Bonjour à tous, en ce vingt-neuf avril deux mille vingt-six, voici les principales actualités agricoles sur lesquelles La France Agricole vous propose de revenir dans son podcast. Au programme ce matin, la tension monte sur plusieurs fronts : les prix de la viande bovine, la gestion de l'eau, et le débat autour du principe de précaution. Commençons par la filière bovine. Le syndicat Jeunes Agriculteurs a publié vendredi vingt-quatre avril un communiqué pour dénoncer la baisse des prix des bovins maigres et de boucherie. Le syndicat pointe directement les opérateurs de l'aval, qu'il accuse d'orchestrer une stratégie de déflation des prix. Ce qui choque Jeunes Agriculteurs, c'est le paradoxe : l'offre reste basse, la consommation européenne se maintient, et pourtant les prix reculent. Le syndicat rappelle que la filière est déjà fragilisée par la décapitalisation des cheptels bovins, et que cette situation décourage les porteurs de projets qui souhaiteraient s'installer en élevage bovin allaitant. Jeunes Agriculteurs demande aux opérateurs de traduire en actes commerciaux les engagements pris lors des conférences de la souveraineté alimentaire, et prévient qu'il durcira le ton si rien ne change. Autre mobilisation syndicale à noter, cette fois autour de la gestion de l'eau. Ce mardi vingt-huit avril, environ cent cinquante agriculteurs se sont rassemblés devant le comité de bassin Loire Bretagne, à Orléans, à l'appel de la F N S E A et de Jeunes Agriculteurs. Ils contestent le contenu du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux, le sdage, qui fixe les grandes orientations de la gestion de l'eau pour deux mille vingt-huit à deux mille trente-trois. La F N S E A recense plus de cent vingt-cinq points à revoir dans ce texte. Parmi les points de blocage : le terme de sobriété, jugé incompatible avec la souveraineté alimentaire selon Sébastien Mery, vice-président d'Irrigants de France, qui lui préfère les notions d'efficience ou de gestion raisonnée. Les représentants syndicaux ont obtenu un report de trois mois, repoussant la soumission du texte à début septembre. L'objectif, selon Nicolas Sterlin, président de la F R S E A Centre-Val de Loire, est de laisser le temps à l'administration de réécrire une nouvelle version tenant compte des positions agricoles. Enfin, un sujet de fond à suivre : la F N S E A a réaffirmé lors de son congrès du deux avril, par la voix d'Arnaud Rousseau, sa volonté de supprimer le principe de précaution pour le remplacer par un principe d'innovation. Concrètement, ce principe constitutionnalisé en deux mille quatre encadre aujourd'hui les autorisations de mise sur le marché de produits phytosanitaires. Yohann Barbe, vice-président du syndicat, estime qu'il freine l'innovation agricole. Mais Ève Truil-hé, directrice de recherche au C N R S et spécialiste du droit de l'environnement européen, rappelle que cette suppression est juridiquement très complexe : elle nécessiterait une révision de la Constitution, et exposerait la France à une violation du droit de l'Union européenne. Je vous retrouve demain pour un nouveau point sur l'actualité du secteur. Bonne journée à tous.
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