- Speaker #0
Hello les voyageurs et bienvenue sur A ton tour du monde le récit des voyageurs aujourd'hui je vous emmène à la rencontre de nouveaux aventuriers alors préparez vous à être transporté au bout du monde bonne écoute Et si voyager autrement devenait un mode de vie ? Donc aujourd'hui, on reçoit Laila. Laila et sa famille sont originaires du Nord, donc des Ch'tis. Ils ont pratiquement tout quitté pour partir un an, un an autour du monde avec leurs deux enfants en sac à dos. Et ce voyage, j'ai l'impression, mais elle va nous l'expliquer, était un véritable déclic parce qu'à leur retour, ils ont décidé de ne pas revenir à leur vie d'avant et ils ont déménagé, changement de région, changement de vie, pour partir dans l'hôte. pour construire une maison écologique avec des containers. Donc, hâte que tu nous racontes tout ça. Et ils ont réinventé un quotidien un peu différent. Donc, aujourd'hui, on continue d'explorer le monde avec eux, mais avec une nouvelle façon de voyager grâce au Home Exchange, l'échange de maisons entre particuliers. Donc, on a hâte de savoir comment s'organise tout ça, pourquoi ils ont choisi cette manière de voyager et qu'est-ce que ça change surtout dans leur rapport au monde, au confort, aux rencontres. Donc, bienvenue, Laila. et hâte de découvrir ta nouvelle vie, ton récit et de faire connaissance avec toi.
- Speaker #1
Bonjour Florent, merci beaucoup de m'accueillir à ton micro.
- Speaker #0
J'ai envie, avant que tu nous expliques un petit peu la suite du voyage, j'ai envie de nous mettre en immersion tout de suite. J'aime bien commencer par le premier voyage, donc si on ferme les yeux et qu'on se met en immersion dans l'avion. Le premier avion que tu as pris, c'était destination pour aller où ?
- Speaker #1
Le tout premier premier avion ?
- Speaker #0
Du Tour du Monde.
- Speaker #1
Ah, du Tour du Monde, c'était direction la côte ouest des Etats-Unis.
- Speaker #0
Ok, donc là, on sait qu'on est dans un délire un peu fou, on a emmené nos deux loulous avec nous, on est en couple, on est heureux, il y a à la fois une excitation et un peu une trouille. Est-ce que tu te souviens de ce que tu as ressenti justement dans cet aéroport, dans cet avion ? premier départ ?
- Speaker #1
Clairement, à ce moment-là, je me suis dit que c'est le premier jour du reste de ma vie.
- Speaker #0
Ah, j'adore !
- Speaker #1
Je pensais dire, c'est un nouveau livre qui s'ouvre, une nouvelle page et une nouvelle vie, quoi. On commence une aventure folle et je pense que inconsciemment, on savait que ce départ, il allait bouleverser toute notre vie après.
- Speaker #0
A priori, ça s'est révélé vrai. Est-ce que tu te souviens quand même de ce déclic, ce délire, d'où il est venu ?
- Speaker #1
Oui, en fait, à la base, ce n'était pas forcément une envie de partir autour du monde, mais une envie d'expatriation. J'ai une amie d'enfance qui habite à Montréal depuis presque 20 ans. J'ai retrouvé l'été 2016 et elle nous a tellement parlé de sa vie au Canada, au Québec. et elle nous a vendu le truc et on s'est dit « Waouh, en fait, on a trop envie de vivre un truc comme ça. » Et puis, au fur et à mesure qu'on entamait les démarches, on a commencé à se poser quelques questions. Mon mari, qui était très motivé au départ pour partir, là, il s'est rendu compte que moi, j'avais vraiment lancé toutes les démarches et qu'il fallait ralentir un peu le truc. Peut-être qu'on pourrait y réfléchir. un peu plus et puis ça a coïncidé avec le moment où je discute avec une collègue qui me dit « Ah, ma fille est partie en tour du monde, elle a fait un blog, je te donne l'adresse, tu veux regarder ? » Je lui dis carrément et le soir je rentre à la maison, je montre ça à mon mari et il me dit « Attends, c'est ça que je veux faire moi, c'est ça que je veux ! » Avant de m'installer à l'étranger sans savoir vraiment, sans connaître vraiment, je veux visiter le monde, je veux voir le monde. Donc du coup, le projet d'exploitation, on l'a mis en arrière-plan et on s'est vraiment concentré sur le projet de Tour du Monde.
- Speaker #0
Combien de temps vous avez mis de préparation avant de partir ?
- Speaker #1
Une petite année, je dirais 8-10 mois. A partir du moment où on s'est décidé, on a foncé.
- Speaker #0
Tu as trouvé que c'était compliqué en termes de préparation, d'organisation ?
- Speaker #1
Alors compliqué, oui ou non, c'est surtout les démarches administratives en fait. qui nous ont surtout, et encore, qui a été un petit peu plus laborieuse. Mais après, en fait, c'est déjà le voyage qui commence, les préparations. Donc on est déjà à fond dans l'itinéraire, à checker les climats, le matériel dont on va avoir besoin. projeté déjà dans les destinations que je me suis fait rêver. Non, ça ne m'a pas semblé si contraignant que ça.
- Speaker #0
Ce tour du monde, c'est déjà maintenant, il y a presque 5-6 ans. Je ne vais pas te demander de refaire les différents pays, etc. Mais qu'est-ce que tu retiens de plus beau, plus fort ? Qu'est-ce que tu ressens quand tu repenses à tout ça ?
- Speaker #1
En fait, on était préparés, on s'était préparés à visiter des pays. On ne s'était pas du tout préparés à rencontrer des gens, à vivre des aventures, des rencontres, et puis à se connecter avec les gens qu'on allait rencontrer, avec le monde. Vraiment, on partait plutôt en mode touriste. Et on est arrivés là-bas pendant ce voyage vraiment en mode aventurier, voyageur. Et ça, c'était assez fou de se rendre compte que partout où on allait, on a rencontré des gens qui nous ont invités chez eux, accueillis. La générosité, le partage, c'est ça qui a fait que chaque destination était assez incroyable. C'est ce qui a rendu le voyage qui était déjà à la base. un projet fou, mais ça a rendu le voyage encore plus beau.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous partager justement une de ces rencontres dans un de ces pays ?
- Speaker #1
En fait, il y en a eu plein et avec tellement de gens et de profils différents, que ce soit des locaux ou alors des voyageurs ou bien des Français expatriés. À chaque fois, on a eu l'opportunité de partager des moments. quand on a lancé ce projet. projet, on a créé une page Facebook tout de suite pour commencer à faire nos petites recherches et puis prendre des contacts. Et c'est souvent via cette page Facebook que des Français expatriés nous ont contactés en nous disant « si vous passez par là, nous on y habite et ça nous ferait plaisir de vous rencontrer » .
- Speaker #0
Ah c'est chouette !
- Speaker #1
Ouais, on a eu pas mal de messages comme ça. Donc à peine arrivés aux États-Unis, une Française, Fleur, qui nous a contactées. Elle habitait à Los Angeles à l'époque. Donc, on a passé une super journée avec eux. Son mari était surfeur, le mien aussi. Ils sont allés surfer à Malibu toute la journée.
- Speaker #0
C'est chouette. C'est classe dans un dîner quand même de dire ça. Oui,
- Speaker #1
c'est pas mal. Carrément. Peu de temps après, même chose au Mexique. Des Français installés à Cancun qui nous ont dit « Si vous arrêtez d'arriver à Cancun, n'hésitez pas. Nous, on peut vous accueillir. » Et on a passé trois jours chez eux. On les connaissait de nulle part. part et en fait c'est que tout le long du voyage comme ça après on a rencontré bien sûr des locaux et puis et beaucoup de voyageurs via les groupes facebook aussi on a pu se connecter avec pas mal de voyageurs tout le long du séjour et la plupart on est toujours en contact avec eux mais c'est chouette c'est un bon tips à retenir ça se
- Speaker #0
de mettre sur les réseaux sociaux et de pouvoir rester entre guillemets avec la communauté française de voyageurs ou d'expatriés, parce que ça permet aussi de faire une immersion assez douce dans chaque pays. Donc, c'est très intéressant.
- Speaker #1
Oui, exactement. Et c'est vrai que d'aller sur les groupes de voyageurs ou alors les groupes d'expatriés, de poster un petit message en disant, voilà, on est une famille, on sera dans votre pays de telle date à telle date. Il y a des gens à l'histo ou qui veulent nous rencontrer. qui veulent partager un moment, ça nous fera super plaisir. Et puis, de fil en aiguille, on arrive à créer des belles rencontres qui durent au-delà du voyage.
- Speaker #0
Tu avais pris un billet Tour du Monde ?
- Speaker #1
On avait pris un billet Tour du Monde, mais on s'était limité à trois vols. On avait le vol aller Paris-San Francisco, le vol intermédiaire Buenos Aires-Aucland, et le vol retour Singapour-Paris.
- Speaker #0
Et après, tu prenais quoi ? Des low-cost ou tu ne le faisais pas en avion ?
- Speaker #1
Et après ça dépendait en fait, c'était au fil du voyage, soit des low cost, soit on passait les frontières terrestres en bus ou en train. Mais voilà, on avait quand même un itinéraire qui était bien défini avant de partir, mais de ne prendre que ces trois vols-là, ça nous a permis quand même de nous laisser un peu de liberté, de dire on y va à notre rythme et quand on veut, quand on le sent, et puis on s'est dit aussi que peut-être au fur et à mesure, Et puis, à mesure des rencontres, les gens nous diraient « Allez plutôt là, c'est plus sympa, plutôt que d'aller là. » Le fait de ne pas avoir tous nos billets d'avion d'avance, ça nous permettait d'avoir un voyage moins figé et de pouvoir changer de route.
- Speaker #0
Et c'est ce qui s'est passé ?
- Speaker #1
Oui, c'est ce qui s'est passé. Dans l'ensemble, on a plutôt pas mal respecté l'itinéraire qu'on avait prévu. Après c'est surtout au niveau des dates qu'on a pu changer un petit peu. Mais quand même, on avait prévu, après on est allé, quand on a fait l'Amérique du Sud, on est allé au Pérou, puis en Bolivie. C'était en fin d'année, au mois de décembre. Et on devait enchaîner avec le nord de l'Argentine. Donc nos enfants étaient tout petits, enfin tout petits. Notre fille avait 4 ans, notre fils 9 ans. Et c'est vrai que Pérou, Bolivie, on a passé pas mal de temps en altitude. C'était assez fatigant pour le corps, pour les organismes. Et c'est vrai qu'on s'était dit, fin d'année, c'est nouvel an. Déjà, on était un petit peu tristes d'être loin de nos amis et de notre famille à ce moment-là, malgré tout. Et puis, on devait enchaîner avec le nord de l'Argentine. Et en fait, là-bas, c'est l'été austral. Et c'était les vacances scolaires des Argentins. Et on ne trouvait aucun logement à des prix décents en Argentine. Plus le petit coup de blouse, plus l'altitude. On s'est dit qu'on allait changer nos plans. On ne vise pas l'Argentine, mais le Brésil. C'était incroyable parce que c'était un pays qu'on n'avait pas du tout envisagé et du coup pas du tout préparé. Même si on avait plein d'idées sur ce que représentait le Brésil, sur ce qu'on allait pouvoir éventuellement y voir, on n'avait pas fait nos recherches en amont. Du coup, on découvrait tout. C'était une des meilleures décisions qu'on ait prises à ce moment-là.
- Speaker #0
C'est rigolo parce que tu as ton visage qui parle aussi à ce moment-là. Et tu vois, je me demande si ce n'est pas une reco que tu es en train de faire aussi aux futurs voyageurs, de dire en fait, pas trop de préparation, quoi. Laissez-vous perdre dans la bonne direction.
- Speaker #1
Ce voyage, moi, je l'ai pas mal préparé. Plus que mon mari et mes enfants. C'est vrai que moi, j'avais besoin, je ressentais ce besoin d'avoir un truc un peu ficelé, de savoir où j'allais, quand, comment. Donc je l'ai beaucoup plus préparé que mon mari. Après je pense aussi que c'était le premier grand voyage qu'on faisait comme ça. Les enfants étaient petits donc j'avais vraiment besoin d'être rassurée. Je voyais des familles qui partaient sans avoir même d'hôtel pour la première nuit. Et je me suis dit « mon dieu, mais comment ils font ! » Et c'est vrai qu'au fur et à mesure du voyage, on a beaucoup plus lâché prise et on a pu beaucoup plus profiter. Même si on profitait déjà.
- Speaker #0
Mais je suis totalement d'accord avec toi. Je pense que c'est un bon conseil à donner. C'est en fait préparer les 3-4 premières nuits, puis après, laissez-vous porter. Oui,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Si tu devais revivre une journée de ce tour du monde, ça serait quoi ?
- Speaker #1
Moi ? C'est une question très difficile.
- Speaker #0
Je sais, mais en même temps, tu as vu tellement de choses. je pense qu'il y a une émotion qui a peut-être été à un moment donné tellement forte. Et ça, tu vois, j'aime bien ne pas la préparer, en tout cas que ce soit préparé parce que tu seras peut-être même surpris par ta réponse.
- Speaker #1
Franchement, des journées incroyables. On en a vécu tout le long du voyage. Après, il y a un moment en particulier qui reste gravé dans ma mémoire, c'est justement au Brésil. On est à Rio. D'ailleurs, on est arrivés à Rio sous des trombes d'eau. toute la ville était inondée, c'était incroyable, on avait de l'eau jusqu'aux genoux en arrivant avec nos sacs et nos enfants à bout de bras. Et puis c'était, alors si je me souviens bien, c'était début février, toute fin janvier, début février, donc on approchait du carnaval. On ne tombait pas dans la période de carnaval, mais en amont il y avait tous les petits concerts, les répétitions, etc. On avait eu pas mal de recommandations sur le Brésil, notamment d'une amie qui y vivait, qui nous avait dit « surtout faites attention, vous évitez de sortir la nuit, vous évitez de sortir avec vos téléphones, vos appareils photos, etc. » Et puis un soir, on regardait un petit peu les programmes prévus des festivités et on a vu qu'il y avait un concert de samba jazz au pied du pain de sucre. Et on s'est dit « non mais Mario quoi ! » Tant pis, on oublie toutes tes recommandations, on fait attention bien sûr et on y va. Et alors là, c'était une soirée incroyable. L'énergie des Brésiliens, la musique, le cadre exceptionnel, la caipirinha et les enfants qui dansent. C'est fou ce qu'on vit en fait, c'est fou. C'est juste un petit moment comme ça, une petite soirée. Et puis voilà. Ça reste gravé, c'est vraiment un moment, je me dis, on a vécu un moment simple, mais vraiment très beau.
- Speaker #0
Magique. Est-ce que tu as l'impression d'avoir changé tout au long de… Je sais que la suite, justement, vous a vraiment changé, mais est-ce que le long de ce voyage, tu as eu l'impression d'évoluer et de changer ?
- Speaker #1
Forcément, ce voyage nous a tellement appris au fur et à mesure. Déjà, on était à 24 heures sur 24, donc ça c'était aussi quelque chose qu'on appréhendait un petit peu. C'est quelque chose qu'on appréhendait, mais en même temps c'est quelque chose qu'on voulait pour ce voyage. On s'est dit que nos enfants sont petits, on veut vivre un truc fou avec eux et vivre une année. 100% pour eux et avec eux. Et voilà, on se rend compte que les liens familiaux se resserrent énormément. Et puis, on évolue parce que ce voyage nous pose mille questions. On se rend compte de tellement de choses. C'est-à-dire que tout est possible. C'était vraiment la phrase qui était ressortie au cours et à la fin de ce voyage. De dire, mais attends, est-ce qu'on ne peut pas vivre autre chose et autrement ? est-ce qu'on est au... coincé forcément dans cette vie d'avant qui nous attend à notre tour. Et tout ça, c'était un cheminement tout au long du voyage, de dire qu'il faut qu'on trouve quelque chose pour vivre autrement.
- Speaker #0
Les enfants, ils avaient quel âge ?
- Speaker #1
4 et 9 ans, quand on est partis.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses qu'eux aussi, ça a changé quelque chose ?
- Speaker #1
Fondamentalement, je pense que oui. changé quelque chose. Maintenant je ne saurais pas te dire comment il serait si on n'était pas parti en voyage forcément mais je pense que oui ça a vraiment changé quelque chose bien que notre petite donc qui avait 4 ans elle garde très peu de souvenirs de ce voyage.
- Speaker #0
Il va falloir repartir.
- Speaker #1
Oui exactement mais heureusement il y a les photos et puis on en parle encore très souvent et donc voilà ça ça la marque mais au final quand on est par On savait qu'à 4 ans, c'était vraiment petit pour garder en mémoire tout ce qu'elle allait découvrir. Mais ce n'était pas l'objectif du voyage non plus. Le but, c'était de semer une petite graine dans leur tête et de dire « Ce voyage, ça vous permettra d'être à l'aise en toutes circonstances, de ne pas avoir peur des gens, de ne pas avoir peur du monde. Et puis, d'oser partir. » C'est ça ce qu'on voulait leur transmettre. N'ayez pas peur.
- Speaker #0
C'est des bonnes bases. Est-ce qu'avant qu'on passe justement sur le retour, j'ai encore deux petites questions pour toi. Est-ce que tu te souviens d'un moment un peu de solitude où clairement tu n'es pas du tout au bon endroit, pas que tu n'es pas au bon endroit, mais auquel tu ne t'attendais pas du tout et tu te dis « waouh, là c'est un grand moment de solitude » .
- Speaker #1
Il y a des moments qui ont été plus difficiles que d'autres pendant le voyage. Je ne sais pas si on peut parler de moments de solitude, mais c'est vrai qu'ils en ont un par tous. où quand on était en Nouvelle-Zélande, on est arrivé d'abord sur l'île du Dor et puis on a fait toute la Nouvelle-Zélande du Nord au Sud en van. Et on devait ensuite rendre notre van à Christchurch. On restait deux, trois nuits là avant de prendre un vol vers l'Australie. Et le jour où on arrive à Christchurch, on rend le van et... On avait pris un Airbnb et puis en fait on a l'impression que le monde s'est coupé. Il ne se passait plus rien, on n'arrivait plus à communiquer, on n'arrivait plus à sortir de là où on était. Et en fait ce jour-là, à ce moment-là, il y a eu un assentat dans Christchurch et là on s'est demandé qu'est-ce qu'on fait là quoi ? Est-ce qu'on n'est pas au mauvais endroit au mauvais moment ? Puisque, après, c'est vrai que niveau sécurité pour les enfants, on se posait plein de questions. Et voilà, il y a eu une fusillade dans une mosquée qui a fait beaucoup de morts. Et du coup, le pays a été un peu paralysé à ce moment-là. Et c'est vrai que je pense que n'importe qui se serait senti un peu dans ce même état-là. Où on se dit, oh là là, qu'est-ce qu'on fait là ? Est-ce qu'on ne doit pas prendre nos clics et nos claques tout de suite ? Ou au contraire, et alors au final, ça a été incroyable parce que le Airbnb qu'on avait réservé ce jour-là, la dame était infirmière à l'hôpital et elle nous a accueillis, elle, mais comme des amis. Elle était d'une joie de vie, d'une gentillesse, mais elle nous a dit « Écoutez, je suis désolée, je suis en repos. J'avais posé mes repos pour vous accueillir, pour vous emmener, vous faire visiter Christchurch. » Mais elle dit « Je ne peux pas, je suis obligée d'aller à l'hôpital. » je suis obligée d'aller aider mes collègues, je suis obligée d'aller soutenir tout le monde voilà au regard des circonstances comme il y avait vraiment eu beaucoup de morts et de blessés donc bon on a quand même pu passer un petit moment avec elle mais on a trouvé que c'était... En fait, on a bien fait ça partir. Parce que c'était une très belle rencontre aussi.
- Speaker #0
Comme quoi, on est quand même toujours au bon endroit au bon moment. Oui,
- Speaker #1
exactement. C'est vrai.
- Speaker #0
Le plus beau coucher de soleil, tu dirais que c'est à l'étranger ou c'est en France ?
- Speaker #1
On en a vécu pas mal du tout. Le premier qui nous a fait « waouh » , c'était aux États-Unis. On était en camping-car. On avait loué un camping-car pour 3-4 semaines. On a parcouru tous les grands parcs. de l'ouest américain et le premier quand on a quitté san francisco c'était le parc de yosemite et là un soir on s'est dit allez on va aller on va aller grimper un petit peu là on va aller voir ce qui se passe là haut et on s'est pris une claque on s'est dit waouh c'est fou un coucher de soleil incroyable et c'était juste dingue mais après il y en a eu tellement Non,
- Speaker #0
mais c'est bien, c'est bien. Voilà, c'est celui-là. En tout cas, on ressent encore de l'émotion. Maintenant, le dernier pays avant de rentrer en France, c'était quoi ?
- Speaker #1
Eh bien, du coup, Singapour. On a fini avec l'Asie du Sud-Est. On n'est vraiment pas resté longtemps à Singapour parce que c'est très, très cher. On était un peu pochés à la fin du voyage, donc on ne pouvait pas non plus s'éterniser. Mais comme notre vol retour partait de Singapour, du coup, on y a passé quelques jours.
- Speaker #0
Est-ce que tu as une idée, si tu veux bien le partager, du budget que ça représentait pour 4 pour un an ?
- Speaker #1
Oui, alors on est parti avec un budget de 60 000 euros pour nous quatre. On avait compté à peu près, avec l'aide des blogs, des sites, en aide. On comptait à peu près 15 000 euros par personne. Dans l'ensemble, on a plutôt bien tenu le budget. Ça a inclué vraiment tout, les assurances, les billets d'avion, le matériel pour partir, et puis le coût de la vie sur place. Je crois qu'on a quand même dû faire une petite rallonge de 3-4 000 euros à la fin, parce que bon, on s'était un peu lâchés. Mais dans l'ensemble, voilà, on va dire au grand max 65 000 euros.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des choses que tu modifierais si tu devais le refaire ? Que ce soit dans l'organisation ou dans un état d'esprit ? Est-ce qu'il y a quelque chose que tu modifierais ?
- Speaker #1
Le voyage qu'on a vécu, il était génial. On a vraiment profité de chaque instant, de chaque personne qu'on a rencontrée, de chaque paysage qu'on a découvert. Après, comme on disait tout à l'heure, peut-être que si j'avais été moins dans les préparatifs Lâcher prise et se laisser porter un petit peu parfois par le voyage, en tout cas au début, peut-être que ça aurait été différent. Maintenant, je pense que ce voyage, il était très chouette tel qu'on l'a vécu.
- Speaker #0
Est-ce que tu te souviens de ton émotion, enfin de votre émotion, parce que vous étiez quatre, justement quand vous avez pris ce dernier vol et que vous avez dit « ça y est, c'est la fin d'un grand rêve qu'on a préparé quand même depuis un an » . Est-ce que tu te souviens des émotions ?
- Speaker #1
Oui, alors en fait c'était une émotion un peu particulière parce qu'on avait, avec nos billets tour du monde, les destinations étaient figées mais pas les dates. Donc on pouvait modifier, si on voulait, au besoin, les dates des vols. Et je ne sais plus pour quelles raisons, vraiment il faut que je me replonge dans ça, mais on a décidé d'avancer de cinq jours notre retour. On devait rentrer le 11 août, je pense, et on est rentrés le 5. Et on a décidé de ne rien dire à personne. Donc toute notre famille nous attendait le 11. Et puis le 5, on a débarqué. Alors d'abord, on avait un ami qui était au courant, qui nous a permis d'organiser un petit peu tout ça. Et du coup, quand on est montés dans l'avion, on était, oui, comme tu dis, la fin d'un grand voyage, la fin d'une aventure. Après on était aussi content de rentrer chez nous parce qu'on avait aussi besoin de se poser, les enfants avaient envie de retrouver un peu de stabilité aussi, parce que c'est vrai qu'on était tout le temps à droite, à gauche, donc on se posait assez peu, quoique on arrivait à trouver des moments aussi où on restait plusieurs jours à un endroit. On était content de rentrer, on était content de retrouver notre famille et nos amis, malgré tout. Et puis, le fait de se dire, on va leur faire une surprise, on va vivre un truc un petit peu rigolo, on va débarquer et puis ils vont se demander, mais qu'est-ce que vous faites là ? Et ça a été le cas en fait. On a filmé ce retour, on a d'abord débarqué chez ma sœur, on lui a fait croire qu'un ami venait lui déposer une valise pour nous. Et puis voilà, c'était nous qui venions à la porte. Du coup, dans la foulée, elle a invité mes parents au restaurant. Et puis quand ils sont arrivés, on était à table. Et ils m'ont dit « qu'est-ce que vous faites là ? » Et puis voilà, avec plusieurs amis, ma grand-mère, tout le monde. Personne ne s'attendait à notre retour. Et du coup, il y a eu une petite émotion aussi de retrouver tout le monde à ce moment-là et dans ces conditions-là. Ça a rendu le retour un peu moins difficile.
- Speaker #0
Je comprends. Et c'est bien de le préparer comme ça parce que ce n'est pas toujours simple. Est-ce que du coup, le retour à la vie classique, en tout cas à votre vie d'avant, est-ce que très vite, ça a commencé à cogiter de se dire qu'en fait, ça ne pouvait plus durer ?
- Speaker #1
Complètement. Là, pour le coup, autant le retour en avion, on était un petit peu… Voilà. content et puis pressé de retrouver tout le monde. Mais alors le retour à la vie normale, on n'était pas du tout pressé, on appréhendait vraiment. Je me souviens d'un coup de téléphone, moi j'étais enseignante à l'époque, d'un coup de téléphone de mon chef quand j'étais sur une plage à Lombok en Indonésie pour me demander quel niveau je voulais avoir l'année prochaine, si je voulais prendre des cinquièmes, des quatrièmes, et je me suis dit que je suis tellement loin de tout ça, je ne m'étais pas prête. Je ne veux pas retourner là-bas, je ne veux pas revivre ça. Et puis voilà, après on est vite de retour dans la vie normale, mais on avait déjà, si tu rembobines un petit peu, ce projet d'expatriation qui nous situait. Et donc à notre retour, on a fait le point, on s'est dit bon, on a fait ce tour du monde, on a visité tous ces pays, maintenant on se... On sait que oui, effectivement, on veut vivre à l'étranger, on veut vivre une expatriation et on maintient ce projet de Québec et de Montréal. Donc à peine rentrée, on est retournée un mois au boulot et avec le premier salaire, on s'est repris un billet d'avion pour partir à Montréal en plein hiver, en février, pour progresser un petit peu ce projet-là. Mais c'est vrai que le retour a été vraiment difficile et je me souviens d'une fois, phrase dans mes collègues où je lui ai dit c'est bizarre en fait, j'ai l'impression de revenir, je reviens là et en fait c'est comme il y a un an, rien n'a changé et mon collègue me dit mais en fait c'est toi qui as changé,
- Speaker #0
il n'y a que toi qui as changé nous on n'a pas changé mais c'est toi qui as complètement changé en fait et ça c'est tellement vrai et alors ça paraît un peu prétentieux de dire ça mais je pense qu'en effet il n'y a que ceux qui l'ont vécu qui peuvent ressentir ça, c'est d'avoir l'impression qu'en effet, rien n'a changé et tout est resté totalement au même endroit, au même niveau, les mêmes, enfin tout est identique mais nous en fait, on a totalement changé et c'est hyper intéressant ce que tu dis. En tout cas, deuxième tips qu'on donne, le premier c'est on ne prépare pas trop et le deuxième c'est on se reprend direct un billet d'avion avant de rentrer pour... Donc le Canada a priori, ça ne se fait pas.
- Speaker #1
Alors le Canada, ça ne se fait pas parce que... On est allé en plein hiver, parce qu'on connaissait Montréal en plein été. On s'est dit qu'on allait s'installer là-bas, il faut qu'on découvre un peu l'hiver. Parce que quand on nous dit qu'il fait moins 30, tant qu'on ne l'a pas vécu, on ne sait pas ce que ça représente vraiment. Donc on part au Canada, à Montréal, en février 2020. Et puis avec l'idée vraiment que c'est bon, c'est vraiment là qu'on va s'installer. Cette expérience en hiver nous a convaincus, on a pris rendez-vous avec l'avocate en immigration, on a notre plan, tout est fait, tout est bon, mais voilà on est rentrés et on s'est retrouvés confinés quoi. Donc tous les plans sont remis en question et puis on se rend compte que ça va être beaucoup plus compliqué que ce qu'on pouvait l'imaginer, que déjà c'était à la base déjà compliqué de partir. s'installer au Canada et que là on rajoutait quelques obstacles supplémentaires. Donc on rebat les cartes et puis on... sauf que dans nos têtes on était déjà repartis. On ne voyait plus vivre là, on ne voyait plus continuer notre vie comme ça. Il fallait qu'on...
- Speaker #0
il fallait qu'on parte. Et puis, vu les circonstances et les conditions sanitaires, on s'est dit dans un premier temps, si on part, on reste en France quand même parce qu'on n'a aucune visibilité, donc c'est plus prudent. Et donc, ce que je n'ai pas dit, c'est que juste avant, après avoir pris le billet d'avion, on s'est acheté un camping-car aussi. On a cumulé, après le billet d'avion pour Montréal, on a aussi acheté un camping-car pour voyager un petit peu. en France et puis en camping-car, on s'est baladé un peu. On savait que le sud-ouest, c'était le coin qui nous plaisait le plus. On ne connaissait pas du tout le lot. Et puis voilà, par le plus total des hasards, on a traversé la région et on s'est dit qu'on y poserait bien nos alliés.
- Speaker #1
Donc, c'est juste une sorte d'intuition et vous êtes un peu tombée amoureuse de la région. Et en concertation, vous dites en fait, c'est là ? C'est quoi le cheminement ?
- Speaker #0
On n'a même pas eu le temps de tomber amoureux de la région parce qu'on l'a traversée, vraiment on ne s'est même pas vraiment arrêté, on n'a même pas découvert. Mais voilà, en fait on était tellement dans l'idée de partir, on s'est dit s'il y a un coin qui nous plaît, on va faire nos petites recherches. Et puis on était aussi tellement libérés de se dire si ce n'est pas là, ce n'est pas grave, on commence là et puis si ça ne nous plaît pas, on repart et puis si c'est bien, on reste. On était... Vraiment, oui, libérée d'un poids ou d'un... Allez, on tente. On connaît pas le coin, on s'installe là et puis on va le découvrir. Et puis si ça nous plaît, c'est cool. Si ça nous fait pas mal, on va ailleurs, c'est pas grave.
- Speaker #1
Et à partir du moment où vous avez pris cette décision, très vite, tout s'est enchaîné ? Il y a eu comme une magie qui a opéré ?
- Speaker #0
Oui, très vite. Donc c'était l'été... On est rentrés fin août et en septembre, alors parce qu'en plus, non seulement on voulait déménager, mais en plus, on achetait directement. Donc, on a acheté un terrain. En septembre, on visitait les terrains. En octobre, on trouvait le terrain qui nous plaisait et on a continué pour le terrain. Et voilà, on s'est installé en juillet.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'il fait ton mari comme boulot ? Il y avait une contrainte au niveau job ?
- Speaker #0
Il est architecte d'antérieur, donc il travaillait en… dans une agence près de Lille. Une contrainte oui et non, puisqu'il a décidé de se lancer à son compte en quittant la région. C'était un gros changement, parce que changement de vie, changement de région, changement de travail. Malgré tout, même s'il est resté dans sa branche, il fallait tout recréer.
- Speaker #1
Et comme quoi, encore une fois, je reprends ce que tu as dit au tout début, mais rien n'est impossible. Et c'est vrai que ça paraît un peu vertigineux. Et de temps en temps, tu dis « Non, mais moi, je ne peux pas. » Parce que tu comprends le boulot. Quand on en a vraiment envie, en fait, tout est possible.
- Speaker #0
Mais oui, c'est ça. Et en fait, je pense que c'est dès le moment où on prend la décision qu'on se rend compte que toutes les barrières sautent et qu'en fait, quitter un boulot, ce n'est pas si compliqué. Après, on sait qu'on a des ressources nécessaires. pour rebondir, retrouver... Enfin, on se faisait confiance. Se dire, OK, on peut partir et on a les capacités de recréer une vie ailleurs, de retrouver un boulot, de remonter, retrouver des amis.
- Speaker #1
Moi, j'invite forcément les auditeurs à aller sur ton compte Instagram parce que je te suis et c'est vrai que quand je te vois le soir au bord de ta piscine avec des couleurs de ma boule...
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu ressens dans ce cas-là ? Je pense que je connais la réponse, mais justement, une fois que tu repenses à cinq ans en arrière et de tout ce que vous avez fait et de tous les projets que vous avez menés, qu'est-ce que tu pourrais dire aujourd'hui ?
- Speaker #0
Franchement, il y a cinq ans, je n'aurais jamais imaginé être là où je suis aujourd'hui. Ce n'était pas dans les plans. Et en même temps, c'est ça qui est bon. La vie a d'autres plans pour nous. et ils sont plutôt cool même si ça n'a pas toujours été facile ça serait mentir que dire que tout était rose parce que rebelote, requitter des amis, requitter la famille se retrouver loin, tout est relatif mais on est quand même à 800 km de notre région d'origine donc on n'y retourne pas tous les week-ends et notre famille, nos amis ne viennent pas nous voir si régulièrement que ça non plus chacun nos contraintes au quotidien. Et puis ben voilà, s'installer dans une région qu'on connaît pas du tout, tout recommencer en fait. C'est pas évident aussi de recréer, même si on est très sociable et qu'on aime bien discuter avec les gens, rencontrer du monde et tout ça, c'est pas la même chose de rencontrer des gens et de se faire des amis vraiment. Donc parfois ça a été un petit peu compliqué, et puis retrouver une vie professionnelle aussi, et puis accompagner les enfants dans ce changement de vie aussi, parce que c'est vrai que c'est surtout nous qui avons pris cette décision, bien sûr en concertation, on en avait discuté avec eux, mais si on les avait complètement écoutés, on serait toujours dans le nord de la France, on ne serait pas partis, parce qu'ils étaient très attachés aussi à leur vie d'avant. Mais voilà, cinq ans après, on a quand même construit une jolie vie, une jolie maison. On a retrouvé du travail tous les deux et les enfants se taisent beaucoup ici. Ils se sont créés un beau réseau d'amis. Et voilà, ils nous disent maintenant, parce que nous, on a toujours la bougeotte, donc des fois on se projette, on dirait bien habiter là-bas, on irait bien. Mais eux, ils nous disent hors de question. Si on doit déménager, c'est pour retourner dans le nord de la France. France ou rien du tout.
- Speaker #1
Alors là, je pense que si je peux me permettre, c'est aussi une question d'âge parce que tu vois, quand tu es rentrée, ils avaient 9 et 4.
- Speaker #0
On est rentrée, ils avaient du coup
- Speaker #1
10 et 5. Donc, allez, ils ne sont pas encore... Une fois qu'ils sont rentrés dans l'adolescence, il n'y a plus que les potes qui comptent et là, tu as beaucoup plus de mal à aller les bouger ou alors ça va vraiment être pour un projet. Mais en effet, je pense que vous l'avez fait aussi au bon moment et qu'après, tu le feras peut-être, mais plus qu'à deux.
- Speaker #0
Et c'est exactement ce qu'on se dit parce que là, quand on y repense, on se dit que là, on serait... Bon, on adore nos enfants, ils sont tels qu'ils sont, mais on se dit impossible de repartir avec eux en étant 24h sur 24, dans un van, au milieu de nulle part, sans connexion, non, impossible. On s'est dit que vraiment, on avait fait au meilleur moment, définitivement.
- Speaker #1
Moi, je suis curieuse parce que comme toi, je suis une ch'ti et que régulièrement, il peut y avoir cet appel du large ou de changer de région. Qu'est-ce qui te manque le plus depuis que tu es partie ? S'il y a des choses qui te manquent.
- Speaker #0
Oui, forcément, il y a des choses qui me manquent. Comme je l'ai dit à deux ou trois reprises, c'est surtout…
- Speaker #1
La famille des amis.
- Speaker #0
La famille qui nous manque. Oui, c'est surtout des moments avec des gens qu'on aime qui nous manquent. parce qu'on en vit peu finalement maintenant. Avec ces gens-là en tout cas, avec ces amis de toujours, avec notre famille, on ne les voit pas assez souvent pour vraiment profiter tous ensemble. Nous, on remonte une semaine par an dans le nord, parce que c'était un peu le ville aussi. On aime beaucoup le nord, mais on s'est dit qu'on quitte la région, ce n'est pas pour y revenir à chaque vacances. Nous, on a trop la bougeotte, on aime trop aller voyager à droite à gauche. L'idée, ce n'était pas de retourner à chaque fois au Bercail.
- Speaker #1
Ça peut être une option, un jour, de revenir quand même dans le Nord ?
- Speaker #0
Alors, on m'a posé la question il n'y a pas longtemps. Je pense qu'il y a deux, trois ans, j'aurais dit non, un non définitif. Ce n'était pas du tout une option. Au fur et à mesure, je me dis, voilà, ce manque des amis de la famille, ce fait que peut-être, mais encore, c'est vraiment…
- Speaker #1
C'est les jours où il pleut.
- Speaker #0
Oui, exactement.
- Speaker #1
Merci en tout cas d'avoir été sincère à ce niveau-là et de le partager. Par rapport au type de maison que vous avez fait, c'était un choix de faire une maison dans des containers. Est-ce qu'il y avait un côté écologique dû au voyage ou pas du tout ?
- Speaker #0
Alors, je vais te corriger. En fait, la maison en elle-même, elle n'est pas faite en container. La maison en elle-même, elle est en construction assez classique. mais on a effectivement installé trois containers sur notre terrain qu'on a aménagé. Donc on a un container maritime qu'on a aménagé en logement pour accueillir nos amis et notre famille en premier lieu quand ils viennent nous voir. Parce que forcément, comme ils sont loin, quand ils viennent, ce n'est pas juste pour une soirée. Donc il fallait qu'on ait un espace pour eux un peu indépendant, avec nous sans être sur nous. Donc on a aménagé, on s'est dit tiens ça va être une option un peu sympa et comme je te disais Nicolas mon mari étant architecte d'intérieur, il s'est tout de suite intéressé à la question et puis voilà, on va découvrir un peu les contraintes de ce type de construction. Après on a encore deux autres containers qu'on n'a pas encore vraiment fini d'aménager mais qui ne seront pas forcément destinés à être des logements. Une petite précision, notre maison en elle-même n'est pas faite de conculaires.
- Speaker #1
Du coup, aujourd'hui, vous voyagez de manière différente, puisque tu me parlais justement du Home Exchange. Est-ce que tu peux développer un peu cette partie-là ?
- Speaker #0
Complètement. En fait, quand on est rentré de voyage en 2019, je retourne au boulot en septembre dans un nouvel établissement. Je découvre de nouveaux collègues et l'une d'entre elles, tout de suite, me raconte ses vacances en Afrique du Sud. en échange de maison. Et là, je me dis, mais waouh ! C'est fou, en fait ! J'en avais vaguement entendu parler. Je t'avoue, je ne m'étais pas encore vraiment intéressée à la question. Et quand elle me raconte ça, ça fait tilté tout de suite. On se dit, attends, tout le long de notre tour du monde, on a été accueillis. Des gens nous ont ouvert les portes de leur maison sans se poser de questions. Et ils ont tous été hyper généreux, hyper... Enfin voilà, dans le partage. Et quand elle me raconte ça, cette collègue, je me dis, mais attends, c'est génial. Nous, ça nous permettrait d'accueillir des gens, de rendre un peu l'appareil, de donner ce qu'on a reçu. Et puis, on ne va pas se mentir, continuer à voyager aussi. Bon, on était quand même un petit peu fauchés de voyages, donc il fallait trouver des alternatives pour pouvoir... continuer à assouvir cette passion du voyage et du coup un peu à moindre frais. Mais de pouvoir partager avec des locaux, partager un logement et puis découvrir une région, du coup à travers aussi les conseils des locaux, on s'est dit allez on se lance dans l'aventure, on va tenter aussi l'échange de maison et on verra bien ce que ça donne. On a commencé, alors c'est un petit peu particulier parce que sur la plateforme HomeExchange, il y a différentes façons d'échanger sa maison. On peut soit aller chez des gens et ces gens-là viennent chez nous en même temps ou alors ça peut ne pas être en même temps. Donc ça peut être un échange réciproque ou un échange réciproque qui n'est pas simultané. Et puis il y a une autre façon d'échanger, c'est un système de points. On accumule des points en accueillant des gens chez nous et avec ces points-là, on peut aller chez d'autres personnes. On n'est pas forcé d'aller forcément chez les gens qui font chez nous.
- Speaker #1
Mais du coup, dans ces cas-là, tu es entre guillemets en co-living, c'est-à-dire que tu les reçois, tu restes là ou tu dois leur laisser ?
- Speaker #0
Alors ça, c'est une option, c'est une possibilité qu'on n'a jamais vraiment explorée. On avait acheté un camping-car et du coup on s'était dit que pendant que nous on part en camping-car, autant que la maison serve à quelqu'un, que quelqu'un puisse en profiter. Et puis en plus c'est hyper rassurant de savoir que la maison est occupée pendant qu'on est partis en vacances aussi. Donc l'idée c'était ça. Sauf que, évidemment comme je t'ai expliqué, on n'est arrivé pas de temps avant le Covid, donc l'échange de maison était un petit peu compromis à ce moment-là, c'était un petit peu compliqué. déjà parce qu'on était limité en distance, on pouvait plus partir très loin, etc. Donc les échanges qu'on avait programmés sont tous tombés à l'eau à ce moment-là, ont été annulés. Et voilà. Mais juste avant ça, on avait quand même eu l'opportunité d'aller à Amsterdam en échange de maison. On avait utilisé des points que la plateforme nous octroyait à l'inscription. Donc c'était un premier échange où personne n'était venu chez nous, mais nous, on avait pu commencer à découvrir un petit peu le site. système. Et puis après, ça a été un peu compliqué de vraiment mettre en place des échanges pendant quelques mois.
- Speaker #1
Comme un Airbnb, tu laisses ta maison, tu protèges entre guillemets ce que tu veux enlever et tu laisses à disposition. Comment ça se passe au niveau de la rentrée, de la sortie ?
- Speaker #0
Oui, alors ça reste quand même assez différent du principe de la location. Mais oui, au final, sur Soit on est là pour accueillir les gens, puis on part juste après. Ou alors, nous, ce qu'on fait là, quand on n'est pas disponible, c'est qu'on met une petite boîte à clés, et puis on transmet toutes les informations aux personnes qui arrivent chez nous. Alors, le deal, c'est qu'on vous laisse notre maison, on essaie de la laisser dans le meilleur état possible. On vous fait un petit peu de place dans nos armoires. Nous, on ne vit jamais rien. On fait totale confiance, on n'enlève rien. que ce soit de nos vêtements ou de nos affaires personnelles, que ce soit de la déco, les jouets des enfants, les livres, on laisse tout en place. Parce que l'idée c'est ça en fait, c'est d'accueillir des gens chez soi et que les gens arrivent dans une maison qui vit, pas dans un thé à s'étudier quoi.
- Speaker #1
Oui je comprends.
- Speaker #0
Et donc voilà, le deal c'est on vous laisse notre maison, vous vous installez, vous profitez et puis vous nous la rendez comme on vous l'a laissé.
- Speaker #1
Est-ce que tu n'as toujours eu que des bonnes surprises ?
- Speaker #0
Oui, génial. À chaque fois, ça a été super.
- Speaker #1
Il y a quand même a priori une mentalité, un mindset des gens qui font ce genre de…
- Speaker #0
Tout à fait. Mais c'est ça. En fait, à chaque fois que j'en parle, les gens me disent « mais tu n'as pas peur qu'on te casse des choses, qu'on te vole des choses ? » Et en fait, c'est vraiment un état d'esprit. Les gens qui viennent chez moi, eux aussi, laissent leur mémoire quand ils partent. Et puis après, on communique beaucoup aussi ensemble. Quand ils nous contactent pour venir chez nous, on discute pas mal, on se renseigne un petit peu, on voit aussi les avis sur la plateforme et puis on continue de communiquer. Pendant l'échange aussi, on reste toujours en contact.
- Speaker #1
Ça existe dans le monde entier ?
- Speaker #0
Oui, on a à peu près, je pense, dans la majeure partie du monde, il y a deux. Il y a des maisons. Nous, on a eu l'opportunité d'aller à plusieurs reprises au Canada en échange de maisons parce que pour le coup, c'est très privé en Amérique du Nord. Au Canada et aux États-Unis aussi, on a fait. L'avantage aussi en Amérique du Nord, c'est que les logements sont très chers. Donc, c'est quand même le poste, je pense, qui est même encore plus cher que l'avion quand on part en vacances en Amérique du Nord. Donc, l'échange de maison, ça nous permet quand même d'individuer des vacances pas trop chères.
- Speaker #1
Oui, c'est narratif. Au niveau des points, ça fonctionne comment ? En fonction du type de maison que tu as, tu gagnes plus ou moins de points ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça. En fait, la plateforme va attribuer une valeur en points à notre maison en fonction de sa localisation, de ses équipements et du nombre de couchages. Donc, une fois que cette valeur est attribuée, privé, on peut mettre un petit peu moins ou un petit peu plus. On a une petite fourchette, en fait, pour modifier ce qu'on veut. Mais dans l'ensemble, voilà, c'est assez... C'est une valeur qui est décidée par la plateforme, selon ces critères-là. Et puis, voilà.
- Speaker #1
J'imagine que ta maison dans le Lot, par exemple, vaut plus que si tu avais une maison dans le Nord, quoi.
- Speaker #0
Pas forcément, parce que... Quand on a commencé, du coup... Du coup, nous, on avait mis la maison à Lille. C'est quand même une destination qui est très privée. On avait beaucoup de demandes d'un peu partout, d'ailleurs. Parce qu'on est au carrefour de l'Europe, à chaque fois on le dit, Lille, c'est quand même une ville qui est hyper bien située pour, par exemple, justement, des Américains qui veulent visiter l'Europe. Ils sont à deux pas de Paris, de Bruxelles, de Londres, d'Amsterdam. C'est vrai que ça en fait quand même un lieu qui est très pratique. Et en fait, le fait d'être en ville, d'être dans des villes où il y a des monuments, enfin pas mal de choses à visiter aussi, ça apporte quand même pas mal de valeur aussi au logement.
- Speaker #1
D'accord, donc ce n'est pas que des lieux, entre guillemets, de vacances, quoi ?
- Speaker #0
Non, pas nécessairement, pas nécessairement. Et après, c'est vrai que dans le Lot, on a, je n'aime pas dire la chance, parce que cette chance, on l'a provoquée, mais on s'est créé un joli petit cocon. qui fait que ça attire aussi pas mal de monde. C'est vrai que le Lot, ça reste une destination qui est assez touristique parmi les Français, essentiellement. On reçoit aussi quelques personnes de l'étranger, mais c'est essentiellement des Français qui nous compètent. Par exemple,
- Speaker #1
de l'échange de maison dans le même pays. Imaginons, moi, je vois la Marseille, je mets ma maison en échange. Tu n'es pas obligée de le faire avec des gens de l'étranger, en fait.
- Speaker #0
Ah oui, non, pas du tout. très libre dans les choix de ta destination sans aucun problème. D'ailleurs, nous, on a beaucoup voyagé, on a pas mal voyagé en France grâce à l'échange de maison, effectivement, entre Bordeaux, Marseille, Paris, le Luveron, on aime bien.
- Speaker #1
Est-ce que tu vois, parce que là, sur le papier, ça a l'air quand même assez chouette, ça a l'air génial, est-ce que tu vois des inconvénients, ce genre de choses ?
- Speaker #0
Sincèrement, franchement, aucun. Aucun. Nous on y voit que des avantages parce que notre maison est occupée, parce qu'on se dit qu'elle profite à quelqu'un aussi, parce qu'on trouve que c'est trop dommage qu'on ait une piscine et qu'il n'y ait personne qui l'utilise l'été par exemple. Et puis on est accueillis nous. un peu partout. Donc le seul inconvénient qu'on ait pu trouver et auquel on a réussi à remédier, c'est que finalement, ce qu'on recherchait dans l'échange de maison, qui était le partage, les rencontres, etc., forcément, quand les gens viennent chez nous, on n'est pas chez nous. Donc du coup, on ne rencontrait pas les gens qui venaient chez nous, on n'avait pas l'occasion de partager avec eux. Après, on avait la possibilité de rencontrer d'autres personnes quand on partait à l'étranger, mais au final, les gens qui venaient chez nous, on les connaissait peu. Et c'est du coup grâce au container aménagé qu'on avait fait pour nos amis et notre famille, mais bon, ils viennent quand ils peuvent, donc pas si souvent. Et bien celui-ci, on l'a aussi ouvert sur la plateforme et on lui donne l'accès aux gens qui veulent venir. Et bien là, ça prend une toute autre dimension parce que les gens sont... dans le container à côté de chez nous et on les rencontre et on peut partager un apéro et on peut raconter nos voyages et on peut discuter. Et là, voilà, là, on a l'impression de vraiment pouvoir partager un peu plus.
- Speaker #1
Ouais, c'est chouette. Et puis, comme tu dis, tu as l'impression aussi de rendre un petit peu ce que tu as reçu en étant là-bas. Donc, c'est génial. C'est exactement ça. C'est plus bouclé, quoi. Oui.
- Speaker #0
Bon, pas tout à fait. Je voudrais vraiment qu'on se dise qu'elle soit pas trop bouclée et qu'on puisse continuer.
- Speaker #1
C'est quoi le prochain rêve à réaliser ?
- Speaker #0
Sincèrement, j'ai toujours ce rêve d'expatriation dans un coin de ma tête. C'est quelque chose qui me fait vraiment rêver. Je l'ai vécu quand j'étais plus jeune. Avec mes parents, on s'est expatriés dans les années 90 au Maroc et en Espagne. Et je suis vraiment tombée amoureuse du Québec. Donc ça reste dans un petit coin de ma tête, même si je me dis que plus ça avance. plus ça semble un peu compliqué les enfants grandissent et puis la vie aussi fait que peut-être avec l'âge c'est moins facile mais rien
- Speaker #1
n'interdit on n'interdit rien exactement en tout cas c'était vraiment très chouette parce que c'était trois thématiques assez différentes mais vraiment très intéressantes je te remercie d'avoir partagé tout ça mais en tout cas merci de ta sincérité on est à la fois voyagé et à la fois je trouve que ça permettait aussi de répondre à certains questionnements d'avoir envie de bouger on ne sait pas toujours où donc il y a plein de façons de le faire et je te remercie de ce beau partage
- Speaker #0
Merci à toi Florence de m'avoir accueillie ici c'était un vrai plaisir et puis j'ai adoré me replonger dans tous ces souvenirs ça me donne envie de repartir Ouf !
- Speaker #1
c'est souvent ce qui arrive mais le problème c'est que d'ailleurs des fois je me dis qu'il faudrait que j'arrête de faire ce podcast parce qu'à chaque fois que je le raccroche je suis à la fois émue et hyper heureuse du moment que j'en ai mais j'ai tellement envie de partir tout de suite que ça devient plus compliqué en tout cas merci de ce partage et puis je continuerai à suivre évidemment tes aventures, je te souhaite un bel été et le meilleur pour l'avenir merci beaucoup Florence à bientôt Laila salut Et voilà, cet épisode est terminé. J'espère qu'il vous a plu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à le partager avec votre entourage. Abonnez-vous pour ne manquer aucun épisode et prenez quelques instants pour laisser un avis ou une note sur votre plateforme préférée. Vos retours sont précieux et m'aideront énormément. Merci d'avance et à bientôt pour de nouvelles aventures.