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Africa Fashion Tour

Vanessa Azar, fondatrice de Muse Atelier

Vanessa Azar, fondatrice de Muse Atelier

1h04 |27/03/2025
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Vanessa Azar, fondatrice de Muse Atelier

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Description

De blogueuse beauté à femme d'affaires

Vanessa Azar est experte en business development dans les secteurs de la beauté et du parfum et créatrice de la marque de mode Muse Atelier.

De ses débuts en tant que blogueuse beauté à son rôle d'area manager Afrique pour de grandes marques, elle a développé une expertise pointue du marché africain et une vision unique de la beauté.

Dans cette interview, Vanessa Azar nous partage son parcours , les défis rencontrés et sa passion pour la création de contenu lifetsyle et beauté et pour la mode. H

Elle nous parle également de Muse Atelier, sa marque de mode qui célèbre la femme moderne et qui ambitionne de rayonner à l'international.

Un témoignage qui offre une perspective inédite sur les enjeux de la beauté et de la mode en Afrique et sur le rôle crucial des créateurs de contenu et des entrepreneurs.


Africa Fashion Tour poursuit chaque semaine l'exploration des industries culturelles et créatives africaines avec des interviews d'entrepreneurs passionnés qui s'interrogent sur les questions de diversité et de représentation. Chacun des invités du podcast est passé du questionnement à l'action pour proposer des solutions concrètes, des business model vertueux pour promouvoir l'Afrique à travers les soft power.


J’en profite pour remercier les auditeur.e.s de plus en plus nombreux de ce podcast. Pour découvrir en avant première les dernières interviews et analyses de l'écosystème de la mode africaine, abonnez-vous à la ⁠⁠⁠Newsletter Africa Fashion Tour⁠⁠⁠.


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A très vite en Afrique ou ailleurs


Ramata Diallo 


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Vanessa

    On n'a pas de vrai moyen de communiquer différemment que par l'influence. Ce n'est pas comme si on a la culture du mall ou la culture de la marche ou que nos boutiques sont si luxueuses et si bien faites ou bien pensées que ça pour vraiment donner envie au consommateur d'y intégrer sa curiosité, en tout cas son plan d'action. Donc, les gens ne vont pas aller par curiosité voir ce qui se passe en boutique pour rien. Donc, pour l'instant, jusqu'à ce qu'il y ait la culture du mall ou des boutiques suffisamment sophistiquées, ou développées pour accélérer l'attention, nos moyens de communication sont principalement par l'influence, par le média.

  • Ramata

    Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. Je suis Ramatha Diallo, je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode. En 2017, j'ai attité à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Vanessa Hazard. Elle est experte en business development sur les secteurs de la beauté et du parfum en Afrique. Elle est également créatrice de la marque de mode Musatelier. Valessa Hazard est basée à Lagos. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de ses différentes entreprises. Bienvenue Valessa, comment vas-tu ?

  • Vanessa

    Hello Ramatha, écoute, je vais super bien. Comme tu as dit, je vais bien depuis Lagos, la capitale de Beloisir, si on peut dire ça comme ça en Afrique, et de l'enjaillement et de l'entertainment. Donc je vais relativement bien.

  • Ramata

    Ok, écoute, ça fait plaisir de t'entendre. Nous, on s'est déjà vus à Lagos justement. lors de la Fashion Week de Lego et de divers autres événements. Donc, comme tu le dis, effectivement, la capitale de l'entertainment, je suis tout à fait d'accord avec toi, une capitale qui me manque. Donc, aujourd'hui, l'idée, c'est de parler de toi et de ton parcours. Et pour commencer, je vais le faire comme je le fais toujours avec mes invités. Je vais te demander de te présenter.

  • Vanessa

    Je m'appelle Vanessa Hazard, je suis Camerounaise-Libanaise. J'ai grandi entre le Cameroun et Paris, donc première partie. jusqu'en terminale au Cameroun et ensuite je suis partie à Paris pour mes études où j'ai eu deux masters en business et marketing à l'ICP et le SCCI qui sont des écoles de business et de pubs donc voilà et de marketing plutôt. Entre temps, j'adore faire ça parce que c'est tellement le squelette de ma profession, j'ai été blogueuse très longtemps. Alors les réseaux sociaux n'existaient pas comme on les connaît, c'était Skyrock, etc. MySpace à l'époque. Donc je m'étais ouvert un blog, c'était mon passe-temps, je prenais des photos, je donnais des reusses sur des produits de beauté, principalement après ça s'est développé en lifestyle. Mais je me souviens que ma mère me disait « Pourquoi tu fais ce genre de choses ? Tu ne veux pas trouver un job qui paye ? » Parce qu'à l'époque les blogs n'étaient pas du tout rémunérés. D'ailleurs on ne savait même pas que c'était possible. Jusqu'au jour où je... reçoit un email d'une marque, je ne me souviens même plus laquelle, c'est dommage, qui me propose de payer 80 euros. À l'époque, ça faisait beaucoup, j'étais étudiante. Et surtout, quand on ne savait pas qu'on pouvait gagner de l'argent grâce à l'influence, c'était incroyable de savoir qu'il y avait des profils qui voulaient nous rémunérer pour parler de leurs produits. Donc ça, c'était vraiment l'origine de l'influence. Et puis finalement, petit à petit, je me suis rendue compte que ma mère n'avait pas toujours raison. Et que j'avais raison de continuer sur ce sentier qui n'était pas connu du tout, qui était la beauté en ligne, plus ou moins vue par des consommateurs. On n'appelait pas ça des influenceurs, ça n'existait pas, je précise, par des consommateurs. C'était revu vraiment du blogueur. Et donc voilà, j'ai commencé mon petit bout de chemin. Ensuite, j'ai été prise pour être rédactrice de contenu beauté dans un magazine de mode qui s'appelait Stiletto Magazine, qui s'appelle toujours Stiletto Magazine, qui fait un petit peu le Vogue de France. Et j'ai voulu rentrer en Afrique. Et je me disais, comment je fais ? Où je vais ? Je ne savais pas. Je ne voulais pas rentrer au Cameroun, je voulais aller quelque part. où il y a autant de vibrations et d'énergie que mon ambition, en fait. Et pourquoi pas chez les African Giants, a.k.a. les gosses. Et c'est là que mon parcours commence.

  • Ramata

    Je vais me permettre d'interrompre, parce que quand tu parles, tu dis ça n'existait pas. On a l'impression qu'il y a un dinosaure. Doucement,

  • Vanessa

    doucement.

  • Ramata

    Il n'y a pas si longtemps que ça non plus, ou c'était à partir de quelle époque que tu as commencé ton blog ?

  • Vanessa

    Ça fait facilement il y a 15 ans, il y a 20 ans.

  • Ramata

    Mais écoute, tu as fait partie des précurseurs de la création de contenu.

  • Vanessa

    15 ans, 20 ans, oui, parce qu'à l'époque de Skype Blog, on était encore au lycée. On était au lycée, donc on n'avait même pas 17 ans. Aujourd'hui, j'en ai 37. Ça fait 20 ans. Oui,

  • Ramata

    oui,

  • Vanessa

    le temps passe. Donc oui, et donc les réseaux sociaux, Instagram et tout, c'est peut-être arrivé, je ne sais plus, peut-être en 2011. pas mais c'est l'origine de l'influence. Donc voilà, j'arrive à l'égos. Des nouveaux métiers de la communication. Exactement. Et le pire, c'est que je me souviens, dans nos premiers cours de marketing, notre professeur nous disait à l'époque, tout se fera à partir du téléphone. Ça nous paraissait dingue. Il disait, vous pourrez payer à partir des téléphones, vous pourrez… voir des nouveautés à partir des téléphones, créer du contenu à partir des téléphones. On trouvait ça dingue d'avoir des cours de marketing où on parlait du téléphone quand on était encore avec des appareils photos. Oui, on était encore avec des appareils photos, tous les téléphones photos, etc. n'existaient pas, mais on avait nos caméras, on faisait des tirages, on imprimait nos photos. Après, il y avait les caméras digitales où on connectait avec les clés USB sur l'ordinateur, les pages s'ouvraient lentement, on uploadait les photos. C'était ça. C'est ce qu'on oublie, c'est pour ça que quand tu dis dinosaure, la réalité c'est que c'est vrai. Et j'ai commencé très très jeune avec les polaroïds à l'époque. Donc c'était vraiment la naissance des réseaux sociaux. Je faisais des polaroïds, je les collais sur des papiers, et je faisais des petits carnets entre photos avec des citations, des quotes, et plus ou moins le descriptif de ce que la photo représentait. J'avais juste pas les hashtags, mais c'est ça l'origine des réseaux sociaux.

  • Ramata

    Complètement. Et donc, de ce, comment dire, première passion pour à la fois la beauté, le lifestyle et la création de contenu, comment est-ce que tu es venue vers, comment dire, des jobs qui sont plutôt des jobs au sein de marques dans le secteur de la beauté ? Comment ça se fait cette transition ?

  • Vanessa

    Alors, en bossant chez Cielito Magazine en tant que rédactrice beauté, comme je l'ai dit dans le magazine de mode, Je finis par démissionner, mais littéralement du jour au lendemain, j'arrive devant mon PC, j'ai un saignement donné. En fait, c'était ça mon élément déclencheur. C'était tellement... Je ne sais pas si tu as regardé le Diab Sleby en Prada, mais pour celles qui ont regardé le Diab Sleby en Prada, le monde de la mode, c'est comme ça. J'ai vécu littéralement ce qu'Anna Hathaway vivait dans ce film. Et j'arrive un jour de trop, et là je commence à avoir des saignements donnés le matin en ouvrant mon PC. Et j'ai dit non, c'est bon, je suis partie sans mon salaire. j'ai fermé mon PC et j'ai démissionné sans préavis, sans rien. Et donc en partant, mon collègue en plus, le pauvre, il m'a suivi des mois après pour me donner mon chèque, pour vous dire tellement je suis partie sans rien. Et donc en partant, je me fais contacter, je continuais à avoir des contacts avec qui je m'entendais très bien, et je me fais contacter par Estée Lauder, qui me dit « oui, on aimerait que tu rédiges ce... » cet article pour des nouveaux produits, on veut te les faire découvrir. Et là, je leur dis, écoutez, je ne travaille plus pour Siletto, par contre j'ai mon blog. Ah oui ? Est-ce que tu peux nous envoyer ton blog ? Je présente mon blog et là, je me mets à bosser avec Estée Lauder. Ce qui était donc mon gros départ avec une grande marque d'un grand groupe. Donc le groupe Estée Lauder avec la marque Estée Lauder. Et donc là, on a une amitié, un amour fou l'un envers l'autre. Et donc, je ne jure que par Double Wear, etc. Donc, je découvre vraiment... le monde, l'univers de la mode dans les backstage, c'est-à-dire invitations PR, stratégie marketing, stratégie de développement, etc. Donc, je n'étais pas consultante, mais j'avais accès à tous ces dossiers. J'avais des articles que je recevais avant qu'ils soient disponibles, j'avais des embargos à signer, etc. Et c'est là que j'apprends tellement plus que ce qu'on enseigne à l'école, parce que la passion mène toujours plus loin. Et je décide de faire ce voyage au Nigeria en me disant, oui, je vais aller en Afrique, je vais d'abord au Kenya, rien d'intéressant, ensuite je vais au Nigeria. J'ai African Giants et là, je me rends compte du milieu incroyable. que les gosses emmènent, c'est-à-dire, comme j'ai dit, le milieu de l'entertainment, avec les fashion week, les make-up artist industry, le oil and gas, et tout le monde avec leur abadal, le wedding ceremony. C'était juste incroyable. Je n'avais jamais vu ça de ma vie. Le plus gros choc culturel, je le dis toujours, c'est au Nigeria. Et là, je me dis, mais les femmes et les hommes sont tellement sophistiqués. dans la manière dont ils voient la beauté, que ce soit en parfumerie, en cosmétique, en maquillage, je me dis que c'est ici que je veux rester. Mais je n'ai pas de boulot, donc du coup je ne sais pas quoi faire. Je me fais embaucher par Très, je refuse même d'y être parce que je me dis, ouais, j'avais pas prévu de bosser pour Très en project manager du tout, en plus c'était avec Junior. Mais au moins, ça me permet de rester un peu plus au Nigeria, ça me permet de payer mes factures. Parce qu'en plus, quand je ne veux pas bosser, je leur donne un gros salaire, je leur dis que je vais être payée en euros, alors qu'ici, ce sont les dollars, parce que je leur dis que je n'ai pas de compte, machin. Et puis finalement, ils acceptent. Quand on croit finalement le culot, ça paie toujours. Je suis partie dans la négociation en me disant, peut-être qu'ils disent non, j'en ai rien à faire. Donc, je suis partie littéralement avec un concept assez détaillé de ce que je voulais pour qu'ils me disent non, en fait. Donc c'est le culot qui a fait que je sois bien payée, que je sois bien logée, que j'ai un chauffeur privé, etc. Et en restant à Lagos, je me dis que je vais aller dans des centres commerciaux et voir la différence entre la beauté légotielle, la beauté parisienne et les critères. Et juste tout simplement étudier la beauté sur des dynamiques différentes. Europe et Afrique, je vais dire ça comme ça, mais plutôt Nigeria, France. et Legos Paris plus précisément. Et là je me fais contacter par la distribution de L'Oréal Luxe et par un membre de la direction de L'Oréal qui me propose d'être manager pour le Nigeria. Mais mon rôle n'existe pas, ma carrière n'existe pas, il n'y a pas de manager distribution, marketing, etc. Et donc créer un job pour moi avec... Donc d'une telle manière je devais presque faire mes tâches, aider à remplir les tâches que je devais. porté et mené dans la capitale. Et donc, c'est là que je commence à représenter, après des entretiens, c'est pas comme si on m'appelait, et puis non, je suis passée trois, quatre entretiens, et puis le dernier, c'est avec l'équipe L'Oréal directement, L'Oréal-Lupes, excuse-moi. Et là, je suis prise, et je commence donc à représenter les marques Armani, Lanco, Missa Laurent, Polo Ralph Lauren, Azaro, et tout le reste sur l'Afrique de l'Ouest, donc Ghana y compris. Et donc voilà, passionnant, j'apprends un peu tous les jours parce que moi n'ayant jamais travaillé en Afrique à part en parler, j'apprends sur la culture d'entreprise qui est quasiment inexistante, l'intégrité, tout, tout, tout, tout, les décalages, l'approche au retard, mais ce sont vraiment la gestion humaine et la plus complexe en Afrique et là j'apprends vraiment. à adapter les qualités de manager localement, ce qui n'a rien à voir avec Paris. Rien. Donc, passionnant, passionnant. Tout s'est appris sur le terrain. Et j'ai l'impression de t'en parler.

  • Ramata

    Vraiment, cet épisode est à toi. J'ai des amis qui me disent ça. Je dis, mais tu as une heure pour parler de toi, profite !

  • Vanessa

    Moi,

  • Ramata

    j'aimerais que tu nous expliques, en fait, c'est quoi le métier d'un manager afrique, d'un EREA manager ? C'est quoi tes différentes missions ? C'est quoi l'objectif ? J'imagine que c'est de s'assurer que les marques, elles soient bien distribuées, bien développées. Mais est-ce que tu peux nous décrire un petit peu en quoi consistent les différentes missions qu'on a pu te confier chez L'Oréal, par exemple ?

  • Vanessa

    Oui, tout à fait. Alors déjà, il y a des missions de distribution. pleinement, ça c'est du trade, de produit A à Paris au produit A à Légos, comment il se représente en boutique, est-ce qu'il y a suffisamment de stock, quelle est la demande, est-ce que les produits sont adaptés ? On a des cas où, par exemple, si une marque veut venir mettre des produits bronzants, dans les étagères en boutique, ce sera notre expertise qui va leur dire non, parce que c'est 89% de la population des Gaussiennes, c'est clair, c'est la peau, donc c'est pas la peine. On a donc, oui, ce rôle de distributeur, on a le rôle d'expert, de conseiller, on a un rôle d'accompagnement, de développement avec des nouvelles opportunités terrain, par exemple, s'il y a une nouvelle boutique qui ouvre dans la capitale, est-ce que, oui ou non, les produits y seront ? On a l'étiquette aussi de la crédibilité d'une maison, le fait de s'implanter officiellement, parce qu'il y a beaucoup de fonds. Alors on n'a pas les chiffres pour le luxe en termes de produits factices, mais pour la parapharmacie par exemple, c'est 89% ou 86% des produits qui sont contrefaits. Donc, il y a plus de chances d'avoir du faux que du vrai. On a aussi le développement marketing, bien entendu, l'influence, avec tous les rapports aux influenceurs, aux leaders d'opinion, aux influences de consommation. On a les lancements produits, que ce soit des lancements boutiques ou des lancements extérieurs. On a tout ce qui est le développement médiatique. des campagnes publicitaires, que ce soit des campagnes en ligne, que ce soit des campagnes sur de l'affichage TV. En gros, c'est éduquer le consommateur à l'arrivée de la nouvelle marque. Et puis, surtout, surtout, faire attention à ce que la marque ne tombe pas en termes d'images une fois qu'elle est implantée au Nigeria. Parce que si on voit en termes de statistiques, par exemple, de la consommation globale des Africains, où il y a une concentration de Nigeria, par exemple, Atlanta, Lagos, Londres, les Nigéreux représentent 46% des consommateurs africains, où ils sont représentés à l'étranger. Ce qui veut dire que si on fait tomber les marques ici, on part au chiffre à l'heure. Donc c'est très important de garder ça en avant une fois qu'on arrive dans les stores, de se rendre compte est-ce que le produit est bien représenté, est-ce qu'il est marchandé exactement comme une boutique ailleurs, est-ce qu'il y a suffisamment de testeurs, est-ce que les testeurs ne sont pas vendus, parce que souvent on a des retailers qui gardent les testeurs et qui les vendent, souvent on a des produits sur le marché qui viennent d'ailleurs et qui sont vendus moins cher, mais il faut regarder aussi les références au prix, savoir si... vérité, leur les vendent au même prix ou plutôt le double, ou plutôt moins cher. Donc, garder quand même une image de marque. Donc, c'est vraiment entre du micromanagement et du due diligence, si on peut dire ça comme ça aussi. Et tout faire un rapport de concurrence, un rapport de progression, un rapport chiffré du marché et puis du business.

  • Ramata

    Et du coup, est-ce que tu peux nous parler de la distribution à Lingus ? Parce que du coup, voilà. J'imagine que, enfin je sais qu'il n'y a pas un Sephora, un Mariano ou un Ocidé là-bas, mais du coup, quels sont les enseignes de distribution de beauté qu'on peut retrouver à l'égo, c'est même ailleurs, puisque toi tu t'occupais pas seulement du Nigeria. Donc quand on cherche à s'implanter en fait dans le secteur de la beauté, quels sont les enseignes de référence vers lesquelles on peut aller ?

  • Vanessa

    Alors je vais donner des équivalences, même si c'est... pas du tout le même niveau ni d'expertise, ni de développement, ni chiffré. On a ce que je vais considérer comme le Sephora de Lagos, qui s'appelle Essenza, ils ont des boutiques un peu partout, ils en ont à peu près une trentaine, une quarantaine dans le pays, en partant d'Aboudia, Lagos, Port-à-Court, qui sont plus ou moins les plus grandes villes, donc ça s'appelle Essenza. Ils tiennent 70 à 80% des projets commerciaux. 70 à 80%. Donc ils ont toutes les marques quasiment, certaines marques en exclusivité, notamment Fenty qui est en exclusivité avec Essenza. Parfums, ils n'ont pas Parfumel, ils ont d'autres parfums, Armani Privé. Et ensuite on a l'équivalent de Marionno, qui est au Nigeria, représenté par... Mountain Place, qui tient un petit peu le reste aussi, qui font aussi des parfums de niche, mais le plus, c'est commercial. Et ensuite, on a des boutiques qui ne font que du parfum de niche, un peu le Ausha, mais pas du tout. Je précise, c'est pour donner vraiment un comparatif. On a le Ausha, donc ils ont moins de boutiques dans la ville. Et ils n'ont que des parfums de niche, pour le coup. C'est pour ça que je fais ce comparatif. Et ça s'appelle Cascade. Et ensuite, on en a un, ça m'échappe là tout de suite parce qu'on bosse vraiment, vraiment moins avec lui. Ça me reviendra. Mais ce sont les quatre plus gros retailers. Et ensuite, ce sont des petits micro par-ci, micro par-là avec qui on ne bosse pas parce que malheureusement, ceux qui ont le monopole ou qui ont la dominance sur le marché ne veulent pas que les marques, en tout cas que moi, j'ai eu à tenir. ou que le tien soit distribué chez eux. Donc, parce que c'est aussi du politique, on va dire ça comme ça, on reste avec ceux qui nous font le plus de chiffres.

  • Ramata

    Très bien. Concentration du marché avec un certain nombre de leaders, ça paraît cohérent. Et en termes de lancement, quand une marque arrive, je sais qu'il y a souvent des événements de lancement avec des créateurs de contenu, des célébrités, soit dans le milieu de la musique ou dans le milieu du cinéma. Est-ce que ça fait aussi partie de stratégies sur lesquelles tu travailles pour pouvoir assurer, comment dire, pour pouvoir... Pour s'assurer qu'en termes informés, en tout cas, du lancement d'un nouveau produit, d'une nouvelle marque sur un territoire ?

  • Vanessa

    Oui, absolument. C'est très important déjà parce qu'on n'a pas de vrai moyen de communiquer différemment que par l'influence. Ce n'est pas comme si on a la culture du MOL ou la culture de la marche, ou que nos boutiques sont si luxueuses et si bien faites ou bien pensées que ça. pour vraiment donner envie au consommateur d'y intégrer sa curiosité, en tout cas son plan d'action. Donc les gens ne vont pas aller par curiosité voir ce qui se passe en boutique pour rien. Donc pour l'instant, jusqu'à ce qu'il y ait la culture du MOL ou des boutiques suffisamment sophistiquées ou développées pour attirer l'attention, nos moyens de communication sont principalement par l'influence, par le média. Et oui, on a des façons différentes de communiquer selon les marques ou les maisons qu'on représente. Si on prend des marques un peu plus simples, enfin pas un peu plus simples, ça manque de temps, des marques plus organiques dans leur lancement, on va prendre, quand je dis organique, c'est en termes de façon d'ADN déjà. Si je pense à Dior par exemple, je pense à Fancy, qui sont des marques qui auront de manière organique une facilité d'implantation. Tout simplement parce que Fenty peut se retrouver à la plage comme genre sauvage, comme genre backstage peut se retrouver à la Fashion Week. Ce sont des marques qui aisément épousent le système qui est déjà mis en place. Il y a des marques plus complexes à gérer comme Armani, qui est une marque très pointue en termes d'esthétisme, qui fait quand même appel au costume, qui ne peut pas s'implanter partout. Il y a des maisons comme Clave Christian aussi, qui est une maison de niche où les entrées de... Les produits sont à 500 pounds, donc on ne va pas les inventer de la même manière. On a des influenceurs ou même des personnes d'influence qu'on ne pourrait pas forcément représenter dans ces maisons également. Si on prend Fancy, par exemple, qui s'en fiche un peu à raison du code vestimentaire de son client, parce qu'ils sont très edgy, ils sont très libres, ils sont très inclusifs. On a des marques plus élitistes, si on peut dire ça comme ça. Et donc, on ne fera pas la même démarche de lancement. C'est Franck-Leif Christian, qui est une marque pour qui j'ai fait du consulting. Lorsqu'on a fait le lancement, les influenceurs étaient triés sur le volet. Il fallait regarder la réputation de l'influenceur, savoir ce qu'il faisait dans la vie, qui avait accès à lui, quelle était sa classe sociale. Ensuite, le lancement, on l'a fait accompagné d'une banque en utilisant les datas clientèles de cette banque en question pour prendre les meilleurs de leurs clients parce que le projet était à 500 pounds, c'est-à-dire 600-700 euros en montant. Ça, c'est l'entrée de gamme. Donc, on ne vendra pas un gloss ou un parfum de niche comme on vendra du commercial. Pas du tout. Ce n'est pas le même développement, ce n'est pas la même attraction, ce n'est pas la même stratégie.

  • Ramata

    Très bien. Donc, du coup, toi, tu vas intervenir autant sur la partie commerciale, distribution, dans les stratégies, mais également sur la partie communication, puisque communication influence l'autorité de la marque, puisque les deux sont complètement liés pour pouvoir assurer le développement et le succès d'une stratégie de lancement en Afrique.

  • Vanessa

    Absolument. Je micromanage quasiment tout. Et ça, c'est mon côté perfectionniste, qui n'apparaît pas toujours en ligne, je sais, parce que je suis très spontanée, très drôle, très bubbly, si on peut dire ça comme ça, parce que ça, c'est mon côté loisir. Mais au travail, je suis très pointue, très constante. Et surtout, je déteste l'incompétence. S'il y a vraiment une chose que je déteste, c'est l'incompétence. Et quand on travaille en Afrique, On a un gros choc culturel d'expertise. Et je précise, parce que je ne vais pas dire que c'est de l'incompétence, mais si je ne vérifie pas tout ça, ce que j'ai appris sur le tas, justement, c'est moi qui deviens compétente. Alors, on a une grosse problématique de recrutement. Parce qu'on a une distribution qui, en général, il cherche des exécutants. Et dans une compagnie, il faut de tout. Il faut des stratégistes, il faut des exécutants. Et tout le monde a un rôle bien précis pour le bien-être ou le bon fonctionnement des tâches quotidiennes. La problématique, c'est que la distribution ne développe pas les talents. Et donc, quand on arrive en Afrique, il faut avoir son expertise. Parce que ce ne sont pas les entreprises, en tout cas dans les... avec lesquels j'ai bossé jusqu'à aujourd'hui, qui développeront, par exemple, je n'ai pas bossé avec L'Oréal directement, j'ai bossé avec la distribution qui représentait L'Oréal. L'Oréal développe des talents, L'AMH développe des talents, vous avez des formations, vous avez des trainings, vous avez des upgrades ou des programmes d'entraînement, etc. ou des best practices auxquels vous avez accès, que nous, on n'a pas. Donc, quand on arrive, c'est quasiment avec son talent, bon, avec son expertise, et c'est à nous de le développer. La problématique, c'est que comme ces entreprises ne recrutent pas beaucoup de talents de management, ou de... comment on appelle ça ? En tout cas, un niveau de master qui a été à l'international de la diaspora, qui a quand même été très exposé au code luxe, ou qui a été très exposé à une éducation, je dis bien une éducation scolaire, on ne parle pas d'éducation personnelle, mais... L'éducation scolaire qui a pu développer cet accès à l'expertise du raffinement ou de la sophistication, ça fait que leur regard sur le marché n'est pas le même. Si je donne un exemple, la dernière fois, il y avait une masterclass en produits. Les produits que nous, on manage étaient par terre, dans des sacs shopping bags au sol. Et ça ne dérangeait personne parce que leur... œil, leur regard professionnel n'est pas affûté pour voir ce genre de détails. Donc si moi, du haut de mon bureau, je ne suis pas poète et paysanne, je vais tomber les marches, parce qu'il est hors de question de voir des produits qui sont aussi bien tenus ailleurs être par terre en Afrique ou en Géant, en tout cas dans tous les marchés que j'analyse. Et... Et... même en termes de chefs, en termes de construction, s'il y a la poussière à gauche, à droite, la selling ceremony, comment le client est accueilli en boutique, il faut être attentif au training, est-ce qu'ils ont bien retenu ? Est-ce que là, c'est vraiment ça ? C'est qu'il y a une disparité dans les classes sociales qui fait qu'entre la vendeuse et la cliente, il y a une mille et une mille lumières d'intérêts communs. Il y en a une qui voyage tous les mois et l'autre qui n'a jamais... Pour qui l'égo, c'est déjà un voyage hors normes. Donc c'est très compliqué, c'est comme aller à Paris chez Guerlain et peut-être se faire vendre un produit par quelqu'un qui vient d'une 93. C'est vraiment pour donner cette disparité. Quelqu'un qui vient d'une 93, qui ne s'est pas fait les ongles, qui a une perruque. Mais ce genre de détails, ça paraît très primaire ce que je dis, mais c'est la réalité. Et comme la distribution ou les retailers n'ont pas cette notion de... comment dire, cette notion de développement humain. Oui, on va leur donner des tenues vestimentaires, mais on n'aura pas, comme par exemple chez Emirates, un cours de beauté, un cours de maquillage pour les make-up artists, un cours de, comment dire, d'hygiène de cours. La manière dont les doigts peuvent être faits, quand on tient un parfum, comment est-ce qu'on l'expose, etc. C'est très important. Et donc, si on a... pas comme moi cette connaissance par curiosité, par passion, par expérience, par chance peut-être. Si on n'a pas ça et qu'on reste derrière son bureau, on laisse un marché tomber. Et donc au fur et à mesure, une personne par une, on change un peu la donne. Donc on remartèle des leçons, on remartèle des cours, on remartèle des fonctionnements. Puis, dans un autre marché, je n'aurais pas besoin de le faire. Parce qu'il y a d'autres équipes qui s'occupent de ça. Mais quand on est one in a million à savoir le faire et à devoir le faire, eh bien, on le fait.

  • Ramata

    Je comprends, il y a une dimension managériale qui est du coup super importante dans ton job que potentiellement, tu n'aurais pas si tu travaillais dans une autre région du monde. Toi,

  • Vanessa

    tu as une... Tu as une bonne expertise du marché de la beauté en Afrique et particulièrement en Nigeria. C'est quoi les évolutions que tu as pu constater, ça peut être en termes de produits, comme en termes de comportement des consommateurs, qui toi ont pu te frapper dans la manière dont... Alors pour moi, ce n'est pas en comparaison par rapport à ce qui se passe en Occident, mais c'est plutôt, qu'est-ce qui se passe en ce moment dans le secteur de la beauté en Afrique, si tu devais nous donner trois petits insights à retenir ?

  • Ramata

    Alors déjà il y a une grosse vague skin care, qui est maintenant une des grandes modes, c'est d'avoir un teint zéro défaut, avoir le teint brillant en se mettant des produits skin care et d'avoir vraiment ce côté, on n'est plus dans la couvrance. Quand je venais d'arriver, c'était vraiment, ça fallait toujours à un certain extent, mais c'était vraiment tout cacher, tout couvrir, tout voiler. Donc là on a changé, on n'est plus dans les fonds de teint hyper couvrants, on est dans des crèmes teintées, on est dans des fonds de teint allégés, on est dans vraiment le côté soin, on est dans une grosse phase soin. Il y a aussi des maquillages plus légers, forcément, le développement de tout le côté marin, tout le côté plage, le lifestyle qui se tourne autour de laquelle je pense aussi faciliter cette envie. de voir sa peau un peu plus reposée, d'être un peu plus naturelle. Les nid de géant ne sont pas très naturelles, mais on remarque quand même une différence de sophistication dans la manière dont c'est fait. Donc ça, j'ai ça. Ensuite, il y a eu un gros changement que moi je pensais être très lié au type de consommation, c'est la chute du Naira, qui a quand même baissé de 70% en valeur. Et donc là, on a eu une grosse chute de consommation également. Et puis au final, je me suis rendue compte que non. En fait, ce qui énerve, je veux dire, qui commence à mettre les sociétés en colère, si on peut dire ça comme ça, dans le milieu de la beauté, c'est qu'elles se disent que les marques internationales arrivent simplement pour faire leur argent et partir sans prendre part à la culture, sans investir, sans être curieux et juste font les choses comme ça. Donc... ils décident de ne quasiment plus acheter, même pas parce que c'est plus cher, mais juste parce qu'ils ont perdu l'intérêt d'acheter localement, qui est quand même le premier challenge auquel on fait face, c'est qu'il faut acheter localement, ils préfèrent pas. Donc ils se disent, tant qu'à faire, je préfère acheter à Londres et me faire livrer à Lagos que d'acheter à Lagos parce que les marques ici ne nous respectent pas. Et ils ont bien compris que le système des marques internationales au Nigeria, en tout cas en Afrique, n'est pas le même. Donc si on prend les mêmes marques à Paris et les mêmes marques à Lagos, ils n'auront pas du tout le même intérêt pour le consommateur, ils ne seront pas dans le fichier client, ils n'auront pas un meilleur traitement. Donc en gros, ils ont compris qu'il n'y a aucun, je précise et je l'en dis, il n'y a aucun intérêt à acheter un produit international en Afrique. Il n'y en a pas un. Pas le fichier client, la réception est mauvaise, le service n'est pas bon. Le produit se demande s'il est vrai ou pas, s'il a tourné ou non, mais ça c'est psychologique. Acheter avec une monnaie qui n'est pas intéressante, même la psychologie de l'argent par exemple, il y a une différence entre un billet de 100 euros et 150 000 l'aira ou 250 000 l'aira, ça fait quand même beaucoup plus en pensée que prévu. Non, il n'y a aucun intérêt, donc pourquoi le faire après les emboutées à HMH, à revenir ? Non, il n'y a aucun intérêt. Donc ça c'est quelque chose que les marques, je pense, n'ont pas encore compris, parce que leur objectif premier c'est de vendre, alors qu'en fait on n'achève pas pour un produit, on achève pour une promesse. Quelle est la promesse qu'on a quand on pense une boutique au Nigeria ? Il n'y en a pas. Donc quel est l'intérêt ? Aucun. Et je pense qu'ils ont perdu l'intérêt, ni même l'intention, en fait ils n'y pensent même plus, ça paraît trop distant. Et je pense que si les marques étaient au courant de cette... Cette façon d'agir localement qui est toujours très mauvaise, on a certains retailers qui demandent des contrats avec des influenceurs, de ce que j'ai cru comprendre là. Et une fois que le produit, le contenu est fait, ils leur demandent de leur rendre les produits et tout. Il y a tellement de choses qui se font, c'est un peu la mafia, si on peut dire ça par moments, c'est un peu la mafia du traitement qui en défaveur des marques à l'international. Et comme il n'y a pas de pont... entre, c'est pour ça que j'ai créé mon entreprise d'ailleurs, pour éviter d'être derrière la distribution et plutôt avoir ma propre compagnie où je peux avoir un accès direct aux maisons et leur expliquer avec une certaine cohérence et une bienveillance les travers du business du marché local. C'est ce que j'essaie de faire à chaque fois que je fais du consulting pour l'EMA. Parce que quand on travaille avec la distribution par exemple, on a du mal à passer au-dessus de la hiérarchie pour expliquer une problématique qui de toute manière finira par être agressée si on la partage. Donc voilà.

  • Vanessa

    Très bien, merci pour ces insights extrêmement précis sur le marché africain parce qu'à chaque fois en fait on déplore le manque de data. Et moi, je trouve ça toujours intéressant de poser des questions à des gens qui sont sur place et qui travaillent pour des marques, tant que tu es au fait de vraiment ce qui se passe localement. Ce n'est pas un regard externe, en fait, ou rapporté. Donc ça, je trouve ça super intéressant.

  • Ramata

    Surtout que je me permets juste de rajouter un truc pour les datas. Oui, on déplore qu'il n'y ait pas de data, mais en fait, on ne cherche pas les datas non plus. On veut. On ne crée pas de data, on veut juste que les marques en général veulent juste arriver et que les data soient toutes faites. Non. En fait, au lieu de payer une compagnie qui va faire du faux collecte data, je ne sais pas comment dire ça, la collection de données, une étude, je recommande toujours à ces maisons d'avoir un système opérationnel. La problématique, c'est qu'aucune de ces maisons n'a une plateforme opérationnelle. C'est-à-dire que dès qu'il y a un local ou un lieu ou un événement où il peut se passer beaucoup de choses pour la marque, elle ne peut pas avoir cette dynamique d'implantation ou de participation parce qu'elle n'a pas de budget opérationnel, tout simplement. Alors, en ayant un budget opérationnel, ça permet qu'elle soit présente à l'endroit et qu'elle puisse justement créer leurs datas à partir de là. créer leur base de données à partir de ça. Après, dire qu'il n'y a pas de data, ce n'est pas tout à fait vrai. Ne pas savoir comment utiliser les datas, c'est une autre chose. Et comme ces marques ne font aucun partenariat avec d'autres maisons, d'autres instituts, d'autres événements, elles n'auront jamais les datas. Parce que si une marque arrive et se dit, comme on avait fait une fois, il y a des concerts, tous ces concerts ont des bases de données incroyables de tous les consommateurs. Il y a des centres d'esthétique. Le Nigeria est reconnu pour ses centres d'esthétique. Toute l'Afrique voyage pour aller au Nigeria pour avoir des soins de peau. Il y a des datas incroyables. Dans les banques, il y a des datas incroyables. Nous, on a fait un lancement avec des banques. Donc, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de data. C'est-à-dire qu'ils ne savent pas où les chercher, comment les traiter et quoi en faire. Oui, il y en a.

  • Vanessa

    Merci pour cette précision. Du coup, effectivement, il y a un sujet de l'accessibilité de la data et de prendre le temps de la chercher, en fait, parce que là où on va être habitué à, surtout ce qui est le marché occidental, il va y avoir énormément, il y a presque trop de data. Il y a Business of Fashion qui sort un livre blanc gratuit, il y a McKinsey qui sort un livre blanc, il y a Bain Company qui sort un livre blanc. Il y a des infos de toutes parts. Et c'est vrai que sur le marché africain, il n'y a pas cette facilité d'accès qui peut nous donner l'impression qu'il n'y en a pas. Mais effectivement, l'idée, c'est d'aller prendre le temps d'aller chercher et aussi de mettre en place des choses, comme tu le disais, pour pouvoir créer de la data et en collecter de manière régulière pour le faire évoluer. Maintenant, je voulais en venir à toi. Donc, tu as ce parcours dans la beauté où tu travailles en tant que consultante, tu travailles en direct. pour un certain nombre de groupes experts dans la beauté ou de marque. En parallèle, tu as la création de contenu et tu as la création de ta marque. Donc la création de contenu, c'est quelque chose que je suis depuis longtemps, parce que ta passion pour la beauté, tu l'as exprimée à travers de l'écriture, à travers le blog. Et puis la marque, c'est venu un peu après, parce que tu as une passion pour la beauté, mais tu as aussi une passion pour la mode. J'appelle ça des passions... Toi, tu me diras si c'est le terme que tu emploies, mais en tout cas, je pense que la mode, c'est aussi assez important pour toi. Donc, est-ce que tu peux nous parler du côté, je dirais, on peut commencer par la partie création de ta marque. Parce que là, ça fait quelques années qu'elle est créée, ta marque de mode, Muse Atelier.

  • Ramata

    Oui, tout à fait. Alors Muse, je l'ai pensé il y a très, très longtemps et je n'avais pas le temps. Je n'avais pas le temps de la créer. Et je me dis, je dis toujours ça, mais ce qui est le pire, c'est que je l'ai créée à l'époque où j'étais le plus occupée. C'est durant le Covid. Et durant le Covid, on n'avait pas une seule seconde. Et je pense qu'à force de travailler, parce que durant le Covid, je managais encore L'Oréal, lui, ça a plein de temps, pas à travers ma compagnie, mais à plein de temps, et on n'avait pas une seule seconde. Et en fait, je pense qu'à force, comme on dit, l'appétit vient en mangeant. J'avais déjà déposé Muse Atelier, Muse pour le coup, j'avais déjà déposé Muse, et je sors d'une rupture, et là je suis triste, je n'en pouvais plus de ma vie, et je me dis, j'étais hyper occupée, donc à chaque fois que j'étais en meeting avec L'Oréal, je mettais Mute, je pleurais, je remettais Mute. J'explique ça, mais vraiment, c'est très important d'avoir une dimension psychologique dans mon approche, parce que je ne veux pas que tout le monde pense « oui, elle fait ça et tout d'un coup, ça fonctionne » ou « elle fait ça, tout va toujours bien dans sa vie » , etc. C'est toujours important d'avoir une transparence sur son habilité à rebondir quand ça ne va pas, ou son état d'esprit. Je sors d'une rupture, je suis à Dubaï, et le jour de ma rupture, je reçois enfin, alors que j'avais fait un dépôt de... de marque pour le Nigeria, pour Muse. Je reçois, je pense que c'était le 19 décembre, je ne sais plus exactement, le 19 ou le 23, je ne sais plus. Je reçois le jour de ma rupture mon certificat d'enregistrement de ma marque. Je me dis, quel cadeau ! Quel cadeau ! Et finalement, je pleure à moitié, mais je pleure quand même. Enfin bref, on déprime pendant des mois et des mois. Et pendant des mois, je fais tout en pleurant. Et je suis occupée avec L'Oréal et je pense qu'à force de bosser, ça m'a donné envie de continuer. Et je me dis, écoute, c'est quoi au lieu de pleurer, rester seule dans ma chambre, je vais commencer à dessiner mes dessins. Et je commence à chercher tous mes tissus, en plus il y a le Covid. Donc au départ, mes tissus, je les prenais au marché et je me suis rendue compte que j'étais juste en train de me divertir et que ça me poussait à me lever à des heures où je n'aurais peut-être rien fait, où je ne serais peut-être, je serais restée dans ma chambre à pleurer. Et je me suis dit, voilà, je suis en train de me divertir. tous les jours où j'aurais envie d'être mal, je vais marcher. Donc, comme j'allais au marché dans tous les cas, j'avais une activité physique. Je pense que ça a contribué parfaitement à ma petite guérison, si on peut dire ça comme ça, parce que finalement, la confiance en soi, c'est le fait d'accomplir des choses et d'en être fière. Et du coup, je pense que ça a vraiment participé à ma « recovery » , si on peut dire ça comme ça. Et je lance donc Muse et je lance ma collection. Et en plus, je ne lance pas ma collection en étant certaine que ça va fonctionner. Je garde un gros stock et à chaque fois, je me dis non, je ne suis pas prête, je ne suis pas prête, je ne suis pas prête. Et je ne la lance jamais alors que j'ai toute une collection. J'ai quasiment tout été fait quasiment. Et là, j'ai une amie qui a une boutique ici à l'égo. C'est une amie nigériane, nigériane, nigérique. Elle arrive chez moi. Et elle me dit « Mais Vanessa, t'es prête ? » Et elle, elle a une boutique de prête à porter, elle a un molle, etc. Et je lui dis « Non, je ne suis pas prête. » Et je pense qu'en fait, je pense que si je dois pointer une émotion, je pense que c'était de la peur, alors que je ne considérais pas que c'était de la peur, j'avais juste l'impression que je n'étais pas prête. Et je pense aujourd'hui, avec un peu de recul, que j'avais juste peur de me lancer officiellement. Elle me dit « Mais non, attends, je t'achète ça, ça, ça. » Donc elle me dit... regarde où sont les shopping bags, tout était prêt. Et donc je lui donne tout, je mets tout sur le shopping bag et je lui vends. Et je lui dis, mais alors pourquoi tu n'étais pas prêt ? Tout était prêt, vends tes produits. Et donc là je dis, c'est vrai. Et toi tu dis non, non, non, on nous tape pas, etc. Et donc c'est là que Muse commence. Et puis de toute manière, il y a une citation que j'adore qui dit que quand tu lances ton produit et qu'il n'y a plus rien à changer, c'est que tu l'as lancé trop tard. Et donc je lui disais mais il manque ça, il manque ça, il dit non regarde tu as réussi à me vendre des articles là c'est que c'est bon, allez tu te lances. Et donc là je lance Muse et Muse Atelier pour le coup et belle réception du public, si ça fonctionne jusqu'aujourd'hui donc tant mieux. Là je vais lancer mon premier, je vais faire, c'est encore, j'ai juste accepté mais je n'ai encore rien signé, je vais faire mon premier défilé pour octobre, octobre, novembre. Je suis déjà en train de préparer la collection donc j'aurais peut-être pas... collection d'été là parce que c'est mon premier fashion show, on ne sait pas, mais là j'essaie de jongler un petit peu entre mes différents projets et surtout mes différentes entreprises pour voir ce que je peux faire à mon rythme ou en tout cas je dis toujours l'essentiel c'est d'avancer à son rythme. Il n'y a pas de pression, je ne suis pas en train de faire la concurrence avec la fashion week et tous les lancements ni même Zara à mon rythme et puis... tant que j'avance et que j'ai une vision, ça va.

  • Vanessa

    C'est une bonne philosophie. On fait la course contre personne à part nous-mêmes, donc c'est à nous de définir le rythme, en fait, et pas de se laisser finalement stresser par le bruit autour. On n'a pas les mêmes ressources, les mêmes moyens, donc des fois, on se compare à des gens qui n'ont pas du tout. On compare des choses qui ne sont pas comparables. En tout cas, je te remercie dans ton témoignage de faire preuve de vulnérabilité parce que je suis assez d'accord avec toi. On a tendance à raconter des success stories, à montrer des belles photos, à montrer tout ce qui va bien. Et effectivement, on a l'impression que tout va bien pour cette personne. Regarde, elle a une marque,

  • Ramata

    elle est totale,

  • Vanessa

    elle sourit tout le temps. Donc, tout va bien. Et en fait, c'est ce qu'on souhaite. Mais c'est vrai que le parcours d'entrepreneur, effectivement, il y a des challenges, il y a des défis. Il faut gérer le perso, et ce n'est pas toujours évident.

  • Ramata

    Et même le trou, il faut le gérer. Je vais donner cet exemple parce que c'est tellement important de ne pas faire la même chose. C'était une de mes grosses erreurs de débutant. Donc, je lance Muse, et je pense qu'un de mes premiers chiffres au lancement de Muse, c'était dans les 30K. Et je me dis, oh, tout cet argent pour moi, etc. Mais délire total. Quand je dis délire total, délire total. Et là, je vais à Dubaï, je prends mes vacances. Je vais à Dubaï, je m'achète une chauffard. Je demande, j'appelle ma soeur, une montre, je précise. J'appelle ma soeur, je dis, qu'est-ce que tu veux et tout. J'ai fait beaucoup d'argent, machin. J'appelle mon autre soeur, je leur achète un peu toutes les choses. Et là, il faut créer l'autre collection. Mais Vanessa Hazard a brûlé tout son revenu. Vanessa Hazard a brûlé tout son revenu parce qu'elle a manqué de discipline. Parce que c'était la première fois que d'un coup, je gagnais autant. Et je précise, d'un coup, je ne gagnais pas progressivement. Et je me dis, c'est ouf. Et je regarde, pendant que je regrette un petit peu, je regarde une interview de Dengueté. C'est pour ça que j'en parle, parce que pour celles qui ne regardent pas Longoté, pour celles qui ne suivent pas son parcours, pour celles qui suivent mon parcours, je regarde donc Vanessa, donc regarde l'interview de Longoté et on lui demande quelle erreur un jeune entrepreneur fait en général. Et il dit la première erreur qu'un jeune entrepreneur fait en général, c'est de gagner ses revenus et de les dépenser dans des consommations qui n'ont rien à voir avec le business. chose exactement que j'ai faite. Et c'est pour ça que je donne toujours ce conseil à toute personne, c'est de garder la même discipline que vous avez eue pour commencer. Ne vous laissez pas séduire ou flatter par les chiffres. C'est cet argent dont vous avez besoin pour construire la suite. Et si je n'avais pas dépensé cet argent, je suis persuadée, mais persuadée, après, toutes les erreurs sont utiles, que j'aurais eues en... plus gros développement en retailing. Par exemple, là, j'ai été contactée pour un autre retailer à Paris, un autre retailer en Côte d'Ivoire, un autre retailer à Cape Town, en Afrique du Sud, un retailer au Sénégal et au Cameroun. Et malheureusement, ma production est trop petite pour l'instant pour pouvoir faire plus de développement ou avoir une présence plus importante ou des ventes plus importantes. Et je peux te garantir que j'en reste convaincue que si je n'avais pas joué jouer avec ces bénéfices-là, je n'en serais pas à devoir exprimer cette erreur aujourd'hui. Donc, je double down sur garder vos intérêts pour réinjecter dans le travail.

  • Vanessa

    Merci pour cette masterclass et merci pour l'honnêteté, parce qu'il y en a qui ne vont pas forcément nous raconter l'erreur, en fait. Il y en a qui ne sont pas trop à l'aise avec ça. C'est bien de dire que c'est comme ça qu'on apprend. Et c'est clair que ça peut aider énormément de porteurs de projets, de gens qui se lancent. Ou effectivement, les premiers euros gagnés sont les premiers à réinvestir dans la boîte. Puisque si tes consommateurs répondent bien à ce que tu offres, c'est une excellente réponse. Il faut réinjecter. Mais bon, je pense que tu es quelqu'un plein de ressources. Donc, on ne s'inquiète pas. J'ai hâte de voir la marque. à Paris bientôt. Et de toute façon, en attendant, via ton site internet... Non, alors je ne sais plus si tu as un site internet. Je sais que tu es sur Instagram.

  • Ramata

    Tout à fait, oui. Alors là, ma marque via site internet, oui. Elle est aussi disponible à Couleur Concept à Lydian et à Paris chez Esaris pour l'instant.

  • Vanessa

    Je mettrai les liens en note de bas de l'épisode et également dans l'article que j'écrirai pour, comment dire, en même temps que l'épisode du podcast. Je mettrai les liens pour que vous puissiez... aller voir la collection. Et du coup, la marque Muse, c'était quoi tes inspirations ? C'est quoi ta cliente, en fait ? Donc, on sait que la principale est gérée. Enfin, je dis on sait. Moi, je te suis, donc je sais que la principale est gérée l'une. En tout cas, c'est toi. Mais du coup, toi, quand tu imagines cette marque, tu cimes le qui, en fait ?

  • Ramata

    Alors, le nom de mon enseigne, c'est Muse, Muse qui représente une source d'inspiration. À l'époque, quand j'étais à l'époque du blog, je détestais dire les fans parce que je n'ai jamais... Non, ce n'est pas des femmes, la majorité de mes lectrices ou de mes muses, comme je les appelle, sont d'exceptionnelles femmes de qualité, certaines que je connais un peu plus parce qu'à force d'échanger chaque année. Je vois les profils de femmes qui me suivent, j'ai beaucoup de chance d'avoir des femmes intellectuelles, magnifiques dans leur mouvement de pensée, dans leurs actions si généreuses, gentilles, bienveillantes, donc je les ai toujours appelées les muses. Et donc je décide de lancer une marque et le nom de mon enseigne c'est « De l'émotion capturée dans du textile » . Emotions Capturing Textile. Et j'avais envie de faire une marque qui était nomade, nomade dans la pensée et très colorée. Je ne voulais pas que les couleurs unies tout le temps. D'ailleurs, je m'habillais tout le temps, tout le temps quasiment en couleur. C'est très rare que je sois en noir. Pas parce que le noir, c'est une couleur moins sympa. C'est juste que je suis timide de nature. Je sais, ça ne se voit pas. Je suis timide de nature et la couleur attire. Et quand on a de la couleur, on n'a plus besoin de faire son introduction. Et donc, j'avais envie de faire une marque, comme j'ai dit, nomade en pensée, qui puisse s'adapter à tous les pays chauds en général, qui puisse être fleurie aussi, qui puisse avoir de la couleur, de la vie, du mouvement. Et je ne voulais pas qu'elle soit figée dans une époque précise. Je voulais que le mus d'aujourd'hui, on peut le mettre hier, on peut le mettre demain, et puis qu'il y ait un accès à l'intemporalité de la femme. Et je trouvais que ce qu'on faisait, en tout cas jusqu'alors, au moment où je créais Mus, ce qu'on faisait des marques africaines, en général, c'était trop dans le cliché tout le temps. À l'époque, c'était le dashiki, ou alors le panne, etc. Et en plus, quelle panne ! Et je me disais, mais attends... Nous sommes des Africains de la diaspora, nous sommes des Africains qui véhiculons aussi nos codes, et nos codes ne sont pas que du traditionnel tout le temps, enfin moi je ne m'habille jamais en traditionnel, sauf peut-être, oui, pour un mariage, ou pour la journée de la femme, et encore ça c'est ma mère qui nous fait les vêtements, je me suis dit j'aimerais un vêtement qui puisse ressembler à la femme sans le cliché, voilà, sans le cliché, avec le mouvement de sa vie quoi. Et donc j'ai créé Muse. J'ai créé, j'ai capturé de l'émotion dans du textile.

  • Vanessa

    Et du coup, tout ça s'est fabriqué à Lagos.

  • Ramata

    Exactement, c'est fabriqué à Lagos. Le pari est compliqué de produire en Afrique, parce que chaque pièce a sa différence. Et ce qui dit que chaque pièce a sa différence, dit que chaque pièce doit être contrôlée. Parce que, en termes de qualité, parce que... d'une pièce à une autre, il peut y avoir un défaut de fabrication, il peut y avoir une différence de taille, il peut y avoir souvent de belles surprises aussi. Souvent, en faisant des pièces, on se rend compte que le tissu tourne mieux avec cette couture et pas l'autre, et donc on va réajuster la production. Donc il y a aussi du positif, il n'y a pas que du négatif. Il y a du positif de pouvoir changer les détails et puis de reprendre dans les trois premiers... on s'est rendu compte qu'on voulait rajouter un détail en plus, et bien les modèles suivants peuvent totalement être faits. Donc ça c'est aussi le côté un peu sympa, je veux dire localement. Et puis d'encourager les communautés aussi. Encourager les communautés, alors s'il y a une problématique à laquelle je fais tout le temps face, en Afrique, même pas que dans la mode, mais dans la beauté aussi, Mais dans la mode surtout, c'est cet état d'esprit de dire je ne peux pas, je ne sais pas faire, je n'y arriverai pas. Et en fait, au départ, je me disais oui, ils ont raison, c'est mieux de se dire, de dire tout simplement qu'est-ce qu'on sait faire et qu'est-ce qu'on ne sait pas faire. Ça, c'est le point fort. En général, les équipes à être lesquelles je travaille dans la beauté, même s'ils ont du mal à le reconnaître. Au départ, quand j'avais accès, quand j'avais plutôt une conversation avec... des personnes de la production ou de mon équipe, et qu'elles me disaient qu'elles ne savaient pas faire ou qu'elles ne pouvaient pas faire, je disais « Ok, si tu ne peux pas faire, ce n'est pas grave, on passe à autre chose, on essaiera un modèle plus facile. » On essaiera un modèle plus facile, je les ai tout le temps. Et en fait, mon ambition ne me permet pas d'accepter la facilité. Comme je dis, je suis pointue, je suis curieuse, j'ai beaucoup de drive. Et la fatalité m'embête profondément. Parce qu'en gros, c'est que tu n'as pas su mieux faire. Ce n'est pas que tu as fait de ton mieux, c'est que tu n'as pas su mieux faire. Il y a une différence entre peu mieux faire et fait de son mieux. Et donc là, j'ai fait d'ailleurs ça avec une jeune fille pour qui je fais du mentoring. Et je lui ai dit, OK, tu ne sais pas faire. mais je vais te payer pour rater. Donc, essaye et je te paye quand même. En fait, je me rends compte que localement, c'est une culture de se dire, je ne sais pas faire parce qu'on a peur de ne pas être payé si on rate. Et c'est cette peur qui emmène les gens localement à dire, je ne sais pas faire. Ce n'est pas parce qu'ils ne savent pas faire, c'est parce qu'ils se disent, si c'est mal fait, je ne serai pas payée. Et donc aujourd'hui, j'envoie en général une panoplie de sketchs aux équipes ou des gens que je mentor. en disant qu'est-ce que vous pouvez faire ? Donc déjà d'office, il me dit ce qu'il veut faire, j'ai dit qu'est-ce que vous ne pouvez pas faire ? Donc là on regarde ce qu'il ne peut pas faire, et je pointe un article, et je dis je vais te payer pour essayer de faire ça. Et ainsi de suite. Et j'ai fait ça avec une grande créatrice en maroquinerie aujourd'hui, qui me remercie jusqu'à présent, parce que si ce qu'elle ne savait pas faire est devenu son best-seller, elle est rendue au Maroc, en Côte d'Ivoire, à Paris, au Nigeria. dans les aéroports, et c'était son best-seller, et on est parti du principe qu'elle ne savait pas faire non plus, et que je l'ai payé en disant, vas-y, échoue, tu n'as rien à perdre. Parce qu'à la fin de la journée, une réussite, c'est un échec qui a fonctionné. C'est ça. C'est un essai qui a fonctionné, donc si on va sur le principe qu'on a raté, et bien, oui, donc c'est ça. Il faut vraiment... Le plus gros du Nigeria, c'est la capacité de la pensée. C'est le management d'une marque compliquée.

  • Vanessa

    Super intéressant, c'est une bonne philosophie. Une réussite, c'est un essai qui a fonctionné en fait. C'est assez intéressant cette démarche-là. Et du coup, toi en perspective d'avenir pour Muse, c'est quoi tes ambitions en fait pour ta marque ?

  • Ramata

    J'aimerais que Muse soit représentée un peu partout dans le monde, bien et net. Alors, être dans le retail et créer une boutique Muse, pas nécessairement. J'aimerais que Muse se développe, si je devais créer une boutique, c'est une boutique de beauté, un concept de beauté incroyable pour l'Afrique et pour les Africains, et qui se renchaîne un peu partout. Et où Muse serait développée, mais plus du côté cosmétique, plus du côté maquillage, beauté, parfum, etc. Le côté prêt-à-porter, je veux principalement que Muse soit représentée partout dans le monde, que ce soit dans les resorts, les hôtels. les retailings de toutes les belles boutiques, avec toujours, j'espère, un jour pouvoir enfin réduire. MUSE n'était pas parti pour être un produit qui devait coûter 200 euros ou 180 euros. Et quand on se rend compte des réalités du marché, avec les coûts de production, ne serait-ce que pour faire des tissus, parce que j'importe mes tissus, donc il y a les taxes, la livraison des produits pour le Nigeria, la fabrication, donc la production. les packagings et ensuite le renvoi ailleurs, sachant que DHL prend déjà 60 euros de frais d'une raison, c'est très compliqué de rentrer dans ces frais en ajoutant même ne serait-ce qu'un peu de marge. Et à long terme, si je pouvais trouver des chaînes de production de muses beaucoup plus proches que de la production des tissus, ce serait l'idéal. Parce que je ne veux pas, même dans les marques que je fais, oui, j'aime le luxe, oui, j'ai les codes de luxe, oui, je les connais, oui, je m'y associe, oui, ça fait partie de moi parce que j'ai grandi dedans et c'est quelque chose dont je suis habituée. J'estime aussi que le luxe, ça n'a rien à voir avec le prix. Souvent, c'est la considération, c'est un feeling, c'est la promesse qu'on donne, c'est le respect qu'on attribue. Et j'aimerais vraiment, dans tout ce que j'entreprends, pouvoir offrir cette dynamique à ma clientèle, donc à mes muses, parce que je connais la qualité des femmes qui achètent chez moi. Et ce sont des femmes qui ont quasiment les mêmes critères ou alors qui aspirent à ces critères. Parce que je sais que j'ai beaucoup de jeunes filles qui me disent qu'elles espèrent un jour pouvoir s'offrir une pièce muse. Et ça me fend toujours le cœur parce que forcément, j'ai envie de... de leur faire un moins 60 ou un moins 70%, il faut que je reste dissonance aussi, et surtout que ce n'est pas dans l'offre.

  • Vanessa

    En termes de pricing, comme il se trouve, c'est dans la promesse. Et j'espère qu'un jour, elles pourront mettre du Muse à des prix plus adaptés à l'image de marque que j'ai envie de donner à Muse. Je n'ai pas envie que ce soit une marque luxe qui coûte 1 000 euros. Non, pas du tout. Je veux que ce soit une marque qui épouse les conditions et les réalités du terrain. Et oui, elle est... peut-être faites pour les 1%, les 3%, mais je ne veux pas qu'elle soit inaccessible en image de marque. Non, je veux qu'elle ait un ADN plus premium et populaire, si on peut dire ça comme ça.

  • Ramata

    Très bien, c'est tout ce qu'on te souhaite. J'ai bien entendu le discours sur Muse Beauté, donc on est prêts à...

  • Vanessa

    Ah mais bien sûr ! Bien sûr ! Ah non, mais bien sûr, je suis sur un bon, beau projet. Là je vais à Bologne pour le salon de la beauté, le plus grand salon de cosmétiques du monde. J'y étais déjà il y a 2-3 ans, mais là comme mon projet devient de plus en plus fin sur sa dynamique, je veux y retourner pour être certaine. La première fois que je suis allée à Bologne, je ne savais pas trop ce que j'attendais de ma demande. Je suis un petit peu allée avec une curiosité générale. Là je vais dans le détail pour trouver la distribution. J'ai déjà plus ou moins... les sous-traitants avec qui j'ai envie de travailler. Oui, il faut maintenant que j'aille dans le détail de ce que j'ai envie de lancer, les formulations, c'est très important, de ce que j'ai envie de faire. On a des conditions différentes, ne serait-ce qu'en vivant sur le continent. On a des ponts qui réagissent différemment aux formules. que partout ailleurs. Parce qu'on a un terrain très humide, très chaud, on est souvent dans la cligne, il y a des choses qui fonctionnent plus ou moins ailleurs et qui donneront de l'acné ici par exemple. Je ne vais pas donner ça parce que je n'ai pas envie que ma concurrence aille se connecter et directement trouver mes formules. Mais il y a des choses que j'ai vraiment envie de faire avec précision pour notre continent et pour notre diaspora. Et je travaille depuis quelques années dessus. Mais là, il faut que je fasse une petite action.

  • Ramata

    Écoute, on attend, on est pressé. Nous, on est sur les starting blocks. Dès que tu as l'information, à la jeune tour, ce sera un plaisir de partager.

  • Vanessa

    Merci.

  • Ramata

    Avec plaisir. Écoute, on arrive à la fin de cette interview. C'était important pour moi de faire un overview. À la fois ton parcours en tant que blogueuse, créatrice de contenu, à la fois le côté expert beauté, business development pour des marques, et aussi le côté créatrice de sa marque de mode. Parfois, on se dit que cumuler plusieurs activités, ce n'est pas possible. Et du coup, on se limite. Moi, je trouvais ça intéressant que tu puisses partager ton parcours. Moi, je... Et tu l'as dit toi-même, ce n'est pas simple. C'est beaucoup de choses à gérer, mais en même temps, je pense que c'est vraiment le reflet aussi d'une personnalité. Tu vas vers des choses qui te plaisent et c'est ça qui fonctionne.

  • Vanessa

    Absolument. Et surtout, elles sont complémentaires.

  • Ramata

    Voilà, ce n'est pas comme si tu étais dans des secteurs totalement différents. Écoute, à mon audience, je pense qu'il y en a certains qui te suivent déjà et qui te connaissent déjà, à continuer à te suivre sur Instagram. pour avoir des news sur la sortie de la beauté. Merci beaucoup. Et puis, aussi suivre tes insights sur tes recommandations de produits, beauté et parfum sur le compte Instagram. Merci beaucoup.

  • Vanessa

    Merci, Ramatha. Je vois le plaisir de t'avoir. Et puis finalement, à chaque fois que je te parle, tu sais quoi, je trouve ça thérapeutique, parce qu'on ne se rend pas compte de son progrès jusqu'à ce qu'on en parle. Et j'en parle rarement.

  • Ramata

    on remet ça l'année prochaine alors là je peux faire une thérapie il y aura plein de choses qui se seront passées et puis on aura l'opportunité de discuter à ce moment là et on se verra peut-être comme je dis toujours on se voit en Afrique ou ailleurs et probablement à Lagos merci merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout Je vous invite à faire quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

Description

De blogueuse beauté à femme d'affaires

Vanessa Azar est experte en business development dans les secteurs de la beauté et du parfum et créatrice de la marque de mode Muse Atelier.

De ses débuts en tant que blogueuse beauté à son rôle d'area manager Afrique pour de grandes marques, elle a développé une expertise pointue du marché africain et une vision unique de la beauté.

Dans cette interview, Vanessa Azar nous partage son parcours , les défis rencontrés et sa passion pour la création de contenu lifetsyle et beauté et pour la mode. H

Elle nous parle également de Muse Atelier, sa marque de mode qui célèbre la femme moderne et qui ambitionne de rayonner à l'international.

Un témoignage qui offre une perspective inédite sur les enjeux de la beauté et de la mode en Afrique et sur le rôle crucial des créateurs de contenu et des entrepreneurs.


Africa Fashion Tour poursuit chaque semaine l'exploration des industries culturelles et créatives africaines avec des interviews d'entrepreneurs passionnés qui s'interrogent sur les questions de diversité et de représentation. Chacun des invités du podcast est passé du questionnement à l'action pour proposer des solutions concrètes, des business model vertueux pour promouvoir l'Afrique à travers les soft power.


J’en profite pour remercier les auditeur.e.s de plus en plus nombreux de ce podcast. Pour découvrir en avant première les dernières interviews et analyses de l'écosystème de la mode africaine, abonnez-vous à la ⁠⁠⁠Newsletter Africa Fashion Tour⁠⁠⁠.


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A très vite en Afrique ou ailleurs


Ramata Diallo 


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Vanessa

    On n'a pas de vrai moyen de communiquer différemment que par l'influence. Ce n'est pas comme si on a la culture du mall ou la culture de la marche ou que nos boutiques sont si luxueuses et si bien faites ou bien pensées que ça pour vraiment donner envie au consommateur d'y intégrer sa curiosité, en tout cas son plan d'action. Donc, les gens ne vont pas aller par curiosité voir ce qui se passe en boutique pour rien. Donc, pour l'instant, jusqu'à ce qu'il y ait la culture du mall ou des boutiques suffisamment sophistiquées, ou développées pour accélérer l'attention, nos moyens de communication sont principalement par l'influence, par le média.

  • Ramata

    Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. Je suis Ramatha Diallo, je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode. En 2017, j'ai attité à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Vanessa Hazard. Elle est experte en business development sur les secteurs de la beauté et du parfum en Afrique. Elle est également créatrice de la marque de mode Musatelier. Valessa Hazard est basée à Lagos. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de ses différentes entreprises. Bienvenue Valessa, comment vas-tu ?

  • Vanessa

    Hello Ramatha, écoute, je vais super bien. Comme tu as dit, je vais bien depuis Lagos, la capitale de Beloisir, si on peut dire ça comme ça en Afrique, et de l'enjaillement et de l'entertainment. Donc je vais relativement bien.

  • Ramata

    Ok, écoute, ça fait plaisir de t'entendre. Nous, on s'est déjà vus à Lagos justement. lors de la Fashion Week de Lego et de divers autres événements. Donc, comme tu le dis, effectivement, la capitale de l'entertainment, je suis tout à fait d'accord avec toi, une capitale qui me manque. Donc, aujourd'hui, l'idée, c'est de parler de toi et de ton parcours. Et pour commencer, je vais le faire comme je le fais toujours avec mes invités. Je vais te demander de te présenter.

  • Vanessa

    Je m'appelle Vanessa Hazard, je suis Camerounaise-Libanaise. J'ai grandi entre le Cameroun et Paris, donc première partie. jusqu'en terminale au Cameroun et ensuite je suis partie à Paris pour mes études où j'ai eu deux masters en business et marketing à l'ICP et le SCCI qui sont des écoles de business et de pubs donc voilà et de marketing plutôt. Entre temps, j'adore faire ça parce que c'est tellement le squelette de ma profession, j'ai été blogueuse très longtemps. Alors les réseaux sociaux n'existaient pas comme on les connaît, c'était Skyrock, etc. MySpace à l'époque. Donc je m'étais ouvert un blog, c'était mon passe-temps, je prenais des photos, je donnais des reusses sur des produits de beauté, principalement après ça s'est développé en lifestyle. Mais je me souviens que ma mère me disait « Pourquoi tu fais ce genre de choses ? Tu ne veux pas trouver un job qui paye ? » Parce qu'à l'époque les blogs n'étaient pas du tout rémunérés. D'ailleurs on ne savait même pas que c'était possible. Jusqu'au jour où je... reçoit un email d'une marque, je ne me souviens même plus laquelle, c'est dommage, qui me propose de payer 80 euros. À l'époque, ça faisait beaucoup, j'étais étudiante. Et surtout, quand on ne savait pas qu'on pouvait gagner de l'argent grâce à l'influence, c'était incroyable de savoir qu'il y avait des profils qui voulaient nous rémunérer pour parler de leurs produits. Donc ça, c'était vraiment l'origine de l'influence. Et puis finalement, petit à petit, je me suis rendue compte que ma mère n'avait pas toujours raison. Et que j'avais raison de continuer sur ce sentier qui n'était pas connu du tout, qui était la beauté en ligne, plus ou moins vue par des consommateurs. On n'appelait pas ça des influenceurs, ça n'existait pas, je précise, par des consommateurs. C'était revu vraiment du blogueur. Et donc voilà, j'ai commencé mon petit bout de chemin. Ensuite, j'ai été prise pour être rédactrice de contenu beauté dans un magazine de mode qui s'appelait Stiletto Magazine, qui s'appelle toujours Stiletto Magazine, qui fait un petit peu le Vogue de France. Et j'ai voulu rentrer en Afrique. Et je me disais, comment je fais ? Où je vais ? Je ne savais pas. Je ne voulais pas rentrer au Cameroun, je voulais aller quelque part. où il y a autant de vibrations et d'énergie que mon ambition, en fait. Et pourquoi pas chez les African Giants, a.k.a. les gosses. Et c'est là que mon parcours commence.

  • Ramata

    Je vais me permettre d'interrompre, parce que quand tu parles, tu dis ça n'existait pas. On a l'impression qu'il y a un dinosaure. Doucement,

  • Vanessa

    doucement.

  • Ramata

    Il n'y a pas si longtemps que ça non plus, ou c'était à partir de quelle époque que tu as commencé ton blog ?

  • Vanessa

    Ça fait facilement il y a 15 ans, il y a 20 ans.

  • Ramata

    Mais écoute, tu as fait partie des précurseurs de la création de contenu.

  • Vanessa

    15 ans, 20 ans, oui, parce qu'à l'époque de Skype Blog, on était encore au lycée. On était au lycée, donc on n'avait même pas 17 ans. Aujourd'hui, j'en ai 37. Ça fait 20 ans. Oui,

  • Ramata

    oui,

  • Vanessa

    le temps passe. Donc oui, et donc les réseaux sociaux, Instagram et tout, c'est peut-être arrivé, je ne sais plus, peut-être en 2011. pas mais c'est l'origine de l'influence. Donc voilà, j'arrive à l'égos. Des nouveaux métiers de la communication. Exactement. Et le pire, c'est que je me souviens, dans nos premiers cours de marketing, notre professeur nous disait à l'époque, tout se fera à partir du téléphone. Ça nous paraissait dingue. Il disait, vous pourrez payer à partir des téléphones, vous pourrez… voir des nouveautés à partir des téléphones, créer du contenu à partir des téléphones. On trouvait ça dingue d'avoir des cours de marketing où on parlait du téléphone quand on était encore avec des appareils photos. Oui, on était encore avec des appareils photos, tous les téléphones photos, etc. n'existaient pas, mais on avait nos caméras, on faisait des tirages, on imprimait nos photos. Après, il y avait les caméras digitales où on connectait avec les clés USB sur l'ordinateur, les pages s'ouvraient lentement, on uploadait les photos. C'était ça. C'est ce qu'on oublie, c'est pour ça que quand tu dis dinosaure, la réalité c'est que c'est vrai. Et j'ai commencé très très jeune avec les polaroïds à l'époque. Donc c'était vraiment la naissance des réseaux sociaux. Je faisais des polaroïds, je les collais sur des papiers, et je faisais des petits carnets entre photos avec des citations, des quotes, et plus ou moins le descriptif de ce que la photo représentait. J'avais juste pas les hashtags, mais c'est ça l'origine des réseaux sociaux.

  • Ramata

    Complètement. Et donc, de ce, comment dire, première passion pour à la fois la beauté, le lifestyle et la création de contenu, comment est-ce que tu es venue vers, comment dire, des jobs qui sont plutôt des jobs au sein de marques dans le secteur de la beauté ? Comment ça se fait cette transition ?

  • Vanessa

    Alors, en bossant chez Cielito Magazine en tant que rédactrice beauté, comme je l'ai dit dans le magazine de mode, Je finis par démissionner, mais littéralement du jour au lendemain, j'arrive devant mon PC, j'ai un saignement donné. En fait, c'était ça mon élément déclencheur. C'était tellement... Je ne sais pas si tu as regardé le Diab Sleby en Prada, mais pour celles qui ont regardé le Diab Sleby en Prada, le monde de la mode, c'est comme ça. J'ai vécu littéralement ce qu'Anna Hathaway vivait dans ce film. Et j'arrive un jour de trop, et là je commence à avoir des saignements donnés le matin en ouvrant mon PC. Et j'ai dit non, c'est bon, je suis partie sans mon salaire. j'ai fermé mon PC et j'ai démissionné sans préavis, sans rien. Et donc en partant, mon collègue en plus, le pauvre, il m'a suivi des mois après pour me donner mon chèque, pour vous dire tellement je suis partie sans rien. Et donc en partant, je me fais contacter, je continuais à avoir des contacts avec qui je m'entendais très bien, et je me fais contacter par Estée Lauder, qui me dit « oui, on aimerait que tu rédiges ce... » cet article pour des nouveaux produits, on veut te les faire découvrir. Et là, je leur dis, écoutez, je ne travaille plus pour Siletto, par contre j'ai mon blog. Ah oui ? Est-ce que tu peux nous envoyer ton blog ? Je présente mon blog et là, je me mets à bosser avec Estée Lauder. Ce qui était donc mon gros départ avec une grande marque d'un grand groupe. Donc le groupe Estée Lauder avec la marque Estée Lauder. Et donc là, on a une amitié, un amour fou l'un envers l'autre. Et donc, je ne jure que par Double Wear, etc. Donc, je découvre vraiment... le monde, l'univers de la mode dans les backstage, c'est-à-dire invitations PR, stratégie marketing, stratégie de développement, etc. Donc, je n'étais pas consultante, mais j'avais accès à tous ces dossiers. J'avais des articles que je recevais avant qu'ils soient disponibles, j'avais des embargos à signer, etc. Et c'est là que j'apprends tellement plus que ce qu'on enseigne à l'école, parce que la passion mène toujours plus loin. Et je décide de faire ce voyage au Nigeria en me disant, oui, je vais aller en Afrique, je vais d'abord au Kenya, rien d'intéressant, ensuite je vais au Nigeria. J'ai African Giants et là, je me rends compte du milieu incroyable. que les gosses emmènent, c'est-à-dire, comme j'ai dit, le milieu de l'entertainment, avec les fashion week, les make-up artist industry, le oil and gas, et tout le monde avec leur abadal, le wedding ceremony. C'était juste incroyable. Je n'avais jamais vu ça de ma vie. Le plus gros choc culturel, je le dis toujours, c'est au Nigeria. Et là, je me dis, mais les femmes et les hommes sont tellement sophistiqués. dans la manière dont ils voient la beauté, que ce soit en parfumerie, en cosmétique, en maquillage, je me dis que c'est ici que je veux rester. Mais je n'ai pas de boulot, donc du coup je ne sais pas quoi faire. Je me fais embaucher par Très, je refuse même d'y être parce que je me dis, ouais, j'avais pas prévu de bosser pour Très en project manager du tout, en plus c'était avec Junior. Mais au moins, ça me permet de rester un peu plus au Nigeria, ça me permet de payer mes factures. Parce qu'en plus, quand je ne veux pas bosser, je leur donne un gros salaire, je leur dis que je vais être payée en euros, alors qu'ici, ce sont les dollars, parce que je leur dis que je n'ai pas de compte, machin. Et puis finalement, ils acceptent. Quand on croit finalement le culot, ça paie toujours. Je suis partie dans la négociation en me disant, peut-être qu'ils disent non, j'en ai rien à faire. Donc, je suis partie littéralement avec un concept assez détaillé de ce que je voulais pour qu'ils me disent non, en fait. Donc c'est le culot qui a fait que je sois bien payée, que je sois bien logée, que j'ai un chauffeur privé, etc. Et en restant à Lagos, je me dis que je vais aller dans des centres commerciaux et voir la différence entre la beauté légotielle, la beauté parisienne et les critères. Et juste tout simplement étudier la beauté sur des dynamiques différentes. Europe et Afrique, je vais dire ça comme ça, mais plutôt Nigeria, France. et Legos Paris plus précisément. Et là je me fais contacter par la distribution de L'Oréal Luxe et par un membre de la direction de L'Oréal qui me propose d'être manager pour le Nigeria. Mais mon rôle n'existe pas, ma carrière n'existe pas, il n'y a pas de manager distribution, marketing, etc. Et donc créer un job pour moi avec... Donc d'une telle manière je devais presque faire mes tâches, aider à remplir les tâches que je devais. porté et mené dans la capitale. Et donc, c'est là que je commence à représenter, après des entretiens, c'est pas comme si on m'appelait, et puis non, je suis passée trois, quatre entretiens, et puis le dernier, c'est avec l'équipe L'Oréal directement, L'Oréal-Lupes, excuse-moi. Et là, je suis prise, et je commence donc à représenter les marques Armani, Lanco, Missa Laurent, Polo Ralph Lauren, Azaro, et tout le reste sur l'Afrique de l'Ouest, donc Ghana y compris. Et donc voilà, passionnant, j'apprends un peu tous les jours parce que moi n'ayant jamais travaillé en Afrique à part en parler, j'apprends sur la culture d'entreprise qui est quasiment inexistante, l'intégrité, tout, tout, tout, tout, les décalages, l'approche au retard, mais ce sont vraiment la gestion humaine et la plus complexe en Afrique et là j'apprends vraiment. à adapter les qualités de manager localement, ce qui n'a rien à voir avec Paris. Rien. Donc, passionnant, passionnant. Tout s'est appris sur le terrain. Et j'ai l'impression de t'en parler.

  • Ramata

    Vraiment, cet épisode est à toi. J'ai des amis qui me disent ça. Je dis, mais tu as une heure pour parler de toi, profite !

  • Vanessa

    Moi,

  • Ramata

    j'aimerais que tu nous expliques, en fait, c'est quoi le métier d'un manager afrique, d'un EREA manager ? C'est quoi tes différentes missions ? C'est quoi l'objectif ? J'imagine que c'est de s'assurer que les marques, elles soient bien distribuées, bien développées. Mais est-ce que tu peux nous décrire un petit peu en quoi consistent les différentes missions qu'on a pu te confier chez L'Oréal, par exemple ?

  • Vanessa

    Oui, tout à fait. Alors déjà, il y a des missions de distribution. pleinement, ça c'est du trade, de produit A à Paris au produit A à Légos, comment il se représente en boutique, est-ce qu'il y a suffisamment de stock, quelle est la demande, est-ce que les produits sont adaptés ? On a des cas où, par exemple, si une marque veut venir mettre des produits bronzants, dans les étagères en boutique, ce sera notre expertise qui va leur dire non, parce que c'est 89% de la population des Gaussiennes, c'est clair, c'est la peau, donc c'est pas la peine. On a donc, oui, ce rôle de distributeur, on a le rôle d'expert, de conseiller, on a un rôle d'accompagnement, de développement avec des nouvelles opportunités terrain, par exemple, s'il y a une nouvelle boutique qui ouvre dans la capitale, est-ce que, oui ou non, les produits y seront ? On a l'étiquette aussi de la crédibilité d'une maison, le fait de s'implanter officiellement, parce qu'il y a beaucoup de fonds. Alors on n'a pas les chiffres pour le luxe en termes de produits factices, mais pour la parapharmacie par exemple, c'est 89% ou 86% des produits qui sont contrefaits. Donc, il y a plus de chances d'avoir du faux que du vrai. On a aussi le développement marketing, bien entendu, l'influence, avec tous les rapports aux influenceurs, aux leaders d'opinion, aux influences de consommation. On a les lancements produits, que ce soit des lancements boutiques ou des lancements extérieurs. On a tout ce qui est le développement médiatique. des campagnes publicitaires, que ce soit des campagnes en ligne, que ce soit des campagnes sur de l'affichage TV. En gros, c'est éduquer le consommateur à l'arrivée de la nouvelle marque. Et puis, surtout, surtout, faire attention à ce que la marque ne tombe pas en termes d'images une fois qu'elle est implantée au Nigeria. Parce que si on voit en termes de statistiques, par exemple, de la consommation globale des Africains, où il y a une concentration de Nigeria, par exemple, Atlanta, Lagos, Londres, les Nigéreux représentent 46% des consommateurs africains, où ils sont représentés à l'étranger. Ce qui veut dire que si on fait tomber les marques ici, on part au chiffre à l'heure. Donc c'est très important de garder ça en avant une fois qu'on arrive dans les stores, de se rendre compte est-ce que le produit est bien représenté, est-ce qu'il est marchandé exactement comme une boutique ailleurs, est-ce qu'il y a suffisamment de testeurs, est-ce que les testeurs ne sont pas vendus, parce que souvent on a des retailers qui gardent les testeurs et qui les vendent, souvent on a des produits sur le marché qui viennent d'ailleurs et qui sont vendus moins cher, mais il faut regarder aussi les références au prix, savoir si... vérité, leur les vendent au même prix ou plutôt le double, ou plutôt moins cher. Donc, garder quand même une image de marque. Donc, c'est vraiment entre du micromanagement et du due diligence, si on peut dire ça comme ça aussi. Et tout faire un rapport de concurrence, un rapport de progression, un rapport chiffré du marché et puis du business.

  • Ramata

    Et du coup, est-ce que tu peux nous parler de la distribution à Lingus ? Parce que du coup, voilà. J'imagine que, enfin je sais qu'il n'y a pas un Sephora, un Mariano ou un Ocidé là-bas, mais du coup, quels sont les enseignes de distribution de beauté qu'on peut retrouver à l'égo, c'est même ailleurs, puisque toi tu t'occupais pas seulement du Nigeria. Donc quand on cherche à s'implanter en fait dans le secteur de la beauté, quels sont les enseignes de référence vers lesquelles on peut aller ?

  • Vanessa

    Alors je vais donner des équivalences, même si c'est... pas du tout le même niveau ni d'expertise, ni de développement, ni chiffré. On a ce que je vais considérer comme le Sephora de Lagos, qui s'appelle Essenza, ils ont des boutiques un peu partout, ils en ont à peu près une trentaine, une quarantaine dans le pays, en partant d'Aboudia, Lagos, Port-à-Court, qui sont plus ou moins les plus grandes villes, donc ça s'appelle Essenza. Ils tiennent 70 à 80% des projets commerciaux. 70 à 80%. Donc ils ont toutes les marques quasiment, certaines marques en exclusivité, notamment Fenty qui est en exclusivité avec Essenza. Parfums, ils n'ont pas Parfumel, ils ont d'autres parfums, Armani Privé. Et ensuite on a l'équivalent de Marionno, qui est au Nigeria, représenté par... Mountain Place, qui tient un petit peu le reste aussi, qui font aussi des parfums de niche, mais le plus, c'est commercial. Et ensuite, on a des boutiques qui ne font que du parfum de niche, un peu le Ausha, mais pas du tout. Je précise, c'est pour donner vraiment un comparatif. On a le Ausha, donc ils ont moins de boutiques dans la ville. Et ils n'ont que des parfums de niche, pour le coup. C'est pour ça que je fais ce comparatif. Et ça s'appelle Cascade. Et ensuite, on en a un, ça m'échappe là tout de suite parce qu'on bosse vraiment, vraiment moins avec lui. Ça me reviendra. Mais ce sont les quatre plus gros retailers. Et ensuite, ce sont des petits micro par-ci, micro par-là avec qui on ne bosse pas parce que malheureusement, ceux qui ont le monopole ou qui ont la dominance sur le marché ne veulent pas que les marques, en tout cas que moi, j'ai eu à tenir. ou que le tien soit distribué chez eux. Donc, parce que c'est aussi du politique, on va dire ça comme ça, on reste avec ceux qui nous font le plus de chiffres.

  • Ramata

    Très bien. Concentration du marché avec un certain nombre de leaders, ça paraît cohérent. Et en termes de lancement, quand une marque arrive, je sais qu'il y a souvent des événements de lancement avec des créateurs de contenu, des célébrités, soit dans le milieu de la musique ou dans le milieu du cinéma. Est-ce que ça fait aussi partie de stratégies sur lesquelles tu travailles pour pouvoir assurer, comment dire, pour pouvoir... Pour s'assurer qu'en termes informés, en tout cas, du lancement d'un nouveau produit, d'une nouvelle marque sur un territoire ?

  • Vanessa

    Oui, absolument. C'est très important déjà parce qu'on n'a pas de vrai moyen de communiquer différemment que par l'influence. Ce n'est pas comme si on a la culture du MOL ou la culture de la marche, ou que nos boutiques sont si luxueuses et si bien faites ou bien pensées que ça. pour vraiment donner envie au consommateur d'y intégrer sa curiosité, en tout cas son plan d'action. Donc les gens ne vont pas aller par curiosité voir ce qui se passe en boutique pour rien. Donc pour l'instant, jusqu'à ce qu'il y ait la culture du MOL ou des boutiques suffisamment sophistiquées ou développées pour attirer l'attention, nos moyens de communication sont principalement par l'influence, par le média. Et oui, on a des façons différentes de communiquer selon les marques ou les maisons qu'on représente. Si on prend des marques un peu plus simples, enfin pas un peu plus simples, ça manque de temps, des marques plus organiques dans leur lancement, on va prendre, quand je dis organique, c'est en termes de façon d'ADN déjà. Si je pense à Dior par exemple, je pense à Fancy, qui sont des marques qui auront de manière organique une facilité d'implantation. Tout simplement parce que Fenty peut se retrouver à la plage comme genre sauvage, comme genre backstage peut se retrouver à la Fashion Week. Ce sont des marques qui aisément épousent le système qui est déjà mis en place. Il y a des marques plus complexes à gérer comme Armani, qui est une marque très pointue en termes d'esthétisme, qui fait quand même appel au costume, qui ne peut pas s'implanter partout. Il y a des maisons comme Clave Christian aussi, qui est une maison de niche où les entrées de... Les produits sont à 500 pounds, donc on ne va pas les inventer de la même manière. On a des influenceurs ou même des personnes d'influence qu'on ne pourrait pas forcément représenter dans ces maisons également. Si on prend Fancy, par exemple, qui s'en fiche un peu à raison du code vestimentaire de son client, parce qu'ils sont très edgy, ils sont très libres, ils sont très inclusifs. On a des marques plus élitistes, si on peut dire ça comme ça. Et donc, on ne fera pas la même démarche de lancement. C'est Franck-Leif Christian, qui est une marque pour qui j'ai fait du consulting. Lorsqu'on a fait le lancement, les influenceurs étaient triés sur le volet. Il fallait regarder la réputation de l'influenceur, savoir ce qu'il faisait dans la vie, qui avait accès à lui, quelle était sa classe sociale. Ensuite, le lancement, on l'a fait accompagné d'une banque en utilisant les datas clientèles de cette banque en question pour prendre les meilleurs de leurs clients parce que le projet était à 500 pounds, c'est-à-dire 600-700 euros en montant. Ça, c'est l'entrée de gamme. Donc, on ne vendra pas un gloss ou un parfum de niche comme on vendra du commercial. Pas du tout. Ce n'est pas le même développement, ce n'est pas la même attraction, ce n'est pas la même stratégie.

  • Ramata

    Très bien. Donc, du coup, toi, tu vas intervenir autant sur la partie commerciale, distribution, dans les stratégies, mais également sur la partie communication, puisque communication influence l'autorité de la marque, puisque les deux sont complètement liés pour pouvoir assurer le développement et le succès d'une stratégie de lancement en Afrique.

  • Vanessa

    Absolument. Je micromanage quasiment tout. Et ça, c'est mon côté perfectionniste, qui n'apparaît pas toujours en ligne, je sais, parce que je suis très spontanée, très drôle, très bubbly, si on peut dire ça comme ça, parce que ça, c'est mon côté loisir. Mais au travail, je suis très pointue, très constante. Et surtout, je déteste l'incompétence. S'il y a vraiment une chose que je déteste, c'est l'incompétence. Et quand on travaille en Afrique, On a un gros choc culturel d'expertise. Et je précise, parce que je ne vais pas dire que c'est de l'incompétence, mais si je ne vérifie pas tout ça, ce que j'ai appris sur le tas, justement, c'est moi qui deviens compétente. Alors, on a une grosse problématique de recrutement. Parce qu'on a une distribution qui, en général, il cherche des exécutants. Et dans une compagnie, il faut de tout. Il faut des stratégistes, il faut des exécutants. Et tout le monde a un rôle bien précis pour le bien-être ou le bon fonctionnement des tâches quotidiennes. La problématique, c'est que la distribution ne développe pas les talents. Et donc, quand on arrive en Afrique, il faut avoir son expertise. Parce que ce ne sont pas les entreprises, en tout cas dans les... avec lesquels j'ai bossé jusqu'à aujourd'hui, qui développeront, par exemple, je n'ai pas bossé avec L'Oréal directement, j'ai bossé avec la distribution qui représentait L'Oréal. L'Oréal développe des talents, L'AMH développe des talents, vous avez des formations, vous avez des trainings, vous avez des upgrades ou des programmes d'entraînement, etc. ou des best practices auxquels vous avez accès, que nous, on n'a pas. Donc, quand on arrive, c'est quasiment avec son talent, bon, avec son expertise, et c'est à nous de le développer. La problématique, c'est que comme ces entreprises ne recrutent pas beaucoup de talents de management, ou de... comment on appelle ça ? En tout cas, un niveau de master qui a été à l'international de la diaspora, qui a quand même été très exposé au code luxe, ou qui a été très exposé à une éducation, je dis bien une éducation scolaire, on ne parle pas d'éducation personnelle, mais... L'éducation scolaire qui a pu développer cet accès à l'expertise du raffinement ou de la sophistication, ça fait que leur regard sur le marché n'est pas le même. Si je donne un exemple, la dernière fois, il y avait une masterclass en produits. Les produits que nous, on manage étaient par terre, dans des sacs shopping bags au sol. Et ça ne dérangeait personne parce que leur... œil, leur regard professionnel n'est pas affûté pour voir ce genre de détails. Donc si moi, du haut de mon bureau, je ne suis pas poète et paysanne, je vais tomber les marches, parce qu'il est hors de question de voir des produits qui sont aussi bien tenus ailleurs être par terre en Afrique ou en Géant, en tout cas dans tous les marchés que j'analyse. Et... Et... même en termes de chefs, en termes de construction, s'il y a la poussière à gauche, à droite, la selling ceremony, comment le client est accueilli en boutique, il faut être attentif au training, est-ce qu'ils ont bien retenu ? Est-ce que là, c'est vraiment ça ? C'est qu'il y a une disparité dans les classes sociales qui fait qu'entre la vendeuse et la cliente, il y a une mille et une mille lumières d'intérêts communs. Il y en a une qui voyage tous les mois et l'autre qui n'a jamais... Pour qui l'égo, c'est déjà un voyage hors normes. Donc c'est très compliqué, c'est comme aller à Paris chez Guerlain et peut-être se faire vendre un produit par quelqu'un qui vient d'une 93. C'est vraiment pour donner cette disparité. Quelqu'un qui vient d'une 93, qui ne s'est pas fait les ongles, qui a une perruque. Mais ce genre de détails, ça paraît très primaire ce que je dis, mais c'est la réalité. Et comme la distribution ou les retailers n'ont pas cette notion de... comment dire, cette notion de développement humain. Oui, on va leur donner des tenues vestimentaires, mais on n'aura pas, comme par exemple chez Emirates, un cours de beauté, un cours de maquillage pour les make-up artists, un cours de, comment dire, d'hygiène de cours. La manière dont les doigts peuvent être faits, quand on tient un parfum, comment est-ce qu'on l'expose, etc. C'est très important. Et donc, si on a... pas comme moi cette connaissance par curiosité, par passion, par expérience, par chance peut-être. Si on n'a pas ça et qu'on reste derrière son bureau, on laisse un marché tomber. Et donc au fur et à mesure, une personne par une, on change un peu la donne. Donc on remartèle des leçons, on remartèle des cours, on remartèle des fonctionnements. Puis, dans un autre marché, je n'aurais pas besoin de le faire. Parce qu'il y a d'autres équipes qui s'occupent de ça. Mais quand on est one in a million à savoir le faire et à devoir le faire, eh bien, on le fait.

  • Ramata

    Je comprends, il y a une dimension managériale qui est du coup super importante dans ton job que potentiellement, tu n'aurais pas si tu travaillais dans une autre région du monde. Toi,

  • Vanessa

    tu as une... Tu as une bonne expertise du marché de la beauté en Afrique et particulièrement en Nigeria. C'est quoi les évolutions que tu as pu constater, ça peut être en termes de produits, comme en termes de comportement des consommateurs, qui toi ont pu te frapper dans la manière dont... Alors pour moi, ce n'est pas en comparaison par rapport à ce qui se passe en Occident, mais c'est plutôt, qu'est-ce qui se passe en ce moment dans le secteur de la beauté en Afrique, si tu devais nous donner trois petits insights à retenir ?

  • Ramata

    Alors déjà il y a une grosse vague skin care, qui est maintenant une des grandes modes, c'est d'avoir un teint zéro défaut, avoir le teint brillant en se mettant des produits skin care et d'avoir vraiment ce côté, on n'est plus dans la couvrance. Quand je venais d'arriver, c'était vraiment, ça fallait toujours à un certain extent, mais c'était vraiment tout cacher, tout couvrir, tout voiler. Donc là on a changé, on n'est plus dans les fonds de teint hyper couvrants, on est dans des crèmes teintées, on est dans des fonds de teint allégés, on est dans vraiment le côté soin, on est dans une grosse phase soin. Il y a aussi des maquillages plus légers, forcément, le développement de tout le côté marin, tout le côté plage, le lifestyle qui se tourne autour de laquelle je pense aussi faciliter cette envie. de voir sa peau un peu plus reposée, d'être un peu plus naturelle. Les nid de géant ne sont pas très naturelles, mais on remarque quand même une différence de sophistication dans la manière dont c'est fait. Donc ça, j'ai ça. Ensuite, il y a eu un gros changement que moi je pensais être très lié au type de consommation, c'est la chute du Naira, qui a quand même baissé de 70% en valeur. Et donc là, on a eu une grosse chute de consommation également. Et puis au final, je me suis rendue compte que non. En fait, ce qui énerve, je veux dire, qui commence à mettre les sociétés en colère, si on peut dire ça comme ça, dans le milieu de la beauté, c'est qu'elles se disent que les marques internationales arrivent simplement pour faire leur argent et partir sans prendre part à la culture, sans investir, sans être curieux et juste font les choses comme ça. Donc... ils décident de ne quasiment plus acheter, même pas parce que c'est plus cher, mais juste parce qu'ils ont perdu l'intérêt d'acheter localement, qui est quand même le premier challenge auquel on fait face, c'est qu'il faut acheter localement, ils préfèrent pas. Donc ils se disent, tant qu'à faire, je préfère acheter à Londres et me faire livrer à Lagos que d'acheter à Lagos parce que les marques ici ne nous respectent pas. Et ils ont bien compris que le système des marques internationales au Nigeria, en tout cas en Afrique, n'est pas le même. Donc si on prend les mêmes marques à Paris et les mêmes marques à Lagos, ils n'auront pas du tout le même intérêt pour le consommateur, ils ne seront pas dans le fichier client, ils n'auront pas un meilleur traitement. Donc en gros, ils ont compris qu'il n'y a aucun, je précise et je l'en dis, il n'y a aucun intérêt à acheter un produit international en Afrique. Il n'y en a pas un. Pas le fichier client, la réception est mauvaise, le service n'est pas bon. Le produit se demande s'il est vrai ou pas, s'il a tourné ou non, mais ça c'est psychologique. Acheter avec une monnaie qui n'est pas intéressante, même la psychologie de l'argent par exemple, il y a une différence entre un billet de 100 euros et 150 000 l'aira ou 250 000 l'aira, ça fait quand même beaucoup plus en pensée que prévu. Non, il n'y a aucun intérêt, donc pourquoi le faire après les emboutées à HMH, à revenir ? Non, il n'y a aucun intérêt. Donc ça c'est quelque chose que les marques, je pense, n'ont pas encore compris, parce que leur objectif premier c'est de vendre, alors qu'en fait on n'achève pas pour un produit, on achève pour une promesse. Quelle est la promesse qu'on a quand on pense une boutique au Nigeria ? Il n'y en a pas. Donc quel est l'intérêt ? Aucun. Et je pense qu'ils ont perdu l'intérêt, ni même l'intention, en fait ils n'y pensent même plus, ça paraît trop distant. Et je pense que si les marques étaient au courant de cette... Cette façon d'agir localement qui est toujours très mauvaise, on a certains retailers qui demandent des contrats avec des influenceurs, de ce que j'ai cru comprendre là. Et une fois que le produit, le contenu est fait, ils leur demandent de leur rendre les produits et tout. Il y a tellement de choses qui se font, c'est un peu la mafia, si on peut dire ça par moments, c'est un peu la mafia du traitement qui en défaveur des marques à l'international. Et comme il n'y a pas de pont... entre, c'est pour ça que j'ai créé mon entreprise d'ailleurs, pour éviter d'être derrière la distribution et plutôt avoir ma propre compagnie où je peux avoir un accès direct aux maisons et leur expliquer avec une certaine cohérence et une bienveillance les travers du business du marché local. C'est ce que j'essaie de faire à chaque fois que je fais du consulting pour l'EMA. Parce que quand on travaille avec la distribution par exemple, on a du mal à passer au-dessus de la hiérarchie pour expliquer une problématique qui de toute manière finira par être agressée si on la partage. Donc voilà.

  • Vanessa

    Très bien, merci pour ces insights extrêmement précis sur le marché africain parce qu'à chaque fois en fait on déplore le manque de data. Et moi, je trouve ça toujours intéressant de poser des questions à des gens qui sont sur place et qui travaillent pour des marques, tant que tu es au fait de vraiment ce qui se passe localement. Ce n'est pas un regard externe, en fait, ou rapporté. Donc ça, je trouve ça super intéressant.

  • Ramata

    Surtout que je me permets juste de rajouter un truc pour les datas. Oui, on déplore qu'il n'y ait pas de data, mais en fait, on ne cherche pas les datas non plus. On veut. On ne crée pas de data, on veut juste que les marques en général veulent juste arriver et que les data soient toutes faites. Non. En fait, au lieu de payer une compagnie qui va faire du faux collecte data, je ne sais pas comment dire ça, la collection de données, une étude, je recommande toujours à ces maisons d'avoir un système opérationnel. La problématique, c'est qu'aucune de ces maisons n'a une plateforme opérationnelle. C'est-à-dire que dès qu'il y a un local ou un lieu ou un événement où il peut se passer beaucoup de choses pour la marque, elle ne peut pas avoir cette dynamique d'implantation ou de participation parce qu'elle n'a pas de budget opérationnel, tout simplement. Alors, en ayant un budget opérationnel, ça permet qu'elle soit présente à l'endroit et qu'elle puisse justement créer leurs datas à partir de là. créer leur base de données à partir de ça. Après, dire qu'il n'y a pas de data, ce n'est pas tout à fait vrai. Ne pas savoir comment utiliser les datas, c'est une autre chose. Et comme ces marques ne font aucun partenariat avec d'autres maisons, d'autres instituts, d'autres événements, elles n'auront jamais les datas. Parce que si une marque arrive et se dit, comme on avait fait une fois, il y a des concerts, tous ces concerts ont des bases de données incroyables de tous les consommateurs. Il y a des centres d'esthétique. Le Nigeria est reconnu pour ses centres d'esthétique. Toute l'Afrique voyage pour aller au Nigeria pour avoir des soins de peau. Il y a des datas incroyables. Dans les banques, il y a des datas incroyables. Nous, on a fait un lancement avec des banques. Donc, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de data. C'est-à-dire qu'ils ne savent pas où les chercher, comment les traiter et quoi en faire. Oui, il y en a.

  • Vanessa

    Merci pour cette précision. Du coup, effectivement, il y a un sujet de l'accessibilité de la data et de prendre le temps de la chercher, en fait, parce que là où on va être habitué à, surtout ce qui est le marché occidental, il va y avoir énormément, il y a presque trop de data. Il y a Business of Fashion qui sort un livre blanc gratuit, il y a McKinsey qui sort un livre blanc, il y a Bain Company qui sort un livre blanc. Il y a des infos de toutes parts. Et c'est vrai que sur le marché africain, il n'y a pas cette facilité d'accès qui peut nous donner l'impression qu'il n'y en a pas. Mais effectivement, l'idée, c'est d'aller prendre le temps d'aller chercher et aussi de mettre en place des choses, comme tu le disais, pour pouvoir créer de la data et en collecter de manière régulière pour le faire évoluer. Maintenant, je voulais en venir à toi. Donc, tu as ce parcours dans la beauté où tu travailles en tant que consultante, tu travailles en direct. pour un certain nombre de groupes experts dans la beauté ou de marque. En parallèle, tu as la création de contenu et tu as la création de ta marque. Donc la création de contenu, c'est quelque chose que je suis depuis longtemps, parce que ta passion pour la beauté, tu l'as exprimée à travers de l'écriture, à travers le blog. Et puis la marque, c'est venu un peu après, parce que tu as une passion pour la beauté, mais tu as aussi une passion pour la mode. J'appelle ça des passions... Toi, tu me diras si c'est le terme que tu emploies, mais en tout cas, je pense que la mode, c'est aussi assez important pour toi. Donc, est-ce que tu peux nous parler du côté, je dirais, on peut commencer par la partie création de ta marque. Parce que là, ça fait quelques années qu'elle est créée, ta marque de mode, Muse Atelier.

  • Ramata

    Oui, tout à fait. Alors Muse, je l'ai pensé il y a très, très longtemps et je n'avais pas le temps. Je n'avais pas le temps de la créer. Et je me dis, je dis toujours ça, mais ce qui est le pire, c'est que je l'ai créée à l'époque où j'étais le plus occupée. C'est durant le Covid. Et durant le Covid, on n'avait pas une seule seconde. Et je pense qu'à force de travailler, parce que durant le Covid, je managais encore L'Oréal, lui, ça a plein de temps, pas à travers ma compagnie, mais à plein de temps, et on n'avait pas une seule seconde. Et en fait, je pense qu'à force, comme on dit, l'appétit vient en mangeant. J'avais déjà déposé Muse Atelier, Muse pour le coup, j'avais déjà déposé Muse, et je sors d'une rupture, et là je suis triste, je n'en pouvais plus de ma vie, et je me dis, j'étais hyper occupée, donc à chaque fois que j'étais en meeting avec L'Oréal, je mettais Mute, je pleurais, je remettais Mute. J'explique ça, mais vraiment, c'est très important d'avoir une dimension psychologique dans mon approche, parce que je ne veux pas que tout le monde pense « oui, elle fait ça et tout d'un coup, ça fonctionne » ou « elle fait ça, tout va toujours bien dans sa vie » , etc. C'est toujours important d'avoir une transparence sur son habilité à rebondir quand ça ne va pas, ou son état d'esprit. Je sors d'une rupture, je suis à Dubaï, et le jour de ma rupture, je reçois enfin, alors que j'avais fait un dépôt de... de marque pour le Nigeria, pour Muse. Je reçois, je pense que c'était le 19 décembre, je ne sais plus exactement, le 19 ou le 23, je ne sais plus. Je reçois le jour de ma rupture mon certificat d'enregistrement de ma marque. Je me dis, quel cadeau ! Quel cadeau ! Et finalement, je pleure à moitié, mais je pleure quand même. Enfin bref, on déprime pendant des mois et des mois. Et pendant des mois, je fais tout en pleurant. Et je suis occupée avec L'Oréal et je pense qu'à force de bosser, ça m'a donné envie de continuer. Et je me dis, écoute, c'est quoi au lieu de pleurer, rester seule dans ma chambre, je vais commencer à dessiner mes dessins. Et je commence à chercher tous mes tissus, en plus il y a le Covid. Donc au départ, mes tissus, je les prenais au marché et je me suis rendue compte que j'étais juste en train de me divertir et que ça me poussait à me lever à des heures où je n'aurais peut-être rien fait, où je ne serais peut-être, je serais restée dans ma chambre à pleurer. Et je me suis dit, voilà, je suis en train de me divertir. tous les jours où j'aurais envie d'être mal, je vais marcher. Donc, comme j'allais au marché dans tous les cas, j'avais une activité physique. Je pense que ça a contribué parfaitement à ma petite guérison, si on peut dire ça comme ça, parce que finalement, la confiance en soi, c'est le fait d'accomplir des choses et d'en être fière. Et du coup, je pense que ça a vraiment participé à ma « recovery » , si on peut dire ça comme ça. Et je lance donc Muse et je lance ma collection. Et en plus, je ne lance pas ma collection en étant certaine que ça va fonctionner. Je garde un gros stock et à chaque fois, je me dis non, je ne suis pas prête, je ne suis pas prête, je ne suis pas prête. Et je ne la lance jamais alors que j'ai toute une collection. J'ai quasiment tout été fait quasiment. Et là, j'ai une amie qui a une boutique ici à l'égo. C'est une amie nigériane, nigériane, nigérique. Elle arrive chez moi. Et elle me dit « Mais Vanessa, t'es prête ? » Et elle, elle a une boutique de prête à porter, elle a un molle, etc. Et je lui dis « Non, je ne suis pas prête. » Et je pense qu'en fait, je pense que si je dois pointer une émotion, je pense que c'était de la peur, alors que je ne considérais pas que c'était de la peur, j'avais juste l'impression que je n'étais pas prête. Et je pense aujourd'hui, avec un peu de recul, que j'avais juste peur de me lancer officiellement. Elle me dit « Mais non, attends, je t'achète ça, ça, ça. » Donc elle me dit... regarde où sont les shopping bags, tout était prêt. Et donc je lui donne tout, je mets tout sur le shopping bag et je lui vends. Et je lui dis, mais alors pourquoi tu n'étais pas prêt ? Tout était prêt, vends tes produits. Et donc là je dis, c'est vrai. Et toi tu dis non, non, non, on nous tape pas, etc. Et donc c'est là que Muse commence. Et puis de toute manière, il y a une citation que j'adore qui dit que quand tu lances ton produit et qu'il n'y a plus rien à changer, c'est que tu l'as lancé trop tard. Et donc je lui disais mais il manque ça, il manque ça, il dit non regarde tu as réussi à me vendre des articles là c'est que c'est bon, allez tu te lances. Et donc là je lance Muse et Muse Atelier pour le coup et belle réception du public, si ça fonctionne jusqu'aujourd'hui donc tant mieux. Là je vais lancer mon premier, je vais faire, c'est encore, j'ai juste accepté mais je n'ai encore rien signé, je vais faire mon premier défilé pour octobre, octobre, novembre. Je suis déjà en train de préparer la collection donc j'aurais peut-être pas... collection d'été là parce que c'est mon premier fashion show, on ne sait pas, mais là j'essaie de jongler un petit peu entre mes différents projets et surtout mes différentes entreprises pour voir ce que je peux faire à mon rythme ou en tout cas je dis toujours l'essentiel c'est d'avancer à son rythme. Il n'y a pas de pression, je ne suis pas en train de faire la concurrence avec la fashion week et tous les lancements ni même Zara à mon rythme et puis... tant que j'avance et que j'ai une vision, ça va.

  • Vanessa

    C'est une bonne philosophie. On fait la course contre personne à part nous-mêmes, donc c'est à nous de définir le rythme, en fait, et pas de se laisser finalement stresser par le bruit autour. On n'a pas les mêmes ressources, les mêmes moyens, donc des fois, on se compare à des gens qui n'ont pas du tout. On compare des choses qui ne sont pas comparables. En tout cas, je te remercie dans ton témoignage de faire preuve de vulnérabilité parce que je suis assez d'accord avec toi. On a tendance à raconter des success stories, à montrer des belles photos, à montrer tout ce qui va bien. Et effectivement, on a l'impression que tout va bien pour cette personne. Regarde, elle a une marque,

  • Ramata

    elle est totale,

  • Vanessa

    elle sourit tout le temps. Donc, tout va bien. Et en fait, c'est ce qu'on souhaite. Mais c'est vrai que le parcours d'entrepreneur, effectivement, il y a des challenges, il y a des défis. Il faut gérer le perso, et ce n'est pas toujours évident.

  • Ramata

    Et même le trou, il faut le gérer. Je vais donner cet exemple parce que c'est tellement important de ne pas faire la même chose. C'était une de mes grosses erreurs de débutant. Donc, je lance Muse, et je pense qu'un de mes premiers chiffres au lancement de Muse, c'était dans les 30K. Et je me dis, oh, tout cet argent pour moi, etc. Mais délire total. Quand je dis délire total, délire total. Et là, je vais à Dubaï, je prends mes vacances. Je vais à Dubaï, je m'achète une chauffard. Je demande, j'appelle ma soeur, une montre, je précise. J'appelle ma soeur, je dis, qu'est-ce que tu veux et tout. J'ai fait beaucoup d'argent, machin. J'appelle mon autre soeur, je leur achète un peu toutes les choses. Et là, il faut créer l'autre collection. Mais Vanessa Hazard a brûlé tout son revenu. Vanessa Hazard a brûlé tout son revenu parce qu'elle a manqué de discipline. Parce que c'était la première fois que d'un coup, je gagnais autant. Et je précise, d'un coup, je ne gagnais pas progressivement. Et je me dis, c'est ouf. Et je regarde, pendant que je regrette un petit peu, je regarde une interview de Dengueté. C'est pour ça que j'en parle, parce que pour celles qui ne regardent pas Longoté, pour celles qui ne suivent pas son parcours, pour celles qui suivent mon parcours, je regarde donc Vanessa, donc regarde l'interview de Longoté et on lui demande quelle erreur un jeune entrepreneur fait en général. Et il dit la première erreur qu'un jeune entrepreneur fait en général, c'est de gagner ses revenus et de les dépenser dans des consommations qui n'ont rien à voir avec le business. chose exactement que j'ai faite. Et c'est pour ça que je donne toujours ce conseil à toute personne, c'est de garder la même discipline que vous avez eue pour commencer. Ne vous laissez pas séduire ou flatter par les chiffres. C'est cet argent dont vous avez besoin pour construire la suite. Et si je n'avais pas dépensé cet argent, je suis persuadée, mais persuadée, après, toutes les erreurs sont utiles, que j'aurais eues en... plus gros développement en retailing. Par exemple, là, j'ai été contactée pour un autre retailer à Paris, un autre retailer en Côte d'Ivoire, un autre retailer à Cape Town, en Afrique du Sud, un retailer au Sénégal et au Cameroun. Et malheureusement, ma production est trop petite pour l'instant pour pouvoir faire plus de développement ou avoir une présence plus importante ou des ventes plus importantes. Et je peux te garantir que j'en reste convaincue que si je n'avais pas joué jouer avec ces bénéfices-là, je n'en serais pas à devoir exprimer cette erreur aujourd'hui. Donc, je double down sur garder vos intérêts pour réinjecter dans le travail.

  • Vanessa

    Merci pour cette masterclass et merci pour l'honnêteté, parce qu'il y en a qui ne vont pas forcément nous raconter l'erreur, en fait. Il y en a qui ne sont pas trop à l'aise avec ça. C'est bien de dire que c'est comme ça qu'on apprend. Et c'est clair que ça peut aider énormément de porteurs de projets, de gens qui se lancent. Ou effectivement, les premiers euros gagnés sont les premiers à réinvestir dans la boîte. Puisque si tes consommateurs répondent bien à ce que tu offres, c'est une excellente réponse. Il faut réinjecter. Mais bon, je pense que tu es quelqu'un plein de ressources. Donc, on ne s'inquiète pas. J'ai hâte de voir la marque. à Paris bientôt. Et de toute façon, en attendant, via ton site internet... Non, alors je ne sais plus si tu as un site internet. Je sais que tu es sur Instagram.

  • Ramata

    Tout à fait, oui. Alors là, ma marque via site internet, oui. Elle est aussi disponible à Couleur Concept à Lydian et à Paris chez Esaris pour l'instant.

  • Vanessa

    Je mettrai les liens en note de bas de l'épisode et également dans l'article que j'écrirai pour, comment dire, en même temps que l'épisode du podcast. Je mettrai les liens pour que vous puissiez... aller voir la collection. Et du coup, la marque Muse, c'était quoi tes inspirations ? C'est quoi ta cliente, en fait ? Donc, on sait que la principale est gérée. Enfin, je dis on sait. Moi, je te suis, donc je sais que la principale est gérée l'une. En tout cas, c'est toi. Mais du coup, toi, quand tu imagines cette marque, tu cimes le qui, en fait ?

  • Ramata

    Alors, le nom de mon enseigne, c'est Muse, Muse qui représente une source d'inspiration. À l'époque, quand j'étais à l'époque du blog, je détestais dire les fans parce que je n'ai jamais... Non, ce n'est pas des femmes, la majorité de mes lectrices ou de mes muses, comme je les appelle, sont d'exceptionnelles femmes de qualité, certaines que je connais un peu plus parce qu'à force d'échanger chaque année. Je vois les profils de femmes qui me suivent, j'ai beaucoup de chance d'avoir des femmes intellectuelles, magnifiques dans leur mouvement de pensée, dans leurs actions si généreuses, gentilles, bienveillantes, donc je les ai toujours appelées les muses. Et donc je décide de lancer une marque et le nom de mon enseigne c'est « De l'émotion capturée dans du textile » . Emotions Capturing Textile. Et j'avais envie de faire une marque qui était nomade, nomade dans la pensée et très colorée. Je ne voulais pas que les couleurs unies tout le temps. D'ailleurs, je m'habillais tout le temps, tout le temps quasiment en couleur. C'est très rare que je sois en noir. Pas parce que le noir, c'est une couleur moins sympa. C'est juste que je suis timide de nature. Je sais, ça ne se voit pas. Je suis timide de nature et la couleur attire. Et quand on a de la couleur, on n'a plus besoin de faire son introduction. Et donc, j'avais envie de faire une marque, comme j'ai dit, nomade en pensée, qui puisse s'adapter à tous les pays chauds en général, qui puisse être fleurie aussi, qui puisse avoir de la couleur, de la vie, du mouvement. Et je ne voulais pas qu'elle soit figée dans une époque précise. Je voulais que le mus d'aujourd'hui, on peut le mettre hier, on peut le mettre demain, et puis qu'il y ait un accès à l'intemporalité de la femme. Et je trouvais que ce qu'on faisait, en tout cas jusqu'alors, au moment où je créais Mus, ce qu'on faisait des marques africaines, en général, c'était trop dans le cliché tout le temps. À l'époque, c'était le dashiki, ou alors le panne, etc. Et en plus, quelle panne ! Et je me disais, mais attends... Nous sommes des Africains de la diaspora, nous sommes des Africains qui véhiculons aussi nos codes, et nos codes ne sont pas que du traditionnel tout le temps, enfin moi je ne m'habille jamais en traditionnel, sauf peut-être, oui, pour un mariage, ou pour la journée de la femme, et encore ça c'est ma mère qui nous fait les vêtements, je me suis dit j'aimerais un vêtement qui puisse ressembler à la femme sans le cliché, voilà, sans le cliché, avec le mouvement de sa vie quoi. Et donc j'ai créé Muse. J'ai créé, j'ai capturé de l'émotion dans du textile.

  • Vanessa

    Et du coup, tout ça s'est fabriqué à Lagos.

  • Ramata

    Exactement, c'est fabriqué à Lagos. Le pari est compliqué de produire en Afrique, parce que chaque pièce a sa différence. Et ce qui dit que chaque pièce a sa différence, dit que chaque pièce doit être contrôlée. Parce que, en termes de qualité, parce que... d'une pièce à une autre, il peut y avoir un défaut de fabrication, il peut y avoir une différence de taille, il peut y avoir souvent de belles surprises aussi. Souvent, en faisant des pièces, on se rend compte que le tissu tourne mieux avec cette couture et pas l'autre, et donc on va réajuster la production. Donc il y a aussi du positif, il n'y a pas que du négatif. Il y a du positif de pouvoir changer les détails et puis de reprendre dans les trois premiers... on s'est rendu compte qu'on voulait rajouter un détail en plus, et bien les modèles suivants peuvent totalement être faits. Donc ça c'est aussi le côté un peu sympa, je veux dire localement. Et puis d'encourager les communautés aussi. Encourager les communautés, alors s'il y a une problématique à laquelle je fais tout le temps face, en Afrique, même pas que dans la mode, mais dans la beauté aussi, Mais dans la mode surtout, c'est cet état d'esprit de dire je ne peux pas, je ne sais pas faire, je n'y arriverai pas. Et en fait, au départ, je me disais oui, ils ont raison, c'est mieux de se dire, de dire tout simplement qu'est-ce qu'on sait faire et qu'est-ce qu'on ne sait pas faire. Ça, c'est le point fort. En général, les équipes à être lesquelles je travaille dans la beauté, même s'ils ont du mal à le reconnaître. Au départ, quand j'avais accès, quand j'avais plutôt une conversation avec... des personnes de la production ou de mon équipe, et qu'elles me disaient qu'elles ne savaient pas faire ou qu'elles ne pouvaient pas faire, je disais « Ok, si tu ne peux pas faire, ce n'est pas grave, on passe à autre chose, on essaiera un modèle plus facile. » On essaiera un modèle plus facile, je les ai tout le temps. Et en fait, mon ambition ne me permet pas d'accepter la facilité. Comme je dis, je suis pointue, je suis curieuse, j'ai beaucoup de drive. Et la fatalité m'embête profondément. Parce qu'en gros, c'est que tu n'as pas su mieux faire. Ce n'est pas que tu as fait de ton mieux, c'est que tu n'as pas su mieux faire. Il y a une différence entre peu mieux faire et fait de son mieux. Et donc là, j'ai fait d'ailleurs ça avec une jeune fille pour qui je fais du mentoring. Et je lui ai dit, OK, tu ne sais pas faire. mais je vais te payer pour rater. Donc, essaye et je te paye quand même. En fait, je me rends compte que localement, c'est une culture de se dire, je ne sais pas faire parce qu'on a peur de ne pas être payé si on rate. Et c'est cette peur qui emmène les gens localement à dire, je ne sais pas faire. Ce n'est pas parce qu'ils ne savent pas faire, c'est parce qu'ils se disent, si c'est mal fait, je ne serai pas payée. Et donc aujourd'hui, j'envoie en général une panoplie de sketchs aux équipes ou des gens que je mentor. en disant qu'est-ce que vous pouvez faire ? Donc déjà d'office, il me dit ce qu'il veut faire, j'ai dit qu'est-ce que vous ne pouvez pas faire ? Donc là on regarde ce qu'il ne peut pas faire, et je pointe un article, et je dis je vais te payer pour essayer de faire ça. Et ainsi de suite. Et j'ai fait ça avec une grande créatrice en maroquinerie aujourd'hui, qui me remercie jusqu'à présent, parce que si ce qu'elle ne savait pas faire est devenu son best-seller, elle est rendue au Maroc, en Côte d'Ivoire, à Paris, au Nigeria. dans les aéroports, et c'était son best-seller, et on est parti du principe qu'elle ne savait pas faire non plus, et que je l'ai payé en disant, vas-y, échoue, tu n'as rien à perdre. Parce qu'à la fin de la journée, une réussite, c'est un échec qui a fonctionné. C'est ça. C'est un essai qui a fonctionné, donc si on va sur le principe qu'on a raté, et bien, oui, donc c'est ça. Il faut vraiment... Le plus gros du Nigeria, c'est la capacité de la pensée. C'est le management d'une marque compliquée.

  • Vanessa

    Super intéressant, c'est une bonne philosophie. Une réussite, c'est un essai qui a fonctionné en fait. C'est assez intéressant cette démarche-là. Et du coup, toi en perspective d'avenir pour Muse, c'est quoi tes ambitions en fait pour ta marque ?

  • Ramata

    J'aimerais que Muse soit représentée un peu partout dans le monde, bien et net. Alors, être dans le retail et créer une boutique Muse, pas nécessairement. J'aimerais que Muse se développe, si je devais créer une boutique, c'est une boutique de beauté, un concept de beauté incroyable pour l'Afrique et pour les Africains, et qui se renchaîne un peu partout. Et où Muse serait développée, mais plus du côté cosmétique, plus du côté maquillage, beauté, parfum, etc. Le côté prêt-à-porter, je veux principalement que Muse soit représentée partout dans le monde, que ce soit dans les resorts, les hôtels. les retailings de toutes les belles boutiques, avec toujours, j'espère, un jour pouvoir enfin réduire. MUSE n'était pas parti pour être un produit qui devait coûter 200 euros ou 180 euros. Et quand on se rend compte des réalités du marché, avec les coûts de production, ne serait-ce que pour faire des tissus, parce que j'importe mes tissus, donc il y a les taxes, la livraison des produits pour le Nigeria, la fabrication, donc la production. les packagings et ensuite le renvoi ailleurs, sachant que DHL prend déjà 60 euros de frais d'une raison, c'est très compliqué de rentrer dans ces frais en ajoutant même ne serait-ce qu'un peu de marge. Et à long terme, si je pouvais trouver des chaînes de production de muses beaucoup plus proches que de la production des tissus, ce serait l'idéal. Parce que je ne veux pas, même dans les marques que je fais, oui, j'aime le luxe, oui, j'ai les codes de luxe, oui, je les connais, oui, je m'y associe, oui, ça fait partie de moi parce que j'ai grandi dedans et c'est quelque chose dont je suis habituée. J'estime aussi que le luxe, ça n'a rien à voir avec le prix. Souvent, c'est la considération, c'est un feeling, c'est la promesse qu'on donne, c'est le respect qu'on attribue. Et j'aimerais vraiment, dans tout ce que j'entreprends, pouvoir offrir cette dynamique à ma clientèle, donc à mes muses, parce que je connais la qualité des femmes qui achètent chez moi. Et ce sont des femmes qui ont quasiment les mêmes critères ou alors qui aspirent à ces critères. Parce que je sais que j'ai beaucoup de jeunes filles qui me disent qu'elles espèrent un jour pouvoir s'offrir une pièce muse. Et ça me fend toujours le cœur parce que forcément, j'ai envie de... de leur faire un moins 60 ou un moins 70%, il faut que je reste dissonance aussi, et surtout que ce n'est pas dans l'offre.

  • Vanessa

    En termes de pricing, comme il se trouve, c'est dans la promesse. Et j'espère qu'un jour, elles pourront mettre du Muse à des prix plus adaptés à l'image de marque que j'ai envie de donner à Muse. Je n'ai pas envie que ce soit une marque luxe qui coûte 1 000 euros. Non, pas du tout. Je veux que ce soit une marque qui épouse les conditions et les réalités du terrain. Et oui, elle est... peut-être faites pour les 1%, les 3%, mais je ne veux pas qu'elle soit inaccessible en image de marque. Non, je veux qu'elle ait un ADN plus premium et populaire, si on peut dire ça comme ça.

  • Ramata

    Très bien, c'est tout ce qu'on te souhaite. J'ai bien entendu le discours sur Muse Beauté, donc on est prêts à...

  • Vanessa

    Ah mais bien sûr ! Bien sûr ! Ah non, mais bien sûr, je suis sur un bon, beau projet. Là je vais à Bologne pour le salon de la beauté, le plus grand salon de cosmétiques du monde. J'y étais déjà il y a 2-3 ans, mais là comme mon projet devient de plus en plus fin sur sa dynamique, je veux y retourner pour être certaine. La première fois que je suis allée à Bologne, je ne savais pas trop ce que j'attendais de ma demande. Je suis un petit peu allée avec une curiosité générale. Là je vais dans le détail pour trouver la distribution. J'ai déjà plus ou moins... les sous-traitants avec qui j'ai envie de travailler. Oui, il faut maintenant que j'aille dans le détail de ce que j'ai envie de lancer, les formulations, c'est très important, de ce que j'ai envie de faire. On a des conditions différentes, ne serait-ce qu'en vivant sur le continent. On a des ponts qui réagissent différemment aux formules. que partout ailleurs. Parce qu'on a un terrain très humide, très chaud, on est souvent dans la cligne, il y a des choses qui fonctionnent plus ou moins ailleurs et qui donneront de l'acné ici par exemple. Je ne vais pas donner ça parce que je n'ai pas envie que ma concurrence aille se connecter et directement trouver mes formules. Mais il y a des choses que j'ai vraiment envie de faire avec précision pour notre continent et pour notre diaspora. Et je travaille depuis quelques années dessus. Mais là, il faut que je fasse une petite action.

  • Ramata

    Écoute, on attend, on est pressé. Nous, on est sur les starting blocks. Dès que tu as l'information, à la jeune tour, ce sera un plaisir de partager.

  • Vanessa

    Merci.

  • Ramata

    Avec plaisir. Écoute, on arrive à la fin de cette interview. C'était important pour moi de faire un overview. À la fois ton parcours en tant que blogueuse, créatrice de contenu, à la fois le côté expert beauté, business development pour des marques, et aussi le côté créatrice de sa marque de mode. Parfois, on se dit que cumuler plusieurs activités, ce n'est pas possible. Et du coup, on se limite. Moi, je trouvais ça intéressant que tu puisses partager ton parcours. Moi, je... Et tu l'as dit toi-même, ce n'est pas simple. C'est beaucoup de choses à gérer, mais en même temps, je pense que c'est vraiment le reflet aussi d'une personnalité. Tu vas vers des choses qui te plaisent et c'est ça qui fonctionne.

  • Vanessa

    Absolument. Et surtout, elles sont complémentaires.

  • Ramata

    Voilà, ce n'est pas comme si tu étais dans des secteurs totalement différents. Écoute, à mon audience, je pense qu'il y en a certains qui te suivent déjà et qui te connaissent déjà, à continuer à te suivre sur Instagram. pour avoir des news sur la sortie de la beauté. Merci beaucoup. Et puis, aussi suivre tes insights sur tes recommandations de produits, beauté et parfum sur le compte Instagram. Merci beaucoup.

  • Vanessa

    Merci, Ramatha. Je vois le plaisir de t'avoir. Et puis finalement, à chaque fois que je te parle, tu sais quoi, je trouve ça thérapeutique, parce qu'on ne se rend pas compte de son progrès jusqu'à ce qu'on en parle. Et j'en parle rarement.

  • Ramata

    on remet ça l'année prochaine alors là je peux faire une thérapie il y aura plein de choses qui se seront passées et puis on aura l'opportunité de discuter à ce moment là et on se verra peut-être comme je dis toujours on se voit en Afrique ou ailleurs et probablement à Lagos merci merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout Je vous invite à faire quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

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Description

De blogueuse beauté à femme d'affaires

Vanessa Azar est experte en business development dans les secteurs de la beauté et du parfum et créatrice de la marque de mode Muse Atelier.

De ses débuts en tant que blogueuse beauté à son rôle d'area manager Afrique pour de grandes marques, elle a développé une expertise pointue du marché africain et une vision unique de la beauté.

Dans cette interview, Vanessa Azar nous partage son parcours , les défis rencontrés et sa passion pour la création de contenu lifetsyle et beauté et pour la mode. H

Elle nous parle également de Muse Atelier, sa marque de mode qui célèbre la femme moderne et qui ambitionne de rayonner à l'international.

Un témoignage qui offre une perspective inédite sur les enjeux de la beauté et de la mode en Afrique et sur le rôle crucial des créateurs de contenu et des entrepreneurs.


Africa Fashion Tour poursuit chaque semaine l'exploration des industries culturelles et créatives africaines avec des interviews d'entrepreneurs passionnés qui s'interrogent sur les questions de diversité et de représentation. Chacun des invités du podcast est passé du questionnement à l'action pour proposer des solutions concrètes, des business model vertueux pour promouvoir l'Afrique à travers les soft power.


J’en profite pour remercier les auditeur.e.s de plus en plus nombreux de ce podcast. Pour découvrir en avant première les dernières interviews et analyses de l'écosystème de la mode africaine, abonnez-vous à la ⁠⁠⁠Newsletter Africa Fashion Tour⁠⁠⁠.


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A très vite en Afrique ou ailleurs


Ramata Diallo 


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Vanessa

    On n'a pas de vrai moyen de communiquer différemment que par l'influence. Ce n'est pas comme si on a la culture du mall ou la culture de la marche ou que nos boutiques sont si luxueuses et si bien faites ou bien pensées que ça pour vraiment donner envie au consommateur d'y intégrer sa curiosité, en tout cas son plan d'action. Donc, les gens ne vont pas aller par curiosité voir ce qui se passe en boutique pour rien. Donc, pour l'instant, jusqu'à ce qu'il y ait la culture du mall ou des boutiques suffisamment sophistiquées, ou développées pour accélérer l'attention, nos moyens de communication sont principalement par l'influence, par le média.

  • Ramata

    Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. Je suis Ramatha Diallo, je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode. En 2017, j'ai attité à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Vanessa Hazard. Elle est experte en business development sur les secteurs de la beauté et du parfum en Afrique. Elle est également créatrice de la marque de mode Musatelier. Valessa Hazard est basée à Lagos. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de ses différentes entreprises. Bienvenue Valessa, comment vas-tu ?

  • Vanessa

    Hello Ramatha, écoute, je vais super bien. Comme tu as dit, je vais bien depuis Lagos, la capitale de Beloisir, si on peut dire ça comme ça en Afrique, et de l'enjaillement et de l'entertainment. Donc je vais relativement bien.

  • Ramata

    Ok, écoute, ça fait plaisir de t'entendre. Nous, on s'est déjà vus à Lagos justement. lors de la Fashion Week de Lego et de divers autres événements. Donc, comme tu le dis, effectivement, la capitale de l'entertainment, je suis tout à fait d'accord avec toi, une capitale qui me manque. Donc, aujourd'hui, l'idée, c'est de parler de toi et de ton parcours. Et pour commencer, je vais le faire comme je le fais toujours avec mes invités. Je vais te demander de te présenter.

  • Vanessa

    Je m'appelle Vanessa Hazard, je suis Camerounaise-Libanaise. J'ai grandi entre le Cameroun et Paris, donc première partie. jusqu'en terminale au Cameroun et ensuite je suis partie à Paris pour mes études où j'ai eu deux masters en business et marketing à l'ICP et le SCCI qui sont des écoles de business et de pubs donc voilà et de marketing plutôt. Entre temps, j'adore faire ça parce que c'est tellement le squelette de ma profession, j'ai été blogueuse très longtemps. Alors les réseaux sociaux n'existaient pas comme on les connaît, c'était Skyrock, etc. MySpace à l'époque. Donc je m'étais ouvert un blog, c'était mon passe-temps, je prenais des photos, je donnais des reusses sur des produits de beauté, principalement après ça s'est développé en lifestyle. Mais je me souviens que ma mère me disait « Pourquoi tu fais ce genre de choses ? Tu ne veux pas trouver un job qui paye ? » Parce qu'à l'époque les blogs n'étaient pas du tout rémunérés. D'ailleurs on ne savait même pas que c'était possible. Jusqu'au jour où je... reçoit un email d'une marque, je ne me souviens même plus laquelle, c'est dommage, qui me propose de payer 80 euros. À l'époque, ça faisait beaucoup, j'étais étudiante. Et surtout, quand on ne savait pas qu'on pouvait gagner de l'argent grâce à l'influence, c'était incroyable de savoir qu'il y avait des profils qui voulaient nous rémunérer pour parler de leurs produits. Donc ça, c'était vraiment l'origine de l'influence. Et puis finalement, petit à petit, je me suis rendue compte que ma mère n'avait pas toujours raison. Et que j'avais raison de continuer sur ce sentier qui n'était pas connu du tout, qui était la beauté en ligne, plus ou moins vue par des consommateurs. On n'appelait pas ça des influenceurs, ça n'existait pas, je précise, par des consommateurs. C'était revu vraiment du blogueur. Et donc voilà, j'ai commencé mon petit bout de chemin. Ensuite, j'ai été prise pour être rédactrice de contenu beauté dans un magazine de mode qui s'appelait Stiletto Magazine, qui s'appelle toujours Stiletto Magazine, qui fait un petit peu le Vogue de France. Et j'ai voulu rentrer en Afrique. Et je me disais, comment je fais ? Où je vais ? Je ne savais pas. Je ne voulais pas rentrer au Cameroun, je voulais aller quelque part. où il y a autant de vibrations et d'énergie que mon ambition, en fait. Et pourquoi pas chez les African Giants, a.k.a. les gosses. Et c'est là que mon parcours commence.

  • Ramata

    Je vais me permettre d'interrompre, parce que quand tu parles, tu dis ça n'existait pas. On a l'impression qu'il y a un dinosaure. Doucement,

  • Vanessa

    doucement.

  • Ramata

    Il n'y a pas si longtemps que ça non plus, ou c'était à partir de quelle époque que tu as commencé ton blog ?

  • Vanessa

    Ça fait facilement il y a 15 ans, il y a 20 ans.

  • Ramata

    Mais écoute, tu as fait partie des précurseurs de la création de contenu.

  • Vanessa

    15 ans, 20 ans, oui, parce qu'à l'époque de Skype Blog, on était encore au lycée. On était au lycée, donc on n'avait même pas 17 ans. Aujourd'hui, j'en ai 37. Ça fait 20 ans. Oui,

  • Ramata

    oui,

  • Vanessa

    le temps passe. Donc oui, et donc les réseaux sociaux, Instagram et tout, c'est peut-être arrivé, je ne sais plus, peut-être en 2011. pas mais c'est l'origine de l'influence. Donc voilà, j'arrive à l'égos. Des nouveaux métiers de la communication. Exactement. Et le pire, c'est que je me souviens, dans nos premiers cours de marketing, notre professeur nous disait à l'époque, tout se fera à partir du téléphone. Ça nous paraissait dingue. Il disait, vous pourrez payer à partir des téléphones, vous pourrez… voir des nouveautés à partir des téléphones, créer du contenu à partir des téléphones. On trouvait ça dingue d'avoir des cours de marketing où on parlait du téléphone quand on était encore avec des appareils photos. Oui, on était encore avec des appareils photos, tous les téléphones photos, etc. n'existaient pas, mais on avait nos caméras, on faisait des tirages, on imprimait nos photos. Après, il y avait les caméras digitales où on connectait avec les clés USB sur l'ordinateur, les pages s'ouvraient lentement, on uploadait les photos. C'était ça. C'est ce qu'on oublie, c'est pour ça que quand tu dis dinosaure, la réalité c'est que c'est vrai. Et j'ai commencé très très jeune avec les polaroïds à l'époque. Donc c'était vraiment la naissance des réseaux sociaux. Je faisais des polaroïds, je les collais sur des papiers, et je faisais des petits carnets entre photos avec des citations, des quotes, et plus ou moins le descriptif de ce que la photo représentait. J'avais juste pas les hashtags, mais c'est ça l'origine des réseaux sociaux.

  • Ramata

    Complètement. Et donc, de ce, comment dire, première passion pour à la fois la beauté, le lifestyle et la création de contenu, comment est-ce que tu es venue vers, comment dire, des jobs qui sont plutôt des jobs au sein de marques dans le secteur de la beauté ? Comment ça se fait cette transition ?

  • Vanessa

    Alors, en bossant chez Cielito Magazine en tant que rédactrice beauté, comme je l'ai dit dans le magazine de mode, Je finis par démissionner, mais littéralement du jour au lendemain, j'arrive devant mon PC, j'ai un saignement donné. En fait, c'était ça mon élément déclencheur. C'était tellement... Je ne sais pas si tu as regardé le Diab Sleby en Prada, mais pour celles qui ont regardé le Diab Sleby en Prada, le monde de la mode, c'est comme ça. J'ai vécu littéralement ce qu'Anna Hathaway vivait dans ce film. Et j'arrive un jour de trop, et là je commence à avoir des saignements donnés le matin en ouvrant mon PC. Et j'ai dit non, c'est bon, je suis partie sans mon salaire. j'ai fermé mon PC et j'ai démissionné sans préavis, sans rien. Et donc en partant, mon collègue en plus, le pauvre, il m'a suivi des mois après pour me donner mon chèque, pour vous dire tellement je suis partie sans rien. Et donc en partant, je me fais contacter, je continuais à avoir des contacts avec qui je m'entendais très bien, et je me fais contacter par Estée Lauder, qui me dit « oui, on aimerait que tu rédiges ce... » cet article pour des nouveaux produits, on veut te les faire découvrir. Et là, je leur dis, écoutez, je ne travaille plus pour Siletto, par contre j'ai mon blog. Ah oui ? Est-ce que tu peux nous envoyer ton blog ? Je présente mon blog et là, je me mets à bosser avec Estée Lauder. Ce qui était donc mon gros départ avec une grande marque d'un grand groupe. Donc le groupe Estée Lauder avec la marque Estée Lauder. Et donc là, on a une amitié, un amour fou l'un envers l'autre. Et donc, je ne jure que par Double Wear, etc. Donc, je découvre vraiment... le monde, l'univers de la mode dans les backstage, c'est-à-dire invitations PR, stratégie marketing, stratégie de développement, etc. Donc, je n'étais pas consultante, mais j'avais accès à tous ces dossiers. J'avais des articles que je recevais avant qu'ils soient disponibles, j'avais des embargos à signer, etc. Et c'est là que j'apprends tellement plus que ce qu'on enseigne à l'école, parce que la passion mène toujours plus loin. Et je décide de faire ce voyage au Nigeria en me disant, oui, je vais aller en Afrique, je vais d'abord au Kenya, rien d'intéressant, ensuite je vais au Nigeria. J'ai African Giants et là, je me rends compte du milieu incroyable. que les gosses emmènent, c'est-à-dire, comme j'ai dit, le milieu de l'entertainment, avec les fashion week, les make-up artist industry, le oil and gas, et tout le monde avec leur abadal, le wedding ceremony. C'était juste incroyable. Je n'avais jamais vu ça de ma vie. Le plus gros choc culturel, je le dis toujours, c'est au Nigeria. Et là, je me dis, mais les femmes et les hommes sont tellement sophistiqués. dans la manière dont ils voient la beauté, que ce soit en parfumerie, en cosmétique, en maquillage, je me dis que c'est ici que je veux rester. Mais je n'ai pas de boulot, donc du coup je ne sais pas quoi faire. Je me fais embaucher par Très, je refuse même d'y être parce que je me dis, ouais, j'avais pas prévu de bosser pour Très en project manager du tout, en plus c'était avec Junior. Mais au moins, ça me permet de rester un peu plus au Nigeria, ça me permet de payer mes factures. Parce qu'en plus, quand je ne veux pas bosser, je leur donne un gros salaire, je leur dis que je vais être payée en euros, alors qu'ici, ce sont les dollars, parce que je leur dis que je n'ai pas de compte, machin. Et puis finalement, ils acceptent. Quand on croit finalement le culot, ça paie toujours. Je suis partie dans la négociation en me disant, peut-être qu'ils disent non, j'en ai rien à faire. Donc, je suis partie littéralement avec un concept assez détaillé de ce que je voulais pour qu'ils me disent non, en fait. Donc c'est le culot qui a fait que je sois bien payée, que je sois bien logée, que j'ai un chauffeur privé, etc. Et en restant à Lagos, je me dis que je vais aller dans des centres commerciaux et voir la différence entre la beauté légotielle, la beauté parisienne et les critères. Et juste tout simplement étudier la beauté sur des dynamiques différentes. Europe et Afrique, je vais dire ça comme ça, mais plutôt Nigeria, France. et Legos Paris plus précisément. Et là je me fais contacter par la distribution de L'Oréal Luxe et par un membre de la direction de L'Oréal qui me propose d'être manager pour le Nigeria. Mais mon rôle n'existe pas, ma carrière n'existe pas, il n'y a pas de manager distribution, marketing, etc. Et donc créer un job pour moi avec... Donc d'une telle manière je devais presque faire mes tâches, aider à remplir les tâches que je devais. porté et mené dans la capitale. Et donc, c'est là que je commence à représenter, après des entretiens, c'est pas comme si on m'appelait, et puis non, je suis passée trois, quatre entretiens, et puis le dernier, c'est avec l'équipe L'Oréal directement, L'Oréal-Lupes, excuse-moi. Et là, je suis prise, et je commence donc à représenter les marques Armani, Lanco, Missa Laurent, Polo Ralph Lauren, Azaro, et tout le reste sur l'Afrique de l'Ouest, donc Ghana y compris. Et donc voilà, passionnant, j'apprends un peu tous les jours parce que moi n'ayant jamais travaillé en Afrique à part en parler, j'apprends sur la culture d'entreprise qui est quasiment inexistante, l'intégrité, tout, tout, tout, tout, les décalages, l'approche au retard, mais ce sont vraiment la gestion humaine et la plus complexe en Afrique et là j'apprends vraiment. à adapter les qualités de manager localement, ce qui n'a rien à voir avec Paris. Rien. Donc, passionnant, passionnant. Tout s'est appris sur le terrain. Et j'ai l'impression de t'en parler.

  • Ramata

    Vraiment, cet épisode est à toi. J'ai des amis qui me disent ça. Je dis, mais tu as une heure pour parler de toi, profite !

  • Vanessa

    Moi,

  • Ramata

    j'aimerais que tu nous expliques, en fait, c'est quoi le métier d'un manager afrique, d'un EREA manager ? C'est quoi tes différentes missions ? C'est quoi l'objectif ? J'imagine que c'est de s'assurer que les marques, elles soient bien distribuées, bien développées. Mais est-ce que tu peux nous décrire un petit peu en quoi consistent les différentes missions qu'on a pu te confier chez L'Oréal, par exemple ?

  • Vanessa

    Oui, tout à fait. Alors déjà, il y a des missions de distribution. pleinement, ça c'est du trade, de produit A à Paris au produit A à Légos, comment il se représente en boutique, est-ce qu'il y a suffisamment de stock, quelle est la demande, est-ce que les produits sont adaptés ? On a des cas où, par exemple, si une marque veut venir mettre des produits bronzants, dans les étagères en boutique, ce sera notre expertise qui va leur dire non, parce que c'est 89% de la population des Gaussiennes, c'est clair, c'est la peau, donc c'est pas la peine. On a donc, oui, ce rôle de distributeur, on a le rôle d'expert, de conseiller, on a un rôle d'accompagnement, de développement avec des nouvelles opportunités terrain, par exemple, s'il y a une nouvelle boutique qui ouvre dans la capitale, est-ce que, oui ou non, les produits y seront ? On a l'étiquette aussi de la crédibilité d'une maison, le fait de s'implanter officiellement, parce qu'il y a beaucoup de fonds. Alors on n'a pas les chiffres pour le luxe en termes de produits factices, mais pour la parapharmacie par exemple, c'est 89% ou 86% des produits qui sont contrefaits. Donc, il y a plus de chances d'avoir du faux que du vrai. On a aussi le développement marketing, bien entendu, l'influence, avec tous les rapports aux influenceurs, aux leaders d'opinion, aux influences de consommation. On a les lancements produits, que ce soit des lancements boutiques ou des lancements extérieurs. On a tout ce qui est le développement médiatique. des campagnes publicitaires, que ce soit des campagnes en ligne, que ce soit des campagnes sur de l'affichage TV. En gros, c'est éduquer le consommateur à l'arrivée de la nouvelle marque. Et puis, surtout, surtout, faire attention à ce que la marque ne tombe pas en termes d'images une fois qu'elle est implantée au Nigeria. Parce que si on voit en termes de statistiques, par exemple, de la consommation globale des Africains, où il y a une concentration de Nigeria, par exemple, Atlanta, Lagos, Londres, les Nigéreux représentent 46% des consommateurs africains, où ils sont représentés à l'étranger. Ce qui veut dire que si on fait tomber les marques ici, on part au chiffre à l'heure. Donc c'est très important de garder ça en avant une fois qu'on arrive dans les stores, de se rendre compte est-ce que le produit est bien représenté, est-ce qu'il est marchandé exactement comme une boutique ailleurs, est-ce qu'il y a suffisamment de testeurs, est-ce que les testeurs ne sont pas vendus, parce que souvent on a des retailers qui gardent les testeurs et qui les vendent, souvent on a des produits sur le marché qui viennent d'ailleurs et qui sont vendus moins cher, mais il faut regarder aussi les références au prix, savoir si... vérité, leur les vendent au même prix ou plutôt le double, ou plutôt moins cher. Donc, garder quand même une image de marque. Donc, c'est vraiment entre du micromanagement et du due diligence, si on peut dire ça comme ça aussi. Et tout faire un rapport de concurrence, un rapport de progression, un rapport chiffré du marché et puis du business.

  • Ramata

    Et du coup, est-ce que tu peux nous parler de la distribution à Lingus ? Parce que du coup, voilà. J'imagine que, enfin je sais qu'il n'y a pas un Sephora, un Mariano ou un Ocidé là-bas, mais du coup, quels sont les enseignes de distribution de beauté qu'on peut retrouver à l'égo, c'est même ailleurs, puisque toi tu t'occupais pas seulement du Nigeria. Donc quand on cherche à s'implanter en fait dans le secteur de la beauté, quels sont les enseignes de référence vers lesquelles on peut aller ?

  • Vanessa

    Alors je vais donner des équivalences, même si c'est... pas du tout le même niveau ni d'expertise, ni de développement, ni chiffré. On a ce que je vais considérer comme le Sephora de Lagos, qui s'appelle Essenza, ils ont des boutiques un peu partout, ils en ont à peu près une trentaine, une quarantaine dans le pays, en partant d'Aboudia, Lagos, Port-à-Court, qui sont plus ou moins les plus grandes villes, donc ça s'appelle Essenza. Ils tiennent 70 à 80% des projets commerciaux. 70 à 80%. Donc ils ont toutes les marques quasiment, certaines marques en exclusivité, notamment Fenty qui est en exclusivité avec Essenza. Parfums, ils n'ont pas Parfumel, ils ont d'autres parfums, Armani Privé. Et ensuite on a l'équivalent de Marionno, qui est au Nigeria, représenté par... Mountain Place, qui tient un petit peu le reste aussi, qui font aussi des parfums de niche, mais le plus, c'est commercial. Et ensuite, on a des boutiques qui ne font que du parfum de niche, un peu le Ausha, mais pas du tout. Je précise, c'est pour donner vraiment un comparatif. On a le Ausha, donc ils ont moins de boutiques dans la ville. Et ils n'ont que des parfums de niche, pour le coup. C'est pour ça que je fais ce comparatif. Et ça s'appelle Cascade. Et ensuite, on en a un, ça m'échappe là tout de suite parce qu'on bosse vraiment, vraiment moins avec lui. Ça me reviendra. Mais ce sont les quatre plus gros retailers. Et ensuite, ce sont des petits micro par-ci, micro par-là avec qui on ne bosse pas parce que malheureusement, ceux qui ont le monopole ou qui ont la dominance sur le marché ne veulent pas que les marques, en tout cas que moi, j'ai eu à tenir. ou que le tien soit distribué chez eux. Donc, parce que c'est aussi du politique, on va dire ça comme ça, on reste avec ceux qui nous font le plus de chiffres.

  • Ramata

    Très bien. Concentration du marché avec un certain nombre de leaders, ça paraît cohérent. Et en termes de lancement, quand une marque arrive, je sais qu'il y a souvent des événements de lancement avec des créateurs de contenu, des célébrités, soit dans le milieu de la musique ou dans le milieu du cinéma. Est-ce que ça fait aussi partie de stratégies sur lesquelles tu travailles pour pouvoir assurer, comment dire, pour pouvoir... Pour s'assurer qu'en termes informés, en tout cas, du lancement d'un nouveau produit, d'une nouvelle marque sur un territoire ?

  • Vanessa

    Oui, absolument. C'est très important déjà parce qu'on n'a pas de vrai moyen de communiquer différemment que par l'influence. Ce n'est pas comme si on a la culture du MOL ou la culture de la marche, ou que nos boutiques sont si luxueuses et si bien faites ou bien pensées que ça. pour vraiment donner envie au consommateur d'y intégrer sa curiosité, en tout cas son plan d'action. Donc les gens ne vont pas aller par curiosité voir ce qui se passe en boutique pour rien. Donc pour l'instant, jusqu'à ce qu'il y ait la culture du MOL ou des boutiques suffisamment sophistiquées ou développées pour attirer l'attention, nos moyens de communication sont principalement par l'influence, par le média. Et oui, on a des façons différentes de communiquer selon les marques ou les maisons qu'on représente. Si on prend des marques un peu plus simples, enfin pas un peu plus simples, ça manque de temps, des marques plus organiques dans leur lancement, on va prendre, quand je dis organique, c'est en termes de façon d'ADN déjà. Si je pense à Dior par exemple, je pense à Fancy, qui sont des marques qui auront de manière organique une facilité d'implantation. Tout simplement parce que Fenty peut se retrouver à la plage comme genre sauvage, comme genre backstage peut se retrouver à la Fashion Week. Ce sont des marques qui aisément épousent le système qui est déjà mis en place. Il y a des marques plus complexes à gérer comme Armani, qui est une marque très pointue en termes d'esthétisme, qui fait quand même appel au costume, qui ne peut pas s'implanter partout. Il y a des maisons comme Clave Christian aussi, qui est une maison de niche où les entrées de... Les produits sont à 500 pounds, donc on ne va pas les inventer de la même manière. On a des influenceurs ou même des personnes d'influence qu'on ne pourrait pas forcément représenter dans ces maisons également. Si on prend Fancy, par exemple, qui s'en fiche un peu à raison du code vestimentaire de son client, parce qu'ils sont très edgy, ils sont très libres, ils sont très inclusifs. On a des marques plus élitistes, si on peut dire ça comme ça. Et donc, on ne fera pas la même démarche de lancement. C'est Franck-Leif Christian, qui est une marque pour qui j'ai fait du consulting. Lorsqu'on a fait le lancement, les influenceurs étaient triés sur le volet. Il fallait regarder la réputation de l'influenceur, savoir ce qu'il faisait dans la vie, qui avait accès à lui, quelle était sa classe sociale. Ensuite, le lancement, on l'a fait accompagné d'une banque en utilisant les datas clientèles de cette banque en question pour prendre les meilleurs de leurs clients parce que le projet était à 500 pounds, c'est-à-dire 600-700 euros en montant. Ça, c'est l'entrée de gamme. Donc, on ne vendra pas un gloss ou un parfum de niche comme on vendra du commercial. Pas du tout. Ce n'est pas le même développement, ce n'est pas la même attraction, ce n'est pas la même stratégie.

  • Ramata

    Très bien. Donc, du coup, toi, tu vas intervenir autant sur la partie commerciale, distribution, dans les stratégies, mais également sur la partie communication, puisque communication influence l'autorité de la marque, puisque les deux sont complètement liés pour pouvoir assurer le développement et le succès d'une stratégie de lancement en Afrique.

  • Vanessa

    Absolument. Je micromanage quasiment tout. Et ça, c'est mon côté perfectionniste, qui n'apparaît pas toujours en ligne, je sais, parce que je suis très spontanée, très drôle, très bubbly, si on peut dire ça comme ça, parce que ça, c'est mon côté loisir. Mais au travail, je suis très pointue, très constante. Et surtout, je déteste l'incompétence. S'il y a vraiment une chose que je déteste, c'est l'incompétence. Et quand on travaille en Afrique, On a un gros choc culturel d'expertise. Et je précise, parce que je ne vais pas dire que c'est de l'incompétence, mais si je ne vérifie pas tout ça, ce que j'ai appris sur le tas, justement, c'est moi qui deviens compétente. Alors, on a une grosse problématique de recrutement. Parce qu'on a une distribution qui, en général, il cherche des exécutants. Et dans une compagnie, il faut de tout. Il faut des stratégistes, il faut des exécutants. Et tout le monde a un rôle bien précis pour le bien-être ou le bon fonctionnement des tâches quotidiennes. La problématique, c'est que la distribution ne développe pas les talents. Et donc, quand on arrive en Afrique, il faut avoir son expertise. Parce que ce ne sont pas les entreprises, en tout cas dans les... avec lesquels j'ai bossé jusqu'à aujourd'hui, qui développeront, par exemple, je n'ai pas bossé avec L'Oréal directement, j'ai bossé avec la distribution qui représentait L'Oréal. L'Oréal développe des talents, L'AMH développe des talents, vous avez des formations, vous avez des trainings, vous avez des upgrades ou des programmes d'entraînement, etc. ou des best practices auxquels vous avez accès, que nous, on n'a pas. Donc, quand on arrive, c'est quasiment avec son talent, bon, avec son expertise, et c'est à nous de le développer. La problématique, c'est que comme ces entreprises ne recrutent pas beaucoup de talents de management, ou de... comment on appelle ça ? En tout cas, un niveau de master qui a été à l'international de la diaspora, qui a quand même été très exposé au code luxe, ou qui a été très exposé à une éducation, je dis bien une éducation scolaire, on ne parle pas d'éducation personnelle, mais... L'éducation scolaire qui a pu développer cet accès à l'expertise du raffinement ou de la sophistication, ça fait que leur regard sur le marché n'est pas le même. Si je donne un exemple, la dernière fois, il y avait une masterclass en produits. Les produits que nous, on manage étaient par terre, dans des sacs shopping bags au sol. Et ça ne dérangeait personne parce que leur... œil, leur regard professionnel n'est pas affûté pour voir ce genre de détails. Donc si moi, du haut de mon bureau, je ne suis pas poète et paysanne, je vais tomber les marches, parce qu'il est hors de question de voir des produits qui sont aussi bien tenus ailleurs être par terre en Afrique ou en Géant, en tout cas dans tous les marchés que j'analyse. Et... Et... même en termes de chefs, en termes de construction, s'il y a la poussière à gauche, à droite, la selling ceremony, comment le client est accueilli en boutique, il faut être attentif au training, est-ce qu'ils ont bien retenu ? Est-ce que là, c'est vraiment ça ? C'est qu'il y a une disparité dans les classes sociales qui fait qu'entre la vendeuse et la cliente, il y a une mille et une mille lumières d'intérêts communs. Il y en a une qui voyage tous les mois et l'autre qui n'a jamais... Pour qui l'égo, c'est déjà un voyage hors normes. Donc c'est très compliqué, c'est comme aller à Paris chez Guerlain et peut-être se faire vendre un produit par quelqu'un qui vient d'une 93. C'est vraiment pour donner cette disparité. Quelqu'un qui vient d'une 93, qui ne s'est pas fait les ongles, qui a une perruque. Mais ce genre de détails, ça paraît très primaire ce que je dis, mais c'est la réalité. Et comme la distribution ou les retailers n'ont pas cette notion de... comment dire, cette notion de développement humain. Oui, on va leur donner des tenues vestimentaires, mais on n'aura pas, comme par exemple chez Emirates, un cours de beauté, un cours de maquillage pour les make-up artists, un cours de, comment dire, d'hygiène de cours. La manière dont les doigts peuvent être faits, quand on tient un parfum, comment est-ce qu'on l'expose, etc. C'est très important. Et donc, si on a... pas comme moi cette connaissance par curiosité, par passion, par expérience, par chance peut-être. Si on n'a pas ça et qu'on reste derrière son bureau, on laisse un marché tomber. Et donc au fur et à mesure, une personne par une, on change un peu la donne. Donc on remartèle des leçons, on remartèle des cours, on remartèle des fonctionnements. Puis, dans un autre marché, je n'aurais pas besoin de le faire. Parce qu'il y a d'autres équipes qui s'occupent de ça. Mais quand on est one in a million à savoir le faire et à devoir le faire, eh bien, on le fait.

  • Ramata

    Je comprends, il y a une dimension managériale qui est du coup super importante dans ton job que potentiellement, tu n'aurais pas si tu travaillais dans une autre région du monde. Toi,

  • Vanessa

    tu as une... Tu as une bonne expertise du marché de la beauté en Afrique et particulièrement en Nigeria. C'est quoi les évolutions que tu as pu constater, ça peut être en termes de produits, comme en termes de comportement des consommateurs, qui toi ont pu te frapper dans la manière dont... Alors pour moi, ce n'est pas en comparaison par rapport à ce qui se passe en Occident, mais c'est plutôt, qu'est-ce qui se passe en ce moment dans le secteur de la beauté en Afrique, si tu devais nous donner trois petits insights à retenir ?

  • Ramata

    Alors déjà il y a une grosse vague skin care, qui est maintenant une des grandes modes, c'est d'avoir un teint zéro défaut, avoir le teint brillant en se mettant des produits skin care et d'avoir vraiment ce côté, on n'est plus dans la couvrance. Quand je venais d'arriver, c'était vraiment, ça fallait toujours à un certain extent, mais c'était vraiment tout cacher, tout couvrir, tout voiler. Donc là on a changé, on n'est plus dans les fonds de teint hyper couvrants, on est dans des crèmes teintées, on est dans des fonds de teint allégés, on est dans vraiment le côté soin, on est dans une grosse phase soin. Il y a aussi des maquillages plus légers, forcément, le développement de tout le côté marin, tout le côté plage, le lifestyle qui se tourne autour de laquelle je pense aussi faciliter cette envie. de voir sa peau un peu plus reposée, d'être un peu plus naturelle. Les nid de géant ne sont pas très naturelles, mais on remarque quand même une différence de sophistication dans la manière dont c'est fait. Donc ça, j'ai ça. Ensuite, il y a eu un gros changement que moi je pensais être très lié au type de consommation, c'est la chute du Naira, qui a quand même baissé de 70% en valeur. Et donc là, on a eu une grosse chute de consommation également. Et puis au final, je me suis rendue compte que non. En fait, ce qui énerve, je veux dire, qui commence à mettre les sociétés en colère, si on peut dire ça comme ça, dans le milieu de la beauté, c'est qu'elles se disent que les marques internationales arrivent simplement pour faire leur argent et partir sans prendre part à la culture, sans investir, sans être curieux et juste font les choses comme ça. Donc... ils décident de ne quasiment plus acheter, même pas parce que c'est plus cher, mais juste parce qu'ils ont perdu l'intérêt d'acheter localement, qui est quand même le premier challenge auquel on fait face, c'est qu'il faut acheter localement, ils préfèrent pas. Donc ils se disent, tant qu'à faire, je préfère acheter à Londres et me faire livrer à Lagos que d'acheter à Lagos parce que les marques ici ne nous respectent pas. Et ils ont bien compris que le système des marques internationales au Nigeria, en tout cas en Afrique, n'est pas le même. Donc si on prend les mêmes marques à Paris et les mêmes marques à Lagos, ils n'auront pas du tout le même intérêt pour le consommateur, ils ne seront pas dans le fichier client, ils n'auront pas un meilleur traitement. Donc en gros, ils ont compris qu'il n'y a aucun, je précise et je l'en dis, il n'y a aucun intérêt à acheter un produit international en Afrique. Il n'y en a pas un. Pas le fichier client, la réception est mauvaise, le service n'est pas bon. Le produit se demande s'il est vrai ou pas, s'il a tourné ou non, mais ça c'est psychologique. Acheter avec une monnaie qui n'est pas intéressante, même la psychologie de l'argent par exemple, il y a une différence entre un billet de 100 euros et 150 000 l'aira ou 250 000 l'aira, ça fait quand même beaucoup plus en pensée que prévu. Non, il n'y a aucun intérêt, donc pourquoi le faire après les emboutées à HMH, à revenir ? Non, il n'y a aucun intérêt. Donc ça c'est quelque chose que les marques, je pense, n'ont pas encore compris, parce que leur objectif premier c'est de vendre, alors qu'en fait on n'achève pas pour un produit, on achève pour une promesse. Quelle est la promesse qu'on a quand on pense une boutique au Nigeria ? Il n'y en a pas. Donc quel est l'intérêt ? Aucun. Et je pense qu'ils ont perdu l'intérêt, ni même l'intention, en fait ils n'y pensent même plus, ça paraît trop distant. Et je pense que si les marques étaient au courant de cette... Cette façon d'agir localement qui est toujours très mauvaise, on a certains retailers qui demandent des contrats avec des influenceurs, de ce que j'ai cru comprendre là. Et une fois que le produit, le contenu est fait, ils leur demandent de leur rendre les produits et tout. Il y a tellement de choses qui se font, c'est un peu la mafia, si on peut dire ça par moments, c'est un peu la mafia du traitement qui en défaveur des marques à l'international. Et comme il n'y a pas de pont... entre, c'est pour ça que j'ai créé mon entreprise d'ailleurs, pour éviter d'être derrière la distribution et plutôt avoir ma propre compagnie où je peux avoir un accès direct aux maisons et leur expliquer avec une certaine cohérence et une bienveillance les travers du business du marché local. C'est ce que j'essaie de faire à chaque fois que je fais du consulting pour l'EMA. Parce que quand on travaille avec la distribution par exemple, on a du mal à passer au-dessus de la hiérarchie pour expliquer une problématique qui de toute manière finira par être agressée si on la partage. Donc voilà.

  • Vanessa

    Très bien, merci pour ces insights extrêmement précis sur le marché africain parce qu'à chaque fois en fait on déplore le manque de data. Et moi, je trouve ça toujours intéressant de poser des questions à des gens qui sont sur place et qui travaillent pour des marques, tant que tu es au fait de vraiment ce qui se passe localement. Ce n'est pas un regard externe, en fait, ou rapporté. Donc ça, je trouve ça super intéressant.

  • Ramata

    Surtout que je me permets juste de rajouter un truc pour les datas. Oui, on déplore qu'il n'y ait pas de data, mais en fait, on ne cherche pas les datas non plus. On veut. On ne crée pas de data, on veut juste que les marques en général veulent juste arriver et que les data soient toutes faites. Non. En fait, au lieu de payer une compagnie qui va faire du faux collecte data, je ne sais pas comment dire ça, la collection de données, une étude, je recommande toujours à ces maisons d'avoir un système opérationnel. La problématique, c'est qu'aucune de ces maisons n'a une plateforme opérationnelle. C'est-à-dire que dès qu'il y a un local ou un lieu ou un événement où il peut se passer beaucoup de choses pour la marque, elle ne peut pas avoir cette dynamique d'implantation ou de participation parce qu'elle n'a pas de budget opérationnel, tout simplement. Alors, en ayant un budget opérationnel, ça permet qu'elle soit présente à l'endroit et qu'elle puisse justement créer leurs datas à partir de là. créer leur base de données à partir de ça. Après, dire qu'il n'y a pas de data, ce n'est pas tout à fait vrai. Ne pas savoir comment utiliser les datas, c'est une autre chose. Et comme ces marques ne font aucun partenariat avec d'autres maisons, d'autres instituts, d'autres événements, elles n'auront jamais les datas. Parce que si une marque arrive et se dit, comme on avait fait une fois, il y a des concerts, tous ces concerts ont des bases de données incroyables de tous les consommateurs. Il y a des centres d'esthétique. Le Nigeria est reconnu pour ses centres d'esthétique. Toute l'Afrique voyage pour aller au Nigeria pour avoir des soins de peau. Il y a des datas incroyables. Dans les banques, il y a des datas incroyables. Nous, on a fait un lancement avec des banques. Donc, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de data. C'est-à-dire qu'ils ne savent pas où les chercher, comment les traiter et quoi en faire. Oui, il y en a.

  • Vanessa

    Merci pour cette précision. Du coup, effectivement, il y a un sujet de l'accessibilité de la data et de prendre le temps de la chercher, en fait, parce que là où on va être habitué à, surtout ce qui est le marché occidental, il va y avoir énormément, il y a presque trop de data. Il y a Business of Fashion qui sort un livre blanc gratuit, il y a McKinsey qui sort un livre blanc, il y a Bain Company qui sort un livre blanc. Il y a des infos de toutes parts. Et c'est vrai que sur le marché africain, il n'y a pas cette facilité d'accès qui peut nous donner l'impression qu'il n'y en a pas. Mais effectivement, l'idée, c'est d'aller prendre le temps d'aller chercher et aussi de mettre en place des choses, comme tu le disais, pour pouvoir créer de la data et en collecter de manière régulière pour le faire évoluer. Maintenant, je voulais en venir à toi. Donc, tu as ce parcours dans la beauté où tu travailles en tant que consultante, tu travailles en direct. pour un certain nombre de groupes experts dans la beauté ou de marque. En parallèle, tu as la création de contenu et tu as la création de ta marque. Donc la création de contenu, c'est quelque chose que je suis depuis longtemps, parce que ta passion pour la beauté, tu l'as exprimée à travers de l'écriture, à travers le blog. Et puis la marque, c'est venu un peu après, parce que tu as une passion pour la beauté, mais tu as aussi une passion pour la mode. J'appelle ça des passions... Toi, tu me diras si c'est le terme que tu emploies, mais en tout cas, je pense que la mode, c'est aussi assez important pour toi. Donc, est-ce que tu peux nous parler du côté, je dirais, on peut commencer par la partie création de ta marque. Parce que là, ça fait quelques années qu'elle est créée, ta marque de mode, Muse Atelier.

  • Ramata

    Oui, tout à fait. Alors Muse, je l'ai pensé il y a très, très longtemps et je n'avais pas le temps. Je n'avais pas le temps de la créer. Et je me dis, je dis toujours ça, mais ce qui est le pire, c'est que je l'ai créée à l'époque où j'étais le plus occupée. C'est durant le Covid. Et durant le Covid, on n'avait pas une seule seconde. Et je pense qu'à force de travailler, parce que durant le Covid, je managais encore L'Oréal, lui, ça a plein de temps, pas à travers ma compagnie, mais à plein de temps, et on n'avait pas une seule seconde. Et en fait, je pense qu'à force, comme on dit, l'appétit vient en mangeant. J'avais déjà déposé Muse Atelier, Muse pour le coup, j'avais déjà déposé Muse, et je sors d'une rupture, et là je suis triste, je n'en pouvais plus de ma vie, et je me dis, j'étais hyper occupée, donc à chaque fois que j'étais en meeting avec L'Oréal, je mettais Mute, je pleurais, je remettais Mute. J'explique ça, mais vraiment, c'est très important d'avoir une dimension psychologique dans mon approche, parce que je ne veux pas que tout le monde pense « oui, elle fait ça et tout d'un coup, ça fonctionne » ou « elle fait ça, tout va toujours bien dans sa vie » , etc. C'est toujours important d'avoir une transparence sur son habilité à rebondir quand ça ne va pas, ou son état d'esprit. Je sors d'une rupture, je suis à Dubaï, et le jour de ma rupture, je reçois enfin, alors que j'avais fait un dépôt de... de marque pour le Nigeria, pour Muse. Je reçois, je pense que c'était le 19 décembre, je ne sais plus exactement, le 19 ou le 23, je ne sais plus. Je reçois le jour de ma rupture mon certificat d'enregistrement de ma marque. Je me dis, quel cadeau ! Quel cadeau ! Et finalement, je pleure à moitié, mais je pleure quand même. Enfin bref, on déprime pendant des mois et des mois. Et pendant des mois, je fais tout en pleurant. Et je suis occupée avec L'Oréal et je pense qu'à force de bosser, ça m'a donné envie de continuer. Et je me dis, écoute, c'est quoi au lieu de pleurer, rester seule dans ma chambre, je vais commencer à dessiner mes dessins. Et je commence à chercher tous mes tissus, en plus il y a le Covid. Donc au départ, mes tissus, je les prenais au marché et je me suis rendue compte que j'étais juste en train de me divertir et que ça me poussait à me lever à des heures où je n'aurais peut-être rien fait, où je ne serais peut-être, je serais restée dans ma chambre à pleurer. Et je me suis dit, voilà, je suis en train de me divertir. tous les jours où j'aurais envie d'être mal, je vais marcher. Donc, comme j'allais au marché dans tous les cas, j'avais une activité physique. Je pense que ça a contribué parfaitement à ma petite guérison, si on peut dire ça comme ça, parce que finalement, la confiance en soi, c'est le fait d'accomplir des choses et d'en être fière. Et du coup, je pense que ça a vraiment participé à ma « recovery » , si on peut dire ça comme ça. Et je lance donc Muse et je lance ma collection. Et en plus, je ne lance pas ma collection en étant certaine que ça va fonctionner. Je garde un gros stock et à chaque fois, je me dis non, je ne suis pas prête, je ne suis pas prête, je ne suis pas prête. Et je ne la lance jamais alors que j'ai toute une collection. J'ai quasiment tout été fait quasiment. Et là, j'ai une amie qui a une boutique ici à l'égo. C'est une amie nigériane, nigériane, nigérique. Elle arrive chez moi. Et elle me dit « Mais Vanessa, t'es prête ? » Et elle, elle a une boutique de prête à porter, elle a un molle, etc. Et je lui dis « Non, je ne suis pas prête. » Et je pense qu'en fait, je pense que si je dois pointer une émotion, je pense que c'était de la peur, alors que je ne considérais pas que c'était de la peur, j'avais juste l'impression que je n'étais pas prête. Et je pense aujourd'hui, avec un peu de recul, que j'avais juste peur de me lancer officiellement. Elle me dit « Mais non, attends, je t'achète ça, ça, ça. » Donc elle me dit... regarde où sont les shopping bags, tout était prêt. Et donc je lui donne tout, je mets tout sur le shopping bag et je lui vends. Et je lui dis, mais alors pourquoi tu n'étais pas prêt ? Tout était prêt, vends tes produits. Et donc là je dis, c'est vrai. Et toi tu dis non, non, non, on nous tape pas, etc. Et donc c'est là que Muse commence. Et puis de toute manière, il y a une citation que j'adore qui dit que quand tu lances ton produit et qu'il n'y a plus rien à changer, c'est que tu l'as lancé trop tard. Et donc je lui disais mais il manque ça, il manque ça, il dit non regarde tu as réussi à me vendre des articles là c'est que c'est bon, allez tu te lances. Et donc là je lance Muse et Muse Atelier pour le coup et belle réception du public, si ça fonctionne jusqu'aujourd'hui donc tant mieux. Là je vais lancer mon premier, je vais faire, c'est encore, j'ai juste accepté mais je n'ai encore rien signé, je vais faire mon premier défilé pour octobre, octobre, novembre. Je suis déjà en train de préparer la collection donc j'aurais peut-être pas... collection d'été là parce que c'est mon premier fashion show, on ne sait pas, mais là j'essaie de jongler un petit peu entre mes différents projets et surtout mes différentes entreprises pour voir ce que je peux faire à mon rythme ou en tout cas je dis toujours l'essentiel c'est d'avancer à son rythme. Il n'y a pas de pression, je ne suis pas en train de faire la concurrence avec la fashion week et tous les lancements ni même Zara à mon rythme et puis... tant que j'avance et que j'ai une vision, ça va.

  • Vanessa

    C'est une bonne philosophie. On fait la course contre personne à part nous-mêmes, donc c'est à nous de définir le rythme, en fait, et pas de se laisser finalement stresser par le bruit autour. On n'a pas les mêmes ressources, les mêmes moyens, donc des fois, on se compare à des gens qui n'ont pas du tout. On compare des choses qui ne sont pas comparables. En tout cas, je te remercie dans ton témoignage de faire preuve de vulnérabilité parce que je suis assez d'accord avec toi. On a tendance à raconter des success stories, à montrer des belles photos, à montrer tout ce qui va bien. Et effectivement, on a l'impression que tout va bien pour cette personne. Regarde, elle a une marque,

  • Ramata

    elle est totale,

  • Vanessa

    elle sourit tout le temps. Donc, tout va bien. Et en fait, c'est ce qu'on souhaite. Mais c'est vrai que le parcours d'entrepreneur, effectivement, il y a des challenges, il y a des défis. Il faut gérer le perso, et ce n'est pas toujours évident.

  • Ramata

    Et même le trou, il faut le gérer. Je vais donner cet exemple parce que c'est tellement important de ne pas faire la même chose. C'était une de mes grosses erreurs de débutant. Donc, je lance Muse, et je pense qu'un de mes premiers chiffres au lancement de Muse, c'était dans les 30K. Et je me dis, oh, tout cet argent pour moi, etc. Mais délire total. Quand je dis délire total, délire total. Et là, je vais à Dubaï, je prends mes vacances. Je vais à Dubaï, je m'achète une chauffard. Je demande, j'appelle ma soeur, une montre, je précise. J'appelle ma soeur, je dis, qu'est-ce que tu veux et tout. J'ai fait beaucoup d'argent, machin. J'appelle mon autre soeur, je leur achète un peu toutes les choses. Et là, il faut créer l'autre collection. Mais Vanessa Hazard a brûlé tout son revenu. Vanessa Hazard a brûlé tout son revenu parce qu'elle a manqué de discipline. Parce que c'était la première fois que d'un coup, je gagnais autant. Et je précise, d'un coup, je ne gagnais pas progressivement. Et je me dis, c'est ouf. Et je regarde, pendant que je regrette un petit peu, je regarde une interview de Dengueté. C'est pour ça que j'en parle, parce que pour celles qui ne regardent pas Longoté, pour celles qui ne suivent pas son parcours, pour celles qui suivent mon parcours, je regarde donc Vanessa, donc regarde l'interview de Longoté et on lui demande quelle erreur un jeune entrepreneur fait en général. Et il dit la première erreur qu'un jeune entrepreneur fait en général, c'est de gagner ses revenus et de les dépenser dans des consommations qui n'ont rien à voir avec le business. chose exactement que j'ai faite. Et c'est pour ça que je donne toujours ce conseil à toute personne, c'est de garder la même discipline que vous avez eue pour commencer. Ne vous laissez pas séduire ou flatter par les chiffres. C'est cet argent dont vous avez besoin pour construire la suite. Et si je n'avais pas dépensé cet argent, je suis persuadée, mais persuadée, après, toutes les erreurs sont utiles, que j'aurais eues en... plus gros développement en retailing. Par exemple, là, j'ai été contactée pour un autre retailer à Paris, un autre retailer en Côte d'Ivoire, un autre retailer à Cape Town, en Afrique du Sud, un retailer au Sénégal et au Cameroun. Et malheureusement, ma production est trop petite pour l'instant pour pouvoir faire plus de développement ou avoir une présence plus importante ou des ventes plus importantes. Et je peux te garantir que j'en reste convaincue que si je n'avais pas joué jouer avec ces bénéfices-là, je n'en serais pas à devoir exprimer cette erreur aujourd'hui. Donc, je double down sur garder vos intérêts pour réinjecter dans le travail.

  • Vanessa

    Merci pour cette masterclass et merci pour l'honnêteté, parce qu'il y en a qui ne vont pas forcément nous raconter l'erreur, en fait. Il y en a qui ne sont pas trop à l'aise avec ça. C'est bien de dire que c'est comme ça qu'on apprend. Et c'est clair que ça peut aider énormément de porteurs de projets, de gens qui se lancent. Ou effectivement, les premiers euros gagnés sont les premiers à réinvestir dans la boîte. Puisque si tes consommateurs répondent bien à ce que tu offres, c'est une excellente réponse. Il faut réinjecter. Mais bon, je pense que tu es quelqu'un plein de ressources. Donc, on ne s'inquiète pas. J'ai hâte de voir la marque. à Paris bientôt. Et de toute façon, en attendant, via ton site internet... Non, alors je ne sais plus si tu as un site internet. Je sais que tu es sur Instagram.

  • Ramata

    Tout à fait, oui. Alors là, ma marque via site internet, oui. Elle est aussi disponible à Couleur Concept à Lydian et à Paris chez Esaris pour l'instant.

  • Vanessa

    Je mettrai les liens en note de bas de l'épisode et également dans l'article que j'écrirai pour, comment dire, en même temps que l'épisode du podcast. Je mettrai les liens pour que vous puissiez... aller voir la collection. Et du coup, la marque Muse, c'était quoi tes inspirations ? C'est quoi ta cliente, en fait ? Donc, on sait que la principale est gérée. Enfin, je dis on sait. Moi, je te suis, donc je sais que la principale est gérée l'une. En tout cas, c'est toi. Mais du coup, toi, quand tu imagines cette marque, tu cimes le qui, en fait ?

  • Ramata

    Alors, le nom de mon enseigne, c'est Muse, Muse qui représente une source d'inspiration. À l'époque, quand j'étais à l'époque du blog, je détestais dire les fans parce que je n'ai jamais... Non, ce n'est pas des femmes, la majorité de mes lectrices ou de mes muses, comme je les appelle, sont d'exceptionnelles femmes de qualité, certaines que je connais un peu plus parce qu'à force d'échanger chaque année. Je vois les profils de femmes qui me suivent, j'ai beaucoup de chance d'avoir des femmes intellectuelles, magnifiques dans leur mouvement de pensée, dans leurs actions si généreuses, gentilles, bienveillantes, donc je les ai toujours appelées les muses. Et donc je décide de lancer une marque et le nom de mon enseigne c'est « De l'émotion capturée dans du textile » . Emotions Capturing Textile. Et j'avais envie de faire une marque qui était nomade, nomade dans la pensée et très colorée. Je ne voulais pas que les couleurs unies tout le temps. D'ailleurs, je m'habillais tout le temps, tout le temps quasiment en couleur. C'est très rare que je sois en noir. Pas parce que le noir, c'est une couleur moins sympa. C'est juste que je suis timide de nature. Je sais, ça ne se voit pas. Je suis timide de nature et la couleur attire. Et quand on a de la couleur, on n'a plus besoin de faire son introduction. Et donc, j'avais envie de faire une marque, comme j'ai dit, nomade en pensée, qui puisse s'adapter à tous les pays chauds en général, qui puisse être fleurie aussi, qui puisse avoir de la couleur, de la vie, du mouvement. Et je ne voulais pas qu'elle soit figée dans une époque précise. Je voulais que le mus d'aujourd'hui, on peut le mettre hier, on peut le mettre demain, et puis qu'il y ait un accès à l'intemporalité de la femme. Et je trouvais que ce qu'on faisait, en tout cas jusqu'alors, au moment où je créais Mus, ce qu'on faisait des marques africaines, en général, c'était trop dans le cliché tout le temps. À l'époque, c'était le dashiki, ou alors le panne, etc. Et en plus, quelle panne ! Et je me disais, mais attends... Nous sommes des Africains de la diaspora, nous sommes des Africains qui véhiculons aussi nos codes, et nos codes ne sont pas que du traditionnel tout le temps, enfin moi je ne m'habille jamais en traditionnel, sauf peut-être, oui, pour un mariage, ou pour la journée de la femme, et encore ça c'est ma mère qui nous fait les vêtements, je me suis dit j'aimerais un vêtement qui puisse ressembler à la femme sans le cliché, voilà, sans le cliché, avec le mouvement de sa vie quoi. Et donc j'ai créé Muse. J'ai créé, j'ai capturé de l'émotion dans du textile.

  • Vanessa

    Et du coup, tout ça s'est fabriqué à Lagos.

  • Ramata

    Exactement, c'est fabriqué à Lagos. Le pari est compliqué de produire en Afrique, parce que chaque pièce a sa différence. Et ce qui dit que chaque pièce a sa différence, dit que chaque pièce doit être contrôlée. Parce que, en termes de qualité, parce que... d'une pièce à une autre, il peut y avoir un défaut de fabrication, il peut y avoir une différence de taille, il peut y avoir souvent de belles surprises aussi. Souvent, en faisant des pièces, on se rend compte que le tissu tourne mieux avec cette couture et pas l'autre, et donc on va réajuster la production. Donc il y a aussi du positif, il n'y a pas que du négatif. Il y a du positif de pouvoir changer les détails et puis de reprendre dans les trois premiers... on s'est rendu compte qu'on voulait rajouter un détail en plus, et bien les modèles suivants peuvent totalement être faits. Donc ça c'est aussi le côté un peu sympa, je veux dire localement. Et puis d'encourager les communautés aussi. Encourager les communautés, alors s'il y a une problématique à laquelle je fais tout le temps face, en Afrique, même pas que dans la mode, mais dans la beauté aussi, Mais dans la mode surtout, c'est cet état d'esprit de dire je ne peux pas, je ne sais pas faire, je n'y arriverai pas. Et en fait, au départ, je me disais oui, ils ont raison, c'est mieux de se dire, de dire tout simplement qu'est-ce qu'on sait faire et qu'est-ce qu'on ne sait pas faire. Ça, c'est le point fort. En général, les équipes à être lesquelles je travaille dans la beauté, même s'ils ont du mal à le reconnaître. Au départ, quand j'avais accès, quand j'avais plutôt une conversation avec... des personnes de la production ou de mon équipe, et qu'elles me disaient qu'elles ne savaient pas faire ou qu'elles ne pouvaient pas faire, je disais « Ok, si tu ne peux pas faire, ce n'est pas grave, on passe à autre chose, on essaiera un modèle plus facile. » On essaiera un modèle plus facile, je les ai tout le temps. Et en fait, mon ambition ne me permet pas d'accepter la facilité. Comme je dis, je suis pointue, je suis curieuse, j'ai beaucoup de drive. Et la fatalité m'embête profondément. Parce qu'en gros, c'est que tu n'as pas su mieux faire. Ce n'est pas que tu as fait de ton mieux, c'est que tu n'as pas su mieux faire. Il y a une différence entre peu mieux faire et fait de son mieux. Et donc là, j'ai fait d'ailleurs ça avec une jeune fille pour qui je fais du mentoring. Et je lui ai dit, OK, tu ne sais pas faire. mais je vais te payer pour rater. Donc, essaye et je te paye quand même. En fait, je me rends compte que localement, c'est une culture de se dire, je ne sais pas faire parce qu'on a peur de ne pas être payé si on rate. Et c'est cette peur qui emmène les gens localement à dire, je ne sais pas faire. Ce n'est pas parce qu'ils ne savent pas faire, c'est parce qu'ils se disent, si c'est mal fait, je ne serai pas payée. Et donc aujourd'hui, j'envoie en général une panoplie de sketchs aux équipes ou des gens que je mentor. en disant qu'est-ce que vous pouvez faire ? Donc déjà d'office, il me dit ce qu'il veut faire, j'ai dit qu'est-ce que vous ne pouvez pas faire ? Donc là on regarde ce qu'il ne peut pas faire, et je pointe un article, et je dis je vais te payer pour essayer de faire ça. Et ainsi de suite. Et j'ai fait ça avec une grande créatrice en maroquinerie aujourd'hui, qui me remercie jusqu'à présent, parce que si ce qu'elle ne savait pas faire est devenu son best-seller, elle est rendue au Maroc, en Côte d'Ivoire, à Paris, au Nigeria. dans les aéroports, et c'était son best-seller, et on est parti du principe qu'elle ne savait pas faire non plus, et que je l'ai payé en disant, vas-y, échoue, tu n'as rien à perdre. Parce qu'à la fin de la journée, une réussite, c'est un échec qui a fonctionné. C'est ça. C'est un essai qui a fonctionné, donc si on va sur le principe qu'on a raté, et bien, oui, donc c'est ça. Il faut vraiment... Le plus gros du Nigeria, c'est la capacité de la pensée. C'est le management d'une marque compliquée.

  • Vanessa

    Super intéressant, c'est une bonne philosophie. Une réussite, c'est un essai qui a fonctionné en fait. C'est assez intéressant cette démarche-là. Et du coup, toi en perspective d'avenir pour Muse, c'est quoi tes ambitions en fait pour ta marque ?

  • Ramata

    J'aimerais que Muse soit représentée un peu partout dans le monde, bien et net. Alors, être dans le retail et créer une boutique Muse, pas nécessairement. J'aimerais que Muse se développe, si je devais créer une boutique, c'est une boutique de beauté, un concept de beauté incroyable pour l'Afrique et pour les Africains, et qui se renchaîne un peu partout. Et où Muse serait développée, mais plus du côté cosmétique, plus du côté maquillage, beauté, parfum, etc. Le côté prêt-à-porter, je veux principalement que Muse soit représentée partout dans le monde, que ce soit dans les resorts, les hôtels. les retailings de toutes les belles boutiques, avec toujours, j'espère, un jour pouvoir enfin réduire. MUSE n'était pas parti pour être un produit qui devait coûter 200 euros ou 180 euros. Et quand on se rend compte des réalités du marché, avec les coûts de production, ne serait-ce que pour faire des tissus, parce que j'importe mes tissus, donc il y a les taxes, la livraison des produits pour le Nigeria, la fabrication, donc la production. les packagings et ensuite le renvoi ailleurs, sachant que DHL prend déjà 60 euros de frais d'une raison, c'est très compliqué de rentrer dans ces frais en ajoutant même ne serait-ce qu'un peu de marge. Et à long terme, si je pouvais trouver des chaînes de production de muses beaucoup plus proches que de la production des tissus, ce serait l'idéal. Parce que je ne veux pas, même dans les marques que je fais, oui, j'aime le luxe, oui, j'ai les codes de luxe, oui, je les connais, oui, je m'y associe, oui, ça fait partie de moi parce que j'ai grandi dedans et c'est quelque chose dont je suis habituée. J'estime aussi que le luxe, ça n'a rien à voir avec le prix. Souvent, c'est la considération, c'est un feeling, c'est la promesse qu'on donne, c'est le respect qu'on attribue. Et j'aimerais vraiment, dans tout ce que j'entreprends, pouvoir offrir cette dynamique à ma clientèle, donc à mes muses, parce que je connais la qualité des femmes qui achètent chez moi. Et ce sont des femmes qui ont quasiment les mêmes critères ou alors qui aspirent à ces critères. Parce que je sais que j'ai beaucoup de jeunes filles qui me disent qu'elles espèrent un jour pouvoir s'offrir une pièce muse. Et ça me fend toujours le cœur parce que forcément, j'ai envie de... de leur faire un moins 60 ou un moins 70%, il faut que je reste dissonance aussi, et surtout que ce n'est pas dans l'offre.

  • Vanessa

    En termes de pricing, comme il se trouve, c'est dans la promesse. Et j'espère qu'un jour, elles pourront mettre du Muse à des prix plus adaptés à l'image de marque que j'ai envie de donner à Muse. Je n'ai pas envie que ce soit une marque luxe qui coûte 1 000 euros. Non, pas du tout. Je veux que ce soit une marque qui épouse les conditions et les réalités du terrain. Et oui, elle est... peut-être faites pour les 1%, les 3%, mais je ne veux pas qu'elle soit inaccessible en image de marque. Non, je veux qu'elle ait un ADN plus premium et populaire, si on peut dire ça comme ça.

  • Ramata

    Très bien, c'est tout ce qu'on te souhaite. J'ai bien entendu le discours sur Muse Beauté, donc on est prêts à...

  • Vanessa

    Ah mais bien sûr ! Bien sûr ! Ah non, mais bien sûr, je suis sur un bon, beau projet. Là je vais à Bologne pour le salon de la beauté, le plus grand salon de cosmétiques du monde. J'y étais déjà il y a 2-3 ans, mais là comme mon projet devient de plus en plus fin sur sa dynamique, je veux y retourner pour être certaine. La première fois que je suis allée à Bologne, je ne savais pas trop ce que j'attendais de ma demande. Je suis un petit peu allée avec une curiosité générale. Là je vais dans le détail pour trouver la distribution. J'ai déjà plus ou moins... les sous-traitants avec qui j'ai envie de travailler. Oui, il faut maintenant que j'aille dans le détail de ce que j'ai envie de lancer, les formulations, c'est très important, de ce que j'ai envie de faire. On a des conditions différentes, ne serait-ce qu'en vivant sur le continent. On a des ponts qui réagissent différemment aux formules. que partout ailleurs. Parce qu'on a un terrain très humide, très chaud, on est souvent dans la cligne, il y a des choses qui fonctionnent plus ou moins ailleurs et qui donneront de l'acné ici par exemple. Je ne vais pas donner ça parce que je n'ai pas envie que ma concurrence aille se connecter et directement trouver mes formules. Mais il y a des choses que j'ai vraiment envie de faire avec précision pour notre continent et pour notre diaspora. Et je travaille depuis quelques années dessus. Mais là, il faut que je fasse une petite action.

  • Ramata

    Écoute, on attend, on est pressé. Nous, on est sur les starting blocks. Dès que tu as l'information, à la jeune tour, ce sera un plaisir de partager.

  • Vanessa

    Merci.

  • Ramata

    Avec plaisir. Écoute, on arrive à la fin de cette interview. C'était important pour moi de faire un overview. À la fois ton parcours en tant que blogueuse, créatrice de contenu, à la fois le côté expert beauté, business development pour des marques, et aussi le côté créatrice de sa marque de mode. Parfois, on se dit que cumuler plusieurs activités, ce n'est pas possible. Et du coup, on se limite. Moi, je trouvais ça intéressant que tu puisses partager ton parcours. Moi, je... Et tu l'as dit toi-même, ce n'est pas simple. C'est beaucoup de choses à gérer, mais en même temps, je pense que c'est vraiment le reflet aussi d'une personnalité. Tu vas vers des choses qui te plaisent et c'est ça qui fonctionne.

  • Vanessa

    Absolument. Et surtout, elles sont complémentaires.

  • Ramata

    Voilà, ce n'est pas comme si tu étais dans des secteurs totalement différents. Écoute, à mon audience, je pense qu'il y en a certains qui te suivent déjà et qui te connaissent déjà, à continuer à te suivre sur Instagram. pour avoir des news sur la sortie de la beauté. Merci beaucoup. Et puis, aussi suivre tes insights sur tes recommandations de produits, beauté et parfum sur le compte Instagram. Merci beaucoup.

  • Vanessa

    Merci, Ramatha. Je vois le plaisir de t'avoir. Et puis finalement, à chaque fois que je te parle, tu sais quoi, je trouve ça thérapeutique, parce qu'on ne se rend pas compte de son progrès jusqu'à ce qu'on en parle. Et j'en parle rarement.

  • Ramata

    on remet ça l'année prochaine alors là je peux faire une thérapie il y aura plein de choses qui se seront passées et puis on aura l'opportunité de discuter à ce moment là et on se verra peut-être comme je dis toujours on se voit en Afrique ou ailleurs et probablement à Lagos merci merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout Je vous invite à faire quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

Description

De blogueuse beauté à femme d'affaires

Vanessa Azar est experte en business development dans les secteurs de la beauté et du parfum et créatrice de la marque de mode Muse Atelier.

De ses débuts en tant que blogueuse beauté à son rôle d'area manager Afrique pour de grandes marques, elle a développé une expertise pointue du marché africain et une vision unique de la beauté.

Dans cette interview, Vanessa Azar nous partage son parcours , les défis rencontrés et sa passion pour la création de contenu lifetsyle et beauté et pour la mode. H

Elle nous parle également de Muse Atelier, sa marque de mode qui célèbre la femme moderne et qui ambitionne de rayonner à l'international.

Un témoignage qui offre une perspective inédite sur les enjeux de la beauté et de la mode en Afrique et sur le rôle crucial des créateurs de contenu et des entrepreneurs.


Africa Fashion Tour poursuit chaque semaine l'exploration des industries culturelles et créatives africaines avec des interviews d'entrepreneurs passionnés qui s'interrogent sur les questions de diversité et de représentation. Chacun des invités du podcast est passé du questionnement à l'action pour proposer des solutions concrètes, des business model vertueux pour promouvoir l'Afrique à travers les soft power.


J’en profite pour remercier les auditeur.e.s de plus en plus nombreux de ce podcast. Pour découvrir en avant première les dernières interviews et analyses de l'écosystème de la mode africaine, abonnez-vous à la ⁠⁠⁠Newsletter Africa Fashion Tour⁠⁠⁠.


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A très vite en Afrique ou ailleurs


Ramata Diallo 


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Vanessa

    On n'a pas de vrai moyen de communiquer différemment que par l'influence. Ce n'est pas comme si on a la culture du mall ou la culture de la marche ou que nos boutiques sont si luxueuses et si bien faites ou bien pensées que ça pour vraiment donner envie au consommateur d'y intégrer sa curiosité, en tout cas son plan d'action. Donc, les gens ne vont pas aller par curiosité voir ce qui se passe en boutique pour rien. Donc, pour l'instant, jusqu'à ce qu'il y ait la culture du mall ou des boutiques suffisamment sophistiquées, ou développées pour accélérer l'attention, nos moyens de communication sont principalement par l'influence, par le média.

  • Ramata

    Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. Je suis Ramatha Diallo, je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode. En 2017, j'ai attité à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine. Aujourd'hui, je suis en compagnie de Vanessa Hazard. Elle est experte en business development sur les secteurs de la beauté et du parfum en Afrique. Elle est également créatrice de la marque de mode Musatelier. Valessa Hazard est basée à Lagos. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse nous parler de son parcours et de ses différentes entreprises. Bienvenue Valessa, comment vas-tu ?

  • Vanessa

    Hello Ramatha, écoute, je vais super bien. Comme tu as dit, je vais bien depuis Lagos, la capitale de Beloisir, si on peut dire ça comme ça en Afrique, et de l'enjaillement et de l'entertainment. Donc je vais relativement bien.

  • Ramata

    Ok, écoute, ça fait plaisir de t'entendre. Nous, on s'est déjà vus à Lagos justement. lors de la Fashion Week de Lego et de divers autres événements. Donc, comme tu le dis, effectivement, la capitale de l'entertainment, je suis tout à fait d'accord avec toi, une capitale qui me manque. Donc, aujourd'hui, l'idée, c'est de parler de toi et de ton parcours. Et pour commencer, je vais le faire comme je le fais toujours avec mes invités. Je vais te demander de te présenter.

  • Vanessa

    Je m'appelle Vanessa Hazard, je suis Camerounaise-Libanaise. J'ai grandi entre le Cameroun et Paris, donc première partie. jusqu'en terminale au Cameroun et ensuite je suis partie à Paris pour mes études où j'ai eu deux masters en business et marketing à l'ICP et le SCCI qui sont des écoles de business et de pubs donc voilà et de marketing plutôt. Entre temps, j'adore faire ça parce que c'est tellement le squelette de ma profession, j'ai été blogueuse très longtemps. Alors les réseaux sociaux n'existaient pas comme on les connaît, c'était Skyrock, etc. MySpace à l'époque. Donc je m'étais ouvert un blog, c'était mon passe-temps, je prenais des photos, je donnais des reusses sur des produits de beauté, principalement après ça s'est développé en lifestyle. Mais je me souviens que ma mère me disait « Pourquoi tu fais ce genre de choses ? Tu ne veux pas trouver un job qui paye ? » Parce qu'à l'époque les blogs n'étaient pas du tout rémunérés. D'ailleurs on ne savait même pas que c'était possible. Jusqu'au jour où je... reçoit un email d'une marque, je ne me souviens même plus laquelle, c'est dommage, qui me propose de payer 80 euros. À l'époque, ça faisait beaucoup, j'étais étudiante. Et surtout, quand on ne savait pas qu'on pouvait gagner de l'argent grâce à l'influence, c'était incroyable de savoir qu'il y avait des profils qui voulaient nous rémunérer pour parler de leurs produits. Donc ça, c'était vraiment l'origine de l'influence. Et puis finalement, petit à petit, je me suis rendue compte que ma mère n'avait pas toujours raison. Et que j'avais raison de continuer sur ce sentier qui n'était pas connu du tout, qui était la beauté en ligne, plus ou moins vue par des consommateurs. On n'appelait pas ça des influenceurs, ça n'existait pas, je précise, par des consommateurs. C'était revu vraiment du blogueur. Et donc voilà, j'ai commencé mon petit bout de chemin. Ensuite, j'ai été prise pour être rédactrice de contenu beauté dans un magazine de mode qui s'appelait Stiletto Magazine, qui s'appelle toujours Stiletto Magazine, qui fait un petit peu le Vogue de France. Et j'ai voulu rentrer en Afrique. Et je me disais, comment je fais ? Où je vais ? Je ne savais pas. Je ne voulais pas rentrer au Cameroun, je voulais aller quelque part. où il y a autant de vibrations et d'énergie que mon ambition, en fait. Et pourquoi pas chez les African Giants, a.k.a. les gosses. Et c'est là que mon parcours commence.

  • Ramata

    Je vais me permettre d'interrompre, parce que quand tu parles, tu dis ça n'existait pas. On a l'impression qu'il y a un dinosaure. Doucement,

  • Vanessa

    doucement.

  • Ramata

    Il n'y a pas si longtemps que ça non plus, ou c'était à partir de quelle époque que tu as commencé ton blog ?

  • Vanessa

    Ça fait facilement il y a 15 ans, il y a 20 ans.

  • Ramata

    Mais écoute, tu as fait partie des précurseurs de la création de contenu.

  • Vanessa

    15 ans, 20 ans, oui, parce qu'à l'époque de Skype Blog, on était encore au lycée. On était au lycée, donc on n'avait même pas 17 ans. Aujourd'hui, j'en ai 37. Ça fait 20 ans. Oui,

  • Ramata

    oui,

  • Vanessa

    le temps passe. Donc oui, et donc les réseaux sociaux, Instagram et tout, c'est peut-être arrivé, je ne sais plus, peut-être en 2011. pas mais c'est l'origine de l'influence. Donc voilà, j'arrive à l'égos. Des nouveaux métiers de la communication. Exactement. Et le pire, c'est que je me souviens, dans nos premiers cours de marketing, notre professeur nous disait à l'époque, tout se fera à partir du téléphone. Ça nous paraissait dingue. Il disait, vous pourrez payer à partir des téléphones, vous pourrez… voir des nouveautés à partir des téléphones, créer du contenu à partir des téléphones. On trouvait ça dingue d'avoir des cours de marketing où on parlait du téléphone quand on était encore avec des appareils photos. Oui, on était encore avec des appareils photos, tous les téléphones photos, etc. n'existaient pas, mais on avait nos caméras, on faisait des tirages, on imprimait nos photos. Après, il y avait les caméras digitales où on connectait avec les clés USB sur l'ordinateur, les pages s'ouvraient lentement, on uploadait les photos. C'était ça. C'est ce qu'on oublie, c'est pour ça que quand tu dis dinosaure, la réalité c'est que c'est vrai. Et j'ai commencé très très jeune avec les polaroïds à l'époque. Donc c'était vraiment la naissance des réseaux sociaux. Je faisais des polaroïds, je les collais sur des papiers, et je faisais des petits carnets entre photos avec des citations, des quotes, et plus ou moins le descriptif de ce que la photo représentait. J'avais juste pas les hashtags, mais c'est ça l'origine des réseaux sociaux.

  • Ramata

    Complètement. Et donc, de ce, comment dire, première passion pour à la fois la beauté, le lifestyle et la création de contenu, comment est-ce que tu es venue vers, comment dire, des jobs qui sont plutôt des jobs au sein de marques dans le secteur de la beauté ? Comment ça se fait cette transition ?

  • Vanessa

    Alors, en bossant chez Cielito Magazine en tant que rédactrice beauté, comme je l'ai dit dans le magazine de mode, Je finis par démissionner, mais littéralement du jour au lendemain, j'arrive devant mon PC, j'ai un saignement donné. En fait, c'était ça mon élément déclencheur. C'était tellement... Je ne sais pas si tu as regardé le Diab Sleby en Prada, mais pour celles qui ont regardé le Diab Sleby en Prada, le monde de la mode, c'est comme ça. J'ai vécu littéralement ce qu'Anna Hathaway vivait dans ce film. Et j'arrive un jour de trop, et là je commence à avoir des saignements donnés le matin en ouvrant mon PC. Et j'ai dit non, c'est bon, je suis partie sans mon salaire. j'ai fermé mon PC et j'ai démissionné sans préavis, sans rien. Et donc en partant, mon collègue en plus, le pauvre, il m'a suivi des mois après pour me donner mon chèque, pour vous dire tellement je suis partie sans rien. Et donc en partant, je me fais contacter, je continuais à avoir des contacts avec qui je m'entendais très bien, et je me fais contacter par Estée Lauder, qui me dit « oui, on aimerait que tu rédiges ce... » cet article pour des nouveaux produits, on veut te les faire découvrir. Et là, je leur dis, écoutez, je ne travaille plus pour Siletto, par contre j'ai mon blog. Ah oui ? Est-ce que tu peux nous envoyer ton blog ? Je présente mon blog et là, je me mets à bosser avec Estée Lauder. Ce qui était donc mon gros départ avec une grande marque d'un grand groupe. Donc le groupe Estée Lauder avec la marque Estée Lauder. Et donc là, on a une amitié, un amour fou l'un envers l'autre. Et donc, je ne jure que par Double Wear, etc. Donc, je découvre vraiment... le monde, l'univers de la mode dans les backstage, c'est-à-dire invitations PR, stratégie marketing, stratégie de développement, etc. Donc, je n'étais pas consultante, mais j'avais accès à tous ces dossiers. J'avais des articles que je recevais avant qu'ils soient disponibles, j'avais des embargos à signer, etc. Et c'est là que j'apprends tellement plus que ce qu'on enseigne à l'école, parce que la passion mène toujours plus loin. Et je décide de faire ce voyage au Nigeria en me disant, oui, je vais aller en Afrique, je vais d'abord au Kenya, rien d'intéressant, ensuite je vais au Nigeria. J'ai African Giants et là, je me rends compte du milieu incroyable. que les gosses emmènent, c'est-à-dire, comme j'ai dit, le milieu de l'entertainment, avec les fashion week, les make-up artist industry, le oil and gas, et tout le monde avec leur abadal, le wedding ceremony. C'était juste incroyable. Je n'avais jamais vu ça de ma vie. Le plus gros choc culturel, je le dis toujours, c'est au Nigeria. Et là, je me dis, mais les femmes et les hommes sont tellement sophistiqués. dans la manière dont ils voient la beauté, que ce soit en parfumerie, en cosmétique, en maquillage, je me dis que c'est ici que je veux rester. Mais je n'ai pas de boulot, donc du coup je ne sais pas quoi faire. Je me fais embaucher par Très, je refuse même d'y être parce que je me dis, ouais, j'avais pas prévu de bosser pour Très en project manager du tout, en plus c'était avec Junior. Mais au moins, ça me permet de rester un peu plus au Nigeria, ça me permet de payer mes factures. Parce qu'en plus, quand je ne veux pas bosser, je leur donne un gros salaire, je leur dis que je vais être payée en euros, alors qu'ici, ce sont les dollars, parce que je leur dis que je n'ai pas de compte, machin. Et puis finalement, ils acceptent. Quand on croit finalement le culot, ça paie toujours. Je suis partie dans la négociation en me disant, peut-être qu'ils disent non, j'en ai rien à faire. Donc, je suis partie littéralement avec un concept assez détaillé de ce que je voulais pour qu'ils me disent non, en fait. Donc c'est le culot qui a fait que je sois bien payée, que je sois bien logée, que j'ai un chauffeur privé, etc. Et en restant à Lagos, je me dis que je vais aller dans des centres commerciaux et voir la différence entre la beauté légotielle, la beauté parisienne et les critères. Et juste tout simplement étudier la beauté sur des dynamiques différentes. Europe et Afrique, je vais dire ça comme ça, mais plutôt Nigeria, France. et Legos Paris plus précisément. Et là je me fais contacter par la distribution de L'Oréal Luxe et par un membre de la direction de L'Oréal qui me propose d'être manager pour le Nigeria. Mais mon rôle n'existe pas, ma carrière n'existe pas, il n'y a pas de manager distribution, marketing, etc. Et donc créer un job pour moi avec... Donc d'une telle manière je devais presque faire mes tâches, aider à remplir les tâches que je devais. porté et mené dans la capitale. Et donc, c'est là que je commence à représenter, après des entretiens, c'est pas comme si on m'appelait, et puis non, je suis passée trois, quatre entretiens, et puis le dernier, c'est avec l'équipe L'Oréal directement, L'Oréal-Lupes, excuse-moi. Et là, je suis prise, et je commence donc à représenter les marques Armani, Lanco, Missa Laurent, Polo Ralph Lauren, Azaro, et tout le reste sur l'Afrique de l'Ouest, donc Ghana y compris. Et donc voilà, passionnant, j'apprends un peu tous les jours parce que moi n'ayant jamais travaillé en Afrique à part en parler, j'apprends sur la culture d'entreprise qui est quasiment inexistante, l'intégrité, tout, tout, tout, tout, les décalages, l'approche au retard, mais ce sont vraiment la gestion humaine et la plus complexe en Afrique et là j'apprends vraiment. à adapter les qualités de manager localement, ce qui n'a rien à voir avec Paris. Rien. Donc, passionnant, passionnant. Tout s'est appris sur le terrain. Et j'ai l'impression de t'en parler.

  • Ramata

    Vraiment, cet épisode est à toi. J'ai des amis qui me disent ça. Je dis, mais tu as une heure pour parler de toi, profite !

  • Vanessa

    Moi,

  • Ramata

    j'aimerais que tu nous expliques, en fait, c'est quoi le métier d'un manager afrique, d'un EREA manager ? C'est quoi tes différentes missions ? C'est quoi l'objectif ? J'imagine que c'est de s'assurer que les marques, elles soient bien distribuées, bien développées. Mais est-ce que tu peux nous décrire un petit peu en quoi consistent les différentes missions qu'on a pu te confier chez L'Oréal, par exemple ?

  • Vanessa

    Oui, tout à fait. Alors déjà, il y a des missions de distribution. pleinement, ça c'est du trade, de produit A à Paris au produit A à Légos, comment il se représente en boutique, est-ce qu'il y a suffisamment de stock, quelle est la demande, est-ce que les produits sont adaptés ? On a des cas où, par exemple, si une marque veut venir mettre des produits bronzants, dans les étagères en boutique, ce sera notre expertise qui va leur dire non, parce que c'est 89% de la population des Gaussiennes, c'est clair, c'est la peau, donc c'est pas la peine. On a donc, oui, ce rôle de distributeur, on a le rôle d'expert, de conseiller, on a un rôle d'accompagnement, de développement avec des nouvelles opportunités terrain, par exemple, s'il y a une nouvelle boutique qui ouvre dans la capitale, est-ce que, oui ou non, les produits y seront ? On a l'étiquette aussi de la crédibilité d'une maison, le fait de s'implanter officiellement, parce qu'il y a beaucoup de fonds. Alors on n'a pas les chiffres pour le luxe en termes de produits factices, mais pour la parapharmacie par exemple, c'est 89% ou 86% des produits qui sont contrefaits. Donc, il y a plus de chances d'avoir du faux que du vrai. On a aussi le développement marketing, bien entendu, l'influence, avec tous les rapports aux influenceurs, aux leaders d'opinion, aux influences de consommation. On a les lancements produits, que ce soit des lancements boutiques ou des lancements extérieurs. On a tout ce qui est le développement médiatique. des campagnes publicitaires, que ce soit des campagnes en ligne, que ce soit des campagnes sur de l'affichage TV. En gros, c'est éduquer le consommateur à l'arrivée de la nouvelle marque. Et puis, surtout, surtout, faire attention à ce que la marque ne tombe pas en termes d'images une fois qu'elle est implantée au Nigeria. Parce que si on voit en termes de statistiques, par exemple, de la consommation globale des Africains, où il y a une concentration de Nigeria, par exemple, Atlanta, Lagos, Londres, les Nigéreux représentent 46% des consommateurs africains, où ils sont représentés à l'étranger. Ce qui veut dire que si on fait tomber les marques ici, on part au chiffre à l'heure. Donc c'est très important de garder ça en avant une fois qu'on arrive dans les stores, de se rendre compte est-ce que le produit est bien représenté, est-ce qu'il est marchandé exactement comme une boutique ailleurs, est-ce qu'il y a suffisamment de testeurs, est-ce que les testeurs ne sont pas vendus, parce que souvent on a des retailers qui gardent les testeurs et qui les vendent, souvent on a des produits sur le marché qui viennent d'ailleurs et qui sont vendus moins cher, mais il faut regarder aussi les références au prix, savoir si... vérité, leur les vendent au même prix ou plutôt le double, ou plutôt moins cher. Donc, garder quand même une image de marque. Donc, c'est vraiment entre du micromanagement et du due diligence, si on peut dire ça comme ça aussi. Et tout faire un rapport de concurrence, un rapport de progression, un rapport chiffré du marché et puis du business.

  • Ramata

    Et du coup, est-ce que tu peux nous parler de la distribution à Lingus ? Parce que du coup, voilà. J'imagine que, enfin je sais qu'il n'y a pas un Sephora, un Mariano ou un Ocidé là-bas, mais du coup, quels sont les enseignes de distribution de beauté qu'on peut retrouver à l'égo, c'est même ailleurs, puisque toi tu t'occupais pas seulement du Nigeria. Donc quand on cherche à s'implanter en fait dans le secteur de la beauté, quels sont les enseignes de référence vers lesquelles on peut aller ?

  • Vanessa

    Alors je vais donner des équivalences, même si c'est... pas du tout le même niveau ni d'expertise, ni de développement, ni chiffré. On a ce que je vais considérer comme le Sephora de Lagos, qui s'appelle Essenza, ils ont des boutiques un peu partout, ils en ont à peu près une trentaine, une quarantaine dans le pays, en partant d'Aboudia, Lagos, Port-à-Court, qui sont plus ou moins les plus grandes villes, donc ça s'appelle Essenza. Ils tiennent 70 à 80% des projets commerciaux. 70 à 80%. Donc ils ont toutes les marques quasiment, certaines marques en exclusivité, notamment Fenty qui est en exclusivité avec Essenza. Parfums, ils n'ont pas Parfumel, ils ont d'autres parfums, Armani Privé. Et ensuite on a l'équivalent de Marionno, qui est au Nigeria, représenté par... Mountain Place, qui tient un petit peu le reste aussi, qui font aussi des parfums de niche, mais le plus, c'est commercial. Et ensuite, on a des boutiques qui ne font que du parfum de niche, un peu le Ausha, mais pas du tout. Je précise, c'est pour donner vraiment un comparatif. On a le Ausha, donc ils ont moins de boutiques dans la ville. Et ils n'ont que des parfums de niche, pour le coup. C'est pour ça que je fais ce comparatif. Et ça s'appelle Cascade. Et ensuite, on en a un, ça m'échappe là tout de suite parce qu'on bosse vraiment, vraiment moins avec lui. Ça me reviendra. Mais ce sont les quatre plus gros retailers. Et ensuite, ce sont des petits micro par-ci, micro par-là avec qui on ne bosse pas parce que malheureusement, ceux qui ont le monopole ou qui ont la dominance sur le marché ne veulent pas que les marques, en tout cas que moi, j'ai eu à tenir. ou que le tien soit distribué chez eux. Donc, parce que c'est aussi du politique, on va dire ça comme ça, on reste avec ceux qui nous font le plus de chiffres.

  • Ramata

    Très bien. Concentration du marché avec un certain nombre de leaders, ça paraît cohérent. Et en termes de lancement, quand une marque arrive, je sais qu'il y a souvent des événements de lancement avec des créateurs de contenu, des célébrités, soit dans le milieu de la musique ou dans le milieu du cinéma. Est-ce que ça fait aussi partie de stratégies sur lesquelles tu travailles pour pouvoir assurer, comment dire, pour pouvoir... Pour s'assurer qu'en termes informés, en tout cas, du lancement d'un nouveau produit, d'une nouvelle marque sur un territoire ?

  • Vanessa

    Oui, absolument. C'est très important déjà parce qu'on n'a pas de vrai moyen de communiquer différemment que par l'influence. Ce n'est pas comme si on a la culture du MOL ou la culture de la marche, ou que nos boutiques sont si luxueuses et si bien faites ou bien pensées que ça. pour vraiment donner envie au consommateur d'y intégrer sa curiosité, en tout cas son plan d'action. Donc les gens ne vont pas aller par curiosité voir ce qui se passe en boutique pour rien. Donc pour l'instant, jusqu'à ce qu'il y ait la culture du MOL ou des boutiques suffisamment sophistiquées ou développées pour attirer l'attention, nos moyens de communication sont principalement par l'influence, par le média. Et oui, on a des façons différentes de communiquer selon les marques ou les maisons qu'on représente. Si on prend des marques un peu plus simples, enfin pas un peu plus simples, ça manque de temps, des marques plus organiques dans leur lancement, on va prendre, quand je dis organique, c'est en termes de façon d'ADN déjà. Si je pense à Dior par exemple, je pense à Fancy, qui sont des marques qui auront de manière organique une facilité d'implantation. Tout simplement parce que Fenty peut se retrouver à la plage comme genre sauvage, comme genre backstage peut se retrouver à la Fashion Week. Ce sont des marques qui aisément épousent le système qui est déjà mis en place. Il y a des marques plus complexes à gérer comme Armani, qui est une marque très pointue en termes d'esthétisme, qui fait quand même appel au costume, qui ne peut pas s'implanter partout. Il y a des maisons comme Clave Christian aussi, qui est une maison de niche où les entrées de... Les produits sont à 500 pounds, donc on ne va pas les inventer de la même manière. On a des influenceurs ou même des personnes d'influence qu'on ne pourrait pas forcément représenter dans ces maisons également. Si on prend Fancy, par exemple, qui s'en fiche un peu à raison du code vestimentaire de son client, parce qu'ils sont très edgy, ils sont très libres, ils sont très inclusifs. On a des marques plus élitistes, si on peut dire ça comme ça. Et donc, on ne fera pas la même démarche de lancement. C'est Franck-Leif Christian, qui est une marque pour qui j'ai fait du consulting. Lorsqu'on a fait le lancement, les influenceurs étaient triés sur le volet. Il fallait regarder la réputation de l'influenceur, savoir ce qu'il faisait dans la vie, qui avait accès à lui, quelle était sa classe sociale. Ensuite, le lancement, on l'a fait accompagné d'une banque en utilisant les datas clientèles de cette banque en question pour prendre les meilleurs de leurs clients parce que le projet était à 500 pounds, c'est-à-dire 600-700 euros en montant. Ça, c'est l'entrée de gamme. Donc, on ne vendra pas un gloss ou un parfum de niche comme on vendra du commercial. Pas du tout. Ce n'est pas le même développement, ce n'est pas la même attraction, ce n'est pas la même stratégie.

  • Ramata

    Très bien. Donc, du coup, toi, tu vas intervenir autant sur la partie commerciale, distribution, dans les stratégies, mais également sur la partie communication, puisque communication influence l'autorité de la marque, puisque les deux sont complètement liés pour pouvoir assurer le développement et le succès d'une stratégie de lancement en Afrique.

  • Vanessa

    Absolument. Je micromanage quasiment tout. Et ça, c'est mon côté perfectionniste, qui n'apparaît pas toujours en ligne, je sais, parce que je suis très spontanée, très drôle, très bubbly, si on peut dire ça comme ça, parce que ça, c'est mon côté loisir. Mais au travail, je suis très pointue, très constante. Et surtout, je déteste l'incompétence. S'il y a vraiment une chose que je déteste, c'est l'incompétence. Et quand on travaille en Afrique, On a un gros choc culturel d'expertise. Et je précise, parce que je ne vais pas dire que c'est de l'incompétence, mais si je ne vérifie pas tout ça, ce que j'ai appris sur le tas, justement, c'est moi qui deviens compétente. Alors, on a une grosse problématique de recrutement. Parce qu'on a une distribution qui, en général, il cherche des exécutants. Et dans une compagnie, il faut de tout. Il faut des stratégistes, il faut des exécutants. Et tout le monde a un rôle bien précis pour le bien-être ou le bon fonctionnement des tâches quotidiennes. La problématique, c'est que la distribution ne développe pas les talents. Et donc, quand on arrive en Afrique, il faut avoir son expertise. Parce que ce ne sont pas les entreprises, en tout cas dans les... avec lesquels j'ai bossé jusqu'à aujourd'hui, qui développeront, par exemple, je n'ai pas bossé avec L'Oréal directement, j'ai bossé avec la distribution qui représentait L'Oréal. L'Oréal développe des talents, L'AMH développe des talents, vous avez des formations, vous avez des trainings, vous avez des upgrades ou des programmes d'entraînement, etc. ou des best practices auxquels vous avez accès, que nous, on n'a pas. Donc, quand on arrive, c'est quasiment avec son talent, bon, avec son expertise, et c'est à nous de le développer. La problématique, c'est que comme ces entreprises ne recrutent pas beaucoup de talents de management, ou de... comment on appelle ça ? En tout cas, un niveau de master qui a été à l'international de la diaspora, qui a quand même été très exposé au code luxe, ou qui a été très exposé à une éducation, je dis bien une éducation scolaire, on ne parle pas d'éducation personnelle, mais... L'éducation scolaire qui a pu développer cet accès à l'expertise du raffinement ou de la sophistication, ça fait que leur regard sur le marché n'est pas le même. Si je donne un exemple, la dernière fois, il y avait une masterclass en produits. Les produits que nous, on manage étaient par terre, dans des sacs shopping bags au sol. Et ça ne dérangeait personne parce que leur... œil, leur regard professionnel n'est pas affûté pour voir ce genre de détails. Donc si moi, du haut de mon bureau, je ne suis pas poète et paysanne, je vais tomber les marches, parce qu'il est hors de question de voir des produits qui sont aussi bien tenus ailleurs être par terre en Afrique ou en Géant, en tout cas dans tous les marchés que j'analyse. Et... Et... même en termes de chefs, en termes de construction, s'il y a la poussière à gauche, à droite, la selling ceremony, comment le client est accueilli en boutique, il faut être attentif au training, est-ce qu'ils ont bien retenu ? Est-ce que là, c'est vraiment ça ? C'est qu'il y a une disparité dans les classes sociales qui fait qu'entre la vendeuse et la cliente, il y a une mille et une mille lumières d'intérêts communs. Il y en a une qui voyage tous les mois et l'autre qui n'a jamais... Pour qui l'égo, c'est déjà un voyage hors normes. Donc c'est très compliqué, c'est comme aller à Paris chez Guerlain et peut-être se faire vendre un produit par quelqu'un qui vient d'une 93. C'est vraiment pour donner cette disparité. Quelqu'un qui vient d'une 93, qui ne s'est pas fait les ongles, qui a une perruque. Mais ce genre de détails, ça paraît très primaire ce que je dis, mais c'est la réalité. Et comme la distribution ou les retailers n'ont pas cette notion de... comment dire, cette notion de développement humain. Oui, on va leur donner des tenues vestimentaires, mais on n'aura pas, comme par exemple chez Emirates, un cours de beauté, un cours de maquillage pour les make-up artists, un cours de, comment dire, d'hygiène de cours. La manière dont les doigts peuvent être faits, quand on tient un parfum, comment est-ce qu'on l'expose, etc. C'est très important. Et donc, si on a... pas comme moi cette connaissance par curiosité, par passion, par expérience, par chance peut-être. Si on n'a pas ça et qu'on reste derrière son bureau, on laisse un marché tomber. Et donc au fur et à mesure, une personne par une, on change un peu la donne. Donc on remartèle des leçons, on remartèle des cours, on remartèle des fonctionnements. Puis, dans un autre marché, je n'aurais pas besoin de le faire. Parce qu'il y a d'autres équipes qui s'occupent de ça. Mais quand on est one in a million à savoir le faire et à devoir le faire, eh bien, on le fait.

  • Ramata

    Je comprends, il y a une dimension managériale qui est du coup super importante dans ton job que potentiellement, tu n'aurais pas si tu travaillais dans une autre région du monde. Toi,

  • Vanessa

    tu as une... Tu as une bonne expertise du marché de la beauté en Afrique et particulièrement en Nigeria. C'est quoi les évolutions que tu as pu constater, ça peut être en termes de produits, comme en termes de comportement des consommateurs, qui toi ont pu te frapper dans la manière dont... Alors pour moi, ce n'est pas en comparaison par rapport à ce qui se passe en Occident, mais c'est plutôt, qu'est-ce qui se passe en ce moment dans le secteur de la beauté en Afrique, si tu devais nous donner trois petits insights à retenir ?

  • Ramata

    Alors déjà il y a une grosse vague skin care, qui est maintenant une des grandes modes, c'est d'avoir un teint zéro défaut, avoir le teint brillant en se mettant des produits skin care et d'avoir vraiment ce côté, on n'est plus dans la couvrance. Quand je venais d'arriver, c'était vraiment, ça fallait toujours à un certain extent, mais c'était vraiment tout cacher, tout couvrir, tout voiler. Donc là on a changé, on n'est plus dans les fonds de teint hyper couvrants, on est dans des crèmes teintées, on est dans des fonds de teint allégés, on est dans vraiment le côté soin, on est dans une grosse phase soin. Il y a aussi des maquillages plus légers, forcément, le développement de tout le côté marin, tout le côté plage, le lifestyle qui se tourne autour de laquelle je pense aussi faciliter cette envie. de voir sa peau un peu plus reposée, d'être un peu plus naturelle. Les nid de géant ne sont pas très naturelles, mais on remarque quand même une différence de sophistication dans la manière dont c'est fait. Donc ça, j'ai ça. Ensuite, il y a eu un gros changement que moi je pensais être très lié au type de consommation, c'est la chute du Naira, qui a quand même baissé de 70% en valeur. Et donc là, on a eu une grosse chute de consommation également. Et puis au final, je me suis rendue compte que non. En fait, ce qui énerve, je veux dire, qui commence à mettre les sociétés en colère, si on peut dire ça comme ça, dans le milieu de la beauté, c'est qu'elles se disent que les marques internationales arrivent simplement pour faire leur argent et partir sans prendre part à la culture, sans investir, sans être curieux et juste font les choses comme ça. Donc... ils décident de ne quasiment plus acheter, même pas parce que c'est plus cher, mais juste parce qu'ils ont perdu l'intérêt d'acheter localement, qui est quand même le premier challenge auquel on fait face, c'est qu'il faut acheter localement, ils préfèrent pas. Donc ils se disent, tant qu'à faire, je préfère acheter à Londres et me faire livrer à Lagos que d'acheter à Lagos parce que les marques ici ne nous respectent pas. Et ils ont bien compris que le système des marques internationales au Nigeria, en tout cas en Afrique, n'est pas le même. Donc si on prend les mêmes marques à Paris et les mêmes marques à Lagos, ils n'auront pas du tout le même intérêt pour le consommateur, ils ne seront pas dans le fichier client, ils n'auront pas un meilleur traitement. Donc en gros, ils ont compris qu'il n'y a aucun, je précise et je l'en dis, il n'y a aucun intérêt à acheter un produit international en Afrique. Il n'y en a pas un. Pas le fichier client, la réception est mauvaise, le service n'est pas bon. Le produit se demande s'il est vrai ou pas, s'il a tourné ou non, mais ça c'est psychologique. Acheter avec une monnaie qui n'est pas intéressante, même la psychologie de l'argent par exemple, il y a une différence entre un billet de 100 euros et 150 000 l'aira ou 250 000 l'aira, ça fait quand même beaucoup plus en pensée que prévu. Non, il n'y a aucun intérêt, donc pourquoi le faire après les emboutées à HMH, à revenir ? Non, il n'y a aucun intérêt. Donc ça c'est quelque chose que les marques, je pense, n'ont pas encore compris, parce que leur objectif premier c'est de vendre, alors qu'en fait on n'achève pas pour un produit, on achève pour une promesse. Quelle est la promesse qu'on a quand on pense une boutique au Nigeria ? Il n'y en a pas. Donc quel est l'intérêt ? Aucun. Et je pense qu'ils ont perdu l'intérêt, ni même l'intention, en fait ils n'y pensent même plus, ça paraît trop distant. Et je pense que si les marques étaient au courant de cette... Cette façon d'agir localement qui est toujours très mauvaise, on a certains retailers qui demandent des contrats avec des influenceurs, de ce que j'ai cru comprendre là. Et une fois que le produit, le contenu est fait, ils leur demandent de leur rendre les produits et tout. Il y a tellement de choses qui se font, c'est un peu la mafia, si on peut dire ça par moments, c'est un peu la mafia du traitement qui en défaveur des marques à l'international. Et comme il n'y a pas de pont... entre, c'est pour ça que j'ai créé mon entreprise d'ailleurs, pour éviter d'être derrière la distribution et plutôt avoir ma propre compagnie où je peux avoir un accès direct aux maisons et leur expliquer avec une certaine cohérence et une bienveillance les travers du business du marché local. C'est ce que j'essaie de faire à chaque fois que je fais du consulting pour l'EMA. Parce que quand on travaille avec la distribution par exemple, on a du mal à passer au-dessus de la hiérarchie pour expliquer une problématique qui de toute manière finira par être agressée si on la partage. Donc voilà.

  • Vanessa

    Très bien, merci pour ces insights extrêmement précis sur le marché africain parce qu'à chaque fois en fait on déplore le manque de data. Et moi, je trouve ça toujours intéressant de poser des questions à des gens qui sont sur place et qui travaillent pour des marques, tant que tu es au fait de vraiment ce qui se passe localement. Ce n'est pas un regard externe, en fait, ou rapporté. Donc ça, je trouve ça super intéressant.

  • Ramata

    Surtout que je me permets juste de rajouter un truc pour les datas. Oui, on déplore qu'il n'y ait pas de data, mais en fait, on ne cherche pas les datas non plus. On veut. On ne crée pas de data, on veut juste que les marques en général veulent juste arriver et que les data soient toutes faites. Non. En fait, au lieu de payer une compagnie qui va faire du faux collecte data, je ne sais pas comment dire ça, la collection de données, une étude, je recommande toujours à ces maisons d'avoir un système opérationnel. La problématique, c'est qu'aucune de ces maisons n'a une plateforme opérationnelle. C'est-à-dire que dès qu'il y a un local ou un lieu ou un événement où il peut se passer beaucoup de choses pour la marque, elle ne peut pas avoir cette dynamique d'implantation ou de participation parce qu'elle n'a pas de budget opérationnel, tout simplement. Alors, en ayant un budget opérationnel, ça permet qu'elle soit présente à l'endroit et qu'elle puisse justement créer leurs datas à partir de là. créer leur base de données à partir de ça. Après, dire qu'il n'y a pas de data, ce n'est pas tout à fait vrai. Ne pas savoir comment utiliser les datas, c'est une autre chose. Et comme ces marques ne font aucun partenariat avec d'autres maisons, d'autres instituts, d'autres événements, elles n'auront jamais les datas. Parce que si une marque arrive et se dit, comme on avait fait une fois, il y a des concerts, tous ces concerts ont des bases de données incroyables de tous les consommateurs. Il y a des centres d'esthétique. Le Nigeria est reconnu pour ses centres d'esthétique. Toute l'Afrique voyage pour aller au Nigeria pour avoir des soins de peau. Il y a des datas incroyables. Dans les banques, il y a des datas incroyables. Nous, on a fait un lancement avec des banques. Donc, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de data. C'est-à-dire qu'ils ne savent pas où les chercher, comment les traiter et quoi en faire. Oui, il y en a.

  • Vanessa

    Merci pour cette précision. Du coup, effectivement, il y a un sujet de l'accessibilité de la data et de prendre le temps de la chercher, en fait, parce que là où on va être habitué à, surtout ce qui est le marché occidental, il va y avoir énormément, il y a presque trop de data. Il y a Business of Fashion qui sort un livre blanc gratuit, il y a McKinsey qui sort un livre blanc, il y a Bain Company qui sort un livre blanc. Il y a des infos de toutes parts. Et c'est vrai que sur le marché africain, il n'y a pas cette facilité d'accès qui peut nous donner l'impression qu'il n'y en a pas. Mais effectivement, l'idée, c'est d'aller prendre le temps d'aller chercher et aussi de mettre en place des choses, comme tu le disais, pour pouvoir créer de la data et en collecter de manière régulière pour le faire évoluer. Maintenant, je voulais en venir à toi. Donc, tu as ce parcours dans la beauté où tu travailles en tant que consultante, tu travailles en direct. pour un certain nombre de groupes experts dans la beauté ou de marque. En parallèle, tu as la création de contenu et tu as la création de ta marque. Donc la création de contenu, c'est quelque chose que je suis depuis longtemps, parce que ta passion pour la beauté, tu l'as exprimée à travers de l'écriture, à travers le blog. Et puis la marque, c'est venu un peu après, parce que tu as une passion pour la beauté, mais tu as aussi une passion pour la mode. J'appelle ça des passions... Toi, tu me diras si c'est le terme que tu emploies, mais en tout cas, je pense que la mode, c'est aussi assez important pour toi. Donc, est-ce que tu peux nous parler du côté, je dirais, on peut commencer par la partie création de ta marque. Parce que là, ça fait quelques années qu'elle est créée, ta marque de mode, Muse Atelier.

  • Ramata

    Oui, tout à fait. Alors Muse, je l'ai pensé il y a très, très longtemps et je n'avais pas le temps. Je n'avais pas le temps de la créer. Et je me dis, je dis toujours ça, mais ce qui est le pire, c'est que je l'ai créée à l'époque où j'étais le plus occupée. C'est durant le Covid. Et durant le Covid, on n'avait pas une seule seconde. Et je pense qu'à force de travailler, parce que durant le Covid, je managais encore L'Oréal, lui, ça a plein de temps, pas à travers ma compagnie, mais à plein de temps, et on n'avait pas une seule seconde. Et en fait, je pense qu'à force, comme on dit, l'appétit vient en mangeant. J'avais déjà déposé Muse Atelier, Muse pour le coup, j'avais déjà déposé Muse, et je sors d'une rupture, et là je suis triste, je n'en pouvais plus de ma vie, et je me dis, j'étais hyper occupée, donc à chaque fois que j'étais en meeting avec L'Oréal, je mettais Mute, je pleurais, je remettais Mute. J'explique ça, mais vraiment, c'est très important d'avoir une dimension psychologique dans mon approche, parce que je ne veux pas que tout le monde pense « oui, elle fait ça et tout d'un coup, ça fonctionne » ou « elle fait ça, tout va toujours bien dans sa vie » , etc. C'est toujours important d'avoir une transparence sur son habilité à rebondir quand ça ne va pas, ou son état d'esprit. Je sors d'une rupture, je suis à Dubaï, et le jour de ma rupture, je reçois enfin, alors que j'avais fait un dépôt de... de marque pour le Nigeria, pour Muse. Je reçois, je pense que c'était le 19 décembre, je ne sais plus exactement, le 19 ou le 23, je ne sais plus. Je reçois le jour de ma rupture mon certificat d'enregistrement de ma marque. Je me dis, quel cadeau ! Quel cadeau ! Et finalement, je pleure à moitié, mais je pleure quand même. Enfin bref, on déprime pendant des mois et des mois. Et pendant des mois, je fais tout en pleurant. Et je suis occupée avec L'Oréal et je pense qu'à force de bosser, ça m'a donné envie de continuer. Et je me dis, écoute, c'est quoi au lieu de pleurer, rester seule dans ma chambre, je vais commencer à dessiner mes dessins. Et je commence à chercher tous mes tissus, en plus il y a le Covid. Donc au départ, mes tissus, je les prenais au marché et je me suis rendue compte que j'étais juste en train de me divertir et que ça me poussait à me lever à des heures où je n'aurais peut-être rien fait, où je ne serais peut-être, je serais restée dans ma chambre à pleurer. Et je me suis dit, voilà, je suis en train de me divertir. tous les jours où j'aurais envie d'être mal, je vais marcher. Donc, comme j'allais au marché dans tous les cas, j'avais une activité physique. Je pense que ça a contribué parfaitement à ma petite guérison, si on peut dire ça comme ça, parce que finalement, la confiance en soi, c'est le fait d'accomplir des choses et d'en être fière. Et du coup, je pense que ça a vraiment participé à ma « recovery » , si on peut dire ça comme ça. Et je lance donc Muse et je lance ma collection. Et en plus, je ne lance pas ma collection en étant certaine que ça va fonctionner. Je garde un gros stock et à chaque fois, je me dis non, je ne suis pas prête, je ne suis pas prête, je ne suis pas prête. Et je ne la lance jamais alors que j'ai toute une collection. J'ai quasiment tout été fait quasiment. Et là, j'ai une amie qui a une boutique ici à l'égo. C'est une amie nigériane, nigériane, nigérique. Elle arrive chez moi. Et elle me dit « Mais Vanessa, t'es prête ? » Et elle, elle a une boutique de prête à porter, elle a un molle, etc. Et je lui dis « Non, je ne suis pas prête. » Et je pense qu'en fait, je pense que si je dois pointer une émotion, je pense que c'était de la peur, alors que je ne considérais pas que c'était de la peur, j'avais juste l'impression que je n'étais pas prête. Et je pense aujourd'hui, avec un peu de recul, que j'avais juste peur de me lancer officiellement. Elle me dit « Mais non, attends, je t'achète ça, ça, ça. » Donc elle me dit... regarde où sont les shopping bags, tout était prêt. Et donc je lui donne tout, je mets tout sur le shopping bag et je lui vends. Et je lui dis, mais alors pourquoi tu n'étais pas prêt ? Tout était prêt, vends tes produits. Et donc là je dis, c'est vrai. Et toi tu dis non, non, non, on nous tape pas, etc. Et donc c'est là que Muse commence. Et puis de toute manière, il y a une citation que j'adore qui dit que quand tu lances ton produit et qu'il n'y a plus rien à changer, c'est que tu l'as lancé trop tard. Et donc je lui disais mais il manque ça, il manque ça, il dit non regarde tu as réussi à me vendre des articles là c'est que c'est bon, allez tu te lances. Et donc là je lance Muse et Muse Atelier pour le coup et belle réception du public, si ça fonctionne jusqu'aujourd'hui donc tant mieux. Là je vais lancer mon premier, je vais faire, c'est encore, j'ai juste accepté mais je n'ai encore rien signé, je vais faire mon premier défilé pour octobre, octobre, novembre. Je suis déjà en train de préparer la collection donc j'aurais peut-être pas... collection d'été là parce que c'est mon premier fashion show, on ne sait pas, mais là j'essaie de jongler un petit peu entre mes différents projets et surtout mes différentes entreprises pour voir ce que je peux faire à mon rythme ou en tout cas je dis toujours l'essentiel c'est d'avancer à son rythme. Il n'y a pas de pression, je ne suis pas en train de faire la concurrence avec la fashion week et tous les lancements ni même Zara à mon rythme et puis... tant que j'avance et que j'ai une vision, ça va.

  • Vanessa

    C'est une bonne philosophie. On fait la course contre personne à part nous-mêmes, donc c'est à nous de définir le rythme, en fait, et pas de se laisser finalement stresser par le bruit autour. On n'a pas les mêmes ressources, les mêmes moyens, donc des fois, on se compare à des gens qui n'ont pas du tout. On compare des choses qui ne sont pas comparables. En tout cas, je te remercie dans ton témoignage de faire preuve de vulnérabilité parce que je suis assez d'accord avec toi. On a tendance à raconter des success stories, à montrer des belles photos, à montrer tout ce qui va bien. Et effectivement, on a l'impression que tout va bien pour cette personne. Regarde, elle a une marque,

  • Ramata

    elle est totale,

  • Vanessa

    elle sourit tout le temps. Donc, tout va bien. Et en fait, c'est ce qu'on souhaite. Mais c'est vrai que le parcours d'entrepreneur, effectivement, il y a des challenges, il y a des défis. Il faut gérer le perso, et ce n'est pas toujours évident.

  • Ramata

    Et même le trou, il faut le gérer. Je vais donner cet exemple parce que c'est tellement important de ne pas faire la même chose. C'était une de mes grosses erreurs de débutant. Donc, je lance Muse, et je pense qu'un de mes premiers chiffres au lancement de Muse, c'était dans les 30K. Et je me dis, oh, tout cet argent pour moi, etc. Mais délire total. Quand je dis délire total, délire total. Et là, je vais à Dubaï, je prends mes vacances. Je vais à Dubaï, je m'achète une chauffard. Je demande, j'appelle ma soeur, une montre, je précise. J'appelle ma soeur, je dis, qu'est-ce que tu veux et tout. J'ai fait beaucoup d'argent, machin. J'appelle mon autre soeur, je leur achète un peu toutes les choses. Et là, il faut créer l'autre collection. Mais Vanessa Hazard a brûlé tout son revenu. Vanessa Hazard a brûlé tout son revenu parce qu'elle a manqué de discipline. Parce que c'était la première fois que d'un coup, je gagnais autant. Et je précise, d'un coup, je ne gagnais pas progressivement. Et je me dis, c'est ouf. Et je regarde, pendant que je regrette un petit peu, je regarde une interview de Dengueté. C'est pour ça que j'en parle, parce que pour celles qui ne regardent pas Longoté, pour celles qui ne suivent pas son parcours, pour celles qui suivent mon parcours, je regarde donc Vanessa, donc regarde l'interview de Longoté et on lui demande quelle erreur un jeune entrepreneur fait en général. Et il dit la première erreur qu'un jeune entrepreneur fait en général, c'est de gagner ses revenus et de les dépenser dans des consommations qui n'ont rien à voir avec le business. chose exactement que j'ai faite. Et c'est pour ça que je donne toujours ce conseil à toute personne, c'est de garder la même discipline que vous avez eue pour commencer. Ne vous laissez pas séduire ou flatter par les chiffres. C'est cet argent dont vous avez besoin pour construire la suite. Et si je n'avais pas dépensé cet argent, je suis persuadée, mais persuadée, après, toutes les erreurs sont utiles, que j'aurais eues en... plus gros développement en retailing. Par exemple, là, j'ai été contactée pour un autre retailer à Paris, un autre retailer en Côte d'Ivoire, un autre retailer à Cape Town, en Afrique du Sud, un retailer au Sénégal et au Cameroun. Et malheureusement, ma production est trop petite pour l'instant pour pouvoir faire plus de développement ou avoir une présence plus importante ou des ventes plus importantes. Et je peux te garantir que j'en reste convaincue que si je n'avais pas joué jouer avec ces bénéfices-là, je n'en serais pas à devoir exprimer cette erreur aujourd'hui. Donc, je double down sur garder vos intérêts pour réinjecter dans le travail.

  • Vanessa

    Merci pour cette masterclass et merci pour l'honnêteté, parce qu'il y en a qui ne vont pas forcément nous raconter l'erreur, en fait. Il y en a qui ne sont pas trop à l'aise avec ça. C'est bien de dire que c'est comme ça qu'on apprend. Et c'est clair que ça peut aider énormément de porteurs de projets, de gens qui se lancent. Ou effectivement, les premiers euros gagnés sont les premiers à réinvestir dans la boîte. Puisque si tes consommateurs répondent bien à ce que tu offres, c'est une excellente réponse. Il faut réinjecter. Mais bon, je pense que tu es quelqu'un plein de ressources. Donc, on ne s'inquiète pas. J'ai hâte de voir la marque. à Paris bientôt. Et de toute façon, en attendant, via ton site internet... Non, alors je ne sais plus si tu as un site internet. Je sais que tu es sur Instagram.

  • Ramata

    Tout à fait, oui. Alors là, ma marque via site internet, oui. Elle est aussi disponible à Couleur Concept à Lydian et à Paris chez Esaris pour l'instant.

  • Vanessa

    Je mettrai les liens en note de bas de l'épisode et également dans l'article que j'écrirai pour, comment dire, en même temps que l'épisode du podcast. Je mettrai les liens pour que vous puissiez... aller voir la collection. Et du coup, la marque Muse, c'était quoi tes inspirations ? C'est quoi ta cliente, en fait ? Donc, on sait que la principale est gérée. Enfin, je dis on sait. Moi, je te suis, donc je sais que la principale est gérée l'une. En tout cas, c'est toi. Mais du coup, toi, quand tu imagines cette marque, tu cimes le qui, en fait ?

  • Ramata

    Alors, le nom de mon enseigne, c'est Muse, Muse qui représente une source d'inspiration. À l'époque, quand j'étais à l'époque du blog, je détestais dire les fans parce que je n'ai jamais... Non, ce n'est pas des femmes, la majorité de mes lectrices ou de mes muses, comme je les appelle, sont d'exceptionnelles femmes de qualité, certaines que je connais un peu plus parce qu'à force d'échanger chaque année. Je vois les profils de femmes qui me suivent, j'ai beaucoup de chance d'avoir des femmes intellectuelles, magnifiques dans leur mouvement de pensée, dans leurs actions si généreuses, gentilles, bienveillantes, donc je les ai toujours appelées les muses. Et donc je décide de lancer une marque et le nom de mon enseigne c'est « De l'émotion capturée dans du textile » . Emotions Capturing Textile. Et j'avais envie de faire une marque qui était nomade, nomade dans la pensée et très colorée. Je ne voulais pas que les couleurs unies tout le temps. D'ailleurs, je m'habillais tout le temps, tout le temps quasiment en couleur. C'est très rare que je sois en noir. Pas parce que le noir, c'est une couleur moins sympa. C'est juste que je suis timide de nature. Je sais, ça ne se voit pas. Je suis timide de nature et la couleur attire. Et quand on a de la couleur, on n'a plus besoin de faire son introduction. Et donc, j'avais envie de faire une marque, comme j'ai dit, nomade en pensée, qui puisse s'adapter à tous les pays chauds en général, qui puisse être fleurie aussi, qui puisse avoir de la couleur, de la vie, du mouvement. Et je ne voulais pas qu'elle soit figée dans une époque précise. Je voulais que le mus d'aujourd'hui, on peut le mettre hier, on peut le mettre demain, et puis qu'il y ait un accès à l'intemporalité de la femme. Et je trouvais que ce qu'on faisait, en tout cas jusqu'alors, au moment où je créais Mus, ce qu'on faisait des marques africaines, en général, c'était trop dans le cliché tout le temps. À l'époque, c'était le dashiki, ou alors le panne, etc. Et en plus, quelle panne ! Et je me disais, mais attends... Nous sommes des Africains de la diaspora, nous sommes des Africains qui véhiculons aussi nos codes, et nos codes ne sont pas que du traditionnel tout le temps, enfin moi je ne m'habille jamais en traditionnel, sauf peut-être, oui, pour un mariage, ou pour la journée de la femme, et encore ça c'est ma mère qui nous fait les vêtements, je me suis dit j'aimerais un vêtement qui puisse ressembler à la femme sans le cliché, voilà, sans le cliché, avec le mouvement de sa vie quoi. Et donc j'ai créé Muse. J'ai créé, j'ai capturé de l'émotion dans du textile.

  • Vanessa

    Et du coup, tout ça s'est fabriqué à Lagos.

  • Ramata

    Exactement, c'est fabriqué à Lagos. Le pari est compliqué de produire en Afrique, parce que chaque pièce a sa différence. Et ce qui dit que chaque pièce a sa différence, dit que chaque pièce doit être contrôlée. Parce que, en termes de qualité, parce que... d'une pièce à une autre, il peut y avoir un défaut de fabrication, il peut y avoir une différence de taille, il peut y avoir souvent de belles surprises aussi. Souvent, en faisant des pièces, on se rend compte que le tissu tourne mieux avec cette couture et pas l'autre, et donc on va réajuster la production. Donc il y a aussi du positif, il n'y a pas que du négatif. Il y a du positif de pouvoir changer les détails et puis de reprendre dans les trois premiers... on s'est rendu compte qu'on voulait rajouter un détail en plus, et bien les modèles suivants peuvent totalement être faits. Donc ça c'est aussi le côté un peu sympa, je veux dire localement. Et puis d'encourager les communautés aussi. Encourager les communautés, alors s'il y a une problématique à laquelle je fais tout le temps face, en Afrique, même pas que dans la mode, mais dans la beauté aussi, Mais dans la mode surtout, c'est cet état d'esprit de dire je ne peux pas, je ne sais pas faire, je n'y arriverai pas. Et en fait, au départ, je me disais oui, ils ont raison, c'est mieux de se dire, de dire tout simplement qu'est-ce qu'on sait faire et qu'est-ce qu'on ne sait pas faire. Ça, c'est le point fort. En général, les équipes à être lesquelles je travaille dans la beauté, même s'ils ont du mal à le reconnaître. Au départ, quand j'avais accès, quand j'avais plutôt une conversation avec... des personnes de la production ou de mon équipe, et qu'elles me disaient qu'elles ne savaient pas faire ou qu'elles ne pouvaient pas faire, je disais « Ok, si tu ne peux pas faire, ce n'est pas grave, on passe à autre chose, on essaiera un modèle plus facile. » On essaiera un modèle plus facile, je les ai tout le temps. Et en fait, mon ambition ne me permet pas d'accepter la facilité. Comme je dis, je suis pointue, je suis curieuse, j'ai beaucoup de drive. Et la fatalité m'embête profondément. Parce qu'en gros, c'est que tu n'as pas su mieux faire. Ce n'est pas que tu as fait de ton mieux, c'est que tu n'as pas su mieux faire. Il y a une différence entre peu mieux faire et fait de son mieux. Et donc là, j'ai fait d'ailleurs ça avec une jeune fille pour qui je fais du mentoring. Et je lui ai dit, OK, tu ne sais pas faire. mais je vais te payer pour rater. Donc, essaye et je te paye quand même. En fait, je me rends compte que localement, c'est une culture de se dire, je ne sais pas faire parce qu'on a peur de ne pas être payé si on rate. Et c'est cette peur qui emmène les gens localement à dire, je ne sais pas faire. Ce n'est pas parce qu'ils ne savent pas faire, c'est parce qu'ils se disent, si c'est mal fait, je ne serai pas payée. Et donc aujourd'hui, j'envoie en général une panoplie de sketchs aux équipes ou des gens que je mentor. en disant qu'est-ce que vous pouvez faire ? Donc déjà d'office, il me dit ce qu'il veut faire, j'ai dit qu'est-ce que vous ne pouvez pas faire ? Donc là on regarde ce qu'il ne peut pas faire, et je pointe un article, et je dis je vais te payer pour essayer de faire ça. Et ainsi de suite. Et j'ai fait ça avec une grande créatrice en maroquinerie aujourd'hui, qui me remercie jusqu'à présent, parce que si ce qu'elle ne savait pas faire est devenu son best-seller, elle est rendue au Maroc, en Côte d'Ivoire, à Paris, au Nigeria. dans les aéroports, et c'était son best-seller, et on est parti du principe qu'elle ne savait pas faire non plus, et que je l'ai payé en disant, vas-y, échoue, tu n'as rien à perdre. Parce qu'à la fin de la journée, une réussite, c'est un échec qui a fonctionné. C'est ça. C'est un essai qui a fonctionné, donc si on va sur le principe qu'on a raté, et bien, oui, donc c'est ça. Il faut vraiment... Le plus gros du Nigeria, c'est la capacité de la pensée. C'est le management d'une marque compliquée.

  • Vanessa

    Super intéressant, c'est une bonne philosophie. Une réussite, c'est un essai qui a fonctionné en fait. C'est assez intéressant cette démarche-là. Et du coup, toi en perspective d'avenir pour Muse, c'est quoi tes ambitions en fait pour ta marque ?

  • Ramata

    J'aimerais que Muse soit représentée un peu partout dans le monde, bien et net. Alors, être dans le retail et créer une boutique Muse, pas nécessairement. J'aimerais que Muse se développe, si je devais créer une boutique, c'est une boutique de beauté, un concept de beauté incroyable pour l'Afrique et pour les Africains, et qui se renchaîne un peu partout. Et où Muse serait développée, mais plus du côté cosmétique, plus du côté maquillage, beauté, parfum, etc. Le côté prêt-à-porter, je veux principalement que Muse soit représentée partout dans le monde, que ce soit dans les resorts, les hôtels. les retailings de toutes les belles boutiques, avec toujours, j'espère, un jour pouvoir enfin réduire. MUSE n'était pas parti pour être un produit qui devait coûter 200 euros ou 180 euros. Et quand on se rend compte des réalités du marché, avec les coûts de production, ne serait-ce que pour faire des tissus, parce que j'importe mes tissus, donc il y a les taxes, la livraison des produits pour le Nigeria, la fabrication, donc la production. les packagings et ensuite le renvoi ailleurs, sachant que DHL prend déjà 60 euros de frais d'une raison, c'est très compliqué de rentrer dans ces frais en ajoutant même ne serait-ce qu'un peu de marge. Et à long terme, si je pouvais trouver des chaînes de production de muses beaucoup plus proches que de la production des tissus, ce serait l'idéal. Parce que je ne veux pas, même dans les marques que je fais, oui, j'aime le luxe, oui, j'ai les codes de luxe, oui, je les connais, oui, je m'y associe, oui, ça fait partie de moi parce que j'ai grandi dedans et c'est quelque chose dont je suis habituée. J'estime aussi que le luxe, ça n'a rien à voir avec le prix. Souvent, c'est la considération, c'est un feeling, c'est la promesse qu'on donne, c'est le respect qu'on attribue. Et j'aimerais vraiment, dans tout ce que j'entreprends, pouvoir offrir cette dynamique à ma clientèle, donc à mes muses, parce que je connais la qualité des femmes qui achètent chez moi. Et ce sont des femmes qui ont quasiment les mêmes critères ou alors qui aspirent à ces critères. Parce que je sais que j'ai beaucoup de jeunes filles qui me disent qu'elles espèrent un jour pouvoir s'offrir une pièce muse. Et ça me fend toujours le cœur parce que forcément, j'ai envie de... de leur faire un moins 60 ou un moins 70%, il faut que je reste dissonance aussi, et surtout que ce n'est pas dans l'offre.

  • Vanessa

    En termes de pricing, comme il se trouve, c'est dans la promesse. Et j'espère qu'un jour, elles pourront mettre du Muse à des prix plus adaptés à l'image de marque que j'ai envie de donner à Muse. Je n'ai pas envie que ce soit une marque luxe qui coûte 1 000 euros. Non, pas du tout. Je veux que ce soit une marque qui épouse les conditions et les réalités du terrain. Et oui, elle est... peut-être faites pour les 1%, les 3%, mais je ne veux pas qu'elle soit inaccessible en image de marque. Non, je veux qu'elle ait un ADN plus premium et populaire, si on peut dire ça comme ça.

  • Ramata

    Très bien, c'est tout ce qu'on te souhaite. J'ai bien entendu le discours sur Muse Beauté, donc on est prêts à...

  • Vanessa

    Ah mais bien sûr ! Bien sûr ! Ah non, mais bien sûr, je suis sur un bon, beau projet. Là je vais à Bologne pour le salon de la beauté, le plus grand salon de cosmétiques du monde. J'y étais déjà il y a 2-3 ans, mais là comme mon projet devient de plus en plus fin sur sa dynamique, je veux y retourner pour être certaine. La première fois que je suis allée à Bologne, je ne savais pas trop ce que j'attendais de ma demande. Je suis un petit peu allée avec une curiosité générale. Là je vais dans le détail pour trouver la distribution. J'ai déjà plus ou moins... les sous-traitants avec qui j'ai envie de travailler. Oui, il faut maintenant que j'aille dans le détail de ce que j'ai envie de lancer, les formulations, c'est très important, de ce que j'ai envie de faire. On a des conditions différentes, ne serait-ce qu'en vivant sur le continent. On a des ponts qui réagissent différemment aux formules. que partout ailleurs. Parce qu'on a un terrain très humide, très chaud, on est souvent dans la cligne, il y a des choses qui fonctionnent plus ou moins ailleurs et qui donneront de l'acné ici par exemple. Je ne vais pas donner ça parce que je n'ai pas envie que ma concurrence aille se connecter et directement trouver mes formules. Mais il y a des choses que j'ai vraiment envie de faire avec précision pour notre continent et pour notre diaspora. Et je travaille depuis quelques années dessus. Mais là, il faut que je fasse une petite action.

  • Ramata

    Écoute, on attend, on est pressé. Nous, on est sur les starting blocks. Dès que tu as l'information, à la jeune tour, ce sera un plaisir de partager.

  • Vanessa

    Merci.

  • Ramata

    Avec plaisir. Écoute, on arrive à la fin de cette interview. C'était important pour moi de faire un overview. À la fois ton parcours en tant que blogueuse, créatrice de contenu, à la fois le côté expert beauté, business development pour des marques, et aussi le côté créatrice de sa marque de mode. Parfois, on se dit que cumuler plusieurs activités, ce n'est pas possible. Et du coup, on se limite. Moi, je trouvais ça intéressant que tu puisses partager ton parcours. Moi, je... Et tu l'as dit toi-même, ce n'est pas simple. C'est beaucoup de choses à gérer, mais en même temps, je pense que c'est vraiment le reflet aussi d'une personnalité. Tu vas vers des choses qui te plaisent et c'est ça qui fonctionne.

  • Vanessa

    Absolument. Et surtout, elles sont complémentaires.

  • Ramata

    Voilà, ce n'est pas comme si tu étais dans des secteurs totalement différents. Écoute, à mon audience, je pense qu'il y en a certains qui te suivent déjà et qui te connaissent déjà, à continuer à te suivre sur Instagram. pour avoir des news sur la sortie de la beauté. Merci beaucoup. Et puis, aussi suivre tes insights sur tes recommandations de produits, beauté et parfum sur le compte Instagram. Merci beaucoup.

  • Vanessa

    Merci, Ramatha. Je vois le plaisir de t'avoir. Et puis finalement, à chaque fois que je te parle, tu sais quoi, je trouve ça thérapeutique, parce qu'on ne se rend pas compte de son progrès jusqu'à ce qu'on en parle. Et j'en parle rarement.

  • Ramata

    on remet ça l'année prochaine alors là je peux faire une thérapie il y aura plein de choses qui se seront passées et puis on aura l'opportunité de discuter à ce moment là et on se verra peut-être comme je dis toujours on se voit en Afrique ou ailleurs et probablement à Lagos merci merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout Je vous invite à faire quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

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