Speaker #1Bienvenue dans Allô maman, le podcast qui aide les adultes à comprendre les enfants. Allô maman ! Bonjour à toutes les mamans et à tous les papas, je suis tellement contente de vous retrouver ici. Ça fait plus d'un an, je crois, que je n'ai pas partagé une émission. Bon, c'est vrai qu'à l'époque, je n'avais pas partagé non plus énormément, parce qu'il s'est passé... plein de choses et j'avoue, je me suis fait un peu prendre par les réseaux sociaux et tout le projet que j'ai monté. Mais là, j'avoue, j'ai envie de revenir vraiment, de vous partager quelque chose qui va vraiment vous aider. Du coup, j'ai décidé que sur cette chaîne, maintenant, on allait parler évidemment de la parentalité parce que ce sujet m'intéresse toujours. On va évidemment parler des enfants parce que c'est super important de les comprendre. Mais j'aimerais qu'on aborde aussi autre chose, c'est le parent. Qu'on parle plus de ce que nous, on peut ressentir de... comment on voit les choses, d'avoir une réflexion autour de qu'est-ce qu'être un parent, comment l'être, et peut-être parfois se rendre compte que certaines choses peuvent venir, notre passé, notre histoire, nos blessures, ou des choses un peu moins on va dire graves en quelque sorte, peuvent venir nous toucher, et ça a un impact aussi sur comment on va élever nos enfants, ce qu'on va leur transmettre, etc. Et je pense que c'est super important qu'on prenne un peu plus en considération le parent quand on est dans... la parentalité. Donc voilà, j'espère que ça vous plaira. N'hésitez pas à me partager vos idées si vous en avez ou même vos besoins. Je serai ravie de travailler sur tout ça. Mais aujourd'hui, on va commencer par une question qui était super importante pour moi parce que c'est quelque chose qui revient très souvent lorsqu'on vient me voir en DM sur les réseaux sociaux pour me dire « oui mais Romane, tu vois là, mon enfant il fait pas comme ça » . Et au final, souvent, il y a cette fameuse question un peu inconsciente, je dois l'avouer, qui revient mais je me rends compte que Parfois, le comportement de vos enfants peut venir toucher votre sentiment d'être un bon parent. Et donc aujourd'hui, je me suis dit que j'allais revenir fort et parler de ce sujet. Finalement, qu'est-ce qu'être un bon parent ? Commençons donc dans le vif du sujet. Je vais vous donner une situation qui va être assez concrète, et je pense que vous allez tous, vous, ou une grande partie en tout cas, vous reconnaître, mais votre enfant est à ce moment-là en train de faire une crise. Vous, vous arrivez, vous allez essayer de poser une nuit, sauf que votre enfant va la refuser. Il va se mettre à crier, il va se mettre à... taper. Vous, autant que possible, vous allez essayer de rester calme, vous allez essayer de lui expliquer, de lui proposer un outil, de valider son émotion parce que vous savez que c'est essentiel. Vous allez maintenir votre limite parce que vous savez que vos enfants ont besoin de limites. Bref, vous essayez toutes les bonnes choses, les bons outils, les bonnes méthodes et pourtant rien ne fonctionne, la crise continue. Et progressivement, petit à petit, on se rend compte que ce n'est plus seulement l'enfant qui vous inquiète, mais il y a de nouvelles pensées qui vont commencer à émerger dans votre tête. L'idée de je ne sais plus quoi faire, je ne sais pas comment gérer mon enfant, pourquoi je n'arrive pas à me faire écouter, mais qu'est-ce que j'ai fait de mal ? C'est des choses que j'entends parfois de la part des parents qui me contactent. Même parfois certains qui me disent en fait finalement je suis peut-être un mauvais parent. Et si ça continue ? Et si ça devenait pire ? Pour illustrer mon propos, aujourd'hui je vais m'appuyer sur un témoignage que j'ai reçu. de la part d'une maman, évidemment je ne citerai pas son nom, mais qui m'a envoyé ça, je vous le lis. Mon enfant a 3 ans et fait de grosses crises dès que je lui impose une limite. Il hurle, se jette par terre, donne des coups de pied et peut parfois me pincer ou essayer de me faire mal. Au début, j'essaie d'accueillir son émotion, de lui dire que je comprends qu'il soit en colère, tout en maintenant la limite. Mais quand la crise dure et que rien ne fonctionne, je me sens complètement impuissante. Je finis par m'énerver, crier, punir et il m'arrive même de taper. Je me sens nulle et perdue. J'ai honte quand cela arrive à l'extérieur au point d'éviter certaines situations. Et surtout, j'ai peur pour l'avenir. Je me demande si je suis en train de rater quelque chose et si mon enfant va toujours réagir comme ça. Alors avant toute chose, je tiens à le préciser, ce témoignage, j'ai l'autorisation d'en parler, j'ai l'autorisation de le dire, évidemment je reste anonyme, mais j'ai l'autorisation de cette maman. Et il a été important pour moi de le prendre parce qu'il m'a vraiment touchée, je ne vais pas vous mentir, parce qu'il est très fort et je sens la détresse de cette maman. Et quand j'ai découvert ce témoignage, la première question que je me suis posée, c'est pourquoi une difficulté comportementale de notre enfant peut-elle autant toucher notre image de nous-mêmes comme parents ? En fait, pourquoi le comportement de notre enfant peut-il parfois être vécu comme une preuve de notre propre échec ? D'où vient cette idée d'être un bon parent ? Et c'est donc sur ça aujourd'hui que nous allons discuter. Je vais donc commencer par prendre quelques minutes pour essayer déjà de vous expliquer, de vous faire comprendre ce qui se passe chez l'enfant. Et si ça vous intéresse, parce que là effectivement je vais être dans les grosses lignes, j'ai associé à cet épisode la newsletter dans laquelle je vais beaucoup plus parler du comportement de l'enfant pour comprendre ce qui se passe, comment essayer de gérer, quels outils on peut mettre en place, donc si ça t'intéresse, n'hésite pas, je te mettrai tout dans la description. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'à l'âge de 3 ans, le cerveau de notre enfant est encore en plein développement, il est même, j'ai envie de dire, au tout début. Donc il est plus régi par le cerveau émotionnel que le cerveau, on va dire, de la raison, de la prise du recul. Donc souvent, quand un enfant vit une émotion, même si au départ ça part de quelque chose de minime, il n'est pas capable de se dire « bon allez, ça va, c'est rien, là je peux gérer » . Et donc il va monter et exploser, c'est ce qu'on appelle les fameuses tempêtes émotionnelles. Et comme l'enfant à cet âge-là n'a pas encore la capacité de 1. de comprendre ce qu'il est en train de vivre comme émotion et de 2. de mettre des mots dessus, bien souvent ça sort par le corps. Et donc quand ça sort par le corps, effectivement ça sort par un enfant qui va jeter des jouets, un enfant qui va taper, un enfant qui va pincer. C'est pas forcément dans le but de vous faire mal comme nous adultes on l'a consciemment, c'est plus parce que son corps est en train de vivre une émotion qu'il n'arrive pas du tout à traiter et à gérer et comme l'émotion, elle ne peut pas se... contenir à l'intérieur de lui, ça doit sortir et donc quand il est agacé ça sort par ce type de geste. Alors attention c'est pas parce qu'on explique le fait que c'est plus ou moins normal que ça veut dire qu'on autorise qu'un enfant tape, pince ou jette. C'est pas du tout ce que je suis en train de dire. Je suis en train de dire que votre enfant vit une émotion et donc il a cette réaction. Nous notre rôle de parents ce n'est pas de supprimer l'émotion de base, c'est de lui apprendre que lorsqu'il vit l'émotion par exemple de la colère alors il doit mettre en place telle et telle chose pour la faire évacuer. Donc ça peut être, par exemple, faire de la respiration, taper du pied ou extérioriser la colère d'une autre manière qui, pour vous, est OK. Donc comprenez bien une chose, c'est que l'opposition de votre enfant, ce n'est pas toujours forcément de la provocation consciente. Les crises ne sont pas des manipulations. La manipulation, le côté « il fait un caprice » , ce serait que l'enfant se disent « bon » . Là, si je me mets à pleurer ou à crier ou à taper du pied, ça va tellement énerver maman que du coup, maman, après, elle va m'autoriser à faire ce qu'elle ne voulait pas que je fasse. Donc, je vais la manipuler. Non, un enfant de 3 ans est juste incapable d'avoir cette réflexion-là. Généralement, on dit que les enfants qui pourraient éventuellement manipuler ou faire des caprices, ce serait vers 5-6 ans, vraiment pour commencer. Donc là, à 3 ans, l'enfant, il est juste en train de vivre une frustration que, ok, nous, on peut considérer un peu comme ridicule ou... Pas très importante, mais pour lui c'est une vraie émotion et une vraie frustration. Donc l'enfant de cette maman a le droit d'être en colère. Par contre, il n'a pas le droit de faire mal. Donc on ne va pas minimiser les coûts, on ne va pas passer à côté. Une limite reste nécessaire. Tu as le droit d'être en colère, mais taper est interdit. Et généralement là, ce que je vous propose, c'est de donner des alternatives. Je rentrerai plus en détail sur la méthode qu'on peut proposer à cette maman, parce qu'il y a beaucoup de choses très intéressantes qu'on peut dire déjà par rapport à ce qu'elle a écrit. Donc comme je vous le disais, n'hésitez pas à aller voir la newsletter que j'ai écrite. Mais ce qui est important de comprendre, c'est qu'une crise ou plusieurs crises ne permettent pas à elles seules de conclure que l'enfant est mal élevé. Et surtout, surtout, elles ne permettent pas non plus de conclure que le parent est défaillant. Parce que bien souvent, quand les mamans ou les papas viennent me voir, ils partent au début du « mon enfant a un comportement qui est difficile » . Et petit à petit, ça glisse sur quelque chose qui voudrait dire à la fin « je suis un mauvais parent » ou « je ne sais pas faire » . Regardez dans la situation actuelle. Cette maman, au début, est arrivée en me disant « mon enfant fait une crise » . Puis, petit à petit, elle a commencé à me dire « je n'arrive pas à gérer les crises » . Et ensuite, « je ne sais pas gérer mon enfant » . « J'ai l'impression de ne pas savoir gérer mon enfant » . Sans le vouloir, cette maman a glissé petit à petit du comportement de son enfant à sa propre identité. En fait, elle a dit Merci. Je rencontre une difficulté et c'est devenu je suis incapable. Je n'ai pas trouvé une réponse qui fonctionne, va devenir je ne sais pas être parent. Cette situation me dépasse, devient, je serai toujours dépassée. Et vous voyez, je pense que toute la pression que se met cette maman, c'est dans le but d'être un bon parent. Mais être un bon parent, c'est quoi ? J'ai envie qu'on prenne quelques minutes justement pour échanger sur tout ça et peut-être pour vous aider à enlever toute cette... pression que vous mettez sur l'envie d'être un bon parent. Alors je vais vous poser la question qu'est ce que c'est qu'être un bon parent ? Certains vont me dire être un bon parent c'est quelqu'un qui est disponible. D'autres vont me dire qu'un parent qui est un bon parent est un parent qui s'est posé un cadre très ferme. D'autres vont me dire c'est celui qui laisse beaucoup d'autonomie ou alors qui protège et anticipe beaucoup ou alors que l'expression des émotions est une priorité. Un bon parent, c'est quand un enfant est calme, c'est un signe qu'il y a une bonne éducation. Un autre va me dire que pour lui, être un bon parent, c'est celui qui va éviter les conflits ou alors qu'il est normal que certains enfants s'opposent et testent les limites. Bref, comme vous le voyez, la notion ou même la définition d'être un bon parent, elle est quand même très subjective à chaque personne. Et j'irai même plus loin. Elle peut varier d'une famille à l'autre, d'une culture à l'autre, d'une génération à l'autre. Et ça d'ailleurs, on le voit très bien. Ceux qui étaient dans la génération avant, que moi je vais appeler être une éducation plus autoritaire, eux vont considérer qu'ils ont eu une bonne éducation, là où moi je dirais que je trouve que leur éducation était trop dure. Mais c'est subjectif, c'est propre à chacun. Est-ce qu'ils ont raison ? Est-ce qu'ils ont tort ? Est-ce que j'ai plus raison qu'eux ? Honnêtement, c'est propre à chacun. Moi, je considère que l'éducation autoritaire, effectivement, c'est pas une question d'être un bon ou un mauvais parent, c'est simplement que ce n'est pas ce qu'il y a de mieux pour son enfant, et donc je considère, moi, aujourd'hui, en étant dans l'éducation bienveillante, positive, en écoutant les besoins de mon enfant, tout en posant des limites, parce qu'effectivement, c'est super important de poser un cadre des limites à son enfant, mais je considère que c'est ça, être un bon parent. Et ça, c'est ma vision des choses. Et cette notion de bons parents, elle vient principalement de notre propre éducation, de ce qui a été en tout cas valorisé lorsque nous, on était plus jeunes. Donc ça va être pour certains l'obéissance, d'autres le calme, d'autres la politesse, l'autonomie, la capacité à se contrôler, la disponibilité, la fermeté. Et il y a aussi aujourd'hui, par rapport à tout ce dont nous sommes exposés, donc ça va être les réseaux sociaux, les livres. des professionnels que vous allez écouter, des proches ou en tout cas votre entourage, des discours justement sur l'éducation positive ou sur l'autorité, des injonctions à être bienveillant, à poser des limites. Bref, depuis que nous sommes nés, ou on va dire allés en âge de comprendre les choses, on nous inculque, on nous donne des informations qui ensuite nous définissent notre notion de ce qu'est être un bon parent. Et on va pas se mentir, je pense que notre génération est encore plus confrontée aux contradictions parce qu'on nous donne beaucoup d'informations sur ce qu'est être un bon parent. On nous dit que justement pour être un bon parent, on doit être doux mais ferme. On doit être disponible mais pas trop fusionnel. On doit être protecteur mais attention, faut pas être trop anxieux. Évidemment, il faut que tu sois à l'écoute mais il faut que tu sois capable de dire non. Tu vas être patient, par contre tu vas être cohérent. Allez, sois prévisible mais aussi sache t'adapter. Tu dois être présent, mais tu dois aussi être capable d'avoir ta vie, de prendre du temps pour toi et de te laisser de l'espace. Attention, tu dois être compréhensif, mais pas permissif. Et le truc, c'est qu'à force d'accumuler toutes ces attentes, on peut avoir l'impression qu'il n'existe qu'une seule manière d'être un bon parent. Sauf que ce n'est pas le cas. Et puis maintenant, si on va un peu plus loin. Quand quelqu'un vient me voir et qui me dit « je sens que je suis un mauvais parent » , sur quoi s'appuie cette personne ? Sur le comportement de son enfant ? Sur le regard des autres ? Sur une comparaison avec d'autres familles ? sur une règle apprise pendant son enfance ? Ou est-ce que c'est parce que je n'ai pas forcément confiance en moi ou que je ne suis pas tout à fait raccord avec ce que je suis en train de proposer et du coup je me mets à douter et à me dire que je suis un mauvais parent ? Pour vous aider un peu à remettre en question cette notion de bon parent, on va prendre un exemple qui est un des plus concrets, qu'on entend le plus souvent, c'est que lorsqu'on est un beau parent, normalement on arrive à obtenir l'obéissance de nos enfants. Alors oui, dans certaines familles, l'obéissance est considérée comme essentielle. dans d'autres familles, l'enfant est davantage encouragé à discuter et à exprimer son désaccord. Alors évidemment, on s'entend, si l'enfant arrive et qu'il commence à insulter tout le monde, on ne va pas se dire que c'est quelque chose qui est normal. C'est dans une certaine mesure, mais je pense que vous avez compris l'idée. En fait, ces visions, elles ne reposent pas sur les mêmes valeurs. Et donc, elles ne produisent pas les mêmes attentes. Elles ne donnent pas la même interprétation d'une crise. Dans une famille, un enfant qui répond peut être perçu comme irrespectueux. Mais dans l'autre famille... Il peut justement être perçu comme quelqu'un capable de s'affirmer. Et ça, justement, ça montre que le comportement de l'enfant est interprété à travers une certaine vision de l'éducation. Et dans les deux cas, les parents se considèrent être comme des bons parents, parce qu'ils ont une vision qui est différente. Alors forcément, la famille A va dire que la famille B ne sont pas de bons parents parce que leurs enfants ne sont pas bien éduqués. Là où la famille B dira de la famille A qu'ils ne sont pas des bons parents parce qu'ils ne laissent pas la liberté de s'exprimer à leurs enfants. C'est une question de point de vue et c'est une question de vision. Ce qui est vraiment important, c'est que vous, vous ayez votre propre définition de qu'est-ce qu'être un bon parent. Et ça, c'est super important pour moi que vous le reteniez. Il n'existe pas une seule manière d'être un parent qui est suffisamment bon. Il existe des valeurs différentes, des priorités différentes, des contextes différents, des enfants, oui, ça surtout, différents, et des familles aussi différentes. Et donc forcément, les réponses vont être... différentes en fonction des uns et des autres. Certaines familles vont privilégier l'autonomie, une autre la proximité, d'autres vont vouloir valoriser la coopération, tandis que d'autres vont vouloir favoriser l'obéissance. Ça ne veut pas dire que tout se vaut, ça veut dire que nos critères ne sont pas neutres, qu'ils sont influencés par notre propre histoire et notre environnement. Donc lorsque vous vous demandez si vous êtes un bon parent, vous avez deux questions à vous poser. Quelles sont les valeurs que je souhaite transmettre ? Une valeur, ça peut être le respect, la sécurité, l'écoute, l'autonomie, la coopération, la liberté d'expression, la responsabilité. Et l'autre question, c'est quelles sont les exigences que je m'impose ? Une exigence, ça va être mon enfant doit toujours écouter. je dois toujours rester calme, je dois toujours savoir quoi faire, je ne dois jamais me tromper. Je ne sais pas si vous voyez la nuance, c'est que les valeurs, elles, elles vous donnent une direction alors que l'exigence, elle, elle vous enferme dans quelque chose. Et le problème des exigences, c'est qu'elles peuvent transformer chaque difficulté en échec personnel. Et si vous voulez aller plus loin dans votre questionnement, alors posez-vous ces questions. Est-ce que je cherche à être le parent qui correspond à mes valeurs ? Ou est-ce que j'essaie de correspondre à une image impossible du parent parfait ? Est-ce que je me demande ce qui est important pour ma famille ? Ou est-ce que je me compare à une norme extérieure ? Est-ce que je juge ma parentalité à partir de mes intentions, de mes efforts et ou de ma capacité à réparer ? Ou uniquement à partir du comportement visible de mon enfant ? Parce qu'aujourd'hui, je vois beaucoup trop de parents qui considèrent le comportement de leur enfant comme un bulletin de notes. Alors, j'étais aussi moi dans ce cas-là, mais j'ai essayé de le dépasser. Et je m'explique parce que je voulais dire par bulletin de notes. En fait, lorsque ton enfant va se comporter bien, tu vas dire « Ok, je suis compétent » . Par contre, si ton enfant se comporte mal, « Aïe, là, je suis un mauvais parent » . Si ton enfant coopère vite, « Ah, je me sens rassurée » . Par contre, si ton enfant s'oppose, « Hum, je me remets en question » . Mon enfant est calme ? « Super, je pense que j'ai réussi quelque chose » . Mince, mon enfant continue sa crise ? « Je pense que j'ai échoué » . En fait, le comportement de notre enfant ne définit pas qui nous sommes. Alors. Évidemment, il ne faut pas tomber dans l'excès inverse, c'est-à-dire que le comportement de l'enfant peut évidemment nous donner des informations, il peut nous aider justement à ajuster certaines choses. Est-ce que par exemple, les limites que je pose, elles sont suffisamment claires ? Est-ce que mes limites, elles sont adaptées à l'âge de mon enfant ? Est-ce que le contexte dans lequel nous sommes favorise des crises ? Est-ce qu'il a besoin de plus de soutien ? Effectivement, on peut être amené parfois à se poser des questions, à ajuster, à réadapter. Mais ça ne doit pas venir toucher qui vous êtes, qui est votre identité. Donc à la question pourquoi le comportement de mon enfant peut-il autant toucher mon sentiment d'être un bon parent, c'est parce que parfois, nous, on y voit la valeur que l'on a en tant que parent et en tant qu'être humain. Mais il y a aussi un autre élément qui rentre en jeu. Et cet autre élément, je dois reconnaître aussi qu'il touche de nombreux parents, c'est l'impuissance. Parce que parfois, nous savons ce que nous devons faire et pourtant, ça ne change rien. Ou alors, on n'y arrive pas. Revenons donc au témoignage de notre maman. La maman a essayé plusieurs choses, elle a essayé d'accueillir l'émotion, de valider, de maintenir la limite, d'expliquer, mais la crise continue. Donc qu'est-ce qu'elle ressent ? Elle ressent de l'impuissance, de la colère, ce sentiment d'être désemparée et impossible de reprendre le contrôle sur la situation. Et je ne vais pas vous mentir, l'impuissance est une émotion extrêmement difficile. Surtout lorsque l'on pense que notre rôle est de protéger et d'aider notre enfant. On peut avoir l'impression de devoir trouver la bonne réponse. Et le problème, c'est que si rien ne fonctionne, on va vite se dire « Je ne sais plus quoi faire, je suis dépassée » . Pour reprendre le contrôle, alors, on va essayer de répéter, d'expliquer davantage, d'osser le ton, de menacer, de punir, de crier, et parfois, comme cette maman, de taper. Parce qu'on ne sait tellement plus quoi faire, on se retrouve tellement dans l'impuissance que l'on essaie de se dire qu'on va reprendre le contrôle sur la situation grâce à ses réflexes. Parce qu'à ce moment-là, le parent, il ne veut pas nécessairement être violent. C'est parce qu'il est... tellement en difficulté avec le sentiment de ne rien pouvoir faire qu'il cherche à faire quelque chose pour sortir de cette impuissance. Parce que bien souvent les parents vont se dire je suis son parent, je suis censé pouvoir l'aider et je n'arrive pas à trouver comment. Et là on va rentrer dans une sorte de boucle qui est on ressent de l'impuissance, on va donc toucher le sentiment d'incompétence du parent, on va alors besoin de retrouver du contrôle et comme on n'y arrive pas on va avoir des réactions de plus en plus fortes et donc en fait le cercle s'aggrave continuellement. Et lorsqu'on est dans cet état un petit peu d'impuissance, je vous le dis, votre cerveau il est complètement sous stress. Et lorsqu'on est sous stress, on n'a pas toujours accès à la réponse que nous souhaiterions avoir. C'est pour ça que parfois certains parents me disent, non mais je sais ce que je dois faire, mais j'y arrive pas. Oui c'est normal, ton cerveau il est complètement stressé et donc il va revenir aux automatismes. Et ces automatismes, ça revient à ce que t'as appris quand t'étais plus jeune ou à certains réflexes, Parce que... Tu es comme ton enfant, c'est-à-dire qu'à des moments, c'est le cerveau émotionnel qui va reprendre le dessus sur toi et pas le cerveau rationnel. Et donc, comme ton enfant, quand il est en pleine émotion, lui, il va taper, il va exprimer par le corps. Toi, tu vas le faire, mais en tant qu'adulte, le fait de taper est quand même normalement plus ou moins bien ancré dans ta tête. Donc toi, tu ne vas pas taper, mais du coup, tu vas crier, tu vas menacer parce que c'est ce qu'on t'a toujours plus ou moins appris à faire ou en tout cas qu'on a vu à la télé, qu'on a entendu. Bref, des réflexes qui sont très ancrés dans notre corps ou dans notre esprit en tout cas. Et le dernier élément que j'aimerais aborder qui fait écho à ce que cette maman disait, qui parfois nous remet un peu en doute sur le fait qu'on est un bon parent, c'est le regard des autres. À un moment, elle a expliqué qu'elle avait honte lorsque cela arrivait à l'extérieur et que même parfois, elle venait à éviter certaines situations pour ne pas subir justement le regard et le jugement des autres. Et peut-être que vous aussi, vous avez déjà vécu ça, quand vous êtes à la maison et que votre enfant fait une crise, vous allez très bien le gérer ou le gérer en tout cas à votre façon. Mais dès que votre enfant va faire une crise au supermarché ou lorsque vous êtes en vacances avec vos amis ou vos familles, ça va devenir beaucoup plus difficile à vivre parce que vous êtes entouré d'autres personnes. Et on ne va pas se mentir, à ce moment-là, il y a un petit diable qui arrive sur notre épaule et qui va commencer à nous poser des questions, à nous faire poser en tout cas des questions qui vont être de l'ordre de « Qu'est-ce que les gens vont penser de moi ? » « Est-ce qu'ils vont croire que je ne sais pas éduquer mon enfant ? » « Ou que mon enfant est mal éduqué ? » « Peut-être même qu'ils vont dire que je suis trop laxiste ? » Et en fait, quand on se pose les questions sans s'en rendre compte, on est en train de se dire qu'on va être évalué comme parent par les personnes autour de nous. Et si c'est quelque chose qui vous arrive toujours, alors du coup, je vais revenir à ce qu'on disait tout à l'heure, c'est que la notion d'être un bon parent est différente selon les personnes. Parce que certaines personnes vont vous regarder en se disant « Il faudrait que la maman intervienne immédiatement ! » Et d'autres vont se dire « Oh, mais ce papa, il pourrait quand même laisser exprimer la colère de son enfant. » certains vont dire que vous serez trop ferme et d'autres diront que vous serez trop permissif. En fait, c'est que chaque personne va avoir son propre jugement, positif ou négatif. Mais dans ces moments-là, ce que je vous invite à faire, même si je sais que ce n'est pas facile parce que même moi, parfois, j'y suis confrontée, c'est de rester ancré sur vos propres valeurs, sur ce que vous, vous voulez donner comme valeur à votre enfant et comment vous voulez fonctionner. Alors évidemment, on ne vit pas dans un monde de bisounours. Je sais que le regard social existe. Je sais que parfois, certains vont... juger ce que vous faites. Mais je pense aussi que parfois, peut-être même 30 ou 40 % du temps, notre propre anticipation du jugement peut également amplifier ce que nous nous ressentons. Et si donc votre enfant fait une crise devant des personnes et qu'à un moment vous vous sentez un petit peu jugé, dites-vous est-ce que ces personnes-là partagent les mêmes valeurs que moi ? Est-ce que vous vous vous permettriez de juger quelqu'un en face de vous ? Moi personnellement, si je suis face à une maman ou un papa qui est en difficulté, mon premier réflexe n'est pas de me dire « Oh là là, il ne sait pas y faire » ou autre. Non, je veux avoir de la compassion. Ou alors, éventuellement, l'envie de l'aider, un petit regard, ou même de tenter une petite approche pour essayer de distraire l'enfant. Bref, si des parents partagent les mêmes valeurs que vous, alors vous vous retrouverez et ils ne seront pas là pour vous juger. Donc, ne vous attardez pas sur les gens qui ont envie de vous juger car ils n'ont pas les bonnes valeurs et vous n'auriez pas envie qu'ils vous donnent des conseils. Parce que, rappelez-vous d'une chose. Ce n'est pas parce que vous rencontrez une difficulté à un instant T que ça définit toute votre parentalité. Et si après ces quelques minutes, vous avez envie de me dire « Oui mais Romane, tout ça je le sais, sur le papier tu as raison, je suis d'accord avec toi » et pourtant je n'y arrive pas, pourtant je doute de moi, j'ai toujours l'impression que je ne vais pas faire les choses suffisamment bien, que je ne vais pas donner le meilleur à mon enfant ou ce genre de questions, alors c'est peut-être qu'il y a un travail à faire sur votre histoire personnelle. Et honnêtement, je pense sincèrement que lorsqu'on apprend qu'on va devenir parent ou qu'on est en projet bébé, tout comme on a des cours à l'accouchement, je pense qu'il pourrait être intéressant d'avoir des cours à soi-même, en quelque sorte, si on peut dire comme ça, pour essayer justement de comprendre ce qui peut nous influencer dans notre histoire. Et justement, d'essayer de comprendre un peu notre rapport à l'autorité, à l'obéissance, à la colère, aux limites ou aux conflits, à ce que c'est qu'être un enfant sage ou même justement à ce qui est être un bon parent. à ce qui était considéré comme une bonne famille ou à ce qui était considéré comme un comportement acceptable. Et pour ça, on peut se poser des questions, donc par exemple, dans ma famille, comment réagissait-on face à la colère ? Est-ce qu'on avait le droit de dire non ? Est-ce qu'on avait le droit de s'opposer ? Quelle était la place de l'autorité dans la famille ? Qu'est-ce que j'ai appris sur ce que doit être une bonne famille ? Qu'est-ce que j'ai appris sur ce que doit être un bon parent ? Du coup, est-ce que ces idées correspondent encore à mes valeurs actuelles ? Ou est-ce que je les reproduis ? sans les avoir réellement choisis. Et je vous rassure, faire un travail sur soi, ce n'est pas forcément chercher ce qui est cassé en moi. Mais c'est plutôt d'apprendre à comprendre nos réactions, comprendre ce qui les déclenche, comprendre les croyances qu'il y a derrière, comprendre ce que nous essayons parfois de protéger pour certains, et comprendre les valeurs auxquelles nous tenons vraiment. En fait, le travail sur soi, ça va nous permettre de distinguer ce que nous avons choisi de ce que nous avons simplement reçu. Et grâce à ça, ça va nous permettre justement de retrouver davantage de choix dans notre manière de réagir. Et je me permets justement de faire une petite parenthèse, mais si dans tout ce que je dis tu te reconnais et que tu penses que tu veux faire ce travail, que tu es prêt, alors sache justement que je suis thérapeute et que je peux t'accompagner dans ce cheminement et dans cette réflexion, j'ai envie de dire. Donc si ça t'intéresse, tu retrouveras en description le lien pour que tu puisses réserver ta séance ou même un appel découverte de 15 minutes qui est complètement offert pour qu'on puisse un petit peu parler, que tu puisses me poser tes questions, mieux me connaître parce que c'est une question de confiance et c'est super important. Et avant que cette émission se termine, parce que oui c'est bientôt terminé, je voulais partager une dernière réflexion. C'est que je pense qu'il est super important de distinguer ce que vit l'enfant et ce que toi tu vis. Je m'explique. Ton enfant peut traverser une vraie difficulté. Et toi, cette difficulté, elle réveille quelque chose aussi. Exemple. Mon enfant est très frustré, donc il a besoin d'aide pour traverser cette frustration. Et moi, en même temps, au même moment, je me sens impuissant. J'ai peut-être besoin de comprendre ce que cette impuissance provoque chez moi. En fait, ce que j'aimerais te dire, c'est que les deux niveaux ne s'opposent pas. Comprendre le parent ne signifie pas arrêter de s'intéresser à l'enfant. Et comprendre l'enfant ne signifie pas oublier le parent. Tout comme interroger sa définition du Bon parent ne signifie pas renoncer à tout repère. Cela signifie simplement que tu cherches à vérifier si ces repères correspondent réellement à tes valeurs. Alors s'il vous plaît, retenez ça, parce que pour moi c'est vraiment très important. Comprendre son enfant et se comprendre soi-même sont deux dimensions complémentaires de la parentalité et sont essentielles toutes les deux. C'est pour ça que sur les réseaux sociaux, j'essaie de vous donner un maximum d'informations sur votre enfant et sur son comportement et que ici, dans ce podcast, « Allô maman, je vais plutôt essayer de vous aider à vous comprendre vous. » Et là tu vas me dire « Romane, c'est super, j'adore ce que tu proposes, mais là dans cette émission, tu ne m'as pas vraiment dit qu'est-ce que je pouvais faire. » Alors voilà, si à un moment ton enfant te met en difficulté, voici les questions qu'il faut que tu te poses pour essayer déjà de mieux te comprendre si jamais tu ne veux pas encore te faire accompagner. En premier, c'est essentiel, c'est que tu vas te demander qu'est-ce que tu ressens exactement. Essaie de vraiment pousser la chose. Est-ce que tu ressens de la colère, de la peur, de la honte, de l'impuissance, de la tristesse ? ou un sentiment d'échec. Parce que parfois, tu vas me dire « Oui, mais moi, je ressens de la colère. » Oui, mais en fait, si tu vas creuser un peu plus loin, tu vas te rendre compte qu'en fait, derrière la colère, il y avait de la honte ou de la peur. Ensuite, tu vas te questionner sur, généralement, les premiers réflexes que tu as. Qu'est-ce que tu vas te dire de toi à ce moment-là ? Tu vas te dire « Je suis nulle, je ne sais pas quoi faire, mon enfant ne me respecte pas, les autres vont me juger. » Ça va toute ma vie être comme ça parce que tout ça va dire quelle est ta plus grande peur. déjà en te posant ces deux questions à chaque fois et régulièrement, tu vas pouvoir voir s'il y a quelque chose qui se dégage le plus souvent. C'est-à-dire que 8 fois sur 10, tu vas te rendre compte que c'est de la colère liée à la peur d'un jugement. Et quand tu vas savoir ça, du coup, le fait d'en avoir conscience, ça va te permettre de l'anticiper et de travailler dessus beaucoup plus facilement. Parce que peut-être que la prochaine fois que ton enfant fera une kyrise et que tu sens la colère monter, tu vas pouvoir te dire, écoute, là, calme-toi, c'est parce que tu as peur d'être jugé. Je redescends, moi ma notion de parent, elle est ok, je suis clean avec moi-même, je suis droit dans mes boîtes, et tu vas réussir à te rassurer, et donc tu vas réussir à ne pas crier derrière, et ça, ce sera une magnifique victoire. Nous arrivons donc maintenant à la fin de cet épisode, et pour conclure, j'aimerais vous dire ces mots qu'il est très important de retenir. Le comportement de votre enfant peut vous mettre en difficulté, il peut vous obliger à ajuster votre manière de faire, mais il ne constitue jamais une mesure de votre valeur. Vraiment. et sincèrement, le comportement de votre enfant ne peut pas dire à lui seul si vous êtes un bon ou un mauvais parent. Retenez vraiment ça. Retenez que la notion de bon parent, elle peut être complètement différente selon les situations, selon les personnes, selon les cultures, et qu'en fait, ça correspond à vos propres valeurs. Soyez droit dans vos bottes, à vous, et pas celle de vos voisins. Et enfin, promis, après, je m'arrête là, retenez que la parentalité nous apprend à comprendre nos enfants. Mais elle peut aussi nous inviter à nous... comprendre nous-mêmes, à interroger les modèles que nous avons reçus et à choisir progressivement la manière dont nous voulons être parents. J'espère que cet épisode vous a plu. N'hésitez pas à aller voir en description car je vais vous donner plein d'informations si vous voulez le descriptif plus complet sur le comportement de l'enfant en newsletter, mais que vous voulez aussi voir les accompagnements ou alors aussi les guides que je propose. Vous aurez un maximum d'informations dans la description donc n'hésitez pas à la lire. Mettez un petit j'aime si celui-ci vous a plu et puis moi je vous dis à très vite. pour une nouvelle émission. Salut !