- Speaker #0
Ce qu'on veut aujourd'hui, comme on a dit, c'est ton histoire, à toi.
- Speaker #1
Fais très attention à ce que tu dis et à quitter quand t'es mon Jack, tu vois. C'est un peuple de rebelles, loyal, fort et fier.
- Speaker #0
Tu dois me donner un artiste ou un son, peut-être.
- Speaker #1
Oh bah, l'école du micro d'argent.
- Speaker #0
Après, si t'as des choses à dire, vas-y. Non, oui, oui. T'as juste 10 minutes.
- Speaker #1
J'ai du mal à voir comment on s'en sort sans révolution, tu vois.
- Speaker #0
Tu mettrais une musique de joie.
- Speaker #1
Ça s'appelle Si tu savais, c'est un essai sur l'identité.
- Speaker #0
Il y a un plat peut-être justement qui a forgé ton goût.
- Speaker #1
Le type de ma grand-mère.
- Speaker #0
Je voulais l'entendre !
- Speaker #1
Bah c'est sûr ! Il n'y a pas d'exemple de jeune femme noire qui sort un livre.
- Speaker #0
Je pensais que tu allais me parler aussi de la Starac après. Oui,
- Speaker #1
bah évidemment ! Starac au lantar. Ce qui se passe en Palestine, c'est pas au fin. Et je suis une enfant de la musique.
- Speaker #0
A l'occu, c'est un clin d'œil aux racines guianaises de ma mère. Elle y a construit ses armes avec beaucoup de détermination et une résilience exemplaires. Aloukou, c'est aussi le podcast du souvenir et de l'inspiration. Et surtout un big up à elle, ma daronne, cette grande dame qui a toujours su affronter les épreuves de la vie avec la plus grande des forces. J'ai toujours été proche d'elle, mais longtemps éloigné. Ce qui est sûr, c'est qu'elle m'inspire. Mes racines, mes inspirations ont contribué à construire ma personne. Ma banlieue nord du 9-5, le territoire ruraux où j'ai pu passer. Les différents horizons font partie de moi, aussi différents qu'ils soient, font partie de moi. Les expériences souvent joyeuses, parfois malheureuses, mais ça fait partie de moi. Ça, c'est une partie de mon histoire à moi. Elle est tout, c'est un hommage à elle, mais ce qu'on veut aujourd'hui, c'est ton histoire à toi. Ce qu'on veut aujourd'hui, comme on a dit, c'est ton histoire à toi. Et le toi aujourd'hui, c'est une personne que j'ai rencontrée durant un talk qui parlait des banlieues, sur les clichés des banlieues. Et du coup, je me suis dit, quand je lui ai entendu parler, quand je lui ai entendu raconter un peu son histoire, parler de son livre, on aura peut-être l'occasion d'en parler durant le podcast, je me suis dit, mais il me l'a faux dans le cou. Il me l'a faux dans le cou. Et c'est toi aujourd'hui, c'est Shanice.
- Speaker #1
Coucou, c'est moi.
- Speaker #0
Salut Shanice, comment ça va ?
- Speaker #1
Ça va et toi, Tim ?
- Speaker #0
Ça va super, merci.
- Speaker #1
Merci à toi, je suis ravie d'être là. C'est vrai ? Vraiment ? Surtout, encore plus après cette intro. Mais non, vraiment ravie, je trouve que c'est un concept de ouf. Et le souvenir, ça me parle beaucoup, donc à très vite. hâte de cette discussion.
- Speaker #0
Trop cool, trop cool. C'est ouf parce que cette intro, elle fait vraiment toujours un effet. Et maintenant, ça me fout la pression parce que je me dis, mais attends, j'espère que le podcast sera aussi stylé que l'intro. Oui,
- Speaker #1
c'est sûr que oui.
- Speaker #0
Et j'ai hâte de voir dans ce nouvel épisode, je ne sais plus, on est au combien de siège ? On doit être au 6, 7, 8e épisode. Donc, c'est trop bien, c'est trop cool que tu as accepté mon invitation pour rappeler à celles et ceux qui regardent ou qui écoutent à Loukou pour la première fois. L'objectif de ce podcast, c'est avant tout de retracer les références culturelles de la personne que je reçois et de voir comment, avec ces rêves, elle s'est déterminée. Ça peut être des rêves pop culture, ça peut être des rêves politiques, ça peut être des rêves plus familiales, culturelles ou même culturelles, parfois ça arrive. Mais voir comment, avec toute cette culture, comment avec toutes ces choses, on s'est déterminé. Parce que d'où qu'on vienne, on a tous, j'imagine, je pense, des rêves communes. Et l'objectif, c'est de créer du commun, de montrer un peu ce qui nous rassemble dans ce monde et dans cette société un peu chelou en ce moment. Et à quelques mois d'échéance politique importante pour le pays, je me dis, il faut des médiums, il faut des espaces où venons se calmer trois secondes, venons se rassembler tranquille, on a le temps. Donc voilà, c'est l'objectif.
- Speaker #1
C'est plaisir d'avoir cet espace de sécurité. Et c'est trop cool de l'offrir. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci à toi. Et du coup, on va enchaîner avec la première partie. J'ai oublié, tu vas devoir nous présenter pendant le podcast ton objet.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et tu auras aussi ta carte blanche à la fin. Je laisse entre une minute, une minute trente. Si tu veux prendre cinq minutes, vingt minutes. Tu prends le temps que tu veux. On a le temps. On est ensemble. Donc voilà ce qui se passera à la fin du podcast. C'est un peu le moment, mon petit moment de Nutella. J'étais contre ce que les gens m'apportent. Et donc voilà, j'ai beaucoup parlé. Toujours, j'ai des bites de ouf au début. Après, je laisse la parole. Et du coup, est-ce que tu peux... Avant qu'on commence cette discussion, peut-être te présenter pour celles et ceux qui ne te connaissent pas.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Je m'appelle Shanice Mendy. J'ai 31 ans, 94. Je suis née dans la banlieue sud de Rouen. J'ai grandi jusqu'à mes 18 ans. Après, je suis partie de la maison pour mes études. J'ai beaucoup voyagé grâce à mes études, notamment au Canada, parce que j'ai fait une... double licence là-bas en sciences politiques et relations internationales. Après, je suis revenue en France. J'ai fini un master d'économie à Sciences Po Paris. Et après, j'ai revoyagé. Je n'ai jamais trop su ce que je voulais faire, mais je savais que j'adorais l'école. Donc, j'ai poussé pour avoir un max d'études parce que c'était mon endroit préféré au monde. Et voilà. Après, je suis rentrée chez Nike. Et puis voilà, depuis je suis prod, productrice, surtout de contenu et de documentaire.
- Speaker #0
Trop bien, trop trop bien. On a hâte de voir d'où vient tout ça. Tout ça, tout ça. Et du coup, en fait, pour faire le lien avec la première partie du podcast, là, tu as fait une présentation un peu globale. Un peu globale de qui tu es aujourd'hui et un peu de ton parcours. Et la première partie, c'est l'interview où justement, je vais te demander de nous parler de toi, du toi de l'époque. Mais la petite particularité, ce que j'aime bien, c'est que tu vas nous parler de toi à la troisième personne. C'est un peu en mode melon, melon.
- Speaker #1
Melon, melon.
- Speaker #0
C'est l'interview qu'on a appelée que Kajatu, de l'épisode 2 ou 3, a renommé tard l'époque. Ça s'appelait à l'époque. Elle a dit, pourquoi tu ne l'appelles pas Tarlépoque ? J'ai dit, vas-y, à partir d'aujourd'hui, on va l'appeler Tarlépoque. Donc Tarlépoque, Shanice, elle a grandi dans quel type de milieu ?
- Speaker #1
Shanice, elle a grandi dans un milieu ouvrier. Mon père était soudeur, ma mère, mère au foyer. Elle a deux petites sœurs, Satine et Chanel. Ouais, merci. Enfance hyper heureuse parce que hyper aimée. Je pense que j'ai vu l'amour toute ma vie, toute mon enfance. L'amour de mes parents, l'amour de ce qu'un homme donne à sa femme. Je pense que ça a construit très fort qui je suis. Et inversement, évidemment. L'amour d'un papa pour ses filles. L'amour d'une fratrie. L'amour d'une grande famille. des deux côtés. Mon père, il a dix frères et sœurs. Le père de Shanice a dix frères et sœurs. Ça fait beaucoup de cousins. J'ai grandi aussi entre deux cultures. Shanice a grandi entre deux cultures, sénégalaise et française. Le vendredi, on allait chez ma grand-mère sénégalaise. Et le samedi, on allait chez ma grand-mère. Française. Shanice, elle a aussi grandi avec deux familles qui n'en sont qu'une. Et je pense que Shanice, quand elle a grandi, elle s'est rendue compte que c'était rare d'avoir autant d'amour et que c'était peut-être sa plus grande force. Donc, voilà, elle s'est forgée dans l'école, beaucoup. Elle s'est accrochée très fort aux bonnes notes, au travail. Pas parce qu'on lui a commandé, mais plus parce que c'était quelque chose qui lui faisait du bien. Elle s'est accrochée au sport. Mais ouais, c'était surtout les cahiers pour elle. Et puis les amis. Et voilà.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y avait du sport ? C'était quoi ces passe-temps à Ausha à l'époque ?
- Speaker #1
Les passe-temps de Ausha, c'était surtout les passe-temps de son daron. C'était Canal+, Canal Football Club.
- Speaker #0
Très bonne.
- Speaker #1
Franchement, c'était aller le voir au foot, aller à l'église le dimanche, avec ma grand-mère surtout. Aller au cathé le jeudi soir, aller au tennis le mercredi. Parce que même si je suis d'un milieu modeste, mon père a toujours voulu qu'on fasse ce que lui n'a jamais pu faire, c'est-à-dire du tennis pour être les Sir Williams.
- Speaker #0
et du ski il nous emmenait en vacances au ski tous les ans ça c'est quand même un truc de ouf ouais voilà trop bien donc il y avait beaucoup ce côté un peu sport ouais
- Speaker #1
c'était le truc numéro 1 en vrai mon père c'était un grand fan du le père de Shani c'était un grand fan du PSG mais tu vois l'été ils allaient en vacances dans le sud
- Speaker #0
on allait au vélodrome c'était vraiment un fan de foot mordu donc je suis devenu mordu ok ok si tu veux on peut repasser à la première personne j'adore ce petit truc un peu c'est pas simple c'est pas simple si tu veux tu peux repasser à la première personne c'est plus simple pour toi donc après il y a eu du coup t'es partie de chez toi pour aller faire tes études exactement
- Speaker #1
J'ai été acceptée, en fait, mon lycée était, j'ai fait mes études dans un, j'ai fait ma scolarité dans un lycée ZEP, les collèges ZEP, j'ai fait ma scolarité en ZEP de toute façon, de A à Z, et mon lycée était conventionnel avec Sciences Po Paris. Et du coup, c'était un concours particulier, qu'on a appelé la Convention d'éducation prioritaire. Donc j'ai passé ce concours et je l'ai eu. Et en fait, Sciences Po Paris a plusieurs campus, dont un au Havre. Et c'était le plus proche de Rouen et je ne voulais pas être loin de ma famille. Donc je suis allée là-bas. Je suis allée au Havre pendant deux ans et après je suis allée au Canada, à Vancouver pendant deux ans. Et après, comme je l'ai dit, je suis revenue en France, M1 à Paris. J'ai fait une année de césure entre les deux. Je travaillais chez Canal+, en France, à la direction des sports. Et après, je voulais vraiment être... Trilingue et je voulais parler allemand couramment. Donc je suis allée en Allemagne et j'ai fait un stage chez L'Oréal, qui était très bien mais qui m'a montré que j'avais envie de travailler dans le sport. En tout cas à l'époque c'était ça. M2 après, Paris toujours. Et après, stage de fin d'études chez Nike. Et depuis j'y suis toujours. Alors aujourd'hui je suis auto-entrepreneur, du coup je suis en free chez eux. Ce qui est une chance, c'est assez rare. Mais du coup, je travaille à 80% avec eux et mes 20% restants, je produis des documentaires, je fais du vitrail, je fais plein de trucs. Franchement, je produis, quoi.
- Speaker #0
Et plus jeune, la culture avait quelle place dans ta vie ?
- Speaker #1
Ça dépend de ce qu'on appelle culture, tu vois. Tu vois, j'ai écrit un livre et donc... Du coup, souvent, on me dit, mais tu lisais quoi quand t'étais petite ? Je lisais rien du tout, frère. Vraiment, mes parents, ils ont pas du tout ce capital culturel qu'est la lecture. Il y avait pas de livres à la maison. Les seuls livres qu'on avait, c'était... Je me rappelle, on faisait des foires à tout avec mon père, parce qu'on aimait bien. Et je me souviens, on achetait des chaires de poules à 50 centimes, tu vois. Mais c'était les seuls livres qu'on avait. Après, c'était les livres d'école, qu'on te demande de lire. Je pense que je suis jamais allée au musée avec mes parents. pareil, ce n'était pas un capital culturel qu'ils avaient. Par contre, la culture, c'était la musique, c'était la culture de l'autre, la culture de soi, les amis. Il n'y a pas un week-end qu'on passait à la maison ou alors, si c'était à la maison, il y avait des gens à la maison. On était rarement tous les cinq. Donc ça, c'est une culture particulièrement forte et que j'ai envie de transmettre aussi, puisque je la trouve belle. Après, culturellement, évidemment, mon père vient du Sénégal. Donc forcément, une culture qui enveloppe tout. Elle est grande, elle est belle. Il y a plein de rituels. En plus, je suis Mandjak. Mes grands-parents sont de Guinée-Bissau. Donc en fait, j'ai trois origines. Donc ça, c'était fort. Ça prenait beaucoup de place. Qu'est-ce qui prenait de la place ? Franchement, à part le sport... Je crois que c'est tout.
- Speaker #0
C'est ouf parce que je pense que moi, si je devais faire le parallèle avec toi, je pense que c'est pareil. Je pense que c'est pareil. On a beaucoup, je pense, dans les familles avec une personne les deux parents ou un issu de l'immigration, il y a beaucoup ce truc. Il y a beaucoup la culture de la personne, la culture de recevoir, la culture de... Moi, j'ai jamais fait de musée aussi avec ma daronne et c'est OK. Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Et c'est trop cool. Et du coup, ça a fait le lien un peu avec... En plus, tu as parlé de chair de poule. Putain, ça me rappelle. Direct, tu m'as ramené... La deuxième étape, c'est qu'elle me parle de Tom, Tom et Nana. Et là, les gars, on est...
- Speaker #1
C'est vrai. Il y avait Tom, Tom et Nana. Il y avait Max et Lily. Des histoires bien blanches. Je ne suis jamais trop vue, représentée ou sentie concernée. C'est peut-être pour ça aussi que je ne les ai pas trop. Ou en tout cas que je n'ai pas été piquée par ce virus.
- Speaker #0
Du coup, ça fait le lien directement avec la deuxième partie, le « c'était mieux avant » . On entend beaucoup cette expression « c'était mieux avant » . Et je pense qu'il y avait du bon avant. En tout cas, personnellement, par rapport à notre vie, notre situation, il y a toujours un peu cette nostalgie de l'avant. J'ai décidé de garder ce « c'était mieux avant » du côté un peu positif, pas vieux réac. Et de se dire justement « qu'est-ce qui était mieux avant ? » Là, tu nous as parlé justement de cette petite lecture qu'on retrouvait beaucoup en plus dans les petites bibliothèques, au CDI, etc. Et tu as dit que justement, il y avait aussi cette idée de musique. Toi, typiquement, tu écoutais quoi plus jeune, avant ?
- Speaker #1
Que mes parents écoutaient de la funk, beaucoup, du R&B, du rap français, beaucoup. Franchement, j'ai été baignée à ça surtout. ou quoi. Enfin, dans la maison. Déjà, en fait, je suis une enfant de la télé. Parce que la télé, elle était toujours allumée. Et je suis une enfant de la musique. Vraiment. En vrai, on écoutait de tout. On écoutait de tout, mais... Là,
- Speaker #0
si tu devais me donner un artiste ou un son, peut-être ?
- Speaker #1
Oh, bah, l'école du micro d'argent. Ça, c'est la bande-son, je crois, de la famille. Ce qui me fait beaucoup penser à ma mère aussi, c'est la BO de Sous le Soleil. incroyable exactement quand j'écris tout ça c'est ma madeleine c'est un truc très cher à mon coeur je pense que ça me rappelle de bons souvenirs le générique de Secret Story je vais pas le chanter le son de
- Speaker #0
de du multiplex quand tu regardes les dernières journées de Ligue 1 ah oui oui ça c'est vraiment un son de ouf et après non
- Speaker #1
bah en fait il y a trop de si je dois citer des artistes bah il y a des Fugees évidemment Earth, Wind & Fire enfin tout
- Speaker #0
La funk. C'est fou parce que tu vois, toutes les petites... Je pensais que tu allais me parler aussi de la Starac après. Oui,
- Speaker #1
évidemment. Starac, Koh-Lanta,
- Speaker #0
c'est pas rien. Mais tu vois, il y a aussi ce truc des générations, d'une certaine génération, je pense que moi, je suis de 98, je pense que moi, c'est un peu la fin de tout ça. C'est un peu la fin de... Que tu le veuilles ou non, on va regarder la même chose à la télé parce que... Quand on était petits avec 6 chaînes, après il y a eu la TNT. Donc en fait, les programmes, on avait les mêmes. En fait, quand il se passait quelque chose aux infos, on avait tous la même info, en réalité. Et c'est ouf parce que ça montre directement... Je pense qu'il y a toute une génération qui se reconnaît direct. Il y a une invitée qui m'avait parlé de KD2A aussi.
- Speaker #1
Bien sûr, KD2A, mon Dieu. Il y avait même, sur la 2, l'été, il y avait les cœurs océans, poudre.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
C'était incroyable. Le soir, en rentrée de la plage, il y avait Secret Story. Non, ça, c'était la meilleure époque. C'était incroyable. Mais ouais, qu'il y a des deux A. Il y avait les sorciers de Waverly Place sur la 2. Après, on a eu de la chance, nous, comme on n'est pas rampés pour Canal+, parce que c'était leur priorité. Il y a un moment où on a eu Disney Channel. Ça, c'était... Pour nous, on avait gagné au lot. Il y avait Zack et Cody, tous ces trucs-là. C'était ouf. Après, je pense que pour revenir à la phrase « c'était mieux avant » , je pense que c'est la nostalgie qui nous fait parler. Après, je considère là qu'on vit dans une époque particulièrement difficile. J'en parle beaucoup avec ma petite sœur, elle a 8 ans de moins que moi. J'aurais pas aimé naître en 2002, tu vois. Parce que les années cruciales où tu vois, t'apprends à... à te découvrir, t'apprends à savoir ce que t'aimes, t'apprends ton identité, t'apprends à revendiquer des trucs et tout, c'est sacrifié, tu vois. Je pense que j'aurais préféré naître à l'époque de ma grand-mère, c'est-à-dire l'après-guerre où juste ça va mieux et où t'as pas non plus constamment des infos dans ta tête, où t'es pas bercé par les réseaux sociaux. Après les réseaux sociaux, évidemment, il y a plein de points positifs, mais je pense qu'on est surstimulé et je pense qu'un corps humain n'est pas fait pour être stimulé autant. Après, c'est mon avis personnel. Je ne sais pas si c'était mieux avant, mais je pense que c'est moins bien après. Ce qui se passe dans le monde, ce n'est pas ouf.
- Speaker #0
Clairement. C'est même à la base de beaucoup d'angoisse de plus jeunes. Même moi, parfois, je me mets dedans. On se dit comment on peut évoluer.
- Speaker #1
La génération Z. C'est la dernière, tu vois. Je pense que c'est le début. J'espère que c'est le début d'un nouveau cycle moins grave. Après, je ne suis pas sûre.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
J'avoue, j'ai... Alors, normalement, c'est un podcast filgou. Non,
- Speaker #0
non, c'est facile.
- Speaker #1
Mais j'avoue, j'ai...
- Speaker #0
Tu mets plein de musique de joie. Ouais.
- Speaker #1
J'ai du mal à voir comment on s'en sort sans révolution, tu vois. Et je pense qu'il faut qu'elle arrive.
- Speaker #0
De notre vivant, je ne suis pas sûr.
- Speaker #1
honnêtement je sais pas mais je pense que les dénis de démocratie constantes de la part de la France de Macron je pense que ça on a plus ça pour longtemps on va se réveiller, j'espère j'espère que les réseaux ne nous rendent pas apathiques et qu'on va juste les utiliser pour une vraie révolution. Après, la révolution, ça veut dire le sang. Je sais, tu vois, mais je pense qu'il ne faut plus trop peser ces mots-là.
- Speaker #0
J'avoue que moi, là, je suis presque inconvaincu. Pour mille. Et on verra déjà sur la prochaine année quelle sauce on sera mangé. Puis quand on voit un peu tout le climat, je souris, mais il n'y a rien de...
- Speaker #1
Il n'y a rien à sourire.
- Speaker #0
Il n'y a rien à sourire, mais effectivement, c'est pour ça que le CETEMU avant, je trouve qu'il... Après, toi, tu as parlé de l'après-guerre. Je me souviens d'un podcast, d'un épisode où on parlait aussi des Trente Glorieuses, de toute cette époque. Tu vois, un peu de renouveau, de reconstruit tout. Je ne sais pas si c'est un cycle, si ça devait arriver. En tout cas, on est effectivement dans une période un peu... angoissante. En tout cas,
- Speaker #1
qui produit beaucoup d'anxiété.
- Speaker #0
Tout à l'heure, tu parlais de... Quand on parlait des petits livres, etc. Tu disais que tu ne te voyais pas spécialement. Ça ne te représentait pas spécialement. Comment, si jamais, tu as pu trouver des modèles de réussite qui te ressemblent ou pas ? Peut-être des œuvres ou des personnes, des choses qui t'ont parlé ?
- Speaker #1
Je pense qu'aujourd'hui, j'ai des noms en tête, mais pour être honnête, c'est des noms qui sont venus après avoir conscientisé qui je suis, d'où je viens, ce que je représente. Ma quête identitaire, elle s'est un peu faite seule, et surtout, encore une fois, mais je vais le rabâcher beaucoup, par l'amour que j'ai reçu. Elle ne s'est pas faite par... Moi qui vois une femme journaliste noire qui présente le 20h, tu vois, ça n'existe pas. Donc, modèle de réussite, mes parents. Après, qui me ressemble, là, tu vois, ça ne me vient pas.
- Speaker #0
Mais ça n'a peut-être pas été aussi, c'est sûrement, comme pour beaucoup, c'était peut-être pas un sujet aussi.
- Speaker #1
Je pense que je me suis toujours dit pourquoi on n'est pas là. Il y a toujours eu un manque, ça c'est sûr. Après, je pense que j'ai eu la chance d'avoir un père qui nous a toujours dit vous êtes des grandes femmes, vous pouvez tout faire. Donc en fait, je savais que je pouvais faire, tu vois. Je sais profondément que si les autres font, je peux faire. Mais je pense que c'est rare d'avoir ça déjà dans sa vie. quelqu'un et une figure paternelle qui te dit si tu peux tout faire. Si je ne l'avais pas eu, peut-être que je n'aurais pas fait autant de choses. Peut-être que je les aurais moins bien faits. Mais je ne serai pas la même personne, ça c'est sûr.
- Speaker #0
Est-ce que la culture de ton papa avait une place importante dans votre construction chez vous ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. On est super proches dans la famille de mon père, tous. Noël, c'est important. Les vendredis, c'est important. Les baptêmes, c'est important. Les communions, c'est important. Les mariages, les fiançailles. Tous les moments où tu peux te retrouver. Faire un 8 américain famille, c'est important. Tu vois ce que je veux dire ? Ça prend toute la place. Et évidemment, c'est dans ce que tu manges.
- Speaker #0
Il y a un plat peut-être qui a forgé ton goût.
- Speaker #1
Le tiep.
- Speaker #0
Je voulais l'entendre.
- Speaker #1
C'est sûr, le tiep de ma grand-mère. Il n'y a pas d'équivalent. Il n'y a rien qui est aussi bon que ça. Il n'y a rien. Il n'y a même pas de débat. Elle est le truc qui se rapproche, c'est le bœuf bourguignon de mon autre grand-mère. Mais même ça, ce n'est pas...
- Speaker #0
Qui tâtonne à la vie.
- Speaker #1
Qui tâtonne, qui te fait. Non, ça, c'est super fort. Après, comme je t'ai dit, je suis mandjake, donc il y a aussi un rapport très fort à ceux qui sont partis et que tu dois honorer. Donc ça, ça se fait par des rituels, on leur parle. en famille, en verse, ça s'appelle comme ça. Donc non, il y a plein de trucs dans les moments joyeux comme dans les moments moins joyeux. Moi, j'ai perdu mon papa. Quand il est parti, son cercueil était plein à craquer d'affaires parce que du coup, on dit que quand il part, il emmène avec lui pour ceux qui sont déjà partis. Donc il y avait un petit jogging pour mon cousin. Tu vois ce que je veux dire ? Il y avait des robes pour ma grand-mère. Tout ça, ça m'a forgé, c'est sûr, et la foi. La foi, je suis chrétienne catholique de mes deux familles. Donc, pareil, ça, c'est fort, ça ne bouge pas, ça se partage, ça s'étudie, ça se perd et ça se regagne. C'est ce qu'il fait, Shanice Mendy, quoi. Mon nom de famille, tu vois. Les Mandjaks, c'est quand même un peuple de rebelles, c'est un peuple loyal, c'est un peuple fort et fier. On l'a dans le sang et du coup, c'est un truc que tu perpétues aussi. Tu fais très attention à ce que tu dis et à quitter quand t'es Mandjak, tu vois. C'est un truc qu'on t'inculque quand t'es petit. Et en plus, je suis l'aînée et je suis la fille du chef de famille. Donc tu vois, tout ça, forcément, la culture de mon père, elle est omniprésente.
- Speaker #0
Donc c'est quelque chose que tu as en toi et que forcément, tu porteras.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et tu dirais que c'est aussi fort et c'est aussi important pour tes sœurs, tu penses ?
- Speaker #1
Je pense que la culture de mon père, oui, elle est aussi forte pour elle que pour moi.
- Speaker #0
Je dis ça parce que quand je vois ta manière d'en parler, à quel point c'est fort... et puis tu sens que ça vient pas de nulle part et qu'il y a vraiment eu des beaux moments de vie et ben je me dis peut-être que vous avez quand même on a 4 et 8 ans de différence ouais c'est beaucoup j'en
- Speaker #1
parle dans mon livre c'est même un chapitre l'aîné, être l'aîné et eux en plus l'aîné féminine ça a une place particulière déjà la relation que j'ai avec mon père elle est particulière et même encore une fois dans ce que tu dois faire dans les moments heureux comme malheureux ça t'incombe, tu dois le faire mon père il est parti comme je suis l'aîné tu vois il part, on l'enterre et pendant toute la semaine il y a beaucoup de gens à la maison J'ai plein de responsabilités, mais j'ai aussi... Je ne peux pas manger la nourriture qui est sacrifiée pour lui. Du coup, j'ai un énorme plat de tiep qui n'est pas la même viande que les autres. C'est que des trucs comme ça qui te font questionner ta place sans cesse. C'est fait exprès. C'est instauré que je suis l'aîné de Jean Mendy. Je pense que lui, il a reçu la même chose. Il a perdu son père. Au même âge que moi, je crois. Ça l'a marqué et du coup, ça se transmet, je pense.
- Speaker #0
Et ben, incroyable.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est ouf. Waouh. Ok, trop bien. Trop bien. Mais d'ailleurs, là, on a beaucoup parlé du côté de ton papa, mais est-ce que du côté de ta maman, on a parlé de Bœuf Bourguignon, est-ce qu'il y a peut-être aussi...
- Speaker #1
En fait, du côté de ma mère, ce qui est fort, c'est de voir à quel point... La famille de ma mère aime mon père. Ma grand-mère, c'est son fils. Quand mon père est parti, ma grand-mère a perdu son fils, son deuxième fils. Et en fait, jusqu'à ce que j'ai 25 ans et que je vois autre chose que Queville, Rouen et Paris, je pensais que c'était normal, tu vois. Mais c'est pas normal. En tout cas, c'est rare. Et donc du coup, je pense... Ma famille du côté de ma mère, ils sont pas définis par à quel point ils aiment mon père, mais ils sont définis par tout ce qu'ils donnent et les privilèges qu'ils ont et comment ils les utilisent. Ils sont blancs et ils sont pauvres. Enfin, pas pauvres, mais modestes. Ouvriers, quoi. Et ils donnent tout. Et ça, c'est toujours un peu bouleversant. Après, ils font des erreurs. Ils regardent le 13h sur TF1. Donc forcément, tu vois, ils ont pu dire parfois des trucs un peu aberrants, mais ils ont une capacité d'écoute qui est grande. Là, je parle surtout de mes grands-parents. Et même s'ils sont biberonnés à la droite, ils sont de gauche. et je pense que c'est aussi évidemment c'est la classe populaire et ouvrière qui fait que mais c'est aussi leurs petits enfants qui leur disent ce qui se passe en Palestine c'est pas ouf tu
- Speaker #0
vois trop trop bien, est-ce que tu peux nous parler en quelques secondes de ton livre ?
- Speaker #1
j'ai écrit un livre qui s'appelle si tu savais, c'est un essai sur l'identité c'était pas du tout prévu je me suis jamais dit que j'allais écrire un livre c'est Bakary l'éditeur de la maison d'édition face cachée qui est venu me voir et qui m'a proposé ce projet au début j'ai dit non pareil en fait au début j'ai dit non parce que j'avais pas d'exemple de jeune femme noire métisse qui sort un livre Et du coup, je pense qu'il y a une partie de moi qui trouvait ça prétentieux. C'est aussi un truc qui est très ancré chez mes deux familles, c'est l'humilité, tu vois. Et du coup, je trouvais la démarche pas ouf. Et en fait, je me suis plongée dedans parce que ça m'a fait du bien. Et après, je me suis dit que ça ferait sûrement du bien. Et du coup, j'ai écrit... pour moi, mais j'ai écrit pour cette jeunesse qui s'affole d'avoir peur de faire, Fête.
- Speaker #0
Fête. Trop bien, trop bien. On peut le retrouver partout, j'imagine. Ouais,
- Speaker #1
partout,
- Speaker #0
ouais. N'hésitez pas, je mettrai un petit pop du livre, trop bien. Pourquoi trop bien ? Moi, j'adore les gens qui font des choses. Ça paraît bête dit comme ça, mais les gens qui sont dans l'action, qui font des choses, et pour moi, tu vois... C'est pour ça et j'adore le répéter. Tu vois, l'idée de ce podcast, l'idée de tous les médiums qui sont rassembleurs et qui partagent des messages positifs comme ça. Ça peut être un livre, ça peut être le son d'un podcast, ça peut être de la musique. Parce que parfois, les émotions, les messages passent aussi par la joie et par la danse. Ça peut être le cinéma, le docu. Moi, je trouve ça trop bien. Donc, Big Up, force à toi.
- Speaker #1
Merci, merci beaucoup.
- Speaker #0
Et si vous aimez lire, ben... Allez y lire !
- Speaker #1
Il est court, en vrai. Ça, c'est un truc important. Moi, je n'aime pas lire parce que je n'ai pas eu cette transmission. Du coup, si le livre est long, je ne peux pas l'acheter. J'ai voulu aussi que ça parle à des gens qui ne sont pas habitués à lire. Il est court.
- Speaker #0
C'est une rêve, ça aussi. Ok, on prend. Est-ce qu'il y a une personnalité, je ne sais pas, que ça peut être de ta famille ou même une resta ou quelqu'un dans ton parcours que tu pourrais... définir comme personnalité inspirante ?
- Speaker #1
C'est marrant parce que la première personne à laquelle je pense, c'est quelqu'un que tu as reçu.
- Speaker #0
Ah ! Qui ça ? Anis.
- Speaker #1
Anis, il est inspirant. C'est quelqu'un que je connais très bien. On est proches et je trouve que c'est un mec de ouf. Il est super inspirant. Donc là, comme ça... il a connu mon père on est très proches à Nisrali là comme ça je dirais lui parce que je trouve qu'il encapsule plein de trucs qui me ressemblent, qui me parlent il fait tout pour les autres tout le temps il faut changer un peu mais il est inspirant à quel point il est créatif à quel point il est humain, à quel point il est généreux. Tout ça, chez quelqu'un, ça m'inspire. Donc c'est les gens qui m'entourent et il en fait partie.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est une personne de zinzin et moi, quand je lui ai envoyé un message sur Insta pour le podcast, comme toi, il m'a répondu direct, il m'a dit quand tu veux, etc. J'ai dit ouf, trop bien. et c'est vrai et tu sais que quand du coup j'ai balancé l'épisode d'Anis il y a plusieurs personnes qui m'ont envoyé des messages qui m'ont dit putain qui le connaissaient de ce qu'il a de ce qu'il fait et qui m'ont dit il a un capital auprès des gens qui est de Zanzen et franchement bien sûr il est trop fort trop bien donc Anis Rally Anis on pense à toi il nous reste un peu près 10 minutes Merci. C'est passé vite !
- Speaker #1
Purée, c'est passé si vite ! Je croyais que ça faisait 10 minutes.
- Speaker #0
Il nous reste à peu près 10 minutes pour qu'on puisse enchaîner. Après, si tu as des choses à dire, vas-y. Raconte toute ta vie, on est là. Tu as juste 10 minutes. Là, on va passer à la partie où je demande des devoirs aux gens. Je pose des choses. Si vous posez vos fesses ici, vous devez bosser un peu avant. et donc en ce sens je demande à mes invités d'apporter un objet inspirant et de préparer une carte blanche, il dit de la carte blanche c'est une minute, une minute trente un peu moins, un peu plus, on s'en fout mais où tu balances ton message inspirant à celles et ceux qui peuvent l'entendre qui sont prêts à l'entendre ça peut être de la manière dont tu le souhaites tu peux chanter, tu peux cacher tu peux faire le silence peut-être parce que parfois ça peut aussi envoyer des messages très clairs et donc Merci. Ce que je te propose, c'est qu'on passe à l'objet que tu as apporté.
- Speaker #1
Il est là.
- Speaker #0
Il est là. Waouh.
- Speaker #1
Ils sont là. En vrai, c'est, je pense, les trucs auxquels je tiens le plus, matériel, je veux dire, parce que c'est un signe d'africanité hyper fort, avec mon nez. Non, je suis hyper fière de ça parce que... C'est un truc que partagent beaucoup de Sénégalais. Afrique de l'Ouest en général, mais beaucoup Guiné-Bissau-Sénégal. Sur les miens, c'est écrit Shanice Mendy, c'est pas compliqué. Comme je suis mandjake, il y a aussi tout un côté spirituel autour de ça. Quand je suis malade, celui-là est rougi. Et ça, c'est un peu mystique, tu vois. celui-là il le fait pas mais celui-là il le fait chez moi ça marche pour ceux qui nous écoutent c'est les bracelets en argent avec les deux petites boules au derrière que tous les sénégalais ont en vrai et ouais pour moi c'est un signe culturel hyper fort c'est de l'argent aussi donc je pense faudrait regarder sur dans nos histoires communes et tout mais Je sais que c'est un signe de richesse familiale, tu vois, que tu transmets aussi beaucoup. C'est un signe d'appartenance. Je pense que c'est très discret, tu vois, mais je pense qu'on se sait, tu vois, avec les gens qui le portent. Moi, en plus, j'en ai deux. Je fais la forceuse. Mais moi, ils sont en argent. Parfois, il y en a en bronze, tu vois. C'est un mélange des deux, surtout pour les garçons. Mais voilà, moi j'ai toujours vu mes oncles, mes tantes, mes cousins en avoir. Et j'en aurais toujours, je pense. C'est un peu... Je pense que si... C'est comme, je sais pas moi, une alliance aux doigts gauches, tu vois. Là, c'est... C'est des bracelets en argent poignés.
- Speaker #0
Putain, c'est ouf. Moi, je trouve ça incroyable la manière dont tu parles de ta culture, de tes racines.
- Speaker #1
C'est trop gentil.
- Speaker #0
C'est trop stylé. Et là, c'est matérialisé en plus par des bijoux... Que tu portes quotidiennement, j'imagine.
- Speaker #1
Exactement, je ne les enlève jamais.
- Speaker #0
C'est trop mignon, je trouve.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Big up au Mondjak. Je sais qu'il y en a qui écoutent. Trop cool. Et on va enchaîner du coup. On va enchaîner avec...
- Speaker #1
Ma carte blanche.
- Speaker #0
Ta carte blanche, la dernière partie de ce podcast.
- Speaker #1
Alors, la carte blanche, c'était super dur. Je vais dire la vérité. Moi, je suis productrice. Je ne suis pas créative de ouf. Je ne suis pas un artiste, tu vois. En fait, moi, quand on me donne une carte blanche, c'est une petite zone de stress. Parce que j'ai un esprit un peu cartésien, un peu carré, tu vois. Donc, je commençais à avoir mon cerveau divagué. Et après, je me suis dit, qu'est-ce qui te touche le plus là et que tu as envie que les gens sachent ? Et aujourd'hui... Alors, je vais prendre mon... téléphone. Ça, je vais vous lire. Mais aujourd'hui, il y a Anas Jamal Al-Sharif qui est décédé. C'est un journaliste palestinien qui travaillait pour Al Jazeera. Il est décédé aujourd'hui. Et c'est sa femme qui a partagé ce qu'il a écrit. Je pense que malheureusement, ils ont eu le temps de penser à ce qu'il faut dire après ça. Et elle a partagé ses mots. Et ça m'a bouleversée. De toute façon, ce génocide, il me bouleverse tous les jours. Je pense qu'il nous bouleverse tous et toutes, comment ne pas, tu vois. Mais je pense qu'on ne peut pas... Je crois que je ne pouvais pas avoir une carte blanche différente que parler de la Palestine. Donc je voudrais lire ce qu'il a écrit. Aussi parce que, très humblement, je me suis retrouvée dans lui juste... pour la foi qu'il porte à Dieu, tu vois. Et aussi l'amour qu'il donne à sa femme et ses enfants. Ça me fait penser à mon père. Donc voilà. En vrai, je voulais pas plomber l'ambiance. En vrai, c'est hyper fort ce qu'il a écrit et je trouve ça trop beau. Donc je vais essayer de pas bugger. Mais je vous lis. Alors, je vous confie la Palestine, joyau de la couronne du monde musulman, battement de cœur de chaque être libre sur cette terre. Je vous confie son peuple, ses enfants opprimés et innocents, qui n'ont jamais eu le temps de rêver ni de vivre en sécurité et en paix. Leurs corps purs ont été broyés sous des milliers de tonnes de bombes et de missiles israéliens, déchirés et écrasés contre les murs. Je vous exhorte à ne laisser ni les chaînes vous réduire au silence, ni les frontières vous retenir. Soyez des ponts vers la libération de la terre et de son peuple, jusqu'à ce que le soleil de la dignité... et de la liberté se lèvent sur notre patrie volée. Je vous confie ma famille, je vous confie ma fille bien-aimée, Ausha, lumière de mes yeux, que je n'ai jamais eu la chance de voir grandir comme je l'avais rêvé. Je vous confie mon cher fils Salah, que j'avais espéré soutenir et accompagner dans la vie jusqu'à ce qu'il devienne assez fort pour porter mon fardeau et poursuivre la mission. Je vous confie ma mère bien-aimée, dont les bénis prières m'ont conduit là où je suis. dont les invocations furent ma forteresse et dont la lumière guida mon chemin, je prie Dieu de lui accorder force et récompense, et de la récompenser pour moi de la meilleure des récompenses. Je vous confie également ma compagne de toujours, mon épouse bien-aimée, Oum Salabayan, que la guerre a séparé de moi pendant de longs jours et mois. Elle est restée fidèle à notre lien, ferme comme le tronc d'un olivier, qui ne ploie pas, patiente, confiante en Dieu. et assumant la responsabilité en mon absence avec toute sa force et sa foi. Je vous appelle à rester à leur côté, à être leur soutien après Dieu Tout-Puissant. Si je meurs, je meurs ferme sur mes principes. Je témoigne devant Dieu que j'accepte son décret, certain de le rencontrer, et convaincu que ce qui est auprès de Dieu est meilleur et est éternel. Ô Dieu, accepte-moi. Parmi les martyrs, pardonne mes péchés passés et futurs et fais de mon sang une lumière qui éclaire le chemin de la liberté pour mon peuple et ma famille. Pardonne-moi si j'ai failli et invoqué pour moi la miséricorde car j'ai tenu ma promesse et je ne l'ai jamais changée ni trahie. N'oubliez pas Gaza, voilà, je trouve ça incroyable.
- Speaker #0
C'est dingue.
- Speaker #1
Je trouvais ça fou et je trouve que ça apporte de la force, je crois, en tout cas j'espère, du courage pour eux, pour nous, pour ceux qui souffrent. Voilà, c'est pas hyper joyeux, mais je pense que c'est lumineux.
- Speaker #0
Ouais, c'est lumineux et c'est important. parler, de continuer d'en parler, de mener des actions, ça peut passer par le boycott, faire des dons ça peut passer par même partager, ne pas les laisser dans l'oubli et moi je trouve que c'est archi fort de prendre ce temps pour pour partager ce message.
- Speaker #1
Trop bien. Je suis contente alors d'avoir réussi la mission.
- Speaker #0
Non, franchement, c'est fort. Merci. Non, merci, merci. C'est important. Par les temps qui courent, et je sais que beaucoup de jeunes que je rencontre, que je vois dans les différentes assos dans lesquelles j'agis ou que je suis engagé, ont conscience de ça. Et moi, je trouve ça ouf. que la jeunesse en est conscience, tu le vois dans les maniches, tu le vois quand je vais à Répu, quand il y a des rassemblements. Tu sens qu'il y a une vraie volonté et qu'en fait, nous, on a... On peut agir. un petit peu à notre échelle. Mais c'est vrai que c'est assez frustrant de voir que ceux qui ont un réel pouvoir qui peut être game changer dans ce génocide, ne le font pas toujours. Donc gardons-nous notre conscience, continuons à agir comme on le peut, parlons-en autour de nous, partageons des messages comme tu viens de le faire, et surtout ne les oublions pas. Merci, Shanice.
- Speaker #1
Merci, Tim. C'était trop bien. C'est passé trop vite. J'ai même pas regardé la caméra.
- Speaker #0
Tant que c'est passé archi, je... Non, mais je suis trop content et merci pour les messages que t'as pu passer dans ce podcast. T'as kiffé ?
- Speaker #1
De ouf. C'était trop bien.
- Speaker #0
Je suis trop content. Merci à toi. Merci à ceux qui écoutent Aloukou, qui nous regardent. Parce qu'on peut nous regarder aussi. j'espère que ça continuera pendant longtemps j'espère, je te le souhaite trop bien longue vie au médium et longue vie à tous les médiums qui rassemblent et qui partagent des messages positifs ça c'est des trucs un peu chiant que j'aime pas dire à la fin mais comme d'hab si tu kiffes, tu likes, tu partages tu fais ce que tu veux en vrai parce qu'on se fout tant que t'écoutes mais il y a une phrase que je dis que j'aime bien dire, c'est une phrase de Youssoupha je t'ai kiffé ce podcast partage-le à une personne de ton entourage qu'il partagera à une personne de ton entourage qu'il partagera à une personne de ton entourage et ainsi de suite parce que c'est un peu ça la chaîne de la solidarité de l'entrée,
- Speaker #1
de la force qu'on doit se donner merci encore longue vie à Loukou on est ensemble l'équipe à bientôt