- Eileen
Ça serait vraiment top de collaborer avec Chloé, parce que je trouve qu'en collaborant avec une marque de luxe, ça pourrait nous aider à nous repositionner et donner cette nouvelle approche à un produit comme la nôtre. Et trois mois après, Chloé nous a écrit, donc c'était assez marrant.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain. et d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour promouvoir un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. C'est aussi une opportunité de découvrir des business models made in Africa, éthiques et performants. Je suis Ramatalia Lowe. Je suis professeure de marketing dans les écoles de mode parisiennes. Je suis également consultante en marketing et communication. J'accompagne des dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Au-delà de la mode, je m'intéresse aussi à tout l'écosystème de l'entrepreneuriat africain.
- Eileen
Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique.
- Ramata
Aujourd'hui, je suis en compagnie de Aileen Agbarani. Aileen est la fondatrice de la marque Made for Women, dont l'ambition est de faire rayonner l'artisanat de Madagascar à travers le monde. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de sa marque. Bienvenue Aileen, comment vas-tu ?
- Eileen
Super, merci beaucoup pour cette opportunité, je suis super contente d'être ici.
- Ramata
Écoute, c'est moi qui te remercie d'avoir accepté mon invitation à participer au podcast Africa Fashion Tour. On va commencer comme je le fais toujours, je vais te demander de te présenter.
- Eileen
Parfait, donc je suis Aileen Agbarali, je suis la CEO et fondatrice de Made for a Woman, la première entreprise sociale basée à Madagascar, avec l'objectif d'améliorer la vie quotidienne. des malgaches à travers l'art et le tissage.
- Ramata
Très bien. Alors, ce que j'ai envie de te demander, ce que je fais toujours dans ces interviews, c'est que j'aime bien savoir qu'est-ce qui s'est passé avant que tu te gênes la fondatrice de Made for Women. Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de ton parcours scolaire, de ta carrière avant la création de la marque ?
- Eileen
Oui, bien sûr. Moi, j'ai grandi à Madagascar. En réalité, je suis métisse italienne-indienne. Mon père est quatrième génération indien à Madagascar. J'ai grandi dans ce très beau pays, mais malheureusement, il est aussi considéré comme un des pays les plus pauvres au monde. Depuis que je suis petite, j'ai toujours beaucoup souffert la différence de vie dans la capitale du pays. Ma mère a toujours fait beaucoup de travail social. Et donc... J'allais accompagner quand j'étais petite dans les orphelinats, les hôpitaux, les écoles. Et je voyais vraiment une différence de qualité de vie et je ne comprenais pas trop pourquoi. Et donc, depuis que je suis très, très jeune, j'ai toujours voulu créer un business social, on va dire ça. Mon père, il est entrepreneur, donc j'ai ce mindset un peu entrepreneur, mais aussi l'aspect social que ma mère m'a donné. J'ai toujours voulu mettre ces deux mondes ensemble. Et j'ai aussi toujours beaucoup aimé la mode, la créativité, la partie psychologique derrière, la raison pour laquelle on choisit ce qu'on met tous les jours. J'ai toujours trouvé ça très intéressant. Et donc, depuis que j'ai huit ans, j'ai toujours voulu créer Made for a Woman. On va dire que je ne savais pas que ça allait s'appeler Made for a Woman. Mais j'ai toujours su que c'était ça, ma mission de vie. C'était la mission que je m'avais donnée depuis que j'étais très très jeune. Et donc, j'ai fait mes études à Madagascar jusqu'à 18 ans. On va dire que l'école n'était pas vraiment faite pour moi. C'était compliqué. J'étais un enfant très sensible, très créatif. Et donc, on va dire que l'école, quand j'étais petite, ne mettait pas en valeur ses qualités. Et quand j'ai eu 17 ans, je suis partie en Italie, j'ai commencé mes études à Rome, où j'ai commencé à étudier l'anthropologie, la sociologie, l'histoire d'art. Et c'est là où j'ai réalisé que je voulais... Je voulais travailler dans la mode, je voulais étudier la mode. Donc, j'ai arrêté mes études, je suis partie en Inde, où j'ai travaillé dans une entreprise de haute couture indienne à Mumbai. Je suis restée là-bas six mois, où j'ai travaillé dans la partie, donc dans leur entrepôt, leur production et leur partie commerciale. Et je voyais une différence de... Énorme entre le commercial, le magasin et le lieu de production. Donc, j'étais très choquée que ces produits magnifiques qui coûtaient aussi cher étaient produits dans des endroits aussi horribles, avec des conditions horribles. Et donc, on va dire que j'ai eu mon premier, on va dire, ma première expérience dans le domaine de production de... de la mode. Et de là, je suis repartie en Italie où j'ai étudié à l'école de mode à Milan, où j'ai étudié business. Donc, j'ai fait trois ans là-bas. J'ai fait un an de master à Paris sur tout l'aspect communication et RSE. Et j'ai aussi travaillé à Phnom Penh, en Cambodge, toujours dans le... dans le milieu du textile pour mieux comprendre un petit peu comment ça marchait. Et à 25 ans, j'ai décidé de rentrer à Madagascar et j'ai créé Made for a Woman.
- Ramata
Très bien, c'est très intéressant de voir comment, quelque part, une graine a été semée dès ton enfance. Et puis finalement, tu es restée complètement alignée par rapport à cette idée que tu avais pour pouvoir en créer. aujourd'hui une entreprise. Donc, est-ce que tu peux nous dire un peu, comment dire, toi, il y avait ce lien avec Madagascar qui est très fort puisque tu as grandi à Madagascar. Quels étaient, vers quel type de produit, en fait, tu as décidé de te lancer ? Est-ce que tu avais tout de suite une idée de, voilà, l'idée c'est de promouvoir l'artisanat local, donc on va aller vers des accessoires. Tu avais déjà une idée assez précise du type de produit que tu voulais vendre et aussi, Est-ce que tu avais une idée du positionnement ?
- Eileen
Donc, on va dire que Madagascar a toujours eu une main d'œuvre assez incroyable. Donc, on a toujours travaillé le raffia parce que c'est une fibre noble et qui a été utilisée par les femmes malgaches depuis des générations. Donc, Madagascar a toujours été connue comme une île qui exportait des produits en raffia. Donc, 90% du raffia du monde vient de Madagascar. et beaucoup beaucoup de femmes savent le travailler donc j'ai trouvé ça une opportunité pour nous parce que c'était une matière qui était déjà connue sur l'île une matière qui était déjà travaillée dans une manière assez traditionnelle et mon idée c'était de pouvoir travailler cette fibre traditionnelle avec des personnes et des communautés des femmes en difficulté mais lui donner cet aspect un peu plus avant-gardiste. Donc, innover un petit peu la manière qu'on travaille le raffia et montrer au monde que le raffia peut ressembler à quelque chose de complètement différent qu'un sac d'été traditionnel qu'on trouve tous les étés.
- Ramata
Très bien. Donc déjà, tu es vraiment partie sur l'expertise locale, l'artisanat local, pour pouvoir définir, en fait, le type de produit que tu allais proposer ? Et en termes de positionnement, est-ce que toi, tu as envie d'avoir un positionnement luxe, un positionnement haut de gamme ?
- Eileen
Donc ça, c'est super intéressant, mais on va dire que oui, bien sûr, on travaillait le Rafia différemment. Les produits ressemblaient un peu différemment de ce qu'on trouvait localement et même à un niveau international. Mais malheureusement, quand j'ai commencé à travailler avec des showrooms et j'ai commencé à faire des foires au début, psychologiquement, les gens avaient un lien entre produits d'été, straw bag, donc c'est un straw bag, un sac de paille et un prix élevé. Donc, ils n'arrivaient pas à avoir ce lien entre un prix élevé et un prix élevé. C'est un produit de paille parce que pour eux, dans leur tête, un produit de paille devait coûter pas cher. Et donc, ça, c'était assez intéressant à voir parce que ça a été toujours comme ça. Donc, ça a toujours été positionné dans cette manière-là. Et donc, on va dire que ce qu'on a fait, c'est qu'on a quand même gardé une gamme medium en termes de prix. Mais ce n'était pas le positionnement que je voulais mettre en place parce qu'on est une entreprise sociale. Donc, on a tout un aspect social très, très important pour améliorer la vie quotidienne des personnes avec qui on travaille. et donc ce n'était pas possible de garder ce... ce positionnement et on a eu la chance que deux ans après que j'ai créé un Made for a Woman, la marque Chloé m'a contactée et voulait collaborer avec nous sur des produits, mais aussi communiquer sur notre collaboration. Et donc là, c'est devenu intéressant parce que pour la première fois, je me suis dit, si je commence à collaborer avec ces marques de luxe, on va pouvoir… avoir une valeur ajoutée et se repositionner un peu plus haut de gamme parce que les gens vont voir un produit made for a woman comme un produit beaucoup plus luxe que juste un produit de paille. Très bien,
- Ramata
donc là on comprend bien qu'il y a une forme de reconnaissance qui vient d'une marque de luxe internationalement reconnue. qui, quelque part, a été apportée à Made for Women et qui t'a permis de positionner la marque sur ce segment haut de gamme. En tout cas, c'est bien de le préciser. Il y a certains produits qui sont associés dans l'imaginaire collectif à un certain niveau de prix et c'est très difficile de les sortir de ce positionnement-là. Donc, cette collaboration avec Chloé, quelles sont les retombées qu'il y a eu après cette collaboration ?
- Eileen
Alors, grâce à cette collaboration, en réalité, c'était la première fois qu'une marque de luxe a voulu communiquer sur une collaboration comme la nôtre. Donc, c'était une opportunité assez incroyable. Au même temps, pour travailler avec Chloé, j'ai dû mettre en place la première certification, donc WFTO, qui est World Fair Trade. Et ça nous a beaucoup structuré parce qu'étant une startup, tu commences un petit peu à hasard. Et grâce à certification, on a pu commencer à mettre en place des audits, des processus. Donc, ça nous a beaucoup, beaucoup structuré interne. Et en même temps, au début, jusqu'à l'année dernière. Pratiquement, je faisais tout le contrôle qualité des produits. Donc, tous les produits qui sortaient de chez nous, je les contrôlais. Et grâce au fait qu'on a commencé à travailler avec une marque de luxe, on devait quand même produire des produits de luxe. Donc, il y avait des processus qu'on devait mettre en place. La qualité devait ressembler à quelque chose d'autre. Donc, ça a beaucoup, beaucoup amélioré même la qualité du travail qu'on faisait. interne. Et grâce à ça, après, on a été contactés par pratiquement toutes les marques de luxe. On a pu travailler sur deux collabs avec Fendi, donc un projet qu'ils appellent Hand in Hand, qui est sur leur baguette. Ils n'avaient jamais fait une baguette dehors de l'Italie, ils l'ont fait avec nous. Il y a eu toute une communication dessus. On a fait des productions pour Fendi aussi, où il y a eu toute une communication sur Made for Women. Bottega Veneta n'avait jamais produit dehors de l'Italie. Ils ont fait leur premier sardine avec nous l'année dernière. Donc, ça nous a vraiment, vraiment ouvert les portes. On a travaillé avec d'autres marques de luxe. On a pu mettre en place des projets pilates avec eux. sur la traçabilité, sur l'impact social. Donc, ça nous a vraiment intégrés dans le monde du luxe des grands groupes LVMH, Kering et Richmond, pour mieux comprendre les problématiques internes et pour aussi s'améliorer et comprendre comment on peut avancer dans ce secteur et qu'est-ce qu'on doit mettre en place pour que ce secteur devienne plus traçable et plus transparent.
- Ramata
Super, c'est un super beau parcours que tu nous racontes pour la marque. Au niveau des collaborations que tu as pu faire avec ces différentes marques de luxe, est-ce que tu travailles en marque blanche, c'est-à-dire tu proposes des collections et ensuite elles sont vendues par Fendi ou par Chloé et on ne sait pas forcément que c'est Made for Women qu'il y a derrière ou est-ce que ce sont vraiment des collaborations qui permettent de mettre en avant Made for Women ?
- Eileen
Comme j'ai dit, c'est des collaborations. Notre nom sort dessus, sur les sacs, sur la communication officielle de la marque. On est la première entreprise au monde qui a eu cette opportunité avec ces grandes marques de luxe. Après, en même temps, on fait aussi du white labeling pour d'autres marques. Mais on fait de la collab officielle, on fait du white labeling. Et après, bien sûr, on a aussi notre marque propre. Donc, on s'est diversifié en trois manières.
- Ramata
Et toi, cette diversification, c'est quelque chose que, dans la partie vraiment business model, développement de ta marque, tu avais déjà en tête le fait de, voilà, idéalement, j'aimerais pouvoir faire des collaborations avec des marques de luxe. Je veux aussi pouvoir travailler pour elles en tant que fournisseur. Et puis, je veux aussi développer ma propre marque. Est-ce que toi, tu avais déjà en tête ces trois possibilités-là ? Ou est-ce que c'est l'opportunité avec Chloé qui a fait que tu as pu développer ces trois sources de revenus pour la marque ?
- Eileen
On va dire qu'au début, je voulais vraiment créer la marque Made for Women, mais je ne pense pas avoir eu des intentions super claires. Ce que je voulais faire, c'est créer des produits en utilisant ma créativité et en montrant que le RAFIA peut... peut ressembler à quelque chose assez avant-gardiste. Mais c'est vrai que quand j'ai commencé à vendre les produits dans les foires, avec les showrooms, j'ai vraiment vu ce problème que les gens, comme j'ai dit tout à l'heure, ils ne voyaient pas la paille comme un produit de luxe. Sauf si c'était Fendi ou une grande marque de luxe qui l'avait produit. Et donc, je me rappelle que j'avais dit à ma collègue, j'avais vu que Chloé avait commencé à faire des projets sociaux. C'était super intéressant et pour la première fois, une marque de luxe est devenue B Corp. Donc, j'ai beaucoup apprécié cette Ausha et je lui ai dit, ça serait vraiment top de collaborer avec Chloé parce que je trouve qu'en collaborant avec une marque de luxe, ça pourrait nous aider à nous repositionner et donner cette nouvelle approche à un produit comme la nôtre. Et trois mois après, Chloé nous a écrit. Donc, c'était assez marrant. Mais ce n'était pas clair. Je n'avais pas une stratégie claire où je me disais, je veux ça, Non, c'était un peu, j'allais avec le flow, j'allais avec ma passion. Oui, c'était vraiment ma passion. C'est ce que j'aimais faire. C'était de créer, aider les autres, travailler avec les autres. C'est exactement ça. Mais c'est vrai qu'au même temps, et peut-être c'est mon approche un peu plus entrepreneuriale, je ne sais pas pourquoi, mais quand j'ai créé Made for Women, juste après, j'ai commencé à envoyer plein de messages à d'autres marques qui étaient des marques de maillots de bain, des marques d'espadrillas, des marques que je voyais le potentiel, que peut-être ils aimeraient intégrer aussi des sacs en raffia dans leur collection. Et donc, j'ai écrit à plein, plein de marques et plusieurs m'ont répondu. Et un des marques qui m'a répondu, qui est un de nos plus grands clients aujourd'hui, nous a dit que ça serait top parce qu'on veut vraiment rentrer dans le Rafia. C'est vraiment un de nos nouveaux projets. Et grâce à ça, c'est littéralement grâce au fait que j'ai pu me diversifier, qu'on a grandi parce qu'on va dire que la marque propre... C'est un investissement. Créer une marque, c'est un grand investissement. Et nous, on a grandi organiquement et on a grandi grâce au fait qu'on a reinvesti ce qu'on gagnait à travers les marques blanches, les collaborations dans Made for a Woman. Donc, c'est parti un petit peu tout seul, tout ce processus.
- Ramata
Très bien. Du coup, écoute, effectivement, c'est intéressant de voir comment il y a eu énormément de spontanéité. dans le développement de ta marque. En termes d'équipe aujourd'hui, toi, ton rôle, c'est vraiment la partie, j'imagine, développement business model et développement commercial. Et c'est aussi la partie direction artistique. Est-ce que tu peux nous expliquer en termes d'équipe comment tu travailles exactement ?
- Eileen
Alors, on va dire que finalement, notre équipe, elle est en train de grandir. Mais c'est vrai qu'on a une grosse équipe de prods, production à Madagascar. Cette année, on a travaillé avec plus de 1000 artisans. Donc, on est un atelier avec beaucoup, beaucoup de gens qu'on doit gérer. J'ai toute une équipe à Madagascar et c'est vrai que c'est la première année que ça fait deux mois que je ne suis pas rentrée. Je rentre à la fin du mois, mais c'est vrai que pendant cette période, à partir de septembre jusqu'à maintenant, normalement, je suis à Madagascar en train de faire du contrôle qualité. Cette année, le rôle a un petit peu switché. Donc, je suis quand même tout l'aspect opérationnel de tous les jours. Je fais des codires avec mes équipes. parce qu'aujourd'hui, on a quand même un département RH, on a un département social, on a un département admin, finance, logistique, production. Après, j'ai quand même une personne qui est ma main droite. Donc, c'est ma directrice d'opération qui gère un petit peu tous les opérations sur le terrain, avec qui je suis en contact pratiquement tous les jours. Mais après, il y a Madagascar, mais au même temps, on est en train de travailler sur des nouvelles stratégies. On est en train de travailler sur l'internalisation. Donc aujourd'hui, on est en train de mettre en place la première filière traçable à Madagascar avec des certifications spécifiques. Donc il y a tout ce projet-là à mettre en place avec blockchain, avec AI. On est en train de créer une plateforme de vente assez personnalisée qui n'existe pas. On est en train de répliquer notre modèle business autour du monde. On a commencé au Brésil, mais on a des contacts en Inde, au Guatemala, en Argentine. Et en plus, il y a tout l'aspect com. Donc la com, bien sûr, c'est très important. J'ai des équipes en Italie et à Paris qui s'occupent de la com. Et là, par exemple, moi, aujourd'hui, j'ai commencé à… à voyager beaucoup pour parler du travail qu'on fait. J'étais à Change Now, on a gagné un award, le plus grand Sustainable Award du UK. La semaine dernière, j'étais à Londres. La semaine prochaine, je vais à Boston pour parler à Harvard. Donc, je voyage beaucoup pour parler du travail qu'on fait, de notre modèle business pour inspirer les jeunes. Donc, voilà un petit peu l'organisation.
- Ramata
Écoute, félicitations pour toutes ces consécrations, notamment à ChangeNow et puis ton passage à Boston, à Harvard, pour véritablement promouvoir le business model vertueux que tu as pu créer avec Made for Women. C'est vrai que c'est une belle consécration de pouvoir avoir toutes ces opportunités-là. Et c'est important que tu expliques qu'en termes d'organisation, il faut que tu aies quelqu'un sur place qui puisse gérer l'opérationnel pendant que toi, tu fais cette partie communication. Toi, tu dirais que ces opportunités en termes de communication, c'est toi qui es allé les chercher. Tu as une équipe comme qui s'est positionnée sur, on va pitcher la startup, on va participer à des concours, on va se positionner. Ou est-ce que finalement, ce sont plutôt des gens qui sont venus à toi en ayant vu les différentes collaborations que tu as pu faire avec des marques de luxe ?
- Eileen
Oui, c'est plus la deuxième. Donc, je pense que je n'ai jamais pitché. Je pense que les marques de luxe que j'ai écrites m'ont jamais répondu. Donc, on va dire que tout arrive un petit peu vers nous. Donc, c'est assez intéressant. Mais ça a toujours été un petit peu comme ça. J'ai une idée claire de où je veux aller et les opportunités, elles arrivent. Là, par exemple, on est en train de refaire la... la stratégie de Made for a Woman parce que pour être sincère, je l'ai un peu mis en stand-by pour quatre ans à cause de toute la production qu'on devait faire et tout le travail qu'on devait faire avec les marques de luxe. Ça nous a pris beaucoup, beaucoup de temps. Et cette année, j'ai décidé de me réinvestir à Made for a Woman et le rebranding. Mais en même temps, on est en train de diversifier. On fait des accessoires, mais on fait aussi des habits, du ready-to-wear. Et on rentre dans le monde de l'interior design. Et c'est marrant parce que le moment que c'est clair pour moi, quelqu'un m'a contactée pour faire une des plus grandes foires de design au monde. Et ça a toujours été comme ça. Et c'est pour cela que pour moi, c'est très important de parler aux jeunes et de parler du travail que je fais. Parce qu'en réalité, beaucoup de choses... qui arrivent dans la vie, et ça c'est ma philosophie de vie, si elles sont très claires dans ta tête et ton signal est très très clair, tu peux littéralement manifester tout ce que tu veux si tu sais comment visualiser ton futur et ce que tu veux. Et donc, je pense que la manière que la société marche, où il y a des règles à suivre, où il faut suivre step by step, comment créer une entreprise, comment mettre en place un business plan, ça te limite beaucoup. En réalité, moi, je n'ai pas créé un business plan jusqu'à littéralement cette année. Donc, et je pense qu'il y a beaucoup d'aspects dans la manière qu'on apprend à l'école, la manière que notre société nous limite, même mentalement. Il faut revoir ça, il faut revoir et se demander que, pas demander, mais il y a sûrement d'autres manières qu'on peut. On peut réussir dans la vie et avoir ce qu'on veut. Et donc, ça fait deux ans que je travaille beaucoup sur ça. Je fais des cours, j'ai des mentors. Et je pense que ça marche. Grâce à ça, on a eu l'année dernière l'opportunité de recevoir Brigitte Macron dans nos ateliers. On était la seule entreprise dans tout le pays qu'elle est venue visiter. Assez impressionnant, je ne m'attendais pas du tout à ça. Mais c'est vrai que quand tu commences à revoir un petit peu ton mindset, tu commences à revoir un petit peu la manière que tu te vois dans la société, parce qu'à la fin, ta vie, c'est une réflexion de qui tu es et comment tu te vois. Et donc, si tu peux, avec tes intentions, revoir avec la conscience, revoir un petit peu la manière internement que tu travailles, ta vie va réfléchir. va te donner exactement ce que tu es. Donc, voilà un petit peu ma philosophie de vie. Je pense que c'est très important. Et c'est grâce à ça qu'on est arrivé où on est aujourd'hui en six ans.
- Ramata
Effectivement, tu fais bien de préciser cette notion de mindset, en fait, et de vraiment se fixer des objectifs sans se limiter. Et plus on a une vision claire, quelque part, plus on va manifester une certaine réussite. Donc, aujourd'hui, en termes de positionnement, si on a envie d'acheter des articles made for women, quels sont les différents canaux de distribution ? J'imagine qu'il y a un site internet, il doit y avoir des points de vente. Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de cette partie-là ?
- Eileen
Oui, alors, made for women, on avait des showrooms à Milan et à New York. Jusqu'à l'année dernière, on vendait chez Moda Operandi. Notre appartement Norti, Nordstorm, Anthropologie, Printemps. Donc, on était assez distribués dans des grandes B2B. On avait aussi notre B2C, mais on n'avait pas trop investi dessus. Mais surtout, on va dire que notre business le plus important dans les dernières quatre ans, c'était vraiment le travail de Marc. Donc, travailler avec ces grandes marques de luxe, produire pour eux, comprendre leurs besoins, travailler sur les collaborations aussi parce que ça a été un travail dessus. Et ça, bien sûr, ça a toujours été distribué dans leur stratégie, donc leur boutique et leur lien avec leur distribution. Mais c'est vrai que cette année, on relance notre B2C. On ne va pas travailler dans le B2B parce que je pense que c'est quand même un monde assez vieux et il faut se réadapter. Mais je pense que le B2C et les réseaux sociaux sont vraiment le futur de la manière qu'on devrait vendre nos produits. On est aussi en train de travailler sur une plateforme assez unique sur tout l'aspect de customization. qui est très important pour les clients et du futur. Très bien. Du coup, là, effectivement, on t'explique bien la stratégie sur le côté B2B et B2C. En termes de persona, si on reste sur le B2C, vraiment, on s'adresse à un client direct. Toi, qu'est-ce que tu peux dire du client, en fait, Made for Women, sachant que dès le départ, il y a eu un rayonnement international de ta marque. Donc, tu parles de présence aux États-Unis, de présence en Italie. Donc, qui est le ou la cliente Made for Women ?
- Ramata
Alors, on est en train de repositionner cette cliente, mais c'est vrai que ça a toujours été une personne qui est quand même assez créative. Parce que si on regarde nos produits Made for a Woman, ce sont des statement pieces. C'est des produits un peu d'accessoires. Donc, tu peux t'habiller en couleur assez neutre. et avoir ce gros sac en rose avec des franges. Notre produit, on va dire notre gamme la plus connue, c'est la gamme de Rainbow. C'est toute une collection avec du raffia recyclé. Donc, c'est du raffia que normalement on devrait brûler au jeté parce que ça n'a pas été utilisé. Et donc, on garde cette raffia et on fait des produits uniques, one of a kind. Et c'est marrant parce qu'il y a deux ans, il y a Blake Lively, l'actrice connue américaine, nous a acheté un sac de cette collection-là. Et depuis, c'est devenu assez un boom. Donc, vraiment une femme qui voyage, qui comprend les cultures, qui est très curieuse. et a beaucoup de connaissances du monde, qui est quand même une personne assez globale, jet-setter, qui travaille dans le domaine du design au dollar. Donc, une personne assez créative, mais qui quand même veut faire partie d'un monde où elle n'achète pas juste un produit, mais elle sait qu'il y a toute une histoire derrière et il y a un soutien assez important à niveau social. Parce que je pense qu'aujourd'hui, Un... On oublie beaucoup le fait que tout est connecté. Malheureusement, la mode nous sépare beaucoup de la chaîne de valeur. Je pense que c'est important de rappeler aux personnes que les liens sont connectés toujours et qu'un produit final a toujours un lien avec la personne qui l'a fait. et donc une personne qui est quand même attachée à ce concept-là et qui veut faire une différence dans le monde.
- Eileen
Super intéressant, tu m'offres une transition. J'allais te demander, est-ce que vous avez une stratégie particulière en termes de travailler avec des créateurs de contenu, des influenceurs, des célébrités ? Là, tu citais l'exemple de Blake Lively. Est-ce qu'il y a une démarche de ta part et de ton équipe communication à faire du gifting pour que certaines célébrités puissent porter les produits et les mettre en avant ? Ou est-ce que finalement, c'est des choses qui se sont faites spontanément, naturellement, et dont toi-même, tu as été surprise parce que tu ne t'y attendais pas ?
- Ramata
Il y a deux ans, je travaillais avec des agences de public relations, et eux, ils faisaient du gifting, mais je n'étais vraiment pas trop contente des personnes influençant ce qu'ils portaient, nos produits, parce que... Ils ne représentaient pas réellement les valeurs de la marque. Blake Lively a été complètement organique. C'est elle-même qui a voulu acheter le sac. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, grâce au réseau que j'ai créé, grâce à ce que j'ai pu créer à travers MailForWomen, j'ai beaucoup, beaucoup de copines activistes avec qui je m'entends très, très bien. et c'est ce genre de personnes que... que je préfère faire du gifting ou travailler avec eux sur des projets de capsule où on va créer ensemble peut-être des petites collections, mais qui parlent vraiment de nos valeurs communes. Donc, c'est une étape qu'on n'a pas vraiment encore mis en place, mais on est en train de travailler dessus en ce moment.
- Eileen
Effectivement, c'est un vrai sujet de trouver les bons ambassadeurs pour une marque et parfois, certaines agences RP, l'idée qu'elles peuvent avoir de... du bon ambassadeur et ton idée à toi, ce n'est pas toujours aligné. Donc, tu peux comprendre qu'à un moment donné, tu préfères prendre la main pour vraiment aller sélectionner des personnes dont tu apprécies particulièrement le parcours et qui représentent vraiment, toi, ce que tu imagines comme étant la cliente ou en tout cas la femme, comment dire, made for women. Par exemple,
- Ramata
désolée, j'ai oublié de te dire aussi que Merci. On a eu la nièce de Nelson Mandela qui nous a commandé un habit aussi. Donc aujourd'hui, on a des ambassadrices comme ça qui portent nos produits et je trouve que c'est très,
- Eileen
très beau. Effectivement, tu fais bien de préciser ce point-là, que le travail du gifting pour les marques de mode, c'est vraiment un travail à faire avec beaucoup de soin pour trouver les bons ambassadeurs. Dans l'adèle de ta marque, dès le départ, tu expliques que c'était important les conditions de travail des artisans à Madagascar. Donc toi aujourd'hui, tu as une usine en propre ou est-ce que tu travailles avec différents ateliers ? Comment est-ce que tu t'es organisée pour t'assurer de pouvoir vérifier les conditions de travail et t'assurer de faire en sorte que ce soit des bonnes conditions de travail pour les artisans à Madagascar ?
- Ramata
Non, on ne travaille pas avec d'autres ateliers. On a notre propre atelier. Donc, on a nos entrepôts. dans un endroit dans la capitale du pays, donc à Talins. Et c'est de là où j'ai tout commencé. J'ai commencé avec six artisanes. On travaille surtout avec des associations. Donc, on emploie seulement des femmes battues, des mamans célibataires, des personnes handicapées, des prostituées, parce que je pense que c'est important de leur donner l'opportunité quand personne d'autre leur donne et de prouver au monde Merci. que si tu soutiens les personnes dans la bonne manière et tu leur donnes les bons outils, ils peuvent vraiment faire tout. Donc, c'est assez impressionnant ce qu'on a pu vraiment voir dans les six dernières années, dans la qualité des vies des personnes avec qui on travaille. Comme je t'ai dit tout à l'heure, on a commencé avec six, aujourd'hui, on est plus de 1000 personnes sur place. Et ben... Cet atelier, c'est un vieux entrepôt de savon, donc c'est assez génial comme endroit. On a mis en place tout un département social, donc on a des psychologues, des assistantes sociales, on a deux garderies, on est en train de mettre en place une école primaire, un centre de bien-être pour tout l'aspect psychologique, un foyer. Donc l'idée, ça serait que ça... puissent venir à un centre, à une communauté, que ces personnes peuvent venir tous les jours et se sentir bien en travaillant et avoir le bon soutien pour les aider dans leur vie.
- Eileen
Ce qui est intéressant dans ta démarche et ce que tu montres, c'est qu'on peut être dans un business model qui est performant, c'est-à-dire développer un chiffre d'affaires, développer une entreprise qui soit viable et en même temps, en termes d'impact, avoir une organisation qui s'assure vraiment du bien-être de ses salariés. Comment est-ce que toi, au quotidien, tu arrives à les deux ? Parce que parfois, on peut avoir un dilemme à se dire, soit se dire que ce n'est pas possible de faire les deux, c'est trop compliqué ou ça nécessite trop de temps, ou alors ça ne rapporte pas assez, ce n'est pas rentable en fait, quand on investit... comment dire, je ne vais pas dire trop, mais en tout cas, quand on cherche à être dans une vision équitable du développement de son entreprise. Donc, toi, quelle est ta réponse à ça ? Comment est-ce que tu as réussi à résoudre cette équation du m'assurer du bien-être optimal de mes équipes et en même temps développer une entreprise qui est performante ?
- Ramata
Pour moi, il n'y a pas de choix. Donc, moi, je ne comprends pas le concept du fait qu'on doit appeler ce... Mon entreprise, une entreprise sociale, je pense que c'est juste une entreprise. Je pense que les entreprises d'aujourd'hui sont complètement pas normales. Pour moi, ce n'est juste pas un choix. C'est que j'ai décidé de travailler dans un secteur comme la mode parce que je voulais créer un changement. Mais si je n'avais pas commencé avec la fondation, qui est vraiment le bien-être... des personnes, je ne l'aurais jamais fait. Donc, je ne me pose même pas cette question dans le sens que pour moi, ce n'est juste pas possible. Et donc, tout ce que je fais, tous les efforts, qui n'est en réalité pas du tout facile parce qu'on travaille dans un secteur comme la mode où tout est super fast-paced, il y a des deadlines. La mode, ça va très, très vite aujourd'hui et on est quand même une entreprise qui fait tout à la main. Donc, il y a beaucoup, beaucoup de différences, beaucoup de controversies. On travaille aussi dans le secteur du luxe. Donc, les produits doivent être parfaits pratiquement. Et donc, oui, c'est vrai, ce n'est pas du tout facile. Il y a des hauts et des bas. Mais moi, je pense que c'est possible et on le fait tous les jours. Bien sûr, ce n'est pas du tout parfait. Il y a beaucoup de choses qui doivent s'améliorer, mais je pense que c'est juste pas une question. C'est pas un choix. C'est juste que ça doit être comme ça. Et je veux prouver au monde que tu peux être une entreprise profitable en mettant en avant les personnes. Et c'est exactement ce qu'on a pu mettre en place. Et c'est exactement ce qu'on fait tous les jours. C'est pas toujours facile. Miii À la fin de la journée, être une entreprise qui met en valeur les personnes, ce n'est pas toujours dans la manière que tu réinvestis sur des projets spécifiques. C'est aussi la manière que tu traites les gens avec dignité. C'est redonner le pouvoir à des populations qui l'ont perdu à cause de la colonisation, à cause de la pauvreté. C'est les rappeler de qui ils sont. et de ce qu'ils sont capables à faire dans le monde. Donc, c'est des petites choses qu'on a pu mettre en place. Et je veux aussi dire que depuis le début, on va dire que la première partie de Made for Women, les premières deux, trois ans, a été très, très difficile pour moi parce que j'ai dû vraiment suivre toute la production et je n'avais aucune connaissance dans la prod, dans le raffiage. Je ne savais pas c'était quoi. Mais le fait que j'ai dû travailler avec ces femmes tous les jours, j'ai connu leurs histoires, je connais leurs noms, j'ai vraiment compris leurs problèmes, je suis allée chez eux. Et grâce à cette période-là, je les connais tellement et je sais exactement l'évolution qu'ils ont pu faire dans leur vie. Et ça ne vient pas de grand-chose. C'est le fait qu'aujourd'hui, je n'ai pas de bureau, je travaille entre eux. C'est le fait que dans notre entreprise, oui, on a tous des titres, mais il n'y a pas vraiment d'hier qui. Donc, tout le monde peut venir me parler quand ils ont envie. Ils n'ont pas d'honte. Il n'y a pas ce tabou de c'est elle la propriétaire. On ne peut pas lui parler. C'est vraiment dans les petites choses que tu changes la vie des gens. Donc, je pense que c'est complètement normal ce qu'on fait. Je ne pense pas du tout ce qu'on fait. est quelque chose de magique, de différent. Pas du tout. Ce qu'on fait, ça devrait être la normalité de toutes les entreprises du monde.
- Eileen
Je te remercie de faire passer ce message, effectivement, de normalité, où aujourd'hui, il y a des marques qui, quand elles mènent une action sociale, une action à impact, elles vont faire toute une communication et aujourd'hui, on va les taxer de faire du greenwashing parce que c'est devenu un argument de communication et ça ne fait pas fin. forcément partie de leur identité au départ, de leur ADL au départ ou de leur préoccupation initiale et c'est vrai qu'on voit beaucoup d'enseignes de fast fashion, d'ultra fast fashion pour qui les conditions de travail des salariés, de leurs employés ne sont pas une priorité et qui parviennent à proposer des produits à des tarifs qui sont complètement déconnectés de la réalité du marché parce que euh... le salaire moyen des travailleurs n'est pas du tout conforme à assurer le bien-être des populations. Donc effectivement, quand on a cette vision-là de faire un travail de qualité et de respecter chacune des personnes qui est au sein de l'entreprise, ça paraît effectivement complètement normal et aberrant que l'on puisse penser différemment. Toi, aujourd'hui... C'est quoi les next steps pour toi ? C'est quoi les prochaines initiatives que tu projettes de développer pour la marque ?
- Ramata
Alors, aujourd'hui, on travaille sur le rebranding de Made for Women. L'idée aujourd'hui, c'est que... L'idée et le concept de la marque est assez limitant, je trouve, parce que c'est toujours lié à un produit teint... tangible, donc un produit qu'on peut toucher. Mais je pense que ce qui manque dans le secteur de la mode, c'est vraiment tout le reste. C'est vraiment la chaîne de valeur. C'est comment on peut enlever ces séparations et faire devenir les clients plus actifs et moins passifs. Donc, le travail que je veux faire, à travers Made for Women, qu'aujourd'hui j'appelle un living system, ce n'est pas de produire des produits pour produire des produits. C'est être capable à rentrer dans un système et revoir les... Comment on dit ça en français ? Les behaviors. Donc changer les... Comment on dit ça en français ?
- Eileen
Les comportements.
- Ramata
Comportements, exactement, des consommateurs du monde. Donc, on... On est en train de travailler sur toute une stratégie grâce aux six ans qu'on existe, grâce au fait qu'on a travaillé avec les marques de luxe, grâce au fait qu'on comprend les problématiques de la mode, des pays de développement comme le Madagascar qui produit pour ces marques de luxe depuis 20 ans, 30 ans. Et comment on peut créer un lien plus proche entre le consommateur et l'artisan, ou le consommateur et la forêt ? On est en train de travailler sur des stratégies pour faciliter ça et vraiment changer et créer plus de conscience dans le secteur de la mode. C'est un peu philosophique ce que je dis, mais on a des stratégies assez concrètes qu'on est en train de mettre en place et qu'on met en place qui va nous donner la possibilité de... De faire partie de ce nouveau mouvement, on est en train de voir quand même que le monde est en train de changer. Il y a une grosse transition, même énergétiquement, je pense que tout le monde peut le sentir. Et je pense que le travail et la raison d'être de Made for Women est vraiment ça, c'est faire partie des nouveaux règles qu'on doit mettre en place pour créer une conscience plus éthique dans le secteur du textile.
- Eileen
Très bien, on a hâte de voir cette initiative voir le jour pour vraiment pouvoir effectivement comprendre ce que tu peux évoquer. En tout cas, il est vrai qu'aujourd'hui, on a besoin d'énormément d'entreprises dont l'ambition va aller au-delà de simplement plus de rentabilité et plus de marge, mais qui va vraiment chercher à, comment dire, Être déjà, avoir ce côté local où en fait, à partir du moment où on est assez proche des artisans dans la manière dont on développe l'entreprise, il y a un impact qui est totalement différent de quand on est éloigné. Et puis après, il y a une volonté, comme tu l'évoques là, de comment on implique le consommateur, comment on l'invite à se sentir encore plus responsable. Et effectivement, aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, Avec le fait de créer des communautés, il y a vraiment une opportunité d'avoir un lien de proximité avec le consommateur qui est beaucoup plus fort que par le passé. Et donc, ça donne des opportunités et des idées de business model qui sont totalement différentes de celles avec lesquelles on a vécu jusqu'ici. Et je te rejoins sur le fait qu'effectivement, on est à l'aube d'un changement, on a une ère de changement dans la manière dont on commercialise un produit. Et donc, il y a un vrai... Voilà, j'ai hâte en tout cas de voir ce que tu vas proposer. Et du coup, ce sera avec plaisir que je partagerai l'information dans le média Africa Fashion Tour pour qu'on soit au fait de l'actualité de Made for Women. Ce que je voulais te demander maintenant, voilà ce que tu évoquais, c'est qu'aujourd'hui, tu voyages énormément pour faire parler ta marque, pour la promouvoir. Est-ce que toi, tu as... un collectif d'autres marques avec lesquelles tu travailles. Est-ce que tu interviens sinon auprès de jeunes designers, de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque pour pouvoir leur expliquer un petit peu comment toi, en fait, tu as pu développer ta marque ?
- Ramata
Alors, je fais des one-to-one mentorship calls. Donc, des fois, ils me contactent à travers Instagram. Mais c'est vrai que je suis invitée J'ai été souvent dans les écoles de mode, même l'école où je suis allée moi, pour parler un petit peu aux jeunes designers, aux entrepreneurs qui veulent créer leur marque, qui ont l'intention, ils sont passionnés par ce travail. Donc oui, je le fais.
- Eileen
Très bien, mais écoute, c'est super en tout cas que tu puisses le faire de manière à vraiment... inspiré, expliqué, et puis qu'on n'ait pas l'impression que c'est une utopie impossible, ou qu'il n'y a que certaines marques qui peuvent le faire. Moi, de toute façon, l'idée du média, c'est qu'on sorte un peu... Effectivement, dans les marques éthiques, on a souvent tendance à parler de Veja, de Patagonia, et en dehors de ça, on n'a pas forcément d'autres exemples. Et moi, l'idée du média Africa Fashion Tour, c'est de montrer à quel point les marques qui font du made in Africa... elles peuvent vraiment être sur le devant de la scène et donner de très bons exemples de business model vertueux parce que ça fait partie de leur ADN dès le départ et ce n'est pas quelque chose qu'elles essayent de faire parce que c'est la tendance du moment de faire de l'éthique, mais c'est vraiment quelque chose qui est ancré. Donc, je suis ravie d'avoir pu échanger avec toi et d'avoir pu découvrir plus en détail l'histoire derrière Made for Women. On arrive à la fin de cette interview. Moi, j'étais ravie de notre échange. Je te remercie pour ta disponibilité.
- Ramata
Merci à toi. Merci beaucoup. Ça m'a fait très plaisir aussi. Merci pour l'opportunité.
- Eileen
Avec plaisir. Eh bien, je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.
- Ramata
Merci.
- Eileen
Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.