- Speaker #0
C'est la fin ! Eh, il a les cheveux mouillés, alors pas dehors, hein, pas dehors ! On essaie de jouer au football ! Vous avez peur de quoi ? C'est l'exemple de qui ? Pas chacun son tour, c'est tout le monde ensemble.
- Speaker #1
C'est là où l'ADN Foot est très puissant. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans le podcast ADN Foot. Durant chaque épisode, mon invité parle de son amour pour le foot, de son enfance à aujourd'hui. mais aussi de son activité professionnelle si cette dernière s'articule autour du football. C'est Brams au micro et je vous invite à découvrir ce nouvel épisode d'ADN Foot dans lequel j'ai le plaisir de recevoir Bruno Béraud, photographe professionnel dans le football. Bienvenue à toutes et à tous dans un nouvel épisode d'ADN Foot. Alors ADN Foot c'est le podcast où on parle de passion du foot et on parle des coulisses de l'activité professionnelle de chacun de mes invités. Et aujourd'hui, c'est un épisode que j'attendais avec impatience parce que c'est une activité, un métier qui m'intrigue beaucoup, qui me plaît beaucoup. J'ai beaucoup de questions sur le sujet de photographes sportifs autour du foot et même autour d'autres sports. Donc, j'ai le plaisir de recevoir Bruno dans ce nouvel épisode d'ADN Foot. Alors, bonjour Bruno.
- Speaker #0
Bonjour Rahim.
- Speaker #1
Merci d'avoir accepté mon invitation à ADN Foot. On va pouvoir parler de passion du foot. Donc moi, ça me plaît beaucoup. Alors première question habituelle dans ADN Foot, Bruno, je vais te demander simplement de te présenter pour les auditrices et les auditeurs qui ne te connaîtraient pas encore.
- Speaker #0
Bonjour tout le monde, moi c'est Bruno, j'ai 46 ans, 47 ans bientôt. Je suis du Pays Basque, j'habite un petit village à côté, entre Bayonne et Bérit. Et donc comme tu l'as dit au départ, je suis photographe plutôt sportif. spécialisé dans le sport. Je dis spécialisé, ça fait peu de temps que j'ai débuté à réellement faire ce métier-là, puisque je fais un autre métier qui n'a rien à voir avec la photo. Et donc je me suis lancé dans la photo il y a trois ans à peu près, un peu plus de trois ans, et vraiment spécialisé dans le sport depuis un peu plus d'un an, puisque j'ai fait mon premier match professionnel en foot, et puis j'ai fait également du rugby. il n'y a un peu plus de l'un. Donc, c'est assez décent.
- Speaker #1
D'accord. Donc, oui, effectivement, ça fait peu de temps. Mais tu as déjà beaucoup de choses à dire sur le sujet, de ce que j'ai pu voir, notamment sur ton profil LinkedIn. Donc, c'est très intéressant. On va développer tout ça dans la suite du podcast. Alors, on est entre passionnés de foot. Donc, autre question, autre rituel dans la DNFoot. Est-ce que tu te souviens, est-ce que tu as le souvenir justement de ton premier souvenir de foot étant petit ?
- Speaker #0
Alors mon premier souvenir de foot, à part les miens, quand j'ai commencé le foot du coup à 6 ans, comme beaucoup d'auditeurs j'imagine, comme on est fan de foot, on a forcément fait du foot, enfin pas forcément d'ailleurs, mais souvent. Et mon premier souvenir réellement, souvenir de foot, je devais avoir 9-10 ans en fait, c'était un Bordeaux Ice Cam. Un Girondin de Bordeaux-Est-Canne. Donc j'avais 10 ans. Et en gros, c'est mon premier souvenir de foot, puisque c'était mon premier match professionnel, en fait, que je voyais dans un grand stade. Alors moi, j'habite Bayonne, donc on n'a pas de club de foot ici. Non, pardon. Il y a un club de foot à Bayonne, mais plutôt amateur, enfin en quatrième division. Et c'était le cas déjà avant. Donc c'était quatrième, cinquième division. Et c'était mon premier match que je voyais, du coup, de première division, sans être forcément fan des Girondins. qu'à l'époque, à 10 ans, si, je suis le foot, mais pas forcément les journées. Mon premier souvenir de foot, c'est celui-là, à Bordeaux-Cannes, qui s'est terminé par un vieux 0-0. Mais bon, c'était la grande époque. Le savoir à l'époque, c'était un peu le début de la grande époque. Il y avait Tigana, il y avait Destopira, il y avait Eric Cantona.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Voilà, qui est devenu plutôt une star un peu plus tard, mais il est passé pour la journée.
- Speaker #1
C'était en 1989 et alors, moi j'ai été très étonné, puisque je ne savais pas qu'ils jouaient déjà à ce moment-là. J'ai regardé la fiche de match et il y avait déjà Lisa Razou et Dugarry.
- Speaker #0
Exactement, ils étaient déjà là.
- Speaker #1
Très jeunes.
- Speaker #0
Alors pas sûr qu'ils aient joué.
- Speaker #1
Si, si, ils ont joué, ils ont joué, ils ont joué. J'ai regardé la fiche de match. Dugarry était même titulaire à 17 ans, il est sorti à la 89e et Lisa Razou aussi.
- Speaker #0
Tu vois.
- Speaker #1
Si on m'avait demandé est-ce que Lisa Razo a déjà joué avec Tigana dans sa vie de joueur professionnel, j'aurais mis ma main à couper que non. Eh bien si, finalement. Finalement.
- Speaker #0
C'est peut-être la seule saison qu'ils ont joué ensemble, peut-être ?
- Speaker #1
C'est possible. Il y avait Enzo Schifo aussi. Très beau joueur aussi. Oui, c'est ça. Question que j'ai l'habitude de poser à tous mes invités qui me parlent justement de leur premier match au stade. Souvent, on ne retient pas le jeu. C'est beaucoup plus de souvenirs, de l'arrivée au stade, de la découverte du public. Qu'est-ce que tu peux me dire de ce souvenir, toi, justement, à ce sujet ?
- Speaker #0
Mais comme tu dis, en fait, voilà, effectivement, tu ne te souviens pas des actions de jeu. Alors, je ne veux pas te dire que je ne me souviens pas des buts, puisqu'il n'y en a pas eu ce jour-là.
- Speaker #1
Effectivement, oui.
- Speaker #0
Mais après, voilà, on montait rarement sur Bordeaux, en fait. J'avais de la famille sur Bordeaux, donc on y allait quand même de temps en temps. Mais à 10 ans, que j'aille à Biarritz, qui est à 3 km d'ici, ou à Bordeaux, pour moi, c'était pareil. Mais voilà, l'arrivée au stade, ouais, effectivement. Pour moi, c'était un grand stade, même si l'Escure, Chabannes-Delmas, comme on l'appelle maintenant, avant c'était le parc l'Escure, n'était pas si grand que ça. Il faisait, je crois, 29 000 ou 30 000 places.
- Speaker #1
Oui, mais à l'âge de 9-10 ans, c'est énorme. Oui,
- Speaker #0
à 10 ans, voilà, exactement. En match de nuit, avec ces beaux projecteurs, avec ces belles lumières. Et puis finalement, voilà, ces joueurs que tu vois en vrai, et que tu vois d'habitude sur le Sud-Ouest, enfin sur le journal, en fait, ou à Téléfoot. Et voilà, mais là tu les as en vrai, tu les as là, et je ne suis pas sûr, tu as dû regarder sûrement le nombre de spectateurs qu'il y avait ce jour-là, mais il y a loin de... Ah, d'accord, je ne t'ai pas regardé. Pas du tout, 30 000. Il faudrait regarder, mais non, le stade était loin d'être plein, ça je m'en souviens, mais malgré tout, voilà. C'est...
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Comme tu dis, on ne retient pas les actions de jeu, mais on retient surtout cette grandeur, voilà, dans les yeux d'un enfant de 10 ans, c'est beau.
- Speaker #1
En fait, quand on repense à ce genre de souvenirs, c'est... C'est presque comme quand on essaye de se remémorer un rêve qu'on a fait la nuit précédente. C'est plus des images comme ça qui passent en tête. Parce que comme tu dis, ça fait très longtemps. Mais malgré tout, le souvenir reste. Parce que c'est la première fois. Et peu importe qu'il n'y ait pas eu de but. C'est la grandeur du stade. C'est tout ce qui fait qu'il y a beaucoup de choses qui nous émerveillent quand on est petit. Tout simplement. Voilà.
- Speaker #0
Et j'en ai vu des matchs depuis. Oui, bien sûr. En 37 ans, j'en ai vu. Mais celui-là, du coup, tu vois, je m'en souviens.
- Speaker #1
Il a une place particulière, effectivement. Alors, tu m'as également évoqué dans nos petites discussions d'avant interview, tu m'as parlé de la Coupe du Monde 1990.
- Speaker #0
Ben ouais, j'ai des souvenirs aussi de cette Coupe du Monde-là, puisque c'était ma réelle première que je suivais, du coup, à la télé. C'était en Italie, du coup.
- Speaker #1
Tout à fait,
- Speaker #0
oui. Avec, voilà, l'épopée des... Toto Schilacci, qui était sur le casier de Coulombe d'Italie. Finalement, oui. Vraiment la Coupe du Monde. Je ne vais pas te raconter tous les matchs, mais comme un gamin suit une Coupe du Monde aujourd'hui, moi je la suivais à 11 ans.
- Speaker #1
C'est ça, oui.
- Speaker #0
Ça reste effectivement dans les souvenirs. L'Allemagne qui gagne sur un pénalty de...
- Speaker #1
Andreas Brehme.
- Speaker #0
Brehme, exactement. Les Louis Mila... Non, pas Louis Mila, comment il s'appelle ?
- Speaker #1
Roger Mila ?
- Speaker #0
Ah, Mila, le Camerounais. Oui,
- Speaker #1
Roger Mila, qui dansait après chaque... Roger Mila, voilà. Oui, non mais...
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
On a quoi ? On a deux ans d'écart. On a deux ans d'écart, donc je pense qu'on a... Parce que pour moi aussi, ça représente la première Coupe du Monde dans laquelle j'ai des souvenirs. La première, vraiment, que j'ai suivie match par match, c'était 94. Là, j'ai rien raté. Mais 90, effectivement, il y a... Moi, je me souviens des larmes de Maradona après la finale. Oui, oui. Quand il est sur la pelouse, parce que... Quand on est petit, on voit un adulte pleurer, on ne comprend pas en fait. On se dit, mais qu'est-ce qu'il a ? Il vient de jouer au foot. Donc voilà, on ne comprend pas beaucoup. Je me souviens aussi du Brésil qui élimine l'Argentine en huitième de finale dans un match où ils ont été dominés tout le long. Non, ce n'est pas le Brésil, pardon. C'est l'Argentine qui élimine le Brésil dans un match où ils ont été dominés tout le long. Et à la fin, je crois que c'est Canidia qui est marque à la 84e. Je me souviens parce que moi, toute ma famille n'était pas foot. Mais là, ce jour-là, ils étaient tous pour le Brésil. Les gens qui suivent pas trop le foot, généralement, sont pour le Brésil. Je sais pas pourquoi, mais... Oui, c'est des bribes de souvenirs, on va dire, voilà, simplement.
- Speaker #0
C'est ça, c'est ça. Ouais, exactement.
- Speaker #1
Mais à ce moment-là, tu sens quand même que la passion foot, la piqûre foot commence à prendre, ou pour l'instant, c'est encore pas plus que ça ?
- Speaker #0
Ouais, ça a pris, oui, oui. Bah déjà, voilà, dis-moi... Oui, quand tu aimes le foot, que tu joues au foot depuis quelques temps, comme les petits de maintenant, tu suis tout ce qui se passe. Maintenant, ils le suivent sur Internet. Pour nous, à l'époque, c'était téléfoot le dimanche matin.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Les matchs de championnat que j'écoutais à la radio, puisqu'on n'avait pas les réseaux d'aujourd'hui. Oui, à 10 ans déjà, le picker foot à la maison, je saoulais un peu tout le monde pour avoir mes matchs à la radio. Et mes matchs à la télé aussi, de Coupe du Monde, etc.
- Speaker #1
Il n'y avait rien, enfin pour moi, il n'y avait rien de plus beau que le multiplex à la radio le samedi soir. Exactement.
- Speaker #0
J'adorais ça. Les matchs décalés, ça n'a pas trop de son verre.
- Speaker #1
Oui, parce qu'à l'époque, il y avait un match le dimanche soir, je crois, et le reste du temps, peut-être un match le samedi à 17h, mais tous les autres matchs étaient encore. Et encore, oui, peut-être pas à cette époque-là.
- Speaker #0
C'était le samedi 20h ou 21h. Le multiplex,
- Speaker #1
c'était le samedi à 20h, effectivement.
- Speaker #0
C'était multiplex, le multiplex qu'on connaît maintenant juste sur la dernière journée ou les deux dernières. À l'époque, c'était ça. Ou alors le dimanche 17h aussi, beaucoup de matchs.
- Speaker #1
C'est possible,
- Speaker #0
oui. Il faisait souvent des matchs dimanche à 17h.
- Speaker #1
Pour ma part, c'était sur Europe. Je me souviens de Yann Kulig qui présentait ça. C'était avec quelqu'un qui s'appelait Hervé qui récapitulait tous les scores de tous les matchs à la fin. Et moi, lui, je le trouvais trop fort, en fait. Je me disais, mais comment il fait, ce mec ? Il sait tout. Alors là, je ne me rendais pas compte que derrière lui, il y avait toute une organisation. Moi, je disais à mes frères et sœurs, moi, plus tard, je vais être lui, en fait. Je veux dire, voilà, quoi. Non, mais c'est...
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Tu vivais au moins le championnat. La journée, tu la vivais en direct. Moi, c'était plutôt Sud Radio, du coup, puisque comme je suivais les Yonem, c'était plutôt Sud Radio, mais tu avais quand même... C'est le multiplexe où ils annonçaient les buts dans tous les stades, soit à Caen, partout.
- Speaker #1
C'est vrai que ce téléfoot et ces multiplexes, ça a contribué à notre culture foot étant gosse. Plus les copains à l'extérieur, bien sûr. Et les images panini aussi. Aussi,
- Speaker #0
aussi.
- Speaker #1
D'ailleurs, Panini qui vient de perdre le contrat d'exclusivité avec la FIFA pour les images de la Coupe du Monde. On est en 2026, ils ont encore 5 ans. Et à partir de 2031, c'est une entreprise américaine qui prend le relais. Donc ça aussi, c'est une page qui se tourne. Donc voilà, debout la FIFA aujourd'hui. Vaste sujet. Alors, on va faire un petit saut dans le temps, puisqu'on va basculer de l'année 90 à l'année 96. Alors... Moi, quand tu m'as dit ça, je me suis dit magnifique. Parler de ce match avec quelqu'un qui l'a vécu dans le stade, j'attends que ça. On va parler forcément d'un Bordeaux-Milan de 1996. Alors là, je te laisse le micro. Je te laisse la parole. Parce que je parle beaucoup. Ça a dû être. Alors déjà, première question avant le match. On y va comment avant le match ? On se dit c'est impossible. On va essayer, mais on n'y croit pas trop. Ça se passe comment ?
- Speaker #0
Déjà, il y a eu le match allé. On a regardé à la télé, 2-0, 2-0 pour Milan, le grand Milan de l'époque. Déjà, le match allé, tu n'y crois pas. Je me souviens qu'au match allé, les Girondins avaient eu pas mal d'occasions. Ils avaient vendangé. Ça laisse un peu d'espoir. Mais après, le match retour, c'était plus un match gala. On va voir le grand Milan à l'escur. Moi, perso, en tout cas, je n'y croyais pas.
- Speaker #1
Parce que quand tu dis le Grand Milan, j'ai juste les noms sous les yeux. C'est vrai que même moi, ça me fait mal aux yeux. Panucci, Maldini, Costa Curta, Barresi, Desailly, Ouea, Baggio, Donadoni, Vieira. Je ne sais pas si je l'ai dit, Vieira. Incroyable.
- Speaker #0
Oui, incroyable. Pour l'époque, c'était le Grand Milan. Il était intouchable. C'était intouchable.
- Speaker #1
Ses grands défenseurs.
- Speaker #0
italien impassable voilà badio comme tu as dit voilà vira fin tout le monde quoi ouéa qui faisait qui marquait but sur but voilà ils sont infranchissables déjà les girondins à l'époque il faut dire que les girondins ce sont j'étais supporter des girondins du coup en 96 là j'étais bien devenu sporteur des girondins et je le suis toujours d'ailleurs mais à l'époque du coup Les Girondins ne sont même pas qualifiés pour la coupe de l'UEFA. Du coup, l'actuelle Europa League, ils ont dû passer par ce qu'on appelait la coupe Inter-Toto.
- Speaker #1
Ah oui, la fameuse coupe Inter-Toto.
- Speaker #0
La petite coupe Inter-Toto qui commençait début juillet. Il fallait passer 3-4 tours pour pouvoir se qualifier pour cette fameuse coupe de l'UEFA. Donc, ils étaient passés par là. C'est pour ça que tu arrives en quart de finale contre ce grand Milan. Tu n'y crois pas, d'autant que tu as pris 2 à 0 à l'aller. Voilà, comme je te disais, c'était plus un match de gala. Mais après, pour te raconter, enfin le raconter, je ne vais pas te le raconter parce qu'il est là pour deux heures. Mais tu sentais quand même, dès l'échauffement, tu sentais qu'il allait se passer quelque chose. Et ça, beaucoup en parlent en fait, tu as dû le faire, mais si tu te renseignes un peu sur le sujet, beaucoup parlent de ça en fait. Tu sentais qu'il allait se passer quelque chose.
- Speaker #1
Et l'électricité dans l'air.
- Speaker #0
Exactement, ouais. Et dès le début. En fait, dès le début, puisque échauffement, déjà le stade était plein. Voilà, c'est rarement le cas. Le stade est plein au coup d'envoi, même pas à l'échauffement. Et là, le stade était plein à craquer avec une ambiance folle d'entrée. En fait, les joueurs n'étaient même pas à rentrer sur la pelouse pour s'échauffer que le stade était en fusion.
- Speaker #1
Le douzième homme qui joue son rôle.
- Speaker #0
C'est ça. Donc, tu sentais qu'il allait se passer quelque chose, d'autant que Milan gagne 2 à 0 à l'aller. Ils arrivent en dilettante à l'escur. certains ne s'échauffent même pas je crois que
- Speaker #1
De Sailly il faisait des géants c'est les joueurs de Bordeaux qui ont donné leur ressenti là-dessus qui disaient que il les regardait de haut qu'on sentait qu'il les prenait de haut donc motivation supplémentaire c'est ça
- Speaker #0
Baggio il marchait à l'échauffement il ne s'échauffait même pas en fait et ça a donné comme tu dis quand on dit les joueurs des Girona ce petit plus ça les a aidés sûrement Et puis le match, bon voilà.
- Speaker #1
C'est parti assez vite. Tholo, Didier Tholo. Moi, quand je pense à Didier Tholo, je pense à un gars qui courait partout. Moi, c'est la première chose qui me vient. Le mec était infatigable. Ça allait à droite, à gauche, à droite, à gauche, il pressait, machin, les trucs. Et donc, c'est lui qui ouvre le score à la 15e minute. Déjà là, le stade doit exploser.
- Speaker #0
Ah, c'était le feu. Oui, oui, oui. C'était déjà le feu avant, mais là, oui, oui, le stade explose. D'autant que c'était un but quasiment tout fait en fait, il est tout seul au deuxième poteau je crois, et encore il la met pas bien, le gardien la sort quasiment, il revient de loin, bon bref, oui il a le feu, le feu, mais pas encore l'explosion, puisque rien n'était fait. Puis comme tu dis, c'est la 15ème minute de jeu, je m'en souviens pas, 15 minutes, il reste beaucoup de temps pour en prendre trois ou quatre derrière. Mais voilà, Didier Thauleau qui n'était pas... Qui était un gros bâtard, pas forcément technique. Pas du tout, même.
- Speaker #1
Alors, c'est une expression un peu péjorative, mais c'était le chien fou, quoi. Il était partout, le gars. Il courait partout. Et je pense que quand tu as un joueur comme ça dans ton équipe aussi, ça te galvanise aussi, parce que le gars ne lâche rien. Il ne lâche rien. C'est ça. Et voilà. Et donc, il a contribué à tout ça aussi. Alors, je vois, je n'avais pas cette info, mais je vois que Badgio sort à la mi-temps, justement. Bon, il n'avait pas l'air très concerné par ce match. Et vient le doublé de Dugarry, 64e, 70e minute, incroyable.
- Speaker #0
Incroyable, déjà le 2-0, je ne me souviens plus lequel c'était, le 2-0 c'était la frappe en lucarne ? Non, ce n'est pas celle-là.
- Speaker #1
Non, ce n'est pas celle-là, ça c'est le 3.
- Speaker #0
Déjà 2-0, je me souviens du feu, on était par terre, on est tombé, moi j'étais avec un copain juste à côté, en tribune de face, et c'était le feu, au Girondin. T'avais les supporters, les ultras, qui étaient plutôt côté virage sud. Mais là, c'était... On était des ultras aussi. T'étais en tribune de face, tu vois. C'était...
- Speaker #1
C'est le genre d'ambiance où tes pieds ne touchent plus le sol, en fait. Exactement. T'es dans un... Comment dire ? T'es dans un état... J'en ai déjà parlé dans un ancien épisode, mais moi, la fois où ça m'a fait cette sensation-là, c'est... Ce n'est pas la remontada, c'est le match allé, le 4-0 par Véprince. Je sors du stade, je ne sens plus mes jambes, j'ai l'impression de planer. Je ne sais pas ce qui s'est passé. Il n'y a rien de rationnel dans le foot. Ces gens-là, on ne les connaît pas, ils ne nous connaissent pas. On est des adultes responsables, on a nos familles. On n'arrête pas de dire aux enfants, il faut être ça, il faut faire ça, il faut être raisonnable. Et quand le match commence, on fait tout l'inverse. C'est fini. Bon, après, c'est là.
- Speaker #0
On me répondait des...
- Speaker #1
Après, c'est la vie. Heureusement qu'on a des domaines comme ça où on peut un peu se lâcher, parce que sinon, ça serait monotone. Mais une fois que le troisième but est là, ce qu'il ne faut pas oublier, c'est qu'à l'époque, ça ne fait pas longtemps que ça a changé, mais un but de l'adversaire à l'extérieur, l'élimination,
- Speaker #0
elle est actée.
- Speaker #1
Donc, c'est un mélange de... On continue d'encourager, on n'en croit pas nos yeux, on se dit qu'il ne faut pas qu'ils marquent un but parce que sinon c'est fini. Ça doit être beaucoup de choses qui doivent se mélanger.
- Speaker #0
Je me souviens que bizarrement l'ambiance, au 3-0, c'est encore plus magique, mais bizarrement l'ambiance a baissé après le 3-0. Ça je m'en souviens, ça a baissé puisque tout le monde avait peur. Les joueurs aussi j'imagine. L'ambiance a vraiment chuté et ça a repris en fin de match, ça n'a pas de soucis. Mais tu me dis que c'était à la 75ème du coup le 3-0 ?
- Speaker #1
Oui, à la 70ème.
- Speaker #0
70, tu vois, il reste 20 minutes derrière, 25 avec les arrêts de jeu, et il y a des occasions, Milan a des occasions, du coup, ils se rendent compte qu'ils sont au pied du mur, et du coup, là, ils appuient sur l'accélérateur, et là, oui, oui, tout le monde a la frousse, tout le monde a peur d'en prendre un, puisque, comme tu dis, c'est l'élimination, c'est pas les prolongations comme aujourd'hui, c'est l'élimination. Le but à l'extérieur, le frontier double.
- Speaker #1
Et finalement, ça tient. Coup de sifflet, ça tient. Coup de sifflet final, un des plus beaux souvenirs, même pas que pour les supporters girondins en vrai. Il y a des matchs comme ça qui marquent tout le monde. C'était presque comme une victoire en finale en fait. C'est ça. Et derrière, le parcours met le Slavia Prague en demi-finale sur le parcours, donc qualification. Et le Bayern en finale. À l'époque, les matchs se jouaient en aller-retour.
- Speaker #0
Oui, exactement. Le match retourne, c'est à l'escur.
- Speaker #1
Voilà, mais le Bayern, la marche était malheureusement très haute.
- Speaker #0
Très haute.
- Speaker #1
Très haute.
- Speaker #0
Pour les Iraniens, ouais.
- Speaker #1
Alors, dans ta vie de supporter à Bordeaux, il y a un autre club qui est venu alimenter ta passion du foot, c'est la Real Sociedad. Alors effectivement, en habitant du côté de Bayonne, ce n'est pas très loin. Comment as-tu découvert ce club et comment s'est forgé ta passion autour de ce club du Pays Basque ?
- Speaker #0
Donc oui, comme tu dis, j'habite à côté de Bayonne et donc la Real Sociedad, c'est Saint-Sébastien, la ville, c'est donc juste à côté de la frontière en fait, on est à 40 kilomètres exactement. Donc tu vois, je supportais les Girondins qui sont à 200 kilomètres de chez nous, alors qu'on a un club tout proche. Mais bon, à l'époque, c'était différent, je ne veux pas faire le vieux, mais il y a 35-40 ans... On n'avait pas autant accès au réseau déjà pour pouvoir suivre le championnat espagnol. Comme je te disais, on suivait ça juste sur le journal qu'on recevait tous les jours et sur Téléfoot.
- Speaker #1
Ceux qui avaient la chance d'avoir Canal+, regardaient l'équipe du dimanche. Mais ça ne se met pas le cas de tout le monde.
- Speaker #0
C'est ça, exactement. Et puis c'était compliqué, ce n'était pas l'Europe non plus. Les frontières n'étaient pas aussi ouvertes qu'aujourd'hui. À l'époque, on allait côté Pays Basque Sud très rarement. On n'avait pas ces relations-là qu'on a aujourd'hui. Et donc, c'est ça. Quand tout ça s'est ouvert, que j'ai commencé, dans ma petite tête d'adolescent, je me suis dit « Mais il y a un club à côté qui joue pas mal en Ligue espagnole. » Et donc, je m'y suis intéressé. Je crois que mon premier match, je l'ai vu en 1990 à Saint-Sébastien. Alors, mes premiers matchs professionnels, en général, mon équipe perd. donc ou C00 d'un Bordeaux-Cannes et là c'était en Real Sociedad Racing Santander but du Racing à la 85ème je crois, c'est comme ça, bon bref et donc petit à petit je me suis amouraché de cette équipe là pour en devenir socio, du coup abonné ça fait je crois 25-26 ans que je suis abonné à la Real Sociedad ça permet aussi de voir la différence de culture foot entre deux pays
- Speaker #1
Parce que j'imagine qu'à la Real Sociedad, il y a aussi la dimension identitaire. Alors quand je dis identitaire, ce n'est pas identitaire de façon péjorative, bien sûr. C'est une région, c'est la fierté d'appartenir à cette région, d'avoir ses codes, d'avoir cette solidarité. Est-ce que ça, tu le ressens vraiment par rapport à tes années Lescure ou tes années Macmuth maintenant ? Est-ce que vraiment... Tu sens cette différence de culture entre les deux pays, toi qui, justement, qui es fan de deux clubs différents comme ça.
- Speaker #0
Oui, ouais. Ce que je remarque comme différence, déjà, alors à l'époque, t'allais pas au stade avec le maillot du club. Ah oui ? Ouais. Non, côté français, je veux dire. Côté français, d'accord. Ouais, ouais, ouais. Que ce soit au foot ou au rugby. Ouais, tu vas avec le maillot du club, c'était un peu kitsch en fait. Ah ouais,
- Speaker #1
c'est intéressant. Ouais,
- Speaker #0
c'était l'impression qu'on avait. Tu vas à Saint-Sébastien, partout en Espagne, tout le monde était avec le maillot en fait. Déjà, il y a ce petit détail qui reste un détail, mais après, la plus grosse différence que j'ai remarqué, c'est... plus dans l'animosité en fait. Que ce soit à Bordeaux ou autre part, en France en tout cas, un stade, à l'entrée du stade, t'es entouré de CRS en fait. T'as des policiers partout, t'as les groupes ultra, à la limite t'as peur d'amener ton gamin en fait. Moi à l'époque, c'était un peu différent. Ma mère m'a amené au stade, j'allais au stade à Bordeaux, même tout seul tu vois, à 12, 13, 15 ans, j'y allais tout seul. Je pense pas que je laisse mon gamin Aujourd'hui, de 12 ans, aller au vélodrome à la bourgeoire, ça m'étonnerait. Oui,
- Speaker #1
je suis d'accord.
- Speaker #0
En Espagne, c'est très différent. C'était très différent et ça l'est toujours d'ailleurs. C'est très familial. Il y a, je crois, en même temps, c'était le cas, maintenant je ne sais plus trop, mais à Saint-Sébastien, du coup, à la Réal Sociedad, il y avait quasiment autant d'hommes que de femmes abonnées. Beaucoup de familles, des personnes âgées, voilà. Beaucoup de mixité au foot, au français en tout cas, c'était très masculin. Puis il y a eu une ambiance assez violente. Tu avais un peu peur d'amener tes gamins au stade. En Espagne, beaucoup moins. Et c'est toujours le cas d'ailleurs, puisque je le vois maintenant, il y a plein de gamins qui sont seuls au stade, qui viennent seuls.
- Speaker #1
Oui, ça en France, effectivement, c'est difficilement envisageable.
- Speaker #0
Exactement. Donc voilà, la plus grosse différence que j'ai perçue, c'est ça.
- Speaker #1
C'est vrai que quand tu me dis ça, je pense en France, quel club a cette notion familiale ? Peut-être le RC Lens. Peut-être le RC Lens où on sent que c'est assez familial, ils vont beaucoup en famille. La JOCR est un peu comme ça aussi, je pense.
- Speaker #0
Oui, aussi.
- Speaker #1
Mais ça reste à la marge, on va dire. Donc, il y a une certaine hostilité en France que tu ne ressens pas en Espagne.
- Speaker #0
Exactement. En étant jeune, que j'ai ressenti, ça fait un petit moment que je n'ai pas été voir de match en France. Mais oui, je sens quand même cette différence-là.
- Speaker #1
Concernant la passion du foot, tu sens que les gens, comme c'est familial, c'est de génération en génération, c'est des histoires de famille. J'ai découvert mon premier match avec mon grand-père. Il doit y avoir beaucoup de transmission, en fait.
- Speaker #0
C'est totalement ça, c'est la transmission. Un grand-père qui est supporter de la Real Sociedad, son petit-fils ne sera pas supporter de l'Atlétique Bilbao. Ça paraît difficile. C'est dans la transmission. C'est beaucoup dans la transmission. C'est le cas en France aussi.
- Speaker #1
Mais peut-être moins.
- Speaker #0
Avec l'émergence du PSG, du grand PSG actuel. Maintenant, quasiment tous les gamins sont pour le PSG. Même ici, même au Pays Basque. A l'époque, c'était différent. A l'époque, tu supportais ton club de ta région.
- Speaker #1
Local.
- Speaker #0
local, exactement. Et ouais, on est plus dans la transmission. Moi, je suis content aussi d'avoir transmis à mon gamin la passion de la Real Sociedad. Tu vois, le petit anecdote, il a 12 ans. Je lui disais la fois dernière, il est venu voir plein de matchs à Anoeta avec moi. Je lui disais, tu sais, un jour, ça serait bien qu'on aille voir un match à Barcelone. Enfin, on est à 6h de voiture, on peut aller passer un week-end à Barcelone et aller voir un match.
- Speaker #1
Il me dit, ah oui, pour aller voir la Real Sociedad. Je dis bah non, pas forcément, on va aller voir un match. Ah non, non, non,
- Speaker #0
je m'en fous. Lui, il veut voir l'arrière de ce cinéma, tu vois.
- Speaker #1
Là, quand il te dit ça, effectivement, dans ta tête, tu te dis, ah, j'ai réussi mon taf.
- Speaker #0
Ah, j'ai eu huile. J'ai huile. Ah bah oui, je trouve.
- Speaker #1
La transmission, on est en pleine heure.
- Speaker #0
Bah oui, puisque en fait, la transmission, elle doit être, comment dire, elle ne doit pas être forcée, elle doit être amenée intelligente. C'est presque de la manipulation. C'est un peu ça.
- Speaker #1
On m'accompagne, on me dit ça, on me dit c'est de la faute. Non, c'est grâce à moi, ce n'est pas ma faute, c'est grâce à moi.
- Speaker #0
La passion du foot, c'est une des premières valeurs, c'est la transmission. Ou c'est le partage, généralement, c'est très rare. qu'on foute, on y aille tout seul ou même quand aujourd'hui on est devant la télé on parle avec les copains ou avec les enfants c'est avant tout pour échanger c'est ça exactement Alors petite parenthèse au milieu de cet entretien, comme j'aimerais gagner en interactivité avec vous et mettre un visage ou un pseudo sur chaque écoute je vais vous demander un petit geste simple c'est de prendre une capture d'écran avec le logo du podcast et de me l'envoyer sur Instagram, sur adnfoot-8 le podcast, tiré du 8 ou underscore. Et je me ferai un plaisir de repartager vos screens en story pour qu'on puisse créer ce lien entre nous. Alors vous pouvez me dire d'où vous écoutez le podcast, ça m'intéresse beaucoup.
- Speaker #1
Si vous avez des questions sur le podcast en lui-même, sur l'invité, si vous avez une anecdote à raconter, bref, si vous avez quelque chose à ajouter sur ADN Foot. Alors j'ai hâte de vous lire et je repartagerai bien sûr en story chaque message reçu.
- Speaker #0
Je sais que tu as vécu des moments de forte émotion avec ton club de la Real Sociedad, mais on ne va pas en parler tout de suite, puisqu'on va d'abord basculer sur ton activité professionnelle et après on fera le lien entre ton club et l'activité professionnelle, parce qu'il me semble qu'il y a eu un moment assez magique que tu as vécu. Mais pour l'instant, je n'en rajoute pas. Pas que ça me va. Voilà, exactement. Mais du coup, tu m'as dit tout à l'heure que c'était venu assez récemment. Qu'est-ce qui t'a mené vers cette activité ? Tu aimes la photo depuis longtemps, tu voulais lier les deux domaines, passion pour la photo, passion pour le foot. Comment t'as mûri cette réflexion en fait ?
- Speaker #1
Ce n'était pas forcément réfléchi en fait, à dire je suis la photo, donc oui j'en fais depuis, ça doit faire une vingtaine d'années en fait que je fais de la photo. Photo amateur, pas bien équipé au début, puis petit à petit, voilà, tu te dis que t'as quand même envie d'évoluer. Connaissant les prix, tu ne les connais peut-être pas, mais les prix des boîtiers, des objectifs, ce n'est pas donné.
- Speaker #0
Je ne les connais pas, mais je pense que ça doit valoir son pesant d'or.
- Speaker #1
Exactement. Tu commences avec le matos que tu as, puis tu le ricoles au début, puis petit à petit, de fil en aiguille, tu t'équipes et tu fais des choses un peu meilleures puisque tu prends de l'expérience. En photographe amateur, depuis une vingtaine d'années, Et donc, ça fait trois ans et demi que je suis auto-entrepreneur. J'ai créé ma propre boîte, on va dire. Seul, indépendant. C'est assez facile maintenant de devenir indépendant. En France, en tout cas, côté espagnol, c'est différent. Ici, en France, en trois clics, on est indépendant. Donc oui, j'ai décidé il y a trois ans de me lancer, puisque je me dis, voilà, pourquoi pas ? En gros, c'était pourquoi pas ? Qu'est-ce que tu risques, Bruno ? Vas-y, lance-toi. Des potes aussi m'avaient dit, oui, mais c'est très bien ce que tu fais, mais lance-toi, vas-y. Puis bon, moi, j'avais un petit problème de légitimité. Je me disais, mais non, non, ce que je fais, ce n'est pas assez bien pour que je puisse me lancer et créer ma boîte, en fait. Voilà, j'avais ce gros problème-là de légitimité. Finalement, je suis passé par-dessus. Je me suis dit, vas-y, j'ai commencé à avoir quelques contrats, pas du tout dans le sport, au début. C'était plutôt...
- Speaker #0
Est-ce que tu photographiais des matchs amateurs de foot ou pas du tout ? Vraiment, ta passion de la photo au début, elle était vraiment en dehors du sport ou quand même il y avait quelques petits moments de match amateur ?
- Speaker #1
Non, elle était en dehors du sport complètement.
- Speaker #0
En dehors du sport, d'accord.
- Speaker #1
Si, ça me titillait un peu, ça me trottait dans la tête. Mais non, en fait, en gros, je ne suis pas trop passé par le sport amateur avant d'arriver au sport professionnel. C'est une... Très grande chance que j'ai eue, mais au départ, pas trop. Alors, comme je te dis, ça trottait dans ma tête, puisque quand je vais voir les matchs de foot, un peu comme toi en fait, tu regardes un peu tout ce qui se passe autour du match. Les caméramans, les photographes, etc. Moi, je focalisais sur les gros objectifs blancs des photographes que j'avais juste devant moi, en bord de touche. Donc, sans être un objectif. Ça me trottait dans la tête, je me disais mais un jour je serai peut-être comme eux, j'aimerais bien être comme eux en fait. Et voilà donc non au début de toute manière je ne voulais pas me lancer dans la photo sans être bien équipé en fait. Puisque tu ne peux pas faire de la photo sportive avec... Alors tu peux, mais tu ne fais pas du bon boulot avec du matos, désolé, mais de merde. Tu ne peux pas, en fait. Donc moi, mon objectif, c'était plutôt de faire rentrer un peu d'argent pour pouvoir me payer des bons objectifs et être capable, du coup, de pouvoir couvrir un match professionnel. Enfin voilà, c'était plutôt ça. Donc, j'ai fait quelques contrats, des photos de classe, beaucoup de photos de classe qui m'ont rapporté de l'argent. Puis, continuer à travailler dans l'entreprise dans laquelle je suis qui n'a rien à voir avec la photo. Donc, voilà, sans baisser le nombre d'heures en dehors et en développant la photo. Donc, c'était un peu compliqué. J'ai serré les dents.
- Speaker #0
Un investissement financier, mais aussi personnel.
- Speaker #1
Personnel aussi. Ouais, voilà. Et puis, voilà. puis donc...
- Speaker #0
Et comment vient ce premier contrat qui te lie pour la première fois à un événement sportif dans le foot ?
- Speaker #1
Dans le sport, le premier contrat, ce n'était pas des contrats finalement. Je ne suis pas passé par l'amateur, mais j'ai dû passer quand même par des catégories inférieures. À la Real Sociedad, j'ai eu l'immense chance d'avoir des accréditations. Mais avant d'avoir des accréditations avec les pros, je suis passé par les féminines. Alors sans avoir de contrat du coup, puisque le club lâche assez facilement des accréditations pour des professionnels, mais qui n'ont pas forcément de contrat avec la presse, puisque c'est un peu le combat d'avoir des accréditations dans les clubs professionnels. Beaucoup en veulent, très peu en ont, et du coup je suis passé par les féminines, par la réserve, l'équipe réserve, et ce qui m'a permis de me faire connaître. Sans plus, mais au moins dans leur stat, ils aient mon nom. Ils voient dans la liste des activités, il y a mon nom.
- Speaker #0
Et la qualité de tes clichés aussi, j'imagine.
- Speaker #1
Non, le club ne vérifie pas trop ça, en fait.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ce club-là, en tout cas, d'autres peut-être. Et du coup, mes photos, après, c'est direction Instagram. Instagram, c'est le portfolio d'un photographe. Donc, c'est là que tu montres ton boulot. C'est là que tu commences à te faire un peu connaître. Et puis au niveau du... Club, du coup, à la Real, mon premier match était un match professionnel, je veux dire. C'était, c'est pas vieux, c'était de l'Europa League, c'était Real Sociedad Underlect. C'était la saison dernière.
- Speaker #0
D'accord, donc assez récent quand même.
- Speaker #1
Ouais, donc très récent, ouais. Très très récent. Et puisque le système d'accréditation, en fait, les accréditations sont gérées par le club qui reçoit un coup d'Europe.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc là, pour faire la demande, il faut faire la demande auprès du club. Et donc, j'avais eu l'opportunité de faire, comme je t'ai dit, les féminines et la réserve plusieurs fois. Et donc, ils m'ont accepté cette première accréditation et puis ça s'est enchaîné après. Et je n'avais pas forcément de contrat, mais après, c'était plus tactique de ma part. Du coup, j'avais ces accréditations pour la Coupe d'Europe à Saint-Sébastien, à Anoueta. je me suis dit maintenant il faut que tu ailles chercher plus loin il faut que tu arrives à avoir des accréditations pour la Liga pour le championnat et c'est grâce à ça peut-être que tu auras des contrats avec la presse donc j'ai contacté, j'ai eu de la chance aussi j'ai contacté le journal Sud-Ouest en fait, le journal qui est local d'ici, du Pays Basque de l'Aquitaine on va dire et je leur ai dit, je leur ai expliqué, j'ai des accréditations pour la réelle société, je sais que vous couvrez des fois des matchs chez eux et que vous avez besoin de photos sachez que moi j'y suis Je peux vous envoyer les photos en direct, en fin de match, gratuitement. Puisque moi, j'avais besoin de publications dans la presse.
- Speaker #0
Bien sûr, pour avoir de la visibilité.
- Speaker #1
Derrière, faire ma pub et pour avoir des accréditations en championnat par la suite. Éventuellement, des accréditations en championnat. Du coup, je suis passé par là, en fait.
- Speaker #0
La stratégie est pertinente.
- Speaker #1
Oui, c'était peut-être le seul chemin à prendre. J'ai bien voulu le prendre. après grâce à Grâce à Sudwest, je suis tombé sur la bonne personne au bon moment peut-être, qui a bien voulu m'écouter. Peut-être que je l'aurais appelé une autre fois, ils m'auraient dit non, laisse tomber, on ne le fait pas. Mais ils m'ont fait confiance et puis ça a marché du coup, puisqu'on continue et du coup j'ai des contrats rémunérés avec eux maintenant. Donc ça m'arrive, pas tout le temps, mais ça m'arrive. Et c'est ce qui m'a permis par la suite de pouvoir faire ma demande d'accréditation à la Liga. pour tous les matchs de championnat espagnol. Puisque un des critères pour avoir ces accréditations-là, c'est avoir déjà eu des publications dans la presse. D'où le côté tactique.
- Speaker #0
Voilà, d'où la pertinence de la stratégie. Après, tu parles de chance. Moi, j'ai toujours tendance à dire que la chance, effectivement, il en faut un peu. Mais la chance, elle arrive au bout d'un travail huilé, d'un travail bien fait. C'est aussi du savoir-faire, la reconnaissance d'un travail. Et effectivement, comme tu dis, le bon coup de fil au bon moment. mais c'est Sans tout ce qu'il y a derrière, le fil, il ne sert à rien. Après, je vois chez toi une certaine humilité et tu ne le diras pas, effectivement, bien sûr. Mais voilà, c'est un tout, comme on dit. Alors donc, oui, pour revenir à tout ça, effectivement, je vois tous tes clichés sur ton profil. Alors moi, je suis plus allé sur LinkedIn que sur Instagram. Mais tu as couvert, tu couvres la Liga. Tu as couvert aussi la Ligue des champions à partir de cette saison, notamment le match Bilbao-Paris. Il y a eu Arsenal aussi, il me semble. Et tu es aussi dans le rugby. Je vois beaucoup de clichés rugby. Alors, encore une fois, je reviens à ma position de spectateur dans un stade qui observe tout le monde. Là, tu nous as expliqué comment tu en es arrivé là. Aujourd'hui, moi, ce qui m'intéresse, à partir de là, ce que je voudrais savoir, C'est... Ce soir, il y a un match à 20h, la Real Sociedad contre un adversaire lambda. Quelle est ta routine ? Enfin, routine, c'est un peu péjoratif, mais c'est quoi l'organisation type de Bruno un jour de match ?
- Speaker #1
Ce n'est pas forcément le jour du match, ça commence la veille, souvent. D'accord. Avant le match. Déjà, tu as tout le matos à préparer. Le nerf de la guerre. C'est le nerf de la guerre, oui. Du coup, sur un match, c'est deux boîtiers. C'est deux, voire trois objectifs, voire même trois boîtiers des fois. Le boîtier, c'est l'appareil photo. Voilà, un sac qui pèse 17 kilos, je crois. Donc tout ça à préparer.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Oui, ouais, ouais. Et puis voilà, l'ordi, tous les câbles, pas oublié, rien oublié. Alors maintenant, comme tu dis, ça devient de la routine. Donc j'ai l'habitude, le sac il est fait en un quart d'heure. Mais au début, je vérifiais 15 fois si j'avais rien oublié.
- Speaker #0
T'as pas envie de te louper.
- Speaker #1
Absolument pas envie de te louper. Ça se prépare aussi à essayer de connaître les joueurs. Les joueurs de la Réale, je les connais. Les autres joueurs des autres équipes également. Mais bon, il faut quand même que tu connaisses nom et prénom des joueurs. Ça vient après. Mais du coup, quand on voit les photos en direct à la presse ou à une agence, il faut que tu légendes tes photos en direct pendant le match.
- Speaker #0
C'est pendant le match, d'accord. C'était une de mes questions à venir. C'est très bien que tu en parles. Donc, en cours de match, tu as l'œil sur le match, mais en même temps, tu dois transmettre tes clichés.
- Speaker #1
Oui, exactement. Il faut être le plus rapide possible. Pas forcément quand je bosse pour Sud-Ouest, par exemple. Non, c'est en fin de match. Ils ont besoin des photos seulement en fin de match pour faire un article, soit en fin de match ou le lendemain matin. Par contre, quand je travaille pour une agence, c'est en direct. Il faut quand même des photos de l'échauffement pour montrer aux clients que tu es présent sur le match. Pour que les organismes de presse qui font des lives, comme l'équipe par exemple, ceux qui font des lives ont besoin des photos en direct dès le début du match. Donc il faut qu'ils sachent que tu es présent sur le match. où aller chercher les photos.
- Speaker #0
Avant de parler du match en lui-même, ton arrivée au stade, tu as ton accréditation, tu as une zone réservée aux photographes en attendant d'accéder au terrain. Ça se passe comment ?
- Speaker #1
Ça dépend des stades, c'est très différent. Tu récupères ton accréditation en général 1h30, 2h avant le match. Dans un bureau spécial, on fait un guichet spécial. Tu as la salle de presse qui est réservée aux photographes, donc tu peux préparer tout ton matos avant le match. Puis après, c'est direction de terrain. Sur des gros matchs, autant arriver tôt, puisque premier arrivé, premier servi au niveau des places.
- Speaker #0
Eh bien, justement, c'est ce que j'allais te demander. Comment vous vous dispatchez derrière le but ? Comment vous vous répartissez, en fait ? Donc, ce n'est pas défini à l'avance, alors.
- Speaker #1
Sur des gros matchs, des finales et tout ça, oui. C'est un style des finales d'Europa League que je n'ai pas fait, d'ailleurs. Mais je sais que c'est placé, en fait.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est placé, c'est souvent un tirage au sort. En tout cas, tu arrives au stade et tu sais où tu vas être placé. Sur tout le reste des matchs, non, en fait. C'est premier arrivé, premier servi. et Voilà, on connaît, les photographes ont leur préférence au niveau des places, c'est plutôt poteau de corner, pas trop vers l'intérieur. Et voilà, c'est ça en fait, c'est premier rayé, premier servi, mais ça se passe très bien, souvent très bien. Puisque voilà, au fur et à mesure des matchs, on se connaît de plus en plus et voilà, il n'y a aucune animosité entre personnes.
- Speaker #0
C'est très bien comme ça.
- Speaker #1
Ouais, exactement.
- Speaker #0
Donc, tu es déjà actif pendant l'échauffement en fait ? Oui. Le match commence. Moi, ce que je voudrais savoir, c'est la concentration. Tu suis le match, tu es à l'affût de ta partie de terrain, j'imagine, puisque les photographes sont répartis sur l'ensemble du terrain.
- Speaker #1
Non, du tout. Ça dépend des stades, mais la plupart des stades, c'est seulement derrière la ligne de but.
- Speaker #0
Derrière la ligne de but.
- Speaker #1
Du poteau de Corley à l'autre poteau de Corley.
- Speaker #0
D'accord. Mais tu as quand même, du coup, donc il y en a des deux côtés.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Toi, quand tu travailles pour une agence, est-ce que tu as quelqu'un d'autre de l'agence qui est de l'autre côté ? Ou est-ce qu'avec ton objectif, tu dois quand même viser l'autre bout du stade ? Non,
- Speaker #1
en général, je suis seul. Pour l'agence, on bosse en général seul. Il y a des agences qui ont deux ou trois photographes. Non, moi, je suis seul. Du coup, il faut que je couvre tout le terrain. Tu ne peux pas forcément couvrir tout le terrain. Si je suis un poteau de corner, le poteau de corner à l'oblique, tu l'auras en petit. Après, tu choisis ton cas. Soit c'est moi qui gère quand je n'ai pas d'exigence de l'agence. Mais en général, la veille ou l'avant-veille, l'agence m'envoie un petit brief et me dit qu'il faut que tu fasses une mi-temps chacun ou les deux mi-temps, Real Madrid, je ne sais pas. Focus sur tel joueur. Souvent, il y a des focus à faire. Comme je bosse pour une agence française, en général, c'est pour des joueurs français. Du style Griezmann, en fait.
- Speaker #0
D'accord. Une fois que tu as choisi ton emplacement, tu peux bouger ? À part la mi-temps, à part si tu dois changer au cours de mi-temps. Mais pendant le match, tu restes là où tu es ?
- Speaker #1
Non, tu ne bouges pas.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Tu ne bouges pas. Il y a des stades où tu peux le faire, bizarrement. Tu vois, à Bilbao, ça m'est arrivé. Tu peux... S'il y a eu un but, il va célébrer de l'autre côté, tout en restant derrière la ligne de but. Mais on peut aller courir et aller le prendre en photo. D'autres stades, non. Par exemple, à Anoueta, donc à Saint-Sébastien, à la Réal Sociedad, c'est non. Une fois, je me suis levé, puisqu'un petit derrière avait perdu son écharpe, il avait fait tomber son écharpe sur le terrain. Je me suis levé pour lui donner et j'ai... Non, vous ne l'avez pas dit.
- Speaker #0
Ah d'accord. Voilà, ok. Ouais, ouais. Moi, ce qui m'intéresse aussi, c'est de savoir... quel degré de concentration ça demande. Parce que nous, on est assis devant la télé ou dans les tribunes, on regarde le match, mais j'ai du mal à jauger le niveau de concentration que ça demande. Parce que j'imagine que tu n'as pas envie de passer à côté d'un cliché qui serait magnifique ou pour une erreur de concentration. Donc du coup, ma question, la question que je me pose, c'est savoir quel degré de concentration ça demande. Est-ce que ça se travaille, la concentration ?
- Speaker #1
Se travailler, je ne sais pas. Ça vient avec l'habitude. Degré de concentration, oui. Tu sors du match, rien ne sait. Ça, c'est sûr. Puisque, comme tu disais, tu n'as pas envie de louper le cliché. Tu n'as pas envie de te louper. Même pas forcément que l'agence ne te le reprocherait pas forcément. Même pour toi, ton amour propre, tu n'as pas envie de louper la célébration du... Du 3-2 à la 92ème, tu vois. Il faut être focus quand même sur quasiment toutes les actions du match. Il faut être focus 100%.
- Speaker #0
Et du coup, je reviens sur cette notion de transmission des photos. Tu m'as parlé des photos d'échauffement.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais cette notion de transmission, elle a lieu pendant le match aussi ?
- Speaker #1
Oui, oui, aussi. Dès qu'il y a une action importante, en fait. Alors, il y a un petit protocole. Il faut envoyer des photos dès l'arrivée des joueurs, pendant l'échauffement, les photos des entraîneurs dès le coup d'envoi, les entraîneurs qui se saluent avant la match. Quelques photos, 5-6 photos de quelques duels au bout d'un quart d'heure de jeu, un quart d'heure de jeu, 20 minutes. Et après, dès qu'il se passe quelque chose d'important, dès qu'il y a un but, une célébration, là, il faut que ça parte quand même assez vite.
- Speaker #0
Donc, tu dois gérer les moments forts du match. Tu dois sentir les moments faibles, on va dire, les moments où ça redescend un peu, où ça te permet justement de faire ce que tu as à faire. Donc, ça veut dire que tu as ton appareil, tu as ton PC qui est à côté. Oui, c'est un multitâche. Tu vois, ça, on ne s'en rend pas forcément compte de vue des tribunes.
- Speaker #1
Non, je ne m'en rends pas forcément compte, effectivement.
- Speaker #0
Voilà, c'est, comment dire, c'est assez... Ça demande une polyvalence de tous les instants.
- Speaker #1
Mais qu'on apprend, au fur et à mesure. Au début, j'étais perdu dans ce changement. Rien que le changement de boîtier. Pendant le match, j'ai un objectif qui me permet d'aller jusqu'à la surface adverse. Et un deuxième où ça te permet d'avoir les actions vraiment proches de toi. Rien que ce changement pendant l'action, c'était compliqué. Ça ne le devient plus. Ça devient difficile.
- Speaker #0
Tu as tous les réflexes qui sont maintenant présents avec l'expérience. Et alors, là, je te parle de côté pratique, mais il y a quand même le cœur de ton métier. C'est l'émotion que transmet une photo. C'est le cliché que tu prends, qui toi aussi te génère une certaine émotion. Moi, la question que je me pose, c'est est-ce que, avant même de voir la photo, Tu sens que le moment que tu as pris là, la photo va être réussie. Est-ce que ça, c'est des choses que tu arrives à percevoir ou vraiment, c'est une fois que tu vois le rendu immédiatement que tu t'en rends compte ? Parce que comme c'est une question d'émotion tout ça en fait.
- Speaker #1
Ouais, après tu as des clichés à prendre aussi pendant le match sans connaître le résultat final en fait. Tu ne sais pas si l'équipe va perdre ou pas. Il faut que tu arrives quand même à prendre plusieurs émotions différentes pendant le match. qui pourra être le lendemain dans la presse « Oh, Atlético Madrid, Griezmann a perdu » . Il faut quand même que tu anticipes et que pendant le match, tu essaies de prendre Griezmann qui est comme ça ou qui va par terre. Il faut que tu aies différentes émotions pendant le match. Mais les anticiper, c'est compliqué. Pour moi, en tout cas, c'est compliqué.
- Speaker #0
Il faut qu'il y ait une corrélation entre soit le résultat du match, soit le ton de l'article et la photo qui va avec.
- Speaker #1
C'est ça, voilà, exactement.
- Speaker #0
D'accord. Ok, je vais sortir un peu du cadre du photographe là. Ce que je voudrais savoir, c'est que, est-ce que toi, tu as connu un match dans les tribunes, tu as connu un match devant la télé et tu connais un match derrière le but avec ton objectif. Est-ce qu'à ce niveau-là de proximité, tu ressens des choses du match, des joueurs, des tensions, des joies, des choses que même plusieurs maîtres... derrière dans les tribunes, les gens ne sentent pas en fait. Est-ce que cette proximité te donne des informations différentes d'un spectateur lambda ?
- Speaker #1
Oui, parce que tu es là en fait, tu es vraiment très proche d'eux. Donc tu entends même ce qu'ils se disent en fait, que tu n'entends pas forcément dans les tribunes. Puis tu es focus sur ton match. Donc à la limite, même les chants des supporters derrière, tu les entends à la limite, tu n'en aimes plus. Donc tu es quand même proche des joueurs. Ce que j'ai remarqué surtout, tu n'as plus cette barrière supporter-joueur. Quand tu es avec eux, finalement, pas pendant le match, les joueurs ne font pas gaffe aux photographes pendant le match, quoique des fois, ils savent très bien où tu es placé et ils viennent célébrer pile devant toi, donc ils savent où on est. Mais il n'y a plus cette barrière-là. À la mi-té, tu as l'impression d'être accepté par les joueurs. Ils acceptent que tu... que tu les prennes en photo pendant qu'ils pleurent. Je parlais, j'ai l'impression qu'une barrière tombe.
- Speaker #0
On va dire que tu n'es pas acteur proprement dit du match, bien sûr, parce que tu n'es pas sur la pelouse, mais tu es quand même acteur du match. Tu es quand même là et tu participes à tout ça. Donc les footeux, les joueurs qui courent, alors effectivement, je me disais que c'était plus vers la caméra que vers le photographe. Maintenant,
- Speaker #1
c'est plus vers la caméra, oui.
- Speaker #0
Il y a aussi vers le photographe. Ça doit être une expérience totalement incroyable, assez enrichissante, assez prenante, parce que très fatigante. Tu es vraiment dans l'œil du cyclone, façon de parler. C'est aussi une façon de vivre ta passion.
- Speaker #1
Oui, exactement. C'est flatteur de savoir que sur un match, la fois dernière, c'était Barcelone. Ferran Torres qui marque, il vient célébrer. Il me regarde à moi, en fait, il me célèbre à moi en me montrant du doigt, c'est... C'est hyper flatteur en fait, il ne me connait pas le mec. Il savait que j'étais là.
- Speaker #0
Ça doit être fou parce que tu dois avoir le cœur qui bat quand c'est comme ça. T'étais là et devant toi il vient, ça doit être magnifique en fait.
- Speaker #1
Ouais, ça dure trois secondes. Oui, bien sûr. Et puis t'as beau avoir fait des photos pendant tout le match, là c'est le moment qu'il ne faut pas louper. Alors là, il ne faut pas se louper. C'est le moment qui te sauve le match.
- Speaker #0
Oui, là, ce n'est pas le moment d'envoyer les clichés derrière en train de regarder. Non,
- Speaker #1
du tout. Non, il ne faut pas là. Non, non. Et puis des fois, tu as des vieux 0-0 où tu te fais un peu chier tout le match. Tu ressors déçu. Là, ça te fait ton match, en fait. Juste une célébration, même si le reste des photos, tu n'as pas forcément fait quelque chose d'exceptionnel. Mais voilà, celle-là, tu sors heureux. T'es heureux.
- Speaker #0
Et donc, fin du match. Donc là, le marathon, déjà ça l'a été pendant le match, mais là, tu parlais notamment de Sud-Ouest tout à l'heure, c'est vraiment le moment, j'imagine que les 10-15 minutes qui suivent sont vraiment dédiées à l'envoi de toutes les photos, de toutes les informations aux agences ou à Sud-Ouest.
- Speaker #1
Oui, énorme, puisque si tu en envoies pendant le match, du coup en fin de match, tu n'as plus grand-chose à envoyer.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est plus les célébrations de fin de match en fait. Donc, en gros, si tu as bien bossé pendant le match, à la fin, tu es plutôt trinqué. C'est ça. Il te reste des photos à traiter et à envoyer, ça, c'est sûr. Mais vraiment, le marathon dont tu parlais, il est pendant le match, jusqu'à la
- Speaker #0
90e. Tout à l'heure, on parlait de ta passion pour la réelle société. On vient d'évoquer longuement ton métier de photographe, ton métier passion. Moi, je n'aime pas dire métier parce que là, c'est ta passion.
- Speaker #1
Oui, oui, oui. Ça devient un métier peut-être, mais pour l'instant, ça reste une passion.
- Speaker #0
Récemment, au mois d'avril, Il y a eu la finale de la Coupe du Roi entre la Fético Madrid et la Real Sociedad. Et qui est au bord du terrain pour photographier ? C'est Bruno.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
Donc là, ce qui m'intéresse, je veux savoir, tu dois être concentré, tu dois faire ton travail. Tu dois, comme on vient de l'expliquer, transmettre les clichés au fur et à mesure. Tu dois rester concentré, tu dois veiller à tout. Mais c'est ton équipe de cœur qui est sur le terrain, qui ouvre le score, qui se fait égaliser, qui repasse devant, qui se refait égaliser en fin de match. Ça se termine au tir au but. Alors là, je veux que tu me racontes cette expérience.
- Speaker #1
J'aurais deux heures devant moi, je te raconterais tout. Mais vraiment, pour résumer, c'était hyper intense. C'était magique. Un moment magique, déjà, de les avoir couverts en quart de finale, en demi-finale. Déjà, l'épopée, puisque ça reste une Coupe d'Espagne. C'est un beau trophée, mais ce n'est pas une Ligue des champions.
- Speaker #0
C'est un trophée majeur dans un grand pays de foot. Oui,
- Speaker #1
effectivement. et qui est des fois plus important que le championnat en Espagne la coupe du roi c'est comme la cup en Angleterre c'est ça et limite plus importante que de gagner un championnat j'aimerais bien que la Real Sociedad gagne un championnat un jour pour t'expliquer la différence mais je pense pas que ce sera le cas Rinald Denouek s'est passé par là c'est pas passé loin et j'étais dans les tribunes là aussi j'étais déjà abonné à cette époque là très beau reportage sur Netflix d'ailleurs oui exactement
- Speaker #0
Et oui, donc on en revient à ce match, à cette rencontre, ça doit être fou.
- Speaker #1
Alors déjà, une chance, je me la suis créée encore une fois, mais oui, d'être accrédité déjà pour ce match-là, puisque beaucoup ont eu des refus. Beaucoup de photographes qui pourtant étaient envoyés par des agences ou des journaux, ou la presse. Déjà, accrédité, magique. Et puis le match en lui-même, oui, difficile de faire. Difficile de rester concentré sur le métier de photographe puisque quand tu es supporter et que tu es outsider puisque la Real Sociedad était bien inférieure à Atletico Madrid. Compliqué, compliqué. Vu le scénario, encore plus compliqué durant les tirs au but. Pendant le match, je restais focus sur le boulot qu'il y avait à faire. En fin de match, c'était compliqué. D'autant que mon... Mon âme de supporter est ressortie plusieurs fois pendant le match. Plusieurs fois, le photographe que j'avais à côté, qui était andalou, qui était de Séville, et qui travaillait pour une agence andalouse, rigolait en fait. Il me dit « mais calme-toi, calme-toi » . Je criais comme si j'étais un supporter en fait.
- Speaker #0
Ah oui, bien sûr, c'est normal. Et cette séance de tir au but en tant que photographe, tu dois être concentré sur tes clichés, mais en même temps, ça doit être fou.
- Speaker #1
C'est fou, le cœur qui bat à 10 000. Une séance de tir au but, déjà, quand tu es dans les tribunes, tu es à deux doigts de la crise cardiaque. Là, quand tu es à 10 mètres du tireur de pénalty, et s'il marque, c'est bon, tu es champion. Waouh, c'est chaud. Avant ce fameux tir au but, où du coup... La Real, si elle marquait, elle était championne de la Coupe d'Espagne. Juste avant, j'ai dû me reconcentrer plusieurs fois. Reste focus, reste focus. Et d'autant qu'encore une chance, mais le tirage au sort a fait que les tirs au but se sont tirés de mon côté. Je n'ai pas eu à courir jusqu'à l'autre but pour pouvoir courir les tirs au but. Donc c'était devant nous. La célébration s'est faite devant nous. Voilà, un gros coup de chance aussi. dur de rester focus dur de rester focus avant qu'il tire le tir au but le dernier est très compliqué quand il vient célébrer que ton équipe a gagné finalement et qu'ils sont en train de célébrer devant toi parce que là les célébrations il faut que tu les captes dans ton objectif oui oui il faut quand même que tu les voilà c'est ce qui se vend en fait la joie d'un
- Speaker #0
gagnant c'est ce qui se vend en fait il fallait mettre un maillot de la réale et rentrer avec eux personne n'aurait rien vu je l'avais sous le pull
- Speaker #1
J'avais pas le maillot, mais j'avais quand même un t-shirt avec le cuisson.
- Speaker #0
Moi, là, tu sais ce que je me dis ? Je me dis quand même, au coup de sifflet final, après les célébrations, tu te retournes, tu prends 30 secondes pour toi et tu dois te dire « Mais il y a 2-3 ans, j'aurais jamais pensé vivre cette expérience. » C'est magnifique.
- Speaker #1
Du tout. Mais même sur un match de championnat lambda, je me le dis aussi. Je me dis « Tu vois où t'es, Bruno ? C'est magique. » Merci. Tu le risques depuis des années ?
- Speaker #0
Je te le raconte, je ne l'ai pas vécu et moi-même j'ai des frissons en en parlant. J'imagine que toi, ça doit être incroyable comme expérience.
- Speaker #1
Magique, il l'aurait perdu, je ne t'aurais pas dit la même chose, mais ils l'ont gagné. Couvrir un match de ton club de cœur qui gagne un des matchs les plus importants de son histoire, c'est magique. Comme tu dis, en fin de match, tu prends 30 secondes après les célébrations, sans trop le vouloir, je l'ai pris ce temps-là. J'ai tout lâché. Fidji Lachie... Le lever de coupe était déjà fait, quelques photos étaient déjà envoyées à l'agence. C'était que du bonheur. J'ai tout lâché, j'ai tout laissé par terre et je me suis mis devant les supporters qui étaient en mur dans ce grand stade de Séville. Et puis j'ai pleuré, comme un gamin. J'ai pleuré. C'est beau le foot. Ça amène ces émotions-là. Alors quand on perd, on pleure parce qu'on n'est pas content, mais quand on gagne aussi.
- Speaker #0
C'est comme je disais tout à l'heure, c'est complètement irrationnel, mais c'est comme ça. Les moments de tristesse, on met deux, trois jours à relever la tête. Et dans les moments de joie, on a l'impression de planer. Voilà, c'est la gestion des émotions. Alors, si on revient à des choses un peu plus terre à terre, donc ces clichés, tu les as effectués, tu les as transmis. J'ai parcouru ton LinkedIn, des articles avec tes photos dans Sud-Ouest. dans l'équipe, plusieurs médias plus que reconnus. C'est quand même une certaine fierté pour toi, j'imagine, de voir tes clichés dans de tels médias de référence.
- Speaker #1
Ah oui, oui, le Figaro, le Parisien.
- Speaker #0
Voilà, j'en ai oublié.
- Speaker #1
Rien que le Sud-Ouest, mais plein d'autres, sauf foot, en fait, même des journaux polonais. J'ai trouvé un article avec une photo de moi sur un journal Merci. polonais. Ouais, je me dis, c'était inimaginable il y a encore un an, même moins d'ailleurs, il y a six mois, c'était quasiment inimaginable. Or, ça reste des photos dans le Parisien où mon nom est écrit en tout petit, donc quasiment personne ne le voit. Même moi, quand je lis un article, que je vois une photo, je ne vois pas le nom qui est en dessous. Je lis le titre, à la limite, l'article, mais bon, la photo, elle vient alimenter l'article. Mais malgré tout, oui, c'est une fierté, c'est une grosse, grosse fierté. Et puis le journal L'Équipe.
- Speaker #0
Que tu lisais quand tu étais petit.
- Speaker #1
Waouh !
- Speaker #0
Oui, que je lisais quand j'étais petit.
- Speaker #1
Du coup, je l'ai acheté ce journal L'Équipe pour avoir ma première photo dans L'Équipe.
- Speaker #0
C'est sûr.
- Speaker #1
Non, non, c'est... Oui, comme je te dis, c'était inimaginable il y a très peu de temps.
- Speaker #0
C'est le fruit de ton travail.
- Speaker #1
Voilà, exactement.
- Speaker #0
Alors, j'ai une autre question aussi. Tu m'as parlé d'auto-entreprise tout à l'heure. Alors, je vais te poser des questions. Évidemment, je ne veux aucune info financière. Ça ne m'intéresse pas du tout. C'est plus le type de collaboration. Quand tu es avec... Parce que tu travailles pour... Enfin, tu travailles et tu collabores avec une entreprise qui s'appelle Icon Sport. Tu as Swinwest, comment ça se passe ? C'est quoi comme type de collaboration ? C'est des contrats que tu signes avec eux ? Ou c'est à la... Au match ? Alors, Fallon m'a posé des questions parce que je n'ai aucune idée de comment ça se passe.
- Speaker #1
Je suis pigiste, en fait. C'est le statut de pigiste. En gros, ils m'envoient sur des matchs, donc la rémunération se fait au match et pas à la photo. Beaucoup me posent la question, mais non, c'est pas... Après, eux vendent les photos. À la presse, donc du coup, l'équipe, le Parisien, le Figaro, etc. Mais moi, j'ai ma rémunération au match. Voilà.
- Speaker #0
D'accord. Alors ça, c'est avec Icon Sport et c'est la même chose avec Sud-Ouest ?
- Speaker #1
Avec Sud-Ouest, c'est un peu différent, puisqu'on était resté sur la collaboration qu'on avait au départ. Voilà. Donc, je vous aide, vous m'aidez. C'est une collaboration qui n'est pas rémunérée, en fait, sur ces matchs-là.
- Speaker #0
Et ma dernière question sur ce type de contrat. Comment ça se passe ? Parce que j'ai vu que tu avais des collaborations directes avec les joueurs. Comme tu disais tout à l'heure, en plus de devoir envoyer tes clichés à droite à gauche, de gérer ça, de gérer ça, tu as aussi un match dans le match où tu dois être focus sur un joueur en particulier, que ça peut être Griezmann ou d'autres. J'ai noté, je vois qu'il y a Raúl Asensio, Pelafonseca, Marco Roca, Adou Ares. c'est des noms que tu as évoqués dans ton LinkedIn de contrats directement avec eux c'est les représentants du joueur qui prennent contact avec toi, ça se passe comment en fait ?
- Speaker #1
ça dépend, c'est moi qui vais le chercher avant le match on contacte je dis on puisque d'autres le font aussi on essaye de contacter les joueurs via Instagram en fait on va sur le site Instagram, on leur envoie la proposition je suis accrédité sur tel match Merci. je te propose de t'envoyer tous tes clichés en fin de match. Et puis on collabore. De façon rémunérée ou pas. Après, c'est dur de les contacter. On ne va pas se mentir.
- Speaker #0
Ils doivent être sollicités, j'imagine.
- Speaker #1
Sûr sollicités. Et sur peut-être 10 joueurs contactés, il y en a 9 qui ne regardent même pas ton message. Voilà, c'est normal. Donc des fois, j'essaye de passer par les agents aussi. Alors ça répond, ça ne répond pas, c'est pareil. Voilà. Donc, un I. quand il y a un joueur qui est intéressé, ça se passe souvent au dernier moment en fait, au tout dernier moment quand ils savent qu'ils vont jouer et qu'ils sont sur la feuille de match ils répondent voilà ok ça m'intéresse comment on fait souvent, c'est un peu paradoxal mais ils gagnent beaucoup d'argent ces joueurs là et dès que tu commences à parler d'argent ils sont plutôt réticents ils prennent ça plus comme un service en fait ouais bah en gros t'es sur le match tu me files mes photos en fait non il y a un boulot derrière bien.
- Speaker #0
Alors après, comme tu parles aussi de ta collaboration avec Sud-Ouest qui n'est pas forcément rémunérée, peut-être que les joueurs se disent aussi que le fait que tu te mettes en avant en ayant la possibilité de photographier tel ou tel joueur et de mettre en avant les clichés est aussi une sorte de médiatisation et de mise en avant de ton travail qui peut te profiter pour justement d'autres contrats. Je ne sais pas s'ils vont aussi loin dans l'analyse ou si c'est simplement une envie de ne pas rémunérer quelqu'un.
- Speaker #1
Je ne pense pas forcément ne pas rémunérer quelqu'un. Je pense qu'il ne se pose pas la question. Beaucoup d'ailleurs. Pour eux, c'est normal. Moi, j'ai des copains qui me disent tu es accrédité sur le match, tu vas profiter du match. Non, je bosse, je vais bosser. Je pense qu'il ne se pose pas la question qu'il y a un réel boulot derrière.
- Speaker #0
Je voudrais revenir aussi sur le côté iconique d'une photo. Est-ce que toi, tu as des exemples de photos, ça peut être une des tiennes d'ailleurs, mais pas forcément des tiennes, qui t'a marqué ?
- Speaker #1
La Coupe du Monde 98, en fait, la photo de la une de l'équipe, qui n'est pas d'ailleurs une photo de levée de couple. C'est une photo, je crois qu'il y a Djorkaeff et de Saïd Agenon, ou Emmanuel Petit Agenon.
- Speaker #0
Non, c'est Djorkaeff, Zidane et Petit. Djorkaï Elfézidan qui se tienne dans les bras et le petit qui est debout et qui se célèbre. C'est sur le deuxième but.
- Speaker #1
C'est peut-être le deuxième but. Et voilà, oui, j'ai cette photo en tête. Voilà, photo iconique. Ça reste un souvenir en plus, tu vois. Alors...
- Speaker #0
Moi, je trouve que les photos iconiques sont beaucoup plus percutantes quand c'est un moment de tristesse ou d'effondrement que de joie. J'ai deux exemples de photos que je trouve qui sont vraiment... La première, c'est les joueurs de l'équipe de France, le soir de France-Bulgarie à la fin du match, il y a le coup de sifflet, ils tombent tous au sol. Il y a une photo là qui...
- Speaker #1
Ils sont tous partis.
- Speaker #0
parfois on dit qu'une photo vaut mieux que des mots. Là, c'est le cas. C'est le drame total. Et la deuxième, pour moi, qui est Coupe du Monde 94, qui m'a beaucoup marqué, c'est Roberto Baggio quand il rate son pénalty. Il est devant le but. Il a les bras comme ça, sur les hanches. Il regarde le sol. Alors qu'autour de lui, tu as tous les Brésiliens qui célèbrent. Et c'est une espèce de photo qui est prise par-dessus, en plus, de façon un peu panoramique. Et celle-là, elle est... Oui,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
C'est du cinéma, en fait. C'est incroyable. C'est aussi pour ça que je voulais interviewer quelqu'un qui est dans ce secteur d'activité, parce que ce n'est pas uniquement quelqu'un qui vient, qui prend des photos et qui s'en va. C'est le cœur avant tout. C'est les émotions exprimées. Et puis, généralement, les photographes sont aussi des gens assez émotifs parce que, justement, ils essayent de mettre en exergue cette dimension que peut prendre une photo. Donc, je ne vais pas te dire que tu représentes tous les photographes. J'ai envie de te dire merci à ces photographes, à toi notamment, qui permet d'exprimer encore plus les émotions qui passent pendant un match aux yeux des supporters, des spectateurs et même des photographes.
- Speaker #1
Oui, oui, aussi. Mais comme tu disais, les moments de joie et les moments de tristesse, c'est là où tu perçois... T'as pas forcément des photos de jeu quand t'as un article et que t'as une photo d'un gars triste, mais t'as bien compris qu'ils ont perdu et c'est ces moments-là qu'il faut essayer de montrer. Et c'est ces moments-là qu'on retient, tu vois, tes deux photos c'est des moments de tristesse dans tes souvenirs.
- Speaker #0
Oui voilà, c'est parce que je trouve que c'est beaucoup plus, bon après c'est ce qu'on disait tout à l'heure, c'est la vie de supporter, je trouve que les moments de joie sont des moments très hauts dans l'émotion. Et les moments de tristesse sont des moments très bas, mais je crois que les moments de tristesse sont beaucoup plus bas que ne sont les moments de joie dans la hauteur de la voix, en fait. Bon, vu que j'ai eu un moment d'ourbe là, mais tu as compris ce que je me suis compris. Voilà. Eh bien, écoute, Bruno, on arrive presque au bout de notre entretien, de notre discussion même, j'ai envie de dire. Voilà, ça fait 1h20 déjà. La dernière question que j'ai envie de te poser, c'est imagine que quelqu'un écoute cette discussion entre nous, quelqu'un qui a envie de se lancer dans la photo ou pas forcément que dans la photo, d'ailleurs, dans quelque chose d'artistique. Venant de quelqu'un qui a franchi le pas, qui a osé, qu'est-ce que tu dirais à cette personne, toi, pour qu'elle ose enfin aller de l'avant ? Pour se faire plaisir, en fait.
- Speaker #1
Il faut foncer, il ne faut pas hésiter, en fait. Il ne faut pas hésiter, il faut essayer d'ouvrir des portes qui semblent fermées à clé. Il faut essayer de les ouvrir sans les forcer non plus, puisqu'il ne faut pas se griller, tout simplement. Mais oui, tenter sa chance, en fait. Tenter sa chance et la chance, comme on disait tout à l'heure, la chance, on se la crée, en fait, on va la chercher.
- Speaker #0
On la provoque.
- Speaker #1
On la provoque, exactement. euh... Pas hésiter, en fait. Pas hésiter à foncer et ne pas avoir peur.
- Speaker #0
Voilà, et quoi qu'il en soit, ça évite d'avoir des regrets.
- Speaker #1
C'est ça, voilà. Si on a un refus, on a un refus. Mais si on a un accord, on est content d'avoir demandé, d'avoir créé cette possibilité.
- Speaker #0
Ce qu'on disait tout à l'heure, quand tu regardes... derrière toi les deux, trois dernières années et quand tu penses aussi à ce qui t'attend, bien sûr, parce qu'il y a le derrière et bien aussi le devant. Oui, rien n'est gagné.
- Speaker #1
Rien n'est acquis.
- Speaker #0
Bien sûr. Mais j'imagine que déjà, tu dois être sacrément satisfait de la tournure des événements depuis ces deux, trois dernières années.
- Speaker #1
Exactement. Oui, oui. Et pas se donner de limites après. Alors, bien sûr, des limites, on en a des limites. Si je pouvais aller photographier tous les matchs de Ligue des Champions partout en Europe, je le ferais. Mais bon, j'ai une vie de famille, donc on est quand même limité par certaines choses. Mais voilà, ne pas forcément se donner de frontières. J'ai des jeunes qui m'envoient des messages sur Instagram ou même sur LinkedIn. Comment t'as fait ? Comment tu fais ? Comment tu ferais toi à ma place ? Mais vas-y, fonce en fait. Moi je ne me suis pas trop posé de questions, j'ai joué un peu tactique comme on a dit au début, mais il ne faut pas se poser de questions. Puis un jour, ce jour-là... arrive, en fait. Si la réussite, si ça ne peut pas aboutir sur une réussite, ça veut dire qu'il ne fallait pas y aller, en fait. C'est ce que je me dis. Et puis, si ça marche, voilà, fonds.
- Speaker #0
Dans la vie, on est très satisfait de nos réussites, mais on apprend aussi beaucoup de...
- Speaker #1
Des échecs.
- Speaker #0
De nos échecs ou de nos projets qui n'aboutissent pas forcément. Donc, quoi qu'il en soit, la... La finalité est positive.
- Speaker #1
Exactement. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Écoute, on arrive à la fin de notre interview. C'était un très bon moment. Je te remercie encore une fois d'avoir accepté mon hésitation. Toi qui n'aime pas trop te mettre en avant.
- Speaker #1
Du tout.
- Speaker #0
Voilà. Donc, tu t'es quand même très bien, beaucoup confié pendant cette entrevue. Donc, on va faire aussi le résumé de là où tu es visible. Donc, tu m'as parlé d'Instagram. C'est quoi ton Insta, comme disent les jeunes ?
- Speaker #1
Pseudo, ça va être un peu compliqué, puisque c'est en basque, c'est un langue basque. C'est cocoach.argaskiak. Alors, un peu compliqué, je te l'accorde, pour beaucoup de bonnes.
- Speaker #0
Tu l'as donné, donc celui qui veut vraiment trouver, trouvera. Oui, il trouvera.
- Speaker #1
Exactement. Alors, cocoach, c'est mon surnom. Et argaskiak, ça veut dire photo, tout simplement. C'est pas compliqué.
- Speaker #0
Ok, et tu es aussi visible sur LinkedIn ?
- Speaker #1
Exactement, là c'est plus traditionnel, c'est mon prénom et mon nom, c'est Bruno Bereau, B-E-R-E-A-U.
- Speaker #0
Ok, très bien, écoutez, je vous invite moi à aller voir tous ces clichés, puisque tu publies régulièrement suite aux matchs sur lesquels tu es accrédité. C'est ça d'ailleurs ce qui m'a permis justement de préparer mes questions pour notre discussion. T'as un objectif d'équipe nationale ou pas ? Ça serait pas mal, ça.
- Speaker #1
Ben, pourquoi pas ? Ouais, enfin, on va... Bon, là, la saison se termine. On va terminer le championnat espagnol. On va repartir sur des bonnes bases pour l'année prochaine. Et puis, pourquoi pas ? Ouais, équipe nationale... Pourquoi pas l'Espagne, en fait ? Je suis plutôt proche du championnat espagnol, donc pourquoi pas l'Espagne ? Ben, pourquoi pas la France aussi, un jour ? Bien sûr,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #1
Mais ouais, ouais, alors c'est pas forcément un objectif, mais oui, pourquoi pas, ouais.
- Speaker #0
Ben, écoute, c'est tout ce que je te souhaite, en tout cas. Et on n'en a pas parlé, mais je te souhaite aussi une dernière journée de championnat positive pour les Girondins de Bordeaux. Bon, il y a un petit point d'écart avec Laroche-Churion qui se déplace pour son dernier match. Donc, je ne souhaite pas de mal aux supporters de Laroche, bien sûr, mais je souhaite à chacun de réussir. Voilà, comme ça, je ne me mouille pas trop. Mais bon, revoir les Girondins en Ligue 3. Revoir les Girondins en Ligue 3, bon, ça serait bien. Voilà, ça serait bien. Un retour progressif, comme on peut le faire d'autres clubs, comme Strasbourg, par exemple.
- Speaker #1
Oui, aussi.
- Speaker #0
Et enfin, voir ce Matmut Atlantique avec des influences...
- Speaker #1
Un peu plus garnies que ce qu'il y a actuellement.
- Speaker #0
Dignes de ce stade. Exactement. C'est tout ce que je vous souhaite. Je te remercie encore une fois, Bruno. Je remercie toutes les auditrices et auditeurs d'ADN Foot. Bien sûr, n'hésitez pas à... à me contacter sur Instagram, TikTok, Facebook. Vous trouverez facilement le podcast ADN Foot. Je ne vais pas vous donner tous les comptes au fur et à mesure, sinon on en a encore pour un quart d'heure. Moi, ça m'intéresse beaucoup de savoir d'où vous écoutez le podcast, si vous avez des questions, si vous avez des choses à critiquer, à améliorer. Enfin, tout ce qui peut participer aux interactions qui sont aussi une des raisons pour lesquelles j'ai créé ADN Foot, parce que moi, je suis un passionné de foot. Et j'aime bien parler de foot avec tout le monde, comme Bruno vient de s'en rendre compte pendant notre entretien. Donc, je vous souhaite à toutes et à tous une bonne fin de journée, un bon début de journée en fonction de l'heure où vous écoutez le podcast. Et je vous donne rendez-vous pour un nouvel épisode d'ADN Foot prochainement. Voilà, merci Bruno. À bientôt et au revoir à toutes et à tous.
- Speaker #1
Cet entretien passionnant avec Bruno Béraud est maintenant terminé. Si vous l'avez apprécié, n'hésitez pas à liker, commenter, ajouter une note de 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée.
- Speaker #0
N'oubliez pas également de vous abonner et activer les notifications pour être informé des nouveaux épisodes d'ADN Foot tous les premiers lundis du mois à 20h. Il ne me reste plus qu'à vous remercier pour votre écoute et à vous donner rendez-vous le mois prochain pour un nouvel épisode d'ADN Foot. D'ici là, portez-vous bien !