- Marc
on a participé au financement d'un créateur de mode qui est en train, d'origine camerounaise, qui est en train de s'installer en Côte d'Ivoire. La personne, je ne pourrais pas le citer là, mais la personne avait besoin de s'installer dans un centre commercial en Côte d'Ivoire et avait besoin d'un fonds de roulement pour tout ce qui concerne ses loyers et autres pour s'installer dans ce centre commercial. Dites-le toi que la semaine dernière, je lui ai donné l'eau. OK sur un financement. C'est vrai que ce n'est pas des montants qui sont énormes, mais pour démarrer, pour quelqu'un qui démarre, c'est déjà très bien. Il démarre avec un financement de 15 000 euros.
- Ramata
Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain et à la rencontre d'experts qui contribuent au développement d'une économie africaine solide. Je vous invite à voyager à Abidjan. Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement des industries culturelles et créatives sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du booboo et du wax pour représenter un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. C'est aussi une opportunité de découvrir des business models Made in Africa, Ethic et Perform. Je suis Ramata Diallo. Je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes. Je suis également consultante en marketing et communication. J'accompagne les dirigeants dans leur personal branding sur LinkedIn. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de celles et ceux qui font la mode en Afrique. Au-delà de la mode, je m'intéresse aussi africains. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision du business en Afrique. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Marc Conant. Marc est le directeur général de Ausha Service France, une structure dont la mission est d'accompagner les diasporas africaines dans leur projet de retour au pays. Je l'ai invité aujourd'hui pour qu'il puisse nous parler de son parcours et des trajectoires de ce que l'on appelle les repates. Bienvenue Marc, comment vas-tu ?
- Marc
Bonjour Ramatha, bonjour à tous les auditeurs et en ce début d'année je vous souhaite vraiment beaucoup d'amour à partager, à donner, à chérir car l'amour est tout. Ramatha, merci pour ton invitation, je vais très bien et je suis content d'être là aujourd'hui.
- Ramata
Écoute, merci, c'est à mon tour de te retourner ces voeux de bonne année puisqu'effectivement on enregistre cet épisode en début d'année. Écoute, on va commencer cette interview comme je le fais toujours, je vais te demander de te présenter.
- Marc
Ramata, il n'y a pas grand-chose à dire sur moi. Je suis Ivoirien d'origine. J'ai fait mes études dans le sud de la France, en Toulouse, avant d'aller en école de commerce à Dijon. J'ai eu la chance de faire une année de césure à Carleton University au Canada. Après mon diplôme à l'ESC Dijon, je suis rentré en Côte d'Ivoire où j'ai travaillé pendant 4 ans en cabinet d'audit et de conseil. donc le cabinet Mazars. Malheureusement pour moi, en Côte d'Ivoire, on a eu une crise que j'ai mal vécue avec les couvre-feux et beaucoup de choses qui ne me paraissaient pas normales pour quelqu'un de 24 ans. Alors je suis expatrié au Ghana. J'ai vécu pendant 5 ans au Ghana où j'ai eu la chance de monter une petite entreprise, une deuxième, que ça se déroulait plutôt bien. Et au Ghana, j'ai rencontré mon épouse qui n'était pas du Ghana et pas de la Côte d'Ivoire. Et on s'est dit tiens, le Ghana c'est ni chez moi ni chez toi, qu'est-ce qu'on fait ? Et je suis revenu en France en 2008 et depuis je suis installé ici et je me suis mis au service de nos diasporas.
- Ramata
Très bien, merci pour cette présentation. Je vais me permettre de revenir sur quelques éléments. tu as d'abord travaillé dans un cabinet d'audit et de conseil et ensuite, tu as décidé de te mettre à ton compte. En fait, tu as remonté ta propre structure. Est-ce que pour toi, le fait d'être entrepreneur, de monter ta propre entreprise, c'était quelque chose que tu avais toujours eu en tête ou pas ?
- Marc
Je pense que ça a été plus par opportunisme. J'étais auditeur. Et le métier d'audit, ça nous permettait de voir. Plein d'aspects dans l'entreprise, que ce soit la compta pure, le conseil, aussi les relations avec les clients. Et quand j'ai dû m'installer au Ghana, pays anglophone, je venais d'un environnement francophone, je t'avoue, aller chercher un emploi me paraissait un peu difficile. Donc tout de suite, je me suis rapproché de personnes qui travaillaient dans le domaine des détergents. C'était des chimistes juste sortis d'école. Il m'a expliqué que faire du savon, c'était quelque chose de très facile à faire. Alors on s'est lancé ensemble comme des petits gars à fabriquer du savon dans un garage. Heureusement pour moi, on a rapidement rencontré toute la communauté francophone au Ghana. Donc des personnes qui tenaient des restaurants, des hôtels. J'ai rencontré rapidement le responsable du groupe Accor au Ghana. ce qui nous a permis de vendre nos savons dans le groupe Accor. Une fois qu'on rentre dans le groupe Accor, tous les hôtels de l'environnement disent « Ah, il y a une nouvelle boîte qui est venue, essayons » . Donc on a rencontré tous les dirigeants des hôtels, on vendait nos savons partout. Et avec cette connaissance des hôtels, des restaurants, des bars qui étaient déjà nos clients, on a monté en plus un journal gratuit qui s'appelait Enjoy Acra, qui permettait aux nouveaux arrivants au Ghana de découvrir le Ghana à travers notre journal gratuit. On y insérait de la publicité. Donc, pour moi, être entrepreneur, c'était des opportunités qui se sont présentées à moi et avec la base d'audits et de conseils que j'avais, ça m'a permis de le structurer, tout simplement.
- Ramata
Très bien. C'est vrai que quand tu le dis, ça a l'air tout simple. Pourtant, monter une entreprise et rencontrer tout de suite le succès des clients un petit peu haut de gamme qui te servent après, qui permettent d'asseoir la crédibilité de ton entreprise et de permettre d'avoir des recommandations par la suite. C'est quelque chose qu'on n'arrive pas forcément à faire facilement. Ce que tu évoques après, c'est que tu as développé une seconde entreprise par la suite ?
- Marc
Tout à fait. En fait, il ne faut pas te dire que c'était facile. C'était, je m'en rappelle, au débarrage de l'entreprise. On démarre avec un capital de 10 000 dollars, on se rémunère à 300 dollars par mois. Crois-moi, pendant six mois, un an, tu es vraiment dans le dur. Mais ensuite, il faut être persévérant et surtout, il faut croire en ses idées. Quand on a vu qu'au Ghana, les hôtels, les restaurants étaient pleins à 80-90% de salubrité et autres, on s'est dit qu'il y a un créneau à prendre. On a assisté et les chimistes avaient un savoir-faire concernant le savon et moi en tout cas en particulier, j'avais cet aspect facilité de développer un réseau commercial. Donc c'est ce que j'ai fait. Je n'ai pas dit que ça a été facile, mais pour moi ça m'est venu assez naturellement.
- Ramata
Très bien, j'entends. Donc ensuite, ma question c'était, il me semble qu'après tu as développé une autre structure ?
- Marc
Tout à fait. En fait on démarre avec des clients hôtels, restaurants, bars qui nous achètent du savon. Soit pour laver les sols, soit pour laver les draps, soit pour laver les couverts. Et donc ces hôtels, ces restaurants, ces bars sont des personnes qu'on fréquente régulièrement. Et avec la crise en Côte d'Ivoire, on voit de plus en plus de personnes arriver de Côte d'Ivoire et s'installer au Ghana, donc principalement à Accra, à Temma, à Kumasi. Et on se dit, tous ces endroits-là, on les connaît déjà nous. Et donc on a pu développer un journal gratuit. Un journal gratuit pour juste indiquer aux gens où sortir, où manger, où se loger, à quel prix le faire. Et après, je suis reparti voir mes clients leur disant qu'ils pouvaient dans ce journal gratuit avoir des pages de pub. Et rapidement, on a eu là encore le groupe Accor qui nous a soutenus. Le groupe Accor nous a présenté aux représentants de L'Oréal, au Ghana, sauf Shin Carson, et qui nous a eux-mêmes recommandés à la Société Générale. Et chacun d'eux a pris son petit encart publicitaire, ce qui nous a fait avoir une entreprise dans le monde du détergent et une autre dans le monde de la communication. Et l'un et l'autre allaient être très bien ensemble. On a vraiment réalisé de belles choses au Ghana. Ma dernière année au Ghana, c'était la célébration du 50e anniversaire du Ghana. Notre journal était distribué dans tous les sacs cabas qu'on donnait aux officiels pour célébrer le cinquantenaire du Ghana. d'entrepreneuriat au Ghana, c'est très bien. Mais j'avais envie de me renouveler, de voir autre chose. Et je peux dire que j'étais encore vraiment très jeune et que j'avais l'occasion de poursuivre mon parcours qui m'a emmené en France, où je suis content, je suis très content d'être là. Et on aura l'occasion d'expliquer aujourd'hui ce que je fais et combien passionnant est cette nouvelle mission que j'ai auprès de la diaspora.
- Ramata
Très bien, on va y venir au présent, mais j'aime bien prendre le temps de creuser un petit peu les débuts. La question que tu me viens c'est du coup quand tu décides de partir, tes entreprises, les entreprises que tu as développées, donc ce média, ce journal gratuit et l'entreprise de savon, elles restent avec les associés avec lesquels tu avais fondé et puis toi du coup tu laisses départ j'imagine ou comment se passe en fait ton départ d'un point de vue professionnel ?
- Marc
D'un point de vue professionnel, J'avais un associé ghanéen, le chimiste avec lequel j'ai débarré, Alain Béassor. Je lui souhaite vraiment tout le bonheur du monde. Il travaille avec moi sur le DGT Argent et sur le journal gratuit. Effectivement, ils m'ont payé mes parts et j'ai pu partir avec une base de travail qui me permettait de m'installer à nouveau en France et de prendre le temps. de chercher quelque chose qui me conviendrait à nouveau sur le continent européen.
- Ramata
Très bien, super. Et donc du coup, quand tu arrives en France, j'imagine autour de 2007, peu après 2007, d'un point de vue professionnel, est-ce que tu repars vers du salariat ou est-ce que tu montes ta propre entreprise ?
- Marc
Quand j'arrive en France en 2008, j'arrive en pleine période, c'était une crise. Ils appelaient ça, je ne sais pas si tout le monde se rappelle, mais il y avait Lehman Brothers qui avait fait sa faillite. Et du coup, ça avait entraîné une crise quasi systémique. Donc beaucoup de licenciements, peu de travail et mon expertise, ma connaissance du milieu de la communication au Ghana m'a permis de rencontrer une boîte de communication en France, Impulse. qui s'intéressait au marché africain, qui recherchait quelqu'un pour développer de nouvelles activités en Afrique. Donc Impulse me reçoit, Impulse me fait rentrer dans le parcours pour obtenir, parce que je n'avais qu'un visa de touriste quand je suis arrivé. Impulse me permet de faire mes papiers pour pouvoir travailler régulièrement en France. Je travaille avec Impulse et mon objectif avec eux c'était de développer des relations avec des boîtes françaises implantées en Afrique. pour lesquelles on devait faire toute la stratégie de communication. Dans mes démarches, on a travaillé avec Bolloré, ça c'était de 2008 à 2010. De 2008 à 2010, je reviens en France et là on rencontre le groupe Bolloré, on rencontre CFAO à l'époque et j'ai la chance de rencontrer une banque ivoirienne installée à Paris et qui commençait à peine ses activités, le groupe Ensiabank. Encia Bank, pour qui aussi on fait une stratégie de communication. Et donc ça me permet de continuer sur ce que je fais aujourd'hui. Encia me dit, écoute Marc, on recherche quelqu'un pour la gestion de notre bureau à Paris. Ce qui m'a fait revenir dans le giron de la société ivoirienne installée à Paris et dont le but est de travailler sur la diaspora. Je ne sais pas si ça te paraît clair.
- Ramata
Si, c'est très clair. Tu as eu des opportunités qui se sont un petit peu liées les unes aux autres assez naturellement en fait de par relation et recommandation. Et toujours liées avec l'Afrique en fait. Tu es arrivé en France, dès le départ tu as travaillé avec des structures qui étaient en lien fort avec l'Afrique.
- Marc
Tout à fait, j'ai commencé direct quand je suis revenu en France en 2008. Et tout de suite, je rencontrais cette structure qui voulait développer son réseau africain. Et moi, ça m'a permis de garder le lien avec le continent. Ça m'a permis de faire des choses que j'aimais faire. Là, pour le coup, c'était que dans la communication. Et rencontrer ensuite Ensiabank, ça m'a permis de revenir à quelque chose qui correspondait le mieux à mon type d'études. Donc tout ce qui était finance. N'oublions pas que c'est ce que j'avais fait à la base. Donc ça m'a permis de revenir à de la finance et en plus, ça m'a permis de travailler avec de la diaspora qui avait envie d'aller investir dans son pays d'origine. Donc que de l'épanouissement pour moi. Et c'est pour ça que je dis les choses ne sont pas dures quand on se laisse guider par ses envies et qu'on reste droit dans ses bottes à toujours être franc, à toujours être résilient et à toujours faire les choses de façon très engagée.
- Ramata
Après cette expérience-là, on arrive à Cofina Service France. Est-ce qu'il y a une étape entre les deux où tu vas vers d'autres entreprises ou d'autres opportunités ?
- Marc
Non, pas du tout. J'ai rencontré Ensiabank en 2010. Je suis resté de 2010 à 2019 avec Ensiabank. Ça se passait plutôt bien. Donc, juste 30% de croissance annuelle. de la diaspora plutôt satisfaite. Et donc, COFINA est un groupe panafricain et plutôt que de travailler qu'avec la Côte d'Ivoire, la proposition de COFINA était de travailler avec les diasporas de Côte d'Ivoire, du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso, du Togo, du Gabon et de la Guinée. Quand j'ai vu que mon scope n'était plus que franco-ivoirien mais plutôt franco-panafricain, Je me suis dit, c'est quelque chose qui me parle. C'est quelque chose que j'ai envie de faire. Et une fois de plus, c'est un nouveau challenge à saisir. C'est une nouvelle opportunité à embrasser. Et c'est un nouveau marché à développer. Donc de 2010 à 2019, je reste sur une première banque. Et depuis 2019, je suis en charge de la gestion et de la réalisation des objectifs de Cofina depuis Paris, mais pour toute l'Europe et surtout pour... 8 pays africains aujourd'hui qu'on couvre.
- Ramata
Est-ce que cette mission chez Kofina, est-ce que c'est toi qui vas la chercher ou est-ce que tu es chassé ? Comment ça se passe ?
- Marc
Je veux dire, on a créé ensemble, on s'est cherché je dirais. Kofina souhaitait s'installer en France et j'avais déjà pas mal de personnes que je connaissais qui travaillaient pour le groupe en Afrique. Et j'avoue qu'Aufina, compagnie financière africaine, est une entité pour laquelle j'ai beaucoup d'admiration depuis sa création en 2014. Depuis sa création, j'ai vu l'ascension, démarrage en Guinée, extension au Sénégal, implantation en Côte d'Ivoire, aller chercher des marchés en Afrique centrale, tel que le Congo-Brasa, le Gabon. Implémentation au Burkina Faso, ainsi de suite. Développement de multiples activités et les principes, les valeurs. Je me reconnaissais parfaitement dans les idées et dans la trajectoire du groupe Kofina. Ce qui m'a permis facilement d'aller vers cette entité-là. Ils n'ont pas vraiment eu à venir me chercher. Je dirais que ça a été un désir mutuel et surtout des objectifs communs. de participer au développement durable de notre continent africain, tout en garantissant à nos investisseurs des retours sur investissement fiables.
- Ramata
Très bien. Du coup, maintenant, on va pouvoir parler précisément de ce que tu fais au sein de cette structure et comment est-ce que tu accompagnes notamment la diaspora ? Mais de ce que tu dis, ce n'est pas la seule mission de la structure. Toi, en fait, comment tu gères le développement ?
- Marc
Bien sûr. Cofina Service France, je dirais que c'est la branche commerciale du groupe Cofina en Europe. Alors, je dirais, je vais commencer par un postulat. La diaspora africaine en Europe, c'est plus de 54 milliards de dollars envoyés vers l'Afrique en 2024. Je n'ai pas encore les chiffres de 2025. Ces 54 milliards de dollars envoyés... Ce qu'on a constaté, c'est qu'ils ne participent pas vraiment au développement de l'Afrique. Il n'y a pas de création de richesses. C'est juste des envois qui vont servir à des... à des dépenses quotidiennes qui ne vont pas donc créer de la valeur. Pour Cofina, depuis Paris, l'objectif est de structurer ces envois d'argent. Commencer par faire en sorte que notre diaspora puisse épargner, parce que l'épargne est la base de tout, épargner, ensuite structurer des projets et avoir bénéficié de l'accompagnement de Cofina pour exécuter ces projets dans leur pays d'origine. Ces projets-là, ça va de l'immobilier au commerce jusqu'à l'industrie ou même à la mode. Donc je dirais qu'on essaie depuis Paris de couvrir un large scope qui permet à la diaspora d'aller investir dans son pays d'origine de façon sécurisée.
- Ramata
Pour le coup, il y a vraiment tout un storytelling assez négatif d'expérience dans l'immobilier ou autre, alors que le but ce n'est pas de les relater toutes ici, mais où il y a une vraie frilosité à investir parfois au pays pour certaines personnes de la diaspora parce qu'elles ont eu peut-être un membre de leur famille qui a eu une mauvaise expérience et donc il peut y avoir de la frilosité. Toi en fait, comment est-ce que tu peux, enfin peut-être pas forcément rassurer, sécuriser ses projets, permettre d'épargner et puis créer un écosystème vertueux qui crée des entreprises solides sur le continent.
- Marc
Pour le cas spécifique de l'immobilier, ce qu'on a pu faire au sein du groupe Cofina, c'est d'avoir une filiale qui est en charge de l'immobilier en Afrique, qui s'appelle Logilis. Logilis permet donc d'acquérir pour le groupe Cofina des parcelles de terrain, d'avoir des appartements, d'avoir des maisons. qu'on peut commercialiser depuis l'Europe pour la diaspora. Ça permet d'éviter aux membres de la diaspora d'avoir affaire à des membres de la famille, juste à des connaissances. Ils peuvent s'adresser à nous en tant que professionnels de l'immobilier. Donc nos offres sont assez simples. On va proposer au client... qui ont des moyens plus conséquents d'acquérir directement des logements clés en main, donc des appartements ou des maisons qui sont déjà disponibles. Donc sous forme soit de paiement cash, soit des paiements avec certaines facilités. Pour des personnes qui ne disposent pas de fonds suffisants, on structure des offres sur mesure. d'acquérir des parcelles de terrain. Bien sûr, ces terrains-là, ces terrains qu'on va proposer sont viabilisés, sont structurés avec les papiers, donc titres fonciers ou autres ACD en Côte d'Ivoire. Le client vient chez nous, on peut lui faire un crédit allant jusqu'à 84 mois, c'est-à-dire 7 ans, qui lui permet de payer au fur et à mesure son terrain. Au bout d'un certain temps, quand on constate qu'il y a un certain pourcentage du crédit qui est déjà remboursé, on va proposer au client un deuxième financement qui lui permet maintenant de construire son propre bien immobilier. Donc on va le mettre dans une disposition où au bout de 10 ans, le client aura un terrain à son nom, et un bien immobilier qu'il aura construit par le biais de Cofinins Service France à Paris. C'est de l'accompagnement de A à Z, structuré, qui permet d'éviter tout ce qu'on peut appeler arnaques ou malfaçons qui sont trop récurrentes dans notre milieu. Donc Cofinins Service France se positionne comme vraiment Un acteur permettant aux membres de la diaspora de structurer leurs projets et d'obtenir des résultats à terme.
- Ramata
Donc là, tu parles d'une mécanique qui est extrêmement bien huilée par rapport à l'immobilier. Vous faites le job à la fois de la banque et également du promoteur immobilier de A à Z. Est-ce qu'il y a une logique aussi de, moi j'arrive avec mon projet, mon idée, par exemple je veux créer ma marque de mode et j'arrive avec un business blanc. Est-ce que ce genre de projet-là, ça fait partie des projets que vous pouvez accompagner ? Ou est-ce qu'il y a d'autres cadres qui permettent d'accompagner les investissements de la diaspora sur le continent ?
- Marc
Oui, merci Ramatha pour cette question. En effet, on ne fait pas que de l'immobilier. On peut accompagner des personnes dans d'autres domaines, l'agriculture ou même la mode. Pour te dire, j'ai un cas concret de mode. Pas plus tard que la semaine dernière, on a participé au financement d'un créateur de mode qui est en train, d'origine camerounaise, qui est en train de s'installer en Côte d'Ivoire. La personne avait besoin de s'installer dans un centre commercial en Côte d'Ivoire, elle avait besoin d'un fonds de roulement pour tout ce qui concerne ses loyers et autres, pour s'installer dans ce centre commercial. Figure-toi que la semaine dernière je lui ai donné le ok sur un financement, c'est vrai que ce ne sont pas des montants qui sont énormes, mais pour démarrer, pour quelqu'un qui démarre, c'est déjà très bien. Il démarre avec un financement de 15 000 euros On pourrait augmenter ce financement si on voit qu'au bout de 6 mois, 1 an, il respecte ses engagements. Donc dans ce cas-là, il pourrait nous solliciter à nouveau pour un nouveau financement. Donc les financements qu'on fait ne sont pas que dans le domaine de l'immobilier. Ils concernent donc tous les domaines parce qu'on est là pour accompagner les membres de la diaspora à vraiment pouvoir créer de la valeur ajoutée dans leur pays d'origine.
- Ramata
Et quand tu parles de création et de valeur ajoutée, je te remercie en tout cas d'avoir partagé un exemple vraiment très concret, secteur créatif, parce que l'immobilier ou l'agriculture ou autres, ils ont parfois des retours sur investissement qui peuvent être plus fiables, même si je pense que l'agriculture peut être liée et très dépendante aux conditions climatiques. Mais en tout cas, il y a du potentiel de chiffre d'affaires qu'on arrive à estimer. peut-être plus facilement que dans la mode où il y a une forme de volatilité liée aux tendances. Donc, c'est vrai que d'entendre qu'il y a pu avoir un prêt qui a été accordé à un créateur pour l'ouverture d'une boutique, c'est plutôt encourageant pour une partie des auditeurs qui écoutent et qui peuvent avoir envie de monter ce genre de projet. Là, est-ce que j'imagine que dans votre analyse, vous analysez la viabilité du projet ? la personne qui arrive, elle monte un dossier et vous allez vérifier si le projet est viable ou pas. Quels sont les critères qui sont importants pour toi qui vont déterminer la solidité d'un projet ? Mode par mode d'ailleurs, mais il faut arriver avec quel type d'élément pour pouvoir s'assurer que le projet soit accepté ?
- Marc
Encore merci pour s'assurer Tout s'analyse au cas par cas, je dirais, dans un premier temps. Maintenant, dans le cadre concret du créateur, ce qu'on a analysé, c'est les ventes qu'il a pu réaliser déjà l'année dernière. On a pu avoir un suivi. Heureusement pour lui, il avait déjà ouvert un compte auprès de Cofina, donc on a pu faire le suivi de ses entrées et de ses sorties. Ensuite, il nous a présenté le bail qu'il était en train de signer. que les fonds vont être destinés vraiment à quelque chose de très précis. Et je dirais aussi qu'il y a quelque chose de fondamental, c'est quelle est la capacité de l'entrepreneur lui-même à épargner, à nous montrer sa capacité de faire un effort avant de demander du financement. Quelqu'un qui n'épargne pas sera quelqu'un qui n'aura pas l'habitude, qui ne va pas prendre l'habitude de faire des remboursements correctement. Donc on regarde. L'antériorité, qu'est-ce qui s'est passé en N-1 par rapport aux ventes du client ? Sa capacité à mettre de côté et quelque chose qui est très important et qu'on va analyser, c'est le porteur du projet lui-même. Quel est son background ? Est-ce qu'il connaît le métier ? Tu sais, Amata, on accompagne des entrepreneurs. Un entrepreneur, notre PDG a souvent tendance à nous le dire, 90-95% de son business. La volatilité dont tu parles, même dans la mode, il la connaît. Donc il va pouvoir nous la justifier. Il va analyser les choses et nous dire voilà, ça, ça fonctionne comme ça. Il va nous l'expliquer, il va nous convaincre. L'entrepreneur connaît 90 à 95% de son business. Celui-là, on peut l'accompagner. Par contre, il y a des personnes qui ne sont pas des entrepreneurs, qui sont plus des aventuriers. Ils connaissent. 15, 20, 30% du business et ils pensent qu'ils vont maîtriser 70% en faisant. Ce type de profil-là, je t'avoue qu'on a... plus de mal à les accompagner. On va accompagner des personnes qui connaissent leur métier ou qui s'associent à des personnes qui maîtrisent le métier. On va accompagner des personnes qui ont la capacité de faire de l'épargne et de justifier voilà ce que j'ai pu épargner, voilà comment j'ai pu amorcer mon business. Et on va accompagner des personnes qui sont capables de nous donner de la data par rapport à l'antériorité de leur business. À dire voilà comment se sont déroulées mes ventes, voilà ce que j'ai mis de côté. Voilà ce que je dégage comme marge. Donc c'est tout ça qu'on va analyser pour pouvoir financer ou pas. Mais comme je te dis, c'est vraiment des analyses au cas par cas. N'oublions pas une chose, c'est que Cofina n'est pas une banque classique. Nos clients reçoivent leur premier crédit régulier en venant vers nous. Parce qu'elles avaient tapé à la porte de toutes les autres banques, elles avaient payé le crédit. Et nous, en venant chez nous, on a la capacité d'analyser et de dire « Ok, on y va, on prend plus de risques, on a une appétence pour le risque qui est plus forte que les autres banques en général. »
- Ramata
Très bien. Mais en fait, dans les critères que tu évoques là, pour moi, ça me fait vraiment penser aux critères quand on veut, en tout cas quand on est en France et quand on veut emprunter. un montant assez conséquent, on va dire la voiture ou la maison, effectivement, on va regarder notre épargne. Idéalement, c'est mieux d'avoir son compte en banque, dans la banque dans laquelle on veut emprunter. On va vérifier la solidité, notre gestion, en fait, sur les 12 derniers mois. C'est ce qu'on va nous demander. Donc, on retrouve ces critères-là. Effectivement, c'est préférable d'avoir un compte bien tenu dans une banque. pour après venir au bout d'un an frapper à la porte et dire « j'ai un projet, j'aurais besoin d'emprunter tel montant » et du coup on va avoir en face de soi une institution qui va prendre notre dossier au sérieux parce qu'en fait on est déjà un peu client de la banque.
- Marc
Tout à fait, c'est vraiment des choses qu'on analyse. Mais il ne faut pas nous voir comme une institution financière autre que ce que c'est un peu classique. On analyse, on juge et à la fin, on décide.
- Ramata
Et en termes de délai, quand vous faites toute cette analyse-là, les délais de réponse en général, ils sont combien de temps ? Même si tu m'as bien expliqué que c'était au cas par cas, pour avoir une idée en fait.
- Marc
On fait souvent des allers-retours pour demander des précisions au client, mais on essaie vraiment de faire au plus vite et au mieux. Il faut dire qu'un dossier qui prend plus de deux semaines, c'est que ce n'est pas bien traité. En deux semaines, on doit être capable de dire oui ou non à notre clientèle.
- Ramata
Ok. Et j'avais envie d'évoquer avec toi la question de l'informel. Parce qu'effectivement, ce qu'on évoque là, c'est effectivement, le mieux, c'est quand même d'avoir son compte en banque, enfin un compte en tout cas dans une institution pour pouvoir fournir de la data. C'est bien d'avoir son relevé de vente, son chiffre d'affaires pour fournir de la data, pour rassurer. Qu'il s'agisse de la mode d'un autre secteur, et on sait que beaucoup d'entrepreneurs en Afrique, on est sur de l'économie informelle, on est sur des transactions par cash, et on n'a pas toujours un livret de compte dans lequel il y a toutes les transactions qui sont annotées. Même si de plus en plus d'entreprises vont dans cette direction-là, il n'en reste pas moins que l'informel, ça reste quelque chose d'important. et parfois de très difficiles à mesurer sur le continent. Est-ce qu'il y a une vocation de Cofina à évangéliser, éduquer sur le fait de... On va essayer de formaliser, de structurer, et ça passe par ouvrir un compte en banque, et ça passe par, de façon systématique, être dans une logique un peu plus rigoureuse. Ce n'est pas un manque de rigueur d'être dans l'informel, mais en tout cas d'avoir des traces.
- Marc
Oui, on demande à nos clients, au plus qu'ils peuvent, de noter. Il faut noter. Je ne demande pas à quelqu'un forcément d'avoir un livret bancaire et autres. Mais je sais que dans nos pays, dans nos corridors d'origine, on fait des crédits à des personnes, à des femmes ou à des hommes sur les marchés. On leur demande juste de tenir un cahier avec leurs dépenses quotidiennes. leurs recettes quotidiennes. Et des fois, ce cahier-là peut nous servir de base de travail. Peut nous servir de base de travail. Et maintenant, pour la diaspora, qu'est-ce qu'on fait ? Aujourd'hui, quasiment tous les samedis, on reçoit des petits groupes de membres de la diaspora. Après, demain, je vais recevoir en bureau, je suis très fier de le faire, des personnes retraitées ou qui vont bientôt être à la retraite pour de l'éducation financière. leur parler de comment épargner pour préparer sa retraite au pays. Parce que le groupe Cofina, on a dans notre portefeuille de l'assurance, une assurance IACO, qui permet au monde de la diaspora de venir cotiser pour une complémentaire retraite, voire une retraite complémentaire qui pourrait toucher au pays. Ça veut dire quoi ? Un membre de la diaspora qui sait qu'il a 5 ans de la retraite et qui sait que sa retraite va être très basse en Europe, Il vient chez nous et il commence à faire une cotisation. Il va cotiser 100 euros, 200 euros par mois pendant le minimum, c'est 5 ans. Au bout de 5 ans, quand il retourne au pays, non seulement il pourra toucher une partie de sa retraite en Europe, mais en plus nous on lui garantit une rente, donc dans son pays d'origine. ou un capital qui pourrait lui permettre de démarrer une activité dans son pays d'origine par le biais des cotisations qu'il aura fait pendant cinq ans ici. Donc voilà des choses qu'on essaie de faire, d'informer, d'éduquer. Ce week-end, c'est des retraités. Le week-end prochain, ce sera des étudiants, ensuite des entrepreneurs. En tout cas, on essaie, comme tu dis, d'évangéliser un peu, de faire notre part de job, de faire de l'éducation financière avec les moyens qu'on a. et les connaissances qu'on a autour du groupe Cofina.
- Ramata
Et du coup, ces masterclass d'éducation financière, elles sont gratuites ?
- Marc
Elles sont gratuites, bien sûr. Elles sont gratuites. Là, c'est vraiment, on a regardé dans notre portefeuille client et on a invité des personnes qui avaient entre 57 et 63 ans pour commencer.
- Ramata
Mais du coup, elles sont ouvertes d'abord aux clients Cofina et elles sont ouvertes à des personnes qui ne sont pas clients de chez vous ?
- Marc
Dans un premier temps, on a démarré depuis novembre l'année dernière et on va essayer de maintenir ce rythme-là jusqu'à la fin du premier trimestre. En fait, ce qu'on fait, ce ne sont pas juste des masterclass, ce sont des moments de partage avec nos clients. C'est des moments de partage. On explique aux clients les produits qu'on a, on prend leur feedback et ensuite ça nous permet de nous ajuster pour nos différents produits. Et tu comprends qu'on doit commencer par ceux qui nous ont déjà fait confiance. Mais je pense qu'à terme, on devra l'ouvrir à l'ensemble de la diaspora et on fera des diffusions beaucoup plus larges.
- Ramata
Parce qu'effectivement, le sujet de l'éducation financière, c'est vraiment un sujet clé pour pouvoir après faire des montées, des projets qui soient solides parce que tout entrepreneur aussi pertinent que son idée puisse être, euh... Le manque d'éducation financière, le manque aussi d'aisance avec les chiffres, peut vraiment mettre un entrepreneur à défaut, en fait, parce qu'il ne maîtrise pas cette partie-là et qu'il a besoin vraiment d'accompagnement à ce niveau-là.
- Marc
Donc, toi, tu as un background très finance.
- Ramata
Tu as fait de la communication, certes, mais ça reste quand même ton background. Quelles sont, par rapport aux différents dossiers que tu as pu avoir à gérer, les erreurs ou les écueils que tu as pu voir chez certains entrepreneurs ? Tout à l'heure, tu évoquais le fait de l'entrepreneur aventurier qui ne connaît que 20% du business et qui pense pouvoir improviser sur les 80% restants. Donc ça, je pense que c'est un premier écueil. Mais est-ce que tu as d'autres éléments à partager comme ça sur les erreurs à éviter ?
- Marc
Oui, je dirais que l'erreur la plus flagrante et que je constate le plus régulièrement, c'est de ne pas savoir dimensionner son projet. Moi, je dis aux clients de la diaspora, il faut savoir démarrer avec petit, enfin pas mini, pas ripiti, mais il faut démarrer à taille qu'on peut gérer. Les clients de la diaspora viennent nous voir en disant qu'ils veulent démarrer des projets. Je dis un exemple, à 100 000 euros. Je dis non, pour nous, on ne va pas aller dessus, c'est trop risqué. Vous êtes à 6 000 kilomètres, vous ne pouvez pas démarrer quelque chose d'aussi gros en étant à distance. Il faut savoir dimensionner son projet. Je préfère quelqu'un qui va démarrer avec un projet à 15 000, 20 000 et qui ensuite va faire 5 projets à 15 000 ou 20 000. Ça permet de maîtriser. son activité. Donc je dirais qu'il y a un problème de dimensionnement. La diaspora n'arrive pas à faire à taille humaine pour pouvoir maîtriser les process, les principes, et ensuite dupliquer ou le faire grandir par la suite. Donc ça, c'est vraiment le premier, et c'est vraiment ce qui me vient tout de suite dans la tête par rapport aux erreurs typiques à éviter. le dimensionnement.
- Ramata
Je suis assez d'accord avec toi. Si je reste dans la mode, c'est vraiment d'arriver en disant que je veux être le Zara africain ou le LVMH africain. Et puis après, c'est vraiment de parler de vouloir construire un immeuble avant même d'avoir eu la moindre expérience de la création.
- Marc
La gestion de biens immobiliers, déjà. C'est vraiment un vrai problème. Je pense que la diaspora ne se rend pas compte que les choses vont très vite en Afrique. À distance, on ne maîtrise pas forcément l'environnement. Il faut savoir démarrer à taille réduite pour apprendre. même peut-être se tromper, pour pouvoir rebondir et faire mieux par la suite, et voir plus grand.
- Ramata
Du coup, quelque part, quand quelqu'un de la diaspora, en fait, vient voir Kofinas pour un projet, vous allez un peu... C'est comme si la personne venait un peu pitcher et que vous la challengez sur la pertinence de son idée en disant « Là, peut-être que tu vises un peu trop haut pour une première fois, si tu n'as pas d'expérience par le passé, peut-être qu'il faudrait... » revoir ou réduire la voilure ? Est-ce que ça, c'est des choses que vous partagez avec les personnes qui viennent présenter leur projet dans une logique de « j'ai besoin d'un prêt pour pouvoir concrétiser un projet ? »
- Marc
Tout à fait. On leur explique que nous, on est dans l'accompagnement. Donc on veut que la personne soit déjà elle-même sur la voie et on vient accompagner. On ne vient pas faire pour elle. Donc, c'est vraiment l'idée. Ils viennent pitcher, oui, c'est bien vu. Ils viennent chez nous et nous, on est là pour accompagner. Et régulièrement, c'est ça qui nous a tendu à faire de l'éducation financière pour pouvoir expliquer tous ces principes-là.
- Ramata
Très bien, donc il y a une vocation quand même éducative qui permet de, finalement, quelqu'un qui repart, qui n'a pas forcément son prêt, au moins, il a des explications qui lui permettent de comprendre droit. Pourquoi en fait le prêt n'est pas accordé et il ne se dit pas juste « bon je vais essayer d'aller frapper encore à d'autres portes » . Il peut se re-challenger sur comment repenser son projet pour que cela puisse aboutir en fait.
- Marc
Tout à fait, on dit que même quand on dit non, c'est non sur le moment, mais la personne peut retravailler son projet et venir nous le représenter. Ce n'est pas parce qu'on a dit non la première fois qu'on se parle à suite avec une meilleure préparation que ça ne pourrait pas passer. Ça peut passer.
- Ramata
et En termes de financement, il y a eu toute une ère, je ne sais pas si c'est encore d'actualité, mais on va dire aux alentours des années 2000, même 2010, vraiment une ère de la levée de fonds. Les startups qui vont chercher à lever des millions et qui vont faire des valorisations assez impressionnantes pour pouvoir lever des fonds. Il y a un peu un mythe de telle startup. qui a réussi à lever des fonds sur la base d'un deck de présentation, donc juste sur des slides sans avoir de proof of concept. Toi, quel est ton avis un petit peu sur ce mode de financement, sur ce côté, on a une idée, on va constituer une équipe, essayer de créer un premier MVP, et puis aller frapper à la porte des investisseurs pour aller lever des fonds ?
- Marc
Ça dépend de ce qu'on veut. Moi, je dis quelqu'un qui veut garder la main sur son projet, qui veut faire quelque chose, n'a pas besoin forcément d'aller lever beaucoup de fonds. Il peut commencer sur ses fonds propres et avancer, et plus tard peut-être avoir recours à des levées. Mais je ne pense pas... Enfin, parce que dès qu'on lève des fonds, on n'est plus maître de son projet. Donc ça dépend vraiment de l'objectif du porteur du projet. est-ce qu'il veut Que son projet soit le sien, qu'il le dirige comme il veut ? Est-ce qu'il veut avancer prudemment ? Est-ce qu'il veut avancer plus vite ? Lever des fonds, ce n'est pas mauvais, mais ça dépend de ce qu'on souhaite, in fine. Je ne sais pas si je suis clair sur ce point-là.
- Ramata
Si, c'est clair. En fait, ton point, c'est que la levée de fonds implique d'ouvrir son capital ?
- Marc
Tout à fait, oui.
- Ramata
Donc, c'est de se dire, on va être maintenant main dans la main avec un certain nombre de personnes qui restent. Ça devient votre famille professionnelle, en fait. C'est des gens dont on ne se débarrasse pas, à moins de leur racheter des parts. Mais en tout cas, quand on parle du principe qu'on va aller faire une levée de fonds, il faut être conscient de ça. Et c'est vrai que souvent, on pense plus à l'argent et on n'a pas forcément en tête les conséquences, ces personnes-là, quand elles vous... quand elle... décident d'investir, elles vont être partie prenante dans les prises de décision. Elles vont vous demander des comptes. Donc, il y a tout ça qui va avec la levée de fonds. Et c'est ça que tu évoques, c'est le fait de... Du coup, on a un petit peu moins la main sur son entreprise, en fait, à partir du moment où on fait entrer des investisseurs.
- Marc
Tout à fait. Quand on fait entrer des investisseurs, on perd un peu la main. Donc, c'est vraiment... Ça dépend de sa stratégie, le levée de fonds ou fonds propres. Je dis toujours aux entrepreneurs de la diaspora, commencez par épargner. Ça veut dire que quand vous commencez par épargner, vous avez le temps vraiment de préparer votre projet. Vous avez le temps de préparer votre projet, démarrer sur vos propres fonds. Et ensuite, quand vous avez besoin d'accompagnement, venez voir Cofina, allez voir d'autres banques. Et la levée de fonds, c'est beaucoup plus tard.
- Ramata
de mon point de vue. Et on a aussi, on parle aussi, mais je pense que toi, tu seras plutôt peut-être, je suppose, on parle de gestion en bon père de famille, c'est vraiment ce côté effectivement, à partir du moment où vous arrivez à bien gérer 1000, vous serez capable de bien gérer 100 000, mais déjà, faites vos preuves avec un petit montant, et puis voilà, et soyez vraiment très très fins sur le calcul des charges, le calcul d'un potentiel de chiffre d'affaires et puis l'identification du bénéfice et de comment on crée une routine de croissance qui permet de se dire, un premier montant investi, j'ai mon retour sur investissement que j'aurai investi ensuite, mais je crée une boucle vertueuse. Et du coup, c'est vrai que le côté gestionnaire en bon père de famille, c'est ce que parfois on a l'impression que les banques, c'est les profils qu'elles préfèrent. Quel est ton avis là-dessus ?
- Marc
Je pense que oui, gérer en bon père de famille, c'est essentiel. On avait tendance, il y a quelques temps, à voir des entrepreneurs confondre chiffre d'affaires et bénéfices. C'est de la mauvaise gestion. Il faut gérer, il faut toujours être en mode. Il n'y a pas de petites dépenses. Il faut faire attention, il faut être raisonnable. Et surtout, quand on gagne, il faut savoir mettre de côté pour prévoir. Des choses qui peuvent nous tomber dessus. Donc oui, la gestion en bombeur de famille, on apprécie, je dirais.
- Ramata
C'est vrai que ça ne fait pas toujours rêver, mais ce n'est pas comme ça qu'on veut forcément se définir. Mais ce que je trouve intéressant, c'est qu'il y a énormément de contenu aujourd'hui sur l'éducation financière, et notamment l'éducation financière adaptée à la diaspora, aux populations africaines. et du coup, ce n'est pas le terme bon père de famille qui va être utilisé, mais c'est vraiment, quelque part, c'est investir sur soi, c'est d'apprendre à gérer ses finances de la manière la plus optimale pour pouvoir se constituer une épargne et pouvoir investir dans ses projets. Toi, est-ce que tu as un exemple d'un projet passé ou en cours ? que tu pourrais évoquer avec nous, qui t'a vraiment marqué et qui a en plus bien réussi, tu vois, et qui reste pour toi vraiment une fierté de te dire, on a contribué à accompagner ce projet-là et que voilà, toi, ça reste vraiment une expérience dont tu es particulièrement fier.
- Marc
Ramatah, je t'avoue qu'il y en a beaucoup. Il y a beaucoup de choses dont je suis fier. Mais je ne vais pas parler de gros projets. Je vais parler, si il y a un exemple que je peux citer, c'est... C'est une femme qui est venue nous voir et qui avait besoin d'investissement. Je crois que c'était autour de 3000 euros pour monter un petit stand de ce qu'on appelle en Côte d'Ivoire des pains de confiance. C'est le petit déjeuner des ouvriers. C'est le petit déjeuner des ouvriers où tu as un stand où ils mettent du pain et différents condiments. Elle a fait une... première demande, elle a fait son premier stand et aujourd'hui je crois qu'elle en a fait une vingtaine en Côte d'Ivoire. Pour moi, c'est l'exemple typique de quelqu'un qui pourrait être McDonald's. Parce qu'on commence avec un magasin, un deuxième, un troisième, mais aujourd'hui je crois une vingtaine. Il faudrait que je note. Mais c'est un bel exemple et c'est surtout quelqu'un qui à la base n'a pas le background d'école de commerce, qui n'a pas un background de stratégie qui est juste quelqu'un de la diaspora, aide-soignante ou infirmière, je crois, et qui retourne au pays et qui est un vrai exemple pour nous tous. Et surtout, qui démarre avec un besoin de financement qui est de 3 000 euros. On ne parle pas de 300 000 euros. Donc, comme on voit ça, il faut savoir tirer le chapeau. Sinon, il y a vraiment, dans la diaspora, il y a beaucoup de réussites. Aujourd'hui, je pense qu'on malheureusement, ce n'est pas suffisant. Il faudrait que nous, Cofina, on parle plus de ce qu'on fait, qu'on voit plus de personnes et qu'on accompagne plus de nos clients pour aller entreprendre et réussir en Afrique. Pas que dans l'immobilier, pas que dans l'agriculture, il faudrait vraiment que ce soit le plus large scope possible. Pour te dire, pour favoriser ça, on a mis en place des produits assez... assez simple finalement. Je vais te parler d'un produit qui me tient à cœur qui s'appelle Épargne Prêt. Parce qu'on s'est rendu compte que pour des membres de la diaspora, des petits financements comme 3 000 euros, on ne savait pas trop comment les sculturer. Ce qu'on a fait, c'est qu'on a dit, écoutez, pour pouvoir vous prêter 300 % d'un montant, on va vous demander pendant 6 mois d'épargner la même somme. Quelqu'un qui veut 10 000 euros par exemple, on va lui demander d'avoir pu épargner pendant 6 mois 3 000 euros. 3 300 euros exactement. Si cette personne-là a pu épargner pendant six mois de façon régulière 3 300 euros, tout pas divisé bien sûr par six mois, au bout des six mois, nous on s'engage à lui prêter 300 % du montant épargné. Et ça lui permet comme ça de démarrer une activité au pays. Vraiment, il faut qu'on multiplie ce type d'initiative qui permet aux gens, sans apporter toutes les garanties bancaires dont tu parlais au début, où on doit avoir les statements bancaires, on doit avoir les registres et autres, non. juste sur la base d'habitude d'épargne, faire des crédits. Ces crédits-là permettent de créer des activités au pays. Ces activités au pays permettent de créer des emplois. Ces emplois permettent de créer de la croissance pour nos pays. Et au final, c'est un cercle vertueux qui se met en place. Donc, c'est notre objectif avec la diaspora. On est vraiment déterminés. Les équipes, je t'inviterai à venir nous voir à notre bureau à Paris dans le 19e. mais c'est vraiment... Quelque chose qui est en train de prendre corps, qui se passe plutôt bien et pour lequel tout Cofina a de grandes ambitions. Et je suis persuadé que 2026 sera une belle année pour nous tous et qu'on arrivera à atteindre chacun de nos objectifs.
- Ramata
Ce qui est intéressant dans ce que tu dis, c'est que quand vous identifiez en fait une problématique, vous allez créer un produit exprès pour y répondre en fait.
- Marc
C'est très important pour nous. C'est pour ça les focus groupes, c'est vraiment que je fais les samedis, c'est vraiment pour. échanger avec les clients, m'adapter et proposer le produit qui correspond le mieux à leurs besoins.
- Ramata
Et en fait, ce qui est intéressant, c'est d'aller jusqu'au bout. On interroge le client, on comprend le besoin et on crée un produit qui répond parfois. Des entreprises sont dans des logiques de... On fait des enquêtes de satisfaction pour savoir... comment dire, ce que vous attendez. On fait la liste finalement des doléances, mais ça ne va pas jusqu'au bout, ça ne va pas jusqu'à... On a plutôt un message qui dit, merci d'avoir participé, et puis on reviendra vers vous. Toi, ce que je comprends, c'est qu'il y a vraiment une volonté. Vous avez les mains libres pour aller créer des produits sur mesure qui répondent à des besoins bien spécifiques de la diaspora.
- Marc
Tout à fait. En fait, ce que je dis souvent à mes clients, les institutions financières en général sont des paquebots. Nous, chez Cofina, on est une vedette. Donc, on a la capacité à s'adapter, à tourner vite, à refaire, à prendre des trajectoires qu'un paquebot ne pourra jamais prendre. Du coup, quand je reçois un client, on essaie d'être à l'écoute et de lui proposer vraiment ce qui sera le plus adapté à son cas précis. C'est pour ça que je dis que les financements, on les fait vraiment au cas par cas. C'est du cas par cas, du sur mesure.
- Ramata
Très bien, super intéressant d'avoir cette agilité en fait. Et donc là, il y a un peu une comparaison entre Ausha et des institutions en parlant de vedettes d'un côté et de pas de beaux de l'autre. Il y a du... à chaque fois quand on parle en tout cas de tout ce qui est lié à la banque en Afrique, on va parler de monnaie banking, on va parler d'une manière d'appréhender en fait le rapport à la banque qui est totalement différent de ce qu'on peut voir en Occident. et on parle même d'une... une avancée ou en tout cas une appréhension du money banking et de la fintech qui est beaucoup plus pointue quelque part que ce qu'on peut voir en Occident, puisque aujourd'hui avec Orange Money par exemple, il y a énormément d'opérations qui peuvent être faites, qui sont qu'aujourd'hui en Europe on ne fait pas ou très peu. Toi, comment tu vois en fait la manière dont on appréhende en tout cas le rapport à la banque en Afrique ?
- Marc
Moi je pense qu'en Afrique ce qui est bien c'est qu'on a... tout à réinventer, on a tout à refaire à notre sauce. On a trop souvent eu tendance à copier des modèles qui n'étaient pas adaptés à nos besoins. Et l'exemple que tu donnes de Orange qui fait des choses complètement différentes en Afrique qu'on ne voit pas du tout en Europe, c'est ce que nous, on veut appliquer dans le milieu financier chez nous. Et au final, je suis content de participer à cette aventure parce qu'on est des précurseurs dans notre domaine. On a créé, rappelle-toi, le concept de la... mesofinance ou missing middle. Avant, il y avait la banque classique, avant, il y avait la microfinance et nous, on est venu s'installer dans quelque chose d'intermédiaire. Des personnes, je dirais, pas assez grandes pour aller vers des banques classiques qui leur demandaient trop de papiers, mais des personnes déjà trop grandes pour aller demander des micro-crédits. Donc on s'est mis au milieu. Donc tu vois, depuis tout à l'heure, je te parle de nos crédits, c'est des crédits plutôt moyens, 15 000, 20 000, 30 000, 50 000, jusqu'à 100 ou 200 000 euros. Mais ce ne sont pas des choses de 1 million d'euros qui sont dans des banques classiques et ce n'est pas du 100 ou 200 euros dans du microcrédit. Donc en Afrique, tout est à inventer, tout est à faire. Ce que je vois, c'est que plus ça va aller, plus on aura de personnes bancarisées chez nous, plus ça va leur permettre d'avoir des leviers pour aller développer leurs activités. Et c'est ça qui va participer au développement durable de notre continent. Je parle du développement durable de notre continent.
- Ramata
Dans le développement de Kofi Nard, tu parlais de 8 ou 9 pays, je crois, francophones. Est-ce qu'il y a une volonté d'aller s'ouvrir vers d'autres pays francophones, vers éventuellement des pays anglophones ?
- Marc
Aujourd'hui, on est dans 8 pays africains, plus sa représentation à Paris. On est sur 3 zones monétaires différentes, avec la Guinée, avec la zone... donc CEMAC en Afrique centrale et la zone Afrique de l'Ouest. Donc, trois monnaies CFA, donc Zoff, CFA Zaf et le GNF. Plus, si je rajoute le bureau de Paris, ça nous fait quatre monnaies différentes. Maintenant, cette année, on va ouvrir, en principe, au Cameroun. Donc, ça va nous faire un neuvième pays de présence en Afrique. Toujours francophone. Tu sais ce qui nous manque pour nous développer plus ? Je pense que c'est Merci. C'est les ressources humaines. En Afrique, on a beaucoup de monde, mais du personnel bien formé, du personnel à qui on peut inculquer nos valeurs, ça manque un peu. Et on est dans un domaine où on parle de finances, on parle d'argent. Il faut des personnes de confiance. Donc aujourd'hui, notre développement est limité par les ressources humaines qui doivent venir nous accompagner. Est-ce qu'on a pour objectif d'être dans un pays anglophone ? Pour le moment, en étant au Cameroun, on va être dans un pays qui est ni francophone ni anglophone, donc c'est déjà très bien, mais jusqu'à l'horizon 2027-2028, je ne pense pas qu'on aille sur un pays purement anglophone.
- Ramata
Très bon.
- Marc
Si tu veux.
- Ramata
J'allais te poser la question justement de l'idée d'une... D'une monnaie unique. Alors, il y a des monnaies qui sont présentes sur plusieurs pays différents, donc qui permettent de faciliter les échanges. Mais il n'en reste pas moins que là, ce que tu disais, c'est voilà, sur huit pays, il y a déjà quatre monnaies à gérer.
- Marc
Oui.
- Ramata
Il y a un vrai enjeu aussi de réflexion, mais là, du coup, c'est au niveau des États, de faciliter les taux de change, faciliter, parce que mine de rien... ça peut permettre de faciliter des échanges, de faciliter la circulation de la monnaie par un sujet de monnaie unique. Toi, c'est quoi ? On a entendu parler de, je ne sais plus quel est le nom, mais d'un projet de monnaie unique, en tout cas partagé par plusieurs pays différents, qui ne serait pas le franc CFA. Toi, quel est ton avis ?
- Marc
Je dirais que nous, avec notre capacité, notre agilité, on s'adapterait à quasiment tout. Donc je suis ouvert, je suis ouvert. Monnaie unique, différentes zones, je suis ouvert. Je respecterai donc les décisions de nos autorités même si au fond de moi je suis persuadé que une unité africaine serait bien plus intéressante et bien plus enrichissante pour tous. Mais je respecte ce qu'on nous propose.
- Ramata
Bien sûr, de toute façon c'est... Si tu arrives à t'adapter avec quatre monnaies, avec une monnaie, tu arriveras d'autant plus à faire le...
- Marc
Exactement.
- Ramata
Il n'y a vraiment pas de sujet là-dessus. On arrive à la fin de cette interview. Il me semble que j'ai balayé moi avec toi les questions que je voulais te poser. J'ai appris plein de choses. Je pense que je vais ouvrir un compte Cofina. Je pense qu'il y a quand même deux, trois produits dont tu as parlé où je me dis que c'est quand même très intéressant. En fait, je ne savais pas. Donc voilà, c'est pour ça que moi, dans les interviews, j'aime bien ne pas poser trop de questions avant à mon invité pour découvrir et garder cette spontanéité-là. Et voilà, je te remercie pour tout ce que tu nous as partagé et pour ton côté très... comment dire, pédagogue. Parce que parfois, les sujets de la finance, ça fait un peu peur. Et moi, je sais que je peux avoir une audience vraiment créative qui peut se dire, oh là là, il commence à parler de chiffres, de taux, ça va être compliqué, on ne va rien comprendre. Et toi, tu es très pédagogue. Et du coup, en plus, ça a apporté beaucoup d'exemples, ce qui a vraiment permis de comprendre le point et de comprendre vraiment la mission de Ausha. Et ça, je pense que mon audience va énormément apprécier. En tout cas, pour moi, c'était un plaisir d'avoir pu partager ce moment avec toi et de comprendre véritablement quelles étaient les missions de Kofina et la manière d'accompagner les diasporas dans le développement de leurs projets.
- Marc
Je t'en remercie. Et vraiment, je t'invite à venir nous découvrir. Paris, 9 avenue Corentin-Carrieux. On est là pour la diaspora. Il faut savoir une chose, c'est que quand vous rentrez dans notre bureau, c'est comme si vous avez pris votre billet d'avion et que vous vous retrouvez dans votre pays d'origine. Ça, c'est très important. On comprend les besoins de la diaspora et on a des outils pour pouvoir accompagner ces personnes de la diaspora. Donc je t'invite et j'invite tous les membres de la diaspora à venir nous retrouver. Je finis souvent mes interventions par trois mots que beaucoup d'Ivoiriens connaissent mais qu'on applique très peu. C'est union, discipline et travail. Si la diaspora est unie, je pense qu'il ne pourra jamais rien nous arriver. Si on reste discipliné, tout le monde va commencer à nous respecter. Et le travail, on ne peut rien obtenir sans travail. Il faut travailler, et de là où on est, il faut travailler encore plus que le reste du monde. Et ça nous permettra de laisser une belle trace sur cette terre qui ne demande qu'à voir l'Afrique et ses diasporas, et ces peuples prendre toute la place qui nous est eue finalement. Donc je te remercie pour cet échange. Et franchement, n'hésitez jamais. Je reste disponible. Contactez-nous et on pourra échanger, approfondir des sujets peut-être qu'on a survolé aujourd'hui. On pourra vraiment s'apporter mutuellement. Et comme je dis, restons tous dans l'union, dans la discipline et dans le travail.
- Ramata
Merci beaucoup pour cette conclusion. Moi, je te dis à très vite. C'est entendu pour l'invitation. Je vais venir assez rapidement. Et je te dis à très vite. Dans l'agence, on se retrouve en Afrique. Je conclue toujours les interviews par à très vite en Afrique ou ailleurs, mais j'ai envie de dire à très vite dans le 19e ou ailleurs.
- Marc
Je te remercie encore une fois.
- Ramata
À très bientôt, au revoir.
- Marc
Ça marche. Au revoir, Amata.
- Ramata
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