- Pauline ArtEcoVert
Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast de celles et ceux qui veulent comprendre, structurer et déployer la couleur végétale et du vivant dans le monde réel. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes et depuis trois ans, chaque jeudi, je reçois celles et ceux qui font la couleur du vivant. On part de la graine à la couleur finale. On parle plantes et autres sources tinctoriales usages concrets, filières, santé. environnement, innovation et biotechnologie. Du textile à la cosmétique, de l'artisanat à l'industrie, du design aux fibres naturelles, une seule approche, relier la couleur du vivant aux usages réels. L'objectif est clair, fédérer et démocratiser la couleur végétale et recréer une souveraineté de la couleur du vivant chez nous. Belle écoute !
- Sophie Cagniart
Bonjour à tous,
- Pauline ArtEcoVert
je suis ravie d'accueillir sur le podcast Aréco Vert Sophie Cagniart. Bonjour Sophie.
- Sophie Cagniart
Bonjour Pauline, ravie d'être ici.
- Pauline ArtEcoVert
T'es courageuse parce qu'en ces temps de chaleur intense, enregistré, la pression, tout ça, on est arrivés. Alors, du coup, on va commencer par le commencement. Pour dire un petit peu aux invités, aux auditeurs qui seraient arrivés, on va parler d'artistes textiles, de Sashiko. d'indigo, de design, de ton parcours même international, pour le coup là on peut le dire. Voilà, donc on peut délimiter un petit peu le sujet comme ça pour dire aux auditeurs de quoi on va parler. Mais avant tout ça Sophie, est-ce que tu peux te présenter aux auditeurs qui ne te connaîtraient pas ? Et je rappelle... que si vous êtes en podcast, vous pouvez aller voir les épisodes maintenant sur YouTube, puisque Sophie va nous montrer des belles réalisations, donc ça peut être intéressant.
- Sophie Cagniart
Je suis là en personne, mon dieu ! Encore plus terrifiant, parce que déjà c'est mon premier podcast, mais en plus je dois montrer ma tête. Alors c'est autre chose, on dirait pas, mais sur Instagram j'ai l'air beaucoup trop à l'aise. Alors, donc moi je suis artiste textile, c'est comme ça que je me définis, alors on va en parler, je pense, un peu plus tard, mais j'ai... toujours trouvé ça très très difficile de définir ce que je faisais. Donc en fait je me suis calée sur artiste textile parce que ça englobe tout ce que je fais et tout ce que j'aime faire. Alors moi je travaille principalement avec des tissus abandonnés, des tissus de seconde main donc de la récup mais je déteste le mot upcycling. J'en parlerai aussi plus tard. Et donc je suis passionnée d'art traditionnel. à des techniques traditionnelles qui vont prendre des jours et des heures, c'est pour moi. Tout ce qui est travaux d'aiguilles, etc. Donc bien sûr, le sèche-cosse, c'est une grosse partie de mon inspiration, de mon travail. J'en dirai plus aussi là-dessus. Et après, il y a aussi la teinture à l'indigo naturel que j'ai commencé à apprendre. Ça, c'est un peu récent. J'ai commencé ça en août dernier et je suis fan. Je ne repartirai jamais à quelque autre teinture, je pense. Parce que mon monde est bleu et blanc. Je dois préciser aussi. Et je travaille aussi le tissage, le rag weaving. Donc ça, c'est quand on tisse des petites bandelettes de tissu qu'on déchire, etc. Qui est pratiqué dans beaucoup de cultures. D'ailleurs, pour revenir au Sashiko, le Sashiko, c'est japonais, bien sûr. Mais bon, ça, je vais en parler plus tard. Aussi, le booty provençal. Donc, petit clin d'œil à la France et au sud. Donc ça, c'est une technique que j'adore aussi. Le smoke anglais, le smoking anglais, le smoking canadien. aussi une technique traditionnelle qui est incroyable, en fait toutes ces techniques ce qu'elles ont en commun c'est qu'elles donnent de la texture au tissu, qu'elles transforment une matière plate en deux dimensions et qu'elles donnent du volume, qu'elles donnent un toucher spécifique qu'elles attrapent la lumière d'une différente façon tout ça c'est ma passion en fait, c'est de donner vraiment une texture, donner une qualité au tissu qui sont ordinaires Merci. Comme des draps de coton qu'on peut trouver de seconde main, plus personne ne veut, avec des trous, avec des taches. Moi je vais reprendre ces tissus, je vais les teindre, je vais les tisser ou je vais les broder ou je vais les coudre d'une certaine façon. Et je vais les transformer en pièces uniques à porter. Parce que moi je fais des vêtements, je fais des vestes, des hauts, des bas, des accessoires, des sacs, mais aussi de temps en temps des petites pièces à accrocher au mur. Je me qualifie, mes études ont été dans le stylisme. Je suis styliste modéliste à la base. La façon dont je m'exprime le mieux, on va dire, ce n'est pas à l'oral, ce sera à travers les silhouettes. Vraiment, c'est le médium que j'ai choisi pour m'exprimer. C'est vraiment de créer des vêtements, de créer des silhouettes qui racontent une histoire. Mon univers est bleu et blanc, il est poétique. Il est aussi brut. Je ne sais pas l'équivalent parce que je suis un peu enfranglée parfois, mais rugged, un peu brut, donc avec les tissus qui ne sont pas finis, qui sont un peu des fils qui dépassent, etc. On va dire ça, c'est des textures qui sont un peu rugueuses. Et un contraste, en fait, c'est mon univers. Donc je ne travaille pas des silhouettes très compliquées, je travaille des silhouettes simples, mais avec une matière riche, une texture rugueuse, brute, qui contraste avec quelque chose de beaucoup plus délicat ou plus fin, Comme... Par exemple le sashiko qui est très ornemental ou le booty ou le smock anglais qui va être très minutieux et très fin. Donc voilà, c'est un peu tout ce que je fais. Grosse introduction.
- Pauline ArtEcoVert
Non, mais c'est bien parce qu'on va revenir. Tu nous dis sur quoi on va revenir, donc ça c'est top. Alors, du coup, on va repartir sur ton parcours. Oui, le début. Est-ce que tu peux nous expliquer ton parcours ? Comment t'en es arrivé à découvrir le Sashiko? Ce que t'en as fait derrière ? Donc tu nous l'as un petit peu dit. Comment tu as fait ce virage ? Est-ce que tu peux nous expliquer ? On aime bien aussi les déclics, parce que du coup, ça aide pas mal de gens se retrouvent dans les déclics.
- Sophie Cagniart
Vas-y, on t'écoute. Alors, moi, j'ai fait des études de stylisme et modélisme à l'ESMOD de Roubaix. Donc, petit clin d'œil à la promo 2017, s'il y en a quelques-uns. Léo de France ! D'où je suis originaire, mais bon. Donc voilà, petit clin d'œil à la promo 2017, s'il y en a certains d'entre vous qui écoutent, qui sont là. Gros merci à toutes les personnes qui m'ont formée, donc voilà, petite pensée. Petit remerciement. Mais vraiment, c'était incroyable ces années que j'ai passées là-bas. C'est là où j'ai découvert qu'en tant que designer ou en tant que styliste, je ne sais pas, j'étais beaucoup plus attirée par la tradition, par les arts traditionnels, et par la texture et par la matière que par le design en lui-même. donc c'est là où vraiment il y avait beaucoup de recherches etc pendant les études et en fait j'ai c'est ce que j'appelle le puits de Pinterest le puits de Pinterest c'est quand on clique sur une image on clique sur 10 000 images et en fait on tombe et après on découvre des choses et on a 10 000 pins et on sait plus quoi choisir on sait plus où donner la tête et c'est comme ça que j'ai découvert le sashiko de base en fait j'ai découvert le boro le sashiko tous ces arts japonais l'aspect déjà le bleu le blanc c'est quelque chose qui m'attire je ne sais pas pourquoi c'est comme ça je ne peux pas faire d'autres couleurs, j'ai essayé, c'est pas moi donc on fait bleu et blanc et je ne sais pas, ces couleurs m'ont attiré l'esthétique brute et ornementale aussi ce contraste m'a tout de suite parlé et j'ai eu une obsession, je me suis dit il faut que j'apprenne ça voilà donc je me suis apprise toute seule, une erreur je pense parce que moi j'étais impatiente j'étais un peu orgueilleuse je pense parce que je me suis dit oui mais moi je suis styliste, modéliste off. Je peux apprendre toute seule, je n'ai pas besoin de suivre des cours, je n'ai pas besoin d'acheter un livre, d'acheter quoi que ce soit. Et je pense que c'était... Je suis certaine que c'était une erreur. Parce que déjà, mes premiers... Niveau technique, on va dire que je n'étais vraiment pas là. Mes premières pièces avec des broderies Sashko étaient vraiment pas terribles. Mais bon. Mais en fait, je considère que c'est beaucoup plus une erreur par rapport à la culture. en fait j'ai pas fait assez de recherches au niveau historique, au niveau culturel pour savoir d'où ça venait, pour savoir pourquoi c'était né, comment c'était né, comment c'était utilisé, parce qu'en fait dans le Sashiko il n'y a rien qui est fait par hasard tout a un sens, et en fait c'est en comprenant l'histoire, c'est en comprenant la philosophie derrière le Sashiko qu'on sait l'utiliser et qu'on peut le pratiquer correctement, et donc ça c'est une erreur que je fais, donc si des gens écoutent en ce moment qu'ils veulent essayer le Sashiko et qu'ils pensent, voilà, qu'ils veulent essayer ça tout seul, bon après c'est différent, aujourd'hui il y a beaucoup de ressources, à l'époque il y avait, là c'était il y a dix ans, je vous parle de ça il n'y avait pas trop trop de ressources non plus en fait parce que c'était pas si populaire que ça en fait donc, mais je recommande vivement de suivre des vidéos YouTube, des cours, de s'informer, de regarder l'histoire, enfin de s'informer sur l'histoire du Sashiko, sur les gens qui pratiquent, sur la mentalité japonaise et les japonais qui le pratiquent et l'appropriation culturelle que je vais mentionner aussi plus tard dans la vidéo dans le podcast euh Après, je suis tombée là-dedans et dans les textures, etc. Je pratiquais beaucoup de techniques différentes. Après, j'ai fait un stage. Je me suis retrouvée aux Pays-Bas, à Alkmaar. Petit clin d'œil s'il y a des gens d'Alkmaar qui parlent français et qui m'écoutent. Voilà, coucou. J'étais en stage pour une femme très sympa. Devant le petit magasin où on travaillait, son studio, il y avait une dame qui revendait du jean, du genre Tommy Hilfiger, du genre Levis, tout ça. Et elle savait que j'adorais le jean. Parce que oui, ça, j'en ai pas parlé, mais moi, j'avais une obsession aussi avec le dénime, avec le jean. Parce que je trouve que c'est le même sens, en fait. C'est une matière très humble qui a été faite pour le work-wear, qui a été faite pour les travailleurs. C'est très humble, c'est un passé, voilà, pas forcément bien vu, on va dire. Il y a des connotations un peu, voilà, brutes, pauvres, voilà.
- Pauline ArtEcoVert
Un vêtement pareil, ouvrier.
- Sophie Cagniart
Exactement. Mais en fait, moi, ce que je trouve incroyable, c'est que du coup, cette technique, elle peut se transformer de 10 000 façons. D'ailleurs, quand vous voyez l'upcycling, quand vous voyez ce que les gens font avec, ils choisissent le jean. Parce que déjà, pourquoi ? C'est une technique qui est gâchée. Mais vraiment, il y a tellement de gâchés au niveau du jean. Il y a tellement de... Voilà. Et il y a beaucoup de possibilités. On peut en faire plein de choses, le jean. De façon dont on le déconstruit, on l'arrache, on le coupe, on le... Comment ? On utilise la javel pour le décolorer, etc. Enfin bref, il y a plein de choses à faire avec. Et les gens sont très créatifs. Donc ça, je trouve que c'est un matériau qui est très intéressant. Donc j'ai toujours été fan. Même si maintenant, je travaille moins. Mais ça, on peut en parler aussi plus tard. Mais donc voilà. Donc en fait, cette dame qui travaillait pour en revenir à Alkmaar et au magasin. En fait, cette dame qui travaillait en face du studio. Elle est venue vers moi un jour. Elle me dit, Sophie, je sais que tu adores le jean. Elle dit, tiens, j'ai des invendus. Où en fait, j'ai coupé... couper la poche parce qu'en fait on peut pas les vendre, il y a un petit défaut dessus etc. Et en fait ce qu'on doit faire c'est qu'on coupe la poche et on les jette en arrière boutique. Et donc elle me donne tout ça, je lui dis mais tu veux combien ? Et en fait elle m'a juste donné, elle m'a dit bah non mais nous on en fait rien, ils passent pas les récupérer, j'ai une montagne à l'arrière. Elle dit si tu peux t'amuser avec, amuse-toi. Et donc en fait c'est ce que j'ai fait, j'ai commencé à défaire les jeans, à les déconstruire, à les reconstruire, à les broder avec du sachet. En fait c'est là que l'idée de Silent Wave Indigo m'est venue en tête. Je ne sais même pas si j'ai mentionné au début, mais oui, Salon Indigo, du coup, c'est le nom de ma marque. Je n'appelle pas ça une marque, mais bon, c'est le nom de mon studio. Concept,
- Pauline ArtEcoVert
studio,
- Sophie Cagniart
ouais. Mais donc, c'est là que l'idée est venue d'en vivre, en fait. Enfin, pas forcément d'en vivre, mais de créer principalement, d'en faire mon activité principale, en fait. Et ensuite, je me suis vite rendue compte aussi que c'était un petit peu compliqué. J'étais encore étudiante, j'avais des prêts d'étudiants à rembourser, etc. Donc... J'ai trouvé un boulot de styliste. Je travaillais en tant que styliste à Amsterdam, où j'ai déménagé ensuite. Je n'aimerais pas la marque. J'ai travaillé pour eux pendant deux ans. C'était très enrichissant. J'ai vu beaucoup. J'ai vu beaucoup de ce que je n'aimais pas forcément, dans le sens où ce n'était pas mes valeurs. La surconsommation, je voyageais quatre fois par an en Chine. On supervisait la production, les usines, tout ça. C'était vraiment très complet. Et c'était un monde... Un monde de surconsommation, un monde sans créativité, un monde un peu de surconsommation. Il n'y avait pas d'âme. Et à un moment, je me suis dit, ça me manque aussi de faire quelque chose avec mes mains, de créer. Et à côté de ça, j'avais moins le temps. Bien sûr, c'était un boulot à temps plein, c'était un 35 heures. Mais le week-end, de temps en temps, je faisais encore du sashiko, je me faisais des pièces pour moi. par-ci par-là tout ça mais au bout d'un moment en fait je me suis dit bon je peux plus j'ai démissionné de ce travail et mon plan c'était peut-être de trouver un petit jeu à bâton partiel de trouver un petit peu ce que je voulais faire et j'avais pas forcément de plan, j'avais aucun plan j'étais vraiment sans filer à l'improviste j'ai dit je veux juste plus faire ça et en plus le covid est arrivé parce que moi du coup j'ai commencé il y a 6 ans c'était en 2020 je pensais que le covid allait rester en Chine, grosse erreur il n'est pas resté en Chine, il est arrivé et jusqu'aux Pays-Bas, jusqu'à Amsterdam pour m'empêcher de trouver un petit boulot à temps partiel où en fait j'étais en fait je me suis dit je vais faire mes projets avec mon jean c'est ce que je vais faire, je vais déconstruire des jeans je vais les transformer en veste, en vêtements etc et puis je vais les broder et puis je vais les vendre je vais les vendre sur Etsy, c'était ça le plan donc il n'y avait pas de plan donc pour dire aussi que j'ai bien évolué en 6 ans j'ai fait un sacré bout de chemin Et donc voilà, en fait, je me suis lancée, j'étais donc, j'en faisais pas du tout, je pense que la première vente que j'ai eue, c'était six mois après sur Etsy. Après ça, j'ai évolué, j'ai fait quelques marchés aussi, en fait, j'ai fait, c'est vraiment du test et voir ce qui marche, ce qui marche pas, etc. Les marchés, ça marchait pas parce que c'est pas des achats impulsifs, on va pas dépenser autant pour, voilà. Et puis après, oui, les petites réparations, par-ci, par-là, c'est très bien, mais bon après c'est pas non plus... On ne peut pas être hyper créatif. A l'époque, je faisais aussi du sashiko, mais pas tant que ça. J'étais plus sur les illustrations. Je faisais des broderies, des illustrations, etc. Toujours en bleu-blanc, etc. Et après, je décidais de plus me concentrer sur le sashiko parce que j'étais très inspirée. À ce moment-là, je me suis dit vraiment, j'y vais à fond. Et c'est drôle. Donc, en fait, je ne sais pas si je devrais le dire maintenant ou pas.
- Pauline ArtEcoVert
Vas-y.
- Sophie Cagniart
Mais oui, donc en fait, j'ai commencé avec le Sashiko et c'était très bien. Et les gens ont très vite répondu à cette technique. Donc à l'époque aussi, ça c'était il y a 5 ans à peu près. Donc le Sashiko il y a 5 ans, n'était pas si populaire que ça sur Instagram, sur les réseaux en général, partout en fait. Donc en fait, moi j'étais un peu là avant, ou alors à la naissance de cette... de cette mode qui a commencé et qui maintenant est partout. Et ça, je vais en parler aussi. Mais donc voilà, j'étais un peu là au début. Et en fait, je pense que du coup, j'ai profité de cette mode qui s'est lancée pour être découverte, pour avoir l'Instagram que j'ai aujourd'hui avec une très belle communauté de gens qui m'ont découvert grâce à ça. Mais en fait, ce que les gens oublient et ce qui me turlupine, on va dire un petit peu, c'est que les gens ont eu tendance à me voir après ça en tant qu'artiste Sashiko. Juste la fille qui fait du Sashiko. Et c'est pas du tout... Alors, moi, j'ai commencé avec les illustrations, mais après j'ai fait du Sashiko. Mais entre-temps, je faisais aussi du tissage, et je faisais aussi d'autres, de la teinture, je faisais du shibori, etc. Donc c'était pas encore de la teinture à l'indigo, mais je faisais déjà du shibori. Je faisais... J'étais multidisciplinaire, et j'étais aussi... En fait, moi, ma façon de travailler, c'était de prendre... Enfin, d'avoir les techniques, en fait, d'avoir tous ces outils, une petite boîte à outils avec plein de... magnifiques dedans et de les mixer entre elles donc de mixer les traditions, de mixer les supports de mixer les effets pour encore une fois donner la texture, donner le style que j'ai en fait,
- Pauline ArtEcoVert
l'âme que les gens peuvent reconnaître je pense dans mes designs et voilà ne pas être réducteur et ça je voudrais, merci de me l'avoir signalé parce que tu vois dans les acteurs de la couleur végétale t'en as plein qui font plein de choses comme toi qui ont testé plein de techniques, qui connaissent plein qui maîtrisent plein de couleurs qui... cultivent leur jardin, qui, comme on disait, font de la vente, mais font aussi de la formation, font aussi de la passation. Et donc, le terme réducteur, donc tu n'es pas une artiste Sashiko, tu es une artiste complète et tu es à la base artiste textile. Et tu utilises ça, donc très bien de le préciser. Du coup, tu mixtes, donc on a compris tes couleurs.
- Sophie Cagniart
C'est pas compliqué.
- Pauline ArtEcoVert
Ça, c'est pas compliqué, on a compris. On a compris aussi que tu touchais à plein de choses pour leur donner du relief, apporter... Ça a été quoi le basculement quand tu dis ça y est, là, j'étais sûre que c'était le Sashiko. Ça t'a porté donc une belle communauté Instagram, un rayonnement international.
- Sophie Cagniart
Oui.
- Pauline ArtEcoVert
Parce que moi, pour remettre, pour redonner aux gens le contexte, c'est une membre de la Guilde Tinctorial, donc Mathilde Ledur pour la cité, qui m'a dit Pauline, il faut absolument que tu aies Sophie. sur le podcast, elle fait plein de trucs de dingue. Elle est la première ambassadrice. Merci,
- Sophie Cagniart
Pauline. Merci, Mathilde,
- Pauline ArtEcoVert
pardon. Et quand on a échangé toutes les deux, ça m'a fait aussi repenser un épisode que j'avais enregistré avec Florence et Kevin de La Main Bleue, qui font aussi du sashiko, qui travaillent aussi le workwear et qui... Il faudra qu'on remette l'épisode. Et je me suis dit, mais en fait, c'est la continuité et en même temps, tu nous emmènes dans un univers. Tu m'avais montré plein de choses. Et donc, voilà, là, j'aimerais qu'on repose comment nous, on s'est rencontrés. Et maintenant, j'aimerais que tu expliques comment ça s'est emballé d'un coup et que c'est parti sur comment tu as travaillé ton modèle économique. En fait,
- Sophie Cagniart
ça s'est fait organiquement, ça s'est fait naturellement. Oui, parce que le Sashiko, c'était le point de départ, bien sûr. J'ai vu ça, je l'ai pratiqué, je l'ai... Enfin, je veux dire, j'ai... Je l'ai étudié, bien sûr. Et en fait, ça découlait. En fait, moi, j'étais pas... Donc, au début, la façon dont je travaillais, c'est difficile à dire parce que c'est de l'inspiration, au final. C'est pas du tout... Les pièces que je faisais, c'était pas pour vendre. C'était pas parce que, oh, les gens, ils aiment bien ça, donc je vais faire pas des choses comme ça pour les vendre. Non, c'était pas du tout comme ça. C'était, moi, je fais les choses que j'aime. Si ça part, ça part. Si ça part pas, c'est pas grave. Mais je veux pas... Voilà, j'ai mon... Mon intégrité, pour moi, c'est quelque chose d'être très important. Et... Et voilà, donc en fait, j'étais... Donc après avoir fait ces illustrations, j'ai commencé le sashiko. En fait, après, c'était vraiment la texture. Donc j'avais toutes ces techniques. Et en fait, je me suis dit, bon, je vais faire un sac en utilisant cette technique. Ou voilà, je vais même poncer le tissu. Je vais faire ça, je vais faire ça. Je vais faire un effet patchwork, mais distresse. Un peu inspiré par le boro, mais pas du boro. Attention, là, il y a une distinction aussi. Et après, j'adorais tellement cette technique. Je me dis, mais mon Dieu, c'est trop beau. Je vais faire une veste avec. Sauf qu'en fait, au milieu du processus de faire tout ça, je me dis, non, non, non, non, non, j'ai une idée, je vais faire des sacs maintenant, parce que je vais faire des sacs avec une autre broderie, avec une autre technique, puis après, non mais tu sais quoi, je vais faire des converses, je vais broder des converses, parce que pourquoi pas. Et en fait, je sautais comme ça de design à design, de technique en technique, d'idée à idée en fait, sans vraiment, en suivant mon inspiration, en suivant vraiment l'enfant en moi, de ce que j'avais envie de faire, ce que j'avais envie de créer, ce que j'avais envie de partager avec les gens. Et c'était de la pure expérimentation en fait, et à chaque fois, j'étais là en mode, mais c'est incroyable, c'est incroyable, je... Je suis trop forte ? Non mais c'était à chaque fois, ça m'apportait beaucoup de joie et je pense que c'est pour ça que ça a marché aussi. Je pense que les gens peuvent ressentir ça aussi à travers les pièces. Sauf qu'à un moment, j'ai commencé aussi à me remettre en question. Donc il y a eu vraiment des paliers dans mon parcours ces six dernières années. Donc voilà, j'étais à ce palier-là. Et après, j'en avais un petit peu marre parce que je me dis que les pièces que je fais, je les adore. J'ai beaucoup expérimenté, c'est très bien. Mais ce n'est pas cohérent. Il n'y a pas de look entier. Donc là, j'ai une veste, mais j'ai des chaussures, mais j'ai des trucs. Ils ne vont pas forcément ensemble. En plus, à cette époque-là, je travaillais aussi beaucoup avec un petit peu comme la main bleue. Je récupérais... Des vestes, je récupérais des pantalons. Et en fait, je travaillais un petit peu comme ça. Donc, c'était différent. Et là, en fait, j'ai fait un switch. Vraiment, j'ai commencé plus à faire... Parce que je suis modéliste, en fait. Donc, j'ai commencé beaucoup plus à faire mes looks en entier. Donc, vraiment, à faire le patronage vraiment de A à Z. De trouver les tissus, de les retravailler, de faire les patrons, de couper, de passer des semaines, des heures dessus. Et donc, là, c'était... mon intention de créer quelque chose de cohérent, d'uniforme, enfin pas d'uniforme, mais d'avoir une histoire, en fait. D'avoir un look avec un fil. Et donc, je me suis dit, je vais faire une collection que j'ai faite qui s'appelle Into the Land et qui a une inspiration un peu rurale, très rurale, on va dire des années 800, des fortes femmes des années 1800, on va dire. Et donc, vous pouvez la voir sur mon site, de toute façon. Mais cette collection, j'ai travaillé dessus pendant un an, plus ou moins, je pense. Et c'était un mix de toutes ces techniques que je pratique et j'ai vraiment adoré. Il y avait une histoire. Quand vous voyez ces collections, vous allez regarder les photos, vous pouvez voir qu'il y a un sentiment derrière. Il y a une histoire, il y a quelque chose qui s'en dégage. Ça parle, ça raconte quelque chose. Et c'est ça que je veux faire. Je suis comme ça. C'est ça que je veux créer. Je ne veux pas créer des vestes d'upcycling. Moi, je suis une artiste. Je ressens et je veux faire partager ce que je ressens, la façon dont je vois le monde à travers ce médium que j'ai choisi ou qui m'a choisi, qui est le tissu, qui est les vêtements, de créer des silhouettes. Et voilà, donc j'ai commencé à faire ça, sauf que je me suis rendu compte que cette collection, malgré qu'elle soit portable, parce que beaucoup de pièces sont très portables, je ne l'ai jamais mise en vente d'ailleurs. Je ne sais pas, j'y tiens encore un petit peu, je ne suis pas encore prête à ce qu'elle soit en vente. Mais donc malgré qu'elle soit assez portable, je trouvais qu'elle était... pas vraiment assez portable, on va dire. Parce que je veux pouvoir aussi créer des pièces qui soient portables par les gens. Parce que la beauté de ces pièces... Comment ?
- Pauline ArtEcoVert
Du quotidien.
- Sophie Cagniart
Oui, du quotidien, oui, au final, du quotidien. Parce qu'en fait, j'ai beaucoup de personnes qui me disent, mais Sophie, pourquoi tu... Enfin, tu devrais pas porter. Moi, je vois une chemise comme ça, je l'accroche au mur, tellement elle est belle, tellement il y a de travail, tout ça. Je dis non, parce que la beauté du Sashiko, la beauté de l'indigo, la beauté de toutes ces techniques que je travaille, c'est qu'elles doivent être... On doit vivre dedans. pour les rendre encore plus belles. Et qu'on les voit aussi. Mais la beauté, elle est vraiment dans la vie. Donc on va vivre avec cette pièce, et cette pièce elle va vivre avec vous, et c'est un échange qui va la rendre beaucoup plus belle. Elle va lui donner une histoire dans le temps. Et ce sera votre histoire. Et donc les gens me demandent aussi, Sophie, pourquoi tu ne portes pas tes pièces ? Déjà, moi je ne crée pas pour moi. Ça c'est quelque chose aussi qui est incroyable. Il y a un petit contraste dont j'aimerais bien parler. C'est... on s'attend alors pour moi quand on crée les vêtements quand on crée les voilà c'est il y a deux choses dont je voudrais parler déjà la première c'est on s'attend à ce que parce qu'on crée des vêtements parce qu'on a choisi ce médium pour exprimer notre art, nos sentiments etc on s'attend à ce que cette personne elle soit stylée, elle porte ses vêtements, elle porte ses marques, elle porte voilà pour montrer, pour se montrer sauf que Un artiste comme un photographe ou comme un peintre, est-ce qu'on s'attend à ce qu'il porte ses toiles sur lui ? Non. Est-ce qu'on s'attend à ce qu'il s'habille d'une certaine façon ? Non. On est artiste, on ne choisit pas le médium. On peut être multidisciplinaire et choisir plusieurs techniques, bien sûr. Mais quand on est dans la mode, il y a vraiment cette chose de... On doit s'habiller. Et bien sûr, j'ai mon style particulier, j'ai une façon de m'habiller, mais je ne m'habille pas avec mes pièces parce que je ne crée pas pour moi. Aussi, pourquoi ? Parce que... Tout mon temps, je le passe à travailler chez moi. Et moi, mes pièces, je veux qu'elles aient une vie. Je veux qu'elles puissent profiter, voir du monde, voir l'extérieur, etc. Et juste être vues, être vécues, etc. Et moi, je ne suis pas la personne pour leur donner ça. Moi, je suis juste les mains derrière. Donc, je crée tout ça. Et après, c'est à vous de leur donner une histoire. Moi, je la fais naître. C'est tout. Et voilà. Donc, ça, c'est quelque chose dont je voulais parler. parce que je trouve ça un peu c'est des questions que j'ai assez souvent bizarrement en fait pourquoi tu gardes pas tes pièces, elle est trop belle, tu devrais la garder ou pourquoi tu portes pas tes créations etc et moi j'exprime mes sentiments après j'ai aussi cette théorie parce que parfois je crée des vêtements je les mets en ligne et ils sont vendus en 24h ou ils sont vendus deux ans après. Et moi, j'ai une théorie que la personne qui va trouver le vêtement, que ce soit à 24h, que ce soit dans deux ans, elle est faite pour vous. Pour ce vêtement. Voilà. Il y a un timing, en fait. Parce que quand je crée des pièces, c'est aussi des pièces uniques. Donc, les grosses pièces, c'est des pièces uniques. Les petites, peut-être, je vais les refaire en plusieurs fois, mais pas tant que ça non plus. Mais les grosses pièces, c'est des pièces uniques. Donc, vraiment, il y a un sentiment, il y a des pensées, il y a quelque chose, en fait, dans l'air quand je crée une pièce. Et peut-être que je vous ai en tête, je vous connais pas. Peut-être qu'il y a quelque chose qui va résonner avec vous dans la façon dont j'ai travaillé cette pièce, et ça ne va pas résonner avec une autre personne. Donc il y a cette petite théorie, c'est un petit peu spirituel, je ne sais pas, mais juste d'avoir des pièces qui sont destinées à certaines personnes peut-être. Et donc voilà, pour vous dire aussi à tout le monde que je ne suis pas là-dedans pour l'argent. Parce que là c'est clairement...
- Pauline ArtEcoVert
Sophie, tu vends tes œuvres sur quoi ? Tu vends où ?
- Sophie Cagniart
Alors, j'ai testé... Sur quoi ? Parce que tu as testé plein de trucs. C'est intéressant aussi. C'est intéressant aussi pour les gens qui écoutent. C'est ça. Donc déjà, j'ai testé... Alors déjà, un truc qu'on va dire, c'est que des métiers comme ça, c'est des métiers de passion. C'est pas des métiers d'argent. Donc si quelqu'un est intéressé à commencer un métier comme ça, c'est très bien. Mais sachez que ça va prendre... Ça va consumer votre vie d'une façon incroyable qui va vous apporter beaucoup. Mais d'un autre côté, il ne faut pas avoir de gros besoins matériels. ou un niveau de vie, vouloir un niveau de vie élevé. Mais donc moi, j'ai vendu un peu sur Etsy. Au bout d'un moment, j'ai décidé d'arrêter. J'ai vendu, j'ai essayé les marchés, mais comme j'ai dit avant, c'est pas des achats impulsifs. Donc les marchés, c'était un peu compliqué. Sauf les Denim Days, qui sont à Amsterdam en octobre. D'ailleurs, si vous voulez aller aux Denim Days en octobre, je le recommande vivement. C'est un petit marché pendant deux jours, de vintage, d'artisan. Il y a des personnes qui font du sashiko. Et ce qui était drôle, c'est qu'on était par exemple trois. à pratiquer le sashiko de différentes façons parce que bien sûr le sashiko il y a aussi une signature très personnelle par rapport à la broderie donc nos stands étaient complètement différents quand même bref mais je recommande d'aller là-bas donc ça c'était assez sympa parce que c'était des personnes qui étaient vraiment plus dans mon univers on va dire mais sinon au niveau marché c'était un peu compliqué je vends principalement en ligne à l'international j'ai aussi testé les boutiques qui sont très bien mais le problème c'est que je fais des pièces uniques Merci. Donc au niveau réassort, etc., c'est trop compliqué. Parce que je n'ai pas de stock, moi. Moi, je crée comme ça. Et en plus de ça, la compétition, en fait, quand je donne un produit en consigne, par exemple, dans un magasin, il est en compétition avec mon site internet. Ça veut dire que cette pièce, si elle se vend en ligne, j'irai dans le magasin récupérer cette pièce à sortir du magasin. Voilà.
- Pauline ArtEcoVert
Ah ouais, d'accord.
- Sophie Cagniart
Exactement. Donc les magasins, c'est un peu compliqué aussi. Donc c'est principalement en ligne, on va dire. Et ça marche pour l'instant. Je touche du bois. Après, ça marche.
- Pauline ArtEcoVert
t'es limitée par rapport à ce que tu peux produire c'est ça aussi exactement par exemple une pièce que tu vends bien que tu apprécies et que tu l'avais en 3 exemplaires parce que t'avais la capacité de produire plus ça marcherait 3 fois plus en fait c'est ça aussi en général les artisanes de la couleur de la couleur végétale elles sont limitées par ce qu'elles peuvent produire c'est ça
- Sophie Cagniart
Après, moi, c'est plus un petit... Parce qu'après, bon, il y a des pièces. Je pourrais peut-être les reproduire, mais j'ai pas envie.
- Pauline ArtEcoVert
Oui, voilà, parce que tu veux faire des choses... Parce que c'est pas drôle pour moi, en fait.
- Sophie Cagniart
Il y a un univers. Je me suis amusée avec ces pièces. J'ai créé une pièce qui est incroyable. Est-ce que je vais repasser deux semaines ? Parce que parfois, une pièce, en moyenne, ça va me prendre quatre jours de travail. Quatre jours. Et là, les gens se rendent pas compte non plus. Parce qu'en fait... Ça, c'est quelque chose aussi, quand ils voient une pièce finie, en fait, parce que c'est vrai que j'ai pensé, ça, peut-être, à ajouter des vidéos sur mon site, sur les pages de produits pour montrer le processus. Mais aussi, j'ai tellement de casquettes, parce que, voilà, je suis styliste, modéliste, artiste textile. Je suis, ben voilà, maintenant, je fais un petit peu de tout, mais je suis aussi vidéographe, je suis influenceur, je suis formatrice. Et en fait, il y a tellement de... d'aspects différents qu'on doit apprendre aussi quand on est à son compte et surtout dans ces milieux là au final c'est c'est beaucoup à gérer en fait donc oui après je pourrais bien sûr mettre les vidéos aussi sur sur mon site pour que les gens puissent voir le processus mais ce qui serait sympa aussi c'est que les gens commencent à s'éduquer un petit peu plus au niveau du fait main et de comprendre le temps qu'il faut pour réaliser une pièce en fait parce que c'est ça aussi qui fait la différence
- Pauline ArtEcoVert
Parce que par exemple, moi je fais tout, je fais les patrons, ça demande du temps. Déjà il y a le design, il y a l'inspiration, parce qu'encore une fois, je ne fais pas... Moi c'est un boulot artistique, donc c'est un sentiment, c'est une inspiration, c'est une image que je vais avoir, c'est quelque chose dans une couleur, une texture que je vais voir, je vais dire, je veux recréer ça, je vais essayer de recréer ça. Donc il y a de la recherche déjà, en amont. Il y a de l'inspiration, parce qu'après il faut faire toute la silhouette, il faut travailler sur... Et après il y a du travail de prototype. de créer tout le patronage, le prototype, pour avoir quelque chose qui ressemble à quelque chose. Et puis après, il y a toute la réalisation derrière. Donc par exemple, le dernier look que j'ai posté hier, qui s'appelle Blue Labor. Donc il y a une blouse, une veste, une jupe longue, que vous pouvez aller voir sur mon site. J'en suis très contente. Mais par exemple, ça, il y avait tout le tissage pour la veste, le béret que j'ai ici. Donc la veste, elle est là. Je peux vous la montrer. Donc c'est une petite veste. Ah ouais, super.
- Sophie Cagniart
Tu peux aller voir sur Youtube,
- Pauline ArtEcoVert
tous ceux qui sont en audio. Donc ça c'est le tissage Saki-Ori, ou le tissage Ragweaving en fait. Donc Saki-Ori c'est le tissage japonais, mais le Ragweaving en général c'est la même technique, et c'est une technique qui est parce que ça c'est pas vraiment du Saki-Ori on va dire, c'est plus Ragweaving et c'est une technique qui constitue de découper ou arracher des bandelettes de tissu pour les tisser ensemble et créer une texture. Bon sur la vidéo, je sais pas si on peut faire voir. Et donc voilà, donc il y avait tout Par exemple, j'ai tissé. tout ça. Et ensuite, je l'ai teint en indigo, parce que là, c'est teint avec de l'indigo naturel. Et le col est fait en kogin japonais. Donc le kogin, à savoir, ça fait partie, c'est sous le même chapeau que le sashiko, mais c'est une technique du nord du Japon, qui était pratiquée dans le nord du Japon. Et donc, ça, c'est brodé sur le col à la main, qui prend énormément de temps aussi. Ensuite, il y avait la blouse, la blouse qui est faite en shibori le shibori nui, donc c'est une technique le shibori c'est une technique japonaise encore une fois donc j'y peux rien, j'adore les techniques japonaises je suis née dans le mauvais pays je pense, non je suis sûre, je suis née dans le mauvais pays c'est sûr mais donc shibori nui en fait c'est une technique de résistance, de couture de résistance où en fait on va coudre le tissu parce qu'encore une fois je sais pas pourquoi, moi le shibori je trouve ça top mais par contre donne moi une aiguille et je m'éclate encore plus donc Merci. donne-moi une aiguille, et puis là, je pars sur le shiburimi qui va créer des motifs de résistance sur le tissu quand on le teint dans la teinture et qu'on enlève les points. Donc voilà, ça, c'était le résultat. Et en plus, parce que bon, juste ça, ce n'était pas assez drôle. Donc ça, il y avait des heures, j'ai envie de dire même deux jours, où en fait, j'avais un énorme bout de tissu que j'ai cousu. En fait, je faisais tous mes points. Tout simplement comme ça pendant des jours, en fait. Juste pour faire la teinture, d'accord ? Ensuite, il fallait encore... Donc là, parce que j'avais l'idée de travailler les smokes anglais. Parce que là, c'est un peu une chemise... Un peu un smoke anglais en lui-même. Et le smoking anglais, je crois que c'est comme ça qu'on dit en français. Je ne sais pas si en français, on dit smoke. Mais en anglais, c'est smoking. Enfin, je ne sais pas. Mais du coup, le smoking anglais, c'est des techniques de points, de broderie, qui vont contracter le tissu en petits plis, en fait, pour donner de l'élasticité aux vêtements. Je vais parler un petit peu de toutes ces techniques après aussi parce qu'elles ont un point commun aussi. Mais donc ça, ça prend aussi beaucoup de temps, énormément de temps. Et après, les deux autres pièces, je ne les ai pas avec moi parce que je vais avancer à les vendre. Mais j'ai une jupe longue qui est... Comment ?
- Sophie Cagniart
Tu n'avais pas le chapeau aussi dans la pièce ? Non,
- Pauline ArtEcoVert
là, ça ne fait pas partie du même look. Ah,
- Sophie Cagniart
je n'ai pas le même look.
- Pauline ArtEcoVert
Donc ça, c'était... Et après, dans le même look, j'avais aussi une ceinture avec le même type de broderie Kogin. Un béret. avec le même tissage teint avec l'indigo, et une jupe longue portefeuille qui est teinte à l'indigo et entièrement brodée de sashiko d'un côté sur un pan. Donc tout ça, c'est un look. Et c'est parce que là, le travail sur ces pièces, il a été un petit peu dispersé dans le temps, donc je suis incapable de donner exactement. Il y a beaucoup de gens. La question que j'ai le plus souvent, c'est combien de temps ça t'a pris ? Je ne sais pas. Je sais pas, parce que je compte pas mes heures, en fait. Moi, je peux pas. J'ai des journées où, parfois, je travaille 12 heures, en fait, et je me rends pas compte. J'adore ce que je fais. C'est pas forcément super sain, mais voilà. Mais donc ça, ça prend énormément de temps de réaliser juste une seule pièce, et après, les gens, je pense que quand les gens voient ça sur Instagram ou sur le site, ils disent « Ah, ok, il y a un look, c'est sympa, c'est beau » , tu vois. Et ils ressentent, je pense qu'ils ressentent beaucoup l'émotion qu'il y a derrière. Et le... Comment dire ? Oui, le sentiment que je veux partager à travers ça, parce que le look entier, il raconte une histoire, il raconte quelque chose, en fait. Et les gens le ressentent, mais ils le ressentent, mais ils voient pas le travail qu'il y a derrière, en fait. Et ça, après, bon, c'est pas de leur faute. C'est juste... C'est difficile de comprendre tout ça.
- Sophie Cagniart
C'est parce qu'il faudrait qu'à chaque fois, à côté d'une pièce, on mette le temps passé et que tout le monde fasse ça depuis... Exactement,
- Pauline ArtEcoVert
il faudrait que les gens eux-mêmes aient pratiqué cette technique pour comprendre le travail qu'il y a derrière. Parce que même quelqu'un qui comprend plus ou moins qu'il y a du temps qui a été passé, comment on peut expliquer à quelqu'un qu'on est assis sur une chaise 12 heures de la journée et pendant 4 jours, on travaille sur la même pièce pour faire des petits points, pour faire des petits trucs. C'est quelque chose qu'il faut...
- Sophie Cagniart
Surtout dans notre monde actuel.
- Pauline ArtEcoVert
Exactement. Et donc, il y a plein de tiroirs qui s'ouvrent dans la tête au niveau de...
- Sophie Cagniart
Attends, je te reprends. Oui. Donc, dans le travail que tu faisais, par exemple, tu peux passer quatre jours sur une pièce, tu as parlé, il y a la recherche, il y a l'inspiration, il y a le patronage, il y a parfois la teinture, il y a... Mais tout,
- Pauline ArtEcoVert
la broderie et tout, toute la technique qui va derrière. Et après, oui, bien sûr, pardon. Parce qu'après tout ça, une fois qu'on a réalisé toutes ces pièces, je viens de vous parler, par exemple, avec toutes ces techniques, Après ça, il y a les photos. Il faut prendre toutes les photos. Il faut travailler sur le site. Il faut aller prendre des photos, bien sûr, parce que c'est des vêtements. Ça, c'est un autre truc que je vais aborder. Je suis désolée, je parle de trop de choses. Il faut prendre des photos. Là, les photos, je les prends moi-même. Les vêtements, je les prends aussi sur moi. Je les porte pour prendre des photos. Ce n'est pas un souci. C'est vraiment un souci. J'ai fait le photoshoot avec les mannequins, avec le photographe. Ça prend beaucoup trop de temps. beaucoup trop d'énergie pour juste avoir une tenue, par exemple. Parce que là, c'est tenue par tenue. C'est la façon dont je travaille maintenant. C'est de faire un look, en fait. Par, voilà, une fois de temps en temps, en fait, un look entier. Et juste, ça prend trop de temps de travailler avec d'autres personnes. Donc, en fait, je me dis, autant le faire sur moi. Je fais tout moi-même. Donc, c'est un travail énorme. Parce qu'après, il faut tout éditer. Il faut mettre en ligne. Et après, bien sûr, Instagram. Ou les réseaux sociaux, tout ça. Promouvoir, etc. donc c'est un travail énorme mais j'adore tout le process, j'adore même prendre les vidéos même prendre, bon je déteste prendre des photos mais je veux dire d'éditer parfois de faire créer mes vidéos sur Instagram et d'arriver à donner un sentiment, d'essayer de faire et quand les gens commentent et j'ai une très très bonne communauté sur Instagram, j'en suis très heureuse et tout le monde c'est vraiment des amours quoi et quand ces gens Ils ressentent, ils commentent quelque chose et je sais qu'ils ont ressenti. Et là, pour moi, ça vaut tout l'or du monde. OK, ils n'ont pas acheté une pièce, mais ils l'ont ressenti. Donc, j'ai réussi.
- Sophie Cagniart
Est-ce que la difficulté aussi de vendre, ce n'est pas le fait que ce soit des pièces uniques et qu'acheter en ligne des vêtements, tu ne sais pas si ça va t'aller, tu ne sais pas si les bras vont passer, la taille va passer. Est-ce qu'il y a ça ou pas ? Ou est-ce qu'avec tes points un peu élastiques, ça peut permettre un peu plus de souplesse ?
- Pauline ArtEcoVert
Alors, moi, je trouve que c'est... Ça, c'est un sujet hyper intéressant. Parce que déjà... Bon, au niveau du... Non, je ne pense pas que ce soit un problème au niveau d'acheter en ligne. Parce que déjà, toutes les mesures sont beaucoup plus détaillées que si on achetait quelque chose sur H&M ou sur Zara ou je ne sais quoi. Parce que je mets toutes les mesures. Et en plus de ça, c'est très clairement expliqué que si jamais il y a un doute, on peut me contacter. J'offre aussi la possibilité de retour que je n'ai jamais eue, d'ailleurs. Jamais personne ne m'a renvoyé un article. donc voilà il y a cette possibilité, on peut me contacter on peut discuter avant je sais que c'est un gros achat donc voilà moi je pense pas que ce soit le problème par contre quelque chose qui est très difficile, déjà j'ai expliqué au tout début, c'est très difficile d'expliquer ce que je fais, quand les gens me demandent qu'est-ce que tu fais, je sais pas, donc en fait je me suis calée sur artiste textile on va dire mais je pense que ce qui est très difficile c'est de faire des vêtements, en fait, de créer des vêtements et de les vendre en tant qu'artiste textile. Parce que je pense que quand on crée des vêtements qui sont portables, avec des techniques traditionnelles, les gens ne vont pas voir ça comme de la haute couture, les gens ne vont pas forcément voir ça comme de l'art. Parce qu'encore une fois, en fait, ils ne savent pas tout le processus qu'il y a derrière, toute la pensée et l'inspiration que ça prend de créer ces pièces. Et donc, on ne va pas voir ça comme de l'art. alors que par exemple si j'utilise toutes ces compétences pour faire quelque chose que je peux accrocher au mur là je vais pouvoir vendre ça pour 4000 euros peut-être je sais pas, bon voilà j'exagère peut-être mais c'est pour illustrer que si je décide, parce qu'il y a beaucoup d'artistes textiles qui voilà, ces artistes textiles ils accrochent des pièces qui sont voilà au mur et là immédiatement dans l'esprit de tout le monde je pense que voilà c'est de l'art mais par contre parce que c'est une veste qu'on peut la porter, ça vaut moins après je vais pas ça c'est quelque chose que je pense qu'il faut déconstruire aussi toute cette idée parce que je trouve que c'est impossible pour moi de me placer en fait parce que ce que je crée je suis pas une marque parce que les gens ils me disent mais c'est quoi ta marque c'est pas une marque Parce que je crée des choses uniques. Donc, c'est pas... Je ne vais pas... Je ne produis nulle part. Et je ne suis pas de l'art en mode... Je ne sais pas, même aussi des trucs de haute couture, on va dire. Parce que là, c'est aussi... Il y a des choses qui sont importables, par exemple. Parce qu'après, je n'ai rien contre. Mais par exemple, des designers comme Iris Van Erpen, incroyable. Mais ça, ça relève de la sculpture. Donc, c'est vraiment... Quand on regarde ça, on dit, waouh, c'est de l'art. Oui. Parce qu'il y a ce côté très impressionnant, sculpté, importable qu'on va regarder. Mais quand on veut avoir quelque chose qui est portable, ça demande un certain œil. Ça demande quelqu'un qui connaisse le savoir-faire qu'il y a derrière, la création qu'il y a derrière, pour savoir que oui, cette pièce, elle vaut beaucoup. Elle vaut beaucoup parce qu'il y a ça. Parce qu'il y a ce temps.
- Sophie Cagniart
Si je te pose la question, est-ce que dans ton prix de vente, il y a tes heures passées ?
- Pauline ArtEcoVert
Mes prix de vente, c'est... Non, non. Mes prix de vente, je vends mes pièces à moitié prix. Oui, et j'ai beaucoup lutté, et ça, ça fait partie aussi de... Donc ça, j'ai beaucoup lutté aussi pendant... Je lutte encore, ça fait 6 ans que je lutte avec mes prix, mais ça n'a pas arrêté, où en fait, je mets mes prix un petit peu... Voilà, j'ai commencé avec des prix très bas, mais après, c'était vraiment n'importe quoi. J'ai mis mes prix plus haut, mais je me disais, mais c'est trop haut, les gens ne vont pas pouvoir, parce qu'après, ce qui me fait plaisir aussi, c'est de pouvoir offrir des pièces comme ça à des gens qui n'ont pas forcément les moyens de s'acheter justement des pièces qui valent 2000 balles. Au final, ils ont quelque chose d'unique, de magnifique. Et je sais qu'ils vont en profiter. Je sais qu'ils sont très contents de leur pièce et qu'ils vont l'apporter. Et ça, ça me fait plaisir. Parce qu'encore une fois, je ne suis pas une personne matérialiste. Donc, je pense que je suis la pire personne pour me vendre. Je pense que là, c'est clair.
- Sophie Cagniart
Mais toutes, vous êtes toutes.
- Pauline ArtEcoVert
Mais après, quand on est créatif, on ne peut pas se vendre. Ça, ça va main dans la main. Ce n'est pas possible. C'est tout. On ne sait pas se marketer. Non, ce n'est pas possible.
- Sophie Cagniart
Vous ne savez pas vous marketer. Mais en fait, vous en avez besoin. Parce que si tu veux continuer et faire encore plus et aller plus loin, il faut quand même que tu puisses vivre.
- Pauline ArtEcoVert
Non, parce qu'en fait, si je me markete, on va dire, si je commence à travailler avec quelqu'un qui va me dire, ok Sophie, tu sais quoi, pour pouvoir faire des sous, il va falloir que tu crées plus de ça, que tu trouves tes petits pains, que tu fasses plus de ça. Et là, qu'est-ce qu'on fait ? Là, on bascule sur, je crée des choses parce qu'elles vont se vendre. Et là, il n'y a plus d'âme.
- Sophie Cagniart
Il n'y a plus de créativité.
- Pauline ArtEcoVert
Il n'y a plus de créativité, il n'y a plus d'âme. Si on est à la pression pour avoir de l'argent, si il y a la pression de gagner de l'argent derrière ce qu'on fait, ce n'est plus possible. Après,
- Sophie Cagniart
il faudrait des commandes. Des commandes de musées, d'hôtels, d'influences. Oui,
- Pauline ArtEcoVert
des grosses commandes. Mais ça, c'est compliqué. C'est compliqué parce qu'encore une fois, ce qu'on fait, c'est des vêtements. Ce que je fais, c'est des vêtements. C'est des vêtements qui sont portables, qui ont l'air très portables, qui ont l'air très, j'ai envie de dire, ordinaires d'un côté. Même si c'est très beau, le look est très beau, mais ça reste des pièces en coton.
- Sophie Cagniart
Là, tu rabaises ton travail. Donc, s'il y a des personnes, des influenceuses, des... je ne sais pas, qui passent par hasard, on ne sait jamais. Mais en fait, c'est ça aussi. Moi, des fois, je dis, quand on est en table ronde, je dis, mais en fait, il nous faudrait une influenceuse qui s'habille que en teinture végétale. Ah non, par contre, non. Mais tu sais, ça passe par là. Non, moi, je ne travaille pas avec des influenceurs.
- Pauline ArtEcoVert
Ah non, J'ai eu des demandes. J'ai eu des demandes. C'est vrai ? Mais non. Oui, bien sûr. J'ai eu des demandes d'influenceurs qui voulaient porter mes pièces. Au final, déjà, c'est très rare que cette personne représente mes valeurs, déjà. Donc, c'est déjà non. Oui, ça, on est d'accord. Mais en plus, mes pièces, elles sont destinées à être portées par la personne qui va l'acheter, qui va l'avoir. Pas une personne entre deux pour essayer de faire de la pub. Non. Non. Mais elle l'achète,
- Sophie Cagniart
mais c'est elle qui l'achète.
- Pauline ArtEcoVert
Ah, si l'influenceur la jette, oui, dans ce cas-là, pourquoi pas. Mais non, de prêter les vêtements, moi je pensais dans le thème de prêter les vêtements.
- Sophie Cagniart
Je te parlais qu'il y en a une qui se disent, waouh, c'est hyper original, c'est singulier, moi je veux démarquer, c'est ça. Non, non, pas leur donner, bien sûr que non.
- Pauline ArtEcoVert
Oui, par rapport au prix, par rapport à gagner de l'argent, etc. Donc c'est drôle que tu mentionnes tout ça aussi parce que... En fait, j'ai envie de parler un petit peu des cours maintenant, des cours que j'ai donnés.
- Sophie Cagniart
C'est exactement la transition qu'on peut faire. Parce que toi, tu as trouvé une astuce pour aussi ouvrir, on va dire... Oui,
- Pauline ArtEcoVert
mais non. Oui, mais non. Parce qu'en fait... Alors déjà, le fait de donner des cours de Sashiko, je n'avais pas forcément envie à la base. Parce que, voilà, niveau appropriation culturelle, en fait, je me dis, je suis une fille française, je ne suis pas japonaise. Je suis qui, moi, pour donner des cours de Sashiko japonais ? Vraiment. Et donc ça me posait problème, mais j'ai eu beaucoup beaucoup de demandes, donc j'ai vraiment une grande communauté, et beaucoup de gens me suppliaient, me demandaient vraiment encore encore pour des cours, au final j'ai dit ok, pourquoi pas. Mais je vais approcher ça vraiment d'une façon très respectueuse. Parce qu'après, donc vraiment dans les cours que je donne, donc c'est le cours de C'est Beginner, donc vous pouvez le voir aussi sur mon site, parce que maintenant j'ai une version enregistrée, avant je les faisais en personne, après j'ai évolué en live en ligne sur Zoom, enfin sur Microsoft Teams, peu importe. Mais en fait c'est un cours de 3 heures où j'enseigne les bases du Sashiko, mais de toute façon je passe aussi beaucoup de temps à parler de l'histoire, d'où ça vient. pour essayer de rendre justice, de faire justice aux gens, à toutes ces cultures qui l'ont pratiquée, à toutes ces personnes, tous ces artisans qui l'ont pratiquée, parce que c'est des origines très très armes. On n'a pas encore parlé non plus de toutes les techniques ou d'où ça vient, mais je ne sais pas si on aura le temps.
- Sophie Cagniart
Il faut qu'on en parle. Oui,
- Pauline ArtEcoVert
mais ça ce sera après. Voilà. J'ai vraiment passé beaucoup de temps à... juste à mettre en place quelque chose qui soit respectueux, je me suis passé tout le cours à parler de l'histoire mais je voulais que ça soit là je parle aussi d'appropriation culturelle pendant mon cours je pense que ça on va en parler aussi plus tard parce que c'est un sujet aujourd'hui qui a beaucoup changé mais donc ça j'en parle aussi dans mes cours et après je passe en revue tous les matériaux qu'il faut exactement pour pouvoir et toutes les techniques qu'il faut pour pouvoir pratiquer le Sashiko, comprendre ce qu'on fait en fait mais techniquement ce cours c'est vraiment je corrige toutes les erreurs que j'ai fait dans mon apprentissage en fait et je vous donne toutes les cartes en main pour pouvoir réussir pour pouvoir avoir un bon sentiment et de se sentir aussi respectueux de la tradition, de la culture légitime par la connaissance c'est ça aussi peut-être pas 100% légitime parce que c'est vraiment un sujet qui me préoccupe beaucoup l'appropriation culturelle et j'en parlerai aussi Merci. Donc là les cours j'ai fait ça Et il y avait vraiment une grosse audience Un gros besoin Parce qu'encore une fois Je vous parle à ce moment là Au moment où j'ai décidé de donner des cours C'était le moment où le Sashiko a commencé à décoller sur Instagram Sur les réseaux Donc là j'ai eu une demande énorme Et j'ai pu donner des cours J'avais le cours de débutant Mais j'ai pu évoluer Vers un cours un peu plus avancé Avec un projet Et il y avait aussi de la demande, c'était très bien. Et aussi, à travers tous ces cours, j'ai rencontré des personnes du monde entier, parce que ces cours, c'était à l'international, j'ai oublié de préciser. Mais donc, j'ai rencontré des gens d'absolument partout dans le monde, des gens avec qui je suis encore en contact aujourd'hui, alors que ça fait des années que je les ai rencontrés. Il y a eu un petit clin d'œil à Francky, qui est de Virginie, et qui a voyagé jusqu'à La Haye pour assister à un atelier que j'ai fait en personne. qui a passé un week-end de 3 jours juste pour pouvoir me voir et apprendre de Sashiko. Donc, Francky, je l'adore. Elle est incroyable. Donc, petit bisou, même si je sais qu'elle ne va pas écouter ce podcast. Mais voilà, pour dire, en fait, j'ai rencontré des personnes qui sont incroyables et que je vois encore aujourd'hui. Voilà, avec qui j'envoie des e-mails. Voilà, j'échange encore aujourd'hui. Mais, donc ça, c'était très, très, très bien. Et, en fait, si je remarque, j'ai donné des ateliers pendant quoi ? Deux ans, plus de deux ans. Et aussi, j'ai entendu de beaucoup de personnes que j'étais une professeure. J'étais vraiment top. Je savais vraiment bien enseigner. Parce que j'ai la tchatche aussi. Je sais comment déconstruire les techniques pour les rendre accessibles. Ça,
- Sophie Cagniart
c'est précieux.
- Pauline ArtEcoVert
Exactement. Et donc, ça, c'est ce qui a plu aussi aux gens. C'est pour ça que les gens qui avaient suivi mon cours de débutant sont revenus pour mon cours avancé. C'était les mêmes personnes. Et ils sont revenus pour mon cours aussi, parce que là, j'avais fait un cours pour déconstruire le Moyosashi, c'est une technique de Sashiko aussi, pour pouvoir apprendre à avoir une autonomie créative, une liberté un peu plus créative, au lieu d'utiliser les petits stencils, les petits kits de Sashiko qui sont déjà faits, où on trace dans les petits... En fait, là, ça donne l'autonomie de tracer les patrons avec une règle, avec un crayon, sur les tissus. Et de pouvoir être vachement plus créatif qu'en utilisant d'autres petits outils. Donc voilà, ça j'ai commencé, j'ai revu les mêmes personnes, c'était super. Mais j'en arrive à un point aujourd'hui où c'est drôle, parce que si on avait fait ce podcast il y a un mois, j'aurais dit quelque chose de complètement différent. Mais là, j'en arrive à un tournant où je pense faire un break des ateliers, de l'enseignement pendant un moment. Parce que je me suis rendue compte que... Donc au début, quand j'ai commencé à enseigner le Sashiko, ça venait d'une demande déjà de ma communauté, qui voulait apprendre par moi, qui était inspirée parce que moi, parce que je faisais par mon art, et qui voulait avoir mon approche par rapport à tout ça. Et c'est ce que j'ai fait. C'est ce que j'ai fait. Et j'ai enseigné à toutes les personnes qui étaient intéressées, je pense. Mais aujourd'hui, on arrive à un point où le Sashiko est tellement populaire. Et maintenant, quand on va sur les réseaux, quand on va sur Instagram, sur TikTok ou je ne sais où, les cours de Sashiko, il y en a plein. Donc, il y a des cours, les ressources, ce n'est plus du tout les mêmes que ce que moi, j'avais il y a 10 ans de ça. Il y a 10 ans, il n'y avait rien comparé à maintenant. Et là, maintenant, on va sur YouTube, on va sur... Mais sur tous les réseaux, on peut trouver des tutos, on peut trouver des choses. faite par des personnes très compétentes ou des personnes qui font ça aussi pour avoir l'effet de mode et pour pouvoir gagner sur les réseaux sociaux pour pouvoir gagner de la vue donc ça c'est en fait il y a trop de tout maintenant en fait et je me dis il n'y a plus trop de demandes c'est ce que je remarque aussi c'est que les gens participent moins à mes ateliers moi il faut savoir aussi que ça me demande énormément de temps de préparer les ateliers parce qu'en fait je lâche pas les gens avec juste de... Voilà. Je les accompagne vraiment, en fait. Oui, mais généreusement,
- Sophie Cagniart
on accompagne.
- Pauline ArtEcoVert
Exactement. Et j'offre aussi des ressources, du matériel. Et je suis là vraiment pour n'importe quelle question après. Enfin, voilà. Donc, en fait, parce que j'avais l'idée, j'avais eu l'idée l'année dernière, et j'avais mis ça en place en janvier 2026, de créer une communauté énorme. Parce que vraiment, le côté de communauté, en fait, c'est vraiment... J'ai appris à connaître tellement de personnes intéressantes du monde entier. Et je voulais regrouper toutes ces personnes. parce que C'était trop drôle, je me disais, mais il y a cette personne qui est en Californie, et elle s'entendrait tellement bien avec cette personne qui est en Allemagne, parce que vraiment, ils ont la tchèche, ils ont les mêmes types de caractères. Donc je me dis, mais ce serait incroyable, et je peux vraiment donner ça aux gens, en fait. Et je voulais créer cet aspect communauté, où je me suis dit, je vais pouvoir mettre mes cours enregistrés, mes cours live, et je voulais aussi organiser un stitching club. Donc c'est un petit club de couture, où en fait, n'importe qui peut venir avec sa broderie, son tricot, son projet. Une activité créative. Et partager avec des gens en ligne pendant trois heures. Bon, ça peut pas être... C'est pas forcément trois heures en tout, mais ça peut être une heure, voilà, dans les trois heures. Mais c'est un petit créneau où, en fait, on arrive, on se pointe avec son projet, on discute avec des gens, on échange des techniques, on échange des inspirations, on échange sur la vie, en général. Parce qu'on a tous les mêmes ressentis. Et voilà, et on sort avec le sourire. Et c'est ça que je voulais créer. C'était une plateforme avec tout ça. Donc, j'ai fait ça en janvier. Et en fait, je me rends compte qu'il y a des choix à faire. Donc déjà, parce qu'au niveau des ateliers, je me rends compte que c'est plus vraiment, qu'il n'y a plus vraiment de demandes. Et en fait, j'ai poussé les ateliers parce que pendant, en fait, quand j'ai fait les ateliers, j'étais capable de vivre de ce que je faisais grâce aux ateliers. Je ne vais pas mentir. C'était vraiment grâce aux ateliers. Sauf que là, je me suis aussi beaucoup poussée. Les ateliers, ça me demandait énormément de temps de préparation, de follow-up avec les emails, avec tout, avec vraiment, c'était très prenant. C'était un métier. à part entière. Et moi, mon métier, c'était de créer des pièces déjà, en fait. Donc là, je me rajoutais encore une autre casquette. Et donc, de voir que là, en fait, je pense que là, ce mois dernier, j'ai réalisé à quel point je me poussais. Et de créer cette communauté, autant que ce soit une très très bonne intention et que j'adore l'idée, je pense faire un break des ateliers. Et ça veut dire que je serais peut-être plus capable de vivre de ce que je fais. Et c'est pas grave. Parce que là, je veux récupérer un petit peu de ma... créativité et un petit peu de mon temps pour pouvoir me concentrer sur les techniques que je veux développer, les textures que je veux créer. Je pourrais me concentrer sur mon art, en fait, sur mon côté, sur ma sensibilité. Ouais, tu vas te recharger pour pouvoir après reprendre une deuxième vague de transmission. Peut-être. Ça ne veut pas dire que je vais arrêter les ateliers pour de bon, mais ça veut dire que là, pour l'instant, on a atteint un point aussi avec le Sashiko où je n'ai pas envie de faire partie de cette vague du bruit. Voilà, exactement. Parce que là, il y a beaucoup trop de tout sur le Sashiko quand on est en ligne. Et je ne veux pas faire partie de ce monde. Et ça me fait aussi beaucoup réfléchir. Donc là, sur l'appropriation culturelle, si on peut juste faire une petite parenthèse là-dessus aussi. Mais en fait, c'est quelque chose. Donc ça, c'est vraiment un sujet qui me tient à cœur et qui me tracasse depuis le début de toute façon. Parce que je suis française et je suis tombée amoureuse de beaucoup de techniques japonaises. Donc je suis réduite la plupart du temps aussi à la fille qui fait du sashiko. Là, je vais faire une retraite, par exemple, dans le sud de la France. Et cette retraite, on a organisé tout ça. Et bien sûr, moi, je voulais que cette retraite soit une expérience. Parce que c'est une semaine dans le sud de la France où je suis là. Je suis l'artiste et il y a des personnes qui sont là pendant une semaine et tout est inclus. Donc voilà, en fait, c'est vraiment... Quand ces personnes arrivent, elles n'ont plus à sortir leur portefeuille, elles n'ont plus à se soucier de rien. Pendant une semaine, tout est fait pour qu'elles...
- Sophie Cagniart
En charge.
- Pauline ArtEcoVert
Voilà, tout est pris en charge. Et moi, je suis là pour aussi les immerser dans mon monde. Et leur apprendre le sashiko, la réparation, faire des projets avec le sashiko. Mais aussi l'indigo, l'attention naturelle et le shibori. Et de faire des petits projets ensemble, etc. Donc en fait, quand on cherchait un titre, etc. pour cette retraite, la dame qui est organisée, elle me dit, ah bon, on va faire les textiles japonais. Et c'est pas faux, c'est pas faux. Voilà, ça reste des techniques japonaises. Mais j'utilise des techniques japonaises, mais en fait, l'immersion, c'est pas l'immersion dans les textiles japonais, c'est l'immersion dans mon monde. C'est dans ma vision. Et comment on utilise ces techniques ? Enfin, comment moi j'utilise ces techniques ? Voilà, c'est... Et donc, en fait, ça, c'est quelque chose qui me tracasse un peu. Parce qu'en fait, c'est... Est-ce que... Enfin, voilà. En fait, est-ce que je participe à... Bon, là, le... Enfin, voilà. Donc, c'est... C'est trop compliqué à expliquer.
- Sophie Cagniart
Non, vas-y, vas-y. Prends ton temps.
- Pauline ArtEcoVert
On a le temps.
- Sophie Cagniart
Est-ce que tu participes à...
- Pauline ArtEcoVert
À ce qui ne va pas. À effacer la culture japonaise. Parce qu'en fait, donc... Alors, le truc, c'est ce que j'explique aussi dans mes cours, c'est qu'il y a clairement de l'appropriation culturelle avec le sashiko. Quand on regarde, déjà aujourd'hui, c'est affolant. Il y a des tissus qui sont juste imprimés avec des motifs qui vont être appelés sashiko. C'est pas du sashiko. Il y a des grandes marques qui vont juste utiliser les broderies pour... Voilà, parce que c'est à la mode, c'est devenu une mode. Donc vraiment, maintenant, on le voit partout, le sashiko. Parfois, il y a des marques qui impriment. Parfois, il y a des marques qui brodent à la machine. Il faut savoir que le sashiko, c'est fait à la main. On ne fait pas le Sashiko à la machine. Et qui vont appeler ça du Sashiko. Et ça, ça efface la tradition qu'il y a derrière. Ça efface l'effort de la culture, en fait. De la tradition, quoi. De la façon de pratiquer, etc. Et c'est ça... Donc ça, c'est vraiment... Voilà. Et en fait, aujourd'hui, c'est aussi différent parce que quand on voit tout ce que... Parce que voilà, vraiment, sur les réseaux, c'est une façon maintenant de gagner. de la notoriété sur les réseaux, c'est devenu une technique comme ça, où vraiment, voilà, les gens qui vont faire le buzz avec des kits, avec des trucs, avec des effets mode, en fait. Et en fait, moi, je vois tout ça, et je me dis, est-ce que je fais partie du problème ? Et je me pose, je sais que le fait que je me pose cette question, ça veut dire que j'en fais pas partie. Et c'est quelque chose que Atsushi Futetsuya il faut tout... Futatsuya, pardon, l'explique aussi. Donc cette personne, c'est un japonais qui pratique le sashiko et qui est un des grands défendeurs aussi de la culture du sashiko japonais. Il a d'ailleurs sorti un livre que je recommande. Il est sorti là. Alors le titre exact. Sashiko, the untold story. Ça, c'est le nom de son livre qui vient tout juste de sortir et que je compte lire. C'est sur ma liste. Lui, il parle beaucoup. Il explique très clairement aussi l'appropriation culturelle et le fait d'effacer la culture japonaise en s'appropriant le sashiko. C'est compliqué, en fait. Il y a des façons d'interpréter peut-être ce qu'il dit. Moi, je le prends un peu trop à cœur peut-être. Je me dis que je fais vraiment partie du problème alors que non. Mais c'est quelque chose qui me... Je sais pas... Ouais, ça te perturbe. Ça me perturbe, parce que je ne sais pas si je fais partie du problème. Parce que le fait, par exemple, moi, en fait, la façon dont j'utilise le sashiko, je le modernise, on va dire. Parce que, par exemple, là, c'est un petit chapeau sur lequel je suis en train de travailler. Petit bob. Et par exemple, ça. Un design comme ça. Donc c'est drôle. Moi, j'adore. Mais c'est pas du pur traditionnel, parce qu'en fait... Il y a beaucoup de gens qui pratiquent le sashiko et qui font des designs très japonisants. Et moi, je ne pense pas avoir fait de design japonisant dans mes créations.
- Sophie Cagniart
Tu t'inspires d'une technique. Mais pour moi, ce n'est pas contribuer à l'effacement. C'est au contraire t'inspirer d'une technique. Et en plus, tu as expliqué que dans tes formations, tu reparlais de l'histoire, de l'origine, etc. Et tu te poses cette question, mais qui est à juste titre. Tu as raison, ça veut vraiment dire... C'est comme on se disait, si tu te poses la question, c'est que tu ne fais pas partie du problème. Oui, je pense aussi,
- Pauline ArtEcoVert
mais je pense que c'est très bien de se poser la question. Je pense que déjà, c'est un questionnement que je dois garder, parce que là, c'est ça aussi qui m'a aidée à prendre la décision par rapport aux ateliers. En fait, je me dis, je ne veux pas faire partie de cet effet de mode. Même si j'ai commencé à donner des ateliers, à donner des cours avant que ça se produise, je veux m'éloigner de ça, de cet effet. et aussi peut-être en... Peut-être qu'en faisant ça, je veux aussi m'éloigner de cette image de c'est la fille qui fait du sashiko, c'est la fille qui fait des trucs japonais. Ouais, d'accord. Parce que ça,
- Sophie Cagniart
c'est pas moi. Moi, j'ai mon monde. J'ai mon univers. J'ai... Voilà. Et c'est pas...
- Pauline ArtEcoVert
Et tu utilises et tu t'inspires...
- Sophie Cagniart
Exactement.
- Pauline ArtEcoVert
...de techniques japonaises. Tu as tes couleurs. L'indigo, on va en parler. Tu as tes techniques, on va en parler. Mais c'est pas que le sashiko et ses paradis. Exactement.
- Sophie Cagniart
Mais laisse-moi d'ailleurs te... Ouais, t'expliquer aussi par rapport aux techniques. Parce que là, du coup, on va passer sur les techniques, tout ça. Mais donc, ces techniques, je les ai pas choisies par hasard. Je les ai pas choisies parce que c'était un effet de mode. Oui. quelque chose que je précise, bon je pense que c'est clair jusqu'à maintenant, mais que je précise je n'ai pas commencé le sashiko parce que c'était populaire. C'est quelque chose qui m'a parlé bien avant mais bon je le précise, je le redis. Alors en fait les techniques que j'ai choisi d'utiliser c'est carrément en accord avec mes valeurs, donc c'est des techniques qui viennent de milieux très humbles. Donc le sashiko japonais il faut savoir que c'est une technique qui a été qui est apparue. les premières sources de Sashiko, c'est très dur de pointer exactement, de savoir exactement à l'époque où ça a commencé, parce qu'en fait, c'était une technique qui était pratiquée par les paysans, par les classes, je ne sais même plus, les classes des plus pauvres, voilà. Et donc, les pêcheurs, les fermiers, etc. Parce qu'à cette époque-là, donc c'était l'époque Edo, donc c'est début 1600. Et donc, à cette époque-là, Le coton coûtait extrêmement cher, le tissu coûtait cher, etc. Et donc, la seule façon de faire tenir leurs vêtements aussi longtemps qu'ils le pouvaient, c'était de les réparer, donc c'était de rendre... Et donc là, ça, c'est le truc le plus important à retenir avec le sashiko. Dans son essence, le sashiko, c'est de rendre la matière plus forte, c'est de renforcer la matière. Et au début, c'était juste un point avant, c'était juste un point, voilà, le sashiko. Après, ça s'est transformé en motif, mais il y a une logique derrière, dans la construction d'un motif Sashiko, qui fait que nous, avec notre esprit de broderie, on va penser que les broderies dans notre temps en Europe de l'Ouest, on va dire que la broderie, c'était pour les riches, c'était pour les classes supérieures, pour montrer qu'ils avaient de l'argent. Le Sashiko, c'est l'opposé total. Et en fait, la construction n'est pas du tout pareille. Moi, c'est ce que j'explique aussi pendant mes cours. Par exemple, on approche une broderie... de l'Europe de l'Ouest, on va dire. On va dire, on va broder une petite fleur. On va faire un pétale, on arrête. On fait un autre pétale, on arrête. Voilà, donc c'est une broderie ornementale. Le sashiko, on a un long fil et on court avec le même, on fait les points et on construit la base du motif, donc horizontalement, verticalement et avec des lignes diagonales. Et en fait, on fait ces étapes et on construit sur sur les points en fait on construit au dessus par couche et en faisant ça, ça fait un effet de tissage et le tissage ça fait quoi ? ça fait partie du vêtement, après ça fait partie du tissu et c'est incassable donc voilà, c'est pour ça aussi le sashiko, c'est pour ça que je dis il n'y a rien qui est c'est ça que j'adore avec ça, cette technique c'est qu'il n'y a rien qui est laissé au hasard tout est pensé, la taille de l'aiguille l'épaisseur de l'aiguille, la taille de l'oeil de l'aiguille pour l'épaisseur du fil Merci. Le fil qui est utilisé, l'aiguille est très longue pour pouvoir faire beaucoup de points, pour pouvoir faire des lignes droites. Le dé à coudre qui est sur la paume de la main, pour pouvoir broder d'un côté et pouvoir mettre la pression dans la paume plutôt que sur les doigts, etc. Donc là, c'est vraiment, bon, ça va être plus technique, je ne vais pas donner mon cours de Sashiko maintenant. Mais voilà, en fait, il n'y a rien qui est laissé au hasard, vraiment rien. Et c'est ça qui est magnifique. Et c'est tellement simple, c'est tellement humble. Et ça a été créé à partir, c'était une nécessité. Et ce qui est drôle, donc là je parle du Sashiko, et je vais revenir sur les patrons, les différents motifs de Sashiko, ce que je travaille peut-être, mais là par exemple je vais sauter sur les smokes, le smoke anglais, le smoking, voilà, ce que j'ai montré tout à l'heure, donc là un petit rappel, donc voilà. Donc ça, à l'époque, alors ça c'était fait en Angleterre, alors là la date je sais plus, mais... 1500 j'ai envie de dire, je sais plus. Ça a été créé, pareil, par la classe ouvrière. Et c'était pour donner de l'élasticité et pour retenir le tissu. Parce qu'en fait les smocks c'était des habits de travail. Avec beaucoup de tissu, exactement comme ça. Sauf qu'en fait le tissu pouvait se prendre dans les outils. pouvait être gênant. Donc en fait, les Smokes ont été créés pour ça. rassembler le tissu, resserrer le tissu pour que ce soit plus pratique etc et donc ça j'adore, après il y a le bouti j'ai pas d'exemple de bouti ici c'est vrai mais le bouti provençal si tu m'envoies une photo j'arriverai à la mettre dans la vidéo oui ça marche, bah écoute le bouti j'en ai des photos, bah j'ai fait toute une couverture en bouti en plus donc le bouti c'est bouti provençal mais le bouti c'est parce qu'il y a des gens qui n'aiment pas dire le bouti provençal parce que dans le sud de la France c'est pas forcément qu'en Provence qu'il y a le bouti Mais c'est quelque chose qui vient du sud, de la France, qui a été inspiré d'ailleurs des Indes, qui est arrivé en fait par Marseille, par les routes qui étaient inspirées des tissus indiens, qui étaient rembourrés en fait. Parce que c'est un genre de kilt, enfin de matelassage, une technique de matelassage, mais c'est pas du matelassage. Enfin, c'est aussi similaire au trapunto italien, mais c'est pas exactement ça non plus. Et en fait, le booty, c'est quand on a deux épaisseurs de tissu, qu'on va broder, enfin broder ou coudre un motif. Et ce motif, on va venir le rembourrer un fil à la fois avec du fil de coton. A l'époque, ils utilisaient du fil de laine. Alors cette technique, j'adore aussi. Elle a été inspirée, bien sûr, du commerce, tout ça. Mais c'était aussi des personnes, des petits villages qui travaillaient cette technique. C'était des femmes, bien sûr. Parce que le sashiko, on va le dire aussi, c'était fait par des femmes, principalement. Donc là, le bouti, c'est un peu ça aussi, c'était fait par des femmes. Et c'était pour faire des vêtements, c'était pour tenir chaud. Parce que les maisons en pierre du Sud, en hiver, même le soir, il faisait froid. Et c'est, par exemple, des jeunes filles, elles allaient faire leurs vannes, donc des vannes, des couvertures de mariage. Et elles allaient broder, enfin pas broder, mais coudre et rembourrer des symboles qui allaient apporter la fertilité, l'amour, la paix, etc. Donc il y a toute une symbolique derrière, et c'était fait par des gens de la classe moyenne, c'était fait par des gens, et il y a un côté pratique, il y a un côté spirituel, comme le côté avec le Sashiko, le côté spirituel aussi, on dit le Sashiko c'est très méditatif, bon je pense qu'à l'époque c'était pas forcément pour la méditation qu'ils ont commencé, mais il y a le côté aussi, il y a des symboles avec le motif du Sashiko, il va y avoir certains symboles, ils apportent la prospérité, ou par exemple le motif de la tortue en Sashiko, c'est... le Kiko Kiko Zashi et ça c'est un motif pour la longévité parce que forcément les tortues ça vit longtemps donc voilà donc en fait il y a plein il y a un côté spirituel il y a un côté très voilà et c'est très humble en fait ça vient de milieux qui ont voilà qui avaient c'était une nécessité en fait et ils ont créé ces techniques mais c'est incroyable moi ça me fascine et je trouve ça magnifique de voir à quel point l'humain a besoin de beauté à quel point l'humain le juste voilà on va créer des choses qui ont du sens on va créer des choses qui sont belles même quand on n'a pas les moyens, même quand on vient des classes, et que ce soit le smoking, que ce soit le booty, que ce soit le sashiko, pour moi, c'est ça qui m'attire, en fait. Et aussi, bien sûr, ces techniques, elles ont un côté tactile, bien sûr. Et par exemple, avec l'indigo, j'en ai pas parlé, mais l'indigo naturel, ce que j'adore avec l'indigo, déjà, le bleu, il est en vie. Quand on regarde le bleu indigo, il est vibrant. Je sais pas, c'est incroyable. Mais aussi, c'est quelque chose qui va vieillir, qui va raconter une histoire aussi en vieillissant. Parce que l'indigo, c'est une teinture qui se dépose sur les fibres d'ici. C'est fait par couche. Donc, quand on teint à l'indigo, on ne trempe pas dans la teinture et boum, c'est fait. Non, non. On développe la profondeur de la couleur avec des bains, en fait. Une succession de trempages de bains, je ne sais pas. Et ça va construire la couleur, en fait. Donc, on fait notre propre bleu. Et ce bleu peut être affecté par les rayons du soleil, par le frottement, par tout ça. Donc en fait, il faut savoir, l'indigo, si vous avez une pièce d'indigo, ça va vieillir, ça va changer avec le temps, ça va bouger. Et ça, c'est vraiment toute une philosophie japonaise autour des arts japonais qui est très belle. Il n'y a rien qui est permanent. Il n'y a rien qui est parfait. La perfection, ça n'existe pas, en fait. C'est pas une question de perfection, d'imperfection. C'est vraiment une question de vie, en fait. C'est une question d'usure de vie. Et c'est ça que je trouve magnifique. Et ça s'applique dans plusieurs techniques. Mais les Japonais ont vraiment, pour le coup, dans beaucoup de leurs techniques, de leurs traditions, etc., ils ont beaucoup cet aspect-là que je trouve magnifique.
- Pauline ArtEcoVert
Est-ce que tu as d'autres points techniques ? Tu nous as pas montré tes exemples de foulards ?
- Sophie Cagniart
Ah oui, alors oui, parce que là, du coup, l'indigo, ah oui, j'en ai pas parlé. Mais donc l'indigo, parce qu'en fait, j'ai toujours eu très peur de me lancer, et je me suis lancée en août dernier avec l'indigo naturel. Donc il faut savoir, mais après, je suis tombée dans le plus, et là, on me récupère plus, là, c'est terminé, donc j'ai les mains bleues constamment. Mais c'est pas grave. Et parce qu'avant, j'adorais le shibori. Donc le shibori, c'est une technique de résistance, comme j'ai expliqué, où en fait, on va faire des points, on va les resserrer. Et après, on va tremper le tissu dans la teinture. On va le ressortir. Et on va couper les points pour relâcher le tissu qui a été comprimé avant. Désolée, je n'ai pas aussi expliqué, mais aussi comme j'ai passé. Parce que du coup, j'étais au Pays-Bas. Donc ça, je n'ai pas précisé non plus. Mais je suis restée au Pays-Bas pendant 8 ans. Et là, je viens tout juste de revenir en France. Et aussi, je suis à La Rochelle. Pour ceux qui sont à La Rochelle, petit coucou. J'adore votre ville. C'est bientôt la mienne. Mais donc voilà, mon anglais, mon français, il est un peu franglais parfois.
- Pauline ArtEcoVert
On te comprend très bien.
- Sophie Cagniart
Petit exemple de Chibori, j'avais fait des bandanas que j'adore. Et donc voilà. Tu vois pas le travail. Exactement. Donc ça, c'est un bandana, c'est une petite pièce de coton qu'on met sur la tête. Mais ça m'a pris une journée de travail. Et encore. Voilà. Donc voilà. Et en fait, pour le principe, vous voyez tous les points. Voilà, donc ça, c'était les points où le tissu a été vraiment recroquevillé sur lui-même. Là, faire des petits nœuds, ça ressemble vraiment à...
- Pauline ArtEcoVert
Des réserves, ouais.
- Sophie Cagniart
Exactement.
- Pauline ArtEcoVert
Ce qui est serré ne prend pas la couleur.
- Sophie Cagniart
Exactement, voilà, c'est le principe. Donc ça, j'adore. Et donc, je me suis lancée dans l'indigo naturel parce que vraiment, en fait, là, j'ai aussi eu un autre tournant. Parce que du coup, voilà, il y a des étapes. Donc, parce que là, je pense que je suis au palier de... Ok, je fais une pose des ateliers. je continue d'ailleurs, j'ai oublié de mentionner mais je vais continuer le stitching club donc le petit club de couture si vous voulez venir, il y a une date le 2 juin c'est ouvert à tous, c'est en anglais parce que bien sûr tout le monde est c'est à l'international donc on parle anglais mais voilà, si vous voulez venir dire coucou, rester une demi-heure une heure, c'est gratuit voilà, enfin bref de toute façon je mets tous les liens dans le descriptif le lien est là Euuuum... Donc les foulards. Oui, les foulards. Et du coup, j'ai les tiroirs franchement dans ma tête. Mais oui, donc je ne sais pas, c'était pour l'indigo. Parce qu'en fait, avant, j'utilisais des teintures pas trop... Enfin, des teintures commerciales, on va dire, qui n'étaient pas nocives pour l'environnement, mais qui n'étaient pas non plus. Et donc l'indigo, c'est devenu une obsession. Donc il faut savoir que moi, ma cuve d'indigo, c'est aux fructoses. Donc peut-être que pour les puristes, ce n'est pas du vrai... Enfin, ce n'est pas encore ça, on va dire. C'est pas l'indigo fermenté, mais c'est vrai que... En fait, j'ai mis le petit doigt là-dedans, j'ai découvert le monde de l'indigo, et c'est vraiment un autre métier. Voilà, j'ai décidé d'apprendre un autre métier, voilà. Et il y a une petite partie de moi, parce qu'il y a une partie de moi qui veut tout faire, qui veut être autosuffisante, où je voudrais pouvoir, mais vraiment, tout faire moi-même. Parce que oui, alors, c'est ça que je voulais dire. C'est que je me suis aussi détournée un petit peu du jean avec le temps. Bon, je travaille encore un petit peu de jean, mais c'est vrai qu'en fait, là, mon but, c'est de récupérer... de tout faire à partir de coton, de vieux draps en fait. Absolument tout. Mais vraiment de montrer qu'un matériau aussi ordinaire qu'un vieux drap, juste avec la manipulation, juste avec des points qui vont nous donner une texture, on va faire des choses magnifiques. Et donc, parce que les draps sont blancs, il faut les teindre. Et de toute façon, moi, c'est bleu et blanc. Donc, c'est pour ça aussi que je me suis dit, l'indigo, ça va vraiment apporter, ça va vraiment mettre le point final, on va dire, sur tout. Maintenant, je veux être autosuffisante et je veux pouvoir tout faire. pas complètement autosuffisante mais je veux pouvoir faire beaucoup avec très peu au final parce que c'est ça aussi qui m'intéresse c'est d'avoir ma cuve d'indigo, d'avoir mon stock de drap et mon temps en fait investir mon temps pour créer des pièces et c'est comme ça que je veux travailler à partir de maintenant donc l'indigo naturel j'ai mis le petit doigt là-dedans, c'était très compliqué on vous le dit pas ça mais en fait déjà je pense que l'erreur que j'ai faite ou l'erreur qui m'est arrivée c'est que les matériaux malheureusement les matériaux que j'ai utilisé pour faire ma première cuve n'étaient pas bons L'entreprise, ce n'était pas des matériaux de qualité, ce n'était pas des ingrédients de qualité, on va dire. Et donc moi, j'ai cru que c'était aussi mon erreur. D'ailleurs, je veux citer l'atelier de Michel Garcia, un Français que vous connaissez tous dans le monde de la teinture.
- Pauline ArtEcoVert
C'est le premier épisode du podcast, donc Michel, c'est la star.
- Sophie Cagniart
Voilà, Michel, merci pour ton atelier parce que franchement, tu m'as sauvée. J'avais suivi un atelier avant qui m'a coûté très très cher alors que je n'avais pas l'argent. mais en fait je me suis dit ok je vais suivre un atelier professionnel etc au final j'ai eu beaucoup de lacunes énormément de lacunes en fait après ça et donc Michel a tout complété son atelier dure 8h son cours dure 8h c'est énorme mais vraiment il parle d'absolument tout ça démystifie la teinture à l'indigo on va dire parce que c'est vrai que quand on regarde en ligne c'est facile de se perdre, c'est facile d'entendre de là, de là, de là, il faut faire ça, il faut pas faire ça au final tout le monde se contredit, c'est impossible et en fait Merci. il enlève tout ça, il simplifie tout, et il n'y a pas de peur à avoir, parce que vraiment, c'était trop intimidant pour moi, et maintenant, c'est beaucoup mieux. Oui, c'est l'appréhension du bleu. Exactement. Ça, on est beaucoup à l'arrière. Donc voilà, et donc là, ça fait depuis août dernier que je travaille avec l'indigo, et j'adore. Après, voilà, si j'avais le temps, si je pouvais seulement, je pense que je me mettrais à la fermentation. Donc le secouement ? Oui, secouement. Ouais. C'est Caroline Cochet qui nous a appris ça. J'avais écouté son podcast. Exactement, j'avais écouté son podcast d'ailleurs. Et ce qu'elle disait, ça a beaucoup résonné avec moi. Parce que déjà la façon dont elle... Son approche au travail et à l'autosuffisance, exactement ça. Si j'avais l'occasion aussi de faire pousser mon indigo, de faire mon bleu, de teindre, et de faire mes propres tissus, mes propres vêtements avec mes propres textures, etc. Alors là, un bonheur.
- Pauline ArtEcoVert
Elle fait L2AZ.
- Sophie Cagniart
Exactement.
- Pauline ArtEcoVert
Elle est venue en table ronde avec ses invités. Donc, ils étaient quatre à parler des différentes cuves, du sukumo. Donc, on a parlé cuve aux fructoses, au fer, etc. C'était vraiment passionnant. J'en profite aussi pour glisser que la première personne qui m'a parlé au tout début du shibori, c'était Coraline Mani, dans les Hauts-de-France, à Lensate. Ah oui ! Et en fait, c'est elle qui m'a... Avant qu'on enregistre le podcast, j'étais venue et elle avait justement tout ça et j'avais été sur les fesses. Et elle avait parlé aussi d'un livre. Il y en a un spécifique, là. Un bleu. Il est connu. Il est connu.
- Sophie Cagniart
Je crois que je l'ai. Je voulais montrer peut-être le livre. C'est pas celui-là ?
- Pauline ArtEcoVert
C'est celui-là. Super.
- Sophie Cagniart
Il est incroyable. Je recommande. Donc ça, c'est Stitch Chibori de Jane Callender. Et il est incroyable, ce livre il est incroyable, et aussi très simple au niveau de l'explication aussi des cubes, enfin je sais pas, je pense qu'il y a un moment en fait il faut démystifier, il faut voilà simplifier un peu, et après oui bien sûr j'aimerais travailler l'indigo plus, mais il faut choisir en fait, c'est ça. Et je pense que ça c'est le truc le plus dur que j'ai dû faire, la chose la plus dure, voilà, que je... Enfin je sais pas en fait, c'est de décider un petit peu, parce qu'il y a tellement de choses qui m'intéressent, il faut que je me limite en fait, parce que je fais déjà tout. Oui, mais je fais déjà tellement, en fait. Je fais déjà tellement. Et en fait, je pense que je préfère, et c'est pour ça aussi que je vais faire une pause avec les ateliers, et qu'aussi, je ne peux pas faire pousser mon propre indigo. Pas encore, en tout cas, parce que déjà, je n'ai pas de jardin. Mais aussi d'expérimenter avec des cuves de sukumo, de fermentation, parce que ça, c'est vraiment très précis, je pense. Et ça demande beaucoup de temps que je n'ai pas, en fait. Parce que là, à la base aussi, moi, je veux faire mes vêtements. Je veux faire mes pièces. Je veux faire mes textures. Et en fait, si j'essaye d'être trop spécifique dans... tous les domaines. Ça veut dire que là, il n'y a pas assez d'heures dans une journée, c'est pas possible.
- Pauline ArtEcoVert
Alors, pour dire quelques... Puisqu'on a eu pas mal de monde sur l'indigo, déjà de dire, parce que je pense souvent à nos agriculteurs, nous avons de superbes agriculteurs en France qui cultivent de la persilca indigo ou du pastel, donc l'isatis tinctoria. Donc on a des agriculteurs en indigo qui travaillent des pigments de qualité que vous pouvez acheter. Il y en a partout, dans toute la France. France, il y a des agriculteurs, donc n'hésitez pas. Ça, c'est génial.
- Sophie Cagniart
Peut-être mettre un lien aussi, je ne sais pas si tu en as, mais si les gens sont intéressés, peut-être mettre un lien aussi vers des vendeurs d'indigo. Parce que vraiment, je recommande à tout le monde de teindre avec l'indigo. Déjà, c'est magique. Et le bleu, encore une fois, c'est un bleu inouï. C'est un bleu tellement vibrant. C'est magnifique. Et la satisfaction aussi de pouvoir faire son bleu, en fait, ce qui est intéressant. Et je pense que c'est ça aussi qui relie toutes les techniques. que j'utilise et le fait que je veuille travailler aussi avec des matières de seconde main, en fait. Et avec une cuve d'indigo, le point commun avec tout ça, c'est que je dois m'adapter, en fait. Donc, par exemple, avec l'indigo, l'indigo, quand il n'a plus envie, il n'a plus envie. On doit s'adapter, en fait. Ce n'est pas nous qui choisissons. OK, aujourd'hui, je vais teindre tout ça avec ma cuve. Non, peut-être pas. Peut-être que tu vas teindre la moitié. mais peut-être qu'après du coup il va falloir faire une pause et tu sais pas en fait, genre il y a des choses adaptées mais du coup c'est pas, voilà c'est l'indigo qui te dit,
- Pauline ArtEcoVert
c'est pas toi qui dis à l'indigo ça c'est ce qu'expliquait Caroline Cochet qui explique super bien, tu dois t'adapter tu dois être dans le moment présent exactement,
- Sophie Cagniart
et ça donc ça c'est ce que j'aime aussi, même si ça peut être très frustrant parfois et ça c'est un peu comme le chibori parce que ça ça peut être, alors là une petite parenthèse mais ça, donc le chibori c'est incroyable c'est le chibori de nuit en tout cas parce qu'en fait on va passer des heures à tout coudre à tout serrer faire les nœuds ça prend beaucoup de temps et après on le met dans l'indigo on sait pas ce qu'il se passe et en fait ça c'est une question ça c'est un contraste entre avoir le contrôle de ce qu'on peut créer en créant le motif et avoir aucun contrôle de ce qui se passe une fois que c'est dans la cuve en fait et ça c'est un exercice en Je ne sais pas, mais c'est un bon exercice à faire. Parce qu'une fois qu'on ouvre tout ça, il faut aussi gérer s'il y a des imperfections, des défauts, des choses qu'on n'avait pas prévues. Je ne veux pas parler d'imperfections, mais c'est juste des imprévus, des surprises. Mais c'est un très bon exercice à faire sur soi quand on est un petit peu trop fan du contrôle. Et aussi, travailler avec des matériaux de seconde main, on ne sait jamais ce qu'on va avoir. Quand je travaille avec des vieux jeans, peut-être que le projet que j'avais en tête, je vais devoir l'adapter parce qu'il n'y en a pas assez, peut-être que cette couleur, elle ne va pas. Peut-être que je vais vouloir utiliser cette Ausha, cette Ausha, je ne sais pas. Mais il y a des choses, c'est pareil, c'est la matière qui me dit. Moi, je me laisse guider par la matière, même le toucher. Je trouve ce que je trouve. Parce que quand je vais chiner, je vais chercher des tissus, je touche quelque chose, je me dis, c'est une veste, c'est bon. Et je vais faire une veste avec. Et ça découle de ça. Mais donc, le bleu me parle, le tissu me parle. Et en fait, c'est ça qui m'inspire. Parce que si tu me demandes aussi, c'est quoi tes inspirations ? Qui t'inspire en tant que... Je n'ai pas de grosses inspirations. Je veux dire, les gens m'inspirent dans leur façon de penser. Par exemple, Caroline Cochet, je trouve que c'est... Ou Michel Garcia, sa façon de voir l'indigo aussi, qui est très poétique aussi. Mais après, je n'ai pas forcément visuellement de source d'inspiration. Parce que moi, c'est plus le toucher, la texture, la nature, l'océan. Oui. Voilà, en fait, c'est...
- Pauline ArtEcoVert
Tu me fais penser... Du coup, je le dis, là, il y a Emmanuel Goupil de Leave Road. Donc, la marque, je pense, n'existe plus. Emmanuel, maintenant, s'est lancée. Pareil, vous êtes toutes multipotentielles. Elle s'est remise à son amour premier, qui était la vidéo. Mais Emmanuel Goupil, allez voir son site internet, son Insta, Leave Road, c'était pareil, inspiré de l'océan, que du blanc et que du bleu, des vêtements... J'adore. pour enfant, mais magnifique, franchement, magnifique. Je pense à elle quand tu dis ça. D'ailleurs, elle a réalisé un film sur ce que fait Caroline Cochet. Trop bien, les boucles sont bouclées. Alors, du coup, Sophie, pour reprendre notre fil, est-ce qu'il y a des choses qu'on n'a pas abordées ? Montrer tes autres foulards, parce que là, t'en as montré trois.
- Sophie Cagniart
On l'avait vu. Après, il en a vendu quelques-uns, mais c'est pour montrer un petit peu ce qui est possible. Ah,
- Pauline ArtEcoVert
c'est dingue.
- Sophie Cagniart
Celui-là aussi, trop bon.
- Pauline ArtEcoVert
Et donc, tous les points pour apprendre à faire les vagues ou les formes géographiques, géométriques, etc. Tout ça, c'est dans les livres que tu apprends ou il y a des formes que tu as complètement créées ?
- Sophie Cagniart
C'est de l'expérimentation.
- Pauline ArtEcoVert
Ouais.
- Sophie Cagniart
C'est de l'expérimentation. C'est pour ça que je dis qu'il y a beaucoup de recherches en amont. dans toute la recherche textile parce que quand je crée des textures je vais prendre des petits bouts de tissu en amont et je vais déjà essayer de créer le toucher que je veux et pareil avec le shibori déjà je vais dessiner et après je vais faire un petit test sur un petit bout de tissu pour voir comment ça réagit histoire
- Pauline ArtEcoVert
d'avoir ce qui me fascinait c'est que pour reparler de Coraline Mani c'est qu'elle faisait un dessin à l'envers de se dire Merci.
- Sophie Cagniart
attention là ça va être serré du coup il n'y aura pas de couleur ce sera blanc du coup c'est l'inverse en fait elle disait qu'il fallait vraiment se voir dans le ressenti il faut faire un négatif c'est ça il y a une façon différente de l'imaginer de le voir donc moi j'ai une certaine façon je saurais pas l'expliquer mais après je pense que tout ne peut pas forcément s'expliquer c'est un ressenti aussi mais ouais non le shibori après il y a aussi avec la pâte je sais plus comment ça s'appelle Merci. La pâte de riz ? Ça dépend. En fait, c'est du katazome. Donc le katazome, c'est un art japonais où on va utiliser de la pâte de riz pour faire des motifs qui vont être imperméables, qui ne vont pas prendre la teinture, qui vont avoir une résistance. Donc on va pouvoir teindre. et après le laver pour retirer cette pâte et ça va révéler un autre motif par contre ça c'est des techniques quand on voit l'indigo ça vient de beaucoup de cultures moi je parle aussi par exemple quand on entend aussi le tissage que j'ai montré le rag weaving, ça c'est commun à beaucoup de cultures différentes qui ont des adaptations différentes qui utilisent des fibres différentes bien sûr donc ça, ça touche un petit peu à tout L'indigo aussi, la teinture à l'indigo, c'est pas que au Japon, il y a aussi en Afrique, etc. Et pareil, en Afrique, c'est... D'ailleurs, j'ai une amie qui m'a parlé, quand elle a vu ces foulards, elle m'a parlé des traditions africaines d'indigo aussi, et ils ont leur forme de résistance, en fait, pour travailler les tissus, etc. Donc... il y a aussi un échange culturel avec beaucoup de techniques. Comme le bouti. Le bouti vient des Indes. Il doit être inspiré des Indes, des tissus indiens à l'époque. Donc, voilà. Il y a un petit peu de tout.
- Pauline ArtEcoVert
Ce qui est fascinant avec l'indigo, je trouve, c'est que déjà, il y a plusieurs plantes indigo offertes partout, sur tout le globe, que tout le monde a globalement trouvé la technique de la cuve et de cette histoire de... d'oxygénation, etc., alors que c'est pas forcément hyper évident. C'est la plus compliquée des techniques, je trouve, et c'est celle qui a été trouvée dans le monde entier. Tout le monde sait approprier ces techniques, donc il n'y a pas une origine spécifique, et ça c'est hyper intéressant de le dire.
- Sophie Cagniart
Il y a différentes façons de travailler, exactement.
- Pauline ArtEcoVert
Exactement, et il y a différentes cuves, donc là je vous envoie à la table ronde qu'on a fait avec Caroline Cochet, Miwa Saito, il y avait Françoise Carayol, il y avait... Bref, vous retrouvez... dans le podcast, il y a énormément, vous tapez Indigo, il y a énormément de personnes qui abordent l'Indigo. Michel, pareil, on l'a eu sur la cuve 1-2-3 pour simplifier, pour se lancer, pour démystifier tout ça. Et après, on passe à d'autres cuves. Je pense aussi à Elisabeth Kölschow, Betty Beautiful Life, sur Instagram, qui est très en lien avec la Thaïlande, qui va très régulièrement là-bas travailler les cuves Indigo. C'est encore une autre façon de faire. Il y a encore d'autres techniques. Franchement, l'indigo, comme tu dis, c'est un métier, c'est une vie entière tellement il y a de...
- Sophie Cagniart
C'est ça, en fait.
- Pauline ArtEcoVert
Alors qu'un bleu, une couleur...
- Sophie Cagniart
Mais on peut dédier sa vie à ça. Et c'est ça, en fait, c'est ça le piège. C'est pour ça que parfois, j'aimerais me pencher. Je me dis, mais si j'avais le temps, ça pourrait être tout ce que je fais. Mais je ne peux pas, parce que vraiment, je n'y peux rien. Je vais avoir des images de... Comme si j'étais, je ne sais pas. Mais vraiment, c'est ça, je vais vivre ma vie et d'un seul coup, j'ai... J'ai cette idée d'une tenue, d'un look, d'une silhouette qui va m'apparaître avec une texture. Et je me dis, il faut que je fasse ça. Il faut que je donne les sensations. Et je dois le faire. Et je ne peux pas juste... Donc, je serais agréable de faire que de l'indigo. Il me faut un petit peu de tout. Mais c'est pour ça que j'ai choisi de travailler avec une cuve aux fructoses pour l'instant. Parce que c'est une cuve qui est quand même assez simple. Et qui est assez facile à entretenir, on va dire, et à garder. Donc voilà, pour l'instant, c'est très bien. mais voilà et alors Sophie,
- Pauline ArtEcoVert
où est-ce qu'on te retrouve ? donc du coup il y a ta formation que tu continues pas la formation mais le club tu as une retraite en octobre ?
- Sophie Cagniart
oui là il nous manque 3 ou 4 personnes pour cette retraite elle se passe où ? elle se passe à Uzès on dit Uzès ? dans le sud c'est en anglais Donc là, parce que c'est international, la dame qui organise est américaine, elle vit en France.
- Pauline ArtEcoVert
C'est qui qui organise du coup ?
- Sophie Cagniart
Alors le nom de l'Instagram, c'est Fleur Delis. Donc je les suis, ils peuvent trouver aussi dans mes followers. Je les suis sur Instagram. Et aussi sur mon Instagram, de toute façon, j'ai un post qui est épinglé, où c'est par rapport à la retraite. J'ai aussi envoyé le lien. de la retraite si jamais... Donc là, tout est compris. C'est une semaine, tout compris, avec, voilà, le séjour, la nourriture, yoga, une balade dans le village au marché, etc. Et cet accompagnement artistique tout au long de la semaine avec moi. Donc ça, c'est le seul atelier que j'ai prévu de faire dans les prochains mois. Donc ça, c'est en octobre. Sinon, oui, petite pause des ateliers. On verra peut-être que les ateliers... En fait, j'ai tellement... Ça, c'est quelque chose que j'ai envie de dire aussi. Je ne regrette pas du tout avoir fait... des ateliers, j'ai adoré enseigner ça m'a aussi appris beaucoup sur moi-même et encore une fois j'ai rencontré des gens incroyables en fait donc c'est pour ça que je veux garder aussi le Stitching Club parce que ça me permet aussi d'être en contact avec les gens mais de ne pas être là en position de professeur, d'enseignante et de voilà donc d'être sur de juste partager un moment entre personnes créatives et c'est ça que j'adore donc vraiment j'encourage, je sais que en tant que créative c'est marrant parce qu'on a tous le même tempérament on n'aime pas montrer notre tête On n'aime pas parler, on n'aime pas être vu, on aime bien être derrière, on aime bien faire, on aime bien, voilà. Mais on n'aime pas forcément, voilà, se mettre sur le devant de la scène.
- Pauline ArtEcoVert
sachez que si vous décidez de venir au Stitching Club, vous pouvez aussi juste rester un petit peu en arrière-plan, juste écouter, un peu comme écouter un podcast, parce qu'au final, on va tous interagir, encore une fois, sur la vie, sur les techniques, sur nos projets, etc. Et ça peut juste être quelque chose, un petit rendez-vous qui vous encourage à prendre le temps de travailler sur des projets, parce que c'est ça aussi, il y a beaucoup de personnes qui viennent parce qu'ils ne se donnent pas le temps. Un moment dédié. C'est ça, c'est un moment dédié qui va... qui va vous obliger un petit peu à bosser avec d'autres personnes. Et c'est motivant aussi. Donc ça, c'est sympa. Donc voilà, ça, c'est les choses que j'ai prévues. Sinon, après, ce sera... Ah oui, j'avais commencé à faire ça. C'est quelque chose que, pour pallier au fait que je vais arrêter les ateliers, je veux quand même donner un petit quelque chose aux gens. Donc en fait, c'est pour ça que j'ai commencé à faire les kits. Mais pas juste des kits. En fait, c'est vraiment des projets. Et donc, c'est from my hands to yours. C'est de mes mains aux vôtres. et c'est des petits projets où tout est préparé pour vous donc là il y a par exemple un petit sac japonais un petit sac de riz où en fait tout est tracé je vous envoie le matériel, le fil, les aiguilles etc et aussi un livret d'accompagnement et bien sûr je suis aussi à la disposition si jamais il y a des questions etc donc ça c'est pour que je reste avec vous un petit peu et puis je trouvais ça trop mignon l'idée que je commence un projet que c'est vous qui le finissiez Et comme ça, vous avez un petit peu de mon ADN, mais c'est votre projet, en fait. Donc ça, c'était l'inspiration derrière les kits. J'aimerais développer plusieurs petits projets comme ça, mais sans pression, juste avoir des petits drops comme ça de kits. Sinon, ça, c'est les projets. Et sinon, vraiment, moi, là, j'ai vraiment envie de me concentrer sur mes projets, sur ce qui m'inspire, sur les prochains looks que je veux créer, sur créer mes textures. Et puis, voilà. Me détacher un petit peu de l'enseignement pour l'instant.
- Sophie Cagniart
Écoute, franchement, Sophie, je voudrais te remercier parce que tu as été hyper authentique, hyper honnête, hyper généreuse dans ton... Non, mais vraiment. Et tu sais qu'il y a beaucoup, beaucoup d'artisanes avec lesquelles je parle qui pensent ce que tu dis, mais qui ont du mal à le verbaliser. J'ai trouvé ça génial. Tu as mis les pieds dans le plat sur... plein de sujets. Non, mais vraiment.
- Pauline ArtEcoVert
J'espère que ça va bien passer parce qu'après, je n'ai pas l'autorité sur tout. Je ne sais pas tout. Je ne suis qu'une fille sur Internet. Je ne suis qu'une fille qui fait la broderie japonaise sur Insta. Donc, ne venez pas m'attaquer. Non,
- Sophie Cagniart
ne t'inquiète pas. Franchement, ne t'inquiète pas. Mais merci pour ça parce que tu vois, il y a plein de... Oui, les pieds dans le plat sur plein de sujets qui ne sont pas forcément abordés, mentionnés, etc. Ça nous a aussi permis de faire le tour. d'autres acteurs qu'on avait reçus et de leur donner aussi de la visibilité, de les renvoyer vers les épisodes de podcast. Franchement, Sophie, je sais qu'on ne va pas s'arrêter là, toutes les deux, je sais qu'il va y avoir des suites.
- Pauline ArtEcoVert
Non, c'est sûr.
- Sophie Cagniart
En tout cas, un grand merci. Un grand merci à toi pour ton temps. Et puis, on te retrouve, je mettrai tous les liens dans la bio, comme ça tout le monde te retrouve sur toutes tes activités.
- Pauline ArtEcoVert
J'ai hâte de développer un peu une communauté en France, parce que c'est vrai que j'ai jamais, comme j'ai commencé mon activité au Pays-Bas et que c'était très international, J'ai jamais eu vraiment l'occasion de développer, de me faire connaître en France. Et donc là, j'ai un peu hâte d'apprendre à connaître un petit peu plus, de montrer un peu plus mon travail au français. Voilà. Donc, ouais, j'ai hâte. Et puis c'était un plaisir. Donc encore une fois, je viens juste parler de mon expérience personnelle, de la façon dont j'ai vécu les choses et dont j'interprète aussi tout ce que je vois en ce moment. Mais bon, j'ai pas non plus l'autorité. Mais je pense qu'il y a des choses dont il faut parler. En tant que petit artisan. Et je pense qu'il y a des choses qui ne se disent pas assez, c'est sûr.
- Sophie Cagniart
En tout cas, merci pour ça, Sophie. Merci beaucoup.
- Pauline ArtEcoVert
Merci.
- Sophie Cagniart
Merci pour votre écoute. Pour soutenir La Couleur Végétale, abonnez-vous au podcast ArtEcoVert sur la plateforme d'écoute de votre choix et laissez un commentaire si vous avez appris quelque chose. Ça soutient vraiment le podcast. Pour les artisanes de La Couleur Végétale qui veulent aller plus loin, vous pouvez rejoindre la plateforme Patreon ou la communauté ArtEcoVert à vie. Et pour les entreprises qui souhaitent creuser davantage le sujet de la couleur végétale, me faire intervenir dans leurs entreprises pour leur expliquer la filière et les enjeux, on se retrouve sur arecovert.kit.com. Savoir si vous allez aimer, les mots clés du podcast ArtEcoVert : teinture végétale plantes tinctoriales indigo garance encre végétale couleur végétale colorants végétaux pigments végétaux coloration capillaire végétale fibres naturelles colorants biosourcés tanins teinture naturelle plantes artecovert couleurs de plantes design végétal couleur jardin agriculture tinctoriale indigo tendance innovation nuances cosmétiques biotechnologies couleurs du vivant