- Denise
Aujourd'hui, un pop-up, ce n'est pas juste un lieu d'animation ou un lieu commercial. Nous, ça nous sert énormément à nous rapprocher de notre clientèle existante. Quand on organise des pop-ups, on tient au courant notre clientèle qui est basée dans le lieu où nous allons. Donc, on est content d'enfin mettre un visage sur la voie ou sur les messages qu'on reçoit. et eux pareil c'est un moment méchant c'est un moment de de convivialité, ça nous sert aussi à mesurer et à ajuster les actions qu'on met en place. Quand on est en face du client, c'est très différent. C'est encore plus intéressant que le virtuel.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa, éthiques et performants. Je suis Ramata Dialo, je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes, je suis également consultante en marketing et communication. J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Au-delà de la mode, je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Denise Manet, la cofondatrice et directrice artistique de la marque Sayana. Alors qu'elle prépare sa participation à l'événement Afrique en scène qui aura lieu à Paris du 15 au 20 octobre, je l'ai invitée pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de sa marque. Made in Dakar. Bienvenue Denise, comment vas-tu ?
- Denise
Je vais bien, merci de m'accueillir dans ce podcast grand matin, je suis ravie.
- Ramata
Écoute, c'est moi qui suis ravie de pouvoir échanger avec toi. Moi, j'avais découvert ta marque il y a quelques temps maintenant, lorsque tu avais participé à un pop-up Style Lounge qui avait eu lieu, il me semble, au mois de juillet dernier, 2020. C'est ça. Et donc, là, l'idée c'est que tu prépares un nouveau pop-up. parisien. Donc moi, je suis ravie qu'on puisse parler un peu plus de ton parcours, comme je le fais toujours, et aussi de ta marque, de un petit peu comment elle est née, cette marque-là, et où est-ce que tu as envie de l'emmener. Mais avant d'entrer dans le détail de ton parcours et de ta marque, on va commencer comme je le fais toujours, je vais te demander de te présenter.
- Denise
Avec Clévière. Alors moi, je m'appelle Denis Nemanet, je suis la cofondatrice et la directrice artistique de Sayana. Saïda qui est une marque de mode féminine qui est basée à Dakar au Sénégal. À la base j'ai un parcours très différent, j'ai fait des études de communication avec une spécialisation en marketing digital. Donc initialement je ne viens pas d'une formation de styliste ou de modéliste. En revanche je viens d'un univers où la mode a vraiment toujours été très présente parce que quand je parlais tout à l'heure, quand je disais que j'étais cofondatrice, en réalité je suis associée à ma maman. qui est les couturières modélistes avec une extérence de plus de 30 ans. Donc je peux dire que j'ai grandi dans un atelier, que j'ai toujours été dans le milieu des tissus, des accessoires, des machines, des va-et-vient des clients. Et en fait, au fil des années, Sayana a pris plus d'ampleur dans ma vie. Et une seconde rencontre est née de cette relation que j'ai déjà avec ma maman. Aujourd'hui, on peut dire que c'est une rencontre entre deux générations parce que Sayana allie l'expertise technique et le savoir-faire que ma mère a cumulé avec ses 30 ans d'expérience et ma volonté de travailler le design un peu plus en profondeur, de construire une marque avec une image travaillée et un fort développement commercial et international. Donc ma mère et moi, nous sommes vraiment dans une démarche de transmission, de savoir-faire. Et on veut donner à Sayana une nouvelle vie, une nouvelle portée. Avant, ça ne s'appelait pas Sayana, c'était à son nom, ma mère, Marie-Delphine. Aujourd'hui, Sayana... Ça signifie ça et Anna, donc c'est la fusion des deux prénoms de mes grands-mères, qui sont vraiment les figures fortes, les figures matriarcales de notre femme. Voilà pour notre présentation.
- Ramata
Très bien, écoute, tout ce que tu nous as partagé jusqu'ici, ça présage des éléments intéressants pour la suite de cette interview. Moi, j'ai envie de revenir un petit peu sur ton parcours, où tu parles d'une expertise en communication, en marketing digital. Est-ce que tu as commencé à travailler, tu as eu des missions dans différentes structures et ensuite tu as créé la marque ou est-ce que dès le départ, après les études, tu t'es lancée à travailler avec ta maman ?
- Denise
Avant Sayana, j'étais vraiment dans la communication pour des entreprises que j'accompagnais sur le volet digital. Donc c'était dans le luxe, l'immobilier plus particulièrement. Et progressivement, je me suis vue confier des responsabilités sur la partie relations publiques, événementielles, etc. Mais avec toujours cette touche digitale qui me parlait particulièrement. Donc, j'ai accompagné des entreprises dans ce sens. Et progressivement, je me suis rendue compte que j'avais envie de créer quelque chose qui m'appartienne davantage. Au départ, Sayana n'était pas forcément... penser comme l'entreprise qu'elle est en train de devenir aujourd'hui. On a commencé tout simplement avec cette volonté de créer des vêtements inspirés de notre vécu, de notre culture, de notre identité, des vêtements qui nous ressemblent en fait. Et donc pendant que j'étais en poste, je venais en appoint à l'entreprise que ma mère avait déjà, donc je l'aidais sur la partie administrative, la partie financière, la partie conseil. J'étais très touchée par le rapport au client. Pour moi, c'était important d'intégrer dans la relation le confort, le bien-être et toute la partie satisfaction client et service après-vente. Au départ, ça a commencé comme ça. Au fil du temps, j'ai entretenu une relation particulière avec les clients de ma maman. qui demandaient de plus en plus après moi. Et moi, j'y ai pris goût. J'y ai pris goût et de l'aide, je suis passée à lui proposer un jour et si on joignait nos forces et qu'on créait une marque. Donc au départ, on est parti de Delphine Couture à D&D parce que nos initiales sont toutes en D. Delphine et Denis, pas très originales d'ailleurs. Et progressivement, Sayana a creusé de l'ampleur. Je vendais beaucoup dans les lieux de travail. Parce que j'étais à ce moment-là le seul mannequin. Et puis à un moment, ça a été une évidence qu'il fallait faire une reconversion professionnelle, ce que j'ai fait il y a trois ans et que je ne regrette pas heureusement.
- Ramata
C'est un bon exemple en tout cas que tu donnes là, le fait d'avoir développé cette activité alors que tu étais en poste. Et puis vraiment au fur et à mesure, à force... de développer des relations avec les clients, à force d'expérience, à force de collaboration avec ta maman, l'idée de créer une marque à vous deux, à Germain. Mais vous avez finalement travaillé quelque part déjà ensemble et c'est une idée qui finalement est arrivée assez naturellement. Donc, ce que tu évoques, c'est que vous avez réfléchi à faire évoluer le nom plusieurs fois et toi, tu avais une expérience. partie en communication, j'imagine en branding. Donc, cette notion d'identité de marque, est-ce que tu peux nous en parler ? Tu as évoqué la définition du nom Sayana. Cette réflexion-là, du coup, est-ce que vous avez fait des meetings avec ta maman pour vraiment réfléchir à l'identité de marque, à tout ce qui est branding, à tout ce qui est visuel ? Comment est-ce que vous avez travaillé cette partie-là ? Sachant qu'il y a eu vraiment une évolution entre quand tu étais une aide Merci. et quand vraiment vous êtes devenu associé à Parentiart ?
- Denise
Ça s'est fait en plusieurs temps, parce que quand j'ai commencé à l'aider, c'était en 2013, ça fait très longtemps. En 2013, ça a évolué de Delphine Couture à D&D, comme je disais. Mais à ce moment-là, j'ai compris rapidement que concevoir de beaux vêtements ne suffisait pas. J'ai compris qu'il fallait construire une marque. Et cette notion de marque-là, elle était... un peu nouvelle pour ma maman. Je voulais en fait que les vêtements racontent une histoire, qu'ils racontent une identité, une époque, une culture, des lieux, une manière de se présenter, tout simplement. Et ce questionnement, cette quête-là, elle a continué au fil des années, jusqu'à ce qu'on crée l'entreprise, jusqu'à ce qu'on travaille ensemble complètement à temps plein. Et l'année dernière, nous avons aussi travaillé sur un rebranding. Comment ça se passe ? C'est qu'on a défini les tâches de chacune. Donc ma mère gère la direction des opérations, elle est beaucoup plus technique que moi. Elle donne vie à mes idées. Moi, je m'occupe de la partie design et donc c'est ce qui fait notre complémentarité. Je vais chercher l'inspiration. Je vais venir avec des idées, avec des concepts, avec une direction artistique, que ce soit pour les campagnes autant que pour les modèles proposés. Et on va travailler ensemble pour avoir quelque chose de cohérent. Donc, dans l'identité de la marque, ça s'est fait de la même manière. Et l'année dernière, on a senti le besoin. d'aller encore plus loin parce qu'on a observé l'écosystème et l'industrie de la mode, particulièrement en Afrique, et c'était évident qu'il fallait pousser encore un peu plus en profondeur. Donc le nom Mensayana existe depuis 2023, mais dans l'identité, dans le branding, on y travaille encore. On n'est pas encore satisfaits à 100%. Le rebranding de l'année dernière nous a permis d'avoir une refonte de pas mal d'outils, que ce soit le site internet, les différents types de visuels, notre façon de raconter, notre identité graphique en général. Et aujourd'hui, je crois qu'on tient à quelque chose pour les prochains 5 à 10 ans de beau et de cohérent. Mais on est en perpétuelle quête de cette clarté, de cette cohérence-là dans ce que nous représentons, dans ce que nous incarnons, dans ce que nous dégageons.
- Ramata
Et tu fais bien de souligner le fait que le travail sur le branding, quelque part, c'est un travail continu. Ce n'est pas, on a fait une réunion, on s'est mis d'accord et c'est bon, ça va être la même chose pendant les six prochaines années. c'est vraiment quelque chose qu'on affirme, dont on a... En fait, on développe une conviction avec les éléments clés qui définissent l'ADN d'une marque. Et puis, on les renforce au fur et à mesure. Aussi, avec le feedback des clients, avec la réaction des gens sur les réseaux sociaux, ça aide aussi à se conforter dans les différentes idées.
- Denise
Je voulais rajouter quelque chose. Justement, pendant cette période de rebranding, on a fait des séances de brainstorming en équipe pour se poser les bonnes questions. à ce que... On était trop dedans, comme on dit. On avait besoin d'avoir un peu plus de recul et d'avoir le feedback, le ressenti des clients. Les clients, les parcs, les abonnés, toutes les personnes qui nous suivent et qui nous donnent de la force. Donc, il y a des enquêtes de satisfaction qui ont été menées, des enquêtes d'opinion. On a fait des sondages auprès de nos communautés pour voir à quoi leur fait penser Sayana. Quand ils pensent au mot Sayana, à la marque Sayana, à quoi ça renvoie. Par exemple, on a des mots qui se répétaient comme l'élégance, comme le minimalisme, comme l'originalité, comme l'exclusivité. Parfois un nom sortait aussi, un nom de personne. Et c'est toutes ces informations collectées qui nous ont permis d'avoir une nouvelle direction. On se demandait également quelles sont les pièces qui leur plaisaient le plus. Qu'est-ce qu'il fasse de nos prix ? Qu'est-ce qu'il fasse de notre identité visuelle ? Donc ça a été vraiment un travail en interne très laborieux. qu'on a fait en équipe. On a aussi consulté, comme je disais tout à l'heure, nos communautés. Mais on a aussi surveillé ce que faisaient nos collègues, en local, en régional et à l'extérieur, à l'international. On a pas mal de références en termes de marques, de vêtements. Et on aspire tous les jours à atteindre l'excellence, tout simplement. Et c'est vrai qu'il y a des codes. que ce soit dans la communication, dans la tenue, dans la gestion, dans le rapport au client qui nous inclut en sortiment et qu'on essaie d'imiter à notre manière.
- Ramata
C'est intéressant en tout cas que tu précises vraiment quel a été ce processus de création et d'évolution du branding de la marque et de partager aussi les valeurs. Aujourd'hui, si tu devais définir le profil type, de la cliente, en fait, Sayana, comment est-ce que tu la décrirais ?
- Denise
C'est intéressant. Je ne peux pas dire la cliente, parce qu'on a justement dans cette démarche de brainstorming pour le... Pour le branding de la marque, on s'est rendu compte qu'on avait pas mal d'archétypes. Et les clientes Sayana, ce sont des femmes qui ont une certaine sensibilité esthétique. C'est des femmes exigeantes, qui aiment les belles matières, qui aiment les belles coupes, mais qui sont à la recherche de sens. Elles peuvent être sénégalaises, mais pas que, africaines, issues de la diaspora, ou complètement extérieures à cet univers. Ce que nous avons remarqué entre ces différentes... au film, c'est que c'est pas forcément l'origine qui les rassemble c'est surtout une certaine forme de sensibilité ces femmes-là, comme je disais tout à l'heure sont exigeantes, mais elles sont très contemporaines et elles allient quelque chose de particulier elles ont ce goût prononcé pour le classique mais avec une ouverture sur l'avant-garde de la mode contemporaine. Donc elles sont à la fois très internationales tout en étant attachées à des racines ou tout simplement curieuses de découvrir d'autres cultures. Parce que ce que je disais, c'est que, ce que je pense, autant pour moi, c'est que Sayana n'est pas là pour habiller uniquement des femmes africaines. Nous voulons habiller des femmes de toute origine qui se reconnaissent tout simplement dans notre vision de l'élégance.
- Ramata
Voilà. Très bien, c'est très intéressant que tu précises qu'il n'y a pas qu'un seul archétype de client et qu'il y a cette notion aussi d'international. Aujourd'hui, la marque en termes de savoir-faire, ce que tu expliquais, c'est que ta maman avait une expérience vraiment technique du métier de la construction, la fabrication du vêtement. J'imagine que vous avez un atelier pour faire la fabrication et potentiellement, j'imagine, un showroom pour recevoir les clients et faire les essayages ?
- Denise
C'est ça. Au départ, nous avons fait beaucoup de surmesures. Nous avions juste un atelier et quelques temps plus tard, nous avons montré que ce que nous voulions véritablement développer, c'est le prêt à porter qui ressemblait plus au business model qu'on voulait mettre en place. Et aujourd'hui, c'est notre couleur de métier. Mais nous avons fait du surmesure pendant très longtemps, jusqu'à il y a quelques mois en fait. Ça ne fait pas si longtemps. Donc, nous sommes arrivés à la réalisation que ça demande énormément de temps, d'énergie, de ressources. Donc, comme on disait, on a une équipe, on a un atelier de couture. Depuis quelques mois, ma maman a pu bénéficier d'une formation de Tisserand. Aujourd'hui, elle est Tisserand elle-même et formatrice Tisserand certifiée. Parce qu'on a découvert le... on est au contact du textile tous les jours et ça faisait un moment qu'on voulait développer aussi ce volet de production textile
- Ramata
Très bien je sens que dans la manière dont vous travaillez il y a vraiment des étapes qui sont posées avec comme un espèce de BP à 2 ans à 3 ans avec l'ambition de le branding, en tout cas dans ta manière de l'exprimer j'ai l'impression que c'est organisé comme ça mais peut-être tu vas me dire non pas du tout Ce n'est pas du tout le cas, mais j'aimerais bien qu'il nous partage ça, parce qu'il y a le côté, le fait de dire qu'on faisait du sur-mesure, on a évolué vers le prêt-à-porter, on se forme pour pouvoir être prêt à s'organiser pour assumer le prêt-à-porter, parce qu'effectivement, travailler du sur-mesure et travailler du prêt-à-porter, c'est une organisation totalement différente. Est-ce qu'il y a un business plan ? et sur lequel vous vous mettez des étapes avec ta maman et vous vous dites, voilà, ça, ça va être à un an, à deux ans, à trois ans ou est-ce qu'un petit peu, c'est un petit peu opportuniste en fait ?
- Denise
Alors, c'est un mix des deux. On a, je veux préciser que ma mère et moi, on est de générations différentes, on a des approches très différentes dans notre façon de travailler et surtout, on a deux regards très différents. Elle, elle a vraiment cette connaissance extrêmement profonde du vêtement, de la construction. du tomber, etc. Moi j'arrive avec cette notion de les vêtements doivent être beaux mais pas que, ils doivent être confortables ils doivent provoquer une émotion un sentiment d'estime de soi d'amour profond de soi-même d'appréciation de soi j'apporte également cette vision de marque, de communication de développement international donc finalement cette complémentarité entre ma maman et moi est devenue l'ADN de Sayana est l'un de nos, comme disent les Américains, nos unique selling points. C'est vraiment un point qui nous différencie des autres marques, qui fait notre force et qui vraiment nous rend fiers. Donc, on n'a pas à proprement dire de business plan, mais on a une roadmap. C'est une feuille de route que nous consultons régulièrement, que nous ajustons régulièrement, en prenant en compte nos réalités, nos combats du quotidien, nos imprévus, les réactions de la clientèle et les opportunités qui peuvent se présenter à nous. C'est plutôt ça, oui.
- Ramata
Et est-ce que tu dirais que, alors c'est en général les duos d'associés, là ce que tu as évoqué c'est que vous aviez bien réparti les tâches par rapport à vos compétences respectives mais dans les duos d'associés il peut y avoir des moments de tension, des moments de difficulté des désaccords, comment est-ce que tu gères ça sachant que c'est ta maman et que j'ai envie de dire chez nous mais partout le paradis est au pied de la maman donc est-ce que c'est maman qui a raison ? Non Ce podcast est enregistré attention Merci.
- Denise
Je pourrais ne pas lui partager le lien,
- Ramata
effectivement.
- Denise
Mais maman n'a pas systématiquement raison. Et moi, je m'étonne. Parfois, j'ai l'impression de faire des sorties de corps et de m'observer de loin. Je suis choquée de ce que je suis devenue. Alors, au début, j'étais assoiffée de savoir, de comprendre, de toucher, d'expérimenter, de faire du poulet. Au fil du temps, mes missions se sont affinées et je sais ce que j'aime, je sais ce que je sais faire et elle aussi. C'est très difficile de travailler avec un membre de sa famille, particulièrement avec sa maman, parce que le lien mère-fille, il est particulier, il est affectueux, il est tendre. Et moi, quand je suis arrivée dans cette aventure, je me suis intégrée très très vite. J'ai pris mes responsabilités au sérieux aussi très très vite. Donc j'arrive dans son monde, elle me laisse de la place, je prends beaucoup de classe. Et elle a la classe et la gentillesse de se mettre de côté parfois pour me laisser l'idée. Mais nos responsabilités sont bien partagées. C'est dur, c'est dur parce qu'il y a des moments où j'ai besoin de mon associé et mon associé préfère être ma mère sur le moment. Il y a des moments où... Elle a envie d'avoir raison, plus simplement. Et elle joue la carte de la maman. Et puis un point, c'est tout. Et moi, je me défends comme je peux, mais ce n'est pas facile. Mais je me rends compte surtout que c'est un privilège. On s'en rend compte toutes les deux. Moi, je me sens bénie de pouvoir travailler avec ma maman, de faire une reconversion professionnelle dans son domaine, de me rendre compte que j'aime autant, sinon plus qu'elle maintenant. Donc, ce n'est pas facile tous les jours. Mais c'est un plaisir, c'est des folies, c'est des souvenirs extraordinaires, c'est une expérience folle. On a, pour la première fois, fait un défilé ensemble parce qu'à chaque fois qu'on participe à un défilé, c'est à l'étranger. Donc, on a participé à un défilé à Dakar cette année. On était ensemble et c'était une expérience extraordinaire à vivre ensemble. Donc, c'est une bénédiction, je veux dire.
- Ramata
Comme dans toute collaboration, de toute façon, il y a toujours... on va dire, des avantages et des inconvénients. Et on trouve, à force de collaborer, on trouve les moyens de faire que ça dure. Après, forcément, quand c'est une relation de famille, c'est encore plus délicat. Mais de ce que tu dis, j'ai l'impression que vous arrivez à vous préserver, à faire en sorte de réussir le développement de la marque. J'imagine qu'au sein de l'équipe, au niveau de l'atelier, le fait de, comment dire, vous travaillez effectivement mère-fille, mais que vous avez une équipe avec vous, comment vous gérez aussi les relations avec les autres membres de l'équipe ? Déjà, est-ce qu'il y a d'autres membres de la famille qui sont là ? Ou est-ce que, voilà, toutes les deux, vous avez chacun votre périmètre avec vos équipes respectives ? Et du coup, il y a, comment dire, ça se passe de manière fluide, le duo mère-fille à la tête des différentes équipes.
- Denise
C'est ça. Donc, on est à la tête de l'équipe avec des responsabilités distinctes. J'ai mon équipe, elle a la sienne. Son équipe est plus grande pour le moment parce qu'on a besoin de plus de profs qui le technique. Et il n'y a pas d'autres membres de notre famille, même si on a eu à plusieurs reprises de l'aide de la famille. Donc, encore aujourd'hui, quand mon papa passe dans notre boutique à Dakar, Il ne peut pas s'empêcher de vérifier qu'il y a de l'eau pour les clients, que les cintres sont bien alignés, que l'air circule bien, que la climatisation fonctionne. Enfin, c'est la famille en fait. C'est vrai que c'est une entreprise à deux. Mais c'est une entreprise familiale, on est dans la transmission, comme je disais. Mes soeurs sont passées faire des stages, j'ai deux soeurs, plus petites soeurs, qui sont passées faire des stages, nous prêter main-forte à des moments où on n'avait pas assez de personnel. Donc, officiellement, on a nos équipes respectives, mais la famille reste présente pour les moments importants en cas de besoin. Quand on a, par exemple, un pop-up, et qu'il y a des veilles à faire, la famille n'hésite pas pour mettre la main à la pâte et venir en apport.
- Ramata
Maintenant qu'on a parlé de l'équipe, j'ai envie qu'on parle des clients. Alors, ce que tu disais, c'est qu'il y a différents archétypes, différents profils que vous êtes passés sur mesure qui permet d'avoir une relation de proximité avec les clients auprès d'apporter. Aujourd'hui, comment vous tissez les liens avec vos consommateurs ? Comment est-ce que vous les fidélisez ? Comment est-ce que vous créez vraiment une véritable communauté autour de cette marque ?
- Denise
Alors, nous avons la chance d'avoir une boutique physique à Dakar et nous travaillons également avec des concepteurs dans quelques villes, notamment à Bidjan, en Côte d'Ivoire. Nous avons travaillé avec le Maroc, on a eu une présence d'un an au Maroc, au Mali. On commence bientôt avec le Bénin, le mois prochain. Le Cameroun, également au début décembre. Ça nous fait une grosse base de nos clients. Ces clients-là, on a une relation proche, autant que possible avec eux. Surtout ceux de Dakar, parce qu'ils sont associés. Aujourd'hui avec le digital, ils sont associés à pas mal de décisions, on les consulte. Lorsque nous faisons des lancements, des campagnes, des lancements de collections, on les associe, c'est un peu un jeu sur des choix de coloris, des choix de coupes, etc. Nos pages sont assez interactives, on organise aussi régulièrement des événements. Au mois de décembre, on a toujours un cocktail pour les clients fidèles de Sayana. qui est aussi ouvert à ceux qui sont de passage. Et le digital nous maintient. On a une newsletter qui passe régulièrement. Et nos clients, en fait, sont nos ennemis aussi aujourd'hui. On a pas mal de clients qui font partie de notre vie. Et sinon, le digital nous maintient plutôt bien. Ça crée une relation de proximité. On n'hésite pas à faire des cadeaux. à nos clients pour des occasions spéciales, pour des moments importants pour eux. Lorsqu'on faisait du sur-mesure, par exemple, nous arrivions à faire des robes de mariés pour des mariages traditionnels, des mariages civils ou des réceptions. On ne va pas hésiter, par exemple, moi je l'ai fait à plusieurs reprises, aller par exemple à Paris et proposer à mes clients de faire du personal shopping, par exemple pour des mariages. leur proposer ce qui se fait de meilleur dans les plus beaux endroits de distribution de matière. Et ils nous le rendent bien. Ils participent au sondage quand on a besoin de statistiques. Ils supportent la communication. Ils partagent et recommandent. Ils nous envoient des photos quand ils sont bien habillés. Ils nous partagent des témoignages qui sont très, très, très touchants. Et moi, c'est une partie qui me... qui m'apportent beaucoup parce que je les vois plus que des clients, c'est des ambassadeurs, c'est des gens qui nous représentent parce que pour moi, le vêtement, c'est un langage, c'est une manière de présenter au monde, c'est une manière d'exprimer son identité et de s'incarner de la privilégie de manière. Donc, nos clients, c'est la grande famille Sayane.
- Ramata
C'est effectivement important de maintenir un lien de proximité avec les clients, parfois c'est vrai qu'avec les réseaux sociaux. Certes, il y a du lien, mais c'est un lien qui est virtuel. Le fait qu'il y ait des points de vente et que tu évoques le fait d'entretenir cette proximité-là, c'est extrêmement important parce que c'est ce qui fait la différence entre une marque où on ne sait pas vraiment ce qu'il y a derrière et une marque où il y a une utilisation des réseaux sociaux comme un prolongement de la relation qu'on a établie avec un consommateur en magasin. Toi, tu as une expertise du marketing digital, tu as une expertise de la communication. Ce que tu évoquais, c'est que tu t'es occupé de relations publiques et d'événementiels. J'imagine que cette expertise-là, tu t'en sers pour ça, Yana.
- Denise
Ah oui, totalement. Totalement. Mon expérience professionnelle m'a beaucoup et me sert encore beaucoup, beaucoup dans mon travail aujourd'hui. C'est aussi un des points différenciants de la marque parce qu'on a compris très tôt qu'il fallait mettre sur la table ce qu'on savait faire le mieux. Je pense qu'en ce qui me concerne, la communication que j'ai... que j'ai mis en œuvre pour des organisations, m'a servi aujourd'hui dans mon entreprise. Et quand je suis arrivée à SAHENA, c'était important pour moi de créer une entreprise. Donc souvent, les créatifs, ils sont dans une catégorie de... Ce sont des créatifs, ils ont besoin d'inspiration, ils créent de belles choses, ils créent des choses originales. Mais le côté technique, le côté orienté business, le côté... communication, storytelling, maîtrise des chiffres, etc. C'est vrai qu'on ne l'affecte pas souvent au créatif. Et moi, c'était avant le design même des pièces, c'était ma valeur ajoutée. C'est ce que je venais d'abord apporter au business, avant même de rejoindre ma maman. Donc oui, ce marketing, cette communication, cette expérience en événementiel me sert grandement aujourd'hui quand je vais à l'étranger pour des pop-up, on est encore une petite entreprise, donc on est obligé de cumuler plusieurs postes. J'ai la chance de pouvoir encore, même si j'ai hâte de déléguer, j'ai la chance de pouvoir voyager pour la marque. Ces deux dernières années, j'ai beaucoup voyagé pour des pop-up et ça me renvoie encore à la question précédente sur la relation avec les clients. Aujourd'hui, un pop-up, Ce n'est pas juste un lieu d'animation, un lieu commercial. Nous, ça nous sert énormément à nous rapprocher de notre clientèle existante. Donc quand on organise des pop-ups, on tient au courant notre clientèle qui est malvée dans le lieu où nous allons. Donc on est content d'enfin mettre un visage sur la voie ou sur les messages qu'on reçoit. Et eux, pareil, c'est un moment d'échange, c'est un moment de convivialité. ça nous sert aussi à mesurer et à ajuster les actions qu'on met en place. Quand on est en face du client, c'est très différent. C'est encore plus intéressant que le virtuel. Donc oui, la com nous aide beaucoup.
- Speaker
En fait, vous formez un duo de choc avec ta maman parce que quelqu'un qui a une expertise en communication et marketing d'un côté, quelqu'un qui a une expertise, un savoir-faire technique du vêtement, c'est vraiment l'idéal pour construire une marque, d'être vraiment à deux et d'avoir des expertises bien distinctes. En termes de, quand tu parles de la direction artistique, du type de pièces que vous proposez, ce que tu évoquais, c'est une marque made in Dakar. Il y a une volonté d'être internationale et de ne pas habiller. que la Dakaroise, je ne passe habillée que la Bidjanez. Est-ce que tu peux nous parler justement de tes inspirations ? Est-ce que tu peux nous décrire en fait la marque Sayana en termes de vestiaire en fait ?
- Denise
Alors, le vestiaire de Sayana est fortement influencé par les profils de nos clientes. Parce qu'on a compris avec le temps que la plupart des clients Sayana, elles recherchent de la praticité. Ce sont des femmes actives qui bougent beaucoup, qui portent plusieurs casquettes, qui ont plusieurs vies dans une vie. Certaines voyagent beaucoup, d'autres sont à la fois actives professionnellement, mères, épouses, ou pas du tout. En tout cas, on a remarqué que ces femmes cherchent le confort dans leurs vêtements. Les femmes ne veulent plus s'encombrer de vêtements qui piquent, ou trop grands, ou trop lourds. en tout cas qui ne conviennent pas dans le quotidien. On a remarqué qu'au-delà du confort, il y a aussi la polyvalence des pièces qui est importante. Quand on est sur un positionnement premium, les prix vont avec. Donc c'est aussi un investissement qu'elles font dans la durée. Et ceci a motivé aussi notre désir de nous pencher sur la production textile parce que les questions écoresponsables et durables nous concernent et nous parlent. Quand on achète une pièce Sayana, On est sûr de la garder très longtemps. L'objectif, c'est même de pouvoir la léguer à son enfant. Donc, cette notion de durabilité et cette polyvalence, elle est importante. Que les accessoires viennent aussi jouer leur rôle. que la femme habillée en Siena puisse passer d'une tenue pour aller au travail, en fonction des accessoires, qu'elle puisse switcher pour aller à un cocktail ou à un autre type d'événement. Donc polyvalence, confort et practicité. Oui, c'est un peu ça. Et puis l'exclusivité, on a remarqué qu'en Afrique, On a beaucoup d'événements, ce qui est le contraire de la vie occidentale. On a beaucoup d'événements, on est dans des capitales où, je ne vais pas dire que tout le monde se connaît, mais presque. Donc cet aspect exclusif est très très important pour les clients de Sayana. Et nous, c'est ce qu'on essaie d'apporter, habiller les femmes d'aujourd'hui avec du sens, qu'elles sachent ce qu'elles ont acheté. on a aussi cette sensibilité à les initier, à les éduquer aux matières, à leur provenance, à l'origine des produits. Dans la communication et le storytelling, on veille également à apporter du sens dans les noms des pièces, dans les noms des collections. Par exemple, notre dernière collection est inspirée de Dakar, Le Plateau. Dakar, la capitale, mais il y a un quartier qui s'appelle Le Plateau, c'est le centre de Dakar, c'est le quartier des affaires, c'est Merci. C'est un lieu très cosmopolite. C'est le lieu où est basée aussi la boutique Sayana. C'est un lieu où j'ai aussi grandi. J'ai fait une partie de mes études dans ce quartier-là. Donc voilà, c'est un quartier où il y a beaucoup d'extatriés. C'est un lieu de passage, de rencontres et d'affaires. Et c'est aussi un lieu historique parce qu'il abrite beaucoup de bâtiments coloniaux. et de monuments importants sénégalais. Donc, notre dernière collection a inspiré de Dakar le plateau. Et on va voir aussi les noms de nos pièces, les noms qui ont des significations. Le haut qui t'a marqué, par exemple, lors du pop-up Style Lounge Platform, c'était le haut Wantaï. Et si tu remarques bien, il a la forme d'un éventail. Wantaï signifie éventail en Wolof et avec ses plis. sa coupe en forme d'ouverture d'éventail, c'est ce qui l'a inspiré tout simplement. Donc comme ça, on va faire des petits rappels de notre culture, de nos origines, de notre appartenance.
- Speaker
On sent que la culture d'Akaroise, le côté Made in Africa fait partie intégrante de l'ADN de la marque et de la manière dont les collections sont construites. Et tu penses que cet élément de différenciation aujourd'hui par rapport à d'autres marques africaines ou pas, c'est vraiment quelque chose que la consommatrice, elle recherche ?
- Denise
Oui, je pense. Moi déjà, j'avais remarqué que beaucoup de marques se faisaient appeler les marques Medinafrica. Et pour moi, Medinafrica, c'est un peu vague. C'est vrai qu'on vient de l'Afrique tous. Mais c'est tellement grand, c'est vaste, c'est riche, l'Afrique. Et pour moi, l'Indonatrika, ce n'est pas précis. Donc c'est vrai, mais ce n'est pas assez précis. Donc je mets l'accent sur Dakar, sur le Sénégal en particulier, régulièrement, parce que le Sénégal a ses savoir-faire qui lui sont propres, sa façon de s'habiller, ses influences, etc. Aujourd'hui, pour les clients, je pense que c'est important, parce que Cette notion d'ambassadeur dont je parlais plus tôt, on l'a vue des deux côtés. On voit de plus en plus d'Africains en local ou dans la diaspora s'habiller de plus en plus avec des pièces conçues ou confectionnées d'origine africaine, ivoirienne, sud-africaine, etc. Parce que, comme je le disais, c'est une manière de se présenter au monde. Le vêtement à lui seul sert de présentation. Donc on a remarqué aussi que dans les propositions occidentales, la fast fashion prenait beaucoup de place et même les marques qui n'étaient pas dans la fast fashion perdent des clients dans nos communautés parce que les codes qu'ils utilisent, les codes du luxe sont propres à l'Occident. Donc on a... Aujourd'hui, besoin de sens, on recherche les collections. On a besoin de savoir que notre tissu a été... tissé à Ouagadougou, a été cousu au Sénégal pour une génia, et puis expédié aux Etats-Unis. Donc c'est une fierté pour les clients et les consommateurs du mode africain aujourd'hui d'avoir cette traçabilité.
- Speaker
Quand tu parlais de ta clientèle et de la manière dont tu travailles, la marque t'évoquait le fait, certes, de vouloir habiller une population locale sénégalaise, une population régionale à Abidjan ou Bénin en Afrique de l'Ouest mais aussi d'être présent à Paris et de ne pas habiller qu'une clientèle africaine. Aujourd'hui, la marque elle existe depuis un certain temps. Est-ce que justement tu as pu expérimenter le côté international et avoir des retours finalement de personnes qui vont être intéressées par la marque et qui ne sont pas. forcément africains.
- Denise
Et justement, dans nos archétypes, il y avait vraiment un profil parce que ils représentent une grande partie de notre clientèle chez Sayana, par exemple. Et pour moi, de toute façon, l'internationalisation de Sayana ne signifie pas quitter Dakar. Ce n'est pas s'implanter ailleurs. C'est justement l'inverse. Moi, je veux que Dakar soit le point de départ. Je ne veux pas non plus que ce soit le point d'arrivée. parce que ça ne ferait pas de sens. Nous avons notre slogan que nous utilisons beaucoup et qui dit « Rooted in Dakar, made for the world » . Nous sommes profondément ancrés à Dakar, même si on conçoit et on confectionne aussi, mais nous sommes ouverts et pensés pour le monde. Donc l'idée est vraiment celle-là, partir d'un ancrage très fort pour construire une marque qui voyage. Donc l'Afrique est évidemment un marché très, très important pour nous, prioritaire d'ailleurs. Mais je pense aussi à Paris, je pense aux États-Unis, je pense à pas mal de pays d'Europe et à d'autres marchés, je pense au Middle East, tout ce qui est Dubaï, Émirat arabe, etc. Je pense que la mode africaine est aujourd'hui dans une phase où elle peut être regardée différemment. Pour moi, le temps est révolu de la voir comme quelque chose d'exotique ou de culturel. Pour moi, c'est fini les clichés du wax, de la mode africaine extravagante, très bariolée. Aujourd'hui, on est arrivé à un stade où la mode africaine doit être vue comme une véritable industrie créative et comme une industrie de mode. Et voilà, je veux habiller des femmes de tout horizon qui partagent la même sensibilité, qui aiment le beau, qui sont sensibles à l'esthétique. à leur regard sur elles-mêmes, à leur confiance en elles-mêmes. C'est ce qui est important pour moi.
- Speaker
Tu m'offres une transition idéale. Là, on est à quelques semaines de l'événement Afrique en Seine auquel tu participes, qui est organisé par l'AEL Concept Store. Est-ce que tu peux nous parler de ta participation à cet événement et de comment en fait... Là, tu t'organises pour préparer ta venue à Paris. Est-ce que c'est une nouvelle collection que tu nous prépares pour cet événement-là ? Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur la préparation de cet événement ?
- Denise
Je suis très, très excitée à l'idée de participer à cet événement. Il y a quelques mois, nous étions à Paris cet été. Ça a été l'occasion de rencontrer nos chers clients, d'en découvrir de nouvelles. d'accroître la visibilité, la reconnaissance de la marque. Et quelques mois plus tard, le retourné, c'est vraiment une confirmation que le marché est là, qu'il est prêt. Avec Naël, c'est une belle collaboration, il y a une belle curation de marques, des marques très talentueuses et très clémentaires. On propose que ce soit dans la marque de la vie, les bijoux, les accessoires, les vêtements et l'art de vie. Pour moi, c'est un beau moment encore de partage et de découverte. Et je le prépare avec ma maman et tout l'atelier avec beaucoup d'excitation. Nous sommes en train de préparer un réassort des plus belles pièces, des meilleures pièces, donc des best-sellers. On apporte ce qu'il y a de plus beau à Paris dans quelques semaines.
- Speaker
Très bien. Toi, tu faisais déjà partie, donc le concept store, Naël, on va dire un concept store qui est à Dakar, ils ont aussi une adresse à Abidjan. Est-ce que ta collection, elle a déjà été distribuée à travers ce concept store ?
- Denise
Oui. Aujourd'hui, ça fait six mois que nous sommes représentés dans le concept store Nael. Ça se passe très bien. Ils ont une belle communication, une belle image, une entreprise très crédible, très sérieuse, qui respecte ses créateurs et qui ne ménage aucun effort pour toujours organiser des rencontres, des talks, créer des opportunités pour nous permettre d'être vus et reconnus. Dans ces six mois, on a participé avec Naël à un pop-up de Kenya. C'était une destination qui était dans notre liste, notre fameuse roadmap. Et nous avons eu l'opportunité d'y être pour une autre mission. Nous avions un défilé et une exposition. Et dans la foulée, Naël a aussi organisé un pop-up sur place, auquel on a participé avec joie. Comme la France, nous nous sommes aperçus que l'aérobis, le Kenya était très,
- Speaker
Très bien, donc c'est une collaboration sur le long terme qui s'inscrit avec les équipes de Nael Concept Store pour pouvoir avoir accès finalement à des régions en Afrique.
- Denise
Conquérir le monde.
- Speaker
Exactement, exactement. A minima conquérir le monde. Toi, aujourd'hui, quand tu réfléchis à 5 ans, quelles sont tes perspectives par rapport à la marque Sayana ?
- Denise
Un grand sujet. Un grand sujet, mes perspectives, c'est déjà une meilleure structuration de l'entreprise, pas de la marque seulement, mais de l'entreprise Sayana. Aussi, des collaborations. Moi, je crois beaucoup aux collaborations. entre marques ou même pas forcément des marques de mode. Donc je crois beaucoup à la collaboration. Des missions dans d'autres pays, je pense à l'Afrique centrale, l'Afrique australe, l'Afrique du Sud que j'aimerais beaucoup visiter où je crois qu'il y a un réel potentiel. En Afrique de l'Ouest également, le Ghana et le Nigeria. où des actions sont en cours. Donc l'idée, c'est de grandir un peu dans le continent. C'est aussi d'essayer d'avoir une meilleure expérience en relations publiques, presse, à l'international, de participer, pourquoi pas, à des fashion week, que ce soit à Lagos ou New York ou Paris. La formation aussi. Si on peut optimiser les connaissances, approfondir les connaissances volontiers, que ce soit pour moi, pour les équipes, et puis le développement en alternant, agrandir l'équipe, former l'équipe toujours et répondre à une demande plus forte, plus exigeante. Globalement, ce serait ça. Et puis, la communication. La communication, toujours encore la communication. Essayer de, bon, même pas essayer, carrément proposer des campagnes de communication qui rivalisent avec les plus belles marques de mode, telles que Christy Brown au Ghana, Andrea Iyama au Nigeria, Athelie Ndigo. Tongo Ro Studio qui est du Sénégal, Diarra Blue, Marhosa, Tébé Magogou, voilà.
- Speaker
De très belles ambitions pour la marque qu'on te souhaite d'atteindre. Je réalise que je ne t'ai pas posé la question au niveau de la communication, la question du défilé. Est-ce que pour toi c'est quelque chose d'important d'avoir un moment annuel ou biannuel de présentation de ta collection, mais d'un côté pas pop-up, mais vraiment dans le côté défilé. Est-ce que c'est quelque chose sur lequel avec ta maman, vous travaillez au niveau du développement de la marque ou aujourd'hui, ce n'est pas forcément quelque chose que vous considérez comme étant, comment dire, indispensable ?
- Denise
Ce n'est pas indispensable pour développer sa marque de prêt-à-porter, mais Sayana a toujours eu ce côté haute couture. Donc, on a participé à des défilés organisés par d'autres marques ou par on a d'autres organisations événementielles, etc. Au Maroc, au Kenya, en Éthiopie, à Dakar. Et nous n'avons pas encore organisé notre propre défilé parce que nous le préparons depuis plusieurs années. On a une idée assez précise de la manière dont on veut. organiser notre premier défilé en termes de concepts, de direction artistique, de scénographie, de création. Et pour nous, c'était important d'abord de structurer l'entreprise, de développer la marque, son image, sa communication, sa relation avec ses clients. Pour nous, c'est important de d'abord créer des systèmes en interne qui fonctionnent. pour après... aller vers, développer ce côté artistique, parce que c'est un, j'allais dire c'est un autre métier, mais c'est vraiment, c'est pas le même travail que de développer des campagnes et des collections. Donc on a une idée, comme je disais, assez précise de ce qu'on veut faire, de comment on veut le faire. Ça demande beaucoup de moyens, ça demande beaucoup de réflexion, et on se prépare tous les jours. À chaque fois qu'on regarde un défilé ou qu'on participe à un défilé. ça nous touche, ça nous influence un peu et puis on ajuste un peu notre idée je pense que il se fera en 2027 à Dakar évidemment et on te tiendra au courant très bien,
- Speaker
et bien écoute le rendez-vous est pris je me ferai un plaisir si je peux y assister d'y assister et sinon au moins d'en faire la promotion bonjour On arrive à la fin de cette interview. Moi, j'ai été ravie d'échanger avec toi et d'en savoir davantage sur la marque Sayana. On va se retrouver de toute façon dès le 15 octobre à Paris pour pouvoir assister au pop-up et découvrir la collection que tu nous prépares pour cet événement.
- Denise
Je suis ravie, Ramatane. Je te remercie pour ton temps, pour cette opportunité que tu me donnes de présenter ou de partager au monde Sayana, c'est une aventure extraordinaire et j'ai la chance de pouvoir la vivre avec ma chère maman. J'ai hâte de découvrir les merveilles et les petites qu'on a conçues spécialement pour cet événement. Je suis sûre qu'elles plairont, qu'elles inspireront positivement.
- Speaker
Je te dis à très vite à Paris pour un truc en scène.
- Denise
Merci Laurent Matin, à très vite.
- Speaker
Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis, vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcast ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.