- Speaker #0
Anis de l'époque c'est un book du 9-3 Qu'est-ce que t'en penses d'ailleurs de ce qui a été mis en avant ? Le rap c'est incroyable, on voit même pas ce qu'il y a d'autre Merci de m'exister Ça me rappelle du jour où Mammouth nous l'a ramené sur la route de Memphis des D.
- Speaker #1
Mitchell Est-ce que t'as un petit mot de fin ?
- Speaker #0
POU POU POU POU !
- Speaker #1
Quel est le souvenir de ton enfance qui t'a marqué ?
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a une personne qui t'a inspiré ?
- Speaker #1
Mais non, attends attends Est-ce qu'il y a une chose qui symbolise ton enfance ? Donc attends, tu dirais que tu t'es vu à où ? On parle souvent de ce qui nous sépare sans même mettre en avant ce qui nous rassemble. Les bangers de notre enfance. Un son, une odeur, des jeux, un texte. Qu'est-ce qui nous lit ? Comme disait Aïna, je réalise que les mêmes rêves nous font et nous rassemblent. On se connaît et je sais qu'on se ressemble. J'ai décidé d'avoir ces discussions avec de multiples personnes car nous avons tous des rêves communs. Une histoire inspirante à raconter. Ce qu'on veut aujourd'hui, c'est ton histoire à... Toi, et toi aujourd'hui, c'est un nouvel invité. D'ailleurs, c'est le premier homme que je reçois dans un loukou. Il faut savoir que depuis que j'ai fait une petite liste du potentiel de gens que je veux inviter, il y a beaucoup de femmes. Peut-être parce que les femmes sont très inspirantes, qui sait, je ne sais pas. Mais là, c'est le premier homme qu'on reçoit, donc il a un peu la pression, j'imagine.
- Speaker #0
Non, mais je peux y aller, sinon...
- Speaker #1
Et du coup, c'est M. Anis Rali qu'on reçoit aujourd'hui dans un loukou.
- Speaker #0
Yo ! Ça va mon gars ?
- Speaker #1
Ça va Ytouan ?
- Speaker #0
J'espère que je vais être inspirant.
- Speaker #1
On espère, on verra les rêves que tu vas nous lâcher aujourd'hui. Merci en tout cas d'avoir accepté mon invitation. C'est lourd. Juste pour refaire un petit brief et un petit point pour celles et ceux qui nous écoutent pour la première fois, l'objectif de Haloukou c'est qu'on retrace tes rêves culturels. Je sais pas, ce que tu regardais à la télé, peut-être un plaques à forger ton goût, tes passe-temps plus jeune, etc. Et on voit dans quelle mesure et comment toutes ces rêves, elles ont permis de te déterminer aujourd'hui. Parce que l'objectif, au-delà de tout ça, c'est vraiment de montrer, comme vous l'avez entendu dans l'intro, ce qui nous rassemble. Tu connais, dans les médias, on voit beaucoup...
- Speaker #0
L'inverse.
- Speaker #1
C'est de leur faute, c'est si. Pendant le ramadan, on a vu que c'était de la faute des musulmans qui avaient pu...
- Speaker #0
Bon, il n'y a pas que pendant le ramadan.
- Speaker #1
Là où... C'est toujours de la faute des musulmans. Quand il y a un truc, c'est les...
- Speaker #0
On est là pour ça, t'inquiète. Nous, ça nous fait plaisir, en vrai. Comme ça, on vous enlève toute la pression des épaules, et on prend, tu vois, il n'y a pas de galère.
- Speaker #1
Franchement, merci d'exister.
- Speaker #0
Vous nous dites, hein. Sinon, la vie, elle est trop dure.
- Speaker #1
J'ai un problème sur ma voiture, c'est un peu chiant.
- Speaker #0
Je pense que c'est l'islam. D'après mon expertise de loin, je n'ai pas vu ta caisse. C'est quoi comme caisse ?
- Speaker #1
Putain,
- Speaker #0
Clio 2. C'est sûr et certain.
- Speaker #1
Du coup, l'objectif, c'est qu'on retrace qui tu es, tu auras tes petits rêves, tu vas nous présenter aussi l'objet que tu as apporté, que je n'ai pas vu, et à la fin, tu auras ta petite carte blanche, tu pourras balancer de la manière dont tu souhaites ton message inspirant aux gens. Tu as préparé un truc ?
- Speaker #0
Oui. Ah si si, j'ai essayé de gratter un truc ce matin et j'allais être trop en retard mec. Donc j'ai repris un truc que j'ai déjà écrit.
- Speaker #1
C'est pour ça que t'es arrivé en avance ?
- Speaker #0
Ouais c'est pour ça. C'est un peu pour ça ouais.
- Speaker #1
On vous passera les coulisses. Du coup, ce que je te propose, on commence avec la première partie. Initialement j'avais l'appelé l'interview « À l'époque » , d'accord ? Mais la dernière invitée a dit « On le renomme par l'époque » .
- Speaker #0
Ok. Donc c'est plus moi là. Ça me va très bien.
- Speaker #1
Ça s'appelle T'as à l'époque. Ok. D'ailleurs si à un moment donné t'as envie de renommer quelque chose dans le podcast... Ok,
- Speaker #0
chacun amène ça. Voilà.
- Speaker #1
C'est de la co-construction.
- Speaker #0
Avant tout.
- Speaker #1
Ok. Du coup, l'idée de T'as à l'époque c'est que... Non déjà, est-ce que tu peux te présenter rapidement ? Je suis un ouf, le gars est débile de ouf, on sait pas qui tu es. On sait peut-être, mais tu peux te présenter.
- Speaker #0
Si on est obligé ? Rapidement,
- Speaker #1
qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ?
- Speaker #0
Non, ouais du coup... Je m'appelle Anis Rali, je suis un mec qui crée des trucs sur internet en gros, voilà. Lourd. Je te fais le truc en large, tu vois. Parce qu'après, je trouve, les gens, tu sais, ils aiment bien accumuler les taffes qu'ils font, genre ouais, je suis producteur, je suis truc, mais tout le monde fait mille trucs en vrai. Donc ça m'énerve dans les podcasts quand on dit, on ne sait plus comment te présenter, tu es à la fois ton propre monteur, tu es à la fois ton propre chauffeur, parce que tu te déplaces pour aller. Non mais du coup... Je trouve que c'est bien d'essayer de résumer un peu le truc. Donc tu crées des choses sur Internet. J'avoue, c'est trop évasif en fait.
- Speaker #1
Maintenant que je t'ai dit ça,
- Speaker #0
tu t'es dit, je ne sais pas, c'est d'un faux chef.
- Speaker #1
Mais ça va permettre déjà comme ça aux gens,
- Speaker #0
les gens. Oui, voilà, en tout cas, voilà. Tu connais,
- Speaker #1
tu cherches.
- Speaker #0
Je fais un peu de fiction, de flux, je fais un peu de tout. J'aime bien me servir du médium Internet pour créer des trucs. Trop bien. En gros.
- Speaker #1
T'es un mec du futur.
- Speaker #0
Je ne sais pas parce que maintenant, ce n'est plus le futur Internet. J'avoue.
- Speaker #1
C'est vrai que maintenant, je ne dis plus YouTubeur.
- Speaker #0
Oui, mais attends, c'est la base, mec.
- Speaker #1
C'est vrai en plus.
- Speaker #0
Tout le monde. C'est une folie. Ce n'est pas un truc de jeune.
- Speaker #1
C'est un truc de...
- Speaker #0
Tu m'avais tout seul là.
- Speaker #1
Si tu m'avais dit je suis tiktoker, on aurait dit j'avoue le mec. Ok, il crée des choses sur internet. Tu ne m'as pas dit les internets.
- Speaker #0
Sur le web. Bon,
- Speaker #1
on va enchaîner parce que là, on commence à arriver sur du France 5. Non, j'adore France 5, je ne vais pas les tailler. Bref, interview tard à l'époque. L'objectif, c'est que tu te présentes. Tu présentes le Anis de l'époque de manière globale et à la troisième personne. C'est un jeu un peu stylistique.
- Speaker #0
Par rapport à ma jeunesse.
- Speaker #1
C'est ça, ta jeunesse, où tu as grandi. Qui est le Anis de l'époque et dans quel environnement il s'est déterminé ?
- Speaker #0
Anis de l'époque, c'est un boug du 9-3, qui s'est façonné dans le 9-3. Donc dans beaucoup de mixité, beaucoup de... mélange, etc. Et du coup, Anis, de l'époque, il a eu une enfance cool. Je pense, d'après ce qui se rappelle. Et non, et du coup, pas spécialement de volonté de faire des trucs artistiques ou quoi. Mais les gens du Anis de l'époque trouvent ça évident qu'ils fassent des trucs artistiques après. Donc, sans s'en rendre compte, peut-être que le Anis de l'époque... qu'il a développé de la créativité ou autre, tu vois. Mais sans vraiment mettre le doigt dessus. Et puis voilà, un book du 9-3 de base. Un mec qui sortait au centre commercial, lisait des mangas. Voilà, rien de fou.
- Speaker #1
T'es la team manga. Est-ce que t'avais les chemises avec des dragons ?
- Speaker #0
Moi, j'ai pas eu ça, mais j'ai eu des trucs horribles. J'ai eu des trucs horribles. Les jeans avec des traits délavés, c'était... Oh, immonde, ceux-là. Ça, j'avais à fond, ça. Et après, j'avais toutes les pires godasses, les moins chères, mais qui avaient quand même une marque. Tu vois, le niveau 1 de la marque. Pas de bulles. Non, mais genre, les premières adidas, elles servent pour faire de la randonnée. Moi, j'avais ça en mode, c'était mon drip. Je mettais ça avec un jean. Les premières Puma éclatosses. Je me rappelle un jour, mon prof d'espagnol, mais c'était un taquin. Et les gens... Les gens, ils demandaient c'est quoi... Ouais, ils ont conjugué le verbe être, et je crois que ça faisait ERA, un truc comme ça, au futur, au passé, je sais plus. J'ai pas eu une bonne note au bac. Et les gens, moyen mémo technique, ils pensaient à la marque ERAM, c'est une marque de chaussures. Après, ils ont dit, mais ils font quoi comme chaussures ? Il a dit des chaussures claquées comme celles d'Anis. Je lui ai dit ah le bâtard ! Et moi c'est vrai que j'ai des vieilles chaussures, j'ai dit ah le chien ! C'est un salaud lui ! On aime ça, on aime la taquinade.
- Speaker #1
Non mais c'est ça et puis...
- Speaker #0
Non non je l'ai bien vécu.
- Speaker #1
Et du coup, ça y est, maintenant tu es...
- Speaker #0
T'es drippé ? T'es drippé. Non, même pas. Moi, j'avoue, je suis un mec confort, moi. Ouais. Tu veux qu'on parle swag, là ? Je savais pas que t'étais un podcast sur ça.
- Speaker #1
À tout moment, moi,
- Speaker #0
ça parle. Moi, je suis un gars du confort. Toi, t'es drippé, toi.
- Speaker #1
Non, arrête.
- Speaker #0
Ah si, arrête. Ça y est. Bah t'es au max !
- Speaker #1
Non on commence pas la chèvre, on fera ça plus tard.
- Speaker #0
Non mais on voit que tu prends les trucs bien coupés et tout. On est là. On va dire que t'as un regard. Moi je te dis la vérité, j'ai pas de regard.
- Speaker #1
Non j'ai des bons amis je dirais.
- Speaker #0
Ok. Non mais je sens que t'as un... Parce que pour moi c'est ça bien se taper, ça apprend un petit flair. Ouais. Sentir un peu la coupe du truc et tout. Moi c'est juste le confort mec. Est-ce que ma grosse cuisse va rentrer dans ce pantalon ? C'est tout ce qui m'importe.
- Speaker #1
Moi je trouve que c'est un confort plutôt homogène après, chacun...
- Speaker #0
Oui mais voilà c'est ça. Après il y a des gens qui me disent arrête tu... Oui, mais je veux dire que ce n'est pas réfléchi en premier par rapport au swerve. C'est plus réfléchi par rapport au confort.
- Speaker #1
Et tard à l'époque, à Nice, il a grandi dans quel type de quartier ? Est-ce qu'il avait des frères et sœurs ?
- Speaker #0
Tard à l'époque, à Nice, il a grandi dans un quartier pas trop la rue et pas trop riche non plus. Donc c'était parfait, un bon mélange des deux. Il y en avait pour tout ce que tu veux. Des vieux riches. et des mecs de cité donc c'est cool on était bien mélangé et après moi je suis fils unique je sais que c'est rare pour un arabe j'ai grandi avec mes grands parents en vrai enfin il a grandi avec ses grands-parents il est dur ton jeu là Je suis le mec narcissique.
- Speaker #1
Eh oui, il a grandi.
- Speaker #0
Je suis envie d'être humble. Je trouve que c'est trop cela raconté. J'ai grandi avec mes grands-parents. Du coup, en vrai, il y avait plein de gens, beaucoup de cousins, tout ça. Je ne me suis pas trop senti dans un mood fils unique. Vraiment, moi, je n'ai pas grand-chose de négatif à dire. En tout cas, je retiens grave du positif d'être hyper mélangé, d'avoir une grande famille. Aussi, les grands-parents, c'est l'endroit où les gens viennent. pour faire les fêtes, etc. Donc voilà, à domicile pour le clubbing, c'était cool.
- Speaker #1
Archi bien. Archi bien. Du coup, ce que je te propose, c'est qu'on passe direct à la partie 2. La partie 2, c'était le « c'était mieux avant » .
- Speaker #0
Tu connais cette expression un peu.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu en penses d'ailleurs du « c'était mieux avant » ?
- Speaker #0
Moi, je ne dis jamais ça. Quand je dis ça, pour moi, c'est un échec. J'ai l'impression que j'ai raté quelque chose. Je me sens boomer, réac. Ça ne sent pas bon quand on dit ça en général. Ça sent très mauvais. Mais après, ça peut arriver au cas par cas qu'il y a des choses qu'on préfère avant. Je pense que voilà, faut pas être non plus en mode s'interdire de penser ça, mais je veux dire que l'expression a été récupérée pour globalement être un peu conservateur, donc c'est pas cool. Ils ont galvaudé l'expression un peu quoi.
- Speaker #1
Clairement, en plus il y a plein de choses comme ça qui ont été un peu récupérées pour faire passer un peu des messages un peu étranges.
- Speaker #0
Négatifs, ouais.
- Speaker #1
Et donc c'était mieux avant parce qu'il y a quand même une idée de... Ouais,
- Speaker #0
ouais.
- Speaker #1
Moi ce que je kiffe c'est beaucoup la... En tout cas, à T-Person, c'est beaucoup la culture hip-hop. J'ai découvert assez tard la vraie essence de cette culture, d'où ça venait, pourquoi, qu'est-ce que ça racontait.
- Speaker #0
Et maintenant, tu dis que c'était mieux avant ?
- Speaker #1
Je ne dirais pas que c'était mieux avant, mais en tout cas, je dis que cet avant, il a permis, je pense, à des générations de comprendre d'où il venait. Et c'est ouf, parce que des problématiques d'à l'ancienne...
- Speaker #0
Bien sûr, elles résonnent encore aujourd'hui. Une folie. Ouais, à fond, ouais.
- Speaker #1
Et toi, il y a peut-être une culture ou un truc comme ça qui...
- Speaker #0
Là, c'est différent. T'es malin toi T'as pas dit si t'es mieux avant T'as dit l'avant il permet le maintenant C'est grâce à cet avant C'était lourd avant Bah en tout cas ça déjà Je suis mille fois d'accord Je trouve que c'est important d'un peu comprendre Tu vois par rapport au hip hop Si tu veux qu'on rentre là dedans Moi je suis pas du tout un gars même si j'ai l'air très vieux Par rapport au rap Je suis pas du tout un gars qui a connu les premières vagues Même les deuxièmes vagues Moi je me suis pris le rap au collège, quand ça passait sur Skyrock, du coup en fait c'était assez déjà avancé. C'était pas aussi mainstream que maintenant, mais c'était déjà avancé. Et après toutes mes gammes, je les ai fait après. Je trouve qu'il y a aussi une culture, une posture dans le rap, parce qu'aujourd'hui ça rapporte de l'argent. Être un spécialiste rap, être journalier, il y a une pression de dingue. Et du coup t'entends que des gens qui te donnent l'impression qu'ils connaissent tout. Mais il y a un peu ça aussi même dans le monde du podcast, quand t'écoutes un podcast, je sais pas... féministe et quoi que ce soit et tout, tout le monde a la posture de je suis calé dans tout. J'ai pas le droit d'avoir une faille sinon ça marche pas tu vois et moi j'avoue je suis pas dans ça tu vois. Moi genre récemment par exemple j'ai découvert, enfin pas découvert mais je me suis mis à comprendre le délire de Wu-Tang parce que j'avais la série etc et tout. J'assume c'est pas grave j'avais 5 ans quand il était au top donc je vais pas faire genre je connaissais de base ça fait 2-3 ans enfin un peu moins mais ça fait pas longtemps que je comprends vraiment le délire etc. Et je trouve ça bien, comme tu le disais, moi, de retourner, d'aller faire ces gammes, d'aller comprendre un peu tout. Et j'avoue, je suis tellement curieux que j'espère à terme dans ma vie le faire avec tout. Tu vois, je suis très sport, par exemple. Je suis beaucoup le sport. Il y a des sports, je les capte. Je suis un peu triste. Je me dis un jour, je vais les capter. Je ne sais pas quand c'est, mais dans dix ans, il faut que je capte le rugby. Je ne sais pas pourquoi je ne capte pas. Je veux aussi kiffer comme eux. laissez-moi aussi la lever une bière en l'air peut-être que je vais pas la boire mais je veux la porter et dire allez vas-y défonce tout bien sûr donc j'ai envie de goûter un peu à tout ça tu vois donc moi j'assume d'être hyper curieux et tout et aussi pour moi du coup c'est difficile de dire c'était mieux avant parce que il y a toujours des nouvelles choses qui se créent tu vois donc si t'es curieux tu veux de la nouveauté et cette époque de Skyrock tu disais c'était quoi t'as 2-3 rêves de rappeur,
- Speaker #1
de conteur que
- Speaker #0
Le gros mainstream, à l'époque, c'était gravé dans la Roche, Sniper, tu vois. C'était vraiment, ça passait tout le temps. Et moi, je dis toujours ça, j'étais persuadé que c'était dans la France. Enfin, je croyais que c'était déjà mainstream, le rap. Parce que dans le 9-3, en tout cas, au Cosme, tout le monde écoutait, même les profs, quoi. Donc, je me disais, Sniper et tout, c'est les plus grandes stars de la France. C'est après que j'ai découvert et quand il y a eu, on va dire, une nouvelle éclosion du rap dans les années 2010 et qu'on a commencé à dire, c'est le premier style écouté en France. Moi, j'avoue, je me suis dit... C'était pas déjà ça ! Moi j'avoue, dans ma bulle je me rendais pas compte tu vois ! Je me disais mais le rap c'est incroyable, je vois même pas ce qu'il y a d'autre ! J'ai grandi en étant sûr que c'était mainstream tu vois ! Donc c'est marrant de se rendre compte que ça dépend des bulles et des microcosmes dans lesquels t'es tu vois !
- Speaker #1
Et t'étais que rap ?
- Speaker #0
Non moi j'étais à fond R'n'B moi ! Mais j'avais honte tu vois ! Parce que moi j'ai grandi...
- Speaker #1
Toch c'était le mec qui connaissait tous les refrains genre !
- Speaker #0
Ouais ouais ! Non mais tu sais aussi, même tu vois, j'ai l'impression que ça c'est cool ! pour le coup c'est mieux maintenant mais à l'époque c'était beaucoup plus que les rosés il y avait les skaters et c'était très par communauté et genre t'es un mec du 9-3 t'écoutais du rap y'a personne qui disait non mais j'aime bien un petit taïk et tout c'était what ? personne pouvait dire ça donc moi j'allais dans mon coin j'allais écouter corneille en cachette dès que les gars ils arrivaient je mettais hop bouba nouvelle école ça va les gars ? J'étais dans ça, tu vois. Je pouvais pas, tu vois. Et après, je rentrais chez moi, hop, Willy Denzey.
- Speaker #1
Et tu faisais les chorés devant ton bureau. Non,
- Speaker #0
pas trop de danse, moi. Plus je tentais, en vrai. Ah ouais ?
- Speaker #1
Vas-y.
- Speaker #0
Non, mais genre, je gueulais dans ma chambre. Je mettais le son à fond, je chantais et tout. Dans l'après-midi, parce que sinon, mes grands-parents, ils allaient me goomer.
- Speaker #1
C'est ouf et pas chanson française tout ça ? Si, si.
- Speaker #0
Dis-toi même, c'est marrant que tu dises ça. J'avais des potes à moi, j'ai dédicace à eux. Mahmoud et Mohamed, des gros fans de Variette.
- Speaker #1
Dédicace à vous les meufs.
- Speaker #0
Vraiment, eux, c'était la rue en plus. Et genre, quand on était au lycée, on se captait sur le toit du lycée pour aller se faire découvrir des morceaux de Variette. Et je me rappelle du jour où Mahmoud, il a ramené sur la route de Memphis des Dimitres. En mode, il a dit, j'ai un banger là. Il nous l'a fait écouter sur son vieux Samsung. On était en mode, j'avoue, c'est lourd. J'écoutais le disque joker. On était à fond en mode genre, c'est un banger et tout. Mais on se cachait pour aller écouter ça. Et moi, j'avoue, je me suis toujours pris la variète et tout. Mais aussi après, j'ai fait mes gammes après. Il y a des morceaux de variète. Moi, un piano, piano-voix et tout, je trouve ça dingue. Déjà dans le R'n'B et dans le rap. Je ne vois pas pourquoi je ne trouverais ça pas dingue dans la variète.
- Speaker #1
Parce que Street Cred.
- Speaker #0
Non, mais voilà, piano-voix, moi... Dans n'importe quel style. Queen, Bohemian Rhapsody, au début c'est un piano voix, je suis dedans, je suis dans le train. Asnavour, des fois c'est piano, violon, voix, je suis dedans.
- Speaker #1
Il faut voir tous les sons de chansons françaises, ou même d'avant de ça ou le dernier.
- Speaker #0
Samplés, ouais. Qui sont samplés à fond. C'est une dinguerie. Ça fait partie aussi des gammes que tu disais. Des fois tu te rends compte de « Ah ok ! » Il y a des sons qui sont sursamplés, sursamplés, sursamplés. Des fois c'est le semble du semble qui est samplé. Tu te viens fou. Tu te dis « Mais what ? » Ça n'arrête jamais.
- Speaker #1
Archibien. Et est-ce que dans cette époque, dans cet avant où tu écoutais Skyrock, où tu écoutais du grave et dans la roche, dans cette époque, tu avais déjà potentiellement des personnes qui te faisaient rêver ou qui t'inspiraient déjà ?
- Speaker #0
Genre des artistes et tout ?
- Speaker #1
Des artistes ou pas, artistes ou...
- Speaker #0
Bah pas trop, tu vois. Franchement, j'aimerais te dire et tout, parce qu'en fait, très jeune, j'ai rencontré une rappeuse qui s'appelle Kazé, et qui m'a matrixé, et j'ai eu la chance de taffer avec elle, et ça a été mon mentor, et je pense qu'elle a façonné comment je fonctionne, si je suis honnête, mais j'avais peut-être 20, 21, tu vois. Et je pense qu'avant, genre, tu sais, j'étais le bouc de base. J'ai honte, mais j'étais le bouc de base, en mode, je me prenais le mainstream, tu vois. Et je me rappelle quand Jamel, ça sort, c'est une dinguerie. Son spectacle, je ne sais plus si c'est 100% de boule, je crois que c'est ça. Quand Gad Elmaleh, ça sort aussi, c'était fou. Le Jamel Comedy Club, quand ça arrive, c'est dingue. Bon, là, je ne parle que d'humour. Ou même les Smallville, les trucs de base. Moi, j'aime bien me rappeler qu'à un moment, parce que maintenant, tu vois, tu deviens élitiste. Là, je bosse un peu dans le ciné, tout ça. Tu deviens un peu cinéphile. Tu as vu le film coréen. Mais de base, en vrai, je n'ai pas envie d'oublier que j'étais... J'étais l'arabe de base en fait. Je me prenais juste sniper et je me disais c'est lourd en fait. J'avais pas eu de me dire non mais c'est pas vraiment travailler au niveau de... Et j'avoue j'avais pas, je voyais pas, j'aurais pas pu sortir des artistes comme ça, même si tout à l'heure j'ai dit Corneille, et j'avoue Corneille ça m'avait matrixé parce que j'avais 14-15 ans. Et tu sais, il y a toute l'histoire du génocide rwandais, etc. Et du coup, il avait commencé avec une musique très R'n'B, avec un morceau qui s'appelait Avec Classe et tout. Et dans son album, en fait, il parlait du génocide, il y avait des chansons très tristes et tout. Et j'avoue, je me le suis pris vraiment à fond. Je me le suis pris un peu en mode, la musique, c'est pas que... Donc ça a été un peu ma première porte où j'ai regardé un artiste en me disant, en fait, tu peux aussi raconter des trucs durs et tout. Paradoxalement, ce n'est pas ma vie, je ne suis pas du tout randé. Mais le premier truc où ça m'a un peu secoué, je me suis dit « Attends, il a tué des gens ? » Et du coup, j'ai écouté l'album un peu différemment.
- Speaker #1
C'est ouf que tu parles de Corneille, de cet album et de ce son. Parce que moi, je me souviens qu'on l'avait étudié nous en classe, en histoire. Ah oui,
- Speaker #0
il est bon ton prof.
- Speaker #1
C'était Madame Mignot, force à toi. Madame Mignot. Mignot,
- Speaker #0
force à elle.
- Speaker #1
Et franchement, c'est ouf parce que moi, j'ai trouvé ça trop bien qu'elle passe par le prisme de la culture et donc de Corneille et de son histoire pour justement parler du génocide. Non,
- Speaker #0
mais c'est fou cette prof. Moi, je n'ai même pas appris le génocide rwandais.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Ils ont skippé. Ils ont dit De Gaulle. Ils ont fait flash forward. Ok, énervé. Bah ouais, du coup, ouais. Ouais,
- Speaker #1
ouais. Et franchement, je trouve ça trop bien. Et franchement, Corneille, quel artiste.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais. Artiste de fou. Mais tu vois, je trouve qu'on retient beaucoup plus... Tu vois, même parce qu'on vient de loin, en fait, c'est un morceau où il parle de ça, quoi. Et on retient plus... que genre... Non mais le gars, il a vécu plus l'enfer, et il y a un peuple qui s'est fait génocider, c'est une dinguerie.
- Speaker #1
On a le droit de dire génocider, c'est un mot qui est bien.
- Speaker #0
Pour le coup, ça c'est... À l'époque, ça faisait partie des premiers où on disait ça, tu vois. Le génocide rwandais, on a toujours dit ça. Mais c'est vrai que maintenant... Peut-être qu'il dirait en réfléchissant, on a revérifié, c'est peut-être pas un génocide.
- Speaker #1
A tout moment ! J'adore quand ça part dans un côté un peu militantisme comme ça. J'en ai parti en manif là. A tout moment, je siamoute.
- Speaker #0
Bah vas-y, je garde les points.
- Speaker #1
Mais c'est trop cool. Et du coup, c'est plus tard, aux alentours de tes 20-21 ans, que tu as commencé potentiellement à rencontrer des gens qui concrètement t'ont inspiré ?
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
c'est tard. Bon, après, c'est toi, c'est ton...
- Speaker #0
Bah, tu sais, quand tu es dans le cursus scolaire, tu suis un peu la tête dans le guidon. Tu ne sais pas trop ce que tu veux faire de ta vie. Et du coup, j'avoue, je ne me permettais pas à rêver à l'artistique comme beaucoup de gens, en fait. Donc, je ne me disais pas que j'allais être artiste ou être créatif. Appelons ça comme on veut. Parce que aussi, le mot, il est très galvaudé. Mais du coup, c'est en faisant, j'ai commencé à faire du théâtre et des trucs comme ça. Et c'est à partir de là que j'ai commencé à me regarder autrement, à prendre mon recul. Et aussi à me sentir différent. Parce que comme je t'ai dit, tu vis dans le 9-3, on est tous mélangés, on ne se prend pas la tête. Tu n'as pas tant le recul sur un peu tout ça. Et quand tu arrives sur Paris, tu es dans un cours de théâtre et que tu es l'altérité, tu es le minoritaire et qu'on te regarde autrement et que tu te dis « Ah ouais, ok, d'accord ! » Moi, je croyais que j'étais Guillaume Canet. En fait, non, je suis un arabe qui veut faire ça. Je me suis dit « Ah ok ! » Parce que moi, je veux jouer tous les rôles. Ouais, mais en fait, là, tu vois, il y a plus tel rôle là, ce rôle là. Et puis là, dans tel film, à un moment, il va acheter de la drogue. Donc, il faut que quelqu'un lui donne la drogue dans la main. Ah ouais, ok.
- Speaker #1
T'as eu ce souci un peu de... C'est dingue, ça.
- Speaker #0
Non, mais j'ai eu que ça, mec. C'est pour ça que j'ai commencé à faire mes trucs. Moi, si je suis honnête, j'ai pris un mur comme ça. Après, j'ai dit bon, je vais créer mes trucs, tu vois. Et jusqu'à maintenant, c'est ça. Mais moi, mon truc de base, je voulais juste jouer dans des films. Pourquoi vous me faites chier ? Et après, je me suis dit, ah ouais, les films, c'est ça ? Ah, c'est ça, les scénars ? Ah c'est ça les castings ? Ouais. Bon bah attendez, y'a internet, autant créer nos trucs en fait. Ouais. Pourquoi on se prend la tête à essayer d'être en train de quémander des choses et tout ? Je veux un rôle, je veux... Ah non bah on peut se les faire nous-mêmes tu vois. Bon là je te dis ça avec le recul mais à l'époque j'étais plus en freestyle. J'étais retouché. Avec le recul je me suis dit, tiens c'est marrant, c'est devenu ça quoi. En tout cas.
- Speaker #1
Mais c'est bien que t'aies eu ce truc de te dire bah écoute, moi ça me correspond pas à ce que vous me proposez, ce que vous me montrez, c'est pas grave on va le faire nous-mêmes.
- Speaker #0
Ouais mais honnêtement, parce que là, avec le recul c'est ça. Mais j'avoue, au jour le jour, ce n'est pas exactement ça. C'est plus que tu vis mal un truc et tu essaies de rebondir et tu ne te rends pas compte que oui, on est une force. La meilleure personne pour s'aider, c'est soi-même. C'est con, mais je ne m'en suis pas rendu compte sur le coup. Mais je sais juste que, en tout cas, comme j'étais hyper créatif, même les problèmes, je trouvais des solutions créatives. C'est devenu à la fois mon taf et à la fois ce qui m'aidait. au jour le jour et au quotidien. Donc tu développes un truc où tu te trouves des solutions et t'entraînes un peu ton cerveau à ça. Et avec le recul, je me dis, ok, c'est ce que j'ai fait en fait. Parce que j'ai aussi des potes qui ont pris la voix et je les respecte de fou. Ils sont en train de tout défoncer aussi en se disant, moi, je ne vais être qu'acteur. Je vais y arriver, je vais faire des rôles pas oufs au début et je vais monter et je vais pouvoir choisir tel rôle. Et ils y arrivent aussi, tu vois. Mais moi, je pense mentalement et psychologiquement, ce n'était pas possible.
- Speaker #1
Il y a aussi une grosse génération aussi de... Et je pense que ça... Internet et YouTube et tout. Et puis à l'époque, il y avait aussi Vine, etc.
- Speaker #0
Moi, je suis un gars de Vine.
- Speaker #1
T'es un gars de Vine ?
- Speaker #0
Moi, j'ai commencé avec Vine. De base, je faisais du théâtre, après j'ai fait des Vines.
- Speaker #1
Ok. Mais toi, je ne savais pas. C'est ouf. Et tu faisais quoi ?
- Speaker #0
Je faisais des Vines, mec, des Vines-goleries et tout. J'essayais en six secondes, la contrainte, je kiffais ça. Moi, je suis vraiment le fils de Vine. Sans l'application, j'aurais… En fait, c'est ce qui m'a tout débloqué.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
C'est ce qui fait que j'ai eu du taf et tout. Tu regardais qui sur Vine alors ?
- Speaker #1
Bah moi, Mister V... Bah du coup,
- Speaker #0
il était déjà connu en fait. Oui, oui. Mais en fait, je te dis, peut-être que c'est pas palpable comme ça, mais il y a toute une génération de mecs qui sait... Genre un mec comme Willem, tu vois ?
- Speaker #1
Ouais, par exemple.
- Speaker #0
Bah il vient de Vine, tu vois. Donc l'application, je trouve qu'il y a... Parce qu'à l'époque, je trouve qu'il y avait... Bon, c'est un truc que j'ai déjà dit, mais... Il y avait un discours, quand YouTube arrive, de... Regardez, c'est trop cool. C'est plus les gens de la télé, c'est le peuple qui s'accapare le truc. Sauf que la première vague de YouTubeurs, je suis pas d'accord. Les premiers Youtubers, c'est des mecs qui avaient une caméra, qui savaient monter, qui... En fait, c'était déjà un truc, c'était pas accessible pour nous, tu vois. Et Vine, je trouve, c'est la première étape où genre, là, c'est tout le monde.
- Speaker #1
Ouais, tu prends ton téléphone, tu es créatif, t'es bon.
- Speaker #0
Et c'est pour ça qu'il y a eu beaucoup d'humoristes de la diaspora congolaise, par exemple. Il y a eu une vague nouvelle de créateurs qui a débarqué et tout, dont Willem faisait partie, dont mon frérot Freddy Gladio aussi faisait partie, enfin bref. Et je trouve que ça a commencé, et maintenant, ça s'est encore plus démocratisé. Mais au début, il y avait un truc où moi c'était frustrant d'entendre. Mais regardez tout le monde, les youtubeurs que vous voyez, ces gars-là, tels gars-là, tels gars-là. Ils sont comme nous. Je dis mais non, ils ont une caméra, ils savent monter. Ils ne sont pas comme nous, je n'ai pas de caméra.
- Speaker #1
Ils ont une chambre.
- Speaker #0
En vrai, tu vois. Et je me disais, il y a encore un petit élitisme, je ne dirais pas jusque-là, mais il y a une petite couche où ce n'est pas encore accessible. Moi, je veux, donnez-moi. Et Vine, j'avoue, c'était le premier truc où yes. Et encore, je te dis ça, parce qu'une fois, j'avais dit ça dans une interview il y a longtemps, dans les commentaires, il y a des gens qui disaient, il faut quand même un iPhone, ça coûte une blinde. Mais moi, à l'époque, peut-être que c'est plus vrai. Moi, j'avais taffé à Zara. tout l'été pour l'acheter l'iPhone, parce qu'avant j'avais un Blackberry, donc j'étais hyper concerné par ça, je me disais mais mon gars tu crois que je sais pas ou quoi ? Moi je suis allé taffer pour acheter l'iPhone et faire des vines, tellement ça m'avait excité, j'étais à Zara en mode quand j'aurai l'iPhone là, et genre mon premier vine, je me rappelle, il est tellement symptomatique du truc, dans la vidéo on voit la boîte de l'iPhone, tellement genre je viens de l'ouvrir, le gars...
- Speaker #1
Moi je veux pas attendre.
- Speaker #0
Dans l'iPhone il avait les applis de base, calculettes et tout, et vines, ça n'a aucun sens. Non mais du coup ça m'a trop aidé.
- Speaker #1
Et du coup je vais peut-être raccrocher ça, tu me dis si c'est vrai ou pas, mais à ce que tu disais juste avant, entre toute l'époque où tu avais tout plein de rôles qui ne correspondaient pas spécialement à ce que tu voulais faire, qui ne poussaient pas le délire, où on te donnait toujours les mêmes types de rôles, Vine, du coup internet et YouTube ça a permis justement à toutes ces générations de...
- Speaker #0
À fond ouais. Moi en vrai tous les meilleurs trucs que j'ai joués... C'est moi qui me les ai su écrire. C'est un peu égocentrique et tout, narcissique. Mais je n'avais pas le choix. Moi, j'ai fait un court-métrage qui parle de l'esclavage, etc. Et dedans, je joue un aveugle. Et c'était juste un kiff d'acteur de se dire, c'est quoi le rôle le plus technique à jouer ? Je me suis dit, jouer un aveugle, ce serait dingue. Et je suis parti que de ça. J'ai écrit tout ce truc. Ça parle de racisme et compagnie. Mais je te jure, j'aimerais te dire, mais moi, je suis militant. Non, d'abord, j'ai dit, je kifferais jouer un aveugle. C'est l'idée de base et j'ai commencé à écrire tout le reste après. Donc, cette volonté de pouvoir écrire pour soi, de créer pour soi, de même choisir l'entourage avec qui tu taffes, parce que ça, ce n'est pas à négliger aussi. Il y a beaucoup de contenus que j'ai faits où je suis parti avec mon cousin aller tourner ça, je suis parti avec mon frérot faire ci, faire ça. Et du coup, tu te crées un peu une safe place. Et du coup, tu es beaucoup plus créatif, tu es beaucoup plus à l'aise, tu es beaucoup plus productif. Je pense que ça débloque tout ça.
- Speaker #1
C'est trop bien. C'est trop bien et c'est ouf d'avoir tout ce discours et ce avant-après, de voir aujourd'hui tout ce que tu fais. C'est trop. En plus, du coup, il y a besoin de... Sans forcément rentrer dans le truc, puisqu'il faut qu'on enchaîne. Et on a un timer qui me met la pression derrière là. Mais il y a quand même beaucoup de compétences, la chronologie, de l'écriture, tout ce qui est... Toute la créativité dans le cadrage, dans le...
- Speaker #0
Ouais, mais après tout ça, pour moi, tu vois, je te le redis, ce que je te disais tout à l'heure. Pour moi, c'est des médiums différents. L'enrobage, il est différent, mais le moteur, il est le même. Moi, j'ai envie de dire des trucs. Je trouve ça plus facile de les dire artistiquement que de les dire frontalement et d'un coup dire il faut arrêter ci, il faut arrêter ça. J'adore proposer aux gens plusieurs niveaux de lecture. Qu'est-ce qui est le plus simple pour ça ? C'est l'artistique. Du coup, avec les médiums différents que j'ai devant moi, je tente et j'apprends sur le tas. Mais moi, en vrai, je n'ai jamais vraiment cadré. Je sais aussi bien m'entourer. j'ai jamais quasiment fait de montage genre tu vois je suis pas du tout le youtubeur de classique ou le créatif classique j'aime aller prendre un monteur que je kiffe j'aime aller prendre un gars qui va cadrer aussi je préfère moi bien m'entourer et globalement moi je suis juste un gars qui a une idée mais toutes les compétences qu'on va les accoler j'arrive pas à me dire que c'est mon métier tu vois Moi, pour moi, je suis idéologue. Idéaste.
- Speaker #1
Idéaste.
- Speaker #0
En IG, ça, c'était mon métier. Idéaste.
- Speaker #1
J'adore le truc. Tu le mettrais dans ta bio ?
- Speaker #0
Je préférais mettre ça, tu vois. Moi, dans ma bio, ça veut tout dire. C'est un drôle de l'imposteur. Il y a écrit scénariste, comédien, je ne sais pas quoi, Zarma. C'est dur à assumer, toutes ces étiquettes un peu pompeuses qui font que ça te met au-dessus des gens. Je trouve que non. Pour moi, je suis comme vous, les gens. Je suis comme tout le monde. Tous ceux qui ont un rêve, qui ont envie de dire un truc, qui ont envie de prendre la parole, on se sait, on se serre la main, on est au même niveau. On a les mêmes compétences, basta.
- Speaker #1
C'est incroyable. C'est un vrai beau message. Et du coup, on va enchaîner sur les vrais beaux messages. J'espère que c'est des vrais beaux messages. Mais du coup, tu vas pouvoir nous présenter ton objet que tu as apporté.
- Speaker #0
Ok. Direct, là ? Direct. En fait, j'ai mis l'objet, j'ai galéré. Sache que déjà, en intro, moi, je ne suis pas du tout un gars... qui arrivent à symboliser les choses. Parce que j'ai regardé les autres émissions, ça tue ce que les gens ils ont ramené et tout. Ça tue de ouf. Moi je m'en fous des livres. Tu vois, j'ai pas des objets. Moi j'ai des moments, des trucs, tu vois, mais matérialiser un truc, moi je suis pas trop dans ça. Et en plus moi je perds. Moi j'ai déjà perdu mon Mac et tout, je suis un fou, tu vois. Non mais genre, j'attache pas trop d'importance aux objets et tout. Alors là, on dirait que je suis millionnaire. Mais c'est juste que je suis juste... pas conscient des problèmes et que je relativise très vite, plutôt. Parce que quand j'ai perdu mon Mac, j'ai été triste, mais après j'ai dit, en même temps, je suis juste un peu con. Mais j'ai ramené un objet.
- Speaker #1
Avec cette intro, j'ai hâte de voir quel est l'objet.
- Speaker #0
Là, tu vas dire, du coup, c'est le drip. J'ai ramené une paire qui est la Maison Château Rouge de Nike Jordan. Et en fait, j'aime trop cette paire. parce que oui, c'est le drip. Les fans de sneakers, ils sont en mode « What, la Château-Rouge ! » Mais au-delà de ça, parce que c'est ce qu'elle représente. Déjà, tout le délire autour d'avoir une marque qui s'appelle Maison Château-Rouge, ça me parle de fou. Parce que c'est un quartier qui est hyper décrié, c'est un quartier qui est plutôt stéréotypé, de manière négative. Et du coup, d'en faire quelque chose, en le magnifiant, je trouve que ça tue. Aussi le parcours du mec qui a fait la godasse, il s'appelle Youssouf Fofana, c'est un mec du 9-3 comme moi. Et il est en train de faire son chemin dans un monde aussi qui est censé être hyper élitiste et un entre-soi, qui est le monde de la mode. Et il entreprend plein de trucs, il a lancé plein de choses, notamment les collaborations, mais aussi il a récupéré en fait à Barbès, là où il y avait le Tati, qui est un endroit hyper iconique. Et bah maintenant il y a une sorte de centre culturel, je sais pas comment ils l'ont nommé, et du coup c'est lui qui s'occupe un peu de ce lieu etc et tout. Donc je trouve que c'est juste cette godasse là qui est chez moi.
- Speaker #1
Et c'est un lieu hyper stylé, je reviens sur le...
- Speaker #0
Vas-y parce que je connais rien en vrai. J'avoue que j'ai plus le nom en tête,
- Speaker #1
mais c'est un lieu hyper stylé où il y a des... où justement il y avait des expos de jeunes artistes issus de différentes diasporas de pays et où il y avait des workshops, donc c'est vraiment un lieu... En termes de... c'est la culture, pour moi c'est la culture. Et c'est vraiment un lieu hyper inspirant avec des gens qui nous ressemblent davantage, qui sont mis en avant et c'est hyper semblant que je trouve qu'il les fait dans ce quartier-là. C'est ça ouais. Et c'est trop bien le narratif qui est avec, enfin le parallèle que tu fais avec la paire et tout.
- Speaker #0
Et du coup j'aime bien ça, moi je trouve que ça symbolise un peu ce que j'aime dans l'art moi en tout cas, c'est ce côté où genre, il y a un truc très mainstream dans le fait que c'est une godasse stylée et tout le monde la veut, offset la portée et compagnie. Mais derrière, il y a d'autres niveaux de lecture à comprendre. Je pense que ça veut plus dire que... Tu prends n'importe quel autre collab, peut-être qu'il y a une histoire derrière, mais celle-là, je la trouve... J'ai l'impression qu'il y a 15 niveaux de lecture à comprendre jusqu'à maintenant. Et c'est ce que j'aime, moi, dans ce que je crée, et c'est ce qui m'inspire aussi. Donc j'avais envie plutôt que de centrer un truc sur moi. Je voulais faire un esso sur un autre gars qui fait les vraies choses, donc Fofana avec La Maison Château Rouge.
- Speaker #1
Big up à lui,
- Speaker #0
big up à tous les créateurs Vu que je l'ai un peu sali et tout, s'il en a d'autres S'il peut m'en renvoyer une toute neuve Ça me tue que je sois venu avec une godasse C'est une dinguerie C'est un bon choix ou pas ? Parce que là dans mon sac, vous vous rendez pas compte Je suis venu avec une godasse C'est pas genre j'ai les deux Genre si je m'étais fait contrôler par les condés J'aurais dit arrêtez-moi direct C'est trop compliqué à expliquer Franchement la flemme, vous êtes chauds on va regarder à vue Parce que j'avoue que moi j'ai une godasse C'est trop compliqué à expliquer.
- Speaker #1
J'avoue que c'est une folie. Mais c'est trop bien et j'aime trop l'histoire qu'il y a derrière et c'est lourd. Franchement, c'est lourd.
- Speaker #0
Il n'y avait pas tant une histoire. Mais au montage, tu rajouteras des trucs.
- Speaker #1
Tu mettrais des images un peu inspirantes. Parce que là,
- Speaker #0
ce n'est pas ouf.
- Speaker #1
Non, franchement, lourd, lourd, lourd, lourd. Et j'aime bien, j'aime bien. Il y a une belle humilité dans ton discours depuis tout à l'heure. Il faut. Et franchement, si je peux joindre un petit discours à ce que tu viens de dire. Moi, c'est pour les créateurs, franchement, les gens qui veulent créer, créer, les amis. Créer, partager vos messages, tous les artistes, tous les gens. On veut vous entendre, n'ayez pas peur, faites les choses. Et parfois, on arrive avec des belles collabs, des belles choses comme ça. Je ne dis pas que tout c'est simple et que tout le monde...
- Speaker #0
Moi, on apprend. Moi, j'estime le fait qu'apprendre de soi, apprendre de la vie, apprendre de... Même juste pitcher les trucs, si tu veux que j'aille dans ton sens. Moi, il m'arrive des fois de faire des interventions avec des... dans des classes etc et tout, je leur dis juste déjà pitcher une idée que vous avez c'est une dinguerie genre pitcher une idée à quelqu'un qu'on aime, à quelqu'un qui en a de l'estime et lui dire moi j'avoue j'aurais kiffé Et juste après que la personne te fasse un retour, je te jure, ça te met déjà dans un process, plutôt que ce qui est dur, c'est de garder ces trucs pour soi et le temps passe et tu te dis je les sors pas, j'arrive pas à en faire quelque chose et du coup tu te sens écrasé par des fois ton génie même, tu vois, ou par ta créativité, tu vois. Donc moi j'invite toujours juste niveau 1, parce que toujours les gens ils vont dire mais c'est pas possible, j'ai une idée de science-fiction, je veux faire ci, mais moi en fait je voulais faire un docu qui se passe je sais pas où, en Nouvelle-Calédonie, comment tu veux que j'y aille, j'ai pas d'argent, pitche-le le truc. Va le pitcher à ton rough, on va voir ce qu'il se passe. Je te jure, ça te met déjà dans un process et tout.
- Speaker #1
Bah pitié. Un conseil, piche frère. Eh bah écoute, on va te laisser pitié la dernière partie parce que t'as la carte blanche. Je sais pas si t'as préparé quelque chose.
- Speaker #0
Ouais, ouais. En fait, j'ai écrit un texte pour une expo et ça a été affiché un jour. Et voilà, c'est parti. Donc je me dis, c'est du gâchis. Je suis fier d'avoir écrit ce truc. Donc je me dis, je vais le lire. J'ai essayé d'écrire un autre truc ce matin mais j'ai commencé à prendre trop de temps. Mais c'était pas mal, je te le montrerai après.
- Speaker #1
On fera ça dans les off et tout, on en reparlera plus tard. Mais t'as ta cam, je parle direct aux gens, là c'est toi et les gens, c'est ton message inspirant, donc c'est quand tu veux.
- Speaker #0
Il faut que ça dure combien de temps ? Parce que je pense que je vais essayer de faire le plus court.
- Speaker #1
Je te dis une nuit, j'ai une nuit trente.
- Speaker #0
C'est trois petits paragraphes mais je vais essayer de les...
- Speaker #1
Vas-y, prends le temps.
- Speaker #0
En gros... ... Je suis un mec du 9-3. Est-ce que cette courte phrase est suffisante pour me définir ? Je tiens d'abord à dire, pour moi, il est toujours légitime de crier à plus de nuances. Le monde en manque de fous. Et je suis fier de voir mes soeurs et frères ne pas laisser la société les réduire à genre une origine, un taf, une religion. Mais je dois être sincère, de toutes les étiquettes qu'on m'a collées dans la vie, celle qui me gratte le moins, c'est celle qui me réduit à un mec du 9-3. On aurait pu me résumer en français, parce que j'aime la vache qui rit, les violons dans les chansons d'Aznavour. ou tous les moeux de l'équipe de France portés par Nicolas Anelka. Mais il y a comme une fausse note. Mes instruments, que sont mon prénom ou mon dégradé à blanc, ils seraient mal accordés selon certaines élites. Le réflexe le plus commun, alors, c'est de se définir par ses origines. Mais même si cette idée a quelque chose de confortable, j'ai l'impression que je viens voler le premier rôle d'un film à des acteurs plus légitimes que moi. Et en gros, je pourrais lister plein d'autres critères, mais le problème se répétera. Car comment être défini par un seul facteur ? Alors pourquoi... Être un mec du 9-3, ça me va. Parce que venir du 9-3, par définition, c'est être un mélange d'identité. Être du 9-3 induit que tu ne peux pas être réduit à une seule idée, et moi j'adore ça. Ça induit que tu viens du troisième plus petit département de France, mais en étant l'un des plus connus. Ça induit que tu viens d'une terre qui accueille autant la modernité, en étant le berceau du rap français par exemple, que l'histoire avec la basilique Saint-Denis, où sont enterrés les rois de France. Ça induit vivre avec plus de 100 nationalités présentes sur ce petit département. Une pensée pour Ismail, le fils de mon pote qui est indien, algérien, vietnamien. Ça induit qu'on part de rien, certes, mais qu'on peut pas nous mettre de plafond. Une pensée pour Alice Diop, qui a eu un César en parlant d'amour dans le 9-3. Une pensée pour Tariq Azouz, qui a eu un Grammy en composant des morceaux de Chez ses parents. Ou encore le petit rough Alan Petre qui vient de rejoindre la NASA. Bref, la liste est longue, mais si je dois faire bref, en gros, je suis un mec du 9-3.
- Speaker #1
incroyable magnifique ok c'était un peu long tu couperas ça va juste faire en gros je suis un mec du nom bref remonter et tout non putain c'est belle résonance c'est vraiment ça c'est vraiment l'idée de pour faire rapide c'est un peu l'idée du podcast c'est de se dire voilà T'es quitté, t'as ton identité, tu viens d'où tu viens, avec toutes les rêves hyper fortes de notre histoire de France et de l'histoire du département.
- Speaker #0
Tout peut se marier.
- Speaker #1
Tout peut se marier. Tout peut se marier,
- Speaker #0
de toute façon, on n'a pas le choix, c'est trop tard, on est déjà là. On est déjà là.
- Speaker #1
Et c'est ce qu'il y a dans l'intro, je dis, j'ai pris le son de Youssoupha, on se connaît, je sais qu'on se ressemble. Et c'est ça, franchement, force lourde, merci pour ce message inspirant. un plaisir mon gars est-ce que t'as un petit mot de fin ? Karim Benzema bravo bravo bravo en tout cas merci à vous d'avoir écouté ce cet épisode d'Aloukou les amis je suis très content de t'avoir reçu merci c'était un plaisir merci pour ta présence on m'a dit dis follow like tous les trucs vous savez quoi faire faites-le si jamais ça vous chante si ça vous chante pas bah le faites pas c'est pas grave mais en tout cas faut pas dire ça c'est pas carré ça Ah merde, bah faites-le
- Speaker #0
Bah dis-leur de pas le faire Tu le fais mieux en vrai, t'es plus sincère quand tu dis de pas le faire
- Speaker #1
Mais oui, en fait chacun fait ce qu'il veut Moi la seule chose que je veux C'est comme Moussa il disait, c'est que tu partages ce podcast A une personne d'entourage qui le partagera A une personne d'entourage, que ce soit une boucle Que tes messages soient entendus par le plus grand nombre C'est bon, allez, on va faire une autre scène. On se retrouve bientôt pour un autre épisode.
- Speaker #0
Yes, gang gang.