Je n'ai pas les jambes lisses. Ça, c'est souvent une obsession. C'est-à-dire qu'en fait, j'ai tout essayé. L'épilateur électrique, l'épilat à la cire, aller au salon, faire des gommages. J'ai tout essayé. Toutes les crèmes, c'est imaginable. Pour atténuer ce truc-là. La seule chose que j'ai trouvée pour supporter mes jambes, c'est de les tatouer presque entièrement. Alors que je trouve mes jambes magnifiques, j'adore mes mollets, je trouve que j'ai des cuisses incroyables, j'ai des pieds de dingue, mais cette peau me rend dingo parce que vraiment, je ne vois que ça. Et alors l'été, quand je vois les nanas, les jambes nues, je me dis « Ah, mais comment elles ont fait ? » Parce que moi, c'est une maladie en fait, je ne peux rien y faire. Donc je teste plein de trucs et quand je laisse pousser, ça se voit un peu moins, du coup j'ai les poils mais j'ai moins les points rouges. Bon, on essaie de gérer ça. Ça, je n'ai jamais réussi à gérer cette charge mentale-là. Mes poils et mes jambes, c'est un vrai problème. Par contre, en termes de charge mentale par rapport à mon poids, par rapport à mon corps de grosse, c'est qu'en fait, tout au tour de la bouffe, ça devenait une obsession de ce que je mangeais. Je n'ai jamais fait de régime, mais par contre, je ne mange aujourd'hui un peu plus parce que je me suis un peu détendue par rapport à ça. Mais je ne mangeais jamais de fast-food. Je ne me faisais jamais livrer la nourriture de restaurant. Je mangeais très rarement des pizzas, très rarement des tacos, des kebabs, des trucs comme ça. J'ai eu un gars, mon ex, qui regardait la quantité de sucre sur tous les aliments. Et donc, à un moment donné, je faisais mes courses pendant des heures et des heures parce que je regardais la quantité de sucre sur les aliments. En fait, je me privais de tout ce qui me faisait kiffer. C'est-à-dire que je suis une mangeuse de chips. Mais vraiment, j'adore. J'adore ça. Et en fait, je n'en mangeais plus. Je les évitais. Et en fait, je n'achetais plus rien de ce qui pouvait être à bon, qui pouvait me faire grossir. Je ne mangeais pas pour me faire maigrir. Bien que, quand je commence à regarder ce que je mangeais, je me disais, mais qu'est-ce que je peux enlever de mon alimentation pour maigrir ? Parce qu'en vrai, je cuisine. Je mange très peu d'aliments transformés. Je bois zéro soda. Zéro, et ça depuis 2015. Ça fait dix ans. que je bois plus de soda, je bois du café noir, je bois du thé sans sucre, je bois plus de jus de fruits le matin, je cuisine à l'huile d'olive, je mets... Quand je regarde mon alimentation, je me dis mais qu'est-ce que je peux retirer de ça pour perdre du poids par rapport à mon alimentation ? Et en fait, j'étais... La bouffe était devenue une obsession. Et en fait, j'étais obsédée par le fait de manger un truc tout con, un tacos. Ça, c'est vraiment le truc qui m'obsédait. Et en fait, le problème, c'est que le jour où ça pétait, je m'enfilais un tacos tous les jours, pendant une semaine. Parce qu'en fait,
- Speaker #1
j'avais tenu, Ouais,
- Speaker #0
ouais, il faut que je mange, Et ça, c'était vraiment... C'était une obsession, quoi. Mes courses, je regardais les calories sur tout. Je culpabilisais... Ouais, je culpabilisais de tout ce que je mangeais, de ce que je buvais, de... Et en fait, j'ai fait de l'hypnose pour me libérer de cette... De cette pression-là par rapport à la nourriture. Parce que ouais, je sautais des repas, je m'affamais... Je m'affamais, je ne mangeais pas le soir, j'arrêtais de prendre des petits déjeuners, c'était mon pain préféré. Tout était source de réflexion. Quand j'allais au resto, tu ne prends pas de dessert parce que c'est la grosse qui prend le dessert à table. Je ne sais pas si c'est considéré comme des troubles de comportement alimentaire. En tout cas, ma recherche mentale était constamment orientée sur ce qu'il y avait dans la nourriture que je mangeais. L'hypnose m'a fait beaucoup de bien parce que du coup, je n'ai plus ça. Je ne culpabilise plus de manger. Quand je reviens dans la tacos, je le mange. Je suis venue végétarienne, du coup, vous trouvez le tacos végé, c'est pas évident, mais... Il y a des tacos végés ?
- Speaker #1
Vegan, même.
- Speaker #0
Oh, waouh !
- Speaker #1
Et ils sont incroyables.
- Speaker #0
Oh, waouh !
- Speaker #1
Et il y a à Lyon, d'ailleurs. La prochaine fois que tu vas à Lyon, je te donne l'adresse. C'est à Lyon,
- Speaker #0
dans...
- Speaker #1
Eh bien, ça s'appelle Gustavo. Oh là là, vas-y, parce que c'est incroyable.
- Speaker #0
Je me le note tout de suite. Mais voilà,
- Speaker #1
si vous allez à Lyon ou Grenoble, vous allez chez Gustavo manger des kebabs et des tacos vegan,
- Speaker #0
et c'est très bon. Et si vous venez à Bruxelles, il y a les burgers vegan chez Kitsune, ils sont incroyables. Mais ouais, du coup, ça devenait atroce, parce que tous les repas devenaient compliqués, tous les moments de cuisine devenaient compliqués. Je me suis jamais... ça revenait pas au point de me goinfrer de tout ce qui est dans mon frigo, tu vois. Ça pouvait tenir très longtemps avant que je mangeais de la tacos. Ça pouvait tenir six mois, même plus. Mais le jour où je craquais, j'étais dans un état de culpabilité, mais atroce. Et je me disais, je ne vais jamais perdre les calories que je devrais manger maintenant. Et c'est sûr, je vais regrossir, je vais arriver à une taille supérieure. Vraiment, c'était hyper dur. Et là, j'ai... j'ai commencé à faire un genre de rééquilibrage alimentaire avec ma généraliste en 2016 où en fait c'est là que j'ai sorti de mon alimentation les sodas, les saucissons l'apéro tous les jours en fait j'ai tellement pas eu accès à tout ça quand j'étais jeune que le jour où j'y ai eu accès porte ouverte à la gastronomie et je kiffe et quand on vit aussi dans des villes hyper gastronomiques comme Lyon on mange très facilement dehors il y a tellement de bonnes choses à manger et puis moi j'adorais cuisiner donc il a fallu aussi que je sorte un peu de ça que je déconstruise un peu Mais j'ai perdu un kilo par mois pendant deux ans. J'étais revenue à une taille 44-46 au lieu de 46-48. Et là, clairement, je suis revenue en 48 parce que ça fait trois ans que je bouge beaucoup moins parce que j'ai eu des problèmes de santé, que j'ai reperdu un peu le goût de cuisiner, que j'ai reperdu pas mal de bonnes habitudes que j'avais. Et là aussi, c'est une source de culpabilité aujourd'hui de me dire en fait, j'y arrive plus. Avoir ce mode de vie sain que j'avais trouvé avant, je n'arrive plus à me remettre au sport, j'ai repris du poids, mais pour autant, je ne pense pas que dans mon alimentation, j'ai exagéré. Et là arrive un autre effet qui est difficile, c'est quand les gens te cherchent un problème de santé pour justifier ta prise de poids. Et là, tu luttes pour dire non, je ne vais pas aller faire une prise de sang parce qu'on ne va rien trouver dedans. Et tout le monde te dit, oui, mais ta thyroïde, regarde Stéphie, t'as ça, ça, ça, c'est le symbole d'une thyroïde qui ne va pas. Et tu vis par une presse de sang qui t'annonce que tout va bien, que t'es en parfaite santé et que ton médecin ne va pas chercher plus loin. Et du coup, tu te dis, mais c'est quand même complètement fou, je fais tout à pied à Bruxelles, je marche tout le temps, je ne mange pas de ouf, je mange moins bien qu'avant parce que je cuisine un peu moins. Ça veut dire, qu'est-ce que je vais retirer là pour reperdre le poids que j'ai pris et d'où il vient, tu vois, ce poids que j'ai pris ? Et les gens viennent te dire, mais si... Fais ci, fais ça, va voir tel médecin, t'as peut-être de la SOP4, t'as peut-être machin. Et en fait, les gens commencent à te... Quand les médecins te disent que tout va bien, et en fait, tu te dis, je suis 100% responsable de mon état aujourd'hui. Et c'est encore pire, parce qu'en fait, tu te dis, si aujourd'hui je vais mal par rapport à mon poids, c'est à moi de... Je peux en vouloir qu'à moi, tu vois. Donc... Des fois, j'aimerais bien avoir la raison qui explique pourquoi je ne suis pas revenue en mon état initial quand j'avais 20 ans. Et puis, je me dis que ce corps, je me sens bien dedans. Je me sens dans le corps qui va avec ma tête. C'est-à-dire que ma tête a toujours été grosse et je suis grosse. Et ça va, en fait, de façon générale. 80% de mon temps de vie, ça va aujourd'hui. Ça allait un peu moins avant, depuis que j'ai fait l'hypnose. Je me sens beaucoup plus à l'aise avec ce que je mange et tout ça. Mais il y a quand même des périodes où ce n'est pas facile.
- Speaker #1
Mais je pense que ça peut être bien aussi de conclure l'épisode là-dessus en disant qu'il faut essayer de se foutre la paix. Mais se foutre la paix, c'est aussi se dire qu'il y a des moments où ça va, il y a des moments où ça ne va pas. Et dans les moments où ça ne va pas, se dire que c'est dur, l'accepter. C'est toujours plus facile à dire qu'à faire. Mais accepter ce truc et se dire que ça ne va pas, qu'est-ce que je pourrais mettre en place ? pour essayer que ça aille mieux, sans non plus se mettre martel en tête en se disant, là, je vais faire un régime, je vais faire ça et je vais couper 10 km par jour parce que ça ne marchera pas. Et peut-être essayer de mettre des petites choses en place au quotidien. Ça peut être aller chez le coiffeur.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais faites attention si vous coupez vos cheveux.
- Speaker #0
Quand on supporte sa tête devant un miroir. Quand on supporte sa tête, oui.
- Speaker #1
Effectivement, faire des choses qui nous font du bien. Parfois aussi, ça peut être, tu te mets devant ton placard et tu te dis, bon, il y a quels vêtements dans lesquels je me sens bien ? Et je vais les mettre et je vais me regarder et je vais me dire, ah, tu vois, ça va, t'es jeune.
- Speaker #0
C'est exactement ce que je voulais te dire. C'est qu'en fait, moi, aujourd'hui, pour aller bien, déjà, je reviens sur les photos dans lesquelles je me sens bien. J'ai refait des séances photo boudoir. Parce que finalement, ça me fait un bien fou. Et que j'adore ça. En fait, j'avais arrêté parce qu'il y a beaucoup de photographes hommes qui font du boudoir et c'est plutôt la relation de la société face encore à la sexualisation des femmes par le boudoir qui m'a un peu éloignée. Mais je fais du boudoir avec des photographes femmes. Je me lance dans des projets qui me font du bien. Là, je vais avoir un shooting en robe de mariée. J'en rêvais, ça va me faire un bien fou. Je suis trop contente. Et puis, je pense aussi que, comme tu disais, se foutre la paix et pas se mettre des objectifs de dingue. Je repense à ma généraliste qui était incroyable. C'est Jamel qui m'a dit par du point. Elle a juste été à l'écoute. Elle a juste été vraiment... Si le docteur Lamour-Boucher m'entend, c'est une... Oui, il s'appelle docteur Lamour-Boucher. Marion, elle est à Lyon deuxième. Elle est incroyable. Je ne la remercierai jamais assez de tout ce qu'elle a fait pour moi pendant les cinq ans où j'ai été suivie avec elle. En fait, on se mettait un objectif par mois. Mais un objectif microscopique. c'était c'était par exemple d'arrêter de prendre des escalators de prendre que les escaliers et si dans le mois j'avais pas bien tenu cet objectif à fond c'est pas grave on le faisait le mois suivant et le mois d'après elle me disait alors ça a été cet objectif oui c'est bon il est acquis vous arrêtez de prendre les escalators oui qu'est-ce qu'on met comme objectif suivant ben on va mettre les chips dans un bol et arrêter de manger le paquet de chips en entier et une fois que l'habitude était acquis ça marchait et en fait tu vois les résultats parce que tu vois que tu prends de nouvelles habitudes qui sont faciles à tenir du jour au lendemain arrêter de manger du sucre c'est impossible Merci. C'est impossible.
- Speaker #1
Ah non.
- Speaker #0
Donc, en fait, tu changes tous les sucres de tes placards, mais tu continues à sucrer mais avec des sucres différents. Après, tu enlèves ton sucre de ton café, tu enlèves la moitié, puis tu laisses un quart, puis tu enlèves complètement. Et en fait, je pense qu'il faut qu'on cesse le temps de vivre, en fait, et qu'on ne se mette pas la pression. Et c'est OK de ne pas y arriver. C'est OK de ne pas être au taquet. C'est OK d'être des fainéantes et de ne pas faire de sport parce qu'on a déjà une charge mentale de malade et qu'en fait, c'est OK de glander. Mais vraiment, C'est OK de se dire, je ne fais rien. C'est un super projet de ne rien faire.
- Speaker #1
C'est le projet de tout le monde. Mais d'ailleurs, on ne fait jamais vraiment rien. Parce qu'on est dans une société où, bon, je dévie un peu, mais on est dans une surproductivité de ouf. Et en fait, on va te dire, te poser dans ton canapé et lire, c'est rien faire. Non.
- Speaker #0
Maintenant,
- Speaker #1
tu lis. Je lis dans mon canapé et je lis mon gars en flex. Tu vois ?
- Speaker #0
Oui, j'étais en train de dire, hier, je n'ai rien fait. Et en fait, j'étais ultra active sur ma page Insta. Donc non, je n'ai pas rien fait. Mais je n'ai rien fait. en jet labas, en pyjama, en tenue de détente. Mais oui, je pense qu'il faut qu'on se foute la paix et qu'on arrive à se détendre. Et la tenue, c'est marrant, c'est qu'il faut qu'on se mette des vêtements qui nous font du bien. Et moi, ça fait une semaine que je suis en JSS, journée sans soutif. Et franchement, je sors de chez moi sans soutif, j'en ai plus rien à foutre. Franchement, j'ai acheté une combi que je mettrais, là je l'ai lavée, je l'ai fait sécher, parce que je ne vais que la mettre. en boucle, parce qu'en fait, je peux la mettre sans soutien-gorge, c'est pas choquant, je peux la mettre sans culotte, c'est pas choquant, et du coup, je passe mes journées habillée dans cette combi, tellement je me sens bien dedans. Et ça me fait du bien, parce que quand je disais qu'on serait pas là trois semaines, j'aurais pas été aussi de bonne humeur, je me retrouve un petit peu comme j'étais avant, j'ai eu des vacances, j'ai repoussé les shootings, je me suis ressentie désirée, désirable, ça me... Et je me remaquille, et je me remaquille pour moi, je retrouve du... plaisir à me faire des make-up de malade. Je vais aller chez le coiffeur me faire mes boucles. Rien à foutre de la vie de mon père et de la vie des gens, de façon générale. Je vais rester les cheveux courts et bouclés. Il faut se faire du bien, il faut se faire plaisir, se mettre pendant ce qu'on a envie de se mettre, se faire des tatouages si on veut se faire des tatouages, se laisser pousser les poils, se laisser pousser les poils. Et surtout, ne pas dire aux autres, aux autres nanas, foutons-nous la paix entre filles. Franchement, soyons gentils avec eux.
- Speaker #1
sororité.
- Speaker #0
Avec les copines, quoi.
- Speaker #1
Vraiment.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et c'est vrai que je fais juste une petite parenthèse de fin d'épisode, mais on n'a pas parlé des tatouages. Mais effectivement, toi et moi, on est bien tatoués. Et oui, le tatouage a beaucoup aidé à mon rapport au corps.
- Speaker #0
Ah ouais, moi aussi. Alors maintenant, j'ai reposté hier la toute première photo que j'ai faite en tant que modèle. J'avais pas de tatouage. Et j'ai regardé mon corps, j'ai fait « Ah, il est quand même pas mal ce body, ce tatouage, en vrai. » Mais... Je ne regarde pas souvent ce genre de photos parce que du coup, ça ne pourrait pas me faire regretter parce que j'aime trop mon corps tout tatoué. Mais quand même, je me disais, si j'avais plus aimé mon corps, je l'aurais peut-être moins tatoué, je ne l'aurais peut-être pas tatoué du tout. Aujourd'hui, à refaire, je pense que je referais. Mais mes tatouages sont tellement... C'est tellement ce que ça m'a apporté dans le quotidien. C'était la façon pour moi de m'approprier mon corps. Je comprends tout à fait. D'ailleurs, j'avais fait un épisode sur un podcast sur ce sujet-là, sur le rapport au tatouage, etc. C'est un épisode qui dure plus d'une heure, si ma mémoire est bonne. Avec des copines. Oui, c'est ça. Effectivement, ça ressort beaucoup, cette réappropriation, cette façon aussi de plus s'aimer. C'est... de se revendiquer en fait de montrer sa personnalité à travers un corps qu'on n'a pas choisi qu'on n'aime pas trop mais du coup on met des choses qu'on choisit dessus et ça aide beaucoup et pour Cloutry je pense qu'en effet se faire du bien c'est vraiment essentiel moi je conseillerais à toutes les femmes d'un jour passer par une séance photo boudoir parce que franchement il y a des photographes incroyables je serais ravie de vous conseiller des photographes dans la France entière vous pouvez pas me dire ouais mais c'est loin Merci. Je connais des photographes dans la France entière, dans la Belgique entière, des femmes photographes qui peuvent vous accompagner dans des séances boudoirs incroyables. Ça peut être parfois petit budget, ça dépend vraiment de la photographe, mais vraiment, quand on se voit en photo, il y a trop de choses, c'est wow, mais putain, je suis vraiment badass. Et ça fait un bien fou. Et même encore aujourd'hui, il y a des photos que je reçois et je fends l'air en me disant, mais oh ! Mais quand même, quoi ! Je suis canon ! Et ça fait... Après, ça devient addictif, par contre. Spoiler alert ! Attends, j'ai un bête addict ! Mais, franchement, je conseillerais à toutes les femmes un jour d'oser le faire, de passer devant l'objectif pour se voir, en fait. Parce que vraiment, je pense que c'est très rare les gens qui arrivent à se dire « Tiens, je crois que si je peux dessiner mon corps, il serait comme ça. » Je pense qu'on n'est vraiment pas nombreux à avoir conscience de ce qu'on renvoie. Donc faites-le, quoi, vraiment. venez me voir sur ma page Insta, je serais ravie de vous conseiller des super photographes faites des trucs qui vous font kiffer, maquillez-vous pour vous-même mettez-vous des paillettes mettez des vêtements qui collent pour qu'on voit vos super boobs vraiment kiffez-vous merci beaucoup Stéffi avec grand plaisir et effectivement je mettrai ta page Insta de toute façon dans le descriptif de l'épisode n'hésitez pas à la suivre parce que ça fait du bien Oui, merci. Je vous dis à bientôt. Merci à tous. Salut. Merci d'avoir partagé ce moment avec nous. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à en parler autour de vous et sur les réseaux sociaux. Et pour rappel, le podcast à nous deux, c'est un mardi sur deux.