Speaker #1Bonjour à toutes et bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode. Et c'est un épisode qui je pense peut énormément vous aider car vous êtes très très nombreux à venir me voir avec cette, on va dire... problématique qui est à chaque fois que je crie ou quand je m'énerve ou quand je punis ou parfois même je frappe, et bien juste derrière je culpabilise. Et aujourd'hui le sujet de notre émission c'est pourquoi est-ce que je culpabilise autant après avoir crié sur mon enfant. Avouez qui n'a jamais vécu cette situation, tu es là, ton enfant est en train de faire quelque chose que tu voudrais qu'il arrête, donc toi tu commences à lui dire stop, maintenant il faut arrêter, il faut que je pose une limite et il faut que tu l'écoutes. Donc toi, en tant que parent, tu vas demander une première fois, puis une deuxième fois, puis une troisième fois. Progressivement, tu vas sentir que la tension en toi va monter, que le ton va monter. Et tu vas surtout voir que ton enfant n'écoute rien de ce que tu es en train de dire. Et au bout d'un moment, par la force des choses, parce que tu es à bout et que tu en as marre, tu vas finir par crier. Et puis là, la situation se termine. Et parfois, immédiatement ou quelques temps après, tu vas te dire « Mais pourquoi j'ai crié ? Je m'étais pourtant promis d'arrêter de faire ça. » Il mérite que je lui parle autrement. Parfois, certains parents vont carrément se dire « Ah là là, je suis vraiment un mauvais parent, je recommence toujours, il faut vraiment que j'arrête. » Et parfois, derrière cette culpabilité, il y a l'envie de réparer, l'envie de faire mieux, et la promesse de se dire que la prochaine fois, je resterai calme. Donc aujourd'hui, j'aimerais qu'on se pose plusieurs questions, c'est « Pourquoi un cri peut-il déclencher une culpabilité qui est aussi forte chez certains parents ? » Et « Est-ce que la culpabilité nous aide vraiment à changer ? » Pour répondre à ces questions, on va commencer par prendre un petit peu de recul et parler des émotions de manière générale, parce que vous allez le voir, c'est passionnant et que c'est très important. On essaie d'apprendre les émotions à nos enfants, mais il faut d'abord qu'on les comprenne chez nous. C'est très important. Donc on va comprendre pourquoi on ressent des émotions, à quoi elles servent, qu'est-ce qu'elles viennent nous signaler et pourquoi certaines émotions nous poussent-elles à agir d'une certaine manière. J'espère que ce petit programme vous plaît. Restez bien attentifs parce que... évidemment j'essaierai de vous proposer des solutions ou des tips pour arriver à gérer les situations différemment. Rentrons tout de suite du coup dans le sujet, c'est les émotions. Sachez, et ça c'est super important que ce soit pour les adultes ou pour les enfants, c'est qu'une émotion n'arrive jamais pour rien. Elle est une réponse à quelque chose que notre cerveau perçoit comme important. Elle va nous donner une information, elle va permettre à notre organisme d'agir ou de réagir. Donc une émotion, c'est pas forcément quelque chose qu'il faut faire disparaître. Et ça, je vous le dis très souvent auprès de vos enfants. Les émotions, elles sont là pour une raison. C'est super important de pouvoir les exprimer. Par contre, après, il y a effectivement des façons de les exprimer qui sont, on va dire, mieux que d'autres en quelque sorte, surtout avec nos enfants, par exemple. Quand ils sont en colère, la colère n'est pas le problème. Par contre, taper quand on est en colère, ça, ça devient, on va dire, je mets des guillemets, un problème. Donc l'objectif, c'est de montrer comment on peut exprimer sa colère plus ou moins seulement. Donc vraiment, retenez ça, c'est que le fait de ressentir et choisir ce qu'on fait de cette émotion, ce sont deux choses qui sont complètement différentes. Alors justement, la colère, qu'est-ce qu'elle veut nous faire passer comme message ? La colère, elle apparaît bien souvent lorsqu'une limite est franchie. Quelqu'un va nous manquer de respect, quelque chose nous semble injuste, nos besoins ne sont pas entendus, ou même quelque chose qui nous empêche d'atteindre un objectif. Donc en fait la colère elle est là pour mobiliser notre énergie, pour nous permettre justement de réagir et de défendre quelque chose qui va compter pour nous. En gros quand quelqu'un va dépasser une limite, là on va se sentir en colère. Et donc parfois quand on est en colère, on va se mettre à crier. Et le cri en fait c'est une sorte de manifestation de cette activation. Elle peut avoir une fonction pour essayer de faire cesser quelque chose, se faire entendre, poser une limite ou reprendre le contrôle. Mais vous allez le voir la colère n'est pas... pas la seule émotion qui peut provoquer un cri. Dans certaines situations, le cri peut être aussi en fait une réaction de défense. Lorsque vous allez percevoir une menace, une attaque, ou même un danger par exemple, vous allez peut-être ressentir de la peur, le sentiment d'être agressé, et donc votre système de défense, il peut se mettre à réagir très rapidement pour faire reculer cette menace, et donc à se mettre à crier. C'est pour ça que parfois je vous dis quand vous pensez qu'il y a de la colère et que vous vous mettez à crier, Parfois en fait cette colère elle naît de la peur parce que vous avez des idéaux, la peur de vous dire « Oh là là mon enfant il va jamais écouter, qu'est-ce qu'il va devenir ? » Et donc on se met à crier dans ce but un peu d'être dans... La réaction à de la défense, à de la peur. Et c'est justement parce que vous allez mieux comprendre vos propres émotions que progressivement vous allez retrouver du choix dans votre façon d'exprimer votre émotion. C'est pour ça que c'est super important. Et peut-être que du coup vous allez vous rendre compte que vous avez parfois des réponses qui ne sont pas adaptées. Et donc on peut travailler dessus parce qu'on va mettre le doigt dessus. Maintenant tournons-nous justement du côté de la culpabilité. Qu'est-ce que c'est et à quoi elle sert ? La culpabilité, généralement, elle apparaît lorsque nous estimons avoir fait quelque chose de mal, ou que l'on a transgressé une règle, qu'on a l'impression d'avoir causé du tort à quelqu'un, ou de ne pas avoir agi comme nous aurions dû. Elle repose donc sur une comparaison de ce que j'ai fait avec ce que je pense que j'aurais dû faire. Et la culpabilité, elle est là pour une fonction assez précise, c'est une fonction qui est plutôt relationnelle et sociale. elle peut nous amener à reconnaître notre responsabilité ou prendre en compte l'autre, réparer, modifier notre comportement et même éviter de reproduire une situation qui ne correspond pas à nos valeurs. Donc c'est vraiment, on va dire, au fur et à mesure que l'être humain s'est sociabilisé, que la culpabilité est née pour essayer de s'adapter. Et comme l'être humain n'est pas capable de vivre tout seul comme un loup, il a besoin aussi de s'adapter et donc de vivre en communauté. Donc c'est pour ça que la culpabilité est née, c'est pour pouvoir s'intégrer. et faire en sorte de s'apprécier en quelque sorte. Donc sur le papier, la culpabilité, elle a une fonction qui est ultra intéressante. Elle dit, j'ai fait quelque chose que je regrette, je le reconnais, je répare et j'essaie de faire autrement. Donc vraiment, sur ça, on a envie de se dire, oui, c'est top, la culpabilité. Mais est-ce que la culpabilité nous aide vraiment à changer ? Alors, on va dire que oui, elle peut nous aider à changer lorsqu'elle reste proportionnée et qu'elle nous permet de vraiment comprendre notre comportement à nous. En fait, elle est vraiment une sorte de signal, en mode, ce que je viens de faire ne correspond pas à ce qui est important pour moi. Mais elle ne devient pas forcément utile simplement parce qu'elle est forte. Donc se sentir extrêmement coupable ne signifie pas qu'on va mieux changer, et même je dirais c'est plutôt l'inverse, et ça on le verra juste après. Mais je pense qu'il est important de prendre quelques minutes pour dire qu'il y a une énorme différence entre la culpabilité et l'autocondamnation. En gros, la culpabilité, c'est je regrette d'avoir crié et je veux comprendre pourquoi pour essayer de m'améliorer. Alors que l'autocondamnation, ça va plutôt être je suis une mauvaise mère, je suis un mauvais père, je fais toujours mal, je crie toujours, je sais pas y faire. C'est ce genre de choses. La première, effectivement, elle va ouvrir sur un changement parce qu'on a envie de faire mieux. Alors que la seconde, elle risque plutôt de nous renfermer, de toucher très fortement notre estime de soi et du coup de rentrer dans un cercle. vertueux qui est vraiment très mauvais. Et le problème, c'est que lorsque l'on tombe dans l'auto-condamnation ou une culpabilité très très forte, on risque tout doucement, sans s'en rendre compte, de glisser dans la honte. Et justement, j'aimerais qu'on parle de la différence entre culpabilité et honte, parce que je pense qu'aujourd'hui, il y a beaucoup plus de parents qui sont dans le sentiment de honte plutôt que dans la culpabilité, et vous ne vous en rendez pas forcément compte. Peut-être que vous allez commencer à percevoir la subtilité, mais la culpabilité, elle porte principalement sur... un comportement ou un acte. J'ai fait quelque chose que je regrette. Et donc là, oui, effectivement, on ouvre sur, comme je vous le disais, la responsabilité, la réparation et le changement. La honte, par contre, elle repose davantage sur soi-même et sur ce que l'acte en lui-même semble dire de nous. Donc en gros, ce serait ce que j'ai fait prouve que je suis quelqu'un de mauvais. Et donc là, ça touche davantage à notre identité et à nos valeurs. Et franchement, c'est super important que vous vous posiez la question pour savoir si vous êtes réellement dans la culpabilité ou si vous êtes plutôt dans le sentiment de honte. Parce qu'avec la culpabilité, c'est j'ai fait quelque chose qui ne me convient pas, alors qu'avec la honte, c'est je suis quelqu'un qui ne convient pas. Et la différence, elle est énorme dans les mêmes solutions que vous apporterez derrière. Parce que vraiment, je vous assure, la culpabilité, elle va vraiment vous ouvrir, alors que la honte, elle va vraiment vous renfermer. Typiquement, dans la honte, on peut avoir envie de se cacher, de fuir, de ruminer ou même de se dévaloriser. Et parfois, plus on se sent mauvais, plus il devient difficile de regarder honnêtement ce qui s'est passé. Et donc peut-être qu'au début, il y avait un peu de culpabilité, puis après ça, ça s'est transformé en honte. Et puis parfois, en fait, vous vous mélangez les deux et donc ça devient très compliqué parce que vous avez fortement dégradé votre estime de soi en ne vous disant plus ce que j'ai fait, ce n'était pas le bon comportement, mais plutôt... Je suis une mauvaise personne, je ne sais pas y faire, je suis nulle. Vous verrez qu'en vous posant les bonnes questions pour vraiment comprendre s'il s'agit de culpabilité ou honte, ça vous aidera énormément pour la suite. Si par exemple vous me dites non mais moi je pense vraiment qu'en fait je ressens de la culpabilité, c'est juste qu'elle est... extrêmement forte. Pourquoi ? En fait, c'est parce qu'ici, le cri peut toucher directement notre représentation du parent que l'on voudrait être. Par exemple, je voudrais être doux, je voudrais être sécurisant, je veux respecter mon enfant, je veux faire différent de ce que moi-même j'ai connu en étant petit, je veux que ça réponde à mes valeurs. Donc en fait, le cri, il représente plus simplement j'ai eu une mauvaise réaction, mais il devient je viens d'être le parent que je ne veux surtout. Et donc là, on revient dans ce que je vous ai dit au début, c'est qu'il y a un écart entre ce que vous, vous voulez et ce que vous montrez. Après, la culpabilité, elle peut aussi naître sur le fait d'avoir peur des conséquences. Et donc là, vous allez vous poser plutôt des questions comme est-ce que je lui ai fait du mal ? Est-ce que ça va laisser des traces ? Est-ce que je suis en train de reproduire quelque chose ? Est-ce que mon enfant va avoir peur de moi, par exemple ? Et la culpabilité, elle peut aussi naître d'une dimension de plutôt des compétences. Donc par exemple, Je devrais savoir gérer mes émotions, ou même je devrais savoir gérer celles de mon enfant. Si je crie, c'est que je n'y arrive pas. Mais dans tous les cas, vous l'avez constaté, c'est parce qu'il y a un écart, une comparaison entre ce que l'on veut et ce que l'on fait. Et donc l'intensité de votre culpabilité, elle va vraiment dépendre de ce que l'événement vient toucher, auquel vous vous accordez plus ou moins d'importance. Donc par exemple, pour vous, plus il va être important... important de ne pas crier sur votre enfant car vous ne voulez surtout pas reproduire ce que vous avez connu et plus lorsque vous allez crier, vous allez ressentir de la culpabilité parce qu'il y aura un gap énorme entre mince, c'est vraiment tout l'opposé de ce que je veux, moi c'est hors de question, je veux pas lui montrer, je veux pas reproduire tout ça, j'ai trop souffert, c'est hors de question que j'inflige ça à mon enfant et mince j'ai crié et donc là l'écart est tellement immense que l'intensité de la culpabilité va être immense. Donc c'est important que vous vous posiez les questions de pourquoi. Pourquoi vous ressentez de la culpabilité ? Qu'est-ce que ça vient toucher chez vous ? Pour comprendre si c'est quelque chose qui est très fort ou qui est plus modéré. Et comme toujours, le fait de comprendre, ça va énormément vous aider. Parce que tout à l'heure, je vous le disais, la culpabilité, oui c'est vrai, elle permet de s'ouvrir et de changer. Par contre, il y a des moments où la culpabilité peut justement nous renfermer et nous mettre en fait plus de pression. Regardez, bien souvent, après avoir crié sur votre enfant, vous vous dites, allez, cette fois-ci c'est fini, je ne crierai plus. Parce que vous voulez protéger votre enfant, vous voulez être cohérent avec vos valeurs, ne pas reproduire certains schémas, ou même ne plus ressentir cette culpabilité. Donc vous vous donnez cette nouvelle mission de, en gros, je dois gérer, je dois assurer. Et à la prochaine difficulté, vous allez vous dire, il faudra que je reste calme, je ne dois surtout pas prier, je dois savoir quoi faire, je dois réussir à gérer cette situation. Et le problème, c'est que cette pression devient elle-même une source de tension. Donc en gros, on rentre dans un cycle qui est, je crie, ensuite je culpabilise. Du coup, je me dis que... je veux faire mieux, je veux faire autrement. Je me mets donc une forte exigence, ce qui va me mettre sous pression. Du coup, comme je suis sous pression, je vais être plus dans la surveillance constante de mes réactions, donc je suis en hyper contrôle. Comme je suis en hyper contrôle, la tension monte beaucoup plus vite, parce qu'on est plus fatigué, qu'on veut vraiment y arriver, on se met cette pression, et donc forcément, malheureusement, on va craquer beaucoup plus vite. Parce qu'on se sera mis beaucoup trop de pression. Et donc à ce moment-là, tu l'as vu, tu retombes dans une autre culpabilité encore. Et puis au fur et à mesure, ça renforce, la tension monte encore plus. Et c'est quelque chose qui s'accentue encore plus fort. Parce qu'initialement, la culpabilité a mis beaucoup trop de pression sur la mission que tu t'es donnée. Alors évidemment, cette pression et cette culpabilité, elle n'est pas saine pour toi. Mais elle ne l'est pas non plus pour ton enfant. Le problème n'est pas qu'un parent cherche à faire mieux, évidemment. Le problème, c'est quand le parent se met tellement de pression pour ne jamais déborder ou mieux se contrôler que la relation devient centrée sur sa propre performance émotionnelle. En gros, le parent peut être tellement occupé à surveiller. Est-ce que je suis en train de perdre patience ? Est-ce que je vais crier ? Attention, je m'étais dit qu'il ne fallait pas que je crie, il faut que je fasse bien, il faut que j'assure, blablabla, qu'il devient moins disponible pour ce qui se passe réellement avec l'enfant. En fait, vous n'êtes pas dans l'instant présent, vous êtes déjà dans le... projection dans le futur pour essayer d'assurer. Et forcément, ça, nos enfants, comme ils sont des petites éponges, ils le ressentent énormément. Et parfois, chez certaines personnes, je dis pas tous, parce que là, c'est propre à chacun, mais l'enfant peut finir par vivre un parent qui va alterner un contrôle extrême, puis une explosion, puis une culpabilité-réparation. puis à nouveau du contrôle. Et donc, en fait, l'enfant ne sait plus sur quel pied jongler parce qu'il se dit à un moment, j'ai l'impression que papa, maman, ils contrôlent, ils gèrent, puis après, ils explosent. Et donc, c'est très déstabilisant pour les enfants parce qu'ils ne savent pas comment se comporter et ont le sentiment que les parents sont très imprévisibles. Et vous le savez, les enfants adorent la prévisibilité. Et donc, le problème, c'est que si les parents ne sont pas prévisibles pour les enfants, c'est très compliqué d'avoir un sentiment de sécurité. Alors, attention ! et bien sûr que l'objectif n'est pas du tout de devenir un parent qui ne ressent plus de colère et ne crie jamais sous aucun prétexte. Je vous le dis et le redis, un parent qui ne crie jamais, ça n'existe pas, sauf si vous êtes un robot, mais si normalement vous êtes un être humain, vous ressentez des émotions et comme je le disais au début, le problème n'est jamais l'émotion, c'est la réaction. Et ça c'est des choses qu'on peut travailler. Justement parce que vous allez travailler sur votre colère, vous allez travailler sur vos peurs, sur votre culpabilité, sur votre sentiment de honte, C'est ce qui fera qu'après... vous ressentirez de la colère, mais vous n'aurez plus besoin, ou en tout cas beaucoup moins besoin de l'exprimer dans la colère, mais vous l'exprimerez autrement. Et donc, du coup, vous serez plus dans le contrôle même de l'éducation de vos enfants, parce que vous serez plus en possession de vos moyens, et vous serez plutôt dans le choix plutôt que dans la réaction. Donc vraiment, je vous assure, ressentir des émotions n'est pas du tout le problème. Mais finalement, l'objectif va être plutôt de développer progressivement une capacité à reconnaître sa montée émotionnelle, comme ça on repère les signaux, comprendre ce qui la déclenche, ça c'est toujours essentiel, ajuster avant le débordement lorsque c'est possible, ça vous permettra justement de redescendre et réparer lorsque l'on a débordé. Et surtout, surtout, et ça c'est vraiment important et je veux vraiment que vous le reteniez, c'est de ne pas transformer chaque erreur en preuve d'échec, sur le fait que voilà, c'est la preuve que je suis nul, c'est la preuve que je ne sais pas faire, c'est la preuve que mon enfant est compliqué. Non, pas du tout. Donc si justement vous avez envie de faire un petit peu ce travail, maintenant je vais vous proposer un petit peu des questions, des pistes de réflexion que vous pouvez vous poser pour essayer de mieux vous comprendre. Et si vous sentez que vous avez de l'aide, alors n'hésitez pas, dans le lien dans la description, je vais vous mettre le lien pour vous proposer mes accompagnements pour qu'on puisse faire ce travail ensemble et que je puisse vous accompagner sur ce sujet. Donc n'hésitez pas. Et attendant, voici ce que vous pouvez commencer à faire chez vous. Ce que je vous invite à vous poser comme question, déjà, c'est de comprendre ce qui se passe avant le cri. Qu'est-ce qui s'est passé juste avant ? À quel moment ma tension a commencé à monter ? Donc essayez de repérer les signaux. Quelle était l'émotion qui était vraiment là ? Est-ce que c'était la colère, l'impuissance, la peur, la fatigue ou le sentiment d'injustice ou autre ? Qu'est-ce que je me suis raconté ? Quelle est la première idée que vous vous êtes dit ? Genre, là il le fait exprès, il ne m'écoute jamais, je dois absolument obtenir qu'il arrête de faire sa bêtise, je suis à bout, je suis fatiguée. Bref, essayez de vous rappeler ce que vous vous êtes vraiment dit directement quand vous avez senti tout ça. Essayez également de vous poser la question, et avec le plus de transparence possible, mais c'est « est-ce que je suis déjà arrivé à un niveau de tension très élevé avant même que mon enfant fasse la chose de trop ou la chose qui est problématique ? » Si déjà vous arrivez à répondre à ces quelques questions, et que vous voyez qu'à chaque fois il y a les mêmes réponses qui reviennent, déjà ça va vous permettre de mettre, on va dire, un petit schéma en place et de... mieux vous comprendre. Si vous voulez aller un peu plus loin, vous pouvez aussi vous poser du coup des questions comme ces situations, qu'est-ce qu'elles viennent toucher chez moi particulièrement ? Est-ce que mon histoire influence ma manière de vivre l'autorité, le conflit, la colère ? Et s'il vous plaît, toujours, toujours avec le plus de bienveillance pour vous-même parce que vous voulez être... souvent très bienveillants avec vos enfants, et bravo pour ça, c'est génial, par contre vous manquez cruellement de bienveillance envers vous-même. Donc posez-vous ces questions, pas pour vous flageller, pas pour vous trouver des excuses, ou vous dire voilà, tu vois, juste pour comprendre de façon la plus neutre possible, et toujours du coup dans l'objectif de vous dire je fais cette recherche sur moi-même, je travaille sur moi, parce que déjà pour moi, je veux pouvoir me sentir plus léger, être plus en accord avec moi-même. Ne moins ressentir de la colère ou moins ressentir de la culpabilité, mieux exprimer en tout cas ma colère, et donc toujours avec bienveillance. Et maintenant, avant de terminer, l'idée c'est de vous dire quoi faire avec votre culpabilité. Surtout, ne cherchez pas à supprimer complètement cette émotion, je me répète mais c'est vraiment important. La culpabilité, ressentir de la culpabilité, oui c'est pas forcément agréable, mais si c'est une culpabilité qui est saine, elle vous fera avancer. Donc l'objectif c'est pas du tout de la supprimer. essayez plutôt de l'écouter comme une information à partir de maintenant et vous dire ok, je fais la distinction entre culpabilité et honte, et ensuite j'essaie de me dire ok, cette émotion elle est là pour m'informer de quelque chose, et donc je me pose la question de qu'est-ce que cette culpabilité me dit de mes valeurs ou de mes besoins ou de mes attentes. Reconnaissez ce qui s'est passé de façon totalement neutre, sans jugement. J'ai crié. Voilà, c'est pas oui j'ai crié parce que je suis mauvaise, que je suis nulle, que je sais pas gérer ou que je suis trop fatiguée. C'est juste le constat. Oui, j'ai crié, j'ai débordé. Ensuite, réparer auprès de l'enfant. Parce que je vous assure que la réparation c'est quelque chose qui est ultra puissant. Ça montrera justement à votre enfant que lorsque parfois on explose, qu'on se met en colère, on peut venir réparer. que le lien du coup n'est pas brisé. Parce que bien souvent, quand on ne répare pas, plus tard, ça peut donner des gens qui ne reviendront jamais pour s'excuser, même s'ils savent qu'ils sont en tort ou qu'ils ne sont pas en tort, et qui resteront campés sur leurs émotions ou sur leur égo. Donc, montrer à ton enfant que, voilà, j'ai débordé, j'ai crié, ce n'était pas ta faute, c'était de mon fait, ça va montrer à ton enfant que le lien existe toujours, qu'on peut réparer quoi qu'il arrive après même une dispute, qu'on continue de s'aimer. Donc, je vous assure, c'est ultra fort. Et ensuite, quand vous vous êtes posé toutes ces questions et qu'en fait, vous réalisez que c'est une culpabilité, on va dire, qui est saine et qu'elle vous pousse à faire mieux, à avancer, alors cherchez plutôt des ajustements réalistes plutôt qu'une promesse qui est impossible. Fixez-vous des petites choses. Voilà, dire, au lieu de vous dire « Ah là là, il ne faut plus du tout que je crie, que je me mette en colère » , c'est plutôt de dire « Ok, quand je sens là que la colère commence à monter, je vais dire à mon enfant « Ah, là, je commence à être en colère » . Ou alors, apprendre à lui dire Là, je sens que je n'arrive pas à me gérer. Je vais aller un petit peu m'isoler. Bref, essayez de vous dire plutôt que stop, il faut absolument que je gère tout bien, que j'arrête de crier, que je sois parfaite, que j'accompagne mon enfant. Commencez par des petits ajustements. Vous verrez, ça fera une énorme différence. Vous vous mettrez moins de pression, moins de tension. Et du coup, vous allez casser le cycle dont on parlait tout à l'heure. Donc vraiment, retenez ça. La question n'est pas comment faire pour ne plus jamais culpabiliser, mais plutôt comment faire pour que ma culpabilité m'aide à évoluer sans devenir... une nouvelle source de pression. C'est vraiment ça, votre objectif. Et pour conclure, parce que oui, c'est déjà la fin, j'aimerais vraiment vous dire quelque chose, c'est que le travail sur soi n'est pas là pour devenir un parent parfait, ou parfaitement calme. Un travail sur soi, que vous le fassiez de votre côté ou avec quelqu'un, l'objectif, c'est de mieux vous comprendre, de comprendre vos émotions, vos réactions, vos déclencheurs, vos attentes envers vous-même ou avec les autres, et vos valeurs. Et ainsi, apprendre progressivement à avoir plus de choix dans votre manière de réagir. Et j'aimerais terminer sur cette phrase qui est peut-être que faire mieux ne consiste pas à ne plus jamais crier. Peut-être que faire mieux, c'est apprendre à comprendre ce qui nous fait crier, savoir réparer quand on a dépassé notre limite et arrêter de demander à notre humanité de disparaître pour être un bon parent. J'espère que cette nouvelle émission vous aura plu. Je vous mets toutes les informations que vous devez avoir en description, donc n'hésitez pas à aller le voir si vous avez des questions, n'hésitez pas non plus et puis j'ai hâte de vous retrouver pour le prochain épisode, salut !