- Ramata
Je suis ravie de partager avec vous cette interview dans laquelle j'ai été invitée à partager mes conseils aux porteurs de projets et entrepreneurs qui veulent lancer leur marque de mode. C'est au micro de Damien Vazic pour le podcast « Au fil du textile » que je réponds à des questions précises sur les problématiques rencontrées par les chefs d'entreprise dans le secteur de la mode. Damien est patron d'usine basé à Casablanca. Il connaît bien le secteur et il a lancé un podcast pour partager les coulisses. Je vous invite donc à découvrir sans plus attendre cette masterclass dans laquelle, pour une fois, c'est moi qui suis du côté des invités. Bonne écoute !
- Damien
Bonjour à tous et bienvenue sur un nouvel épisode d'Aufil du textile. Aujourd'hui, je reçois Ramata Diallo qui est consultante pour les marques en mode. Elle est fondatrice de Fashion Consulting Paris et de Africa Fashion Tour et elle sera notre invitée aujourd'hui. On est très heureux de vous retrouver à chaque émission. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous écouter sur les réseaux sociaux, YouTube, Spotify, Apple Podcast. Aujourd'hui, Ramata, c'est à toi.
- Ramata
Écoutez, je suis ravie d'être là pour la première saison du podcast au fil du textile en compagnie de Damien. Moi, c'est Ramata Diallo et je vais vous raconter mon histoire.
- Damien
Ramata, bienvenue. Je suis content de te recevoir ce soir avec nous dans cette émission. Tu peux te présenter pour les gens qui ne te connaissent pas encore ?
- Ramata
Je te remercie de m'avoir invité pour ce podcast au fil du textile. Je vais me présenter, je vais essayer de faire court. On a combien de temps ?
- Damien
On a une heure et demie facilement.
- Ramata
Je vais essayer de ne pas faire une présentation d'une heure et demie. Du coup, moi je m'appelle Ramatel Diallo, je suis née à Paris. Je suis d'origine guinéenne, donc j'aime bien dire que je suis peu le parisien. puisque l'ethnie à laquelle j'appartiens, c'est l'ethnie peule. Et moi, je suis née à Paris. Je ne suis pas partie des Parisiens d'adoption. Moi, je suis une vraie Parisienne. Et j'en suis fière. Je suis peule aussi et j'en suis fière. Tu en es fière aussi. Donc moi, j'ai travaillé toute ma vie dans le secteur textile. J'ai commencé déjà en alternance. En fait, j'ai travaillé en magasin et j'ai un peu remonté toute la chaîne logistique. C'est-à-dire que j'ai travaillé en magasin chez Kiabi. J'ai eu l'occasion de travailler en dépôt aussi. Et puis après, j'ai vraiment travaillé à la construction des collections à différents postes au sein de marques françaises. Et ensuite, j'ai monté ma propre structure d'accompagnement de porteurs de projets et de chefs d'entreprise pour développer leur marque. Et moi, de toute façon, la mode, ça m'a toujours passionnée. Donc, de cette passion-là, j'en ai fait une carrière. Et aujourd'hui, qui va se traduire par cette activité de consulting. Aussi par la formation, je vais intervenir dans différentes écoles de commerce auprès d'étudiants en master et en bachelor. Et enfin, j'ai beaucoup d'activités différentes, j'ai un média qui s'appelle Africa Fashion Tour et qui est dédié à la promotion des industries culturelles et créatives africaines. L'idée c'est que moi j'ai une bonne connaissance de l'écosystème de la mode occidentale, j'ai vraiment travaillé au sein de marques françaises, j'ai eu l'occasion de faire plein de voyages à travers le monde pour construire des collections. Et à un moment donné, je me suis vraiment interrogée sur ce qu'était la place de la mode africaine dans la planète mode. Et du coup, comme toi, j'ai lancé un podcast pour aller à la rencontre de ceux qui font la mode africaine. Et donc, voilà, pour résumer un petit peu mes activités, je suis hoste d'un podcast, je suis consultante et je suis prof.
- Damien
Bravo. Écoute, on va commencer par, au tout début, pardon, tu as bossé dans la mode. t'as bossé en... À la fin du service où tu sers le client, après tu es remontée, on peut citer un peu les marques chez qui tu as travaillé ? Oui,
- Speaker #2
bien sûr. Moi, j'ai travaillé pour le Mass Market. J'ai travaillé au sein du groupe Vivarté, qui n'existe plus aujourd'hui. C'était un groupe français puissant qui, anciennement, s'appelait le groupe André, dans lequel il y avait Koukaï, NafNaf, La Halle. C'est vraiment un carol. Il y avait énormément de marques. Moi, je travaillais au sein de la marque La Halle. Et donc, j'ai travaillé pendant dix ans. Donc, j'ai vraiment commencé en tant que... Et tous les deux ans, j'ai changé de poste. Donc, j'ai eu l'occasion de faire de la femme, de l'enfant, de l'homme, des accessoires, du maillot de bain. J'ai vraiment eu l'occasion de faire plein de secteurs différents.
- Damien
Le poste que tu avais, tu étais en chef de produit, tu t'occupais de la mode.
- Ramata
Ça s'appelait catégorie manager. Et pour te... Donc, c'était vraiment... En tout cas, c'est le dernier poste que j'ai eu. Parce que j'ai remonté un petit peu en général dans les boîtes de textile. On commence en tant qu'assistant et puis après, on devient chef de produit. Puis après, on devient catégorie manager. Et donc, on gère une équipe d'assistants, de chefs de produit et de designers. Et donc, moi, je m'occupais de la création des collections de A à Z, c'est-à-dire depuis le design avec les stylistes, à définir vraiment quels étaient les produits qu'on allait proposer en collection jusqu'à la commercialisation en magasin, à les déterminer les quantités, allez et déterminer les prix de vente et aussi les dates de livraison. Et donc moi, j'ai fait ça pendant plus de dix ans pour la Halle. Et puis après, je l'ai fait aussi dans une autre structure, donc un autre groupe qui s'appelle Célio Jennifer. Moi, je travaille chez Jennifer. Moi, j'ai travaillé au sein de ces marques-là. J'ai connu les périodes fast de ces marques-là. C'est-à-dire que moi, j'ai connu les périodes de croissance, les périodes où vraiment tous les indicateurs étaient au vert, on se portait bien. Donc aujourd'hui, c'est plus difficile. Alors là, elle, elle a été rachetée par le groupe Beaumanoir. Et ça se porte... J'ai ouï dire que ça se porte bien aujourd'hui. Jennifer, c'est un peu plus compliqué. Ça a aussi été racheté par le groupe Beaumanoir. Donc, ils l'ont acheté assez récemment. Donc, on attend de voir. Mais bon, je suis assez confiante. Le groupe Beaumanoir, c'est un groupe puissant qui a repris pas mal de marques et qui les a bien redressées. Donc, je suis assez confiante. Mon point, c'est que moi, j'ai connu du coup la période textile où... certes il y avait la concurrence de Zara, d'un groupe Inditext mais les marques françaises étaient encore bien positionnées et je ne vais pas dire qu'à partir du moment où je suis partie ça a commencé à péricliter je ne sais pas l'expliquer si ils nous écoutent,
- Damien
qu'est-ce qu'ils font faire ?
- Ramata
je ne suis pas sûre de vouloir y retourner maintenant, c'est trop difficile peut-être à côté, on en parlera après mais en tout cas moi à un moment donné Oui, j'avais... aussi le sentiment que la manière de faire de la mode, ça avait un côté quand même de masse où on analyse les collections qui ont bien marché en magasin, puis on reproduit le même genre de modèle avec quelques petites modifications. Voilà, en quantité assez importante. Quand on est sur du mass market, c'est vrai que l'objectif, c'est d'avoir... On n'est pas des lanceurs de tendance, en fait. On va plutôt suivre et on va avoir une proportion de reconduit qui est assez importante. Et moi, à un moment donné, j'ai eu le sentiment que... J'avais un peu fait le tour de mon métier et que j'allais faire la collection de trop, que la collection que j'allais proposer, ça allait être une collection que j'avais déjà faite la saison d'avant ou deux saisons avant. Donc, je suis retournée à l'école. Je suis allée à l'Institut français de la mode faire un certificat en marketing digital. Moi, j'ai vraiment un rapport à l'école qui est assez... J'ai toujours aimé apprendre, en fait. J'ai toujours eu soif d'apprendre des nouvelles choses. Pendant un an, alors que j'étais encore en poste, je suis retournée à l'école et ça m'a vraiment ouvert les yeux sur plein d'opportunités, sur les manières de construire des collections différemment, s'adresser à ses consommateurs différemment. Et j'ai vraiment compris l'impact des réseaux sociaux et du digital qui venait vraiment bouleverser la manière dont on propose de la mode et pas que de la mode. Et du coup, c'est de là que j'ai commencé, qu'il y a une petite graine qui s'est installée et qui a fait que j'ai créé. donc c'est ma propre structure qui s'appelle Fashion Consulting Paris et qui est vraiment dédiée à la formation et au consulting spécialisé vraiment dans la mode.
- Damien
Dans la mode, dans le textile et tout ce que tu as connu dans les sociétés, ou dans les deux ou même plus, où tu as travaillé. Exactement. Tu as vu le côté final et le côté production, final dans le sens vente, et tu as vu aussi le côté production et peut-être aussi avec tous les bons côtés, les mauvais côtés. Les trucs à la dernière minute, les rushs, les...
- Ramata
Ah bah tout le... En fait, la mode, c'est... Comment dire ? C'est pas comme de vendre... Dans l'alimentaire, quand vous êtes... Quand vous vendez du Ferrero ou du Nutella, vous vendez toujours le même produit, en fait.
- Damien
Oui.
- Ramata
Donc vous n'avez pas à vous poser la question. Quand vous entrez dans ces secteurs-là, vous savez que ce que vous allez vendre, a priori, le prix, il n'est pas censé trop varier. Donc vous vendez toujours la même chose. Dans la mode, c'est ce qui est... intéressant, c'est qu'en fait, on est toujours en train de proposer une collection différente, donc on est toujours en train de se poser la question de aujourd'hui, c'est quoi la tendance du moment ? En chaussures, est-ce que c'est la sneakers ? Est-ce que c'est les talons ? Est-ce que c'est les robes ou est-ce qu'il y a plutôt une tendance tailoring ? Donc on est toujours en train de chercher à comprendre ce qu'attend le consommateur et à lui proposer. Moi, c'est ça qui m'a toujours plu dans la mode, c'est vraiment ce côté changement, réfléchir aux attentes du consommateur et être invité à proposer quelque chose de nouveau tout le temps. Et forcément, quand on propose quelque chose de nouveau, il y a des aléas qui peuvent être la livraison n'arrive pas forcément au bon moment. Le fournisseur, il n'a pas forcément bien compris notre demande ou alors notre demande n'a pas forcément bien été expliquée. Et donc, l'échantillon, on le reçoit, on se dit que ce n'est pas la bonne couleur, ce n'est pas la bonne taille. Et on est en permanence en train de régler des problèmes, en fait. Mais ça fait partie vraiment du métier. C'est vrai que si on n'est pas à l'aise avec ce côté changement, gestion de problématiques et qu'on veut quelque chose d'un peu linéaire, il ne faut pas faire de la mode. Parce que c'est vraiment...
- Damien
J'imagine, je ne sais pas, pour ceux qui écoutent, qui ne connaissent pas, c'est peut-être aussi des grosses quantités, c'est peut-être énorme. Enfin, énorme, je ne sais pas.
- Ramata
Alors en fait, à chaque fois, les quantités, ça va être vraiment lié au nombre, au parc de magasins que l'on souhaite servir en fait. Donc, une... qui va avoir très peu de magasins et un site internet, les quantités qu'elle aura ce sera plutôt raisonnable. Et effectivement dès qu'on va chercher à cibler 300 magasins et plus, les quantités qu'on va acheter sur un modèle permanent et on veut les quantités qui vont permettre de tenir sur 6 mois, on peut être à 5000 pièces achetées. En tout cas du temps où j'étais en poste, on va dire dans les années 2010. Maintenant aujourd'hui, il y a quand même on peut dire une contraction. des ventes. Donc, on va, je pense, acheter moins en quantité parce qu'on vend moins et parce qu'il y a un arbitrage qui est fait par le consommateur qui est... Certes, il achète du textile, mais aussi, il va vouloir avoir des sous pour des voyages, pour son téléphone, pour un abonnement Spotify. Et donc, il y a plein de choses qui vont faire que, certes, il va continuer à acheter des vêtements, mais peut-être qu'il va faire des arbitrages et peut-être qu'il va... Le poste de dépense mode, il est moins important qu'il l'était par le passé. Et forcément, les marques de mode, elles le subissent de plein fouet.
- Damien
Tu as dû voir le changement au fur et à mesure avec les clients que tu accompagnes ?
- Ramata
Ce que j'ai pu voir, alors déjà, dans les marques dans lesquelles je travaillais, quand moi, je décide de faire une formation, c'est que déjà, je ne sais pas expliquer, mais je sens que, enfin, je vois, ce n'est pas que je sens, c'est qu'on analyse les chiffres toutes les semaines et on voit qu'on a dû. on n'a plus les mêmes performances que l'on avait. Ce n'est plus aussi facile, aussi fluide. On se rend compte que c'est à coup de promotion qu'on essaye de vendre les produits. On se rend compte qu'on a des équipes importantes qui produisent des collections importantes, des quantités importantes, et qu'en termes de résultats, on a du mal. Et pourtant, on n'est pas à côté de la plaque en termes de tendance. On se dit, tiens, quand on regarde ce que les autres ont proposé sur le marché, on est sur des choses qui sont similaires. Donc, on se dit, il y a peut-être un manque d'attractivité de la marque. qui a peut-être un Comment dire ? Peut-être que le concept de magasin ne fait pas rêver comme il faisait rêver par le passé parce qu'on a un consommateur qui est de plus en plus exigeant. Donc même son expérience quand il va en boutique, il va être plus exigeant qu'il pouvait être dans des boutiques dans lesquelles il y avait énormément de stocks. Ce n'était pas forcément très bien rangé. Il n'y avait pas un merch qui était si travaillé que ça et il allait acheter. Là, on se rend compte que ces recettes-là qui ont pu fonctionner par le passé, Ça ne fonctionne plus en fait. Et puis on a des marques comme Cézanne qui arrivent avec des concepts comme l'appartement et qui proposent une expérience d'achat qui est totalement différente. Et on se rend compte que les consommateurs veulent... Et même consommateurs finalement, que ce soit de l'entrée de gamme, du moyen de gamme ou du haut de gamme, il y a vraiment un intérêt, une appréciation d'une expérience d'achat de qualité. Et donc, ça challenge énormément les marques. Donc, effectivement, que ce soit à travers les clients avec lesquels je travaille ou alors même en analysant, en décryptant en fait ce qui se passe dans le secteur de la mode, on se rend compte que, que ce soit au niveau des collections, que ce soit au niveau des prix, que ce soit au niveau de l'expérience d'achat et en plus l'expérience d'achat, que ce soit en ligne ou en magasin, on a un client qui est de plus en plus exigeant, qui est en attente de... d'un grade de qualité qui est en augmentation. Et donc, du coup, ça challenge énormément les équipes et la manière dont on faisait de la mode jusqu'ici.
- Damien
Et toi maintenant, avec ton nouveau métier, qui est ton métier actuel, qui est consultante, tu aides beaucoup les marques qui sont établies et celles qui veulent peut-être devenir. Mais celles qui sont établies, tu arrives à faire le lien avec ce que tu voyais avant et ce que tu vois maintenant, la consommation, sachant que tu as fait du marketing pour ça, justement. Tu arrives à les guider sur un point complet, entièrement, ou tu sens que c'est réticent et que les gens te disent « Non, non, on sait comment ça marche » .
- Ramata
En fait, aujourd'hui, les marques que je vais accompagner, elles vont arriver avec des problématiques très précises. Soit elles vont être dans des... Et moi, je vais les accompagner selon leurs besoins, bien sûr, et selon leurs attentes, et aussi par rapport aux compétences que je peux avoir. Donc, moi, je peux intervenir sur des questions vraiment de... Collection. Comment on va construire la collection et quel type de produit on va mettre en avant et quelles sont les bonnes pratiques pour pouvoir créer une collection. Et l'idée, c'est vraiment de comment est-ce qu'on va construire une collection avec cette notion de produit iconique. En tout cas, de se dire dès le départ de s'intéresser à ce que le consommateur attend, de s'intéresser à ce qui peut se passer sur le marché en termes d'attente du consommateur à travers ce qui se passe sur les réseaux sociaux. à travers ce qu'on peut voir à travers les Google Trends, pour se dire, certes, vous avez votre idée à vous de quel pourrait être le produit performant. Pas le produit performant, mais c'est plutôt parfois, il y a des porteurs de projets, ils arrivent avec leur idée. Voilà, moi, j'ai envie de faire tel produit. Je rêve de faire une collection de maillots de bain, par exemple. L'idée, c'est d'aller regarder, OK, sur le marché aujourd'hui, est-ce qu'il y a un attrait, est-ce qu'il y a un potentiel pour ce segment de marché-là ? Et puis, de les accompagner au mieux en termes de quelles sont les couleurs, les matières, les... les formes qui vont être performantes. Et du coup, je vais intervenir sur cette partie-là. Et après, aussi, effectivement, sur les attentes du consommateur, ce sur quoi je vais aller challenger, c'est cette notion de communauté. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on... On était dans un environnement où la marque, en fait, les gens allaient acheter du Lafnaf ou du Koukaï parce que c'était la marque du moment désirable. Et on ne se posait pas la question, finalement, on allait vers ces marques-là. Et ça, c'est des marques qui ont eu énormément de succès dans les années 80. Et aujourd'hui, c'est vrai que ces marques-là, elles ont été fortement challengées par le groupe Inditex, notamment avec Zara. Et donc, comment on fait ? Quand on a plus cette désirabilité-là de la marque, cette désirabilité, pardon, qui fait que, en fait, vous savez que c'est Zara, vous y allez. Donc, il n'y a pas de commun... Zara ne fait pas de pub plus que ça. Non, pas du tout. Et voilà, le magasin est rempli parce qu'il y a vraiment cette marque qui est désirable. C'est un travail sur sa communauté. C'est un travail sur un programme de fidélité. C'est un travail sur... Et les réseaux sociaux, ils permettent ça, de créer un lien direct avec le consommateur. Et ça, c'est vrai qu'on a du mal à passer parfois de ce côté je travaille une image de marque au global, donc j'ai une vision et une perspective très globale, à être dans quelque chose qui est plutôt personnalisé. Donc je vais m'intéresser à différentes segmentations de clients, du plus jeune au moins jeune, des hommes aux femmes, et je vais aller créer des plans de communication qui vont être dédiés à différents profils de clients. Ça, les réseaux sociaux permettent de le faire. Et les marques qui sont les plus performantes, ce sont celles qui, effectivement, utilisent ces stratégies-là pour se dire comment je fais pour aller cibler de manière très spécifique une catégorie de clients plutôt que de se dire j'ai un message global. Les marques qui peuvent s'appuyer uniquement sur un message global, ce sont des marques qui ont une certaine antériorité et qui sont restées désirables. Les marques de luxe, elles jouent là-dessus. Et après, on a aussi un Cézanne, je recite cet exemple-là, ou un Respire dans le secteur de la beauté, qui ont réussi à construire un... la désirabilité de leur marque. Mais quand on regarde le point de départ, ça reste une communauté.
- Damien
Oui, forcément, c'est quelque chose, une performance qui est indéniablement là. Ils ont mis en place tout ce qu'il fallait comme système pour pouvoir tenir. Et puis, je pense qu'ils continuent au quotidien de mettre en place tout leur plan marketing derrière.
- Ramata
C'est ça. Et c'est un plan marketing qui s'appuie énormément sur... Le lien avec des abonnés, avec des clients, avec des prospects, c'est d'utiliser tous les canaux d'acquisition, que ce soit à travers le site internet ou même en magasin, de manière à renforcer le lien avec la communauté.
- Damien
On va passer un petit peu sur un côté plus novateur, sur les créateurs de mode qui viennent peut-être te voir, parce que tu accompagnes aussi ceux qui sont déjà installés depuis longtemps. Mais j'imagine que tu as aussi des personnes qui viennent te voir ou qui te contactent pour te dire je veux lancer ma marque. J'ai eu un invité qui s'appelle Lionel qui avait lancé une marque de homeware. Tout ce qui était vraiment des coussins d'ameublement, des tentes, des toiles vraiment pour de parasols. Et il nous disait, il a eu des demandes où le mec lui disait, j'ai 2000 euros, comment je commence ? Il dit, non avec 2000 euros, tu ne commences pas une marque, tu ne peux pas commencer. Qu'est-ce que tu conseilles toi à quelqu'un qui vient te voir en te disant, j'ai un petit budget mais je veux me lancer ? Tu le vois arriver comment ? Tu te dis non, écoute, je ne peux pas ?
- Ramata
Alors... Il y en a qui arrivent vraiment avec cette notion de « j'ai un petit budget » . Moi, ce que j'essaie de faire, et du coup, j'utilise vraiment ma casquette de prof, c'est-à-dire que j'ai vraiment une partie de mon accompagnement, qui s'appelle la feuille de route, sur laquelle je leur décris vraiment de manière détaillée. En fait, quand on veut lancer une marque, voilà les différents postes de dépense, en leur donnant des ordres de prix. Alors, comme ils n'ont pas tous, il y en a qui veulent faire de la chaussure, il y en a qui veulent faire du homeware. En termes de prix d'achat de leur collection, je n'ai pas rentré dans ce niveau de détail-là, mais en tout cas, je vais leur faire la liste de, il faut prévoir un loyer, il faut prévoir le salaire de tes employés, il faut prévoir la gestion de ton site internet. Et donc, je leur donne un ordre de grandeur, de prix, et je leur montre vraiment cette maquette-là. Parce que bien souvent, ils ont une somme de côté, et puis ils se disent, j'ouvrirai un compte Instagram, âme. Je vais faire ma boutique moi-même sur Shopify. Et puis bon...
- Damien
Tu me racontes quoi, celle-là ?
- Ramata
Ils ne sont pas forcément... C'est plus qu'il y a une forme de naïveté. Donc, l'idée, c'est vraiment de les sensibiliser sur voilà les différents postes de dépense et voilà les différentes étapes. Parce que parfois, en fait, juste, ils ne savent pas tout ce que ça implique, tout ce qu'il y a derrière. Les frais cachés. Je leur parle de logistique. Je leur dis bon, alors, tu n'as peut-être pas... Au lancement, tu n'as peut-être pas fait rappel à une plateforme logistique. tu vois probablement dans ta chambre, tu vas ouvrir un carton, tu auras des cartons dans ta chambre ou dans une pièce de ta maison. Souvent, ça va être le garage de mes parents, il y aura de la place. Donc, il y a plein de choses qui ne nécessitent pas un budget au départ, qui ne vont pas nécessiter une dépense parce qu'on va se faire aider. Mais ça, moi, je leur dis toujours, il y a toujours ce côté, mais j'ai un ami photographe, j'ai un ami mannequin. Et donc, il y a des postes, il y a des lignes. auquel on va mettre zéro parce qu'on sait qu'on va trouver quelqu'un qui va nous aider. Moi, je leur dis OK, pour le lancement, effectivement, tu peux t'appuyer sur tout ça. Mais on va quand même mettre un montant parce que l'année prochaine ou l'année d'après, la personne qui t'a filé un coup de main quand tu t'es lancé, tu ne vas pas pouvoir la faire travailler gratuitement éternellement.
- Damien
À quel niveau aussi ?
- Ramata
Voilà. Donc, elle peut te faire un coup de main sur le premier shooting, mais le deuxième ou le troisième, ce ne sera pas possible. Donc, moi, je les invite vraiment à... faire ce travail de, on va faire un fichier Excel et puis on va mettre toutes les lignes de dépense. Et puis, je les challenge beaucoup sur, je leur dis, voilà, quand tu lances une activité de consulting, a priori, le jour où tu as ton premier client, tu peux demander à être payé le jour même de ta journée de consulting ou à la fin de la journée ou la semaine d'après, tu vas toucher de l'argent sans en avoir dépensé ou à la limite, tu as pris un espace de coworking, tu vas dépenser pour l'espace de coworking et puis normalement, tu rentres dans tes frais. Pour une marque de mode, tu dois acheter les matières, tu dois acheter tes fournitures, tu dois acheter ton packaging, tu dois faire un certain nombre de dépenses qui sont importantes, qui sont conséquentes, avant d'avoir généré...
- Damien
Le moindre euro. Donc moi,
- Ramata
je fais effectivement un tableau sur Excel en faisant la liste de toutes les dépenses qu'ils doivent envisager. Parfois, on arrive à vraiment définir de manière très précise le montant, parfois c'est des estimations, mais en tout cas, comme ça, ils sortent de là et se disent, ah ouais, donc on est plutôt à 30 000. On est plutôt à 20 000. Voilà. Oui, c'est cette heure de red'idée-là. Et puis après, je leur mets aussi un rétro-planning. C'est-à-dire vraiment toutes les étapes de lancement de la production, de création de la collection, toutes ces étapes-là. La recherche d'un point de vente si tu veux faire un pop-up store, le shooting. On met toutes les étapes pour qu'ils se rendent bien compte que pendant toute cette période, il n'y a pas d'argent qui rentre, il y a de l'argent qui sort.
- Damien
Il sort, oui.
- Ramata
donc du coup Ça aussi, ça remet les pendules à l'heure. Donc moi, quelqu'un qui arrive en me disant que j'ai un budget de 2000 euros, je ne vais pas lui dire, écoute mon coco, tu es à côté de la plaque. C'est plutôt, je vais essayer de prendre le temps de lui expliquer. Vraiment, parce que je me dis, il y a une forme de naïveté. Je vais prendre le temps d'expliquer. Après, est-ce qu'on travaille ensemble ou pas ? Je vais lui dire, parce qu'à un moment donné, mon accompagnement, il peut valoir plus que 2000 euros. Mais le mien ou même celui d'un coaching, si tu veux être accompagné pour développer ton business. Ça peut valoir déjà la somme que tu prévois, elle est trop juste. Donc, l'idée, c'est vraiment de les challenger. Moi, je dis souvent à des porteurs de projets, je leur dis, tu peux peut-être lancer ta marque dans un premier temps en side job, en side activité, à côté d'une autre activité qui te permet de subvenir à tes besoins. Et voilà, tu développes tout au fur et à mesure en te disant, le jour où je génère suffisamment d'argent, je fais du bénéfice avec ma marque, à ce moment-là. Je peux me dire que ce job que j'ai en parallèle, je vais pouvoir le lâcher ou je vais pouvoir l'aménager. Mais je recommande vraiment le côté tant que tu ne génères pas de chiffre d'affaires. Et puis, j'insiste aussi sur le fait dans le rétroplanning, c'est tu vas commencer à générer du chiffre d'affaires. Après, tu vas avoir toute une période pendant laquelle tu es encore en négatif. C'est-à-dire, tu fais de l'argent, mais tu n'es pas encore arrivé au point où ça y est, c'est bon, j'ai remboursé toutes mes dettes et je commence à générer du chiffre d'affaires. Donc moi, je leur dis bien, OK, il y a le jour où tu ouvres ta boutique en ligne, tu vas générer du chiffre d'affaires, mais il y a un certain temps à concevoir, à envisager que tu dois avoir en tête pour te dire, ah oui, donc la première année, s'il faut, je ne vais pas gagner d'argent.
- Damien
Et donc,
- Ramata
cette naïveté-là, moi, je trouve qu'elle est liée à... Et moi, j'aime bien déconstruire un petit peu certaines idées reçues. C'est que quand on parle de certaines success stories sur les réseaux sociaux, en fait, on va avoir des marques qui vont dire, on a lancé notre campagne de crowdfunding et en deux jours, on a tout vendu. Et donc, en fait, un porteur de projet, ce qu'il va retenir, c'est mais moi je me souviens du cas de la marque que quand elle s'est lancée, elle a réussi en un temps record à tout vendre. Donc, moi, je pense que c'est possible. Et puis, comme on a beaucoup de success stories comme ça, on se dit... Parce qu'en général... On n'a pas trop d'exemples de quelqu'un qui arrive et qui dit, moi j'ai lancé ma campagne de crowdfunding et en fait, pendant trois mois, j'ai envoyé des messages à tout le monde et j'ai fait zéro. Cet épisode de podcast, moi je ne l'ai pas encore vu.
- Damien
Non, on n'a pas encore vu.
- Ramata
Pourtant, alors parfois on l'a, mais il y en a qui ont un discours vérité, il ne faut pas mentir, mais on ne l'a pas tout de suite. Je ne sais pas, le style français, on a eu récemment vraiment un certain nombre de vidéos du fondateur qui a vraiment raconté les difficultés de l'entreprise et qui a raconté le pivot qu'il avait fait pour pouvoir relancer l'entreprise. Et ça faisait partie quelque part d'une stratégie de je suis en train de pivoter et pour attraper un petit peu mon audience. Je vais leur raconter la situation dans laquelle j'ai été, qui a été critique à un moment donné. Et c'est vrai que c'était un peu l'une des premières fois où on s'est dit, nous, à chaque fois qu'on entendait parler du style français, on pensait que tout allait bien. Ils ont 20 boutiques et tout.
- Damien
Ils ont fermé 17 boutiques, il ne leur reste que 3.
- Ramata
Voilà. Et donc, quand il explique tout ça, moi, j'ai trouvé que c'était important qu'on ait ce genre de message-là. Parce que du coup, maintenant, moi, je sais souvent cet exemple-là en disant, tu sais, quand tu vois une entreprise où tu as l'impression qu'il n'y a que des choses différentes, positives qui sont dites et qu'il n'y a jamais d'informations qui seraient un peu là en termes de rentabilité on n'était peut-être pas aux objectifs ou ça a été plus compliqué que prévu. Méfie-toi ou n'hésite pas à essayer de trouver des infos, à creuser un peu parce que c'est pas parce qu'on ne dit rien ou parce qu'on a que regarder notre nouvelle campagne avec tel influenceur ou regarder notre nouveau partenariat avec telle autre marque. Quand on voit que les choses, en tout cas dans la manière dont c'est présenté que c'est positif Oui. Du coup, quand on entend parler de redressement judiciaire ou de procédure de mise en sauvegarde, on se dit, mais attends, je ne me serais jamais imaginé ça. Quoi ? Jennifer en procédure de sauvegarde ? IKKS ? Vanessa Bruno ? On est surpris. Parce qu'en fait, dans la communication, il y a quelque chose de l'ordre de on ne veut que vous raconter des belles choses.
- Damien
Vous vous rassurez, venez chez nous.
- Ramata
Un porteur de projet qui se lance, c'est normal en fait qu'il se dise... Et quand... Si je fais un parallèle avec la musique, en général, non pas que je sois fan de Jul ou de Aya Nakamura, à la limite, ce serait plus Aya Nakamura que Jul, mais bon, je ne suis pas fan des deux. Mais eux, quand ils sortent les dates de leurs concerts, c'est des stades remplis en deux heures.
- Damien
Une minute, oui,
- Ramata
quelques minutes. Et on peut avoir des gens dans la musique qui se disent, moi, si je me lance, ça va être pareil, en fait. Il y a une forme de naïveté. Quand ces informations-là, à force de les voir, on se dit, c'est comme ça que ça doit fonctionner en fait, ça doit être possible pour moi d'atteindre le même genre de performance et ce qu'on ne dit pas, c'est que ces gens-là ça fait des années en fait c'est pas ça fait 6 mois, non ça fait des années qu'ils trahent leur communauté, ça fait des années qu'ils...
- Damien
Ils ont galéré, ils ont pris des claques Voilà,
- Ramata
et ça on ne le raconte pas, on raconte que le, encore un record battu par Jules et Ayana Kamoura qui ont réussi à... et donc quand on ne retient que cette information-là effectivement il y a des gens qui arrivent en se disant Moi, j'ai un petit budget, j'espère lancer l'année prochaine et ouvrir ma boutique ou autre. Ils ont un plan qui a l'air plausible, mais à la lumière des informations auxquelles ils ont accès. Et comme les informations, elles ne sont pas complètes.
- Damien
Oui, elles sont tronquées quand même.
- Ramata
Donc, du coup, moi, je me fais un peu l'avocat du diable, l'associé du diable, je dirais. Mais j'essaie de les challenger, creuse un peu, essaie d'avoir plus d'informations. Et je leur dis, voilà, derrière tous les succès, Quand tu creuses un peu, tu te rends compte qu'il y a des mois, des années de travail et qu'il n'y a aucun succès qui s'est fait en un seul jour. Mais ça, on en parle moins.
- Damien
Des gamelles, je vais à la banque pour demander un crédit. Et puis au final, le banquier m'a dit, t'es mignon, mais je te connais pas et t'existes pas. T'en as un sur le secteur français dans le télécom, c'est Xavier Niel, qui racontait dernièrement, je suis le mec qui se plante le plus de fois par jour. Il a essayé de racheter M6, ils l'ont envoyé péter. Il a voulu faire concurrencer M6, ils l'ont écouté pendant deux heures, il s'est fait envoyer chier. Et au final, il a fait plein de trucs. Et quand il y a un truc qui marche, tout le monde dit, trop bien, t'es arrivé. bah oui mais non mais derrière Il a pris des gamelles, des râteaux, tout ce que tu veux, et il n'est pas arrivé. Donc ouais, tu déconstruis un petit peu l'image que, dans le bon sens du terme, pour aider la personne qui vient te voir, en lui disant, écoute, je vais faire avocat du diable, son associé, comme tu disais. Et voilà, ça, est-ce que t'as prévu ça, est-ce que t'as prévu ça, est-ce que t'as prévu ça ? Et t'en as quand même beaucoup qui te disent, ok, j'arrête là, ou t'en as qui te disent, ouais non, en fait, ok, moi je veux faire mon truc, je vais y aller.
- Ramata
En fait, alors moi, je... Je pense être pédagogue. Donc, moi, mon objectif, c'est pas... En fait, s'ils ont cette idée-là, ils vont y aller, mais ils vont y aller en étant éclairés. Donc, ils vont réviser leur plan. Ce que j'arrive à faire, c'est de les faire réviser leur plan, c'est de les challenger sur leur idée de départ. Et vraiment, moi, je vais avoir des gens qui vont me dire, voilà, qui ne sont pas du tout sur les réseaux sociaux, se communiquent très peu, et qui me disent, voilà, moi, j'aimerais me mettre en avant. j'ai envie de lancer cette collection et puis je me mettrai face caméra et puis je ferai des témoignages réguliers des lives ou autre je veux vraiment travailler mon personal branding et ça sera un élément important de la stratégie pour le développement de ma marque donc moi quand on me dit ça je dis ah super mais du coup déjà t'es un peu sur les réseaux, t'as l'habitude de partager des choses même si t'as pas une grosse communauté voilà est-ce que déjà t'as Ah non, pas du tout, j'aime pas du tout.
- Damien
Ça te complique ?
- Ramata
Du coup, déjà, essaye. Parce qu'en fait, si tu l'as communiqué pour promouvoir un produit dans le but de vendre, c'est pas la même chose que juste déjà simplement raconter un peu sa journée, faire un petit vlog en disant, tiens, aujourd'hui, je suis allée voir l'arrivée de Chien au BHV, je vous raconte comment ça s'est passé. Je lui dis, déjà, il faut avoir... prendre l'habitude de partager. Admettons, pendant un mois, tous les jours, tu partages une story. Puis après, tu verras si tu vas être capable de vraiment... Parce que être face caméra pour aller raconter son histoire, toujours pareil, quand on voit l'ENA Situation le faire, on peut se dire, les vlogs d'août, mais moi, je peux le faire. C'est facile. Et donc, moi, j'ai toujours ce truc de poser des questions pour vraiment... essayer de leur faire comprendre est-ce que c'est vraiment plausible ton truc et puis après de leur dire il faut que tu passes à l'action en fait. Si tu penses que tu veux le faire pour ta marre, il faut que tu passes à l'action. Donc moi voilà quand. Que ce soit des questions de budget ou des questions de rétro-planning, ceux qui disent voilà moi mon target c'est dans six mois, je fais les choses en fait en disant voilà six mois, tout ce que tu dois faire en six mois, est-ce que raisonnablement tu peux le faire sachant que tu as un job à côté. Et là on dit ah ce sera peut-être plus un an alors. Mais du coup, en général, moi, je m'appuie vraiment sur des exemples concrets. Donc, du coup, ce n'est pas comme si c'était une théorie. Je disais, c'est la théorie de Ramata. C'est vraiment des exemples concrets qu'eux, ils peuvent voir. Je les invite à aller regarder les success stories des marques, mais aussi les fails de certaines marques. Parce qu'il y a des documentaires sur des marques qui se sont plantées. Et donc, c'est important aussi de montrer ces exemples-là ou alors des marques qui ont eu...
- Damien
C'est savoir pas où aller, quoi.
- Ramata
Voilà, comme ça, ça permet au moins de se dire, OK. Et puis moi, j'ai une newsletter dans laquelle, qui s'appelle Créativité et succès, dans laquelle je partage des décryptages de l'actualité mode, où je raconte un petit peu, oui, la période phase de la marque, mais aussi les difficultés. De manière à ce que... Parce que je dis, mais... Ce que je déplore aussi parfois, c'est que parfois, il y en a qui veulent se lancer, mais qui ont... Qui n'ont pas une très grande culture mode ou qui ont une culture mode, mais c'est toujours, voilà, on connaît les succès. En beauté, on connaît Glossier, on connaît Respire. En mode, on va connaître Cézanne. Ou en beauté, un succès plus récent, c'est la marque d'Ailey Bieber, on connaît Rhodes. Du coup, on connaît des succès, mais des succès de célébrités.
- Damien
Qui sont déjà...
- Ramata
Voilà, donc où on n'est pas du tout dans la même situation que ces célébrités-là. Donc, on connaît ces histoires-là. Mais moi, à chaque fois, je dis aussi... essaie d'aller regarder des marques peut-être plus petites, qui ne s'appuient pas sur un influenceur et qui vont avoir un parcours qui va plus ressembler à ce que toi tu vas faire. Et ça,
- Damien
c'est quoi pour toi le côté le plus important pour se lancer ? C'est vraiment la communication, c'est le produit, c'est le fait de bien structurer la chose depuis le départ sur quoi ?
- Ramata
En fait, en mode, ce qui est compliqué, c'est qu'il y a vraiment plusieurs éléments sur lesquels il faut... C'est la conjoncture de plusieurs facteurs. Et en général, l'exemple que je prends, c'est Christian Dior, quand il s'est lancé. C'est vraiment le playbook que toutes les marques suivent depuis... Et en fait, en moins de cinq ans, quand on regarde... Alors après, c'était dans un autre temps. Mais il n'empêche que les recettes, elles restent les mêmes. Et après, lui, quand il s'est lancé, c'était juste à l'après-guerre. Donc... Ce qui va être intéressant, c'est que déjà, c'est un créateur de mode talentueux qui travaille pour d'autres marques. Donc déjà, il a une expertise qui est reconnue parce qu'il a travaillé pour d'autres. Donc déjà, avoir une expertise et avoir de la crédibilité, c'est indispensable. Arriver dans un secteur et se dire, on va me reconnaître comme ça pour mes beaux yeux, non. Lui, déjà, il avait un talent qui était reconnu. Il y avait une clientèle qui voulait être habillée par Christian Dior. Après, le réseau. Il est mis en relation, il connaît Marcel Boussac, qui est un homme d'affaires puissant du début du siècle, qui a les moyens d'investir dans la création de la maison de couture Christian Dior. Donc, il a le talent, il a accès au fond. Ça, ça fait déjà deux éléments assez importants. Et puis, quand il ouvre la maison de couture Christian Dior, il ouvre Avenue Montaigne. Alors ce qui fait l'histoire d'aujourd'hui Les marques de mode de luxe, elles sont toutes Avenu Montagne. Mais les premières marques qui étaient Avenu Montagne, c'est Christian Dior. C'est lui qui fait qu'aujourd'hui, c'est une rue, une avenue prestigieuse. C'est l'un de ceux qui ont créé ce côté iconique. Donc, il est dans un endroit stratégique. Et puis tout de suite, il ouvre sa maison de couture. Alors aujourd'hui, on est d'accord que ce serait plutôt ouvrir un site Internet. Ouvrir un compte Instagram, le dit. Ce ne serait pas forcément ouvrir des murs de toute façon. Ça se fait moins comme ça. Si on fait le parallèle avec Jacquemus, Jacquemus, il a d'abord explosé sur Instagram, sur les réseaux sociaux, enfin, sur son site Internet. Et puis, aujourd'hui, Jacquemus, il a une boutique Avenue Montaigne. Donc, on peut faire le parallèle avec Christian Dior, mais c'est, je crois, une dizaine d'années après l'ouverture de la marque Jacquemus.
- Damien
Oui,
- Ramata
ça lui a pris du temps. C'est les mêmes... En fait, c'est les mêmes facteurs, c'est les mêmes ingrédients, mais ils n'arrivent pas en même temps. Après, si on revient sur Christian Dure, qu'est-ce qui se passe ? C'est l'après-guerre. Certes, il a ouvert sa marque, mais ça va être difficile de vendre en Europe. Internationalisation de la marque. Il part ouvrir une boutique aux États-Unis. Et puis, aux États-Unis, il habille qui ? Il habille les stars de l'époque. Alors, il habille Marilyn Monroe et Marlène Dietrich. Alors, forcément. Aujourd'hui, quand on parle de marketing d'influence, Christian Dior a commencé à faire du marketing d'influence dès cette époque-là. Quand vous avez les personnalités les plus puissantes, les plus influentes en termes d'aura qui portent vos produits, tout le monde doit vouloir s'habiller comme vous en fait. Et à l'époque, c'était le styliste. Donc, le côté influence, le côté des prescripteurs qui vont porter votre marque et qui vont en fait faire votre publicité, clairement, ça c'est un élément qui est clé. Mais ça ne peut pas être le seul. Vous ne pouvez pas dire le succès de ma marque, ça va être non mais je connais des influenceurs, donc c'est bon, ils vont porter ma marque. On a les fonds, on a les crédibilités, on a effectivement ces prescripteurs, donc des personnes d'influence qui vont porter votre produit. Et en prescripteur aussi, on a un média, donc la rédactrice en chef d'Harper Bazaar qui assiste à la présentation de collection de Christian aux Etats-Unis. Je l'appelle Christian. Et qui fait un article dithyrambique pour parler de sa collection et qui l'appelle le New Look. Ça, c'est encore un élément d'aujourd'hui. La presse, les RP, ça fait partie des éléments où on dit, forcément. Donc, Jacquemus, par exemple, c'est une marque chouchou des journalistes. Très souvent, chaque fois qu'il sort une campagne, il y a énormément de...
- Damien
Il y a tous les RP qui viennent.
- Ramata
Il y a vraiment énormément. Et c'est relayé par énormément de médias, par énormément de créateurs de contenu. Donc, vraiment, les fonds, la crédibilité, les prescripteurs, qu'il s'agisse de médias, ou de personnes influentes. L'internationalisation, le fait d'être... Alors, pour le coup, pour Christian Dior, c'était un peu parce qu'en Europe, il n'allait pas à vendre. Mais en tout cas, ce côté, j'ai un produit qui va pouvoir s'internationaliser. J'ai un produit qui est prêt pour pouvoir être vendu de manière globale. Ça, c'est quelque chose d'important à avoir en tête. Et puis, Christian Dior, quand il crée sa maison de couture et un ou deux ans après, il crée tout de suite le parfum. Donc Miss Dior Chérie, qui est un des parfums qui, aujourd'hui encore, est un best-seller, ça a été créé tout de suite. Si on fait le parallèle avec Jacquemus, il y a L'Oréal qui ont investi dans Jacquemus et il va y avoir une ligne de beauté Jacquemus, mais du coup, ça vient très longtemps après. Mais quelque part, ça vient. Et le fait pour des marques de mode d'avoir du parfum... d'avoir du parfum, d'avoir de l'accessoire, d'avoir du sac, ça fait vraiment partie des stratégies du marque pour s'installer, pour avoir cette stratégie globale. Donc pour moi, ces facteurs-là, c'est des facteurs clés à avoir en tête et en avoir qu'un seul, ça ne marche pas. Avoir que les sous, ça ne marche pas. Avoir que la com, ça ne marche pas. L'idée, c'est un juste mélange de tous ces éléments-là et après aussi d'accepter de travailler sur un temps long. J'aime bien citer l'exemple de, quand on prend Jacquemus, quand on prend Veja, les premières ouvertures de magasins en propre, Jacquemus, de magasins en propre Veja, ce n'est pas deux ans ou trois ans après l'ouverture de la marque. Je crois que Veja, c'est bien une dizaine d'années après.
- Damien
Oui,
- Ramata
quand même. Après, ils ont eu, ça ne veut pas dire, je parle de boutiques en propre. Ils avaient des corners dans des grands magasins. Ils ont travaillé avec des concept stores. Donc, ils étaient présents. Mais ce truc d'ouvrir sa propre boutique, parfois, il y a des porteurs de projets, tout de suite, ils aimeraient avoir leur propre boutique assez rapidement. On va peut-être commencer par un pop-up.
- Damien
Si tu as les fonds à péter, c'est bien, mais...
- Ramata
Et puis même quand on a les fonds aujourd'hui, peut-être qu'il y a vraiment un énorme travail à faire. Pour moi, ce que je peux constater, c'est qu'il y a une réflexion très forte qui est sur la com. Donc, j'ai une idée de avec quelle célébrité. que t'es ou influenceur, je voudrais travailler. Je voudrais aussi avoir des publications dans tel ou tel média. Ça, tout de suite, ils vont en parler assez naturellement parce que finalement, c'est ce qui est peut-être le plus visible. Mais quand on parle de stratégie d'acquisition, c'est vraiment comment tu vas faire pour avoir tes premiers clients. Qu'est-ce que tu vas mettre en place ? Poster sur Instagram, ce n'est pas une stratégie d'acquisition. Non,
- Damien
et puis c'est simple d'avoir 500, 1 000, 2 000, 20 000 abonnés. Enfin, c'est simple. Tout est relatif. Mais de je passe de je suis abonné à j'aime ton produit, je clique, je l'achète et je me fais livrer, ça me fait compliqué.
- Ramata
Et du coup, tout ça, c'est des stratégies d'acquisition qui impliquent d'avoir des experts sur comment on développe un e-commerce qui soit performant. Parce que ce n'est pas qu'une histoire de belles images. Il y a toute une expérience utilisateur à travailler sur un site Internet pour s'assurer qu'on va avoir un site performant. Performant dans le sens où... Un visiteur va se balader sur le site et puis qu'il va acheter en fait. En boutique aussi, on va travailler, que ce soit en pop-up store ou que ce soit, comment dire, lors de salon, si on veut aller chercher des acheteurs. Donc, il y a vraiment toute cette stratégie-là qui doit être travaillée. Et ça aussi, ça fait partie des enjeux sur lesquels je travaille, que ce soit avec des marques établies ou des porteurs de projets, sur les canaux d'acquisition. Et quels sont-ils et comment on va les travailler et de se rendre compte que... il y a plusieurs cas d'acquisition et on va prioriser, on ne va pas pouvoir tout faire en même temps, selon les équipes dont on dispose, on va peut-être commencer par le site internet et puis après on essaiera de se dire il faut qu'on trouve un agent pour aller travailler à avoir faire référencer la marque auprès de certaines boutiques, mais c'est vraiment de se dire et ça, c'est presque ce qu'il faut travailler avant même que de réfléchir à qui est l'influenceur ou qui est le média qui va parler de nous en fait même si c'est important
- Damien
Comment tu vas être vendu ?
- Ramata
C'est important aussi parce que certains vous diront, et c'est vrai, pour qu'on ait envie de distribuer la marque, il faut qu'on l'ait vue, il faut qu'on en ait entendu parler. Mais, alors, oui, mais c'est vrai que quand vous travaillez votre communication, votre communauté, en fait, sur les réseaux sociaux, que ce soit à travers un personal branding ou que ce soit une mise en avant d'un ou des fondateurs ou d'une personnalité de l'entreprise, ou alors que ce soit vraiment plutôt en mettant en avant les produits. L'idée, c'est le point de départ, c'est allons créer cette communauté. Et ça, c'est un travail de fourmi.
- Damien
Et ça, c'est un truc que tu arrives, toi, à proposer. La question que j'ai, c'est tu bosses toute seule ou tu as des équipes avec toi qui bossent avec toi ?
- Ramata
Alors, du coup, j'ai un réseau d'experts. Donc moi, j'aime bien le côté freelance. Seul parce que ça me permet de pouvoir voyager assez facilement et de me sentir assez libre et de travailler à distance. Donc ça, c'est quelque chose auquel je tiens. Mais sur des sujets vraiment très précis comme le SEO, j'ai un expert SEO que je vais pouvoir solliciter. Quand c'est des sujets vraiment de stylisme, de développement produit, j'ai un réseau qui va me permettre de répondre à des besoins spécifiques des clients avec lesquels je travaille. Donc, vraiment de A à Z, depuis la conception du produit jusqu'à sa commercialisation. Moi, aujourd'hui, et sur différents types de produits, en fait, que ce soit des accessoires, du maillot de bain, de la chaussure. Ça fait des années que je suis dans ce secteur-là. Donc aujourd'hui, j'ai un réseau sur lequel je m'appuie qui me permet de répondre aux différentes attentes, aux différents besoins des marques.
- Damien
Ce qu'ils te demandent, simplement. Voilà,
- Ramata
c'est ça. Et puis, de les challenger aussi sur... Parfois, elles arrivent avec leurs idées reçues et moi, je vais les challenger sur... Écoute, moi, je te propose peut-être... Tu penses à ce chemin-là. Moi, je te propose une alternative. On va en discuter, voir ce qui peut paraître pertinent ou pas. Parce qu'en fait, aujourd'hui, il y a énormément de changements dans... le comportement du consommateur à travers les réseaux sociaux, comment on arrive à le convaincre ou pas. Et donc, du coup, c'est de ne pas rester sur des idées reçues qui peuvent être... Pas archaïque, mais en tout cas, pas forcément être celle qui va mieux fonctionner. Et après, c'est aussi, moi, je m'intéresse vraiment, parce que je suis une passionnée, mais je m'intéresse vraiment au fonctionnement des marques et des marques qui se portent bien, mais aussi des marques qui sont en difficulté pour vraiment se dire, OK, ça, ça a marché de ce côté-là, mais ça, ça n'a pas forcément marché. Donc, être vigilant à, comment dire, être au fait, en fait, de ce qui se passe sur le marché pour être pertinent. Et toujours se dire, bon, c'est vrai que beaucoup parlent de personal branding et de l'importance de se mettre en avant. Et donc, on va associer ça à Jacquemus, par exemple. Maintenant, une marque comme Pollen, une marque de sac en cuir qu'on appelle Smart Luxury, c'est une marque où les dirigeants, on ne les voit pas du tout. C'est les produits qui sont mis en avant, en fait. C'est vraiment les produits. Ça fonctionne aussi. Donc, l'idée, c'est d'avoir ces exemples-là pour que, finalement, selon le profil du créateur, des fondateurs et la manière dont ils ont envie de développer leur activité, qu'on puisse s'appuyer sur des choses existantes en se disant « En fait, les deux fonctionnent, il n'y a pas une obligation de choisir telle ou telle voie. Maintenant, quoi qu'il en soit, il y a des efforts à fournir et une stratégie à mettre en place. »
- Damien
Il y a un commun qui fait qu'il faut quand même pousser et continuer.
- Ramata
Exactement.
- Damien
Tu as des exemples de personnes que tu as accompagnées, parce que ça fait quand même un peu de temps que tu fais ça, qui étaient depuis le début bien structurées, où tu leur dis « Écoutez, non, en fait... » C'est bon, vous avez tout ce qu'il vous faut. Ou alors, peut-être, allez, on va y aller sur ça, mais vous êtes vraiment bien calé. C'est bien géré en interne ?
- Ramata
En fait, en général, quand les marques viennent te voir, c'est quand même qu'elles ont une difficulté quelque part. Quand elles sollicitent des coachs ou autre, c'est rare qu'elles arrivent en disant tous les indicateurs qu'on perd, mais on s'est dit, on va faire... Alors, elles pourraient faire ça. Franchement, il y a des marques... où je pense parfois, en tout cas quand on pense aux marques françaises qui étaient très successfulles dans les années 90, peut-être qu'elles ont pêché par excès de confiance. Peut-être qu'elles auraient pu aller voir, aller se challenger, aller se dire bon, c'est vrai que là ça va bien, mais dans trois ans, dans cinq ans, si on devait créer la version du futur de notre marque, qu'est-ce qu'on ferait ? Et peut-être qu'il y a certains écueils qui auraient pu être évités. après il y a Il y a ça pour certaines marques qui a pu jouer. Après, il y a des éléments aussi de financement. Ce n'est pas que ça le facteur. Mais c'est vrai que parfois, par excès de confiance, on peut ne pas se remettre en question. Donc, en général, les marques, quand elles viennent, c'est vraiment qu'il y a un sujet sur lequel elles se disent là, on sait qu'on n'est pas bon en fait. On voit les autres. Elles arrivent quand même avec, elles n'arrivent pas. Voilà, c'est vraiment là, je sais que sur ce sujet-là, sur ce canal d'acquisition. J'arrive pas, j'ai essayé et je me rends compte que bien souvent, on va être sur les réseaux sociaux, comment on les travaille ou sur le personal branding, sur le copywriting. Qu'est-ce qu'on raconte ? Comment on raconte la plateforme de marque ? Quel message on envoie ? Et aussi, ce côté, toutes les marques vont toutes chercher à avoir ce discours éthique, authentique. Et en fait, à force d'utiliser tout le même vocabulaire, pour le consommateur, c'est juste du bruit. Oui,
- Damien
c'est juste du bruit. Merci.
- Ramata
On se différencie pas si on dit juste ça et à la fin il y a même un soupçon de greenwashing parce qu'on se dit est-ce qu'elles parlent de ça vraiment parce que ça fait partie de leur identité ou bon on a compris qu'en ce moment c'était bien de parler de diversité donc on va faire une petite campagne United Colors of Benetton on va mettre des hommes, des femmes on va mettre des gens de plusieurs origines et c'est bon, on a couché la case Voilà Oui. Donc ça, aujourd'hui, le consommateur, il est très, très dur avec les marques que l'on soupçonne comme ça de ne pas être authentique. Donc, il y a ce travail-là à faire de vraiment... Et là où les consommateurs aussi vont être critiques, c'est qu'il ne s'agit pas seulement de faire des campagnes. Il faut qu'aussi on puisse se dire qu'au sein de vos équipes, il y a vraiment de la diversité, il y a vraiment une authenticité. Sinon, quand on perçoit qu'il y a un décalage entre... la réalité de la culture d'entreprise et les campagnes.
- Damien
Je crois que c'est pire.
- Ramata
Ça finit par se savoir, en fait. Donc, il y a ces sujets-là aujourd'hui qui sont vraiment liés à comment on arrive à transcrire de manière vraiment authentique notre discours. Et c'est pour ça qu'il y a de plus en plus d'entrepreneurs, de chefs d'entreprise qui vont chercher à prendre la parole, qui vont chercher à s'exprimer, qui vont être face caméra parce qu'ils se disent c'est le meilleur moyen de raconter en fait des choses ce qu'on fait. Et il y en a d'autres, sinon, ils vont plutôt se dire on va aller s'appuyer sur notre communauté. On va mettre en avant nos abonnés, nos followers, nos clients fidèles. on va se rapprocher d'eux. Et donc, Yabiz avait fait à un moment donné une campagne comme ça, en vraiment s'appuyant sur leurs... Voilà, qu'on peut considérer comme des ambassadeurs de marques. Donc, il y a plein de tentatives différentes qui sont faites, avec plus ou moins de succès. Et on sent que les marques, elles se cherchent pour être dans l'authenticité. Parce que parfois, c'est effectivement... Il y a vraiment un côté, il y a une tendance, il y a un courant du moment, on s'engouffre tous dedans. Et celles qui ont toujours été réellement authentiques, réellement éthiques... Et parfois, elles se disent mon discours n'est plus entendu parce que tout le monde est en train de parler de la même chose. C'est là où parfois, il faut en revenir vraiment à quelque chose d'assez, je dirais, la simplicité, ça marche aussi. Il ne faut pas forcément se dire et quelque part, quand on prend les codes du luxe d'un Hermès, de certaines marques qui sont connues pour un savoir-faire, en fait, les contenus qui fonctionnent le mieux, ça va vraiment être d'expliquer. Il y a un cas de dirigeant d'Hermès qui a fait un podcast, j'essaierai de te retrouver la référence, qui est une interview qui a été diffusée l'année dernière où vraiment il va expliquer, on peut être critique vis-à-vis d'Hermès en disant voilà, vous cultivez vraiment la rareté et donc les sacs ne sont pas accessibles à tous, il y a un délai, est-ce que c'est normal d'être aussi, comment dire... Aussi exigeant vis-à-vis de votre consommateur qui veut acheter.
- Damien
Et là,
- Ramata
il prend le temps d'expliquer qu'en fait, le savoir-faire pour créer un sac avec ce niveau de qualité, ça prend et il donne le nombre d'heures, il donne toutes les étapes, il explique en fait. Et à partir du moment où on a cette explication, on dit si nous, on veut maintenir ce niveau de qualité, ce niveau d'excellence, voilà le temps que ça prend. et donc du coup, nous, le nombre de pièces qu'on va sortir par an c'est un nombre qui est très limité donc c'est pas du snobisme de notre part c'est vraiment qu'on veut préserver ce grade de qualité et donc quand on a ce discours là finalement très quelque part il a expliqué comment on produisait le sac en fait de manière très très claire et que c'est fait à la main et que quand c'est pas fait quand l'article qui est fait il répond pas au code on refait en fait À un moment donné, quand on comprend ça, on se dit « En fait, je vais attendre pour avoir mon vrai beau sac. » Et je suis OK avec ça parce qu'on a pris la parole pour expliciter, pour raconter. Parce qu'à un moment donné, il me semble que, je ne sais pas si c'est lié à ça, mais il y avait eu un petit bad buzz avec des clientes américaines qui avaient expliqué qu'elles n'avaient pas pu avoir accès au sac. Elles avaient, comment dire, il y avait eu des vidéos, des déclarations sur les réseaux sociaux. Et donc, voilà, ça avait fait un scandale. Et c'était assez intéressant, cette interview qui est venue juste après. Donc moi, je pense qu'à un moment donné, d'expliquer ce qu'on fait, comment on le fait, pourquoi on le fait. Et quand il y a une vraie authenticité derrière, en fait, il n'y a pas de question. Mais il faut qu'il y ait une vraie authenticité derrière. Sinon, on ne peut pas le faire. Sinon, ça ne marche pas. Oui,
- Damien
ça ne marche pas. Après, tu le sauras. Tout à l'heure, ça va se savoir un jour ou un autre. Tu as un réseau social de prédilection, pas pour toi personnellement, mais pour les... pour les marques qui veulent parler, qui veulent être un peu plus vues ? Ou alors ça change, tu trouves que ça change quand même au fur et à mesure ?
- Ramata
Instagram, ça reste quand même un peu comme la carte d'identité d'une marque. Même si on parle beaucoup de TikTok, et effectivement TikTok aujourd'hui, c'est aussi une belle plateforme pour acquérir de la visibilité beaucoup plus rapidement que sur Instagram. Parce qu'il y a, comment dire, aujourd'hui, ce n'est pas tellement sur TikTok. Ce qui va être intéressant, c'est que vous pouvez accéder à la viralité si vous avez un contenu qui fonctionne bien, sans avoir un nombre d'abonnés important. Les lives et le TikTok shopping, ça fonctionne bien. Donc, c'est une plateforme où il y a vraiment ce côté, je peux être très proche de ma communauté via TikTok. Donc ça... C'est quelque chose que des marques installées, elles sont un peu frileuses à l'idée d'être aussi proches de la communauté. Donc, elles vont chercher à avoir une communication un peu corporate, un peu gardée de la distance. Alors que TikTok, c'est vraiment fait pour se dire, quelque part, il faut qu'on trouve le bon ambassadeur de marque qui va prendre la main sur le TikTok et puis qui va pouvoir nous faire des lives et qui va pouvoir raconter un petit peu de manière authentique les produits. Et Instagram, je pense que ça reste vraiment... La plateforme qui va être utilisée pour les photos les plus léchées, les plus belles, les photos de campagne très corporate. Avec, je pense qu'il va être intéressant, c'est sur Insta en tout cas, c'est à travers la story. On peut être un peu plus, comme c'est un contenu éphémère de 24 heures, on peut être un peu plus partagé des coulisses, partager un petit peu ce qui se passe au sein des équipes. Donc comme ça, ce que ça permet Instagram quand même, c'est ce côté, vous avez le contenu du feed. Et vous avez aussi le contenu en story qui permet de raconter une autre histoire. Et donc ça, ça permet d'avoir deux discours. Un discours peut-être un peu moins officiel en story et un discours très cadré peut-être sur le feed. Et puis, ce que je trouve intéressant aussi, c'est le canal privé en fait. Donc, c'est la possibilité d'avoir un groupe qui est donné aux marques et qui est donné aux créateurs de contenu avec Instagram. ce qui est intéressant c'est que de travailler ça, c'est que quand vous envoyez un message via ce canal, toutes les personnes qui sont abonnées, elles reçoivent le message. Donc ça, ce qui est bien, c'est que par rapport à quand vous publiez sur le feed où en fait il n'y a que 10% de votre communauté qui a accès au contenu, et si on estime que le contenu il a été vu et que c'est un contenu de qualité pour la plateforme, il va être diffusé plus largement. Sinon...
- Damien
L'algorithme ne traite pas en avant.
- Ramata
Voilà. Le canal, c'est un moyen de aussi créer du lien, raconter une histoire. Je trouve que ça joue un petit peu le rôle de groupe WhatsApp.
- Damien
C'est ce que j'allais te dire, oui.
- Ramata
Et du coup, ça, c'est vraiment intéressant. Et ça, pareil, moi, c'est des stratégies que je recommande. Enfin, je trouve que c'est un canal qui est très intéressant à utiliser. Et pareil, les marques, elles sont un peu frileuses parce qu'on a vraiment ce côté... Non, mais on ne va pas quand même parler, envoyer des DM à des potentiels clients. Et en fait, aujourd'hui, c'est ça. Et oui, il faut aller vers l'EDM un peu personnalisé, où on va chercher à poser des questions, à connaître son audience, pas être que dans un truc de moins 20% cette semaine, ou un challenge qui serait, bon, alors il faut taguer un tel, il faut commenter, puis après, vous aurez peut-être droit à participer à un concours. on peut être beaucoup plus... Comment dire ? L'utiliser un petit peu comme un outil pour moi de collecte d'infos sur ses abonnés pour mieux les comprendre et après s'aider à se dire on est en co-construction, on est en train de réfléchir à une nouvelle collection.
- Damien
Qu'est-ce que vous en pensez ? Qu'est-ce qu'on fait ?
- Ramata
Et moi je trouve que ça devrait davantage être utilisé comme ça, plus que comme un canal de diffusion d'une information qu'on aurait de toute façon mise sur le... feed ou de toute façon mise en story, je pense que c'est un vrai canal à développer.
- Damien
Je trouve ça intéressant parce que tu peux avoir des partenaires, des gens qui aiment ce que tu fais et leur dire, on hésite entre ça et ça, lequel vous préférez ? Et au final, je pense que les gens se sont investis de se dire, demain, tiens, c'est moi qui ai voté pour ça. Je le vois, j'ai quelques amis, clients qui font ça. Et tu vois tout de suite un petit peu la différence, tu vois tout de suite comment ça se passe. Et il me disait qu'il a plus, lui en particulier, il a plus de ventes dernièrement grâce à ça. Parce que forcément, en fait, ça marche. Les gens, ils se disent, en fait, c'est moi qui ai voté pour ce truc-là. Je sais qu'à l'époque, il y avait un site internet qui s'appelait lafraise.com. Ça te parle ou pas ?
- Ramata
Non.
- Damien
C'était des graphistes, des designers, qui faisaient des t-shirts. Tu les mettais, ils étaient, je crois qu'il y avait entre 3 et 5 designs par semaine, qui étaient en vote. Et si ça passait le vote, ils mettaient en production. Et tu achetais ton t-shirt. Tu pouvais l'acheter ou pas, c'était de la pré-vente. Ils ont été rachetés, je crois, par Spreadshirt ou un truc comme ça. Mais c'est pareil, ils avaient un canal vraiment sur leur site, c'était vraiment un truc de vote. Et tu donnais la voix aux gens qui veulent acheter le vêtement final.
- Ramata
Tout ce qui est lié à la personnalisation, tout ce qui est lié à solliciter vraiment l'avis de la communauté, c'est vraiment ce vers quoi on va de plus en plus. Et on est moins dans ce côté... Alors, il y aura toujours des marques qui ont une désirabilité, une puissance qui fait que quand elles mettent un produit sur le marché, les gens veulent cette marque-là. Donc, ils veulent le produit que la marque, elle propose. Mais je pense que même ces marques-là, en parallèle, elles cherchent quand même à se dire, OK, qu'est-ce qu'ils veulent, le client ? Donc, quand il y a des marques qui essayent d'aller vers la beauté, qui essayent d'aller vers la lunette, elles cherchent vraiment à se dire, ce n'est pas par hasard. Il y a un segment de marché vers lequel il y a une opportunité. On sait qu'il y a du consommateur qui veut quelque chose. on va... On va chercher à proposer le produit qui va bien. Et je pense qu'effectivement, ce principe de communauté, ce principe aussi d'expérience, c'est-à-dire de créer les marques de luxe, elles vont créer des expériences très spécifiques dans leur implantation en Afrique, par exemple. Certes, elles n'ont pas de boutique en Afrique, mais elles vont créer des événements. Elles vont inviter une élite africaine à ces événements. Et c'est des événements privés. Et donc, elles entretiennent les liens avec leur communauté qui achète et qui les connaît. par des événements directs dans des capitales, des endroits luxueux en Afrique. Et effectivement, elles ont déjà leur base de données de clients. Elles savent qui sont leurs clients. Elles savent que ce sont des gens qui voyagent parce qu'il y a le travel luxury aussi qui fonctionne très bien. Donc, elles ont accès à énormément de data. Quand elles organisent ce genre d'expérience très spécifique, elles savent pourquoi elles le font en fait. Et donc, pareil sur le marché chinois ou sur la Corée du Sud, il va y avoir aussi des marques de luxe qui vont vraiment travailler des expériences très spécifiques pour une communauté de clients, de very important clients, pour lesquels elles vont créer des expériences spécifiques. Et je pense que ça, le luxe le fait à son niveau par rapport à ses clients à lui. Mais pour moi, qu'on soit entrée de gamme, milieu de gamme ou haut de gamme, on peut, on a sa base de clients, on connaît ses clients fidèles. Donc, on peut tout à fait organiser quelque chose pour les garder, pour... les impliquer dans le développement de la marque ou dans le développement des collections et des produits. Et ça, je pense que c'est quelque chose qui n'est pas à négliger. Il ne faut pas rester que dans le corporate. Je pense que c'est important d'intégrer ces modes de fonctionnement.
- Damien
Je pense aussi que c'est intéressant. De toute façon, ça sera un petit peu l'avenir. Parce que, j'allais te poser la question, mais une marque, pour toi, au bout de combien de temps elle peut commencer à mourir si elle ne se met pas sur une stratégie d'acquisition de clients nouveaux, de marketing ? Lancer une marque, je pense que ça peut être facile. Tu as toujours les copains, tu as toujours les amis, la famille, tu vas faire un peu de bruit autour de toi. Mais si tu veux que la marque soit pérenne... Au bout de combien de temps il faut absolument que tu...
- Ramata
Dès le début, il n'y a pas...
- Damien
Il n'y a pas.
- Ramata
Il n'y a pas, c'est dès le début. En fait, vraiment, si je reprends que ce soit Cézanne ou que ce soit Respire, par exemple, on a l'impression que c'est des succès qui se sont faits en un jour. Mais la fondatrice de Cézanne, elle avait un blog avant de créer Cézanne qui s'appelait Les Composantes. Elle avait déjà une communauté. Donc, du coup, cette communauté-là, c'est une partie de cette communauté-là, se sont devenus Les clients de Cézanne, en fait, respirent. Pareil, la fondatrice, elle avait un compte Instagram sur lequel elle avait un nombre d'abonnés assez important. Et ça a été parmi les premières personnes à qui elle a communiqué sur son projet. Je me lance et je fais. Donc, à un moment donné, cette communauté-là, c'est pas je me lance, à mon sens, c'est pas je me lance et je crée ma communauté et puis après, j'essaie de l'entretenir. Pour moi, c'est avant le lancement, en fait.
- Damien
C'est directement depuis le début.
- Ramata
Aujourd'hui, on parle beaucoup, après, tout le monde n'est pas forcément à l'aise avec ça, mais on parle de « build in public » . Donc, c'est vraiment, je vous raconte en fait comment je vais construire ma marque, mais pas au moment où j'ai déjà mon produit, c'est-à-dire, je vais vous raconter, j'ai envie de faire une collection de sacs, mais je ne sais pas du tout si je vais faire un cabas ou un petit sac à main, je ne sais pas du tout ce que j'ai envie de faire comme forme. Eh bien, je vais vous raconter. toutes les étapes de ma réflexion.
- Damien
Tu vois de plus en plus, tu vois des Instagramers, des Youtubers, tout ce que tu veux, qui lancent leur marque et ils te montrent les coulisses de ce qui se passe.
- Ramata
Mais ça, c'est pour construire une communauté qui potentiellement va acheter le jour où, parce que le jour où vous dites, ça y est, mon site est ouvert, tous ces gens à qui vous avez raconté toutes les étapes, en fait, ils sont là.
- Damien
Ils vont acheter directement pour soutenir.
- Ramata
Pour soutenir et puis après parce que s'ils ont été impliqués et qu'ils ont pu choisir la couleur, la matière ou autre, c'est que le produit leur plaît aussi en fait. Donc, cette notion de créer la communauté, pour moi, ça doit venir le plus tôt possible. Après, tout le monde n'est pas obligé de faire du building public mais il va y avoir ce côté selon où on veut se positionner, que ce soit une paire de baskets, que ce soit un sac, que ce soit un vêtement, soit je vais travailler sur le SEO m'assurer de mon site internet mettre en place une stratégie pour qu'il soit bien référencé et que donc les gens qui vont taper la paire de baskets blanches, ils vont pouvoir me trouver. Maintenant, la bataille, elle est rude parce qu'il y a énormément de... Mais en tout cas, il faut pouvoir se dire c'est un ensemble de leviers que je vais actionner qui vont me permettre de durer et la communauté en fait partie, le SEO en fait partie, les relations presse en font partie et tout ça. Et puis la fidélisation aussi, c'est ses premiers clients, c'est comment on les bichonne, on les chouchoute pour les fidéliser. Comment on fait en sorte qu'ils nous recommandent ? Aujourd'hui, avant de choisir un restaurant, on va vérifier le nombre d'étoiles qu'il a. Pour les marques, effectivement, le fait d'avoir quelqu'un qui vous dit, « Ah ben voilà, cette marque-là, je me suis acheté ce produit-là et j'adore. » Ça, ça marche aussi. Donc les marques, elles sont aussi en recherche de témoignages, de ce qu'on appelle un peu la social proof. Et ça marche aussi pour les marques de mode. Pour les marques de mode, comment ça va fonctionner ? On va vraiment avoir ces influenceurs qui ont l'air de ne pas du tout avoir reçu de cadeaux, de giftings, mais qui vont vous dire, j'ai acheté ça, j'adore. Et plus ça a l'air naturel et spontané, plus ça fonctionne en fait. Plutôt que d'avoir quelqu'un à qui on a offert un cadeau et qui a l'air de faire ça. Mais ça,
- Damien
c'est un métier, c'est totalement un métier. C'est à partir de quand tu commences à déléguer ce métier-là ? Parce que le SEO, le référencement pour ceux qui ne connaissent pas, tu vas avoir tout ce qui est les agents commerciaux, tout ce qui va être la production, parce que c'est pareil, la production, quand tu commences à faire ta marque marche, tu ne peux pas faire tout, tout seul. Il y a un moment où tu ne peux pas être au four et au moulin. À partir de quand, pour toi, il faut commencer à déléguer et dire « Ok, c'est ma marque, c'est mon bébé, mais je te fais confiance, fais ça. »
- Ramata
Alors moi, je pense que de toute façon, dès le départ, on ne peut pas tout faire. donc On est dans le secteur de la mode, on est dans la délégation dès le départ parce que de toute façon, la production, vous allez forcément solliciter une usine qui va produire en fait ou un atelier qui va produire pour vous. Donc, vous allez vous mettre en relation avec une usine et c'est elle qui va produire pour vous. Le site Internet, il y a toujours ce... Moi, j'ai beaucoup entendu un site Shopify, tu peux faire ton site toi-même, tu prends un thème et tu fais toi-même. Alors pour moi, tu fais toi-même. si t'es un peu geek et que tu es un peu à l'aise. Oui,
- Damien
et que tu as le temps.
- Ramata
Sinon, peut-être qu'il faut trouver un freelance qui va t'aider et qui va faire pour toi. Donc pour moi, la délégation, il faut y penser très, très tôt. Parce qu'il faut aussi savoir se dire, quelle est ma zone de génie ? Qu'est-ce que moi, je maîtrise ? Et donc, je vais, sur certains sujets, je vais gérer moi-même. J'aime Instagram, je suis à l'aise. Gérer cette partie-là, communication, c'est vraiment quelque chose que j'aime bien faire. Et donc, je vais passer du temps dessus, mais j'aime bien. OK, du coup, ça, tu le gardes. Et les sujets sur lesquels on se dit, on n'est pas à l'aise un peu, et ça risque de prendre énormément de temps. Ça risque d'être chronophage pour moi parce que je ne suis pas à l'aise et je ne connais pas. Il faut que je me fasse aider. mais pour moi c'est important de quand même avoir des notions, même sur les choses qu'on ne connaît pas du tout. Avant d'aller voir une usine pour aller négocier, c'est important de pouvoir avoir pu peut-être échanger avec un agent ou vraiment prendre le temps de recueillir des informations. Voilà, de manière à ne pas se faire avoir, mais en tout cas savoir comment... Pour moi, chaque métier, ils ont un lexique, ils ont un vocabulaire. C'est comme une langue qu'on doit maîtriser. Donc, c'est important quand même d'être un minimum sensibilisé pour ne pas arriver à se dire, mais je ne sais rien. Parce que du coup, ça peut être effrayant, en fait. Donc, il faut prendre le temps. Après, il ne s'agit pas de se dire, je vais devenir expert en SEO, expert en création de contenu, expert en prod. Je ne peux pas tout faire à la fois. Ce n'est pas possible. Non, tiens. Mais par contre... se dire je délègue mais je cherche à acquérir de la compétence et à comprendre les tenants et les aboutissants sans forcément tout maîtriser. C'est important parce qu'à un moment donné, on va vous solliciter pour prendre des décisions. Indéniablement,
- Damien
il faut que tu sois là et que tu saches ce que tu dis.
- Ramata
Exactement. Et savoir quels sont les tenants et les aboutissants, quelles sont les priorités pour moi. Là, j'ai le patron de l'usine qui me pose une problématique et qui attend une réponse. Je ne peux pas lui dire, je ne sais pas en fait. ou qu'est-ce que tu ferais à ma place ? Il faut pouvoir se dire, OK, les questions de qualité, les questions de prix, les questions de délai, par rapport à ces trois paramètres-là, comment je prends ma décision ? Pour moi, c'est important d'être accompagné et de ne pas... Il y a eu, dans tout ce qui est se lancer, être importeur de projet, lancer sa marque, il y a eu beaucoup les tutos sur YouTube. Donc oui, il y a des tutos sur YouTube, plein de sujets différents. Il y a plein de choses qu'on peut acquérir et apprendre par soi-même. Et moi, je suis la première à dire, voilà, il y a des sujets que vous allez apprendre par vous-même. Maintenant, il faut quand même faire un espèce d'état des lieux de quelles sont mes zones de génie. Si j'en ai plusieurs, déjà, c'est très bien. Mais en général, on est... Ah, c'est bien aussi. Et savoir se dire, ça, je vais maîtriser, je vais être capable et ça, je vais déléguer. et puisse se prévoir un rétro-planning réaliste aussi. Parce que ce qui fait que les gens le font seuls, c'est j'ai pas le budget pour payer quelqu'un, mais je me suis fixée comme objectif de lancer dans six mois. Donc du coup, quelque part, on se met en danger et on se met en échec en fait.
- Damien
Parce que finalement, on ne le fera pas.
- Ramata
Parce qu'on n'arrivera pas à tout faire. Donc c'est aussi de se dire, je me mets un délai plus long et je sais que ça va me prendre un certain temps d'acquérir un certain nombre de compétences si je veux le faire seule. et après c'est aussi un peu Être honnête avec sa réelle capacité à faire. Parce qu'il y en a qui se disent, soit ça procrastine, soit c'est syndrome de l'imposteur. Mais du coup, on se rend compte qu'entre le rêve que l'on a de créer sa marque et qu'on se rend compte de tout ce qu'il y a à faire. Parfois, je n'avais pas réalisé tout le temps que ça me prendrait. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit si compliqué. Donc, il faut faire preuve de réalisme. Même si c'est un rêve de lancer sa marque, à un moment donné...
- Damien
C'est bien dit, c'est ça. On est passé de « je veux créer ma marque » , « je commence à avancer, à voir ce qu'il y a » , au rétro-planning, comme tu disais, à peut-être aussi pouvoir déléguer. On a maintenant une marque qui marche, on a maintenant quelque chose qui peut aller un peu plus loin et se faire plaisir et être bien. Et maintenant, toi, avec tout ça... Parce que tu montres aux gens qu'est-ce qu'il faut faire, tu leur expliques, tu les cadres, tu les pousses dans leur retranchement, j'imagine, dans le bon sens du terme. Toi, maintenant, qu'est-ce qui t'anime, toi ? Qu'est-ce qui t'inspire pour faire encore le futur ?
- Ramata
Ce qui m'anime, c'est plusieurs choses. Alors moi, la transmission, ça a toujours été quelque chose qui m'intéressait et qui me passionnait. Donc du coup, vraiment, le côté... Prof dans des écoles, également coach business, c'est vraiment quelque chose que j'adore faire. C'est vraiment ça pour moi, c'est une casquette que je vais garder. Ce qui m'anime, c'est vraiment de contribuer à des projets où on arrive à associer la performance et l'éthique. Qu'on ne soit pas dans cette logique de dès qu'on veut faire de l'éthique, dès qu'on veut faire du respectueux de l'environnement. ou des cons. qu'on veut intégrer un minimum d'éthique dans sa manière de travailler, on ne va pas pouvoir faire de chiffres, en fait, ou ça ne va pas pouvoir être rentable, ou ça ne marchera pas. Pour moi, il y a un vrai sujet là-dessus. Et tout mon intérêt autour de la créativité africaine et les interviews que je fais de designers qui sont basés sur le continent, ça me prouve que vraiment, en fait, c'est possible. Alors, c'est plein de challenges. C'est clair, ce n'est pas une mission facile, mais vraiment d'avoir des marques avec des ADN puissants. Je pense à la marque Tongoro, qui est une marque made in Dakar, qui a été fondée il y a plusieurs années maintenant par Sarah Diouf. Et donc, on est sur une marque qui a une très belle image, une marque qui a collaboré à plusieurs reprises avec Beyoncé. Donc, en termes de notoriété, si je reprends ma petite checklist Christian Dior. Il y a plein de choses qui sont alignées et on est dans cette logique de drop. Donc, c'est des capsules qui sortent à des moments bien précis, qui sont sold out dès que ça sort parce que c'est production limitée. On n'est pas dans une logique où on a envie de produire en masse, où on cherche à, comment dire, et c'est un choix. C'est pas, en fait, j'ai une contrainte dans l'atelier qui fait que je ne peux pas produire plus. Non, c'est vraiment ce côté, on veut cultiver la rareté, on veut cultiver le côté précieux. Quand on sort un imprimé, donc vraiment la marque de fabrique, ça va être des imprimés notamment noir et blanc. Quand vous avez dans un imprimé donné une taille S, vous n'avez pas 20 000 tailles S. Vous en avez une quantité très limitée. Et donc, du coup, vous savez que vous êtes potentiellement peut-être 5 à l'avoir, peut-être 2 ou 3. Et du coup, ça a un caractère luxueux. Oui, carrément. Et donc, du coup, c'est possible de construire une marque qui va avoir une histoire forte, une image très forte, avec une fondatrice qui se met en avant, mais pas trop non plus. et après c'est un choix quand je dis pas trop c'est plus de raconter les codes qu'elle a choisis mais sans jugement mais c'est pour donner des exemples d'eux et on est sur du made in Africa on est sur de l'édition limitée on est sur des niveaux de prix qui sont je pense que vraiment les robes les combis on est aux alentours de 250 euros en prix de vente moyen donc c'est pas non plus excessif par rapport à un mage ou un sandro ou c'est plutôt du made in China on est sur des niveaux de prix qui sont plutôt moins chers. Majus Andron, on est à 450, on est à 500 euros. Donc, allez, en été, on peut avoir des rabats de 300 euros. Il ne faut pas que je mente. En tout cas, on est sur une prod, sur certaines marques qui se revendiquent françaises, mais avec des productions qui sont faites partout dans le monde. On est sur... des quantités qui sont importantes, en fait. Vous pouvez être plusieurs à avoir. Vous êtes, voilà, des... Oui,
- Damien
parce que quelqu'un, quand il sort du magasin, il est aussi avec toi.
- Ramata
Potentiellement, voilà, ça peut être ça. Alors que... Et donc, pour moi, je trouve que les business models vraiment made in Africa, ils apportent quelque chose qui permet un petit peu de remettre en perspective la manière dont on fait de la mode aujourd'hui, en fait, je trouve. Et je trouve ça intéressant d'avoir un regard comme ça, qui vient de l'extérieur et qui permet de challenger un peu nos positions. Donc, ces marques-là, elles ont des ateliers. Et du coup, quand vous allez sur place, vous allez essayer un produit, mais on vous fait la retouche et c'est intégré dans le prix. Vous ne devez pas acheter votre produit et aller le faire retoucher. Ailleurs, retoucher un produit, ça fait partie du service, en fait, et c'est normal. Et on ne va pas vous demander de l'argent en plus, en fait. et en termes d'accueil quand vous êtes en train Quand vous allez chez un créateur de mode qui va défiler à la Lagos Fashion Week, qui va défiler à la Dakar Fashion Week, quand vous allez dans sa boutique, vous rencontrez le créateur. Il est là, en fait. Et donc, quand il va travailler avec son équipe, dans son fichier, il va avoir Ramatadialo, ils ont mes mensurations. Donc, quand ils ont une nouvelle collection qui sort, ils peuvent m'envoyer un petit message en disant « Écoute, on a sorti cette robe-là, je me rappelle ce que tu avais acheté la dernière fois. Je t'en ai mis une de côté à ta taille. » En fait, c'est un service qui est, pour moi, niveau luxe, qu'on ne retrouve pas ailleurs. Et je trouve que c'est ça qui manque aujourd'hui. Donc, du coup...
- Damien
Ça inspire, quoi.
- Ramata
Ouais, et vraiment. Donc, pour moi, c'est vraiment ça. C'est vraiment là que je vais trouver de plus en plus. Moi, quand j'accompagne des créateurs, il y en a certains qui sont basés en Afrique, il y en a qui sont basés ici, en Occident. J'aime bien leur donner des exemples de comment ça se passe sur le continent. En termes d'éthique, il y a énormément de choses qui... qui sont où on va exploiter les chutes de tissu, l'intégralité du tissu. On va vraiment s'assurer d'optimiser. Et ça, ça fait vraiment partie de... C'est une manière de faire qui n'est pas parce qu'on essaye de faire de l'upcycling. Ça fait partie de la manière dont on travaille et depuis toujours. Moi, c'est vraiment ce qui m'inspire. c'est vraiment... c'est de contribuer à accompagner des marques africaines à se développer et de faire en sorte que ces success stories soient davantage connues et elles servent d'exemple à d'autres marques anciennes, installées, mais qui peuvent peut-être se challenger dans leur modèle économique à se dire, tiens, il y a peut-être des opportunités à faire les choses différemment.
- Damien
Je pense que c'est bien résumé. C'est une bonne aspiration. On arrive sur la fin du podcast. Je vais te poser deux petites questions pour finir. Si tu devais voir quelqu'un à ta place, face à moi, que tu aimerais voir, entendre, écouter sur les réseaux, tu me conseillerais qui et qui t'aimerait surtout voir toi et connaître ?
- Ramata
voilà alors qui est-ce que j'aimerais voir d'influent dans le texte ?
- Damien
influent ou non mais que tu connais qui serait intéressant à écouter alors
- Ramata
Adam à Paris c'est la fondatrice de la Dakar Fashion Week Moi, je l'avais interviewée il y a longtemps de ça. Et depuis, il y a tellement de choses qui ont changé, qui ont bougé à travers son parcours à elle, à travers le développement de sa propre marque et aussi au niveau de l'aura de la Dakar Fashion Week. Je pense que c'est un profil super intéressant à interviewer.
- Damien
Écoute, c'est le contact. À l'aide de la chance, peut-être qu'elle sera en face de moi dans quelques temps. Et alors, dernière question que je pose à tous nos invités. qui est un tout petit piège mais gentil. Si demain, tu étais une pièce textile, toi, tu saurais quoi et pourquoi ?
- Ramata
Si j'étais une pièce textile... Une pièce textile... J'hésite entre les robes et les chaussures. J'hésite entre les robes et les chaussures... Robes parce que c'est vraiment ma marque de fabrique, la pièce que je porte le plus, la pièce que j'achète. Donc ouais, robes. Et c'est vraiment un produit dans lequel je me sens bien en fait, que j'ai toujours adoré. Donc ouais, je trouve que c'est les robes. Et chaussures, moi j'ai été une acheteuse, grande acheteuse de chaussures, vraiment. Et à partir du moment où j'ai commencé les voyages en Afrique, j'ai vraiment totalement réduit ma consommation de vêtements avec vraiment une logique et une ambition d'acheter que du Made in Africa et d'acheter beaucoup moins. Et en chaussures, je n'ai pas tout de suite trouvé de la chaussure Made in Africa. Et aujourd'hui, du coup, je tourne avec un nombre de chaussures assez limité. Donc j'aime bien l'idée d'avoir une paire de bottes en hiver. Moi, j'ai mon cordonnier et puis je vais... À chaque début d'hiver, là d'ailleurs, il faut que j'y aille, je vais poser mes bottes. Et puis, voilà. Je trouve que j'aime bien ce côté garder une belle pièce en cuir et puis l'entretenir en fait. Et avoir des relations avec le vêtement qui soient longues.
- Damien
Ouais,
- Ramata
c'est ça. Moi, je milite pour des longues relations avec les vêtements.
- Damien
pas des relations courtes des relations longues c'est bien c'est pas que avec les vêtements j'espère aussi bah écoute merci d'avoir été là aujourd'hui avec moi c'était un réel plaisir de te rencontrer de voir toute ton histoire tout ce que tu fais on mettra tous tes réseaux sociaux en bas en description et
- Ramata
puis en espérant que tout bonheur du monde pour toi bah écoute merci beaucoup de m'avoir invité j'ai beaucoup apprécié notre échange tes questions ta disponibilité et puis bah écoute à très vite à très bientôt bye la marche Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.