- ArtEcoVert Pauline Leroux
Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert. Le podcast de celles et ceux qui veulent comprendre, structurer et déployer la couleur végétale et du vivant dans le monde réel. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes et depuis trois ans, chaque jeudi, je reçois celles et ceux qui font la couleur du vivant. On part de la graine à la couleur finale. On parle plantes et autres sources panctoriales, usage concret, filière, santé. environnement, innovation et biotechnologie. Du textile à la cosmétique, de l'artisanat à l'industrie, du design aux fibres naturelles, une seule approche, relier la couleur du vivant aux usages réels. L'objectif est clair, fédérer et démocratiser la couleur végétale et recréer une souveraineté de la couleur du vivant chez nous. Belle écoute ! Bonjour à tous, je suis ravie d'accueillir sur le podcast à récovert François-Charles Plucain. Bonjour François-Charles.
- François-Charles Plucain
Bonjour Pauline et bonjour à toutes les auditrices et auditeurs.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Tu as bien fait de commencer par auditrice parce qu'on en a pas mal. Alors François-Charles, je suis ravie de te recevoir parce qu'on va parler d'un sujet, comme je te disais quand on a préparé, que beaucoup d'auditeurs m'ont susurré à l'oreille en me disant le lien couleur, parfum. Et on m'a reproché aussi que sur Arrêt Covert, on ne parlait pas beaucoup de couleurs dans nos intérieurs, d'associations de couleurs, etc. Donc franchement, je suis ravie parce que c'est un peu tout ce qu'on va aborder aujourd'hui. Mais avant ça, j'aimerais que tu puisses nous expliquer ton parcours, qui est pour moi hyper intéressant, de la couleur au parfum. Mais j'aimerais bien que ce soit toi qui le raconte avec les études que tu as fait et comment tu as cheminé jusqu'à Chromaturgie. Alors,
- François-Charles Plucain
je vais essayer de... synthétique. J'ai un parcours qui est plutôt transversal et une pratique qui l'est également. J'ai fait des études d'art plastique, j'ai un master 2 en art plastique. A l'époque, j'étais assez mal à l'aise avec les couleurs lors de mes études. Il faut dire que j'ai commencé par apprendre la photographie et la lumière à Saint-Luc à tourner. Ensuite, j'ai enchaîné avec 5 ans au Beaux-Arts. et puis très vite j'ai fait du merchandising pour différentes enseignes j'ai travaillé dans le luxe et puis un jour je suis arrivé presque malgré moi marchand de couleurs pour les peintures ressources un éditeur de peinture haut de gamme donc le marchand de couleurs c'est celui qui crée qui fabrique et qui conseille la couleur en décoration d'intérieur pratiqué pendant plus de dix ans le conseil couleur, en boutique et à domicile. Et puis parallèlement, j'ai toujours été extrêmement sensible et intéressé au sujet du peintre. Et puis un jour, une cliente m'interpelle dans la rue, me reconnaît, me félicite sur le conseil que j'ai pu lui apporter, et puis me fait une réflexion. en me disant que je lui ai conseillé une couleur comme on conseillerait du parfum. Et en fait, j'ai eu cette étincelle. Ça a éveillé en moi une curiosité. Et j'ai cherché à relier ma passion qui était le parfum et mon métier de la couleur. C'est là que j'ai, après énormément de temps et d'essais, créé la technique de chromaturgie. Donc une technique qui consiste à traduire les couleurs en parfums d'intérieur.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Génial. Bon, donc on va parler de tout ça. Je voudrais déjà qu'on commence par quelque chose de basique à reposer. Quand on a préparé, tu m'as parlé du métier de coloriste. J'aimerais que tu puisses m'expliquer comment tu as travaillé cette perception de la couleur et comment tu peux nous définir le métier de coloriste.
- François-Charles Plucain
Le coloriste, en fait, c'est une personne qui va maîtriser les harmonies de couleurs. donc les associations de teintes, qu'un décor, une toile ou un projet artistique puissent fonctionner en harmonie de couleurs. Le coloriste aussi maîtrise la lumière, les contrastes et les nuances. En fait, il faut savoir qu'une couleur apparaît uniquement au travers de la lumière qui s'y projette. Une même couleur peut se décliner en énormément d'intensité et de nuances en fonction de la lumière qui s'y projette. Le coloriste travaille sur les ambiances, les émotions, en créant des effets de profondeur et d'association de couleurs. Pour ma part, c'était en décoration d'intérieur. Ça s'applique un peu à tous les domaines d'expression. La pratique de la colorimétrie. C'est la matrice des couleurs, savoir comment elles sont perçues, mesurées, combinées et utilisées entre elles.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Quand on a préparé l'enregistrement, tu m'as dit quelque chose qui m'a frappée, c'est que tu ne voyais pas les couleurs comme tout le monde. Toi, tu voyais des choses derrière ça. Donc, au-delà de l'esthétique, tu avais perçu d'autres choses. presque un langage. Je voudrais comprendre comment ça se fait, comment toi tu lis les couleurs et comment tu l'utilises dans ton quotidien, dans les conseils que tu donnes, dans tes métiers, etc.
- François-Charles Plucain
Alors, il y a une logique chromatique, famille de couleurs, les tons chauds, les tons froids. En fait, suivant la couleur qu'on va utiliser, on va utiliser certaines caractéristiques. par le message qu'elles veulent nous transmettre. En fait, les couleurs influencent notre perception. On le voit dans l'histoire de l'art, dans la publicité, dans notre quotidien. Elles ont aussi le pouvoir de communiquer sans mots. C'est d'ailleurs le fond du travail de la chromaturgie. J'essaie qu'une personne puisse pressentir un parfum au travers de la couleur. Après, il y a des significations culturelles, évidemment. On sait qu'on ne va pas utiliser la même couleur à Lille ou à Marseille. Et puis, on n'aura pas la même lecture, la même sensibilité de la couleur en Inde ou en France. En fait, il y a énormément de caractéristiques qui font que la couleur est un langage qui, je dirais, est très personnel. Ma façon de travailler et de conseiller la couleur, c'est d'abord l'écoute. C'est-à-dire que je vais me mettre dans une condition en dehors de l'affect, en dehors du goût. Je vais écouter ce qu'attend la personne de la couleur et puis je vais lui répondre au travers d'une gamme de couleurs qui sera totalement adaptée à son intérieur, à la lumière qui entre et surtout et avant tout à... à son goût et à sa façon de vivre.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Est-ce que tu peux rappeler pour les auditeurs et pour moi qui ne suis pas super forte, ton chaud, on est sur quelle palette ? Ton froid, t'entends quoi ? Parce que franchement, j'ai l'impression qu'on entend un peu de tout.
- François-Charles Plucain
En fait, un ton chaud est considéré en tant que tel. à partir du moment où il sera constitué d'une part de rouge. Alors, étrangement, un bleu peut être considéré chaud, et puis un rose peut être considéré froid, parce qu'il est nuancé de bleu. En fait, la famille de couleurs, c'est une opposition entre des couleurs qui sont franchement chaleureuses et donc rougissantes. ou au contraire, prononcer et clairement ranger du côté des bleus parce que de nuances beaucoup plus froides. En fait, pour créer n'importe quelle couleur, on part de trois couleurs primaires. Donc il y a le rouge, le bleu et le jaune. Si on mélange deux de ces composants, alors on obtient une nouvelle palette. Et c'est ça qui est magique avec la couleur. couleurs, c'est qu'en fait elles sont multiples et que la gamme, la palette est presque infinie. Donc après, en décoration d'intérieur, on va utiliser des tons chauds plutôt sur des pièces orientées nord si on veut compenser le manque de chaleur et inversement pour les tons froids. Il y a une vraie logique chromatique qu'on peut connaître, qu'on peut maîtriser. mais dont on a le droit aussi de s'affranchir sans aucun problème.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
D'accord, ok. Alors, comme tu parles du cercle chromatique, j'avais entendu parler que c'était intéressant de justement prendre la couleur opposée pour faire des contrastes. Est-ce que ça, notamment dans le marketing, les titres sur la communication, etc., est-ce que ça, c'est des choses aussi que tu utilises ? Prendre la couleur opposée pour créer des contrastes ou en déco d'intérieur et dans, toi, ton usage de la couleur ? Pas tellement, c'est plus des trucs marketing.
- François-Charles Plucain
Alors disons que j'ai moi une préférence pour la progression chromatique. C'est-à-dire qu'on va choisir un endroit du cercle chromatique et puis se déplacer gentiment à droite ou à gauche de la couleur d'origine. Ça crée des harmonies très douces. Je pense qu'en décoration, on a quand même besoin de repos, de réconfort et d'une forme de stabilité. en fait, quand on... prend une couleur opposée au cercle chromatique. On parle de couleurs complémentaires. J'ai l'habitude de dire aussi que les couleurs complémentaires complimentent son opposé. En fait, on dit souvent que les couleurs sont amies de leurs voisines et amoureuses de leur contraire. C'est vraiment l'idée. En décoration d'intérieur, pour revenir sur le sujet qui... m'amène ici, les couleurs complémentaires sont à mon sens à utiliser de préférence en accent. C'est-à-dire que si on est dans une uniformité, un camailleux, une progression chromatique logique et douce, il y a un moment où il faut créer un événement, un contraste, et donc c'est cette touche de couleurs complémentaires qui viendra mettre en valeur le reste du décor. faire valoir au thème global de décoration.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Génial. Donc, on peut dire que camailleux, c'est cette progression chromatique. Ça, c'est…
- François-Charles Plucain
Oui, en quelque sorte.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
OK, top. Parce que ça, du coup… En fait,
- François-Charles Plucain
un camailleux va être une même couleur déclinée en différentes intensités. La progression chromatique va pouvoir décliner davantage. On dit qu'on rabat une couleur quand on la modifie. On va pouvoir utiliser un bleu ciel, par exemple, et puis la rabattre avec une pointe de jaune pour qu'elle vire au turquoise et l'associer comme ça de façon logique et harmonieuse.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Génial. Tu parles d'harmonie des couleurs, etc. Un point qu'on me remonte souvent sur la couleur végétale, notamment sur les teintures, c'est que naturellement, toutes les couleurs sont harmonieuses entre elles. Il n'y a rien qui choque. Est-ce que ça, toi, tu l'as déjà constaté ? Je ne sais pas si on en parlera, si tu côtoies la couleur végétale, mais c'est un des points que quasiment tous mes invités ou les gens qui observent la couleur végétale relèvent. Cette harmonie naturelle, quelle que soit la couleur qu'on travaille, quand elles sont naturelles, elles fonctionnent bien entre elles, elles sont harmonieuses. Tu as un avis là-dessus ?
- François-Charles Plucain
Oui. On peut dire que la nature est bien faite. Effectivement, il faut... De nouveau, comme je le fais en décoration d'intérieur, se positionner comme un spectateur. Il suffit d'observer les choses et d'être au bon endroit. J'ai d'admettre que la nature a déjà fait tout le travail. En fait, j'ai de nouveau coutume de dire que je travaille en collaboration avec la nature. C'est-à-dire que quand je conseille la décoration d'une pièce, je prends avant tout en considération ce qui va se passer au-delà de la fenêtre. C'est-à-dire que l'environnement va nous dicter, va nous conduire vers le... bon choix de couleur. Et c'est pourquoi, d'ailleurs, comme on disait tout à l'heure, on n'utilisera pas les mêmes couleurs selon la région dans laquelle on vit. En fait, les choix de couleurs sont souvent une réponse à notre environnement. Pour ensuite essayer de répondre à la question d'erreur d'association, je dirais qu'en couleur, en décoration, il n'y aura pas d'erreur. à partir du moment où on se fait plaisir. C'est-à-dire que si notre œil nous dit qu'il y a harmonie, alors le tour est joué. Néanmoins, on va être plus ou moins sensible à ces harmonies chromatiques et plus ou moins doué aux associations de couleurs. C'est aussi pourquoi je considère mon métier comme quelque chose de très important. le coloriste va venir guider et aller droit au but, éviter qu'une personne se perde dans les méandres des choix des couleurs et aille directement vers l'harmonie chromatique qui lui correspondra le mieux.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Top. J'ai des questions sur les couleurs et les états, les émotions, les intentions. Et aussi la symbolique des couleurs, parce qu'on ne l'a jamais faite sur le podcast. C'est-à-dire que je n'ai jamais associé une couleur à une symbolique, une idée, etc. Est-ce que ça, tu pourrais nous aider à faire un petit tour d'horizon pareil de globalement ce que renvoie telle ou telle couleur, toujours dans la déco d'intérieur, si tu veux bien. Parce que j'imagine que selon le contexte, ça ne veut pas dire la même chose. Mais si on est dans un intérieur où on se projette, les gens veulent de plus en plus verdir dans le sens rendre... clean leur intérieur avec des couleurs, que ce soit plus harmonieux, plus apaisant, tu l'as employé le terme. Qu'est-ce que tu vois là dans ces symboliques, ces intentions dans la couleur en intérieur ?
- François-Charles Plucain
Prenons d'abord en considération la lumière. On ne va pas faire n'importe quoi en fonction de la lumière. Si elle est puissante ou si elle est juste douce et diffuse, ou parfois uniquement artificielle. ne pas choisir la même famille de couleurs. En fait, une heure ne serait pas suffisante pour résumer en gros le concept des couleurs et des émotions, pour essayer de faire court et s'arrêter peut-être sur les couleurs primaires. Alors on a le rouge, ça peut être la passion, le danger, l'énergie ou l'amour. Alors, suivant la destination, suivant la pièce dans laquelle on va le positionner, il aura un effet plus ou moins adapté. Évidemment, si on a des problèmes pour trouver le sommeil, on va éviter d'utiliser le rouge dans une chambre, parce qu'il a tendance à exciter, à énerver et donc à stimuler un peu trop. Au contraire, le bleu, lui, c'est une... couleur qui sera nettement plus adaptée au calme, à la sérénité. Voilà, alors si la pièce est peu exposée à la lumière, qu'on est orienté nord et qu'on n'a pas tellement d'imagination, le bleu peut aussi virer à la tristesse, à la mélancolie et c'est aussi le risque à prendre. Le contre-exemple, c'est d'éviter d'utiliser le bleu dans un bureau. Si on a besoin de se concentrer, le bleu, lui, va appeler à l'imagination, aux rêves, les pensées vagabondes, et ce n'est pas forcément adapté à un bureau. Et puis, le jaune, qui serait la troisième nuance que j'essaie d'expliquer, lui, c'est la joie. En fait, il fait référence à la lumière, à la chaleur, il est très stimulant. Ce qu'il y a, c'est que c'est une sorte d'a priori. On ne va pas mettre un jaune dans une pièce sombre, tout à texte, on a envie de l'éclairer davantage. En fait, on peut trouver beaucoup de nuances de bleu nettement plus lumineuses qu'un jaune français. Seulement, le jaune fait... référence à la chaleur et à la lumière parce qu'il vient nous faire penser au soleil sans pour autant avoir le même effet.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Alors c'est marrant parce que les couleurs dont tu prends les exemples j'étais en train de réfléchir en me disant est-ce que c'est fréquent d'utiliser le rouge dans des pièces ? Tu vois je réfléchissais là le jaune, le bleu quand même plus, tu vois là j'ai l'impression alors pareil je ne suis pas du tout dans ton domaine mais j'ai plutôt l'impression que là on est sur des... quand tu vois le pantone qui est sorti pour cette année blanc, on en parlera après si tu veux bien on n'en parle pas, tu fais partie de ces gens d'accord ok, on n'en parle pas mais donc j'ai plutôt l'impression qu'on est tu vois sur, par exemple je crois que c'était l'année d'avant tout ce qui est un peu terracotta terre, le vert tu vois quelles sont les couleurs, on va dire si tu peux en détailler, allez sur les 3 dernières années, celles que tu as vu le plus mais qu'on utilise, tu vois, pour citer le fameux verre que tu nous as conseillé dans notre cuisine. Mais quel changement ! Ce que je voudrais dire aussi par là, parce que c'est important de le dire, tout le monde n'a pas les mêmes talents, c'est ce que tu disais, dans la perception des couleurs, les harmonies, etc. Et je me souviens d'une question que tu avais posée, c'était qu'est-ce qu'on voit par la fenêtre ? Et tu vois, c'est hyper marrant que tu le dises ici, parce que ça date il y a au moins... 4 ans, c'est exactement ça. Et là, vraiment, on est, pour parler d'un exemple, d'un vécu, ce choix de verre, perfection. Et donc, j'aimerais bien qu'on parle un peu du verre, qu'on parle un peu de la terracotta et d'autres couleurs que tu as conseillées ces dernières années. Voilà, parce que j'entends moins d'intérieur rouge, jaune, quand même un peu moins. Sauf si je vis dans ma bulle.
- François-Charles Plucain
Non, non, non. Alors, il y a des tendances. une évidence. Quand je conseillais et que je demandais la couleur, j'observais une sorte de comique de répétition. C'était pour moi assez dommage. J'avais comme outil de travail une gamme de plus de 3000 références et puis tout le monde se précipitait sur les mêmes nuances. Par contre, il y a le dictat du bon goût. Quelqu'un qui va décréter que la nouvelle couleur sera celle-ci, et puis cette couleur va descendre progressivement de designers extrêmement talentueux pour finir dans un marché de masse. Et donc il y a comme ça des tendances très très fortes. Ce qui fait que souvent, je me retrouvais face à des photos d'intérieur que je pouvais parfaitement dater. Je connais beaucoup de mes clients, mais il suffisait que le mur soit haut ou que la sombre soit d'un bleu canard, par exemple, pour que je sache exactement quand est-ce que la déco a été faite. Et pour ce genre de profil, je suis... justement, j'essayais d'aller un petit peu au-delà des attentes des clients parce qu'ils venaient avec des idées très préconçues. Par exemple, je souhaite un salon terracotta. La vraie question à se poser, c'est est-ce que cette nuance est adaptée à la pièce et pas tant est-ce qu'il s'agit de la bonne tendance, etc. En fait, tout est question de choix et d'opinions très personnelles. Des tendances, il y en a, c'est évident. Je fais partie du comité français de la couleur et je n'étais pas plus tard qu'hier à Paris dans le cadre d'une réunion de prospective. En fait, on a réfléchi tous ensemble aux tendances à venir. On en est en fait au printemps-été 2028, donc on a un petit temps d'avance. Mais je pourrais vous prédire l'avenir avec les couleurs. Oui, mais non. Enfin, quoi que.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
On dira la fin, comme ça les gens restent. On dira la fin, voilà.
- François-Charles Plucain
Il n'y a pas de problème. Les couleurs que j'ai vendues sont des couleurs qui sont... Moi j'aime l'intemporalité, j'aime les associations plutôt... je dirais singulière. Néanmoins, je ne pouvais pas refuser un choix très clair d'une couleur qui était très tendance. Simplement, je prévenais sur l'effet de ces couleurs et peut-être sur le fait qu'elles puissent se lasser très vite. Le terracotta est considéré comme rouge, même s'il est très rabattu, assez terreux et plutôt éteint. Il fait partie du... le côté chaud du cercle chromatique. Ce qui se passe, c'est que dans les années 90, on a mis du saumon partout. Un jour, on l'a renommé pêche. Et puis, en 2020, on a dit que c'était terracotta, parce que ça faisait plus cool. En fait, tout ça n'est qu'une répétition de codes très, très forts. Aujourd'hui, le terracotta était nommé saumon. Je ne suis pas sûr qui... il est le même succès. Voilà, et ça vaut un peu pour toutes les couleurs. Ce retour du vert, c'est assez intéressant de le souligner. En fait, j'ai commencé à conseiller la couleur il y a peut-être 14 ans, 14-15 ans, et à l'époque, le vert portait malheur. Alors, pour la petite anecdote, ça date de l'époque de Molière. Pour teinter les vêtements, on utilisait euh... pas mal de produits, et pour fixer le verre, on avait besoin d'arsenic. Ce qui se passe, c'est que sous les feux des projecteurs et sur scène, les acteurs qui portaient du verre portaient aussi un peu d'arsenic, et en fait, dans les forts, et à cause de la sueur, l'arsenic passait dans le sang, et certains en sont morts. D'où cette légende qui veut nous faire croire que le verre porte malheur. C'est un épriori qui est très ancien et qui a perduré comme ça pendant des années. Il y a 15 ans, on adorait le verre chez les autres, mais certainement pas chez toi. Je passais des mois entiers sans ne vendre jamais aucun verre. Et puis un jour, Sarah Lavoine qui est arrivée et qui a proposé des verres, et puis ça a touché le grand public. Et ces mêmes personnes qui ont détesté le vert parce qu'il portait malheur, parce qu'il donnait mauvaise mine, se sont mis à l'adopter et à penser profondément qu'il s'agissait de leur couleur et qu'il s'agissait vraiment de leur personnalité. Donc il y a une histoire aussi d'époque, d'actualité, qui fait qu'on va plus ou moins accepter d'adopter telle ou telle nuance de couleur. De nouveau, je crois que c'est... tendances sont une réponse à l'environnement et également à l'actualité.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
C'est trop bien. J'ai deux questions à te poser. La première, d'abord sur le nom des couleurs. C'est hyper intéressant ce que tu dis parce qu'effectivement, le nom de la couleur te renvoie à un voyage, à un truc, ça t'appelle quelque chose chez toi. Et ce qui est hyper drôle, c'est que j'ai fait un épisode avec Dominique Cardon, historienne de la couleur. Enfin, tu vois... qui a retrouvé les nuanciers des teinturiers de l'époque, donc 18e siècle, et chaque couleur avait des noms incroyables. Genre, je ne vais pas savoir te retrouver les noms, mais des trucs improbables, genre sang de perdrie, vert prairie, des noms, mais bon, désolé Dominique, je n'ai pas les bons termes, mais des trucs improbables. Et je me dis que peut-être aussi, ça a influencé à l'époque les gens par rapport Ausha des draperies, etc. Donc ça, c'est le premier truc que je voulais te dire. Deuxième question, c'était est-ce qu'on est influençable dans le sens, on veut du terracotta parce qu'on veut copier l'intérieur des autres ou parce qu'en fait, quand on va dans nos magasins de déco, on ne trouve plus que ça ? C'est quoi le... Tu vois, parce que moi, quand j'ai voulu mettre du terracotta dans une des pièces, c'est parce qu'en fait, je ne voyais plus que ça partout, tu vois, dans tes sites, même les sites anglais, tu vois, même si tu ne regardes pas que France, tu trouves partout la même couleur au même moment. Même tes meubles, tout est décliné. L'ameublement, parce qu'on a pas mal de personnes qui travaillent l'ameublement aussi. L'ameublement, les coussins, les draps, en fait, t'en trouves partout. Donc, à un moment, tu veux que ce soit cohérent. Donc, c'est quoi ? C'est on est influençable ou on est influencé par, justement, comme tu dis, des gens qui... Proposé tendance, est-ce que tu sais un peu entre la poule et l'œuf, on en est où en gros, c'est ça ?
- François-Charles Plucain
Une fois, j'ai entendu une phrase très dure qui disait que la tendance était réservée aux feuilles mortes. En fait, c'est un peu ça. C'est-à-dire que succomber à la tendance, c'est un non-choix. C'est consommer ce qu'on veut bien nous proposer. Crête, comment dire ? Il y a un marché, un marché de masse, et puis il y a du marketing évidemment à travers de la couleur. En fait, ce qu'on va proposer dans les boutiques, c'est un travail de longue haleine d'appropriation de la couleur, qui fait qu'un jour, on va s'orienter vers cette nuance, et puis elle va se retrouver sur absolument toutes les déclinaisons d'objets. de décoration d'intérieur. En fait, il faut simplement se dire qu'on peut accepter le fait d'être dans une tendance et donc de répondre à cette tendance en consommant la couleur qu'on nous propose ou on peut aussi se compliquer la vie en quelque sorte en allant au-delà de cette tendance. Alors, au-delà ou en réproaction, je dirais, c'est-à-dire qu'on peut tout à fait, aujourd'hui, se créer un... un intérieur typé années 50, par exemple, en utilisant les codes couleurs de l'époque, et puis en rachetant des meubles d'époque, en les récupérant de ses grands-parents, etc. Donc, on peut s'imaginer un décor futur, parce que, je ne sais pas moi, l'exploration de la Lune, le retour à la préhistoire, ou je ne sais quel sujet, en fait. N'importe quel point de départ est un prétexte à un code de décoration. J'ai par exemple déjà des conseillers décorés des maisons entières à partir de l'écharpe de madame ou d'une pochette d'un vinyle.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Et ça, en totale abstraction de la tendance et du dictat de la décoration. Je ne sais pas si je réponds à la question. En tout cas,
- François-Charles Plucain
je réfléchis à vos autres. Il y a les deux. C'est ça que tu es en train de dire. On est influent, stable par les couleurs qu'on voit partout, mais on peut aussi casser les codes et partir d'un objet. d'un univers qui nous plaît et créer notre propre couleur. Donc, en fait, il n'y a pas vraiment de réponse à cette question. C'est un constat, en fait.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Je voudrais quand même ajouter que la tendance est devenue mondiale, ce qui est assez inquiétant. C'est-à-dire qu'on lisse au maximum les choses pour que tous les fabricants s'orientent vers les mêmes nuances, pour que partout le chiffre d'affaires soit optimisé. Et il y a encore 30 ou 40 ans, la décoration d'intérieur était quelque chose d'assez particulier à chaque région, à chaque pays. Aujourd'hui, on peut quand même considérer la tendance comme un phénomène mondial. Ça peut être dû aux réseaux sociaux, à la communication qui est présente. Il y a cette impression qu'on croise les mêmes personnes, on voit les mêmes couleurs et on décore son intérieur un peu partout dans le monde aujourd'hui. En tout cas, si on supponde à la tendance. D'ailleurs, moi, les tendances, je les vis, vraiment, je fais en sorte de passer à côté parce que, justement, mon travail est d'aller... créer des harmonies de couleurs plutôt inattendues, nettement plus personnelles et moins en relation avec le marché.
- François-Charles Plucain
Alors là, je reprends deux secondes ma casquette de chef de produit. Tu sais, quand je bossais chez Auchan dans l'univers du jardin, moi, ma réponse à cette question, c'est que comme tout est fabriqué en Chine, pour toutes les enseignes de grandes distries, En gros, si tu as des verres qui arrivent en Chine et que tout le monde, que ce soit toutes les enseignes de grande distri, s'approvisionnent en Chine, parce qu'il y a aussi ça, donc la mondialisation, c'est ça qui fait que tu as la même couleur partout. Et tu vois, même dans l'univers du jardin, je me souviens qu'on suivait un cabinet de tendance. Je pense que c'est ça. Nous, on en avait un spécialiste de l'univers du jardin. Je ne savais même pas que ça pouvait exister. Et en fait, le mec reprenait les tendances. Donc, on a parlé tout à l'heure du pantone. Il y avait des tendances matières, etc. Et nous, nous faisions en vertical des teintes sur le mobilier de jardin, sur la poterie, sur des trucs complètement improbables. L'outillage de jardin, s'il te plaît, les petits grattoirs et machin. ça allait jusque là tu vois les tabliers les gants pour les femmes etc au jardin et je me dis mais attends mais là ça vient même jusqu'ici même jusqu'au jardin on est influencé comme ça par la couleur donc moi pour moi C'est aussi une question de mondialisation. Et puis alors, je redis un truc ici, je me permets, c'est qu'il faut prendre conscience aussi que toutes nos couleurs sont des couleurs de synthèse dérivées du pétrole, que ça se produit en Chine et la couleur est produite en Chine et c'est les Chinois qui nous font tous nos produits aussi. Il y a ça aussi. Donc, j'ai un peu l'impression que quand tu dis cette tendance mondiale, elle est lissée, forcément, si tout le monde s'improvisionne au même endroit, c'est plus simple pour eux de proposer. que quelques couleurs. Après, je pense qu'il y a quand même des nuances par marché, parce que je me souviens, pareil, il y avait des couleurs qui ne plaisaient pas à un marché, par exemple européen ou américain, mais globalement, comme tu dis, on se retrouvait tout le temps sur les mêmes couleurs.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Alors, il faut quand même savoir que la couleur est, par définition, polluante. En fait, plus on va proposer une gamme élargie de couleurs, plus ça va engendrer d'essais, de chimie, et j'en passe. En fait, même numériquement, aujourd'hui, si on prend un fichier image assez lourd, on l'envoie à son imprimeur, en fait, tout ça va consommer des datas, donc de l'énergie, et donc même virtuellement polluer le système. Je crois qu'il y a un petit peu de ça aussi, c'est-à-dire que l'uniformisation est une forme, en quelque sorte, de réponse, de prise de conscience d'un marché qui est un peu plus large. qui a été saturé et qui se doit aussi de devenir un peu plus responsable. On est un petit peu tous ensemble dans la même galère, j'oserais dire, et ces tendances sont certainement une réponse logique à une inquiétude écologique mondialisée.
- François-Charles Plucain
Oui, et puis il y a une volonté de faire moins de coûts, parce que comme tu dis, un catalogue avec plein de couleurs, une production de plein de batchs de couleurs, c'est plus cher. Donc voilà, il pense aussi, on ne va pas se mentir, c'est très mercantile tout ça, il pense aussi à cette notion-là. Mais hyper bonne remarque sur le numérique, on en avait déjà parlé, mais tu vois, il faudrait creuser. Bon alors, si on revient à nos symboliques des couleurs, je voudrais parler de ce vert, parce que tu m'avais dit un truc incroyable. Tu m'avais dit, je voulais mettre du vert dans ma salle de bain, parce que j'adore les plantes, je pense que ça se voit. Et tu m'avais dit, attention, ça donne mauvaise mine. Tu sais, ce n'est pas recommandé, ça donne mauvaise mine. Et ça m'avait intrigué, ce truc. Je me suis dit, mais... Et tu vois, je me posais la question, est-ce que tu as d'autres... Enfin voilà, donc dans une salle de bain, tu me disais que ce n'était pas trop recommandé. Dans une pièce à vivre, avec une vue ouverte sur le jardin, on reste, comme tu dis, dans une progression chromatique, ça reste cohérent. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus sur les verres qui ne portent plus malheur, d'ailleurs ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
en fait pour reprendre l'exemple de la salle de bain tout dépendra du choix du verre alors les verres sont multiples ils peuvent être très pâles assez foncés franchement expressifs tout dépendra donc du choix du verre qui sera plus ou moins adapté à la salle de bain tout dépendra encore une fois et avant toute chose de la lumière qui s'y projette Donc pour essayer d'expliquer concrètement le problème, imaginons un verre très franc, presque signalitif, sur un mur qui vient recevoir aussi le miroir et qui en plus est illuminé chaque matin. Il suffit que madame ait l'habitude de se maquiller, par exemple. il y ait un très très gros problème. En fait, il y a un phénomène qui s'appelle métaméride. C'est la lumière qui se projette sur une couleur et puis qui rebondit sur le reste de la pièce et aussi du visage. Le vert donne mauvaise mine puisque naturellement il va faire ressortir les cernes, etc. Et puis on sera trompé sur le dosage de le teint par exemple. parce que la lumière en sera complètement modifiée et qu'on risque de sortir chaque matin de sa salle de bain complètement orange. Donc effectivement, s'il y a une nuance à éviter en salle de bain et en fonction de la configuration, oui, même si c'est une couleur très naturelle, elle est la bienvenue dans beaucoup de pièces et un peu moins dans la salle de bain. Mais il n'y a pas de règle absolue, attention. C'est-à-dire qu'on peut vraiment adorer le vert et puis l'adapter à la pièce. Et donc, le choisir en pastel, en demi-teinte, en très sombre, pourquoi pas, pour que le rendu soit élégant, végétalisant, je dirais, et nous laisse quand même la possibilité de nous maquiller correctement.
- François-Charles Plucain
Il y avait aussi une... J'ai eu pas mal de personnes qui m'ont expliqué choisir des intérieurs neutres et apporter des touches de couleur sur l'ameublement, sur le coussin, sur la déco. D'ailleurs, on n'a pas parlé avant cette question-là de tout ce que tu conseillais. Tu conseillais de la peinture, mais il y avait aussi, tu donnais des conseils sur les tapisseries. Est-ce que tu donnais des conseils autres ? Enfin, moi, c'était essentiellement ça, mais est-ce que tu allais jusque l'ameublement, le revêtement de certains... canapé ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Oui, en fait c'était global. On faisait l'état des lieux d'une pièce, d'un projet, donc du budget qui était alloué à ce projet. Et puis, ensuite, de façon la plus rapide et la plus efficace possible, je conseillais d'abord la couleur. C'était mon point de départ. Et évidemment, le système d'éclairage, l'ameublement, en fait, on considère un intérieur par son volume tout entier. Évidemment, les couleurs interfèrent à la perception de ces volumes. Naturellement, on va dire, je suis sensible... tout ce qui va constituer ce décor. Et donc, oui, il y a encore d'ailleurs une vraie tendance au motif, au papier peint. Je crois que choisir un papier peint et bien le doser est un exercice presque aussi compliqué que de choisir les couleurs de sa cuisine. Et donc, mon conseil était, on va dire, relativement global, en tant que décor tout entier. pouvait répondre.
- François-Charles Plucain
Donc, la tendance de tout mettre en couleur neutre, blanc, crème, et d'apposer la couleur sur par touche. Parce que t'as parlé tout à l'heure qu'on pouvait se lasser de couleur. Est-ce que cette technique, tu la vois de plus en plus ? Ou maintenant, les gens reviennent à la couleur et font des choix radicaux de se faire un mur complètement vert ou complètement d'une couleur ? Ou est-ce qu'on est prudent, parfois, en se disant, allez, on met tout neutre. et on vient apporter des touches de couleurs. Est-ce que tu constates un truc dans ce sens-là ou pas ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
J'ai la chance d'avoir des clients qui sont tous vraiment très différents. J'ai des personnes absolument indécises sur les choix de couleurs, sur le risque à prendre d'aller peindre un mur de telle ou telle nuance. Et puis j'ai des artistes... Les gens très libérés, mais qui ont besoin d'un regard extérieur, je dirais, sur leur projet de décoration. En fait, il y a tout type de profil. Je dirais que mon conseil dépendra du style de la maison. C'est-à-dire qu'on ne va pas aller, en effet, trop neutre, beige, brun, gris, blanc, pour un intérieur qui est déjà contemporain, cubique. très ouvert et très lumineux simplement parce que le risque serait d'obtenir un intérieur un peu impersonnel plutôt froid et puis le vrai terme je pense que c'est monotone alors évidemment on peut partir d'une base de ton autre et puis l'agrémenter de touches plus ou moins vides de couleurs Là aussi, je considère que c'est une forme de non-choix, c'est-à-dire qu'au risque d'avoir peur de se lasser d'un intérieur, alors on va y mettre une touche de rose ou d'orange, simplement sur le coussin du canapé. On pourrait dire que le dosage ici n'est pas très bon. Ce qu'il faut, c'est une dominante neutre, à peu près à 60% de la surface à peindre. Ensuite, on choisit quand même un parti pris. donc une nuance clairement distincte, un bleu, un vert, un rose, en tout cas de la vie, quelque chose de vivant et d'expressif. Et puis ensuite, on vient apposer des touches de couleurs vives, sombres, en motif, en matière, et j'en passe. Mais là, peut-être à raison de 5 ou 10%. si on passe outre cette touche de cette identité décorative, alors je crois aussi qu'on passe à côté du potentiel d'une maison et certainement d'une bien-être qui en ressort. Il faut savoir que la couleur n'existe pas. En fait, ce sont des vibrations électriques. Donc on a des picots dans le fond des yeux qui enregistrent ces vibrations. Et puis on sait... au travers de l'éducation qu'on a reçue de la couleur, que cette vibration peut être bleue, jaune ou rouge, tout ça pour dire que la couleur est vibration, la couleur est vie. Et si on n'utilise pas la couleur en décoration intérieure, alors on obtient un décor plutôt figé et assez peu vivant.
- François-Charles Plucain
Top. Alors, j'ai plus de questions que ce que j'avais préparé. Je suis désolée, mais ça m'inspire plein de choses. J'ai pas mal de designers d'intérieur autour de la couleur végétale. Alors, ma première question, c'est est-ce que par rapport à la couleur végétale, tu as, et tu peux répondre comme on avait préparé dans le sens, très franchement, est-ce que tu as vu une arrivée de la couleur végétale, que ce soit dans la peinture, dans la tapisserie ? Est-ce que tu vois la couleur végétale au sens vraiment issue de plantes, la couleur issue de plantes dans le design intérieur, etc. ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Non.
- François-Charles Plucain
Voilà, c'est très cash.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Non, non, non. Ce n'est pas ça. C'est qu'hier, par exemple, j'étais au Comité français de la couleur. Et il a toujours, tout le long, été question... de fleurs, de plantes. Il y a une prise de conscience, c'est évident. Maintenant, entre la théorie et la pratique, il y a un monde. Pour parler de ce que je sais, par exemple, l'éditeur de peinture ressource est en catégorie A+. Il a obtenu un écolabel. Et ce, bien avant les normes européennes. En fait, on parle de COV. Les COV sont les Composites Organiques Volatiles. C'est inhérent à la fabrication de peintures depuis déjà des années. Ressources a fait en amont l'effort et les recherches nécessaires pour réduire au maximum ces COV. Parce qu'on sait, et ce depuis quand même un nombre de temps, que tous nos matériaux utilisés en décoration de l'intérieur sont plus ou moins polluants. Et c'est un problème. C'est grave qu'il a fallu gérer au plus vite. Néanmoins, si on veut conserver une palette de couleurs qui est très étendue, si on veut une résistance aux UV qui soit optimale, si on veut une application aussi qui soit aisée, et enfin si on veut un prix qui soit cohérent avec le marché. Alors, on est quand même plus ou moins obligé, je crois aujourd'hui, d'utiliser la Chili. Et donc, cette prise de conscience ira, je pense, en lien direct avec le coût et donc le prix qu'on veut bien y mettre. Voilà, il y a eu énormément d'abus. Il y a aujourd'hui une sorte de retour en arrière, je crois, l'utilisation des pigments dits naturels. Ça ne marche pas pour tous les sujets, et ça marche plutôt lentement jusqu'ici, pour la peinture et dans la décoration d'intérieur.
- François-Charles Plucain
Alors, c'est ce que j'allais dire, il y a des démarches, c'est-à-dire que, tu vois, les techniques de badigeons d'antan, où on utilisait notamment des terres ou de la matière naturelle, etc., ça influe aussi, ça inspire aussi à le travailler sur le végétal. On a sur les peintures, donc il faut bien comprendre que la base d'une peinture peut être biosourcée, issue de végétaux. Donc, on a notamment reçu la marque Bao, qui, elle, travaille sa base. Je ne sais pas si on appelle ça une résine. La base de la peinture est issue de déchets de plantes, mais la couleur n'est pas de la couleur végétale. Ça, il faut bien distinguer les choses. Par contre, ils se sont inspirés d'un nuancier qui avait travaillé une teinturière végétale pour avoir des couleurs qui soient très semblables aux couleurs végétales. Mais en aucun cas, c'est de la couleur végétale. Après, ce que je pense, c'est que c'est en train de se questionner. Les gens sont, comme tu dis, il y a un vrai retour vers le naturel, Il y a des contraintes techniques, il y a le prix, et comme on part sur un sujet qui est très peu, enfin pas très peu, moi je baigne dedans donc je vois qu'on est quand même nombreux, mais je veux dire par rapport à la synthèse, on a énormément de chemin à faire aussi. On a des arguments valables, mais on a aussi comme tu disais, stabilité, tenue aux UV, etc. On a encore du chemin à faire, mais ce que je veux dire c'est qu'avec la mobilisation qu'il y a aujourd'hui et peut-être des recherches... qui sont en train d'être faites. Peut-être que c'est un avenir qui n'est pas si lointain que ça, mais il y a encore des contraintes techniques, on est complètement raccord. J'ai vu aussi des tapissiers qui se remettaient à intégrer des pigments végétaux. Est-ce que ça, tu en as vu ? Ou pareil, c'était pas forcément... Toi, t'étais plus peinture quand même, mais est-ce que tu as vu des tapissiers ou des pigments réutilisés dans l'ameublement ? Encore un non !
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Au revoir. Non, dans le cadre de mon emploi, effectivement, c'était complètement anecdotique. Et donc, tous les éditeurs que je pouvais distribuer, que ce soit en papier peint, en peinture, en tissu aussi, parce que j'avais aussi une vraie spécialité, j'ai toujours une vraie spécialité dans les rideaux, les choix des tissus. Non, tout ça a été issu, malheureusement, de l'industrie. et pétrochimique.
- François-Charles Plucain
Bon, donc j'en profite pour passer un appel, si tu me veux bien. Si vous êtes fabricant de papier peint, de tissu d'ameublement, de tout ce que vous voulez, que vous utilisez les couleurs végétales ou que vous êtes en chemin vers ça, n'hésitez pas à vous faire connaître, parce qu'on sera heureux de vous mettre en avant, vu que c'est un peu ce qu'on est en train de chercher là, dans notre épisode. Est-ce qu'on a oublié les sujets sur notre première partie ? Est-ce qu'on n'a pas parlé des familles des couleurs, tu me disais ? Est-ce que tu peux nous en parler avant qu'on passe à chromaturgie ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Un tour d'horizon des familles des couleurs, c'est pour essayer de comprendre un peu mieux la réalité de quoi on parle depuis le début. Elles sont classifiées et dissociées les unes des autres par des termes très simples et surtout pour des effets chaque fois très différents. On peut commencer par les pastels. En fait, une couleur pastel sera une couleur franche dans laquelle on aurait ajouté du lait, par exemple, pour se faire une idée précise du visuel. Les pastels sont inconsciemment et presque systématiquement associés au ton plutôt féminin, très doux. Ensuite, il y a les acides du lait. Les acides du lait sont des couleurs qui... qui évoquent une forme de transparence. Pour faire une image, on peut se représenter les dragibus. Ce sont des couleurs assez vives, mais plutôt en transparence, comme si elles émanaient une forme de lumière. Après, il y a les vifs. Les vifs sont plutôt associés à la signalétique, donc un bleu électrique, un jaune primaire, etc. Après il y a les profonds, on peut reprendre l'idée des vifs mais en fin de journée. C'est comme une couleur très vive mais posée dans l'ombre en fait, qui est en train de s'éteindre. Il y a les huit teintes aussi, les huit teintes sont des couleurs qui évoquent la nostalgie. C'est comme le souvenir d'une couleur, tout ce qui fait un peu vintage, ce mot. un petit peu partout et n'importe comment mais voilà il est il est filtré il est lui aussi un peu en train de disparaître il ya les gris coloré ça c'est pour les ambiances calme voilà une forme de discrétion donc c'est toutes les teintes qui sont à base de gris à dominante de gris mais à l'ascendant coloré. Les rouges, les verts, etc. Et puis enfin, il y a les notes qui, eux, sont à utiliser en toutes circonstances, en plus de la décoration intérieure, mais dans des dosages plus ou moins importants en fonction du projet. Les notes sont en fait les beiges, les bruns, les gris, les blancs. Ce sont toutes ces couleurs qui vont permettre de... d'appuyer le décor de la soirée et puis de mettre en valeur les couleurs qu'on va leur associer.
- François-Charles Plucain
Génial. Je voulais juste faire un petit parallèle avec les pastels. On a souvent classé la couleur végétale dans des tons pastels. Et en fait, c'est un préjudice parce que tu verrais les couleurs pétantes qu'on arrive à avoir avec les plantes. donc je voulais juste le repréciser non, la couleur végétale ne donne pas des tons de pastel, si les teinturières veulent du pastel c'est exactement ce que tu dis soit elles travaillent la couleur les termes que tu as employés rabattre des couleurs etc, c'est des choses aussi que travaillent les teinturières, une fois une couleur obtenue, elles peuvent encore la travailler derrière donc allez voir tout sur les réseaux sociaux partout dans les bouquins, non la couleur végétale c'est pas de la couleur pastel toute fadasse. Ça c'est vraiment un préjugé qu'on a collé à la peau et voilà, je profite de glisser. C'est ce petit argument.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Je crois savoir d'ailleurs que le rendu de la couleur dépend beaucoup de la matière qui est tentée.
- François-Charles Plucain
Exactement.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
C'est-à-dire qu'avec un même ingrédient, on peut avoir des nuances plus ou moins franches, s'il s'agit de laine, de lin, de coton.
- François-Charles Plucain
Exactement. En fait, si c'est une fibre animale, elle prend très bien la couleur, il y a une vraie flamboyance, etc. Et quand tu es sur des fibres cellulosiques... Donc, coton, chanvre, lin, etc. Ça donne encore autre chose. Et ensuite, il y a toutes les techniques que maîtrise à la perfection. Là, on parle beaucoup de teinturière, mais tu as aussi ceux qui travaillent les beaux-arts. Tu as tous les acteurs de la couleur végétale qui peuvent travailler en amont la couleur par rapport à la préparation du support, la couleur en tant que telle et tout ce qu'il y a après. Donc, les nuançages, les rabattres des couleurs, la patine aussi. J'ai appris ça avec le costume, la patine, je ne connaissais pas. Donner une vie à un tissu pour... qu'on sente un vécu, une histoire. Franchement, tu vois, comme je suis admirative de ces gens qui travaillent, c'est quand même fou. De plantes obtenir de magnifiques couleurs et avec des gens qui ont des savoir-faire de dingue.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
C'est vraiment des techniques qui nous ont précédés, qui sont ancestrales, qu'on a malheureusement oubliées, mais pour lesquelles il faut revenir plus que jamais.
- François-Charles Plucain
Clairement. Et tu vois, on a un retour que de finalement 170 ans sur les couleurs de synthèse, pas plus. Alors que la couleur végétale, tu retrouves dans des tombes de 5000 ans des couleurs du rouge. J'avais eu une anecdote aussi où ils avaient retrouvé dans une tombe, c'est Michel Garcia qui m'avait raconté ça, ils avaient retrouvé dans une tombe des os rouges. Et en fait, ce n'était pas les os qui étaient rouges, c'était la garance du tissu qui, après que le tissu se soit décomposé, le pigment s'est posé sur les os. Pour te dire à quel point elle peut tenir cette couleur végétale. Donc c'est ça aussi, c'est le retour qu'on a de l'histoire. Les colorants synthétiques, on a un retour que depuis 170 ans sur les potentiels méfaits pour la santé ou pour l'environnement. Donc moi, j'aimerais bien qu'on se questionne là-dessus. Juste poser ce petit débat. Bon, alors, si tu veux bien, on va arriver tout doucement vers le lien entre ta perception couleur et le parfum. Je serais hyper ravie que tu puisses expliquer aux auditeurs comment tu as réfléchi ton concept de chromaturgie et nous expliquer un petit peu ce que ça... Parce qu'on voit, alors je le dis pour les auditeurs, allez voir la vidéo sur YouTube puisqu'on a du visuel et donc vous pourrez voir les produits finis et les couleurs que ça donne. Est-ce que tu peux nous expliquer du coup chromaturgie, l'idée, depuis le début ? Et où tu en es aujourd'hui ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Alors le mot d'abord, chromaturgie, est apparu un peu par hasard. J'espère que c'est un mot qui puisse exprimer cette technique. Et puis un jour, j'ai imaginé chromaturgie. En fin de compte, en allant voir sur le net, je me suis rendu compte que c'était un mot qui n'existait pas. Donc ça a été une grande chance pour moi, j'ai déposé beaucoup de domaines. et donc j'en ai aussi créé la définition puisque c'était un mot inventé. Alors il y a un mot en français qui pourrait être assimilé à la chromaturgie, c'est le mot chromurgie. C'est un mot qui est un peu moins sexy je dirais et qui veut dire, en fait c'est la technique qui permet de créer des couleurs. Maintenant pour moi la chromaturgie c'est... passer d'un sens à un autre et c'est une technique qui me permet de traduire la couleur en parfum donc je le disais au départ, j'ai une cliente qui m'avait fait cette réflexion et qui avait relié malgré elle ma passion et mon métier, et puis j'ai cherché longtemps une technique qui puisse me passer d'un sujet à l'autre et en fin de compte je me suis beaucoup où... appuyé sur mes techniques de colorimétrie, je sais, au travers de mon métier, comment décomposer n'importe quelle couleur. Donc je suis parti de ce constat très simple, j'ai choisi une couleur au hasard, date de test, j'ai décomposé cette couleur, j'en ai obtenu un certain nombre de pigments dans des quantités plus ou moins importantes, et puis j'ai Ensuite, j'ai transposé cette image, une décomposition de couleurs, à la parfumerie. J'ai adapté chacun de ces composants, chacune de ces nuances, à des matières premières. Et donc ces matières premières étaient assemblées dans les proportions de la couleur et à l'assemblage de toutes ces matières premières, j'obtenais un parfum et j'obtenais comme par magie le parfum de cette couleur. Alors il y a une forme d'universalité, c'est-à-dire qu'une orange sans l'orange, si je prends un pigment, que j'y mets de l'extrait d'orange et que je le mélange comme je viens de l'obtenir, bien étrangement La nature étant bien faite, puisque c'est elle qui a déjà fait tout le travail, le parfum qui en ressort s'harmonise naturellement à la nuance qui lui est associée. C'est quelque chose d'assez extraordinaire. Il y a eu quelques essais malheureux, mais surtout beaucoup de réussites. Le gros de mon travail a été de sélectionner un nombre restreint de couleurs. Parce que le problème, s'il y en a un, c'est les coûts. En fait, la production, les essais, les tests, ensuite les normes européennes et tout ça, coûtent énormément d'argent. Donc, j'ai sélectionné neuf couleurs que j'ai décomposées. que j'ai recomposé olfactivement. Et ces neuf couleurs composent aujourd'hui la gamme de chromaturgie. Voilà en gros. En fait, tout ça est venu là aussi naturellement, depuis synesthète. La synesthésie, qu'est-ce que c'est ? C'est une modification de la perception depuis toujours. J'associe les couleurs à un parfum. Je ne peux m'empêcher de relier mentalement et certainement aussi physiquement une nuance colorée à une impression parfumée. Ça s'appelle la synesthésie. Après, la synesthésie est particulière à ces deux domaines. Elle peut s'appliquer à beaucoup d'autres sens. Il y a plein de musiciens, par exemple, le cinesthète, je pense à Tom Yorke, qui, chaque fois qu'il joue une note d'un instrument à quelconque, il en voit aussi une couleur.
- François-Charles Plucain
C'est dingue.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Et donc, cette expérience, en fait, j'ai toujours eu ça en moi, pensant qu'il s'agissait de ma sensibilité, pensant aussi que c'était une impression mentale tout à fait... personnelle, sans savoir que ce phénomène existait et pouvait même être partagé. Et ce qui me motive aujourd'hui, c'est au travers de la chromaturgie et donc de mes créations olfactives, c'est de partager l'expérience de synesthésie. C'est-à-dire que sans en être tout à fait touché, on peut... désormais comprendre et faire le lien entre une couleur et son parcours. J'ai peur d'admettre, mais je crois bien que je suis sur un langage carrément universel. C'est très fort, mais c'est ça.
- François-Charles Plucain
C'est génial. Est-ce que tu peux, parce que je sais que je l'aurai la question, tu peux nous parler des neuf couleurs que tu as choisis ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Une image vaut mieux qu'un long discours.
- François-Charles Plucain
D'accord. Donc là, tu vas pouvoir nous expliquer cette fameuse histoire de décomposition.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Vous voyez à gauche, ce sont les cercles concentriques de la première référence. Je l'ai nommé stimulant. En fait, c'est un jaune un peu vert, rabattu. Pour obtenir la nuance qu'on a au centre de ces cercles concentriques, je dois utiliser tout ce qu'il y a autour. Et donc, pour décomposer cette couleur, en décomposant cette couleur, j'obtiens tous les éléments que vous voyez à droite de l'image. Donc, il y a un jaune, un ton très sombre, un gris noir, du gris, un vert prononcé et puis un ton un peu bordeaux. Voilà, donc j'obtiens toutes ces composantes dans ces proportions. J'ai beaucoup travaillé sur la classification de matières premières. En fait, de nouveau, par le biais de ma passion pour le parfum, je connais les associations heureuses, je sais souvent de quoi était un parfum, et puis j'affectionne. plus ou moins des matières premières. Et donc j'ai classé toutes ces matières premières en famille de couleurs. C'est-à-dire que la première nuance qui est jaune, c'est un agrume. En fait, l'agrume est naturellement jaune, en tout cas dans mon esprit. Le second, c'est un gris noir et c'est l'extrait de centale, qui est une matière très sombre et plutôt forte. Et donc, quand je mélange l'agrume, le santal,
- François-Charles Plucain
le jasmin blanc, le cèdre et la pomme,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
j'obtiens le parfum de ce jaune rabattu, qui est un parfum d'agrume que j'ai voulu amer. En fait, en parfumerie, on trouve beaucoup de parfums d'agrume. Je l'ai imaginé un peu différent et donc j'ai travaillé avec l'amertume. C'est simplement dû à mes origines. Je suis du nord de l'Afrique. Chez nous, on adore la bière, les endives. Comment dire ?
- François-Charles Plucain
La chicorée.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
La chicorée, voilà. Donc, il y a une affection particulière pour l'amertume. J'ai voulu le retrouver dans ce parfum d'intérieur. Et en fait, le parfum... Par contre, il est très versatile, c'est-à-dire qu'il s'adapte même à une cuisine. Il commence à repousser les mauvaises odeurs. Donc, il a un côté assez surprenant en note de tête, c'est-à-dire quand on vient de parfumer. Mais il est très vite addictif parce qu'il a une forme d'élégance due à cette amertume. Donc ça, c'est un exemple d'une décomposition de couleurs et d'une technique de... chromaturgie.
- François-Charles Plucain
D'accord, donc à neuf couleurs comme ça ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
J'ai neuf couleurs comme ça, voilà.
- François-Charles Plucain
Je défile ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Alors, il y a une autre image où on voit les matières premières.
- François-Charles Plucain
C'est peut-être...
- ArtEcoVert Pauline Leroux
On voit le produit, donc le packaging qui était très réfléchi. Le flacon en 100 ml qui correspond à à peu près un peu plus d'un an d'utilisation. Il est posé sur un objet que je façonne de mes mains. En fait, c'est de la faïence. C'est une terre qui est cuite une fois et qui est contrecollée sur du bois qui est éco-toursé. qui a été façonné dans le Jura. Et donc, cette matière reçoit le parfum, elle est diffuse. C'est-à-dire qu'à force d'utilisation, elle va s'imprégner de plus en plus fort et elle va prolonger l'effet du parfum. On parle de rémanence. Donc, c'est un objet qui est très beau, qui évoque vraiment l'artisanat et surtout qui est très utile pour la diffusion du parfum choisi.
- François-Charles Plucain
D'accord. Ça, ça va beaucoup plaire de voir les... plantes, les écorces, les essences et tout, c'est magnifique. Ok, donc je continue. Ah d'accord.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Toutes les nuances qui ont été travaillées, ça fait que pour le moment, je commercialise les trois premiers, le jaune, le gris bleu et le blanc. Arriveront très vite les trois suivantes, donc les couleurs plutôt chaudes et puis enfin les couleurs froides. Vous avez un tour d'horizon de mes créations, sachant que comme pour le sujet de la couleur, les possibilités sont presque infinies. C'est ce qui est magique aussi avec cette technique.
- François-Charles Plucain
C'est génial. Alors, attends. Et là,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
on reprend, on va dire, la décomposition de couleurs. Donc, on comprend mieux ma façon de classifier les matières premières. En fait, je n'ai fait que constater. une couleur qui est attribuée à une matière première. Et donc, ce jeu entre parfum et couleur est dû simplement à cette relation directe qu'il y a entre la couleur et la matière première. En fait, le principe est très très simple. Il n'existait pas avant moi et à vrai dire, je n'ai pas vraiment compris pourquoi parce que... de façon très logique. Et quand on pense de sentir ces parfums, on comprend très vite, on comprend presque mieux que la nature est vraiment incroyable et surtout qu'il y a un lien direct entre parfum et couleur.
- François-Charles Plucain
Génial. Est-ce qu'il y avait d'autres images que tu voulais que je montre ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Non. J'en ai beaucoup. Vous pouvez les retrouver sur... mon compte Instagram, je suis assez actif, j'ai aussi une page Facebook il y a une chaîne Youtube
- François-Charles Plucain
Ok, je mettrai tous les liens pour que les personnes aillent retrouver tout ça
- ArtEcoVert Pauline Leroux
C'est la chromaturgie sur Google et puis c'est moi
- François-Charles Plucain
C'est toi. Bon, top. Bon, hyper intéressant, cette démarche, cette correspondance couleur-parfum. Ça me fait penser aussi, pour faire un petit parallèle à la couleur végétale, et c'est un peu ce que tu montres dans tes photos, c'est que, tu vois, les gens se disent, en regardant une plante, par exemple une plante bleue, ils vont penser que la fleur va faire du bleu, alors que ce n'est pas du tout le cas. Tu vois, par exemple, le pastel des teinturiers a une fleur jaune et il donne un magnifique bleu. Et on a plein de cas comme ça où, en fait, on est trompé par ce qu'on voit et ce n'est pas la couleur qu'on obtient. Et ce que j'aime beaucoup dans ton approche, c'est que tu vois, le pomme, je n'aurais pas vu ce bordeaux. Alors qu'en fait, là, en voyant, tu vois ce que je veux dire ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Ce qui se passe avec la pomme, par exemple, et je l'ai expliqué, c'est qu'en travaillant l'amertume, l'amertume du fruit, en fait j'ai plutôt travaillé là peau, la peau de la glume et la peau de la pomme et c'est la raison pour laquelle sur vous j'étais associé à la pomme parce que c'est pas tant la chair mais plutôt la peau qui m'a intéressé en tout cas pour la création de ce parcours.
- François-Charles Plucain
D'accord, ok. Alors donc on retrouve les produits donc sur internet ? Oui.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Ou en boutique ? Il y a un site internet marchand qui est simplement chromaturgie.fr. Alors ce qui est intéressant c'est que j'y résume la démarche, l'histoire, etc. Et puis sur chaque fiche produit, vous avez aussi une petite expérience synesthésique. En fait, j'ai tâché d'exprimer, d'expliquer, d'évoquer chaque parfum par l'image, qui était la grande difficulté du parfum à distance, c'est jamais évident. Alors, même si la chromaturgie permet de passer... de la vue à l'odorat, parce qu'on peut imaginer plus aisément un parfum grâce à sa couleur. J'ai aussi créé des petites animations. qui sont directement composées de ces éléments, ces pigments, ces cercles et ces proportions. Elles sont associées à un mouvement et également à du son. En fait, la synesthésie, c'est tous les sens à la fois. Et donc, ces petites animations permettent encore plus l'immersion vers la synesthésie et vers le parfum et sa couleur.
- François-Charles Plucain
Bon, top. Donc, on envoie nos auditeurs aller regarder tout ça. Je mettrai tous les liens. Ce que je voulais savoir, parce qu'on va me la poser la question, est-ce qu'on est sur des parfums naturels ? Et en préparant, c'était hyper intéressant cette remarque. Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu, sans dévoiler bien sûr ce que tu n'as pas le droit de raconter, mais comment tu as créé ces parfums ? Est-ce que c'est du naturel ? Et nous expliquer ça, s'il te plaît.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Alors, les parfums, en fait, je ne suis pas né.
- François-Charles Plucain
Né le né, avec le Z.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
En fait, j'ai un cahier des charges qui est extrêmement précis, une liste de matières premières à utiliser. Ensuite, pour ce qui est de la composition et de l'élaboration du parfum, je fais appel à un cabinet d'experts qui est à Grasse. Simplement, ils sont chimistes, ils se chargent aussi de toutes les normes. tout ce qui est un petit peu technique et embêtant, en tout cas à mes yeux. Je me contente de fantasmé, on va dire, le concept et de le prévoir, l'imaginer en amont. Et puis eux, le façonnent et l'assemblent dans les règles de l'art. Voilà. Alors, pour répondre à la question de la naturalité du parfum, il faut savoir que la parfumerie, déjà un grand nombre d'années, est devenue moléculaire. pour des raisons qui sont très logiques. En fait, un parfum qui est de synthèse, dit de synthèse, est plus durable. Il est moins cher, il est plus stable et on peut dire aussi qu'il est plus créatif. En gros, un parfum de synthèse tend à protéger la nature. C'est-à-dire que quand je veux, par exemple, un extrait de rose, Pour obtenir quelques milligrammes d'extrait de rose, il va me falloir une quantité énorme de fleurs. Alors ça inclut aussi la main d'oeuvre, le temps, l'énergie, l'eau, énormément de contraintes liées à cette production. Qu'au niveau synthétique, moléculaire. on peut obtenir quelque chose d'extrêmement équivalent pour un coût beaucoup moins élevé. Et voilà, encore une fois, dans une logique écologique normale. Donc très vite, des matières premières qui ont été, par le passé, complètement inaccessibles parce qu'excessivement chères, rares, etc. Préservées par le poids aussi. Oui, sont devenues... des matières beaucoup plus abordables et avec lesquelles on a pu travailler et qu'on a pu vendre à prix aussi beaucoup plus venables. Donc il y a vraiment cette histoire de coût. Après, dans la parfumerie dite de niche, alors la parfumerie niche, c'est une parfumerie qui ne répond pas forcément à un marché, C'est-à-dire que le parfum de niche n'est pas forcément... séducteur. Il évoque une impression, une émotion, un souvenir, etc. Mais dans la pure expression, je dirais, sans pour autant essayer d'être portable ou séducteur. Et donc, moi, c'est ce que je collectionne depuis des années. C'est plutôt le parfum de niche. Et dans le parfum de niche, on a, grâce aux techniques que... de parfum de synthèse, on a pu créer des extraits de parfums différents. C'est-à-dire qu'en ce moment, par exemple, c'est la tendance du lait. Il faut que le parfum soit laiteux. On n'arrive pas à extraire simplement le parfum du lait d'une façon tout à fait classique. Par contre, grâce aux techniques... de chimie, on peut retranscrire cette impression lactée de façon assez efficace et rapide. Alors, il y a aussi... Je pense à tout ce qui est notes de métal, les encres, en fait il y a énormément de... Il y a un panel qui est absolument extraordinaire, mais qui est aussi dû à cette technique de parfumerie plutôt moderne. Et puis ensuite, on parle de stabilité, de qualité, parce qu'une matière première va être... dépendante de la météo. Un petit peu comme on l'a dans le vin, par exemple, les cépages. Et donc, si on veut une stabilité de fabrication, eh bien, les parfums de synthèse sont tout à fait appropriés parce que beaucoup plus...
- François-Charles Plucain
Reproductibles.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Oui, tout à fait. Donc, souvent, ce qu'on craint, c'est le côté à... allergènes des choses. Il faut savoir que les normes européennes sont extrêmement drastiques et que quand un produit est commercialisé, qu'il répond aux normes CE et Ausha, ce sont des normes particulières à la parfumerie, il n'y a aucun risque de toxicité. Ce qui n'est pas forcément le cas avec des matières premières dites naturelles. Par exemple, des huiles essentielles mal utilisées peuvent être nocives. pour la santé, alors qu'elles sont issues d'une matière naturelle.
- François-Charles Plucain
Naturelle. C'est hyper bien de le redire. Végétal ne veut pas dire inoffensif.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Exactement.
- François-Charles Plucain
Et naturel ne veut pas dire aussi inoffensif.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Voilà. Et donc, le parfum de synthèse ne veut pas dire non plus chimie polluante ou dangereuse pour la santé. Ça n'a absolument rien à voir avec la distinction des deux.
- François-Charles Plucain
C'est hyper intéressant parce que là, on refait un peu vers la couleur et les problématiques de couleur. On est sur les mêmes choses, c'est-à-dire que la couleur de synthèse, on y est passé parce que justement, c'était reproductible, c'était plus facile à produire, il ne fallait pas cultiver énormément de plantes, ça pouvait être constant, la couleur était la même, il n'y avait pas les notions de vivant, de terroir, de tout ça. Donc, on est vraiment, tu vois, c'est marrant, on reboucle avec cette notion de couleur. François-Charles, est-ce que nous avons oublié des choses dans notre épisode avant que nous passions aux petites tendances que tu vas nous révéler, que je n'ai pas oubliées pour les auditeurs, sinon je me serais fait rattraper par la patrouille ? Est-ce qu'il y a des choses qu'on n'a pas abordées, où tu te dis, c'est quand même important qu'on en parle avant qu'on ne se laisse ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Euh, oui. La semaine dernière, je suis tombé sur un article pour parler couleur, pour savoir ce qui se passe en ce moment autour de la couleur, pour l'information de tout le monde. Il faut savoir que cette année, il y a la Biennale de Venise. En fait, moi, je suis très branché art. C'est ma formation, c'est aussi l'une de mes passions, mes inspirations premières. viennent toutes du milieu de l'art, de l'histoire de l'art. Et la Biennale de Venise, si vous avez l'occasion d'aller la visiter, c'est absolument extraordinaire. Ils ouvrent des lieux inaccessibles au public habituellement pour des installations artistiques absolument extraordinaires. Et puis il y a des pavillons. Et la France aujourd'hui, pour cette année, sera représentée par... Ito Barada. En fait, c'est une française, mais d'origine étrangère, en fait, en France, et qui travaille le textile, la couleur et la teinture. Donc, les auditeurs de Areco Vert, je pense qu'il serait très intéressant d'aller jeter un oeil et encore mieux d'aller voir son travail avec nous cette année.
- François-Charles Plucain
Génial. Je pense qu'il y a un de mes invités qui m'en a parlé. C'est peut-être Tony Joannot, qui est designer et qui travaillait avec une designer japonaise. Est-ce que ça peut être ça ? Bon, si ce n'est pas ça, je couperai.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Je pense peut-être aussi, parce que Venise, ce n'est pas la porte à côté. Sinon, pour les Lillois, s'il y en a, à Villeneuve-Dasque, au Forum des sciences. Je crois que ça dure jusqu'à la rentrée des classes. donc ça dure encore un bon moment. Il y a des ateliers qui s'appellent Croque Couleur. C'est pour initier les tout-petits à la couleur et à ses perceptions. Donc ça relie aussi tout à fait le sujet du jour. à toutes et à tous. Ça peut être sympa si vous avez des enfants et que vous voulez les initier à la couleur.
- François-Charles Plucain
C'est top. Tu as beaucoup d'auditrices qui travaillent avec les écoles à tout niveau pour initier justement. Donc, c'est des superbes astuces. Je n'y pense pas souvent à demander des expos ou des choses à aller voir. Avant qu'on parle des tendances que tu auras le droit de nous partager, Donc tu disais que tes sources d'inspiration c'était l'art. Est-ce qu'il y a des choses que tu regardes régulièrement pour t'inspirer ? Tu sais on parle souvent des mood boards, des tableaux de tendance etc. Est-ce que toi tu as plusieurs sources que tu consultes régulièrement ? Parce que tu as ce côté, cette perception couleur, senteur. Qu'est-ce que tu regardes pour donner des inspirations ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Et il a été inspiré par énormément de choses. Alors, les artistes, oui. James Turrell, par exemple, qui travaille la couleur et la lumière. Un travail absolument remarquable. Je pense à Anish Kapoor, un artiste anglophone, mais d'origine indienne, qui a déposé l'ultra-noir, en fait, à leur café polémique. en tout cas dans le milieu de l'art, mais qui travaille aussi la couleur avec un C majuscule. Je suis originaire du Nord, donc je ne peux m'empêcher de penser à Henri Matisse, en fait, toute sa carrière, tout son travail, l'évolution de sa pratique qui est vraiment très, très inspirante. Il y a la mode aussi. J'adore la mode. J'adore, par exemple, l'univers de Dries Van Otten qui est... styliste enversois et qui travaille les matières, les motifs et les couleurs. C'est absolument splendide, en tout cas, à mes yeux. Chaque défilé, chaque silhouette est une pure source d'inspiration pour moi. En fait, les moodboards, je les fais en faisant du shopping virtuel, en collectant des images à droite à gauche. Et effectivement, Merci. Je constate souvent qu'en mettant tous ces éléments à plat, on peut faire des liens assez logiques sur des ambiances cohérentes ou des tendances, on va dire, à venir, parce que ce sont des images qui m'appellent et qui me parlent, qui m'émeutent. Et c'est ma façon de chercher, de m'inspirer et de rester. au fait de tout ça et de la couleur est faite de façon instinctive, naturelle, je dirais, et quotidienne, carrément. En fait, je suis carrément obsédé par la couleur.
- François-Charles Plucain
C'est génial. Franchement, je sais d'avance que cet épisode va être dégusté. Je sais déjà que je vais avoir plein de retours. Alors, c'est l'heure du dessert. C'est l'heure du dessert. Est-ce que tu peux nous parler ? On rappelle le contexte pour ceux qui auraient fait autre chose entre deux. Donc, tu étais au Centre français de la couleur. Non, c'est le Comité français de la couleur. Comité français de la couleur. Est-ce que tu peux nous dire ce que tu as le droit de nous dire pour inspirer un petit peu nos designeuses, réfléchir, nos designers, nos coloristes, nos teinturières ?
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Alors, en fait, le Comité français, il sert à réfléchir, à penser la couleur. de façon pédagogique, événementielle. Il y a des recherches prospectives. En fait, il y a des stylistes, des designers, des directeurs artistiques, des plasticiens. Il y a moi aussi, depuis quelques temps. Mais on a régulièrement, deux fois par an, des tables rondes où on vient raconter chacun ce qui nous inspire. Et puis mettre à plat justement ces gammes de couleurs qui... qui vont naturellement finir, comme on le disait au tout départ de ce talk, une tendance. En tout cas, on pressent comme ça un petit peu l'avenir. On peut lire l'avenir au travers des couleurs, c'est absolument passionnant. C'est un travail collectif et joyeux et coloré. J'y étais hier et donc oui, je sais de quoi sera fait. Le printemps-été 2028, en fait, pour essayer de résumer, l'avenir n'est pas rose. Alors je suis habillé de rose et malheureusement, ce n'est pas du tout le cas. Il y a vraiment une préoccupation de l'inattendu. on ne sait plus de quoi sera fait demain il y a beaucoup d'incertitudes et tout ça se traduit aussi par des codes couleurs Je l'ai dit très souvent pendant mes conseils couleurs, et puis je le redis là pour tout le monde. En fait, il y a un vrai retour du marron. Le marron, les bruns, la couleur marron dans toutes ses nuances, c'est un retour à la terre. C'est une très bonne nouvelle. C'est-à-dire qu'il y a une forme d'archéologie. On va chercher dans nos racines, alors j'espère pour améliorer les techniques de teinture, et puis aussi pour trouver la vérité, peut-être un sens à nos existences, mais on a besoin de se raccrocher à la terre, et donc on va creuser encore profondément pour trouver toutes les nuances de la terre, donc les bruns, les beiges, etc. Et ils sont malheureusement... associés à des rouges et des orangés qui sont extrêmement puissants, en lien direct avec les feux de forêt, les éruptions volcaniques et le réchauffement climatique. Donc le constat est assez simple, pour se protéger de la nature qui devient de plus en plus menaçante et incontrôlable, l'homme creuse pour se protéger. Voilà un peu le constat des couleurs. et de l'actualité à venir. Alors, il y a aussi un espoir, d'ailleurs, on est plus que jamais dans l'actualité, c'est qu'il y a aussi une gamme qui s'inspire de l'extrêmement loin et donc des étoiles et des planètes lointaines. En fait, c'est tout ce qui est bleu, ce qui est cosmique, ce qui est dans la transparence, le métallisé. les tons irisés nous inspirent, c'est un peu le satellite c'est aussi l'espoir peut-être d'échapper à tout ça et de rêver à un monde meilleur je pense à ça parce qu'il y a eu un vol autour de la lune et qu'en fait on y est complètement et voilà la tendance de couleur se traduit par l'actualité un retour aux sources, une planète qui s'échauffe et puis des esprits qui cherchent à s'évader.
- François-Charles Plucain
C'est génial parce que... Je refais un petit pont pour la couleur végétale. Tout ce qui est dans les tons bruns, on a tous les tannins. Les tannins, c'est en plus génial, c'est que tu n'es pas obligé de mettre du mordant pour teindre. Donc, c'est vraiment des couleurs directes. Donc, on a tous les tannins, on a les écorces d'arbres, les châtaigniers, la noix de gale pour donner tous ces tombes bruns. Et il y en a plein. Et là, vous irez voir les teinturières qui pourront vous proposer super. Ce serait génial qu'en 2028, il y ait des couleurs végétales dans les intérieurs et que ce soit plus anecdotique, mais une évidence. Dans les rouges et oranges, je pense tout de suite à la garance. La garance qui poussait à l'île, qui pousse dans le sud, etc. Donc, on utilise les racines qui donnent des rouges orangés, qui donnent du rose. Il y a aussi les choréopsis qui donnent du orange. On a le rumex aussi qui revient à la mode dans les agriculteurs en teintorial ou les cueilleurs. Quand tu parles de la gamme sur les étoilés, je pense à la couleur structurelle. Tu sais, les ailes de papillon, toute cette lumière structurelle. Donc, cette couleur structurelle, on va recevoir un acteur qui s'en inspire pour proposer du maquillage pour les dames, de l'irisé pour les voitures, etc. Donc c'est... incroyable parce que, tu vois, pour une fois, les tendances, je les comprends et je les envisage, tu vois, c'est hyper rare. Pauline,
- ArtEcoVert Pauline Leroux
tu es tendance.
- François-Charles Plucain
J'espère qu'on réussira. Je te le dis franchement, je le dis là, j'aimerais vraiment que, tu vois, en 2028, il y ait de la couleur végétale, qu'il y ait eu des solutions pour en mettre dans nos intérieurs, sur les meubles, enfin, sur les murs, ça existe déjà dans les meubles. Tu parlais tout à l'heure des rideaux, on a des super teinturières qui vous font un travail extra, dans le linge de table, l'art de la table, etc. Il y a tout ce qu'il faut. Les tapis, pareil, on a reçu sur le podcast le travail de la laine, du feutre. enfin bref, je le redis, allez regarder tous ces gens d'exception qui travaillent la couleur végétale avec passion et qui pourront du coup vous faire un intérieur sain harmonieux, c'est parce que c'est le mot que je retiens, harmonieux et avec des matières qui... se cultive et qui s'élève en France, la laine, le lin, le chanvre.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Et en lien direct avec le territoire.
- François-Charles Plucain
Et en lien direct avec le territoire.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Quand je parlais des couleurs et des fenêtres. parce qu'on voit au-delà de la fenêtre, ça vaut évidemment pour tout le reste de la décoration.
- François-Charles Plucain
Et la boucle est bouclée. Oui, mais on devrait reprendre trois heures parce qu'il y a encore tellement de choses. C'était vraiment génial. Franchement, je te remercie d'avoir pris le temps de passer sur tous ces sujets, etc. Je remettrai tous les liens pour nos auditeurs pour qu'ils aillent découvrir Chromaturgie. Est-ce que tu donnes encore des conseils design intérieur ? Parce qu'on va me la poser la question, je le sais. Oui.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Me contacter via le site Internet. En ce moment, je suis sur trois ou quatre projets, un projet très conséquent d'un cabinet dentaire et puis des particuliers. Je n'ai aucune limite de créativité.
- François-Charles Plucain
Top, génial. Parce que tu vois, je pense à des personnes qui créent des gammes et je pense qu'elles seraient hyper contentes d'avoir... En tout cas, n'hésitez pas. François-Charles, tu es à dispo.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Je cherche des points de vente. Si quelqu'un m'entend, j'ai un point de vente à Toulouse. C'est un peu compliqué aujourd'hui de faire découvrir un petit éditeur de parfums. Je suis tout petit et encore très modeste. Mais je tâche d'essayer de faire connaître cette technique et ma création. au plus grand nombre. Si quelqu'un m'entend et connaît des boutiques de décoration, des événements liés à la couleur ou au parfum, les deux, vous êtes les bienvenus. Contactez-moi.
- François-Charles Plucain
Génial. Parce qu'on en a, c'est sûr, qui écoutent. Donc, ça, c'est top. Bon, écoute, François-Charles, un grand merci et je te dis à bientôt parce que je pense qu'il y aura peut-être une suite. On verra, mais franchement, c'est hyper passionnant. Merci.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Tu parlais de la décoration ?
- François-Charles Plucain
Non, je m'arrête là. Ah, d'accord.
- ArtEcoVert Pauline Leroux
Quand on a fini, on refait le tour. Je te vois l'après-midi.
- François-Charles Plucain
D'accord, top. Merci pour votre écoute. Pour soutenir La Couleur Végétale, abonnez-vous au podcast Aréco Vert sur la plateforme d'écoute de votre choix et laissez un commentaire si vous avez appris quelque chose. Ça soutient vraiment le podcast. Pour les artisanes de La Couleur Végétale qui veulent aller plus loin, vous pouvez rejoindre la plateforme Patreon ou la communauté Aréco Vert à vie. Et pour les entreprises qui souhaitent creuser davantage le sujet de la couleur végétale, me faire intervenir dans leurs entreprises pour leur expliquer la filière et les enjeux, on se retrouve sur arecovert.kit.com https://podcast.ausha.co/art-eco-vert?s=1