- Pierre
Après, avant d'arriver au stade des fonds, il y a ce qu'on appelle entre guillemets les business angels. Généralement, les business angels, ils ont souvent une baisse, comme d'enfants, mais très souvent, comme c'est des individus qui investissent de leur argent, ils peuvent être un peu plus ouverts, ils peuvent être un peu plus généralistes. Ils peuvent faire un peu des écarts, c'est-à-dire que si j'ai l'habitude d'investir dans l'agroalimentaire, Je peux faire un écart et puis mettre un ticket. dans l'art ou aussi, il y a un projet qui me parle.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews... Je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa, éthiques et performants. Je suis Ramata Dialo, je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes. Je suis également consultante en marketing et communication. J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Au-delà de la mode, je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique.
- Speaker
Aujourd'hui, je suis en compagnie de Pierre Ausha. Pierre est le co-fondateur de la plateforme de financement Mojafarm. Comme je l'ai évoqué début 2026, je souhaite donner la parole à des acteurs du financement pour aider les entrepreneurs créatifs du continent à trouver des investisseurs et comprendre les prérequis pour obtenir des financements. J'ai donc invité Pierre pour qu'il nous parle de son parcours et de sa plateforme. Bienvenue Pierre, comment vas-tu ?
- Pierre
Bonjour Amata, je vais très bien, merci pour l'invitation.
- Ramata
Écoute ça, plaisir. Là, on va commencer cette interview comme je le fais toujours. Je vais te demander de te présenter.
- Pierre
Je suis Pierre Ambois, je suis au Pénard de la Côte d'Ivoire, je suis né à Lidjan. J'ai eu la chance de très tôt voyager et grandir dans différents pays africains, la Guinée, le Mali, le Cameroun. Et après ça, j'ai fait mes études supérieures en France, des études d'abord. scientifique en agroalimentaire. Puis, j'ai fait une école de commerce master à Paris. Et après ça, j'ai tout de suite démarré dans la vie active sur différents postes, principalement dans la diffusion commerciale et marketing avant de me lancer dans l'entrepreneuriat.
- Speaker
Très bien, merci pour cette description. Donc toi, par rapport à ton choix d'études et à ton parcours, est-ce que tu avais toujours eu une idée très précise de ce que tu voulais faire ou est-ce que c'est plutôt quelque chose qui s'est fait au fur et à mesure de tes expériences ?
- Pierre
En fait, ça s'est construit au fur et à mesure. Au départ, je partais pour être ingénieur dans la loi alimentaire. Et finalement, lors de mes premiers stages sur des militiés techniques, j'ai goûté à la vente. et au marketing. Et c'est comme ça, du coup, que j'ai pris ce chemin pour aller plutôt vers des fonctions commerciales et marketing.
- Ramata
Très bien. Alors, quand tu dis que tu as goûté à la vente et au marketing, est-ce que tu peux nous dire pour quel type d'entreprise et quels étaient tes postes au niveau commercial et marketing ?
- Pierre
Oui. En fait, j'ai démarré dans une toute petite startup agroalimentaire qui avait développé un nouveau procédé de cuisson à l'alcool. Et moi, j'étais sur une fonction de textbook où je travaillais sur la formulation et surtout l'adaptation des recettes pour les chefs de cuisine qui étaient nos clients. Donc, on proposait ce nouveau procédé de cuisson à l'alcool à nos clients restaurateurs. Et en tant que chargé des formulations, je me déplaçais en clientèle pour leur montrer comment opérer ce nouveau procédé de cuisson. Et c'est comme ça, en fait, que j'ai commencé à faire de la banque parce qu'au-delà de leur expliquer Merci. le principe technique. Il y avait cette interaction pour leur présenter les avantages, les bénéfices, etc. Et c'est là où j'ai vu que j'avais une sorte d'abédance pour le relationnel, pour l'échange, le fait d'aller chez mes clients, etc. Et donc, c'est comme ça que je me suis orienté vers ça. Et les premiers postes ensuite que j'ai eus, j'ai commencé chez PepsiCo. Donc, PepsiCo, je vais connaître surtout les marques Pepsi. On sait aussi les Chips Olé, Tropicana, etc. Je ne vais pas faire la pub pour eux, mais voilà, c'est un grand groupe agroalimentaire américain qui est basé en Tantous, en France. Et là, j'ai commencé sur un poste de responsable de secteur. où j'étais en charge du développement commercial des différentes marques du groupe sur la région de Marseille et Toulon. C'est comme ça que j'ai démarré dans la vente.
- Ramata
Très bien, super intéressant pour le coup. Je trouve que la fibre commerciale, là où on ne l'a pas, il y en a, ils tombent dedans, ça les passionne et c'est vraiment ce vers quoi ils ont envie de se développer. Il y en a d'autres qui se disent « Ah ben moi j'ai fait un stage, j'ai compris que ce n'était pas pour moi et je fuis. » À travers ces premières expériences, qu'est-ce qui t'a mené après ? à te dire, est-ce que tu avais déjà l'envie de créer ta propre entreprise, tu avais déjà une fibre entrepreneuriale ou c'est finalement quelque chose qui est venu par la suite sur le tard ?
- Pierre
J'avais toujours eu ça. En fait, pour moi, ma fibre entrepreneuriale, elle prend racine, en fait, dans mon goût pour la liberté et dans mon goût, dans mon envie d'apporter les réponses que je souhaite. problèmes que j'identifie. Et quand j'ai commencé à être salarié, l'une des plus grosses frustrations que j'avais, c'était, surtout dans les grands groupes, c'était toujours le devoir, alors qu'on avait une réponse claire et précise à un problème, toujours devoir déformer ou en tout cas façonner différemment cette réponse pour qu'elle puisse s'intégrer dans les process et dans l'ensemble des contraintes liées au groupe, liées à l'entreprise. Et je trouvais toujours ça un peu frustrant parce qu'on adressait toujours à moi. En fait, une réponse, lorsque vous l'adaptez, lorsque vous la corrigez, du coup, vous vous adressez toujours de manière partielle pour le problème. Et c'est de là que me vient ce bout d'entreprendre-là, ce besoin de liberté, cette envie d'avoir la liberté de faire et ce besoin de... d'apporter des réponses précises qui viennent solutionner un vrai problème. Et après, ça vient aussi du fait de vouloir combler des fois des manques ou des bides existants. La première boîte que j'ai créée, c'est très simple, j'ai lancé la première marque de plats cuisinés sur des recettes africaines en France. Et j'ai fait ça parce que quand je suis arrivé en France, c'est un étudiant, donc j'allais faire mes courses, je voyais, je pouvais m'acheter un risotto et le faire chauffer au micro-ondes, je pouvais acheter des moules chinoises, mais je n'avais pas d'autres « ready to cook » ou « ready to use » africaines. Je me suis dit, en fait, il y a un marché pour ça. Et donc, c'est comme ça que j'ai lancé ma première entreprise où on a développé une gamme de plats cuisinés. qu'on a commercialisé auprès de Monoprix et Farpo. Ensuite, on a basculé sur la restauration collective. Pour illustrer un peu d'où vient ce goût de l'entrepreneur.
- Ramata
Et du coup, cette marque au niveau de l'alimentaire, est-ce qu'elle existe toujours ? Est-ce que c'est une boîte dans laquelle tu as toujours des parts ? Comment est-ce que ça a évolué cette première entreprise ?
- Pierre
C'est la première entreprise qu'on a créée Ciao ! 2008, c'était vraiment très early par rapport au marché comme les start-upers aiment le dire. On a été les tout premiers à le faire. Et en fait, on l'a fait sous un modèle très lean où on s'est appuyé sur un industriel qui faisait déjà des plats cuisinés pour des marques de distributeurs. On est allé le voir avec nos recettes et on a dit, écoutez, est-ce que vous pouvez fabriquer pour nous, pour notre marque, des plats cuisinés africains. Et donc, c'est comme ça qu'on a lancé là-bas. On était d'abord présent chez Monoprix. Voilà. Et là, on était en libre-service. Et on a développé. Comme on a dû, on n'avait pas beaucoup de moyens financiers. Donc, on a commencé sur le frais. Là, on a eu de premières difficultés parce que sur le rayon frais, il faut avoir des produits qui ont de très fortes rotations. Parce que sinon, vous avez beaucoup de casse. Puisque les DLC sont de 15 à 21 jours de ce genre de recettes. Donc du coup, on s'est très vite rendu compte que le prêt de libre-service, c'était un peu lourd pour nous, parce que ça demandait de gros investissements en marketing, faire de la pub, faire de la promo, etc. Et donc, on était vraiment une toute petite TPE. à l'époque avec à peine 5 000 euros du capitale. Donc, on a décidé de sortir de la grande distribution et on a signé un partenariat avec une autre entreprise qui était à l'époque leader sur les plats cuisinés en restauration collective. C'est le groupe Marie qui fait des plats cuisiner. Peut-être que les auditeurs vous connaissent, c'est magnifique. Et donc, avec Marie, on a signé un partenariat pour se développer plutôt en restauration collective. Et là, on a abandonné la marque et on faisait les blables sur Sodexo pour la région parisienne. Donc Marie refusait nos recettes et on les remet à Sodexo. Et on a fait ça pendant 5 ans, on touchait à peu près 10% du chiffre. Et après, l'activité s'est arrêtée et la marque n'a pas duré. L'épisode sur le RGMS VIP Service a duré 5 ans et après on a fait pareil 3 ans. quatre ans sur la restauration connective. Et après, Marie a recentré ses activités et on a mis fin au partenariat comme ça. Mais pour moi, sur cette partie-là, il n'y avait plus d'assets de mobilisation. On était vraiment sur... On vendait notre savoir-faire, on vendait nos recettes et toute la partie opérationnelle, logistique était faite par notre partenaire. C'était plutôt un très bon modèle.
- Ramata
Très bien, super intéressant. En tout cas, du coup, ça vraiment laisse penser que tu as été confronté presque à toutes les problématiques que peut rencontrer un entrepreneur, surtout quand on est face à la grande distribution alimentaire et aux différents partenaires et que vous avez testé avec la même idée plusieurs business models. En fait, vous avez su pivoter. Donc, quand tu nous parles de ce parcours-là, la question qui me vient, c'est comment tu passes de ce côté alimentaire à la plateforme d'investissement ? C'est quoi le lien entre les deux ou en tout cas, quel est le cheminement qui fait que tu vas cofonder la plateforme dont on va parler aujourd'hui ?
- Pierre
En effet, entre la marque Sensation d'Afrique que j'ai lancée en 2007 et Mojafrand que j'ai lancée en 2024, il s'est passé beaucoup d'autres choses. C'était un parcours entrepreneurial. Après Sensation d'Afrique, j'ai lancé d'autres entreprises. Une entreprise, je pense, qui va parler, c'est qui a lancé WaxWaou. Ça, c'était plutôt au milieu des années 2010. Et WaxWaou, en fait, c'était une marque de vêtements pour hommes avec une touche de wax. Et en fait, on perfectionnait nos vêtements en Côte d'Ivoire et on les vendait principalement sur la plateforme Afrique. Et on avait également, qui est devenu maintenant Encar, et on avait également notre site internet en France. Et on faisait de la vente comme ça de vêtements, confections sur mesure à la demande. Donc on avait des prototypes, des modèles qu'on affichait sur nos plateformes en ligne. Et on adressait principalement aux gens d'Adias 3, qui partaient à leur commande une fois qu'on avait la commande, on faisait confectionner et ensuite on éliminait le vêtement. Donc, j'ai eu cette aventure entrepreneuriale. Ensuite, j'ai basculé dans le digital, en Côte d'Ivoire, où j'ai investi dans des startups sur différents projets, des projets de transfert d'argent, des projets de paiement de loyers, de garantie économique. J'ai eu quand même un avivier comme ça et à monter plusieurs projets entrepreneuriaux en Côte d'Ivoire, au Togo, en France. Et dans deux ou trois périodes COVID, je me suis lancé dans la restauration. Donc, pas le moment le plus idéal, mais j'ai ouvert un restaurant en Lyon. Ensuite, j'ai ouvert un autre à Paris, puis à Yves-de-sur-Seine. Donc voilà, j'ai mis ce parcours-là en entrepreneuriat avant d'arriver sur la plateforme Modia. Et qu'est-ce qui fait qu'en un moment donné, je me dis comment émerge cette idée de Modia ? Sur ce parcours entrepreneurial entre la Côte d'Ivoire et la France principalement, je me suis rendu compte qu'il y avait vraiment un gros déséquilibre dans les moyens mis en eux sur ces deux régions. Pour moi, entreprendre en France me paraissait extrêmement facile par rapport à l'entrepreneuriat en Côte d'Ivoire par exemple. Il y a énormément de structures d'accompagnement en France, il y a énormément de facilités. pour avoir accès au capital. Et en fait, bref, le marché français est vraiment nourri d'outils et de subventions et de moyens pour l'entrepreneur. Et quand je comparais ça au marché ivoirien, je voyais qu'il y avait un très déficit. en termes de formation, en termes d'accompagnement et bien sûr en termes de financement. Et du coup, je me suis dit, mais en fait, comment est-ce que je peux, moi, apporter ma pierre à des fils ? Qu'est-ce qu'on peut faire, en fait, pour combler ce gap-là ? Sachant qu'en plus, sur le continent africain et en Côte d'Ivoire en particulier, les gens, en fait, ont ce sens de la débrouille parce qu'ils n'ont pas le choix. Et du coup, ils se lancent, ils tentent, ils essayent d'entreprendre. l'environnement aujourd'hui n'est pas assez nourri d'acteurs ou de solutions pour les accompagner et pour les aider. Et à côté de ça, l'observation que je faisais étant de la diaspora, c'est que les personnes issus de la diaspora ont envie de contribuer au développement du continent, elles ont envie de s'impliquer, elles ont envie de mouler des actions, elles ont envie de faire des choses. Et du coup, je me suis dit, en fait, peut-être que la... première chose à faire, ce serait juste de connecter ces deux cibles. Donc, on a les entrepreneurs africains qui veulent se lancer, qui ont besoin d'accompagnement et de financement. Et de l'autre côté, les membres de la diaspora qui se sont formés à l'étranger, à l'international, qui ont des compétences et qui ont aussi du capital. Peut-être qu'en fait, il y a quelque chose qui peut matcher là. Et c'est comme ça que je lance mon chart. D'abord comme un club fermé d'investissement où je vais d'abord avoir des personnes de mon réseau et on va mobiliser du capital. Mais on ne va pas faire que mobiliser du capital, on va aussi mobiliser des compétences. C'est-à-dire que les personnes qui viennent apporter 5 000, 10 000 euros, elles ont forcément une expertise dans leur domaine. Je suis responsable marketing, je suis géomètre, je suis notaire ou autre. Elles ont une expertise qu'elles peuvent aussi... apportées aux entreprises dans lesquelles elles mettent du capital. Et donc, en fonction de l'expertise, on va voir si ça matche avec les besoins de l'entrepreneur. Et ensuite, on a des investisseurs qui jouent aussi un rôle d'experts et d'accompagnateurs sur des thématiques bien précises. Après, on est bien conscient que les marchés sont différents. Donc, on ne fait pas du marketing à Paris comme on le fait à Alpes-Dijon. Donc après, il faut bien sûr intégrer les réalités locales. Mais voilà un peu l'écosystème qu'on a commencé à construire. D'abord sous forme de club d'investissement. Et ensuite, on a évolué vers une société de gestion qui s'appelle du Group Mondial Capital, qui va structurer les véhicules d'investissement dans lesquels on va rassembler des investisseurs issus principalement de la diaspora mondiale. Parce qu'aujourd'hui, au sein de Roja Fund, On a également des investisseurs qui ne sont pas issus de la diaspora, mais qui n'ont rien d'intérêt pour l'investissement en après-midi, l'investissement d'un bac sur le continent.
- Ramata
Alors du coup, là, je vais avoir pas mal de questions, mais je vais essayer de ne pas faire ce que je fais d'habitude, c'est-à-dire poser toutes les questions d'une seule fois. Déjà, ce que j'ai envie de te demander, c'est, dans tes différentes initiatives entrepreneuriales, parfois tu évoques le « on » , Est-ce que tu as travaillé en équipe ? Est-ce que tu as des associés en fait ? Est-ce que tu as toujours été dans une dynamique où en fait, vous étiez peut-être deux ou trois à monter tes différentes initiatives ?
- Pierre
Je n'ai jamais entrepris seul, Et pour moi, ça c'est ma vision personnelle, il ne faut jamais entreprendre seul. Pourquoi ? Déjà pour moi, au-delà de l'idée et la... première chose qui me permet de me dire que ce que je veux adresser a du sens, c'est déjà de réussir à convaincre quelqu'un de me suivre dans l'aventure. Pour moi, ça, c'est fondamental. Si j'ai pas d'associés, s'il n'y a personne qui croit avec moi que le problème qu'on veut résoudre, il est crucial, ça veut dire que déjà, il y a un sujet. Donc oui, j'ai toujours été associé. J'ai toujours cherché à avoir un profil complémentaire au mien pour pouvoir me lancer, toujours.
- Ramata
Et donc aujourd'hui, par rapport à... On va s'intéresser du coup au fond, au Jafond. Tu t'es embarqué dans cette aventure avec quel type de profil et quel associé ?
- Pierre
Aujourd'hui, nous sommes trois, trois co-founders. Il y a Christelle qui, elle, a un profil, elle est issue de la banque, donc elle a un profil plutôt banque-finance. Donc c'est peut-être important pour ces sujets d'investissement. Et le troisième associé, c'est Gislain, qui est un profil plutôt tech. Il est développeur full stack. C'est lui qui a développé tout l'outil technologique. Donc, en fait, on a vraiment une équipe aujourd'hui de trois personnes qui sont vraiment complémentaires. Rose va avoir la casquette entrepreneur business développement. Christelle va avoir la casquette de finance, mais aussi tout l'aspect, l'alliance, la réglementation. Et Gislain va... va avoir la responsabilité de toute la partie technique, toute la partie technologique.
- Ramata
Très bien. L'autre question que j'ai envie d'évoquer avec toi, c'est que quand tu parles de ton fonds, tu parles d'impact en fait. Donc ce que je comprends, ce que je suppose, c'est que dans le choix des initiatives qui vont être soutenues, dans lesquelles vous allez investir en tout cas, que vous allez proposer aux investisseurs, Il y a en fait un prérequis que vous allez regarder au niveau de l'impact de l'initiative de l'entrepreneur ?
- Pierre
Oui, tout à fait. Pour nous, c'est quelque chose qui n'est pas important. On regarde en fait plusieurs critères. On a une charte, quelque chose d'assez structuré. Mais pour faire simple déjà, on va accompagner des entreprises qui travaillent dans des secteurs qu'on considère comme étant stratégiques, par exemple l'agroalimentaire, les entrepreneurs qui veulent se lancer dans l'exploration minière ou des choses comme ça, ça ne va pas trop être notre cible, sauf si la personne vient avec une approche hyper RSE ou justement... dans la manière de pratiquer, dans la manière d'exploiter. On n'a pas tout ce qu'on connaît là avec la production des eaux, le travail des enfants, etc. Donc, aujourd'hui, on regarde. Est-ce que l'entreprise déjà intervient dans un secteur qui est stratégique, porteur et qui a de la valeur ? On regarde la création d'emplois. Il faut que ce soit de la création d'emplois. formelle. On regarde les questions de genre. On va être sensible au fait d'accompagner des femmes entrepreneurs. On regarde les questions environnementales. Quel est l'impact de ton activité sur l'environnement ? Et comment est-ce que tu en tiens compte ? On regarde également lorsque les gens ont une activité dans le monde souverain. quel va être l'impact aussi social, sociétal. Voilà, on regarde tout ça. Pour nous, l'objectif, en fait, c'est d'investir dans des entreprises qui vont porter de la croissance et du développement durable. Donc, on va lire selon ces critères-là. C'est vraiment ça qu'on fait. Et après, au-delà de cette notion d'impact, ce qu'il faut avoir en tête sur ce que nous, en fait, c'est que nous, on investit sur aussi... quasiment personne n'adresse aujourd'hui, ou très peu ou très mal. C'est ce qu'on appelle le fameux mission middle, cette partie-là, en fait, des entreprises qui ne sont pas adressées. Parce que quand on regarde la structure du financement aujourd'hui en Afrique, vous avez soit les microfinances qui vont adresser les toutes petites activités, mais avec des taux de financement qui vont être très élevés. Ensuite, tout ce qui est PME qui commence, qui démarre, mais qui se font structurer de manière un peu plus grosse que juste d'entrepreneurs individuels, ceux-là, par contre, personne ne les adresse. Et au-dessus, vous avez tous ceux qui sont adressés par les fonds d'investissement. Et les fonds d'investissement, aujourd'hui, les fonds d'investissement classiques, ils ont des critiques d'investissement qui sont trop élevées pour ces PME, pour ces startups. et ensuite vous avez les courants d'ici qui vont vous dire que le peuple n'investisse que dans des startups qui ont déjà une certaine traction ou un certain trafic. Donc en fait, sur la partie amorçage, notamment pour les PME, c'est beaucoup plus difficile aujourd'hui de trouver du capital. Les banques ne prêtent pas parce qu'il faut avoir au moins 3 000 ans. Pour les fonds, il faut avoir une certaine taille parce que sinon, c'est pas rendable. Donc au niveau de l'impact, il y a... toutes ces notions, il y en a ceux et autres qui en font compte, mais il y a aussi cette volonté d'adresser un marché que... très peu d'acteurs adressent aux autres. Et pourtant, il y a la partie du marché qui a le plus besoin de financement d'un compagnon.
- Ramata
Très bien. L'autre question que j'ai envie d'évoquer avec toi, c'est, tu évoques le fait que tu es d'origine ivoirienne, et donc tu évoques en fait des initiatives qui sont, comment dire, sur la Côte d'Ivoire, qui est vraiment aujourd'hui considérée comme un... hub en Afrique de l'Ouest et au-delà. Les initiatives qui sont soutenues par le fonds aujourd'hui, elles proviennent majoritairement de Côte d'Ivoire ou est-ce qu'il y a une volonté que ce fonds-là soit un fonds international africain, du nord au sud, d'est en ouest, où il y a une volonté peut-être d'être un peu... On est régional d'abord pour bien occuper un territoire et petit à petit on va grossir. Est-ce que le côté géographique en fait, il intervient dans vos réflexions à... pour soutenir telle ou telle initiative ?
- Pierre
Oui, bien sûr. C'est hyper important parce qu'on ne peut investir que sur des marchés qu'on connaît, qu'on comprend et qu'on maîtrise, qu'on sait lire. Et c'est pour ça qu'en milieu pour démarrer, on a un prêt focus sur trois pays, la Côte d'Ivoire, le Sénégal et le Cameroun, mais nous. Notre pays prioritaire aujourd'hui, c'est la Côte d'Ivoire. C'est pour ça que depuis quelques mois, je suis basé maintenant à Pitcher. Mais en Égypte, on a une vocation à, comme tu disais, à élargir le scope. Mais pour nous, l'objectif, c'est d'adresser toute l'Afrique francophone subsaharienne. Voilà, pour nous, c'est ça notre objectif à moyen et long terme, c'est de couvrir l'Afrique francophone subsaharienne. Pourquoi Afrique francophone subsaharienne ? parce que c'est la zone géographique du continent qui est la moins bien servie en capital risque. Aujourd'hui, les pays anglophones, c'est très bien. Ils ont une autre approche, ils ont d'autres écosystèmes qui font que ça marche mieux chez eux que chez nous. L'Afrique du Sud et l'Afrique de l'Est tirent aussi très bien sur les plans du jeu. L'Afrique du Nord, bien évidemment. En réalité, c'est principalement l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale. qui est vraiment très en retard sur ces notions de capitalisme, d'investissement en phase d'amorçage. C'est pour ça qu'on veut adresser cette zone. Mais avant de pouvoir ouvrir l'ensemble des pays, il faut d'abord qu'on soit focus. C'est pour ça qu'on met le focus sur la Côte d'Ivoire pour l'instant.
- Ramata
Très bien. Et du coup, au niveau de ce que tu évoquais par rapport à la manière dont vous abordez les initiatives que vous soutenez, en tout cas, les profits des investisseurs, il y a un côté, on apporte de l'expertise, c'est-à-dire quand on va investir, on sait qu'on peut accompagner l'entrepreneur, l'entreprise d'un point de vue de compétence. Et il y a aussi l'argent. Est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi cette démarche-là et comment vous l'avez mis en place ? Comment vous pouvez faire le suivi, en fait ? Parce qu'effectivement, parfois, on peut avoir accédé à des fonds, mais on peut connaître des histoires de start-up, pas forcément... Là, pour le coup, c'est un espèce de mythe de start-up ou légende urbaine qui n'est pas liée à l'Afrique, mais qui est des start-up qui ont reçu l'argent et qui ont très vite cramé cet argent et qui n'ont pas finalement été au bout des promesses. Mais parce qu'en termes d'accompagnement, de suivi, elles n'étaient pas suffisamment matures. Donc, toi, est-ce que tu peux nous expliquer comment vous abordez ce côté ? OK, il y a une partie financement, mais il y a aussi une partie accompagnement, compétence pour être sûr qu'on fait grandir l'entreprise.
- Pierre
Oui, tout à fait. Tout à fait. Ce point est très juste. Et en fait, nous, on le commence même dès la phase qu'on appelle la phase de due diligence. Cette phase de due diligence, en fait, sur la France. Je vous embrasse. analyser en fait l'entreprise donc avant même le financement, avant même d'accorder le financement etc. On est vraiment au tout début lorsqu'on a sélectionné l'entreprise, on a dit il y a un intérêt, maintenant ouvrons la porte pour aller voir ce qu'il y a dedans. Dès cette phase-là, on commence à observer, analyser l'entrepreneur et on va avoir des indicateurs ou des red flags qui vont nous dire là, il ne faut pas y aller parce que c'est dès ce moment-là où on va voir est-ce que l'entreprise preneur et défiable. Est-ce que lorsqu'on lui demande de corriger certaines choses, est-ce qu'il le fait dans les documents ? Est-ce qu'on lui demande des documents ? Est-ce qu'il les fournit à temps ? Est-ce qu'il respecte ses engagements ? Donc déjà, dans cette phase d'intelligence, il y a déjà de premiers indicateurs sur le profil de l'entrepreneur et est-ce qu'il est fiable, est-ce qu'il est triste, etc. Ensuite, ta question est portée plus sur une poste levée. Une fois qu'on a tout lancé, qu'est-ce qui se passe ? Nous, il y a une chose qu'on fait, c'est qu'on ne débloque pas les fonds en une fois, déjà. C'est-à-dire que l'entrepreneur, quand il vient nous voir, on développe avec lui un business plan et surtout ce qu'on appelle un plan de croissance. avec une grosse main. Phase 1, j'ai besoin de temps. Et avec ces temps, je vais atteindre tel objectif. Phase 2, j'ai besoin de temps. Phase 3, voilà. Généralement, on fait en 3 voire 4 phases. Et en fait, on va décaisser les fonds selon ce phasing-là. Donc, si tu veux, si l'entrepreneur n'a pas atteint les objectifs en phase 1, on ne débloque pas les fonds de la phase 2. Voilà. Ça, c'est le premier point déjà qui clarifie les choses pour l'entrepreneur. Et ensuite... On a des points à la quinzaine sur certains entrepreneurs, selon le risque, et sinon, à minima, c'est un point mensuel. Donc, tous les mois, on suit nos participations et on a un point de reporting sur où est-ce qu'on en est au niveau du chiffre, au niveau de l'utilisation des fonds, etc. Donc ça, c'est les suivis qu'on apporte. Ensuite, on a des... dans nos deux experts qui vont être en copilote de l'entrepreneur. Et donc, ceux-là aussi ont des points réguliers avec l'entrepreneur sur des sujets bien spécifiés, soit la logistique, la supply, ou le marketing, ou la distribution. Et ils peuvent aussi nous donner nos fonds du public. Donc, en fait, avec ces deux nouveaux de Tracking On Out, on arrive à réduire, en fait, le risque de défaut et on est sûr que la feuille de route qu'on a tracée avec l'investisseur on la respecte et si on ne la respecte pas et qu'on doit faire des changements, on sait pourquoi est-ce qu'on pivote, pourquoi est-ce qu'on fait des changements. Et on est toujours membre du conseil d'administration de l'entreprise pour pouvoir participer aux décisions importantes, stratégiques de l'entreprise. Donc c'est ça qu'on apporte en fait en termes de suivi et de contrôle une fois qu'on a investi dans une société. On ne laisse pas l'entrepreneur tout seul gérer les fonds mis à disposition et piloter l'activité. Une fois qu'on rentre au capital d'une entreprise, on devient vraiment copilote de l'entrepreneur et on travaille avec lui sur son plan de croissance, le plan des meubles. Voilà un peu ce qu'on met en place.
- Ramata
Très bien. Est-ce que tu as des exemples ? à partager d'initiatives qui ont été soutenues ? Peut-être, si on revient aux origines, quand vous étiez un club, voilà d'initiatives que vous avez soutenues. Et puis après, à différents stades, comment ça a pu évoluer ?
- Pierre
Bien sûr. L'entreprise qui va être la plus représentative, c'est une femme qui avait dansé une PNU, une TPP, qui produisait du yaourt local. du yaourt en Côte d'Ivoire à partir du lait loupéen. C'est-à-dire que, contrairement aux autres acteurs qui importaient du lait en poudre en provenance d'Europe, elle, elle avait ce fournil auprès de producteurs laitiers ivoiriens et un petit peu ceux de Burkina, où elle allait collecter du lait chez eux pour transformer. Donc, typiquement, ça, voilà un peu le type d'activité qui, pour nous, fait du sens. Et du coup, on... Son besoin, c'était de pouvoir s'équiper en machine parce qu'elle faisait tout de manière artisanale. Son besoin, c'était de pouvoir s'équiper en machine. Donc, elle avait besoin de 50 000 euros pour avoir une partie de sa prod automatisée. Et en fait, pourquoi est-ce qu'on l'a accompagnée ? Parce qu'elle avait un sourcil local, des produits qui étaient de bonne qualité. Et surtout, elle venait de signer un contrat. avec Auchan. Et en fait, pour pouvoir répondre aux besoins d'Auchan au Côte d'Ivoire, il fallait cette fameuse zone de production. Donc forcément, quand on est dans cet environnement-là, on est beaucoup plus assuré pour développer des fonds. Et suite à l'investissement qui a été fait, elle a multiplié par 2,5 son chiffre d'affaires et elle a pu améliorer ses groupes de production. puisqu'elle a fait baisser ses coûts de production de moins de 35%. Voilà un exemple concret aujourd'hui d'entreprises qu'on a pu accompagner. Et en fait, je ne sais pas si je peux rentrer dans le détail de la structuration, si ça va être un peu trop technique. Tu m'arrêtes si c'est trop technique. Mais au gros, quand on finance par exemple ce type de projet à 150 000 euros, les 50 000 euros ne sont pas investis directement en capital. On met une partie en capital et on met une autre partie en compte courant. Et du coup, on met le tout en compte courant. On met à peu près 75 % du montant en compte courant. J'en prête. L'entrepreneur rembourse, l'entreprise rembourse le compte courant de manière mensuelle. Il y a un différé de six mois, mais à bout de six mois, l'entrepreneur rembourse le montant qu'on a mis en compte courant. Ce qui permet d'avoir pour les investisseurs, pour les actionnaires, une distribution dès la première année. Et du coup, à partir du septième mois. les investisseurs commençaient à toucher le remboursement. Ils se prennent en compte pour après. Voilà un peu les modèles et les façons qu'on a d'opérer aujourd'hui pour que ce soit à la fois gagnant pour l'entrepreneur, mais aussi gagnant pour les investisseurs, sur le besoin qu'on utilise un peu le risque. Et le fait de mettre une grosse partie du capital des camps qu'on a fait en concours, ça permet tout de suite d'avoir... Donc, on retourne sur l'investissement avec des taux d'intérêt qui restent plus intéressants que ce qu'on peut avoir en France avec un libraire.
- Ramata
Alors, écoute, tu es très pédagogue, donc tu peux rentrer dans des détails techniques jusqu'ici, c'est clair. Et puis, de toute façon, pour ceux qui auraient besoin d'informations complémentaires, je n'hésiterais pas à laisser tes coordonnées. Parce que quand les gens commencent à poser des questions sur des niveaux de détails plus précis, c'est que peut-être ils ont de l'argent à investir. bon on va leur permettre de le faire avec Moja Fund. Là, tu as évoqué un investissement dans plutôt l'agroalimentaire. Moi, j'ai tendance à penser, mais du coup peut-être que je me trompe, que les fonds vont aller vers l'agroalimentaire, vers la fintech, quand on parle d'Afrique. Et tout ce qui est créatif, ce n'est pas forcément le premier secteur vers lequel on va aller. Donc, est-ce que toi, tu constates ça aussi ? Ou est-ce qu'au contraire, tu as des exemples dont tu peux me parler où il y a eu des investissements qui ont été faits ? Quand je parle du secteur créatif, ça peut aller de la musique, l'art, la mode. Et ça peut aussi être tout ce qui est lié à la création, à la production de contenus photos, vidéos. Est-ce que toi, tu as vu des initiatives dans le domaine des industries culturelles et créatives qui paraissaient pertinentes et sur lesquelles investir ?
- Pierre
Oui, en effet, c'est vrai que ce n'est pas un facteur pour les gardes auxquels on s'intéresse. Mais déjà, je pense que les acteurs eux-mêmes, en fait déjà, pour commencer de manière générale, un investisseur, il a toujours une thèse. il a toujours une thèse d'investissement et sa thèse d'investissement va souvent inclure des secteurs spécifiques dans lesquels il va investir. Donc globalement, vous savez, ça c'est plus je parle surtout au niveau des fonds. Vous allez avoir des fonds qui vont être dédiés, orientés, des startups, des fonds qui vont être orientés, ceci, ceci. En fait, je pense que déjà pour les acteurs de ces... de cette industrie créative là en Afrique, il faut déjà réussir à identifier qui sont ceux, qui sont les fonds qui investissent, etc. Après, avant d'arriver au stade des fonds, il y a ce qu'on appelle on peut dire les business angels. Généralement, les business angels, ils ont souvent une baisse comme d'enfants, mais très souvent, comme c'est des individus qui investissent de leur argent, ils peuvent être un peu plus ouverts à... ils peuvent être un peu plus généralistes, ils peuvent faire un peu des écarts, c'est-à-dire que, si j'ai l'habitude d'investir dans l'agroalimentaire, je peux faire un écart et puis mettre mon ticket dans l'art, ou si il y a un projet qui me parle. Et en fait, je pense que c'est aux acteurs de ces industries-là de réussir à rendre leur projet entre guillemets, bankable, investissable, le terme. français n'existe pas, mais c'est l'investment readiness. Pour dire je travaille sur mon business pour le rendre attractif pour les investisseurs. Et je pense qu'aujourd'hui, les acteurs de ces milieux-là le font très peu ou en tout cas ne sont pas assez accompagnés pour le réussir. Moi, j'ai un exemple d'un business angel africain que je connais qui s'appelle Steve Fogg qui a investi par exemple chez la maison Imane à disparu. Pourtant, c'est quelqu'un qui vient de la tech et Imane ici, c'est de la mode. Donc, voilà. Pour en cesser ça, c'est qu'il faut que ces auditeurs-là, ces porteurs de projets-là apprennent à parler aux investisseurs et notamment aux business angels. Donc, il y a cet exemple que j'avais. L'autre exemple que j'ai, c'est plutôt en Côte d'Ivoire où pareil, j'étais bien de se connaître bien dans mon frère pour le coup, qui a produit une série télé. ivoirienne. Et pour le coup, il y a derrière des lentes d'intention de chaînes prêtes à acheter soit en première ou en deuxième fenêtre les séries. Mais pareil, il faut toujours réussir à rentrer dans un cadenas parce que toutes ces personnes-là travaillent selon des schémas bien précis. et elles ont des modèles déjà bien modés. Donc, il faut connaître ces modèles-là et savoir adapter son ordre à ça pour pouvoir coder, en fait. Donc, voilà. Nous, chez Moja, pour l'instant, ce n'est pas quelque chose qu'on adresse, mais moi, c'est quelque chose que je commence à regarder un peu plus à titre personnel, notamment sur ce dernier projet de série où j'ai pu faire des introductions et des mises en relation avec des producteurs ou des propriétaires de chaînes qui étaient en Côte d'Ivoire. Voilà, et les retours que j'ai, c'est que justement, ça manque de capitaux. Les chaînes ont très peu de budget. Aujourd'hui, si je parle uniquement de la partie série télé, aujourd'hui en Côte d'Ivoire, je pense que c'est valable sur l'Afrique de l'Ouest en grand-fond. Hormis Canal en tant que distributeur qui met des tickets importants par épisode, les autres chaînes, les autres distributeurs, mettent des titres beaucoup plus modestes. Donc quand on est producteur, on va devoir supporter des pours pour produire des séries, en ayant en tête le fait que le marché va m'acheter un épisode par exemple à 1,5 million de francs CFA. Donc voilà, c'est un peu toute cette compréhension de l'écosystème en termes de chiffres. en termes de rentabilité, qui permet après de dimensionner les projets de manière à ce qu'ils soient plus facilement financés.
- Ramata
Très bien, merci pour ces explications. Effectivement, tu fais bien préciser ce point du business angel et d'arriver, il y a un vrai travail de l'entrepreneur à rendre sa marque, son projet, son initiative bankable et le travail vient de l'entrepreneur. Et même si on sait qu'il y a certains secteurs avec lesquels les investisseurs ont plus d'affinités, quoi qu'il arrive, tous ces entrepreneurs qui sont dans l'agro-gallementaire et la FinTech, ils ne trouvent pas tous un financement parce qu'encore faut-il que le projet soit viable. Donc potentiellement, vous allez voir quelqu'un qui a l'habitude d'investir dans la FinTech et vous arrivez avec une marque solide, implantée, avec des... un carnet de commandes rempli, vous pouvez réussir à finalement susciter son intérêt parce que le projet que vous présentez, la structure que vous présentez, elle est viable. Ce sont les chiffres qui partent en réalité.
- Pierre
Exactement. C'est vraiment ça. Aujourd'hui, l'investisseur, ce qu'il va regarder, c'est lorsque je mets un euro, combien ça me rapporte au bout de 3, 4, 5 ans. Et c'est vraiment ce qu'il va regarder. Qu'est-ce qu'il faut se dire en fait, et ça beaucoup d'entrepreneurs l'oublient, c'est que l'investisseur que vous avez devant vous, avant d'être investisseur, c'est un entrepreneur très souvent, et c'est quelqu'un, si aujourd'hui il est en position pour mettre de l'argent chez vous, c'est que lui-même sait déjà comment faire de l'argent. Et ça c'est important. C'est-à-dire que la personne que vous avez en face, lui-même il sait avec... 1 euro, comment j'arrive à créer 10 euros ? Donc si vous venez avec une copie ou un modèle qui est moins performant ou moins bien disant que ce que lui-même est capable de faire ailleurs, il n'a aucune raison de vous financer en fait, ou d'investir chez vous. C'est-à-dire que si moi aujourd'hui, je prends mon exemple, j'ai un restaurant. Je sais que dans ce restaurant, lorsque je mets 10 000 euros, ça me rapporte 20. Si tu viens me proposer un projet dans la restauration où tu me demandes de mettre 10 000 euros et que ça va me rapporter 15 000, en fait, il ne faut pas être surpris. que je décline ta proposition. Le vrai problème, c'est que les investisseurs sur le marché ne font pas ce travail de pédagogie. C'est-à-dire qu'ils vont très rarement prendre le temps d'expliquer pourquoi est-ce que ça coince. Et pourquoi est-ce que... C'est ça souvent le vrai problème. C'est-à-dire qu'ils vont vous demander de leur envoyer un deck. Vous allez leur envoyer votre deck ou votre business plan qu'ils vont analyser. Ils vont vous dire, non, ça ne m'intéresse pas. La majorité vont juste dire non. Et malheureusement, ils sont très peu nombreux à dire ça ne m'intéresse pas parce que le niveau de rentabilité est trop bas. Ça ne m'intéresse pas parce que les bitbacks que tu affiches, j'ai d'autres, c'est en dessous du marché. Ils sont très peu à dire ça. Donc du coup, les entrepreneurs, très souvent, ils ont des reclus, mais ils ne comprennent pas pourquoi. C'est un peu comme quand vous êtes postulé pour un emploi. Et vous avez juste une réponse négative et on vous explique quoi en fait. Qu'est-ce qui, dans votre profil, fait que vous ne matchez pas avec le poste ? Et je pense que, et ça c'est plus un message aux investisseurs professionnels, je pense que tout le monde y gagnerait si les investisseurs professionnels faisaient aussi un peu plus de pédagogie en expliquant pourquoi est-ce qu'ils ont décidé de ne pas accompagner ce projet ou est-ce qu'ils ne l'ont pas retenu. Parce que souvent, ce n'est que ça. C'est qu'en fait, la personne a... qui est des fois mal calibrée ou mal dimensionnée son business ou est en dessous de ce qui se pratique sur le marché. Et donc, des fois, parce qu'elle est mal renseignée ou elle n'a pas les bonnes infos. Donc, en effet, les chiffres sont clés. Et si vous allez voir un investisseur et que la rentabilité que vous affichez ou les niveaux de performance que vous affichez rentrent dans ces standards, Même si vous n'êtes pas dans le secteur dans lequel vous investissez, s'il comprend ce que vous faites et s'il voit par rapport au chiffre que vous lui donnez que c'est possible de réaliser ce niveau de performance, je suis prêt à mettre ma main à couper que 9 fois sur 10, vous aurez le financement que vous attendez.
- Ramata
Et du coup, je pense qu'il y a un vrai sujet aussi au niveau de... L'éducation des entrepreneurs sur comment présenter son dossier et comment se mettre à la place de l'investisseur pour lui donner les bons arguments. Est-ce que toi, au niveau du fond, dans ta structure, dans la manière dont vous fonctionnez, est-ce que vous faites un travail d'accompagnement ? C'est ce que tu évoquais un peu au début. Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu ? Quel est le temps que vous prenez à former ou briefer ou éduquer les entrepreneurs ? Si vous le faites, je sais que tu m'as parlé de cette partie en amont où, quelque part, il y a un certain nombre de dossiers à remplir et la manière dont la personne est réactive ou pas quand elle apporte ses réponses, ça vous donne une indication sur est-ce que cette personne est fiable ou pas. Mais est-ce que ça va plus loin ? Est-ce qu'il y a des masterclass qui vous disent... comment obtenir un financement ? Parce que je pense qu'on rêve, en tout cas ceux qui sont entrepreneurs, ils rêvent de ça en fait, d'avoir cette fameuse masterclass, non pas forcément qui te donne l'argent, mais qui te donne les bons conseils à suivre pour savoir comment te positionner.
- Pierre
Oui, c'est vrai qu'on ne fait pas de masterclass à date et c'est une très bonne idée, c'est une chose qu'on devrait faire et merci pour l'idée, on va regarder comment l'intégrer dans nos programmes. Mais c'est vrai que la phase de due diligence et d'accompagnement avant la levée de fonds, selon le profil, elle peut durer entre un à deux mois. Et en gros, c'est trois heures par semaine sur un à deux mois. Et pendant ce temps qu'on passe avec l'entrepreneur, on va d'abord commencer par comprendre son business. C'est déjà ça le début, c'est comprendre son business et voir déjà, est-ce que quand lui nous parle de son business et de ce qu'il en comprend, est-ce que ça match avec les données que nous on va aller collecter et l'étude de marché que nous on va faire ? Donc, on va d'abord travailler avec lui déjà sur la compréhension de son business, sur la compréhension de son modèle économique. Comment est-ce qu'il a structuré la manière dont il va gagner de l'argent ? Est-ce que c'est pertinent ? Est-ce qu'il y a d'autres façons ? Etc. Donc, en fait, on va l'accompagner sur tout ça. Donc, oui, il y a une phase d'accompagnement qui va durer entre deux mois. Et selon la maturité de l'entrepreneur, ce sera plus ou moins le cas. Mais on va faire tout ce travail avec lui de comprendre son entreprise, comprendre le marché. comprendre son modèle économique, construire sa stratégie de croissance, sa stratégie de développement, comment est-ce qu'il va se développer, comment est-ce qu'il va optimiser ses achats, comment il va optimiser sa logistique, comment il va renforcer son service commercial, comment il va communiquer, voilà. C'est toutes ces choses-là qu'on travaille et qu'on analyse avec lui. Et une fois qu'on a fini de travailler sur cette partie business, On regarde maintenant la partie de l'investissement. De quoi tu as besoin en termes de cash ? Et ce cash-là, à quoi tu vas l'affecter ? Et comment est-ce qu'on va l'intégrer dans ton business ? Est-ce que c'est que de l'équité ? Est-ce qu'il y a une partie qui part en dette ? Etc. Et ensuite, on va finir par ce qu'on appelle une note d'investissement. qui va être partagé aux investisseurs. Et dans cette note d'investissement-là, l'investisseur, normalement, quand il lit ce document, il comprend ce que fait l'entreprise, il comprend le marché sur lequel l'entreprise est, il voit l'opportunité et il voit également les gains qu'il peut avoir. Donc, cet accompagnement-là permet en effet de faire monter l'entrepreneur en compétences pour qu'il se mette vraiment à la place de l'investisseur. et qu'il comprenne quelles sont les attentes d'un investisseur. Et en même temps, on lui donne des outils en tant qu'entrepreneur pour pouvoir piloter son business et voir s'il n'y a pas des zones d'ombre, des zones cachées, des choses que lui n'aurait pas identifiées. Donc voilà, ça c'est ce qu'on fait, mais on le fait uniquement pour les entreprises et les entrepreneurs qu'on a sélectionnés et où on se dit là il y a un intérêt. Mais c'est vrai qu'à date, on n'a pas vraiment de masterclass ouverte à tout le monde. Il faudrait qu'on sait quelque chose qu'on peut faire. Parce que c'est hyper important, en fait, pour l'entrepreneur de savoir, en fait, c'est quoi les attentes d'un investisseur. Et je pense même que l'une des... Je pense que tous les entrepreneurs doivent se former à la psychologie humaine. Parce qu'en fait... L'entrepreneur, il passe son temps à comprendre les autres. Un bon entrepreneur, c'est un entrepreneur qui comprend les besoins de ses clients, qui comprend ses clients. Ce n'est pas un entrepreneur qui comprend aussi ses salariés, c'est un entrepreneur qui comprend aussi ses investisseurs. Donc en fait, il faut toujours chercher à comprendre les différents interlocuteurs avec qui on connaît en face de soi, c'est quoi leurs attentes, c'est quoi leur... grilles d'évaluation, c'est quoi leurs besoins, etc.
- Ramata
De toute façon, on va considérer que cet épisode de podcast, c'est déjà la première masterclass de MojaFound pour donner des conseils, puisqu'on a partagé énormément d'informations. Et puis, je sais bien que quand on est dans... C'est assez difficile d'être dans l'opérationnel du développement d'un fonds et en même temps de se dire, je vais créer une école, je vais créer une institution. Moi, c'est ce que je vois chez beaucoup d'entrepreneurs dans la mode où il y a vraiment ce sujet de... Je veux créer ma marque et je veux faire tout ce qu'il faut pour la développer. Mais en même temps, je constate que dans le marché dans lequel je suis, ça manque d'artisans bien formés, de modélistes, de stylistes. Et donc, je vais créer une école. Et à un moment donné, clairement, un entrepreneur qui dit qu'il veut être patron d'une école, mais en même temps patron d'une marque de mode et en même temps organiser des défilés, ça fait beaucoup pour un seul homme. Et ce qui sera intéressant, c'est qu'il y ait en fait... des écoles qui s'organisent pour se dire, on va proposer, ou des formations qui s'organisent pour se dire, elles vont venir en soutien de ce que font les business angels et les investisseurs de manière à donner des clés aux entrepreneurs. L'autre question qui me vient, c'est l'accès à l'information. Moi, il se trouve que j'ai des centres d'intérêt multiples et variés, et puis je suis très active sur LinkedIn, donc je suis tombée sur le profil de ton associé. Christelle qui nous a mis en relation. Mais parce que moi, je fuis, je cherche l'info. Je sais que les entrepreneurs que je fréquente, avec lesquels je discute, savoir où trouver un business angel, savoir où trouver l'information sur une plateforme comme Mojafund. En fait, ils ne savent pas où trouver l'info. On n'a pas non plus facilement un annuaire pour trouver qui sont les personnes qui ont des fonds et qui sont susceptibles d'investir. Toi, tout ce que tu évoquais, c'est pour lancer le fonds, tu as commencé par faire un club d'affaires. Comment on fait ? pour trouver les gens qui ont de l'argent. C'est quoi la... Est-ce qu'il y a une méthode ? Est-ce qu'il y a une façon de faire pour développer son réseau de personnes qui potentiellement sont des financeurs ? Parce que je pense qu'avant même de présenter un dossier de financement, il faut être dans un environnement, il faut discuter avec ces gens-là en fait. Quand tu évoquais la psychologie humaine, je suis complètement d'accord avec toi. Il faut avoir discuté plusieurs fois avec des investisseurs pour comprendre leur psychologie et après être prêt à présenter un dossier. Donc, qu'est-ce que tu recommandes pour se développer son réseau de business angels, de personnes comme toi qui ont développé des plateformes qui sont liées à la finance et déjà dans une logique de je veux comprendre comment ça fonctionne et ensuite je vais pouvoir me positionner.
- Pierre
Oui, il y a deux volets. J'ai deux axes de réponse. les premiers... sur, entre guillemets, comment trouver des business angels. Je pense, en effet, et tu l'as dit, quand on part d'une feuille blanche, son premier outil, c'est déjà Internet. C'est d'aller sur Internet et avec des mots-clés. Je suis, je dis une bêtise, je suis à Sergi Pontoise. Je tape business angel Sergi Pontoise. J'ai l'argile à business angel Île-de-France. Et je vais forcément trouver quelque chose. Et en fait, l'étape d'après, c'est de contacter ces gens et de comprendre quel type de business ils accompagnent et dans quoi ils investissent. Ça, c'est la manière, entre guillemets, générique, au-dessus avec Internet, chat GPT, etc. On peut facilement trouver un mail, un site Internet et ensuite rentrer en contact. Ça, c'est la façon, entre guillemets, je vais vers les inconnus. Parce qu'en fait, si on cherche bien, avec des mots clés, on trouve des choses. Et peut-être que vous pouvez tomber sur un club de business angel qui n'adresse pas votre problématique, mais qui peut vous rediriger vers d'autres personnes qui adressent votre problématique. Donc, pour moi, avec Internet aujourd'hui, les entrepreneurs, s'ils passent un peu de temps à faire des recherches sur Internet, ils peuvent trouver des choses et petit à petit, participer à des événements. Quand on est dans un secteur d'activité, il y a toujours des opportunités de faire du networking au moins dans 300 kilomètres autour de soi. Donc ça existe, il faut juste chercher. Pour moi, ça c'est la première approche. Après, la deuxième approche que moi-même j'ai vécue personnellement, que j'ai eu à faire personnellement, c'est... au niveau de son réseau personnel. Et ça, les gens l'oublient souvent. Quand vous êtes un entrepreneur hyper, hyper, hyper passionné, c'est impossible d'avoir une conversation avec vous sans qu'à un moment donné, vous fassiez allusion à votre entreprise. Je ne sais pas si tu es d'accord avec ça, mais moi, c'est ce que je constate. Lorsqu'on me présente quelqu'un ou lorsque je rencontre quelqu'un, ou si c'est un entrepreneur ou s'il porte un projet qui lui tient pas mal à cœur, à un moment donné, ce sujet-là arrive sur la table. En fait, ce que je veux dire par là, c'est que si vous parlez de votre projet à vos proches, aux gens que vous connaissez, déjà dans votre cercle personnel, à un moment donné, vous avez l'opportunité d'adresser cette notion du financement. L'exemple précis que j'ai, c'est lorsque j'ai lancé mon premier restaurant, je n'ai pas eu à mettre... à titre personnel, un seul euro dans ce restaurant. Pour une raison très simple, c'est que j'ai parlé de ce projet à mon entourage. Donc, en fait, j'expliquais le concept, etc. Et je ne finissais jamais de parler de ça sans dire aux gens qu'ils ont l'opportunité, si le projet les intéresse, de pouvoir y investir, même 5 000 euros ou même 1 000 euros. Petit à petit, j'ai réussi à mobiliser auprès de personnes de mon entourage. la somme dont j'avais besoin. Après, en France, c'est beaucoup plus simple parce qu'une fois que vous avez vos proches qui vont votre réseau, qui vous apportent un minimum de capital, même si vous n'atteignez pas 50 000 euros, même à partir de 30 000 euros, vous pouvez déjà faire des effets de levier. Le premier effet de levier, c'est que vous allez voir le réseau Initiative France. Déjà, si vous avez ne serait-ce que 15 000 euros que vous avez réussi à mobiliser auprès de vos proches, l'initiative France que vous prêtez 15 000 euros. Et là, vous êtes déjà à 30 000 euros. Une fois que vous avez l'initiative France qui vous a prêté 15 000 euros, vous pouvez aller voir une banque et vos 30 000 euros vont représenter 20 % du prêt que vous voulez faire. Donc, tout de suite, en fait, sur... Là, je parle principalement de la France. Tout de suite... vous vous retrouvez dans un schéma où vous avez mobilisé 10 000 euros auprès de votre communauté ou de votre réseau, vous avez mobilisé 10 000 euros auprès d'un réseau de prêts à taux zéro, vous vous retrouvez avec 20 000 euros, vous allez par une banque, idéalement une banque régionale, Fédéral Agricole, Caisse d'épargne, vous allez les voir, vous leur dites voilà j'ai 20 000 euros d'apport, et bien elles sont capables de vous quitter 100 000 euros. Et du coup vous vous retrouvez avec 120 000 euros alors que vous avez mis zéro. Tout simplement. Et ça, c'est possible en France. Ce n'est pas possible encore sur le continent africain, mais en France, c'est possible. Voilà un peu deux stratégies que je vois aujourd'hui, voir se faire financer quand on est basé en France. La première, c'est de faire des recherches sur Internet, trouver des business angels qui sont idéalement dans votre région, parce que souvent, les business angels locaux veulent créer de l'emploi au local. Donc ça, c'est la première approche. La deuxième approche, c'est dans votre réseau personnel, fixez-vous un objectif. Je ne sais pas, je pense qu'en moyenne, je ne me souviens plus du chiffre, mais on a à peu près une centaine de contacts en moyenne. Donc, imaginez que sur les 100 contacts que vous avez, il y en a 10 qui mettent 1 000 euros. Vous êtes à 10 000 euros. Et du coup, vous pouvez après faire un effet de papier pour finalement vous retrouver à 120 000 euros. Et je pense qu'avec 120 000 euros, il y a pas mal de projets qu'on peut lancer en France, par exemple. Sur le continent, c'est différent. Mais en effet, il serait bon d'avoir une sorte d'annuaire. Il en existe, je crois, encore une fois, sur la France avec BPI. Je crois que sur le site de la BPI, vous pouvez retrouver tous les acteurs qui restent. Ce sont des choses qui n'existent pas encore. En Côte d'Ivoire, par exemple, il n'y a pas réellement de site qui centralise un peu tous les acteurs. Mais ça peut se faire. Je sais qu'il y a la BAD qui a lancé une initiative comme ça, où elle référence tout ce qui est entreprise, organisme de support à l'entrepreneuriat. Donc ça peut être des incubateurs, des accélérateurs, des fonds d'investissement. Ils ont créé une plateforme là-dessus. Ils nous ont sollicité pour qu'on s'y inscrive. Donc je n'ai plus le nom de la plateforme. Mais du coup, il y a quelques initiatives comme ça qui existent. pour essayer de référencer en France ou en Afrique ou en Côte d'Ivoire des différents acteurs de l'accompagnement du financement.
- Ramata
Écoute, on arrive à la fin de cette interview. Je te remercie beaucoup pour tout ce que tu nous as partagé. Il y a eu énormément de valeurs et de conseils précis et actionnables pour pouvoir mettre en place, réfléchir à une stratégie pour obtenir des financements. Je te remercie vraiment pour le temps que tu nous as accordé. Moi, je mettrai en note de l'épisode le lien de la plateforme et un lien où on puisse éventuellement te contacter, si tu le permets, pour poser davantage de questions et éventuellement présenter son entreprise, sa structure pour éventuellement obtenir un financement.
- Pierre
Oui, grand plaisir.
- Ramata
Écoute, je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.
- Pierre
Merci beaucoup, Amata. À bientôt.
- Ramata
Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.