- Serge
Non, effectivement, l'idée, c'est d'être à temps plein. Pas que le festival, pour le coup, parce que le festival, c'est une porte d'entrée, mais j'ai fait aussi d'autres choses qui sont liées, des activités connexes. Par exemple, je suis aussi dans la distribution audiovisuelle. Donc, ça veut dire qu'aujourd'hui, je vends des films à des chaînes de télé ou à des plateformes, etc. Je suis aussi producteur. J'ai aussi produit des longs-métrages. Et on travaille... Ma structure travaille aussi dans tout ce qui est accompagnement de l'écosystème, ça veut dire accompagnement d'acteurs, de réalisateurs, de scénaristes, etc. Donc on a cette partie qu'on appelle le talent management. Et donc voilà un peu nos différentes activités, avec évidemment le festival qui sert un peu de vitrine par rapport à notre univers, qui est centré autour des contenus afro, donc africains évidemment, mais aussi afro-diastoriques.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa, éthiques et performants. Je suis Amatalia Lowe, je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes. Je suis également consultante en marketing et communication. J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Au-delà de la mode, je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Serge Nukwe. Serge est le fondateur de la Nollywood Week, un festival dont l'ambition est de faciliter l'accès en France à des films et des productions made in Africa. Je l'ai invité aujourd'hui pour qu'il puisse nous parler de son parcours et de son festival. Bienvenue Serge, comment vas-tu ?
- Serge
Bonjour Amata, merci beaucoup et très content d'être dans ce podcast.
- Ramata
Écoute, c'est moi qui te remercie d'avoir accepté mon invitation. Moi, j'ai déjà eu l'occasion d'assister à plusieurs reprises à la Nollywood Week, donc je suis ravie de rencontrer son fondateur. Mais avant d'aller dans les détails de la présentation du festival, j'aimerais bien que tu puisses nous parler un peu de toi. Et on va commencer cette interview comme je le fais toujours. Je vais te demander de te présenter.
- Serge
D'accord, merci beaucoup. Écoute, c'est jamais facile de se présenter en quelques mots comme ça rapidement, mais en gros, je suis, je vais me définir comme une sorte d'entrepreneur culturel, entrepreneur culturel, passionné par le continent africain dans son ensemble. Et donc, ce festival, la No Limit Week, représente un peu tout ça, elle est un peu à l'intersection de tout ça. Je suis évidemment cinéphile aussi. Mais au-delà de l'aspect cinéphile, l'idée c'était vraiment de pouvoir créer des nouveaux narratifs autour de l'Afrique, de manière générale. Et je pense qu'il n'y a rien de mieux que l'image pour façonner la manière dont un peuple se voit et la manière dont un peuple peut se projeter à l'international. Donc voilà un peu les éléments en quelques lignes qui m'ont... a créé un festival comme l'Hollywood Week avec l'idée en ligne de fond vraiment de changer l'image qu'on a de l'Afrique à l'extérieur et que l'Afrique a d'elle-même.
- Speaker
Très bien. Je pense qu'on est un petit peu sur le même registre. Moi, l'idée du podcast Africa Fashion Tour, c'était vraiment aussi cette volonté de changer les narratifs sur la mode africaine et de faire en sorte de mettre en lumière, de promouvoir. Donc au départ, j'étais vraiment concentrée sur la mode. Et puis au fur et à mesure, je me suis intéressée de manière plus large aux industries culturelles et créatives africaines. Et c'est la raison pour laquelle j'ai pris l'opportunité de t'interviewer pour pouvoir parler de cinéma. Mais avant ça, tu te définis comme étant un entrepreneur culturel. J'aimerais bien que tu nous parles un petit peu des débuts de ta carrière. Est-ce que tu as toujours été entrepreneur ou est-ce que tu as eu un parcours de salarié et puis à un moment donné, tu es devenu entrepreneur ?
- Serge
Oui, c'est une bonne question. En fait, j'ai... J'ai fait un peu des deux. C'est clair que j'ai connu un peu le parcours classique aussi, c'est-à-dire avec des emplois beaucoup plus traditionnels et classiques. Mais ce projet est arrivé assez tôt dans ma carrière et du coup, j'ai dû un petit peu jongler. Ça veut dire qu'il y a eu des moments où j'étais uniquement focus sur ce projet et d'autres où j'avais un travail à côté et que je devais... si je les ai également à accomplir, etc. C'est toujours difficile de se lancer complètement dans une démarche entrepreneuriale, surtout quand on n'est pas d'un milieu ou d'une famille qui baigne dans ça. Et ce n'était pas mon cas. Donc voilà, il y a certains codes, etc. On est un peu à... contre-courant de ce qui se fait et donc il y a tout un tas de difficultés avec ça. Mais au fil des années, je dirais que j'ai réussi à affirmer cette vision-là et j'ai réussi surtout à trouver, bon an, mal an, des modèles économiques qui pouvaient fonctionner. Parce que ça aussi c'est une réalité dont il faudra parler, mais on est sur un modèle qui est quand même assez fragile ou précaire. C'est comme on voit les choses. Et donc euh... Il faut pouvoir assez rapidement trouver le modèle économique, il faut pouvoir peut-être adapter certaines choses pour pouvoir véritablement vivre d'activités comme celle-là. Donc ce n'est pas évident, si je devais résumer. J'ai dû faire un parcours hybride et assez atypique pour arriver là où j'en suis aujourd'hui.
- Speaker
Et aujourd'hui, l'idée, c'est que tu es entrepreneur culturel à temps plein. C'est comme ça que tu te définis. Donc, tu n'as plus ce statut d'hybride ou est-ce que tu le gardes toujours ?
- Serge
Non, effectivement, l'idée, c'est d'être à temps plein. Pas que le festival pour le coup, parce que le festival, c'est une porte d'entrée. Mais je fais aussi d'autres choses qui sont liées, des activités connexes. Par exemple, je suis aussi dans la distribution audiovisuelle. Ça veut dire qu'aujourd'hui, je vends des films à des chaînes de télé ou à des plateformes, etc. je suis aussi producteur je suis produit des longs métrages et ma structure travaille aussi dans tout ce qui est accompagnement de l'écosystème accompagnement d'acteurs, de réalisateurs de scénaristes etc. donc on a cette partie qu'on appelle le talent management et donc voilà un peu nos différentes activités avec évidemment le festival qui sert un peu de vitrine par rapport à notre univers qui est centré autour des contenus afro Merci. donc africains évidemment, mais aussi afro-diasporiques.
- Speaker
Alors ce que tu évoques, c'est que toi tu es cinéphile à la base, donc j'imagine que c'est pour ça que tu en es venu à créer la Nollywood Week. Est-ce que tu peux nous parler de tes premiers souvenirs, les premiers films qui t'ont interpellé et qui ont fait peut-être... Déjà, premiers souvenirs aussi, à quel moment est-ce que tu t'es dit c'est vraiment un domaine dans lequel j'ai envie de travailler, Ce n'est pas juste une passion, c'est vraiment...
- Serge
Comment dire ? C'est vraiment une vocation. Je ne sais pas s'il y a un déclic. Je pense qu'il y a un moment... Je ne me souviens pas forcément de la première fois que j'ai été au cinéma à l'enfance, etc. C'est quelque chose dont je ne me souviens pas. C'est assez paradoxal. Mais ce qui est sûr, c'est que j'ai toujours été curieux. J'ai toujours été très, très, très avide d'images et d'imaginaires sans forcément, au départ, avoir toutes les clés pour... pour démystifier ça, pour analyser, etc. Ça, c'est des choses qui sont venues plus tard. Mais en tout cas, je me souviens quand même d'avoir compris, encore une fois, c'est par rapport à l'Afrique, d'avoir compris à quel point... Parce qu'une des choses aussi dans mon parcours, c'est que j'ai eu l'occasion assez tôt, donc en termes d'âge, quand j'étais encore à l'école primaire, etc., j'ai eu l'occasion de voyager sur le continent africain assez régulièrement, alors que j'ai grandi en France, je suis né à Paris, etc. Mais j'ai eu des... des occasions comme ça de me rendre sur le continent. Et ce qui me frappait, c'était à quel point il y avait un gap, un fossé entre les réalités de ce continent et la manière dont ce continent était perçu quand je rentrais ensuite en France, dans ma commune, avec mes voisins, etc., les différents échanges que j'avais, où pour eux, le fait d'aller en Afrique, c'était sur une autre planète. Ils n'avaient pas de repères, que ça a été tout à l'heure Ils ne savaient pas à quoi ça pouvait ressembler. Leurs images étaient très, très, très stéréotypées. Et donc, je me suis... C'est quelque chose qui est vite rentré dans ma tête et qui est vite devenu... Comment dire ? Peut-être pas une obsession, mais j'avais envie de corriger ça. J'avais envie de corriger ce narratif et de pouvoir montrer l'Afrique telle qu'elle l'était, telle qu'elle l'est véritablement. C'est comme ça un petit peu que cette mission, entre guillemets, est née en ce qui me concerne.
- Speaker
Très bien. Et du coup, comment est-ce que de cette passion, de cette mission, de cette vocation, Tu as... Tu en viens à l'idée de créer un festival, parce que du coup, il y a plein d'options qui sont possibles. Tu aurais pu te dire, je vais devenir réalisateur ou acteur. Enfin, il y a plein finalement. Le champ des possibles, quand on est passionné des industries culturelles et créatives, il est assez large. Toi, aujourd'hui, il y a le festival, mais ce que tu évoquais aussi tout à l'heure, c'est que quelque part, c'est une partie de ce que tu fais, puisque tu fais de la distribution et de la production. Donc, comment est-ce que ces différentes missions liées au cinéma elles se sont révélées. Comment est-ce que tu as organisé ton parcours ? Est-ce que ça s'est fait spontanément ? Ou est-ce qu'il y avait un plan de je vais d'abord faire ma production, la distribution, puis ensuite il y aura un festival ? Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu la genèse de ton parcours d'entrepreneur culturel ?
- Serge
Oui, en fait, c'est vrai qu'il y a eu une envie ou un besoin de... Parce que tu as parlé tout à l'heure des narratifs et à quel point c'est... les narratifs qui concernent l'Afrique sont très loin d'être exacts. Il y a un point aussi qui est vite devenu évident pour moi, c'est qu'en fait, les films mènent sur le continent africain ou sur des pays d'Afrique, etc. étaient souvent des prismes venant de l'extérieur. Je pense qu'il y a eu très rapidement en moi une envie de pouvoir contrôler, une envie de pouvoir jouer un rôle dans cette espèce-là et de pouvoir partager des choses qui, moi, me semblaient importantes et en même temps que je ne voyais pas sur la place publique comme ça. Et donc, voilà, l'idée du festival, c'est ça. Mais c'est aussi, je dis souvent que je suis un peu comme un DJ. un DJ qui a simplement envie de partager avec la foule avec le public les morceaux qu'il aime le plus, les morceaux qu'il faut qu'il fait c'est cette énergie là aussi qui a permis à tout ça de se mettre en place créer un festival, monter un festival ça implique énormément de travail derrière mais on était vraiment avec mon partenaire guidé par l'idée de pouvoir faire découvrir des choses aux gens de pouvoir ouvrir un peu là le champ des possibles justement et de pouvoir montrer autre chose une autre image etc. du continent africain donc ça c'est vraiment ce qui nous a guidés et c'est vrai quand même assez rapidement on s'est dit et on s'est rendu compte qu'un festival c'est bien mais qu'il fallait aller encore plus loin et qu'il fallait pouvoir aussi contribuer à la circulation de ces films-là derrière donc l'idée de la distribution est aussi venue très rapidement dans le plan si j'ai envie de dire dans le programme Il y a payé le festival et puis il fallait distribuer. Ensuite, on s'est mis nous-mêmes à produire aussi parce qu'on s'est rendu compte qu'il y avait de la place pour et qu'il y avait... Parce que quand on est distributeur, on est aussi dépendant de ce qui se fait. Pareil, quand on est en position d'organisateur de festival, de curateur, de sélectionneur, de programmateur, on est toujours dépendant de... ce qui existe, en fait. Et à un moment donné, on a envie aussi de contribuer, de pouvoir apporter quelque chose, que ce soit au niveau du narratif, au niveau du style, au niveau de l'esthétique, etc. On a envie d'apporter quelque chose. Et voilà, c'est comme ça qu'on en est arrivé là.
- Speaker
Donc, dans ce que tu racontes, on sent en fait que les choses, elles se sont faites un peu par briques. Et c'est un peu... À chaque... Vous êtes à... Comment dire ? Vous avez avancé sur cette notion festival et à un moment donné, vous vous êtes dit, tiens, on a envie d'aller plus loin, donc on va distribuer. Tiens, on a envie d'aller plus loin, donc on va produire. Et à un moment donné, tu évoquais le fait que tu n'étais pas seule dans cette aventure. Donc, en termes d'équipe, est-ce que tu peux nous parler de comment tu t'organises justement pour pouvoir gérer à la fois le festival, la production et la distribution ?
- Serge
Merci pour cette question. transition, parce que c'est le moment où je vais faire mon appel au don. Non, je rigole, mais en fait, juste pour dire qu'on est une équipe, effectivement, mais on est particulièrement sous-staffés. On est chacun obligé d'avoir un peu plusieurs casquettes, etc., parce que pour l'instant, on n'a pas encore les moyens de... de nos ambitions, c'est-à-dire qu'on a des soutiens, etc., et on remercie tous les partenaires qu'on a, notamment sur les festivals, les sponsors, etc. Mais c'est vrai que pour la partie plus business en tant que telle, c'est-à-dire la distribution, la production, on se rend compte aussi qu'il est vraiment important de pouvoir être soutenu financièrement, donc de pouvoir être accompagné, que ce soit à travers des investisseurs, à travers... Voilà. toutes formes de contributions financières qui permettent de grandir. Et ça, c'est quelque chose qui est important et qui, pour l'instant, reste un petit peu lacunaire dans le domaine, dans tout ce qui est afro. Ça veut dire qu'il y a énormément d'entrepreneurs culturels comme moi, etc. Mais il y a un dénominateur commun, c'est que l'accompagnement financier dont on bénéficie n'est pas le même que d'autres euh d'autres secteurs ou d'autres populations, etc. Donc il y a un peu de travail à faire dans ce domaine-là. Et donc parmi tes auditeurs, s'il y a des business angels, des investisseurs, des mécènes, des personnes qui tout simplement ont envie de contribuer au rayonnement des ICC, des cultures du continent africain, de tout ça, à un moment donné, il faut passer un peu la main à la poche parce que c'est important et c'est comme ça. que se construisent les narratives dont on parlait tout à l'heure. Il n'y a pas de magie. Tout ça, c'est de l'ingénierie, c'est de l'expertise, etc. Et s'il n'est pas rémunéré tel qu'il doit l'être, c'est très compliqué parfois de continuer.
- Speaker
Je te rejoins tout à fait sur les difficultés des entrepreneurs culturels à trouver des fonds. Il y a tout un intérêt qui est lié... à l'Afrique et on parle beaucoup de la Côte d'Ivoire, du Nigeria, comme des hubs avec des opportunités extrêmement intéressantes. Mais c'est vrai qu'on sent qu'il y a des investisseurs qui vont aller vers l'agriculture, vers la finance, vers plein de domaines différents. Mais dès qu'on parle d'industrie culturelle et créative, c'est un petit peu le parent pauvre de l'investissement. Ce n'est pas à quoi on va penser en priorité, alors que c'est un véritable soft power et que... Et que par ailleurs, en Occident, ce n'est pas du tout considéré comme un parent pauvre. Il y a vraiment des fonds qui sont vraiment dédiés à tout ce qui est lié aux industries culturelles et créatives et qui permettent d'avoir une forme d'hégémonie en termes de discours. Le fait de permettre aux industries culturelles et créatives africaines de se développer, c'est aussi un moyen... d'avoir sa voix, d'avoir son récit et d'avoir l'opportunité, d'avoir sa propre manière de raconter les choses. Donc c'est aussi pour ça que c'est important de trouver des fonds pour pouvoir créer des initiatives fortes et qui perdurent dans le temps. Aujourd'hui, le festival, c'est la combienième édition sur laquelle tu travailles ?
- Serge
C'est déjà la treizième édition. C'est la treizième édition, on a commencé en 2013. Ça devrait être la quatorzième édition, puisqu'il y a eu une édition qui n'a pas eu lieu, c'est en 2020, avec le fameux confinement qu'on a tous connu. Mais donc oui, c'est la treizième édition aujourd'hui. Et c'est vrai que malgré cette ancienneté qui n'est pas négligeable à mon sens, puisque c'est depuis une décennie, on continue aujourd'hui d'avoir des difficultés d'un point de vue levée de fond, etc. Donc ça montre que le chemin est long et ça montre que ça reste effectivement pas évident. Et en même temps, comme tu le disais juste à l'instant, il y a énormément d'opportunités dans ces secteurs. Après, les choses évoluent aussi, il y a de plus en plus d'organismes et d'organisations internationales qui regardent les ICC, notamment les ICC africaines. plusieurs raisons, du fait que l'Afrique a la population la plus jeune du monde, qui dit jeunesse dit créativité, etc. Donc il y a des opportunités qui sont là. On voit aussi certaines succès historiques, comme celle de la musique, notamment la musique afro-bint ou alors à ma piano en Afrique du Sud, on voit à quel point ce sont des industries, enfin ce sont des disciplines artistiques qui aujourd'hui génèrent pas mal d'argent. et qui arrivent à s'imposer sur la scène internationale, etc. Donc on voit qu'il y a du potentiel, mais encore un besoin de plus de structuration, il y a un besoin de plus d'efficacité aussi, peut-être dans les mécanismes qui permettent d'accéder à ces fonds. Beaucoup d'initiatives, beaucoup de discours, beaucoup de discours de bonne volonté, etc. Mais la réalité, pour l'instant, reste quand même un petit peu en dessin de tout ça.
- Speaker
Est-ce que tu peux nous expliquer maintenant comment s'organise le festival ? C'est quoi le programme ? C'est sur plusieurs jours, c'est à Paris. Est-ce que tu peux nous dire concrètement, qu'est-ce que l'on va découvrir si on va au festival cette année à Paris ?
- Serge
Oui, alors bien sûr, on est sur cinq jours. On commence le mercredi 6 et on termine le dimanche 10 mai. Donc il y a évidemment un programme de films assez conséquent. Essentiellement des longs métrages, avec des films qui sont en compétition, d'autres qui sont hors compétition. La compétition aussi, comment ça se passe ? Il faut en dire un mot. Il y aura un film à la fin qui sera élu le meilleur long métrage. Il y a le prix du jury, parce qu'il y a un jury long-métrage et un jury court-métrage. Et il y a aussi le prix du public. Donc le prix du public, comme son nom l'indique, c'est le public qui décide. À la fin de chaque séance, il y a des votes qui se font. Et ensuite, tout ça, c'est compilé le dimanche soir pour annoncer le vainqueur. Donc le prix du public, par contre, ne concerne que les longs-métrages et pas les courts-métrages. Donc les courts-métrages sont éligibles qu'aux... du jury pour les courts-métrages. Ensuite, au-delà des longs et des courts, il y a aussi une session sur les séries. C'est surtout l'occasion d'échanger énormément avec les créateurs de contenu, avec les réalisateurs, les producteurs, les scénaristes, etc. qui font le déplacement et qui sont là pour rencontrer leur public. Et ça, ce sont des moments à chaque fois privilégiés, des moments vraiment très intéressants après chaque séance. Il y a cette possibilité d'échanger sur des films. Nous avons également, au-delà de ça, une partie un peu plus professionnelle, mais pas que, c'est-à-dire que c'est ouvert à tous, et notamment aux curieux, des panels sur différentes thématiques. Il y a une des thématiques qui est impossible d'ignorer actuellement, c'est l'intelligence artificielle. On a un talk sur l'influence et l'impact et la manière dont est désigée l'intelligence artificielle en Afrique actuellement. où on essaie aussi de se projeter sur l'avenir, etc. Et on a fait venir des spécialistes de premier plan sur ces questions-là, avec notamment un Nigérian qui s'appelle Malik Assegboa, qui sera présent et qui fait un travail remarquable, notamment sur ce qu'on pourrait appeler la décolonisation de l'IA, parce que l'IA est très, très biaisée de la manière dont elle fonctionne. Et donc, lui, il fait un travail pour remettre un peu tout ça à plat et pour que l'Afrique, les Africains... où les peuples non-européens soient aussi bien représentés que les autres. Donc il y a ça, il y a aussi toute une session sur les diasporas et la représentation des diasporas dans les séries télévisées. Donc on a deux séries avec un échange derrière. J'ai oublié les thématiques, on a une thématique sur la musique, la musique et le cinéma, on partage avec l'assassin, donc on a vraiment pas mal de choses. Et je pense que pour Alors... pour toi et pour ton public qui s'intéresse aux industries créatives dans leur ensemble, on en a vraiment pour tous les goûts et pour tout le monde. Parce qu'on va parler musique, on va parler technologie, on va parler des nouveaux formats aussi. Par exemple, aujourd'hui, il y a un nouveau format comme les micro-dramas qui marchent très bien. Ce sont des formats verticaux de création de contenu, qu'est-ce que ça implique, qu'est-ce que ça veut dire pour l'avenir, etc. Des discussions riches, des projections, et puis une ambiance aussi. Quand ils disaient qu'ils étaient déjà venus au festival, c'est vrai qu'il y a une ambiance qu'on essaie de créer, qui permet en fait de sortir de Paris tout en restant à Paris. Quand on est à la Nollywood Vic, on n'est plus à Paris d'une certaine manière. Donc au niveau de la nourriture, au niveau de la musique, etc., on est vraiment ailleurs. Et on a une ambiance très conviviale où le public peut rencontrer assez facilement. les stars, les réalisateurs, etc. Cette année, on est aussi servi de ce côté-là puisqu'on aura Thomas N'Gisole comme parent. Thomas N'Gisole qui sera présent à plusieurs moments du festival et qui va aussi présenter son film qu'il a sorti l'année dernière, Indomptable, qui est un peu son film le plus personnel de ce qu'il a pu faire jusqu'à présent. Donc, si vous voulez aussi un échange privilégié avec... avec Thomas N'Gisole, c'est l'occasion, ça se passera le samedi 9 mai, avec non seulement cette projection, mais également un débat avec lui. Et donc voilà, en quelques mots, c'est... une ambiance à la fois studieuse et festive parce qu'il y a des choses à apprendre, il y a des thématiques à évoquer, etc. Mais en même temps, c'est la fête. Et d'ailleurs, ça se termine par une soirée à Afro-Bout le dimanche soir, juste après la couture. Donc, j'espère avoir donné quelques raisons de venir à tes auditeurs.
- Speaker
Nul doute, mais je pense que dans mon audience, il y a déjà des gens qui avaient prévu d'aller au Festival Nollywood. Donc, j'ai une audience quand même, une partie de mon audience en tout cas, qui est basée à Paris et très au fait de tout ce qu'il peut y avoir comme actualité sur les industries culturelles et créatives. Donc, l'idée, c'est de toucher cette audience-là, mais aussi de toucher les personnes qui découvriraient ce festival. Alors, le festival, il s'appelle Nollywood. « Nollywood » , ça fait référence à toute l'industrie du cinéma au Nigeria. Est-ce que tu peux nous expliquer comment est-ce que c'est venu le nom de ton festival ? Pourquoi « Nollywood » ? J'imagine qu'il n'y a pas que des films du Nigeria qui sont projetés de présenter. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ce choix de nom ?
- Serge
C'est une très bonne question. C'est vrai qu'au départ, on était essentiellement sur l'industrie du Nigeria, parce que c'est une industrie qu'on a considérée comme révolutionnaire. Dans le sens où ce que cette industrie a apporté, c'est qu'elle a redonné le pouvoir au peuple, d'une certaine manière, parce que pendant très longtemps, les films africains étaient vraiment un peu commandités par l'extérieur, puisque financés par l'extérieur, représentés par l'extérieur, etc. avec notamment un rôle important joué par la France, mais par l'Europe de manière générale. Et donc il y avait une déconnexion assez importante, notamment en Afrique francophone, entre ces films qui étaient produits par des Africains, mais les aspirations et ce que voulait voir le public africain de ces pays-là. Et ces publics-là se désintéressaient assez massivement de ces films un peu élitistes, qui n'étaient pas faits pour une consommation locale. Et Nollywood est venu un peu rabattu les cartes. avec une vision beaucoup plus... déjà viable économiquement, mais vraiment aux antipodes d'un point de vue philosophique, qui était de se dire, on va faire des films pour nous et par nous. Et voilà, c'est pas pour l'extérieur, c'est vraiment pour les populations locales. Et je pense que c'est une des raisons principales de son succès, parce qu'on parle ici des populations qui ont grandi en... en regardant les autres, en regardant les films chinois, les films américains, les films indiens, etc., à aucun moment, ils n'avaient l'occasion de se voir un homme à l'écran. Et cet aspect de représentation, cette représentativité, est un aspect extrêmement important. C'est juste humain. On a envie, à un moment donné, de se joindre, de s'identifier, on a besoin d'avoir des rôles modèles. Et Hollywood a permis tout ça.
- Ramata
Et du coup,
- Serge
ça a été vraiment ce que j'appelle une sorte de révolution culturelle qui ensuite a créé des émules et a permis à d'autres non-négériens, mais des Camerounais, des Ivoiriens, c'est d'autres, de s'insérer dans ce cheminement qui avait été créé et qui montrait qu'il était aussi possible de rentabiliser une industrie comme le cinéma à partir de marchés locaux. Donc c'est vraiment, encore une fois, une évolution philosophique que je trouve extrêmement intéressante. qui est à la base du phénomène de Hollywood. Et donc, voilà, on a commencé avec Hollywood, mais il était important pour nous d'élargir, pour montrer ce qui se passe à travers le continent, et pour créer aussi des fenêtres d'échange entre les créateurs, les créatifs nigérians et les autres. Et on voulait aussi mettre ensemble les francophones, les anglophones, etc. Et je pense que c'est ce qu'on a réussi à faire au fil des années. Il y a encore de la place pour plus de collaborations, plus d'échanges et véritablement sortir de cette logique de silo dans laquelle on peut être sur le continent africain qui dessert au final l'Afrique et la créativité africaine. Très intéressant. Aujourd'hui, en fait, ce que tu évoques, tu parles de silos et tu parles effectivement de silos déjà entre les différentes productions et propositions qu'il peut y avoir en Afrique. Est-ce que toi, aujourd'hui, tu fais un travail autour de ça pour effectivement sortir de ces silos ? Mais il y a un autre silo que je vois qui est l'Afrique par rapport, en tout cas les productions africaines et ce Festival Hollywood. Et ce qui peut se passer en dehors, c'est-à-dire, est-ce que demain, tu te dis, ces films-là auxquels on a accès au Festival Nollywood, est-ce que demain, avec Pathé, avec d'autres cinémas qui distribuent des films X ou Y, est-ce que demain, il y aurait une opportunité que ce soit moins en silo et qu'il y ait des ouvertures pour que davantage de films africains, on puisse les voir dans des salles ? comment dire, classique, j'ai envie de dire. Est-ce que toi, tu imagines qu'il y a des choses comme ça qui peuvent évoluer ? Alors, il y a toujours des cinémas indépendants qui vont proposer des projections. Et si on est bien informé, on a accès à ces opportunités d'aller visionner des films africains. Mais est-ce que demain, toi, tu imagines une ouverture beaucoup plus large ? des cinémas vers quelque chose qui culturellement serait plus représentatif finalement de la population française. Je parle de l'Afrique parce que je suis africaine mais à la limite même, finalement, un film asiatique et un film indien, un film africain, quelque chose de plus ouvert. Est-ce que toi tu imagines une industrie du cinéma français qui irait vers davantage d'ouverture et qui serait peut-être moins en silo ?
- Ramata
C'est le rêve, c'est l'idée, c'est l'objectif. On en est encore loin. Je crois que je disais l'année dernière, c'était dans le cadre du catalogue, c'est-à-dire que chaque année, on édite aussi un catalogue dans le cadre du festival. Et en début de catalogue, j'ai une salle d'édito dans laquelle je partage quelques pensées. Et j'avais évoqué la possibilité que sur France 2, sur TF1, ou même sur Canal, en prime time, en France, on puisse avoir un film de Hollywood ou un film non. C'est une Afrique. C'est quelque chose qui, aujourd'hui, on est en 2026, et malgré toutes les évolutions qu'on peut évoquer, resterait complètement inédit, complètement... Ça serait du jamais vu. Et donc, à part, évidemment, ce qui peut arriver, c'est qu'un très grand succès vient, je ne sais pas, à une prime. un prix au Festival de Cannes, etc., que l'année d'après, évidemment, ils puissent être sur Canal et autres. Mais on a besoin de banaliser ces réalités-là. On a besoin non seulement déjà de cultiver une certaine ouverture d'esprit au niveau des populations françaises et européennes, etc. Puisque ça, c'est quelque chose qui est déjà un premier point. Et ensuite... Être moi, juste à se regarder soi et avoir une ouverture sur le monde. Alors évidemment, il y a des chaînes comme Arte dont c'est un peu l'ADN et la raison d'être. Mais je pense qu'on est encore très très loin aujourd'hui d'avoir vraiment cette ouverture. Ça se voit au niveau du tag de Tiana et ça se voit encore plus à la télévision qui reste malgré tout, malgré l'essor d'Internet, etc. qui reste un média, qui reste le média de proximité par excellence. si et qui ont dit long finalement sur nos habitudes de consommation. Donc en France, on est très curieux, de manière générale. Et même dans un pays comme la France, on n'arrive pas finalement à embrasser toute cette diversité culturelle, à s'intéresser à d'autres narratives, à d'autres histoires, à d'autres réalités. Donc ça montre encore une fois à quel point le chemin est long à parcourir. Je pense que... Encore une fois, l'objectif final, c'est ça. On travaille à cette initiative, qui pour l'instant est une initiative sur cinq jours, etc. Donc, c'est évidemment pas suffisant. Mais l'idée, c'est qu'à terme, on puisse permettre aux gens de se rendre compte qu'il y a des films de qualité partout dans le monde. Et à un moment donné, il faudrait que ces films puissent avoir aussi leur chance vis-à-vis du plus large possible en France, en Europe et au-delà. Je rajouterais juste un petit point pour dire que cette réalité, cette difficulté-là, elle existe aussi sur le continent. Parce que même sur le continent africain, la domination des continents américains, par exemple, est réelle. Et c'est que... les œuvres locales ou les œuvres africaines ont plus de mal à circuler que les œuvres qui viennent d'ailleurs. Donc il y a un travail qui est amené sur le long terme, sur le long cours et sur les deux terrains, pas uniquement en dehors de l'Afrique, mais aussi sur le continent africain.
- Serge
Très bien, c'est un véritable enjeu que, quelque part, il y a un discours dominant installé de, effectivement, grosses... productions américaines qui vont être vues par tout le monde dans le monde entier et un cinéma indépendant africain, ça fait un peu David contre Goliath, on essaie de se faire sa place dans un environnement dans lequel il y a quand même toute une organisation qui est installée et qui est faite au service des grosses productions ce qui rend l'accès à des films africains difficiles mais ça reste pour moi un sujet aussi important d'avoir accès Et... À nos propres histoires et à nos propres films, parce qu'il s'agisse de lecture ou de film, le fait de se retrouver dans des personnages, d'avoir des personnages qui ont les mêmes prénoms que nous, qui ont les mêmes histoires, les mêmes origines, c'est aussi quelque chose d'important. Et je pense qu'on se rend compte, d'autant plus que ça manque, que c'est quand on voit un film avec des personnages qui nous ressemblent, et là on se dit, c'est vrai qu'en réalité, avec toutes ces séries que je regarde, tous ces films auxquels je peux avoir accès, Je ne me rends même pas compte qu'il y a un manque, en fait, mais parce que je n'avais pas jusqu'ici eu accès à des histoires d'amour toutes simples où finalement les personnages principaux sont des personnages africains.
- Ramata
Exactement. Et c'est important, encore une fois, de pouvoir se reconnaître, de pouvoir s'identifier, parce que ça valorise et ça apporte une certaine fierté, une certaine confiance en soi, etc. qui très souvent fait défaut, notamment si on veut parler des populations françaises, mais qui sont d'origine africaine, etc. Pour se sentir complètement valorisé, on a besoin de ces représentations-là. Ce n'est pas du luxe, c'est vraiment quelque chose qui est indispensable pour le développement de soi.
- Serge
On a parlé du programme du festival. Tu m'as dit que tu faisais de la distribution et de la production. Est-ce que tu peux nous parler plus précisément de ces deux missions et potentiellement de films de production sur lesquels tu as pu travailler ou sur lesquels tu as travaillé sur la production et la distribution ?
- Ramata
Oui, on a un catalogue au niveau de la distribution qui est un peu à l'image de ce qu'ont fait les festivals, qui est panafricain. un petit peu de titres aussi qui viennent des diasporas africaines. Et vraiment, la distribution, on voit ça comme une sorte de continuité de la mission qu'on a avec le festival, c'est-à-dire qu'on est engagé sur l'idée de donner une autre image du continent africain. Donc on a beaucoup de films plutôt légers, plutôt des films positifs, des comédies, des comédies romantiques, etc. Voilà, ça c'est un peu notre... c'est quelque chose qui nous tient à cœur et pour lequel on aimerait qu'il y ait plus d'espace qu'il y ait plus de... Voilà, quand on parle d'Afrique ça ne soit pas à chaque fois un drame social pour nous c'est quelque chose d'important et on a continué cette mission au niveau de la production aussi donc on a fait notamment une comédie romantique qui avait pas mal circulé sur les plateformes notamment avec Netflix c'est... qui était une comédie romantique qui avait été tournée à Zanzibar qui s'appelait Married to Work donc voilà ça c'était vraiment notre tout premier film ensuite on en a fait une autre qui était une comédie de Noël et là on est sur plusieurs projets qui mettent du temps en fait c'est quelque chose qui met pas mal de temps avant de se matérialiser mais voilà en gros on est un On met sur une ligne éditoriale vraiment similaire à celle de notre festival, sur une ambition aussi qui est similaire. On a envie de faire bouger les lignes, on a envie de produire davantage et toujours, encore une fois, à des niveaux de qualité qui ne nous rendent pas à rougir face à des productions occidentales. ou d'autres pays un peu plus établis dans le domaine du cinéma. Donc voilà un peu notre ambition, nos objectifs et ce qu'on a envie de faire sur les années à venir.
- Serge
Très bien. Et toi, du coup, tu fais partie de ces... Alors, je ne vais pas dire hommes de l'ouvre, mais en tout cas, en fait, ma question, c'est toi, est-ce que tu avais envie d'être acteur ? Est-ce que tu avais envie d'être, soit devant la caméra ou de réaliser ton propre film ? Ou est-ce que tu es vraiment plutôt, comment dire, Quand je parle d'homme de l'ombre, c'est celui qui va organiser un festival, celui qui va mettre en avant les acteurs et le travail des autres, mais qui ne va pas forcément avoir une envie d'être face à la caméra ou de prendre lui-même la caméra.
- Ramata
Oui, c'est une bonne question. C'est vrai que cette mise en avant des autres et du travail des autres, c'est quelque chose que j'ai assez naturellement. Je ne sais pas d'où ça vient à la base, mais c'est quelque chose qui est assez naturel pour moi. Ça ne veut pas dire... Après, je ne m'interdis pas ce que tu évoquais tout à l'heure, c'est-à-dire que ce soit la réalisation... De faire ensuite des œuvres plus personnelles, etc. Je n'existe pas que lorsque je m'interdis, mais c'est vrai que pour l'instant, il y a encore pas mal de choses à faire dans mon domaine de prédilection. On va l'appeler comme ça. Je ne suis pas non plus pressé et je ne sais pas si j'ai nécessairement envie d'être devant la caméra. Ce qui compte pour moi, ce sont les œuvres et l'impact qui peuvent... qu'ils peuvent avoir, mais le fait qu'elles puissent déjà exister, etc., ça c'est vraiment quelque chose qui me semble plus important, faire en sorte qu'elles circulent ensuite, c'est évidemment la mission principale. Donc voilà, mais en tout cas, l'idée de se mettre en avant, etc., n'est pas une priorité. Mais ce que j'aime, ce qui m'attire, c'est le talent et... Et c'est important pour moi que les talents puissent être rendus visibles autant qu'ils le méritent. Parce qu'on sait comment c'est. Et que dans ce milieu, finalement, parfois, ce ne sont pas les plus talentueux qui s'en sortent, mais c'est parfois les plus connectés, etc. Et j'aimerais, à ma manière à moi et à la hauteur de ce que je peux contribuer, faire en sorte que... que ce qui le mérite, le plus méritant, soit le plus mis en avant, d'une certaine manière.
- Serge
Et est-ce que le Festival d'Hollywood a vocation à être dans d'autres villes, à être dans d'autres endroits ? Si je pense au Festival de Cannes, le Festival de Cannes, c'est Cannes, et en général, les festivals de cinéma, le Festival de Deauville, c'est vraiment associé à un lieu très spécifique et pendant des années, c'est au même endroit. Mais est-ce que le Festival d'Hollywood a vocation à... avoir une édition ailleurs capable ?
- Ramata
Oui, ça c'est une question qu'on se pose avec mon équipe régulièrement et c'est vrai que comme on est plutôt un festival lié à une thématique qu'un festival lié à l'endroit en tant que tel, on n'est pas le festival de Paris. Donc c'est vrai qu'on a un peu cette latitude, cette marge des manœuvres et on regarde les possibilités dans ce domaine-là. On a eu à faire des choses déjà dans ce domaine-là, mais un peu des one-shots. Par exemple, on a eu une édition à Marseille, mais qui était vraiment liée à des circonstances qui nous ont permis de le faire. Mais à l'avenir, je ne fermerai pas la porte à des possibilités, peut-être qu'il y ait plusieurs même d'Hollywood Week dans l'année, dont peut-être... Paris qui serait accompagné d'autres éditions. Ça fait partie des possibilités. Ça fait partie des choses qu'on regarde. Mais pour l'instant, c'est difficile d'avoir une réponse complètement ferme par rapport à ça.
- Serge
En tout cas, on sait que ça reste ouvert. Donc toi, aujourd'hui, tu es cinéphile. Est-ce que tu as des recommandations au film à nous faire ? Peut-être pas ceux qui sont en compétition pendant le festival, mais peut-être des éditions précédentes. Et puis après, si tu as envie de... partager des recommandations qui vont être projetées avec plaisir. Mais l'idée, c'est de ne pas se mettre en porte-à-faux. Donc, voilà. Est-ce qu'il y a des films que tu nous recommandes ? C'est pour ça que si je me dis que c'est les éditions précédentes, au moins, il n'y a pas de problème. Tu peux citer. Donc, voilà. Quelqu'un qui a envie de se faire sa culture, tu vois, de films, de productions africaines. Si tu as trois films à nous recommander, qu'est-ce que tu nous recommandes ?
- Ramata
C'est intéressant, je cite souvent le film qui a gagné la première édition du festival, enfin le prix du public de la première édition, parce qu'encore une fois c'est cette comédie qui est très légère, mais qui permet de voir l'Afrique différemment, et donc c'est un film qui nous a un peu tous marqués dans l'équipe, donc c'est un film qui s'appelle Front Swap. c'est un film léger qui se regarde facilement etc un autre film qui a qui a gagné le jury l'année dernière. Il a un nom extrêmement long, et je ne sais pas d'ailleurs lorsqu'on peut le trouver à l'heure actuelle. Il s'appelle The Legend of the Vagabond Queen of Piccadilly. Peut-être que tu pourras mettre des liens à la fin, je t'enverrai tout ce qui est nécessaire. C'est un film très intéressant dans sa conception aussi, qui a été... qui a été fait par un collectif de réalisateurs. Donc, ce n'était pas juste un ou deux réalisateurs ensemble, mais ils étaient sept. Et c'est un film qui a puisé son inspiration des histoires de quartier, au Nigeria, à Lagos. C'est une thématique assez dure, en fait, avec les personnes qui ont été déplacées, vous savez, les personnes qui sont déplacées parce qu'ils habitent dans des bidons vides ou des quartiers un peu précaires, comme ça. et que du jour au lendemain, il y a un projet immobilier ou autre, et qu'il faut déguerpir les personnes. Ils ont réussi à travers cette trame à monter une histoire assez incroyable. C'est un résultat vraiment très beau film, qui d'ailleurs a fait plein de festivals à travers le monde, au-delà de la même nuit, qui est passé aussi à Berlin, à Toronto, dans d'autres grands festivals. Donc un film que je recommande vivement. Et il me faut un troisième. Un troisième film... Il y en a tellement, mais je nommerais un film de diaspora qui se passe à Londres, qui est le... Comment dire ? Les retrouvailles entre deux frères. Il y en a un qui a grandi à Londres et un autre qui a grandi au Nigeria et ils se retrouvent après des années et des années. à Londres et donc à toute la partie un peu choc culturelle, etc. qui est exploité, exploré de manière comique. Et du coup, en termes de résultats, ça donne quelque chose de drôle et à la fois profond par rapport à ce qui est exploré avec cette thématique. Voilà mon top 3.
- Serge
Super, effectivement, je mettrai les liens en note de l'épisode, je mettrai les liens de ces différents... de ces trois films, de ces trois recommandations. Donc là, en fait, on arrive à la fin de l'interview. Moi, j'étais ravie de pouvoir échanger avec toi, d'en découvrir plus sur ton parcours et sur le festival Nollywood, qui va proposer sa 13e édition. Là, c'est la 14e ou c'est la 13e qui va arriver ? J'ai un doute, du coup.
- Ramata
La 13e.
- Serge
OK. Donc, du coup, dont la 13e édition aura lieu en mai 2019. 26 au cinéma L'Art Lequin à Paris. Je mettrai bien les liens de l'article que je vais partager pour qu'on puisse prendre sa place et assister au festival. Et j'ai envie de te dire à très vite. Souvent, je finis par en Afrique ou ailleurs, mais là, ce sera plutôt au festival L'Art Lequin la semaine prochaine qu'en Afrique ou ailleurs. Merci beaucoup.
- Ramata
Merci à toi et avec plaisir. J'aurai le plaisir aussi de vous rencontrer plus des auditeurs. À très bientôt.
- Serge
Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.