- Speaker #0
On va essayer du coup avec cette personne, tu peux tracer un peu son parcours.
- Speaker #1
Emre, à l'époque, c'était un petit sarcer.
- Speaker #0
Il savait fleurer, je vous jure, j'aurais pu.
- Speaker #1
Dans le groupe Mafia Camp, il y a un rappeur qui se distingue pour moi des autres.
- Speaker #0
Il y a un plat qui a forgé ton vie.
- Speaker #1
Tata, est-ce qu'il peut descendre ? Est-ce qu'il peut, tu vois, envoyer la balle par la fenêtre ?
- Speaker #0
Vous savez pas qui je vous emmène aujourd'hui, mais ne vous inquiétez pas.
- Speaker #1
Il a laissé sa vie, tu vois, dans ses vignes,
- Speaker #0
Renaud Pégeot. Moi, j'adore la chaîne. Quel est le souvenir de ton annonce qui t'a marqué ?
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a une personne qui t'a inspiré ?
- Speaker #0
Non, attends, attends. Est-ce qu'il y a une chose qui symbolise ton enfance ? On parle souvent de ce qui nous sépare, sans même mettre en avant ce qui nous rassemble. Les bangers de notre enfance. Un son, une odeur, des jeux, un texte.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui nous lie ?
- Speaker #0
Comme disait Aïna, je réalise que les mêmes rêves nous font et nous rassemblent. On se connaît et je sais qu'on se ressemble. J'ai décidé d'avoir ces discussions avec de multiples personnes, car nous avons tous des rêves communs. Une histoire inspirante à raconter. Mais ce qu'on veut aujourd'hui c'est ton histoire à toi. Et aujourd'hui dans Halouku on reçoit quelqu'un de ma ville, quelqu'un de Sarcelles. Comme vous le savez, cette ville me porte, enfin c'est une ville que je porte de ouf dans mon cœur, dans mon âme, dans tout. parce que c'est là d'où l'on vient. Et on va essayer du coup, avec cette personne que je vais vous présenter dans quelques instants, de retracer un peu son parcours, ses rêves culturels, et de voir comment, avec cet avant, il s'est déterminé aujourd'hui. C'est le principe d'Aloukou, qu'on s'inspire, qu'on se donne de la force à travers la culture, parce que la culture fait partie, à mon sens, d'une ère de la guerre dans cette époque, pleine de défiance et pleine de... de moments un peu étranges, mais nous, on va essayer de garder le positif et de s'inspirer. Aujourd'hui, on est avec M. Emre.
- Speaker #1
Aïe, aïe, aïe. Ça fait plaisir. Merci pour l'invitation, frérot.
- Speaker #0
Ça va, mon ref ?
- Speaker #1
Au top, au top. On est là, et toi ?
- Speaker #0
On est là. Merci. Merci d'avoir accepté mon invitation et d'être dans un loupeau aujourd'hui.
- Speaker #1
C'est un honneur. C'est un honneur. Ça fait plaisir. Tu donnes la force à la ville, comme tu l'as dit, au Sarcellois. Donc, tout le plaisir est pour moi, mon frère.
- Speaker #0
Trop bien. Eh bien, écoute, merci, mon ref. comme je t'ai dit on va essayer l'idée c'est qu'avec tes rêves avec qui tu as grandi avec les personnes possiblement qui t'ont inspiré avec des odeurs des sons tout ce qui a été tout ce qui était tout ce qui ont été dit pardon dans l'intro qu'on essaye de retracer ta personne d'abord qui tu étais de et de par cet avant comment tu t'es défini aujourd'hui Et du coup, ce que je propose, c'est qu'en quelques secondes, de manière assez rapide, tu nous présentes qui tu es rapidement, tes engagements, etc. Parce que tu es quelqu'un de... Vous ne savez pas qui je vous ai emmené aujourd'hui,
- Speaker #1
mais ne vous inquiétez pas. Ah, tu es bêtise.
- Speaker #0
Il va vous dire.
- Speaker #1
Non, rapidement, je m'appelle Arif Emre Atas, j'ai 22 ans, je suis étudiant en master à Sciences Po, master politique public. Je viens de Sarcelles et j'y suis toujours. Et à côté de ça, je suis pas mal... un peu engagé dans l'associatif. Je suis président de l'association Ambition Campus, cofondateur de l'asso Sarcelles Inspire, formateur chez Grand Orateur 93 et directeur chez l'association Campus.
- Speaker #0
Voilà, plusieurs casques. ce qui est à ton arc, étudiant et puis responsable associatif et engagé dans plusieurs assos. J'imagine que dans ton parcours et dans tout ce qu'on va retracer aujourd'hui, il y aura des petits traits, enfin tout ça. Donc on aura l'occasion dans l'épisode de possiblement en reparler un peu plus. Et du coup... L'objectif, c'est que l'interview va se faire. Enfin, l'interview, c'est plus une discussion. Ce n'est pas une interview. On n'est pas, encore une fois, on n'est pas sur BFM ici.
- Speaker #1
Il faut éviter ça. On est vite,
- Speaker #0
on est chez nous. Et voilà, il y aura plusieurs étapes, dont à la fin, il y aura l'objet que tu devras nous présenter, un objet inspirant qui, si je ne m'abuse, n'est pas loin, c'est dans cette petite boîte par ici. Et à la fin, tu auras une carte blanche d'une minute, une minute trente, où tu pourras... face caméra, avec les auditeurs et celles et ceux qui nous regardent en vidéo, nous proposer, je ne sais pas, ton message inspirant. Un texte, un son, un slam. Peut-être que tu vas danser, je ne sais pas. Qui sait ?
- Speaker #1
Je ne sais pas.
- Speaker #0
Donc voilà, j'ai beaucoup parlé. Maintenant, ça va être à toi de beaucoup parler. Et ce que je te propose, c'est qu'on commence la première partie. Donc la première partie, c'est l'interview à l'époque. L'interview à l'époque, l'idée, c'est que tu présentes à la troisième personne le aimerait. de Sarcelles, d'où il a grandi, quel quartier, qui il était, dans quelle famille possiblement il a grandi, qu'on situe un peu le personnage.
- Speaker #1
Ok, alors Emre à l'époque, c'est un petit de Sarcelles qui vit dans son quartier. qui aime trop son quartier, un peu trop même peut-être, qui a fait toute sa vie dans son quartier à Sarcelles, qui vit dans un environnement où il se passe beaucoup de choses, beaucoup d'animation, beaucoup de vie dans son quartier, beaucoup de vie associative aussi, dont il bénéficie très jeune. Amré, quand il est petit, c'est le dernier d'une fratrie de cinq. Donc, il a deux grands frères et deux grandes sœurs avant lui, issus d'une famille des parents immigrés, des grands-parents immigrés également. Et c'est un petit qui voit ses grands frères et ses grandes sœurs font... leur parcours de vie, qui s'inspire pas mal de ça, et qui a quelque part une dalle, je ne sais pas d'où elle vient, mais une dalle, il a envie de faire des choses, de faire un peu comme ses grands frères, de faire un peu comme les grands de chez lui, pour apporter un petit truc de plus. Donc voilà, c'est un petit qui joue beaucoup dehors, c'est un petit qui aime beaucoup de gens, c'est un petit qui fait beaucoup de choses, dès le collège, dès le lycée. un petit aussi qui a failli un peu déraper parfois mais qui a su rencontrer les bonnes personnes qui a eu la chance d'encontrer les bonnes personnes pour retrouver un bon chemin et c'est surtout un petit je pense qui aimait la vie, aimait les autres qui aimait les autres, qui aimait partager qui vivait avec notamment dans un quartier qui s'appelle Charcot et à Sarcelles on l'appelle le petit Jérusalem parce qu'en gros c'est un quartier dans lequel il y a la plus grande de concentration de la population. la population juive en Ile-de-France. Et donc, il baigne dans la multiculturalité comme pas possible à Sarcelles. Donc, c'est un petit qui grandit entre plein de monde.
- Speaker #0
Trop bien. Est-ce que ce petit, à cette époque-là, est-ce que ce hébré, il était déjà engagé dans l'assaut ? Des assauts sportifs, par des assauts peut-être plus culturels avec la famille ou autre. Est-ce qu'il baignait déjà dans cet univers associatif ?
- Speaker #1
Comme Obélix. Ce petit, il a baigné vraiment, dès le début, en fait, dans l'associatif. parce qu'il a eu des parents qui étaient dans l'associatif très tôt, des grands frères qui étaient dans l'associatif également, dans les actions culturelles de la communauté notamment, à Sarcelles, qui était assez importante. et donc en fait très vite il baigne dans des activités dans des accompagnements dans des événements culturels donc il apprend beaucoup de tout ça et en réalité c'est tout cet écosystème dans lequel il grandit qui explique aujourd'hui les engagements que j'ai pu citer parce que tout ce que ça a apporté c'est assez puissant
- Speaker #0
Ok, trop bien, incroyable. On voit que ça ne vient pas de nulle part.
- Speaker #1
Jamais.
- Speaker #0
Ça vient de quelque part. Il y a une genèse à ce projet, à cet engagement, c'est trop cool. D'ailleurs, moi j'ai une question.
- Speaker #1
Tu es turc,
- Speaker #0
on peut le dire, on ne le cache pas. Chez les Turcs, est-ce qu'il y a un plat qui a forgé ton goût ? On mange quoi chez les Turcs ?
- Speaker #1
Ah, déjà chez Turc, on mange beaucoup de choses, beaucoup de très bonnes choses. Mais parmi ces beaucoup de très bonnes choses, il y a un plat qui a particulièrement marqué mon enfance, c'est le lahmacun. En français, c'est la pizza turque, une sorte de petite pizza pâtisserie. fine avec de la viande hachée dessus. Pourquoi ce plat ? Parce que ma mère en faisait beaucoup. D'abord pour toute la famille, parce qu'on est une famille nombreuse. Mais quand elle faisait, en fait, ce plat, elle avait une réputation dans le quartier. Tout le monde kiffait ce plat-là. Ça veut dire que quand ma mère faisait ce plat, devant chez moi, les gens s'attroupaient. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
C'était laïc.
- Speaker #1
C'était laïc. C'était les distributions. Et ça, ça m'a marqué parce que... Moi, à l'époque, mes parents tenaient la boulangerie du quartier. Donc forcément, ils étaient un peu connus par tout le monde. Et même après, à chaque fois que ma mère faisait ce plat-là, au-delà de nous, la famille, on en distribuait aussi à des potes à moi. Et il y a un truc qui m'a marqué aussi, c'est qu'au-delà de les distribuer, ma mère, elle avait un sens derrière. C'est-à-dire que parfois, je me rappelle qu'elle faisait ses larmes à Djun, ou d'autres plats à côté. et elle allait voir les jeunes tu sais quand on dit les jeunes dans les halls qui restent dans les halls dans le bâtiment et c'était un peu sa carotte à elle elle leur distribuait les jeunes venez sortez, allez faire autre chose allez voir d'autres gens, restez pas dans le bâtiment C'est un outil pour elle de conquérir les jeunes, parce que forcément, c'est la Darwin Amway, donc machin truc. Mais aussi de dire derrière, les jeunes, venez, on s'active, on ne reste pas dans ce que vous faites là, et venez, on vous propose autre chose.
- Speaker #0
Il y avait une belle dimension d'action culturelle et citoyenne. Complètement. C'est-à-dire par le prisme de ce plat, il y a une vraie action citoyenne de se dire, comment on peut accompagner ou faire sortir ces jeunes de leur...
- Speaker #1
Complètement. Le plat, c'était l'approche. c'était l'outil, c'était pas la finalité et la finalité c'était voir en fait le destin de ces jeunes être différent des jeunes qui étaient là avant eux parce que ça fait longtemps qu'elle était dans le quartier avant Sarcelles, ils étaient à Argenteuil même environnement donc elle voit en fait comment est-ce qu'on finit en général. Et pour éviter ça, son approche à elle, c'était l'El Ahmadjoun.
- Speaker #0
Incroyable, c'est ouf. Comme quoi, de par un plat, on peut raconter plein de choses d'hyper stylé, puis on peut avoir une action positive. Ce que je te propose, c'est qu'on passe, là on a un peu vu qui tu étais, où tu avais grandi, l'environnement, et c'est très bien parce que tu l'as fait d'une manière très poétique, si je puis dire. Moi j'adore la chaîne. Mais ce que je propose du coup c'est qu'on passe à la deuxième interview. La deuxième interview c'est l'interview c'était mieux avant. Donc j'ai fait exprès de l'appeler c'était mieux avant parce qu'il y a toujours cette expression de c'était mieux avant. Ok bah du coup tu vas nous raconter qu'est-ce qui était bien avant. Et l'objectif c'est voilà c'est qu'on dans la même idée que ce plat que je vais pas me risquer de redire parce que je vais...
- Speaker #1
Essaye essaye, lahmacun.
- Speaker #0
Lahmacun.
- Speaker #1
Voilà c'est correct frère.
- Speaker #0
On est des frères ça y est. L'objectif c'est d'essayer de retracer peut-être aussi des odeurs qui ont... Je ne sais pas, potentiellement tu as senti des odeurs, une odeur une fois qui t'a ramené direct dans ton enfance, ou une odeur qui symbolise cette période de ta vie. Une musique, ça peut être tout un symbole, tout plein de symboles qui parfois te ramènent à cette époque. Et l'objectif, c'est de part ce point de départ, qui peut être une odeur, un goût, une musique, un bruit. que ça raconte tout plein de choses est-ce que toi là t'identifies quelque chose qui possiblement te dit waouh ça ça fait socle pour ceux je
- Speaker #1
t'ai dit pour ceux est-ce que ça te parle pour ceux pour ceux vous avez un son j'ai vu t'as un son t'as un son de la mafia qu'un film Ce, le son de La Mafia Camphrie, c'est un peu le son mythique, légendaire, qui a lancé le rap dans les cités de France, avec des noms, des ROH2F, des RIMKA, toute la clique. Et le clip pour ce... Il a tellement marqué mon enfance, parce qu'en fait, je reconnaissais la vie de mon quartier dans ce clip-là. C'est un clip qui est tellement ghetto, mais de zinzin. Je sais que ceux qui le connaissent verront de quoi je parle. Mais en fait, c'est un état d'esprit, une atmosphère, une ambiance, un délire ghetto qui me rappelle beaucoup mon enfance. Parce que dans mon quartier, il y avait cet état d'esprit. Il y avait l'état d'esprit où l'été, quand il faisait chaud, les grands... ils faisaient des barbecues il y avait des grands rappeurs Joggy Style qui vient de mon quartier et qui organisait des tournois des barbecues autour de ça et on était en mode pour ceux on était tous réunis autour de ça on venait gratter une merguez après on partait on courait et tout en fait toute l'ambiance et tout le délire qui s'organisait autour de ça la vie commune en fait qui s'organisait autour d'un clip ou d'une musique ou du plateau donc du terrain de foot de mon quartier Merci. ça me fait penser à ce son pour ceux qui aujourd'hui sont légendaires dans le rap français.
- Speaker #0
Pour rappel pour celles et ceux qui ne connaissent pas MFK, on peut peut-être dire que c'est un collectif de rappeurs. Enfin, j'ai dit c'était, je ne sais pas s'ils sont encore aujourd'hui.
- Speaker #1
C'est un peu compliqué aujourd'hui.
- Speaker #0
Finkavry, c'est des anciens qui viennent pour beaucoup du 94,
- Speaker #1
c'est ça ? Oui,
- Speaker #0
beaucoup du 94. et on peut citer Kerry
- Speaker #1
Rof,
- Speaker #0
Rimka et plein d'autres en fait toute la bande qui s'est après sont devenues connues mais à la base c'est un groupe de potes et d'ailleurs comme ça on balance des petites rêves pour celles et ceux qui nous écoutent n'hésitez pas à aller voir le documentaire Arte de DJ Medi qui retrace un peu une partie de l'histoire de la baffincafri et d'autres collectifs du 9-4 donc voilà ça c'est petit tips pour ceux qui nous écoutent cadeau et voilà donc en gros c'est vrai qu'il y a beaucoup cette ambiance
- Speaker #1
c'est une folie parce que tu dis le barbecue j'imagine pour quelqu'un qui est dans la ruralité ou ailleurs le barbecue c'est vraiment un élément qui rassemble je trouve c'est une odeur qui physiquement rassemble mais même au delà de physiquement rassembler quand on se regroupe autour de ça C'est trop puissant. C'est vraiment trop puissant ce qui se passe. Les liens qu'on arrive à créer, les choses qu'on arrive à partager. Il y a forcément les grands, ils nous impressionnent, ils nous inspirent parfois. Et le fait qu'eux soient en mode organisateur de ce barbecue et rassemblent les petits autour d'eux, c'est hyper marquant. Et aujourd'hui, c'est pour ça que c'est moi et des potes à moi, on essaie de refaire ça maintenant avec les petits d'aujourd'hui parce que c'est un truc qui doit se transmettre. forcément les grands jamais ils nous ont fait payer quelque chose. Donc nous là, c'est nous qui payons, on essaie de refaire ce genre de choses, d'initiatives. C'est aussi une manière de rassembler des jeunes et de les inspirer d'une certaine manière.
- Speaker #0
Et d'inspirer dans une démarche positive ?
- Speaker #1
De partage. Dans une démarche positive de partage, de les rassembler au-delà des différences. Encore une fois, je te rappelle le contexte de mon quartier où... juifs, pas juifs, et beaucoup de monde qui vivait ensemble. Et pour le coup, si la question c'était est-ce que c'était mieux avant, ah frère, ça me manque. Franchement, ça me manque. Et aujourd'hui, quand je vois les petits, il n'y a plus ce délire-là. Il n'y a plus ce délire-là. Nous, on n'avait pas... Enfin, je ne vais pas faire l'ancien, j'ai 22 ans, mais moi, je n'avais pas les réseaux sociaux quand j'étais petit. Il n'y avait pas de téléphone quand j'étais au collège et tout. Et donc, en fait, quand il fallait sortir, moi, j'habitais au rez-de-chaussée, on venait de toquer à ma fenêtre. Aujourd'hui, il n'y a plus ça, tu vois. On allait sonner chez les gens. Et donc, on parlait à leur maman, à leur papa. « Tata, est-ce qu'il peut descendre ? » « Est-ce qu'il peut envoyer la balle par la fenêtre ? » En fait, tu vois plein de trucs comme ça, aujourd'hui ça n'existe plus frère, tu vois. Aujourd'hui c'est message snap, après peut-être ils descendent, peut-être pas. Ça, c'est un truc dont je suis nostalgique.
- Speaker #0
C'est ouf. Et moi, je trouve que ce point-là que tu as su pointer, pour moi, c'est quelque chose qui, en réalité, c'est universel. Ça, c'est universel. Je trouve ça beau que toi, par ton prix, parce que moi j'ai un peu vécu à Sartiel, il y a des animaux de vie où j'ai vécu un peu plus à la campagne, mais c'était la même chose.
- Speaker #1
On dirait pas pourtant. C'était la même chose.
- Speaker #0
Bravo en tout cas. Est-ce que peut-être dans ces personnes que tu as rencontrées, ça peut être les rappeurs du collectif Amélie Fakinfry, ça peut être les anciens de ta cité ou d'autres personnes, il y a peut-être une personne qui a forgé, qui fait partie des personnalités inspirantes à ce moment-là ?
- Speaker #1
Dans le groupe Mafia Camphry, il y a un rappeur qui se distingue pour moi des autres, qui est le grand Rof, R-O-F-D-F, par ses textes notamment, par les valeurs et les principes qu'il a pu transmettre au sein de ses textes. Moi je sais que Rof a formé des générations, mais des générations et des générations encore aujourd'hui, sur des textes dans lesquels il transmet des valeurs hyper importantes. Raph, il a eu d'autres galères, là c'est plus forcément en rôle modèle, etc. Donc j'en passe les détails, mais en tout cas, ces textes, les valeurs qu'il transmet sur son histoire, parce que lui, il n'est pas né en France, mais il a appris le français à 9 ans quand il est arrivé, et aujourd'hui c'est le rappeur avec le plus de vocabulaire dans le rap français. Parce qu'il a une histoire avec ses petits frères, pareil, une fratrie, donc je m'identifiais pas mal dans ça. Parce qu'il a une histoire aussi, un attachement quand même à sa religion, pour lequel je me suis aussi pas mal reconnu. Et tout simplement par tous les messages qu'il transmet en fait. Quand il fait un son, un message à la racaille, il dit peut-être ce que ma mère disait avec les larmes adjus dans la main. Quand tu fais un son d'Ougna, ceux qui ont écouté, vis-à-vis de la spiritualité, il y a des trucs forts sur lesquels vraiment tu te reconnais. Modèle inspirant, en tout cas, dont les textes m'ont forgé, ont forgé ma personnalité parce que j'ai grandi dans une chambre avec mes deux grands frères et eux aussi, surtout, écoutaient Rof et c'est de là que ça vient. Donc le fait que mes grands frères l'écoutent, que moi je l'entende, que je m'identifie et surtout que ces textes me forment, ça fait de lui, sur ces textes en tout cas, un rôle modèle.
- Speaker #0
Trop bien. Et du coup, ça fait écho à la prochaine partie qui est plus justement des personnalités inspirantes. Là, tu nous as parlé de Rof sur le côté culturel, le côté musique, etc. Est-ce que possiblement tu t'identifies une autre personne ? de ta famille ou que tu aurais rencontré à un instant T qui a forgé la suite ? Est-ce que tu as une autre personne possiblement à nous présenter ?
- Speaker #1
J'en ai deux. La première, c'est ma mère. Parce que... Ma mère, depuis qu'elle est en France, elle est arrivée en France pour rejoindre mon père, qui lui est arrivé en France après son père, etc. Elle n'a jamais vraiment travaillé. Elle n'a pas allé à l'école, etc. La langue, c'est un peu compliqué. Donc, elle n'a pas vraiment eu un emploi, on va dire, digne. Et elle a toujours aidé mon père dans ses démarches. Elle avait une boulangerie, une retoucherie. Elles ont plein de trucs. Aujourd'hui, elle est dans le bâtiment. Mais ce qu'elle a toujours fait, c'était l'engagement associatif. Ma mère a été l'une des premières à Sarcelles, à lancer une association pour la communauté, qui aujourd'hui se développe énormément, etc. Et en fait, elle a toujours été dans le partage, toujours été dans l'aide vis-à-vis des autres, toujours été dans l'accompagnement. Moi, je sais que... Aujourd'hui, elle a sa propre association, elle fait ses propres trucs. Elle accompagne des femmes victimes de violences conjugales, elle accompagne des personnes qui sont dépendantes à beaucoup de choses. Elle récolte des moyens avec... je ne sais quelle débrouillardise impressionnante pour aider des gens. Et moi, très souvent, j'avais des gens qui venaient à la maison pour manger. Ce ne sont pas des choses qui se disent, mais c'est des souvenirs qui marquent. Des gens qui dorment à la maison, des gens qu'on aidait par-ci, par-là, etc. Et toujours dans une démarche de partage, de donner aux autres. Et je pense que ça m'a beaucoup, beaucoup, beaucoup inspiré. Et quand aujourd'hui, certes je suis engagé dans 4 associations différentes avec des responsabilités c'est rien comparé à ce que ma mère faisait mais toujours sans la langue sans les études sans tout ce qu'on appelle les compétences etc Ouais, gros modèle d'inspiration.
- Speaker #0
C'est ouf. J'ai l'impression que... C'est pour ça que j'ai appelé à Loukou au podcast. Et j'ai l'impression que la plupart des gens, beaucoup diront, les mères. Red Mère. C'est une folie. Et c'est beau ce que tu dis. Et on sent du coup l'inspiration de tes engagements, de ton envie, de ton altruisme, et de ton envie de... d'apporter concrètement. En plus, c'est très concret. Il n'y a pas de, je vais le dire de manière un peu vulgaire, de branlette intellectuelle. Il n'y a pas de tous les semblants. Non, c'est concret. En fait, c'est là. Bam, tu as besoin là. Action, réaction. Je trouve ça incroyable. T'avais une autre personne c'est ça ?
- Speaker #1
Une autre personne en effet, un grand témoin qui s'appelle Ali, pour un peu t'expliquer le délire, moi j'étais aux primaires, collèges, etc. Et au collège, c'était le collège Chantraine à Sarcelles. un des collèges les plus pauvres et défavorisés de France. Il y avait même des classements comme ça quand on descend internet. Rêve plus, plus, plus. Plus ouf. Donc, conditions sociales assez techniques. À l'époque, il y avait beaucoup d'embrouilles de quartier. Entre mon quartier et un autre. En fait, on commençait avec un groupe de potes assez longs et petit à petit du chemin scolaire et à rentrer petit à petit dans ce chemin des embrouilles vidéo des problèmes et tout, tu vois. Et là, en quatrième, Ali, donc ce grand de l'association, etc., qui nous rassemble avec un groupe de potes, il dit, écoutez, j'ai un défi pour vous. Faut arrêter vos bêtises. Si les six prochains trimestres, vous arrivez à avoir félicitations, donc si vous travaillez bien à l'école, je vous offre un voyage à l'étranger. Et particulièrement en Arabie Saoudite. Et ça, ça nous met un peu une gifle avec des potes à nous. Et on se dit, vas-y, venez, on le fait sérieusement. Et mec, pourquoi pas, on ira. Donc ça nous recadre un peu. Ça nous éloigne des chemins mauvais. Ça nous remet un peu dans le mood scolaire. ça nous remet un peu dans une énergie, une synergie un sérieux, une discipline et moi j'arrive à avoir ces 6 fois félicitations en 4ème, en 3ème parce que j'ai ça en tête et c'est pas le cas pour tout le monde mais on y va quand même, on finit par y aller un petit groupe de jeunes. Cette rencontre-là, cette proposition à ce moment-là, elle bouleverse ma trajectoire de vie. C'est pour ça qu'aujourd'hui, Alice est toujours un grand qui est toujours actif. C'est pour ça que des fois, il y a des trucs comme ça, vraiment des moments clés qui viennent transformer ce que ta vie aurait pu être. Donc big up à lui.
- Speaker #0
Big up à Ali et big up à tous les Ali de France. En bleu de blanc. Question qui a un peu rien à voir. Ali, il est chauve. Barbu est chauve. Parce que souvent, les grands frères d'esprit, ils sont barbu.
- Speaker #1
Ali il est calvitie en plus
- Speaker #0
4 big up à toi Ali si tu nous écoutes trop bien est-ce que tu peux nous parler c'est pas vraiment l'objet du podcast mais je trouve que c'est important nous parler rapidement de tes engagements associatifs, de tes assos, et peut-être nous dire un mot sur chaque assos, ce qu'ils font, etc.
- Speaker #1
Ok, en fait, pour comprendre ce que je fais, il faut comprendre ce dont j'ai bénéficié. Donc, moi, quand j'étais au collège, il y a un de mes grands frères qui dit à mon autre grand frère, il lui dit, t'imagines, Emre, il fait Sciences Po ? L'autre grand frère a dit non, tu racontes. Du coup, on va se matricier, je suis très matricié par ce que pensent et disent mes grands frères de moi. Et donc, le lendemain, une prof à moi au collège, c'est fin d'année, on fait les goûters, les pique-niques et tout. Je dis, Madame, moi, je vais faire science pour vous. Elle me dit « Emre, tu t'appelles Emre, tu viens de Sarcelles, pense à un plan B. »
- Speaker #0
Tranquillement, ça a bien se passer. Je lui ai fait « Tchaï,
- Speaker #1
commence à penser à un plan B. » Alors que moi, je ne savais pas ce que c'était Sciences Po. J'ai dit ça parce que mon grand frère en parlait. Je lui ai dit « Ah ouais, c'est dur. » Bref, du coup, fin, tu vois. Au lycée, en première, il y a une association qui intervient dans ma classe, sur une classe de terminale, sur les dix autres classes. Donc, c'est un coup de chance de ouf que ça tombe sur moi. et c'est une fille qui s'appelle Jenna, une enseigne de mon lycée, et qui vient de l'association Ambition Campus. Et là, qui me présente son parcours, qui a fait Sciences Po, elle parle trop bien, j'ai kiffé, je me dis, hé, je vais faire comme elle. Et du coup, je suis accompagné par l'association Ambition Campus pour préparer Sciences Po. En parallèle, je suis accompagné par Grenes d'Orateurs 93, parce que je me dis, hé, il y a un oral pour intégrer Sciences Po. Je suis claqué à l'oral, il faut que je me forme à ça. donc je suis accompagné par Malek Et c'est grâce à cet accompagnement des deux assos que j'arrive à intégrer Sciences Po. Et dès lors, je ressens le devoir et la responsabilité de rendre l'appareil. Et c'est pour ça qu'avec Ambition Campus, aujourd'hui, dont je suis président, c'est une asso globalement qui accompagne des jeunes de milieu populaire à intégrer des grandes écoles. Plus de 600 cette année. Graines d'orateurs 93, c'est une asso qui forme à l'art oratoire, au code de la prise de part en public, parce qu'on sait que c'est crucial. Sarcelles Inspire, c'est une asso qu'on a cofondée avec Zinat Bigupael un peu plus tard pour valoriser un peu cette genèse d'esprit d'entraide sarcelloise. Et qu'en plus, c'est une asso qu'on a lancée avec d'autres frérots de Sarcelles, Big Up, Dylan et Dario, pour faire des séjours dans lesquels on valorise les pédagogies alternatives, encore une fois pour donner la soeur aux jeunes et leur donner le pouvoir sur le avenir. Donc tout ça est centré sur éducation, égalité des chances, mais avec des convictions fortes, on veut bouleverser des trajectoires de vie.
- Speaker #0
C'est ouf ce que tu dis parce que t'as bénéficié. À un moment donné, t'as eu, je vais reprendre du début, t'as eu tes engagements, ta mère a eu ses engagements associatifs. Dans ton quartier, il y a eu des choses qui ont été faites. c'est quand même ce fil rouge qui fait aujourd'hui possiblement la personne que tu es et qui sera possiblement plus tard. Ça a toujours été par le prisme de l'engagement, de l'entraide et c'est ouf que tes bénéfices... bénéficier de programmes, toi, que tu as décidé d'après devenir un prescripteur dans ces programmes et toi, à ton tour, de rendre l'appareil... J'imagine que c'est hyper important de devoir retransmettre.
- Speaker #1
C'est le fil conducteur de mon parcours. C'est ce qui m'oblige, c'est ce qui me guide et en vrai, je te parlais de DROF, c'est pas mal illustré par une citation de DROF que j'aime beaucoup. Il dit dans un son, c'est tout un art de donner sans attendre en retour. prévient les petits frères car c'est bientôt leur tour. L'idée de donner vraiment sans attendre en retour, mais derrière, on sait que ces jeunes-là vont rendre l'appareil. Sans attendre en retour, prévient les petits frères car c'est bientôt leur tour. Et en fait, ça, c'est vraiment ce qui me marque et ce dans quoi je trouve énormément de sens. C'est de se dire qu'on est entre nous, quand je dis nous, c'est des jeunes de milieu populaire, avec des histoires. singulière mais qui se ressemble quand même et en fait on doit se donner la soffre entre nous mais jamais pour une valorisation personnelle, jamais pour la gloire personnelle et toujours pour les petits refs et les petites soeurs il est daron il est daron, évidemment cette citation elle résume assez bien cette idée incroyable incroyable,
- Speaker #0
trop bien, merci merci pour ça C'est archi-inspirant, c'est ça l'idée d'Aloku. C'est ça l'idée d'Aloku. Aloku gang, dis-leur ! On part de la rêve culturelle, de la musique, on a cité Rof, tu nous as cité le grand Rof, Ali du Quartier, tu nous as cité les plus pères des personnes inspirantes qui sont aujourd'hui sur la réponse à base associative. Je pense à Dario, Dylan, Zinat, je pense à Ambition Campus et toutes les personnes qui constituent cet asso, tu penses à Tadaron. C'est trop bien qu'on soit partie de ces petites odeurs de... du plat que Tadaron faisait pour partir sur un truc de cohésion et donner de la force aux jeunes et leur dire « Eh frère, sors du quartier, viens un peu là. » Et c'est trop bien. Et pour moi, c'est l'histoire de la vie. Et on a besoin aujourd'hui de montrer et de mettre en valeur ces choses-là. Surtout qu'on sait d'où on vient. Si les gens ne connaissent pas Sarcelles, allez voir sur Internet qu'est-ce que Sarcelles.
- Speaker #1
Faites vos recherches.
- Speaker #0
Il y a des bons côtés, il y a des moins bons côtés. Mais je veux, et moi c'est aussi l'idée de ce podcast, c'est qu'on se dise qu'on retienne davantage les bons côtés, qu'on mette en valeur ces choses-là. Et c'est trop bien. Il a 22 piges, les refs, écoutez tout ce qu'il fait.
- Speaker #1
Non, arrête ça toi.
- Speaker #0
Moi je te le dis, je le redis, et moi, on a besoin de gens comme ça. J'ai 26 piges, il m'inspire.
- Speaker #1
Non, un peu bécine.
- Speaker #0
Franchement, incroyable, incroyable frérot. Bon, on va passer à la petite partie un peu... Un peu où tu vas devoir nous montrer les devoirs que tu as préparés, puisque oui, je demande des devoirs aux différentes personnes qui vont intervenir dans ce podcast. Deux choses. La première, tu vas devoir nous présenter l'objet que tu as apporté, pourquoi tu as pris cet objet, pourquoi ceci, pourquoi cela. Et ensuite, tu auras ta carte blanche où tu pourras directement, par l'art, le biais que tu souhaites, inspirer les gens qui nous regardent. Est-ce que tu peux nous présenter cet objet ?
- Speaker #1
Je veux bien. C'était difficile de trouver l'objet. Franchement, c'était difficile. J'ai beaucoup réfléchi. Là, c'est dans une boîte de montres, mais ce n'est pas une montre.
- Speaker #0
Moi, je pensais qu'on allait au studio Hydreed. Non, non, non.
- Speaker #1
Ce n'est pas une montre. L'objet que je t'ai amené, c'est un objet qui est hyper précieux pour moi. C'est une médaille d'honneur du travail qui date des années... 1991 et sur lequel il y a le prénom de mon grand-père et cette médaille d'honneur du travail elle lui a été attribuée en 1991 parce que mon grand-père une fois qu'il est arrivé en France il a travaillé plus de 30 ans dans les usines Renault et Peugeot à l'époque et il a de cette manière contribué à ce qu'on appelle les 30 glorieuses de la France Et ça, ça m'inspire beaucoup parce que pour moi, c'est un peu un héritage que je porte parce qu'il a été distingué pour le travail qu'il a fait. Et en vrai, il s'est tué à la tâche pour reconstruire la France et rebâtir la France.
- Speaker #0
Juste peut-être pour rappel, les Trente Glorieuses, c'est la période d'après-guerre où il fallait justement reconstruire la France, comme tu l'as dit, où il y a eu quand même un mouvement, où nos anciens... ont dû en fait tout reconstruire, les bâtiments, la culture, tout ce qui constitue la France d'aujourd'hui. Donc c'est une période qui est hyper importante. N'hésitez pas à aller checker des petites rêves sur les 30 Glorieuses. Et on oublie beaucoup qu'on a des darons, nous, qui viennent d'ailleurs, qui sont venus en France, qui ont bâti ce pays, qui ont permis de reconstruire et de donner la gloire que la France a aujourd'hui dans le monde, etc. Donc c'est ça les 30 Glorieuses.
- Speaker #1
Les 30 glorieuses, c'est quand la France fait appel aux étrangers en disant qu'on a besoin de main-d'oeuvre parce qu'on a besoin de reconstruire le pays, la richesse du pays. Et c'est ce qui se passe pour beaucoup de pays, et notamment pour la Turquie, et c'est ce qui se passe pour mon grand-père, où il quitte la pauvreté et la misère en Turquie, parce qu'à l'époque, ce n'était pas rigolo. Il vient en France et il se tue à la tâche pendant 30-40 ans dans les usines Renault, Peugeot. À l'époque, c'était très demandé. pour justement enrichir, reconstruire et rebâtir la France. Et en fait, le truc, c'est qu'aujourd'hui, mon grand-père, il n'est plus en vie, mais il y a laissé sa vie dans ces usines Renault et Peugeot. Il s'est tué à la tâche, mais il s'est aussi tué lui-même, parce qu'il est décédé plus tard avec des problèmes de santé, notamment en lien avec le fait de travailler dans une usine pendant 30-40 ans. Et en fait, ça, ça représente beaucoup pour moi, parce qu'aujourd'hui, c'est mon grand-père qui est arrivé en premier. Et il a reçu cette médaille du ministère du Travail. C'est-à-dire qu'à l'époque, la France était reconnaissante vis-à-vis des gens qui reconstruisaient le pays. C'est pas rien, une médaille du ministère du Travail, tu vois. Il y avait une certaine reconnaissance. Après, les populations ont été accueillies dans ce qu'on appelle les banlieues, donc dans les lieux bannis. Et nous, on est un peu la suite de cette histoire-là. Et ce qui est, pour moi, assez incompréhensible, c'est que je suis le petit-fils d'un grand-père que la France a honoré d'une médaille pour le travail qu'il a fait pour la France. Mais aujourd'hui... Je ne suis pas réellement considéré comme un Français à part entière, bien que je sois né en France. Pour moi, c'est une incompréhension totale, parce que quand on est de banlieue, quand on est d'origine diverse, parce que je suis aussi de nationalité d'origine turque, on nous renvoie souvent, et surtout dans le climat actuel, on nous renvoie souvent à ça. Alors que, frère, j'ai envie de dire... Regardez, tu vois.
- Speaker #0
T'es mince que l'ancien a fait.
- Speaker #1
Tu captes ou pas ? T'es mince que nos anciens ont fait. Et je sais que, là je parle de mon exemple, mais c'est vrai pour tellement de personnes. Tellement de personnes. Encore, les pays africains, c'est pire. Eux, ils ont été envoyés en guerre. Quand tu dis tireurs sénégalais, il y a d'autres tireurs, pas que sénégalais d'ailleurs, mais... En fait, l'histoire de l'immigration française, elle a tellement apporté à la France, moi, ça me casse les couilles qu'aujourd'hui, on le crache à la gueule. Et qu'aujourd'hui, Retailleau, ils disent, par exemple, ou des discours d'extrême droite, ils disent que les binationaux, c'est mon cas, ne pourront pas accéder à des postes de la haute fonction publique. Je suis né en France. Je suis à Sciences Po, c'est mon grève d'être haut fonctionnaire et avoir des postes à responsabilité pour l'État. Et on me dit à moi, avec le sacrifice que mon grand-père a fait et que mes parents ont fait, tu ne pourras pas parce que tu as une origine diverse. C'est une dinguerie. C'est une dinguerie. Et j'ai envie de dire, en fait, cette histoire, il faut se l'approprier. Il faut en être fier. Parce que c'est un héritage. Et il faut le porter, quoi. Il faut le porter haut et fort. Et tous les gens qui vont nous renvoyer à ça, bah oui. Oui, je suis fier d'être fils d'immigré, fils d'ouvrier, tout ce que vous voulez. Mais c'est ce qui fait ma force et je vous emmerde en fait. En vrai de vrai. Moi, je sais ce que j'ai apporté à ce pays. Je sais ce que j'ai envie d'apporter. apporté à ce pays, mais le fait qu'on nous renvoie systématiquement, encore moi je parle, je suis un garçon, ça va.
- Speaker #0
Les filles. C'est ça,
- Speaker #1
dans cette restitue,
- Speaker #0
les inégalités, force à toi.
- Speaker #1
C'est dinguerie.
- Speaker #0
C'est incroyable, franchement, merci, c'est ouf, parce que je ne m'attendais pas à un objet comme ça, et je suis hyper honoré que tu aies apporté,
- Speaker #1
c'est très personnel,
- Speaker #0
c'est très fort, c'est très très fort donc merci et même l'histoire qui va derrière c'est inspirant c'est vraiment pour montrer aux gens que les darons ils sont venus, les anciens ils sont venus ils ont donné, ils se sont cassés le dos ils se sont tués à la tâche aujourd'hui nous, de un on a la responsabilité de perpétuer ce truc et de se faire respecter et franchement merci en tout cas pour pour ce partage qui est c'est dingue si je savais pleurer je vous jure j'aurais pleuré mais on sait pas faire ça on met pas ça on met pas ça c'est certain du coup non mais c'était c'était important incroyable non merci merci beaucoup mon Ruff et franchement ça me touche de ouf et même l'histoire le tout qui va autour franchement big up et merci merci on va devoir passer on va se secouer là on va se réveiller un peu même et du coup passer à la dernière partie du coup de ce podcast il nous reste un peu près 5 minutes pour terminer et l'idée c'est que là maintenant toi face cam tu as ta cam face à toi qui te regarde depuis le début tu vas pouvoir parler je sais pas si t'as préparé quelque chose si c'est instinctif, si t'as un texte un slam, ce que tu veux Nous, ce qu'on veut aujourd'hui, là, tout de suite, c'est que tu nous partages ton message inspirant. Quel message il faut qu'on retienne de toi, après ces 40 minutes, un peu plus de 40 minutes d'échange, pour la jeunesse, pour nos frères et sœurs, pour les gens qui écoutent, pour... les quartiers de France, la ruralité, enfin bref, pour les gens qui souhaitent qu'on t'écoute.
- Speaker #1
Ouais, bah écoutez, moi j'ai envie de vous dire, et j'ai envie de m'adresser aux petits frères et aux petites sœurs particulièrement, mais évidemment c'est un message universel, j'ai envie de vous dire ce que j'aurais aimé qu'on me dise quand j'étais plus jeune, et ce qui m'aurait pas mal marqué, je pense, c'est en fait, dans nos constructions individuelles, d'où est-ce qu'on vienne, quiconque soit, peu importe. Il faut aller chercher, véritablement, ce qui nous gangrène au fond de nous. C'est-à-dire que peu importe qui tu es, d'où tu viens, ton origine, ton histoire, ta vie, peu importe, au fond de toi, là, dans ton ventre, t'as quelque chose qui t'anime. Et il faut aller chercher ce truc-là. Et pour aller le chercher, moi, ce que je te conseille, c'est toujours de te replonger dans ton enfance et de voir et d'essayer de chercher ce qui te faisait kiffer à l'époque. Moi, quand j'étais petit, dans mon quartier, ce qui me faisait kiffer, c'était un peu être... L'organisateur, le leader, l'organisateur d'un tournoi, d'un événement, du dialogue entre tout le monde. Je me voyais dans cette posture et je kiffais ça. Et c'était ma flamme, en fait. C'était ma flamme à l'intérieur de moi. Et donc aujourd'hui, cette flamme, j'essaie de l'entretenir à travers mes engagements, mon taf et ce que je vais faire. Et chacun son histoire. Moi, j'ai raconté la mienne, mais tu as aussi la tienne. Moi, j'ai raconté mon passé, mais tu as aussi le tien. Il faut aller chercher au... plus fond de soi-même, c'est qu'il nous anime et la flamme vraiment qui nous fait vivre. Et le goal, en réalité, pour chacun d'entre nous, c'est qu'on puisse l'entretenir toute notre vie et qu'on puisse être ça, toujours dans le partage, toujours pour les nôtres, toujours pour les cités de France. C'est important. Aloukou,
- Speaker #0
gang ! Incroyable.
- Speaker #1
Merci beaucoup pour ce message inspirant.
- Speaker #0
C'est dingue. C'est dingue parce que moi, on a... On a le slogan de Campus qui est...
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Vas-y, on t'écoute.
- Speaker #1
Le monde est méchant, mais la vie est belle.
- Speaker #0
Le slogan d'Ambition Campus qui est...
- Speaker #1
Rendre l'appareil notre identité.
- Speaker #0
Et moi, du coup, mon slogan un peu personnel qui rejoint en fait ce que tu as dit, c'est le sens de la vie, c'est de faire ce qui nous anime.
- Speaker #1
Ah ouais. Point. Point. Point.
- Speaker #0
Point.
- Speaker #1
Point. Point dedans.
- Speaker #0
Bossez pas pour une retraite, bossez pour ce qui vous anime.
- Speaker #1
Ouais, fort.
- Speaker #0
Et c'est incroyable que tu aies été ciblé comme ça. Parce que c'est vraiment le sens de mon slogan de vie. Et le sens de ce podcast, c'est le sens de la vie. C'est de faire ce qui nous anime. Fais ce qui t'anime, mon ref. Et c'est incroyable. Merci. On est dans le temps. Il nous reste une nuit de 30 pour clôturer ce podcast. Merci, mon ref. Merci d'être venu. Merci de nous avoir inspiré. durant ce temps, d'avoir partagé ton parcours et d'avoir aussi partagé quelque chose de très personnel, à savoir cette médaille. Je ne sais pas quoi te dire de plus. Merci.
- Speaker #1
Merci à toi, mon frère. Merci pour l'invitation. Si ça peut bénéficier à quelques personnes, c'est lourd. En tout cas, moi, j'ai kiffé. Merci pour ce que tu fais, toi, parce que tu prends aussi le temps de mettre en avant ces parcours, ces histoires, peu importe à qui. derrière ça touche des gens et je suis sûr que derrière des gens qui vont regarder, qui vont écouter, qui vont se dire putain c'est fort. Ça c'est grâce à toi et ton inspire et ton idée donc merci à toi pour les travaux mon frère.
- Speaker #0
Et bien plaisir, plaisir, merci à nous, on se remercie j'adore on est dans les oscars là. On est en bleu sang ! Et du coup petit message de fin comme d'hab, tu connais, tu likes, tu commandes, tu partages, tu fais ta vie et il y a un truc que j'ai pensé et je vous jure j'y ai pensé ce matin en me douchant c'est que je me suis dit mais en fait le principe pour moi de ce podcast, c'est un peu ce que Youssoupha disait dans son son, c'est je vais le remasteriser à ma sauce mais c'est écoute ce podcast, partage-le à une personne de ton entourage, qu'il partagera à une personne de son entourage, qu'il le partagera à une personne de son entourage, qu'il partagera à une personne de son entourage, et ainsi de suite. Et c'est ça la chaîne de la solidarité, de l'entraide, de l'amour.
- Speaker #1
On est ensemble parce qu'on s'aime frère. C'est ça.
- Speaker #0
Merci à vous. On est dispo partout, sur toutes les plateformes, sur tous les trucs, YouTube, tout ça, si vous voulez un peu voir la tête des gens qui parlent. Et on se dit à la prochaine pour un nouvel épisode de Hadouk Koulir.
- Speaker #1
Ciao !