Speaker #1Hello les parents, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode qui je pense va vous plaire car c'est l'une des craintes que l'on me donne le plus souvent et j'ai pensé qu'il était super intéressant qu'on se penche dessus. En fait, il n'y a pas longtemps, j'ai reçu un message en commentaire d'une maman qui me disait « S'il te plaît Romane, donne-moi la preuve que tout ce qu'on est en train de faire ensemble en ce moment, donc d'avoir une éducation bienveillante, ne va pas faire de lui plus tard un ado ou un adulte qui va me cracher au visage, qui va me taper, qui va se révolter, etc. » Et j'ai trouvé son commentaire ultra puissant parce que je pense qu'en fait, tout ce que l'on fait en tant que parent, en termes d'éducation, de plaisir, etc., a un seul but, c'est que... plus tard ça en fasse des adultes qui soient bien dans leur tête, bien dans leur peau, qui respectent les règles, les lois, qui ne passent pas des choses absolument atroces comme on peut le voir parfois. Et je me suis dit, ok, il y a quelque chose autour de ça et donc je veux en parler. C'est pour ça qu'aujourd'hui, le sujet que nous allons aborder, c'est est-ce qu'un enfant qui obéit aujourd'hui devient-il vraiment un adulte bien éduqué plus tard ? Et pour cette intro, on va partir d'une phrase que l'on me donne très souvent, c'est si je ne suis pas assez stricte, que va devenir mon enfant ? Alors on va pas se mentir, je pense qu'on entend très souvent des phrases comme « il faut quand même qu'il apprenne à obéir » , « si tu lui laisses tout passer maintenant, tu vas le regretter plus tard » , « il faut lui apprendre les limites, sinon il deviendra un enfant roi dans la vie, il devra respecter son patron » , ça je l'ai très très souvent entendu. Il faut qu'il apprenne que tout ne se passe pas comme il veut. Et ce qui est important de comprendre, c'est que derrière ces différentes phrases que j'ai pu de vous donner, on ne parle finalement pas forcément de l'enfant d'aujourd'hui, mais on parle plutôt de l'adulte qu'on imagine qu'il deviendra. Et souvent derrière le « je veux qu'il obéisse » , il y a « je veux qu'il soit responsable » , « je veux qu'il sache vivre avec les autres » , « je veux qu'il supporte les contraintes » , « je veux qu'il puisse travailler » , « je veux qu'il respecte les autres » . Mais du coup, il y a aussi une peur. Et si moi, du coup, je faisais mal aujourd'hui ? Et si je ne le préparais pas suffisamment ? Et si ce que je fais aujourd'hui avait des conséquences sur l'adulte qu'il deviendra ? Alors aujourd'hui, dans cette émission, on va se poser deux questions centrales. Pourquoi avons-nous autant associé l'obéissance à une bonne éducation ? pourquoi nous avons autant peur de ce que pourrait devenir un enfant qu'on n'aurait pas suffisamment cadré. Rentrons donc directement dans le vif du sujet. Pourquoi pense-t-on qu'il faut apprendre à obéir pour devenir un bon adulte ? Comme je vous le disais tout à l'heure en introduction, aujourd'hui on se projette trop non pas sur l'enfant que l'on a aujourd'hui, mais sur l'adulte qu'il va devenir demain. Le problème c'est qu'on se projette avec en face de nous un enfant qui a encore une immaturité cérébrale qui n'est pas au stade de l'adulte. Donc forcément on a un enfant... qui fait face à des contrarités, des frustrations, qui exprime sa colère d'une manière qui n'est pas acceptable. Et on se projette avec ce limite comportement sur l'adulte, mais en lui donnant des responsabilités d'adulte. Donc vous voyez, il y a un écart et ce n'est pas possible du coup de se dire « Ah bah oui, mon enfant, en grandissant, il va apprendre tout à petit qu'on ne peut pas exprimer la frustration comme ça, qu'on ne peut pas exprimer la colère comme ça. » Mais nous, on est là face à nos enfants de 2, 3, 4, 5 ans et on se projette avec ce caractère qu'ils ont aujourd'hui sur l'adulte qu'ils vont devenir demain. Et forcément, ça, ça ne fonctionne pas. Parce que oui, comme je vous le disais, aujourd'hui, nous, quand on entend un bon adulte, on imagine souvent quelqu'un qui travaille sérieusement, qui va respecter les règles, il a sa hiérarchie, qui va accepter des contraintes, qui sait se contrôler, qui sait s'adapter, qui ne pense pas que tout lui est dû, qui sait vivre avec les autres et qui accepte qu'on lui dise non. Je ne sais pas si vous, là, vous vous rendez compte, mais en fait, tout ce qu'on espère du bon adulte, c'est ce qu'ils ne sont pas encore capables de faire aujourd'hui. Pas parce qu'ils n'ont pas envie, mais parce qu'ils ne peuvent pas à cause de leur cerveau. Le problème de ce mélange, c'est que ça va créer une sorte d'équation dans notre tête qui est s'il apprend à ouvrir maintenant, il respectera les règles plus tard. S'il apprend à accepter la frustration, il supportera les contraintes de sa vie adulte. S'il apprend à respecter l'autorité, il respectera son patron. Et enfin, s'il apprend à se conformer, il saura fonctionner en société. Et oui, cette logique, elle part d'une intention qui est compréhensible. Parce qu'on veut préparer son enfant à la réalité, lui transmettre des valeurs, lui apprendre à vivre avec les autres. Mais je pense qu'il est important de se poser les bonnes questions. Pourquoi avons-nous associé ces qualités adultes à de l'obéissance ? Pourquoi pensons-nous qu'un adulte responsable est forcément quelqu'un qui a appris très tôt à obéir ? Pourquoi imaginons-nous qu'un enfant qui discute deviendra un adulte incapable de supporter la moindre contrainte ? Et du coup, pourquoi pensons-nous que la frustration doit être imposée pour être apprise ? Et pour répondre un petit peu à ces questions, je pense qu'il est important de remonter dans notre histoire, et donc là je parle de l'histoire de la France en quelque sorte, parce que pendant longtemps, notre société a fortement valorisé l'obéissance. Le devoir, le respect de la hiérarchie, le travail, le fait de tenir en place par exemple. Et ces valeurs ont participé à une certaine conception du citoyen et du coup du bon adulte. Certaines de ces représentations se transmettent encore aujourd'hui. Mais aujourd'hui, est-ce qu'un adulte qui fonctionne bien est seulement un adulte qui obéit ? Ou est-ce que finalement c'est aussi un adulte qui va être capable de réfléchir, de prendre des initiatives, de communiquer, de négocier, de poser ses limites parce que ça c'est super important et on le voit aujourd'hui. beaucoup d'adultes n'arrivent pas à poser de limites, mais est-ce que c'est aussi quelqu'un qui va être capable de faire des choix, d'exprimer un désaccord, de coopérer, ou même de faire preuve de critique ? Du coup, la question que je me pose, et que vous, vous devez aussi vous poser, c'est est-ce que je cherche à transmettre à mon enfant les compétences dont il aura réellement besoin adulte, ou est-ce que j'essaie de le faire correspondre à l'image que j'ai moi-même reçue du bon adulte, et donc de transmettre quelque chose que l'on transmet de génération en génération ? Et peut-être qu'aujourd'hui vous n'arrivez pas à sortir de ce qui est transmis de génération en génération parce que vous avez besoin d'être rassuré. C'est pour ça que là j'ai envie d'aller parler un petit peu plus du côté des études, de voir ce qui se passe un peu ailleurs pour peut-être vous aider à voir les choses différemment. Et je vous propose donc de regarder d'abord ce qui se passe du côté des études. Il y a de nombreux chercheurs qui ont distingué plusieurs manières d'éduquer. Donc il y a certaines qui reposent beaucoup sur le contrôle, l'obéissance et la pression, donc c'est ce qu'on appelle aujourd'hui... plutôt l'éducation autoritaire, et d'autres qui vont associer plutôt un cadre clair, des limites, de la chaleur, de l'écoute, et on va dire une place progressive donnée à l'autonomie. Donc là, on est plus dans l'éducation bienveillante, positive, consciente. Bref, vous l'appelez comme vous voulez. Les grandes synthèses scientifiques ne montrent pas que plus on contrôle un enfant, plus on exige son obéissance, plus on lui impose des choses, et plus on obtient automatiquement un adulte responsable. Au contraire. Les études montrent que les pratiques parentales très dures, très contrôlantes, sont associées à davantage de problèmes de comportement, de comportements agressifs ou oppositionnels, de difficultés émotionnelles comme davantage d'anxiété, de symptômes dépressifs ou de difficultés à intérioriser, et davantage de difficultés sur de l'adaptation sociale. Et à l'inverse, les pratiques qui vont être plus autour, donc de la chaleur, du soutien affectif, de règles et de cadres clairs, Eux sont davantage associés à moins de problèmes de comportement, moins de difficultés émotionnelles, davantage de comportements prosociaux comme coopérer, aider, partager ou prendre en compte les autres, donc de l'empathie, et une meilleure intériorisation des règles et des valeurs. Alors attention, évidemment, ça ne veut pas dire que si je pose beaucoup de règles, mon enfant aura des problèmes, ou si je suis bienveillant, mon enfant deviendra forcément un adulte équilibré. Les recherches le montrent et le disent. Ce sont surtout des associations statistiques avec beaucoup d'autres facteurs qui interviennent dans le développement d'un enfant. Et évidemment, un style éducatif ne détermine pas à lui seul l'adulte que l'enfant deviendra. Mais du coup, ce qui est intéressant de retenir, c'est que les recherches ne nous disent donc pas simplement plus d'autorité égale meilleur adulte. Par contre, elles montrent que certaines pratiques sont associées à la manière dont l'enfant va développer son comportement, ses émotions et ses relations aux autres. Et ça, c'est quelque chose qui est important. parce qu'elles ne disent pas qu'il faut apprendre à un enfant à obéir pour qu'il devienne un adulte responsable. Et honnêtement, les pays du Nord en sont le parfait exemple parce que quand on regarde par exemple la Suède où les châtiments corporels ont été interdits en 1979 et où les pratiques éducatives ont progressivement évolué vers moins de punitions physiques, on ne constate pas une génération d'adultes incapables de vivre en société parce qu'ils auraient manqué d'autorité dans leur enfance. Non, au contraire, on y voit une civilisation où justement on dit que c'est l'un des pays où il fait le plus bon vivre, on y voit des adultes responsables, des adultes bienveillants, bien éduqués, pour autant ça fait de nombreuses années qu'eux n'ont plus la punition corporelle. Donc ça justement, ça nous permet de nous dire, ok, on ne peut pas attribuer les caractéristiques d'une société entière à un style parental, oui, mais par contre ça suffit déjà à questionner l'idée selon laquelle il faudrait nécessairement beaucoup de punition ou d'obéissance pour fabriquer des adultes responsables. Et attention du coup à ne pas tomber dans l'autre extrême, puisque les recherches ne disent absolument pas « soyez permissif, laissez votre enfant tout faire » . Non, elle dit juste qu'on peut sortir de l'équation le « autorité égale obéissance égale bon adulte » . Ce n'est pas que ça. Et peut-être que là, quand je vous ai dit tout ça, vous vous posez une question de « mais oui, mais Romane, s'il n'obéit pas, comment va-t-il apprendre les règles ? » Et je pense que là, il est important de faire une distinction qui me semble pour moi essentielle, c'est respecter une règle, parce que sinon je vais... punie, sinon mes parents vont se mettre en colère parce que j'ai pas le choix, versus comprendre pourquoi une règle existe, comprendre l'impact sur les autres et progressivement l'intégrer afin d'être capable de la respecter même lorsque personne ne surveille. Parce que justement, si on veut que nos enfants deviennent des adultes conscients de ce qu'ils sont en train de faire, il est important que l'objectif, ce ne soit pas seulement obtenir le bon comportement lorsque l'adulte est présent. L'objectif peut être aussi développer le jugement, apprendre à prendre en compte les autres, comprendre les conséquences, apprendre à coopérer, et donc, par la force de ces choses, de devenir progressivement capable de faire les bons choix, que mes parents soient là ou non à l'âge enfant, adolescent, et évidemment adulte pour qu'ils soient. autonome. C'est justement ça qui est intéressant dans notre vision de l'adulte. Un adulte responsable n'est pas seulement un adulte qui obéit, mais c'est aussi quelqu'un qui va savoir réfléchir, coopérer, accepter oui certaines contraintes, mais aussi comprendre les règles, questionner une règle qui peut être injuste ou non, exprimer un désaccord de façon correcte, et prendre ses responsabilités en fonction. Et si vous voulez que plus tard votre enfant adulte soit capable de faire ça, pourquoi son éducation devrait-elle Merci. principalement lui apprendre à ne pas discuter et à obéir. Parce que soyons honnêtes, si on leur apprend simplement à obéir et à ne jamais discuter, ils ne pourront pas plus tard être des adultes qui auront cette capacité. Rappelez-vous, nous nous construisons sur ce que nous apprenons étant enfants. Donc si enfant, on nous apprend à ne jamais nous plaindre, à jamais discuter les règles, à ne pas nous poser de questions, à obéir, et bien forcément, à l'âge adulte, on sera dans ce même schéma qui est on ne pose pas de questions, on ne pose pas de limites. On nous dit de faire quelque chose, même si on n'est pas d'accord, on le fait, etc. Et honnêtement, je vais peut-être vous dire quelque chose qui va vous choquer, mais je pense que quand on devient parent, évidemment, on veut le meilleur pour nos enfants. Et donc, comme je vous le disais en introduction, on pense souvent à « aujourd'hui, je fais ce qu'il y a de mieux pour mon enfant, pour qu'il devienne l'adulte demain qui sera épanoui » . Mais je pense qu'il y a aussi un peu d'hypocrisie derrière ça, et il faut l'accepter, parce que c'est complètement normal. Mais il y a au fond une sorte de deuxième couche qui touche en fait l'estime de soi. La notion d'avoir été un bon parent ou non est donc l'estime que l'on a envers nous-mêmes. Je vais prendre deux exemples pour que tu puisses voir où est-ce que je viens. Par exemple, les gens qui vont me dire « oui, mais on va en faire des enfants rois » . Ce qu'ils sont en train de me dire derrière cette phrase, c'est « il faut lui apprendre qu'il y a des règles » . Dans leur tête, s'ils sont un peu plus sincères, ils se diront « bah oui, mon enfant, il ne peut pas penser que tout lui est tu, est-ce qu'il va devenir égoïste, et s'il ne supportait jamais qu'on lui dise non, et si plus tard il n'arrivait pas... » à le gérer, donc tu te dis, voilà, là c'est mon rôle de parent de protéger mon enfant et de faire en sorte qu'il ne soit pas trop en difficulté. Mais si on va plus loin derrière ça, si on se pose vraiment la question de fond derrière, c'est la question, ce serait plutôt, et si je ratais mon éducation ? Et si son futur comportement était la preuve que j'ai mal fait mon travail de parent ? Autre exemple, par exemple, les gens qui me disent, il faut qu'ils apprennent à gérer leur frustration. Ce qu'ils sont en train de dire, c'est, on ne peut pas céder dès qu'ils pleurent, ou dès qu'ils font une colère, etc. Et dans leur tête, c'est... de la protection vers leurs enfants, en se disant bah oui, mais la vie, elle va pas leur faire tout le temps du cadeau. S'il obtient toujours ce qu'il veut, il peut devenir fragile, parce que eux-mêmes ont été confrontés à ça et ça leur fait peur. Il faut qu'ils s'endurcissent maintenant. Mais derrière, la vraie peur, en fait, ce sera de se dire mince, je n'ai pas su le préparer. J'ai mal fait mon travail de parent. Et donc, ça vient toucher ton estime de toi. Et donc, ce que toi, tu vas considérer avoir été comme capable d'être un bon parent ou non. Et en fait, le comportement de ton enfant aujourd'hui ou lorsqu'il sera adulte, va devenir la preuve de la qualité de ton éducation. Son comportement devient, d'une manière un petit peu indirecte, une preuve de ta valeur comme parent. C'est pour ça que quand ton enfant obéit, tu te dis « je fais bien » , quand mon enfant désobéit, tu te dis « allez, je dois faire quelque chose qui va bien » . Et en fait, si tu as besoin de contrôler le comportement de ton enfant, c'est parce que ça te permet de te rassurer sur sa propre capacité à être un bon parent. Et je pense honnêtement que la peur la plus profonde, ce n'est pas forcément l'avenir de l'enfant. Évidemment, ça nous tient à cœur et évidemment, on veut le meilleur pour eux. Mais pour certains, ce qui nous terrorise au plus profond de nous, c'est ce que le comportement de l'enfant fait vivre aux parents dans le présent ou dans le futur hypothétique. Du coup, tu vas te mettre dans l'autorité forte parce que dans le présent, par exemple, ton enfant te dit non, toi tu vas te dire inconsciemment, ah là là, je ne me sens pas écoutée. Le fait de ne pas être écoutée, tu vas te dire, aïe, je n'ai aucune autorité. le fait de ne pas avoir autorité ça veut dire aïe je perds ma place et donc si je perds ma place j'ai un sentiment d'impuissance et donc c'est tout ça qui va faire que du coup tu vas remettre de l'autorité ou alors c'est dans l'anticipation de l'adulte qui deviendra et donc là ce sera la peur d'être confronté au jugement de voir la réalité en face et donc d'être là en mode bah mince j'ai plus de pouvoir j'ai plus la main sur tout ça et je me sens aussi impuissant il peut y avoir un peu des deux il peut y avoir l'un ou l'autre mais c'est ce qui peut faire que parfois on va être dans l'autorité, dans le respect de l'obéissance, pas pour forcément notre enfant, mais pour soi, pour ce que ça nous dégage en nous. Et si justement tu sens que parfois le comportement de ton enfant peut venir toucher ton estime de soi, alors sache que j'ai fait un épisode, il y a deux épisodes de ça, sur pourquoi le comportement de nos enfants peut-il autant toucher notre sentiment d'être un bon parent. Et je pense que c'est super important que tu puisses te poser les questions sincèrement aujourd'hui. C'est de te demander, est-ce qu'aujourd'hui j'ai le sentiment que les seules choses qui m'importent sont quelles phrases dois-je utiliser pour qu'ils obéissent, quelles conséquences je dois mettre, comment faire pour qu'ils comprennent. pour qu'il obéisse, alors tu passes à côté de la vraie question selon moi. C'est pourquoi est-ce que c'est si important pour toi qu'il obéisse ? Et parfois la réponse, tu le verras, ce ne sera pas simplement parce que c'est bon pour lui. Ce sera aussi peut-être parce que lorsqu'il ne m'écoute pas, je me sens incompétent. Parce que j'ai peur de rater son éducation. Parce que j'ai besoin de sentir que je fais bien. Parce que je ne supporterai pas me dire que j'ai échoué comme parent. Et c'est là que le travail thérapeutique va pouvoir t'être utile. Parce que dedans, on va pouvoir travailler par exemple L'estime de soi comme parent, la peur de l'échec, le besoin de contrôle, la croyance autour du bon parent, la responsabilité que l'on s'attribue dans ce que devient son enfant, la tolérance aussi à l'incertitude, le regard des autres. Bref, toutes ces questions qui sont importantes. Et attention, faire un travail sur soi ne signifie mais alors pas du tout arrêter de vouloir le meilleur pour son enfant. Ça veut juste apprendre à distinguer. Je veux lui transmettre cette valeur parce qu'elle est importante pour moi. J'ai besoin qu'il adopte ce comportement pour me sentir rassurée sur le parent que je suis. Et souviens-toi, si tu souhaites que l'on en discute, je propose justement des rendez-vous gratuits pour qu'on puisse échanger sur tout ça. Je te mets toutes les informations dans la description, donc n'hésite pas, ça te permettra de savoir si ça peut te convenir, si je peux te convenir, et qu'on puisse échanger autour de tes difficultés et que je puisse te dire si un travail thérapeutique est vraiment nécessaire pour toi ou pas. Et tu vois, je pense que c'est super important que tu te poses la question et même si tu n'entreprends pas un travail thérapeutique sur toi, Au moins que tu te poses tes questions. Parce que pour moi, le problème, c'est qu'à force, cette peur, elle peut nous faire confondre la responsabilité qu'on a en tant que parent et le contrôle. En fait, il y a une distinction qui est importante. C'est que oui, c'est sûr, on a une responsabilité, nous, en tant que parents. Et ça, c'est notre devoir, c'est normal. On a notre influence sur eux. Nos comportements comptent. Notre manière de poser des limites, par exemple, compte. Notre relation avec notre enfant compte. Ça, oui, absolument. Mais avoir une responsabilité ne signifie pas... avoir le contrôle sur tout. Et le truc, c'est que parfois, lorsqu'on a très peur de mal faire, on transforme notre responsabilité en obligation de résultat. Comme si je suis responsable de ce que je transmets, devenez, je suis responsable de la personne qu'il deviendra. Et ça, c'est pas du tout la même chose. Parce qu'on peut transmettre le respect, la responsabilité, l'empathie, l'autonomie, le goût de l'effort, l'importance des règles, bref, tout ce que tu veux, mais pour autant, on ne peut pas garantir que notre enfant deviendra... exactement l'adulte que l'on avait imaginé. J'ai presque envie de dire heureusement, on est des êtres humains et pas des robots, on n'est pas des labradors. Et bien oui, on nous éduque, mais on ne devient pas exactement comme on souhaite. Et c'est à la fois magnifique parce que ça montre bien que chaque être humain sur Terre a son libre arbitre, a sa façon de penser, et en même temps, oui, c'est terrifiant. Parce que ça voudrait dire que dans une certaine mesure, on doit accepter une part d'incertitude, d'impuissance et de lâcher prise. Et ça... c'est pas évident, surtout pour nos enfants parce qu'on les aime et qu'on veut aussi d'une certaine manière le meilleur pour eux et on veut toujours comme je vous le disais le meilleur pour nous aussi. Alors maintenant la question à vous poser c'est comment savoir si vous êtes en train de transmettre quelque chose à votre enfant ou de vous rassurer. Et donc ça pour ça vous pouvez vous poser des questions qui sont très concrètes. C'est quand mon enfant ne fait pas ce que je lui demande. Est-ce que je pense par exemple il a besoin que je lui apprenne cette compétence ou il faut absolument qu'il m'écoute Si par exemple ton enfant s'oppose Est-ce que tu vas te dire, ok, là je suis capable de tolérer qu'il ne soit pas d'accord avec moi, ou est-ce que son désaccord te donne plutôt l'impression qu'il est en train de te défier, que tu es en train de perdre ton autorité, ou que tu n'es pas respecté ? Autre situation, quelqu'un est en train de te regarder quand ton enfant est en train de faire une colère, est-ce que tu restes centré sur ton enfant en te disant, je vais faire ce dont il a besoin de moi, ou est-ce que directement tu te dis, oh là là, qu'est-ce que les gens vont penser de moi ? Et la question je dirais même à... te poser de manière beaucoup plus globale, c'est si personne ne pouvait jamais juger ma manière d'éduquer et si je savais que mon enfant allait bien grandir, bien devenir, malgré peut-être mes erreurs, qu'est-ce que je ferais différemment ? Et grâce à cette question, tu vas pouvoir justement comprendre tes valeurs, est-ce qu'il y a une peur du jugement, tes convictions, est-ce que tu as un besoin de réassurance, est-ce qu'il est plus ou moins fort, qu'est-ce que tu veux réellement transmettre, et qu'est-ce que tu es capable de faire, jusqu'où tu es capable de faire Merci. pour ne pas sentir le fait que tu es un mauvais parent. Alors évidemment, je le rappelle, peu importe la réponse que tu te donneras par rapport à cette question, évidemment je ne suis pas en train de dire qu'il ne faut plus mettre de limites à nos enfants, qu'il faut tout laisser faire, évidemment que non, les enfants ont besoin de limites, ils ont besoin de cadres parce qu'en fait ça les rassure, ça les sécurise, ça les aide à évoluer, donc ça oui. Maintenant il y a une manière de poser évidemment la limite et le cadre, mais je pense que vous avez compris, vous savez mon positionnement qui est dans l'éducation bienveillante, donc évidemment tout nous ramène. toujours à ça, parce que je suis persuadée qu'on peut poser la même limite mais depuis deux endroits psychologiques complètement différents. Par exemple, on peut dire tu ne peux pas taper ton frère, il y a soit c'est j'ai besoin que tu te soumettes à ce que je te dise, ou alors c'est je dois protéger ton frère et t'aider à apprendre à gérer ce conflit. La limite peut être la même, mais ce qui se passe à l'intérieur du parent, on va dire, n'est pas du tout la même chose. On arrive bientôt sur la fin de cet épisode, et ce que j'aimerais que tu comprennes, c'est que Aujourd'hui, on a beaucoup parlé de l'obéissance comme si elle était une compétence que l'enfant devait absolument acquérir pour devenir un bon adulte. Mais finalement, et comme toujours j'ai envie de dire, la question est plus complexe. Oui, nous voulons que nos enfants deviennent responsables, capables de vivre avec les autres, capables de respecter certaines règles, être autonomes, avoir de l'empathie. Mais aucune de ces qualités ne se résume à savoir obéir. Et surtout, je pense qu'il est important de comprendre que derrière notre volonté de bien éduquer nos enfants, Oui, bien sûr, on le fait avec sincérité parce qu'on veut leur bien. Mais je pense qu'il faut aussi accepter de comprendre que derrière, il y a quelque chose de beaucoup plus personnel. La peur de mal faire, la peur de rater son éducation, la peur de ne pas être à la hauteur, la peur que son comportement soit la preuve de notre échec. Bref, ça c'est propre à chacun. Et lorsque cette peur devient très forte, nous pouvons chercher à contrôler davantage son comportement. Non seulement pour lui apprendre quelque chose, mais aussi pour nous rassurer nous-mêmes. Alors, est-ce qu'un enfant qui obéit devient vraiment un adulte bien éduqué ? Je pense que vous l'avez compris, la réponse peut être nuancée, mais ce n'est pas une obligation certaine. Donc, c'est là où on peut justement voir les choses différemment. L'obéissance n'est pas en elle-même une garantie de réussite adulte. Et peut-être que le vrai sujet n'est donc pas comment faire pour que mon enfant obéisse davantage, mais plutôt qu'est-ce que j'attends exactement de l'adulte qui deviendra ? Pourquoi ai-je ? autant besoin d'être certain de bien éduquer, qu'est-ce que je crains que son comportement dise de moi ? Et surtout, si mon enfant ne devient pas exactement l'adulte que j'avais imaginé, qu'est-ce que cela viendra dire de moi ? Parce qu'à partir du moment où notre estime de nous-mêmes dépend en partie de la manière dont notre enfant se comporte, ou de l'adulte qui deviendra, chaque opposition va devenir une menace. Chaque difficulté pourra devenir un échec. Et chaque erreur devient une preuve que l'on ne fait pas assez bien les choses. Et c'est donc là que le travail thérapeutique peut commencer. Et attention, ce n'est pas pour apprendre à être un parent parfait, parce que ça, je vous l'ai toujours dit, ça n'existe pas. Pas pour supprimer toutes nos peurs, parce que ça aussi, ce n'est pas possible. Mais pour comprendre pourquoi certaines situations nous touchent autant. Pourquoi nous avons besoin de contrôler certaines choses. Quelle croyance nous portons sur le bon parent. Ce que nous avons appris sur l'autorité, ce que nous craignons de reproduire. Et pourquoi l'idée de ne pas être à la hauteur est parfois si douloureuse. Et peut-être que finalement, être un bon parent ne consiste pas à réussir à contrôler l'adulte. que notre enfant deviendra. Parce que c'est aussi accepter de ne pas tout maîtriser, transmettre ce qui compte vraiment pour nous, et aussi faire confiance à son enfant. Et accepter que son histoire ne sera jamais entièrement sous notre contrôle. Et peut-être parce qu'au fond, la question n'est pas est-ce que mon enfant obéit suffisamment pour devenir un bon adulte, mais plutôt, est-ce que je peux l'accompagner vers l'âge adulte sans avoir besoin de contrôler qu'il deviendra pour me sentir moi comme un bon parent. J'espère que cet épisode vous a plu. N'hésitez pas si vous voulez qu'on échange là-dessus sur les réseaux ou par mail. Et puis moi, je vous dis à très vite pour un nouvel épisode. Salut !