- Florence
Je regarde ce qui se passe, je vois pas mal de films où ils ont mis des moyens, dans les coiffures, dans les séries, sur des défilés. Je suis une ou deux artistes coiffeuses aussi, Air Poète par exemple, qu'on avait secondé pour Laurigny, qui travaille avec Alicia Keys et tout ça, elle est incroyable. Et oui, les défilés sont en train de se faire de plus en plus, finalement c'est le cheveu qui est mis en avant.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa, éthiques et performants. Je suis Ramatalia Lowe, je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes. Je suis également consultante en marketing et communication. J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Au-delà de la mode, je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Florence Prébeau. Florence cumule plusieurs activités, le Festival des cultures afro à La Réunion, la plateforme Made with Africa dont la mission est d'organiser des voyages en Afrique depuis La Réunion et également une activité de coiffeuse artistique. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de ses différentes initiatives. Bienvenue Florence, comment vas-tu ?
- Florence
Eh bien écoute, ça va très bien, ramasse-toi.
- Ramata
Ben écoute, tu es très bien. Je suis ravie qu'on ait pu réussir à organiser cette interview. On a échangé un petit peu sur LinkedIn et très vite, quand j'ai découvert tes différentes activités, je t'ai proposé cette interview. Alors, on va commencer comme je le fais toujours. Je vais te demander de te présenter.
- Florence
Eh bien déjà, merci beaucoup parce que je ne te l'ai pas dit. Moi, ça me tient vraiment à cœur de faire ce podcast parce que moi, quand j'ai vu ta page, je me suis dit « waouh, waouh, quelle femme » . Donc, ça me fait vraiment plaisir d'être là. Alors, pour ma présentation... Donc, je viens d'aller de La Réunion. Je m'appelle Florence. J'ai 38 ans bientôt. Maman, j'ai une grande fille de 18 ans. Et j'ai toujours été quelqu'un d'assez volatile, j'ai envie de dire, dans mes projets et dans ce que j'avais envie de faire. Et vous allez en savoir un peu plus. Mais je pense qu'aujourd'hui, avoir autant de casquettes, ça me ressemble vraiment beaucoup. Et je suis très heureuse de venir en parler.
- Ramata
Écoute, ça présage énormément de moments intéressants pendant ce podcast. Donc, j'ai envie de commencer un petit peu par ton... J'aime bien en fait revenir sur les débuts. Donc peut-être ton parcours primaire, tes premières passions, tes premières envies. Je sais qu'aujourd'hui, il y a un festival, donc il y a l'événementiel dans ce que tu fais aujourd'hui. Il y a la coiffure, il y a également le voyage. Ce qui m'intéresse, c'est de savoir... Qu'est-ce qui, dans tes études ou quand tu étais petite, par quoi est-ce que tu as commencé ? Quelle a été ta première activité ? Et si faux, c'était quelque chose qui n'avait rien à voir avec ces trois activités-là. Et moi, ça m'a fait le coup d'avoir le point de départ de mes invités.
- Florence
Eh bien, écoute, tout simplement, moi, quand j'étais petite, mon papa m'a toujours parlé de l'Afrique. J'ai deux demi-sœurs qui sont ivoiriennes. et un demi-frère. Et ils m'en parlaient tout le temps, tout le temps. Ils nous parlaient de l'Afrique. Ils nous berçaient avec des histoires. Et je pense que ça, déjà, ça m'a amenée à me poser des questions très tôt. Je viens d'une île où on parle très peu de notre lien, finalement, avec l'Afrique. Et très vite, ça m'a interrogée. Mais ce n'est pas pour autant que j'ai trouvé des réponses. Donc, j'étais jeune. Voilà, j'ai continué ma vie tranquillement. J'étais passionnée de danse à l'époque et je voulais devenir un peu comme Britney Spears, une pop star, danser, chanter. Et je l'ai fait. fait, on a fait pas mal de grosses scènes avec mon petit groupe, j'avais 16 ans, j'ai quitté l'école, je me suis dit je vais faire le tour du monde, j'aurai pas d'enfants, je voyais vraiment cette vie un peu de nomade avec mon petit groupe, c'était un peu l'image que j'avais de mon avenir. J'ai été quand même super jeune, un peu trop jeune aujourd'hui, je le dirais. Et puis, j'ai quitté la Réunion. J'ai quitté la Réunion à 18 ans. Je rêvais de plus grand, je rêvais de plus de choses. Et puis, arrivé à Paris, désillusion totale. J'arrive à Paris, il faut bosser, il faut payer son loyer. Tu te rends compte que la vie sur l'île et la vie parisienne, ça n'a rien à voir. On n'a pas du tout cette idée de réalité. Il y a Paris où tu vois des gens dormir sous les ponts. Ici, ça n'existe pas. À la Réunion, ça n'existe absolument pas. Je n'ai jamais vu ça. Et du coup, ça m'a amenée tout de suite dans un bain qui ne m'a vraiment pas plu puisque j'étais très bisounours, très dans ma tête artiste. Oh là là, extraordinaire la vie. Ça m'a un peu mis les poings sur les i en me disant, bon, maintenant, il faut bosser, il faut faire quelque chose de sa vie. Sinon, écoute, voilà, tu vas dormir sous un pont et tu vas gagner. Et à partir de là, c'était un peu moins marrant. Je me suis passionnée pour la restauration. C'est vrai que j'adorais. J'adorais être toujours en contact avec les gens. Je passais énormément de temps à discuter avec mes clients. On m'adorait aussi. J'ai vite monté les échelons. J'ai formé très rapidement. J'étais toute jeune, mais j'étais assez expérimentée, assez vite. Ça a duré presque dix ans, cette histoire. Vers mes 25 ans, 24-25 ans, j'ai commencé à me dire bon. J'ai un enfant, faire les nuits, bon, ce n'est pas l'idéal. Là, je suis toutes les nuits dehors, bon, qu'est-ce qu'on fait ? Et j'ai décidé de reprendre mes études. Et là, j'ai vraiment suivi ce que la société voulait de nous. Donc, faire des études, partir le plus loin possible dans tes études, et puis décrocher un CDI, et puis acheter une maison, avoir ton permis. Parce que je n'avais rien coché, en fait. Ni permis, ni rien. J'étais une jeune, un peu paumée, avec un enfant. Voilà, et puis finalement, mes études, ça a été l'une des meilleures périodes de ma vie, je pense, où j'ai le plus appris sur moi, où j'ai rencontré beaucoup de gens très différents, de tous horizons. Et j'ai aussi commencé à me rapprocher un petit peu, justement, de « Ah bon, vous êtes africain, mes amis ? Racontez-moi, qu'est-ce que c'est finalement d'être africain aujourd'hui à Paris ? Pourquoi vous êtes là ? » Pourquoi vous n'êtes pas chez vous là-bas ? Qu'est-ce que vous faites ? Je ne comprenais pas. Je me disais, mais ils sont en Afrique, ils ont de la chance. Pourquoi ils viennent ? Je ne comprenais pas. Après tous les bienfaits que mon papa me racontait. Oh, waouh, l'Afrique, waouh, l'Afrique. Je ne comprenais pas. Pourquoi les gens étaient en Occident ? Je ne tapais rien. Je me disais, mon île. Bisous, nous. Et au final, j'ai décroché mes diplômes. J'ai commencé à travailler en banque. Et je me disais, non, ça ne va pas. Ça ne va pas. Je n'aime pas ça. J'aime rien de ce que je fais. Pareil, j'excelle. J'ai appris à être une bonne commerciale. J'ai appris à supporter la pression. J'aime pas ça. Je me dis, peut-être que je vais chercher le diplôme de dessus. Peut-être que si c'est moi qui prends les décisions, ça me plaira. Je vais chercher un master. J'essaie de faire ressources humaines, management. Ça me plaît toujours pas. J'ai la tête dans l'ordinateur toute la journée. Je suis pas bien. Et puis en 2018, j'ai mes diplômes, j'ai tout ce qu'il faut. J'ai l'impression que j'arrive au bout de quelque chose, j'arrive à la fin. Et je commence à travailler, je ne trouve pas le boulot, donc je retourne en banque. Et je n'aime toujours pas ça. Et là, je décide de rentrer à la rue. Là, je me dis, il faut que je rentre. Puis ma vie perso, ça n'allait plus. Je me disais non, je vais rentrer. Ma fille avait envie de rentrer. On avait envie de rentrer, on s'est dit let's go. Mais revenir, ça veut dire aussi, est-ce que ça veut dire que j'ai échoué ? Est-ce que ça veut dire que les gens vont se moquer de moi ? Est-ce que ça veut dire que je fais un retour à la case départ ? Et puis en arrivant, j'ai décidé que ce n'était pas un retour à la case départ, mais une continuité qui allait pouvoir être différente, parce qu'à La Réunion, j'ai ma famille, je suis entourée, j'ai du monde avec moi. Et en arrivant, je me rends vite compte que mon côté artistique, il est libre en fait. Il peut s'exprimer, je commence à faire des coiffures. Et alors, je commence à faire des tresses. Je recommence parce que, vraisemblablement, on m'appelle en me disant « Ah, tu te souviens quand tu nous tressais avant ? Tu fais encore ça ? » Et moi, je ne m'en souvenais pas. Je me disais « Ah bon ? Ok, bon, bah, let's go. » Et donc, j'ai commencé comme ça. J'ai commencé à tresser des amis, des copines, la famille. Et petit à petit, les gens m'ont recommandé, m'ont recommandé, m'ont recommandé. Je commençais à coiffer des artistes. J'ai commencé à me dire « Mais pourquoi on fait comme ça ? Qui a dit qu'on faisait comme ça ? Et si on faisait autrement ? Et si on changeait ça ? Ah, et si je mettais du fil de fer ? » Et en fait, je me suis juste exprimée, j'ai continué, continué. Et je suis devenue la coiffeuse artistique qui veut montrer autre chose. Tu as vu un peu aussi ce qu'ils faisaient ailleurs. J'ai rencontré du monde, j'ai fouillé sur Internet. J'ai vu aussi ce que le monde fait. Et je me dis non, ce n'est pas possible qu'ici, on reste aussi fermé. Donc voilà pour une première partie de comment j'ai arrivé aujourd'hui à l'AQ.
- Ramata
Très bien, super intéressant en tout cas de se dire que tu as eu un parcours en banque qui te corrige. Mais à un moment donné, toi, tu as décidé de reprendre tes études et quelque part d'être un peu dans ce côté rangé. la banque, l'avocat, la médecine, les questions qui sont les lignes droites que l'on recommande. Et tu ne t'es pas du tout sentie là-dedans. Donc, c'est assez intéressant que tu nous partages ça. Et du coup, toi, dès le départ, ce qu'on comprend, c'est que tu parles de coiffure artistique. Est-ce que tu peux expliquer ce que tu entends par là exactement ?
- Florence
Moi, quand je dis artistique, pour moi, c'est qu'on sort du quotidien. On sort de quelque chose qui se fait habituellement. visuellement, si je peux dire comme ça. C'est quelque chose qui va être inspiré par un mouvement, une couleur, un thème, quelque chose. C'est vraiment autre chose qui vient du plus profond. Ce n'est pas j'ai vu un modèle sur les réseaux et mon client arrive avec un modèle. Voilà, c'est Florence, demain j'ai un clip. Voilà. Je ne sais pas trop quoi faire. Voilà la direction qu'on a donnée à ce clip, les images, les couleurs, tout l'univers. Qu'est-ce que tu penses là qu'on pourrait ajouter et qu'il m'irait ? Et c'est comme ça en fait que j'ai commencé, juste à proposer des choses. Au début, c'était que de la proposition et je me disais, mais t'es folle ! Je m'en souviendrai toute ma vie. Je me disais, mais t'es folle ! J'ai dit, ben ouais, peut-être, mais moi j'aime bien. Je trouve que ça irait bien, ça ferait joli. Et après, j'ai des gens qui ont commencé à me laisser faire. Et je remercie ces gens-là parce que sans eux, j'aurais peut-être pas insisté, tu vois.
- Ramata
Et bien, ce que tu évoques en tout cas, c'est que tu parles de potentiels clients qui t'ont sollicité parce qu'ils avaient des clips. Donc toi, tu travailles plutôt avec des artistes, avec des personnalités qui vont être sur le devant de la scène et du coup, qui ont besoin de coiffure artistique, qui vont être un peu originales, extravagantes. Et en général, c'est pour ça qu'on fait appel à toi.
- Florence
C'est... C'est ce que c'est devenu au tout début. Non, je coiffais les petits pour la rentrée, les mamans. Voilà, je faisais vraiment le classique du classique. J'en ai fait pendant deux, trois ans. Pour me faire connaître, je faisais pas mal de pop-up dans les événements où je venais. Je faisais des petites coiffures simples et rapides à plusieurs personnes. En fait, je me suis un peu tuée à la tâche. Et je l'ai fait pendant... Ça ne fait pas longtemps que j'en fais vraiment plus. Même quand officiellement, j'en faisais plus, je coiffais toujours des gens autour de moi. Et l'artistique, c'est venu un petit peu après quand même, au bout de deux ans où je m'ennuyais un peu dans ce que je fais en général. Donc là, j'avais envie d'autre chose. Et puis, je connaissais un ou deux artistes. Et puis, je suis allée vraiment un peu au culot en disant « T'es tresse là, c'est pas ouf. Viens, je te propose un truc. » Et j'y allais un peu comme ça au culot. Et à partir du moment où j'en ai fait un, ça a un peu fait boule de neige. Ensuite, on m'a contactée pour des artistes qui venaient en tournage à La Réunion. Donc, c'était des artistes entiers. J'ai fait aussi dans l'autre sens où j'allais à Paris. Comme je te disais tout à l'heure, on m'a déjà contactée pour Coiffé Lorigny. Ça, c'était vraiment le goal de ma vie. Tu vois, c'est incroyable. Après, on était plusieurs. Je n'étais qu'une assistante, mais c'était quand même incroyable. On a été des profils choisis quand même. donc C'est quand même fou. Il y a plusieurs artistes en Thierry. J'ai coiffé pour les Fashion Week. Et puis, entre-temps, j'avais fait mes propres défilés parce que moi, je voulais montrer ça. Et j'étais sûre de pouvoir trouver d'autres personnes comme moi. Donc, j'avais fait un petit groupe de braiders. Je leur avais dit, regardez, là, on peut faire des trucs comme ça. Si on met du fil de fer, regardez, on peut faire ça. Et en fait, on a réussi à créer un défilé. Je crois que c'était en 2023 ou 2022. Et on a fait un premier défilé, puis un deuxième, puis un troisième. Puis c'est devenu un petit événement quand même. Les gens venaient. Et après, on a ajouté à ça une petite soirée. Donc, ça faisait musique. Et puis, entre-temps, j'ai voyagé en Afrique du Sud. J'ai découvert la maquillage. J'ai découvert tout ça. Donc, ça a fait un effet un peu boule de neige. Et c'est incroyable, en fait, quand j'y repense déjà pour commencer. Mais après, ça a été vraiment artiste. Là, maintenant, aujourd'hui, quand on m'appelle, c'est plus pour les artistes. film aussi, j'ai fait série aussi.
- Ramata
Donc c'est intéressant, toi le point de départ de certains événements que tu as pu créer, en fait, ton lien avec l'événementiel, il a commencé par la coiffure et par la volonté de mettre en avant tes créations, mais au niveau de la coiffure.
- Florence
Oui. Exactement. Ça a commencé avec la coiffure pour après se dire... Au début, je disais ton événement à ma piano. Donc, c'était coiffure artistique. Ensuite, c'était événement afro, événement afro à ma piano. En fait, on s'est un peu cherchés. C'est parce que par le biais de mon association qu'on fait ça. Et là, aujourd'hui, on est devenus ce festival des cultures afro parce que la volonté, c'est de partir encore plus loin, plus profondément. dans les disciplines, dans les différentes cultures, tout simplement.
- Ramata
Très bien, écoute, tu m'offres une transition parfaite pour justement parler du festival. Donc là, on comprend comment petit à petit, en fait, ça a évolué vers cette idée de festival. Est-ce que tu peux du coup maintenant nous parler de ce festival-là, de quelle est en fait la mission ? Et puis, il y a une édition qui vient de se terminer, donc tu vas nous raconter un petit peu quels ont été les principaux temps forts.
- Florence
Oui, tout à fait. Alors déjà, il faut savoir que personnellement, je n'ai jamais fait de festival, donc c'est quand même un peu incroyable. À La Réunion, il n'y en a pas énormément. Il y en a deux très connues, qui ne ramènent pas forcément le type de musique ou de choses que j'ai envie de voir moi personnellement. Donc, je n'ai jamais vraiment été intéressée par ce qui se faisait. Jusqu'à cette année où j'ai rencontré pas mal de gens sur un événement. qui est organisé par un autre gros festival. C'est un événement gros, networking, dans les métiers justement de l'événementiel et du festival. Et je me suis dit, sur les conseils d'une super amie, pourquoi pas y faire un petit tour, voir un petit peu. Moi, je ne me sentais pas à la hauteur de ça. Je me disais, on a une petite association. Et puis, j'y suis allée. Finalement, beaucoup de gens connaissaient ce que je faisais. Ils avaient compris mon ambition. Et ça a été accueilli avec beaucoup de bienveillance. si j'étais autre. contente de voir ça, ce qui m'a énormément motivée. De base, la mairie de ma ville, elle me soutient. Mais j'étais quand même en co-organisation de leur événement avec ma petite touche afro. C'était ça le deal. Et cette année, en fait, ils ont décidé de nous laisser faire notre première édition de notre festival afro. Et ça, c'était incroyable parce que on n'était pas partis du tout sur ça, en fait. Et que ça arrive comme ça, nous, on était vraiment trop contents, mais pris un peu de cours aussi en même temps. Mais on s'est dit, là, non, il faut qu'on y aille, il faut que ça arrive. Donc, ce festival, en fait, moi, j'aime bien réunir plusieurs disciplines. Donc, je garde la coiffure afro. J'ai ajouté, quand je suis en fin de monde, du coup, donc on a des créateurs qui sont là. On ne part pas forcément sur de la... Comment dire ? Je ne pars pas dans du cliché Watson, par exemple. mais c'est des créateurs afro-descendants qui font ce qu'ils ont envie de faire et nous après on ajoute à ça les coiffures artistiques qui viennent achever le look entier on a le côté battle parce que la danse afro pareil, pas très reconnue je trouve qu'on parle beaucoup de toutes les disciplines sauf celle-là donc je comprends pas et moi quand je comprends pas, je le fais tout simplement donc on a eu la chance d'avoir un jury quand même exceptionnel avec nous ce jour-là Et le temps fort qui suit, c'est la musique. Donc, on avait un groupe de musique traditionnel. On avait une chanteuse qui représente les îles et les Comores. On avait un DJ qui est venu faire danser tout le monde avec plein de styles de musique afro. Donc, c'était vraiment les trois temps forts de notre événement qui restera d'ailleurs comme ça. On va ajouter des choses avec le temps. avec aussi les aides qu'on a demandées. Parce que là, le but maintenant, c'est de ramener du monde de tout l'océan Indien et de l'Afrique, pour qu'on se réunisse dans un point et avoir des gens de tous les horizons maintenant. On l'a fait, on a montré qu'on savait le faire. Maintenant, pour moi, il faut aller en profondeur. Et pour moi, aller en profondeur, c'est maintenant aller chercher les... nos collègues, tout simplement. Aller chercher nos collègues et dire, là, on a un espace ouvert d'expression où chacun, avec son art, peut venir. Et moi, ça ne me dérange pas d'en ajouter. En tout cas, on peut ajouter des disciplines, il n'y a aucun problème. Voilà un petit peu, c'est de nous reconnecter à la réunion. Le problème, c'est que je trouve, et c'est mon avis personnel, on n'est pas assez connectés. C'est moche de dire ça, mais on a été bien colonisés. C'est-à-dire, ils ont tellement bien fait leur boulot qu'aujourd'hui, c'est difficile. La reconnexion avec ses racines, j'ai l'impression qu'on bataille. Mais c'est en train de changer. Les générations qui arrivent, je trouve qu'elles sont plus ouvertes, elles comprennent mieux l'enjeu aussi de... personnel, en tant qu'individu, mais aussi collectif, du coup. Et je trouve ça incroyable et extraordinaire. C'est pour ça que je lâcherai jamais ce projet. Jamais, jamais.
- Ramata
Donc, dans le fait... Je retiens deux choses. Dans le fait de faire grandir le festival, aujourd'hui, il se déroule sur combien de temps, le festival ?
- Florence
Non, c'est une journée. C'est un petit bébé festival. J'appelle le petit bébé. Souvent,
- Ramata
le festival, ça commence par une journée et puis quand on veut les faire grand, on se retrouve avec... 3-4 jours, mais parce qu'il y a plus d'interventions, le programme est plus dense.
- Florence
Exact.
- Ramata
Donc, c'est cette première question que vous voulez...
- Florence
On a fait ce choix aussi de se dire, est-ce qu'on fait une journée et on essaie de rester vraiment cohérents, parce qu'aussi, on avait des candidatures de gens qui voulaient intervenir, qui voulaient proposer des choses, mais au bout d'un moment, on est plus cohérents. Donc, en fait, je me suis dit, on reste une journée, on fait cohérent. Mais par contre, pour moi, si on veut continuer dans cette cohérence maintenant, c'est qu'on a fait la partie du boulot, mais comme je dis, il faut maintenant qu'on étoffe avec aussi des visions d'ailleurs. Là, on ne peut pas se dire qu'on représente les cultures afro entre nous, comme ça, réunionnais. Je ne sais pas. Pour moi, ça ne fait pas sens. Donc, il faudrait maintenant qu'on fasse intervenir des personnes de l'extérieur, que ce soit... pu être des personnes des Antilles, de l'océan Indien, de l'Afrique, mais tu vois, qui va apporter maintenant de la profondeur à ce qu'on veut raconter aussi, de cette histoire finalement. Et là, ça fait sens qu'on est tous deux jours pour le coup, parce que là, il y aura plus d'interventions, plus de choses, mais tout connecté, tout qui part sur un seul but, c'est s'exprimer et ramener les gens chez eux, finalement.
- Ramata
On sent mais dans l'ADN de tes différentes initiatives, qu'il y a vraiment une volonté de mettre en avant, de valoriser le continent, la Réunion, mais un peu de sortir finalement de tout ce qui a pu être apporté par la colonisation et de revenir aux racines. Comment t'expliques cet attachement-là, ce côté d'identité, d'aller écrire ? une identité africaine, une identité réunionnaise, mais qui va puiser sa source sur le continent ?
- Florence
Franchement, je ne sais pas. Vraiment, je l'ai depuis toujours. Je ne sais pas, je pense que je suis mieux comme ça. Je suis vraiment née comme ça, avec ce sentiment qu'il y a un truc qu'on ne sait pas. Après, ça, c'est encore autre chose. On a fait des recherches dans ma famille pour comprendre aussi. Il faut aussi comprendre d'où on vient, il paraît, pour pouvoir comprendre où tu vas. Moi, je n'ai pas besoin de comprendre forcément exactement d'où je viens pour savoir où je veux aller. Mais par contre, ce qui est sûr, c'est que dans ce manquement d'informations sur moi-même, mes ancêtres et cet attachement que je dis finalement pour le continent, je comprends en tout cas que je sois toujours en... Quelque part, je suis un peu en recherche de ça et ça a été longtemps une recherche identitaire. Je suis métisse. Ça reste, je ne sais pas, moi, je trouve que ça reste un sujet qui n'est pas totalement fermé chez moi, mais qui n'est pas non plus grand ouvert. Aujourd'hui, je me dis, pour moi, c'est une mission de vie. C'est OK, très bien, depuis toujours. J'ai fait des études, j'ai fait tout ce que je me demandais. En tout cas, j'ai essayé de cocher toutes les cases et vous m'avez ramenée dans mes tresses. Et à chaque fois que j'essayais d'en sortir, parce que je ne l'ai pas dit, mais il y a plein de fois où j'ai voulu sortir des tresses, j'avais mal au dos, j'ai piné, etc. Et je disais non, je vais arrêter. Et je continuais à faire des rêves de défilés, de trucs. Et je me disais, mais ça ne va pas ou quoi ? Elles se font pour qui ? Je disais ça à moi-même. Je me disais, mais elles se font pour qui celles-là ? Elles ont des défilés, elles s'épriment, ça ne va pas ou quoi ? Et en fait, même en oubliant, j'ai oublié ces rêves-là. Et c'est quand j'ai réalisé, par exemple, le premier défilé. Ma fille qui est vraiment, tu te souviens ? Une fois, tu m'avais dit que tu avais rêvé, que tu avais fait des défis. Ben regarde, finalement, tu as fait. Et là, ça me rappelle mes rêves. Et je me dis, ah ouais, c'est vrai, j'avais rêvé de ça. Et j'ai juste décidé de me laisser guider, en fait. Et je me dis, écoute, je vais me laisser guider. J'ai l'impression que ça fonctionne. Donc, let's go. Parfois, c'est difficile parce que tu n'as pas l'impression de savoir où tu vas. Mais en fait, tout a une logique. Moi, aujourd'hui, quand je regarde la big picture de ma vie, Tchou tchou Tout a été... J'ai l'impression que tout a été fait. Ça a été guidé, mais vraiment pas pour rien. Aujourd'hui, là où j'en suis, je me dis que j'ai été guidée. Personne n'aurait pris des décisions que j'ai prises avec un enfant. Là, j'ai jamais de la vie. Personne. Personne. Je comprends. Même moi, aujourd'hui, je me disais, est-ce que je referais la même chose si je n'avais pas l'information de la suite ? Est-ce que là, à mon âge, j'aurais décidé comme ça, par exemple ? Je ne sais pas. J'ai pris des décisions un peu farfelues. Et finalement, je me disais juste, non, je vais aller là-bas. Pourquoi ? Je ne sais pas. OK, let's go. Il y a un truc peut-être plus mystique. En tout cas, je trouve ça beau. Moi, je trouve ça très beau.
- Ramata
Si on revient au côté, là, tu parles de rêve, de défilé, de quelque part un côté initiative entrepreneuriale où en fait, tu n'avais pas forcément d'exemple ou de modèle de personne qui avait déjà fait. Donc, tu t'es lancée là-dedans et tu parles de farfelu. Mais quelque part, quand tu es dans l'innovation, quand tu proposes quelque chose de nouveau, effectivement, si tu es la première à initier ce genre de choses, on ne peut pas te dire. que c'est étrange, mais c'est vrai que à tout défilé, on va associer une certaine direction artistique à la fois de la tenue, à la fois du maquillage et à la fois de la coiffure. Et souvent, on déclare, si on parle des fashion week, le fait que tout ce qui est lié à la coiffure afro, souvent, les mannequins noirs métissés, elles n'ont pas forcément de coiffeurs qui savent correctement s'occuper d'elles. Est-ce que Merci. Toi, tu penses que dans le travail que tu fais au niveau de la coiffure, ce côté artistique et le fait de vouloir faire des défilés, il y a aussi une volonté de montrer toute la versatilité du cheveu afro et de montrer tout ce qu'il est possible de faire. Parce que souvent, quand on ne sait pas faire, on va voir des très beaux mannequins noirs avec la boule à zéro ou avec très peu de cheveux. Et en fait, c'est parce qu'on va les traiter. Ce n'est pas parce qu'elle a un tellement beau visage et tellement beau trait qu'en fait, on a... décidé de lui mettre le crâne.
- Florence
Ouais, non, ouais. Ah non, c'est l'abus. Moi, c'est un sujet là où ça me révolte. Il y a trop de choses révoltantes là-dedans. Mais je ne comprendrai pas. Moi, déjà, je déplore clairement. Je parle de la Réunion d'abord et ensuite, je m'attaque à la métropole, à la Réunion. c'est clair, c'est simple, c'est précis, sur les tournages, sur les courts-métrages, sur les séries, sur les films, sur tout ce qu'on veut, il y a rarement de quoi faire déjà pour commencer. Déjà de un. Ça, c'est un truc, j'ai décidé de faire la paix avec ça parce que je n'ai pas envie de me rajouter un problème en plus dans ma vie. Donc, je me suis dit c'est pas grave, je me tourne vers l'Afrique du Sud il y a quatre heures de vol, un jour, peut-être que je trouverai quoi faire là-bas. C'est pas grave. Mais c'est déplorable. J'en parlais encore il y a moins de... moins de deux heures en rendez-vous. Ils disaient qu'il fallait vraiment professionnaliser les gens dans le milieu, de toute façon, créatif. Chacun a son métier. Il y a pas longtemps, je tournais pour une grosse pub d'une grosse marque française qui était venue tourner à une partie à la réunion de leur spot de biciclettaire. Et le personnage principal, il n'y a pas besoin d'avoir fait back-to-suite pour comprendre qu'un personnage principal qui a sa même déa depuis des millions d'années, je pense même avant ma naissance, il faut prévoir make-up et coiffure pour bien respecter sa DA. Ça n'a pas été prévu. Moi, j'étais là en temps figurante. J'étais venue m'éclater sur un tournage avec des potes. En fait, on avait trois heures de retard parce qu'on me dit la make-up artiste n'a pas réussi à la coiffer. Je dis, mais il n'y a pas de problème dans ta phrase. La make-up artiste n'est pas coiffeuse. À part si moi, je n'ai pas compris. La coiffeur, c'est une légende. Ça, c'est un truc, ça m'agace légèrement. c'est comme ça et j'ai accepté. Je pense que, je ne sais pas, les gens ont envie de faire des économies sur ce poste. Je ne sais pas. Voilà, ça c'est un. La métropole, c'est encore différent parce que pour avoir été pas trop loin de la Fashion Week, j'ai fait une fois et comme par hasard, ça a été pour une grosse marque sud-africaine donc très heureuse. Notre lead, elle était top, elle était géniale mais c'est vrai que ce n'est pas des coiffures que moi j'aurais proposé en tant que lead connaissant le cheveu afro et le temps de préparation, ça a été, ben voilà quoi. C'est dommage, mais c'est juste qu'on ne choisit pas par rapport aux compétences. On choisit par rapport à si tu traînes avec un tel ou un tel, ou qui toi est ton chef, avec qui toi tu traînes finalement. Est-ce que tu traînes avec des personnes qui pourront te pluguer à droite ou à gauche ? Et ça, c'est comme ça dans l'industrie. Et c'est pour ça que moi, ça ne m'intéresse pas forcément plus. Demain, j'ai l'opportunité, je le ferai. Mais je ne vais pas chercher cette opportunité. Et après, par contre, quand tu regardes tout ce qui se passe, ailleurs dans le monde. Je ne comprends pas comment la France ne peut pas se sentir... dernière route du carrosse. Tu regardes ce qui se passe. Moi, je vois pas mal de films où ils ont mis les moyens dans les coiffures, dans les séries, sur des défilés. Je suis une ou deux artistes coiffeuses aussi. Air Poète, par exemple, qu'on avait secondée pour Laurie Neal qui travaille avec Alicia Keys et tout ça. Elle est incroyable. Et oui, là, les défilés sont en train de se faire. de plus en plus, finalement, c'est le cheveu qui est mis en avant. Le nombre de fois où j'ai postulé à des défilés, les défilés off de Fashion Week, je paye ta place, même en payant ta place, je n'ai pas le droit de proposer des coiffures. Ils me disent, vous n'avez pas des tenues ? Je dis, non, ils sont habillés, les mannequins, ils ne sont pas nus, mais c'est des coiffures que je veux montrer. On me dit non. On me dit non. J'ai dit, c'est bon, laissez-moi continuer à faire mes trucs, en fait, dans mon coin et tant pis. Mais c'est dommage. Et parce que là, maintenant, les personnes connues, dame. connus, connus, vont le faire avec des exemples dans leur portfolio comme Lorini. Si tu as l'habitude de croiser Lorini sur toute une tournée ou Alicia Keys sur toute une tournée, forcément, ton dossier a plus de points que le mien. Et c'est là où je trouve que c'est un tout petit peu dommage parce qu'il y a ce côté... C'est dommage, mais c'est le game. J'en ai conscience. C'est vraiment la notoriété. qui va aller définir ça. Et puis les gens ailleurs dans le monde, j'entends, d'unis ou autres, ils sont forts. Non seulement ils sont forts dans la discipline, ils sont forts dans leur communication, leurs artistes, c'est des artistes mondiaux. Tandis que nous, ce n'est pas forcément des artistes mondiaux à part Aïga aujourd'hui ou Théodora. Mais nos artistes ici ne sont pas forcément des artistes mondiaux. Donc c'est difficile de toucher, même parfois le continent africain. Tous les pays africains qui sont plutôt anglophones, ils ne connaissent pas forcément nos... nos supra-artistes francophones, par exemple. Et c'est là où nous, on pêche un tout petit peu parce qu'au final, nous, Français, on devrait s'ouvrir aussi aux pays d'Afrique qui ne sont pas forcément tous francophones. C'est aussi une façon... En fait, pour moi, aujourd'hui, se reconnecter à l'Afrique, ça veut dire aussi se connecter au monde. Je ne sais pas pourquoi on ne le fait pas et je ne comprends pas. J'ai du mal à saisir. Aujourd'hui, on devrait être fiers et avoir envie de se connecter au continent. Et là, je ne parle même plus de francophone ou pas francophone. On devrait faire ça. Et puis, à partir de là, notre don, quand on est bon là, c'est à partir de là qu'on doit le montrer. Et là, il va être dû. En tout cas, je parle d'un jeune mille, une toute petite île. Il y a énormément de gens qui ne savent même pas que la Réunion existe. Je suis arrivée en Afrique du Sud, ils ne savent pas ce que c'est la Réunion. Aucune idée. Et on s'en rend compte, une fois qu'on part, qu'on est perdu au milieu de l'histoire. Je me suis égarée.
- Ramata
Non, non, tu as parfaitement répondu. Après, le but de cette interview, c'est un échange. Donc, c'est bien que tu te sentes à l'aise pour partager tes idées. Est-ce que toi, par rapport à cette notion de pouvoir présenter tes œuvres, ta créativité, la coiffure... Est-ce qu'à travers les Fashion Week en Afrique, comme la Degos Fashion Week au Nigeria, ou comme la Fashion Week, est-ce que... Je sais en tout cas qu'au niveau de la... Il est vrai qu'au niveau de la Dakar Fashion Week, je sais qu'il y a une make-up artiste reconnue. Alors, je suis désolée, je n'ai pas son nom en tête, mais vraiment qui est connue et qui est partenaire d'Adama Paris depuis des années. Maintenant, au niveau... J'avoue que j'ai l'impression que des noms de make-up artistes connus j'en ai en tête, si je prends une make-up artiste connue, Pat McGrath, la make-up artiste britannique, mais finalement, ce serait que des coiffeurs vraiment connus qui sont associés à des défilés et dont on va parler, que ce soit dans le milieu occidental ou en Afrique, en fait, je ne vois pas tant que ça.
- Florence
Non, il y en a très peu. Je pense que la discipline... En fait, coiffeur artistique, je sais que L'Oréal, Ça fait des années qu'ils organisent des concours internationaux de coiffure artistique, c'est beau et tout, mais je ne comprends pas pourquoi ça ne fait pas… Si tu n'es pas passionné de coiffure, en tout cas, tu ne vas pas forcément avoir cette information. Je ne comprends pas comment c'est communiqué. Par contre, aujourd'hui, avec la coiffure afro, là, c'est différent parce qu'on a des collègues comme Afro Crema qui ont réussi, je trouve, ou même Air Poète. je pourrais en citer encore un ou deux, je pense, mais qui ont réussi un peu plus à commencer à se faire connaître, mais après, je ne comprends pas pourquoi ça ne décolle pas plus que ça, quoi. Effectivement, je pense qu'il y a un vrai truc à creuser là. à comprendre, parce que vraiment, effectivement, moi, après, je suis passionnée. Donc, moi, j'ouvre mon compte Instagram ou quoi, il y a des millions de coiffeurs ultra-talentus qui vont apparaître. Mais c'est vrai que on n'a pas tant que ça, finalement. Alors que tout le monde est coiffé, quoi. Dans des films, dans des séries, sur des défilés, dans des clips, pour des scènes, pour des shootings, je ne sais pas. C'est vrai qu'il n'y a pas autant mis en avant que le make-up. Et je trouve que pourtant, le make-up, je trouve que c'est arrivé après. Pas arrivé après, mais je trouve que c'est devenu une mode un peu après quand même. Je ne sais pas. Peut-être que je n'étais pas très intéressée par le make-up avant. Peut-être que je ne m'en rends pas trop compte non plus. Mais effectivement, je suis d'accord avec ça.
- Ramata
Je pense que le make-up, il y a des gros groupes industriels capitalistes.
- Florence
C'est ça aussi.
- Ramata
Qui vont tout faire pour qu'on en parle. Alors, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des gros groupes au niveau de la passion. Dans le make-up, il y a le côté, à un moment donné, une marque qui a des moyens. Elle va avoir tout intérêt à ce que... on puisse dire, c'est le défilé Dior, le make-up qui a été utilisé, c'est Dior, et chez Sephora, vous allez retrouver ce make-up. Il y a une espèce de grosse machine à pousser, parce que derrière, on va vendre du rouge à lèvres. Et sur la coiffure, en fait, tu n'as pas forcément cette... Il n'y a pas de luxe. En tout cas, il n'y a pas le moyen d'aller créer une entreprise capitaliste derrière. Il faut toujours chercher où est l'argent. Et donc, quand il y a quelque chose qui est répandu, parce que pourquoi le make-up par rapport à la coiffure ? Je pense parce que derrière, tu peux vendre. La coiffure, c'est plus difficile en fait. Enfin voilà, c'est une hypothèse comme ça.
- Florence
Oui, c'est vrai. Non, non, j'entends. Non, c'est vrai parce que c'est vrai qu'à part là où... Moi, j'ai eu cette petite idée il n'y a pas très longtemps de vendre des petites choses pour aider à faire des petites choses un peu artistiques à la maison, tout seul, facilement, simplement, à part des choses comme ça. Et encore là, j'ai allé peut-être un produit. un pot de fille, quelque chose de physiquement palpable. Mais c'est vrai que... En fait, je trouve qu'il n'y a pas de luxe. En fait, je trouve que cette dimension luxe, elle change tout. Dès que quelque chose passe dans le luxe, je trouve que ça donne un truc qui fait que les gens font les efforts dessus. Je prends du Carité qui, aujourd'hui, c'est vendu en pharmacie. Le carité, bon, très bien. Moi, pour moi, je considère le carité comme presque de l'or, tu vois. Mais voilà, tu l'as en pharmacie ou alors si tu as une cousine qui revient du continent, elle t'en ramène, tu vois. Et je trouve qu'il n'y a pas encore ce côté. Il y a plein de marques qui se déploient. Je vois des marques, Carité, Calutus, machin, mais je n'ai pas encore vu cette idée d'associer au luxe, tu vois.
- Ramata
Oui, de... De branding, de storytelling, de travail qui en fait un produit. Tu vois ?
- Florence
Qui en fait un produit exceptionnel, qui serait, voilà, et qui finalement pourrait sponsoriser, tu vois, ce côté luxe pourrait sponsoriser les coiffures d'un défilé. Tu vois ce que je veux dire ? Là, il y a un mot luxe, même si... Tu vois ? Je ne sais pas. On brainstorm là-bas.
- Ramata
En tout cas, il y a un vrai sujet. Il commence à y avoir, comme tu le disais, quand on s'intéresse au sujet, comme toi, on va identifier qui sont les coiffeuses, Merci. Et de plus en plus, on voit des coiffeuses noires, métisses, qui sont extrêmement bien coiffées pendant les défilés. Et on voit qu'il y a une vraie attention qui est portée à ce sujet-là. Même si on va déplorer qu'il y a eu des périodes pendant lesquelles il y avait vraiment de la diversité au niveau des défilés. Là, en ce moment, il y en a de moins en moins. Mais quand on est en tout cas sur l'Afrique, je sais que j'ai déjà pu assister à des défilés à la Dakar Fashion Week, à la Lagos Fashion Week, où il y avait eu un vrai... collection artistique du défilé et où, selon les défilés, il y avait vraiment selon les marques, en fait, il y avait une identité artistique propre qui avait été développée pour chacune des marques avec un make-up et une coiffure qui accompagnaient la tenue. Et c'était vraiment réfléchi comme un ensemble. Donc, je pense qu'il y en a qui sont vraiment dans cette réflexion-là. Et il y a ce besoin aussi, quelque part, de créer des collectifs, de... Le make-up artiste qui travaille bien avec le coiffeur, qui travaille bien avec le designer, qui a cette attitude de travailler ensemble. Et là, pour pousser la porte des défilés, quand vous êtes un collectif, c'est plus facile. Mais après, encore une fois, on est sur des dynamiques de réseau où une fois qu'un créateur a trouvé sa team, il ne change pas de team, en fait. Très rarement.
- Florence
Ben oui. Oui, et après, il y a aussi des questions après de sous dans ces histoires, parce qu'il y a aussi ça qui fait que beaucoup abandonnent. Moi, j'en connais beaucoup, des personnes qui sont très talentueuses, mais qui finalement, ils n'arrivent pas à boucler une fin de mois avec ça, en fait. Enfin, quand je dis avec ça, avec le côté justement coiffure artistique. Le but, ce serait d'avoir, pour moi, l'idéal d'un coiffeur. comme pour un make-up artiste, parce que moi, je vois avec mes collègues make-up, d'avoir un peu de projet. Bon, là, ça s'écure, tu vois, un ou deux shootings, une ou deux séries, un court métrage. Voilà, je ne sais pas, des choses un peu comme ça parce qu'il n'y a pas des défilés tous les jours non plus. Et à côté, tu vois, tu peux te trouver quelques, avec un bon réseau, quelques projets créatifs dans le mois où là, les gens sont prêts à mettre des sous parce que c'est du projet créatif. Il y a de la création, il y a du, on pense, on dorme ensemble, on prend du temps quand même à faire quelque chose. Il n'y a pas parce que comme tu es un peu nouveau et que tu es un peu seul à faire ce que tu fais, au lieu de se dire, lui ou elle, il est un peu tout seul à faire ce qu'il fait. Waouh, ça doit coûter un certain prix. Ils sont en mode, non, viens, on va te donner l'opportunité de t'exprimer. Ah non, je ne suis pas trop d'accord. Non, il y a des projets qui sont super intéressants sur lesquels tu te dis, allez, je viens te donner un coup de main parce que voilà. Mais non, et ça, c'est un autre sujet. C'est une autre dimension aussi, parce qu'on oublie que c'est un métier. On oublie. Je trouve qu'on n'est pas catégorisés. C'est pour ça que moi, j'aime bien dire coiffeuse artistique. J'aime bien rajouter artistique, parce que ça m'a mis du temps à me dire, mais Florence, tu es une artiste, en fait. Arrête de penser que pour être une artiste, il faut chanter, ou il faut danser, ou il faut faire de la peinture. Non, c'est une autre forme d'art. Certes, on ne la voit pas trop, on ne connaît pas trop. Là, on ne connaissait pas trop ça. mais c'est une forme d'art, c'est de l'art visuel et ça peut même s'installer dans le design, dans la mode donc en fait tu existes finalement c'était vraiment arriver à se dire que tu existes, maintenant quand tu existes et que tu en as conscience tu tapes aux portes tu réponds à des appels d'offres pour des projets et qu'après derrière on te dit mais en fait non les sous il n'y a pas, c'est compliqué donc là aussi finalement c'est fait. C'est un peu comme un manque de reconnaissance. Et je pense que tout art qui, entre guillemets, débute, il va passer par là. Je pense que quand on était plus jeunes, moi, je me souviens, quand j'étais plus jeune, il y a plein d'artistes qui chantaient où ils n'étaient pas forcément toujours payés ou machin, où finalement, il fallait un peu montrer ses preuves. Aujourd'hui, un artiste, tout le monde sait que tu veux booker Meryl, tu veux booker Fanny Poupa, tu sais qu'il y a un prix à sortir, c'est comme ça. Et en fait, ça, c'est devenu quelque chose. Maintenant, aujourd'hui, je trouve, on a ouvert le débat. On a dit non, un artiste, il n'est pas là. Tu calques tes doigts, tu dis, je ne chante pas comme ça. Je pense qu'il faut faire un peu pareil là encore avec les cheveux, avec ce côté de directeur artistique, ce côté de Béat. Notre temps de recherche, c'est un temps aussi de travail, le temps de recherche où tu cherches aussi ton inspiré, où tu prends le temps, tu bonnes termes avec les équipes, tu fais des rendez-vous. C'est du temps. En fait, c'est... Ce qu'on nous propose, par exemple, souvent en rémunération, ça va être sans le temps d'avant. Pourquoi tu arrives le jour J, tu fais pas d'avant. Le jour J, tu viens, tu fais, on te paye 4h, 3h, ce que tu as à faire. Mais le temps d'avant. Et ça, c'est, encore une fois, pour moi, revenir à, il faut professionnaliser les gens, il faut mettre les gens en face de leurs responsabilités. Et aussi, il faut dire à tous les autres, tous les braideurs, les jeunes, arrêtez aussi de faire des choses gratuitement parce que du coup, vous êtes des personnes. Et même pas vous.
- Ramata
Il y a un vrai sujet, en tout cas, d'écart de prix selon si on n'est pas dans la coiffure artistique, mais si on veut juste se coiffer au moment de la rentrée des classes, on peut trouver selon les coiffeurs vers lesquels on veut aller, parfois des tarifs pour une coiffure équivalente. Alors après, on va dire le nom de la coiffure équivalente, on va dire Notlessbraid. Mais on sera pas fait avec la même qualité. Mais en tout cas, il y a des écarts de prix. Le client en face, effectivement, il va avoir tendance à toujours vouloir faire baisser les prix, essayer de négocier. Même si les prix ont eu tendance quand même à augmenter, ça fait aussi un budget pour la femme africaine qui veut se coiffer régulièrement. Ça fait un budget. Et donc, ce n'est pas évident de dire, ah oui, 150 euros la coupe à la rentrée des classes, c'est devenu... Enfin, la rentrée des classes...
- Florence
Non, c'est devenu onéreux, j'entends.
- Ramata
Mais là, je ne parle pas d'une entreprise qui a un projet créatif et qui va solliciter un make-up artist.
- Florence
Ah non, là oui, il y a quelque chose.
- Ramata
Cliente lambda. Moi, là, ce qui m'interroge sur la coiffure, c'est quand tu parlais, à un moment donné, tu as évoqué éventuellement le fait d'avoir peut-être un produit à proposer ou quelque chose pour un petit peu en termes de business model. Aujourd'hui, ce qu'on constate au niveau de la coiffure, c'est quand on regarde les chaînes de coiffeurs françaises, tu as des Franck Provost, tu as des chaînes où c'est franchisé. C'est comme ça qu'ils ont fait leur développement. Et puis après, derrière, tu as le shampoing Franck Provost, tu as le peigne Franck Provost. En fait, tu as tout un écosystème de produits qui sont avec le logo de la marque et qui potentiellement peuvent rapporter à la marque. C'est vrai que... au niveau de la coiffure afro, ce côté marque identifiée que tout le monde connaît avec, on va dire, une technique qui est partagée par tous, c'est vrai que c'est un truc qui n'y a pas et qui permettrait aussi de ramener un certain niveau de recul parce qu'il y a un certain nombre de coûts qui vont être partagés au niveau de la communication, au niveau de la publicité. Quand vous êtes sous une marque comme France Provost ou comme d'autres, ça vous apporte quand même une certaine structure et ça facilite la notoriété. On pape le nom de cette marque-là, on le retrouve tout de suite. Toi, est-ce que c'est des choses auxquelles tu as réfléchi par rapport à ton expertise ?
- Florence
Déjà, je vais réagir sur les coiffeurs moins chers, les coiffeurs plus chers. Je me souviens que dans ma ville, quand j'ai commencé, j'étais vraiment pas chère. Quand j'ai commencé, j'habite dans un petit coin paumé de ville, ça s'appelle Saint-Benoît là-bas. Dernier. Et je me souviens, il y avait une fille qui faisait sur Facebook toute coiffure 15 euros. C'est ça ma concurrente. Toute coiffure 15 euros. Je lui dis pardon madame, tu ne veux pas manger ? Elle me dit non. Et en fait, finalement, le client, je ne sais pas si les gens y sont allés parce qu'il y a aussi ce piège de tomber dans le pas cher. Ce n'est pas bonne qualité. Mais bon, ça, c'est pas partout où on pense comme ça. Et j'ai eu l'occasion de rencontrer des clients qui sont allés se coiffer. chez des personnes où c'était moins cher et qui sont revenues vers moi avec des photos catastrophiques, avec des cheveux... J'en ai eu plein, j'en ai eu plusieurs. C'est horrible. Et en fait, je leur dis, mais les gars, je suis désolée, mais oui, pour la qualité, il faut mettre le prix. Après, on peut s'engager, parce qu'il y a des coiffeuses qui sont très bien au milieu de gamme, et c'est très bien, mais il ne faut pas... pas non plus faire confiance à tout le monde et ça, ça a été un sujet, j'en ai parlé mon choix. Moi, personnellement, regarder toujours bien les reviews, contacter même les gens qui ont été coiffés avant parce que moi, je sais que j'ai toujours prôné le « je te fais pas mal » parce que mon but, c'est pas de te faire mal, c'est pas de t'arracher les cheveux, c'est pas de te mettre 4 tonnes de cire, c'est de te faire une coiffure qui va durer, qui va être bien et qui va respecter tes cheveux. Pendant très longtemps, j'ai travaillé un peu avec des produits naturels et Beaucoup de fois, les clientes me disaient qu'à Bredeuse, elles ne voulaient pas travailler avec mes produits. Je disais que je fais n'importe quoi avec mes produits. Je respecte l'opinion avant tout et ses habitudes. Ils sont bien chevelus, bichettes. Ils souffrent souvent. Ensuite, pour revenir, j'ai essayé de travailler déjà en salon. Juste pour te dire, j'ai essayé de travailler en salon. C'était un peu un échec et pas échec en même temps. J'ai beaucoup appris. Trois, quatre mois, je pense que j'ai pu tenir le salon toute seule. Ma patronne a été partie en vacances au Carrefour. Et moi, j'ai tenu la maison. Même des choses que je ne devais pas faire, j'ai fait. Des lits salitaires, machin, je ne connaissais pas ça. Moi, j'étais là vraiment pour les dreadlocks, la détresse. Et c'était beaucoup ça, en fait. Et au final, je n'ai pas aimé, moi, l'expérience salon. Mais je pense que j'aurais vécu l'expérience avec quelqu'un d'autre dans d'autres conditions qui n'a pas complètement dégoûté du métier. Effectivement, moi, j'aurais eu une chaîne à l'heure actuelle parce que c'était vraiment dans mon idée de commencer avec reprendre le salon de cette dame qui partait, qui avait vu mes défilés et qui voulait que je reprenne sa suite. Et on avait vraiment... travailler avant de collaborer directement. On avait vraiment pensé la suite en se disant, déjà sur l'île, il mérite d'avoir au moins trois salons. Et je ne comprends pas pourquoi toutes les autres communautés, je suis désolée de dire ça comme ça, mais toutes les autres communautés ont des magasins qui vendent des cheveux, des mèches, des extensions, tous les produits à la mode pour faire des coiffures afro. Mais il y a une seule boutique de ma petite maman spirituelle, j'appelle comme ça. Joël qui a son magasin et qui nous vend des bons produits pour les cheveux afro. Et je disais, mais ce n'est pas possible. Mais après, pareil, c'est l'accessibilité à la création d'entreprises. Ça demande de l'investissement, ça demande des gens qui croient en ce projet. Et moi, j'ai été vite dégoûtée du salon. J'ai dit non, c'est bon pour moi, ça suffit. Mais ce n'est pas quelque chose que j'ai éliminé à vie. Par exemple, c'est quelque chose que je recommencerais. Moi, par exemple, en Afrique du Sud, je suis arrivée en Afrique du Sud, je me suis fait coiffer. Je me suis dit, j'ai tellement de choses à venir cadrer parce que les personnes qui tiennent, ils achètent un gros, ils achètent où ils louent, un monsieur ou une madame, qu'importe, ils louent un gros espace et puis ils vont chercher des coiffures, ils les mettent dedans, très bien. Mais il n'y a aucune formation, aucune... direction des techniques, comme tu disais, aucun type de produit qu'on utilise tous le même pour qu'on ait cette idée de brand, de vraie marque, d'image de marque. Et ça, c'est ce que j'ai fait en marketing d'entreprise dans mes études en RH. C'est que ton entreprise, elle doit avoir une identité, quelque chose de reconnaissable et des produits dérivés. Et ça, c'est important. Et même après, je vais plus loin. une cohésion d'équipe, quelque chose qui fait que les gens, ils connectent aussi entre eux, pour avoir des gens qui sont contents de venir au travail. Là, ce n'était pas du tout le cas. Mais alors là, on n'a pas du tout le cas. Vraiment pas. Et moi, la petite dame avec qui j'ai bossé dans son salon, elle me disait régulièrement devant toutes ses clientes, « Non mais Flo, en fait, tu ne sais pas coiffer, tu ne sais pas tresser. » Ah non, je me prenais ça dans le visage tous les trois jours, alors que j'étais encore en train d'essayer de me dire « Je suis une bonne braideuse, en plus, à côté de ça, je suis une artiste, donc ça va le faire, je vais avancer là-dedans. » Tous les jours, elle me disait, « Non, non, France, un jour, je vais t'apprendre. Est-ce que tu ne sais pas tresser ? » Je prenais tous ses clients très strass parce qu'elle avait une entorse au poignet. Donc non, elle m'avait un peu malmenée, cette petite dame.
- Ramata
C'est vrai que des histoires de salon dans lesquelles les ambiances ne sont pas idéales et effectivement, les histoires d'entrepreneuriat, de former équipe, il y a des choses vers lesquelles je peux comprendre qu'on préfère rester indépendant. parce que le fait de travailler en équipe, ce n'est pas évident de trouver les bonnes personnes avec lesquelles s'associer. Puis après, il y a la dimension des fonds aussi qui fait la différence. Et ton point, effectivement, sur la concurrence que se font les différents coiffeurs en bradant les prix, en se disant c'est comme ça que je vais me faire la clientèle, en bradant les prix, plutôt que de se dire, non, en fait, on va tous se tirer vers le haut. Il n'y a personne qui va prendre une prestation en dessous de... On sait qu'au minimum, si c'est trois heures de travail, au moins, si on veut gagner notre vie, il y ait un certain niveau de rémunération. C'est plus malin de presque s'associer en se disant, voilà, on va tous se mettre d'accord pour avoir ce prix minimum. Comme ça, la cliente, elle ne peut pas se dire... Elle sait que c'est ça le prix, alors que sinon, il y a toujours une question de... Mais pourquoi Intel propose ce prix-là et pourquoi il est tellement... plus cher.
- Florence
C'est exactement ça. Et c'est ce que mon association, c'était son envie toute première quand j'ai créé l'asso. Je me suis dit mais il faut qu'on se réunisse, les braiders. Donc, non seulement moi, je cherchais des gens avec la petite fibre artistique pour pouvoir proposer encore plus de coiffure pendant mes défilés, mais c'était aussi de se dire on se met un peu d'accord, on peut se faire des petites réunions où on va partager des bonnes pratiques, où chacun va nous dire par exemple, moi je sais que j'ai un collègue, il adore faire les tissages, moi j'aime moins, et bien j'ai envoyé mes clients tissages. Moi, j'adorais faire les fausses locks. Ils détestaient ça. Ils m'envoyaient ces fausses locks. Et on fonctionnait comme ça. Et c'est très bien. Et on était 4-5. 4-5 a fonctionné comme ça. Puis, il y en a deux qui sont partis. Et là, je continue avec encore... J'ai formé un jeune homme sur les dreadlocks et une jeune fille. Je parle des deux qui continuent et qui, je vois, prennent de plus en plus confiance en eux. Et ces deux-là, moi, je les renvoie avec eux tout le temps. Et moi, quand je garde des clientes, en général, c'est parce que c'est une copine et on va boire un café, papoter, se raconter nos vies en même temps. Mais sinon, je suis un petit peu beaucoup occupée pour... Pourquoi je fais quoi ? C'est dommage, j'aimais bien. Mais là, ça y est, on est arrivé au point où ça... J'ai un petit peu occupé.
- Ramata
On va en venir maintenant à ton initiative qui est liée à l'univers du voyage, puisqu'en plus de la coiffure, en plus du côté vraiment coiffure artistique, tu as aussi cette initiative-là. Et donc, moi, je trouvais ça intéressant, cette volonté d'accompagner, en fait, Euh... toute personne qui a envie de voyager depuis La Réunion vers le continent africain. Donc, est-ce que tu peux nous parler un petit peu de la genèse de cette initiative et puis en quoi ça consiste, quel service tu apportes exactement ?
- Florence
Yes, ça c'est le nouveau bébé. Je n'aurais jamais pensé faire ça déjà pour commencer. On sait tous que le... Enfin non, pas forcément, mais je vous dis. Le milieu du tourisme et du voyage est très encadré, autant que le milieu de l'aquation, parce qu'on n'en a pas parlé, mais qui est maintenant... Alors, c'est un milieu réglementé où il faut des diplômes pour exercer, etc. Et moi, quand j'ai commencé, les dreadlocks et les locks et les tresses, pardon, n'étaient pas dans le code APE des coiffeurs. Et ça l'est devenu entre-temps. Donc, le moment où moi, je me suis dit, tiens, on va construire quelque chose de solide, on m'a dit, ben non, il faut aller chercher ton CAP. Et c'était l'année où, je m'étais inscrite en CAP, mais c'était l'année où j'ai été appelée à Cannes pour coiffer pour des défilés. Donc, j'ai dit, bon, c'est ainsi, let's go. Voilà, petite parenthèse fermée. Là, pareil, le monde du voyage. En fait, en 2021, je pense, j'ai eu un coup de tête. J'ai parti en Afrique. J'en parlais avec une amie togolaise. On parlait beaucoup de cheveux. On parlait beaucoup de, on est métistes les deux, donc comment on ressent notre métissage, etc. Et elle me dit, mais Flo, il faut trop qu'on parte. Il faut trop que je t'emmène au Togo. Je lui dis, mais avec grand plaisir, madame. Moi, je n'attends que ça. Mais on a tous cette idée que c'est ultra cher. Alors, je ne vais pas dire que ce n'est pas cher, parce que depuis la Réunion, il y a des destinations, il faut passer par Paris. Là où il faut passer par l'Afrique du Sud, c'est top. Mais sinon, il faut passer par Paris. C'est toujours un peu complexe. Donc, en fait, je comprends que le réunionnais n'a pas ce réflexe. Ça, je l'entends complètement. Maintenant, il y a des destinations qui sont vraiment... à côté. Déjà, rien que l'Afrique du Sud, c'est à côté. Et en fait, ma copine, cette amie-là, je lui disais, viens, on y va, on se cale un mois et on décide et on part. Mais à chaque fois, elle n'avait pas les sous. Elle était en train de monter son apnée. Elle était jeune entrepreneuse sans sous. Donc, je lui dis, écoute, moi, je ne peux plus attendre. Un jour, j'ai juste regardé des billets et j'ai trouvé qu'on pouvait aller en Afrique du Sud. À quatre heures de vol, vol direct. Je me dis, voilà où je vais aller. Donc, toute ma femme m'a dit. Tout le monde n'était vraiment pas d'accord. Il m'a dit, tu vas aller te faire tuer. Et bien, moi, avec mon anglais niveau 3e et ma folie, je suis partie. Je suis partie et j'ai rencontré un ami, quelqu'un qui est devenu un ami. C'était le gérant du tour opérateur qui m'avait accueilli. J'avais réservé deux expériences avec lui. C'était des nightlife. Je me disais, la journée, je vais pouvoir me débrouiller, mais la nuit... Par contre, j'aimerais bien sortir et je ne vais pas y aller toute seule. Et en fait, on s'est rencontrés, on a eu un coup de cœur amical, on est devenus amis, on a passé tous nos vacances ensemble. C'est comme si je travaillais avec lui, j'étais partout, je m'étais incrustée dans tous ses rendez-vous. Il avait rendez-vous à la télé, à la radio, il allait faire des démonstrations de ce qu'il faisait, je venais avec eux. Et en fait, on est devenus potes. Et cette année-là, je crois que je suis partie quatre fois en Afrique du Sud. Et à chaque fois, ils m'ont super bien accueillie. J'avais ouvert mon salon, j'avais oublié de te dire, parce qu'autrefois, j'avais ouvert un salon et je l'ai fermé au bout d'un mois. Parce que j'ai essayé aussi ça. Et j'étais allée chercher tous mes cheveux, toutes mes mèches là-bas, etc. J'avais trouvé des magasins incroyables, avec des choses qu'on n'avait pas encore ici, donc c'est fou. Et je lui disais, moi, à chaque fois que j'aurai des amis qui veulent partir, je te dirai. Voilà, ça s'est arrêté à là. Et puis, j'ai continué à voyager en Afrique du Sud. J'ai fait Mozambique. Et je me suis fait agresser au Mozambique. Donc, j'ai un peu calmé mes ardeurs. Je me suis dit, bon, l'Afrique du Sud, je connais, je maîtrise. Let's go, déjà, découvrir. Parce qu'il me disait toujours, je pense, tu n'as vu même pas 10%. Tu n'as vu même pas 10%. Tout le temps, il me disait ça. Et un jour, je lui dis, mais tu sais quoi, j'ai un groupe d'amis intéressés. Donc, viens, on leur fait le trou et puis je viendrai avec le machin. Et après ce groupe, en fait, je me suis rendue compte, il y avait une demande. Et j'ai commencé à lui dire, mais tu sais, laisse-moi t'aider. Enfin, je peux être un apporteur d'affaires, je t'apporte des clients, etc. Et puis, il était un peu gêné, il ne voulait pas trop. Bon, je lui ai dit, OK, j'espère qu'il va. Et puis, petit à petit, petit à petit, et puis cette année, il est arrivé vers moi avec un site Internet, Once Upon a Time, machin, je lui ai dit, wow, OK. donc il m'a dit ben vas-y tu dois t'inscrire fais tes démarches légales françaises quoi pour être mon apporteur d'affaires et puis tu deviens mon apporteur d'affaires si t'es toujours intéressé je dis ben génial je dis mais par contre moi j'ai du mal à travailler pour les autres et moi je t'avouerai que j'avais déjà mon idée de faire travel planner et de conseiller aussi pareil je voyage vers l'Afrique du Sud etc dans un premier temps et mon ambition c'est de faire l'Afrique il me dit ben écoute t'inquiète pas Merci. Moi, je te montre. Je te montre, je t'explique. Je te mets le pire des triés. Et du coup, là, ça fait depuis le début des années qu'on a commencé ensemble. Je suis ultra, ultra, ultra étonnée, heureuse, tout ce qu'on veut. Parce que je parle, je ne sais pas, je parle avec passion, je pense à tout le monde et les gens sont ultra contents. C'est incroyable. Et donc aujourd'hui, il me dit, bon, maintenant, tu es prête. Écoute, on continue à travailler ensemble et fais ta structure et fais les choses comme toi que tu as envie de le faire parce qu'il n'y a que comme ça que... que tu vas grandir et que ça va prendre du poids et de la hauteur. J'ai dit OK. Donc là, on a créé Made with Africa. C'est notre nouveau bébé là, qui n'est donc pas encore vraiment une plateforme, mais qui va devenir une plateforme avec des différents e-books pour parler de comment on voyage en Afrique, qu'est-ce que ça veut dire, qu'est-ce que c'est quand on vient de la Réunion, mais aussi de la métropole, parce que je ne vais pas m'arrêter à la Réunion. Ensuite, on aura des travel books. qui sont déjà des trips vraiment simples, easy, la base, le basique de tel pays, basique de tel pays, basique de tel pays, si tu veux pouvoir organiser ton voyage toi-même. Et puis ensuite de passer par nous. Quand je dis nous, c'est moi et une collègue, c'était l'une des personnes qui étaient venues avec moi la toute première fois, le tout premier groupe. Et on s'est revues chez un tournage et elle m'a reparlé de l'Afrique du Sud avec tellement d'amour. Je lui ai dit, mais tu bosses en ce moment, toi ? Elle me dit, je vais quitter mon taf, là, j'en peux plus. Je suis serveuse, j'en peux plus. Je cherche autre chose, machin. Je lui ai dit, il faut qu'on parle toi et moi. Et en fait, c'est un binôme incroyable. Et il y a notre viviasse qui est toujours dans les parages. Et pareil, c'était un ami. Cette fois, c'était mon ami qui était venu avec moi en Afrique du Sud et qui veut que ce projet grossisse. Donc, en fait, on s'est réunis tous les trois. On a créé Made with Africa pour pouvoir justement continuer à accompagner les gens. moi je vais vraiment que tout le monde se reconnaisse à travers ce projet. C'est pour ça qu'il y a plusieurs budgets. Il y a aussi des e-books gratuits, justement pour que les gens, ils commencent à s'y intéresser de plus en plus. La réunion, je vous dis, ils vont partir à Maurice, Thaïlande, Métropole, États-Unis, Canada, partout. Mais l'Afrique passera toujours en dernier. Et je dis non, je dis stop, c'est fini. À partir de là, on va tout vous apporter sur un plateau. et vous avez juste à cliquer et dire oui, c'est tout. Et je me suis dit, il n'y a que comme ça que ça va se faire. Donc là, pour l'instant, je propose l'Afrique du Sud en accompagnement. Mais mon ambition, c'est vraiment de faire toute l'Afrique. Mais la difficulté là-dedans, c'est que je veux garder quelque chose d'authentique. Donc j'ai envie, moi ou quelqu'un de mon équipe, qui j'ai eu très confiance, les trois, les deux autres d'ailleurs, c'est d'y aller sur place, de rencontrer les personnes sur place, d'aller voir, en fait, vraiment. et de pouvoir proposer quelque chose de connecté, de vraiment connecté. Et non, sinon je regarde sur Internet et je te propose un truc bateau, mais ce n'est pas le but. Et donc, ça va prendre du temps parce qu'on est en train de construire, pour moi, quelque chose qui a du sens. Et pour donner ce sens, il faut du temps. Donc, il me faut le temps d'y aller, de rencontrer les gens, de ressentir, de voir. Qu'est-ce qu'on peut proposer de différent ? Est-ce qu'il y a quelque chose à ajouter ? Peut-être qu'il y a des endroits où il n'y a rien à ajouter et que ce que proposent les agences classiques suffisent très bien. Mais je suis sûre et certaine qu'on a, partout, des choses à ajouter parce que les gens vont chercher cette expérience, cette connexion avec le local et se sentir local. Les gens, c'est ce qu'ils aiment et c'est ce que je veux absolument, c'est ce que je prône. C'est pour ça que quand on m'a dit « t'es folle de partir toute seule à l'Afrique du Sud » , je me suis dit « je ne suis pas toute seule, je vais aller rencontrer des gens là-bas, je ne serai pas toute seule. Je ne serai pas toute seule, mais j'ai conscience aujourd'hui. » que j'ai pris des risques, malgré tout, parce que je ne vais pas dire, ah, la France du Sud, c'est ultra safe. Ce serait mentir, mais il y a des précautions à prendre. Moi, je dis tout à fait que c'est ça. Je l'ai fait un million de fois. Il y a même des fois où j'ai voulu faire mes bookings toute seule quand j'étais grande et je me suis retrouvée dans des quartiers pas très fréquentables. Et je vais bien. Jusqu'à maintenant, ça va bien. Par contre, moi, j'ai fait comme ça et ce n'est pas du tout ce que je conseille aux gens. C'est pour ça que je connais mes guides, je connais les gens avec qui je travaille là-bas. et je me mets en relation avec des personnes de conscience. Et voilà. Voilà un petit peu, je pense que... Je me suis... J'étais dans... J'étais là-bas, là. J'étais déjà là-bas.
- Ramata
En tout cas, c'est super intéressant comme initiative parce que je pense que, comme tu l'as évoqué, depuis la Réunion, il y a énormément de destinations vers lesquelles les populations locales vont aller. C'est plus des destinations occidentales. Mais c'est aussi parce qu'il y a... Toute une industrie du tourisme qui met en avant la Thaïlande, qui met en avant l'Occident, donc forcément. Et il y a des lignes directes, ou en tout cas, il y a des choses qui sont prêtes à voyager, prêtes à consommer, qui sont là. Et comme dans notre appréciation du voyage, je ne vais pas dire qu'on est paresseux, mais c'est vrai que... Plutôt que d'aller construire son voyage soi-même, on va prendre le package qu'on propose Pali. Et sur l'Afrique du Pluie, il y a de plus en plus de pays africains, je pense au Bénin, je pense au Ghana, je pense à l'Afrique du Médicu, qui sont en train vraiment de se positionner comme étant des destinations touristiques et qui vont mettre en avant tous les éléments, tous les lieux, toute la nature qu'il va y avoir sur place. qui le mettent de plus en plus en avant et qui vont aussi présenter, en fait, le parcours touristique comme étant un parcours safe parce qu'effectivement, il y a, d'un côté, certaines destinations qui ont... Après, en fait, il y a de la publicité autour d'elles et qu'après, il y a un a priori très négatif par rapport à l'Afrique pour lequel, effectivement, on doit lutter. À partir du moment où on a des gens qui nous conseillent correctement, il n'y a pas de raison que ça arrive. Et après, parfois, on va dire... Oui, je suis allée là, je me suis fait agresser, mais hélas, à Paris aussi, on peut se faire voler en cinéma.
- Florence
Mais bien sûr.
- Ramata
C'est pas propre.
- Florence
Mais bien sûr.
- Ramata
Non, mais c'est comme j'étais dans tel endroit, c'est pour ça que ça m'est arrivé. Hélas, dans une cour, on peut se faire bousculer à un moment ou à un autre, on peut se faire voler. Moi, j'ai voyagé plein de fois en Afrique. Quand je me suis fait voler mon sac, c'était à Barcelone. Maintenant, du fait de cette expérience à Barcelone, il faut savoir comment je tiens mon sac. Tu vas même pas essayer de me le voler.
- Florence
Mais c'est ça.
- Ramata
Pour moi, cataloguer, ça arrive une fois dans une vie d'avoir eu une expérience malheureuse, mais ce n'est pas associé à, oui, dans tel endroit, je n'irai jamais parce que de toute façon, si on est bien dans le pays, en général, quand ils savent qu'on est touriste, ils vont nous indiquer les rues, les endroits qui sont safe.
- Florence
Mais oui, mais oui, mais oui, mais oui, c'est ce que je dis tout le temps. tu vois ce que j'explique aux gens parce qu'il y a deux phrases que j'entends qui me brisent le coeur à chaque fois donc la phrase numéro une c'est je parle de l'Afrique du Sud parce que c'est là où je maîtrise on me dit ah ben non j'allais dire en créole je suis noire, je vais pas me faire tuer là-bas ok numéro un et numéro deux Merci. C'est la même chose, mais dans l'autre sens. C'est, ah, mais oui, mais je ne suis pas africain, donc je vais me faire agresser, non ? Je dis, mais les gars, il faut vous positionner. À un moment donné, là, je ne comprends pas. Mais c'est vrai que... Et puis, j'explique, je suis une femme toute seule, j'ai pris le Uber, et le Uber, il me dit, tu vas chez tes amis ? OK, bon, ben, attends. Reste dans la voiture, on attend que tes amis arrivent, parce que là, je ne vois pas tes amis, donc je n'ai pas envie de te laisser toute seule. Et ça, ça m'arrive tout le temps. Ils font attention à nous. Il faut faire attention aux gens. En fait, aussi, il y a une culture qui est vraiment différente de l'individualisme qu'on connaît aussi, qui fait que nous aussi, on arrive à comprendre que ça, ce n'est pas partout dans le monde. Et puis, ce que je dis à tout le monde, le Mozambique, nous, on a bravé le monde, le ciel et les étoiles. Parce que nous, on nous a dit quatre fois qu'il ne fallait pas passer par là. Il y a deux policiers qui nous ont croisés, qui nous ont dit, les filles, ne restez pas ici. Et nous, on était là, on faisait des fautes. Thomas, c'est pas non plus. Et puis, on revient à l'hôtel et puis on voit que c'est écrit Nogo. Cet endroit-là, c'est un gros Nogo. Donc, tout le monde est au courant de comment ça se passe. à partir du moment où tu le sais, par contre, toi, si tu veux organiser ton trip tout seul sans prendre aucune connaissance de rien parce que tu penses que tu connais toute l'Afrique tout seul comme ça, très bien, vas-y. Par contre, il ne faut pas venir se plaindre après. Il faut se renseigner Après, il faut respecter aussi les règles, être humble déjà. Je dirais que c'est déjà suffisant pour aller en Afrique. Soyons humbles tous et ne pensons pas qu'on connaît tout. Parce qu'on vient de l'Occident, on sait tout et on a tout vu. C'est vraiment les deux trucs. J'ai eu des clients comme ça, des clients qui sont partis. Mes guides, quand ils m'ont fait le feedback, ce n'est pas ouf. Les gens, ils ne se prennent pas... Les Rénonés, ils le font, ça. Je sais, ils le font, ça. À l'île Maurice, il y a beaucoup de gens qui voyagent, mais qui n'ont pas compris ce côté... Je ne suis pas dans mon pays, je ne suis pas là où je connais, où j'ai mes habitudes, où j'ai mes potes, où voilà. Je suis dans une terre qui est en train de m'accueillir, en fait. Et j'ai intérêt à être sympa, en fait, tout simplement. À être cool, à être ouvert d'esprit, d'être dans le parti. reportage. et tu ne voyages pas pour être dans la méfiance, sur la défensive et ne pas respecter les limites. Ce n'est pas ouf. C'est juste... Je ne sais pas pourquoi j'arrive à là.
- Ramata
Il y a des personnes qui ont des manières de voler. En fait, ce qu'ils veulent presque, parfois, c'est comme de partir en vacances à Bali en étant Français et puis d'aller chercher la communauté française à Bali. Comme ça, tu restes avec des gens qui ne te demandent pas du coup.
- Florence
Il faut qu'ils restent avec leurs copains dans ce cas.
- Ramata
Non, je ne veux pas me voir. On n'est pas dans une dynamique où on veut découvrir vraiment la population locale. Et même dans tout ce qu'ils vont manger, dans toute leur expérience, quelque part, c'est pour retrouver quelque chose qu'ils connaissent, avec lequel ils sont à l'aise. Il y a des gens, c'est comme ça. Mais il y en a aussi qui sont dans une logique de découverte, de compréhension, d'humilité. Et je pense que de plus en plus, on va aller dans ces directions. On va aller dans ces directions. Oui. Il y a d'autres formes de tourisme qui vont se développer et qui ne vont pas être ces espèces de grosses machines capitalistes industrielles où on a un gros hôtel avec énormément de chambres et on va organiser des voyages à 999 euros où on va pouvoir avoir un maximum de gens qui vont compter ce voyage-là. quand on n'est plus un voyage plaisir, on n'est pas du tout dans ces logiques-là et aussi les personnes intéressées par des expériences ou on veut connaître la population locale, la vie localement, ce n'est pas du tout le même profil. C'est vraiment le genre de choses qu'ils vont vouloir faire, ce qui va les intéresser, ça n'a rien à voir. Aujourd'hui, tu as ces trois activités. Comment est-ce que tu fais pour gérer les trois ?
- Florence
Honnêtement, je ne fais pas. Non, je rigole. Je suis débordée tout le temps. Et puis, je ne vis pas autrement. Je ne sais pas trop faire. Je suis un peu accro au boulot, j'avoue. Je suis accro au boulot. Mon compagnon est accro au boulot. Donc, en fait, on s'est trouvé comme ça. Donc, on continue comme ça. Là, je prends de l'âge. Donc, je commence à comprendre qu'il faut aussi faire la part des choses. Donc, il y a des moments où maintenant, j'accepte que les choses prennent du temps. Comme je voulais organiser un défilé qui réunissait les designers de l'Afrique en 2027, j'ai poussé à 2028, par exemple. C'est des petites décisions que je prends qui m'aident, parce que sinon je fais tout en même temps et c'est n'importe quoi. Et en fait, je me rends très bien compte que dès que je donne un peu plus d'attention... Au projet A, le côté B, il descend un petit peu. Et dans l'autre sens, ça descend. Donc là, le but, c'est de vraiment asseoir mon équipe et de faire le rebranding et le lancement de MWA sur cette fin d'année. Donc, je me laisse pareil le temps de cette fin d'année et de revenir sur le côté artistique une fois que cette machine-là est lancée. Parce que je sais qu'ils n'ont pas besoin de moi. Ils sont assez autonomes. Maintenant qu'on a fait tous les tests ensemble, etc. Donc là, maintenant, il faut juste lancer. qu'il soit autonome là-dessus, que j'espère les équipes grandissent et que de mon côté, je puisse continuer sur le côté culturel et artiste parce que c'est ça la difficulté, je pense, quand on est artiste et en même temps, on est entrepreneur. C'est trop difficile. J'ai l'impression que c'est deux personnes qui peuvent presque être ennemies, tu vois, alors qu'on a besoin. J'ai besoin d'une structure qui va me permettre finalement de vivre et de devenir cette entrepreneuse que j'ai envie d'être et pour pouvoir avoir cette liberté finalement de continuer à créer et à faire du culturel. Tu vois, j'ai trouvé cette logique-là maintenant. Et maintenant qu'elle est dans ce sens, que je l'ai articulée comme ça, moi maintenant là, ça fait sens. Là, le festival, il est fini. Je pense que le prochain, pareil, je vais le mettre en 2028 pour avoir le temps en 2027 d'avancer sur les voyages, d'avoir un maximum de partenaires. que les gens soient ultra contents, faire encore quelques destinations et puis on ajoutera des destinations petit à petit. On n'est pas obligé de... C'est impossible de tout découvrir d'un coup. De toute façon, il faut aussi se laisser le temps. Si on veut trouver des choses exceptionnelles et des expériences incroyables, il faut se laisser du temps. Maintenant, j'ai appris ça. Ça ne fait pas longtemps, ça fait deux semaines que j'ai dit non, non. En fait, là, je comprends qu'il me faut du temps. Je pense que là, je... pour quelque chose. J'arrive assez loin de mon anniversaire. Donc, je pense que j'arrive à un tournant où je me laisse ce temps. Et les choses prennent du temps, c'est normal.
- Ramata
Oui, et puis parfois, on a du mal à se dire, si tu veux être l'agence numéro un qui propose les meilleurs bons plans pour l'Afrique du Sud depuis la Réunion, c'est déjà énorme. Et on veut toujours dire, non, mais il faudrait que je puisse proposer d'autres destinations et d'autres et d'autres. Bien sûr, mais c'est aussi les grands tours opérateurs qui arrivent à proposer plusieurs destinations. Les équipes qu'ils ont, les moyens qu'ils ont derrière, c'est ça. Il faut aussi arriver à se dire, si je fais bien cette partie-là, j'aurai d'autant plus les moyens pour la suite d'aller ouvrir peut-être un autre pays, mais il faut déjà s'accorder le crédit de... Là, j'ai déjà vraiment creusé un bon sillon, fait quelque chose qui n'avait pas été fait jusqu'ici, et qui est énorme. Par contre, on a du mal juste à se dire, si au bout d'un certain nombre de... Je ne sais pas... Je ne sais pas estimer la durée, mais s'il y a 100 personnes, 200, 300 personnes qui découvrent l'Afrique du Sud grâce à toi, c'est déjà énorme.
- Florence
C'est déjà fou. Oui, non, c'est déjà fou. Je n'ai pas fait le compte, c'est dommage.
- Ramata
Et tu vois, pour moi, c'est un peu ça aussi qui permet de parfois ralentir parce que je trouve qu'on est toujours un peu à vouloir se fixer des objectifs qui parfois sont... Alors, c'est des beaux objectifs et c'est important d'en avoir, mais après, il faut aussi être en adéquation avec... avec ses moyens et aussi avec simplement se dire, en fait, c'est déjà énorme ce que je fais. Et moi, je trouve que des fois...
- Florence
J'ai eu beaucoup de chance. J'ai vraiment beaucoup de chance que là, le mec que j'ai rencontré, qui est pour moi un des meilleurs entrepreneurs du monde, même s'il est complètement fou, mais c'est génial. Et il me disait, tu vois, de temps en temps, il s'arrêtait et me disait, Florence, stop, je veux que tu regardes Zero Ship, parce qu'on a des tableaux. Tu regardes les chiffres autour, regarde juste le nombre de personnes qui t'ont fait confiance depuis maintenant. Et en fait, il me faisait redescendre. Il me disait, non, non, attends, je veux que tu regardes ce chiffre. Je te laisse deux jours. Dans deux jours, tu reviens. Et c'est que dans deux jours que je t'écouterai. Tant pis que tu ne réalises pas ça, je ne t'écoute plus. Parce que je disais, ouais, on peut aussi faire ça, on peut aussi faire ça. Je suis un peu ce cerveau qui en rajoute toujours. Là, je suis déjà en train de penser à ma PLV. Je pense aux entreprises, je pense aux associations. Tu vois, il y a toujours du plus, mais je ne peux pas faire le plus, être dans l'opérationnel, être dans la conception, l'opérationnel, le livrable, tout, Non. Et c'est la santé aussi. Je me dis, attends, mais non, il faut prendre soin de sa santé. C'est ça aussi le point. Cette année, j'ai vraiment envie de reprendre ça en main parce qu'on l'oublie, nous, ces femmes qui avons 10 000 vies dans une vie, on oublie ça, ce côté bien manger, bien dormir. faire un peu de sport, bouger en tout cas. On a besoin d'avoir un équilibre et c'est vrai que ça, c'est la partie où je pêche énormément. Il y a des moments où je n'ai pas d'équilibre parce que je suis hyper focus sur une tâche et j'y vais jusqu'au bout alors que je m'étais dit aujourd'hui, je choisis juste la dérive du site. Eh bien non, j'ai fait le site entier. Je n'ai pas pu m'arrêter. J'ai essayé de m'arrêter, ma fille a essayé de m'arrêter à minuit, une heure, deux heures. J'y arrivais pas. Et j'ai hyper focus. Mais c'est pas grave, parce qu'au final, c'est fait et je suis très contente. Mais c'est pas un fonctionnement tout à fait classique, quoi.
- Ramata
Après, c'est ce qui te donne, on va dire, la force ou peut-être l'envie d'être sur des multiples projets comme ça. C'est aussi ce trait de caractère et cette façon d'avancer qui te caractérise et qui fait que tu entreprends toutes ces choses-là qui sont des choses nouvelles, en fait, qui sont pas le...
- Florence
C'est vrai.
- Ramata
qui ne sont pas dans une logique où, bon, moi, j'ai envie d'être entrepreneur, je vais aller taper sur chaque GPT, quelle entreprise serait la plus rentable demain ? Toi, c'est ta créativité. Guide, ce n'est pas le côté, comment est-ce que je vais réussir à faire 100 000 euros demain ? Donc, je pense que ça, c'est quelque chose à préserver, même si parfois, ça peut être, il faut arriver à, comme tu disais, si tu as un associé qui arrive à t'aider à temporiser, Merci. très important de pouvoir s'écouter, de pouvoir prendre un peu de recul et se dire, en fait, j'ai réalisé quelque chose qui n'avait jamais été fait auparavant, donc je sens forcément d'être, sans qu'on m'ait donné la recette toute faite, il a fallu tout créer, donc je dois m'accorder ce crédit, en fait. Et parfois, les entrepreneurs sont les premiers à être les plus durs avec eux-mêmes, en fait.
- Florence
C'est vrai. C'est exactement ce qu'on m'a dit il y a deux jours. On m'a dit, foutons un peu la paix. Complètement. Je me suis dit, c'est pas mal celle-là. Mais c'est vrai. Et c'est ce que j'ai fait. J'ai pris des petits jours off. Je me suis dit, OK, Florence respire. Mais c'est tout à fait vrai. Et je ne sais pas trop pourquoi. Après, j'ai toujours fonctionné comme ça. Je suis de toute façon un peu hyperactive. Donc, voilà. Mais j'apprends. Et plus ça va, plus je me connais, plus je comprends mes fonctionnements. Je comprends ce qui me fait réagir comme ci ou comme ça. Et au final, ça ne va aller que dans... dans l'amélioration, dans le mieux, en fait. Petit à petit, je le sens déjà. Donc, je suis vraiment très contente et très fière parce que ça, c'est un truc que je dirais fin d'année que j'ai enfin appris à reconnaître quand là, ça ne va pas et que je suis dans l'hyper quelque chose. En fait, j'arrive vite dans un hyper quelque chose qu'il faut que j'arrive à temporiser. Donc, ça y est, je pense que là, je l'ai là. Je comprends et puis je suis bien entourée. Ça a mis du temps, mais aujourd'hui, je pense que je suis très, très bien entourée, que ce soit sur mon côté associatif. que ce soit du côté entrepreneurial ou du côté artistique. J'ai fait de très belles rencontres cette année. Franchement, je pense que là, ça ne peut qu'aller de mieux en mieux.
- Ramata
Écoute, c'est tout ce qu'on te souhaite. On arrive à la fin de cette interview. Moi, j'étais ravie. Un moment d'échange avec toi. Je suis ravie d'avoir découvert tes différentes initiatives. Et puis, tu peux compter sur Africa Fashion Tour pour les promouvoir chaque fois qu'il y aura des nouveautés à partager.
- Florence
Merci beaucoup. En tout cas, je suis très contente. C'est super solaire, j'adore.
- Ramata
Écoute, merci beaucoup. Je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.
- Florence
À très vite. Bye bye.
- Ramata
Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcast ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les 5 étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite, en Afrique ou ailleurs.