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Africa Fashion Tour

Edition spéciale PODCASTHON : Ange Nguedia Djoumessi, fondatrice de l'association OPKA

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51min |20/03/2025
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Description

Comment déconstruire les stéréotypes sur l'Afrique et donner aux jeunes les clés pour saisir les opportunités de leur continent ? 🌍


Ange Nguedia Djoumessi, fondatrice de l'association OPKA, partage son parcours et sa vision dans un nouvel épisode de notre podcast.

Née à Douala, au Cameroun, et diplômée de Sciences Po Paris, Ange a créé OPKA pour promouvoir la connaissance de l'Afrique auprès des jeunes et lutter contre les idées reçues.


Dans cette interview, elle nous explique ce qui l'a poussée à fonder OPKA, les premières actions concrètes de l'association et les défis rencontrés.

Elle revient également sur les stéréotypes qu'elle a entendus et qui l'ont particulièrement choquée, comme l'idée que les Africains ne peuvent pas voyager ou qu'il n'y a pas d'opportunités de financement sur le continent.


Ange nous parle aussi des différents programmes de OPKA, de leurs impacts concrets et des témoignages de jeunes ayant bénéficié des actions de l'association.


L'ambition de OPKA pour le futur ? Multiplier les ateliers dans les écoles et les pays, pour exposer les jeunes aux opportunités de leur continent et leur donner des compétences clés.


Mais OPKA rencontre des défis, notamment en termes de capital humain. L'équipe est composée de jeunes qui évoluent et dont les disponibilités peuvent changer.


Ange lance un appel aux dons via L'association OPKA et la page Go fund me :

  • Dons : chaque euro compte pour organiser les ateliers

  • Matériel : papeteries et supermarchés peuvent aider en fournissant des fournitures et des goûters.

  • Bénévoles : étudiants à Yaoundé et Douala pour animer les ateliers (formation assurée).


Un témoignage inspirant qui nous invite à changer notre regard sur l'Afrique et à donner aux jeunes les moyens de construire leur avenir. Cet épisode a été enregistré dans le cadre du Podcasthon dont l'ambition est de sensibiliser les auditeurs à des causes caritatives!



Africa Fashion Tour poursuit chaque semaine l'exploration des industries culturelles et créatives africaines avec des interviews d'entrepreneurs passionnés qui s'interrogent sur les questions de diversité et de représentation. Chacun des invités du podcast est passé du questionnement à l'action pour proposer des solutions concrètes, des business model vertueux pour promouvoir l'Afrique à travers les soft power.


J’en profite pour remercier les auditeur.e.s de plus en plus nombreux de ce podcast. Pour découvrir en avant première les dernières interviews et analyses de l'écosystème de la mode africaine, abonnez-vous à la ⁠⁠⁠Newsletter Africa Fashion Tour⁠⁠⁠.


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A très vite en Afrique ou ailleurs


Ramata Diallo 


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Ange

    Mais vous savez, le stéréotype positif bénéficie d'autres zones du monde, pour ne pas les citer. Moi, ce n'est pas forcément un truc sur lequel je me focus, parce que je me dis que c'est une histoire de soft power, et bien sûr d'autres facteurs qui rentrent en jeu en termes d'histoire, etc. Mais je dis souvent, les gens me demandent, je vous prends l'exemple. On a rencontré un proviseur récemment pour organiser la OPCA, et il nous a dit, du coup, vous voulez empêcher les gens d'aller à l'étranger. C'est ça le but de votre association. Et les gens ont tendance à se dire que l'amour de quelque chose, c'est forcément le rejet d'autres choses. Alors que moi, ce n'est vraiment pas du tout ma conviction. Je travaille sur l'Afrique par amour pour l'Afrique, et ça n'implique rien, ou ça n'insigne rien, ou ça n'associe rien pour autre chose, pour toute autre région du monde. Donc, le... Toute la déconstruction du narratif négatif africain, c'est un travail que je fais avec un regard dirigé sur l'Afrique. Je ne prends pas compte d'autres qui sont avantagés, ou ils bénéficient de ce et de ça. C'est vraiment pas mon focus. Et je viens à le dire parce que c'est vraiment ce qu'on a l'idée aux gens. La première fois qu'on parle de « OK » , c'est automatiquement ce qui vient à l'esprit.

  • Ramata

    Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. Je suis Ramata Diallo. Je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine. Aujourd'hui, je suis en compagnie d'Ange Ghezia Djumessi, la fondatrice de l'association Hopka. L'objet de cette association est de promouvoir la connaissance de l'Afrique auprès des jeunes. En effet, l'ambition est de faire prendre conscience aux jeunes de la valeur et des opportunités de leur continent, ainsi que de les outiller pour qu'ils puissent saisir ces opportunités. J'ai invité Ange aujourd'hui. dans le cadre du podcast Toin, cette fameuse opération qui permet à des podcasters de promouvoir des associations. Aujourd'hui, elle va pouvoir nous parler des différentes initiatives de son association et nous présenter des cas concrets d'accompagnement de la jeunesse africaine. Bienvenue Ange, comment vas-tu ?

  • Ange

    Merci beaucoup Madame Diallo, je vais très très bien, et vous ?

  • Ramata

    Eh bien écoutez, ça va très bien. Donc moi je vais me permettre de tutoyer. Il me semble que toi, tu as un petit peu du mal avec le tutoiement, donc il n'y a pas de souci. Tu peux continuer à me vouvoyer, à m'appeler Madame Diallo. Ce sera le premier épisode où on m'appellera Madame Diallo, mais ça ira.

  • Ange

    Et ma mère dira,

  • Ramata

    mais c'est moi Madame Diallo, en fait. Exactement. Voilà. Donc, écoute, on va commencer cet épisode comme je le fais. À chaque démarrage d'interview, je vais te demander de te présenter.

  • Ange

    OK.

  • Ramata

    Donc,

  • Ange

    bonjour à toutes et à tous. Je m'appelle Ange. Mes amis m'appellent Angel, Angie, toutes les variantes possibles pour mon prénom, sauf mon prénom. Je suis camerounaise, j'ai 22 ans. Je suis née dans une ville que votre auditoire connaît peut-être, à Douala. Aujourd'hui, je travaille dans un cabinet de conseil dans le département Afrique et Développement international. Je suis la fondatrice de Hopka, que vous avez mentionné, et puis aussi coproductrice de l'émission De Racines à Réussite. Sur le plan perso, j'adore la musique. J'adore les voyages et je suis très heureuse d'avoir été invitée. J'espère que ce sera aussi enrichissant pour vous que ça ne le sera pour moi.

  • Ramata

    Écoute, on l'espère aussi. Donc moi, ce que je vais te demander dans un premier temps, parce que du coup, tu es toute jeune fondatrice d'association, c'est que tu puisses nous raconter un peu ton parcours, en tout cas en termes d'études. Et puis nous expliquer aussi à partir de quel moment tu as eu... l'envie de créer, de fonder une association qui est vraiment destinée aux jeunes.

  • Ange

    Ok. Alors, mon parcours déjà, j'ai fait mes études au Cameroun, en tout cas au lycée. Et puis, une fois diplômée, j'ai intégré une école qui s'appelle Sciences Po Paris en France. J'ai fait deux ans à Sciences Po, puis une année aux États-Unis, enfin un échange aux États-Unis en tout cas. Et ensuite en master, pareil, toujours à Sciences Po. Et ensuite, du coup, j'ai travaillé, je travaille en conseil depuis quelque temps. L'envie de créer OPCA est intervenue en début de ma troisième année. Il faut savoir que quand j'ai rejoint Sciences Po, j'ai rejoint un programme Afrique, donc une licence en sciences sociales spécialité Europe-Afrique. Donc les cours d'histoire étaient centrés sur l'Afrique, les cours de sociologie aussi, les cours de diplomatie, tout ce qui était droit, etc. C'était vraiment orienté sur le continent. Et à la fin de cette expérience, je me suis rendue compte à quel point tout ce que je savais, en tout cas une grande partie de ce que je savais ou ce que j'avais appris sur mon continent, j'avais appris en le quittant. Et ça m'a fait de la peine dans la mesure où j'estime que s'il faut connaître son chez-soi, il faut l'apprendre depuis chez-soi, tout simplement. Et quelque part aussi à ce moment-là, je voyais de plus en plus sur les réseaux sociaux des vidéos qui passaient de gens qui parlent de l'Afrique, d'Africains qui parlent de l'Afrique avec autant de dédain, voire même plus que d'autres peuvent le faire. Et je me suis dit que ce n'est pas possible, tout simplement. C'est juste, vous le dites comme ça, vous dites tel propos négatif sur l'Afrique parce que vous ne savez pas, parce que vous n'avez pas l'information, parce que vous n'avez pas l'éducation sur le sujet. Donc, j'ai eu envie de créer un espace, en fait. C'était juste un espace de discussion où les Africains vont connaître l'Afrique pour ne plus tenir certains discours, tout simplement.

  • Ramata

    Très bien.

  • Ange

    Et du coup,

  • Ramata

    l'association, tu l'as créée à partir de quelle année, en fait ?

  • Ange

    C'était en... Alors, il faut savoir que ça commence comme un groupe de potes qui discute de l'Afrique. Donc, en termes de création légale, c'est arrivé un peu plus tard. Mais on a commencé à faire nos rencontres... à partir de novembre 2021. Donc, c'est de là que chaque mois ou chaque deux semaines, on faisait des rencontres, des appels sur Google Meet ou sur Zoom et on débattait des sujets d'actualité, etc. Puis, ça a augmenté vers débat plus quiz. Mais c'est vraiment en 2021, quand j'ai commencé ma troisième année que j'ai faite à l'étranger, que ça s'est mis en place.

  • Ramata

    Très bien. Donc, comme souvent, de toute façon, qu'il s'agisse d'entreprises ou d'associations, il y a souvent une période non officielle qui permet de jeter les bases, les fondations de ce que va être l'association à part entière. Donc, cette ambition de se centrer sur les jeunes en Afrique, est-ce que c'est résolument d'abord au Cameroun ou est-ce qu'il y a une volonté d'être au Cameroun puis dans d'autres pays d'Afrique ?

  • Ange

    Alors, on est déjà dans d'autres pays d'Afrique. Donc, quand ça a commencé... des débats sur l'Afrique, sur l'actualité, sur les événements positifs, sur ce qu'il y a de beau, etc. Mais c'était entre jeunes de mon réseau. Donc moi, je rejoins Sciences Po dans le programme Afrique avec des jeunes de Madagascar, des jeunes du Sénégal, des jeunes du Cameroun, etc. Donc c'est des amis qui rejoignent dans un premier temps, mais qui sont d'horizons différents. Et je n'ai jamais fait un truc qui soit exclusif, si ce n'est exclusif aux Africains, en l'occurrence. Donc ça a commencé comme ça et le système qu'on avait mis en place au début, c'était de faire par recommandation. Donc une personne qui a aimé son expérience, en tout cas au sein d'Opka, va recommander à un de ses proches de rejoindre. Ce qui faisait que les Congolais se recommandaient entre eux, les Malgaches se recommandaient entre eux, les Caronais se recommandaient entre eux. On a eu des Kenyans, des gens d'Afrique du Sud, en Ouganda, etc. Et ça s'est fait un petit peu au fur et à mesure comme ça.

  • Ramata

    Très bien. Donc c'est une... association panafricaine.

  • Ange

    Exactement, c'est exactement ça.

  • Ramata

    Ok, et quelles sont les différentes actions que tu mènes avec les différents membres de l'association ?

  • Ange

    Alors aujourd'hui, ça fait trois ans qu'Opka existe, un peu plus de trois ans, donc ça a vraiment été évolutif. Comme le point de départ, c'était un ressenti personnel de ma part, Je ne me suis pas dit que je vais construire toute une ONG sur mon ressenti personnel. Donc d'abord j'ai créé ce petit groupe-là pour débattre, etc. Au fur et à mesure des temps, je me suis rendue compte que les participants avaient envie de plus en fait. Une fois qu'on s'est dit qu'il y a de belles choses sur le continent, une fois qu'on a débattu sur le fait qu'il y a de belles choses sur le continent, des choses à améliorer, comment est-ce qu'on peut être outillé pour mettre des choses en place ? C'est là qu'on a commencé à faire des conférences avec des chefs d'entreprise, des experts de différentes industries. pour justement pouvoir faire ces recommandations-là, donner ces conseils et indications aux jeunes pour pouvoir... s'engager. Une fois qu'on a mis en place les conférences, je me suis dit, à ce moment-là, je suis rentrée au Cameroun, je rentre chaque année généralement, je suis rentrée au Cameroun, je me suis dit pourquoi pas faire quelque chose dans une école, faire des ateliers justement de valorisation du continent. Donc on a mis en place en janvier 2022, pendant cinq mois, dans une école privée de la ville de Douala, des ateliers avec leurs élèves de 6e, donc 80 élèves pendant Donc, cinq mois qui ont parlé Afrique toutes les deux semaines. Par la suite, au fur et à mesure, on a lancé quelque chose. On a continué avec des cahiers d'activités afro, qu'on a essayé de commercialiser auprès des parents, dans des écoles aussi. Plus tard, on a mis en place les actualités. Donc, on publiait des actus dans le groupe, qui réunit un peu les personnes justement qui débattaient au début. Donc, c'est des actualités positives sur l'Afrique pour les tenir informées de ce qui s'y fait de bien. Par la suite, on a fait le programme African Youth Angels. C'était un programme d'accompagnement parce que la demande entrait d'avoir des conseils sur est-ce que vous connaissez quelqu'un, un jeune Africain qui est dans tel pays ? Moi, j'aimerais faire mes études dans ce pays-là. Est-ce que vous pourriez me mettre en contact pour que la personne puisse me donner des petits conseils ? On a mis ça en place. Le plus récent, c'est le programme d'incubation, d'initiation à la création d'entreprise. On a fait en 2024, l'idée étant tout simplement de donner un peu des petites bases en entrepreneuriat aux jeunes qui sont intéressés ou à qui il manque ces quelques compétences de base pour pouvoir initier des choses, lancer des choses. Donc vraiment ça a été progressif. Aujourd'hui, en 2025, c'est ce qu'on a statué sur les ateliers. Parce que c'est ce qui nous a permis, dans l'histoire de nos trois ans, d'avoir le plus gros impact en une seule action. Donc, on se mobilise autour d'une seule école, on fait des études de manière régulière. Et à la fin, c'est 80 élèves qui s'en souviennent, qui en reparlent, qui ont un petit certificat à la fin. Donc, on a décidé de capitaliser sur ça. Mais ça s'est vraiment fait progressivement au fur et à mesure de ce qu'on a vu, observé, découvert, des difficultés aussi qu'on a pu avoir. Très bien.

  • Ramata

    Et quelle est l'ambition de l'association dans le futur ?

  • Ange

    Alors aujourd'hui, le souhait, c'est de faire le plus d'ateliers possibles dans les écoles. Donc là, par exemple, c'est ce qu'on a remis en place, la Hopka Académie, cette année. Donc de le faire dans des lycées, de le faire dans des collèges, d'aller vers d'autres pays ou faire des ateliers, exposer les jeunes un maximum. au bienfait qu'il peut y avoir sur le continent via ces ateliers-là. Et puis, non seulement exposer au bienfait, mais aussi leur donner des compétences, comme par exemple parler de LinkedIn. Je pense qu'on reviendra sur le contenu concret de ces ateliers-là. Mais voilà, faire les ateliers dans le plus d'écoles et de pays possibles au fur et à mesure des années. Donc, la période pour faire les ateliers, c'est généralement de janvier jusqu'à mai. Donc ce sera chaque année faire des ateliers dans des classes, dans des écoles.

  • Ramata

    Très bien. Et du coup,

  • Ange

    de façon très concrète,

  • Ramata

    est-ce que tu as des exemples de jeunes qui ont pu bénéficier de ces ateliers, de ces différentes initiatives que tu mets en place avec cette association et qui sont revenus vers toi avec des retours positifs ?

  • Ange

    Ok. Je vais prendre chaque programme l'un après l'autre. Donc au tout début on a commencé par les débats et en fait on a directement vu l'effet quelque part parce qu'il y avait je pense à une fille qui avait rejoint le groupe et qui était revenue nous voir en nous disant en cours aujourd'hui ma prof a fait une erreur, elle a dit que je crois que c'était un pays dans l'Amérique latine et le seul à utiliser le big... alors que nous on a vu à Hopka pendant les débats qu'il n'y a pas que ce pays-là, qu'il y a aussi en République centrafricaine qui a eu ce sujet. Donc elle a pu justement prendre la parole à partir de ce qu'elle avait entendu et c'est ce qui m'avait le plus marquée parce que c'est la première chose qui s'était produite en termes d'impact par rapport au débat. Au fur et à mesure, aujourd'hui on ne fait plus de débat, mais justement il y a des gens qui reviennent en disant que ça leur manque, qu'ils aimeraient bien avoir l'opportunité de rééchanger avec d'autres jeunes. Pour la partie des ateliers qui a eu lieu à partir de janvier 2022, je vous raconte une expérience personnelle. Ça faisait, je crois, deux ans que j'avais plus... Les ateliers, c'était largement terminé. Dans l'école, on les avait fait la première fois. Et je prends un taxi, je ne sais plus du tout pour aller où. Mais il y a un rond-point qui est très connu à Douala qui s'appelle le rond-point d'Edo. Et je me fais interpeller par deux jeunes hommes. Enfin... pas forcément de mon âge, mais quand même pas tout petit, et qui me disaient « Bonjour madame, je ne sais pas si vous vous rappelez de nous, vous nous aviez fait des ateliers, etc. » Donc on a pris le même taxi, on a échangé sur ce qui s'était passé il y a super longtemps, et c'est des choses qui ravivent un peu la flamme, dans la mesure où au quotidien, on a tellement la tête dans le guidon, la tête dans les difficultés, parce que vraiment, la partie difficulté, on peut en parler, ça fera tout un épisode. On a tellement la tête dans le guidon qu'on oublie que ça a un effet positif, que ça a des bienfaits, etc. Donc ça, c'est un truc qui m'a vraiment ramenée à la vie, entre guillemets. Pour d'autres exemples, le parcours de transformation. On a démarré avec un total de... 40 jeunes, si je me souviens bien. Et parmi ceux qui ont diplômé, il y en a qui reviennent vers nous en disant que ça devrait continuer pour d'autres personnes parce qu'ils voient leurs camarades de classe, leurs amis, qui voudraient aussi participer à ce genre de choses, mais qui n'ont pas forcément l'occasion. Est-ce que vous allez relancer ? Il y en a un qui a vraiment insisté parce qu'il avait besoin d'avoir du suivi pour voir s'il met bien en place ce qu'il a appris via OPCA. Pour le programme AYA... On a eu des appels, en fait, Aya, c'est des appels qu'on fait confidentiels avec des jeunes qui se confient sur des problématiques. Et c'était, par exemple, sur la peur, le syndrome de l'imposteur pour lancer leurs associations. Et qu'aujourd'hui, on a lancé leurs assos. On voit grandir sur LinkedIn, Moabé, qui en reste en contact. Est-ce que j'oublie un programme ? Je ne pense pas.

  • Ramata

    Très bien. Du coup, on voit qu'en fait, pour une jeune association, vous avez différents programmes avec chacun l'ambition d'accompagner et de donner des outils de manière très concrète à la jeune génération.

  • Ange

    C'est ça. En fait, ça a vraiment été ça au fur et à mesure, lancer une nouvelle initiative, une nouvelle manière d'accompagner les jeunes. Donc on en fait une et on teste autre chose, etc. Et c'est après trois ans qu'on a justement fait le bilan et on s'est dit, OK, on va capitaliser sur les ateliers.

  • Ramata

    Très bien. Et toi, quand tu te lances dans ce projet associatif, est-ce que tu es entourée par justement des personnalités autour de toi, dans ta famille, qui ont des associations et c'est ce qui fait que toi, tu as envie de créer ton association ? Qu'est-ce qui fait que toi, à un moment donné, aussi jeune, tu as envie de mener cette initiative ?

  • Ange

    Alors, en deux questions, est-ce que j'avais des personnes ? Et qu'est-ce qui me fait envie ? Alors, j'avais personne, en l'occurrence. Dans mon entourage, j'ai déjà lancé des initiatives. Je n'ai pas forcément cherché à avoir quelqu'un, quelque part. Je ne me suis pas posé la question d'est-ce que je peux me trouver un mentor ? Parce que je ne me dis pas que les gens offrent leur mentorat comme ça, like out of the blue, donc ça ne m'a même pas traversé l'esprit d'en chercher un et je n'en voyais pas forcément un à l'immédiat autour de moi. Il y avait mon grand frère à qui je parlais justement des idées que j'avais et si on veut parler de soutien, c'était lui, je pense, au tout début, à qui je parlais de mes idées pour les concrétiser, etc. Mais non, pas vraiment de personne. pour m'appuyer. Et puis, ce qui m'a donné envie, en fait, moi, c'était juste le ressenti que j'ai décrit au début, de voir des commentaires, des posts, des publications sur les réseaux sociaux d'Africains qui disent certaines choses sur l'Afrique qui sont juste factuellement pas vraies. Encore, je veux dire, il y en a qui commentent beaucoup des chaînes de télé occidentales qui ont certains propos, nanana. Moi, je veux dire, c'est pas une chaîne camerounaise, je ne fonde pas forcément d'attente de véracité ou de quoi que ce soit de leur côté. Par contre, du côté de mon propre pays, du côté de mes gens, comme on dit au Cameroun, là ça me touche, là ça m'affecte beaucoup plus. Donc c'était juste un ressenti de, vous ne pouvez pas dire ça si vous avez l'info de telle chose. Donc faire en sorte qu'ensemble... on en apprenne davantage, on soit beaucoup plus informés, on se connecte au bon point d'entrée pour avoir de la visibilité sur ce qui se fait et demain pas pouvoir dire il n'y a pas de créateur de jeux vidéo sur le continent. Ce qui m'a donné envie c'était juste ça, je n'ai pas réfléchi plus que mon ressenti.

  • Ramata

    Très bien et du coup parmi les... Comment dire, les informations fausses que tu as pu entendre et qui ont fait que tu t'es dit, mais attendez, ça ne va pas. En fait, vous êtes en train de divulguer des informations, de partager des informations sur certains pays, sur certaines industries qui sont erronées. Quels sont les éléments qui t'ont le plus frappé ? Là, tu t'es dit, non mais là, c'est quand même, il faudrait que quelqu'un les corrige, les signale, parce que ça ne va pas du tout. Est-ce que tu peux nous citer une, deux, trois informations fausses qui ont vraiment fait que toi tu t'es dit non mais là c'est pas possible, je peux pas laisser passer ça ?

  • Ange

    Ok, je vais prendre des exemples au fur et à mesure qu'ils me viennent. Donc la première chose c'est quand on parle d'argent pour financer son entreprise. Je vais prendre ce qui est venu le plus spontanément. parce qu'on l'a beaucoup eu pendant le parcours d'incubation, d'initiation à la création d'entreprise. Il y a une plateforme qui s'appelle Opportunities for Youth, que je suivais pas mal à l'époque, et sur laquelle je voyais tout le temps passer plein de programmes pour les non-profits en Afrique, pour les startups en Afrique, pour les fellows en Afrique, plein de choses comme ça. Et donc quand j'entendais quelqu'un me dire que... non mais non on va trouver le financement ou il n'y a personne dans la famille qui va pouvoir nous donner le gouvernement les banques et je suis en mode mais enfin tape un peu sur internet et tu tomberas sur certaines offres sur certains concours sur certains pitchs que tu peux faire pour pouvoir obtenir ces opportunités là donc à partir du moment où tu as candidaté tu n'as pas eu ok viens me dire que ça n'a pas fonctionné like that's possible mais partir juste du principe que ça n'existe pas Parce qu'on n'a pas fait la recherche de se dire, OK, what is opportunities for youth, par exemple. Je pense que c'est quelque chose qu'on ne peut pas se permettre de dire. L'autre exemple, c'est l'exemple sur le voyage, le fait d'aller à l'étranger. Les gens, ou en tout cas, beaucoup de gens, ont mis dans leur esprit que voyager, c'est aller, par exemple, en Europe ou en Amérique du Nord, nécessairement. Donc, à partir du moment où c'est difficile, où... L'obtention du visa est compliquée pour ces destinations-là. En soi, les Africains, ils ne peuvent pas voyager. Ils n'ont pas de possibilité de voyager ou leur passeport n'a pas de poids, etc. C'est un passeport inutile, etc. Là où moi, récemment, justement, avec un proche, on était en train de regarder des destinations qu'on a envie de faire. On s'est rendu compte qu'en fait, il y a plein d'endroits où il n'y a pas besoin d'un visa. pour les Camerounais, des destinations qui me... Enfin, je peux même les regarder maintenant, mais des destinations improbables, en fait. Je me suis dit, ah, OK, donc je peux aller là, sans même avoir à rechercher un visa de monde à vous. Donc, c'est vrai que pour le rêve américain que tu t'es fait dans ta tête, à partir des films que tu as vus sur Netflix ou quoi, c'est vrai que ce ne sera pas compatible, forcément. Mais qu'est-ce qui te dit que ton bonheur, tu ne le trouveras pas dans un pays un peu plus proche ou dans un pays différent du... du modèle occidental, par exemple. Je pensais justement à l'exemple que j'ai donné tout à l'heure sur le fait qu'il n'y a pas de créateur de jeux vidéo, ou il n'y a pas de créateur de parfums africains, des produits qui sont à nous. Aller en Côte d'Ivoire, un richement cofibre comme ça, c'est un créateur de parfums, par exemple. Et c'est juste parce que tu ne prends pas le temps de faire la bonne recherche, la recherche qui va te donner l'information que tu pourrais avoir. ou que tu voudrais avoir, que tu ne le sais pas. Donc moi, je fais quand même un peu attention, enfin je ferai en tout cas attention, au genre de conclusions très générales que je tiendrai sur en Afrique, il n'y a pas, ou l'Afrique, ce n'est pas, ou machin, ce n'est pas. Quand on me demande, ok, dans ton expérience, comment c'est, je réduis toujours, je me ramène au Cameroun, je dis ok, pour ce que je sais du Cameroun, voici, voici, voici, mais si ça se trouve, dans les 54 autres, enfin 53 autres pays en l'occurrence, peut-être que les choses sont différentes, donc à rechercher.

  • Ramata

    Très bien, merci beaucoup d'avoir pris le temps de nous partager ces différents exemples, parce qu'effectivement, il y a une forme de généralité qui est souvent négative, qui est partagée sur l'Afrique, et autant sur les pays occidentaux ou sur beaucoup d'autres zones géographiques, je pense à l'Asie, elle bénéficie d'un stéréotype positif, alors que nous, on souffre. d'un stéréotype négatif. Et donc, finalement, comme c'est un stéréotype, c'est le principe du stéréotype, les gens ne vont même pas creuser ou chercher l'information. Le stéréotype est considéré comme étant la vérité. Et donc, nous, on doit lutter encore plus pour déconstruire ces stéréotypes.

  • Ange

    Mais vous savez, le stéréotype positif bénéficie d'autres zones du monde, pour ne pas les citer. Moi, ce n'est pas forcément un truc sur lequel je me focus parce que je me dis que c'est une histoire de soft power et bien sûr d'autres facteurs qui rentrent en jeu en termes d'histoire, etc. Mais je dis souvent, les gens me demandent, je vous prends un exemple. On a rencontré un proviseur récemment pour organiser la Hopka Académie, on a dit, ah mais du coup vous... Vous voulez empêcher les gens d'aller à l'étranger. C'est ça le but de votre association. Et les gens ont tendance à se dire que l'amour de quelque chose, c'est forcément le rejet d'autre chose. Alors que moi, ce n'est vraiment pas du tout ma conviction. Je travaille sur l'Afrique par amour pour l'Afrique. Et ça n'implique rien, ou ça n'insigne rien, ou ça n'associe rien pour autre chose, ou pour toute autre région du monde. Donc, toute la déconstruction du narratif négatif africain, c'est un travail que je fais. Avec un regard dirigé sur l'Afrique, je ne prends pas compte de « Ah, autres sont avantagés » ou « whatever, ou ils bénéficient de this and that » . Like, really, it's really not my focus. Et je tiens à le dire parce que c'est vraiment spontanément ce qui vient à l'idée aux gens. Like, first time, on parle de « OK » , c'est automatiquement ce qui vient à l'esprit.

  • Ramata

    Très bien. Je trouvais ça intéressant d'avoir ce point de vue-là. Et est-ce que toi, étant née au Cameroun, ayant fait une grosse partie de tes études là-bas et ayant poursuivi tes études en France, j'imagine que tu as rencontré forcément la diaspora africaine. Est-ce qu'en termes de connaissances de l'Afrique, tu vois aussi des personnes issues de la diaspora qui connaissent mal le continent ?

  • Ange

    Est-ce que je connais des gens ? qui connaissent mal le continent. J'en connais. En fait, là, je réfléchis, quand je généralise, c'est-à-dire quand je fais la moyenne des deux, de quel côté est-ce que la connaissance est la pire, je dirais ?

  • Ramata

    Après, sans forcément chercher à les classer,

  • Ange

    mais en fait, je pense qu'il y en a partout. Moi-même, quand je venais en France, ce n'était pas comme si j'étais le génie de l'Afrique. C'est Sciences Po et les cours que j'ai pu faire. Et à partir de là, le wokisme que tu développes en étant dans une école aussi politique, tu te mets juste à voir Instagram qui est 100% about l'actualité. C'est au fur et à mesure que moi-même, j'ai construit ma propre connaissance. J'aurais tendance à dire que c'est partout. Mais...

  • Ramata

    Parce qu'aujourd'hui, ton association, elle est plutôt dédiée aux jeunes qui sont sur le continent.

  • Ange

    C'est ça, exactement. C'est vrai qu'on a des gens qui soutiennent depuis la diaspora, etc. Mais que ce soit les membres de l'équipe ou bien les bénéficiaires, en fait, de ce qu'on fait, c'est toujours sur le continent.

  • Ramata

    Très bien. Parce que je me dis qu'il y a certains ateliers, en tout cas sur la connaissance de l'Afrique, qui... Finalement, quand on est dans une vocation pédagogique, on pourrait être ouvert à tous, en fait. Effectivement, c'est important que ce soit sur le continent, mais c'est important aussi que ce soit à l'extérieur, parce que si on a envie, en termes de soft power, d'impacter à un niveau global, ça peut être intéressant de s'assurer que le niveau de connaissance progresse mondialement.

  • Ange

    Ok, c'est une très bonne fois. Je vais vous donner un exemple. Moi, avant de lancer OPCA, j'ai fait beaucoup de choses pendant mes études. Et parmi ces choses, j'ai travaillé pour une association qui s'appelle Regards d'Afrique. Donc, j'ai été animatrice et ensuite responsable. Et en gros, c'était des ateliers qu'on faisait, des ateliers pour montrer la beauté de l'Afrique aux élèves du primaire en France. Donc on allait dans des écoles un peu bourgeoises, par-ci par-là, dans la ville de Reims. Et on faisait des ateliers pour les tout-petits. Je ne sais plus c'était quelle classe, ça devait être le CE1 ou des choses comme ça. Et j'ai déjà eu à le faire. J'ai déjà eu à le faire pour des cibles différentes. Mais j'ai l'impression un peu que ça m'affectait moins. En fait, tout simplement, émotionnellement, ça m'affectait moins que... Un jeune qui a grandi toute sa vie à Reims ne sache rien du Cameroun par exemple. À contrario d'un jeune qui a grandi toute sa vie au Cameroun, qui ne sache rien du Cameroun, vous voyez ce que je veux dire ? Ou qui a grandi toute sa vie au Kenya, qui ne sache rien du Cameroun. Quand on fait des ateliers et qu'on demande à un enfant, à Reims, c'est une ville en France, peut-être pour le public qui ne connaît pas, une ville à l'est de la France, et quand on demande à ce public-là de citer des pays, ils vont vous citer, je ne sais pas, l'Allemagne, le Canada, des choses auxquelles on s'attend. Par contre, moi, je pense que pour un atelier que je fais à Douala, en plein Bonamoussadi, un élève qui me dit quels sont les autres pays d'Afrique, le Canada, là, c'est problématique. Moi, ça me choque plus.

  • Ramata

    Très bien, je comprends. Moi, après, l'idée, c'est que je pense que la connaissance, c'est intéressant de la partager aux plus grands membres parce qu'en tout cas, il peut y avoir une méconnaissance de l'Afrique qui est très importante. pour des personnes issues de la diaspora, comme il peut en avoir sur le continent. Et la rencontre des deux, avec le même niveau de connaissances, elle peut être intéressante et riche sur quelles sont les opportunités à saisir et comment on peut rendre l'Afrique plus solide avec tous ces enfants, ceux de l'extérieur et ceux de l'intérieur. Toi, au niveau de tes études et de ton ambition à la fin de tes études, ce vers quoi tu as envie d'avancer ? Est-ce que tu as déjà une idée précise de ce que tu voudrais faire ?

  • Ange

    Alors là, je travaille déjà. Donc, en fait, pendant ma première année jusqu'à ma dernière année, je me suis dit que je voulais faire un truc en rapport avec mon continent. Donc, vous sortez du... Vous avez à peine le bac, 17 ans, il faut trouver au fur et à mesure ce que vous voulez faire. Donc, un pas après l'autre, je prenais des décisions. D'abord, je m'orientais plus vers l'univers des organisations internationales et ce genre de choses. puis apprendre les choses avec les personnes à l'intérieur des organisations internationales. Et elles ne nous recommandent pas forcément d'y aller. Donc, on se fait aussi une opinion sur le reste du monde, sur les autres industries qui existent. Et je me suis plutôt positionnée dans un cabinet de conseil avec une équipe spécialisée sur l'Afrique. Donc, on travaille pour des clients du continent pour leur mission de transfo sur le continent. Et ça, je trouve que c'est le... En fait, je suis tombée sur l'offre, mais complètement par hasard. Je ne connaissais pas du tout la boîte, etc. Mais je me suis dit, mais this is clearly for me. J'ai tout de suite envoyé mon CV, j'ai contacté un membre de l'équipe sur LinkedIn. Je l'aurais vraiment un peu forcé avec tous les membres de l'équipe parce que j'étais vraiment intéressée de rejoindre. J'ai dit à la RH, au deuxième entretien, au troisième entretien, puis à l'entretien avec le partner. Donc je pense que ce que je fais déjà aujourd'hui est en droite ligne avec ce que je veux faire, ce que je fais en dehors de mon travail, ce que je fais de ma vie, de mon soupe de vie. Je pense que ça me convient déjà très bien.

  • Ramata

    Très bien, super. Oui, je n'avais pas réalisé que tu avais déjà terminé tes études, mais là tu es déjà dans la vie active en fait.

  • Ange

    C'est ça, exactement. Mais depuis mars, on va dire mars dernier. Mars de l'année dernière. Oui, je suis entrée en stagiaire et ensuite en CDI.

  • Ramata

    Ok, très bien. Félicitations à toi.

  • Ange

    Merci, merci beaucoup.

  • Ramata

    Et donc toi, ce que tu disais, c'est que tu retournes tous les ans au Cameroun ?

  • Ange

    Alors, that's a story. En fait, au début, en tout cas à partir de ma première année, je rentrais chaque année. Parce que sur Onspo, il faut savoir que les cours vont de septembre à mai. Juin, juillet, août, trois mois au Cameroun, je ne dis pas non. Donc mes billets, je les prenais toujours six mois à l'avance parce que je savais déjà que les cours vont se terminer à peu près là, si on tient compte des rattrapages au cas où. Je prenais mes billets et je rentrais, je faisais trois mois et tout le monde me disait « mais Ange, tu prends l'avion comme le taxi, toi, what's going on ? » Donc je rentrais vraiment régulièrement. Maintenant, avec un CDI, je découvre les réalités. et je me rends compte qu'on ne peut pas rentrer faire trois mois. Quand je veux rentrer, ça coûte 2 000 euros. Il faut que je vois. Là, par exemple, je rentre en août faire trois semaines. Mais c'est trois semaines. On passe de trois mois à trois semaines. Il faut s'y faire. Et pareil, je me suis prise largement à l'avance. Mais je pense qu'au fil du temps, ça va... ça va changer. Entre 5 ans où tu rentrais 3 mois chaque année, maintenant on rentre 3 semaines chaque année, ça va être différent.

  • Ramata

    Complètement. Toi l'idée en tout cas de rentrer, quelque part de retourner chez toi, c'est quelque chose qui est important pour toi, de conserver ton lien avec le Cameroun ?

  • Ange

    Oui, oui, oui. En fait, moi, je ne vous inviterai pas chez moi parce qu'à chaque fois que j'arrive chez moi, ils me disent « mais Ange, pourquoi il fait aussi chaud dans ta maison ? » Ce n'est pas du tout « environment friendly » , c'est vrai, mais du coup, je n'arrive pas à supporter le froid. Je suis frigorifiée à mon bureau, frigorifiée dans les trains, enfin voilà. Donc, je n'ai vraiment toujours besoin d'avoir deux pulls, un immense manteau. et un peu de chauffage dans mon appartement. Donc en fait, comme on dit, entre mes amis et moi, on a trop duré au pays. Donc pour s'adapter à autre chose, c'est un peu compliqué.

  • Ramata

    Très bien. Et tu t'imagines plus tard retourner travailler là-bas ?

  • Ange

    Oui, oui, oui. That's for sure. C'est très clair.

  • Ramata

    Très bien, très bien, très bien. En tout cas, ça va aller dans le sens de cette association que tu as créée.

  • Ange

    Alors,

  • Ramata

    du coup, est-ce que tu peux nous rappeler, parce que bon, voilà, on va être très transparent, une association en termes de business model, ce sont les donations qui aident une association à se développer. Ce sont aussi les bénévoles qui sont disponibles, pourquoi pas, pour aider, pour accompagner lors d'ateliers. Donc là, du coup, c'est le moment pour toi de nous dire, de nous faire la liste de tout ce dont tu as besoin afin que les auditeurs puissent savoir comment on peut participer, contribuer. aider à développer cette initiative. Et puis moi, je mettrai de toute façon en note de l'épisode tous les éléments de mail, enfin de, comment dire, effectivement, mail et site internet de l'association pour qu'on puisse avoir effectivement des compléments d'information.

  • Ange

    OK. Alors, je vais être très terre-à-terre et très logistique pour les prochaines minutes. Donc, tenez bon, ça va aller. Pour organiser un atelier, on va dans l'établissement. on obtient l'accord du chef d'établissement. Donc le trajet de la personne, coordinatrice en l'occurrence, qui s'appelle Audrey, qui est responsable de tout ce qu'on fait sur le terrain à côté de Camerounet. Donc le trajet pour aller à cet établissement et obtenir l'accord d'établissement, c'est un truc qui... That's the first step. Ensuite, une fois que ça a été approuvé, il faut faire la programmation de chaque étape des ateliers. Donc, par exemple, là, on organise la Hopka Académie dans un lycée pour les classes de première et de terminale. Donc, la première semaine, ils vont avoir des ateliers un peu plus « icebreaker » pour parler de la réussite de manière générale. C'est quoi leur vision de la réussite ? S'ils voulaient créer une entreprise, comment est-ce qu'ils s'y prendraient ? Est-ce qu'ils savent même comment s'y prendre ? Dans un deuxième temps, enfin, focus sur l'entrepreneuriat, on leur passe des exemples de personnes qui ont fait un million de chiffres d'affaires par jour en Afrique. Et la troisième séance, c'est plus un focus sur LinkedIn, comment utiliser LinkedIn, comment se préparer à l'entrée sur le marché du travail via LinkedIn. Ça, c'est les trois étapes. Pour pouvoir aller sur le terrain, il y a des animateurs qui se déplacent pour couvrir les classes. Donc ça, c'est un coût dans le transport. Le transport, c'est vraiment notre ligne de dépense la plus élevée. Donc, il y a le transport des animateurs. On doit faire des certificats pour les élèves. Donc, pour... récompenser leur dynamisme, leur bonne participation, etc. C'est des choses qu'il faut imprimer, donc ça aussi ça a un coût. On organise à la toute fin un goûter avec tous les élèves qui ont participé, donc ça aussi c'est une ligne de dépense. Et les gens sont souvent surpris quand ils entendent tout ce qu'on fait, c'est-à-dire on fait le déplacement des animateurs, on fait le déplacement pour se coordonner avec l'établissement en amont. on imprime les certificats, le matériel en continue. Donc, s'il faut des feuilles format A4 pour écrire, il en faut, etc. Donc, les gens sont souvent surpris que pour nous, 1 euro, ça ait du sens. Mais c'est parce qu'en fait, on a chiffré déjà, en l'occurrence. Donc, 20 euros, moi, par exemple, ça me permet de couvrir 80 élèves sur une semaine, par exemple. Donc, tout le monde me dit, mais how do you manage it ? How do you make it ? C'est juste une question d'organisation and de calculations. Donc, en soi, si... Aujourd'hui, ce que je demanderais aux gens, c'est de ne pas se limiter, de se dire « Ok, moi, je ne suis pas capable de donner 50 euros, donc je ne donnerai rien. » That's not something to do. Même dans notre communication, quand on a lancé la campagne de dons, au début, on a eu zéro euro pendant les deux premières semaines. On s'est dit « On est en train d'organiser des ateliers pour montrer la force de LinkedIn. Allons chercher la force de LinkedIn pour organiser nos ateliers. » On a trouvé des gens. qui ont donné 1 euro, 5 euros, 1 euro, 5 euros, et on a atteint 150 euros, on a tout de suite lancé les ateliers, et aujourd'hui, on est en train de publier les résultats, montrer aux gens l'impact que leur 1 euro est en train d'avoir sur des jeunes, qui s'amusent, qui nous disent, mais pourquoi vous n'êtes là qu'une fois par semaine, on a envie de vous voir un peu plus longtemps, est-ce qu'il n'y a pas moyen de vous venir tous les jours, etc. Donc, concrètement, ce dont on a besoin, c'est de dons, sur notre GoFundMe, sur notre Orange Money, sur notre Mobile Money, Camerounais, sur notre Hello Asso aussi, donc ça c'est les trois. moyen pour pouvoir nous aider. Pour les personnes qui sont peut-être sur le terrain camerounais, donc qui travaillent dans des papeteries ou des supermarchés, donc pour ne pas avoir à acheter tout ce qui est format ou jus pour le goûter, ça c'est des choses qu'on veut bien avec grand plaisir recevoir de supermarchés ou de papeteries. Et voilà, c'est tout ce qu'il nous faut à nous pour vraiment organiser et concrétiser. On est une asso qui a réussi pendant longtemps. à fonctionner sur rien. Donc, on arrive à faire de grandes choses avec que de choses, tout simplement.

  • Ramata

    Très bien. Donc on est plus effectivement sur des fonds pour pouvoir faciliter l'organisation des ateliers. En termes éventuellement de compétences, est-ce qu'il y a des profils qui peuvent venir aider à réaliser un atelier ? Ou est-ce qu'il y a des compétences qui pourraient être intéressantes, que certains peuvent avoir et pourraient partager auprès de ces populations que vous accompagnez avec l'association ?

  • Ange

    Alors, deux cas. Dans un premier temps, la partie animateur. Donc s'il y a des étudiants dans la ville de Yaoundé qui nous écoutent, ou potentiellement dans la ville de Douala qui nous écoutent, nous on fonctionne par les jeunes pour les jeunes. Donc ce sont les jeunes qui animent auprès de leurs cadets plus jeunes. Donc ils sont formés pendant plusieurs séances, onboardés, etc. pour être en capacité de justement animer ces ateliers-là. Donc n'importe quel jeune qui serait motivé est disponible quelques heures par semaine ou sur le mois pour pouvoir animer ça avec grand plaisir, donc sur la partie animateur. Maintenant, pour la partie speakers, ça aurait été bien. L'enjeu, c'est que je vais vous donner un exemple pour que vous puissiez visualiser. On est dans des classes qui sont autour de, disons, 40. à 80 élèves par classe. Donc, pour pouvoir faire des ateliers qui se déroulent le mieux possible, on les divise en petits groupes et on anime auprès de chaque groupe à différents moments dans la semaine, sur leurs heures de permanence. Comme ça, on perturbe le moins possible le déroulé des activités de l'établissement, on embête le moins possible le proviseur, le responsable d'activité, etc. Donc, pour qu'un intervenant, avec son expertise, vienne prendre la parole, il faudrait, pour des questions d'égalité, qu'il vienne... à tous les créneaux horaires où tous les élèves sont répartis. Sinon, ça fait qu'il est venu un seul jour pour un seul groupe et tous les autres qui auraient pu bénéficier de son expertise ne vont pas bénéficier de son expertise. Donc, sauf si quelqu'un est disponible pour le faire autant de fois que nécessaire pour couvrir 80 élèves d'une classe, là, je serais partante. Mais du coup, pour la partie expert, c'est un peu moins un sujet. Nous, ce qu'on a vraiment besoin, c'est des animateurs qui sont prêts à animer le compte. qu'on a mis en place et des fins qui permettent à ces animateurs de se déplacer de manière régulière et d'imprimer les certificats des élèves.

  • Ramata

    Très bien, donc c'est une organisation bien huilée, c'est plutôt des foules dont on a besoin aujourd'hui, mais en termes d'organisation c'est déjà carré, donc ça c'est bon à entendre et à savoir. Je renouvelle le point. Un euro, ce n'est pas petit pour vous. Un euro, ce n'est pas petit pour vous. Ça permet vraiment d'organiser des ateliers. Du coup, il ne faut pas se dire qu'il faut forcément faire des dons énormes. Je réalise que ce dont je n'ai pas parlé avec toi, c'est au niveau de l'équipe avec laquelle tu travailles. Tu évoquais que la plupart des membres de l'association étaient au Cameroun. Mais est-ce que tu peux nous dire un petit peu qui sont... Comment se constitue ton équipe en fait et combien vous êtes au sein de l'association ?

  • Ange

    Alors là, on rentre dans la phase des difficultés. J'aime bien, c'est tant mieux. Toute la première partie était très positive et c'est tant mieux. Alors, historiquement, avec OPCA, ce qui a toujours été un problème, c'est le capital humain. Pas forcément le capital humain qui travaille à l'intérieur, mais juste le capital humain de manière générale. Donc, j'ai commencé toute seule. donc à animer ces débats-là, ces conférences avec les guests, etc. Au fur et à mesure, on a une personne qui a rejoint, on a une deuxième personne qui a rejoint, une troisième, etc. Aujourd'hui, pour les activités qu'on veut mener, on a Orane, qui est plutôt sur la partie communication, recrutement, gestion des publications, qui est une ancienne de Sciences Po aussi, donc elle a fait de la com à Sciences Po, etc. Sur le terrain, on a Audrey. Je veux dire, vraiment, tout ce qu'on fait, comme accord avec les chefs d'établissement, avec les responsables d'activités, etc. Elle, qui est une étudiante aussi sur le terrain, qui a sa propre asso également, donc on travaille avec elle. On a des ambassadeurs dans les écoles. Si jamais on veut faire part de nos activités, par exemple, j'ai parlé du programme African Youth Angels, de mentorat pour les jeunes. Donc, quand on voulait faire la publicité de ce mentorat-là, on passait par... tous les jeunes qu'on peut avoir dans des universités à travers les différents pays, on passait par eux pour passer l'info si jamais vous avez besoin de mentorat. Ça, c'est nos ambassadeurs. Dans l'équipe, on a aussi Séraphine qui était au Cameroun aussi. Là, elle s'est déplacée pour aller au Maroc, mais en tout cas, elle, elle est sur la partie actualité positive sur l'Afrique. Donc, elle continue à alimenter la communauté de personnes qui étaient là au tout début, quand on faisait les débats. avec des actualités positives sur l'Afrique. Elle fait notre voix-off sur quasiment toutes nos vidéos et aussi nos textes de manière générale, donc c'est elle qui s'en occupe. Il y a Jean-Philippe. C'est le dernier membre que je n'ai pas mentionné, mais du coup, c'est lui qui s'était occupé de notre activité la plus récente, qui était l'initiation à la création d'entreprise, ce qu'on peut appeler incubation, un truc d'immé. Maintenant, quand je parlais des difficultés, c'est qu'en fait, on a initié nos activités un peu au fur et à mesure à la demande. Donc, on commence les débats, les gens disent qu'ils ont envie d'avoir des outils concrets, donc on lance les conférences et on cherche de nouvelles personnes. Ensuite, on se dit, OK, pourquoi pas faire des ateliers, on cherche une nouvelle personne, etc. Donc, l'équipe a pas mal tourné. Et la difficulté, c'est que c'est des jeunes qui sont en pleine croissance, en fait, qui font leur vie aussi. Je prends l'exemple de Séraphine, qui de base était au Cameroun, ensuite s'est déplacée au Maroc pour ses études à elle. Donc, il faut énormément s'adapter dans ce projet-là à des gens qui sont sur X fuseaux horaires, avec X soucis de connexion Internet pour nos ambassadeurs, de coupure d'électricité pour nos ambassadeurs, etc. ... L'autre point aussi, en termes de capital humain, c'est vraiment la cible qu'on veut toucher. On touche des 15 à 25, 26 ans, pour qui, il faut se dire, récemment ça va un petit peu mieux, mais en 2021, 2022, etc., leur focus, c'était vraiment aller à l'étranger. Tu l'as. parlent afrique c'est comme si tu leur parles chinois mais me parle pas de ça en fait qu'est ce que ça m'a apporté je suis pas d'accord moi j'ai déjà mes projets il y a quelqu'un qui m'a dit un jour non ma vie c'est en france la personne n'a jamais quitté le camion de sa vie mais elle te dit non moi ma vie c'est en france je suis pas intéressée donc c'est la source de mes plus grands cauchemars au quotidien c'est vraiment persuader les africains de croire en l'Afrique, et puis gérer aussi l'évolution des jeunes au fur et à mesure qu'ils grandissent, au fur et à mesure qu'ils prennent conscience, etc. Voilà. Mais dans notre équipe, en tout cas, on a Séraphine, Orane, on a Audrey et puis Jean-Philippe avec les ambassadeurs.

  • Ramata

    Très bien, c'est noté. C'est bien de nous avoir partagé également les challenges parce que c'est important d'être dans une réalité concrète quand on présente des initiatives. Moi, j'avoue que j'apprécie les... Les témoignages qui parlent vrai, qui sont authentiques et qui parlent aussi des défis et des challenges que l'on rencontre et qui ne sont pas que dans une volonté de faire un storytelling où tout va bien. Je pense qu'il faut le dire quand il y a des difficultés, il y a des challenges. Après, de ce que je comprends, c'est la structure même de l'association qui veut ça, puisque l'idée, c'est d'avoir des jeunes qui vont aller partager, qui vont aller animer ces ateliers auprès d'autres jeunes. Donc, par définition, c'est ça. Ce ne sont pas des personnes qui vont rester sur le long terme, après à réfléchir si des personnes plus âgées installées, plus stables, ne peuvent pas avoir des duos en fait. Ce qui fait que le moment où le jeune s'en va, il y a toujours un backup d'une personne plus ancienne, mais disponible en fait pour pouvoir partager son savoir. Donc ça peut permettre un peu de stabiliser, mais en tout cas il est vrai que le principe... D'avoir un jeune qui parle à des jeunes, ce sera toujours plus convaincant que... Oui,

  • Ange

    c'est clair. Ils ne vont pas écouter, ils vont considérer que c'est un autre cours. Ce n'est pas l'ambiance qu'on a envie de créer dans les ateliers.

  • Ramata

    Très bien. Écoute, on arrive à la fin de cette interview. Moi, j'ai eu le plaisir à découvrir en détail ton parcours et également les enjeux, comment dire, et l'ambition de ton association. Comme je l'ai indiqué tout à l'heure, toutes les informations concernant l'assaut sont en note de bas d'épisode pour ceux qui voudraient donner, pour ceux qui voudraient échanger avec toi et pourquoi pas réfléchir à t'aider sur la partie capital humain, résoudre ou en tout cas t'aider à gérer tes challenges. Qu'est-ce que tu peux nous dire comme mot de la fin ?

  • Ange

    Comme mot de la fin ? Je dirais, pour la partie où vous avez dit de me contacter, il faut savoir que moi, je suis très, très, très, très, très, très, très ouverte à tout le monde. Donc vraiment, même si qui que ce soit écoute, et ce n'est pas forcément ce qu'il pourrait avoir à me dire ou ce qu'il pourrait avoir à apporter, contactez-moi dans tous les cas, on parlera et on verra bien ce qui se passe au bout de la conversation. Donc ça, c'est la première chose que j'ai envie de dire. La deuxième chose que j'ai envie de dire, c'est que le... Le combat en tout cas que nous on mène, c'est pas un combat facile, c'est pas un combat qui au quotidien est sain pour des jeunes de 22 ans qui eux-mêmes ne sont pas encore pleinement consolidés. Donc je pense que... C'est quelque chose qu'il faut savoir valoriser, en fait, valoriser ce qu'on essaie de faire. Et tout soutien, en l'occurrence, tout soutien sera bon à prendre, sera reçu avec la plus grande gratitude. Et même ne serait-ce que des conseils ou bien juste des échanges, on le prend avec beaucoup de gratitude. Donc, je suis reconnaissante d'avoir pu en parler, de me prêter à l'exercice d'interviewer des personnes, plutôt que d'interviewer moi, plutôt que d'interviewer des personnes. Et j'espère que d'autres portes s'ouvriront pour PopCat dans le futur. Très bien.

  • Ramata

    Écoute, c'est l'été. Et je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

  • Ange

    Merci beaucoup. Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.

  • Ramata

    Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Salut ! Je vous invite également à cliquer sur les 5 étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

Chapters

  • Introduction au podcast et présentation d'Ange

    02:49

  • Présentation de l'association Hopka et de ses objectifs

    03:53

  • Parcours d'Ange et création de l'association

    04:31

  • Les actions et initiatives de Hopka pour les jeunes

    08:57

  • Ambitions futures et impact de l'association

    13:27

  • Témoignages et retours d'expérience des jeunes

    18:02

  • Appel à l'action et conclusion de l'épisode

    44:04

Description

Comment déconstruire les stéréotypes sur l'Afrique et donner aux jeunes les clés pour saisir les opportunités de leur continent ? 🌍


Ange Nguedia Djoumessi, fondatrice de l'association OPKA, partage son parcours et sa vision dans un nouvel épisode de notre podcast.

Née à Douala, au Cameroun, et diplômée de Sciences Po Paris, Ange a créé OPKA pour promouvoir la connaissance de l'Afrique auprès des jeunes et lutter contre les idées reçues.


Dans cette interview, elle nous explique ce qui l'a poussée à fonder OPKA, les premières actions concrètes de l'association et les défis rencontrés.

Elle revient également sur les stéréotypes qu'elle a entendus et qui l'ont particulièrement choquée, comme l'idée que les Africains ne peuvent pas voyager ou qu'il n'y a pas d'opportunités de financement sur le continent.


Ange nous parle aussi des différents programmes de OPKA, de leurs impacts concrets et des témoignages de jeunes ayant bénéficié des actions de l'association.


L'ambition de OPKA pour le futur ? Multiplier les ateliers dans les écoles et les pays, pour exposer les jeunes aux opportunités de leur continent et leur donner des compétences clés.


Mais OPKA rencontre des défis, notamment en termes de capital humain. L'équipe est composée de jeunes qui évoluent et dont les disponibilités peuvent changer.


Ange lance un appel aux dons via L'association OPKA et la page Go fund me :

  • Dons : chaque euro compte pour organiser les ateliers

  • Matériel : papeteries et supermarchés peuvent aider en fournissant des fournitures et des goûters.

  • Bénévoles : étudiants à Yaoundé et Douala pour animer les ateliers (formation assurée).


Un témoignage inspirant qui nous invite à changer notre regard sur l'Afrique et à donner aux jeunes les moyens de construire leur avenir. Cet épisode a été enregistré dans le cadre du Podcasthon dont l'ambition est de sensibiliser les auditeurs à des causes caritatives!



Africa Fashion Tour poursuit chaque semaine l'exploration des industries culturelles et créatives africaines avec des interviews d'entrepreneurs passionnés qui s'interrogent sur les questions de diversité et de représentation. Chacun des invités du podcast est passé du questionnement à l'action pour proposer des solutions concrètes, des business model vertueux pour promouvoir l'Afrique à travers les soft power.


J’en profite pour remercier les auditeur.e.s de plus en plus nombreux de ce podcast. Pour découvrir en avant première les dernières interviews et analyses de l'écosystème de la mode africaine, abonnez-vous à la ⁠⁠⁠Newsletter Africa Fashion Tour⁠⁠⁠.


Et, pensez à vous abonner et à laisser un commentaire sur Apple Podcast et Spotify, l’impact de ce petit geste pour la visibilité du podcast est immense


A très vite en Afrique ou ailleurs


Ramata Diallo 


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Ange

    Mais vous savez, le stéréotype positif bénéficie d'autres zones du monde, pour ne pas les citer. Moi, ce n'est pas forcément un truc sur lequel je me focus, parce que je me dis que c'est une histoire de soft power, et bien sûr d'autres facteurs qui rentrent en jeu en termes d'histoire, etc. Mais je dis souvent, les gens me demandent, je vous prends l'exemple. On a rencontré un proviseur récemment pour organiser la OPCA, et il nous a dit, du coup, vous voulez empêcher les gens d'aller à l'étranger. C'est ça le but de votre association. Et les gens ont tendance à se dire que l'amour de quelque chose, c'est forcément le rejet d'autres choses. Alors que moi, ce n'est vraiment pas du tout ma conviction. Je travaille sur l'Afrique par amour pour l'Afrique, et ça n'implique rien, ou ça n'insigne rien, ou ça n'associe rien pour autre chose, pour toute autre région du monde. Donc, le... Toute la déconstruction du narratif négatif africain, c'est un travail que je fais avec un regard dirigé sur l'Afrique. Je ne prends pas compte d'autres qui sont avantagés, ou ils bénéficient de ce et de ça. C'est vraiment pas mon focus. Et je viens à le dire parce que c'est vraiment ce qu'on a l'idée aux gens. La première fois qu'on parle de « OK » , c'est automatiquement ce qui vient à l'esprit.

  • Ramata

    Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. Je suis Ramata Diallo. Je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine. Aujourd'hui, je suis en compagnie d'Ange Ghezia Djumessi, la fondatrice de l'association Hopka. L'objet de cette association est de promouvoir la connaissance de l'Afrique auprès des jeunes. En effet, l'ambition est de faire prendre conscience aux jeunes de la valeur et des opportunités de leur continent, ainsi que de les outiller pour qu'ils puissent saisir ces opportunités. J'ai invité Ange aujourd'hui. dans le cadre du podcast Toin, cette fameuse opération qui permet à des podcasters de promouvoir des associations. Aujourd'hui, elle va pouvoir nous parler des différentes initiatives de son association et nous présenter des cas concrets d'accompagnement de la jeunesse africaine. Bienvenue Ange, comment vas-tu ?

  • Ange

    Merci beaucoup Madame Diallo, je vais très très bien, et vous ?

  • Ramata

    Eh bien écoutez, ça va très bien. Donc moi je vais me permettre de tutoyer. Il me semble que toi, tu as un petit peu du mal avec le tutoiement, donc il n'y a pas de souci. Tu peux continuer à me vouvoyer, à m'appeler Madame Diallo. Ce sera le premier épisode où on m'appellera Madame Diallo, mais ça ira.

  • Ange

    Et ma mère dira,

  • Ramata

    mais c'est moi Madame Diallo, en fait. Exactement. Voilà. Donc, écoute, on va commencer cet épisode comme je le fais. À chaque démarrage d'interview, je vais te demander de te présenter.

  • Ange

    OK.

  • Ramata

    Donc,

  • Ange

    bonjour à toutes et à tous. Je m'appelle Ange. Mes amis m'appellent Angel, Angie, toutes les variantes possibles pour mon prénom, sauf mon prénom. Je suis camerounaise, j'ai 22 ans. Je suis née dans une ville que votre auditoire connaît peut-être, à Douala. Aujourd'hui, je travaille dans un cabinet de conseil dans le département Afrique et Développement international. Je suis la fondatrice de Hopka, que vous avez mentionné, et puis aussi coproductrice de l'émission De Racines à Réussite. Sur le plan perso, j'adore la musique. J'adore les voyages et je suis très heureuse d'avoir été invitée. J'espère que ce sera aussi enrichissant pour vous que ça ne le sera pour moi.

  • Ramata

    Écoute, on l'espère aussi. Donc moi, ce que je vais te demander dans un premier temps, parce que du coup, tu es toute jeune fondatrice d'association, c'est que tu puisses nous raconter un peu ton parcours, en tout cas en termes d'études. Et puis nous expliquer aussi à partir de quel moment tu as eu... l'envie de créer, de fonder une association qui est vraiment destinée aux jeunes.

  • Ange

    Ok. Alors, mon parcours déjà, j'ai fait mes études au Cameroun, en tout cas au lycée. Et puis, une fois diplômée, j'ai intégré une école qui s'appelle Sciences Po Paris en France. J'ai fait deux ans à Sciences Po, puis une année aux États-Unis, enfin un échange aux États-Unis en tout cas. Et ensuite en master, pareil, toujours à Sciences Po. Et ensuite, du coup, j'ai travaillé, je travaille en conseil depuis quelque temps. L'envie de créer OPCA est intervenue en début de ma troisième année. Il faut savoir que quand j'ai rejoint Sciences Po, j'ai rejoint un programme Afrique, donc une licence en sciences sociales spécialité Europe-Afrique. Donc les cours d'histoire étaient centrés sur l'Afrique, les cours de sociologie aussi, les cours de diplomatie, tout ce qui était droit, etc. C'était vraiment orienté sur le continent. Et à la fin de cette expérience, je me suis rendue compte à quel point tout ce que je savais, en tout cas une grande partie de ce que je savais ou ce que j'avais appris sur mon continent, j'avais appris en le quittant. Et ça m'a fait de la peine dans la mesure où j'estime que s'il faut connaître son chez-soi, il faut l'apprendre depuis chez-soi, tout simplement. Et quelque part aussi à ce moment-là, je voyais de plus en plus sur les réseaux sociaux des vidéos qui passaient de gens qui parlent de l'Afrique, d'Africains qui parlent de l'Afrique avec autant de dédain, voire même plus que d'autres peuvent le faire. Et je me suis dit que ce n'est pas possible, tout simplement. C'est juste, vous le dites comme ça, vous dites tel propos négatif sur l'Afrique parce que vous ne savez pas, parce que vous n'avez pas l'information, parce que vous n'avez pas l'éducation sur le sujet. Donc, j'ai eu envie de créer un espace, en fait. C'était juste un espace de discussion où les Africains vont connaître l'Afrique pour ne plus tenir certains discours, tout simplement.

  • Ramata

    Très bien.

  • Ange

    Et du coup,

  • Ramata

    l'association, tu l'as créée à partir de quelle année, en fait ?

  • Ange

    C'était en... Alors, il faut savoir que ça commence comme un groupe de potes qui discute de l'Afrique. Donc, en termes de création légale, c'est arrivé un peu plus tard. Mais on a commencé à faire nos rencontres... à partir de novembre 2021. Donc, c'est de là que chaque mois ou chaque deux semaines, on faisait des rencontres, des appels sur Google Meet ou sur Zoom et on débattait des sujets d'actualité, etc. Puis, ça a augmenté vers débat plus quiz. Mais c'est vraiment en 2021, quand j'ai commencé ma troisième année que j'ai faite à l'étranger, que ça s'est mis en place.

  • Ramata

    Très bien. Donc, comme souvent, de toute façon, qu'il s'agisse d'entreprises ou d'associations, il y a souvent une période non officielle qui permet de jeter les bases, les fondations de ce que va être l'association à part entière. Donc, cette ambition de se centrer sur les jeunes en Afrique, est-ce que c'est résolument d'abord au Cameroun ou est-ce qu'il y a une volonté d'être au Cameroun puis dans d'autres pays d'Afrique ?

  • Ange

    Alors, on est déjà dans d'autres pays d'Afrique. Donc, quand ça a commencé... des débats sur l'Afrique, sur l'actualité, sur les événements positifs, sur ce qu'il y a de beau, etc. Mais c'était entre jeunes de mon réseau. Donc moi, je rejoins Sciences Po dans le programme Afrique avec des jeunes de Madagascar, des jeunes du Sénégal, des jeunes du Cameroun, etc. Donc c'est des amis qui rejoignent dans un premier temps, mais qui sont d'horizons différents. Et je n'ai jamais fait un truc qui soit exclusif, si ce n'est exclusif aux Africains, en l'occurrence. Donc ça a commencé comme ça et le système qu'on avait mis en place au début, c'était de faire par recommandation. Donc une personne qui a aimé son expérience, en tout cas au sein d'Opka, va recommander à un de ses proches de rejoindre. Ce qui faisait que les Congolais se recommandaient entre eux, les Malgaches se recommandaient entre eux, les Caronais se recommandaient entre eux. On a eu des Kenyans, des gens d'Afrique du Sud, en Ouganda, etc. Et ça s'est fait un petit peu au fur et à mesure comme ça.

  • Ramata

    Très bien. Donc c'est une... association panafricaine.

  • Ange

    Exactement, c'est exactement ça.

  • Ramata

    Ok, et quelles sont les différentes actions que tu mènes avec les différents membres de l'association ?

  • Ange

    Alors aujourd'hui, ça fait trois ans qu'Opka existe, un peu plus de trois ans, donc ça a vraiment été évolutif. Comme le point de départ, c'était un ressenti personnel de ma part, Je ne me suis pas dit que je vais construire toute une ONG sur mon ressenti personnel. Donc d'abord j'ai créé ce petit groupe-là pour débattre, etc. Au fur et à mesure des temps, je me suis rendue compte que les participants avaient envie de plus en fait. Une fois qu'on s'est dit qu'il y a de belles choses sur le continent, une fois qu'on a débattu sur le fait qu'il y a de belles choses sur le continent, des choses à améliorer, comment est-ce qu'on peut être outillé pour mettre des choses en place ? C'est là qu'on a commencé à faire des conférences avec des chefs d'entreprise, des experts de différentes industries. pour justement pouvoir faire ces recommandations-là, donner ces conseils et indications aux jeunes pour pouvoir... s'engager. Une fois qu'on a mis en place les conférences, je me suis dit, à ce moment-là, je suis rentrée au Cameroun, je rentre chaque année généralement, je suis rentrée au Cameroun, je me suis dit pourquoi pas faire quelque chose dans une école, faire des ateliers justement de valorisation du continent. Donc on a mis en place en janvier 2022, pendant cinq mois, dans une école privée de la ville de Douala, des ateliers avec leurs élèves de 6e, donc 80 élèves pendant Donc, cinq mois qui ont parlé Afrique toutes les deux semaines. Par la suite, au fur et à mesure, on a lancé quelque chose. On a continué avec des cahiers d'activités afro, qu'on a essayé de commercialiser auprès des parents, dans des écoles aussi. Plus tard, on a mis en place les actualités. Donc, on publiait des actus dans le groupe, qui réunit un peu les personnes justement qui débattaient au début. Donc, c'est des actualités positives sur l'Afrique pour les tenir informées de ce qui s'y fait de bien. Par la suite, on a fait le programme African Youth Angels. C'était un programme d'accompagnement parce que la demande entrait d'avoir des conseils sur est-ce que vous connaissez quelqu'un, un jeune Africain qui est dans tel pays ? Moi, j'aimerais faire mes études dans ce pays-là. Est-ce que vous pourriez me mettre en contact pour que la personne puisse me donner des petits conseils ? On a mis ça en place. Le plus récent, c'est le programme d'incubation, d'initiation à la création d'entreprise. On a fait en 2024, l'idée étant tout simplement de donner un peu des petites bases en entrepreneuriat aux jeunes qui sont intéressés ou à qui il manque ces quelques compétences de base pour pouvoir initier des choses, lancer des choses. Donc vraiment ça a été progressif. Aujourd'hui, en 2025, c'est ce qu'on a statué sur les ateliers. Parce que c'est ce qui nous a permis, dans l'histoire de nos trois ans, d'avoir le plus gros impact en une seule action. Donc, on se mobilise autour d'une seule école, on fait des études de manière régulière. Et à la fin, c'est 80 élèves qui s'en souviennent, qui en reparlent, qui ont un petit certificat à la fin. Donc, on a décidé de capitaliser sur ça. Mais ça s'est vraiment fait progressivement au fur et à mesure de ce qu'on a vu, observé, découvert, des difficultés aussi qu'on a pu avoir. Très bien.

  • Ramata

    Et quelle est l'ambition de l'association dans le futur ?

  • Ange

    Alors aujourd'hui, le souhait, c'est de faire le plus d'ateliers possibles dans les écoles. Donc là, par exemple, c'est ce qu'on a remis en place, la Hopka Académie, cette année. Donc de le faire dans des lycées, de le faire dans des collèges, d'aller vers d'autres pays ou faire des ateliers, exposer les jeunes un maximum. au bienfait qu'il peut y avoir sur le continent via ces ateliers-là. Et puis, non seulement exposer au bienfait, mais aussi leur donner des compétences, comme par exemple parler de LinkedIn. Je pense qu'on reviendra sur le contenu concret de ces ateliers-là. Mais voilà, faire les ateliers dans le plus d'écoles et de pays possibles au fur et à mesure des années. Donc, la période pour faire les ateliers, c'est généralement de janvier jusqu'à mai. Donc ce sera chaque année faire des ateliers dans des classes, dans des écoles.

  • Ramata

    Très bien. Et du coup,

  • Ange

    de façon très concrète,

  • Ramata

    est-ce que tu as des exemples de jeunes qui ont pu bénéficier de ces ateliers, de ces différentes initiatives que tu mets en place avec cette association et qui sont revenus vers toi avec des retours positifs ?

  • Ange

    Ok. Je vais prendre chaque programme l'un après l'autre. Donc au tout début on a commencé par les débats et en fait on a directement vu l'effet quelque part parce qu'il y avait je pense à une fille qui avait rejoint le groupe et qui était revenue nous voir en nous disant en cours aujourd'hui ma prof a fait une erreur, elle a dit que je crois que c'était un pays dans l'Amérique latine et le seul à utiliser le big... alors que nous on a vu à Hopka pendant les débats qu'il n'y a pas que ce pays-là, qu'il y a aussi en République centrafricaine qui a eu ce sujet. Donc elle a pu justement prendre la parole à partir de ce qu'elle avait entendu et c'est ce qui m'avait le plus marquée parce que c'est la première chose qui s'était produite en termes d'impact par rapport au débat. Au fur et à mesure, aujourd'hui on ne fait plus de débat, mais justement il y a des gens qui reviennent en disant que ça leur manque, qu'ils aimeraient bien avoir l'opportunité de rééchanger avec d'autres jeunes. Pour la partie des ateliers qui a eu lieu à partir de janvier 2022, je vous raconte une expérience personnelle. Ça faisait, je crois, deux ans que j'avais plus... Les ateliers, c'était largement terminé. Dans l'école, on les avait fait la première fois. Et je prends un taxi, je ne sais plus du tout pour aller où. Mais il y a un rond-point qui est très connu à Douala qui s'appelle le rond-point d'Edo. Et je me fais interpeller par deux jeunes hommes. Enfin... pas forcément de mon âge, mais quand même pas tout petit, et qui me disaient « Bonjour madame, je ne sais pas si vous vous rappelez de nous, vous nous aviez fait des ateliers, etc. » Donc on a pris le même taxi, on a échangé sur ce qui s'était passé il y a super longtemps, et c'est des choses qui ravivent un peu la flamme, dans la mesure où au quotidien, on a tellement la tête dans le guidon, la tête dans les difficultés, parce que vraiment, la partie difficulté, on peut en parler, ça fera tout un épisode. On a tellement la tête dans le guidon qu'on oublie que ça a un effet positif, que ça a des bienfaits, etc. Donc ça, c'est un truc qui m'a vraiment ramenée à la vie, entre guillemets. Pour d'autres exemples, le parcours de transformation. On a démarré avec un total de... 40 jeunes, si je me souviens bien. Et parmi ceux qui ont diplômé, il y en a qui reviennent vers nous en disant que ça devrait continuer pour d'autres personnes parce qu'ils voient leurs camarades de classe, leurs amis, qui voudraient aussi participer à ce genre de choses, mais qui n'ont pas forcément l'occasion. Est-ce que vous allez relancer ? Il y en a un qui a vraiment insisté parce qu'il avait besoin d'avoir du suivi pour voir s'il met bien en place ce qu'il a appris via OPCA. Pour le programme AYA... On a eu des appels, en fait, Aya, c'est des appels qu'on fait confidentiels avec des jeunes qui se confient sur des problématiques. Et c'était, par exemple, sur la peur, le syndrome de l'imposteur pour lancer leurs associations. Et qu'aujourd'hui, on a lancé leurs assos. On voit grandir sur LinkedIn, Moabé, qui en reste en contact. Est-ce que j'oublie un programme ? Je ne pense pas.

  • Ramata

    Très bien. Du coup, on voit qu'en fait, pour une jeune association, vous avez différents programmes avec chacun l'ambition d'accompagner et de donner des outils de manière très concrète à la jeune génération.

  • Ange

    C'est ça. En fait, ça a vraiment été ça au fur et à mesure, lancer une nouvelle initiative, une nouvelle manière d'accompagner les jeunes. Donc on en fait une et on teste autre chose, etc. Et c'est après trois ans qu'on a justement fait le bilan et on s'est dit, OK, on va capitaliser sur les ateliers.

  • Ramata

    Très bien. Et toi, quand tu te lances dans ce projet associatif, est-ce que tu es entourée par justement des personnalités autour de toi, dans ta famille, qui ont des associations et c'est ce qui fait que toi, tu as envie de créer ton association ? Qu'est-ce qui fait que toi, à un moment donné, aussi jeune, tu as envie de mener cette initiative ?

  • Ange

    Alors, en deux questions, est-ce que j'avais des personnes ? Et qu'est-ce qui me fait envie ? Alors, j'avais personne, en l'occurrence. Dans mon entourage, j'ai déjà lancé des initiatives. Je n'ai pas forcément cherché à avoir quelqu'un, quelque part. Je ne me suis pas posé la question d'est-ce que je peux me trouver un mentor ? Parce que je ne me dis pas que les gens offrent leur mentorat comme ça, like out of the blue, donc ça ne m'a même pas traversé l'esprit d'en chercher un et je n'en voyais pas forcément un à l'immédiat autour de moi. Il y avait mon grand frère à qui je parlais justement des idées que j'avais et si on veut parler de soutien, c'était lui, je pense, au tout début, à qui je parlais de mes idées pour les concrétiser, etc. Mais non, pas vraiment de personne. pour m'appuyer. Et puis, ce qui m'a donné envie, en fait, moi, c'était juste le ressenti que j'ai décrit au début, de voir des commentaires, des posts, des publications sur les réseaux sociaux d'Africains qui disent certaines choses sur l'Afrique qui sont juste factuellement pas vraies. Encore, je veux dire, il y en a qui commentent beaucoup des chaînes de télé occidentales qui ont certains propos, nanana. Moi, je veux dire, c'est pas une chaîne camerounaise, je ne fonde pas forcément d'attente de véracité ou de quoi que ce soit de leur côté. Par contre, du côté de mon propre pays, du côté de mes gens, comme on dit au Cameroun, là ça me touche, là ça m'affecte beaucoup plus. Donc c'était juste un ressenti de, vous ne pouvez pas dire ça si vous avez l'info de telle chose. Donc faire en sorte qu'ensemble... on en apprenne davantage, on soit beaucoup plus informés, on se connecte au bon point d'entrée pour avoir de la visibilité sur ce qui se fait et demain pas pouvoir dire il n'y a pas de créateur de jeux vidéo sur le continent. Ce qui m'a donné envie c'était juste ça, je n'ai pas réfléchi plus que mon ressenti.

  • Ramata

    Très bien et du coup parmi les... Comment dire, les informations fausses que tu as pu entendre et qui ont fait que tu t'es dit, mais attendez, ça ne va pas. En fait, vous êtes en train de divulguer des informations, de partager des informations sur certains pays, sur certaines industries qui sont erronées. Quels sont les éléments qui t'ont le plus frappé ? Là, tu t'es dit, non mais là, c'est quand même, il faudrait que quelqu'un les corrige, les signale, parce que ça ne va pas du tout. Est-ce que tu peux nous citer une, deux, trois informations fausses qui ont vraiment fait que toi tu t'es dit non mais là c'est pas possible, je peux pas laisser passer ça ?

  • Ange

    Ok, je vais prendre des exemples au fur et à mesure qu'ils me viennent. Donc la première chose c'est quand on parle d'argent pour financer son entreprise. Je vais prendre ce qui est venu le plus spontanément. parce qu'on l'a beaucoup eu pendant le parcours d'incubation, d'initiation à la création d'entreprise. Il y a une plateforme qui s'appelle Opportunities for Youth, que je suivais pas mal à l'époque, et sur laquelle je voyais tout le temps passer plein de programmes pour les non-profits en Afrique, pour les startups en Afrique, pour les fellows en Afrique, plein de choses comme ça. Et donc quand j'entendais quelqu'un me dire que... non mais non on va trouver le financement ou il n'y a personne dans la famille qui va pouvoir nous donner le gouvernement les banques et je suis en mode mais enfin tape un peu sur internet et tu tomberas sur certaines offres sur certains concours sur certains pitchs que tu peux faire pour pouvoir obtenir ces opportunités là donc à partir du moment où tu as candidaté tu n'as pas eu ok viens me dire que ça n'a pas fonctionné like that's possible mais partir juste du principe que ça n'existe pas Parce qu'on n'a pas fait la recherche de se dire, OK, what is opportunities for youth, par exemple. Je pense que c'est quelque chose qu'on ne peut pas se permettre de dire. L'autre exemple, c'est l'exemple sur le voyage, le fait d'aller à l'étranger. Les gens, ou en tout cas, beaucoup de gens, ont mis dans leur esprit que voyager, c'est aller, par exemple, en Europe ou en Amérique du Nord, nécessairement. Donc, à partir du moment où c'est difficile, où... L'obtention du visa est compliquée pour ces destinations-là. En soi, les Africains, ils ne peuvent pas voyager. Ils n'ont pas de possibilité de voyager ou leur passeport n'a pas de poids, etc. C'est un passeport inutile, etc. Là où moi, récemment, justement, avec un proche, on était en train de regarder des destinations qu'on a envie de faire. On s'est rendu compte qu'en fait, il y a plein d'endroits où il n'y a pas besoin d'un visa. pour les Camerounais, des destinations qui me... Enfin, je peux même les regarder maintenant, mais des destinations improbables, en fait. Je me suis dit, ah, OK, donc je peux aller là, sans même avoir à rechercher un visa de monde à vous. Donc, c'est vrai que pour le rêve américain que tu t'es fait dans ta tête, à partir des films que tu as vus sur Netflix ou quoi, c'est vrai que ce ne sera pas compatible, forcément. Mais qu'est-ce qui te dit que ton bonheur, tu ne le trouveras pas dans un pays un peu plus proche ou dans un pays différent du... du modèle occidental, par exemple. Je pensais justement à l'exemple que j'ai donné tout à l'heure sur le fait qu'il n'y a pas de créateur de jeux vidéo, ou il n'y a pas de créateur de parfums africains, des produits qui sont à nous. Aller en Côte d'Ivoire, un richement cofibre comme ça, c'est un créateur de parfums, par exemple. Et c'est juste parce que tu ne prends pas le temps de faire la bonne recherche, la recherche qui va te donner l'information que tu pourrais avoir. ou que tu voudrais avoir, que tu ne le sais pas. Donc moi, je fais quand même un peu attention, enfin je ferai en tout cas attention, au genre de conclusions très générales que je tiendrai sur en Afrique, il n'y a pas, ou l'Afrique, ce n'est pas, ou machin, ce n'est pas. Quand on me demande, ok, dans ton expérience, comment c'est, je réduis toujours, je me ramène au Cameroun, je dis ok, pour ce que je sais du Cameroun, voici, voici, voici, mais si ça se trouve, dans les 54 autres, enfin 53 autres pays en l'occurrence, peut-être que les choses sont différentes, donc à rechercher.

  • Ramata

    Très bien, merci beaucoup d'avoir pris le temps de nous partager ces différents exemples, parce qu'effectivement, il y a une forme de généralité qui est souvent négative, qui est partagée sur l'Afrique, et autant sur les pays occidentaux ou sur beaucoup d'autres zones géographiques, je pense à l'Asie, elle bénéficie d'un stéréotype positif, alors que nous, on souffre. d'un stéréotype négatif. Et donc, finalement, comme c'est un stéréotype, c'est le principe du stéréotype, les gens ne vont même pas creuser ou chercher l'information. Le stéréotype est considéré comme étant la vérité. Et donc, nous, on doit lutter encore plus pour déconstruire ces stéréotypes.

  • Ange

    Mais vous savez, le stéréotype positif bénéficie d'autres zones du monde, pour ne pas les citer. Moi, ce n'est pas forcément un truc sur lequel je me focus parce que je me dis que c'est une histoire de soft power et bien sûr d'autres facteurs qui rentrent en jeu en termes d'histoire, etc. Mais je dis souvent, les gens me demandent, je vous prends un exemple. On a rencontré un proviseur récemment pour organiser la Hopka Académie, on a dit, ah mais du coup vous... Vous voulez empêcher les gens d'aller à l'étranger. C'est ça le but de votre association. Et les gens ont tendance à se dire que l'amour de quelque chose, c'est forcément le rejet d'autre chose. Alors que moi, ce n'est vraiment pas du tout ma conviction. Je travaille sur l'Afrique par amour pour l'Afrique. Et ça n'implique rien, ou ça n'insigne rien, ou ça n'associe rien pour autre chose, ou pour toute autre région du monde. Donc, toute la déconstruction du narratif négatif africain, c'est un travail que je fais. Avec un regard dirigé sur l'Afrique, je ne prends pas compte de « Ah, autres sont avantagés » ou « whatever, ou ils bénéficient de this and that » . Like, really, it's really not my focus. Et je tiens à le dire parce que c'est vraiment spontanément ce qui vient à l'idée aux gens. Like, first time, on parle de « OK » , c'est automatiquement ce qui vient à l'esprit.

  • Ramata

    Très bien. Je trouvais ça intéressant d'avoir ce point de vue-là. Et est-ce que toi, étant née au Cameroun, ayant fait une grosse partie de tes études là-bas et ayant poursuivi tes études en France, j'imagine que tu as rencontré forcément la diaspora africaine. Est-ce qu'en termes de connaissances de l'Afrique, tu vois aussi des personnes issues de la diaspora qui connaissent mal le continent ?

  • Ange

    Est-ce que je connais des gens ? qui connaissent mal le continent. J'en connais. En fait, là, je réfléchis, quand je généralise, c'est-à-dire quand je fais la moyenne des deux, de quel côté est-ce que la connaissance est la pire, je dirais ?

  • Ramata

    Après, sans forcément chercher à les classer,

  • Ange

    mais en fait, je pense qu'il y en a partout. Moi-même, quand je venais en France, ce n'était pas comme si j'étais le génie de l'Afrique. C'est Sciences Po et les cours que j'ai pu faire. Et à partir de là, le wokisme que tu développes en étant dans une école aussi politique, tu te mets juste à voir Instagram qui est 100% about l'actualité. C'est au fur et à mesure que moi-même, j'ai construit ma propre connaissance. J'aurais tendance à dire que c'est partout. Mais...

  • Ramata

    Parce qu'aujourd'hui, ton association, elle est plutôt dédiée aux jeunes qui sont sur le continent.

  • Ange

    C'est ça, exactement. C'est vrai qu'on a des gens qui soutiennent depuis la diaspora, etc. Mais que ce soit les membres de l'équipe ou bien les bénéficiaires, en fait, de ce qu'on fait, c'est toujours sur le continent.

  • Ramata

    Très bien. Parce que je me dis qu'il y a certains ateliers, en tout cas sur la connaissance de l'Afrique, qui... Finalement, quand on est dans une vocation pédagogique, on pourrait être ouvert à tous, en fait. Effectivement, c'est important que ce soit sur le continent, mais c'est important aussi que ce soit à l'extérieur, parce que si on a envie, en termes de soft power, d'impacter à un niveau global, ça peut être intéressant de s'assurer que le niveau de connaissance progresse mondialement.

  • Ange

    Ok, c'est une très bonne fois. Je vais vous donner un exemple. Moi, avant de lancer OPCA, j'ai fait beaucoup de choses pendant mes études. Et parmi ces choses, j'ai travaillé pour une association qui s'appelle Regards d'Afrique. Donc, j'ai été animatrice et ensuite responsable. Et en gros, c'était des ateliers qu'on faisait, des ateliers pour montrer la beauté de l'Afrique aux élèves du primaire en France. Donc on allait dans des écoles un peu bourgeoises, par-ci par-là, dans la ville de Reims. Et on faisait des ateliers pour les tout-petits. Je ne sais plus c'était quelle classe, ça devait être le CE1 ou des choses comme ça. Et j'ai déjà eu à le faire. J'ai déjà eu à le faire pour des cibles différentes. Mais j'ai l'impression un peu que ça m'affectait moins. En fait, tout simplement, émotionnellement, ça m'affectait moins que... Un jeune qui a grandi toute sa vie à Reims ne sache rien du Cameroun par exemple. À contrario d'un jeune qui a grandi toute sa vie au Cameroun, qui ne sache rien du Cameroun, vous voyez ce que je veux dire ? Ou qui a grandi toute sa vie au Kenya, qui ne sache rien du Cameroun. Quand on fait des ateliers et qu'on demande à un enfant, à Reims, c'est une ville en France, peut-être pour le public qui ne connaît pas, une ville à l'est de la France, et quand on demande à ce public-là de citer des pays, ils vont vous citer, je ne sais pas, l'Allemagne, le Canada, des choses auxquelles on s'attend. Par contre, moi, je pense que pour un atelier que je fais à Douala, en plein Bonamoussadi, un élève qui me dit quels sont les autres pays d'Afrique, le Canada, là, c'est problématique. Moi, ça me choque plus.

  • Ramata

    Très bien, je comprends. Moi, après, l'idée, c'est que je pense que la connaissance, c'est intéressant de la partager aux plus grands membres parce qu'en tout cas, il peut y avoir une méconnaissance de l'Afrique qui est très importante. pour des personnes issues de la diaspora, comme il peut en avoir sur le continent. Et la rencontre des deux, avec le même niveau de connaissances, elle peut être intéressante et riche sur quelles sont les opportunités à saisir et comment on peut rendre l'Afrique plus solide avec tous ces enfants, ceux de l'extérieur et ceux de l'intérieur. Toi, au niveau de tes études et de ton ambition à la fin de tes études, ce vers quoi tu as envie d'avancer ? Est-ce que tu as déjà une idée précise de ce que tu voudrais faire ?

  • Ange

    Alors là, je travaille déjà. Donc, en fait, pendant ma première année jusqu'à ma dernière année, je me suis dit que je voulais faire un truc en rapport avec mon continent. Donc, vous sortez du... Vous avez à peine le bac, 17 ans, il faut trouver au fur et à mesure ce que vous voulez faire. Donc, un pas après l'autre, je prenais des décisions. D'abord, je m'orientais plus vers l'univers des organisations internationales et ce genre de choses. puis apprendre les choses avec les personnes à l'intérieur des organisations internationales. Et elles ne nous recommandent pas forcément d'y aller. Donc, on se fait aussi une opinion sur le reste du monde, sur les autres industries qui existent. Et je me suis plutôt positionnée dans un cabinet de conseil avec une équipe spécialisée sur l'Afrique. Donc, on travaille pour des clients du continent pour leur mission de transfo sur le continent. Et ça, je trouve que c'est le... En fait, je suis tombée sur l'offre, mais complètement par hasard. Je ne connaissais pas du tout la boîte, etc. Mais je me suis dit, mais this is clearly for me. J'ai tout de suite envoyé mon CV, j'ai contacté un membre de l'équipe sur LinkedIn. Je l'aurais vraiment un peu forcé avec tous les membres de l'équipe parce que j'étais vraiment intéressée de rejoindre. J'ai dit à la RH, au deuxième entretien, au troisième entretien, puis à l'entretien avec le partner. Donc je pense que ce que je fais déjà aujourd'hui est en droite ligne avec ce que je veux faire, ce que je fais en dehors de mon travail, ce que je fais de ma vie, de mon soupe de vie. Je pense que ça me convient déjà très bien.

  • Ramata

    Très bien, super. Oui, je n'avais pas réalisé que tu avais déjà terminé tes études, mais là tu es déjà dans la vie active en fait.

  • Ange

    C'est ça, exactement. Mais depuis mars, on va dire mars dernier. Mars de l'année dernière. Oui, je suis entrée en stagiaire et ensuite en CDI.

  • Ramata

    Ok, très bien. Félicitations à toi.

  • Ange

    Merci, merci beaucoup.

  • Ramata

    Et donc toi, ce que tu disais, c'est que tu retournes tous les ans au Cameroun ?

  • Ange

    Alors, that's a story. En fait, au début, en tout cas à partir de ma première année, je rentrais chaque année. Parce que sur Onspo, il faut savoir que les cours vont de septembre à mai. Juin, juillet, août, trois mois au Cameroun, je ne dis pas non. Donc mes billets, je les prenais toujours six mois à l'avance parce que je savais déjà que les cours vont se terminer à peu près là, si on tient compte des rattrapages au cas où. Je prenais mes billets et je rentrais, je faisais trois mois et tout le monde me disait « mais Ange, tu prends l'avion comme le taxi, toi, what's going on ? » Donc je rentrais vraiment régulièrement. Maintenant, avec un CDI, je découvre les réalités. et je me rends compte qu'on ne peut pas rentrer faire trois mois. Quand je veux rentrer, ça coûte 2 000 euros. Il faut que je vois. Là, par exemple, je rentre en août faire trois semaines. Mais c'est trois semaines. On passe de trois mois à trois semaines. Il faut s'y faire. Et pareil, je me suis prise largement à l'avance. Mais je pense qu'au fil du temps, ça va... ça va changer. Entre 5 ans où tu rentrais 3 mois chaque année, maintenant on rentre 3 semaines chaque année, ça va être différent.

  • Ramata

    Complètement. Toi l'idée en tout cas de rentrer, quelque part de retourner chez toi, c'est quelque chose qui est important pour toi, de conserver ton lien avec le Cameroun ?

  • Ange

    Oui, oui, oui. En fait, moi, je ne vous inviterai pas chez moi parce qu'à chaque fois que j'arrive chez moi, ils me disent « mais Ange, pourquoi il fait aussi chaud dans ta maison ? » Ce n'est pas du tout « environment friendly » , c'est vrai, mais du coup, je n'arrive pas à supporter le froid. Je suis frigorifiée à mon bureau, frigorifiée dans les trains, enfin voilà. Donc, je n'ai vraiment toujours besoin d'avoir deux pulls, un immense manteau. et un peu de chauffage dans mon appartement. Donc en fait, comme on dit, entre mes amis et moi, on a trop duré au pays. Donc pour s'adapter à autre chose, c'est un peu compliqué.

  • Ramata

    Très bien. Et tu t'imagines plus tard retourner travailler là-bas ?

  • Ange

    Oui, oui, oui. That's for sure. C'est très clair.

  • Ramata

    Très bien, très bien, très bien. En tout cas, ça va aller dans le sens de cette association que tu as créée.

  • Ange

    Alors,

  • Ramata

    du coup, est-ce que tu peux nous rappeler, parce que bon, voilà, on va être très transparent, une association en termes de business model, ce sont les donations qui aident une association à se développer. Ce sont aussi les bénévoles qui sont disponibles, pourquoi pas, pour aider, pour accompagner lors d'ateliers. Donc là, du coup, c'est le moment pour toi de nous dire, de nous faire la liste de tout ce dont tu as besoin afin que les auditeurs puissent savoir comment on peut participer, contribuer. aider à développer cette initiative. Et puis moi, je mettrai de toute façon en note de l'épisode tous les éléments de mail, enfin de, comment dire, effectivement, mail et site internet de l'association pour qu'on puisse avoir effectivement des compléments d'information.

  • Ange

    OK. Alors, je vais être très terre-à-terre et très logistique pour les prochaines minutes. Donc, tenez bon, ça va aller. Pour organiser un atelier, on va dans l'établissement. on obtient l'accord du chef d'établissement. Donc le trajet de la personne, coordinatrice en l'occurrence, qui s'appelle Audrey, qui est responsable de tout ce qu'on fait sur le terrain à côté de Camerounet. Donc le trajet pour aller à cet établissement et obtenir l'accord d'établissement, c'est un truc qui... That's the first step. Ensuite, une fois que ça a été approuvé, il faut faire la programmation de chaque étape des ateliers. Donc, par exemple, là, on organise la Hopka Académie dans un lycée pour les classes de première et de terminale. Donc, la première semaine, ils vont avoir des ateliers un peu plus « icebreaker » pour parler de la réussite de manière générale. C'est quoi leur vision de la réussite ? S'ils voulaient créer une entreprise, comment est-ce qu'ils s'y prendraient ? Est-ce qu'ils savent même comment s'y prendre ? Dans un deuxième temps, enfin, focus sur l'entrepreneuriat, on leur passe des exemples de personnes qui ont fait un million de chiffres d'affaires par jour en Afrique. Et la troisième séance, c'est plus un focus sur LinkedIn, comment utiliser LinkedIn, comment se préparer à l'entrée sur le marché du travail via LinkedIn. Ça, c'est les trois étapes. Pour pouvoir aller sur le terrain, il y a des animateurs qui se déplacent pour couvrir les classes. Donc ça, c'est un coût dans le transport. Le transport, c'est vraiment notre ligne de dépense la plus élevée. Donc, il y a le transport des animateurs. On doit faire des certificats pour les élèves. Donc, pour... récompenser leur dynamisme, leur bonne participation, etc. C'est des choses qu'il faut imprimer, donc ça aussi ça a un coût. On organise à la toute fin un goûter avec tous les élèves qui ont participé, donc ça aussi c'est une ligne de dépense. Et les gens sont souvent surpris quand ils entendent tout ce qu'on fait, c'est-à-dire on fait le déplacement des animateurs, on fait le déplacement pour se coordonner avec l'établissement en amont. on imprime les certificats, le matériel en continue. Donc, s'il faut des feuilles format A4 pour écrire, il en faut, etc. Donc, les gens sont souvent surpris que pour nous, 1 euro, ça ait du sens. Mais c'est parce qu'en fait, on a chiffré déjà, en l'occurrence. Donc, 20 euros, moi, par exemple, ça me permet de couvrir 80 élèves sur une semaine, par exemple. Donc, tout le monde me dit, mais how do you manage it ? How do you make it ? C'est juste une question d'organisation and de calculations. Donc, en soi, si... Aujourd'hui, ce que je demanderais aux gens, c'est de ne pas se limiter, de se dire « Ok, moi, je ne suis pas capable de donner 50 euros, donc je ne donnerai rien. » That's not something to do. Même dans notre communication, quand on a lancé la campagne de dons, au début, on a eu zéro euro pendant les deux premières semaines. On s'est dit « On est en train d'organiser des ateliers pour montrer la force de LinkedIn. Allons chercher la force de LinkedIn pour organiser nos ateliers. » On a trouvé des gens. qui ont donné 1 euro, 5 euros, 1 euro, 5 euros, et on a atteint 150 euros, on a tout de suite lancé les ateliers, et aujourd'hui, on est en train de publier les résultats, montrer aux gens l'impact que leur 1 euro est en train d'avoir sur des jeunes, qui s'amusent, qui nous disent, mais pourquoi vous n'êtes là qu'une fois par semaine, on a envie de vous voir un peu plus longtemps, est-ce qu'il n'y a pas moyen de vous venir tous les jours, etc. Donc, concrètement, ce dont on a besoin, c'est de dons, sur notre GoFundMe, sur notre Orange Money, sur notre Mobile Money, Camerounais, sur notre Hello Asso aussi, donc ça c'est les trois. moyen pour pouvoir nous aider. Pour les personnes qui sont peut-être sur le terrain camerounais, donc qui travaillent dans des papeteries ou des supermarchés, donc pour ne pas avoir à acheter tout ce qui est format ou jus pour le goûter, ça c'est des choses qu'on veut bien avec grand plaisir recevoir de supermarchés ou de papeteries. Et voilà, c'est tout ce qu'il nous faut à nous pour vraiment organiser et concrétiser. On est une asso qui a réussi pendant longtemps. à fonctionner sur rien. Donc, on arrive à faire de grandes choses avec que de choses, tout simplement.

  • Ramata

    Très bien. Donc on est plus effectivement sur des fonds pour pouvoir faciliter l'organisation des ateliers. En termes éventuellement de compétences, est-ce qu'il y a des profils qui peuvent venir aider à réaliser un atelier ? Ou est-ce qu'il y a des compétences qui pourraient être intéressantes, que certains peuvent avoir et pourraient partager auprès de ces populations que vous accompagnez avec l'association ?

  • Ange

    Alors, deux cas. Dans un premier temps, la partie animateur. Donc s'il y a des étudiants dans la ville de Yaoundé qui nous écoutent, ou potentiellement dans la ville de Douala qui nous écoutent, nous on fonctionne par les jeunes pour les jeunes. Donc ce sont les jeunes qui animent auprès de leurs cadets plus jeunes. Donc ils sont formés pendant plusieurs séances, onboardés, etc. pour être en capacité de justement animer ces ateliers-là. Donc n'importe quel jeune qui serait motivé est disponible quelques heures par semaine ou sur le mois pour pouvoir animer ça avec grand plaisir, donc sur la partie animateur. Maintenant, pour la partie speakers, ça aurait été bien. L'enjeu, c'est que je vais vous donner un exemple pour que vous puissiez visualiser. On est dans des classes qui sont autour de, disons, 40. à 80 élèves par classe. Donc, pour pouvoir faire des ateliers qui se déroulent le mieux possible, on les divise en petits groupes et on anime auprès de chaque groupe à différents moments dans la semaine, sur leurs heures de permanence. Comme ça, on perturbe le moins possible le déroulé des activités de l'établissement, on embête le moins possible le proviseur, le responsable d'activité, etc. Donc, pour qu'un intervenant, avec son expertise, vienne prendre la parole, il faudrait, pour des questions d'égalité, qu'il vienne... à tous les créneaux horaires où tous les élèves sont répartis. Sinon, ça fait qu'il est venu un seul jour pour un seul groupe et tous les autres qui auraient pu bénéficier de son expertise ne vont pas bénéficier de son expertise. Donc, sauf si quelqu'un est disponible pour le faire autant de fois que nécessaire pour couvrir 80 élèves d'une classe, là, je serais partante. Mais du coup, pour la partie expert, c'est un peu moins un sujet. Nous, ce qu'on a vraiment besoin, c'est des animateurs qui sont prêts à animer le compte. qu'on a mis en place et des fins qui permettent à ces animateurs de se déplacer de manière régulière et d'imprimer les certificats des élèves.

  • Ramata

    Très bien, donc c'est une organisation bien huilée, c'est plutôt des foules dont on a besoin aujourd'hui, mais en termes d'organisation c'est déjà carré, donc ça c'est bon à entendre et à savoir. Je renouvelle le point. Un euro, ce n'est pas petit pour vous. Un euro, ce n'est pas petit pour vous. Ça permet vraiment d'organiser des ateliers. Du coup, il ne faut pas se dire qu'il faut forcément faire des dons énormes. Je réalise que ce dont je n'ai pas parlé avec toi, c'est au niveau de l'équipe avec laquelle tu travailles. Tu évoquais que la plupart des membres de l'association étaient au Cameroun. Mais est-ce que tu peux nous dire un petit peu qui sont... Comment se constitue ton équipe en fait et combien vous êtes au sein de l'association ?

  • Ange

    Alors là, on rentre dans la phase des difficultés. J'aime bien, c'est tant mieux. Toute la première partie était très positive et c'est tant mieux. Alors, historiquement, avec OPCA, ce qui a toujours été un problème, c'est le capital humain. Pas forcément le capital humain qui travaille à l'intérieur, mais juste le capital humain de manière générale. Donc, j'ai commencé toute seule. donc à animer ces débats-là, ces conférences avec les guests, etc. Au fur et à mesure, on a une personne qui a rejoint, on a une deuxième personne qui a rejoint, une troisième, etc. Aujourd'hui, pour les activités qu'on veut mener, on a Orane, qui est plutôt sur la partie communication, recrutement, gestion des publications, qui est une ancienne de Sciences Po aussi, donc elle a fait de la com à Sciences Po, etc. Sur le terrain, on a Audrey. Je veux dire, vraiment, tout ce qu'on fait, comme accord avec les chefs d'établissement, avec les responsables d'activités, etc. Elle, qui est une étudiante aussi sur le terrain, qui a sa propre asso également, donc on travaille avec elle. On a des ambassadeurs dans les écoles. Si jamais on veut faire part de nos activités, par exemple, j'ai parlé du programme African Youth Angels, de mentorat pour les jeunes. Donc, quand on voulait faire la publicité de ce mentorat-là, on passait par... tous les jeunes qu'on peut avoir dans des universités à travers les différents pays, on passait par eux pour passer l'info si jamais vous avez besoin de mentorat. Ça, c'est nos ambassadeurs. Dans l'équipe, on a aussi Séraphine qui était au Cameroun aussi. Là, elle s'est déplacée pour aller au Maroc, mais en tout cas, elle, elle est sur la partie actualité positive sur l'Afrique. Donc, elle continue à alimenter la communauté de personnes qui étaient là au tout début, quand on faisait les débats. avec des actualités positives sur l'Afrique. Elle fait notre voix-off sur quasiment toutes nos vidéos et aussi nos textes de manière générale, donc c'est elle qui s'en occupe. Il y a Jean-Philippe. C'est le dernier membre que je n'ai pas mentionné, mais du coup, c'est lui qui s'était occupé de notre activité la plus récente, qui était l'initiation à la création d'entreprise, ce qu'on peut appeler incubation, un truc d'immé. Maintenant, quand je parlais des difficultés, c'est qu'en fait, on a initié nos activités un peu au fur et à mesure à la demande. Donc, on commence les débats, les gens disent qu'ils ont envie d'avoir des outils concrets, donc on lance les conférences et on cherche de nouvelles personnes. Ensuite, on se dit, OK, pourquoi pas faire des ateliers, on cherche une nouvelle personne, etc. Donc, l'équipe a pas mal tourné. Et la difficulté, c'est que c'est des jeunes qui sont en pleine croissance, en fait, qui font leur vie aussi. Je prends l'exemple de Séraphine, qui de base était au Cameroun, ensuite s'est déplacée au Maroc pour ses études à elle. Donc, il faut énormément s'adapter dans ce projet-là à des gens qui sont sur X fuseaux horaires, avec X soucis de connexion Internet pour nos ambassadeurs, de coupure d'électricité pour nos ambassadeurs, etc. ... L'autre point aussi, en termes de capital humain, c'est vraiment la cible qu'on veut toucher. On touche des 15 à 25, 26 ans, pour qui, il faut se dire, récemment ça va un petit peu mieux, mais en 2021, 2022, etc., leur focus, c'était vraiment aller à l'étranger. Tu l'as. parlent afrique c'est comme si tu leur parles chinois mais me parle pas de ça en fait qu'est ce que ça m'a apporté je suis pas d'accord moi j'ai déjà mes projets il y a quelqu'un qui m'a dit un jour non ma vie c'est en france la personne n'a jamais quitté le camion de sa vie mais elle te dit non moi ma vie c'est en france je suis pas intéressée donc c'est la source de mes plus grands cauchemars au quotidien c'est vraiment persuader les africains de croire en l'Afrique, et puis gérer aussi l'évolution des jeunes au fur et à mesure qu'ils grandissent, au fur et à mesure qu'ils prennent conscience, etc. Voilà. Mais dans notre équipe, en tout cas, on a Séraphine, Orane, on a Audrey et puis Jean-Philippe avec les ambassadeurs.

  • Ramata

    Très bien, c'est noté. C'est bien de nous avoir partagé également les challenges parce que c'est important d'être dans une réalité concrète quand on présente des initiatives. Moi, j'avoue que j'apprécie les... Les témoignages qui parlent vrai, qui sont authentiques et qui parlent aussi des défis et des challenges que l'on rencontre et qui ne sont pas que dans une volonté de faire un storytelling où tout va bien. Je pense qu'il faut le dire quand il y a des difficultés, il y a des challenges. Après, de ce que je comprends, c'est la structure même de l'association qui veut ça, puisque l'idée, c'est d'avoir des jeunes qui vont aller partager, qui vont aller animer ces ateliers auprès d'autres jeunes. Donc, par définition, c'est ça. Ce ne sont pas des personnes qui vont rester sur le long terme, après à réfléchir si des personnes plus âgées installées, plus stables, ne peuvent pas avoir des duos en fait. Ce qui fait que le moment où le jeune s'en va, il y a toujours un backup d'une personne plus ancienne, mais disponible en fait pour pouvoir partager son savoir. Donc ça peut permettre un peu de stabiliser, mais en tout cas il est vrai que le principe... D'avoir un jeune qui parle à des jeunes, ce sera toujours plus convaincant que... Oui,

  • Ange

    c'est clair. Ils ne vont pas écouter, ils vont considérer que c'est un autre cours. Ce n'est pas l'ambiance qu'on a envie de créer dans les ateliers.

  • Ramata

    Très bien. Écoute, on arrive à la fin de cette interview. Moi, j'ai eu le plaisir à découvrir en détail ton parcours et également les enjeux, comment dire, et l'ambition de ton association. Comme je l'ai indiqué tout à l'heure, toutes les informations concernant l'assaut sont en note de bas d'épisode pour ceux qui voudraient donner, pour ceux qui voudraient échanger avec toi et pourquoi pas réfléchir à t'aider sur la partie capital humain, résoudre ou en tout cas t'aider à gérer tes challenges. Qu'est-ce que tu peux nous dire comme mot de la fin ?

  • Ange

    Comme mot de la fin ? Je dirais, pour la partie où vous avez dit de me contacter, il faut savoir que moi, je suis très, très, très, très, très, très, très ouverte à tout le monde. Donc vraiment, même si qui que ce soit écoute, et ce n'est pas forcément ce qu'il pourrait avoir à me dire ou ce qu'il pourrait avoir à apporter, contactez-moi dans tous les cas, on parlera et on verra bien ce qui se passe au bout de la conversation. Donc ça, c'est la première chose que j'ai envie de dire. La deuxième chose que j'ai envie de dire, c'est que le... Le combat en tout cas que nous on mène, c'est pas un combat facile, c'est pas un combat qui au quotidien est sain pour des jeunes de 22 ans qui eux-mêmes ne sont pas encore pleinement consolidés. Donc je pense que... C'est quelque chose qu'il faut savoir valoriser, en fait, valoriser ce qu'on essaie de faire. Et tout soutien, en l'occurrence, tout soutien sera bon à prendre, sera reçu avec la plus grande gratitude. Et même ne serait-ce que des conseils ou bien juste des échanges, on le prend avec beaucoup de gratitude. Donc, je suis reconnaissante d'avoir pu en parler, de me prêter à l'exercice d'interviewer des personnes, plutôt que d'interviewer moi, plutôt que d'interviewer des personnes. Et j'espère que d'autres portes s'ouvriront pour PopCat dans le futur. Très bien.

  • Ramata

    Écoute, c'est l'été. Et je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

  • Ange

    Merci beaucoup. Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.

  • Ramata

    Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Salut ! Je vous invite également à cliquer sur les 5 étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

Chapters

  • Introduction au podcast et présentation d'Ange

    02:49

  • Présentation de l'association Hopka et de ses objectifs

    03:53

  • Parcours d'Ange et création de l'association

    04:31

  • Les actions et initiatives de Hopka pour les jeunes

    08:57

  • Ambitions futures et impact de l'association

    13:27

  • Témoignages et retours d'expérience des jeunes

    18:02

  • Appel à l'action et conclusion de l'épisode

    44:04

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Description

Comment déconstruire les stéréotypes sur l'Afrique et donner aux jeunes les clés pour saisir les opportunités de leur continent ? 🌍


Ange Nguedia Djoumessi, fondatrice de l'association OPKA, partage son parcours et sa vision dans un nouvel épisode de notre podcast.

Née à Douala, au Cameroun, et diplômée de Sciences Po Paris, Ange a créé OPKA pour promouvoir la connaissance de l'Afrique auprès des jeunes et lutter contre les idées reçues.


Dans cette interview, elle nous explique ce qui l'a poussée à fonder OPKA, les premières actions concrètes de l'association et les défis rencontrés.

Elle revient également sur les stéréotypes qu'elle a entendus et qui l'ont particulièrement choquée, comme l'idée que les Africains ne peuvent pas voyager ou qu'il n'y a pas d'opportunités de financement sur le continent.


Ange nous parle aussi des différents programmes de OPKA, de leurs impacts concrets et des témoignages de jeunes ayant bénéficié des actions de l'association.


L'ambition de OPKA pour le futur ? Multiplier les ateliers dans les écoles et les pays, pour exposer les jeunes aux opportunités de leur continent et leur donner des compétences clés.


Mais OPKA rencontre des défis, notamment en termes de capital humain. L'équipe est composée de jeunes qui évoluent et dont les disponibilités peuvent changer.


Ange lance un appel aux dons via L'association OPKA et la page Go fund me :

  • Dons : chaque euro compte pour organiser les ateliers

  • Matériel : papeteries et supermarchés peuvent aider en fournissant des fournitures et des goûters.

  • Bénévoles : étudiants à Yaoundé et Douala pour animer les ateliers (formation assurée).


Un témoignage inspirant qui nous invite à changer notre regard sur l'Afrique et à donner aux jeunes les moyens de construire leur avenir. Cet épisode a été enregistré dans le cadre du Podcasthon dont l'ambition est de sensibiliser les auditeurs à des causes caritatives!



Africa Fashion Tour poursuit chaque semaine l'exploration des industries culturelles et créatives africaines avec des interviews d'entrepreneurs passionnés qui s'interrogent sur les questions de diversité et de représentation. Chacun des invités du podcast est passé du questionnement à l'action pour proposer des solutions concrètes, des business model vertueux pour promouvoir l'Afrique à travers les soft power.


J’en profite pour remercier les auditeur.e.s de plus en plus nombreux de ce podcast. Pour découvrir en avant première les dernières interviews et analyses de l'écosystème de la mode africaine, abonnez-vous à la ⁠⁠⁠Newsletter Africa Fashion Tour⁠⁠⁠.


Et, pensez à vous abonner et à laisser un commentaire sur Apple Podcast et Spotify, l’impact de ce petit geste pour la visibilité du podcast est immense


A très vite en Afrique ou ailleurs


Ramata Diallo 


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Ange

    Mais vous savez, le stéréotype positif bénéficie d'autres zones du monde, pour ne pas les citer. Moi, ce n'est pas forcément un truc sur lequel je me focus, parce que je me dis que c'est une histoire de soft power, et bien sûr d'autres facteurs qui rentrent en jeu en termes d'histoire, etc. Mais je dis souvent, les gens me demandent, je vous prends l'exemple. On a rencontré un proviseur récemment pour organiser la OPCA, et il nous a dit, du coup, vous voulez empêcher les gens d'aller à l'étranger. C'est ça le but de votre association. Et les gens ont tendance à se dire que l'amour de quelque chose, c'est forcément le rejet d'autres choses. Alors que moi, ce n'est vraiment pas du tout ma conviction. Je travaille sur l'Afrique par amour pour l'Afrique, et ça n'implique rien, ou ça n'insigne rien, ou ça n'associe rien pour autre chose, pour toute autre région du monde. Donc, le... Toute la déconstruction du narratif négatif africain, c'est un travail que je fais avec un regard dirigé sur l'Afrique. Je ne prends pas compte d'autres qui sont avantagés, ou ils bénéficient de ce et de ça. C'est vraiment pas mon focus. Et je viens à le dire parce que c'est vraiment ce qu'on a l'idée aux gens. La première fois qu'on parle de « OK » , c'est automatiquement ce qui vient à l'esprit.

  • Ramata

    Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. Je suis Ramata Diallo. Je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine. Aujourd'hui, je suis en compagnie d'Ange Ghezia Djumessi, la fondatrice de l'association Hopka. L'objet de cette association est de promouvoir la connaissance de l'Afrique auprès des jeunes. En effet, l'ambition est de faire prendre conscience aux jeunes de la valeur et des opportunités de leur continent, ainsi que de les outiller pour qu'ils puissent saisir ces opportunités. J'ai invité Ange aujourd'hui. dans le cadre du podcast Toin, cette fameuse opération qui permet à des podcasters de promouvoir des associations. Aujourd'hui, elle va pouvoir nous parler des différentes initiatives de son association et nous présenter des cas concrets d'accompagnement de la jeunesse africaine. Bienvenue Ange, comment vas-tu ?

  • Ange

    Merci beaucoup Madame Diallo, je vais très très bien, et vous ?

  • Ramata

    Eh bien écoutez, ça va très bien. Donc moi je vais me permettre de tutoyer. Il me semble que toi, tu as un petit peu du mal avec le tutoiement, donc il n'y a pas de souci. Tu peux continuer à me vouvoyer, à m'appeler Madame Diallo. Ce sera le premier épisode où on m'appellera Madame Diallo, mais ça ira.

  • Ange

    Et ma mère dira,

  • Ramata

    mais c'est moi Madame Diallo, en fait. Exactement. Voilà. Donc, écoute, on va commencer cet épisode comme je le fais. À chaque démarrage d'interview, je vais te demander de te présenter.

  • Ange

    OK.

  • Ramata

    Donc,

  • Ange

    bonjour à toutes et à tous. Je m'appelle Ange. Mes amis m'appellent Angel, Angie, toutes les variantes possibles pour mon prénom, sauf mon prénom. Je suis camerounaise, j'ai 22 ans. Je suis née dans une ville que votre auditoire connaît peut-être, à Douala. Aujourd'hui, je travaille dans un cabinet de conseil dans le département Afrique et Développement international. Je suis la fondatrice de Hopka, que vous avez mentionné, et puis aussi coproductrice de l'émission De Racines à Réussite. Sur le plan perso, j'adore la musique. J'adore les voyages et je suis très heureuse d'avoir été invitée. J'espère que ce sera aussi enrichissant pour vous que ça ne le sera pour moi.

  • Ramata

    Écoute, on l'espère aussi. Donc moi, ce que je vais te demander dans un premier temps, parce que du coup, tu es toute jeune fondatrice d'association, c'est que tu puisses nous raconter un peu ton parcours, en tout cas en termes d'études. Et puis nous expliquer aussi à partir de quel moment tu as eu... l'envie de créer, de fonder une association qui est vraiment destinée aux jeunes.

  • Ange

    Ok. Alors, mon parcours déjà, j'ai fait mes études au Cameroun, en tout cas au lycée. Et puis, une fois diplômée, j'ai intégré une école qui s'appelle Sciences Po Paris en France. J'ai fait deux ans à Sciences Po, puis une année aux États-Unis, enfin un échange aux États-Unis en tout cas. Et ensuite en master, pareil, toujours à Sciences Po. Et ensuite, du coup, j'ai travaillé, je travaille en conseil depuis quelque temps. L'envie de créer OPCA est intervenue en début de ma troisième année. Il faut savoir que quand j'ai rejoint Sciences Po, j'ai rejoint un programme Afrique, donc une licence en sciences sociales spécialité Europe-Afrique. Donc les cours d'histoire étaient centrés sur l'Afrique, les cours de sociologie aussi, les cours de diplomatie, tout ce qui était droit, etc. C'était vraiment orienté sur le continent. Et à la fin de cette expérience, je me suis rendue compte à quel point tout ce que je savais, en tout cas une grande partie de ce que je savais ou ce que j'avais appris sur mon continent, j'avais appris en le quittant. Et ça m'a fait de la peine dans la mesure où j'estime que s'il faut connaître son chez-soi, il faut l'apprendre depuis chez-soi, tout simplement. Et quelque part aussi à ce moment-là, je voyais de plus en plus sur les réseaux sociaux des vidéos qui passaient de gens qui parlent de l'Afrique, d'Africains qui parlent de l'Afrique avec autant de dédain, voire même plus que d'autres peuvent le faire. Et je me suis dit que ce n'est pas possible, tout simplement. C'est juste, vous le dites comme ça, vous dites tel propos négatif sur l'Afrique parce que vous ne savez pas, parce que vous n'avez pas l'information, parce que vous n'avez pas l'éducation sur le sujet. Donc, j'ai eu envie de créer un espace, en fait. C'était juste un espace de discussion où les Africains vont connaître l'Afrique pour ne plus tenir certains discours, tout simplement.

  • Ramata

    Très bien.

  • Ange

    Et du coup,

  • Ramata

    l'association, tu l'as créée à partir de quelle année, en fait ?

  • Ange

    C'était en... Alors, il faut savoir que ça commence comme un groupe de potes qui discute de l'Afrique. Donc, en termes de création légale, c'est arrivé un peu plus tard. Mais on a commencé à faire nos rencontres... à partir de novembre 2021. Donc, c'est de là que chaque mois ou chaque deux semaines, on faisait des rencontres, des appels sur Google Meet ou sur Zoom et on débattait des sujets d'actualité, etc. Puis, ça a augmenté vers débat plus quiz. Mais c'est vraiment en 2021, quand j'ai commencé ma troisième année que j'ai faite à l'étranger, que ça s'est mis en place.

  • Ramata

    Très bien. Donc, comme souvent, de toute façon, qu'il s'agisse d'entreprises ou d'associations, il y a souvent une période non officielle qui permet de jeter les bases, les fondations de ce que va être l'association à part entière. Donc, cette ambition de se centrer sur les jeunes en Afrique, est-ce que c'est résolument d'abord au Cameroun ou est-ce qu'il y a une volonté d'être au Cameroun puis dans d'autres pays d'Afrique ?

  • Ange

    Alors, on est déjà dans d'autres pays d'Afrique. Donc, quand ça a commencé... des débats sur l'Afrique, sur l'actualité, sur les événements positifs, sur ce qu'il y a de beau, etc. Mais c'était entre jeunes de mon réseau. Donc moi, je rejoins Sciences Po dans le programme Afrique avec des jeunes de Madagascar, des jeunes du Sénégal, des jeunes du Cameroun, etc. Donc c'est des amis qui rejoignent dans un premier temps, mais qui sont d'horizons différents. Et je n'ai jamais fait un truc qui soit exclusif, si ce n'est exclusif aux Africains, en l'occurrence. Donc ça a commencé comme ça et le système qu'on avait mis en place au début, c'était de faire par recommandation. Donc une personne qui a aimé son expérience, en tout cas au sein d'Opka, va recommander à un de ses proches de rejoindre. Ce qui faisait que les Congolais se recommandaient entre eux, les Malgaches se recommandaient entre eux, les Caronais se recommandaient entre eux. On a eu des Kenyans, des gens d'Afrique du Sud, en Ouganda, etc. Et ça s'est fait un petit peu au fur et à mesure comme ça.

  • Ramata

    Très bien. Donc c'est une... association panafricaine.

  • Ange

    Exactement, c'est exactement ça.

  • Ramata

    Ok, et quelles sont les différentes actions que tu mènes avec les différents membres de l'association ?

  • Ange

    Alors aujourd'hui, ça fait trois ans qu'Opka existe, un peu plus de trois ans, donc ça a vraiment été évolutif. Comme le point de départ, c'était un ressenti personnel de ma part, Je ne me suis pas dit que je vais construire toute une ONG sur mon ressenti personnel. Donc d'abord j'ai créé ce petit groupe-là pour débattre, etc. Au fur et à mesure des temps, je me suis rendue compte que les participants avaient envie de plus en fait. Une fois qu'on s'est dit qu'il y a de belles choses sur le continent, une fois qu'on a débattu sur le fait qu'il y a de belles choses sur le continent, des choses à améliorer, comment est-ce qu'on peut être outillé pour mettre des choses en place ? C'est là qu'on a commencé à faire des conférences avec des chefs d'entreprise, des experts de différentes industries. pour justement pouvoir faire ces recommandations-là, donner ces conseils et indications aux jeunes pour pouvoir... s'engager. Une fois qu'on a mis en place les conférences, je me suis dit, à ce moment-là, je suis rentrée au Cameroun, je rentre chaque année généralement, je suis rentrée au Cameroun, je me suis dit pourquoi pas faire quelque chose dans une école, faire des ateliers justement de valorisation du continent. Donc on a mis en place en janvier 2022, pendant cinq mois, dans une école privée de la ville de Douala, des ateliers avec leurs élèves de 6e, donc 80 élèves pendant Donc, cinq mois qui ont parlé Afrique toutes les deux semaines. Par la suite, au fur et à mesure, on a lancé quelque chose. On a continué avec des cahiers d'activités afro, qu'on a essayé de commercialiser auprès des parents, dans des écoles aussi. Plus tard, on a mis en place les actualités. Donc, on publiait des actus dans le groupe, qui réunit un peu les personnes justement qui débattaient au début. Donc, c'est des actualités positives sur l'Afrique pour les tenir informées de ce qui s'y fait de bien. Par la suite, on a fait le programme African Youth Angels. C'était un programme d'accompagnement parce que la demande entrait d'avoir des conseils sur est-ce que vous connaissez quelqu'un, un jeune Africain qui est dans tel pays ? Moi, j'aimerais faire mes études dans ce pays-là. Est-ce que vous pourriez me mettre en contact pour que la personne puisse me donner des petits conseils ? On a mis ça en place. Le plus récent, c'est le programme d'incubation, d'initiation à la création d'entreprise. On a fait en 2024, l'idée étant tout simplement de donner un peu des petites bases en entrepreneuriat aux jeunes qui sont intéressés ou à qui il manque ces quelques compétences de base pour pouvoir initier des choses, lancer des choses. Donc vraiment ça a été progressif. Aujourd'hui, en 2025, c'est ce qu'on a statué sur les ateliers. Parce que c'est ce qui nous a permis, dans l'histoire de nos trois ans, d'avoir le plus gros impact en une seule action. Donc, on se mobilise autour d'une seule école, on fait des études de manière régulière. Et à la fin, c'est 80 élèves qui s'en souviennent, qui en reparlent, qui ont un petit certificat à la fin. Donc, on a décidé de capitaliser sur ça. Mais ça s'est vraiment fait progressivement au fur et à mesure de ce qu'on a vu, observé, découvert, des difficultés aussi qu'on a pu avoir. Très bien.

  • Ramata

    Et quelle est l'ambition de l'association dans le futur ?

  • Ange

    Alors aujourd'hui, le souhait, c'est de faire le plus d'ateliers possibles dans les écoles. Donc là, par exemple, c'est ce qu'on a remis en place, la Hopka Académie, cette année. Donc de le faire dans des lycées, de le faire dans des collèges, d'aller vers d'autres pays ou faire des ateliers, exposer les jeunes un maximum. au bienfait qu'il peut y avoir sur le continent via ces ateliers-là. Et puis, non seulement exposer au bienfait, mais aussi leur donner des compétences, comme par exemple parler de LinkedIn. Je pense qu'on reviendra sur le contenu concret de ces ateliers-là. Mais voilà, faire les ateliers dans le plus d'écoles et de pays possibles au fur et à mesure des années. Donc, la période pour faire les ateliers, c'est généralement de janvier jusqu'à mai. Donc ce sera chaque année faire des ateliers dans des classes, dans des écoles.

  • Ramata

    Très bien. Et du coup,

  • Ange

    de façon très concrète,

  • Ramata

    est-ce que tu as des exemples de jeunes qui ont pu bénéficier de ces ateliers, de ces différentes initiatives que tu mets en place avec cette association et qui sont revenus vers toi avec des retours positifs ?

  • Ange

    Ok. Je vais prendre chaque programme l'un après l'autre. Donc au tout début on a commencé par les débats et en fait on a directement vu l'effet quelque part parce qu'il y avait je pense à une fille qui avait rejoint le groupe et qui était revenue nous voir en nous disant en cours aujourd'hui ma prof a fait une erreur, elle a dit que je crois que c'était un pays dans l'Amérique latine et le seul à utiliser le big... alors que nous on a vu à Hopka pendant les débats qu'il n'y a pas que ce pays-là, qu'il y a aussi en République centrafricaine qui a eu ce sujet. Donc elle a pu justement prendre la parole à partir de ce qu'elle avait entendu et c'est ce qui m'avait le plus marquée parce que c'est la première chose qui s'était produite en termes d'impact par rapport au débat. Au fur et à mesure, aujourd'hui on ne fait plus de débat, mais justement il y a des gens qui reviennent en disant que ça leur manque, qu'ils aimeraient bien avoir l'opportunité de rééchanger avec d'autres jeunes. Pour la partie des ateliers qui a eu lieu à partir de janvier 2022, je vous raconte une expérience personnelle. Ça faisait, je crois, deux ans que j'avais plus... Les ateliers, c'était largement terminé. Dans l'école, on les avait fait la première fois. Et je prends un taxi, je ne sais plus du tout pour aller où. Mais il y a un rond-point qui est très connu à Douala qui s'appelle le rond-point d'Edo. Et je me fais interpeller par deux jeunes hommes. Enfin... pas forcément de mon âge, mais quand même pas tout petit, et qui me disaient « Bonjour madame, je ne sais pas si vous vous rappelez de nous, vous nous aviez fait des ateliers, etc. » Donc on a pris le même taxi, on a échangé sur ce qui s'était passé il y a super longtemps, et c'est des choses qui ravivent un peu la flamme, dans la mesure où au quotidien, on a tellement la tête dans le guidon, la tête dans les difficultés, parce que vraiment, la partie difficulté, on peut en parler, ça fera tout un épisode. On a tellement la tête dans le guidon qu'on oublie que ça a un effet positif, que ça a des bienfaits, etc. Donc ça, c'est un truc qui m'a vraiment ramenée à la vie, entre guillemets. Pour d'autres exemples, le parcours de transformation. On a démarré avec un total de... 40 jeunes, si je me souviens bien. Et parmi ceux qui ont diplômé, il y en a qui reviennent vers nous en disant que ça devrait continuer pour d'autres personnes parce qu'ils voient leurs camarades de classe, leurs amis, qui voudraient aussi participer à ce genre de choses, mais qui n'ont pas forcément l'occasion. Est-ce que vous allez relancer ? Il y en a un qui a vraiment insisté parce qu'il avait besoin d'avoir du suivi pour voir s'il met bien en place ce qu'il a appris via OPCA. Pour le programme AYA... On a eu des appels, en fait, Aya, c'est des appels qu'on fait confidentiels avec des jeunes qui se confient sur des problématiques. Et c'était, par exemple, sur la peur, le syndrome de l'imposteur pour lancer leurs associations. Et qu'aujourd'hui, on a lancé leurs assos. On voit grandir sur LinkedIn, Moabé, qui en reste en contact. Est-ce que j'oublie un programme ? Je ne pense pas.

  • Ramata

    Très bien. Du coup, on voit qu'en fait, pour une jeune association, vous avez différents programmes avec chacun l'ambition d'accompagner et de donner des outils de manière très concrète à la jeune génération.

  • Ange

    C'est ça. En fait, ça a vraiment été ça au fur et à mesure, lancer une nouvelle initiative, une nouvelle manière d'accompagner les jeunes. Donc on en fait une et on teste autre chose, etc. Et c'est après trois ans qu'on a justement fait le bilan et on s'est dit, OK, on va capitaliser sur les ateliers.

  • Ramata

    Très bien. Et toi, quand tu te lances dans ce projet associatif, est-ce que tu es entourée par justement des personnalités autour de toi, dans ta famille, qui ont des associations et c'est ce qui fait que toi, tu as envie de créer ton association ? Qu'est-ce qui fait que toi, à un moment donné, aussi jeune, tu as envie de mener cette initiative ?

  • Ange

    Alors, en deux questions, est-ce que j'avais des personnes ? Et qu'est-ce qui me fait envie ? Alors, j'avais personne, en l'occurrence. Dans mon entourage, j'ai déjà lancé des initiatives. Je n'ai pas forcément cherché à avoir quelqu'un, quelque part. Je ne me suis pas posé la question d'est-ce que je peux me trouver un mentor ? Parce que je ne me dis pas que les gens offrent leur mentorat comme ça, like out of the blue, donc ça ne m'a même pas traversé l'esprit d'en chercher un et je n'en voyais pas forcément un à l'immédiat autour de moi. Il y avait mon grand frère à qui je parlais justement des idées que j'avais et si on veut parler de soutien, c'était lui, je pense, au tout début, à qui je parlais de mes idées pour les concrétiser, etc. Mais non, pas vraiment de personne. pour m'appuyer. Et puis, ce qui m'a donné envie, en fait, moi, c'était juste le ressenti que j'ai décrit au début, de voir des commentaires, des posts, des publications sur les réseaux sociaux d'Africains qui disent certaines choses sur l'Afrique qui sont juste factuellement pas vraies. Encore, je veux dire, il y en a qui commentent beaucoup des chaînes de télé occidentales qui ont certains propos, nanana. Moi, je veux dire, c'est pas une chaîne camerounaise, je ne fonde pas forcément d'attente de véracité ou de quoi que ce soit de leur côté. Par contre, du côté de mon propre pays, du côté de mes gens, comme on dit au Cameroun, là ça me touche, là ça m'affecte beaucoup plus. Donc c'était juste un ressenti de, vous ne pouvez pas dire ça si vous avez l'info de telle chose. Donc faire en sorte qu'ensemble... on en apprenne davantage, on soit beaucoup plus informés, on se connecte au bon point d'entrée pour avoir de la visibilité sur ce qui se fait et demain pas pouvoir dire il n'y a pas de créateur de jeux vidéo sur le continent. Ce qui m'a donné envie c'était juste ça, je n'ai pas réfléchi plus que mon ressenti.

  • Ramata

    Très bien et du coup parmi les... Comment dire, les informations fausses que tu as pu entendre et qui ont fait que tu t'es dit, mais attendez, ça ne va pas. En fait, vous êtes en train de divulguer des informations, de partager des informations sur certains pays, sur certaines industries qui sont erronées. Quels sont les éléments qui t'ont le plus frappé ? Là, tu t'es dit, non mais là, c'est quand même, il faudrait que quelqu'un les corrige, les signale, parce que ça ne va pas du tout. Est-ce que tu peux nous citer une, deux, trois informations fausses qui ont vraiment fait que toi tu t'es dit non mais là c'est pas possible, je peux pas laisser passer ça ?

  • Ange

    Ok, je vais prendre des exemples au fur et à mesure qu'ils me viennent. Donc la première chose c'est quand on parle d'argent pour financer son entreprise. Je vais prendre ce qui est venu le plus spontanément. parce qu'on l'a beaucoup eu pendant le parcours d'incubation, d'initiation à la création d'entreprise. Il y a une plateforme qui s'appelle Opportunities for Youth, que je suivais pas mal à l'époque, et sur laquelle je voyais tout le temps passer plein de programmes pour les non-profits en Afrique, pour les startups en Afrique, pour les fellows en Afrique, plein de choses comme ça. Et donc quand j'entendais quelqu'un me dire que... non mais non on va trouver le financement ou il n'y a personne dans la famille qui va pouvoir nous donner le gouvernement les banques et je suis en mode mais enfin tape un peu sur internet et tu tomberas sur certaines offres sur certains concours sur certains pitchs que tu peux faire pour pouvoir obtenir ces opportunités là donc à partir du moment où tu as candidaté tu n'as pas eu ok viens me dire que ça n'a pas fonctionné like that's possible mais partir juste du principe que ça n'existe pas Parce qu'on n'a pas fait la recherche de se dire, OK, what is opportunities for youth, par exemple. Je pense que c'est quelque chose qu'on ne peut pas se permettre de dire. L'autre exemple, c'est l'exemple sur le voyage, le fait d'aller à l'étranger. Les gens, ou en tout cas, beaucoup de gens, ont mis dans leur esprit que voyager, c'est aller, par exemple, en Europe ou en Amérique du Nord, nécessairement. Donc, à partir du moment où c'est difficile, où... L'obtention du visa est compliquée pour ces destinations-là. En soi, les Africains, ils ne peuvent pas voyager. Ils n'ont pas de possibilité de voyager ou leur passeport n'a pas de poids, etc. C'est un passeport inutile, etc. Là où moi, récemment, justement, avec un proche, on était en train de regarder des destinations qu'on a envie de faire. On s'est rendu compte qu'en fait, il y a plein d'endroits où il n'y a pas besoin d'un visa. pour les Camerounais, des destinations qui me... Enfin, je peux même les regarder maintenant, mais des destinations improbables, en fait. Je me suis dit, ah, OK, donc je peux aller là, sans même avoir à rechercher un visa de monde à vous. Donc, c'est vrai que pour le rêve américain que tu t'es fait dans ta tête, à partir des films que tu as vus sur Netflix ou quoi, c'est vrai que ce ne sera pas compatible, forcément. Mais qu'est-ce qui te dit que ton bonheur, tu ne le trouveras pas dans un pays un peu plus proche ou dans un pays différent du... du modèle occidental, par exemple. Je pensais justement à l'exemple que j'ai donné tout à l'heure sur le fait qu'il n'y a pas de créateur de jeux vidéo, ou il n'y a pas de créateur de parfums africains, des produits qui sont à nous. Aller en Côte d'Ivoire, un richement cofibre comme ça, c'est un créateur de parfums, par exemple. Et c'est juste parce que tu ne prends pas le temps de faire la bonne recherche, la recherche qui va te donner l'information que tu pourrais avoir. ou que tu voudrais avoir, que tu ne le sais pas. Donc moi, je fais quand même un peu attention, enfin je ferai en tout cas attention, au genre de conclusions très générales que je tiendrai sur en Afrique, il n'y a pas, ou l'Afrique, ce n'est pas, ou machin, ce n'est pas. Quand on me demande, ok, dans ton expérience, comment c'est, je réduis toujours, je me ramène au Cameroun, je dis ok, pour ce que je sais du Cameroun, voici, voici, voici, mais si ça se trouve, dans les 54 autres, enfin 53 autres pays en l'occurrence, peut-être que les choses sont différentes, donc à rechercher.

  • Ramata

    Très bien, merci beaucoup d'avoir pris le temps de nous partager ces différents exemples, parce qu'effectivement, il y a une forme de généralité qui est souvent négative, qui est partagée sur l'Afrique, et autant sur les pays occidentaux ou sur beaucoup d'autres zones géographiques, je pense à l'Asie, elle bénéficie d'un stéréotype positif, alors que nous, on souffre. d'un stéréotype négatif. Et donc, finalement, comme c'est un stéréotype, c'est le principe du stéréotype, les gens ne vont même pas creuser ou chercher l'information. Le stéréotype est considéré comme étant la vérité. Et donc, nous, on doit lutter encore plus pour déconstruire ces stéréotypes.

  • Ange

    Mais vous savez, le stéréotype positif bénéficie d'autres zones du monde, pour ne pas les citer. Moi, ce n'est pas forcément un truc sur lequel je me focus parce que je me dis que c'est une histoire de soft power et bien sûr d'autres facteurs qui rentrent en jeu en termes d'histoire, etc. Mais je dis souvent, les gens me demandent, je vous prends un exemple. On a rencontré un proviseur récemment pour organiser la Hopka Académie, on a dit, ah mais du coup vous... Vous voulez empêcher les gens d'aller à l'étranger. C'est ça le but de votre association. Et les gens ont tendance à se dire que l'amour de quelque chose, c'est forcément le rejet d'autre chose. Alors que moi, ce n'est vraiment pas du tout ma conviction. Je travaille sur l'Afrique par amour pour l'Afrique. Et ça n'implique rien, ou ça n'insigne rien, ou ça n'associe rien pour autre chose, ou pour toute autre région du monde. Donc, toute la déconstruction du narratif négatif africain, c'est un travail que je fais. Avec un regard dirigé sur l'Afrique, je ne prends pas compte de « Ah, autres sont avantagés » ou « whatever, ou ils bénéficient de this and that » . Like, really, it's really not my focus. Et je tiens à le dire parce que c'est vraiment spontanément ce qui vient à l'idée aux gens. Like, first time, on parle de « OK » , c'est automatiquement ce qui vient à l'esprit.

  • Ramata

    Très bien. Je trouvais ça intéressant d'avoir ce point de vue-là. Et est-ce que toi, étant née au Cameroun, ayant fait une grosse partie de tes études là-bas et ayant poursuivi tes études en France, j'imagine que tu as rencontré forcément la diaspora africaine. Est-ce qu'en termes de connaissances de l'Afrique, tu vois aussi des personnes issues de la diaspora qui connaissent mal le continent ?

  • Ange

    Est-ce que je connais des gens ? qui connaissent mal le continent. J'en connais. En fait, là, je réfléchis, quand je généralise, c'est-à-dire quand je fais la moyenne des deux, de quel côté est-ce que la connaissance est la pire, je dirais ?

  • Ramata

    Après, sans forcément chercher à les classer,

  • Ange

    mais en fait, je pense qu'il y en a partout. Moi-même, quand je venais en France, ce n'était pas comme si j'étais le génie de l'Afrique. C'est Sciences Po et les cours que j'ai pu faire. Et à partir de là, le wokisme que tu développes en étant dans une école aussi politique, tu te mets juste à voir Instagram qui est 100% about l'actualité. C'est au fur et à mesure que moi-même, j'ai construit ma propre connaissance. J'aurais tendance à dire que c'est partout. Mais...

  • Ramata

    Parce qu'aujourd'hui, ton association, elle est plutôt dédiée aux jeunes qui sont sur le continent.

  • Ange

    C'est ça, exactement. C'est vrai qu'on a des gens qui soutiennent depuis la diaspora, etc. Mais que ce soit les membres de l'équipe ou bien les bénéficiaires, en fait, de ce qu'on fait, c'est toujours sur le continent.

  • Ramata

    Très bien. Parce que je me dis qu'il y a certains ateliers, en tout cas sur la connaissance de l'Afrique, qui... Finalement, quand on est dans une vocation pédagogique, on pourrait être ouvert à tous, en fait. Effectivement, c'est important que ce soit sur le continent, mais c'est important aussi que ce soit à l'extérieur, parce que si on a envie, en termes de soft power, d'impacter à un niveau global, ça peut être intéressant de s'assurer que le niveau de connaissance progresse mondialement.

  • Ange

    Ok, c'est une très bonne fois. Je vais vous donner un exemple. Moi, avant de lancer OPCA, j'ai fait beaucoup de choses pendant mes études. Et parmi ces choses, j'ai travaillé pour une association qui s'appelle Regards d'Afrique. Donc, j'ai été animatrice et ensuite responsable. Et en gros, c'était des ateliers qu'on faisait, des ateliers pour montrer la beauté de l'Afrique aux élèves du primaire en France. Donc on allait dans des écoles un peu bourgeoises, par-ci par-là, dans la ville de Reims. Et on faisait des ateliers pour les tout-petits. Je ne sais plus c'était quelle classe, ça devait être le CE1 ou des choses comme ça. Et j'ai déjà eu à le faire. J'ai déjà eu à le faire pour des cibles différentes. Mais j'ai l'impression un peu que ça m'affectait moins. En fait, tout simplement, émotionnellement, ça m'affectait moins que... Un jeune qui a grandi toute sa vie à Reims ne sache rien du Cameroun par exemple. À contrario d'un jeune qui a grandi toute sa vie au Cameroun, qui ne sache rien du Cameroun, vous voyez ce que je veux dire ? Ou qui a grandi toute sa vie au Kenya, qui ne sache rien du Cameroun. Quand on fait des ateliers et qu'on demande à un enfant, à Reims, c'est une ville en France, peut-être pour le public qui ne connaît pas, une ville à l'est de la France, et quand on demande à ce public-là de citer des pays, ils vont vous citer, je ne sais pas, l'Allemagne, le Canada, des choses auxquelles on s'attend. Par contre, moi, je pense que pour un atelier que je fais à Douala, en plein Bonamoussadi, un élève qui me dit quels sont les autres pays d'Afrique, le Canada, là, c'est problématique. Moi, ça me choque plus.

  • Ramata

    Très bien, je comprends. Moi, après, l'idée, c'est que je pense que la connaissance, c'est intéressant de la partager aux plus grands membres parce qu'en tout cas, il peut y avoir une méconnaissance de l'Afrique qui est très importante. pour des personnes issues de la diaspora, comme il peut en avoir sur le continent. Et la rencontre des deux, avec le même niveau de connaissances, elle peut être intéressante et riche sur quelles sont les opportunités à saisir et comment on peut rendre l'Afrique plus solide avec tous ces enfants, ceux de l'extérieur et ceux de l'intérieur. Toi, au niveau de tes études et de ton ambition à la fin de tes études, ce vers quoi tu as envie d'avancer ? Est-ce que tu as déjà une idée précise de ce que tu voudrais faire ?

  • Ange

    Alors là, je travaille déjà. Donc, en fait, pendant ma première année jusqu'à ma dernière année, je me suis dit que je voulais faire un truc en rapport avec mon continent. Donc, vous sortez du... Vous avez à peine le bac, 17 ans, il faut trouver au fur et à mesure ce que vous voulez faire. Donc, un pas après l'autre, je prenais des décisions. D'abord, je m'orientais plus vers l'univers des organisations internationales et ce genre de choses. puis apprendre les choses avec les personnes à l'intérieur des organisations internationales. Et elles ne nous recommandent pas forcément d'y aller. Donc, on se fait aussi une opinion sur le reste du monde, sur les autres industries qui existent. Et je me suis plutôt positionnée dans un cabinet de conseil avec une équipe spécialisée sur l'Afrique. Donc, on travaille pour des clients du continent pour leur mission de transfo sur le continent. Et ça, je trouve que c'est le... En fait, je suis tombée sur l'offre, mais complètement par hasard. Je ne connaissais pas du tout la boîte, etc. Mais je me suis dit, mais this is clearly for me. J'ai tout de suite envoyé mon CV, j'ai contacté un membre de l'équipe sur LinkedIn. Je l'aurais vraiment un peu forcé avec tous les membres de l'équipe parce que j'étais vraiment intéressée de rejoindre. J'ai dit à la RH, au deuxième entretien, au troisième entretien, puis à l'entretien avec le partner. Donc je pense que ce que je fais déjà aujourd'hui est en droite ligne avec ce que je veux faire, ce que je fais en dehors de mon travail, ce que je fais de ma vie, de mon soupe de vie. Je pense que ça me convient déjà très bien.

  • Ramata

    Très bien, super. Oui, je n'avais pas réalisé que tu avais déjà terminé tes études, mais là tu es déjà dans la vie active en fait.

  • Ange

    C'est ça, exactement. Mais depuis mars, on va dire mars dernier. Mars de l'année dernière. Oui, je suis entrée en stagiaire et ensuite en CDI.

  • Ramata

    Ok, très bien. Félicitations à toi.

  • Ange

    Merci, merci beaucoup.

  • Ramata

    Et donc toi, ce que tu disais, c'est que tu retournes tous les ans au Cameroun ?

  • Ange

    Alors, that's a story. En fait, au début, en tout cas à partir de ma première année, je rentrais chaque année. Parce que sur Onspo, il faut savoir que les cours vont de septembre à mai. Juin, juillet, août, trois mois au Cameroun, je ne dis pas non. Donc mes billets, je les prenais toujours six mois à l'avance parce que je savais déjà que les cours vont se terminer à peu près là, si on tient compte des rattrapages au cas où. Je prenais mes billets et je rentrais, je faisais trois mois et tout le monde me disait « mais Ange, tu prends l'avion comme le taxi, toi, what's going on ? » Donc je rentrais vraiment régulièrement. Maintenant, avec un CDI, je découvre les réalités. et je me rends compte qu'on ne peut pas rentrer faire trois mois. Quand je veux rentrer, ça coûte 2 000 euros. Il faut que je vois. Là, par exemple, je rentre en août faire trois semaines. Mais c'est trois semaines. On passe de trois mois à trois semaines. Il faut s'y faire. Et pareil, je me suis prise largement à l'avance. Mais je pense qu'au fil du temps, ça va... ça va changer. Entre 5 ans où tu rentrais 3 mois chaque année, maintenant on rentre 3 semaines chaque année, ça va être différent.

  • Ramata

    Complètement. Toi l'idée en tout cas de rentrer, quelque part de retourner chez toi, c'est quelque chose qui est important pour toi, de conserver ton lien avec le Cameroun ?

  • Ange

    Oui, oui, oui. En fait, moi, je ne vous inviterai pas chez moi parce qu'à chaque fois que j'arrive chez moi, ils me disent « mais Ange, pourquoi il fait aussi chaud dans ta maison ? » Ce n'est pas du tout « environment friendly » , c'est vrai, mais du coup, je n'arrive pas à supporter le froid. Je suis frigorifiée à mon bureau, frigorifiée dans les trains, enfin voilà. Donc, je n'ai vraiment toujours besoin d'avoir deux pulls, un immense manteau. et un peu de chauffage dans mon appartement. Donc en fait, comme on dit, entre mes amis et moi, on a trop duré au pays. Donc pour s'adapter à autre chose, c'est un peu compliqué.

  • Ramata

    Très bien. Et tu t'imagines plus tard retourner travailler là-bas ?

  • Ange

    Oui, oui, oui. That's for sure. C'est très clair.

  • Ramata

    Très bien, très bien, très bien. En tout cas, ça va aller dans le sens de cette association que tu as créée.

  • Ange

    Alors,

  • Ramata

    du coup, est-ce que tu peux nous rappeler, parce que bon, voilà, on va être très transparent, une association en termes de business model, ce sont les donations qui aident une association à se développer. Ce sont aussi les bénévoles qui sont disponibles, pourquoi pas, pour aider, pour accompagner lors d'ateliers. Donc là, du coup, c'est le moment pour toi de nous dire, de nous faire la liste de tout ce dont tu as besoin afin que les auditeurs puissent savoir comment on peut participer, contribuer. aider à développer cette initiative. Et puis moi, je mettrai de toute façon en note de l'épisode tous les éléments de mail, enfin de, comment dire, effectivement, mail et site internet de l'association pour qu'on puisse avoir effectivement des compléments d'information.

  • Ange

    OK. Alors, je vais être très terre-à-terre et très logistique pour les prochaines minutes. Donc, tenez bon, ça va aller. Pour organiser un atelier, on va dans l'établissement. on obtient l'accord du chef d'établissement. Donc le trajet de la personne, coordinatrice en l'occurrence, qui s'appelle Audrey, qui est responsable de tout ce qu'on fait sur le terrain à côté de Camerounet. Donc le trajet pour aller à cet établissement et obtenir l'accord d'établissement, c'est un truc qui... That's the first step. Ensuite, une fois que ça a été approuvé, il faut faire la programmation de chaque étape des ateliers. Donc, par exemple, là, on organise la Hopka Académie dans un lycée pour les classes de première et de terminale. Donc, la première semaine, ils vont avoir des ateliers un peu plus « icebreaker » pour parler de la réussite de manière générale. C'est quoi leur vision de la réussite ? S'ils voulaient créer une entreprise, comment est-ce qu'ils s'y prendraient ? Est-ce qu'ils savent même comment s'y prendre ? Dans un deuxième temps, enfin, focus sur l'entrepreneuriat, on leur passe des exemples de personnes qui ont fait un million de chiffres d'affaires par jour en Afrique. Et la troisième séance, c'est plus un focus sur LinkedIn, comment utiliser LinkedIn, comment se préparer à l'entrée sur le marché du travail via LinkedIn. Ça, c'est les trois étapes. Pour pouvoir aller sur le terrain, il y a des animateurs qui se déplacent pour couvrir les classes. Donc ça, c'est un coût dans le transport. Le transport, c'est vraiment notre ligne de dépense la plus élevée. Donc, il y a le transport des animateurs. On doit faire des certificats pour les élèves. Donc, pour... récompenser leur dynamisme, leur bonne participation, etc. C'est des choses qu'il faut imprimer, donc ça aussi ça a un coût. On organise à la toute fin un goûter avec tous les élèves qui ont participé, donc ça aussi c'est une ligne de dépense. Et les gens sont souvent surpris quand ils entendent tout ce qu'on fait, c'est-à-dire on fait le déplacement des animateurs, on fait le déplacement pour se coordonner avec l'établissement en amont. on imprime les certificats, le matériel en continue. Donc, s'il faut des feuilles format A4 pour écrire, il en faut, etc. Donc, les gens sont souvent surpris que pour nous, 1 euro, ça ait du sens. Mais c'est parce qu'en fait, on a chiffré déjà, en l'occurrence. Donc, 20 euros, moi, par exemple, ça me permet de couvrir 80 élèves sur une semaine, par exemple. Donc, tout le monde me dit, mais how do you manage it ? How do you make it ? C'est juste une question d'organisation and de calculations. Donc, en soi, si... Aujourd'hui, ce que je demanderais aux gens, c'est de ne pas se limiter, de se dire « Ok, moi, je ne suis pas capable de donner 50 euros, donc je ne donnerai rien. » That's not something to do. Même dans notre communication, quand on a lancé la campagne de dons, au début, on a eu zéro euro pendant les deux premières semaines. On s'est dit « On est en train d'organiser des ateliers pour montrer la force de LinkedIn. Allons chercher la force de LinkedIn pour organiser nos ateliers. » On a trouvé des gens. qui ont donné 1 euro, 5 euros, 1 euro, 5 euros, et on a atteint 150 euros, on a tout de suite lancé les ateliers, et aujourd'hui, on est en train de publier les résultats, montrer aux gens l'impact que leur 1 euro est en train d'avoir sur des jeunes, qui s'amusent, qui nous disent, mais pourquoi vous n'êtes là qu'une fois par semaine, on a envie de vous voir un peu plus longtemps, est-ce qu'il n'y a pas moyen de vous venir tous les jours, etc. Donc, concrètement, ce dont on a besoin, c'est de dons, sur notre GoFundMe, sur notre Orange Money, sur notre Mobile Money, Camerounais, sur notre Hello Asso aussi, donc ça c'est les trois. moyen pour pouvoir nous aider. Pour les personnes qui sont peut-être sur le terrain camerounais, donc qui travaillent dans des papeteries ou des supermarchés, donc pour ne pas avoir à acheter tout ce qui est format ou jus pour le goûter, ça c'est des choses qu'on veut bien avec grand plaisir recevoir de supermarchés ou de papeteries. Et voilà, c'est tout ce qu'il nous faut à nous pour vraiment organiser et concrétiser. On est une asso qui a réussi pendant longtemps. à fonctionner sur rien. Donc, on arrive à faire de grandes choses avec que de choses, tout simplement.

  • Ramata

    Très bien. Donc on est plus effectivement sur des fonds pour pouvoir faciliter l'organisation des ateliers. En termes éventuellement de compétences, est-ce qu'il y a des profils qui peuvent venir aider à réaliser un atelier ? Ou est-ce qu'il y a des compétences qui pourraient être intéressantes, que certains peuvent avoir et pourraient partager auprès de ces populations que vous accompagnez avec l'association ?

  • Ange

    Alors, deux cas. Dans un premier temps, la partie animateur. Donc s'il y a des étudiants dans la ville de Yaoundé qui nous écoutent, ou potentiellement dans la ville de Douala qui nous écoutent, nous on fonctionne par les jeunes pour les jeunes. Donc ce sont les jeunes qui animent auprès de leurs cadets plus jeunes. Donc ils sont formés pendant plusieurs séances, onboardés, etc. pour être en capacité de justement animer ces ateliers-là. Donc n'importe quel jeune qui serait motivé est disponible quelques heures par semaine ou sur le mois pour pouvoir animer ça avec grand plaisir, donc sur la partie animateur. Maintenant, pour la partie speakers, ça aurait été bien. L'enjeu, c'est que je vais vous donner un exemple pour que vous puissiez visualiser. On est dans des classes qui sont autour de, disons, 40. à 80 élèves par classe. Donc, pour pouvoir faire des ateliers qui se déroulent le mieux possible, on les divise en petits groupes et on anime auprès de chaque groupe à différents moments dans la semaine, sur leurs heures de permanence. Comme ça, on perturbe le moins possible le déroulé des activités de l'établissement, on embête le moins possible le proviseur, le responsable d'activité, etc. Donc, pour qu'un intervenant, avec son expertise, vienne prendre la parole, il faudrait, pour des questions d'égalité, qu'il vienne... à tous les créneaux horaires où tous les élèves sont répartis. Sinon, ça fait qu'il est venu un seul jour pour un seul groupe et tous les autres qui auraient pu bénéficier de son expertise ne vont pas bénéficier de son expertise. Donc, sauf si quelqu'un est disponible pour le faire autant de fois que nécessaire pour couvrir 80 élèves d'une classe, là, je serais partante. Mais du coup, pour la partie expert, c'est un peu moins un sujet. Nous, ce qu'on a vraiment besoin, c'est des animateurs qui sont prêts à animer le compte. qu'on a mis en place et des fins qui permettent à ces animateurs de se déplacer de manière régulière et d'imprimer les certificats des élèves.

  • Ramata

    Très bien, donc c'est une organisation bien huilée, c'est plutôt des foules dont on a besoin aujourd'hui, mais en termes d'organisation c'est déjà carré, donc ça c'est bon à entendre et à savoir. Je renouvelle le point. Un euro, ce n'est pas petit pour vous. Un euro, ce n'est pas petit pour vous. Ça permet vraiment d'organiser des ateliers. Du coup, il ne faut pas se dire qu'il faut forcément faire des dons énormes. Je réalise que ce dont je n'ai pas parlé avec toi, c'est au niveau de l'équipe avec laquelle tu travailles. Tu évoquais que la plupart des membres de l'association étaient au Cameroun. Mais est-ce que tu peux nous dire un petit peu qui sont... Comment se constitue ton équipe en fait et combien vous êtes au sein de l'association ?

  • Ange

    Alors là, on rentre dans la phase des difficultés. J'aime bien, c'est tant mieux. Toute la première partie était très positive et c'est tant mieux. Alors, historiquement, avec OPCA, ce qui a toujours été un problème, c'est le capital humain. Pas forcément le capital humain qui travaille à l'intérieur, mais juste le capital humain de manière générale. Donc, j'ai commencé toute seule. donc à animer ces débats-là, ces conférences avec les guests, etc. Au fur et à mesure, on a une personne qui a rejoint, on a une deuxième personne qui a rejoint, une troisième, etc. Aujourd'hui, pour les activités qu'on veut mener, on a Orane, qui est plutôt sur la partie communication, recrutement, gestion des publications, qui est une ancienne de Sciences Po aussi, donc elle a fait de la com à Sciences Po, etc. Sur le terrain, on a Audrey. Je veux dire, vraiment, tout ce qu'on fait, comme accord avec les chefs d'établissement, avec les responsables d'activités, etc. Elle, qui est une étudiante aussi sur le terrain, qui a sa propre asso également, donc on travaille avec elle. On a des ambassadeurs dans les écoles. Si jamais on veut faire part de nos activités, par exemple, j'ai parlé du programme African Youth Angels, de mentorat pour les jeunes. Donc, quand on voulait faire la publicité de ce mentorat-là, on passait par... tous les jeunes qu'on peut avoir dans des universités à travers les différents pays, on passait par eux pour passer l'info si jamais vous avez besoin de mentorat. Ça, c'est nos ambassadeurs. Dans l'équipe, on a aussi Séraphine qui était au Cameroun aussi. Là, elle s'est déplacée pour aller au Maroc, mais en tout cas, elle, elle est sur la partie actualité positive sur l'Afrique. Donc, elle continue à alimenter la communauté de personnes qui étaient là au tout début, quand on faisait les débats. avec des actualités positives sur l'Afrique. Elle fait notre voix-off sur quasiment toutes nos vidéos et aussi nos textes de manière générale, donc c'est elle qui s'en occupe. Il y a Jean-Philippe. C'est le dernier membre que je n'ai pas mentionné, mais du coup, c'est lui qui s'était occupé de notre activité la plus récente, qui était l'initiation à la création d'entreprise, ce qu'on peut appeler incubation, un truc d'immé. Maintenant, quand je parlais des difficultés, c'est qu'en fait, on a initié nos activités un peu au fur et à mesure à la demande. Donc, on commence les débats, les gens disent qu'ils ont envie d'avoir des outils concrets, donc on lance les conférences et on cherche de nouvelles personnes. Ensuite, on se dit, OK, pourquoi pas faire des ateliers, on cherche une nouvelle personne, etc. Donc, l'équipe a pas mal tourné. Et la difficulté, c'est que c'est des jeunes qui sont en pleine croissance, en fait, qui font leur vie aussi. Je prends l'exemple de Séraphine, qui de base était au Cameroun, ensuite s'est déplacée au Maroc pour ses études à elle. Donc, il faut énormément s'adapter dans ce projet-là à des gens qui sont sur X fuseaux horaires, avec X soucis de connexion Internet pour nos ambassadeurs, de coupure d'électricité pour nos ambassadeurs, etc. ... L'autre point aussi, en termes de capital humain, c'est vraiment la cible qu'on veut toucher. On touche des 15 à 25, 26 ans, pour qui, il faut se dire, récemment ça va un petit peu mieux, mais en 2021, 2022, etc., leur focus, c'était vraiment aller à l'étranger. Tu l'as. parlent afrique c'est comme si tu leur parles chinois mais me parle pas de ça en fait qu'est ce que ça m'a apporté je suis pas d'accord moi j'ai déjà mes projets il y a quelqu'un qui m'a dit un jour non ma vie c'est en france la personne n'a jamais quitté le camion de sa vie mais elle te dit non moi ma vie c'est en france je suis pas intéressée donc c'est la source de mes plus grands cauchemars au quotidien c'est vraiment persuader les africains de croire en l'Afrique, et puis gérer aussi l'évolution des jeunes au fur et à mesure qu'ils grandissent, au fur et à mesure qu'ils prennent conscience, etc. Voilà. Mais dans notre équipe, en tout cas, on a Séraphine, Orane, on a Audrey et puis Jean-Philippe avec les ambassadeurs.

  • Ramata

    Très bien, c'est noté. C'est bien de nous avoir partagé également les challenges parce que c'est important d'être dans une réalité concrète quand on présente des initiatives. Moi, j'avoue que j'apprécie les... Les témoignages qui parlent vrai, qui sont authentiques et qui parlent aussi des défis et des challenges que l'on rencontre et qui ne sont pas que dans une volonté de faire un storytelling où tout va bien. Je pense qu'il faut le dire quand il y a des difficultés, il y a des challenges. Après, de ce que je comprends, c'est la structure même de l'association qui veut ça, puisque l'idée, c'est d'avoir des jeunes qui vont aller partager, qui vont aller animer ces ateliers auprès d'autres jeunes. Donc, par définition, c'est ça. Ce ne sont pas des personnes qui vont rester sur le long terme, après à réfléchir si des personnes plus âgées installées, plus stables, ne peuvent pas avoir des duos en fait. Ce qui fait que le moment où le jeune s'en va, il y a toujours un backup d'une personne plus ancienne, mais disponible en fait pour pouvoir partager son savoir. Donc ça peut permettre un peu de stabiliser, mais en tout cas il est vrai que le principe... D'avoir un jeune qui parle à des jeunes, ce sera toujours plus convaincant que... Oui,

  • Ange

    c'est clair. Ils ne vont pas écouter, ils vont considérer que c'est un autre cours. Ce n'est pas l'ambiance qu'on a envie de créer dans les ateliers.

  • Ramata

    Très bien. Écoute, on arrive à la fin de cette interview. Moi, j'ai eu le plaisir à découvrir en détail ton parcours et également les enjeux, comment dire, et l'ambition de ton association. Comme je l'ai indiqué tout à l'heure, toutes les informations concernant l'assaut sont en note de bas d'épisode pour ceux qui voudraient donner, pour ceux qui voudraient échanger avec toi et pourquoi pas réfléchir à t'aider sur la partie capital humain, résoudre ou en tout cas t'aider à gérer tes challenges. Qu'est-ce que tu peux nous dire comme mot de la fin ?

  • Ange

    Comme mot de la fin ? Je dirais, pour la partie où vous avez dit de me contacter, il faut savoir que moi, je suis très, très, très, très, très, très, très ouverte à tout le monde. Donc vraiment, même si qui que ce soit écoute, et ce n'est pas forcément ce qu'il pourrait avoir à me dire ou ce qu'il pourrait avoir à apporter, contactez-moi dans tous les cas, on parlera et on verra bien ce qui se passe au bout de la conversation. Donc ça, c'est la première chose que j'ai envie de dire. La deuxième chose que j'ai envie de dire, c'est que le... Le combat en tout cas que nous on mène, c'est pas un combat facile, c'est pas un combat qui au quotidien est sain pour des jeunes de 22 ans qui eux-mêmes ne sont pas encore pleinement consolidés. Donc je pense que... C'est quelque chose qu'il faut savoir valoriser, en fait, valoriser ce qu'on essaie de faire. Et tout soutien, en l'occurrence, tout soutien sera bon à prendre, sera reçu avec la plus grande gratitude. Et même ne serait-ce que des conseils ou bien juste des échanges, on le prend avec beaucoup de gratitude. Donc, je suis reconnaissante d'avoir pu en parler, de me prêter à l'exercice d'interviewer des personnes, plutôt que d'interviewer moi, plutôt que d'interviewer des personnes. Et j'espère que d'autres portes s'ouvriront pour PopCat dans le futur. Très bien.

  • Ramata

    Écoute, c'est l'été. Et je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

  • Ange

    Merci beaucoup. Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.

  • Ramata

    Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Salut ! Je vous invite également à cliquer sur les 5 étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

Chapters

  • Introduction au podcast et présentation d'Ange

    02:49

  • Présentation de l'association Hopka et de ses objectifs

    03:53

  • Parcours d'Ange et création de l'association

    04:31

  • Les actions et initiatives de Hopka pour les jeunes

    08:57

  • Ambitions futures et impact de l'association

    13:27

  • Témoignages et retours d'expérience des jeunes

    18:02

  • Appel à l'action et conclusion de l'épisode

    44:04

Description

Comment déconstruire les stéréotypes sur l'Afrique et donner aux jeunes les clés pour saisir les opportunités de leur continent ? 🌍


Ange Nguedia Djoumessi, fondatrice de l'association OPKA, partage son parcours et sa vision dans un nouvel épisode de notre podcast.

Née à Douala, au Cameroun, et diplômée de Sciences Po Paris, Ange a créé OPKA pour promouvoir la connaissance de l'Afrique auprès des jeunes et lutter contre les idées reçues.


Dans cette interview, elle nous explique ce qui l'a poussée à fonder OPKA, les premières actions concrètes de l'association et les défis rencontrés.

Elle revient également sur les stéréotypes qu'elle a entendus et qui l'ont particulièrement choquée, comme l'idée que les Africains ne peuvent pas voyager ou qu'il n'y a pas d'opportunités de financement sur le continent.


Ange nous parle aussi des différents programmes de OPKA, de leurs impacts concrets et des témoignages de jeunes ayant bénéficié des actions de l'association.


L'ambition de OPKA pour le futur ? Multiplier les ateliers dans les écoles et les pays, pour exposer les jeunes aux opportunités de leur continent et leur donner des compétences clés.


Mais OPKA rencontre des défis, notamment en termes de capital humain. L'équipe est composée de jeunes qui évoluent et dont les disponibilités peuvent changer.


Ange lance un appel aux dons via L'association OPKA et la page Go fund me :

  • Dons : chaque euro compte pour organiser les ateliers

  • Matériel : papeteries et supermarchés peuvent aider en fournissant des fournitures et des goûters.

  • Bénévoles : étudiants à Yaoundé et Douala pour animer les ateliers (formation assurée).


Un témoignage inspirant qui nous invite à changer notre regard sur l'Afrique et à donner aux jeunes les moyens de construire leur avenir. Cet épisode a été enregistré dans le cadre du Podcasthon dont l'ambition est de sensibiliser les auditeurs à des causes caritatives!



Africa Fashion Tour poursuit chaque semaine l'exploration des industries culturelles et créatives africaines avec des interviews d'entrepreneurs passionnés qui s'interrogent sur les questions de diversité et de représentation. Chacun des invités du podcast est passé du questionnement à l'action pour proposer des solutions concrètes, des business model vertueux pour promouvoir l'Afrique à travers les soft power.


J’en profite pour remercier les auditeur.e.s de plus en plus nombreux de ce podcast. Pour découvrir en avant première les dernières interviews et analyses de l'écosystème de la mode africaine, abonnez-vous à la ⁠⁠⁠Newsletter Africa Fashion Tour⁠⁠⁠.


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A très vite en Afrique ou ailleurs


Ramata Diallo 


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Ange

    Mais vous savez, le stéréotype positif bénéficie d'autres zones du monde, pour ne pas les citer. Moi, ce n'est pas forcément un truc sur lequel je me focus, parce que je me dis que c'est une histoire de soft power, et bien sûr d'autres facteurs qui rentrent en jeu en termes d'histoire, etc. Mais je dis souvent, les gens me demandent, je vous prends l'exemple. On a rencontré un proviseur récemment pour organiser la OPCA, et il nous a dit, du coup, vous voulez empêcher les gens d'aller à l'étranger. C'est ça le but de votre association. Et les gens ont tendance à se dire que l'amour de quelque chose, c'est forcément le rejet d'autres choses. Alors que moi, ce n'est vraiment pas du tout ma conviction. Je travaille sur l'Afrique par amour pour l'Afrique, et ça n'implique rien, ou ça n'insigne rien, ou ça n'associe rien pour autre chose, pour toute autre région du monde. Donc, le... Toute la déconstruction du narratif négatif africain, c'est un travail que je fais avec un regard dirigé sur l'Afrique. Je ne prends pas compte d'autres qui sont avantagés, ou ils bénéficient de ce et de ça. C'est vraiment pas mon focus. Et je viens à le dire parce que c'est vraiment ce qu'on a l'idée aux gens. La première fois qu'on parle de « OK » , c'est automatiquement ce qui vient à l'esprit.

  • Ramata

    Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà. Ce podcast est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. Je suis Ramata Diallo. Je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode. En 2017, j'ai assisté à ma première Fashion Week en Afrique. Et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode en Afrique. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine. Aujourd'hui, je suis en compagnie d'Ange Ghezia Djumessi, la fondatrice de l'association Hopka. L'objet de cette association est de promouvoir la connaissance de l'Afrique auprès des jeunes. En effet, l'ambition est de faire prendre conscience aux jeunes de la valeur et des opportunités de leur continent, ainsi que de les outiller pour qu'ils puissent saisir ces opportunités. J'ai invité Ange aujourd'hui. dans le cadre du podcast Toin, cette fameuse opération qui permet à des podcasters de promouvoir des associations. Aujourd'hui, elle va pouvoir nous parler des différentes initiatives de son association et nous présenter des cas concrets d'accompagnement de la jeunesse africaine. Bienvenue Ange, comment vas-tu ?

  • Ange

    Merci beaucoup Madame Diallo, je vais très très bien, et vous ?

  • Ramata

    Eh bien écoutez, ça va très bien. Donc moi je vais me permettre de tutoyer. Il me semble que toi, tu as un petit peu du mal avec le tutoiement, donc il n'y a pas de souci. Tu peux continuer à me vouvoyer, à m'appeler Madame Diallo. Ce sera le premier épisode où on m'appellera Madame Diallo, mais ça ira.

  • Ange

    Et ma mère dira,

  • Ramata

    mais c'est moi Madame Diallo, en fait. Exactement. Voilà. Donc, écoute, on va commencer cet épisode comme je le fais. À chaque démarrage d'interview, je vais te demander de te présenter.

  • Ange

    OK.

  • Ramata

    Donc,

  • Ange

    bonjour à toutes et à tous. Je m'appelle Ange. Mes amis m'appellent Angel, Angie, toutes les variantes possibles pour mon prénom, sauf mon prénom. Je suis camerounaise, j'ai 22 ans. Je suis née dans une ville que votre auditoire connaît peut-être, à Douala. Aujourd'hui, je travaille dans un cabinet de conseil dans le département Afrique et Développement international. Je suis la fondatrice de Hopka, que vous avez mentionné, et puis aussi coproductrice de l'émission De Racines à Réussite. Sur le plan perso, j'adore la musique. J'adore les voyages et je suis très heureuse d'avoir été invitée. J'espère que ce sera aussi enrichissant pour vous que ça ne le sera pour moi.

  • Ramata

    Écoute, on l'espère aussi. Donc moi, ce que je vais te demander dans un premier temps, parce que du coup, tu es toute jeune fondatrice d'association, c'est que tu puisses nous raconter un peu ton parcours, en tout cas en termes d'études. Et puis nous expliquer aussi à partir de quel moment tu as eu... l'envie de créer, de fonder une association qui est vraiment destinée aux jeunes.

  • Ange

    Ok. Alors, mon parcours déjà, j'ai fait mes études au Cameroun, en tout cas au lycée. Et puis, une fois diplômée, j'ai intégré une école qui s'appelle Sciences Po Paris en France. J'ai fait deux ans à Sciences Po, puis une année aux États-Unis, enfin un échange aux États-Unis en tout cas. Et ensuite en master, pareil, toujours à Sciences Po. Et ensuite, du coup, j'ai travaillé, je travaille en conseil depuis quelque temps. L'envie de créer OPCA est intervenue en début de ma troisième année. Il faut savoir que quand j'ai rejoint Sciences Po, j'ai rejoint un programme Afrique, donc une licence en sciences sociales spécialité Europe-Afrique. Donc les cours d'histoire étaient centrés sur l'Afrique, les cours de sociologie aussi, les cours de diplomatie, tout ce qui était droit, etc. C'était vraiment orienté sur le continent. Et à la fin de cette expérience, je me suis rendue compte à quel point tout ce que je savais, en tout cas une grande partie de ce que je savais ou ce que j'avais appris sur mon continent, j'avais appris en le quittant. Et ça m'a fait de la peine dans la mesure où j'estime que s'il faut connaître son chez-soi, il faut l'apprendre depuis chez-soi, tout simplement. Et quelque part aussi à ce moment-là, je voyais de plus en plus sur les réseaux sociaux des vidéos qui passaient de gens qui parlent de l'Afrique, d'Africains qui parlent de l'Afrique avec autant de dédain, voire même plus que d'autres peuvent le faire. Et je me suis dit que ce n'est pas possible, tout simplement. C'est juste, vous le dites comme ça, vous dites tel propos négatif sur l'Afrique parce que vous ne savez pas, parce que vous n'avez pas l'information, parce que vous n'avez pas l'éducation sur le sujet. Donc, j'ai eu envie de créer un espace, en fait. C'était juste un espace de discussion où les Africains vont connaître l'Afrique pour ne plus tenir certains discours, tout simplement.

  • Ramata

    Très bien.

  • Ange

    Et du coup,

  • Ramata

    l'association, tu l'as créée à partir de quelle année, en fait ?

  • Ange

    C'était en... Alors, il faut savoir que ça commence comme un groupe de potes qui discute de l'Afrique. Donc, en termes de création légale, c'est arrivé un peu plus tard. Mais on a commencé à faire nos rencontres... à partir de novembre 2021. Donc, c'est de là que chaque mois ou chaque deux semaines, on faisait des rencontres, des appels sur Google Meet ou sur Zoom et on débattait des sujets d'actualité, etc. Puis, ça a augmenté vers débat plus quiz. Mais c'est vraiment en 2021, quand j'ai commencé ma troisième année que j'ai faite à l'étranger, que ça s'est mis en place.

  • Ramata

    Très bien. Donc, comme souvent, de toute façon, qu'il s'agisse d'entreprises ou d'associations, il y a souvent une période non officielle qui permet de jeter les bases, les fondations de ce que va être l'association à part entière. Donc, cette ambition de se centrer sur les jeunes en Afrique, est-ce que c'est résolument d'abord au Cameroun ou est-ce qu'il y a une volonté d'être au Cameroun puis dans d'autres pays d'Afrique ?

  • Ange

    Alors, on est déjà dans d'autres pays d'Afrique. Donc, quand ça a commencé... des débats sur l'Afrique, sur l'actualité, sur les événements positifs, sur ce qu'il y a de beau, etc. Mais c'était entre jeunes de mon réseau. Donc moi, je rejoins Sciences Po dans le programme Afrique avec des jeunes de Madagascar, des jeunes du Sénégal, des jeunes du Cameroun, etc. Donc c'est des amis qui rejoignent dans un premier temps, mais qui sont d'horizons différents. Et je n'ai jamais fait un truc qui soit exclusif, si ce n'est exclusif aux Africains, en l'occurrence. Donc ça a commencé comme ça et le système qu'on avait mis en place au début, c'était de faire par recommandation. Donc une personne qui a aimé son expérience, en tout cas au sein d'Opka, va recommander à un de ses proches de rejoindre. Ce qui faisait que les Congolais se recommandaient entre eux, les Malgaches se recommandaient entre eux, les Caronais se recommandaient entre eux. On a eu des Kenyans, des gens d'Afrique du Sud, en Ouganda, etc. Et ça s'est fait un petit peu au fur et à mesure comme ça.

  • Ramata

    Très bien. Donc c'est une... association panafricaine.

  • Ange

    Exactement, c'est exactement ça.

  • Ramata

    Ok, et quelles sont les différentes actions que tu mènes avec les différents membres de l'association ?

  • Ange

    Alors aujourd'hui, ça fait trois ans qu'Opka existe, un peu plus de trois ans, donc ça a vraiment été évolutif. Comme le point de départ, c'était un ressenti personnel de ma part, Je ne me suis pas dit que je vais construire toute une ONG sur mon ressenti personnel. Donc d'abord j'ai créé ce petit groupe-là pour débattre, etc. Au fur et à mesure des temps, je me suis rendue compte que les participants avaient envie de plus en fait. Une fois qu'on s'est dit qu'il y a de belles choses sur le continent, une fois qu'on a débattu sur le fait qu'il y a de belles choses sur le continent, des choses à améliorer, comment est-ce qu'on peut être outillé pour mettre des choses en place ? C'est là qu'on a commencé à faire des conférences avec des chefs d'entreprise, des experts de différentes industries. pour justement pouvoir faire ces recommandations-là, donner ces conseils et indications aux jeunes pour pouvoir... s'engager. Une fois qu'on a mis en place les conférences, je me suis dit, à ce moment-là, je suis rentrée au Cameroun, je rentre chaque année généralement, je suis rentrée au Cameroun, je me suis dit pourquoi pas faire quelque chose dans une école, faire des ateliers justement de valorisation du continent. Donc on a mis en place en janvier 2022, pendant cinq mois, dans une école privée de la ville de Douala, des ateliers avec leurs élèves de 6e, donc 80 élèves pendant Donc, cinq mois qui ont parlé Afrique toutes les deux semaines. Par la suite, au fur et à mesure, on a lancé quelque chose. On a continué avec des cahiers d'activités afro, qu'on a essayé de commercialiser auprès des parents, dans des écoles aussi. Plus tard, on a mis en place les actualités. Donc, on publiait des actus dans le groupe, qui réunit un peu les personnes justement qui débattaient au début. Donc, c'est des actualités positives sur l'Afrique pour les tenir informées de ce qui s'y fait de bien. Par la suite, on a fait le programme African Youth Angels. C'était un programme d'accompagnement parce que la demande entrait d'avoir des conseils sur est-ce que vous connaissez quelqu'un, un jeune Africain qui est dans tel pays ? Moi, j'aimerais faire mes études dans ce pays-là. Est-ce que vous pourriez me mettre en contact pour que la personne puisse me donner des petits conseils ? On a mis ça en place. Le plus récent, c'est le programme d'incubation, d'initiation à la création d'entreprise. On a fait en 2024, l'idée étant tout simplement de donner un peu des petites bases en entrepreneuriat aux jeunes qui sont intéressés ou à qui il manque ces quelques compétences de base pour pouvoir initier des choses, lancer des choses. Donc vraiment ça a été progressif. Aujourd'hui, en 2025, c'est ce qu'on a statué sur les ateliers. Parce que c'est ce qui nous a permis, dans l'histoire de nos trois ans, d'avoir le plus gros impact en une seule action. Donc, on se mobilise autour d'une seule école, on fait des études de manière régulière. Et à la fin, c'est 80 élèves qui s'en souviennent, qui en reparlent, qui ont un petit certificat à la fin. Donc, on a décidé de capitaliser sur ça. Mais ça s'est vraiment fait progressivement au fur et à mesure de ce qu'on a vu, observé, découvert, des difficultés aussi qu'on a pu avoir. Très bien.

  • Ramata

    Et quelle est l'ambition de l'association dans le futur ?

  • Ange

    Alors aujourd'hui, le souhait, c'est de faire le plus d'ateliers possibles dans les écoles. Donc là, par exemple, c'est ce qu'on a remis en place, la Hopka Académie, cette année. Donc de le faire dans des lycées, de le faire dans des collèges, d'aller vers d'autres pays ou faire des ateliers, exposer les jeunes un maximum. au bienfait qu'il peut y avoir sur le continent via ces ateliers-là. Et puis, non seulement exposer au bienfait, mais aussi leur donner des compétences, comme par exemple parler de LinkedIn. Je pense qu'on reviendra sur le contenu concret de ces ateliers-là. Mais voilà, faire les ateliers dans le plus d'écoles et de pays possibles au fur et à mesure des années. Donc, la période pour faire les ateliers, c'est généralement de janvier jusqu'à mai. Donc ce sera chaque année faire des ateliers dans des classes, dans des écoles.

  • Ramata

    Très bien. Et du coup,

  • Ange

    de façon très concrète,

  • Ramata

    est-ce que tu as des exemples de jeunes qui ont pu bénéficier de ces ateliers, de ces différentes initiatives que tu mets en place avec cette association et qui sont revenus vers toi avec des retours positifs ?

  • Ange

    Ok. Je vais prendre chaque programme l'un après l'autre. Donc au tout début on a commencé par les débats et en fait on a directement vu l'effet quelque part parce qu'il y avait je pense à une fille qui avait rejoint le groupe et qui était revenue nous voir en nous disant en cours aujourd'hui ma prof a fait une erreur, elle a dit que je crois que c'était un pays dans l'Amérique latine et le seul à utiliser le big... alors que nous on a vu à Hopka pendant les débats qu'il n'y a pas que ce pays-là, qu'il y a aussi en République centrafricaine qui a eu ce sujet. Donc elle a pu justement prendre la parole à partir de ce qu'elle avait entendu et c'est ce qui m'avait le plus marquée parce que c'est la première chose qui s'était produite en termes d'impact par rapport au débat. Au fur et à mesure, aujourd'hui on ne fait plus de débat, mais justement il y a des gens qui reviennent en disant que ça leur manque, qu'ils aimeraient bien avoir l'opportunité de rééchanger avec d'autres jeunes. Pour la partie des ateliers qui a eu lieu à partir de janvier 2022, je vous raconte une expérience personnelle. Ça faisait, je crois, deux ans que j'avais plus... Les ateliers, c'était largement terminé. Dans l'école, on les avait fait la première fois. Et je prends un taxi, je ne sais plus du tout pour aller où. Mais il y a un rond-point qui est très connu à Douala qui s'appelle le rond-point d'Edo. Et je me fais interpeller par deux jeunes hommes. Enfin... pas forcément de mon âge, mais quand même pas tout petit, et qui me disaient « Bonjour madame, je ne sais pas si vous vous rappelez de nous, vous nous aviez fait des ateliers, etc. » Donc on a pris le même taxi, on a échangé sur ce qui s'était passé il y a super longtemps, et c'est des choses qui ravivent un peu la flamme, dans la mesure où au quotidien, on a tellement la tête dans le guidon, la tête dans les difficultés, parce que vraiment, la partie difficulté, on peut en parler, ça fera tout un épisode. On a tellement la tête dans le guidon qu'on oublie que ça a un effet positif, que ça a des bienfaits, etc. Donc ça, c'est un truc qui m'a vraiment ramenée à la vie, entre guillemets. Pour d'autres exemples, le parcours de transformation. On a démarré avec un total de... 40 jeunes, si je me souviens bien. Et parmi ceux qui ont diplômé, il y en a qui reviennent vers nous en disant que ça devrait continuer pour d'autres personnes parce qu'ils voient leurs camarades de classe, leurs amis, qui voudraient aussi participer à ce genre de choses, mais qui n'ont pas forcément l'occasion. Est-ce que vous allez relancer ? Il y en a un qui a vraiment insisté parce qu'il avait besoin d'avoir du suivi pour voir s'il met bien en place ce qu'il a appris via OPCA. Pour le programme AYA... On a eu des appels, en fait, Aya, c'est des appels qu'on fait confidentiels avec des jeunes qui se confient sur des problématiques. Et c'était, par exemple, sur la peur, le syndrome de l'imposteur pour lancer leurs associations. Et qu'aujourd'hui, on a lancé leurs assos. On voit grandir sur LinkedIn, Moabé, qui en reste en contact. Est-ce que j'oublie un programme ? Je ne pense pas.

  • Ramata

    Très bien. Du coup, on voit qu'en fait, pour une jeune association, vous avez différents programmes avec chacun l'ambition d'accompagner et de donner des outils de manière très concrète à la jeune génération.

  • Ange

    C'est ça. En fait, ça a vraiment été ça au fur et à mesure, lancer une nouvelle initiative, une nouvelle manière d'accompagner les jeunes. Donc on en fait une et on teste autre chose, etc. Et c'est après trois ans qu'on a justement fait le bilan et on s'est dit, OK, on va capitaliser sur les ateliers.

  • Ramata

    Très bien. Et toi, quand tu te lances dans ce projet associatif, est-ce que tu es entourée par justement des personnalités autour de toi, dans ta famille, qui ont des associations et c'est ce qui fait que toi, tu as envie de créer ton association ? Qu'est-ce qui fait que toi, à un moment donné, aussi jeune, tu as envie de mener cette initiative ?

  • Ange

    Alors, en deux questions, est-ce que j'avais des personnes ? Et qu'est-ce qui me fait envie ? Alors, j'avais personne, en l'occurrence. Dans mon entourage, j'ai déjà lancé des initiatives. Je n'ai pas forcément cherché à avoir quelqu'un, quelque part. Je ne me suis pas posé la question d'est-ce que je peux me trouver un mentor ? Parce que je ne me dis pas que les gens offrent leur mentorat comme ça, like out of the blue, donc ça ne m'a même pas traversé l'esprit d'en chercher un et je n'en voyais pas forcément un à l'immédiat autour de moi. Il y avait mon grand frère à qui je parlais justement des idées que j'avais et si on veut parler de soutien, c'était lui, je pense, au tout début, à qui je parlais de mes idées pour les concrétiser, etc. Mais non, pas vraiment de personne. pour m'appuyer. Et puis, ce qui m'a donné envie, en fait, moi, c'était juste le ressenti que j'ai décrit au début, de voir des commentaires, des posts, des publications sur les réseaux sociaux d'Africains qui disent certaines choses sur l'Afrique qui sont juste factuellement pas vraies. Encore, je veux dire, il y en a qui commentent beaucoup des chaînes de télé occidentales qui ont certains propos, nanana. Moi, je veux dire, c'est pas une chaîne camerounaise, je ne fonde pas forcément d'attente de véracité ou de quoi que ce soit de leur côté. Par contre, du côté de mon propre pays, du côté de mes gens, comme on dit au Cameroun, là ça me touche, là ça m'affecte beaucoup plus. Donc c'était juste un ressenti de, vous ne pouvez pas dire ça si vous avez l'info de telle chose. Donc faire en sorte qu'ensemble... on en apprenne davantage, on soit beaucoup plus informés, on se connecte au bon point d'entrée pour avoir de la visibilité sur ce qui se fait et demain pas pouvoir dire il n'y a pas de créateur de jeux vidéo sur le continent. Ce qui m'a donné envie c'était juste ça, je n'ai pas réfléchi plus que mon ressenti.

  • Ramata

    Très bien et du coup parmi les... Comment dire, les informations fausses que tu as pu entendre et qui ont fait que tu t'es dit, mais attendez, ça ne va pas. En fait, vous êtes en train de divulguer des informations, de partager des informations sur certains pays, sur certaines industries qui sont erronées. Quels sont les éléments qui t'ont le plus frappé ? Là, tu t'es dit, non mais là, c'est quand même, il faudrait que quelqu'un les corrige, les signale, parce que ça ne va pas du tout. Est-ce que tu peux nous citer une, deux, trois informations fausses qui ont vraiment fait que toi tu t'es dit non mais là c'est pas possible, je peux pas laisser passer ça ?

  • Ange

    Ok, je vais prendre des exemples au fur et à mesure qu'ils me viennent. Donc la première chose c'est quand on parle d'argent pour financer son entreprise. Je vais prendre ce qui est venu le plus spontanément. parce qu'on l'a beaucoup eu pendant le parcours d'incubation, d'initiation à la création d'entreprise. Il y a une plateforme qui s'appelle Opportunities for Youth, que je suivais pas mal à l'époque, et sur laquelle je voyais tout le temps passer plein de programmes pour les non-profits en Afrique, pour les startups en Afrique, pour les fellows en Afrique, plein de choses comme ça. Et donc quand j'entendais quelqu'un me dire que... non mais non on va trouver le financement ou il n'y a personne dans la famille qui va pouvoir nous donner le gouvernement les banques et je suis en mode mais enfin tape un peu sur internet et tu tomberas sur certaines offres sur certains concours sur certains pitchs que tu peux faire pour pouvoir obtenir ces opportunités là donc à partir du moment où tu as candidaté tu n'as pas eu ok viens me dire que ça n'a pas fonctionné like that's possible mais partir juste du principe que ça n'existe pas Parce qu'on n'a pas fait la recherche de se dire, OK, what is opportunities for youth, par exemple. Je pense que c'est quelque chose qu'on ne peut pas se permettre de dire. L'autre exemple, c'est l'exemple sur le voyage, le fait d'aller à l'étranger. Les gens, ou en tout cas, beaucoup de gens, ont mis dans leur esprit que voyager, c'est aller, par exemple, en Europe ou en Amérique du Nord, nécessairement. Donc, à partir du moment où c'est difficile, où... L'obtention du visa est compliquée pour ces destinations-là. En soi, les Africains, ils ne peuvent pas voyager. Ils n'ont pas de possibilité de voyager ou leur passeport n'a pas de poids, etc. C'est un passeport inutile, etc. Là où moi, récemment, justement, avec un proche, on était en train de regarder des destinations qu'on a envie de faire. On s'est rendu compte qu'en fait, il y a plein d'endroits où il n'y a pas besoin d'un visa. pour les Camerounais, des destinations qui me... Enfin, je peux même les regarder maintenant, mais des destinations improbables, en fait. Je me suis dit, ah, OK, donc je peux aller là, sans même avoir à rechercher un visa de monde à vous. Donc, c'est vrai que pour le rêve américain que tu t'es fait dans ta tête, à partir des films que tu as vus sur Netflix ou quoi, c'est vrai que ce ne sera pas compatible, forcément. Mais qu'est-ce qui te dit que ton bonheur, tu ne le trouveras pas dans un pays un peu plus proche ou dans un pays différent du... du modèle occidental, par exemple. Je pensais justement à l'exemple que j'ai donné tout à l'heure sur le fait qu'il n'y a pas de créateur de jeux vidéo, ou il n'y a pas de créateur de parfums africains, des produits qui sont à nous. Aller en Côte d'Ivoire, un richement cofibre comme ça, c'est un créateur de parfums, par exemple. Et c'est juste parce que tu ne prends pas le temps de faire la bonne recherche, la recherche qui va te donner l'information que tu pourrais avoir. ou que tu voudrais avoir, que tu ne le sais pas. Donc moi, je fais quand même un peu attention, enfin je ferai en tout cas attention, au genre de conclusions très générales que je tiendrai sur en Afrique, il n'y a pas, ou l'Afrique, ce n'est pas, ou machin, ce n'est pas. Quand on me demande, ok, dans ton expérience, comment c'est, je réduis toujours, je me ramène au Cameroun, je dis ok, pour ce que je sais du Cameroun, voici, voici, voici, mais si ça se trouve, dans les 54 autres, enfin 53 autres pays en l'occurrence, peut-être que les choses sont différentes, donc à rechercher.

  • Ramata

    Très bien, merci beaucoup d'avoir pris le temps de nous partager ces différents exemples, parce qu'effectivement, il y a une forme de généralité qui est souvent négative, qui est partagée sur l'Afrique, et autant sur les pays occidentaux ou sur beaucoup d'autres zones géographiques, je pense à l'Asie, elle bénéficie d'un stéréotype positif, alors que nous, on souffre. d'un stéréotype négatif. Et donc, finalement, comme c'est un stéréotype, c'est le principe du stéréotype, les gens ne vont même pas creuser ou chercher l'information. Le stéréotype est considéré comme étant la vérité. Et donc, nous, on doit lutter encore plus pour déconstruire ces stéréotypes.

  • Ange

    Mais vous savez, le stéréotype positif bénéficie d'autres zones du monde, pour ne pas les citer. Moi, ce n'est pas forcément un truc sur lequel je me focus parce que je me dis que c'est une histoire de soft power et bien sûr d'autres facteurs qui rentrent en jeu en termes d'histoire, etc. Mais je dis souvent, les gens me demandent, je vous prends un exemple. On a rencontré un proviseur récemment pour organiser la Hopka Académie, on a dit, ah mais du coup vous... Vous voulez empêcher les gens d'aller à l'étranger. C'est ça le but de votre association. Et les gens ont tendance à se dire que l'amour de quelque chose, c'est forcément le rejet d'autre chose. Alors que moi, ce n'est vraiment pas du tout ma conviction. Je travaille sur l'Afrique par amour pour l'Afrique. Et ça n'implique rien, ou ça n'insigne rien, ou ça n'associe rien pour autre chose, ou pour toute autre région du monde. Donc, toute la déconstruction du narratif négatif africain, c'est un travail que je fais. Avec un regard dirigé sur l'Afrique, je ne prends pas compte de « Ah, autres sont avantagés » ou « whatever, ou ils bénéficient de this and that » . Like, really, it's really not my focus. Et je tiens à le dire parce que c'est vraiment spontanément ce qui vient à l'idée aux gens. Like, first time, on parle de « OK » , c'est automatiquement ce qui vient à l'esprit.

  • Ramata

    Très bien. Je trouvais ça intéressant d'avoir ce point de vue-là. Et est-ce que toi, étant née au Cameroun, ayant fait une grosse partie de tes études là-bas et ayant poursuivi tes études en France, j'imagine que tu as rencontré forcément la diaspora africaine. Est-ce qu'en termes de connaissances de l'Afrique, tu vois aussi des personnes issues de la diaspora qui connaissent mal le continent ?

  • Ange

    Est-ce que je connais des gens ? qui connaissent mal le continent. J'en connais. En fait, là, je réfléchis, quand je généralise, c'est-à-dire quand je fais la moyenne des deux, de quel côté est-ce que la connaissance est la pire, je dirais ?

  • Ramata

    Après, sans forcément chercher à les classer,

  • Ange

    mais en fait, je pense qu'il y en a partout. Moi-même, quand je venais en France, ce n'était pas comme si j'étais le génie de l'Afrique. C'est Sciences Po et les cours que j'ai pu faire. Et à partir de là, le wokisme que tu développes en étant dans une école aussi politique, tu te mets juste à voir Instagram qui est 100% about l'actualité. C'est au fur et à mesure que moi-même, j'ai construit ma propre connaissance. J'aurais tendance à dire que c'est partout. Mais...

  • Ramata

    Parce qu'aujourd'hui, ton association, elle est plutôt dédiée aux jeunes qui sont sur le continent.

  • Ange

    C'est ça, exactement. C'est vrai qu'on a des gens qui soutiennent depuis la diaspora, etc. Mais que ce soit les membres de l'équipe ou bien les bénéficiaires, en fait, de ce qu'on fait, c'est toujours sur le continent.

  • Ramata

    Très bien. Parce que je me dis qu'il y a certains ateliers, en tout cas sur la connaissance de l'Afrique, qui... Finalement, quand on est dans une vocation pédagogique, on pourrait être ouvert à tous, en fait. Effectivement, c'est important que ce soit sur le continent, mais c'est important aussi que ce soit à l'extérieur, parce que si on a envie, en termes de soft power, d'impacter à un niveau global, ça peut être intéressant de s'assurer que le niveau de connaissance progresse mondialement.

  • Ange

    Ok, c'est une très bonne fois. Je vais vous donner un exemple. Moi, avant de lancer OPCA, j'ai fait beaucoup de choses pendant mes études. Et parmi ces choses, j'ai travaillé pour une association qui s'appelle Regards d'Afrique. Donc, j'ai été animatrice et ensuite responsable. Et en gros, c'était des ateliers qu'on faisait, des ateliers pour montrer la beauté de l'Afrique aux élèves du primaire en France. Donc on allait dans des écoles un peu bourgeoises, par-ci par-là, dans la ville de Reims. Et on faisait des ateliers pour les tout-petits. Je ne sais plus c'était quelle classe, ça devait être le CE1 ou des choses comme ça. Et j'ai déjà eu à le faire. J'ai déjà eu à le faire pour des cibles différentes. Mais j'ai l'impression un peu que ça m'affectait moins. En fait, tout simplement, émotionnellement, ça m'affectait moins que... Un jeune qui a grandi toute sa vie à Reims ne sache rien du Cameroun par exemple. À contrario d'un jeune qui a grandi toute sa vie au Cameroun, qui ne sache rien du Cameroun, vous voyez ce que je veux dire ? Ou qui a grandi toute sa vie au Kenya, qui ne sache rien du Cameroun. Quand on fait des ateliers et qu'on demande à un enfant, à Reims, c'est une ville en France, peut-être pour le public qui ne connaît pas, une ville à l'est de la France, et quand on demande à ce public-là de citer des pays, ils vont vous citer, je ne sais pas, l'Allemagne, le Canada, des choses auxquelles on s'attend. Par contre, moi, je pense que pour un atelier que je fais à Douala, en plein Bonamoussadi, un élève qui me dit quels sont les autres pays d'Afrique, le Canada, là, c'est problématique. Moi, ça me choque plus.

  • Ramata

    Très bien, je comprends. Moi, après, l'idée, c'est que je pense que la connaissance, c'est intéressant de la partager aux plus grands membres parce qu'en tout cas, il peut y avoir une méconnaissance de l'Afrique qui est très importante. pour des personnes issues de la diaspora, comme il peut en avoir sur le continent. Et la rencontre des deux, avec le même niveau de connaissances, elle peut être intéressante et riche sur quelles sont les opportunités à saisir et comment on peut rendre l'Afrique plus solide avec tous ces enfants, ceux de l'extérieur et ceux de l'intérieur. Toi, au niveau de tes études et de ton ambition à la fin de tes études, ce vers quoi tu as envie d'avancer ? Est-ce que tu as déjà une idée précise de ce que tu voudrais faire ?

  • Ange

    Alors là, je travaille déjà. Donc, en fait, pendant ma première année jusqu'à ma dernière année, je me suis dit que je voulais faire un truc en rapport avec mon continent. Donc, vous sortez du... Vous avez à peine le bac, 17 ans, il faut trouver au fur et à mesure ce que vous voulez faire. Donc, un pas après l'autre, je prenais des décisions. D'abord, je m'orientais plus vers l'univers des organisations internationales et ce genre de choses. puis apprendre les choses avec les personnes à l'intérieur des organisations internationales. Et elles ne nous recommandent pas forcément d'y aller. Donc, on se fait aussi une opinion sur le reste du monde, sur les autres industries qui existent. Et je me suis plutôt positionnée dans un cabinet de conseil avec une équipe spécialisée sur l'Afrique. Donc, on travaille pour des clients du continent pour leur mission de transfo sur le continent. Et ça, je trouve que c'est le... En fait, je suis tombée sur l'offre, mais complètement par hasard. Je ne connaissais pas du tout la boîte, etc. Mais je me suis dit, mais this is clearly for me. J'ai tout de suite envoyé mon CV, j'ai contacté un membre de l'équipe sur LinkedIn. Je l'aurais vraiment un peu forcé avec tous les membres de l'équipe parce que j'étais vraiment intéressée de rejoindre. J'ai dit à la RH, au deuxième entretien, au troisième entretien, puis à l'entretien avec le partner. Donc je pense que ce que je fais déjà aujourd'hui est en droite ligne avec ce que je veux faire, ce que je fais en dehors de mon travail, ce que je fais de ma vie, de mon soupe de vie. Je pense que ça me convient déjà très bien.

  • Ramata

    Très bien, super. Oui, je n'avais pas réalisé que tu avais déjà terminé tes études, mais là tu es déjà dans la vie active en fait.

  • Ange

    C'est ça, exactement. Mais depuis mars, on va dire mars dernier. Mars de l'année dernière. Oui, je suis entrée en stagiaire et ensuite en CDI.

  • Ramata

    Ok, très bien. Félicitations à toi.

  • Ange

    Merci, merci beaucoup.

  • Ramata

    Et donc toi, ce que tu disais, c'est que tu retournes tous les ans au Cameroun ?

  • Ange

    Alors, that's a story. En fait, au début, en tout cas à partir de ma première année, je rentrais chaque année. Parce que sur Onspo, il faut savoir que les cours vont de septembre à mai. Juin, juillet, août, trois mois au Cameroun, je ne dis pas non. Donc mes billets, je les prenais toujours six mois à l'avance parce que je savais déjà que les cours vont se terminer à peu près là, si on tient compte des rattrapages au cas où. Je prenais mes billets et je rentrais, je faisais trois mois et tout le monde me disait « mais Ange, tu prends l'avion comme le taxi, toi, what's going on ? » Donc je rentrais vraiment régulièrement. Maintenant, avec un CDI, je découvre les réalités. et je me rends compte qu'on ne peut pas rentrer faire trois mois. Quand je veux rentrer, ça coûte 2 000 euros. Il faut que je vois. Là, par exemple, je rentre en août faire trois semaines. Mais c'est trois semaines. On passe de trois mois à trois semaines. Il faut s'y faire. Et pareil, je me suis prise largement à l'avance. Mais je pense qu'au fil du temps, ça va... ça va changer. Entre 5 ans où tu rentrais 3 mois chaque année, maintenant on rentre 3 semaines chaque année, ça va être différent.

  • Ramata

    Complètement. Toi l'idée en tout cas de rentrer, quelque part de retourner chez toi, c'est quelque chose qui est important pour toi, de conserver ton lien avec le Cameroun ?

  • Ange

    Oui, oui, oui. En fait, moi, je ne vous inviterai pas chez moi parce qu'à chaque fois que j'arrive chez moi, ils me disent « mais Ange, pourquoi il fait aussi chaud dans ta maison ? » Ce n'est pas du tout « environment friendly » , c'est vrai, mais du coup, je n'arrive pas à supporter le froid. Je suis frigorifiée à mon bureau, frigorifiée dans les trains, enfin voilà. Donc, je n'ai vraiment toujours besoin d'avoir deux pulls, un immense manteau. et un peu de chauffage dans mon appartement. Donc en fait, comme on dit, entre mes amis et moi, on a trop duré au pays. Donc pour s'adapter à autre chose, c'est un peu compliqué.

  • Ramata

    Très bien. Et tu t'imagines plus tard retourner travailler là-bas ?

  • Ange

    Oui, oui, oui. That's for sure. C'est très clair.

  • Ramata

    Très bien, très bien, très bien. En tout cas, ça va aller dans le sens de cette association que tu as créée.

  • Ange

    Alors,

  • Ramata

    du coup, est-ce que tu peux nous rappeler, parce que bon, voilà, on va être très transparent, une association en termes de business model, ce sont les donations qui aident une association à se développer. Ce sont aussi les bénévoles qui sont disponibles, pourquoi pas, pour aider, pour accompagner lors d'ateliers. Donc là, du coup, c'est le moment pour toi de nous dire, de nous faire la liste de tout ce dont tu as besoin afin que les auditeurs puissent savoir comment on peut participer, contribuer. aider à développer cette initiative. Et puis moi, je mettrai de toute façon en note de l'épisode tous les éléments de mail, enfin de, comment dire, effectivement, mail et site internet de l'association pour qu'on puisse avoir effectivement des compléments d'information.

  • Ange

    OK. Alors, je vais être très terre-à-terre et très logistique pour les prochaines minutes. Donc, tenez bon, ça va aller. Pour organiser un atelier, on va dans l'établissement. on obtient l'accord du chef d'établissement. Donc le trajet de la personne, coordinatrice en l'occurrence, qui s'appelle Audrey, qui est responsable de tout ce qu'on fait sur le terrain à côté de Camerounet. Donc le trajet pour aller à cet établissement et obtenir l'accord d'établissement, c'est un truc qui... That's the first step. Ensuite, une fois que ça a été approuvé, il faut faire la programmation de chaque étape des ateliers. Donc, par exemple, là, on organise la Hopka Académie dans un lycée pour les classes de première et de terminale. Donc, la première semaine, ils vont avoir des ateliers un peu plus « icebreaker » pour parler de la réussite de manière générale. C'est quoi leur vision de la réussite ? S'ils voulaient créer une entreprise, comment est-ce qu'ils s'y prendraient ? Est-ce qu'ils savent même comment s'y prendre ? Dans un deuxième temps, enfin, focus sur l'entrepreneuriat, on leur passe des exemples de personnes qui ont fait un million de chiffres d'affaires par jour en Afrique. Et la troisième séance, c'est plus un focus sur LinkedIn, comment utiliser LinkedIn, comment se préparer à l'entrée sur le marché du travail via LinkedIn. Ça, c'est les trois étapes. Pour pouvoir aller sur le terrain, il y a des animateurs qui se déplacent pour couvrir les classes. Donc ça, c'est un coût dans le transport. Le transport, c'est vraiment notre ligne de dépense la plus élevée. Donc, il y a le transport des animateurs. On doit faire des certificats pour les élèves. Donc, pour... récompenser leur dynamisme, leur bonne participation, etc. C'est des choses qu'il faut imprimer, donc ça aussi ça a un coût. On organise à la toute fin un goûter avec tous les élèves qui ont participé, donc ça aussi c'est une ligne de dépense. Et les gens sont souvent surpris quand ils entendent tout ce qu'on fait, c'est-à-dire on fait le déplacement des animateurs, on fait le déplacement pour se coordonner avec l'établissement en amont. on imprime les certificats, le matériel en continue. Donc, s'il faut des feuilles format A4 pour écrire, il en faut, etc. Donc, les gens sont souvent surpris que pour nous, 1 euro, ça ait du sens. Mais c'est parce qu'en fait, on a chiffré déjà, en l'occurrence. Donc, 20 euros, moi, par exemple, ça me permet de couvrir 80 élèves sur une semaine, par exemple. Donc, tout le monde me dit, mais how do you manage it ? How do you make it ? C'est juste une question d'organisation and de calculations. Donc, en soi, si... Aujourd'hui, ce que je demanderais aux gens, c'est de ne pas se limiter, de se dire « Ok, moi, je ne suis pas capable de donner 50 euros, donc je ne donnerai rien. » That's not something to do. Même dans notre communication, quand on a lancé la campagne de dons, au début, on a eu zéro euro pendant les deux premières semaines. On s'est dit « On est en train d'organiser des ateliers pour montrer la force de LinkedIn. Allons chercher la force de LinkedIn pour organiser nos ateliers. » On a trouvé des gens. qui ont donné 1 euro, 5 euros, 1 euro, 5 euros, et on a atteint 150 euros, on a tout de suite lancé les ateliers, et aujourd'hui, on est en train de publier les résultats, montrer aux gens l'impact que leur 1 euro est en train d'avoir sur des jeunes, qui s'amusent, qui nous disent, mais pourquoi vous n'êtes là qu'une fois par semaine, on a envie de vous voir un peu plus longtemps, est-ce qu'il n'y a pas moyen de vous venir tous les jours, etc. Donc, concrètement, ce dont on a besoin, c'est de dons, sur notre GoFundMe, sur notre Orange Money, sur notre Mobile Money, Camerounais, sur notre Hello Asso aussi, donc ça c'est les trois. moyen pour pouvoir nous aider. Pour les personnes qui sont peut-être sur le terrain camerounais, donc qui travaillent dans des papeteries ou des supermarchés, donc pour ne pas avoir à acheter tout ce qui est format ou jus pour le goûter, ça c'est des choses qu'on veut bien avec grand plaisir recevoir de supermarchés ou de papeteries. Et voilà, c'est tout ce qu'il nous faut à nous pour vraiment organiser et concrétiser. On est une asso qui a réussi pendant longtemps. à fonctionner sur rien. Donc, on arrive à faire de grandes choses avec que de choses, tout simplement.

  • Ramata

    Très bien. Donc on est plus effectivement sur des fonds pour pouvoir faciliter l'organisation des ateliers. En termes éventuellement de compétences, est-ce qu'il y a des profils qui peuvent venir aider à réaliser un atelier ? Ou est-ce qu'il y a des compétences qui pourraient être intéressantes, que certains peuvent avoir et pourraient partager auprès de ces populations que vous accompagnez avec l'association ?

  • Ange

    Alors, deux cas. Dans un premier temps, la partie animateur. Donc s'il y a des étudiants dans la ville de Yaoundé qui nous écoutent, ou potentiellement dans la ville de Douala qui nous écoutent, nous on fonctionne par les jeunes pour les jeunes. Donc ce sont les jeunes qui animent auprès de leurs cadets plus jeunes. Donc ils sont formés pendant plusieurs séances, onboardés, etc. pour être en capacité de justement animer ces ateliers-là. Donc n'importe quel jeune qui serait motivé est disponible quelques heures par semaine ou sur le mois pour pouvoir animer ça avec grand plaisir, donc sur la partie animateur. Maintenant, pour la partie speakers, ça aurait été bien. L'enjeu, c'est que je vais vous donner un exemple pour que vous puissiez visualiser. On est dans des classes qui sont autour de, disons, 40. à 80 élèves par classe. Donc, pour pouvoir faire des ateliers qui se déroulent le mieux possible, on les divise en petits groupes et on anime auprès de chaque groupe à différents moments dans la semaine, sur leurs heures de permanence. Comme ça, on perturbe le moins possible le déroulé des activités de l'établissement, on embête le moins possible le proviseur, le responsable d'activité, etc. Donc, pour qu'un intervenant, avec son expertise, vienne prendre la parole, il faudrait, pour des questions d'égalité, qu'il vienne... à tous les créneaux horaires où tous les élèves sont répartis. Sinon, ça fait qu'il est venu un seul jour pour un seul groupe et tous les autres qui auraient pu bénéficier de son expertise ne vont pas bénéficier de son expertise. Donc, sauf si quelqu'un est disponible pour le faire autant de fois que nécessaire pour couvrir 80 élèves d'une classe, là, je serais partante. Mais du coup, pour la partie expert, c'est un peu moins un sujet. Nous, ce qu'on a vraiment besoin, c'est des animateurs qui sont prêts à animer le compte. qu'on a mis en place et des fins qui permettent à ces animateurs de se déplacer de manière régulière et d'imprimer les certificats des élèves.

  • Ramata

    Très bien, donc c'est une organisation bien huilée, c'est plutôt des foules dont on a besoin aujourd'hui, mais en termes d'organisation c'est déjà carré, donc ça c'est bon à entendre et à savoir. Je renouvelle le point. Un euro, ce n'est pas petit pour vous. Un euro, ce n'est pas petit pour vous. Ça permet vraiment d'organiser des ateliers. Du coup, il ne faut pas se dire qu'il faut forcément faire des dons énormes. Je réalise que ce dont je n'ai pas parlé avec toi, c'est au niveau de l'équipe avec laquelle tu travailles. Tu évoquais que la plupart des membres de l'association étaient au Cameroun. Mais est-ce que tu peux nous dire un petit peu qui sont... Comment se constitue ton équipe en fait et combien vous êtes au sein de l'association ?

  • Ange

    Alors là, on rentre dans la phase des difficultés. J'aime bien, c'est tant mieux. Toute la première partie était très positive et c'est tant mieux. Alors, historiquement, avec OPCA, ce qui a toujours été un problème, c'est le capital humain. Pas forcément le capital humain qui travaille à l'intérieur, mais juste le capital humain de manière générale. Donc, j'ai commencé toute seule. donc à animer ces débats-là, ces conférences avec les guests, etc. Au fur et à mesure, on a une personne qui a rejoint, on a une deuxième personne qui a rejoint, une troisième, etc. Aujourd'hui, pour les activités qu'on veut mener, on a Orane, qui est plutôt sur la partie communication, recrutement, gestion des publications, qui est une ancienne de Sciences Po aussi, donc elle a fait de la com à Sciences Po, etc. Sur le terrain, on a Audrey. Je veux dire, vraiment, tout ce qu'on fait, comme accord avec les chefs d'établissement, avec les responsables d'activités, etc. Elle, qui est une étudiante aussi sur le terrain, qui a sa propre asso également, donc on travaille avec elle. On a des ambassadeurs dans les écoles. Si jamais on veut faire part de nos activités, par exemple, j'ai parlé du programme African Youth Angels, de mentorat pour les jeunes. Donc, quand on voulait faire la publicité de ce mentorat-là, on passait par... tous les jeunes qu'on peut avoir dans des universités à travers les différents pays, on passait par eux pour passer l'info si jamais vous avez besoin de mentorat. Ça, c'est nos ambassadeurs. Dans l'équipe, on a aussi Séraphine qui était au Cameroun aussi. Là, elle s'est déplacée pour aller au Maroc, mais en tout cas, elle, elle est sur la partie actualité positive sur l'Afrique. Donc, elle continue à alimenter la communauté de personnes qui étaient là au tout début, quand on faisait les débats. avec des actualités positives sur l'Afrique. Elle fait notre voix-off sur quasiment toutes nos vidéos et aussi nos textes de manière générale, donc c'est elle qui s'en occupe. Il y a Jean-Philippe. C'est le dernier membre que je n'ai pas mentionné, mais du coup, c'est lui qui s'était occupé de notre activité la plus récente, qui était l'initiation à la création d'entreprise, ce qu'on peut appeler incubation, un truc d'immé. Maintenant, quand je parlais des difficultés, c'est qu'en fait, on a initié nos activités un peu au fur et à mesure à la demande. Donc, on commence les débats, les gens disent qu'ils ont envie d'avoir des outils concrets, donc on lance les conférences et on cherche de nouvelles personnes. Ensuite, on se dit, OK, pourquoi pas faire des ateliers, on cherche une nouvelle personne, etc. Donc, l'équipe a pas mal tourné. Et la difficulté, c'est que c'est des jeunes qui sont en pleine croissance, en fait, qui font leur vie aussi. Je prends l'exemple de Séraphine, qui de base était au Cameroun, ensuite s'est déplacée au Maroc pour ses études à elle. Donc, il faut énormément s'adapter dans ce projet-là à des gens qui sont sur X fuseaux horaires, avec X soucis de connexion Internet pour nos ambassadeurs, de coupure d'électricité pour nos ambassadeurs, etc. ... L'autre point aussi, en termes de capital humain, c'est vraiment la cible qu'on veut toucher. On touche des 15 à 25, 26 ans, pour qui, il faut se dire, récemment ça va un petit peu mieux, mais en 2021, 2022, etc., leur focus, c'était vraiment aller à l'étranger. Tu l'as. parlent afrique c'est comme si tu leur parles chinois mais me parle pas de ça en fait qu'est ce que ça m'a apporté je suis pas d'accord moi j'ai déjà mes projets il y a quelqu'un qui m'a dit un jour non ma vie c'est en france la personne n'a jamais quitté le camion de sa vie mais elle te dit non moi ma vie c'est en france je suis pas intéressée donc c'est la source de mes plus grands cauchemars au quotidien c'est vraiment persuader les africains de croire en l'Afrique, et puis gérer aussi l'évolution des jeunes au fur et à mesure qu'ils grandissent, au fur et à mesure qu'ils prennent conscience, etc. Voilà. Mais dans notre équipe, en tout cas, on a Séraphine, Orane, on a Audrey et puis Jean-Philippe avec les ambassadeurs.

  • Ramata

    Très bien, c'est noté. C'est bien de nous avoir partagé également les challenges parce que c'est important d'être dans une réalité concrète quand on présente des initiatives. Moi, j'avoue que j'apprécie les... Les témoignages qui parlent vrai, qui sont authentiques et qui parlent aussi des défis et des challenges que l'on rencontre et qui ne sont pas que dans une volonté de faire un storytelling où tout va bien. Je pense qu'il faut le dire quand il y a des difficultés, il y a des challenges. Après, de ce que je comprends, c'est la structure même de l'association qui veut ça, puisque l'idée, c'est d'avoir des jeunes qui vont aller partager, qui vont aller animer ces ateliers auprès d'autres jeunes. Donc, par définition, c'est ça. Ce ne sont pas des personnes qui vont rester sur le long terme, après à réfléchir si des personnes plus âgées installées, plus stables, ne peuvent pas avoir des duos en fait. Ce qui fait que le moment où le jeune s'en va, il y a toujours un backup d'une personne plus ancienne, mais disponible en fait pour pouvoir partager son savoir. Donc ça peut permettre un peu de stabiliser, mais en tout cas il est vrai que le principe... D'avoir un jeune qui parle à des jeunes, ce sera toujours plus convaincant que... Oui,

  • Ange

    c'est clair. Ils ne vont pas écouter, ils vont considérer que c'est un autre cours. Ce n'est pas l'ambiance qu'on a envie de créer dans les ateliers.

  • Ramata

    Très bien. Écoute, on arrive à la fin de cette interview. Moi, j'ai eu le plaisir à découvrir en détail ton parcours et également les enjeux, comment dire, et l'ambition de ton association. Comme je l'ai indiqué tout à l'heure, toutes les informations concernant l'assaut sont en note de bas d'épisode pour ceux qui voudraient donner, pour ceux qui voudraient échanger avec toi et pourquoi pas réfléchir à t'aider sur la partie capital humain, résoudre ou en tout cas t'aider à gérer tes challenges. Qu'est-ce que tu peux nous dire comme mot de la fin ?

  • Ange

    Comme mot de la fin ? Je dirais, pour la partie où vous avez dit de me contacter, il faut savoir que moi, je suis très, très, très, très, très, très, très ouverte à tout le monde. Donc vraiment, même si qui que ce soit écoute, et ce n'est pas forcément ce qu'il pourrait avoir à me dire ou ce qu'il pourrait avoir à apporter, contactez-moi dans tous les cas, on parlera et on verra bien ce qui se passe au bout de la conversation. Donc ça, c'est la première chose que j'ai envie de dire. La deuxième chose que j'ai envie de dire, c'est que le... Le combat en tout cas que nous on mène, c'est pas un combat facile, c'est pas un combat qui au quotidien est sain pour des jeunes de 22 ans qui eux-mêmes ne sont pas encore pleinement consolidés. Donc je pense que... C'est quelque chose qu'il faut savoir valoriser, en fait, valoriser ce qu'on essaie de faire. Et tout soutien, en l'occurrence, tout soutien sera bon à prendre, sera reçu avec la plus grande gratitude. Et même ne serait-ce que des conseils ou bien juste des échanges, on le prend avec beaucoup de gratitude. Donc, je suis reconnaissante d'avoir pu en parler, de me prêter à l'exercice d'interviewer des personnes, plutôt que d'interviewer moi, plutôt que d'interviewer des personnes. Et j'espère que d'autres portes s'ouvriront pour PopCat dans le futur. Très bien.

  • Ramata

    Écoute, c'est l'été. Et je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

  • Ange

    Merci beaucoup. Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout.

  • Ramata

    Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Salut ! Je vous invite également à cliquer sur les 5 étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

Chapters

  • Introduction au podcast et présentation d'Ange

    02:49

  • Présentation de l'association Hopka et de ses objectifs

    03:53

  • Parcours d'Ange et création de l'association

    04:31

  • Les actions et initiatives de Hopka pour les jeunes

    08:57

  • Ambitions futures et impact de l'association

    13:27

  • Témoignages et retours d'expérience des jeunes

    18:02

  • Appel à l'action et conclusion de l'épisode

    44:04

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