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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Transcription
Bonjour à tous, je suis Adrien Morel. Si vous êtes, comme moi, accablés par l'état de déliquescence des sociétés contemporaines, en particulier la nôtre, bienvenue dans Anthroponomie. le podcast qui décortique la civilisation. Car, avant de réparer, il faut comprendre, et nous sommes ici pour réparer. C'est aujourd'hui notre toute première émission. Je suis heureux de vous accueillir, et je vais faire mon possible pour retenir votre attention et vous fidéliser autour de ce thème qui nous est cher et nous concerne tous. L'originalité de ma démarche réside dans ce postulat que la panne actuelle des sociétés contemporaines est une panne de civilisation et que nos concitoyens, y compris le personnel politique qui les administre, ignorent tout de ce qu'est et de ce qui pourrait être réparé ou amélioré dans notre civilisation. Ce podcast est issu de mes travaux de recherche anthropologique publiés aux Editions du Promontoire. Vous pouvez commander mes livres sous format papier ou numérique chez votre fournisseur habituel ou bien depuis le site Editions du Promontoire, édition au pluriel. Le point de départ en est un constat. Pendant que notre société se décompose, en direct sous nos yeux, la droite et la gauche actuelles, au lieu de s'opposer sur des alternatives de solutions pour la remettre en état de marche, ne s'y affrontent plus que sur des questions de droit social et de droits fiscales. Leur alternative serait de ne se disputer que sur la question de savoir à qui ils vont prendre de l'argent et à qui ils vont en donner. Pendant ce temps, la civilisation s'effondre. Mon hypothèse consiste dans ce postulat que nous sommes confrontés à une panne de civilisation et que la plupart des acteurs de la vie politique ignorent la dimension de la civilisation. Quant à ceux qui la prennent en compte, Ils le font à partir de conceptions essentiellement religieuses d'un autre âge. C'est d'ailleurs ainsi que j'explique l'apparent et spectaculaire désintérêt de nos concitoyens pour la politique. Non pas que le sujet ne les intéresse plus, au contraire, ils sont extrêmement concernés. Mais ils ont compris que ceux qui en font un métier sont incapables de résoudre les problèmes de la société, en premier lieu parce qu'ils sont incapables de les poser. Dès lors, i ls se contentent de gesticuler en prenant des postures pour marquer ce qui reste de leur identité de "gauche" ou de "droite". J'ai mis droite et gauche entre guillemets car nous serons logiquement amenés, au cours de notre réflexion, à redéfinir ce qui sera une droite et ce qui sera une gauche. En attendant, le personnel politique contemporain tourne en rond à l'intérieur d'un système civilisationnel caduque dont la réparation nécessite de sortir. Pour sortir de cette situation de blocage, nous allons en effet devoir reprendre les problèmes en amont. Aussi, allons-nous commencer par définir une civilisation. A cet effet, je vous invite à parcourir ensemble un bref état des lieux des sociétés qui ont précédé la nôtre. Le chapitre que nous allons aborder aujourd'hui est intitulé « Les deux savoirs » . Les deux savoirs, le Totémisme. Une civilisation repose sur une Ontonomie, c'est-à-dire une conception du monde. Ontonomie est composé du préfixe grec « onto » qui désigne l'être et « nomos » ce qui est établi. Nous l'employons dans le sens d'organisation de ce qui est ou structuration de l'être. En d'autres termes, la conception par l'homme de lui-même et du monde qui l'entoure. Nous allons dans un premier temps évoquer aujourd'hui les Ontonomie totémistes qui caractérisent les sociétés premières. Avant d'aborder les ontonomies animistes, polythéistes et monothéistes. C e qui nous permettra ensuite d'arriver aux sociétés modernes avec la naissance successive des différentes sciences qui vont venir réorganiser leur ontonomie. Une Ontonomie est donc une conception du monde, un système de pensée qui permet à l'homme de comprendre le monde, de l'expliquer et d'agir en son sein. Depuis qu'il est humain, c'est-à-dire depuis qu'il est apparu, l'homme modélise sa propre présence et le monde qui l'entoure, afin de le comprendre et d'agir sur lui. Chaque société humaine dispose ainsi d'une Ontonomie. Une Ontonomie est une modélisation, un savoir, et plus précisément un ensemble de savoirs qui caractérisent et définissent une civilisation. La nature et le contenu de ces savoirs évoluent au cours de l'histoire et donne lieu à la succession des civilisations. Ce contenu de savoir est important puisque c'est précisément à ce niveau que la nôtre est en panne. Le premier mécanisme à partir duquel l'homme élabore son savoir consiste à attribuer sa propre psychologie au monde qui l'entoure. Ce mécanisme est fondamental. Présent chez tout être humain et dans toutes les sociétés humaines depuis que l'humanité existe. L'homme premier explique le monde en lui attribuant sa propre psychologie. Nous appelons ce mécanisme hypostase de la personne. Il consiste dans le fait que l'homme attribue sa propre personne avec ses propriétés à toutes les entités auxquelles il a affaire dans la nature. L'animal, le végétal, comme le rocher ou la source, se voient crédités de la même psychologie que l'être humain. Ils sont crédités des propriétés et qualités personnelles qui leur permettent de participer à la même organisation sociale que les êtres humains. La société totémiste inclut donc les humains et les non-humains. Ils ne sont pas forcément confondus, mais tous y ont leur place en tant que membres de cette société. Ainsi, tous les échanges, y compris la cueillette ou la chasse, sont appréhendés comme des échanges sociaux. L'homme négocie, à travers des rituels, l'autorisation de prélever un ou plusieurs spécimens d'une espèce, pour le consommer. Cela va jusqu'à la possibilité d'appartenir à la même famille, qui regroupe ces différentes entités, humaines et non-humaines, en leur supposant un ancêtre naturel commun. Cet ancêtre mythique est symboliquement représenté par un totem. Les ethnologues ont baptisé totémisme ce mode d'organisation sociale et surtout de modélisation de la réalité et des relations de l'être humain avec le monde qui l'entoure. Nous parlons d'ontonomie totémiste. Nous qualifierons d'hypostase de la personne cette première modalité d'élaboration du savoir. Elle consiste pour l'homme à attribuer sa propre psychologie à l'ensemble du monde qui l'entoure. Hypostase qui vient du grec et du latin signifie le fait pour l'homme de poser dans l'être sa propre personne en l'imputant aux entités qui lui sont extérieures. L'homme se connaît lui-même avec ses congénères et inclut dans la boucle toutes les entités qu'il autonomise autour de lui. Je rassure tout de suite mes auditeurs, ce sont les deux seules définitions que nous donnerons. Ontonomie ou structuration de l'être et hypostase, dont sa modalité particulière d'hypostase de sa personne, par laquelle l'homme attribue sa propre psychologie aux différentes entités du monde. C e qui constitue la première forme de son savoir. Car, cette première modalité d'élaboration du savoir n'est pas la seule. Une Ontonomie, cette conception du monde qui caractérise une civilisation, est composée d'un ensemble ou plutôt d'une combinaison de savoirs. En effet, il existe une seconde modalité d'élaboration du savoir, également présente dès les débuts de l'humanité. Elle consiste dans l'hypostase, cette fois, de la langue. Celle-ci, qui paraîtra probablement plus évidente à mon auditeur consiste dans le fait que l'être humain décrit et modélise le monde qui l'entoure à partir de la langue dont il dispose. Les deux modalités sont toujours présentes et complémentaires. Avec la première, l'homme explique le monde, nous allons y revenir, avec la seconde il le décrit. Tel qu'il l'observe, tel que le monde se présente perceptivement à lui. L'être humain le décrit avec les mots de sa langue. En particulier, il y recherche et y repère des régularités et des corrélations. Régularités quotidiennes, par exemple du jour et de la nuit. R égularités mensuelles, des astres. Régularités saisonnières, annuelles et pluriannuelles, des phénomènes naturels. R égularités des cycles de la vie, végétale, animale et humaine, etc. Des corrélations également. Entre la météorologie, précipitation ou sécheresse par exemple, et la qualité et l'abondance des différentes espèces végétales et animales. E ntre la couleur du ciel le soir et le temps qu'il fait le lendemain. C orrélations plus large entre tous les signes annonciateurs et les événements qui les suivent. D ans le fait de manger une baie et d'être malade. O u au contraire, de moins souffrir d'un mal dont on aimerait se débarrasser. Correlation entre la forme et la direction de certaines traces, et la présence et la localisation d'une espèce animale. E ntre la présence d'une espèce et sa relation avec une autre, etc. Les sociétés totémistes connaissent parfaitement leur environnement et savent y lire une multitude d'indices qui les orientent, les guident et sont utiles à leur vie quotidienne. Ce savoir, qui synthétise des régularités et des corrélations, s'énonce sous forme de règles. Il caractérise l'humanité bien au-delà des sociétés premières. On le retrouve jusque dans les sociétés contemporaines, par exemple dans le savoir proverbial. A vec des formules du genre « Marie-toi dans ta rue » ou « Noël au balcon, Pâques au tison » ou encore « l'habit ne fait pas le moine » , etc. Ces deux modalités d'élaboration du savoir, hypostase de la personne et hypostase de la langue, mettent en œuvre des mécanismes anthropologiques universels. Elles sont coextensives à l'humanité et sont présentes dès ses débuts. Il faudra ensuite des siècles, et plutôt même des millénaires, pour qu'apparaisse dans certaines sociétés humaines une troisième modalité d'élaboration du savoir que l'on peut qualifier de "scientifique". S ur laquelle nous reviendrons ultérieurement, en nous rapprochant des sociétés qui se considèrent comme "modernes". Ainsi, l'ontonomie ou conception du monde de chacune des sociétés premières résulte de l'intrication particulière de ces deux modalités du savoir. L' hypostase de la personne et l'hypostase de la langue. Nous les qualifions respectivement de savoirs de type 1 et 2. La science, quand elle apparaîtra, constituera un savoir de type 3. Nous allons en rester là pour cette première session, au cours de laquelle nous avons introduit les deux modalités anthropologiques d'élaboration de son savoir par l'homme. Le savoir de type 1. qui attribue au monde la psychologie humaine et le savoir de type 2 qui décrit le monde tel qu'il se présente à son observation spontanée. Nous les avons décrits à propos du totémisme et nous aborderons la prochaine fois les sociétés et civilisations animistes. Avant de nous intéresser dans les émissions suivantes au polythéisme, puis au monothéisme et aux sociétés modernes. Je vous remercie de votre attention. A bientôt.
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Bonjour à tous, je suis Adrien Morel. Si vous êtes, comme moi, accablés par l'état de déliquescence des sociétés contemporaines, en particulier la nôtre, bienvenue dans Anthroponomie. le podcast qui décortique la civilisation. Car, avant de réparer, il faut comprendre, et nous sommes ici pour réparer. C'est aujourd'hui notre toute première émission. Je suis heureux de vous accueillir, et je vais faire mon possible pour retenir votre attention et vous fidéliser autour de ce thème qui nous est cher et nous concerne tous. L'originalité de ma démarche réside dans ce postulat que la panne actuelle des sociétés contemporaines est une panne de civilisation et que nos concitoyens, y compris le personnel politique qui les administre, ignorent tout de ce qu'est et de ce qui pourrait être réparé ou amélioré dans notre civilisation. Ce podcast est issu de mes travaux de recherche anthropologique publiés aux Editions du Promontoire. Vous pouvez commander mes livres sous format papier ou numérique chez votre fournisseur habituel ou bien depuis le site Editions du Promontoire, édition au pluriel. Le point de départ en est un constat. Pendant que notre société se décompose, en direct sous nos yeux, la droite et la gauche actuelles, au lieu de s'opposer sur des alternatives de solutions pour la remettre en état de marche, ne s'y affrontent plus que sur des questions de droit social et de droits fiscales. Leur alternative serait de ne se disputer que sur la question de savoir à qui ils vont prendre de l'argent et à qui ils vont en donner. Pendant ce temps, la civilisation s'effondre. Mon hypothèse consiste dans ce postulat que nous sommes confrontés à une panne de civilisation et que la plupart des acteurs de la vie politique ignorent la dimension de la civilisation. Quant à ceux qui la prennent en compte, Ils le font à partir de conceptions essentiellement religieuses d'un autre âge. C'est d'ailleurs ainsi que j'explique l'apparent et spectaculaire désintérêt de nos concitoyens pour la politique. Non pas que le sujet ne les intéresse plus, au contraire, ils sont extrêmement concernés. Mais ils ont compris que ceux qui en font un métier sont incapables de résoudre les problèmes de la société, en premier lieu parce qu'ils sont incapables de les poser. Dès lors, i ls se contentent de gesticuler en prenant des postures pour marquer ce qui reste de leur identité de "gauche" ou de "droite". J'ai mis droite et gauche entre guillemets car nous serons logiquement amenés, au cours de notre réflexion, à redéfinir ce qui sera une droite et ce qui sera une gauche. En attendant, le personnel politique contemporain tourne en rond à l'intérieur d'un système civilisationnel caduque dont la réparation nécessite de sortir. Pour sortir de cette situation de blocage, nous allons en effet devoir reprendre les problèmes en amont. Aussi, allons-nous commencer par définir une civilisation. A cet effet, je vous invite à parcourir ensemble un bref état des lieux des sociétés qui ont précédé la nôtre. Le chapitre que nous allons aborder aujourd'hui est intitulé « Les deux savoirs » . Les deux savoirs, le Totémisme. Une civilisation repose sur une Ontonomie, c'est-à-dire une conception du monde. Ontonomie est composé du préfixe grec « onto » qui désigne l'être et « nomos » ce qui est établi. Nous l'employons dans le sens d'organisation de ce qui est ou structuration de l'être. En d'autres termes, la conception par l'homme de lui-même et du monde qui l'entoure. Nous allons dans un premier temps évoquer aujourd'hui les Ontonomie totémistes qui caractérisent les sociétés premières. Avant d'aborder les ontonomies animistes, polythéistes et monothéistes. C e qui nous permettra ensuite d'arriver aux sociétés modernes avec la naissance successive des différentes sciences qui vont venir réorganiser leur ontonomie. Une Ontonomie est donc une conception du monde, un système de pensée qui permet à l'homme de comprendre le monde, de l'expliquer et d'agir en son sein. Depuis qu'il est humain, c'est-à-dire depuis qu'il est apparu, l'homme modélise sa propre présence et le monde qui l'entoure, afin de le comprendre et d'agir sur lui. Chaque société humaine dispose ainsi d'une Ontonomie. Une Ontonomie est une modélisation, un savoir, et plus précisément un ensemble de savoirs qui caractérisent et définissent une civilisation. La nature et le contenu de ces savoirs évoluent au cours de l'histoire et donne lieu à la succession des civilisations. Ce contenu de savoir est important puisque c'est précisément à ce niveau que la nôtre est en panne. Le premier mécanisme à partir duquel l'homme élabore son savoir consiste à attribuer sa propre psychologie au monde qui l'entoure. Ce mécanisme est fondamental. Présent chez tout être humain et dans toutes les sociétés humaines depuis que l'humanité existe. L'homme premier explique le monde en lui attribuant sa propre psychologie. Nous appelons ce mécanisme hypostase de la personne. Il consiste dans le fait que l'homme attribue sa propre personne avec ses propriétés à toutes les entités auxquelles il a affaire dans la nature. L'animal, le végétal, comme le rocher ou la source, se voient crédités de la même psychologie que l'être humain. Ils sont crédités des propriétés et qualités personnelles qui leur permettent de participer à la même organisation sociale que les êtres humains. La société totémiste inclut donc les humains et les non-humains. Ils ne sont pas forcément confondus, mais tous y ont leur place en tant que membres de cette société. Ainsi, tous les échanges, y compris la cueillette ou la chasse, sont appréhendés comme des échanges sociaux. L'homme négocie, à travers des rituels, l'autorisation de prélever un ou plusieurs spécimens d'une espèce, pour le consommer. Cela va jusqu'à la possibilité d'appartenir à la même famille, qui regroupe ces différentes entités, humaines et non-humaines, en leur supposant un ancêtre naturel commun. Cet ancêtre mythique est symboliquement représenté par un totem. Les ethnologues ont baptisé totémisme ce mode d'organisation sociale et surtout de modélisation de la réalité et des relations de l'être humain avec le monde qui l'entoure. Nous parlons d'ontonomie totémiste. Nous qualifierons d'hypostase de la personne cette première modalité d'élaboration du savoir. Elle consiste pour l'homme à attribuer sa propre psychologie à l'ensemble du monde qui l'entoure. Hypostase qui vient du grec et du latin signifie le fait pour l'homme de poser dans l'être sa propre personne en l'imputant aux entités qui lui sont extérieures. L'homme se connaît lui-même avec ses congénères et inclut dans la boucle toutes les entités qu'il autonomise autour de lui. Je rassure tout de suite mes auditeurs, ce sont les deux seules définitions que nous donnerons. Ontonomie ou structuration de l'être et hypostase, dont sa modalité particulière d'hypostase de sa personne, par laquelle l'homme attribue sa propre psychologie aux différentes entités du monde. C e qui constitue la première forme de son savoir. Car, cette première modalité d'élaboration du savoir n'est pas la seule. Une Ontonomie, cette conception du monde qui caractérise une civilisation, est composée d'un ensemble ou plutôt d'une combinaison de savoirs. En effet, il existe une seconde modalité d'élaboration du savoir, également présente dès les débuts de l'humanité. Elle consiste dans l'hypostase, cette fois, de la langue. Celle-ci, qui paraîtra probablement plus évidente à mon auditeur consiste dans le fait que l'être humain décrit et modélise le monde qui l'entoure à partir de la langue dont il dispose. Les deux modalités sont toujours présentes et complémentaires. Avec la première, l'homme explique le monde, nous allons y revenir, avec la seconde il le décrit. Tel qu'il l'observe, tel que le monde se présente perceptivement à lui. L'être humain le décrit avec les mots de sa langue. En particulier, il y recherche et y repère des régularités et des corrélations. Régularités quotidiennes, par exemple du jour et de la nuit. R égularités mensuelles, des astres. Régularités saisonnières, annuelles et pluriannuelles, des phénomènes naturels. R égularités des cycles de la vie, végétale, animale et humaine, etc. Des corrélations également. Entre la météorologie, précipitation ou sécheresse par exemple, et la qualité et l'abondance des différentes espèces végétales et animales. E ntre la couleur du ciel le soir et le temps qu'il fait le lendemain. C orrélations plus large entre tous les signes annonciateurs et les événements qui les suivent. D ans le fait de manger une baie et d'être malade. O u au contraire, de moins souffrir d'un mal dont on aimerait se débarrasser. Correlation entre la forme et la direction de certaines traces, et la présence et la localisation d'une espèce animale. E ntre la présence d'une espèce et sa relation avec une autre, etc. Les sociétés totémistes connaissent parfaitement leur environnement et savent y lire une multitude d'indices qui les orientent, les guident et sont utiles à leur vie quotidienne. Ce savoir, qui synthétise des régularités et des corrélations, s'énonce sous forme de règles. Il caractérise l'humanité bien au-delà des sociétés premières. On le retrouve jusque dans les sociétés contemporaines, par exemple dans le savoir proverbial. A vec des formules du genre « Marie-toi dans ta rue » ou « Noël au balcon, Pâques au tison » ou encore « l'habit ne fait pas le moine » , etc. Ces deux modalités d'élaboration du savoir, hypostase de la personne et hypostase de la langue, mettent en œuvre des mécanismes anthropologiques universels. Elles sont coextensives à l'humanité et sont présentes dès ses débuts. Il faudra ensuite des siècles, et plutôt même des millénaires, pour qu'apparaisse dans certaines sociétés humaines une troisième modalité d'élaboration du savoir que l'on peut qualifier de "scientifique". S ur laquelle nous reviendrons ultérieurement, en nous rapprochant des sociétés qui se considèrent comme "modernes". Ainsi, l'ontonomie ou conception du monde de chacune des sociétés premières résulte de l'intrication particulière de ces deux modalités du savoir. L' hypostase de la personne et l'hypostase de la langue. Nous les qualifions respectivement de savoirs de type 1 et 2. La science, quand elle apparaîtra, constituera un savoir de type 3. Nous allons en rester là pour cette première session, au cours de laquelle nous avons introduit les deux modalités anthropologiques d'élaboration de son savoir par l'homme. Le savoir de type 1. qui attribue au monde la psychologie humaine et le savoir de type 2 qui décrit le monde tel qu'il se présente à son observation spontanée. Nous les avons décrits à propos du totémisme et nous aborderons la prochaine fois les sociétés et civilisations animistes. Avant de nous intéresser dans les émissions suivantes au polythéisme, puis au monothéisme et aux sociétés modernes. Je vous remercie de votre attention. A bientôt.
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Bonjour à tous, je suis Adrien Morel. Si vous êtes, comme moi, accablés par l'état de déliquescence des sociétés contemporaines, en particulier la nôtre, bienvenue dans Anthroponomie. le podcast qui décortique la civilisation. Car, avant de réparer, il faut comprendre, et nous sommes ici pour réparer. C'est aujourd'hui notre toute première émission. Je suis heureux de vous accueillir, et je vais faire mon possible pour retenir votre attention et vous fidéliser autour de ce thème qui nous est cher et nous concerne tous. L'originalité de ma démarche réside dans ce postulat que la panne actuelle des sociétés contemporaines est une panne de civilisation et que nos concitoyens, y compris le personnel politique qui les administre, ignorent tout de ce qu'est et de ce qui pourrait être réparé ou amélioré dans notre civilisation. Ce podcast est issu de mes travaux de recherche anthropologique publiés aux Editions du Promontoire. Vous pouvez commander mes livres sous format papier ou numérique chez votre fournisseur habituel ou bien depuis le site Editions du Promontoire, édition au pluriel. Le point de départ en est un constat. Pendant que notre société se décompose, en direct sous nos yeux, la droite et la gauche actuelles, au lieu de s'opposer sur des alternatives de solutions pour la remettre en état de marche, ne s'y affrontent plus que sur des questions de droit social et de droits fiscales. Leur alternative serait de ne se disputer que sur la question de savoir à qui ils vont prendre de l'argent et à qui ils vont en donner. Pendant ce temps, la civilisation s'effondre. Mon hypothèse consiste dans ce postulat que nous sommes confrontés à une panne de civilisation et que la plupart des acteurs de la vie politique ignorent la dimension de la civilisation. Quant à ceux qui la prennent en compte, Ils le font à partir de conceptions essentiellement religieuses d'un autre âge. C'est d'ailleurs ainsi que j'explique l'apparent et spectaculaire désintérêt de nos concitoyens pour la politique. Non pas que le sujet ne les intéresse plus, au contraire, ils sont extrêmement concernés. Mais ils ont compris que ceux qui en font un métier sont incapables de résoudre les problèmes de la société, en premier lieu parce qu'ils sont incapables de les poser. Dès lors, i ls se contentent de gesticuler en prenant des postures pour marquer ce qui reste de leur identité de "gauche" ou de "droite". J'ai mis droite et gauche entre guillemets car nous serons logiquement amenés, au cours de notre réflexion, à redéfinir ce qui sera une droite et ce qui sera une gauche. En attendant, le personnel politique contemporain tourne en rond à l'intérieur d'un système civilisationnel caduque dont la réparation nécessite de sortir. Pour sortir de cette situation de blocage, nous allons en effet devoir reprendre les problèmes en amont. Aussi, allons-nous commencer par définir une civilisation. A cet effet, je vous invite à parcourir ensemble un bref état des lieux des sociétés qui ont précédé la nôtre. Le chapitre que nous allons aborder aujourd'hui est intitulé « Les deux savoirs » . Les deux savoirs, le Totémisme. Une civilisation repose sur une Ontonomie, c'est-à-dire une conception du monde. Ontonomie est composé du préfixe grec « onto » qui désigne l'être et « nomos » ce qui est établi. Nous l'employons dans le sens d'organisation de ce qui est ou structuration de l'être. En d'autres termes, la conception par l'homme de lui-même et du monde qui l'entoure. Nous allons dans un premier temps évoquer aujourd'hui les Ontonomie totémistes qui caractérisent les sociétés premières. Avant d'aborder les ontonomies animistes, polythéistes et monothéistes. C e qui nous permettra ensuite d'arriver aux sociétés modernes avec la naissance successive des différentes sciences qui vont venir réorganiser leur ontonomie. Une Ontonomie est donc une conception du monde, un système de pensée qui permet à l'homme de comprendre le monde, de l'expliquer et d'agir en son sein. Depuis qu'il est humain, c'est-à-dire depuis qu'il est apparu, l'homme modélise sa propre présence et le monde qui l'entoure, afin de le comprendre et d'agir sur lui. Chaque société humaine dispose ainsi d'une Ontonomie. Une Ontonomie est une modélisation, un savoir, et plus précisément un ensemble de savoirs qui caractérisent et définissent une civilisation. La nature et le contenu de ces savoirs évoluent au cours de l'histoire et donne lieu à la succession des civilisations. Ce contenu de savoir est important puisque c'est précisément à ce niveau que la nôtre est en panne. Le premier mécanisme à partir duquel l'homme élabore son savoir consiste à attribuer sa propre psychologie au monde qui l'entoure. Ce mécanisme est fondamental. Présent chez tout être humain et dans toutes les sociétés humaines depuis que l'humanité existe. L'homme premier explique le monde en lui attribuant sa propre psychologie. Nous appelons ce mécanisme hypostase de la personne. Il consiste dans le fait que l'homme attribue sa propre personne avec ses propriétés à toutes les entités auxquelles il a affaire dans la nature. L'animal, le végétal, comme le rocher ou la source, se voient crédités de la même psychologie que l'être humain. Ils sont crédités des propriétés et qualités personnelles qui leur permettent de participer à la même organisation sociale que les êtres humains. La société totémiste inclut donc les humains et les non-humains. Ils ne sont pas forcément confondus, mais tous y ont leur place en tant que membres de cette société. Ainsi, tous les échanges, y compris la cueillette ou la chasse, sont appréhendés comme des échanges sociaux. L'homme négocie, à travers des rituels, l'autorisation de prélever un ou plusieurs spécimens d'une espèce, pour le consommer. Cela va jusqu'à la possibilité d'appartenir à la même famille, qui regroupe ces différentes entités, humaines et non-humaines, en leur supposant un ancêtre naturel commun. Cet ancêtre mythique est symboliquement représenté par un totem. Les ethnologues ont baptisé totémisme ce mode d'organisation sociale et surtout de modélisation de la réalité et des relations de l'être humain avec le monde qui l'entoure. Nous parlons d'ontonomie totémiste. Nous qualifierons d'hypostase de la personne cette première modalité d'élaboration du savoir. Elle consiste pour l'homme à attribuer sa propre psychologie à l'ensemble du monde qui l'entoure. Hypostase qui vient du grec et du latin signifie le fait pour l'homme de poser dans l'être sa propre personne en l'imputant aux entités qui lui sont extérieures. L'homme se connaît lui-même avec ses congénères et inclut dans la boucle toutes les entités qu'il autonomise autour de lui. Je rassure tout de suite mes auditeurs, ce sont les deux seules définitions que nous donnerons. Ontonomie ou structuration de l'être et hypostase, dont sa modalité particulière d'hypostase de sa personne, par laquelle l'homme attribue sa propre psychologie aux différentes entités du monde. C e qui constitue la première forme de son savoir. Car, cette première modalité d'élaboration du savoir n'est pas la seule. Une Ontonomie, cette conception du monde qui caractérise une civilisation, est composée d'un ensemble ou plutôt d'une combinaison de savoirs. En effet, il existe une seconde modalité d'élaboration du savoir, également présente dès les débuts de l'humanité. Elle consiste dans l'hypostase, cette fois, de la langue. Celle-ci, qui paraîtra probablement plus évidente à mon auditeur consiste dans le fait que l'être humain décrit et modélise le monde qui l'entoure à partir de la langue dont il dispose. Les deux modalités sont toujours présentes et complémentaires. Avec la première, l'homme explique le monde, nous allons y revenir, avec la seconde il le décrit. Tel qu'il l'observe, tel que le monde se présente perceptivement à lui. L'être humain le décrit avec les mots de sa langue. En particulier, il y recherche et y repère des régularités et des corrélations. Régularités quotidiennes, par exemple du jour et de la nuit. R égularités mensuelles, des astres. Régularités saisonnières, annuelles et pluriannuelles, des phénomènes naturels. R égularités des cycles de la vie, végétale, animale et humaine, etc. Des corrélations également. Entre la météorologie, précipitation ou sécheresse par exemple, et la qualité et l'abondance des différentes espèces végétales et animales. E ntre la couleur du ciel le soir et le temps qu'il fait le lendemain. C orrélations plus large entre tous les signes annonciateurs et les événements qui les suivent. D ans le fait de manger une baie et d'être malade. O u au contraire, de moins souffrir d'un mal dont on aimerait se débarrasser. Correlation entre la forme et la direction de certaines traces, et la présence et la localisation d'une espèce animale. E ntre la présence d'une espèce et sa relation avec une autre, etc. Les sociétés totémistes connaissent parfaitement leur environnement et savent y lire une multitude d'indices qui les orientent, les guident et sont utiles à leur vie quotidienne. Ce savoir, qui synthétise des régularités et des corrélations, s'énonce sous forme de règles. Il caractérise l'humanité bien au-delà des sociétés premières. On le retrouve jusque dans les sociétés contemporaines, par exemple dans le savoir proverbial. A vec des formules du genre « Marie-toi dans ta rue » ou « Noël au balcon, Pâques au tison » ou encore « l'habit ne fait pas le moine » , etc. Ces deux modalités d'élaboration du savoir, hypostase de la personne et hypostase de la langue, mettent en œuvre des mécanismes anthropologiques universels. Elles sont coextensives à l'humanité et sont présentes dès ses débuts. Il faudra ensuite des siècles, et plutôt même des millénaires, pour qu'apparaisse dans certaines sociétés humaines une troisième modalité d'élaboration du savoir que l'on peut qualifier de "scientifique". S ur laquelle nous reviendrons ultérieurement, en nous rapprochant des sociétés qui se considèrent comme "modernes". Ainsi, l'ontonomie ou conception du monde de chacune des sociétés premières résulte de l'intrication particulière de ces deux modalités du savoir. L' hypostase de la personne et l'hypostase de la langue. Nous les qualifions respectivement de savoirs de type 1 et 2. La science, quand elle apparaîtra, constituera un savoir de type 3. Nous allons en rester là pour cette première session, au cours de laquelle nous avons introduit les deux modalités anthropologiques d'élaboration de son savoir par l'homme. Le savoir de type 1. qui attribue au monde la psychologie humaine et le savoir de type 2 qui décrit le monde tel qu'il se présente à son observation spontanée. Nous les avons décrits à propos du totémisme et nous aborderons la prochaine fois les sociétés et civilisations animistes. Avant de nous intéresser dans les émissions suivantes au polythéisme, puis au monothéisme et aux sociétés modernes. Je vous remercie de votre attention. A bientôt.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Bonjour à tous, je suis Adrien Morel. Si vous êtes, comme moi, accablés par l'état de déliquescence des sociétés contemporaines, en particulier la nôtre, bienvenue dans Anthroponomie. le podcast qui décortique la civilisation. Car, avant de réparer, il faut comprendre, et nous sommes ici pour réparer. C'est aujourd'hui notre toute première émission. Je suis heureux de vous accueillir, et je vais faire mon possible pour retenir votre attention et vous fidéliser autour de ce thème qui nous est cher et nous concerne tous. L'originalité de ma démarche réside dans ce postulat que la panne actuelle des sociétés contemporaines est une panne de civilisation et que nos concitoyens, y compris le personnel politique qui les administre, ignorent tout de ce qu'est et de ce qui pourrait être réparé ou amélioré dans notre civilisation. Ce podcast est issu de mes travaux de recherche anthropologique publiés aux Editions du Promontoire. Vous pouvez commander mes livres sous format papier ou numérique chez votre fournisseur habituel ou bien depuis le site Editions du Promontoire, édition au pluriel. Le point de départ en est un constat. Pendant que notre société se décompose, en direct sous nos yeux, la droite et la gauche actuelles, au lieu de s'opposer sur des alternatives de solutions pour la remettre en état de marche, ne s'y affrontent plus que sur des questions de droit social et de droits fiscales. Leur alternative serait de ne se disputer que sur la question de savoir à qui ils vont prendre de l'argent et à qui ils vont en donner. Pendant ce temps, la civilisation s'effondre. Mon hypothèse consiste dans ce postulat que nous sommes confrontés à une panne de civilisation et que la plupart des acteurs de la vie politique ignorent la dimension de la civilisation. Quant à ceux qui la prennent en compte, Ils le font à partir de conceptions essentiellement religieuses d'un autre âge. C'est d'ailleurs ainsi que j'explique l'apparent et spectaculaire désintérêt de nos concitoyens pour la politique. Non pas que le sujet ne les intéresse plus, au contraire, ils sont extrêmement concernés. Mais ils ont compris que ceux qui en font un métier sont incapables de résoudre les problèmes de la société, en premier lieu parce qu'ils sont incapables de les poser. Dès lors, i ls se contentent de gesticuler en prenant des postures pour marquer ce qui reste de leur identité de "gauche" ou de "droite". J'ai mis droite et gauche entre guillemets car nous serons logiquement amenés, au cours de notre réflexion, à redéfinir ce qui sera une droite et ce qui sera une gauche. En attendant, le personnel politique contemporain tourne en rond à l'intérieur d'un système civilisationnel caduque dont la réparation nécessite de sortir. Pour sortir de cette situation de blocage, nous allons en effet devoir reprendre les problèmes en amont. Aussi, allons-nous commencer par définir une civilisation. A cet effet, je vous invite à parcourir ensemble un bref état des lieux des sociétés qui ont précédé la nôtre. Le chapitre que nous allons aborder aujourd'hui est intitulé « Les deux savoirs » . Les deux savoirs, le Totémisme. Une civilisation repose sur une Ontonomie, c'est-à-dire une conception du monde. Ontonomie est composé du préfixe grec « onto » qui désigne l'être et « nomos » ce qui est établi. Nous l'employons dans le sens d'organisation de ce qui est ou structuration de l'être. En d'autres termes, la conception par l'homme de lui-même et du monde qui l'entoure. Nous allons dans un premier temps évoquer aujourd'hui les Ontonomie totémistes qui caractérisent les sociétés premières. Avant d'aborder les ontonomies animistes, polythéistes et monothéistes. C e qui nous permettra ensuite d'arriver aux sociétés modernes avec la naissance successive des différentes sciences qui vont venir réorganiser leur ontonomie. Une Ontonomie est donc une conception du monde, un système de pensée qui permet à l'homme de comprendre le monde, de l'expliquer et d'agir en son sein. Depuis qu'il est humain, c'est-à-dire depuis qu'il est apparu, l'homme modélise sa propre présence et le monde qui l'entoure, afin de le comprendre et d'agir sur lui. Chaque société humaine dispose ainsi d'une Ontonomie. Une Ontonomie est une modélisation, un savoir, et plus précisément un ensemble de savoirs qui caractérisent et définissent une civilisation. La nature et le contenu de ces savoirs évoluent au cours de l'histoire et donne lieu à la succession des civilisations. Ce contenu de savoir est important puisque c'est précisément à ce niveau que la nôtre est en panne. Le premier mécanisme à partir duquel l'homme élabore son savoir consiste à attribuer sa propre psychologie au monde qui l'entoure. Ce mécanisme est fondamental. Présent chez tout être humain et dans toutes les sociétés humaines depuis que l'humanité existe. L'homme premier explique le monde en lui attribuant sa propre psychologie. Nous appelons ce mécanisme hypostase de la personne. Il consiste dans le fait que l'homme attribue sa propre personne avec ses propriétés à toutes les entités auxquelles il a affaire dans la nature. L'animal, le végétal, comme le rocher ou la source, se voient crédités de la même psychologie que l'être humain. Ils sont crédités des propriétés et qualités personnelles qui leur permettent de participer à la même organisation sociale que les êtres humains. La société totémiste inclut donc les humains et les non-humains. Ils ne sont pas forcément confondus, mais tous y ont leur place en tant que membres de cette société. Ainsi, tous les échanges, y compris la cueillette ou la chasse, sont appréhendés comme des échanges sociaux. L'homme négocie, à travers des rituels, l'autorisation de prélever un ou plusieurs spécimens d'une espèce, pour le consommer. Cela va jusqu'à la possibilité d'appartenir à la même famille, qui regroupe ces différentes entités, humaines et non-humaines, en leur supposant un ancêtre naturel commun. Cet ancêtre mythique est symboliquement représenté par un totem. Les ethnologues ont baptisé totémisme ce mode d'organisation sociale et surtout de modélisation de la réalité et des relations de l'être humain avec le monde qui l'entoure. Nous parlons d'ontonomie totémiste. Nous qualifierons d'hypostase de la personne cette première modalité d'élaboration du savoir. Elle consiste pour l'homme à attribuer sa propre psychologie à l'ensemble du monde qui l'entoure. Hypostase qui vient du grec et du latin signifie le fait pour l'homme de poser dans l'être sa propre personne en l'imputant aux entités qui lui sont extérieures. L'homme se connaît lui-même avec ses congénères et inclut dans la boucle toutes les entités qu'il autonomise autour de lui. Je rassure tout de suite mes auditeurs, ce sont les deux seules définitions que nous donnerons. Ontonomie ou structuration de l'être et hypostase, dont sa modalité particulière d'hypostase de sa personne, par laquelle l'homme attribue sa propre psychologie aux différentes entités du monde. C e qui constitue la première forme de son savoir. Car, cette première modalité d'élaboration du savoir n'est pas la seule. Une Ontonomie, cette conception du monde qui caractérise une civilisation, est composée d'un ensemble ou plutôt d'une combinaison de savoirs. En effet, il existe une seconde modalité d'élaboration du savoir, également présente dès les débuts de l'humanité. Elle consiste dans l'hypostase, cette fois, de la langue. Celle-ci, qui paraîtra probablement plus évidente à mon auditeur consiste dans le fait que l'être humain décrit et modélise le monde qui l'entoure à partir de la langue dont il dispose. Les deux modalités sont toujours présentes et complémentaires. Avec la première, l'homme explique le monde, nous allons y revenir, avec la seconde il le décrit. Tel qu'il l'observe, tel que le monde se présente perceptivement à lui. L'être humain le décrit avec les mots de sa langue. En particulier, il y recherche et y repère des régularités et des corrélations. Régularités quotidiennes, par exemple du jour et de la nuit. R égularités mensuelles, des astres. Régularités saisonnières, annuelles et pluriannuelles, des phénomènes naturels. R égularités des cycles de la vie, végétale, animale et humaine, etc. Des corrélations également. Entre la météorologie, précipitation ou sécheresse par exemple, et la qualité et l'abondance des différentes espèces végétales et animales. E ntre la couleur du ciel le soir et le temps qu'il fait le lendemain. C orrélations plus large entre tous les signes annonciateurs et les événements qui les suivent. D ans le fait de manger une baie et d'être malade. O u au contraire, de moins souffrir d'un mal dont on aimerait se débarrasser. Correlation entre la forme et la direction de certaines traces, et la présence et la localisation d'une espèce animale. E ntre la présence d'une espèce et sa relation avec une autre, etc. Les sociétés totémistes connaissent parfaitement leur environnement et savent y lire une multitude d'indices qui les orientent, les guident et sont utiles à leur vie quotidienne. Ce savoir, qui synthétise des régularités et des corrélations, s'énonce sous forme de règles. Il caractérise l'humanité bien au-delà des sociétés premières. On le retrouve jusque dans les sociétés contemporaines, par exemple dans le savoir proverbial. A vec des formules du genre « Marie-toi dans ta rue » ou « Noël au balcon, Pâques au tison » ou encore « l'habit ne fait pas le moine » , etc. Ces deux modalités d'élaboration du savoir, hypostase de la personne et hypostase de la langue, mettent en œuvre des mécanismes anthropologiques universels. Elles sont coextensives à l'humanité et sont présentes dès ses débuts. Il faudra ensuite des siècles, et plutôt même des millénaires, pour qu'apparaisse dans certaines sociétés humaines une troisième modalité d'élaboration du savoir que l'on peut qualifier de "scientifique". S ur laquelle nous reviendrons ultérieurement, en nous rapprochant des sociétés qui se considèrent comme "modernes". Ainsi, l'ontonomie ou conception du monde de chacune des sociétés premières résulte de l'intrication particulière de ces deux modalités du savoir. L' hypostase de la personne et l'hypostase de la langue. Nous les qualifions respectivement de savoirs de type 1 et 2. La science, quand elle apparaîtra, constituera un savoir de type 3. Nous allons en rester là pour cette première session, au cours de laquelle nous avons introduit les deux modalités anthropologiques d'élaboration de son savoir par l'homme. Le savoir de type 1. qui attribue au monde la psychologie humaine et le savoir de type 2 qui décrit le monde tel qu'il se présente à son observation spontanée. Nous les avons décrits à propos du totémisme et nous aborderons la prochaine fois les sociétés et civilisations animistes. Avant de nous intéresser dans les émissions suivantes au polythéisme, puis au monothéisme et aux sociétés modernes. Je vous remercie de votre attention. A bientôt.
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