- Petros
J'ai toujours voulu habiller des stars hollywoodiens et je remercie Dieu, il y a Internet. Depuis un moment, mes créations sont très en succès et sont très demandées par de grandes stars hollywoodiens, notamment Ciara, Lauryn Hill, Megan Good Majors et son mari. j'ai un biais euh Kylen Hill, au première partie de The Weeknd, qui a été référencé sur E-News.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa, éthiques et performants. Je suis Ramata Dialo, je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes. Je suis également consultante en marketing et communication. J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Au-delà de la mode, je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Petros, le fondateur de la marque Tide. Il est basé au Bénin et produit ses collections sur place. Je l'ai invité aujourd'hui pour qu'il puisse nous parler de son parcours et de sa marque. Bienvenue Petros, comment vas-tu ?
- Petros
Bonjour Ramata, ça va ? Et toi ?
- Ramata
Écoute, ça va très bien. Je suis ravie qu'on puisse se retrouver pour cette interview. On est dans un duplex Bénin-France. Moi, je suis basée à Paris. Toi, dans quelle ville du Bénin est-ce que tu es situé ?
- Petros
Alors, je suis basé à Cotonou.
- Ramata
Très bien. Écoute, on est sur un duplex Paris-Cotonou pour cette semaine, pour cette interview. Et ce que je vais faire, je vais le faire comme je le fais à chaque début d'interview. Je vais te demander de te présenter.
- Petros
Alors, je suis à l'état civil, Petros. Tetech et je suis le fondateur de la marque Tide. Tide est une marque de vêtements pour femmes, hommes et enfants. Nous fabriquons des accessoires comme des chapeaux, des sacs, des chaussures et nous sommes spécialisés aussi dans les tenues de grand jour. Les mariages traditionnels, les mariages civils et les mariages religieux. En faisant Un peu de tout. Nous avons des palettes variées de production que nous offrons à nos clients.
- Ramata
Alors moi, comme je le dis toujours, j'aime bien revenir sur un peu le parcours académique de mes invités, savoir un petit peu comment a démarré le déclic pour évoluer dans le secteur de la mode. Donc, est-ce qu'on peut retourner un peu dans le passé ? Est-ce que tu peux nous expliquer quelles sont les études que tu as poursuivies ? Est-ce que tu étais déjà dans le secteur de la mode ? Ou est-ce que tu étais dans un secteur totalement différent avant de créer ta marque ?
- Petros
Alors, pas du tout. J'étais à mon cursus scolaire, j'ai fait l'électricité. C'est ce que j'ai fait et j'ai fini mon cursus, j'ai eu mes diplômes. Et quand j'ai fini, j'allais voir mes parents qu'une cour leur dit que je voulais faire de la mode. Et ça a été toujours ma passion. Mais mon père est entrepreneur. Et il entreprend dans... la climatisation industrielle. Ils font... Et il a voulu que pratiquement tous ses enfants l'électricité. Après, quand j'ai fini, j'ai voulu faire de la mode. Je me suis renseigné, je suis allé vers ce parcours-là. Je me suis auto-formé. J'étais auto-détecteur. Après, j'ai fait des stages chez des créateurs. J'ai suivi beaucoup de formations en ligne. Je suis... notamment chez Jean Doucet. Il est un créateur français. C'en est fait chez Sonia Damala aussi, à Cotonou. Et je continue mes cours actuellement. Et voilà, comme je le dis souvent, on ne finit jamais d'apprendre. TID a été créé en 2015 et on existe officiellement depuis 2020. Nous avons plusieurs collections à notre actif. Nous avons habillé beaucoup, beaucoup de stars. Et voilà un peu ce que je peux dire par rapport à mon parcours.
- Ramata
Très intéressant en fait ce parcours où tu expliques que tu étais dans un secteur totalement différent au départ. Et puis tu t'es formée en autodidacte pour pouvoir développer ta marque. Donc je l'évoquais en introduction, c'est une marque made in Bénin, fabriquée au Bénin. Est-ce que tu peux nous expliquer un peu ? Si c'est à travers tes différents stages, ta formation, que tu as vraiment tenu à travailler localement, comment est-ce qu'en fait tu as défini la direction artistique de la marque ?
- Petros
Alors, à savoir, j'habite au Bénin, je suis basé au Bénin. Tout ce que je fais actuellement est basé au Bénin. J'ai un atelier de couture au Bénin. Je travaille dedans. En termes de direction artistique, nous travaillons beaucoup le raffia. Le raffia qui est une matière locale et qui est utilisée un peu partout en Afrique, dans les folklores. Je voulais rendre cette matière au début vraiment portable et pas folklorique. C'était mon but principal quand j'ai commencé la mode. C'était ce que je voulais faire. Du coup, je me suis renseigné, je me suis documenté. Et à travers mes formations, à travers tout mon parcours, je ne fais que défendre cette matière-là, à travers des lignes très épurées, très travaillées, très coutures.
- Ramata
Aujourd'hui, la marque, est-ce que tu fais à la fois du sur-mesure et du prêt-à-porter ? Oui,
- Petros
la marque fait du sur-mesure et du prêt-à-porter. En surmesure, comme je vous l'ai dit, nous faisons beaucoup de techniques événementielles. En prêt-à-porter, nous défendons beaucoup de thématiques, des histoires autour de nous, des histoires traditionnelles que l'on racontait depuis qu'on était enfant ou à travers des personnes qui m'ont marqué, comme ma mère. Nous racontons beaucoup d'histoires à travers nos pièces prêtes à porter et ça fait pratiquement dix ans qu'on sort chaque année des collections qui sont documentées, dont la direction artistique est bien établie.
- Ramata
Aujourd'hui, tu sors combien de collections par an ?
- Petros
Alors, il y a de cela deux ans, j'en faisais trois, mais depuis un moment, j'en fais trois. qu'un seul. Pourquoi ? Parce que j'ai analysé la tendance et je fonctionne beaucoup en surmesure pour les tenues là. Par rapport au prêt-à-porter, depuis trois ans, j'ai décidé d'en sortir qu'un seul et ça va sortir cette année, ça va sortir en octobre, fin octobre. Donc voilà.
- Ramata
Donc ce que je comprends, c'est que la part du sur-mesure, c'est une part assez importante dans ton business. Aujourd'hui, qui sont les clients qui viennent te voir pour faire du sur-mesure ?
- Petros
Alors, principalement les mariés. J'en ai beaucoup, j'en ai un peu partout dans le monde. Beaucoup de la diaspora, aussi localement. Si je peux le dire aussi, je suis une référence. En termes de robes de mariée, robes traditionnelles et tout, j'ai beaucoup de clients en Europe et en Amérique. J'ai quelques-uns en Asie, mais c'est principalement ça. Et j'ai aussi beaucoup de clients localement, notamment au Bénin, au Nigeria, au Ghana, au Togo et à Abidjan. J'en ai quelques-uns au Kenya et en Afrique du Sud aussi.
- Ramata
Très bien. Et est-ce que tu peux nous parler, du coup, comme il s'agit de mariage, un petit peu du process de l'organisation ? J'imagine, est-ce que tu habilles le marié et la mariée, ainsi que les demoiselles d'honneur et une partie des invités ? En fait, comment ça se passe quand on vient te voir en disant « je me marie et je voudrais que tu t'occupes des tenues » .
- Petros
Alors, chez moi, l'accompagnement est assez particulier. Alors, généralement, c'est le marié qui me contacte. Et quand il me contacte, vraiment, je suis à l'écoute. L'idée première, c'est de transcrire leurs émotions ou des histoires qui les ont marquées à travers leur couple. Mon but principal, c'est de les accompagner et de leur enlever le problème. plus de stress par rapport à leur cérémonie. Donc, comme je le dis souvent, nous sommes garantis. L'accompagnement se fait, ça dépend des mariés, ça se fait cas par cas. Il y a certains mariés qui veulent qu'on couvre tout le mariage, le, la mariée, les demoiselles d'honneur, les messieurs d'honneur, les papas, les mamans. Généralement, j'ai déjà eu des paquets où j'ai géré tout le mariage où il y en a qui veulent que je gère juste la femme ou juste l'homme ou les deux. Mais généralement, ce qui revient souvent, c'est de faire pour les mariés. Donc voilà. L'accompagnement est vraiment spécial chez nous. Nous sommes à l'écoute du client. Je n'hésite pas à vraiment... Dans le processus, la mariée peut être très indécise parce que c'est une mariée et il y a beaucoup de choses qui se passent pendant les mariages. Du coup, c'est vraiment être à l'écoute, humainement bien l'accompagner pour qu'elle soit le plus satisfaite possible de sa tenue. C'est vraiment ça. La relation humaine chez nous est très importante. L'accompagnement à travers cette nuque est très important.
- Ramata
Alors, je t'entends beaucoup depuis le début de l'interview dire « nous » . Quand tu parles, j'imagine, de toi, de ton atelier, de tes équipes, est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu justement comment est-ce que tu as constitué ton équipe et qui sont les différents profils qui travaillent avec toi ? pouvoir accompagner les différentes demandes que tu peux avoir, qu'il s'agisse de sur-mesure ou qu'il s'agisse de développer la collection prête à porter.
- Petros
D'accord. Dans mon équipe, on est composé de 17 personnes. Il y a le volet couture. C'est un chef d'atelier, des gens pour la coupe, des gens pour la couture. Je suis chargé de créer et de couper les tenues. suivi. J'ai des gens en compo qualité et j'ai des gens au niveau du perlage et des finitions. J'ai des brodeurs aussi et au niveau technique, j'ai un comptable, j'ai un assistant et un community manager.
- Ramata
Pour en revenir au mariage, Je sais que parfois, j'avais déjà eu l'occasion d'en discuter avec d'autres créateurs qui se sont positionnés sur ce créneau-là. Parfois, il peut y avoir des demandes qui sont les personnes qui viennent avec la photo de telle robe qu'elles ont pu voir, avec une inspiration très précise. Et toi, est-ce que ça t'arrive ? Et comment est-ce que tu fais pour accompagner ce type de demande où la personne arrive un peu avec une idée précise en tête ?
- Petros
Généralement, les mariés ont toujours des idées. Et comme je le dis, le but est de les accompagner. Quand elles viennent, je leur dis, je suis créateur, mon but n'est pas de reproduire la création d'autrui. Et je ne le fais même pas. Quand la personne veut purement une création donnée, je m'excuse gentiment auprès de la personne pour leur dire, je ne peux pas reproduire parce que ce n'est pas moi qui ai créé. Par contre, si vous voulez des inspirations, je peux m'en inspirer pour vous créer autre chose, selon vos demandes. Parce que généralement, quand ils prennent des photos, c'est pour illustrer comment elles veulent être. Donc, j'écoute la personne, comment elle se projette par rapport à cette tenue-là. Donc, en partant d'une base donnée... Je peux lui proposer des croquis. Est-ce que cette partie répond bien à ce que tu veux ? Est-ce que cette partie répond bien à ce que tu veux ? Et de commun accord, on arrive vraiment à créer une sérieuse pour... partie d'une création tout en gardant mes émotions et ne pas compter le travail d'autres. Je suis très défenseur de cela. Je fais très attention à ça.
- Ramata
Très bien, c'est intéressant d'avoir ton retour, effectivement, parce qu'assez naturellement, ça arrive un peu partout. Comme tu l'as dit, la mariée, elle arrive toujours avec une idée en tête assez précise. Par rapport à ce travail-là, j'imagine que quand tu es sur plusieurs mariages, tu as plusieurs demandes. Comment tu fais pour gérer les timings ? Puisque, bon, parfois, il y a la saison du mariage, et puis il y a plusieurs mariages en même temps qui vont arriver à la même période. J'imagine qu'en termes de timing, ça doit être extrêmement stressant, à la fois pour les mariés, mais aussi pour toi et tes équipes, pour pouvoir réussir à tenir les délais, parce que pour le coup, là, il y a vraiment un délai à tenir. Comment est-ce que tu gères ? Est-ce qu'il y a des moments où tu vas dire, La cité. cette commande-là, on ne va pas pouvoir la prendre, on ne va pas pouvoir la traiter parce qu'on a déjà, on a le carnet de commandes qui est plein en fait.
- Petros
Oui. Alors, comment ça se passe chez nous ? Comme je le dis, organisation garantie. Tu ne peux pas travailler dans le domaine du mariage et être en retard dans les livraisons. C'est impossible. Donc, c'est à toi de t'organiser. Comment ça se fait chez nous ? Il y a des saisons de mariage. Chez nous, on programme les mariés en avance. On reçoit des mariés un an en avance, trois mois en avance. L'idéal serait de venir, et ça je le préconise souvent sur mes réseaux sociaux, c'est de venir deux mois à l'avance. Ça c'est le minimum quand tu veux faire une tenue de mariée. mais parfois il y a des cas ou tu reçois en express, mais tu dois rendre quand même un travail impeccable. Du coup, j'ai des prestataires esthènes qui ont déjà eu à travailler avec moi, donc je suis sûr de leur travail. Donc du coup, quand j'ai beaucoup de boulot, je les appelle et ils viennent confier l'équipe pour qu'on puisse trier à temps. depuis... 12 ans que je fais de la mode, que je suis dans le mariage, je n'ai jamais livré une cliente en retard. On livre toujours à temps et bien fait. En termes, principalement, c'est vraiment l'organisation. Il faut que tu puisses dire non à certaines personnes s'ils s'y prennent très tard parce que tu as déjà des engagements pris et c'est pourquoi il faut instaurer les rendez-vous. Ceux qui Merci. J'ai déjà géré des mariés, par exemple, je ne les ai jamais vus jusqu'à aujourd'hui, mais on a généré tout le mariage, on est resté amis jusqu'à aujourd'hui sans jamais se voir. Donc, c'est vraiment un processus qui est mis en place pour que la mariée ou le marié se sente vraiment en confiance et qu'on puisse lui livrer un travail impeccable. Pendant tout le processus, c'est filmé, c'est envoyé, les détails sont peaufinés. Est-ce que ça, ça te plaît ou pas ? Franchement, comme je le dis, c'est un service vraiment cas par cas et on le fait vraiment de manière organisée. Avec l'expérience, j'ai développé pas mal de stratégies pour qu'on puisse livrer à temps. et que le travail soit vraiment très bien fait.
- Ramata
Oui, c'est intéressant de voir qu'il y a toute la partie direction artistique, mais il y a aussi toute la partie, quelque part, planning stratégique pour s'assurer qu'on tienne le délai, parce qu'effectivement, ces grands événements, ça implique de tenir le délai, on ne peut pas se permettre d'être en retard sur des événements d'une telle importance. En dehors des mariages, est-ce qu'il y a d'autres grands événements que tu accompagnes ou éventuellement des célébrités que tu vas habiller pour des grands événements ?
- Petros
Tu ne peux pas être dans le monde de mariage et être en retard. Si tu es en retard, même d'une seconde ou d'une minute, la cérémonie prend du retard, la mariée est stréchée, et ça fait un effet boule de neige. Ça commence petit en haut et ça devient très très très grand à rattraper. Du coup, il vaut mieux être très correct. Et si tu ne peux pas, dis « je ne peux pas » . Ne dis pas oui et tu prends l'argent des gens et tu ne commences pas à me guérir après. Tu t'assures que, tel que tu sois malade, que tu ne sois pas bien, ton équipe doit pouvoir gérer. Les délais doivent pouvoir être tenus, sauf en cas de vraiment cas majeur de vie ou de mort. Sinon, quel que soit ce qui la devienne, tu dois former une équipe qui est fonctionnelle. Et même si tu n'es pas là, ça doit être fait. Donc voilà, parce qu'on est tous humains. Et des imprévus, ça peut arriver. Mais tu dois pouvoir anticiper les imprévus et faire en sorte, quand tu es dans le monde du mariage, bien sûr, faire en sorte que les erreurs soient minimisées le plus possible. C'est l'idéal.
- Ramata
Je me posais aussi la question, je sais que tu es dans l'univers du mariage, mais j'imagine que tu habilles aussi des célébrités pour d'autres types d'événements. Est-ce que tu peux nous parler de comment ça se passe aussi ? J'imagine qu'il y a des questions de timing, si admettons c'est un chanteur ou une chanteuse et qu'il y a une représentation à une date précise. Comment aussi tu gères un petit peu les personnalités, les célébrités ?
- Petros
Alors, je vous explique. J'ai toujours voulu habiller des stars hollywoodiens et je remercie Dieu, il y a Internet. Depuis un moment, mes créations sont très en succès et sont très demandées par de grandes stars hollywoodiennes, notamment Ciara, Loïn Hill, Megan Coop, Majors. et son mari. J'ai habillé Kylie Hill au premier de The Weeknd qui a été référencé sur E-News. La marque a été nommée sur E-News et ça, pour un créateur étant basé au BNN, ce n'est pas évident. Donc, il y a toute une organisation derrière. En termes de créativité, par rapport aux stars, c'est toujours le service à l'écoute. Soit je suis repéré, une de mes créations sont repérées par les stylistes qui me contactent et qui payent par rapport au tenu. Donc, quand c'est comme ça, même là, tu ne peux pas livrer à temps. Tu leur demandes quels sont les délais, comment vous pouvez. Et tu leur dis ce qui pourrait être correct pour toi, dans quel délai tu pourrais livrer à temps. Parfois, il y a de très grandes urgences où la star ou le star veut un truc vraiment précis dans un délai très court. Et ça, si en tant que designer, c'est une grosse opportunité, tu te démerdes pour que ce soit fait. Et ça, Dieu merci, j'ai une bonne équipe avec qui je travaille. Ou tu es obligé de payer des heures supplémentaires parce qu'il y a du boulot. Et on cherche du boulot, du coup. Voilà, c'est approximativement ce que je peux dire par rapport à ça. Sinon, les créations sont très propres au start. C'est-à-dire, c'est vraiment peu qui disent ça, ça me plaît, ça, ça ne me plaît pas. Et je travaille avec beaucoup de stylistes, je les remercie d'ailleurs, américains. Je n'ai pas forcément beaucoup d'ouverture en Europe, mais aux USA, j'ai une très grande cote. Et j'aime beaucoup, vous n'avez pas idée, mais ça va très vite. Et les opportunités, c'est tap-tap. et Tu ne peux pas forcément en parler tant que ce n'est pas encore sur les réseaux sociaux ou tant que l'ASTA ne te permet pas de le faire. J'ai déjà eu des collaborations où c'est vraiment, on te dit, il ne faut pas mentionner. Si l'ASTA te mentionne, c'est bon. S'ils ne te mentionnent pas, tu ne mentionnes pas. Donc, voilà.
- Ramata
D'abord, félicitations pour cette belle réussite et cette reconnaissance à l'international, notamment aux États-Unis. Les différentes stars que tu as mentionnées, notamment Ciara ou Megan Wood Major, sont des célébrités américaines qui, vraiment, par rapport à l'Afrique, ont fait des voyages réguliers en Afrique, notamment Ciara. Megan Wood a récemment voyagé en Guinée et on lui a donné la nationalité guinéenne à elle et à son époux. Il y a vraiment aussi un côté de certaines célébrités afro-américaines qui se rapprochent de l'Afrique, qu'il s'agisse de la musique, qu'il s'agisse des films et qu'il s'agisse aussi de la mode. Tu dirais que c'est ce mouvement-là dont tu bénéficies en fait ?
- Petros
Oui, oui et non. Parce que, oui, principalement si j'ai pu appuyer une partie de ces gens-là, c'est parce que Il y a une bonne équipe qui les a fait venir. Il y a le truc du... Beaucoup veulent se reconnaître aux racines africaines. Et moi, je travaille beaucoup le Cori et les Rafia. Du coup, c'est des matières qui sont très mises en avant actuellement. Et quand ils reviennent, ils demandent avec qui on peut travailler. J'essaie en sorte d'être une référence dans mon domaine. Du coup, principalement quand on vient au Bénin, pour ce genre de création, c'est moi qu'on contacte. Mais j'ai beaucoup d'ouverture au Nigeria aussi. Donc c'est ça qui, premièrement, m'a permis d'habiller mon premier. Et après, il y a eu Ciara qui était au Bénin, elle, elle était au Bénin. Et pour la petite anecdote, j'avais fait un défilé à la veille dans l'hôtel où je séjournais. Et Sam Steinitz est venu voir le défilé et m'a contacté. Et je n'étais pas du tout programmé dans les stylistes qu'il devait voir. Et elle m'a dit, il faut que tu viennes la voir le lendemain. Et on était dimanche et c'était mon jour de repos. J'ai pris des créations, je suis venu fortuite. Il y avait tout plein de personnes dans le hall. Et la stylist est descendue. Elle m'a appelée. On est montés. Elle a vu les pièces. Elle a adoré. Et elle a pris tout plein de pièces. On a fait une interview ensemble. On a fait des photos. Et voilà. C'est approximativement comme ça, ça s'est passé. Et aujourd'hui, les stylistes sont beaucoup connectés avec. compte et à mes atténités. Du coup, voilà. C'est le fil en aiguille, ça c'est possible.
- Ramata
C'est intéressant que tu parles du rôle des stylistes. C'est bien de préciser que les célébrités, les personnes d'influence que l'on voit sur les réseaux, elles travaillent donc avec des stylistes qui sont là pour leur proposer des tenues et qui font en fait une recherche sur Instagram des différents créateurs à travers le monde entier. Ce sont vraiment des personnes très importantes à connaître quand on est dans le secteur de la mode parce que c'est elles qui servent d'intermédiaire pour faire découvrir des marques aux célébrités. Le fait qu'elles t'aient repéré, identifié et qu'elles te suivent, c'est vraiment pour toi. Il ne s'agit pas seulement d'entretenir la relation en direct avec la célébrité, ce sont les stylistes qui sont un peu le vigile devant la porte de la célébrité et qui vont faire. Tu vas avoir accès.
- Petros
Alors, par rapport aux stars, les rôles des stylistes sont très importants et très poussés dans les pays anglophones, que ce soit à Londres, aux USA, même en Afrique, notamment au Nigeria, comme en Afrique du Sud. Ce sont les pays que j'ai fréquentés et c'est ce que j'ai pu constater. Les stylistes décident des looks. La spa, ça veut dire non, mais généralement, elles sont à l'écoute et elles suivent beaucoup ce que les stylistes disent. Et c'est eux qui remarquent les marques, qui les contactent et qui prennent des pièces ou achètent des pièces par rapport aux créateurs. Généralement, chez moi, les stars achètent les pièces parce que, comme je le dis, on est en plein développement. On ne peut pas se permettre forcément d'offrir beaucoup de pièces, mais parfois on fait des cas exceptionnels. Mais la plupart des stars qui se sont habillés chez moi ont acheté des pièces. Bon, voilà. Je te remercie de nous faire cette confidence parce que bien souvent, il y a une espèce d'omerta autour de est-ce que les célébrités payent ou pas leurs pièces. J'ai écouté une interview de Céline Dion et je me sens que c'est Loroche qui parlait d'elle en disant qu'elle, elle achète les pièces. comment dire, elles ne cherchent pas forcément à se les faire offrir, il n'y a pas ce côté comme je suis une célébrité, si je porte ta pièce ça va te donner de la visibilité, donc je n'achète pas, il y a un peu cet accord tacite mais c'est intéressant que toi tu précises que voilà, il y a des célébrités qui c'est faire du business que de travailler avec des célébrités, ce n'est pas que un échange de bons procédés, un échange de visibilité, puisque toi de ton côté tu as un atelier, tu as des équipes, tu as 17 personnes, tu ne peux pas non plus comment dire Merci. être dans un système de dons, en fait.
- Speaker
Alors, comme je l'expliquais, il y a des exceptions. Ou par exemple, la personne a déjà travaillé avec toi et a payé la pièce pour une bonne entente ou tu veux garder le contact, tu fais quand même... des extras. Mais, moi, il y a une chose que je préconise beaucoup, et que s'ils sont venus vers moi, c'est que j'ai quelque chose qui les intéresse. C'est vrai que c'est une grosse opportunité qu'une grande star porte une de tes pièces et tout, mais aujourd'hui, le fait qu'il y a Internet a démocratisé beaucoup de choses. Tu peux être une grande star, Et ne pas avoir d'argent parce que tu donnes beaucoup. Non. J'estime que surtout en Afrique, surtout les créateurs africains doivent faire attention à cela. Ce n'est pas parce que c'est une grande star qu'il ne faut pas faire payer les gens. Il faut faire des déceptions, c'est vrai. Mais au soir, on tourne un business. Oui, il faut investir dans la communication, c'est vrai. Mais moi, personnellement, de mon point de vue, j'estime que si une star veut soutenir ou aime une création d'un créateur, c'est mieux qu'il l'achète. Ça soutient le business et ça le grandit lui-même auprès des gens. Parce que oui, il faut prêter. Il faut donner, parce que selon les stars, moi de mon côté, j'ai déjà dit à des stylistes de très grands stars, non, ma pièce n'est pas forcément apprêtée. Cette pièce-là, elle est la seule que j'ai faite. Si je vous la laisse, je ne pourrai plus en faire d'autres. Je n'aurai pas l'inspiration ni les coupes. pour en faire d'autres. Du coup, soit vous l'achetez et je ne la fais plus à personne, soit je ne peux pas juste envoyer ça comme ça. Donc voilà. Ça reste mon point de vue. Ça reste mon point de vue. Mais bon, ça peut être mitigé ou ne pas être partagé par d'autres. Mais c'est la mienne.
- Petros
Ah oui, non mais cette interview est la tienne, donc tu es là pour partager ton point de vue, là on n'est pas ici. Et c'est intéressant en tout cas que tu partages ça, parce que pour moi, ce que tu évoques, c'est le principe de la collaboration, c'est qu'on va chercher à s'arranger l'un l'autre, et si la célébrité ou la personne avec laquelle tu travailles, elle est, j'ai envie de dire, on peut dire le terme entre guillemets, réglo, elle va être capable de dire, voilà, il y a certaines pièces, je vais payer le créateur pour le travail qu'il fait, et d'y... Par moments, je vais aussi le mettre en avant à travers mes différentes plateformes parce que je sais l'impact que ça peut avoir. Et quand c'est fait comme ça, finalement, ça se fait naturellement à un moment donné, de dire, ah tiens, je pense à cette célébrité-là. Ce modèle-là, ça lui irait très bien. J'ai envie de lui envoyer cette robe. Et puis elle aussi, quand elle reçoit ça, elle peut avoir envie de dire, ah, il a pensé à moi, je vais porter la robe et je vais faire une photo. Ce sont des choses qui vont se faire naturellement quand il y a effectivement, comme tu dis, une bonne entente et que les deux parties sont... savent qu'elles s'apportent mutuellement, qu'il y a une vraie collaboration, là, c'est effectivement quelque chose qui va bien fonctionner. Tu évoquais le fait que ce qui a déclenché la collaboration avec Ciara, c'est le fait que tu as fait un défilé et tu as été repéré par la styliste. Est-ce que depuis, tu disais que la marque a été créée depuis 2015, Quelle place a le défilé dans ta stratégie de développement de communication ?
- Speaker
Alors, il faut savoir qu'au Bénin, je suis pratiquement le seul designer à faire beaucoup de défilés dans l'année. Parce que moi, principalement, mis à part le côté communication, les défilés me permettent de m'exprimer. Parce que quand tu fais du sur-mesure, c'est... tu crées pour la personne. Tu ne crées pas forcément... Oui, tu crées pour toi, mais tu dois écouter les exigences de la cliente. Et d'une manière ou d'une autre, l'essence de la création se partage entre ce que tu crées et la cliente. Du coup, ce que moi j'ai trouvé pour m'épanouir en termes de créativité... C'est vraiment les défilés. Les défilés, je me lâche au maximum. Je défends les thèmes que je veux défendre, les histoires que je veux défendre à travers mes défilés. Et il y a une grosse direction artistique derrière. Je pense et je profite pratiquement de tout. Je profite pour introduire mon actualité. Là, actuellement, je prépare un show qui va se faire. en fin novembre prochain à Lagos, la Lagos Fashion Week. Et c'est un show sur lequel je veux parler d'une maladie qui me touche. C'est la dysclasie. En Afrique, les gens ne connaissent pas forcément. Oui, il y a certains qui connaissent, mais la plupart des gens ne connaissent pas ce que c'est que la dysclasie. Et pour eux, quand l'enfant n'arrive pas à son sortie, À l'école, c'est qu'il est attardé ou il est retardé, il n'arrive pas à bien apprendre. Parfois, les parents sont très durs envers ces enfants-là, mais c'est juste qu'ils ne comprennent pas les choses comme tout le monde et ils ont leur manière à eux de comprendre les choses. Du coup, moi je l'ai découvert il y a cinq ans que j'étais discrétive et ça m'a permis de comprendre pourquoi. Je ne faisais pas les choses comme tout le monde. Pourquoi je disais les mots sans volet, ou je mettais les mots où les phrases se renversaient, ou ça devenait flou, pourquoi j'avais du mal en apprentissage, en termes de lecture et tout. Alors quand tu es plus jeune, quand c'est vite diagnostiqué, il y a un accompagnement par l'orthophoniste qui est fait. pour régulariser les choses. Mais quand tu n'as pas su, tu trouves des tips pour t'adapter. Moi, j'ai fait... C'est vrai que mon cursus, quand même, a été très dur. Mais au final, j'ai fini avec de très bonnes moyennes. Je m'en suis sorti du temps bien que mal. Mais aujourd'hui, c'est un truc que je veux sensibiliser. Mon but premier, c'est de sensibiliser, d'en parler. que les gens puissent comprendre ce que c'est et que les générations futures ne puissent pas être brimées ou frappées par rapport à ce genre de choses. Parce que ça peut être accompagné, si vous comprenez, si vous écoutez vos enfants. Je dirais aux parents aussi de prendre des responsabilités, à comprendre leur enfant. à écouter, à voir comment l'enfant fonctionne. Ce n'est pas juste de dire, toi tu es taré, toi tu n'arrives pas, pourquoi tu frappais l'enfant ? Non. Écouter, comprendre, pouvoir l'accompagner. C'est quelque chose qui m'a touché dans mon enfance beaucoup, parce que je suis justement issu d'une famille polygame de 13 enfants, et je suis le septième. Du coup, c'est un truc qui m'a... profondément marqué. J'ai eu du mal à en parler parce que je ne trouvais pas, je ne me sentais pas légitime, mais aujourd'hui c'est différent. À travers mon art, j'en parle et la collection va sortir bientôt. J'espère que les gens vont aimer et que ça aura l'impact que je veux. Voilà.
- Petros
Je te félicite pour cet engagement, pour cette cause qui te touche et qui touche aussi énormément de personnes. Il y a énormément de personnes qui se rendent compte assez tard, qui sont atteintes de dyslexie et ils se rendent compte que, comme tu le disais, ils ont développé des tips pour pouvoir s'adapter dans un environnement qui n'est pas du tout fait pour eux. Et parfois, ils ont pu être stigmatisés parce qu'ils n'arrivaient pas effectivement à apprendre à l'école, Alors qu'en fait... ils avaient un trouble réel qui, s'il avait été identifié suffisamment tôt, on aurait pu les accompagner mieux et leur permettre de réussir leur parcours scolaire de façon brillante, comme n'importe quel autre étudiant. Donc, je trouve ça, en tout cas, très intéressant qu'à travers tes collections, tu puisses, en fait, parler de cette maladie, de ce trouble et aussi en faire une cause parce que c'est beau. de présenter des œuvres, de faire des collections, de parler de mode. Mais c'est intéressant aussi de se servir de la mode pour pouvoir défendre une cause. Moi, je le dis assez souvent, je pense que la mode est politique et que c'est un moyen d'expression qu'il faut savoir utiliser. Toi, aujourd'hui, ce que tu évoquais avant de me parler de ta dyslexie, c'est le fait qu'au niveau des défilés, tu étais l'un des créateurs béninois qui défilait le plus. Alors là, tu m'as défilé à la Lagos Fashion Week. Est-ce que tu as pu défiler dans d'autres capitales de la mode africaine ou à l'extérieur ?
- Speaker
Oui, bien sûr. Alors, depuis dix ans, on a défilé au Kenya, au Ghana, au Sénégal, au Burkina, à Abidjan, Côte d'Ivoire, Lomé, Nigeria, à Paris, On a fait des expositions d'art à Montpellier et à New York. Voilà.
- Petros
Super, je vois que tu es vraiment un habitué de l'organisation des défilés. Moi, j'entends parfois des créateurs qui sont un peu frileux par rapport aux défilés, en disant voilà, c'est une grande fête, c'est beaucoup de dépenses, c'est beaucoup d'énergie, c'est beaucoup de temps. Et derrière, le retour sur investissement n'est pas toujours au rendez-vous. la manière dont ils sont organisés parfois, il n'y a pas forcément la possibilité vraiment de rencontrer des clients et de vendre. Toi, quel est ton avis par rapport à ça, sachant que toi, ce que tu dis, c'est que ça fait partie intégrante de ta stratégie de développement et que c'est vraiment un moment auquel toi, tu as intégré vraiment et que tu souhaites continuer à garder ?
- Speaker
Alors, il faut savoir que moi, je suis une personne très imprométie, pendant les fashion week J'essaie de me connecter au maximum. Et avec l'expérience, cette stratégie-là a fait ses preuves. Tu ne peux pas venir à un défilé. Oui, il y a des défilés ventes, où on évite, par exemple, de grandes boutiques, de grands acheteurs qui viennent pour acheter. Mais il y a des défilés des expos. Les défilés, les défilés, en tout cas, tous les défilés que moi j'ai faits, Ça peut ne pas avoir un impact tout de suite sur ce que tu veux, mais c'est à toi de savoir comment l'utiliser à ton échant. Moi, quand je fais un défilé, je me déplace avec une équipe. J'ai les vidéos, j'ai les photos. J'arrive à me connecter. Avant d'aller dans le pays, J'essaie de connecter à des gens et je viens avec des flowers qui sont partagées pendant le processus ou des titres sur téléphone. Ou dès que tu scannes le point de compte, tu te connais jusqu'à ma page où tu vois ce que je fais, tu te connais. Ça crée toujours une valeur ajoutée à la marque. Mouah ! Comme je dis, ça fait partie intégrante de moi, ma communication. Chaque année, je mets un budget qui est spécialement dédié à ça. Je ne peux pas rentrer dans mes fonds tout de suite, mais j'ai toujours de bons retours en termes d'achat, en termes de visibilité et en termes de connexion. Aujourd'hui, si j'arrive à avoir un nom dans les pays où je suis passé, C'est parce que je suis allé faire des défilés là-bas et ça peut me permettre de connecter à des acheteurs et de revenir après faire des expositions ventes. Pendant les défilés, moi, en tout cas, toujours, même si le défilé n'a pas d'exposition vente, le lendemain, moi, je reste, je donne des invitations pour un petit, une expo vente où je leur dis, ah, je suis dans tel hôtel, je négocie avec l'hôtel pour pouvoir faire une petite vente. après je trouve toujours le moyen de vendre tu ne peux pas faire un défilé et t'as attendre que ce soit juste le défilé qui t'apporte de l'argent. Si tu fais un défilé, ça doit être dans un but précis et ça doit être élaboré pour que ce défilé-là t'apporte un retour en termes de finances, en termes de visibilité et en termes de communication.
- Petros
C'est très intéressant que tu parles de la manière dont tu t'organises et aussi le fait qu'effectivement, tu as une stratégie en place pour t'assurer de générer des ventes. Tu prépares des flyers, tu prépares des QR codes, tu es prêt à vendre. Et c'est vrai que moi, je le dis souvent, quand on participe à un pop-up, quand on participe à un événement, c'est à la marque de faire sa communication avant l'événement, pendant l'événement, après. Mais si tu ne fais rien et tu comptes sur les organisateurs de l'événement, il ne va rien se passer. C'est à toi de faire ce travail de prospection en réalité. Et ce n'est pas évident non plus parce que quand on est occupé à créer la collection, à choisir les bons mannequins, à choisir toute la direction artistique, ce n'est pas évident en même temps de s'occuper de la stratégie commerciale en fait.
- Speaker
Ça, ce n'est pas faux. Mais c'est comme je le dis, si tu n'as pas les compétences possibles, Il faut que tu trouves des gens qui ont ce genre de compétences dans ton entourage. Moi, je me suis adapté beaucoup. Au départ, j'ai fait beaucoup de choses moi-même et je me disais, mais quels que soient les domaines, je me dis toujours, il y a quelque chose à apprendre. Même si aujourd'hui ne marche pas, fais. Et tu te dis que tu es en train d'apprendre de cet état. d'expérience là pour savoir quoi faire demain. Si tu as de grandes ambitions, tu ne peux pas t'asseoir chez toi et dire, oh, moi, je ne sais pas si parce que ça ne vend pas. Non, il faut rencontrer des gens. Quelque soit ce que tu fais, il faut que des gens connaissent ce que tu fais pour pouvoir acheter. Si tu crées, tu es le meilleur créateur du monde et tes pièces restent chez toi. Non, tu n'en vas pas vendre. Aujourd'hui, il y a le digital qui compte énormément. Tu ne peux pas faire des défilés. Il y a des marques qui n'en font pas du tout, mais qui organisent d'autres choses à la place. Ils organisent des pop-ups, des dîners, des réceptions qui montrent la vie de la marque. Moi, j'estime que je suis créateur. mon esprit créatif pendant... une année et je crée pour beaucoup de gens à tout moment. Donc, faire un défilé pour moi, c'est une manière de m'exprimer et que les gens, à travers ce que je fais, puissent porter, me porter. Donc, je... Je profite vraiment des défilés pour exprimer cela. Mise à part le côté com et le côté vente. Donc... Ça a une dimension très émotionnelle pour moi aussi. Mais je n'oublie pas derrière le côté business. Avant d'aller, je planifie tout. Quand tu crées, tu ne peux pas te permettre, en tout cas si tu es en Afrique ou si tu es jeune créateur, tu ne peux pas te permettre que d'être créateur. Si tu veux une marque qui prospère, tu dois pouvoir te cultiver, pouvoir toucher à... beaucoup de choses, et t'organiser. Ça ne veut pas dire que je suis un pro d'organisation. Je suis, dans ma vie personnelle, c'est le tafouage. Mais, dans ma vie professionnelle, j'essaie quand même d'instaurer certaines organisations, un certain suivi, qui me permet de, quand je vais sur les événements, de pouvoir avoir des retours. C'est Quand tu participes à un défilé, tu ne peux pas t'attendre à ce que j'ai fait le défilé, c'est fini. Non, il y a un après-défilé, il y a un après. Quand tu fais un défilé, il faut connecter, il faut aller vers les gens ou laisser les gens venir vers toi pour pouvoir... Parce que les gens ont vu, ils ont aimé, mais ils ne savent pas comment acheter. Parfois, il y a des organisateurs qui organisent et font en sorte que le défilé ne soit pas juste un festival qui est devant, derrière. Après ça, ils informent que le lendemain ou tout à l'heure, vous pouvez passer, voir les créateurs si vous voulez faire des achats. Oui, mais... En revient à bord, il faut qu'en tant que designer, tu puisses montrer ce que tu fais et tu puisses être accessible aux gens. C'est ça.
- Petros
Très bien. Écoute, c'est effectivement très intéressant ce que tu nous partages sur, effectivement, cette notion de ça fait partie du métier quand on veut développer sa marque. Maintenant, On n'est pas obligé d'essayer de le faire soi-même, mais il faut pouvoir trouver quelqu'un qui va le faire si ce n'est pas le cas. Mais le business ne se développera pas si on passe par là. Il y a des chemins obligatoires par lesquels il faut passer pour développer une marque. Si vous pleurez seul chez vous, il y a effectivement personne qui va frapper à votre porte. Et c'est intéressant que toi tu le dises parce que tu l'as dit à un moment dans cette interview, tu es quelqu'un d'introverti. Donc, il y a des gens pour qui ils sont beaucoup plus à l'aise pour faire ça. Toi, tu le dis, ce n'est pas quelque chose vers lequel tu irais naturellement.
- Speaker
Au début, quand j'ai débuté, je n'arrivais même pas à parler aux gens. Je n'arrivais pas à tenir. Et vous allez voir, si vous regardez sur ma page, pendant les défilés de fées, limite je cours de la scène parce que je ne supporte pas le monde. Je n'arrive pas à ça. Oui, aujourd'hui, c'est différent parce que j'ai trouvé des tips pour pouvoir tenir, finaliser, arriver à communiquer. communiquer avec les gens, mais au début, c'était pas possible du tout. Quand je finissais le défilé, je voulais vite rentrer. Dieu merci, j'avais un assistant dans ce temps qui se chargeait d'aller vers les gens, de m'inspecter. Et quand les gens me comptaient, j'arrivais à gérer, par contre. Mais ça a été très dur de me faire dirigeance pour pouvoir connaître. Aujourd'hui, c'est différent. Quand je viens sur les défilés, je suis en mode boulot. Et je suis beaucoup plus carré. J'arrive à vraiment connecter avec les gens. Mais il y a ce truc de, oui, c'est du mal. Mais bon, on arrive à s'adapter. C'est ça. Parce que c'est toi qui veux. C'est toi qui veux que ta marque soit vue. C'est toi qui veux que ton travail soit vu. C'est toi qui veux vendre. Donc, si tu ne te fais pas de dirigeance, personne ne viendra te le faire à ta place. Tu ne peux pas rester à te moffondre sur toi. C'est trop facile de dire « Oh, je suis introverti, je ne peux pas aller vers les gens » . Non, c'est vraiment compliqué pour les introvertis d'aller vers les gens. Ça demande un effort de malade, mais il faut que tu ne peux pas aller totalement vers les gens. Mais il faut que tu trouves un juste milieu pour pouvoir vendre ta marque. Tu peux ne pas choisir la stratégie d'un défilé, mais il faut que tes pièces ou tes créations soient vues. Tu as un téléphone dans la main, file, montre. C'est très, très, très, très important aujourd'hui. Fabien,
- Petros
c'est un bon message pour... potentiellement des jeunes créateurs, des entrepreneurs qui veulent se lancer dans le secteur de la mode ou autre, cette notion de effectivement, avec les réseaux sociaux aujourd'hui, quelqu'un introverti peut de toute façon créer du contenu et rendre visible son travail sans forcément avoir à tout de suite être dans le contact direct avec une communauté.
- Speaker
Oui, c'est pour ça que moi je dis toujours je remercie Internet parce que Internet, tu es seul chez toi, sans voir personne et partager des trucs et être vu. Oui, sur Internet, c'est un côté à tout tranchant, il y a tout ce qui compte de mal et de bien sur Internet, mais quand tu tiens un business et que tu es introverti, c'est une très bonne alternative parce que tu n'as pas forcément de contact direct avec les gens, mais ils voient ce que tu fais. Tu arrives à vendre, tu arrives à discuter en ligne avec les gens.
- Petros
Très bien, écoute, c'est un beau message que tu nous partages. On arrive à la fin de cette interview. Moi, j'ai été ravie d'échanger avec toi, découvrir ton profil et ta passion, en fait, pour la créativité, mais aussi pour le business. Je trouvais que c'était riche d'enseignements. Donc, je te remercie vraiment beaucoup pour tout ce que tu nous as partagé. Et je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.
- Speaker
Merci. J'espère que... C'est un peu mieux apporter quelque chose à tous ceux qui vont l'écouter. Et je suis ravi d'avoir partagé ce moment-là avec toi, Ramata. Merci.
- Petros
Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les 5 étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite, en Afrique ou ailleurs.