Speaker #0Hey, moi c'est Laure. Cette épreuve que tu traverses en ce moment, elle a rompu ton équilibre, alors ton cœur est fatigué, tu es submergé. Tu te dis que tu dois tenir, sinon tout va s'écrouler. Et quand ce moment arrive, ça fait peur. Parce que t'as l'impression que tu n'as plus de force. Et que tu n'as plus de ressources en toi pour avancer. Et comme ta stabilité t'a quitté, tu ne sais plus sur quoi t'appuyer. Alors dans ces moments-là, on se retrouve souvent isolé. Peut-être que comme moi, tu n'en as pas vraiment parlé autour de toi. Parce que tu ne trouves pas les mots pour expliquer ce que tu vis. Parce que tu as peur de déranger ou que tu as essayé d'en parler et que tu as l'impression que personne ne comprend vraiment ce que tu vis. Alors tu portes ça tout seul. Ta vie ne ressemble plus à ce qu'elle était avant. Et toi, tu te retrouves là, sans comprendre ce qui t'arrive. Et peut-être que toi aussi, tu t'es dit... Je suis épuisée. Je ne reconnais plus rien. Ni moi, ni ma vie. Mes rêves ont disparu. Je ne sais pas quoi faire. Et même si tu aimerais continuer à fonctionner comme avant, tu sais au fond de toi que cela n'est plus possible. Écoute, ce que tu ressens est parfaitement normal. Ce n'est pas une faiblesse de ta part. C'est une réponse humaine face à quelque chose qui est trop lourd à porter pour une seule personne. Tu n'as pas à tenir pour tout le monde et tu as le droit d'être exactement là où tu en es en ce moment. Dans ta crise, ce n'est pas seulement la souffrance qui fait mal, c'est ce sentiment d'être complètement détruit, de ne plus être capable de fonctionner, de te retrouver là sans comprendre tout ce qui t'arrive. Mais tu sais, tu n'es pas détruit car la crise ne te brise pas. Elle te sépare de toi-même. Elle te sépare de tes forces, de ta structure, de tes repères, de toutes les choses en toi qui te rendent des solides. Et du coup, tu as l'impression que tout ça a disparu. Mais tout cela est encore en toi. Pour le moment, tu es juste dans le brouillard, confus, sans savoir comment retrouver cela. Mais le brouillard, ça se traverse, alors que la destruction... Tes forces sont toujours là. même si tes anciens appuis n'existent plus. Et toi aussi. Cette épreuve, elle te force à te retrouver autrement. Et c'est là que tout repart. Alors si c'est ce que tu ressens aujourd'hui et que tu te dis « Mais si je ne suis plus qui j'étais avant, qui je suis maintenant ? » C'est normal dans une crise. C'est normal de partir à la dérive. Parce que quand ce qui nous arrive fait trop peur, Notre cerveau se met en mode survie. Il arrête de réfléchir et il cherche juste à survivre. Tu as remarqué toi aussi que quand tu es sous stress, tu réfléchis moins bien, tu réagis impulsivement et tu regrettes certaines choses que tu as faites après ? Si c'est ton cas, tu es normal. C'est simplement ton système nerveux qui essaie de te protéger le temps que tu te stabilises. Et même si tu penses que ce qui t'arrive est au-delà de tes forces, tu es plus fort que tu ne l'imagines. Tu vois, c'est un peu comme un bateau en pleine tempête. Le marin ne cherche plus à maintenir le cap, mais il cherche à rester à flot. Il réduit les voiles, il tient fermement le gouvernail, et il attend que la tempête passe avant de reprendre le cap. Parce que toutes les tempêtes passent à un moment donné, alors peut-être pas aujourd'hui ni demain, mais elles finissent par passer. Et toi, dans quelles tempêtes tu navigues en ce moment ? En tout cas, sache que si tu es en... Pleine tempête. La seule chose pour l'instant qui compte, c'est de rester à flot. Mais c'est déjà beaucoup, tu sais. Je sais ce que c'est parce que moi aussi j'ai traversé une tempête qui a tout fait basculer dans ma vie. Dans mon histoire, ma tempête a commencé le jour où mon papa m'a annoncé son diagnostic. Les médecins ont posé sur lui ce qui semblait une condamnation à mort. D'un coup, il n'était plus mon papa. Pour eux, il était juste une statistique. Un cas terminal. Survie moyenne de quelques mois, point final. Tu sais, avant ça, ma relation avec mon papa était compliquée. Il y avait des tensions et de la distance entre nous. Mais quand il a prononcé ces mots, quelque chose d'étrange s'est produit. Et le rapport de force qui existait entre nous depuis des années est tombé instantanément. Tout à coup, tous les reproches se sont emballés. Et il ne restait plus qu'une fille et son papa unis face à la maladie. Et pour la première fois depuis longtemps, on était à nouveau une équipe. Alors malgré le trauma de tout ce qui t'est tombé dessus, peut-être que quelque chose d'inattendu peut émerger dans ta tempête. Une réconciliation que tu n'espérais plus, une proximité que tu avais oubliée, un amour qui était toujours là, enfoui sous les reproches. Parce que la crise fait disparaître tout ce qui est superficiel pour ne révéler que ce qui est essentiel. Quand quelques mois plus tard, je me suis retrouvée dans le bureau des médecins assise à côté de mon papa pour écouter leurs pronostics, je me suis sentie vraiment seule. J'avais envie de disparaître. J'ai fait une poker face comme si ce qu'il disait était normal. Et avec papa, on n'en a jamais reparlé. Parce que certaines douleurs sont trop grandes pour trouver les mots. Et quand ta réalité est insupportable, quelque chose se fige en toi pour éviter l'effondrement. Parce que quand c'est lourd, tu n'en parles pas. Même pas à ta famille. Tu portes ça seul. Mais dans ma tempête, j'ai réalisé malgré tout que je n'étais pas seule. Et que même si mille questions se bousculaient dans ma tête, C'était ok de ne pas savoir et de ne pas avoir réponse à tout. Alors ? Même si tu essayes de tenir bon, ton corps lui sait que ce que tu portes est trop lourd pour une personne. Moi j'avais l'impression que je devais retenir mon souffle jusqu'à ce que la situation soit résolue. Mais tu sais, tu peux te reposer un instant, ça ne veut pas dire que tu t'as abandonné. Ça peut être aussi simple que boire un café avec un ami, trouver des bras pour pleurer, t'asseoir 5 minutes sans rien faire, ou annuler ce qui n'est pas essentiel. Et toi ? Qu'est-ce que tu peux arrêter de faire aujourd'hui pour ralentir ? Alors peut-être que tu vas me dire « Ok, mais si je m'arrête, qui va gérer ? Et si je ralentis et que je pense à ma vie, je vais m'effondrer ? » Alors tu continues dans l'action, en disant que ta volonté te suffit, mais la volonté sans repos c'est risqué, parce que tu tiens un moment et après tu exploses. Bah oui, c'est normal, tu es humain, tu n'es pas un robot. Dans la tempête, se reposer, ce n'est pas attendre que le calme revienne, c'est ralentir, c'est écouter ton corps, parce que lui il sait ce dont tu as besoin. Tu n'as rien à prouver pour exister. Et vu ce que tu vis, tu as besoin de tout le support dont tu disposes en ce moment. Alors tu as le droit de demander de l'aide. Tu peux te reposer. Parce que le repos, ce n'est pas abandonner. Ce n'est pas échouer. Ce n'est pas la fin du chemin. Mais c'est la condition pour continuer. La crise ne signifie pas la fin de ton histoire. Et si tu ne sais pas par où commencer, maintenant on prend un temps juste pour toi.
Speaker #1Alors, avant que tu reprennes ton chemin, je te propose une accalmie, un court instant pour souffler et déposer ce que tu as sur le cœur aujourd'hui. Et si tu ressens le besoin de rester plus longtemps dans cet espace, tu peux écouter la version longue dans le refuge, l'épisode restauratif d'Appel d'urgence. qui sort une semaine sur deux. Avant de commencer, je veux te rappeler que quelle que soit l'issue de ton épreuve, il y a quelque chose au fond de toi qui brillait avant et qui continuera à briller après. Allez, pour finir, on prend deux minutes juste pour toi. Tu n'as rien à faire. Juste être là, relâcher et te laisser aller. Alors si tu es prêt, on y va. Dans un refuge, en laissant ça qu'à l'entrée. Alors je t'invite à déposer ce que tu portes, le temps de ces quelques instants si tu veux. Porte à ton esprit la situation qui te préoccupe, ce qui te fait de la peine, ou tout simplement ce que tu vis aujourd'hui. Observe doucement ce qui se passe en toi. Et si tu ne ressens rien pour l'instant, c'est ok. Tu es quand même là. Et c'est déjà beaucoup compte tenu de ce que tu as vécu. Alors respire-nous. Et la caisse qui est là en toi, où tu en es là maintenant ? Comment va ton cœur en ce moment ?