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Africa Fashion Tour

Ayse Sissoko, journaliste pour Brut Afrique

Ayse Sissoko, journaliste pour Brut Afrique

1h01 |03/04/2025
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Ayse Sissoko, journaliste pour Brut Afrique

Ayse Sissoko, journaliste pour Brut Afrique

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Description

Comment Aysé Sissoko a réalisé son rêve d'enfant? Devenir journaliste engagé dans la promotion de la culture africaine ?

De la passion pour la musique africaine à une voix influente dans les médias :

Aysé Sissoko est une journaliste passionnée, spécialiste de la culture africaine et de sa diaspora.

De son amour pour les artistes africains à ses interviews percutantes sur Brut Afrique, elle a su imposer sa voix et son expertise dans le paysage médiatique.

Dans cette interview, Aysé Sissoko nous partage son parcours atypique, ses débuts dans le journalisme, ses expériences à Jeune Afrique et Trace, et son engagement à mettre en lumière les talents et les réalités du continent.

Elle nous parle également de son rôle de journaliste à Brut Afrique, de ses voyages à travers l'Afrique et de sa volonté de donner une image positive et authentique du continent.

Un témoignage inspirant qui offre une perspective unique sur les enjeux de la culture africaine dans les médias et sur le rôle crucial des journalistes pour valoriser les talents et les réalités du continent.

Pour suivre Aysé sur Instagram et sur Brut Afrique

Africa Fashion Tour poursuit chaque semaine l'exploration des industries culturelles et créatives africaines avec des interviews d'entrepreneurs passionnés qui s'interrogent sur les questions de diversité et de représentation. Chacun des invités du podcast est passé du questionnement à l'action pour proposer des solutions concrètes, des business model vertueux pour promouvoir l'Afrique à travers les soft power.


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A très vite en Afrique ou ailleurs


Ramata Diallo 


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Ayse

    Moi, je pense que c'est vraiment la force des réseaux sociaux. C'est la force des réseaux sociaux. Il y a plusieurs facteurs. Il y a les réseaux sociaux, avec le développement de TikTok, par exemple. Aujourd'hui, tu vois qu'il y a beaucoup d'artistes qui se font connaître parce qu'ils ont des trends. Ils ont des trends, des sons qui marchent sur les réseaux sociaux, donc ça leur donne beaucoup de force. Il y a beaucoup d'artistes qui, tu vois, aujourd'hui, qui arrivent grâce à TikTok, grâce aux réseaux sociaux, à remplir des salles, à faire des concerts. Donc ça, c'est énorme. Et puis, il y a aussi tout ce qui est qualité des clips, qualité des visuels, les directions artistiques des artistes. Je pense que les gens s'identifient beaucoup à ça. Et pour finir, il y a tout ce qui est plateforme de streaming. Quand tu as des artistes, tu as des plateformes comme Spotify, Deezer ou Apple Music. C'est beaucoup plus facile d'accéder à certains morceaux, à certains sons. Donc aujourd'hui, je pense qu'il y a une avancée dans les technologies. qui concerne la musique.

  • Ramata

    Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà. Ce podcast... est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. Je suis Ramata Diallo, je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode. En 2017, j'ai hésité à ma première Fashion Week en Afrique et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode. en Afrique. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine. Aujourd'hui, je suis en compagnie d'Aïssé Sissoko, qui est journaliste pour Brut Afrique. Elle est spécialisée dans les rubriques culture et musique du continent africain et de la diaspora. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse me parler de son parcours de journaliste dédié à la création de contenus de promotion de l'Afrique. Bienvenue à Aïssé, comment vas-tu

  • Ayse

    Je vais bien et toi

  • Ramata

    Ça va très bien, je suis ravie de pouvoir te retrouver pour ce moment d'interview. Ça fait longtemps qu'on échange, qu'on se croise à des événements et qu'on parle. Quel est ce moment Mais Sally, le moment est venu de tout savoir sur Iceso.

  • Ayse

    Encore merci, vraiment ça me fait plaisir de pouvoir partager mon expérience et de faire ça avec toi.

  • Ramata

    C'est cool. Je vais commencer cette interview, comme je le fais toujours, je vais te demander de te présenter.

  • Ayse

    D'accord, alors moi c'est Aïssé Sisoko, je viens d'avoir 30 ans, je suis journaliste comme tu l'as bien dit, spécialisée dans tout ce qui est musique africaine, culture, mais pas que. Je suis aussi des sujets liés à la société, toujours au niveau du continent africain. Je voulais dire aussi que moi, le journalisme, c'est toujours ce qui m'a passionnée depuis longtemps. Donc on va dire que j'ai... On va dire que je suis allée à l'école, j'ai étudié, mais j'ai été beaucoup autodidacte. Mais je pense qu'on aura l'occasion d'en parler. Donc voilà, je ne sais pas vraiment comment je peux me présenter.

  • Ramata

    Très bien.

  • Ayse

    Alors,

  • Ramata

    effectivement, on va avoir l'occasion d'en parler puisqu'on a une heure d'échange de prévue ensemble. Moi,

  • Ayse

    de ce que je comprends,

  • Ramata

    ce que tu me dis là, c'est que toi, tu as toujours voulu évoluer dans le domaine du journalisme.

  • Ayse

    Exactement.

  • Ramata

    On peut parler des études que tu as faites. Est-ce que c'est vraiment des études qui sont liées à une école de journalisme pour devenir journaliste ou est-ce que tu as étudié dans un autre secteur

  • Ayse

    Déjà, comme tu l'as bien dit, j'ai toujours voulu être journaliste. Mais au début, j'ai vu que les écoles de journalisme étaient assez chères. Donc, ce que j'ai fait, c'est que j'ai commencé par un parcours classique. Je suis partie en droit. Je n'ai pas aimé. J'ai changé de filière encore une fois. Je n'ai pas aimé. Et au bout d'un moment, je me suis dit, mais attends, tu veux être journaliste, il faut bien que tu ailles à l'école. Et donc du coup, j'ai commencé à bosser en tant qu'étudiante dans un magasin. Donc j'ai pu par la suite financer un peu mes études. Donc en gros, j'ai fait une école de journalisme, c'est l'Institut européen de journalisme. J'ai fait trois années. Donc ça m'a permis de développer tout ce qui était cours de journalistique au niveau de la radio, au niveau de la télé, du montage, audio et vidéo. Et puis aussi l'écriture. Donc voilà mon parcours journalistique. Après, ce qu'il faut savoir, c'est qu'à côté de ça, j'ai monté un média qui s'appelle African Move. avec une amie qui est dédiée à la culture africaine. Donc c'est là, c'est ce qui m'a permis vraiment d'expérimenter le métier de journaliste au travers d'interviews que je faisais moi-même, que je montais moi-même, que j'écrivais moi-même. Donc c'est ce qui m'a permis, on va dire, de consolider mon expérience journalistique aussi.

  • Ramata

    Très bien, donc c'est intéressant que tu précises ça, parce que du coup tu as vraiment le background, on va dire,

  • Ayse

    pédagogique,

  • Ramata

    scolaire d'un côté. Et puis de l'autre côté, tu as vraiment cette expérience que tu mènes avec une amie. Et ce média, du coup, il avait... Donc tu parles de faire les interviews, faire les montages. Du coup, c'était un média qui avait une présence en ligne, qui était un média papier. C'était quoi comme support exactement

  • Ayse

    C'était un média en ligne. Donc on était sur Instagram, Facebook, Twitter, et on avait un site Internet. Et ce qui était intéressant, c'est que quand on a commencé, on s'est d'abord intéressé aux artistes de la diaspora. Donc les artistes africains de la diaspora, on allait sur les événements, parce qu'à Paris, avant, il y avait pas mal d'événements dédiés à la culture africaine. Donc on avait le Melty Crew, le Battle Afro, etc. Donc on allait souvent sur place, on faisait des stories. Ah non, les stories n'étaient pas encore là. On faisait des photos, on faisait des petits articles qu'on postait directement sur Instagram. Et après, par la suite, on a vu que... Les gens s'intéressaient de plus en plus aux médias, donc on a commencé à interviewer des artistes africains qui venaient à Paris, des artistes comme Loco ou en voire plein d'autres. Et ça nous a permis de gagner en autorité. Mais on était toujours dédiés, on était toujours sur la plateforme en ligne. On était toujours en ligne.

  • Ramata

    Très bien. Et tu parles au passé, donc aujourd'hui ce média n'existe plus

  • Ayse

    Il existe toujours, mais après je veux dire qu'on a... pris des chemins un peu différents. Après, moi, je me suis un peu plus consacrée à ma carrière journalistique. Voilà, tout simplement.

  • Ramata

    Ok, très bien. En tout cas, je pense que cette expérience-là et le fait d'aller sur le terrain pour faire les interviews, c'est vraiment ce qui t'a permis de prendre goût et de... Comment dire définir ce qu'allait être ton métier par la suite.

  • Ayse

    Exactement. En fait, ce que j'ai oublié de préciser, ou que je n'ai pas encore précisé, c'est que moi, j'étais passionnée de la musique africaine depuis toute petite. La musique, c'est vraiment... J'aime trop dire ça, c'est mon oxygène. Ça veut dire que quand j'étais petite, j'écoutais beaucoup de musique mondaine. J'écoutais jusqu'à maintenant la musique mondaine, donc Saïf Kéita ou Moussa Garé. J'avais aussi... Mon papa écoutait beaucoup la rumba congolaise, donc Pépé Kalé, Mathilde Oussisten, etc. Et enfin, j'écoutais moi-même beaucoup de Coupé des Galets. Et j'ai nourri cette passion pour la musique depuis tant d'années. Et du coup, moi-même, ce que je faisais, c'est que j'aimais bien lire un peu les interviews des artistes, regarder aussi les paroles des chansons et tout ça. Et ça m'a donné le goût vraiment à la musique africaine. Et après, je sais que je voulais être journaliste et que je voulais être journaliste pour la culture et pour les artistes. Parce que moi, je voyais les émissions... Les animateurs qui ont interviewé, moi, ça me donnait envie de le faire aussi. C'est comme ça que j'ai nourri ma passion pour le journalisme musical. On va dire ça comme ça. Très bien,

  • Ramata

    super. En tout cas, c'est intéressant d'avoir quelqu'un qui avait un rêve d'enfant que tu as nourri depuis que tu es petite et que toi, aujourd'hui, tu as réalisé ton rêve. En tout cas,

  • Ayse

    dans le fond de ton monde. Oui, j'ai réalisé mon rêve parce que, comme je l'ai dit tout à l'heure, il y a pas mal d'artistes que j'ai écoutés que j'ai interlové. Donc, quand tu écoutes des artistes quand tu étais plus jeune, et les voir en face de toi, ça fait quand même quelque chose. C'est impressionnant. Et puis là, tu te rends compte que ça a été un long chemin, mais j'ai persévéré dans ce que je voulais faire. Et ça, pour moi, c'est une grosse fierté pour moi. Et c'est une grande fierté aussi pour mes parents. À chaque fois que je fais un artiste malien, par exemple, ils sont toujours contents. Ils mettent dans leur story sur WhatsApp, ils envoient et tout. Donc vraiment, c'est une grosse fierté pour moi. Et voilà quoi.

  • Ramata

    Très bien. Très bien. Du coup, c'est super important et intéressant. On partage ça, qu'en fait, on peut avoir vraiment une ambition petite et puis s'organiser, se préparer pour pouvoir atteindre ses objectifs.

  • Ayse

    Exactement.

  • Ramata

    Toi, tu fais tes études, tu fais ton propre média. Et à partir de quel moment est-ce que tu commences à travailler pour d'autres médias Est-ce que c'est tout de suite après la fin de tes études

  • Ayse

    Après la fin de mes études, j'ai fait un stage à Jeune Afrique. C'était un petit stage mais qui m'a beaucoup servi aussi parce que j'ai fait des articles sur le web, j'ai fait des articles avec certains artistes, donc ça a été vraiment très bénéfique pour moi. Et au sortir de Jeune Afrique, j'ai eu la chance de travailler dans le Média Trace en tant que Community Manager d'abord, puis Social Media Manager. et je m'oubliais en fait des réseaux sociaux de Trace Africa et de Trace Urban. Donc je faisais la partie réseaux sociaux, mais mon amour pour les interviews et les artistes a fait que j'ai interviewé énormément d'artistes africains, il y en a pas mal qui sont venus au bureau que j'ai interviewé, donc on va dire que j'ai apporté mon expertise musicale aussi avec les artistes. Et donc, ça c'est grâce à... non seulement c'est grâce à mon expérience dans la musique africaine, mais c'est aussi grâce à mon expérience avec le média que j'ai pu arriver à Thrace. Et Thrace, c'était très... Même le fait que je ne faisais pas d'interview, Thrace était très axée sur les réseaux sociaux. Et j'avais cette envie-là de retourner dans le journalisme pur. J'avais envie d'être sur place, de faire du reportage, d'être sur le terrain. Et il y a l'occasion de Brut qui s'est ouverte à moi. À la base, c'était pour être community manager que j'avais postulé. Et Dieu a fait que... finalement, j'ai été recrutée en tant que journaliste. Et depuis l'an ennui, j'ai pu petit à petit faire des interviews encore ici, faire des reportages, des super reportages, voyager un peu partout. Et ce qui est super, c'est que j'ai pu développer aussi d'autres compétences, parce que c'est vrai qu'à l'école, j'ai appris le montage, mais je ne savais pas monter des sujets de A à Z, comme je le fais maintenant. Donc on va dire que c'était super bénéfique pour moi. Surtout quand je suis arrivée à Brut, je me disais, oh là là, qu'est-ce que je fais là Est-ce que c'est vraiment pour moi Est-ce que je suis capable de le faire Les débuts ont été assez compliqués parce que les sujets n'étaient peut-être pas très bien concisés et tout. Mais je pense que c'est beaucoup de confiance en soi, c'est beaucoup de terrain, c'est beaucoup de rencontres. Et voilà, voilà un peu. mon histoire de la réunion à Brut.

  • Ramata

    C'est intéressant que tu reviennes comme ça sur l'évolution de ton parcours et l'opportunité de... Tu commences par l'Afrique, ensuite Tras, et ensuite Brut Afrique. Donc, toi, tu es entrée en Afrique dès le départ dans ta carrière. C'était clair et net que tu allais travailler en Afrique. Il n'y a pas eu de petites bifurcations vers d'autres médias.

  • Ayse

    Non, moi, je savais que je voulais toujours être journaliste pour l'Afrique. Ça me tenait à cœur et je voulais vraiment, vraiment travailler pour l'Afrique. Ça, c'est quelque chose que j'ai toujours dit et j'ai toujours m'applique. Et j'ai eu la chance, franchement, je ne me plains pas de toujours travailler dans un métier dédié à l'Afrique.

  • Ramata

    Très bien. Je pose la question maintenant. Après, c'est peut-être une question de fin d'interview, mais écoute, tu me corrigeras vu que c'est toi l'expert. Est-ce que toi tu as le désir à un moment donné dans ta carrière de recréer à nouveau ton propre média

  • Ayse

    C'est quelque chose qui est possible parce que tu sais il y a beaucoup de gens qui me disent mais franchement ce que tu fais c'est incroyable, tu fais interview tellement d'artistes et tu mets beaucoup d'amour, beaucoup de passion, pourquoi est-ce que toi aussi tu ne ferais pas ça encore toi Donc c'est quelque chose qui est envisageable et ce qui est bien c'est que moi de base je voulais... je voulais vraiment construire ma carrière, mais je voulais aussi me forger une personnalité. Quand je dis une personnalité, c'est vraiment me retrouver, trouver mon identité, parce que il faut savoir que moi, quand j'ai commencé, j'étais hyper timide, hyper enfermée, et le fait, c'est d'avoir de pouvoir travailler dans un média où tu as l'opportunité de voyager, tu as l'opportunité de rencontrer des gens, ça m'a forgé un caractère, ça m'a forgé aussi une personnalité, ça m'a permis de... de sortir de mon cadre habituel, de faire aussi mes peurs, mes stress. Donc voilà, je pense que j'avais besoin de passer par une étape média pour pouvoir me retrouver en tant que personne. Donc voilà un peu.

  • Ramata

    Très bien. Donc peut-être un jour un média à essayer, mais pas forcément tout de suite.

  • Ayse

    Voilà, exactement.

  • Ramata

    Très bien. Donc il y a vraiment chez toi le côté musique,

  • Ayse

    culture,

  • Ramata

    très très fort. Et la verticale Afrique était très, très importante aussi. Toi, tu es journaliste, on va dire, de terrain, puisque toi, tu vas aller au concert, tu vas aller au contact. Est-ce que tu peux nous expliquer peut-être la différence qu'il peut y avoir entre quelqu'un qui va plutôt, comment dire, rédiger des piges et quelqu'un qui va aller créer du contenu vidéo sur le terrain

  • Ayse

    Quelqu'un qui rédige des piges, bon, en fait, il va rester un peu au bureau. Donc lui, les informations, il va un peu, ce sera plus des appels, ce sera plus des interviews qu'il fera sur place. C'est-à-dire sur place, c'est-à-dire qu'au bureau, par exemple, on peut faire des visios pour construire un peu son sujet. Tandis qu'un journaliste de terrain, lui, il va vraiment à la rencontre des gens. Donc il va à la rencontre des gens, il crée des souvenirs là-bas. Il a aussi des informations qui sont davantage vérifiées. Et quand il est sur place... Ce qui est génial, c'est qu'il y a le côté authentique. Ça veut dire que quand tu arrives sur place, tu rencontres ton personnage et puis tu te rends compte qu'il y a des choses que tu as lues sur la personne que tu n'avais pas vues. Et ça, c'est vraiment génial. Mais je trouve que les deux boulots sont intéressants parce que quand tu es plus un journaliste de desk pitch, tu développes tes compétences, tout ce qui est montage et écriture, etc. Donc je trouve que c'est deux faces qui sont complémentaires, je trouve, pour moi. Je ne sais pas si j'ai bien expliqué, mais en gros, c'est la définition que je donnerais.

  • Ramata

    Très bien, c'est très clair. Du coup, qu'on sache qu'en fait, moi, c'est pour vraiment aussi que l'audience, le métier de journaliste, en fait, quand on le voit de loin, parfois, on peut penser que c'est celui qui présente du journal de télévisée avant tard et qu'on ne sait pas toutes les missions que l'on peut avoir en tant que journaliste. Et je pense que quand on voit une vidéo brute, on ne réalise pas forcément... le nombre d'heures de tournage qui sont faites.

  • Ayse

    Exactement.

  • Ramata

    Et quand tu les fais pour pouvoir arriver à une vidéo de 5 minutes impactante. Est-ce que tu peux parler aussi de ça Est-ce que toi, quand tu arrives à un event, tu sais déjà comment tu veux monter la vidéo et quels sont le type d'images que tu veux chercher Ou est-ce que c'est au moment de faire le montage que tu te dis, ah bah tiens, ça, ça ira bien à tel moment Comment est-ce que... raconte-nous un peu comment ça se passe la création d'une vidéo.

  • Ayse

    Ok. Alors, en général, d'abord, trouver le sujet. Trouver le sujet, trouver l'angle du sujet, ça veut dire que c'est vrai que tu as trouvé le sujet, mais il faut trouver un angle qui rentre dans la ligne éditoriale de Bluewood. Ça veut dire par exemple, je ne sais pas moi, si je vais rencontrer une maman qui est maman à Pistion, qui a un business. Donc voilà, ça c'est vraiment un angle intéressant pour nous, comment elle a créé son business, etc. Donc il y a ça. Une fois que tu as fait ça, tu as quitté la partie, contacté le perso. Donc tu contactes le perso, tu lui expliques un peu comment ça va se dérouler, tu lui montres un peu ce qu'on a fait, est-ce que ça peut l'intéresser, etc. Une fois que le perso accepte, tu vois, tu vas travailler en amont sur un script. Donc le script, c'est, on va dire, le déroulé de ton reportage, qu'on divise généralement en séquences. Donc dans chaque séquence, en fait, ça va correspondre à un lieu, par exemple. Par exemple, je ne sais pas, on retrouve la tata. D'abord à la maison, donc elle nous parle de son quotidien, comment elle a commencé, etc. Ensuite, on retrouve dans la séquence 2, la tata sur son lieu de travail, par exemple au marché, si c'est là-bas qu'elle vend. Et là, elle nous explique comment elle travaille au quotidien. Ensuite, par exemple, une autre séquence où elle est avec ses enfants, qui vont lui parler un peu de leur maman, etc. Donc, c'est vraiment comme ça qu'on construit un sujet. Une fois qu'on a construit le sujet, on arrive à la partie... On a récupéré les rushs, donc les rushs c'est les vidéos qu'on a tournées, on dépose tout dans notre ordi et tout ça, et on commence le montage. Donc en fait le fait de faire un séquencier, ça permet d'avoir déjà une idée de comment est-ce que tu vas monter ton sujet. Mais moi il m'arrive parfois, quand je regarde les rushs, de voir des choses un peu plus intéressantes, de dire ah ouais, finalement je pense que je vais plutôt mettre ça, je vais plutôt changer l'ordre en mettant ça Tout va dépendre de la manière dont tu veux monter ton sujet et de la manière dont tu veux raconter ton histoire. Donc, c'est vraiment ça. Et ça, c'est plutôt quand tu es sur le reportage vidéo d'un perso. Mais quand tu es sur un concert, c'est à peu près le même déroulé. Ça veut dire que quand tu arrives sur place, tu as soit... Moi, en fait, à Bruton, on a deux choses. Soit on fait... On fait... Tout en instantané, ça veut dire que quand on arrive au concert, on filme des backstage, qu'on poste directement sur les réseaux sociaux. Par exemple, je ne sais pas moi, quand l'artiste se prépare et dit un mot, son entrée sur scène, quand il chante un titre phare ou bien quand il a un featuring avec un artiste. Donc on est vraiment dans la manière, dans l'instantané. Quand on veut faire plutôt un reporting du concert, là c'est vraiment, on part du début, ça veut dire... avant que l'artiste monte sur scène, c'est-à-dire quand il... Par exemple, on va le chercher à nous. Ça, c'est typiquement des attaques que j'ai obligées de faire. On va le chercher, par exemple, dans son hôtel. Ensuite, quand il vient, on va le mettre dans la voiture. Donc là, on parle un peu de lui, de comment il se sent. On arrive, on arrive dans la salle. Là, c'est plutôt les balances. Ensuite, bon, les balances, c'est un peu comme ça se passe. Ensuite, on a la partie préparation, stress, patati, patata. Et ensuite, la montée sur scène. Donc j'ai toujours un peu dans ma tête la manière dont je vais construire mes sujets. Mais bien sûr, il y a les managers, les attachés de presse, ils peuvent proposer d'autres alternatives, d'autres choses qu'on peut prendre. Donc voilà un peu. Et ce qui est intéressant dans les reportages, c'est que toi par exemple, tu as une idée en tête. Et quand tu arrives sur place, tu te rends compte qu'il y a des choses beaucoup plus belles à raconter, ou que la personne n'a pas dit quelque chose que tu ne savais pas. En fait, elle a dit une chose que tu ne savais pas, et c'est ça qui a créé l'authenticité d'un reportage. Je me souviens que j'avais tourné avec une maman autiste, une maman qui a un fils qui est autiste, excuse-moi. Et ce qui était cool, c'est que la maman m'a dit oui, mon fils est autiste et tout ça, et tout ça. Et quand je suis arrivée sur place, je me suis rendue compte qu'en fait, ils avaient... Voilà, elle avait une petite maison, son mari l'avait abandonnée quand l'enfant est né et tout. Donc du coup, ça crée une sorte d'authenticité à ton histoire et toi-même, en tant que journaliste, ça te sert de son. Et tu te dis Wow, après ça, je ne le savais pas Moi, il y a beaucoup de choses qui m'ont... À chaque fois que j'ai fait des tournages, il y a beaucoup de choses qui m'ont glacée. Donc c'est ça aussi être journaliste, c'est faire des rencontres inattendues et avoir des expériences uniques. Donc voilà un peu comment ça se passe.

  • Ramata

    Très bien, super intéressant que tu nous partages ça. C'est qu'il y a une part très organisée, carrée, pour faire un montage et que le montage peut être, comment dire, impactant pour Brut. Et puis après, il y a une part qui est liée à l'émotion et à, tu es dans l'implaisant et du coup... tu peux à un moment donné être saisi par, capturé à un moment inattendu qui va être l'élément phare de la vidéo.

  • Ayse

    Exactement, moi en fait je veux toujours faire ressentir, pour ressortir le meilleur d'une personne, le côté humain d'une personne. Pour moi c'est ça qui fait qu'un sujet est authentique et quand tu regardes par exemple la ligne éditoriale de Brut, c'est toujours des histoires un peu originales, un peu uniques. Je pense que c'est ça qui fait aujourd'hui que les gens regardent beaucoup nos pages, c'est qu'on a ce truc-là de chercher des sujets. qui sont différents. On va en contact des gens, on laisse parler des gens qui ont des témoignages uniques. Par exemple, j'avais fait un monsieur qui vendait des jeans, enfin qui transformait des jeans en Côte d'Ivoire, c'est-à-dire qu'il avait des jeans qu'il se utilisait, il les découpait, etc. Et je trouvais que le gars avait une histoire de fond parce qu'il a grandi en Nigeria, il est arrivé en Côte d'Ivoire et tout. Et c'est ça, en fait, c'est que le gars, en fait, il est hyper faible, il est hyper authentique. Et quand tu vois les commentaires, les gens disaient, Mais waouh, il est trop drôle, il est trop intéressant, il est comme ceci, il est comme cela. Donc, moi, c'est ça, en fait, c'est que les gens puissent remarquer, en fait, ce que j'ai voulu dire et ce que j'ai voulu transmettre dans la vidéo. Donc, voilà. Très bien, très intéressant.

  • Ramata

    Est-ce que tu peux nous parler maintenant Donc, moi, j'ai envie d'aborder un petit peu le secteur des médias. C'est quand même un, comment dire Un business assez particulier où on a vécu plusieurs révolutions dans l'univers du média.

  • Ayse

    À un moment,

  • Ramata

    c'était beaucoup le média papier, les magazines. En tout cas, étant plus jeune, j'ai acheté des Cosmo,

  • Ayse

    des

  • Ramata

    Maisons. J'ai vraiment le support papier. Aujourd'hui, on est vraiment 100% digital. Donc, le support papier, c'était quand même du revenu pour le média, puisqu'on allait acheter notre magazine. Aujourd'hui, quand on est en ligne, on achète. pas, on regarde gratuitement. Donc, ça marche comment un média aujourd'hui C'est quoi le business modèle, sachant que quand vous êtes sur le digital comme ça, nous, en tout cas, en tant que consommateurs, on accède gratuitement.

  • Ayse

    Alors, il y a deux côtés, il y a le volet un peu plus les vues, donc les vues, les vidéos qui sont momentisées quand elles font plus de 3 minutes. Donc ça, c'est vraiment un revenu d'argent. Mais on a aussi tout ce qui est brand content, ça veut dire qu'en fait on travaille avec des marques, on travaille avec des structures qui eux demandent à faire des vidéos. Et du coup c'est comme ça aussi qu'on se rémunère quoi. Parce que c'est vrai qu'on a des vidéos éditoriales classiques, mais il faut aussi que le média puisse vivre. Il faut aussi qu'on puisse mettre en avant des marques. Je prends l'exemple de Spotify. Sur Brut par exemple, quand tu travailles avec Spotify, tu peux travailler par exemple sur des contenus un peu vidéo, sur des contenus live, etc. Donc c'est vraiment le brand content quand tu regardes les médias aujourd'hui. C'est beaucoup de brand content parce que c'est ce qui permet aussi de rémunérer le média.

  • Ramata

    Très bien. Donc du coup, il y a une partie du contenu qui va être un peu sponsorisée par une marque. On va sur votre plateforme. et vraiment la ligne éditoriale de Brut.

  • Ayse

    Aujourd'hui, en fait,

  • Ramata

    le média dans lequel tu interviens, on a parlé, c'est Brut Afrique, c'est vraiment une déclinaison de Brut, qui est plutôt français ou occidental. Alors, je ne sais pas, ça fait combien de temps qu'ils ont fait la déclinaison Afrique, mais est-ce que toi, tu peux nous parler un petit peu de l'histoire et de ce qu'il y a derrière la volonté d'à un moment donné se dire en fait, on va faire une déclinaison Afrique et puis on va aller créer des... ou on va s'intéresser à la mise en avant, la valorisation de profils africains, soit basés sur le continent, soit alors issus de la diaspora.

  • Ayse

    Moi, ça fait... Je suis arrivée, on va dire, au début de Brutafrique, avant que Brutafrique ne devienne pas la base. Brutafrique, c'était décliné en plusieurs pages. Donc, il y avait Brut-Tunisie, Brut-Côte d'Ivoire, Brut-Sénégal et Brut-Maroc. Et donc du coup, avant même que Blood soit créé, moi ce que j'ai compris c'est qu'on se rendait compte qu'en Afrique aussi, on a trop de belles choses à raconter. Le continent il est magnifique, on a des entrepreneurs, on a des gens qui ont des initiatives, on a des paysages, on a plein de choses. Et on s'est dit pourquoi pas, moi c'est ce que j'ai compris, on s'est dit pourquoi pas reproduire les histoires. des brutes en Afrique. Et les gens ont tout de suite adhéré, les gens ont tout de suite adhéré, parce que justement, je pense que ça manquait de médias qui racontaient des histoires vraies et le côté positif de l'Afrique. Et quand tu regardes aujourd'hui, il y a beaucoup de médias aujourd'hui qui s'inscrivent un peu du modèle des brutes pour faire des bons portages, surtout en Afrique. Je ne sais pas si ça répond à ta question, mais en gros, c'est un peu ça.

  • Ramata

    Ça répond complètement. C'est intéressant de voir que il y a À un instant T, en fait, il y a eu une volonté de consolider différentes initiatives un peu par pays, de se dire on va en faire un truc plus costaud, mais quelque part, les initiatives par pays, ça a permis de tester, de voir, tiens, ça fonctionne, on a une audience, on a des gens.

  • Ayse

    Oui, justement, pour parler de ça, en fait, ce qui a fait que les déclinaisons sont devenues une page globale, c'est qu'on avait fait des... On était allés dans plusieurs territoires, en dehors de nos territoires, les 4 premiers territoires, et on s'est rendu compte que les gens nous suivaient de partout. Les gens demandaient Mais pourquoi vous venez pas en Guinée Pourquoi vous venez pas en Mali Pourquoi vous venez pas en Burkina Pourquoi vous venez pas en Cameroun On s'est dit Mais il faut qu'on devienne Brutafrique, en fait. Il faut que les gens voient que, ok, l'Afrique est représentée par ce paradis qu'on appelle Brutafrique.

  • Ramata

    Super intéressant d'avoir cette ambition-là. Et du coup aujourd'hui en termes d'audience, vous avez vraiment une audience du nord au sud, d'est en ouest en Afrique Oui,

  • Ayse

    on a une audience, c'est surtout en Afrique francophone, surtout en Côte d'Ivoire, on est suivi en Côte d'Ivoire, on est suivi en RDC, on est suivi vraiment un peu partout. Je pense qu'en Afrique anglophone un peu moins parce qu'on a des contenus qui sont français. Mais le mouvement, il est vraiment réel. Et on se rend compte que même il y a des territoires qu'on n'a pas encore pu exploiter ou on les suivit. Donc franchement, je dirais qu'aujourd'hui, le but d'Afrique, c'est vraiment une force. Et voilà, tout simplement.

  • Ramata

    OK.

  • Ayse

    Aujourd'hui,

  • Ramata

    en termes de sujets qu'on peut avoir sur but d'Afrique, toi, tu es vraiment sur la culture et sur la musique. Mais parfois, vous allez parler du SNES, agriculture,

  • Ayse

    finition.

  • Ramata

    Les sujets abordés sont très très larges. Je pense que ça fait vraiment partie de l'identité brute, d'être vraiment comme ça, un média assez large en termes de sujets évoqués. Est-ce que toi, c'est un truc que tu te dis, je reste vraiment focus culture et musique, ou des fois, est-ce que tu te dis, j'ai envie d'aller creuser d'autres sujets, d'autres thématiques

  • Ayse

    Non, moi je trouve que c'est vrai que mon sujet de présélection c'est la musique, mais j'ai fait énormément de sujets liés à des sujets de société que j'aime beaucoup aussi. Donc des sujets un peu sur le terrain, des histoires authentiques, des témoignages. On a fait pas mal aussi sur des histoires, des témoignages un peu santé aussi. Par exemple, là j'avais fait un monsieur qui avait le viticule. Enfin, ce genre, moi j'aime beaucoup aussi. Voilà. laisser les gens s'exprimer sur leur histoire, sur des choses qui les touchent, des choses qu'ils ont vécues, que ce soit positif, que ce soit négatif, et voilà, qui ont emprunté leur vie aussi. Donc non, je pense que c'est important de toucher à tout parce qu'il y a des gens qui n'aiment pas forcément la musique, il y a des gens qui n'aiment pas forcément l'espoir, il y a des gens qui préfèrent plus leur santé et tout ça, donc c'est important en tant que média, parce qu'on est un média, finalement on fait de tout, c'est important de traiter plusieurs aspects. plusieurs aspects, quoi, tout simplement. Très bien.

  • Ramata

    Donc, toi, tu as cette volonté de pouvoir avoir un peu à tout terrain, comme ça, on peut te solliciter pour tout type de sujet en réalité, même si tu as une vraie préférence pour la culture et la musique, tu préfères rester assez ouverte, en fait.

  • Ayse

    Ouais, exactement.

  • Ramata

    Ok. Là, ce que je voulais évoquer aussi, c'est dans le narratif et le choix, en fait, de la grille éditoriale de Brut. C'est vrai qu'on est, et c'est ce que tu évoquais un peu au début, on est toujours sur des histoires inspirantes, impactantes et du positif. Et on sait que trop, on a souvent eu parfois une représentation de l'Afrique par certains médias, où c'est toujours par des problèmes, des maladies, des sujets difficiles, douloureux. Et en fait, sur Brut, c'est pas qu'on y en a pas, des sujets comme ça, parce qu'on dit la vérité, mais c'est vrai que... Ah S'il y a une volonté de montrer l'Afrique de manière exhaustive, de montrer le beau, de montrer le bien et aussi de montrer certaines réalités, est-ce que tu peux nous parler un peu de cette ligne éditoriale et de ce choix d'être dans le positif

  • Ayse

    Je pense qu'en tant qu'Africaine, je pense qu'on en a besoin en fait. Je pense qu'on a trop montré le côté négatif de l'Afrique alors qu'aujourd'hui, on a tellement de belles choses à montrer. Le continent, il est riche, il est faste, il y a des gens qui sont. talentueux que ce soit en termes de musique, en termes de culture, que ce soit en termes d'entrepreneurs, d'entrepreneurs de business. Et je pense qu'on n'est pas assez en avant. Par contre, ce qui est super, c'est qu'on a un éveil des consciences et on se rend compte qu'il faut qu'on montre aussi le positif de notre continent. On en a besoin et c'est motivant aussi. Donc, pour moi, quand on montre le côté positif de l'Afrique, ça fait avancer et ça montre que... Parce qu'il y a plein de gens qui n'ont pas de connaissances de l'Afrique, qui ne savent pas comment, à part au sein de l'Afrique, et qui ont peut-être des idées négatives. Et en voyant ce genre de reportage, ils peuvent se dire Waouh, en fait, c'est comme ça l'Afrique. En fait, c'est monstrueux comme ça, il y a ça, il y a ça. Donc, c'est très, très important de montrer une image positive de l'Afrique. Ça, c'est mon avis personnel et je l'espère qu'il y en a beaucoup qui partagent aussi ce point de vue.

  • Ramata

    Pas de choses qu'il y en a qui le partagent. Le travail que tu fais pour Brut, mais même le média Brut Afrique de manière générale, contribue aussi à véhiculer des vraies histoires authentiques sur le terrain, qui sont des histoires positives, et du coup ça contribue à changer un narratif et à ne pas être que dans une forme de misérabilisme, mais à montrer des succès stories africaines en fait. Oui,

  • Ayse

    exactement, c'est ça. C'est succès stories, encore une fois, réussite. vraiment des choses qui me motivent et qui sont intéressantes aussi à voir. Parce que quand on arrive sur les pages, on voit toujours, il y a eu ça, il y a eu telle guerre, il y a eu ceci, il y a eu cela. Je ne dis pas qu'on ne doit pas en parler, on doit en parler parce que c'est très important, ça fait partie de l'ADN. Mais on peut aussi parler de choses positives et c'est important même pour le mental. Donc voilà,

  • Ramata

    totalement aligné, ça rejoint complètement en tout cas l'éditorial du Média Africa Fashion Tour, c'est vraiment d'être dans le... De toute façon, des médias qui parlent du négatif, il y en a déjà. Donc, du coup, certes, c'est important d'être réaliste. S'il y a des difficultés, il faut en parler. Mais je me dis, il y a déjà beaucoup de médias qui s'en occupent. Moi, je peux parler des choses positives à mon niveau pour équilibrer la balance. Maintenant, j'aimerais que tu me parles un peu de... Toi, ce que tu disais tout à l'heure, c'est que tu as eu l'opportunité d'interviewer... des personnes dont tu étais, j'ai employé le mot fan, ce n'était pas le mot que tu emploierais, mais tu écoutais des personnes. Et donc, est-ce que tu peux nous parler de toi, des interviews de célébrités qui t'ont le plus touchée Et est-ce que toi, tu t'es vu dans une situation un peu de peut-être mal à l'aise d'interviewer cette star que tu écoutes depuis que tu es petite et tu te dis non, mais là, ça y est, je la vois en vrai, je vais passer une heure avec elle et je vais l'interviewer. Est-ce que tu as ça ou est-ce que une fois que tu as ta casquette de journaliste, bah en fait, t'es professionnelle et t'as pas ce petit pincement au cœur de Oh non, comment j'ai dansé sur ce son-là quand j'étais petite

  • Ayse

    En fait,

  • Ramata

    quand je sais que je vais interviewer tel ou tel artiste,

  • Ayse

    je suis très contente, émue aussi à chaque fois. Mais je reste vraiment dans mon mode de journaliste. Je prends le temps de toujours bien analyser mes questions, de poser les bonnes questions aussi, de retracer la carrière de l'artiste, etc. Donc, non, je... Je fais toujours mon travail de journaliste et à la fin ça m'arrive parfois de dire à l'artiste que voilà je l'ai goûté beaucoup quand je t'ai jamais. Et parfois de créer des souvenirs avec cet artiste là. Donc moi j'ai le temps, parce que souvent quand tu es trop dans ta peau de femme, tu perds ton fil conducteur. Alors que c'est important de toujours rester professionnel, même si tu aimes l'artiste. Je pense que aimer l'artiste c'est un plus parce que ça te permet de... de me refaire en profondeur sur certains sujets dans les chansons, dans les albums, etc. Et donc l'artiste se sent beaucoup mieux parce qu'il dit Waouh, cette personne-là connaît ma carrière Mais en même temps, ça peut être un désavantage parce qu'on va se dire Oh, il est pas professionnel, il est fan Donc j'essaie vraiment de faire la part des choses entre les deux.

  • Ramata

    Super, c'est intéressant. Je savais que tu n'allais pas tomber dans mon piège. Moi, je suis fan. Est-ce que tu peux nous parler des interviews Une ou deux interviews qui t'ont vraiment marquée, en fait. Ça peut être parce que tu nous as partagé des interviews de profils qui t'avaient particulièrement touché. Là, j'ai envie d'aller dans le côté un peu célébrité. Est-ce qu'il y a des gens que tu as interviewés où tu as vraiment passé un moment agréable et tu étais contente de la qualité de l'échange que tu avais eu avec la célébrité Oui,

  • Ayse

    alors il y a eu un temps, il y a deux ans, je crois, il y avait 11, 5 ans. c'était vraiment une interview qui était importante pour moi en tant que Marie-Ède, parce que j'ai grandi aussi avec sa musique, je sais que ma mère l'aime beaucoup, et donc du coup la rencontrer ça a été une super belle expérience parce que déjà elle est super incle, alors qu'elle a une carrière incroyable, et de deux, elle a été très touchée par le fait que je connais ses chansons et que je connais sa carrière, et elle me l'a même dit, elle m'a même dit ça se ressent que que tu aimes ma musique et que tu m'écoutes beaucoup. Donc ça, ça m'a vraiment touchée. Et jusqu'à aujourd'hui, c'est même épinglé sur mon profil Instagram parce que pour moi, c'est l'une de mes plus belles interviews. Parce que derrière tout ça, il y a aussi ce truc-là où je me dis c'est valoriser ma culture, mes origines, le Mali. Donc pour moi, faire des interviews avec des artistes maliens, c'est très symbolique pour moi. Et après ça c'est une chose que je n'ai pas encore vu sur les réseaux sociaux, mais j'ai interviewé Salif Keita ce lundi, et ça a été vraiment une interview magnifique parce que c'est des forces harmoniques. Je me disais qu'en tant que journaliste je me devais de faire cette interview et c'était dans mon temps. Et donc du coup ça a été vraiment une très belle interview, il est très humble, il a été vraiment... vraiment agréable et puis on a vraiment discuté de sa carrière et ça c'est un truc que j'ai remarqué depuis que j'ai commencé, c'est lorsque tu t'intéresses à la carrière d'un artiste, et bien là il ne se sent plus concerné, il a envie de parler, il a envie de développer, mais lorsque tu lui poses des questions basiques, là il se renferme et si tu lui poses des questions qui ressemblent un peu à tout ce que les médias ont posé, ça ne fait pas une interview authentique. Et comme je l'ai dit et je le répète, moi, c'est vraiment faire ressentir l'émotion et le côté authentique d'une vidéo, d'une interview et d'un échange.

  • Ramata

    Très bien. Je pense que c'est sûr que ta force, parce que tu as une vraie passion pour la musique, c'est que tu vas interviewer des gens que tu connais et tu peux arriver avec un angle qui va être différent de la personne qui arrive et qui a lu un communiqué de presse et elle va arriver, elle va poser un peu des questions. comment dire, un peu peut-être bateau. Il y a une question, forcément, la personne interviewée a déjà entendu, et du coup, elle va répondre, mais il ne va pas y avoir la même intensité, le même rapport.

  • Ayse

    C'est exactement ça. C'est exactement ça. Je pense que ça, c'est un conseil que je donne à ceux qui interviewent, c'est de toujours connaître son sujet. Là, je ne parle plus pour la musique, mais c'est valable aussi pour le doing. C'est que lorsque tu as, par exemple, en face de toi un artiste, Que ce soit qu'il soit émergent ou qu'il soit méchant, il faut toujours connaître le sujet parce que je trouve que ça apporte une densité et ça apporte un dilemme à la vidéo. Du coup, ça va permettre aussi de te mettre à l'aise et ton interlocuteur ne sera pas là en mode ah, oui, non il va vraiment se sentir concerné. développer ses réponses. C'est très important. Il faut toujours mettre à l'aise la personne que tu as en face.

  • Ramata

    Très bien, très bien. Est-ce que toi, tu as fait des masterclass pour un petit peu conseiller sur le métier de journalisme ?

  • Ayse

    Non, je n'ai pas fait de masterclass sur le métier de journaliste, mais par contre, il y a des jeunes étudiants qui sont en master qui avaient des... Comment on l'appelle ça ? Des mémoires de fin d'année qui m'ont posé des questions sur mon métier, sur mon domaine. Je sais qu'il y a eu qui m'avait posé des questions sur l'art à piano, parce que là c'était plus axé sur ma spécialité, parce que je crois que je l'ai pas dit, mais je suis spécialisée vraiment dans les musiques africaines. Et du coup, elle m'a posé des questions sur l'art à piano, les origines, ce que moi j'en pensais, l'évolution en France. Donc il y a ce volet-là. Et après, il y a des gens tout simplement qui viennent me demander des questions. Oui, comment t'as fait J'aime ton travail. J'aime beaucoup ce que tu dégages sur tes réseaux et nos voix, vraiment, ça m'inspire. Et je me dis que peut-être qu'il y en a qui en ont besoin. Il y en a qui ont besoin d'avoir des masterclass aussi pour comprendre les rouages du métier. Surtout dans la musique, parce que dans la musique africaine, je trouve qu'on n'est pas beaucoup aujourd'hui à être journaliste dans ce domaine-là. Et je pense que ça, c'est quelque chose qu'il y a. certains qui veulent vraiment se spécialiser dedans. Je pense que c'est une telle chose que je me pose aussi.

  • Ramata

    Très bien, super intéressant. En tout cas, je pense que je trouve que tu as un côté pédagogue, qui peut être intéressant à exploiter. Je pense que c'est, pour moi, quand on déplore le narratif qu'il y a sur l'Afrique, c'est aussi parce qu'on n'a pas assez de journalistes qui ont des convictions comme la tienne depuis petit, mais moi je veux travailler. pour un média africain, pour parler d'Afrique. Et donc, du coup, si on en a plus, forcément, il va y avoir des empires médiatiques qui vont parler de l'Afrique. Et je ne dis pas qu'il n'y en aura pas. Effectivement. Et donc, forcément, ton témoignage, il peut donner des idées à des jeunes générations qui, peut-être, se diraient, Non, en fait, si je deviens journaliste, c'est pour travailler pour le monde, c'est pour travailler pour des institutions occidentales et qui ne vont pas forcément... avoir ce rêve-là, en tout cas, où se dire c'est impossible, il n'y aura peut-être pas de débouchés, ce sera compliqué Mais si on n'a pas de journaliste pour parler d'Afrique, du coup, forcément, dans les médias, on n'en a pas ou on n'en a pas comme on voudrait. Ou alors, c'est toujours les mêmes personnes qui parlent. Mais ce qu'il nous faut, il nous faut une jeune génération qui prenne le relais, en fait.

  • Ayse

    Oui, justement, pour l'ensemble étudié, je trouve qu'il y a un évêque des consciences par rapport aux multinationales africaines. Et ce n'est pas que dans le domaine du journalisme. Je trouve que... Aujourd'hui, les jeunes comme moi, comme nous, encore plus âgés, ont cette envie de valoriser le continent africain. Il y en a pas mal qui, aujourd'hui, travaillent en Afrique. Des gens que je connais qui ont déménagé en Afrique et qui travaillent en Afrique. Parce que justement, ils ont ce truc-là de se dire qu'il faut qu'on puisse être proche de nos bandits. Il faut qu'on puisse être proche des origines de nos ancêtres, de nos parents. Et ce que je trouve bien, c'est que je vois...

  • Ramata

    beaucoup,

  • Ayse

    beaucoup de jeunes journalistes africains qui, aujourd'hui, s'intéressent au continent. Et je pense que dans les années à venir, j'y crois, il y aura de plus en plus de personnes qui vont travailler pour le continent africain. Et je pense qu'on en a besoin. Des gens qui se connaissent, des gens qui maîtrisent et qui vont ressentir les belles choses de l'Afrique et pas des préjugés, mais des choses qui sont vraies et vérifiées. Voilà.

  • Ramata

    Je suis complètement d'accord avec toi. On sent qu'il y a vraiment... On est vraiment à une période, je trouve, qui est assez charnière, où il y a énormément de changements, énormément de manières d'appréhender le monde et l'Afrique qui est différente. Et du coup, je trouve que c'est une belle période à vivre de tenter des choses, quand on a une promotion d'initiative sur l'Afrique, parce que tu sens qu'il y a... Enfin, moi, quand je lance Africa Fashion Tour et que je vais à la rencontre de designers africains, mais... pour effectivement faire une interview par jour tellement il y a de talent et de choses intéressantes à mettre en avant. Et je pense que dans plein d'autres semaines, c'est vraiment possible. Et Groot Afrique, ce qui est intéressant, c'est que je ne sais même pas combien de billets par jour.

  • Ayse

    Moi non, je ne sais pas parce qu'en fait, on a tellement de choses à dire, on a tellement de choses comme en avant, on a tellement de reportages, on a tellement de sujets. qu'aujourd'hui, je pourrais te dire le nombre de concours qu'on a par jour et le nombre de concours qu'on a sur la page, tellement c'est énorme.

  • Ramata

    Mais du coup, ça fait plaisir parce que c'est de se dire, en fait, si tu as soif de contenu de qualité sur l'Afrique, il y a vraiment de la matière. Ce n'est pas comme si,

  • Ayse

    non, mais là,

  • Ramata

    il n'y a pas de sujet de quoi on va parler. On est devant une page blanche. Non, je pense qu'il y a plein de sollicitations et c'est plutôt, mais est-ce qu'on a assez d'équipe pour traiter tous les sujets ?

  • Ayse

    Franchement, on n'est jamais assez. Parce qu'il y a tellement de choses. Tu imagines déjà le continent africain, comment il est riche. La diaspora aussi, comment c'est riche. tous les domaines, les témoignages, les initiatives, les événements, les festivals. Non, on n'est jamais assez. Il y a tellement de choses. Et puis, tu vois, il y a tellement de gens qui ont des choses super bien racontées. Mais voilà, on fait du mieux qu'on peut et voilà, on continue, nous, à donner la parole à des gens qui, tu vois, à des gens qui ont des choses à dire et des choses à mettre en avant. Voilà.

  • Ramata

    Très très intéressant. Toi, dans les... J'ai posé ma question de conclusion en début d'interview, je te demandais si toi tu te voyais avoir ton propre média. Est-ce que toi, tu as des envies de télévision, en fait, ou de Netflix Est-ce que tu te vois dans... Si on doit se projeter dans l'Empire, Aïssé, Sissoko, ça ressemble à quoi Qu'est-ce que tu imagines comme type de contenu qui pourrait manquer pour promouvoir l'Afrique en fait

  • Ayse

    Moi, je pense des archives. Bon, après, je n'ai pas encore réfléchi à tout ça, mais je trouve qu'on manque d'archives. On manque d'archives. Là, je parle vraiment dans mon domaine. Je trouve qu'on manque d'archives avec les artistes. On n'a pas assez de... Soit on a des domaines d'artistes qui, vraiment, ont beaucoup de choses à raconter, tandis qu'il y en a qui... Il y en a qui n'ont pas d'archives. Je pense que c'est important. Et après, si je dis documentaire, moi, je pense qu'on doit continuer. Il y a plein de médias qui le font très bien. On va continuer à montrer des réalités de la guerre, des histoires, des contextes. On a tellement de choses à montrer. Et je pense que même sur Netflix, je trouve qu'on n'a pas assez de documentaires liés à l'Afrique, si je me trompe. On a assez de documentaires liés à l'Afrique. Et je pense qu'on a besoin de ça. Donc ouais, en tout cas, je pense que moi, j'encourage vraiment les documents, ceux qui font des documentaires, les grands reporteurs et même nous, à vraiment archiver, à regarder les archives, à ne pas hésiter à se documenter, à comprendre l'histoire de nos guerres, de nos conflits, parce que c'était très important pour comprendre notre Afrique actuelle.

  • Ramata

    C'est un point super important. Je suis trop contente de t'avoir posé cette question parce qu'en fait, on pense tellement tout le temps aux nouveaux contenus à créer. à être sur la dernière trend qui vient de sortir, qu'on ne se rend pas compte qu'effectivement, sur l'Afrique, on manque d'archives, on manque que l'histoire, en fait, de nos pays, de nos parents et grands-parents, elle a beaucoup été racontée par d'autres, et qu'on a toujours, en fait, les archives qui permettent de bien comprendre ce qui se passe aujourd'hui. Et effectivement, tu vois, j'aurais pu assez naturellement penser à quelles nouveautés on pourrait faire, ou quelles... concept qui existe déjà, on pourrait avoir, mais c'est vrai qu'un espèce de INA de l'Afrique, on peut y aller. On aurait besoin de ça, parce que c'est ça le point de départ, en fait.

  • Ayse

    Oui, parce que tu vois, par exemple, là, typiquement, on est dans un conflit Congo-Rwanda qui est du jour d'une vue désadouée. Et souvent, quand je regarde, les gens disent Mais vous ne racontez pas l'histoire, vous ne racontez pas ce qui s'est passé, et tout ça. Nous, en fait, on a besoin d'archives, surtout les GES. ceux qui sont plus petits, ils ont besoin d'archives pour comprendre ce qui s'est passé pourquoi on en est arrivé à là, comment on en est arrivé à là en fait, et c'est pas que ça, par exemple aujourd'hui quand tu regardes il y a tout ce qui est les histoires de CDAO AES, on a besoin aussi de comprendre ce qui s'est passé au Mali à l'époque, au Burkina pour qu'on en arrive à là, tu vois et que ce soit raconté de manière aussi à ce que les jeunes puissent comprendre et si on avait un archivage assez fort assez riche, on allait pouvoir comprendre les choses, tu vois Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'archives, il y en a, mais je trouve qu'on a besoin de plus, en fait, pour les générations à venir. En plus,

  • Ramata

    et puis après, voilà, l'information sur l'Afrique, il y en a, mais par exemple, de la même façon qu'à un moment donné, dans la réflexion stratégique du développement de BrutAfrique, il y a eu une dynamique qui a été, on avait des brutes par pays, on s'est dit qu'on allait tout regrouper sur une chaîne, et comme ça, ça permet. Ce qui va manquer, c'est le fait qu'il y a plein d'informations qui sont dans plein d'endroits différents, et toi, quand tu cherches à avoir... la source, tu ne sais pas où aller chercher en fait.

  • Ayse

    Exactement, et moi-même quand... C'est pas que moi, mais moi quand je fais des... Des fois il m'arrive de faire des formats d'une vie sur des artistes et tout, et je trouve que j'ai pas assez d'archives. Par exemple des artistes comme Titi Arafat, qui pour moi, voilà, qu'on soit d'accord ou pas, qui a quand même marqué, qui continue de marquer la musique africaine, on n'a pas assez d'archives sur lui. On a des documentaires, on a des trucs, mais je trouve que ça manque. Tu vois, des photos, des choses et... Et je pense que c'est ce qui nous manque aujourd'hui, c'est ça. C'est vraiment, j'insiste sur l'archivage, l'histoire, etc. Très intéressant,

  • Ramata

    très bon point. Est-ce qu'il y a des concerts que tu nous recommandes prochainement

  • Ayse

    Oui, alors là, le mois de mai, il est très chargé. Il y a beaucoup de concerts. Alors, pour ceux qui aiment l'Afrobeat, il y a Bandabo qui sera en concert en avril. En mai, pour ceux qui sont adeptes du rock ghanéen, il y a Black Sheriff, il y a Rima aussi qui sera en concert. Il y a Rima, pour ceux qui aiment un peu l'afro de France, il y a Chili aussi qui sera en concert. Après, il y a le festival Afro Nation en juin. Il y a plusieurs festivals en décembre, il y a Modern Africa, il y a We Love Ya, enfin... Je trouve qu'on a de plus en plus... Ce que j'aime bien, c'est qu'aujourd'hui, les artistes africains, ils sont de plus en plus à l'extérieur, ils font de plus en plus de salles. Par exemple, on a eu récemment Sospecato 2015, qui a fait La Cigane, on a eu Didi Bé avant, qui a fait Lola de Pia. Il y a quelque chose qui se passe au niveau de la scène africaine, et ça, c'est beau, et je pense qu'il faut qu'on continue d'aller encourager nos artistes, qu'on continue de les soutenir, qu'on aille qu'on paie nos places, et je trouve que c'est très, très important. Et même, j'insiste sur le fait que la musique africaine est en train de prendre une tournure incroyable parce qu'on a des artistes, par exemple, comme Imra, qui est un rappeur ivoirien, qui aujourd'hui, cette année, va faire un yard. Et il y a Didi Bé, qui l'a fait avant. Ça veut dire qu'en fait, il y a quelque chose qui se passe au niveau de la musique africaine et surtout de la musique francophone. J'insiste sur la musique francophone parce que c'est un peu en retard par rapport à la musique homophone, mais il y a quelque chose qui se passe. et s'encourager et je pense qu'il faut continuer à soutenir nos artistes. Donc quand tu m'as posé cette question, ça m'a permis d'ouvrir sur ça parce que il y a quelques années avant, je n'imaginais pas que je pouvais voir un artiste comme, par exemple, Adekule God, des artistes qui sont plutôt niches en Nigéria, des artistes comme Adekule God ou autres, faire des concerts dans des salles parisiennes, ou même un artiste, un rappeur ivoirien. Faire un artiste en dessin de Parisienne, c'était quelque chose que je n'aurais pas pensé. Ça veut dire qu'il y a une évolution, il y a des choses qui se passent. Et c'est encourageant, de quoi

  • Ramata

    Mais toi, du coup, tu l'expliques comment Le fait qu'il y a un vrai engouement pour l'afrobeat au niveau mondial. Et donc, du coup, effectivement, il y a des artistes qui n'auraient peut-être pas eu accès à des salles il y a quelques années. Aujourd'hui, de toute façon, ceux qui ont des salles, ils savent qu'ils doivent regrouper. programmer des artistes africains parce qu'ils savent que c'est rempli, que c'est du business. Ce n'est pas un acte de... C'est pour aider le petit artiste africain. Non, non, non. Ça va être rempli quand on a beau y faire des dates, c'est sold out très rapidement. Toi,

  • Ayse

    tu expliques cette évolution Moi, je pense que c'est vraiment la force des réseaux sociaux. C'est la force des réseaux sociaux. Il y a plusieurs facteurs. Il y a les réseaux sociaux, avec le développement de TikTok, par exemple. Aujourd'hui, tu vois qu'il y a beaucoup d'artistes qui se font connaître parce qu'ils ont des trends, tu vois. Ils ont des trends, des sons qui marchent sur les réseaux sociaux, donc ça leur donne beaucoup de force. Il y a beaucoup d'artistes qui, tu vois, aujourd'hui, qui arrivent grâce à TikTok, grâce aux réseaux sociaux, à remplir des salles, à faire des concerts. Donc ça, c'est énorme. Et puis, il y a aussi, tu vois, tout ce qui est qualité, qualité aussi des clips, qualité des visuels, les directions artistiques des artistes. artistes, mais je pense que les gens s'identifient beaucoup à ça. Et pour finir, il y a toutes les plateformes de streaming. Quand tu as des artistes, tu as des plateformes comme Spotify, Deezer ou Apple Music, c'est beaucoup plus facile d'accéder à certains morceaux, à certains sons. Donc aujourd'hui, je pense qu'il y a une avancée dans les technologies qui concernent la musique, tu vois. Et les Nigériens, je crois les hommes de Nigeria, eux aujourd'hui, c'est des Américains pour moi parce qu'ils ont... ils font des featurings avec des Américains. Comme par exemple, tu vois des artistes comme, je ne sais pas, Reba qui a fait un son avec Selena Gomez, ou bien même récemment, tu vois Zanette qui a fait un son avec Craig Davie. Tu sens que l'Afrique, on va dire, c'est Africa to the world. Ça veut dire qu'il y a de plus en plus de... je dirais, de gens qui s'intéressent à la musique africaine, tu vois, et les Américains de surcroît. Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, la musique africaine qui était avant, qui était écoutée plutôt en Afrique, commence à devenir mainstream, tu vois. Donc pour moi, c'est fort et je trouve que ça continue, ça continue maintenant. Aujourd'hui, t'as même des artistes français, français-français, qui ont des sonorités à fond dans leurs chansons. Donc ça, c'est juste... malade. Et inversement, t'as des artistes français, du rap français, qui sont dans l'Ontario, qui sont typiquement 100% congolais. Donc ça me dit qu'en fait, l'Afrique est partout et elle influence partout. Donc voilà un peu mon raisonnement sur ça. Très bien,

  • Ramata

    super intéressant. Je pense qu'en tout cas, il y a une vraie domination du courant afrobeat sur... Du point de vue de l'industrie musicale, on sent vraiment qu'il y a des choses qui se passent. Vous parlez aussi d'artistes issus de la diaspora comme Naya Nakamaki.

  • Ayse

    Exactement.

  • Ramata

    C'est une influence africaine, mais qui à la fois vient de la diaspora et à la fois vient du continent. C'est ça. Quand on parle du succès aussi de... Alors là, c'est peut-être plus Haïti, mais le succès de Joë Dwaidine. Joë Dwaidine aussi. Oui. Il y a vraiment, et comme tu l'as dit, les réseaux sociaux. TikTok, la musique, elle est en tendance et tout le monde connaît. Donc, il y a vraiment effectivement quelque chose qui se passe et qui fait plaisir. Et moi, je n'ai pas le sentiment que ce soit éphémère. Tu vois que ce n'est pas de durée.

  • Ayse

    Non, je pense que ça va continuer d'augmenter, ça va continuer d'évoluer. Parce que regarde, tu dis, par exemple, là, il y a eu la Fashion Week. Et tu vois qu'on commence à... Les artistes nigériens sont invités, ils portent des collections. C'est-à-dire que maintenant, les gens sont habitués à la musique africaine. Même des artistes mouchis, des artistes ivoiens mouchis, ils sont écoutés en France. Souvent, moi, quand j'entends les gens dans leur voiture, ils écoutent du rap, de l'afro, du maïmouda, de la côte d'Ivoire ou bien même des musiques de Sidi Kidiapate. Ça veut dire qu'on est dans une ère où la musique africaine fait partie des vies. Et ça, c'est trop bien parce que moi, je me rappelle que quand j'ai commencé, ça fait plus de dix ans, ce n'était pas du tout comme ça. Et vraiment, les réseaux sociaux, ils ont eu un impact incroyable. Donc, voilà.

  • Ramata

    Ok, mais écoute, on ne peut que souhaiter que ça continue à évoluer. Je pense qu'il y a les réseaux sociaux, et puis après, il y a des médias comme Brutafrique aussi, qui comptent voir les artistes. Mais c'est vrai que les artistes, aujourd'hui, ils ont la main à eux-mêmes pour gérer leurs notifications directement à travers les réseaux, sans attendre d'avoir finalement une maison de disques qui va s'occuper de tout. te faire connaître. Aujourd'hui, les artistes, ils ont un lien direct avec leur audience. Et du coup, ils peuvent organiser des tournées parce qu'ils peuvent prouver qu'il y a des gens qui sont prêts à acheter. C'est vraiment un tournant aussi dans l'évolution de l'industrie de la musique qui est plus dirigée par des maisons de disques qui, elles, vont décider qui va être la star du moment et qui ne sera plus la star. C'est le public qui décide et du coup... Ça donne encore plus la place à l'Afrique, qui a toujours été connue, en tout cas, pour avoir des artistes avec énormément de talent. Donc, pour moi, c'est un juste retour des choses. On n'a plus, finalement, des géants qui, un peu, on va dire manipules, mais qui maîtrisent le business et donc qui mettaient en avant que les courants musicaux qu'ils voulaient. Tu ne peux plus faire ça, en fait. Oui, tu vas avoir de la mapiano à heure de grande écoute et tu vas te dire, mais ça sort d'où, en fait Ça se fait.

  • Ayse

    C'est ça.

  • Ramata

    On va en fait me dire, ça, ça va devenir maïstique.

  • Ayse

    Non, mais c'est vrai, je suis totalement d'accord avec toi. Je suis totalement d'accord avec toi et même quand tu écoutes des radios, par exemple, comme, je sais pas, Génération ou Skyrock, qui, bon, qui durent même plus sur les antérapes et tout, maintenant, t'as de l'afro qui passe tranquillement, de la phobie qui passe tranquillement, même l'énergie, surtout l'énergie. Donc, c'est énorme. Non, moi, je suis vraiment contente. C'est une fierté.

  • Ramata

    En fait, là, c'est-à-dire qu'à un moment donné, elles, elles seront obligées de suivre le mouvement. Oui, le choix. Ce n'est pas un choix... Peut-être qu'il y a des gens en interne qui disent Ah non, mais nous, on adore la phobie, on adore tout ce qui vient d'Afrique, donc on a décidé de mettre ça en force. Moi, je pense que c'est vraiment... Non, mais là, il y a un raz-de-marée. En fait, on ne peut pas faire autrement, quoi. Pour notre audience, en fait, on ne peut pas faire sans et c'est très bien. c'est très bien. Après, pour moi, c'est important que... Comment dire Pour moi, c'est un vrai soft power africain. Maintenant, c'est important qu'on ne soit pas connu que pour l'entertainment, parce que parfois, ça résume aussi un peu trop comment on connaît des artistes africains. On va connaître tous les artistes, on ne va pas forcément connaître les entrepreneurs. On ne va pas... C'est ça. Mais pour moi, ça... J'ai toujours une visibilité par rapport à ça, mais je me dis qu'en même temps, il faut choisir un chemin et se dire que les industries culturelles et créatives peuvent contribuer à changer le narratif sur l'Afrique. Et donc, il faut en profiter de cette situation. Et surtout, il faut maximiser les réussites. C'est une tendance et on ne va pas poursuivre derrière.

  • Ayse

    Exactement. Je suis tout à fait d'accord avec toi. Voilà. Tout à fait d'accord avec toi.

  • Ramata

    Eh bien, écoute, on arrive à la fin de cet échange. Je te remercie pour ta disponibilité et ton partage d'expertise. Ça a été super riche. Moi, j'ai appris plein de choses et je suis sûre que l'audience aura appris aussi beaucoup de choses. Donc, on sait qu'on se retrouve sur BrutAfrique pour tes dernières interviews.

  • Ayse

    Ben oui, déjà, merci à toi. C'est toujours un plaisir pour moi de partager un peu mon expertise. Et peut-être que ça pourrait m'inspirer d'autres aussi. Je me rends compte. Je suis très fière. Et oui, on peut trouver une lien de partage sur Metafree. Et après, moi, j'ai aussi une réseau si vous avez plein de conseils par rapport à la musique, mon expertise ou même, je sens que dans les conseils sur le journalisme, vidéos de terrain, n'hésitez pas. Je suis ouverte. De toute façon,

  • Ramata

    je mettrai le lien de ton compte Instagram pour qu'on puisse partager avec toi. Merci beaucoup. Je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

  • Ayse

    Merci Antoine.

  • Ramata

    Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

Chapters

  • Introduction au podcast et présentation de l'invitée

    02:26

  • Parcours d'Ayse Sissoko et son engagement dans le journalisme

    03:31

  • La passion d'Ayse pour la musique africaine et son impact

    04:20

  • Les défis et opportunités dans le journalisme culturel en Afrique

    10:54

  • L'impact des réseaux sociaux sur la musique africaine

    18:14

  • L'importance de la représentation positive de l'Afrique

    21:31

  • Les expériences marquantes d'Ayse en interviewant des artistes

    41:24

  • Conclusion et réflexions sur l'avenir des médias africains

    01:01:25

Description

Comment Aysé Sissoko a réalisé son rêve d'enfant? Devenir journaliste engagé dans la promotion de la culture africaine ?

De la passion pour la musique africaine à une voix influente dans les médias :

Aysé Sissoko est une journaliste passionnée, spécialiste de la culture africaine et de sa diaspora.

De son amour pour les artistes africains à ses interviews percutantes sur Brut Afrique, elle a su imposer sa voix et son expertise dans le paysage médiatique.

Dans cette interview, Aysé Sissoko nous partage son parcours atypique, ses débuts dans le journalisme, ses expériences à Jeune Afrique et Trace, et son engagement à mettre en lumière les talents et les réalités du continent.

Elle nous parle également de son rôle de journaliste à Brut Afrique, de ses voyages à travers l'Afrique et de sa volonté de donner une image positive et authentique du continent.

Un témoignage inspirant qui offre une perspective unique sur les enjeux de la culture africaine dans les médias et sur le rôle crucial des journalistes pour valoriser les talents et les réalités du continent.

Pour suivre Aysé sur Instagram et sur Brut Afrique

Africa Fashion Tour poursuit chaque semaine l'exploration des industries culturelles et créatives africaines avec des interviews d'entrepreneurs passionnés qui s'interrogent sur les questions de diversité et de représentation. Chacun des invités du podcast est passé du questionnement à l'action pour proposer des solutions concrètes, des business model vertueux pour promouvoir l'Afrique à travers les soft power.


J’en profite pour remercier les auditeur.e.s de plus en plus nombreux de ce podcast. Pour découvrir en avant première les dernières interviews et analyses de l'écosystème de la mode africaine, abonnez-vous à la ⁠⁠⁠Newsletter Africa Fashion Tour⁠⁠⁠.


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A très vite en Afrique ou ailleurs


Ramata Diallo 


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Ayse

    Moi, je pense que c'est vraiment la force des réseaux sociaux. C'est la force des réseaux sociaux. Il y a plusieurs facteurs. Il y a les réseaux sociaux, avec le développement de TikTok, par exemple. Aujourd'hui, tu vois qu'il y a beaucoup d'artistes qui se font connaître parce qu'ils ont des trends. Ils ont des trends, des sons qui marchent sur les réseaux sociaux, donc ça leur donne beaucoup de force. Il y a beaucoup d'artistes qui, tu vois, aujourd'hui, qui arrivent grâce à TikTok, grâce aux réseaux sociaux, à remplir des salles, à faire des concerts. Donc ça, c'est énorme. Et puis, il y a aussi tout ce qui est qualité des clips, qualité des visuels, les directions artistiques des artistes. Je pense que les gens s'identifient beaucoup à ça. Et pour finir, il y a tout ce qui est plateforme de streaming. Quand tu as des artistes, tu as des plateformes comme Spotify, Deezer ou Apple Music. C'est beaucoup plus facile d'accéder à certains morceaux, à certains sons. Donc aujourd'hui, je pense qu'il y a une avancée dans les technologies. qui concerne la musique.

  • Ramata

    Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà. Ce podcast... est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. Je suis Ramata Diallo, je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode. En 2017, j'ai hésité à ma première Fashion Week en Afrique et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode. en Afrique. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine. Aujourd'hui, je suis en compagnie d'Aïssé Sissoko, qui est journaliste pour Brut Afrique. Elle est spécialisée dans les rubriques culture et musique du continent africain et de la diaspora. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse me parler de son parcours de journaliste dédié à la création de contenus de promotion de l'Afrique. Bienvenue à Aïssé, comment vas-tu

  • Ayse

    Je vais bien et toi

  • Ramata

    Ça va très bien, je suis ravie de pouvoir te retrouver pour ce moment d'interview. Ça fait longtemps qu'on échange, qu'on se croise à des événements et qu'on parle. Quel est ce moment Mais Sally, le moment est venu de tout savoir sur Iceso.

  • Ayse

    Encore merci, vraiment ça me fait plaisir de pouvoir partager mon expérience et de faire ça avec toi.

  • Ramata

    C'est cool. Je vais commencer cette interview, comme je le fais toujours, je vais te demander de te présenter.

  • Ayse

    D'accord, alors moi c'est Aïssé Sisoko, je viens d'avoir 30 ans, je suis journaliste comme tu l'as bien dit, spécialisée dans tout ce qui est musique africaine, culture, mais pas que. Je suis aussi des sujets liés à la société, toujours au niveau du continent africain. Je voulais dire aussi que moi, le journalisme, c'est toujours ce qui m'a passionnée depuis longtemps. Donc on va dire que j'ai... On va dire que je suis allée à l'école, j'ai étudié, mais j'ai été beaucoup autodidacte. Mais je pense qu'on aura l'occasion d'en parler. Donc voilà, je ne sais pas vraiment comment je peux me présenter.

  • Ramata

    Très bien.

  • Ayse

    Alors,

  • Ramata

    effectivement, on va avoir l'occasion d'en parler puisqu'on a une heure d'échange de prévue ensemble. Moi,

  • Ayse

    de ce que je comprends,

  • Ramata

    ce que tu me dis là, c'est que toi, tu as toujours voulu évoluer dans le domaine du journalisme.

  • Ayse

    Exactement.

  • Ramata

    On peut parler des études que tu as faites. Est-ce que c'est vraiment des études qui sont liées à une école de journalisme pour devenir journaliste ou est-ce que tu as étudié dans un autre secteur

  • Ayse

    Déjà, comme tu l'as bien dit, j'ai toujours voulu être journaliste. Mais au début, j'ai vu que les écoles de journalisme étaient assez chères. Donc, ce que j'ai fait, c'est que j'ai commencé par un parcours classique. Je suis partie en droit. Je n'ai pas aimé. J'ai changé de filière encore une fois. Je n'ai pas aimé. Et au bout d'un moment, je me suis dit, mais attends, tu veux être journaliste, il faut bien que tu ailles à l'école. Et donc du coup, j'ai commencé à bosser en tant qu'étudiante dans un magasin. Donc j'ai pu par la suite financer un peu mes études. Donc en gros, j'ai fait une école de journalisme, c'est l'Institut européen de journalisme. J'ai fait trois années. Donc ça m'a permis de développer tout ce qui était cours de journalistique au niveau de la radio, au niveau de la télé, du montage, audio et vidéo. Et puis aussi l'écriture. Donc voilà mon parcours journalistique. Après, ce qu'il faut savoir, c'est qu'à côté de ça, j'ai monté un média qui s'appelle African Move. avec une amie qui est dédiée à la culture africaine. Donc c'est là, c'est ce qui m'a permis vraiment d'expérimenter le métier de journaliste au travers d'interviews que je faisais moi-même, que je montais moi-même, que j'écrivais moi-même. Donc c'est ce qui m'a permis, on va dire, de consolider mon expérience journalistique aussi.

  • Ramata

    Très bien, donc c'est intéressant que tu précises ça, parce que du coup tu as vraiment le background, on va dire,

  • Ayse

    pédagogique,

  • Ramata

    scolaire d'un côté. Et puis de l'autre côté, tu as vraiment cette expérience que tu mènes avec une amie. Et ce média, du coup, il avait... Donc tu parles de faire les interviews, faire les montages. Du coup, c'était un média qui avait une présence en ligne, qui était un média papier. C'était quoi comme support exactement

  • Ayse

    C'était un média en ligne. Donc on était sur Instagram, Facebook, Twitter, et on avait un site Internet. Et ce qui était intéressant, c'est que quand on a commencé, on s'est d'abord intéressé aux artistes de la diaspora. Donc les artistes africains de la diaspora, on allait sur les événements, parce qu'à Paris, avant, il y avait pas mal d'événements dédiés à la culture africaine. Donc on avait le Melty Crew, le Battle Afro, etc. Donc on allait souvent sur place, on faisait des stories. Ah non, les stories n'étaient pas encore là. On faisait des photos, on faisait des petits articles qu'on postait directement sur Instagram. Et après, par la suite, on a vu que... Les gens s'intéressaient de plus en plus aux médias, donc on a commencé à interviewer des artistes africains qui venaient à Paris, des artistes comme Loco ou en voire plein d'autres. Et ça nous a permis de gagner en autorité. Mais on était toujours dédiés, on était toujours sur la plateforme en ligne. On était toujours en ligne.

  • Ramata

    Très bien. Et tu parles au passé, donc aujourd'hui ce média n'existe plus

  • Ayse

    Il existe toujours, mais après je veux dire qu'on a... pris des chemins un peu différents. Après, moi, je me suis un peu plus consacrée à ma carrière journalistique. Voilà, tout simplement.

  • Ramata

    Ok, très bien. En tout cas, je pense que cette expérience-là et le fait d'aller sur le terrain pour faire les interviews, c'est vraiment ce qui t'a permis de prendre goût et de... Comment dire définir ce qu'allait être ton métier par la suite.

  • Ayse

    Exactement. En fait, ce que j'ai oublié de préciser, ou que je n'ai pas encore précisé, c'est que moi, j'étais passionnée de la musique africaine depuis toute petite. La musique, c'est vraiment... J'aime trop dire ça, c'est mon oxygène. Ça veut dire que quand j'étais petite, j'écoutais beaucoup de musique mondaine. J'écoutais jusqu'à maintenant la musique mondaine, donc Saïf Kéita ou Moussa Garé. J'avais aussi... Mon papa écoutait beaucoup la rumba congolaise, donc Pépé Kalé, Mathilde Oussisten, etc. Et enfin, j'écoutais moi-même beaucoup de Coupé des Galets. Et j'ai nourri cette passion pour la musique depuis tant d'années. Et du coup, moi-même, ce que je faisais, c'est que j'aimais bien lire un peu les interviews des artistes, regarder aussi les paroles des chansons et tout ça. Et ça m'a donné le goût vraiment à la musique africaine. Et après, je sais que je voulais être journaliste et que je voulais être journaliste pour la culture et pour les artistes. Parce que moi, je voyais les émissions... Les animateurs qui ont interviewé, moi, ça me donnait envie de le faire aussi. C'est comme ça que j'ai nourri ma passion pour le journalisme musical. On va dire ça comme ça. Très bien,

  • Ramata

    super. En tout cas, c'est intéressant d'avoir quelqu'un qui avait un rêve d'enfant que tu as nourri depuis que tu es petite et que toi, aujourd'hui, tu as réalisé ton rêve. En tout cas,

  • Ayse

    dans le fond de ton monde. Oui, j'ai réalisé mon rêve parce que, comme je l'ai dit tout à l'heure, il y a pas mal d'artistes que j'ai écoutés que j'ai interlové. Donc, quand tu écoutes des artistes quand tu étais plus jeune, et les voir en face de toi, ça fait quand même quelque chose. C'est impressionnant. Et puis là, tu te rends compte que ça a été un long chemin, mais j'ai persévéré dans ce que je voulais faire. Et ça, pour moi, c'est une grosse fierté pour moi. Et c'est une grande fierté aussi pour mes parents. À chaque fois que je fais un artiste malien, par exemple, ils sont toujours contents. Ils mettent dans leur story sur WhatsApp, ils envoient et tout. Donc vraiment, c'est une grosse fierté pour moi. Et voilà quoi.

  • Ramata

    Très bien. Très bien. Du coup, c'est super important et intéressant. On partage ça, qu'en fait, on peut avoir vraiment une ambition petite et puis s'organiser, se préparer pour pouvoir atteindre ses objectifs.

  • Ayse

    Exactement.

  • Ramata

    Toi, tu fais tes études, tu fais ton propre média. Et à partir de quel moment est-ce que tu commences à travailler pour d'autres médias Est-ce que c'est tout de suite après la fin de tes études

  • Ayse

    Après la fin de mes études, j'ai fait un stage à Jeune Afrique. C'était un petit stage mais qui m'a beaucoup servi aussi parce que j'ai fait des articles sur le web, j'ai fait des articles avec certains artistes, donc ça a été vraiment très bénéfique pour moi. Et au sortir de Jeune Afrique, j'ai eu la chance de travailler dans le Média Trace en tant que Community Manager d'abord, puis Social Media Manager. et je m'oubliais en fait des réseaux sociaux de Trace Africa et de Trace Urban. Donc je faisais la partie réseaux sociaux, mais mon amour pour les interviews et les artistes a fait que j'ai interviewé énormément d'artistes africains, il y en a pas mal qui sont venus au bureau que j'ai interviewé, donc on va dire que j'ai apporté mon expertise musicale aussi avec les artistes. Et donc, ça c'est grâce à... non seulement c'est grâce à mon expérience dans la musique africaine, mais c'est aussi grâce à mon expérience avec le média que j'ai pu arriver à Thrace. Et Thrace, c'était très... Même le fait que je ne faisais pas d'interview, Thrace était très axée sur les réseaux sociaux. Et j'avais cette envie-là de retourner dans le journalisme pur. J'avais envie d'être sur place, de faire du reportage, d'être sur le terrain. Et il y a l'occasion de Brut qui s'est ouverte à moi. À la base, c'était pour être community manager que j'avais postulé. Et Dieu a fait que... finalement, j'ai été recrutée en tant que journaliste. Et depuis l'an ennui, j'ai pu petit à petit faire des interviews encore ici, faire des reportages, des super reportages, voyager un peu partout. Et ce qui est super, c'est que j'ai pu développer aussi d'autres compétences, parce que c'est vrai qu'à l'école, j'ai appris le montage, mais je ne savais pas monter des sujets de A à Z, comme je le fais maintenant. Donc on va dire que c'était super bénéfique pour moi. Surtout quand je suis arrivée à Brut, je me disais, oh là là, qu'est-ce que je fais là Est-ce que c'est vraiment pour moi Est-ce que je suis capable de le faire Les débuts ont été assez compliqués parce que les sujets n'étaient peut-être pas très bien concisés et tout. Mais je pense que c'est beaucoup de confiance en soi, c'est beaucoup de terrain, c'est beaucoup de rencontres. Et voilà, voilà un peu. mon histoire de la réunion à Brut.

  • Ramata

    C'est intéressant que tu reviennes comme ça sur l'évolution de ton parcours et l'opportunité de... Tu commences par l'Afrique, ensuite Tras, et ensuite Brut Afrique. Donc, toi, tu es entrée en Afrique dès le départ dans ta carrière. C'était clair et net que tu allais travailler en Afrique. Il n'y a pas eu de petites bifurcations vers d'autres médias.

  • Ayse

    Non, moi, je savais que je voulais toujours être journaliste pour l'Afrique. Ça me tenait à cœur et je voulais vraiment, vraiment travailler pour l'Afrique. Ça, c'est quelque chose que j'ai toujours dit et j'ai toujours m'applique. Et j'ai eu la chance, franchement, je ne me plains pas de toujours travailler dans un métier dédié à l'Afrique.

  • Ramata

    Très bien. Je pose la question maintenant. Après, c'est peut-être une question de fin d'interview, mais écoute, tu me corrigeras vu que c'est toi l'expert. Est-ce que toi tu as le désir à un moment donné dans ta carrière de recréer à nouveau ton propre média

  • Ayse

    C'est quelque chose qui est possible parce que tu sais il y a beaucoup de gens qui me disent mais franchement ce que tu fais c'est incroyable, tu fais interview tellement d'artistes et tu mets beaucoup d'amour, beaucoup de passion, pourquoi est-ce que toi aussi tu ne ferais pas ça encore toi Donc c'est quelque chose qui est envisageable et ce qui est bien c'est que moi de base je voulais... je voulais vraiment construire ma carrière, mais je voulais aussi me forger une personnalité. Quand je dis une personnalité, c'est vraiment me retrouver, trouver mon identité, parce que il faut savoir que moi, quand j'ai commencé, j'étais hyper timide, hyper enfermée, et le fait, c'est d'avoir de pouvoir travailler dans un média où tu as l'opportunité de voyager, tu as l'opportunité de rencontrer des gens, ça m'a forgé un caractère, ça m'a forgé aussi une personnalité, ça m'a permis de... de sortir de mon cadre habituel, de faire aussi mes peurs, mes stress. Donc voilà, je pense que j'avais besoin de passer par une étape média pour pouvoir me retrouver en tant que personne. Donc voilà un peu.

  • Ramata

    Très bien. Donc peut-être un jour un média à essayer, mais pas forcément tout de suite.

  • Ayse

    Voilà, exactement.

  • Ramata

    Très bien. Donc il y a vraiment chez toi le côté musique,

  • Ayse

    culture,

  • Ramata

    très très fort. Et la verticale Afrique était très, très importante aussi. Toi, tu es journaliste, on va dire, de terrain, puisque toi, tu vas aller au concert, tu vas aller au contact. Est-ce que tu peux nous expliquer peut-être la différence qu'il peut y avoir entre quelqu'un qui va plutôt, comment dire, rédiger des piges et quelqu'un qui va aller créer du contenu vidéo sur le terrain

  • Ayse

    Quelqu'un qui rédige des piges, bon, en fait, il va rester un peu au bureau. Donc lui, les informations, il va un peu, ce sera plus des appels, ce sera plus des interviews qu'il fera sur place. C'est-à-dire sur place, c'est-à-dire qu'au bureau, par exemple, on peut faire des visios pour construire un peu son sujet. Tandis qu'un journaliste de terrain, lui, il va vraiment à la rencontre des gens. Donc il va à la rencontre des gens, il crée des souvenirs là-bas. Il a aussi des informations qui sont davantage vérifiées. Et quand il est sur place... Ce qui est génial, c'est qu'il y a le côté authentique. Ça veut dire que quand tu arrives sur place, tu rencontres ton personnage et puis tu te rends compte qu'il y a des choses que tu as lues sur la personne que tu n'avais pas vues. Et ça, c'est vraiment génial. Mais je trouve que les deux boulots sont intéressants parce que quand tu es plus un journaliste de desk pitch, tu développes tes compétences, tout ce qui est montage et écriture, etc. Donc je trouve que c'est deux faces qui sont complémentaires, je trouve, pour moi. Je ne sais pas si j'ai bien expliqué, mais en gros, c'est la définition que je donnerais.

  • Ramata

    Très bien, c'est très clair. Du coup, qu'on sache qu'en fait, moi, c'est pour vraiment aussi que l'audience, le métier de journaliste, en fait, quand on le voit de loin, parfois, on peut penser que c'est celui qui présente du journal de télévisée avant tard et qu'on ne sait pas toutes les missions que l'on peut avoir en tant que journaliste. Et je pense que quand on voit une vidéo brute, on ne réalise pas forcément... le nombre d'heures de tournage qui sont faites.

  • Ayse

    Exactement.

  • Ramata

    Et quand tu les fais pour pouvoir arriver à une vidéo de 5 minutes impactante. Est-ce que tu peux parler aussi de ça Est-ce que toi, quand tu arrives à un event, tu sais déjà comment tu veux monter la vidéo et quels sont le type d'images que tu veux chercher Ou est-ce que c'est au moment de faire le montage que tu te dis, ah bah tiens, ça, ça ira bien à tel moment Comment est-ce que... raconte-nous un peu comment ça se passe la création d'une vidéo.

  • Ayse

    Ok. Alors, en général, d'abord, trouver le sujet. Trouver le sujet, trouver l'angle du sujet, ça veut dire que c'est vrai que tu as trouvé le sujet, mais il faut trouver un angle qui rentre dans la ligne éditoriale de Bluewood. Ça veut dire par exemple, je ne sais pas moi, si je vais rencontrer une maman qui est maman à Pistion, qui a un business. Donc voilà, ça c'est vraiment un angle intéressant pour nous, comment elle a créé son business, etc. Donc il y a ça. Une fois que tu as fait ça, tu as quitté la partie, contacté le perso. Donc tu contactes le perso, tu lui expliques un peu comment ça va se dérouler, tu lui montres un peu ce qu'on a fait, est-ce que ça peut l'intéresser, etc. Une fois que le perso accepte, tu vois, tu vas travailler en amont sur un script. Donc le script, c'est, on va dire, le déroulé de ton reportage, qu'on divise généralement en séquences. Donc dans chaque séquence, en fait, ça va correspondre à un lieu, par exemple. Par exemple, je ne sais pas, on retrouve la tata. D'abord à la maison, donc elle nous parle de son quotidien, comment elle a commencé, etc. Ensuite, on retrouve dans la séquence 2, la tata sur son lieu de travail, par exemple au marché, si c'est là-bas qu'elle vend. Et là, elle nous explique comment elle travaille au quotidien. Ensuite, par exemple, une autre séquence où elle est avec ses enfants, qui vont lui parler un peu de leur maman, etc. Donc, c'est vraiment comme ça qu'on construit un sujet. Une fois qu'on a construit le sujet, on arrive à la partie... On a récupéré les rushs, donc les rushs c'est les vidéos qu'on a tournées, on dépose tout dans notre ordi et tout ça, et on commence le montage. Donc en fait le fait de faire un séquencier, ça permet d'avoir déjà une idée de comment est-ce que tu vas monter ton sujet. Mais moi il m'arrive parfois, quand je regarde les rushs, de voir des choses un peu plus intéressantes, de dire ah ouais, finalement je pense que je vais plutôt mettre ça, je vais plutôt changer l'ordre en mettant ça Tout va dépendre de la manière dont tu veux monter ton sujet et de la manière dont tu veux raconter ton histoire. Donc, c'est vraiment ça. Et ça, c'est plutôt quand tu es sur le reportage vidéo d'un perso. Mais quand tu es sur un concert, c'est à peu près le même déroulé. Ça veut dire que quand tu arrives sur place, tu as soit... Moi, en fait, à Bruton, on a deux choses. Soit on fait... On fait... Tout en instantané, ça veut dire que quand on arrive au concert, on filme des backstage, qu'on poste directement sur les réseaux sociaux. Par exemple, je ne sais pas moi, quand l'artiste se prépare et dit un mot, son entrée sur scène, quand il chante un titre phare ou bien quand il a un featuring avec un artiste. Donc on est vraiment dans la manière, dans l'instantané. Quand on veut faire plutôt un reporting du concert, là c'est vraiment, on part du début, ça veut dire... avant que l'artiste monte sur scène, c'est-à-dire quand il... Par exemple, on va le chercher à nous. Ça, c'est typiquement des attaques que j'ai obligées de faire. On va le chercher, par exemple, dans son hôtel. Ensuite, quand il vient, on va le mettre dans la voiture. Donc là, on parle un peu de lui, de comment il se sent. On arrive, on arrive dans la salle. Là, c'est plutôt les balances. Ensuite, bon, les balances, c'est un peu comme ça se passe. Ensuite, on a la partie préparation, stress, patati, patata. Et ensuite, la montée sur scène. Donc j'ai toujours un peu dans ma tête la manière dont je vais construire mes sujets. Mais bien sûr, il y a les managers, les attachés de presse, ils peuvent proposer d'autres alternatives, d'autres choses qu'on peut prendre. Donc voilà un peu. Et ce qui est intéressant dans les reportages, c'est que toi par exemple, tu as une idée en tête. Et quand tu arrives sur place, tu te rends compte qu'il y a des choses beaucoup plus belles à raconter, ou que la personne n'a pas dit quelque chose que tu ne savais pas. En fait, elle a dit une chose que tu ne savais pas, et c'est ça qui a créé l'authenticité d'un reportage. Je me souviens que j'avais tourné avec une maman autiste, une maman qui a un fils qui est autiste, excuse-moi. Et ce qui était cool, c'est que la maman m'a dit oui, mon fils est autiste et tout ça, et tout ça. Et quand je suis arrivée sur place, je me suis rendue compte qu'en fait, ils avaient... Voilà, elle avait une petite maison, son mari l'avait abandonnée quand l'enfant est né et tout. Donc du coup, ça crée une sorte d'authenticité à ton histoire et toi-même, en tant que journaliste, ça te sert de son. Et tu te dis Wow, après ça, je ne le savais pas Moi, il y a beaucoup de choses qui m'ont... À chaque fois que j'ai fait des tournages, il y a beaucoup de choses qui m'ont glacée. Donc c'est ça aussi être journaliste, c'est faire des rencontres inattendues et avoir des expériences uniques. Donc voilà un peu comment ça se passe.

  • Ramata

    Très bien, super intéressant que tu nous partages ça. C'est qu'il y a une part très organisée, carrée, pour faire un montage et que le montage peut être, comment dire, impactant pour Brut. Et puis après, il y a une part qui est liée à l'émotion et à, tu es dans l'implaisant et du coup... tu peux à un moment donné être saisi par, capturé à un moment inattendu qui va être l'élément phare de la vidéo.

  • Ayse

    Exactement, moi en fait je veux toujours faire ressentir, pour ressortir le meilleur d'une personne, le côté humain d'une personne. Pour moi c'est ça qui fait qu'un sujet est authentique et quand tu regardes par exemple la ligne éditoriale de Brut, c'est toujours des histoires un peu originales, un peu uniques. Je pense que c'est ça qui fait aujourd'hui que les gens regardent beaucoup nos pages, c'est qu'on a ce truc-là de chercher des sujets. qui sont différents. On va en contact des gens, on laisse parler des gens qui ont des témoignages uniques. Par exemple, j'avais fait un monsieur qui vendait des jeans, enfin qui transformait des jeans en Côte d'Ivoire, c'est-à-dire qu'il avait des jeans qu'il se utilisait, il les découpait, etc. Et je trouvais que le gars avait une histoire de fond parce qu'il a grandi en Nigeria, il est arrivé en Côte d'Ivoire et tout. Et c'est ça, en fait, c'est que le gars, en fait, il est hyper faible, il est hyper authentique. Et quand tu vois les commentaires, les gens disaient, Mais waouh, il est trop drôle, il est trop intéressant, il est comme ceci, il est comme cela. Donc, moi, c'est ça, en fait, c'est que les gens puissent remarquer, en fait, ce que j'ai voulu dire et ce que j'ai voulu transmettre dans la vidéo. Donc, voilà. Très bien, très intéressant.

  • Ramata

    Est-ce que tu peux nous parler maintenant Donc, moi, j'ai envie d'aborder un petit peu le secteur des médias. C'est quand même un, comment dire Un business assez particulier où on a vécu plusieurs révolutions dans l'univers du média.

  • Ayse

    À un moment,

  • Ramata

    c'était beaucoup le média papier, les magazines. En tout cas, étant plus jeune, j'ai acheté des Cosmo,

  • Ayse

    des

  • Ramata

    Maisons. J'ai vraiment le support papier. Aujourd'hui, on est vraiment 100% digital. Donc, le support papier, c'était quand même du revenu pour le média, puisqu'on allait acheter notre magazine. Aujourd'hui, quand on est en ligne, on achète. pas, on regarde gratuitement. Donc, ça marche comment un média aujourd'hui C'est quoi le business modèle, sachant que quand vous êtes sur le digital comme ça, nous, en tout cas, en tant que consommateurs, on accède gratuitement.

  • Ayse

    Alors, il y a deux côtés, il y a le volet un peu plus les vues, donc les vues, les vidéos qui sont momentisées quand elles font plus de 3 minutes. Donc ça, c'est vraiment un revenu d'argent. Mais on a aussi tout ce qui est brand content, ça veut dire qu'en fait on travaille avec des marques, on travaille avec des structures qui eux demandent à faire des vidéos. Et du coup c'est comme ça aussi qu'on se rémunère quoi. Parce que c'est vrai qu'on a des vidéos éditoriales classiques, mais il faut aussi que le média puisse vivre. Il faut aussi qu'on puisse mettre en avant des marques. Je prends l'exemple de Spotify. Sur Brut par exemple, quand tu travailles avec Spotify, tu peux travailler par exemple sur des contenus un peu vidéo, sur des contenus live, etc. Donc c'est vraiment le brand content quand tu regardes les médias aujourd'hui. C'est beaucoup de brand content parce que c'est ce qui permet aussi de rémunérer le média.

  • Ramata

    Très bien. Donc du coup, il y a une partie du contenu qui va être un peu sponsorisée par une marque. On va sur votre plateforme. et vraiment la ligne éditoriale de Brut.

  • Ayse

    Aujourd'hui, en fait,

  • Ramata

    le média dans lequel tu interviens, on a parlé, c'est Brut Afrique, c'est vraiment une déclinaison de Brut, qui est plutôt français ou occidental. Alors, je ne sais pas, ça fait combien de temps qu'ils ont fait la déclinaison Afrique, mais est-ce que toi, tu peux nous parler un petit peu de l'histoire et de ce qu'il y a derrière la volonté d'à un moment donné se dire en fait, on va faire une déclinaison Afrique et puis on va aller créer des... ou on va s'intéresser à la mise en avant, la valorisation de profils africains, soit basés sur le continent, soit alors issus de la diaspora.

  • Ayse

    Moi, ça fait... Je suis arrivée, on va dire, au début de Brutafrique, avant que Brutafrique ne devienne pas la base. Brutafrique, c'était décliné en plusieurs pages. Donc, il y avait Brut-Tunisie, Brut-Côte d'Ivoire, Brut-Sénégal et Brut-Maroc. Et donc du coup, avant même que Blood soit créé, moi ce que j'ai compris c'est qu'on se rendait compte qu'en Afrique aussi, on a trop de belles choses à raconter. Le continent il est magnifique, on a des entrepreneurs, on a des gens qui ont des initiatives, on a des paysages, on a plein de choses. Et on s'est dit pourquoi pas, moi c'est ce que j'ai compris, on s'est dit pourquoi pas reproduire les histoires. des brutes en Afrique. Et les gens ont tout de suite adhéré, les gens ont tout de suite adhéré, parce que justement, je pense que ça manquait de médias qui racontaient des histoires vraies et le côté positif de l'Afrique. Et quand tu regardes aujourd'hui, il y a beaucoup de médias aujourd'hui qui s'inscrivent un peu du modèle des brutes pour faire des bons portages, surtout en Afrique. Je ne sais pas si ça répond à ta question, mais en gros, c'est un peu ça.

  • Ramata

    Ça répond complètement. C'est intéressant de voir que il y a À un instant T, en fait, il y a eu une volonté de consolider différentes initiatives un peu par pays, de se dire on va en faire un truc plus costaud, mais quelque part, les initiatives par pays, ça a permis de tester, de voir, tiens, ça fonctionne, on a une audience, on a des gens.

  • Ayse

    Oui, justement, pour parler de ça, en fait, ce qui a fait que les déclinaisons sont devenues une page globale, c'est qu'on avait fait des... On était allés dans plusieurs territoires, en dehors de nos territoires, les 4 premiers territoires, et on s'est rendu compte que les gens nous suivaient de partout. Les gens demandaient Mais pourquoi vous venez pas en Guinée Pourquoi vous venez pas en Mali Pourquoi vous venez pas en Burkina Pourquoi vous venez pas en Cameroun On s'est dit Mais il faut qu'on devienne Brutafrique, en fait. Il faut que les gens voient que, ok, l'Afrique est représentée par ce paradis qu'on appelle Brutafrique.

  • Ramata

    Super intéressant d'avoir cette ambition-là. Et du coup aujourd'hui en termes d'audience, vous avez vraiment une audience du nord au sud, d'est en ouest en Afrique Oui,

  • Ayse

    on a une audience, c'est surtout en Afrique francophone, surtout en Côte d'Ivoire, on est suivi en Côte d'Ivoire, on est suivi en RDC, on est suivi vraiment un peu partout. Je pense qu'en Afrique anglophone un peu moins parce qu'on a des contenus qui sont français. Mais le mouvement, il est vraiment réel. Et on se rend compte que même il y a des territoires qu'on n'a pas encore pu exploiter ou on les suivit. Donc franchement, je dirais qu'aujourd'hui, le but d'Afrique, c'est vraiment une force. Et voilà, tout simplement.

  • Ramata

    OK.

  • Ayse

    Aujourd'hui,

  • Ramata

    en termes de sujets qu'on peut avoir sur but d'Afrique, toi, tu es vraiment sur la culture et sur la musique. Mais parfois, vous allez parler du SNES, agriculture,

  • Ayse

    finition.

  • Ramata

    Les sujets abordés sont très très larges. Je pense que ça fait vraiment partie de l'identité brute, d'être vraiment comme ça, un média assez large en termes de sujets évoqués. Est-ce que toi, c'est un truc que tu te dis, je reste vraiment focus culture et musique, ou des fois, est-ce que tu te dis, j'ai envie d'aller creuser d'autres sujets, d'autres thématiques

  • Ayse

    Non, moi je trouve que c'est vrai que mon sujet de présélection c'est la musique, mais j'ai fait énormément de sujets liés à des sujets de société que j'aime beaucoup aussi. Donc des sujets un peu sur le terrain, des histoires authentiques, des témoignages. On a fait pas mal aussi sur des histoires, des témoignages un peu santé aussi. Par exemple, là j'avais fait un monsieur qui avait le viticule. Enfin, ce genre, moi j'aime beaucoup aussi. Voilà. laisser les gens s'exprimer sur leur histoire, sur des choses qui les touchent, des choses qu'ils ont vécues, que ce soit positif, que ce soit négatif, et voilà, qui ont emprunté leur vie aussi. Donc non, je pense que c'est important de toucher à tout parce qu'il y a des gens qui n'aiment pas forcément la musique, il y a des gens qui n'aiment pas forcément l'espoir, il y a des gens qui préfèrent plus leur santé et tout ça, donc c'est important en tant que média, parce qu'on est un média, finalement on fait de tout, c'est important de traiter plusieurs aspects. plusieurs aspects, quoi, tout simplement. Très bien.

  • Ramata

    Donc, toi, tu as cette volonté de pouvoir avoir un peu à tout terrain, comme ça, on peut te solliciter pour tout type de sujet en réalité, même si tu as une vraie préférence pour la culture et la musique, tu préfères rester assez ouverte, en fait.

  • Ayse

    Ouais, exactement.

  • Ramata

    Ok. Là, ce que je voulais évoquer aussi, c'est dans le narratif et le choix, en fait, de la grille éditoriale de Brut. C'est vrai qu'on est, et c'est ce que tu évoquais un peu au début, on est toujours sur des histoires inspirantes, impactantes et du positif. Et on sait que trop, on a souvent eu parfois une représentation de l'Afrique par certains médias, où c'est toujours par des problèmes, des maladies, des sujets difficiles, douloureux. Et en fait, sur Brut, c'est pas qu'on y en a pas, des sujets comme ça, parce qu'on dit la vérité, mais c'est vrai que... Ah S'il y a une volonté de montrer l'Afrique de manière exhaustive, de montrer le beau, de montrer le bien et aussi de montrer certaines réalités, est-ce que tu peux nous parler un peu de cette ligne éditoriale et de ce choix d'être dans le positif

  • Ayse

    Je pense qu'en tant qu'Africaine, je pense qu'on en a besoin en fait. Je pense qu'on a trop montré le côté négatif de l'Afrique alors qu'aujourd'hui, on a tellement de belles choses à montrer. Le continent, il est riche, il est faste, il y a des gens qui sont. talentueux que ce soit en termes de musique, en termes de culture, que ce soit en termes d'entrepreneurs, d'entrepreneurs de business. Et je pense qu'on n'est pas assez en avant. Par contre, ce qui est super, c'est qu'on a un éveil des consciences et on se rend compte qu'il faut qu'on montre aussi le positif de notre continent. On en a besoin et c'est motivant aussi. Donc, pour moi, quand on montre le côté positif de l'Afrique, ça fait avancer et ça montre que... Parce qu'il y a plein de gens qui n'ont pas de connaissances de l'Afrique, qui ne savent pas comment, à part au sein de l'Afrique, et qui ont peut-être des idées négatives. Et en voyant ce genre de reportage, ils peuvent se dire Waouh, en fait, c'est comme ça l'Afrique. En fait, c'est monstrueux comme ça, il y a ça, il y a ça. Donc, c'est très, très important de montrer une image positive de l'Afrique. Ça, c'est mon avis personnel et je l'espère qu'il y en a beaucoup qui partagent aussi ce point de vue.

  • Ramata

    Pas de choses qu'il y en a qui le partagent. Le travail que tu fais pour Brut, mais même le média Brut Afrique de manière générale, contribue aussi à véhiculer des vraies histoires authentiques sur le terrain, qui sont des histoires positives, et du coup ça contribue à changer un narratif et à ne pas être que dans une forme de misérabilisme, mais à montrer des succès stories africaines en fait. Oui,

  • Ayse

    exactement, c'est ça. C'est succès stories, encore une fois, réussite. vraiment des choses qui me motivent et qui sont intéressantes aussi à voir. Parce que quand on arrive sur les pages, on voit toujours, il y a eu ça, il y a eu telle guerre, il y a eu ceci, il y a eu cela. Je ne dis pas qu'on ne doit pas en parler, on doit en parler parce que c'est très important, ça fait partie de l'ADN. Mais on peut aussi parler de choses positives et c'est important même pour le mental. Donc voilà,

  • Ramata

    totalement aligné, ça rejoint complètement en tout cas l'éditorial du Média Africa Fashion Tour, c'est vraiment d'être dans le... De toute façon, des médias qui parlent du négatif, il y en a déjà. Donc, du coup, certes, c'est important d'être réaliste. S'il y a des difficultés, il faut en parler. Mais je me dis, il y a déjà beaucoup de médias qui s'en occupent. Moi, je peux parler des choses positives à mon niveau pour équilibrer la balance. Maintenant, j'aimerais que tu me parles un peu de... Toi, ce que tu disais tout à l'heure, c'est que tu as eu l'opportunité d'interviewer... des personnes dont tu étais, j'ai employé le mot fan, ce n'était pas le mot que tu emploierais, mais tu écoutais des personnes. Et donc, est-ce que tu peux nous parler de toi, des interviews de célébrités qui t'ont le plus touchée Et est-ce que toi, tu t'es vu dans une situation un peu de peut-être mal à l'aise d'interviewer cette star que tu écoutes depuis que tu es petite et tu te dis non, mais là, ça y est, je la vois en vrai, je vais passer une heure avec elle et je vais l'interviewer. Est-ce que tu as ça ou est-ce que une fois que tu as ta casquette de journaliste, bah en fait, t'es professionnelle et t'as pas ce petit pincement au cœur de Oh non, comment j'ai dansé sur ce son-là quand j'étais petite

  • Ayse

    En fait,

  • Ramata

    quand je sais que je vais interviewer tel ou tel artiste,

  • Ayse

    je suis très contente, émue aussi à chaque fois. Mais je reste vraiment dans mon mode de journaliste. Je prends le temps de toujours bien analyser mes questions, de poser les bonnes questions aussi, de retracer la carrière de l'artiste, etc. Donc, non, je... Je fais toujours mon travail de journaliste et à la fin ça m'arrive parfois de dire à l'artiste que voilà je l'ai goûté beaucoup quand je t'ai jamais. Et parfois de créer des souvenirs avec cet artiste là. Donc moi j'ai le temps, parce que souvent quand tu es trop dans ta peau de femme, tu perds ton fil conducteur. Alors que c'est important de toujours rester professionnel, même si tu aimes l'artiste. Je pense que aimer l'artiste c'est un plus parce que ça te permet de... de me refaire en profondeur sur certains sujets dans les chansons, dans les albums, etc. Et donc l'artiste se sent beaucoup mieux parce qu'il dit Waouh, cette personne-là connaît ma carrière Mais en même temps, ça peut être un désavantage parce qu'on va se dire Oh, il est pas professionnel, il est fan Donc j'essaie vraiment de faire la part des choses entre les deux.

  • Ramata

    Super, c'est intéressant. Je savais que tu n'allais pas tomber dans mon piège. Moi, je suis fan. Est-ce que tu peux nous parler des interviews Une ou deux interviews qui t'ont vraiment marquée, en fait. Ça peut être parce que tu nous as partagé des interviews de profils qui t'avaient particulièrement touché. Là, j'ai envie d'aller dans le côté un peu célébrité. Est-ce qu'il y a des gens que tu as interviewés où tu as vraiment passé un moment agréable et tu étais contente de la qualité de l'échange que tu avais eu avec la célébrité Oui,

  • Ayse

    alors il y a eu un temps, il y a deux ans, je crois, il y avait 11, 5 ans. c'était vraiment une interview qui était importante pour moi en tant que Marie-Ède, parce que j'ai grandi aussi avec sa musique, je sais que ma mère l'aime beaucoup, et donc du coup la rencontrer ça a été une super belle expérience parce que déjà elle est super incle, alors qu'elle a une carrière incroyable, et de deux, elle a été très touchée par le fait que je connais ses chansons et que je connais sa carrière, et elle me l'a même dit, elle m'a même dit ça se ressent que que tu aimes ma musique et que tu m'écoutes beaucoup. Donc ça, ça m'a vraiment touchée. Et jusqu'à aujourd'hui, c'est même épinglé sur mon profil Instagram parce que pour moi, c'est l'une de mes plus belles interviews. Parce que derrière tout ça, il y a aussi ce truc-là où je me dis c'est valoriser ma culture, mes origines, le Mali. Donc pour moi, faire des interviews avec des artistes maliens, c'est très symbolique pour moi. Et après ça c'est une chose que je n'ai pas encore vu sur les réseaux sociaux, mais j'ai interviewé Salif Keita ce lundi, et ça a été vraiment une interview magnifique parce que c'est des forces harmoniques. Je me disais qu'en tant que journaliste je me devais de faire cette interview et c'était dans mon temps. Et donc du coup ça a été vraiment une très belle interview, il est très humble, il a été vraiment... vraiment agréable et puis on a vraiment discuté de sa carrière et ça c'est un truc que j'ai remarqué depuis que j'ai commencé, c'est lorsque tu t'intéresses à la carrière d'un artiste, et bien là il ne se sent plus concerné, il a envie de parler, il a envie de développer, mais lorsque tu lui poses des questions basiques, là il se renferme et si tu lui poses des questions qui ressemblent un peu à tout ce que les médias ont posé, ça ne fait pas une interview authentique. Et comme je l'ai dit et je le répète, moi, c'est vraiment faire ressentir l'émotion et le côté authentique d'une vidéo, d'une interview et d'un échange.

  • Ramata

    Très bien. Je pense que c'est sûr que ta force, parce que tu as une vraie passion pour la musique, c'est que tu vas interviewer des gens que tu connais et tu peux arriver avec un angle qui va être différent de la personne qui arrive et qui a lu un communiqué de presse et elle va arriver, elle va poser un peu des questions. comment dire, un peu peut-être bateau. Il y a une question, forcément, la personne interviewée a déjà entendu, et du coup, elle va répondre, mais il ne va pas y avoir la même intensité, le même rapport.

  • Ayse

    C'est exactement ça. C'est exactement ça. Je pense que ça, c'est un conseil que je donne à ceux qui interviewent, c'est de toujours connaître son sujet. Là, je ne parle plus pour la musique, mais c'est valable aussi pour le doing. C'est que lorsque tu as, par exemple, en face de toi un artiste, Que ce soit qu'il soit émergent ou qu'il soit méchant, il faut toujours connaître le sujet parce que je trouve que ça apporte une densité et ça apporte un dilemme à la vidéo. Du coup, ça va permettre aussi de te mettre à l'aise et ton interlocuteur ne sera pas là en mode ah, oui, non il va vraiment se sentir concerné. développer ses réponses. C'est très important. Il faut toujours mettre à l'aise la personne que tu as en face.

  • Ramata

    Très bien, très bien. Est-ce que toi, tu as fait des masterclass pour un petit peu conseiller sur le métier de journalisme ?

  • Ayse

    Non, je n'ai pas fait de masterclass sur le métier de journaliste, mais par contre, il y a des jeunes étudiants qui sont en master qui avaient des... Comment on l'appelle ça ? Des mémoires de fin d'année qui m'ont posé des questions sur mon métier, sur mon domaine. Je sais qu'il y a eu qui m'avait posé des questions sur l'art à piano, parce que là c'était plus axé sur ma spécialité, parce que je crois que je l'ai pas dit, mais je suis spécialisée vraiment dans les musiques africaines. Et du coup, elle m'a posé des questions sur l'art à piano, les origines, ce que moi j'en pensais, l'évolution en France. Donc il y a ce volet-là. Et après, il y a des gens tout simplement qui viennent me demander des questions. Oui, comment t'as fait J'aime ton travail. J'aime beaucoup ce que tu dégages sur tes réseaux et nos voix, vraiment, ça m'inspire. Et je me dis que peut-être qu'il y en a qui en ont besoin. Il y en a qui ont besoin d'avoir des masterclass aussi pour comprendre les rouages du métier. Surtout dans la musique, parce que dans la musique africaine, je trouve qu'on n'est pas beaucoup aujourd'hui à être journaliste dans ce domaine-là. Et je pense que ça, c'est quelque chose qu'il y a. certains qui veulent vraiment se spécialiser dedans. Je pense que c'est une telle chose que je me pose aussi.

  • Ramata

    Très bien, super intéressant. En tout cas, je pense que je trouve que tu as un côté pédagogue, qui peut être intéressant à exploiter. Je pense que c'est, pour moi, quand on déplore le narratif qu'il y a sur l'Afrique, c'est aussi parce qu'on n'a pas assez de journalistes qui ont des convictions comme la tienne depuis petit, mais moi je veux travailler. pour un média africain, pour parler d'Afrique. Et donc, du coup, si on en a plus, forcément, il va y avoir des empires médiatiques qui vont parler de l'Afrique. Et je ne dis pas qu'il n'y en aura pas. Effectivement. Et donc, forcément, ton témoignage, il peut donner des idées à des jeunes générations qui, peut-être, se diraient, Non, en fait, si je deviens journaliste, c'est pour travailler pour le monde, c'est pour travailler pour des institutions occidentales et qui ne vont pas forcément... avoir ce rêve-là, en tout cas, où se dire c'est impossible, il n'y aura peut-être pas de débouchés, ce sera compliqué Mais si on n'a pas de journaliste pour parler d'Afrique, du coup, forcément, dans les médias, on n'en a pas ou on n'en a pas comme on voudrait. Ou alors, c'est toujours les mêmes personnes qui parlent. Mais ce qu'il nous faut, il nous faut une jeune génération qui prenne le relais, en fait.

  • Ayse

    Oui, justement, pour l'ensemble étudié, je trouve qu'il y a un évêque des consciences par rapport aux multinationales africaines. Et ce n'est pas que dans le domaine du journalisme. Je trouve que... Aujourd'hui, les jeunes comme moi, comme nous, encore plus âgés, ont cette envie de valoriser le continent africain. Il y en a pas mal qui, aujourd'hui, travaillent en Afrique. Des gens que je connais qui ont déménagé en Afrique et qui travaillent en Afrique. Parce que justement, ils ont ce truc-là de se dire qu'il faut qu'on puisse être proche de nos bandits. Il faut qu'on puisse être proche des origines de nos ancêtres, de nos parents. Et ce que je trouve bien, c'est que je vois...

  • Ramata

    beaucoup,

  • Ayse

    beaucoup de jeunes journalistes africains qui, aujourd'hui, s'intéressent au continent. Et je pense que dans les années à venir, j'y crois, il y aura de plus en plus de personnes qui vont travailler pour le continent africain. Et je pense qu'on en a besoin. Des gens qui se connaissent, des gens qui maîtrisent et qui vont ressentir les belles choses de l'Afrique et pas des préjugés, mais des choses qui sont vraies et vérifiées. Voilà.

  • Ramata

    Je suis complètement d'accord avec toi. On sent qu'il y a vraiment... On est vraiment à une période, je trouve, qui est assez charnière, où il y a énormément de changements, énormément de manières d'appréhender le monde et l'Afrique qui est différente. Et du coup, je trouve que c'est une belle période à vivre de tenter des choses, quand on a une promotion d'initiative sur l'Afrique, parce que tu sens qu'il y a... Enfin, moi, quand je lance Africa Fashion Tour et que je vais à la rencontre de designers africains, mais... pour effectivement faire une interview par jour tellement il y a de talent et de choses intéressantes à mettre en avant. Et je pense que dans plein d'autres semaines, c'est vraiment possible. Et Groot Afrique, ce qui est intéressant, c'est que je ne sais même pas combien de billets par jour.

  • Ayse

    Moi non, je ne sais pas parce qu'en fait, on a tellement de choses à dire, on a tellement de choses comme en avant, on a tellement de reportages, on a tellement de sujets. qu'aujourd'hui, je pourrais te dire le nombre de concours qu'on a par jour et le nombre de concours qu'on a sur la page, tellement c'est énorme.

  • Ramata

    Mais du coup, ça fait plaisir parce que c'est de se dire, en fait, si tu as soif de contenu de qualité sur l'Afrique, il y a vraiment de la matière. Ce n'est pas comme si,

  • Ayse

    non, mais là,

  • Ramata

    il n'y a pas de sujet de quoi on va parler. On est devant une page blanche. Non, je pense qu'il y a plein de sollicitations et c'est plutôt, mais est-ce qu'on a assez d'équipe pour traiter tous les sujets ?

  • Ayse

    Franchement, on n'est jamais assez. Parce qu'il y a tellement de choses. Tu imagines déjà le continent africain, comment il est riche. La diaspora aussi, comment c'est riche. tous les domaines, les témoignages, les initiatives, les événements, les festivals. Non, on n'est jamais assez. Il y a tellement de choses. Et puis, tu vois, il y a tellement de gens qui ont des choses super bien racontées. Mais voilà, on fait du mieux qu'on peut et voilà, on continue, nous, à donner la parole à des gens qui, tu vois, à des gens qui ont des choses à dire et des choses à mettre en avant. Voilà.

  • Ramata

    Très très intéressant. Toi, dans les... J'ai posé ma question de conclusion en début d'interview, je te demandais si toi tu te voyais avoir ton propre média. Est-ce que toi, tu as des envies de télévision, en fait, ou de Netflix Est-ce que tu te vois dans... Si on doit se projeter dans l'Empire, Aïssé, Sissoko, ça ressemble à quoi Qu'est-ce que tu imagines comme type de contenu qui pourrait manquer pour promouvoir l'Afrique en fait

  • Ayse

    Moi, je pense des archives. Bon, après, je n'ai pas encore réfléchi à tout ça, mais je trouve qu'on manque d'archives. On manque d'archives. Là, je parle vraiment dans mon domaine. Je trouve qu'on manque d'archives avec les artistes. On n'a pas assez de... Soit on a des domaines d'artistes qui, vraiment, ont beaucoup de choses à raconter, tandis qu'il y en a qui... Il y en a qui n'ont pas d'archives. Je pense que c'est important. Et après, si je dis documentaire, moi, je pense qu'on doit continuer. Il y a plein de médias qui le font très bien. On va continuer à montrer des réalités de la guerre, des histoires, des contextes. On a tellement de choses à montrer. Et je pense que même sur Netflix, je trouve qu'on n'a pas assez de documentaires liés à l'Afrique, si je me trompe. On a assez de documentaires liés à l'Afrique. Et je pense qu'on a besoin de ça. Donc ouais, en tout cas, je pense que moi, j'encourage vraiment les documents, ceux qui font des documentaires, les grands reporteurs et même nous, à vraiment archiver, à regarder les archives, à ne pas hésiter à se documenter, à comprendre l'histoire de nos guerres, de nos conflits, parce que c'était très important pour comprendre notre Afrique actuelle.

  • Ramata

    C'est un point super important. Je suis trop contente de t'avoir posé cette question parce qu'en fait, on pense tellement tout le temps aux nouveaux contenus à créer. à être sur la dernière trend qui vient de sortir, qu'on ne se rend pas compte qu'effectivement, sur l'Afrique, on manque d'archives, on manque que l'histoire, en fait, de nos pays, de nos parents et grands-parents, elle a beaucoup été racontée par d'autres, et qu'on a toujours, en fait, les archives qui permettent de bien comprendre ce qui se passe aujourd'hui. Et effectivement, tu vois, j'aurais pu assez naturellement penser à quelles nouveautés on pourrait faire, ou quelles... concept qui existe déjà, on pourrait avoir, mais c'est vrai qu'un espèce de INA de l'Afrique, on peut y aller. On aurait besoin de ça, parce que c'est ça le point de départ, en fait.

  • Ayse

    Oui, parce que tu vois, par exemple, là, typiquement, on est dans un conflit Congo-Rwanda qui est du jour d'une vue désadouée. Et souvent, quand je regarde, les gens disent Mais vous ne racontez pas l'histoire, vous ne racontez pas ce qui s'est passé, et tout ça. Nous, en fait, on a besoin d'archives, surtout les GES. ceux qui sont plus petits, ils ont besoin d'archives pour comprendre ce qui s'est passé pourquoi on en est arrivé à là, comment on en est arrivé à là en fait, et c'est pas que ça, par exemple aujourd'hui quand tu regardes il y a tout ce qui est les histoires de CDAO AES, on a besoin aussi de comprendre ce qui s'est passé au Mali à l'époque, au Burkina pour qu'on en arrive à là, tu vois et que ce soit raconté de manière aussi à ce que les jeunes puissent comprendre et si on avait un archivage assez fort assez riche, on allait pouvoir comprendre les choses, tu vois Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'archives, il y en a, mais je trouve qu'on a besoin de plus, en fait, pour les générations à venir. En plus,

  • Ramata

    et puis après, voilà, l'information sur l'Afrique, il y en a, mais par exemple, de la même façon qu'à un moment donné, dans la réflexion stratégique du développement de BrutAfrique, il y a eu une dynamique qui a été, on avait des brutes par pays, on s'est dit qu'on allait tout regrouper sur une chaîne, et comme ça, ça permet. Ce qui va manquer, c'est le fait qu'il y a plein d'informations qui sont dans plein d'endroits différents, et toi, quand tu cherches à avoir... la source, tu ne sais pas où aller chercher en fait.

  • Ayse

    Exactement, et moi-même quand... C'est pas que moi, mais moi quand je fais des... Des fois il m'arrive de faire des formats d'une vie sur des artistes et tout, et je trouve que j'ai pas assez d'archives. Par exemple des artistes comme Titi Arafat, qui pour moi, voilà, qu'on soit d'accord ou pas, qui a quand même marqué, qui continue de marquer la musique africaine, on n'a pas assez d'archives sur lui. On a des documentaires, on a des trucs, mais je trouve que ça manque. Tu vois, des photos, des choses et... Et je pense que c'est ce qui nous manque aujourd'hui, c'est ça. C'est vraiment, j'insiste sur l'archivage, l'histoire, etc. Très intéressant,

  • Ramata

    très bon point. Est-ce qu'il y a des concerts que tu nous recommandes prochainement

  • Ayse

    Oui, alors là, le mois de mai, il est très chargé. Il y a beaucoup de concerts. Alors, pour ceux qui aiment l'Afrobeat, il y a Bandabo qui sera en concert en avril. En mai, pour ceux qui sont adeptes du rock ghanéen, il y a Black Sheriff, il y a Rima aussi qui sera en concert. Il y a Rima, pour ceux qui aiment un peu l'afro de France, il y a Chili aussi qui sera en concert. Après, il y a le festival Afro Nation en juin. Il y a plusieurs festivals en décembre, il y a Modern Africa, il y a We Love Ya, enfin... Je trouve qu'on a de plus en plus... Ce que j'aime bien, c'est qu'aujourd'hui, les artistes africains, ils sont de plus en plus à l'extérieur, ils font de plus en plus de salles. Par exemple, on a eu récemment Sospecato 2015, qui a fait La Cigane, on a eu Didi Bé avant, qui a fait Lola de Pia. Il y a quelque chose qui se passe au niveau de la scène africaine, et ça, c'est beau, et je pense qu'il faut qu'on continue d'aller encourager nos artistes, qu'on continue de les soutenir, qu'on aille qu'on paie nos places, et je trouve que c'est très, très important. Et même, j'insiste sur le fait que la musique africaine est en train de prendre une tournure incroyable parce qu'on a des artistes, par exemple, comme Imra, qui est un rappeur ivoirien, qui aujourd'hui, cette année, va faire un yard. Et il y a Didi Bé, qui l'a fait avant. Ça veut dire qu'en fait, il y a quelque chose qui se passe au niveau de la musique africaine et surtout de la musique francophone. J'insiste sur la musique francophone parce que c'est un peu en retard par rapport à la musique homophone, mais il y a quelque chose qui se passe. et s'encourager et je pense qu'il faut continuer à soutenir nos artistes. Donc quand tu m'as posé cette question, ça m'a permis d'ouvrir sur ça parce que il y a quelques années avant, je n'imaginais pas que je pouvais voir un artiste comme, par exemple, Adekule God, des artistes qui sont plutôt niches en Nigéria, des artistes comme Adekule God ou autres, faire des concerts dans des salles parisiennes, ou même un artiste, un rappeur ivoirien. Faire un artiste en dessin de Parisienne, c'était quelque chose que je n'aurais pas pensé. Ça veut dire qu'il y a une évolution, il y a des choses qui se passent. Et c'est encourageant, de quoi

  • Ramata

    Mais toi, du coup, tu l'expliques comment Le fait qu'il y a un vrai engouement pour l'afrobeat au niveau mondial. Et donc, du coup, effectivement, il y a des artistes qui n'auraient peut-être pas eu accès à des salles il y a quelques années. Aujourd'hui, de toute façon, ceux qui ont des salles, ils savent qu'ils doivent regrouper. programmer des artistes africains parce qu'ils savent que c'est rempli, que c'est du business. Ce n'est pas un acte de... C'est pour aider le petit artiste africain. Non, non, non. Ça va être rempli quand on a beau y faire des dates, c'est sold out très rapidement. Toi,

  • Ayse

    tu expliques cette évolution Moi, je pense que c'est vraiment la force des réseaux sociaux. C'est la force des réseaux sociaux. Il y a plusieurs facteurs. Il y a les réseaux sociaux, avec le développement de TikTok, par exemple. Aujourd'hui, tu vois qu'il y a beaucoup d'artistes qui se font connaître parce qu'ils ont des trends, tu vois. Ils ont des trends, des sons qui marchent sur les réseaux sociaux, donc ça leur donne beaucoup de force. Il y a beaucoup d'artistes qui, tu vois, aujourd'hui, qui arrivent grâce à TikTok, grâce aux réseaux sociaux, à remplir des salles, à faire des concerts. Donc ça, c'est énorme. Et puis, il y a aussi, tu vois, tout ce qui est qualité, qualité aussi des clips, qualité des visuels, les directions artistiques des artistes. artistes, mais je pense que les gens s'identifient beaucoup à ça. Et pour finir, il y a toutes les plateformes de streaming. Quand tu as des artistes, tu as des plateformes comme Spotify, Deezer ou Apple Music, c'est beaucoup plus facile d'accéder à certains morceaux, à certains sons. Donc aujourd'hui, je pense qu'il y a une avancée dans les technologies qui concernent la musique, tu vois. Et les Nigériens, je crois les hommes de Nigeria, eux aujourd'hui, c'est des Américains pour moi parce qu'ils ont... ils font des featurings avec des Américains. Comme par exemple, tu vois des artistes comme, je ne sais pas, Reba qui a fait un son avec Selena Gomez, ou bien même récemment, tu vois Zanette qui a fait un son avec Craig Davie. Tu sens que l'Afrique, on va dire, c'est Africa to the world. Ça veut dire qu'il y a de plus en plus de... je dirais, de gens qui s'intéressent à la musique africaine, tu vois, et les Américains de surcroît. Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, la musique africaine qui était avant, qui était écoutée plutôt en Afrique, commence à devenir mainstream, tu vois. Donc pour moi, c'est fort et je trouve que ça continue, ça continue maintenant. Aujourd'hui, t'as même des artistes français, français-français, qui ont des sonorités à fond dans leurs chansons. Donc ça, c'est juste... malade. Et inversement, t'as des artistes français, du rap français, qui sont dans l'Ontario, qui sont typiquement 100% congolais. Donc ça me dit qu'en fait, l'Afrique est partout et elle influence partout. Donc voilà un peu mon raisonnement sur ça. Très bien,

  • Ramata

    super intéressant. Je pense qu'en tout cas, il y a une vraie domination du courant afrobeat sur... Du point de vue de l'industrie musicale, on sent vraiment qu'il y a des choses qui se passent. Vous parlez aussi d'artistes issus de la diaspora comme Naya Nakamaki.

  • Ayse

    Exactement.

  • Ramata

    C'est une influence africaine, mais qui à la fois vient de la diaspora et à la fois vient du continent. C'est ça. Quand on parle du succès aussi de... Alors là, c'est peut-être plus Haïti, mais le succès de Joë Dwaidine. Joë Dwaidine aussi. Oui. Il y a vraiment, et comme tu l'as dit, les réseaux sociaux. TikTok, la musique, elle est en tendance et tout le monde connaît. Donc, il y a vraiment effectivement quelque chose qui se passe et qui fait plaisir. Et moi, je n'ai pas le sentiment que ce soit éphémère. Tu vois que ce n'est pas de durée.

  • Ayse

    Non, je pense que ça va continuer d'augmenter, ça va continuer d'évoluer. Parce que regarde, tu dis, par exemple, là, il y a eu la Fashion Week. Et tu vois qu'on commence à... Les artistes nigériens sont invités, ils portent des collections. C'est-à-dire que maintenant, les gens sont habitués à la musique africaine. Même des artistes mouchis, des artistes ivoiens mouchis, ils sont écoutés en France. Souvent, moi, quand j'entends les gens dans leur voiture, ils écoutent du rap, de l'afro, du maïmouda, de la côte d'Ivoire ou bien même des musiques de Sidi Kidiapate. Ça veut dire qu'on est dans une ère où la musique africaine fait partie des vies. Et ça, c'est trop bien parce que moi, je me rappelle que quand j'ai commencé, ça fait plus de dix ans, ce n'était pas du tout comme ça. Et vraiment, les réseaux sociaux, ils ont eu un impact incroyable. Donc, voilà.

  • Ramata

    Ok, mais écoute, on ne peut que souhaiter que ça continue à évoluer. Je pense qu'il y a les réseaux sociaux, et puis après, il y a des médias comme Brutafrique aussi, qui comptent voir les artistes. Mais c'est vrai que les artistes, aujourd'hui, ils ont la main à eux-mêmes pour gérer leurs notifications directement à travers les réseaux, sans attendre d'avoir finalement une maison de disques qui va s'occuper de tout. te faire connaître. Aujourd'hui, les artistes, ils ont un lien direct avec leur audience. Et du coup, ils peuvent organiser des tournées parce qu'ils peuvent prouver qu'il y a des gens qui sont prêts à acheter. C'est vraiment un tournant aussi dans l'évolution de l'industrie de la musique qui est plus dirigée par des maisons de disques qui, elles, vont décider qui va être la star du moment et qui ne sera plus la star. C'est le public qui décide et du coup... Ça donne encore plus la place à l'Afrique, qui a toujours été connue, en tout cas, pour avoir des artistes avec énormément de talent. Donc, pour moi, c'est un juste retour des choses. On n'a plus, finalement, des géants qui, un peu, on va dire manipules, mais qui maîtrisent le business et donc qui mettaient en avant que les courants musicaux qu'ils voulaient. Tu ne peux plus faire ça, en fait. Oui, tu vas avoir de la mapiano à heure de grande écoute et tu vas te dire, mais ça sort d'où, en fait Ça se fait.

  • Ayse

    C'est ça.

  • Ramata

    On va en fait me dire, ça, ça va devenir maïstique.

  • Ayse

    Non, mais c'est vrai, je suis totalement d'accord avec toi. Je suis totalement d'accord avec toi et même quand tu écoutes des radios, par exemple, comme, je sais pas, Génération ou Skyrock, qui, bon, qui durent même plus sur les antérapes et tout, maintenant, t'as de l'afro qui passe tranquillement, de la phobie qui passe tranquillement, même l'énergie, surtout l'énergie. Donc, c'est énorme. Non, moi, je suis vraiment contente. C'est une fierté.

  • Ramata

    En fait, là, c'est-à-dire qu'à un moment donné, elles, elles seront obligées de suivre le mouvement. Oui, le choix. Ce n'est pas un choix... Peut-être qu'il y a des gens en interne qui disent Ah non, mais nous, on adore la phobie, on adore tout ce qui vient d'Afrique, donc on a décidé de mettre ça en force. Moi, je pense que c'est vraiment... Non, mais là, il y a un raz-de-marée. En fait, on ne peut pas faire autrement, quoi. Pour notre audience, en fait, on ne peut pas faire sans et c'est très bien. c'est très bien. Après, pour moi, c'est important que... Comment dire Pour moi, c'est un vrai soft power africain. Maintenant, c'est important qu'on ne soit pas connu que pour l'entertainment, parce que parfois, ça résume aussi un peu trop comment on connaît des artistes africains. On va connaître tous les artistes, on ne va pas forcément connaître les entrepreneurs. On ne va pas... C'est ça. Mais pour moi, ça... J'ai toujours une visibilité par rapport à ça, mais je me dis qu'en même temps, il faut choisir un chemin et se dire que les industries culturelles et créatives peuvent contribuer à changer le narratif sur l'Afrique. Et donc, il faut en profiter de cette situation. Et surtout, il faut maximiser les réussites. C'est une tendance et on ne va pas poursuivre derrière.

  • Ayse

    Exactement. Je suis tout à fait d'accord avec toi. Voilà. Tout à fait d'accord avec toi.

  • Ramata

    Eh bien, écoute, on arrive à la fin de cet échange. Je te remercie pour ta disponibilité et ton partage d'expertise. Ça a été super riche. Moi, j'ai appris plein de choses et je suis sûre que l'audience aura appris aussi beaucoup de choses. Donc, on sait qu'on se retrouve sur BrutAfrique pour tes dernières interviews.

  • Ayse

    Ben oui, déjà, merci à toi. C'est toujours un plaisir pour moi de partager un peu mon expertise. Et peut-être que ça pourrait m'inspirer d'autres aussi. Je me rends compte. Je suis très fière. Et oui, on peut trouver une lien de partage sur Metafree. Et après, moi, j'ai aussi une réseau si vous avez plein de conseils par rapport à la musique, mon expertise ou même, je sens que dans les conseils sur le journalisme, vidéos de terrain, n'hésitez pas. Je suis ouverte. De toute façon,

  • Ramata

    je mettrai le lien de ton compte Instagram pour qu'on puisse partager avec toi. Merci beaucoup. Je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

  • Ayse

    Merci Antoine.

  • Ramata

    Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

Chapters

  • Introduction au podcast et présentation de l'invitée

    02:26

  • Parcours d'Ayse Sissoko et son engagement dans le journalisme

    03:31

  • La passion d'Ayse pour la musique africaine et son impact

    04:20

  • Les défis et opportunités dans le journalisme culturel en Afrique

    10:54

  • L'impact des réseaux sociaux sur la musique africaine

    18:14

  • L'importance de la représentation positive de l'Afrique

    21:31

  • Les expériences marquantes d'Ayse en interviewant des artistes

    41:24

  • Conclusion et réflexions sur l'avenir des médias africains

    01:01:25

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Description

Comment Aysé Sissoko a réalisé son rêve d'enfant? Devenir journaliste engagé dans la promotion de la culture africaine ?

De la passion pour la musique africaine à une voix influente dans les médias :

Aysé Sissoko est une journaliste passionnée, spécialiste de la culture africaine et de sa diaspora.

De son amour pour les artistes africains à ses interviews percutantes sur Brut Afrique, elle a su imposer sa voix et son expertise dans le paysage médiatique.

Dans cette interview, Aysé Sissoko nous partage son parcours atypique, ses débuts dans le journalisme, ses expériences à Jeune Afrique et Trace, et son engagement à mettre en lumière les talents et les réalités du continent.

Elle nous parle également de son rôle de journaliste à Brut Afrique, de ses voyages à travers l'Afrique et de sa volonté de donner une image positive et authentique du continent.

Un témoignage inspirant qui offre une perspective unique sur les enjeux de la culture africaine dans les médias et sur le rôle crucial des journalistes pour valoriser les talents et les réalités du continent.

Pour suivre Aysé sur Instagram et sur Brut Afrique

Africa Fashion Tour poursuit chaque semaine l'exploration des industries culturelles et créatives africaines avec des interviews d'entrepreneurs passionnés qui s'interrogent sur les questions de diversité et de représentation. Chacun des invités du podcast est passé du questionnement à l'action pour proposer des solutions concrètes, des business model vertueux pour promouvoir l'Afrique à travers les soft power.


J’en profite pour remercier les auditeur.e.s de plus en plus nombreux de ce podcast. Pour découvrir en avant première les dernières interviews et analyses de l'écosystème de la mode africaine, abonnez-vous à la ⁠⁠⁠Newsletter Africa Fashion Tour⁠⁠⁠.


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A très vite en Afrique ou ailleurs


Ramata Diallo 


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Ayse

    Moi, je pense que c'est vraiment la force des réseaux sociaux. C'est la force des réseaux sociaux. Il y a plusieurs facteurs. Il y a les réseaux sociaux, avec le développement de TikTok, par exemple. Aujourd'hui, tu vois qu'il y a beaucoup d'artistes qui se font connaître parce qu'ils ont des trends. Ils ont des trends, des sons qui marchent sur les réseaux sociaux, donc ça leur donne beaucoup de force. Il y a beaucoup d'artistes qui, tu vois, aujourd'hui, qui arrivent grâce à TikTok, grâce aux réseaux sociaux, à remplir des salles, à faire des concerts. Donc ça, c'est énorme. Et puis, il y a aussi tout ce qui est qualité des clips, qualité des visuels, les directions artistiques des artistes. Je pense que les gens s'identifient beaucoup à ça. Et pour finir, il y a tout ce qui est plateforme de streaming. Quand tu as des artistes, tu as des plateformes comme Spotify, Deezer ou Apple Music. C'est beaucoup plus facile d'accéder à certains morceaux, à certains sons. Donc aujourd'hui, je pense qu'il y a une avancée dans les technologies. qui concerne la musique.

  • Ramata

    Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà. Ce podcast... est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. Je suis Ramata Diallo, je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode. En 2017, j'ai hésité à ma première Fashion Week en Afrique et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode. en Afrique. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine. Aujourd'hui, je suis en compagnie d'Aïssé Sissoko, qui est journaliste pour Brut Afrique. Elle est spécialisée dans les rubriques culture et musique du continent africain et de la diaspora. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse me parler de son parcours de journaliste dédié à la création de contenus de promotion de l'Afrique. Bienvenue à Aïssé, comment vas-tu

  • Ayse

    Je vais bien et toi

  • Ramata

    Ça va très bien, je suis ravie de pouvoir te retrouver pour ce moment d'interview. Ça fait longtemps qu'on échange, qu'on se croise à des événements et qu'on parle. Quel est ce moment Mais Sally, le moment est venu de tout savoir sur Iceso.

  • Ayse

    Encore merci, vraiment ça me fait plaisir de pouvoir partager mon expérience et de faire ça avec toi.

  • Ramata

    C'est cool. Je vais commencer cette interview, comme je le fais toujours, je vais te demander de te présenter.

  • Ayse

    D'accord, alors moi c'est Aïssé Sisoko, je viens d'avoir 30 ans, je suis journaliste comme tu l'as bien dit, spécialisée dans tout ce qui est musique africaine, culture, mais pas que. Je suis aussi des sujets liés à la société, toujours au niveau du continent africain. Je voulais dire aussi que moi, le journalisme, c'est toujours ce qui m'a passionnée depuis longtemps. Donc on va dire que j'ai... On va dire que je suis allée à l'école, j'ai étudié, mais j'ai été beaucoup autodidacte. Mais je pense qu'on aura l'occasion d'en parler. Donc voilà, je ne sais pas vraiment comment je peux me présenter.

  • Ramata

    Très bien.

  • Ayse

    Alors,

  • Ramata

    effectivement, on va avoir l'occasion d'en parler puisqu'on a une heure d'échange de prévue ensemble. Moi,

  • Ayse

    de ce que je comprends,

  • Ramata

    ce que tu me dis là, c'est que toi, tu as toujours voulu évoluer dans le domaine du journalisme.

  • Ayse

    Exactement.

  • Ramata

    On peut parler des études que tu as faites. Est-ce que c'est vraiment des études qui sont liées à une école de journalisme pour devenir journaliste ou est-ce que tu as étudié dans un autre secteur

  • Ayse

    Déjà, comme tu l'as bien dit, j'ai toujours voulu être journaliste. Mais au début, j'ai vu que les écoles de journalisme étaient assez chères. Donc, ce que j'ai fait, c'est que j'ai commencé par un parcours classique. Je suis partie en droit. Je n'ai pas aimé. J'ai changé de filière encore une fois. Je n'ai pas aimé. Et au bout d'un moment, je me suis dit, mais attends, tu veux être journaliste, il faut bien que tu ailles à l'école. Et donc du coup, j'ai commencé à bosser en tant qu'étudiante dans un magasin. Donc j'ai pu par la suite financer un peu mes études. Donc en gros, j'ai fait une école de journalisme, c'est l'Institut européen de journalisme. J'ai fait trois années. Donc ça m'a permis de développer tout ce qui était cours de journalistique au niveau de la radio, au niveau de la télé, du montage, audio et vidéo. Et puis aussi l'écriture. Donc voilà mon parcours journalistique. Après, ce qu'il faut savoir, c'est qu'à côté de ça, j'ai monté un média qui s'appelle African Move. avec une amie qui est dédiée à la culture africaine. Donc c'est là, c'est ce qui m'a permis vraiment d'expérimenter le métier de journaliste au travers d'interviews que je faisais moi-même, que je montais moi-même, que j'écrivais moi-même. Donc c'est ce qui m'a permis, on va dire, de consolider mon expérience journalistique aussi.

  • Ramata

    Très bien, donc c'est intéressant que tu précises ça, parce que du coup tu as vraiment le background, on va dire,

  • Ayse

    pédagogique,

  • Ramata

    scolaire d'un côté. Et puis de l'autre côté, tu as vraiment cette expérience que tu mènes avec une amie. Et ce média, du coup, il avait... Donc tu parles de faire les interviews, faire les montages. Du coup, c'était un média qui avait une présence en ligne, qui était un média papier. C'était quoi comme support exactement

  • Ayse

    C'était un média en ligne. Donc on était sur Instagram, Facebook, Twitter, et on avait un site Internet. Et ce qui était intéressant, c'est que quand on a commencé, on s'est d'abord intéressé aux artistes de la diaspora. Donc les artistes africains de la diaspora, on allait sur les événements, parce qu'à Paris, avant, il y avait pas mal d'événements dédiés à la culture africaine. Donc on avait le Melty Crew, le Battle Afro, etc. Donc on allait souvent sur place, on faisait des stories. Ah non, les stories n'étaient pas encore là. On faisait des photos, on faisait des petits articles qu'on postait directement sur Instagram. Et après, par la suite, on a vu que... Les gens s'intéressaient de plus en plus aux médias, donc on a commencé à interviewer des artistes africains qui venaient à Paris, des artistes comme Loco ou en voire plein d'autres. Et ça nous a permis de gagner en autorité. Mais on était toujours dédiés, on était toujours sur la plateforme en ligne. On était toujours en ligne.

  • Ramata

    Très bien. Et tu parles au passé, donc aujourd'hui ce média n'existe plus

  • Ayse

    Il existe toujours, mais après je veux dire qu'on a... pris des chemins un peu différents. Après, moi, je me suis un peu plus consacrée à ma carrière journalistique. Voilà, tout simplement.

  • Ramata

    Ok, très bien. En tout cas, je pense que cette expérience-là et le fait d'aller sur le terrain pour faire les interviews, c'est vraiment ce qui t'a permis de prendre goût et de... Comment dire définir ce qu'allait être ton métier par la suite.

  • Ayse

    Exactement. En fait, ce que j'ai oublié de préciser, ou que je n'ai pas encore précisé, c'est que moi, j'étais passionnée de la musique africaine depuis toute petite. La musique, c'est vraiment... J'aime trop dire ça, c'est mon oxygène. Ça veut dire que quand j'étais petite, j'écoutais beaucoup de musique mondaine. J'écoutais jusqu'à maintenant la musique mondaine, donc Saïf Kéita ou Moussa Garé. J'avais aussi... Mon papa écoutait beaucoup la rumba congolaise, donc Pépé Kalé, Mathilde Oussisten, etc. Et enfin, j'écoutais moi-même beaucoup de Coupé des Galets. Et j'ai nourri cette passion pour la musique depuis tant d'années. Et du coup, moi-même, ce que je faisais, c'est que j'aimais bien lire un peu les interviews des artistes, regarder aussi les paroles des chansons et tout ça. Et ça m'a donné le goût vraiment à la musique africaine. Et après, je sais que je voulais être journaliste et que je voulais être journaliste pour la culture et pour les artistes. Parce que moi, je voyais les émissions... Les animateurs qui ont interviewé, moi, ça me donnait envie de le faire aussi. C'est comme ça que j'ai nourri ma passion pour le journalisme musical. On va dire ça comme ça. Très bien,

  • Ramata

    super. En tout cas, c'est intéressant d'avoir quelqu'un qui avait un rêve d'enfant que tu as nourri depuis que tu es petite et que toi, aujourd'hui, tu as réalisé ton rêve. En tout cas,

  • Ayse

    dans le fond de ton monde. Oui, j'ai réalisé mon rêve parce que, comme je l'ai dit tout à l'heure, il y a pas mal d'artistes que j'ai écoutés que j'ai interlové. Donc, quand tu écoutes des artistes quand tu étais plus jeune, et les voir en face de toi, ça fait quand même quelque chose. C'est impressionnant. Et puis là, tu te rends compte que ça a été un long chemin, mais j'ai persévéré dans ce que je voulais faire. Et ça, pour moi, c'est une grosse fierté pour moi. Et c'est une grande fierté aussi pour mes parents. À chaque fois que je fais un artiste malien, par exemple, ils sont toujours contents. Ils mettent dans leur story sur WhatsApp, ils envoient et tout. Donc vraiment, c'est une grosse fierté pour moi. Et voilà quoi.

  • Ramata

    Très bien. Très bien. Du coup, c'est super important et intéressant. On partage ça, qu'en fait, on peut avoir vraiment une ambition petite et puis s'organiser, se préparer pour pouvoir atteindre ses objectifs.

  • Ayse

    Exactement.

  • Ramata

    Toi, tu fais tes études, tu fais ton propre média. Et à partir de quel moment est-ce que tu commences à travailler pour d'autres médias Est-ce que c'est tout de suite après la fin de tes études

  • Ayse

    Après la fin de mes études, j'ai fait un stage à Jeune Afrique. C'était un petit stage mais qui m'a beaucoup servi aussi parce que j'ai fait des articles sur le web, j'ai fait des articles avec certains artistes, donc ça a été vraiment très bénéfique pour moi. Et au sortir de Jeune Afrique, j'ai eu la chance de travailler dans le Média Trace en tant que Community Manager d'abord, puis Social Media Manager. et je m'oubliais en fait des réseaux sociaux de Trace Africa et de Trace Urban. Donc je faisais la partie réseaux sociaux, mais mon amour pour les interviews et les artistes a fait que j'ai interviewé énormément d'artistes africains, il y en a pas mal qui sont venus au bureau que j'ai interviewé, donc on va dire que j'ai apporté mon expertise musicale aussi avec les artistes. Et donc, ça c'est grâce à... non seulement c'est grâce à mon expérience dans la musique africaine, mais c'est aussi grâce à mon expérience avec le média que j'ai pu arriver à Thrace. Et Thrace, c'était très... Même le fait que je ne faisais pas d'interview, Thrace était très axée sur les réseaux sociaux. Et j'avais cette envie-là de retourner dans le journalisme pur. J'avais envie d'être sur place, de faire du reportage, d'être sur le terrain. Et il y a l'occasion de Brut qui s'est ouverte à moi. À la base, c'était pour être community manager que j'avais postulé. Et Dieu a fait que... finalement, j'ai été recrutée en tant que journaliste. Et depuis l'an ennui, j'ai pu petit à petit faire des interviews encore ici, faire des reportages, des super reportages, voyager un peu partout. Et ce qui est super, c'est que j'ai pu développer aussi d'autres compétences, parce que c'est vrai qu'à l'école, j'ai appris le montage, mais je ne savais pas monter des sujets de A à Z, comme je le fais maintenant. Donc on va dire que c'était super bénéfique pour moi. Surtout quand je suis arrivée à Brut, je me disais, oh là là, qu'est-ce que je fais là Est-ce que c'est vraiment pour moi Est-ce que je suis capable de le faire Les débuts ont été assez compliqués parce que les sujets n'étaient peut-être pas très bien concisés et tout. Mais je pense que c'est beaucoup de confiance en soi, c'est beaucoup de terrain, c'est beaucoup de rencontres. Et voilà, voilà un peu. mon histoire de la réunion à Brut.

  • Ramata

    C'est intéressant que tu reviennes comme ça sur l'évolution de ton parcours et l'opportunité de... Tu commences par l'Afrique, ensuite Tras, et ensuite Brut Afrique. Donc, toi, tu es entrée en Afrique dès le départ dans ta carrière. C'était clair et net que tu allais travailler en Afrique. Il n'y a pas eu de petites bifurcations vers d'autres médias.

  • Ayse

    Non, moi, je savais que je voulais toujours être journaliste pour l'Afrique. Ça me tenait à cœur et je voulais vraiment, vraiment travailler pour l'Afrique. Ça, c'est quelque chose que j'ai toujours dit et j'ai toujours m'applique. Et j'ai eu la chance, franchement, je ne me plains pas de toujours travailler dans un métier dédié à l'Afrique.

  • Ramata

    Très bien. Je pose la question maintenant. Après, c'est peut-être une question de fin d'interview, mais écoute, tu me corrigeras vu que c'est toi l'expert. Est-ce que toi tu as le désir à un moment donné dans ta carrière de recréer à nouveau ton propre média

  • Ayse

    C'est quelque chose qui est possible parce que tu sais il y a beaucoup de gens qui me disent mais franchement ce que tu fais c'est incroyable, tu fais interview tellement d'artistes et tu mets beaucoup d'amour, beaucoup de passion, pourquoi est-ce que toi aussi tu ne ferais pas ça encore toi Donc c'est quelque chose qui est envisageable et ce qui est bien c'est que moi de base je voulais... je voulais vraiment construire ma carrière, mais je voulais aussi me forger une personnalité. Quand je dis une personnalité, c'est vraiment me retrouver, trouver mon identité, parce que il faut savoir que moi, quand j'ai commencé, j'étais hyper timide, hyper enfermée, et le fait, c'est d'avoir de pouvoir travailler dans un média où tu as l'opportunité de voyager, tu as l'opportunité de rencontrer des gens, ça m'a forgé un caractère, ça m'a forgé aussi une personnalité, ça m'a permis de... de sortir de mon cadre habituel, de faire aussi mes peurs, mes stress. Donc voilà, je pense que j'avais besoin de passer par une étape média pour pouvoir me retrouver en tant que personne. Donc voilà un peu.

  • Ramata

    Très bien. Donc peut-être un jour un média à essayer, mais pas forcément tout de suite.

  • Ayse

    Voilà, exactement.

  • Ramata

    Très bien. Donc il y a vraiment chez toi le côté musique,

  • Ayse

    culture,

  • Ramata

    très très fort. Et la verticale Afrique était très, très importante aussi. Toi, tu es journaliste, on va dire, de terrain, puisque toi, tu vas aller au concert, tu vas aller au contact. Est-ce que tu peux nous expliquer peut-être la différence qu'il peut y avoir entre quelqu'un qui va plutôt, comment dire, rédiger des piges et quelqu'un qui va aller créer du contenu vidéo sur le terrain

  • Ayse

    Quelqu'un qui rédige des piges, bon, en fait, il va rester un peu au bureau. Donc lui, les informations, il va un peu, ce sera plus des appels, ce sera plus des interviews qu'il fera sur place. C'est-à-dire sur place, c'est-à-dire qu'au bureau, par exemple, on peut faire des visios pour construire un peu son sujet. Tandis qu'un journaliste de terrain, lui, il va vraiment à la rencontre des gens. Donc il va à la rencontre des gens, il crée des souvenirs là-bas. Il a aussi des informations qui sont davantage vérifiées. Et quand il est sur place... Ce qui est génial, c'est qu'il y a le côté authentique. Ça veut dire que quand tu arrives sur place, tu rencontres ton personnage et puis tu te rends compte qu'il y a des choses que tu as lues sur la personne que tu n'avais pas vues. Et ça, c'est vraiment génial. Mais je trouve que les deux boulots sont intéressants parce que quand tu es plus un journaliste de desk pitch, tu développes tes compétences, tout ce qui est montage et écriture, etc. Donc je trouve que c'est deux faces qui sont complémentaires, je trouve, pour moi. Je ne sais pas si j'ai bien expliqué, mais en gros, c'est la définition que je donnerais.

  • Ramata

    Très bien, c'est très clair. Du coup, qu'on sache qu'en fait, moi, c'est pour vraiment aussi que l'audience, le métier de journaliste, en fait, quand on le voit de loin, parfois, on peut penser que c'est celui qui présente du journal de télévisée avant tard et qu'on ne sait pas toutes les missions que l'on peut avoir en tant que journaliste. Et je pense que quand on voit une vidéo brute, on ne réalise pas forcément... le nombre d'heures de tournage qui sont faites.

  • Ayse

    Exactement.

  • Ramata

    Et quand tu les fais pour pouvoir arriver à une vidéo de 5 minutes impactante. Est-ce que tu peux parler aussi de ça Est-ce que toi, quand tu arrives à un event, tu sais déjà comment tu veux monter la vidéo et quels sont le type d'images que tu veux chercher Ou est-ce que c'est au moment de faire le montage que tu te dis, ah bah tiens, ça, ça ira bien à tel moment Comment est-ce que... raconte-nous un peu comment ça se passe la création d'une vidéo.

  • Ayse

    Ok. Alors, en général, d'abord, trouver le sujet. Trouver le sujet, trouver l'angle du sujet, ça veut dire que c'est vrai que tu as trouvé le sujet, mais il faut trouver un angle qui rentre dans la ligne éditoriale de Bluewood. Ça veut dire par exemple, je ne sais pas moi, si je vais rencontrer une maman qui est maman à Pistion, qui a un business. Donc voilà, ça c'est vraiment un angle intéressant pour nous, comment elle a créé son business, etc. Donc il y a ça. Une fois que tu as fait ça, tu as quitté la partie, contacté le perso. Donc tu contactes le perso, tu lui expliques un peu comment ça va se dérouler, tu lui montres un peu ce qu'on a fait, est-ce que ça peut l'intéresser, etc. Une fois que le perso accepte, tu vois, tu vas travailler en amont sur un script. Donc le script, c'est, on va dire, le déroulé de ton reportage, qu'on divise généralement en séquences. Donc dans chaque séquence, en fait, ça va correspondre à un lieu, par exemple. Par exemple, je ne sais pas, on retrouve la tata. D'abord à la maison, donc elle nous parle de son quotidien, comment elle a commencé, etc. Ensuite, on retrouve dans la séquence 2, la tata sur son lieu de travail, par exemple au marché, si c'est là-bas qu'elle vend. Et là, elle nous explique comment elle travaille au quotidien. Ensuite, par exemple, une autre séquence où elle est avec ses enfants, qui vont lui parler un peu de leur maman, etc. Donc, c'est vraiment comme ça qu'on construit un sujet. Une fois qu'on a construit le sujet, on arrive à la partie... On a récupéré les rushs, donc les rushs c'est les vidéos qu'on a tournées, on dépose tout dans notre ordi et tout ça, et on commence le montage. Donc en fait le fait de faire un séquencier, ça permet d'avoir déjà une idée de comment est-ce que tu vas monter ton sujet. Mais moi il m'arrive parfois, quand je regarde les rushs, de voir des choses un peu plus intéressantes, de dire ah ouais, finalement je pense que je vais plutôt mettre ça, je vais plutôt changer l'ordre en mettant ça Tout va dépendre de la manière dont tu veux monter ton sujet et de la manière dont tu veux raconter ton histoire. Donc, c'est vraiment ça. Et ça, c'est plutôt quand tu es sur le reportage vidéo d'un perso. Mais quand tu es sur un concert, c'est à peu près le même déroulé. Ça veut dire que quand tu arrives sur place, tu as soit... Moi, en fait, à Bruton, on a deux choses. Soit on fait... On fait... Tout en instantané, ça veut dire que quand on arrive au concert, on filme des backstage, qu'on poste directement sur les réseaux sociaux. Par exemple, je ne sais pas moi, quand l'artiste se prépare et dit un mot, son entrée sur scène, quand il chante un titre phare ou bien quand il a un featuring avec un artiste. Donc on est vraiment dans la manière, dans l'instantané. Quand on veut faire plutôt un reporting du concert, là c'est vraiment, on part du début, ça veut dire... avant que l'artiste monte sur scène, c'est-à-dire quand il... Par exemple, on va le chercher à nous. Ça, c'est typiquement des attaques que j'ai obligées de faire. On va le chercher, par exemple, dans son hôtel. Ensuite, quand il vient, on va le mettre dans la voiture. Donc là, on parle un peu de lui, de comment il se sent. On arrive, on arrive dans la salle. Là, c'est plutôt les balances. Ensuite, bon, les balances, c'est un peu comme ça se passe. Ensuite, on a la partie préparation, stress, patati, patata. Et ensuite, la montée sur scène. Donc j'ai toujours un peu dans ma tête la manière dont je vais construire mes sujets. Mais bien sûr, il y a les managers, les attachés de presse, ils peuvent proposer d'autres alternatives, d'autres choses qu'on peut prendre. Donc voilà un peu. Et ce qui est intéressant dans les reportages, c'est que toi par exemple, tu as une idée en tête. Et quand tu arrives sur place, tu te rends compte qu'il y a des choses beaucoup plus belles à raconter, ou que la personne n'a pas dit quelque chose que tu ne savais pas. En fait, elle a dit une chose que tu ne savais pas, et c'est ça qui a créé l'authenticité d'un reportage. Je me souviens que j'avais tourné avec une maman autiste, une maman qui a un fils qui est autiste, excuse-moi. Et ce qui était cool, c'est que la maman m'a dit oui, mon fils est autiste et tout ça, et tout ça. Et quand je suis arrivée sur place, je me suis rendue compte qu'en fait, ils avaient... Voilà, elle avait une petite maison, son mari l'avait abandonnée quand l'enfant est né et tout. Donc du coup, ça crée une sorte d'authenticité à ton histoire et toi-même, en tant que journaliste, ça te sert de son. Et tu te dis Wow, après ça, je ne le savais pas Moi, il y a beaucoup de choses qui m'ont... À chaque fois que j'ai fait des tournages, il y a beaucoup de choses qui m'ont glacée. Donc c'est ça aussi être journaliste, c'est faire des rencontres inattendues et avoir des expériences uniques. Donc voilà un peu comment ça se passe.

  • Ramata

    Très bien, super intéressant que tu nous partages ça. C'est qu'il y a une part très organisée, carrée, pour faire un montage et que le montage peut être, comment dire, impactant pour Brut. Et puis après, il y a une part qui est liée à l'émotion et à, tu es dans l'implaisant et du coup... tu peux à un moment donné être saisi par, capturé à un moment inattendu qui va être l'élément phare de la vidéo.

  • Ayse

    Exactement, moi en fait je veux toujours faire ressentir, pour ressortir le meilleur d'une personne, le côté humain d'une personne. Pour moi c'est ça qui fait qu'un sujet est authentique et quand tu regardes par exemple la ligne éditoriale de Brut, c'est toujours des histoires un peu originales, un peu uniques. Je pense que c'est ça qui fait aujourd'hui que les gens regardent beaucoup nos pages, c'est qu'on a ce truc-là de chercher des sujets. qui sont différents. On va en contact des gens, on laisse parler des gens qui ont des témoignages uniques. Par exemple, j'avais fait un monsieur qui vendait des jeans, enfin qui transformait des jeans en Côte d'Ivoire, c'est-à-dire qu'il avait des jeans qu'il se utilisait, il les découpait, etc. Et je trouvais que le gars avait une histoire de fond parce qu'il a grandi en Nigeria, il est arrivé en Côte d'Ivoire et tout. Et c'est ça, en fait, c'est que le gars, en fait, il est hyper faible, il est hyper authentique. Et quand tu vois les commentaires, les gens disaient, Mais waouh, il est trop drôle, il est trop intéressant, il est comme ceci, il est comme cela. Donc, moi, c'est ça, en fait, c'est que les gens puissent remarquer, en fait, ce que j'ai voulu dire et ce que j'ai voulu transmettre dans la vidéo. Donc, voilà. Très bien, très intéressant.

  • Ramata

    Est-ce que tu peux nous parler maintenant Donc, moi, j'ai envie d'aborder un petit peu le secteur des médias. C'est quand même un, comment dire Un business assez particulier où on a vécu plusieurs révolutions dans l'univers du média.

  • Ayse

    À un moment,

  • Ramata

    c'était beaucoup le média papier, les magazines. En tout cas, étant plus jeune, j'ai acheté des Cosmo,

  • Ayse

    des

  • Ramata

    Maisons. J'ai vraiment le support papier. Aujourd'hui, on est vraiment 100% digital. Donc, le support papier, c'était quand même du revenu pour le média, puisqu'on allait acheter notre magazine. Aujourd'hui, quand on est en ligne, on achète. pas, on regarde gratuitement. Donc, ça marche comment un média aujourd'hui C'est quoi le business modèle, sachant que quand vous êtes sur le digital comme ça, nous, en tout cas, en tant que consommateurs, on accède gratuitement.

  • Ayse

    Alors, il y a deux côtés, il y a le volet un peu plus les vues, donc les vues, les vidéos qui sont momentisées quand elles font plus de 3 minutes. Donc ça, c'est vraiment un revenu d'argent. Mais on a aussi tout ce qui est brand content, ça veut dire qu'en fait on travaille avec des marques, on travaille avec des structures qui eux demandent à faire des vidéos. Et du coup c'est comme ça aussi qu'on se rémunère quoi. Parce que c'est vrai qu'on a des vidéos éditoriales classiques, mais il faut aussi que le média puisse vivre. Il faut aussi qu'on puisse mettre en avant des marques. Je prends l'exemple de Spotify. Sur Brut par exemple, quand tu travailles avec Spotify, tu peux travailler par exemple sur des contenus un peu vidéo, sur des contenus live, etc. Donc c'est vraiment le brand content quand tu regardes les médias aujourd'hui. C'est beaucoup de brand content parce que c'est ce qui permet aussi de rémunérer le média.

  • Ramata

    Très bien. Donc du coup, il y a une partie du contenu qui va être un peu sponsorisée par une marque. On va sur votre plateforme. et vraiment la ligne éditoriale de Brut.

  • Ayse

    Aujourd'hui, en fait,

  • Ramata

    le média dans lequel tu interviens, on a parlé, c'est Brut Afrique, c'est vraiment une déclinaison de Brut, qui est plutôt français ou occidental. Alors, je ne sais pas, ça fait combien de temps qu'ils ont fait la déclinaison Afrique, mais est-ce que toi, tu peux nous parler un petit peu de l'histoire et de ce qu'il y a derrière la volonté d'à un moment donné se dire en fait, on va faire une déclinaison Afrique et puis on va aller créer des... ou on va s'intéresser à la mise en avant, la valorisation de profils africains, soit basés sur le continent, soit alors issus de la diaspora.

  • Ayse

    Moi, ça fait... Je suis arrivée, on va dire, au début de Brutafrique, avant que Brutafrique ne devienne pas la base. Brutafrique, c'était décliné en plusieurs pages. Donc, il y avait Brut-Tunisie, Brut-Côte d'Ivoire, Brut-Sénégal et Brut-Maroc. Et donc du coup, avant même que Blood soit créé, moi ce que j'ai compris c'est qu'on se rendait compte qu'en Afrique aussi, on a trop de belles choses à raconter. Le continent il est magnifique, on a des entrepreneurs, on a des gens qui ont des initiatives, on a des paysages, on a plein de choses. Et on s'est dit pourquoi pas, moi c'est ce que j'ai compris, on s'est dit pourquoi pas reproduire les histoires. des brutes en Afrique. Et les gens ont tout de suite adhéré, les gens ont tout de suite adhéré, parce que justement, je pense que ça manquait de médias qui racontaient des histoires vraies et le côté positif de l'Afrique. Et quand tu regardes aujourd'hui, il y a beaucoup de médias aujourd'hui qui s'inscrivent un peu du modèle des brutes pour faire des bons portages, surtout en Afrique. Je ne sais pas si ça répond à ta question, mais en gros, c'est un peu ça.

  • Ramata

    Ça répond complètement. C'est intéressant de voir que il y a À un instant T, en fait, il y a eu une volonté de consolider différentes initiatives un peu par pays, de se dire on va en faire un truc plus costaud, mais quelque part, les initiatives par pays, ça a permis de tester, de voir, tiens, ça fonctionne, on a une audience, on a des gens.

  • Ayse

    Oui, justement, pour parler de ça, en fait, ce qui a fait que les déclinaisons sont devenues une page globale, c'est qu'on avait fait des... On était allés dans plusieurs territoires, en dehors de nos territoires, les 4 premiers territoires, et on s'est rendu compte que les gens nous suivaient de partout. Les gens demandaient Mais pourquoi vous venez pas en Guinée Pourquoi vous venez pas en Mali Pourquoi vous venez pas en Burkina Pourquoi vous venez pas en Cameroun On s'est dit Mais il faut qu'on devienne Brutafrique, en fait. Il faut que les gens voient que, ok, l'Afrique est représentée par ce paradis qu'on appelle Brutafrique.

  • Ramata

    Super intéressant d'avoir cette ambition-là. Et du coup aujourd'hui en termes d'audience, vous avez vraiment une audience du nord au sud, d'est en ouest en Afrique Oui,

  • Ayse

    on a une audience, c'est surtout en Afrique francophone, surtout en Côte d'Ivoire, on est suivi en Côte d'Ivoire, on est suivi en RDC, on est suivi vraiment un peu partout. Je pense qu'en Afrique anglophone un peu moins parce qu'on a des contenus qui sont français. Mais le mouvement, il est vraiment réel. Et on se rend compte que même il y a des territoires qu'on n'a pas encore pu exploiter ou on les suivit. Donc franchement, je dirais qu'aujourd'hui, le but d'Afrique, c'est vraiment une force. Et voilà, tout simplement.

  • Ramata

    OK.

  • Ayse

    Aujourd'hui,

  • Ramata

    en termes de sujets qu'on peut avoir sur but d'Afrique, toi, tu es vraiment sur la culture et sur la musique. Mais parfois, vous allez parler du SNES, agriculture,

  • Ayse

    finition.

  • Ramata

    Les sujets abordés sont très très larges. Je pense que ça fait vraiment partie de l'identité brute, d'être vraiment comme ça, un média assez large en termes de sujets évoqués. Est-ce que toi, c'est un truc que tu te dis, je reste vraiment focus culture et musique, ou des fois, est-ce que tu te dis, j'ai envie d'aller creuser d'autres sujets, d'autres thématiques

  • Ayse

    Non, moi je trouve que c'est vrai que mon sujet de présélection c'est la musique, mais j'ai fait énormément de sujets liés à des sujets de société que j'aime beaucoup aussi. Donc des sujets un peu sur le terrain, des histoires authentiques, des témoignages. On a fait pas mal aussi sur des histoires, des témoignages un peu santé aussi. Par exemple, là j'avais fait un monsieur qui avait le viticule. Enfin, ce genre, moi j'aime beaucoup aussi. Voilà. laisser les gens s'exprimer sur leur histoire, sur des choses qui les touchent, des choses qu'ils ont vécues, que ce soit positif, que ce soit négatif, et voilà, qui ont emprunté leur vie aussi. Donc non, je pense que c'est important de toucher à tout parce qu'il y a des gens qui n'aiment pas forcément la musique, il y a des gens qui n'aiment pas forcément l'espoir, il y a des gens qui préfèrent plus leur santé et tout ça, donc c'est important en tant que média, parce qu'on est un média, finalement on fait de tout, c'est important de traiter plusieurs aspects. plusieurs aspects, quoi, tout simplement. Très bien.

  • Ramata

    Donc, toi, tu as cette volonté de pouvoir avoir un peu à tout terrain, comme ça, on peut te solliciter pour tout type de sujet en réalité, même si tu as une vraie préférence pour la culture et la musique, tu préfères rester assez ouverte, en fait.

  • Ayse

    Ouais, exactement.

  • Ramata

    Ok. Là, ce que je voulais évoquer aussi, c'est dans le narratif et le choix, en fait, de la grille éditoriale de Brut. C'est vrai qu'on est, et c'est ce que tu évoquais un peu au début, on est toujours sur des histoires inspirantes, impactantes et du positif. Et on sait que trop, on a souvent eu parfois une représentation de l'Afrique par certains médias, où c'est toujours par des problèmes, des maladies, des sujets difficiles, douloureux. Et en fait, sur Brut, c'est pas qu'on y en a pas, des sujets comme ça, parce qu'on dit la vérité, mais c'est vrai que... Ah S'il y a une volonté de montrer l'Afrique de manière exhaustive, de montrer le beau, de montrer le bien et aussi de montrer certaines réalités, est-ce que tu peux nous parler un peu de cette ligne éditoriale et de ce choix d'être dans le positif

  • Ayse

    Je pense qu'en tant qu'Africaine, je pense qu'on en a besoin en fait. Je pense qu'on a trop montré le côté négatif de l'Afrique alors qu'aujourd'hui, on a tellement de belles choses à montrer. Le continent, il est riche, il est faste, il y a des gens qui sont. talentueux que ce soit en termes de musique, en termes de culture, que ce soit en termes d'entrepreneurs, d'entrepreneurs de business. Et je pense qu'on n'est pas assez en avant. Par contre, ce qui est super, c'est qu'on a un éveil des consciences et on se rend compte qu'il faut qu'on montre aussi le positif de notre continent. On en a besoin et c'est motivant aussi. Donc, pour moi, quand on montre le côté positif de l'Afrique, ça fait avancer et ça montre que... Parce qu'il y a plein de gens qui n'ont pas de connaissances de l'Afrique, qui ne savent pas comment, à part au sein de l'Afrique, et qui ont peut-être des idées négatives. Et en voyant ce genre de reportage, ils peuvent se dire Waouh, en fait, c'est comme ça l'Afrique. En fait, c'est monstrueux comme ça, il y a ça, il y a ça. Donc, c'est très, très important de montrer une image positive de l'Afrique. Ça, c'est mon avis personnel et je l'espère qu'il y en a beaucoup qui partagent aussi ce point de vue.

  • Ramata

    Pas de choses qu'il y en a qui le partagent. Le travail que tu fais pour Brut, mais même le média Brut Afrique de manière générale, contribue aussi à véhiculer des vraies histoires authentiques sur le terrain, qui sont des histoires positives, et du coup ça contribue à changer un narratif et à ne pas être que dans une forme de misérabilisme, mais à montrer des succès stories africaines en fait. Oui,

  • Ayse

    exactement, c'est ça. C'est succès stories, encore une fois, réussite. vraiment des choses qui me motivent et qui sont intéressantes aussi à voir. Parce que quand on arrive sur les pages, on voit toujours, il y a eu ça, il y a eu telle guerre, il y a eu ceci, il y a eu cela. Je ne dis pas qu'on ne doit pas en parler, on doit en parler parce que c'est très important, ça fait partie de l'ADN. Mais on peut aussi parler de choses positives et c'est important même pour le mental. Donc voilà,

  • Ramata

    totalement aligné, ça rejoint complètement en tout cas l'éditorial du Média Africa Fashion Tour, c'est vraiment d'être dans le... De toute façon, des médias qui parlent du négatif, il y en a déjà. Donc, du coup, certes, c'est important d'être réaliste. S'il y a des difficultés, il faut en parler. Mais je me dis, il y a déjà beaucoup de médias qui s'en occupent. Moi, je peux parler des choses positives à mon niveau pour équilibrer la balance. Maintenant, j'aimerais que tu me parles un peu de... Toi, ce que tu disais tout à l'heure, c'est que tu as eu l'opportunité d'interviewer... des personnes dont tu étais, j'ai employé le mot fan, ce n'était pas le mot que tu emploierais, mais tu écoutais des personnes. Et donc, est-ce que tu peux nous parler de toi, des interviews de célébrités qui t'ont le plus touchée Et est-ce que toi, tu t'es vu dans une situation un peu de peut-être mal à l'aise d'interviewer cette star que tu écoutes depuis que tu es petite et tu te dis non, mais là, ça y est, je la vois en vrai, je vais passer une heure avec elle et je vais l'interviewer. Est-ce que tu as ça ou est-ce que une fois que tu as ta casquette de journaliste, bah en fait, t'es professionnelle et t'as pas ce petit pincement au cœur de Oh non, comment j'ai dansé sur ce son-là quand j'étais petite

  • Ayse

    En fait,

  • Ramata

    quand je sais que je vais interviewer tel ou tel artiste,

  • Ayse

    je suis très contente, émue aussi à chaque fois. Mais je reste vraiment dans mon mode de journaliste. Je prends le temps de toujours bien analyser mes questions, de poser les bonnes questions aussi, de retracer la carrière de l'artiste, etc. Donc, non, je... Je fais toujours mon travail de journaliste et à la fin ça m'arrive parfois de dire à l'artiste que voilà je l'ai goûté beaucoup quand je t'ai jamais. Et parfois de créer des souvenirs avec cet artiste là. Donc moi j'ai le temps, parce que souvent quand tu es trop dans ta peau de femme, tu perds ton fil conducteur. Alors que c'est important de toujours rester professionnel, même si tu aimes l'artiste. Je pense que aimer l'artiste c'est un plus parce que ça te permet de... de me refaire en profondeur sur certains sujets dans les chansons, dans les albums, etc. Et donc l'artiste se sent beaucoup mieux parce qu'il dit Waouh, cette personne-là connaît ma carrière Mais en même temps, ça peut être un désavantage parce qu'on va se dire Oh, il est pas professionnel, il est fan Donc j'essaie vraiment de faire la part des choses entre les deux.

  • Ramata

    Super, c'est intéressant. Je savais que tu n'allais pas tomber dans mon piège. Moi, je suis fan. Est-ce que tu peux nous parler des interviews Une ou deux interviews qui t'ont vraiment marquée, en fait. Ça peut être parce que tu nous as partagé des interviews de profils qui t'avaient particulièrement touché. Là, j'ai envie d'aller dans le côté un peu célébrité. Est-ce qu'il y a des gens que tu as interviewés où tu as vraiment passé un moment agréable et tu étais contente de la qualité de l'échange que tu avais eu avec la célébrité Oui,

  • Ayse

    alors il y a eu un temps, il y a deux ans, je crois, il y avait 11, 5 ans. c'était vraiment une interview qui était importante pour moi en tant que Marie-Ède, parce que j'ai grandi aussi avec sa musique, je sais que ma mère l'aime beaucoup, et donc du coup la rencontrer ça a été une super belle expérience parce que déjà elle est super incle, alors qu'elle a une carrière incroyable, et de deux, elle a été très touchée par le fait que je connais ses chansons et que je connais sa carrière, et elle me l'a même dit, elle m'a même dit ça se ressent que que tu aimes ma musique et que tu m'écoutes beaucoup. Donc ça, ça m'a vraiment touchée. Et jusqu'à aujourd'hui, c'est même épinglé sur mon profil Instagram parce que pour moi, c'est l'une de mes plus belles interviews. Parce que derrière tout ça, il y a aussi ce truc-là où je me dis c'est valoriser ma culture, mes origines, le Mali. Donc pour moi, faire des interviews avec des artistes maliens, c'est très symbolique pour moi. Et après ça c'est une chose que je n'ai pas encore vu sur les réseaux sociaux, mais j'ai interviewé Salif Keita ce lundi, et ça a été vraiment une interview magnifique parce que c'est des forces harmoniques. Je me disais qu'en tant que journaliste je me devais de faire cette interview et c'était dans mon temps. Et donc du coup ça a été vraiment une très belle interview, il est très humble, il a été vraiment... vraiment agréable et puis on a vraiment discuté de sa carrière et ça c'est un truc que j'ai remarqué depuis que j'ai commencé, c'est lorsque tu t'intéresses à la carrière d'un artiste, et bien là il ne se sent plus concerné, il a envie de parler, il a envie de développer, mais lorsque tu lui poses des questions basiques, là il se renferme et si tu lui poses des questions qui ressemblent un peu à tout ce que les médias ont posé, ça ne fait pas une interview authentique. Et comme je l'ai dit et je le répète, moi, c'est vraiment faire ressentir l'émotion et le côté authentique d'une vidéo, d'une interview et d'un échange.

  • Ramata

    Très bien. Je pense que c'est sûr que ta force, parce que tu as une vraie passion pour la musique, c'est que tu vas interviewer des gens que tu connais et tu peux arriver avec un angle qui va être différent de la personne qui arrive et qui a lu un communiqué de presse et elle va arriver, elle va poser un peu des questions. comment dire, un peu peut-être bateau. Il y a une question, forcément, la personne interviewée a déjà entendu, et du coup, elle va répondre, mais il ne va pas y avoir la même intensité, le même rapport.

  • Ayse

    C'est exactement ça. C'est exactement ça. Je pense que ça, c'est un conseil que je donne à ceux qui interviewent, c'est de toujours connaître son sujet. Là, je ne parle plus pour la musique, mais c'est valable aussi pour le doing. C'est que lorsque tu as, par exemple, en face de toi un artiste, Que ce soit qu'il soit émergent ou qu'il soit méchant, il faut toujours connaître le sujet parce que je trouve que ça apporte une densité et ça apporte un dilemme à la vidéo. Du coup, ça va permettre aussi de te mettre à l'aise et ton interlocuteur ne sera pas là en mode ah, oui, non il va vraiment se sentir concerné. développer ses réponses. C'est très important. Il faut toujours mettre à l'aise la personne que tu as en face.

  • Ramata

    Très bien, très bien. Est-ce que toi, tu as fait des masterclass pour un petit peu conseiller sur le métier de journalisme ?

  • Ayse

    Non, je n'ai pas fait de masterclass sur le métier de journaliste, mais par contre, il y a des jeunes étudiants qui sont en master qui avaient des... Comment on l'appelle ça ? Des mémoires de fin d'année qui m'ont posé des questions sur mon métier, sur mon domaine. Je sais qu'il y a eu qui m'avait posé des questions sur l'art à piano, parce que là c'était plus axé sur ma spécialité, parce que je crois que je l'ai pas dit, mais je suis spécialisée vraiment dans les musiques africaines. Et du coup, elle m'a posé des questions sur l'art à piano, les origines, ce que moi j'en pensais, l'évolution en France. Donc il y a ce volet-là. Et après, il y a des gens tout simplement qui viennent me demander des questions. Oui, comment t'as fait J'aime ton travail. J'aime beaucoup ce que tu dégages sur tes réseaux et nos voix, vraiment, ça m'inspire. Et je me dis que peut-être qu'il y en a qui en ont besoin. Il y en a qui ont besoin d'avoir des masterclass aussi pour comprendre les rouages du métier. Surtout dans la musique, parce que dans la musique africaine, je trouve qu'on n'est pas beaucoup aujourd'hui à être journaliste dans ce domaine-là. Et je pense que ça, c'est quelque chose qu'il y a. certains qui veulent vraiment se spécialiser dedans. Je pense que c'est une telle chose que je me pose aussi.

  • Ramata

    Très bien, super intéressant. En tout cas, je pense que je trouve que tu as un côté pédagogue, qui peut être intéressant à exploiter. Je pense que c'est, pour moi, quand on déplore le narratif qu'il y a sur l'Afrique, c'est aussi parce qu'on n'a pas assez de journalistes qui ont des convictions comme la tienne depuis petit, mais moi je veux travailler. pour un média africain, pour parler d'Afrique. Et donc, du coup, si on en a plus, forcément, il va y avoir des empires médiatiques qui vont parler de l'Afrique. Et je ne dis pas qu'il n'y en aura pas. Effectivement. Et donc, forcément, ton témoignage, il peut donner des idées à des jeunes générations qui, peut-être, se diraient, Non, en fait, si je deviens journaliste, c'est pour travailler pour le monde, c'est pour travailler pour des institutions occidentales et qui ne vont pas forcément... avoir ce rêve-là, en tout cas, où se dire c'est impossible, il n'y aura peut-être pas de débouchés, ce sera compliqué Mais si on n'a pas de journaliste pour parler d'Afrique, du coup, forcément, dans les médias, on n'en a pas ou on n'en a pas comme on voudrait. Ou alors, c'est toujours les mêmes personnes qui parlent. Mais ce qu'il nous faut, il nous faut une jeune génération qui prenne le relais, en fait.

  • Ayse

    Oui, justement, pour l'ensemble étudié, je trouve qu'il y a un évêque des consciences par rapport aux multinationales africaines. Et ce n'est pas que dans le domaine du journalisme. Je trouve que... Aujourd'hui, les jeunes comme moi, comme nous, encore plus âgés, ont cette envie de valoriser le continent africain. Il y en a pas mal qui, aujourd'hui, travaillent en Afrique. Des gens que je connais qui ont déménagé en Afrique et qui travaillent en Afrique. Parce que justement, ils ont ce truc-là de se dire qu'il faut qu'on puisse être proche de nos bandits. Il faut qu'on puisse être proche des origines de nos ancêtres, de nos parents. Et ce que je trouve bien, c'est que je vois...

  • Ramata

    beaucoup,

  • Ayse

    beaucoup de jeunes journalistes africains qui, aujourd'hui, s'intéressent au continent. Et je pense que dans les années à venir, j'y crois, il y aura de plus en plus de personnes qui vont travailler pour le continent africain. Et je pense qu'on en a besoin. Des gens qui se connaissent, des gens qui maîtrisent et qui vont ressentir les belles choses de l'Afrique et pas des préjugés, mais des choses qui sont vraies et vérifiées. Voilà.

  • Ramata

    Je suis complètement d'accord avec toi. On sent qu'il y a vraiment... On est vraiment à une période, je trouve, qui est assez charnière, où il y a énormément de changements, énormément de manières d'appréhender le monde et l'Afrique qui est différente. Et du coup, je trouve que c'est une belle période à vivre de tenter des choses, quand on a une promotion d'initiative sur l'Afrique, parce que tu sens qu'il y a... Enfin, moi, quand je lance Africa Fashion Tour et que je vais à la rencontre de designers africains, mais... pour effectivement faire une interview par jour tellement il y a de talent et de choses intéressantes à mettre en avant. Et je pense que dans plein d'autres semaines, c'est vraiment possible. Et Groot Afrique, ce qui est intéressant, c'est que je ne sais même pas combien de billets par jour.

  • Ayse

    Moi non, je ne sais pas parce qu'en fait, on a tellement de choses à dire, on a tellement de choses comme en avant, on a tellement de reportages, on a tellement de sujets. qu'aujourd'hui, je pourrais te dire le nombre de concours qu'on a par jour et le nombre de concours qu'on a sur la page, tellement c'est énorme.

  • Ramata

    Mais du coup, ça fait plaisir parce que c'est de se dire, en fait, si tu as soif de contenu de qualité sur l'Afrique, il y a vraiment de la matière. Ce n'est pas comme si,

  • Ayse

    non, mais là,

  • Ramata

    il n'y a pas de sujet de quoi on va parler. On est devant une page blanche. Non, je pense qu'il y a plein de sollicitations et c'est plutôt, mais est-ce qu'on a assez d'équipe pour traiter tous les sujets ?

  • Ayse

    Franchement, on n'est jamais assez. Parce qu'il y a tellement de choses. Tu imagines déjà le continent africain, comment il est riche. La diaspora aussi, comment c'est riche. tous les domaines, les témoignages, les initiatives, les événements, les festivals. Non, on n'est jamais assez. Il y a tellement de choses. Et puis, tu vois, il y a tellement de gens qui ont des choses super bien racontées. Mais voilà, on fait du mieux qu'on peut et voilà, on continue, nous, à donner la parole à des gens qui, tu vois, à des gens qui ont des choses à dire et des choses à mettre en avant. Voilà.

  • Ramata

    Très très intéressant. Toi, dans les... J'ai posé ma question de conclusion en début d'interview, je te demandais si toi tu te voyais avoir ton propre média. Est-ce que toi, tu as des envies de télévision, en fait, ou de Netflix Est-ce que tu te vois dans... Si on doit se projeter dans l'Empire, Aïssé, Sissoko, ça ressemble à quoi Qu'est-ce que tu imagines comme type de contenu qui pourrait manquer pour promouvoir l'Afrique en fait

  • Ayse

    Moi, je pense des archives. Bon, après, je n'ai pas encore réfléchi à tout ça, mais je trouve qu'on manque d'archives. On manque d'archives. Là, je parle vraiment dans mon domaine. Je trouve qu'on manque d'archives avec les artistes. On n'a pas assez de... Soit on a des domaines d'artistes qui, vraiment, ont beaucoup de choses à raconter, tandis qu'il y en a qui... Il y en a qui n'ont pas d'archives. Je pense que c'est important. Et après, si je dis documentaire, moi, je pense qu'on doit continuer. Il y a plein de médias qui le font très bien. On va continuer à montrer des réalités de la guerre, des histoires, des contextes. On a tellement de choses à montrer. Et je pense que même sur Netflix, je trouve qu'on n'a pas assez de documentaires liés à l'Afrique, si je me trompe. On a assez de documentaires liés à l'Afrique. Et je pense qu'on a besoin de ça. Donc ouais, en tout cas, je pense que moi, j'encourage vraiment les documents, ceux qui font des documentaires, les grands reporteurs et même nous, à vraiment archiver, à regarder les archives, à ne pas hésiter à se documenter, à comprendre l'histoire de nos guerres, de nos conflits, parce que c'était très important pour comprendre notre Afrique actuelle.

  • Ramata

    C'est un point super important. Je suis trop contente de t'avoir posé cette question parce qu'en fait, on pense tellement tout le temps aux nouveaux contenus à créer. à être sur la dernière trend qui vient de sortir, qu'on ne se rend pas compte qu'effectivement, sur l'Afrique, on manque d'archives, on manque que l'histoire, en fait, de nos pays, de nos parents et grands-parents, elle a beaucoup été racontée par d'autres, et qu'on a toujours, en fait, les archives qui permettent de bien comprendre ce qui se passe aujourd'hui. Et effectivement, tu vois, j'aurais pu assez naturellement penser à quelles nouveautés on pourrait faire, ou quelles... concept qui existe déjà, on pourrait avoir, mais c'est vrai qu'un espèce de INA de l'Afrique, on peut y aller. On aurait besoin de ça, parce que c'est ça le point de départ, en fait.

  • Ayse

    Oui, parce que tu vois, par exemple, là, typiquement, on est dans un conflit Congo-Rwanda qui est du jour d'une vue désadouée. Et souvent, quand je regarde, les gens disent Mais vous ne racontez pas l'histoire, vous ne racontez pas ce qui s'est passé, et tout ça. Nous, en fait, on a besoin d'archives, surtout les GES. ceux qui sont plus petits, ils ont besoin d'archives pour comprendre ce qui s'est passé pourquoi on en est arrivé à là, comment on en est arrivé à là en fait, et c'est pas que ça, par exemple aujourd'hui quand tu regardes il y a tout ce qui est les histoires de CDAO AES, on a besoin aussi de comprendre ce qui s'est passé au Mali à l'époque, au Burkina pour qu'on en arrive à là, tu vois et que ce soit raconté de manière aussi à ce que les jeunes puissent comprendre et si on avait un archivage assez fort assez riche, on allait pouvoir comprendre les choses, tu vois Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'archives, il y en a, mais je trouve qu'on a besoin de plus, en fait, pour les générations à venir. En plus,

  • Ramata

    et puis après, voilà, l'information sur l'Afrique, il y en a, mais par exemple, de la même façon qu'à un moment donné, dans la réflexion stratégique du développement de BrutAfrique, il y a eu une dynamique qui a été, on avait des brutes par pays, on s'est dit qu'on allait tout regrouper sur une chaîne, et comme ça, ça permet. Ce qui va manquer, c'est le fait qu'il y a plein d'informations qui sont dans plein d'endroits différents, et toi, quand tu cherches à avoir... la source, tu ne sais pas où aller chercher en fait.

  • Ayse

    Exactement, et moi-même quand... C'est pas que moi, mais moi quand je fais des... Des fois il m'arrive de faire des formats d'une vie sur des artistes et tout, et je trouve que j'ai pas assez d'archives. Par exemple des artistes comme Titi Arafat, qui pour moi, voilà, qu'on soit d'accord ou pas, qui a quand même marqué, qui continue de marquer la musique africaine, on n'a pas assez d'archives sur lui. On a des documentaires, on a des trucs, mais je trouve que ça manque. Tu vois, des photos, des choses et... Et je pense que c'est ce qui nous manque aujourd'hui, c'est ça. C'est vraiment, j'insiste sur l'archivage, l'histoire, etc. Très intéressant,

  • Ramata

    très bon point. Est-ce qu'il y a des concerts que tu nous recommandes prochainement

  • Ayse

    Oui, alors là, le mois de mai, il est très chargé. Il y a beaucoup de concerts. Alors, pour ceux qui aiment l'Afrobeat, il y a Bandabo qui sera en concert en avril. En mai, pour ceux qui sont adeptes du rock ghanéen, il y a Black Sheriff, il y a Rima aussi qui sera en concert. Il y a Rima, pour ceux qui aiment un peu l'afro de France, il y a Chili aussi qui sera en concert. Après, il y a le festival Afro Nation en juin. Il y a plusieurs festivals en décembre, il y a Modern Africa, il y a We Love Ya, enfin... Je trouve qu'on a de plus en plus... Ce que j'aime bien, c'est qu'aujourd'hui, les artistes africains, ils sont de plus en plus à l'extérieur, ils font de plus en plus de salles. Par exemple, on a eu récemment Sospecato 2015, qui a fait La Cigane, on a eu Didi Bé avant, qui a fait Lola de Pia. Il y a quelque chose qui se passe au niveau de la scène africaine, et ça, c'est beau, et je pense qu'il faut qu'on continue d'aller encourager nos artistes, qu'on continue de les soutenir, qu'on aille qu'on paie nos places, et je trouve que c'est très, très important. Et même, j'insiste sur le fait que la musique africaine est en train de prendre une tournure incroyable parce qu'on a des artistes, par exemple, comme Imra, qui est un rappeur ivoirien, qui aujourd'hui, cette année, va faire un yard. Et il y a Didi Bé, qui l'a fait avant. Ça veut dire qu'en fait, il y a quelque chose qui se passe au niveau de la musique africaine et surtout de la musique francophone. J'insiste sur la musique francophone parce que c'est un peu en retard par rapport à la musique homophone, mais il y a quelque chose qui se passe. et s'encourager et je pense qu'il faut continuer à soutenir nos artistes. Donc quand tu m'as posé cette question, ça m'a permis d'ouvrir sur ça parce que il y a quelques années avant, je n'imaginais pas que je pouvais voir un artiste comme, par exemple, Adekule God, des artistes qui sont plutôt niches en Nigéria, des artistes comme Adekule God ou autres, faire des concerts dans des salles parisiennes, ou même un artiste, un rappeur ivoirien. Faire un artiste en dessin de Parisienne, c'était quelque chose que je n'aurais pas pensé. Ça veut dire qu'il y a une évolution, il y a des choses qui se passent. Et c'est encourageant, de quoi

  • Ramata

    Mais toi, du coup, tu l'expliques comment Le fait qu'il y a un vrai engouement pour l'afrobeat au niveau mondial. Et donc, du coup, effectivement, il y a des artistes qui n'auraient peut-être pas eu accès à des salles il y a quelques années. Aujourd'hui, de toute façon, ceux qui ont des salles, ils savent qu'ils doivent regrouper. programmer des artistes africains parce qu'ils savent que c'est rempli, que c'est du business. Ce n'est pas un acte de... C'est pour aider le petit artiste africain. Non, non, non. Ça va être rempli quand on a beau y faire des dates, c'est sold out très rapidement. Toi,

  • Ayse

    tu expliques cette évolution Moi, je pense que c'est vraiment la force des réseaux sociaux. C'est la force des réseaux sociaux. Il y a plusieurs facteurs. Il y a les réseaux sociaux, avec le développement de TikTok, par exemple. Aujourd'hui, tu vois qu'il y a beaucoup d'artistes qui se font connaître parce qu'ils ont des trends, tu vois. Ils ont des trends, des sons qui marchent sur les réseaux sociaux, donc ça leur donne beaucoup de force. Il y a beaucoup d'artistes qui, tu vois, aujourd'hui, qui arrivent grâce à TikTok, grâce aux réseaux sociaux, à remplir des salles, à faire des concerts. Donc ça, c'est énorme. Et puis, il y a aussi, tu vois, tout ce qui est qualité, qualité aussi des clips, qualité des visuels, les directions artistiques des artistes. artistes, mais je pense que les gens s'identifient beaucoup à ça. Et pour finir, il y a toutes les plateformes de streaming. Quand tu as des artistes, tu as des plateformes comme Spotify, Deezer ou Apple Music, c'est beaucoup plus facile d'accéder à certains morceaux, à certains sons. Donc aujourd'hui, je pense qu'il y a une avancée dans les technologies qui concernent la musique, tu vois. Et les Nigériens, je crois les hommes de Nigeria, eux aujourd'hui, c'est des Américains pour moi parce qu'ils ont... ils font des featurings avec des Américains. Comme par exemple, tu vois des artistes comme, je ne sais pas, Reba qui a fait un son avec Selena Gomez, ou bien même récemment, tu vois Zanette qui a fait un son avec Craig Davie. Tu sens que l'Afrique, on va dire, c'est Africa to the world. Ça veut dire qu'il y a de plus en plus de... je dirais, de gens qui s'intéressent à la musique africaine, tu vois, et les Américains de surcroît. Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, la musique africaine qui était avant, qui était écoutée plutôt en Afrique, commence à devenir mainstream, tu vois. Donc pour moi, c'est fort et je trouve que ça continue, ça continue maintenant. Aujourd'hui, t'as même des artistes français, français-français, qui ont des sonorités à fond dans leurs chansons. Donc ça, c'est juste... malade. Et inversement, t'as des artistes français, du rap français, qui sont dans l'Ontario, qui sont typiquement 100% congolais. Donc ça me dit qu'en fait, l'Afrique est partout et elle influence partout. Donc voilà un peu mon raisonnement sur ça. Très bien,

  • Ramata

    super intéressant. Je pense qu'en tout cas, il y a une vraie domination du courant afrobeat sur... Du point de vue de l'industrie musicale, on sent vraiment qu'il y a des choses qui se passent. Vous parlez aussi d'artistes issus de la diaspora comme Naya Nakamaki.

  • Ayse

    Exactement.

  • Ramata

    C'est une influence africaine, mais qui à la fois vient de la diaspora et à la fois vient du continent. C'est ça. Quand on parle du succès aussi de... Alors là, c'est peut-être plus Haïti, mais le succès de Joë Dwaidine. Joë Dwaidine aussi. Oui. Il y a vraiment, et comme tu l'as dit, les réseaux sociaux. TikTok, la musique, elle est en tendance et tout le monde connaît. Donc, il y a vraiment effectivement quelque chose qui se passe et qui fait plaisir. Et moi, je n'ai pas le sentiment que ce soit éphémère. Tu vois que ce n'est pas de durée.

  • Ayse

    Non, je pense que ça va continuer d'augmenter, ça va continuer d'évoluer. Parce que regarde, tu dis, par exemple, là, il y a eu la Fashion Week. Et tu vois qu'on commence à... Les artistes nigériens sont invités, ils portent des collections. C'est-à-dire que maintenant, les gens sont habitués à la musique africaine. Même des artistes mouchis, des artistes ivoiens mouchis, ils sont écoutés en France. Souvent, moi, quand j'entends les gens dans leur voiture, ils écoutent du rap, de l'afro, du maïmouda, de la côte d'Ivoire ou bien même des musiques de Sidi Kidiapate. Ça veut dire qu'on est dans une ère où la musique africaine fait partie des vies. Et ça, c'est trop bien parce que moi, je me rappelle que quand j'ai commencé, ça fait plus de dix ans, ce n'était pas du tout comme ça. Et vraiment, les réseaux sociaux, ils ont eu un impact incroyable. Donc, voilà.

  • Ramata

    Ok, mais écoute, on ne peut que souhaiter que ça continue à évoluer. Je pense qu'il y a les réseaux sociaux, et puis après, il y a des médias comme Brutafrique aussi, qui comptent voir les artistes. Mais c'est vrai que les artistes, aujourd'hui, ils ont la main à eux-mêmes pour gérer leurs notifications directement à travers les réseaux, sans attendre d'avoir finalement une maison de disques qui va s'occuper de tout. te faire connaître. Aujourd'hui, les artistes, ils ont un lien direct avec leur audience. Et du coup, ils peuvent organiser des tournées parce qu'ils peuvent prouver qu'il y a des gens qui sont prêts à acheter. C'est vraiment un tournant aussi dans l'évolution de l'industrie de la musique qui est plus dirigée par des maisons de disques qui, elles, vont décider qui va être la star du moment et qui ne sera plus la star. C'est le public qui décide et du coup... Ça donne encore plus la place à l'Afrique, qui a toujours été connue, en tout cas, pour avoir des artistes avec énormément de talent. Donc, pour moi, c'est un juste retour des choses. On n'a plus, finalement, des géants qui, un peu, on va dire manipules, mais qui maîtrisent le business et donc qui mettaient en avant que les courants musicaux qu'ils voulaient. Tu ne peux plus faire ça, en fait. Oui, tu vas avoir de la mapiano à heure de grande écoute et tu vas te dire, mais ça sort d'où, en fait Ça se fait.

  • Ayse

    C'est ça.

  • Ramata

    On va en fait me dire, ça, ça va devenir maïstique.

  • Ayse

    Non, mais c'est vrai, je suis totalement d'accord avec toi. Je suis totalement d'accord avec toi et même quand tu écoutes des radios, par exemple, comme, je sais pas, Génération ou Skyrock, qui, bon, qui durent même plus sur les antérapes et tout, maintenant, t'as de l'afro qui passe tranquillement, de la phobie qui passe tranquillement, même l'énergie, surtout l'énergie. Donc, c'est énorme. Non, moi, je suis vraiment contente. C'est une fierté.

  • Ramata

    En fait, là, c'est-à-dire qu'à un moment donné, elles, elles seront obligées de suivre le mouvement. Oui, le choix. Ce n'est pas un choix... Peut-être qu'il y a des gens en interne qui disent Ah non, mais nous, on adore la phobie, on adore tout ce qui vient d'Afrique, donc on a décidé de mettre ça en force. Moi, je pense que c'est vraiment... Non, mais là, il y a un raz-de-marée. En fait, on ne peut pas faire autrement, quoi. Pour notre audience, en fait, on ne peut pas faire sans et c'est très bien. c'est très bien. Après, pour moi, c'est important que... Comment dire Pour moi, c'est un vrai soft power africain. Maintenant, c'est important qu'on ne soit pas connu que pour l'entertainment, parce que parfois, ça résume aussi un peu trop comment on connaît des artistes africains. On va connaître tous les artistes, on ne va pas forcément connaître les entrepreneurs. On ne va pas... C'est ça. Mais pour moi, ça... J'ai toujours une visibilité par rapport à ça, mais je me dis qu'en même temps, il faut choisir un chemin et se dire que les industries culturelles et créatives peuvent contribuer à changer le narratif sur l'Afrique. Et donc, il faut en profiter de cette situation. Et surtout, il faut maximiser les réussites. C'est une tendance et on ne va pas poursuivre derrière.

  • Ayse

    Exactement. Je suis tout à fait d'accord avec toi. Voilà. Tout à fait d'accord avec toi.

  • Ramata

    Eh bien, écoute, on arrive à la fin de cet échange. Je te remercie pour ta disponibilité et ton partage d'expertise. Ça a été super riche. Moi, j'ai appris plein de choses et je suis sûre que l'audience aura appris aussi beaucoup de choses. Donc, on sait qu'on se retrouve sur BrutAfrique pour tes dernières interviews.

  • Ayse

    Ben oui, déjà, merci à toi. C'est toujours un plaisir pour moi de partager un peu mon expertise. Et peut-être que ça pourrait m'inspirer d'autres aussi. Je me rends compte. Je suis très fière. Et oui, on peut trouver une lien de partage sur Metafree. Et après, moi, j'ai aussi une réseau si vous avez plein de conseils par rapport à la musique, mon expertise ou même, je sens que dans les conseils sur le journalisme, vidéos de terrain, n'hésitez pas. Je suis ouverte. De toute façon,

  • Ramata

    je mettrai le lien de ton compte Instagram pour qu'on puisse partager avec toi. Merci beaucoup. Je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

  • Ayse

    Merci Antoine.

  • Ramata

    Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

Chapters

  • Introduction au podcast et présentation de l'invitée

    02:26

  • Parcours d'Ayse Sissoko et son engagement dans le journalisme

    03:31

  • La passion d'Ayse pour la musique africaine et son impact

    04:20

  • Les défis et opportunités dans le journalisme culturel en Afrique

    10:54

  • L'impact des réseaux sociaux sur la musique africaine

    18:14

  • L'importance de la représentation positive de l'Afrique

    21:31

  • Les expériences marquantes d'Ayse en interviewant des artistes

    41:24

  • Conclusion et réflexions sur l'avenir des médias africains

    01:01:25

Description

Comment Aysé Sissoko a réalisé son rêve d'enfant? Devenir journaliste engagé dans la promotion de la culture africaine ?

De la passion pour la musique africaine à une voix influente dans les médias :

Aysé Sissoko est une journaliste passionnée, spécialiste de la culture africaine et de sa diaspora.

De son amour pour les artistes africains à ses interviews percutantes sur Brut Afrique, elle a su imposer sa voix et son expertise dans le paysage médiatique.

Dans cette interview, Aysé Sissoko nous partage son parcours atypique, ses débuts dans le journalisme, ses expériences à Jeune Afrique et Trace, et son engagement à mettre en lumière les talents et les réalités du continent.

Elle nous parle également de son rôle de journaliste à Brut Afrique, de ses voyages à travers l'Afrique et de sa volonté de donner une image positive et authentique du continent.

Un témoignage inspirant qui offre une perspective unique sur les enjeux de la culture africaine dans les médias et sur le rôle crucial des journalistes pour valoriser les talents et les réalités du continent.

Pour suivre Aysé sur Instagram et sur Brut Afrique

Africa Fashion Tour poursuit chaque semaine l'exploration des industries culturelles et créatives africaines avec des interviews d'entrepreneurs passionnés qui s'interrogent sur les questions de diversité et de représentation. Chacun des invités du podcast est passé du questionnement à l'action pour proposer des solutions concrètes, des business model vertueux pour promouvoir l'Afrique à travers les soft power.


J’en profite pour remercier les auditeur.e.s de plus en plus nombreux de ce podcast. Pour découvrir en avant première les dernières interviews et analyses de l'écosystème de la mode africaine, abonnez-vous à la ⁠⁠⁠Newsletter Africa Fashion Tour⁠⁠⁠.


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A très vite en Afrique ou ailleurs


Ramata Diallo 


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Ayse

    Moi, je pense que c'est vraiment la force des réseaux sociaux. C'est la force des réseaux sociaux. Il y a plusieurs facteurs. Il y a les réseaux sociaux, avec le développement de TikTok, par exemple. Aujourd'hui, tu vois qu'il y a beaucoup d'artistes qui se font connaître parce qu'ils ont des trends. Ils ont des trends, des sons qui marchent sur les réseaux sociaux, donc ça leur donne beaucoup de force. Il y a beaucoup d'artistes qui, tu vois, aujourd'hui, qui arrivent grâce à TikTok, grâce aux réseaux sociaux, à remplir des salles, à faire des concerts. Donc ça, c'est énorme. Et puis, il y a aussi tout ce qui est qualité des clips, qualité des visuels, les directions artistiques des artistes. Je pense que les gens s'identifient beaucoup à ça. Et pour finir, il y a tout ce qui est plateforme de streaming. Quand tu as des artistes, tu as des plateformes comme Spotify, Deezer ou Apple Music. C'est beaucoup plus facile d'accéder à certains morceaux, à certains sons. Donc aujourd'hui, je pense qu'il y a une avancée dans les technologies. qui concerne la musique.

  • Ramata

    Bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Africa Fashion Tour. Je vous emmène avec moi à la rencontre de créateurs basés sur le continent africain. Je vous invite à voyager à Abidjan, Dakar ou Bamako pour découvrir les parcours de professionnels talentueux, responsables et ambitieux. Au fil des interviews, je me rends compte que chaque entrepreneur veut contribuer au rayonnement de la créativité africaine sur le continent et au-delà. Ce podcast... est un moyen de sortir des clichés du boubou et du wax pour représenter un éventail de tissus, de savoir-faire et de créativité trop souvent sous-représentés. Je suis Ramata Diallo, je suis professeure de marketing dans des écoles de mode parisiennes et je suis également consultante spécialisée dans l'accompagnement de porteurs de projets qui veulent lancer leur marque de mode. En 2017, j'ai hésité à ma première Fashion Week en Afrique et depuis, je voyage régulièrement sur le continent pour aller à la rencontre de ceux et celles qui font la mode. en Afrique. Le podcast est le moyen que j'ai trouvé pour partager au plus grand nombre une autre vision de la mode africaine. Aujourd'hui, je suis en compagnie d'Aïssé Sissoko, qui est journaliste pour Brut Afrique. Elle est spécialisée dans les rubriques culture et musique du continent africain et de la diaspora. Je l'ai invitée aujourd'hui pour qu'elle puisse me parler de son parcours de journaliste dédié à la création de contenus de promotion de l'Afrique. Bienvenue à Aïssé, comment vas-tu

  • Ayse

    Je vais bien et toi

  • Ramata

    Ça va très bien, je suis ravie de pouvoir te retrouver pour ce moment d'interview. Ça fait longtemps qu'on échange, qu'on se croise à des événements et qu'on parle. Quel est ce moment Mais Sally, le moment est venu de tout savoir sur Iceso.

  • Ayse

    Encore merci, vraiment ça me fait plaisir de pouvoir partager mon expérience et de faire ça avec toi.

  • Ramata

    C'est cool. Je vais commencer cette interview, comme je le fais toujours, je vais te demander de te présenter.

  • Ayse

    D'accord, alors moi c'est Aïssé Sisoko, je viens d'avoir 30 ans, je suis journaliste comme tu l'as bien dit, spécialisée dans tout ce qui est musique africaine, culture, mais pas que. Je suis aussi des sujets liés à la société, toujours au niveau du continent africain. Je voulais dire aussi que moi, le journalisme, c'est toujours ce qui m'a passionnée depuis longtemps. Donc on va dire que j'ai... On va dire que je suis allée à l'école, j'ai étudié, mais j'ai été beaucoup autodidacte. Mais je pense qu'on aura l'occasion d'en parler. Donc voilà, je ne sais pas vraiment comment je peux me présenter.

  • Ramata

    Très bien.

  • Ayse

    Alors,

  • Ramata

    effectivement, on va avoir l'occasion d'en parler puisqu'on a une heure d'échange de prévue ensemble. Moi,

  • Ayse

    de ce que je comprends,

  • Ramata

    ce que tu me dis là, c'est que toi, tu as toujours voulu évoluer dans le domaine du journalisme.

  • Ayse

    Exactement.

  • Ramata

    On peut parler des études que tu as faites. Est-ce que c'est vraiment des études qui sont liées à une école de journalisme pour devenir journaliste ou est-ce que tu as étudié dans un autre secteur

  • Ayse

    Déjà, comme tu l'as bien dit, j'ai toujours voulu être journaliste. Mais au début, j'ai vu que les écoles de journalisme étaient assez chères. Donc, ce que j'ai fait, c'est que j'ai commencé par un parcours classique. Je suis partie en droit. Je n'ai pas aimé. J'ai changé de filière encore une fois. Je n'ai pas aimé. Et au bout d'un moment, je me suis dit, mais attends, tu veux être journaliste, il faut bien que tu ailles à l'école. Et donc du coup, j'ai commencé à bosser en tant qu'étudiante dans un magasin. Donc j'ai pu par la suite financer un peu mes études. Donc en gros, j'ai fait une école de journalisme, c'est l'Institut européen de journalisme. J'ai fait trois années. Donc ça m'a permis de développer tout ce qui était cours de journalistique au niveau de la radio, au niveau de la télé, du montage, audio et vidéo. Et puis aussi l'écriture. Donc voilà mon parcours journalistique. Après, ce qu'il faut savoir, c'est qu'à côté de ça, j'ai monté un média qui s'appelle African Move. avec une amie qui est dédiée à la culture africaine. Donc c'est là, c'est ce qui m'a permis vraiment d'expérimenter le métier de journaliste au travers d'interviews que je faisais moi-même, que je montais moi-même, que j'écrivais moi-même. Donc c'est ce qui m'a permis, on va dire, de consolider mon expérience journalistique aussi.

  • Ramata

    Très bien, donc c'est intéressant que tu précises ça, parce que du coup tu as vraiment le background, on va dire,

  • Ayse

    pédagogique,

  • Ramata

    scolaire d'un côté. Et puis de l'autre côté, tu as vraiment cette expérience que tu mènes avec une amie. Et ce média, du coup, il avait... Donc tu parles de faire les interviews, faire les montages. Du coup, c'était un média qui avait une présence en ligne, qui était un média papier. C'était quoi comme support exactement

  • Ayse

    C'était un média en ligne. Donc on était sur Instagram, Facebook, Twitter, et on avait un site Internet. Et ce qui était intéressant, c'est que quand on a commencé, on s'est d'abord intéressé aux artistes de la diaspora. Donc les artistes africains de la diaspora, on allait sur les événements, parce qu'à Paris, avant, il y avait pas mal d'événements dédiés à la culture africaine. Donc on avait le Melty Crew, le Battle Afro, etc. Donc on allait souvent sur place, on faisait des stories. Ah non, les stories n'étaient pas encore là. On faisait des photos, on faisait des petits articles qu'on postait directement sur Instagram. Et après, par la suite, on a vu que... Les gens s'intéressaient de plus en plus aux médias, donc on a commencé à interviewer des artistes africains qui venaient à Paris, des artistes comme Loco ou en voire plein d'autres. Et ça nous a permis de gagner en autorité. Mais on était toujours dédiés, on était toujours sur la plateforme en ligne. On était toujours en ligne.

  • Ramata

    Très bien. Et tu parles au passé, donc aujourd'hui ce média n'existe plus

  • Ayse

    Il existe toujours, mais après je veux dire qu'on a... pris des chemins un peu différents. Après, moi, je me suis un peu plus consacrée à ma carrière journalistique. Voilà, tout simplement.

  • Ramata

    Ok, très bien. En tout cas, je pense que cette expérience-là et le fait d'aller sur le terrain pour faire les interviews, c'est vraiment ce qui t'a permis de prendre goût et de... Comment dire définir ce qu'allait être ton métier par la suite.

  • Ayse

    Exactement. En fait, ce que j'ai oublié de préciser, ou que je n'ai pas encore précisé, c'est que moi, j'étais passionnée de la musique africaine depuis toute petite. La musique, c'est vraiment... J'aime trop dire ça, c'est mon oxygène. Ça veut dire que quand j'étais petite, j'écoutais beaucoup de musique mondaine. J'écoutais jusqu'à maintenant la musique mondaine, donc Saïf Kéita ou Moussa Garé. J'avais aussi... Mon papa écoutait beaucoup la rumba congolaise, donc Pépé Kalé, Mathilde Oussisten, etc. Et enfin, j'écoutais moi-même beaucoup de Coupé des Galets. Et j'ai nourri cette passion pour la musique depuis tant d'années. Et du coup, moi-même, ce que je faisais, c'est que j'aimais bien lire un peu les interviews des artistes, regarder aussi les paroles des chansons et tout ça. Et ça m'a donné le goût vraiment à la musique africaine. Et après, je sais que je voulais être journaliste et que je voulais être journaliste pour la culture et pour les artistes. Parce que moi, je voyais les émissions... Les animateurs qui ont interviewé, moi, ça me donnait envie de le faire aussi. C'est comme ça que j'ai nourri ma passion pour le journalisme musical. On va dire ça comme ça. Très bien,

  • Ramata

    super. En tout cas, c'est intéressant d'avoir quelqu'un qui avait un rêve d'enfant que tu as nourri depuis que tu es petite et que toi, aujourd'hui, tu as réalisé ton rêve. En tout cas,

  • Ayse

    dans le fond de ton monde. Oui, j'ai réalisé mon rêve parce que, comme je l'ai dit tout à l'heure, il y a pas mal d'artistes que j'ai écoutés que j'ai interlové. Donc, quand tu écoutes des artistes quand tu étais plus jeune, et les voir en face de toi, ça fait quand même quelque chose. C'est impressionnant. Et puis là, tu te rends compte que ça a été un long chemin, mais j'ai persévéré dans ce que je voulais faire. Et ça, pour moi, c'est une grosse fierté pour moi. Et c'est une grande fierté aussi pour mes parents. À chaque fois que je fais un artiste malien, par exemple, ils sont toujours contents. Ils mettent dans leur story sur WhatsApp, ils envoient et tout. Donc vraiment, c'est une grosse fierté pour moi. Et voilà quoi.

  • Ramata

    Très bien. Très bien. Du coup, c'est super important et intéressant. On partage ça, qu'en fait, on peut avoir vraiment une ambition petite et puis s'organiser, se préparer pour pouvoir atteindre ses objectifs.

  • Ayse

    Exactement.

  • Ramata

    Toi, tu fais tes études, tu fais ton propre média. Et à partir de quel moment est-ce que tu commences à travailler pour d'autres médias Est-ce que c'est tout de suite après la fin de tes études

  • Ayse

    Après la fin de mes études, j'ai fait un stage à Jeune Afrique. C'était un petit stage mais qui m'a beaucoup servi aussi parce que j'ai fait des articles sur le web, j'ai fait des articles avec certains artistes, donc ça a été vraiment très bénéfique pour moi. Et au sortir de Jeune Afrique, j'ai eu la chance de travailler dans le Média Trace en tant que Community Manager d'abord, puis Social Media Manager. et je m'oubliais en fait des réseaux sociaux de Trace Africa et de Trace Urban. Donc je faisais la partie réseaux sociaux, mais mon amour pour les interviews et les artistes a fait que j'ai interviewé énormément d'artistes africains, il y en a pas mal qui sont venus au bureau que j'ai interviewé, donc on va dire que j'ai apporté mon expertise musicale aussi avec les artistes. Et donc, ça c'est grâce à... non seulement c'est grâce à mon expérience dans la musique africaine, mais c'est aussi grâce à mon expérience avec le média que j'ai pu arriver à Thrace. Et Thrace, c'était très... Même le fait que je ne faisais pas d'interview, Thrace était très axée sur les réseaux sociaux. Et j'avais cette envie-là de retourner dans le journalisme pur. J'avais envie d'être sur place, de faire du reportage, d'être sur le terrain. Et il y a l'occasion de Brut qui s'est ouverte à moi. À la base, c'était pour être community manager que j'avais postulé. Et Dieu a fait que... finalement, j'ai été recrutée en tant que journaliste. Et depuis l'an ennui, j'ai pu petit à petit faire des interviews encore ici, faire des reportages, des super reportages, voyager un peu partout. Et ce qui est super, c'est que j'ai pu développer aussi d'autres compétences, parce que c'est vrai qu'à l'école, j'ai appris le montage, mais je ne savais pas monter des sujets de A à Z, comme je le fais maintenant. Donc on va dire que c'était super bénéfique pour moi. Surtout quand je suis arrivée à Brut, je me disais, oh là là, qu'est-ce que je fais là Est-ce que c'est vraiment pour moi Est-ce que je suis capable de le faire Les débuts ont été assez compliqués parce que les sujets n'étaient peut-être pas très bien concisés et tout. Mais je pense que c'est beaucoup de confiance en soi, c'est beaucoup de terrain, c'est beaucoup de rencontres. Et voilà, voilà un peu. mon histoire de la réunion à Brut.

  • Ramata

    C'est intéressant que tu reviennes comme ça sur l'évolution de ton parcours et l'opportunité de... Tu commences par l'Afrique, ensuite Tras, et ensuite Brut Afrique. Donc, toi, tu es entrée en Afrique dès le départ dans ta carrière. C'était clair et net que tu allais travailler en Afrique. Il n'y a pas eu de petites bifurcations vers d'autres médias.

  • Ayse

    Non, moi, je savais que je voulais toujours être journaliste pour l'Afrique. Ça me tenait à cœur et je voulais vraiment, vraiment travailler pour l'Afrique. Ça, c'est quelque chose que j'ai toujours dit et j'ai toujours m'applique. Et j'ai eu la chance, franchement, je ne me plains pas de toujours travailler dans un métier dédié à l'Afrique.

  • Ramata

    Très bien. Je pose la question maintenant. Après, c'est peut-être une question de fin d'interview, mais écoute, tu me corrigeras vu que c'est toi l'expert. Est-ce que toi tu as le désir à un moment donné dans ta carrière de recréer à nouveau ton propre média

  • Ayse

    C'est quelque chose qui est possible parce que tu sais il y a beaucoup de gens qui me disent mais franchement ce que tu fais c'est incroyable, tu fais interview tellement d'artistes et tu mets beaucoup d'amour, beaucoup de passion, pourquoi est-ce que toi aussi tu ne ferais pas ça encore toi Donc c'est quelque chose qui est envisageable et ce qui est bien c'est que moi de base je voulais... je voulais vraiment construire ma carrière, mais je voulais aussi me forger une personnalité. Quand je dis une personnalité, c'est vraiment me retrouver, trouver mon identité, parce que il faut savoir que moi, quand j'ai commencé, j'étais hyper timide, hyper enfermée, et le fait, c'est d'avoir de pouvoir travailler dans un média où tu as l'opportunité de voyager, tu as l'opportunité de rencontrer des gens, ça m'a forgé un caractère, ça m'a forgé aussi une personnalité, ça m'a permis de... de sortir de mon cadre habituel, de faire aussi mes peurs, mes stress. Donc voilà, je pense que j'avais besoin de passer par une étape média pour pouvoir me retrouver en tant que personne. Donc voilà un peu.

  • Ramata

    Très bien. Donc peut-être un jour un média à essayer, mais pas forcément tout de suite.

  • Ayse

    Voilà, exactement.

  • Ramata

    Très bien. Donc il y a vraiment chez toi le côté musique,

  • Ayse

    culture,

  • Ramata

    très très fort. Et la verticale Afrique était très, très importante aussi. Toi, tu es journaliste, on va dire, de terrain, puisque toi, tu vas aller au concert, tu vas aller au contact. Est-ce que tu peux nous expliquer peut-être la différence qu'il peut y avoir entre quelqu'un qui va plutôt, comment dire, rédiger des piges et quelqu'un qui va aller créer du contenu vidéo sur le terrain

  • Ayse

    Quelqu'un qui rédige des piges, bon, en fait, il va rester un peu au bureau. Donc lui, les informations, il va un peu, ce sera plus des appels, ce sera plus des interviews qu'il fera sur place. C'est-à-dire sur place, c'est-à-dire qu'au bureau, par exemple, on peut faire des visios pour construire un peu son sujet. Tandis qu'un journaliste de terrain, lui, il va vraiment à la rencontre des gens. Donc il va à la rencontre des gens, il crée des souvenirs là-bas. Il a aussi des informations qui sont davantage vérifiées. Et quand il est sur place... Ce qui est génial, c'est qu'il y a le côté authentique. Ça veut dire que quand tu arrives sur place, tu rencontres ton personnage et puis tu te rends compte qu'il y a des choses que tu as lues sur la personne que tu n'avais pas vues. Et ça, c'est vraiment génial. Mais je trouve que les deux boulots sont intéressants parce que quand tu es plus un journaliste de desk pitch, tu développes tes compétences, tout ce qui est montage et écriture, etc. Donc je trouve que c'est deux faces qui sont complémentaires, je trouve, pour moi. Je ne sais pas si j'ai bien expliqué, mais en gros, c'est la définition que je donnerais.

  • Ramata

    Très bien, c'est très clair. Du coup, qu'on sache qu'en fait, moi, c'est pour vraiment aussi que l'audience, le métier de journaliste, en fait, quand on le voit de loin, parfois, on peut penser que c'est celui qui présente du journal de télévisée avant tard et qu'on ne sait pas toutes les missions que l'on peut avoir en tant que journaliste. Et je pense que quand on voit une vidéo brute, on ne réalise pas forcément... le nombre d'heures de tournage qui sont faites.

  • Ayse

    Exactement.

  • Ramata

    Et quand tu les fais pour pouvoir arriver à une vidéo de 5 minutes impactante. Est-ce que tu peux parler aussi de ça Est-ce que toi, quand tu arrives à un event, tu sais déjà comment tu veux monter la vidéo et quels sont le type d'images que tu veux chercher Ou est-ce que c'est au moment de faire le montage que tu te dis, ah bah tiens, ça, ça ira bien à tel moment Comment est-ce que... raconte-nous un peu comment ça se passe la création d'une vidéo.

  • Ayse

    Ok. Alors, en général, d'abord, trouver le sujet. Trouver le sujet, trouver l'angle du sujet, ça veut dire que c'est vrai que tu as trouvé le sujet, mais il faut trouver un angle qui rentre dans la ligne éditoriale de Bluewood. Ça veut dire par exemple, je ne sais pas moi, si je vais rencontrer une maman qui est maman à Pistion, qui a un business. Donc voilà, ça c'est vraiment un angle intéressant pour nous, comment elle a créé son business, etc. Donc il y a ça. Une fois que tu as fait ça, tu as quitté la partie, contacté le perso. Donc tu contactes le perso, tu lui expliques un peu comment ça va se dérouler, tu lui montres un peu ce qu'on a fait, est-ce que ça peut l'intéresser, etc. Une fois que le perso accepte, tu vois, tu vas travailler en amont sur un script. Donc le script, c'est, on va dire, le déroulé de ton reportage, qu'on divise généralement en séquences. Donc dans chaque séquence, en fait, ça va correspondre à un lieu, par exemple. Par exemple, je ne sais pas, on retrouve la tata. D'abord à la maison, donc elle nous parle de son quotidien, comment elle a commencé, etc. Ensuite, on retrouve dans la séquence 2, la tata sur son lieu de travail, par exemple au marché, si c'est là-bas qu'elle vend. Et là, elle nous explique comment elle travaille au quotidien. Ensuite, par exemple, une autre séquence où elle est avec ses enfants, qui vont lui parler un peu de leur maman, etc. Donc, c'est vraiment comme ça qu'on construit un sujet. Une fois qu'on a construit le sujet, on arrive à la partie... On a récupéré les rushs, donc les rushs c'est les vidéos qu'on a tournées, on dépose tout dans notre ordi et tout ça, et on commence le montage. Donc en fait le fait de faire un séquencier, ça permet d'avoir déjà une idée de comment est-ce que tu vas monter ton sujet. Mais moi il m'arrive parfois, quand je regarde les rushs, de voir des choses un peu plus intéressantes, de dire ah ouais, finalement je pense que je vais plutôt mettre ça, je vais plutôt changer l'ordre en mettant ça Tout va dépendre de la manière dont tu veux monter ton sujet et de la manière dont tu veux raconter ton histoire. Donc, c'est vraiment ça. Et ça, c'est plutôt quand tu es sur le reportage vidéo d'un perso. Mais quand tu es sur un concert, c'est à peu près le même déroulé. Ça veut dire que quand tu arrives sur place, tu as soit... Moi, en fait, à Bruton, on a deux choses. Soit on fait... On fait... Tout en instantané, ça veut dire que quand on arrive au concert, on filme des backstage, qu'on poste directement sur les réseaux sociaux. Par exemple, je ne sais pas moi, quand l'artiste se prépare et dit un mot, son entrée sur scène, quand il chante un titre phare ou bien quand il a un featuring avec un artiste. Donc on est vraiment dans la manière, dans l'instantané. Quand on veut faire plutôt un reporting du concert, là c'est vraiment, on part du début, ça veut dire... avant que l'artiste monte sur scène, c'est-à-dire quand il... Par exemple, on va le chercher à nous. Ça, c'est typiquement des attaques que j'ai obligées de faire. On va le chercher, par exemple, dans son hôtel. Ensuite, quand il vient, on va le mettre dans la voiture. Donc là, on parle un peu de lui, de comment il se sent. On arrive, on arrive dans la salle. Là, c'est plutôt les balances. Ensuite, bon, les balances, c'est un peu comme ça se passe. Ensuite, on a la partie préparation, stress, patati, patata. Et ensuite, la montée sur scène. Donc j'ai toujours un peu dans ma tête la manière dont je vais construire mes sujets. Mais bien sûr, il y a les managers, les attachés de presse, ils peuvent proposer d'autres alternatives, d'autres choses qu'on peut prendre. Donc voilà un peu. Et ce qui est intéressant dans les reportages, c'est que toi par exemple, tu as une idée en tête. Et quand tu arrives sur place, tu te rends compte qu'il y a des choses beaucoup plus belles à raconter, ou que la personne n'a pas dit quelque chose que tu ne savais pas. En fait, elle a dit une chose que tu ne savais pas, et c'est ça qui a créé l'authenticité d'un reportage. Je me souviens que j'avais tourné avec une maman autiste, une maman qui a un fils qui est autiste, excuse-moi. Et ce qui était cool, c'est que la maman m'a dit oui, mon fils est autiste et tout ça, et tout ça. Et quand je suis arrivée sur place, je me suis rendue compte qu'en fait, ils avaient... Voilà, elle avait une petite maison, son mari l'avait abandonnée quand l'enfant est né et tout. Donc du coup, ça crée une sorte d'authenticité à ton histoire et toi-même, en tant que journaliste, ça te sert de son. Et tu te dis Wow, après ça, je ne le savais pas Moi, il y a beaucoup de choses qui m'ont... À chaque fois que j'ai fait des tournages, il y a beaucoup de choses qui m'ont glacée. Donc c'est ça aussi être journaliste, c'est faire des rencontres inattendues et avoir des expériences uniques. Donc voilà un peu comment ça se passe.

  • Ramata

    Très bien, super intéressant que tu nous partages ça. C'est qu'il y a une part très organisée, carrée, pour faire un montage et que le montage peut être, comment dire, impactant pour Brut. Et puis après, il y a une part qui est liée à l'émotion et à, tu es dans l'implaisant et du coup... tu peux à un moment donné être saisi par, capturé à un moment inattendu qui va être l'élément phare de la vidéo.

  • Ayse

    Exactement, moi en fait je veux toujours faire ressentir, pour ressortir le meilleur d'une personne, le côté humain d'une personne. Pour moi c'est ça qui fait qu'un sujet est authentique et quand tu regardes par exemple la ligne éditoriale de Brut, c'est toujours des histoires un peu originales, un peu uniques. Je pense que c'est ça qui fait aujourd'hui que les gens regardent beaucoup nos pages, c'est qu'on a ce truc-là de chercher des sujets. qui sont différents. On va en contact des gens, on laisse parler des gens qui ont des témoignages uniques. Par exemple, j'avais fait un monsieur qui vendait des jeans, enfin qui transformait des jeans en Côte d'Ivoire, c'est-à-dire qu'il avait des jeans qu'il se utilisait, il les découpait, etc. Et je trouvais que le gars avait une histoire de fond parce qu'il a grandi en Nigeria, il est arrivé en Côte d'Ivoire et tout. Et c'est ça, en fait, c'est que le gars, en fait, il est hyper faible, il est hyper authentique. Et quand tu vois les commentaires, les gens disaient, Mais waouh, il est trop drôle, il est trop intéressant, il est comme ceci, il est comme cela. Donc, moi, c'est ça, en fait, c'est que les gens puissent remarquer, en fait, ce que j'ai voulu dire et ce que j'ai voulu transmettre dans la vidéo. Donc, voilà. Très bien, très intéressant.

  • Ramata

    Est-ce que tu peux nous parler maintenant Donc, moi, j'ai envie d'aborder un petit peu le secteur des médias. C'est quand même un, comment dire Un business assez particulier où on a vécu plusieurs révolutions dans l'univers du média.

  • Ayse

    À un moment,

  • Ramata

    c'était beaucoup le média papier, les magazines. En tout cas, étant plus jeune, j'ai acheté des Cosmo,

  • Ayse

    des

  • Ramata

    Maisons. J'ai vraiment le support papier. Aujourd'hui, on est vraiment 100% digital. Donc, le support papier, c'était quand même du revenu pour le média, puisqu'on allait acheter notre magazine. Aujourd'hui, quand on est en ligne, on achète. pas, on regarde gratuitement. Donc, ça marche comment un média aujourd'hui C'est quoi le business modèle, sachant que quand vous êtes sur le digital comme ça, nous, en tout cas, en tant que consommateurs, on accède gratuitement.

  • Ayse

    Alors, il y a deux côtés, il y a le volet un peu plus les vues, donc les vues, les vidéos qui sont momentisées quand elles font plus de 3 minutes. Donc ça, c'est vraiment un revenu d'argent. Mais on a aussi tout ce qui est brand content, ça veut dire qu'en fait on travaille avec des marques, on travaille avec des structures qui eux demandent à faire des vidéos. Et du coup c'est comme ça aussi qu'on se rémunère quoi. Parce que c'est vrai qu'on a des vidéos éditoriales classiques, mais il faut aussi que le média puisse vivre. Il faut aussi qu'on puisse mettre en avant des marques. Je prends l'exemple de Spotify. Sur Brut par exemple, quand tu travailles avec Spotify, tu peux travailler par exemple sur des contenus un peu vidéo, sur des contenus live, etc. Donc c'est vraiment le brand content quand tu regardes les médias aujourd'hui. C'est beaucoup de brand content parce que c'est ce qui permet aussi de rémunérer le média.

  • Ramata

    Très bien. Donc du coup, il y a une partie du contenu qui va être un peu sponsorisée par une marque. On va sur votre plateforme. et vraiment la ligne éditoriale de Brut.

  • Ayse

    Aujourd'hui, en fait,

  • Ramata

    le média dans lequel tu interviens, on a parlé, c'est Brut Afrique, c'est vraiment une déclinaison de Brut, qui est plutôt français ou occidental. Alors, je ne sais pas, ça fait combien de temps qu'ils ont fait la déclinaison Afrique, mais est-ce que toi, tu peux nous parler un petit peu de l'histoire et de ce qu'il y a derrière la volonté d'à un moment donné se dire en fait, on va faire une déclinaison Afrique et puis on va aller créer des... ou on va s'intéresser à la mise en avant, la valorisation de profils africains, soit basés sur le continent, soit alors issus de la diaspora.

  • Ayse

    Moi, ça fait... Je suis arrivée, on va dire, au début de Brutafrique, avant que Brutafrique ne devienne pas la base. Brutafrique, c'était décliné en plusieurs pages. Donc, il y avait Brut-Tunisie, Brut-Côte d'Ivoire, Brut-Sénégal et Brut-Maroc. Et donc du coup, avant même que Blood soit créé, moi ce que j'ai compris c'est qu'on se rendait compte qu'en Afrique aussi, on a trop de belles choses à raconter. Le continent il est magnifique, on a des entrepreneurs, on a des gens qui ont des initiatives, on a des paysages, on a plein de choses. Et on s'est dit pourquoi pas, moi c'est ce que j'ai compris, on s'est dit pourquoi pas reproduire les histoires. des brutes en Afrique. Et les gens ont tout de suite adhéré, les gens ont tout de suite adhéré, parce que justement, je pense que ça manquait de médias qui racontaient des histoires vraies et le côté positif de l'Afrique. Et quand tu regardes aujourd'hui, il y a beaucoup de médias aujourd'hui qui s'inscrivent un peu du modèle des brutes pour faire des bons portages, surtout en Afrique. Je ne sais pas si ça répond à ta question, mais en gros, c'est un peu ça.

  • Ramata

    Ça répond complètement. C'est intéressant de voir que il y a À un instant T, en fait, il y a eu une volonté de consolider différentes initiatives un peu par pays, de se dire on va en faire un truc plus costaud, mais quelque part, les initiatives par pays, ça a permis de tester, de voir, tiens, ça fonctionne, on a une audience, on a des gens.

  • Ayse

    Oui, justement, pour parler de ça, en fait, ce qui a fait que les déclinaisons sont devenues une page globale, c'est qu'on avait fait des... On était allés dans plusieurs territoires, en dehors de nos territoires, les 4 premiers territoires, et on s'est rendu compte que les gens nous suivaient de partout. Les gens demandaient Mais pourquoi vous venez pas en Guinée Pourquoi vous venez pas en Mali Pourquoi vous venez pas en Burkina Pourquoi vous venez pas en Cameroun On s'est dit Mais il faut qu'on devienne Brutafrique, en fait. Il faut que les gens voient que, ok, l'Afrique est représentée par ce paradis qu'on appelle Brutafrique.

  • Ramata

    Super intéressant d'avoir cette ambition-là. Et du coup aujourd'hui en termes d'audience, vous avez vraiment une audience du nord au sud, d'est en ouest en Afrique Oui,

  • Ayse

    on a une audience, c'est surtout en Afrique francophone, surtout en Côte d'Ivoire, on est suivi en Côte d'Ivoire, on est suivi en RDC, on est suivi vraiment un peu partout. Je pense qu'en Afrique anglophone un peu moins parce qu'on a des contenus qui sont français. Mais le mouvement, il est vraiment réel. Et on se rend compte que même il y a des territoires qu'on n'a pas encore pu exploiter ou on les suivit. Donc franchement, je dirais qu'aujourd'hui, le but d'Afrique, c'est vraiment une force. Et voilà, tout simplement.

  • Ramata

    OK.

  • Ayse

    Aujourd'hui,

  • Ramata

    en termes de sujets qu'on peut avoir sur but d'Afrique, toi, tu es vraiment sur la culture et sur la musique. Mais parfois, vous allez parler du SNES, agriculture,

  • Ayse

    finition.

  • Ramata

    Les sujets abordés sont très très larges. Je pense que ça fait vraiment partie de l'identité brute, d'être vraiment comme ça, un média assez large en termes de sujets évoqués. Est-ce que toi, c'est un truc que tu te dis, je reste vraiment focus culture et musique, ou des fois, est-ce que tu te dis, j'ai envie d'aller creuser d'autres sujets, d'autres thématiques

  • Ayse

    Non, moi je trouve que c'est vrai que mon sujet de présélection c'est la musique, mais j'ai fait énormément de sujets liés à des sujets de société que j'aime beaucoup aussi. Donc des sujets un peu sur le terrain, des histoires authentiques, des témoignages. On a fait pas mal aussi sur des histoires, des témoignages un peu santé aussi. Par exemple, là j'avais fait un monsieur qui avait le viticule. Enfin, ce genre, moi j'aime beaucoup aussi. Voilà. laisser les gens s'exprimer sur leur histoire, sur des choses qui les touchent, des choses qu'ils ont vécues, que ce soit positif, que ce soit négatif, et voilà, qui ont emprunté leur vie aussi. Donc non, je pense que c'est important de toucher à tout parce qu'il y a des gens qui n'aiment pas forcément la musique, il y a des gens qui n'aiment pas forcément l'espoir, il y a des gens qui préfèrent plus leur santé et tout ça, donc c'est important en tant que média, parce qu'on est un média, finalement on fait de tout, c'est important de traiter plusieurs aspects. plusieurs aspects, quoi, tout simplement. Très bien.

  • Ramata

    Donc, toi, tu as cette volonté de pouvoir avoir un peu à tout terrain, comme ça, on peut te solliciter pour tout type de sujet en réalité, même si tu as une vraie préférence pour la culture et la musique, tu préfères rester assez ouverte, en fait.

  • Ayse

    Ouais, exactement.

  • Ramata

    Ok. Là, ce que je voulais évoquer aussi, c'est dans le narratif et le choix, en fait, de la grille éditoriale de Brut. C'est vrai qu'on est, et c'est ce que tu évoquais un peu au début, on est toujours sur des histoires inspirantes, impactantes et du positif. Et on sait que trop, on a souvent eu parfois une représentation de l'Afrique par certains médias, où c'est toujours par des problèmes, des maladies, des sujets difficiles, douloureux. Et en fait, sur Brut, c'est pas qu'on y en a pas, des sujets comme ça, parce qu'on dit la vérité, mais c'est vrai que... Ah S'il y a une volonté de montrer l'Afrique de manière exhaustive, de montrer le beau, de montrer le bien et aussi de montrer certaines réalités, est-ce que tu peux nous parler un peu de cette ligne éditoriale et de ce choix d'être dans le positif

  • Ayse

    Je pense qu'en tant qu'Africaine, je pense qu'on en a besoin en fait. Je pense qu'on a trop montré le côté négatif de l'Afrique alors qu'aujourd'hui, on a tellement de belles choses à montrer. Le continent, il est riche, il est faste, il y a des gens qui sont. talentueux que ce soit en termes de musique, en termes de culture, que ce soit en termes d'entrepreneurs, d'entrepreneurs de business. Et je pense qu'on n'est pas assez en avant. Par contre, ce qui est super, c'est qu'on a un éveil des consciences et on se rend compte qu'il faut qu'on montre aussi le positif de notre continent. On en a besoin et c'est motivant aussi. Donc, pour moi, quand on montre le côté positif de l'Afrique, ça fait avancer et ça montre que... Parce qu'il y a plein de gens qui n'ont pas de connaissances de l'Afrique, qui ne savent pas comment, à part au sein de l'Afrique, et qui ont peut-être des idées négatives. Et en voyant ce genre de reportage, ils peuvent se dire Waouh, en fait, c'est comme ça l'Afrique. En fait, c'est monstrueux comme ça, il y a ça, il y a ça. Donc, c'est très, très important de montrer une image positive de l'Afrique. Ça, c'est mon avis personnel et je l'espère qu'il y en a beaucoup qui partagent aussi ce point de vue.

  • Ramata

    Pas de choses qu'il y en a qui le partagent. Le travail que tu fais pour Brut, mais même le média Brut Afrique de manière générale, contribue aussi à véhiculer des vraies histoires authentiques sur le terrain, qui sont des histoires positives, et du coup ça contribue à changer un narratif et à ne pas être que dans une forme de misérabilisme, mais à montrer des succès stories africaines en fait. Oui,

  • Ayse

    exactement, c'est ça. C'est succès stories, encore une fois, réussite. vraiment des choses qui me motivent et qui sont intéressantes aussi à voir. Parce que quand on arrive sur les pages, on voit toujours, il y a eu ça, il y a eu telle guerre, il y a eu ceci, il y a eu cela. Je ne dis pas qu'on ne doit pas en parler, on doit en parler parce que c'est très important, ça fait partie de l'ADN. Mais on peut aussi parler de choses positives et c'est important même pour le mental. Donc voilà,

  • Ramata

    totalement aligné, ça rejoint complètement en tout cas l'éditorial du Média Africa Fashion Tour, c'est vraiment d'être dans le... De toute façon, des médias qui parlent du négatif, il y en a déjà. Donc, du coup, certes, c'est important d'être réaliste. S'il y a des difficultés, il faut en parler. Mais je me dis, il y a déjà beaucoup de médias qui s'en occupent. Moi, je peux parler des choses positives à mon niveau pour équilibrer la balance. Maintenant, j'aimerais que tu me parles un peu de... Toi, ce que tu disais tout à l'heure, c'est que tu as eu l'opportunité d'interviewer... des personnes dont tu étais, j'ai employé le mot fan, ce n'était pas le mot que tu emploierais, mais tu écoutais des personnes. Et donc, est-ce que tu peux nous parler de toi, des interviews de célébrités qui t'ont le plus touchée Et est-ce que toi, tu t'es vu dans une situation un peu de peut-être mal à l'aise d'interviewer cette star que tu écoutes depuis que tu es petite et tu te dis non, mais là, ça y est, je la vois en vrai, je vais passer une heure avec elle et je vais l'interviewer. Est-ce que tu as ça ou est-ce que une fois que tu as ta casquette de journaliste, bah en fait, t'es professionnelle et t'as pas ce petit pincement au cœur de Oh non, comment j'ai dansé sur ce son-là quand j'étais petite

  • Ayse

    En fait,

  • Ramata

    quand je sais que je vais interviewer tel ou tel artiste,

  • Ayse

    je suis très contente, émue aussi à chaque fois. Mais je reste vraiment dans mon mode de journaliste. Je prends le temps de toujours bien analyser mes questions, de poser les bonnes questions aussi, de retracer la carrière de l'artiste, etc. Donc, non, je... Je fais toujours mon travail de journaliste et à la fin ça m'arrive parfois de dire à l'artiste que voilà je l'ai goûté beaucoup quand je t'ai jamais. Et parfois de créer des souvenirs avec cet artiste là. Donc moi j'ai le temps, parce que souvent quand tu es trop dans ta peau de femme, tu perds ton fil conducteur. Alors que c'est important de toujours rester professionnel, même si tu aimes l'artiste. Je pense que aimer l'artiste c'est un plus parce que ça te permet de... de me refaire en profondeur sur certains sujets dans les chansons, dans les albums, etc. Et donc l'artiste se sent beaucoup mieux parce qu'il dit Waouh, cette personne-là connaît ma carrière Mais en même temps, ça peut être un désavantage parce qu'on va se dire Oh, il est pas professionnel, il est fan Donc j'essaie vraiment de faire la part des choses entre les deux.

  • Ramata

    Super, c'est intéressant. Je savais que tu n'allais pas tomber dans mon piège. Moi, je suis fan. Est-ce que tu peux nous parler des interviews Une ou deux interviews qui t'ont vraiment marquée, en fait. Ça peut être parce que tu nous as partagé des interviews de profils qui t'avaient particulièrement touché. Là, j'ai envie d'aller dans le côté un peu célébrité. Est-ce qu'il y a des gens que tu as interviewés où tu as vraiment passé un moment agréable et tu étais contente de la qualité de l'échange que tu avais eu avec la célébrité Oui,

  • Ayse

    alors il y a eu un temps, il y a deux ans, je crois, il y avait 11, 5 ans. c'était vraiment une interview qui était importante pour moi en tant que Marie-Ède, parce que j'ai grandi aussi avec sa musique, je sais que ma mère l'aime beaucoup, et donc du coup la rencontrer ça a été une super belle expérience parce que déjà elle est super incle, alors qu'elle a une carrière incroyable, et de deux, elle a été très touchée par le fait que je connais ses chansons et que je connais sa carrière, et elle me l'a même dit, elle m'a même dit ça se ressent que que tu aimes ma musique et que tu m'écoutes beaucoup. Donc ça, ça m'a vraiment touchée. Et jusqu'à aujourd'hui, c'est même épinglé sur mon profil Instagram parce que pour moi, c'est l'une de mes plus belles interviews. Parce que derrière tout ça, il y a aussi ce truc-là où je me dis c'est valoriser ma culture, mes origines, le Mali. Donc pour moi, faire des interviews avec des artistes maliens, c'est très symbolique pour moi. Et après ça c'est une chose que je n'ai pas encore vu sur les réseaux sociaux, mais j'ai interviewé Salif Keita ce lundi, et ça a été vraiment une interview magnifique parce que c'est des forces harmoniques. Je me disais qu'en tant que journaliste je me devais de faire cette interview et c'était dans mon temps. Et donc du coup ça a été vraiment une très belle interview, il est très humble, il a été vraiment... vraiment agréable et puis on a vraiment discuté de sa carrière et ça c'est un truc que j'ai remarqué depuis que j'ai commencé, c'est lorsque tu t'intéresses à la carrière d'un artiste, et bien là il ne se sent plus concerné, il a envie de parler, il a envie de développer, mais lorsque tu lui poses des questions basiques, là il se renferme et si tu lui poses des questions qui ressemblent un peu à tout ce que les médias ont posé, ça ne fait pas une interview authentique. Et comme je l'ai dit et je le répète, moi, c'est vraiment faire ressentir l'émotion et le côté authentique d'une vidéo, d'une interview et d'un échange.

  • Ramata

    Très bien. Je pense que c'est sûr que ta force, parce que tu as une vraie passion pour la musique, c'est que tu vas interviewer des gens que tu connais et tu peux arriver avec un angle qui va être différent de la personne qui arrive et qui a lu un communiqué de presse et elle va arriver, elle va poser un peu des questions. comment dire, un peu peut-être bateau. Il y a une question, forcément, la personne interviewée a déjà entendu, et du coup, elle va répondre, mais il ne va pas y avoir la même intensité, le même rapport.

  • Ayse

    C'est exactement ça. C'est exactement ça. Je pense que ça, c'est un conseil que je donne à ceux qui interviewent, c'est de toujours connaître son sujet. Là, je ne parle plus pour la musique, mais c'est valable aussi pour le doing. C'est que lorsque tu as, par exemple, en face de toi un artiste, Que ce soit qu'il soit émergent ou qu'il soit méchant, il faut toujours connaître le sujet parce que je trouve que ça apporte une densité et ça apporte un dilemme à la vidéo. Du coup, ça va permettre aussi de te mettre à l'aise et ton interlocuteur ne sera pas là en mode ah, oui, non il va vraiment se sentir concerné. développer ses réponses. C'est très important. Il faut toujours mettre à l'aise la personne que tu as en face.

  • Ramata

    Très bien, très bien. Est-ce que toi, tu as fait des masterclass pour un petit peu conseiller sur le métier de journalisme ?

  • Ayse

    Non, je n'ai pas fait de masterclass sur le métier de journaliste, mais par contre, il y a des jeunes étudiants qui sont en master qui avaient des... Comment on l'appelle ça ? Des mémoires de fin d'année qui m'ont posé des questions sur mon métier, sur mon domaine. Je sais qu'il y a eu qui m'avait posé des questions sur l'art à piano, parce que là c'était plus axé sur ma spécialité, parce que je crois que je l'ai pas dit, mais je suis spécialisée vraiment dans les musiques africaines. Et du coup, elle m'a posé des questions sur l'art à piano, les origines, ce que moi j'en pensais, l'évolution en France. Donc il y a ce volet-là. Et après, il y a des gens tout simplement qui viennent me demander des questions. Oui, comment t'as fait J'aime ton travail. J'aime beaucoup ce que tu dégages sur tes réseaux et nos voix, vraiment, ça m'inspire. Et je me dis que peut-être qu'il y en a qui en ont besoin. Il y en a qui ont besoin d'avoir des masterclass aussi pour comprendre les rouages du métier. Surtout dans la musique, parce que dans la musique africaine, je trouve qu'on n'est pas beaucoup aujourd'hui à être journaliste dans ce domaine-là. Et je pense que ça, c'est quelque chose qu'il y a. certains qui veulent vraiment se spécialiser dedans. Je pense que c'est une telle chose que je me pose aussi.

  • Ramata

    Très bien, super intéressant. En tout cas, je pense que je trouve que tu as un côté pédagogue, qui peut être intéressant à exploiter. Je pense que c'est, pour moi, quand on déplore le narratif qu'il y a sur l'Afrique, c'est aussi parce qu'on n'a pas assez de journalistes qui ont des convictions comme la tienne depuis petit, mais moi je veux travailler. pour un média africain, pour parler d'Afrique. Et donc, du coup, si on en a plus, forcément, il va y avoir des empires médiatiques qui vont parler de l'Afrique. Et je ne dis pas qu'il n'y en aura pas. Effectivement. Et donc, forcément, ton témoignage, il peut donner des idées à des jeunes générations qui, peut-être, se diraient, Non, en fait, si je deviens journaliste, c'est pour travailler pour le monde, c'est pour travailler pour des institutions occidentales et qui ne vont pas forcément... avoir ce rêve-là, en tout cas, où se dire c'est impossible, il n'y aura peut-être pas de débouchés, ce sera compliqué Mais si on n'a pas de journaliste pour parler d'Afrique, du coup, forcément, dans les médias, on n'en a pas ou on n'en a pas comme on voudrait. Ou alors, c'est toujours les mêmes personnes qui parlent. Mais ce qu'il nous faut, il nous faut une jeune génération qui prenne le relais, en fait.

  • Ayse

    Oui, justement, pour l'ensemble étudié, je trouve qu'il y a un évêque des consciences par rapport aux multinationales africaines. Et ce n'est pas que dans le domaine du journalisme. Je trouve que... Aujourd'hui, les jeunes comme moi, comme nous, encore plus âgés, ont cette envie de valoriser le continent africain. Il y en a pas mal qui, aujourd'hui, travaillent en Afrique. Des gens que je connais qui ont déménagé en Afrique et qui travaillent en Afrique. Parce que justement, ils ont ce truc-là de se dire qu'il faut qu'on puisse être proche de nos bandits. Il faut qu'on puisse être proche des origines de nos ancêtres, de nos parents. Et ce que je trouve bien, c'est que je vois...

  • Ramata

    beaucoup,

  • Ayse

    beaucoup de jeunes journalistes africains qui, aujourd'hui, s'intéressent au continent. Et je pense que dans les années à venir, j'y crois, il y aura de plus en plus de personnes qui vont travailler pour le continent africain. Et je pense qu'on en a besoin. Des gens qui se connaissent, des gens qui maîtrisent et qui vont ressentir les belles choses de l'Afrique et pas des préjugés, mais des choses qui sont vraies et vérifiées. Voilà.

  • Ramata

    Je suis complètement d'accord avec toi. On sent qu'il y a vraiment... On est vraiment à une période, je trouve, qui est assez charnière, où il y a énormément de changements, énormément de manières d'appréhender le monde et l'Afrique qui est différente. Et du coup, je trouve que c'est une belle période à vivre de tenter des choses, quand on a une promotion d'initiative sur l'Afrique, parce que tu sens qu'il y a... Enfin, moi, quand je lance Africa Fashion Tour et que je vais à la rencontre de designers africains, mais... pour effectivement faire une interview par jour tellement il y a de talent et de choses intéressantes à mettre en avant. Et je pense que dans plein d'autres semaines, c'est vraiment possible. Et Groot Afrique, ce qui est intéressant, c'est que je ne sais même pas combien de billets par jour.

  • Ayse

    Moi non, je ne sais pas parce qu'en fait, on a tellement de choses à dire, on a tellement de choses comme en avant, on a tellement de reportages, on a tellement de sujets. qu'aujourd'hui, je pourrais te dire le nombre de concours qu'on a par jour et le nombre de concours qu'on a sur la page, tellement c'est énorme.

  • Ramata

    Mais du coup, ça fait plaisir parce que c'est de se dire, en fait, si tu as soif de contenu de qualité sur l'Afrique, il y a vraiment de la matière. Ce n'est pas comme si,

  • Ayse

    non, mais là,

  • Ramata

    il n'y a pas de sujet de quoi on va parler. On est devant une page blanche. Non, je pense qu'il y a plein de sollicitations et c'est plutôt, mais est-ce qu'on a assez d'équipe pour traiter tous les sujets ?

  • Ayse

    Franchement, on n'est jamais assez. Parce qu'il y a tellement de choses. Tu imagines déjà le continent africain, comment il est riche. La diaspora aussi, comment c'est riche. tous les domaines, les témoignages, les initiatives, les événements, les festivals. Non, on n'est jamais assez. Il y a tellement de choses. Et puis, tu vois, il y a tellement de gens qui ont des choses super bien racontées. Mais voilà, on fait du mieux qu'on peut et voilà, on continue, nous, à donner la parole à des gens qui, tu vois, à des gens qui ont des choses à dire et des choses à mettre en avant. Voilà.

  • Ramata

    Très très intéressant. Toi, dans les... J'ai posé ma question de conclusion en début d'interview, je te demandais si toi tu te voyais avoir ton propre média. Est-ce que toi, tu as des envies de télévision, en fait, ou de Netflix Est-ce que tu te vois dans... Si on doit se projeter dans l'Empire, Aïssé, Sissoko, ça ressemble à quoi Qu'est-ce que tu imagines comme type de contenu qui pourrait manquer pour promouvoir l'Afrique en fait

  • Ayse

    Moi, je pense des archives. Bon, après, je n'ai pas encore réfléchi à tout ça, mais je trouve qu'on manque d'archives. On manque d'archives. Là, je parle vraiment dans mon domaine. Je trouve qu'on manque d'archives avec les artistes. On n'a pas assez de... Soit on a des domaines d'artistes qui, vraiment, ont beaucoup de choses à raconter, tandis qu'il y en a qui... Il y en a qui n'ont pas d'archives. Je pense que c'est important. Et après, si je dis documentaire, moi, je pense qu'on doit continuer. Il y a plein de médias qui le font très bien. On va continuer à montrer des réalités de la guerre, des histoires, des contextes. On a tellement de choses à montrer. Et je pense que même sur Netflix, je trouve qu'on n'a pas assez de documentaires liés à l'Afrique, si je me trompe. On a assez de documentaires liés à l'Afrique. Et je pense qu'on a besoin de ça. Donc ouais, en tout cas, je pense que moi, j'encourage vraiment les documents, ceux qui font des documentaires, les grands reporteurs et même nous, à vraiment archiver, à regarder les archives, à ne pas hésiter à se documenter, à comprendre l'histoire de nos guerres, de nos conflits, parce que c'était très important pour comprendre notre Afrique actuelle.

  • Ramata

    C'est un point super important. Je suis trop contente de t'avoir posé cette question parce qu'en fait, on pense tellement tout le temps aux nouveaux contenus à créer. à être sur la dernière trend qui vient de sortir, qu'on ne se rend pas compte qu'effectivement, sur l'Afrique, on manque d'archives, on manque que l'histoire, en fait, de nos pays, de nos parents et grands-parents, elle a beaucoup été racontée par d'autres, et qu'on a toujours, en fait, les archives qui permettent de bien comprendre ce qui se passe aujourd'hui. Et effectivement, tu vois, j'aurais pu assez naturellement penser à quelles nouveautés on pourrait faire, ou quelles... concept qui existe déjà, on pourrait avoir, mais c'est vrai qu'un espèce de INA de l'Afrique, on peut y aller. On aurait besoin de ça, parce que c'est ça le point de départ, en fait.

  • Ayse

    Oui, parce que tu vois, par exemple, là, typiquement, on est dans un conflit Congo-Rwanda qui est du jour d'une vue désadouée. Et souvent, quand je regarde, les gens disent Mais vous ne racontez pas l'histoire, vous ne racontez pas ce qui s'est passé, et tout ça. Nous, en fait, on a besoin d'archives, surtout les GES. ceux qui sont plus petits, ils ont besoin d'archives pour comprendre ce qui s'est passé pourquoi on en est arrivé à là, comment on en est arrivé à là en fait, et c'est pas que ça, par exemple aujourd'hui quand tu regardes il y a tout ce qui est les histoires de CDAO AES, on a besoin aussi de comprendre ce qui s'est passé au Mali à l'époque, au Burkina pour qu'on en arrive à là, tu vois et que ce soit raconté de manière aussi à ce que les jeunes puissent comprendre et si on avait un archivage assez fort assez riche, on allait pouvoir comprendre les choses, tu vois Je ne dis pas qu'il n'y a pas d'archives, il y en a, mais je trouve qu'on a besoin de plus, en fait, pour les générations à venir. En plus,

  • Ramata

    et puis après, voilà, l'information sur l'Afrique, il y en a, mais par exemple, de la même façon qu'à un moment donné, dans la réflexion stratégique du développement de BrutAfrique, il y a eu une dynamique qui a été, on avait des brutes par pays, on s'est dit qu'on allait tout regrouper sur une chaîne, et comme ça, ça permet. Ce qui va manquer, c'est le fait qu'il y a plein d'informations qui sont dans plein d'endroits différents, et toi, quand tu cherches à avoir... la source, tu ne sais pas où aller chercher en fait.

  • Ayse

    Exactement, et moi-même quand... C'est pas que moi, mais moi quand je fais des... Des fois il m'arrive de faire des formats d'une vie sur des artistes et tout, et je trouve que j'ai pas assez d'archives. Par exemple des artistes comme Titi Arafat, qui pour moi, voilà, qu'on soit d'accord ou pas, qui a quand même marqué, qui continue de marquer la musique africaine, on n'a pas assez d'archives sur lui. On a des documentaires, on a des trucs, mais je trouve que ça manque. Tu vois, des photos, des choses et... Et je pense que c'est ce qui nous manque aujourd'hui, c'est ça. C'est vraiment, j'insiste sur l'archivage, l'histoire, etc. Très intéressant,

  • Ramata

    très bon point. Est-ce qu'il y a des concerts que tu nous recommandes prochainement

  • Ayse

    Oui, alors là, le mois de mai, il est très chargé. Il y a beaucoup de concerts. Alors, pour ceux qui aiment l'Afrobeat, il y a Bandabo qui sera en concert en avril. En mai, pour ceux qui sont adeptes du rock ghanéen, il y a Black Sheriff, il y a Rima aussi qui sera en concert. Il y a Rima, pour ceux qui aiment un peu l'afro de France, il y a Chili aussi qui sera en concert. Après, il y a le festival Afro Nation en juin. Il y a plusieurs festivals en décembre, il y a Modern Africa, il y a We Love Ya, enfin... Je trouve qu'on a de plus en plus... Ce que j'aime bien, c'est qu'aujourd'hui, les artistes africains, ils sont de plus en plus à l'extérieur, ils font de plus en plus de salles. Par exemple, on a eu récemment Sospecato 2015, qui a fait La Cigane, on a eu Didi Bé avant, qui a fait Lola de Pia. Il y a quelque chose qui se passe au niveau de la scène africaine, et ça, c'est beau, et je pense qu'il faut qu'on continue d'aller encourager nos artistes, qu'on continue de les soutenir, qu'on aille qu'on paie nos places, et je trouve que c'est très, très important. Et même, j'insiste sur le fait que la musique africaine est en train de prendre une tournure incroyable parce qu'on a des artistes, par exemple, comme Imra, qui est un rappeur ivoirien, qui aujourd'hui, cette année, va faire un yard. Et il y a Didi Bé, qui l'a fait avant. Ça veut dire qu'en fait, il y a quelque chose qui se passe au niveau de la musique africaine et surtout de la musique francophone. J'insiste sur la musique francophone parce que c'est un peu en retard par rapport à la musique homophone, mais il y a quelque chose qui se passe. et s'encourager et je pense qu'il faut continuer à soutenir nos artistes. Donc quand tu m'as posé cette question, ça m'a permis d'ouvrir sur ça parce que il y a quelques années avant, je n'imaginais pas que je pouvais voir un artiste comme, par exemple, Adekule God, des artistes qui sont plutôt niches en Nigéria, des artistes comme Adekule God ou autres, faire des concerts dans des salles parisiennes, ou même un artiste, un rappeur ivoirien. Faire un artiste en dessin de Parisienne, c'était quelque chose que je n'aurais pas pensé. Ça veut dire qu'il y a une évolution, il y a des choses qui se passent. Et c'est encourageant, de quoi

  • Ramata

    Mais toi, du coup, tu l'expliques comment Le fait qu'il y a un vrai engouement pour l'afrobeat au niveau mondial. Et donc, du coup, effectivement, il y a des artistes qui n'auraient peut-être pas eu accès à des salles il y a quelques années. Aujourd'hui, de toute façon, ceux qui ont des salles, ils savent qu'ils doivent regrouper. programmer des artistes africains parce qu'ils savent que c'est rempli, que c'est du business. Ce n'est pas un acte de... C'est pour aider le petit artiste africain. Non, non, non. Ça va être rempli quand on a beau y faire des dates, c'est sold out très rapidement. Toi,

  • Ayse

    tu expliques cette évolution Moi, je pense que c'est vraiment la force des réseaux sociaux. C'est la force des réseaux sociaux. Il y a plusieurs facteurs. Il y a les réseaux sociaux, avec le développement de TikTok, par exemple. Aujourd'hui, tu vois qu'il y a beaucoup d'artistes qui se font connaître parce qu'ils ont des trends, tu vois. Ils ont des trends, des sons qui marchent sur les réseaux sociaux, donc ça leur donne beaucoup de force. Il y a beaucoup d'artistes qui, tu vois, aujourd'hui, qui arrivent grâce à TikTok, grâce aux réseaux sociaux, à remplir des salles, à faire des concerts. Donc ça, c'est énorme. Et puis, il y a aussi, tu vois, tout ce qui est qualité, qualité aussi des clips, qualité des visuels, les directions artistiques des artistes. artistes, mais je pense que les gens s'identifient beaucoup à ça. Et pour finir, il y a toutes les plateformes de streaming. Quand tu as des artistes, tu as des plateformes comme Spotify, Deezer ou Apple Music, c'est beaucoup plus facile d'accéder à certains morceaux, à certains sons. Donc aujourd'hui, je pense qu'il y a une avancée dans les technologies qui concernent la musique, tu vois. Et les Nigériens, je crois les hommes de Nigeria, eux aujourd'hui, c'est des Américains pour moi parce qu'ils ont... ils font des featurings avec des Américains. Comme par exemple, tu vois des artistes comme, je ne sais pas, Reba qui a fait un son avec Selena Gomez, ou bien même récemment, tu vois Zanette qui a fait un son avec Craig Davie. Tu sens que l'Afrique, on va dire, c'est Africa to the world. Ça veut dire qu'il y a de plus en plus de... je dirais, de gens qui s'intéressent à la musique africaine, tu vois, et les Américains de surcroît. Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, la musique africaine qui était avant, qui était écoutée plutôt en Afrique, commence à devenir mainstream, tu vois. Donc pour moi, c'est fort et je trouve que ça continue, ça continue maintenant. Aujourd'hui, t'as même des artistes français, français-français, qui ont des sonorités à fond dans leurs chansons. Donc ça, c'est juste... malade. Et inversement, t'as des artistes français, du rap français, qui sont dans l'Ontario, qui sont typiquement 100% congolais. Donc ça me dit qu'en fait, l'Afrique est partout et elle influence partout. Donc voilà un peu mon raisonnement sur ça. Très bien,

  • Ramata

    super intéressant. Je pense qu'en tout cas, il y a une vraie domination du courant afrobeat sur... Du point de vue de l'industrie musicale, on sent vraiment qu'il y a des choses qui se passent. Vous parlez aussi d'artistes issus de la diaspora comme Naya Nakamaki.

  • Ayse

    Exactement.

  • Ramata

    C'est une influence africaine, mais qui à la fois vient de la diaspora et à la fois vient du continent. C'est ça. Quand on parle du succès aussi de... Alors là, c'est peut-être plus Haïti, mais le succès de Joë Dwaidine. Joë Dwaidine aussi. Oui. Il y a vraiment, et comme tu l'as dit, les réseaux sociaux. TikTok, la musique, elle est en tendance et tout le monde connaît. Donc, il y a vraiment effectivement quelque chose qui se passe et qui fait plaisir. Et moi, je n'ai pas le sentiment que ce soit éphémère. Tu vois que ce n'est pas de durée.

  • Ayse

    Non, je pense que ça va continuer d'augmenter, ça va continuer d'évoluer. Parce que regarde, tu dis, par exemple, là, il y a eu la Fashion Week. Et tu vois qu'on commence à... Les artistes nigériens sont invités, ils portent des collections. C'est-à-dire que maintenant, les gens sont habitués à la musique africaine. Même des artistes mouchis, des artistes ivoiens mouchis, ils sont écoutés en France. Souvent, moi, quand j'entends les gens dans leur voiture, ils écoutent du rap, de l'afro, du maïmouda, de la côte d'Ivoire ou bien même des musiques de Sidi Kidiapate. Ça veut dire qu'on est dans une ère où la musique africaine fait partie des vies. Et ça, c'est trop bien parce que moi, je me rappelle que quand j'ai commencé, ça fait plus de dix ans, ce n'était pas du tout comme ça. Et vraiment, les réseaux sociaux, ils ont eu un impact incroyable. Donc, voilà.

  • Ramata

    Ok, mais écoute, on ne peut que souhaiter que ça continue à évoluer. Je pense qu'il y a les réseaux sociaux, et puis après, il y a des médias comme Brutafrique aussi, qui comptent voir les artistes. Mais c'est vrai que les artistes, aujourd'hui, ils ont la main à eux-mêmes pour gérer leurs notifications directement à travers les réseaux, sans attendre d'avoir finalement une maison de disques qui va s'occuper de tout. te faire connaître. Aujourd'hui, les artistes, ils ont un lien direct avec leur audience. Et du coup, ils peuvent organiser des tournées parce qu'ils peuvent prouver qu'il y a des gens qui sont prêts à acheter. C'est vraiment un tournant aussi dans l'évolution de l'industrie de la musique qui est plus dirigée par des maisons de disques qui, elles, vont décider qui va être la star du moment et qui ne sera plus la star. C'est le public qui décide et du coup... Ça donne encore plus la place à l'Afrique, qui a toujours été connue, en tout cas, pour avoir des artistes avec énormément de talent. Donc, pour moi, c'est un juste retour des choses. On n'a plus, finalement, des géants qui, un peu, on va dire manipules, mais qui maîtrisent le business et donc qui mettaient en avant que les courants musicaux qu'ils voulaient. Tu ne peux plus faire ça, en fait. Oui, tu vas avoir de la mapiano à heure de grande écoute et tu vas te dire, mais ça sort d'où, en fait Ça se fait.

  • Ayse

    C'est ça.

  • Ramata

    On va en fait me dire, ça, ça va devenir maïstique.

  • Ayse

    Non, mais c'est vrai, je suis totalement d'accord avec toi. Je suis totalement d'accord avec toi et même quand tu écoutes des radios, par exemple, comme, je sais pas, Génération ou Skyrock, qui, bon, qui durent même plus sur les antérapes et tout, maintenant, t'as de l'afro qui passe tranquillement, de la phobie qui passe tranquillement, même l'énergie, surtout l'énergie. Donc, c'est énorme. Non, moi, je suis vraiment contente. C'est une fierté.

  • Ramata

    En fait, là, c'est-à-dire qu'à un moment donné, elles, elles seront obligées de suivre le mouvement. Oui, le choix. Ce n'est pas un choix... Peut-être qu'il y a des gens en interne qui disent Ah non, mais nous, on adore la phobie, on adore tout ce qui vient d'Afrique, donc on a décidé de mettre ça en force. Moi, je pense que c'est vraiment... Non, mais là, il y a un raz-de-marée. En fait, on ne peut pas faire autrement, quoi. Pour notre audience, en fait, on ne peut pas faire sans et c'est très bien. c'est très bien. Après, pour moi, c'est important que... Comment dire Pour moi, c'est un vrai soft power africain. Maintenant, c'est important qu'on ne soit pas connu que pour l'entertainment, parce que parfois, ça résume aussi un peu trop comment on connaît des artistes africains. On va connaître tous les artistes, on ne va pas forcément connaître les entrepreneurs. On ne va pas... C'est ça. Mais pour moi, ça... J'ai toujours une visibilité par rapport à ça, mais je me dis qu'en même temps, il faut choisir un chemin et se dire que les industries culturelles et créatives peuvent contribuer à changer le narratif sur l'Afrique. Et donc, il faut en profiter de cette situation. Et surtout, il faut maximiser les réussites. C'est une tendance et on ne va pas poursuivre derrière.

  • Ayse

    Exactement. Je suis tout à fait d'accord avec toi. Voilà. Tout à fait d'accord avec toi.

  • Ramata

    Eh bien, écoute, on arrive à la fin de cet échange. Je te remercie pour ta disponibilité et ton partage d'expertise. Ça a été super riche. Moi, j'ai appris plein de choses et je suis sûre que l'audience aura appris aussi beaucoup de choses. Donc, on sait qu'on se retrouve sur BrutAfrique pour tes dernières interviews.

  • Ayse

    Ben oui, déjà, merci à toi. C'est toujours un plaisir pour moi de partager un peu mon expertise. Et peut-être que ça pourrait m'inspirer d'autres aussi. Je me rends compte. Je suis très fière. Et oui, on peut trouver une lien de partage sur Metafree. Et après, moi, j'ai aussi une réseau si vous avez plein de conseils par rapport à la musique, mon expertise ou même, je sens que dans les conseils sur le journalisme, vidéos de terrain, n'hésitez pas. Je suis ouverte. De toute façon,

  • Ramata

    je mettrai le lien de ton compte Instagram pour qu'on puisse partager avec toi. Merci beaucoup. Je te dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

  • Ayse

    Merci Antoine.

  • Ramata

    Merci d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Je vous invite à pratiquer quelques petits gestes à impact fort pour m'aider à gagner de la visibilité sur ce podcast. Vous pouvez partager l'épisode à trois de vos amis. Vous pouvez laisser un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je vous invite également à cliquer sur les cinq étoiles pour donner de la force. Je vous dis à très vite en Afrique ou ailleurs.

Chapters

  • Introduction au podcast et présentation de l'invitée

    02:26

  • Parcours d'Ayse Sissoko et son engagement dans le journalisme

    03:31

  • La passion d'Ayse pour la musique africaine et son impact

    04:20

  • Les défis et opportunités dans le journalisme culturel en Afrique

    10:54

  • L'impact des réseaux sociaux sur la musique africaine

    18:14

  • L'importance de la représentation positive de l'Afrique

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